An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 9. Dezember 2019
Embargo: 9. Dezember 2019, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 15. November 2019 (1B_164/2019)
Tragweite des Territorialitätsprinzips hinsichtlich der Verwendung von Aufzeichnungen, die von geheimen, in der Schweiz
bewilligten technischen Überwachungsmassnahmen stammen
Das Bundesgericht umschreibt die Voraussetzungen, unter denen im Ausland
vorgenommene Aufzeichnungen im Rahmen geheimer, in der Schweiz bewilligter,
technischer Überwachungsmassnahmen in einem Strafverfahren verwendet werden
können. Die von einer schweizerischen Behörde erteilte Bewilligung umfasst nur Aufzeichnungen, die in der Schweiz vorgenommen wurden. 
Der Beschwerdeführer hat mutmasslich einem Rauschgifthändlerring angehört, der an
der Waadtländer Riviera tätig ist. Zwischen Juni 2017 und März 2018 erhielt die Staatsanwaltschaft des Kreises Waadt Ost vom Zwangsmassnahmengericht die Bewilligung,
namentlich geheime technische Überwachungsmassnahmen anzuwenden. In mehreren
vom Beschwerdeführer verwendeten Fahrzeugen wurden GPS-Tracker und Mikrophone
angebracht. Während der Überwachungsdauer begab sich der Beschwerdeführer
wiederholt mit dem Auto ins Ausland. Er beschwerte sich erfolglos bei der Staatsanwaltschaft und bei der strafrechtlichen Rekurskammer des Kantons Waadt gegen die Verwendung der auf diesem Weg im Ausland erlangten Aufzeichnungen. 
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde gut und weist die Sache an die Vorinstanz
zurück. Diese hat die Örtlichkeiten zu bestimmen, an welchen Aufzeichnungen erfolgt
sind sowie das anwendbare Recht, soweit dies ausserhalb der Schweiz geschehen ist.
Falls keine internationalen Abkommen bestehen, welche die Aufzeichnungen durch
Schweizer Behörden auf ausländischem Territorium ohne weitere  – insbesondere vorgängige – Formalitäten gestatten, hat das kantonale Gericht die unverzügliche Vernichtung dieser in unerlaubter Weise erlangten Beweismittel zu veranlassen. Dasselbe
gilt für Aufzeichnungen, die nicht lokalisiert werden können.
Wie das Bundesgericht weiter darlegt, kann von den Schweizerischen Strafverfolgungsbehörden in der Tat nicht erwartet werden, dass sie sich von eventuellen Fahrten mit in
der Schweiz rechtmässig überwachten Personenwagen ins Ausland vorzeitig Kenntnis
verschaffen. Aufgrund des Territorialitätsprinzips darf ein Staat jedoch keine Ermittlungs- und strafrechtlichen Verfolgungsmassnahmen auf dem Gebiet eines anderen
Staates vornehmen, ohne dass dieser zustimmt. Eine technische Überwachungsmassnahme auf dem Gebiet eines anderen Staates muss in der Regel in Anwendung
des internationalen Rechts (Staatsvertrag, bilaterales Abkommen, internationales Gewohnheitsrecht) oder, falls keine solche völkerrechtliche Grundlage vorliegt, nach Massgabe der vorgängigen Zustimmung des betroffenen Staates, mit Rücksicht auf die
Regeln der internationalen Rechtshilfe in Strafsachen, in die Wege geleitet werden.
Im vorliegenden Fall hat die Staatsanwaltschaft es unterlassen, die ausländischen Behörden um Zustimmung zur Vornahme geheimer technischer Vorkehren zu ersuchen.
Davon durfte sie jedoch nicht absehen, da Regeln auf dem Gebiet der Rechtshilfe
fehlen, welche die getroffenen Vorkehren von vornherein als zulässig erklären. Mangels
Einwilligung der Behörden der betroffenen ausländischen Staaten sind die im Ausland
vorgenommenen Aufzeichnungen zurzeit nicht erlaubt und dürfen nicht verwendet
werden. A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 9 décembre 2019
Embargo : 9 décembre 2019, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 15 novembre 2019 (1B_164/2019)
Portée du principe de territorialité pour l'exploitation 
d'enregistrements issus de mesures techniques de surveillance 
secrètes autorisées en Suisse
Le Tribunal fédéral précise les conditions dans lesquelles des enregistrements
effectués à l'étranger, dans le cadre de mesures techniques de surveillance secrètes
valablement autorisées en Suisse, peuvent être exploités au cours d’une procédure
pénale.  L'autorisation  délivrée  par  une  autorité  suisse  n'englobe  que  les
enregistrements effectués sur le territoire suisse.
Le recourant est présumé avoir participé à un réseau de trafiquants de drogue opérant
sur la Riviera vaudoise. Entre juin 2017 et mars 2018, le Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois a obtenu, auprès du Tribunal des mesures de contrainte,
l'autorisation de mettre en œuvre, notamment, des mesures techniques de surveillance
secrètes. Une balise GPS et des micros ont été placés dans plusieurs véhicules utilisés
par le recourant. Durant la période de surveillance, le recourant s'est rendu à l'étranger
en voiture à plusieurs reprises. Il s'est opposé sans succès auprès du Ministère public,
puis devant la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal vaudois, à l'exploitation des enregistrements effectués à l’étranger par ce biais.
Saisi d'un recours en matière pénale, le Tribunal fédéral admet celui-ci et renvoie la
cause à l'autorité précédente pour qu'elle détermine les lieux des enregistrements, ainsi
que le droit applicable pour ceux effectués hors de la Suisse  ; en l’absence notamment
de traités internationaux autorisant ces enregistrements par des autorités suisses sur le
territoire étranger sans autre formalité – en particulier préalable –, la Cour cantonale
ordonnera la destruction immédiate de ces moyens de preuves illicites, ainsi que de
ceux dont le lieu d’enregistrement ne pourrait pas être déterminé.
Le Tribunal fédéral rappelle que certes il ne peut être attendu des autorités de
poursuites pénales suisses qu’elles anticipent par principe d’éventuels déplacements à
l’étranger de véhicules mis valablement sous surveillance en Suisse. Cela étant, eu
égard au principe de territorialité, un État ne peut effectuer des mesures d’instruction et
de poursuite pénale sur le territoire d'un autre État sans le consentement de ce dernier.
Une mesure technique de surveillance sur le territoire d’un autre État doit donc, dans la
règle, être mise en œuvre en vertu du droit international (traité, accord bilatéral, droit
international coutumier) ou, à défaut, en vertu du consentement préalable de l’État
concerné dans le respect des règles régissant l’entraide internationale en matière
pénale.
En l'espèce, le Ministère public n'a pas saisi les autorités étrangères de requêtes en lien
avec les mesures techniques secrètes effectuées, ce qu’il ne pouvait pas se dispenser
de faire en l’absence, a priori, de règles en matière d’entraide autorisant les mesures en
cause. A défaut d’avoir obtenu le consentement des autorités des pays étrangers
concernés, les enregistrements effectués à l'étranger sont donc en l'état illicites et inexploitables.