<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText">A. Après avoir accepté un devis qu'ils avaient sollicité, les époux</p> <p class="MsoPlainText">H. ont chargé l'ébénisterie F. SA de la pose de parquet dans leur villa</p> <p class="MsoPlainText">d'Auvernier. Les travaux ont débuté au printemps 1995 et se sont achevés à</p> <p class="MsoPlainText">fin juin 1995. Le 20 juin puis le 29 août 1995, Monsieur et Madame H. ont</p> <p class="MsoPlainText">signalé par écrit à F. SA la présence de divers et importants défauts. Ils</p> <p class="MsoPlainText">lui ont signifié qu'ils refusaient l'ouvrage et l'ont mise en demeure de</p> <p class="MsoPlainText">procéder à l'enlèvement du parquet défectueux, au remboursement de leur</p> <p class="MsoPlainText">acompte de 10'000 francs et au versement de 2'000 francs à titre de</p> <p class="MsoPlainText">dommages-intérêts. Le 5 septembre 1995, F. SA a fait parvenir sa facture</p> <p class="MsoPlainText">aux époux H., présentant un solde en sa faveur de 10'879.96 francs après</p> <p class="MsoPlainText">déduction de l'acompte de 10'000 francs, qui est restée impayée. Le 8</p> <p class="MsoPlainText">septembre, elle a opposé une fin de non-recevoir aux prétentions de ses</p> <p class="MsoPlainText">clients.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Les parties sont alors convenues de procéder à une expertise</p> <p class="MsoPlainText">extrajudiciaire du parquet litigieux. Elles l'ont confiée à B., maître</p> <p class="MsoPlainText">menuisier à Cudrefin, qui a rendu son rapport le 18 décembre 1995 et a</p> <p class="MsoPlainText">répondu à quelques questions complémentaires le 1er février 1996.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Le 11 avril 1996, F. SA, admettant désormais qu'il présentait</p> <p class="MsoPlainText">des défauts dont l'élimination entraînerait des frais disproportionnés, a</p> <p class="MsoPlainText">proposé d'enlever le parquet litigieux, de nettoyer les fonds et</p> <p class="MsoPlainText">d'éliminer toutes traces de colle, enfin de restituer aux époux H. leur</p> <p class="MsoPlainText">acompte de 10'000 francs, dont à déduire néanmoins 2'000 francs</p> <p class="MsoPlainText">correspondant à des prestations qui n'étaient pas touchées par les défauts</p> <p class="MsoPlainText">constatés. Elle sollicitait toutefois des facilités de paiement pour le</p> <p class="MsoPlainText">remboursement des 8'000 francs restants.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Le 6 mai 1996, les époux H. ont formulé une autre offre,</p> <p class="MsoPlainText">consistant en la pose par F. SA d'un nouveau parquet, sous la surveillance</p> <p class="MsoPlainText">de l'expert B., avec établissement d'un nouveau devis soumis à leur</p> <p class="MsoPlainText">acceptation et d'un décompte final avec solde éventuel en faveur de l'une</p> <p class="MsoPlainText">ou l'autre partie. Se ravisant, ils ont refusé le 12 août 1996 toutes</p> <p class="MsoPlainText">nouvelles prestations de F. SA et l'ont informée que n'ayant pas d'autre</p> <p class="MsoPlainText">solution que de conserver le parquet litigieux avec tous ses défauts, ils</p> <p class="MsoPlainText">réclamaient 15'000 francs, soit le remboursement de leur acompte et le</p> <p class="MsoPlainText">paiement de 5'000 francs à titre de dédommagement. F. SA a répondu le 20</p> <p class="MsoPlainText">août 1996 qu'elle prenait acte de la décision de Monsieur et Madame H. de</p> <p class="MsoPlainText">conserver le parquet et qu'elle s'en tenait pour le surplus à son offre de</p> <p class="MsoPlainText">payer 8'000 francs.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">B. Le 23 octobre 1996, les époux H. ont saisi le Tribunal du</p> <p class="MsoPlainText">district de Boudry d'une action dirigée contre F. SA, tendant</p> <p class="MsoPlainText">principalement à la reconnaissance de la validité de la résolution du</p> <p class="MsoPlainText">contrat et au paiement de 18'000 francs plus intérêts, subsidiairement à</p> <p class="MsoPlainText">l'admission d'une réduction du prix de l'ouvrage et au paiement de 15'450</p> <p class="MsoPlainText">francs plus intérêts, le tout sous suite de frais et dépens. La</p> <p class="MsoPlainText">défenderesse a conclu au rejet des conclusions principales de la demande</p> <p class="MsoPlainText">et acquiescé partiellement, à concurrence de 8'000 francs, aux conclusions</p> <p class="MsoPlainText">subsidiaires en réduction du prix, dont elle admettait le principe.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">C. Dans son jugement du 15 septembre 1997, le Tribunal du district</p> <p class="MsoPlainText">de Boudry retient que les parties se sont liées par un contrat d'entre-</p> <p class="MsoPlainText">prise et que l'ouvrage livré présentait d'importants défauts, signalés à</p> <p class="MsoPlainText">temps, qui en réduisaient la valeur de 75 %. Les demandeurs ayant, par</p> <p class="MsoPlainText">lettre du 12 août 1996, décidé de conserver le parquet avec tous ses</p> <p class="MsoPlainText">défauts et de demander un dédommagement, seule l'action en réduction du</p> <p class="MsoPlainText">prix de l'ouvrage était admissible. Le premier juge a alors arrêté la</p> <p class="MsoPlainText">valeur résiduelle du parquet à 4'403.70 francs, à laquelle s'ajoutaient</p> <p class="MsoPlainText">2'941.20 francs pour des prestations non touchées par les défauts, soit au</p> <p class="MsoPlainText">total 7'822.30 francs, TVA comprise. Il a en outre estimé en équité à 500</p> <p class="MsoPlainText">francs le dommage résultant de traces de colle dont la défenderesse répon-</p> <p class="MsoPlainText">dait en raison d'un comportement fautif, et a admis, par 1'700 francs, les</p> <p class="MsoPlainText">frais d'avocat avant procès des demandeurs. Rejetant les autres préten-</p> <p class="MsoPlainText">tions des demandeurs, il a conclu que ceux-ci devaient 5'622.30 francs</p> <p class="MsoPlainText">(7'822.30 moins 500 moins 1'700 francs), avaient payé 10'000 francs</p> <p class="MsoPlainText">d'acompte, avaient donc droit au remboursement de 4'377.70 francs en sorte</p> <p class="MsoPlainText">que la défenderesse, liée par son acquiescement, devait être condamnée à</p> <p class="MsoPlainText">leur payer 8'000 francs plus intérêts.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">D. H. recourent contre ce jugement, en concluant à son annulation</p> <p class="MsoPlainText">et à l'octroi de leurs conclusions principales ou subsidiaires en première</p> <p class="MsoPlainText">instance, ou au renvoi de la cause pour nouveau jugement. Ils soutiennent</p> <p class="MsoPlainText">qu'ils ont d'emblée opté pour la résolution du contrat, que les</p> <p class="MsoPlainText">discussions ultérieures des parties n'ont jamais abouti et que c'est en</p> <p class="MsoPlainText">conséquence à tort que le premier juge a appliqué les principes de</p> <p class="MsoPlainText">l'action en réduction du prix de l'ouvrage. A supposer qu'une réduction du</p> <p class="MsoPlainText">prix doive tout de même intervenir, le premier juge a arbitrairement</p> <p class="MsoPlainText">estimé à 75 % la moins-value de l'ouvrage, qui est en réalité de 100 %.</p> <p class="MsoPlainText">S'agissant enfin des dommages-intérêts auxquels les demandeurs et</p> <p class="MsoPlainText">recourants ont droit, c'est à tort que le premier juge a limité à 500</p> <p class="MsoPlainText">francs les frais d'élimination des taches de colle, qui doivent être admis</p> <p class="MsoPlainText">pour 2'500 francs, et a écarté la prétention de 2'000 francs des</p> <p class="MsoPlainText">demandeurs pour perte de jouissance des pièces concernées de leur villa.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">E. Le premier juge et l'intimée formulent diverses observations et</p> <p class="MsoPlainText">concluent au rejet du recours.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> C O N S I D E R A N T</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est</p> <p class="MsoPlainText">recevable. </p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">2. a) Il est constant que les parties ont conclu un contrat d'en-</p> <p class="MsoPlainText">treprise, au sens des articles 363 et suivants CO, et que l'ouvrage livré</p> <p class="MsoPlainText">a présenté des défauts qui ont entraîné la mise en oeuvre de l'obligation</p> <p class="MsoPlainText">de garantie de l'intimée. Conformément à l'article 368 CO, les recourants</p> <p class="MsoPlainText">pouvaient en conséquence demander la réfection de l'ouvrage, la réduction</p> <p class="MsoPlainText">du prix ou la résolution du contrat. Le choix est alternatif et l'adoption</p> <p class="MsoPlainText">de l'une de ces trois voies entraîne en principe l'extinction des deux</p> <p class="MsoPlainText">autres (Tercier, Les contrats spéciaux 1995 p.438-439; Zindel/Pulver, BlK</p> <p class="MsoPlainText">note 7 ad art.368 CO). Il appartient au maître de l'ouvrage, mais est</p> <p class="MsoPlainText">partiellement limité par les conditions particulières que la loi attache à</p> <p class="MsoPlainText">chaque possibilité. Il s'exerce par une déclaration unilatérale de volonté</p> <p class="MsoPlainText">du maître de l'ouvrage à l'entrepreneur, expresse ou tacite. Il s'agit-là</p> <p class="MsoPlainText">d'un acte formateur. Une fois opéré, le choix est en conséquence définitif</p> <p class="MsoPlainText">et ne peut plus être modifié unilatéralement par le maître de l'ouvrage</p> <p class="MsoPlainText">(Tercier, p.439; Gauch, Der Werkvertrag 196 p.134; Engel, Contrats de</p> <p class="MsoPlainText">droit suisse, 1992 p.422; Gautschi, BeK note 4a ad art.368 CO). Ces</p> <p class="MsoPlainText">règles, de droit dispositif, n'empêchent pas les parties de convenir,</p> <p class="MsoPlainText">expressément ou tacitement, après une déclaration valable de résolution du</p> <p class="MsoPlainText">contrat par le maître, d'une autre forme de réparation, soit la réduction</p> <p class="MsoPlainText">du prix ou la réfection de l'ouvrage (Gauch, p.435).</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> En sus de l'une de ces trois prétentions alternatives, le maître</p> <p class="MsoPlainText">peut exiger des dommages et intérêts de l'entrepreneur qui est en faute</p> <p class="MsoPlainText">(art.368 al.1 et 2 CO).</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> b) En l'occurrence, dès l'apparition et le signalement des</p> <p class="MsoPlainText">défauts, les maîtres ont fait savoir à l'entrepreneur qu'ils refusaient</p> <p class="MsoPlainText">l'ouvrage, exigeaient son enlèvement et le remboursement de l'acompte</p> <p class="MsoPlainText">qu'ils avaient payé. Ce faisant, ils ont manifesté leur volonté de</p> <p class="MsoPlainText">résoudre le contrat avec effet ex tunc. Ils y étaient légalement auto-</p> <p class="MsoPlainText">risés. Bien qu'installé sur le fond des maîtres, l'ouvrage pouvait être</p> <p class="MsoPlainText">enlevé sans inconvénient excessif (à preuve le fait qu'un premier parquet</p> <p class="MsoPlainText">posé par l'intimée avait dû être enlevé après avoir été rendu inutilisable</p> <p class="MsoPlainText">en raison de l'emploi d'une colle inappropriée lors de sa pose), de sorte</p> <p class="MsoPlainText">que la restriction posée à une résolution du contrat par l'article 368</p> <p class="MsoPlainText">al.3 CO n'entre pas en considération. En outre, les défauts présentés par</p> <p class="MsoPlainText">l'ouvrage - dont l'un en réduisait à lui seul la valeur de 50 % à dire</p> <p class="MsoPlainText">d'expert - n'étaient pas de moindre importance, au sens de l'article 368</p> <p class="MsoPlainText">al.2 CO. La résolution du contrat est donc intervenue valablement à fin</p> <p class="MsoPlainText">août 1995.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Les parties ont toutefois entamé ultérieurement des discussions</p> <p class="MsoPlainText">en vue d'une réfection de l'ouvrage, soit l'enlèvement du parquet liti-</p> <p class="MsoPlainText">gieux et la pose d'un nouveau, cela après que l'intimée avait formulé une</p> <p class="MsoPlainText">offre de remise en l'état quo ante des fonds de la villa des recourants et</p> <p class="MsoPlainText">de remboursement (partiel) de l'acompte versé, correspondant quant au</p> <p class="MsoPlainText">principe à la restitution des prestations réciproques consécutive à la</p> <p class="MsoPlainText">résolution d'un contrat. Ces nouvelles discussions signifient que, d'un</p> <p class="MsoPlainText">commun accord, les parties sont revenues sur la résolution du contrat que</p> <p class="MsoPlainText">les maîtres avaient signifiée, faisant ainsi "revivre" le contrat et les</p> <p class="MsoPlainText">droits et obligations qu'il comportait, notamment en matière de garantie</p> <p class="MsoPlainText">des défauts (Gauch, p.435). Les négociations n'ayant pas abouti, il</p> <p class="MsoPlainText">incombait aux maîtres de l'ouvrage de manifester à nouveau leur choix,</p> <p class="MsoPlainText">parmi les trois voies alternatives de l'article 368 CO, ce qu'ils ont fait</p> <p class="MsoPlainText">le 12 août 1996.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">3. a) La lettre des recourants du 12 août 1996 déclare qu'ils</p> <p class="MsoPlainText">entendent conserver le parquet litigieux avec tous ses défauts et demander</p> <p class="MsoPlainText">un dédommagement de 15'000 francs, correspondant au remboursement de</p> <p class="MsoPlainText">l'acompte de 10'000 francs avec intérêts, à la perte de l'ancien parquet,</p> <p class="MsoPlainText">à la diminution de la jouissance de l'objet et à leurs frais d'avocat.</p> <p class="MsoPlainText">Formulé de la sorte, le nouveau choix des recourants est ambigu. La</p> <p class="MsoPlainText">conservation du parquet avec tous ses défauts, assortie d'une demande de</p> <p class="MsoPlainText">dédommagement, donne à penser que les maîtres entendaient exiger une</p> <p class="MsoPlainText">réduction du prix, alors que la demande de remboursement de l'acompte</p> <p class="MsoPlainText">suggère une restitution réciproque des prestations, soit une résolution du</p> <p class="MsoPlainText">contrat. Pour sa part, l'intimée soutient qu'elle a compris cette décla-</p> <p class="MsoPlainText">ration comme la volonté des maîtres d'obtenir une réduction du prix. Ces</p> <p class="MsoPlainText">derniers contestent une telle interprétation de leur déclaration et</p> <p class="MsoPlainText">prétendent avoir voulu la résolution du contrat, non pas tellement il est</p> <p class="MsoPlainText">vrai sur la base de la volonté qu'ils ont manifestée en août 1996 que sur</p> <p class="MsoPlainText">celle signifiée une année auparavant, dont on a vu qu'elle n'était plus</p> <p class="MsoPlainText">l'acte formateur pertinent (v.cons.3b).</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> b) Il apparaît ainsi que l'intimée n'aurait pas compris la</p> <p class="MsoPlainText">volonté réelle que les recourants entendaient manifester, puisque les</p> <p class="MsoPlainText">parties ne sont pas d'accord sur la signification et la portée de la</p> <p class="MsoPlainText">manifestation de volonté des recourants. Il convient en conséquence de</p> <p class="MsoPlainText">tenter de découvrir la volonté présumée des recourants en interprétant</p> <p class="MsoPlainText">leur déclaration selon le principe de la confiance, dans le sens qu'un</p> <p class="MsoPlainText">destinataire de bonne foi pouvait et devait donner à la déclaration en</p> <p class="MsoPlainText">fonction des termes utilisés et d'après toutes les circonstances la</p> <p class="MsoPlainText">précédant et l'accompagnant (interprétation dite normative; ATF 121 III</p> <p class="MsoPlainText">118). En l'occurrence, en août 1995, les recourants avaient clairement</p> <p class="MsoPlainText">manifesté à l'intimée leur intention de résoudre le contrat, en réclamant</p> <p class="MsoPlainText">l'enlèvement du parquet litigieux et la restitution de l'acompte payé</p> <p class="MsoPlainText">(augmentée de dommages-intérêts). Une année plus tard et après avoir</p> <p class="MsoPlainText">envisagé d'autres solutions, ils n'ont pas utilisé les mêmes termes, mais</p> <p class="MsoPlainText">ont déclaré "conserver le parquet (...) avec tous ses défauts et demander</p> <p class="MsoPlainText">un dédommagement (...)". Cette différence dans l'expression de la volonté</p> <p class="MsoPlainText">des auteurs de la déclaration pouvait de bonne foi et devait être comprise</p> <p class="MsoPlainText">comme la manifestation d'une volonté autre que celle annoncée une année</p> <p class="MsoPlainText">auparavant. La décision de conserver le parquet avec ses défauts et de</p> <p class="MsoPlainText">demander un dédommagement ne pouvait dès lors signifier autre chose que la</p> <p class="MsoPlainText">volonté de réclamer une réduction du prix de l'ouvrage : sa réfection</p> <p class="MsoPlainText">était exclue puisqu'il était conservé avec ses défauts, et la résolution</p> <p class="MsoPlainText">du contrat également, le maître ne pouvant l'imposer à l'entrepreneur tout</p> <p class="MsoPlainText">en prétendant conserver l'ouvrage. Il suit de là que c'est à juste titre</p> <p class="MsoPlainText">que le premier juge a appliqué les règles régissant l'action en réduction</p> <p class="MsoPlainText">du prix de l'ouvrage. Le premier moyen des recourants n'est pas fondé.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">4. Le droit à la réduction du prix de l'ouvrage, prévu par l'ar-</p> <p class="MsoPlainText">ticle 368 al.2 CO, autorise le maître à réduire le prix convenu en pro-</p> <p class="MsoPlainText">portion de la moins-value consécutive aux défauts. Concrètement, il y a</p> <p class="MsoPlainText">lieu de définir la valeur objective de l'ouvrage sans défaut et sa valeur</p> <p class="MsoPlainText">objective avec les défauts dont il est affecté. Le prix convenu doit</p> <p class="MsoPlainText">ensuite être réduit dans la proportion ainsi déterminée, ce qui peut</p> <p class="MsoPlainText">permettre dans certains cas au maître d'obtenir une réduction du prix</p> <p class="MsoPlainText">alors même que la valeur de l'ouvrage avec défaut atteint, voire dépasse</p> <p class="MsoPlainText">le prix convenu (Tercier, p.441-442). En pratique toutefois, la valeur</p> <p class="MsoPlainText">objective de l'ouvrage sans défaut est présumée égale au prix convenu,</p> <p class="MsoPlainText">alors que la moins-value est présumée égale au coût de réfection de</p> <p class="MsoPlainText">l'ouvrage. Il incombe dès lors à la partie qui entend s'écarter de ces</p> <p class="MsoPlainText">présomptions de rapporter la preuve de valeurs différentes.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> En l'occurrence, le premier juge a arrêté à 17'600 francs en</p> <p class="MsoPlainText">chiffres ronds la valeur objective du parquet à prendre en considération,</p> <p class="MsoPlainText">quelques éléments de la facture totale de 20'556 francs (hors TVA) con-</p> <p class="MsoPlainText">servant toute leur valeur car indépendants et exempts de défauts, ce que</p> <p class="MsoPlainText">les recourants ne contestent pas. Il a ensuite évalué ex aequo et bono la</p> <p class="MsoPlainText">moins-value consécutive aux défauts à 75 %, considérant qu'à dire d'ex-</p> <p class="MsoPlainText">pert, un seul des défauts présents justifiait déjà une réduction de 50 %,</p> <p class="MsoPlainText">qu'à ce défaut s'en ajoutaient d'autres, mais qu'en revanche, le parquet</p> <p class="MsoPlainText">litigieux conservait tout de même une certaine utilité. Conformément à</p> <p class="MsoPlainText">l'article 8 CC, il incombait aux recourants, qui entendaient déduire des</p> <p class="MsoPlainText">droits de l'article 368 CO, de rapporter la preuve du coût d'une remise en</p> <p class="MsoPlainText">état de l'ouvrage - présumé égal à sa moins-value - ou de toute autre</p> <p class="MsoPlainText">valeur, soit en particulier, comme ils l'allèguent, que la valeur</p> <p class="MsoPlainText">résiduelle du parquet était nulle (la question de savoir si une</p> <p class="MsoPlainText">moins-value totale autorise encore une réduction du prix étant au</p> <p class="MsoPlainText">demeurant controversée; v.Tercier, p.442; Venturi, in DC 3/95 p.51 et</p> <p class="MsoPlainText">suivantes). Or, aucune valeur effective du parquet avec défauts ne résulte</p> <p class="MsoPlainText">de la procédure d'administration des preuves; en particulier, l'expertise</p> <p class="MsoPlainText">ne permet d'arriver à aucun chiffre, s'agissant de la moins-value propre</p> <p class="MsoPlainText">aux autres défauts que celui pour lequel l'expert l'a fixée à 50 %. Le</p> <p class="MsoPlainText">coût d'une réfection du parquet ne résulte pas non plus de l'expertise,</p> <p class="MsoPlainText">même si celle-ci indique que sa réparation exigerait qu'il fût démonté.</p> <p class="MsoPlainText">Dans ces conditions, les recourants ne sauraient faire grief au premier</p> <p class="MsoPlainText">juge de s'être arrêté à 75 %, alors même qu'ils n'avaient ni allégué ni</p> <p class="MsoPlainText">rendu vraisemblable que les conditions d'une évaluation "en équité"</p> <p class="MsoPlainText">(art.42 al.2 CO, 99 al.3 CO) auraient été remplies. Le moyen doit être</p> <p class="MsoPlainText">rejeté.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">5. Il est dès lors superflu d'examiner encore si le premier juge a</p> <p class="MsoPlainText">ou non correctement évalué les dommages-intérêts auxquels les recourants</p> <p class="MsoPlainText">pouvaient prétendre, en sus de la réduction du prix, s'agissant de</p> <p class="MsoPlainText">l'élimination de traces de colle. Il suffit en effet de constater que, sur</p> <p class="MsoPlainText">ce point non plus, les recourants n'ont pas administré de preuves adé-</p> <p class="MsoPlainText">quates et qu'à la suite de l'acquiescement de l'intimée, ils reçoivent</p> <p class="MsoPlainText">3'622.30 francs (8'000 francs moins 4'377.70 francs) de plus que le</p> <p class="MsoPlainText">montant retenu par le premier juge. Cette différence comprendrait les</p> <p class="MsoPlainText">prétentions supplémentaires des recourants, en élimination des traces de</p> <p class="MsoPlainText">colle et perte de jouissance momentanée de leur villa, à supposer que</p> <p class="MsoPlainText">celles-ci fussent fondées.</p> <p class="MsoPlainText">6. Entièrement mal fondé, le recours doit être rejeté, frais et</p> <p class="MsoPlainText">dépens à la charge des recourants.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> Par ces motifs,</p> <p class="MsoPlainText"> LA COUR DE CASSATION CIVILE</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">1. Rejette le recours.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">2. Condamne solidairement les recourants à payer 660 francs de frais,</p> <p class="MsoPlainText"> qu'ils ont avancés, et à verser 500 francs de dépens à l'intimée.</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText">Neuchâtel, le 23 janvier 1998</p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> </p> <p class="MsoPlainText"> AU NOM DE LA COUR DE CASSATION CIVILE</p> <p class="MsoPlainText"> Le greffier L'un des juges</p> <p class="MsoPlainText"> </p> </div></body></html>