<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">6A.88/2006 /rod </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 29 mars 2007 </div> <div class="para">Cour de cassation pénale </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Schneider, Président, </div> <div class="para">Wiprächtiger et Zünd. </div> <div class="para">Greffier: M. Fink. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">Service des automobiles du canton de Vaud, </div> <div class="para">1014 Lausanne, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">intimé, </div> <div class="para">Tribunal administratif du canton de Vaud, </div> <div class="para">avenue Eugène-Rambert 15, 1014 Lausanne. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Retrait du permis de conduire, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours de droit administratif [OJ] contre l'arrêt du Tribunal administratif du canton de Vaud du 18 octobre 2006. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits : </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Le 24 avril 2005, vers 17 heures 20, X.________ circulait sur la chaussée montagne de l'autoroute Lausanne-Sierre en direction de Villeneuve. Afin de quitter l'autoroute à Villeneuve, il s'est déplacé sur la bande d'arrêt d'urgence pour remonter les files très lentes en raison d'un encombrement dû aux travaux dans le tunnel de Glion. Il a ainsi roulé environ 500 m, à 40 km/h, sur la bande d'arrêt d'urgence. Il a été interpellé près de 300 m avant la jonction de Villeneuve. La chaussée était sèche. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par une décision du 4 octobre 2005, le Service vaudois des automobiles et de la navigation (abrégé SAN) a ordonné le retrait du permis de conduire de l'intéressé durant un mois. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Par un arrêt du 18 octobre 2006, le Tribunal administratif du canton de Vaud a admis le recours de l'intéressé, considérant que le cas était de très peu de gravité et ne justifiait pas le prononcé d'une mesure administrative. </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">En temps utile, le SAN a saisi le Tribunal fédéral d'un recours de droit administratif tendant à l'annulation de l'arrêt du 18 octobre 2006 et à la confirmation du retrait du permis de conduire durant un mois. En résumé, le SAN soutient que l'infraction doit être qualifiée de moyennement grave au sens de l'<span class="artref">art. 16b al. 1 let. a LCR</span> avec retrait de permis obligatoire selon l'<span class="artref">art. 16b al. 2 let. a LCR</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le SAN a sollicité l'effet suspensif. </div> <div class="para">D. </div> <div class="para">Le Tribunal administratif a conclu au rejet du recours soulignant que l'intensité de la mise en danger était douteuse et que dans de nombreux cas analogues, en rapport avec les travaux dans les tunnels de Glion, le SAN n'avait pas recouru. </div> <div class="para">E. </div> <div class="para">Invité à déposer une réponse éventuelle, l'intimé a conclu au maintien de la décision attaquée estimant un retrait du permis disproportionné. Il soutient que l'amende préfectorale de 350 fr., qu'il a payée, constituerait une punition suffisante alors qu'il n'a pas créé de danger pour autrui. Un retrait perturberait sérieusement sa vie familiale. Il fait valoir sa réputation sans tache non seulement en tant que conducteur mais également en tout domaine de sa vie publique. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral considère en droit: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">L'arrêt attaqué est antérieur à l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2007, de la Loi sur le Tribunal fédéral (LTF; RO 2006 1205). Conformément à l'<span class="artref">art. 132 al. 1 LTF</span>, c'est ici sur la base de l'ancien droit de procédure, soit les <span class="artref">art. 97 ss OJ</span>, que la présente cause doit être tranchée. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">En 2004 puis 2005, les deux tunnels parallèles de l'autoroute A9 situés à Glion ont été successivement fermés plusieurs mois, pour des travaux visant la mise aux normes de sécurité. Cela a causé d'innombrables bouchons ou ralentissements. De nombreux usagers de l'autoroute ont utilisé la bande d'arrêt d'urgence afin d'atteindre rapidement la sortie. La police les a dénoncés pour dépassement par la droite et usage illicite de la bande d'arrêt d'urgence (<span class="artref">art. 35 al. 1 LCR</span>; 8 al. 1 et 36 al. 3 OCR). Le SAN a prononcé des retraits du permis de conduire. Certains conducteurs ont recouru au Tribunal administratif vaudois qui leur a donné gain de cause considérant que la mise en danger et la faute étaient trop bénignes pour justifier une mesure administrative. Parfois, cette autorité a admis l'erreur de droit car les médias avaient laissé croire à une certaine tolérance dans ce domaine. Dans quelques cas, un simple avertissement a été prononcé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le SAN a saisi le Tribunal fédéral d'une dizaine de recours. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Dans sa séance du 11 janvier 2007, la Cour de céans a admis le recours du SAN dans une cause analogue à la présente affaire (arrêt 6A.53/2006 du 11 janvier 2007 destiné à la publication). Ses considérants sont en résumé les suivants. </div> <div class="para">3.1 L'interdiction du dépassement par la droite découle de l'<span class="artref">art. 35 al. 1 LCR</span>. Il y a dépassement lorsqu'un véhicule plus rapide rattrape un véhicule circulant plus lentement dans la même direction, le devance et poursuit sa route devant lui. Dans la règle, le fait de déboîter et de se rabattre n'est pas indispensable pour qu'il y ait dépassement (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=26.03.2007&amp;to_date=14.04.2007&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-IV-192%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page192">ATF 126 IV 192</a> consid. 2a p. 194; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=26.03.2007&amp;to_date=14.04.2007&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F115-IV-244%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page244">115 IV 244</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=26.03.2007&amp;to_date=14.04.2007&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F114-IV-55%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page55">114 IV 55</a> consid. 1). L'autorisation de devancer par la droite dans la circulation en files parallèles, prévue aux art. 8 al. 3 et 36 al. 5 OCR, n'entre pas en considération car la bande d'arrêt d'urgence ne constitue pas une voie de circulation mais une partie d'une telle voie. Elle peut être utilisée uniquement dans les conditions prévues à l'<span class="artref">art. 36 al. 3 OCR</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=26&amp;from_date=26.03.2007&amp;to_date=14.04.2007&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F114-IV-55%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page55">ATF 114 IV 55</a> consid. 2c). </div> <div class="para">3.2 Quant à la qualification de l'infraction, on distingue notamment l'infraction légère et celle qui est moyennement grave. Commet une infraction légère la personne qui, en violant les règles de la circulation, met légèrement en danger la sécurité d'autrui et à laquelle seule une faute bénigne peut être reprochée (<span class="artref">art. 16a al. 1 let. a LCR</span>). Après une infraction légère, le permis est retiré pour un mois au moins au conducteur qui a fait l'objet d'un retrait de permis ou d'une autre mesure administrative au cours des deux années précédentes (al. 2). L'auteur d'une infraction légère fait l'objet d'un avertissement si, au cours des deux années précédentes, le permis ne lui a pas été retiré et qu'aucune autre mesure administrative n'a été prononcée (al. 3). En cas d'infraction particulièrement légère, il est renoncé à toute mesure administrative (al. 4). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En revanche, selon l'<span class="artref">art. 16b al. 1 let. a LCR</span>, commet une infraction moyennement grave la personne qui, en violant les règles de la circulation, crée un danger pour la sécurité d'autrui ou en prend le risque. Après une infraction moyennement grave, le permis est retiré pour un mois au moins (<span class="artref">art. 16b al. 2 let. a LCR</span>). </div> <div class="para">3.3 La Cour de céans s'est référée à son arrêt 6A.22/2005 du 31 mai 2005 où a été jugée moyennement grave la faute d'un motocycliste qui avait, le soir, emprunté la bande d'arrêt d'urgence, sur une distance d'un kilomètre, pour remonter la colonne ralentie par les travaux de Glion, afin de sortir de l'autoroute. Même s'il roulait à 10 km/h, sa faute ne pouvait plus être qualifiée ni objectivement ni subjectivement de légère. La Cour a relevé que l'interdiction de dépasser par la droite constituait une règle élémentaire de la circulation qui doit être impérativement respectée car elle vise la sécurité du trafic routier et son bon déroulement. Le risque pour les autres usagers est réel puisqu'ils ne s'attendent pas, en principe, à être dépassés par la droite sur la bande d'arrêt d'urgence, ce qui peut entraîner des réactions inappropriées. En outre, on ne peut exclure qu'un véhicule en détresse se rabatte sur cette bande ou que les conducteurs le fassent en raison de l'intervention d'un véhicule prioritaire. </div> <div class="para">3.4 Enfin, la Cour de céans a souligné que le comportement en cause, s'il se généralise, peut entraîner un engorgement de la bande d'arrêt d'urgence elle-même. Cela pose des problèmes de priorité à la sortie entre les usagers qui ont patienté avant de pouvoir quitter l'autoroute et ceux qui arrivent sur leur droite en ayant illicitement utilisé la bande d'arrêt d'urgence. </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">En l'espèce, la jurisprudence qui précède s'applique au cas de l'intimé. Il ne conteste pas qu'il a utilisé la bande d'arrêt d'urgence sur environ 500 m, à une vitesse de 40 km/h, pour atteindre la sortie de l'autoroute en dépassant par la droite une colonne très lente. Sa faute est moyennement grave, le risque créé ne paraît pas non plus particulièrement léger. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ainsi, l'arrêt attaqué, qui n'ordonne aucune mesure administrative, viole l'<span class="artref">art. 16b LCR</span>. Il est annulé. En conséquence, la Cour de céans prononce le retrait d'admonestation du permis de conduire de l'intimé durant un mois pour toutes les catégories et sous-catégories, à l'exception des catégories spéciales F, G et M (<span class="artref">art. 114 al. 2 OJ</span>). Le SAN fixera la date à laquelle ce retrait prendra effet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au surplus, la cause est renvoyée au Tribunal administratif vaudois pour le règlement des frais de la procédure cantonale (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/159/6" type="start"></artref>art. 157 et 159 al. 6 OJ</span><artref id="CH/173.110/157" type="end"></artref>). </div> <div class="para">5. </div> <div class="para">L'intimé, qui n'obtient pas gain de cause, supporte les frais de la procédure devant le Tribunal fédéral (<span class="artref">art. 156 al. 1 OJ</span>). Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens au SAN (<span class="artref">art. 159 al. 2 OJ</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La requête d'effet suspensif est sans objet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, vu l'<span class="artref">art. 36a OJ</span>, le Tribunal fédéral prononce: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le recours de droit administratif est admis et l'arrêt attaqué est annulé. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Le permis de conduire de l'intimé est retiré pour une durée d'un mois. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Un émolument judiciaire de 2000 francs est mis à la charge de l'intimé. </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">La cause est renvoyée au Tribunal administratif vaudois afin qu'il statue à nouveau sur les frais de la procédure cantonale. </div> <div class="para">5. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué en copie au Service des automobiles et de la navigation du canton de Vaud, à l'intimé, ainsi qu'au Tribunal administratif vaudois et à l'Office fédéral des routes Division circulation routière. </div> <div class="para">Lausanne, le 29 mars 2007 </div> <div class="para">Au nom de la Cour de cassation pénale </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">Le président: Le greffier: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>