<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. La société M. SA constituée le 22 juin 1988, avait pour but le développement, la production, et la commercialisation de machines textiles, en particulier de machines à tricoter. Ladite société avait racheté l'équipement industriel et les stocks ainsi que les locaux de l'entreprise D. &amp; Cie SA en liquidation concordataire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C. , de nationalité anglaise, était président du conseil d'administration de M. SA, E. , également de nationalité anglaise, en était directeur. Le 21 octobre 1992, B. à Bâle, jusque-là administrateur secrétaire, en est devenu le vice-président en remplacement de V. , démissionnaire; L. , jusque-là fondé de procuration, en est devenu secrétaire. Selon le procès-verbal de la réunion du conseil d'administration de M. SA du 5 décembre 1990, F. a été nommé directeur général de la société M. SA en lieu et place de E. , avec effet immédiat. En outre, lors de l'assemblée générale des actionnaires du 23 septembre 1993, les administrateurs C. , B. et L. ont été réélus.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Toutes les actions de M. SA étaient détenues par M. Ltd, société anglaise active dans l'industrie des machines textiles, cette dernière étant elle-même une filiale à 100 % du groupe W. Ltd dont l'actionnariat est composé notamment de la N. Ltd et de la T. Ltd. A. représentait cette dernière société auprès de ses filiales (en qualité de trustee). Le 5 octobre 1992, O. a été nommé directeur financier (chief executive) du groupe W. Ltd. Son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rôle consistait à superviser les sociétés commerciales du groupe ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'à définir les objectifs prioritaires et assurer une stratégie globale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puis à rendre compte à W. Ltd.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La société M. SA a été dissoute par suite de faillite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcée par jugement du Tribunal civil du Val-de-Travers du 24 janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. M. SA a été affilié à la Caisse interprofessionnelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">neuchâteloise de compensation Cicicam (ci-après : la caisse de compensa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion) depuis le 1er septembre 1988 jusqu'au 31 janvier 1995, soit la fin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du mois de l'ouverture de la faillite. Le 3 avril 1995, la caisse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation a produit dans la faillite de M. SA une créance de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">626'123.30 francs, correspondant à des cotisations paritaires impayées,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des émoluments de sommation et des frais divers.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 15 septembre 1995, la caisse de compensation a notifié des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décisions en réparation du dommage, fondées sur l'article 52 LAVS, à B. , en sa qualité de vice-président du conseil d'administration</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de M. SA jusqu'au 7 août 1994, en lui réclamant le paiement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">346'051 francs, représentant le solde des cotisations AVS/AI/APG/AC dues</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jusqu'au 7 août 1994, majoré des frais administratifs, taxes de sommation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et intérêts moratoires. Le même jour, la caisse de compensation a notifié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des décisions en réparation du dommage, fondées sur l'article 52 LAVS, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L. , en sa qualité d'administrateur secrétaire de M. SA jusqu'au jour de la faillite et à F. , en sa qualité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">directeur de M. SA jusqu'au jour de la faillite, en leur récla-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mant solidairement, le paiement de 528'676.65 francs, représentant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solde des cotisations AVS/AI/APG/AC dues jusqu'à la dissolution de la so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciété, majoré des frais administratifs, taxes de sommation et intérêts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moratoires.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 25 septembre 1995, la caisse de compensation a en outre no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tifié des décisions en réparation du dommage, fondées sur l'article 52</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LAVS, à A. , en sa qualité de représentant des actionnaires de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La T. Ltd et propriétaire économique de M. SA, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">O. en sa qualité de directeur financier du groupe W. Ltd, propriétaire économique de M. SA, à C. , en sa qualité de président du conseil d'administration de M. SA jusqu'au jour de la faillite et à la société M. Ltd, en sa qualité de maison-mère de M. SA, en leur réclamant solidaire-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment le paiement de 528'676.65 francs, représentant le solde des cotisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions AVS/AI/APG/AC dues jusqu'à la dissolution de la société, majoré des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais administratifs, taxes de sommation et intérêts moratoires.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les sept destinataires ont formé opposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le 15 novembre 1995, la caisse de compensation a ouvert action</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant le Tribunal administratif en concluant à la condamnation de M. Ltd, A. , O. , C. , L. et F. , solidairement, au paiement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">528.676.65 francs, correspondant aux cotisations sociales partiellement ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">totalement impayées pour les mois de juillet à décembre 1993 et de juin à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décembre 1994 et à la condamnation de B. , solidairement, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paiement de 346'051 francs, correspondant aux cotisations sociales par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiellement ou totalement impayées jusqu'au 7 août 1994.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. A. , O. , M. Ltd, B. et C. ont conclu chacun par mémoire séparé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au rejet de la demande. F. et L. ont également conclu au rejet de la demande.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par mémoire du 8 octobre 1996, la caisse de compensation a ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pliqué et confirmé les conclusions de sa demande sous réserve de sa pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tention à l'encontre de C. qu'elle a réduite à 346'051</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs. Elle a en effet admis que la démission de ce dernier du conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'administration avait pris effet le 7 août 1994.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> B. , C. , la société M. Ltd, A. et O. ont déclaré persister dans leurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusions. F. et L. ont renoncé à dupliquer. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caisse de compensation a déposé un mémoire complémentaire le 31 janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997. A. , B. et C. ont encore déposé des observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Introduite dans le délai de 30 jours prévu à l'article 81 al.3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">RAVS et présentée dans les formes légales, la demande est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) En vertu de l'article 52 LAVS, l'employeur qui, intention-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nellement ou par négligence grave, n'observe pas des prescriptions et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause ainsi un dommage à la caisse de compensation est tenu à réparation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Si l'employeur est une personne morale, la responsabilité peut s'étendre,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à titre subsidiaire, aux organes qui ont agi en son nom (ATF 122 V 66</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.4a, 119 V 405 cons.2 et les références). Le caractère subsidiaire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la responsabilité des organes d'une personne morale signifie que la caisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de compensation ne peut agir contre ceux-ci que si la débitrice des coti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sations (la personne morale) est devenue insolvable ou n'existe plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Frésard, La responsabilité de l'employeur pour le non-paiement de coti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sations d'assurances sociales selon l'art. 52 LAVS, RSA 1987 p.2). Le dom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mage est réputé survenu lorsque les cotisations dues ne peuvent plus être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perçues, pour des motifs de droit ou de fait (ATF 113 V 258 cons.3c).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, la faillite ayant été prononcée le 24 janvier 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la demanderesse a produit sa créance de cotisations le 3 avril 1995. Le 22</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mai de la même année, elle a interpellé l'administrateur spécial de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite qui n'a pas été en mesure de lui indiquer le dividende qui serait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">servi aux créanciers de deuxième classe. Sur la base des déclarations de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'administrateur spécial, la caisse de compensation a notifié les déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sions en réparation du dommage les 15 et 25 septembre 1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par conséquent, la règle de subsidiarité de l'article 52 LAVS</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est respectée et la caisse qui n'est plus en mesure de percevoir les co-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tisations dues - la société débitrice ayant été dissoute par suite de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite - et qui va subir un préjudice peut agir en réparation du dommage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre les organes de M. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Eu égard aux éléments qui précèdent, il est incontestable -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et d'ailleurs incontesté - que la caisse a agi dans le délai d'une année à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partir du moment où elle a eu connaissance du dommage (art.82 al.1 RAVS;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">VSI 1995, p.169-170). Elle n'a d'ailleurs pas attendu d'être informée de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa collocation définitive dans la liquidation ainsi que du dividende pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">visible servi pour notifier les décisions en réparation du dommage, ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est admis par la jurisprudence (ATF 116 V 76 cons.3). A cet égard, on re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lèvera que, par lettre du 18 septembre 1996, le mandataire français chargé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de liquider la filiale française de M. SA a informé l'adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trateur spécial que les opérations de liquidation de cette filiale se-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raient clôturées pour insuffisance d'actifs, l'intégralité du produit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la réalisation - y compris celle de l'immeuble - étant absorbée par les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créances salariales et fiscales. En outre, par courrier du 14 octobre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, l'administrateur spécial de la faillite de M. SA informait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le tribunal de céans que, pour l'instant, les créanciers dont les créances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avaient été colloquées en première classe, avaient reçu un dividende de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">85 %. Il indiquait que la liquidation était terminée, à l'exception de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réalisation problématique d'une créance en Angleterre; si celle-ci devait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se réaliser, elle permettrait de payer en totalité les créanciers de pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mière classe et de verser un très modique dividende aux créanciers de deu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">xième classe. Dans ces conditions, et même s'il n'est pas exclu qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obtienne, dans le cadre de la faillite, dans le meilleur des cas, une par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tie des cotisations sociales dues par la société, la demanderesse est en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit d'agir en réparation du dommage pour obliger les responsables à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">payer la totalité du montant dont elle est privée contre cession du divi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dende éventuel qu'elle pourrait obtenir dans la faillite (Nussbaumer, Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caisses de compensation en tant que parties à une procédure de réparation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un dommage selon l'art.52 LAVS, RCC 1991 p.407).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Lorsque plusieurs organes d'une personne morale ont causé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ensemble un dommage, ils en répondent solidairement (ATF 114 V 214 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêts cités). En outre, la responsabilité d'un organe ne dure en principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que jusqu'à sa démission ou sa révocation, à condition cependant qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ait plus par la suite aucune influence sur la marche des affaires et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il ne reçoive plus de rémunération (ATF 112 V 5).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La notion d'organe selon l'article 52 LAVS est en principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">identique à celle qui se dégage de l'article 754 al.1 CO. En matière de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité des organes d'une société anonyme, l'article 52 LAVS vise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donc aussi, en première ligne, les organes statutaires ou légaux de celle-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ci, soit les administrateurs, l'organe de révision ou les liquidateurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Nussbaumer, op. cit. p.403; v. aussi du même auteur : Die Haftung des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Verwaltungsrates nach Artikel 52 AHVG in PJA 9/96, p.1071 ss, 1075). Mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les critères d'ordre formel ne sont, à eux seuls, pas décisifs et la qua-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité d'organe s'étend aux personnes qui ont pris les décisions réservées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux organes ou se sont chargées de la gestion proprement dite, participant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi de manière déterminante à la formation de la volonté de la société.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La qualité d'organe est donc réservée aux personnes exécutant leurs obli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gations au sein de la société ou à l'égard des tiers en vertu de leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propre pouvoir de décision. Le fait qu'une personne est inscrite au re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gistre du commerce avec droit de signature n'est, à lui seul, pas déter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">minant. La préparation de décision par une collaboration technique, com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">merciale ou juridique ne suffit pas à conférer la qualité d'organe au sens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matériel. En d'autres termes, la responsabilité liée à la qualité d'organe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présuppose que l'intéressé ait eu des compétences allant nettement au-delà</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un travail préparatoire et de la création des bases de décision, pour se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concentrer sur la participation, comme telle à la formation de la volonté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la société. La responsabilité pour la gestion ne vise ainsi que la di-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rection supérieure de la société au plus haut niveau de sa hiérarchie (RJN</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994, p.192 cons.4b et les références, ATF 117 II 572, 119 II 255;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Forstmoser/Meier-Hayoz/Nobel, Schweizerisches Aktienrecht, § 37, n.4).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) L'article 14 al.1 LAVS, en corrélation avec les articles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">34 ss RAVS, prescrit que l'employeur doit déduire, lors de chaque paie, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cotisation du salarié et verser celle-ci à la caisse de compensation en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même temps que sa propre cotisation. Les employeurs doivent remettre pé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">riodiquement aux caisses les pièces comptables concernant les salaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versés à leurs employés, de manière que les cotisations paritaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puissent être calculées et faire l'objet de décisions. L'obligation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'employeur de percevoir les cotisations et de régler les comptes est une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tâche de droit public prescrite par la loi. A cet égard, le Tribunal fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déral des assurances a déclaré, à réitérées reprises, que celui qui né-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">glige de l'accomplir enfreint les prescriptions au sens de l'article 52</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LAVS et doit, par conséquent, réparer la totalité du dommage ainsi occa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sionnée (ATF 118 V 195 cons.2a et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) La condition essentielle de l'obligation de réparer le dom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mage consiste, selon le texte même de l'article 52 LAVS, dans le fait que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'employeur a, intentionnellement ou par négligence grave, violé les pres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">criptions et ainsi causé un préjudice. L'intention et la négligence cons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tituent différentes formes de la faute. L'article 52 LAVS consacre en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">séquence une responsabilité pour faute résultant du droit public. Il n'y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligation de réparer le dommage, dans un cas concret, que s'il n'existe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune circonstance justifiant le comportement fautif de l'employeur ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">excluant l'intention et la négligence grave. C'est à l'employeur qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appartient de faire valoir dans la procédure d'opposition des motifs con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">crets justifiant ou excusant son comportement et d'en rapporter la preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans les limites de son devoir de collaborer à l'établissement des faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 108 V 193-194). A cet égard, on peut envisager qu'un employeur cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un dommage à la caisse de compensation en violant intentionnellement les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prescriptions en matière d'AVS, sans que cela entraîne pour autant une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligation de réparer le préjudice. Tel est le cas lorsque l'inobservation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des prescriptions apparaît, au vu des circonstances, comme légitime et non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fautive (ATF 108 V 186 cons.1b, 193 cons.2b; RCC 1985, p.603 cons.2, 647</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.3a). Ainsi, il peut arriver qu'en retardant le paiement de cotisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions, l'employeur parvienne à maintenir son entreprise en vie, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exemple lors d'une passe délicate dans la trésorerie. Mais il faut alors,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour qu'un tel comportement ne tombe pas ultérieurement sous le coup de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 52 LAVS, que l'on puisse admettre que l'employeur avait, au mo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment où il a pris sa décision, des raisons sérieuses et objectives de pen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ser qu'il pourrait s'acquitter des cotisations dues dans un délai raison-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nable (ATF 108 V 188; RCC 1992, p.261 cons.4b). L'absence de ressources</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">financières ne constitue pas à elle seule un motif suffisant car l'ad-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mettre signifierait vider l'article 52 LAVS d'une bonne partie de son con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenu (RCC 1985, p.649).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Selon la jurisprudence, se rend coupable d'une négligence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grave l'employeur qui manque de l'attention qu'un homme raisonnable aurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observé dans la même situation et dans les mêmes circonstances. La mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la diligence requise s'apprécie d'après le devoir de diligence que l'on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut et doit en général attendre, en matière de gestion, d'un employeur de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la même catégorie que celle de l'intéressé. En présence d'une société ano-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nyme, il y a en principe lieu de poser des exigences sévères en ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concerne l'attention qu'elle doit accorder au respect des prescriptions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Une différenciation semblable s'impose également lorsqu'il s'agit d'appré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cier la responsabilité subsidiaire des organes de l'employeur (ATF 108 V</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">202 cons.3a; RCC 1985, p.51 cons.2a, p.648 cons.3b). Tout administrateur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assume, en acceptant ce mandat, les obligations légales qui y sont liées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Même en cas de délégation de la gestion de la société, il a le devoir in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">transmissible d'exercer la haute surveillance sur les personnes chargées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la gestion pour s'assurer notamment qu'elles observent la loi, les sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuts, les règlements et les instructions données, c'est-à-dire de requérir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les informations utiles pour s'informer de la façon dont la société est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gérée et intervenir en cas d'erreur ou d'irrégularité (art.716 litt.a al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ch.5 CO; ATF 114 V 223; v. également ATF 122 III 198 cons.3a et les réfé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rences).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. En leur qualité d'administrateurs - et donc d'organes typiques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévus par la loi - C. , B. et L. doivent, en principe, encourir la responsabilité de l'article 52 LAVS.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a) Les mandats d'administrateur de C. et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. ont pris fin le 7 août 1994, de sorte que leur responsa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bilité pour le dommage survenu après cette date doit en principe être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">niée. La demanderesse ne le conteste d'ailleurs pas. Jusqu'à ce moment, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revanche, en leur qualité de président et de vice-président du conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'administration, ils avaient, en droit, la qualité d'organe de la société</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec les devoirs que cette position implique. Or, il résulte du dossier et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des mémoires des deux prénommés - tous deux soutiennent qu'ils n'exer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">çaient plus aucune activité touchant l'entreprise M. SA et que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette dernière était totalement en dehors de leur sphère de compétence de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puis le début de l'année 1993 - qu'en ce qui les concerne, le non-paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partiel des cotisations ne résulte pas d'un acte délibéré, mais plutôt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une négligence. En leur qualité de président et de vice-président du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conseil d'administration, C. et B. de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vaient en particulier respecter l'obligation de diligence énoncée à l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 716a al.1 ch.5 CO, qui est étroitement liée aux règles sur la res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ponsabilité figurant à l'article 754 CO (SJ 1990, p.45). Il leur incombait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dès lors de surveiller les personnes chargées de la gestion et de se faire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">régulièrement renseigner sur la marche des affaires (ATF 114 V 233</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.4a). C. soutient en vain que depuis janvier 1993,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il est devenu président sans fonctions dirigeantes et que dès cette date,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il est seulement resté à disposition du groupe en qualité de consultant un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à deux jours par semaine. Quant à B. , c'est également en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vain qu'il expose qu'il était administrateur sans fonctions dirigeantes ni</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilités en se référant à une convention écrite qu'il avait passée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec C. . En effet, en vertu de leur obligation de di-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ligence, tous deux auraient dû soit exercer leur devoir de surveillance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur les personnes chargées de la gestion pour s'assurer notamment qu'elles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observent la loi (ATF 122 III 198 cons.3a et les références), soit se dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mettre de leurs fonctions pour dégager leur responsabilité s'ils n'étaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas en mesure de mener à bien leurs tâches et, le cas échéant, exiger eux-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mêmes leur radiation du registre du commerce (art.711 al.2 CO). A cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">égard, la convention d'administration et de revers des 1er janvier et 5</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1993 conclue par les deux prénommés est sans influence sur leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité respective vis-à-vis des tiers, eu égard aux attributions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intransmissibles et inaliénables du conseil d'administration (art.716a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 CO). Enfin, on rappellera, en réponse à l'objection de B. , que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral des assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rances, le nouvel article 759 CO (responsabilité différenciée) ne saurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trouver application dans le cadre de la responsabilité de l'article 52</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LAVS pour justifier une réduction de l'étendue de la réparation en rela-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion avec la gravité de la faute du responsable (VSI 1996, p.308 cons.6).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En sa qualité d'administrateur secrétaire de M. SA à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partir du 21 octobre 1992 jusqu'à la faillite, L. avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également, en droit, la qualité d'organe de la société avec les devoirs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que cette position implique. Dès lors, celui-ci expose en vain que malgré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses fonctions d'administrateur et de responsable des finances, il n'avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en réalité aucune autonomie et ne faisait qu'exécuter les directives</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">émises par d'autres personnes. En effet, comme exposé ci-dessus, son man-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dat d'administrateur l'obligeait lui aussi à exercer la haute surveillance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur les personnes chargées de la gestion proprement dite et il ne pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dégager sa responsabilité qu'en se démettant de ses fonctions. Par consé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quent, sa responsabilité d'organe légal est engagée dans la mesure où il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'existe aucune circonstance justifiant son comportement fautif ou exclu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ant toute intention ou négligence grave. En particulier, s'il soutient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans son opposition qu'il a dû, à plusieurs reprises, retarder le paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des cotisations sociales en étant persuadé que ces arriérés seraient ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">glés à court terme et que la société faillie pourrait compter sur l'appui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">financier de la maison-mère, il n'a toutefois apporté, durant la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant la Cour de céans, aucun motif plus concret justifiant ou excusant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son comportement. Au demeurant, il ressort du rapport de l'organe de révi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion pour l'année 1993 que la poursuite des activités de M. SA,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">eu égard aux pertes reportées s'élevant alors à 7,7 millions de francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi qu'à la situation de surendettement, dépendait avant tout de l'ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cord hypothétique de la principale banque créancière s'agissant d'un nou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">veau plan de financement. L'organe de révision précisait d'ailleurs que si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les négociations avec la banque n'aboutissaient pas, le conseil d'adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tration devrait informer le juge conformément à l'article 725 al.2 CO</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(rapport de G. SA du 06.09.1994). Au surplus, le plan de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">restructuration du financement élaboré par O. le 8 septembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994 faisait état d'une perte reportée future d'environ 10 millions de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs pour le 31 décembre 1994. Le directeur financier du groupe W. Ltd proposait dès lors, dans l'optique de la poursuite des activités de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. SA, sous une autre forme et en d'autres lieux, que la banque et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le groupe renoncent à 3,5 millions de francs et acceptent en outre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">postposer une créance supplémentaire d'un même montant et renoncent à pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lever des intérêts pendant cinq ans. En outre, la correspondance déposée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le Crédit Suisse - principale banque créancière de la société faillie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- ne permet pas d'admettre que L. avait, durant la période</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litigieuse, des raisons sérieuses et objectives de penser que la société</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillie pourrait s'acquitter des cotisations dues dans un délai raison-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nable. Au contraire, les rapports de visite à l'usage interne du Crédit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Suisse relatifs à la période litigieuse montrent que la situation était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulièrement précaire. Selon une remarque interne datée du 14 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993, quel que fût le redressement de la société, elle n'aurait jamais pu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">supprimer son endettement; de plus, ces résultats ne tenaient pas compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des frais financiers; la situation financière se détériorait car les in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">térêts n'étaient pas payés et la banque était sur le point d'exiger le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remboursement du crédit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans ces circonstances, on ne peut pas admettre l'existence d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motif de disculpation en faveur de L. et sa responsabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est donc engagée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. a) F. est devenu directeur général de M. SA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 5 décembre 1990. Depuis octobre 1992, il était inscrit au registre du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commerce en qualité de directeur avec signature collective à deux. Il cha-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peautait les secteurs de la production (fabrication et montage), de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">logistique, du développement, de l'administration ainsi que de la vente et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du marketing. Lors de sa nomination le 5 décembre 1990, F. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">désigné lui-même les personnes qu'il souhaitait mettre à la tête de chacun</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des secteurs de l'entreprise. En outre, il était lui-même responsable de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la vente et du marketing.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ailleurs, il ressort du dossier que F. avait la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maîtrise financière au sein de la société M. SA. C'est lui qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remettait à la banque les ordres de paiement; il a également admis avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retardé à plusieurs reprises les paiements dus à l'AVS. En sa qualité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">directeur, il correspondait régulièrement avec le Crédit Suisse. Il a no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tamment signé deux conventions en novembre 1994, aux termes desquelles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. SA reconnaissait devoir au Crédit Suisse des montants impor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tants correspondant aux salaires versés directement par la banque aux col-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laborateurs de la société. En outre, par ses fonctions, il se substituait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux administrateurs qui n'exerçaient aucun contrôle sur ses activités. Au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demeurant, rien ne permet de dire qu'il était subordonné à d'autres per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonnes au sein de la société. Il exerçait donc ses obligations au sein de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. SA ou à l'égard des tiers en vertu de son propre pouvoir de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision. Enfin, il résulte de l'attestation qu'il a obtenue du directeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">financier du groupe W. Ltd en février 1995, qu'il avait la respon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sabilité totale des activités exercées à Couvet (production, développe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, montage ainsi que comptabilité, gestion financière et relation avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les banques et l'organe de révision) et qu'il était également chargé des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ventes en Amérique du sud, en Asie et dans les régions du Pacifique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Dans ces conditions, F. doit, en principe, assumer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une responsabilité en tant qu'organe matériel au même titre que les or-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ganes légaux. Il expose en vain que lorsqu'il a autorisé que les paiements</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des cotisations sociales soient retardés, il était persuadé que les arrié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rés seraient réglés à court terme. En effet, comme on l'a vu, les circons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tances du cas particulier n'excusent pas ce comportement, au sens de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence (ATF 108 V 188; RCC 1992, p.261 cons.4b). A cet égard, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faut encore préciser que les propositions de restructuration financière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élaborées par le directeur financier du groupe W. Ltd impliquait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un sacrifice si important de la part de la banque créancière (abandon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une créance de 3,5 millions de francs, postposition d'une créance d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant identique et renonciation temporaire au prélèvement d'intérêts sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le compte débiteur de la société notamment) qu'il est très peu vraisem-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blable que F. ait eu, à chaque fois qu'il a retardé le paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des cotisations sociales, des raisons sérieuses et objectives de penser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il pourrait s'acquitter des cotisations dues dans un délai raisonnable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors qu'il connaissait parfaitement la situation financière délicate dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laquelle se trouvait la société. Quant au soutien du groupe W. Ltd, il est manifeste qu'il n'était prévu qu'à la condition que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Crédit Suisse apporte d'abord son soutien sous la forme d'une importante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remise de dettes. Or, les rapports de visite à l'usage interne du Crédit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Suisse démontrent que F. est intervenu activement et était donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parfaitement au courant des négociations avec la banque.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Partant, on ne saurait admettre l'existence d'un motif de dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culpation en faveur de F. dont la responsabilité d'organe maté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">riel est engagée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En outre, les défendeurs L. et F. soutiennent que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la demanderesse aurait dû actionner le Crédit Suisse dans la mesure où,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dès la fin de l'année 1992, les paiements de la société devaient s'opérer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'intermédiaire de cette banque à qui les factures étaient cédées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ainsi, selon eux, des ordres de paiements de cotisations sociales n'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raient pas été exécutés, de sorte que la banque devrait assumer une res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ponsabilité prépondérante dans les décisions relatives au paiement des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cotisations sociales, en qualité d'organe de fait. Or, la caisse de com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pensation est seule habilitée à décider de la réparation d'un dommage cau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sé par l'employeur, de sorte que si elle ne procède pas en justice contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un employeur ou contre l'un ou l'autre de ses organes, aucune autre au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité ne peut se substituer à elle et ouvrir action à sa place. En cas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solidarité entre plusieurs débiteurs, elle jouit d'un concours d'actions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et le rapport interne entre les éventuels coresponsables ne la concerne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas; si elle ne peut prétendre qu'une seule fois la réparation, chacun des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">débiteurs répond envers elle de l'intégralité du dommage et il est loi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sible à la caisse de rechercher tous les débiteurs, quelques uns ou un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seul d'entre eux, à son choix (ATF 108 V 195-196; VSI 1996 p.308 cons.6 in</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">initio). Par conséquent, l'objection de ces deux défendeurs selon laquelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il eût fallu plutôt ouvrir action contre le Crédit Suisse est, de ce point</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de vue déjà, sans pertinence quant au principe de leur propre responsabi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité en tant qu'organe de la société.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au surplus, F. et L. invoquent le fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que puisque le Crédit Suisse assurait l'encaissement et le paiement des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">factures depuis la fin de l'année 1992, il doit être considéré comme un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administrateur de fait de la société, et il convient de lui imputer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'éventuelle faute intentionnelle ou négligence grave qui pourrait être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cette objection n'est pas fondée. En effet, la notion d'organe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">implique nécessairement une position dans l'organisation de la société -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effective ou du moins qui se manifeste à l'égard des tiers - qui permette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de participer à la formation de la volonté de la personne morale. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">simple gestion des affaires n'est, à cet égard, pas suffisante. Il faut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également que l'intéressé assume la direction de la société par des déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sions prises de manière indépendante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Or, en l'espèce, rien n'indique que le Crédit Suisse aurait par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticipé à la prise de décision dans la gestion ou l'administration de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société. Son rôle, comme c'est généralement le cas dans les rapports entre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une entreprise et une banque était d'offrir des crédits permettant d'assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rer le financement de l'activité de la société et il n'est pas prétendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il aurait eu d'autres tâches que celle-là directement liées à la ges-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion des comptes bancaires. Un tel rôle ne confère pas à la banque la qua-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité d'organe de fait de la société, ce qui est évident, car cela revien-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">drait à attribuer la qualité d'organe de société anonyme à tous les insti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuts bancaires s'occupant du financement de ces sociétés. Par ailleurs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. ne saurait se libérer de sa responsabilité en excipant du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refus éventuel de la banque de payer des factures qu'il lui transmettait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la mesure où ce refus était vraisemblablement motivé par le fait que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la société avait dépassé la limite de crédit octroyée dans le cadre de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte courant, et que la banque n'entendait pas accorder de crédit sup-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plémentaire (v. notamment une lettre du Crédit Suisse datée du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">02.02.1993). En définitive, le non-paiement des cotisations en cause ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sulte uniquement de la situation obérée de la société, qui a conduit à sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite. Or, comme on l'a vu, l'absence de ressources financières ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constitue pas en soi un motif suffisant pour justifier ou disculper les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">organes de la société de la responsabilité au sens de l'article 52 LAVS.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. La demanderesse soutient que la maison-mère de M. SA,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. Ltd, doit être considérée comme un organe de fait de même que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. qui exerçait, selon elle, une "direction occulte" ainsi que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">O. , en sa qualité de directeur général du groupe W. Ltd.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a) S'agissant de M. Ltd, le point de vue de la deman-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deresse ne saurait être admis. En effet, le droit suisse ne prévoit pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsabilité de l'actionnaire en tant que tel (art.620 al.2, 754 CO;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Böckli, Das neue Aktienrecht, Zurich, 1992, p.537 n.1969). Sa responsabi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité ne peut dès lors être engagée que si celui-ci peut être qualifié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'organe au sens matériel de la société. Si la jurisprudence a effective-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment considéré que la qualité d'organe de fait pouvait être reconnue à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société anonyme qui avait acquis la maîtrise effective d'une autre société</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 114 V 78 ss), il s'agissait d'une situation bien particulière. Ainsi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans cet arrêt, le Tribunal fédéral des assurances a reconnu la qualité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'organe dirigeant à une société anonyme qui avait acquis la maîtrise ef-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fective d'une autre société en difficultés, pour laquelle elle avait été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chargée de mettre en oeuvre un plan de sauvetage. Toutefois, l'unique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administrateur de la société en difficulté avait été privé de l'ensemble</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ses pouvoirs au profit d'un administrateur de la société anonyme di-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rigeante. En outre, la société dirigeante s'était chargée elle-même des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relations avec les créanciers et avait pris plusieurs mesures pour éviter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la liquidation (reprise de dette et avance de fonds pour payer les sa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laires et les cotisations sociales). Enfin, elle avait obtenu en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trepartie la cession gratuite de presque 50 % des actions de la société en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">difficulté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En revanche, dans le cas présent, la situation était fort dif-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">férente puisque la faillie possédait ses propres organes qui se sont char-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gés de la gestion et de la direction de la société jusqu'à la faillite. Si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la maison-mère a procédé à plusieurs avances de trésorerie entre le mois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'août 1993 et le mois de juin 1994 (1,9 millions de francs), il n'appa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raît manifestement pas que les organes de la maison-mère sont intervenus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une manière effective, décisive et directe dans les tâches que la loi et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les statuts réservaient aux organes institués de M. SA. En défi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nitive, rien ne permet de dire que la maison-mère s'est substituée aux or-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ganes de la société en agissant en lieu et place de ceux-ci, de sorte que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa qualité d'organe de fait ne saurait être tenue pour établie. Dès lors,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une responsabilité découlant de l'article 52 LAVS doit être niée en ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la concerne.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) A. est l'un des "trustees" (représentants) de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'T. Ltd, principal actionnaire du groupe W. Ltd</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui détenait notamment la maison-mère de M. SA. En sa qualité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">représentant des propriétaires économiques de la société en difficulté, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a eu des contacts avec le Crédit Suisse en vue de rechercher une solution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">susceptible d'assurer le sauvetage de l'entreprise au mois de décembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994 puis janvier 1995. En effet, dans le cadre de la politique commer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciale et financière du groupe W. Ltd, la maison-mère a apporté à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa filiale son soutien financier, tout en subordonnant vraisemblablement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son appui à certaines conditions au même titre et dans les mêmes limites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'un bailleur de fonds ordinaire l'aurait fait. Toutefois, et même si le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">groupe W. Ltd subordonnait vraisemblablement son aide financière à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'observation d'une politique commerciale ou financière déterminée, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas établi que A. se serait substitué aux organes de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société en agissant à leur place, au sens de la jurisprudence. Il n'appa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raît en tout cas pas qu'il aurait pris part aux réunions du conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'administration ou à certaines discussions de la direction de M. SA, de manière à contribuer activement à la formation de la volonté so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciale et à faire prévaloir sa propre volonté. Au demeurant, il est domi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cilié en Angleterre et ne se rendait jamais à Couvet (v. sur cette ques-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion ATF 107 II 355 cons.5b). Dans ces circonstances, A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'encourt pas de responsabilité sous l'angle de l'article 52 LAVS.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) O. est directeur général (chief executive) du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">groupe W. Ltd. Il supervise les sociétés commerciales du groupe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et, notamment à l'occasion de rencontres périodiques au siège de celles-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ci, il procède à l'analyse des possibilités commerciales et financières</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des filiales. Son rôle consiste aussi à définir les objectifs prioritaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et à assurer une stratégie globale au sein du groupe, à qui il doit rendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte. Dès lors et en ces qualités, il a participé à certaines réunions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intervenues au siège de la société M. SA avec les dirigeants de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette dernière. Il a par exemple pris part à une séance du 15 mars 1993 de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la commission d'entreprise avec la direction de l'entreprise. A cette oc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">casion, il a indiqué quelles étaient les limites de l'appui financier de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la société-mère et s'est prononcé sur l'insuffisance des résultats et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qualité peu concurrentielle des produits de M. SA, en soulignant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il existait des possibilités d'y remédier par une meilleure collabo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ration avec les autres sociétés du groupe. En revanche, il n'a participé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune séance du conseil d'administration ni aucune assemblée générale de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. SA et a limité ses interventions aux questions relatives à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intégration de la filiale dans la politique commerciale du groupe. Il ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'immisçait donc pas dans la gestion effective de la filiale de Couvet. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plan de financement et les propositions élaborées par O. à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'attention du Crédit Suisse en septembre 1994 étaient d'ordre général et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne concernaient pas la gestion proprement dite de M. SA. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">outre, en qualité de bailleur de fonds de sa filiale, il était parfaite-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment légitime que le groupe anglais intervienne dans les négociations avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le principal créancier bancaire. En définitive, le directeur général du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">groupe W. Ltd ne peut pas être considéré comme un organe de fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la société faillie. En effet, rien ne permet de dire qu'il a pris des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décisions réservées aux organes ou qu'il s'est chargé de la gestion pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prement dite, participant ainsi de manière déterminante à la formation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la volonté de la société et qu'il s'est substitué aux organes de cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernière. Partant, une responsabilité découlant de l'article 52 LAVS doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également être niée en ce qui le concerne.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7. Cela étant, il reste à fixer le montant du dommage.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les salaires ayant été versés jusqu'à fin décembre 1994, et même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jusqu'à fin janvier 1995 pour certains collaborateurs, la demanderesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réclame les cotisations sociales correspondantes pour les périodes de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet à décembre 1993 et de juin à décembre 1994, à l'exception de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">part retenue aux salariés, versée directement par la banque à la caisse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation en octobre, novembre et décembre 1994 contre cession de cré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ance de salaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les défendeurs L. et F. n'ont pas remis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en cause le détail du calcul du montant litigieux. Les défendeurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. et C. soutiennent que les prétentions de la caisse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation ne sont pas formulées de manière suffisamment précises.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A la demande du juge instructeur, la demanderesse a déposé les 5</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et 7 mars 1997 des tableaux détaillés récapitulatifs - indiquant la date,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le montant, la provenance et la forme des paiements ainsi que la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cotisations à laquelle ils ont été attribués, le montant total dû et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">date de chaque décision - concernant les périodes litigieuses. Or, après</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir été invités à consulter le dossier officiel afin de prendre connais-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sance des nouvelles pièces produites pendant l'instruction, les défendeurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. et C. n'ont pas fait usage de la faculté qui leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait été donnée de se prononcer sur les décomptes produits par la deman-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deresse et de préciser par exemple en quoi ils seraient erronés. Ces dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptes détaillés concernent la période qui va de mars 1993 à janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995. La masse salariale de M. SA s'est élevée à 5,54 millions en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 et à 4,56 millions en 1994. Il découle du décompte des paiements et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des déclarations de la demanderesse que seules les cotisations sociales</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour les périodes de juillet à décembre 1993 et de juin à décembre 1994</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont pas été versées. En effet, de nombreux versements effectués de juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 à juillet 1994 ont été affectés au paiement des cotisations arrié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rées. En revanche, une série de versements opérés dès le mois de mai 1994</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a été attribuée aux périodes indiquées sur les bulletins de versement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit pour les mois de février à mai 1994. Quant aux sommes payées directe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment à l'office des poursuites, elles ont été affectées à chaque poursuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernée. En outre, et à juste titre, la demanderesse a déduit de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créance produite le 3 avril 1995 (626'123.30 francs) les cotisations pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les allocations familiales (v. à ce sujet RJN 1994, p.191) et a arrêté sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétention à 346'051 francs en juillet 1994 et à 528'676.65 francs au jour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la faillite. Par ailleurs, le fait que la caisse ait éventuellement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accordé des sursis au paiement de cotisations ou donné son aval pour un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plan d'amortissement tendant à annihiler la dette de cotisations arriérées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas déterminant et ne signifie pas que le dommage subi par la caisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de compensation était inférieur à la somme réclamée. En effet, on ne sait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas quelles périodes étaient concernées ni si les échéances prévues ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été respectées. Enfin, c'est avec raison que la caisse de compensation a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">porté en compte les frais de sommation et de poursuite, ainsi que les in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">térêts moratoires jusqu'au jour de la faillite (art.41 bis RAVS). Dans ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditions, il convient d'admettre que le dommage subi par la caisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'élevait à 346'051 francs en juillet 1994 et à 528'676.65 francs au jour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la faillite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il faut toutefois réserver l'éventuel dividende que la caisse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation pourrait, le cas échéant, obtenir dans la liquidation de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite de M. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">8. Les allégués, les pièces produites par les parties et les docu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments requis par le juge instructeur se sont révélés suffisants pour sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuer, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'administrer les autres preuves pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">posées. En effet, si l'administration ou le juge, se fondant sur une ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préciation consciencieuse des preuves fournies par les investigations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auxquelles ils doivent procéder d'office, sont convaincus que certains</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits présentent un degré de vraisemblance prépondérante et que d'autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesures probatoires ne pourraient plus modifier cette appréciation, il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">superflu de chercher d'autres preuves (appréciation des preuves anticipée;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.47 no 63; v. aussi ATF 120 Ib 229 cons.2b, 119 V 344 cons.3c et la ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">férence). Une telle manière de procéder ne viole pas le droit d'être en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tendu selon l'article 4 al.1 Cst.féd. (ATF 119 V 344 cons.3c et les réfé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rences).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En particulier, il apparaît superflu de procéder à l'interroga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toire de tous les défendeurs alors qu'ils ont pu s'exprimer abondamment au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours des quatre échanges d'écritures. En outre, le témoignage de MM.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X. et Y., collaborateurs du Crédit Suisse, n'est plus nécessaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la mesure où la banque a déposé copie de toute la correspondance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle a échangée avec M. SA de 1988 à 1995 ainsi qu'un certain</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nombre de pièces qui figuraient dans son dossier, et notamment les rap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ports de visite à l'usage interne de la banque relatifs à la période li-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tigieuse, ces derniers permettant rétrospectivement de survoler les négo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciations qui se sont déroulées entre la banque et la société. S'agissant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du témoignage de H., de la fiduciaire I. SA,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">on ne voit pas très bien ce qu'il pourrait apporter de plus que le rapport</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'organe de révision du 6 septembre 1994 concernant l'exercice 1993.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Quant aux témoignages de K., liquidateur spécial, J., son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assistant ainsi que celui du préposé de l'office des faillites de Môtiers,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ils ne paraissent pas essentiels à la solution du litige, ce d'autant que K. a fourni plusieurs des documents que les parties avaient re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quis. Enfin, on ne voit pas en quoi l'expertise sollicitée par les défen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deurs L. et F. afin de déterminer la solvabilité de M. SA aux échéances de cotisations dues aurait une quelconque influence sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur responsabilité pour le dommage subi par la caisse de compensation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">9. La responsabilité de B. , C., L. et F. est donc solidairement engagée dans la mesure indiquée au considérants 4 et 5. B. et C. . répondent du dommage jusqu'à concurrence de 346'051 francs tandis que L. et F. répondent du dommage jusqu'à concurrence de 528'676.65 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En tant qu'elle est dirigée contre M. Ltd, A. et O. , la demande doit en revanche être rejetée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">10. La procédure étant en principe gratuite, il est statué sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais (art.85 al.2 litt.a LAVS).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu le sort de la cause, les défendeurs B. , L. et F. n'ont pas droit à des dépens (art.48 LPJA a contrario par analogie). C. a droit à des dépens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réduits dans la mesure où la demanderesse a diminué ses prétentions à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encontre en cours de procédure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Quant aux défendeurs M. Ltd, A. et O. , ils ont droit à des dépens pour les frais engagés dans la défense de leurs intérêts (art.48 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Condamne L. et F. , solidairement, à payer à la demanderesse la somme de 528'676.65 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Condamne C. et B. , solidairement, à payer à la demanderesse 346'051 francs, en tant que partie du dommage fixé sous chiffre 1.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Réserve la rétrocession, par la demanderesse, à L. , F. , C. et B. , proportionnellement à l'étendue du dommage que chacun d'entre eux sera amené à réparer, du dividende éventuellement perçu par elle dans la liquidation de la faillite de M. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Rejette la demande en réparation en tant qu'elle est dirigée contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> M. Ltd, A. et O. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Alloue une indemnité de dépens de 1'000 francs à chacun des défendeurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> M. Ltd, A. et O. , à la charge de la demanderesse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Alloue une indemnité de dépens réduite de 400 francs à C. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 17 octobre 1997</span></p> </div></body></html>