C our III C -1031/2006 {T 0/2} A rrêt du 11 septem bre 2007 C om position : Bernard Vaudan (président du collège) Antonio Im oberdorf (président de cham bre) Andreas Trom m er, juge G eorges Fugner, greffier A._______, recourant, représenté par M e C hristian Pirker, 2, Place du Port, 1204 G enève, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité intim ée concernant R efus d'autorisation d'entrée et d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour concernant C ._______, D ._______ et E._______. B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. A._______, originaire de Serbie né le 6 septem bre 1959, est entré une prem ière fois en Suisse le 30 octobre 1990 pour y déposer une dem ande d'asile. Il était alors accom pagné de son épouse B._______ et de leurs trois enfants, C ._______, né le 19 m ars 1985, D ._______, née le 12 janvier 1987 et E._______, né le 31 m ars 1989. Par décision du 17 octobre 1991, l'O ffice fédéral des réfugiés (ci-après: O D R , actuellem ent: O ffice fédéral des m igrations; O D M ) a rejeté la dem ande d'asile et prononcé le renvoi de Suisse des intéressés. C ette décision a été confirm ée sur recours le 23 avril 1993 par la C om m ission suisse de recours en m atière d'asile. B._______ et ses trois enfants ont quitté la Suisse le 2 octobre 1993, alors que le renvoi de A._______ n'a pas pu être contrôlé, celui-ci ayant disparu. B. A._______ est revenu en Suisse le 22 février 1997 pour y déposer une nouvelle dem ande d'asile. Par décision du 28 m ai 1997, l'O D R a rejeté cette dem ande et prononcé le renvoi de Suisse de l'intéressé. C . A._______ n'a toutefois pas quitté la Suisse, m ais y a épousé, le 5 septem bre 1997, F._______, une ressortissante suisse de 18 ans son aînée. Il a alors été m is au bénéfice d'une autorisation de séjour, puis a obtenu la naturalisation facilitée le 10 juin 2002. Les époux A._______- F._______ ont divorcé le 18 m ai 2005. D . Le 27 avril 2002, A._______ a déposé, auprès l'O ffice de la population du canton de G enève (ci-après: l'O C P), une dem ande d'autorisation de séjour par regroupem ent fam ilial pour ses fils C ._______ et E._______. E. Après avoir été invité à trois reprises par l'O C P à fournir des inform ations com plém entaires au sujet de cette dem ande, le requérant a finalem ent expliqué, par courrier du 15 avril 2003, que sa dem ande n'avait pas été déposée plus tôt en raison du jeune âge de ses enfants, que ceux-ci vivaient avec sa m ère, m ais que celle-ci, âgée et m alade, ne pouvait plus assum er leur éducation. Le requérant a précisé en outre qu'il était au chôm age et que son épouse gagnait 2'600 frs par m ois. F. Le 12 août 2003, C ._______, D ._______ et E._______ ont déposé, auprès de la représentation suisse à Pristina, une dem ande d'autorisation d'entrée et de séjour en Suisse en vue d'un regroupem ent fam ilial avec leur père, A._______. G . A._______ a ensuite versé au dossier une copie du jugem ent par lequel le Tribunal de Vitina (Kosovo) avait prononcé, le 13 janvier 1994, le divorce d'avec son épouse B._______ et lui avait attribué l'autorité parentale et la garde sur ses enfants C ._______, D ._______ et E._______. H . Le 18 février 2004, l'O C P a requis de A._______ des renseignem ents supplém entaires au sujet des contacts qu'il avait entretenus avec ses enfants, des m otifs de leur venue tardive en Suisse et des m oyens financiers dont il disposait pour assum er leur prise en charge.3 I. Après avoir été à nouveau relancé à deux reprises par l'autorité cantonale pour fournir les renseignem ents requis, A._______ a exposé, par courrier du 24 juin 2004, qu'il avait attendu que ses enfants term inent la scolarité obligatoire pour dem ander leur regroupem ent fam ilial, qu'il entretenait des contacts réguliers avec eux (téléphones, courriers, visites bisannuelles au Kosovo) et qu'il disposait désorm ais des m oyens financiers pour les accueillir, dès lors qu'il avait trouvé un em ploi lui procurant un revenu m ensuel de 3'500 frs depuis le 1er juin 2004. J. Le 7 octobre 2004, l'O C P a inform é A._______ qu'il était disposé à octroyer une autorisation de séjour à ses enfants C ._______, D ._______ et E._______, sous réserve de l'approbation de l'O D M . K. D onnant suite à la réquisition de l'autorité fédérale, A._______ a encore versé au dossier une attestation de la com m une de Viti (Kosovo) confirm ant que ses trois enfants vivaient auprès de sa m ère, une déclaration écrite de B._______ confirm ant son accord au départ pour la Suisse de ses trois enfants, ainsi que des relevés de factures de Sw isscom tendant à dém ontrer qu'il m aintenait des relations téléphoniques avec ses enfants. L. Agissant par l'entrem ise de son m andataire, A._______ a encore produit, le 20 février 2006, des pièces attestant ses charges m ensuelles et précisé la façon dont il hébergerait ses enfants à son dom icile. M . Le 22 m ars 2006, l'O D M a inform é A._______ qu'il n'était pas disposé à donner son approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour à ses enfants C ._______, D ._______ et E._______, tout en lui donnant encore l'occasion de faire part de ses éventuelles observations. N . D ans les déterm inations qu'il a adressées à l'O D M le 18 avril 2006, A._______ a allégué en substance que ses enfants avaient déjà séjourné en Suisse de 1990 à 1993 dans le cadre de sa prem ière dem ande d'asile, que, depuis son divorce d'avec sa prem ière épouse, ils avaient toujours entretenus des rapports prépondérants avec lui, que sa m ère n'était plus en m esure de s'occuper d'eux et que c'est en raison de ses faibles revenus qu'il avait différé le regroupem ent fam ilial avec ses enfants. Il a notam m ent produit une déclaration écrite de son ex-épouse du 5 décem bre 2005, qui appuyait le départ en Suisse de ses enfants, en raison des conditions de vie et d'éducation m eilleures auprès de leur père. O . Le 12 m ai 2006, l'O D M a rendu à l'endroit de C ._______, D ._______ et E._______ une décision de refus d'autorisation d'entrée en Suisse et d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour, m otifs pris que les prénom m és possédaient les liens les plus étroits avec leur pays d'origine, que leur bref séjour en Suisse de 1990 à 1993 devait être relativisé, qu'il n'était pas souhaitable, du point de vue de la politique d'intégration, que des enfants ayant vécu leur enfance et leur adolescence à l'étranger viennent s'établir en Suisse juste avant d'avoir atteint l'âge de 18 ans et que les explications fournies par le requérant pour justifier le dépôt de sa requête en 2002, alors qu'une telle dem ande aurait pu être présentée en 4 1997 déjà, n'étaient pas convaincantes. P. D ans le recours qu'il a déposé contre cette décision le 15 juin 2006, A._______ repris pour l'essentiel les argum ents déjà précédem m ent invoqués, en réaffirm ant que ses enfants avaient gardé des contacts plus étroits avec lui qu'avec leur m ère restée au pays et qu'ils n'auraient pas de problèm es d'intégration en Suisse pour avoir déjà séjourné dans ce pays de 1990 à 1993. Q . Appelé à se prononcer sur le recours, l'O D M en a proposé le rejet. D ans son préavis, l'autorité intim ée a notam m ent rappelé qu'il n'était pas souhaitable, du point de vue de la politique d'intégration, que des enfants ayant vécu leur enfance et leur adolescence à l'étranger viennent s'établir en Suisse juste avant d'avoir atteint la m ajorité et qu'il n'y avait en l'espèce pas de circonstances exceptionnelles qui pouvaient justifier un regroupem ent fam ilial aussi tardif. R . Invité à se déterm iner sur le préavis de l'O D M , le recourant n'a pas fait usage de son droit de réplique. Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal adm inistratif fédéral (TAF), en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et l'art. 34 LTAF. 1.2 En particulier, les décisions prononcées par l'O D M en m atière de refus d'autorisation d'entrée en Suisse et d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour par regroupem ent fam ilial peuvent être contestées devant le TAF (cf. art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers [LSEE, R S 142.20]. 1.3 Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d'arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le TAF dans la m esure où il est com pétent (cf. art. 53 al. 2 phr. 1 LTAF). C es affaires sont traitées selon le nouveau droit de procédure (cf. art. 53 al. 2 phr. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.4 A._______, qui est directem ent touché par la décision entreprise, a qualité pour recourir (cf. art 20 al. 1 en relation avec l'art. 48 PA). Son recours, présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, est recevable (cf. art. 50 et art. 52 PA). 2. Le recourant peut invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, y 5 com pris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incom plète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par les m otifs invoqués à l'appui du recours. Aussi peut-elle adm ettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres m otifs que ceux invoqués. D ans sa décision, elle prend en considération l'état de fait et de droit régnant au m om ent où elle statue (cf. ATF 129 II 215 consid. 1.2, publication partielle de l'arrêt du Tribunal fédéral 2A.451/2002 du 28 m ars 2003; cf. toutefois chiffre 5 infra). 3. L'autorité statue librem ent dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger sur l'octroi de l'autorisation de séjour ou d'établissem ent... (art. 4 LSEE). C ette liberté dem eure entière quelles que soient les dispositions prises par le requérant (art. 8 al. 2 du règlem ent d'exécution du 1er m ars 1949 de la loi fédérale sur le séjour et l'établissem ent des étrangers [R SEE, R S 142.201]). Pour les autorisations, les autorités doivent tenir com pte des intérêts m oraux et économ iques du pays, ainsi que du degré de surpopulation étrangère (cf. art. 16 al. 1 LSEE et art. 8 al. 1 R SEE) et veiller à m aintenir un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante (cf. art. 1 let. a de l'ordonnance du C onseil fédéral lim itant le nom bre des étrangers du 6 octobre 1986 [O LE, R S 823.21]). 4. Les autorités cantonales de police des étrangers sont com pétentes en m atière d'octroi et de prolongation d'autorisation. ... Est réservée l'approbation de l'O D M (art. 51 O LE). En vertu de la réglem entation au sujet de la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers entre la C onfédération et les cantons, le canton est com pétent pour refuser une autorisation de séjour initiale, son refus étant alors définitif (cf. art. 18 al. 1 LSEE). En revanche, le canton ne peut accorder une autorisation de séjour ou d'établissem ent, respectivem ent la prolongation ou le renouvellem ent d'une telle autorisation, que m oyennant l'approbation de la C onfédération (cf. art. 18 al. 3 et 4 LSEE, en relation avec les art. 19 al. 5 R SEE et 51 O LE; ATF 130 II 49 consid. 2.1, 127 II 49 consid. 3a p. 51s., 120 Ib 6 consid. 2-3 p. 8ss, et références citées; PETER KO TTU SC H , D as Erm essen der kantonalen Frem denpolizei und seine Schranken, Zentralblatt für Staats- und Verw altungsrecht / G em eindeverw altung, ZBl 91/1990 p. 154; PETER KO TTU SC H , D ie Bestim m ungen über die Begrenzung der Zahl der Ausländer, R evue suisse de jurisprudence, R SJ/SJZ 1988 p. 38). La législation applicable en la m atière prévoit d'ailleurs expressém ent, à l'art. 18 al. 8 R SEE, que l'approbation de l'O D M est nécessaire dans les cas prévus à l'art. 17 al. 2 LSEE. Il s'ensuit que la com pétence décisionnelle appartient à l'O D M en vertu de la réglem entation fédérale 6 des com pétences en m atière de police des étrangers. L'O D M , et à fortiori le TAF, ne sont ainsi pas liés par la décision favorable de l'O C P et peuvent parfaitem ent s'écarter de l'appréciation retenue par cette autorité. 5. Aux term es de l'art. 17 al. 2 3èm e phrase LSEE, les enfants célibataires de m oins de 18 ans ont le droit d'être inclus dans l'autorisation d'établissem ent de leurs parents aussi longtem ps qu'ils vivent auprès d'eux. Le m om ent déterm inant pour apprécier si un tel droit existe est celui du dépôt de la dem ande de regroupem ent fam ilial (cf. ATF 129 II 11 consid. 2 p. 13, 120 Ib 257 consid. 1f p. 262, 118 Ib 153 consid. 1b p. 156s., arrêt du Tribunal fédéral 2A.448/2006 du 16 m ars 2007 consid. 1.2). Lors du dépôt de sa dem ande de regroupem ent fam ilial, A._______ était au bénéfice d'une autorisation de séjour. Il a ensuite obtenu la nationalité suisse le 10 juin 2002. C onform ém ent à la jurisprudence du Tribunal fédéral, il est fait une application analogique de l'art. 17 al. 2 LSEE pour l'enfant étranger d'un ressortissant suisse, célibataire et âgé de m oins de 18 ans. C elui-ci aura ainsi droit à l'octroi d'une autorisation d'établissem ent, pour autant que les conditions d'adm ission d'un regroupem ent fam ilial différé soient rem plies (cf. à ce sujet ATF 130 II 137 consid. 2 p. 141ss, 129 II 249 consid. 1.2 p. 252). 6. 6.1 L'art. 17 al. 2 LSEE a pour but de perm ettre le m aintien ou la reconstitution d'une com m unauté fam iliale com plète entre les deux parents et leurs enfants com m uns encore m ineurs (fam ille nucléaire) (cf. ATF 133 II 6 consid. 3.1 p. 9 et les arrêts cités; voir égalem ent l'arrêt du Tribunal fédéral 2A.621/2002 du 23 juillet 2003 consid. 3.1). Par conséquent, lorsque les parents font m énage com m un, la venue des enfants m ineurs en Suisse au titre du regroupem ent fam ilial est en principe possible en tout tem ps sans restriction autre que celle tirée de l'abus de droit (cf. ATF 129 II 11 consid. 3.1.2 p. 14, 126 II 329 consid. 3b p. 332s.). 6.2 D ans certains cas, ce but ne peut être entièrem ent atteint, notam m ent lorsque les parents sont divorcés ou séparés et que l'un d'eux se trouve en Suisse depuis plusieurs années et l'autre à l'étranger avec les enfants, ou lorsque l'un d'eux est décédé. Le regroupem ent fam ilial ne peut alors être que partiel. C 'est pourquoi, dans cette hypothèse, la jurisprudence soum et ce droit à des conditions sensiblem ent plus restrictives que lorsque les parents font m énage com m un: il n'existe ainsi pas un droit inconditionnel de faire venir auprès du parent établi en Suisse des enfants qui ont grandi à l'étranger dans le giron de leur autre parent. Il en va de m êm e lorsque, par exem ple en raison du décès de l'autre parent ou pour d'autres m otifs, l'éducation des enfants à l'étranger n'a pas été assurée par un parent au sens étroit (père ou m ère), m ais par des personnes de confiance, par exem ple des proches parents (grands-parents, frères et soeurs plus âgés etc.). La reconnaissance d'un droit au regroupem ent fam ilial suppose alors 7 que le parent établi en Suisse ait m aintenu avec ses enfants une relation fam iliale prépondérante en dépit de la séparation et de la distance ou qu'un changem ent im portant de circonstances, notam m ent d'ordre fam ilial, se soit produit, rendant nécessaire la venue des enfants en Suisse, com m e par exem ple une m odification des possibilités de leur prise en charge éducative à l'étranger (cf. infra consid. 8.2 et 8.3 [ATF 133 II précité et les arrêts cités]). 6.3 A noter qu'un droit au regroupem ent fam ilial partiel ne doit pas être d'em blée exclu, m êm e s'il est exercé plusieurs années après la séparation de l'enfant avec le parent établi en Suisse et si l'âge de l'enfant est relativem ent avancé. D ans tous les cas, l'exam en du cas doit être global et tenir particulièrem ent com pte de la situation personnelle et fam iliale de l'enfant, de ses réelles chances de s'intégrer en Suisse et d'y vivre convenablem ent. Pour en juger, il y a notam m ent lieu de tenir com pte de son âge, du nom bre d'années qu'il a vécues à l'étranger, de son niveau de form ation et de ses connaissances linguistiques. U n soudain déplacem ent de son centre de vie peut en effet constituer un véritable déracinem ent pour lui et s'accom pagner de grandes difficultés d'intégration dans le nouveau cadre de vie; celles-ci seront d'autant plus probables et potentiellem ent im portantes que son âge sera avancé. C 'est pourquoi il faut continuer autant que possible à privilégier la venue en Suisse de jeunes enfants, m ieux à m êm e de s'adapter à un nouvel environnem ent, que des adolescents ou des enfants proches de l'adolescence (ATF 133 II précité consid. 3 et 5 p. 9ss et 14ss, arrêt du Tribunal fédéral 2A.448/2006 du 16 m ars 2007 consid. 4). 6.4 Les considérations qui précèdent sont pour l'essentiel pareillem ent pertinentes lorsque le droit au regroupem ent fam ilial (partiel) d'un enfant doit s'analyser sous l'angle de l'art. 8 de la C onvention de sauvegarde des droits de l'H om m e et des libertés fondam entales du 4 novem bre 1950 (C ED H , R S 0.101) ou de l'art. 13 al. 1 de la C onstitution fédérale du 18 avril 1999 (C st., R S 101) (cf. ATF 125 II 633 consid. 3a p. 639s. et les arrêts cités), y com pris concernant les conditions et les éventuelles conséquences d'une situation d'abus de droit (cf. ATF 119 Ib 81 consid. 4a p. 90 et les références citées, arrêt du Tribunal fédéral 2A.285/2006 du 9 janvier 2007 consid. 3.3). En effet, si cette disposition peut faire obstacle, dans certaines circonstances, à une m esure d'éloignem ent ou d'expulsion qui em pêche ou rend très difficile le m aintien de la vie fam iliale, elle n'octroie en revanche pas de droit absolu à l'entrée ou au séjour en Suisse de m em bres de la fam ille (ATF 126 II 335 consid. 3c/aa p. 344, 125 II 633 consid. 3a p. 639s., 124 II 361 consid. 3a p. 366). 7. 7.1 En m atière de regroupem ent fam ilial différé, plus il apparaît que les parents ont, sans m otif valable, attendu longtem ps avant de dem ander le droit de faire venir leurs enfants en Suisse, et plus le tem ps séparant ceux- ci de la m ajorité est court, plus l'on doit s'interroger sur les véritables intentions poursuivies par cette dém arche et se dem ander si l'on ne se 8 trouve pas dans une situation d'abus de droit (cf. notam m ent ATF 133 II précité consid. 3.2., 130 II 113 consid. 4.2 p. 117 et les arrêts cités, 121 II 97 consid. 4a p. 103). En particulier, le fait que des parents veuillent subitem ent faire venir en Suisse un enfant peu avant sa m ajorité, alors qu'ils auraient pu procéder à une telle dém arche plusieurs années auparavant, constitue généralem ent un indice d'abus de droit au regroupem ent fam ilial. En effet, il existe une présom ption que, dans pareille constellation, le but prioritairem ent visé n'est pas de perm ettre et d'assurer la vie fam iliale com m une, conform ém ent à l'objectif poursuivi par l'art. 17 al. 2 LSEE, m ais de faciliter l'établissem ent en Suisse et l'accès au m arché du travail. Il faut néanm oins tenir com pte de toutes les circonstances du cas qui sont de nature à justifier le dépôt tardif d'une dem ande de regroupem ent fam ilial (cf. ATF 133 II précité consid. 3.2 et les arrêts cités, arrêt du Tribunal fédéral 2A.285/2006 du 9 janvier 2007 consid. 3.2). Le refus d'une autorisation de séjour n'est en tout cas pas contraire au droit fédéral lorsque la séparation résulte initialem ent de la libre volonté du parent lui-m êm e, lorsqu'il n'existe pas d'intérêt fam ilial prépondérant à une m odification des relations prévalant jusque-là ou qu'un tel changem ent ne s'avère pas im pératif et que les autorités n'em pêchent pas les intéressés de m aintenir les liens fam iliaux existants (ATF 124 II 361 consid. 3a p. 366s., cf. égalem ent l'arrêt du Tribunal fédéral 2A.621/2002 du 23 juillet 2003 consid. 3.1). 7.2 En l'espèce, A._______ a déposé une dem ande de regroupem ent fam ilial, requête initialem ent lim itée à ses fils C ._______ et E._______, le 27 avril 2002, alors qu'il était titulaire d'une autorisation de séjour en Suisse depuis le m ois de septem bre 1997 et qu'il disposait déjà, depuis le jugem ent de divorce du 13 janvier 1994, de l'autorité parentale et de la garde sur ses trois enfants. D ans son m ém oire, le recourant a prétendu qu'il avait différé le regroupem ent fam ilial de ses enfants pour des raisons financières. O r, cette argum entation tom be à faux: il ressort en effet des indications qu'il avait précédem m ent fournies à ce sujet à l'autorité cantonale qu'il avait en réalité attendu 2002 pour dem ander le regroupem ent fam ilial en raison du jeune âge de ses enfants (cf. courrier du 15 avril 2003) et parce qu'il avait attendu qu'ils term inent leur scolarité obligatoire (cf. courrier du 24 juin 2004). D ans ces circonstances, en attendant plusieurs années pour solliciter le regroupem ent fam ilial, alors qu'il disposait depuis son divorce en 1994 déjà, soit avant sa seconde venue en Suisse en 1997, de l'autorité parentale et du droit de garde sur ses enfants, le recourant s'est placé dans une situation proche de l'abus de droit. Il paraît en effet douteux que le but prem ier visé par sa requête tardive était la reconstitution d'une cellule fam iliale rom pue par son départ en Suisse en 1997, m ais que cette requête tendait avant tout à offrir à ses enfants de 9 m eilleures perspectives d'avenir à la fin de leur scolarité au Kosovo. 8. 8.1 Il convient de procéder encore à un exam en d'ensem ble, lequel s'im pose plus encore au regard de la durée de la séparation des intéressés et de l'âge des enfants au m om ent de la dem ande. D ans cette pesée des intérêts, il s'im pose de rappeler que le fait de différer une dem ande de regroupem ent fam ilial entraîne non seulem ent une certaine rupture des liens entre le parent établi en Suisse et l'enfant, m ais encore resserre dans le m êm e tem ps les attaches de celui-ci avec son pays d'origine, en particulier avec son autre parent ou les proches qui y vivent et ont pris soin de lui, dans une m esure pouvant rendre délicat un changem ent de son cadre de vie et de sa prise en charge éducative (ATF 133 II 6 consid. 5.2). D 'une m anière générale, plus un enfant aura vécu longtem ps à l'étranger et se trouvera à un âge proche de la m ajorité, plus les m otifs justifiant le déplacem ent de son centre de vie devront apparaître im périeux et solidem ent étayés. Le cas échéant, il y aura lieu d'exam iner s'il existe sur place des alternatives concernant sa prise en charge éducative qui correspondent m ieux à sa situation et à ses besoins spécifiques, surtout si son intégration en Suisse s'annonce difficile au vu des circonstances et si les liens affectifs avec le parent établi dans ce pays n'apparaissent pas particulièrem ent étroits (ATF 133 II 6 consid. 3 et 5 p. 9ss et 14ss, arrêt du Tribunal fédéral 2A.448/2006 du 16 m ars 2007 consid. 4). 8.2 En l'occurrence, C ._______ (22 ans), D ._______ (20 ans) et E._______ (18 ans), désorm ais m ajeurs, ont vécu dans leur pays toute la période de leur adolescence, période charnière pour leur développem ent, puisque c'est au cours de ces années que se forge la personnalité en fonction notam m ent de l'environnem ent social et culturel (cf. en ce sens notam m ent l'arrêt du Tribunal fédéral 2A.621/2002 du 23 juillet 2003 consid. 3.2). Ils ont tous été scolarisés au Kosovo et leur bref séjour en Suisse entre 1990 et 1993 ne leur a guère perm is de se créer des attaches sérieuses avec ce pays, eu égard à leur jeune âge à leur arrivée en Suisse (C ._______ étant alors âgé de cinq ans, D ._______ de trois ans et E._______ d'un an). C es considérations laissent présager d'im portantes com plications liées à un éventuel déplacem ent de leur centre de vie en Suisse, lequel im pliquerait un déracinem ent socio-culturel, assorti de grandes difficultés linguistiques, dès lors qu'il n'a nullem ent été dém ontré que les intéressés disposeraient de connaissances de français leur perm ettant de faciliter leur intégration socio-professionnelle en Suisse, étant précisé qu'ils ont résidé dans un environnem ent além anique (M atten/BE) durant leur séjour en Suisse de 1990 à 1993. 8.3 Il convient de relever enfin que le dossier ne laisse apparaître aucun changem ent déterm inant dans la situation fam iliale des intéressés propre 10 à justifier la nécessité de leur soudaine venue en Suisse à la fin de leur adolescence. Il ressort en effet des propres déclarations du recourant que son ex-épouse B._______ ne s'est plus occupée d'eux depuis son départ pour la Suisse en 1997 et qu'ils ont vécu depuis lors auprès de leur grand- m ère paternelle. Q uant aux allégations du recourant, selon lesquelles sa m ère ne serait plus en état de prendre en charge ses enfants, elles doivent être fortem ent relativisées, dès lors qu'il n'a pas été dém ontré que les m otifs de santé qui sont allégués l'em pêcheraient de vivre avec ses petits-enfants, au dem eurant entre-tem ps tous m ajeurs. 8.4 Il sied d'ajouter au surplus que le Tribunal fédéral a rappelé que l'on pouvait exiger de jeunes adultes, ayant leurs racines et réseaux sociaux dans leur pays d'origine, qu'ils continuent d'y vivre, ce d'autant plus qu'à leur âge ils ont m oins besoin d'assistance, tout en relevant qu'il n'était pas souhaitable, du point de vue de la politique d'intégration (cf. à ce sujet ATF 133 II précité consid. 5.4, ainsi que la nouvelle loi sur les étrangers qui entrera en vigueur le 1er janvier 2008 [Feuille fédérale 2005 6885]), que des enfants ayant vécu leur enfance et leur adolescence à l'étranger, viennent s'établir en Suisse juste avant d'avoir atteint l'âge lim ite de 18 ans (cf. arrêt du Tribunal fédéral du 21 septem bre 2001 [2A.280/2001]). 8.5 L'exam en de l'ensem ble des élém ents du dossier am ène en conséquence le Tribunal à considérer que la présente dem ande de regroupem ent fam ilial vise avant tout à assurer aux enfants du recourant des conditions de vie plus favorables en Suisse et se révèle en conséquence m al fondée. 9. Par sa décision du 12 m ai 2006, l'O D M n'a donc ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de m anière inexacte ou incom plète; en outre, la décision attaquée n'est pas inopportune (art. 49 PA). Partant, le recours est rejeté et il y a lieu de m ettre des frais de procédure à la charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du R èglem ent du 11 décem bre 2006 concernant les frais, dépens et indem nités fixés par le Tribunal adm inistratif fédéral [FITAF, R S 173.320.0]. (dispositif page 11)11 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure, s'élevant à Fr. 800.--, sont m is à la charge du recourant. Ils sont com pensés par l'avance versée le 8 août 2006. 3. Le présent arrêt est com m uniqué : - au recourant (acte judiciaire), - à l'autorité intim ée (accusé de réception), n° de réf. 2 053 929. Voies de droit C ontre le présent arrêt, un recours en m atière de droit public peut être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Il doit être déposé dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition com plète, accom pagné de l'arrêt attaqué. Le m ém oire de recours, rédigé dans une langue officielle, doit indiquer les conclusions, m otifs et m oyens de preuve et être signé. Il doit être rem is au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral, soit, à son attention, à La Poste Suisse ou à une représentation diplom atique ou consulaire suisse (cf. art. 42, 48, 54 et 100 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]). Le président de cham bre: Le greffier: Antonio Im oberdorf G eorges Fugner D ate d'expédition :