Décision du 25 novembre 2019 Cour des plaintes Composition Les juges pénaux fédéraux Giorgio Bomio-Giovanascini, président, Roy Garré et Patrick Robert-Nicoud, la greffière Victoria Roth Parties A., représentée par Me Grégoire Mangeat, avocat, recourante contre 1. MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, 2. B., représenté par Me Olivier Wehrli, avocat, 3. C., représenté par Me Alec Reymond, avocat, 4. D., représenté par Me Romain Jordan, avocat, intimés Objet Disjonction de procédures (art. 30 CPP) Effet suspensif (art. 387 CPP) Défense d’office dans la procédure de recours (art. 132 al. 1 let. b CPP) B u n d e s s t r a f g e r i c h t T r i b u n a l p é n a l f é d é r a l T r i b u n a l e p e n a l e f e d e r a l e T r i b u n a l p e n a l f e d e r a l Numéro de dossier: BB.2019.140 Procédure s secondaire s: BP.2019.54 + BP.2019.90 - 2 - Faits: A. Le 5 juillet 2012, le Ministère public de la Confédération (ci -après: MPC) a, sur la base d’une communication MROS, ouvert une enquête à l’encontre de deux ressortissants ouzbeks, C. pour blanchiment d’argent (art. 305 bis CP) et E., pour faux dans les titr es (art. 251 CP ) et blanchiment d’argent (art. 305bis CP; procédure n° SV.12.0808, 01-00-0001). La procédure en question a par la suite été étendue à plusieurs autres citoyens ouzbeks, soit B. le 27 juillet 2012 pour faux dans les titres et blanchiment d’argent, A. le 16 septembre 2013 pour blanchiment d’argent et le 27 juin 2014 pour gestion déloyale (art. 158 CP), D. le 31 juillet 2012 pour complicité de blanchiment d’argent (art. 305 bis et 25 CP) et le 22 décembre 2016 pour blanchiment d’argent et faux dans les titres, F. le 4 avril 2014 pour blanchiment d’argent et le 22 décembre 2016 pour faux dans les titres et C. le 22 décembre 2016 pour faux dans les titres (dossier MPC, 01 -00-0003 ss). B. Le 24 avril 2018, B., ayant reconnu les faits déterminants et les charges for- mulées à son encontre, a demandé au MPC l’exécution d’une procédure simplifiée au sens des art. 385 ss CPP (dossier MPC, 16-05-0497). C. Par ordonnance pénale du 22 mai 2018, le MPC a reconnu E. coupable de faux dans les titres et blanchiment d’argent. Par ordonnance pénale du même jour, il a également reconnu F. coupable de faux dans les titres et blanchiment d’argent (dossier MPC, 03-02-0001 ss et 03-01-0001 ss). D. A., par l’intermédiaire de s on défenseur d’office, s’est opposée aux ordon- nances précitées dans ses oppositions du 4 ju in 2018 auprès du MPC . Le même jour, elle a formé un recours à l’encontre des ordonnances en ques- tion auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci -après: la Cour de céans), « en tant que ces dernières valent disjonction informelle de la procédure » (in décision de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral BB.2018.99 + BP.2018.47 du 31 juillet 2018). E. Le 27 juin 2018, le MPC a conclu à l’irrecevabilité des oppositions et a transmis le dossier à la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-après: CAP-TPF) pour qu’elle statue sur la question de la recevabilité des oppositions en question (art. 356 al. 2 CPP). - 3 - F. Par décision du 31 juillet 2018, la Cour de céans a rejeté le recours formé le 4 juin 2018 par A. concernant la disjonction des procédures (décision BB.2018.99 + BP.2018.47 précitée). G. La CAP-TPF, dans son ordonnance du 17 janvier 2019, a conclu que « L’op- position formée par A. à l’ordonnance pénale du 22 mai 2018 prononcée contre E., n’est pas valable ». La Cour de céans a, par décision du 26 juin 2019, rejeté le recours formé par A. le 11 février 2019 à l’encontre de cette ordonnance (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2019.26 du 26 juin 2019). H. Le MPC, constatant que les conditions objectives et subjectives d’une ordon- nance pénale étaient remplies, a rendu le 6 mars 2019 une ordonnanc e de disjonction à l’encontre de B. (dossier MPC, 03-03-0001 ss). I. Par décision du 3 avril 2019, la Cour de céans a récusé le Procureur fédéral G. dans le cadre de la procédure dirigée contre les six prévenus ouzbeks (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2018.195 du 3 avril 2019 ). Suite à cette décision, A. a déposé auprès du MPC, le 12 avril 2019, une requête tendant à l’annulation de certains actes de procédure instruits par le Procu- reur G., singulièrement l’ordonnance de disjonction du 6 mars 2019 à l’en- contre de B. (dossier MPC, 16-10-1070). J. Le 10 mai 2019, le MPC a rendu une décision retenant que la date à partir de laquelle la récusation du Procureur fédéral G. devait déployer ses effets est le 12 septembre 2018, et a partant annulé l’ordonnance de disjonction du 6 mars 2019 à l’encontre de B. (dossier MPC, 16-10-1104 ss). K. Le 21 juin 2019, le MPC a rendu une nouvelle ordonnance de disjonction de la procédure pénale ouverte contre B. (act. 1.1). L. Le 4 juillet 2019, A. recourt à l’encontre de l’ordonnance de disjonction pré- citée et conclut en substance à son annulation. (act. 1). M. Invité à répondre, le MPC a, par acte du 26 juillet 2019, conclu au rejet du recours, le tout sous suite de frais (act. 8). D. en a fait de même par écriture du 18 juillet 2019 (act. 6) alors que C. a indiqué qu’il s’en rapportait à justice (act. 3). Par écriture du 18 juillet 2019, B. a conclu au rejet du recours sous - 4 - suite de frais et dépens (act. 5). Appelée à ce faire, la recourante a répliqué par écriture du 12 août 2019 (act. 9), persistant intégralement dans ses con- clusions. Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris, si nécessaire, dans les considérants en droit. La Cour considère en droit: 1. 1.1 En tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein pou- voir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (v. MOREIL- LON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du Tribunal pénal fédéral en 2011, in Journal des Tribunaux 2012, p. 2 ss, p. 52 n°199 et les références citées). 1.2 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 de la loi sur l’organisation des autorités pénales [LOAP; RS 173.71]). Le recours contre les décisions noti- fiées par écrit ou oralement est motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP). Aux termes de l’art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erronée des faits (let. b) ou l’inoppor- tunité (let. c). 1.3 Dispose de la qualité pour recourir toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision (art. 382 al. 1 CPP). Une disjonction de procédure est susceptible, selon la jurisprudence du Tri- bunal fédéral, de causer un préjudice de nature juridique au prévenu qui in- voque le risque de jugements contradictoires, en particulier lorsque les co- prévenus dont les procédures ont été disjointes, s’accusent mutuellement dans leurs dépositions (arrêt du Tribunal fédéral 1B_187/2015 du 6 octobre 2015 consid. 1.5.3). Tel est le cas en l’espèce, si bien que la qualité pour recourir doit être rec onnue à A.. Déposé le 4 juillet 2019, le recours contre l’ordonnance du MPC du 21 juin 2019 est intervenu en temps utile. 1.4 Le recours est ainsi recevable. 2. La recourante reproche en substance au MPC de n’avoir pas respecté les - 5 - règles et principes applicables en matière de disjonction de procédures. Elle se plaint d’une violation du principe de l’unité de la procédure. Le MPC, estime pour sa part que des raisons objectives justifient la disjonction des procédures. 2.1 Selon l’art. 29 al. 1 CPP, les infractions sont poursuivies et jugées conjointe- ment dans les cas suivants: un prévenu a com mis plusieurs infractions (let. a) ou s’il y a plusieurs coauteurs ou participation (let. b). Si des raisons objectives le justifient, le ministère public et les tribunaux peuvent ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales (art. 30 CPP). L’art. 29 al. 1 CPP consacre le principe de l’unité de la procédure, qui consti- tue un principe fondamental du droit pénal et de la procédure pénale suisse (cf. art. 49 CP). Conformément à celui-ci, les infractions sont poursuivies et jugées conjointement en cas de coaction ou de participation (BARTETZKO, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2 ème éd. 2014, n° 6 ad art. 29; OBERHOLZER, Grundzüge des Strafprozessrechts , 3ème éd. 2012, n° 172, p. 66). Le principe de l’unité de la procédure tend à éviter des jugements contradictoires et il sert l’économie de la procédure (ATF 138 IV 29 consid. 3.2). Une disjonction de causes au sens de l’art. 30 CPP n’est possible que si des raisons objectives le justifient et elle doit rester l’excep- tion (ATF 138 IV 214 consid. 3.2). Comme exemples de cas d’application de l’exception de l’art. 30 CPP, la doctrine mentionne l’arrestation d’un coauteur lorsque les autres participants sont en voie d’être jugés, les difficultés liées à un grand nombre de coauteurs dont certains seraient introuvables, la mise en œuvre d’une longue procédure d’extradition ou le risque de prescription imminente de certaines infractions (BARTETZKO, op. cit, n° 3 ad art. 30; BER- TOSSA, in Commentaire romand, Code de pr océdure pénale suisse, 2011, n° 4 ad art. 30; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Code de procédure pénale, Petit commentaire, 2ème éd. 2016, n° 3 ad art. 30). La mise en œuvre d’une procédure simplifiée (art. 358 ss CPP) à l’égard d’un ou plusieurs co-pré- venus alors que la procédure ordinaire doit être suivie pour d’autres peut, selon les circonstances, également constituer une raison objective justifiant une disjonction (arrêt du Tribunal fédéral 1B_187 /2015 du 6 octobre 2015 consid. 2.8). En pareille hypothèse, la jurisprudence impose toutefois à l’autorité de poursuite de procéder à un examen d’ensemble de la situation. Ainsi, et particulièrement en cas de participations, lorsque les faits ne sont pas clairs, respectivement que les circonstances et la nature de celles-ci sont contestées de plusieurs côtés et qu’il y a un risque que l’un des participants veuille mettre la faute sur les autres, le principe de l’unité de l a procédure prévaudra (arrêt 1B_ 187/2015 précité, ibidem et les références citées, no- tamment l’ATF 116 Ia 305 consid. 4a). Une exception audit principe ne sau- rait en définitive se fonder sur de simples motifs de commodité ( BERTOSSA, - 6 - op. cit., n° 2 ad art. 30). 2.2 La recourante soulève , en se fondant sur l’arrêt du Tribunal fédéral 1B_187/2015, que d’une part, la procédure SV.12.0808 concerne plusieurs personnes et d’autre part, les infractions reprochées à B. et A. sont intrin- sèquement liées dans la mesure où les actes de blanchiment reprochés au premier dépendent des infractions préalables prétendument commises par cette dernière. Par ailleurs, la recourante estime que les unique s auditions des différents prévenus ont démontré l’incertitude totale régnant au sujet des crimes préalables au blanchiment d’argent poursuivi en Suisse mais égale- ment le fait que les prévenus se retranchai ent à l’évidence derrière A. Les faits n’étant pas clairement établis, les conditions d’une disjonc tion ne sont donc pas remplies (act. 1, p. 6 ss). 2.3 Le MPC estime être parvenu au terme de ses investigations s’agissant de l’activité déployée par B., et être en mesure de procéder par la voie d’une procédure simplifiée. Il considère également que la procédure simplifiée ré- pond aux principes de célérité et de proportionnalité étant donné que la pro- cédure est ouverte en Suisse depuis bientôt sept ans. Tel n’est en revanche pas le cas des investigations dirigées contre A.. Au sujet de cette dernière, le MPC i ndique devoir poursuiv re l’instruction, celle -ci étant d’ailleurs sus- ceptible de durer compte tenu notamment de l’a ttitude de la recourante (act. 8, p. 3). 2.4 Il ressort du dossier les faits qui suivent: La recourante, co-prévenue dans l’enquête diligentée par le MPC, fait l’objet depuis 2013 d’une procédure pour blanchiment d’argent et gestion déloyale. Le MPC soupçonne A. de participation à des opérations de blanchiment d’ar- gent effectuées, en tout cas à partir de 2009, en Suisse et pour une part prépondérante à l’étranger, notamment en utilisant la société H. LTD (act. 8, annexe 1). B., co-prévenu dans l’enquête diligenté par le MPC, a fait l’objet d’une pro- cédure pour des faits s’étendant sur une période allant de 2005 à 2012 de faux dans les titres (formulaire A) et des actes de blanchiment d’argent, en particulier par le biais de comptes bancaires sur lesquels il dispos ait d’un pouvoir de signature (act. 8 , p. 3). B. a reconnu les faits déterminants et charges formulés à son encontre au cours d’auditions menées par l’autorité d’instruction. Il a par ailleurs demandé à faire l’objet d’une procédure simpli- fiée en date du 24 avril 2018 (act. 1.1, p. 2). 2.5 N’en déplaise à la recourante, les faits de la cause, tels qu’ils ressortent du dossier soumis à l’autorité de céans, sont de nature à justifier la disjonction - 7 - des procédures ici entreprise. Le présent cas de figure se distingue en effet de la cause jugée par le Tribunal fédéral dans son arrêt 1B_187/2015 précité (v. supra consid. 2.1) sur lequel la recourante fonde l’essentiel de son argu- mentation. Dans cette affaire, le Tribunal fédéral a retenu que le Ministère public aurait d’abord du vérifier : «ob die Verfahrenstrennung in einem Fall wie hier, wo sich die Beschuldigten gegenseitig belasten, im Lichte der bun- desgerichtlichen Rechtsprechung überhaupt in Frage komm t. Verneinen- denfalls hätte sich die Frage des abgekürzten Ve rfarens erübrigt » (arrêt 1B_187/2015 du Tribun al fédéral du 6 octobre 2015 consid. 2.8). Or c’est précisément ce qu’a fait le MPC en l’espèce, à savoir examiner dans un pre- mier temps si la disjonction des procédures était possible. Par ailleurs, l’arrêt 1 B_187/2015 du 6 octobre 2015 portait sur une affaire d’homicide, dans laquelle il n’était pas établi de manière claire le rôle de chaque co-accusé. In casu, il est vrai que les autres préven us de la procé- dure SV.12.0808 ont dénoncé les agissements de A., et que celle-ci conteste les faits qui lui sont reprochés. Or, si cette constellation peut s’apparenter à celle où des co -prévenus s’accusent mutuellement, il n’en demeure pas moins que plusieurs auditions menées par le MPC avec les différents prota- gonistes de l’affaire, démontrent le rôle joué par B. Ce dernier, et les autres co-prévenus, bien qu’ayant coopéré avec le MPC dans l’optique d’une pos- sible remise de peine en Ouzbékistan, avancent la même version des faits, et seule la recourante s’y oppose. Par ailleurs, la documentation bancaire établit de manière claire l’implication de B. dans l’affaire et le mode opéra- toire mis en place pour faire bénéficier A. d’avantages financiers. Les faits le concernant sont donc distinctement établis par le MPC et re connus par B., ce qui distingue cette procédure de celle à l’origine de l’arrêt 1B_187/2015 du Tribunal fédéral du 6 octobre 2015. Les conditions objectives et subjectives d’une ordonnance pénale, au sens des art. 352 ss CPP, paraissent donc réunies de sorte qu’une disjonction à l’encontre de B. se justifie. 2.6 En définitive, l’argumentation tirée de l’arrêt du Tribunal fédéral 1B_187/2015 précité se révèle en l’espèce mal fondée. Les motifs avancés par le MPC pour prononcer la disjonction ici contestée ap paraissent, d’une part, perti- nents pour les raisons qui précèdent, et d’autre part, la mise en œuvre d’une procédure simplifiée à l’égard de B. devant permettre, comme l’a rappelé le MPC, de garantir au mieux le respect du principe de la célérité à son égard. 2.7 Le grief relatif à la violation du principe de l’unité de la procédure doit partant être rejeté. - 8 - 3. La recourante soutient en outre que l’ordonnance de disjonction contestée consacrerait une violation de son droit d’être entendue et une inégalité de traitement vis-à-vis des autres co-prévenus (act. 1, p. 8 ss). 3.1 Dès lors que la recourante a déjà développé ce grief dans son recours du 11 février 2019 relatif à la validité de l’ordonnance pénale prononcée à l’en- contre de E., et qu’elle l’invoque pour les mêmes raisons dans ce recours et en se référant à la même jurisprudence, il est renv oyé à la décision du Tri- bunal pénal fédéral BB.2019.26 du 26 juin 2019 consid. 2.2 où la Cour de céans a répondu de manière circonstanciée à cet argument, et l’a rejeté. 4. La recourante estime enfin que les conditions nécessaires pour rendre une ordonnance pénale ne sont pas réunies (act. 1, p. 11 s). 4.1 Le MPC, dans son écriture du 26 juin 2019, justifie l’ordonnance de disjonc- tion par le fait que les investigations concernant B. sont terminées et que par ailleurs les conditions objectives et subjectives d’une ordonnance pénale, au sens des art. 352 ss CPP, sont réunies (act. 8, p. 3). 4.2 Il convient de relever que le présent recours n’est pas la voie de droit adé- quate pour contester la validité d’une ordonnance pénale qui n’a pour l’heure pas été prononcée par le MPC. Ce grief est ainsi irrecevable. 5. Au vu de ce qui précède le recours, mal fondé, doit être rejeté. 6. Selon l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé. Le montant de l’émolument est calculé en fonction de l’ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). La re- courante supportera un émolument qui en application de l’art. 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162) sera fixé à CHF 2'000.--. Dans son mémoire, la recourante a conclu qu’il soit renoncé à la perception de la totalité de l’avance de frais, mais n’a cependant pas requis d’être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire. Les frais seront ainsi mis à sa charge. - 9 - 7. 7.1 La partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les dépenses occasionnées par l’exercice raisonnable de ses droits de procédure (art. 436 al. 1 en lien avec l’art. 429 al. 1 let. a CPP). Selon l’art. 12 al. 2 RFPPF, les honoraires sont fixés en fonction du temps effectivement consacré à la cause et nécessaire à la défense de la partie représentée, le tarif horaire s’élevant à CHF 200.-- au minimum et à CHF 300.-- au maximum, étant précisé qu’en règle générale le tarif appliqué par la Cour de céans est de CHF 230. -- par heure (décision du Tribunal pénal fédéral BH.2012.3 du 6 mars 2012 consid. 10.1 et la référence citée). 7.2 Le décompte des opérations effectuées par Me Wehrli, défenseur d’office de B., fait état de 2 h 35 au tarif horaire de CHF 230. --. Les heures alléguées paraissent justifiées, et seront partant entièrement indemnisées. De ce fait, une indemnité à titre de dépens d’un montant de CHF 594.15 (soit CHF 594.15 correspondant à 2 h 35 au tarif horaire de CHF 230. --, TVA exclue dès lors que selon l’art. 8 al. 1 LTVA [RS 641.20], les prestations d’un avocat dont le client est domicilié à l’étranger ne sont pas soumises à la TVA) est alloué à B., et sera mise à la charge de la recourante. 8. La demande d’effet suspensif est sans objet. - 10 - Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 1. Le recours est rejeté. 2. Un émolument de CHF 2'000.-- est mis à la charge de la recourante. 3. La demande d’effet suspensif est sans objet. 4. Une indemnité de CHF 594.15, à la charge de la recourante, est allouée à B. Bellinzone, le 26 novembre 2019 Au nom de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral Le président: La greffière: Distribution - Me Grégoire Mangeat - Ministère public de la Confédération - Me Olivier Wehrli - Me Alec Reymond - Me Romain Jordan Indication des voies de recours Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.