Lausanne, 8. April 2020
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 11. März 2020 (2C_572/2019)
Liste zur Sperrung von Vermögenswerten: Beschwerde von 
Ukrainer abgewiesen
Das Bundesgericht klärt Fragen im Zusammenhang mit dem 2016 in Kraft getretenen
Bundesgesetz über die Sperrung und die Rückerstattung unrechtmässig erworbener
Vermögenswerte ausländischer politisch exponierter Personen (SRVG). Es bestätigt
im konkreten Fall die weitere Sperrung von Vermögenswerten eines Vertrauten des
früheren ukrainischen Präsidenten.
Der Bundesrat hatte im Februar 2014 nach der Absetzung des ukrainischen Präsidenten
Viktor  Yanukovych  beschlossen,  Vermögenswerte  bestimmter  Personen  aus  der
Ukraine zu sperren. Unter ihnen befindet sich ein Vertrauter des abgesetzten Präsidenten. 2016 bestätigte der Bundesrat die Sperrung mit der neuen Ukraine-Verordnung, in
welcher der Name des Betroffenen weiter enthalten ist. Dieser ersuchte 2017 das
Eidgenössische Departement für auswärtige Angelegenheiten (EDA) um Streichung
seines Namens von der Liste, was abgelehnt wurde. Das Bundesverwaltungsgericht
wies die dagegen erhobene Beschwerde des Mannes 2019 ab. 
Das Bundesgericht weist seine Beschwerde ab. Die Ukraine-Verordnung basiert auf
dem SRVG, in Kraft seit Juli 2016. Zur Aufhebung einer Sperrung können betroffene
Personen gemäss SRVG beim EDA die Streichung ihres Namens von der Liste beantragen. Vorliegend ist die verweigerte Streichung mit Artikel 3 des SRVG vereinbar.
Zunächst sind die für eine Sperrung aufgestellten Voraussetzungen erfüllt, dass im
Herkunftsland ein Machtverlust der Regierung eingetreten und der Korruptionsgrad
notorisch hoch ist. In Bezug auf beide Kriterien ist einzig auf die Umstände abzustellen,
die zur ursprünglichen Anordnung der Sperre geführt haben. Weiter setzt eine Sperrung
voraus, dass die Vermögenswerte wahrscheinlich durch Korruption, ungetreue Geschäftsbesorgung oder andere Verbrechen erworben wurden. Gemäss SRVG kann
diese Bedingung auch ohne vorgängige Feststellung der Schuld der betroffenen Person
erfüllt sein. Die blosse Wahrscheinlichkeit der rechtswidrigen Herkunft der Vermögenswerte genügt. Es ist nicht ersichtlich, dass die Vorinstanz das SRVG diesbezüglich
falsch angewendet hätte. Der Beschwerdeführer bringt weiter vor, die Sperrung seiner
Vermögenswerte sei in der Europäischen Union und in Kanada aufgehoben, beziehungsweise vom Gericht der Europäischen Union als rechtswidrig beurteilt worden. In
dieser Hinsicht ist zu beachten, dass für die Verlängerung der Sperrung im Ausland
andere Bedingungen zu erfüllen waren als gemäss Schweizer Recht. Das Schweizer
Recht stellt im Vergleich zum europäischen Recht tiefere Anforderungen an den Grad
der Kriminalität, der zur Anordnung oder Verlängerung einer Sperrung erfüllt sein muss.
Der Gesetzgeber war sich im Übrigen bei der Verabschiedung des SRVG bewusst, dass
das Schweizer Recht in weiterem Umfang auf die Sperrung von Vermögenswerten
abzielt, als dies in zahlreichen anderen Staaten der Fall ist. Gemäss SRVG hat der Bundesrat zwar die Aufgabe, seine Massnahmen in der Regel mit den wichtigsten Partnerländern und internationalen Organisationen abzustimmen. Allerdings wollte der Gesetzgeber den Bundesrat damit nicht an allenfalls im Ausland getroffene Entscheide binden.
Schliesslich ist die Sperrung mit Blick auf die persönliche Freiheit und die Wirtschaftsfreiheit zur Zeit auch nicht unverhältnismässig. Lausanne, le 8 avril 2020
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 11 mars 2020 (2C_572/2019)
Liste de blocage de valeurs patrimoniales  : Rejet du recours d'un
Ukrainien
Le Tribunal fédéral clarifie certaines questions se posant en lien avec la loi fédérale
sur le blocage et la restitution des valeurs patrimoniales d’origine illicite de
personnes politiquement exposées à l’étranger (LVP), entrée en vigueur en 2016. Il
confirme en l’occurrence la prolongation du gel des avoirs d'un proche de l'ancien
président ukrainien.
A la suite de la destitution du président ukrainien Viktor Yanukovych, le Conseil fédéral
avait décidé en février 2014 de bloquer les valeurs patrimoniales de certaines personnes originaires d'Ukraine, dont celles d'un proche de l'ancien président. Le Conseil
fédéral a confirmé la mesure prise en 2016 en adoptant la nouvelle ordonnance de blocage de valeurs patrimoniales dans le contexte de l’Ukraine (O-Ukraine), dont l’annexe
mentionne toujours le nom de l’intéressé. En 2017, celui-ci a demandé au Département
fédéral des affaires étrangères (DFAE) de radier son nom de la liste des personnes
énumérées dans l’ordonnance précitée, ce qui lui a été refusé. Le Tribunal administratif
fédéral a rejeté un recours contre cette décision en 2019.
Le Tribunal fédéral rejette le recours successif déposé par l'intéressé. L’O-Ukraine se
fonde sur la LVP en vigueur depuis juillet 2016. Cette loi prévoit que les personnes touchées par un blocage peuvent obtenir la levée de celui-ci en demandant au DFAE de
radier leurs noms de l’ordonnance qui les concerne. En l’occurrence, le refus de radiation est conforme à l’article 3 de la LVP. Le blocage respecte la condition légale de la
perte de pouvoir du gouvernement dans l’Etat d’origine, de même que celle d’un degré
de corruption notoirement élevé dans cet Etat. Ces deux critères s’examinent exclusivement à l’aune des circonstances ayant précédé le prononcé initial du blocage. Celui-ci
suppose ensuite que les valeurs patrimoniales gelées aient été vraisemblablement
acquises par des actes de corruption ou de gestion déloyale ou par d’autres crimes.
D’après la LVP, cette condition peut être remplie sans forcément que la culpabilité de la
personne concernée ne soit préalablement reconnue. La seule vraisemblance que les
avoirs bloqués présentent une origine illicite suffit. Il n’apparaît pas que l’autorité précédente ait mal appliqué la LVP sur ce point. Le recourant allègue que l’Union européenne
et le Canada ont levé le blocage de ses valeurs patrimoniales et que le Tribunal de
l’Union européenne a jugé illégale la mesure antérieurement subie. Il s’avère néanmoins
que la prolongation d’une telle mesure à l’étranger doit respecter d’autres règles que
celles prévues par le droit suisse. Ce dernier impose des exigences moins élevées que
le droit européen s’agissant de la provenance des valeurs gelées et de son éventuel
caractère illicite justifiant le prononcé d’un blocage ainsi que sa reconduction. Lors de
l’adoption de la LVP, le législateur était du reste conscient que le droit suisse permettrait
le blocage de valeurs patrimoniales dans une mesure plus large que d’autres systèmes
juridiques. Certes, au sens de la loi précitée, le Conseil fédéral doit en règle générale
coordonner  son  action  avec  les  principaux  Etats  partenaires  et  organisations
internationales. Il n’a toutefois jamais été dans l’intention du législateur de lier le Conseil
fédéral à d’éventuelles décisions étrangères. Enfin, le blocage contesté ne porte pour
l’heure aucune atteinte disproportionnée aux libertés personnelle et économique du
recourant.