Lausanne, 11. Juni 2019
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 15. Mai 2019 (1C_435/2018)
Keine Entschädigung für Eigentümer der Nachbarliegenschaft 
von Asylzentrum
Die von einem Asylzentrum im Kanton St. Gallen verursachten Immissionen erreichten nicht die Intensität, um einen Anspruch auf Entschädigung wegen Enteignung der Eigentümer der Nachbarliegenschaft zu begründen. Die von diesen geltend
gemachten materiellen und ideellen Immissionen sind zwar nicht als geringfügig zu
erachten, überschritten aber nicht das Mass des Zumutbaren.
Das Haus liegt in der Landwirtschaftszone einer St. Galler Gemeinde. In einem zuvor
als Schule genutzten Gebäude auf der gegenüberliegenden Strassenseite wurde von
Februar 2016 bis Ende 2018 ein Asylzentrum betrieben (seit 2019 ist es ein Ausreiseund Nothilfezentrum). Die Eigentümer des Nachbarhauses forderten 2016 wegen den
von ihnen gerügten materiellen Immissionen aus dem Betrieb des Asylzentrums (u.a.
nächtlicher Lärm, Mehrverkehr, Betreten ihres Grundstücks, Abfall, Küchengerüche) und
ideellen Immissionen (u.a. "Herumlungern" von Asylbewerbern, Verlust der Privatsphäre) eine Entschädigung wegen Enteignung nachbarrechtlicher Abwehransprüche.
Die Schätzungskommission wies das Begehren ab, was vom Verwaltungsgericht des
Kantons St. Gallen bestätigt wurde. 
Das Bundesgericht weist die Beschwerde der Eigentümer ab. Ein Anspruch auf Entschädigung  wegen  Enteignung  zivilrechtlicher  Abwehransprüche  gegen  die  Einwirkungen aus dem Betrieb eines öffentlichen Werks wie dem Asylzentrum setzt unter
anderem voraus, dass diese den Grundeigentümer in spezieller Weise treffen ("Spezialität"). Diese Voraussetzung ist erfüllt, wenn die Immissionen eine Intensität erreichen, die das Mass des Üblichen und Zumutbaren übersteigen. Ideelle Immissionen
— also Einwirkungen, die das seelische Empfinden verletzen oder unangenehme psychische Eindrücke wie Angst verursachen — können als übermässig gelten, wenn sie
bei objektiver Betrachtung ein erhebliches, ständig fühlbares Unbehagen verursachen. 
Im konkreten Fall gingen mit dem Betrieb des Asylzentrums unbestritten gewisse
materielle Immissionen einher ( der heutige Betrieb des Ausreise- und Nothilfezentrums
ist nicht Gegenstand des Verfahrens ). Wie auch die Betroffenen einräumen, haben die
Leitung des Asylzentrums und das Migrationsamt Bemühungen unternommen, um diese
zu begrenzen. Es ist weder dargetan noch ersichtlich, dass sie das Mass des Zumutbaren überschritten hätten, zumal in der Landwirtschaftszone gewisse Immissionen
hinzunehmen sind. Solche gingen auch von der vorher betriebenen Schule aus. Was
ideelle Immissionen betrifft, ist zu berücksichtigen, dass kantonale Konzepte zur Betreuung und Beschulung der Asylsuchenden sowie zum Betrieb des Zentrums und zur
Sicherheit zu beachten waren. Die Betroffenen kritisieren zwar die Umsetzung dieser
Konzepte, machen aber nicht geltend, dass es zu bedrohlichen Situationen oder Übergriffen auf Anwohner gekommen wäre, dass die Kriminalität zugenommen hätte oder
dass die Sicherheit der Nachbarschaft nicht mehr gewährleistet gewesen wäre. Bezüglich des beanstandeten "Herumlungerns" kann ihren vagen Ausführungen nichts
über Häufigkeit, Dauer und Umstände entnommen werden. Dass der Aufenthalt der
Asylsuchenden ausserhalb des Asylzentrums oder auf der am Wohnhaus vorbeiführenden Strasse in Umfang oder Art übertrieben gewesen wäre, geht daraus nicht
hervor. Dem beschriebenen "unguten" Gefühl, beziehungsweise dem Gefühl des Bedrohtseins lagen demnach keine objektiven Gründe von hinreichendem Gewicht zu
Grunde. Insgesamt erscheint die Gesamtbelastung zwar nicht als geringfügig, sie erreichte aber nicht eine Intensität, die das Mass des Zumutbaren überschritten hätte. Lausanne, le 11 juin 2019
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 15 mai 2019 (1C_435/2018)
Pas d'indemnisation pour les propriétaires de biens fonciers 
voisins d'un centre pour requérants d'asile
Les immissions d'un centre pour requérants d'asile du canton de Saint-Gall
n'atteignent pas une intensité permettant de fonder un droit à une indemnité pour
expropriation des propriétaires voisins. Les atteintes matérielles et immatérielles
dont ceux-ci se prévalent ne sont certes pas insignifiantes, mais elles ne dépassent
pas le seuil du tolérable.
Le bâtiment se trouve en zone agricole d'une commune saint-galloise. Un centre pour
requérants d'asile a été exploité de février 2016 à fin 2018 (depuis 2019, il s'agit d'un
centre de départ et d'aide d'urgence) dans une ancienne école située de l'autre côté de
la route. En 2016, les propriétaires de la maison voisine ont requis une indemnité pour
expropriation des droits de voisinage en raison d'atteintes alléguées matérielles (entre
autres: bruit nocturne, augmentation du trafic, pénétrations sur leurs biens-fonds,
déchets, odeurs de cuisine) et immatérielles (entre autres  : requérants d'asile « rôdant »
alentour, diminution de leur sphère privée) qu'aurait générées l'exploitation du centre.
La Commission d'estimation a rejeté la requête, ce qui a été confirmé par le Tribunal
administratif du canton de Saint-Gall. 
Le Tribunal fédéral rejette le recours des propriétaires. Un droit à indemnité pour
expropriation des droits civils en raison des immissions dues à l'exploitation d'un
bâtiment public tel que le centre pour requérants d'asile suppose entre autres que ces
propriétaires se trouvent dans une situation particulière (condition de la « spécialité »).
Cette condition est remplie lorsque les immissions atteignent une intensité qui dépasse
le seuil de l'ordinaire et de l'acceptable. Les atteintes immatérielles — comme celles qui
heurtent le ressenti psychique ou causent une sensation psychique incommodante telle
que la peur  — peuvent être excessives lorsqu'elles provoquent, d'un point de vue
objectif, une importante gêne continue.
En l'espèce, il est établi que l'exploitation du centre pour requérants d'asile a impliqué
certaines atteintes matérielles ( l'exploitation actuelle du centre de retour et d'aide
d'urgence ne fait pas l'objet de la procédure ). Comme l'admettent aussi les intéressés,
la direction du centre pour requérants d'asile et l'Office des migrations ont pris des
mesures pour contenir ces immissions. Il n'est ni démontré ni manifeste que ces
dernières aient dépassé le seuil du tolérable, ce d'autant que de telles immissions
doivent être supportées en zone agricole. Celles-ci résultaient déjà de l'école autrefois
en fonction. En ce qui concerne les atteintes immatérielles, il y a lieu de tenir compte du
fait que les tâches cantonales de prise en charge et scolarisation des requérants d'asile
ainsi que de l'exploitation du centre doivent être respectées au même titre que celle de
la sécurité. Les intéressés critiquent certes la mise en œuvre de ces tâches, mais ils ne
font pas valoir que la situation serait devenue menaçante, qu'il y aurait eu des abus
envers les habitants, que la criminalité aurait augmenté ou que la sécurité du voisinage
n'aurait plus été garantie. S'agissant de la critique des recourants portant sur les
« rôdeurs », leurs vagues explications ne permettent de déduire ni la fréquence, ni la
durée, ni les circonstances de ces déambulations. Il n'en ressort pas que la présence de
requérants d'asile hors du centre ou sur la route le long de l'habitation ait été outrancière sur le plan quantitatif ou qualitatif. Le sentiment de malaise décrit, respectivement
le sentiment de situation menaçante, ne reposait par conséquent sur aucun fondement
objectif d'un poids suffisant. Dans l'ensemble, il apparaît que la gêne générale n'était
certes pas négligeable, mais qu'elle n'a pas atteint une intensité qui aurait dépassé le
seuil de l'acceptable.