<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A. est né le 18 juillet 1950. Il a obtenu les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">brevets d'avocat et de notaire dans le canton de Neuchâtel. Dès le milieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des années 1970, il s'est intéressé au monde des affaires et s'est investi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en particulier dans le domaine immobilier, achetant et vendant des immeu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bles personnellement ou par le biais de sociétés. La fin des années 1980 a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vu à la fois une crise du marché immobilier, victime de surchauffe, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'entrée en vigueur, le 6 octobre 1989, des arrêtés fédéraux urgents des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tinés à lutter contre la spéculation immobilière. A. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors envisagé de mettre fin à ses activités en Suisse et a créé une fon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dation de famille, B., afin de regrouper certains</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ses biens mobiliers et immobiliers. Le 5 octobre 1989, il a signé une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convention de séparation avec C. , qui avait été jusque là son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">associé dans de nombreuses opérations. Le 22 juin 1990, il a vendu à D. S.A., société holding possédant des participations dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des sociétés du groupe A. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 2 mai 1991, A. a déposé plainte pénale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre D. , l'accusant de diverses infractions contre le patrimoine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.1/5). Cette plainte a fait l'objet d'une enquête préliminaire puis a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été classée par le ministère public le 5 juin 1992 (D.1/545). Entre-temps,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plusieurs enquêtes préliminaires avaient été conduites en rapport avec les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">activités de A. , suite notamment à une plainte de D. Holding (ex-D. S.A.)(D.3/2), avant qu'un réquisitoire aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fins d'informer soit délivré le 5 juin 1992 (D.4/5).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Placé en détention préventive le 10 décembre 1992 (D.4/295),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. a été remis en liberté provisoire le 10 mai 1993</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moyennant en particulier le dépôt d'une caution de 200'000 francs et l'en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gagement de déférer à toute citation à comparaître (D.14/3216). Durant sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détention, une expertise psychiatrique a été ordonnée. Dans son rapport du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1er avril 1993 (D.9/1858), l'expert a exclu toute irresponsabilité pénale,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relevant cependant une névrose narcissique marquée avec apparition d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">état anxieux dépressif depuis le printemps 1989 (D.9/1858 ss, 1872-1873).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le 15 décembre 1992, le juge d'instruction a ordonné une expertise compta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble (D.16/3941). Le rapport d'expertise comptable a été déposé le 14 fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrier 1994 (D.16/4012 + classeurs d'annexes A, B et C). Convoqué le 30</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin 1994 afin d'être interrogé précisément sur les préventions envisagées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à son encontre (D.19/4973-5015), A. a informé le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'instruction qu'il ne se présenterait plus devant la justice suisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.19/5016). Disposant de la nationalité française, il entendait en effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rester définitivement en France, pays où il avait transféré le centre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses intérêts et une partie de son patrimoine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Après différentes péripéties de procédure (jugement, p.52 ss),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et en particulier le dépôt d'un rapport complémentaire de l'expert-compta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble (D.32/989), A. a été condamné par défaut par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal correctionnel du district de Boudry le 10 mars 1997 à une peine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de trois ans et demi de réclusion pour gestions déloyales, banqueroutes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">simples, fraudes dans la saisie, faux dans les titres, constatation fausse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un fait en qualité de notaire et tentative de contrainte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C. , également renvoyé devant le Tribunal correctionnel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en même temps que d'autres prévenus, a été pour sa part acquitté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Les 12 et 29 mai 1997, A. recourt à la Cour de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cassation pénale contre le jugement du 10 mars 1997, il se plaint de vio-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lations de règles essentielles de procédure, de constatations arbitraires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de faits et de fausses applications du droit, arguments qui seront repris</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la mesure utile aux considérants qui suivent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Le président du Tribunal correctionnel présente quelques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations contrairement au ministère public et aux plaignants qui n'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formulent aucune.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span><span lang="DE-CH">e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le jugement entrepris a été rendu par défaut le 10 mars 1997 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notifié le 2 mai 1997. Le 12 mai 1997, A. a recouru à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de cassation pénale. Le même jour, il a déposé une demande de relief,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejetée par le président du Tribunal correctionnel le 15 mai 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. a déposé un nouveau recours le 29 mai 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 221 al.3 CPP, si un tribunal siégeant avec le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concours de jurés prononce une condamnation par défaut, le condamné qui a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été sans sa faute empêché de se présenter aux débats peut demander que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement soit mis à néant. Le recourant a choisi d'utiliser cette possibi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité, de sorte qu'il faut admettre que son recours du 12 mai 1997 était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prématuré, donc irrecevable. Le recourant n'a pas entrepris la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui refusant le relief. Il aurait d'ailleurs été mal venu de le faire,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant il est notoire qu'il n'a pas été sans sa faute empêché de se présen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter aux débats (jugement, p. 51-52). Sa demande de relief était d'ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">abusive, puisqu'elle précisait que A. "se rend bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte qu'en aucun cas sa demande ne sera acceptée".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours du 29 mai 1997 est ainsi recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) La Cour de céans, qui n'est pas une Cour d'appel, est liée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par les constatations de fait du premier juge (art.251 al.2 CPP). Elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'intervient, à l'instar du Tribunal fédéral, qu'en cas d'arbitraire en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière d'appréciation des preuves, c'est-à-dire si l'interprétation qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en a été faite est manifestement indéfendable, qu'elle est en contradic-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion avec les faits établis, repose sur une inadvertance ou heurte de fa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">çon choquante le sentiment de la justice. L'annulation d'un jugement pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violation du principe "in dubio pro reo" en rapport avec l'appréciation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des preuves ne peut intervenir que si le tribunal du fait a condamné l'ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cusé alors qu'une analyse objective de tous les éléments de preuve lais-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sait subsister un doute suffisant empêchant de parvenir à une certitude</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(RJN 7 II 4; ATF 120 Ia 31 - JT 1996 IV 80 et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, A. soulève dans son recours un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certain nombre de critiques quant aux faits retenus par le Tribunal cor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rectionnel. Ses allégations devront être examinées dans la mesure décrite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ci-dessus. Il convient cependant d'emblée de souligner le peu de crédibi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité des propos du recourant. L'expert psychiatre a décrit comme suit les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mécanismes psychiques de A. (D.9/1866, 1868-1869) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Lorsqu'on compare ses dires aux éléments objectifs dont on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> peut disposer, on constate qu'il ne travestit ni ne fausse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> grossièrement la réalité dans le sens d'un mensonge déli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> béré, mais qu'il la remanie en mettant l'accent sur tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ce qui pourrait accréditer l'image de lui-même qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cherche à cultiver, passant systématiquement sous silence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tout ce qui pourrait aller à fins contraires. (...) Il se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> met constamment en position de victime, et tout ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pourrait paraître critiquable dans son comportement est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mis sur le compte d'autrui. (...)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les mécanismes de défense principaux du narcissique sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> le recours constant à des fantasmes d'omnipotence et à des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> attitudes de dénigrement et de dévalorisation de l'entou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rage. Le sujet a tendance à s'entourer d'objets (par là on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> entend aussi bien des personnes que des biens matériels)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dont il attend qu'ils le prolongent et lui obéissent en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tièrement, qu'il a besoin de manipuler et de dominer, ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> supportant pas qu'on lui résiste, réagissant alors par des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> crises de "rage narcissique" lui faisant revivre un senti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ment fondamental d'impuissance et de désespoir proche de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> celui de l'enfant réalisant douloureusement qu'il est trop</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> petit pour atteindre ce qu'il désire."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La meilleure illustration de ce qui précède consiste peut-être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en l'attitude du recourant durant l'instruction. A. avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été remis en liberté provisoire moyennant notamment l'engagement de défé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rer à toute citation à comparaître. Lorsqu'il a pris connaissance de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mise en prévention préparée par le juge d'instruction, il a décidé de se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soustraire à la justice suisse "vu la partialité de l'enquête"</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.19/5016). Or, l'examen du dossier démontre au contraire que l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">struction de cette affaire volumineuse et particulièrement complexe a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">menée avec un souci constant d'impartialité. Quoiqu'en pense le recourant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le simple fait de le soupçonner d'avoir commis des infractions et de mener</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des investigations à ce sujet ne suffit pas pour fonder un soupçon de par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tialité. La fuite du recourant est bien plutôt à mettre sur le compte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses problèmes narcissiques. Confronté à des autorités lui résistant, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refuse d'assumer ses responsabilités, en prenant bien soin de rejeter la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité de son absence sur autrui (c'est-à-dire le juge d'instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, puis le Tribunal correctionnel).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour apprécier la crédibilité du recourant, il n'est pas non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus inutile de rappeler le sort des différents recours déposés à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chambre d'accusation après qu'il avait changé de mandataire en mars 1994.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le premier a été considéré "à l'évidence téméraire" (D.20/5194). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deuxième, troisième et quatrième ont également été rejetés (D.23/5771). Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant exigeait notamment que les quelque mille classeurs fédéraux sai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sis soient tous inventoriés et que chaque page soit cotée, afin visible-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de stopper les progrès de l'instruction pendant un certain nombre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois (v. D.18/4750-4752). Le cinquième recours a été simplement déclaré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">irrecevable (D.27/7305), le sixième manifestement mal fondé et confinant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la témérité (D.29/8321). Enfin, le septième recours a été aussi rejeté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.29/8331). Dans ce dernier, A. demandait la récusation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du juge d'instruction. Il n'est pas difficile d'imaginer les conséquences</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'aurait eu un changement de magistrat sur l'instruction de cette affai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re, qui remplissait déjà à l'époque vingt-neuf classeurs fédéraux de piè-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces principales. Il faut également souligner que les sept recours dont il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vient d'être fait état ont été déposés entre mai et décembre 1994, ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">représente approximativement une moyenne d'un recours par mois. Le fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que pas un seul n'ait été couronné de succès démontre que le but poursuivi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était seulement d'entraver l'instruction. Une fois libéré provisoirement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il a ainsi adopté une attitude d'obstruction constante, cherchant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">empêcher que justice soit rendue, en noyant les autorités de requêtes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pléthoriques et déposées tardivement en particulier devant le tribunal de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement. Compte tenu de son attitude il ne saurait en tous les cas faire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grief aux autorités de ne pas avoir clarifié la situation, alors qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poursuivait de toute évidence un but contraire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On doit d'ailleurs se demander dans quelle mesure l'attitude du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant tout au long de la procédure n'aurait pas dû entraîner des con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">séquences s'agissant du déroulement de la procédure et de ses droits en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant que justiciable comme de la recevabilité du recours. Il est en effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admis que l'abus de droit en matière de procédure comme de droit de fond</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas protégé (ATF 114 Ia 28, 111 I 148, 107 Ia 211). On peut en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulier se demander si le justiciable qui comme en l'espèce choisi de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se soustraire à la justice, ne se présentant pas devant un tribunal pour y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">répondre des infractions dont il est prévenu peut se prévaloir des mêmes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits que le justiciable prêt à répondre de ses actes et qui donne suite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux convocations qui lui sont adressées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Un autre élément confirme ce qui précède. Le mandataire actuel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du recourant a commencé à le défendre en mars 1994 (D.17/4107). Ce n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le 31 octobre 1996, soit après deux ans et demi d'activité et quinze</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours seulement avant l'audience préliminaire du Tribunal correctionnel,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'une requête d'assistance judiciaire a été déposée (D.30/55). Cette de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mande (rejetée finalement par le Tribunal fédéral : D.30/608) avait assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rément pour objectif le renvoi de l'audience préliminaire et donc aussi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle de jugement. Ce but a d'ailleurs été atteint, le Tribunal correc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnel ayant estimé, au vu de l'arrêt du Tribunal fédéral, que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nonobstant son absence, A. avait droit à un défenseur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'office (voir jugement, p.52-54).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recourant n'a pas non plus hésité, après le jugement, à pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">senter une demande de relief abusive (ci-dessus cons.1), ni à requérir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'effet suspensif à son recours, alors même qu'il s'est soustrait à l'exé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cution de la peine prononcée. C'est dire si l'ensemble des allégations du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant doivent être examinées avec réserve. Condamné principalement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour infractions contre le patrimoine, il a beau jeu de s'abriter derrière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des éléments qui lui semblent peu clairs : il a créé, à dire d'expert une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nébuleuse d'environ 160 sociétés (jugement, p.48; annexe A/18), sans à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'évidence que ses affaires immobilières ne justifient une telle prolifé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ration. Ce comportement, qui a pour principale conséquence de rendre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prime abord opaque nombre de transactions effectuées, ne peut qu'amener à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'interroger sur les motifs poussant une personne à agir de la sorte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Le recourant se plaint du fait que la possibilité de demander le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relief ne figurait pas sur le jugement (recours, p.3; jugement, p.158).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Selon la jurisprudence, le rappel obligatoire des voies de recours concer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne aussi bien l'indication du pourvoi en cassation que celle de la demande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de relief, seul moyen idoine d'agir à l'encontre d'un jugement par défaut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(RJN 1980-1981 p.131). Cette jurisprudence n'a cependant pour but que de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">protéger le condamné qui, en l'absence d'indication sur le jugement de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possibilité de demander le relief, aurait agi par la voie du recours en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cassation et qui verrait celui-ci déclaré irrecevable pour cause de subsi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diarité (art.241 al.1 ch.1 CPP). Or, en l'espèce, le recourant a utilisé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutes les voies possibles (recours et relief), de sorte qu'il ne saurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être question de retenir une violation des règles essentielles de la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédure entraînant cassation, au sens de l'article 242 ch.2 CPP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Le recourant se plaint du fait que l'infraction de tentative de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrainte (arrêt de renvoi (AR) 41) n'aurait pas été retenue lors de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lecture orale du jugement, le 10 mars 1997. Dans ces observations sur re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours du 15 mai 1997, le président du Tribunal correctionnel affirme au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contraire qu'il en a bien été fait état. Il n'y a pas de raison de mettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en doute cette affirmation. Au surplus, l'infraction litigieuse se retrou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ve dans le jugement écrit (p.133-134) qui, dans un dossier de cette com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plexité, est déterminant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span><span lang="EN-GB">26. D. S.A., E. S.A.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">5. a) A. </span><span lang="FR-CH">a été reconnu coupable de gestion déloya-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le au détriment de E. S.A., en rapport avec deux ventes, intervenues</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 1er janvier 1990, par lesquelles D. S.A. a vendu à E. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S.A. pour des prix surfaits d'une part 25 actions a. . , d'autre part 50</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actions b. (jugement, p.24).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le Tribunal correctionnel a en effet retenu que (jugement p.86-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">88) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- Les 25 actions a. ont été vendues pour 10'000 francs (prix unitaire :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 400 francs), alors que leur valeur réelle selon les fonds propres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> comptables était de 2'500 francs (valeur unitaire : 100 francs);</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- Les 50 actions b. ont été vendues pour 90'000 francs (prix uni-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> taire : 1'800 francs), alors que leur valeur comptable était de 23'900</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs (valeur unitaire : 478 francs) ou éventuellement, en tenant com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pte d'une réserve latente, de 59'000 francs (valeur unitaire : 1'180</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant avance qu'il n'est pas démontré qu'une transac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion a bien eu lieu; qu'il n'avait pas la maîtrise de D. et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. S.A.; qu'il aurait fallu interroger les représentants des socié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tés afin d'établir exactement ce qui s'est passé; que la méthode d'évalua-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'expert des actions a. ne tient pas compte du goodwill et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réserves latentes; que celles-ci auraient également dû être prises en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidération s'agissant des actions b. ; que les calculs effectués</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'expertise complémentaire auraient dû être basés sur l'état locatif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et les baux; que, même en retenant les chiffres de l'expert, l'infraction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne serait pas réalisée, la différence entre prix réels et convenus étant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peu importante (recours, p.4-9).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En lisant le recours, on constate que A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'en prend essentiellement aux faits retenus, ce que la Cour de céans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'examine qu'avec retenue (ci-dessus cons.2). On remarque par ailleurs que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'argumentation est contradictoire, puisque le recourant met en doute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'existence des transactions (recours, p.5), nie avoir exercé la maîtrise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">économique sur les sociétés concernées (recours, p.6) et conteste les ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préciations de l'expert (recours, p.7-8). Or, s'il n'était pour rien dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces ventes, on ne comprend pas pourquoi il s'ingénierait à établir que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prix étaient corrects ou à mettre en doute l'existence de ces opérations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il convient tout d'abord d'examiner si A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exerçait la maîtrise économique sur E. S.A. (litt.d). Au regard de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction de gestion déloyale, il n'est en revanche pas déterminant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">savoir si, au moment des ventes, A. possédait encore</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. S.A., ni de fixer précisément la date de ces opérations, étant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois précisé qu'elles ont eu lieu en 1990. Il est ensuite nécessaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'apprécier si ces ventes ont bien eu lieu (litt.e), d'estimer la valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réelle des actions (litt.f) et enfin d'examiner la réalisation de la ges-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion déloyale au sens de l'article 159 al.1 aCP (litt.g).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) La société E. S.A. a été créée en 1983. Son siège a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toujours été la Résidence X. (où a habité longtemps le recourant). En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1990, soit après la vente de D. </span><span lang="EN-GB">S.A. (rebaptisée D. Holding S.A.), E. </span><span lang="FR-CH">S.A. a été renommée D. SA afin,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">apparemment, de "récupérer" par cet artifice une succursale belge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(expertise, p.23; annexe B/4). Il en découle que E. S.A. a de tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">temps été une des sociétés de A. . On la retrouve d'ail-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leurs dans un organigramme écrit de sa main (annexe A/15). Le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est téméraire en prétendant qu'il n'avait pas la maîtrise de cette socié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Le recourant estime que "rien ne démontre qu'il y a eu ef-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fectivement contrat concernant les transferts d'action" (recours, p.5).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'expert a retenu l'existence de ces ventes en se fondant sur une impres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion d'une partie du grand livre, tenu sur informatique, de la société D. Holding S.A. (annexe C/21). On ne voit pas en quoi il serait arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire de considérer, sur cette base, que les deux ventes incriminées ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectivement eu lieu pour les montants indiqués. Cette infraction n'a en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet pas été l'objet d'une plainte pénale spécifique, de sorte qu'il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exclu que quelqu'un ait modifié la comptabilité dans le seul but d'incri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">miner le recourant. L'expert a d'ailleurs relevé cet élément de son propre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chef. Ces ventes auraient tout aussi bien pu échapper à son intention. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">outre, l'expertise a souligné la difficulté de reconstituer au moyen de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justificatifs certaines opérations, compte tenu de la mauvaise gestion de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la comptabilité (expertise, p.22-24) et de l'habitude de A. de disposer des biens des sociétés comme s'il s'agissait de biens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propres (ibid, p.66 notamment). Il n'était dès lors pas arbitraire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'admettre que ces deux ventes ont bien eu lieu. Le recourant n'apporte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ailleurs aucun élément à ce sujet.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) S'agissant des actions a. , le recourant estime que l'expert</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas tenu compte du goodwill et des réserves latentes (recours, p.7</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.B). Comme le Tribunal correctionnel l'a relevé, l'expert s'est basé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur les fonds propres comptables et le recourant ne démontre pas en quoi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette méthode serait arbitraire. Le Tribunal correctionnel a en outre re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">levé trois autres ventes d'action a. intervenues en 1989, où le prix uni-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire variait entre 100 et 120 francs (jugement, p.86-87). Le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste la validité des pièces prises en compte (recours, p.6 ch.4), mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il a déjà été expliqué que considérer ces pièces comme reflétant la réali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té n'est en rien arbitraire (ci-dessus litt.e).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant des actions b. , le recourant s'en prend prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipalement à la méthode de calcul utilisée dans l'expertise complémentaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(recours, p.8; voir aussi expertise complémentaire p.49-50). Il convient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cependant d'admettre, avec le Tribunal correctionnel, que le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cherche avant tout à justifier à posteriori une transaction qu'il a ef-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fectuée sans tenir compte de la valeur réelle des actions en cause. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">outre, le recourant se borne à opposer une méthode de calcul à celle re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenue dans l'expertise complémentaire. Or, il n'est à l'évidence pas arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire de préférer l'avis motivé et circonstancié d'un expert profession-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nel aux allégations du recourant. Dès lors, l'avis de l'expert peut être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenu, de sorte que la valeur comptable des actions b. était bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 23'900 francs et leur valeur compte tenu d'une réserve latente sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'immeuble de 59'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> g) A. avait la maîtrise économique de E. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S.A.. Il a fait en sorte, ou tout au moins accepté, que celle-ci acquiert</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des actions a. pour un prix unitaire de 400 francs alors que leur valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">unitaire réelle était de 100 francs et des actions b. pour un prix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">unitaire de 1'800 francs alors que leur valeur unitaire comptable était de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">478 francs et leur valeur en tenant compte d'une réserve latente de 1'180</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs. Il a donc clairement contrevenu à son devoir de sauvegarde des in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">térêts de E. S.A. et a de ce fait causé un préjudice à cette socié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té, qui a acquis des actions pour des prix surfaits. Il est en outre in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">discutable qu'il a agi intentionnellement. Les ventes intervenues quelques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois avant les opérations litigieuses (jugement, p.86-87) démontrent que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant avait conscience de la valeur réelle desdites actions. Ainsi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction de gestion déloyale est réalisée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 29. F. SA (anc. G. SA)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. a) A. a été reconnu coupable de gestion</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déloyale en rapport avec le cautionnement de 540'000 francs signé le 12</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier 1990 par G. S.A. en faveur de H. S.A. pour le crédit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 450'000 francs que celle-ci avait obtenu de la BANQUE Y. le 20 décembre 1989.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le Tribunal correctionnel a retenu que A. , qui avait la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maîtrise des sociétés G. S.A. et H. S.A., a fait en sorte que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la première, bien qu'elle n'y ait aucun intérêt, cautionne la seconde,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors même qu'il savait ou devait présumer que celle-ci ne rembourserait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas la dette (jugement, p.25-26, 88-89).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant avance qu'il n'est pas à l'origine du caution-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nement accordé par G. S.A. et qu'au surplus le préjudice a par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite été supprimé, le cautionnement étant remplacé en 1991 par des ga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ranties immobilières (recours, p.9-12).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Avant d'examiner la pertinence de ces deux arguments, on re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lèvera qu'ils sont à nouveau contradictoires. Si A. n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas octroyé le cautionnement litigieux, on ne voit pas pour quelle raison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il cherche à établir que celui-ci n'est pas constitutif d'infraction.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Il convient tout d'abord de déterminer si le Tribunal cor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rectionnel est tombé dans l'arbitraire en retenant que A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était à l'origine du cautionnement litigieux, alors même que ce document</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas été signé par lui (D.29/8244). A. a admis que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. S.A., dont il était actionnaire à 100 %, était seule action-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naire de F. / G. S.A. (D.4/264-265). On lit également ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suit dans le procès-verbal d'interrogatoire du 18 janvier 1993</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.5/501-502) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " D: Quand vous en aviez la maîtrise, F. a cautionné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en faveur de H. . Quel était l'intérêt pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> F. ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> R: Toutes ces sociétés étaient sous ma maîtrise. L'intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> global était que H. ne doive pas payer une clau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> se pénale pour inexécution d'une promesse d'achat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C'est I. , de la BANQUE Y. , qui avait exigé une caution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et qui a proposé que ce soit F. qui la donne.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il était prévu que l'engagement ne soit que transitoi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> re.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Tout ça a été fait quand j'étais malade. J'ai même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> acheté l'immeuble pour H. beaucoup trop cher à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'époque. C'était le dernier immeuble qui me manquait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dans la rue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> D: Si l'on vous comprend bien, F. n'avait pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'autres intérêts que le vôtre propre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> R: C'est juste. Je pense que c'est J. qui doit avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> discuté le crédit avec I. . Je ne sais pas si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> j'ai signé moi-même quelque chose."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ces propos ne laissent subsister aucun doute sur la situation :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. voulait acquérir un immeuble par H. et s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">servi de F. /G. S.A. comme caution pour obtenir le crédit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bancaire nécessaire. Il est aussi significatif de constater que ce cau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnement a été remplacé en 1991 par des garanties immobilières portant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur des biens propriété de A. (D.17/4279; recours, p.11).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Si le recourant s'est impliqué directement en 1991, c'est nécessairement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il l'était aussi, mais à titre indirect, lors du cautionnement du 20</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décembre 1989. Le Tribunal correctionnel n'a ainsi pas retenu arbitrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rement que A. s'était servi des administrateurs de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. S.A. comme hommes de paille lors de ce cautionnement et que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partant, il avait intentionnellement violé son devoir de gestion vis-à-vis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cette société, qui n'avait aucun intérêt à cette opération.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) L'infraction de gestion déloyale n'est réalisée que s'il y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">eu préjudice patrimonial. Constitue notamment un préjudice une mise en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">danger du patrimoine telle qu'elle a pour effet d'en diminuer la valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un point de vue économique. Le patrimoine est diminué sur le plan éco-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nomique lorsque sa mise en danger devrait apparaître dans un bilan cor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rectement établi, sous forme d'une diminution de la créance en jeu ou de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'inscription d'une provision pour perte. Ainsi, la constitution de garan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ties, qui représentent un risque et sont de nature à justifier une provi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion, peut être considérée comme un préjudice patrimonial (ATF 123 IV 22).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Un préjudice temporaire suffit (ATF 121 IV 108).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, le cautionnement accordé par G. /F. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S.A. sans justification au regard de ses intérêts et sans aucune contre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partie aurait dû à l'évidence faire l'objet d'une mention au bilan si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui-ci avait été correctement tenu. En effet, la banque a exigé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">H. S.A. qu'elle trouve une caution avant de lui accorder un prêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">immobilier. Elle estimait donc que le prêt requis n'était pas sans risque,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sorte qu'une mise en œuvre de la garantie n'était de loin pas exclue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'opération a par ailleurs eu lieu fin 1989 - début 1990, soit après l'en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trée en vigueur des arrêtés fédéraux visant à lutter contre la spéculation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">immobilière et alors que le marché immobilier connaissait un net replis.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ces éléments étaient connus de A. (annexe A/14, ch.1),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui a ainsi agi avec conscience et volonté. L'infraction de gestion dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loyale était par conséquent réalisée en 1990. Peu importe que le caution-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nement ait pris fin en 1991.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 31. E. SA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7. a) A. a été reconnu coupable de gestion dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loyale au détriment de E. S.A. en rapport avec la vente, le 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier 1990, par D. S.A. à E. S.A. de 800 actions de c. S.A. pour 584'000 francs (prix unitaire moyen : 730 francs). Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal correctionnel a en effet retenu que ce prix était surfait car</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. avait vendu trois mois auparavant, le 30 septembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1989, 900 actions c. qu'il possédait à la fondation B.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(fondation de famille : ci-dessus cons.A) pour 374'000 francs et que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même jour, il faisait vendre par D. S.A. à la fondation 100</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autres actions pour 66'000 francs, soit un transfert total de 1'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actions pour 440'000 francs (prix unitaire moyen : 440 francs)(jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.26, 89-90).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant avance une profusion de faits dont il ressort,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans qu'il soit besoin d'entrer dans les détails, qu'il nie l'existence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des transactions, son implication dans celle-ci, le nombre, le type et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valeur des actions vendues, leur prix et la perte subie par E. S.A.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(recours, p.12-15 et, par renvoi, p.5-7).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Il a déjà été relevé que le recourant est téméraire en pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tendant ne pas avoir eu la maîtrise de E. S.A. (ci-dessus, cons.5d).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans le cadre d'un examen limité à l'arbitraire, il convient dès lors uni-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quement de déterminer si le Tribunal correctionnel a abusé de son pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation en retenant que des transactions avaient bien eu lieu les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">30 septembre 1989 et 1er janvier 1990 et qu'il en découlait une acquisi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion par E. S.A. pour un prix surfait (litt.d). Il convient égale-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment d'examiner la réalisation en droit de l'infraction de gestion dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loyale (litt.e).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) L'expert a reconnu n'avoir "pas pu clarifier avec précision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les transactions opérées sur les actions c. S.A." intervenues entre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différentes personnes physique et morales. Il a toutefois constaté des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disparités de prix étonnantes (expertise, p.61-62) et a sorti des docu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments à sa disposition un certain nombre de pièces comptables pour appuyer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses dires (annexe C/17). Or, il n'était pas arbitraire, sur cette base,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'admettre que les ventes des 30 septembre 1989 et 1er janvier 1990 ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bien eu lieu pour les montants indiqués sur les extraits comptables, car</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rien ne permet de penser que ces documents soient erronés ou auraient été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">falsifiés (voir aussi cons.5e ci-dessus). On constate au contraire une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correspondance entre les comptabilités de D. S.A. (30.09.89,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vente à B. de 50 actions c. S.A. A pour 55'000 francs et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">50 actions c. S.A. B pour 11'000 francs) et de A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(30.09.89, vente à B. de 900 actions c. pour 374'000 francs)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une part et d'autre part celle de B. (30.09.89, achat partici-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pation c. S.A., 440'000 francs)(55'000 + 11'000 + 374'0000 =</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">440'000).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le Tribunal correctionnel n'est ainsi pas tombé dans l'arbitrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re en retenant que E. S.A. a acquis des actions pour un prix suréva-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lué, car la disparité des prix entre les ventes des 30 septembre 1989 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1er janvier 1990 ressort des documents annexés à l'expertise (annexe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH">C/17).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH"> e) A. </span><span lang="FR-CH">avait la maîtrise de E. S.A. Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accepté que celle-ci acquiert des actions pour un prix surfait, violant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son devoir de gestion. Comme il avait personnellement vendu des actions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">c. à sa fondation de famille trois mois auparavant, il ne peut pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tendre avoir agi par négligence. Il s'est dès lors rendu coupable de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion déloyale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 32. F. S.A. (anciennement G. </span><span lang="EN-GB">S.A.)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">8. a) A. </span><span lang="FR-CH">a été reconnu coupable de gestion dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loyale au détriment de D. pour avoir fait reprendre à cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernière la dette de C. envers G. , en faisant inscrire à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'actif du bilan de D. un montant largement surfait. A cet égard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le tribunal a en effet considéré que la valeur de G. pour D. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était manifestement inférieure aux 2,98 millions inscrits à l'actif de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette société. Il a notamment retenu que l'expert judiciaire avait correc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement estimé la valeur de l'immeuble K. , dont la valeur était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contestée. Selon l'expert, la valeur des fonds propres était de 2'380'0000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs, voire de 1'674'000 francs si l'on se base sur les calculs effec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tués par L. (jugement, p.16, 90-96). En revanche il n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenu d'infraction au préjudice de F. (p.92).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant se plaint qu'une appréciation différente a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faite par le tribunal en ce qui concerne C. d'une part et le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant, s'agissant du fait que les fonds propres de la société G. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S.A. auraient ou non été épuisés (recours p.16). Il conteste également</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'évaluation des fonds propres de la société faite par l'expert et reprise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le tribunal, et substituant sa propre appréciation met en avant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'existence de réserves latentes, dont le tribunal n'aurait pas tenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte (recours, p.15-24).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Ainsi que le relève le recourant, le tribunal n'a pas tranché</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant de C. la question de savoir si les fonds propres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient ou non épuisés, la question étant envisagée sous un angle diffé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rent. C'est ainsi que s'agissant de l'infraction commise en préjudice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. S.A. (et M. S.A.), le tribunal mentionne qu'il faudrait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour envisager une condamnation de C. que celui-ci ait exercé avec A. la maîtrise sur lesdites sociétés. Or selon le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune preuve n'a permis de prouver que C. ait jamais collaboré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans D. (voire M. ), ce qu'il conteste, raison pour laquelle la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévention a été sur ce point abandonnée à l'égard de C. (juge-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, p.138). Le tribunal relevait au surplus s'agissant cette fois de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. que rien ne permettait de retenir une infraction en ce qui concer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne C. , l'élément subjectif faisant défaut (jugement, p.137). La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libération de C. de ce chef d'accusation repose ainsi sur une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autre motivation. On ne saurait dès lors tirer un quelconque argument de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'abandon en ce qui concerne C. de l'infraction de gestion dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loyale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Quant à l'estimation que souhaite substituer le recourant à cel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le du tribunal, qui ne fait que confirmer celle de l'expert (expertise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.44ss), celui-ci a explicité et motivé son analyse et les conclusions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il en tirait. C'est ainsi qu'il se référait notamment aux rapports de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'organe de contrôle de D. </span><span lang="EN-GB">S.A./D. Holding S.A. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exercice de 1989 du 16 janvier 1991 qui mentionne :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " 3. La convention d'achat des titres "G. S.A." ne nous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a pas été remise, si bien que nous formulons toutes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> réserves au sujet de la valeur comptabilisée de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Fr. 2,984,456.65.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La valeur des participations portées au bilan est la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> valeur d'acquisition. Par contre, la valeur basée sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> les fonds propres desdites sociétés est de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Fr. 5,200,000 inférieure sans tenir compte de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> difficulté d'évaluer la valeur vénale réelle des immeu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> bles portés au bilan de ces différentes sociétés. Nous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> notons cependant que le tableau des participations fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ressortir des réserves latentes de Fr. 2,762,000.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'appréciation définitive du montant des réserves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> latentes n'est actuellement pas possible étant donné,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'une part, l'absence d'expertises immobilières et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'autre part, la situation actuelle du marché immobi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> lier." (annexe D.28/3)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'expert ajoute que de telles réserves émanant de l'organe de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrôle, auraient requis un renvoi des comptes. Puis, plus loin, l'expert</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précise :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Les termes de la convention sont révélateurs. A. et C. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> disposent des biens appartenant à des entités juridiques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> distinctes, des SA, qu'ils maîtrisent économiquement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> comme si ces biens étaient leur propriété personnelle. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> situation est rétablie ultérieurement à travers des con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ventions additionnelles et des correspondances débouchant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> finalement sur une cascade d'opérations comptables "écri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tures sans quittances" formalisant la répartition des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> biens sur les sociétés. Un actionnaire ou une de ses so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ciétés ne sauraient simplement reprendre des actifs et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> passifs d'une S.A. à leur valeur comptable; il doit les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> acheter à leur valeur vénale." (expertise, p.45)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Quant aux réserves latentes, invoquées par A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expert relève que dans le bilan au 31.12.1989 de D. , la parti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipation G. /F. S.A. apparaît pour une valeur de 2,98 millions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de francs, que cette valeur est largement supérieure à la valeur des fonds</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propres de 1,5 million de francs et que cette plus-value ne saurait être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expliquée ni par la valeur de rendement, ni par l'existence de réserves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">latentes (expertise p.46, 47).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'expert est ainsi arrivé à la conclusion que l'inscription</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une somme de 2,98 millions à l'actif du bilan de D. comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">participation dans G. S.A. constituait une fausse valeur. Le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a fait siennes ces conclusions. Il ne saurait être question de s'écarter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cette appréciation sans raison particulière, non-réalisée en l'espèce.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le tribunal de première instance n'a ainsi pas fait preuve d'arbitraire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'appréciation des faits.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Sous réserve de l'inégalité dont il aurait été victime</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(litt.c ci-dessus), le recourant a limité ses moyens à l'erreur dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'établissement des faits. Du moment qu'il ne peut être suivi, on ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'admettre que c'est à juste titre que le tribunal a retenu que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant de D. A. s'était rendu coupable de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion déloyale causant consciemment et volontairement, voire par dol</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éventuel un préjudice à cette société en lui faisant reprendre pour un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant largement surfait la participation dans G. , et ceci dans un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">but uniquement comptable clairement précisé par l'expert (expertise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">p.45).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> 33. D. S.A. (C. )</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">9. a) A. </span><span lang="FR-CH">a été reconnu coupable de gestion dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loyale au préjudice de D. S.A. pour avoir fait donner, par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société, après s'y être engagé, une arrière-caution de 1,2 million en fa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">veur de C. , sans que D. n'y trouve un quelconque avanta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ge; en particulier ni la reprise de G. , ni la reprise des actions de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la SI N. SA n'était d'un quelconque intérêt pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. (jugement, p.27, 96-97).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) A. conteste les faits tels qu'ils ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenus, estimant devoir profiter du doute. Il conteste que la reprise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant de G. que des actions de la SI N. SA, opéra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion liée à l'octroi de l'arrière-caution, ait été dépourvue d'intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour D. comme il conteste avoir eu connaissance de la situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la SI N. SA (recours p.24-26).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Seule est contestée l'appréciation des faits à laquelle le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal correctionnel s'est livrée. Or ainsi que rappelé à plusieurs re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prises la Cour de cassation ne revoit les constatations de fait que sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'angle de l'arbitraire. En l'espèce rien ne permet de penser que l'appré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciation des faits du Tribunal correctionnel soit indéfendable. Ceci est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autant plus vrai que l'octroi de l'arrière-caution a eu lieu en deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">temps et qu'en juin 1990 tout spécialement la situation déficitaire de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">SI N. SA était avérée et ne pouvait être ignorée du recourant. A ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sujet, le contenu du document du 10 octobre 1989 repris dans le jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est particulièrement significatif. Le pourvoi doit ainsi sur ce point être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 34. D. S.A.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">10. a) A. a été reconnu coupable de banqueroute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">simple selon l'article 165 aCP pour avoir en tant qu'administrateur de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit ou de fait des sociétés du groupe D. jusqu'au 22 juin 1990</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait preuve de légèreté coupable et de graves négligences dans l'exercice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa fonction, son comportement étant propre à contribuer à causer l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solvabilité des sociétés constituantes du groupe. En bref le tribunal a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment retenu que A. avait fait preuve de légèreté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'administration des sociétés du groupe, en visant son intérêt per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonnel sans se soucier des structures juridiques des sociétés, dont les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actes de gestion déloyale commis sont d'ailleurs la preuve, recourant à un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">système comptable défectueux, qui ne permettait pas d'avoir une vision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">globale de la situation du groupe, désignant comme organe de contrôle des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnes qui n'avaient pas l'indépendance ou la compétence nécessaire,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">omettant de prendre les mesures exigées en particulier par l'article 725</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CO, et vendant finalement les sociétés du groupe à D. , alors que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celles-ci étaient surendettées et allaient être déclarées en faillite. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui était ainsi reproché d'avoir joué avec la gestion des nombreuses so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciétés qu'il avait créées, d'avoir créé une opacité dans leur situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptable, d'avoir recouru à différentes manoeuvres, négligeant l'intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des sociétés, puis de s'être débarrassé du groupe, alors que celui-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était gravement surendetté (jugement, p.28-29, 97-106).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant conteste s'être rendu coupable de banqueroute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">simple. Il s'élève contre le refus du juge de s'être penché sur la gestion</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des sociétés par D. , ce qui empêchait d'examiner si les actes in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">criminés étaient en rapport de causalité avec la faillite des sociétés. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste par ailleurs les conclusions de l'expert et ses estimations. Pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'essentiel il s'en prend aux éléments de fait, tels qu'ils ont été rete-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nus par le tribunal. In fine, le recourant conteste qu'il puisse lui être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait grief de s'être débarrassé de son groupe en le vendant à D. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il ne s'agit pas là d'un acte de gestion qui pourrait tomber sous le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">coup de l'article 165 aCP, qu'au surplus la situation est bien différente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de celle qui a été retenue, puisque celle-ci s'est péjorée en fonction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'éléments étrangers à son activité et que l'éventuel lien de causalité a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été complètement interrompu par la gestion des sociétés par D. . Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait par ailleurs grief au tribunal de première instance d'avoir omis de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">viser l'article 172 aCP, au mépris des règles de procédure (recours, p.26-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">41).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Recourant à une technique qui lui est coutumière, A. fait à nouveau preuve d'une grande prolixité dans son recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élevant des contestations tous azimuts, cherchant à noyer si possible les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorités judiciaires par son argumentation. Ainsi en va-t-il lorsqu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait grief au tribunal de ne pas avoir visé l'article 172 aCP et au mépris</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des règles de procédure. L'argument n'est pas sérieux. Selon l'article 211</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CPP le prévenu ne peut être condamné en vertu d'autres dispositions léga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les que celles visées par la décision de renvoi, sans avoir été rendu at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tentif à l'extension de la prévention. Cet article ne s'applique toutefois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas aux dispositions qui régissent les conditions de la répression (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="NL">101 Ia 295, RJN 1983 p.117). </span><span lang="FR-CH">Tel est manifestement le cas de l'article 172</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aCP. Aucune extension n'était ainsi nécessaire. On relèvera par ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que sur certains points il paraît s'agir du texte même de la plaidoirie,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et ceci jusque dans sa forme ("j'ai pris acte que votre autorité ne dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sirait pas que l'expert se penche sur cette question", recours p.32).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Le recourant s'en prend avant tout aux constatations de fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des premiers juges qui, ainsi que rappelé, ne peuvent être revues que sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'angle de l'arbitraire. </span><span lang="NL">En bref, A. </span><span lang="FR-CH">soutient que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sociétés constituant le groupe n'étaient pas endettées lorsqu'elles ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été cédées à D. le 22 juin 1990, celui-ci assumant la responsabi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité des faillites prononcées ultérieurement. Se basant essentiellement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur l'expertise, le tribunal correctionnel s'est totalement distancé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appréciation du recourant considérant au contraire que l'aggravation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">découvert, puis les faillites des sociétés doivent bien être imputées à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. personnellement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ainsi que cela ressort du jugement, l'expert s'est exprimé à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sujet aussi bien dans son rapport principal que dans son rapport complé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentaire : " Il est donc patent que les conseils d'administration n'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rien entrepris au moment où ils ont été conscients de la situation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surendettement. Ils devaient pour le moins, dès le milieu de l'année 1990,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établir des bilans intermédiaires aux valeurs de liquidation et au besoin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">informer le juge de la situation. Préalablement, l'expert a rappelé, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moyen d'exemples, que les avertissements de certains organes de contrôle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient restés lettre morte." (expertise p.70; expertise complémentaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.26 ss). Lors des débats l'expert a maintenu sa position (jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.103). Aucun élément ne fait apparaître l'appréciation du tribunal fondée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur l'analyse de l'expert comme arbitraire. Elle peut ainsi être retenue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Selon l'article 165 aCP, le débiteur qui, par une légèreté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">coupable, par des dépenses exagérées, par des spéculations hasardées ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par une grave négligence dans l'exercice de sa profession, aura causé sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propre insolvabilité ou aggravé sa situation, alors qu'il se savait insol-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable, sera, s'il a été déclaré en faillite ou si un acte de défaut de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">biens a été dressé contre lui, puni de l'emprisonnement, dans le cas où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction est commise dans la gestion d'une personne morale, l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">172 CP transfert la qualité d'auteur à ses organes, soit au directeur,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondé de pouvoir, membre de l'administration ou d'un organe de contrôle ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liquidateur, pour autant que les conditions subjectives et objectives de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction soient réalisées sur leur tête (ATF 105 IV 17).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Tombe sous le coup de l'article 165 aCP quiconque aura commis un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acte ou se sera rendu coupable d'une omission, prévue par le texte légal,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dès lors que cet acte est propre, ce que l'auteur doit savoir, à contri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">buer à causer l'insolvabilité ou à aggraver une insolvabilité qui existait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déjà. Il suffit que l'auteur ait causé ou favorisé son insolvabilité par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une négligence grave (ATF 115 IV 38). Le comportement adopté doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulièrement répréhensible (ATF 104 IV 160). Tel est le cas de celui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui omet d'appliquer la procédure de l'article 725 CO, ou qui poursuit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exploitation d'une société sans se soucier d'une situation obérée connue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou encore qui ne respecte pas les dispositions légales s'agissant de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convocation des assemblées générales ou le contrôle des comptes (SJ 1984</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.169). Cela est d'autant plus vrai lorsque les carences se cumulent. Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">divers comportement forment un tout de sorte qu'il est inutile de recourir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la notion de délit successif, l'auteur se rendant coupable d'une seule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">infraction et la prescription ne commençant à courir que dès le dernier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acte punissable (ATF 109 IV 113). Tant l'insolvabilité que l'aggravation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la situation doivent être dans un rapport de causalité avec l'un des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportements énumérés au début de la disposition (ATF 104 cité).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) Ainsi que relevé, le recourant a créé une nébuleuse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelque cent soixante sociétés, utilisant et jouant dans son intérêt et à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son gré de ce réseau, sans s'embarrasser des structures juridiques (voir à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce sujet c.5, 6, 8, 9 ci-dessus).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'expert a dépeint la stratégie du recourant de même que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différents manquements objectifs constatés (même s'il relevait également</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les carences de certains bailleurs de fonds) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Les divers travaux que nous avons effectués nous amènent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> aux conclusions suivantes :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 7.1 Voyant la fin de la période de haute spéculation sur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> venir, il s'est mis au point une stratégie, par la-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> quelle, A. et C. se dessaisissent des biens immobi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> liers qu'ils possèdent ou exploitent directement ou à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> travers des sociétés anonymes. Cette stratégie se ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sume à :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - transférer les biens propres dans des sociétés pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> réaliser immédiatement les bénéfices supposés pou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> voir être faits sur les opérations;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - réunir dans D. SA les objets lourdement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> hypothéqués et perdus d'avance qui, avec d'autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> biens, seront vendus à D. ;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - sortir les biens liés au groupe C. , du reste du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> groupe A. ;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - transférer les biens moins hypothéqués ou auxquels</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A. est attaché, dans une Fondation de famille du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> nom de B. ;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - transférer des fonds à l'étranger et y acquérir des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> immeubles.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cette stratégie a été décidée et réalisée en grande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> partie, avant l'entrée en vigueur des Arrêtés Fédéraux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Urgents (AFU), le 6 octobre 1989.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 7.2 On est très surpris du nombre considérable de sociétés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dont l'existence ne nous paraît pas {a priori} justi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> fiée. Leur nombre et les relations entretenues entre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> elles ont créé un imbroglio empêchant toute supervi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sion. Les carences dans la gestion et le contrôle com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> me l'absence d'états consolidés ont permis de masquer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la réalité des opérations et de la situation. Cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> imbroglio aurait pu permettre un recours systématique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à des opérations délictueuses; dans les faits, nous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> n'avons pu déceler de systématique dans les agisse-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ments de A. et C. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 7.4 L'opération de D. intervenue après l'entrée en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> vigueur des AFU, souffre également de cette situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> désordonnée, puisque l'information nécessaire n'exis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tait pas au moment de l'achat par D. . Il faut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cependant s'étonner que D. ne se soit pas en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> touré de précautions nécessaires (expertises, consoli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dation, etc.). Cette attitude n'est pas explicable et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> laisse supposer que nous ne connaissons pas tous les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tenants et aboutissants de la transaction (expertise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> p.76-77)."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Précédemment l'expert relevait déjà:</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " La baisse de valeur des biens immobiliers, les difficultés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> financières grandissantes laissent supposer qu'une grande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> partie des sociétés du groupe tombait sur le coup des dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> positions de l'article 725 CO dès le milieu de l'exercice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990, ainsi que mentionne O. pour SI N. S.A., dans son rapport du 7 août 1990 relatif aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> comptes de cette société arrêté au 31 décembre 1989 (an-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> nexe B-23/2 dernière page).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est donc patent que les Conseils d'administration n'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rien entrepris au moment où ils ont été conscients de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> situation de surendettement. Ils devaient pour le moins,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dès le milieu de l'année 1990, établir des bilans intermé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> diaires ou valeurs de liquidation et au besoin informer le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> juge de la situation." (expertise p.70).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est ainsi patent que de manière générale l'aggravation de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situation remonte à la période où A. avait la maîtrise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des sociétés, soit avant la cession à D. , et qu'on ne saurait im-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puter à ce dernier - ou à tout le moins à ce dernier seulement - la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">péjoration intervenue. L'argumentation du recourant tombe sur ce point</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également à faux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les manquements constatés dans la gestion du groupe apparaissent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de plus indiscutablement et pour le moins constitutifs de la grave légère-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té prévue par l'article 165 aCP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'opacité du système créé rendait impossible toute gestion</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">respectueuse tant des intérêts des différentes sociétés constituant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">groupe que de ceux des créanciers comme toute vision d'ensemble et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrôle efficace. L'expert l'a clairement précisé (expertise, p.76, 101).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Les premiers juges ont retenu que tel était le cas. Ils n'ont pas fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve d'arbitraire. Ils n'ont pas davantage appliqué faussement la loi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">En présence d'un écheveau à ce point indémêlable, de la confusion et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manquements qui lui étaient liés, il n'est guère sérieux de nier que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soient remplies les conditions de la banqueroute simple - en particulier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la grave légèreté, dans la gestion et le contrôle des différentes socié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les premiers juges auraient d'ailleurs dû se demander si en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contractant comme il l'a fait, différents empruntés pour les sociétés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il dirigeait, A. ne se rendait pas dans ce cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également coupable de banqueroute simple. C'est à tort qu'ils ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré l'infraction comme prescrite (ATF 109 IV 113). La question ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut toutefois être réexaminée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le tribunal a par ailleurs estimé qu'en vendant à D. le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">groupe, A. s'était également rendu coupable de banque-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">route simple ce que celui-ci conteste. La question n'a toutefois pas à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être tranchée, dans la mesure où de toute évidence plusieurs des comporte-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments incriminés sont déjà à eux seuls constitutifs de l'infraction à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 165 aCP et qu'ainsi que le retient la jurisprudence (ATF 109</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cité) ils forment un tout.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> De plus le recourant ne saurait prétendre qu'il n'était au cou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant ni de l'aggravation de l'insolvabilité des sociétés qu'il avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créées, ni des manquements répétés qu'il commettait.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu la situation très obérée des sociétés en juin 1990 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manquements avérés de A. qui ont contribué à conduire à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette situation - les faillites étant de ce fait quasi inévitables - on ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saurait davantage considérer que les éventuelles erreurs de gestion ulté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieures de D. aient interrompu le lien de causalité qui existait entre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les comportements hautement répréhensibles de A. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'aggravation indiscutable de l'insolvabilité du groupe.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C'est dès lors à juste titre que le tribunal correctionnel a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenu que A. s'était rendu coupable de banqueroute simple.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 35. Fraudes dans la saisie (divers créanciers)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">11. a) A. a été reconnu coupable de fraude dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisie selon l'article 164 aCP au préjudice de ses créanciers. Il a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenu que dès fin 1989-1990 au moins il s'est attaché à mettre ses biens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'abri d'éventuelles saisies, et plus précisément en faisant disparaître</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frauduleusement et intentionnellement, alors qu'il était pleinement con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">scient des problèmes financiers auxquels il était confronté, différents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">biens ainsi que leur produit de réalisation, soit une Mercedes 500 SEL,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une Aston Martin Nagonda, un simulateur de ski-nautique, et une Rolls-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Royce (litt.g). S'agissant du mobilier il a notamment été retenu qu'il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expédié dans ce but du mobilier assuré pour 400'000 francs, 75'000 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et 200'000 francs en France et en Floride (litt.g et i);qu'il a utilisé sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">femme et des sociétés-écran pour soustraire à ses créanciers, en particu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lier deux maisons et propriétés en France et en Floride, soustrayant de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte pour ce qui est de la Floride l'équivalent de 550'000 $ et 170'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs (litt.j, k); qu'il a également fait disparaître des antiquités de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valeur (litt.i); qu'il a transféré des biens et créances à une fondation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de famille à Zoug pour une valeur totale de 5,5 millions (litt.l); qu'il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gardé un train de vie très élevé et fait des largesses alors qu'il se sa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vait financièrement menacé et qu'il allait faire l'objet de poursuites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(litt.n et o); qu'il n'a par ailleurs pas complètement renseigné l'office</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des poursuites de Neuchâtel de la situation (litt.q), les actes de défaut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de biens délivrés contre lui, actes d'insuffisance de gage compris, repré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sentant quelque 2'376'000 francs (jugement, p.29-32, 106-121).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) A. conteste avoir eu conscience de sa ruine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prochaine et de l'imminence de poursuites, lorsqu'il s'est livré à certai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nes opérations financières. Il considère que le tribunal a fait preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'arbitraire s'agissant de l'élément intentionnel de l'infraction. En ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui concerne les véhicules et le simulateur de ski-nautique, il conteste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également que l'élément objectif soit réalisé et invoque une violation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la procédure. Quant au transfert du mobilier et des effets personnels, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avait aucune volonté de nuire à ses créanciers, ni conscience d'une in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solvabilité quelconque. S'agissant des infractions commises dans le cadre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la transaction américaine, le recourant invoque une fausse application</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la loi et une erreur de procédure. Il conteste également toute infrac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion à l'article 164 aCP liée à des dépenses et largesses inconsidérées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Selon l'article 164 aCP se rend coupable de fraude dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisie le débiteur qui, soumis à la poursuite par voie de saisie, diminue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son actif, notamment en aliénant, endommageant, détruisant, dépréciant ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mettant hors d'usage des objets ou diminue fictivement son actif, notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment en distrayant ou dissimulant des objets, en invoquant des dettes sup-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">posées, en reconnaissant des créances fictives ou en incitant des tiers à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les produire, si un acte de défaut de biens a été dressé contre lui. Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">infraction qui vise les débiteurs soumis à la saisie est le pendant de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">banqueroute frauduleuse de l'article 163 aCP, qui vise les justiciables</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soumis à la procédure de faillite (Trechsel, Kurzkommentar, 1989, ad</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">art.164 n.1).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Tombe sous le coup de cette disposition celui qui diminue son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actif, en fait ou fictivement, notamment en distrayant ou en dissimulant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des objets (ATF 88 IV 21, JT 1962 IV 36). Diminue en fait son actif celui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui fait cadeau de ses avoirs ou ne reçoit en retour qu'une contrepartie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une valeur considérablement inférieure ou une créance contestée ou dou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teuse. Tel est le cas d'une société qui transmet sa fortune à une autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société sans recevoir en retour des prestations équivalentes (ATF 93 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">16). Il en va de même de la remise à l'épouse du débiteur au titre de de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voir moral d'un titre représentatif d'une marchandise valant 7'500 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à encaisser au commerce (ATF 97 IV 18; JT 1972 IV 11). S'agissant de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diminution fictive, il est admis qu'il y a dissimulation selon cette dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">position non seulement lorsque des objets sont cachés au fonctionnaire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'office des poursuites, mais aussi lorsque leur existence est tenue se-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">crète par mensonges ou fausses déclarations. L'obligation du débiteur de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renseigner s'étend par ailleurs à tous les biens et revenus à même de per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mettre une saisie fructueuse (ATF 114 IV 12, JT 1989 IV 45). En revanche</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui qui refuse de donner des renseignements sur l'état de ses biens ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se rend pas coupable d'infractions à l'article 164 aCP mais à l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">323 aCP. Le silence du débiteur ne peut être considéré comme une diminu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'actif que s'il est destiné à faire croire à l'existence d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">état de biens inférieur à la réalité (ATF 102 IV 172).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Subjectivement l'article 164 aCP exige que les débiteurs aient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agi intentionnellement, intention qui doit porter tant sur l'acte que sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le résultat, à savoir le préjudice subi par les créanciers quant au recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrement de leurs créances. Il faut ainsi qu'il ait au moment où il a agi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connu son insolvabilité actuelle ou prochaine, c'est-à-dire qu'il ait pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vu qu'une saisie était proche (Trechsel, Kurzkommentar, 1989, ad art.163</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">n.11; ATF 88 IV 21). </span><span lang="FR-CH">Le dol éventuel suffit. Tel sera le cas si le débi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teur est conscient qu'il est ou risque d'être dans une situation où les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actifs ne couvrent plus les dettes. La connaissance certaine d'un suren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dettement existant ou menaçant n'est pas nécessaire. Il suffit que l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teur ait pris le risque d'un préjudice et l'ait ainsi accepté (BJP 1985</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="NL">n.789; ATF 74 IV 33, JT 1948 413). </span><span lang="FR-CH">Il suffit qu'il ait agi délibérément</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le but de compliquer ou d'éluder une réalisation forcée que son im-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">minente déconfiture rendait prévisible (ATF 93 IV 16, JT 1967 91).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Sur plusieurs points le recourant n'apparaît guère sérieux,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utilisant son système de défense habituel, qui est de tout contester et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourir à une argumentation souvent contradictoire. C'est ainsi qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétendait qu'on ne pouvait exclure que le prix de vente d'une des voitu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">res soit parvenu à son destinataire, sans toutefois étayer d'une quelcon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que façon son argumentation (p.47) ou encore qu'il n'avait pas été prouvé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le simulateur de ski-nautique ait eu une valeur patrimoniale (p.47).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il ne s'agit manifestement pas de moyens qui peuvent entraîner la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cassation pour arbitraire. Rien ne permet ainsi de retenir que le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ait adopté une position indéfendable s'agissant de l'établissement de ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits. De même ne saurait-on admettre une erreur de procédure dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure où le tribunal aurait retenu un état de fait différent de celui qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était visé par l'arrêt de renvoi (p.48). Les deux situations factuelles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">visée et retenue sont similaires et ne nécessitaient pas d'extension en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait, l'article 209 CPP ne trouvant pas application.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) S'agissant des diminutions réelles de patrimoine, soit dispa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ritions de véhicules, du simulateur de ski-nautique, déménagement de mobi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liers, disparition d'antiquités de valeur, le Tribunal correctionnel n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ni fait preuve d'arbitraire, ni appliqué faussement le droit quant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'élément subjectif de l'infraction. Il a estimé que lorsque A. a agi, il était conscient que ses affaires allaient irrémédiablement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se dégrader, cherchant ainsi à mettre ses biens à l'abri d'éventuelles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisies. Cette appréciation, qui relève du fait (ATF 119 IV 142, JT 1995</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">IV 174; RJN 1992 p.70), suffisamment étayée par le dossier, n'apparaît</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nullement arbitraire. On relèvera à ce sujet en particulier l'importance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du surendettement du groupe tel qu'il ressort du dossier ainsi que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">difficultés de trésorerie rencontrées dès 1989. Dans son rapport du 4</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décembre 1992, la fiduciaire T. indiquait déjà au juge d'instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que s'agissant des sociétés pour lesquelles elle était intervenue comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">organe de contrôle la moitié du capital du groupe n'était plus couvert au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">31 décembre 1989, sans qu'elle puisse dire depuis quand cette situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">existait, ayant révisé les comptes depuis 1989 seulement (D.4/205 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S'agissant des difficultés de trésorerie, A. prêtait en décembre 1989</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2 millions de francs à D. en recourant à des amis qui lui ont prêté sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette somme 1,5 million vu l'absence de liquidités dont il souffrait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.4/290, 326, 329). Si ce montant a été semble-t-il remboursé peu après,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">on ignore de quelle manière et à l'aide de quels fonds. Les déclarations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de O. à la police vont dans le même sens, soit dans celui d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surendettement du groupe (D.4/47), celui-ci précisant qu'il avait rendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. attentif à ce problème, de même que celles du recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant, reprises par le jugement (jugement, p.108). Il en va de même du té-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moignage P. (D.5/588). L'expert n'a au demeurant pas varié sur ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">point (expertise, p.38; expertise complémentaire p.18). Les précautions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">multiples et pour lesquelles on ne trouve aucune autre explication prises</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour mettre à l'abri des biens, recours à des sociétés-écran, tiers com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plaisants, création d'une fondation de famille précisément à cette époque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">démontrent également que A. était conscient de la grande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dégradation de la situation du groupe. En retenant dans ce contexte que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. s'était assurément rendu compte dans le courant du deuxième semestre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'année 1989 que ses affaires allaient irrémédiablement se dégrader et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il cherchait ainsi à mettre à l'abri ses biens, les premiers juges</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont pas fait preuve d'arbitraire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) Sur le plan objectif, il y a lieu de relever les points sui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vants :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - Il n'est guère contestable que dès 1989 en tous les cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A. a fait disparaître des actifs, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> soustrayant de la sorte à ses créanciers ou aux créanciers des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sociétés-écran qu'il avait mis en place. A juste titre les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> premiers juges ont admis que le déplacement à l'étranger de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> matériel, voitures diverses, mobiliers, représentant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> centaines de milliers de francs, en partie grâce à des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> subterfuges, déclarations et attestations fausses (cf c.12</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ci-après) est constitutif d'infraction à l'article 164 aCP. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> saisie de biens à l'étranger est impossible (ATF 114 IV 14, JT</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1989 IV 45). Le fait de faire passer à des biens la frontière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tombe ainsi sous le coup de cette disposition, lorsque les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> conditions subjectives en sont remplies, ce qui est le cas. De</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la même manière d'ailleurs le débiteur qui n'annonce pas à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'office des poursuites les biens qui lui appartiennent à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'étranger enfreint l'article 164 aCP (ATF 114 ci-dessus). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> déclarations de Q. rappelées par le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sont significatives à ce sujet, celui-ci précisant qu'il savait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que A. avait vidé la Résidence X. et qu'il lui semblait qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> était parti parce qu'il y avait été contraint par une mesure LP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> (jugement, p.112; D.5/578). En considérant que ces soustractions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> constituaient des fraudes dans la saisie, le tribunal de pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mière instance a correctement appliqué la loi (litt.g, litt.i §</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1 et 2).De la même manière qu'il s'est, en déplaçant son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> domicile à l'étranger, soustrait à la justice, </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A. a déplacé un certain nombre de biens à l'étranger pour les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> soustraire à ses créanciers.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - Quant aux antiquités de valeur, les premiers juges n'ont pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> davantage fait preuve d'arbitraire en admettant qu'il y avait eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mise à l'abri de ses créanciers d'un certain nombre de biens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les déclarations qu'il a faites à ce sujet et rappelées par les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> premiers juges sont parlantes : "J'ai tout vendu pour faire face</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à mes engagements. Ce qu'il reste, ce sont des objets de famille</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que j'ai confiés à des tiers pour pouvoir les retrouver plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tard, quelle que soit ma situation. Je refuse de vous dire où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> les objets se trouvent. Je tiens à dire clairement que je ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cache pas une fortune" (D.4/341). Le tribunal a estimé que parmi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ceux-ci il y avait certainement des pierres précieuses, sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pouvoir être plus précis. Il ne s'agit pas là d'un motif à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cassation. Vu le mutisme du recourant et l'attitude</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'obstruction adoptée, il était évidemment difficile d'être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> précis quant à l'ampleur des biens dont A. avait organisé la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> disparition. Il n'y avait par ailleurs pas lieu d'étendre la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> prévention s'agissant des pierres précieuses puisqu'il n'y avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ni extension en fait (art.209 CPP), ni extension en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> (art.211 CPP). Le jugement est suffisamment motivé. Créant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> écrans de manière à opacifier la situation réelle et à garder la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> propriété économique de ses biens, après avoir rendu la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> situation juridique confuse, voire indémêlable, </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A. était d'ailleurs ce faisant fidèle à lui-même et à sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> manière de procéder.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - En recourant au système des sociétés-écran et à des donations à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sa femme s'agissant de ses propriétés en Floride et en France</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> (litt.j et k) alors que sa situation financière était des plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> compromises, A. , diminuait ses actifs au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> préjudice de ses créanciers. L'article 164 aCP est applicable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les termes de son testament du 23 juillet 1992 sont à cet égard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> clairs : ..."je laisse ce jour une femme (?) épousée en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> séparation de biens selon le droit floridien et qui a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> gratifiée de différents biens mis à son nom par mesure de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sécurité afin d'éviter leur saisie" (D.7/1249).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - Il en va de même en ce qui concerne la création en automne 1989</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> puis la dotation de la fondation de famille B. dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> les actifs s'élèvent à 5,5 millions environ. L'époque de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> création et de sa dotation dans les semaines qui ont suivi est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> significative des objectifs poursuivis. En retenant qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> s'agissait à nouveau pour A. de mettre à l'abri</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> une partie de ses biens alors qu'il était pleinement conscient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> des problèmes financiers auxquels il allait être confronté, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> premiers juges ont sainement et correctement apprécié la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> situation. L'analyse de l'expert à ce sujet n'a pas à être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> remise en question, lequel précisait au sujet de la Fondation en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> question :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Nous constatons surtout que sont transférés les biens auxquels</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A. est attaché mais qu'il ne peut pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> physiquement transférer à l'étranger. La donation de ces biens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> avait pour conséquence de les sortir irrévocablement de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> fortune privée de A. , respectivement de ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> actifs commerciaux" (expertise p.59).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il s'agit d'ailleurs là d'un des procédés ordinaires du recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant, qui consistait à scinder la propriété économique de la propriété</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridique. L'article 164 aCP s'applique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> g) - Si A. a dépensé un argent fou (litt.n) pour ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> besoins personnels - son train de vie étant significatif - et ceci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> alors même que sa situation financière et celle du groupe étaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> gravement menacées, il ne s'agit toutefois pas là de fraudes dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> saisie mais de comportements qui tombent sous le coup de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 165 aCP, soit des dépenses exagérées visées par ladite disposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En effet ainsi que relevé (voir c.10 litt.c ci-dessus), l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 164 aCP vise la diminution de l'actif sans contre-prestation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> équivalente (ATF 93 IV 16, JT 1967 IV 91), tandis que la diminution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> du patrimoine pour des motifs futiles ou en relation avec un train</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de vie sans proportion avec ses possibilités financières constitue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> un cas de banqueroute simple ou de déconfiture selon l'article 165</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> aCP. C'est ainsi à tort que l'article 164 aCP a été retenu, alors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que la prévention aurait dû sur ce point être étendue à l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 165 aCP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - Quant à des remises en liquide et en cadeaux à R. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> plus de 400'000 francs (litt.o), il n'apparaît pas davantage que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'article 164 aCP puisse être retenu. D'une part le dossier ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> contient guère d'éléments à ce sujet, ni sur les montants dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> R. a pu bénéficier, ni sur l'époque, ni encore sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> circonstances. Si cette dernières a touché en plus de son salaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 3'000 francs mensuellement (D.5/522), ces versements s'inscrivent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> vraisemblablement en partie tout au moins dans le cadre des obliga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tions alimentaires que A. avait à l'égard de sa fille.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Comme telles ils ne tombent pas sous le coup de l'article 164 aCP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant d'autres libéralités - certes vraisemblables - le dos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sier comme le jugement sont particulièrement succincts. En faisant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sur ce point application de l'article 164 aCP, sans avoir établi les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> faits de manière suffisante, les premiers juges ont outrepassé leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pouvoir. Ils n'ont par conséquent pas appliqué correctement la loi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il apparaît ainsi comme dans le cas précédent que le comportement du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> recourant aurait dû s'inscrire dans le cadre des dépenses inconsidé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rées visées par l'article 165 aCP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> h) Pour ce qui est de la diminution fictive de patrimoine (litt.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">q) le jugement est à nouveau très succinct (p.120). Entendu par l'office</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des poursuites A. a renvoyé celui-ci au dossier pénal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.14/3160). Or dans ce cadre, il affirmait ne plus disposer d'objets de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valeur (D.4/341). Dans la mesure où sans faire preuve d'arbitraire les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premiers juges ont admis que A. avait mis à l'abri de ses créanciers un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certain nombre de biens (c 11 litt.f), c'est à juste titre qu'ils ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré qu'en niant l'existence de ces biens celui-ci diminuait fictive-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment son patrimoine et se rendait coupable de l'infraction visée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 164 aCP. Il n'en reste pas moins que l'étendue de cette infrac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion n'a pu être déterminée avec précision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 39. Déménagement juin 1992</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">12. a) Le recourant a été également condamné pour faux dans les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titres selon l'article 251 ch.1 aCP pour avoir créé et utilisé par l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">termédiaire de S. des titres faux. Le tribunal a, à cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">égard, estimé que tant l'attestation du 1er juin 1992 par laquelle il at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">testait au nom de la société U. que celle-ci avait loué un appar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement de vacances de cinq pièces sur le territoire de … … à S. que la demande accompagnée d'une liste de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mobilier, adressée à la Direction des douanes à Dijon indiquant qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">souhaitait importer des meubles en franchise pour sa résidence secondaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à … … constituaient des titres faux, créés ou utilisés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en Suisse, notamment dans le dessein de porter atteinte aux droits des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créanciers de A. . Selon le tribunal il s'agissait là du second but</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poursuivi, le premier étant d'éluder des droits de douane et de TVA, ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier ne tombant toutefois pas sous le coup du code pénal. Il a par ail-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leurs retenu que A. avait agi comme auteur médiat s'agis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant de la demande adressée à la direction des douanes. Le tribunal a éga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lement retenu que dans le même but et les mêmes conditions A. avait déterminé S. à se procurer pour le véhicule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Rolls-Royce JY Silver Claud dont il était propriétaire un faux permis de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circulation, dans la mesure où elle n'était nullement détentrice de ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véhicule, mais avait uniquement à le déplacer jusqu'au domicile de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. en France (jugement, p.34-35, 125-128).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) A. conteste avoir commis des faux dans les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titres s'agissant des attestation, demande et permis de circulation, docu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments qui ont permis le déménagement de ses biens en France. Il conteste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir eu l'intention de frauder ses créanciers, ses biens ne pouvant être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saisis, du moment que les montants qu'il devait pour l'entretien de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">famille, qui constituaient dès lors des dettes prioritaires, étaient plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élevés. Il n'y a par ailleurs pas eu usage de l'attestation du 1er juin en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Suisse, ce qui exclut l'application de l'article 251 CP. Les documents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incriminés ne peuvent être considérés comme des écrits ayant une portée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridique au sens du droit suisse, - n'ayant pas les qualités nécessaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour prouver un droit de propriété -, avec lesquels il abusait ses créan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciers poursuivants. Il n'y a pas eu davantage faux dans les titres s'agis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant du permis de circulation de la Rolls-Royce, faute d'intention de lé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ser les créanciers et de se procurer un avantage illicite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) L'article 251 aCP vise aussi bien le faux matériel que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faux intellectuel. Tandis que le faux matériel se commet physiquement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut être constaté par une expertise du titre lui-même, le faux intel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lectuel ne laisse aucune trace matérielle, résultant uniquement de l'alté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ration de la vérité par le contenu de l'écrit. Dans le cas du faux intel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lectuel, l'auteur du titre exprime quelque chose de faux (Corboz, Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principales infractions, 1997 p.324). Le faux intellectuel se distingue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois du simple mensonge écrit qui n'est pas punissable. Il suppose un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mensonge écrit qualifié qui se distingue, par sa capacité de convaincre,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une simple allégation unilatérale (ATF 120 IV 27, 119 IV 56). Selon la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence la plus récente pour qu'il y ait faux intellectuel, le titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit avoir une valeur probante accrue pour offrir une garantie spéciale de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véracité (ATF 122 IV 27, 120 IV 27), ce qui n'est pas le cas s'agissant du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faux matériel. Il faut que l'auteur du document se trouve dans une posi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion analogue à celle d'un garant (ATF 120 susmentionné) ou comme le dit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Corboz dans une situation qui s'apparente à celle du notaire qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instrumente un acte authentique (Corboz, op.cit.p.329). C'est ainsi que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon la jurisprudence actuelle très restrictive du Tribunal fédéral - peu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convaincante à certains égards - on admettra qu'il n'y a faux intellectuel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant d'un contrat que s'il existe des garanties spéciales que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclarations concordantes des parties correspondent à leur volonté réelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 120 susmentionné). De même selon Corboz (op.cit. p.333), la jurispru-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dence actuelle ne confirmerait certainement pas la condamnation d'une per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonne comme auteur médiat qui avait obtenu de son fournisseur étranger de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fausses factures pour induire la douane en erreur (ATF 96 IV 153). Quant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux formules officielles, le fait de les remplir mensongèrement, ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une déclaration d'impôt, d'une demande de crédit, d'un avis de sinistre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">adressé à l'assureur, ne constitue pas des faux (Corboz, op.cit. p.334).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) En l'espèce le Tribunal a retenu des faux intellectuels à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge de A. , le contenu des attestation, demandes d'im-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">portation et de permis de circulation ne correspondant pas à la réalité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il est incontestable que le recourant a utilisé S. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">importer en France les biens qu'il souhaitait. Il ne le nie au demeurant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas (jugement, p.125). Il s'agit d'ailleurs d'une nouvelle illustration de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la manière - au besoin mensongère - dont A. au mépris de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute bonne foi utilise ceux qui l'entourent pour agir dans son intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnel. Au vu de la jurisprudence restrictive du Tribunal fédéral en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière de faux intellectuel il apparaît toutefois que les conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'application de l'article 251 aCP ne sont pas remplies. La demande ten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dant à l'octroi d'un permis de circulation n'a pas de valeur probante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quant au contenu de celle-ci. Il en va de même de la demande présentée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. mentionnant qu'elle souhaitait importer des meubles en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">franchise pour sa résidence secondaire à … … . Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agit là de simples allégations, de mensonges écrits qui ne tombent pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sous le coup de l'article 251 aCP. La situation est semblable en ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concerne l'attestation du 1er juin 1992, qui, toujours au vu de la juris-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prudence restrictive du Tribunal fédéral, ne présente pas une force pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bante particulière et par conséquent suffisante. Ce n'est notamment pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme notaire instrumentant que A. a rédigé ladite at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">testation, mais comme représentant dans la société U. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ainsi et dans la mesure où les conditions objectives de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction prévue par l'article 251 aCP n'étaient pas remplies, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévention aurait dû être abandonnée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 40. Acte V. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">13. a) A. a été reconnu coupable de faux dans les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titres commis dans l'exercice de fonctions publiques (art.317 CP) pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir, le 11 septembre 1989, instrumenté en qualité de notaire un acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans lequel il attestait la comparution du représentant de V. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors que celle-ci était décédée le 14 décembre 1988. L'acte en question</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était en fait un acte rectificatif d'un précédent acte passé le 27 sep-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tembre 1988 (soit du vivant de V. ) et qui comportait une er-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reur. Le Tribunal correctionnel a de ce fait reconnu que A. avait sciemment fait comparaître un mort, en omettant toute allusion</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'acte notarié au décès de V. , dont il avait pourtant eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaissance (jugement, p.35, 129-132).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant avance que son seul désir était de corriger une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">erreur et qu'il n'a pas voulu tromper autrui; que l'intention de tromper</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autrui est, selon la doctrine, un élément constitutif de l'infraction; que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Tribunal correctionnel est tombé dans l'arbitraire dans la peine qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui a infligée, si on la compare à l'amende à laquelle a été condamné le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">représentant comparaissant de V. , également notaire, dont la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culpabilité est la même que la sienne (recours, p.62-65).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) L'article 317 CP vise les fonctionnaires et les officiers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publics qui auront intentionnellement constaté faussement dans un titre un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait ayant une portée juridique, notamment en certifiant faussement l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">thenticité d'une signature ou d'une marque à la main ou l'exactitude d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">copie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est incontestable que l'acte notarié établi par le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 11 septembre 1989 constatait faussement un fait ayant une portée juri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dique, V. étant décédée depuis de nombreux mois. Savoir si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelqu'un est encore vivant a une influence évidente sur sa capacité ci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vile. Il est tout aussi incontestable que A. connaissait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le décès de V. , puisqu'il avait appris par les exécuteurs tes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tamentaires de celle-ci que le premier acte, passé le 27 septembre 1988,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportait une erreur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La question de savoir si la volonté de tromper autrui est ou non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un élément constitutif de l'infraction de l'article 317 CP peut rester</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indécise, car, même si tel était le cas, cette intention est manifeste en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce. Comme l'a relevé le Tribunal correctionnel (jugement, p.130-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">131), il aurait en effet été aisé pour le recourant d'indiquer sur l'acte,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à côté de la date de naissance de V. , celle de son décès. Or,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. a soigneusement omis d'indiquer sur l'acte le décès de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">V. . En agissant de la sorte, il avait sans conteste pour objec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tif d'induire en erreur le conservateur du registre foncier dont dépendait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'inscription des droits immobiliers concernés par l'acte, sachant perti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nemment que si celui-ci apprenait ce fait il refuserait l'inscription (ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui a d'ailleurs été le cas : D.6/874). A. a ainsi cher-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ché à faire croire au conservateur du registre foncier que V. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était vivante alors qu'elle était décédée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant de la thèse de l'erreur de droit en rapport avec une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procuration post-mortem (que A. ne soutient plus dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours), il suffit de renvoyer au jugement (p.131) qui se rallie avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison à l'avis du professeur Grossen figurant au dossier (D.6/884 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Le recourant se plaint de la peine qui lui a été infligée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapport à l'amende à laquelle a été condamné le représentant, également</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notaire, à l'acte litigieux de V. (v.jugement, p.143-144, 152-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">153). Il perd toutefois de vue que ledit représentant n'a été condamné que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour ce seul acte, contrairement à lui, qui s'est vu infliger une peine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ensemble pour de nombreuses infractions. Il ne saurait être question ni</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de comparer des situations fort différentes, ni de prononcer des peines</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">distinctes pour chaque infraction retenue (art.68 ch.1 CP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span><span lang="EN-GB">41. W. . </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">14. a) A. </span><span lang="FR-CH">a été reconnu coupable de tentative de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrainte pour avoir menacé (sans succès) son frère W. , par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courrier du 15 octobre 1990, de le dénoncer pour fraude fiscale s'il ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui versait pas un montant convenu (jugement, p.36, 133-134).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant avance que le Tribunal correctionnel est tombé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'arbitraire compte tenu du fait que W. n'a pas réagi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à son courrier, ce qui démontre soit qu'il estimait ne pas avoir été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet de menaces, soit qu'il lui pardonnait; que W. n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas déposé plainte pénale et a refusé de témoigner durant l'instruction;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le Tribunal correctionnel n'a pas élucidé la question de savoir si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelqu'un peut se sentir menacé de devoir remplir une obligation fiscale;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'une tentative est difficilement soutenable concernant une infraction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre la liberté; qu'on ne voit pas l'intérêt public défendu en l'espèce;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la peine est disproportionnée, car seule une amende aurait dû être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenue (recours, p.65-66).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Selon l'article 181 CP, sera puni de l'emprisonnement ou de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'amende celui qui, en usant de violence envers une personne ou en la me-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naçant d'un dommage sérieux, ou en l'entravant de quelque autre manière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans sa liberté d'action, l'aura obligé à faire, à ne pas faire ou à lais-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ser faire un acte. La contrainte est poursuivie d'office, sans que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribunal saisi doive examiner l'existence d'un intérêt public et sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il soit nécessaire que la victime ait porté plainte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il convient en l'espèce d'examiner s'il y a eu menace d'un dom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mage sérieux (litt.d), si cette menace était illicite (litt.e), s'il y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">eu tentative (litt.f) et enfin si la peine est disproportionnée (litt.g).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Il y a menace d'un dommage sérieux lorsque la perspective de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'inconvénient est de nature à entraver le destinataire dans sa liberté de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision. Cette perspective doit être propre, pour un destinataire raison-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nable, à l'amener à adopter un comportement qu'il n'aurait pas eu s'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait eu toute sa liberté d'action (Corboz, Les principales infractions,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, p.228-229).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, A. a informé son frère qu'en cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de non-obéissance, il agirait comme suit :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Je dépose ma déclaration d'impôts genevoise en indiquant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> combien tu as touché sur chaque affaire genevoise avec les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> numéros des comptes bancaires sur lesquels tu as été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> crédité" (D.15/3599 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il ajoutait :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Il ne suffit pas d'avoir un poil dans la main et la langue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> médisante pour se comporter en crapule. Tu n'as pas le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> format et ça va te coûter très cher; moi ça m'est égal.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> (...) Souviens-toi moi je ne recule jamais et je n'ai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> qu'une parole qu'à ce jour j'ai toujours respectée (...).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Aujourd'hui j'ai tout perdu, il ne me reste que la triste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> arme de la vengeance dont j'userai à ton endroit si tu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> continues d'agir ainsi. Envoie par fax l'avis de virement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à O. . Je lui téléphone lundi, sinon mardi et j'exécute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ce que j'ai écrit avec la publicité qu'il se doit".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cette missive doit sans conteste s'interpréter objectivement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme la menace d'un dommage sérieux. Le ton utilisé, la référence ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">presse à la vengeance et le but clair de causer du tort atteste du ca-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ractère de menace. La volonté du recourant de déclencher une procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour fraude fiscale (apparemment pour des montants non négligeables) et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rendre celle-ci publique sont les indices de la possibilité d'un dommage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sérieux, à la fois patrimonial et moral.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) La menace d'un dommage sérieux est illicite notamment lorsque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le moyen est disproportionné pour atteindre le but visé ou lorsqu'il n'y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas de rapport entre l'objet de la menace et l'exigence formulée (Corboz,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">opus cité, p.231-232).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, A. a menacé de dénoncer son propre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frère aux autorités fiscales pour fraude et de faire de la publicité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autour de cette procédure, afin d'assouvir sa vengeance. Un tel moyen,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indépendamment de la manière dont il peut être qualifié, est à l'évidence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disproportionné face au but visé, à savoir le règlement d'un contentieux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">civil mal défini mais qui s'inscrit dans la nébuleuse des opérations du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant. Au surplus, il n'y a pas la moindre connexité entre une menace</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de dénonciation fiscale et la récupération d'un montant litigieux au plan</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">civil. La menace était par conséquent illicite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) La contrainte est une infraction de résultat qui n'est con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sommée que si la personne visée a commencé à adopter le comportement im-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">posé par le moyen de pression. Si ce résultat ne se produit pas, il ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut y avoir que tentative. Si, malgré la menace d'un dommage sérieux, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne visée ne cède pas et n'adopte pas le comportement souhaité par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'auteur, il y a délit manqué de contrainte (Corboz, opus cité, p.234).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, W. ne s'est pas exécuté. La réponse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapide de son mandataire (D.15/3598) démontre cependant, comme l'a relevé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Tribunal correctionnel (jugement, p.134), qu'il n'a pas pris à la lé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gère les menaces de son frère. Cette réaction suggère que W. a à tout le moins envisagé la possibilité de devoir se soumettre au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diktat de son frère, de sorte que la tentative de contrainte a été retenue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à juste titre. On peut même se demander s'il n'y a pas eu délit manqué de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrainte. La distinction entre les deux degrés de réalisation est,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quoiqu'il en soit, sans conséquence pratique, les articles 21 al.1 et 22</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 CP prévoyant tous deux la possibilité d'une atténuation de la peine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au sens de l'article 65 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> g) En cas de concours d'infractions, le juge prononce une peine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ensemble en fonction de l'infraction la plus grave (art.68 ch.1 CP). Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant ne peut ainsi pas se plaindre d'une peine disproportionnée pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le motif que la tentative de contrainte n'aurait pas été sanctionnée sépa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rément par une amende. Même envisagée pour elle-même, la contrainte voulue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le recourant constituerait une faute d'une gravité suffisante pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envisager une peine d'emprisonnement et, au vu des circonstances, il ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait pas arbitraire de renoncer, dans le cadre d'une tentative, à pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">noncer une peine d'arrêts ou d'amende, au lieu d'une peine d'emprisonne-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, en application de l'article 65 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">15. a) Le tribunal correctionnel a infligé à A. une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine de trois an et demi de réclusion dont à déduire cinq mois de déten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion préventive subie. Il a notamment considéré que sa culpabilité était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lourde, que les infractions commises ou en tous les cas les plus graves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'entre elles impliquaient un engagement particulièrement actif et direc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tif de sa part, qu'il n'avait pas fait preuve du moindre repentir mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait au contraire persisté à tenter de faire supporter aux autres les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquences de ses propres fautes, usant de surcroît de moyens de défense</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">empreints de mauvaise foi. Il n'a pas fait application des articles 10 ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">11 CP, admettant toutefois certains troubles dans sa personnalité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant estime que la peine qui lui a été infligée est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disproportionnée eu égard au nombre d'infractions retenues par le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comparées à celles retenues par le procureur, mais aussi eu égard au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réquisitoire même du procureur comparé à l'arrêt de renvoi de la Chambre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'accusation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Contrairement à ce qu'il en est s'agissant tant des faits que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la qualification juridique qui lient le tribunal, sous réserve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'application de l'article 211 CPP, le Tribunal n'est pas lié par les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réquisitions du ministère public quant à la quotité de la peine. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribunal peut ainsi infliger des peines supérieures à celles qui ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">requises. De même ne saurait-on considérer de manière schématique que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'abandon de préventions, soit déjà par le ministère public, soit par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribunal, doive entraîner automatiquement une réduction "proportionnelle"</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Le tribunal fixe ainsi la peine d'après la culpabilité du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délinquant, en tenant compte des mobiles, des antécédents et de la situa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion personnelle de ce dernier (art.63 CP). N'étant pas une Cour d'appel,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Cour de cassation n'a pas à arrêter la peine d'après sa propre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appréciation. A cet égard, son pouvoir d'examen n'est pas plus étendu que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui de la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral (RJN 5 II 124).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Elle n'intervient dès lors que si le premier juge est sorti du cadre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légal, s'est fondé sur des éléments dépourvus de pertinence, n'a pas pris</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en considération des éléments déterminants ou encore a abusé de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation (ATF 122 IV 156, 241, 299; 121 IV 3, 193; 120 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="NL">136; 118 IV 342; JT 1994 IV 67).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="NL"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="NL"> </span><span lang="FR-CH">e) En l'espèce il est indiscutable que la peine a été fixée dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le cadre légal - le recourant ne prétend d'ailleurs pas le contraire -, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appliquant les critères prévus par l'article 63 CP et sans que le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se laisse guider par des considérations étrangères à cette disposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Les premiers juges ont d'ailleurs motivé avec un soin très particulier la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine infligée. La gravité des fautes commises est indéniable. Comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'indiquaient les premiers juges, A. a agi sans se soucier de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la loi, ni de l'éthique de sa profession, ni des règles de moralité les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus élémentaires (p.148). Il a aussi entraîné, comme le relève le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement, des collaborateurs, en particulier son ancienne secrétaire, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agir en violation de la loi, sans se soucier des risques qu'il lui faisait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courir, alors qu'elle n'y avait aucun intérêt. Son attitude au cours de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure ne le fait pas apparaître sous un jour différent. Ainsi que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relevé également il a constamment refusé d'assumer ses responsabilités,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fuyant à l'étranger et rejetant systématiquement les responsabilités, y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compris de son absence dans la procédure, sur les tiers et sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorités. Les infractions commises et retenues portent par ailleurs sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des montants considérables, de plusieurs millions de francs. A elles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seules, les fraudes dans la saisie portent déjà sur des montants de cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">importance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le fait que certaines préventions aient été abandonnées par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de cassation pénale - on relèvera à ce sujet que certains de ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agissements auraient dû tomber sous le coup d'autres dispositions légales</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- ne nécessite pas un renvoi. Il est indiscutable que certaines des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">infractions retenues apparaissent tout à fait secondaires par rapport aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autres. Ainsi l'abandon de la prévention d'infractions à l'article 164 aCP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant des dépenses exagérées qu'il a engagées (c.11 litt.g) -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportement qui aurait dû tomber sous le coup de l'article 165 aCP - ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'article 251 aCP s'agissant de la rédaction de trois documents qui ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">favorisé le déménagement de ses biens en France ne font pas apparaître</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appréciation globale de la culpabilité de A. sous un jour différent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cela est d'autant plus vrai que dans une situation rendue aussi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confuse par le fait et la volonté même du recourant, la fixation de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine ne peut obéir à des principes aussi schématiques ou rigides que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">c'est parfois le cas s'agissant des infractions mieux délimitées. Ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant de la quotité de la peine, le recours doit être rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">16. a) Le tribunal correctionnel a prononcé la confiscation de cinq</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptes bancaires, de deux véhicules, de mobilier et de terrains en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Floride (jugement, p.154-156). Le recourant conteste tout (recours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.70-77). Il convient de reprendre bièvement chaque élément.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le compte « v. » a été ouvert auprès de la Banque... au nom de Z. . . Le juge d'instruction en a ordonné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le séquestre, estimant que "vu les diverses relations bancaires de A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au Luxembourg, on ne peut que présumer que les fonds versés proviennent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des fonds cachés de A. " (D.29/8069, ch.7b). Le tribunal correctionnel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en a ordonné la confiscation "convaincu que les sommes en question pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">viennent des fraudes dans la saisie dont A. s'est rendu cou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pable" (jugement, p.155). Le recourant avance que les fonds ne proviennent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas de Suisse (recours, p.75). Cet argument est à l'évidence sans perti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nence, A. ayant sans problème pu les faire transiter par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autres pays. Comme le compte a été ouvert en 1993, soit à une époque où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant avait depuis longtemps décidé de soustraire un maximum de ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">biens et fonds à ses créanciers en Suisse, la confiscation a été prononcée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à juste titre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Le compte « w. » a été ouvert auprès du Crédit …</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au nom de A. (jugement, p.155). Le recourant retrace l'évolu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion du compte (recours, p.72-73) et relève qu'aucun mouvement ne provient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Suisse (recours, p.75). Ce qui a été dit ci-dessus (litt.b) s'applique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ici aussi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Le compte de dépôt titres « x. » a été ouvert auprès du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Crédit … au nom de Z. . (D.29/8257, ch.6). Le tribunal cor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rectionnel s'est déclaré "convaincu que les fonds ayant permis l'achat des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titres se trouvant sur le compte séquestré étaient de provenance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délictueuse" (jugement, p.156). Le seul argument du recourant à ce sujet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consiste à avancer que ce compte n'a fait l'objet d'aucun crédit depuis la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Suisse (recours p.72), argument dont l'absence de pertinence a déjà été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relevée (ci-dessus litt.b).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Le compte « y. » a été ouvert auprès du Crédit …</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au nom de U. </span><span lang="DE-CH">(D.29/8071, ch.7g). </span><span lang="FR-CH">Le tribunal correctionnel en a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordonné la confiscation faute d'explications crédibles de A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quant à la provenance des fonds (jugement, p.156). Les arguments avancés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le recourant devant l'autorité de céans (recours, p.71-72) ne changent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rien au fait qu'il est certain que les mouvements relevés par le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'instruction ont été rendus possible grâce aux fonds concernés par les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fraudes dans la saisie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) Le compte « z. » a été ouvert auprès du Crédit …</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au nom de A. (D.29/8071, ch.7f). Sa confiscation en a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordonnée, comme les précédentes, à juste titre, les mouvements relevés par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant (recours, p.73-74) ne prouvant rien (ci-dessus litt.b).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> g) Une Citroën AX a été confisquée (jugement, p.155). Le recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant avance que ce véhicule, acquis par U. Sàrl en 1991 a été financé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par des fonds provenant "soit de vente de vins, soit du Luxembourg, soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'Européenne de Banque" (recours, p.71). Il s'agit là de simples allé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gations sans aucune force probante compte tenu d'une part de l'habitude du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant d'utiliser les sociétés qu'il maîtrisait comme s'il s'agissait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de son patrimoine personnel, d'autre part de sa volonté claire de sous-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire ses biens et fonds à ses créanciers en "brouillant les pistes" dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> h) Un véhicule Mercedes a été confisqué (jugement, p.156). Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant avance l'avoir exporté le 7 avril 1991, soit à une époque où il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne pouvait pas être conscient de sa prochaine ruine (recours, p.75). La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fraude dans la saisie AR 35 litt.g ayant été retenue à ce propos, son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">argumentation doit être écartée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> i) Du mobilier a été confisqué (jugement, p.156; D.25/6570). Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agit des biens visés sous AR 35, de sorte que leur confiscation s'impo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sait. S'agissant des meubles dont Me … a été constitué gardien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.29/8069, ch.6), on doit aussi penser qu'ils proviennent également des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fraudes dans la saisie dont le recourant s'est rendu coupable. Le fait que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces meubles ne figurent pas sur la liste D.7/1062-1064 ne prouve pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'ils ne proviennent pas de Suisse. Le recourant allègue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certes que rien n'a été fait pour élucider leur provenance (recours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.76). On se bornera à relever qu'il ne fournit pas la moindre explication</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dûment étayée en ce qui concerne leur origine selon lui.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> j) Le tribunal correctionnel a enfin confisqué des terrains en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Floride en raison de leur lien étroit avec les fraudes dans la saisie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(jugement, p.156). Ces terrains sont cependant propriété d'un tiers, WW., qui les a achetés de A. apparemment de bonne foi et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour un prix normal (D.23/5784-5788). Or, selon l'article 59 ch.2 CP, une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confiscation ne doit pas être prononcée lorsqu'un tiers a acquis les va-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leurs dans l'ignorance des faits qui l'auraient justifiée, et cela dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure où il a fourni une contre-prestation adéquate ou si la confiscation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se révèle à son égard d'une rigueur excessive. Il est vrai que le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'instruction n'a ordonné le séquestre (sous forme d'une interdiction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'aliéner) que de deux terrains auxquels Z. aurait contract-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">uellement droit après leur mise en valeur (D.23/5786). Il n'en demeure pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins que d'une part l'article 59 CP protège l'acquéreur de bonne foi et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autre part il n'est pas possible de procéder à une confiscation antici-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pée, c'est-à-dire intervenant avant un transfert de propriété. Cette con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fiscation doit ainsi être annulée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">17. a) Le tribunal a mis à la charge de A. 340'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs de frais de justice sur le montant de plus de 370'000 francs auquel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il estimait les frais de la procédure pénale, considérant notamment que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les coûts de l'enquête et du procès étaient dus essentiellement aux in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fractions et à l'attitude de A. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) A. conteste la répartition des frais opérée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le tribunal. Il estime notamment que l'expertise a engendré des frais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disproportionnés par rapport à sa condamnation; que les coûts de la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédure ne résultent ni des infractions pour lesquelles il a été condamné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ni de son attitude; que la répartition qui a été faite est ainsi arbitrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En règle générale la condamnation à une peine entraîne la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamnation aux frais. Ceux-ci peuvent être réduits, si le prévenu n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas été condamné pour tous les faits mis à sa charge par la décision de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoi ou si les frais sont disproportionnés eu égard à l'importance de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause (art.89 al.2 CPP). Selon la jurisprudence, cette disposition confère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un large pouvoir d'appréciation au juge qui peut renoncer à diminuer les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais en cas d'abandon par le Tribunal de première instance d'une partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la prévention, lorsqu'il n'est pas possible de distinguer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">part des frais imputable à chacune des infractions visées dans l'ordonnan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce de renvoi, dès lors que l'instruction a tendu à éclaircir l'ensemble</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des faits. Il n'en va différemment que si les infractions visées dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ordonnance de renvoi sont nettement distinctes et nécessitent des ins-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tructions elles aussi indépendantes l'une de l'autre (Clerc, Brèves re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">marques sur les frais de justice pénale, Gedächtnisschrift für Peter Noll,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Zurich, 1984, p.328; arrêt CCP K. du 05.06.1985, non publié; ATF K. de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">première Cour de droit public du 30.10.1985 non publié; arrêt CCP W. du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">02.11.1994, non publié).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) En l'espèce les frais ont été mis dans la très grande majo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rité à la charge du recourant, puisque envisagés globalement ceux-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'élèvent selon le tribunal à plus de 370'000 francs. Ce faisant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribunal n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation. Ainsi que relevé par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les premiers juges, les frais d'expertise - qui constituent l'essentiel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des frais judiciaires - concernent pour l'essentiel la cause A. . Une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partie importante des frais a été causée par l'expertise complémentaire,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandée par le recourant et qui par le fait de celui-ci tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulièrement a pris de grandes proportions. On ne peut au surplus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">distinguer comme l'exige la jurisprudence susmentionnée la part des frais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">imputable à chacune des infractions, du moment que dans ce cas l'instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion a tendu à éclaircir l'ensemble des faits envisagés globalement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur ce point également le recours doit ainsi être rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">18. Sous réserve d'un cas de confiscation, le pourvoi apparaît ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mal fondé. Il doit être rejeté et les frais de justice mis à la charge du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">19. A. a été mis au bénéfice de la défense obli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gatoire en application de l'article 54 CPP. Son mandataire ne donne aucune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précision s'agissant du temps qu'il a consacré à l'élaboration du pourvoi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'indemnité sera ainsi fixée en fonction du temps qui paraît avoir été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consacré à celui-ci - sur plusieurs points les termes du pourvoi repren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nent certainement ceux de la plaidoirie présentée devant le Tribunal - de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la responsabilité engagée et de l'importance de la cause. Au vu de l'en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">semble des circonstances une indemnité de 4'000 francs, TVA comprise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paraît équitable. S'agissant de la situation du mandataire obligatoire on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relèvera qu'elle se distingue de celle de l'avocat d'office, pour ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est du remboursement par le condamné des honoraires qui doivent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">primairement être assumés par l'Etat, mais incombent au condamné sans que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les règles restrictives relatives au remboursement des indemnités d'avocat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'office ne soient applicables.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Déclare le recours du 12 mai 1997 irrecevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Rejette le recours du 29 mai 1997, sous réserve de la confiscation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> deux terrains en Floride propriété de WW. qui doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> annulée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Met les frais de la cause arrêtés à 4'400 francs à la charge du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Fixe l'indemnité globale due à Me …, avocat obligatoire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> du recourant, à 4'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 13 mars 1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>