<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. H. a été engagé en qualité de directeur de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'entreprise S. et Co (devenu par la suite S.SA) à la fin de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'année 1987 (annexe 11, D.I 13). Le contrat de travail a pris fin par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convention du 2 juin 1992 (annexe 11, D.I 23).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par une lettre non datée reçue par le ministère public le 19</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre 1992, S.SA a dénoncé H. pour vol et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion déloyale, l'accusant de s'être approprié du matériel de l'entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise, d'avoir dérobé de l'or et d'avoir, au nom de la société, conclu des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">opérations de complaisance avec des tiers (annexe 11, D.I 3). La dénoncia-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion et plainte, signée par T. , président du Conseil d'admi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nistration, précisait que P. , cadre de l'entreprise, était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chargé par celle-ci de suivre cette affaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Entendu par la police le 28 janvier 1993, H. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contesté tous les faits qui lui étaient reprochés, se déclarant "surpris</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le haut degré de malhonnêteté des auteurs de cette plainte à savoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">MM. T. et P. " (annexe 11, D.I 75). Le 4 février 1993, il a déposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte pénale pour dénonciation calomnieuse contre les auteurs de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte dont il était l'objet (annexe 11, D.I 181). S.SA a complété</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa plainte par courrier du 13 mai 1993 (annexe 11, D.I 215) et H. a à nouveau déposé plainte le 16 décembre 1993 contre les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auteurs de cette lettre pour diffamation, dénonciation calomnieuse, éven-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuellement induction de la justice en erreur (annexe 11, D.II in fine).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Les procédures relatives aux plaintes de H. ont été sus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendues par le ministère public les 12 mars et 29 décembre 1993 dans l'at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tente de l'issue de la procédure pénale engagée contre lui (annexe 11,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D.II in fine).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 12 janvier 1995, les parties ont conclu l'arrangement suivant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant le juge d'instruction (annexe 11, D.II 573-575) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " 1. S.SA retire la plainte qu'elle a déposée le 17</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> novembre 1992 et sa plainte complémentaire du 13 mai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1993 dirigées contre H. pour vol</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et gestion déloyale, ces deux chefs d'accusation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> n'étant pas réalisés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S.SA regrette ce qui s'est passé et qui a porté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> préjudice à H. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2. H. retire la plainte qu'il a dépo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sée le 4 février 1993 contre T. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> consorts pour dénonciation calomnieuse et les accusa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tions portées contre T. par le courrier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de son mandataire du 30 juin 1994, ainsi que la plainte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> du 16 décembre 1993.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 3. S.SA et H. demandent à Madame le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> juge d'instruction des Montagnes, en charge de ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> instructions pénales, de bien vouloir procéder au clas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sement, quoique ces chefs d'accusation se poursuivent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'office.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 4. S.SA intervient auprès de P. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> qu'il évite tout propos susceptible de porter préjudice</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à H. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 5. S.SA verse à H. , au titre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> participation aux frais et honoraires de son mandatai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> re, la somme de 9'000 francs, aussitôt que le classe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ment des plaintes sera intervenu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 6. Moyennant l'exécution de la présente convention, S.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> SA et T. renoncent à faire valoir quelques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> prétentions que ce soit avec lesdites plaintes (art.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et 2 ci-dessus) contre H. et réciproquement."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La juge d'instruction a transmis le dossier au ministère public</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 13 janvier 1995 en préavisant un classement par opportunité (annexe 11,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D.II 583). Le 19 janvier 1995, le ministère public a décidé de classer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ensemble de l'affaire : "H. est donc mis au bénéfice</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un non-lieu en ce qui le concerne et les plaintes de ce dernier sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classées, les frais restant à la charge de l'Etat" (annexe 11, D.II 593).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 24 mars 1995, H. a dénoncé et déposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte pénale contre P. pour dénonciation calomnieuse, induc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de la justice en erreur et faux témoignage (D.p.3). Il lui reprochait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en bref d'être à l'origine de la poursuite pénale dont il avait été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet. Le ministère public a requis la juge d'instruction d'ouvrir une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">information pour dénonciation calomnieuse et faux témoignage (D.p.1) et à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirmé son intention malgré les hésitations de la juge d'instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.p.25 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Renvoyé à l'issue de l'instruction devant le Tribunal de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du district de La Chaux-de-Fonds, P. a été condamné le 18 fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrier 1997 à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pendant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trois ans pour dénonciation calomnieuse et faux témoignage. A titre préli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">minaire, le Tribunal a considéré que, malgré la décision du ministère pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blic du 19 janvier 1995, il devait examiner les préventions pour lesquel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les P. comparaissait devant lui (jugement, p.10-11). Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estimé que P. était à l'origine des plaintes contre H. , que les faits allégués dans ces plaintes n'étaient pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondés et que P. avait ainsi ourdi une machination astucieuse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">afin de provoquer l'ouverture d'une action pénale contre H. (jugement, p.11-12). Il a au surplus retenu que P. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entendu comme témoin par la police le 18 mai 1993, avait fait de fausses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclarations relatives au comportement de H. (jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.12-13).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 21 avril 1997, P. recourt à la Cour de cassation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénale contre le jugement du 18 février 1997, concluant, sous suite de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais, à sa cassation et à ce qu'il soit acquitté. Il considère en sub-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">stance que le Tribunal a retenu arbitrairement un certain nombre de faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et n'a pas suffisamment motivé sa décision de le condamner pour dénoncia-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion calomnieuse. S'agissant du faux témoignage, il allègue qu'il ne pou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vait pas, en sa qualité de plus proche collaborateur de T. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans cette affaire, être entendu comme témoin.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. La présidente suppléante du Tribunal de police ne formule pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'observations, de même que le ministère public. H. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut, sous suite de frais et dépens à l'irrecevabilité du recours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subsidiairement à son rejet, très subsidiairement au renvoi de la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant le premier juge. Il avance que le recours est trop vague pour être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recevable, que le grief d'arbitraire doit être résolument écarté et que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">P. a bel et bien fait des fausses déclarations devant la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le jugement entrepris a été expédié le 9 avril 1997. Interjeté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le recours est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 8 al.1 CPP, le ministère public ordonne le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classement d'une affaire si les faits portés à sa connaissance ne justi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fient pas une poursuite pénale. Il recourt à cette solution en principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour motifs de droit ou insuffisance de charges. Il peut également y re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courir, en faisant preuve de retenue, par opportunité, en particulier si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction est de minime importance, que la norme juridique violée tend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exclusivement ou principalement à protéger un particulier et que celui-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">porte plainte par pure chicane, sans pouvoir invoquer aucun intérêt digne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de protection (Cornu, Résumé de procédure pénale neuchâteloise, 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.11; RJN 1991, p.73, 6 II 57). Une ordonnance de classement ne constitue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas un jugement et ne jouit pas de la force de chose jugée (RJN 1993,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.140). La reprise d'une poursuite postérieurement à un classement n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois possible qu'en cas de circonstances nouvelles (Piquerez, précis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de procédure pénale suisse, 1994, p.379, ch.1991).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, il ne fait aucun doute que P. était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en tout cas partiellement à l'origine des dénonciations et plaintes contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">H. . La plainte du mois de novembre 1992 précisait qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était chargé de suivre l'affaire (annexe 11, D.I 11) et le mentionnait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de nombreuses reprises (ch.5 § 3, 6 § 3, 7 § 3, 8 § 3). C'est d'ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui qui a communiqué au mandataire de S.SA les éléments reprochés à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">H. (annexe 11, D.I 207). Lors de son audition du 8 fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrier 1994, T. a déclaré qu'il était malade à l'époque, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">P. était en charge du dossier, que c'est lui qui l'a informé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la disparition de l'or et qu'il a remplacé H. au départ</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de celui-ci (annexe 11, D.I 305-311). Entendu par la police le 7 mai 1993,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">P. a déclaré (annexe 11, D.I 213) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " D'entente avec T. , j'ai constitué un dos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sier qui a abouti par le dépôt d'une plainte. Je confirme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> intégralement les griefs qui sont formulés dans celle-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans l'intervalle, j'ai encore pu établir d'autres faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> troublants qui ont été communiqués à Me X. , qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> défend les intérêts du plaignant."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Me X. a confirmé cet élément, écrivant à la juge d'instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion que, vu son état de santé, T. aurait "éprouvé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sérieuses difficultés à suivre la procédure comme partie plaignante",</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ajoutant que "c'est à P. qu'a incombé cette responsabilité" (annexe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">11, D.II 539). Le mémoire d'honoraires du mandataire de S.SA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirme, si besoin était, le rôle important de P. (D.p.153</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> H. a été, dès le dépôt de la plainte à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encontre, conscient de l'intervention de P. dans cette affaire,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puisqu'il a nommément désigné celui-ci comme un des auteurs de la plainte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(annexe 11, D.I 75). Ainsi, lorsqu'il a déclaré étendre sa plainte "à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tous les auteurs de la plaine calomnieuse dont il est l'objet" (annexe 11</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D.I 191), il faut admettre qu'il visait également sans conteste P. . Il résulte de ce qui précède que le retrait de plainte du 12</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier 1995 concernait non seulement T. , mais aussi P. . C'est d'ailleurs ainsi que le ministère public l'a compris puisque,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">interpellé le 30 janvier 1995 par H. en rapport avec les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agissements de P. , il lui a répondu que l'affaire avait été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liquidée par sa décision du 19 janvier 1995 (annexe 11, D.II 595-599).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Dès lors, une reprise de la poursuite pénale ne pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intervenir qu'en cas d'éléments nouveaux. Or, la dénonciation et plainte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénale du 23 mars 1995 ne porte que sur des faits antérieurs à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arrangement du 12 janvier 1995 et se base exclusivement sur les pièces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'instruction, connues du ministère public lorsque celui-ci a classé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par opportunité les plaintes de H. . C'est en conséquence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à tort qu'une instruction a été ordonnée à ce sujet et que le Tribunal de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police a examiné l'éventuelle punissabilité de P. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">infraction à l'article 303 CP. La convention passée le 12 janvier 1995, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signée personnellement par H. , avait pour objectif de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mettre un terme définitif à l'ensemble du litige. Il n'a pas alors été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question que H. se réserve le droit de continuer des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poursuites pénales contre P. . Le chiffre 4, selon lequel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"S.SA intervient auprès de P. pour qu'il évite tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propos susceptible de porter préjudice à H. " (annexe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">11, D.II 575), permet au contraire d'admettre que le cas du recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était englobé dans l'accord. Ce règlement global d'un litige qui pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir des conséquences sur le plan civil a amené le ministère public à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcer un non-lieu en faveur de H. tout en classant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses plaintes. H. ne pouvait plus par la suite exiger la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reprise de la poursuite pénale, élément qu'il convient de relever</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'office.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'article 307 al.1 CP rend punissable celui qui, étant té-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moin, aura fait une déposition fausse sur les faits de la cause. Le témoin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se définit comme une personne, autre qu'une partie, qui est tenue, dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadre d'une procédure, devant une autorité compétente et sous peine de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sanction pénale, de déposer sur ce qu'elle sait ou a constaté (Trechsel,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Schweizerisches Strafgesetzbuch, Kurzkommentar, 1989, ad art.307 CP, ch.4,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.781). La doctrine dominante s'appuie sur une conception matérielle de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notion de témoin et estime que l'article 307 CP ne saurait sanctionner les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fausses déclarations d'une personne qui ne peut être entendue comme témoin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Cassani, Commentaire du droit pénal suisse, volume 9, 1996, p.116 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, il a déjà été démontré que P. , bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il ne soit pas plaignant au sens strict, était, en sa qualité de cadre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de S.SA, fortement impliqué dans le dépôt des plaintes contre H. (voire ci-dessus cons.2b). Il ne pouvait dès lors être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entendu en qualité de témoin, avec les conséquences pénales liées à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statut. Cette constatation s'impose d'autant plus que, lors de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">audition par la juge d'instruction, le recourant était en possession de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">photocopies du dossier de l'instruction qui lui avait été fournies par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandataire de S.SA (annexe 11, D. II 537-541), assumant clairement un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rôle de presque plaignant, comme il l'avait déjà fait en déclarant à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police : "Je confirme intégralement les griefs qui sont formulés" dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte (annexe 11, D.I 213).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Il convient dès lors d'annuler le jugement entrepris et, sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuant au fond, de libérer P. . Au vu du sort de la cause, il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statué sans frais ni dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule le jugement entrepris et, statuant au fond, libère P. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 11 juillet 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>