<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2024-10-22-6B_751-2024.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6B_751/2024</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 22 octobre 2024</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit pénal</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mme et MM. les Juges fédéraux </div> <div class="para">Jacquemoud-Rossari, Présidente, </div> <div class="para">Denys et Muschietti. </div> <div class="para">Greffier : M. Rosselet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représenté par Me B.________, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public de la République et canton de Genève, </div> <div class="para">route de Chancy 6B, 1213 Petit-Lancy, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Délai de recours au Tribunal fédéral; restitution de délai (instigation à violation du secret de fonction; arbitraire), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Cour de justice </div> <div class="para">de la République et canton de Genève, </div> <div class="para">Chambre pénale d'appel et de révision, </div> <div class="para">du 19 juin 2024 (P/22727/2015 AARP/223/2024). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">Par jugement du 5 septembre 2023, le Tribunal de police de la République et canton de Genève a, en ce qui le concerne, acquitté A.________ d'instigation à violation du secret de fonction, statué sur les indemnités de procédure et sur le sort des objets séquestrés, et laissé les frais à la charge de l'État. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Par arrêt du 19 juin 2024, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise, statuant sur appels du ministère public et et de A.________, a admis le premier et rejeté le second, et a, en ce qui le concerne, reconnu le prénommé coupable d'instigation à violation du secret de fonction et l'a condamné à une peine pécuniaire de 90 jours-amende à 90 fr. le jour, sous déduction de 77 jours au titre de la détention subie avant jugement et des mesures de substitution qui l'ont suivie, avec sursis pendant trois ans. Elle a enfin statué sur les frais et indemnités de la procédure cantonale, ainsi que sur le sort des objets séquestrés, et a rejeté les conclusions en indemnisation formées par l'intéressé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Par acte daté du 16 septembre 2024, mais déposé le 19 septembre 2024, A.________ forme un recours en matière pénale au Tribunal fédéral contre l'arrêt du 19 juin 2024. Il conclut, avec suite de frais et dépens, principalement, à l'annulation de l'arrêt entrepris et à sa réforme, en ce sens qu'il est acquitté du chef d'instigation à la violation du secret de fonction, que l'État de Genève est condamné à lui verser les montants de 28'459 fr., hors frais d'assistance judiciaire, à titre d'indemnité pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure, de 132'062 fr. à titre d'indemnité relative au dommage économique subi, et de 56'950 fr. à titre d'indemnité relative à la détention provisoire et aux mesures de substitution injustifiées avec intérêts à 5 % l'an dès le 26 février 2017. Subsidiairement, il conclut à l'annulation de l'arrêt querellé et au renvoi de la cause à la cour cantonale pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il sollicite en outre le bénéfice de l'assistance judiciaire. </div> <div class="para">Par acte daté du 19 septembre 2024, A.________ forme également une demande de restitution de délai et conclut à la recevabilité de son recours en matière pénale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral examine d'office (<span class="artref">art. 29 al. 1 LTF</span>) et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F146-IV-185%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page185">ATF 146 IV 185</a> consid. 2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Selon l'<span class="artref">art. 100 al. 1 LTF</span>, le recours contre une décision doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les 30 jours qui suivent la notification de l'expédition complète. Les délais dont le début dépend d'une communication ou de la survenance d'un événement courent dès le lendemain de celles-ci (<span class="artref">art. 44 al. 1 LTF</span>). Le délai est observé si le mémoire est remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (<span class="artref">art. 48 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> En l'espèce, l'arrêt attaqué a été notifié le 15 juillet 2024. Le délai de trente jours a commencé à courir le 16 août 2024 et est ainsi arrivé à échéance le 16 septembre 2024, compte tenu des féries (cf. <span class="artref">art. 46 al. 1 let. b LTF</span>) et du fait que le dernier jour du délai tombait sur le samedi 14 septembre 2024 (cf. <span class="artref">art. 45 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para">Le recourant soutient certes qu'il aurait déposé son recours le 16 septembre 2024, soit le dernier jour du délai. Toutefois, il est constant que faute de mention d'un quelconque destinataire sur l'enveloppe ayant contenu ledit acte, celle-ci a été retournée à l'expéditeur qui l'a ouverte. À cette date, cet envoi n'a donc pas été remis à l'attention du Tribunal fédéral, contrairement à l'<span class="artref">art. 48 al. 1 LTF</span>. Par conséquent, il ne peut en être tenu aucun compte. Seul l'acte déposé à La Poste Suisse le 19 septembre 2024 a été remis à l'attention du Tribunal fédéral. Or, déposé après l'échéance du délai de recours, il est tardif. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Il convient dès lors d'examiner si le délai de recours au Tribunal fédéral peut être restitué, comme le soutient le recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Aux termes de l'<span class="artref">art. 50 al. 1 LTF</span>, si, pour un autre motif qu'une notification irrégulière, la partie ou son mandataire a été empêché d'agir dans le délai sans avoir commis de faute, le délai est restitué pour autant que la partie en fasse la demande, avec indication du motif, dans les 30 jours à compter de celui où l'empêchement a cessé; l'acte omis doit être exécuté dans ce délai. </div> <div class="para">La restitution d'un délai au sens de l'<span class="artref">art. 50 al. 1 LTF</span> suppose l'existence d'un empêchement d'agir dans le délai fixé, lequel doit être non fautif. La question de la restitution du délai ne se pose pas dans l'éventualité où la partie ou son mandataire n'ont pas été empêché d'agir à temps. C'est le cas notamment lorsque l'inaction résulte d'une faute, d'un choix délibéré ou d'une erreur. En d'autres termes, il y a empêchement d'agir dans le délai au sens de l'<span class="artref">art. 50 al. 1 LTF</span> lorsqu'aucun reproche ne peut être formulé à l'encontre de la partie ou de son mandataire (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F149-IV-97%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page97">ATF 149 IV 97</a> consid. 2.1; arrêt 6F_20/2022 du 24 août 2022 consid. 1.1). </div> <div class="para">Pour trancher la question de la restitution du délai de recours au Tribunal fédéral, une partie doit se laisser imputer la faute de son représentant (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F149-IV-97%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page97">ATF 149 IV 97</a> consid. 2.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-I-284%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page284">143 I 284</a> consid. 1.3). De manière générale, une défaillance dans l'organisation interne de l'avocat (problèmes informatiques, auxiliaire en charge du recours, absence du mandataire principal) ne constitue pas un empêchement non fautif justifiant une restitution du délai (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F149-IV-97%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page97">ATF 149 IV 97</a> consid. 2.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-I-284%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page284">143 I 284</a> consid. 1.3 et les références citées; arrêt 6B_659/2021 du 24 février 2022 consid. 2.1). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> Le recourant allègue qu'étant au bénéfice d'une défense obligatoire depuis la première instance, il ne saurait être tenu pour responsable des erreurs de son mandataire ou des auxiliaires de celui-ci. Toutefois, c'est en vain qu'il se fonde à cet égard sur la jurisprudence publiée aux <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-I-284%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page284">ATF 143 I 284</a>, rendue dans le cadre de la restitution du délai d'appel en vertu de l'<span class="artref">art. 94 CPP</span>. En effet, le Tribunal fédéral a refusé d'appliquer par analogie cette jurisprudence dans des cas de demande de restitution de délai fondée sur l'<span class="artref">art. 50 al. 1 LTF</span>, notamment au motif que la défense obligatoire était inconnue de la LTF (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F149-IV-97%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page97">ATF 149 IV 97</a> consid. 2.3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F149-IV-196%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page196">149 IV 196</a> consid. 1.5.1). </div> <div class="para">En l'espèce, aucun destinataire n'a été indiqué sur l'envoi déposé le 16 septembre 2024 à La Poste Suisse. Le conseil du recourant admet lui-même qu'il s'agit d'une erreur de son secrétariat due à la charge de travail induite par la fin des féries judiciaires. Cette défaillance dans l'organisation interne de l'avocat doit être imputée au recourant, conformément à la jurisprudence précitée. Il s'ensuit que le recourant n'a pas été empêché sans sa faute d'agir dans le délai. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Au vu de ce qui précède, le recours doit être déclaré irrecevable et la demande de restitution de délai rejetée. </div> <div class="para">Comme le recours était dénué de chance de succès, la demande d'assistance judiciaire doit être rejetée (cf. <span class="artref">art. 64 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para">En dérogation à la règle générale posée à l'<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>, il se justifie de mettre les frais judiciaires à la charge du mandataire du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">La demande de restitution de délai est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">La demande d'assistance judiciaire est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 1'200 fr., sont mis à la charge de Me B.________, avocat du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre pénale d'appel et de révision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 22 octobre 2024 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit pénal </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Présidente : Jacquemoud-Rossari </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Rosselet </div> </div></body></html>