<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le 28 mars 1995, le caporal H. de la gendarmerie du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Locle s'est rendu à la rue […] au Locle où résidait R. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour lui remettre des pièces de l'Office des poursuites qu'il n'était pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu chercher au poste. Dans des circonstances qui seront examinées ci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dessous, il a été frappé au visage par R. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon le certificat médical déposé, le médecin consulté a notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment constaté la présence d'une plaie au niveau de la lèvre inférieure à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gauche de 1cm de long, saignant au niveau interne.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par jugement du 7 novembre 1996, R. a été condamné en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'application des articles 123 et 285 CP par le Tribunal de police du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Locle à 10 jours d'emprisonnement sans sursis et 300 francs de frais. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal a par ailleurs renoncé à révoquer le sursis qui lui avait été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accordé le 1er décembre 1993 par le Tribunal de police de La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chaux-de-Fonds. Le Tribunal a notamment retenu que :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " R. a frappé H. au visage le 28 mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1995 vers 10 heures, rue […]. Le caporal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> H. s'est rendu au domicile du prévenu dans le but de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> lui remettre des plis officiels. Il paraît peu vraisembla-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ble que le gendarme n'ait pas heurté à la porte. Il n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pas totalement exclu que R. ne l'ait pas entendu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le gendarme H. a ouvert la porte sans que le prévenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ne l'ait invité à le faire. Se sentant agressé, </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> R. a administré au plaignant une gifle appuyée. Rien ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> justifiait que R. frappe le gendarme dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mesure où celui-ci ne l'avait pas agressé."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. R. recourt contre ce jugement. En bref il estime qu'à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tort un certain nombre d'éléments importants ne figurent ni au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procès-verbal d'audience, ni dans le jugement écrit, qu'il n'a par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ailleurs pas eu l'intention d'attenter à l'intégrité corporelle du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gendarme, qu'au surplus l'article 285 CP n'aurait pas dû être appliqué, du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moment que le policier s'était introduit de manière illicite dans ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">locaux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Ni le président du Tribunal, ni le Procureur général ou le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plaignant ne formulent d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours est recevable. A l'appui de son pourvoi le recourant joint dif-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">férentes pièces, ce qui selon la jurisprudence n'est toutefois pas pos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sible (RJN 4 II 139). Les pièces en question doivent ainsi lui être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">restituées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. La procédure pénale devant un Tribunal de jugement est une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure orale. Sous réserve de l'article 205 CPP qui mentionne qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas tenu de procès-verbal des dépositions des témoins sauf s'il y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des raisons sérieuses de penser que leurs déclarations sont fausses, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">témoignages ou autres déclarations ne sont pas protocolées. Sur ce point,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le premier moyen soulevé par le recourant qui reproche à la greffière un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procès-verbal incomplet ne reproduisant pas les déclarations faites à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'audience est ainsi mal fondé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il en est de même en ce qui concerne le contenu du jugement du 7</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un jugement doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être motivé de telle manière que l'intéressé soit en mesure de l'attaquer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utilement. Il est ainsi indispensable qu'il contienne les motifs qui ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">guidé le juge et sur lesquels il a fondé sa conviction (ATF 107 Ia 248,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">105 Ib 248, 101 Ia 48). Cela ne signifie toutefois pas que le juge doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionner expressément tous les faits allégués et les moyens juridiques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soulevés. Il peut s'en tenir à l'essentiel (ATF 99 IV 188). En l'espèce,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le jugement est suffisamment motivé en fait et en droit. Il reprend les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éléments essentiels tels qu'ils sont ressortis de la procédure. On ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saurait retenir qu'il justifie d'une manière insuffisante son choix,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant notamment des circonstances dans lesquelles "la gifle appuyée"</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a été administrée, même s'il est plus succinct s'agissant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstances qui l'ont précédée. Le jugement apparaît ainsi suffisamment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complet et motivé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Selon l'article 123 CP, celui qui, intentionnellement, aura fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subir à une personne une autre atteinte à l'intégrité corporelle ou à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">santé sera, sur plainte, punie de l'emprisonnement. Le prévenu conteste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir agi intentionnellement. Il s'agit d'un élément de fait qui comme tel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne peut être revu que sous l'angle de l'arbitraire, soit si elle est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manifestement erronée. Le Tribunal a mentionné que le comportement du pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu était intentionnel, ce que reconnaissait celui-ci (p.3 du jugement).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Rien ne permet de retenir qu'il s'agirait d'une appréciation arbitraire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Par ailleurs, compte tenu des circonstances, le contraire serait totale-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment invraisemblable. Il n'est au surplus pas douteux qu'il s'agit bien là</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de lésions corporelles selon l'article 123 CP et non des voies de fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévues par l'article 126 CP qui visent des atteintes plus bénignes (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">119 IV 26).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Quant à l'article 285 CP, c'est à juste titre que le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'a retenu. Le concours d'infractions entre les articles 123 et 285 CP est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possible (ATF 103 IV 241). Le recourant prétend qu'il a agi parce que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gendarme s'était introduit d'une manière illicite et contre sa volonté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans ses locaux. Il n'alléguait en revanche pas qu'il se soit encore</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trouvé dans ceux-ci lorsqu'il l'a frappé. Bien au contraire il ressort</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">clairement notamment de sa lettre du 17 septembre 1995 (D.35) qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reprochait au policier d'être entré dans les locaux sans avoir heurté ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonné et non d'être resté dans ceux-ci malgré l'injonction d'en ressortir.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Même si certains points d'interrogation subsistent au sujet de l'entrée du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gendarme H. dans l'appartement, rien ne permet de considérer que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">version des faits retenue par le Tribunal soit arbitraire, selon laquelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le gendarme avait vraisemblablement heurté à la porte même s'il était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possible que R. ne l'ait pas entendu. De plus, lorsqu'il a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frappé, le caporal H. était dans la cage d'escalier. Contrairement à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce que prétend le recourant, on ne saurait ainsi faire grief à ce dernier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un comportement illicite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour ces différents motifs c'est à juste titre qu'il a été fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">application contre le recourant de l'article 285 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Quant aux autres critiques formulées par le recourant, elle ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernent nullement les faits qui ont eu lieu le 28 mars 1995. Elles ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont ainsi pas pertinentes.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Le recours doit dès lors être rejeté et les frais mis à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met les frais arrêtés à 440 francs à la charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 14 avril 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>