<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">[AZA] </div> <div class="para">C 404/99 Co </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>IIe Chambre </u> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">composée des Juges fédéraux Lustenberger, Président, Meyer </div> <div class="para">et Ferrari; Berthoud, Greffier </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>Arrêt du 22 mai 2000 </u> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">dans la cause </div> <div class="para"> </div> <div class="para">C.________, recourant, représenté par P.________, avocat, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Caisse de chômage de la Chambre vaudoise du commerce et de </div> <div class="para">l'industrie, avenue d'Ouchy 47, Lausanne, intimée, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">et </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Tribunal administratif du canton de Vaud, Lausanne </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> A.- Par décision du 30 avril 1998, la Caisse de chô- </div> <div class="para">mage CVCI (la caisse) a signifié à C.________ qu'elle ne </div> <div class="para">lui verserait plus d'indemnités de chômage à partir du mois </div> <div class="para">de mars 1998. A l'appui de sa décision, la caisse a retenu </div> <div class="para">notamment que le prénommé, qui se trouvait au chômage à </div> <div class="para">partir du 1er novembre 1997, était associé, depuis </div> <div class="para">le 2 mars 1998 (statuts du 26 février 1998), avec son </div> <div class="para">épouse et son fils dans une nouvelle société à responsabi- </div> <div class="para">lité limitée dénommée "C.________ Nettoyages-Multiservice </div> <div class="para">Sàrl". Dans ces conditions, il était peu vraisemblable que </div> <div class="para">C.________ ne consacre pas davantage d'heures à la mise en </div> <div class="para">route de son entreprise que celles qu'il avait annoncées </div> <div class="para">sur l'attestation de gain intermédiaire. </div> <div class="para"> L'Office cantonal de l'assurance-chômage du canton de </div> <div class="para">Vaud a confirmé la décision de la caisse, par décision sur </div> <div class="para">recours du 10 mars 1999. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> B.- C.________ a recouru contre cette décision devant </div> <div class="para">le Tribunal administratif du canton de Vaud qui l'a débouté </div> <div class="para">par jugement du 6 octobre 1999. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> C.- L'assuré interjette recours de droit administratif </div> <div class="para">contre ce jugement dont il demande l'annulation, avec suite </div> <div class="para">de dépens, en concluant principalement au versement d'in- </div> <div class="para">demnités de chômage pour les mois de mars, avril et mai </div> <div class="para">1998, et subsidiairement au renvoi de la cause à l'intimée. </div> <div class="para"> Cette dernière conclut au rejet du recours. Le Secré- </div> <div class="para">tariat d'Etat à l'économie a renoncé à se déterminer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>Considérant en droit </u> </div> <div class="para"> : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 1.- Le litige porte sur l'aptitude au placement du </div> <div class="para">recourant à partir du mois de mars 1998. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 2.- Les premiers juges ont exposé correctement les </div> <div class="para">règles de droit applicables en l'espèce, de sorte qu'il </div> <div class="para">suffit de renvoyer au consid. 3 du jugement attaqué </div> <div class="para">(<span class="artref">art. 36a al. 3 OJ</span>). On y ajoutera la référence à deux </div> <div class="para">arrêts publiés (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=17&amp;from_date=21.05.2000&amp;to_date=09.06.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F123-V-234%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page234">ATF 123 V 234</a> et DTA 1998 n° 32 p. 174) </div> <div class="para">ainsi qu'à la doctrine récente (Nussbaumer, Arbeitslosen- </div> <div class="para">versicherung, in : Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht, </div> <div class="para">n. 221 pp. 88-89). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 3.- Le Tribunal administratif a estimé que la situa- </div> <div class="para">tion du recourant, dès la fondation de l'entreprise fami- </div> <div class="para">liale, était semblable à celle d'un indépendant. Il a con- </div> <div class="para">sidéré que le recourant avait démontré, par sa motivation </div> <div class="para">et le travail fourni, que la mise sur pied et la viabilité </div> <div class="para">du projet reposait sur lui et qu'il entendait oeuvrer dura- </div> <div class="para">blement dans cette voie comme indépendant. En outre, les </div> <div class="para">juges cantonaux ont relevé que les recherches d'emploi man- </div> <div class="para">quaient de constance et de diversité dès le mois de mars, </div> <div class="para">le recourant ayant du reste admis - sans l'établir - qu'il </div> <div class="para">avait consacré au moins la moitié de son temps à la direc- </div> <div class="para">tion de son entreprise dès le mois d'avril. </div> <div class="para"> Dès lors, faute de disponibilité suffisante au place- </div> <div class="para">ment, le Tribunal administratif a jugé que le recourant </div> <div class="para">n'était plus apte au placement durant la période en cause. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 4.- Le recourant conteste ce point de vue. Il fait </div> <div class="para">observer en particulier que son apport financier s'est </div> <div class="para">limité à 1000 fr., tandis que son épouse et son fils </div> <div class="para">s'étaient de leur côté engagés jusqu'à concurrence de </div> <div class="para">19 000 fr. Par ailleurs, il rappelle qu'il n'avait aucun </div> <div class="para">pouvoir de signature, que les investissements consentis par </div> <div class="para">la société étaient peu importants et qu'elle n'a recouru </div> <div class="para">qu'à du personnel auxiliaire dépourvu de contrat durable. </div> <div class="para">Il soutient de plus que l'intimée a surestimé le temps </div> <div class="para">qu'il a consacré au développement de l'entreprise. Quant à </div> <div class="para">ses recherches d'emploi durant la période en cause, il es- </div> <div class="para">time qu'elles ont été suffisantes, sauf en mai. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 5.- En l'espèce, le recourant est associé dans la so- </div> <div class="para">ciété à responsabilité limitée qu'il a constituée avec son </div> <div class="para">épouse et son fils, ces derniers étant de leur côté asso- </div> <div class="para">ciés-gérants. Mais, ainsi que les premiers juges l'ont </div> <div class="para">considéré à juste titre, il est hautement vraisemblable, au </div> <div class="para">sens où la jurisprudence l'entend (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=17&amp;from_date=21.05.2000&amp;to_date=09.06.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-V-193%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page195">ATF 125 V 195</a> con- </div> <div class="para">sid. 2), que la mise sur pied et la viabilité de l'entre- </div> <div class="para">prise repose - principalement du moins - sur la personne du </div> <div class="para">recourant, plutôt que sur celles de son épouse ou de son </div> <div class="para">fils. Celle-ci devait constituer désormais le cadre de son </div> <div class="para">activité principale, si bien que l'on doit en déduire que, </div> <div class="para">dans ces conditions, il n'avait plus réellement la volonté </div> <div class="para">de retrouver son statut antérieur de salarié. </div> <div class="para"> Plusieurs indices plaident en effet dans ce sens. La </div> <div class="para">Sàrl constituée a pour but l'exploitation d'une entreprise </div> <div class="para">de nettoyage dont le siège est à X.________. Or, cette </div> <div class="para">activité correspond exactement à celle exercée par l'assuré </div> <div class="para">pendant plus de quinze ans au service d'une grande </div> <div class="para">entreprise romande de nettoyage dont il était le chef </div> <div class="para">responsable de la succursale lausannoise. Véritable </div> <div class="para">professionnel de la branche, contrairement à son épouse et </div> <div class="para">à son fils, l'assuré y a investi ses économies, comme il y </div> <div class="para">a consacré son temps. Au début de son activité, en mars </div> <div class="para">1998, le recourant a occupé son temps à la recherche de </div> <div class="para">machines d'occasion, ainsi qu'à la visite d'amis et de </div> <div class="para">connaissances en vue de trouver des contrats commerciaux. </div> <div class="para">Au mois d'avril, il a dédié la moitié de son temps à </div> <div class="para">l'entreprise, s'efforçant d'acquérir des marchés et de la </div> <div class="para">clientèle. Par la suite, le temps passé au service de la </div> <div class="para">société s'est constamment accru. Par ailleurs, en février </div> <div class="para">1998, le recourant s'était inscrit à un cours portant sur </div> <div class="para">le thème "devenir indépendant". On doit ainsi considérer </div> <div class="para">que, dès la fondation de sa société au début mars 1998, le </div> <div class="para">recourant avait choisi de prendre une activité </div> <div class="para">d'indépendant qu'il n'était pas prêt à abandonner. </div> <div class="para"> Certes le recourant a dû éprouver des difficultés à </div> <div class="para">ses débuts, dans la mesure où - comme cela se produit </div> <div class="para">souvent dans de telles circonstances - il a d'abord dû se </div> <div class="para">constituer une clientèle avant de percevoir les revenus de </div> <div class="para">cette activité. Or, un tel risque d'entrepreneur n'est pas </div> <div class="para">couvert pas l'assurance-chômage. Au demeurant, en raison de </div> <div class="para">sa formation, du cours suivi, ainsi que de ses contacts </div> <div class="para">avec les responsables de l'office de placement, il ne </div> <div class="para">devait manifestement pas ignorer l'incidence que la créa- </div> <div class="para">tion d'une Sàrl était susceptible d'avoir quant à ses </div> <div class="para">droits aux prestations de l'assurance-chômage. </div> <div class="para"> Vu ce qui précède, l'intimée a admis à juste titre que </div> <div class="para">du point de vue des exigences relatives à l'aptitude au </div> <div class="para">placement, la situation du recourant est tout à fait compa- </div> <div class="para">rable à celle d'un indépendant. En conséquence, elle a mis </div> <div class="para">fin à bon droit au versement des indemnités de chômage à </div> <div class="para">compter du mois de mars 1998. Le recours est mal fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>p r o n o n c e </u> </div> <div class="para"> : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>I. Le recours est rejeté.</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>II. Il n'est pas perçu de frais de justice.</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>III. Le présent arrêt sera communiqué aux parties, au</i> </div> <div class="para"> Tribunal administratif du canton de Vaud, à l'Office </div> <div class="para"> cantonal de l'assurance-chômage du canton de Vaud, à </div> <div class="para"> l'Office régional de placement de Prilly et au Secré- </div> <div class="para"> tariat d'Etat à l'économie. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 22 mai 2000 </div> <div class="para">Au nom du </div> <div class="para">Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para">Le Président de la IIe Chambre : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : </div> </div></body></html>