<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. La société Y. SA a été inscrite au registre du commer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce de Neuchâtel le 20 août 1986 (D.II/399-400, 375; D.III/511 ss, 542 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. en était le président avec signature individuelle (D.II/</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">376). Le capital de la société, à l'origine de 50'000 francs, a été porté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 250'000 francs le 24 octobre 1988 (D.II/384). B. s'est ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retrouvé propriétaire de 273 actions, soit 73 acquises en 1986 (D.II/376)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et 200 lors de l'augmentation du capital (D.II/385). Le 18 juillet 1991,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le capital a à nouveau été augmenté et est passé à 1 million de francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.II/390). B. n'a souscrit aucune des 1500 nouvelles actions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Selon inscription au registre du commerce du 17 juillet 1992, B. , tout en restant président du Conseil d'administration de Y. SA, a perdu la signature individuelle, remplacée par une signature collective à deux (D.II/400).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès 1990 en tous cas, B. a fait l'objet de poursui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tes et des actes de défaut de biens ont été délivrés à son encontre (voir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment D.I/7-18; D.II/221-224, 251). Des saisies ont ainsi été effec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuées le 11 juin 1990 (D.II/224) et le 25 septembre 1991 (D.II/269). A la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande d'un créancier (D.II/225-226), l'office a procédé à une saisie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complémentaire le 10 octobre 1991 (D.III/459-460; D.I/17-18).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En 1989, B. a obtenu un crédit de la Banque X., destiné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans un premier temps à servir de garantie de paiement en faveur d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autre banque (D.III/647), puis qualifié de compte courant en 1990 (D.III/</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">649). Ce crédit était garanti par la remise à la Banque X. d'un certificat représentant 250 actions de Y. SA (D.III/564). Les 20 et 21 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991, B. a fait établir par Me X. , notaire, deux décla-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rations authentiques. Dans la première, il déclarait être titulaire de 250</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actions de Y. SA et promettre de donner 75 de celles-ci à sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nièce. Dans la seconde, il déclarait donner 175 actions de Y. SA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à sa soeur (D.II/333, 335; voir aussi D.III/455).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 19 avril 1989, B. a conclu un contrat de bail</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec G. , par lequel celui-ci lui louait le salon-bar situé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans les combles de l’établissement Y. à Neuchâtel (D.I/22-24). Le 20</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin 1989, les parties ont signé un nouveau contrat de bail à loyer pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">locaux commerciaux débutant le 1er juillet 1989 et portant sur presque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute l’établissement Y. , soit en particulier sur la brasserie, la rô-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tisserie et le salon-bar de l'immeuble (D.I/26 ss, 27). Comme B. , au contraire de G. , ne possédait pas de patente pour exploiter un établissement public, le contrat précisait :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Le bailleur donne acte au preneur que la patente de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> G. lui permettra de continuer l'exploitation mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> au plus tard jusqu'au 30 novembre 1989.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le preneur s'oblige sans retard à engager une personne au bé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> néfice d'une patente (restauration et danse) satisfaisant aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> conditions de la loi neuchâteloise sur les établissements pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> blics, les cercles, les débits de boissons alcooliques et au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tres établissements analogues du 2 juillet 1962 et son règle-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ment d'exécution du 28 décembre 1965" (art.6, D.I/29).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Des problèmes ont rapidement surgi et des clients se sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plaints (D.I/36-40). Suite à des retards dans le paiement des loyers (D.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">I/46, 47), G. a déclaré le 28 mars 1990 résilier le bail (D.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">I/49), pour constater par la suite, par l'entremise de son mandataire, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette résiliation n'était pas valable (D.I/60). La patente a également été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">source de litige : celle de G. a été, comme initialement pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vu, annulée à la fin de l'année 1989 (D.I/176). Par décision du 17 janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990, le Département de police a autorisé C. , engagé par B. , à exploiter l’établissement Y. dès le 1er février 1990 (D.I/</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">193-196). Par décision du 28 mai 1990, la patente lui a cependant été re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tirée avec effet au 15 juin 1990 (D.I/57-58). Le 21 mai 1990, B. avait déjà accepté le principe d'une résiliation anticipée du con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trat de bail, se déclarant prêt à cesser son activité dès le 1er juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990 si G. retrouvait quelqu'un pour reprendre l'établissement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.I/54). Celui-ci a trouvé un nouveau locataire à partir du 1er janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991 et a donc déclaré mettre fin au bail au 31 décembre 1990 (D.I/77). Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a repris lui-même l'exploitation le 1er juillet 1991 (D.V/25). Par juge-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment du 24 septembre 1990, le Tribunal de prud'hommes a reconnu que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsable économique de l’établissement Y. durant le bail était bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. (D.V/37 ss, 53-55).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 18 juin 1992, G. a déposé plainte pénale contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. (D.I/2). Le 15 août 1994, le procureur général a rendu une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordonnance de non-lieu partiel (D.V/113 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par arrêt du 23 novembre 1994, la Chambre d'accusation a renvoyé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. devant le Tribunal correctionnel du district de Neuchâtel,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme prévenu de fraudes dans la saisie (subsidiairement d'infractions au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sens de l'article 167 aCP), de banqueroute simple, d'obtentions frauduleu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses de constatations fausses, d'infractions aux articles 95/2 LCR, 87/3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LAVS, 70 LACI, 112 LAA et 76 LPP, à combiner avec l'article 68 CP. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement du 13 avril 1995, le Tribunal correctionnel du district de Neu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">châtel l'a reconnu coupable de fraudes dans la saisie au sens de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">164 aCP pour avoir, lors de son interrogatoire par l'office des faillites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Neuchâtel le 10 octobre 1991, déclaré avoir remis à des tiers toutes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses actions de la société Y. SA alors que tel n'était pas le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas, dissimulant ainsi des actifs, et pour avoir déclaré une charge fic-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tive en soutenant lors des saisies dont il avait fait l'objet jusqu'au 10</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1991 qu'il supportait un loyer mensuel de 1'800 francs, alors que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce loyer était en fait pris en charge par la société Y. SA. Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premiers juges ont également reconnu B. coupable de banque-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">route simple au sens de l'article 165 aCP, en retenant en bref qu'il avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de manière fautive largement contribué à sa déconfiture dans la gestion de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l’établissement Y. à Neuchâtel. Enfin, B. a été reconnu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'infraction à la LCR pour avoir, en 1993, circulé au volant de sa voiture</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors qu'il n'était pas détenteur d'un permis suisse, et qu'il faisait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'une interdiction d'usage de son permis de conduire égyptien.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les autres infractions visées contre B. ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">abandonnées, et le tribunal correctionnel l'a condamné à une peine de 6</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois d'emprisonnement avec sursis pendant 2 ans, à une partie des frais de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justice arrêtée à 2'330 francs, et au paiement au plaignant G. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une indemnité de dépens de 4'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 19 mai 1995, B. se pourvoit en cassation contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce jugement en concluant principalement à son acquittement, subsidiaire-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment au renvoi de la cause. Admettant que la relation des faits contenus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le jugement est objective, il se prévaut d'une fausse application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la loi. S'agissant tout d'abord des fraudes dans la saisie, il soutient en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bref que ses actions de Y. SA avaient bel et bien été remises à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des tiers, et il se défend en outre - comme en ce qui concerne la déduc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de 1'800 francs opérée à titre de loyer - d'avoir eu l'intention de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">léser ses créanciers. S'agissant ensuite de la banqueroute simple, le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant affirme avoir été trompé par le plaignant G. lors de la signa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ture du bail; il conteste aussi avoir exploité personnellement l’établissement Y. depuis le 1er janvier 1990, de sorte que l'article 165 CP -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui suppose que celui qui a causé sa propre insolvabilité ou qui l'a ag-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gravée l'ait fait dans l'exercice de sa profession - ne lui est pas appli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cable; il se défend également d'avoir eu un comportement particulièrement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">répréhensible et la conscience de son insolvabilité au sens de cette dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">position légale. S'agissant enfin de l'infraction à la LCR, B. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soutient en bref qu'en l'absence d'une décision administrative valable et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exécutoire, il a été condamné sans base légale suffisante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le président du Tribunal correctionnel du district de Neuchâtel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne formule pas d'observations. Le ministère public n'en formule pas non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus, tout en concluant au rejet du pourvoi. Le plaignant G. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet du recours, sous suite de frais et dépens, en formulant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.243, 244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Se rend coupable de fraude dans la saisie au sens de l'arti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cle 164 ch.1 aCP, applicable en l'espèce, le débiteur soumis à la poursui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">te par voie de saisie qui, au détriment de ses créanciers, diminue son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actif ou fait croire à sa diminution, notamment en distrayant ou en dissi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mulant des objets (ATF 88 IV 21, JT 1962, p.36). Pour que l'auteur soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">punissable, il faut qu'un acte de défaut de biens, même provisoire, ait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été dressé contre lui (ATF 102 IV 319). Il y a dissimulation au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 164 ch.1 aCP non seulement lorsque des objets sont cachés au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonctionnaire de l'office des poursuites, mais aussi lorsque leur existen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce est tenue secrète par mensonge ou fausse déclaration. Un dommage pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">visoire suffit et il n'est pas nécessaire qu'il soit irréparable (ATF 105</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">IV 319 et références). L'obligation du débiteur de renseigner s'étend à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tout ses biens et revenus à même de permettre une saisie fructueuse (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">114 IV 12, JT 1989, p.45, 46).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour qu'il puisse être question de condamner en vertu de l'arti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cle 164 aCP, il faut que l'auteur ait voulu léser les créanciers en leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soustrayant des biens qui devaient servir à les désintéresser; il faut par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquent qu'il ait (au moment où il a commis les actes incriminés) connu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son insolvabilité actuelle ou prochaine, c'est-à-dire qu'il ait dû prévoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'une saisie était proche (Logoz, Commentaire du Code pénal suisse, ad</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">art.164, ch.4; Trechsel, Kurzkommentar, 1989, ad art.163 n° 11 par renvoi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la note 1 de l'art.164; ATF 88 IV 121).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, s'agissant des actions remises à la Banque X. (plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précisément du certificat d'actions remis à cette banque), c'est à juste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titre que le tribunal correctionnel a retenu que l'on était en présence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une simple garantie (jugement, p.20-21). Deux éléments parlent en ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sens. D'une part, les lettres de la Banque X. de 1989 et 1990 ne laissent subsis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter aucun doute sur le caractère de sûreté du certificat déposé (D.III/647</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et 649); on ne voit d'ailleurs pas le but qu'aurait poursuivi cette banque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en cherchant à devenir actionnaire de Y. SA, société "de famil-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le". D'autre part, le recourant était pleinement conscient de disposer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encore de ces actions dans son patrimoine en 1991, puisqu'il a souhaité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les donner à des membres de sa famille (D.II/333 et 335), ce qu'il a dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un premier temps confirmé devant la police, déclarant ne jamais avoir ven-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du d'actions (D.II/324), et le juge d'instruction (D.III/450-451). Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait également déclaré au préposé de l'office des poursuites avoir remis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses actions "en février 1991" (D.II/460), ce qui exclut une cession anté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieure à la Banque X..</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recourant ne conteste pas, avec raison, que les déclarations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">authentiques des 20 et 21 février 1991 (D.II/333, 335) n'emportaient pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">transfert de la propriété des actions. Une donation est en effet un con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trat, ce qui suppose une acceptation (Tercier, Les contrats spéciaux,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995, n° 1316). Me X. , qui a établi les déclarations authentiques,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait attiré l'attention de B. sur ce point (D.III/455), de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte que celui-ci ne pouvait prétendre l'ignorer.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est par ailleurs incontestable que le recourant a agi inten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnellement. Il a en effet fait l'objet de poursuites dès 1990, notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de la part de G. pour plus de 60'000 francs (D.I/12, 14,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">16; voir aussi D.II/239, 273, 277). Son insistance à faire enregistrer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'urgence des donations par Me X. en février 1991 (D.III/455) démon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tre qu'il savait que ses biens risquaient d'être saisis. Sa participation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'assemblée générale extraordinaire de Y. SA du 18 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991 (D.II/390) atteste aussi qu'il était conscient à ce moment-là d'être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encore titulaire de droits dans cette société. Dès lors, sa déclaration à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'office des poursuites le 10 octobre 1991 selon laquelle il ne possédait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus d'actions car celles-ci avaient toutes été remises à des tiers (D.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">III/460) ne peut s'interpréter que comme une volonté délibérée de sa part</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cacher sa situation réelle. Comme l'a relevé le tribunal correctionnel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(jugement p.22), il s'agissait d'une saisie complémentaire faite à la de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mande d'un créancier qui prétendait justement que B. avait des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits dans Y. SA (D.II/225-226), de sorte que le préposé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'office a certainement dit clairement au recourant quels renseignements</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il attendait de lui (art.91 al.1 LP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Le tribunal correctionnel a également vu une fraude dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisie dans le fait que le loyer de B. , d'un montant de 1'800</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs mensuel, était pris en charge par Y. SA, ce que le recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant a caché jusqu'au 10 octobre 1991, amenant de la sorte l'office à re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenir une charge fictive (jugement p.23-24).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le frère de B. a reconnu que Y. SA payait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son loyer depuis 1986 (D.II/327; D.III/451), ce que le recourant a égale-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment admis (D.V/33). Or, en juin 1990 (année durant laquelle des commande-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments de payer lui ont été notifiés pour un total supérieur à 500'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs : D.II/251), il a fait l'objet d'une saisie de salaire et, dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">calcul du minimum vital, un loyer de 1'800 francs a été pris en compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.II/224). Le même chiffre a été repris dans une saisie du 25 septembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991 (D.II/269). Ce n'est que le 10 octobre 1991, à l'occasion de la sai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sie complémentaire, que B. a informé l'office des poursuites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que son loyer était payé par Y. SA (D.II/459).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour les raisons déjà évoquées (ci-dessus lettre b in fine), la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possibilité d'une négligence doit être écartée. B. a agi dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intention manifeste de cacher sa situation économique réelle et, par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant, de porter préjudice à ses créanciers.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Selon l'article 165 aCP, applicable en l'espèce, le débiteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui, par une légèreté coupable, par des dépenses exagérées, par des spécu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lations hasardées ou par une grave négligence dans l'exercice de sa pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fession, aura causé sa propre insolvabilité ou aggravé sa situation alors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il se savait insolvable sera, s'il a été déclaré en faillite ou si un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acte de défaut de biens a été dressé contre lui, puni de l'emprisonnement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans le cas où l'infraction est commise dans la gestion d'une personne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">morale, l'article 172 transfert la qualité d'auteur à ses organes, soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux directeurs, fondés de pouvoir, membres de l'administration ou d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">organe de contrôle ou liquidateurs, pour autant que les conditions subjec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tives et objectives de l'infraction soient réalisées sur leur tête (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">105 IV 17; v. aussi Logoz, Partie spéciale I, n° 1 ad art.172 CP, p.236);</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cela vaut également lorsque l'organe en question est une personne morale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 116 IV 26).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le point de savoir si le comportement délictueux, qui peut pren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dre plusieurs formes selon le texte légal, est répréhensible doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résolu selon les circonstances du cas d'espèce en tenant compte de la si-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuation personnelle du débiteur, en premier lieu en fonction des disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions spécifiques qui définissent les devoirs de l'auteur (ATF 115 IV 39;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Logoz, op.cit., n° 2b ad art.165 CP, p.216). Le juge dispose d'un large</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation à cet égard (Epard, La banqueroute simple et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déconfiture, thèse, Lausanne, 1984, p.87 et Trechsel, Kurzkommentar, n° 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ad art.165 CP). Tombe ainsi sous le coup de l'article 165 CP quiconque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aura commis un acte - ou se rend coupable d'une omission -, prévu par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">texte légal, dès lors que cet acte est propre (ce que l'auteur doit sa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voir) à contribuer à causer l'insolvabilité ou à aggraver une insolvabi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité qui existait déjà (ATF 115 IV 38, SJ 1984, p.69). Les divers compor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tements visés par l'article 165 CP forment un tout de sorte qu'il n'y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas lieu de recourir à la notion de délit successif (ATF 109 IV 113).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Tant l'insolvabilité que l'aggravation de la situation doivent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être en rapport de causalité avec l'un des comportements énumérés au début</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la disposition (ATF 104 IV 165).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, il n'apparaît pas que le recourant ait été trom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pé à la signature du contrat de bail. Outre que celui du 20 juin 1989 a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été préparé par son propre avocat, il ne peut, au vu de l'article 6, pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tendre qu'il ignorait qu'il allait rapidement avoir besoin d'un gérant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titulaire de la patente. Par ailleurs, son assertion selon laquelle un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chiffre d'affaires minimum lui avait été promis par G. ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trouve aucun appui dans le dossier. Au contraire, le bail est suffisamment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détaillé pour qu'on puisse en conclure que, si une telle promesse avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été faite, son avocat n'aurait pas manqué de l'y faire figurer.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recourant affirme que dès le 1er janvier 1990, il a été exclu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'exploitation de l’établissement Y. (recours, p.8-9). Cet argument</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit être écarté pour deux raisons. D'une part, le recourant savait dès la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusion du contrat qu'il devrait engager une personne titulaire de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">patente. La prise de position du Département de police n'a ainsi pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un élément nouveau modifiant la situation initialement envisagée entre les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parties. D'autre part, le Tribunal des prud'hommes a considéré que B. était le responsable économique de l’établissement Y. (jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 24.9.1990, D.V/34 ss, 53-55). Cette décision, qui n'a pas fait l'objet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un recours, n'a pas à être revue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La légèreté coupable retenue par le tribunal correctionnel (ju-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gement, p.26) ressort des plaintes des clients (D.I/36-40), des problèmes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le recourant a eu avec le Département de police alors même qu'il sa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vait pertinemment l'importance de la patente, de son inexpérience dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domaine des établissements publics (D.III/452) et des déclarations de ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ex-employés sur son attitude (D.II/308-312, 319-321).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Enfin, quelqu'un qui fait l'objet de poursuites pour un demi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">million de francs en 1990 (D.II/251), dont le salaire a été saisi (D.II/</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">224 et 269) et contre lequel des actes de défaut de biens ont finalement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été délivrés (D.II/221; D.I/7 ss) ne saurait sérieusement nier son insol-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vabilité et sa conscience de celle-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) S'agissant de l'infraction à la LCR, le recourant estime</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il n'était pas soumis aux restrictions et conditions spéciales auxquel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les se réfère selon lui la loi (recours, p.12 et la référence à Bussy et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Rusconi). Ce faisant, il confond l'article 95 ch.1 al.2 et 95 ch.2 LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Selon cette dernière disposition, seule visée par l'arrêt de renvoi (p.6)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et retenue par le jugement entrepris (p.34), celui qui aura conduit un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véhicule automobile alors que le permis de conduire ou d'élève conducteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui avait été refusé ou retiré sera puni des arrêts pour 10 jours au moins</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et de l'amende. Conformément à l'article 100 ch.1 al.1 LCR, cette disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion est également applicable en cas de négligence (ATF 117 IV 302, JT</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1992 I 795 n° 64).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le recourant a reçu deux décisions du Service</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonal des automobiles, datés du 20 juillet 1992 (D.IV/670) et 8 janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 (D.IV/668). Dans la première, il lui était notamment ordonné de se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présenter audit service le 1er septembre 1992 au plus tard pour remplir un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formulaire d'échange de son permis de conduire égyptien contre un permis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suisse; l'échange était en outre subordonné à la réussite d'un examen pra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tique. Dans la seconde, il lui était rappelé qu'il lui était strictement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">interdit de conduire un véhicule automobile en Suisse tant qu'il ne serait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas titulaire d'un permis suisse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'argument du recourant selon lequel les règles de forme et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contenu applicables aux décisions administratives n'auraient pas été res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pectées doit à l'évidence être écarté. Les deux décisions précitées sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en effet clairement structurées : leur première partie comprend la moti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vation en fait et en droit, la seconde (précédée du verbe "décide") le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositif. Le recourant ne pouvait ainsi prétendre avoir le droit de cir-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culer en Suisse sans permis suisse lorsqu'il a été interpellé par la po-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lice le 2 novembre 1993 (D.IV/667). Même si les décisions du Service can-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tonal des automobiles ne contiennent pas les mots "retrait" ou "refus" du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permis de conduire, leur signification est dépourvue d'ambiguïté ("stric-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement interdit de conduire").</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Mal fondé, le recours doit dès lors être rejeté et les frais mis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la charge du recourant. L'équité justifie l'octroi d'une indemnité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépens au plaignant qui a présenté des observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met les frais, arrêtés à 880 francs, à la charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Condamne B. à verser à G. une indemnité de dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pens de 400 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 19 janvier 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> AU NOM DE LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le greffier L'un des conseillers</span></p> </div></body></html>