B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour IV D-347/2013 A r r ê t d u 6 f é v r i e r 2 0 1 3 Composition Gérald Bovier, juge unique, avec l'approbation de Yanick Felley, juge, Alexandre Dafflon, greffier. Parties A._______, née le 7 décembre 1977, B._______, née le 9 avril 2006, Géorgie, représentées par (…), recourantes, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière) et renvoi (Dublin) ; décision de l'ODM du 7 janvier 2013 / N (…). D-347/2013 Page 2 Vu la décision du 31 juillet 2012, pa r laquelle l'ODM, se fondant sur l'art. 34 al. 2 let. d de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la demande d'asile du 12 juillet 2012 de C._______, a prononcé son transfert en Autriche et a ordonné l'exécution de cette mesure, la demande d'asile déposée en Suisse par A._______, voyageant avec sa fille B._______, en date du 10 septembre 2012, le courrier du 18 octobre 2012, demeuré sans réponse, par lequel l'ODM a requis de l'intéressée d'établir ses liens matrimoniaux avec C._______, de même que les liens de filiation de ce dernier avec sa fille, l'exécution, le 16 novembre 2012 , du transfert de C._______ vers l'Autri- che, le retour de C._______ en Suisse début décembre 2012 (cf. infra le cour- rier du 27 décembre 2012 et le re cours du 22 janvier 2013 de la mand a- taire des intéressées), le courrier du 27 décembre 2012 de la mandataire des intéressées, la décision du 7 janvier 2013 , notifiée le 15 janvier 2013 , par laquelle l'ODM, en application de l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, n'est pas entré matière sur la demande d'asile de la requérante, a prononcé son transfert en Po- logne et a ordonné l'exécution de cette mesure, constatant l'absence d'ef- fet suspensif à un éventuel recours contre cette décision, le courrier du 9 janvier 2013 de l'ODM, le recours du 22 janvier 2013 formé en temps utile contre la décision du 7 janvier 2013, les demandes d'octroi de l'effet suspensif, d'exemption du paiement d'une avance de frais et d'assistance judiciaire partielle dont il est assorti, la réception du dossier de première instance par le Tribunal administratif fédéral (le Tribunal), le 30 janvier 2013, D-347/2013 Page 3 et considérant que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Trib u- nal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités me n- tionnées à l'art. 33 LTAF, qu'en particulier, les décisions rendues par l’ODM conc ernant l’asile peu- vent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 [LTF, RS 173.110]), exception non réalisée en l'espèce, que l' intéressée a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 37 LTAF), que le recours, interjeté dans la f orme (art. 52 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, que, saisi d'un recours contre une décision de non -entrée en matière sur une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien -fondé d'une telle décision (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.2.3 et 10, ATAF 2011/9 consid. 5 ; ULRICH MEYER/ISABEL VON ZWEHL, L'objet du litige en procédu- re de droit administratif fédéral, in : Mélanges en l'honneur de Pierre Moor, Berne 2005 p. 435 ss), que, dans le cas d'espèce, il y a lieu de déterminer si l'ODM était fondé à faire application de l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, disposition en vertu de laquel- le l'office fédéral n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en ve rtu d'un accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi, que, selon l'art. 29a al. 1 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile re- lative à la procédure [OA 1, RS 142.311]), et en application de l'Accord du 26 octobre 2004 entre la Co nfédération suisse et la Communauté eur o- péenne relatif aux critères et aux mécanismes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), l'ODM – avant de faire application de la disposition précitée – examine la compétence rela- tive au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 établissant les D-347/2013 Page 4 critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats me m- bres par un ressortissant d'un pays tiers (Journal officiel des Communa u- tés Européennes [JO] L50/1 du 25.2.2003 ; ci-après : règlement Dublin II) (cf. ATAF 2010/45 consid. 3.2), que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du tra i- tement de la demande d'asile, l'ODM rend une décision de non -entrée en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d'asile (a rt. 29a al. 2 OA1) ; que cet office peut, pour des raisons humanitaires, également traiter la demande lorsqu'il ressort de l'examen qu'un autre Etat est compétent (art. 29a al. 3 OA1), qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin II, une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre, celui -ci étant déterminé à l'aide des critères fixés à son chapitre III, que ces critères de détermination de l'Etat responsable du traitement de la demande d'asile sont au nombre de onze et sont répartis en quat re grandes catégories de liens (familiaux, administratifs, matériels et de fait) ; qu'en plus de ces quatre catégories, le règlement Dublin II prévoit une série de situations humanitaires à prendre en compte ; que chaque critère de détermination de l'Etat responsable n'a vocation à s'appliquer que si le critère qui le précède dans le règlement est inopérant dans la s i- tuation en question (principe de l'application hiérarchique des critères du règlement ; art. 5 règlement Dublin II), qu'en vertu de l'art. 16 par. 1 du règlement Dublin II, l'Etat membre re s- ponsable de l'examen d'une demande d'asile en vertu dudit règlement est tenu de prendre en charge – dans les conditions prévues aux art. 17 à 19 – le demandeur d'asile qui a introduit une demande dans un autr e Etat membre (point a), ou de reprendre en charge – dans les conditions pr é- vues à l'art. 20 – le demandeur d'asile dont la demande est en cours d'examen et qui se trouve, sans en avoir reçu la permission, sur le territoi- re d'un autre Etat membre (point c) , le demandeur d'asile qui a retiré sa demande en cours d'examen et qui a formulé une demande d'asile dans un autre Etat membre (point d), ou encore le ressortissant d'un pays tiers dont il a rejeté la demande et qui se trouve, sans en avoir reçu la permi s- sion, sur le territoire d'un autre Etat membre (point e), que cette obligation cesse si le ressortissant d'un pays tiers a quitté le ter- ritoire des Etats membres pendant une durée d'au moins trois mois, à D-347/2013 Page 5 moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité délivré par l'Etat membre responsable (art. 16 par. 3 du règlement Dublin II), qu'en dérogation aux critères de compétence définis ci -dessus, chaque Etat membre a la possibilité d'examiner la demande d'asile de la perso n- ne concernée (cf. la clause de souveraineté prévue à l'art. 3 par. 2 du rè- glement Dublin II, ainsi que la clause humanitaire prévue à l'art. 15 ; cf. également l'art. 29a al. 3 OA 1), qu'en l'occurrence, les investigations entreprises par l'ODM ont révélé, après consulta tion de l'unité centrale du sy stème européen "Eurodac", que l' intéressée, avant de venir en Suisse, avai t déposé une demande d'asile en Pologne, le 13 août 2012, qu'au cours de son audition du 14 septembre 2012, l'intéressée a confir- mé avoir introduit une demande à la date en question (cf. procès-verbal de l'audition, p. 5), que lors de cette audition, elle a également déclaré qu'elle était venue en Suisse pour rejoindre C._______, alléguant que ce dernier était son mari et le père de sa fille (cf. ibidem, p. 3ss), que se référant à la clause humanitaire prévue par l'art. 15 du règlement Dublin II, l'ODM a requis le 26 septembre 2012 des autorités autrichie n- nes le traitement de la demande d'asile de l'intéressée, dès lors qu'el les sont compétentes pour l'examen de la demande d'asile de C._______, qu'en date du 4 octobre 2012, ces autorités ont rejeté cette requête, qu'en date du 6 novembre 2012, l'ODM a soumis aux autorités polona i- ses une requête aux fins de reprise en charges des intéressées, fondées sur l'art. 16 par. 1 point c du règlement Dublin II, que le 20 novembre 2012, ces autorités ont rejeté cette requête, qu'en date du 27 novembre 2012, l'ODM a soumis aux autorités polona i- ses une demande de réexamen de leur décision du 20 novembre 2012, que le 6 décembre 2012, ces autorités ont expressément accepté de r e- prendre en charge les intéressées, en application de l'art. 16 par. 1 point d du règlement Dublin II, D-347/2013 Page 6 que la Pologne a ainsi reconn u sa compétence pour traiter la demande d'asile de l'intéressée, que les intéressées n'ont pas contesté cette compétence, qui est ainsi donnée, qu'au cours de son audition, l'intéressée n'a pas indiqué s'opposer à un transfert avec sa fille en Pologne et a également déclaré consentir à un transfert en Autriche, l'Etat compétent pour traiter la demande d'asile de C._______, à condition de ne pas être séparés lors du transfert (cf. ibi- dem, p. 9-10), que dans leur mémoire de recours, les intéressées ont fait valoir qu'elles maintenaient les éléments développés dans leur courrier du 27 décembre 2012 à l'ODM, invoquant en particulier le principe de l'unité de la famille et les prescrits des art. 8 de la Convention du 4 novembre de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101), ainsi que les art. 8 et 15 règlement Dublin II ; qu'elles se déclaraient prê- tes à être transférées avec C._______ soit vers la Pologne, soit vers l'Au- triche, mais qu'elles refusaient une séparation de leur mari et père ; qu'en outre, l'intéressée a allégué être enceinte des œuvres de C._______ ; que les intéressées ont conclu à l'annulation de la décision querellée en tant qu'elle pro nonce leur transfert séparé vers la Polo gne et à l'admi s- sion de leur transfert commun avec C._______ soit vers la Pologne, so it vers l'Autriche, qu'il convient préliminairement de constater que l'objet du litige porte un i- quement sur la question de savoir si c'est à juste titre que le transfert de l'intéressée et de sa fille a été prononcé vers la Pologne, que la Pologne, comme tous les autres Etats liés par l'AAD, est signataire de la CEDH, de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105), de la Convention du 28 juillet 1951 relative a u statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) ainsi que du Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301) et, à ce titre, en a p- plique les dispositions, que, dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des demandeurs d'asile, en particulier leur droit portant sur l'examen selon une procédure juste et équitable de leur demande, et leur garantir une protection conforme au droit international et au droit européen D-347/2013 Page 7 (cf. directive n° 2005/85/CE du Conseil du 1er décembre 2 005 relative à des normes minimales concernant la procédure d'octroi et de retrait du statut de réfugié dans les Etats membres [JO L 326/13 du 13.12.2005, ci - après : directive "Procédure"] ; directive n° 2003/9/CE du Conseil du 27 janvier 2003 relative à d es normes minimales pour l'accueil des d e- mandeurs d'asile dans les Etats membres [JO L 31/18 du 6.2.2003, ci - après : directive "Accueil"]), que cette présomption de sécurité n'est certes pas absolue, qu'elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une pratique avérée de violation systématique des normes minimales de l'Union européenne, ou en présence d'indices sérieux que, dans le cas concret, les autorités de cet Etat ne respecteraient pas le droit international ( cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5 ; cf. également ar- rêts de la CourEDH M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, r e- quête n° 30696/09, §§ 341 ss, R.U. c. Grèce du 7 juin 2011, requête n° 2237/08, §§ 74 ss ; arrêt de la Cour de Justice de l'Union eur opéenne [CJUE] du 21 décembre 2011, C-411/10 et C-493/10), qu'à la différence de la situation prévalant en Grèce, on ne saurait cons i- dérer, à propos de la Pologne, qu'il appert au grand jour – de positions répétées et concordantes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Commissaire des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, ainsi que de nombreuses organisations internationales non gouvernementales – que la législation polonaise sur le droit d'asile n'y est pas appliquée, ni que la procédure d'asile y est caractérisée par des d é- faillances structurelles d'une ampleur telle que les demandeurs d'asile n'ont pas de chance de voir leur demande sérieusement examinée par les autorités, ni qu'ils ne disposent pas d'un recours effectif, n i qu'ils ne sont pas protégés in fine contre un renvoi arbitraire vers leur pays d'orig i- ne (cf. arrêt précité M.S.S. c. Belgique et Grèce) ; que, dans ces cond i- tions, il n'y a pas de raison sérieuse de douter que la Pologne re specte la directive "Procédure", que, dans le cas particulier, la recourante n'a pas démontré l'existence d'un risque concret que les autorités polonaises la renverraient dans son pays, en violation de la directive "Procédure", en particulier que la Pol o- gne ne respecterait pas le princ ipe du non-refoulement, et donc faillirait à ses obligations internationales en la renvoyant dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement menacées, ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays, D-347/2013 Page 8 qu'elle n'a pas non plus apporté d'indices objecti fs, concrets et sérieux qu'elle serait elle-même privée durablement de tout accès aux conditions matérielles minimales d'accueil prévues par la directive "Accueil", qu'elle n'a pas démontré que se s conditions d'existence en Pologne at- teindraient, en cas de transfert dans ce pays, un tel degré de pénibilité et de gravité qu'elles seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH, qu'au demeurant, si – après son retour en Pologne – elle devait être contrainte par les circonstances à mener une existence non conforme à la dignité humaine, ou si elle devait estimer que ce pays viole ses oblig a- tions d'assistance à son encontre, ou de toute autre manière porte attein- te à se s droits fondamentaux, il lui appartiendra de faire valoir se s droits directement auprès des autorités polonaises et, le cas échéant, auprès de la Cour EDH, en usant des voies de droit adéquates, que, dans ces conditions, vu qu'elle n'a pas renversé la présomption de sécurité attachée au respect par la Pologne de ses obligations tirées du droit international public et du droit européen, une vérification plus appr o- fondie et individualisée des risques prétendument encourus dans cet Etat de destination n'est pas nécessaire (cf. FRANCESCO MAIANI/CONSTANTIN HRUSCHKA, Le partage des responsabilités dans l'espace Dublin, entre confiance mutuelle et sécurité des demandeurs d'asile, in : ASYL 2/11, p. 12 ss, spéc. p. 14), qu'en l'espèce, les intéresses invoquent certes l'application de l'art. 8 CEDH (cf. ATF 135 I 143 consid. 1.3.1, ATF 130 II 281 co n- sid. 3.1) ; que toutefois , en l'absence d'un droit de présence assuré en Suisse des intéressées , ni même de C._______, ou d'éléments partic u- liers induisant une violation de cette disposition en cas de renvoi d'un membre d'une famille (cf. à ce propos ATAF 2012/4 consid. 4.4), cette disposition ne peut trouver application, que l'application de l'art. 8 du règlement Dublin II est également exclue, qu'en effet, dès lors qu'un Etat membre a déjà été saisi d'une première demande d'asile et qu'il a admis sa responsabilité pour l'examiner (in c a- su, la Pologne a admis sa responsabilité pour le traitement de la dema n- de d'asile de l'intéressée), il n'appartient pas à un autre Etat membre, sai- si ultérieurement d'une deuxième d'asile, de procéder à une nouvelle d é- termination de l'Etat membre responsable en application des critères des D-347/2013 Page 9 art. 6 à 14 du règlement Dublin II qui conduirait à désigner un Etat autre que celui du dépôt de la première demande d'asile comme étant comp é- tent (cf. ATAF 2012/4 consid. 3.2.1), qu'enfin, l'application de l'art. 15 du règlement Dublin II n'est pas non plus donnée dans le cas particulier ; qu'en effet, les intéressées, de même que C._______, ne peuvent se prévaloir d'aucun lien de rattachement avec la Suisse, ce que présuppose pourtant l'application de cette disposition l é- gale ; que tant la Pologne que l'Autriche ont expressément reconnu leurs compétences pour traiter leurs demandes d'asile respectives ; que par ail- leurs, les intéressées ne contestent en rien la compétence de la Pologne pour traiter leurs demandes d'asile, qu'elles s'opposent uniquement à un transfert séparé de C._______ et requièrent un r envoi commun avec le précité soit vers la Pologne, soit vers l'Autriche, que cette argumentation sort toutefois du cadre de l'objet du litige, que bien plutôt, il appartient à l'intéres sée, ou à C._______, de requérir directement des autorités compétentes de la Pologne ou de l'Autriche l'application dans leur cas de la clause humanitaire de l 'art. 15 du règl e- ment Dublin II, que pour les mêmes motifs, le principe de l'unité de la famille ne s'appl i- que pas dans le cas d'espèce, qu'au demeurant, le simple fait que l'intéressée soit enceinte d'un second enfant ne fait pas obstacle à son transfert, qu'en conséquence, le transfert de s intéressées vers la Pologne s'avère conforme aux engagements de la Suisse relevant du droit international, que, pour les motifs déjà exposés ci -avant, il n'existe par ailleurs pas de "raisons humanitaires" au sens de l'art. 29a al. 3 OA1, susceptibles d'em- pêcher ce transfert, cette notion devant être interprétée de manière re s- trictive (cf. ATAF 2011/9 consid. 8.1, ATAF 2010/45 consid. 8.2.2), qu'en outre, le règlement Dublin II ne confère pas aux demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat membre offrant, à leur avis, les meilleures cond i- tions d'accueil comme Etat responsable de l'examen de leur demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.3), D-347/2013 Page 10 que, partant, il n'y a pas lieu d'appliquer la clause de souveraineté prévue par l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin II, que la Pologne demeure dès lors l'Etat responsable de l 'examen de la demande d'asile de la recourante au sens du règlement Dublin II et est tenue – en v ertu de l'art. 16 par. 1 point d dudit règlement – de le s re- prendre en charge, dans les conditions prévues à l'art. 20, que, dans ces conditions, c'est à bon droit que l'ODM n 'est pas entré en matière sur la demande d'asile, en application de l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, et qu'il a prononcé le transfert de S uisse vers la Pologne , en application de l'art. 44 al. 1 LAsi, aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant réalisée (art. 32 OA 1), que, cela étant, les questions relatives à l'existence d'un empêchement à l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'al. 3 et de l'al. 4 de l'art. 83 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 142.20) ne se posent p lus séparément, dès lors qu'elles sont indissociables du prononcé de la non -entrée en matière (cf. ATAF 2010/45 consid. 10), qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être reje té et la décision de l'ODM du 7 janvier 2013 confirmée, que, s'avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans une pr o- cédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que le présent arrêt rend sans objet les demandes d'octroi de l' effet sus- pensif et d'exemption du paiement d'une avance de frais, qu'au vu du caractère d'emblée voué à l'échec du recours, la demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée (art. 65 al. 1 PA), que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les f rais de procédure à la charge des recourantes, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemn i- tés fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), D-347/2013 Page 11 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les demandes d'octroi de l' effet suspensif et d'exemption du paiement d'une avance de frais sont sans objet. 3. La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée. 4. Les frais de procédure, d 'un montant de 600 francs, sont mis à la charge des recourantes. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 5. Le présent arrêt est adressé à la mandataire des recourantes, à l'ODM et à l'autorité cantonale compétente. Le juge unique : Le greffier : Gérald Bovier Alexandre Dafflon Expédition :