C1 24 39 ARRÊT DU 23 AVRIL 2024 Tribunal cantonal du Valais Cour civile I Camille Rey-Mermet, juge unique ; Malika Hofer, greffière, en la cause X _________, appelant, contre Y _________ et Z _________, appelés, représentés par Maître Stéphane Cappi, avocat à Martigny. (expulsion du locataire [article 257d CO] ; indemnité pour occupation illicite) appel contre la décision rendue le 14 février 2024 par le tribunal de l’Entremont [ENT C2 24 3] - 2 - vu la décision du 14 février 2024, par laquelle le tribunal du district de l’Entremont a ordonné à X _________ de libérer le logement de 3 ½ pièces à l’étage du bâtiment situé à A _________ et de le restituer (y compris les clés) à Y _________ et Z _________ dans le délai de trente jours dès l’entrée en force de la décision, à défaut de quoi ceux -ci seraient autorisés à recourir au concours de tiers et à l’assistance de la police cantonale pour procéder à la libération des locaux loués, et l’a condamné à payer à Y _________ et Z _________ 1000 fr. par mois, le 1 er jour du mois, du 1 er janvier 2024 jusqu’à la libération complète des locaux, mais au plus tard jusqu’au 30 avril 2024 , ainsi qu’à s’acquitter des frais de la procédure de première instance (émolument : 300 fr. ; dépens : 1020 fr.) ; l’appel interjeté le 24 février 2024 à l’encontre de cette décision par X _________ , demandant une « prolongation » ; le courrier adressé le 26 mars 2024 par Y _________ et Z _________ au Tribunal cantonal, duquel il ressort que X _________ a quitté le logement précité en emportant ses affaires et sans laisser d’adresse ; l’absence de réaction de l’intéressé à la notification de cet envoi ; les autres éléments de la cause ; considérant que la décision d'expulsion querellée est une décision finale de première instance, rendue dans une cause de nature pécuniaire, susceptible d'appel au Tribunal canton al (art. 5 al. 1 let. b LACPC), pour autant que la valeur litigieuse au dernier état des conclusions soit de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC) ; qu’en l’espèce, le premier juge a arrêté la valeur litigieuse au dernier état des conclusions à 36'000 fr., montant non contesté en seconde instance ; que la décision est donc attaquable par la voie de l’appel ; que, si la décision a, comme en l'espèce, été rendue en procédure sommaire, le délai pour l'introduction de l'appel ou du recours est de dix jours (art. 248 let. b, 314 al. 1 et 321 al. 2 CPC) et un juge cantonal unique est compétent pour statuer (art. 5 al. 2 let. c LACPC) ; - 3 - qu’en l’occurrence, la décision entreprise a été notifiée à X _________ le 15 février 2024 ; que l’appel interjeté le 24 février 2024 par celui-ci, qui dispose pour le surplus de la qualité pour recourir, a ainsi été formé en temps utile ; que l’appel, qui peut être formé pour violation du droit et/ou constatation inexacte des faits (art. 310 let. a et b CPC) , doit être motivé (art. 311 al. 1 CPC) ; que la motivation est une condition de recevabilité, examinée d’office par l’autorité ; que l’appelant doit démontrer le caractère erroné de la décision attaquée ; que pour satisfaire à cette exigence, il ne lui suffit pas de renvoyer aux moyens soulevés en première instance, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée ; que sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l’instance d’appel puisse la comprendre aisément, ce qui s uppose une désignation précise des passages de la décision que l’appelant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF 147 III 176 consid. 4.2.1 ; 141 III 569 consid. 2.3.3 ; 138 III 374 consid. 4.3.1) ; qu’autrement dit, le justiciable doit indiquer qu’il attaque la décision, pourquoi il le fait et dans quelle mesure celle -ci doit être modifiée ou annulée (ATF 137 III 617 consid. 4.2.2) ; qu’à défaut, le recours n’est pas recevable, et ce même s’il émane d’une pe rsonne sans formation juridique ; que le plaideur non assisté d’un avocat ne peut par ailleurs prétendre à un délai supplémentaire pour compléter ou corriger son recours (ATF 137 III 617 consid. 6.4 ; arrêt du Tribunal fédéral 5A_342/2022 du 26 octobre 2022 consid. 2.1.1) ; qu’en l’occurrence, dans son mémoire du 24 février 2024, l’appelant expose faire appel de la décision du 14 février 2024 et demande une « prolongation », sans autre précision ; qu’il explique être à l’AI à 100% en raison d’importants problèmes physiques ; qu’il a un chat et un chien ; qu’il est difficile de trouver un logement, en particulier avec sa rente d’invalidité ; qu’il reconnait être « en tort » et qu’il va « tout rembourser » prochainement, dès que sa compagne reviendra du Pérou, où elle s’est re ndue afin de percevoir un héritage ; qu’en procédant de la sorte, l’appelant ne s’en prend aucunement aux considérants de la décision entreprise ; qu’en particulier, il ne prétend pas que le juge aurait violé le droit d’une quelconque manière ni aurait constaté les faits de manière inexacte ; qu’ainsi, faute de satisfaire aux exigences de motivation de l’article 311 alinéa 1 CPC, l’appel doit être déclaré irrecevable ; que les frais de la procédure d’appel, arrêtés à 150 fr., sont mis à la charge de l’appelant, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC et 13 ss LTar) ; - 4 - par ces motifs, Prononce 1. L’appel est irrecevable. 2. Les frais, par 150 fr., sont mis à la charge de X _________. Sion, le 23 avril 2024