<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. S. louent l'article 5690 du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadastre de X. depuis novembre 1995. Ils exploitent également l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 5691 voisin, dont ils sont propriétaires. Au mois de mai 1996, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service de l'aménagement du territoire a constaté que les vignes plantées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la partie sud-est de l'immeuble 5690, situé en zone viticole, avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été arrachées, pour permettre la création d'un potager et la construction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un mur de vignes en pierres sèches. Le service a enjoint les locataires,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit de replanter de la vigne, soit de déposer une demande de permis de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">construire et de désaffectation. Une requête a été déposée dans ce sens le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">21 août 1996. Cependant, S. n'ont obtenu que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'approbation à l'édification du mur de vignes en pierres sèches et, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision du 23 décembre 1996, le Département de la gestion du territoire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur a imparti un délai au 30 juin 1997 pour replanter la vigne qui se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trouvait sur la parcelle 5690, selon les indications du service de la vi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticulture. Il a retenu, en bref, que la parcelle 5690 faisait partie du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadastre viticole fédéral; qu'elle était en outre englobée dans une zone</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">viticole qu'elle contribuait à rendre homogène et qu'une désaffectation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce terrain ou son exclusion du champ d'application de la loi sur la viti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culture ne pouvait pas se concevoir. Par conséquent, le département a con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidéré que la désaffectation d'une partie de la parcelle 5690, qui fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partie d'une zone viticole homogène, ne saurait être autorisée a posterio-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ri.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. S. défèrent le prononcé du Département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la gestion du territoire au Tribunal administratif le 16 janvier 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en demandant l'annulation de son chiffre 1. Ils font valoir en substance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le Département de la gestion du territoire n'est pas compétent pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autoriser une désaffectation; que cette compétence échoit au Département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'agriculture. Ils précisent en outre que, de toute manière, ils n'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jamais envisagé d'affecter la parcelle 5690 à un but étranger à la viti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culture et que seule une surface de 200 m2 au sud-est de la parcelle de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrait être soustraite à la culture en vigne. Ils exposent que la partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nord de ce terrain a été bordée au sud, à l'ouest et au nord d'une treille</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de vigne et que la surface se trouvant à l'intérieur sera conservée en pré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naturel; que la moitié sud de ce terrain sera pour sa part réservée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exploitation d'un jardin potager et bordée au sud d'une haie naturelle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ils considèrent, par ailleurs, l'obligation de replanter de la vigne déme-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surée et coûteuse dès l'instant où ils seront de ce fait contraints d'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">racher les ceps de la treille de vignes dont les fruits ne sont pas des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tinés à être vinifiés, et contraire au principe de l'égalité de traitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la mesure où parallèlement la parcelle 6574 du même cadastre, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">friche, est tolérée. Ils précisent enfin qu'ils seraient prêts à compenser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la surface manquante de 200 m2.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les moyens des recourants seront repris en tant que besoin dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les considérants en droit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans ses observations sur le recours, l'intimé conclut à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Les recourants soutiennent tout d'abord que le Département de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion du territoire n'était pas compétent d'autoriser ou refuser la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">désaffectation d'une parcelle. Il est vrai que jusqu'au 31 mars 1992, cet-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">te compétence relevait du Conseil d'Etat; le Département de l'agriculture</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était pour sa part autorité d'exécution. Depuis le 1er avril 1992 cepen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dant, une désaffectation peut être autorisée par le Département de l'agri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culture (art.11 LVit en corrélation avec l'art.1 du règlement d'exécution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la loi sur la viticulture). Or, en 1993, suite à la modification de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loi sur l'organisation du Conseil d'Etat et l'administration cantonale du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">22 mars 1983, le Département de l'agriculture a été supprimé et ses tâches</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réparties entre le Département de la gestion du territoire en ce qui con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cerne l'aménagement du territoire et le Département de l'économie publique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant notamment de la viticulture (BGC vol.158 II, p.1858 ss). Reste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'aujourd'hui le règlement d'exécution de la loi sur la viticulture in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dique toujours, et à tort, le Département de l'agriculture comme autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chargée d'appliquer la loi sur la viticulture et ayant, notamment, le pou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voir d'autoriser la désaffectation d'un terrain au sens de l'article 11</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LVit. Par conséquent, il est indispensable de déterminer quel département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'a aujourd'hui remplacé dans cette tâche. A teneur de l'article 13 du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règlement d'exécution de la loi sur la viticulture, le service de l'amé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nagement du territoire fait toute proposition au Département de l'agri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culture - dont il relevait jusqu'en 1993 - après avoir consulté le service</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la viticulture, à propos de l'application des articles 2 à 15 de la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relatifs à l'affectation, à l'aménagement et la désaffectation des ter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rains viticoles. Attendu que, depuis la loi du 2 février 1993 (FO 1993 no</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">12), le service de l'aménagement du territoire relève du Département de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion du territoire, le bon sens impose d'admettre que le Département de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la gestion du territoire a succédé au Département de l'agriculture et re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris les compétences qui étaient les siennes dans le domaine de l'affecta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, de l'aménagement et de la désaffectation des terrains viticoles con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formément à l'article 13 du règlement d'exécution de la loi sur la viti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culture, en relation avec l'article 11 de la loi sur la viticulture. A cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">égard, la Cour de céans a eu l'occasion (ATA du 27.01.1997 en la cause C.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">destiné à la publication) de relever que l'article 11 LVit constituait une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">base légale suffisante pour contraindre un propriétaire à replanter de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vigne sur son immeuble dont il a, sans droit, changé l'affectation. Or, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Département de la gestion du territoire ayant, comme on l'a vu ci-dessus,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la compétence, sur la base de cette disposition, d'autoriser la désaf-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fectation d'un terrain viticole, il est également compétent pour exiger la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">replantation de la vigne. Certes, dans la cause précitée, le Département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la gestion du territoire avait ordonné la suppression des installations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réalisées sur un terrain viticole et la remise du terrain dans son état</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">initial; le Département de l'économie publique ayant exigé, par décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">séparée, la replantation de la vigne arrachée en considérant en substance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que si le Département de la gestion du territoire était compétent pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">examiner la question de la démolition des aménagements effectués sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit ainsi que la remise en état du terrain, il lui appartenait par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre de statuer sur la replantation des vignes arrachées. Outre que ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédé n'apparaît pas satisfaisant eu égard au principe de l'économie de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure, qui enjoint aux organes juridictionnels de renoncer aux compli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cations inutiles (Grisel, Traité de droit administratif I, p.185), il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">superflu dès l'instant où l'article 13 LVit astreint le service de l'amé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nagement du territoire à consulter le service de la viticulture avant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faire toute proposition au département dont il relève. Au demeurant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'une affaire relève de plusieurs départements, comme c'est le cas en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce, l'article 44 de la loi sur l'organisation du Conseil d'Etat et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'administration cantonale du 22 mars 1983, enjoint le chef du départe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment qui la traite à consulter le chef des autres départements concernés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Au vu de ce qui précède, le Département de la gestion du territoire était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétent pour rendre la décision dont est recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Selon l'article 7 al.1 LVit, les immeubles assujettis à cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loi ne peuvent, en principe, recevoir une affectation étrangère à la viti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culture. Pour autant que ces immeubles ne soient pas assujettis au décret</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernant la protection des sites naturels du canton du 14 février 1966,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur propriétaire peut être autorisé par le département à les affecter à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un but étranger à l'économie viticole aux conditions de remplacer en vigne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une surface équivalente en quantité et en qualité, dans un périmètre vi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticole existant ou à créer, et de respecter sur cette surface les normes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévues par la LVit (art.11 al.1 et 3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, les recourants affirment ne pas vouloir affecter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la parcelle 5690 à un but étranger à la viticulture mais souhaitent uni-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quement soustraire la partie sud-est de la parcelle, d'une surface de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">200 m2, à "la culture intense en vigne". Pourtant, en arrachant une partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la vigne sur la parcelle en cause, les recourants, même s'ils le con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">testent, ont bien procédé à une désaffectation au sens de l'article 11</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LVit, c'est-à-dire à l'affectation d'une surface viticole à un but étran-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ger à l'économie viticole, tel que l'exploitation d'un jardin potager ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'aménagement d'un pré naturel. Certes, une désaffectation au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 11 LVit pourrait être autorisée, étant donné que l'immeuble dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les recourants sont locataires n'est pas assujetti au décret concernant la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">protection des sites naturels du canton du 14 février 1966. Toutefois, non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seulement cette autorisation ne leur a pas été consentie, les services</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernés ayant tous préavisé négativement, mais surtout le Tribunal fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déral a eu l'occasion, dans le cadre du contrôle abstrait de la loi sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">viticulture, de dire que les intérêts privés que pourraient opposer les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propriétaires n'étaient pas à ce point importants qu'ils puissent l'empor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter sur l'intérêt public au maintien de la surface viticole actuelle (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">103 Ia, p.586 cons.2b). A cet égard, les raisons invoquées par les recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rants ne sont pas pertinentes pour justifier une désaffectation, car si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ombre de la maison influence négativement la partie sud-est de la par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle 5690, comme le soutiennent les recourants, c'est avant tout le ma-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tin; en revanche cette surface bénéficie pleinement du soleil à partir de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">midi. En outre, les nuisances invoquées, occasionnées par le traitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mécanique des vignes, sont inhérentes à toutes zones viticoles et les re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courants, dont la maison, située sur la parcelle 5691, a vraisemblablement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été construite sur la base d'une dérogation, ne peuvent que s'en accom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moder.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Les recourants font également valoir que, puisque l'Etat to-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lère que la parcelle 6574 du même cadastre reste en friche, ils ont droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à être traités de la même manière, conformément à l'article 4 Cst.féd.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le principe de l'égalité de traitement (art.4 Cst.féd.) est no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tamment violé lorsque la même autorité traite, sans motifs sérieux, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">façon différente, deux situations de fait semblables ou de façon identique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux situations de fait différentes (Grisel, op.cit., p.361-362).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, si le fait de laisser en friche un immeuble assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jetti à la loi ne constitue pas encore une désaffectation, il en va autre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment dès l'instant où son propriétaire y procède définitivement à une cul-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ture autre que la vigne (Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appui d'un projet de loi sur la viticulture, BGC vol.142, p.483 ad</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">art.7). Or, les recourants n'ont pas laissé en friche la surface de 200 m2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en cause, mais l'ont soustraite à la culture viticole afin de procéder à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une culture différente, de sorte que les situations n'étant pas compa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rables, il n'y a pas inégalité de traitement à les traiter de manière dif-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">férente. Le grief d'inégalité de traitement invoqué par les recourants est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par conséquent mal fondé. Au surplus, le département a manifesté dans ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations sur le recours son intention de régulariser à brève échéance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la situation de la parcelle 6574.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Enfin, les recourants estiment que la décision est démesurée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et coûteuse dès l'instant où la treille de vigne dont les raisins ne sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas destinés à être vinifiés devra être arrachée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, l'exploitation d'un jardin potager ainsi que l'amé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nagement d'un pré naturel ne sont pas de nature à garantir la réalisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des buts d'intérêt public poursuivis par la loi qui sont la protection du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vignoble et la non-réduction de l'aire viticole du canton (BGC vol.142,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.479, 485; ATF 103 Ia cons.2a, p.588-589). En outre, la décision entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise n'impliquant pas nécessairement l'arrachage de la treille de vigne,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la mesure ordonnée dans le cas concret n'excède manifestement pas ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est nécessaire à la réalisation de ces buts et, ainsi, respecte bien le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe de la proportionnalité (ATF 121 I 131).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le cadre du contrôle abstrait de la loi sur la viticulture,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Tribunal fédéral a d'ailleurs eu l'occasion de dire qu'il ne voyait pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelle mesure moins incisive permettrait de conserver la surface viticole</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actuelle, jugée nécessaire pour assurer le maintien d'une viticulture</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saine et rentable (arrêt précité cons.2c, d).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Entièrement mal fondé, le recours doit être rejeté. Le délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">imparti aux intéressés pour replanter la vigne sur la parcelle en question</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étant échu, il y a lieu de leur en fixer un nouveau.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les recourants qui succombent supporteront les frais de la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.47 al.1 LPJA). Il n'y a en outre pas lieu à allocation de dépens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.48 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Impartit aux recourants un délai au 30 juin 1998 pour replanter la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> vigne qui se trouvait sur la parcelle 5690 du cadastre de X. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Met à la charge des recourants un émolument de décision de 500 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et les débours par 50 francs, montants compensés par leur avance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. N'alloue pas de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 30 octobre 1997</span></p> </div></body></html>