<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText">A. Dès le 1er août 1995, C. a été engagée par R. , qui exploite</p> <p class="MsoPlainText">l'établissement public à l'enseigne du Pub X. à Colombier, en qualité de</p> <p class="MsoPlainText">serveuse à temps partiel, pour un salaire horaire de 17 francs bruts. En</p> <p class="MsoPlainText">moyenne jusqu'à la fin de l'année, elle a travaillé environ 25 heures par</p> <p class="MsoPlainText">semaine et réalisé un salaire mensuel brut de 1'748.85 francs.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Le 21 décembre 1995, l'employée a demandé à être autorisée à</p> <p class="MsoPlainText">prendre une période de vacances, qui lui a été accordée à compter du 26</p> <p class="MsoPlainText">décembre 1995. Le 8 janvier 1996 à 18 heures, elle s'est présentée pour</p> <p class="MsoPlainText">reprendre son travail. L'employeur l'a renvoyée chez elle en l'invitant à</p> <p class="MsoPlainText">revenir le lendemain à la même heure. Le 9 janvier à 18 heures, R. a</p> <p class="MsoPlainText">signifié à C. son renvoi avec effet immédiat, lui reprochant de ne pas</p> <p class="MsoPlainText">avoir repris le travail comme convenu le 3 janvier</p> <p class="MsoPlainText">1996 déjà et d'avoir de ce fait abandonné abruptement son emploi. Les</p> <p class="MsoPlainText">protestations de l'employée sont restées vaines.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">B. Le 16 janvier 1996, C. a ouvert action à l'encontre de R.</p> <p class="MsoPlainText">devant le Tribunal des prud'hommes du district de Boudry. Après réforme,</p> <p class="MsoPlainText">elle a conclu au paiement de 4'955.10 francs nets à titre de solde de</p> <p class="MsoPlainText">salaire jusqu'à fin février 1996, part au treizième salaire et indemnités</p> <p class="MsoPlainText">de vacances comprises, ainsi qu'à 10'222 francs nets d'indemnité au sens</p> <p class="MsoPlainText">de l'article 337c al.3 CO, le tout portant intérêts à 5 % dès le 9 janvier</p> <p class="MsoPlainText">1996. Dans sa réponse écrite du 20 mai 1996, la défenderesse a conclu au</p> <p class="MsoPlainText">rejet de la demande, prétendant en particulier avoir droit à 364 francs,</p> <p class="MsoPlainText">représentant un quart du salaire de la demanderesse, suite à son abandon</p> <p class="MsoPlainText">de poste, et invoquant ce montant en compensation du solde de l'indemnité</p> <p class="MsoPlainText">pour vacances à laquelle C. pouvait prétendre.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">C. Par jugement du 22 novembre 1996, le Tribunal des prud'hommes du</p> <p class="MsoPlainText">district de Boudry a condamné R. à payer à C. 4'892.20 francs bruts et</p> <p class="MsoPlainText">3'556 francs nets, avec intérêts à 5 % dès le 16 janvier 1996 sur 4'522</p> <p class="MsoPlainText">francs bruts et dès le 22 avril 1996 sur le solde. Considérant que,</p> <p class="MsoPlainText">contrairement à ce que soutenait la défenderesse, les rapports de travail</p> <p class="MsoPlainText">étaient soumis à la convention collective nationale de travail pour les</p> <p class="MsoPlainText">hôtels, restaurants et cafés (CCNT, en vigueur jusqu'au mois de juin</p> <p class="MsoPlainText">1996), les premiers juges ont retenu que c'était à la suite d'un</p> <p class="MsoPlainText">malentendu que la demanderesse s'était présentée pour reprendre son</p> <p class="MsoPlainText">travail le 8 janvier 1996 seulement alors que la défenderesse l'attendait</p> <p class="MsoPlainText">le 3 janvier 1996 déjà, chaque partie étant de bonne foi convaincue</p> <p class="MsoPlainText">d'avoir raison. Dans ces conditions, l'absence de la demanderesse le 3</p> <p class="MsoPlainText">janvier n'était pas constitutive d'un abandon de travail et c'est bien la</p> <p class="MsoPlainText">défenderesse qui a pris l'initiative de rompre avec effet immédiat le</p> <p class="MsoPlainText">contrat, le 8 ou le 9 janvier, sans qu'un juste motif d'agir ainsi ne soit</p> <p class="MsoPlainText">réalisé. La demanderesse a en conséquence droit au salaire qu'elle aurait</p> <p class="MsoPlainText">réalisé du 8 janvier à fin février 1996, échéance du délai ordinaire de</p> <p class="MsoPlainText">congé, ainsi qu'à une indemnité pour vacances et à sa part de treizième</p> <p class="MsoPlainText">salaire, le tout représentant 4'892.20 francs bruts. En outre, la</p> <p class="MsoPlainText">demanderesse peut prétendre au versement d'une indemnité au sens de</p> <p class="MsoPlainText">l'article 337c al.3 CO, qu'il se justifie, au vu des circonstances, de</p> <p class="MsoPlainText">fixer à l'équivalent de 2 mois de salaire, toutes indemnités comprises,</p> <p class="MsoPlainText">soit 3'556 francs nets.</p> <p class="MsoPlainText">D. R. recourt contre ce jugement, dont elle demande la cassation</p> <p class="MsoPlainText">avec ou sans renvoi. Elle fait valoir qu'au vu de l'administration des</p> <p class="MsoPlainText">preuves, notamment des nombreux témoins qu'ils ont entendus, c'est</p> <p class="MsoPlainText">arbitrairement que les premiers juges ont conclu à l'existence d'un</p> <p class="MsoPlainText">malentendu relatif à la date de reprise du travail par la demanderesse à</p> <p class="MsoPlainText">son retour de vacances. En réalité, l'instruction de la cause a établi que</p> <p class="MsoPlainText">C. s'est volontairement et délibérément octroyé une semaine de vacances</p> <p class="MsoPlainText">supplémentaire, en sorte que son absence le 3 janvier 1996 constitue bel</p> <p class="MsoPlainText">et bien un abandon abrupt d'emploi. A cela s'ajoute qu'après son renvoi,</p> <p class="MsoPlainText">elle a tardé à rechercher un nouvel emploi, ne s'inscrivant qu'au mois de</p> <p class="MsoPlainText">février 1996 auprès de l'assurance chômage. Les premiers juges ont en</p> <p class="MsoPlainText">conséquence faussement appliqué l'article 337c al.2 CO en lui</p> <p class="MsoPlainText">reconnaissant un droit au salaire jusqu'à fin février 1996, de même qu'ils</p> <p class="MsoPlainText">ont abusé de leur pouvoir d'appréciation en lui allouant deux mois de</p> <p class="MsoPlainText">salaires à titre d'indemnité (au sens de l'article 337c al.3 CO), laquelle</p> <p class="MsoPlainText">n'est justifiée ni dans son principe ni dans son montant.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">E. Le président du tribunal conclut au rejet du recours sans</p> <p class="MsoPlainText">formuler d'observations. L'intimée conclut de son côté à son irreceva-</p> <p class="MsoPlainText">bilité, l'un des moyens soulevés étant nouveau et les autres relevant de</p> <p class="MsoPlainText">l'appel, non pas d'un recours en cassation.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> C O N S I D E R A N T</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est à cet</p> <p class="MsoPlainText">égard recevable. </p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">2. A juste titre, la recourante ne remet pas en cause le fait que</p> <p class="MsoPlainText">le présent litige est soumis à la CCNT, applicable en raison de l'arrêté</p> <p class="MsoPlainText">d'extension du Conseil fédéral dont elle a fait l'objet. Selon l'ar-</p> <p class="MsoPlainText">ticle 14 CCNT, comparable à l'article 337 CO, l'employeur et le</p> <p class="MsoPlainText">travailleur peuvent résilier immédiatement un contrat de travail pour de</p> <p class="MsoPlainText">justes motifs. Sont considérés comme tels les faits propres à ruiner la</p> <p class="MsoPlainText">confiance qui est la base essentielle du rapport de travail, ou à</p> <p class="MsoPlainText">l'ébranler à tel point qu'on ne saurait exiger de l'employeur la</p> <p class="MsoPlainText">continuation de celui-ci (ATF 121 III 472, 116 II 145 cons.6a). Seul un</p> <p class="MsoPlainText">manquement particulièrement grave, qui suppose que le travailleur a violé</p> <p class="MsoPlainText">soit l'une de ses obligations au travail, soit son devoir de fidélité (ATF</p> <p class="MsoPlainText">117 II 72 cons.3), justifie son licenciement immédiat. Si le manquement</p> <p class="MsoPlainText">est moins grave, il ne peut entraîner une résiliation immédiate que s'il a</p> <p class="MsoPlainText">été répété malgré un avertissement (ATF 121 précité et références). Les</p> <p class="MsoPlainText">justes motifs ne peuvent ainsi être définis une fois pour toute, mais</p> <p class="MsoPlainText">dépendent de l'ensemble des circonstances de chaque cas particulier. Le</p> <p class="MsoPlainText">juge les apprécie librement (art.337 al.3 CO), conformément aux règles du</p> <p class="MsoPlainText">droit et de l'équité (art.4 CC; ATF 116 II 149 cons.6a). La Cour de</p> <p class="MsoPlainText">cassation civile, qui n'est pas une cour d'appel, ne revoit en conséquence</p> <p class="MsoPlainText">qu'avec retenue l'appréciation des juges prud'hommes (RJN 1983, p.84).</p> <p class="MsoPlainText">Elle est en outre liée par les constatations de faits des tribunaux de</p> <p class="MsoPlainText">prud'hommes, sous réserve de l'arbitraire, soit lorsque les premiers juges</p> <p class="MsoPlainText">ont dépassé les limites de leur large pouvoir d'appréciation des preuves</p> <p class="MsoPlainText">(art.343 al.4 CO, 224 CPC), par exemple en admettant un fait dénué de</p> <p class="MsoPlainText">toute preuve ou en rejetant un fait indubitablement établi (RJN 1983,</p> <p class="MsoPlainText">p.67).</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">3. En l'espèce, il convient tout d'abord, comme l'ont fait les</p> <p class="MsoPlainText">premiers juges, de déterminer qui, de l'employeur ou du travailleur, a</p> <p class="MsoPlainText">pris l'initiative de mettre fin avec effet immédiat aux rapports de</p> <p class="MsoPlainText">travail, les positions respectives des parties avant l'introduction de la</p> <p class="MsoPlainText">demande comme en procédure permettant d'exclure l'éventualité d'un congé</p> <p class="MsoPlainText">hors délai de résiliation ordinaire intervenu d'un commun accord.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> a) Prenant en compte l'ensemble des moyens de preuve et des</p> <p class="MsoPlainText">témoignages qu'ils avaient pu recueillir, les juges prud'hommes ont relevé</p> <p class="MsoPlainText">que la plupart des témoins n'avaient pas assisté personnellement aux</p> <p class="MsoPlainText">discussions des parties au sujet des vacances de l'intimée. Ceux-ci ne</p> <p class="MsoPlainText">pouvaient donc s'exprimer sur le contenu de ces discussions, mais uni-</p> <p class="MsoPlainText">quement sur le comportement de chacune des parties, tel qu'ils avaient pu</p> <p class="MsoPlainText">l'observer après les discussions comme durant la période de congé de</p> <p class="MsoPlainText">l'intimée. Le seul témoin qui a assisté à la discussion du 21 décembre</p> <p class="MsoPlainText">1995, A. entendue à la demande de la recourante, a fourni des indications</p> <p class="MsoPlainText">contradictoires : d'une part, l'intimée aurait demandé et obtenu quinze</p> <p class="MsoPlainText">jours de vacances, qui devaient débuter le vendredi 22 décembre (l'intimée</p> <p class="MsoPlainText">ayant encore travaillé ce jour-là selon le dossier); d'autre part, elle</p> <p class="MsoPlainText">aurait eu une semaine de retard lorsqu'elle s'est présentée pour reprendre</p> <p class="MsoPlainText">son travail, le 8 janvier. Dès lors qu'il ne résulte clairement d'aucun de</p> <p class="MsoPlainText">ces moyens de preuve que les parties étaient convenues, le 21 décembre,</p> <p class="MsoPlainText">que l'intimée devait reprendre le travail le 3 janvier déjà après une</p> <p class="MsoPlainText">période de vacances commençant le 23 décembre au plus tôt (on notera à cet</p> <p class="MsoPlainText">égard que le témoin S. , mari de la recourante, a lui aussi parlé de</p> <p class="MsoPlainText">quinze jours de vacances), on ne saurait qualifier d'arbitraire, comme</p> <p class="MsoPlainText">prétend le faire la recourante, la conclusion des premiers juges d'après</p> <p class="MsoPlainText">laquelle un malentendu est intervenu, chaque partie étant de bonne foi</p> <p class="MsoPlainText">convaincue d'un terme différent pour les vacances de l'intimée, celle-ci</p> <p class="MsoPlainText">le situant le 8 janvier seulement et la recourante le 3 janvier déjà. Le</p> <p class="MsoPlainText">moyen de la recourante, essentiellement fondé sur le nombre élevé de</p> <p class="MsoPlainText">témoins qui auraient constaté le dépit de la recourante placée devant</p> <p class="MsoPlainText">l'absence de l'intimée le 3 janvier, date supposée de son retour, tombe</p> <p class="MsoPlainText">ainsi à faux, la recourante ne faisant au surplus nullement la</p> <p class="MsoPlainText">démonstration que les premiers juges auraient écarté un fait</p> <p class="MsoPlainText">indubitablement prouvé ou retenu un fait dénué de toute preuve.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> b) L'intimée étant de bonne foi convaincue qu'elle avait obtenu</p> <p class="MsoPlainText">des vacances jusqu'au 8 janvier 1996 - terme que l'instruction de la cause</p> <p class="MsoPlainText">n'a permis ni d'infirmer ni de confirmer - ne pouvait manifester, par son</p> <p class="MsoPlainText">absence au travail le 3 janvier et les jours suivants, une quelconque</p> <p class="MsoPlainText">volonté de quitter son emploi abruptement. Les premiers juges ont en outre</p> <p class="MsoPlainText">retenu, sans être contredits sur ce point, que, lorsqu'elle s'est pré-</p> <p class="MsoPlainText">sentée chez son employeur le 8 janvier à 18 heures, l'intimée avait</p> <p class="MsoPlainText">l'intention de travailler. C'est alors la recourante qui ne le lui a pas</p> <p class="MsoPlainText">permis, la renvoyant chez elle en la priant de revenir le lendemain à la</p> <p class="MsoPlainText">même heure, moment où elle s'est vue licenciée sans délai. Dans ces condi-</p> <p class="MsoPlainText">tions, force est d'en conclure, avec les premiers juges, que c'est la</p> <p class="MsoPlainText">recourante qui a résilié avec effet immédiat le contrat sans que, pour les</p> <p class="MsoPlainText">raisons discutées plus haut, l'intimée ne lui ait fourni un juste motif</p> <p class="MsoPlainText">d'agir de la sorte. En particulier, comme le souligne avec pertinence le</p> <p class="MsoPlainText">jugement attaqué, l'absence de quelques jours de l'intimée, intervenue à</p> <p class="MsoPlainText">la suite d'un quiproquo et sans qu'un précédent n'ait donné lieu à un</p> <p class="MsoPlainText">quelconque avertissement, n'était pas propre à ruiner de façon irrémé-</p> <p class="MsoPlainText">diable la confiance de la recourante à l'égard de son employée, au point</p> <p class="MsoPlainText">qu'on ne pouvait exiger de la première la continuation des rapports de</p> <p class="MsoPlainText">travail, à tout le moins jusqu'à l'échéance du délai ordinaire de</p> <p class="MsoPlainText">résiliation.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">4. a) En vertu de l'article 17 al.1 CCNT (qui reprend l'article</p> <p class="MsoPlainText">337c, alinéa 1 CO), effectivement applicable au vu de ce qui précède,</p> <p class="MsoPlainText">l'intimée avait droit à ce qu'elle aurait gagné si elle avait été</p> <p class="MsoPlainText">licenciée dans le respect du délai ordinaire de congé, soit à son salaire</p> <p class="MsoPlainText">jusqu'à fin février 1996, ainsi qu'à une indemnité pour vacances calculée</p> <p class="MsoPlainText">conformément aux articles 70, 73 et 74 CCNT. En revanche, n'ayant pas</p> <p class="MsoPlainText">accompli une année entière au service de la recourante, l'intimée ne</p> <p class="MsoPlainText">pouvait prétendre à une part de treizième salaire, celui-ci n'étant dû</p> <p class="MsoPlainText">prorata temporis qu'à partir de la deuxième année de service (v.art.34</p> <p class="MsoPlainText">al.2 CCNT). La recourante, qui ne remet pas en cause les calculs des</p> <p class="MsoPlainText">premiers juges en tant que tels, ne soulève pas le moyen, qui n'a ainsi</p> <p class="MsoPlainText">pas à être pris en compte d'office par la Cour de céans (RJN 1988, p.39).</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> b) Le moyen tiré d'une fausse application de l'article 17 al.2</p> <p class="MsoPlainText">CCNT (équivalent à l'art.337c al.2 CO) apparaît, quant à lui, nouveau,</p> <p class="MsoPlainText">partant irrecevable (RJN 1988 précité). La défenderesse et recourante, qui</p> <p class="MsoPlainText">a pris la peine de répondre par écrit à la demande, n'en a pas dit un mot</p> <p class="MsoPlainText">à cette occasion, ce que le jugement entrepris confirme et qui s'explique</p> <p class="MsoPlainText">aisément par le fait que, considérant qu'un juste motif de résiliation</p> <p class="MsoPlainText">immédiate était réalisé, elle n'a pas envisagé, serait-ce à titre subsi-</p> <p class="MsoPlainText">diaire, l'application des articles 17 CCNT et 337c CO.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Au demeurant, le moyen est mal fondé. La recourante se contente</p> <p class="MsoPlainText">en effet d'affirmer, sans en fournir la moindre preuve ni le plus petit</p> <p class="MsoPlainText">indice, que si l'intimée s'était inscrite au chômage dès le 10 janvier</p> <p class="MsoPlainText">1996, elle aurait retrouvé du travail avant le 1er mars 1996. Or, rien</p> <p class="MsoPlainText">n'est moins sûr puisque, dûment enregistrée auprès de l'assurance chômage</p> <p class="MsoPlainText">dès le mois de février 1996, l'intimée était toujours sans travail en mai</p> <p class="MsoPlainText">1996, soit quatre mois plus tard. On ne saurait dès lors prétendre, comme</p> <p class="MsoPlainText">le fait la recourante, que le retard de l'intimée à s'inscrire au chômage,</p> <p class="MsoPlainText">qui trouve d'ailleurs son explication dans les problèmes de santé sérieux</p> <p class="MsoPlainText">rencontrés par son fils à la même époque, équivaudrait à une renonciation</p> <p class="MsoPlainText">volontaire à un autre salaire, l'existence d'un tel salaire éventuel étant</p> <p class="MsoPlainText">par trop hypothétique (étant encore précisé que le non-versement d'indem-</p> <p class="MsoPlainText">nités de chômage en janvier ne saurait lui non plus être imputé sur le</p> <p class="MsoPlainText">salaire dû par la recourante, tant il est vrai que les premières ont un</p> <p class="MsoPlainText">caractère éminemment subsidiaire par rapport au deuxième).</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">5. En vertu de l'article 17 alinéa 3 CCNT (identique à l'ar-</p> <p class="MsoPlainText">ticle 337c al.3 CO), le juge peut condamner l'employeur, qui a résilié le</p> <p class="MsoPlainText">contrat immédiatement alors qu'il n'avait pas de justes motifs pour le</p> <p class="MsoPlainText">faire, à verser au travailleur une indemnité dont il fixe librement le</p> <p class="MsoPlainText">montant, compte tenu de toutes les circonstances, et qui peut aller au</p> <p class="MsoPlainText">maximum jusqu'à six mois de salaire. Cette indemnité, qui a à la fois un</p> <p class="MsoPlainText">caractère punitif et de réparation morale, doit en conséquence tenir</p> <p class="MsoPlainText">compte de la gravité de la faute de l'employeur d'une part, être propor-</p> <p class="MsoPlainText">tionnée à la mesure de l'atteinte que constitue pour le travailleur son</p> <p class="MsoPlainText">renvoi immédiat d'autre part (ATF 121 III 68, 119 II 157 cons.2b in fine,</p> <p class="MsoPlainText">JT 1994 I p.297). L'indemnité est en principe due pour tout congé immédiat</p> <p class="MsoPlainText">injustifié; des exceptions sont possibles de cas en cas, mais elles</p> <p class="MsoPlainText">supposent à tout le moins des circonstances qui excluent un comportement</p> <p class="MsoPlainText">fautif de l'employeur ou qui ne lui sont pas imputables pour d'autres</p> <p class="MsoPlainText">motifs (ATF 116 II 300 cons.5a in fine, JT 1991 I 319). Peut en outre</p> <p class="MsoPlainText">constituer un motif de réduction, voire de suppression de l'indemnité la</p> <p class="MsoPlainText">faute concomitante du travailleur (ATF 120 II 248, 119 II 157 cons.2c in</p> <p class="MsoPlainText">fine, JT 1994 I 298). A l'instar du Tribunal fédéral (ATF 119 II 157</p> <p class="MsoPlainText">cons.2a in fine, JT 1994 I 296), la Cour de cassation civile ne substitue</p> <p class="MsoPlainText">pas sa propre appréciation à celle des juges prud'hommes, qu'elle ne</p> <p class="MsoPlainText">revoit qu'avec réserve lorsque celle-ci fait appel à des considérations</p> <p class="MsoPlainText">d'équité (RJN 1983, p.84). Une intervention ne se justifie que si, pour</p> <p class="MsoPlainText">fixer l'indemnité, les premiers juges ont tenu compte de critères que</p> <p class="MsoPlainText">doctrine et jurisprudence considèrent comme dénués de pertinence, ou s'ils</p> <p class="MsoPlainText">ont à l'inverse ignoré des circonstances qui auraient absolument dû être</p> <p class="MsoPlainText">prises en considération.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> En l'espèce, les premiers juges ont considéré que la recourante</p> <p class="MsoPlainText">avait commis une faute en licenciant immédiatement l'intimée sans avoir</p> <p class="MsoPlainText">préalablement pris contact avec elle ni lui avoir fourni l'occasion de</p> <p class="MsoPlainText">s'expliquer, cela alors même que R. était parvenue sans difficulté</p> <p class="MsoPlainText">particulière à pallier les quelques heures d'absence de son employée.</p> <p class="MsoPlainText">Cette appréciation, que la recourante ne met nullement en cause, échappe à</p> <p class="MsoPlainText">toute critique et ouvre à l'intimée le droit de percevoir une indemnité.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> L'indemnité allouée, correspondant à deux mois de salaire,</p> <p class="MsoPlainText">résulte d'une appréciation soutenable, au vu de l'ensemble des</p> <p class="MsoPlainText">circonstances. Selon le jugement de première instance, qui n'est pas</p> <p class="MsoPlainText">contredit sur ce point, l'intimée avait toujours donné satisfaction à son</p> <p class="MsoPlainText">employeur et ne s'était, jusqu'au début du mois de janvier 1996, jamais</p> <p class="MsoPlainText">rendue coupable du moindre manquement. Son licenciement abrupt, même</p> <p class="MsoPlainText">survenu après quelques mois d'activité seulement, n'a pu dès lors qu'être</p> <p class="MsoPlainText">durement ressenti, d'autant plus qu'il était de nature à donner à</p> <p class="MsoPlainText">l'intimée une réputation négative sur le marché du travail (ATF 116 II 300</p> <p class="MsoPlainText">cons.6, JT 1991 I 319) et que son absence de quelques jours au travail ne</p> <p class="MsoPlainText">lui était - contrairement à ce qu'a supposé la recourante sans même lui</p> <p class="MsoPlainText">donner la possibilité de s'expliquer - pas imputable à faute. A l'inverse,</p> <p class="MsoPlainText">la faute de la recourante, qui connaissait - elle ne soutient pas le</p> <p class="MsoPlainText">contraire - la situation difficile de l'intimée tant sur le plan personnel</p> <p class="MsoPlainText">(elle est mère d'un enfant lourdement atteint dans sa santé) qu'écono-</p> <p class="MsoPlainText">mique, apparaît d'autant plus lourde.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">6. Il résulte de ce qui précède qu'entièrement mal fondé, pour</p> <p class="MsoPlainText">autant que recevable, le recours doit être rejeté. La procédure est</p> <p class="MsoPlainText">gratuite (art.24 LJPH). En revanche, la recourante, qui succombe, devra</p> <p class="MsoPlainText">verser une indemnité de dépens à l'intimée (art.25 LJPH).</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Par ces motifs,</p> <p class="MsoPlainText"> LA COUR DE CASSATION CIVILE</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">1. Rejette le recours, mal fondé en tant que recevable.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">2. Statue sans frais.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">3. Condamne la recourante à verser 300 francs de dépens à l'intimée.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">Neuchâtel, le 12 mai 1997</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> AU NOM DE LA COUR DE CASSATION CIVILE</p> <p class="MsoPlainText"> Le greffier L'un des juges</p> <p class="MsoPlainText"> </p> </div></body></html>