<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. S. a poursuivi le recourant T. en paiement de 2'587.40 francs en capital (poursuite no.128543); le recourant n'a pas fait opposition au commandement de payer. S. lui a fait notifier une commination de faillite, qui porte la mention que cet acte a été notifié le 23 janvier 1996 "à lui-même". L'intimée a ensuite requis la faillite de T. en date du 29 avril 1996. Les parties ont été citées à comparaître à l'audience du président du Tribunal civil du district de La Chaux-de-Fonds du 3 juin 1996 à 08.00 heures; la convocation, datée du 2 mai 1996, rappelle que "si la partie intimée justifie du paiement à l'office des poursuites, avant l'audience, de la somme de 2'927 francs plus 50 francs de frais de justice, la poursuite sera éteinte". Personne ne s'est présenté à ladite audience, de sorte que par jugement du 3 juin 1996, le premier juge a prononcé la faillite de T. et en a fixé l'ouverture au même jour à 08.15 heures.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. T. recourt contre cette décision en invoquant le fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la commination de faillite ne lui a pas été notifiée régulièrement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il ne l'a jamais reçue. Il joint à son recours une attestation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'huissier de l'office des poursuites de La Chaux-de-Fonds du 12 juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, selon laquelle la commination de faillite dans la poursuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">no.128453 (sic) a été remise dans sa boîte aux lettres. Il en déduit que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la faillite ne pouvait être prononcée sur la base d'une commination de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite entachée de nullité. Il signale enfin qu'il a saisi également</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité de surveillance d'une plainte pour faire constater la nullité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la commination de faillite. Pour cette raison notamment, il sollicite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'effet suspensif au recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le président du tribunal ne présente pas d'observations. L'inti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mée, dans les siennes, s'en remet à dire de justice, tout en relevant que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant ne cache pas avoir déjà eu quelques procédures de poursuites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et faillites à son encontre par le passé, et que "de ce fait, ayant reçu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une convocation à une séance de faillite le 2 mai 1996 par devant le Tri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bunal civil du district de La Chaux-de-Fonds, il lui appartenait de s'y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rendre afin de faire valoir ses droits, surtout s'il n'avait pas reçu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commination de faillite préalablement". Pour le surplus, l'intimée se ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fère purement et simplement à ses observations développées dans le cadre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la plainte déposée le 13 juin 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Compte tenu de cette dernière remarque, le dossier de l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de surveillance a été joint (D.32/96).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Considérant que la faillite ne peut être prononcée sur la base</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une commination de faillite nulle et que la nullité d'une commination</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit être constatée à l'occasion d'une plainte à l'autorité de surveillan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce selon l'article 17 LP (ATF 118 III 6), le président de la Cour a sus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendu l'instruction du recours, par décision du 28 juillet 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans son arrêt du 6 août 1996, l'Autorité cantonale de surveil-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lance des offices de poursuite pour dettes et de faillite a déclaré la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte irrecevable. Elle rappelle qu'en principe, une notification viciée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'entraîne pas la nullité de l'acte notifié, le débiteur étant seulement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">habilité à porter plainte dans les 10 jours où il a eu connaissance de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acte mal notifié; elle laisse ouverte la question de savoir si, comme le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plaignant l'allègue, il n'a eu connaissance de l'existence de la commina-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de faillite que le 12 juin 1996. En effet, elle retient que la vali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dité d'une commination de faillite ne peut être soumise à son examen sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">égard au délai de l'article 17 LP qu'aussi longtemps que la faillite n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas été prononcée. Saisie d'une plainte postérieure de 10 jours au pronon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cé de la faillite, l'autorité l'a considérée comme irrecevable. Elle con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidère à cet égard que :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "D'ailleurs, si l'Autorité de céans était appelée à remettre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cause la déclaration de faillite - par exemple en constatant la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> nullité de la commination de faillite - cela dérogerait, vrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> semblablement de façon inadmissible, à la répartition des com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pétences prévues par la loi entre le juge - qui porte seul la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> responsabilité de l'ouverture de la faillite - et les autorités</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de surveillance (ATF 100 III 22 cons.2, JT 1976 II 70 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> références)".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. La Ie Cour civile est l'autorité compétente pour statuer sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours dirigés contre les jugements de faillites conformément à l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">174 LP (art.11 et 12 LILP). Par ailleurs, le recours a été interjeté dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le délai utile de 10 jours dès la notification du jugement de faillite. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Le jugement attaqué est conforme à la loi. Le premier juge, sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la base des documents qu'il avait en mains, en particulier la commination</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de faillite mentionnant qu'un double de celle-ci avait été notifié au re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant le 23 janvier 1996, devait prononcer la faillite en application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 171 LP, aucune des exceptions mentionnées aux articles 172 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">173a LP n'étant réalisée au moment où il a statué.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, dans la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de recours selon l'article 174 LP, le juge doit prendre en considération</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tous les faits qui font obstacle à la faillite et qui existaient au moment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du jugement de première instance mais qu'à ce moment-là le débiteur n'a-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vait pas fait valoir (pseudo-nova), dans la mesure au moins où le recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant les fait valoir devant la juridiction de seconde instance, ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">découle de la maxime inquisitoire dominant la procédure de faillite (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">102 Ia 153, JT 1977 II 48).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant ne conteste pas avoir reçu la citation à l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dience de faillite à laquelle était jointe la requête de faillite de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créancière, qui elle-même se réfère à la commination de faillite du 15</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier 1996. S'il s'était présenté à cette audience, le recourant aurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pu soulever le moyen, qu'il invoque dans son recours, tiré de la nullité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la commination de faillite pour cause de notification irrégulière. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge n'aurait alors pas prononcé la faillite mais aurait ajourné sa déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion et soumis le cas à l'autorité de surveillance par application analo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gique de l'article 173 al.2 LP (ATF 118 II 6; Gilliéron, Poursuite pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dette, faillite et concordat, 3ème éd., p.255). C'est du reste ce qui s'é-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tait passé lors d'une précédente procédure de faillite concernant le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant qui avait soulevé le même moyen à l'audience (cf. arrêt de l'Auto-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rité cantonale de surveillance du 14.5.1996 annexé au recours).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) La commination de faillite, de même que le commandement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">payer, doivent être remis en mains propres du poursuivi, soit par un em-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ployé de l'office soit par acte judiciaire (art.72 LP par renvoi de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'art.161 al.3 LP). La nullité d'une commination de faillite qui n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parvenue en mains du poursuivi peut et doit être constatée en tout temps à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins que le poursuivi en ait eu connaissance malgré le vice de la notifi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation (ATF 120 III 116).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'examen de cette question relève en principe de la compétence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'autorité cantonale de surveillance, qui statue sur plainte au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'art. 17 LP. En conséquence, l'examen du présent recours a été suspendu,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jusqu'à droit connu sur la plainte déposée simultanément par le failli.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) L'autorité cantonale de surveillance a statué, comme on l'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vu, en tenant la plainte pour irrecevable. Cela doit-il avoir pour consé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quence de restituer en quelque sorte à l'autorité ordinairement compétente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour prononcer la faillite - soit ici la Cour civile, puisque le 1er juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a déjà statué - la charge de statuer préjudiciellement sur les conséquen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces de la notification irrégulière de la commination de faillite ? On peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laisser la question ouverte, puisque le recours doit être rejeté pour un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autre motif.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Le recourant ne conteste pas avoir reçu notification du com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandement de payer, auquel il n'a pas fait opposition. Sous réserve d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paiement, il savait que dans l'année suivant cette notification, sa fail-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lite pouvait être requise (art.166 al.2 LP). Il savait aussi qu'une com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mination de faillite devait précéder le prononcé même de la faillite (cf.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">attestation du 14.3.1996 qu'il produit à l'appui de son recours, et fai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant état de la notification irrégulière de trois comminations de fail-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lites précédentes).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, le recourant a été cité le 2 mai à une audience</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixée au 3 juin 1996. La convocation fait clairement référence au comman-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dement de payer mentionné ci-dessus, et elle rappelle les conséquences du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">non-paiement de la somme en poursuite. Dès réception de cette citation, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant savait qu'une commination de faillite lui avait été notifiée,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait-ce de façon irrégulière ainsi qu'en atteste l'huissier de l'office.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le recourant ne cache pas avoir reçu cette citation, mais il admet qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"avait omis de se rendre à l'audience du 3 juin". Dès lors, en ne se ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dant pas à cette audience, et en ne se plaignant pas non plus du vice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la notification dans les 10 jours dès réception de cette citation, le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quérant a perdu le droit de s'en prévaloir valablement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le but d'une poursuite régulière est de protéger les intérêts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des tiers et des créanciers (ATF 118 III 4 cons.2a). Sans doute faut-il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admettre que ce but doit aussi être respecté dans l'intérêt du débiteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui-même. Cependant, ce dernier n'est certainement pas lésé dans ses inté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rêts, dès l'instant où il a su de façon certaine, au reçu de la convoca-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion pour l'audience, qu'il était l'objet d'une commination de faillite et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le créancier avait de plus requis sa faillite. Quel a été alors sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réaction ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pas plus au reçu de la convocation du 2 mai 1996 qu'au reçu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(contesté) de la commination de faillite du 23 janvier 1996 ou du comman-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dement de payer du 27 octobre 1995, T. n'a payé dans les 20 jours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la somme en poursuite. Sans doute ne le pouvait-il guère ... Selon la com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">munication faite par l'office des faillites à la requête de la Cour, T. a été l'objet, entre le 25 avril 1995 et le 18 juin 1996, de 64</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commandements de payer, pour un montant total en capital de 8'210'951</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs. Il est vrai que 6 commandements de payer, totalisant 6'093'246</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs, concernent des dettes garanties par gage. Il n'en demeure pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins que les 58 autres ont trait à des poursuites pour des dettes ordi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naires, lesquelles totalisent plus de 2 millions de francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le délai de 10 jours après réception de la convocation du 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mai 1996, le poursuivi n'a pas davantage déposé de plainte auprès de l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité cantonale de surveillance. Ce n'est assurément pas par ignorance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des voies et délais : la précédentes procédure, qui s'était terminée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un arrêt de l'autorité cantonale de surveillance du 14 mai 1996 (produit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en annexe au recours) lui avait déjà enseigné que "dans les 10 jours où il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a eu effectivement connaissance de l'acte mal notifié, le débiteur est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">habilité à porter plainte" (cons.2, p.3). Il est à cet égard piquant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constater que l'exemplaire produit par le recourant est coché dans la mar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ge, précisément à l'endroit qui vient d'être cité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'article 2 CC permet au juge de tenir compte des particula-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rités propres à chaque cas d'espèce lorsque, en raison des circonstances,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'application normale de la loi ne se concilie exceptionnellement pas avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les règles de la bonne foi. L'article 2 CC, qui entre en considération</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également en procédure de poursuite pour dettes et de faillite, doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appliqué d'office, dans toutes les instances, lorsque sont prouvés des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits de nature à constituer ou à éteindre un droit d'après cette disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion (ATF 105 III 80, cons.2).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En raison de son inaction à tous les stades de la procédure jus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'au prononcé de la faillite, le recourant n'est plus recevable à se pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valoir du vice de la notification de la commination de faillite. Le vice a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été réparé par la connaissance qu'il a eue de cette commination en rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vant la citation du 2 mai 1996 pour l'audience fixée au 3 juin suivant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Certes, il est regrettable que, par deux fois envers le même débiteur,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'office des faillites de La Chaux-de-Fonds s'attire le même reproche d'a-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voir fautivement déposé l'acte dans la boîte aux lettres. Cette irrégula-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rité commise par l'office ne donne pas pour autant le droit au recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de s'en prévaloir encore devant la Cour civile, puisqu'il pouvait sauve-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">garder ses droits antérieurement, soit dès l'instant où le juge de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite l'a fait convoquer à une audience. Après avoir "omis" de se ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dre à cette audience - une omission qu'il ne cherche en aucune façon à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">excuser, le débiteur commet clairement un abus de droit en voulant s'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévaloir seulement le 13 juin 1996. Son allégation selon laquelle il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'aurait eu connaissance du dossier de la présente affaire que le 12 juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 est en contradiction claire avec le dossier, précisément. Sa connais-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sance remonte au contraire à la convocation du 2 mai 1996. Il savait alors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- n'ayant pas reçu régulièrement une commination de faillite - que sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite était requise; il lui suffisait de se rendre devant le juge et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consulter le dossier pour ne plus rien ignorer de ce dossier. Son omission</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne saurait lui servir d'excuse, ni lui permettre de retrouver un droit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte, sous peine d'en abuser. En déposant le 13 juin 1996 seulement une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte et un recours pour se prévaloir d'une notification irrégulière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il connaissait depuis au moins le 2 mai 1996, le poursuivi fait un usa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ge abusif de ces deux moyens de droit. L'article 2 CC trouve application.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Dans ces conditions, manifestement mal fondé, le recours doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être rejeté, ce qui entraîne la condamnation du recourant aux frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA Ie COUR CIVILE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit que la faillite de T. , à La Chaux-de-Fonds, prend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> effet le 23 septembre 1996 à 09.00 heures.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Met à la charge du recourant les frais judiciaires, qu'il a avancés par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 310 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 23 septembre 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>