<h2>SubmittedText<h2><p>Le taux de logements vacants en tant qu'indicateur est contesté à la fois quant à sa pertinence et à sa valeur évocatrice. D'une part, il est déterminé de manière imprécise, d'autre part, on peut se demander s'il est approprié pour l'évaluation du fonctionnement du marché locatif.</p><p>Je demande donc au Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Est-il, lui aussi, d'avis que le nombre de logements vacants recensé chaque année est imprécis ?</p><p>2. En 1992, l'Office fédéral de la statistique a tenté d'affiner le mode de recensement des logements vacants. Sous le titre "Recensement des logements vacants : nouvelle méthode", il a donc réalisé une enquête pilote dans les communes. Pour des raisons inconnues, il a, par la suite, abandonné le projet. Pourquoi ?</p><p>3. Comment le Conseil fédéral explique-t-il que l'on se fonde sur le nombre de logements vacants pour en tirer des conclusions générales sur le marché locatif en Suisse ? L'établissement d'un lien entre ces deux éléments est-il scientifiquement justifié ?</p><p>4. Y a-t-il d'autres indicateurs qui seraient plus éloquents, comme par exemple, le nombre de déménagements annuels ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>À la première question</p><p></p><p>L'enquête de l'Office fédéral de la statistique consiste en un recensement des logements vacants que les communes doivent effectuer chaque année. Cette enquête exhaustive est réalisée au moyen d'un catalogue de questions unique pour toute la Suisse, accompagné de définitions précises. Pour obtenir les informations nécessaires, les communes utilisent des sources variées, adaptées aux conditions locales. On obtient ainsi un degré de couverture qui, bien que n'atteignant pas 1,0 %, est relativement élevé. La méthode d'enquête choisie permet de remplir le but fixé, qui est de dégager, à partir des résultats de l'enquête, des tendances que l'on observe sur le marché du logement en Suisse.</p><p></p><p>À la deuxième question</p><p></p><p>Le recensement des logements vacants a été réalisé pour la première fois en 1941 dans les communes de plus de 2000 habitants. En 1974, il a été étendu à l'ensemble des communes. En raison de l'importance que revêtent les données concernant le parc des logements, la statistique a fait l'objet d'une révision ces dernières années. Dans une vaste procédure de consultation, on a entendu les principales associations qui opèrent sur le marché du logement et tenu compte dans la mesure du possible de leurs préoccupations.</p><p></p><p>La révision avait pour but d'étendre le nombre des caractères relevés afin d'obtenir des données plus fiables sur le parc des logements vacants et, donc, de mieux apprécier la situation sur le marché du logement. Grâce à la collaboration des cantons et des communes, il devait être possible de relever les données directement auprès des propriétaires et des gérances immobilières. Au cours de la consultation, à laquelle ont participé les cantons, les communes et les associations concernées, il a cependant fallu réduire la conception initiale, nombre de services de relevés, communaux surtout, ne disposant pas d'un personnel suffisant, n'ayant pas de registre foncier adapté aux besoins de l'enquête ou ne disposant pas des fichiers d'adresses requis.</p><p></p><p>Le recensement révisé des logements vacants établit un standard minimum au niveau national. L'enquête est structurée de manière à ce que les communes puissent répondre aux questions sans devoir contacter les propriétaires ou les gérances immobilières.</p><p></p><p>Les cantons et les communes ont toutefois la possibilité de relever des informations supplémentaires pour leurs propres besoins. À l'occasion des travaux de révision, l'Office fédéral de la statistique s'est déclaré disposé à coordonner les demandes dans ce sens qui émanent des services communaux et cantonaux. L'objectif était de déterminer quelles étaient les variables supplémentaires souhaitées et, dans la mesure du possible, d'élaborer une méthode d'enquête homogène. Ce recensement élargi des logements vacants ne concerne actuellement que quatre cantons.</p><p></p><p>En résumé, il faut relever que la conception première visant à affiner la saisie des informations sur le parc des logements vacants a dû être réduite, pour les raisons citées. Entre-temps, la révision est arrivée à son terme, même si les modifications apportées vont moins loin que celles prévues à l'origine.</p><p></p><p>À la troisième question</p><p></p><p>Le Conseil fédéral est conscient du fait que la méthode d'enquête actuelle ne permet pas de déterminer avec précision le parc des logements vacants. Mais il ne partage pas l'avis des auteurs de l'interpellation, selon lequel on pourrait, pour cette raison, renoncer à cet élément comme indicateur de la situation sur le marché du logement et, donc, à l'enquête dans son ensemble. Même si la valeur informative du taux de logements vacants sous forme de grandeur absolue est limitée, cet indicateur rend compte de l'évolution relative sur le marché du logement. En outre, il est incontestable que, dans les ouvrages spécialisés, le parc des logements vacants représente un ratio important pour mesurer l'évolution de l'offre sur ce marché. Cet indicateur est souvent utilisé lors de comparaisons internationales dans ce domaine.</p><p></p><p>À la quatrième question</p><p></p><p>Il est vrai que des grandeurs absolues sur le parc des logements vacants ne suffisent pas à elles seules à tirer des conclusions sur l'état du marché du logement. C'est pourquoi le Conseil fédéral, lorsqu'il effectue une appréciations de la situation, tient également compte d'autres indicateurs de ce marché. Citons entre autres le type, la situation, la taille, l'époque de construction des logements vacants. Certains de ces éléments sont obtenus aujourd'hui déjà grâce au recensement des logements vacants ; pour d'autres, des problèmes liés au relevé sont apparus lors de différentes tentatives (voir également la réponse à la deuxième question). Par ailleurs, il faut tenir compte, sur le plan de l'offre, du nombre des logements nouvellement construits ou dont la construction a été autorisée ainsi que de la structure du parc de logements dans une région données des points de vue de l'âge, de la taille, du prix et du propriétaire. Du point de vue de la demande, il faut essentiellement tenir compte de l'évolution de la population, du pouvoir d'achat et des ménages. Le nombre de déménagements, critère évoqué par les auteurs de l'interpellation, est également un indicateur important qui peut aider à analyser certains marchés au niveau régional. Mais le Conseil fédéral ne pense pas que cet indicateur puisse remplacer le taux de logements vacants.</p>  Réponse du Conseil fédéral.