<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Agissant en son nom personnel et au nom et pour le compte de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">épouse, ainsi que pour le compte de la société anonyme F. SA en tant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'administrateur unique, G. a promis, par acte authentique du 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre 1993 (D 68 ss), reçu Me X. , notaire, de vendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à M. un appartement en PPE à constituer à Auvernier. Cet-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">te promesse stipulait un prix de vente, avec les équipements, de 1'050'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs et précisait au chapitre des conditions du transfert, article 2 :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"Les maisons-terrasses et leurs annexes sont construites selon le descrip-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tif général connu de l'acquéreur, qui a choisi les équipements dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadre du budget qui en fait partie intégrante" (D 73). Il était en outre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convenu que le prix de vente serait payable par le versement hors la vue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du notaire d'un acompte de 50'000 francs lors de la signature de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">promesse et par le versement du solde, soit 1'000'000 francs lors de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">stipulation de l'acte de transfert définitif (D 73-74).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 9 décembre 1993, la société de banque suisse (SBS) a confirmé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le financement de l'acquisition de l'appartement en question par l'octroi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un prêt hypothécaire de 900'000 francs et par le constat de l'existence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de fonds propres, soit 50'000 francs versés lors de la signature de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">promesse de vente et 200'000 francs à verser auprès de la banque au plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tard cinq jours avant la signature des actes notariés (D 92-94). Par fax</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 13 décembre 1993, l'époux de M. , A. , qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'était occupé de négocier tant la vente avec G. que son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">financement avec la SBS, a indiqué à cette dernière que le second acompte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de fonds propres (second instalment of the purchase price), soit 170'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs avait déjà été versé au vendeur (D 99).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le contrat de vente immobilière, reçu Me Y. , notaire, le 17 décembre 1993 (D 55 ss) stipulait un prix de vente de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">900'000 francs et indiquait en outre au chapitre des conditions de vente,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">article 11 : "Il est précisé que les travaux de finition suivants ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris en charge directement par l'acquéresse [énumération des travaux] pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un montant de 220'000 francs" (D 58).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il ressort des déclarations des parties que ni les 50'000 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la promesse de vente, ni les 170'000 francs mentionnés dans le fax du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">13 décembre 1993 n'ont été payés à G. (notamment D 125, 130-131,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">135). Un procès est actuellement pendant devant la IIe Cour civile du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal entre G. et M. , le premier réclame la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamnation de la seconde à lui verser 220'000 francs et la seconde,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet de la demande.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par ordonnance du 19 juillet 1996, G. et M. ont été renvoyés devant le Tribunal de police du district de Boudry</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sous les préventions d'escroquerie (art. 146 CP), de faux dans les titres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art. 251 CP) et d'obtention frauduleuse d'une constatation fausse (art.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">253 CP). A. a également été renvoyé pour complicité d'escroquerie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et faux dans les titres.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Par jugement du 23 décembre 1996, le Tribunal de police du dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trict de Boudry a en bref estimé que l'escroquerie n'était pas réalisée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le dessein d'enrichissement illégitime et le préjudice de la victime, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'occurrence la SBS, faisant défaut (Jugement, p.22, no 6). De même, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévention de faux dans les titres a été abandonnée, le fax du 13 décembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 adressé à la SBS n'ayant pas valeur de titre au sens de la jurispru-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dence (Jugement, p.23, § 2 et 3). La prévention d'obtention frauduleuse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une constatation fausse a été en revanche retenue à l'encontre tant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. que de M. , son époux n'ayant pas été renvoyé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour cette infraction. Le premier juge a en effet estimé que les prévenus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont amené Me Y. à constater dans l'acte authentique de vente immobiliè-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re du 17 décembre 1993 que divers travaux de finition avaient été pris en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge directement par l'acquéresse pour un montant de 220'000 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors qu'ils savaient que ce montant n'avait pas été payé par M. (Jugement, p.24). Le jugement retient en outre ceci (p.24) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {" Quant à la nature de titre authentique de l'acte de vente }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {immobilière, elle ne saurait être mise en doute pour les }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {motifs invoqués par le mandataire des époux A.-M. , selon }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {qui ledit acte serait nul en raison d'une violation de }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {l'article 46 de la loi sur le notariat qui stipule que si }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {un comparant ne comprend pas la langue de l'acte et que le }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {notaire ne puisse le lui traduire, il est fait appel au }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {service d'un interprète ou que, lorsque le notaire fait }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {lui-même la traduction, il l'indique également dans }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {l'acte. En effet, même si cela n'est pas indiqué dans }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {l'acte, il est établi que Me Y. en a traduit une partie }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {en anglais et que M. a estimé avoir com}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {pris ce qui lui était lu. Au demeurant, les époux A.-M. }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {n'ont jamais contesté la validité de la vente avant le }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {terme de l'audience du Tribunal de police"}</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour ce qui est de l'élément constitutif intentionnel, le pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mier juge se dit convaincu que tant G. que les époux A.-M. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient parfaitement conscients d'avoir obtenu une fausse constatation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notaire et qu'ils le voulaient effectivement afin d'éviter une contradic-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion avec les déclarations faites à la SBS (Jugement, p.24-25). Dès lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que tous les éléments constitutifs objectifs et subjectifs de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">253 CP étaient réunis, G. et M. ont été condam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nés. Bien qu'il ait lui-même contribué à l'obtention frauduleuse de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation fausse, A. a été acquitté car le juge d'instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et le ministère public, qui avaient une connaissance suffisante des faits,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avaient pas visé contre lui l'article 253 CP, ni un acte de complicité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou d'instigation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. G. se pourvoit en cassation contre ce jugement en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cluant principalement à sa libération. Il invoque une fausse application</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'article 253 CP et une constatation arbitraire des faits pertinents,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alléguant que le premier juge n'a nullement tenu compte du fait que, lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la stipulation de l'acte, il avait été induit en erreur par les dires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du notaire confirmant avoir reçu l'argent, ce dernier parlant du montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des frais d'acquisition, alors que le recourant pensait qu'il s'agissait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des 220'000 francs stipulés dans l'acte (recours, p.2-3); qu'en laissant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionner dans l'acte que les 220'000 francs avaient été pris en charge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'acquéreuse, il aurait obtenu une fausse constatation non pas à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avantage mais à son détriment (recours, p.3-4); que l'acte de vente ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déployait d'effets juridiques qu'entre parties et ne devait même pas être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connu de la SBS qui avait déjà accordé le crédit hypothécaire (recours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.4); que selon les déclarations du notaire, il y avait deux contrats</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juxtaposés, un contrat de vente de 900'000 francs et un contrat d'entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise de 220'000 francs; que ce dernier n'étant pas soumis à l'exigence de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la forme authentique, l'article 253 CP ne s'applique pas (recours, p.4-5);</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'enfin le jugement mentionne à tort des travaux de finition "réglés", le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notaire ayant précisé avoir volontairement indiqué "pris en charge" et non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas "payés" (recours, p.5).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> M. se pourvoit également en cassation. Elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invoque tout d'abord une constatation des faits manifestement erronée,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contredite pas les pièces du dossier, à mesure que le premier juge a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenu que le notaire a traduit une partie de l'acte en anglais et qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a estimé avoir compris ce qui lui était lu (recours, p.5-6). En outre,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle soutient que l'article 253 CP a été faussement appliqué, attendu que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette disposition exige l'existence d'un titre authentique, l'acte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vente immobilière du 17 décembre 1993 devant être déclaré nul du moment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il ne respecte pas les formalités visées à l'article 46 de la loi sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le notariat (recours, p.7).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. S'agissant des deux recours, le président du Tribunal de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne formule pas d'observations. De même pour le ministère public qui ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut qu'au rejet du recours de M. , sans autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvois sont recevables. Au vu des circonstances, il convient de joindre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les procédures de recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. L'article 253 CP rend punissable celui qui, en induisant en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">erreur un fonctionnaire ou un officier public, l'aura amené à constater</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faussement dans un titre authentique un fait ayant une portée juridique,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment à certifier faussement l'authenticité d'une signature ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exactitude d'une copie. Le Tribunal fédéral a déjà jugé que cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposition est applicable à toutes les constatations authentiques, notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment au contrat de vente concernant un bien-fonds (ATF 78 IV 105, JT 1953</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">IV 69). La notion de titre authentique doit être entendue au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 110 chiffre 5 CP qui le définit comme tout titre émanant d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorité, d'un fonctionnaire agissant en vertu de sa fonction ou d'un of-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ficier public agissant en cette qualité. Le droit civil fédéral prévoit le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe ainsi que les exigences formelles minimales auquel doit satisfai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re un acte authentique dans la mesure où ce même droit impose le recours à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la forme authentique (ATF 99 IV 194, JT 1974 IV 146 150 et la référence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">citée).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant du pourvoi de M. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) La recourante soutient que les constatations de fait du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge, soit que l'acte a été en partie traduit en anglais par Me</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Y. et que la recourante a estimé avoir compris ce qui lui était lu,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont manifestement erronées car elles sont contredites par les pièces du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dossier (recours, p.5, no 10).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La Cour de céans est liée par les constatations de fait du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge et elle n'intervient que si celui-ci a abusé de son pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation, en particulier s'il a méconnu des preuves pertinentes ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'il n'en a arbitrairement pas tenu compte ou lorsque ses constatations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont évidemment contraires à la situation de fait (ATF 118 Ia 30 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références, 112 Ia 371, RJN 7 II 4).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'occurrence, il est vrai qu'il ressort du dossier que l'acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas été traduit, même partiellement, mais qu'il a été expliqué en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">anglais par le notaire. Cette simple imprécision du juge ne constitue pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois un motif de cassation dans la mesure où le fond du problème est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de savoir si la recourante a ou non compris ce qui lui était lu ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expliqué. La recourante aujourd'hui le nie en alléguant que les personnes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">impliquées dans l'instrumentation de l'acte avaient chacune une perception</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différente de sa portée et que dès lors elles n'avaient pas compris ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur était lu (recours, p.6, no 13).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le fait allégué de n'avoir pas rencontré Me Y. avant la si-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gnature de l'acte (recours, p.5, no 13), n'est pas relevant d'une part car</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il est admis par tous les intervenants (D 53, 238, 125 et 131) et d'autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">part car il n'est dans le cas particulier en rien propre à infirmer ou à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirmer la compréhension de l'acte en question par la recourante. De</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même, le fait que ce soit G. qui ait donné toutes les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instructions en vue de la préparation de l'acte n'amène aucun indice d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éventuelle incompréhension de l'acte. Si l'on reprend les déclarations de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la recourante au dossier 125, en plus de celles qui figurent dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours (p.6, no 13), elle précise tout d'abord que "en fait, le prix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était de 900'000 francs, plus 220'000 francs. Au fond, le prix de vente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'était pas mon problème." Et elle a démontré au juge d'instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle saisissait très bien en anglais la signification du terme français</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"pris en charge". Me Y. a en outre déclaré qu'il lui semblait que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">clause en question avait été comprise par toutes les parties (dossier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">239). Les dires de G. selon lesquels il n'a pas compris pourquoi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le notaire avait utilisé ces termes (D 135) ne sont d'aucune aide à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante en raison de ses nombreuses déclarations contradictoires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(jugement, p.19-20). Enfin, le fait que la préparation de l'acte et son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instrumentation se soient faits rapidement (recours, p.6, no 14) ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suffisent pas à retenir qu'il y a eu incompréhension de l'acte en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors, le premier juge n'est pas tombé dans l'arbitraire en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se basant sur les déclarations de la recourante selon lesquelles elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait l'impression de comprendre ce qui se disait, attendu que le dossier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne démontre pas le contraire. Le juge ajoute encore à juste titre qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas crédible que les époux A.-M. n'aient pas compris la clause en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question dès lors qu'il s'agissait d'une question d'argent, donc d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élément essentiel pour chacun (jugement, p.22, no 3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La recourante soutient qu'elle ne peut être condamnée sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">base de l'article 253 CP, celui-ci exigeant l'existence d'un acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">authentique, ce qui ne serait pas le cas en l'espèce puisque l'acte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vente immobilière serait entaché d'un vice (recours, p.7).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La recourante méconnaît tout d'abord un élément essentiel quant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'application de l'article 46 de la loi sur le notariat, à savoir que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette disposition prescrit certes des formalités en cas de traduction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mais qui ne sont exigées que dans l'hypothèse où un comparant ne comprend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas la langue de l'acte. Or, il appert du dossier que tel n'est pas le cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la recourante. En effet, celle-ci estimait avoir compris ce qui se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disait lors de la signature de l'acte et elle était capable devant le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'instruction de traduire parfaitement en anglais le terme "pris en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge" (D.125), le notaire n'ayant pas non plus relevé une éventuelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incompréhension due à la langue (D.51 et 239). De plus, la recourante est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établie en Suisse romande depuis 1975, d'abord à Fribourg, puis à Genève</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et à Nyon (D.145), ce qui confirme d'autant plus sa compréhension de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">langue française. La recourante admet ne pas avoir demandé une traduction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'acte, pensant que les choses étaient en ordre (D.125). La Cour de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">céans voit dans cette remarque non pas seulement une certaine confiance de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la recourante quant au contenu de l'acte mais aussi le fait qu'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traduction n'était pas nécessaire, la recourante comprenant ce qui lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était lu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est donc établi que l'acte de vente n'a pas été traduit mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expliqué en anglais et la recourante a au moins donné l'impression au no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire de comprendre le français. Ainsi que l'explique le Tribunal fédéral,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le notaire qui instrumente un acte authentique au sujet d'un contrat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constate dans le titre tous les faits nécessaires à la réalisation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrat et dans la mesure où il ne les perçoit pas directement à l'aide de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses sens, il s'en remet à leur égard aux indications des parties ou les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déduit d'autres faits perceptibles par les sens (ATF 78 IV 112, JT 1953 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">74). Le notaire n'avait donc pas à faire mention d'une traduction dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acte en question et il a donc respecté les formalités nécessaires à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instrumentation. L'acte n'étant entaché d'aucun vice, il ne peut être fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">application de l'article 50 de la loi sur le notariat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Même si l'acte notarié devait être entaché d'un vice de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">forme, cela ne suffirait pas pour exclure l'application de l'article 253</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CP. La recourante se trompe lorsqu'elle affirme que l'existence d'un acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">authentique est une condition d'application de cette disposition (recours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.7).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En effet, s'il est vrai que le Tribunal fédéral a jugé que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">portée juridique des faits constatés en la forme authentique dépendait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment de ce que les modalités déterminées par le droit cantonal soient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">respectées, un arrêt postérieur a toutefois précisé que, dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détermination des faits faussement constatés qui ont une portée juridique,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le juge pénal n'est pas lié par les exigences du droit cantonal en ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concerne la validité du document public (ATF 113 IV 80, JT 1988 IV 44</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.3b et les deux références citées). Dans sa sphère d'application, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit fédéral prescrit de façon exhaustive quels écrits doivent être con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidérés matériellement comme des titres et quand un titre contraire à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vérité doit être réputé faux au sens de l'article 317 CP; il en résulte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la question de savoir si l'on est en présence d'un faux doit être ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solue exclusivement sur la base de l'article 110 chiffre 5 CP (ATF 99 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">194, JT 1974 IV 150 et 151). Ces principes s'appliquent également dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadre de l'article 253 CP, cette disposition étant également soumise à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exigence d'un titre authentique au sens de l'article 110 chiffre 5 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Du moment que, ainsi que le résume le Tribunal fédéral (ATF 99</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">IV 194, JT 1974 IV 146), en établissant quels sont les faits faussement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatés qui ont une portée juridique, le juge pénal n'est pas lié par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les exigences du droit cantonal en ce qui concerne la validité du document</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">public, peu importe donc la question d'un éventuel vice de forme de l'acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de vente immobilière dans le cas d'espèce, un contrat ne respectant pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les conditions de forme pouvant être propre à servir de preuve (ATF 103 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">149, JT 1978 IV 139).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) En considérant que tous les éléments constitutifs de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 253 CP étaient réalisés (Jugement, p.21-25), le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est donc ni tombé dans une constatation arbitraire des faits, ni n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait une fausse application de la loi et le pourvoi de la recourante doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant du pourvoi de G. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Le recourant se plaint que le premier juge n'a pas retenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il aurait été induit en erreur par l'affirmation du notaire selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laquelle ce dernier avait reçu l'argent. Il soutient que le jugement est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur ce point lacunaire et insuffisamment motivé (recours, p.2-3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est vrai qu'un jugement doit être motivé de telle manière que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intéressé soit en mesure de l'attaquer utilement. Il est donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indispensable qu'il contienne les motifs qui ont guidé le juge et sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lesquels il a fondé sa conviction. Cela ne signifie pas que le juge doive</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionner expressément tous les faits allégués et les moyens juridiques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soulevés. Il peut s'en tenir à l'essentiel (RJN 1993 p.150 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références citées). S'il est exact que le premier juge n'a pas expressé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment indiqué pourquoi il ne retenait pas la version alléguée par le recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant, ce fait ne justifie pas cassation du moment que les vingt-sept pages</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du jugement permettent parfaitement de suivre le raisonnement du juge et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">démontrent que ce dernier s'en est tenu à l'essentiel, mentionnant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment des exemples des déclarations contradictoires du recourant et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précisant que celles-ci ne constituent pas une liste exhaustive (Jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p. 19-20).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour ce qui est de la soi-disant erreur dont le recourant se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévaut, le premier juge n'avait à l'évidence pas à en faire expressément</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">état car le dossier démontre qu'elle n'est manifestement pas fondée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Devant le juge d'instruction, le recourant a allègué tout d'abord : "au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moment de signer l'acte, je ne savais pas si un montant avait été payé par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les époux A.-M. . Je ne pouvais pas le savoir." Mais plus loin, il a ajouté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">: "Me Y. m'avait dit que tout était en ordre. Je lui ai demandé s'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait reçu l'argent. Il m'a dit que oui. C'est sur cette base que j'ai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signé." (D.135). La contradiction est ici déjà manifeste. De plus, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notaire a déclaré qu'il se souvenait avoir demandé aux parties si ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant de 220'000 francs avait été réglé et que cela avait l'air d'être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le cas (D.54). Enfin, si réellement le recourant se souciait du versement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ses 220'000 francs, on ne comprend pas qu'il ait téléphoné au notaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"plusieurs mois après la signature de l'acte" selon le recourant lui-même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(recours, p.3), "environ six mois après" selon le notaire (D.53) afin de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">savoir si le montant en question, d'une certaine importance, avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectivement été versé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En réalité le dossier contient des indices sérieux de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusion d'un accord entre les parties portant sur un prêt du recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à M. . Ainsi le premier juge fait état d'éléments similaires,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit que le recourant ne s'est pas du tout soucié du non paiement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acompte de 50'000 francs stipulé dans la promesse de vente du 2 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 ainsi que du versement des 170'000 francs du fax de A. à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">SBS le 13 décembre 1993 (Jugement, p.21, no 1). Le recourant a lui-même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rappelé à A. que, pour l'acte de vente définitif, il fallait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envoyer un chèque de 930'000 francs (D.170 et D.242). De même, le premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge souligne-t-il avec raison que le décompte final de la facture des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">équipements, s'élevant à 220'000 francs, envoyé par le recourant aux époux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A.-M. le 18 février 1994, ne fait état d'aucun délai de paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Jugement, p.17). Ce décompte, postérieur à la signature de l'acte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vente, démontre bel et bien que le recourant ne s'attendait pas à ce que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le montant de 220'000 francs lui soit versé lors de ladite signature. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne peut dès lors se prévaloir d'avoir été induit en erreur par les dires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du notaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Il n'est absolument pas relevant que la fausse constatation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">figurant dans l'acte de vente ait été obtenue non pas à l'avantage mais au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détriment du recourant (recours, p.3-4). En effet, ce fait n'exerce aucune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">influence sur les éléments constitutifs de l'infraction de l'article 253</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CP qui exige l'obtention frauduleuse d'une constatation fausse, peu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">importe à qui ladite constatation profite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Le recourant semble soutenir que si infraction il y a eue,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci ne pourrait lui être imputée que par négligence et ne donnerait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dès lors pas lieu à application de l'article 253 CP, infraction intention-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nelle uniquement (recours, p.4). Attendu que le recourant ne motive en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rien son éventuelle critique sur le fait que le premier juge ait retenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intention plutôt que la négligence, on peut renvoyer au jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(p.24-25 et 21-22) qui n'est nullement arbitraire dans ses constatations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur ce point.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) N'est pas non plus relevant le fait que le contrat de vente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">immobilière ne déployait d'effet juridique qu'entre parties et ne devait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas être porté à la connaissance de la SBS qui avait déjà accordé le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">crédit hypothécaire (recours, p.4). En effet, d'une part ce fait n'amène</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rien quant à l'intérêt ou non du recourant à laisser mentionner la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation en question dans l'acte notarié, les intérêts du recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étant du reste sans cesse contredits par ses propres déclarations, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autre part, le premier juge a retenu à juste titre, et le recourant ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le conteste pas, qu'il était parfaitement conscient d'obtenir une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation fausse et qu'il le voulait effectivement pour éviter une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contradiction avec les déclarations qui avaient été faites à la SBS</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Jugement, p.24-25). Même si dans l'esprit des parties l'acte ne déployait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'effets juridiques qu'entre eux, il est évident que la fausse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation avait toutefois une portée juridique externe.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Le recourant allègue que l'article 253 CP ne s'applique pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du moment que, selon les déclarations de Me Y. , il y avait deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrats juxtaposés, un contrat de vente immobilière et un contrat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'entreprise portant sur les travaux de finition pour 220'000 francs, ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier contrat ne devant pas revêtir la forme authentique pour être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valable (recours, p.4-5).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Or, le recourant méconnaît la jurisprudence du Tribunal fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui précise que la tâche du notaire est d'établir l'écrit comme un tout et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon une procédure déterminée qui en fait un acte authentique au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 216 CO. Tous les faits qui ont une importance juridique et sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lequel l'écrit donne des renseignements sont constatés par le notaire dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le titre authentique. Le notaire apporte la preuve de tous les faits indi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qués dans l'écrit et constituant le contrat de vente. Formule et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositions du contrat forment un tout et précisément un titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">authentique relatif à une vente, notamment par la formule même qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">introduit l'écrit et l'achève (ATF 78 IV 105, JT 1953 IV 73). Plus tard,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Tribunal fédéral a indiqué que l'exigence de forme s'étend au contrat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré comme un tout (ATF 84 IV 163, JT 1959 IV 59).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, l'acte du 17 décembre 1993 a comme titre "vente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">immobilière" (D.55) et la constatation sur les travaux de finition figure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au chapitre 11 des "conditions de vente" (D.58). Il est dès lors manifeste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que cet acte constitue un tout et ne peut être divisé en fonction de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nécessité de la forme authentique pour sa validité, division qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compromettrait la sécurité du droit des contrats et le but visé par la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">attendu que l'acte notarié possède une force probante particulière (art.9</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CC). Les parties à l'acte en question étaient libres de conclure un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrat de vente en la forme authentique et, séparément, un contrat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'entreprise, non soumis à une forme spécifique. Si elles ne l'ont pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait, c'est que cela ne correspondait pas à leur volonté. Pour s'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convaincre, il suffit de se référer à la promesse de vente du 2 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 qui porte sur un appartement en PPE avec les équipements compris dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le prix total (D.73), ainsi qu'aux déclarations du recourant qui admet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'à la signature de l'acte de vente, les aménagements intérieurs étaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">terminés à 90 ou 95 % (D.242). La majorité des travaux de finition en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause selon la liste dans l'acte de vente (D.58) portant sur des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aménagements intérieurs, on voit mal comment les parties auraient voulu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclure un contrat d'entreprise alors que lesdits travaux étaient presque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">terminés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) Enfin, le recourant reproche au premier juge d'avoir retenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'acte faisait mention de travaux "réglés" par l'acquéresse alors que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le notaire a indiqué avoir sciemment utilisé le terme "pris en charge" au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu de "payés" (recours, p.5). Le recourant néglige de préciser à quelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">page du jugement il se réfère. S'il s'agit de la page 22, numéro 3 dudit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement, on constate à la lecture de ce numéro que le recourant frise la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">témérité. En effet, le premier juge ne retient pas que l'acte fait mention</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de travaux "réglés" mais que "les prévenus ont laissé croire à Me Y. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la somme de 220'000 francs dont fait état l'acte de vente avait été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réglée". Le dossier démontre que ceci est bien le cas. Il suffit à titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'indice de se référer au fax de A. du 13 décembre 1993 (D.99)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirmant à la SBS que 170'000 francs avaient déjà été versés au vendeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors que ce n'était pas le cas, fait qui démontre la réelle et commune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intention des parties dans cette affaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> g) Pour toutes ces raisons, le pourvoi du recourant doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Les frais de cassation seront partagés entre les deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le pourvoi de G. et de M. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge de G. et de M. les frais de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la procédure de cassation à raison de 550 francs chacun.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 7 août 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>