C our III C -2562/2006 {T 0/2} A rrêt du 26 m ars 2007 C om position : M M . les Juges Parrino, Acherm ann et M esm er; G reffier: M . H ofm ann. A ._______, _______, recourante, représentée par M e Jean-M arie Allim ann, av. de la G are 41, case postale 411, 2800 D elém ont 1, contre O ffice A I pour les assurés résidant à l'étranger, case postale 3100, 1211 G enève 2, Autorité intim ée, concernant prestations assurance-invalidité B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. La ressortissante espagnole A._______, née le _______, est arrivée en Suisse en 1992. Jusqu'à cette date, elle a travaillé dans son pays com m e couturière. En Suisse, elle n'a pas eu d'activité lucrative régulière. D 'après ses déclarations, elle aurait travaillé com m e aide de cuisine et fem m e de m énage. D ans un prem ier tem ps, ces activités correspondaient à un m i- tem ps (cf. pce 12). A com pter de 1994, elle a dim inué ses activités et les a com plètem ent arrêtées le 21 janvier 1998 en raison des douleurs de plus en plus violentes qu'elle ressentait (cf. pce 45). Elle est repartie pour l'Espagne le 31 décem bre 2004. B. A._______ a présenté une dem ande de prestations de l'assurance- invalidité suisse le 14 décem bre 2001. Il ressort du rapport d'enquête économ ique sur le m énage du 20 m ars 2002, que A._______ pouvait assum er toutes les tâches m énagères seule jusqu'en 1996. A com pter de ce m om ent-là, son état de santé s'est progressivem ent péjoré. A._______ a déclaré que, en bonne santé, elle travaillerait à m i-tem ps. Elle ressent une grande fatigue et souffre de vertiges, de nausées, de réguliers m alaises et de fortes m igraines. Elle est em pêchée à 40% pour ce qui est de la lessive et de l'entretien des vêtem ents, qui représentent le 18% de l'ensem ble des travaux m énagers dont elle a à s'occuper. R eprésentant respectivem ent le 50% , le 20% et le 10% , les travaux relatifs à l'alim entation, à l'entretien du logem ent et les courses lui posent égalem ent des difficultés (respectivem ent 20% , 25% et 20% d'em pêchem ent). Le rapport a conclu à un taux d'invalidité dans les travaux du m énage de 24.2% (pce 12, 13 et 14). U ne expertise pluridisciplinaire auprès du C entre d'O bservation M édicale de l'Assurance-Invalidité (C O M AI) a ensuite été organisée. D ans leur rapport du 14 octobre 2003, les m édecins du C O M AI ont d'une part diagnostiqué des m igraines et un colon irritable, com m e affections sans incidence sur la capacité de travail. Ils ont d'autre part conclu à l'existence d'une fibrom yalgie ainsi que de neurasthénie chez une personnalité fortem ent anxieuse et considéré que ces affections avaient des répercussions sur la capacité de travail de l'assurée; dans son rapport du 19 août 2003, le D r Brinkm ann a toutefois estim é que ce qui est décisif pour le diagnostic c'est qu'il n'existe pas de dysfonctionnem ent organique, affectif au sens strict ou de type anxieux pathologique et que d'un point de vue psychiatrique cela signifie que l'assurée pourrait travailler 8 ou 9 heures par jour avec une rentabilité de l'ordre de 80 à 100% (pce 34 et 45). Le D r Schlapbach, dans son rapport du 6 m ai 2003, a exposé que, considérant l'appareil locom oteur, il ne peut attester que d'une légère dim inution de la capacité de travail de l'assurée, celle-ci pouvant exercer un travail m oyen épargnant le dos à 50% et un travail léger et adapté à 3 100% ; le rhum atologue a précisé encore qu'il serait conseillé qu'elle se fasse soigner dans une clinique spécialisée et qu'ensuite de m esures de réinsertion professionnelles elle reprenne contact aussi rapidem ent que possible avec le m onde du travail (pce 33 et 45). En conclusion, les experts ont estim é que l'assurée pourrait encore travailler com m e fem m e de m énage ou aide de cuisine à raison de 4 ou 5 heures par jour; en outre, elle pourrait travailler 8 ou 9 heures par jour dans une activité adaptée, à savoir dans une activité n'exigeant pas une position m onotone non ergonom ique, dans laquelle elle pourrait faire des pauses fréquentes et qui ne com porterait que peu de stress; dans ce type d'activité le rendem ent serait de l'ordre de 80 à 100% (pce 45). C . O nt en outre été versés au dossier: • le rapport du D r Alfredo Velardi – ancien m édecin traitant de l'assurée – du 19 novem bre 2003, qui a observé certaines contradictions dans le rapport du C O M AI, notam m ent au sujet de l'activité adaptée (pce 50); dans son rapport du 31 juillet 2002, ce m édecin avait déjà déclaré sa patiente incapable de travailler à 100% en raison notam m ent d'un trouble de l'anxiété généralisé et considéré que l'on ne pouvait pas exiger d'elle qu'elle exerce une autre activité lucrative (pce 19); • le rapport du D r El-H oiydi – m édecin traitant de l'assurée – du 12 novem bre 2003, qui a déclaré douter du fait que l'on puisse exiger de l'intéressée l'exercice une activité lucrative de 8 ou 9 heures quotidiennem ent (pce 49 et 57); dans son rapport du 8 juillet 2002, ce m édecin avait diagnostiqué un état anxio-dépressif chronique ainsi qu'une fibrom yalgie justifiant une incapacité de 100% à com pter du 20 janvier 1998 (pce 18); • le rapport m édical du D r Jean-Louis M eier du 14 janvier 2002, qui a diagnostiqué un trouble anxieux et panique avec répercussions sur la capacité de travail existant depuis 1997 (pce 6). D . Par décision du 23 m ars 2005, l'O AIE a rejeté la dem ande de rente invalidité présentée par A._______ au m otif que celle-ci pourrait encore travailler à 100% sans perte de rendem ent dans une activité adaptée. A._______ a form é opposition le 18 avril 2005, en avançant que son état de santé était le m êm e qu'avant, voire qu'il avait em piré, et qu'elle était dans l'im possibilité d'exercer une activité lucrative. Elle expose être en traitem ent chez la rhum atologue D resse M ercedes Freire G onzález du C om plexe hospitalier Juan C analejo de La C orogne, celle-ci ayant diagnostiqué dans son rapport du 3 février 2005 un syndrom e dépressif, une fibrom yalgie et de l'arthrose cervicale avec vertiges (cf. pce 75 et 77). 4 E. Le 4 août 2005, l'O AIE a rejeté l'opposition form ée par l'assurée et confirm é la décision du 23 m ars (pce 83). Le 12 septem bre 2005, A._______ a interjeté recours contre la décision sur opposition en requérant un délai supplém entaire pour déposer sa m otivation. Par écriture am pliative du 12 octobre 2005, A._______, nouvellem ent représentée par M e Jean-M arie Allim ann, a confirm é son recours en concluant à l'octroi d'une rente entière d'invalidité. Elle fait valoir que sans atteinte à la santé elle exercerait une activité d'em ployée de nettoyage, de couturière ou d'ouvrière d'usine à plein tem ps. Elle a au dem eurant contesté la pertinence du rapport d'expertise du 14 octobre 2003 du C O M AI, en alléguant que celui-ci est infirm é par les rapports m édicaux des m édecins traitant et qu'il est contradictoire. F. D ans sa réponse du 9 décem bre 2005, l'O AIE, renvoyant à la déterm ination de l'O ffice AI cantonal, a exposé que sa décision est fondée sur le rapport du C O M AI et que ledit rapport ne contient pas d'am biguïtés, les réponses des m édecins étant claires et précises. L'O ffice a relevé encore que les observations du m édecin traitant de l'assurée et celles du D r Velardi ne sont pas de nature à rem ettre en cause les conclusions de l'expertise. D ans sa réplique du 13 janvier 2006, A._______ a confirm é la m otivation qu'elle a soutenue et les conclusions qu'elle a prises dans ses écritures précédentes. L'O AIE et A._______ se sont déterm inés une dernière fois chacun par écritures respectivem ent des 10 m ars et 12 avril 2006; ils ont confirm é leurs conclusions respectives. Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d’arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal adm inistratif fédéral, dans la m esure où il est com pétent. Le nouveau droit de procédure s’applique (art. 53 al. 2 de la Loi sur le Tribunal adm inistratif fédéral du 17 juin 2005 [LTAF, R S 173.32]). 1.2 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à 5 l’art. 32 LTAF, le Tribunal adm inistratif fédéral, en vertu de l’art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la Loi fédérale sur la procédure adm inistrative du 20 décem bre 1968 (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées aux art. 33 et 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O AIE concernant l'assurance- invalidité peuvent être contestées devant le Tribunal adm inistratif fédéral conform ém ent à l’art. 69 al. 1 let. b de la Loi fédérale sur l'assurance- invalidité du 19 juin 1959 (LAI, R S 831.20), celui-ci étant dès lors com pétent pour connaître de la présente cause. 1.3 La recourante a pris part à la procédure devant l'autorité intim ée; elle est spécialem ent atteinte par la décision attaquée et a un intérêt digne de protection à son annulation ou à sa m odification (art. 48 al. 1 PA). Elle est, partant, légitim ée à recourir. 1.4 D ans la m esure où le recours a été introduit dans le délai et la form e prescrits (art. 60 de la Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 [LPG A, R S 830.1] et art. 52 PA), il est entré en m atière sur le fond du recours. 2. 2.1 La recourante est citoyenne d'un Etat m em bre de la C om m unauté européenne. Par conséquent, est applicable en l'espèce l'Accord entre la C onfédération suisse, d'une part, et la C om m unauté européenne et ses Etats m em bres, d'autre part, sur la libre circulation des personnes du 21 juin 1999, entré en vigueur le 1er juin 2002, (ALC P, R S 0.142.112.681) - dont l'Annexe II règle la coordination des systèm es de sécurité sociale (art. 80a LAI). C onform ém ent à l'art. 3 al. 1 du R èglem ent (C EE) N ° 1408/71 du C onseil du 14 juin 1971, les personnes qui résident sur le territoire de l'un des Etats m em bres et auxquelles les dispositions du présent règlem ent sont applicables sont soum ises aux obligations et sont adm ises au bénéfice de la législation de tout Etat m em bre dans les m êm es conditions que les ressortissants de celui-ci, sous réserve de dispositions particulières contenues dans ledit règlem ent. C om m e avant l'entrée en vigueur de l'ALC P, le degré d'invalidité d'un assuré qui prétend une rente de l'assurance-invalidité suisse est déterm iné exclusivem ent d'après le droit suisse (art. 40 par. 4 du R èglem ent 1408/71). 2.2 La LPG A est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la m odification de nom breuses dispositions légales dans le dom aine de l'assurance-invalidité. Selon l'art. 2 LPG A, les dispositions de la présente loi sont applicables aux assurances sociales régies par la législation 6 fédérale, si et dans la m esure où les lois spéciales sur les assurances sociales le prévoient. O r, l'art. 1 LAI m entionne que les dispositions de la LPG A s'appliquent à l'assurance-invalidité (art. 1a à 26bis et 28 à 70 ), à m oins que ladite loi ne déroge expressém ent à la LPG A. 2.3 S'agissant du droit applicable, il convient encore de préciser qu'à partir du 1er janvier 2004 la présente procédure est régie par la teneur de la LAI m odifiée par la novelle du 21 m ars 2003 (4èm e révision), eu égard au principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au m om ent où les faits juridiquem ent déterm inants se sont produits (ATF 130 V 445 consid. 1.2). 3. La recourante a présenté une dem ande de rente AI le 14 décem bre 2001. En dérogation à l'art. 24 LPG A, l'art. 48 al. 2 LAI prévoit que si l'assuré présente sa dem ande plus de douze m ois après la naissance du droit, les prestations ne sont allouées que pour les douze m ois précédant le dépôt de la dem ande. C oncrètem ent, l'autorité de céans peut se lim iter à exam iner si la recourante avait droit à une rente le 14 décem bre 2000 (savoir 12 m ois avant le dépôt de la dem ande) ou si le droit à une rente était né entre cette date et le 4 août 2005, date de la décision sur opposition attaquée m arquant la lim ite dans le tem ps du pouvoir d'exam en de l'autorité de recours (ATF 130 V 445 consid. 1.2 et 1.2.1). 4. 4.1 Selon les norm es en vigueur à la date de la décision attaquée, tout requérant doit rem plir cum ulativem ent les conditions suivantes pour avoir droit à une rente de l'assurance invalidité suisse: • être invalide au sens de la LPG A/LAI et • avoir versé des cotisations à l'AVS/AI durant une année au m oins (art. 36 al. 1 LAI). 4.2 S'agissant de notre occurrence, la recourante a versé des cotisations à l'AVS/AI pendant plus d'une année au total et rem plit, partant, la condition de la durée m inim ale de cotisations. Il reste dès lors à exam iner si elle est invalide au sens de la LAI. 5. 5.1 Aux term es de l'art. 8 LPG A, est réputée invalidité l'incapacité de gain totale ou partielle qui est présum ée perm anente ou de longue durée. L'art. 4 LAI précise que l'invalidité peut résulter d'une infirm ité congénitale, d'une m aladie ou d'un accident. L'al. 2 de cette disposition m entionne que l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations entrant en considération.7 5.2 L'assuré a droit à un quart de rente s'il est invalide à 40% au m oins, à une dem i-rente s'il est invalide à 50% , à trois-quarts de rente s'il est invalide à 60% et à une rente entière s'il est invalide à 70% au m oins (art. 28 al. 1 LAI). Jusqu'au 31 décem bre 2003, le droit à la rente entière était donné avec un taux d'invalidité de 66,67% , la dem i-rente avec un taux d'invalidité de 50% au m oins et le quart de rente avec un taux de 40% . Suite à l'entrée en vigueur le 1er juin 2002 de l'Accord bilatéral entre la Suisse et la C om m unauté européenne, la restriction prévue à l'art. 28 al. 1ter LAI - selon laquelle les rentes correspondant à un taux d'invalidité inférieur à 50% ne sont versées qu'aux assurés qui ont leur dom icile et leur résidence habituelle en Suisse (art. 13 LPG A) - n'est plus applicable lorsque l'assuré est un ressortissant de l'U E et y réside. 5.3 C onform ém ent à l'art. 29 al. 1 LAI, le droit à une rente prend naissance au plus tôt à la date dès laquelle l'assuré présente une incapacité de gain durable de 40% au m oins (let. a), ou l'assuré a présenté, en m oyenne, une incapacité de travail de 40% au m oins pendant une année sans interruption notable (let. b). D 'après la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la let. a s'applique si l'état de santé de l'assuré est stabilisé et a acquis un caractère essentiellem ent irréversible, la let. b si l'état de santé est labile, c.-à-d. susceptible d'une am élioration ou d'une aggravation (ATF 121 V 264, 111 V 21 consid. 2b). U ne incapacité de travail de 20% doit être prise en com pte pour le calcul de l'incapacité de travail m oyenne selon la let. b de l'art. 29, al. 1 LAI (VSI 1998 p. 126 consid. 3c). 5.4 Par incapacité de travail on entend toute perte, totale ou partielle, résultant d'une atteinte à la santé physique, m entale ou psychique, de l'aptitude de l'assuré à accom plir dans sa profession ou son dom aine d'activité le travail qui peut raisonnablem ent être exigé de lui. En cas d'incapacité de travail de longue durée, l'activité qui peut être exigée de lui peut aussi relever d'une autre profession ou d'un autre dom aine d'activité (art. 6 LPG A). L'incapacité de gain est définie à l'art. 7 LPG A et consiste dans toute dim inution de l'ensem ble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré, sur un m arché de travail équilibré, si cette dim inution résulte d'une atteinte à sa santé physique, m entale ou psychique et qu'elle persiste après les traitem ents et les m esures de réadaptation exigibles. 5.5 5.5.1 Selon l'art. 8 al. 3 LPG A et 5 LAI, les assurés m ajeurs qui n'exerçaient pas d'activité lucrative avant d'être atteints dans leur santé physique, m entale ou psychique, et dont il ne peut être exigé qu'ils en exercent une, sont réputés invalides si l'atteinte les em pêche d'accom plir leurs travaux habituels. L'art. 27 du R èglem ent sur l'assurance-invalidité du 17 janvier 1961 (R AI, R S 831.201) précise que par travaux habituels des assurés travaillant dans le m énage, il faut entendre, notam m ent, l'activité usuelle dans le m énage, l'éducation des enfants ainsi que toute activité artistique 8 ou d'utilité publique. 5.5.2 En l'espèce, la recourante a certes avancé – pour la prem ière fois dans son écriture am pliative du 12 octobre 2005 – que sans atteinte à la santé elle travaillerait à plein tem ps, m ais c'est cependant à bon droit que l'O AIE n'a retenu qu'une activité lucrative à 50% . Il ressort en effet du rapport de l'enquête économ ique sur le m énage du 20 m ars 2002 que l'assurée travaillerait à m i-tem ps seulem ent si elle était en bonne santé (cf. pce 12). D e plus, alors que jusqu'en 1996 elle pouvait assum er toutes les tâches m énagères seule selon ses propres dires, elle n'a pourtant jam ais travaillé à plein tem ps. En tous les cas, un taux d'occupation supérieur à 50% ne ressort pas du dossier (cf. notam m ent la dem ande de prestation AI du 14 décem bre 2001, pce 12 p. 2 b et e, 14, 23, 45, 57 et 60). 6. En Suisse, la recourante a effectué des travaux de nettoyage et de cuisine. Pour le reste, elle s'est consacrée à ses tâches m énagères. A com pter de 1994, elle a dim inué ses activités et cessé toute activité lucrative le 21 janvier 1998, en raison des douleurs de plus en plus violentes qu'elle ressentait. 6.1 O r, la notion d'invalidité, dont il est question à l'art. 8 LPG A et à l'art. 4 LAI, est de nature juridique/économ ique et non pas m édicale (ATF 116 V 246 consid. 1b). En d'autres term es, l'assurance-invalidité suisse couvre seulem ent les pertes économ iques liées à une atteinte à la santé physique m entale ou psychique – qui peut résulter d'une infirm ité congénitale, d'une m aladie ou d'un accident – et non la m aladie en tant que telle. Selon l'art. 16 LPG A, applicable par le renvoi de l'art. 28 al. 2 LAI, pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est com paré avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut être raisonnablem ent exigée de lui après les traitem ents et les m esures de réadaptation, sur un m arché de travail équilibré. Selon une jurisprudence constante, les données fournies par le m édecin constituent néanm oins un élém ent utile pour apprécier les conséquences de l'atteinte à la santé et pour déterm iner quels travaux on peut encore raisonnablem ent exiger de l'assuré (ATF 115 V 133 consid. 2, 114 V 310 consid. 3c, R C C 1991 p. 329 consid. 1c). 6.2 Il faut toutefois préciser que lorsque l'assuré exerce une activité lucrative à tem ps partiel, l'invalidité pour cette activité est évaluée selon l'art. 16 LPG A. S'il accom plit ses travaux habituels, l'invalidité est fixée selon l'art. 28 al. 2bis LAI pour cette activité-là. D ans ce cas, les parts respectives de l'activité lucrative et de l'accom plissem ent des travaux habituels sont déterm inées; le taux d'invalidité est calculé d'après le handicap dont la personne est affectée dans les deux dom aines d'activité (art. 28 al. 2ter LAI; m éthode m ixte).9 6.3 C hez les assurés travaillant dans le m énage, le degré d'invalidité se déterm ine, en règle générale, au m oyen d'une enquête économ ique sur place (VSI 2001 p. 158 consid. 3c), alors que l'incapacité de travail correspond à la dim inution – attestée m édicalem ent – du rendem ent fonctionnel dans l'accom plissem ent des travaux habituels. D ans le cadre de la m éthode m ixte, il y a lieu de se fonder, par analogie à l'évaluation du degré d'invalidité, sur la m oyenne pondérée de l'incapacité de travail dans les deux secteurs d'activité. Le Tribunal fédéral des assurances a précisé qu'en cas d'atteinte à la santé psychique, l'enquête sur les activités m énagères est un m oyen approprié pour évaluer l'invalidité de ces personnes. Toutefois, en cas de divergences entre les résultats de l'enquête économ ique sur le m énage et les constatations d'ordre m édical relatives à la capacité d'accom plir les travaux habituels, ces dernières ont en règle générale plus de poids que l'enquête à dom icile (VSI 2004 p. 137 consid. 5.3; ATF 130 V 97 consid. 3.3). 7. En l'espèce, il est établi que la recourante souffre principalem ent de fibrom yalgie, ainsi que de neurasthénie (cf. supra B., C . et E.). Par voie de conséquence, eu égard au fait qu'il ne s'agit pas là d'un état de santé stabilisé, la let. a de l'art. 29 al. 1 LAI est inapplicable; seule peut entrer en considération la let. b de cette disposition légale prévoyant une période d'attente d'une année à partir du début de l'incapacité de travail relevante pour la déterm ination du début du droit à la rente. 8. 8.1 L'adm inistration a rejeté la dem ande de rente AI présentée par la recourante parce qu'elle a considéré – se fondant sur le rapport du C O M AI du 14 octobre 2003 – que celle-ci pourrait encore travailler à 100% , nonobstant les diagnostics de fibrom yalgie et de neurasthénie et sans perte de rendem ent, dans une activité adaptée. 8.2 Le diagnostic de troubles som atoform es douloureux persistants, de m êm e que la fibrom yalgie, n'entraînent pas, à eux seuls, en règle générale, une lim itation de longue durée de la capacité de travail, du fait de la présom ption que ces troubles ou ses effets peuvent être surm ontés par un effort de volonté raisonnablem ent exigible (ATF 131 V 49 consid. 1.2). C e n'est qu'à titre exceptionnel que les troubles som atoform es douloureux peuvent être reconnus com m e invalidant; tel sera le cas si, selon le m édecin psychiatre, ils se m anifestent avec une telle sévérité que, d'un point de vue objectif, la m ise en valeur de la capacité de travail ne peut plus être raisonnablem ent être exigée de l'assuré ou qu'elle serait insupportable pour la société (JEAN PIR R O TTA, Les troubles som atoform es douloureux de point de vue de l'assurance-invalidité in: R SA 2005 p. 524, 529; ATF 127 V 294). D ans l'ATF 130 V 352 ss, le Tribunal fédéral des 10 assurances a exposé à quelles conditions on pouvait exceptionnellem ent déroger à ce principe (cf. H AN S -JAKO B M O SIM AN N , Som atoform e Störungen: G erichte und [psychiatrische] G utachten in: R SAS 1999 p. 1 ss et 105 ss; PIR R O TTA, op. cit., p. 525). Le caractère non-exigible de la reprise de travail suppose, dans chaque cas, soit la présence d'une com orbidité psychiatrique d'une acuité et d'une durée im portantes, soit le cum ul de critères se m anifestant avec une certaine intensité et constance, tels (1) des affections corporelles chroniques ou une m aladie à caractère chronique sans rém ission durable, (2) une perte d'intégration sociale (retrait constaté dans tous les dom aines de la vie sociale), (3) un état physique cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique, m arquant sim ultaném ent l'échec et la libération du processus de résolution de conflit psychique ou enfin (4) l'échec de traitem ents conform es aux règles de l'art (am bulatoire ou stationnaire) et de m esures de réadaptation, en dépit de la m otivation et des efforts de la personne assurée pour surm onter les effets du trouble som atoform e douloureux. Plus ces critères se m anifestent et im prègnent les constatations m édicales, m oins il sera requis d'effort de volonté de l'assuré (PIR R O TTA, op. cit., p. 526). Q uand bien m êm e le diagnostique de fibrom yalgie est d'abord le fait d'un m édecin rhum atologue, le concours d'un m édecin spécialiste en psychiatrie pour apprécier l'atteinte et ses effets est essentiel du fait que les facteurs psychosom atiques ont une influence décisive sur le développem ent de cette atteinte à la santé (PIR R O TTA, op. cit., p. 524; ATF 130 V 353 consid. 2.2.2 et 399 consid. 5.3.2, ATF 132 V 72 consid. 4.3). C 'est donc à bon droit que l'O AIE a organisé une expertise pluridisciplinaire qui m et l'accent tant sur les aspects rhum atologiques que psychiques. 8.3 Le juge des assurances sociales doit exam iner de m anière objective tous les m oyens de preuve, quelle que soit leur provenance, puis décider si les docum ents à disposition perm ettent de porter un jugem ent valable sur le droit litigieux. Avant de conférer pleine valeur probante à un rapport m édical, il s'assurera que les points litigieux ont fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des exam ens com plets, qu'il prend égalem ent en considération les plaintes exprim ées par la personne exam inée, qu'il a été établi en pleine connaissance de l'anam nèse, que la description du contexte m édical et l'appréciation de la situation m édicale sont claires et enfin que les conclusions de l'expert sont dûm ent m otivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et réf. cit.). Le juge ne s'écarte en principe pas sans m otifs im pératifs des conclusions d'une expertise m édicale, la tâche de l'expert étant précisém ent de m ettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspecs m édicaux d'un état de fait donné (ATF 125 V 352 consid. 3b/aa, ATF 118 V 220 consid. 1b et réf. cit.).11 Au surplus, le juge peut et doit tenir com pte du fait que selon l'experience, le m édecin traitant est généralem ent enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc et les réf. cit.; U LR IC H M EYER -BLASER , Bundesgesetz über Invalidenversicherung, in: R echtssprechung des Bundesgerichts zum Sozialversicherungsrecht, Zurich 1997, p. 230). 9. 9.1 En l'espèce, les m édecins, après avoir form ulé le diagnostic de fibrom yalgie et neurasthénie ont estim é que l'assurée pourrait encore travailler com m e fem m e de m énage ou aide de cuisine à raison de 4 ou 5 heures par jour; cependant, elle pourrait travailler 8 ou 9 heures par jour dans une activité adaptée, à savoir dans une activité n'exigeant pas une position m onotone non ergonom ique, dans laquelle elle pourrait faire des pauses fréquentes et qui ne com porterait que peu de stress; dans ce type d'activités le rendem ent serait de l'ordre de 80 à 100% . La recourante ne conteste pas le diagnostic en tant que tel, m ais bien plutôt l'appréciation qui en est faite ensuite. Elle allègue principalem ent que le rapport du C O M AI est infirm é par les rapports m édicaux des D rs El-H oiydi et Velardi. L'autorité de céans est d'avis que l'expertise du C O M AI du 14 octobre 2003 est concluante. Le psychiatre a exposé qu'il n'y avait pas de dysfonctionnem ent organique, affectif au sens strict et de type anxieux pathologique et que cela signifiait que la recourante pourrait travailler à 100% com m e aide de m énage ou de cuisine. D e plus, lors m êm e que les experts ont réservé le pronostic d'une reprise de travail eu égard au fait que l'assurée n'a plus exercé d'activité lucrative depuis 1998, ils l'ont néanm oins considérée com m e parfaitem ent capable et ont m êm e conseillé une reprise de travail; le fait de ne plus avoir travaillé depuis plusieurs années ne saurait en effet consister dans un facteur propre à influer sur l'étendue de l'invalidité. Au dem eurant, les m édecins ont certes conclu que la recourante ne pouvait travailler com m e fem m e de m énage ou aide de cuisine qu'à raison de 4 ou 5 heures par sem aine, m ais ils ont égalem ent très clairem ent exposé que dans une activité adaptée – par quoi il faut entendre une activité qui ne dem ande pas une position m onotone non ergonom ique, qui ne com porte que peu de stress et qui perm et de fréquentes pauses – la recourante pourrait travailler 8 ou 9 heures par jour avec un rendem ent de 80 à 100% . Enfin, il convient de rappeler que l'assurance-invalidité ne couvre pas la m aladie en tant que telle, m ais ses conséquences invalidantes seulem ent; or, à l'égard de celles-ci, les conclusions de l'expertise ne prêtent pas le flanc au doute. L'expertise litigieuse repose ainsi sur une étude com plète et circonstanciée de la situation m édicale de la recourante, ne contient pas d'incohérence et aboutit à des conclusions claires et m otivées. Il n'y a, partant, aucune raison de ne pas y accorder foi ou de donner par exem ple préférence à un avis m édical d'un des m édecins traitant de la recourante, le juge devant tenir com pte du fait que le m édecin traitant est généralem ent enclin, en 12 cas de doute, à prendre parti pour son patient. 9.2 Eu égard à ce qui précède, force est pour l'autorité de céans de constater que l'expertise du C O M AI est valable et suffisante pour se déterm iner sur le cas d'espèce. Il doit donc être adm is, avec les m édecins du C O M AI, que la recourante souffre de fibrom yalgie et de neurasthénie, m ais qu'elle peut travailler à 100% dans une activité lucrative légère et adaptée, avec un rendem ent d'au m oins 80% . L'autorité de céans confirm e au dem eurant le calcul de com paraison de revenus effectué par l'O AIE dans sa décision sur opposition querellée, qui n'a d'ailleurs pas été expressém ent contesté par la recourante. Ainsi, en com parant le revenu qu'aurait pu percevoir l'intéressée sans invalidité (Fr. 21'388.53) au revenu qu'elle pourrait percevoir avec ses problèm es de santé dans une activité adaptée (Fr. 16'954.71), on aboutit à un degré d'invalidité de 20.73% . Il est au dem eurant fort probable qu'elle ne sera pas m oins rém unérée, dans une nouvelle activité qui lui serait adaptée, qu'en tant que fem m e de m énage ou aide de cuisine. 9.3 S'agissant de l'invalidité de la recourante dans les travaux de m énage, il convient de se référer, conform ém ent à la jurisprudence, à l'enquête économ ique sur le m énage du 20 m ars 2002. Il en est ressorti que la recourante ressentait une grande fatigue et qu'elle souffrait de vertiges, de nausées, de réguliers m alaises et de fortes m igraines. C 'est dans les travaux m énagers les plus lourds qui représentent le 18% de l'ensem ble des travaux m énagers dont elle a à s'occuper, tels que la lessive et le repassage, que la recourante est le plus em pêchée (40% ). R eprésentant respectivem ent le 50% , le 20% et le 10% , les travaux relatifs à l'alim entation, à l'entretien du logem ent et les courses lui posent m oins de difficultés (respectivem ent 20% , 25% et 20% d'em pêchem ent). L'autorité de céans retient dès lors un taux d'invalidité dans les travaux du m énage de 24.2% (pce 12, 13 et 14), les résultats de ladite enquête n'ayant d'ailleurs pas été expressém ent contestés par la recourante. 9.4 Il convient de considérer que si elle était en bonne santé, la recourante travaillerait à m i-tem ps (question traitée supra 5.5.2). Partant et en application de la m éthode m ixte, l'autorité de céans conclut, à l'instar de l'O AIE, à un taux d'invalidité global de 22.46% (10.36% [20.73% x 50% ] + 12.10% [24.20% x 50% ]) (cf. pce 51 et 83). C e taux est largem ent inférieur au 40% nécessaire pour obtenir un quart de rente. En conséquence, la recourante n'a pas droit à une rente invalidité. 9.5 Il est en outre utile de rappeler que, selon un principe général valable en assurances sociales, tout invalide qui dem ande des prestations de cette assurance doit entreprendre de son propre chef tout ce qu'on peut raisonnablem ent attendre de lui, afin d'atténuer autant que possible les conséquences de son invalidité (ATF 130 V 97 consid. 3.2 et réf. cit.). Le 13 fait que la recourante ne m ette pas en valeur sa capacité résiduelle de travail pour des raisons étrangères à l'invalidité ne relève pas de l'assurance invalidité, car il s'agit là de facteurs qui ne sont pas liés à l'invalidité et que l'AI n'est pas tenue de prendre en charge (R C C 1991 p. 329 consid. 3c). D ans ce contexte, la form ation professionnelle, les aptitudes physiques et m entales de l'assuré, ainsi que son âge, ne sont pas des facteurs supplém entaires propres à influencer l'étendue de l'invalidité (R C C 1982 p. 34 consid. 2c). 10. 10.1 Partant, le recours du 12 septem bre 2005 doit être rejeté et la décision sur opposition du 4 août 2005 confirm ée. 10.2 Il n'est pas perçu de frais de procédure. Vu l'issue du litige, il n'est pas alloué d'indem nité de dépens (art. 64 PA). Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Il n'est pas perçu de frais de procédure. 3. Il n'est pas alloué d'indem nité de dépens. 4. Le présent arrêt est com m uniqué : - à la recourante (recom m andé AJ); - à l'autorité intim ée (recom m andé AJ, n° de réf. _______); - à l'O ffice fédéral des assurances sociales (recom m andé). Le Juge: Le G reffier: Francesco Parrino Yann H ofm ann14 Voie de droit: C et arrêt peut faire l'objet d'un recours dans les 30 jours à com pter de sa notification au Tribunal fédéral, Schw eizerhofquai 6, 6004 Lucerne (cf. art. 42, 48, 100 de la Loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 [Loi sur le Tribunal fédéral, LTF], R S 173.110). En application de l'Accord entre la Suisse et la C om m unauté européenne et ses Etats m em bres sur la libre circulation des personnes du 21 juin 1999, de son Annexe II et du R èglem ent (C EE) 1408/71, le recours peut être déposé dans le délai de 30 jours à un bureau de poste de l'Etat de dom icile de l'assuré ou auprès de l'organism e de sécurité sociale de liaison du dom icile de l'assuré. D ate d'expédition :