Lausanne, 23. Oktober 2019
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 7. Oktober 2019 (6B_908/2018)
Automatische Fahrzeugfahndung und Verkehrsüberwachung: 
Keine ausreichende gesetzliche Grundlage im Kanton Thurgau
Für den Einsatz der automatischen Fahrzeugfahndung und Verkehrsüberwachung
(AFV) bedarf es einer ausreichend detaillierten Regelung in einem Gesetz. Für die im
Kanton Thurgau praktizierte AFV fehlt es an einer entsprechenden gesetzlichen
Grundlage. Das Bundesgericht heisst die Beschwerde eines Autolenkers gut.
Das Obergericht des Kantons Thurgau hatte den Mann 2018 unter anderem wegen
mehrfachen Fahrens ohne Berechtigung zu einer Geldstrafe und einer Busse verurteilt.
Dass der Betroffene trotz Entzug des Führerausweises einen Personenwagen gefahren
war, hatte sich aus Aufzeichungen der AFV ergeben. 
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde des Mannes gut, hebt das Urteil des Obergerichts auf und weist die Sache zu neuem Entscheid an dieses zurück. Bei der AFV
werden zunächst mittels Kamera das Kontrollschild, beziehungsweise die Identität des
Halters in Erfahrung gebracht; erfasst werden auch Zeitpunkt, Standort, Fahrtrichtung
und Fahrzeuginsassen. Über diese Erhebung und Aufbewahrung erkennungsdienstlicher Informationen hinaus werden die Daten anschliessend mit anderen Datensammlungen zusammengeführt und automatisch abgeglichen. Dies ermöglicht eine serielle
und  simultane  Verarbeitung  komplexer  Datensätze  innert  Sekundenbruchteilen.
Namentlich die Kombination mit anderweitig erhobenen Daten kann Grundlage für
Persönlichkeits- und Bewegungsprofile bilden. Die AFV kann abschreckende Wirkung
zeigen und mit einem Gefühl der Überwachung einhergehen, das die Selbstbestimmung
wesentlich hemmen kann ("chilling effect"). Die AFV bedeutet somit einen schweren Eingriff in das Recht auf informationelle Selbstbestimmung gemäss Artikel 13 Absatz 2 der
Bundesverfassung. Schwere Grundrechtseingriffe bedürfen einer klaren und ausdrücklichen Grundlage in einem formellen Gesetz. Für einen effektiven Schutz des Rechts auf
informationelle Selbstbestimmung ist insbesondere erforderlich, dass der Verwendungszweck, der Umfang der Erhebung sowie die Aufbewahrung und Löschung der Daten
hinreichend bestimmt sind. Das Thurgauer Polizeigesetz bildet entgegen der Auffassung
des Obergerichts keine hinreichend bestimmte gesetzliche Grundlage für den Einsatz
der AFV. Für die Strassenverkehrsteilnehmer ist nicht vorhersehbar, welche Informationen gesammelt, aufbewahrt und mit anderen Datenbanken verknüpft beziehungsweise abgeglichen werden. Nicht ausreichend geregelt ist weiter die Aufbewahrung und
Vernichtung der Daten. Dem Thurgauer Polizeigesetz lässt sich insbesondere keine
Pflicht entnehmen, die Daten unverzüglich und spurlos zu löschen, falls sich beim
Datenabgleich kein Treffer ergeben hat. Mangels einer ausreichenden gesetzlichen
Grundlage wurden die Aufzeichnungen der AFV im konkreten Fall somit rechtswidrig
erhoben. Ihre Verwertung als Beweis wäre gemäss Strafprozessordung (Artikel 141
StPO) nur zulässig, wenn es um die Aufklärung schwerer Straftaten gehen würde. Das
Fahren ohne Berechtigung fällt nicht unter diese Kategorie. Lausanne, le 23 octobre 2019
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 7 octobre 2019 (6B_908/2018)
Recherche automatisée de véhicules et surveillance du trafic  : 
pas de base légale suffisante dans le canton de Thurgovie
Une règlementation suffisamment détaillée dans une loi est nécessaire pour la mise
en place de la recherche automatisée de véhicules et la surveillance du trafic (RVS).
Il manque une base légale appropriée pour la RVS pratiquée dans le canton de
Thurgovie. Le Tribunal fédéral admet le recours d'un automobiliste. 
En 2018, la Cour suprême du canton de Thurgovie avait condamné un homme,
notamment pour conduite sans autorisation, commises à plusieurs reprises, à une peine
pécuniaire et à une amende. Le fait que l'intéressé avait conduit une voiture malgré un
retrait du permis de conduire se déduisait des enregistrements de la RVS. 
Le Tribunal fédéral admet le recours de l'homme, annule le jugement de la Cour
suprême et renvoie la cause à celle-ci pour nouvelle décision. La RVS utilise d'abord
une caméra pour connaître la plaque d'immatriculation ou l'identité du détenteur; l'heure,
le lieu, la direction du trajet et les occupants du véhicule sont également enregistrés. En
plus de cette collecte et du stockage des informations d'identification, les données sont
ensuite fusionnées avec d'autres bases de données et comparées automatiquement.
Cela permet le traitement en série et en simultané d'enregistrements de données
complexes en quelques fractions de seconde. En particulier, la combinaison avec des
données recueillies ailleurs peut former la base de profils de personnalités et de
mouvements. La RVS peut avoir un effet dissuasif et s'accompagner d'un sentiment de
surveillance qui peut entraver considérablement l'autodétermination («  chilling effect »).
La RVS constitue donc une atteinte grave au droit à l'autodétermination informationnelle
au sens de l'article 13 alinéa 2 de la Constitution fédérale. Les atteintes graves aux
droits fondamentaux nécessitent une base légale claire et explicite dans une loi au sens
formel. Une protection efficace du droit à l'autodétermination informationnelle exige, en
particulier, que l'utilisation prévue, l'étendue de la collecte ainsi que le stockage et la
suppression des données soient suffisamment déterminés. Contrairement à l'avis de la
Cour cantonale, la loi thurgovienne sur la police ne fournit pas une base légale
suffisamment spécifique pour l'utilisation de la RVS. Les usagers de la route ne peuvent
pas prévoir quelles informations seront collectées, stockées et reliées ou comparées à
d'autres bases de données. En outre, le stockage et la destruction des données ne sont
pas suffisamment réglementés. En particulier, la loi thurgovienne sur la police ne prévoit
aucune obligation d'effacer les données immédiatement et sans laisser de traces, si
aucune correspondance n'est trouvée lors de la comparaison des données. En
l'absence d'une base légale suffisante, les informations de la RVS ont donc été
collectées illégalement dans le cas d'espèce. Selon le Code de procédure pénale
(article 141 CPP), leur utilisation comme élément de preuve ne serait admissible que s'il
s'agissait d'élucider des infractions graves. La conduite sans autorisation n'entre pas
dans cette catégorie.