An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 5. Dezember 2018
Embargo: 5. Dezember 2018, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 1. November 2018 (6B_235/2018)
Strafrechtliche Landesverweisung gegen EU-Bürger bestätigt
Das Bundesgericht äussert sich in einem ersten Entscheid zur strafrechtlichen
Landesverweisung im Zusammenhang mit dem Freizügigkeitsabkommen (FZA). Es
bestätigt die vom Obergericht des Kantons Zürich gegen einen straffälligen EUBürger angeordnete Landesverweisung. Im konkreten Fall besteht kein Konflikt mit
dem FZA, weshalb sich die Frage nach einem allfälligen Vorrang von Landesrecht
oder FZA nicht gestellt hat.
2010 hatte die Schweizer Stimmbevölkerung die "Ausschaffungsinitiative" angenommen.
Das Bundesparlament setzte die Verfassungsänderung in der Folge auf Gesetzesstufe
um. Auf den 1. Oktober 2016 traten entsprechende Anpassungen des Strafgesetzbuches (StGB) in Kraft, unter anderem Artikel 66a StGB zur obligatorischen Landesverweisung und Artikel 66a bis StGB zur nicht obligatorischen Landesverweisung.
Im konkreten Fall hatte ein schwedisch-serbischer Doppelbürger mit Aufenthaltsbewilligung B im November 2016 bei einer Auseinandersetzung einem Kontrahenten
eine Flasche an den Kopf geworfen und ihm damit eine 2 bis 3 Zentimeter lange Wunde
zugefügt. Zudem bedrohte er ihn mit dem Tod. Das Obergericht des Kantons Zürich verhängte gegen den Mann im Januar 2018 wegen qualifizierter einfacher Körperverletzung
sowie Drohung eine unbedingte Freiheitsstrafe von 8 Monaten und ordnete den Vollzug
von zwei Vorstrafen an. Es verwies ihn zudem gestützt auf Artikel 66a bis des StGB für
drei Jahre des Landes.
Das Bundesgericht weist die dagegen erhobene Beschwerde des Mannes ab. Als
schwedisch-serbischer Doppelbürger hat sich der Betroffene auf das FZA berufen. Er
macht im Wesentlichen geltend, dass bei der strafrechtlichen Landesverweisung ein
grundsätzlicher Konflikt zum FZA bestehe; für die Wegweisung von EU-Bürgern sei das
FZA massgebend und nicht das Landesrecht. 
Das Anwesenheitsrecht in einem Vertragsstaat gemäss FZA steht unter dem doppelten
Vorbehalt eines rechtmässigen Aufenthalts und eines rechtskonformen Verhaltens der
betroffenen Person. Die Schweiz ist beim Erlass von Strafrecht auf ihrem Territorium
nicht an das FZA gebunden, sie muss jedoch die völkerrechtlich vereinbarten Bestimmungen des FZA beachten. Bei der Prüfung einer Landesverweisung hat das Strafgericht zunächst das vertraute Landesrecht anzuwenden. Ist das Ergebnis wie hier mit
dem FZA kompatibel, stellt sich die Frage des Vorrangs der landesrechtlichen Normen
oder des FZA nicht. Bezüglich der Landesverweisung im konkreten Fall hat das Obergericht unter anderem erwogen, dass sich diese aufgrund der erheblichen Gefahr weiterer
Straftaten aufdränge, insbesondere solcher gegen Leib und Leben. Die Rückfallgefahr
erscheine aufgrund der Anlasstat und der Tendenz zu zunehmender Gewaltanwendung
als so erheblich, dass eine Landesverweisung auch nach den Massstäben des Europäischen Gerichtshofs zulässig und am Platze sei.
Gemäss Rechtsprechung des Bundesgerichts kann für eine Massnahme zur Beendigung des Aufenthalts gemäss FZA ein geringes, aber tatsächlich vorhandenes Rückfallrisiko genügen, sofern dieses eine schwere Verletzung hoher Rechtsgüter wie zum
Beispiel die körperliche Unversehrtheit betrifft. Nicht erforderlich ist, dass weitere Straftaten mit Gewissheit zu erwarten sind. Allerdings würde das FZA einer Massnahme zur
Begrenzung der Freizügigkeit entgegenstehen, wenn diese lediglich unter Verweis auf
die öffentliche Ordnung oder allein aus generalpräventiven Gründen verfügt würde. Das
ist vorliegend nicht der Fall. Der Betroffene bringt vor, eine Beendigung des Aufenthalts
gemäss FZA setze eine tatsächliche und hinreichend schwere Gefährdung voraus,
welche ein Grundinteresse der Gesellschaft berühre. Mit Blick auf die Rechtsprechung
des Bundesgerichts sei die Wegweisung eines EU-Bürgers nur bei schwerwiegenden,
mehrfach verübten Delikten mit dem FZA vereinbar. Sein Fall könne damit nicht verglichen werden. Mit dieser Argumentation bezieht sich der Betroffene auf die Rechtsprechung im Bereich des Ausländerrechts, welche vor dem Inkrafttreten der Ausführungsgesetzgebung zur Ausschaffungsinitiative ergangen ist. Die von Volk und Ständen
angenommene Ausschaffungsinitiative und deren Umsetzung durch das Parlament führt
zu einer klaren Verschärfung der Praxis mittels der strafrechtlichen Landesverweisung.
Das Zürcher Obergericht hat bei seinem Entscheid den Willen des Gesetzgebers beachtet und auch das Verhältnismässigkeitsprinzip berücksichtigt. A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 5 décembre 2018
Embargo : 5 décembre 2018, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 1er novembre 2018 (6B_235/2018)
Expulsion pénale d'un citoyen de l'Union européenne confirmée
Le Tribunal fédéral se prononce pour la première fois dans un arrêt sur l'expulsion
pénale en relation avec l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP). Il
confirme l'expulsion, ordonnée par la Cour suprême du canton de Zurich, d'un
condamné citoyen de l'Union européenne. Il n'existe, dans le présent cas, pas de
conflit avec l'ALCP, de sorte que la question d'une éventuelle primauté du droit
national ou de l'ALCP ne s'est pas posée.
En 2010, le peuple et les cantons ont adopté l'initiative populaire fédérale «  pour le
renvoi des étrangers criminels  ». L'Assemblée fédérale a par la suite traduit cette modification constitutionnelle dans la législation. Le 1 er octobre 2016, les modifications correspondantes du Code pénal (CP) sont entrées en vigueur, notamment l'article 66a CP
sur l'expulsion obligatoire ainsi que l'article 66a bis CP sur l'expulsion non obligatoire.
Dans le cas d'espèce, un citoyen binational suédois et serbe au bénéfice d'une
autorisation de séjour B avait, lors d'une altercation en novembre 2016, lancé une
bouteille à la tête de son adversaire, causant à ce dernier une blessure longue de 2 à
3 centimètres. Il l'avait en outre menacé de mort. En janvier 2018, la Cour suprême du
canton de Zurich avait condamné cet individu, pour lésions corporelles simples
qualifiées ainsi que pour menaces, à une peine privative de liberté ferme de 8  mois et
ordonnait l'exécution de deux peines prononcées antérieurement. Elle avait en outre
ordonné son expulsion du territoire suisse, pour une durée de trois ans, sur la base de
l'article 66abis CP.
Le Tribunal fédéral rejette le recours formé par l'intéressé contre cette décision. En tant
que citoyen binational suédois et serbe, celui-ci s'est prévalu de l'ALCP. Il fait en
substance valoir que l'expulsion pénale entrerait fondamentalement en conflit avec
l'ALCP ; pour le renvoi des citoyens de l'Union européenne, l'ALCP serait déterminant et
non le droit national.
Le droit au séjour dans un état partie existe, selon l'ALCP, sous la double réserve d'un
séjour légal et du comportement conforme à la loi de la personne concernée. La Suisse
n'est pas liée par l'ALCP pour l'adoption du droit pénal sur son propre territoire, mais
doit cependant respecter les engagements découlant de l'ALCP. Dans l'examen d'une
expulsion pénale, le tribunal pénal doit tout d'abord appliquer le droit national. Si le
résultat est, comme en l'espèce, compatible avec l'ALCP, la question de la primauté des
normes légales nationales ou de l'ALCP ne se pose pas. Concernant l'expulsion dans le
présent cas, la Cour suprême du canton de Zurich a notamment considéré que cette
mesure s'imposait, compte tenu du danger important de commission de nouvelles
infractions, en particulier dirigées contre la vie et l'intégrité physique d'autrui. Le risque
de récidive apparaissait si important, vu les faits de la cause et la tendance croissante
de l'intéressé à recourir à la violence, qu'une expulsion était également permise selon
les critères de la Cour de justice de l'Union européenne. 
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un risque de récidive faible mais effectif peut
suffire pour prononcer une mesure mettant fin au séjour selon l'ALCP, pour autant que
celui-ci concerne une atteinte grave à des biens juridiques importants, par exemple
l'intégrité corporelle. Il n'est pas nécessaire de s'attendre avec certitude à de nouvelles
infractions. Toutefois, l'ALCP ferait obstacle à une mesure limitant la libre circulation si
celle-ci devait être prononcée seulement en référence à l'ordre public ou pour des motifs
de prévention générale. Cela n'est pas le cas en l'espèce. L'intéressé soutient qu'une fin
du séjour selon l'ALCP suppose l'existence d'une menace réelle et d'une certaine
gravité affectant un intérêt fondamental de la société. Au regard de la jurisprudence du
Tribunal fédéral, le renvoi d'un citoyen de l'Union européenne ne serait compatible avec
l'ALCP qu'en présence de multiples infractions graves  ; ce qui selon lui n'est pas le cas
dans cette affaire. Par cette argumentation, l'intéressé se réfère à la jurisprudence
rendue en matière de droit des étrangers, laquelle a été adoptée avant la mise en
oeuvre législative de l'initiative sur le renvoi des étrangers criminels. Cette initiative,
acceptée par le peuple et les cantons, ainsi que sa mise en oeuvre par le Parlement,
conduisent à un clair durcissement de la pratique au moyen de l'expulsion pénale. La
Cour suprême du canton de Zurich a, par sa décision, respecté la volonté du législateur
tout en observant le principe de proportionnalité.