C our III C -263/2006 {T 0/2} A rrêt du 9 juillet 2007 C om position : M M . les Juges Vuille, Trom m er et Vaudan G reffier: M . C ugni. A._______, recourant, représenté par le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT), rue des C haudronniers 16, case postale 3287, 1211 G enève 3, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité intim ée concernant exception aux m esures de lim itation (art. 13 let. f O LE). B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. Lors de son interpellation par la police du canton de G enève le 14 novem bre 1997, A._______, ressortissant m acédonien né le 31 décem bre 1971 à Skopje, a déclaré avoir quitté son pays au m ois d'octobre 1995 pour se rendre à G enève, où il a séjourné et travaillé sans être au bénéfice de la m oindre autorisation. D e plus, il a indiqué que ses parents, son frère et ses cinq soeurs se trouvaient en M acédoine, en ajoutant qu'il avait égalem ent une soeur qui résidait dans le canton de G enève au bénéfice d'une autorisation d'établissem ent. Par ailleurs, il a affirm é avoir suivi toute sa scolarité dans son pays et y avoir ensuite occupé un em ploi com m e m écanicien. Enfin, il a soutenu n'avoir jam ais rencontré de problèm es avec la police. L'intéressé a fait l'objet d'une nouvelle interpellation par la police le 12 juin 2004, au cours de laquelle il a déclaré être entré en Suisse en 1994 et avoir alors résidé au dom icile de sa soeur à G enève. Il a ajouté avoir com m encé à travailler dans un garage en tant que m écanicien. Suite à cette interpellation, A._______ a été convoqué le 28 juillet 2004 par l'O ffice cantonal de la population de G enève (ci-après: l'O C P), en vue de procéder à un exam en circonstancié de sa situation sur le territoire genevois. Après avoir entendu l'intéressé le 16 septem bre 2004, l'O C P lui a fait savoir, par écrit du 22 novem bre 2004, qu'il était disposé à lui délivrer une autorisation de séjour (fondée sur l'art. 13 let. f de l'ordonnance du C onseil fédéral du 6 octobre 1986 lim itant le nom bre des étrangers [O LE, R S 823.21]), sous réserve de l'approbation de l'O ffice fédéral, auquel il transm ettait le dossier pour décision. B. Le 15 avril 2005, l'O D M a inform é le requérant de son intention de ne pas l'exem pter des m esures de lim itation au sens de la disposition légale précitée, tout en lui donnant préalablem ent l'occasion de faire part de ses éventuelles objections dans le cadre du droit d'être entendu. D ans les écritures qu'il a déposées le 14 juin 2005, par l'entrem ise de son conseil, A._______ a dem andé à l'O D M de bien vouloir analyser sa situation sur la base de la circulaire du 21 décem bre 2001 concernant la réglem entation du séjour des étrangers dans les cas personnels d'extrêm e gravité (« circulaire M etzler »), en tenant com pte du fait qu'il était arrivé en Suisse à l'âge de vingt-et-un ans, qu'il n'avait jam ais fait l'objet de la m oindre plainte de la part des services de police, qu'il avait toujours travaillé depuis son arrivée en ce pays à l'entière satisfaction de ses em ployeurs, qu'il était parfaitem ent intégré au m ode de vie genevois, qu'il m aîtrisait parfaitem ent le français, qu'il s'était constitué à G enève un cercle d'am is et de connaissances et qu'il entretenait depuis quatre années une relation am oureuse avec une citoyenne britannique occupant un em ploi dans une organisation internationale. C . Le 21 juin 2005, l'O D M a prononcé à l'endroit du requérant une décision de refus d'exception aux m esures de lim itation. Il a en particulier retenu que l'intéressé ne pouvait pas se prévaloir d'un com portem ent irréprochable en Suisse étant donné qu'il avait délibérém ent enfreint les prescriptions de police des étrangers. Aussi l'O ffice fédéral a-t-il estim é 3 que l'intéressé ne pouvait faire valoir les inconvénients résultant d'une situation dont il était responsable pour revendiquer l'octroi d'un titre de séjour à caractère durable en Suisse. S'agissant de la durée de son séjour en ce pays, l'O ffice fédéral a considéré qu'elle devait être relativisée par rapport aux nom breuses années que l'intéressé avait passées dans son pays d'origine, en ajoutant que pareil argum ent n'était de toute m anière pas décisif, dès lors qu'il ne pouvait se prévaloir d'une intégration professionnelle ou sociale particulièrem ent m arquée au point de devoir adm ettre sa requête sous cet angle. Q uant à la situation de A._______, l'O D M a observé qu'elle ne se distinguait guère de celle de bon nom bre de ses concitoyens connaissant les m êm es réalités dans leur pays d'origine, en relevant en outre que le prénom m é avait conservé des attaches étroites avec la M acédoine et qu'un retour en ce pays ne devrait donc pas l'exposer à des obstacles insurm ontables. Enfin, l'O ffice fédéral a estim é que la relation de l'intéressé avec une ressortissante de G rande-Bretagne, titulaire d'une carte de légitim ation du D épartem ent fédéral des affaires étrangères (D FAE), ne constituait pas un argum ent lui perm ettant de considérer favorablem ent cette dem ande d'exception. D . A._______ a recouru contre cette décision le 18 juillet 2005, en concluant à son annulation et à l'octroi en sa faveur d'une exception aux m esures de lim itation au sens de l'art. 13 let. f O LE. Le recourant a pour l'essentiel repris les argum ents qu'il avait avancés dans ses écritures du 14 juin 2005, en se référant à nouveau à la circulaire de décem bre 2001, relative aux critères de régularisation des clandestins travaillant en Suisse depuis plus de quatre ans. Il a insisté, en particulier, sur la durée de son séjour en Suisse, sur le com portem ent irréprochable adopté tout au long de ce séjour, sur sa situation financière saine et sur sa très bonne intégration sur le m arché du travail suisse, en dépit de son statut de clandestin. D e plus, il a fait valoir qu'un départ de Suisse, après un séjour de treize années, lui serait très défavorable com pte tenu de la grave crise économ ique que traversait la M acédoine. Pour étayer ses dires, le recourant a produit de nom breux docum ents. Sur réquisition de l'autorité d'instruction, le recourant a fourni, par courrier du 12 septem bre 2005, des renseignem ents supplém entaires concernant les m em bres de sa fam ille résidant en M acédoine et les contacts m aintenus avec ces personnes. E. Appelé à se prononcer sur le recours, l'O D M en a proposé le rejet par préavis du 26 septem bre 2005. Invité à se déterm iner sur cette prise de position, le recourant n'y a donné aucune suite. F. Par ordonnance du 13 avril 2007, le Tribunal adm inistratif fédéral (ci- après: le Tribunal) a im parti au recourant un délai pour faire part des derniers développem ents relatifs à sa situation. A._______ a fait parvenir sa réponse au Tribunal le 3 m ai 2007, en joignant à son courrier une attestation de son em ployeur et une lettre de soutien de son am ie.4 Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et l'art. 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O D M en m atière d'exception aux m esures de lim itation peuvent être contestées devant le Tribunal, conform ém ent à l'art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers (LSEE, R S 142.20). En l'occurrence, le recours devant le Tribunal fédéral n'est pas recevable en raison de la m atière (cf. art. 83 let. c ch. 5 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]), de sorte que le Tribunal statue définitivem ent (cf. art. 1 al. 2 LTAF). 1.2 Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d'arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal dans la m esure où il est com pétent (cf. art. 53 al. 2 phr. 1 LTAF). C es affaires sont traitées selon le nouveau droit de procédure (cf. art. 53 al. 2 phr. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3 A._______, qui est directem ent touché par la décision entreprise, a qualité pour recourir (cf. art. 20 al. 1 LSEE et art. 48 al. 1 PA). Son recours, présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, est recevable (cf. art. 50 et art. 52 PA). 1.4 Le recourant peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral, y com pris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incom plète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par les m otifs invoqués à l'appui du recours. Aussi peut-elle adm ettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres m otifs que ceux invoqués. D ans sa décision, elle prend en considération l'état de fait et de droit régnant au m om ent où elle statue (cf. ATF 129 II 215 consid. 1.2, publication partielle de l'arrêt du Tribunal fédéral 2A.451/2002 du 28 m ars 2003). 2. 2.1 En vue d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, de créer des conditions favorables à l'intégration des travailleurs et résidents étrangers, d'am éliorer la structure du m arché du travail et d'assurer un équilibre optim al en m atière d'em ploi, le C onseil fédéral, vu l'art. 18 al. 4 et l'art. 25 al. 1 LSEE, a adopté des dispositions restrictives d'adm ission tant en ce qui concerne les travailleurs étrangers que les étrangers n'exerçant pas 5 d'activité lucrative (cf. art. 1 O LE). Le C onseil fédéral fixe périodiquem ent des nom bres m axim um s pour les résidents à l'année qui, pour la prem ière fois, viennent exercer une activité lucrative ou en entreprennent une. Les nom bres m axim um s sont valables égalem ent pour les étrangers qui ont déjà exercé une activité en Suisse sans avoir été soum is à une telle lim itation et qui ne rem plissent plus les conditions pour bénéficier d'une exception. Ils ne sont cependant pas valables pour les personnes qui ont reçu une autorisation de séjour selon l'art. 3 al. 1 let. c ou l'art. 38 O LE (cf. art. 12 al. 1 et 2 O LE). N e sont pas com ptés dans les nom bres m axim um s les étrangers qui obtiennent une autorisation de séjour dans un cas personnel d'extrêm e gravité ou en raison de considérations de politique générale (art. 13 let. f O LE). 2.2 L'O D M est com pétent en m atière d'exceptions aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers selon l'art. 13 let. b, f et l (cf. art. 52 let. a O LE). A ce propos, le recourant fait valoir que l'autorité genevoise de police des étrangers a exam iné attentivem ent sa situation et a adressé un préavis favorable à l'O D M quant au prononcé d'une exception aux m esures de lim itation en sa faveur (cf. m ém oire de recours, p. 2). O r, contrairem ent à ce que sem ble accroire le recourant, il sied de noter que l'autorité fédérale n'est pas liée par l'appréciation ém ise par l'autorité cantonale de police des étrangers dans sa prise de position du 22 novem bre 2004. En effet, en vertu de la réglem entation portant sur la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers entre la C onfédération et les cantons, si les cantons ont certes la faculté de se déterm iner à titre préalable au sujet de la délivrance des autorisations de séjour hors contingent, la com pétence décisionnelle en m atière d'octroi d'exceptions aux m esures de lim itation au sens de l'art. 13 let. f O LE appartient toutefois à la C onfédération, et plus particulièrem ent à l'O D M (cf. ATF 119 Ib 33 consid. 3a, traduit en français dans Journal des Tribunaux [JdT] 1995 I 226 consid. 3a; PETER KO TTU SC H , D as Erm essen der kantonalen Frem denpolizei und seine Schranken, Schw eizerisches Zentralblatt für Staats- und Ver- w altungsrecht [ZBl] 91/1990, p. 155) et au Tribunal, en vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA). 3. 3.1 L'exception aux nom bres m axim um s prévue par l'art. 13 let. f O LE a pour but de faciliter la présence en Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient soum is au contingentem ent des autorisations de séjour, m ais pour lesquels l'application du systèm e des nom bres m axim um s apparaît, par suite de circonstances particulières, com m e trop rigoureuse. 3.2 Il découle de la form ulation de l'art. 13 let. f O LE que cette disposition dérogatoire présente un caractère exceptionnel et que les conditions pour une reconnaissance d'un cas de rigueur doivent être appréciées de m anière restrictive. Il est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. C ela signifie que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la 6 m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue, c'est-à-dire que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Lors de l'appréciation du cas d'extrêm e gravité, il y a lieu de tenir com pte de l'ensem ble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un tel cas n'im plique pas forcém ent que la présence de l'étranger en Suisse constitue l'unique m oyen pour échapper à une situation de détresse. D 'un autre côté, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d'extrêm e gravité; il faut encore que sa relation avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notam m ent dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail, d'am itié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent norm alem ent pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient une exem ption des m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. ATF 130 II 39 consid. 3, 128 II 200 consid. 4, 124 II 110 consid. 2, 123 II 125 consid. 2 et 5b/aa; ALAIN W U R ZBU R G ER , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R evue de D roit adm inistratif et de D roit fiscal [R D AF] I 1997, p. 267ss). 3.3 Le Tribunal fédéral a précisé que les séjours illégaux en Suisse n'étaient en principe pas pris en com pte dans l'exam en d'un cas de rigueur. La longue durée d'un séjour en Suisse n'est pas, à elle seule, un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité dans la m esure où ce séjour est illégal. Sinon, l'obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récom pensée. D ès lors, il appartient à l'autorité com pétente d'exam iner si l'intéressé se trouve pour d'autres raisons dans un état de détresse justifiant de l'excepter des m esures de lim itation du nom bre des étrangers. Pour cela, il y a lieu de se fonder sur les relations fam iliales de l'intéressé en Suisse et dans sa patrie, sur son état de santé, sur sa situation professionnelle, sur son intégration sociale, etc. (cf. ATF 130 II 39 consid. 3). 4. 4.1 D ans son pourvoi, le recourant invoque le bénéfice de la circulaire de l'O D M du 21 décem bre 2001 sur la pratique de cet office concernant la réglem entation du séjour des étrangers dans les cas personnels d'extrêm e gravité (cf. m ém oire de recours pp. 2 et 3). 4.2 Préalablem ent, le Tribunal précise que selon la doctrine et la jurisprudence, les directives et circulaires de l'adm inistration, si elles visent à assurer l'application uniform e de certaines dispositions légales, n'ont pas force de loi et ne lient ni les adm inistrés, ni les tribunaux. Elles ne peuvent sortir du cadre fixé par la norm e supérieure dont elles ne sont qu'une concrétisation. En d'autres term es, elles ne peuvent prévoir autre chose que ce qui découle de la législation ou de la jurisprudence. Elles ne dispensent pas non plus l'adm inistration de se prononcer à la lum ière des 7 circonstances du cas d'espèce (cf. ATF 131 V 42 consid. 2.3, 128 I 171 consid. 4.3, 121 II 478 consid. 2b; PIER R E M O O R , Traité de droit adm inistratif, vol. I, 2èm e édition, Berne 1994, p. 264ss). 4.3 La circulaire du 21 décem bre 2001, révisée pour la dernière fois le 21 décem bre 2006 et adressée en priorité aux autorités de police des étrangers, énonce les conditions générales qu'il convient d'exam iner dans l'application de l'art. 13 let. f O LE pour les personnes dont le séjour en Suisse n'est pas régulier, en rappelant la pratique en vigueur et en citant l'essentiel de la jurisprudence développée jusqu'alors par le Tribunal fédéral dans le cadre des recours dont il avait à connaître, com pétence aujourd'hui déchue. O r, par la décision querellée, l'O D M n'a fait qu'apprécier la situation concrète de l'intéressé à l'aune des principes régissant les cas personnels d'extrêm e gravité. Si la circulaire m entionne effectivem ent que la durée totale du séjour constitue un élém ent im portant de la reconnaissance d'un cas de rigueur, il n'en dem eure pas m oins qu'elle indique clairem ent que la situation doit être appréciée à partir d'un ensem ble de critères (intégration, état de santé, fam ille etc.). Il est à noter, en particulier, que cette circulaire ne pose aucun principe selon lequel un séjour de quatre ans au m oins et une bonne intégration en Suisse entraîneraient obligatoirem ent l'application de l'art. 13 let. f O LE, étant entendu que cette disposition n'est pas destinée à régulariser la situation d'étrangers vivant illégalem ent en Suisse. Le recourant ne peut ainsi tirer aucun avantage de cette circulaire (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.531/2005 du 7 décem bre 2005). 4.4 En l'occurrence, A._______ a sollicité l'octroi d'une exception aux m esures de lim itation afin de dem eurer dans le canton de G enève où il vit désorm ais depuis plus de quatorze ans et dem i. Se fondant sur les pièces du dossier, le Tribunal estim e que les élém ents portés à sa connaissance (cf. docum ents produits à l'appui de son m ém oire de recours et notice d'entretien de l'O C P du 16 septem bre 2004) perm ettent de constater que depuis le m ois de septem bre 1992, celui-ci a résidé en Suisse à l'insu des autorités de police des étrangers en toute illégalité et que depuis le dépôt de sa dem ande de régularisation, au m ois de septem bre 2004 (cf. form ulaire individuel signé par l'intéressé le 15 septem bre 2004), il y dem eure au bénéfice d'une sim ple tolérance cantonale, laquelle, de par son caractère provisoire et aléatoire, ne saurait être considérée com m e un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.222/2006 du 4 juillet 2006 consid. 3.2 et 2A.540/2005 du 11 novem bre 2005). Au dem eurant, le sim ple fait pour un étranger de séjourner en Suisse pendant plusieurs années, y com pris à titre légal, ne perm et pas d'adm ettre un cas personnel d'extrêm e gravité sans que n'existent d'autres circonstances tout à fait exceptionnelles à m êm e de justifier l'existence d'un cas de rigueur (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.565/2005 du 23 décem bre 2005). D ans ces circonstances, le recourant ne saurait tirer parti de la seule durée de son séjour en Suisse pour bénéficier d'une exception aux m esures de lim itation. Pour rappel, l'intéressé se trouve en effet dans une situation com parable à celle de 8 nom breux étrangers qui sont appelés à quitter la Suisse au term e d'un séjour autorisé ou non et qui, ne bénéficiant d'aucun traitem ent particulier, dem eurent soum is aux m esures de lim itation. 5. 5.1 C ela étant, il convient d'exam iner les critères d'évaluation qui, autres que la seule durée du séjour en Suisse, pourraient rendre le retour du recourant dans son pays d'origine particulièrem ent difficile. 5.2 Ainsi que précisé ci-dessus, selon la jurisprudence développée par le Tribunal fédéral, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas à constituer un cas d'extrêm e gravité (cf. ATF 128 II 200 consid. 4 et les arrêts cités). En effet, faut-il encore que le refus de soustraire l'étranger aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Autrem ent dit, il est nécessaire que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, soient m ises en cause de m anière accrue (cf. supra consid. 3.2). 5.3 En l'espèce, le recourant justifie avant tout sa dém arche par la durée de son séjour en Suisse, par son com portem ent irréprochable en ce pays, par son intégration rem arquable à la société genevoise et au m arché du travail helvétique, ainsi que par sa relation « extrêm em ent sérieuse » avec une ressortissante britannique séjournant en Suisse sous le couvert d'une carte de légitim ation du D FAE (cf. m ém oire de recours, p. 3, et déterm inations du 3 m ai 2007). En ce qui concerne l'intégration socioprofessionnelle du recourant, force est de constater que, com parée à celle de la m oyenne des étrangers présents en Suisse depuis plus de dix ans, elle ne revêt aucun caractère exceptionnel. En effet, bien que le Tribunal ne rem ette nullem ent en cause les efforts d'intégration accom plis par l'intéressé, ni les excellentes relations qu'il a pu établir avec son actuel em ployeur (cf. attestation du 27 avril 2007), il ne saurait pour autant considérer que celui-ci se soit créé avec la Suisse des attaches à ce point profondes et durables qu'il ne puisse plus raisonnablem ent envisager un retour dans son pays d'origine, où il est d'ailleurs retourné fin 2006 pour une urgence fam iliale (cf. visa de retour figurant au dossier cantonal). Au dem eurant, les pièces du dossier révèlent que depuis son arrivée en Suisse, le recourant a certes travaillé à la satisfaction de ses divers em ployeurs (cf. attestations de travail figurant au dossier cantonal) et, par son travail, assuré son indépendance financière. Force est toutefois de constater qu'au regard de la nature des em plois (aide-m écanicien et m écanicien) qu'il a exercés en Suisse, il n'a pas acquis de connaissances ou de qualifications spécifiques telles qu'il ne pourrait plus les m ettre en pratique dans son pays d'origine et qu'il faille considérer qu'il a fait preuve d'une évolution professionnelle rem arquable en Suisse justifiant, à elle seule, l'adm ission d'un cas de rigueur au sens de l'art. 13 let. f O LE (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.586/2006 consid. 2.2 et les arrêts du Tribunal 9 fédéral non publiés du 12 août 1996 en la cause J. c/ D FJP, du 23 janvier 1998 dans la cause A. c/ D FJP et du 2 février 1999 dans la cause P. SA et B. c/ D FJP). En outre, le Tribunal relève que le com portem ent de A._______ en Suisse n'est pas exem pt de tout reproche. En effet, depuis son arrivée clandestine en Suisse en septem bre 1992 et jusqu'au dépôt de sa dem ande d'autorisation de séjour en septem bre 2004, le prénom m é a séjourné et travaillé dans ce pays de m anière totalem ent illégale, étant précisé toutefois qu'il a interrom pu ce séjour en se rendant un m ois en M acédoine durant l'été 1995 (cf. courrier adressé à l'O C P le 25 m ars 2005). C ela étant, m êm e s'il ne faut pas exagérer l'im portance des infractions aux prescriptions de police des étrangers inhérentes à la condition de travailleur clandestin, il n'est néanm oins pas contradictoire de tenir com pte de l'existence de telles infractions (cf. ATF 130 II 39 consid. 5.2). Sur un autre plan, il convient de rappeler ici que le recourant est né en M acédoine, où il a suivi toute sa scolarité et où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans. Il a ainsi passé dans son pays d'origine toute sa jeunesse, son adolescence et une partie de sa vie de jeune adulte, années qui apparaissent com m e essentielles pour la form ation de la personnalité et, partant, pour l'intégration sociale et culturelle (cf. ATF 123 II 125 consid. 5b/aa). D e plus, il a eu l'occasion de travailler quelque tem ps dans sa patrie com m e m écanicien (cf. p.-v. d'audition du 14 novem bre 1997). D ans ces conditions, le Tribunal ne saurait considérer que son séjour sur le territoire suisse ait été long au point de le rendre totalem ent étranger à sa patrie. Il n'est en effet pas concevable que ce pays, où il a passé la m ajeure partie de son existence et où, surtout, vivent ses parents et frère et soeurs (cf. p.-v. d'audition précité et notice d'entretien de l'O C P du 16 septem bre 2004), lui soit devenu à ce point étranger qu'il ne serait plus en m esure, après une période de réadaptation, d'y retrouver ses repères. Il est dès lors indéniable que le recourant possède des attaches fam iliales et socio-culturelles étroites et profondes avec sa patrie et que son retour ne le m ettrait pas dans une situation de détresse personnelle, d'autant m oins qu'il est en bonne santé et encore jeune. Ainsi, m êm e si l'on peut adm ettre, dans une certaine m esure, que le recourant a perdu une partie de ses racines dans sa patrie à travers son séjour en Suisse, où il a une soeur qui a obtenu entre-tem ps la nationalité helvétique par naturalisation (cf. notice d'entretien précitée), force est néanm oins de constater qu'il bénéficie dans son pays d'origine de conditions fam iliales très favorables en vue de s'y réintégrer, pouvant com pter sur l'appui, m oral du m oins, de ses proches. Par ailleurs, la pratique acquise par l'intéressé sur le plan professionnel (m écanicien) pourra lui être utile dans son pays, ou du m oins favoriser sa réintégration professionnelle, d'autant plus qu'il avait déjà travaillé dans cette branche avant de venir en Suisse. Enfin, à l'instar de l'autorité intim ée, le Tribunal est d'avis que la relation étroite et sérieuse entretenue depuis plusieurs années par A._______ avec une citoyenne britannique résidant à G enève ne perm et pas de considérer favorablem ent sa requête sous l'angle de l'art. 13 let. f O LE, cela d'autant m oins que les 10 intéressés ne sont pas unis par les liens du m ariage et qu'ils ne peuvent donc se prévaloir d'aucun droit en m atière de séjour en Suisse. 5.4 Enfin, le Tribunal n'ignore pas non plus que le retour d'un étranger dans son pays après un séjour de plusieurs années en Suisse n'est pas exem pt de difficultés. En cas de retour forcé dans sa patrie, le recourant se trouvera probablem ent dans une situation m atérielle sensiblem ent inférieure à celle dont il bénéfice en Suisse, notam m ent en raison de la crise économ ique que traverse la M acédoine (cf. m ém oire de recours, p. 3). Il n'y a pas lieu cependant de considérer que cette situation serait sans com m une m esure avec celle que connaissent ses com patriotes. En outre, il convient de rappeler à ce propos qu'une exception aux m esures de lim itation n'a pas pour but de soustraire des étrangers aux conditions de vie de leur pays d'origine, m ais im plique que ceux-ci se trouvent personnellem ent dans une situation si rigoureuse qu'on ne saurait exiger d'eux qu'ils tentent de se réadapter à leur existence passée. C om m e l'a relevé le Tribunal fédéral dans sa jurisprudence (cf. notam m ent ATF 123 II 133 consid. 5b/dd), on ne saurait tenir com pte des circonstances générales (économ iques, sociales, sanitaires) affectant l'ensem ble de la population restée sur place, auxquelles la personne concernée sera égalem ent exposée à son retour, sauf si celle-ci allègue d'im portantes difficultés concrètes propres à son cas particulier, ce qui n'est à l'évidence pas le cas en l'espèce. En conséquence, l'exam en de l'ensem ble des élém ents de la présente cause am ène le Tribunal à la conclusion que l'intéressé ne se trouve pas dans une situation d'extrêm e gravité au sens de l'art. 13 let. f O LE et que c'est à bon droit que l'autorité intim ée a considéré qu'il ne satisfaisait pas aux exigences de cette disposition. C om pte tenu des considérants exposés ci-dessus, il appert que, par sa décision du 21 juin 2005, l'O D M n'a ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de m anière inexacte ou incom plète; en outre, cette décision n'est pas inopportune (art. 49 PA). En conséquence, le recours est rejeté. Vu l'issue de la cause, il y a lieu de m ettre les frais de procédure à la charge du recourant, conform ém ent à l'art. 63 al. 1 PA en relation avec l'art. 1, l'art. 2 et l'art. 3 du règlem ent du 11 décem bre 2006 concernant les frais, dépens et indem nités fixés par le Tribunal adm inistratif fédéral (FITAF, R S 173.320.2).11 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Le recourant dem eure assujetti aux m esures de lim itation. 3. Les frais de procédure, s'élevant à Fr. 700.--, sont m is à la charge du recourant. Ils sont com pensés par l'avance versée le 7 septem bre 2005. 4. Le présent arrêt est com m uniqué : - au recourant, par l'entrem ise de son conseil (recom m andé) - à l'autorité intim ée (recom m andé), dossier 2 105 862 en retour. Le Juge: Le greffier: Blaise Vuille Fabien C ugni D ate d'expédition :