<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp299760"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>136 III 110<br/><br/><br/><div class="paraatf">16. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit civil dans la cause X. SA contre Y. SA (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">5A_863/2009 du 15 janvier 2010</div> <a name="idp301296"></a> <a name="idp309168"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Wechselbetreibung und beneficium excussionis realis (<span class="artref"><artref id="CH/281.1/177/1" type="start"></artref>Art. 41 und 177 Abs. 1 SchKG</span><artref id="CH/281.1/41" type="end"></artref>). <div class="paratf">Der Grundsatz des <i>beneficium excussionis realis</i> (<span class="artref">Art. 41 Abs. 1<sup>bis</sup> SchKG</span>) ist in der Wechselbetreibung nicht anwendbar. Der Schuldner kann daher nicht mit Beschwerde die Vorausverwertung des Pfandes verlangen (E. 4). </div> </div> </div> <a name="idp316448"></a> <br/><div> <a name="idp323872"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 110</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page110"></a><div class="center pagebreak">BGE 136 III 110 S. 110</div> </div> <div class="paraatf">Le 12 novembre 2009, l'Office des poursuites de Genève a enregistré une réquisition de poursuite pour effets de change dirigée par Y. SA contre X. SA en recouvrement de 4'551'037 fr. 50 au titre d'une lettre de change du 25 mars 2009, endossée notamment par X. SA.</div> <div class="paraatf">La poursuivie a porté plainte contre cette poursuite, dont elle a requis l'annulation, estimant qu'en vertu de l'<span class="artref">art. 41 al. 1<sup>bis</sup> LP</span> elle était en droit d'exiger que la poursuivante, qui était au bénéfice d'un droit de gage, fasse d'abord réaliser le gage (principe du beneficium excussionis realis). Dans sa détermination sur la plainte, la poursuivante s'est prévalue de l'<span class="artref">art. 177 al. 1 LP</span>, disposition réservée par l'art. 41 al. 2 in fine LP et aux termes de laquelle "le créancier qui agit en vertu d'un effet de change ou d'un chèque peut, alors même <a name="page111"></a><div class="center pagebreak">BGE 136 III 110 S. 111</div>que la créance est garantie par un gage, requérir la poursuite pour effets de change, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de faillite".</div> <div class="paraatf">Par décision du 17 décembre 2009, la Commission de surveillance des offices des poursuites et des faillites du canton de Genève a rejeté la plainte au motif que la poursuivante ayant choisi d'introduire contre une débitrice sujette à la poursuite par voie de faillite (<span class="artref">art. 39 al. 1 ch. 8 LP</span>) une poursuite pour effets de change, la poursuivie ne pouvait pas, en vertu du texte clair de l'<span class="artref">art. 177 al. 1 LP</span>, exiger par la voie de la plainte la réalisation du gage.</div> <div class="paraatf">Le recours en matière civile interjeté par la poursuivie auprès du Tribunal fédéral a été rejeté.</div> <div class="paraatf"> <i>(résumé)</i> </div> <br/><div> <a name="idp338416"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp339376"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>Le texte de l'<span class="artref">art. 177 al. 1 LP</span>, expressément réservé par l'art. 41 al. 2 in fine LP, est parfaitement clair: le créancier qui agit en vertu d'un effet de change ou d'un chèque peut, alors même que la créance est garantie par un gage, requérir la poursuite pour effets de change, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de faillite. Le droit que confère l'effet de change garanti par gage est donc assuré par une double sanction, à savoir la réalisation du gage, d'une part, et la poursuite spéciale aux effets de change, d'autre part, le créancier pouvant faire usage de l'une ou l'autre de ces sanctions à son choix (<span class="bgeref_err">ATF 67 III 114</span> consid. 1). Ce choix n'a d'ailleurs pas un caractère exclusif: le créancier peut, après avoir réclamé la réalisation du gage et aussi longtemps que l'exécution demeure soumise à sa seule volonté, y renoncer et recommencer la procédure en choisissant, s'il le veut, la voie qu'il n'a pas encore empruntée (même arrêt, consid. 3). Le poursuivi ne peut donc pas exiger, par la voie de la plainte, la réalisation préalable du gage. Il s'agit là d'une exception au principe du beneficium excussionis realis, lequel ne s'applique pas à la poursuite pour effets de change (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2010&amp;to_year=2010&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F110-III-5%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page5">ATF 110 III 5</a> consid. 3c).</div> <div class="paraatf">La doctrine partage unanimement cet avis (P.-R. GILLIÉRON, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4<sup>e</sup> éd. 2005, n. 523, 562 et 1471; <i>le même</i>, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, vol. I, 1999, n° 67 ss ad <span class="artref">art. 41 LP</span>; AMONN/WALTHER, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 8<sup>e</sup> éd. 2008,<a name="page112"></a><div class="center pagebreak">BGE 136 III 110 S. 112</div>§ 32 n° 14 § 37 n. 8; LOUIS DALLÈVES, in Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n° 5 ad <span class="artref">art. 177 LP</span>; THOMAS BAUER, in Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, vol. II, 1998, n° 36 ss ad <span class="artref">art. 177 LP</span>; DOMENICO ACOCELLA, in même commentaire, vol. I, 1998, n<sup>os</sup> 31 et 40 ad <span class="artref">art. 41 LP</span>; FRITZSCHE/WALDER, Schuldbetreibung und Konkurs nach schweizerischem Recht, vol. II, 1993, § 37 n. 4; JAEGER/WALDER/KULL/KOTTMANN, Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, vol. II, 4<sup>e</sup> éd. 1999, n° 6 ad <span class="artref">art. 177 LP</span>; INGRID JENT-SØRENSEN, in Kurzkommentar SchKG, 2009, n° 14 ad <span class="artref">art. 41 LP</span>; GERHARD ROTH, in même commentaire, n° 7 s. ad <span class="artref">art. 177 LP</span>; PAUL-HENRI STEINAUER, Les droits réels, vol. III, 3<sup>e</sup> éd. 2003, n. 2785; WALTER A. STOFFEL, Voies d'exécution, 2002, § 6 n. 20 in fine).</div> <div class="paraatf">La recourante soutient en vain que l'interprétation de l'<span class="artref">art. 41 al. 1<sup>bis</sup> LP</span> imposerait une autre solution. En intercalant l'alinéa 1<sup>bis</sup>, le législateur a simplement codifié une pratique consacrée par la jurisprudence (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2010&amp;to_year=2010&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F106-III-5%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page5">ATF 106 III 5</a>; Message concernant la révision de la LP du 8 mai 1991, FF 1991 73 in fine) et repris, s'agissant des gages immobiliers, l'art. 85 al. 2 de l'ordonnance du Tribunal fédéral du 23 avril 1920 sur la réalisation forcée des immeubles (ORFI; RS 281.42), qui a depuis lors été abrogé (RO 1996 2900). Il n'a nullement entendu modifier le système existant (cf. ACOCELLA, op. cit., nos 2 et 44 ad <span class="artref">art. 41 LP</span>).</div> <div class="paraatf">A la lumière de ce qui précède, c'est à bon droit que la commission cantonale de surveillance a retenu que la recourante ne pouvait pas exiger par la voie de la plainte la réalisation préalable du gage et qu'elle l'a donc déboutée.</div> </div></body></html>