<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp321168"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>139 III 478<br/><br/><br/><div class="paraatf">69. Extrait de l'arrêt de la Ire Cour de droit civil dans la cause X. contre Z. (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">4A_137/2013 du 7 novembre 2013</div> <a name="idp322704"></a> <a name="idp326544"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 149 ZPO</span>; Säumnis; Anfechtung eines Entscheides, mit dem eine Wiederherstellung verweigert wurde. <div class="paratf">Der Ausschluss jeglicher Rechtsmittel gegen den Wiederherstellungsentscheid kann der säumigen Partei nicht entgegengehalten werden, wenn die Verweigerung der Wiederherstellung den definitiven Verlust einer Klage oder eines Angriffsmittels zur Folge hat (E. 1 und 6). </div> </div> </div> <a name="idp330400"></a> <br/><div> <a name="idp334112"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> <span class="small">ab Seite 479</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page479"></a><div class="center pagebreak">BGE 139 III 478 S. 479</div> </div> <div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp336224"></a><span class="bold" id="consideration_1.">1. </span>A teneur de l'<span class="artref">art. 147 al. 1 CPC</span>, une partie est défaillante lorsqu'elle omet d'accomplir un acte de procédure dans le délai prescrit ou ne se présente pas lorsqu'elle est citée à comparaître. En procédure de conciliation, l'<span class="artref">art. 206 al. 1 CPC</span> prévoit que si la partie requérante fait défaut, sa requête est censée retirée et l'affaire est rayée du rôle.</div> <div class="paraatf">L'<span class="artref">art. 148 al. 1 CPC</span> permet à la partie défaillante, sous certaines conditions se rapportant à la cause du défaut, d'obtenir un délai supplémentaire ou une nouvelle audience. A cette fin, selon l'<span class="artref"><artref id="CH/272/148/3" type="start"></artref><artref id="CH/272/148/2" type="start"></artref>art. 148 al. 2 et 3 CPC</span><artref id="CH/272/148/3" type="end"></artref><artref id="CH/272/3" type="end"></artref>, la partie défaillante doit présenter une requête dans les dix jours qui suivent celui où la cause du défaut a disparu (al. 2), mais au plus tard six mois après l'entrée en force d'une décision communiquée dans l'intervalle (al. 3). Aux termes de l'<span class="artref">art. 149 CPC</span>, "le tribunal donne à la partie adverse l'occasion de s'exprimer et statue définitivement sur la restitution".</div> <div class="paraatf">En l'occurrence, la Commission de conciliation était saisie par la recourante d'une contestation portant sur la validité d'une résiliation de bail. La recourante a fait défaut à l'audience du 5 novembre 2012, ce qui a conduit la Commission à rayer la cause du rôle conformément à l'<span class="artref">art. 206 al. 1 CPC</span>. La Commission a ensuite rejeté une demande de la recourante qui tendait, en substance, à la reprise de la cause et à une nouvelle audience de conciliation.</div> <div class="paraatf">Selon la Chambre des recours civile, la Commission a alors appliqué l'<span class="artref">art. 148 CPC</span> sur la restitution, et elle a statué "définitivement" aux termes de l'<span class="artref">art. 149 CPC</span>; pour ce motif, cette autorité supérieure refuse d'entrer en matière sur le recours qui lui a été transmis.</div> <div class="paraatf">(...)</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp357648"></a><span class="bold" id="consideration_6.">6. </span>L'autorité a le droit - et éventuellement le devoir (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=5&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2013&amp;to_year=2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F118-IB-187%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page187">ATF 118 Ib 187</a> consid. 5a p. 191) - de déroger au sens littéral d'un texte apparemment clair, par la voie de l'interprétation, lorsque des raisons objectives révèlent que ce texte ne restitue pas le sens véritable de la disposition en cause. De tels motifs peuvent ressortir des travaux préparatoires, du but de la règle et de ses rapports avec d'autres <a name="page480"></a><div class="center pagebreak">BGE 139 III 478 S. 480</div> dispositions légales (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=5&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2013&amp;to_year=2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-II-440%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page440">ATF 138 II 440</a> consid. 13 p. 453; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=5&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2013&amp;to_year=2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-217%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page217">ATF 137 III 217</a> consid. 2.4.1 p. 221, <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=5&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2013&amp;to_year=2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-470%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page470">ATF 137 III 470</a> consid. 6.4 p. 472).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp372992"></a><span class="bold" id="consideration_6.1">6.1 </span>Les règles de la procédure de restitution ont été proposées par le Conseil fédéral et elles n'ont été que peu discutées et modifiées par les conseils législatifs. En particulier, l'art. 147 du projet, devenu l'<span class="artref">art. 149 CPC</span>, a été adopté sans modification, à ceci près que l'infinitif "se déterminer" a été remplacé par "s'exprimer". Le texte proposé par le Conseil fédéral a été conservé dans les deux autres langues.</div> <div class="paraatf">Selon le Conseil fédéral, la restitution éventuellement accessible à la partie défaillante correspond à un "principe reconnu en droit de procédure" mais elle ne doit pas "retarder inutilement la procédure"; la décision consécutive à une demande de restitution est définitive "également dans l'intérêt de la célérité de la procédure" (Message du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse, FF 2006 6841 6920 ad art. 145 à 147). D'après les travaux préparatoires, la dérogation au système des voies de recours n'est donc justifiée que par le principe de célérité.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp377568"></a><span class="bold" id="consideration_6.2">6.2 </span>Pour la partie demanderesse et en procédure de conciliation, le refus d'une restitution peut entraîner la perte complète et irrémédiable de l'action, en particulier lorsque celle-ci est soumise à un délai de péremption. En droit du bail à loyer, le locataire qui entend contester un congé et faire valoir les moyens d'annulation prévus par les <span class="artref"><artref id="CH/220/271" type="start"></artref>art. 271 et 271a CO</span><artref id="CH/220/271^a" type="end"></artref> doit saisir l'autorité de conciliation dans un délai péremptoire de trente jours fixé par l'<span class="artref">art. 273 al. 1 CO</span>. Si le locataire fait défaut en conciliation et que la restitution ne lui est pas accordée, il se trouve désormais hors délai pour introduire utilement une nouvelle requête de conciliation; en conséquence, il est déchu des moyens d'annulation ci-mentionnés. Ce préjudice est précisément celui encouru par la recourante dans la présente affaire. En droit du travail, la partie qui entend réclamer l'indemnité prévue par l'<span class="artref">art. 336a CO</span>, ensuite d'un congé abusif, doit elle aussi agir dans un délai de péremption fixé par l'<span class="artref">art. 336b al. 2 CO</span>.</div> <div class="paraatf">En procédure de première instance, la partie demanderesse peut se trouver dans la même situation défavorable si elle n'a pas respecté la durée de validité de l'autorisation de procéder, durée fixée par l'<span class="artref"><artref id="CH/272/209/4" type="start"></artref><artref id="CH/272/209/3" type="start"></artref>art. 209 al. 3 et 4 CPC</span><artref id="CH/272/209/4" type="end"></artref><artref id="CH/272/4" type="end"></artref>, et qu'elle n'en obtient pas la restitution.</div> <div class="paraatf">On voit donc qu'un refus de restitution peut comporter des effets équivalant à ceux d'un jugement de première instance rejetant l'action. Dans un système procédural cohérent, la partie demanderesse devrait <a name="page481"></a><div class="center pagebreak">BGE 139 III 478 S. 481</div>alors jouir de possibilités de recours au moins similaires à celles prévues contre un pareil jugement.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp415808"></a><span class="bold" id="consideration_6.3">6.3 </span>En doctrine, la solution adoptée par le législateur est comprise en ce sens qu'une décision d'octroi ou de refus de la restitution n'est jamais susceptible d'un recours immédiat, c'est-à-dire du recours qui est éventuellement recevable contre des décisions ou ordonnances d'instruction d'après l'<span class="artref">art. 319 let. b ch. 2 CPC</span>. Pour le surplus, les commentateurs (à l'exception de DENIS TAPPY, in CPC, Code de procédure civile commenté, 2011, n° 12 ad <span class="artref">art. 149 CPC</span>, et de SAMUEL MARBACHER, in Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], Baker &amp;McKenzie [éd.],2010, n° 5 ad <span class="artref">art. 149 CPC</span>) exposent que cette décision en matière de restitution peut être attaquée avec la décision finale intervenant plus tard, parce que, la procédure étant alors terminée par cette décision finale, la contestation n'entraîne plus aucun retard (BENEDIKT SEILER, Die Berufung nach ZPO, 2013, p. 162 n. 381; NINA FREI, in Commentaire bernois, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2012, n° 11 ad <span class="artref">art. 149 CPC</span>; ADRIAN STAEHELIN, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], Thomas Sutter-Somm et al. [éd.], 2<sup>e</sup> éd. 2013, n° 4 ad <span class="artref">art. 149 CPC</span>; URS HOFFMANN- NOWOTNY, in ZPO, Paul Oberhammer [éd.], 2010, n° 5 ad art. 149CPC; BARBARA MERZ, in Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], Alexander Brunner et al. [éd.], 2011, n° 6 ad <span class="artref">art. 149 CPC</span>; NICCOLÒ GOZZI, in Commentaire bâlois, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2<sup>e</sup> éd. 2013, n<sup>os</sup> 10-12 ad <span class="artref">art. 149 CPC</span>).</div> <div class="paraatf">Cette approche réalise un équilibre entre le principe de célérité avancé par le Conseil fédéral, motivant l'exclusion de tout recours selon le libellé de l'<span class="artref">art. 149 CPC</span>, et la protection juridique à assurer aux plaideurs.</div> <div class="paraatf">L'octroi ou le refus d'une restitution n'est cependant envisagé, dans ces contributions doctrinales, que comme une décision ou ordonnancede procédure qui sera suivie d'une décision finale, laquelle pourra être contestée par la voie de l'appel ou du recours. Il est vrai que l'octroi d'une restitution n'est jamais une décision finale en tant que, précisément, elle permet l'accomplissement d'un acte de procédure par la partie défaillante, dans le délai restitué, ou la tenue d'une nouvelle audience. Le refus de la restitution est en revanche une décision finale lorsque l'autorité de conciliation ou le tribunal de première instance a déjà clos la procédure et que la requête de la partie défaillante tend à la faire rouvrir (consid. 7.3 non publié). La Cour suprême du canton de Zurich est d'avis qu'en pareille situation, l'exclusion prévue par <a name="page482"></a><div class="center pagebreak">BGE 139 III 478 S. 482</div>l'<span class="artref">art. 149 CPC</span> n'est pas applicable (Blätter für zürcherische Rechtsprechung, 2011, n<sup>os</sup> 91 in fine p. 276 et 105 in fine p. 291).</div> <div class="paraatf">La lettre de la recourante du 15 novembre 2012 était destinée à faire rouvrir une procédure de conciliation que la Commission avait rayée du rôle. Le refus de cette autorité entraîne la perte définitive des moyens d'annulation du congé prévus par les <span class="artref"><artref id="CH/220/271" type="start"></artref>art. 271 et 271a CO</span><artref id="CH/220/271^a" type="end"></artref>. En raison de cette conséquence, la possibilité d'un appel ou d'un recours est nécessaire à la protection juridique de la partie requérante. Par ailleurs, l'exercice de l'appel ou du recours ne porte aucune atteinte au principe de célérité, lequel est la seule justification avancée dans le Message du 28 juin 2006 (p. 7270) pour l'exclusion complète de toute voie de recours. Il s'impose donc d'interpréter l'<span class="artref">art. 149 CPC</span> en ce sens que dans ce contexte caractérisé par la conséquence du refus de la restitution, l'exclusion de toute voie de recours n'est pas opposable à la partie requérante.</div> </div></body></html>