<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. K. a travaillé du 1er janvier au 31 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 pour la firme S. SA, à Neuchâtel, en qualité de représentant pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Suisse allemande. Son employeur lui avait, à ce titre, mis à disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion une voiture, qu'il pouvait utiliser à sa guise. Le véhicule n'ayant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas été restitué à la fin des rapports de travail, S. SA a déposé plain-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">te pénale contre K. le 14 septembre 1993.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par jugement du 7 juillet 1994, le Tribunal de police du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de Neuchâtel a condamné K. à une peine de vingt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours d'arrêts fermes pour infraction à l'article 94 ch.2 LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 4 août 1997, K. recourt à la Cour de cas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation pénale contre le jugement du 7 juillet 1994, concluant à son an-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nulation et à ce qu'il soit libéré. Il avance en bref qu'il pouvait dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poser du véhicule comme il l'entendait et qu'une éventuelle violation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses obligations contractuelles postérieurement à la fin des relations de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travail relèverait exclusivement du juge civil.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le président du Tribunal de police ne formule pas d'observa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions, de même que le ministère public, qui conclut au rejet du recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le jugement écrit a été envoyé sous pli simple le 16 mai 1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">K. ayant prétendu ne jamais l'avoir reçu, il lui a à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveau été notifié le 24 juillet 1997. Interjeté dans les formes et délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légaux (art.244 CPP), le recours est ainsi recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 94 ch.2 LCR, celui qui, pour faire des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courses qu'il n'était manifestement pas autorisé à entreprendre, aura</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utilisé un véhicule automobile qui lui était confié sera, sur plainte,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puni des arrêts ou de l'amende. Pour que cette infraction puisse être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenue, il faut qu'un véhicule ait été confié à l'auteur, que celui-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ait utilisé et que les courses entreprises relèvent d'un abus d'usage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manifeste. L'infraction est punissable que l'auteur ait agi intentionnel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lement ou par négligence (art.100 ch.1 al.1 LCR).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le recourant avance que l'existence d'un rapport</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contractuel entre le plaignant et lui exclurait toute possibilité d'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fractions, raisonnement manifestement contraire à l'ordre juridique suis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se. L'exemple cité par le recourant de la violation d'une obligation d'en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tretien le démontre d'ailleurs bien, un tel comportement étant précisément</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incriminé par le code pénal (art.217 CP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Objectivement, le véhicule avait bien été confié au recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par son employeur, dans le cadre des relations de travail. Entendu par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police zurichoise le 27 octobre 1993, K. a reconnu qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aurait dû rendre cette voiture au plaignant le 2 août 1993 et que, posté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieurement à cette date, il a circulé environ 2'500 kilomètres. Il a donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accompli des courses manifestement non-autorisées au volant d'un véhicule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confié, de sorte que les conditions objectives de l'infraction à l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">94 ch.2 LCR sont réalisées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Subjectivement, le recourant a agi intentionnellement. Il a en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet admis devant la police zurichoise qu'il avait sciemment conservé le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véhicule parce qu'il estimait avoir des prétentions civiles à faire valoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre son ex-employeur. De telles prétentions, qu'il n'a au demeurant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jamais rendues vraisemblables, ne l'autorisaient toutefois aucunement à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérer la voiture comme un gage. Condamné en 1990 pour de multiples</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">abus de confiance, il ne peut prétendre ignorer le statut juridique d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chose confiée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3 Mal fondé, le recours doit être rejeté, ce qui entraîne la mise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des frais à la charge du recourant (art.244 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant les frais arrêtés à 440 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 28 octobre 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>