<h2>SubmittedText<h2><p>A une précédente question (96.5179), le Conseil fédéral m'a répondu que l'engagement - aux frais du contribuable - d'entreprises américaines de relations publiques constituait une initiative unique, limitée dans le temps et rendue nécessaire par les "hearings" de la Chambre des représentants à Washington en décembre 1996.</p><p>Or, j'apprends que le DFAE s'apprête à dépenser de nouveau des sommes considérables pour payer d'autres entreprises américaines, manipulatrices de l'opinion publique, au printemps 1997.</p><p>Le DFAE est déjà doté de porte-parole nombreux, variés et luxueusement rétribués (à la centrale, au sein de la Task Force, à l'ambassade à Washington, etc.). Le Conseil fédéral peut-il nous indiquer avec précision quels contrats il entend signer avec quelles entreprises et à quel prix exact ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Il est exact que le Conseil fédéral a décidé de renouveler le mandat d'une agence de relations publiques (Ruder Finn) jusqu'à la fin de l'année et celui d'une firme de lobbying (Barbour, Griffith &amp; Rogers) pour une année. Les coûts engendrés s'élèvent à 720 000 francs. Pour ce faire, la Délégation des finances des Chambres fédérales a approuvé le 18 juin 1997 une demande de crédit supplémentaire de 600 000 francs au titre des mesures de communication "Suisse-Seconde Guerre mondiale" pour l'année 1997. Les 120 000 francs nécessaires au financement de la firme de lobbying en 1998 seront pris en considération lors de l'élaboration du budget. Ces deux agences avaient été engagées à l'essai durant un mois, du 15 avril au 15 mai 1997. La décision a été prise par le Conseil fédéral, sur proposition du DFAE.</p><p>L'image de la Suisse aux États-Unis s'est, au cours des derniers mois, détériorée de façon préoccupante. Cette détérioration se ressent non seulement dans la presse, où l'immense majorité des articles traitant de la Suisse le font sous un angle négatif, mais aussi parmi de nombreux politiciens.</p><p>Face à cette situation, la Suisse a pris d'importantes mesures. Ces mesures sont sans précédent et la Suisse peut se targuer à juste titre d'occuper une position de premier plan dans la gestion de son passé. Malheureusement, ces mesures ne sont pas encore suffisamment prises en considération par les acteurs clés. Si elles ne sont pas reconnues par les faiseurs d'opinion américains, ces mesures risquent de rester sans effet quant à la perception de la Suisse aux États-Unis. En engageant une firme de relations publiques et une agence de lobbying, le Conseil fédéral vise précisément à faire reconnaître les mesures prises par les acteurs clés eux-mêmes : la communauté juive, les politiciens, l'administration et les médias. Ces agences devront également faire comprendre, dans des termes susceptibles d'être entendus par l'opinion publique américaine, la situation extrêmement précaire de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale. Ce faisant, il doit être possible de combattre clichés et préjugés.</p><p>Ceci n'a rien à voir avec une opération de marketing ou de propagande. Il s'agit plutôt de faire répéter et accepter notre message et nos mesures concrètes par ces acteurs. Ainsi, il pourra s'avérer efficace et contribuer à faire diminuer la pression médiatique exercée sur la Suisse. Quiconque connaît le contexte particulier des États-Unis sait que ce genre d'opération ne peut être menée que par des spécialistes disposant d'un savoir-faire propre que ne peuvent avoir une ambassade ou les instances compétentes du DFAE. Pour obtenir des résultats concrets, il faut disposer de relais suffisamment proches des publics visés. Pour cette même raison, seules des entreprises américaines sont susceptibles de pouvoir mener à bien cette tâche. D'ailleurs, dans sa réponse à la question 96.5179, le Conseil fédéral avait précisé que "le recours à de tels services dans le cadre d'une politique d'information sur la Suisse en tant que telle est une possibilité qui, selon les circonstances, ne devrait pas être exclue".</p><p>La restauration de l'image de la Suisse aux États-Unis prendra encore du temps. Il faudra effectuer un important travail de fond pour convaincre les faiseurs d'opinion. C'est pourquoi les contrats des deux agences ont été prolongés. Le choix de ces deux firmes a été fait après avoir examiné les offres reçues. Il tient compte des spécificités propres de ces agences en fonction des publics visés, de leur expérience, de leur renommée, ainsi que de leurs honoraires relativement modestes par rapport à ce qui est d'usage pour ce genre de mandat.</p><p>Le travail de l'agence de relations publiques se concentrera sur les médias et la communauté juive, alors que la firme de lobbying agira plus particulièrement au sein du monde politique, notamment au Congrès américain.</p><p>Enfin, il est clair que notre ambassade à Washington, tout comme la Task Force, suivent de très près les travaux de ces deux agences et leur donnent les instructions nécessaires. De même, une évaluation de leurs performances et des résultats obtenus sera faite.</p>  Réponse du Conseil fédéral.