<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2023-01-23-1B_20-2023.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1B_20/2023</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 23 janvier 2023</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit public</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">M. le Juge fédéral Müller, Juge présidant. </div> <div class="para">Greffier : M. Parmelin. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représenté par Mes Charles Navarro et Alexandra Mraz, avocats, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public de l'Etat de Fribourg, case postale 1638, 1701 Fribourg. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Procédure pénale; exploitabilité des moyens de preuve; refus de retranchement de pièces du dossier, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg du 12 décembre 2022 </div> <div class="para">(502 2022 245). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">A.________ a été interpellé le 27 septembre 2022 à 15h00 par la police fribourgeoise à la sortie de l'autoroute de Fribourg-Nord dans un taxi en provenance de Berne en possession de 40 grammes d'héroïne, 10 grammes de cocaïne et un gramme de haschich. Il a été entendu le même jour à 18h50 par la police sans avocat et le lendemain après-midi par le Ministère public de l'Etat de Fribourg en présence d'une mandataire dont il a refusé la nomination comme avocate d'office. Le 7 octobre 2022, il s'est vu désigner un défenseur d'office faute de s'être constitué une défense privée comme il l'avait annoncé lors de son audition du 28 septembre 2022. </div> <div class="para">Le 13 octobre 2022, A.________ a requis le retranchement du dossier des procès-verbaux de ses auditions des 27 et 28 septembre 2022 et du passage du rapport de police du 28 septembre 2022 relatant ses propos tenus en audition, motif pris qu'il avait été entendu par la police sans être assisté d'un avocat alors qu'il se trouvait dans un cas de défense obligatoire au sens de l'<span class="artref">art 130 let. b CPP</span>, cette irrégularité entraînant l'inexploitabilité du procès-verbal de son audition par le Ministère public du 28 septembre 2022 et le caviardage des références à son audition devant la police dans le rapport de police. Il a sollicité la répétition de ses interrogatoires. </div> <div class="para">La Procureure en charge de la procédure a refusé de faire droit à ces requêtes au terme d'une ordonnance rendue le 18 octobre 2022 que la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg a confirmée sur recours du prévenu par arrêt du 12 décembre 2022. </div> <div class="para">Agissant par la voie du recours en matière pénale, A.________ demande au Tribunal fédéral de réformer cet arrêt en ce sens que l'ordonnance du Ministère public du 18 octobre 2022 est annulée, que ses requêtes du 13 octobre 2022 sont admises et qu'il soit ordonné au Ministère public de retirer ses procès-verbaux d'audition des actes du dossier, de caviarder l'extrait du rapport de police résumant ses propos du 27 septembre 2022 et de répéter ses auditions. Il conclut subsidiairement au renvoi de la cause à l'instance inférieure pour nouvelle décision. Il requiert l'assistance judiciaire. </div> <div class="para">Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Une décision relative à l'exploitation de moyens de preuve (<span class="artref"><artref id="CH/312.0/140" type="start"></artref>art. 140 et 141 CPP</span><artref id="CH/312.0/141" type="end"></artref>) ne met pas fin à la procédure pénale et revêt un caractère incident. Le recours en matière pénale contre une telle décision n'est dès lors recevable qu'aux conditions de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span>, soit en présence d'un préjudice irréparable, l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span> n'étant généralement pas applicable en matière pénale (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-IV-284%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page284">ATF 141 IV 284</a> consid. 2). En ce domaine, le préjudice irréparable se rapporte à un dommage de nature juridique qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable au recourant (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F148-IV-155%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page155">ATF 148 IV 155</a> consid. 1.1). Le seul fait qu'un moyen de preuve dont la validité est contestée demeure au dossier ne constitue en principe pas un tel préjudice, dès lors qu'il est possible de renouveler ce grief jusqu'à la clôture définitive de la procédure. En particulier, la question de la légalité des moyens de preuve peut être soumise au juge du fond (<span class="artref">art. 339 al. 2 let</span>. d CPP), autorité dont il peut être attendu qu'elle soit en mesure de faire la distinction entre les moyens de preuve licites et ceux qui ne le seraient pas, puis de fonder son appréciation en conséquence. Les motifs retenus par le juge de première instance peuvent ensuite être contestés dans le cadre d'un appel (cf. <span class="artref">art. 398 ss CPP</span>) et, en dernier ressort, le prévenu peut remettre en cause ce jugement devant le Tribunal fédéral (<span class="artref">art. 78 ss LTF</span>; <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-IV-90%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page90">ATF 144 IV 90</a> consid. 1.1.3; <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-IV-387%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page387">143 IV 387</a> consid. 4.4). </div> <div class="para">Cette règle comporte toutefois des exceptions. Tel est le cas lorsque la loi prévoit expressément la restitution immédiate, respectivement la destruction immédiate, des preuves illicites (cf. par exemple, les art. 248, 271 al. 3, 277 et 289 al. 6 CPP). Il en va de même quand, en vertu de la loi ou de circonstances spécifiques liées au cas d'espèce, le caractère illicite des moyens de preuve s'impose d'emblée. De telles circonstances ne peuvent être admises que dans la situation où l'intéressé fait valoir un intérêt juridiquement protégé particulièrement important à un constat immédiat du caractère inexploitable de la preuve (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-IV-127%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page127">ATF 144 IV 127</a> consid. 1.3.1; voir aussi, <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F148-IV-82%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page82">ATF 148 IV 82</a> consid. 5.4). </div> <div class="para">En vertu de l'<span class="artref">art. 42 al. 1 LTF</span>, il incombe au recourant d'alléguer les faits permettant de démontrer l'existence d'un préjudice irréparable lorsque celui-ci n'est pas d'emblée évident (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F148-IV-155%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page155">ATF 148 IV 155</a> consid. 1.1 in fine). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> La Cour de céans a déjà précisé que si l'<span class="artref">art. 131 al. 3 CPP</span> prévoyait le caractère inexploitable des auditions du prévenu effectuées sans que celui-ci ne soit assisté d'un avocat, il n'imposait pas leur retranchement du dossier et leur destruction immédiate, contrairement aux cas visés aux art. 248, 271 al. 3, 277 et 289 al. 6 CPP, de sorte que le prévenu ne subissait aucun préjudice irréparable du fait de leur maintien au dossier pénal durant l'instruction (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=15&amp;from_date=10.01.2023&amp;to_date=29.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-IV-289%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page289">ATF 141 IV 289</a> consid. 2.9; arrêt 1B_444/2022 du 4 novembre 2022 consid. 2.2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.3.</b> Le recourant prétend que l'arrêt attaqué lui causerait un préjudice irréparable en ce qu'il examine matériellement le grief d'inexploitabilité des procès-verbaux d'audition et du passage du rapport de police résumant ses déclarations du 27 septembre 2022, le privant de la possibilité de soumettre ce grief au contrôle judiciaire des juges du fond de première et seconde instance alors que les "incombances procédurales" exigent qu'il le soulève sans attendre et demande la répétition des auditions sous peine de forclusion (<span class="artref">art. 131 al. 3 CPP</span>). Le fait que la Chambre pénale se soit prononcée sur l'exploitabilité des moyens de preuve litigieux et n'ait pas simplement renvoyé l'examen de cette question au juge du fond n'est pas déterminant. Ce dernier procédera à sa propre appréciation de l'exploitabilité du procès-verbal d'audition du recourant par la police du 27 septembre 2022 et des moyens de preuve dérivés sans être tenu par l'avis émis à ce propos par le Ministère public et confirmé sur recours par la Chambre pénale (cf. arrêt 6B_671/2014 du 22 décembre 2017 consid. 2.2.2). Le fait que le recourant doive réitérer sa requête tendant au retrait du dossier des pièces litigieuses devant le juge du fond est un inconvénient de fait qui n'est pas de nature à fonder un préjudice irréparable. </div> <div class="para">Le caractère inexploitable du procès-verbal d'audition du 27 septembre 2022 en raison d'une violation alléguée de l'<span class="artref">art. 131 CPP</span> ne s'impose pas d'emblée. Le recourant fait certes valoir qu'au vu des quantités de drogue saisies lors de son interpellation, le cas grave de l'<span class="artref">art. 19 al. 2 let. a LStup</span> était réalisé ou, du moins, devait être raisonnablement envisagé par la police, entraînant de facto l'obligation de l'entendre en présence d'un avocat désigné d'office. La Chambre pénale n'a pas souscrit à ce raisonnement. Elle a considéré que les quantités de drogue saisies n'apparaissaient pas clairement et d'emblée comme dépassant les seuils limites de l'<span class="artref">art. 19 al. 2 let. a LStup</span> arrêtés par la jurisprudence <i>sans procéder à leur analyse</i>, ajoutant qu'au vu des déclarations faites par le recourant lors de son interpellation, qui a nié toute forme de vente, seul lui était reproché à ce stade et lors de son audition par la police, une possession non autorisée de stupéfiants, son transport et sa consommation au sens de l'<span class="artref">art. 19 al. 1 LStup</span>. Ce raisonnement, bien que contesté, rend l'issue du grief d'inexploitabilité des moyens de preuve litigieux suffisamment incertain pour que cette question soit renvoyée à l'examen du juge du fond. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.4.</b> Cela étant, l'arrêt attaqué ne saurait être contesté immédiatement auprès du Tribunal fédéral. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le recours doit par conséquent être déclaré irrecevable selon la procédure simplifiée prévue par l'<span class="artref">art. 108 al. 1 let. a LTF</span>. Vu son issue, la demande d'assistance judiciaire est rejetée (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/64/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/64/1" type="start"></artref>art. 64 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/64/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>). Il n'est pas perçu de frais judiciaires (art. 66 al. 1, 2 <sup>ème</sup> phrase, LTF). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Juge présidant prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">La demande d'assistance judiciaire est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais judiciaires. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux mandataires du recourant, ainsi qu'au Ministère public de et à la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 23 janvier 2023 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit public </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Juge présidant : Müller </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Parmelin </div> </div></body></html></html>