B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour VI F-7064/2017 A r r ê t d u 4 j a n v i e r 2 0 18 Composition Blaise Vuille (juge unique), avec l’approbation de William Waeber, juge; Alain Surdez, greffier. Parties E._______, né le (…), Niger, alias E._______, né le (…), Libye, alias E._______, né le (…), Libye, c/o (…), recourant, contre Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi; décision du SEM du 8 décembre 2017 / N (…). F-7064/2017 Page 2 Vu la demande d'asile déposée en Suisse , le 15 septembre 2017, par E._______, lequel a indiqué sur la feuille de données personnelles qu’il était né le (…) et avait la nationalité libyenne, la comparaison de ses données dactyloscopiques à laquelle il a été procédé, le 19 septembre 2017, avec celles enregistrées dans la banque de données « Eurodac », dont il est ressorti que l’intéressé avait été interpellé le 14 juillet 2017 à Brindisi, en Italie, après qu’il y fut entré illégalement, l’audition sur les données personnelles (audition sommaire) du 27 septembre 2017, au cours de laquelle E._______ a notamment déclaré qu’il était né en Libye le (…) de parents nigériens et qu’il avait donc la même nationalité que ces derniers, les indications complémentaires données lors de cette audition par E._______, desquelles il ressort qu’après le meurtre de son père survenu à l’issue d’une prise d’otage effectuée par des libyens dans le but d’obtenir une rançon et suite aux difficultés financières rencontrées lors de la reprise du commerce de ce dernier, l’intéressé avait alors quitté la Libye par bateau à destination de l’Italie aux fins d’aider économiquement sa mère au Niger; qu’étant malade et souhaitant un examen rapide de sa demande d’asile, il avait préféré poursuivre son voyage vers la Suisse sans déposer formellement une telle requête auprès des autorités italiennes, le droit d'être entendu accordé le même jour à l’intéressé, concernant la possible compétence de l’Italie pour le traitement de sa demande d'asile, ainsi que les éventuels obstacles à son transfert vers ce pays, la requête aux fins de prise en charge, adressée par le SEM aux autorités italiennes le 5 octobre 2017 et fondée sur l'art. 13 par. 1 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte; JO L 180/31 du 29.6.2013 [ci -après : règlement Dublin III]), l’absence de réponse de la part des autorités italiennes à cette demande dans le délai prévu par le règlement Dublin III (cf. art. 22 par. 1 dudit règlement), F-7064/2017 Page 3 la décision du 8 décembre 2017 (notifiée en mains propres d’E._______ le 13 décembre 2017), par laquelle le SEM, se fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de l’intéressé, a prononcé son renvoi (recte : son transfert) vers l’Italie et a ordonné l'exécution de cette mesure, constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, le recours qu’E._______ a interjeté auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), par acte du 14 décembre 2017, contre cette décision, dans lequel l’intéressé a conclu à ce que la décision précitée fût annulée et à ce qu’il fût entré en matière sur sa demande d’asile, la demande d’assistance judiciaire partielle dont est assorti le recours, les mesures superprovisionnelles ordonnées le 15 décembre 2017 par le Tribunal en application de l’art. 56 PA, suspendant provisoirement l'exécution du transfert, la réception du dossier de pr emière instance par le Tribunal , le 22 décembre 2017, et considérant que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l'espèce, qu’E._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 37 LTAF), que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, que, saisi d'un recours contre une décision de non -entrée en matière sur une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien -fondé d'une telle décision (cf. ATAF 2014/39 consid. 2; 2012/4 consid. 2.2, et réf. cit.), F-7064/2017 Page 4 qu’en l'espèce, il convient donc de déterminer si le SEM était fondé à faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, aux termes duquel il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord internationa l, pour mener la procédure d'asile et de renvoi, qu'avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine , conformément à l'Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne relatif aux critères et aux méca nismes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement D ublin III (cf. art. 1 et 29 a al. 1 de l'ordonnance 1 sur l'asile [OA 1, RS 142.311]; voir également l’arrêté fédéral du 26 septembre 2014 portant approbation et mise en œuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise du règlement Dublin III; Développement de l'acquis de Dublin/Eurodac; RO 2015 1841), que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d'asile (art. 29a al. 2 OA 1 [cf. ATAF 2015/41 consid. 3.1]), qu'à teneur de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui -ci étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée, aussitôt qu'une demande d'asile a été déposée pour la première fois dans un Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III), que, dans une procédure de prise en charge (anglais: take charge), les critères énumérés au chapitre III du règl ement (art. 8 -15) doivent être appliqués successivement (principe de l'application hiérarchique des critères de compétence; art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), que, pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment du dépôt de la première demande dans un Etat membre (principe de pétri- fication [art. 7 par. 2 du règlement Dublin III]; cf. ATAF 2012/4 consid. 3.2; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin III-Verordnung, Vienne 2014, pt. 4, ad art. 7), F-7064/2017 Page 5 qu’en revanche, dans une procédure de reprise en charge (anglais : take back), il n'y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon le chapitre III du règlement Dublin III (cf. ATAF 2012/4 consid. 3.2.1, et réf. cit.), que, lorsqu'aucun Etat membre r esponsable ne peut être désigné sur la base de ces critères, le premier Etat membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen (art. 3 par. 2 al. 1 du règlement Dublin III), qu'en vertu de l'art. 3 pa r. 2 al. 2 du règlement Dublin III, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement dé- signé comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraî - nent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après : CharteUE), l'Etat procédant à la détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme responsable, que, lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la détermination devient l'Etat responsable (art. 3 par. 2 al. 3 du règlement Dublin III), que l'Etat responsable de l'examen d' une demande de protection internationale en vertu du règlement Dublin III est tenu de prendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 21, 22 et 29 du règlement, le demandeur qui a introduit une demande de protection internationale dans un autre État membre, ainsi que d'examiner cette demande ou de mener à son terme l'examen (art. 18 par. 1 point a et par. 2 al. 1 du règlement Dublin III), que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, que, comme l’a retenu la jurispru dence (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2; 2012/4 consid. 2.4; 2011/9 consid. 4.1; 2010/45 consid. 5, 7.2, 8.2, 10.2), F-7064/2017 Page 6 le SEM doit admettre la responsabilité de la Suisse pour examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement Dublin III, lorsque le transfert envisagé vers l'Etat membre désigné responsable par lesdits critères viole des obligations de la Suisse relevant du droit international public, qu'il peu t également admettre cette responsabilité pour des raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, qu’à titre préalable, il importe de constater que le SEM, se fondant sur les indications complémentaires fournies au cours de l’audition sommaire du 27 septembre 2017 par E._______ au sujet de son identité, a retenu, dans la décision querellée du 8 décembre 2017, que l’intéressé, qui avait allégué, lors du dépôt de sa demande d’asile le 15 septembre 2017, être mineur ( à savoir être né le […]) et de nationalité libyenne, devait être considéré comme majeur (soit comme étant né le […]) et ressortissant, à l’instar de ses parents, du Niger, que l’identité du recourant ainsi retenue par le SEM dans le cadre de sa décision du 8 décembre 2017 n’est pas contestée par l’intéressé dans son pourvoi du 14 décembre 2017, que, par voie de conséquence, dans la mesure où la minorité alléguée initialement par E._______ n'est pas retenue, les critères de garantie et de compétence définis aux art. 6 et 8 du règl ement Dublin III à l’égard des mineurs ne trouvent pas application en l'espèce, pas plus que la jurisprudence et les dispositions relatives à la protection des mineurs non accompagnés dans la cadre d'une procédure d’asile, fondées sur le droit national ou international (cf. Convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant [CDE, RS 0.107]), que, cela étant, les investigations entreprises par le SEM ont révélé, après consultation de l’unité centrale du système européen « Eurodac », qu’E._______ était entré clandestinement en Italie le 14 juillet 2017, que, lors de son audition sur les données personnelles, l'intéressé a confirmé ce fait, en exposant être arrivé par bateau, au cours du mois de juillet 2017, en Italie, en provenance de Libye, démun i de tout papier d’identité (cf. p. 6, ch. 2.06, et p. 7, ch. 4, du procès-verbal d’audition du 27 septembre 2017), F-7064/2017 Page 7 qu’en date du 5 octobre 2017, le SEM a dès lors soumis aux autorités italiennes compétentes, dans les délais fixés à l'art. 21 par. 1 du règlement Dublin III, une requête aux fins de prise en charge, fondée sur l’art. 13 par. 1 du règlement Dublin III, que, selon cette dernière disposition, lorsqu'il est établi que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestr e, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est en effet responsable de l'examen de la demande de protection internationale, cette responsabilité prenant fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière, que, n’ayant pas répondu à la demande de prise en charge dans les délais prévus par l’art. 22 par. 1 du règlement Dublin III), l’Italie est réputée l’avoir acceptée et, partant, avoir reconnu sa compétence pour traiter la demande d’asile d’E._______ (art. 22 par. 7 du règlement Dublin III), que le recourant ne conteste pas la responsabilité de l’Italie en application des critères de détermination de l’Etat membre responsable pour l’examen de sa demande d’asile, que, se référant principalement à des rapports d'organisations non gouvernementales, l’intéressé s ’oppose toutefois à son transfert vers ce pays, alléguant qu’il n’aurait pas la garantie, pour des raisons structurelles, d’avoir accès à une procédure d’asile et qu’il serait contraint d’y vivre dans des conditions inhumaines, en violation de l’art. 3 CEDH, que, contrairement aux assertions du recourant, il n'y a pas lieu de retenir qu'il existe, en Italie, des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la CharteUE (cf. art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III), que ce pays est lié en effet à cette Charte et partie à la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) ainsi qu’au Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301), à la CEDH et à la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) et, à ce titre, en applique les dispositions, que l’Italie est ainsi présumée respecter la sécurité des demandeur s d'asile, en particulier leur droit à l'examen, selon une procédure juste et F-7064/2017 Page 8 équitable, de leur demande, et leur garantir une protection conforme au droit international et au droit européen (cf. directive no 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [ci-après: directive Procédure] et directive no 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale [refonte]; JO L 180/96 du 29.6.2013 [ci-après : directive Accueil]), que cette présomption de sécurité n'est cependant pas irréfragable, qu’elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une pratique avérée de violations systématiques des normes minimales de l'Union européenne (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.4 et 7.5, et réf. cit.), que, s elon la jurisprudence constante du Tribunal (cf. nota mment arrêts F-7068/2017 du 21 décembre 2017; E-8982017 du 15 février 2017), il n'y a pas lieu d'admettre que l’Italie connaît des défaillances systémiques au sens de l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III, si bien que l'application de cette disposition ne se justifie pas en l'espèce, que la présomption de sécurité peut également être renversée en présence d'indices sérieux que, dans le cas concret, les autorités de l'Etat membre désigné comme étant responsable ne respecteraient pas le droit international (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5), qu'il sied tout d’abord de relever que le recourant, qui n'est pas accompagné d'enfants, n'appartient pas à la catégorie des personnes particulièrement vulnérables visées par l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme (CourEDH) Tarakhel c. Suisse du 4 novembre 2014 (requête n° 29217/12, par. 118-122), pour lesquelles l'Etat requérant doit, avant de prononcer un transfert vers l'Italie, obtenir des autorités italiennes des garanties individuelles d'une prise en charge conforme aux exigences de l'art. 3 CEDH (cf., sur ce point, ATAF 2015/4), que l’intéressé n’a en outre pas fourni d'indice concret tendant à démontrer que les autorités italiennes refuseraient d'examiner sa demande de protection, ni qu'elles ne respecteraient pas le principe du non-refoulement, et donc failliraient à leurs obligations internationales en le renvoyant dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient F-7064/2017 Page 9 sérieusement menacées, ou encore d'où il risquerait d'être astreint à se rendre dans un tel pays, que, n'ayant pas présenté de demande d'asile dans ce pays, l’intéressé n'a pas donné la possibilité aux autorités italiennes d'examiner son cas, ni de lui octroyer protection, qu’il lui appartiendra d’entreprendre en Italie les démarches dans ce sens et de faire usage des droits que lui conférera la procédure d’asile, que le recourant n’a pas non plus démontré que ses conditions d'existence en Italie revêtiraient un tel degré de pénibilité et de gravité qu'elles seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH ou encore à l'art. 3 Conv. torture, qu’en dépit de ses allégations selon lesquelles son transfert en Italie ne lui permettrait pas, notamment en raison de son départ antérieur de ce pays, d’y bénéficier de conditions d’accueil conformes aux exigences prescrites par cette dernière disposition et , plus particulièrement, d’un hébergement assuré, l’intéressé n’a pas avancé d'éléments concrets et personnels susceptibles de révéler qu'un tel transfert lui ferait effectivement courir le risque que ses besoins existentiels minimaux ne soient pas satisfaits et, ce, de manière durable, sans perspective d'améliora tion, au point qu'il faudrait renoncer à son transfert, qu’à l’appui de son recours, l’intéressé a encore fait valoir qu’il avait été contraint de quitter l’Italie au motif que ses problèmes de santé n’y avaient pas fait l’objet d’un diagnostic et qu’aucun soin médical ne lui avait été prodigué en dépit des douleurs que lui occasionnait une hernie au ventre, qu’une fois arrivé en Suisse, il avait par contre été pris en charge par un médecin qui lui avait notamment prescrit des médicaments, une intervention chirurgicale s’avérant probablement nécessaire, que son renvoi en Italie le contraindrait par conséquent à vivre dans des conditions inhumaines, mettant en danger sa santé et son intégrité physique, que, ce faisant, le recourant sollicite implicitement l’application la clause discrétionnaire prévue à l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, que, selon la jurisprudence de la Cour EDH ( cf. arrêt de ladite Cour Paposhvili c. Belgique du 13 décembre 2016, req uête n°41738/10; cf. F-7064/2017 Page 10 également arrêt de la Cour de Justice de l'Union européenne du 16 février 2017 en l'affaire C-578/16]), le retour forcé d’une personne touchée dans sa santé n'est susceptible de constituer une violation de l'art. 3 CEDH que lorsqu'il y a des motifs sérieux de croire que cette personne, bien que ne courant pas de risque imminent de mourir, ferait face, en raison de l'absence de traitements adéquats dans le pays de destination ou du défaut d'accès à ceux-ci, à un risque réel d'être exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé entraînant des souffrances intenses ou à une réduction significative de son espérance de vie (cf. aussi ATAF 2011/9 consid. 7.1), que, comme l’a précisé la CourEDH, il ne s’agit dès lors pas de déterminer si l’étranger bénéficiera, dans le pays de renvoi, de soins équivalents à ceux dispensés dans le pays d’accueil, mais d’examiner si le degré de gravité qu’implique le renvoi atteint le seuil consacré à l’art. 3 CEDH, soit un engagement du pronostic vital ou un déclin grave, rapide et irréversible de la santé tant psychique que physique, qu’en l’occurrence, indépendamment du fait que l’affection dont affirme souffrir l’intéressé (hernie localisée dans le ventre) et les mesures médicales que ce dernier estime probablement nécessaires (opération chirurgicale) n’ont à aucun moment été attestées au moyen de certificats médicaux, force est de constater que les examens médicaux auxquels il a donné lieu en Suisse n’ont pas révélé l’existence d’une mala die d’une gravité ou d’une spécificité telle qu’elle ne pourrait pas être soignée en Italie, que, selon ce qu’il ressort des pièces du dossier, il appert en effet qu’après son arrivée en Suisse, le recourant a bénéficié de deux consultations auprès d’un mé decin à (…) (les […] et […] 2017) et a reçu des médicaments pour des douleurs abdominales indéterminées, que les examens médicaux dont l’intéressé a fait l’objet, dont en particulier un examen par ultrason abdominal, n’ont rien révélé d’anormal, que, d’après les renseignements communiqués au SEM le 7 décembre 2017 par le personnel responsable de l’assistance et de l’encadrement du centre fédéral dans lequel était alors hébergé E._______, celui-ci a indiqué audit personnel ne plus ressentir de douleurs depuis lors, qu'au vu de ce qui précède, le recourant n'a pas démontré qu'il ne serait pas apte à voyager, ou que son transfert vers l’Italie représenterait un F-7064/2017 Page 11 danger concret pour sa santé, ni n'a établi qu’il souffrait d’une grave affection nécessit ant d e manière impérative la poursuite en Suisse du traitement qui lui a été prodigué antérieurement, que, dans ces conditions, il y a lieu de retenir que les problèmes de santé dont l’intéressé allègue être atteint ne peuvent être considérés d’une acuité telle que son transfert en Italie serait illicite au sens restrictif de la jurisprudence précitée, que les soins d ont aurai t éventuellement encore besoin E._______ pourront, à n’en pas douter, être poursuivis en Italie, pays doté de structures médicales similaires à celles de la Suisse (cf. notamment arrêt du Tribunal E-6645/2017 du 28 novembre 2017), que, dans l’hypothèse où le recourant devait avoir besoin de soins particuliers au moment de son transfert vers l’Italie, il lui appartiendra d’en informer les autorités suisses chargées de l’exécution de cette mesure, que, le cas échéant, il incombera à ces autorités de transmettre à leurs homologues italiens les renseignements permettant une éventuelle prise en charge médicale adéquate (cf. art. 31 et 32 du règlement Dublin III), l’intéressé ayant donné, le 27 septembre 2017, son accord écrit à la transmission d’informations médicales, qu’en tout état de cause, il n’y a pas lieu d’entreprendre des investigations plus poussées concernant les affections invoquées par le recourant, étant rappelé qu’en application de l’art. 8 LAsi et 13 PA, c’est à ce dernier de démontrer les faits qu’il allègue, qu'au demeurant, si - après son transfert en Italie - le recourant devait être contraint par les circonstances à mener une existence non conforme à la dignité humaine ou s'il devait estimer que ce pays viole ses obligations d'assistance à son encontre, ainsi que la directive précitée, ou de toute autre manière porte atteinte à ses droits fondamentaux, il lui appartiendra de faire valoir ses droits directement auprès des autorités italiennes en usant des voies de droit adéquates (cf. art. 26 de la directive Accueil), qu'à cet égard, il convient de rappeler que le règlement Dublin III ne confère pas aux demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat membre offrant, à leur avis, les meilleures conditions d'accueil comme Etat responsable de l'examen de leur demande d'asile (cf. notamment ATAF 2010/45 consid. 8.3), F-7064/2017 Page 12 que, par conséquent, le transfert du recourant vers l’ Italie n'est pas contraire aux obligations de la Suisse découlant des dispositions conven - tionnelles auxquelles cette dernière est liée, qu’enfin, le SEM a établi de manière complète et exacte l'état de fait perti- nent et n'a commis ni excès ni abus de son large pouvoir d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de raisons humanitaires au sens de l'art. 29 a al. 3 OA 1 en combinaison avec l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (cf. ATAF 2015/9 consid. 8), qu'en conclusion, c'est manifestement à bon droit que le SEM a considéré qu'il n'y avait pas lieu de faire application de la clause de souveraineté ancrée à l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, que ce soit pour des raisons tirées du respect, par la Suisse, de ses obligations internationales ou pour des raisons humanitaires, qu’au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile du recouran t, en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et qu'il a prononcé son transfert de Suisse vers l’Espagne, qu'il convient pour le surplus de renvoyer aux considérants de la décision attaquée, dès lors que ceux -ci sont suffisamment explicites et motivés (art. 109 al. 3 LTF, par renvoi de l'art. 4 PA), que, partant, le recours doit être rejeté, que, s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la requête d'assistance judiciaire partielle (art. 65 al. 1 PA) est rejetée, que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), (dispositif page suivante) F-7064/2017 Page 13 F-7064/2017 Page 14 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. La requête d'assistance judiciaire partielle est rejetée. 3. Les frais de procédure, d'un montant de 750 francs, sont mis à la charge du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 4. Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. Le juge unique : Le greffier : Blaise Vuille Alain Surdez Expédition : F-7064/2017 Page 15 Destinataires : – recourant (par lettre recommandée [annexe : un bulletin de versement]) – SEM, Division Dublin, avec le dossier N (…) (par télécopie préalable; en copie) – Service de la population du canton de Vaud (Division Asile et retour [par télécopie])