<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">[AZA] </div> <div class="para">I 635/99 Bn </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>IIIe Chambre </u> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">composée des Juges fédéraux Schön, Spira et Widmer; </div> <div class="para">von Zwehl, Greffière </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>Arrêt du 18 avril 2000 </u> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">dans la cause </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Office AI pour les assurés résidant à l'étranger, avenue </div> <div class="para">Edmond-Vaucher 18, Genève, recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">V.________, intimé, représenté par P.________, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">et </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Commission fédérale de recours en matière d'AVS/AI pour les </div> <div class="para">personnes résidant à l'étranger, Lausanne </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> A.- V.________, ressortissant espagnol, a travaillé </div> <div class="para">comme maçon au service de l'entreprise M.________ SA. Dès </div> <div class="para">le 5 septembre 1991, il a été contraint de cesser son acti- </div> <div class="para">vité en raison de la découverte d'un carcinome à l'estomac </div> <div class="para">pour lequel il a été opéré peu de temps après. Les divers </div> <div class="para">médecins consultés ont également diagnostiqué des lésions </div> <div class="para">dégénératives au dos ainsi qu'un état d'épuisement général. </div> <div class="para">Par décision du 1er octobre 1993, la Caisse de compensation </div> <div class="para">des entrepreneurs à Zurich a alloué au prénommé une rente </div> <div class="para">entière d'invalidité à partir du 1er septembre 1992, assor- </div> <div class="para">tie de rentes complémentaires pour son épouse et ses deux </div> <div class="para">enfants. L'assuré a définitivement quitté la Suisse pour </div> <div class="para">son pays d'origine en décembre 1993. </div> <div class="para"> A l'issue d'une première procédure de révision, l'Of- </div> <div class="para">fice de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à </div> <div class="para">l'étranger (ci-après : l'office) a remplacé la rente entiè- </div> <div class="para">re par une demi-rente à partir du 1er septembre 1994 (déci- </div> <div class="para">sion du 11 juillet 1994). Saisie d'un recours contre cette </div> <div class="para">décision, la Commission fédérale de recours en matière </div> <div class="para">d'assurance-vieillesse, survivants et invalidité pour les </div> <div class="para">assurés résidant à l'étranger (ci-après : la commission) </div> <div class="para">l'a déclaré irrecevable - faute de motivation suffisante - </div> <div class="para">par jugement du 28 octobre 1994. </div> <div class="para"> Dans le cadre d'une deuxième procédure de révision, </div> <div class="para">l'assuré a produit un rapport du docteur J.________ faisant </div> <div class="para">état d'une invalidité totale et requis la révision de sa </div> <div class="para">rente (lettre du 6 mai 1996). Après avoir soumis ce docu- </div> <div class="para">ment à son médecin-conseil, l'office a supprimé ses presta- </div> <div class="para">tions avec effet au 1er janvier 1997 (décision du 1er no- </div> <div class="para">vembre 1996). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> B.- Par jugement du 8 avril 1997, la commission a ad- </div> <div class="para">mis le recours de l'assuré dirigé contre cette décision et </div> <div class="para">renvoyé la cause à l'office pour complément d'instruction </div> <div class="para">sous la forme d'une expertise auprès du COMAI de Bellinzone </div> <div class="para">(Servizio accertamento medico dell'assicurazione invalidi- </div> <div class="para">tà = SAM), suivant en cela la proposition faite en cours de </div> <div class="para">procédure par ledit office. </div> <div class="para"> Les experts ont déposé leur rapport le 13 février </div> <div class="para">1998. Par une nouvelle décision du 29 septembre 1998, l'of- </div> <div class="para">fice a rétabli le droit de l'assuré à une demi-rente d'in- </div> <div class="para">validité depuis le 1er janvier 1997. V.________ a derechef </div> <div class="para">recouru contre cette décision, en concluant à l'octroi </div> <div class="para">d'une rente entière d'invalidité. Dans sa détermination, </div> <div class="para">l'office s'est demandé si le recours de l'assuré ne devait </div> <div class="para">pas plutôt être considéré comme une requête en reconsidéra- </div> <div class="para">tion de sa décision du 11 juillet 1994. Il a cependant nié </div> <div class="para">que les conditions en fussent réunies dans le cas particu- </div> <div class="para">lier et conclut au rejet du recours. </div> <div class="para"> Par jugement du 6 septembre 1999, la commission a ad- </div> <div class="para">mis le recours de l'assuré en ce sens qu'elle lui a reconnu </div> <div class="para">le droit à une rente entière d'invalidité avec effet rétro- </div> <div class="para">actif dès le 1er septembre 1994. Se fondant sur les conclu- </div> <div class="para">sions de l'expertise du SAM, elle a jugé que la décision de </div> <div class="para">l'office du 11 juillet 1994 était manifestement inexacte, </div> <div class="para">si bien qu'il se justifiait de la reconsidérer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> C.- L'office interjette recours de droit administratif </div> <div class="para">contre ce jugement en concluant, principalement, à ce que </div> <div class="para">le droit de l'assuré à une rente entière d'invalidité lui </div> <div class="para">soit reconnu à partir du 1er mars 1998 seulement et, subsi- </div> <div class="para">diairement, à ce que la cause lui soit renvoyée afin qu'il </div> <div class="para">rende une décision de reconsidération. </div> <div class="para"> V.________ conclut au rejet du recours, tandis que </div> <div class="para">l'Office fédéral des assurances sociales ne s'est pas </div> <div class="para">déterminé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>Considérant en droit </u> </div> <div class="para"> : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 1.- Le jugement attaqué expose correctement les dis- </div> <div class="para">positions conventionnelles et légales applicables à la ré- </div> <div class="para">vision du droit à la rente ainsi que les principes juris- </div> <div class="para">prudentiels régissant la reconsidération d'une décision ad- </div> <div class="para">ministrative formellement passée en force, de sorte qu'il </div> <div class="para">peut y être renvoyé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 2.- Devant le Tribunal fédéral des assurances, l'offi- </div> <div class="para">ce recourant admet que sa décision du 11 juillet 1994 doit </div> <div class="para">être reconsidérée en ce sens que l'intimé peut prétendre à </div> <div class="para">une rente entière d'invalidité. En revanche, il conteste le </div> <div class="para">moment à partir duquel la reconsidération doit produire ses </div> <div class="para">effets. Se fondant sur l'<span class="artref">art. 88bis al. 1 let</span>. c RAI, il </div> <div class="para">soutient que l'augmentation de la rente ne peut prendre </div> <div class="para">effet avant la réception de l'expertise du SAM, au mois de </div> <div class="para">mars 1998. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 3.- Aux termes de la disposition précitée, s'il est </div> <div class="para">constaté que la décision de l'office AI désavantageant </div> <div class="para">l'assuré était manifestement erronée, l'augmentation de la </div> <div class="para">rente prend effet, au plus tôt, dès le mois où ce vice a </div> <div class="para">été découvert. Selon la jurisprudence, celui-ci est réputé </div> <div class="para">découvert dès l'instant où l'administration a connaissance </div> <div class="para">de faits susceptibles de rendre vraisemblable l'existence </div> <div class="para">d'un tel vice. Par ailleurs, l'article 88bis al. 1 let. c </div> <div class="para">RAI ne trouve application que lorsque l'erreur qui a donné </div> <div class="para">lieu à la reconsidération a été commise dans l'appréciation </div> <div class="para">d'une question spécifique du droit de l'assurance-invalidi- </div> <div class="para">té (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=10&amp;from_date=11.04.2000&amp;to_date=30.04.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F110-V-291%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page296">ATF 110 V 296</a> consid. 3d/4a). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 4.- a) Par sa décision du 11 juillet 1994, l'office a </div> <div class="para">remplacé la rente entière d'invalidité par une demi-rente. </div> <div class="para">Il s'est appuyé pour cela sur l'avis de son médecin-con- </div> <div class="para">seil, le docteur S.________, qui a reconnu à l'assuré, eu </div> <div class="para">égard à la rémission de sa maladie, une capacité de travail </div> <div class="para">de 50 % dans une activité légère (prise de position du </div> <div class="para">5 février 1994). Les experts du SAM ont toutefois conclu </div> <div class="para">que l'état de santé de ce dernier n'avait subi aucune amé- </div> <div class="para">lioration depuis le 1er octobre 1993, date de la décision </div> <div class="para">d'allocation de la rente entière, jusqu'au jour de leur </div> <div class="para">examen. L'erreur dont est entachée la décision initiale de </div> <div class="para">révision porte ainsi sur l'évaluation du degré d'invalidité </div> <div class="para">présenté par l'intimé. A ce titre, elle a indéniablement </div> <div class="para">été commise dans l'appréciation d'une question spécifique </div> <div class="para">de l'assurance-invalidité (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=10&amp;from_date=11.04.2000&amp;to_date=30.04.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F110-V-298%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page300">ATF 110 V 300</a> consid. 2a), </div> <div class="para">de sorte que l'<span class="artref">art. 88bis al. 1 let</span>. c RAI est, en l'es- </div> <div class="para">pèce, applicable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> b) Il reste à examiner le moment à partir duquel le </div> <div class="para">vice doit être réputé avoir été découvert dans le cas </div> <div class="para">particulier. A l'appui de son recours contre la décision de </div> <div class="para">l'office du 1er novembre 1996, l'intimé a produit plusieurs </div> <div class="para">rapports médicaux faisant état d'un abus chronique d'alcool </div> <div class="para">ainsi que d'un syndrome dépressif, diagnostics jusqu'alors </div> <div class="para">inconnus de l'administration; la capacité de travail a été </div> <div class="para">évaluée à 0 % dès la date d'établissement desdits rapports. </div> <div class="para">Sur la base de ces documents, la doctoresse E.________, mé- </div> <div class="para">decin-conseil de l'office, a proposé la mise en oeuvre </div> <div class="para">d'une expertise auprès du SAM, tout en recommandant que </div> <div class="para">cette dernière portât également sur l'évolution de la capa- </div> <div class="para">cité de travail de l'assuré à partir du 11 juillet 1994 </div> <div class="para">(prise de position du 23 mars 1997). Pour autant, on ne </div> <div class="para">saurait admettre que l'office pouvait déduire des documents </div> <div class="para">précités que sa décision initiale de révision était, selon </div> <div class="para">toute vraisemblance, entachée d'un vice important. En ef- </div> <div class="para">fet, aucun des médecins espagnols ne s'est clairement pro- </div> <div class="para">noncé sur la capacité de travail de l'intimé avant l'année </div> <div class="para">1996. C'est seulement à la lumière des réponses données par </div> <div class="para">les experts du SAM sur ce point spécifique que le caractère </div> <div class="para">sans nul doute erroné de la décision du 11 juillet 1994 a </div> <div class="para">pu être mis en évidence. Comme le soutient l'office recou- </div> <div class="para">rant, il y a dès lors lieu de fixer la découverte de l'er- </div> <div class="para">reur dans le courant du mois de mars 1998, époque à laquel- </div> <div class="para">le l'expertise du SAM a été portée à sa connaissance. Le </div> <div class="para">recours se révèle par conséquent bien-fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 5.- On ajoutera que la solution des premiers juges </div> <div class="para">- qui font remonter les effets de la reconsidération au </div> <div class="para">1er septembre 1994 - revient implicitement à considérer que </div> <div class="para">les conditions d'une révision procédurale étaient réunies </div> <div class="para">dans le cas particulier. Or, cela supposerait l'existence </div> <div class="para">de faits nouveaux ou de nouveaux moyens de preuve suscepti- </div> <div class="para">bles de conduire à une appréciation juridique différente </div> <div class="para">(<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=10&amp;from_date=11.04.2000&amp;to_date=30.04.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-V-19%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page21">ATF 122 V 21</a> consid. 3a, 138 consid. 2c, 173 consid. 4a, </div> <div class="para">272 consid. 2, 121 V 4 consid. 6 et les références). On </div> <div class="para">peut douter que tel est le cas, dès lors qu'aucun motif </div> <div class="para">objectif n'empêchait l'intimé d'alléguer les circonstances </div> <div class="para">de fait déterminantes dans le cadre de son recours dirigé </div> <div class="para">contre la décision initiale de révision (cf. Meyer-Blaser, </div> <div class="para">Die Abänderung formell rechtskräftiger Verwaltungsverfügun- </div> <div class="para">gen in der Sozialversicherung, in ZBl 95/1994, p. 351). En </div> <div class="para">tout état de cause, même si l'on admettait que par lettre </div> <div class="para">du 6 mai 1996, V.________ sollicitait le réexamen de son </div> <div class="para">cas, la demande de révision aurait dû être déclarée irrece- </div> <div class="para">vable, faute d'avoir été déposée en temps utile dès la dé- </div> <div class="para">couverte du motif de révision (cf. <span class="artref">art. 67 LPA</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>p r o n o n c e </u> </div> <div class="para"> : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>I. Le recours est admis et le jugement du 6 septembre</i> </div> <div class="para"> 1999 de la Commission fédérale de recours en matière </div> <div class="para"> d'assurance-vieillesse, survivants et invalidité pour </div> <div class="para"> les assurés résidant à l'étranger est réformé en ce </div> <div class="para"> sens que l'intimé a droit à une rente entière d'inva- </div> <div class="para"> lidité à partir du 1er mars 1998. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>II. Il n'est pas perçu de frais de justice.</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>III. Le présent arrêt sera communiqué aux parties, à la</i> </div> <div class="para"> Commission fédérale de recours en matière d'assurance- </div> <div class="para"> vieillesse, survivants et invalidité pour les per- </div> <div class="para"> sonnes résidant à l'étranger, et à l'Office fédéral </div> <div class="para"> des assurances sociales. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 18 avril 2000 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom du </div> <div class="para">Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para">Le Président de la IIIe Chambre : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : </div> </div></body></html>