<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2024-10-21-6B_127-2024.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6B_127/2024</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 21 octobre 2024</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit pénal</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux </div> <div class="para">Denys, Juge présidant, </div> <div class="para">Muschietti et van de Graaf. </div> <div class="para">Greffière : Mme Brun. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représenté par Me Roxane Sheybani, avocate, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public de la République et canton de Genève, </div> <div class="para">route de Chancy 6B, 1213 Petit-Lancy, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Opposition à une ordonnance pénale, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre pénale de recours, du 8 janvier 2024 (ACPR/2/2024 P/18078/2023). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> Par ordonnance pénale du 18 août 2023 (P/18078/2023), le Ministère public de la République et canton de Genève a reconnu A.________ coupable de recel (<span class="artref">art. 160 ch. 1 al. 1 CP</span>), d'infraction à l'art. 115 al. 1 let. b de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20) et de vols d'importance mineure (<span class="artref">art. 139 ch. 1 CP</span> <i>cum</i> 172 t <sup>er</sup> CP). L'ordonnance lui a été notifiée en mains propres au Vieil Hôtel de police le jour même. </div> <div class="para">Par lettre du 11 octobre 2023, A.________ a formé opposition à une ordonnance pénale rendue le 4 octobre 2023 dans le cadre d'une autre procédure (P/21331/2023). </div> <div class="para">Lors de l'audience sur opposition du 19 octobre 2023 (P/21331/2023), A.________ a formé opposition aux ordonnances pénales rendues les 4 août 2023 (P/16827/2023) et 18 août 2023 (P/18078/2023). </div> <div class="para">Par ordonnance sur opposition tardive du 31 octobre 2023, le ministère public a conclu à l'irrecevabilité de l'opposition à l'ordonnance pénale du 18 août 2023, pour cause de tardiveté et transmis la procédure au Tribunal de police genevois. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> Par ordonnance du 28 novembre 2023, le tribunal de police a jugé que l'opposition, dont le délai d'opposition arrivait à échéance le 28 août 2023, formée le 19 octobre 2023, était tardive. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Par arrêt du 8 janvier 2024, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise a rejeté le recours de A.________. Elle a retenu en substance que la notification de l'ordonnance pénale du 18 août 2023 était valable et que son opposition du 19 octobre 2023 était tardive. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">A.________ forme un recours en matière pénale au Tribunal fédéral contre l'arrêt du 8 janvier 2024. Il conclut, avec suite de frais et dépens, principalement à ce que son opposition du 19 octobre 2023 soit déclarée recevable. Subsidiairement, il conclut au renvoi de la cause à la cour cantonale pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il sollicite en outre l'octroi de l'assistance judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recourant se plaint d'une appréciation des preuves et d'un établissement arbitraire des faits, dans la mesure où le dispositif et les voies de droit ne lui auraient pas été traduites dans une langue qu'il comprend. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Le Tribunal fédéral n'est pas une autorité d'appel, auprès de laquelle les faits pourraient être rediscutés librement. Il est lié par les constatations de fait de la décision entreprise (<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>), à moins qu'elles n'aient été établies en violation du droit ou de manière manifestement inexacte au sens des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, à savoir, pour l'essentiel, de façon arbitraire au sens de l'<span class="artref">art. 9 Cst.</span> Une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais aussi dans son résultat (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=02.10.2024&amp;to_date=21.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F148-IV-409%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page409">ATF 148 IV 409</a> consid. 2.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=02.10.2024&amp;to_date=21.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F146-IV-88%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page88">146 IV 88</a> consid. 1.3.1; sur la notion d'arbitraire, voir <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=02.10.2024&amp;to_date=21.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F147-IV-73%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page73">ATF 147 IV 73</a> consid. 4.1.2 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral n'entre en matière sur les moyens fondés sur la violation de droits fondamentaux, dont l'interdiction de l'arbitraire, que s'ils ont été invoqués et motivés de manière précise (<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span>). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=02.10.2024&amp;to_date=21.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F148-IV-409%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page409">ATF 148 IV 409</a> consid. 2.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=02.10.2024&amp;to_date=21.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F147-IV-73%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page73">147 IV 73</a> consid. 4.1.2 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> </div> <div class="para">La cour cantonale a confirmé que le recourant ne parlait que l'arabe et que c'était dans cette langue qu'il avait été entendu par la police en présence d'un interprète le 17 août 2023. Elle a indiqué que, conformément à la mention figurant en page 5 de l'ordonnance pénale du 18 août 2023, celle-ci a été traduite en langue arabe par un interprète et notifiée en mains propres. S'agissant du bon à payer figurant au dossier qui mentionnait que l'interprète qui avait officié était désigné comme un interprète en langue espagnole, la cour cantonale a précisé que celui-ci ne saurait constituer un quelconque indice en faveur de la thèse du recourant, l'interprète en question pouvant parler plusieurs langues. À cet égard, la cour a relevé que le recourant n'avait jamais affirmé que l'interprète serait intervenu à ses côtés en espagnol. </div> <div class="para">Le raisonnement de la cour cantonale ne prête pas flanc à la critique lorsqu'elle considère que le recourant, qui a bénéficié d'une traduction en langue arabe effectuée par l'interprète B.________ (cf. ordonnance pénale du 18 août 2023, p. 5), disposait de tous les éléments permettant de comprendre la portée de ladite ordonnance et était informé de la possibilité de s'y opposer par simple déclaration de volonté à l'autorité dans un délai de dix jours. </div> <div class="para">Par son argumentation, le recourant oppose sa propre appréciation des faits et moyens de preuve à celle de la cour cantonale dans une démarche purement appellatoire et, partant, irrecevable. C'est notamment le cas lorsqu'il affirme ne pas avoir été informé de manière claire et exacte dans une langue qu'il comprend du droit de contester dans les dix jours l'ordonnance pénale précitée. Il ne formule aucun grief recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recourant se plaint d'une violation de l'<span class="artref">art. 6 CEDH</span> et d'une violation des règles procédurales, en particulier les art. 68 al. 2 et 353 al. 1 let. i CPP, dans le cadre de la validité de la notification de l'ordonnance pénale du 18 août 2023. Il y voit un motif de restitution du délai d'opposition. </div> <div class="para">L'examen de tels griefs présuppose que le recourant parvienne en premier lieu à démontrer l'arbitraire dans les faits retenus par la cour cantonale qui a, pour sa part, estimé que le recourant avait parfaitement compris la teneur de l'ordonnance pénale qui lui avait été notifiée le 18 août 2023, y compris s'agissant des voies de droit à sa disposition (cf. arrêt attaqué, p. 6). Le recourant a toutefois échoué à effectuer pareille démonstration (cf. <i>supra</i> consid. 1.2). </div> <div class="para">On relèvera encore que l'ensemble de la procédure (auditions, formulaire sur la situation personnelle, formulaire des droits, etc.) a toujours été traduite en arabe et, qu'avant d'être représenté, cela n'a suscité aucune critique de la part du recourant qui a signé tous les documents traduits en toute connaissance de cause. Dans ces circonstances, il ne paraît pas arbitraire de retenir que le recourant avait sciemment renoncé à former opposition dans le délai de dix jours et que ce n'est qu'en présence de son avocate, lors de l'audience du 19 octobre 2023, qu'il a changé d'opinion. </div> <div class="para">Au vu de ce qui précède, cela rend sans objet le grief relatif à la prétendue discrimination raciale dont il aurait été victime en raison de la langue. </div> <div class="para">La cour cantonale n'a donc pas violé le droit fédéral, en particulier les <span class="artref"><artref id="CH/312.0/68" type="start"></artref>art. 68 et 353 CPP</span><artref id="CH/312.0/353" type="end"></artref>, en jugeant que l'opposition, formée le 19 octobre 2023, était tardive et par conséquent irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Il s'ensuit que le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. Comme il était dénué de chances de succès, la demande d'assistance judiciaire doit être rejetée (<span class="artref">art. 64 al. 1 LTF</span>) et le recourant, qui succombe, supportera les frais judiciaires (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>), dont le montant sera toutefois fixé en tenant compte de sa situation financière qui n'apparaît pas favorable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">La demande d'assistance judiciaire est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 1'200 fr., sont mis à la charge du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre pénale de recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 21 octobre 2024 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit pénal </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Juge présidant : Denys </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Brun </div> </div></body></html>