<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de modifier l'art. 9, al. 2, let. k, de la loi fédérale sur l'harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (LHID ; RS 642.14) de telle sorte qu'il soit aussi possible d'effectuer une déduction sur le produit du travail tiré d'une profession, d'un commerce ou d'une entreprise si l'un des conjoints tire son revenu d'une rente.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>En vertu de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct (art. 33 al. 2 LIFD ; RS 642.11) et de la loi fédérale sur l'harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (art. 9 al. 2 let. k LHID ; RS 642.14), le droit à la déduction pour double revenu est actuellement subordonné au fait que les deux époux exercent une activité lucrative. Comme le souligne l'auteur de la motion, il s'ensuit que les couples dans lesquels l'un des époux exerce une activité lucrative tandis que l'autre touche une rente n'ont pas droit à cette déduction. Cette différence de traitement concerne cependant aussi d'autres configurations familiales. Par exemple, les couples de rentiers et les couples dans lesquels l'un des époux exerce une activité lucrative tandis que l'autre réalise des gains en capital n'ont pas non plus droit à la déduction pour double revenu. En effet, les couples mariés sont traités différemment en fonction de la nature de leurs revenus.</p><p>L'introduction de la déduction pour double revenu dans la LHID et dans la LIFD était motivée essentiellement par la prise en compte des frais de ménage supplémentaires qu'entraîne usuellement l'activité des deux époux (Message sur l'harmonisation fiscale, FF 1983 III 1, en particulier p. 101). La pertinence de cet argument n'est toutefois plus certaine aujourd'hui, notamment sous l'angle du travail à temps partiel, de plus en plus répandu.</p><p>À l'heure actuelle, la déduction pour double revenu accordée dans le cadre de l'impôt fédéral direct est une mesure s'appliquant au barème, destinée avant tout à atténuer la discrimination fiscale que subissent les couples mariés à deux revenus par rapport aux couples de concubins. Les cantons, dont le système fiscal est ajusté à celui de la Confédération, ont pris en compte les interactions entre les déductions (y c. celle pour double revenu) et les barèmes.</p><p>L'incidence de la déduction pour double revenu sur les barèmes soulève donc une question de principe, celle de savoir s'il conviendrait de laisser aux cantons la liberté d'accorder ou non une déduction pour double revenu.</p><p>L'imposition du couple marié et de la famille se trouve actuellement en chantier. En ce qui concerne l'impôt fédéral direct, le Conseil fédéral propose l'introduction du calcul alternatif de l'impôt. Cette méthode permettrait d'atténuer le problème mentionné par l'auteur de la motion, car les couples mariés dont seul l'un des époux exerce une activité lucrative auraient droit à une nouvelle déduction pour un revenu. L'inégalité de traitement serait ainsi largement éliminée. Étant donné que l'on ne sait pas encore si le Parlement donnera sa préférence à cette méthode ou à une autre qui devrait, le cas échéant, être introduite aussi à l'échelon cantonal (par ex. l'imposition individuelle), il est préférable pour l'heure de ne pas envisager des mesures particulières.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.