<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2021-11-15-5A_899-2020.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5A_899/2020</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 15 novembre 2021</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux Herrmann, Président, </div> <div class="para">Escher et Marazzi. </div> <div class="para">Greffier : M. Braconi. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________SA, </div> <div class="para">représentée par Me Fabien V. Rutz, avocat, </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.________, </div> <div class="para">représentée par Me Alexandre Camoletti, avocat, </div> <div class="para">intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">reconnaissance et exécution d'un jugement étranger; mainlevée définitive de l'opposition, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Chambre civile de la Cour </div> <div class="para">de justice du canton de Genève du 27 août 2020 (C/13815/2019 ACJC/1283/2020). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">Par arrêt du 28 août 2018, rendu par défaut, la Cour d'appel d'Athènes a condamné la société A.________SA, sise en Suisse, à verser à B.________ sise en Grèce, la somme de 135'286 EUR, majorée de l'intérêt légal, et mis à sa charge les frais judiciaires de sa partie adverse (5'000 EUR), ainsi que les frais de la procédure par défaut (290 EUR). Cette décision est exécutoire à teneur du certificat du 13 mars 2019 prévu par l'Annexe V de la Convention de Lugano du 30 octobre 2007 (CL). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.</b> Le 12 avril 2019, B.________ a fait notifier à son adverse partie un commandement de payer les sommes suivantes ( <i>poursuite n° xx xxxxxx x de l'Office des poursuites du canton de Genève</i>) : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">-151'466 fr. 21 plus intérêts à 9,250% dès le 1er février 2019 (à savoir contrevaleur de 135'286 EUR); </div> <div class="para">- 118'197 fr. 21 (intérêts échus du 14 avril 2009 au 1er février 2019); </div> <div class="para">- 21'844 fr. 34 (intérêts supplémentaires de 2% du 18 novembre 2011 au 1er février 2019); </div> <div class="para">- 5'598 fr. plus intérêts à 7,250% dès le 28 août 2018 (dépens selon le jugement du 28 août 2018); </div> <div class="para">- 324 fr. 68 plus intérêts à 7,250% dès le 28 août 2018 (frais de la procédure par défaut selon le jugement du 28 août 2018); </div> <div class="para">- 5'936 fr. plus intérêts à 5% dès le 28 mars 2019 (honoraires d'avocats postérieurs au jugement). </div> <div class="para">Cet acte a été frappé d'opposition totale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.b.</b> Par jugement du 17 décembre 2019 - notifié le 6 janvier 2020 -, le Tribunal de première instance du canton de Genève a reconnu et déclaré exécutoire la décision de la Cour d'appel d'Athènes (ch. 1), levé définitivement l'opposition à hauteur de 151'466 fr. 21 plus intérêts à 9,250% dès le 1er février 2019, 118'197 fr. 21 et 5'598 fr. plus intérêts à 7,250% dès le 28 août 2018 (ch. 2), condamné la poursuivie à payer à la poursuivante la somme de 750 fr. correspondant à l'avance fournie par celle-ci (ch. 3), condamné la poursuivie à payer à la poursuivante la somme de 2'955 fr. à titre de dépens (ch. 4) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5). </div> <div class="para">Statuant le 27 août 2020, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a rejeté le recours de la poursuivie; il a admis celui de la poursuivante et prononcé la mainlevée définitive à concurrence des montants précités (ch. 2) et de 21'844 fr. 34 " <i>au titre des intérêts supplémentaires de 2% du 18 novembre 2011 au 1</i> <i>er</i> <i>février 2019</i>"; elle a condamné la poursuivie à payer 7'500 fr. à la poursuivante à titre de dépens de la procédure de première instance. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Par acte expédié le 26 octobre 2020, la poursuivie forme un recours en matière civile au Tribunal fédéral; sur le fond, elle conclut à l'annulation de l'" <i>Arrêt ACPR/121/2020 rendu le 14 février 2020 par la chambre administrative de la Cour de justice dans la cause P/22857/2019</i> " ainsi qu'au renvoi de l'affaire à la Chambre civile de la Cour de justice pour nouvelle décision dans le sens des considérants; à titre subsidiaire, elle demande la non-reconnaissance de l'arrêt rendu le 28 août 2018 par la Cour d'appel d'Athènes. </div> <div class="para">Des observations sur le fond n'ont pas été requises. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">Par ordonnance du 24 novembre 2020, le Président de la IIe Cour de droit civil a refusé l'effet suspensif. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Le recours a été déposé en temps utile (<span class="artref">art. 100 al. 1 LTF</span>) contre une décision sujette au recours en matière civile (parmi d'autres: arrêt 5A_283/2019 du 12 août 2019 consid. 1.1, avec les citations; pour les sentences arbitrales: arrêt 5A_1046/2019 du 27 mai 2020 consid. 1 et la jurisprudence citée) rendue sur recours par une juridiction cantonale de dernière instance (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/75/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/75/1" type="start"></artref>art. 75 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/75/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>). La valeur litigieuse atteint le seuil légal (<span class="artref">art. 74 al. 1 let. b LTF</span>). La poursuivie, qui a pris part à la procédure devant l'autorité précédente et possède un intérêt digne de protection à l'annulation ou à la modification de l'arrêt attaqué, a qualité pour recourir (<span class="artref">art. 76 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> La décision statuant sur la mainlevée définitive de l'opposition et, de manière incidente, sur l'exequatur d'un jugement étranger ne porte pas sur des mesures provisionnelles au sens de l'<span class="artref">art. 98 LTF</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-670%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page670">ATF 135 III 670</a> consid. 1.3.2 et les références), en sorte que la cognition de la Cour de céans n'est pas restreinte à l'arbitraire. Toutefois, la présente contestation étant de nature pécuniaire, la partie recourante n'est pas admise à se plaindre d'une fausse application du droit étranger (<span class="artref">art. 96 let. b LTF</span>, <i>a contrario</i>); sur ce point, la décision ne peut être attaquée que pour violation de l'<span class="artref">art. 9 Cst.</span>, à savoir pour application arbitraire du droit étranger (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-III-489%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page489">ATF 138 III 489</a> consid. 4.3 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.3.</b> En dépit de la teneur des conclusions principales ( <i>cf</i>. <i>supra</i>, let. C), il n'existe aucun doute quant à l'objet du recours: celui-ci est dirigé à l'encontre de l'arrêt rendu le 27 août 2020 par la Chambre civile de la Cour de justice (ACJC/1283/2020), étant par ailleurs précisé que l'arrêt " <i>ACPR 121/2020</i> " émane de la Chambre <i>pénale</i> de recours, et non de la Chambre administrative. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> L'autorité précédente a retenu que, vu son " <i>défaut</i> " en première instance, la poursuivie n'était fondée à se plaindre que de l'application des règles sur le défaut, ce qu'elle n'a pas fait; elle a néanmoins vérifié si la décision du premier juge était conforme au droit, " <i>compte tenu du dossier et des allégations</i> " de la poursuivante. </div> <div class="para">La juridiction cantonale a constaté que la poursuivie avait présenté des nouveaux allégués et produit des pièces nouvelles. Comme l'exequatur a été requis en l'espèce dans le cadre d'une procédure contradictoire de mainlevée de l'opposition (<span class="artref">art. 81 al. 3 LP</span>), elle a eu l'occasion de se prévaloir de tous les faits utiles à sa cause et de produire tous les titres nécessaires à cette fin, ce qu'elle n'a pas fait. Il s'ensuit que les allégués du recours sont nouveaux ainsi que les pièces produites avec celui-ci; partant, les allégués relatifs aux relations entre les parties et à la procédure judiciaire grecque sont irrecevables, en vertu de l'<span class="artref">art. 326 al. 1 CPC</span>, de même que les pièces qui s'y rapportent. Il n'en va pas autrement des allégués portant sur les diverses procédures introduites en Grèce et la procédure pénale ouverte en Suisse, d'autant qu'il n'est de toute manière pas allégué que l'effet suspensif à l'exécution de la décision grecque aurait été requis, ni octroyé, de sorte que l'existence de cette procédure est sans pertinence. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.1.</b> Selon l'opinion dominante, le recours de l'<span class="artref">art. 327a CPC</span> - norme qui met en oeuvre le recours prévu par l'<span class="artref">art. 43 CL</span> (FF 2009 1497 ss, 1542) -, ne se réfère qu'aux décisions unilatérales qui se prononcent sur l'exequatur à titre principal, et non pas aux décisions de mainlevée définitive (<span class="artref">art. 81 al. 3 LP</span>) qui - comme dans le cas présent - statuent à titre incident sur l'exequatur (ABBET, <i>in</i> : La mainlevée de l'opposition, 2017, n° 140 ad <span class="artref">art. 84 LP</span>; BASTONS BULLETTI, <i>in</i> : Petit commentaire CPC, 2021, n° 6 ad <span class="artref">art. 327a CPC</span>, avec les citations de ces auteurs; sur les caractéristiques de ce recours: BASTONS BULLETTI, Brexit, exequatur d'une décision «Lugano» et séquestre: droit transitoire, procédure et voies de recours, <i>in</i> : CPC Online 2021-N17 n° 3). Il s'ensuit que le recours est d'emblée hors de propos en tant qu'il dénonce la violation des " <i>articles 41, 43 al. 3 et 327a CPC</i> ". </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.2.</b> Lorsque l'exequatur d'une décision "Lugano" a été prononcé à l'issue d'une procédure indépendante et unilatérale, le débiteur, qui n'a pas pu présenter d'observations en première instance (<span class="artref">art. 41 CL</span>), est admis à se prévaloir de <i>nova</i> à l'appui du recours prévu à l'<span class="artref">art. 43 CL</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-III-422%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page422">ATF 145 III 422</a> consid. 5.2 et les citations). Lorsque l'exequatur a été octroyé à titre incident dans le cadre de la procédure contradictoire de mainlevée définitive (<span class="artref">art. 81 al. 3 LP</span>) - procédé qui reste valable sous l'empire de la Convention révisée (FF 2009 p. 15273; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-III-404%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page404">ATF 143 III 404</a> consid. 5.2.1) -, le jugement de première instance est susceptible de recours au sens des <span class="artref">art. 319 ss CPC</span> (arrêts 5A_939/2016 du 24 août 2017 consid. 3.1.2; 5A_818/2014 du 29 juillet 2015 consid. 4.1, publié <i>in</i> : BlSchK 2018 p. 45, avec les références citées dans ces arrêts; pour la doctrine, v. parmi d'autres: JAKOB STEINER, Die Beschwerde nach der Schweizerischen Zivilprozessordnung, 2019, nos 800 ss, avec d'autres citations); or, une telle voie de recours prohibe les allégations de faits nouvelles et les preuves nouvelles (<span class="artref">art. 326 al. 1 CPC</span>), même si elles touchent au prononcé de l'exequatur (arrêts précités 5A_939/2016 et 5A_818/2014, <i>ibidem</i>). </div> <div class="para">Vu les motifs qui précèdent, la juridiction cantonale n'a pas violé le droit fédéral en déclarant irrecevables les allégations et les pièces dont la recourante s'est prévalue en instance de recours, notamment au sujet des " <i>procédures introduites en Grèce</i> ". La cognition du Tribunal fédéral à l'égard d'une décision de mainlevée rendue sur recours n'étant pas plus étendue que celle de l'autorité précédente (arrêt 5A_686/2013 du 31 janvier 2014 consid. 6.1, <i>in</i> : Pra 2014 n° 113), la Cour de céans ne saurait davantage en tenir compte. Cela étant, la question de savoir si l'" <i>opposition</i> " que la recourante affirme avoir déposée le 30 septembre 2019 " <i>devant la Cour d'appel d'Athènes</i> " constitue ou non un " <i>recours</i> <i>ordinaire</i> " permettant de surseoir à la reconnaissance et à l'exécution (art. 37 § 1 et 46 <span class="artref">§ 1 CL</span>) est dénuée de pertinence. La cour cantonale a certes relevé que l'intéressée n'avait pas non plus allégué que l'effet suspensif à l'exécution de la décision grecque " <i>aurait été demandé, ni octroyé</i> "; il ne s'agit toutefois là que d'un motif par surabondance, qui n'infirme pas le motif (principal) d'irrecevabilité déduit de la nouveauté de l'allégation en cause, de sorte que toute l'argumentation relative à cette problématique n'est qu'un pur débat sur les motifs (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F115-II-300%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page300">ATF 115 II 300</a> consid. 2b). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> Après avoir rappelé que le juge suisse peut refuser l'exequatur de la décision étrangère lorsque l'une des hypothèses prévues aux <span class="artref"><artref id="CH/0.275.11/34" type="start"></artref>art. 34 et 35 CL</span><artref id="CH/0.275.11/35" type="end"></artref> est réalisée, l'autorité précédente a considéré que le premier juge avait correctement appliqué le droit en retenant que l'ordre public formel n'avait pas été violé. En outre, elle a rejeté le moyen pris d'une violation de l'ordre public matériel: même en tenant compte des faits irrecevables allégués par la poursuivie, il n'existe pas le moindre indice de la commission d'une infraction pénale dans la procédure grecque ( <i>i.e.</i> escroquerie au procès). Par ailleurs, la poursuivie n'a pas allégué avoir introduit une procédure de recours dans laquelle l'effet suspensif aurait été octroyé et ferait obstacle à l'exécution du jugement grec. En conséquence, rien ne s'oppose à la reconnaissance du jugement de la Cour d'appel d'Athènes. Il n'y a donc pas lieu de surseoir à statuer en l'occurrence: l'existence des procédures que la poursuivie allègue avoir initiées en Grèce se fonde sur un fait (nouveau) irrecevable; en outre, lesdites procédures n'ont pas été intentées dans le cadre d'une voie de recours ordinaire selon l'art. 37 <span class="artref">§ 1 CL</span> pourvue de l'effet suspensif, ce que l'intéressée n'a d'ailleurs pas soutenu. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> La recourante se plaint d'" <i>arbitraire</i> " en relation avec l'ordre public suisse. Après un (long) exposé théorique, elle soutient - contrairement à ce qu'a admis l'autorité précédente - n'avoir jamais reçu notification le 1er juin 2017 du jugement de première instance, de l'acte d'appel et de la convocation à l'audience d'appel, ce qui l'aurait empêchée de faire valoir ses droits de procédure. La juridiction cantonale aurait en outre enfreint l'" <i>interdiction de l'arbitraire</i> " en retenant qu'il n'existerait aucun indice d'une infraction pénale dans la procédure grecque. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.1.</b> Le motif de refus prévu par l'art. 34 <span class="artref">§ 2 CL</span> ne se rapporte qu'à l'acte introductif d'instance, dont la recourante ne remet pas en cause la notification (arrêt 5A_24/2013 du 23 avril 2013 consid. 2.3.2). C'est dès lors à juste titre qu'elle se place sur le terrain de l'ordre public au sens de l'art. 34 <span class="artref">§ 1 CL</span> (BUCHER, <i>in</i> : Commentaire romand, LDIP - CL, 2011, n° 20 ad <span class="artref">art. 34 CL</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.2.</b> Le premier juge a constaté que la requérante <i>(i.e.</i> l'intimée) avait versé à la procédure, en particulier, la <i>"signification du jugement de première instance 52/2015</i> " (p. 3). Cette constatation est reprise à son compte par la juridiction précédente, qui admet, au regard des pièces produites par l'intimée, que " <i>tous les actes essentiels de la procédure grecque</i> [ont] <i>été dûment notifiés à la recourante en Suisse</i> ". Quoi qu'il en soit, l'intéressée n'explique pas en quoi la prétendue carence - au surplus non invoquée en première instance - aurait concrètement porté atteinte à ses " <i>droits de procédure</i> ". </div> <div class="para">La décision de la Cour d'appel d'Athènes du 28 août 2018 - dont la traduction par les soins du Service des Traductions du Ministère des Affaires étrangères de la République Hellénique à Athènes a été jointe à la requête d'exequatur et de mainlevée - constate expressément que, selon les pièces produites par la " <i>partie appelante</i> " ( <i>i.e.</i> l'intimée), les documents évoqués par la recourante " <i>ont été dûment signifiés et dans les délais à la partie frappée d'appel, le 1/6/2017</i> ". Sur ce point, l'arrêt entrepris ne souffre donc pas d'une constatation arbitraire (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-264%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page264">ATF 140 III 264</a> consid. 2.3 et la jurisprudence citée). Au demeurant, la thèse de la recourante, d'après laquelle toute la procédure d'appel (grecque) se serait pratiquement déroulée à son insu, n'est guère plausible; elle est d'ailleurs contredite par l'arrêt que le Tribunal fédéral a prononcé sur l'aspect pénal de l'affaire (arrêt 6B_351/2020 du 25 novembre 2020 consid. 3.3.3) - que l'intéressée, assistée du même mandataire, connaît nécessairement -, dont la Cour de céans peut tenir compte comme fait notoire, même s'il est postérieur à l'arrêt déféré (arrêt 5A_857/2020 du 31 mai 2021 consid. 2.4). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.3.</b> Il n'y a pas lieu de décider, de manière générale, si l'ordre public (matériel) suisse s'oppose à l'exequatur d'une décision étrangère qui est entachée d'une infraction pénale ( <i>i.c.</i> " <i>escroquerie au procès</i> "), du moins s'il existe une voie de droit permettant d'obtenir la rétractation de la décision viciée (arrêt 5A_293/2011 du 10 octobre 2011 consid. 2.3 non publié <i>in</i> <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-517%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page517">ATF 137 III 517</a> consid. 2.3, mais <i>in</i> Pra 2012 n° 30). </div> <div class="para">Comme on l'a vu, l'autorité précédente a écarté, en vertu de l'<span class="artref">art. 326 al. 1 CPC</span>, les allégués et les pièces " <i>portant sur les relations entre les parties</i> " et la " <i>procédure judiciaire grecque</i> " ( <i>cf</i>. <i>supra</i>, consid. 2.1). La Cour de céans ne saurait donc - pas plus que la cour cantonale - tenir compte de prétendus indices d'une infraction pénale, que la recourante tente de démontrer en se référant à sa plainte pénale et aux pièces (irrecevables) produites en instance cantonale de recours ( <i>cf</i>. <i>supra</i>, consid. 2.2.2). Comme ce motif principal conduit au rejet du grief, il n'y a pas lieu d'examiner si, " <i>même à considérer ces faits irrecevables</i> ", la juridiction cantonale a retenu à tort qu'il n'existait " <i>pas le moindre indice de la commission d'une infraction pénale dans la procédure grecque</i> " (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=07.11.2021&amp;to_date=26.11.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-608%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page608">ATF 135 III 608</a> consid. 4.6). À toutes fins utiles, il convient toutefois de relever que la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral a confirmé le refus des autorités genevoises (Ministère public et Chambre pénale de recours) d'entrer en matière sur la plainte des chefs d'" <i>escroquerie et faux dans les titres</i> " (arrêt 6B_351/2020 précité consid. 3.3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">En conclusion, le présent recours doit être rejeté dans la mesure de sa recevabilité, aux frais de la recourante (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Il se justifie d'allouer des dépens à l'intimée pour ses déterminations sur la requête d'effet suspensif (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/68/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/1" type="start"></artref>art. 68 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/68/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 6'500 fr., sont mis à la charge de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Une indemnité de 1'000 fr., à verser à l'intimée à titre de dépens, est mise à la charge de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 15 novembre 2021 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Herrmann </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Braconi </div> </div></body></html>