<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-transitional.dtd"> <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"> <head> <meta charset="utf-8"/><meta content="HTML Tidy, see www.w3.org" name="generator"/> <meta content="text/html; charset=utf-8" http-equiv="Content-Type"/> <meta content="Microsoft Word 10 (filtered)" name="Generator"/> <title></title> </head> <body lang="FR-CH"> <div class="Section1"> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" class="MsoNormalTable"> <tr> <td valign="top" width="95"> <p class="OJV-LogoLibelle"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-LogoLibelle"><span lang="FR"><img alt="image001" height="132" src="20100401085911811_e-files/image001.jpg" width="77"/></span></p> </td> <td valign="top" width="321"> <p class="OJV-LogoAdresse"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-LogoLibelle"><span lang="FR">TRIBUNAL CANTONAL</span></p> </td> <td valign="top" width="284"> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR">146</span></p> </td> </tr> </table> </div> <span lang="FR"><br clear="all"/> </span> <div class="Section2"> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> </div> <span lang="FR"><br clear="all"/> </span> <div class="Section3"> <p class="OJV-DcisionsInstance"> <span lang="FR">TRIBUNAL D'ACCUSATION</span></p> <p class="OJV-DcisionsDoubleSoulign"> <span lang="FR">_________________________________</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">Séance du 26 mars 2010</span></p> <p class="OJV-DcisionsSoulign"><span lang="FR">_____________________</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormalTab3"><span lang="FR">Présidence de M. <span>Meylan</span>, président</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormalTab3"><span lang="FR">Juges : M. Krieger et Mme Byrde</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormalTab3"><span lang="FR">Greffière : Mme Brabis</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsEtoiles"><span lang="FR">*****</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">Art. 223, 298 al. 1 let. a CPP</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> <b>Vu l'enquête n° PE08.013682-MMR</b> <span></span>instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de La Côte contre <b><span>R.________</span></b> pour faux dans les certificats, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires et infraction à la LEtr (Loi fédérale sur les étrangers; RS 142.20),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu l'ordonnance du 15 mars 2010, par laquelle le magistrat instructeur a ordonné le séquestre d'un passeport de la Gambie NO PC 140877 au nom de R.________ 15.05.1980, un passeport de la Gambie NO PC 209882 au nom de R.________ 21.12.1978 et une carte d'identité de la Gambie NO PC 212028 au nom de R.________ 15.05.1980,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu le recours exercé en temps utile par R.________ contre cette décision,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu les pièces du dossier;</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> <b>attendu</b> qu'aux termes de l'art. 223 al. 1 CPP, le juge a le droit de séquestrer tout ce qui peut avoir servi ou avoir été destiné à commettre une infraction, tout ce qui paraît en avoir été le produit, ainsi que tout ce qui peut concourir à la manifestation de la vérité,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que des objets ou des valeurs patrimoniales doivent dès lors être saisis s'il existe des indices suffisants qu'ils ont servi à commettre une infraction ou qu'ils en constituent le produit ou le résultat (JT 1997 III 30; Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, Zurich 2006, n. 912, p. 590),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que le séquestre a non seulement pour but d'assurer la conservation des moyens de preuve, mais également de garantir l'exécution d'une éventuelle confiscation fondée sur les art. 69 ou 70 CP (Piquerez, op. cit., n. 911, pp. 589-590 et n. 930ss, pp. 601-602),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que contrairement à la confiscation qui est une mesure définitive, la saisie n'a qu'un caractère provisoire (Piquerez, op. cit., n. 911, p. 590),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il faut dès lors soigneusement distinguer la saisie ordonnée par le juge d'instruction au cours de l'enquête pour sauvegarder des preuves et la confiscation prévue par les art. 69 et 70 CP qui ne peut être prononcée que par le juge de fond et qui comporte un transfert de propriété (ibidem),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il appartient donc à l'autorité d'instruction de saisir à titre provisoire tous les objets ou valeurs susceptibles d'être confisqués par le juge de fond (Piquerez, op. cit., n. 930, p. 600),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que tant que subsiste une probabilité de confiscation, l'intérêt public commande le maintien du séquestre pénal (ibidem),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que le législateur n'a pas voulu astreindre le juge d'instruction à faire des recherches approfondies et à examiner des questions juridiques délicates de sorte que, pour des motifs d'opportunité, il a prévu que l'on s'en tienne à l'appréciation des faits matériels et apparents</span> <span lang="FR">(Bovay / Dupuis / Monnier / Moreillon / Piguet, Procédure pénale vaudoise, 3<sup>ème</sup> éd., Bâle 2008, n. 2 ad art. 261 CPP, p. 279),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que l'art. 69 al. 1 CP énonce qu'alors même qu'aucune personne déterminée n'est punissable, le juge prononce la confiscation des objets qui ont servi ou devaient servir à commettre une infraction ou qui sont le produit d'une infraction, si ces objets compromettent la sécurité des personnes, la morale ou l'ordre public,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que la confiscation peut être ordonnée sans égard à la culpabilité ou la punissabilité de l'auteur présumé de l'infraction en cause (Dupuis et alii, Petit commentaire, Code pénal I, n. 14 ad art. 69 CP, p. 671),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'en vertu de l'art. 223 al. 4 CPP, le juge ordonne la levée du séquestre dès que l'état de l'enquête le permet,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il ne peut toutefois le faire qu'à condition que la situation soit claire, c'est-à-dire qu'il soit possible d'identifier de manière certaine l'origine des valeurs séquestrées et les droits dont elles sont l'objet (JT 1999 III 70);</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> attendu qu'en l'espèce, R.________ demande l'annulation de l'ordonnance de séquestre quant au passeport de la Gambie NO PC 209882 à son nom et portant la date de naissance 21.12.1978 et conclut à sa restitution,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> <span>que le recourant ne conteste pas le séquestre des deux autres documents portant son nom, soit le passeport de la Gambie NO PC 140877 15.05.1980 et la carte d'identité de la Gambie NO PC 212028 15.05.1980,</span></span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'à l'appui de son recours, il fait valoir que le passeport N° PC 209882 est son passeport authentique,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il soutient que sans son passeport, la recherche d'un emploi lui est pratiquement impossible, qu'il ne peut pas justifier son identité envers la police et que l'administration bernoise refuse de lui délivrer un permis de séjour;</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> attendu qu'une première enquête avait été menée dans le canton de Berne contre R.________ pour <span>faux dans les certificats et</span> infraction à la LEtr avant que le Juge d'instruction du canton de Vaud n'accepte la compétence des autorités judiciaires vaudoises en raison d'une agression que le prévenu aurait commise le 15 mai 2008 dans le train entre Lausanne et Nyon contre un agent de train (P. 11),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il ressort du rapport de la police des étrangers de la ville de Berne que pour son mariage ainsi que pour son inscription au contrôle des habitants, office des migrations et police des étrangers de la ville de Berne, R.________ a produit le passeport litigieux, soit le passeport n° PC209882 (P. 9),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que l'identité judiciaire de la police cantonale bernoise a examiné l'authenticité dudit passeport et a indiqué qu'il s'agissait d'un passeport obtenu frauduleusement, soit un passeport "proxy" et que, de ce fait, l'identité du prévenu n'était pas établie (ibidem),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que R.________ a été amené à la police cantonale bernoise afin d'établir son identité,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que suite aux recherches effectuées par le biais du s</span><span lang="FR">ystème automatique d'identification des empreintes digitales AFIS et du système d'information central sur la migration (SYMIC), il a été découvert que R.________ était entré le 15 avril 2003 sous le nom de [...], né le 1<sup>er</sup> janvier 1984, ressortissant du Mali, et qu'il avait déposé une demande d'asile qui avait été refusée (P. 9, B. 5 et 6),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que le prévenu n'a dès lors pas de titre de séjour valable en Suisse,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que le recourant a lui-même reconnu avoir résidé en Suisse sous la fausse identité de [...] comme requérant d'asile (PV aud. 3),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que questionné sur l'origine du passeport n°</span> <span lang="FR">PC209882, le prévenu a déclaré qu'il l'avait "arrangé" à l'ambassade gambienne en Espagne, raison pour laquelle il n'y figurait aucun tampon, et qu'il l'avait payé 150 euros (P. 9, B. 7),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'en outre, selon le rapport de la police cantonale du canton de Vaud, même si les deux passeports séquestrés correspondent aux critères standards de la Gambie, le fait que la date de naissance soit différente sur les passeports enlève toute véracité aux données figurant sur l'ensemble des trois pièces d'identité séquestrées (P. 16),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il est donc vraisemblable qu'au moins un des deux passeports séquestrés est un faux,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'au vu de tous ces éléments, il existe, en l'état, des indices suffisants que le</span> <span lang="FR">passeport n°</span> <span lang="FR">PC209882 a vraisemblablement servi à commettre une infraction à la LEtr et qu'il constitue probablement le résultat de l'infraction de faux dans les certificats,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que le séquestre du passeport en question se justifie également dans l'intérêt de l'enquête ainsi que dans l'intérêt public à ce que de faux passeports ne circulent pas et ne soient pas utilisés,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que les arguments que le recourant fait valoir, s'agissant de la recherche d'un emploi ou de l'obtention d'un permis de séjour, ne sont pas rendus vraisemblables,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'au demeurant, la proportionnalité est en l'espèce respectée,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que la mise sous main de justice du</span> <span lang="FR">passeport n°</span> <span lang="FR">PC209882 au nom de R.________ est dès lors justifiée au regard de l'art. 223 al. 1 CPP;</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> attendu, en définitive, que le recours est rejeté et l'ordonnance confirmée,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que les frais du présent arrêt sont mis à la charge de R.________.</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">Par ces motifs,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">le Tribunal d'accusation,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">statuant à huis clos :</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"> <span lang="FR"> <b>I.</b> Rejette le recours.</span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"><span lang="FR"> <b>II.</b> Confirme l'ordonnance.</span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"><span lang="FR"> <b>III. </b> Dit que les frais d'arrêt, par 550 fr. (cinq cent cinquante francs), sont mis à la charge de R.________.</span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"> <span lang="FR"> <b>IV.</b> Déclare l'arrêt exécutoire.</span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"> <span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsSignature"> <span lang="FR">L</span><span lang="FR">e <span>président : L</span>a <span>greffi</span>ère <span>:</span></span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCentrETDU"> <span lang="FR"> Du</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié au conseil du recourant, ainsi qu'au Ministère public, par l'envoi d'une copie complète<span> :</span></span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">- Mme Rahel Beyeler, avocate (pour R.________).</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> Il est communiqué en outre par l'envoi d'une copie complète à :</span></p> <p class="OJV-DcisionsRetraitNiveau1"><span lang="FR">‑ M. le Procureur général du canton de Vaud,</span></p> <p class="OJV-DcisionsRetraitNiveau1"><span lang="FR">‑ M. le Juge d'instruction cantonal.</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral - RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100<br/> al. 1 <sup></sup>LTF).</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsSignature"> <span lang="FR"> L</span><span lang="FR">a <span>greffi</span>ère <span>:</span></span></p> <p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p> </div> </body> </html>