<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le 16 juin 1991, la police communale de Fleurier sortit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Areuse, à proximité de Fleurier, M. qui flottait inanimé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la rivière. M. a été hospitalisé quelques jours. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est apparu qu'avant de tomber à l'eau, il était avec S. . Ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient sortis d'une voiture où ils se trouvaient ensemble, pour uriner.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. a quitté les lieux alors que M. se trouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inerte dans l'eau.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 5 septembre 1991, M. et S. ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traient de La Chaux-de-Fonds à Neuchâtel dans la voiture de ce dernier. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la hauteur du virage du Pré-de-Suze, avant le col de la Vue-des-Alpes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. a été éjecté du véhicule sur la chaussée, après que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">porte s'était ouverte. M. fut blessé et transporté à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Hôpital de La Chaux-de-Fonds.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 22 septembre 1991, le corps sans vie de M. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été retrouvé par un gendarme, sous un amas de pierres au Fort Catinat à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Pontarlier (France).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En automne 1991, S. fit valoir ses droits auprès de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la compagnie d'assurances «X.», avec qui il avait conclu un con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trat d'assurance-vie le 18 juillet 1990, lequel devait lui permettre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas de décès de M. de toucher une somme de 400'000 francs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'indemnité étant doublée en cas de mort accidentelle. En cas de vie de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. le 1er juillet 2021, soit le jour de ses 65 ans, c'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui-même qui devait toucher la somme de 400'000 francs. La prime annuelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'élevait à 13'560 francs. M. travaillait alors pour la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société N. SA, entreprise d'échafaudages, en main de S. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 18 novembre 1991, S. toucha de X. l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demnité prévue en cas de décès de 400'000 francs, sans le supplément pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décès accidentel. S. mandata en décembre 1991 Me Y. pour toucher le supplément en cas de décès accidentel de 400'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 25 novembre 1988, S. avait conclu avec la compa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gnie d'assurances «Z.» une police analogue. Il aurait dû toucher en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991 une somme totale de 470'000 francs. Il chargea également Me Y. en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décembre 1991 d'obtenir la prestation qu'il disait lui être due.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sa responsabilité dans le décès de M. fut tou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tefois découverte avant qu'il n'ait pu obtenir satisfaction.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Entre 1990 et l'été 1992, S. entretint des relations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ordre sexuel avec sa fille adoptive, T. , née le 7 février 1977.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. S. tenta de dissuader sa fille de parler des rela-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions d'ordre sexuel qu'il avait eues avec elle, en la menaçant de divul-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">guer à son entourage le contenu d'une lettre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il en fit de même à l'égard de son fils, le menaçant de révéler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la justice les circonstances de la mort de M. , s'il re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fusait de l'aider à obtenir sa mise en liberté provisoire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Au cours de l'instruction pénale dirigée contre lui, S. étant notamment prévenu de l'assassinat de M. , il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposa au dossier une lettre de menaces non datée, prétendument écrite par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. , par laquelle celui-ci semblait vouloir s'en prendre à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui-même et sa famille ainsi qu'un billet portant la date du 5 juin 1991,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également prétendument écrit par M. , et par lequel celui-ci lui deman-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dait de le tuer en raison de son état de santé. Il était fait grief à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. d'être l'auteur des écrits en question.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Par jugement du 20 avril 1995, la Cour d'assises a condamné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. à une peine de 18 ans de réclusion dont à déduire 945 jours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de détention préventive subie, peine partiellement complémentaire à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine de 30 jours d'emprisonnement avec sursis prononcée le 12 mars 1992</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le Tribunal de police du Locle, a révoqué le sursis dont était as-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sortie cette peine, mis les frais de la cause arrêtés à 37'900 francs à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge du condamné, ordonné la confiscation et la destruction du pistolet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">SIG 210, no D 0607 séquestré, condamné S. à payer à titre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépens à la plaignante Soit l’épouse de S. la somme de 5'000 francs, à la plai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gnante X. Assurances la somme de 2'000 francs, ordonné la con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fiscation au profit de X. Assurances de deux créances de S. contre F. SA au sens de la convention du 12 janvier 1994</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et ordonné l'arrestation immédiate du condamné. Elle a retenu que S. s'était rendu coupable des infractions prévues par les articles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">111, 128, 148a, 148a/21, 181/21, 187 et 251 aCP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant des faits qui se sont produits le 19 septembre 1991,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Cour d'assises a retenu que S. s'était rendu coupable d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">meurtre selon l'article 111 CP et non d'un assassinat aux termes de l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 112 CP. Elle a notamment considéré :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " En l'occurrence, les relations entre S. et sa victime</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> étaient complexes. Même si M. était son seul ami,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S. le ressentait également comme une menace.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il en avait parlé à ses enfants avant les faits. Il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> vrai également que S. trouvait un profit dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la mort de M. sur la tête duquel il avait contracté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'importantes assurances sur la vie. Mais il n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> certain que ce dessein d'enrichissement soit le seul qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ait conduit S. à tuer M. . Au contraire, dans sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> personnalité particulièrement perturbée, on ne peut ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> clure que son intention première était de se venger d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> personne qui l'avait humilié et qu'il ressentait comme une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> menace.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On ne saurait, dès lors, pas dire dans une telle situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que S. ait tué sans raison, pour un motif futile ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> odieux et qu'il s'en soit pris à une personne dont il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> n'avait pas eu à souffrir. Certes, il a fait preuve de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> préméditation puis de sang-froid dans l'exécution de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> crime et ces circonstances doivent être prises en consi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dération dans la mesure de la peine. Mais son acte doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> être réprimé comme meurtre au sens de l'article 111 CP "</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> (p.21).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Quant aux faits qui se sont produits dans la nuit du 15 au 16</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin, puis le 5 septembre 1991, la Cour d'assises a considéré qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'était pas établi que M. , à ces occasions, ait été poussé par S. , qu'il était en effet possible qu'il soit tombé lui-même. La pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vention de tentatives d'assassinat ou de meurtre a donc été abandonnée. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour d'assises a en revanche retenu, en ce qui concerne l'épisode de St-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Sulpice, que S. s'était rendu coupable de l'infraction prévue à l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 128 CP, qu'il était en effet certain que M. était en danger de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mort imminente et que S. le savait, qu'il n'a néanmoins rien fait pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le sauver, espérant au contraire profiter de sa mort.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le tribunal de jugement a par ailleurs retenu que S. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'était rendu coupable d'escroquerie et de tentative d'escroquerie au pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">judice des compagnies d'assurances X. et Z., d'actes d'ordre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sexuel sur sa fille adoptive T. , âgée de moins de 16 ans et ceci pen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dant près de 2 ans, se rendant ainsi coupable d'infraction à l'article 187</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CP, de tentatives de contraintes vis-à-vis de sa fille T. et de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fils P. , essayant de les dissuader de parler des faits précités par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la menace, et de faux dans les titres selon l'article 251 aCP, pour avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">écrit un billet daté du 5 juin 1991, dont M. était pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tendument l'auteur, par lequel ce dernier confirmait avoir demandé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. de mettre fin à sa vie à cause de son état de santé précai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re. Selon la Cour, la demande d'une victime d'être tuée a une portée juri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dique et devait dès lors être considérée comme un titre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. Le ministère public recourt contre ce jugement. Il s'en prend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">uniquement à la qualification de meurtre et non d'assassinat des faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont S. s'est rendu coupable le 19 septembre 1991. Il fait en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bref valoir que les conditions d'application de l'article 112 CP sont rem-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plies, que S. a agi sans scrupules et de manière particulière-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment cruelle, tuant sa victime avec une violence et un acharnement extrê-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mes dans le but égoïste d'assouvir sa cupidité, ce qui exclut l'applica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'article 111 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S. conclut au rejet du recours. Il expose qu'on ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut de nulle façon estimer que le dessein d'enrichissement soit le seul</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mobile qui l'ait conduit à tuer M. qu'il ressentait comme une menace</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permanente, qu'il n'a pas agi d'une manière ou dans un but particulière-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment odieux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. Le président de la Cour d'assises souligne que, si elle n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenu l'assassinat, la Cour d'assises a toutefois pris en compte les cir-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constances horribles du meurtre dans le cadre de l'appréciation de la pei-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne. Elle a également mis en balance la responsabilité diminuée du condamné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et le concours d'infractions, prononçant une peine proche du maximum de 20</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ans envisageable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">H. S. recourt également contre le jugement de la Cour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assises. Il conteste l'application qui a été faite de l'article 128 CP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faisant valoir que l'élément objectif de cette infraction n'est pas réa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lisé, que la Cour ne mentionne notamment pas ce qu'il aurait dû faire. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invoque également une violation du principe de la libre appréciation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves, qu'en aucun cas, eu égard aux circonstances, il n'aurait pu agir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans mettre sa propre vie en danger. Il fait également valoir que le degré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de diminution de sa responsabilité a été mal évalué, que par ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'absence de motivation précise et détaillée dans les considérants du ju-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gement ne lui permettait pas de se faire une opinion suffisamment précise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur l'opportunité d'un recours. Selon lui, la Cour a fait preuve d'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bitraire dans la fixation de la peine qui lui a été infligée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le président de la Cour confirme l'appréciation donnée s'agis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant de l'article 128 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le ministère public conclut au rejet du recours déposé par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné, sans présenter d'observations. Les plaignants, Soit l’épouse de S. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X. Assurances renoncent également à en formuler.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjetés dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux pourvois sont recevables.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pourvoi du ministère public</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. La Cour de céans, saisie d'un pourvoi en cassation, est liée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les constatations de faits contenues dans le jugement attaqué, sous réser-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ve de la rectification d'une inadvertance manifeste. Ainsi, la qualifi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation juridique de l'acte commis - seul point litigieux dans le cadre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce pourvoi - doit se faire sur la base des faits retenus par la Cour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assises. En particulier, il faut rappeler que la détermination du des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sein, du mobile et de l'état d'esprit de l'auteur relève des constatations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de fait (ATF 118 IV 124, 115 IV 223; 107 IV 30, 96).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a) Le nouvel article 112 CP, entré en vigueur le 1er janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990, qualifie d'assassinat le fait de tuer avec une absence particulière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de scrupules, notamment lorsque le mobile, le but ou la façon d'agir de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'auteur est particulièrement odieux. La jurisprudence fondée sur l'ancien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">article 112 CP retenait que la perversité ou le caractère dangereux de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assassin pouvait être révélé par des circonstances antérieures ou pos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">térieures à l'acte et indépendantes de celui-ci. La doctrine s'est orien-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tée vers un respect plus strict du principe de la culpabilité (José</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Hurtado Pozo, Droit pénal, Partie spéciale 1, 1991, p.38). Dans son mes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sage relatif au nouvel article 112, le Conseil fédéral s'est rallié à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'avis de la doctrine : "comparée à la réglementation actuelle, l'énuméra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion proposée met clairement en évidence que seules les circonstances mê-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mes de l'acte, c'est-à-dire celles qui sont en rapport immédiat avec sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commission, sont considérées comme pertinentes pour déterminer si les élé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments constitutifs de l'assassinat sont réalisés. Cette solution est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ailleurs la seule compatible avec le principe en vertu duquel la faute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit être déduite exclusivement de la commission de l'acte (Tatschuld-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prinzip) et qui régit notre code pénal" (FF 1985 II 1034).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans sa jurisprudence relative au nouvel article 112 CP, la Cour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cassation pénale du Tribunal fédéral relève que l'absence particulière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de scrupules figurant dans le nouveau texte correspond à la notion de per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versité particulière de l'ancien droit et précise que l'absence particu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lière de scrupules suppose une faute spécialement lourde et déduite exclu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sivement de la commission de l'acte (arrêt du 14.4.1992 en la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ministère public du canton de Fribourg c/A., ATF 118 IV 122, cons.2b;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêt du 24.9.1992 en la cause D. c/Procureur général du canton de Genève,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">SJ 1993, p.299, cons.2b). Le Tribunal fédéral examine, dans le premier des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêts précités, les rapports entre les critères de l'article 112 CP : "Si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'on reprend les trois critères, donnés à titre d'exemple par le nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit, on peut considérer que les mobiles de l'auteur sont particulière-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment odieux lorsqu'il tue pour obtenir une rémunération (tueur à gages) ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour voler sa victime (v. ATF 115 IV 188, cons.2); le but est particuliè-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rement odieux lorsque l'auteur élimine un témoin gênant ou une personne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui l'entrave dans la commission d'une infraction; la façon d'agir est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulièrement odieuse par exemple si l'auteur fait preuve de cruauté,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prenant plaisir à faire souffrir ou à tuer sa victime (pour une liste plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détaillée déduite de la jurisprudence: v. Rehberg, op.cit., p.19 et 20 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les arrêts cités; Hurtado Pozo, op.cit., p.40 ss). Il ne s'agit ici que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'exemples destinés à illustrer la notion. On ne saurait cependant conclu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re à l'existence d'un assassinat dès le moment où l'on distingue, dans un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas d'espèce, un quelconque élément qui lui donne une gravité particu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lière; il faut au contraire procéder à une appréciation d'ensemble, pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dire si l'acte, examiné sous toutes ses facettes, donne à l'auteur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traits caractéristiques de l'assassin (Stratenwerth, op.cit., p.19, no 17;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Rehberg, op.cit., p.21; ATF 106 IV 345, cons.2, 104 IV 152). Tel est le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas notamment s'il ressort des circonstances de l'acte que son auteur fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve du mépris le plus complet pour la vie d'autrui (Stratenwerth, op.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cit., p.19, no 17; Schultz, Die Delikte gegen Leib un Leben nach der</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Novelle 1989; RPS 1991, p.401; v. également ATF 117 IV 394, cons.b)"( ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">118 IV 122, cons.2b).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le même arrêt, le Tribunal fédéral rappelle ensuite la dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">finition jurisprudentielle de l'assassin chez qui l'égoïsme l'emporte en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">général sur toute autre considération, qui est souvent prêt à sacrifier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour la satisfaction de besoins égoïstes un être humain dont il n'a pas eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à souffrir et qui fait preuve d'un manque complet de scrupules et d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grande froideur affective.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La Cour d'assises rappelle, au considérant 4 de son jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les faits reprochés à S. ainsi que sa détermination sur ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits. La Cour d'assises a retenu les faits tels qu'ils ont été admis. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convient de les rappeler. S. a entrepris de convaincre son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fils P. , alors âgé d'un peu moins de 17 ans, de le seconder pour éli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">miner M. . Après un refus de l'adolescent (dont S. dit ne pas se souvenir), il parvint à le faire changer d'avis en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui représentant qu'il voulait venger l'honneur de T. , qu'il y avait de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fortes indemnités d'assurance à y gagner et que cela était par conséquent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour le bien de toute la famille. Le jeudi 19 septembre 1991, S. et M. avaient rendez-vous à Pontarlier. C'est S. qui a financé le voyage en train de M. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Deux jours auparavant, s'était tenue une assemblée générale or-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dinaire de la société N. SA, dont M. était président</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et S. actionnaire, lors de laquelle M. avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">annoncé une absence d'une durée indéterminée dès le 18 septembre et remis,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par conséquent, une procuration générale à l'actionnaire. Ce dernier, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son côté, envisageait d'importantes rentrées financières dues à diverses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ventes immobilières, grâce auxquelles il réglerait, à titre personnel, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arriérés de salaire dus à sa femme pour les années 1987 à 1991 estimés à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">200'000 francs. En fait, cette somme, arrêtée à 225'000 francs, fut payée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en décembre grâce aux indemnités de X. et immédiatement investie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la société F. dont le prévenu est détenteur économique et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui venait d'acquérir une maison de retraite à Cortaillod (S. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste un paiement à sa femme).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 19 septembre 1991, S. , qui avait décidé de passer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux actes le jour même, partit de bonne heure avec son fils P. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le comptoir suisse, à Lausanne. Il conteste avoir conseillé à son fils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">P. de prétexter des ennuis de santé pour justifier son absence au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travail. Après avoir fait un court passage à Lausanne et effectué quelques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">achats destinés à leur fournir un alibi, S. et son fils se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rendirent rapidement à Pontarlier, en passant par la douane du Gardot, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">proximité de laquelle le prévenu avait autrefois caché un pistolet qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retrouva effectivement mais qui se révéla hors d'usage. Il le laissa donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur place.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S. et son fils arrivèrent au Fort Catinat, près de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Pontarlier, entre 14 h 30 et 15 heures. S. connaissait cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">endroit pour s'y être promené quelques années auparavant. Après avoir garé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa voiture à l'intérieur du Fort désaffecté, il se mit en quête d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">endroit propice pour simuler un accident, endroit qu'il trouva rapidement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'entrée d'un tunnel dont la voûte présentait quelques faiblesses. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'aide d'une barre à mine, d'une pioche et d'une longue corde qu'il avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le coffre de sa voiture, il se mit à l'ouvrage et parvint à déceler,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">après deux heures d'efforts, la pierre centrale de la corniche sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laquelle il passa la corde qu'il avait attachée à un arbre situé, en ligne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droite, de l'autre côté du monticule, de manière que cette lourde pierre,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déséquilibrée, s'écroulât au moment où la corde serait coupée. Pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faciliter cette dernière manoeuvre dont son fils était chargé, il fit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">passer la corde sur le tranchant de la pioche fichée en terre et remit un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cutter à P. (S. ne se souvient pas du cutter). Il ordonna à son fils d'attendre sur place, sans se montrer, et de couper la corde au moment où il dirait à M. : "J'en ai perdu un là". Il avait déposé, près de la sortie du tunnel un sachet de farine supposé être de la drogue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ces préparatifs terminés, il se rendit à la gare de Pontarlier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">où il retrouva M. qu'il décida à l'accompagner au Fort</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Catinat, sous prétexte de lui remettre de la drogue qui était censée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">provenir d'un cambriolage commis dans le sud de la France. Revenu, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précéda M. et se rendit à l'endroit qu'il avait choisi en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">empruntant un chemin qui lui permettait d'arriver par l'intérieur du tun-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nel, de manière que sa victime n'aperçût pas le fils de S. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Lorsque M. se trouva sous la voûte du tunnel, S. donna le signal et P. coupa la corde. La pierre tomba</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur M. et lui cassa les jambes, l'empêchant ainsi de se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relever. Croyant qu'il s'agissait d'un accident, ce dernier demanda à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compagnon de l'aider à se dégager. Ce dernier refusa, lui faisant alors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comprendre qu'il était résolu à le tuer. Il demanda à son fils d'aller</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chercher d'autres cailloux, mais l'adolescent s'enfuit. S. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permit alors à M. de fumer une dernière cigarette puis,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">choisissant une grosse pierre, il monta sur la corniche et la lâcha sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nuque de sa victime qui s'effondra en arrière. Redescendu, il tâta son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouls qui battait encore faiblement. Il entreprit donc de l'achever en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faisant basculer, à plusieurs reprises, une dalle sur la tête du blessé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Lorsqu'il fut certain que tout était fini, il effaça toutes tra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces de son intervention, posa d'autres cailloux sur le corps de M. pour mieux faire croire à un accident. Cela fait, il rejoignit son fils près de la voiture.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au sujet de la personnalité de S. , le jugement se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réfère au rapport de l'expert V. qui relève chez l'expertisé une dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sinhibition due à un dommage organique cérébral consécutif à un accident</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">survenu en 1982, désinhibition qui a sans doute joué un rôle important</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la commission des délits reprochés à S. . Selon l'expert,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">on ne peut être qu'impressionné par la froideur avec laquelle a agi l'ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertisé qui est extraordinairement dangereux pour son entourage familial</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et social et qui, s'il perçoit qu'il peut être, pour une raison ou pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une autre, dans son intérêt de supprimer quelqu'un, n'hésitera pas long-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">temps avant de passer à l'acte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le jugement attaqué ne retient pas l'article 112 CP parce qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne serait pas certain que le dessein d'enrichissement soit le seul mobile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui ait conduit S. à tuer M. . Selon les pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">miers juges, on ne peut exclure que l'intention première de S. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ait été de se venger d'une personne qui l'avait humilié et qu'il ressen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tait comme une menace. Or, à l'audience préliminaire, S. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admis deux mobiles : venger l'honneur de T. et toucher les fortes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indemnités d'assurance. Les actes sordides dont T. a été victime n'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas M. pour auteur, mais bien S. . Les décla-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rations de l'adolescente sont claires à ce sujet et rien ne permet d'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">douter. Il n'a pas été question de menaces à cette audience. Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">explication de S. , qui n'en est qu'une parmi d'autres, est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invraisemblable. M. allait quitter la Suisse pour une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">durée indéterminée et n'avait, lui, aucun intérêt à supprimer S. . Il faut relever à ce sujet l'erreur contenue dans l'arrêt de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoi en ce qui concerne la police-vie conclue auprès de X. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cette police arrivait à échéance le 1er juillet 2021 et, si M. était vivant à cette date, c'était lui et non pas S. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui devait toucher la somme de 400'000 francs. Pour M. , supprimer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. revenait à perdre tout espoir d'obtenir ce montant à sa retraite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Pour S. , laisser partir M. , c'était prendre le risque que ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier ne revienne pas en Suisse et qu'il atteigne l'âge de 65 ans à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'étranger, à un endroit peut-être inconnu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La seule possibilité, d'ailleurs très peu vraisemblable, qu'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autre mobile que la soif d'argent ait décidé S. à tuer M. ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permettait pas à la Cour d'assises, vu l'ensemble des circonstances,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'écarter la thèse de l'assassinat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S. a agi, comme le relève l'expert et comme il l'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admis lui-même, parce qu'il était dans son intérêt de supprimer M. . Il n'a pas hésité longtemps avant de passer à l'acte, car il y avait urgence dans la mesure où M. annonçait son départ pour une durée indéterminée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le ministère public reproche à juste titre au jugement attaqué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ne pas avoir accordé l'importance nécessaire au mode d'agir choisi par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il appartenait à la Cour d'assises de procéder à une apprécia-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion d'ensemble tenant compte des mobiles, du but et de la façon d'agir de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La Cour d'assises a omis d'examiner la façon d'agir de l'auteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le cadre de son examen des éléments constitutifs de l'assassinat. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenant que la préméditation et le sang-froid dans l'exécution étaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des circonstances qui devaient être prises en considération dans la mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la peine, la Cour d'assises posait le problème sous l'angle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 63 CP, mais omettait de tenir compte du fait que les mêmes cir-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constances entrent en considération dans l'examen des éléments</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constitutifs de l'assassinat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Les faits retenus devaient amener la Cour d'assises à con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">damner S. pour assassinat au sens de l'article 112 CP. Sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">façon d'agir a été tout particulièrement odieuse. Rares sont les cas dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a eu à juger le Tribunal fédéral qui présentent un caractère aussi odieux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans leur exécution. S. a monté une embuscade qui a nécessité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des heures de travail. Il a fait de son fils, un adolescent de 16 ans, son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complice alors qu'il ne pouvait ignorer qu'il allait lui causer ainsi un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">très grave traumatisme. Il a profité de la confiance qu'avait en lui M. pour l'attirer dans son guet-apens. Une fois M. immobilisé, les jambes cassées, S. n'a pas hésité à lui révéler son intention de le tuer. Un certain temps s'est écoulé puis S. est monté sur la corniche du tunnel pour lâcher une grosse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pierre sur la nuque de M. qui, immobilisé, n'avait aucun moyen de défense.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'ensemble de ces circonstances révèle une cruauté toute parti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culière. L'appréciation d'ensemble des critères de l'article 112 CP amène</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à retenir que la Cour d'assises a commis une erreur de droit en ne con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">damnant pas S. pour assassinat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pourvoi de S. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'article 128 CP punit de l'emprisonnement ou de l'amende</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui qui n'aura pas prêté secours à une personne qu'il a blessée ou à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne en danger de mort imminent, alors que l'on pouvait raisonnable-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment l'exiger de lui, étant donné les circonstances.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon le Tribunal fédéral, cette infraction est intentionnelle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Elle suppose une conscience du danger de mort imminent et, plus largement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des conditions qui fondent l'obligation de porter secours, savoir notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de sa propre capacité de le faire (ATF 121 IV 18, cons.2a).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon les circonstances, la mesure à prendre peut consister en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un appel à un service de sauvetage (Stratenwerth, op.cit., § 4, no 69, p.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">92; Rehberg, op.cit., § 4, no 2.21).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, la Cour d'assises a retenu, sans tomber dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arbitraire, que M. était en danger de mort imminent et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que S. le savait mais n'a rien fait pour le sauver.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A supposer que M. se soit trouvé à un endroit où S. ne pouvait rien entreprendre lui-même pour le sortir de l'eau, le secours commandé par les circonstances consistait à faire immédiatement appel à la police. De nombreux bâtiments habités se trouvent à proximité du Pont Noir. S. pouvait et devait aller immédiatement téléphoner ou faire téléphoner pour obtenir du secours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au plan subjectif, la Cour d'assises n'a pas fait preuve d'arbitraire en retenant que S. savait M. en danger de mort, écartant par là la thèse hautement invraisemblable du recourant selon laquelle il aurait pensé que M. était mort.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recours est mal fondé dans la mesure où il s'en prend à l'ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plication de l'article 128 du code pénal.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Selon le recourant, la Cour d'assises a violé les articles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">11, 63 et 68 CP en fixant la peine et a en outre sans justification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">adéquate révoqué le sursis dont était assortie une peine prononcée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelques années auparavant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur ce dernier point, le pourvoi n'est pas motivé et est irre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En ce qui concerne la fixation de la peine, dans la mesure où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le jugement est annulé, la Cour n'a pas à examiner les griefs de S. . Il appartiendra à la Cour d'assises, dans son nouveau jugement, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenir l'assassinat et de fixer la peine en tenant compte, sur la base de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expertise, de la responsabilité de S. (art.11 CP). L'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">63 CP exige que la peine soit adaptée à la culpabilité de l'auteur. Pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appliquer cette disposition, la Cour d'assises devra s'inspirer de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence du Tribunal fédéral, notamment du cas jugé le 22 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990 qui concerne un assassinat commis en l'état de responsabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">restreinte, en concours avec d'autres infractions :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Lorsque l'auteur a commis plusieurs actes punissables,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> il sera puni, conformément à l'article 68 ch.1 al.1er CP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à une peine d'ensemble. Si l'infraction la plus grave est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> un assassinat commis en état d'irresponsabilité partielle,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la peine applicable à cette infraction ne peut dépasser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> vingt ans de réclusion. En effet, l'art.11 CP impose au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> juge d'atténuer la peine et donc, en cas d'assassinat,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'infliger la peine immédiatement inférieur à la réclusion</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à vie (ATF 116 IV 13 i.f. = JdT 1991 IV 136; Stratenwerth,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> AT I Berne 1982, § 11 n.35 et citations; Trechsel, art.11</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> n.6). La question qu'il faut se poser est donc de savoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> si l'art. 68 permet de revenir à la réclusion à vie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En faveur de cette solution, on peut invoquer tout d'abord</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'art. 63 CP selon lequel la peine doit être adaptée à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> culpabilité de l'auteur. La circonstance aggravante du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> concours d'actes punissables ou de peines alourdit la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> culpabilité et impose donc une aggravation de la peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'auteur reconnu partiellement irresponsable reste un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> coupable - quand bien même sa faute apparaît moins lourde</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que celle d'un auteur entièrement responsable. Or cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> culpabilité - diminuée - s'accroît à nouveau avec chaque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> nouvelle infraction concurrente. Chacune doit donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> entraîner une nouvelle aggravation de la peine. C'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> seulement lorsque le maximum légal du genre de peine est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> atteint, au sens de l'art.68 CP, que la peine ne peut plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> être augmentée. En d'autres termes, confronté à une raison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'aggraver la peine (le concours) et d'un motif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'atténuation (la responsabilité restreinte), le juge doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tenir compte des deux" (ATF 116 IV 300, traduit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> partiellement au JT 1992 IV 66).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Renvoi, frais et honoraires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. La cause doit être renvoyée à la Cour d'assises pour nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement au sens des considérants. Il lui appartiendra de retenir l'assas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sinat et de fixer la peine en application des articles 11, 63 et 68 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Compte tenu du sort de la cause, il sera statué sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le pourvoi de S. en tant qu'il est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Annule le jugement entrepris.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Renvoie la cause à la Cour d'assises pour nouveau jugement au sens des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 31 décembre 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>