<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. T. né en 1942, a été engagé en mesures de crise par l'Etat de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel en qualité de geôlier-adjoint pour un an en juin 1991. Il a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réengagé aux mêmes conditions en juin 1993 pour six mois, prolongés de six</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois. Il a ensuite été engagé comme geôlier auxiliaire dès le 1er juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994. Il a fait l'objet d'un avertissement le 20 janvier 1995 pour écarts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de langage, non-respect du secret de fonction et problèmes d'alcool. Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été nommé geôlier le 1er janvier 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par lettres des 9 et 11 juillet 1997, S., chef du service des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établissements de détention, a adressé à T. un avertissement pour avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quitté son travail sans avertir le surveillant-chef. T. a recouru le 18</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1997 au Département de la justice, de la santé et de la sécurité,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui, par décision du 19 août 1997, a renvoyé le dossier à S. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violation du droit d'être entendu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 26 mars 1998, la cheffe du Département de la justice, de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">santé et de la sécurité a reçu cinq membres du personnel des établisse-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments d'exécution des peines de X. à Y. , dont T., qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">souhaitaient lui faire part de problèmes internes, en particulier dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leurs rapports avec S. Ils lui ont à cette occasion remis un document</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constitué de divers rapports qu'ils avaient rédigés seuls ou à deux,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accompagnés de quelques annexes. Il y critiquaient S. considéré en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">substance comme un mauvais chef, tyrannique, cassant, grossier et dont la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion est critiquable. Un nouveau rendez-vous a été convenu le lendemain</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec la cheffe du département. Le soir du 26 mars 1998, T. a toutefois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remis le document à un député du Grand Conseil, ce dont la cheffe du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">département a été informée le lendemain.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par lettre du 10 juin 1998, la cheffe du département a informé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">T. qu'elle considérait que la diffusion du rapport relevait d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violation du secret de fonction et qu'elle souhaitait l'entendre à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sujet le 15 juin afin d'établir les voies possibles permettant de mettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un terme à cette affaire. Le 15 juin 1998, T., par son mandataire, a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandé si l'entretien envisagé s'inscrivait dans le cadre d'une procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administrative. Il lui a été répondu le 29 juin 1998 que l'entrevue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'inscrivait bien dans le cadre d'une procédure de renvoi. T. a ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposé des observations écrites le 14 juillet 1998. Par décision du 19</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">août 1998, le Conseil d'Etat a résilié avec effet immédiat les rapports de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service de T. et retiré l'effet suspensif d'un éventuel recours. Il a en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bref considéré que la remise du rapport à un député constituait une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violation du secret de fonction et que cet acte d'insubordination était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autant plus blâmable que le département concerné s'était engagé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résoudre les difficultés qui avaient surgi dans le service des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établissements de détention.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 14 septembre 1998, T. recourt au Tribunal administratif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre la décision du 19 août 1998, concluant à la restitution de l'effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suspensif, à l'annulation de la décision entreprise et à l'octroi d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indemnité de dépens. Sur le fond, il se plaint d'une constatation inexacte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et incomplète de faits pertinents sur différents points. Il avance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment que le rapport remis au député ne contient pas toutes les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">annexes mentionnées dans la décision entreprise et qu'il ne lui a pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandé de ne pas ébruiter l'affaire lors de l'entrevue du 26 mars 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il invoque également une violation de son droit d'être entendu car quatre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnes dont il avait demandé l'audition dans ses observations du 14</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1998 n'ont pas été interrogées. Il avance par ailleurs qu'il pen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sait que le rapport n'était pas soumis au secret de fonction parce qu'il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trait à des difficultés générales rencontrées avec le chef du service et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que de telles informations et appréciations ne sont pas secrètes par na-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ture. Il relève enfin qu'une éventuelle violation du secret de fonction ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justifierait pas un renvoi immédiat, l'autorité s'étant accommodée pendant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plusieurs mois de la poursuite des rapports de service.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans ses observations du 23 septembre 1998, le Conseil d'Etat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet du recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Les décisions du Conseil d'Etat relatives au renvoi pour justes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motifs ou raisons graves d'un titulaire de fonction publique peuvent faire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'un recours au Tribunal administratif (art.82 al.3 LSt). Interje-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té dans les formes et délai légaux, le recours est ainsi recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 15 al.2 LSt, les titulaires de fonctions pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bliques accomplissent leurs tâches avec engagement, fidélité, honnêteté et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">impartialité, dans le respect des instructions reçues. Il leur est inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dit de divulguer des faits dont ils ont eu connaissance dans l'exercice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur activité officielle et qui doivent rester secrets en raison de leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nature, des circonstances ou d'instructions spéciales (art.20 al.1 LSt).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans les mêmes limites, il leur est également interdit de communiquer à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des tiers ou de s'approprier, en original ou en copie, des documents de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service établis par eux-mêmes ou par autrui (art.20 al.2 LSt).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Règle fondamentale, le secret de fonction s'applique aux faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appris par les fonctionnaires parce qu'ils sont fonctionnaires, même en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dehors de toute relation directe avec leur service. Il concerne les faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en rapport avec la vie privée des particuliers et ceux dont la communica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion est de nature à léser sensiblement un intérêt de l'administration.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'obligation du secret existe quel que soit le destinataire, à l'exception</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des collègues du même service exerçant les mêmes attributions et du chef</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de service. Elle peut toutefois ne pas être respectée lorsqu'un intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légitime l'impose. Il faut cependant qu'il n'existe aucune autre moyen de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">satisfaire cet intérêt, notamment que le titulaire ne puisse pas procéder</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utilement par la voie hiérarchique (Moor, Droit administratif, vol.III,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1992, p.235-236).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, les rapports et leurs annexes remis à la cheffe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du département le 26 mars 1998 tombaient indiscutablement sous le coup de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 20 LSt. Il est cependant sans pertinence de savoir si c'est bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le document relié déposé au dossier, avec toutes les annexes qu'il com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prend, qui a été remis au député du Grand Conseil, ou seulement la version</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">épurée à laquelle il est fait allusion dans un procès-verbal du 27 mai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998 figurant au dossier (p.2). En effet, les rapports en eux-mêmes, sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les annexes, ont clairement trait à des faits dont leurs auteurs ont eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaissance dans leur activité officielle et qui, en outre, devaient en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe rester secrets en raison de leur nature et des circonstances. Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapports contiennent en effet de nombreux griefs précis et motivés contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le chef de service, de nature à porter atteinte à l'image de l'administra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, de sorte que le recourant ne peut pas prétendre que de telles infor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mations et appréciations ne sont pas secrètes par nature. De plus, une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligation de maintien du secret devait s'imposer au recourant sans même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il soit nécessaire que des instructions spéciales lui soient données à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce propos, de sorte qu'il n'est besoin d'examiner si une telle instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a été donnée au recourant lors de la réunion du 26 mars 1998. Enfin, comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la cheffe du département avait reçu T. et ses collègues et allait les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revoir le lendemain, le recourant ne peut pas se prévaloir d'un intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légitime à la divulgation des rapports, la voie hiérarchique étant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utilisée. Au demeurant, le recourant n'a pas agi dans le cadre de l'exer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cice du droit d'information et de consultation des députés (art.5a de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loi d'organisation du Grand Conseil). C'est en conséquence à juste titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le Conseil d'Etat a retenu une violation du secret de fonction, sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entendre les témoins requis par le recourant, dont l'audition n'était pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nécessaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Si des raisons d'inaptitude, de prestations insuffisantes, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manquements graves ou répétés aux devoirs de service ou d'autres raisons</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">graves ne permettent plus la poursuite des rapports de service, l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui a nommé peut ordonner le renvoi d'un titulaire de fonction publique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.45 al.1 LSt). L'autorité de nomination prononce le renvoi du titu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laire de fonction publique et lui notifie la décision moyennant un préavis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de trois mois pour la fin d'un mois (art.48 al.2 LSt). En cas de violation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grave des devoirs de service, une autorité de nomination peut procéder au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoi de titulaire de fonction avec effet immédiat, cas échéant sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avertissement préalable (art.48 al.3 LSt).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon la jurisprudence, l'autorité décide librement, dans les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limites de son pouvoir d'appréciation dont elle devra néanmoins user de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">façon consciencieuse, si la résiliation est justifiée. L'existence d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juste motif, autorisant le renvoi, même immédiat, n'a pas besoin d'être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">démontrée. Il suffit que le licenciement entre dans le pouvoir d'apprécia-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'autorité et apparaisse, au regard des prestations et du compor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement de l'intéressé, comme une mesure défendable (ATF 108 Ib 209, 99 Ib</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">129). En outre, selon l'article 33 litt.a et d LPJA, le Tribunal adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tratif examine uniquement si l'autorité a abusé de son pourvoi d'apprécia-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion ou l'a excédé; il n'est pas habilité à contrôler l'opportunité de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision puisqu'aucun texte légal ne lui en donne la compétence (RJN 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.147-148, 1990, p.98, 1985, p.129, 1995, p.147-148).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, la violation du secret de fonction commise par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant apparaît, ainsi que l'a relevé le Conseil d'Etat, comme un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acte d'insubordination particulièrement grave puisque la remise du rapport</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au député est intervenue juste après une première entrevue avec la cheffe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du département et alors même qu'une nouvelle entrevue était agendée au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lendemain. Peu importe que le recourant ait eu l'impression que les cri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiques formulées rencontraient l'incrédulité de la cheffe du département.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">En agissant comme il l'a fait alors qu'un dialogue était engagé, il a dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montré qu'on ne pouvait plus avoir aucune confiance en lui. Son comporte-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment aurait pu ainsi justifier un renvoi avec effet immédiat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il faut toutefois considérer qu'un renvoi avec effet immédiat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">découle, par analogie avec la notion de justes motifs de l'article 337 CO,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un fait propre à détruire la confiance de telle façon que la poursuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des rapports de service ne peut plus être exigée de l'Etat, même durant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délai de trois mois de l'article 48 al.2 LSt. En d'autres termes, l'Etat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui apprend l'existence d'un motif de renvoi immédiat doit procéder rapi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dement à celui-ci, sans quoi il est présumé y renoncer (Brunner/Bühler/</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Waeber, Commentaire du contrat de travail, 2e éd., 1996, p.229; Duc/</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Subilia, Commentaire du contrat individuel de travail, 1998, p.470). Or,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en l'espèce, la violation du secret de fonction a été connue le 27 mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998, mais le recourant n'a été convoqué pour être entendu à ce propos que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 10 juin 1998 et la décision de renvoi n'est intervenue que le 19 août</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998. On doit dès lors retenir que, bien que le comportement du recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justifie son renvoi, la poursuite des rapports de service durant le délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légal de trois mois est possible. La décision entreprise doit ainsi être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">annulée dans la mesure où elle prononce un renvoi avec effet immédiat. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoi subsiste cependant, mais dans le délai ordinaire de trois mois pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la fin d'un mois.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Comme il est statué sur le fond, la requête de restitution de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'effet suspensif devient sans objet.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. La décision entreprise est annulée dans la mesure où elle pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nonce un renvoi avec effet immédiat et il est constaté que les rapports de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service prendront fin à l'expiration du délai légal ordinaire, soit le 30</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre 1998. Il est statué sans frais. Au vu du sort de la cause, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant a droit à une indemnité de dépens réduite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule la décision entreprise dans la mesure où elle met fin avec effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> immédiat aux rapports de service et constate que les rapports de ser-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> vice prendront fin au 30 novembre 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue au recourant une indemnité de dépens de 200 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 26 octobre 1998</span></p> </div></body></html>