<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp340976"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>137 III 421<br/><br/><br/><div class="paraatf">62. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit civil dans la cause A. contre dame A. (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">5A_203/2011 du 5 septembre 2011</div> <a name="idp342512"></a> <a name="idp350624"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 91 BGG</span>; aArt. 116 ZGB. <div class="paratf">Der Entscheid, der die Scheidung der Ehegatten ausspricht und selbstständig eröffnet worden ist, bildet einen Teilentscheid, der vor Bundesgericht sofort angefochten werden kann und muss (E. 1.1). </div> <div class="paratf">Der bisherige <span class="artref">Art. 116 ZGB</span> ist sinngemäss anwendbar, wenn sich der beklagte Ehegatte während eines in der Schweiz hängigen Scheidungsverfahrens ausdrücklich auf ein inhaltsgleiches Verfahren beruft, das er seinerseits im Ausland eingeleitet hat. Die in den Art. 111 f. ZGB vorgesehenen Verfahrensvorschriften sind sinngemäss anwendbar und können fallbezogen angepasst werden (E. 5). </div> </div> </div> <a name="idp356848"></a> <br/><div> <a name="idp364400"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 421</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page421"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 421 S. 421</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp366064"></a><span class="bold">A. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp367152"></a><span class="bold">A.a </span>Dame A., née en 1965, ressortissante de l'Irlande du Nord, et A., né en 1967, de nationalité écossaise, se sont mariés le 27 décembre 1994 à Belfast (Irlande du Nord).</div> <div class="paraatf">Aucun enfant n'est issu de cette union.</div> <div class="paraatf">Les parties se sont domiciliées à X. (Genève) et ont acquis un chalet à Y. (Vaud).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp369616"></a><span class="bold">A.b </span>Au mois de septembre 2006, A. a quitté le domicile conjugal, sans fournir aucune explication claire sur les raisons de son départ, ni à son annonce, ni ultérieurement. <a name="page422"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 421 S. 422</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp371840"></a><span class="bold">B. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp372928"></a><span class="bold">B.a </span>Par requête en conciliation du 25 juillet 2007 déposée devant le Juge de paix du district d'Aigle, dame A. a ouvert action en divorce. Un acte de non-conciliation a été délivré.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp374352"></a><span class="bold">B.b </span>Le 3 décembre 2007, l'épouse a formé une demande unilatérale en divorce devant le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-après: le tribunal d'arrondissement), concluant à son prononcé (I), au partage des avoirs de prévoyance professionnelle (II) ainsi qu'à la dissolution et à la liquidation du régime matrimonial (III).</div> <div class="paraatf">Par citation du 18 décembre 2007, A. a ouvert action en divorce en Angleterre (recte: Ecosse), concluant au prononcé du divorce.</div> <div class="paraatf">Le 26 février 2009, le tribunal d'arrondissement a, notamment, prononcé le divorce des époux A. (I) et renvoyé le règlement des effets du divorce à une procédure ultérieure (II).</div> <div class="paraatf">Statuant le 22 février 2011 sur le recours de A., la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois l'a rejeté, puis confirmé le jugement attaqué.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp382256"></a><span class="bold">C. </span>Le 22 mars 2011, A. exerce un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral. Il conclut à la réforme de l'arrêt attaqué en ce sens que l'action en divorce introduite par dame A. est rejetée, ainsi que toute autre conclusion.</div> <div class="paraatf">Des observations n'ont pas été sollicitées.</div> <div class="paraatf">Par arrêt du 5 septembre 2009, le Tribunal fédéral a rejeté le recours.</div> <div class="paraatf"> <i>(résumé)</i> </div> <br/><div> <a name="idp188784"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp189744"></a><span class="bold" id="consideration_1.">1. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp190784"></a><span class="bold" id="consideration_1.1">1.1 </span>La décision querellée confirme une décision prononçant le divorce des parties et statue ainsi définitivement sur un chef de conclusions pris par l'intimée. Il s'agit donc d'une décision partielle (<span class="artref">art. 91 let. a LTF</span>), qui peut et doit faire l'objet d'un recours immédiat au Tribunal fédéral (arrêt 5A_682/2007 du 15 février 2008 consid. 1.1).</div> <div class="paraatf">(...)</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp411920"></a><span class="bold" id="consideration_5.">5. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp412960"></a><span class="bold" id="consideration_5.1">5.1 </span>Le divorce sur demande unilatérale est régi par les <span class="artref">art. 114 CC</span> (délai d'attente de deux ans) et 115 CC (justes motifs). L'ancien <span class="artref">art. 116 CC</span> - disposition abrogée le 1<sup>er</sup> janvier 2011 par l'<span class="artref">art. 292 al. 1 <a name="page423"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 421 S. 423</div>CPC</span> - prévoit que les dispositions relatives au divorce sur requête commune sont toutefois applicables par analogie lorsque l'époux défendeur consent expressément au divorce ou dépose une demande reconventionnelle. La volonté de divorcer doit être exprimée dans la procédure en cours et être adressée au tribunal (arrêt 5A_523/2007 du 10 avril 2008 consid. 5.1, in FamPra.ch 2008 p. 897 et les références).</div> <div class="paraatf">L'ancien <span class="artref">art. 116 CC</span> a été appliqué par analogie lorsque, au cours d'une procédure de divorce pendante en Suisse, l'époux défendeur se réfère expressément à une procédure identique ouverte à l'étranger, démontrant ainsi sa volonté de dissoudre le mariage et, par voie de conséquence, son accord à la demande de divorce introduite en Suisse (arrêt 5A_523/2007 précité consid. 5.2).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp423616"></a><span class="bold" id="consideration_5.2">5.2 </span>Lorsque les conditions de l'ancien <span class="artref">art. 116 CC</span> sont réalisées, le juge applique la disposition d'office, sans qu'une requête spéciale des parties ne soit nécessaire (DANIEL STECK, in Basler Kommentar, ZGB, vol. I, 3<sup>e</sup> éd. 2006, n° 10 ad ancien <span class="artref">art. 116 CC</span>; SUZETTE SANDOZ, in Commentaire romand, Code civil, vol. I, 2010, n° 15 ad ancien <span class="artref">art. 116 CC</span>). Le renvoi à l'application analogique des dispositions relatives au divorce sur requête commune concerne en particulier les prescriptions de procédure des art. 111 al. 1 et 2 et 112 al. 2 CC, à savoir l'audition commune et séparée des époux (arrêt 5C.2/2001 du 20 septembre 2001 consid. 5a, in SJ 2002 I 17 et les références), le délai de réflexion de deux mois et l'obligation de confirmer par écrit la volonté de divorcer n'étant plus exigés à compter du 1<sup>er</sup> février 2010 (RO 2010 281 s.).</div> <div class="paraatf">L'application par analogie permet néanmoins d'adapter lesdites prescriptions de forme à la nature particulière de la situation envisagée: leur strict respect n'est dès lors pas exigé, l'essentiel étant que le juge soit convaincu du sérieux de la décision des conjoints ainsi que de leur libre arbitre (arrêt 5C.2/2001 précité consid. 5b, in SJ 2002 I 17 et la référence citée). La nécessité d'entendre ceux-ci peut ainsi être laissée au pouvoir d'appréciation du juge (arrêt 5C.2/2001 précité consid. 5b; RUTH REUSSER, Die Scheidungsgründe und die Ehetrennung, Vom alten zum neuen Scheidungsrecht, Heinz Hausheer[éd.],1999, n. 1.98; ALEXANDRA RUMO-JUNGO, Die Scheidung auf Klage, PJA 1999 p. 1530, 1539; VERENA BRÄM, Scheidung auf gemeinsames Begehren, die Wechsel der Verfahren [Art. 111-113, 116 ZGB]und die Anfechtung der Scheidung auf gemeinsames Begehren [art. 149 <a name="page424"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 421 S. 424</div>ZGB], PJA 1999 p. 1511, 1519; contra: SANDOZ, op. cit., n<sup>os</sup> 16 s. ad ancien <span class="artref">art. 116 CC</span>; ROLAND FANKHAUSER, in Scheidung, FamKomm, 2005, n° 21 ad ancien <span class="artref">art. 116 CC</span>).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp438096"></a><span class="bold" id="consideration_5.3">5.3 </span>En l'espèce, le recourant a introduit parallèlement, le 18 décembre 2007, une demande de divorce en Ecosse. Par sa requête incidente du 8 février 2008, formée devant le Président du tribunal d'arrondissement vaudois, il a explicitement indiqué avoir déposé ladite demande, exprimant ainsi clairement son intention d'obtenir la dissolution de son union et, par conséquent, son accord sur le principe du divorce; il a lui-même produit la citation adressée sur sol anglais (recte: écossais), confirmant sans aucune ambiguïté sa volonté de divorcer. Les parties ont en outre été entendues en personne à plusieurs reprises en première instance (notamment lors d'audiences tenues les 23 septembre 2008 et 9 décembre 2008). Vu les circonstances, il ne se justifiait pas de procéder à une nouvelle audition des époux sur la question du principe du divorce, des éléments suffisants permettant de conclure qu'il ne subsistait aucun doute quant à leur volonté commune de divorcer, librement exprimée. C'est donc à juste titre que le tribunal d'arrondissement a prononcé le divorce, la question des effets accessoires devant être réglée ultérieurement.</div> </div></body></html>