<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp282176"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>102 III 17<br/><br/><br/><div class="paraatf">4. Arrêt du 15 janvier 1976 en la cause G.</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp283392"></a> <a name="idp285792"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Lohnpfändung. <div class="paratf">Fall eines Schuldners, der sich zur Zahlung einer Busse in monatlichen Raten verpflichtet hat und dem der bedingte Strafvollzug gewährt worden ist mit der Weisung, den Schaden innerhalb einer bestimmten Frist zu ersetzen. Das Betreibungsamt darf den zu diesem Zweck verwendeten Betrag bei der Festsetzung der pfändbaren Lohnquote nicht berücksichtigen. </div> </div> </div> <a name="idp288208"></a> <br/><div> <a name="idp290624"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 17</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page17"></a><div class="center pagebreak">BGE 102 III 17 S. 17</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp292288"></a><span class="bold">A.- </span>Le 28 janvier 1975, l'Office des poursuites de Genève a été requis de continuer la poursuite No 506244 par laquelle la société anonyme X. S.A. réclame la somme de 6'496 fr. à G. Le débiteur ne possédant aucun bien mobilier saisissable, l'Office à décidé, le 25 février 1975, de procéder à une saisie mensuelle de 350 fr. sur le salaire de G. (de 1'500 fr. brut par mois, selon l'employeur).</div> <div class="paraatf">Le 3 avril 1975, l'Office a déclaré le salaire de G. totalement insaisissable, se fondant notamment sur les faits suivants, dont il avait eu connaissance après le 25 février 1975:</div> <div class="paraatf">a) le débiteur, divorcé, est astreint, par jugement du 12 février 1975, à contribuer aux frais d'entretien et d'éducation de sa fille, née le 28 février 1964, par le versement d'une pension mensuelle de 300 fr.;</div> <div class="paraatf">b) condamné par la Cour correctionnelle de Genève, le 13 mars 1974, à une peine de 5 mois d'emprisonnement, G. a été mis au bénéfice du sursis à la condition de réparer le dommage causé par versements mensuels de 300 fr. au lésé, le garage Y. S.A.; <a name="page18"></a><div class="center pagebreak">BGE 102 III 17 S. 18</div> </div> <div class="paraatf">c) le débiteur paie par acomptes mensuels de 100 fr. une amende de 2'000 fr. à laquelle il a été condamné le 24 juin 1974 par le Tribunal de police de Genève.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp298176"></a><span class="bold">B.- </span>Le 16 avril 1975, X. S.A. a porté plainte contre la décision de l'Office, demandant que le salaire de G. fût déclaré saisissable à concurrence de 400 fr. par mois. L'Office des poursuites de Genève a préavisé dans le sens du rejet de la plainte.</div> <div class="paraatf">Le 26 novembre 1975, l'Autorité de surveillance des Offices de poursuite pour dettes et de faillite de Genève a rejeté la plainte. Sa décision est motivée en substance comme il suit:</div> <div class="paraatf">Il convient de tenir compte, dans le calcul du montant insaisissable, de la somme de 300 fr. versée mensuellement au garage Y. S.A., ainsi que de l'acompte de 100 fr. par mois pour le paiement de l'amende. Ce montant s'établit dès lors comme il suit:</div> <div class="paraatf">Minimum vital (débiteur divorcé, mais logé</div> <div class="paraatf">chez son ex-épouse).................................. Fr. 525.--</div> <div class="paraatf">Pension alimentaire due à l'enfant................... Fr. 300.--</div> <div class="paraatf">Versement mensuel pour le paiement</div> <div class="paraatf">de l'amende.......................................... Fr. 100.--</div> <div class="paraatf">Paiement au garage Y. S.A............................ Fr. 300.--</div> <div class="paraatf">AVS-AI............................................... Fr. 82.50</div> <div class="paraatf">Caisse-maladie....................................... Fr. 35.--</div> <div class="paraatf">Frais de déplacement................................. Fr. 48.--</div> <div class="paraatf">Repas pris hors du domicile</div> <div class="paraatf">(30 jours à 11 fr.).................................. Fr. 330.--</div> <div class="paraatf"> ............................................... ------------</div> <div class="paraatf">total................................................ Fr. 1'720.50</div> <div class="paraatf">Le montant insaisissable est ainsi plus élevé que le salaire déclaré par l'employeur, de sorte que la décision de l'Office est justifiée.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp308416"></a><span class="bold">C.- </span>X. S.A. recourt au Tribunal fédéral. Elle demande que la décision attaquée soit annulée et que le salaire de G. soit déclaré saisissable à concurrence de 150 fr. par mois dans la poursuite 506244.</div> <br/><div> <a name="idp309856"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Considérant en droit:</div> <div class="paraatf">Aux termes de l'<span class="artref">art. 49 ch. 3 al. 2 CP</span>, le juge pourra exclure la conversion de l'amende en arrêts lorsque le condamné lui <a name="page19"></a><div class="center pagebreak">BGE 102 III 17 S. 19</div>aura apporté la preuve qu'il est, sans sa faute, dans l'impossibilité de payer l'amende. Tel est le cas quand le condamné fait l'objet de saisies qui le réduisent à son minium vital. De même, l'octroi d'un sursis subordonné à la réparation du dommage dans un délai déterminé (<span class="artref">art. 41 ch. 2 al. 1 CP</span>) n'est concevable que dans le cadre des possibilités financières de celui qui y est astreint; en tout cas, le sursis ne peut pas être révoqué si le condamné n'a pas pu réparer le dommage du fait que la part de son revenu excédant le minimum vital était grevée d'une saisie (cf. <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=36&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1976&amp;to_year=1976&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F100-IV-197%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page197">ATF 100 IV 197</a>).</div> <div class="paraatf">La décision attaquée a pour conséquence que l'Etat, en tant que créancier de l'amende, et le créancier titulaire d'une créance issue d'une infraction pénale dont l'auteur, condamné, a été mis au bénéfice du sursis à condition qu'il réparerait le dommage obtiennent indirectement un privilège non prévu par la loi, sans même avoir à introduire une poursuite. De tels privilèges, exorbitants du droit commun, ne sont pas concevables. Les seules dépenses qui, selon l'<span class="artref">art. 93 LP</span>, entrent en ligne de compte pour la détermination de la part de salaire saisissable sont celles qui sont indispensables à l'entretien du débiteur et de sa famille (cf. <span class="bgeref_err">ATF 77 III 160</span> ss consid. 1, <span class="bgeref_err">ATF 79 III 156</span> consid. 1, <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=36&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1976&amp;to_year=1976&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F82-III-26%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page28">ATF 82 III 28</a> consid. 1). La jurisprudence en matière de cession de salaire n'est pas en contradiction avec ces principes. Quand il y a eu cession du salaire futur du débiteur poursuivi, la créance de ce chef naît désormais en la personne du cessionnaire (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=36&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1976&amp;to_year=1976&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F95-III-9%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page12">ATF 95 III 12</a>): les créances découlant d'une cession de salaire sont donc insaisissables, non parce que leur montant ferait partie du minimum vital, mais parce qu'elles ne sont plus créances du débiteur.</div> <div class="paraatf">Le montant du salaire déterminant, tel qu'il a été retenu par l'Office des poursuites et l'Autorité cantonale de surveillance, n'est pas contesté par la recourante, qui se borne à émettre des doutes incidemment. Il s'agit d'ailleurs d'une question de fait; le Tribunal fédéral ne pourrait donc la revoir que si des dispositions fédérales en matière de preuve avaient été violées ou qu'il y ait eu inadvertance manifeste (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/63/81" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/63/2" type="start"></artref>art. 63 al. 2, 81 OJ</span><artref id="CH/173.110/63/81" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/81" type="end"></artref>), ce qui n'est pas le cas en l'espèce.</div> <div class="paraatf">Si l'on fait abstraction des montants de 100 fr. (acompte pour le paiement de l'amende) et de 300 fr. (versement au garage Y. S.A.), la part insaisissable du salaire de G. s'élève à 1'320.50 fr. X. S.A. était ainsi fondée à demander une saisie-salaire <a name="page20"></a><div class="center pagebreak">BGE 102 III 17 S. 20</div>mensuelle de 179.50 fr. (1'320.50 fr. + 179.50 fr. = 1'500 fr.). Toutefois, on ne saurait aller au-delà des conclusions prises (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/63/81" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/63/1" type="start"></artref>art. 63 al. 1 et 81 OJ</span><artref id="CH/173.110/63/81" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/81" type="end"></artref>).</div> <div class="paraatf">Il y a donc lieu d'admettre le recours, d'annuler la décision attaquée et d'inviter l'Office des poursuites de Genève à opérer une saisie de 150 fr. par mois sur le salaire du débiteur.</div> <br/><div> <a name="idp339856"></a><span class="big bold" id="dispositiv">Dispositiv</span> </div> <br/><div class="paraatf">Par ces motifs, le Tribunal fédéral:</div> <div class="paraatf">Admet le recours, annule la décision attaquée et invite l'Office des poursuites de Genève à procéder à une saisie de 150 fr. par mois sur le salaire du débiteur.</div> </div></body></html></html>