<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">[AZA 0/2] </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1P.546/2001 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ie COUR DE DROIT PUBLIC </div> <div class="para">********************************************** </div> <div class="para"> </div> <div class="para">5 novembre 2001 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition de la cour: MM. les Juges Aemisegger, Président, </div> <div class="para">Vice-président du Tribunal fédéral, Favre et Mme la Juge suppléante Pont Veuthey. Greffier : M. Parmelin. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">__________ </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Statuant sur le recours de droit public </div> <div class="para">formé par </div> <div class="para">X.________ , représentée par Me Olivier Couchepin, avocat à Martigny, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para">l'arrêt rendu le 16 juillet 2001 par le Tribunal d'accusation du Tribunal cantonal du canton de Vaud, dans la cause qui oppose la recourante au Juge d'instruction de l'arrondissementde l'Est vaudois; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">(procédure pénale; présence de l'avocat lors de </div> <div class="para">l'interrogatoire du prévenu) </div> <div class="para">Vu les pièces du dossier d'où ressortent </div> <div class="para">les faits suivants: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A.- X.________ fait l'objet d'une enquête pénale pour vol et gestion déloyale, ouverte le 23 mars 2001 par le Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois (ciaprès: </div> <div class="para">le juge d'instruction). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le 18 juin 2001, ce dernier l'a convoquée pour être entendue comme prévenue le 17 juillet 2001. Le 22 juin 2001, le défenseur d'office de X.________ a sollicité du juge d'instruction l'autorisation d'assister à tous les interrogatoires de sa cliente et le renvoi de la séance d'audition à une date ultérieure. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le 28 juin 2001, le juge d'instruction a refusé de donner suite à cette requête et maintenu l'interrogatoire de la prévenue prévu pour le 17 juillet 2001. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Statuant par arrêt du 16 juillet 2001, le Tribunal d'accusation du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ciaprès: </div> <div class="para">le Tribunal d'accusation) a rejeté le recours, traité comme une réclamation, formé par X.________ contre cette décision, qu'il a jugée conforme aux dispositions du Code de procédure pénale vaudois et à la garantie d'un procès équitable consacrée à l'art. 6 <span class="artref">§ 1 CEDH</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.- Agissant par la voie du recours de droit public, X.________ demande au Tribunal fédéral d'annuler cet arrêt. </div> <div class="para">Invoquant les <span class="artref"><artref id="CH/101/29/1" type="start"></artref>art. 9, 29 al. 1 Cst.</span><artref id="CH/101/9" type="end"></artref> et 6 <span class="artref"><artref id="CH/0.101/1" type="start"></artref>§ 1 et 3 CEDH</span><artref id="CH/0.101/3" type="end"></artref>, elle se plaint d'une application arbitraire du droit cantonal de procédure et d'une violation de ses droits à l'assistance d'un défenseur et à un procès équitable. </div> <div class="para">Le Tribunal d'accusation se réfère aux considérants de son arrêt. Le juge d'instruction n'a pas présenté d'observations. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Considérant en droit : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1.- Le Tribunal fédéral examine d'office et avec une cognition libre la recevabilité des recours de droit public qui lui sont soumis (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-I-92%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page92">ATF 127 I 92</a> consid. 1 p. 93; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-II-198%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page198">127 II 198</a> consid. 2 p. 201 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">a) Selon l'<span class="artref">art. 87 OJ</span>, le recours de droit public est recevable contre les décisions préjudicielles et incidentes sur la compétence et sur les demandes de récusation, prises séparément. Ces décisions ne peuvent être attaquées ultérieurement (al. 1). Le recours de droit public est recevable contre d'autres décisions préjudicielles et incidentes prises séparément s'il peut en résulter un préjudice irréparable (al. 2). Lorsque le recours de droit public n'est pas recevable en vertu de l'alinéa 2 ou qu'il n'a pas été utilisé, les décisions préjudicielles et incidentes peuvent être attaquées avec la décision finale (al. 3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le refus d'autoriser le conseil d'office de la recourante à assister aux actes de l'instruction et, plus particulièrement, aux auditions de sa cliente, ou ne met pas un terme à la procédure pénale et revêt un caractère incident (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F123-I-325%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page325">ATF 123 I 325</a> consid. 3b p. 327); la question de savoir si une telle décision est susceptible de lui causer un préjudice irréparable peut demeurer ouverte, car il existe un risque que la procédure doive être reprise depuis le début si l'autorité de jugement devait finalement admettre que les actes de l'instruction étaient nuls parce que le conseil de la recourante n'avait pas pu y assister. L'économie de la procédure commande, en pareil cas, de faire abstraction de l'exigence d'un dommage irréparable et d'entrer en matière sur le recours (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-I-92%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page92">ATF 127 I 92</a> consid. 1d p. 95). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">b) Les autres conditions de recevabilité du recours de droit public sont au surplus réunies, de sorte qu'il convient d'entrer en matière sur le fond. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2.- La recourante prétend que le refus du Tribunal d'accusation d'autoriser son conseil à assister à son audition prévue pour le 17 juillet 2001 et, plus généralement, aux actes de l'instruction, ou relèverait d'une application arbitraire du droit cantonal de procédure et violerait ses droits à l'assistance d'un défenseur et à un procès équitable garantis aux <span class="artref">art. 29 al. 1 Cst.</span> et 6 <span class="artref">§ 3 CEDH</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">a) Le principe, l'étendue et les limites du droit d'un accusé ou d'un prévenu à l'assistance d'un défenseur, au besoin commis d'office, sont déterminés en premier lieu par les prescriptions du droit cantonal de procédure, dont le Tribunal fédéral ne contrôle l'application et l'interprétation que sous l'angle restreint de l'arbitraire; dans tous les cas cependant, l'autorité cantonale doit respecter les garanties minimales déduites directement de l'<span class="artref">art. 32 al. 2 Cst.</span> , dont le Tribunal fédéral examine librement le respect (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-I-165%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page165">ATF 126 I 165</a> consid. 3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F119-IA-260%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page260">119 Ia 260</a> consid. 6a p. 261; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F111-IA-81%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page81">111 Ia 81</a> consid. 2a p. 82; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F105-IA-296%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page296">105 Ia 296</a> consid. 1b p. 299; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F104-IA-17%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page17">104 Ia 17</a> consid. 2 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Code de procédure pénale vaudois (CPP vaud.) n'accorde pas aux parties et à leurs défenseurs un droit inconditionnel d'assister aux opérations d'instruction ordonnées par le juge, mais uniquement dans les cas prévus par la loi (<span class="artref"><artref id="CH/312.0/44" type="start"></artref>art. 44 et 100 CPP</span><artref id="CH/312.0/100" type="end"></artref> vaud. ; voir notamment, <span class="artref">art. 208 CPP</span> vaud. ; cf. Bulletin du Grand Conseil du canton de Vaud, automne 1989, p. 71/72). L'<span class="artref">art. 191 al. 2 CPP</span> vaud. ne confère en particulier aux avocats des parties le droit d'assister aux auditions qu'en cas de conciliation, ou lorsque l'infraction est poursuivie sur plainte seulement (<span class="artref"><artref id="CH/312.0/146/2" type="start"></artref><artref id="CH/312.0/146/1" type="start"></artref>art. 146 al. 1 et 2 CPP</span><artref id="CH/312.0/146/2" type="end"></artref><artref id="CH/312.0/2" type="end"></artref> vaud.), ou lorsque le juge donne suite à une réquisition en ce sens dans le délai d'avis de prochaine clôture (<span class="artref">art. 191a CPP</span> vaud.). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La recourante prétend que le refus d'autoriser son conseil à assister à son audition prévue pour le 17 juillet 2001 violerait les <span class="artref"><artref id="CH/312.0/146/2" type="start"></artref>art. 100 et 146 al. 2 CPP</span><artref id="CH/312.0/100" type="end"></artref> vaud. Le juge d'instruction n'a toutefois pas convoqué la jeune femme pour tenter une éventuelle conciliation, qui aurait nécessité la présence du plaignant, mais pour être entendue comme prévenue sur les faits qui lui étaient reprochés, comme l'a relevé le Tribunal d'accusation dans une motivation qui peut être tenue pour suffisante au regard des exigences déduites de l'<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span> (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-I-97%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page97">ATF 126 I 97</a> consid. 2b p. 102/103). Le vol et la gestion déloyale sont au demeurant des infractions poursuivies d'office, de sorte que le juge d'instruction n'avait aucune obligation de tenter la conciliation. Dans ces conditions, la présence du conseil de la recourante aux côtés de celle-ci lors de son audition ne se justifiait pas en application de l'<span class="artref">art. 146 al. 2 CPP</span> vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">b) Il reste ainsi uniquement à examiner si les règles de la procédure cantonale, ne reconnaissant au conseil de la prévenue que dans une mesure limitée la possibilité d'assister aux interrogatoires de sa cliente et de participer aux actes de l'instruction, violent les droits de l'accusé à l'assistance d'un défenseur et à un procès équitable garantis par l'art. 6 <span class="artref"><artref id="CH/0.101/1" type="start"></artref>§ 1 et 3 CEDH</span><artref id="CH/0.101/3" type="end"></artref>, comme le soutient la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La phase de l'instruction est en principe exclue du champ d'application de l'art. 6 <span class="artref">§ 1 CEDH</span>. Cependant, la Cour européenne des droits de l'homme a précisé que les exigences de l'<span class="artref">art. 6 CEDH</span> devaient néanmoins être respectées dans la mesure où leur inobservation initiale risquait de compromettre gravement le caractère équitable du procès (cf. arrêts de la CourEDH dans les causes Magee c. Royaume-Uni du 6 juin 2000, § 41, et Imbrioscia c. Suisse du 24 novembre 1993, série A n° 275, § 36). Cela ne signifie pas encore que le prévenu puisse se prévaloir d'un droit à être assisté de son conseil lors de chaque audition durant la phase d'instruction. </div> <div class="para">Le respect du contradictoire, comme celui des autres garanties de procédure consacrées par l'art. 6 <span class="artref">§ 1 CEDH</span>, vise en effet l'instance devant un "tribunal"; il ne peut donc être déduit de cette disposition un principe général et abstrait selon lequel, lorsqu'un expert a été désigné par un tribunal, les parties doivent avoir dans tous les cas la faculté d'assister aux entretiens conduits par celui-ci ou de recevoir communication des pièces qu'il a prises en compte. </div> <div class="para">L'essentiel est que les parties puissent participer de manière adéquate à la procédure devant le "tribunal" (cf. arrêt de la CourEDH du 18 mars 1997 dans la cause Mantovanellic. France, <span class="cedhref">Recueil des arrêts et décisions 1997-II p. 424</span> ss, § 33 in fine). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">De même, l'art. 6 <span class="artref">§ 3 let</span>. d CEDH ne confère pas à l'accusé le droit d'être confronté aux témoins à charge au stade de l'instruction; il suffit qu'il ait l'occasion de le faire au moins une fois au cours de la procédure (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-I-127%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page127">ATF 125 I 127</a> consid. 6b p. 132/133 et 6c/ee p. 136; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-I-306%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page306">121 I 306</a> consid. 1b p. 308 et les références citées). Une exception est faite à ce principe dans le cas où le témoin ne pourra pas être réentendu par la suite. Cette exception vaut d'ailleurs pour tous les actes d'instruction qui ne seront pas ou qui ne pourront vraisemblablement pas être répétés aux débats (cf. </div> <div class="para">Gérard Piquerez, Précis de procédure pénale suisse, Zurich 2000, n. 1946, p. 371; cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F98-IB-282%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page282">ATF 98 Ib 282</a> consid. 4 p. 287), ce qui n'est manifestement pas le cas de l'audition de la recourante prévue pour le 17 juillet 2001. Cette dernière se réfère en vain à l'arrêt rendu le 8 février 1996 par la Cour européenne des droits de l'homme dans la cause Murrayc. Royaume-Uni (<span class="cedhref">Recueil des arrêts et décisions 1996-I p. 30</span> ss). Dans cet arrêt, la cour s'est bornée à sanctionner, sous l'angle de l'art. 6 <span class="artref"><artref id="CH/784.11/1" type="start"></artref>§ 1 et 3 let</span><artref id="CH/784.11/3" type="end"></artref>. c CEDH, le refus opposé au requérant d'accéder à un avocat pendant les quarante-huit premières heures de sa garde à vue (cf. arrêt précité, § 66; voir <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-I-153%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page153">ATF 126 I 153</a>). Elle n'a en revanche pas examiné la question de savoir si le droit de l'accusé à être assisté d'un avocat dès les premiers stades de l'interrogatoire de police devait également comprendre la présence de celui-ci lors des interrogatoires (cf. arrêt précité, § 69). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le droit constitutionnel fédéral n'impose pas plus l'instruction contradictoire, même si la majorité des cantons connaissent cette solution, souhaitée par une large frange de la doctrine (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F106-IV-85%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page85">ATF 106 IV 85</a>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F104-IA-17%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page17">104 Ia 17</a> consid. 2 p. 18; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F103-IA-37%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page37">103 Ia 37</a> consid. 5b p. 38; cf. pour un aperçu des divers systèmes cantonaux, Piquerez, op. cit. n. 1946, p. 371). La nouvelle constitution ne consacre pas davantage un tel droit; en particulier, le droit d'être entendu inscrit à l'<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span> ne confère pas au prévenu le droit de participer à une procédure dans des conditions qui ne sont pas prévues par le droit cantonal de procédure (cf. arrêt du Tribunal fédéral du 7 septembre 2000 paru à la SJ 2001 I 81 consid. 4 in fine p. 86; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F119-IA-260%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page260">ATF 119 Ia 260</a> consid. 6c p. 262; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F103-IA-37%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page37">103 Ia 37</a> consid. 5b p. 38). Le Tribunal fédéral a certes relevé les avantages que peuvent procurer la présence et l'assistance d'un avocat au cours de l'instruction, ou lors de l'audition de son client (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F104-IA-17%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page17">ATF 104 Ia 17</a> consid. 4 p. 20); dans un arrêt récent, il s'est demandé s'il ne convenait pas de revoir sa jurisprudence au regard de la recommandation du Comité institué selon la Convention européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants invitant les autorités suisses à consacrer expressément, dans les meilleurs délais, le droit pour les personnes arrêtées par la police d'avoir accès à un avocat dès le début de la garde à vue, de recevoir la visite de l'avocat et d'être assuré de la présence de celui-ci lors des interrogatoires. Le Tribunal fédéral a toutefois estimé qu'il devait faire preuve d'une certaine réserve dans la mesure où cette question devait être débattue à l'occasion des travaux législatifs actuellement en cours tendant à l'unification de la procédure pénale en Suisse (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-I-153%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page153">ATF 126 I 153</a> consid. 4f p. 162/163); il doit en aller de même ici, pour les mêmes raisons que celles évoquées dans cet arrêt. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">c) La recourante ne peut ainsi se prévaloir d'un droit inconditionnel et illimité à ce que son conseil assiste à ses interrogatoires ou, de manière générale, aux actes de l'instruction. Il n'y a dès lors pas lieu d'examiner si le Tribunal d'accusation aurait dû traiter le grief tiré de la prétendue violation d'un tel droit dans le cadre non pas d'une réclamation, mais d'un recours fondé sur l'<span class="artref">art. 294 al. 1 CPP</span> vaud. Pour le surplus, la question de savoir si un éventuel refus d'autoriser le conseil de la recourante à participer aux actes d'instruction ultérieurs pourrait, dans certains cas, aboutir à une violation de l'art. 6 <span class="artref">§ 1 CEDH</span>, ou excède le cadre du présent recours et devra être tranchée lorsqu'elle se présentera concrètement, par les voies de droit ouvertes en pareil cas. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3.- Le recours doit par conséquent être rejeté dans la mesure où il est recevable, aux frais de la recourante qui succombe (<span class="artref">art. 156 al. 1 OJ</span>). Il n'y a pas lieu à l'octroi de dépens (<span class="artref">art. 159 al. 2 OJ</span>). </div> <div class="para">Par ces motifs, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">le Tribunal fédéral : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. Rejette le recours dans la mesure où il est recevable; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2. Met à la charge de la recourante un émolument judiciaire de 2'000 fr.; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3. Communique le présent arrêt en copie au mandataire de la recourante, au Juge d'instruction de l'arrondissement de l'Est vaudois et au Tribunal d'accusation du canton de Vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">______________ </div> <div class="para">Lausanne, le 5 novembre 2001 PMN/vlc </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ie Cour de droit public </div> <div class="para">du TRIBUNAL FEDERAL SUISSE: </div> <div class="para">Le Président, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier, </div> <div class="para">Il importe enfin peu que la majorité des cantons prévoient un tel système ou que la doctrine l'appelle de ses voeux (cf. </div> <div class="para">Niklaus Schmid, Strafprozessrecht, Zurich 1989, n. 494, <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F106-IV-85%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page85">ATF 106 IV 85</a> consid. 3d p. 91 et l'arrêt cité). solution prévue à Zurich (<span class="artref">art. 6 Cst.</span> zurichoise; cf. ZBl 1998 p. 340; ZR 2001, n. 5 p. 15; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F113-IA-214%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page214">ATF 113 Ia 214</a>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F104-IA-17%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page17">104 Ia 17</a>; voir aussi l'<span class="artref">art. 39 al. 3 DPA</span>, s'agissant de la procédure administrative fédérale). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il convient donc d'en rester à la solution fixée dans l'arrêt et d'examiner dans chaque cas si la présence du conseil de la recourante. Tel n'est pas le cas de son audition. Pour le surplus, il n'y a pas lieu d'examiner pour d'autres actes d'instruction à venir si elle peut se prévaloir d'un tel droit. </div> <div class="para">L'art. 6 <span class="artref">§ 3 let</span>. c CEDH confère à l'accusé le droit de bénéficier de l'assistance d'un avocat dès les premiers stades des interrogatoires de police. Ce droit peut toutefois être restreint pour des motifs valables (arrêt de la CourEDH; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-I-153%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page153">ATF 126 I 153</a> consid. 4f p. 162). En l'occurrence, la recourante n'a pas été arrêtée et n'est pas incarcérée. En outre, la recommandation va au-delà des garanties offertes par l'art. 6 <span class="artref">§ 3 CEDH</span> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A cet égard, l'affirmation du Tribunal d'accusation suivant laquelle l'art. 6 <span class="artref">§ 1 CEDH</span> ne s'applique qu'au stade du procès doit être nuancée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Les art. 6 <span class="artref">§ 3 let</span>. c CEDH et 29 al. 1 Cst. garantissent à tout accusé le droit de se faire représenter et assister en justice (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F120-IA-247%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page247">ATF 120 Ia 247</a> consid. 4a p. 250; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=12&amp;from_date=23.10.2001&amp;to_date=11.11.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-IA-295%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page295">116 Ia 295</a> consid. 6). Ce droit a toutefois été respecté puisque la recourante s'est vue octroyer un défenseur d'office. Seul est donc litigieux le droit pour ce dernier d'assister aux auditions de sa cliente durant la phase d'instruction et, de manière générale, à l'ensemble des actes de l'instruction. </div> <div class="para">L'<span class="artref">art. 7 al. 1 LAVI</span> permet à la victime d'une infraction contre l'intégrité corporelle, sexuelle ou psychique de se faire accompagner d'une personne de confiance lorsqu'elle est interrogée en tant que témoin ou personne appelée à fournir des renseignements et ceci à toutes les phases de l'enquête de police, de l'instruction et des débats. L'accompagnant de la victime peut être un avocat, mais il ne doit exercer aucune influence sur le contenu matériel des déclarations de celle-ci (Message du Conseil fédéral du 25 avril 1990 concernant la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions et l'arrêté fédéral portant approbation de la Convention européenne relative au dédommagement des victimes d'infractions violentes, FF 1990 II 932). </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>