<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2022-11-29-5D_127-2022.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5D_127/2022</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 29 novembre 2022</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux Herrmann, Président, </div> <div class="para">von Werdt et Schöbi. </div> <div class="para">Greffière : Mme de Poret Bortolaso. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représenté par Me Pierre-Xavier Luciani, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.________ SA, </div> <div class="para">intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">validation de la mise à ban, action possessoire, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 27 juillet 2022 (JI21.008161-220439 390). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> B.________ SA est propriétaire des biens-fonds nos 35 et 36 de la Commune de U.________, situés respectivement au chemin V.________ et à l'avenue W.________. Elle exploite un appart'hôtel sur la parcelle no 35. </div> <div class="para">A.________ est locataire du restaurant " C.________ ", situé sur la parcelle no 35 précitée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> Le 25 février 2012, les parties ont conclu un contrat de bail à loyer pour locaux commerciaux, portant sur l'usage de ce restaurant et neuf places de parc. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">B.________ SA a déposé une requête de mise à ban auprès de la Juge de paix du district de l'Ouest lausannois (ci-après: la juge de paix) afin d'interdire le stationnement sur les parcelles dont elle est propriétaire. </div> <div class="para">Par décision du 24 septembre 2020, la juge de paix a notamment interdit à quiconque - ayants droit exceptés - de stationner sur les propriétés sises au chemin V.________ et à l'avenue W.________ à U.________, sous la peine d'amende selon la loi sur les contraventions. </div> <div class="para">La mise à ban a été affichée au pilier public et B.________ SA a fait poser un panneau reproduisant l'interdiction prononcée par la juge de paix à l'entrée de la propriété concernée, comme le lui permettait la décision du 24 septembre 2020. </div> <div class="para">A.________ a fait opposition à la décision de mise à ban le 23 octobre 2020. </div> <div class="para">Par avis recommandé du 26 octobre 2020, la juge de paix a informé B.________ SA que l'opposition formée par A.________ rendait caduque la mise à ban envers celui-ci. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Le 13 février 2021, B.________ SA a déposé une demande auprès de la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-après: la présidente). Elle a conclu à ce que la mise à ban de ses parcelles nos 35 et 36 soit validée (I), à ce que l'opposition à la mise à ban formée par A.________ soit levée, à ce qu'interdiction soit faite à celui-ci de stationner sur les parcelles précitées, à l'exception des places qui lui étaient attribuées selon le bail liant les parties et qui étaient marquées " Restaurant " (II), dite interdiction étant assortie de la menace de la peine d'amende prévue à l'<span class="artref">art. 292 CP</span> en cas d'insoumission (III), et à ce qu'ordre soit donné à A.________ de faire respecter cette interdiction par ses ayants droit (IV), dite injonction étant également assortie de la menace de la peine d'amende prévue à l'<span class="artref">art. 292 CP</span> (V). </div> <div class="para">A.________ a conclu à l'irrecevabilité de la demande, subsidiairement à son rejet. </div> <div class="para">Par jugement du 20 mars 2022, la présidente a fait interdiction à A.________ de stationner sur les parcelles nos 35 et 36 appartenant à B.________ SA, à l'exception des places de parc qui lui étaient attribuées selon le contrat de bail à loyer le liant à celle-ci et identifiables grâce au marquage au sol " Restaurant " (I), constaté que la mise à ban prononcée le 24 septembre 2020 par la juge de paix était opposable au défendeur (II), réglé la question des frais judiciaires et des dépens (III à V) et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (VI). </div> <div class="para">Le 27 juillet 2022, la Cour d'appel civile a rejeté l'appel formé par A.________ à l'encontre de cette décision et confirmé celle-ci. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">Le 7 septembre 2022, A.________ (ci-après: le recourant) dépose un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal fédéral contre cet arrêt. Il conclut à l'annulation de la décision rendue par la cour cantonale et, principalement, au renvoi de la cause à celle-ci pour nouvelle décision dans le sens des considérants; subsidiairement il demande la réforme de l'arrêt cantonal en ce sens que la demande déposée par B.________ SA (ci-après: l'intimée) est irrecevable; à titre sub-subsidiaire, il réclame la réforme de la décision entreprise dans le sens d'un rejet de dite demande. </div> <div class="para">Des déterminations n'ont pas été demandées. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Il est admis que la valeur litigieuse de la cause, rendue en matière civile (<span class="artref">art. 72 al. 1 LTF</span>), n'atteint pas 30'000 fr. (<span class="artref">art. 74 al. 1 let. b LTF</span>). Seule la voie du recours constitutionnel subsidiaire est ainsi ouverte (<span class="artref">art. 113 LTF</span>) dès lors qu'aucune question juridique de principe n'est soulevée (<span class="artref">art. 74 al. 2 let. a LTF</span>). Les conditions de recevabilité d'un tel recours sont ici réalisées (<span class="artref">art. 115 LTF</span>; <span class="artref">art. 75 et <artref id="CH/173.110/114" type="start"></artref>art. 114 LTF</span><artref id="CH/173.110/75" type="end"></artref>, <span class="artref">art. 90 et <artref id="CH/173.110/117" type="start"></artref>art. 117 LTF</span><artref id="CH/173.110/90" type="end"></artref>, <span class="artref">art. 100 et <artref id="CH/173.110/117" type="start"></artref>art. 117 LTF</span><artref id="CH/173.110/100" type="end"></artref> <i>cum</i> <span class="artref">art. 46 al. 2 let. a LTF</span> [mesures provisionnelles: <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-III-638%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page638">ATF 133 III 638</a> consid. 2; arrêt 4A_197/2017 du 13 mars 2018 consid. 2 non publié aux <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-III-145%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page145">ATF 144 III 145</a>]). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Le recours constitutionnel subsidiaire peut être formé pour violation des droits constitutionnels (<span class="artref">art. 116 LTF</span>), dont la garantie contre l'arbitraire (<span class="artref">art. 9 Cst.</span>). Conformément à l'<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span> (applicable en vertu du renvoi de l'<span class="artref">art. 117 LTF</span>), le Tribunal fédéral n'examine toutefois que les griefs expressément soulevés et motivés conformément au principe d'allégation. Le recourant doit indiquer quel droit ou principe constitutionnel a été violé par l'autorité précédente et dans quelle mesure, en présentant une argumentation claire et circonstanciée (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-I-121%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page121">ATF 145 I 121</a> consid. 2.1 et les références); des critiques simplement appellatoires ne sont pas admissibles (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-II-283%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page283">ATF 143 II 283</a> consid. 1.2.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-III-364%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page364">142 III 364</a> consid. 2.4). </div> <div class="para">Une décision ne peut être qualifiée d'arbitraire (<span class="artref">art. 9 Cst.</span>) que si elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté, ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-I-170%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page170">ATF 144 I 170</a> consid. 7.3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-III-564%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page564">141 III 564</a> consid. 4.1); il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire préférable; pour que cette décision soit annulée, encore faut-il qu'elle se révèle arbitraire non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son résultat (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F146-IV-88%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page88">ATF 146 IV 88</a> consid. 1.3.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-IV-154%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page154">145 IV 154</a> consid. 1.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-I-113%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page113">144 I 113</a> consid. 7.1, 170 consid. 7.3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-II-369%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page369">142 II 369</a> consid. 4.3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité précédente (<span class="artref">art. 118 al. 1 LTF</span>). Le recourant ne peut obtenir leur rectification ou leur complètement que s'il démontre une violation de droits constitutionnels (<span class="artref">art. 118 al. 2 LTF</span>). Il doit ainsi exposer avec précision, conformément au principe d'allégation (cf. <i>supra</i> consid. 2.1), en quoi la constatation d'un fait, pertinent pour l'issue du litige, est manifestement insoutenable, c'est-à-dire en contradiction évidente avec la situation de fait, reposant sur une inadvertance manifeste ou dépourvue de toute justification objective (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-I-332%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page332">ATF 136 I 332</a> consid. 2.2 et les citations). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le recourant invoque d'abord l'application arbitraire de l'<span class="artref">art. 58 CPC</span>, estimant que la cour cantonale aurait confirmé une décision qui statuait au-delà des conclusions de l'intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> La cour cantonale a considéré sur ce point qu'en comparant les conclusions prises par l'intimée avec le dispositif de la décision de la justice de paix, elle parvenait à la conclusion que celle-ci n'avait pas alloué autre chose ou plus que ce qui était demandé. Le fait de requérir la validation de la mise à ban et la levée de l'opposition formulée par le recourant, puis qu'interdiction lui soit faite de stationner sur les places de parc en question, conformément à la mise à ban - cf. conclusions de l'intimée ( <i>supra</i> let. C) - revenait à constater que cette mise à ban était opposable à l'intéressé - cf. dispositif de la décision de première instance ( <i>supra</i> let. C). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> Le recourant ne démontre nullement l'arbitraire de ce raisonnement: il s'attache en effet à rappeler la définition de l'arbitraire, de même que la teneur de l'article 58 al. 1 CPC et le fait que le demandeur détermine librement l'étendue de la prétention qu'il déduit en justice, puis se limite à retranscrire les conclusions de l'intimée, pour en définitive se borner à affirmer que la juge de paix aurait modifié celles-ci. Manifestement insuffisante au regard des exigences de motivation ici applicables (consid. 2.1 <i>supra</i>), cette critique est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le recourant reproche ensuite à la cour cantonale d'avoir arbitrairement refusé de déclarer irrecevables les conclusions formulées par l'intimée dès lors qu'elles se fonderaient sur deux procédures et fondements juridiques distincts. La cour cantonale ne pouvait en effet confirmer la décision de première instance en tant qu'elle se prononçait sur la validation de l'opposition à la mise à ban (procédure gracieuse), alors que cette dernière procédure était indépendante de l'action possessoire (procédure contentieuse) dont elle était saisie et devait être considérée comme close. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.1.</b> La cour cantonale a considéré qu'aucun mélange de procédures ne pouvait être discerné. La juge de paix avait d'abord statué sur la mise à ban, avant que la présidente statue sur l'action possessoire. L'intimée avait ainsi agi conformément à ce qui lui incombait, en requérant la protection de sa possession à la suite d'une opposition à une mise à ban. C'est ainsi à juste titre que le premier juge avait levé dite opposition. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.</b> La décision de mise à ban (<span class="artref">art. 258 al. 1 CPC</span>) relève de la procédure gracieuse (parmi plusieurs: BOHNET, in Commentaire romand CPC, 2e éd. 2019, n. 3 ad <span class="artref">art. 258 CPC</span>; STEINAUER, la mise à ban générale: du juge civil au juge pénal, in Droit pénal et criminologie, Mélanges en l'honneur de Nicolas Queloz, 2020, p. 423 ss, n. 6; TENCHIO/TENCHIO, in Basler Kommentar ZPO, 3e éd. 2017, n. 2 ad <span class="artref">art. 258 CPC</span>). Elle est prise en procédure sommaire et les tiers qui devront la respecter ne peuvent ni participer à la procédure ni contester la décision prise par le juge (STEINAUER, op. cit., n. 6; TENCHIO/TENCHIO, op. cit., n. 8 ad <span class="artref">art. 258 CPC</span>). Lorsque la mise à ban a été publiée et placée de manière visible sur l'immeuble conformément à l'<span class="artref">art. 259 CPC</span>, ils ont en revanche la possibilité d'adresser dans les trente jours une opposition à l'autorité qui a pris la mesure selon l'<span class="artref">art. 260 al. 1 CPC</span>. L'opposition n'est cependant pas une voie de recours (Message relatif au code de procédure civile suisse [CPC] in FF 2006 6841, p. 6960) mais s'apparente plutôt à l'opposition en cas de poursuite (Message, ibid.; GÖKSU in Sutter-Somm et al. (éd.), Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, 3e éd. 2016, n. 6 ad <span class="artref">art. 260 CPC</span>; STAEHELIN/STAEHELIN/GROLIMUND, Zivilprozessrecht - Unter Einbezug des Anwaltsrechts und des internationalen Zivilprozessrechts, 3e éd. 2019, § 21, n. 61) : elle ne doit pas être motivée (<span class="artref">art. 260 al. 1 CPC</span>) et rend la mise à ban caduque envers son auteur (<span class="artref">art. 260 al. 2 CPC</span>). Le bénéficiaire de la mise à ban qui souhaite la faire valider et obtenir ainsi que l'interdiction s'applique également à l'opposant doit alors ouvrir contre lui " une action devant le tribunal " (<span class="artref">art. 260 al. 2 2</span>e phr. CPC). Cette " action en reconnaissance de droit " (" Anerkennungsklage ") peut prendre la forme, aux conditions ordinaires, d'une action négatoire et/ou d'une action en raison du trouble de la possession (STEINAUER, op. cit., n. 6; TENCHIO/TENCHIO, op. cit., n. 6 ss ad <span class="artref">art. 260 CPC</span>; GÖKSU, op. cit., n. 6 ad <span class="artref">art. 260 CPC</span>), relevant de la procédure contentieuse. Le jugement rendu au terme d'une telle action est revêtu de l'autorité de la chose jugée entre les parties et lie le juge pénal si par la suite celui-ci est appelé à sanctionner une violation de la mise à ban (STEINAUER, op. cit., n. 6 et les références). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.3.</b> Les conclusions formulées par l'intimée devant la présidente apparaissent conformes aux principes qui viennent d'être mentionnés et ne sauraient être déclarées irrecevables: après avoir eu connaissance de l'opposition du recourant, la société intimée a demandé la validation de la mise à ban à l'encontre de sa partie adverse en introduisant une action possessoire; la présidente a statué sur cette action possessoire en interdisant au recourant de stationner sur les parcelles de l'intimée, à l'exception des places de parc qui lui étaient réservées selon le bail liant les parties, décision qui a eu pour conséquence de valider la mise à ban à l'encontre du recourant et de la lui rendre ainsi opposable. L'on peut à cet égard se référer au parallèle sus-évoqué de l'opposition au commandement de payer ( <i>supra</i> consid. 4.2), dont il n'est pas contesté que la levée peut être réclamée dans les conclusions de l'action en paiement dirigée contre le débiteur poursuivi. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Le recourant soutient ensuite que les faits auraient été arbitrairement établis: aucun trouble illicite et excessif ne pouvait être ici relevé; l'<span class="artref">art. 928 CC</span> aurait été appliqué manifestement à tort. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.</b> La cour cantonale a retenu que, conformément au contrat de bail conclu entre les parties, le recourant n'avait que la possibilité de se garer sur les places identifiées par le marquage au sol " Restaurant " et ne pouvait donc pas stationner sur les autres places se trouvant sur les parcelles nos 35 et 36, sur lesquelles il ne disposait d'aucun droit préférable. En tant que, lors de l'audience du 9 septembre 2021 devant le premier juge, il avait admis se garer où bon lui semblait dès lors que l'intimée infligeait des amendes à ses clients, le trouble à la possession de l'intimée était établi; à défaut d'autorisation légale, il était de surcroît illicite, en sorte que les conditions d'application de l'<span class="artref">art. 928 CC</span> étaient ici réalisées. C'était en conséquence à juste titre que le premier juge avait admis l'action en raison du trouble exercée par l'intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.</b> Ici encore, le recourant se limite à une argumentation appellatoire, inapte à démontrer l'arbitraire du raisonnement cantonal: il ne conteste pas que le contrat de bail le liant à l'intimée ne l'autoriserait à se garer que sur des places spécifiquement désignées et ne nie pas avoir admis se garer " où bon lui semblerait ", se limitant à affirmer à cet égard que cette déclaration n'aurait pas été protocolée. Prétendre qu'un parcage occasionnel en dehors des places prévues n'entraînerait aucun trouble insupportable de la possession de l'intimée ne trouve enfin aucun appui tangible dans l'<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=25&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-633%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page633">ATF 135 III 633</a> auquel se réfère le recourant, jurisprudence qui traite des effets d'une restriction de droit public sur le caractère illicite d'un trouble de la possession. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">En définitive, le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. Les frais sont mis à la charge du recourant qui succombe (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Aucune indemnité de dépens n'est octroyée à l'intimée qui n'a pas été invitée à se déterminer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 29 novembre 2022 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Herrmann </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : de Poret Bortolaso </div> </div></body></html>