B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour III C-407/2014 A r r ê t d u 23 j a n v i e r 2 0 1 8 Composition Madeleine Hirsig-Vouilloz (présidente du collège), Michael Peterli, Daniel Stufetti, juges, Isabelle Pittet, greffière. Parties A._______, représentée par Me Valentin Schumacher, L'Etude Swiss Lawyers SNC, Boulevard de Pérolles 21, Case postale 656, 1701 Fribourg, recourante, contre Office de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à l'étranger (OAIE), Avenue Edmond-Vaucher 18, Case postale 3100, 1211 Genève 2, autorité inférieure. Objet Assurance-invalidité (décisions du 3 janvier 2014). C-407/2014 Page 2 Faits : A. A._______ est une ressortissante française, née le […] 1961. Mariée le […] 2001, elle n’a pas d’enfant. Domiciliée en France, où elle a obtenu en 1979 un certificat d’aptitude professionnelle (CA P) d’employée de bureau, et détentrice d’un permis frontalier, elle a travaillé en Suisse de 1981 à 2004 pour divers employeurs. En dernier lieu, soit à partir du 1er mars 1995, elle était employée en tant qu’opératrice auprès de B._______ SA, à a., d’abord à 100%, puis à 80% dès le 1er avril 2001. A compter du 23 septembre 2002, elle a présenté une incapacité de travail de 50% , augmentée à 100% dès mars 2004 (OAI GE doc 108 p. 1), et a cessé toute activité professionnelle dès le 16 septembre 2004, date à laquelle le contrat de travail qui la liait à B._______ SA a pris fin (OAI GE doc 1, doc 2, doc 10 [compte individuel], doc 12 [questionnaire pour l’employeur, du 13 octobre 2003, rempli par l’entreprise B._______ SA], doc 13 p. 2, doc 35 p. 9, doc 46 p. 3 à 9 , doc 67 p. 5). B. En date du 6 octobre 2003, A._______ a déposé une demande de prestations de l’assurance -invalidité (AI) auprès de l’Office cantonal de l’assurance-invalidité du canton de Genève (OAI GE ; OAI GE doc 1). B.a Dans ce cadre, les documents versés au dossier montrent que la recourante présentait, selon les rapports médicaux établis en 2003, des lombalgies, compliquées d’une sciatalgie droite, et une cruralgie (rapports des 27 juin et 21 octobre 2003 du Dr C._______, médecin généraliste et médecin traitant [OAI GE doc 13 p. 3, docs 14 à 16] ; rapport du 5 novembre 2003 du Dr D._______, spécialiste en médecine manuelle et du sport, et médecin traitant [OAI GE docs 17 à 1 9]). Puis, en 2004, le Dr C._______ a ajouté le diagnostic de fibro myalgie (rapport du 27 septembre 2004 [OAI GE docs 22 à 24]) , tandis qu’un examen radiologique pratiqué le 22 octobre 2004 révélait une c oxarthrose de la hanche droite (rapport de la Polyclinique de b. du 22 octobre 2004 [OAI GE doc 26 p. 2] ; rapport du Dr E._______ du 12 avril 2005 [OAI GE doc 32 p. 2 et 3]). S’agissant de la capacité résiduelle de travail, les Drs C._______ et D._______ concluaient dans un premier temps , dans leurs rappor ts de 2003, à une capacité dans l’activité habituelle de 40% d’un taux d’activité de 100%. Dans un deuxième temps, dans son rapport du 27 septembre C-407/2014 Page 3 2004, le Dr C._______ estimait que l’intéressée était totalement incapable de travailler dans toute activité, et ce, dès le 17 février 2004. B.b Le 18 mai 2005, le Service médical régional AI (SMR) a réalisé un examen clinique bidisciplinaire, mené par le Dr F._______, spécialiste en médecine physique et rééducation, et par la Dresse G._______, psychiatre. Dans leur rapport du 27 mai 2005 (OAI GE doc 35 p. 3 à 10), dont les conclusions sont reprises dans le rapport d’examen du SMR du 8 juin 2005 (OAI GE doc 35 p. 1 et 2), les Drs F._______ et G._______ retenaient les diagnostics, avec répercussion sur la capacité de travail, de coxarthrose droite avancée et de lombalgies chroniques. Ils concluaient à une capacité de travail exigible dès le 23 septembre 2002 de 50% dans l’activité habituelle et de 65% dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles, éventuelle ment de 100% après mise en place d’une prothèse de la hanche. B.c Selon le compte -rendu opératoire du Dr H._______, chirurgien orthopédiste (OAI GE doc 49 p. 5), l’intéressée a subi le 10 janvier 2006 une arthroplastie par prothèse totale de la hanche droite (voir également dans ce cadre un rapport radiologique du bassin et des hanches du 23 août 2005, et des certificats médicaux des 5 septembre, 30 novembre et 7 décembre 2005 des Drs H._______ et D._______, annonçant une chirurgie prothétique pour janvier 2006 [OAI GE doc 43, doc 45]). Dans un rapport ultérieur, du 3 janvier 2007 (OAI GE doc 49 p. 1 à 4) , le Dr C._______ relevait un état de santé amélioré depuis janvier 2006, mais notait une dépression et de l’anxiété , et concluait à l’impossibilité d’ une reprise du travail pour l’instant (voir également un rapport non signé du 31 janvier 2007 du Dr H._______ [OAI GE doc 56]). Sur un plan psychiatrique, le Dr I._______, psychiatre traitant de l’intéressée depuis le 20 février 2007, notait encore, d ans un rapport du 24 mars 2007 (OAI GE doc 62), les diagnostics, avec répercussions sur la capacité de travail, d’anxiété et de subdépression chroniques , la reprise d'une activité professionnelle étant jugée peu probable à court ou moyen terme. B.d Le 24 avril 20 07, le Dr J._______, du SMR, a rendu sa prise de position, retenant, comme atteintes à la santé, la coxarthrose traitée par prothèse totale, les lombodorsalgies et l’anxiété ; il concluait à une capacité de travail de 100% dans un poste sans port de charges lourdes après une convalescence de deux à trois mois suite à la mise en place de la prothèse C-407/2014 Page 4 de hanche, et estimait que l’état dépressif était léger et non déterminant pour la capacité de travail (OAI GE doc 65). Se fondant sur cet avis du SMR et le précédant, de 2005, le service de réadaptation professionnelle de l’OAI GE, dans son rapport du 12 juillet 2007, a retenu une capacité de travail de 50% dans l’activité habituelle et de 65% dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles dès le 23 septembre 2002, puis une capacité de 100% après la convalescence suivant l’opération de la hanche. Ceci aboutissait, après comparaison des revenus, à un degré d'invalidité de 33% en 2003 et de 18% en 2006 dans la sphère lucrative de 80% (OAI GE doc 68). B.e Enfin l e rapport d'enquête économique sur le ménage, effectuée le 21 janvier 2008 , retenait des empêchements peu impor tants et un taux d’invalidité de 9% (OAI GE doc 70). B.f En procédure d’audition, suite au projet d’acceptation d’une demi-rente d’invalidité du 1er septembre 2003 au 31 décembre 2004, fondé sur un taux d’invalidité de 50% calculé en application de la méthode mixte (projet de décision de l’OAI GE du 12 mars 2008 [OAI GE doc 75]), l’intéressée a notamment produit un certificat du 17 avril 2008 du Dr C._______ attestant qu’elle était apte à effectuer un travail à temps partiel (écriture du 27 mars 2008 [OAI GE doc 76] ; annexes au courrier du 18 avril 2008 [OAI GE doc 77]). B.g Par décision du 15 mai 2008 (OAI GE doc 80), l'Office de l’assurance- invalidité pour les assurés résidant à l'étranger (OAIE) a confirmé le projet de décision du 12 mars 2008 et alloué à l’intéressée une demi -rente d'invalidité à partir du 1er septembre 2003 jusqu'au 31 décembre 2004. C. C.a Le 3 juin 2008, l’intéressée a produit un certificat médical du 30 mai 2008 établi par le Dr K._______, rhumatologue, attestant que son état de santé ne lui permettait pas de travailler actuellement (OAI GE doc 81). Et, par acte du 5 juin 2008 (OAI GE doc 82 p. 3 et 4) , elle a formé recours auprès du Tribunal administratif fédéral contre la décision du 15 mai 2008. C.b Invité à s’exprimer sur le recours, l’OAI GE, dans son préavis du 4 août 2008 (OAI GE doc 83), dont il a réitéré les conclusions dans sa détermination ultérieure du 10 novembre 2008 (OAI GE doc 85), a relevé qu'il aurait dû prendre en considération , pour évaluer l’invalidité de C-407/2014 Page 5 l’intéressée, une capacité de travail de 65% dans une activité adaptée, du mois de septembre 2002 au mois de janvier 2006, puis une pleine capacité de travail dans une activité adaptée . Ainsi, les taux d’invalidité étant insuffisants pour ouv rir le droit à une rente, l'OAI GE a conclu à la modification de la décision entreprise en ce sens qu'aucune rente ne devrait être accordée à l’intéressée du 1 er septembre 2003 au 31 décembre 2004. Dans sa réplique du 12 septembre 2008 (OAI GE doc 84), cette dernière a réfuté tous les arg uments de l'autorité inférieure et produit en annexe quatre nouveaux rapports d'examens radiologiques, établis entre le 7 avril 1998 et le 24 octobre 2001. C.c Par courrier s du 19 février 2009 , puis du 29 décembre 2009 et du 25 janvier 2011 (OAI GE doc 86, doc 89 p. 1, doc 91), l’intéressée a fait parvenir à l'OAI GE différents rapports médicaux relatifs à des examens et opérations ayant eu lieu depuis août 2008. Il ressort ainsi du rapport du 13 février 2009 du Dr L._______, oncologue et hématologue, que l’intéressée a subi le 23 septembre 2008 une hystérectomie, une annexectomie, une omentectomie et une biopsie péritonéale, suivies de six cures de chimiothérapie pour un néoplasme ovarien (cancer des ovaires ; OAI GE doc 87 p. 1 ; voir également l es résultats d’examens pratiqué s dans ce cadre en août 2008 [OAI GE doc 87 p. 2 à 4]). En avril 2009, les résultats de scanners montraient également la présence de micro-nodules pulmonaires (scanner thoracique du 6 avril 2009 et scanner PET -CT du corps entier du 24 avril 2009 [OAI GE doc 88 p. 4 à 6 ]), ayant nécessité une laparoscopie second l ook avec cure d'éventration sus -ombilicale, effectuée le 1er septembre 2009 par le Dr L._______ (OAI GE doc 89 p. 2 et 3). Le 27 octobre 2009, des examens du rachis cervical étaient par ailleurs réalisés en raison de douleurs cervicales et de céphalées (OAI GE doc 89 p. 5), et le 17 décembre 2009, une tomodensitométrie révélait une récidive de l’éventration sus -ombilicale (OAI GE doc 89 p. 4), traitée le 2 février 2010 par une cure d’éventration, avec mise en place d’une plaque prothétique (voir compte -rendu opératoire du 29 novembre 2010 du Dr M._______ [OAI GE doc 92 p. 3 et 4]). Le 3 décembre 2010, le Dr C._______ faisait en outre état d’une gonalgie bilatérale, compatibles avec une chondropath ie rotulienne (OAI GE doc 92 p. 2), et le 6 janvier 2011, le centre d'imagerie médicale de la Polyclinique de b. constatait diverses atteintes du rachis (OAI GE doc 92 p. 1). Le 2 février 2011, agissant par l'entremise de Me Schumacher, l’intéressée a remis au Tribunal un lot de pièces, déjà portées en cause précédemment (OAI GE doc 95 p. 3 à 8 et p. 10 à 23 ), et un document du 4 novembre C-407/2014 Page 6 2008 lui reconnaissant , en France, le statut de travailleuse handicapée jusqu’au 4 novembre 2013 (OAI GE doc 95 p. 9). C.d Dans deux déterminations, des 28 février et 18 avril 2011 (OAI GE doc 97, doc 99), l'OAI GE a maintenu sa position, exprimée le 4 août 2008. C.e Dans son arrêt C -3792/2008 du 12 avril 2011 (OAI GE doc 100), le Tribunal administratif fédéral a d'une part consta té qu'il convenait, pour déterminer le degré d'invalidité, d'appliquer la méthode m ixte et a d'autre part estimé que les actes du dossier ne permettaient pas de connaître avec précision l'évolution des atteintes dont souffre l'intéressée et leur incidence sur la capacité de travail. Il a par conséquent renvoyé la cause à l'administration pour qu'elle en complète l'instruction, notamment par une expertise médicale pluridisciplinaire en Suisse. D. D.a Dans le cadre de l'instruction complémentaire, l'OAI GE a confié au Centre d’expertises médicales de la Policlinique médicale universitaire (CEM-PMU) de c. le soin de réaliser une ex pertise pluridisciplinaire, laquelle a eu lieu le 11 octobre 2011 pour l’examen de médecine interne et rhumatologique, le 18 octobre 2011 pour la consultation de psychiatrie par le Dr N._______, psychiatre (OAI GE doc 108 p. 18 à 23), et le 20 janvier 2012 pour la consultation d’orthopédie par le Dr O._______, chirurgien orthopédique (OAI GE doc 108 p. 24 à 26). Cette expertise a donné lieu à un rapport du 21 février 2012 (OAI GE doc 108) établi après un colloque de synthèse du 31 janvier 2012 en présence des Drs P ._______, interniste et rhumatologue, Q._______, interniste, et N._______, psychiatre (OAI GE doc 108 p. 17 et 18). Dans ce rapport de synthèse, les experts ont retenu, comme diagnostics avec influence essentielle sur la capacité de travail, ceux de trouble dépressif récurrent, épisode actuel léger sans syndrome somatique, trouble anxiété généralisé, trouble de la perso nnalité émotionnellement labile, type borderline, syndrome somatoforme douloureux persistant, status après intervention du 23 septembre 2008 (cancer des ovaires) , status après pose de la prothèse totale de la hanche le 10 janvier 2006 et status après arthr oscopie du genou droit le 8 novembre 2011 (OAI GE doc 108 p. 26). Décrivant des limitations fonctionnelles , complexes au niveau psychiatrique (OAI GE doc 108 p. 32), les experts ont conclu à une incapacité de travail de 50% depuis 2002 pour motifs essentie llement somatiques, puis toujours de 50% depuis 2007 pour, cette fois -ci, des C-407/2014 Page 7 motifs somatiques et psychiatriques, et enfin à une incapacité de travail de 100% depuis 2009, date à laquelle la pathologie oncologique s’est surajoutée aux diverses atteintes s omatiques et psychiatriques déjà existantes (OAI GE doc 108 p. 31 à 33). D.b Dans son avis du 15 juin 2012 (OAI GE doc 110), le Dr R._______, interniste auprès du SMR, a considéré que les conclusions de l’expertise précitée ne pouvaient être suivi es. Il a retenu une incapacité de travail totale dès le 23 septembre 2008 jusqu’à un mois après l’arthroscopie du 25 octobre 2011, soit jusqu’au 26 novembre 2008 (recte : 2011) ; à partir de cette date, la capacité de travail serait de 50% dans l’activité habituelle et de 100% dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles somatiques mises en évidence dans le rapport d’expertise du 21 février 2012, pour autant toutefois que le cancer ovarien soit en rémission. Dans ce cadre, un rapport du 12 juillet 2012 du Dr S._______, gynécologue, a été versé au dossier, confirmant la rémission complète du cancer (OAI GE doc 114). A également été produit à la demande de l’OAI GE un rapport du Dr C._______ du 26 octobre 2012, indiquant que l’état de santé de l’intéressée s’est aggravé depuis septembre 2011, accompagné de divers documents, notamment de deux compte s-rendus d’hospitalisation des 30 mars et 3 mai 2011 pour luxations de la hanche droite (OAI GE doc 121). A nouveau invité à s’exprimer, le SMR, par le biais du Dr T._______, a considéré dans son avis du 19 février 2013 que les nouveaux documents reçus ne permett aient pas de s’écarter des précédentes conclusions du 15 juin 2012 (OAI GE doc 125). D.c Dans son projet de décision du 5 mars 2013 (OAI GE docs 127 et 128), l'OAI GE a procédé à l’évaluation de l’invalidité de l’intéressée selon la méthode mixte, mettant en évidence un degré d'invalidité de 42% dès le 1er septembre 2003, un degré de 28% dès septembre 2004 et un degré de 16% dès avril 2006 ; puis, entre septemb re 2008 et novembre 2011, l’administration a considéré que l’invalidité était entière. Sur cette base, l’OAI GE a informé l’intéressée de son droit à un quart de rente entre septembre 2003 et décembre 2004, puis à un quart de rente entre septembre 2008 et novembre 2008, et enfin à une rente entière de décembre 2008 à février 2012. Par écriture du 10 avril 2013 (OAI GE doc 133 p. 1 à 14), l’intéressée s’est opposée au projet d e décision précité, concluant à la reconnaissance de C-407/2014 Page 8 son droit à une demi -rente d’invalidité du 1 er septembre 2003 au 22 septembre 2008, puis à une rente entière à partir du 23 septembre 2008. Elle a joint à son écriture divers rapports et certificats médicaux (OAI GE doc 133 p. 21, p. 25, p. 26), ainsi que les résultats d’IRM lombaire et pelvienne (OAI GE doc 133 p. 22 à 24). Dans son avis du 16 juillet 2013 (OAI GE doc 136), le Dr T._______, du SMR, a estimé que ces nouveaux documents médicaux ne permettaient pas de s’écarter des conclusions précédentes. D.d Par décisions du 3 janvier 2014 (OAI GE docs 145, 147 à 149), l’OAIE a intégralement confirmé le projet de décision du 5 mars 2013. E. E.a Par acte du 23 janvier 2014 (TAF pce 1), A._______, par l’intermédiaire de Me Schumacher, a formé recours auprès du Tribunal administratif fédéral contre les décisions du 3 janvier 2014, concluant à leur annulation et à la reconnaissance de son droit à une demi-rente d’invalidité du 1er septembre 2003 au 22 septembre 2008, puis à une rente entière dès le 23 septembre 2008. La recourante a produit en cause, jointes à son recours, des pièces d’ores et déjà au dossier. Le 30 avril 2014, la recourante a transmis encore au Tribunal deux comptes-rendus opératoires, des 1er et 15 avril 2014, concernant des interventions au niveau de la hanche droite et de la proth èse totale (TAF pce 5). E.b Dans sa réponse du 27 mai 2014 (TAF pce 7), l'OAIE a conclu au rejet du recours, se rapportant à la prise de position de l'OAI GE du 21 mai 2014. Se référant à l’avis du SMR du 15 juin 2012, l’OAI GE a réaffirmé quant à lui que l’expertise du CEM-PMU ne remplissait pas les conditions propres à se voir reconnaître pleine valeur probante et n’emportait pas la conviction s’agissant de la présence d’une atteinte à la s anté psychiatrique invalidante. E.c Par décision incidente du 4 juin 2014, le Tribunal administratif fédéral a fixé l'avance pour les frais de procédure présumés à Fr. 400.-, que la recourante a versée sur le compte du Tribunal dans le délai qui lui était imparti (TAF pces 8, 10, 11). E.d Dans sa réplique du 13 août 2014 (TAF pce 14), la recourante a déclaré maintenir la totalité de la motivation et des conclusions de son C-407/2014 Page 9 recours. Elle y a joint les résultats d’examens du 1 er août 2014 du rachis lombaire et des genoux, ainsi que deux ordonnances du Dr C._______ du 16 juin 2014. E.e Par duplique du 14 octobre 2014 et prise de position du 6 octobre 2014 (TAF pce 16), l’OAIE et l’OAI GE ont réitéré leurs conclusions précédentes. Dans son avis du 15 septembre 2014, le Dr T._______, du SMR, a indiqué que les documents médicaux joints à la réplique ne montraient que des atteintes connues, sans signe particulier de gravité pouvant justifier une symptomatologie incapacitante. E.f Les 11 novembre et 26 novembre 2014 (TAF pces 18 et 20), puis les 11 février et 7 décembre 2015 (TAF pces 22 et 26) , l a recourante a transmis au Tribunal de céans de nouveaux documents médiaux (TAF pces 18, 20, 22 et 26). Invité à se prononcer sur ces documents, le Dr T._______, du SMR, dans son avis du 14 décembre 2015, a répété que le syndrome douloureux somatoforme chronique ne peut être considéré comme incapacitant. Dans sa prise de position du 18 décembre 2015, l’OAI GE , confirmant, comme l’OAIE dans sa détermination du 5 janvier 2016, ses conclusions quant au rejet du recours, a exposé la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral relative aux troubles de nature psychosomatique (TAF pce 28). Par écriture du 5 avril 2016 (TAF pce 35), la recourante a signalé que son état de santé somatique s’était aggravé depuis l’expertise du CEM -PMU. Subsidiairement, elle a conclu au renvoi de la cause à l’OAIE pour instruction complémentaire et nouvelle décision. Elle a joint à cette écriture une lettre du 22 février 2016 écrite par une amie, U._______, l’aidant dans les tâches ménagères. Droit : 1. 1.1 Au vu de l'art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), en relation avec l'art. 33 let. d LTAF et l'art. 69 al. 1 let. b de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI, RS 831.20), le Tribunal administratif fédéral connaît des recours interjetés par les personnes résidant à l'étranger contre les décisions prises par l'OAIE. Demeurent réservées les exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à l'art. 32 LTAF. C-407/2014 Page 10 1.2 Selon l'art. 37 LTAF, la pr océdure devant le Tribunal administratif fédéral est régie par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), pour autant que la LTAF n'en dispose pas autrement. Or, en vertu de l'art. 3 let. dbis PA, la procédure en matière d'assurances sociales n'est pas régie par la PA dans la mesure où la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA, RS 830.1) est applicable. A cet égard, conformément à l'art. 2 LPGA en relation avec l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s'appliquent à l'AI (art. 1a à 26bis et art. 28 à 70 LAI), à moins que la LAI ne déroge à la LPGA. 1.3 Selon l'art. 59 LPGA, quiconque est touché par la décision ou la décision sur opposition et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou modifiée a qualité pour recourir. Ces conditions sont remplies en l'espèce. 1.4 En outre, déposé en temps utile et dans les formes requises par la loi (art. 60 LPGA et art. 52 PA), et l'avance sur les frais de procédure ayant été dûment acquittée, le recours est recevable. 2. La procédure dans le domaine des assurances sociales fait prévaloir la procédure inquisitoire (art. 43 LPGA). Ainsi, l'autorité définit les faits pertinents et les preuves nécessaires, qu'elle ordonne et apprécie d'office (art. 12 PA ; ATF 110 V 199 consid. 2b, ATF 105 Ib 114 ; PIERRE MOOR, Droit administratif, vol. II, 3e éd., Berne 2011, ch. 2.2.6.3). La procédure devant le Tribunal administratif fédéral est également régie par la maxime inquisitoire, de sorte que le Tribunal définit les faits et apprécie les preuves d'office et librement. De même, le Tribunal applique le droit d'office, sans être lié par les motifs invoqués, ni par l'argumentation juridique développée dans la décision entrep rise (art. 62 al. 4 PA ; PIERRE MOOR, op. cit., ch. 2.2.6.5). En outre, l’autorité saisie se limite en principe aux griefs soulevés et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la mesure où les arguments des parties ou le dossier l'y incitent (ATF 122 V 157 consid. 1a, ATF 121 V 204 consid. 6c, ATF 119 V 347 consid. 1a ; MOSER/ BEUSCH/ KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2e éd., 2013, p. 25 n. 1.55). Si l'administration ou le juge, se fondant sur une appréciation conscie ncieuse des preuves fournies par les investigations auxquelles ils doivent procéder d'office, sont convaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréc iation, il est superflu d'administrer d'autres preuves C-407/2014 Page 11 (appréciation anticipée des preuves; UELI KIESER, ATSG-Kommentar, 2e édition, Zurich 2009, art. 42 n° 19 p. 536; ATF 122 II 469 consid. 4a). Une telle manière de procéder ne viole pas le droit d'être entendu selon l'art. 29 al. 2 Cst (Sozialversicherungsrecht [SVR] 2001 IV n° 10 p. 28). 3. La question litigieuse est le bien-fondé des décisions du 3 janvier 2014 par lesquelles l’autorité inférieure a octroyé à la recourante un quart de rente d’invalidité pour la période du 1 er septembre 2003 au 31 décembre 2004, puis du 1er septembre 2008 au 30 novembre 2008, et une rente entière à partir du 1er décembre 2008, mais limitée au 29 février 2012. 4. 4.1 La législation applicable est en principe celle en vigueur lors de la réalisation de l'état de fait qui doit être apprécié juridiquement ou qui a des conséquences juridiques (ATF 136 V 24 consid. 4.3, ATF 130 V 445 consid. 1.2, ATF 129 V 1 consid. 1.2). Lors d'un changement de législation durant la période déterminant e, le droit éventuel à des prestations se détermine selon l'ancien droit pour la période antérieure et selon le nouveau dès ce moment -là (application pro rata temporis ; ATF 130 V 445). 4.2 En l'occurrence, s’agissant du droit interne, la recourante a présent é une incapacité de travail de 50% dès le 23 septembre 2002 et la rente d’invalidité contestée a été octroyée par décision s du 3 janvier 2014 . Il s'ensuit que le droit à une rente de l’AI doit être examiné au regard de l'ancien droit pour la période jusqu'au 31 décembre 2007 (voir notamment la novelle du 21 mars 2003 modifiant la LAI [4e révision], entrée en vigueur le 1er janvier 2004 [RO 2003 3837, FF 2001 3045]) et, après le 1 er janvier 2008, en fonction des modifications de cette loi consécutives à la 5e révision de la LAI (RO 2007 5129, FF 2005 4215), puis, dès le 1er janvier 2012, selon les dispositions de la LAI telles que modifiées par la 6e révision de l’AI (premier volet [ RO 2011 5659, FF 2010 1647 ]). Sauf indication contraire, les dispositions cit ées ci-après sont celles de la LAI et de son règlement d'exécution en vigueur au 1er janvier 2012. 4.3 Par ailleurs, l’affaire présente un aspect transfrontalier, dans la mesure où la recourante, ressortissante française, domiciliée en France, Etat membre de la Communauté européenne , a travaillé et a été assurée en Suisse. Est dès lors applicable à la présente cause l'accord, entré en vigueur le 1er juin 2002, entre la Suisse et la Communauté européenne et C-407/2014 Page 12 ses Etats membres sur la libre circulation des personn es du 21 juin 1999 (ALCP , RS 0.142.112.681), dont l'annexe II règle la coordination des systèmes de sécurité sociale. Dans ce contexte, les parties contractantes appliquaient entre elles, jusqu’au 31 mars 2012, le règlement (CEE) n° 1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 relatif à l'application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs salariés, aux travailleurs non salariés et aux membres de leur famille qui se déplacent à l'intérieur de la Communauté (RO 2004 121), et le règlement (CEE) n° 574/72 du Conseil du 21 mars 1972 relatif à l'application du règlement (CEE) n° 1408/71 (RO 2005 3909). Une décision du Comité mixte du 31 mars 2012 (décision n° 1/2012 [RO 2012 2345]) a actualisé le contenu de l’annexe II précitée avec effet au 1 er avril 2012, en pré voyant, en particulier, que les parties appliqueraient désormais entre elles le règlement (CE) n° 883/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale (RS 0.831.109.268.1), ainsi que le règlement (CE) n° 987/2009 du Parlement européen et du Conseil du 16 septembre 2009 fixant les modalités d'application du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.11 ; art. 1 al. 1 de l 'annexe II en relation avec la section A de l'annexe II). Conformément à la jurisprudence constante, compatible avec les dispositions transitoires contenues à l’art. 87 du règlement n° 883/2004, le droit éventuel à des prestations se détermine selon l’ancien droit pour la période antérieure au 1 er avril 2012 et selon le nouveau droit dès ce moment-là (application pro rata temporis ; ATF 130 V 445, ATF 140 V 98 consid. 5.2, ATF 139 V 88 consid. 4, ATF 138 V 533 consid. 2.2). Cela étant, comme avant l'entrée en vigueur de l'ALCP , la procédure ainsi que les conditions d’octroi d’une rente d’invalidité suisse sont déterminées exclusivement d'après le droit suisse (ATF 130 V 253 consid. 2.4 ; arrêt du Tribunal fédéral I 376/05 du 5 août 2005 consid. 3.1). Du res te, conformément à l'art. 4 du règlement n° 883/2004, similaire à l’art. 3 par. 1 de l’ancien règlement n° 1408/71, les ressortissants des Etats membres de la Communauté européenne et les ressortissants suisses bénéficient de l’égalité de traitement. 5. Tout requérant, pour avoir droit à une rente de l’AI suisse, doit remplir cumulativement les conditions suivantes : d'une part être invalide au sens de la LPGA et de la LAI (art. 8 LPGA ; art. 4, 28, 28a, 29 al. 1 LAI) ; d'autre part compter au moins trois ann ées entières de cotisations (art . 36 al. 1 LAI). En l'espèce, la recourante a versé des cotisations à l’AVS/AI pendant plus de trois ans au tot al (OAI GE doc 10) et remplit donc la condition de C-407/2014 Page 13 la durée minimale de cotisations. Reste à examiner si elle est invalide au sens de la LAI. 6. L'invalidité au sens de la LPGA et de la LAI est l'incapacité de gain totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée, qui peut résulter d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident (art. 8 LPGA et 4 al. 1 LAI). L'art. 4 al. 2 LAI mentionne que l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations entrant en considération. Selon l'art. 7 LPGA, est réputée incapacité de gain toute d iminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré sur un marché du travail équilibré dans son domaine d'activité, si cette diminution résulte d'une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et qu'elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles. Par incapacité de travail, on entend toute perte, totale ou partielle, résultant d'une atteinte à la santé physique, mentale ou psychique, de l'aptitude de l'assuré à accomplir dans sa profession ou son domaine d'activité le travail qui peut raisonnablement être exigé de lui (art. 6 LPGA). Selon l'art. 8 al. 3 LPGA et 5 al. 1 LAI, l’assuré majeur qui n'exerçai t pas d'activité lucrative avant d'être atteint dans sa santé physiq ue, mentale ou psychique, telle une personne s'occupant du ménage, et dont il ne peut être exigé qu'il en exerce une, est réputé invalide si l'atteinte l ’empêche d'accomplir ses travaux habituels, telles les tâches domestiques (art. 27 du règlement du 17 janvier 1961 sur l’assurance-invalidité [RAI, RS 831.201]). Enfin, s i l'assuré exerçait une activité lucrative à temps partiel parallèlement à l'accomplissement de travaux habituels, il convient de tenir compte des conséquences d’une atteinte à la santé sur l’exercice d’une activité lucrative et sur l’accomplissement des travaux habituels , celles -ci étant évaluées séparément. L'AI suisse couvre ainsi seulement les pertes économiques liées à une atteinte à la santé physique ou psychique, et non la maladie en tant que telle (ATF 116 V 246 consid. 1b). En d'autres termes, l'objet assuré n'est pas l'atteinte à la santé, mais l'incapacité de gain probablement permanente ou de longue durée qui en résulte et qui n’est pas objectivement surmontable (art. 7 al. 2 LPGA) , respectivement une incapacité à accomplir les travaux habituels pour les assurés n'exerçant pas d'activité lucrative et dont on ne peut exiger qu'ils le fassent. C-407/2014 Page 14 7. Aux termes de l'art. 28 al. 2 LAI, l'assuré a droit à un quart de rente s'il est invalide à 40% au moins, à une demi-rente s'il est invalide à 50% au moins, à trois quarts de rente s'il est invalide à 60% au moins et à une rente entière s'il est invalide à 70% au moins. Conformément à l'art. 28 al. 1 LAI, le droit à une rente naît dès que l'assuré ne peut rétablir, m aintenir ou améliorer sa capacité de gain ou sa capacité d'accomplir ses travaux habituels au moyen de mesures de réadaptation raisonnablement exigibles (let. a), présente une incapacité de travail de 40% au moins pendant une année sans interruption notable (let. b) et, au terme de cette année, est invalide à 40% au moins (let. c). 8. Pour pouvoir déterminer la capacité de travail d'un assuré et évaluer son invalidité, l'administration, ou le juge en cas de recours, a besoin de documents que le médecin ou éventuellement d'autres spécialistes doivent lui fournir (ATF 117 V 282 consid. 4a) et sur lesquels elle s'appuiera, sous peine de violer le principe inquisitoire (arrêts du Tribunal fédéral 8C_623/2012 du 6 décembre 2012 consid. 1 et I 733/06 du 16 juillet 2007 consid. 4.2.1). Le Tribunal fédéral a jugé en effet que les données fournies par les médecins constituent un élément utile pour dét erminer quels travaux peuvent encore être exigés de l'assuré, quand bien même la notion d'invalidité est de nature économique/juridique et non médicale (ATF 125 V 256 consid. 4, ATF 115 V 133 consid. 2, ATF 114 V 310 consid. 3c, ATF 105 V 156 consid. 1 ; voir supra consid. 6). Le juge des assurances sociales doit, pour sa part, examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle que soit leur provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. A cet égard, l'élément décisif pour apprécier la valeur probante d'une pièce médicale n'est en principe ni son origine, ni sa désignation sous la forme d'un rapport ou d'une expertise, mais bel et bien son contenu. Avant de conférer pleine valeur probante à un rapport médical, le Tribunal s’assurera que les points litigieux importants ont fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prend également en considération les plaintes expri mées par la personne examinée, qu'il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et enfin que les conclusions de l'expert sont dûment motivées (ATF 125 V 351 consid. 3a et les références). C-407/2014 Page 15 9. Dans la présente procédure, le Tribunal administratif fédéral a jugé que les actes d'instruction ayant abouti à la décision du 15 mai 2008 étaient insuffisants pour se prononcer valablement sur l’évolution des atteintes dont souffre l'intéressée et leur incidence sur la capacité de travail. Il a donc renvoyé la cause à l'administration pour qu’elle en complète l’instruction en soumettant la recourante à une expertise pluridisciplinaire en Suisse . L'autorité inférieure a c onfié sa réalisation au CEM-PMU à c., soit aux Drs N._______, psychiatre, O._______, chirurgien orthopédique , P ._______, interniste et rhumatologue, et Q._______, interniste . Cette expertise a donné lieu à un rapport du 21 février 2012 (OAI GE doc 108). 9.1 Le Tribunal est d’avis, à la lecture du rapport d’expertise, que celui -ci respecte toutes les exigences jurisprudentielles relatives à la valeur probante de ce genre de documents. Tout d’abord, l’expertise a été effectuée par des médecins spécialistes, inter niste, rhumatologue, orthopédiste et psychiatre, disposant de toutes les connaissances requises pour juger valablement de l'état de santé de l'intéressée. De plus, cette mesure d'instruction revêt un caractère interdisciplinaire dès lors qu'outre les rapports établis par certains experts dans sa spécialité (rapport de consultation de psychiatrie [OAI GE doc 108 p. 18 à 23] et rapport de consultation d’orthopédie [OAI GE doc 108 p. 24 à 26]), un rapport de synthèse multidisciplinaire a été rédigé tenant comp te des divers observations et avis des experts, pour aboutir à une conclusion unique, tant sur les aspects médicaux que sur la capacité de travail de la recourante (OAI GE doc 108 p. 26 pour les diagnostics et p. 31 ss pour la capacité de travail), ce qui renforce la valeur probante de l'appréciation des médecins du CEM-PMU. Finalement le rapport d'expertise du 21 février 2012, tout comme les rapports spécifiques, orthopédique et psychiatrique, tient compte des éléments au dossier (OAI GE doc 108 p. 3 à 11), a été fait en connaissance d’une anamnèse complète, familiale, personnelle, systématique, psychosociale, professionnelle et assécurologique, complétée encore lors de la consultation de psychi atrie (OAI GE doc 108 p. 11 à 16, p. 19 et 20), se fonde sur des examens circonstanciés ainsi que sur les résultats d’examens paracliniques (hématologie, chimie, bilan radiologique), effectués le 18 octobre 2011, et radiologiques (notamment IRM du genou droit mené le 26 septembre 2011 par le Dr E._______ [OAI GE doc 108 p. 11, p. 16 à 18, p. 21, p. 24 et 25]), prend en considération les plaintes exprimées par l'intéressée (OAI GE doc 108 p. 14 et 15, p. 20, p. 24), contient des discussions sur la situation médicale et les points litigieux, de même que des diagnostics et conclusions cohérents et clairement motivés (appréciation générale du cas [OAI GE doc 108 p. 27 à C-407/2014 Page 16 33] ; discussions sur l’aspect psychiatrique et sur l’aspect orthopédique [OAI GE doc 108 p. 21 à 23, p. 25 et 26]). 9.2 9.2.1 Ainsi, sur le plan psychiatrique , pour chaque diagnostic retenu, le Dr N._______, expert psychiatre, se référant aux éléments ressortant des différentes anamnèses, du dossier ou de sa propre investigation psychiatrique, décrit le cheminement de sa réflexion et les motifs l’amenant à ces diagnostics (OAI GE doc 108 p. 21 à 23). Il explique qu’en reprenant une anamnèse psychosociale complète, il est possible de relever la présence dès l’enfance de l’intéressée, de manifestations anxie uses importantes, relativement contenues avant l’apparition des problèmes de santé somatiques, mais qui se sont alors décompensées pour apparaître sous la forme d’un trouble anxiété généralisée. Le Dr N._______ fait de même pour le trouble de la personnalité émotionnellement labile de type borderline qu’il observe : il relève la présence dès l’adolescence, rapportée par l’intéressée, d’un sentiment chronique de vide intérieur, et note que les relations affectives et sentimentales montrent des déviations marquées des pensées, étant la plupart du temps conflictuelles et source de profonde déstabilisation émotionnelle lors de ruptures affectives, lesquelles ont précipité chez la recourante une symptomatologie notamment dépressive. Poursuivant son raisonnement, le psychiatre met également en évidence un trouble dépressif récurrent, ave c actuellement un épisode léger sans syndrome somatique, ce diagnostic s’appuyant sur la présence, avant l’apparition de la pathologie somatique et des douleurs, d’au moins deux épisodes dépressifs identifiables, avec tristesse, baisse d’estime de soi, anhédonie, perte d’appétit et pondérale, idées noires. Enfin, le Dr N._______ retient le diagnostic de syndrome douloureux somatoforme persistant, dans la mesure où l’intéressée évoque des douleurs somatiques intenses et chroniques, dont le soubassement ne peut être envisagé dans un modèle purement biomédical. Le psychiatre expose que la présence des conflits relationnels de la recourante, sa fragilité affective, la présence d’un vécu vraisemblablement difficile dès l’enfance, colmaté par un discours de surface qui indique que « tout s’est bien passé » en dépit de l’alcoolisme de son père, représente un terrain favorable à l’éclosion d’un tel trouble ; puis l’apparition de difficultés professionnelles, suivies d’une pathologie somatique ostéo-articulaire et sous la forme d’un cancer n’ont fait que renforcer le trouble, ces paramètres ayant dépassé les facultés d’adaptation de l’intéressée, la fixant progressivement dans un discours où la douleur prend de plus en plus de place. L’expert explique ainsi que le syndrome douloureux somatoforme est accompagné d’une C-407/2014 Page 17 comorbidité psychiatrique complexe, d’un état psychique cristallisé, signant l’échec d’élaboration de tout conflit intrapsychique, la focalisation du discours sur le corps permettant à l’intéressée d’éviter d’aborder un tel conflit, et d’une perte d’intégration sociale. Le Tribunal relève également dans ce cadre, au vu de ce qui précède, que l’état dépressif observé n’est pas une manifestation réactive au trouble somatoforme douloureux, mais constitue un diagnostic en lui-même. 9.2.2 Le Dr N._______ fait ensuite état de limitations fonctionnelles complexes sur le plan psychiatrique, qu’il motive de façon convaincante en montrant en quoi chaque atteinte qu’il a diagnostiquée restreint la capacité de la recourante à réintégrer le marché du travail . Il indique ainsi que les symptômes anxieux peuvent s’avérer envahissants, débordant le psychisme de l’intéressée, de sorte que face à tout stress, on peut craindre que celle-ci décompense d’autant plus son trouble anxieux. Par ailleurs, en raison du trouble de la personnalité, la recourante se montrera rapidement irritable, impulsive, ce qui pourra occasion ner des conflits relationnels compromettant toute intégration dans un groupe. Enfin, il faut tenir compte de la pathologie dépressive, actuellement partiellement compensée grâce au traitement pharmacologique suivi (antidépresseur) et à l’absence de stimulation, notamment en raison du retrait du monde du travail, pathologie qui risquerait de se décompenser de façon significative si la recourante devait, même de façon minimale, réintégrer un processus de travail (OAI GE doc 108 p. 23). 9.2.3 L’expert psychiatre en vient pour terminer à l’évolution des troubles psychiatriques dans le temps, comme l’avait requis le Tribunal de céans dans son arrêt du 12 avril 2011. Il s’appuie pour ce faire sur les rapports médicaux d es médecins traitants et du S MR versés au dossier depuis 2005, qu’il apprécie et critique, de même que sur les dires de la recourante et sur ses propres observations , et motive à nouveau de façon tout à fait convaincante ses conclusions sur la capacité de travail. Ainsi, bien qu’il exprime des réserves quant à l’examen bidisciplinaire des Drs F._______ et G._______ de mai 2005 (OAI GE doc 35), qui, en quelques lignes, avaient écarté tout trouble psychiatrique, le Dr N._______ déduit toutefois des conclusions du SMR que l’intéressée ne devait pas présenter, à cette époque-là, de décompensation franche sur le plan dépressif, et de l’anamnèse de la recourante, que l’évolution était favorable sur ce même plan en 2006. Par contre, se référant à des rapports des médecins traitant de l’intéres sée de mars 2007, notamment du Dr I._______, psychiatre, lequel mentionne une anxiété et une subdépression chronique, d’intensité légère à moyenne (OAI GE doc 62), l’expert estime qu’il y a lieu de retenir C-407/2014 Page 18 dès cette date , d’un point de vue psychiatrique, une répercussion significative de l’état de santé sur la capacité de travail, soit une diminution de 50% de celle -ci, l ’évolution étant par la suite de plus en plus défavorable, en particulier après que la recourante a souffert d’une nouvelle pathologie, à savoir son cancer gynécologique. Le psychiatre explique à cet égard que la cumulation des différentes pathologies est susceptible de déb order un psychisme déjà fragile pour aboutir à un épuisement des ressources adaptatives, et qu’il voit mal comment la recourante, avec la conjonction de ses troubles, aurait pu et pourrait encore aujourd’hui s’intégrer de façon satisfaisante dans un processus de reprise de travail, même de façon progressive. Par conséquent, de l’avis de l’expert, dès ce moment -là (cancer ovarien), la capacité de travail de la recourante est nulle dans le circuit économique ouvert (OAI GE doc 108 p. 23). 9.3 Au niveau orthopédique, les constats et conclusions du Dr O._______, fondés notamment sur des examens clinique et radiologique d e l’intéressée, sont également convaincants, l’expert liant de façon pertinente le status de chaque atteinte et les éventuelles limitations fonctionnelles consécutives (OAI GE doc 108 p. 24 à 26). Ainsi, la hanche droite, ayant subi une pose de prothèse to tale en janvier 2006 et deux luxations successives en 2011 , ne montre aucun signe d’instabilité clinique ; la fracture au niveau de la cheville gauche survenue en 2008 (voir examens radiologiques du 14 janvier 2008 [ OAI GE doc 71 p. 3 à 5, doc 73]) a guéri sans séquelles fonctionnelles ; concernant la nuque, à propos de laquelle la recourante se plaint de cervicalgies, le status est dans les limites de la norme pour l’âge, avec une cervicarthrose inférieure banale, commune et courante ; le genou droit prése nte radiologiquement des signes dégénératifs modérés et des lésions débutant es associées à une lésion m éniscale, lésions dont l’expert orthopédiste dit qu’elles sont fréquentes chez la femme de la cinquantaine, pouvant occas ionner des épisodes douloureux ; le bilan clinique lors de l’expertise es t cependant plutôt rassurant avec une bonne fonction puisque l’intéressée est montée et redescendue à pieds, à deux reprises, les escaliers sur le lieu de l’expertise, soit trois étages de 22 marches chacun (OAI GE doc 108 p. 25 et 26). Le Dr O._______ note sur cette base une absence de limitations fonctionnelles des membres supérieurs et une amplitude fonctionnelle satisfaisante des membres inférieurs, mais estime toutefois qu’en raison à la fois de la prothèse totale de la hanche droite et des troubles dégénératifs débutants du genou droit, les efforts prolongés des membres inférieurs C-407/2014 Page 19 doivent être restreints. Il conclut dès lors à une capacité de travail totale sur le plan orthopédique, dans une activité adaptée, c’est-à-dire assise, ou assise et debout avec déplacements, sans port de charge supérieur à 5 kg ; cette conclusion est partagée au niveau rhumatologique (OAI GE doc 108 p. 26 et p. 28). 9.4 Au niveau oncologique enfin, il est rapporté dans le cadre de l’appréciation du cas q u’il n’y a pas de récidive connue à ce jour, l’intéressée décrivant une fatigue chronique, dont les experts disent que même difficilement quantifiable, elle est bien connue et décrite comme invalidante et séquellaire du traitement de chimiothérapie dans la littérature actuelle (OAI GE doc 108 p. 28 et 29). 9.5 Sur la base de ce qui précède, les experts du CEM-PMU ont retenu les diagnostics, avec influence essentielle sur la capacité de travail, de trouble dépressif récurrent, épisode act uel léger sans syndrome somatique, de trouble anxiété généralisé, de trouble de la personnalité émotionnellement labile, type borderline, de syndrome somatoforme douloureux persistant, de status après intervention du 23 septembre 2008 (hystérectomie totale, anexectomie, curages, etc), de status après pose de la prothèse totale de la hanche le 10 janvier 2006 et status après arthroscopie du genou droit le 8 novembre 2011, et les diagnostics sans répercussion sur la capacité de travail, de laparoscopie second look avec cure d’éventration sus-ombilicale le 1er septembre 2009 et d’obésité (OAI GE doc 108 p. 26). S’agissant de la capacité de travail, les experts ont conclu à une incapacité de travail de 50% pour des motifs essentiellement somatiques depuis 2002, suivant à cet égard les conclusions de l’autorité inférieure lors de la décision du 15 mai 2008, puis toujours à une incapacité de travail de 50% depuis 2007, mais cette fois -ci pour des motifs conjoints somatiques et psychiatriques, et enfin à une incapacité totale de travail depuis 2009, date à laquelle la pathologie oncologique s’est surajoutée aux diverses atteintes déjà existantes, les capacités adaptatives de la recourante étant dès lors complètement dépassées, ceci étant par ailleurs associé à une fa tigue chronique post-chimiothérapie (OAI GE doc 108 p. 31 et 32). 10. 10.1 Appelé à s’exprimer sur le rapport d’expertise du CEM -PMU du 21 février 2012, le SMR, en la personne du Dr R._______, dans son avis du 15 juin 2012 (OAI GE doc 110), a considéré que les conclusions de l’expertise précitée étaient critiquables et qu’elles ne pouvaient être C-407/2014 Page 20 retenues. Pour la période précédant 2008, le Dr R._______ s’en est remis au rapport du 12 juillet 2007 du service de réadaptation professionnelle de l’OAI GE, lequel aboutissait à une invalidité de 33% en 2003 et de 18% en 2006 (dès avril ; OAI GE doc 68), et s’est prononcé sur les seuls changements de l’état de santé de l’intéressée depuis août 2008 , soit depuis l’évocation d’une formation kystique ovarienne. Il a retenu à cet égard une incapacité de travail totale dès le 23 septembre 2008, date de l’hystérectomie, suivie de six cures de chimiothérapie, l’évolution étant marquée par une récidive d’éventration avec intervention en février 2010, puis par les deux luxations de la hanche droite en mars et mai 2011, et par l’arthroscopie en octobre 2011 (recte : le 8 novembre 2011 : voir compte- rendu opératoire [OAI GE doc 121 p. 6]), de sorte que le Dr R._______ maintient l’incapacité totale de travail jusqu’à un mois après l’arthroscopie, soit jusqu’au 26 novembre 2008 (recte : 2011). A partir de cette date, la capacité de travail serait de 50% dans l’activité habituelle et de 100% dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles mises en évidence par le Dr O._______ dans le rapport d’expertise du 21 février 2012, pour autant toutefois que le cysto -adénocarcinome mucineux ovarien bilatéral soit en rémission. 10.2 Le Tribunal de céans ne saurait préférer l’avis du SMR du 15 juin 2012 au rapport des experts du CEM-PMU, si ce n’est concernant la date à partir de laquelle l’incapacité de travail de la recourante est totale, soit dès la date de l’hystérectomie le 23 septembre 2008, que les experts placent à tort en 2009 dans leurs conclusions (voir OAI GE doc 108 p. 31 et OAI GE doc 87 p. 1). Outre que l’avis du Dr R._______ est succinct, en particulier en regard du rapport d’expertise du CEM-PMU, et ne se fonde pas , au contraire de l’expertise, sur un examen de l’intéressée, mais uniquement sur les rapports médicaux au dossier, le Dr R._______, dont la prise de position consiste essentiellement à critiquer les observations et conclusions de l’expert psychiatre, est lui -même interniste et n’est donc pas un spécialiste en psychiatrie. Par ailleurs, les critiques qu’il formule ne convainquent pas le Tribunal de céans , d’autant plus qu’elles se concentrent sur le syndrome somatoforme douloureux, lequel ne représente dans l’expertise du CEM -PMU qu’un diagnostic parmi les diagnostics psychiatriques retenus et que le s limitations restreignant la capacité de travail mises en évidence par les experts s’avèrent liées aux symptômes anxieux, au trouble de la personnalité et à la pathologie dépressive, bien plus qu’au syndrome somatoforme douloureux. 10.2.1 Le Dr R._______ relève ainsi, dans un premier temps, que l’appréciation faite par les experts du CEM -PMU de l’examen bi -C-407/2014 Page 21 disciplinaire effectuée au SMR en 2005 est étonnante ; évoqué de manière neutre en page 12 du rapport d’experti se, cet examen serait critiqué en page 23 (dernier paragraphe), quand l’expert psychiatre dit « exprimer des réserves quant à l’évaluation de la capacité de travail », sans toutefois dire en quoi ces réserves consistent ; ces rése rves seraient réitérées en page 31 sans aucune base critique, et l’appréciation psychiatrique faite en 2005 serait pourtant admise. Il convient de répondre à cet égard que si le ton des experts du CEM-PMU est neutre en page 12 de leur rapport, c’est qu’il s’agit là du rappel anamnestique, lors duquel des faits sont mentionnés, et non pas appréciés. Quant aux réserves exprimées par le Dr N._______ en pages 23 et 31, ce dernier en a exposé les motifs au bas de la page 21 : il indique ainsi que la lecture du rapport de 2005 des Drs F._______ et G._______ pose question, « étant donné que l’anamnèse psychosociale et psychiatrique ne comporte en tout et pour tout que six lignes, ce qui interroge sur la nature de l’investigation effectuée à ce moment » ; il ajoute qu’au vu de l’anamnèse que l’expertisée lui a livrée lors de l’expertise, il ne peut en aucun cas relever, comme l’ont fait ses collègues en 2005, que « du point de vue psychiatrique, l’anamnèse est vierge, le status ne met en évidence aucune maladie qui pourr ait porter atteinte à la capac ité de travail ». Même sans les indications du Dr N._______, les réserves de ce dernier à l’égard de l’examen du SMR de 2005 s’expliquent d’elles-mêmes, précisément par l’aspect sommaire de l’évaluation psychiatrique des Drs F._______ et G._______, et par le fait que, dans la partie de l’expertise consacrée à l’aspect psychiatrique du cas, l’expert psychiatre mentionne à plusieurs reprises la présence chez l’intéressée de troubles psychiatriques dès l’enfance ou l’adolescence, alors que les Drs F._______ et G._______ avaient, en quelques lignes, écarté toute atteinte psychiatrique. Enfin, il ne paraît pas au Tribunal que le Dr N._______ admet l’appréciation psychiatrique de 2005 : il ne conclut pas en effet à l’absence de troubl es psychologiques à cette époque, mais postule que l’intéressée ne devait pas présenter, à cette époque -là, de décompensation franche sur le plan dépressif, ce qui peut s’expliquer par l e peu d’éléments relevés par le psychiatre du SMR dans le rapport de mai 2005 ; car on peut supposer que si la recourante avait alors présenté une décompensation, les médecins du SMR l’auraient observée et rapportée. 10.2.2 Dans un second temps, le Dr R._______ critique l’existence, mise en évidence par l’expert psychiatre du CEM -PMU et qu’il conteste, de chacun des critères jurisprudentiels permettant d’admettre le caractère invalidant du syndrome somatoforme douloureux persistant dont souffre la C-407/2014 Page 22 recourante. La jurisprudence avait en effet dégagé, au cours de ces dernières années, un certain nombre de principes et de critères pour permettre d'apprécier le caractère invalidant de certains syndromes somatiques dont l'étiologie est incertaine, tels que le trouble somatoforme douloureux (ATF 130 V 352, ATF 131 V 49). Selon cette jurisprudence, il existait une présomption que ces syndromes ou leurs effets pouvaient être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible. Le Tribunal fédéral avait toutefois reconnu qu'il existait des facteurs déterminés qui, par leur intensité et leur constance, renda ient la personne incapable de fournir cet effort de volonté, et avait établi des critères permettant d'apprécier le caractère invalidant de ces syndromes , parmi lesquels, au premier plan, la présence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa durée, puis l’existence d’affections corporelles chroniques, d'un processus maladif s'étendant sur plusieurs années sans rémission durable, une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations de la vie, un état psychique cris tallisé, résultant d'un processus défectueux de résolution du conflit, mais apportant un soulagement du point de vue psychique, et l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art. Les critiques du médecin du SMR à cet ég ard ne convainquent pas non plus le Tribunal de céans. Tel qu’elles ressortent de la lecture de l’avis du SMR du 15 juin 2012, elles constituent au mieux une appréciation différente d’une même situation, toutefois plus sommaire et bien moins motivée que celle du Dr N._______, et, qui plus est, émanant d’un médecin qui n’est pas psychiatre et n’a pas rencontré l’intéressée. 11. 11.1 Par ailleurs, le Tribunal fédéral a en juin 2015, soit durant la présente procédure de recours , modifié en profondeur sa pratique relative aux troubles somatoformes douloureux (ATF 141 V 281 ; pour un résumé des points principaux : voir ATF 141 V 281 consid. 6 ; voir également arrêt du Tribunal administratif fédéral C -3804/2014 du 21 septembre 2015 consid. 5). Un point central du change ment concerne la renonciation à la présomption du caractère surmontable de la douleur par un effort de volonté raisonnablement exigible . La Haute Cour a également jugé qu’il convenait de renoncer à l'exigence d'une comorbidité psychiatrique et à son rôle p répondérant. Dorénavant, la capacité de travail exigible des personnes souffrant d'un trouble somatoforme douloureux ou d'une atteinte psychosomatique semblable doit être évaluée sur la base d'une vision d'ensemble, globale et ouverte, sans résultat prédéfini, dans le cadre d'une C-407/2014 Page 23 procédure d'établissement des faits structurée et normative . Le Tribunal fédéral a décrit des indicateurs standards (ATF 141 V 281 consid. 4.1.3), qui permettent de mettre en lumière les facteurs incapacitants d'une part et les res sources de la personne d'autre part , tout en soulignant que ce catalogue d'indicateurs n'a pas la fonction d'une simple check -list et qu'il faut toujours tenir compte des circonstances du cas concret. Il a indiqué par ailleurs qu’il convient, plus qu'avant , de tenir compte des effets de l'atteinte à la santé sur les aptitudes de la personne concernée à exercer son travail et les tâches de sa vie quotidienne (répercussions fonctionnelles), et de mieux intégrer la question des ressources personnelles dont dispose la personne concernée, au vu en particulier de sa personnalité et du contexte social dans lequel elle évolue. Le Tribunal fédéral a encore rappelé que la nouvelle jurisprudence ne modifie en rien celle tirée de l'art. 7 al. 2 LPGA, qui exige la seule prise en compte des conséquences de l’atteinte à la santé et qui impose un examen objectif de l’exigibilité. La reconnaissance d’un taux d’invalidité fondant le droit à une rente ne sera admise que si, dans le cas d’espèce, les répercussions fonctionnelles de l’atteinte à la santé médicalement constatée sont établies de manière concluante et exempte de contradictions, et avec (au moins) un degré de vraisemblance prépondérante, à l’aide des indicateurs standards. Quant au règlement transitoire de la nouvelle jurisprudence, le Tribunal fédéral a considéré que la jurisprudence de l'ATF 137 V 210 consid. 6 gardait sa pertinence par analogie dans le sens que les expertises effectuées d'après les anciens standards de procédure ne perdaient pas de fait leur valeur probante. Cas échéant, un complément ponctuel peut s'avérer suffisant (ATF 141 V 281 consid. 8). 11.2 Il appert en outre que dans deux arrêts récents, 8C_841/2016 et 8C_130/2017, du 30 novembre 2017, le Tribunal fédéral est arrivé à la conclusion que l’approch e développée pour clarifier le droit à une rente d’invalidité en cas de troubles somatoformes douloureux doit s'appliquer dorénavant à tous les troubles psychiques, en particulier aussi aux dépressions légères à moyennes. Bien plus que le diagnostic, c’est la question des effets fonctionnels d'un trouble qui importe, aucune déclaration fiable sur les limitations fonctionnelles de la personne concernée ne pouvant être déduite du seul diagnostic. Il convient dès lors d'appliquer à toutes les maladies psychiques la procédure d'administration des preuves à l'aide des indicateurs susmentionnés (ATF 141 V 281 consid. 4.1.3). La preuve d'une invalidité ouvrant droit à une rente ne peut en principe être considérée comme rapportée que lorsqu'il existe une cohérence au niveau des limitations dans tous les domaines de la vie. Or, selon la jurisprudence rendue jusque-là à propos des dépressions légères C-407/2014 Page 24 à moyennes, les maladies en question n'étaient considérées comme invalidantes que lorsqu'on pouvait apport er la preuve q u'elles étaient « résistantes à la thérapie » (ATF 140 V 193 consid. 3.3). Avec le changement de pratique adopté par le Tribunal fédéral, cela ne vaut plus de manière aussi absolue. La question déterminante est de savoir, comme pour les autres maladies psy chiques, si la personne concernée peut objectivement apporter la preuve d'une incapacité de travail et de gain invalidante. 11.3 A cet égard, l e Tribunal de céans considère en l’espèce , comme l’autorité inférieure dans sa prise de position du 18 décembre 2015 e t le Dr T._______, du SMR, dans son avis du 14 décembre 2015 rendu en cours de procédure de recours et dans lequel il examine l’expertise du CEM-PMU à l’aune de la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral (TAF pce 28), qu’en l’ occurrence, cette expertise, compte tenu de sa qualité, permet une appréciation convaincante de la situation, également au regard de la nouvelle ju risprudence précitée. Elle s’avère conforme à cette nouvelle jurisprudence qui commande une appréciation globale et ouverte des affections de la recourante, sans résultat prédéfini (voir en particulier OAI GE doc 108 p. 22 et 23) . Ainsi, tous les diagnostics des troubles psychiques ont été posés selon les règles de l’art (voir supra consid. 9.2.1), ce que ni l’autorité inférieure, ni le SM R ne contestent. En outre , conformément à la nouvelle jurisprudence, qui a souligné que les indicateurs établis ne doivent pas être utilisés comme simple chek -list, l’expert psychiatre du CEM -PMU a soigneusement pondéré les facteurs d’incapacités d’une part et les ressources , pratiquement inexistantes, de l’intéressée d’autre part. Il a ainsi mis en évidence l’existence de manifestations anxieuses impor tantes dès l’enfance , d’un sentiment chronique de vide intérieur, la fragilité affective de l’intéressée, la présence de conflits relationnels et d’un vécu vraisemblablement difficile dans l’enfance, dû en particulier à l’alcoolisme paternel ; il a expliqué ensuite que les difficultés professionnelles rencontrées par la recourante (importantes difficultés relationnelles, avec des « prises de becs », des comportements impulsifs aboutissant à un licenciement [OAI GE doc 108 p. 19]), l’apparition d’une pathologie somatique ostéo -articulaire, puis du cancer avaient renforcé le trouble douloureux et dépassé les facultés d’adaptation de l’intéressée ; il a rapporté également la présence d’une comorbidité psychiatrique complexe, caractérisée par un trouble de la personnalité émotionnellement labile, type borderline, et une symptomatologie anxieuse et dépressive , celle -ci liée à la survenance, avant l’apparition de la pathologie somatique, d’en tout cas deux épisodes dépressifs plus sévères. A cet égard, le Dr N._______ a lui -même signalé que la C-407/2014 Page 25 symptomatologie n’était certes pas fortement décompensée actuellement, mais que cela était le cas car la recourante était traitée sur le plan psychopharmacologique, avec de la Fluoxétine (antidépresseur), et qu’en raison de son retrait du monde du travail, elle ne vivait aucune stimulation risquant de provoquer une décompensation significative . S’agissant des traitements suivis, il ressort du rapport d’expertise qu’en raison du trouble de la personnalité, conjugué au trouble somatoforme, la recourante s’est montrée à ce jour peu disposée à entamer une prise en charge psychiatrique (voir également à cet égard OAI GE doc 108 p. 12 3e paragraphe), la focalisation du discours sur le corps lui permettant d’éviter des affects trop douloureux ; l’expert psychiatre estime donc que si la médication pourrait être adaptée au vu du trouble anxiété généralisée, il y a peu à espérer d’un suivi psychiatrique. De plus, le Dr N._______, rapportant que la vie sociale décrite par la recourante (voir notamment OAI GE doc 108 p. 14 point 1) se résume à son mari et à quelques amis, a qualifié cette vie sociale de pauvre, insuffisante pour évoquer la présence d’une intégration sociale . L’expert psychiatre a ainsi montré qu’on ne pouvait plus raisonnablement exiger de la recourante qu’elle reprenne une activité, quelle qu’elle s oit, celle-ci n’ayant plus les capacités adaptatives nécessaires et sa symptomatologie n’étant compensée qu’en raison de son retrait de la vie active . Enfin, les experts du CEM -PMU ont tenu compte, dans leur évaluation, de l’évolution des problèmes de santé de la recourante à travers le temps, attestant d’incapacités différenciées selon les époques . Leur appréciation de la capacité résiduelle de travail de l’intéressée est donc convaincante, complète et nuancée. 11.4 On ne s aurait par conséquent suivre à ce propos l’avis du 14 décembre 2015 du SMR, établi par le Dr T._______. Ce médecin, qui, à nouveau, n’est pas psychiatre et n’a pas rencontré la recourante, se contente en effet , dans cet avis succinct et peu motivé, de pren dre systématiquement, pour les critères jurisprudentiels qu’il traite, le pendant de la position de l’expert psychiatre, à l’exception toutefois du diagnostic de syndrome somatoforme douloureux, que le SMR partage, tout en le considérant comme non incapacitant. En particulier, le Dr T._______ note une absence de cohérence entre les plaintes de l’intéressée concernant les douleurs i mportantes dont elle souffrirait et l’attitude de celle -ci rapportée par le Dr O._______, expert orthopédiste lors de l’expertis e au CEM-PMU, qui indique que la marche s’effectue relativement aisément, sans boiterie, et que l’intéressée a monté trois étages par l’escalier. Ainsi, pour le SMR, l’importance des douleurs alléguées par la recourante ne coïnciderait pas avec le peu de r épercussion de celles -ci sur la vie courante. Or, il convient de relever, à ce sujet , que les experts du CEM -C-407/2014 Page 26 PMU n’ont eux-mêmes retenu, dans leurs conclusions au niveau somatique, que très peu de limitations fonctionnelles au moment de l’expertise et une capacité de travail totale dans une activité adaptée ; dans le même temps, les limitations restreignant la capacité de travail au niveau psychiatrique s’avèrent liées aux symptômes anxieux, au trouble de la personnalité et à la pathologie dépressive, susce ptibles de décompenser en cas de stress, bien plus qu’au syndrome somatoforme douloureux . Ainsi, s’ils ont relevé les plaintes de l’intéressée concernant ses douleurs, les experts du CEM-PMU ont procédé à un examen rigoureux de l’état de la recourante et rendu leurs conclusions sur la base de leurs propres observations, lesquelles ne contiennent ni contradictions, ni incohérences. 12. 12.1 Compte tenu de l'ensemble des éléments qui précède nt, le Tribunal de céans se rallie à l’appréciation convaincante des experts du CEM-PMU (OAI GE doc 108 p. 31 à 32), et conclut à une capacité de travail de 50% dans toute activité dès septembre 2002, pour des motifs essentiellement somatiques. Ceci corres pond d’ailleurs aux conclusions de l’autorité inférieure (voir motivation des décisions litigieuses [OAI GE doc 137]), qui a toutefois limité cette incapacité de travail à septembre 2004, notant, dans la motivation des décisions contestées, que dès la fin du contrat de travail de l’intéressée en septembre 2004, cette dernière aurait été à même de reprendre un travail dans un poste adapté à un taux oscillant entre 60% et 70%. Or, cette amélioration ne ressort pas des rapports médicaux au dossier. En effet, d ès 2003, les Drs C._______ et D._______, médecins traitants, concluaient à une capacité dans l’activité habituelle de 40% d’un taux d’activité de 100%, capacité devenant nulle dès février 2004 pour le Dr C._______ (rapports des 27 juin, 21 octobre, 5 novembre 2003 et 27 septembre 2004 [OAI GE doc 13 p. 3, docs 14 à 16, docs 17 à 19, docs 22 à 24]), tandis que des examens radiologiques des 22 octobre 2004, puis 6 janvier 2005 révélaient une coxarthrose de la hanche droite, (rapports de la Polyclinique de b. du 22 octobre 2004 et du Dr E._______ du 12 avril 2005 [OAI GE doc 26 p. 2, doc 32 p. 2 et 3]). Dans leur rapport du 27 mai 2005 (OAI GE doc 35 p. 3 à 10), les Drs F._______ et G._______, du SMR, retenaient d’ailleurs la coxarthrose comme premier diagnostic avec répercussion sur la capacité de travail ; en outre, s’ils ne partageaient pas l’avis du Dr C._______ sur l’incapacité de travail totale de l’intéressée dès septembre 2004, ils concluaient toujours à cette date, comme en septembre 2002, à une incapac ité de travail de 50% dans l’activité habituelle et de 65% dans une activité adaptée, précisant qu’une amélioration de la capacité de travail, jusqu’à 100% même dans l’activité C-407/2014 Page 27 habituelle, pourrait avoir lieu à leur avis, si la recourante bénéficiait d’une prothèse totale de hanche, d’une perte pondérale et d’une rééducation intensive (voir également rapport d’examen SMR du 8 juin 2005 [OAI GE doc 35 p. 1 et 2]). Or, la mise en place de la prothèse totale de la hanche droite a eu lieu en janvier 2006 (OAI GE doc 49 p. 5). Il sied de relever par ailleurs que l’autorité inférieure n’a pas expliqué pourquoi elle estimait que la capacité de travail de la recourante s’était améliorée en septembre 2004, ni pourquoi elle s’éloignait, de ce fait, de l’avis des médecins du SMR. Le Tribunal continue donc de suivre l’opinion des experts qui ont pour leur part considéré que l’incapacité de travail se maintenait à 50% pour des raisons somatiques, et ce, jusqu’en 2007. Certes, dans des rapports des 3 et 31 janvier 2007, e t 5 avril 2007 (OAI GE doc 49 p. 1 à 4, doc 56), les Drs C._______, H._______ et D._______ notaient un état de santé amélioré et moins de douleurs à la hanche depuis janvier 2006, le Dr D._______ retenant une capacité de 80% dans un travail assis, comme secrétaire (OAI GE doc 63). Quant au Dr J._______, du SMR, il concluait dans sa prise de position du 24 avril 2007 (OAI GE doc 65) à une capacité de travail totale dans un poste sans port de charges lourdes après une convalescence de deux à trois mois suite à la mise en place de la prothèse. Cependant, outre que ces rapports sont très succincts et non motivés, les Drs C._______ et D._______ y réservaient leur pronostic et concluaient qu’une reprise de travail semblait difficile, voire impossible, tandis que le Dr H._______ ne se prononçait pas sur la capacité de travail. Par ailleurs, le Tribunal de céans avait lui-même relevé, dans son arrêt C-3792/2008 du 12 avril 2011 (OAI GE doc 100 p. 21), que s’il n’excluait pas l’avis du Dr J._______, celui-ci était néanmoins des plus concis et qu’une arthroplastie totale de la hanche était une intervention conséquente, dont les résultats concrets auraient dû être quantifiés dans le cadre d’une expertise. Il appert à cet égard que les experts du CEM - PMU ont eu connaissan ce de ces différents rapports à l’occasion de l’expertise, sans que cela ne modifie leurs conclusions (OAI GE doc 108 p. 5 et 6). 12.2 Suivant toujours les experts du CEM -PMU, le Tribunal de céans conclut au maintien d’une capacité de travail de 50% depuis 2007, plus précisément depuis mars 2007, cette fois pour des motifs conjoints, somatiques et psychiatriques. En effet, ainsi que l’ont relevé les experts, il est fait état, dans le rapport du 24 mars 2007 du Dr I._______, psychiatre traitant alors la recourante (OAI GE doc 62), d’anxiété et de subdépression chronique, diagnostics considérés par le Dr I._______ comme ayant des répercussions sur la capacité de travail. Le psychiatre décrivait alors une C-407/2014 Page 28 symptomatologie anxieuse et dépressive d'intensité l égère ou moyenne évoluant, traitée depuis plusieurs années par antidépresseurs à visée thymique et antalgique, dans un contexte de douleurs chroniques ; il rapportait deux épisodes dépressifs francs par le passé et une réticence chez l’intéressée à l'évocation d'une dimension psychologique dans ses difficultés, rendant une démarche psychothérapeutique prématurée ; le pronostic était réservé et la reprise d'une activité professionnelle jugée peu probable à court ou moyen terme. On peut relever à cet égard qu e déjà dans son rapport du 3 janvier 2007 (OAI GE doc 49 p. 1 à 4), le Dr C._______ notait une dépression et de l’anxiété, précisant qu’une prise en charge psychiatrique avait été refusée par sa patiente, ce que confirmait le Dr D._______ dans son rapport du 5 avril 2007 (OAI GE doc 63). Sur cette base, l’évaluation de l’incapacité de travail, estimée à 50% par les experts, est convaincante, dans la mesure en particulier où les troubles somatiques sont toujours rapportés, sous forme notamment de douleurs dorsales et de troubles dégénératifs modérés au niveau des épaules, des mains ainsi que de la cheville (OAI GE doc 49 p. 2, doc 62, doc 63, doc 77) ; le Dr C._______ certifie d’ailleurs, le 17 avril 2008, que la recourante est apte à travailler à temps partiel (OAI GE doc 77 p. 2). 12.3 Enfin, le Tribunal de céans retient, comme les experts du CEM-PMU, une incapacité de travail totale dans toute activité dès la date de l’hystérectomie rendue nécessaire suite à l’apparition de la pathologie oncologique, intervention qui date du 23 septembre 2008 (OAI GE doc 87 p. 1) et non de 2009, comme l’indiquent à tort les experts dans leur rapport d’expertise (voir OAI GE doc 108 p. 31). Le SMR, dans l’avis du Dr R._______ du 15 juin 2012 (OAI GE doc 110), de même que l’autorité inférieure dans les décisions entreprises, concluent également à une incapacité de 100% dès le 23 septembre 2008, qu’ils limitent toutefois à novembre 2011, l’évolution ayant été marquée, suite à l’hystérectomie, par six cures de chimiothérapie, une réci dive d’éventration avec intervention en février 2010, deux luxations de prothèse de hanche réduites sous narcose les 30 mars et 3 mai 2011 et une arthroscopie le 8 novembre 2011. Le Tribunal de céans se rallie là encore aux experts du CEM-PMU qui ont bien démontré que dès l’apparition du cancer des ovaires, le cumul des diverses pathologie a largement décompensé un équilibre déjà précaire pour aboutir à un épuisement des ressources adaptatives, de sorte que la capacité de travail est nulle et reste nulle dès ce moment-là. 13. Suite à l’expertise du CEM -PMU, d’autres documents médicaux ont été versés au dossier, sur lesquels le SMR, en la personne du Dr T._______, C-407/2014 Page 29 a rendu divers avis. Cependant, aucun de ces documents ou avis ne vient mettre en cause les conclusions des experts du CEM-PMU. 13.1 Ainsi, un rapport du 12 juillet 2012 du Dr S._______ produit à la demande de l’OAI GE fait état de la rémission complète du cancer ovarien, confirmant l’absence de récidive observée par les experts dans leur rapport du 21 février 2012 (voir supra consid. 9.4), le dernier contrôle effectué par la recourante auprès du Dr S._______ datant du 20 mars 2012 (OAI GE doc 114). Un rapport du Dr C._______ du 26 octobre 2012 indique que l’état de santé de l’intéressée s’est aggravé depuis septembre 2011 en raison d’une arthrose du genou droit ayant nécessité une intervention en novembre 2011 ; ce rapport est accompagné de deux compte s-rendus d’hospitalisation des 30 mars et 3 mai 2011 pour luxations de la hanche droite, des résultats de radiographies de l’épaule droite du 23 septembre 2011, des résultats d’imagerie des genoux des 26 septembre 2011, 4 septembre 2012 et 26 octobre 2012, du compte -rendu opératoire du 8 novembre 2011 relatif à l’arthroscopie du genou droit e t d’une ordonnance pour des médicaments du 23 octobre 2012 (OAI GE doc 121). Or, les experts du CEM -PMU avaient connaissance et ont tenu compte dans leur rapport en particulier des luxations de la hanche droite, de l’IRM des genoux de septembre 2011 et de l’arthroscopie du 8 novembre 2011 (OAI GE doc 108 p. 11, p. 24, p. 25 en bas et p. 26) ; par ailleurs, un bilan radiologique de la colonne, des mains, du bassin, des genoux, de la cheville gauche et des pieds a été effectué au Centre V._______, à leur demande, le 18 octobre 2011. Quant aux documents postérieurs à la date du rapport d’expertise du 21 février 2012, ils se résument à des résultats d’examens, sans plus de précisions concernant d’éventuelles limitations fonctionnelles et répercussions de ces résultats sur la capacité de travail. Enfin, le Dr C._______, dans son bref rapport du 26 octobre 2012, se contente de répondre par la négative à la question de savoir si un retour au travail de sa patien te serait envisageable, sans autre motivation que l’aggravation des atteintes aux genoux en septembre 2011, qu’il rapporte très sommairement et qui, quoiqu’il en soit, est antérieure à l’expertise. 13.2 En procédure d’audition, suite au projet de décision de l’OAI GE du 5 mars 2013 (OAI GE doc 128), la recourante, qui s’y est opposée, a versé au dossier un rapport du 14 mars 2013 du Dr W._______, chirurgien orthopédique, qui fait état d’une méniscocalcino se sans arthrose importante au genou gauche, d’une gonarthrose externe au genou droit pour lequel elle a bénéficié d’une viscosupplémentation, sans succès, et d’une lombo-sciatalgie (OAI GE doc 133 p. 21), les résultats d’une IRM lombaire du 21 mars 2013 illustrant une spondylodiscarthrose s’étendant C-407/2014 Page 30 sur l’ensemble de la colonne lombaire, avec des protrusions discales de L1-L2 à L5 -S1 et une hernie discale en L3 -L4 (OAI GE doc 133 p. 22 et 23), les résultats d’une IRM pelvienne du 22 mars 2013 concluant à u n status après hystérectomie totale, sans effet de masse pathologique identifiable (OAI GE doc 133 p. 24), ainsi qu’un certificat du Dr X._______ du 3 avril 2013 attestant d’une respiration costale durant la nuit, qui favorise les reflux de l’estomac et leur cortège de symptômes ORL et des lombalgies (OAI GE doc 133 p. 25). Une fois encore, ces documents ne comportent que des résultats d’examens radiologiques et cliniques, sans appréciation et analyse quant à l’effet de ces atteintes sur les aptitudes, notamment au travail, de la recourante, de sorte qu’on ne saurait en tirer des conclusions à cet égard, pouvant questionner celles des experts du CEM-PMU. Quant au certificat du Dr C._______ du 4 avril 2013 (OAI GE doc 133 p. 26), également produit par la reco urante à cette occasion, qui atteste que l’intéressée ne présente pas d’amélioration de son état de santé et que son état anxio-dépressif s’est même aggravé depuis que son époux a perdu son emploi, il vient renforcer, bien que peu détaillé, les constats et conclusions des experts, en particulier du Dr N._______ concernant l’état psychique de la recourante. 13.3 De son côté, le SMR, par le truchement du Dr T._______, s’est contenté, dans ses avis du 19 février 2013, puis du 16 juillet 2013 sur les nouveaux documents médicaux précités, de réaffirmer en quelques lignes les conclusions de l’avis du Dr R._______ du 15 juin 2012, déjà discuté (OAI GE docs 125 et 136). 13.4 En procédure de recours, la recourante a encore produit : – deux comptes -rendus opératoires, le premier , du 1 er avril 2014, concernant un changement cotyloïdien en raison d’une luxation récidivante de prothèse de la hanche droite, le second, du 15 avril 2014, relatif à un nettoyage articulaire et ablation d’insert en raison d’une arthrite septique sur prothèse de la hanche (TAF pce 5), – les résultats d’examens du 1er août 2014 du rachis lombaire, concluant à une lombodiscarthrose pluri-étagée sévère de L2-L3 et de L5-S1, et des genoux, concluant à une gonarthrose à droite et à un pincement fémoro-tibial gauche sur fond de chondrocalcinose, ainsi que deux ordonnances du Dr C._______ du 16 juin 2014 (TAF pce 14), – un certificat du 6 novembre 2014 dans lequel le Dr W._______ indique une gonarthrose majeure à droite, nécessitant la pose d’une prothèse C-407/2014 Page 31 totale, et un certificat du 21 novembre 2014 du Dr C._______ faisant état d’une aggr avation de l’état de santé, avec l’apparition d’une hypertension artérielle (TAF pces 18, 20), – un compte -rendu opératoire du 9 janvier 201 5 du Dr W._______, concernant la pose d’une prothèse totale du genou droit, et un compte- rendu opératoire du 26 janvier 2015 du Dr X._______, spécialiste en chirurgie générale, digestive et coelioscopique, relatif à une laparotomie exploratrice pour explor ation du grêle et libération d’adhérences (TAF pce 22), – les résultats d’une radiographie du bassin et du genou gauche du 21 octobre 2015, un rapport du 3 décembre 2015 relatif à une viscosupplémentation de la hanche gauche et des ordonnances du Dr C._______ des 4 novembre et 2 décembre 2015 (TAF pce 26). Il s’agit là de documents tous postérieurs aux décisions contestées du 3 janvier 2014. Or, dans le cadre de l’examen du droit aux prestations, le Tribunal ne peut en principe prendre en considération que le s rapports médicaux établis antérieurement à la décision attaquée, à moins que des rapports médicaux établis ultérieurement permettent de mieux comprendre la situation de santé et de capacité de travail de l’intéressée jusqu’à la décision dont est recours (ATF 129 V 1 consid. 1.2, ATF 121 V 362 consid. 1b). En l’espèce, les documents précités se limitent pour l’essentiel à poser des diagnostics, déjà connus pour la plupart, à mentionner des résultats d’examens ou à décrire des interventions chirurgicales, s ans se prononcer sur les conséquences de ces situations médicales sur la capacité de l’intéressée à exercer une activité. Ils rapportent toutefois que certaines a tteintes, comme la gonarthrose du genou droit, la luxation récidivante de la prothèse de la hanche droite et l’arthrite septique de cette même hanche par exemple, ont nécessité des traitements, témoignant d’un état de santé dégradé, qui va dans le sens des conclusions des experts du CEM-PMU pour lesquels, dès l’apparition de la pathologie oncologique, le cumul des diverses pathologies somatiques, ajoutées aux pathologies psychiatriques, justifie une pleine incapacité de travail. 13.5 Durant cette même procédure de recours, le Dr T._______ a rendu deux avis, l’un du 15 septembre 2014, dans lequel le médecin du SMR se limite à déclarer , sans autres investigations, que les nouvelles pièces médicales versées au dossier ne contiennent aucun élément nouveau permettant de s’écarter des conclusions précédentes (TAF pce 16), l’autre C-407/2014 Page 32 du 14 décembre 2015 (TAF pce 28), déjà analysé au considérant 11.3 ci - avant. 14. 14.1 Le taux d'invalidité ne se confond pas nécessairement avec le taux d'incapacité fonctionnelle déterminé par le médecin ; ce sont les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il importe d'évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4). Ainsi le taux d'invalidité d'une personne exerçant une activité lucrative est fixé d'après la comparaison des revenus prévue par l'art. 16 LPGA (mét hode générale). Pour l es assurés majeurs qui n'exerçaient pas d'activité lucrative avant d'être atteints dans leur santé, on compare les activités qu'une personne exerçait avant la survenance de son invalidité ou qu'elle exercerait sans elle, avec l'ensemble des tâches que l'on peut encore raisonnablement exiger d'elle, malgré l'invalidité (méthode spécifique d'évaluation de l'invalidité ; art. 28a al. 2 LAI ). Conformément à la jurisprudence, une enquête ménagère effectuée au domicile de l'assuré constitue en règle générale une base appropriée et suffisante pour évaluer les empêchements dans l'accomplissement des travaux habituels en raison d'une atteinte à la santé (arrêt du Tribunal fédéral I 733/06 du 16 juillet 2007 consid. 4.2.1 et les références). Enfin, le taux d’invalidité des personnes qui exercent une activité lucrative à temps partiel est calculé au moyen de la méthode dite mixte (art. 28a al. 3 LAI). 14.2 Le choix de la méthode d'évaluation de l'invalidité (art. 28a LAI) dépendra du statut du bénéfici aire potentiel de la rente : assuré exerçant une activité lucrative à temps complet, assuré non actif, assuré exerçant une activité lucrative à temps partiel. On décidera que l'assuré appartient à l'une ou l'autre de ces trois catégories en fonction de ce qu'il aurait fait dans les mêmes circonstances si l'atteinte à la santé n'était pas survenue, cela à la lumière de sa situation personnelle, familiale, sociale et professionnelle (art. 27bis RAI ; ATF 117 V 195 consid. 3b, arrêts du Tribunal fédéral I 930/05 du 15 décembre 2006 consid. 3.1 et I 603/04 du 5 septembre 2005 consid. 3). Le Tribunal administratif fédéral a déjà dit, dans son arrêt C-3792/2008 du 12 avril 2011 (OAI GE doc 100), qu’il fallait en l’espèce déterminer le degré d'invalidité de la recourante en application de la méthode mixte, ce que l’autorité inférieure a fait dans le cadre des décisions attaquées et ce qui n’a pas été contesté par l’intéressée. Il n’y a donc pas lieu d’y revenir. C-407/2014 Page 33 14.3 Dans la méthode mixte, les deux méthodes, générale et spécifique, étaient jusqu’à présent pondérées en fonction du temps alors attribué à chacune des activités précitées . Ce mode de calcul revenait toutefois à tenir compte de manière disproportionnée du fait que l’activité lucrative est exercée à temps partiel, pénalisant ainsi principalement les femmes, plus souvent concernées par une activité à temps partiel ; il a dès lors été qualifié de discriminatoire par la Cour européenne des droits de l’homme (CourEDH) dans un arrêt n° 7186/09 Di Trizio du 2 février 2016. Selon cet arrêt, l’application dans l’AI de la méthode mixte d’évaluation de l’invalidité à une assurée qui, sans atteinte à la santé, n’aurait travaillé qu’à temps partiel après la naissance de ses enfants et s’est vue de ce fait supprimer la rente d’invalidité en application des règles sur la révision de la rente constitue une violation de l’art. 14 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH, RS 0.101) en relation avec l’art. 8 CEDH (arrêt du Tribunal fédéral 9C_387/2017 du 30 octobre 2017 consid. 5). Le Conseil fédéral a donc élaboré un nouveau mode de calcul pour déterminer le taux d’invalidité des personnes exerçant une activité lucrative à temps partiel , et modifié le règlement sur l’AI en conséquence, avec effet au 1 er janvier 2018. Dorénavant, le calcul du taux d’invalidité en lien avec l’activité lucrative, toujours régi par l’art. 16 LPGA, se base sur l’hypothèse d’une activité lucrative exercée à plein temps, la perte de gain exprimée en pourcentage étant ensuite pondérée au moyen du taux d’occupation qu’aurait l’assuré s’il n’était pas invalide. Pour le calcul du taux d’invalidité en lien avec les travaux habituels, on établit le pourcentage que représentent les limitations dans les travaux habituels par rapport à la situation si l’assuré n’était pas invalide et on pondère ce pourcentage par la différence entre le taux d’occupation de l’assuré sans invalidité et une activité lucrative exercée à plein temps. 14.4 En l’espèce toutefois, on ne se trouve pas dans l’éventualité visée par l’arrêt de la CourEDH de la suppression d’une rente d’invalidité dans le cadre d’une révision, où seuls des motifs d’ordre familial conduisant à un changement de statut de la p ersonne assurée auraient été retenus ; en effet, d’une part, il s’agit en l’occurrence d’une décision initiale de rente, et d’autre part, il ne ressort pas du dossier que la recourante a réduit son taux d’activité à 80% pour des raisons familiales . Or, dan s un souci de traitement égal et uniforme des personnes assurées, le Tribunal fédéral a considéré que la méthode mixte telle que pratiquée avant la modification entrant en vigueur au 1er janvier 2018 doit continuer à s’appliquer dans les cas qui ne sont pas visés par l’arrêt de la CourEDH , la méthode mixte modifiée ne trouvant application que pour les décisions rendues dès le C-407/2014 Page 34 1er janvier 2018 (arrêt du Tribunal fédéral 9C_553/2017 du 18 décembre 2017 consid. 5). Il convient dès lors ici de déterminer le taux d’invalidité de l’intéressée selon le mode de calcul de la méthode mixte en vigueur avant le 1er janvier 2018. 14.5 Ainsi, concernant l’invalidité pour l’activité lucrative, il convient de se fonder sur le salaire de la recourante indiqué par son employeu r pour l’année 2003, soit CHF 40'716.- pour un taux d’occupation de 80% (CHF 3’132.- x 13 ; voir questionnaire pour l’employeur [OAI GE doc 12]). Ce salaire correspond au salaire sans invalidité . L’incapacité de travail étant de 50%, le revenu avec invalidité est de CHF 20'358.-, de sorte que la perte de gain est également de CHF 20'358.- et le taux d’invalidité pour l’activité lucrative, de 50%. En tenant compte du taux d’occupation de 80%, on obtient un taux d’invalidité partiel de 40%. À compter du 23 septembre 2008, l’incapacité de travail de l’intéressée dans l’exercice d’une activité lucrative s’étant aggravée pour atteindre 100% (voir supra consid. 12.3), le taux d’invalidité partiel s’est élevé à 80%, en tenant compte du taux d’occupation de 80%. 14.6 S’agissant du taux d’invalidité pour les travaux habituels, le rapport d’enquête économique sur le ménage, effectuée le 21 janvier 2008 (OAI GE doc 70), retenait des empêchements peu importants, l’intéressée ayant su répartir ses activités sur la semaine e t parvenant ainsi très bien à tenir son ménage , qu’elle pouvait conduire normalement ; par ailleurs, l’aide apportée par son mari n’avait été prise en compte que partiellement car celui-ci avait un travail lourd, avec des horaires irréguliers, à l’aéroport . Ainsi, la recourante préparait les repas , s’asseyant lorsque cela était possible, faisait la vaisselle, en l’absence de lave-vaisselle, passait l’aspirateur, ne faisait pas les courses si ce n’est avec son mari, n’aimant plus sortir et ne conduisant pas, faisait la lessive et le repassage fréquemment mais en petite quantité, de sorte à ne pas porter de sacs de linge trop lourd s et à ne pas rester trop lon gtemps debout ; enfin elle s’occupait de son petit chien et de son chat sans avoir à les sortir car ils sortaient seuls par la chatière. Le taux d’invalidité déterminé se montait dès lors à 9%. Si q uelques changements dans l’exécution du ménage sont apparus depuis, ils ne remettent cependant pas en cause le taux d’invalidité de 9% déterminé précédemment. En effet, il ressort du rapport d’expertise du CEM-PMU du 21 février 2012 (OAI GE doc 108 p. 16) et de la lettre de U._______ (TAF pce 35) que, comme auparavant, la recourante s’occupe de son chien et de son chat, prépare les repas, fait un peu de repassage C-407/2014 Page 35 et met la machine à laver en marche ; elle fait les courses accompagnée, soit par son mari soit par son amie U._______, quand son époux n’est pas disponible. Les autres tâches sont dorénavant effectuées, tant par un ami que par le mari de la recourante ou par U._______, qui dit se rendre chez l’intéressée quand celle-ci en a besoin, pour des tâches telles que passer l’aspirateur, laver les sols, faire les lits et du repassage. Or, selon un princ ipe général valable en assurances sociales, l'assuré a l'obligation de diminuer le dommage et doit entreprendre de son propre chef tout ce que l'on peut raisonnablement attendre de lui afin d'atténuer autant que possible les conséquences de son invalidité (ATF 130 V 97 consid. 3.2 avec les références ). A fin de satisfaire à cette obligation , l'assuré qui s'occupe du ménage doit, de sa propre initiative, faire ce que l'on peut raisonnablement attendre de lui pour améliorer sa capacité de travail, par exemple en organisant son travail, en adoptant une méthode de travail adéquate ou en faisant l'acquisition d'équipements et d'appareils ménagers appropriés ; l'assuré demandera également, dans une mesure convenable, l'aide de ses proches. Il sied de préciser à cet égard qu'une incapacité ne peut être admise chez une personne travaillant dans le ménage que si les tâches lui incombant doivent être assumées par des tiers contre rémunération ou par des proches qui subissent de ce fait une perte de gain ou, du moins, une charge extraordinaire. Ainsi, l'aide des proches va plus loin que ce que l'on pourrait normalement attendre d'eux si l'assuré ne présentait pas d'atteinte à la santé (ATF 133 V 504 consid. 4.2 et les références, ATF 130 V 97 consid. 3.3.3, arrêt du Tribunal fédéral I 257/04 du 17 mars 2005 consid. 5.4.4). E n l’espèce , l’aide apportée à la recourante dans son ménage ne para ît, à la lecture des pièces au dossier, ni être rémunérée ni constituer une charge extraordinaire pour ses proches ; U._______ précise d’ailleurs dans sa lettre qu’elle apporte son aide de façon amicale et gratuite. A noter en outre que si au moment de l’enquête ménagère, le mari de la recourante travaillait à l’aéroport avec des horaires irréguliers, ne lui permettant pas toujours d’être disponible pour apporter son aide au ménage, il ressort du certificat du Dr C._______ du 4 avril 2013 (OAI GE doc 133 p. 26) qu’il était alors sans emploi. Enfin, il convient de relever que le rapport d’expertise du 21 février 2012 fait état de limitations fonctionnelles somatiques qui ne sont pas de nature à empêcher la recourante d’exécuter à tout le moins une part des travaux domestiques, et que dans la mesure où ces tâches, s’effectuant à la maison, ne nécessitent ni réintégrati on dans un processus de travail, ni intégration dans un groupe de personnes, elles sont compatibles avec les C-407/2014 Page 36 limitations fonctionnelles observées par les experts au niveau psychiatrique. Dès lors, e n tenant compte des 20% dédiés aux travaux habituels, l’invalidité de 9% donne un taux d’invalidité partiel de 2%. 14.7 En conséquence, à partir du 1er septembre 2003, soit au terme du délai d’attente d’une année de l’art. 28 al. 1 let. b LAI, la recourante présente un degré d’invalidité total de 42% lui ouvrant droit à un quart de rente d’invalidité alloué dès cette même date (art . 48 al. 2 LAI dans sa teneur en vigueur jusqu’au 31 décembre 2007 ). Puis à compter du 23 septembre 2008, elle présente un taux d’invalidité total de 82% ouvrant droit à une rente entière d’invalidité. Aux termes de l’art. 88a al. 2 RAI, si la capacité de gain de l’assuré ou sa capacité d’accomplir les travaux habituels se dégrade, ce changement est déterminant pour l’accroissement du droit aux prestations dès qu’il a duré trois mois sans interruption notable, ce qui est le cas en l’espèce. Par conséquent, la recourante a droit au versement de la ren te entière d’invalidité dès le 1er décembre 2008. 15. Partant, dans la mesure où la recourante avait conclu à une demi -rente d’invalidité du 1 er septembre 2003 au 22 septembre 2008 et à une rente entière dès le 23 septembre 2008, le recours est partiellement admis , et les décisions du 3 janvier 2014 sont réformées en ce sens qu’est reconnu à la recourante le droit à un quart de rente d’invalidité du 1er septembre 2003 au 30 novembre 2008, puis à une rente entière d’invalidité dès le 1er décembre 2008. Le dossier est retourné à l'autorité inférieure afin qu'elle procède au versement des prestations arriérées dues, ainsi que, le cas échéant, des intérêts moratoires dus. 16. La présente procédure étant soumise à des frais de justice (art. 69 al. 1bis et 2 LAI), fixés, compte tenu de la charge liée à la procédure, à CHF 400.- , la recourante, qui ne succombe que partiellement, doit en conséquence s'acquitter de frais de justice fixés à CHF 100.-, qui seront toutefois imputés sur l'avance de frais de CHF 400.- qu'elle a versée au cours de l'instruction. Le surplus, de CHF 300.-, lui sera rembou rsé sur le compte bancaire qu'elle aura désigné au Tribunal administ ratif fédéral. Aucun frais de procédure n'est mis à la charge de l'autorité inférieure (art. 63 al. 1 et 2 PA). C-407/2014 Page 37 Par ailleurs, l a recourante, qui obtient partiellement gain de cause avec l'assistance d'un avocat, a droit à des dépens réduits pour la présent e procédure. Compte tenu du travail effectué par le mandataire de la recourante, consistant en un recours de 18 pages, en une réplique de 12 pages, en des observations de 9 pages et en une dizaine de courriers divers, il se justifie d'allouer une indemnité de CHF 2'500.-, à la charge de l'autorité inférieure. Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est partiellement admis, et les décisions du 3 janvier 2014 sont réformées en ce sens qu’est reconnu à la recourante le droit à un quart de rente d’invalidité du 1er septembre 2003 au 30 novembre 2008, puis à une rente entière d’invalidité dès le 1er décembre 2008. 2. Le dossier est retourné à l’Office de l’assurance-invalidité pour les assurés résidant à l’étranger afin qu'il proc ède au versement de s prestations arriérées dues, ainsi que, le cas échéant, des intérêts moratoires dus. 3. Des frais de procédure, d'un montant de CHF 100.- sont mis à la charge de la recourante. Ce montant est compensé par l'avance de frais de CHF 400.- versée au cours de l'instruction, et le solde de CHF 300.- sera remboursé à la recourante sur le compte bancaire qu'elle aura désigné au Tribunal administratif fédéral. 4. Une indemnité de dépens de CHF 2'500.- est allouée à la partie recourante à charge de l'autorité inférieure. C-407/2014 Page 38 5. Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Acte judiciaire) – à l'autorité inférieure (n° de réf. […] ; Acte judiciaire) – à l’Office fédéral des assurances sociales (Recommandé) La présidente du collège : La greffière : Madeleine Hirsig-Vouilloz Isabelle Pittet Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :