<h2>SubmittedText<h2><p>Je charge le Conseil fédéral, en prévision du crédit d'engagement en faveur de l'agriculture pour les années 2004-2007, de prévoir une nouvelle mesure pour désendetter l'agriculture suisse. Cette mesure, conçue comme une mesure supplémentaire d'amélioration structurelle, s'insérera à l'article 106 de la loi sur l'agriculture. Grâce à l'octroi de prêts sans intérêt pour désendetter l'agriculture, des exploitations viables, gérées de façon professionnelle, doivent pouvoir diminuer leur surendettement de manière à ce que la charge que représentent les fonds de tiers demeure acceptable, même en cas de mesures de libéralisation. Ces prêts sans intérêt seront assortis d'un délai de remboursement de dix à quinze ans au maximum. Leur montant ne sera pas calculé d'après l'endettement effectif, mais d'après la valeur de rendement de l'exploitation.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Conformément à une étude effectuée par l'Université de Fribourg (R. De Rosa, 1999 ; "La réorientation de la politique agricole suisse : analyse financière et endettement"), il convient de relativiser l'importance que revêt l'endettement de l'agriculture suisse en rapport avec son manque de compétitivité. Selon l'étude précitée, 60 % des exploitations peuvent actuellement être considérées comme financièrement saines. Pour les autres 40 %, l'endettement ne constitue qu'une partie du problème, dans la mesure où leur situation critique ne résulte pas en premier lieu de la charge de la dette, mais de la rentabilité insuffisante de leurs investissements. En comparaison avec l'UE, la part moyenne des intérêts aux charges totales est pratiquement égale, malgré l'endettement plus élevé de l'agriculture suisse. </p><p>Selon le dépouillement centralisé des données comptables de la FAT, le service de la dette représente 3,6 % des frais de production en moyenne des exploitations de référence. Il ressort de ces remarques qu'à l'heure actuelle, l'endettement n'est, globalement, pas un problème central pour l'agriculture de notre pays.</p><p>Dans le cadre du développement de la politique agricole, la Commission consultative agricole a chargé un groupe de travail d'examiner, entre autres, des mesures sociostructurelles. Ce groupe propose, dans son rapport intermédiaire de mars 2001, d'utiliser l'instrument existant de l'aide aux exploitations pour permettre des conversions volontaires de dettes. La commission approuve cette proposition, mais s'oppose à un désendettement général et estime que la base légale actuelle suffit pour parer ou remédier aux difficultés financières d'exploitations porteuses d'avenir. L'aide aux exploitations peut, par exemple, être accordée à des entreprises qui sont confrontées à des difficultés financières résultant de l'évolution du contexte économique et des conditions-cadres de la politique agricole. </p><p>Il est prévu d'adapter l'ordonnance sur l'aide aux exploitations (RS 914.11) de telle manière que la reconversion volontaire de dettes porte ses fruits à long terme sans que la liberté d'entreprendre de l'agriculteur soit indûment restreinte. </p><p>La solution consistant à appliquer l'instrument de l'aide aux exploitations présente plusieurs avantages par rapport à ce que propose la motion :</p><p>- il est déjà possible de convertir des dettes au moyen de cette aide ;</p><p>- il n'est pas nécessaire de créer un nouveau fonds de roulement (financement et gestion par le biais de l'aide aux exploitations existante);</p><p>- les fonds disponibles devraient suffire en 2002 et 2003, à moins que les taux hypothécaires montent en flèche.</p>  Le Conseil fédéral propose de transformer la motion en postulat.