Le présent arrêt est communiqué aux parties par plis recommandés du 22.11.2017. R E P U B L I Q U E E T CANTON DE GENEVE P O U V O I R J U D I C I A I R E C/26517/2016 ACJC/1456/2017 ARRÊT DE LA COUR DE JUSTICE Chambre civile DU MARDI 14 NOVEMBRE 2017 Entre A______, p.a. M. B______, administrateur, ______, recourant e contre un jugement rendu par la 26ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 24 avril 2017, comparant par Me Romain Jordan , avocat , rue Général Dufour 15, case postale 5556, 1211 Genève 11, en l'étude duquel elle fait élection de domicile, et ETAT DE GENEVE, SOIT POUR LUI LA PERCEPTION DE L'AFC , Service du contentieux, rue du Stand 26, case postale 3937, 1211 Genève 3 , intimé, comparant en personne. - 2/7 - C/26517/2016 EN FAIT A. Par jugement JTPI/5219/2017 du 24 avril 2017, reçu le 2 mai 2017 par A______, le Tribunal de première instance (ci -après : le Tribunal) a prononcé la mainlevée définitive de l'opposition au commandement de payer, poursuite n° 1______, formée par A______ (chiffre 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance effectuée par l'ETAT DE GENEVE, soit pour lui LA PERCEPTION DE L 'AFC, mis ceux-ci à la charge de A______ et condamné cette dernière à payer à l'ETAT DE GENEVE, soit pour lui LA PERCEPTION DE L'AFC, la somme de 200 fr. (ch. 2) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3). En substance, le Tribunal a retenu que, certes, l'ETAT DE GENEVE, soit pour lui LA PERCEPTION DE L'AFC, n'avait pas adressé par pli recommandé le bordereau de taxation sur la base duquel elle poursuivait A______, mais celle -ci n'ayant pas réagi à la somma tion envoyée par lettre recommandée et se référant clairement à ce bordereau, elle ne pouvait invoquer l'absence de notification de celui-ci pour s'opposer à la mainlevée. B. a. Par acte du 4 mai 2017, A______ forme recours contre ce jugement, dont elle sollicite l'annulation. Cela fait, elle conclut au déboutement de l'ETAT DE GENEVE, soit pour lui LA PERCEPTION DE L'AFC, de toutes ses conclusions, sous suite de frais et dépens. b. Par réponse du 9 juin 2017, l'ETAT DE GENEVE, soit pour lui LA PERCEPTION DE L'AFC, conclut à la confirmation du jugement entrepris, à ce qu'il soit dit que la poursuite i ra sa voie, et au déboutement de A______ de toutes ses conclusions, sous suite de frais et dépens de première et seconde instance. c. Par réplique du 26 juin 2017 et duplique du 7 juillet 2017, les parties ont persisté dans leurs conclusions. d. Elles ont été informées par courrier du greffe de la Cour du 18 juillet 2017 de ce que la cause était gardée à juger. C. Les faits suivants ressortent du dossier soumis au Tribunal : a. L'ETAT DE GENEVE, soit pour lui LA PERCEPTION DE L'AFC (ci-après : l'AFC), a allégué avoir adressé, le 19 février 2 014, par pli simple, à A______ un bordereau de taxation d'office n° 2______ concernant les impôts cantonaux et communaux de l'année 2011, d'un montant de 2'335 fr. 40, y compris 600 fr. à titre d'amende et 50 fr. de frais. A______ conteste avoir reçu ce bordereau. - 3/7 - C/26517/2016 Le 22 décembre 2016, la mention "bordereau valant jugement exécutoire, pas de réclamation dans les 30 jours" a été apposée sur ce bordereau par le service du contentieux de l'AFC. b. Par sommation adressée par pli recommandé du 3 juin 2014, l' AFC a mis A______ en demeure de s'acquitter de la somme de 2'509 fr. 15, correspondant au "bordereau Impôt Cantonaux et Communaux / 2011 / 1, notifié le 19.02.2014 sous le n° de compte : 2______/ICC/2011/1, de CHF 2'335.40", plus 20 fr. de frais de sommation et 153 fr. 75 d'intérêts. Il était indiqué qu' "[à] défaut de paiement dans le délai de 30 jours, il sera procédé au recouvrement conformément à la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et faillites […]". A teneur du justificatif de distribution postale de cette sommation, l'envoi n'a pas été retiré par A______. Toutefois, à teneur de son mémoire de recours, A______ allègue avoir reçu cette sommation. c. Le 10 octobre 2016, l' AFC a fait notifier à A______ un commandement de payer, poursuite n° 1______, pour les sommes de 2'628 fr. 40, plus intérêts à 5% dès le 28 juin 2016, et 299 fr. 15, à titre d'intérêts moratoires au 28 juin 2016. Les titres des créances et causes des obligations étaient ainsi libellées : "1. 2______/ICC/2011/1, B ordereau 3______ du 19.02. 2014" et "2. INTERETS MORATOIRES au 28.06.2016". La poursuivie y a formé opposition le 10 octobre 2016. d. Par requête du 22 décembre 2016, l' AFC a requis le prononcé de la mainlevée définitive de l'opposition formée au dit commandement de payer, avec suite de frais et dépens. e. Lors de l'audience du 13 mars 2017 devant le Tribunal, A______ a conclu au déboutement de l'AFC, sous suite de frais et dépens, au motif qu' "il n'exist[ait] pas de preuve de notification du bordereau de taxation, mais seulement des sommations, ce qui est insuffisant […]". Elle faisait opposition à chaque bordereau qui lui était noti fié et une procédure pilote était en cours devant la Chambre administrative de la Cour de justice à ce sujet. L'AFC a plaidé l'abus de droit et relevé que "[d]ans une première procédure, [A______], représentée par le même avocat, avait soulevé l'irrégularité de la notification des sommations, sans parler de celle des bordereaux, alors qu'on parlait des mêmes années." - 4/7 - C/26517/2016 Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience. EN DROIT 1. 1.1 S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la v oie du recours est ouverte (art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La proc édure sommaire s'applique (art. 251 let. a CPC). Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours dans le s dix jours à compter de la notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure sommaire. Interjeté dans le délai légal et selon la forme prescrite, le recours est recevable en l'espèce. 1.2 Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleur s que les griefs formulés et motivés par la partie recourante ( HOHL, Procédure civile, Tome II, 2ème édition, Berne, 2010, n. 2307). Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a a contrario et 58 al. 1 CPC). 2. La reco urante fait grief au premier juge d'avoir considéré que le bordereau de taxation à l'origine de la créance en poursuite avait été notifié et qu'il valait dès lors titre de mainlevée. 2.1 Aux termes de l'art. 80 al. 1 LP, le créancier qui est au bénéfice d 'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition. 2.1.1 Sont assimilées à des jugements les décisions des autorités administratives suisses (art. 80 al. 2 ch. 2 LP), soit une autorité de la Confédération ou une autorité cantonale. Selon l'art. 36 al. 4 de la loi relative à la perception et aux garanties des impôts des personnes physiques et des per sonnes morales (LPGIP – D 3 18) (exécution forcée), dans la procédure de poursuite, les décisions et prononcés des autorités fiscales, qui sont entrés en force, sont assimilés à des jugements exécutoires au sens de l'article 80 LP. Est exécutoire au sens de l'art. 80 LP le prononcé qui a non seulement force exécutoire, mais également force de chose jugée ( formelle Rechtskraft; ATF 113 III 6 consid. 1b, p. 9; 105 III 43 consid. 2a, in JdT 1980 p. 117), c'est -à-dire qui - 5/7 - C/26517/2016 est devenu définitif, parce qu'il ne peut plus être attaqué par voie de recours ordinaire qui, de par la loi, a un effet suspensif (arrêt du Tribunal fédéral 5P.405/2004 du 22 février 2005 consid. 3; STAEHELIN, in Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, 2010, n° 7 ad art. 80 LP). La force de chose jugée doit résulter du titre ou d'un document qui s'y réfère. Le jugement ne remplit pas cette condition s'il a été rendu avec effet suspensif, s'il est conditionnel, si la dette n'est pas exigible, s'il n'a pas été régulièrement notifié (SCHMIDT, Commentaire romand LP, Bâle, 2005, n° 3 ad art. 80 LP et jurisprudence citée). 2.1.2 Il appartient à l'a dministration de prouver que la notification a eu lieu (ATF 105 III 43 précité, consid. 2a). En l'absence d'envoi recommandé, la preuve de la notification d'un acte peut résulter de l'ensemble des circonstances, en particulier de la correspondance échangé e ou de l'absence de protestation de la part d'une personne qui reçoit des rappels (ATF 105 III 43 précité consid. 3; arrêt du Tribunal fédéral 5D_173/2008 du 20 février 2009 consid. 5.1). 2.2 En l'espèce, le bordereau de taxation du 19 février 2014 , à l'o rigine de la créance en poursuite, a été notifié à la recourante par pli simple. A réception de la sommation du 3 juin 2014 adressée par lettre recommandée et mentionnant expressément le bordereau du 19 février 2014, ainsi que les montants dus à ce titre, la recourante n'a pas réagi. Ce n'est que lors de l'audience du 13 mars 2017 devant le Tribunal qu'elle a fait valoir que le bordereau était irrégulier car elle ne l'avait pas reçu. Or, on peut partir du principe qu'un contribuable qui reçoit un rappel d'i mpôt va chercher à se défendre et n'attend pas d'être poursuivi. Cela est d'autant plus vrai que la recourante affirme contester tous les bordereaux qui lui sont notifiés. Le fait d'avoir attendu l'audience du 13 mars 2017 pour faire valoir qu'elle n'avait pas reçu le bordereau du 19 février 2014 rend ses affirmations peu crédibles. C'est donc à bon droit que le Tribunal a déduit de l'absence de réaction de la recourante après la réception de la sommation de payer qu'elle avait préalablement reçu le bordereau expédié en février 2014. En effet, ce bordereau porte la mention qu'il vaut jugement exécutoire et aucun élément du dossier ne permet de retenir qu'il ne le serait pas. Dès lors que le bordereau a été valablement notifié, c'est également à juste titre que le Tr ibunal a considéré que l'intimé était au bénéfice d'un titre exécutoire au sens de l'art. 80 al. 2 LP justifiant le prononcé de la mainlevée définitive. Le grief est infondé. Le recours sera rejeté. - 6/7 - C/26517/2016 3. La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais (art. 106 al. 1 et 3 CPC). En vertu de l'art. 61 al. 1 OELP, la juridiction supérieure à laquelle sont déférées les décisions rendues dans une procédure sommair e en matière de poursuite (art. 251 CPC) peut prélever un émolument n'excédant pas une fois et demie l'émolument que peut prélever l'autorité de première instance. Le premier juge a fixé l'émolument de première instance - non contesté en tant que tel - à 200 fr. Partant, l'émolument de la présente décision sera fixé à 300 fr. et mis à la charge de la recourante, compensé avec l'avance de frais opérée par celle - ci, acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). Il ne sera pas alloué de dépens à l'intimé qui comparaît en personne et qui ne justifie d'aucune démarche particulière (art. 95 al. 3 let. c CPC). * * * * * - 7/7 - C/26517/2016 PAR CES MOTIFS, La Chambre civile : A la forme : Déclare recevable le recours formé par A______ le 4 mai 2017 contre le jugement JTPI/5219/2017 rendu le 24 avril 2017 par le Tribunal de première instance dans la cause C/26517/2016-26 SML. Au fond : Rejette ce recours. Déboute les parties de toutes autres conclusions. Sur les frais : Arrête les frais du recours à 300 fr., couverts par l'avance déjà opérée, acquise à l'Etat de Genève. Les met à la charge de A______. Dit qu'il n'est pas alloué de dépens. Siégeant : Madame Pauline ERARD, présidente; Madame Sylvie DROIN et Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, juges; Monsieur David VAZQUEZ, commis-greffier. La présidente : Pauline ERARD Le commis-greffier : David VAZQUEZ Indication des voies de recours : Conformément aux art. 113 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art 100 al. 1 LTF) par -devant le Tribunal fédéral par la voie du recours constitutionnel subsidiaire. Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14. Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF inférieure à 30'000 fr.