<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Dans le cadre d'une enquête préalable (art.7 CPP), le ministère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">public a requis le juge d'instruction, comme officier de police judiciai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re, de déterminer si des infractions pénales avaient été commises par S.,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. et/ou des tiers en relation avec une affaire dont faisaient état des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">documents présentés pour légalisation au Tribunal du district de Neuchâtel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 29 août 1997. Notamment, le juge d'instruction était invité à entendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les prénommés ainsi que l'avocat C. et toute autre personne mêlée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'affaire et qui pourrait donner des renseignements utiles, ainsi qu'à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obtenir, pour tous moyens utiles, les pièces relatives à cette affaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Après avoir délégué à la police les opérations susmentionnées,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puis entendu lui-même diverses personnes, le juge s'est adressé le 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1998 au notaire X.. En préambule, il lui a indiqué que l'une ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autre des personnes susmentionnées (soit MM. S., G. ou C.) semblaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'être rendues à son étude en septembre 1997 pour faire légaliser divers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">documents. Précisant qu'il était interrogé aux fins de renseignement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il ne pouvait pas invoquer le secret professionnel vis-à-vis de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité requérante puisqu'il avait fonctionné en qualité d'officier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">public, il lui a posé les questions suivantes (D.162) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "1) Qui vous a contacté ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2) Quelle était la nature exacte de votre intervention ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 3) Qui était présent lors des opérations ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 4) Quand celles-ci se sont-elles déroulées ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 5) Avez-vous conservé dans vos actes des documents en rap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> port avec votre intervention ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 6) Pourriez-vous, le cas échéant, me faire parvenir une co-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pie de ces documents ?</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 7) Avez-vous autre chose à ajouter ?"</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le notaire a répondu qu'il était préoccupé par l'exigence du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">secret professionnel et, invoquant l'article 57 de la loi sur le notariat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ci-après : LN), en particulier les lettres b et c, il s'est déclaré con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traint de refuser en l'état de répondre aux questions posées, mais a ajou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té que "Si vous le souhaitez, je contacterai mes clients afin de connaître</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur point de vue" (D.164).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le juge d'instruction a répondu que l'article 57 al.4 LN réser-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vait notamment l'obligation de renseigner les autorités. Considérant que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la nature même d'une légalisation est de prouver à des tiers l'authentici-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té de la signature apposée sur les documents en cause, le juge d'instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion a invoqué la jurisprudence selon laquelle "ne relèvent pas du secret</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">professionnel les écrits transmis, mais non destinés à une personne soumi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se au secret professionnel, soit en réalité des documents destinés à des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiers". Estimant que tel était le cas ici, il a réitéré sa demande.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le notaire a répondu le 24 août 1998, en s'appuyant sur l'avis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du Conseil notarial recueilli dans l'intervalle, que les légalisations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faisaient partie des opérations notariales et que par conséquent celles-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rentraient dans le cadre du secret professionnel au sens de l'article 57</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LN (D.169).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Par la décision entreprise, le juge d'instruction suppléant a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclaré qu'il ne partageait pas l'opinion du notaire et celle du Conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notarial, au demeurant non motivée. Il a ordonné en conséquence au notaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de lui fournir les renseignements requis dans son courrier du 1er juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998, dans un délai de 5 jours. Il a ajouté que la décision en question</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait faire l'objet d'un recours à la Chambre d'accusation dans les 3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours (D.171).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Me X. recourt contre cette décision, en concluant à son annu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lation, à la constatation que le notaire est tenu au secret professionnel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et, au besoin, à ce que le juge d'instruction soit invité à interpeller le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Département de la justice, de la santé et de la sécurité, afin qu'il délie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le notaire de son secret professionnel. Le recourant résume les étapes de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la procédure rappelée ci-dessus, sans argumenter plus avant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Le juge d'instruction suppléant conclut au rejet du recours en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirmant l'argumentation développée dans ses courriers des 1er et 8</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans le délai légal de (à l'époque) 3 jours dès la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réception de la décision attaquée, le recours est recevable à cet égard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art. 236 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a) Le Code de procédure pénale, dans sa version avant la révi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion du 23 mars 1998 entrée en vigueur le 1er septembre 1998, ne prévoyait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas de recours à la Chambre d'accusation contre les actes de la police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">judiciaire (art.233 CPP a contrario; RJN 7 II 91). En l'espèce, le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'instruction a agi comme officier de police judiciaire en rappelant qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'adressait au notaire aux fins de renseignement, soit en application im-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plicite de l'article 7 al.4 CPP. L'article 147 CPP s'applique alors par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">analogie, avec cette conséquence que peuvent refuser de témoigner, sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits qui sont l'objet du secret professionnel ou de secret de fonction,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les personnes auxquelles la loi impose un devoir de discrétion en raison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de leur état, dans la mesure où elles ne sont pas déliées de leur obliga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion (art.147 ch.2 CPP). En conséquence, la personne qui peut se prévaloir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du droit de ne pas témoigner, au sens de l'article 147 CPP applicable même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par analogie, ne peut pas être entendue contre sa volonté, serait-ce aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fins de renseignement (v. RJN 1993, p.138). Dès l'instant où la lettre du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge d'instruction suppléant du 1er juillet mentionnait qu'une enquête</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préalable concernait "MM. S., G. et C. " (D.162), et où le dossier ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dit pas comment l'enquête préalable a conduit le juge à demander des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renseignements au notaire X., ce dernier avait légitimement le droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'invoquer son secret.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Conformément à un usage qui a précédé la révision du 23 mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998, le juge a assorti sa décision d'une voie de recours à la Chambre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'accusation, ce qui était judicieux. Il y a lieu ainsi d'examiner si,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme le soutient le juge, les renseignements qu'il souhaitait recueillir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du notaire n'étaient effectivement pas couverts par le secret (RJN 1985,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.112, citant ATF 192 IV 210, qui fait la distinction entre les pièces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">destinées personnellement au notaire ou émanant de lui, et les pièces des-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tinées par son client à des tiers qui ne sont alors pas touchées par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">secret professionnel).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, le questionnaire établi par le juge montre claire-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment que les renseignements souhaités ne se limitaient pas à la communica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion du nom des personnes ayant sollicité une légalisation et la date de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci, mais encore la production des copies des documents ainsi légali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sés, les personnes présentes et la nature exacte de l'intervention du no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire. Si les renseignements requis dans ce questionnaire restaient sûre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment dans le cadre défini par le ministère public pour cette enquête préa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lable, ils concernaient en revanche et sans nul doute des faits couverts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le secret. De la sorte, il appartenait au juge d'examiner si les con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ditions pour la levée du secret étaient données (v. RJN 1988, p.78, 1985,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.112, 1986, p.101). La décision attaquée, qui part de l'hypothèse inverse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et n'opère pas la pesée des intérêts en présence, se révèle ainsi non mo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tivée sur une question essentielle. Elle doit en conséquence être annulée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Avec la révision du Code de procédure pénale en vigueur depuis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 1er septembre 1998, la réglementation en matière d'enquête préalable a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été précisée et complétée (art.7 à 7e CPP). Cette réglementation est d'ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plication immédiate (art.309 al.1 CPP, applicable à défaut d'une réglemen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tation spécifique dans la loi du 23.3.1998).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'article 7b al.1 CPP prévoit (comme auparavant) que durant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'enquête préalable, les personnes entendues le sont aux fins de rensei-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gnement. Les conditions de cette audition sont nouvellement définies à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 153a CPP, dont le deuxième alinéa spécifie expressément que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne n'est pas tenue de répondre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'absence de précision dans le texte de la loi qui limiterait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce droit de ne pas répondre aux seules personnes qui pourraient être ulté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieurement suspectées des infractions, il y a lieu de considérer que tou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tes les personnes entendues dans une enquête préalable peuvent se préva-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loir de l'article 153a CPP. Cela vaut donc non seulement pour des person-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nes qui seraient suspectées d'avoir commis des infractions, mais aussi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour celles qui pourraient être entendues comme témoin, au cas où une in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formation était formellement ouverte contre un tiers (art.9 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En conséquence, si les clients du notaire refusaient de lever le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">secret dont ils sont maîtres (ce qui serait sans doute un indice intéres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant), le juge d'instruction n'aurait pas d'autre solution que de pousser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses investigations ailleurs, voire de proposer au ministère public, dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son rapport au sens de l'article 7e CPP, d'ouvrir l'information pénale. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état du dossier, on ne discerne pas les motifs qui dirigent l'enquête</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur l'étude du notaire X., ni les raisons pour lesquelles le juge d'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">struction n'a pas donné suite à l'offre du notaire de recueillir le point</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de vue de ses clients - en d'autres termes la levée du secret.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. La décision entreprise, qui était fondée sur l'absence de secret</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">professionnel opposable par le notaire, doit ainsi être annulée. Il appar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiendra au juge d'instruction, dans le cadre des nouvelles règles régis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sant l'enquête préalable, de décider si, conformément à l'offre du notai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re, il se justifie d'inviter celui-ci à contacter ses clients pour obtenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la levée du secret et, en cas de refus, s'il peut solliciter à ce stade le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">département compétent pour délier le notaire de son secret, à défaut d'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tre moyen d'investigation plus proportionné.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA CHAMBRE D'ACCUSATION</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule la décision du 26 août 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 17 septembre 1998</span></p> </div></body></html>