<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par décision du 18 mars 1997, la CCNAC a prononcé une suspension</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 26 jours du droit de D. à l'indemnité de chômage.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cette décision adressée sous pli recommandé du 18 mars 1997 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intéressée n'a pu être notifiée à son domicile; comme elle n'a pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réclamée à la poste, elle a été retournée à la caisse, après le délai de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">garde de sept jours, le 27 mars 1997. Elle a été finalement remise à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. , de main à main, dans les locaux de la CCNAC le 2 avril</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'assurée a recouru contre cette décision le 2 mai 1997 en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cluant à son annulation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par prononcé du 29 octobre 1997, le Département de l'économie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publique a déclaré ce recours irrecevable. Il a rappelé que lorsqu'un des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tinataire ne peut être atteint à son adresse et qu'une invitation à reti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rer l'envoi recommandé à la poste est déposée dans sa boîte aux lettres,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la date du retrait de l'envoi est déterminante; si l'envoi n'est pas reti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ré dans le délai de garde de sept jours, il est réputé avoir été communi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qué le dernier jour de ce délai. Or, en la cause, il est ressorti des ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seignements pris auprès de l'office des postes de La Chaux-de-Fonds que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante n'étant pas chez elle au moment de la distribution du courrier,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le facteur a déposé dans sa boîte aux lettres l'avis selon lequel un re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commandé devait être retiré à la poste du Marché. Ce pli n'ayant pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retiré, il a été renvoyé à la CCNAC le 27 mars 1997, soit le lendemain du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier jour du délai de garde qui arrivait à échéance le 26 mars 1997. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notification de la décision étant censée être survenue à cette date, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours interjeté le 2 mai 1997 l'a été plus de trente jours après ladite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notification, de sorte qu'il était tardif. A cet égard, il importait peu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la caisse ait remis en main propre de l'assurée la décision en date du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2 avril 1997, car il est de jurisprudence qu'en cas de deuxième notifica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, celle-ci est sans effet juridique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. D. recourt au Tribunal administratif contre ce pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">noncé. Elle soutient qu'elle n'a jamais reçu l'avis lui annonçant qu'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pli recommandé était déposé à son intention à la poste. Attendant une dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cision, elle s'est d'elle-même inquiétée de ne pas en recevoir, raison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour laquelle elle a téléphoné à la CCNAC qui lui a fait savoir que ladite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision avait été rendue, qu'elle lui avait été expédiée puis renvoyée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par la poste après le délai de garde. Aussi s'est-elle rendue le 2 avril</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997 dans les bureaux de la caisse pour se faire remettre en main propre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette décision, contre quittance de sa réception datée du même jour. Or à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette occasion, il ne lui a pas été signifié que le délai de recours utile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de trente jours avait pour point de départ la fin du délai de garde de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sept jours, le 26 mars 1997, et non la date du 2 avril 1997, jour où elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a effectivement reçu notification de la décision. Si la jurisprudence é-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nonce qu'une deuxième notification est sans effet juridique, le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédéral a cependant relativisé cette règle en retenant que si normalement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le délai de recours commence à courir à l'expiration du délai de garde de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sept jours, il peut être prolongé en vertu du principe de la protection de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la bonne foi, lorsqu'avant son expiration une information génératrice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confiance a été donnée. Tel est bien le cas en la cause puisque la CCNAC</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en lui remettant, le 2 avril 1997, la décision sans émettre aucune réserve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant du délai de recours, l'a confortée dans l'idée bien légitime</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle se faisait de pouvoir recourir dans les trente jours à compter de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette notification de main à main. Aussi conclut-elle à l'annulation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la décision attaquée et au renvoi de la cause au département pour qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statue sur le fond de son recours déposé en temps utile le 2 mai 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans sa réponse sur le recours, le département propose son re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jet.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Ainsi que l'a relevé le département, un envoi recommandé est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réputé notifié à la date à laquelle son destinataire le reçoit effective-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment. Lorsque ce dernier ne peut pas être atteint et qu'une invitation à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retirer l'envoi est déposée dans sa boîte aux lettre, la date du retrait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est déterminante; si l'envoi n'est pas retiré dans le délai de garde de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sept jours (art.169 al.1 litt.d et e de l'ordonnance [1] relative à la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur le service des postes), il est réputé avoir été communiqué le dernier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jour du délai.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'occurrence, la recourante dément catégoriquement avoir ja-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mais reçu l'invitation à retirer à la poste le pli recommandé du 18 mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997 contenant la décision du même jour de la CCNAC. Dans sa réponse, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">département tient cette dénégation pour sujette à caution dès lors que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon les renseignements qu'il a recueillis le 2 octobre 1997 de la poste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principale de La Chaux-de-Fonds, un avis adéquat a bel et bien été déposé,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en l'absence de l'intéressée lors de la distribution du courrier, dans sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">boîte aux lettres, l'informant qu'un envoi recommandé était à retirer à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poste du Marché. De tels renseignements, même donnés plus de six mois a-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">près les faits et même s'ils ne sont pas de nature à apporter la preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indiscutable du dépôt effectif de l'avis en question dans la boîte aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lettres de la recourante, ne constituent pas moins un indice à l'appui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un tel dépôt, cela d'autant qu'il est constant que la poste a réexpédié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le pli recommandé à la CCNAC à l'échéance du délai de garde qui a bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commencé à courir à la date de ce dépôt. Par ailleurs, le département re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lève que la CCNAC a mentionné, dans sa détermination du 13 juin 1997 sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recours de première instance, que D. lui avait signalé, lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un entretien téléphonique, qu'elle avait "omis" de retirer le pli recom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandé à la poste. Cette circonstance ne rend donc que plus vraisemblable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la réalité du dépôt, dans sa boîte aux lettres, de l'invitation à retirer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'envoi recommandé, même si l'intéressée la conteste dans son présent re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Cela étant, la question de savoir si, ainsi que les circons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tances susmentionnées conduiraient à le faire penser, la décision de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caisse du 18 mars 1997 est bien réputée avoir été communiquée le 26 mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997 - soit le dernier jour du délai de garde - peut demeurer indécise. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet, la solution du litige dépend en définitive de la deuxième notifica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion qui s'est déroulée en la cause, de main à main, dans les locaux de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CCNAC le 2 avril 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Faisant application du principe admis par la jurisprudence, se-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lon lequel, lorsque l'autorité procède à une deuxième notification, celle-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ci est sans effet juridique (ATF 117 V 132 avec référence à l'ATF 111 V</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">101, cons.2b), le département a conclu que cette remise de la décision en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">main propre n'avait pas exercé d'incidence sur le point de départ du délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de recours qui était le 26 mars 1997, soit celui de la première notifica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion effectuée de manière régulière. La recourante objecte toutefois avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison que le principe jurisprudentiel en question souffre d'une importan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">te dérogation. En effet, le Tribunal fédéral des assurances a rappelé par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la suite (ATF 118 V 190) que la Cour de droit public avait relativisé la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formule trop absolue de l'ATF 111 V 101, cons.2b : normalement le délai de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours commence à courir à l'expiration du délai de garde de sept jours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mais il peut être prolongé en vertu du principe constitutionnel de la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tection de la bonne foi, lorsqu'avant son expiration une information gé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nératrice de confiance a été donnée (ATF 115 Ia 20, JT 1991, p.114). Ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier arrêt a trait à une décision sous pli recommandé, lequel n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été retiré pendant le délai de garde, puis a été renvoyé à la commune ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">péditrice, pour être remis à son destinataire lors d'une notification ul-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">térieure intervenue pendant le délai de recours. Le Tribunal fédéral a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estimé dans cette cause que du moment que l'intéressé n'avait pas été ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du attentif au fait que seule la première tentative de notification était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décisive quant à la computation du délai de recours, ce qu'il ne pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">savoir n'étant pas juriste, ce serait aller trop loin que de lui refuser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la protection de la bonne foi, simplement parce qu'il savait ou aurait dû</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">savoir que la commune avait vainement tenté de lui faire notifier une pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mière fois sa décision; une telle connaissance à elle seule ne saurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détruire la confiance qu'il avait placée dans l'indication de la voie de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit contenue, sans aucune réserve, dans la seconde notification.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans un arrêt antérieur, le Tribunal fédéral a également souli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gné que le destinataire d'un pli recommandé, qui n'a pas retiré cet envoi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">durant le délai postal de garde, ne peut prétendre qu'en lui communiquant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ultérieurement la décision en cause, l'autorité prolongeait le délai de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours. Il n'est en revanche pas exclu que, suivant les circonstances, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportement de l'autorité soit tel que le destinataire puisse légitime-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment penser que la deuxième notification de la décision a annulé la pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mière et qu'elle fait donc courir un nouveau délai de recours (RDAF 1983,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.319). Ce jugement concerne aussi une deuxième notification d'une déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion, intervenue dans le délai de recours, ayant fait suite à un premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envoi recommandé tenté sans succès. La Haute Cour a estimé que la situa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion n'était pas claire et qu'il eût appartenu à l'autorité communale de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prendre les mesures utiles pour qu'elle le soit, ce qu'elle n'a pas fait.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Lors du second envoi de la décision, qui mentionnait le délai de recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de dix jours, il n'a nullement été précisé que cette communication n'était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faite qu'à titre d'information. Par ailleurs, il n'a pas été soutenu que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le destinataire savait ou aurait dû savoir que le deuxième envoi ne valait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas notification. Au surplus, les autorités cantonale ou communale n'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas prétendu que l'intéressé aurait volontairement refusé de prendre con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naissance de la décision lors de la première tentative infructueuse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notification, si bien qu'il pouvait se prévaloir de sa bonne foi et penser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le délai de recours commençait à courir dès la seconde notification.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En l'occurrence, les considérations de ces deux arrêts du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal fédéral peuvent être repris dans le présent cas. Il apparaît en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet que quelles que soient les circonstances qui ont entraîné l'échec de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la première tentative de notification à la recourante - échec dont il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est en tous les cas pas démontré qu'il serait le fait de sa volonté dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libérée - la situation créée par la deuxième notification en main propre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de D. a été source d'ambiguïté (v. également sur ce point</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Schaer, Juridiction administrative neuchâteloise, p.40). En particulier,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la CCNAC qui est partie de l'idée "à son esprit évidente", comme elle l'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expliqué dans sa détermination du 13 juin 1997, que le délai de recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">initial ne pouvait être restitué à l'intéressée lors de la seconde notifi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation - évidence dont on ne voit qu'elle pouvait l'être également pour la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante sans formation juridique - n'a donc donné aucune indication du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délai de recours applicable dans le cas particulier lorsqu'elle a remis sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision en main propre de la recourante le 2 avril 1997. Dans ces condi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions, et dans la mesure où, à cette occasion qui s'est déroulée avant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expiration du délai normal de recours, elle n'a formulé aucune réserve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au sujet de ce délai, force est d'admettre qu'elle a ainsi créé un acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">générateur de confiance, confiance qui ne se trouve pas, avec l'omission</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">antérieure qui pourrait être retenue à l'encontre de la recourante lors de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la première tentative de notification, dans une relation telle qu'il fail-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le la considérer comme détruite (ATF 115 Ia 21).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Il suit de là que le délai de recours de trente jours prévu par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 103 al.3 LACI contre la décision de la CCNAC a bien commencé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courir le 3 avril 1997 de sorte que le mémoire que D. a adressé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 2 mai 1997, selon le timbre postal, au Département de l'économie publi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que est intervenu en temps utile. Partant, le prononcé entrepris doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">annulé et la cause renvoyée audit département pour qu'il statue sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fond du recours dont il a été saisi. Il n'est pas perçu de frais, la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédure en matière d'assurance-chômage étant en principe gratuite. Vu l'is-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sue de la cause, la recourante peut prétendre à des dépens (art.48 al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule le prononcé entrepris.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Renvoie la cause au Département de l'économie publique pour qu'il sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tue au fond sur le recours de D. dont il a été saisi en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> temps utile.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Alloue une indemnité de dépens de 400 francs à la recourante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 13 janvier 1998</span></p> </div></body></html>