<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par acte du 13 avril 1995, F. a vendu à sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fille l'article x. du cadastre de Saint-Blaise comprenant une habita-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, une place-jardin et un garage pour le prix de 300'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'estimation cadastrale de cet immeuble au 1er janvier 1995</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étant de 387'000 francs, l'office des droits de mutation a considéré la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différence entre cette estimation et le prix de vente comme un avantage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">équivalant à une donation soumise à l'émolument. Il a établi, le 21</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">février 1996, sur cette différence de 87'000 francs, un compte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perception d'émolument calculé au taux de 6 % pour un montant de 5'220</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. F. a contesté devant le Département des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">finances et des affaires sociales le principe même de l'assujettissement à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un tel émolument aux motifs qu'aucune intention de sa part de faire une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donation ("animus donandi") n'avait présidé à la transaction du 13 avril</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995 et que le prix de vente de 300'000 francs avait été convenu en raison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du coût élevé devisé à 400'000 francs des travaux de remise en état du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bâtiment qui s'étaient révélés nécessaires lors de son acquisition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans son prononcé du 17 décembre 1997, le département a rejeté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recours. Il a retenu qu'en droit fiscal l'"animus donandi" n'était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon la doctrine pas déterminante et que seuls trois critères objectifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devaient être pris en compte : l'existence d'un acte de disposition,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'enrichissement provenant de la fortune d'un tiers et la gratuité. Or, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la cause l'acte de vente du 13 avril 1995 était en réalité une donation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mixte puisque le prix de l'immeuble n'atteignait pas celui de l'estimation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadastrale et que, de la sorte, le vendeur avait bien fait, en partie, un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acte d'attribution aux dépens de son patrimoine (absence partielle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre-prestation) avec enrichissement correspondant de l'attributaire. Au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surplus, pour calculer le montant de l'émolument, l'autorité fiscale doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se baser sur l'estimation cadastrale (arrêté d'exécution du Conseil d'Etat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 12 mars 1984). Aussi le département a-t-il conclu que l'office des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits de mutation avait perçu à bon droit un émolument pour la donation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partielle de l'immeuble du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. F. entreprend ce prononcé devant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal administratif. Il reprend les arguments dont il s'est déjà</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévalu dans son recours en première instance. Il relève au surplus que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrairement à l'avis du département, la doctrine est divisée sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question de savoir si l'"animus donandi" doit être prise en compte en la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière. Par contre selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, elle doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'être. Dès lors, la seule différence entre le prix de vente et la valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadastrale de l'immeuble ne suffit pas pour établir une donation, une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libéralité n'existant que si les parties n'avaient pas de motifs écono-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">miques rationnels de s'écarter de cette dernière valeur. Or en l'espèce de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tels motifs existaient puisque l'immeuble construit en 1946 n'avait fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'aucuns travaux d'entretien depuis lors et qu'il nécessitait une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remise en état dont le coût prévisible s'élevait à 400'000 francs au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moment de la passation de l'acte, si bien que ces frais élevés ont seuls</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">influé de manière objective sur le prix de vente, lequel n'a en consé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quence revêtu aucun caractère de libéralité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans sa réponse sur le recours, le département conclut à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet sans formuler d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span><span lang="EN-GB">C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span><span lang="FR-CH">en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Aux termes de l'article 6 de la loi concernant l'application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 551 du Code civil suisse et la perception d'un émolument en cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de dévolution d'hérédité, du 10 novembre 1920, tout acte de donation entre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vifs, toute remise de dette faite à titre de donation et, d'une manière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">générale, toute transmission de bien à titre gratuit sont soumis à l'émo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lument au moment du transfert entre les mains du bénéficiaire, cela sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">base d'une déclaration immédiate et spontanée de ce dernier et du donateur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au département des finances et au taux correspondant à la fortune totale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur laquelle le donateur a été soumis pour la dernière fois à l'impôt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">direct.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'arrêté d'exécution des articles 6 et 7 de la loi sus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionné, du 12 mars 1984, lorsqu'une donation entre vifs ou toute autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">transmission d'un bien à titre gratuit porte sur un immeuble sis dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">canton, le droit de donation et l'émolument de dévolution d'hérédité sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">calculés sur la base de l'estimation cadastrale même si la valeur attri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">buée à l'immeuble par les parties est différente (art.1 al.1).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En l'espèce, l'autorité inférieure de recours a parfaitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonscrit la question litigieuse qui consiste à examiner si le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a accordé, au sens de l'article 6 de la loi précitée, une libéralité à sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fille en fixant le prix de l'immeuble au-dessous de l'estimation cadas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trale, en d'autres termes si l'acte intitulé comme une vente n'est pas en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réalité une donation mixte, à savoir un complexe de deux actes juridiques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différents : d'un part, un contrat bilatéral à titre onéreux (une vente)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et, d'autre part, une donation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a) Le département a tout d'abord relevé que la question ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devait pas être tranchée selon le critère de la volonté de donner du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vendeur de l'immeuble, l'"animus donandi" n'étant pas déterminante selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le droit fiscal qui doit s'en tenir à des critères objectifs; sont ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seuls décisifs l'existence d'un acte de disposition, l'enrichissement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">provenant de la fortune d'un tiers et la gratuité; si ces trois éléments</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont réunis, il y a une donation au sens du droit fiscal (Höhn /</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH">Waldburger, Steuerrecht, 8e éd., p.370). </span><span lang="FR-CH">En réalité, si telle est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'opinion de ces derniers auteurs, ceux-ci ne soulignent pas moins que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">point de savoir si l'"animus donandi" est une circonstance à prendre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte ou non est controversée dans la doctrine et citent les auteurs pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lesquels celle-ci doit l'être.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors, à la doctrine divisée, il y a lieu de préférer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence du Tribunal fédéral qui n'a pas varié sur ce sujet. Ayant eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à se pencher sur des dispositions cantonales similaires à celle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 6 de la loi neuchâteloise précitée, la Haute Cour a jugé que si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la notion de donation en droit fiscal ne devait pas nécessairement se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confondre avec celle du droit civil, elle ne pouvait cependant s'inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préter en faisant abstraction de toute "intention de donner", sans quoi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle ne répondrait ni au sens ni à la finalité voulus par la loi (ATF 118</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">Ia 501, 102 Ia 426, 98 Ia 263, 65 I 212). </span><span lang="FR-CH">Elle a ainsi considéré que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chaque achat favorable ne pouvait être assimilé à une donation indépen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">damment des circonstances concrètes et de l'absence de toute volonté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'effectuer une libéralité; le fait que le prix de vente se situe au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dessous de la valeur vénale objective, respectivement de la valeur cadas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trale, ne permet pas à lui seul de conclure à l'existence d'une intention</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de consentir une libéralité qui ferait apparaître l'opération comme une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donation mixte soumise à émolument; dans la formation du prix d'autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motifs peuvent intervenir que la volonté de procéder à une attribution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gratuite ou partiellement gratuite, laquelle volonté est une condition</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indispensable à l'assujettissement de la taxe sur les donations. Aussi le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal fédéral a-t-il tenu pour arbitraire de percevoir un émolument sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la donation en se fondant uniquement sur la différence objective entre la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestation et la contre-prestation, sans examiner s'il existe ou non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intention de donner (ATF 118 Ia 497).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'occurrence, la décision entreprise en tant qu'elle assimile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la transaction du 13 avril 1995 à une donation mixte du recourant en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faveur de sa fille en raison de la seule disparité existant entre le prix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de vente et celui de la valeur cadastrale de l'immeuble cédé ne peut donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être confirmée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) A l'appui du prononcé entrepris, l'autorité inférieure de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours invoque également l'article 1 al.1 de l'arrêté d'exécution des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">articles 6 et 7 de la loi du 10 novembre 1920, selon lequel le droit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donation est calculé sur la base de l'estimation cadastrale. Ce moyen ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui est d'aucun secours. Le Tribunal fédéral a considéré que l'on ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait déduire d'une disposition analogue de la législation bernoise que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tout achat à un prix inférieur à l'estimation cadastrale était en soi une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstance de nature à entraîner l'assujettissement à l'émolument sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les donations mais que la disposition en question n'avait d'autre fin, une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fois la donation portant sur un immeuble établie, que de préciser que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'impôt devait se calculer selon l'estimation cadastrale et non point</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon d'autres estimations (ATF 118 Ia 502-503).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Cela étant, il reste à examiner, ce que n'ont pas fait les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorités inférieures, si le recourant peut invoquer des motifs rationnels</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui l'ont conduit à convenir avec sa fille d'un prix de vente de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'immeuble inférieur à celui de sa valeur cadastrale. L'intéressé s'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">explique en relevant que des travaux importants de réfection de la maison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'habitation, qui n'avait pratiquement plus été entretenue depuis sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">construction en 1946, se sont révélés nécessaires déjà avant son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acquisition. Ces faits sont avérés, puisque, selon le bureau d'architecte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. SA les travaux de remise en état devisés en octobre 1994 à 400'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs visaient à rendre la maison habitable selon les critères actuels de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confort et d'économie d'énergie, que les installations de sanitaire, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chauffage et d'électricité étaient très sommaires et ne respectaient plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les règlements en vigueur et que les travaux envisagés étaient les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premiers entrepris depuis la construction de l'immeuble (lettre du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">13.03.1996). Par ailleurs, à l'issue desdits travaux, l'estimation ca-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dastrale a été révisée et élevée à 594'000 francs le 15 décembre 1995, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte qu'on peut admettre qu'une grande part de l'investissement consacré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à cet immeuble après sa vente a consisté dans des travaux d'entretien.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans ces conditions, il n'est pas douteux que l'état de la maison et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travaux de réfection coûteux qu'elle occasionnerait, au moment de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">passation de l'acte, ont joué un rôle déterminant dans la fixation du prix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de vente. Au vu du prix de ces travaux, de telles circonstances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justifiaient économiquement et objectivement qu'un tel prix fût arrêté en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la cause au-dessous de la valeur cadastrale, sans que le lien de parenté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entre le recourant et sa fille - qui constitue en principe un indice d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libéralité - ne permette d'aboutir à une autre conclusion.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Il suit de là que le recours, bien fondé, doit être admis et que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le prononcé entrepris ainsi que la décision de l'office des droits de mu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tation doivent être annulés. Vu le sort de la cause, il est statué sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais (art.47 al.1 LPJA) et des dépens sont alloués au recourant pour les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux instances de recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule le prononcé entrepris et la décision de l'office des droits de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mutation du 21 février 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue au recourant des dépens de 700 francs pour les deux instances de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 11 mars 1998</span></p> </div></body></html>