<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. R. , domicilié à La Chaux-de-Fonds, divorcé, est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">père de cinq enfants, encore mineurs, sur lesquels il a l'autorité pa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rentale en vertu du jugement de divorce. Les contributions mensuelles de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">300 francs par enfant dues par la mère des enfants en vertu du jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont donné lieu à des avances de l'office de recouvrement et d'avance des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contributions d'entretien (ORACE). Le service des mineurs et des tutelles,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont cet office dépend, a toutefois décidé la suppression de ces avances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par décision du 7 novembre 1995, à la suite du départ des enfants - ou de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certains d'entre-eux - pour la Tunisie, et compte tenu du fait que le père</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avait pas annoncé ce changement de situation. Cette décision a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirmée, sur recours, par le Département des finances et des affaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sociales le 19 avril 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par arrêt du 16 juillet 1996, le Tribunal administratif a admis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recours de l'intéressé et annulé les décisions du service des mineurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et des tutelles et du département. Il a considéré que la loi sur le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">couvrement et l'avance des contributions d'entretien contenait, certes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exigence implicite de domiciliation dans le canton pour pouvoir demander</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des avances de contributions d'entretien et que le domicile déterminant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était celui des enfants en tant que créanciers des pensions à avancer; que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ni la loi ni l'arrêté du Conseil d'Etat concernant le recouvrement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'avance des contributions d'entretien ne définissaient cependant le domi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cile des enfants qui ne font pas ménage commun avec l'un ou l'autre au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins de leurs parents, comme c'est le cas en l'espèce; que cette lacune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devait être comblée par le juge et qu'il convenait de s'inspirer en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'occurrence de la loi fédérale sur la compétence en matière d'assistance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des personnes dans le besoin (LAS), dont il découle que les enfants du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant ont un domicile d'assistance dans le canton de Neuchâtel. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause a ainsi été renvoyée au service des mineurs et des tutelles pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il examine les autres conditions du droit aux avances et rende une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouvelle décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par décision du 19 décembre 1996, le service des mineurs et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutelles a supprimé avec effet au 1er janvier 1997 les avances mensuelles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(au total 1'500 francs) octroyées à R. pour ses cinq en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fants. Il a exposé qu'un nouvel arrêté du Conseil d'Etat concernant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recouvrement et l'avance des contributions d'entretien, du 11 décembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 (entré en vigueur le 1er janvier 1997) disposait désormais que pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les contributions d'entretien dues aux enfants, l'office n'accorde des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avances que dans la mesure où ils résident effectivement en Suisse, condi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion qui n'est pas remplie en l'espèce.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recours formé par l'intéressé contre cette décision devant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Département des finances et des affaires sociales a été rejeté le 5</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">septembre 1997. Le département s'est référé à l'arrêté précité et a réfuté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les griefs du recourant quant au caractère arbitraire ou constitutif d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inégalité de traitement de la suppression des avances.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. R. interjette recours devant le Tribunal administratif contre cette décision, en invoquant l'arrêt rendu le 16 juillet 1996, selon lequel son domicile est également le domicile de ses enfants quand bien même ils résident à l'étranger, en vertu de la loi fédérale sur la compétence en matière d'assistance des personnes dans le besoin. Il fait valoir par ailleurs qu'il ne reçoit pas la somme mensuelle de la saisie de salaire dont son épouse, domiciliée en Valais, fait l'objet, étant donné que l'office de recouvrement et d'avance des contributions d'entretien opère une compensation avec des avances qu'il a effectuées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le Département des finances et des affaires sociales renonce à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présenter des observations, se réfère à sa décision et conclut au rejet du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Selon l'article 8 de la loi sur le recouvrement et l'avance des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contributions d'entretien (LRACE), du 19 juin 1978, le Conseil d'Etat fixe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les conditions, les modalités et les limites des avances. L'arrêté con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cernant le recouvrement et l'avance de contributions d'entretien, du 11</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décembre 1996 (entré en vigueur le 1er janvier 1997), abroge et remplace</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arrêté du même nom, du 24 juin 1991, qui était en vigueur lorsque la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de céans a rendu son arrêt du 16 juillet 1996 dans la même cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Désormais, l'article 1 de l'arrêté prévoit que l'office de recouvrement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'avance des contributions d'entretien est à disposition "des personnes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domiciliées dans le canton" qui ne peuvent obtenir régulièrement le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paiement des contributions d'entretien auxquelles elles ont droit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'article 9 de l'arrêté précise que pour les contributions d'entretien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dues aux enfants, l'office n'accorde des avances que dans la mesure où ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résident effectivement en Suisse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Dès lors, dans leur teneur en vigueur au moment de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision litigieuse du service des mineurs et des tutelles - ou, plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précisément, au moment où celle-ci doit déployer ses effets, savoir le 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier 1997 - les textes légaux applicables contiennent expressément non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seulement la condition du domicile dans le canton pour pouvoir prétendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des avances, mais aussi une règle supplémentaire en ce qui concerne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'octroi de contributions d'entretien dues aux enfants, lesquels doivent,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en plus, résider effectivement en Suisse (art.9 de l'arrêté). Il n'existe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donc plus de lacune que la Cour de céans devrait combler pour trancher le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présent litige, comme elle avait dû le faire dans son arrêt du 16 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996. Or, il résulte clairement de ces dispositions que, puisque les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enfants du recourant résident en Tunisie, les contributions d'entretien ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont plus dues.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant se réfère néanmoins à l'article 7 de la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédérale sur la compétence en matière d'assistance des personnes dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">besoin (LAS), dont s'était inspirée la Cour de céans pour déterminer le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domicile des enfants qui, comme en l'espèce, ne font ménage commun ni avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'un ni avec l'autre de leurs parents, loi qui conduit à considérer que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les enfants du recourants ont un domicile d'assistance au domicile de leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">père, qui détient l'autorité parentale et avec lequel ils ont vécu en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier lieu (art.7 al.1, 2 LAS).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ce moyen est mal fondé. Car, depuis l'introduction de la règle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévue par l'article 9 de l'arrêté concernant le recouvrement et l'avance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de contributions d'entretien, le droit des enfants aux avances ne dépend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus uniquement du point de savoir quel est leur domicile civil ou leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domicile d'assistance au sens de la LAS, mais aussi du point de savoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'ils résident ou non en Suisse. La LAS règle la compétence des autorités</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assistance entre les cantons, mais n'interdit pas que l'assistance (ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'avance de contributions d'entretien) ne soit accordée qu'à des personnes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- en l'occurrence les enfants, créanciers des avances - qui résident</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectivement en Suisse. Ladite loi n'est donc plus d'aucun secours pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant. En outre, comme l'a exposé le département, la restriction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévue par l'article 9 de l'arrêté peut se fonder raisonnablement sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motif qu'il n'y a pas lieu de subvenir à l'entretien de personnes vivant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ailleurs qu'en Suisse, s'agissant de prestations d'assistance, même si, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce qui concerne les enfants, un parent ou un tiers censé participer à leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entretien se trouve en Suisse. Aussi une telle règle n'est-elle pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arbitraire ni constitutive d'une inégalité de traitement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Le recours se révèle ainsi mal fondé et doit être rejeté. Compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenu de la nature du litige, il y a lieu de renoncer à percevoir des frais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de justice (art.47 al.4 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 5 février 1998</span></p> </div></body></html>