<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">[AZA 0/6] </div> <div class="para">6P.113/1999/ROD </div> <div class="para">6P.133/1999 </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> COUR DE CASSATION PENALE </div> <div class="para"> ************************************************* </div> <div class="para">24 février 2000 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition de la Cour: M. Schubarth, Président, Président du Tribunal </div> <div class="para">fédéral, M. Schneider et M. Kolly, Juges. </div> <div class="para">Greffier: M. Denys. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> Statuant sur le recours de droit public </div> <div class="para">formé par </div> <div class="para"> </div> <div class="para">X.________, représenté par Mes GG.________ et II.________, </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">le jugement rendu le 21 mai 1999 par la Cour d'appel pénale du Tribunal </div> <div class="para">cantonal valaisan dans la cause qui oppose le recourant au Ministère public </div> <div class="para">du V a l a i s c e n t r a l; </div> <div class="para"> (<span class="artref">art. 4 aCst.</span>, <span class="artref">art. 6 CEDH</span>, <span class="artref">art. 14 Pacte ONU II</span>; </div> <div class="para"> garanties procédurales dans le procès pénal; </div> <div class="para"> appréciation des preuves) </div> <div class="para"> Vu les pièces du dossier d'où ressortent </div> <div class="para"> les f a i t s suivants: </div> <div class="para"> A.- Le 14 septembre 1992, une procédure pénale a été ouverte contre </div> <div class="para">X.________, pour diverses infractions patrimoniales commises au détriment de </div> <div class="para">la Banque cantonale du Valais (BCV). Le 27 avril 1998, le Tribunal du IIe </div> <div class="para">arrondissement pour le district de Sion a jugé X.________ et huit coaccusés. </div> <div class="para">Reconnaissant X.________ coupable d'abus de confiance (<span class="artref">art. 138 ch. 2 CP</span>), </div> <div class="para">d'escroquerie (<span class="artref">art. 146 al. 2 CP</span>), de délit manqué d'escroquerie (<span class="artref">art. 22 al. </span></div> <div class="para">1 et <artref id="CH/311.0/146/2" type="start"></artref>art. 146 al. 2 CP<artref id="CH/311.0/22/1" type="end"></artref>), de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 aCP) et </div> <div class="para">d'obtention frauduleuse d'une constatation fausse (<span class="artref">art. 253 CP</span>), le Tribunal </div> <div class="para">d'arrondissement l'a condamné à huit ans de réclusion, sous déduction de </div> <div class="para">trois jours de détention préventive. Il a constaté que les infractions </div> <div class="para">retenues, commises entre 1986 et 1991, avaient porté sur plus de 120 millions </div> <div class="para">de francs, mais il n'a pas chiffré le dommage, la faillite de X.________ </div> <div class="para">ouverte le 15 octobre 1993 n'étant pas encore liquidée. </div> <div class="para"> B.- X.________ a interjeté appel le 24 septembre 1998. Par jugement du </div> <div class="para">21 mai 1999, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal valaisan a </div> <div class="para">partiellement admis l'appel, prononcé l'acquittement sur un point et, sur la </div> <div class="para">base des mêmes dispositions légales que le Tribunal d'arrondissement, fixé </div> <div class="para">une peine de six ans de réclusion, sous déduction de six jours de détention </div> <div class="para">préventive. </div> <div class="para"> C.- Le 25 mai 1999, X.________ a déposé un recours de droit public </div> <div class="para">(6P.133/1999) contre les décisions incidentes des 26 et 28 avril 1999 par </div> <div class="para">lesquelles la Cour d'appel a rejeté sa requête d'ajournement des débats, </div> <div class="para">décidé de poursuivre les débats nonobstant l'absence de son défenseur </div> <div class="para">d'office Me GG.________, refusé que Me II.________ l'assiste et dépose un </div> <div class="para">canevas de plaidoirie et enfin, l'a incarcéré pour la durée des débats. Ce </div> <div class="para">recours a été initialement attribué à la Ie Cour de droit public, dont le </div> <div class="para">président, par décision du 31 mai 1999 (1P.303/1999), a ordonné la suspension </div> <div class="para">de la procédure jusqu'à l'échéance du délai de recours contre le jugement au </div> <div class="para">fond. </div> <div class="para"> Le 25 juin 1999, X.________ a déposé un recours de droit public </div> <div class="para">"complémentaire" (6P.113/1999), dirigé essentiellement contre le prononcé au </div> <div class="para">fond. </div> <div class="para"> X.________ a en outre déposé un pourvoi en nullité. Cinq coaccusés ont </div> <div class="para">pour leur part déposé chacun un recours de droit public et un pourvoi en </div> <div class="para">nullité. </div> <div class="para"> Invités à se déterminer sur les recours de droit public de X.________, </div> <div class="para">le Ministère public et la Cour d'appel ont conclu au rejet de ceux-ci, </div> <div class="para">renvoyant simplement au jugement attaqué. </div> <div class="para"> C o n s i d é r a n t e nd r o i t: </div> <div class="para">... </div> <div class="para"> 2.- Le recourant se plaint d'une violation de l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> dans la </div> <div class="para">mesure où il n'a pas été assisté d'un avocat lors des débats devant la Cour </div> <div class="para">d'appel. </div> <div class="para"> a) L'avocat GG.________ a assisté le recourant en qualité de défenseur </div> <div class="para">de choix dès le 2 avril 1993. Le 24 septembre 1998, il a, au nom du </div> <div class="para">recourant, déposé une déclaration d'appel de 66 pages et formulé une requête </div> <div class="para">d'assistance judiciaire. Le 28 janvier 1999, le président de la Cour d'appel </div> <div class="para">a fixé les débats d'appel au 26 avril 1999. Par décision du même jour, il a </div> <div class="para">mis le recourant au bénéfice de l'assistance judiciaire partielle et lui a </div> <div class="para">désigné Me GG.________ comme avocat d'office, observant que le recourant </div> <div class="para">n'était plus en mesure d'assumer les frais d'un avocat et qu'il ne pouvait </div> <div class="para">pas défendre sa cause lui-même. </div> <div class="para"> Le 11 février 1999, Me GG.________ a formulé une requête de renvoi des </div> <div class="para">débats d'appel et, subsidiairement, a demandé à être relevé de son mandat de </div> <div class="para">droit public. Cette requête a été rejetée le 19 février 1999. </div> <div class="para"> Le 17 mars 1999, Me II.________ a informé la Cour d'appel du fait qu'il </div> <div class="para">avait été mandaté par le recourant et a sollicité le report des débats afin </div> <div class="para">de pouvoir préparer la défense de celui-ci. Par décision du 22 mars 1999, le </div> <div class="para">président de la Cour d'appel a dénié au recourant l'assistance d'un second </div> <div class="para">avocat en la personne de Me II.________ et a une nouvelle fois refusé de ren- </div> <div class="para">voyer les débats. Par arrêt du 22 avril 1999 (1P.207/1999), la Ie Cour de </div> <div class="para">droit public du Tribunal fédéral a rejeté pour autant que recevable le </div> <div class="para">recours de droit public interjeté par le recourant contre cette décision. </div> <div class="para"> Le 9 avril 1999, Me GG.________ a informé la Cour d'appel qu'il était </div> <div class="para">dans l'impossibilité d'assister le recourant aux débats du 26 avril. </div> <div class="para">Simultanément, il a produit une lettre du recourant du 8 avril 1999 dans </div> <div class="para">laquelle celui-ci marque son admiration pour le travail accompli mais le prie </div> <div class="para">de ne pas intervenir lors des débats d'appel. </div> <div class="para"> Rappelé à ses devoirs d'avocat d'office et informé de ce que les débats </div> <div class="para">auraient lieu comme prévu, Me GG.________ a écrit le 22 avril 1999 à la Cour </div> <div class="para">d'appel qu'il ne se présenterait pas et a réitéré sa requête d'être libéré de </div> <div class="para">cette défense d'office. Il a joint à son courrier diverses pièces attestant </div> <div class="para">d'une intense activité professionnelle et publique ainsi qu'un certificat </div> <div class="para">médical du médecin généraliste JJ.________ du 17 avril 1999, dans lequel ce </div> <div class="para">dernier conseille à Me GG.________, souffrant de stress, une meilleure </div> <div class="para">hygiène de vie, avec prise en compte de périodes de repos et de diminution de </div> <div class="para">l'activité professionnelle. Ce même 22 avril 1999, le recourant a pour sa </div> <div class="para">part écrit à la Cour d'appel que ses deux avocats ne pouvaient accepter de le </div> <div class="para">défendre dans un délai si court. </div> <div class="para"> Le 26 avril 1999, le recourant s'est présenté seul devant la Cour </div> <div class="para">d'appel. Après délibération, celle-ci a communiqué oralement sa décision de </div> <div class="para">maintenir les débats, considérant que le comportement du recourant était un </div> <div class="para">procédé dilatoire constitutif d'un abus de droit. </div> <div class="para"> b) Dans son jugement du 21 mai 1999, la Cour d'appel a longuement motivé </div> <div class="para">sa décision de procéder nonobstant l'absence de défenseur. En résumé, après </div> <div class="para">avoir examiné le comportement du recourant et des avocats précités, elle a </div> <div class="para">conclu qu'il ne ressortait pas des deux certificats médicaux établis par le </div> <div class="para">Dr JJ.________ - celui remis lors de l'audience le 28 avril 1999 n'apportant </div> <div class="para">rien à celui daté du 17 avril 1999 - que Me GG.________ était incapable de </div> <div class="para">comparaître, que cette absence n'était que l'ultime moyen employé par le </div> <div class="para">recourant et ce mandataire pour reporter l'audience, qu'en invitant celui-ci </div> <div class="para">à ne pas l'assister aux débats et en comparaissant seul, le recourant avait </div> <div class="para">cherché à provoquer un ajournement des débats et, de la sorte, utilisé les </div> <div class="para">droits de la défense afin de paralyser le procès et de le repousser à son </div> <div class="para">gré. Elle a qualifié d'abusif et dilatoire le comportement du recourant qui, </div> <div class="para">s'étant en toute connaissance de cause privé de l'assistance de son avocat, </div> <div class="para">s'était ensuite prévalu du droit à un défenseur. </div> <div class="para"> Se référant à un arrêt du Tribunal fédéral (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F113-IA-218%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page218">ATF 113 Ia 218</a>), le </div> <div class="para">recourant soutient qu'en cas de défense nécessaire ou obligatoire (sur cette </div> <div class="para">notion, cf. arrêt précité, consid. 3b et c), il a, à défaut d'un comportement </div> <div class="para">manifestement abusif, un droit absolu à être défendu par un avocat, dont </div> <div class="para">l'absence représente dans tous les cas une violation de l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> ainsi </div> <div class="para">que de l'<span class="artref">art. 6 CEDH</span>. A cet égard, l'<span class="artref">art. 32 al. 2 Cst.</span> (entré en vigueur le </div> <div class="para">1er janvier 2000 [RO 1999 2555]) ne confère pas plus de droit (cf. FF 1987 I </div> <div class="para">189). </div> <div class="para"> c) Cet arrêt a été rendu dans une cause de défense nécessaire où le </div> <div class="para">défenseur, à la suite d'une inadvertance, ne semble pas avoir eu connaissance </div> <div class="para">de la date de l'audience d'appel et où l'accusé qui y a participé n'a pas </div> <div class="para">protesté contre la tenue des débats en l'absence de son avocat. Selon le </div> <div class="para">Tribunal fédéral, l'avocat doit, dans les causes de défense obligatoire ou </div> <div class="para">nécessaire, être présent aux débats et la tenue des débats en son absence </div> <div class="para">viole, dans tous les cas, l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> et l'<span class="artref"><artref id="CH/784.11/6/3" type="start"></artref><artref id="CH/784.11/6/1" type="start"></artref>art. 6 par. 1 et 3 let</span><artref id="CH/784.11/6/3" type="end"></artref><artref id="CH/784.11/3" type="end"></artref>. c CEDH; </div> <div class="para">les débats doivent être ajournés même si l'avocat fait défaut aux débats sans </div> <div class="para">motif valable; dans le cas jugé, l'accusé ne pouvait pas valablement renoncer </div> <div class="para">à la présence de son défenseur (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F113-IA-218%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page218">ATF 113 Ia 218</a> consid. 3c et d p. 222 ss). </div> <div class="para">Dans un obiter dictum, le Tribunal fédéral a soulevé la question du défaut du </div> <div class="para">défenseur dans les cas de défense facultative, observant que les dispositions </div> <div class="para">précitées ne seraient pas violées si l'accusé renonçait expressément à la </div> <div class="para">présence de l'avocat ou que l'absence de celui-ci était due à une manoeuvre, </div> <div class="para">soit à un abus de droit (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F113-IA-218%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page218">ATF 113 Ia 218</a> consid. 3e p. 224 s.). </div> <div class="para"> Le Tribunal fédéral a donc expressément réservé l'exception de l'abus de </div> <div class="para">droit pour les causes de défense facultative. Mais rien ne permet de supposer </div> <div class="para">qu'il ait entendu l'exclure dans les causes de défense obligatoire; le </div> <div class="para">recourant lui-même ne le soutient pas. N'étant pas saisi d'un cas d'abus de </div> <div class="para">droit, le Tribunal fédéral n'avait pas à se prononcer sur cette question. </div> <div class="para">Selon une jurisprudence constante, la réserve de l'abus de droit s'applique à </div> <div class="para">l'ensemble de l'ordre juridique et en particulier, sans restriction, à tous </div> <div class="para">les droits procéduraux des parties (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-IV-79%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page79">ATF 125 IV 79</a> consid. 1b p. 81; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F104-IV-90%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page90">104 IV 90</a> </div> <div class="para">consid. 3a p. 94 s.; Robert Hauser/Erhard Schweri, Schweizerisches </div> <div class="para">Strafprozessrecht, 4ème éd., Bâle 1999, § 57 p. 231 ss). Ainsi, par exemple, </div> <div class="para">un défenseur d'office peut être refusé à l'accusé indigent pour abus de droit </div> <div class="para">lorsque cet accusé a provoqué son indigence en vue du procès en cause (ATF </div> <div class="para">104 Ia 31 consid. 4 p. 34). </div> <div class="para"> La limite de l'abus de droit vaut au demeurant aussi à l'encontre des </div> <div class="para">droits découlant de l'<span class="artref">art. 6 CEDH</span> (cf. Alphonse Spielmann/Dean Spielmann, La </div> <div class="para">notion de l'abus de droit à la lumière de la CEDH, in: L'abus de droit et les </div> <div class="para">concepts équivalents: principe et applications actuelles, Actes du 19ème </div> <div class="para">colloque de droit européen, Strasbourg 1990, p. 60; Jean-François Flauss, </div> <div class="para">L'abus de droit dans le cadre de la CEDH, RUDH 1992 p. 462). En matière de </div> <div class="para">défense, ces droits coïncident avec ceux qu'accorde l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> (ATF 124 I </div> <div class="para">185 consid. 3a p. 189). Or, dans un cas où l'avocat d'office avait abandonné </div> <div class="para">son mandat en raison du comportement de l'accusé et où ce dernier, qui </div> <div class="para">soutenait ne pas être en mesure de se défendre seul, s'était néanmoins vu </div> <div class="para">refuser la désignation d'un autre avocat d'office, la Commission européenne </div> <div class="para">des Droits de l'Homme a nié une violation de l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let</span>. c CEDH, </div> <div class="para">alors même que la peine privative de liberté prononcée était de cinq ans. La </div> <div class="para">Commission a considéré que le droit à un défenseur était certes un élément </div> <div class="para">essentiel d'un procès équitable, mais qu'en l'espèce, l'inégalité des armes </div> <div class="para">dont l'accusé avait eu à souffrir sans avocat n'était "imputable qu'à son </div> <div class="para">propre comportement"; elle a ainsi jugé que, vu l'attitude contradictoire de </div> <div class="para">l'accusé, la conduite du procès ne pouvait pas être considérée comme </div> <div class="para">inéquitable (Décisions et rapports, vol. 21 p. 126 ss, ad requête no </div> <div class="para">8386/78). Dans le même sens, la Cour de cassation belge a jugé que le refus </div> <div class="para">de l'ajournement d'une audience pour permettre au prévenu, dont les droits de </div> <div class="para">la défense avaient par ailleurs été respectés, de choisir un nouvel avocat </div> <div class="para">lorsqu'il s'était lui-même mis dans la situation de ne plus avoir de </div> <div class="para">défenseur ne violait pas l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let</span>. c CEDH (arrêt du 22 septembre </div> <div class="para">1982, cité in: Jacques Velu/Rusen Ergec, La Convention européenne des Droits </div> <div class="para">de l'Homme, Bruxelles 1990, n. 601 p. 497). La Commission européenne des </div> <div class="para">Droits de l'Homme a en outre jugé conforme à la CEDH de frapper les auteurs </div> <div class="para">de recours abusifs de sanctions pécuniaires, pour autant que le but poursuivi </div> <div class="para">soit la bonne administration de la justice (cf. Jean-François Flauss, op. </div> <div class="para">cit., p. 465). Quant à la Cour européenne des Droits de l'Homme, elle a </div> <div class="para">statué que l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let</span>. c CEDH ne commandait pas l'octroi d'un avocat </div> <div class="para">d'office à un accusé indigent qui souhaitait introduire un appel sans chance </div> <div class="para">objective de succès contre un jugement de première instance rendu dans un </div> <div class="para">procès équitable au sens de l'<span class="artref">art. 6 CEDH</span> (aff. Monnell et Morris, Série A </div> <div class="para">vol. 115, § 67). </div> <div class="para"> d) En l'espèce, la Cour d'appel a retenu en fait que le recourant, </div> <div class="para">d'entente avec son défenseur, avait délibérément invité celui-ci à ne pas </div> <div class="para">comparaître devant la Cour d'appel afin de paralyser le procès par un ajour- </div> <div class="para">nement des débats, en d'autres termes qu'il s'était privé d'avocat en pleine </div> <div class="para">connaissance de cause dans le seul but d'obtenir le report des débats, qui </div> <div class="para">lui avait d'ailleurs été précédemment refusé à plusieurs reprises. A l'en- </div> <div class="para">contre de cette constatation, le recourant ne soulève pas de moyen spécifique </div> <div class="para">tiré de l'arbitraire; à défaut d'être mise en cause, la constatation lie le </div> <div class="para">Tribunal fédéral. </div> <div class="para"> Certes, dans une remarque liminaire, le recourant évoque la dépression </div> <div class="para">de Me GG.________; il échafaude diverses explications possibles au </div> <div class="para">comportement de son avocat et relève en particulier qu'il est "assez vrai- </div> <div class="para">semblable" que le refus de la Cour d'appel, le 22 mars 1999, d'ajourner les </div> <div class="para">débats et d'admettre un second défenseur aient provoqué chez celui-ci une </div> <div class="para">rupture grave de son état psychique sous forme de dépression. Émettre ces </div> <div class="para">hypothèses ne démontre évidemment pas que la constatation précitée de la Cour </div> <div class="para">d'appel serait insoutenable. </div> <div class="para"> Par ailleurs, le certificat médical du Dr JJ.________ du 17 avril 1999 </div> <div class="para">ne parle pas d'une grave rupture de l'état psychique, mais d'un état de </div> <div class="para">stress évident, d'une tension artérielle excessive et d'une surcharge </div> <div class="para">pondérale, d'un traitement antihypertenseur et antidépresseur, de </div> <div class="para">recommandations formelles notamment pour une meilleure hygiène de vie, une </div> <div class="para">diminution de l'activité professionnelle, une plus grande participation à la </div> <div class="para">vie privée et familiale pour diminuer l'état de stress et d'anxiété. C'est </div> <div class="para">sans arbitraire que la Cour d'appel a conclu que ce certificat ne démontrait </div> <div class="para">pas l'incapacité de Me GG.________ de comparaître aux débats. A noter </div> <div class="para">d'ailleurs que le recourant lui-même relève le fait que, le jour des débats, </div> <div class="para">Me GG.________ était à son étude. </div> <div class="para"> Dans un résumé des faits précédant les griefs formels, le recourant, en </div> <div class="para">renvoyant aux deux certificats médicaux du Dr JJ.________, déclare que Me </div> <div class="para">GG.________ souffrait d'une incapacité de travail de 75% dès le 17 avril </div> <div class="para">1999. Or, ces chiffres ne ressortent pas de ces documents. Quant aux </div> <div class="para">déclarations écrites de Me II.________ et du bâtonnier KK.________ auxquelles </div> <div class="para">le recourant se réfère aussi, il s'agit de pièces nouvelles, partant </div> <div class="para">irrecevables (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F118-IA-20%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page20">ATF 118 Ia 20</a> consid. 5a p. 26 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> Enfin, le recourant, sans autre démonstration, affirme que Me </div> <div class="para">GG.________ n'aurait pas demandé à être libéré de son mandat de défenseur </div> <div class="para">d'office s'il y avait réellement eu collusion entre eux. Cette thèse est tout </div> <div class="para">sauf convaincante dès lors que si Me GG.________ avait été libéré de son </div> <div class="para">mandat, un autre avocat aurait dû reprendre la défense. Compte tenu du temps </div> <div class="para">nécessaire à cet avocat pour étudier le volumineux dossier, le renvoi des </div> <div class="para">débats souhaité par le recourant se serait imposé. </div> <div class="para"> e) L'abus de droit consiste notamment à utiliser une institution </div> <div class="para">juridique à des fins étrangères à son but pour réaliser des intérêts que </div> <div class="para">cette institution ne veut pas protéger, de telle sorte que l'écart entre le </div> <div class="para">droit exercé et l'intérêt qu'il est censé protéger soit manifeste (ATF 125 IV </div> <div class="para">79 consid. 1b p. 81; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-II-97%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page97">121 II 97</a> consid. 4 p. 103 s.). </div> <div class="para"> Outre la garantie découlant des <span class="artref">art. 4 aCst.</span> et 6 CEDH (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F113-IA-218%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page218">ATF 113 Ia 218</a> </div> <div class="para">consid. 3b p. 221 s.), le recourant devait, en vertu du droit cantonal, </div> <div class="para">obligatoirement être assisté d'un défenseur (<span class="artref">art. 49 ch. 3 CPP</span>/VS; RVJ 1996 </div> <div class="para">p. 309 consid. 4a et 1981 p. 420 consid. 1). En connaissance de cette règle, </div> <div class="para">il a invité son défenseur d'office à ne pas comparaître, puis a invoqué son </div> <div class="para">droit à un défenseur et pris argument du défaut de celui-ci pour requérir </div> <div class="para">l'ajournement des débats et, en conséquence, retarder l'issue de la </div> <div class="para">procédure. Il a ainsi tenté de détourner l'institution de la défense </div> <div class="para">obligatoire de son but, qui est de garantir à l'accusé un procès équitable et </div> <div class="para">non de lui ouvrir la possibilité de manoeuvres dilatoires. Le comportement </div> <div class="para">contradictoire du recourant apparaît constitutif d'un abus manifeste des </div> <div class="para">droits de la défense. Dès lors que ce comportement lui était imputable, la </div> <div class="para">Cour d'appel pouvait passer outre à l'absence de défenseur; elle le pouvait </div> <div class="para">d'autant plus que le recourant avait été assisté d'un avocat durant l'instru- </div> <div class="para">ction et la procédure de première instance, que cet avocat avait déposé une </div> <div class="para">déclaration d'appel détaillée, que le Ministère public n'avait pour sa part </div> <div class="para">pas recouru, que la Cour d'appel ne pouvait revoir, en défaveur du recourant, </div> <div class="para">des points non remis en cause dans sa déclaration de recours (<span class="artref">art. 189 ch. 2 </span></div> <div class="para">CPP/VS; Bulletin des séances du Grand Conseil du Canton du Valais, séance du </div> <div class="para">27 janvier 1992, p. 36), et que le principe de l'interdiction de la </div> <div class="para">reformatio in pejus s'appliquait en appel (<span class="artref">art. 192 ch. 2 CPP</span>/VS). </div> <div class="para"> Dans ces circonstances, le recourant doit supporter les conséquences de </div> <div class="para">son comportement abusif durant la procédure d'appel. Le grief soulevé est </div> <div class="para">infondé dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> 3.- Le recourant se plaint d'une application arbitraire des <span class="artref"><artref id="CH/312.0/49" type="start"></artref>art. 49 et </span></div> <div class="para">125 CPP<artref id="CH/312.0/125" type="end"></artref>/VS faute d'avoir été assisté d'un avocat lors des débats devant la </div> <div class="para">Cour d'appel. </div> <div class="para"> L'<span class="artref">art. 49 ch. 2 CPP</span>/VS accorde au prévenu le droit de se pourvoir d'un </div> <div class="para">défenseur en tout état de cause; l'<span class="artref">art. 49 ch. 3 CPP</span>/VS prescrit que dans </div> <div class="para">certaines causes, le prévenu doit nécessairement être assisté d'un défenseur. </div> <div class="para">Quant à l'<span class="artref">art. 125 ch. 1 CPP</span>/VS aussi applicable en appel (<span class="artref">art. 191 ch. 1 </span></div> <div class="para">CPP/VS), il prévoit que le tribunal ajourne les débats lorsque le défenseur </div> <div class="para">ne se présente pas alors que sa présence est requise. Il découle en principe </div> <div class="para">de ces dispositions cantonales que des débats d'appel ne peuvent pas avoir </div> <div class="para">lieu en l'absence du défenseur du recourant. Toutefois, la réserve de l'abus </div> <div class="para">de droit vaut aussi à leur égard (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-IV-79%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page79">ATF 125 IV 79</a> consid. 1b p. 81). L'abus du </div> <div class="para">recourant étant, pour les motifs précités, manifeste, la Cour d'appel pouvait </div> <div class="para">procéder aux débats nonobstant l'absence de défenseur. Le grief est infondé. </div> <div class="para"> 4.- Le recourant se plaint d'une violation de l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let. b </span></div> <div class="para">CEDH et de l'<span class="artref">art. 14 Pacte ONU II</span> (RS 0.103.2), dans la mesure où, à la suite </div> <div class="para">du refus de reporter les débats à l'automne 1999, il n'aurait pas disposé du </div> <div class="para">temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense. </div> <div class="para"> L'<span class="artref">art. 14 par. 3 let. b Pacte ONU II</span> garantit à l'accusé de disposer du </div> <div class="para">temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense. Cette </div> <div class="para">garantie est équivalente à celle découlant de l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let. b CEDH</span>; il </div> <div class="para">n'en découle pas de droits plus larges (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-I-109%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page109">ATF 122 I 109</a> consid. 3c p. 114). </div> <div class="para"> En l'espèce, le dossier de la cause et le jugement du Tribunal </div> <div class="para">d'arrondissement ont certes une ampleur tout à fait exceptionnelle. Mais Me </div> <div class="para">GG.________, mandaté le 2 avril 1993, a défendu le recourant durant </div> <div class="para">l'instruction et la procédure de première instance; il connaissait donc bien </div> <div class="para">le dossier. Le 24 septembre 1998, il a déposé une déclaration d'appel motivée </div> <div class="para">de 66 pages; à défaut d'appel de la part du Ministère public, la procédure </div> <div class="para">d'appel ne portait que sur les points soulevés par le recourant (<span class="artref">art. 189 ch. </span></div> <div class="para">2 CPP/VS; Bulletin des séances du Grand Conseil du Canton du Valais, séance </div> <div class="para">du 27 janvier 1992, p. 36). Le 28 janvier 1999, le président de la Cour </div> <div class="para">d'appel a fixé les débats au 26 avril 1999, soit trois mois plus tard et sept </div> <div class="para">mois après le dépôt de la déclaration d'appel. </div> <div class="para"> Dans son arrêt du 22 avril 1999 (1P.207/1999), le Tribunal fédéral a </div> <div class="para">relevé mal comprendre comment Me GG.________ pouvait prétendre ne pas avoir </div> <div class="para">disposé de suffisamment de temps pour préparer la défense du recourant et a </div> <div class="para">retenu que le comportement de celui-ci pouvait objectivement apparaître comme </div> <div class="para">abusif et dilatoire. En l'espèce, le recourant se contente d'affirmer sans </div> <div class="para">autre démonstration que le temps à disposition était insuffisant et de citer </div> <div class="para">des passages de doctrine que personne ne conteste d'ailleurs. Mais il </div> <div class="para">n'apporte aucun élément propre à réviser l'appréciation précitée, qui est </div> <div class="para">convaincante. Au contraire, l'abus du droit qu'il a commis au début des </div> <div class="para">débats en relation avec le droit à un défenseur la conforte. Le seul élément </div> <div class="para">concret que le recourant articule est le soupçon qu'on ait à tout prix voulu, </div> <div class="para">vu la "portée socio-politique" de la cause, "classer" le dossier au niveau </div> <div class="para">cantonal avant les élections fédérales de l'automne. Cela n'a rien à voir </div> <div class="para">avec la question de savoir s'il a suffisamment eu de temps à disposition pour </div> <div class="para">préparer sa défense. </div> <div class="para"> Pour l'essentiel, il s'agissait de préparer la plaidoirie. Vu la </div> <div class="para">connaissance détaillée du dossier que possédait Me GG.________ et eu égard à </div> <div class="para">la déclaration d'appel circonstanciée déposée par celui-ci, un délai de trois </div> <div class="para">mois dès réception de la citation à comparaître respectivement de sept mois </div> <div class="para">dès le dépôt de la déclaration d'appel était suffisant pour ce faire. Le </div> <div class="para">grief est infondé. </div> <div class="para"> 5.- Le recourant se plaint d'une violation de l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let</span>. c </div> <div class="para">CEDH pour violation du droit de se défendre ou d'avoir recours à un avocat; </div> <div class="para">dans sa motivation, il se plaint toutefois uniquement du fait qu'il ne lui a </div> <div class="para">pas été permis de se constituer un second défenseur. </div> <div class="para"> Selon cette disposition, l'accusé a le droit à l'assistance d'un </div> <div class="para">défenseur (respectivement à une "legal assistance" selon le texte anglais </div> <div class="para">auquel se réfère le recourant). Selon une décision de la Commission euro- </div> <div class="para">péenne des Droits de l'Homme portant sur la limitation du nombre des </div> <div class="para">défenseurs, l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let</span>. c CEDH, malgré son texte anglais plus </div> <div class="para">indéfini, accorde à l'accusé, pour autant que de besoin, le soutien "d'un" </div> <div class="para">professionnel indépendant ("assistance of an independent professional") afin </div> <div class="para">d'assurer le respect effectif du contradictoire (Décisions et rapports, vol. </div> <div class="para">14, n. 19, p. 89 et 114). Cette disposition ne donne donc pas un droit à être </div> <div class="para">assisté de plusieurs avocats et le droit national peut limiter leur nombre </div> <div class="para">(Theo Vogler, Internationaler Kommentar zur EMRK, art. 6 n. 519, p. 203; </div> <div class="para">Stefan Trechsel, Die Verteidigungsrechte in der Praxis zur EMRK, RPS 96/1979, </div> <div class="para">p. 358). Les passages de doctrine cités par le recourant ne disent pas autre </div> <div class="para">chose. Le grief est infondé dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> Au surplus, il sied de relever que Me GG.________ a assumé seul la </div> <div class="para">défense du recourant jusqu'au dépôt de la déclaration d'appel, sans jamais </div> <div class="para">objecter qu'il n'était pas en mesure de le faire. Dès lors qu'il avait déposé </div> <div class="para">une déclaration d'appel détaillée, que le Ministère public n'avait pour sa </div> <div class="para">part pas recouru, que la Cour d'appel ne pouvait pas revoir, en défaveur du </div> <div class="para">recourant, des points non remis en cause dans sa déclaration de recours (<span class="artref">art. </span></div> <div class="para">189 ch. 2 CPP/VS; Bulletin des séances du Grand Conseil du Canton du Valais, </div> <div class="para">séance du 27 janvier 1992, p. 36) et que le principe de l'interdiction de la </div> <div class="para">reformatio in pejus s'appliquait (<span class="artref">art. 192 ch. 2 CPP</span>/VS), il est manifeste </div> <div class="para">que la présence d'un second avocat aux côtés de Me GG.________ pour préparer </div> <div class="para">et présenter la plaidoirie devant la Cour d'appel n'était pas nécessaire. </div> <div class="para"> 6.- Le recourant se plaint d'une violation de l'<span class="artref">art. 14 Pacte ONU II</span> dès </div> <div class="para">lors qu'il ne lui a pas été permis de se défendre en ayant recours à un </div> <div class="para">avocat et de se constituer un second défenseur; il ne motive toutefois que le </div> <div class="para">second grief relatif au droit à un second avocat. </div> <div class="para"> L'<span class="artref">art. 14 par. 3 let</span>. d Pacte ONU II garantit à l'accusé le droit à </div> <div class="para">avoir l'assistance d'un avocat. Cette disposition accorde une garantie </div> <div class="para">équivalente à celle découlant de l'<span class="artref">art. 6 par. 3 let</span>. c CEDH; il n'en découle </div> <div class="para">pas de droits plus larges (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-I-109%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page109">ATF 122 I 109</a> consid. 3c p. 114; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F120-IA-247%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page247">120 Ia 247</a> </div> <div class="para">consid. 5b p. 255). Le grief est dès lors également infondé dans la mesure où </div> <div class="para">il est recevable. </div> <div class="para"> 7.- Pour le motif qu'il ne lui a pas été permis de se constituer un </div> <div class="para">second défenseur, le recourant invoque encore une violation de l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> </div> <div class="para"> Le droit d'être entendu, garanti par l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span>, implique la </div> <div class="para">possibilité de mandater un défenseur (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F120-IA-247%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page247">ATF 120 Ia 247</a> consid. 3a p. 250); à </div> <div class="para">cet égard, l'<span class="artref">art. 32 al. 2 Cst.</span> (entré en vigueur le 1er janvier 2000 [RO </div> <div class="para">1999 2555]) ne confère pas plus de droit (FF 1987 I 189). Mais il ne donne </div> <div class="para">pas un droit inconditionnel et illimité à se faire assister par plusieurs </div> <div class="para">défenseurs. Pour le motif déjà qu'un second défenseur n'était pas nécessaire </div> <div class="para">en l'espèce pour garantir une défense suffisante, l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> n'a pas été </div> <div class="para">violé. Les garanties procédurales qu'offre l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> ont d'ailleurs une </div> <div class="para">portée équivalente à celles des <span class="artref">art. 6 CEDH</span> et 14 Pacte ONU II (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=11.02.2000&amp;to_date=01.03.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-I-109%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page109">ATF 122 I 109</a> </div> <div class="para">consid. 3c p. 114). Le grief est infondé. </div> <div class="para">Par ces motifs, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> le Tribunal fédéral, </div> <div class="para"> 1. Rejette le recours dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> 2. Met un émolument judiciaire de 8'000 francs à la charge du recourant. </div> <div class="para"> 3. Communique le présent arrêt en copie aux mandataires du recourant, au </div> <div class="para">Ministère public du Valais central et à la Cour d'appel pénale du Tribunal </div> <div class="para">cantonal valaisan. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 24 février 2000 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Cour de cassation pénale </div> <div class="para"> </div> <div class="para">du TRIBUNAL FEDERAL SUISSE: </div> <div class="para">Le Président, </div> <div class="para">Le Greffier, </div> </div></body></html>