<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp356592"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>133 III 598<br/><br/><br/><div class="paraatf">80. Extrait de l'arrêt de la Ire Cour de droit civil dans la cause X. SA contre Banque Y. SA et Association Z. (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">4A_126/2007 du 28 août 2007</div> <a name="idp358128"></a> <a name="idp363328"></a> <a name="idp367072"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste a</div> <br/><div class="paraatf">Teilleistungen (<span class="artref">Art. 69 OR</span>). <div class="paratf"><span class="artref">Art. 69 Abs. 1 OR</span> auferlegt dem Gläubiger, eine Teilleistung anzunehmen, wenn der Schuldner einen Teil der Forderung anerkennt und den von ihm verlangten Restbetrag bestreitet (E. 4.1). </div> </div> </div> <a name="idp372176"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste b</div> <br/><div class="paraatf">Anrechnung von Teilzahlungen (<span class="artref">Art. 85 OR</span>). <div class="paratf">Wenn der Schuldner die Zinsen und die Kosten der Hauptforderung bestreitet, ohne dass er rechtsmissbräuchlich handelt, muss seine Teilzahlung auf das Kapital angerechnet werden, das er anerkennt (E. 4.2). </div> </div> </div> <a name="idp375856"></a> <a name="idp380912"></a> <br/><div> <a name="idp384416"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 599</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page599"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 599</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp386080"></a><span class="bold">A. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp387120"></a><span class="bold">A.a </span>L'Association Z. (ci-après: l'Association) est propriétaire d'un home pour personnes âgées, à Genève.</div> <div class="paraatf">En 1998, un différend est né entre l'entreprise de construction X. SA et l'Association en relation avec le paiement de travaux de rénovation et d'agrandissement du home effectués par la première.</div> <div class="paraatf">Le 26 octobre 1998, X. SA a saisi le Tribunal de première instance de Genève d'une demande qui concluait à la condamnation de l'Association à lui payer 1'184'995 fr. plus intérêts à 6,5 % l'an dès le 30 septembre 1998 et à l'inscription définitive d'une hypothèque légale des artisans et des entrepreneurs sur le bien-fonds de la défenderesse. Celle-ci a conclu à libération.</div> <div class="paraatf">Une expertise judiciaire a été ordonnée pour déterminer le coût des travaux accomplis par la demanderesse dans le home.</div> <div class="paraatf">Par jugement du 19 septembre 2002, le Tribunal de première instance de Genève a admis la demande à concurrence de 443'160 fr. 60, plus intérêts à 6,5 % l'an dès le 30 septembre 1998, et ordonné l'inscription définitive du gage à concurrence de ce montant.</div> <div class="paraatf">Statuant sur l'appel principal de l'Association et l'appel incident de X. SA, la Cour de justice, par arrêt du 14 novembre 2003, a notamment condamné l'Association à verser à X. SA la somme de 591'372 fr. 15, plus intérêts à 6,5 % l'an dès le 30 septembre 1998, sous déduction des acomptes versés en cours de procédure par la <a name="page600"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 600</div>première à la seconde, soit 149'700 fr. le 11 novembre 1998, 86'131 fr. le 19 juillet 2000 et 247'206 fr. 30 le 12 décembre 2002.</div> <div class="paraatf">Par arrêt du 12 janvier 2005 (affaire 4C.21/2004), le Tribunal fédéral a rejeté le recours en réforme de l'Association et partiellement admis le recours en réforme de X. SA, condamnant l'Association à verser à la demanderesse la somme de 763'446 fr. 05 avec intérêts à 6,5 % l'an dès le 30 septembre 1998, sous déduction des acomptes versés en cours de procédure, à savoir 149'700 fr. le 11 novembre 1998, 86'131 fr. le 19 juillet 2000 et 247'206 fr. 30 le 12 décembre 2002.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp395008"></a><span class="bold">A.b </span>Il a été retenu que X. SA et l'Association se sont entendues pour substituer à l'hypothèque légale inscrite sur l'immeuble de celle- ci une garantie bancaire émise par la Banque Y. SA (ci-après: Y.) pour un montant maximum de 680'000 fr., capital, intérêts, frais accessoires et dépens inclus.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp396672"></a><span class="bold">A.c </span>Les 18 et 27 janvier 2005, X. SA a adressé à l'Association, respectivement à Y., un bordereau de règlement pour le montant total qui, à son sens, lui restait dû à considérer l'arrêt précité de la juridiction fédérale, lequel représentait en capital, intérêts et dépens la somme de 660'181 fr. 20.</div> <div class="paraatf">L'Association, par l'entremise de son conseil, a transmis le 1<sup>er</sup> février 2005 à X. SA et à Y. son propre calcul du montant dû, lequel laissait apparaître un reliquat de 615'308 fr. 42. Le désaccord, par rapport au montant requis par X. SA, portait sur le calcul des intérêts dus à celle-ci en vertu de l'arrêt du Tribunal fédéral du 12 janvier 2005.</div> <div class="paraatf">Le 4 février 2005, l'Association a fait créditer 615'308 fr. 42 sur le compte de X. SA.</div> <div class="paraatf">Il s'en est suivi un abondant échange de courriers, au terme duquel chacun a maintenu sa position.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp405040"></a><span class="bold">A.d </span>Après lui avoir fait notifier une poursuite, X. SA a assigné Y., par demande du 12 mai 2005 déposée devant le Tribunal de première instance, en paiement d'un montant de 35'187 fr. 10 plus intérêts à 6,5 % dès le 10 février 2005, l'opposition de la poursuivie étant définitivement levée. X. SA a fait valoir qu'au 31 janvier 2005, d'après la méthode de calcul qu'elle a décrite, elle restait créancière, en capital et intérêts, de 509'392 fr. 50 et que seul un montant de 474'205 fr. 40 avait été reconnu et acquitté, de sorte qu'un solde de 35'187 fr. 10 devait encore lui être payé. <a name="page601"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 601</div> </div> <div class="paraatf">Y. a requis et obtenu l'appel en cause de l'Association.</div> <div class="paraatf">Y. a conclu au déboutement de X. SA; sur appel en cause, elle a sollicité que l'Association soit tenue de la relever de tout montant qu'elle pourrait être condamnée à verser à X. SA.</div> <div class="paraatf">Par jugement du 14 septembre 2006, le Tribunal de première instance a condamné Y. à payer à X. SA la somme de 526 fr. 68 avec intérêts à 6,5 % dès le 28 février 2005 et prononcé, à hauteur de ce montant en capital et intérêts, la mainlevée définitive de l'opposition formée par ladite banque à la poursuite que lui avait fait notifier la demanderesse; sur appel en cause, il a débouté Y. de toutes ses conclusions à l'égard de l'Association. Le Tribunal s'est fondé sur l'opinion de divers auteurs pour admettre que si les frais et intérêts d'une dette sont contestés, l'imputation du paiement partiel doit se faire sur le capital de la dette. Appliquant cette doctrine au cas concret, il a considéré que le décompte de la somme encore due à X. SA au 31 janvier 2005, en capital et intérêts, était le suivant:</div> <div class="paraatf citation"> <table> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> <i>"Capital</i> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Capital</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 763'466.05</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Acompte du 11.11.98</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">- Frs 149'700.00</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"></div> </td> <td> <div class="paraatf citation">------------------</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Solde capital au 12.11.98</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 613'766.05</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Acompte du 19.07.00</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">- Frs 86'131.00</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"></div> </td> <td> <div class="paraatf citation">------------------</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Solde Capital au 20.07.00</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 527'635.05</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Acompte du 12.12.02</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">- Frs 247'206.30</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"></div> </td> <td> <div class="paraatf citation">------------------</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Solde capital au 13.12.02</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 280'428.75</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation">Solde capital au 31.01.05</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 280'428.75</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> <i> Intérêts</i> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Intérêts à 6,5 % du 30.09.98 au 11.11.98,</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> soit 42 jours, sur Frs 763.466.05</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 5'710.30</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Intérêts à 6,5 % du 12.11.98 au 19.07.00,</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> soit 616 jours, sur Frs 613'766.05</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 67'329.29</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Intérêts à 6,5 % du 20.07.00 au 12.12.02,</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> soit 876 jours, sur Frs 527'635.05</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 82'311.06</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> Intérêts à 6,5 % du 13.12.02 au 31.01.05,</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> soit 780 jours, sur Frs 280'428.75</div> </td> <td> <div class="paraatf citation">Frs 38'952.70</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"></div> </td> <td> <div class="paraatf citation">------------------</div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> <i> Total intérêts au 31.01.05</i> </div> </td> <td> <div class="paraatf citation"> <i>Frs 194'303.35</i> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="paraatf citation"> <table> <tr> <td> <div class="paraatf citation"> <i> Total en capital et intérêts au 31.01.05</i> </div> </td> <td> <div class="paraatf citation"> <i> Frs 474'732.10"</i> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="paraatf">Comme Y. s'était acquittée d'une somme de 474'205 fr. 42, la demanderesse, selon le Tribunal, restait créditrice de 526 fr. 68 (474'732 fr. 10 - 474'205 fr. 42).</div> <div class="paraatf">Dans le cadre de l'appel en cause, le Tribunal a déclaré que Y. n'avait pas prouvé sur quel fondement juridique l'Association <a name="page602"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 602</div>devrait être condamnée à relever ladite banque du montant de 526 fr. 68 dont celle-ci a été reconnue débitrice envers la demanderesse.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp472432"></a><span class="bold">B. </span>Saisie d'un appel de X. SA, la Cour de justice du canton de Genève, par arrêt du 16 mars 2007, a confirmé le jugement précité.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp473744"></a><span class="bold">C. </span>X. SA interjette un recours en matière civile contre l'arrêt précité. Elle reprend ses conclusions de première instance.</div> <div class="paraatf">Le Tribunal fédéral a rejeté le recours.</div> <br/><div> <a name="idp475408"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp476368"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>Dans son arrêt 4C.21/2004 du 12 janvier 2005, le Tribunal fédéral a condamné l'Association à verser à X. SA le montant de 763'446 fr. 05 plus intérêts à 6,5 % l'an dès le 30 septembre 1998. Le présent litige porte sur la manière dont il y a lieu d'imputer sur cette somme les trois acomptes versés par l'Association à la demanderesse les 11 novembre 1998, 19 juillet 2000 et 12 décembre 2002, qui se montent respectivement à 149'700 fr., 86'131 fr. et 247'206 fr. 30.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp478048"></a><span class="bold" id="consideration_4.1">4.1 </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp479088"></a><span class="bold" id="consideration_4.1.1">4.1.1 </span>Il convient tout d'abord de faire porter l'analyse sur le mécanisme du paiement partiel instauré par l'<span class="artref">art. 69 CO</span>, qui est plus complexe qu'il n'y paraît à première vue.</div> <div class="paraatf">L'<span class="artref">art. 69 al. 1 CO</span> dispose que le créancier peut refuser un paiement partiel, lorsque la dette est liquide et exigible pour le tout. En d'autres termes, le créancier a le droit de ne pas accepter une prestation partielle si la dette est certaine quant à son existence et déterminée quant à sa quotité et si, cumulativement, elle peut être réclamée immédiatement au débiteur, sans terme ni condition (FABIENNE HOHL, Commentaire romand, n. 4 ad <span class="artref">art. 69 CO</span> et n. 3 ad <span class="artref">art. 75 CO</span>).</div> <div class="paraatf">Cette disposition, en limitant les droits du débiteur, avantage le créancier, dont l'intérêt économique évident est de recevoir en une fois la totalité des prestations qui lui sont dues, singulièrement pour les dettes d'argent, sans devoir souffrir des paiements partiels (MARIUS SCHRANER, Commentaire zurichois, n. 6 et 30 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; ROLF H. WEBER, Commentaire bernois, n. 5 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; URS LEU, Commentaire bâlois, 4<sup>e </sup> éd., n. 2 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; HUGO OSER/WILHELM SCHÖNENBERGER, Commentaire zurichois, 1929, n. 4 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>). <a name="page603"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 603</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp496960"></a><span class="bold" id="consideration_4.1.2">4.1.2 </span>Le principe de l'<span class="artref">art. 69 al. 1 CO</span>, qui permet au créancier de refuser une prestation partielle, peut être écarté par la convention des parties (cf. SCHRANER, op. cit., n. 22 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; HOHL, op. cit., n. 5 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; WEBER, op. cit., n. 11 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>).</div> <div class="paraatf">Le principe de la bonne foi (<span class="artref">art. 2 CC</span>) peut également commander au créancier de consentir à une prestation partielle, si par exemple celle-ci ne diffère que fort peu de l'exécution totale de l'obligation (<span class="bgeref_err">ATF 75 II 137</span> consid. 4d p. 143; SCHRANER, op. cit., n. 29 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; WEBER, op. cit., n. 45 et 46 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>).</div> <div class="paraatf">En outre, certaines règles légales imposent au créancier d'accepter un paiement partiel: c'est le cas notamment en droit des papiers-valeurs (art. 1029 al. 2 et 1143 al. 1 ch. 8 CO), en matière de cautionnement (cf. art. 504 al. 1, 2<sup>e</sup> phrase, CO), en droit de l'exécution forcée (<span class="artref"><artref id="CH/281.1/143^a" type="start"></artref><artref id="CH/281.1/123" type="start"></artref>art. 123, 143a et 156 LP</span><artref id="CH/281.1/143^a" type="end"></artref><artref id="CH/281.1/156" type="end"></artref>) ainsi qu'en droit des successions (<span class="artref">art. 639 al. 2 CC</span>; cf. sur tous ces points, SCHRANER, op. cit., n. 24 à 27 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; WEBER, op. cit., n. 41 à 44 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; HOHL, op. cit., n. 5 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>).</div> <div class="paraatf">La doctrine professe enfin que l'<span class="artref">art. 69 al. 1 CO</span> impose au créancier de recevoir une prestation partielle si le débiteur admet une partie de la créance et conteste le solde qui lui est réclamé (ANDREAS VON TUHR/ARNOLD ESCHER, Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, vol. II, p. 15 in fine; WEBER, op. cit., n. 32 et 38 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; SCHRANER, op. cit., n. 23 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; LEU, op. cit., n. 3 in fine ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; H. BECKER, Commentaire bernois, 1941, n. 7 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>; OSER/SCHÖNENBERGER, op. cit., n. 3 ad <span class="artref">art. 69 CO</span>).</div> <div class="paraatf">La thèse de ces nombreux auteurs est parfaitement compatible avec la lettre de l'<span class="artref">art. 69 al. 1 CO</span>. Si la dette n'est pas liquide pour le tout, on ne voit en effet pas pourquoi le débiteur devrait être empêché d'honorer sans plus tarder la part de l'obligation qu'il a reconnue devoir en cours de procès.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp537104"></a><span class="bold" id="consideration_4.1.3">4.1.3 </span>En l'espèce, l'Association, dans le cadre de l'instance ouverte devant le Tribunal de première instance le 26 octobre 1998, a tout d'abord conclu au déboutement de la demanderesse, laquelle sollicitait le paiement de la somme de 1'184'995 fr. en capital. Puis, en particulier après avoir pris connaissance des conclusions de l'expertise, elle a admis une partie de la créance que la demanderesse a déduite en justice en lui versant successivement trois acomptes de 149'700 fr., 86'131 fr. et 247'206 fr. 30. <a name="page604"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 604</div> </div> <div class="paraatf">Il a été retenu que la recourante a accepté sans réserve ces paiements partiels, qu'elle n'était d'ailleurs pas en droit de refuser, ainsi qu'on vient de le voir.</div> <div class="paraatf">Reste désormais à examiner quelle partie de la dette totale les différents acomptes versés par l'Association ont éteint. C'est à ce stade qu'entre en jeu l'<span class="artref">art. 85 CO</span>, disposition qui s'articule au système mis en place par l'<span class="artref">art. 69 CO</span>.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp544432"></a><span class="bold" id="consideration_4.2">4.2 </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp545520"></a><span class="bold" id="consideration_4.2.1">4.2.1 </span>A teneur de l'<span class="artref">art. 85 al. 1 CO</span>, le débiteur ne peut imputer un paiement partiel sur le capital qu'en tant qu'il n'est pas en retard pour les intérêts ou les frais. Si le créancier a reçu pour une fraction de la créance des cautionnements, gages ou autres sûretés, le débiteur n'a pas le droit d'imputer un paiement partiel sur la fraction garantie ou mieux garantie de la créance (<span class="artref">art. 85 al. 2 CO</span>).</div> <div class="paraatf">Dès l'instant où le créancier a en principe le droit de refuser une prestation partielle (<span class="artref">art. 69 al. 1 CO</span>; cf. consid. 4.1 ci-dessus), il ne doit pas subir un dommage s'il accepte l'exécution d'une partie de sa créance. C'est là qu'intervient l'<span class="artref">art. 85 CO</span>, qui tend à protéger le créancier pour des motifs d'équité et d'opportunité. Ainsi, le débiteur n'a pas la faculté de choisir sur quelle part de la dette son paiement doit être porté en compte. Le débiteur doit imputer le paiement partiel prioritairement sur les intérêts et les frais (<span class="artref">art. 85 al. 1 CO</span>) et sur la partie qui n'est pas garantie ou qui est moins garantie de la dette (<span class="artref">art. 85 al. 2 CO</span>; cf. à ce propos, LEU, op. cit., n. 1 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; DENIS LOERTSCHER, Commentaire romand, n. 1 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; WEBER, op. cit., n. 6 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>). Ce régime s'applique également si le créancier est contraint d'accepter le paiement partiel, en vertu du contrat, de la loi ou du principe de la bonne foi (cf. consid. 4.1.2 supra; WEBER, op. cit., n. 6 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; THEO GUHL/ALFRED KOLLER, Das Schweizerische Obligationenrecht, 9<sup>e</sup> éd., § 29, ch. 10).</div> <div class="paraatf">L'<span class="artref">art. 85 CO</span> est en harmonie avec l'<span class="artref">art. 89 al. 2 CO</span>, qui prescrit que si le créancier donne quittance pour le capital, il est présumé avoir perçu les intérêts (VON TUHR/ESCHER, op. cit., p. 38 ch. 2; WEBER, op. cit., n. 17 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>).</div> <div class="paraatf">L'<span class="artref">art. 85 CO</span> étant de droit dispositif, les parties peuvent convenir, avant l'exécution de la prestation partielle ou au moment où elle est effectuée, que l'extinction de la dette suivra un ordre différent entre le principal et les accessoires que celui prévu par l'<span class="artref">art. 85 CO</span> <a name="page605"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 605</div>(SCHRANER, op. cit., n. 9 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; WEBER, op. cit., n. 15 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; LEU, op. cit., n. 1 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; LOERTSCHER, op. cit., n. 3 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>). Ainsi en va-t-il par exemple lors de la conclusion d'un contrat d'ouverture de crédit en compte courant (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2007&amp;to_year=2007&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F129-III-118%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page118">ATF 129 III 118</a> consid. 2.3) ou, dans certaines circonstances, en présence d'une déclaration d'acceptation sans réserve du capital (<span class="artref">art. 114 al. 2 CO</span>).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp587376"></a><span class="bold" id="consideration_4.2.2">4.2.2 </span>L'imputation prioritaire sur les intérêts et les frais présuppose, selon la lettre de l'<span class="artref">art. 85 al. 1 CO</span>, que le débiteur soit en retard dans le paiement desdits accessoires. Il faut en déduire, par un raisonnement a contrario, que la créance d'intérêts et de frais en question doit être à la fois exigible et reconnue par le débiteur (SCHRANER, op. cit., n. 16 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; BECKER, op. cit., n. 4 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>).</div> <div class="paraatf">En revanche, si les frais et intérêts de la créance principale sont contestés par le débiteur, sans qu'il y ait abus de droit de sa part, la doctrine unanime estime que l'imputation du paiement partiel de ce dernier doit se faire sur le capital qu'il reconnaît, car l'<span class="artref">art. 69 al. 2 CO</span> - qui dispose que si le créancier accepte un paiement partiel, le débiteur ne peut refuser d'acquitter la partie reconnue de la dette - vaut alors comme une norme spéciale qui a le pas sur l'<span class="artref">art. 85 al. 1 CO</span> (WEBER, op. cit., n. 20 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; SCHRANER, op. cit., n. 16 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; LOERTSCHER, op. cit., n. 4 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; LEU, op. cit., n. 3 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; BECKER, op. cit., n. 4 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>; OSER/ SCHÖNENBERGER, op. cit., n. 6 ad <span class="artref">art. 85 CO</span>). Autrement dit, dans un tel cas de figure, le créancier a l'obligation d'accepter la prestation partielle du débiteur et de l'imputer sur le principal de la dette.</div> <div class="paraatf">L'opinion de ces auteurs est tout à fait convaincante. De fait, dans la mesure où le débiteur, tout en n'acceptant pas la créance d'intérêts et de frais qui lui est réclamée, consent à s'acquitter d'une partie de la dette principale pour laquelle il est recherché, il ne saurait être question d'affecter son paiement partiel à des accessoires, dont, au moment où il s'exécute, il ignore s'ils sont dus et, le cas échéant, pour quel montant. Ce n'est effectivement qu'à l'entrée en force du jugement ayant statué sur la prétention du créancier que les accessoires pourront être calculés.</div> <div class="paraatf">Il se justifie néanmoins de faire une réserve pour le cas où le paiement partiel est égal ou inférieur aux intérêts qui ont couru jusque- là sur la partie reconnue de la dette.</div> <div class="paraatf"> <a name="page606"></a><div class="center pagebreak">BGE 133 III 598 S. 606</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp611872"></a><span class="bold" id="consideration_4.2.3">4.2.3 </span>Ces considérations juridiques amènent le Tribunal fédéral à retenir la solution suivante.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp613152"></a><span class="bold" id="consideration_4.2.3.1">4.2.3.1 </span>Il résulte de l'état de fait déterminant (<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span> [RS 173.110]) que l'Association n'a jamais admis en procédure la créance d'intérêts qu'a fait valoir la demanderesse en justice le 26 octobre 1998, qui portait sur le capital de 1'184'995 fr. au taux de 6,5 % l'an à compter du 30 septembre 1998. Le premier paiement partiel de 149'700 fr. est intervenu le 11 novembre 1998, soit seulement 16 jours après le dépôt de la demande. Il est ainsi incontestable qu'il dépassait largement l'intérêt qui avait couru sur la somme reconnue dans ce très court laps de temps.</div> <div class="paraatf">Quant au deuxième versement partiel de 86'131 fr., il a été effectué le 19 juillet 2000, soit moins de deux ans après l'ouverture d'action. L'intérêt annuel (au taux conventionnel de 6,5 %) sur la somme alors reconnue, laquelle correspondait à l'addition des deux paiements partiels, à savoir 235'831 fr. (149'700 fr. + 86'131 fr.), était de 15'329 fr., si bien qu'il était largement couvert pour la période entrant en ligne de compte.</div> <div class="paraatf">S'agissant du troisième versement de 247'206 fr. 30, il a été opéré le 12 décembre 2002, un peu plus de quatre ans après le dépôt de l'action. Comme l'intérêt annuel (à 6,5 %) sur la somme dont l'Association s'est reconnue débitrice, soit 483'037 fr. 30 (235'831 fr. + 247'206 fr. 30), se montait à 31'397 fr. 40, la totalité de la créance d'intérêts afférente à la somme admise - laquelle a couru pendant environ quatre ans et deux mois - était également couverte.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp618736"></a><span class="bold" id="consideration_4.2.3.2">4.2.3.2 </span>L'Association n'a aucunement abusé de son droit en contestant devoir les intérêts qui lui étaient réclamés, puisque la recourante n'a obtenu en fin de compte que 763'446 fr. 05 sur sa demande de 1'184'995 fr., ce qui représente un peu plus de 64 % de ses prétentions.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp620368"></a><span class="bold" id="consideration_4.2.3.3">4.2.3.3 </span>Il suit de là que c'est bien sur le capital de la dette que les trois paiements partiels de l'Association devaient être portés en compte, comme l'a admis l'autorité cantonale, qui a confirmé le calcul détaillé des premiers juges décrit dans la partie faits du présent arrêt sous let. A.d.</div> </div></body></html>