<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> G. s'est vu infliger par le Tribunal de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du district du Val-de-Ruz le 23 août 1994, sept jours d'emprisonnement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec sursis et 400 francs d'amende pour ivresse au volant et autres in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fractions LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ordonnance du 11 juin 1997, le président du Tribunal du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district du Val-de-Ruz a converti en 12 jours d'arrêts fermes le solde de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'amende soit 380 francs, qui lui avait été infligée. Il a notamment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré que G. , chômeur en fin de droit, qui avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refusé de travailler dans le cadre des mesures de crise, s'était mis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">volontairement dans l'impossibilité de payer l'amende en question.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> G. recourt contre ce jugement. Il fait valoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que son seul revenu est actuellement une rente AI de 676 francs, qui ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui a pas permis de respecter les engagements qu'il avait pris, que sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">femme et sa fille se trouvent actuellement au Portugal, qu'ayant épuisé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son droit au chômage, il a décidé de rentrer au Portugal pour y chercher</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un emploi, raison pour laquelle il a déclaré renoncer à bénéficier des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesures de crise mises en place dans le canton.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 49 ch.3 CP, si le condamné n'a ni payé, ni ra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cheté l'amende, celle-ci sera convertie en arrêts par le juge. Celui-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourra toutefois, dans le jugement ou par décision postérieure exclure la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conversion lorsque le condamné lui aura apporté la preuve qu'il est sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa faute dans l'impossibilité de payer l'amende.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, les raisons invoquées par le recourant pour renon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cer à bénéficier des mesures de crises mises en place par le canton sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plausibles. On ne saurait en tous les cas au vu du dossier leur dénier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute valeur. On relèvera notamment qu'il avançait les mêmes raisons dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa déclaration de renonciation du 30 mai 1997 et que celle-ci a été signée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">onze jours avant l'ordonnance contestée. On ne saurait ainsi au vu du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dossier considérer qu'il s'agit manifestement d'une motivation créée de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutes pièces et qui ne correspond à aucune réalité. Ainsi, et du moment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il y a lieu de retenir qu'il prépare effectivement son retour, on ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retiendra pas que le recourant se soit volontairement et fautivement mis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'impossibilité de payer l'amende qui lui a été infligée. Son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportement peut en effet dans cette optique se justifier.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il convient dès lors d'annuler l'ordonnance entreprise et sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuant au fond de renoncer à convertir en arrêts l'amende infligée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Si ultérieurement il devait se révéler que les intentions du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant étaient tout autres que celles qu'il avançait, la question</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourrait être revue et nécessiter une nouvelle décision, après que le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aura à nouveau été saisi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On relèvera également que la décision entreprise viole le droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'être entendu selon l'article 4 Cst fédérale dans la mesure où le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisi a requis, voire admis le dépôt au dossier de nouvelles pièces sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en informer le recourant (ATF 114 Ia 100, 112 Ia 198).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il y a par ailleurs lieu d'accorder l'assistance judiciaire au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant (art.2 al.3 LAJA) et de fixer l'indemnité due à son avocat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'office en fonction notamment du temps apparemment consacré par celui-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la procédure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu le sort de la cause du recours, il sera statué sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule l'ordonnance du 11 juin 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et statuant au fond</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> renonce à convertir en arrêts le solde de l'amende infligée à G. le 23 août 1994.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Accorde l'assistance judiciaire totale à G. et désigne Me X. , avocate à Neuchâtel, en tant que mandataire d'office.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Fixe à 250 francs, TVA comprise, l'indemnité due à Me X. , avocate</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'office.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 18 juillet 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>