<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le 5 janvier 1997, un accident de la circulation s'est produit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la rue des Montagnons à La Chaux-de-Fonds. Au volant de sa voiture,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. circulait entre 30 et 40 km/h sur ladite rue lorsqu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aperçut, sur sa voie, le véhicule conduit par P. qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venait en sens inverse. Arrivé au carrefour formé par la rue précitée et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle de la Marelle, ce dernier s'était déporté sur la voie réservée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. afin de contourner un véhicule stationné à proximité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">immédiate du carrefour. Les deux automobilistes ne purent éviter le choc.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. B. a fait l'objet d'une ordonnance pénale le con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">damnant à une amende de 200 francs en application des articles 32 al.1, 90</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 LCR, 4 al.1 et 2 LCR, à laquelle il fit opposition. Renvoyé devant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds, il a été condamné à une amende de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">100 francs et aux frais arrêtés à 160 francs en application des disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions susmentionnées. Le Tribunal a notamment retenu que B. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circulait à une vitesse inadaptée aux circonstances et qu'il aurait dû</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être en mesure de s'arrêter rapidement et à brève distance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. B. recourt contre ce jugement et conclut à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il soit libéré de toute peine. Il conteste sa culpabilité et prétend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que sa vitesse était adaptée aux circonstances en précisant qu'il était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prioritaire. Selon lui, il n'avait pas à prévoir, sans aucun indice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">danger, qu'un autre usager de la route allait se comporter de façon in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correcte et qu'il aurait à freiner brusquement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le ministère public conclut au rejet du recours sans observa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Selon l'article 32 al.1 LCR, tout conducteur doit adapter sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vitesse aux circonstances, notamment aux conditions de la route, de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circulation et de la visibilité. De plus, il doit circuler lentement et,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au besoin, s'arrêter lorsque son véhicule pourrait gêner la circulation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La jurisprudence a précisé que le prioritaire est tenu de ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duire sa vitesse s'il existe certains indices qu'un conducteur qui lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit la priorité pourrait l'empêcher d'en user (JDT 1968 IV 442). Selon le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe de la confiance, le prioritaire doit pouvoir cependant admettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que son droit sera respecté et que le non prioritaire s'y conformera. Ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est que, si des indices concrets montrent que sa priorité est menacée,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le danger doit primer son droit et qu'il doit tout entreprendre pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éviter un accident. Si une collision survient néanmoins, c'est le non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prioritaire qui en porte l'entière responsabilité (JDT 1981 p.437).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En l'espèce, le premier juge a retenu que l'automobiliste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. avait enfreint les articles 32 al.1, 90 al.1 LCR et 4 al.1 et 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">OCR. Il a considéré que compte tenu des circonstances, soit notamment de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état de la route qui était enneigée, B. roulait à une vi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tesse inadaptée et qu'il aurait dû tenir compte d'un risque prévisible</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon lequel l'automobiliste P. ne lui céderait pas la priorité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cette argumentation se heurte au principe de la confiance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rappelée ci-avant. En effet, il n'existait aucun indice sérieux d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportement incorrect d'un autre conducteur. Le fait que le conducteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">P. , débouchant d'un carrefour, se soit avancé sur la voie de cir-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culation empruntée par B. n'indiquait pas encore qu'il al-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lait s'y engager et forcer la priorité. Au contraire, il est fréquent,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'un véhicule stationné masque la visibilité, qu'un automobiliste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doive s'avancer pour voir si la voie est libre. Cela ne veut pas encore</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dire que ledit automobiliste s'engagera sans respecter les règles élémen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taires de priorité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Force est de constater que B. a adopté un compor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement exempt de toute faute; il était en droit de s'attendre à ce que sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">priorité soit respectée et, lorsqu'il s'est rendu compte que tel n'allait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas être le cas, il a freiné et tenté d'éviter l'accident. La vitesse à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laquelle il circulait n'a pas joué de rôle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Au vu de ce qui précède, il y a lieu de casser le jugement rendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et de libérer B. de toute peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu le sort de la cause les frais de la procédure seront mis à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Casse le jugement du Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds du 17 juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Libère le recourant de toute peine et met les frais de la procédure à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 4 décembre 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>