<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le mercredi 6 septembre 1995, à 06 h 55, L. circulait au volant de sa Toyota NE ... de Peseux en direction de Colombier.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A Auvernier, dans un virage à gauche, peu après l'intersection avec le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chemin des Vanels, sa voiture a traversé la route de droite à gauche,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">franchi la ligne de sécurité et heurté la Toyota Tercel de P. qui circulait sur la voie montante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. L. a fait opposition à l'ordonnance pénale du 26</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">septembre 1995 qui le condamnait à une amende de 200 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par jugement du 12 février 1996, le Tribunal de police du district de Boudry a condamné L. à 200 francs d'amende en application des articles 31/1 et 90/1 LCR. Le premier juge a retenu, se fondant sur un rapport d'expertise du Service cantonal des automobiles, que le véhicule du recourant ne présentait aucune défectuosité. Il a estimé que les déclarations de L. n'étaient pas rendues crédibles par l'expertise privée requise par L. et déposée à l'audience, rapport selon lequel un obstacle aurait fait dévier la trajectoire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la voiture.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. L. se pourvoit en cassation contre ce jugement. Il invoque une fausse application de la loi au sens de l'article 242 al.1 CPP, en particulier l'arbitraire dans la constatation des faits. Se fondant sur l'expertise privée déposée à l'audience, il expose que les causes de l'accident ne peuvent pas être déterminées mais sont le fruit d'un élément inconnu qui a provoqué une modification de la trajectoire extrêmement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">brusque et surprenante du véhicule.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le ministère public conclut au rejet du recours sans formuler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La présidente suppléante du Tribunal du district de Boudry</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet du recours en observant que L. n'a évoqué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'hypothèse d'un obstacle ayant dévié sa trajectoire qu'après avoir produit l'expertise privée du bureau B. SA, qu'il expliquait jusque là</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'accident par un défaut technique. Elle remarque que le recourant n'aurait pas manqué, au moment de l'accident, de faire état d'un obstacle qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aurait modifié sa trajectoire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span><span lang="EN-GB">C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span><span lang="DE">e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Le recourant estime qu'il y a eu arbitraire dans l'appréciation des faits. Selon lui, le premier juge a, malgré l'expertise privée déposée à l'audience, retenu que l'accident était dû à une faute de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">part, à l'encontre du principe in dubio pro reo.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La Cour est liée par les constatations de fait du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge; elle ne peut rectifier que celles qui sont manifestement erronées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.251 al.2 CPP). Dans une jurisprudence constante, la Cour a jugé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'était manifestement erronée une constatation de fait contraire à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pièce probante du dossier ou à la notoriété publique (RJN 7 II 3, 5 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">112, 4 II 159). On ne peut parler d'arbitraire que si la juridiction inférieure a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le dossier (ATF 118 Ia 30, cons.1b), ou si elle a abusé de son pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation, en particulier si elle a méconnu des preuves pertinentes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou qu'elle n'en a arbitrairement pas tenu compte (ATF 100 Ia 127), lorsque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses constatations sont manifestement contraires à la situation de fait,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reposent sur une inadvertance manifeste ou heurtent gravement le sentiment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la justice, enfin lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">insoutenable (ATF 118 II 30, cons.1b et les autres arrêts cités).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) La loi n'exige pas que la preuve formelle des faits constitutifs de l'infraction soit rapportée. Par conséquent, des indices peuvent être suffisants pour permettre au juge de fonder son intime conviction. Encore faut-il que de ces indices on puisse logiquement et avec une grande vraisemblance déduire que le fait à établir s'est réellement produit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, le premier juge se trouvait en présence de deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapports d'expertise, l'un ordonné en application de l'article 98 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CPP, et l'autre requis unilatéralement par le recourant puis déposé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'audience. Le recourant n'a pas fait usage de la faculté que lui offre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 163 CPP de requérir un nouvel examen, soit par les mêmes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">experts, soit par d'autres. Il n'a pas non plus proposé l'audition, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'audience, de Q. , auteur du rapport du bureau B. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le premier juge ne s'est pas contenté d'écarter le rapport déposé à l'audience en contestant qu'il puisse valoir preuve (RJN 4 II 22), mais a examiné la valeur probante des deux rapports. Il n'y a dès lors pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu d'examiner quelle est, en procédure neuchâteloise, la valeur d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expertise que le juge n'a pas sollicitée lui-même (ATF 113 IV 1, JT 1987</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">IV 66).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour retenir l'expertise du Service cantonal des automobiles, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge a effectué une pesée approfondie des éléments à disposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il a motivé son choix de façon satisfaisante. Il a notamment retenu les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contradictions entre les déclarations du recourant immédiatement après</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'accident et à l'audience (RJN 1995, p.119).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le jugement attaqué n'apprécie pas arbitrairement les preuves et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intime conviction à laquelle est parvenu le premier juge ne laissait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune place au principe in dubio pro reo.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Mal fondé, le pourvoi doit être rejeté. Les frais de la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doivent être mis à la charge du recourant (art.254 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Condamne le recourant aux frais arrêtés à 440 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 15 octobre 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> AU NOM DE LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le greffier La présidente</span></p> </div></body></html>