<h2>SubmittedText<h2><p>La réponse que le Conseil fédéral a donnée à ma question ordinaire 95.1017, dans laquelle je demandais que soit érigé un monument commémorant la mémoire des réfugiés de la Seconde Guerre mondiale que la Suisse a refoulés et ainsi voués à la mort, est insatisfaisante. Quoi donc, sinon l'art, peut nous amener à nous interroger en permanence sur notre histoire et faire en sorte que nous nous posions sans cesse la question de savoir ce qu'est notre devoir afin qu'un tel drame ne se reproduise plus ?</p><p>Je demande donc au Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Croit-il effectivement que la matière abordée est trop complexe pour les artistes suisses, sachant qu'à Berlin et à Francfort - pour ne parler que de ces deux villes -, des jurys viennent d'examiner quantité de projets issus d'un concours lancé à grande échelle, et qu'ils ont primé trois d'entre eux, remarquables, dont la réalisation se fera dans les mois ou les années à venir ("BaZ" du 20 mars 1995, avis d'un membre d'un jury publié dans la "FAZ" du 22 mars 1995)?</p><p>2. A-t-il contacté la personne que j'ai nommée dans mon intervention, soit Gottfried Honegger, l'un des artistes suisses les plus connus de notre temps et qui a lui-même vécu cette époque, et lui a-t-il demandé s'il estime que ce travail est effectivement "trop complexe" pour un artiste ?</p><p>3. A-t-il entendu parler du catalogue sur les "Monuments commémoratifs de l'Holocauste" et de l'exposition intitulée "The Art of Memory : Holocaust Memorials in History" qui a été inaugurée au Jewish Museum de New York en 1993, qu'on a pu voir en 1994 à Berlin et au début de l'année au Stadtmuseum de Munich, et qui circule depuis dans d'autres villes d'Allemagne ?</p><p>4. Est-il prêt à reconnaître qu'il aurait quand même pu se donner un peu plus de mal pour répondre à mes questions et qu'il a sous-estimé les possibilités - et peut-être aussi le rôle - de l'art en général et des artistes en particulier ? Car quoi donc sinon l'art peut inciter celui qui refuse de se plonger dans les livres à réfléchir aux questions complexes et existentielles posées par l'histoire et par la vie et lui donner l'occasion de les approfondir ?</p><p>5. Est-il prêt à prendre malgré tout contact avec Gottfried Honegger, lequel vit à Paris et a été primé cette année par plusieurs grandes villes d'Europe, afin de parler avec lui de ce travail difficile, et, dans l'affirmative, à reconsidérer ma proposition - la commande dudit monument commémoratif - au lieu d'affirmer, comme il l'a fait, qu'elle gagnerait à être examinée ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2>Réponse du Conseil fédéral.