<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. W. , née en 1922, domiciliée au Locle, a bénéficié de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestations complémentaires à l'AVS du 1er avril 1991 au 31 décembre 1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans la formule d'inscription qu'elle a remplie le 12 avril 1991, l'assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rée a indiqué qu'elle a prêté à son fils un montant de 30'000 francs dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une partie avait été remboursée. Par ailleurs, dans l'avis que l'agence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communale AVS a adressé à la Caisse cantonale neuchâteloise de compensa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion (CCNC) le 16 juin 1995, figure la remarque suivante :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "Le compte … est un emprunt fait par W. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> (pour prêter à son fils)."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 4 janvier 1996, la CCNC a refusé le droit aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestations complémentaires à l'intéressée, constatant que ses revenus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">excédaient ses dépenses. Cette décision n'a pas été attaquée. Le 4 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, la caisse de compensation a derechef refusé de telles prestations à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assurée, retenant un excédent de revenu de 870 francs par année.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. W. défère ce dernier prononcé au Tribunal adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tratif. Elle soutient que, dans les dépenses, l'intimée aurait dû prendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en compte les intérêt négatifs, frais et commissions qu'elle a supportés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en 1996 en relation avec le compte ouvert en son nom auprès de la Banque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X. sous no ... , soit 1'417.25 francs. Elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">produit la copie d'un relevé de ce compte d'où il appert qu'elle était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">débitrice envers la banque de 23'931.25 francs au 31 décembre 1996 et que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les intérêts débiteurs, les commissions et les frais se sont élevés effec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tivement à 1'417.25 francs (1'163.60 + 232.75 + 20.90). La recourante pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tend en outre que la dette en capital doit être déduite de sa fortune.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Elle conclut à ce que la décision attaquée soit réformée en conséquence et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à ce que des prestations complémentaires lui soient allouées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans ses observations sur le recours, la caisse de compensation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intimée en propose le rejet. Elle dépose une copie de la déclaration</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'impôts de la recourante pour 1996, laquelle indique que des intérêts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">passifs pour 1'416 francs ont été déduits de son revenu imposable et que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sous le chapitre de la fortune, le prêt à son fils est compensé par une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dette du même montant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Conformément à l'article 2 al.1 et 2a litt.a LPC, les ressor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tissants suisses qui perçoivent une rente de vieillesse de l'AVS et qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont leur domicile en Suisse doivent bénéficier de prestations complémen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taires si leur revenu annuel déterminant n'atteint pas un montant fixé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans certaines limites. Le revenu déterminant est calculé selon les ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticles 3 ss LPC. Une partie de la fortune nette, après déduction d'un cer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tain montant, entre dans le calcul du revenu déterminant (art.3 al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.b LPC; 3 litt.b LCPC). Les intérêts des dettes en sont déduits (art.3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.4 litt.b LPC; 5 litt.b LCPC).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'assurée a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contracté un emprunt bancaire à son nom mais pour le compte de son fils.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Son patrimoine n'en subit cependant aucune diminution puisque la dette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envers la banque est compensée par une créance du même montant envers le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fils. La manière dont a été calculée la fortune de l'assurée en l'occur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rence n'est donc pas critiquable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Quant aux intérêts de cette dette, la recourante ne les a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jamais fait valoir auprès de l'intimée avant la présente procédure. Ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont en particulier pas été mentionnés dans la demande de prestations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complémentaires du 12 avril 1991, ni dans la demande de révision du 20</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avril 1995. La recourante ne semble dès lors pas devoir en supporter elle-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même la charge. Toutefois, un certain montant d'intérêts passifs, très</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">proche de celui qu'elle fait valoir en l'occurrence, a été déduit du re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu imposable de l'intéressée en 1996. Il n'est cependant pas nécessaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'élucider plus avant les faits de la cause, le recours se révélant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute façon mal fondé pour les motifs suivants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le but des prestations complémentaires est de couvrir les be-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soins vitaux dans une mesure appropriée (art.34 quater al.2 Cst.féd. en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">corrélation avec l'art.11 al.1 des dispositions transitoires de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Constitution; ATF 108 V 241). Il convient d'assurer un revenu minimum ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gulier aux rentiers de l'AVS et de l'AI nécessiteux (FF 1964 II 689, 692,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">694). Les limites de revenu ont à cet égard un double rôle à remplir :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une part fixer la cote du besoin et, d'autre part, assurer un revenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">minimum (FF 1964 II 691; ATF 113 V 285 cons.5b avec les références; RCC</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1988, p.508; ATF 103 V 28 cons.2b). D'où la raison du principe selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lequel seuls les revenus réellement perçus et les avoirs actuels dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ayant droit peut disposer sans restriction peuvent intervenir dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'évaluation du droit. Ce principe trouve toutefois ses limites lorsque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assuré a renoncé à des biens sans y être tenu juridiquement et sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre-prestations appropriées, lorsqu'il a droit à certains revenus ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parts de fortune, mais n'en fait pas usage ou ne fait pas valoir ses pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tentions, ou encore lorsque l'ayant droit renonce à tirer parti de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">capacité résiduelle de gain pour des motifs dont il est seul responsable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(VSI 1995, p.175-176 cons.2a et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, la recourante a emprunté auprès d'une banque en son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propre nom mais uniquement en faveur de son fils à qui l'argent était des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiné. En principe, elle est seule tenue du remboursement en capital et du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service des intérêts (art.312 ss CO). Le dossier ne renseigne pas sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">termes de l'accord intervenu entre le fils et la mère. Il se pourrait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'ils soient liés entre eux par un mandat gratuit (art.394 CO) et alors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le fils doit rembourser à sa mère, en principal et intérêts, les avances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et frais que celle-ci a faits pour l'exécution régulière du mandat et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libérer des obligations qu'elle a contractées (RJN 7 I 217). Mais il se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut aussi que la recourante ait décidé de prendre en charge les intérêts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">passifs de la dette sans contrepartie. Dans le premier cas, le montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litigieux ne peut être déduit du revenu déterminant car l'assurée possède</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à tout le moins une créance du même montant contre son fils. Dans le se-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cond cas, les intérêts en cause sont une ressource ou une part de fortune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont l'assurée s'est dessaisie sans obligation légale ni contrepartie et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ils doivent être compris dans le revenu déterminant selon l'article 3 al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.f LPC. Cela conduit de toute façon à la confirmation de la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">attaquée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Il suit des considérants qui précèdent que le recours est en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tièrement mal fondé. Il est statué sans frais, la procédure étant en prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipe gratuite (art.85 al.2 litt.a LAVS par renvoi de l'art.7 LPC). Il n'y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a en outre pas lieu à allocation de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais ni dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 20 août 1997</span></p> </div></body></html>