<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par décision du 21 juin 1960, D. , né en 1938,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a été mis sous tutelle en application de l'article 370 CC. Les autorités</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétentes neuchâteloises ont été amenées à prendre cette décision parce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le pupille était exposé à tomber dans le besoin notamment en raison de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses prodigalités et de son inconduite. Par la suite, D. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a été condamné pénalement à plusieurs reprises; son casier judiciaire fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">état des condamnations suivantes : six mois d'emprisonnement pour escro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">querie et infractions à la LCR, par le Tribunal correctionnel de Neuchâtel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 15 décembre 1961; dix mois d'emprisonnement pour abus de confiance et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">non-paiement de la taxe militaire, par le Tribunal correctionnel de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel le 9 juillet 1969; quinze mois d'emprisonnement pour escroquerie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et tentative d'escroquerie par métier, débauche contre nature répétée, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Tribunal de district de Bienne le 11 août 1971; deux ans de réclusion</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour escroquerie par métier et tentative d'escroquerie par métier, insti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gation à faux dans les titres et faux dans les titres répétés, par le Tri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bunal de district de Bienne le 7 octobre 1973; quinze mois d'emprisonne-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment pour escroquerie par métier et faux dans les titres, par le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correctionnel de Neuchâtel le 15 décembre 1982; quinze mois d'emprison-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nement pour escroquerie, tentative d'escroquerie et faux dans les titres,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le Tribunal correctionnel de La Chaux-de-Fonds le 29 novembre 1984 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux mois d'emprisonnement pour escroquerie, par le Tribunal correctionnel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du Val-de-Travers le 9 mai 1989.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Depuis le mois de mars 1988, la tutelle est assumée par l'Auto-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rité tutélaire du district de Neuchâtel et par Me X. , avo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cate à Neuchâtel, tutrice. Par décision du 15 mars 1994, l'Autorité tu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">télaire du district de Neuchâtel a rejeté la demande de mainlevée de tu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">telle présentée par D. . Elle a considéré que les motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui avaient conduit l'autorité tutélaire à placer l'intéressé sous tutelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trente ans plus tôt (prodigalité, inconduite et mauvaise gestion) subsis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taient, de sorte que le maintien de la tutelle paraissait justifié, tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au moins jusqu'au moment où l'intéressé aurait montré sur une durée suffi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">samment longue que son mode de vie s'était réellement modifié et qu'il se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait adapté à ses possibilités financières.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En juin 1994, D. qui était alors domicilié au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Locle est venu s'installer à Nax/VS chez les époux F. , dont il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait fait la connaissance en août 1992. A cette occasion, il s'est fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">passer pour un juriste à la retraite de l'administration fédérale en lais-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant entendre que sa situation financière était aisée, en taisant au sur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus sa mise sous tutelle et en annonçant son intention de procéder à des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">investissements dans la région. Durant son séjour, il a fait la connais-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sance de diverses personnes avec lesquelles il a conclu des contrats de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vente immobilière et mobilière ainsi que des contrats d'entreprise. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulier, il a été présenté à T. par les époux F. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme juriste de la Confédération à la retraite, ce qu'il a confirmé en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précisant être célibataire et disposer d'économies. Le 28 juin 1994, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant le notaire P. , à Sion, D. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acheté la maison de T. , à la Villette/Nax, pour le prix de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">355'000 francs. Le prix de vente devait être versé sur le compte bancaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du vendeur dès radiation des dettes hypothécaires. Le notaire n'a pas ima-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">giné un seul instant que D. n'avait pas la capacité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">civile. La vente du mobilier a été conclue oralement pour le prix de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">30'000 francs. Dès le début du mois de juillet 1994, le vendeur a remis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les clés de l'immeuble à D. qui a immédiatement entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris de transformer l'immeuble, en concluant divers contrats avec des en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trepreneurs de la région. D. n'a pas respecté ses enga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gements et ne s'est pas acquitté du prix de vente de l'immeuble. Il n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas non plus payé les entrepreneurs qu'il avait commis. Le prix de vente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'immeuble n'ayant pas été payé, T. a contacté le notaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instrumentateur qui a suggéré de requérir l'inscription de l'hypothèque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légale du vendeur, ce qui a été fait. Le transfert de propriété de la par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle 1206 du cadastre de Nax a été inscrit au registre foncier de Sion le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">19 août 1994. Vu la mesure d'interdiction frappant D. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">T. a ensuite été réinscrit au registre foncier comme proprié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire. Les hypothèques constituées auparavant sur la parcelle du chef de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">T. n'avaient pas été radiées, faute de paiement du prix par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. . Par lettres des 15 septembre et 3 octobre 1994, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutrice de D. , Me X. , a informé l'Au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité tutélaire du district de Neuchâtel du déplacement de son pupille en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Valais et s'est enquise des mesures à prendre. Après des démarches entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prises auprès des autorités neuchâtelooises le 11 octobre 1994, T. et son notaire ont été informés que D. faisait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'une mesure d'interdiction depuis de nombreuses années. Le même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jour, celui-ci a alors fait l'objet de plaintes pénales pour escroquerie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en raison de ses agissements, de la part de T. et M. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par jugement du 12 juin 1995, le Tribunal d'Hérens et Conthey a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné D. à deux ans de réclusion pour escroquerie et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tentative d'escroquerie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par mémoire du 2 février 1996, T. a présenté une de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mande d'indemnisation aux Départements des finances et de la justice du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">canton de Neuchâtel. Il a allégué avoir subi un très grave préjudice ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sultant de l'inactivité de la tutrice Me X. à Neuchâtel et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'Autorité tutélaire du district de Neuchâtel. Il a décomposé son dom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mage de la manière suivante :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- frais de remise en état de la maison : 136'000 francs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- intérêts et amortissement de sa dette hypothécaire de 325'000 francs à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mesure qu'il ne pouvait pas les supporter lui-même puisqu'il devait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> s'acquitter d'un loyer pour son appartement de Sion,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- hypothèques légales des entrepreneurs S. SA (53'218.40</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs), M. (12'916.30 francs) et N. (3115</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- honoraires d'avocat et frais de justice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par lettre du 16 février 1996, le service juridique de l'Etat de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel a indiqué au mandataire de T. qu'après avoir procédé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux premières investigations nécessaires, il lui communiquerait la posi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion que l'Etat entendait adopter dans cette affaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par lettres des 9 mai et 12 juillet 1996, le mandataire de T. a invité le service juridique à lui communiquer sans plus tarder la position de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par courrier du 15 juillet 1996, le service juridique de l'Etat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui a remis copie de sa communication datée du 24 mai 1996 - mais qui ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">semble pas avoir été postée - selon laquelle il était parvenu à la conclu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion que le dommage prétendument subi par T. du fait des agis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sements coupables de D. n'était pas la conséquence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'actes ou d'omissions illicites imputables à la tutrice de ce dernier, ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au autorités de tutelle, de sorte que l'Etat considérait que sa responsa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bilité n'était pas engagée dans cette affaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 15 janvier 1997, T. a ouvert action devant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal administratif en concluant sous suite de frais et dépens à ce que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat de Neuchâtel soit condamné en raison des actes illicites de la tu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trice Me X. et de l'Autorité tutélaire du district de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel à lui payer les sommes suivantes :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "1. Sfr. 136'000.-- plus intérêts à 5 % dès le 2 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1996, à titre de réparation des frais de remise en état</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de la parcelle 1206 du cadastre de Nax/VS.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2. Sfr. 53'218.40 plus intérêts à 5 % l'an dès le 2 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1996, en paiement de l'hypothèque légale d'entrepreneur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de S. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 3. Sfr. 12'916.30 plus intérêts à 5 % l'an dès le 2 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1996, en paiement de l'hypothèque légale d'entrepreneur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de M. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 4. Sfr. 3'115.-- plus intérêts à 5 % l'an dès le 2 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1996, en paiement de l'hypothèque légale d'entrepreneur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de N. ."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. L'Etat de Neuchâtel a déposé un mémoire de réponse, aux termes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duquel il conclut à l'irrecevabilité de la demande, subsidiairement à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet, sous suite de frais et dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> T. a répliqué et modifié ses conclusions en ce sens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il réclame désormais 136'000 francs plus intérêts à 5 % dès le 2 fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrier 1996 à titre de réparation des frais de remise en état de la par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle 1206 du cadastre de Nax et 10'500 francs plus intérêts à 5 % dès le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2 février 1996 en paiement de l'hypothèque légale d'entrepreneur de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. , lequel a interjeté recours devant le Tribunal fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre le jugement de la Ie Cour civile du Tribunal cantonal du Valais du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">17 janvier 1997 qui avait rejeté sa demande.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En outre, T. a suggéré au Tribunal administratif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ordonner une instruction et un jugement séparé sur les questions de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recevabilité de l'action de droit administratif et du principe de la res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ponsabilité de l'Etat de Neuchâtel.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'Etat de Neuchâtel a déclaré persister dans ses conclusions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Par ailleurs, il ne s'est pas opposé à une instruction et à un jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">séparé sur la question de la recevabilité de la demande et sur le principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa responsabilité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Interpellé par le président du Tribunal administratif, Me</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X. l'a informé par courrier du 21 mai 1997 qu'après avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris connaissance des mémoires introductifs d'instance, elle persistait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contester toute responsabilité dans cette affaire et se ralliait au mé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moire de réponse déposé par l'Etat de Neuchâtel le 19 février 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. a) Déposée le 15 janvier 1997, la présente action de droit admi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nistratif intervient dans le délai légal de six mois prévu à l'article 11</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.2 de la loi sur la responsabilité des collectivités publiques et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leurs agents du 26 juin 1989 (RSN 150.10; loi sur la responsabilité). En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet, après avoir accusé réception de la demande d'indemnisation, du 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">février 1996, et informé le demandeur qu'il lui indiquerait prochainement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la position que l'Etat entendait adopter, le service juridique de l'Etat a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">finalement communiqué la position de ce dernier au représentant du deman-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deur le 15 juillet 1996, après que ce dernier eut demandé à deux reprises</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- les 9 mai et 12 juillet 1996 - au service juridique de lui communiquer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la prise de position du canton. Le service juridique affirme avoir commu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">niqué la position de l'Etat le 24 mai 1996. Toutefois, le mandataire du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandeur soutient n'avoir jamais reçu dite communication, laquelle a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envoyée sous pli simple. Dès lors que le service juridique n'est pas à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même d'établir qu'il a communiqué au demandeur la position de l'Etat avant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 15 juillet 1996, il faut admettre que cette prise de position a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communiquée à cette dernière date.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Il est incontestable - et d'ailleurs incontesté - que le de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandeur a présenté sa demande d'indemnisation dans le délai d'une année à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partir du moment où il a eu connaissance du dommage (art.10 de la loi sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la responsabilité). En effet, les maîtres d'état auxquels D. avait commandé des travaux ont ouvert action en inscription d'hy-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pothèques légales contre le demandeur les 21 et 30 mars 1995. En outre, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapport d'expertise établi par l'architecte O. à Sion à l'at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tention du Tribunal d'Hérens et Conthey dans la cause S. SA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre T. et visant entre autres à déterminer le coût des tra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vaux indispensables à effectuer pour restituer à la villa sa valeur d'ori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gine est daté du 13 décembre 1995 (v. par exemple en ce qui concerne la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notion de connaissance du dommage ATF 111 II 57 cons.3 et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) La responsabilité des organes de la tutelle envers les tiers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne relève ni des articles 426 ss ni des articles 454 ss CC - qui visent à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">protéger les intérêts du pupille ou de ses héritiers -, mais des règles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">générales sur la responsabilité (art.41 ss ou 97 ss CO) ou du droit can-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tonal en vertu de l'article 61 CO (ATF 115 II 17 cons.2;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Deschenaux/Steinauer, Personnes physiques et tutelle, 3e éd., no 1080,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.396). C'est en principe sur la base du droit privé de la responsabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que les agents publics cantonaux répondent du préjudice qu'ils causent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'article 61 al.1 CO permet cependant aux cantons de déroger au droit pri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vé fédéral "en ce qui concerne la responsabilité encourue par les fonc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnaires et employés publics pour le dommage ou le tort moral qu'ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">causent dans l'exercice de leur charge". La loi sur la responsabilité des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collectivités publiques et de leurs agents du 26 juin 1989 institue une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité directe et objective de la collectivité publique à raison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des actes illicites de ses agents (art.5 al.1).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le litige porte en premier lieu sur le point de savoir si un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuteur "privé" - par exemple un avocat indépendant comme en l'espèce -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entre dans le champ d'application de la loi sur la responsabilité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 1 al.3 de la loi sur la responsabilité, il faut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entendre par agent "toute personne chargée de l'accomplissement d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tâche de droit public". Dans le rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 10 mai 1989 à l'appui du projet de cette loi, on a précisé qu'"est un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agent au sens de la loi la personne qui exerce une fonction publique, peu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">importe, par ailleurs, que son statut personnel soit soumis au droit pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blic ou au droit privé. C'est le rapport entre l'agent et l'administré qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est déterminant" (BGC vol.155 I, p.127).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En tant qu'il exerce son mandat tutélaire, le tuteur remplit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une fonction officielle et se trouve dans un rapport de droit public avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat. Du point de vue du droit de la tutelle, la fonction tutélaire peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être remplie aussi bien par un particulier que par un fonctionnaire; les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits et les devoirs du titulaire sont les mêmes dans les deux cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Deschenaux/Steinauer, op.cit., no 845, p.327; Schnyder/Murer, Commentaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bernois no 62 ad art.360). La collectivité confie au tuteur la mission de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prendre soin, dans le sens le plus large du terme, de la personne et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">biens du pupille (Stettler, Représentation et protection de l'adulte,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.175). Le tuteur fait partie des organes de la tutelle (art.360 CC). Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est nommé par l'autorité tutélaire (art.379 CC) et a, en principe, l'obli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gation d'accepter la tutelle (art.382 CC). Son activité de tuteur est sou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mise au contrôle des autorités de tutelle (art.420-422 CC) et il doit pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">senter périodiquement un rapport de situation et les comptes de son pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pille (art.423 CC). Sa rémunération est fixée par l'autorité tutélaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.416 CC). Enfin, en sa qualité d'organe de la tutelle, il répond du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dommage causé à dessein ou par négligence à son pupille (art.426 CC).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ainsi, eu égard à la fonction du tuteur et au régime auquel son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">activité est soumise, il apparaît bien qu'un particulier exerçant un man-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dat tutélaire doit être considéré comme un agent au sens de la loi sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité, soit comme une personne chargée de l'accomplissement d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tâche de droit public (art.1 al.3 de la loi sur la responsabilité).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> D'ailleurs, comme on l'a vu, d'après les travaux préparatoires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">c'est le rapport entre l'agent et l'administré qui est déterminant (BGC</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vol.155 I, p.127). Or, le mandat tutélaire ne relève pas seulement du pou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voir de décision du tuteur, mais également des autorités tutélaires dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le tuteur doit obtenir le consentement dans diverses situations et devant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lesquelles le pupille ainsi qu'un certain nombre d'intéressés peuvent re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courir contre les actes du tuteur. Dès lors que ce rapport laisse appa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raître une forme de subordination, il s'apparente plutôt à un rapport de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public, de sorte qu'il y a lieu, pour ce motif aussi, de considérer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le tuteur "privé" comme un agent de l'Etat en ce qui concerne les actes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il accomplit en cette qualité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Par ailleurs, cette solution s'impose pour une autre raison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également. Dans la mesure où il ne fait aucun doute que l'assistant social</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">engagé en qualité de fonctionnaire pour gérer un certain nombre de mandats</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutélaires (tuteur officiel) est un agent au sens de l'article 1 al.3 de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la loi sur la responsabilité, le fait de ne pas considérer le particulier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assumant un mandat de tutelle comme un agent de l'Etat créerait une inéga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité inadmissible pour les tiers lésés par le pupille à la suite de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'inobservation par le tuteur de son devoir de diligence et d'information.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">En effet, dans l'hypothèse où le tuteur ne serait pas considéré comme un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agent de l'Etat, le tiers lésé ne pourrait s'adresser qu'à lui, sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autre recours en cas d'insolvabilité et ne pourrait pas bénéficier de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 5 de la loi sur la responsabilité qui prévoit une responsabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">directe sans faute de la collectivité. Pareille différence de traitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a certainement pas été voulue par le législateur. En outre, cette solu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion équitable a l'avantage de libérer le tuteur "privé" de l'obligation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'indemniser, à l'instar du tuteur officiel, en cas de faute légère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.9, 12 de la loi sur la responsabilité), ce qui est le corollaire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'obligation de principe d'accepter la tutelle (art.382 CC) un peu comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un devoir civique (Alain Ribaux, Tuteurs et autorités de tutelle : quelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité ?, à paraître dans le 5e cahier de la Revue du droit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutelle 1997).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Au surplus, dans la mesure où c'est l'article 61 al.1 CO qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permet aux cantons de déroger au droit privé fédéral (art.41 ss CO) "en ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui concerne la responsabilité encourue par les fonctionnaires et employés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publics pour le dommage ou le tort moral qu'ils causent dans l'exercice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur charge", il est intéressant de constater que la jurisprudence et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doctrine ont donné une interprétation large de ces notions de "fonction-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naire" et "d'employé public". Elles désignent toute personne, qui même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans être au service de l'Etat, est investie d'attributions de droit pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blic (Benoît Carron, FJS no 354, p.25 et les références citées). La quali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fication juridique des rapports entre l'auteur du dommage et l'Etat n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas déterminante; c'est son contenu qui l'est. Peu importe quel statut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui-ci a dans la fonction publique et peu importe que la relation soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit privé. Même des personnes extérieures à l'administration, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leurs employés, peuvent entrer en ligne de compte, dans le cadre de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collaboration administrative avec le secteur privé. Il suffit donc que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat ait sur l'auteur du dommage ou sur l'accomplissement de la tâche</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il lui a confiée un pouvoir d'instruction et de surveillance qui fasse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">apparaître un rapport de subordination (Moor, Droit administratif, vol.II,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.455-456). En particulier, cette notion de l'article 61 al.1 CO vise les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notaires en leur qualité d'officiers publics, même lorsqu'ils ne sont pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">employés de l'Etat en vertu d'un contrat de droit public, mais exercent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur profession de façon indépendante (ATF 96 II 46, 90 II 274). On rap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pellera toutefois qu'il suffit que le canton ait légiféré sur la responsa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bilité des employés publics en question - comme le permet l'article 61</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 CO - (v. par exemple l'art.67 de la loi neuchâteloise sur le notariat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 1997 et l'art. 38 de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouvelle loi [RSN 166.10]) pour que les règles du code des obligations sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la responsabilité civile cessent de s'appliquer, sinon à titre de droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">supplétif cantonal.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans ces conditions, le particulier - en l'espèce un avocat in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépendant - qui exerce un mandat tutélaire et dont on admet que la charge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a le caractère de tâche de droit public doit être assimilé à un agent au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sens de la loi sur la responsabilité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Partant, l'Etat de Neuchâtel a qualité pour défendre à l'action</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit administratif qui lui est intentée par le demandeur. En tant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle vise l'activité de tutrice de Me X. , ladite action</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dirigée contre l'Etat de Neuchâtel est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) Enfin, la qualité d'agent de l'Etat, au sens de la loi sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité, de l'Autorité tutélaire du district de Neuchâtel n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remise en cause. Au demeurant, selon la jurisprudence relative à l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">61 al.1 CO, les membres des autorités de tutelle sont des agents publics</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 53 II 363).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par conséquent, l'action de droit administratif contre l'Etat de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, en tant qu'elle vise l'activité de l'Autorité tutélaire du dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trict de Neuchâtel est également recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) La loi sur la responsabilité instituant une responsabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">directe et objective (sans faute) de la collectivité publique à raison des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actes illicites de ses agents (art.5 al.1), il s'agit en premier lieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'examiner si la tutrice, respectivement l'autorité tutélaire, ont commis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un acte illicite dans l'exercice de leur fonction d'organes de la tutelle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'illicéité consiste dans la violation d'une norme juridique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">imposant un certain comportement (Deschenaux/Tercier, La responsabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">civile 2e éd., p.68).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Se fondant sur les conclusions d'un avis de droit établi à sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande en février 1995 par G. , ancien juge cantonal valaisan,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le demandeur fait grief aux agents du défendeur (la tutrice et l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutélaire) d'avoir violé leur obligation de diligence et d'information en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce sens qu'ils auraient insuffisamment surveillé le pupille et omis de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prendre à l'égard des tiers les mesures de protection adéquates. L'acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">illicite par omission suppose que la loi impose l'acte et réprouve expres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sément l'omission. Pour qu'il y ait omission illicite, il faut qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">existe une "situation de garant" en faveur du lésé (ATF 115 II 18 ss</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.3 et les références). Pour déterminer si les organes de tutelle ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">eu en l'espèce un comportement illicite, il y a donc lieu de déterminer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'ils ont violé une norme destinée à protéger le demandeur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Dans l'arrêt de principe susmentionné, le Tribunal fédéral a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exposé que les mesures tutélaires (interdiction et administration de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutelle notamment) protègent avant tout la personne et les biens du pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pille et que ce n'est qu'accessoirement qu'elles visent aussi à sauvegar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">der les intérêts des tiers. Dans la mesure où le droit de la tutelle pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tège aussi les tiers par des normes ad hoc, les organes de la tutelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agissent de manière illicite et engagent leur responsabilité s'ils violent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celles-ci. Les dommages purement patrimoniaux tombent également sous le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">coup de la règle. Lorsqu'il s'agit uniquement de la responsabilité des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">organes de tutelle du chef de l'administration de la tutelle, leur respon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sabilité à titre de garantie est étroitement limitée. Les organes de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutelle ne doivent prendre des dispositions spéciales pour prévenir des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">atteintes au patrimoine d'autrui que si de sérieux indices donnent à pen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ser que d'importants intérêts de tiers sont exposés à un grave péril. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne suffit pas que le tuteur soit au courant du passé chargé de son pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pille, cause de l'interdiction. Il faut qu'un risque accru de rechute soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">objectivement reconnaissable. Le tuteur se bornera en général à admonester</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le pupille ou à s'approcher des particuliers exposés selon toute apparence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à un dommage concret. Quant au grand public, il est informé de l'interdic-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion par la publication prévue à l'article 375 CC. Les organes de tutelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont pas à lui fournir une information périodique ou plus étendue. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe, ils n'en ont pas le droit. Ils sont chargés en premier lieu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">veiller aux intérêts du pupille et de lui assurer la protection dont il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">besoin. La publicité donnée à la tutelle irait à fins contraires; elle est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">souvent ressentie comme discriminatoire. En principe, les organes de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutelle peuvent d'ailleurs tabler sur la fiction de l'article 375 CC et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admettre que, dans les affaires, les intéressés sont effectivement au cou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant de l'interdiction (ATF 115 II, p.20 ss cons.4a et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) En l'espèce, il résulte du dossier pénal que c'est à la mi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin 1994 que D. , qui était domicilié au Locle, est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu s'installer à Nax en Valais chez les époux F. qu'il avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revus une dizaine de jours plus tôt. A cette occasion, ceux-ci lui avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dit qu'il pouvait venir s'installer chez eux et leur donner un coup de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">main à la ferme. Au cours de l'instruction pénale, D. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précisé que lorsqu'il a quitté Le Locle, il n'en avait pas informé sa tu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trice, Me X. , qu'il rencontrait régulièrement pour rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voir son argent du mois. Au cours d'un entretien du mois de juillet 1994,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il lui avait indiqué qu'il se trouvait en Valais chez des amis. Ce n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'en août 1994 qu'il a expliqué à sa tutrice qu'il se trouvait à Nax et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il souhaitait désormais s'y établir (Dossier Ministère public du Valais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre D. , no 333). Me X. a informé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité tutélaire de l'intention de son pupille de s'installer défini-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tivement en Valais par lettres des 15 septembre et 3 octobre 1994 et s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enquis des mesures à prendre s'agissant de l'administration de la tutelle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Or, dans l'intervalle, D. , qui avait acheté la maison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du demandeur le 28 juin 1994, est entré en possession de celle-ci au début</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du mois de juillet et a immédiatement entrepris des transformations inté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieures et extérieures importantes qui se sont essentiellement déroulées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au cours des mois d'août et de septembre 1994, jusqu'à ce que les maîtres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'état apprennent que D. n'avait pas respecté ses en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gagements auprès du vendeur et suspendent par conséquent l'exécution des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travaux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans ces circonstances et eu égard à la chronologie des événe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments, il n'apparaît pas que les organes de tutelle (aussi bien la tutrice</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'autorité tutélaire) aient failli d'une quelconque manière à leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devoir de diligence et d'information. En particulier, on ne voit pas quel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sérieux indice aurait pu leur donner à penser, avant les dénonciations et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plaintes pénales du 11 octobre 1994, que d'importants intérêts de tiers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient exposés à un grave péril, ce qui aurait justifié l'intervention et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la prise de mesures préventives spéciales par ceux-ci. Or, à cette date,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le dommage avait déjà été causé sans qu'on puisse leur formuler de re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">proche.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Si la tutrice avait effectivement été informée par son pupille,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au cours de leur entrevue du mois de juillet 1994, qu'il séjournait en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Valais chez des amis, elle n'avait pas encore de raisons particulières de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'inquiéter puisqu'elle voyait D. tous les mois. Au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demeurant, ce dernier n'avait bien entendu pas informé sa tutrice de ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">démarches relatives à l'achat et à la transformation de la maison du de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandeur, de sorte que celle-ci ignorait que son pupille était en train</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'organiser son déplacement en Valais. Ce n'est qu'à l'occasion de leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entretien du mois d'août 1994 que D. a informé sa tu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trice de son intention de s'établir à Nax. Or, cette dernière a interpellé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Autorité tutélaire par courrier du 15 septembre 1994. Ainsi, eu égard au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déroulement des faits, il apparaît que la tutrice a réagi de manière adap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tée et on ne voit pas ce qui pourrait lui être reproché. En particulier,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étant donné l'absence d'indice sérieux donnant à penser que des intérêts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de tiers étaient exposés à un grave péril, on ne peut faire grief à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutrice d'avoir omis d'exiger de son pupille, au mois de juillet déjà,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il lui communique l'adresse de ses hôtes en Valais, dans le but de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prendre contact avec ces derniers, ou de ne pas avoir entamé des démarches</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en vue de faire revenir son pupille dans le canton de Neuchâtel immédiate-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment après qu'elle a appris qu'il séjournait en Valais puis qu'il comptait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">y élire son nouveau domicile.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Enfin, et au surplus, on relèvera qu'au mois d'août 1994,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsque Me X. a appris que D. comptait s'instal-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ler en Valais, il était en possession de la maison depuis plus d'un mois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et avait déjà commandé et entrepris les transformations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors et eu égard au déroulement chronologique des événements</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tels qu'ils ressortent notamment du dossier pénal, il y a lieu de se dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tancer des conclusions de l'avis de droit du juge G. - qui ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposait d'ailleurs pas du dossier pénal lorsqu'il a rédigé cet avis - et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de considérer qu'en l'occurrence ni la tutrice ni l'autorité tutélaire -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laquelle n'a appris que D. cherchait à s'établir en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Valais qu'à réception de la lettre de Me X. du 15 septembre 1994 -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont violé leur obligation de diligence et d'information.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par conséquent et en l'absence de toute omission illicite des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">organes de tutelle, il est superflu d'examiner plus avant si les autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditions de la responsabilité de la collectivité publique envers les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiers pour les actes de ses agents sont réalisées (dommage et lien de cau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">salité). Partant, la responsabilité de l'Etat de Neuchâtel n'est pas en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gagée en l'espèce.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Les allégués et les pièces produites par les parties de même que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les dossiers de la tutelle de D. et de l'information</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénale qui a conduit à la condamnation de celui-ci pour escroquerie et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tentative d'escroquerie le 12 juin 1995 se sont révélés suffisants pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statuer, de sorte qu'il n'y a pas lieu de procéder à l'audition des té-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins sollicités par le demandeur. En effet, si l'administration ou le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge, se fondant sur une appréciation consciencieuse des preuves fournies</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par les investigations auxquelles ils doivent procéder d'office, sont con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vaincus que certains faits présentent un degré de vraisemblance prépondé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rante et que d'autres mesures probatoires ne pourraient plus modifier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette appréciation, il est superflu de chercher d'autres preuves (appré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciation des preuves anticipée; Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Verwaltungsrechtspflege des Bundes, p.47 no 63; v. aussi ATF 120 Ib 229</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.2b, 119 V 344 cons.3c et la référence). Une telle manière de procéder</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne viole pas le droit d'être entendu selon l'article 4 al.1 Cst.féd. (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">119 V 344 cons.3c et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En particulier, on ne voit pas ce que l'audition de D. pourrait apporter de plus que ses déclarations au juge d'instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion pénal valaisan. Quant aux organes de la tutelle, ils ont tous deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait usage de la faculté qui leur avait été donnée de s'exprimer par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">écrit, soit dans le cadre de la procédure de demande d'indemnisation au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Conseil d'Etat, soit devant le Tribunal administratif.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Mal fondée, la demande est rejetée. Les frais de la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doivent être mis à la charge du demandeur qui succombe (art.47 al.1 LPJA,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par analogie). S'agissant d'une action de droit administratif, l'émolument</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se détermine selon les règles valables en matière civile, c'est-à-dire en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonction de la valeur litigieuse (art.18, 19 ss de l'arrêté concernant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tarif des frais de procédure).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu le sort de la cause, il n'y a pas lieu d'allouer des dépens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.48 LPJA par analogie, a contrario).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette la demande.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du demandeur, un émolument de décision de 2'000 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et les débours par 200 francs, montants compensés par son avance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Dit qu'il n'est pas alloué de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 23 octobre 1997</span></p> </div></body></html>