<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de modifier la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI) dans le sens que les victimes d'attentats ou d'autre actes de violence graves perpétrés à l'étranger puissent à nouveau obtenir une indemnisation, respectivement une réparation morale.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>L'application de la loi sur l'aide aux victimes (LAVI ; RS 312.5) aux personnes victimes d'infractions commises à l'étranger fait régulièrement débat. La discussion porte généralement autour de deux sujets distincts : d'une part l'absence d'indemnisation ou de réparation morale pour les victimes qui étaient domiciliées en Suisse au moment des faits et d'autre part l'étendue de l'accès à des prestations de soutien lorsque les victimes n'avaient pas leur domicile en Suisse au moment des infractions. La présente motion porte sur la première problématique. Elle demande ainsi que la Suisse indemnise les personnes résidant sur son territoire lorsqu'elles ont été victimes d'actes de violence à l'étranger. La création d'un fonds pour mieux soutenir les victimes d'actes terroristes à l'étranger avait déjà été demandée en 2020 dans l'interpellation 20.4536, suivie du postulat 21.3144, rejeté par le Conseil national le 18 juin 2021, conformément à la proposition du Conseil fédéral.</p><p>Comme indiqué dans ses réponses à l'interpellation de Quattro 20.4536 et au postulat de Quattro 21.3344, le Conseil fédéral est de l'avis que les arguments retenus par le législateur fédéral lors de la révision de 2007 de la LAVI contre la requête formulée dans la présente motion restent valables. Il souligne que les personnes victimes d'infractions à l'étranger résidant en Suisse au moment des faits peuvent aujourd'hui bénéficier, conformément aux art. 3 et 17 LAVI, des prestations des centres de consultation. Par contre, il n'incombe pas à la Suisse de verser une indemnité ou une réparation morale pour une infraction qui n'a pas été commise sur son territoire. Le Conseil fédéral considère que la réparation du dommage causé par l'infraction relève de la responsabilité de l'État dans lequel les faits se sont produits. Cette solution correspond à celle de la Convention européenne du 24 novembre 1983 relative au dédommagement des victimes d'infractions violentes (RS 0.312.5). Elle tient également compte du fait que la Suisse ne peut influer ni sur la prévention efficace de la criminalité à l'étranger ni sur la poursuite des infractions.</p><p>En ce qui concerne le fonds de garantie pour les victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions graves (FGTI) en France, le Conseil fédéral renvoie au chiffre 4 de sa réponse du 17 février 2021 à l'interpellation 20.4536. Pour le surplus, il doute que la création en Suisse d'un fonds spécial pour les victimes de certains types d'infractions constitue une solution adéquate et équitable notamment par rapport aux autres victimes d'infractions qui ne pourraient pas en bénéficier. La question se pose également de savoir sur la base de quel critère l'autorité compétente doit considérer qu'une personne a été victime d'une infraction qui peut être qualifiée d'" acte de violence grave ". Le Conseil fédéral constate enfin que le FGTI est financé par la communauté des assurés et non par l'État français.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.