<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp295888"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>108 II 85<br/><br/><br/><div class="paraatf">16. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour civile du 6 mai 1982 dans la cause dame G. contre C. (recours en réforme)</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp297248"></a> <a name="idp301328"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 106 SchKG</span>, 177 Abs. 1 und 248 Abs. 1 ZGB. Arrestierung eines Geldbetrages, den der Schuldner schenkungsweise auf das Bankkonto seiner Ehefrau einbezahlt hat. Gutheissung der von der Ehefrau erhobenen Widerspruchsklage. <div class="paratf">Damit eine Schenkung des Ehemannes an die Ehefrau Dritten entgegengehalten werden kann, bedarf es keiner Eintragung in das Güterrechtsregister (Änderung der Rechtsprechung). </div> </div> </div> <a name="idp305040"></a> <br/><div> <a name="idp308608"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> <span class="small">ab Seite 86</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page86"></a><div class="center pagebreak">BGE 108 II 85 S. 86</div> </div> <div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp310768"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span>a) Il est constant que, le 8 août 1973, G. a fait donation à son épouse de la somme de 200'000 dollars, qu'il a versée au compte ouvert à dame G. auprès du Crédit Lyonnais, à Genève.</div> <div class="paraatf">b) Aux termes de l'<span class="artref">art. 177 al. 1 CC</span>, tous actes juridiques sont permis entre époux. Cependant, selon l'alinéa 2 de cette disposition, leurs actes juridiques relatifs aux apports de la femme ou aux biens de la communauté ne sont valables que s'ils ont été approuvés par l'autorité tutélaire. Les donations faites par le mari à la femme ne sont pas soumises à cette exigence (<span class="bgeref_err">ATF 47 II 117</span> /118 consid. 1). L'autorité cantonale l'admet en l'espèce. Elle considère en outre, avec raison, que l'<span class="artref">art. 188 al. 1 CC</span>, selon lequel les liquidations entre époux ne peuvent soustraire à l'action des créanciers d'un conjoint ou de la communauté les biens sur lesquels ils pouvaient exercer leurs droits, n'est pas applicable aux donations entre époux, car la donation en elle-même ne constitue pas une liquidation entre époux (<span class="bgeref_err">ATF 61 II 316</span> /317 consid. 1).</div> <div class="paraatf">En revanche, se fondant sur un principe énoncé dans l'arrêt <span class="bgeref_err">ATF 47 II 118</span> consid. 1, la Cour de justice estime que les donations du mari à la femme ne sont opposables aux tiers que si les prescriptions de l'<span class="artref">art. 248 al. 1 CC</span> sauvegardant les droits des tiers ont été observées, savoir si ces donations ont été inscrites au registre des régimes matrimoniaux. Dès lors, dit-elle, faute d'une telle inscription, la donation litigieuse n'est pas opposable aux intimées et la revendication de dame G. sur le compte séquestré doit être rejetée.</div> <div class="paraatf">c) Dans <span class="bgeref_err">ATF 47 II 118</span> consid. 1, le Tribunal fédéral s'exprime brièvement, presque incidemment, sans avancer de motif à l'appui de son opinion. Le passage du commentaire de EGGER (1re éd.) auquel il se réfère (n. 4 b ad <span class="artref">art. 177 CC</span>) ne fait pas allusion à l'<span class="artref">art. 248 CC</span>. Quand elle ne critique pas cette jurisprudence, la doctrine se borne, le plus souvent, à la citer (cf. HOMBERGER, Das Schweizerische Zivilgesetzbuch, 2e éd., p. 76/77; TUOR/SCHNYDER, Das Schweizerische Zivilgesetzbuch, 9e éd., <a name="page87"></a><div class="center pagebreak">BGE 108 II 85 S. 87</div>p. 171). ROSSEL ET MENTHA (Manuel du droit civil suisse, 2e éd., I p. 406 n. 1) estiment que les <span class="artref"><artref id="CH/210/177/248" type="start"></artref><artref id="CH/210/177/2" type="start"></artref>art. 177 al. 2 et 248 CC</span><artref id="CH/210/177/248" type="end"></artref><artref id="CH/210/248" type="end"></artref> ne s'appliquent pas nécessairement aux mêmes actes, "la ratio legis n'étant point pareille dans les deux éventualités". Mais cette interprétation est incompatible avec le texte légal, notamment dans sa version allemande: pour définir les actes juridiques entre époux qui doivent être inscrits au registre des régimes matrimoniaux, l'<span class="artref">art. 248 al. 1 CC</span> reprend presque mot à mot les termes de l'<span class="artref">art. 177 al. 2 CC</span> (LEMP, n. 83 ad <span class="artref">art. 248 CC</span>). Comme l'ont démontré GAMPERT (Les actes juridiques entre époux. Etude de l'article 177 du Code civil suisse, thèse Lausanne 1924, p. 116/117) et LEMP (n. 83-84 ad <span class="artref">art. 248 CC</span>), il n'y a pas de raison d'étendre la sphère d'application de l'<span class="artref">art. 248 CC</span> au-delà de celle de l'<span class="artref">art. 177 al. 2 CC</span>. En principe, les époux sont libres de contracter entre eux. Mesures d'exception, les dispositions qui établissent des règles exorbitantes du droit commun doivent être interprétées limitativement. Les intérêts des créanciers sont suffisamment sauvegardés par l'<span class="artref">art. 188 CC</span> et par les <span class="artref">art. 285 ss LP</span> (cf. LEMP, n. 81 ad <span class="artref">art. 248 CC</span>).</div> <div class="paraatf">La jurisprudence d'<span class="bgeref_err">ATF 47 II 118</span> consid. 1 est d'ailleurs restée isolée. Dans un arrêt postérieur (<span class="bgeref_err">ATF 74 II 75</span> consid. 2), le Tribunal fédéral a dit que, dans le cadre du régime légal de l'union des biens, la donation à la femme des revenus de ses apports (aussi longtemps que la jouissance lui est abandonnée) n'a pas besoin, pour être opposable aux tiers, du consentement de l'autorité tutélaire selon l'<span class="artref">art. 177 al. 2 CC</span>, ni de l'inscription au registre des régimes matrimoniaux en vertu de l'<span class="artref">art. 248 al. 1 CC</span>: en effet, une telle donation concerne des valeurs qui appartiennent au mari de par la loi et qui n'augmentent le patrimoine de la femme que par le fait même de la donation. Ce qui est dit dans cet arrêt vaut pour toute donation faite par le mari à la femme.</div> <div class="paraatf">d) Dès lors que les sommes encore actuellement déposées sur le compte séquestré proviennent d'une donation régulière et que cette donation pouvait se faire librement, la revendication de la recourante apparaît fondée.</div> </div></body></html>