<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp323600"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>122 I 209<br/><br/><br/><div class="paraatf">29. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit public du 30 septembre 1996 dans la cause D. contre Commission cantonale de recours en matière d'assurance-chômage du canton de Genève (recours de droit public)</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp325152"></a> <a name="idp332992"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 43 Abs. 4 BV</span>; zeitweilige Beschäftigung von Arbeitslosen. <div class="paratf">Nach der Genfer Gesetzgebung kann Schweizern, die nicht Genfer Kantonsbürger sind, erst nach einem Jahr Aufenthalt im Kanton Genf eine zeitweilige Beschäftigung für Arbeitslose angeboten werden (E. 3). </div> <div class="paratf">Diese Einschränkung stellt eine nach <span class="artref">Art. 43 Abs. 4 BV</span> unzulässige Ungleichbehandlung dar. Das in dieser Verfassungsbestimmung aufgestellte Gebot der Gleichbehandlung sämtlicher Schweizer Bürger gilt auch hinsichtlich der von den Kantonen getroffenen Massnahmen zur Bekämpfung der Auswirkungen der Krise (E. 4). </div> </div> </div> <a name="idp339280"></a> <br/><div> <a name="idp346608"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 210</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page210"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 I 209 S. 210</div> </div> <div class="paraatf"> Originaire du canton du Valais, D. est né le 22 avril 1952 dans le canton de Genève où il a occupé différents emplois et a été domicilié jusqu'au 31 décembre 1992. Il est alors parti pour le Canada. Il est revenu dans le canton de Genève le 18 mai 1995 et a présenté le 31 mai 1995 une demande d'indemnités de chômage. Par décision du 4 juillet 1995, la Caisse cantonale genevoise de chômage a rejeté la demande. Sur recours, cette décision a été confirmée le 24 août 1995 par l'Office cantonal de l'emploi du canton de Genève (ci-après: l'Office cantonal).</div> <div class="paraatf">Par ailleurs, l'Office cantonal a écarté le 20 juillet 1995 une demande d'occupation temporaire déposée par D. Il a relevé en particulier que l'intéressé n'était pas domicilié sans interruption depuis une année dans le canton de Genève, conformément aux exigences de l'art. 23 lettre b de la loi genevoise du 10 novembre 1983 en matière de chômage (ci-après: la loi cantonale).</div> <div class="paraatf">D. a porté sa cause devant la Commission cantonale de recours en matière d'assurance-chômage du canton de Genève (ci-après: la Commission cantonale) qui a rejeté son recours par décision du 25 janvier 1996.</div> <div class="paraatf">Agissant par la voie du recours de droit public, D. demande au Tribunal fédéral d'annuler la décision prise le 25 janvier 1996 par la Commission <a name="page211"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 I 209 S. 211</div>cantonale. Il invoque notamment les <span class="artref"><artref id="CH/101/43/4" type="start"></artref>art. 4 et 43 al. 4 Cst.</span><artref id="CH/101/4" type="end"></artref> Il fait valoir que l'<span class="artref">art. 43 al. 4 Cst.</span> garantit une égalité de traitement générale et absolue aux Confédérés, en particulier en matière d'assistance. De plus, le délai de carence d'une année imposé aux seuls Confédérés (par opposition aux Genevois) par la législation genevoise serait anticonstitutionnel.</div> <div class="paraatf">Le Tribunal fédéral a admis le recours.</div> <br/><div> <a name="idp358656"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp359616"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span>Le recourant fait valoir que le refus, fondé sur l'art. 23 let. b de la loi cantonale, de lui offrir une occupation temporaire constitue une discrimination proscrite par l'<span class="artref">art. 43 al. 4 Cst.</span></div> <div class="paraatf">a) L'institution de l'occupation temporaire est régie en particulier par les art. 8 et 23 de la loi cantonale.</div> <div class="paraatf">L'art. 8 al. 2 de la loi cantonale prévoit que les indépendants ayant renoncé à leur statut, aptes au placement et disponibles pour une activité lucrative dépendante peuvent bénéficier de l'occupation temporaire.</div> <div class="paraatf">Quant à l'art. 23 de la loi cantonale, il dispose:</div> <div class="paraatf">"Peuvent bénéficier de l'occupation temporaire:</div> <div class="paraatf">a) les ressortissants genevois domiciliés dans le canton de Genève;</div> <div class="paraatf">b) les Confédérés ainsi que les étrangers titulaires des permis B et C, domiciliés sans interruption depuis une année au moins dans le canton de Genève au moment de l'ouverture du droit à l'occupation temporaire."</div> <div class="paraatf">b) L'<span class="artref">art. 43 al. 4 Cst.</span> a la teneur suivante:</div> <div class="paraatf">"Le Suisse établi jouit, au lieu de son domicile, de tous les droits des citoyens du canton et, avec ceux-ci, de tous les droits des bourgeois de la commune. La participation aux biens des bourgeoisies et des corporations et le droit de vote dans les affaires purement bourgeoisiales sont exceptés de ces droits, à moins que la législation cantonale n'en décide autrement."</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp369472"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>Il convient d'examiner la constitutionnalité, au regard de l'<span class="artref">art. 43 al. 4 Cst.</span>, du délai imposé aux Confédérés par l'art. 23 let. b de la loi cantonale.</div> <div class="paraatf">Dans un arrêt du 7 octobre 1938 (<span class="bgeref_err">ATF 64 I 239</span> consid. 3b p. 246), le Tribunal fédéral a déclaré que le principe de l'égalité de traitement consacré en faveur de tous les Confédérés par l'<span class="artref">art. 43 Cst.</span> s'appliquait aux mesures que les cantons prenaient pour combattre les effets de la crise. Les autorités genevoises avaient alors refusé une allocation de crise à un Vaudois établi à Genève depuis le mois de novembre 1932, parce <a name="page212"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 I 209 S. 212</div>qu'une disposition genevoise excluait de cette allocation les Confédérés sans permis de séjour ou qui n'avaient obtenu un permis de séjour ou d'établissement qu'après le 1er janvier 1932 dans le canton de Genève. A cette occasion, le Tribunal fédéral s'est exprimé comme suit: "... l'égalité de traitement garantie par l'art. 43 CF ne se heurte pas à des difficultés insurmontables et ne présente pas de graves inconvénients pratiques. Il suffirait, semble-t-il, d'imposer aux nouveaux arrivants, quels qu'ils soient, le même temps de carence raisonnable, de manière à empêcher leur afflux, ..." (<span class="bgeref_err">ATF 64 I 239</span> consid. 3b p. 246; cf. également <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=8&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F99-IA-630%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page630">ATF 99 Ia 630</a> consid. 5 p. 633/634; <span class="bgeref_err">ATF 66 I 1</span> consid. 6e p. 13). La doctrine donne une portée étendue à l'<span class="artref">art. 43 al. 4 Cst.</span> (ETIENNE GRISEL, Commentaire de la Constitution fédérale de la Confédération suisse, n. 49 ss, spécialement 56 ss, ad art. 43; SANDRO VISINI, Die rechtliche Gleichbehandlung von Bürgern und Einwohnern anderer Gebietskörperschaften mit den eigenen Bürgern und Einwohnern, thèse Zurich 1983, p. 33, p. 36; ULRICH HÄFELIN/WALTER HALLER, Schweizerisches Bundesstaatsrecht, 2e éd., Zurich 1988, no 1635, p. 484, ainsi que F. FLEINER/Z. GIACOMETTI, Schweizerisches Bundesstaatsrecht, Zurich 1949, p. 273, relèvent que la portée de cette disposition n'est pas claire; cf. également PIERRE MOOR, Droit administratif, vol. I, 2e éd., Berne 1994, p. 471 ss). Elle y voit une égalité de traitement générale et absolue. La prohibition des discriminations qui seraient fondées sur l'indigénat ou le lien de bourgeoisie vaudrait pour toutes les relations qui s'établissent entre les collectivités publiques et les particuliers, abstraction faite des bourgeoisies et corporations. Il n'y a pas lieu de s'écarter de la jurisprudence et de la doctrine susmentionnées. Dans cette optique, l'exigence d'un an de domicile dans le canton de Genève imposée aux Confédérés, mais non pas aux Genevois, par l'art. 23 let. b de la loi cantonale constitue une discrimination interdite par l'<span class="artref">art. 43 al. 4 Cst.</span> Là aussi, pour éviter un afflux, il suffirait apparemment de soumettre tous les nouveaux arrivants au même délai de carence. L'argument tiré de la violation de l'<span class="artref">art. 43 al. 4 Cst.</span> est donc fondé.</div> <div class="paraatf">Au surplus, on relèvera que la conception défendue ci-dessus va dans le même sens que l'<span class="artref">art. 48 Cst.</span> qui met actuellement l'assistance à la charge du canton de domicile.</div> </div></body></html>