<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <table border="0"> <tr> <td> <img height="68" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2013-09-09-4A_592-2012.1&amp;type=gif" width="95"/> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4A_592/2012 </b> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 9 septembre 2013</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mmes et M. les juges Klett, présidente, Corboz et Fellrath Gazzini, juge suppléante. </div> <div class="para">Greffier: M. Thélin. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">X.________ SA, représentée par Me Vincent Hertig, </div> <div class="para">demanderesse et recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Z.________, </div> <div class="para">représenté par Me Beatrice Pilloud, </div> <div class="para">défendeur et intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">procédure civile; cas clairs </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt rendu le 30 août 2012 par un membre de la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le 17 avril 2012, usant de la procédure sommaire prévue par l'<span class="artref">art. 257 CPC</span> pour les cas clairs, la société X.________ SA a ouvert action contre Z.________ devant le Juge du district de l'Entremont. Selon ses conclusions, le défendeur devait être condamné à évacuer et restituer un appartement avec dépendance qui lui était remis à bail par la demanderesse; celle-ci devait d'ores et déjà recevoir l'autorisation de requérir le concours de la force publique aux fins d'une évacuation forcée; le défendeur devait également être reconnu débiteur de 15'146 fr.55 à titre de loyers impayés, avec intérêts au taux de 5% par an dès le 29 novembre 2011. </div> <div class="para">La demanderesse se prévalait d'une résiliation qu'elle avait, semble-t-il, signifiée à l'adverse partie et fondée sur l'<span class="artref">art. 257d CO</span> concernant la demeure du locataire. </div> <div class="para">Le défendeur a conclu principalement à l'irrecevabilité de la demande et subsidiairement à son rejet. Il a également présenté des conclusions reconventionnelles tendant à faire constater la « nullité du congé ». Il a allégué que ses dettes envers la demanderesse étaient désormais éteintes. La preuve ressortait censément d'un procès-verbal de l'assemblée générale de la demanderesse tenue le 26 mars 2011: le conseil d'administration avait alors expliqué, au sujet de retards dans les paiements attendus du défendeur, que « un avocat [avait] été mandaté et que cette situation [avait] été régularisée ». A titre de preuve, le défendeur requérait également un interrogatoire des parties. </div> <div class="para">Dans une écriture supplémentaire, la demanderesse a contesté cette interprétation du procès-verbal. A titre de preuve, elle a requis l'audition en qualité de témoin du mandataire chargé de la tenue de ses comptes. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le Juge de district s'est prononcé le 5 juin 2012 sans avoir tenu audience; il a refusé d'entrer en matière sur la demande au motif que les faits de la cause étaient litigieux et ne pouvaient pas être immédiatement prouvés. Il a notamment jugé que les « autres titres » produits par les parties ne permettaient de tirer « aucune certitude dans un sens ou dans l'autre ». </div> <div class="para">Statuant le 30 août 2012, le juge compétent de la IIe Cour civile du Tribunal cantonal a rejeté l'appel de la demanderesse. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Agissant par la voie du recours en matière civile, la demanderesse requiert le Tribunal fédéral d'annuler l'arrêt du Tribunal cantonal et de renvoyer la cause au Juge de district pour administrer les preuves offertes et se prononcer à nouveau. </div> <div class="para">Le défendeur conclut au rejet du recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Les conditions de recevabilité du recours en matière civile sont satisfaites, notamment à raison de la valeur litigieuse. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">La procédure sommaire prévue par l'<span class="artref">art. 257 CPC</span> est une alternative aux procédures ordinaire ou simplifiée normalement disponibles, destinée à offrir à la partie demanderesse, dans les cas dits clairs, une voie particulièrement simple et rapide. Parmi d'autres conditions, selon l'<span class="artref">art. 257 al. 1 let. a CPC</span>, cette voie suppose que l'état de fait ne soit pas litigieux ou qu'il soit susceptible d'être immédiatement prouvé. Selon l'<span class="artref">art. 257 al. 3 CPC</span>, le juge n'entre pas en matière si l'une ou l'autre de ces hypothèses n'est pas vérifiée; en l'espèce, c'est ce qu'ont fait le Juge de district puis le Tribunal cantonal. </div> <div class="para">L'<span class="artref">art. 257d CO</span> autorise le bailleur à résilier le contrat lorsque le locataire, en dépit d'une sommation, tarde à acquitter des loyers ou frais accessoires échus. La validité du congé suppose notamment que le locataire se soit effectivement trouvé en retard dans le paiement du loyer ou de frais accessoires lorsque la sommation lui a été adressée, d'une part, et qu'il ne se soit pas acquitté de cet arriéré dans le délai fixé, d'autre part (arrêt 4A_299/2011 du 7 juin 2011, consid. 5). Si ces conditions ne sont pas réalisées, le locataire peut faire valoir l'invalidité du congé à l'encontre de l'action en évacuation des locaux qui lui est plus tard intentée par le bailleur (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=2&amp;from_date=21.08.2013&amp;to_date=09.09.2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-III-156%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page156">ATF 121 III 156</a> consid. 1c/aa p. 161; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=2&amp;from_date=21.08.2013&amp;to_date=09.09.2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-III-92%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page92">122 III 92</a> consid. 2d p. 95). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">La demanderesse ne met pas en doute que l'état de fait soit litigieux aux termes de l'<span class="artref">art. 257 al. 1 let. a CPC</span>; en revanche, elle le tient pour susceptible d'être immédiatement prouvé. Elle soutient que le Juge de district aurait pu et dû tenir audience pour interroger les parties et entendre le témoin proposé, et qu'il serait ainsi parvenu à élucider les faits sans retard et de manière indiscutable. Elle se plaint d'une application prétendument incorrecte de l'<span class="artref">art. 254 CPC</span> relatif aux moyens de preuve admis en procédure sommaire. </div> <div class="para">En règle générale, selon l'<span class="artref"><artref id="CH/272/254/1" type="start"></artref>art. 254 al. 1 et 2 let. a CPC</span><artref id="CH/272/254/2/a" type="end"></artref>, la preuve est apportée par titres (al. 1); d'autres moyens de preuve sont admissibles, parmi d'autres cas, si leur administration ne retarde pas sensiblement la procédure (al. 2 let. a). Il est douteux que le témoignage et l'interrogatoire des parties soient en principe admissibles dans la procédure sommaire prévue par l'<span class="artref">art. 257 CPC</span>; cette question juridique est controversée et le Tribunal fédéral l'a jusqu'ici laissée indécise (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=2&amp;from_date=21.08.2013&amp;to_date=09.09.2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-III-123%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page123">ATF 138 III 123</a> consid. 2.1.1 et 2.6 p. 125). </div> <div class="para">Quoi qu'il en soit, le droit à la preuve ne porte que sur les moyens adéquats aux termes de l'<span class="artref">art. 152 al. 1 CPC</span>, c'est-à-dire aptes à la manifestation de la vérité. D'ordinaire, également en procédure ordinaire ou simplifiée, la preuve des dettes de loyer et de frais accessoires contractées par le locataire s'apporte par titres, et celle des paiements exécutés en vue d'éteindre ces dettes s'apporte aussi de cette manière. En l'espèce, le Juge de district a considéré les documents produits par les parties comme insuffisants à amener « aucune certitude dans un sens ou dans l'autre »; son appréciation n'a pas été contestée. Dans cette situation confuse, le magistrat saisi pouvait raisonnablement présumer qu'un interrogatoire des parties et l'audition d'un témoin ne permettraient pas non plus d'élucider précisément et sûrement les sommes encore dues, le cas échéant, au jour de la sommation. Ainsi, les faits décisifs ne pouvaient pas être immédiatement prouvés aux termes de l'<span class="artref">art. 257 al. 1 let. a CPC</span>. Il y a lieu de rappeler que le Tribunal fédéral ne contrôle l'appréciation de preuves, y compris leur appréciation anticipée, que dans la mesure restreinte admise par l'<span class="artref">art. 97 al. 1 LTF</span>. La décision présentement attaquée se révèle donc compatible tant avec l'<span class="artref">art. 254 al. 2 let. a CPC</span>, à supposer que cette disposition soit applicable, qu'avec l'<span class="artref">art. 257 al. 1 let. a CPC</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.</b> </div> <div class="para">Le recours se révèle privé de fondement, ce qui conduit à son rejet. A titre de partie qui succombe, son auteur doit acquitter l'émolument à percevoir par le Tribunal fédéral et les dépens auxquels l'autre partie peut prétendre. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">La demanderesse acquittera un émolument judiciaire de 2'000 francs. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">La demanderesse versera une indemnité de 2'500 fr. au défendeur, à titre de dépens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton du Valais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 9 septembre 2013 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La présidente: Klett </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le greffier: Thélin </div> </div></body></html>