JAAC61.91 Décision de la Commission fédérale de recours en matière de douanes du 11 mars 1997 Art. 14 ch. 23 LD. Art. 28 al. 5 OLD. Art. 23 CC. Franchise de droits d’entrée pour les produits bruts des bien-fonds sis dans la zone limitrophe étrangère. Condition relative au domicile de l’exploitant du bien-fonds. Conformément à l’art. 23 CC, ce qui est décisif, c’est la volonté manifestée de faire d’un lieu le centre de ses relations personnelles et professionnelles. L’autorité doit apprécier librement l’ensemble des circonstances (consid. 3a). Art. 14 Ziff. 23 ZG. Art. 28 Abs. 5 ZV . Art. 23 ZGB. Zollfreier Warenverkehr für rohe Bodenerzeugnisse von Grundstücken in der ausländischen Wirtschaftszone. Voraussetzung betreffend den Wohnsitz des Bewirtschafters. Entscheidend ist, entsprechend Art. 23 ZGB, der zum Ausdruck gebrachte Wille, einen bestimmten Ort zum Zentrum seiner persönlichen und beruflichen Beziehungen zu machen. Die Behörde würdigt dabei frei die Umstände in ihrer Gesamtheit (E. 3a). Art. 14 n. 23 LD. Art. 28 cpv. 5 OLD. Art. 23 CC. Prodotti greggi del suolo provenienti da fondi situati nella zona economica estera, ammessi in franchigia. Condizione relativa al domicilio del coltivatore del fondo. Giusta l’art. 23 CC è determinante la volontà manifesta di stabilire in un luogo il centro delle proprie relazioni personali e professionali. L’autorità valuta liberamente l’insieme delle circostanze (consid. 3a). 1Résumé des faits: A. H.exploiteuneentrepriseagricolesituéedepartetd’autredelafrontière entrelaSuisseetlaFrance,surleterritoiredetroiscommuneslimitrophes. Selonlebailàfermesignéle15janvier1991entreH.etsonpèreG., l’exploitationcomprendun«rural-étable»àC.(Suisse)etune«étable-hangar» àL.(Suisse),ainsiqu’unappartementdontl’emplacementn’estpasprécisé. Jusqu’en1994,H.occupa,avecsonépouseetsestroisenfants,l’appartement sisàC.Enjuin1994,H.acceptadelibérerau31décembre1994cet appartementpoursonfrère,lui-mêmedevants’installerdanslelogement quesonpèremettraitàdispositiondansledomainedeL.Cependant,H.et sonépouseachetèrentparactenotariédu9décembre1994unlogementàD. (France),danslequelilshabitentavecleursenfantsdepuisle1 er janvier1995. B. Le7mars1995,H.remplitunformulairedel’Administrationfédérale desdouanes,intitulé«Piècejustificativeetdéclarationpourl’importation avecfacilitésdouanières,deproduitsbrutsdusolprovenantdelazone limitropheétrangère»,pourl’année1995. Souslarubrique«domicilelégal», ilindiqua: «L.(nouveaudomicile)». Ayantapprisquecettedéclarationserait refusée,H.écrivitle1 er mai1995àlaDirectiondesdouanesdeLausanne,en expliquantquesesparentsoccupaienttoujourslelogementdeL.,qu’ilavait entaméuneprocédure«pourréintégrerl’ensembledesimmeublesquilui sontaffermés»etqu’ilavaitréintégrésonanciendomicilelégalàC.suiteàla pertedesondomicilelégal,selonuneattestationduContrôledeshabitants deC.LaDirectionduV e arrondissementdesdouanesréponditle19mai1995 qu’elleconsidéraitqueH.étaitdomiciliéàD.,oùsetrouvaitlecentredeses intérêtspersonnels,etqu’ellerefusaitdèslorsl’importationenfranchisequ’il avaitrequise. LaDirectionconfirmasapositiondansunedécisionformelledu 28juin1995. Contrecettedécision,H.recourutle27juillet1995auprèsdela Directiongénéraledesdouanes(DGD),quirejetalerecourspardécisiondu 26janvier1996. C. H.(ci-après«lerecourant»)adéposéle29février1996unrecourscontre cettedécisiondu26janvier1996,adresséàlaCommissionfédéralede recoursenmatièrededouanes(ci-après«laCommissionderecours»ou«la Commissiondecéans»). Ilfaitvaloirensubstancequec’estunesituation familialelitigieusequil’aamenéàhabiteràD.,maisquelecentredeses activitésdemeurel’exploitationd’undomaineagricoledanslazonelimitrophe suisse,etconclutàl’annulationdeladécisionattaquée. LaDGDarépondule 15mai1996,proposantlerejetdurecoursavecsuitedefrais. 2Parcourrierdu26novembre1996,lejugeinstructeurarequisdurecourant diversrenseignements,enl’invitantàproduireenoutrecertainsdocuments justificatifs. Celui-ciadéposéle16janvier1997unedéterminationetdes pièces. Extrait des considérants: 1. (...) 2. Auxtermesdel’art.14ch.23delaloifédéraledu1 er octobre1925sur lesdouanes(LD,RS631.0),sontadmisenfranchisededroitsd’entrée,à titredéfinitif,«lesproduitsbrutsdesbien-fonds,lesvignesexceptées,sis danslazonelimitropheétrangère,quisontcultivésparleurspropriétaires, usufruitiersoufermiers,silecultivateurestdomiciliédanslazonelimitrophe suisseetimportecesproduitslui-mêmeouparl’entremisedesesemployés». L’art.28del’ordonnancedu10juillet1926relativeàlaloisurlesdouanes (OLD,RS631.01)préciselesconditionsauxquellescetteimportationen franchiseestadmise. Enparticulier,l’al.5prévoitquel’exploitantdoitprouver qu’ilestdomicilié,ausensdel’art.23ducodecivilsuissedu10décembre 1907(CC,RS210),danslazonelimitrophesuissecontiguë. D’aprèsladécision attaquée,cetteconditionn’estpasremplie. Ilconvientdèslorsdeseprononcer enpremierlieusurlaquestiondudomiciledurecourant,carl’examendes autresconditionsserasuperflusilaCommissionderecoursarriveàlamême conclusionquelaDGD. 3.a. Conformémentàl’art.23CC,ledomiciled’unepersonneestaulieuoùelle résideavecl’intentiondes’yétablir. Chaquepersonnenepeutavoirqu’un seuldomicile(art.23al.1CC)etconservesondomicileaussilongtempsqu’elle nes’enestpascrééunnouveau(art.24al.1CC).Laconstitutiond’undomicile supposequedeuxélémentssoientréunis: unerelationterritoriale,quiest larésidenceenunlieudonné,etunerelationpersonnelle,quidécoulede l’intentiondes’établirencelieu( ATF119II167 consid.2b,traduitauJournal destribunaux[JdT]1995I174; Henri Deschenaux / Paul-Henri Steinauer , Personnesphysiquesettutelle,Berne1995,N°371; Hans-Michael Riemer, PersonenrechtdesSchweizerischenZivilgesetzbuchs,Berne1995,p.86; Ulrich Vischer,DieFunktionenundAngestaltungendesWohnsitzbegriffesinden verschiedenenGebietendesSchweizerischenRechts,thèseBâle1977,p.14). Larésidencen’estpasunenotiondéfinieclairementdanslajurisprudence etladoctrine;ellesecomprendcommeuneprésencephysiquequalifiée, c’est-à-direunséjourd’unecertainedurée,aveclacréationderapportsassez étroits(ATF119précité;Deschenaux/Steinauer,op. cit.,N°372s.;Riemer, ibidem;Eugen Bucher,DasPersonenrecht,BernerKommentar,Berne1976, Nos 15à20adart.23). Enréalité,larésidenceestétroitementliéeavecle secondélémentdudomicile,l’intentiondes’établir(Bucher,op. cit.,N os 3et 8à10). Celle-cidoitressortird’indicesobjectifsetreconnaissablesparles tiers,notammentlapriseoul’abandond’unlogement,temporaireounon,la présencedesmembresdelafamilleetledépôtdespapiers( ATF115II120 consid.4c=JdT1991I330;Deschenaux/Steinauer,op. cit.,N°376a;Bucher, op. cit.,N°35adart.23). L’intéressédoitavoirl’intentiondes’établirpourune certainedurée,comptetenudubutdesonséjour,maiscetteduréepeutêtre d’embléelimitée: ainsil’étudiantquihabitelavilleuniversitaireletempsde 3sesétudesouleSuisseàl’étrangerquirevientaupayspouryêtremobilisé maisprévoitderepartirdèsqu’illepourra( August Egger,ZürcherKommentar zumSchweizerischenZivilgesetzbuch,2 e éd.,Zurich1948,N os 23ssadart.23; Bucher,op. cit.,N os 22s.;ATF69II277=JdT1944I172;arrêtnonpubliédela Commissionderecoursdu1 er décembre1979,consid.3,CRD206/1978). Cequiestdécisif,c’estlavolontémanifestéedefaired’unlieulecentredeses relationspersonnellesetprofessionnelles. Lorsqu’ilexisteunedivergence entrelelieudutravailetlelieudulogement,lesecondestengénéral déterminantsil’intéresséyretrouverégulièrementsesproches( ATF119 II64 consid.2b/bb;arrêtnonpubliéduTribunalfédéraldu21février1983 dansl’affaire C. contre la Commission de céans ,p. 9;Deschenaux/Steinauer, op. cit.,Nos 377s.;Bucher,op. cit.,N°48). Toutefois,pourunindépendant,le lieudutravailpeutêtreprépondérants’ilypasseégalementunepartiede sontempslibre(arrêtC.précité,p.10;Bucher,op. cit.,N°50). L’autoritédoit apprécierlibrementl’ensembledescirconstances(arrêtC.précité,p.9; ATF 115II120 consid.2c in fine =JdT1991I330;Vischer,op. cit.,p.19 in fine s.) b. Enl’espèce,lerecourantahabitéavecsafamille,jusqu’au31décembre 1994,àC.(Suisse),cequin’estpascontesté. IlaensuiteoccupéàD.(France), avecsonépouseetsestroisenfants,unlogementachetéendécembre1994. C’estparconséquentàcetendroitqu’ilrésideetquesetrouvelecentredeses intérêtspersonnels. Lerecourantobjecteàcelaqu’ilcontinued’exploiterun domaineagricoleenSuisse,qu’ilaétécontraintdeprendreunlogementàD. enraisond’unlitigefamilialetquesondomicilesetrouvetoujoursàC.Son argumentationnepeutêtresuivie,pourlesmotifssuivants. aa. Toutd’abord,sonexploitationagricoles’étendsurleterritoiredetrois communes,dontD.pourunpeumoinsd’untiers. Celanepermetpasde reteniruneréelledivergenceentrelecentredesintérêtspersonnelset professionnelsdurecourant,d’autantmoinsqueplusde40%desterresqu’il cultivesontsituéessurleterritoiredelacommunedeL.(Suisse),distante d’environ2,5kmseulementdeD.Deplus,s’ilestvraiquelesbâtiments del’exploitation,un«rural-étable»etune«étable-hangar»,setrouvent, respectivement,danslescommunessuissesdeC.etL.,lerecourantnedétient enrevancheaucunbétail,cequiimpliqueunemoindreutilisationdeces installations. Enfin,moinsd’unquartdessurfacesdudomaineexploitéparle recourantestsituésurleterritoiredelacommuneoùilprétendêtredomicilié, soitC.Lesintérêtsprofessionnelsdurecourantnesontdoncpasconcentrésen unseullieususceptibledel’emportersurlecentredesesintérêtspersonnels; ilssontaucontrairepartiellementlocalisésdanslamêmecommune,àD. bb. Ensuite,lerecourantn’allèguepasavoirconservéàC.unlogementoù ilpasseraitunepartiedesesloisirs,cequinepermetdetoutefaçonpasde retenircettecommunecommelieudedomicile(Bucher,op. cit.,N°50). Le faitquelerecourantadéposésespapiersàC.etqu’ilyexerce,semble-t-il,ses droitspolitiquesn’estàcetégardnullementdéterminant. Premièrement,ilne s’agitqued’indices( ATF119II64 =JdT1991I330),plusquecontrebalancés parlefaitquelerecourantaachetéunlogementàD.,qu’iloccupeavec safemmeetsesenfants,ainsiqueparlesautresélémentsdéjàrelevés. Deuxièmementetsurtout,lavaleurprobantedudépôtdespapiersàC.est pourlemoinsdouteuse: eneffet,lerecourantatoutd’abordvouludéposerses papiersàL.,oùildisposaitenoutred’unpied-à-terre,etn’aaucunlogementà 4C.Danscesconditions,l’inscriptionauContrôledeshabitantsdeC.apparaît commeunactedecomplaisance,quiaduresteétérévoquépardécisiondu 11octobre1996,sil’onencroitlalettreduServicedel’agricultureducanton du15novembre1996. Cedernierdocumentproduitparlerecourantn’apporte d’ailleursaucunélémentensafaveur: iltendseulementàdémontrerquele serviceenquestionaadmisqueledomiciledurecourantétaitfixéenSuisse «fauted’élémentsdepreuvecontraires»,c’est-à-diresansinstructionsuffisante, puisquecesélémentsexistent,commeonl’avu. cc. Enfin,lerecourantnieavoireul’intentiondes’établiràD.,expliquant qu’ilavaitétécontraintd’yinstallersafamilleparl’attitudedesonpère,qui refuseraitdelibérerlelogementsisàL.Cetargumenttombeàfaux,puisque lesmotifspourlesquelsledomicileestconstituésontdénuésdepertinence (Bucher,op. cit.,N°26). Audemeurant,ilestdetoutemanièremalfondé. En effet,lerecourantaaffirméle1 er mai1995qu’ilavaitouvertuneprocédure pourréintégrerlapossessiondel’immeublequ’ildevaitoccuperàL.avec safamilledèsle1 er janvier1995. Or,invitéàproduirelesprincipauxactes decetteprocédure,lerecourantaremislacopied’unéchanged’écritures des19mars,12juilletet20août1996,dontilressortpremièrementquece n’estpasluiquiaouvertaction,maisbiensonpère,etdeuxièmementquece dernierprétendavoirtoujoursoffertaurecourantdeluilaisserl’utilisation delavilladeL.,pourautantqu’ilyviennehabiterpersonnellementavecsa famille. Lesallégationsdurecourantnesontdèslorspascrédi- bles,d’autantmoinsquesonépouseetluiontacheté,le9décembre1994 déjà,unlogementàD.,alorsqu’ilsétaientcenséshabiteràL.dèslemoisde janvier1995. Cetélémentsuffitàdémontrerunevolontédurecourantetde sonépousedefairedurablementdeD.lecentredeleurexistence,l’acquisition delapropriétéd’unlogementdénotantlavolontédecréerunesituationstable, plusencorequelaconclusiond’unbail. Ilconvientencoredereleverque lafacultépourlesconjointsdeseconstituerundomicileséparé-dernier argumentdurecourant-estunehypothèsequin’entreabsolumentpasen considérationenl’espèce,oùiln’existeaucunindiced’uneséparation;àcet égard,lasituationjugéedansl’ ATF115II120 invoquéparlerecourantest complètementdifférente,puisquel’intéresséeavaitclairementmanifestésa volontédemettreuntermeàlaviecommune. 4. Lerecoursdoitdoncêtrerejeté,sansqu’ilsoitnécessaired’examinersiles autresconditionsdonnantdroitàl’importationenfranchisesontremplies. 5Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali JAAC 61.91 - Décision de la Commission fédérale de recours en matière de douanes du 11 mars 1997 In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione Jahr 1997 Année Anno Band 61 Volume Volume Seite --- Page Pagina Ref. No 150 003 662 Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert. Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale. Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.