<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Propriétaire de l'article […] du cadastre de Saint-Blaise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situé en zone d'habitation à faible densité, L. a déposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en 1995 une demande de sanctions de plans et de construction de quatre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">villas, mitoyennes deux par deux. M. , B. , R. , Z. ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait opposition à ce projet, en invoquant notamment le fait que le taux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'occupation du sol excédait le maximum de 20% fixé par la réglementation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communale. Leur opposition ayant été levée par le conseil communal, ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont fait recours auprès du Département de la gestion du territoire, qui,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par décision du 7 avril 1997, leur a donné raison. Il a en bref considéré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que, lorsque, comme en l'espèce, un étage comprend des avant-corps augmen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant sa surface par rapport à celle du rez-de-chaussée, le taux d'occupa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion du sol prévu à l'article 14 RELCAT doit être calculé selon l'étage et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">non selon le rez-de-chaussée. Il a au surplus estimé que les conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une dérogation au sens de l'article 40 LConstr n'étaient pas remplies.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. L. recourt au Tribunal administratif contre la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision du Département de la gestion du territoire, concluant, sous suite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de frais et dépens, à son annulation, à la levée de l'opposition et à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'octroi de l'autorisation de construire. Il avance que son projet, ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prouvé par les autorités communales, est conforme au droit. Il se prévaut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en substance d'une violation de l'article 14 RELCAT, de l'article 40</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LConstr, de l'article 94 du règlement d'urbanisme communale de la commune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Saint-Blaise et du principe de l'autonomie communale. Le détail de ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arguments sera repris dans la mesure utile aux considérants qui suivent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans ces observations, le département conclut au rejet du re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours. Le conseil communal se réfère à une lettre de son architecte-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conseil du 21 avril 1997 selon laquelle c'est la première fois qu'un taux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'occupation du sol est calculée au niveau supérieur d'un bâtiment. M. et consorts concluent au rejet du recours sous suite de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 94 du règlement d'urbanisme de la commune de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Saint-Blaise, le taux d'occupation du sol en zone d'habitation à faible</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">densité ne doit pas dépasser 20 %. Ce taux est défini par l'article 14</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">RELCAT comme le rapport entre l'emprise au sol des bâtiments et la surface</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constructible d'un bien-fonds. Ainsi, la notion de taux d'occupation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sol relève du droit cantonal, sa fixation du droit communal. La détermina-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion par le Département de la façon de le calculer dans des cas spéciaux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne viole dès lors pas l'autonomie communale de Saint-Blaise (ATF 119 Ia</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">294), que le recourant ne serait de toute façon pas habilité à invoquer à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la place de celle-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le rez-de-chaussée des bâtiments projetés a une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">longueur de 9,20 mètres et une surface de 248,40 m2, les combles (soit le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier étage), de 12 mètres et 324 m2. Comparé à la surface de la par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle (1296 m2), cela représente des taux respectifs de 19,16 % et 25 %</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(décision entreprise, p.4-5), chiffres que ne conteste pas le recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Décider lequel de ces taux doit être considéré comme taux d'occupation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sol au sens de l'article 14 RELCAT revient à s'interroger sur le but de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette disposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le taux d'occupation est une norme de police des constructions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui contribue à la création d'un milieu agréable pour l'habitat en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sauvegardant le caractère d'un tissu bâti par le biais de la limitation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la densité des habitations sur chaque parcelle (Marti, Distances coeffi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cients et volumétrie des constructions en droit vaudois, 1988, p.151-152;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Schürmann/Hänni, Planungs-, Bau- und besonderes Umweltschutzrecht, 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.246). Cet objectif ne peut être atteint dans le cas d'espèce qu'en te-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nant compte de la surface du premier étage (combles). Le fait que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avant-corps nord et sud des bâtiments projetés sont suffisamment hauts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour permettre le passage d'un homme à pied n'est pas pertinent au regard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du but poursuivi par l'article 14 RELCAT. La prise en compte de la seule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surface au niveau du sol signifierait, comme l'ont relevé M. et consorts, qu'il serait aisé d'ériger un bâtiment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportant une surface de base faible mais des étages beaucoup plus impor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Comme l'a exposé le département, la jurisprudence estime que des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éléments tels que des avant-corps font partie de "l'emprise au sol" d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bâtiment. Elle considère en effet que c'est "la plus grande projection du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bâtiment" qui détermine ses dimensions. Ont dès lors été qualifiés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'avant-corps entrant dans le calcul du taux d'occupation du sol : des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">balcons fermés latéralement et entièrement couverts par la toiture (RDAF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1974, p.222), des éléments occupant toute la longueur de l'une des façades</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principales, reliés verticalement par un pilier et par des séparations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'élevant sur toute la hauteur des niveaux habitables et se recouvrant les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">uns les autres (RDAF 1975, p.209), de même que des éléments se recouvrant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les uns les autres et coiffés par un large avant-toit, d'une longueur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inhabituelle de 2,3 mètres courant sur toute la façade frontale en se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retournant sur les façades latérales (RDAF 1978, p.421). Quant à Marti, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">définit le taux d'occupation du sol ("coefficient d'occupation du sol" en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit vaudois) comme le rapport numérique entre la surface brute du plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grand plan d'étage d'un bâtiment et la superficie totale du bien-fonds qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le supporte (op.cit., p.154).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, les avant-corps du premier étage ne peuvent être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comparés à des éléments ajoutés sur une façade, tels que des balcons. Ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">font véritablement partie de la masse construite et abritent des pièces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">habitables. Il convient de les prendre en considération, sans quoi le taux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'occupation du sol ne pourrait plus remplir les buts mentionnés ci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dessus. Il s'avère par conséquent que le taux d'occupation du sol du pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jet litigieux dépasse le seuil fixé par l'article 94 RU.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il convient dès lors de retenir le taux de 25 %, qui est supé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieur au 20 % admissible selon la réglementation communale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Le recourant invoque une violation de l'article 40 LConstr, con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cernant les conditions d'une dérogation, mais n'explique pas en quoi la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision entreprise, amplement motivée sur ce point (p.5-6), contrevien-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">drait à cette disposition, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avant cet argument. On peut se référer à cet égard à la décision attaquée,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il y a lieu de confirmer sur ce point également.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Mal fondé, le recours est rejeté et les frais mis à la charge du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant (art.47 al.1 LPJA). M. et consorts qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont présenté des observations, ont droit à des dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant les frais par 500 francs et les débours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> par 50 francs, montants compensés par son avance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue à M. , B. , R. et Z. une indemnité de dépens de 400 francs, à la charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 9 septembre 1997</span></p> </div></body></html>