<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="list-block col-lg-12 mb-5"> <div class="decis-block__flag"> C/6337/2021 </div> <div class="list-block__content row pb-3"> <h3 class="list-block__title col-lg-8"> <a href="/apps/decis/fr/cabl/show/3243750"> ACJC/120/2023 </a> du 30.01.2023 sur JTBL/167/2022 ( OBL ) , CONFIRME </h3> <div class="col-lg-12"> </div> <div class="col-lg-12 mt-4"> <div> <a href="/apps/decis/fr/cabl/file//2023/0001/ACJC_000120_2023_C_6337_2021.pdf"> <img alt="Pdf" border="no" src="data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAACAAAAAgCAMAAABEpIrGAAABBVBMVEUAAAA9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKGaDsL5AAAAVnRSTlMAAQIDBAYICgsOExQVFxobHB0eIyotLjAyMzc5PD0/QEVJS01UVlddXmdwcXV5foWGjJSYmp2eoKOlqrCytLW3ubq8wMPKzM7T1eDi5Obp6+3x8/f5/ROqjl4AAAD9SURBVDjLfdNpUwIxDAbgtLsVPJBDRRGUywN1QRRELgXlFJQVkfz/nyLdkaFDS95vmTydzjQpAFzgetwcAyU/qKfJFYAoVL+oYyN84RQQ/hG2OAVgIdoWBaR4tyggRYdTQIobHdhevSdkYjjVQMQ9B5isnkOsg3QhCXAyIUD/1PCCCojiEQ22MUQDhgEahPCWBk5ttkUBa7Z7XaVA9hVYvcg2AvZ1AMC7g/hZOhEwgUzTOnSGn5U+ug+VKx3Y38Pn1I5cgv38xziqgeBjWd1U7Yq7xq8PCFBw3jJAgHCv+AQUOJ6XOAlAbxtnYQamv/kf2wOXG/v3yyEKc7zzfy61YB0tdylvAAAAAElFTkSuQmCC"/> </a> </div> <span><a class="efd" href="#EF">En fait</a><br/><a class="efd" href="#ED">En droit</a><br/><a class="efd" href="#PCM">Par ces motifs</a></span> <div> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0"> <tr> <td width="231"> <p>rpublique et</p> </td> <td valign="top" width="76"> </td> <td width="236"> <p>canton de genve</p> </td> </tr> <tr> <td colspan="3" width="543"> <p>POUVOIR JUDICIAIRE</p> <p>C/6337/2021 <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/120/2023">ACJC/120/2023</a></p> <p>ARRæT</p> <p>DE LA COUR DE JUSTICE</p> <p>Chambre des baux et loyers</p> <p>DU LUNDI 30 JANVIER 2023</p> </td> </tr> </table> <p> </p> <p>Entre</p> <p><b>A</b><b>______</b>, sise ______, recourante contre un jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le 7 mars 2022, comparant par Me Jacopo RIVARA, avocat, rue <br/> Robert-Card 13, 1204 Genve, en lÕtude duquel elle fait lection de domicile,</p> <p align="right"> </p> <p> </p> <p>et</p> <p><b>Madame B</b><b>______</b>, domicilie ______ et <b>Monsieur C</b><b>______</b>, domicili ______, intims, comparant par Me Raphal REY, avocat, rue Verdaine 15, 1204 Genve, en lÕtude duquel ils font lection de domicile.</p> <p align="right"> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> </div> <b><u><br clear="all"/> </u></b> <div> <a name="EF"></a><div class="efd">EN FAIT</div> <p><b>A.</b> Par jugement <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=JTBL/167/22">JTBL/167/22</a> du 7 mars 2022, reu le 9 mars 2022 par les parties, le Tribunal des baux et loyers a dbout [la rgie immobilire] A______ de toutes ses conclusions (ch. 1 du dispositif), a dbout les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procdure tait gratuite (ch. 3).</p> <p><b> </b>Les premiers juges ont considr que les sommes rclames nÕtaient pas dues, dans la mesure o la premire sÕapparentait  des frais incorpors aux dpens dÕun procs, alors que la procdure est gratuite dans le canton de Genve, et o la seconde ne faisait pas lÕobjet dÕun dcompte, ni nÕtait dmontre comme tant en lien avec la sous-location objet du litige.</p> <p><b>B. a.</b> Par acte expdi le 8 avril 2022  la Cour de justice, A______ forme recours contre ce jugement, dont elle sollicite l'annulation. Elle conclut, pralablement,  la restitution de lÕeffet suspensif. Principalement, elle conclut  ce que la Cour condamne B______ et C______  lui verser la somme de 8'653 fr. avec intrts  5% ds le 1<sup>er</sup> mai 2020, ordonne  D______ [compagnie d'assurances proposant des garanties de loyer sans dpt bancaire] de lui verser la totalit de la garantie, rfrence de dossier L822904 souscrite par B______ et C______, les condamne en tous les frais dÕinstance et les dboute de toutes autres conclusions.</p> <p> <b>b.</b> Dans leur rponse du 18 mai 2022, B______ et C______ ont conclu  la confirmation du jugement entrepris.</p> <p> <b>c.</b> A______ a persist dans ses conclusions par rplique du 20 juin 2022. </p> <p> <b>d.</b> B______ et C______ ont persist dans leurs conclusions par duplique du 9 aot 2022. </p> <p><b>e.</b> Les parties ont t avises le 5 septembre 2022 par le greffe de la Cour de ce que la cause tait garde  juger.</p> <p><b>C.</b> Les faits pertinents suivants rsultent de la procdure :</p> <p> <b>a.</b> Par contrat du 16 avril 2018, B______ et C______, locataires, et E______, bailleresse, ont conclu pour une anne, jusquÕau 30 avril 2019, un contrat de bail  loyer portant sur la location dÕun appartement de 4 pices n¡ 1______ au 1<sup>er</sup> tage de lÕimmeuble sis Chemin 2______ no. ______,  F______, GE.</p> <p> <b>b.</b> Le loyer, charges comprises, sÕlevait  2'700 fr. par mois.</p> <p><b>c.</b> Dans le cadre du contrat de bail, E______ tait reprsente par A______. </p> <p><b>d.</b> Par courrier du 16 aot 2018, B______ et C______ ont inform E______ quÕils souhaitaient rsilier leur bail de manire anticipe, pour le 31 aot 2018.</p> <p><b>e.</b> Le 3 septembre 2018, A______ les a informs de ce quÕils taient tenus de payer le loyer jusquÕ lÕchance du bail au 30 avril 2019, faute dÕavoir prsent un locataire de remplacement.</p> <p><b>f.</b> Le 15 septembre 2018, C______ a sous-lou lÕappartement  G______.</p> <p><b>g.</b> Par courrier du 25 septembre 2018, C______ a demand  A______ lÕautorisation de sous-louer lÕappartement.</p> <p><b>h.</b> G______ a transmis le 27 septembre 2018 une copie du contrat de sous-location  A______.</p> <p><b>i.</b> Le 3 octobre 2018, A______ a refus la sous-location au motif que les locataires nÕavaient pas lÕintention de rintgrer leur logement. Le 18 octobre 2018, elle a indiqu  G______ que la sous-location nÕavait pas t autorise.</p> <p><b>j.</b> Le 16 mai 2019, le conseil de E______ a demand aux locataires de rsilier le bail de G______; il rservait le droit de rclamer tout dommage-intrt en lien avec cette sous-location illicite, y compris le paiement de ses honoraires.</p> <p><b>k.</b> Le 14 juin 2019, E______, reprsente par son conseil, a dpos  la Commission de conciliation en matire des baux et loyers une demande en revendication de proprit et en vacuation contre G______, demande qui a t porte au Tribunal le 13 septembre 2019 aprs chec de la conciliation.</p> <p><b>l.</b> Les 16 et 18 juin 2019, H______, locataire de lÕimmeuble, sÕest plainte auprs de A______ de nuisances causes par G______. Cette dernire se comportait de manire trange, empchait la concierge de faire son travail et avait refus dÕouvrir son garage, alors quÕun dgt dÕeau tait souponn.</p> <p><b>m. </b>Dans le courant du mois de juillet 2019, H______ sÕest encore plainte  plusieurs reprises auprs de A______ du comportement de G______, laquelle avait notamment mis sa fille de 16 ans  la porte de son appartement.</p> <p><b>n.</b> Le 5 aot 2019, A______ a signal G______ au Tribunal de protection de lÕadulte et de lÕenfant.</p> <p><b>o.</b> Le 3 dcembre 2019, le conseil de E______, inquiet de ce que la bote aux lettres de G______ dbordait et quÕelle nÕtait pas joignable, a contact la police, demandant si la prcite tait dcde ou avait fait lÕobjet dÕun avis de disparition.</p> <p><b>p.</b> Le 27 fvrier 2020, le Tribunal a tenu une audience dans le cadre de lÕaction en revendication de E______. G______ ne sÕest pas prsente et E______ a expliqu que, selon ses informations, G______ nÕoccupait plus le logement.</p> <p><b>q.</b> Le 1<sup>er</sup> avril 2020, A______ a factur  B______ et C______ la somme de 538 fr. 50 au titre dÕhonoraires de gestion du Ç dossier contentieux È en lien avec lÕappartement. Cette note dÕhonoraires nÕa pas t paye.</p> <p><b>r.</b> Le 2 avril 2020, A______ a rcupr les cls de lÕappartement, remises par C______.</p> <p><b>s.</b> Le 8 avril 2020, A______ a rclam  C______ le paiement dÕune facture de 3'000 fr. de I______ SA relative  des travaux effectus dans le logement, des honoraires du conseil de E______ dÕun montant de 8'115 fr. 50 et de ses honoraires Ç contentieux È de 538 fr. 50.</p> <p><b>t.</b> C______ a accept de payer la facture de I______ SA prcite et a contest tre redevable des autres montants rclams.</p> <p><b>u.</b> Par jugement <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=JTBL/271/2020">JTBL/271/2020</a> du 30 avril 2020, le Tribunal a ordonn lÕvacuation de G______.</p> <p><b>v.</b> Le 23 novembre 2020, E______ a cd  A______ sa crance contre B______ et C______.</p> <p><b>w.</b> Entre le 27 mars 2019 et le 10 novembre 2020, le conseil de E______ a factur des honoraires pour un montant total de 8'558 fr. 75.</p> <p><b>x.</b> Le 1<sup>er</sup> avril 2021, A______ a dpos devant la Commission de conciliation une demande en paiement portant sur les frais dÕhonoraires susviss et sur ses propre frais de gestion du dossier. </p> <p><b>y.</b> NÕayant pu tre concilie, lÕaffaire a t porte devant le Tribunal. A______ a conclu  la condamnation de B______ et C______  lui payer la somme de 10'114 fr. 50 et  la libration de la garantie de loyer auprs de D______ en sa faveur.</p> <p><b>z.</b> Par rponse du 19 octobre 2021, B______ et C______ ont conclu au dboutement de A______. En substance, ils ont soutenu que celle-ci ne pouvait pas rclamer ses honoraires dÕavocat motif pris de la gratuit de la procdure en matire de baux et loyers. Par ailleurs, ils ont fait valoir avoir rsili le bail de G______ en septembre 2019 pour le 31 octobre 2019 en raison dÕun dfaut de paiement.</p> <p><b>aa.</b> A lÕaudience du Tribunal du 13 janvier 2022, la A______ a prcis que ses conclusions portaient uniquement sur le paiement des honoraires du conseil de E______  hauteur de 8'114 fr. 50 et sur ses propres honoraires  hauteur de 538 fr. 50, la facture de I______ SA ayant t paye. A______ a dclar que ses honoraires taient forfaitaires, estims comme trs bas au vu de lÕampleur de lÕactivit dploye pour que G______ quitte le logement. C______ a expos avoir dcouvert que celle-ci causait des nuisances lorsquÕelle avait cess de payer son loyer et quÕil avait contact A______  ce sujet. Il a expliqu avoir rsili seul le bail de sous-location car il lÕavait conclu seul, sans son pouse. Au demeurant, il avait pay  E______ les loyers impays par G______  hauteur de 29'700 fr., soit onze mois de loyer.</p> <p>Les parties ont plaid et persist dans leurs conclusions et le Tribunal a gard la cause  juger  lÕissue de lÕaudience.</p> <a name="ED"></a><div class="efd">EN DROIT</div> <p><b>1. 1.1 </b>L'appel est recevable contre les dcisions finales et les dcisions incidentes de premire instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier tat des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC).</p> <p>Le recours est recevable contre les dcisions finales de premire instance qui ne peuvent faire lÕobjet dÕun appel (art. 319 let. a CPC).</p> <p>En lÕespce, la somme litigieuse au dernier tat des conclusions sÕlve  8'653 fr., de sorte que cÕest la voie du recours qui est ouverte contre la dcision du Tribunal.</p> <p><b>1.2</b> Le recours, crit et motiv, doit tre dpos auprs de lÕinstance de recours dans un dlai de 30 jours  compter de la notification de la dcision motive ou de la notification postrieure de la motivation (art. 321 al. 1 et 239 CPC). Dpos selon la forme et le dlai prescrits, le recours est recevable.</p> <p><b>2. </b>Dans un premier grief, la recourante reproche au Tribunal une constatation manifestement inexacte des faits, soit dÕavoir omis de retenir des faits pertinents, permettant notamment de dmontrer lÕexistence dÕune atteinte  sa rputation et dÕune ncessit dÕagir judiciairement  lÕencontre de G______ et dÕengager des frais de conseil pour ce faire. </p> <p><b>2.1</b> La Cour ne peut revoir les faits retenus par le Tribunal que si ceux-ci sont manifestement inexacts,  savoir s'ils ont t tablis de manire arbitraire (art. 320 let. b CPC). Selon la jurisprudence, il y a arbitraire dans l'tablissement des faits ou l'apprciation des preuves si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la porte d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison srieuse, de tenir compte d'un moyen important propre  modifier la dcision attaque ou encore si, sur la base des lments recueillis, il a fait des dductions insoutenables (ATF <br/> <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=142%20II%20355">142 II 355</a> consid. 5; <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=137%20I%2058">137 I 58</a> consid. 4.1.2; <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=136%20III%20552">136 III 552</a>consid. 4.2; arrt du Tribunal fdral <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=5A_1023/2018">5A_1023/2018</a> du 8 juillet 2019 consid. 2.2). Le grief de l'arbitraire ne peut tre invoqu que dans la mesure o ladite apprciation est susceptible d'avoir une incidence dterminante sur le sort de la cause; en d'autres termes, l'apprciation porte sur des faits pertinents et menant le premier jugement  un rsultat insoutenable (Jeandin, in Commentaire romand, Code de procdure civile, 2019, n. 5 ad art. 320 CPC et la rfrence cite). </p> <p><b>2.2</b> En lÕespce, le Tribunal a retenu, dans la partie EN FAIT de son jugement, lÕexistence de nuisances causes par la sous-locataire aux autres locataires de lÕimmeuble, ainsi que le fait que la propritaire du logement en cause avait intent une action en revendication contre la sous-locataire. LÕallgation selon laquelle la propritaire nÕavait pas eu dÕautre choix que dÕagir  lÕencontre de la sous-locataire relve de lÕapprciation des preuves. En tout tat, ce point nÕest pas dterminant pour lÕissue du litige, comme cela sera examin ci-aprs.</p> <p><b>2.3</b> Il dcoule de ce qui prcde que le Tribunal nÕa pas fait preuve dÕarbitraire dans lÕtablissement des faits.</p> <p><b>3. </b>Dans un deuxime grief, la recourante reproche au Tribunal dÕavoir considr quÕelle ne pouvait rclamer de rparation du dommage caus par G______ en raison de lÕart. 22 LaCC. Elle soutient en particulier que les conditions de lÕart. 97 CO taient remplies.</p> <p><b> 3.1 </b>Dans un arrt de principe <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/646/2019">ACJC/646/2019</a> relatif  la comptence du Tribunal des baux et loyers, la Cour a retenu que la notion de Ç litiges relatifs au contrat de bail  loyer È au sens de l'art. 89 LOJ devait tre comprise extensivement, conformment, notamment  la <i>ratio legis</i> et  lÕavis de la doctrine majoritaire (<a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/646/2019">ACJC/646/2019</a> consid. 2.1.3, 2.1.5, 2.1.7). Ainsi, le Tribunal tait comptent  raison de la matire pour statuer sur tout litige relatif aux baux et loyers opposant un bailleur principal  un sous-locataire. En revanche, cette comptence ne sÕtendait pas aux rapports entre un bailleur et un squatteur, un occupant non titulaire d'un contrat de bail de sous-location ou un occupant  titre gratuit titulaire d'un contrat de prt  usage, cas o la comptence de la juridiction ordinaire devait demeurer (<a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/646/2019">ACJC/646/2019</a> consid. 2.1.7). </p> <p>La jurisprudence de la Cour <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/646/2019">ACJC/646/2019</a> prcite a opr une distinction claire entre les litiges soumis  la comptence du Tribunal des baux et loyers et ceux qui taient soumis aux juridictions ordinaires, tels que par exemple ceux relatifs au prt dÕun bien immobilier. Dans sa dcision, la Cour nÕa pas trait la question des dpens qui ne se posait pas. Il sied toutefois de relever que la question des dpens qui peuvent tre incorpors  un procs a t clarifie en 2013 par le Tribunal fdral (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> prcit), soit plusieurs annes auparavant, de sorte que la Cour nÕavait pas  y revenir, ni de nuances particulires  y apporter, la situation juridique ne laissant pas la place  des incertitudes et  des interprtations. La jurisprudence de la Cour sÕarticulait alors logiquement avec les rgles gnrales nonces par le Tribunal fdral dans lÕATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> relativement aux dpens.</p> <p><b> 3.2</b> Selon la jurisprudence, lorsque le droit de procdure civile permet au plaideur victorieux de se faire ddommager de tous les frais ncessaires et indispensables qu'il a consacrs  un procs, ce droit est seul applicable, et il ne laisse aucune place  une action qui serait fonde sur le droit civil fdral, spare ou ultrieure, tendant au remboursement des frais par l'adverse partie (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> consid. 4.2 et les rfrences cites). Le dommage sujet  rparation comprend en revanche les frais engags par le ls pour la consultation d'un avocat avant l'ouverture du procs civil, lorsque cette consultation tait ncessaire et adquate et que les frais ne sont pas couverts ni prsums couverts par les dpens (ATF <br/> <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=133%20II%20361">133 II 361</a> consid. 4.1). Cela concerne avant tout les frais de procs dans les actions en dommages-intrts fondes sur la responsabilit dlictuelle (ATF <br/> <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> consid. 4.2 et les rfrences cites).</p> <p>Le plaideur victorieux bnficie d'un rgime plus favorable lorsqu'il s'est heurt  un comportement procdural illicite de son adverse partie, c'est--dire lorsque, dans le procs, celle-ci a adopt une position tmraire qu'elle savait ou devait savoir indfendable. En vertu de l'art. 41 CO, ce comportement illicite engendre l'obligation de rparer le dommage qui en est rsult; il existe alors un concours en l'action accorde par cette disposition de droit fdral et celle rgie, le cas chant, par le droit de procdure cantonal ou tranger (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> consid. 4.2 et les rfrences cites).</p> <p>Le Code de procdure civile ne prvoit pas d'exclusion des dpens, sinon en procdure de conciliation selon l'art. 113 al. 1 CPC, mais l'art. 116 al. 1 CPC habilite les cantons  prvoir des dispenses de frais, lesquelles peuvent porter sur les frais judiciaires et aussi, au regard de la dfinition des frais consacre par l'art. 95 al. 1 CPC, sur les dpens (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20182">139 III 182</a> consid. 2.2-2.6, <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> consid. 4.3). L'art. 115 CPC prvoit que mme dans les procdures gratuites, les frais - et aussi les dpens, compte tenu de la mme dfinition - peuvent tre mis  la charge de la partie qui a procd de faon tmraire ou de mauvaise foi (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> consid. 4.3). </p> <p>Aux termes de lÕart. 22 de la Loi genevoise d'application du code civil suisse et d'autres lois fdrales en matire civile (LaCC), il nÕest pas prlev de frais dans les causes soumises  la juridiction des baux et loyers. Le terme de frais, qui reprend la terminologie du CPC, doit tre compris comme comprenant les frais judiciaires et les dpens (art. 95 CPC).</p> <p>Une action en dommages-intrts spare ou ultrieure est exclue de manire gnrale pour tous les frais qui s'incorporent aux dpens d'un procs selon l'art. 95 al. 3 CPC. Cela concerne aussi les procdures et les domaines juridiques pour lesquels une rgle spcifique fdrale ou cantonale exclut que ces dpens soient taxs et rpartis conformment aux art. 105 al. 2 et 106 CPC. En effet, les actions en dommages-intrts accordes par le droit de la responsabilit civile, notamment par les art. 41 ou 97 CO, ne sont pas disponibles pour luder les rgles spcifiques du droit de procdure civile et procurer au plaideur victorieux, en dpit de ces rgles, une rparation que le lgislateur comptent tient pour inapproprie ou contraire  des intrts suprieurs. Dans le mme sens, un plaideur ne saurait obtenir par une action en dommages-intrts, non plus, les dpens que le juge du procs s'est abstenu d'allouer en application de l'art. 107 CPC. En revanche, quelles que soient les rgles spcifiques en cause, l'art. 115 CPC garantit une rparation au plaideur dont l'adverse partie s'est comporte avec tmrit ou mauvaise foi (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a> consid. 4.4).</p> <p><b>3.3</b> En lÕespce, il nÕest pas discut que le Tribunal tait comptent pour connatre du litige relatif  la sous-location de lÕappartement dont il est question. Contrairement  ce que prtend la recourante, la situation est diffrente de celle o lÕappartement aurait t mis  disposition  titre gratuit ou dont la possession aurait t usurpe. Ainsi, la comptence du Tribunal entrane lÕapplication de lÕart. 22 al. 1 LaCC qui impose la gratuit de la procdure et lÕabsence de dpens.</p> <p>Par ailleurs, ainsi que le Tribunal fdral lÕa nonc, la nature des frais doit tre tablie pour dterminer si une action en dommages-intrts spare ou ultrieure peut tre mene. De manire gnrale, le principe veut que les frais de procs du plaideur victorieux soient couverts par les dpens allous ou ne donnent pas lieu  des dpens. Quoi quÕil en soit, en-dehors des cas de tmrit, ce qui nÕest pas le cas en lÕespce, un procs ultrieur nÕest pas possible et la rparation du dommage ne peut tre rclame. </p> <p>Ainsi, il ne peut tre ni en lÕoccurrence que le dommage rclam se rapporte au procs qui a oppos la propritaire de lÕappartement litigieux  la locataire et quÕil sÕagit, partant, de frais qui s'incorporent aux dpens d'un procs et correspondent  la dfinition des dpens donne par lÕart. 95 al. 3 CPC. Par sa nature, le montant correspondant aux honoraires du conseil de la propritaire de lÕappartement litigieux en lien avec le procs prcit ne peut, ds lors, donner lieu  une action spare, conformment aux rgles clairement nonces par le Tribunal fdral.</p> <p>Le fait que le droit genevois prvoie la gratuit dans les causes soumises  la juridiction comptente en matire de baux et loyers ne saurait remettre en question ce principe fondamental, mme sÕil sÕagit dÕun litige qui a oppos un propritaire  un sous-locataire. Les arguments de la recourante quant  la violation de la <i>ratio legis</i> ne convainquent pas. En effet, la Cour considre,  lÕinstar des premiers juges, que tant la jurisprudence du Tribunal fdral (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20190">139 III 190</a>) que celle rendue par la Cour (<a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/646/2019">ACJC/646/2019</a>) sont applicables au cas dÕespce <i>mutatis mutandis</i>. Les rgles nonces par le Tribunal fdral et qui sÕattachent  la nature des montants rclams  titre de dommage (soit des dpens) doivent tre retenues. CÕest  bon droit que le Tribunal a retenu que faire supporter le cot du procs aux intims serait contraire  la <i>ratio legis</i> qui prvoit la gratuit des procdures en matire de baux et loyers. </p> <p>Dans la mesure o la recourante ne peut rclamer la rparation du dommage en raison des rgles prcites en matire de procdure civile, il nÕest pas pertinent de dterminer si les motifs pour lesquels elle a intent un procs  la sous-locataire taient lgitimes ou si les conditions de lÕart. 97 CO sont remplies. </p> <p>Partant, le jugement du Tribunal sera confirm sur ce point galement.</p> <p><b>4.</b> La recourante inclut dans ses conclusions le remboursement de ses honoraires forfaitaires dÕun montant de 538 fr. 50.</p> <p><b>4.1</b> A teneur de l'art. 311 al. 1 CPC, respectivement de l'art. 321 al. 1 CPC dont la teneur est identique, l'appel, respectivement le recours, doit tre motiv.</p> <p>Selon la jurisprudence, il incombe au recourant de motiver son appel, respectivement son recours, c'est--dire de dmontrer le caractre erron de la motivation attaque. Pour satisfaire  cette exigence, il ne lui suffit cependant pas de renvoyer aux moyens soulevs en premire instance, ni de se livrer  des critiques toutes gnrales de la dcision attaque. Sa motivation doit tre suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la comprendre aisment, ce qui suppose une dsignation prcise des passages de la dcision que le recourant attaque et des pices du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=138%20III%20374">138 III 374</a> consid. 4.3.1).</p> <p>L'absence de motivation ou son insuffisance conduit  l'irrecevabilit de l'acte d'appel, respectivement de recours (Reetz/ Theiler in : Sutter-Somm/ Hasenbhler/ Leuenberger, Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, ZPO 2016, ad art. 311, 12 et 38).</p> <p><b>4.2</b> Dans lÕacte de recours, la recourante nÕexpose pas en quoi le jugement du Tribunal serait contraire au droit sÕagissant de ses propres honoraires. Par consquent, cette conclusion est irrecevable.</p> <p><b>5. </b>A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prlev de frais dans les causes soumises  la juridiction des baux et loyers (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20182">139 III 182</a> consid. 2.6).</p> <p>* * * * *</p> <b><br clear="all"/> </b> <a name="PCM"></a><div class="efd">PAR CES MOTIFS,<br/> La Chambre des baux et loyers :</div> <p><br/> A la forme :</p> <p>Dclare recevable le recours interjet le 8 avril 2022 par A______ contre le jugement <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=JTBL/167/2022">JTBL/167/2022</a> rendu le 7 mars 2022 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause C/6337/2021.</p> <p>Au fond :</p> <p>Le rejette.</p> <p>Dit que la procdure est gratuite.</p> <p>Dboute les parties de toutes autres conclusions.<b></b></p> <p><b> </b></p> <p>Sigeant :</p> <p>Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, prsidente; Madame Sylvie DROIN, Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Monsieur Nicolas DAUDIN, Madame Zo SEILER, juges assesseurs; Madame Mat VALENTE, greffire.</p> <p> </p> <div align="center"> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0"> <tr> <td valign="top" width="246"> <p>La prsidente :</p> <p>Nathalie LANDRY-BARTHE<i></i></p> </td> <td valign="top" width="94"> <p> </p> </td> <td width="227"> <p>La greffire :</p> <p>Mat VALENTE<i></i></p> </td> </tr> </table> </div> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p><i><u><br/> Indication des voies de recours</u> : </i></p> <p><i> </i></p> <p><i>Le Tribunal fdral connat des recours constitutionnels subsidiaires; la qualit et les autres conditions pour interjeter recours sont dtermines par les art. 113  119 et 90 ss LTF. Le recours motiv doit tre form dans les trente jours qui suivent la notification de l'expdition complte de l'arrt attaqu. L'art. 119 al. 1 LTF prvoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit dposer les deux recours dans un seul mmoire.</i></p> <p><i>Le recours doit tre adress au Tribunal fdral, 1000 Lausanne 14.</i></p> <p><i>Valeur litigieuse des conclusions pcuniaires au sens de la LTF infrieure  15'000 fr. </i></p> </div> </div> </div> </div></body></html>