<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. R. , restaurateur indépendant, a demandé le 31 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 au service de l'assurance-maladie une révision de sa classification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernant le droit au subside pour les primes de l'assurance-maladie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligatoire, en invoquant une baisse importante de son revenu à la suite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa reprise du restaurant X. à Neuchâtel depuis le 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">septembre 1995 et de la fixation d'un revenu imposable nul pour 1996. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision du 9 octobre 1996, le service de l'assurance-maladie a exposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que, en dérogation aux règles ordinaires de classification, il convenait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en l'occurrence de fixer le revenu déterminant pour le droit au subside à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">53'925 francs, représentant la moyenne des quatre années écoulées (1992 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995). Compte tenu des normes de classification applicables pour l'année</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, ce montant donne droit à un subside de 75 %, qui a été accordé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intéressé avec effet au 1er juillet 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. R. a recouru contre cette décision devant le Département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des finances et des affaires sociales, en demandant que le subside soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">calculé selon les règles ordinaires (c'est-à-dire, en d'autres termes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il soit tenu compte uniquement de sa situation financière en 1996) et à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce que la révision du subside prenne effet le 1er janvier 1996. Par dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cision du 11 février 1997, le département a rejeté le recours. Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré, en résumé, que si l'on tenait compte uniquement du revenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclaré au fisc pour l'année 1995 et de ceux qui semblent résulter des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptes de l'exploitation pour le premier semestre de 1996, les revenus de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intéressés n'atteignent pas le revenu minimum fixé par le Conseil d'Etat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 26'000 francs (pour un assuré marié, avec deux enfants) au-dessous du-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quel la loi exclut en principe l'octroi d'un subside; que la loi permet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cependant de déroger aux critères fiscaux lorsque leur application con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duirait à une classification manifestement inéquitable, et que le service</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'assurance-maladie a tenu compte à juste titre du revenu déterminant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moyen calculé sur la base des revenus et de la fortune ressortant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taxations fiscales pour 1992 à 1996 (recte : 1995), chiffres non contestés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'intéressé; qu'il en résultait le droit à un subside de 75 %. Quant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la date de la révision de la classification, le département a rappelé que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette dernière prend effet, lorsqu'il s'agit d'une classification inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">médiaire sur demande de l'assuré, en règle générale à la date d'ouverture</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la procédure de révision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. R. interjette recours devant le Tribunal administratif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre cette décision, dont il demande implicitement l'annulation. Il fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valoir qu'il n'a pu subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parce qu'il s'est endetté de 28'537.90 francs en 1995, selon bilans au 31</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décembre 1994 et 31 décembre 1995, annexés à son recours. D'autre part, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allègue qu'il lui a paru judicieux de comparaître auprès de l'autorité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taxation avant d'envoyer les comptes définitifs, instance qui n'a pas pu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recevoir avant le mois de juillet 1996. Il critique ainsi, implici-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement, derechef le fait que la révision de la classification ne prend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet qu'au 1er juillet 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le département se réfère aux considérants de sa décision, re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nonce à présenter des observations et conclut au rejet du recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 65 al.1 LAMal, les cantons accordent des ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ductions de primes aux assurés de condition économique modeste. Dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">canton de Neuchâtel, ont droit à des subsides pour les primes de l'assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rance obligatoire des soins les personnes dont le revenu déterminant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correspond à des normes de classification fixées chaque année par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Conseil d'Etat (art.10 LILAMal). Le revenu déterminant comprend le revenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectif et une part de la fortune effective. Il est calculé sur la base</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des critères fiscaux selon les modalités arrêtées par le Conseil d'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le Conseil d'Etat peut prévoir une dérogation aux critères fiscaux lorsque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur application conduirait à une classification manifestement inéquitable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.11 al.1 à 3 LILAMal). D'après l'article 23 LILAMal, l'assuré majeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">célibataire âgé de moins de 25 ans ainsi que l'assuré majeur dont le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu effectif n'atteint pas la limite fixée par le Conseil d'Etat et qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne reçoit pas de secours de l'aide sociale, sont présumés disposer d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revenu déterminant dépassant les normes de classification (al.1). Ils sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classifiés dans le groupe des assurés non bénéficiaires à moins qu'ils ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prouvent que leur situation ou celle de leur famille justifie néanmoins</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'octroi de subsides (al.2). Lorsque les assurés vivent en communauté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domestique, on applique les règles de la classification familiale, la-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelle prend en compte les revenus et la fortune de tous les membres de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communauté domestique (art.21).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 34 al.1 RALILAMal, la taxation ordinaire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'année courante est déterminante pour l'établissement de la classifi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation annuelle. La classification intermédiaire, qui intervient d'office</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou sur demande lorsque les circonstances l'exigent, en particulier en cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de modification notable de la situation familiale ou financière de l'assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ré (art.18 al.1 LILAMal) se fonde sur les revenus actuels des assurés. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe, la fortune est prise en compte en son état au 31 décembre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'année écoulée (art.44 al.3 RALILAMal).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'arrêté du Conseil d'Etat du 31 janvier 1996 fixe, pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'année 1996, les normes de classification et le montant des subsides en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière d'assurance-maladie obligatoire des soins. Il prévoit que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assurés sont classifiés dans le courant de l'année sur la base de leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taxation fiscale ordinaire de la même année (art.1). En application du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe posé par l'article 23 LILAMal, l'arrêté prévoit que les assurés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">majeurs âgés de moins de 25 ans et ceux dont le revenu effectif au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 7 de l'arrêté est inférieur à 15'000 francs pour une personne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seule, 20'000 francs pour un couple, sont classifiés dans le groupe des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnes non bénéficiaires (art.10 al.1). La limite fixée à l'alinéa 1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est augmentée de 3'000 francs par enfant mineur à charge (al.3). Lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une révision de classification, le service de l'assurance-maladie peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déroger aux critères fiscaux lorsque leur application conduirait à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classification manifestement inéquitable (art.15 al.1).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Le département a constaté en l'espèce que le revenu dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">terminant du recourant (en 1996, année de la demande de révision et de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision litigieuse du service de l'assurance-maladie) n'atteint pas la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limite inférieure au-dessous de laquelle, en application des dispositions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précitées, l'octroi de subsides est exclu, limite qui s'élève dans le cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'intéressé à 26'000 francs (pour un couple avec deux enfants). Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation résulte à la fois des donnés fiscales, dont il ressort que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intéressé a été considéré sans revenu imposable, et des comptes de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établissement public (bilan au 30.06.1996), qui font état d'un résultat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'exploitation de l'ordre de 10'000 francs pour le premier semestre 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le recourant ne remet aucunement en cause, devant la Cour de céans, cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusion du département, que rien au dossier ne permet d'ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'infirmer. Il allègue en revanche que s'il a pu néanmoins subvenir à ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">besoins et à ceux de sa famille, c'est parce qu'il s'est endetté de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">28'537.90 francs en 1995, selon bilans à fin 1994 et fin 1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Il apparaît, au vu des dispositions rappelées ci-dessus, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le législateur neuchâtelois a clairement voulu que le revenu déterminant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour l'octroi de subsides en matière d'assurance obligatoire des soins se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonde sur des critères fiscaux, aussi bien en cas de classification an-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nuelle qu'en cas de classification intermédiaire. Cette règle est en effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ancrée dans la LILAMal à son article 11 al.2, c'est-à-dire dans la section</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">première, consacrée aux principes généraux de la réduction des primes par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des subsides des pouvoirs publics (chapitre 2 de ladite loi). A cet égard,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Tribunal administratif relève, comme il l'a déjà fait dans le domaine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des avances des contributions d'entretien - que la référence à la déclara-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion fiscale du requérant, contenue dans l'article 7 des arrêtés du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Conseil d'Etat précités, n'est pas des plus heureuses dans la mesure où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle vise un acte subjectif de l'intéressé. Une telle déclaration est en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet un acte de collaboration obligatoire du contribuable à la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de taxation sur lequel l'autorité fiscale doit statuer. Une fois entrée en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">force, c'est donc la décision de taxation de l'année courante, pour autant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle existe - qui doit faire foi et non plus la déclaration d'impôt en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant que telle (RJN 1994, p.138 cons.3b in fine).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Or, sur le plan fiscal, le revenu des indépendants, à savoir de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tous ceux qui exercent une activité indépendante, qu'il s'agisse d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">profession libérale, d'un commerce ou d'une industrie, d'un artisanat,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une exploitation agricole, d'activités artistiques, scientifiques ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">littéraires, ou enfin de la participation à une société de personnes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Yersin, L'égalité de traitement en droit fiscal, in RDS 1992 II n.32,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.260), se détermine en principe sur la base du résultat de leur compte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertes et profits. Il correspond donc à la différence entre le montant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la fortune commerciale à la fin de l'exercice considéré et celui de cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fortune au début de cet exercice, compte tenu des apports et retraits de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">capital (Yersin, op.cit., no 193, p.260; Rivier, Droit fiscal suisse,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'imposition du revenu et de la fortune, p.167-168; Reimann/Zuppinger/-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Schärrer, Kommentar zum Zürcher Steuergesetz, vol.II, no 11, p.47). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">apports en capital ne constituent pas des recettes pour l'entreprise; ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doivent influencer uniquement le compte capital. Les prélèvements privés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne constituent pas des frais déductibles; ils doivent influencer le compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">capital ou le compte privé de l'exploitant (Rivier, op.cit., p.168). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mises en capital, bien qu'augmentant la fortune de l'entreprise, ne cons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tituent pas des revenus de cette dernière. Les augmentations de fortune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dues à de telles mises doivent donc être neutralisées, même si pour des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raisons comptables elles devaient se refléter dans le compte de résultat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Ryser/Rolli, Précis de droit fiscal, 1994, p.183). Tous les retraits de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">capital (ou prélèvements) de la part des entrepreneurs, bien qu'ils dimi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nuent la fortune de l'entreprise, doivent également être neutralisés. Ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diminutions ne sont en effet nullement assimilables à des pertes ou à des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais d'exploitation venant réduire le résultat de l'exercice (RJN 1996,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.179; Ryser/Rolli, op.cit., p.183 ss; Reimann/Zuppinger/Schärrer,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">op.cit., no 12, p.47-48).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Conformément à ces principes, il a été jugé que la règle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 25 al.1 LCdir - selon lequel le revenu d'un contribuable doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être évalué au moins au montant de ses dépenses personnelles et de celles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des personnes qu'il entretient, à moins qu'il ne prouve que tout ou partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ses dépenses ont été faites au moyen de sommes non imposables à titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de revenu - comporte la présomption que les dépenses du contribuable sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faites au moyen d'un revenu imposable, présomption que le contribuable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut renverser en démontrant qu'elles ont été couvertes par la consom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mation de sa fortune ou d'autres sommes non imposables comme revenu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Constituent par exemple des éléments non imposables comme revenu les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prélèvements en capital opérés, pour couvrir ses dépenses personnelles,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'associé d'une société en commandite dans le patrimoine de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société, grâce aux crédits accordés à celle-ci (RJN 1996, p.177). Ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">critères fiscaux valent aussi lorsqu'il s'agit d'établir le revenu dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">terminant au regard du droit aux subsides dans l'assurance-maladie. Ainsi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">on ne saurait considérer comme revenu déterminant, selon la jurisprudence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la Cour de céans, des apports en capital versés par un indépendant dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son entreprise, par ailleurs déficitaire au vu du compte de pertes et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">profits, car cela rendrait inopérante la règle selon laquelle seule une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partie de la fortune effective entre dans le calcul du revenu déterminant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(arrêt du Tribunal administratif du 09.03.1998 dans la cause B. et K,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">destiné à la publication).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En l'espèce, le recourant prétend qu'il s'est endetté pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir, en 1996, subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revenu déterminant pour la classification n'atteignant pas, par ailleurs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la limite inférieure de 26'000 francs. Cette objection tend à renverser la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présomption posée par l'article 23 al.1 et 2 LILAMal, en démontrant qu'on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne saurait retenir en l'espèce un revenu déterminant excluant le droit aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subsides. Le dossier ne permet cependant pas, en l'état, de vérifier si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'endettement invoqué par l'intéressé correspond à des retraits de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">capital. Il appartiendra au service de l'assurance-maladie de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procéder à cet examen, en consultant notamment les comptes de pertes et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">profits ainsi que le compte capital pour les exercices à considérer. Cela</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permettra de déterminer si, et le cas échéant dans quelle mesure, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant entre dans la catégorie des bénéficiaires de subsides. Il n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en revanche pas compatible avec les dispositions applicables (art.34, 44</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">RALILAMal) de retenir pour l'année 1996 un revenu correspondant à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moyenne des années 1992 à 1995, méthode qui conduit à retenir fictivement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un revenu qui ne correspond, selon toutes probabilités, pas à la réalité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cela étant, la cause sera renvoyée au service de l'assurance-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maladie pour instruction complémentaire et nouvelle décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Le recourant critique par ailleurs la décision litigieuse en ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle fixe la date de la révision du droit au subside au 1er juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, arguant que s'il n'a demandé une révision de sa classification qu'à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fin juillet 1996 c'était parce qu'il souhaitait d'abord comparaître auprès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'autorité de taxation, ce qui n'a pas pu se faire plus tôt. Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">argumentation est dénuée de pertinence. Comme l'a rappelé le département,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la classification intermédiaire qui intervient d'office ou sur demande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsque les circonstances l'exigent, en particulier en cas de modification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notable de la situation familiale ou financière de l'assuré, entraîne le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas échéant une modification de la classification, en règle générale, à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">date d'ouverture de la procédure de révision (art.18 al.3 LILAMal). Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'existe aucun motif de faire une exception à cette règle dans le cas du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant, que rien n'empêchait d'agir plus tôt. Ce qui est déterminant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce n'est pas la date à laquelle un assuré dispose de la taxation fiscale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mais celle à laquelle il constate, s'il y a lieu, que la situation s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">modifiée. Il n'est dès lors pas critiquable que la révision prenne effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 1er juillet 1996, puisque l'intéressé n'avait apparemment pas de motif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour présenter une demande de révision avant cette date.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet le recours en ce sens que la décision du service de l'assurance-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> maladie du 9 octobre 1996 et celle du Département des finances et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> affaires sociales du 11 février 1997 sont annulées, la cause étant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> renvoyée au service de l'assurance-maladie pour instruction complé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mentaire et nouvelle décision selon les considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 28 mai 1998</span></p> </div></body></html>