2001-1276 5423 01.044 Message relatif à la loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique (SCSél) du 3 juillet 2001 Monsieur le Président, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, Nous avons l’honneur de vous soumettre, par le présent message, un projet de loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique (SCSél) et vous proposons de l’adopter. Par la même occasion, nous vous recommandons de classer les interventions parle- mentaires suivantes: 1994 P 94.3115 Valeur légale des signatures électroniques. Modification de l’art. 14 CO (N 7.10.1994, Spoerry) 1999 P 99.3288 Signature électronique (E 28.9.1999, Leumann) Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Madame la Présidente, Mesda- mes et Messieurs, l’assurance de notre haute considération. 3 juillet 2001 Au nom du Conseil fédéral suisse: Le président de la Confédération, Moritz Leuenberger La chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz5424 Condensé L’ordonnance du 12 avril 2000 sur les services de certification électronique (or- donnance sur les services de certification, OSCert; RS 784.103) est entrée en vi- gueur le 1 er mai 2000. Lors de son adoption, le Conseil fédéral a annoncé qu’il soumettrait prochainement au Parlement un projet de loi prévoyant la reconnais- sance de la signature électronique (numérique) dans les relations de droit privé en particulier. C’est ce que réalise la loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique, qui remplace l’ordonnance sur les services de certification (conçue comme une ordonnance expérimentale limitée dans le temps; art. 21, al. 2, OSCert). Le droit suisse des contrats est fondé sur le principe de la liberté contractuelle. Celle-ci trouve son expression notamment dans la liberté de la forme (art. 11, al. 1, CO). En règle générale, un contrat peut donc être conclu oralement ou par voie électronique, par exemple par courrier électronique ou par une ré ponse à une offre en ligne faite sur un réseau de transmission de données comme Internet. Par contre, les contrats soumis à une exigence de forme – ce qui est excepti onnel en droit suisse – ne peuvent pas être conclus par la voie électronique, étant donné qu’ils doivent être signés à la main (art. 14, al. 1, CO). Cette situation va changer grâce à une nouvelle disposition du code des obligations (art. 14, al. 2 bis, P-CO), en vertu de laquelle tous les contrats devant être passés en la forme écrite pourront également être conclus par la voie électronique. A cet effet, ils devront être signés par le débi- teur au moyen d’une signature électronique qualifiée. En proposant l’équivalence entre les signatures électronique qualifiée et manuscrite, le Conseil fédéral donne suite aux motions Spoerry (94.3115), Valeur légale des signatures électroniques. Modification de l’art. 14 CO (BO 1994 N 1883), et Leumann (99.3288), Signature électronique (BO 1999 E 819 s.), transmises comme postulats. La loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique reprend pour l’essentiel l’ordonnance sur les services de certification à l’exception de la question de la res ponsabilité. L’ordonnance sur les services de certification ne pouvait régler la responsabilité différemment du code des obliga- tions. L’adoption d’une loi fédérale le permet. Par conséquent, la loi fédérale sur la signature électronique prévoit que le titulaire d’une clé de signature doit réparer dans certains cas les conséquences d’un usage abusif de cette signature (art. 59 a P- CO). De même, le fournisseur de services de certification répond des qualités exi- gées par la loi pour sa prestation de service (art. 16). La loi fédérale sur les servi- ces de certification dans le domaine de la signature électronique instaure ainsi les conditions optimales propres à garantir la sécurité des actes juridiques effectués par voie électronique.5425 Le projet traite essentiellement de l ’utilisation de la signature électronique dans les relations entre particuliers. S’agissant de la communication électronique avec les au- torités (cyberadministration), il se limite à régler la simple transmission électronique de données, notamment pour la communication a vec le registre du commerce (art. 929a P-CO). Les autres questions, comme par exemple l’acceptation du dépôt d’un mémoire ou de la notification d ’une d écision par voie électronique, seront r églées dans d’autres lois.5426 Message 1 Partie générale 1.1 Contexte Le 12 avril 2000, le Conseil f édéral a adopt é l ’ordonnance sur les services de certification électronique (ordonnance sur les services de certification, OSCert; RS 784.103). Selon l ’art. 1, al. 2, cette ordonnance vise à promouvoir la fourniture de services de certification s ûrs à un large public, à encourager l’utilisation et la re- connaissance juridique des signatures num ériques et à permettre la reconnaissance internationale des fournisseurs de services de certification et de leurs prestations. Le Conseil fédéral a toujours été conscient du fait que les buts mentionn és à l’art. 1, al. 2, OSCert ne peuvent être atteints par la seule reconnaissance facultative des fournisseurs de services de certification. Il est également nécessaire que le service fourni, à savoir la signature électronique, soit reconnu dans les relations de droit privé. Le Conseil fédéral a de ce fait annoncé, lors de l’adoption de l’ordonnance sur les services de certification, la préparation immédiate d’un projet de loi. 1.2 Droit en vigueur 1.2.1 Liberté de la forme Le droit en vigueur se fonde sur la libert é contractuelle. Celle-ci trouve entre autres son expression dans la libert é d e l a f o r m e , c’est-à-dire dans la possibilit é de s’obliger par contrat sans devoir respecter une forme particuli ère (art. 11, al. 1, CO) ou en d écidant de la forme n écessaire à la conclusion du contrat (art. 16 CO). En principe les contrats conclus oralement et par voie électronique bénéficient donc de la protection de la loi, lorsque l ’accord nécessaire à la perfection du contrat est don- né (art. 1, al. 1, CO). La liberté de la forme a son pendant en droit de la proc édure. Lorsque le droit f édé- ral ne prévoit pas de forme particuli ère pour un engagement juridique, le droit can- tonal ne peut faire d épendre d ’une forme particuli ère la preuve de cet engagement (art. 10 CC). Ainsi, contrairement à ce qui se passe dans certains ordres juridiques étrangers, les documents électroniques qui contiennent le texte d ’un contrat conclu, par exemple, sont en principe admis à la preuve1. Leur sauvegarde sur un support de données est même protégée pénalement, dans la mesure où elle vise le même but que la forme écrite (art. 110, ch. 5, CP). Seule la loi f édérale du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP; RS 281.1) privilégie la forme écrite tradition- nelle. L’art. 82, al. 1, LP ne permet la mainlevée provisoire qu’en présence d’une re- connaissance de dette signée. 1 Selon une enquête menée par Helmut Rüssmann, The Challenge of the Information So- ciety: The Application of Modern Technologies in Civil Ligitation and other Procedures, ch. 5.2 (http://ruessmann.jura.uni-sb.de/grotius/english/Reports/schweiz.htm), ce ne se- rait pas le cas dans les cantons de Berne, de Fribourg, de Neuchâtel, de Soleure, du Va- lais et de Zoug.5427 De même, la correspondance et les pi èces comptables peuvent être conservées sous forme électronique (art. 962, al. 2, CO). Apr ès l’entrée en vigueur des nouvelles dis- positions sur la comptabilit é commerciale, cette r ègle vaudra aussi pour la conser- vation des livres. Ces documents électroniques ont la même force probante que ceux qui sont lisibles directement (art. 957, al. 4, CO). Seuls le compte d ’exploitation et le bilan devront encore être conservés par écrit (art. 962, al. 2, CO). 1.2.2 Exceptions La loi déroge exceptionnellement au principe de la libert é de la forme, cela pour di- verses raisons (voir Signature électronique et droit priv é, Avis de l’Office fédéral de la justice, JAAC 63.46, accessible aussi sous <http:// www.vpb.admin.ch/franz/ doc/63/63.46.html>). Le plus souvent, il s ’agit pour le l égislateur de prot éger le dé- biteur contre un engagement contractuel précipité (protection contre les décisions ir- réfléchies). Le cautionnement n écessite par exemple une d éclaration écrite de la caution (art. 493, al. 1, CO) et m ême – dans les cas o ù la caution est une personne physique et le montant de la caution d épasse 2000 francs – la forme authentique (art. 493, al. 2, CO). La pr éservation d’une pièce justificative en vue d ’une inscrip- tion ult érieure dans un registre joue aussi souvent un r ôle dans la formulation d’exigences de forme. Ainsi, les inscriptions au registre du commerce et au registre foncier – en plus de la r équisition (écrite) – sont souvent fond ées sur un document fait en la forme authentique. Nous mentionnerons dans ce contexte la modification des statuts d’une société anonyme (art. 647, al. 1, CO) et la conclusion d ’une vente d’immeubles (art. 216, al. 1, CO). En cas de cession, la forme écrite satisfait aussi aux exigences de publicit é et de s écurité juridique. L ’acte de disposition doit alors revêtir la forme écrite (art. 165, al. 1, CO), alors que l ’acte générateur d’obligation (pactum de cedendo) ne requiert aucune forme particulière (art. 165, al. 2, CO). Dans d’autres cas, la loi recourt à la forme écrite, car le consommateur doit être in- formé de manière qualifiée de son engagement ou de la situation juridique. Ainsi, le client qui conclut un contrat de d émarchage doit être informé par écrit de son droit de révocation ainsi que de la forme et du d élai à observer pour le faire valoir (art. 40d, al. 1, CO). Pour des raisons similaires, la loi exige l ’utilisation d’une formule agréée par le canton, telle que l’avis d’augmentation de loyer (art. 269d, al. 1, CO). L’exigence de la forme écrite peut enfin avoir simplement pour but d ’attirer l’attention sur des difficult és de preuve ou de pr éserver un moyen de preuve. L ’art. 260a, al. 1, CO exige ainsi le consentement écrit du bailleur en cas de r énovation ou de modification de la chose par le locataire, étant entendu que le locataire pourrait y procéder aussi en vertu d ’un contrat d ’entreprise conclu avec le bailleur, qui ne re- quiert aucune forme particulière (art. 363 ss CO). L ’art. 226c, al. 1, CO, qui pr évoit que l’acheteur peut d éclarer par écrit au vendeur qu ’il renonce à la conclusion du contrat de vente par acomptes, n ’est par contre une prescription d ’ordre mais bien une condition de validité (ATF 108 II 296 ss).5428 1.2.3 Forme écrite Selon l’art. 13, al. 1, CO, le contrat pour lequel la loi exige la forme écrite doit être signé par toutes les personnes auxquelles il impose des obligations. La signature doit être écrite à la main (art. 14, al. 1, CO). La loi pr évoit une exception si la signature procède de quelque moyen m écanique dans les affaires o ù elle est admise par l’usage (art. 14, al. 2, CO). Le Tribunal fédéral n’a eu jusqu’à présent que peu d’occasions d’évaluer dans sa ju- risprudence la validit é de ces principes, datant en partie du 19 e siècle, pour le com- merce électronique et de les appliquer. Au regard du droit de proc édure, il s’est tenu de manière stricte à la notion traditionnelle de la forme écrite et s’est ainsi rallié à la position d’un département qui n ’est plus dispos é à entrer en mati ère sur un recours au motif qu’il lui avait été transmis par télécopieur (ATF 121 II 252 ss). Le Tribunal fédéral est tout aussi peu pr êt à entrer en matière s’agissant d’un mémoire sur lequel n’est apposée que la photocopie de la signature (ATF 112 Ia 173 ss). Il est plus difficile de saisir la position du Tribunal f édéral au regard du droit de fond. En 1986, il refusa cat égoriquement le caractère de forme écrite à des d éclara- tions faites par t élex (ATF 112 II 326 ss). Par contre, il cite dans un sens favorable, dans un obiter dictum de 1995, la doctrine selon laquelle la t élécopie satisfait aux exigences de la forme écrite (ATF 121 II 253 ss, consid. 3). Le Tribunal f édéral ne s’est pas encore prononcé sur la question des exigences quant à la forme écrite, lors- que celle-ci n ’est pas n écessaire à la conclusion du contrat, mais vise simplement l’information (qualifiée) de l ’autre partie au contrat. Si l ’on suit la lettre et l ’esprit de l’art. 13, al. 1, CO, il n ’y a pas de raison d ’exiger dans ce cas une signature ma- nuscrite. Le principal obstacle à la communication d ’informations par voie électro- nique tombe donc. La législation tient compte de l’évolution des exigences quant à la forme écrite. Ain- si, la loi f édérale du 24 mars 2000 sur les fors en mati ère civile (loi sur les fors, LFors; RS 272) – qui est entr ée en vigueur le 1 er janvier 2001 – exige que les con- ventions d’élection de for soient conclues par écrit (art. 9, al. 2). A la forme écrite sont cependant assimil ées toutes les formes de communication dont la preuve peut être établie sous forme de texte, telles que le t élex, la télécopie et le courrier électro- nique. 1.3 Lacunes du droit en vigueur 1.3.1 Défaut de reconnaissance de la signature électronique La signature électronique est un proc édé technique qui permet de d éterminer l’origine d’un document électronique (authenticité). Il est également possible de vé- rifier que le document n ’a pas été modifié (int égrité). Le code des obligations n ’a pas pris acte de cette évolution technologique de ces derni ères années. Il emp êche donc la conclusion de contrats ou les d éclarations de volont é par voie électronique lorsque la loi exige la forme écrite. Bien que ces cas soient rares, il n ’en demeure pas moins que la situation juridique actuelle est anachronique.5429 1.3.2 Responsabilité liée à la signature électronique Le fait que la signature électronique ne soit pas reconnue a aussi des r épercussions lorsque celle-ci est utilis ée de mani ère indue. Cela peut être lourd de cons équences pour le d éveloppement du commerce électronique. Aucun fournisseur ne peut se permettre – du moins à long terme – de conclure des contrats par voie électronique sans conna ître l ’identité de l ’autre partie. Lorsque cette identification est intrins è- quement impossible, il doit au moins avoir la certitude que le titulaire de la cl é de signature et l’émetteur d’un certificat public (le fournisseur de services de certifica- tion) r éponderont de leurs fautes éventuelles. Le droit en vigueur n ’offre pas cette garantie: c ’est donc le fournisseur qui supporte pour l ’essentiel le risque inh érent aux prestations exécutées sur la base d’un contrat supposé conclu. 1.4 Grandes lignes du projet 1.4.1 Du point de vue formel La loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature élec- tronique (SCSél) remplace l’ordonnance sur les services de certification. Cette der- nière restera applicable jusqu ’à l’entrée en vigueur de la loi, mais au plus tard jus- qu’au 31 décembre 2009 (art. 21, al. 1, OSCert). Les modifications du code civil, du code des obligations et de diverses lois concer- nant la propriété intellectuelle sont propos ées en annexe à la loi f édérale sur les ser- vices de certification dans le domaine de la signature électronique. Elles visent à la reconnaissance de la signature électronique dans les relations de droit priv é (art. 14, al. 2bis et 59a, P-CO) et à créer les bases juridiques qui permettront de communique par voie électronique avec les registres du droit f édéral, une fois les dispositions d’exécution nécessaires adoptées. 1.4.2 Du point de vue matériel 1.4.2.1 Fonction de la signature électronique Grâce à la signature électronique, l’expéditeur d’une information ou d ’un autre do- cument électronique peut attester de son identit é. Le destinataire peut, quant à lui, s’assurer que la communication ou le document n ’a pas été modifié durant sa trans- mission. Ainsi, la signature électronique garantit l ’authenticité et l ’intégrité des communications et des documents électroniques. En ce qui concerne les signatures électroniques vis ées par la loi, ces effets sont garantis par un tiers de confiance (=Trusted Third Party [TTP]) que la loi d ésigne sous le nom de fournisseur de ser- vices de certification. Ce dernier v érifie l’identité du titulaire d ’une clé de signature et attestent du lien entre la cl é de vérification de la signature et le titulaire d ’un cer- tificat (numérique).5430 1.4.2.2 Reconnaissance facultative des fournisseurs de services de certification La loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature élec- tronique donne une base l égale claire à la reconnaissance des fournisseurs de servi- ces de certification. Les disposition de la loi priment les autres lois f édérales, notamment le code des obligations, tout sp écialement en ce qui concerne la respon- sabilité (art. 16 et 17). Au demeurant, la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique reprend pour l ’essentiel l’ordonnance en vigueur. Pour plus d’informations, on peut donc aussi se r éférer au commentaire de l ’Office fédéral de la communication, à l ’adresse <http://www.bakom.ch/ger/subs ubpage/document/ 265/1290>. La loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature élec- tronique n’affecte en rien la libert é d’exercer l’activité de fournisseur de services de certification. La reconnaissance est facultative. Selon la loi, la signature électronique ne peut toutefois d éployer certains effets que si elle émane d’un fournisseur de ser- vices de certification reconnu. Lorsqu ’elle provient d ’un fournisseur de services de certification qui n ’est pas reconnu, elle ne pourra – ind épendamment de sa qualit é réelle – ni servir à remplacer une signature manuscrite (art. 14, al. 2 bis, P-CO) ni en- gager la responsabilit é de son titulaire en cas d ’utilisation abusive (art. 59 a, P-CO). La proc édure de reconnaissance et d ’accréditation est r égie par la loi f édérale du 6 octobre 1995 sur les entraves techniques au commerce (LETC, RS 946.51), sous réserve des dispositions particuli ères de la loi f édérale sur les services de certifica- tion dans le domaine de la signature électronique, et en particulier les dispositions pénales qui y sont prévues (art. 23 à 30). Le 7 mai 2001, Swisskey SA a annonc é la cessation de ses activit és en tant que fournisseur de services de certification public. Bien que ni l ’ordonnance sur les ser- vices de certification (voir ch. 1.1) ni la loi ne se r éfèrent formellement à cette entre- prise, la disparition de Swisskey SA porte un coup s érieux au d éveloppement de la signature électronique. Des discussions sont en cours sur la reprise éventuelle de ces activités par d’autres acteurs. La question de l ’opportunité d’une éventuelle partici- pation de la Conf édération est encore ouverte. L ’Etat a tout int érêt à ce que les si- gnatures électroniques qualifiées se répandent dans la perspective de la communica- tion électronique avec les autorités (art. 3, al. 3, et 20, al. 3). 1.4.2.3 Assimilation de la signature électronique qualifiée à la signature manuscrite La loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature élec- tronique établit l’équivalence entre la signature manuscrite et la signature électroni- que qualifiée, fondée sur le nouvel art. 14, al. 2 bis, CO. La notion et le contenu de la signature électronique qualifiée sont d éfinis dans la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique. Le projet ne pr évoit pas d’exceptions et va donc délibérément au-delà des exigences du droit europ éen (voir ch. 5).5431 Le Conseil fédéral intégrera la protection l égitime de la partie faible au contrat, ga- rantie par la forme écrite traditionnelle, dans une loi f édérale sur le commerce élec- tronique. Il a mis en consultation l’avant-projet de cette loi en même temps que celui sur la loi f édérale sur la signature électronique. L’avant-projet de loi f édérale sur le commerce électronique prévoit entre autres un droit de r évocation pour les contrats conclus à distance et améliore la position du consommateur qui ach ète des biens de consommation. L ’évaluation des r ésultats de la proc édure de consultation est en cours. Le fait qu ’une personne dispose d ’une clé de signature ne veut pas dire qu ’elle est toujours en mesure de communiquer par voie électronique. L’art. 2, al. 1, CC exige cependant de chacun un comportement conforme à la bonne foi. Celui qui envoie une offre par courrier électronique et qui re çoit l’acceptation par la m ême voie ne peut arguer qu’elle ne lui est parvenue que par voie électronique pour l ’ignorer. Au demeurant, le projet renonce à pr éciser le moment de l ’envoi ou de la r éception d’une déclaration de volonté dans le commerce électronique. A à cet égard, la théo- rie de la r éception reste valable (art. 3, al. 2, art. 5, al. 2 et 3, CO). La pratique con- crétisera ce principe en fonction des besoins et de l ’évolution du commerce électro- nique. La signature électronique qualifiée ne remplace en principe que la signature manus- crite liée au support papier. La forme authentique n’est pas touchée (art. 55, Tit. fin., CC). Les dispositions concernant les papiers-valeurs s ’appliquent à des cr éances matérialisées, c ’est-à-dire incorpor ées à un support papier (art. 965 ss CO). Il ne s’applique donc pas aux cr éances reconnues par le d ébiteur au moyen d ’une signa- ture électronique. Les principes de la cession (art. 164 ss CO) restent applicables. Cela vaut aussi lorsque la cr éance signée électroniquement est «incorporée» à une disquette. La possibilit é de copier ( à volont é) les donn ées en question exclut l’assimilation d’une disquette à un papier-valeur. Si la loi exige l’utilisation d’un formulaire, comme par exemple lors de la communi- cation d’une augmentation de loyer (art. 269 d, al. 1, CO), il appartient au canton de décider s’il veut également mettre ce formulaire à disposition sous forme électroni- que. Le droit fédéral ne s’y oppose pas ni ne l’impose. Lorsque la loi dispense d éjà de l ’utilisation de la signature manuscrite – malgr é l’utilisation de la notion d ’écrit –, cet assouplissement vaut également pour l’avenir. Nous pensons avant tout à l ’art. 14, al. 2, CO, qui admet la reproduction de l’écriture manuelle par un proc édé mécanique, lorsque cela est admis par l ’usage, mais aussi à des évolutions plus r écentes, comme l ’art. 9 de la loi f édérale sur les fors (voir ch. 1.2.3). Il appartiendra à la pratique et à la jurisprudence de mettre en évidence les cas où le législateur parle de forme écrite sans exiger de signature manuscrite. Il s ’agira aussi d’établir les conditions auxquelles les d éclarations pertinentes pourront également être transmises par voie électronique. On peut mentionner à cet égard le droit de demander une quittance (art. 88, al. 1, CO), un certificat de travail (art. 330 a CO) ou la copie d’un contrat de crédit à la consommation (art. 8, al. 1, de l ’ancienne loi [du 8 octobre 1993] et de la nouvelle loi [du 23 mars 2001] sur le cr édit à la consomma- tion [LCC; RS 221.214.1]). Le projet renonce à créer une notion propre à ces cas de «forme écrite», contrairement à l’Allemagne, où une Textform a été introduite à cet effet dans le code civil (par. 126b BGB).5432 La solution propos ée permet de tenir compte de mani ère optimale de l ’évolution technique. Celle-ci laisse prévoir qu’à l’avenir la distinction entre texte et parole de- viendra de plus en plus floue. Il faut donc s ’attendre à ce que des déclarations soient faites «oralement» par l’expéditeur et parviennent sous forme «écrite» au destinataire ou qu’elles soient faites «par écrit» par l’expéditeur mais qu’elles soient reçues sous forme «orale». L’équivalence entre la signature électronique qualifiée et la signature manuscrite se répercutera aussi sur les autres lois f édérales et cantonales, dans la mesure o ù elles se r éfèrent directement ou indirectement aux prescriptions de forme du code des obligations. On peut mentionner dans ce contexte en particulier l ’art. 82 LP. En vertu de l’art. 14, al. 2 bis, P-CO, les reconnaissances de dette auxquelles une signa- ture électronique qualifi ée est appos ée pourront aussi être utilis ées comme titres fondant la mainlev ée provisoire, à la condition que le juge de la mainlev ée dispose de l’infrastructure nécessaire à la vérification du document. Au demeurant, la pratique (des autorités de surveillance) devra déterminer si les dis- positions de droit priv é peuvent s ’appliquer à la signature électronique. On peut mentionner dans ce contexte l ’exemple de l ’intermédiaire financier qui doit – sous certaines conditions – requérir du cocontractant une d éclaration écrite indiquant qui est l’ayant droit économique (art. 4, al. 1, de la loi f édérale du 10 octobre 1997 con- cernant la lutte contre le blanchiment d ’argent dans le secteur financier [loi sur le blanchiment d’argent, LBA; RS 955.0]). La situation est similaire en droit fiscal. La seule équivalence entre la signature électronique qualifiée et la signature manuscrite n’implique pas que le citoyen pourra d époser à l’avenir sa d éclaration d’impôts par voie électronique. A l ’exception des dispositions sur la comptabilit é commerciale (voir ch. 1.2.1), c ’est dans la l égislation fiscale que doivent être définies les condi- tions de la communication électronique avec les personnes assujetties à l’impôt. 1.4.2.4 Responsabilité L’utilisation de signatures électroniques soul ève des questions de responsabilit é, cela à divers égards. Il se peut d ’une part que l ’infrastructure technique d éfectueuse ou un d éfaut dans l ’organisation du fournisseur de services de certification soit la cause d’un dommage chez le titulaire de la signature électronique ou chez le tiers qui s’est fié à un certificat qualifié. Dans ces cas, l’art. 16 prévoit que la responsabi- lité du fournisseur de services de certification est engag ée s’il n ’a pas observ é les dispositions de la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique ou ses dispositions d ’exécution. La même responsabilité cau- sale (légère) est prévue en cas de d éfaillance de l’organisme de reconnaissance lors de la reconnaissance ou de la surveillance des fournisseurs de services de certifica- tion (art. 17). D’autre part, une cl é de signature peut être utilis ée abusivement malgr é la rigueur des exigences auxquelles les dispositifs de g énération de signature électronique doi- vent satisfaire (art. 6, al. 2) et le processus de v érification de la signature (art. 6, al. 3). Le tiers croit qu’il communique avec le titulaire de la cl é de signature mentionné dans le certificat alors qu ’en r éalité le document émane d ’une autre personne. L’art. 59a P-CO pr évoit que la responsabilit é du titulaire de la cl é de signature est engagée lorsqu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour garantir la confidentialité de sa clé.5433 L’art. 59a P-CO n ’oblige pas le tiers à prendre connaissance du contenu du certifi- cat: l’annuaire des certificats se distingue en cela du registre du commerce et du re- gistre foncier qui jouissent tous deux de la publicit é positive (art. 933, al. 1, CO et art. 970, al. 3, CC). Le principe de la bonne foi (art. 2, al. 1, CC) demeure r éservé et la personne exerçant une activité commerciale doit prendre connaissance des limites prévues à l ’utilisation du certificat (art. 7, al. 2), lorsqu ’elle exige de ses clients qu’ils signent leur commande électroniquement. 1.4.2.5 Communication électronique dans le domaine des registres (cyberadministration) Les modifications du code civil (art. 949 a P-CC) et du code des obligations (art. 929a, al. 2, P-CO) établissent la base l égale permettant de communiquer électroni- quement à l ’avenir, tant avec le registre du commerce qu ’avec le registre foncier. Les détails seront réglés dans une ordonnance du Conseil fédéral. Dans le domaine des brevets et des marques, la communication électronique avec les autorités est déjà une réalité. Elle est fond ée sur différentes dispositions de l ’ordon- nance sur la protection des marques (OPM; RS 232.111) et de l ’ordonnance sur les brevets (OBI; RS 232.141). Pour donner une base l égale formelle à la communica- tion électronique avec l’Institut fédéral pour la propri été intellectuelle (IPI) et à ges- tion électronique des droits prot égés, les dispositions pertinentes des ordonnances ont été reprises sous une forme plus ou moins modifi ée dans la loi sur la protection des marques (LPM; RS 232.11) et la loi sur les brevets (LBI; RS 232.14). La norme de d élégation relative à la communication électronique assure d ’une part que les dispositions générales sur la communication avec les autorit és intégrées dans la loi sur la proc édure administrative à l ’occasion de la r évision totale de l ’organisation judiciaire s’appliqueront d ès leur entr ée en vigueur à la proc édure aupr ès de l ’IPI; d’autre part, le Conseil fédéral peut conférer à l’institut, en ce qui concerne les d éci- sions techniques, la marge de man œ uvre nécessaire pour assurer leur compatibilit é avec les normes adopt ées par les organisations internationales qui œ uvrent dans le domaine de la propri été intellectuelle (Office europ éen des brevets, Organisation mondiale de la propri été intellectuelle) et d ’autres offices nationaux, ainsi que pour mener à bien des projets de communication électronique avec les autorit és. De même, la loi fédérale sur la protection des designs (LDes; RS 232.12) et la loi sur les topographies (LTo; RS 231.2) sont également compl étées par une disposition de même teneur. Le projet ne contient aucune proposition concernant le registre de l ’état civil, car le Conseil fédéral a transmis au Parlement – sous la d énomination Infostar – un projet indépendant (FF 2001 1537 ss; art. 48, al. 5, P-CC) qui pr évoit tant la tenue électro- nique de ce registre que la possibilit é de communications électroniques. Rappelons que la r éforme de la justice (FF 2001 4000) comprend des propositions visant à adapter la proc édure devant le Tribunal f édéral et la proc édure administrative aux exigences de la communication électronique. L’envoi de documents sous forme électronique et – à terme – la communication par voie électronique des d écisions administratives ou judiciaires soul ève des questions juridiques et demande des ressources financi ères et humaines suppl émentaires, no- tamment pour assurer l’archivage des documents électroniques.5434 La communication électronique n’entraîne pas de transfert de compétences. Ce prin- cipe devra être respect é lorsque l ’on examinera si la forme authentique peut s’accommoder de la forme électronique. Ce sont les cantons qui dictent pour leur territoire les modalités de la forme authentique (art. 55, Tit. fin., CC). La notion de forme authentique au sens du droit f édéral n’empêche pas les cantons d ’autoriser la forme électronique pour les actes authentiques, pas plus que le droit f édéral ne le leur impose. 1.5 Procédure de consultation Le 17 janvier 2001, le Conseil f édéral a mis en consultation l ’avant-projet de loi f é- dérale sur la signature électronique. Tous les cantons, cinq des partis repr ésentés à l’Assemblée f édérale et 45 organisations et personnes priv ées ont r épondu avant l’échéance du délai de consultation (31 mars 2001). Les participants à la consultation s ’accordent à reconnaître l’actualité du projet. Pa- rallèlement aux possibilit és qu’offre la communication par voie électronique, nom- bre de participants ont souligné les risques qu’elle présente, particulièrement pour le consommateur inexpérimenté. Les cantons ont de plus mis en évidence les modifi- cations et les dépenses que représente l’introduction de la communication électroni- que dans le domaine des registres qu ’ils doivent g érer. Certains ont de-mand é que l’on renonce – du moins dans un premier temps – à l’équivalence entre la signature électronique et la signature manuscrite dans des domaines particuli èrement sensibles comme la protection des consommateurs et le droit des biens immobiliers. D ’autres ont déploré que la Suisse tarde tant à s’ouvrir au commerce électronique et que les cantons ne puisse adopter un rythme plus rapide. Plusieurs participants ont égale- ment regretté que le projet ne traite que du droit priv é, alors que l ’adaptation du droit public est primordiale. Certains points ont suscit é des avis très partagés. Les critiques ont notamment port é sur le manque de neutralit é technologique du projet et sur les d éfinitions qui ne re- prenaient pas la terminologie utilis ée dans les textes internationaux. L ’absence dans l’avant-projet de la reconnaissance ex lege des fournisseurs de services de certifica- tion européens et de la certification crois ée, c’est-à-dire la possibilit é pour un four- nisseur de services de certification de se porter garant d’un autre fournisseur de sorte que ce dernier ait également la qualité de fournisseur de services de certification re- connu, a aussi été critiquée. Les propositions concernant le renversement du fardeau de la preuve et la responsabilit é du titulaire de la cl é de signature en particulier, ont souvent été remises en question. Enfin, l ’absence d ’horodatage, la gratuit é de l ’accès aux listes de certificats, l’annulation de tous les certificats lors de la cessation d ’activité d’un fournisseur de services de certification et l’interdiction d’utiliser un pseudonyme dans les certificats ont également été d éplorés. Parfois, on a émis le v œ u que les certificats puissent aussi être délivrés aux personnes morales. Le présent projet tient tr ès largement compte des critiques formul ées lors de la pro- cédure de consultation. Lorsque cela n ’est pas le cas, les raisons en sont expos ées dans le commentaire des dispositions ainsi que sous le ch. 5 (Relation avec le droit européen).5435 La r évision de la loi f édérale du 2 avril 1908 sur le contrat d ’assurance (LCA; RS 221.229.1), demand ée par l ’Association Suisse d ’Assurances, a été examin ée, mais n’a pas été intégrée dans le pr ésent projet. Cette r évision visait à préciser que l’assureur remplit aussi ses devoirs d ’information pr écontractuels (art. 1 LCA) et l’obligation de remettre une police (art. 11 LCA) en les communicant par la voie électronique. Les deux dispositions ne se r éfèrent pas à la forme écrite en tant que telle, mais au support sur lequel les informations et les explications à donner au pre- neur d’assurance doivent être consignées. Le Conseil fédéral indique au ch. 1.4.2.3, qu’il entend laisser la pratique (des autorit és de surveillance) d écider à quelles con- ditions un support électronique peut éventuellement remplacer le papier. Il n ’est pas exclu que la question soit r éexaminée dans le cadre de la loi sur le contrat d’assurance – à la lumière des intérêts en présence. 2 Partie spéciale 2.1 Loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique 2.1.1 Section 1 2.1.1.1 Art. 1 L’art. 1 traite de l ’objet et du but de la loi. La loi f édérale sur les services de certifi- cation dans le domaine de la signature électronique règle les conditions auxquelles les fournisseurs de services de certification sont reconnus. La reconnaissance se fait sur une base volontaire (cf. ch. 1.4.2.2). Le code des obligations pr évoit que seule la signature électronique qualifiée fondée sur le certificat d ’un fournisseur de services de certification reconnu équivaut à la signature manuscrite (art. 14, al. 2 bis, P-CO). En outre, ce n ’est qu’à cette condition que le titulaire de la cl é de signature encourt une responsabilité (art. 59a P-CO). Certains participants à la proc édure de consultation ont critiqu é le lien entre la re- connaissance des fournisseurs de services de certification et la reconnaissance de la signature électronique. Nous avons malgré tout conservé ce lien, cela pour deux rai- sons. Premièrement, le projet de loi pr évoit une assimilation totale de la signature électronique qualifiée à la signature manuscrite (cf. ch. 1.4.2.3). Cette mesure ne se justifie que si l ’on établit clairement les conditions auxquelles des donn ées signées de manière électronique remplissent les exigences de la forme écrite. En pratique, seule la reconnaissance de fournisseurs de services de certification peut mener à ce résultat. Deuxièmement, il faut se souvenir que le droit suisse ne prévoit d’exigences de forme que dans une petite minorit é de cas (cf. ch. 1.2.1). Lorsque leur engage- ment n’est soumis à aucune forme, les acteurs du commerce électronique ne subis- sent que peu ou pas d ’inconvénients s ’ils utilisent une signature électronique qui émane d’un fournisseur de services de certification qui n ’a pas demand é à être re- connu au sens de la loi sur les services de certification dans le domaine de la signa- ture électronique. Il convient également de relativiser les diff érences d’effets juridi- ques entre la reconnaissance et l ’absence de reconnaissance des fournisseurs de ser- vices de certification dans la mesure o ù les fournisseurs non reconnus encourent également une responsabilité selon l’art. 16 pour leurs certificats qualifiés. D’ailleurs, les fournisseurs de services de certification reconnus peuvent eux aussi délivrer des certificats qui ne r épondent pas aux exigences des certificats qualifi és.5436 Ces certificats simples se justifient pour les actes qui ne n écessitent pas le respect d’une forme particulière. 2.1.1.2 Art. 2 L’art. 2 définit les notions utilisées dans la loi. Pour r épondre à une critique souvent émise dans la proc édure de consultation, les d éfinitions reprennent la terminologie de la Directive 1999/93/CE du 13 d écembre 1999 sur un cadre communautaire pour les signatures électroniques (JOCE L 13 du 19.1.2000, p. 12 ss; voir ch. 5). Ainsi, le projet respecte le principe de la neutralit é technologique, appliqu é au niveau inter- national, sans toutefois perdre de vue qu ’aujourd’hui, seul le syst ème de cl és asy- métriques a atteint le degré de développement qui permet des communications s écu- risées, dans un environnement ouvert comme celui d’Internet. 2.1.2 Section 2 2.1.2.1 Art. 3 Les conditions pr éalables à la reconnaissance des fournisseurs de services de certi- fication figurent à l’art. 3, al. 1. Une ordonnance du Conseil f édéral concrétisera ces exigences (art. 20). Outre les personnes physiques ou morales, les entit és administratives de la Confédé- ration, des cantons ou des communes peuvent être reconnues. Lorsque la reconnais- sance concerne des organismes publics qui veulent assurer leur communication électronique avec les administrés, elle s’inscrit dans les activités auxiliaires et ne né- cessite donc pas de base légale spéciale. Il va de soi que les fournisseurs de services de certification reconnus doivent être en mesure de d élivrer et de g érer des certificats qualifi és conformément aux exigences de la loi (let. b), de disposer du personnel comp étent (let. c), de syst èmes et de pro- duits informatiques fiables (let. d), ainsi que de ressources et de garanties financières suffisantes (let. e). A cela s ’ajoute l’obligation de se pr émunir au besoin contre cer- tains risques au moyen d ’une assurance (let. f) et de garantir le respect du droit ap- plicable (let. g). Un fournisseur de services de certification doit être inscrit au registre du commerce pour être reconnu (let. a). Il convient de r éserver le cas dans lequel une entit é admi- nistrative de la Conf édération, des cantons ou des communes sollicite une recon- naissance (al. 3). L’inscription détermine l’application des règles relative à la faillite et à la comptabilité commerciale. Afin d’éviter que les choses ne soient faites à double, l’al. 2 prévoit que les fournis- seurs reconnus à l’étranger selon des règles équivalentes pourront être facilement re- connus selon la loi f édérale sur les fournisseurs de services de certification dans le domaine de la signature électronique. Le fournisseur devra simplement prouver qu’il respecte les dispositions pertinentes du droit étranger, que la proc édure étrangère pour l’obtention de la reconnaissance satisfait aux conditions suisses et que l ’orga- nisme de reconnaissance étranger poss ède des qualifications équivalentes à celles exigées en Suisse. La collaboration entre l ’organisme de reconnaissance suisse et l’organisme de reconnaissance ou d ’accréditation étranger s ’impose afin de sur-5437 veiller le fournisseur de services de certification étranger sur le sol suisse. Au de- meurant, les fournisseurs de services de certification étrangers qui sollicitent une re- connaissance en Suisse doivent remplir toutes les conditions prévues à l’al. 1. 2.1.2.2 Art. 4 La reconnaissance des fournisseurs de services de certification (Certification Autho- rities, CA) garantit que ces derniers satisfont aux exigences fix ées par la loi et l’ordonnance. La reconnaissance des fournisseurs de services de certification est le fait d’organismes de certification accrédités (art. 2, let. h; Certification Bodies, CB). Ces organismes sont à leur tour reconnus ( accrédités) par l ’organisme d ’accré- ditation désigné à cet effet par le Conseil fédéral (al. 1). La reconnaissance d’un fournisseur de services de certification par un organisme de reconnaissance est un acte juridique de droit privé ( art. 35, al. 1, de l’ordonnance du 17 juin 1996 sur l’accréditation et la désignation; RS 946.512). Elle ne constitue pas une décision au sens de l ’art. 5 de la loi f édérale du 20 d écembre 1968 sur la proc é- dure administrative (PA; RS 172.021). Les éventuels litiges entre les organismes de reconnaissance et les fournisseurs de services de certification reconnus ou non ne relèvent pas de la juridiction administrative et doivent être portés devant le juge ci- vil. En outre, la loi f édérale du 6 octobre 1995 sur les cartels et autres restrictions à la concurrence (LCart; RS 251) joue un r ôle important. Elle interdit à un organisme de reconnaissance ayant une position dominante de se comporter de mani ère discri- minatoire vis-à-vis d’un fournisseur de services de certification qui demande à être reconnu (art. 7 LCart). La relation entre l ’organisme d ’accréditation et l ’organisme de reconnaissance relève par contre du droit public (art. 4 ss de l ’ordonnance sur l ’accréditation et la désignation). Il existe donc un droit à l’accréditation en tant qu ’organisme de recon- naissance lorsque les conditions l égales sont remplies. Dans la perspective de la r é- forme de la justice et du fait que l’organisme d’accréditation ne va que tr ès rarement rendre une d écision susceptible de recours, le projet ne pr évoit pas de commission de recours. Les art. 8 et 16 LETC permettent au Conseil f édéral de fixer des émoluments et de préciser les conditions que les organisme de reconnaissance doivent remplir pour obtenir l’accréditation. Pour se faire reconna ître, le fournisseur de services de certification doit pouvoir s’adresser à un organisme de reconnaissance accrédité. Si un tel organisme n ’existe pas, le Conseil fédéral peut désigner un organisme d ’accréditation ou un autre orga- nisme compétent comme organisme de reconnaissance (al. 2). La loi renonce sciemment à permettre à un fournisseur de services de certification reconnu de reconna ître un autre fournisseur de services de certification. Si la certi- fication crois ée – qui permettrait à un fournisseur de services de certification suisse de se porter garant d ’un fournisseur étranger – peut pr ésenter certains avantages, notamment dans les rapports internationaux, elle pr ésente surtout des in- convénients. La surveillance des fournisseurs de services de certification (art. 15) et leur responsabilit é (art. 16) n écessitent un syst ème de reconnaissance simple et transparent.5438 2.1.2.3 Art. 5 L’art. 5 oblige les organismes de reconnaissance à annoncer à l ’organisme d’accréditation les fournisseurs de services de certifications qu ’ils ont reconnus (al. 1). Cet organisme doit pour sa part tenir à la disposition du public la liste des fournisseurs de services de certification reconnus (al. 2). Cette liste rempl ace la pu- blication (au niveau national) des certificats de tous les fournisseurs de services de certification reconnus à laquelle le projet a renoncé. 2.1.3 Section 3; Art. 6 L’art. 6, al. 1 d élègue au Conseil f édéral l ’édiction des dispositions qui r èglent l’élaboration des cl és ainsi que la g énération et la v érification de la signature électronique est déléguée. Lors de la publication de l ’ordonnance sur les services de certification, le n écessité de r égler la longueur des cl és cryptographiques ainsi que les types d ’algorithmes utilisés s’était déjà faite sentir. Ces dispositions visent à garantir que seules des si- gnatures électroniques réputées sûres tombent dans le champ d ’application de la loi. Seules les signatures électroniques qui satisfont aux exigences des annexes III et IV de la Directive 1999/93/CE sur un cadre communautaire pour les signatures électro- niques obtiendront donc la reconnaissance au sens de la pr ésente loi. Afin de garan- tir la fiabilit é à long terme de la signature électronique qualifiée, le Conseil f édéral peut exiger que les fournisseurs de services de certification disposent d ’un système de sécurité de qualité pour l’élaboration des clés cryptographiques, système qui sera décrit en détail dans les dispositions d’exécution. Pour répondre au v œ u émis par différents participants à la consultation, les exigen- ces essentielles auxquelles les dispositifs (s ûrs) de g énération de signatures et les procédures de v érification de signatures doivent r épondre, sont énoncées formelle- ment aux al. 2 et 3. Elles reprennent textuellement les annexes III et IV de la direc- tive 1999/93/CE sur un cadre communautaire pour les signatures électroniques. L’annexe IV n’a qu’une valeur de recommandation. 2.1.4 Section 4; Art. 7 L’art. 7, al. 1, d étaille – conformément à l’annexe I de la directive 1999/93/CE sur un cadre communautaire pour les signatures électroniques – les indications que le certificat qualifié doit obligatoirement contenir. Lors de la proc édure de consultation, on a remarqu é à juste titre que le nom d ’une partie à une transaction électronique ne suffit pas à l’identifier. L’al. 1, let. c, permet d’ajouter des indications compl émentaires au certificat. Il peut par exemple s ’avérer nécessaire de mentionner une adresse. Le Conseil f édéral réglera les détails dans les dispositions d’exécution (al. 4). Le projet mis en consultation a été fortement critiqué, notamment par les milieux de la protection des donn ées, parce qu ’il excluait la possibilit é d ’utiliser des pseudo- nymes. Le pr ésent projet tient compte de cette critique et pr évoit que le certificat peut aussi contenir un pseudonyme (al. 1, let. c). Cette solution ne pr ésente pas de5439 risques puisque le fournisseur de services de certification dispose de toute mani ère des indications complémentaires permettant d’identifier la personne. Afin de répondre aux besoins suscit és par les relations de repr ésentation, l’al. 2, en particulier dans sa let. a, pr évoit l’établissement d’un certificat d ’attribution. Cette disposition permet d’indiquer dans le certificat que le titulaire de la cl é de signature peut repr ésenter une personne morale. Bien entendu, cette indication doit être approuvée par la personne morale ou par les organes habilit és à la repr ésenter. Les mentions contenues dans le certificat ne doivent pas non plus contredire les pouvoirs de représentation découlant de la loi et du registre du commerce (art. 458 ss et 932 ss CO) ou violer les dispositions sur l ’obligation d ’utiliser la raison de commerce (art. 47 de l ’ordonnance du 7 juin 1937 sur le registre du commerce, ORC; RS 221.411; art. 326 ter CP). Cela suppose qu ’un extrait du registre du commerce est présenté au fournisseur de services de certification ou au bureau d ’enregistrement lorsqu’un certificat de ce type est demandé (art. 8, al. 1). L’al. 3 rappelle enfin que la représentation d’une autre personne ne peut s ’effectuer par le biais du certificat que si celui-ci est établi au nom d ’une personne physique. Ce compl ément r épond au souhait exprim é lors de la consultation, de permettre la d élivrance de certificats qualifiés à des personnes morales. Les transactions prévues à l’al. 2, let. c, englobent les contrats d ’échange classiques (contrat de vente, etc.) et les engagements qui peuvent ne pas d éployer d’effets, no- tamment en cas de reprise d’un cautionnement. Le certificat entaché d’un défaut n’a pas les effets juridiques pr évus par les art. 14, al. 2bis et 59a P-CO. L’éventuelle responsabilité du fournisseur de services de certi- fication selon l’art. 16 de la présente loi est réservée. 2.1.5 Section 5 2.1.5.1 Art. 8 L’activité essentielle des fournisseurs de services de certification consiste à délivrer des certificats qualifiés attestant qu’une clé de vérification de signature est liée à une personne physique d éterminée. C’est pourquoi les fournisseurs de services de certi- fication reconnus doivent, entre autres, v érifier soigneusement l’identité des person- nes qui demandent des certificats qualifi és (al. 1). En r ègle générale, ces personnes doivent se pr ésenter personnellement au fournisseur de services de certification re- connu et justifier de leur identité. Il appartient au Conseil fédéral de régler les détails du devoir d ’identification et les exceptions à l ’obligation de se pr ésenter per- sonnellement pour effectuer une demande de certificat (al. 2). Le Conseil f édéral peut ainsi pr évoir les documents (officiels) n écessaires à l’identification d’une per- sonne par un fournisseur de services de certification (passeport, carte d ’identité, ex- trait du registre du commerce, etc.). Par exemple, il peut s ’avérer superflu de se pré- senter en personne pour une simple prolongation de la dur ée d’un certificat. Enfin, les fournisseurs de services de certification doivent s ’assurer que la personne qui demande un certificat possède la clé de signature correspondante (al. 3). Afin de disposer, en Suisse et à l’étranger, d’un réseau étendu de bureaux d’enregis- trement, l’identification des requérants de certificats qualifiés est une t âche qui peut très bien être déléguée à des tiers, comme des bureaux de poste ou des succursales bancaires (al. 4). Le fournisseur de services de certification reconnu reste toutefois5440 responsable de l’accomplissement correct de ses obligations. Il est aussi res ponsable vis-à-vis de l’organisme de reconnaissance qui est chargé de le surveiller (art. 15). Les offices du registre du commerce ou les notaires peuvent également faire office de bureaux d ’enregistrement. Ces solutions garantissent – comme cela a été relevé lors de la proc édure de consultation – des conseils et par cons équent des certificats d’une grande qualité. Un monopole ne se justifie pas pour autant. D ’autres organis- mes sont en mesure d ’informer leurs clients du contenu largement standardis é du certificat et des risques li és à son utilisation (art. 9, al. 2). Au demeurant, la loi sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique n’a aucun effet sur le nombre d ’actes nécessitant la forme authentique et sur les activit és qui s’y rapportent (voir ch. 1.4.2.3). 2.1.5.2 Art. 9 Afin d’améliorer la transparence, les fournisseurs de services de certification recon- nus doivent publier à la fois leurs conditions g énérales contractuelles et leur politi- que de certification ( Certification Practice Statement; al. 1). Ils doivent en outre at- tirer l’attention de leurs clients sur les risques li és à la divulgation ou à la perte de la clé de signature et sur les moyens permettant de limiter ou de supprimer ces risques (al. 2). Le commentaire de l’art. 59a P-CO expose la nature de ces risques. L’al. 3 oblige les fournisseurs de services de certification à tenir un journal des acti- vités. Le but de cette disposition est avant tout de permettre une surveillance efficace des fournisseurs de services de certification (art. 15). Le Conseil f édéral pourra fixer la durée de la p ériode durant laquelle le journal des activit és ainsi que ses annexes doivent être conservés. 2.1.5.3 Art. 10 Les conditions n écessaires à la d élivrance d’un certificat doivent être remplies tout au long de sa durée de validité. Lorsque ces conditions ne sont plus remplies, le cer- tificat doit être annul é sans d élai (al. 1). Il en va ainsi lorsque la demande d’annulation est faite par le titulaire de la signature (let. a). Les fournisseurs de ser- vices de certification reconnus s ’assurent que la demande d ’annulation émane de la personne attitrée à la faire. Comme on l ’a relevé à juste titre lors de la consultation, il faudra éviter dans ce cas de se fier à un avis d ’annulation signé électroniquement, car la signature électronique pourrait avoir été falsifiée. La demande d ’annulation peut également émaner d’un représentant du titulaire de la cl é de signature. La d éfi- nition du terme «représentant» a été omise volontairement. Cette d éfinition devrait être large et comprendre le cas de l’héritier qui demande l’annulation du certificat du défunt. Les fournisseurs de services de certification reconnus doivent annuler eux-mêmes un certificat lorsqu’il s’avère qu’il a été délivré à tort ou qu ’il n’établit plus de mani ère sûre le lien entre une personne et sa clé de vérification de signature (al. 1, let. b et c). L’annulation d ’un certificat d éploie des effets ex nunc. Contrairement à l ’avant- projet, le pr ésent projet écarte la possibilit é de suspendre le certificat durant une5441 brève période. La proc édure de consultation et les l égislations étrangères montrent que cette suspension ne répond à aucun besoin pratique. Les fournisseurs de services de certification reconnus informent sans d élai les titulaires des certificats électroniques de l’annulation de leurs certificats (al. 3). 2.1.5.4 Art. 11 L’art. 11 oblige les fournisseurs de services de certification reconnus à tenir une liste publique des certificats qu ’ils ont d élivrés (al. 1) et des certificats annul és (al. 2). Ces deux listes doivent être accessibles par voie électronique (al. 3). La tenue des listes ainsi que leur acc ès doivent être assur és de mani ère appropri ée (al. 4). L’ordonnance déterminera la dur ée minimum durant laquelle l ’accès aux certificats échus ou annulés devra être possible (al. 5). Il ressort clairement de la formulation potestative de l ’al. 1 que les clients n ’ont au- cune obligation de se faire inscrire. L’al. 3 établit le principe selon lequel l ’accès (électronique) à la liste publique doit être garanti en tout temps. En raison des critiques émises lors de la proc édure de consultation, le projet ne mentionne plus la question du prix des interrogations en ligne. C’est la politique interne du fournisseur de services de certification qui d éter- minera si l’interrogation est payante ou si le prix de ce service est à la charge du ti- tulaire de la clé de signature. Les pouvoirs publics en revanche doivent permettre un accès gratuit aux listes de certificats. Pour que la signature électronique qualifi ée s’impose dans le domaine de la communication électronique avec les autorités, il est nécessaire de renoncer à facturer la consultation des certificats. La procédure pénale déterminera dans quelles conditions les autorit és de poursuite pénale peuvent prendre connaissance des listes des services de certification. Il est inutile de régler la question dans la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique. 2.1.5.5 Art. 12 L’art. 12 oblige les fournisseurs de services de certification à pr évoir un syst ème d’horodatage. Cela signifie que ces fournisseurs ainsi que les tiers qu ’ils ont man- datés doivent être en mesure de d élivrer une attestation sign ée électroniquement in- diquant que des donn ées sign ées au moyen d ’une signature électronique qualifi ée existaient à un moment pr écis. Les fournisseurs de services de certification ne four- niront évidemment ce service que si le titulaire de la clé de signature le demande.5442 L’horodatage a été réclamé par divers participants à la proc édure de consultation, car la valeur de donn ées numériques sans horodatage est toute relative. Cependant, l’horodatage ne peut garantir que le destinataire d ’une déclaration de volont é trans- mise électroniquement l’a effectivement reçue ou qu’il en a pris connaissance. L’obligation faite aux fournisseurs de services de certification de mettre en place un systéme d’horodatage diminue l ’importance de la disposition de l ’avant-projet qui chargeait l’organisme d’accréditation d’attester la validité d’une signature électroni- que à un moment donn é. Le pr ésent projet renonce à cette disposition, r épondant ainsi aux vœ ux exprimés lors de la proc édure de consultation. Il n ’est dès lors plus nécessaire de d éterminer l ’importance qu ’aurait pu avoir cette attestation pour d’autres autorités et tribunaux, en particulier pour le juge de la mainlevée. 2.1.5.6 Art. 13 Selon l’al. 1, les fournisseurs de services de certification reconnus doivent annoncer en temps utile à l’organisme d’accréditation désigné par le Conseil f édéral la cessa- tion de leur activit é. Toute proc édure de mise en faillite qui leur a été notifiée doit également être annoncée sans délai. Selon l’al. 2, l’organisme d’accréditation désigne un autre fournisseur de services de certification reconnu pour reprendre les obligations d ’un fournisseur de services de certification qui cesse son activité. Il n’y a donc pas lieu d ’annuler les certificats en- core valables – la solution inverse avait été fort justement critiqu ée lors de la proc é- dure de consultation. Lorsqu ’aucun fournisseur de services de certification n ’est susceptible de reprendre les activit és de celui qui a cess é de les exercer, un orga- nisme d’accréditation indépendant désigné par le Conseil fédéral reprend les obliga- tions en question. Les frais résultant de la reprise de ces activit és sont à la charge du fournisseur de services de certification qui a cess é son activité. Si ce dernier ne dis- pose pas des fonds n écessaires, l ’assurance conclue à cet effet (art. 3, al. 1, let. f) prend le relais. L’al. 3 prévoit que les principes qui s’appliquent à la cessation volontaire d’activités sont également applicables lorsque le fournisseur de services de certification tombe en faillite. 2.1.5.7 Art. 14 Les fournisseurs de services de certification reconnus doivent assurer la protection des données personnelles de leurs clients. L’al. 1 fixe clairement le but de la collecte et du traitement des donn ées personnelles par les fournisseurs de services de certifi- cation reconnus et par les bureaux d ’enregistrement qu ’ils ont mandat és (art. 8, al. 4). Il pr écise ainsi l’art. 4, al. 3, de la loi f édérale du 19 juin 1992 sur la protec- tion des donn ées (LPD; RS 235.1). La notion de traitement englobe toutes les acti- vités qui entrent en ligne de compte, en particulier la collecte, la conservation, l’exploitation, la modification, la communication, l ’archivage et la destruction de données (art. 3, let. e, LPD).5443 Lors de la proc édure de consultation, les associations de protection des consomma- teurs ont exprim é le souhait que l ’on interdise express ément aux fournisseurs de services de certification de faire commerce des donn ées personnelles qu ’ils obtien- nent en vertu de la pr ésente loi et que cette interdiction s ’applique également en cas d’autorisation préalable. Au surplus, la l égislation sur la protection des donn ées est applicable (al. 2). 2.1.6 Section 6; art. 15 Il incombe aux organismes de reconnaissance accrédités de veiller à ce que les four- nisseurs de services de certification reconnus remplissent les conditions de la recon- naissance, selon les r ègles de l ’accréditation (al. 1). Lorsqu ’un fournisseur de ser- vices de certification ne remplit pas (ou plus) ces conditions ou lorsqu ’il manque à ses obligations, sa reconnaissance peut lui être retirée (al. 2). 2.1.7 Section 7 2.1.7.1 Art. 16 L’art. 16 r ègle la responsabilit é des fournisseurs de services de certification envers le titulaire de la cl é de signature ainsi que vis- à-vis des tiers qui se sont fi és à un certificat qualifié valable. Selon l ’al. 1, cette responsabilit é est engag ée au moment où le fournisseur de services de certification – dont la reconnaissance formelle n ’est pas une condition pr éalable – viole la pr ésente loi ou ses prescriptions d ’exécution. Le fournisseur de services de certification doit d édommager le titulaire de la cl é de signature ainsi que les tiers également des dommages purement patrimoniaux. Exemple 1 (responsabilité envers les tiers): En raison d’un mauvais contrôle d’iden- tité (art. 8), le fournisseur de services de certification d élivre un certificat au nom de la mauvaise personne. Se fiant à ce certificat, un tiers ex écute des prestations que ni la personne qui a demand é le certificat ni le titulaire pr ésumé du certificat ne lui paieront. Exemple 2 (responsabilité envers le titulaire de la cl é de signature): Le fournisseur de services de certification annule un certificat en violation de l ’art. 10, al. 2. Suite à cette annulation, un crédit est refusé au titulaire de la clé de signature. La faute du fournisseur de services de certification et de ses éventuels auxiliaires ne joue aucun r ôle. Le fournisseur de services de certification encourt ainsi la m ême responsabilité si l ’un de ses collaborateurs était mal instruit ou s ’il était malade au moment où le fait dommageable s’est produit. Une faute concomitante ou propre du titulaire du certificat peut cependant donner lieu à une réduction de l’indemnité (art. 44 CO). On ne peut r éclamer de dommages-int érêts au fournisseur de services de certifica- tion pour des faits sur lesquels il n ’a aucune influence. On peut penser au cas o ù, pour des raisons de s écurité, par exemple pour se d éfendre contre un virus, le four- nisseur de services de certification interrompt durant une br ève période la consulta- tion online de la liste des certificats valables (art. 11, al. 1 et 3). Si quelqu ’un par- vient à s’emparer d’une clé de signature correctement élaborée selon la loi et son or- donnance, le fournisseur de services de certification n ’est responsable que s ’il n ’a5444 pas annulé immédiatement le certificat concerné (art. 10, al. 1, let. c). Ce risque non couvert par le fournisseur de services de certification reconnu est finalement sup- porté par la personne qui s’est fiée au certificat. La solution inverse transformerait la responsabilité causale proposée en une responsabilité pour risque, ce qui aurait pour les fournisseurs de services de certification des cons équences difficilement pr évisi- bles et donc non assurables. L’al. 2 pr évoit le renversement du fardeau de la preuve. Il incombe ainsi aux four- nisseurs de services de certification d ’apporter la preuve qu’ils ont respecté les obli- gations d écoulant de la loi et de ses dispositions d ’exécution. Cette solution tient compte du fait que le client ne conna ît généralement pas les aspects administratifs et techniques de l’émission de certificats et de l’élaboration de clés de signature. L’al. 3 interdit aux fournisseurs de services de certification d ’exclure leur responsa- bilité selon la pr ésente loi pour leurs certificats qualifi és envers le titulaire de la cl é de signature ou à l ’égard des tiers. Toute convention ou clause contractuelle con- traire est frapp ée de nullit é (art. 20, al. 1, CO). Cependant, une forme de limitation de la responsabilit é est possible lorsque le certificat lui-m ême pr évoit des restric- tions à son utilisation (art. 7, al. 2). Si, par exemple, le certificat contient une limite d’utilisation à des transactions portant sur des sommes allant jusqu ’à 1000 francs, le fournisseur de services de certification «profite» également de cette limitation de responsabilité. 2.1.7.2 Art. 17 L’art. 17 traite de la responsabilit é des organismes de reconnaissance (art. 2, let. h). La loi sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique leur attribue un rôle important. Ils doivent d’abord vérifier si les fournisseurs de ser- vices de certification remplissent les conditions de la reconnaissance (art. 3, al. 1). Ensuite, ils doivent assurer la surveillance des fournisseurs de services de certifica- tion (art. 15). Il est donc logique qu ’ils répondent de leurs manquements de la même manière que les fournisseurs de services de certification. Il faut cependant souligner que les dommages occasionn és par les fournisseurs de services de certification ne résultent pas n écessairement d ’un manquement de l ’organisme de reconnaissance. En raison du syst ème de reconnaissance et de surveillance, le contr ôle et la sur- veillance ne peuvent être que ponctuels et l ’on ne peut reprocher cet état de fait à l’organisme de reconnaissance. 2.1.7.3 Art. 18 Le délai de prescription relatif des actions en dommages-int érêts prévues aux art. 16 et 17 est d’une année. La loi prévoit aussi un délai de prescription absolu de dix ans à compter du jour o ù le fait dommageable s ’est produit. Ces d élais sont repris du droit de la responsabilit é civile (art. 60 CO). Cependant, le projet de loi sur la r évi- sion et l ’unification du droit de la responsabilit é civile pr évoit des d élais de pres- cription plus longs (art. 55 P-CO) auxquels les d élais de la pr ésente loi devront s’adapter si ce projet entre en vigueur. Le d élai de prescription des pr étentions dé- coulant d’obligations contractuelles que le fournisseur de services de certification a contractées en dehors de la loi f édérale sur les services de certification dans le5445 domaine de la signature électronique demeure inchang é. Ainsi, l ’action visant par exemple la mise à disposition du logiciel n écessaire au fonctionnement de la cl é de signature ne se prescrit – d élai relatif y compris – que dans un d élai de dix ans (art. 127 CO). 2.1.8 Section 8; art. 19 L’art. 19 reprend la solution des art. 14 et 15 LETC et l ’applique par analogie au domaine de la signature électronique. Le Conseil f édéral peut ainsi conclure des conventions internationales destin ées à faciliter l’utilisation et la reconnaissance sur le plan international de la signature électronique et il peut adopter les prescriptions d’exécution nécessaires. La notion de «norme technique» prévue à l’al. 1, let. f, doit être comprise par opposition à celle de «norme juridique ». La notion de «norme technique» possède ainsi une signification plus large que dans la loi f édérale sur les entraves techniques au commerce et recouvre également les normes relatives à la si- gnature électronique. Contrairement à l’art. 3, il ne s ’agit pas ici de la reconnaissance de fournisseurs de services de certification étrangers par un organisme suisse de reconnaissance, mais d’une r ègle de comp étence permettant la reconnaissance transfrontali ère de la signature électronique. L’UE prévoit un devoir de notification pour les prescriptions concernant les services de la soci été de l ’information, auxquels appartiennent les signatures électroniques; en outre, l ’UE peut également octroyer des mandats d ’élaboration de normes à des organismes internationaux de normalisation. Dans la perspective de la conclusion d’une convention sur l ’information et la consultation concernant ces normes, ainsi que de la participation à leur élaboration aupr ès d ’organismes internationaux de normalisation, il convient de donner au Conseil f édéral, à l’art. 19 et par analogie avec l ’art. 14 LETC, la comp étence de conclure de telles conventions et celle de participer à leur élaboration. L ’al. 1, let. f et g, n ’est applicable qu ’aux signatures électroniques; il ne s ’étend pas, comme dans l ’UE, à tous les services de la soci été de l’information. A l’occasion de la r évision de la Convention du 4 janvier 1960 instituant l ’Asso- ciation européenne de Libre-Echange (AELE) (RS 0.632.31, Convention AELE), il est prévu d’introduire entre les pays de l ’AELE un devoir de notification pour les projets normatifs concernant les services de la soci été de l ’information. Afin de re- transcrire en droit national cette modification de l ’annexe H de la Convention AELE, il faut préparer simultanément une révision de la loi f édérale sur les entraves techniques au commerce. Cette r évision impliquera en particulier l ’extension de la compétence du Conseil f édéral pour la conclusion de conventions relatives à la no- tification, s’agissant de prescriptions et de normes relatives à la prestation de servi- ces. Ainsi les prescriptions et les normes relatives à la signature électronique entre- ront dans le champ d ’application de l ’art. 14 LETC. Cette r évision étant peu avan- cée, nous estimons qu’il convient dans l’intervalle de fonder la compétence du Con- seil fédéral sur l ’art. 19. Cependant, cela n ’empêche pas que l ’art. 14 LETC intro- duise à l’avenir une compétence semblable.5446 2.1.9 Section 9 2.1.9.1 Art. 20 L’art. 20, al. 1 et 2, charge le Conseil f édéral d’édicter les dispositions d ’exécution nécessaires. Il peut à cet égard non seulement prendre en consid ération les normes techniques internationales, mais aussi les rendre directement applicables. L’al. 3 pr évoit que le Conseil f édéral peut charger une unit é administrative de d éli- vrer des certificats qualifi és pour les besoins du secteur priv é ou de participer à un fournisseur priv é de services de certification. Cette disposition tient compte de la possibilité qu’aucun fournisseur de services de certification priv é ne demande à être reconnu (cf. ch. 1.4.2.2). 2.1.9.2 Art. 21 L’art. 21 renvoie à l’annexe pour ce qui est des modifications du droit en vigueur. 2.1.9.3 Art. 22 L’art. 22 traite la question (de droit transitoire) du sort des fournisseurs de services de certification qui ont été reconnus en vertu de l ’ordonnance sur les services de certification en vigueur (cf. ch. 1.1). Selon l ’al. 1, cette reconnaissance continue à déployer ses effets sous l ’empire de la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique. Ainsi, les fournisseurs de services de certification qui bénéficient de la reconnaissance en vertu de l ’ordonnance sont dis- pensés de la réclamer à nouveau. Cependant, en vertu de l ’al. 2, ils ont l ’obli-gation d’adapter leurs certificats à la nouvelle situation juridique dans un d élai d’une an- née. La violation de cette obligation a pour cons équence que le certificat et la si- gnature électronique correspondante ne d éploient plus les effets pr évus aux art. 14, al. 2bis et 59a, P-CO. 2.1.9.4 Art. 23 L’art. 23 comprend la clause r éférendaire et r ègle l ’entrée en vigueur de la loi. L’entrée en vigueur de la loi f édérale sur les services de certification dans le do- maine de la signature électronique abroge l’ordonnance sur les services de certifica- tion électronique, limitée dans le temps au 31 décembre 2009 (cf. ch. 1.1).5447 2.2 Modification de lois fédérales 2.2.1 Révision du code civil 2.2.1.1 Art. 942, al. 3 et 4, CC (nouveaux) Il existe d éjà une base l égale r égissant la tenue du registre foncier par traitement électronique de donn ées (registre foncier informatis é), à l ’art. 949 a CC, qui a été adoptée lors de la r évision partielle du code civil (droits r éels immobiliers) et du droit des obligations (vente d’immeubles) du 4 octobre 1991 et est entr ée en vigueur le 1 er janvier 1994. Cette norme, qui pr évoit une d élégation largement con çue permet au Conseil f édéral d ’autoriser les cantons à tenir le registre foncier par traitement électronique de données (al. 1). Elle permet également au Conseil fédéral de régler les conditions d ’une telle tenue ainsi que les exigences qui lui sont li ées (al. 2). En exécution de cette disposition, l ’ordonnance sur le registre foncier (ORF; RS 211.432.1) a été r évisée et compl étée le 23 novembre 1994 (en particulier la section XIII, «Dispositions sp éciales sur la tenue du registre foncier par traitement informatique», en vigueur depuis le 1er janvier 1995). Le principe exprimé aujourd’hui de mani ère implicite à l’art. 949a, al. 1, CC, prin- cipe selon lequel le registre foncier peut être tenu non seulement sur papier mais aussi par TED, figurera explicitement dans la loi. L ’expression «tenue du registre foncier par traitement électronique de données», tombée en désuétude dans le milieu de l ’informatique, sera remplac ée par l ’expression «tenue informatis ée du registre foncier». Par ailleurs, les effets juridiques du registre foncier (les plans ci-inclus), actuellement réglés par voie d ’ordonnance, ont été inclus dans la loi. Pour des rai- sons de syst ématique, les nouvelles dispositions ont été introduites à l’art. 942 CC (par l’adjonction des al. 3 et 4). 2.2.1.2 Art. 949a CC La présente révision du code civil cr ée la base l égale pour la reconnaissance juridi- que de la signature électronique dans le domaine du registre foncier. A cet effet, la norme de délégation de l’art. 949a CC a été reformulée et complétée. En particulier, l’expression «tenue du registre foncier par traitement électronique de données» a été remplacée par l’expression, plus actuelle, de «tenue du registre foncier au moyen de l’informatique». L’al. 1 du nouvel art. 949 a CC reprend le contenu de la disposition actuelle. A l’al. 2, la norme de d élégation actuelle, très générale, est remplacée par une énumé- ration d étaillée des comp étences r églementaires d éléguées au Conseil f édéral. Le Conseil fédéral sera compétent en particulier pour d écider si et à quelles conditions la signature manuscrite pourra être remplacée par la signature électronique dans la communication avec les offices du registre foncier (ch. 3). Les documents, donn ées et communications concernés par cet article sont les r équisitions et les pièces justifi- catives écrites transmises par voie électronique, notamment les contrats et les d écla- rations (art. 963, 964 CC), le consentement (art. 977 CC), les autorisations, mais aussi les extraits du registre foncier, les d écisions de l ’office du registre foncier, les avis obligatoires (art. 969 CC) et les communications aux autorit és transmis par voie électronique.5448 Concernant les pièces justificatives pour lesquelles la forme authentique est requise, l’art. 55, Tit. fin., CC reste valable. Il est du ressort des cantons de d écider de l’admissibilité de la forme authentique électronique (voir ch. 1.4.2.3). Dans la mesure où l’exigence de la forme écrite ne se rapporte pas à un acte de dis- position d’un droit r éel (art. 681 b, al. 2, 732, 828, al. 2, 832, al. 2, 833, al. 3, 886, 900, al. 1 et 903, al. 3, CC), les dispositions sur la forme écrite du code des obliga- tions s ’appliquent aussi aux relations de droit r éel (art. 7 CC). Cela implique que l’exigence de la forme écrite est aussi remplie lorsque le document transmis par voie électronique est signé par les personnes qui s’obligent par une signature électronique qualifiée (art. 14, al. 2bis, P-CO). La solution proposée peut mener à des situations où un contrat conclu par voie élec- tronique est valable, sans qu ’il puisse toutefois servir de l égitimation quant au titre, car le registre foncier n ’est pas (encore) équipé pour communiquer par voie électro- nique avec les particuliers. Dans le cas d ’un contrat constitutif d ’une servitude (art. 732, al. 1, CC) conclu par voie électronique, les parties sont tenues, en vertu de l’art. 2, al. 1, CC, de présenter une version sur papier. Le Conseil f édéral sera de plus comp étent pour r égler l ’admissibilité des requ êtes par voie électronique concernant des donn ées du registre foncier (ch. 4). La r égle- mentation actuelle permet aux cantons de donner acc ès à l’ensemble ou à une partie des donn ées du registre foncier à des autorit és ou des personnes d éterminées (art. 111m ORF). Les modalit és d’accès doivent toutefois être conformes au cadre pr évu par l’art. 970 CC. Pour le droit d ’accès fondé sur un int érêt général (art. 970, al. 2, P-CC), la r églementation actuelle, qui pr évoit que chaque autorisation d ’accès doit être enregistrée, sera probablement maintenue. En outre, la comp étence de r égler la protection des donn ées ainsi que la conserva- tion et l’archivage des données du registre foncier à long terme seront transférées au Conseil f édéral (ch. 5 et 6). La loi f édérale sur la protection des donn ées (LPD; RS 235.1) ne s’applique pas aux registres du droit privé (en particulier, le registre de l’état civil, le registre foncier et le registre du commerce). Dans le domaine du re- gistre foncier, ce sont donc les (26) r églementations cantonales en mati ère de pro- tection des données qui s’appliquent. Au vu de l’évolution technologique dans la te- nue du registre foncier, cette solution n ’est plus satisfaisante. L ’informatisation ac- célérée du registre foncier et la n écessité d’un accès élargi aux donn ées qu’il con- tient (par Intranet ou Internet par exemple) impose une r églementation f édérale uniforme de la protection des donn ées. Pour la tenue électronique du registre de l’état civil, une r églementation analogue a été pr évue (voir message du 21 f évrier 2001 concernant la révision du code civil suisse; FF 2001 1537). Dans le but de garantir notamment l ’accès à long terme à certaines donn ées et leur compatibilité avec d ’autres systèmes d’information quant au sol, l ’al. 3 habilite et oblige la Confédération à définir et à faire appliquer des mod èles de donn ées et des interfaces uniformes, tant pour le registre foncier que pour la mensuration cadas- trale. La mise en place de mod èles de donn ées obligatoires et d ’interfaces officiels réglementés doit aussi permettre l’optimalisation des échanges de données au niveau cantonal, particulièrement entre le registre foncier et la mensuration cadastrale, mais aussi avec d’autres organes étatiques et avec des partenaires ext érieurs et des privés. Ainsi, les cantons pourront être soutenus en cas d ’éventuels changements de sys- tème.5449 2.2.1.3 Art. 970, al. 1 et 2, CC L’al. 1 règle l’accès aux données du grand livre sans justification d ’un intérêt parti- culier. Outre les informations relatives à l’identité du propri étaire, la désignation de l’immeuble et sa description, que les dispositions actuelles – comprises dans une or- donnance – permettent d éjà de consulter, la nouvelle r églementation permet à qui- conque de prendre connaissance, s ’agissant d’un bien-fonds particulier, du type de propriété et de la date d ’acquisition, des inscriptions relatives aux servitudes et aux charges foncières ainsi que des mentions y relatives. Les cantons peuvent mettre ces données à la disposition des int éressés sur Internet. Cet élargissement répond aux besoins de la pratique exprim és depuis la derni ère r évision de l ’art. 970 CC. De plus, en ce qui concerne le type de propri été et la date d ’acquisition, la r églementa- tion est alignée sur celle de l’art. 970a CC. L’accès libre à toutes ces données ne se- ra donn é que pour un bien-fonds d éterminé. En d ’autres termes, la demande d’informations doit avoir un objet spécifique. L’al. 2 pr évoit – comme actuellement – la possibilit é d ’obtenir des informations supplémentaires (y compris le journal, le registre accessoire et les pi èces justificati- ves) ou la d élivrance d’un extrait pour toute personne qui fait valoir un int érêt légi- time. Il ne s ’agira plus seulement d ’un intérêt ponctuel relatif à un cas pr écis, mais aussi d’un intérêt légitime d’ordre général portant sur un nombre indéterminé de cas. Cette nouvelle possibilit é r épond aux besoins de la tenue informatis ée du registre foncier. Un int érêt l égitime général à l ’accès au registre foncier peut par exemple être donné pour les personnes habilit ées à dresser des actes authentiques, les autori- tés fiscales, les autorités de surveillance du registre foncier, ainsi que pour certaines personnes ayant des activités dans l’immobilier ou le domaine hypothécaire. Dans la pratique, cet int érêt d’ordre général fondant le droit d ’accès aux donn ées a d éjà été accordé depuis longtemps aux indépendants actifs en tant que personnes habilit ées à dresser des actes authentiques. S ’agissant de la «tenue du registre foncier par TED », cette pratique a d éjà été consacr ée dans l ’ordonnance sur le registre foncier (art. 111m, al. 2, let. a, ORF). Contrairement à l’al. 1, le droit d ’accès selon l’al. 2 ne se rattache pas uniquement à un bien-fonds mais aussi à des personnes. 2.2.2 Révision du code des obligations 2.2.2.1 Art. 13, al. 2, CO (abrogé) Le projet propose la suppression de l ’art. 13, al. 2, CO. D ’une part, la r ègle sur le télégramme est d ésuète, car la communication par t élégramme n’existe plus au ni- veau national. D ’autre part, la r ègle concernant la lettre (le texte entend par l à l’échange de lettres) est d éjà couverte par l ’al. 1, qui pr évoit que le contrat pour le- quel la loi exige la forme écrite doit être signé par toutes les personnes auxquelles il impose des obligations. Il est clair que l ’échange de documents séparés (signés) suf- fit. Les parties ne doivent donc pas obligatoirement apposer leurs signature sur le même support matériel. Cela vaut aussi pour la signature électronique de données.5450 2.2.2.2 Art. 14, al. 2bis, CO (nouveau) Le nouvel art. 14, al. 2 bis, P-CO est l ’une des dispositions les plus importantes de la révision. Il assimile la signature électronique qualifiée au sens de la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique (art. 2, let. c) à la signature manuscrite traditionnelle au sens de l ’art. 14, al. 1, CO. Seules les signatures attestées par un fournisseur de services de certification reconnu selon le droit suisse (art. 3) ou sur la base d ’une convention internationale (art. 19) seront considérées comme équivalentes à la signature manuscrite. Il faut de plus que le certificat soit établi au nom d ’une personne physique. Un certificat établi pour une personne morale ne peut déployer ces effets. Il en va de même pour un certificat éta- bli sous un pseudonyme à moins que les int éressés ne connaissent l ’identité de la personne qui utilise ce pseudonyme. La nouvelle réglementation aura d’une part son importance dans les cas – certes peu nombreux – o ù la loi prescrit la forme écrite comme condition de validit é d ’une déclaration de volont é – et de sa modification (art. 12 CO) – (voir ch. 1.2.2). Par exemple, la cession d ’une créance (art. 165, al. 1, CO) sera valable si le cr éancier communique sa d éclaration de volont é au cessionnaire par un courrier électronique signé électroniquement. Mais cette norme aura aussi son importance dans les cas o ù les parties ont r éservé la forme écrite pour un contrat, qui peut par ailleurs être conclu sans qu ’une forme particulière ne soit respectée (art. 16, al. 2, CO). Bien entendu, la signature électronique qualifiée ne peut remplacer la signature ma- nuscrite que l à où la loi exige la forme écrite simple, par exemple, la signature ma- nuscrite sous un texte imprim é, dactylographi é ou imprim é par un p ériphérique d’ordinateur. La signature électronique qualifiée ne peut ainsi se substituer à des in- dications écrites à la main (p. ex. l ’art. 493, al. 2, CO concernant l ’indication du montant de la garantie lors d ’un cautionnement par une personne physique qui ne dépasse pas 2000 francs) ou à un document manuscrit (p. ex. l ’art. 505 CC concer- nant le testament olographe). 2.2.2.3 Art. 59a CO (nouveau) L’al. 1 rend le titulaire de la cl é de signature responsable des dommages subis par des tiers parce qu ’ils se sont fi és à un certificat qualifi é, valable et d élivré par un fournisseur de services de certification reconnu au sens de la loi f édérale sur les ser- vices de certification dans le domaine de la signature électronique. Mais cette res- ponsabilité ne peut être illimitée. Elle n’intervient que lorsque l’apparence créée qui cause un dommage à un tiers est imputable au titulaire de la cl é de signature. C ’est le cas lorsque les mesures prises par le titulaire pour éviter une utilisation abusive de sa clé de signature sont jugées insuffisantes. Le Conseil fédéral définira les mesures de s écurité que devra prendre le titulaire de la clé de signature – conformément au vœ u de divers participants à la proc édure de consultation – dans une ordonnance (al. 4). Il devra ainsi notamment d étailler les mesures à prendre pour conserver la carte à puce sur laquelle la cl é de signature est mémorisée et définir le délai dans lequel il faudra annoncer sa perte.5451 L’al. 2 ne fixe pas seulement les sph ères de responsabilit é, mais entra îne aussi un renversement du fardeau de la preuve. Ce renversement se justifie par le fait que le tiers qui se fie à un certificat n ’a pas la possibilit é de contr ôler l’usage que le titu- laire fait de sa cl é de signature. C ’est donc ce dernier qui doit convaincre le juge qu’il a conservé sa clé de signature de manière à ce que l’apparence fausse créée vis- à-vis du tiers ne puisse être attribuée à un manquement de sa part, mais à une autre cause. Le titulaire de la cl é de signature a toujours la possibilit é d’invoquer son incapacit é de discernement au moment de la déclaration de volonté. Comme pour les autres cas de culpa in contrahendo – par exemple celui de la personne qui se pr évaut d’une er- reur (art. 26 CO) –, la responsabilit é du titulaire de la cl é de signature suppose, en plus de l’illicéité, une faute de sa part. La responsabilit é causale du titulaire de la clé de signature – fondée aussi sur la th éorie des sph ères de puissance –, telle que pro- posée par quelques participants à la consultation, va bien au-del à du but voulu et pourrait même s’avérer être un obstacle à la communication par voie électronique: les signatures électroniques ne seront attrayantes que lorsque le titulaire de la cl é de signature n ’aura pas la crainte d ’être jug é comme responsable des cas – que l ’on peut espérer rares – où il agit étant incapable de discernement. La responsabilit é des personnes incapables de discernement fond ée sur l’équité demeure réservée (art. 54 CO). Contrairement à l ’avant-projet mis en consultation, le pr ésent projet renonce à un renversement du fardeau de la preuve allant au-del à de ce qui est pr évu à l’al. 2. Il n’est donc plus stipul é qu ’une d éclaration de volont é sign ée électroniquement est présumée provenir du titulaire de la cl é de signature. Lors de la proc édure de con- sultation, on a considéré à juste titre que cette solution faisait porter au titulaire de la clé de signature un trop grand risque de se voir attribuer des d éclarations de volonté n’émanant pas de lui. L’al. 3 rend aussi le titulaire de la cl é de signature responsable du dommage caus é par des personnes auxquelles il a confi é sa clé. Ainsi, il ne peut pas se lib érer de sa responsabilité en prétendant que c ’est un tiers qui n ’a pas pris les pr écautions pres- crites pour l ’utilisation de la cl é de signature. Cette disposition implique aussi qu ’il n’est pas en soi illicite de mettre sa cl é de signature à disposition de tiers – lorsque cela est techniquement possible. En pratique, les cas o ù un tiers utilise la cl é de si- gnature du titulaire avec son assentiment, sans qu ’il y ait une intention de tromperie ou d ’utilisation abusive, ne seront pas rares. Il n ’y a pas de raison d ’empêcher de tels usages. L’art. 59a P-CO ne porte pas directement sur les cas o ù les parties ont r éparti con- tractuellement les risques li és à l’usage de la signature électronique. Dans ce con- texte, il convient de porter une attention particuli ère aux contrats de cartes de cr édit ou de cartes clients. Dans de tels cas, l ’art. 8, let. a, de la loi f édérale du 19 décembre 1986 contre la concurrence d éloyale (LCD; RS 241) est toutefois ap- plicable. Cette disposition pr évoit que celui qui utilise des conditions g énérales préalablement formul ées qui d érogent notablement au r égime l égal applicable di- rectement ou par analogie et qui sont de nature à induire en erreur le partenaire con- tractuel agit de façon déloyale.5452 2.2.2.4 Art. 929a CO (nouveau) L’art. 929a, al. 1, P-CO étend et précise la norme de délégation générale contenue à l’art. 929, al. 1, CO. Selon celle-ci, le Conseil f édéral peut édicter les prescriptions relatives à l’organisation, à la tenue et à la surveillance du registre du commerce. Il permet au Conseil f édéral d’édicter des r ègles sur la tenue électronique du registre du commerce. Aujourd’hui déjà, le registre du commerce est tenu dans presque tous les cantons de manière électronique. La tenue électronique du registre est en relation étroite avec l ’instauration, demand ée par une large frange de l ’économie, de com- munications et de transactions électroniques entre les autorit és des registres du commerce et les particuliers (cyberadministration). La transmission d’annonces et de pièces justificatives num ériques ne peut permettre de raccourcir et de faciliter le processus d’inscription que si le registre du commerce est tenu sous forme électro- nique. En outre, le Conseil f édéral doit pouvoir édicter des prescriptions concernant l’échange électronique des donn ées entre les autorit és du registre du commerce. Il s’agit d ’une part de la transmission des donn ées entre les divers registres du commerce cantonaux lors du transfert de si ège d’un sujet de droit dans un autre ar- rondissement de registre. D ’autre part, la disposition inclut également la transmis- sion de donn ées par les registres cantonaux à l ’Office f édéral du registre du commerce (OFRC). La transmission des donn ées s ’effectue déjà par voie électro- nique pour la plupart des cantons (env. 80 % des donn ées transmises). Le transfert électronique de donn ées simplifie le processus d ’exploitation, car les donn ées ne sont saisies qu ’une seule fois; aucune saisie manuelle suppl émentaire n ’est nécessaire pour la publication des inscriptions au registre du commerce dans la Feuille officielle suisse du commerce (FOSC). Le délai de publication dans la FOSC est ainsi raccourci. En outre, il en résulte une réduction des coûts. L’équivalence entre la signature électronique qualifi ée et la signature manuscrite pose la question de l ’admissibilité future, par les autorit és du registre du commerce, de réquisitions et de pièces justificatives signées de manière électronique. Les pièces justificatives à produire sont soumises à l’exigence de la forme écrite ou doivent re- vêtir la forme authentique. Elles doivent rester à la disposition du sujet inscrit et des tiers pendant très longtemps (jusqu’à 10 ans après la radiation du sujet au registre du commerce; art. 36, al. 2, ORC). C ’est pourquoi elles sont archiv ées pour une dur ée indéterminée. Si le dépôt de pièces justificatives signées de manière électronique devient possible, il faut auparavant résoudre de nombreux probl èmes relatifs notamment à l’archivage ainsi qu’à la garantie à long terme de la lisibilit é et de la valeur de preuve (conser- vation des donn ées à long terme). La signature électronique assure, au moment de son apposition, une meilleure protection contre les modifications illicites d ’un do- cument électronique. Mais la protection contre la falsification diminue consid éra- blement avec le temps. On ne peut pas exclure que, dans quelques années, des pièces justificatives électroniques puissent être modifi ées ou manipul ées sans laisser de trace. Des probl èmes se posent également eu égard à la possibilit é de v érifier la si- gnature électronique. Les fournisseurs de services de certification doivent conserver les certificats électroniques durant un certain temps apr ès leur échéance ou leur an- nulation (art. 11, al. 5, SCS él). Si la signature électronique d’une pièce justificative déposée au registre du commerce doit être examinée après l’expiration de ce délai, il n’existera plus aucun moyen d ’accéder au certificat public. Des difficult és pratiques5453 résultent également de l’informatisation plus ou moins pouss ée des offices du regis- tre du commerce cantonaux et du fait que divers registres ne disposent pas encore d’un accès à Internet. Globalement, il reste encore à d égager des solutions claires concernant l ’acceptation de pi èces justificatives sous forme électronique destin ées au registre du commerce. Selon l’al. 2, le Conseil f édéral décide quand et à quelles conditions le d épôt de ré- quisitions et de pi èces justificatives par voie électronique est autorisé. En outre, une procédure uniforme sur l’ensemble du territoire suisse s’impose. Seule une telle pro- cédure peut garantir le respect des standards de s écurité n écessaires, ainsi qu ’une communication fluide entre les autorit és du registre du commerce et les particuliers. L’expérience pratique apport ée par «l’informatisation» partielle des registres du commerce cantonaux a montré que l’utilisation de logiciels différents peut engendrer des problèmes lors du traitement et du transfert de donn ées (p. ex. pour les transferts de siège). L’uniformisation permet de r épondre plus simplement et plus rapidement aux développements fulgurants de la technique qu ’une multitude de syst èmes diffé- rents. Pour mener à bien l ’adoption d ’une solution uniforme en Suisse, il convient de tenir compte de mani ère appropri ée des moyens techniques et financiers des cantons. Quant aux pi èces justificatives devant rev êtir la forme authentique, il con- vient d’ajouter que les modalit és sont d éterminées par les cantons, conform ément à l’art. 55, Tit. fin., CC. En cons équence, le pouvoir d ’admettre ou non des actes au- thentiques signés de manière électronique et la réglementation y relative sont du res- sort des cantons (voir ch. 1.4.2.3). L’al. 2 permet au Conseil f édéral de réaliser, par la r églementation de la r équisition électronique au registre du commerce, une mesure souhait ée par un postulat de la commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats (99.3461; Encou- ragement de la création de nouvelles entreprises, du 21 septembre 1999). A la diff érence de la disposition correspondante en droit du registre foncier (art. 949a, al. 2, ch. 5, P-CC), aucune r églementation de la protection des donn ées n’est prévue au niveau de l ’ordonnance, car les r équisitions d ’inscription et les pi èces justificatives du registre du commerce sont g énéralement publiques, selon l ’art. 930 CO. La finalité du registre du commerce est précisément de publier les données dont l’inscription est requise. Une personne morale ne peut agir que par l ’intermédiaire de ses organes (art. 55 CC) et des autres personnes autoris ées à la repr ésenter; leur identité doit donc impérativement être rendue publique. En cons équence, la loi fédé- rale sur la protection des donn ées exclut express ément le registre du commerce de son champ d’application (art. 2, al. 2, let. d, LDes). De plus, il convient d ’autoriser le Conseil f édéral à prescrire aux registres du com- merce l ’établissement d ’extraits certifi és conformes sous forme électronique. Les extraits du registre du commerce certifi és conformes constituent des titres constata- toires. Le préposé au registre du commerce constate par sa l égalisation que, pour un sujet et un moment donn és, les informations mentionn ées dans l ’extrait sont inscri- tes au registre du commerce («image instantanée»). Le caractère probant de tels actes authentiques est par nature fortement limité dans le temps; l’extrait certifié conforme peut en effet être dépassé dès le jour qui suit sa d élivrance. A la diff érence des pi è- ces justificatives du registre du commerce sign ées de mani ère électronique, il n ’en résulte donc que peu de probl èmes quant au maintien de la force probante à long terme.5454 2.2.2.5 Art. 931, al. 2bis CO (nouveau) L’art. 931 CO r ègle la publication des inscriptions au registre du commerce dans la FOSC. Le d éveloppement d’Internet ouvre à la Conf édération la possibilit é d’offrir de nouveaux moyens, modernes, de publication des donn ées du registre du com- merce. L’art. 931, al. 2bis, P-CO permet de clarifier le fait qu’il appartient au Conseil fédéral de publier de mani ère électronique les donn ées éditées dans la FOSC. Au surplus, une norme de d élégation est établie, qui permet l ’introduction d ’un «sys- tème d’alerte». Ce système permet d’informer automatiquement les particuliers, sur requête, de la publication d’informations données dans la FOSC. 2.2.3 Loi sur les topographies, loi sur la protection des marques, loi sur la protection des designs et loi sur les brevets Nous avons relevé précédemment (voir ch. 1.4.2.5) que la loi du 28 ao ût 1992 sur la protection des marques (LPM; RS 232.11), la loi du 25 juin 1954 sur les brevets (LBI; RS 232.14), la loi sur la protection des designs (LDes; FF 2000 2587) et la loi du 9 octobre 1992 sur les topographies (LTo; RS 2 31.2) avaient été complétées pour que la communication électronique avec l ’Institut f édéral de la propri été intellec- tuelle et la gestion électronique des droits protégés reposent sur une loi formelle. Au regard de la «stratégie de publication de la Conf édération», l’accès en ligne aux données des registres est en principe gratuit. La fourniture en ligne de parties ou de l’ensemble du fichier de donn ées, sur la base d ’accords particuliers, peut cependant se faire à titre on éreux (art. 40, al. 4, P-LPM; art. 65 a, al. 4, P-LBI; art. 26 a, al. 4, P-LDes, art. 16a, al. 4, P-LTo). 3 Conséquences financières et effets sur l’état du personnel et de l’économie 3.1 Conséquences financières et effets sur l’état du personnel La loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature élec- tronique donne une base l égale à la reconnaissance par l ’Etat des fournisseurs de services de certification. Cette t âche incombe aux organismes de reconnaissance ac- crédités (art. 2, let. h). S ’il n’en existe pas, les fournisseurs de services de certifica- tion seront reconnus par un organisme d ésigné par le Conseil f édéral (art. 4, al. 2). Exceptionnellement, cet organisme devra également reprendre les t âches d’un four- nisseur de services de certification, au cas o ù celui-ci cesse ses activit és (art. 13, al. 2). Les finances publiques ne seront que peu mises à contribution pour l ’exé- cution de la loi f édérale sur la signature électronique. Si le Service d ’accréditation suisse (SAS) devait toutefois en être charg é, l ’Office f édéral de m étrologie et d’accréditation pourrait avoir besoin de personnel suppl émentaire. Les dépenses qui y sont liées seraient support ées par les organismes de reconnaissance et les fournis- seurs de services de certification ou leurs assurances.5455 Les finances publiques seront mises à contribution dans une mesure bien plus grande s’agissant de la communication électronique avec les registres. Les co ûts en- traînés par l ’archivage à long terme des pi èces justificatives sign ées électronique- ment pourraient être importants. Une estimation de ces co ûts ne sera possible que lorsque les dispositions d ’exécution nécessaires auront été adoptées. Dans le cadre de la gestion électronique du registre d’état civil (voir ch. 1.4.2.5), les co ûts annuels de la base de donn ées centrale ont été estimés à environ 2 millions de francs (FF 2001 1541). Ces coûts seront compensés par un acc ès facilité, et de ce fait meilleur march é, aux données disponibles sous forme numérique. Le fait de ne plus devoir retranscrire les données reçues évite les erreurs et les actions en dommages-int érêts qui en r ésultent contre l’Etat. Il convient enfin de mentionner l’Administration fédérale des impôts, qui devra faire des investissements importants pour que les pi èces comptables et la correspondance signées électroniquement puissent être vérifiées efficacement. 3.2 Conséquences pour l’économie Le commerce électronique est reconnu comme étant d’une grande importance pour l’économie suisse. Comme la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique crée un cadre assurant la s écurité juridique et la confiance, le projet renforce la place économique suisse. Les effets positifs de la loi sont cependant difficilement quantifiables, car il faut tenir compte du fait qu’aujourd’hui déjà la plupart des contrats peuvent être conclus et exécutés par voie électronique. Il convient également de prendre en consid ération les efforts sembla- bles d ’adaptation de l ’ordre juridique aux besoins du commerce électronique qui sont faits à l’étranger. 4 Programme de la législature Le projet est mentionn é dans le rapport du programme de la l égislature 1999–2003 du 1er mars 2000 sous l ’objectif 8 «Maîtrise des défis de la soci été de l ’information et adaptation du r égime régissant les m édias» et dans l ’annexe 2 du programme de législature sous «autres objets» (FF 2000 2188 et 2228). 5 Rapport avec le droit européen L’UE a adopt é une directive particuli èrement importante pour la signature électro- nique: la directive 1999/93/CE du 13 d écembre 1999 sur un cadre communautaire pour les signatures électroniques (JOCE L 13 du 19.1.2000, p. 12 ss). Les Etats membres doivent se conformer à la directive avant le 19 juillet 2001 (art. 13, al. 1). L’art. 5 est la disposition centrale de la directive. Il stipule que les Etats membres veillent à ce que les signatures électroniques avancées basées sur un certificat quali- fié et cr éées par un dispositif s écurisé de cr éation de signature r épondent aux exi- gences légales d’une signature à l’égard de donn ées électroniques de la m ême ma-5456 nière qu’une signature manuscrite r épond à ces exigences à l’égard de donn ées ma- nuscrites ou imprim ées sur papier. La port ée de cette obligation est relativis ée par l’art. 1 de la directive, selon lequel le devoir d ’assurer l’équivalence entre les docu- ments signés à la main et électroniquement ne couvre pas les aspects li és à la con- clusion et à la validit é des contrats lorsque des exigences d ’ordre formel sont pres- crites par la législation nationale ou communautaire. Pour le reste, les Etats membres restent libres de pr évoir des limites à l’utilisation de documents. La directive sur un cadre communautaire pour les signatures électroniques n ’oblige donc pas les Etats membres à adapter leur droit (privé) aux exigences du commerce électronique. L’interdiction de discriminer le commerce électronique découle cependant de l ’art. 9, al. 1, de la directive 2000/31/CE du 8 juin 2000 relative à certains aspects juridi- ques des services de la société de l’information, et notamment du commerce électro- nique, dans le march é int érieur (Directive sur le commerce électronique; JOCE L 171 du 17.7.2000, p. 1 ss). Il pr évoit que les Etats membres doivent veiller à ce que leur système juridique rende possible la conclusion des contrats par voie électroni- que. Mais cette obligation n ’est à nouveau pas compl ète: selon l ’al. 2, elle ne s’applique pas, entre autres, aux contrats qui cr éent ou transfèrent des droits sur des biens immobiliers et aux contrats de s ûretés et garanties fournis par des personnes agissant à des fins qui n’entrent pas dans le cadre de leur activité professionnelle. Le présent projet de loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique correspond aux dispositions du droit europ éen. Concernant la levée des exigences de forme constituant un obstacle à la conclusion des contrats par voie électronique, il va m ême plus loin que ce qui est exig é par le droit euro- péen. Le projet ne fait en effet pas usage de toutes les possibilit és d’exclure la con- clusion d’un contrat par voie électronique auxquelles un Etat membre peut recourir. Inversement, le projet ne rattache certaines cons équences juridiques – dans l ’intérêt de la sécurité du droit – qu’aux signatures électroniques provenant d ’un fournisseur de services de certification préalablement reconnu. Le projet ne répond pas non plus au souhait émis à plusieurs reprises lors de la con- sultation (voir ch. 1.5), de voir les certificats qualifi és provenant de fournisseurs de services de certification europ éens reconnus ex lege en Suisse. Une telle reconnais- sance nécessite la conclusion d’un traité international (art. 19). Ce n ’est que de cette manière que les fournisseurs de services de certification suisses auront la garantie de pouvoir exercer librement leur activité à l’étranger. 6 Bases juridiques 6.1 Constitutionnalité Le projet de loi se fonde sur les art. 95, al. 1, et 122, al. 1, Cst. L’art. 95, al. 1, Cst. donne comp étence à la Confédération de légiférer sur l’exercice des activités économiques lucratives priv ées. Cette comp étence globale de l égiférer en matière économique correspond à l’art. 31bis, al. 2, de l ’ancienne cst. Elle permet en premier lieu d ’édicter des r églementations de police économique. La reconnais- sance (facultative) des fournisseurs de services de certification est une mesure de police économique dans la mesure o ù elle vise à garantir une offre large de services sûrs liés à la certification électronique (art. 1, al. 2, let. a). Le degr é de s écurité de ces services sert au bout du compte la bonne foi dans les affaires.5457 6.2 Délégation de compétences législatives Outre le pouvoir d’édicter des dispositions d’exécution (art. 20, al. 1), la loi f édérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique délègue au Conseil fédéral la réglementation des points suivants: – la désignation de l’organisme d’accréditation (art. 4) – la g énération de cl és de signature et de cl és de v érification de signature (art. 6, al. 1) – le format du certificat (art. 7, al. 4) – l’énumération des documents nécessaires à l’identification (art. 8, al. 2) – la durée minimum pendant laquelle l ’accès aux certificats invalid és est ga- ranti (art. 11, al. 5) – la désignation d’un fournisseur de services de certification de remplacement (art. 13, al. 2) – la tenue informatisée du registre foncier (art. 949a, al. 2, CC) – les mesures nécessaires à la conservation du secret de la clé de signature (art. 59a, al. 4, CO) – la tenue informatisée du registre du commerce (art. 929a et 931, al. 2bis, CO) – la communication électronique dans le domaine de la propri été intellectuelle (annexe, ch. 3 à 6: modification de la loi sur les topographies, de la loi sur la protection des marques, de la loi sur les designs et de la loi sur les brevets). Dans tous ces cas, il s ’agit de points qui, pour permettre une adaptation rapide et souple à l’évolution de la technique, ne doivent pas être réglés au niveau de la loi.Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali Message relatif à la loi fédérale sur les services de certification dans le domaine de la signature électronique (SCSél) In Bundesblatt Dans Feuille fédérale In Foglio federale Jahr 2001 Année Anno Band 1 Volume Volume Heft 41 Cahier Numero Geschäftsnummer 01.044 Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum 16.10.2001 Date Data Seite 5423-5457 Page Pagina Ref. No 10 125 713 Die elektronischen Daten der Schweizerischen Bundeskanzlei wurden durch das Schweizerische Bundesarchiv übernommen. Les données électroniques de la Chancellerie fédérale suisse ont été reprises par les Archives fédérales suisses. I dati elettronici della Cancelleria federale svizzera sono stati ripresi dall'Archivio federale svizzero.