<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le samedi 26 mars 1994, en début d'après-midi, de graves inci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dents se sont produits en Ville de Neuchâtel. Ils ont été provoqués par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des supporters du club de football de Bâle qui s'étaient déplacés à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel pour assister au match que leur équipe devait jouer au stade de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Maladière, contre le club de Neuchâtel.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans un premier temps, sur les Jeunes-Rives, un nombre indéter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">miné mais important de ces supporters, tous plus ou moins sous l'influence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'alcool, ont causé, à coups de pied notamment, des dégâts parfois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élevés à trois véhicules automobiles.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Quelques instants plus tard, les agents de police L. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. ont été agressés physiquement à proximité du Monument de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">République par un groupe de supporters qu'ils cherchaient à interpeller, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure qu'on pouvait les soupçonner d'avoir participé aux actes de violen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce commis sur les Jeunes-Rives.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'enquête ouverte à la suite de ces événements a abouti au ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voi de cinq personnes, dont H. , devant le Tribunal de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Neuchâtel.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par jugement du 5 décembre 1995, le Tribunal de police du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de Neuchâtel a reconnu H. coupable d'infractions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux articles 123, 126, 134, 145 al. 1 bis ancien, 260, 285 ch. 2 al. 2 CP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et 37 CPN. Il l'a condamné pour l'ensemble de ces infractions à une peine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cinq mois d'emprisonnement sans sursis et a ordonné au surplus la révo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation du sursis dont était assortie une peine de 30 jours d'emprison-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nement prononcée par le Président du Tribunal de Bâle-Ville le 17 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993. H. a encore été condamné à une part des frais de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justice, arrêtée à 1'700 francs, ainsi qu'à verser aux plaignants L. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. une indemnité de dépens de 500 francs. Enfin, comme tous les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autres prévenus, il a été interdit de débits de boissons pour une durée de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">six mois, en application de l'article 56 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour forger son intime conviction nonobstant les dénégations du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévenu, le premier juge a considéré comme crédibles les déclarations de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diverses personnes qui imputaient à celui-ci une participation active tant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans les événements des Jeunes-Rives que dans ceux qui se sont produits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la place Alexis-Marie-Piaget.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. H. se pourvoit en cassation contre ce jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la mesure où il le condamne à une peine d'emprisonnement sans sursis,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la révocation d'un sursis antérieur, ainsi qu'à des frais et des dépens,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concluant à son acquittement ou au renvoi de la cause. Il reproche en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">substance au premier juge d'être tombé dans l'arbitraire, en privilégiant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les déclarations de certaines personnes qui l'ont mis en cause tout de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite après les faits sur la base de photographies seulement, alors qu'à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'audience de jugement du 21 novembre 1995 aucun des plaignants et témoins</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne l'a formellement reconnu. Le recourant fait également valoir que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement entrepris procède d'une fausse application de l'article 41 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. La Présidente du Tribunal de police du district de Neuchâtel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admet dans ses observations que l'agent L. n'a pas reconnu en audience</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le prévenu H. , mais ne prend pas de conclusions. Le substitut du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Procureur général conclut quant à lui au rejet du recours, sans formuler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'observations. Enfin, le mandataire des plaignants conclut également au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet du recours qui frise la témérité, en observant notamment que l'agent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L. n'est jamais revenu sur la reconnaissance formelle du recourant com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">me l'un de ses agresseurs, reconnaissance qui est mentionnée dans un rap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">port de police complémentaire du 4 mai 1994 (D. 50).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Conformément à la loi et à la jurisprudence constante, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de cassation est liée par les constatations de fait de la juridiction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inférieure, à moins qu'elles ne soient manifestement erronées ou arbitrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">res, c'est-à-dire contraires à une pièce probante ou à la notoriété publi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que ou encore évidemment fausses (art. 251 al. 2 CPP; RJN 7 II 4 et juris-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prudence citée). Le législateur neuchâtelois a ainsi consacré le principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'intime conviction du juge, son pouvoir d'appréciation en matière de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves n'étant limité que par l'arbitraire (RJN 1982, p. 70 et jurispru-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dence citée). La liberté d'appréciation du juge est donc très large, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle ne le dispense pas pour autant, sous peine d'arbitraire, d'utiliser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une méthode logique dans l'évaluation des preuves; il doit en particulier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">examiner leur pertinence et leur force persuasive au vu des circonstances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du cas d'espèce et motiver sa décision (Piquerez, Précis de procédure pé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nale suisse, no 899 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le premier juge a respecté ces derniers princi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pes, de sorte qu'on ne saurait lui reprocher d'avoir abusé de son pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation. Il n'a retenu la culpabilité du recourant qu'après avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soigneusement pesé les éléments fournis par le dossier et les débats.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est vrai que lors de l'audience de jugement, personne n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">apparemment formellement reconnu le recourant. A lui seul, ce fait ne sau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rait toutefois l'innocenter, ni même suffire à douter de sa culpabilité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le premier juge a rappelé dans son jugement que les souvenirs s'estompent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec le temps (jugement, p. 17). Il n'y a dès lors rien de surprenant à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que, près de vingt mois après les faits, le recourant n'ait plus été re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connu par le plaignant L. et le témoin G. , qui l'avaient pour-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant tous deux formellement identifié au moyen de photographies au plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tard dans le mois qui a suivi (D. 50 et D. 59). Cela se comprend d'autant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mieux que les scènes auxquelles le recourant a participé ont été brèves et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">très mouvementées (jugement, p. 14 et 15) et que celui-ci a en outre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">depuis passablement changé d'apparence (jugement, p. 18).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On ne saurait pas davantage considérer que le jugement entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris est entaché d'arbitraire pour le seul motif que le premier juge a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accordé une importance primordiale aux témoignages recueillis juste après</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les faits (jugement, p. 16). Dans la mesure où le recourant a alors été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">directement impliqué par quatre personnes, cela n'est d'ailleurs rien de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus que normal. D'autre part, non seulement le nombre de ces témoignages</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le justifiait, mais leur qualité également. Les quatre personnes en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question ne se connaissent en effet nullement et aucune ne pouvait se voir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnaître un quelconque intérêt à accuser faussement le recourant. Ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnes ont enfin toutes eu des rôles très différents dans les événe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments qui ont valu au recourant sa condamnation, ce qui ne donne bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">évidemment que plus de poids encore à leurs déclarations convergentes. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paraît ainsi totalement exclu que le recourant ait pu être accusé à tort à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la fois par un coauteur (D. 29), une victime (D. 50), et deux témoins</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D. 57 et 59).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le fait que le recourant ait prétendu s'être rendu à Neu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">châtel en train (jugement, p. 13) alors qu'il est établi qu'il y est venu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en car (D. 154) est un élément qui ne pouvait que conforter le premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge dans sa conviction. On ne voit pas en effet pour quelle raison le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant a pu mentir à ce sujet, si ce n'est pour essayer de cacher qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a voyagé jusqu'à Neuchâtel accompagné au moins de cinq des autres prévenus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D. 153 et 154).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Au vu des motifs qui l'ont conduit à prononcer un verdict de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culpabilité, le premier juge ne s'est manifestement pas écarté de l'adage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"in dubio pro reo", qui se déduit du principe de la présomption d'innocen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce et trouve son fondement à la fois dans l'article 6 paragraphe 2 CEDH et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans les articles 4 Cst. féd. et 224 CPP (RJN 5 II p. 114 et p. 226). Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant prétend le contraire, sans motiver sa position, vraisemblable-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment parce que cela relèverait de l'impossible. Au vu du dossier, on ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saurait en effet sérieusement soutenir que le premier juge a condamné le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant pour le motif que celui-ci n'aurait pas prouvé son innocence. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne serait pas plus raisonnable d'autre part d'affirmer que le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a condamné le recourant alors qu'il subsistait, selon une appréciation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">objective du résultat de l'administration des preuves, des doutes manifes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement sérieux et irréductibles quant à la culpabilité de celui-ci. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résumé, il ne fait donc pas le moindre doute que le premier juge a bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">respecté les deux règles relatives à la répartition du fardeau de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve tout d'abord, à l'appréciation des preuves ensuite, que le principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"in dubio pro reo" renferme (SJ 1994, p. 541).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Le recourant ne critique pas la quotité de la peine qui lui a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été infligée, ni la révocation du sursis dont était assortie la peine pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">noncée le 17 février 1993 par le Président du Tribunal de Bâle-Ville. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reproche en revanche au premier juge de ne pas avoir accordé le sursis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour la nouvelle peine à laquelle il l'a condamné. Selon H. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le jugement attaqué aurait dû, pour établir son pronostic, examiner si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exécution de la peine antérieure serait de nature à permettre son amen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dement. Au surplus, le premier juge, pour motiver un pronostic défavora-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble, se serait fondé sur une circonstance qui ne devait pas être prise en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considération, l'absence de regrets, alors que H. ne pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas regretter des faits qu'il niait.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Aux termes de l'article 41 chiffre 1 alinéa 1 CP, le sursis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut être accordé si la peine n'excède pas 18 mois, si les antécédents et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le caractère du condamné font prévoir que cette mesure le détournera de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commettre de nouveaux crimes ou délits et s'il a réparé, autant qu'on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait l'attendre de lui, le dommage fixé judiciairement ou par accord</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec le lésé. Sont particulièrement importantes les perspectives d'amende-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment durable du condamné, telles qu'on peut les déduire de ses antécé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dents, de son caractère et de tout autre élément permettant d'estimer ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chances de faire ses preuves. Le pronostic favorable doit donc être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'une appréciation d'ensemble portant sur la situation personnelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du condamné et sur les circonstances particulières de l'acte. De vagues</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">espoirs quant à la conduite future du délinquant ne suffisent pas pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poser un pronostic favorable (ATF 115 IV 82). Il faut en outre tenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte de l'éventuel effet de réinsertion que pourrait avoir le fait de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subir une peine dont le juge ordonne après coup l'exécution (ATF 116 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">99).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans cette matière, comme en ce qui concerne la fixation de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine, un large pouvoir d'appréciation est laissé au juge de première</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instance. La Cour de cassation du Tribunal cantonal, à l'instar de celle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du Tribunal fédéral, n'intervient que si le pronostic de la juridiction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inférieure repose sur des considérations étrangères à la disposition ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pliquée ou qui apparaissent comme insoutenables (ATF 116 IV 281, 115 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">82, 101 IV 329; RJN 1991, p.65, 7 II 64, 1 II 28).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le juge doit mentionner dans son jugement les raisons qui l'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poussé à refuser le sursis (art.41 ch.2 al.2 CP et 226 CPP). Il doit faire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">état, dans un considérant topique, de tous les faits sur lesquels repose</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son pronostic, sans pouvoir se contenter d'un jugement de valeur exprimé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de façon générale (Schultz, Strafrecht, Allgemeiner Teil II, p.112;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Schwander, Das schweizerische Strafgesetzbuch, p.181 no 360). De façon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">générale, plus le pouvoir d'appréciation du juge est large, plus l'exposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des motifs doit être détaillé. Néanmoins, en aucun cas un arrêt ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être cassé uniquement parce qu'une autre motivation apparaîtrait préféra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble ou plus complète. Il ne saurait en effet être question d'annuler un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement dans le seul but d'en améliorer la motivation (ATF 116 IV 291-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">292). Encore faut-il que le résultat auquel le premier juge est parvenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit incompatible avec les circonstances qui résultent du dossier et du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement ou que les faits qui justifieraient le pronostic du premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soient invérifiables par la Cour de cassation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Une nouvelle infraction commise dans le même domaine qu'une pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédente infraction sanctionnée par une peine assortie du sursis - si elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne doit pas automatiquement exclure l'octroi d'un nouveau sursis - peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constituer à elle seule un motif de prévision défavorable (ATF 115 IV 82,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">105 IV 228, 101 IV 330). Il en va de même lorsque la nouvelle infraction,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bien que commise dans un domaine différent, révèle un défaut de caractère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">identique, tout particulièrement lorsque ce défaut porte sur le mépris de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la vie ou de l'intégrité corporelle d'autrui.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Comme l'a relevé la Cour de céans, un prévenu peut être digne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du sursis malgré ses dénégations (RJN 1994 p.96). En l'espèce, on peut se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demander si cette jurisprudence s'applique dans la mesure où le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accuse ceux qui l'ont reconnu d'être des menteurs (D.149). Le dossier ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vèle également que la police cantonale de Bâle-ville considère H. comme un hooligan, que l'accès au stade Saint-Jacques de Bâle lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est interdit pour une durée indéterminée (D.177) et qu'il ne conteste pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir eu plusieurs fois affaire à la police pour des cas semblables</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.149). Avec un certain cynisme, H. a répondu à ce sujet :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"Je n'ai jamais été condamné pour des cas similaires. En fait, ils n'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jamais rien pu prouver "(D.149).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le jugement attaqué n'examine certes pas si l'exécution de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine de trente jours d'emprisonnement prononcée le 17 février 1993 par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal de Bâle-Ville était de nature à provoquer l'amendement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">H. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La jurisprudence fédérale mentionnée dans l'arrêt de la Cour de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">céans que cite le recourant (RJN 1991 p.65) a été précisée par le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédéral le 19 juin 1990 dans un arrêt qui rappelle que l'exécution de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courtes peines privatives de liberté peut produire un effet de choc sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des personnes socialement intégrées qui n'ont jamais eu à exécuter des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peines privatives de liberté (ATF 116 IV 100). Le cas de H. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diffère de celui dont avait à juger le Tribunal fédéral dans la mesure où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il résulte du dossier, en particulier du rapport de renseignements géné-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raux établi par la police bâloise (D.176-177), des extraits des casiers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">judiciaires cantonaux et fédéraux ainsi que des déclarations de H. lui-même (D.148-149) que l'on ne se trouve pas en présence d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne socialement intégrée. Au surplus, le recourant a déjà subi une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine privative de liberté à la suite de la révocation, le 17 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993, du sursis dont était assortie une peine de dix jours d'empris-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">onnement prononcée le 15 avril 1992 par le président du Tribunal de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Bâle-Ville (D.348).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En présence de telles circonstances, le premier juge pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estimer qu'il n'avait pas à déclarer expressément que les conditions dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lesquelles ont doit s'attendre à un effet favorable de l'exécution d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine n'étaient pas réalisées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Enfin, il résulte du jugement et du dossier que le recourant a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commis des infractions qui dénotent toutes un manque d'égard envers l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tégrité corporelle, voire la vie d'autrui, que ce soit en qualité de con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ducteur d'un véhicule non-assuré, de complice d'une mise en danger par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ivresse au volant ou, dans la présente affaire, par l'administration de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">coups dont les effets auraient pu être très graves, notamment des coups de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pied à la tête de sa victime.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Il est regrettable que le premier juge n'ait pas repris, dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un considérant topique, tous les éléments résultant du dossier et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">débats et l'amenant à ne pas faire un pronostic favorable quant aux effets</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'octroi du sursis, mais il ne s'est toutefois pas fondé sur des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstances étrangères au dossier ou aux débats de telle sorte que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de cassation ne pourrait pas vérifier quelle importance il a attaché</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux circonstances des actes retenus ainsi qu'à la personnalité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'auteur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ces circonstances peuvent être déterminées en l'espèce et il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résulte de ce qui précède qu'en refusant l'octroi du sursis, le premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge n'est pas sorti du cadre de son pouvoir d'appréciation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur ce point également, le recours est mal fondé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Vu le sort de la cause, le recourant supportera les frais de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure de recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge de H. les frais de justice arrêtés à 550</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 12 mars 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>