<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">6B_936/2008 /rod </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 22 janvier 2009 </div> <div class="para">Cour de droit pénal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Favre, Président, </div> <div class="para">Wiprächtiger et Mathys </div> <div class="para">Greffière: Mme Angéloz. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">recourante, représentée par Me Estelle Chanson, avocate, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public du canton de Vaud, </div> <div class="para">rue de l'Université 24, 1005 Lausanne, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Demande de relief, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt du Tribunal cantonal </div> <div class="para">du canton de Vaud, Cour de cassation pénale, </div> <div class="para">du 3 juin 2008. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Par jugement contumacial du 4 octobre 2002, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de La Côte a condamné X.________, pour escroquerie par métier, à 4 ans de réclusion. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Sur demande de relief de l'accusée, le tribunal a fixé une audience de reprise de la procédure le 23 janvier 2004. L'accusée ne s'étant pas présentée, il a confirmé le jugement du 4 octobre 2002. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Par jugement du 7 mai 2008, la Présidente du Tribunal de l'arrondissement de La Côte a rejeté une seconde demande de relief de l'accusée. Elle a considéré que l'empêchement invoqué, à savoir la crainte que disait éprouver l'accusée suite à une expédition punitive dirigée contre elle en 1996, n'était nullement étayé et ne constituait pas un cas de force majeur justifiant un défaut à l'audience. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le recours formé par l'accusée contre ce jugement a été rejeté par arrêt du 13 juin 2008 de la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">X.________ forme un recours en matière pénale au Tribunal fédéral. Se plaignant d'atteintes à ses droits constitutionnels, elle conclut à l'admission de sa demande de relief, subsidiairement au renvoi de la cause à l'autorité cantonale. Elle sollicite l'assistance judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Une réponse n'a pas été requise. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Considérant en droit: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">La recourante se plaint d'une violation de son droit à être jugée en sa présence découlant du droit d'être entendu garanti par l'<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span> et du droit à un procès équitable consacré par l'<span class="artref">art. 6 ch. 1 CEDH</span>. Elle invoque par ailleurs une application arbitraire de l'<span class="artref">art. 407 al. 1 CPP</span>/VD, qui prévoit que le relief ne peut être accordé qu'une fois, à moins que le défaillant n'établisse qu'il a été empêché par une force majeure de se présenter à l'audience de reprise de la cause. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1.1 La recourante ne prétend pas et n'établit en tout cas pas conformément à l'<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span> (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=23&amp;from_date=14.01.2009&amp;to_date=02.02.2009&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-IV-286%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page286">ATF 133 IV 286</a> consid. 1.4 p. 287) que l'<span class="artref">art. 407 al. 1 CPP</span>/VD lui accorderait une protection plus étendue de la garantie qu'elle invoque que celle qu'elle peut déduire des <span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span> et 6 ch. 1 CEDH. Elle n'étaye d'ailleurs pas son grief de violation du droit cantonal par une argumentation distincte. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1.2 Le droit de l'accusé d'être jugé en sa présence, qui est un aspect du droit à un procès équitable, ne confère certes pas un droit inconditionnel à obtenir un second relief et, en particulier, à ce qu'il soit octroyé sans motif suffisant et dûment établi. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La recourante justifie sa seconde demande de relief par le fait qu'elle aurait été victime, en 1996, en un lieu qu'elle ne précise pas, d'une expédition punitive, dont le motif et les circonstances sont totalement inconnus, faute de toute explication de sa part à ce sujet. A l'en croire, cet événement l'aurait traumatisée au point qu'il l'empêchait, en 2004 encore, de comparaître à l'audience de jugement, traumatisme qu'elle n'a jamais établi d'une quelconque manière. Il est manifeste, dans ces conditions, que le refus de lui accorder un second relief ne viole aucunement son droit d'être entendu et ne procède pas plus d'une application arbitraire, c'est-à-dire manifestement insoutenable, de l'<span class="artref">art. 407 al. 1 CPP</span>/VD. Dénué de tout fondement, le grief ne peut être que rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Se prévalant de l'<span class="artref">art. 5 al. 2 Cst.</span>, qui pose le principe que l'activité de l'Etat doit répondre à un intérêt public et être proportionné au but visé, la recourante soutient que le refus de sa seconde demande de relief ne se justifie par aucun intérêt public et viole le principe de la proportionnalité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que ce grief aurait été soulevé devant la cour cantonale. Du moins cette dernière ne l'a-t-elle pas examiné, sans que la recourante ne s'en plaigne, ni ne prétende et moins encore ne démontre qu'elle n'aurait pu l'invoquer en vertu du droit cantonal de procédure. Le moyen est donc nouveau et, partant irrecevable, faute d'épuisement des instances cantonales (cf. <span class="artref">art. 80 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au demeurant, le grief n'eut pu être que rejeté. Il y a un intérêt public évident à ne pas donner suite à une seconde demande de relief qui n'est étayé par aucun motif suffisant qui soit établi, au point qu'elle pouvait s'apparenter à un abus de droit, et refuser un telle demande parce qu'elle ne satisfait aucunement à cette exigence ne viole en rien le principe de la proportionnalité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. Comme il était d'emblée voué à l'échec, l'assistance judiciaire ne saurait être accordée (<span class="artref">art. 64 al. 1 LTF</span>). La recourante devra donc supporter les frais (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>), dont le montant sera toutefois fixé en tenant compte de sa situation financière. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">La requête d'assistance judiciaire est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 800 fr., sont mis à la charge de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de cassation pénale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 22 janvier 2009 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Cour de droit pénal </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">Le Président: La Greffière: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Favre Angéloz </div> </div></body></html>