<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2024-04-16-5F_28-2023.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5F_28/2023</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 16 avril 2024</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux Herrmann, Président, </div> <div class="para">von Werdt et Bovey. </div> <div class="para">Greffier : M. Braconi. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représentée par Me Malek Adjadj, avocat, </div> <div class="para">requérante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Juge de paix du district de Nyon, </div> <div class="para">rue Jules-Gachet 5, 1260 Nyon, </div> <div class="para">intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">demande de révision de l'arrêt du Tribunal fédéral 5A_419/2020 du 16 avril 2021. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> B.________, né en 1941 à U.________ (Fribourg), de nationalité suisse, est décédé en 2018 à V.________ (Vaud). Le 5 mars 2018, C.________ a transmis à la Justice de paix du district de Nyon un " <i>testament oral original</i> " que le <i>de cujus</i> avait établi devant témoins le 2 mars 2018 à l'Hôpital de W.________, le désignant comme exécuteur testamentaire. Le 7 mars 2018, la Justice de paix, après un entretien téléphonique avec cet hôpital, d'après lequel le <i>de cujus</i> était domicilié en France, a retourné au prénommé son envoi, en l'invitant à s'adresser aux autorités françaises. </div> <div class="para">Le 21 mars 2018, A.________, soeur du <i>de</i> <i>cujus</i>, a saisi la Justice de paix d'une requête tendant à des mesures conservatoires; elle a produit un " <i>certificat de domicile</i> " établi le 9 mars 2018 par le Maire de la commune française de X.________, aux termes duquel le <i>de cujus</i> était " <i>domicilié au rue Z.________, à X.________ à la date de son décès</i> ". La Juge de paix lui a répondu, le 29 mars suivant, que, en vertu de l'<span class="artref">art. 87 LDIP</span>, les juridictions françaises étaient compétentes pour régler la succession en cause ou, à leur défaut, celles de son lieu d'origine. </div> <div class="para">Le 4 mai 2018, C.________ a informé la Justice de paix de la saisine des juridictions françaises, qui se seraient déclarées compétentes pour connaître de la succession. Le 4 juin 2018, A.________ a indiqué à la Juge de paix que le <i>de</i> <i>cujus</i> à " <i>teneur des registres</i> " était domicilié " <i>formellement</i> " à X.________, mais que son dernier domicile " <i>effectif</i> " se trouvait à Y.________ (Vaud). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> Le 7 juin 2018, la Juge de paix s'est déclarée incompétente pour régler la succession, à l'exception des mesures conservatoires au lieu de situation des biens. </div> <div class="para">Par arrêt du 29 octobre 2018, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a admis le recours de A.________, annulé la décision précitée et renvoyé la cause au premier juge pour complément et nouvelle décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.3.</b> Après plusieurs audiences (15 janvier, 12 mars et 14 mai 2019), la Juge de paix s'est déclarée derechef incompétente pour connaître de la succession; elle a considéré que le <i>de cujus</i> n'était pas légalement domicilié à Y.________ - à savoir dans le district de Nyon -, faute d'intention durable d'y demeurer. Statuant le 4 mars 2020, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal a confirmé cette décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Par acte expédié le 22 mai 2020, A.________ a déposé un recours en matière civile au Tribunal fédéral contre l'arrêt cantonal. </div> <div class="para">Par arrêt du 16 avril 2021, la IIe Cour de droit civil du Tribunal fédéral a rejeté ce recours dans la mesure de sa recevabilité (5A_419/2020). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Par écriture expédiée le 2 novembre 2023, A.________ demande la révision de l'arrêt 5A_419/2020; elle conclut à l'annulation de cet arrêt et à la constatation de la compétence de la Justice de paix du district de Nyon pour connaître de la succession du <i>de cujus</i>. </div> <div class="para">Des observations n'ont pas été requises. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">En l'espèce, la requête est fondée sur l'<span class="artref">art. 123 al. 2 let. a LTF</span>, selon lequel la révision peut être demandée lorsque le requérant découvre après coup des faits pertinents ou des moyens de preuve concluants qu'il n'avait pas pu invoquer dans la procédure précédente, à l'exclusion des faits ou moyens de preuve postérieurs à l'arrêt. Cette disposition a donné lieu à une abondante jurisprudence récente, à laquelle il y a lieu de renvoyer (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=10.04.2024&amp;to_date=29.04.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F147-III-238%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page238">ATF 147 III 238</a> consid. 4, avec les références; <i>cf</i>. parmi plusieurs: arrêts 2F_4/2023 du 3 mai 2023 consid. 2 et 8F_1/2023 du 21 mars 2023 consid. 3.2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.1.</b> Lorsque le motif de révision est fondé sur l'<span class="artref">art. 123 LTF</span>, la requête doit être déposée dans les 90 jours qui suivent la découverte du motif de révision, mais au plus tôt dès la notification de l'expédition complète de l'arrêt (<span class="artref">art. 124 al. 1 let</span>. d LTF). La requérante allègue à ce sujet que le délai a commencé à courir dès que lui sont parvenus les courriers de l'administrateur officiel - figurant au dossier - contenant les pièces nouvelles, à savoir les 27 juillet et 7 août 2023. La requête est dès lors recevable de ce chef. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.</b> Selon la jurisprudence, la partie requérante doit avoir été empêchée sans sa faute de se prévaloir de preuves pertinentes dans la procédure précédente, en particulier parce qu'elle ne les connaissait pas, en dépit de la diligence exercée. L'ignorance d'un fait doit être appréciée moins sévèrement que l'insuffisance de preuves au sujet d'un fait connu, dès lors que la partie doit tout mettre en oeuvre pour établir celui-ci; il y a donc lieu de conclure à un manque de diligence lorsque la découverte de moyens de preuve nouveaux résulte de recherches qui auraient pu et dû être effectuées dans la procédure précédente (arrêt 5F_20/2022 du 23 août 2022 consid. 4.1 et les arrêts cités). </div> <div class="para">Sur ce point, la requérante explique en substance qu'elle n'a eu accès aux relevés bancaires des comptes du <i>de cujus</i> qu'après l'intervention d'un administrateur d'office, qui s'est vu autorisé par la Justice de paix du " <i>district de Nyon</i> " à accéder à ces comptes; elle-même n'aurait pas été en mesure d'obtenir les dites pièces, car " <i>l'intégralité des comptes bancaires</i> [du <i>de cujus</i>] <i>avaient été bloqués par la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine par décision du 25 avril 2018</i>". </div> <div class="para">Cette argumentation n'est guère convaincante. D'emblée, il y a lieu de relever que cette dernière décision vise uniquement " <i>les banques de la Ville de Fribourg</i> " (" <i>UBS AG, succursale de Fribourg</i> "), sans référence à une banque (ou succursale) située dans le canton de Vaud; de fait, <i>trois</i> des décisions instaurant l'administration d'office de la succession et désignant un administrateur officiel ont été rendues par des Justices de paix du canton de <i>Fribourg</i> (Veveyse, Broye et Glâne) relativement aux actifs situés dans leur ressort, c'est-à-dire sans le moindre rapport avec la ville de "Y.________", soi-disant dernier domicile du défunt. En outre, l'existence de " <i>comptes bancaires en Suisse</i> " avait été évoquée dans la procédure précédente, la requérante mentionnant pas moins de sept établissements bancaires dans son mémoire, afin de démontrer que le dernier domicile du <i>de cujus</i> était à "Y.________" ( <i>recours, p. 28</i>). Il ne s'agit dès lors pas d'un élément nouveau. La décision de " <i>blocage</i> " invoquée dans ce contexte n'a pour objet qu'une mesure conservatoire (<span class="artref">art. 551 al. 2 CC</span>; EMMEL/AMMANN, <i>in</i> : Praxis Kommentar Erbrecht, 5e éd., 2023, n° 2 ad <span class="artref">art. 551 CC</span> et les exemples cités), qui ne portait pas préjudice au droit de l'intéressée de solliciter des renseignements, en particulier la délivrance d'extraits, en se prévalant de sa vocation successorale ( <i>cf</i>. à ce propos, parmi plusieurs: arrêt 4A_522/2018 du 18 juillet 2019 consid. 4.3). La présente démarche tend en définitive à pallier une carence dans le rassemblement des preuves, à laquelle ne saurait remédier la voie de la révision. La requête doit être ainsi rejetée pour ce motif déjà. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.3.</b> Les moyens de preuve invoqués en l'espèce tendent à corroborer la " <i>présence régulière et continue de feu B.________ à Y.________ au moment de son décès</i> ", critère pertinent selon l'<span class="artref">art. 86 al. 1 LDIP</span>. Or, la détermination du dernier domicile du <i>de cujus</i> résulte de l'appréciation de nombreux indices, dûment exposés dans l'arrêt attaqué (consid. 3.1 et 3.2), sur lesquels la requérante ne s'était pas valablement exprimée (déclarations du fiduciaire, traitement du <i>de cujus</i> dans un hôpital en France et absence d'assurance maladie en Suisse [consid. 3.2.3]) ou que la Cour de céans avait expressément tenu pour dénués de poids (nationalité du <i>de cujus</i>, présence d'immeubles en Suisse - la plupart situés dans le canton de <i>Fribourg</i> - et " <i>attachement à la Suisse</i> " du <i>de cujus</i> [consid. 3.2.2]). S'agissant des " <i>liens amicaux et familiaux</i> " que celui-ci aurait entretenus en Suisse, l'autorité cantonale s'était livrée à un examen détaillé de cet aspect (consid. 3.1), dont le résultat n'avait guère été contesté à satisfaction de droit (consid. 3.2.3). En réalité, le prétendu " <i>faisceau d'indices</i> ", censé renforcer les extraits des comptes bancaires, est allégué à l'appui d'une argumentation visant à rouvrir le débat sur la base d'éléments qui ont été définitivement rejetés dans la procédure précédente; c'est méconnaître que la révision est un moyen de droit extraordinaire, et non une voie de réexamen d'une décision en force (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=10.04.2024&amp;to_date=29.04.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F96-I-279%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page279">ATF 96 I 279</a> consid. 3) conduisant à une nouvelle appréciation des indices pris en considération aux fins d'exclure la compétence des autorités suisses pour connaître de la succession. Enfin, il convient de souligner que les documents bancaires ne sont probants, à strictement parler, qu'en ce qui touche à la réalité des opérations qu'ils constatent, sans préjuger de leur auteur; de fait, il n'est pas inutile de rappeler que la juridiction cantonale avait mentionné que C.________ " <i>s'occupait personnellement des affaires du défunt en Suisse</i> " (p. 7 ch. 11), ce que la compagne du <i>de cujus</i> avait confirmé (p. 6 ch. 9). Il ensuit que les moyens de preuves allégués n'apparaissent pas davantage concluants au regard de l'<span class="artref">art. 123 al. 2 let. a LTF</span>, de sorte que la requête s'avère infondée de ce chef également. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Vu ce qui précède, la présente requête doit être rejetée, aux frais de la requérante (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">La requête de révision est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge de la requérante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué à la requérante, à la Juge de paix du district de Nyon et à la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 16 avril 2024 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Herrmann </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Braconi </div> </div></body></html>