<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par jugement du 6 juillet 1994, le Tribunal correctionnel du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de Neuchâtel a condamné M. à 10 mois d'emprisonnement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec sursis pendant 4 ans en subordonnant le sursis au remboursement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">9'800 francs au lésé F. , à concurrence d'au moins 250 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par mois dès l'entrée en force dudit jugement, en application des articles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">41, 63, 68, 148 et 157 CPS, 27 al.1, 31 al.2, 90 al.1, 91 al.1 LCR, 2 OCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 17 janvier 1995, le lésé a informé le président du tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correctionnel que M. n'avait pas payé de mensualités. Confor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mément à l'article 41 ch.3 CPS, le président du tribunal correctionnel a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formellement averti le 23 janvier 1995 le condamné que s'il persistait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enfreindre cette règle de conduite, il ordonnerait la révocation du sursis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accordé le 6 juillet 1994. Suite à une nouvelle lettre du 10 mars 1995 du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lésé se plaignant que M. ne s'acquittait pas de ces verse-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments, le président du tribunal correctionnel s'est adressé le 14 mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995 une nouvelle fois au condamné sans obtenir de réponse. Après avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été préalablement informé par le président du tribunal correctionnel, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ministère public a demandé, le 28 avril 1995, la révocation du sursis que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le président du tribunal correctionnel a ordonnée le 3 juillet 1995. Le 26</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1995, la présidente de la Cour de céans a déclaré d'entrée de cau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se irrecevable le pourvoi en cassation de M. interjeté le 14</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1995 car il ne satisfaisait pas aux conditions de forme du code de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure pénale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. M. se pourvoit en révision sur la base de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">262 CPPN en concluant à l'annulation de l'ordonnance de révocation de sur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sis rendue le 3 juillet 1995 par le président du Tribunal correctionnel du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de Neuchâtel. Il fait valoir qu'il a commencé le 13 avril 1995 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rembourser le lésé et qu'il a continué de s'acquitter des mensualités dues</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les 9 mai, 6 juin, 14 juillet et 30 août 1995. Par conséquent, il prétend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que, si le premier juge avait été informé des trois versements intervenus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avant l'ordonnance de révocation, il n'aurait pas ordonné l'exécution de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la peine de dix mois d'emprisonnement prononcée le 6 juillet 1994. Le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant précise en outre, étant donné qu'il a été privé de ses droits ci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vils le 22 septembre 1993 par l'Autorité tutélaire de la Commune de Nods</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et qu'il fait l'objet depuis lors d'une curatelle que, si le curateur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait été informé de la procédure de révocation de sursis, il aurait sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autre procédé au paiement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le président du Tribunal correctionnel du district de Neuchâtel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observe qu'il ignorait effectivement les paiements effectués par (ou pour)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. en faveur du lésé au moment de prendre la décision du 3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1995. Le représentant du ministère public ne formule pas d'obser-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Sont susceptibles de faire l'objet d'une demande en révision,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les jugements et arrêts rendus en première ou seconde instance ayant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acquis force de chose jugée et contre lesquels une autre voie de recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou un autre moyen de droit n'est pas possible (Piquerez, Précis de procé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dure pénale suisse, Lausanne, 1994, ad 2453 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La présidente de la Cour de cassation pénale ayant rejeté le 26</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1995 le pourvoi en cassation de M. , l'ordonnance de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révocation de sursis du 3 juillet 1995 constitue un jugement définitif.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans la mesure où la révision d'un jugement en faveur d'un condamné peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être demandée en tout temps (art.262 al.1 CPPN), le pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. La révision suppose l'existence de faits ou de moyens de preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveaux et importants (art.262 al.1 CPPN), ou sérieux (art.397 CPS). Sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveaux, au sens de ces dispositions, les faits et les moyens de preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui étaient inconnus du tribunal au moment où il a rendu son jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit parce qu'ils ne ressortaient pas du dossier ou des débats, soit parce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'ils avaient été négligés par le tribunal (ATF 109 IV 173; RJN 1989,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.133). Il est sans importance que le recourant ait connu au cours du pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mier procès le fait qu'il invoque à l'appui de sa demande en révision, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suffit que le juge l'ait ignoré (ATF 116 IV 353, cons.3a; 69 IV 138). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits sont importants ou sérieux lorsqu'ils sont susceptibles de modifier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les constatations de fait sur lesquelles se fonde la condamnation, de ma-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nière à rendre possible un jugement sensiblement plus clément (ATF 109 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">173; 101 IV 317).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En l'espèce, le recourant invoque et allègue comme faits nou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">veaux trois versements en faveur du lésé intervenus les 13 avril, 9 mai et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6 juin 1995, soit antérieurement au prononcé de l'ordonnance du 3 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995. Dans ses observations au recours, le président du tribunal correc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnel a précisé qu'il n'était pas au courant de cette circonstance. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquent, on peut qualifier ces faits comme étant "nouveaux" au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 262 CPPN. Certes, on peut s'interroger sur l'attitude du recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant qui n'a pas renseigné le tribunal sur les versements effectués. Tou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tefois, la Cour de céans n'aura pas à examiner cette question étant donné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la nouveauté d'un fait ne peut pas être contestée pour le motif que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné en connaissait l'existence lors du premier jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour accueillir favorablement la révision, il ne suffit pas que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le fait soit nouveau, encore faut-il qu'il soit susceptible de modifier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état de fait de manière à rendre possible un jugement plus favorable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans la mesure où la décision du 3 juillet 1995 est fondée principalement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la violation de la règle de conduite à laquelle le sursis accordé le 6</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1994 était subordonné, il est des plus probable que si le prési-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dent du tribunal correctionnel avait eu connaissance de ces paiements, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aurait renoncé à révoquer le sursis. Par conséquent, l'ordonnance du 3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1995 doit être révisée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Reste à décider si la Cour de céans doit renvoyer la cause au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribunal pour nouveau jugement ou si elle peut statuer elle-même en appli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quant par analogie l'article 252 al.2 litt.a CPPN comme la jurisprudence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'a déjà admis (RJN 2 II 75). Le nouveau jugement devra être rendu en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonction de la situation de fait existant au moment de la nouvelle déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion et non pas en se fondant sur les circonstances existant au moment de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la décision attaquée (ATF 107 IV 137). Il convient dès lors de renvoyer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause au président du tribunal correctionnel pour qu'il statue à nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">après avoir vérifié si le recourant s'acquitte régulièrement des mensuali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tés et s'il peut encore se montrer digne de la confiance que lui a accor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dée le tribunal le 6 juillet 1994 en suspendant l'exécution de la peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Le pourvoi est dès lors bien fondé, ce qui entraîne l'annulation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'ordonnance entreprise. La cause est renvoyée au premier tribunal pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il statue à nouveau au sens des considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Compte tenu du sort de la cause, il est statué sans frais (art.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">268 CPPN a contrario).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule le jugement entrepris.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Renvoie la cause au même tribunal pour nouveau jugement au sens des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 6 novembre 1995</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>