<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Suite à une plainte pénale pour violation d'une obligation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'entretien (217 CP) déposée par l'Office de recouvrement et d'avances des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contributions d'entretien (ORACE), R.M. a été renvoyé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant le Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds et a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné par défaut le 4 juillet 1996 à septante-cinq jours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'emprisonnement ferme et à 200 francs de frais de justice. Le premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge a en outre ordonné la révocation de la possibilité de radiation dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était assortie une amende prononcée le 17 novembre 1993 par le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">informateur de Morges.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Une signification de défaut a été adressée au condamné mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui-ci étant en vacances au Zaïre, c'est son épouse qui a réceptionné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acte en date du 24 juillet 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par courrier du 22 août 1996, le Service pénal a convoqué R.M. pour le jeudi 5 septembre 1996 à 11 heures afin de fixer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec lui les modalités d'exécution de la peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 9 septembre 1996, le condamné a demandé le relief de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement soutenant en bref qu'il avait oublié la date de l'audience et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il n'avait appris qu'en date du 5 septembre 1996 qu'il avait fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'une condamnation ferme prononcée par défaut.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 22 octobre 1996, le président du Tribunal de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police a rejeté cette requête estimant qu'elle était tardive vu que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné avait eu connaissance le samedi 24 ou le lundi 26 août 1996 du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement rendu par défaut à son encontre et que partant, le délai de dix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours pour demander le relief était échu (art.216 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 4 novembre 1996, R.M. se pourvoit en cas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation et conclut à l'annulation de la décision du 22 octobre 1996 rendue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le président du Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'octroi du relief sous suite de frais et dépens. Il fait valoir en bref</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que son épouse ne lui a pas remis l'acte de signification de défaut, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le courrier du Service pénal daté du 22 août 1996 ne mentionnait que suc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cinctement la condamnation sans indiquer notamment la possibilité de de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mander le relief dans les dix jours et qu'enfin, il n'a eu une connaissan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce suffisamment précise et claire du jugement rendu par défaut à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encontre et de son droit de demander le relief qu'après l'entretien du 5</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">septembre 1996 avec le Service pénal.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le président du Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds ne for-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mule ni conclusions ni observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le ministère public conclut au bien fondé du recours sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formuler d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Selon l'article 216 alinéa 1 CPP, le jugement rendu par défaut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est mis à néant si le condamné en a demandé le relief dans les dix jours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dès celui où il a été atteint par la signification prévue à l'article 76</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CPP et se présente à l'audience fixée pour le nouveau jugement. La demande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de relief doit être adressée par écrit dans un délai qui court à compter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du jour où le condamné a eu une connaissance certaine du jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Piquerez, Précis de procédure pénale suisse, Lausanne 1994, no 2433; RJN</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994, p.125). Il y a lieu d'admettre au surplus que le rappel des voies de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours prescrit par l'article 228 CPP porte aussi bien sur l'indication</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du pourvoi en cassation que sur celle de la demande de relief, seul moyen</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">idoine d'agir à l'encontre d'un jugement rendu par défaut (RJN 1980-1981,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.131).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, rien ne permet de démontrer que S.M. a remis à son mari la signification de défaut qui lui était des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tinée. De plus, le président du Tribunal de police déclare dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courrier du 22 octobre 1996 (D p.20) que : " {le Service pénal a par lettre }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{du 22 août 1996 convoqué votre client pour le 5 septembre suivant, afin }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{d'examiner les modalités d'exécution de sa peine. Cette lettre faisait }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{mention de la peine prononcée de la date et de l'autorité de jugement. }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{C'est donc à réception de ladite lettre (soit, selon les récentes explica}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{tions de votre client à la police, le samedi 24 ou le lundi 26 août 1996) }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{que votre client a, au plus tard, eu connaissance du jugement rendu par }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{défaut à son encontre}." Or, le courrier du Service pénal du 22 août 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D 19) auquel le premier juge se réfère pour faire courir le délai de dix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours dans lequel le relief doit être demandé, ne fait mention que d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine de septante-cinq jours d'emprisonnement. Dans cette lettre, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositif du jugement n'apparaît à l'évidence pas dans son entier. De</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus, ce même courrier n'indique pas que le condamné a le droit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demander le relief dans les dix jours. Il s'ensuit que R.M. n'a pas eu une connaissance suffisamment certaine et précise du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement rendu contre lui. Dans une situation similaire, une requête de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relief avait été déclarée non tardive alors même que le recourant avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appris sa condamnation par voie de presse, mais sans en connaître le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détail, plus de dix jours avant le dépôt de sa demande (RJN 1994, p.125).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu ce qui précède, la requête de relief du recourant n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tardive et la décision rendue le 22 octobre 1996 par le juge de première</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instance doit être cassée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En application de l'article 252 CPP, la Cour est en mesure de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statuer elle-même (RJN 1994 p.125, IV 2 p.145). Elle octroiera le relief</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du défaut au recourant et renverra la cause au Tribunal de police du dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trict de La Chaux-de-Fonds pour nouveau jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Accorde au recourant le relief du jugement rendu par défaut le 4 juil-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> let 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Renvoie la cause au Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pour nouveau jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 24 février 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>