<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A la requête de H. à Zurich, une commination de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite dans la poursuite no … portant sur la somme de 3'207.25</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs a été notifiée le 29 mai 1998 à la SNC C. , à Lignières.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Faute de paiement, la créancière a requis la faillite de sa débitrice en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">date du 25 juin 1998. Les parties ont comparu à l'audience du 13 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998, la créancière refusant alors à la débitrice le délai supplémentaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de paiement qu'elle sollicitait.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Constatant que les conditions en étaient réalisées, le juge a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcé la faillite de C. , D. et W. , et en a fixé l'ouverture au 13 juillet 1998 à 9 h 15.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. La SNC C. recourt contre ce jugement. Invoquant une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fausse application de l'article 174 LP, elle conclut à l'annulation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement de faillite. Elle dépose tout d'abord la somme de 3'522 francs au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">greffe du Tribunal de jugement, à l'intention du créancier, pour respecter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la première condition de l'article 174 LP. S'agissant de la vraisemblance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa solvabilité, qu'il lui appartient d'établir, et se référant aux dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">positions de la LP révisée ainsi qu'au RJN 1996 p.274, elle estime cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condition également remplie. Elle fait valoir que si des difficultés de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trésorerie ont effectivement surgi, elles ont à ce jour pratiquement dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paru. Compte tenu de divers paiements et arrangements invoqués, elle con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidère que les créances ayant fait l'objet de dix-sept poursuites pour un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant de 110'828.45 francs ne représentent plus aujourd'hui qu'un mon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant de l'ordre de 80'000 francs. Par ailleurs, la recourante se prévaut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de plusieurs contrats importants portant sur des montants de l'ordre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">350'000 francs; elle dépose du reste trois contrats d'entreprise totali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant des prestations de respectivement 5'650 francs, 42'650 francs et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">108'000 francs. Dès l'instant où les travaux ont commencé et où les paie-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments vont rentrer dans un délai de dix à vingt jours, la société considè-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re qu'elle n'est plus en proie à des difficulté de trésorerie et qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourra régler tous ses créanciers. Elle estime dès lors la deuxième condi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion (vraisemblance de la solvabilité) réalisée en l'espèce.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. La présidente du tribunal ne formule pas d'observations sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans les siennes, la créancière intimée conclut au rejet du re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours, faisant valoir que C. n'est pas solvable ni liquide et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle avait assez de temps pour payer la créance totale non contestée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Elle en exige d'ailleurs le paiement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. La demande de suspension de l'exécution du jugement a été admise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par ordonnance du 24 juillet 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span><span lang="EN-GB">C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. La Cour civile est l'autorité compétente pour statuer sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours dirigés contre les jugements de faillite et rendus en application</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'article 171 LP (art.174 LP, 15 LELP). Interjeté au surplus dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délai utile de dix jours, le recours est ainsi recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Le jugement attaqué est conforme à la loi. Le premier juge avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en effet l'obligation de prononcer la faillite de la recourante en appli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation de l'article 171 LP car, au moment de rendre sa décision, il n'a-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vait connaissance d'aucune circonstance permettant de rejeter la requête</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de faillite ou d'ajourner sa décision, selon les articles 172 à 173a LP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">On relèvera d'ailleurs au passage que, si la recourante invoque une fausse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">application de l'article 174 LP comme "motif du recours", la motivation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui suit ne comporte aucun développement sur l'erreur que le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aurait commise. Bien plutôt, les motifs dont se prévaut la faillie sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ceux qu'elle peut faire valoir devant l'autorité judiciaire supérieure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. L'article 174 al.2 LP, dans sa nouvelle teneur, règle désormais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'admission de faits nouveaux proprement dits, qui sont énumérés de façon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exhaustive aux chiffres 1 à 3 de cette disposition. Ainsi, l'autorité ju-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diciaire peut annuler le jugement de faillite en particulier lorsque le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">débiteur établit par titre que la dette a été payée, que la totalité du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant à rembourser a été déposée auprès de l'autorité judiciaire supé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieure à l'intention du créancier ou que le créancier a retiré sa réquisi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de faillite (art.174 al.2 ch.2 LP). Encore faut-il toutefois qu'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposant son recours, le débiteur rende vraisemblable sa solvabilité. On</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relèvera à ce sujet que si dans l'avant-projet de modification de la LP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il était prévu qu'en cas de paiement, de dépôt du montant total de la det-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">te ou de retrait par le créancier de sa réquisition de faillite, le juge-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de faillite pouvait être annulé à moins que le débiteur ne soit mani-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">festement insolvable, la réglementation finalement adoptée a été rendue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus stricte. C'est désormais au débiteur qu'il incombe de rendre vraisem-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blable sa solvabilité, le législateur ayant voulu que les débiteurs suren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dettés et, partant, voués à la faillite, ne puissent plus attendre l'ou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">verture de cette dernière pour payer leurs dettes (Message du Conseil fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déral, FF 1991 III 131).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Si la notion d'insolvabilité n'est pas clairement définie, on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notera toutefois que l'ATF 91 I 1 (JdT 1965 II 93) reste de quelque utili-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té à ce sujet. Ainsi on se trouvera vraisemblablement dans une situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de solvabilité lorsqu'on peut réellement supposer que le débiteur pourra à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'avenir satisfaire à nouveau ses obligations par ses propres moyens; tel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sera le cas si le défaut de liquidités du débiteur est simplement passa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ger, si ses dettes ne sont pas trop importantes et si le retard apporté au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paiement de la dette en cause est excusable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. En l'espèce, la recourante a déposé le 22 juillet 1998 au greffe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du Tribunal de jugement, en même temps que le recours, la somme de 3'522</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs à l'intention du créancier H. . La première condition de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 174 al.2 LP est dès lors remplie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. En revanche, on ne peut pas admettre au vu du dossier que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante ait rendu vraisemblable sa solvabilité. L'extrait du registre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des poursuites (état au 20.05.1998) déposé par la recourante fait état de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dix-sept poursuites représentant 110'828.45 francs entre le 18 mars 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et le 19 mai 1998, dont trois sont au stade de la commination de faillite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour un montant total de 10'497.75 francs (y compris celle de H. ici en cause). A cela s'ajoute une saisie de biens mobiliers pour un montant de 16'000 francs en faveur de l'administration fédérale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La situation s'est aggravée depuis lors, ce qui résulte de l'ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trait du registre des poursuites (état au 29.07.1998) requis d'office par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Cour. Alors que la poursuite portant sur 16'000 francs et ayant fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'une saisie de biens mobiliers n'est plus incluse dans l'extrait,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le nombre des poursuites s'est accru de trois, pour un total de 25'387</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs. Ainsi et en tout, la recourante fait l'objet de dix-neuf poursui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tes totalisant 120'215.90 francs, ce qui représente une augmentation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">9'387 francs des montants en cause par rapport au 20 mai 1998. Mais sur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tout, les poursuites sont plus nombreuses à avoir atteint le stade de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commination de faillite, puisqu'il y en a neuf pour un total de 47'348.90</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La recourante fait valoir il est vrai qu'elle a acquitté plu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sieurs dettes ou qu'elle a trouvé des arrangements avec certains créan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciers. Cette allégation est prouvée dans quatre cas uniquement, soit la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poursuite de H. (ici en cause), celle de A. (4069.85</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs), celle de N. (réduite de 21'775.90 francs par trois paiements, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier au 13 novembre 1997) et celle de E. SA (3220.65 francs). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autres allégations ne sont étayées par aucun document et ne sauraient être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenues.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Malgré une réduction de 48'273 francs par rapport au montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">total figurant dans l'extrait du 29 juillet 1998, les dettes encore en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause totalisent 87'941 francs. Parmi ces poursuites, six en sont déjà au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">stade de la commination de faillite, pour un montant totalisant 26'400</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs. On ne saurait dès lors considérer que les dettes de la recourante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont peu importantes, ni le défaut de liquidités seulement passager.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est vrai qu'en dernier lieu, la recourante se prévaut de con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trats en cours récemment conclus. Si elle fait état de contrats portant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur 350'000 francs, elle n'apporte toutefois la preuve que de trois con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trats. Deux d'entre eux concernent des chantiers dont l'ouverture a déjà</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">débuté et pour lesquels la recourante prévoit des paiements dans un délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'environ dix jours. Le troisième contrat, d'une valeur de 108'000 francs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est toutefois soumis à une condition pour son entrée en vigueur, dont le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dossier n'indique pas si elle est à ce jour réalisée ou non (réception de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'accord concernant la répartition des coûts pour la réalisation de l'abri</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">PC). Les deux derniers contrats ne sont pas documentés et ne sauraient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être pris en compte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au vu du dossier, on ne peut ainsi considérer ni que les dettes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la recourante sont peu importantes, ni que le défaut de liquidités</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est que passager. Le redressement invoqué n'est qu'apparent, à preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'accroissement du nombre des poursuites au stade de la commination de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite. Ainsi, indépendamment du caractère excusable ou non du retard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le paiement de la dette en cause, la Cour constate que la recourante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas rendu vraisemblable sa solvabilité, ainsi que la loi lui en fai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sait l'obligation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Le recours doit dès lors être rejeté et la faillite prononcée,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les frais étant mis à la charge de la recourante, sans dépens à l'intimée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui n'en a pas demandé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7. La Cour doit encore statuer sur le montant déposé par la recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rante. Selon l'article 174 al.2 LP, indépendamment du problème lié à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solvabilité du débiteur, le jugement de faillite peut être annulé notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment si la totalité du montant à rembourser a été déposée auprès de l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité judiciaire supérieure à l'intention du créancier.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le montant a nécessairement été versé à l'intention du créancier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui a requis la faillite. C'est dès lors bien à celui à qui il était des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiné qu'il doit être versé. Les termes de l'article 174 al.2 LP sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">clairs à cet égard ("déposé auprès de l'autorité judiciaire supérieure à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intention du créancier").</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La situation se présente d'ailleurs sous un jour proche en pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mière instance où, pour éviter sa faillite, le débiteur doit prouver qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'est acquitté de sa dette.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On relèvera aussi que dans un cas qui présente certaines analo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gies, soit en matière de poursuite pour effets de change, le montant dépo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sé par l'opposant (art.182 ch.4 LP) sera versé au créancier poursuivant si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'opposition est déclarée irrecevable (Pierre-Robert Gilliéron, Poursuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour dettes, faillite et concordat, 1993, p.261 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans ces trois cas, ce sont bien les intérêts du créancier pour-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suivant qui sont pris en considération. Il apparaît ainsi que la condition</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du dépôt par le débiteur du montant en poursuite est bien destinée à sau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vegarder les intérêts du créancier poursuivant exclusivement. Ce montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne saurait donc ni profiter à l'ensemble des créanciers, ni bien évidem-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment être restitué au débiteur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA IIe COUR CIVILE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit que la faillite de la société en nom collectif C. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> D. et W. , à Lignières, prend effet le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 12 août 1998 à 14.00 heures.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Dit que le montant de 3'522 francs déposé au greffe du tribunal de ju-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> gement doit être versé à la créancière, H. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Met à la charge de la recourante les frais judiciaires qu'elle a avancé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> par 550 francs, sans dépens à l'intimée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 12 août 1998</span></p> </div></body></html>