<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par jugement du 9 mai 1996, le Tribunal de police du district de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel a condamné par défaut G. à une peine de douze</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours d'emprisonnement sans sursis, ainsi qu'aux frais de justice arrêtés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 360 francs, pour détournement de valeurs patrimoniales mises sous main</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de justice (art.169 CP). Le premier juge a en effet retenu que, suite à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux plaintes pénales des 28 décembre 1995 et 26 mars 1996 de la Caisse-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maladie X. à Lausanne, il avait été établi que G. , qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exerce à titre indépendant l'activité de "rebouteuse" et de gérante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'immeuble, avait distrait des mensualités faisant l'objet de saisies de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ressources pour un montant total de 1'300 francs couvrant la période de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin à septembre 1995, ainsi que le mois de février 1996. La prévenue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle-même admettait n'avoir pas versé en totalité les montants saisis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(jugement, p.3). Comme elle n'avait pas comparu à l'audience et n'avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas non plus déposé les pièces permettant d'établir précisément sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situation financière, elle était réputée avoir eu à disposition les moyens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nécessaires afin de verser les montants saisis à mesure où le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procès-verbal de saisie de ressources qui calculait son minimum vital men-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnait l'existence d'une somme saisissable de 300 francs par mois (juge-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, p.3). Sur le plan subjectif, le premier juge a dès lors considéré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la prévenue avait arbitrairement disposé de la créance saisie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. G. n'ayant pas demandé le relief et n'ayant pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposé de pourvoi en cassation, le jugement du Tribunal de police est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devenu définitif et exécutoire. Par décision du 28 juin 1996 de l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'exécution de la peine, l'intéressée a été convoquée afin de purger sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine sous le régime de la semi-détention.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 8 juillet 1996, G. se pourvoit en révision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre le jugement du 9 mai 1996 en concluant principalement à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'annulation du jugement attaqué et au prononcé de son acquittement, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subsidiairement au renvoi de la cause au Tribunal de police pour nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement, sous suite de dépens. A titre préjudiciel, elle réclame la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suspension de l'exécution du jugement en cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La recourante fait valoir que le premier juge a retenu à tort</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle avait eu en moyenne les ressources nécessaires durant la période</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litigieuse pour s'acquitter des montants saisis. Elle allègue en effet que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour l'année 1995, son revenu mensuel moyen s'est élevé à 1'980 francs et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 1'270 francs pour les cinq premiers mois de l'année 1996; alors que ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charges mensuelles se montaient à 783 francs de loyer en 1995 et 1996, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">179 francs de cotisation d'assurance-maladie en 1995 et à 40 francs en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, à 146.80 francs d'impôts cantonaux et communaux en 1995 et à 203</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs en 1996. Elle soutient donc que, durant la période litigieuse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allant du 9 mai 1995 (avis de saisie) au 9 mai 1996 (jugement), elle se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trouvait au-dessous du minimum vital et que ces éléments doivent être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérés comme des faits nouveaux importants à mesure où, s'ils avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été connus du premier juge, celui-ci l'aurait à l'évidence acquittée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(pourvoi, p.2-3). Enfin, elle précise qu'en juin 1996, elle a versé la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">totalité des montants qui restaient dus à la plaignante (pourvoi, p.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 8 juillet 1996, également, la recourante sollicite l'octroi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'assistance judiciaire totale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Par décision présidentielle du 17 juillet 1996, la Cour de cas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation pénale a accordé l'effet suspensif au pourvoi de G. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Suite au complément d'informations requis par le juge instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teur relatif au paiement effectif des charges alléguées, la recourante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indique, preuves à l'appui, le 2 septembre 1996 que les loyers et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cotisations d'assurance-maladie ont été régulièrement acquittés. Pour ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui est des impôts, la recourante dépose un acte de défaut de biens at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">testant du non-paiement des impôts pour l'année 1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. Le président du Tribunal de police du district de Neuchâtel ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formule pas d'observations sur le pourvoi de G. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Sont susceptibles de faire l'objet d'une demande en révision,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les jugements et arrêts rendus en première ou seconde instance ayant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acquis force de chose jugée et contre lesquels une autre voie de recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou un autre moyen de droit n'est pas possible (Piquerez, Précis de procé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dure pénale suisse, Lausanne, 1994, no 2453 et ss.). La demande en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révision ne peut être refusée sous prétexte que le demandeur a négligé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'utiliser en temps utile une autre voie de recours qui lui était alors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ouverte (Clerc, Révision en faveur du condamné (art.397 CPS), FJS 955,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1962).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le jugement par défaut du Tribunal de police du 9 mai 1996 est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">définitif, le délai de 10 jours d'une demande en relief ainsi que celui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un pourvoi en cassation pénale étant échu sans avoir été utilisés. Dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la mesure où la révision d'un jugement en faveur d'un condamné peut être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandée en tout temps (art. 262 al.1 CPPN), le pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) L'article 397 CPS impose au canton de prévoir un recours en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révision contre les jugements lorsque des faits ou des moyens de preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveaux et sérieux sont invoqués. Le législateur fédéral a ainsi intro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duit une règle minimale de procédure que les cantons peuvent dépasser mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">non pas restreindre (Piquerez, op.cit., no 2449). L'article 262 CPPN ouvre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la voie de la révision "lorsqu'il existe des faits et des moyens de preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveaux et importants pour la défense", la notion d'importants correspon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dant à celle exprimée par le mot sérieux du CPS (Clerc, Des conditions de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fond du pourvoi en révision visées par l'article 397 CPS in Recueil de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travaux offert à la société suisse des juristes à l'occasion de sa 80ème</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assemblée générale, Neuchâtel, 1946, p.78). Des faits ou moyens de preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont nouveaux au sens de ces dispositions, soit lorsque le juge n'en a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">eu connaissance au moment où il s'est prononcé, c'est-à-dire qu'ils ne lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont pas été soumis sous quelque forme que ce soit, soit parce qu'ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avaient été négligés par le Tribunal (ATF 122 IV 66 cons.2a et les réf.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">citées, RJN 1989 p.133). Il est sans importance que le recourant ait connu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au cours du premier procès le fait qu'il invoque à l'appui de sa demande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en révision; il suffit que le juge l'ait ignoré (ATF 116 IV 353, cons.3a;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">69 IV 138). Les faits sont sérieux lorsqu'ils sont propres à ébranler les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatations de fait sur lesquelles se fonde la condamnation et qu'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">état de fait ainsi modifié rend possible un jugement sensiblement plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">favorable au condamné (ATF 122 IV 66 cons.2a et les réf.citées). S'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suffit qu'une modification du jugement précédent apparaisse vraisemblable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour justifier l'admission de la demande de révision, on ne saurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compromettre l'établissement de cette vraisemblance en exigeant que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait nouveau soit prouvé de manière à éliminer le moindre doute; la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révision ne saurait être compromise par de trop strictes exigences quant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la preuve des faits nouveaux (ATF 116 IV 253, cons.4e).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, la recourante invoque comme fait nouveau qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se trouvait durant la période litigieuse en dessous du minimum vital et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle n'avait donc pas eu les ressources nécessaires pour s'acquitter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des montants saisis. A l'appui de ce fait nouveau, elle dépose un certain</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nombre de pièces visant à établir ses revenus et charges durant l'année</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995 et début 1996. Elle mentionne également qu'un emprunt auprès d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaissance lui a permis de s'acquitter en juin 1996 de la totalité des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montants qui restaient dus à sa caisse-maladie. La recourante ne se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévaut pas, toutefois à juste titre, de ce dernier élément comme d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait nouveau au sens de la loi à mesure où un fait survenu après le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement et qui n'existait pas au temps du jugement ne peut pas être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invoqué comme cause de révision (Piquerez, op.cit., no 2483).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il ressort des déclarations de la recourante faites à la police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(interrogatoires des 25 janvier et 18 avril 1996) qu'elle alléguait déjà</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne pas avoir eu à disposition les moyens financiers nécessaires afin de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'acquitter de ses saisies de salaire. Le fait n'était donc pas nouveau.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Toutefois, G. n'a pas prouvé ce fait, ne s'étant pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présentée à l'audience du Tribunal de police et n'ayant pas déposé les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pièces requises.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors, force est de constater que les pièces déposées par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante à l'appui de son pourvoi en révision constituent non pas comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle l'allègue des faits nouveaux mais des moyens de preuve nouveaux à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure où elles attestent d'une situation financière existante au moment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du jugement mais demeurée inconnue du premier juge. Il est certes regret-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">table que ces moyens de preuve ne soient produits qu'en procédure de révi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion alors que la recourante n'allègue aucun cas de force majeure qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'aurait empêchée d'agir en temps utile. Toutefois, la passivité de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante ne constitue pas un motif de rejet de la demande en révision,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci étant ouverte même si l'intéressée connaissait le fait ou les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moyens de preuve au moment du jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Pour accueillir favorablement la révision, il ne suffit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois pas que le moyen de preuve invoqué soit nouveau; encore faut-il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il soit important dans le sens où il aurait vraisemblablement amené à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un jugement sensiblement plus favorable au condamné s'il avait été connu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du premier juge. Comme le jugement attaqué retient que la recourante a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arbitrairement disposé d'une créance saisie, il y a lieu de déterminer, si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les nouveaux moyens de preuve établissent qu'elle n'avait pas les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ressources financières nécessaires à s'acquitter de la somme mensuelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisie. Or, les pièces déposées par la recourante ne prouvent rien à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sujet. La récapitulation de sa comptabilité simple, sans aucune pièce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justificative, examinée avec la photocopie de sa déclaration d'impôt pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 permet tout au plus d'admettre que la recourante a gagné en 1995 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peu près le montant pronostiqué par l'Office des poursuites pour fixer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisie de ressources. Le revenu imposable de 23'200 francs correspond en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet à un revenu net de 25'000 francs. Or l'Office avait pris en compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un gain mensuel moyen de 2'000 francs pour 1995. Quant à la situation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la recourante en 1996, les pièces déposées ne permettent pas de déduire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses ressources réelles cette année-là. Elle allègue certes avoir fait de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus mauvaises affaires en 1996 qu'en 1995 mais ne le prouve pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sérieusement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Il résulte de ce qui précède que les moyens de preuve produits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par la recourante ne sont pas susceptibles de modifier les constatations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de fait du premier juge, ni de nature à rendre possible un jugement plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">clément ou un acquittement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le pourvoi en révision est dès lors mal fondé. La recourante qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">succombe sera condamnée aux frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Le 8 juillet 1996, la recourante a déposé une requête</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assistance judiciaire totale en se référant aux pièces justificatives</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposées à l'appui de son pourvoi en révision. Comme on l'a vu, ces pièces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont pas une valeur probante particulière. On retiendra toutefois que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante, même si elle a gagné de quoi satisfaire à ses obligations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vis-à-vis de l'Office des poursuites, n'est pas en mesure de faire face</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encore aux frais d'un avocat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il y a lieu dès lors d'accorder l'assistance judiciaire pour la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure de recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le pourvoi en révision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Accorde l'assistance judiciaire à la recourante et fixe à 400 francs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> TVA comprise, l'indemnité d'avocat d'office due par l'Etat à Me X. , avocat à Neuchâtel.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Met les frais de cassation arrêtés à 110 francs à la charge de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> recourante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 20 juin 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>