B u n d e s v e r w a l t u n g s g e r i ch t T ri b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T ri b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T ri b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Décision confirmée par le TF par arrêt du 26.04.2024 (2C_114/2023) Cour VI F-1973/2021, F-1975/2021 A r r ê t d u 6 f é v r i e r 2 0 2 3 Composition Claudia Cotting-Schalch (présidente du collège), Keita Mutombo, Yannick Antoniazza-Hafner, juges, Duc Cung, greffier. Parties 1. A._______, 2. B._______, tous deux représentés par Maître Nicolas Urech, avocat, recourants, contre Administration fédérale des contributions AFC, Service d'échange d'informations en matière fiscale SEI, Eigerstrasse 65, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet assistance administrative (CDI CH-FR). F-1973/2021, F-1975/2021 Page 2 Faits : A. A.a Le 11 mai 2016, la Direction générale des finances publiques française (ci-après : la DGFiP , l’autorité requérante ou l’autorité française) adressa une demande d’assistance administrative à l’Administration fédérale des contributions (ci-après : l’AFC ou l’autorité inférieure). Dite demande était fondée sur l’art. 28 de la Convention du 9 septembre 1966 entre la Suisse et la France en vue d'éliminer les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune et de prévenir la fraude et l'évasion fiscales (ci-après : CDI CH-FR ; RS 0.672.934.91) ainsi que sur l’Accord du 25 juin 2014 modifiant le protocole additionnel à la Convention entre la Suisse et la France du 9 septembre 1966 modifiée, en vue d’éliminer les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune et de prévenir la fraude et l’évasion fiscales (ci -après : l’Accord 2014 ; RO 2016 1195). A.b Dans sa requête, la DGFiP i ndiqua qu’une enquête diligentée par le parquet de Bochum et des visites domiciliaires effectuées dans les succursales allemandes de la banque C._______ en mai 2012 et juillet 2013 avaient abouti à la saisie de données concernant des contribuables français liés à des comptes ouverts auprès de la banque C._______. L’autorité française précisa avoir demandé par courrier du 20 avril 2015 à l’administration fiscale allemande de lui fournir ces informations sur la base de la Directive n° 2011/16/UE. En date du 3 juillet 2015, l’administration fiscale allemande lui aurait transmis les documents suivants : - une liste « A » contenant 1'130 comptes bancaires avec identification précise des contribuables ayant tous un code « domizil » français ; - une liste « B » relative à l’année 2006 et une liste « C » relative à l’année 2008, recensant toutes les deux les références de comptes bancaires liés à des personnes inscrites sous un code « domizil » français. Ces deux listes représentaient au total plus de 45'161 numéros de comptes différents. L’autorité requérante indiqua que, pour la liste A, les recherches effectuées par l’administration fiscale française avaient permis de démontrer qu’il s’agissait, pour la quasi -totalité (97%), de résidents fiscaux français. De surcroît, une première série de contrôles engagés sur cette liste, concernant un tiers des comptes y figurant, avait permis de démontrer la fiabilité de cette liste ainsi que l’existence d’une fraude. S’agissant des F-1973/2021, F-1975/2021 Page 3 comptes bancaires anonymes (listes B et C), l’ autorité française indiqua avoir comparé ces listes avec : i) les données (numéros de comptes) reçues de l’administration fiscale suisse dans le cadre de l’accord bilatéral entre l’Union européenne et la Suisse concernant la fiscalité de l’épargne ; ii) les numéros de comptes des contribuables ayant régularisé leur situation auprès de l’administration fiscale française et ; iii) les informations d’ores et déjà obtenues dans le cadre de l’assistance administrative avec la Suisse. Elle ajouta que les traitements effectués avaient permis d’identifier 4'782 numéros de comptes figurant sur les listes B et C, effectivement liés à des résidents fiscaux français. L’autorité française spécifia qu’au vu du contexte précité, il existait une probabilité renforcée qu’u ne partie des comptes non identifiés dans les listes B et C (soit précisément 40'379 comptes bancaires) n’ait pas été déclarée par les contribuables français présumés. La DGFiP indiqua que l’identification des personnes liées aux comptes bancaires non iden tifiés dans les listes B et C était indispensable afin qu’elle puisse vérifier si les contribuables français présumés avaient satisfait à leurs obligations fiscales. A.c Sur la base des faits précités, l’autorité française adressa à l’AFC les questions suivantes, portant sur les années 2010 à 2014 pour l’impôt sur le revenu et sur les années 2010 à 2015 pour l’impôt de solidarité sur la fortune [le texte ci-dessous correspond à la retranscription du ch. 6, p. 4 de la requête du 11 mai 2016] : Veuillez indiquer, pour chaque compte listé en annexe : a) Les noms/prénoms, dates de naissance et adresse la plus actuelle disponible dans la documentation bancaire de i) son/ses titulaire(s), ii) son/ses ayant(s) droit économique(s) selon le formulaire A, iii) toute autre personne venant aux droits et obligations de ces deux derniers. b) Les soldes au 01/01/2010, 01/01/2011, 01/01/2012, 01/01/2013, 01/01/2014 et 01/01/2015. B. B.a Par ordonnance du 10 juin 2016, l’AFC requit la banque C._______ de fournir les documents et renseignements demandés. Elle fut également F-1973/2021, F-1975/2021 Page 4 priée d’informer les personnes concernées et habilitées à recourir de l’ouverture de la procédure d’assistance administrative. B.b L’AFC informa également les personnes concernées et habilitées à recourir de l’ouverture de la procédure d’assistance administr ative et des éléments essentiels de la demande par publication dans la Feuille fédérale du 26 juillet 2016. C. La banque C._______ transmit les informations demandées à l’autorité inférieure en procédant à des livraisons partielles au cours de la période du 24 juin 2016 au 28 juillet 2017. D. Sur demande du mandataire de D._______, lequel était concerné par la requête de la DGFiP, l’AFC lui transmit l’intégralité des pièces des dossiers les 15 mai, 8 juin et 27 juillet 2017. E. A la suite d’une rencontre du 2 2 juin 2017 entre l’autorité française et l’autorité compétente suisse – initiée par un courrier du 23 août 2016 de la banque C._______ informant l’AFC qu’il existait de sérieuses craintes que l’autorité requérante ne respecte pas le principe de spécialité – l’autorité inférieure exigea de l’autorité française l’assurance que les informations transmises ne seraient communiquées qu’aux personnes et autorités mentionnées à l’art. 28 par. 2 CDI CH -FR et ne seraient utilisées qu’aux fins qui y sont énumérées. L’AFC reçut ces assurances dans le cadre d’un échange de lettres daté du 11 juillet 2017 (solution amiable) ainsi que par courrier de la DGFiP daté du même jour (cf. ATF 146 II 150, let. B.c ; arrêts du TAF A-3045/2020, A-3047/2020 et A-3048/2020, tous du 29 mars 2021 consid. D [le TF a déclaré irrecevable les recours déposés contre ces décisions : cf. notamment arrêt du TF 2C_320/2021 du 30 avril 2021] ainsi que A-1534/2018, A-1555/2018, A-1562/2018 et A -1563/2018 du 3 août 2020 consid. E ; décision finale de l’AFC, p. 27s.). F. F.a En date du 9 février 2018, l’AFC rendit huit décisions finales à l’encontre de certaines personnes concernées – parmi lesquelles figurait la banque C._______ dont la qualité de partie avait été reconnue dans l’arrêt du TAF A-4974/2016 du 25 octobre 2016 – par lesquelles elle accorda l’assistance administrative à l’autorité française. F-1973/2021, F-1975/2021 Page 5 F.b Le 9 mars 2018, la banque C._______ déféra les décisions finales précitées auprès du Tribunal administratif fédéral (ci -après : le TAF, le Tribunal ou la Cour de céans) en concluant à leur annulation ainsi qu’à celle de l’ordonnance de production qui lui avait été adressée le 10 juin 2016 (c f. consid. B.a ci -avant). Dans son arrêt A -1488/2018 du 30 juillet 2018, le TAF admit ces recours dans la mesure de leur recevabilité et annula les décisions finales de l’AFC du 9 février 2018 ainsi que l’ordonnance de production du 10 juin 2016. F.c L’AFC forma le 10 août 2018 un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral à l’encontre de l’arrêt du TAF A -1488/2018 du 30 juillet 2018. Dans son arrêt 2C_653/2018 du 26 juillet 2019 publié aux ATF 146 II 150, la Haute Cour admit le recours déposé par l’AFC et annula l’arrêt du TAF précité, confirmant ainsi la validité de l’ordonnance de production du 10 juin 2016 et les décision s finales de l’AFC du 9 février 2018. G. A la suite de l’ATF 146 II 150, l’AFC reprit le traitement des procédures concernées par la demande de la DGFiP du 11 mai 2016 qui avaient été suspendues jusqu’à droit connu sur la position du Tribunal fédéral. Pour ce faire, l’autorité inférieure envoya un courrier d’information aux personnes ayant indiqué une adresse actuelle en Suisse ou un représentant en Suisse autorisé à recevoir des notifications dans lequel elle leur communiqua les informations telles qu’elle envisageait de les transmettre à l’autorité française et leur impartit un délai de 10 jours pour prendre position par écrit. H. H.a Par décision finale du 12 mai 2020 notifiée, par publication anonyme dans la Feuille fédérale, à E._______ en tant que personne concernée, l’AFC accorda l’assistance administrative à l’autorité française concernant la prénommée et son époux D._______ (no de réf. […]). Il y fut précisé que D._______, en tant qu’autre personne concernée, se verrait notifier une décision finale distincte, dans la mesure où il eut désigné un mandataire (cf. ladite décision, ch. 12 p. 32 ; consid. M.a). H.b Par décision finale du 12 mai 2020 notifiée, par publication anonyme dans la Feuille fédérale, à F._______ en tant que personne concernée, l’AFC accorda l’assistance administrative à l’autorité française concernant dite société (titulaire de la relation bancaire) et D._______ (ayant-droit économique ; n o de réf. […]). Il y fut précisé que D._______, en tant qu’autre personne concernée, se verrait notifier une décision finale F-1973/2021, F-1975/2021 Page 6 distincte, dans la mesure où il eut désigné un mandataire (cf. ladite décision, ch. 12 p. 32 ; consid. M.b). I. Le 30 juillet 2020, l’AFC transmit, à nouveau, l’intégralité des pièces d es dossiers au mandataire de D._______. Un délai fut en outre imparti à celui- ci pour faire parvenir ses déterminations. J. En date du 27 août 2020, soit dans le délai prolongé par l’AFC, ledit mandataire informa celle-ci avoir appris que son mandant était décédé le 28 décembre 2016. Il requit en outre la traduction dans une langue officielle des écritures déposées en anglais par la banque C._______ et une prolongation dudit délai en vue de transmettre des procurations signées par les héritiers de D._______ ainsi que leurs déterminations. Par ailleurs, il ressort de l’acte de décès transmis que le prénommé était veuf de E._______. K. Par décisions inci dentes du 8 septembre 2020, l’AFC rejeta la demande tendant à la traduction des écritures déposées en anglais et octroya un délai supplémentaire pour produire lesdites procurations ainsi que des certificats d’héritiers. L. Le 30 septembre 2020, ledit mandataire fit parvenir à l’autorité inférieure un acte notarié attestant que les successeurs légaux de feu D._______ étaient ses enfants A._______, B._______ et G._______, ainsi que deux procurations signées en sa faveur par A._______ et B._______. M. M.a Par décision finale du 24 mars 2021 notifiée à A._______, B._______ et G._______ en tant qu’héritiers de feu D._______ et donc personnes concernées, l’AFC accorda l’assistance administrative à l’autorité française concernant D._______ et feue son épouse E._______ (no de réf. […]). Une autre décision datée du 12 mai 2020 fut préalablement notifiée à cette dernière par publication dans la Feuille fédérale (cf. supra, consid. H.a). M.b Par décision finale du 24 mars 2021 notifiée à A._______, B._______ et G._______ en tant qu’héritiers de feu D._______ et donc personnes concernées, l’AFC accorda l’assistance administrative à l’autorité française concernant F._______ (titulaire de la relation bancaire) et D._______ F-1973/2021, F-1975/2021 Page 7 (ayant-droit économique ; no de réf. […]). Une autre décision datée du 12 mai 2020 fut notifiée au préalable à dite société par publication dans la Feuille fédérale (cf. supra, consid. H.b). N. Par actes du 26 avril 2021, A._______ et B._______ (ci-après : les recourants) déposèrent un recours par -devant le TAF à l’encontre de chacune des deux décisions finales de l’AFC datées du 24 mars 2021 (procédure A -1973/2021 pour le recours contre la première citée et procédure A-1975/2021 pour le recours contre la seconde) et, par la même occasion, à l’encontre des décisions incidentes de l’AFC du 8 septembre 2020. Ils conclurent, à titre préalable, à l’annulation de ces décisions incidentes, par lesquelles la traduction des écritures en anglais déposées par la banque C._______ a été refusée, et à la traduction de celles-ci par l’autorité inférieure ou ladite banq ue. A l’appui du recours déposé dans le cadre de la procédure A-1975/2021, ils conclurent en outre à ce que l’AFC soit enjointe à requérir auprès de la banque C._______ le formulaire A ou tout autre document permettant d’identifier l’ayant -droit économique de la relation bancaire litigieuse. Sur le fond, les recourants conclurent, avec suite de dépens, à l’annulation des décisions finales attaquées, voire à la constatation de leur nullité, et, à titre principal, au rejet de l’assistance administrative requ ise et, subsidiairement, au renvoi des causes à l’autorité inférieure pour nouvelles décisions. O. Sur requête des recourants, le Tribunal ordonna la jonction des causes A- 1973/2021 et A-1975/2021 par décision incidente du 19 mai 2021. P. Par détermination du 16 juillet 2021 requise par le Tribunal, l’AFC proposa le rejet des recours, réfutant tous les griefs des intéressés. Q. Après avoir reçu, à titre d’information, une copie de ladite détermination ainsi que les pièces qui y étaient annexées, les recourants sollicitèrent, en date du 29 juillet 2021, l’octroi d’un délai pour se déterminer à leur tour et invoquèrent un nouveau grief fondé sur la prescription des créances fiscales pour l’année 2010 qui serait intervenue entre-temps. R. F-1973/2021, F-1975/2021 Page 8 Le 2 septembre 2021, soit dans le délai imparti par le TAF, ils transmirent leur réplique, par laquelle ils réitérèrent le grief précité et déclarèrent, en substance, persister intégralement dans leurs conclusions. S. L’AFC indiqua renoncer à déposer une duplique par cour rier du 7 octobre 2021, lequel fut communiqué aux intéressés. T. Les recourants soutinrent que la prescription pour l’année fiscale 2011 était désormais également intervenue par écrit du 3 janvier 2022, lequel fut porté à la connaissance de l’autorité inférieure. U. Le 11 février 2022, le Tribunal informa les parties que sa Cour VI était désormais compétente pour le traitement des procédures jointes A- 1973/2021 et A -1975/2021 introduites par les recourants, dont les nouvelles références étaient dès lors F -1973/2021 et F -1975/2021. La composition du collège fut par ailleurs communiquée et un délai fut imparti pour le dépôt d’une éventuelle demande de récusation. Les recourants ne donnèrent pas de suite. V. Par courrier du 3 janvier 2023, les recourants firent valoir que les créances fiscales pour l’année 2012 étaient désormais aussi prescrites. W. Pour autant que de besoin, les autres faits et les arguments des parties seront repris dans les considérants en droit ci-après. Droit : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions pré vues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32) – non réalisées en l'espèce – ledit Tribunal connaît, selon l’art. 31 LTAF, des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), prises par l'AFC (art. 33 let. d LTAF, ainsi que les art. 5 al. 1 et 17 al. 3 de la loi fédérale du 28 septembre 2012 sur l’assistance administrative F-1973/2021, F-1975/2021 Page 9 internationale en matière fiscale [L oi sur l’assistance administrative fiscale, LAAF, RS 651.1]). Pour ce qui concerne le droit interne, l'assistance administrative internationale en matière fiscale est actuellement régie par la LAAF, entrée en vigueur le 1 er février 2013 (RO 2013 231, 239). Les dispositions dérogatoires de la convention applicable dans les cas d’espèces sont réservées (art. 1 al. 2 LAAF). Déposée le 11 mai 2016, la demande d’assistance litigieuse entre dans le champ d'application de cette loi (art. 24 LAAF a contrario). La procédure de recours est au demeurant soumise aux règles générales de la procédure fédérale, sous réserve de dispositions spécifiques de la LAAF (art. 19 al. 5 LAAF et 37 LTAF). 1.2 Les recours déposés répondent aux exigences de forme et de fond de la proc édure administrative (art. 50 al. 1 et 52 PA). Les intéressés disposent en outre de la qualité pour recourir (art. 48 PA et art. 19 al. 2 LAAF). 1.3 Les recours ont un effet suspensif ex lege (art. 19 al. 3 LAAF). L’éventuelle transmission de renseignements par l’AFC ne doit donc avoir lieu qu'une fois l'entrée en force de la décision de rejet du recours (cf. FF 2010 241, 248 ; arrêt du TAF A -6266/2017 du 24 août 2018 consid. 1.3). 1.4 A titre préliminaire, il sied de se prononcer sur les griefs relatifs aux deux décisions finales datées du 12 mai 2020, en particulier celui en lien avec la notification à E._______ par publication dans la Feuille fédérale. 1.4.1 En l’occurrence, les décisions finales de l’AFC datées du 12 mai 2020 et du 24 mars 2021 ont été rendues sous les mêmes numéros de référence , dans la mesure où elles accord aient l’assistance administrative au sujet des mêmes personnes (D._______ et E._______ pour le no de réf. […] et D._______ et F._______ pour le n o de réf. […]). Ces quatre décisions avaient cependant des destinataires différents. Ainsi, l’une des deux décisions finales de l’AFC datées du 12 mai 2020 a été notifiée à E._______ en tant que personne concernée et l’autre à F._______ en tant que personne concernée. Ces deux décisions n’ont fait l’objet d’aucun recours durant le délai légal et sont donc entrées en force de chose décidée. Toutefois, elles n’ont pas encore pu déployer leurs effets dans la mesure où elles concernaient également D._______ – respectivement désormais ses successeurs en droit – lequel était représenté par un mandataire et à qui des décisions finales distinctes F-1973/2021, F-1975/2021 Page 10 devaient dès lors encore être notifiées (cf. décisions du 12 mai 2020, ch. 12 p. 32 et ch. 1 des dispositifs). L’AFC a finalement rendu ces deux décisions finales le 24 mars 2021 en les notifiant aux héritiers de D._______ en tant que personnes concernées, par l’entremise de leur mandataire respectif, étant relevé que G._______, l’une des trois héritiers, a mandaté un autre représentant que les recourants (cf. consid. L et M ci-dessus). Par le biais des présents recours, les intéressés peuvent ainsi remettre en cause uniquement les décisions finales du 24 mars 2021, respectivement les décisions incidentes de l’AFC du 8 septembre 2020 rendues préalablement au prononcé desdites décisions finales et qui ne peuvent être attaquées qu’avec ces dernières (art. 19 al. 1 LAAF). 1.4.2 Au demeurant, le Tribunal relève, à l’instar de l’AFC dans sa réponse, que celle-ci n’a appris le décès de E._______ qu’après le prononcé des décisions du 12 mai 2020 et, plus précisément, à partir de la réception du courrier du 27 août 2020, par lequel les recourants lui ont transmis l’acte de décès de leur père. Vu que la prénommée n’était pas représentée par le mandataire désigné par D._______ ni par aucun autre mandataire , la notification par voie édictale à son égard était, en tout état de cause, dès lors valable (art. 17 al. 3 LAAF). 1.4.3 Dans ces conditions, les griefs concernant les décisions finales de l’AFC du 12 mai 2020 sont irrecevables. Cela étant précisé, il y a lieu d’entrer en matière sur les recours introduits contre les deux décisions finales du 24 mars 2021 ainsi que les décisions incidentes du 8 septembre 2020. 1.5 1.5.1 Les recourants peuvent invoquer la violation du droit fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents ou l’inopportunité, sauf si une autorité cantonale a statué comme autorité de recours (art. 49 PA ; cf. ANDRÉ MOSER/MICHAEL BEUSCH/LORENZ KNEUBÜHLER/MARTIN KAYSER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 3e éd., 2022, n° 2.149 ; ULRICH HÄFELIN/GEORG MÜLLER/FELIX UHLMANN, Allgemeines Verwaltungsrecht, 8e éd., 2020, n° 1146 ss). 1.5.2 En principe, le Tribunal administratif fédéral dispose d'un plein pouvoir de cognition (art. 49 PA). Il constate les faits et applique le droit d’office (art. 62 al. 4 PA). Néanmoins, il se limite en principe aux griefs invoqués et n’examine les autres points que dans la mesure où les F-1973/2021, F-1975/2021 Page 11 arguments des parties ou le dossier l'y incitent (cf. ATF 122 V 157 consid. 1a et 121 V 204 consid. 6c). 1.5.3 Cependant, lorsque le Tribunal fédéral admet un recours et renvoie l’affaire à l’autorité précéd ente en application de l’art. 107 al. 2 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110), l’autorité à laquelle la cause est renvoyée voit sa cognition limitée par les motifs de l'arrêt de renvoi, en ce sens qu'elle est liée par ce qui a déjà été jugé définitivement par le Tribunal fédéral (cf. ATF 133 III 201 consid. 4.2 : jurisprudence toujours valable sous l'empire de la LTF ; ATF 135 III 334 consid. 2 et 2.1 p. 335 s. ; arrêts du TAF A -2325/2017 du 14 novembre 2018 consid. 2.3, A-7160/2015 du 21 décembre 2016 consid. 2.2.2). Dans le cas d’espèce, l’autorité inférieure a rendu en date du 9 février 2018, notamment, une décision finale (cf. consid. F.a ci -avant) portée par la banque C._______ jusque devant le Tribunal fédéral, le quel a jugé la demande collective d’assistance administrative du 11 mai 2016 déposée par la France comme admissible et ce dans un arrêt de principe rendu en séance publique le 26 juillet 2019 (cf. ATF 146 II 150 ; consid. F ci-avant). Compte tenu de l’arrê t rendu par la Haute Cour, le Tribunal administratif fédéral voit sa cognition limitée par les motifs de cet arrêt, au même titre qu’il l’aurait été par un arrêt de renvoi, en ce sens qu’il est lié par ce qui a déjà été jugé définitivement par le Tribunal fédéral. En d’autres termes, le Tribunal administratif fédéral doit ainsi se fonder sur les considérants de l’ATF 146 II 150 et ne peut s’écarter de l’argumentation juridique du Tribunal fédéral sur tous les points sur lesquels ce dernier s’est prononcé, de sorte que la seule marge de manœuvre que conserve la Cour de céans tient aux questions laissées ouvertes par l’arrêt du Tribunal fédéral et aux conséquences qui en découlent (cf. arrêts du TAF A -3045/2020, A - 3047/2020 et A -3048/2020 précités consid. 1.4.3 [le TF a déclaré irrecevable les recours déposés contre ces décisions : cf. notamment arrêt du TF 2C_320/2021 du 30 avril 2021] ainsi que A -1534/2018, A - 1555/2018, A-1562/2018 et A-1563/2018 du 3 août 2020 consid. 3). 1.6 1.6.1 En premier lieu, les recourants se plaignent d’une violation de leur droit d’être entendus. A l’appui de leur grief, ils font valoir ne pas avoir eu l’occasion de se déterminer préalablement aux décisions de l’AFC alors même que leur qualité de successeurs en droit de D._______ était connue. 1.6.2 1.6.2.1 La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du F-1973/2021, F-1975/2021 Page 12 18 avril 1999 (Cst., RS 101), le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d'avoir accès au dossier, celui de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (cf. ATF 142 II 218 consid. 2.3 ; 141 V 557 consid. 3). 1.6.2.2 Pour ce qui a trait à l'assistance administrative internationale en matière fiscale, l’information des personnes habilitées à recourir prévue par la LAAF (art. 14 LAAF) ainsi que le droit de participation et de consultation des pièces (art. 15 LAAF) concrétisent le droit d’être entendu (cf. arrêt du TAF A-3035/2020 du 17 mars 2021 consid. 3.3). 1.6.3 1.6.3.1 Le droit d'être entendu est une garantie de nature formelle, dont la violation entraîne en principe l'annulation de la décision attaquée, indépendamment des chances de succès du recours sur le fond (cf. ATF 143 IV 380 consid. 1.4.1 ; 142 II 218 consid. 2.8.1). Selon la jurisprudence, sa violation peut cependant être réparée lorsque la partie lésée a la possibilité de s'exprimer devant une autorité de recours jouissant d'un plein pouvoir d'examen (cf. ATF 142 II 218 consid. 2.8.1 ; arrêts du TAF A-769/2017 du 23 avril 2019 consid. 1.5.3 ; A-5647/2017 du 2 août 2018 consid. 1.5.2 ; A-4572/2015 du 9 mars 2017 consid. 4.1). 1.6.3.2 Toutefois, une telle réparation doit rester l'exception et n'est admissible, en principe, que dans l'hypothèse d'une atteinte qui n'est pas particulièrement grave aux droits procéduraux de la partie lésée ; cela étant, une réparation de la violation du droit d'être entendu peut également se justifier, même en présence d'un vice grave, lorsque le renvoi constituerait une vaine formalité et aboutirait à un allongement inutile de la procédure, ce qui serait incompatible avec l'intérêt de la partie concerné e à ce que sa cause soit tranchée dans un délai raisonnable (cf. ATF 142 II 218 consid. 2.8.1 s. ; arrêts du TF 2C_12/2017 du 23 mars 2018 consid. 3.1 ; 2C_32/2017 du 22 décembre 2017 consid. 2.3 ; arrêts du TAF A-5647/2017 du 2 août 2018 consid. 1.5.3 ; A-2523/2015 du 9 avril 2018 consid. 3.3). 1.6.4 1.6.4.1 En l’occurrence, comme mentionné ci-avant (cf. consid. 1.6.1), les recourants invoquent une violation de leur droit d’être entendus au motif qu’ils n’ont pas été en mesure de prendre position sur la procédure en F-1973/2021, F-1975/2021 Page 13 cours et n’ont pas été informés de la reconnaissance de leur qualité de parties, avant que l’AFC ne statue. 1.6.4.2 Le Tribunal constate qu’à la réception des pièces des dossiers de première instance le 30 juillet 2020 – qui avaient déjà été communiqués quelques années auparavant (cf. supra, consid. D) –, un délai a été imparti au mandataire (à l’époque) de D._______ pour transmett re ses déterminations. Par courrier du 10 août 2020, celui -ci a sollicité une prolongation du délai jusqu’au 30 septembre suivant. Si l’autorité inférieure n’a pas entièrement donné suite à cette demande , elle a cependant prolongé, par courriel du 11 août 2020, ledit délai jusqu’au 31 août 2020. Le 27 août 2020, le mandataire précité a informé l’AFC que le prénommé était décédé et qu’il était en contact avec ses héritiers. Par ailleurs, il a requis une nouvelle prolongation de délai au 30 septembre 2020, pour verser en cause des procurations dûment signées par les héritiers et faire parvenir les déterminations de ceux -ci, sous réserve que les écritures en anglais soient traduites dans l’intervalle. En date du 8 septembre 2020, l’autorité intimée a donné suite à cette demande de prolongation, tout en rejetant celle relative à la traduction. Ainsi, elle a prolongé le délai jusqu’au 30 septembre suivant pour que les intéressés puissent produire, outre les procurations annoncées, des certificats d’héritiers. Elle a , par ailleurs , précisé qu’à défaut de production de tels documents à l’échéance de ce délai, les décisions finales seraient publiées dans la Feuille fédérale. Le 30 septembre 2020, ledit mandataire a transmis un acte notarié attestant la qualité de successeurs légaux des recourants, ainsi que des procurations signées par ceux -ci en sa faveur, et a indiqué être encore dans l’attente de la confirmation de la troisième héritière, G._______ (celle- ci est, par la suite, entrée en contact avec l’AFC par l’entremise d’un autre avocat). Il a également évoqué s’attendre à ce qu’un nouveau dé lai soit imparti à ses mandants pour se déterminer. Finalement, l’autorité inférieure a rendu les deux décisions finales attaquées le 24 mars 2021, en les notifiant aux mandataires des trois héritiers. 1.6.4.3 Dans ce contexte, il y a certes lieu de constater que l’autorité intimée n’a pas réagi au courrier daté du 30 septembre 2020. Toutefois, il sied de noter que l’AFC avait déjà reporté le délai imparti, une première fois, au 31 août 2020 (prolongation de 20 jours), puis une seconde fois au 30 septembre 2020 (prolongation de 30 jours supplémentaires) , tout en signalant entre autres au mandataire des recourants que les décisions finales seraient rendues à l’échéance dudit délai. De plus, à la suite de la signature de s procurations par les intéressés , ceux-ci étaient dûment représentés par le même mandataire que celui désigné par leur défunt père F-1973/2021, F-1975/2021 Page 14 et qui était déjà au fait des dossiers. Il incombait alors aux recourants de faire valoir, le cas échéant, d’éventuelles observations complémentaires. Il s’est, en outre, écoulé près de six mois entre le courrier de leur mandataire daté du 30 septembre 2020 et le prononcé des décisions finales litigieuses. Il était dès lors encore loisible aux intéressés de transmettre à l’AFC leurs déterminations durant ce laps de temps, ce qu’ils se sont abstenus de faire. Par ailleurs, si l’autorité inférieure n’a effectivement pas indiqué, de manière explicite, avoir reconnu la qualité de parties des recourants avant de statuer, force est de constater que cela ressortait, à tout le moins indirectement, de ses écrits adressés à leur mandataire, dont en particulier ceux datés du 8 septembre 2020 . Enfin, cela ne leur a causé aucun préjudice sur le plan procédural. 1.6.4.4 La Cour relève au surplus que les intéressés ont pu faire valoir devant elle l’entier de leurs arguments dans le cadre de leurs écritures. A la suite de leur demande datée du 29 juillet 2021, le Tribunal a , en particulier, fixé aux recourants un délai au 2 septembre 2021 pour se déterminer sur la réponse de l’autorité intimée, ce dont ils ont pleinement fait usage (cf. consid. Q. et R. supra). Dans ces circonstances et au vu du plein pouvoir d’examen du Tribunal de céans (cf. consid. 1.5.2 et 1 .5.3 supra), il y aurait de toute façon lieu de considérer qu’une violation éventuelle du droit d’être entendus des recourants – qui n’est du reste pas constatée dans le cas d’espèce – aurait été réparée. 1.6.4.5 Au vu de ce qui précède, le grief tiré de la viol ation du droit d’être entendu doit être rejeté. 2. 2.1 A titre liminaire, il convient encore de se déterminer sur les conclusions préalables des recours. 2.2 En effet, les intéressés demandent l’annulation des décisions incidentes du 8 septembre 2020, par lesquelles l’AFC a refusé de traduire les écritures en anglais déposées par la banque C._______, et à ce que cette autorité soit enjointe à en effectuer la traduction, respectivement à ordonner à ladite banque de le faire. A cet égard, les recourants font valoir qu’étant une partie à la procédure, la banque C._______ ne peut présenter des écritures que dans une des quatre langues officielles (art. 33 a al. 1 PA). 2.2.1 En l’occurrence, la qualité de partie de la banque C._______ a certes été reconnue dans l’arrêt du TAF A-4974/2016 du 25 octobre 2016 (cf. F-1973/2021, F-1975/2021 Page 15 supra, consid. F.a). Toutefois, relevant notamment que les premières décisions rendues par l’AFC à la suite de la demande de la DGFiP du 11 mai 2016 avaient pu être déférées jusqu’au Tribunal fédéral dans l’intervalle (cf. supra, consid. F ; ATF 146 II 150) et que la situation avait dès lors évolué, le Tribunal de céans a nié la qualité de partie à ladite banque pour le reste des procédures concernées par c ette requête (cf. arrêt du TAF A-1510/2020 du 6 juillet 2020 consi d. 3, dont le recours au TF a été déclaré irrecevable par arrêt 2C_618/2020 du 12 août 2020). Partant, l’art. 33a PA n’est pas applicable à la banque C._______. Au demeurant, même à admettre qu’il pouvait l’être, une traduction des pièces précitées, tel qu e requis, ne semblerait en l’espèce pas nécessaire (art. 33a al. 4 PA a contrario). 2.2.2 En tout état de cause, il peut être attendu des recourants – tout comme de l’AFC –, de surcroît représentés par un avocat qui est également un expert fiscal diplômé, qu’ils soient en mesure de comprendre des documents rédigés en anglais. C’est du reste à juste titre que l’autorité inférieure a relevé que le site Internet de l’étude mandatée par les intéressés indiquait l’anglais comme langue de travail et était consultable dans cette langue. 2.3 Par ailleurs, les recourants sollicitent qu’il soit ordonné à l’autorité intimée de requérir auprès de la banque C._______ le formulaire A ou tout autre document permettant d’identifier l’ayant-droit de la relation bancaire en cause dans l’affaire F-1975/2021. 2.3.1 A cet égard, le Tribunal relève que la bonne foi d’un Etat est toujours présumée dans les relations internationales (principe de confiance). L’Etat requis ne saurait donc, en principe, mettre en doute les allégations de l’Etat requérant, à moins d’un doute sérieux. Il est ainsi, en principe, lié par l’état de fait et les déclarations présentés dans la demande (cf. infra, consid. 4.4.1 et 4.4.2). 2.3.2 En l’espèce, les intéressés remettent en question la qualité d’ayant - droit économique de feu leur père de la relation bancaire litigieuse en la cause F-1975/2021. Ils n’apportent toutefois aucun élément concret pour étayer leurs propos, qui se limitent ainsi à de simples affirmations. Eu égard au principe de confiance rappelé ci -dessus, la Suisse n’a pas à instruire plus avant cet élément de fait, lequel ressort des informations fournies à l’appui de la requête des autorités françaises. F-1973/2021, F-1975/2021 Page 16 2.4 Dans ces conditions, les conclusions en lien avec les décisions incidentes du 8 septembre 2020 de l’AFC doi vent être rejetées, à l’instar des requêtes d’instruction assorties aux recours. 3. 3.1 Sur le fond, les recourants contestent tout d’abord qu’une procédure d’assistance administrative puisse être menée à l’encontre, d’une part, de feu leur père D._______, décédé quelques mois après le dépôt de la demande de la DGFiP (28 décembre 2016) et dont ils sont les successeurs en droit, et , d’autre part, de feue E._______, l’épouse du prénommé qui est décédée avant même l’ouverture de ladite procédure. Sur la base d’un raisonnement par analogie, ils soutiennent aussi qu’aucune procédure d’assistance administrative ne peut être dirigée contre F._______, dans la mesure où cette société aurait été liquidée. 3.2 L'art. 18a LAAF a ét é introduit par le ch. I de la l oi fédérale du 21 juin 2019 sur la mise en œuvre des recommandations du Forum mondial sur la transparence et l'échange de ren seignements à des fins fiscales ; il est entré en vigueur le 1 er novembre 2019 (RO 2019 3161). Il prévoit désormais que l'assistance administrative peut être exécutée concernant des personnes décédées. Leurs successeurs en droit se voient conférer le statu t de partie. Dans les procédures d'assistance administrative visant des personnes décédées, leurs successeurs légaux ont qualité de partie et qualité pour recourir (cf. FF 2019 277, 301 s.). Avant son entrée en vigueur, il ne pouvait être fourni d'assistance administrative pour des personnes décédées, qui n'avaient pas la capacité d'être partie et d'ester en justice (cf. arrêts du TAF A -2664/2020 du 26 janvier 2021 consid. 6.6; A-6829/2010 du 4 février 2011 consid. 3.1; A-6630/2010 du 19 juillet 2011 consid. 3.1). 3.2.1 L'adoption de cette nouvelle disposition n'a pas été accompagnée d'une disposition transitoire particulière. D'une manière générale, les dispositions qui régissent l'assistance administrative, par exemple celles qui prévoient le contenu de la dema nde d'assistance, sont par nature procédurales. Les conventions de double imposition posent des règles qui fixent les exigences matérielles de cette procédure, alors que le droit interne sert à en concrétiser l'exécution en Suisse (cf. ATF 143 II 628 consid. 4.3 ; cf. aussi ATF 146 II 150 consid. 5.4 ; 139 II 404 consid. 1.1 ; arrêt du TF 2C_880/2020 du 15 juin 2021 consid. 6.1). En tant que règle procédurale, il faut admettre que l'art. 18 a LAAF est donc d'application immédiate (cf. arrêt du TAF A-5579/2020 du 23 août 2021 consid. 9.2). F-1973/2021, F-1975/2021 Page 17 3.2.2 En l'espèce, même si la demande d’assistance administrative est antérieure à l'entrée en vigueur de l'art. 18a LAAF, les décisions attaquées sont, quant à elles, postérieures, de sorte que cette disposition est pleinement applicable à la présente procédure. Par ailleurs, une personne décédée reste concernée et les informations à son égard peuvent ainsi être transmises, contrairement à ce que soutiennent les recourants (cf. arrêt du TAF A-5579/2020 précité consid. 9.4). 3.3 S’agissant de l’argument selon lequel la société F._______ aurait été liquidée, force est d’abord de constat er qu’il repose uniquement sur l es affirmations des recourants. En outre, en vertu du principe de la confiance (cf. supra, consid. 2.3.1 et infra, c onsid. 4.4.1 et 4.4.2), il n’appartient pas à l’Etat requis d’instruire cette allégation. Par ailleurs, même en admettant que dite société ait effectivement été liquidée, aucun élément aux dossiers n’indique qu’elle l’aurait été antérieurement à la période sous contrôle, soit les années 2010 à 2015. En tout état de cause, l’appréciation de la pertinence vraisemblable des informations demandées est, en premier lieu, du ressort de l’Etat requérant (cf. infra, consid. 4.3), lequel est – tel que déjà rappelé – présumé être de bonne foi. 4. 4.1 4.1.1 L'assistance administrative avec la France est régie par l’art. 28 CDI CH-FR, largement calqué sur le Modèle de convention fiscale de l'OCDE concernant le revenu et la fortune (ci -après : MC OCDE ; cf. ATF 142 II 69 consid. 2), et par le ch. XI du Protocole additionnel de cette même convention (ci -après : le Protocole additionnel ; publié également au RS 0.672.934.91). Ces dispositions, résultant de l’Avenant du 27 août 2009, s'appliquent à la présente demande (art. 11 par. 3 de l'Avenant ; cf. arrêts du TAF A -6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.1.1, A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.1 et A-7496/2016 du 27 avril 2018 consid. 4.1). L’art. 28 CDI CH-FR, dans sa nouvelle teneur, est ainsi applicable aux demandes d’échange de renseignements concernant toute année civile ou tout exercice commençant à compter du 1er janvier 2010 (art. 11 par. 3 de l’Avenant ; cf. arrêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.1.1 et A-4353/2016 du 27 février 2017 consid. 1.1.1). La jurisprudence admet à ce titre que l’état de fortune d’un compte au dernier jour d’une année fiscale doit être traité de la même manière que le premier jour de l’année fiscale qui suit directement (cf. arrêt du TF 2C_1087/2016 du 31 mars 2017 F-1973/2021, F-1975/2021 Page 18 consid. 3.4 [en lien ave c la CDI CH-FR] ; arrêts du TAF A -6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.1.1 et A-6399/2014 du 4 janvier 2016 consid. 6). 4.1.2 Le ch. XI du Protocole additionnel a été modifié le 25 juin 2014 par l’Accord 2014 modifiant le Protocole additionnel, entré en vigueur l e 30 mars 2016 (ci-après : Protocole 2014 ; FF 2011 3519 ; cf. arrêt du TAF A-2321/2017 du 20 décembre 2017 consid. 3.1). Ces modifications concernent uniquement les cas dans lesquels les noms des personnes impliquées ne sont pas connus de l’Et at requérant (cf. arrêt du TAF A- 5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.1.2). Parmi les modifications intervenues, le ch. XI par. 3 du Protocole additionnel – relatif à l’identification de la personne concernée – a été modifié par l’art. 1 par. 1 du Protocole 2014. Avant sa modification, cette disposition exigeait de l’Etat requérant qu’il fournisse le nom et une adresse de la personne faisant l’objet du contrôle ou d’une enquête et, si disponible, tout autre élément de nature à faciliter son identification tel que par exemple sa date de naissance ou son état civil. La version act uelle du ch. XI par. 3 let. a du Protocole additionnel, tel que modifié par l’art. 1 par. 1 du Protocole 2014, prévoit désormais que l’identification de la personne faisant l’objet d’un contrôle ou d’une enquête peut résulter du nom de cette personne ou de tout autre élément de nature à en permettre l’identification (sur les développements du contexte de la modification du ch. XI du Protocole additionnel, cf. ATF 146 II 150 consid. 5.2.3 ; arrêts du TAF A-1534/2018, A-1555/2018, A-1562/2018 et A-1563/2018 précités consid. 2.3). L’art. 2 par. 2 de l’Accord 2014 prévoit que celui -ci est applicable aux demandes d’échange de renseignements concernant toute année civile ou tout exercice commençant à compter du 1er janvier 2010. L’art. 2 par. 3 de l’Accord 2014 stipule quant à lui que, nonobstant les dispositions du par. 2, l’art. 1 par. 1 dudit Accord est applicable aux demandes d’échange de renseignements relatives à des faits survenus pour toute période commençant à compter du 1 er février 2013. Dans l’ATF 146 II 150, l e Tribunal fédéral a considéré que l’interprétation de l’art. 2 par. 3 de l’Accord 2014 – à la lumière de son objet, de son contexte et des circonstances de sa conclusion – ne rendait admissible les demandes groupées que pour obtenir des renseigne ments relatifs à des périodes à compter du 1er février 2013 (cf. ATF 146 II 150 consid. 5.3 ss et 5.6). En revanche, conformément à l’art. 2 par. 2 de l’Accord 2014 et du ch. XI par. 3 let. a du Protocole additionnel, l’assistance administrative doit en pr incipe être accordée pour les périodes à compter du 1 er janvier 2010 lorsqu’il s’agit – comme dans le cas d’espèce – d’une demande collective (« Listenersuchen ») par laquelle les personnes concernées peuvent être F-1973/2021, F-1975/2021 Page 19 identifiées au moyen de numéros ban caires connus (cf. consid. 6.2 ci- après sur la qualification de la présente demande ; ATF 146 II 150 consid. 5.6 ; arrêts du TAF A -3045/2020, A -3047/2020 et A -3048/2020 précités consid. 2.1.2 [le TF a déclaré irrecevable les recours déposés contre ces décisions : cf. notamment arrêt du TF 2C_320/2021 du 30 avril 2021] ainsi que A -1534/2018, A-1555/2018, A-1562/2018 et A-1563/2018 précités consid. 2.3). 4.2 La requête doit indiquer les éléments qui figurent au ch. XI par. 3 du Protocole additionnel, à savoir (a) l’ide ntité de la personne faisant l’objet d’un contrôle ou d’une enquête, cette information pouvant résulter de la fourniture du nom de cette personne ou de tout autre élément de nature à en permettre l’identification ; (b) la période visée ; (c) une description des renseignements demandés ; (d) le but fiscal poursuivi et, (e) dans la mesure où ils sont connus, les nom et adresse de toute personne dont il y a lieu de penser qu’elle est en possession des renseignements demandés (le détenteur d’informations ; cf. arrêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.2, A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.2, A-4977/2016 du 13 février 2018 consid. 3.2 et A -4545/2016 du 8 février 2018 consid. 4.2). 4.3 Exprimée à l’art. 28 par. 1 CDI CH -FR, la condition de la pertinence vraisemblable des informations pour l’application de la Convention ou la législation fiscale interne des Etats contractants est la clé de voûte de l’échange de renseignements (cf. entre autres, ATF 144 II 206 consid. 4.2). Elle a pour but d'assurer un échang e de renseignements le plus large possible, mais ne permet pas aux Etats d'aller à la pêche aux renseignements ou de demander des renseignements dont il est peu probable qu'ils soient pertinents pour élucider les affaires d'un contribuable déterminé. Cette condition est réputée réalisée si, au moment où la demande d'assistance administrative est formulée, il existe une possibilité raisonnable que les renseignements demandés se révéleront pertinents. En revanche, peu importe qu'une fois fournis, il s'avère q ue l'information demandée soit finalement non pertinente (cf. arrêt du TF 2C_764/2018 du 7 juin 2019 consid. 5.1). Il n'incombe pas à l'Etat requis de refuser une demande ou la transmission d'informations parce que cet Etat serait d'avis qu'elles manqueraient de pertinence pour l'enquête ou le contrôle sous - jacents. Il en découle que l'appréciation de la pertinence vraisemblable des informations demandées est en premier lieu du ressort de l'Etat requérant et que le rôle de l'Etat requis est assez restreint, puisqu'il se limite à un contrôle de la plausibilité (cf. ATF 145 II 112 consid. 2.2.1, 144 II 206 F-1973/2021, F-1975/2021 Page 20 consid. 4.2 et 4.3 et 142 II 161 consid. 2.1.1 ; arrêt du TAF A-4591/2018 du 9 mars 2020 consid. 4.2.1). 4.4 4.4.1 Le principe de la bonne foi s’applique (art. 7 al. 1 let. c LAAF) en tant que principe d'interprétation et d'exécution des traités dans le domaine de l'échange de renseignements des CDI (cf. ATF 143 II 202 consid. 8.3 ; arrêts du TAF A -2321/2017 du 20 décembre 2017 consid. 3.4.1, A-4669/2016 du 8 décembre 2017 consid. 2.3 et A -4025/2016 du 2 mai 2017 consid. 3.2.3.1). L'Etat requis est ainsi lié par l'état de fait et les déclarations présentés dans la demande, dans la mesure où ceux -ci ne peuvent pas être immédiatement réfutés ( sofort entkräftet) en raison de fautes, lacunes ou de contradictions manifestes (cf. arrêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.4.1 et A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.4.1). 4.4.2 La bonne foi d'un Etat est toujours présumée dans les relations internationales, ce qui implique, dans le présent contexte, que l'Etat requis ne saurait en principe mettre en doute les allégations de l'Etat requérant (cf. ATF 142 II 161 consid. 2.1.3 ; arrêt du TAF A-4434/2016 du 18 janvier 2018 consid. 3.4.2), sauf s'il existe un doute sérieux, cas dans lequel le principe de la confiance ne s’oppose alors pas à ce qu'un éclaircissement soit demandé à l'Etat requérant ; le renversement de la présomption de bonne foi d'un Etat doit en tout cas reposer sur des éléments établis et concrets (cf. ATF 143 II 202 consid. 8.7.1 avec les réf. citées ; arrêt du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.4.2). 4.4.3 Il n’est pas entré en matière lorsqu’une demande d’assistance viole le principe de la bonne foi, notamme nt lorsqu’elle se fonde sur des renseignements obtenus par des actes punissables au regard du droit suisse (art. 7 let. c LAAF). À suivre la jurisprudence du Tribunal fédéral relative aux demandes d’assistance fondées sur des données volées, il faut comprendre que cette expression renvoie à des actes effectivement punissables en Suisse. Cela suppose, outre la satisfaction des conditions objectives de la norme pénale suisse prétendument violée, la compétence ratione loci de la Suisse (cf. ATF 143 II 202 consid. 8.5.6 ; arrêt du TAF A- 2523/2018 du 17 avril 2019 consid. 2.4.1). L'art. 7 let. c LAAF vise à concrétiser le principe de la bonne foi dans le domaine de l'assistance administrative en lien avec des demandes fondées sur des renseignements obtenus par de s actes punissables au regard du droit suisse (cf. XAVIER OBERSON, La mise en œuvre par la Suisse de l'art. 26 MC OCDE, in : IFF Forum für Steuerrecht 2012, p. 17). Dans le F-1973/2021, F-1975/2021 Page 21 domaine de l'assistance administrative en matière fiscale, la Suisse est fondée à attendre de l'Etat requérant qu'il adopte une attitude loyale à son égard, en particulier en lien avec les situations de nature à être couvertes par l'art. 7 let. c LAAF, et qu'il respecte les engagements qu'il a pris sur la façon d'appliquer la CDI concernée. Savoir si tel est le cas ou non est une question qui doit être tranchée dans chaque cas d'espèce. Sous réserve du cas où l’État requérant achète des données volées en Suisse dans le but de former une demande d’assistance, le principe de la bonne foi entre Etats n’est pas violé du simple fait que la demande d’assistance est fondée sur des données d’origine illicite. Par ailleurs, le refus d’un Etat de confirmer l’origine licite des données ayant mené à la demande ne suffit en principe pas pour qualifier la démarche comme étant contraire à la bonne foi (cf. arrêt du TF 2C_648/2017 du 17 juillet 2018 consid. 3.4). En outre, une demande heurte la confiance légitime que la Suisse peut avoir dans l'engagement de l'Etat requérant si ce dernier donne une assuran ce (« Zusicherung ») qu'aucune des données dérobées à une banque sur le territoire suisse ne sera utilisée dans le cadre d'une demande d'assistance administrative et qu'il dépose quand même une telle demande, en lien de causalité, direct ou indirect, avec les données dérobées. Dans un tel cas, si l’on est en présence de données provenant d’actes effectivement punissables en droit suisse (au sens de la jurisprudence, cf. ATF 143 II 202 consid. 8.5.6), l’art. 7 let. c LAAF est applicable et la Suisse doit ref user l’assistance (cf. arrêts du TAF A-4154/2017 du 21 août 2018 consid. 2.4.2, A-2540/2017 du 7 septembre 2017 consid. 3.1.1). 4.5 4.5.1 La demande ne doit pas être déposée uniquement à des fins de recherche de preuves au hasard (interdiction de la pêche aux renseignements [« fishing expedition »] ; cf. ATF 144 II 206 consid. 4.2 , 143 II 136 consid. 6 ; arrêt du TF 2C_1162/2016 du 4 octobre 2017 consid. 9.1 ; arrêt du TAF A -4545/2016 du 8 février 2018 consid. 4.3.2). L’interdiction des « fishing expeditions » corr espond au principe de proportionnalité (art. 5 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 [Cst., RS 101]), auquel doit se conformer chaque demande d'assistance administrative (cf. arrêt du TAF A -3320/2017 du 15 août 2018 consid. 3.3.2). Il n’est, cela dit, pas attendu de l'Etat requérant que chacune de ses questions conduise nécessairement à une recherche fructueuse correspondante (cf. arrêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.5 et A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.5). 4.5.2 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les demandes d’assistance administrative qui ne désignent pas nommément les F-1973/2021, F-1975/2021 Page 22 personnes concernées doivent faire l’objet d’un contrôle plus approfondi afin d’exclure l’existence d’une fishing expedition (cf. ATF 146 II 150 consid. 6.1.3 et 139 II 404 consid. 7.2.3). A cet effet, le Tribunal fédéral a développé trois conditions d’admissibilité de telles demandes en se basant sur le Commentaire OCDE relatif à l’art. 26 MC OCDE et les conventions de double imposition applicables. Premièrement, la demande doit fournir une description détaillée du groupe, qui expose les faits et les circonstances spécifiques ayant conduit à la formulation de la demande. Deuxièmement, elle doit exposer le droit fiscal applicabl e ainsi que les motifs permettant de supposer que les contribuables du groupe n'auraient pas rempli leurs obligations fiscales. Troisièmement, elle doit démontrer que les renseignements demandés sont propres à faire en sorte que ces obligations soient remp lies (cf. ATF 146 II 150 consid. 6.2.2, 143 II 136 consid. 6.1.2, 143 II 628 consid. 5.2). Bien que ces critères aient été développés en lien avec les demandes groupées au sens de l’art. 3 let. c LAAF, le Tribunal fédéral a retenu dans plusieurs arrêts que, pour des raisons de cohérence, les mêmes critères s’appliquaient pour distinguer les demandes collectives admissibles (cf. consid. 6.2 ci -après pour la qualification de la présente demande) des fishing expeditions proscrites (cf. ATF 143 II 628 consid. 5.1). Ayant à juger de la demande française d’assistance fiscale collective du 11 mai 2016, le Tribunal fédéral a maintenu sa jurisprudence et rappelé que ces mêmes critères étaient applicables (cf. ATF 146 II 150 consid. 6.2.2). 4.6 Le principe de s pécialité veut que l'Etat requérant n'utilise les informations reçues de l'Etat requis qu'à l'égard des personnes et des agissements pour lesquels il les a demandées et pour lesquels elles lui ont été transmises (art. 28 CDI CH -FR ; cf. arrêts du TAF A-4434/2016 du 18 janvier 2018 consid. 3.9.1 et A -2321/2017 du 20 décembre 2017 consid. 3.9.1). La jurisprudence a rappelé le caractère personnel du principe précité, en ce sens que l'Etat requérant ne peut pas utiliser, à l'encontre de tiers, les renseignement s qu'il a reçus par la voie de l'assistance administrative, sauf si cette possibilité résulte des lois des deux Etats et que l'autorité compétente de l'Etat qui fournit les renseignements autorise cette utilisation (cf. ATF 147 II 13 consid. 3.4, 146 I 172 consid. 7.1.3 ; arrêts du TAF A-6573/2018 du 11 septembre 2020 consid. 9.2 et A-5522/2019 du 18 août 2020 consid. 3.4.3). Sur la base du principe de la confiance, la Suisse peut considérer que l'Etat requérant, avec lequel elle est liée par un accord d'as sistance administrative, respectera le principe de spécialité (cf. parmi d’autres, arrêts du TAF A- 769/2017 du 23 avril 2019 consid. 2.6 et A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.6). F-1973/2021, F-1975/2021 Page 23 4.7 4.7.1 L'Etat requérant doit également respecter le principe de subsidiarité (cf. arrêts du TAF A -4434/2016 du 18 janvier 2018 consid. 3.5 et A- 2321/2017 du 20 décembre 2017 consid. 3.5). A défaut d'élément concret, respectivement de doutes sérieux, il n'y a pas de raison de remettre en cause la réalisation du principe de la subsidiarité lorsqu'un Etat forme une demande d'assistance administrative, en tous les cas lorsque celui -ci déclare avoir épuisé les sources habituelles de renseignements ou procédé de manière conforme à la convention (cf. ATF 144 II 206 consid. 3.3.2 ; arrêt du TF 2C_904/2015 du 8 décembre 2016 consid. 7.2 ; arrêt du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.7). 4.7.2 Le principe de subsidiarité n’implique pas pour l’autorité requérante d’épuiser l’intégralité des sources de renseignement. Une source de renseignement ne peut plus être considérée comme habituelle lorsque cela impliquerait – en comparaison à une procédure d’assistance administrative – un effort excessif ou que ses chances de succès seraient faibles (cf. arrêts du TAF A-6589/2016 du 6 mars 2018 consid. 4.5 et A-4353/2016 du 27 février 2017 consid. 2.4). Lorsque l’Etat requérant a déjà rendu une décision sur les points à propos desquels il demande l’assistance et qu’il ne donne aucune explication montrant qu’il souhaite la réviser, le principe de subsidiarité s’en trouve en principe violé. Il n’est, cela dit, pas exclu qu’un Etat puisse avoir besoin de renseignements au sujet d’une procédure qui est déjà close, par exemple s’il a des motifs de penser que la décision prise doit être révisée. Dans un tel cas, la Suisse est cependant en droit d’attendre quelque explication à ce sujet, afin qu’il soit possible de comprendre ce qui motive la demande d ’assistance (cf. arrêts du TAF A- 3703/2019 du 23 avril 2020 consid. 2.7.2 et A-6600/2014 du 24 mars 2015 consid. 8). Le critère décisif pour l’octroi de l’assistance administrative demeure la vraisemblable pertinence des informations requises (cf. consid. 4.3 ci-avant ; arrêt du TF 2C_1162/2016 du 4 octobre 2017 consid. 6.3). 4.8 Les règles de procédure applicables dans l'Etat requérant et dans l'Etat requis doivent également être respectées. L'AFC dispose toutefois des pouvoirs de procédure nécessaires pour exiger des banques la transmission de l'ensemble des documents requis qui remplissent la condition (cf. consid. 4.3 ci -avant) de la pertinence vraisemblable (cf. ATF 142 II 161 consid. 4.5.2 ; arrêts du TAF A-6266/2017 du 24 août 2018 consid. 2.8, A-5066/2016 du 17 mai 2018 consid. 2.8 et A-4434/2016 du 18 janvier 2018 consid. 3.8.1 avec les réf. citées). F-1973/2021, F-1975/2021 Page 24 4.9 Une demande d’assistance peut avoir pour but de clarifier la résidence fiscale d’une personne (cf. ATF 142 II 161 consid. 2.2.2). Il peut arriver que le contribuable dont l'Etat requérant prétend qu'il est l'un de ses résidents fiscaux en vertu des critères de son droit interne soit également considéré comme résident fiscal d'un autre Etat en vertu des critères du droit interne de cet autre Etat. De jurisprudence constante cependant, la détermination de la résidence fiscale au plan international est une question de fond qui n'a pas à être abordée par l'Etat requis au stade de l'assistance administrative (cf. ATF 142 II 161 consid. 2.2.1 s.,142 II 218 consid. 3.6). Lorsque la personne visée par la demande d'assistance est considérée par deux Etats comme étant l'un de ses cont ribuables, la question de la conformité avec la Convention, en l’espèce au sens de l'art. 28 par. 1 in fine CDI CH -FR, doit s'apprécier à la lumière des critères que l'Etat requérant applique pour considérer cette personne comme l'un de ses contribuables. Dans cette constellation, le rôle de la Suisse comme Etat requis n'est pas de trancher elle -même, dans le cadre de la procédure d'assistance administrative, l'existence d'un conflit de résidence effectif, mais se limite à vérifier que le critère d'assujett issement auquel l'Etat requérant recourt se trouve dans ceux prévus dans la norme conventionnelle applicable à la détermination de la résidence fiscale (cf. ATF 145 II 112 consid. 3.2, 142 II 161 consid. 2.2.2 ; arrêt du TF 2C_371/2019 du 30 avril 2019 con sid. 3.1). L'Etat requérant n'est pas tenu d'attendre l'issue du litige sur le principe de la résidence fiscale pour former une demande d'assistance administrative, et ce d'autant moins que la demande peut aussi avoir pour but de consolider sa position qua nt à la résidence fiscale du contribuable concerné. En effet, à ce stade, l'Etat requérant cherche précisément à obtenir des informations afin de déterminer si ses soupçons quant au rattachement fiscal à son territoire de la personne visée par la demande sont fondés. Par ailleurs, l'Etat requérant doit aussi pouvoir former une demande d'assistance administrative même en cas de conflit de résidences effectif, et ce afin d'obtenir de l'Etat requis des documents qui viendraient appuyer sa prétention concurrent e à celle de celui-ci ou celle d'un Etat tiers. Il s'agit ici en particulier de tenir compte de l'hypothèse selon laquelle un contribuable assujetti de manière illimitée en Suisse ou dans un Etat tiers a, en réalité, sa résidence fiscale dans l'Etat requérant, par exemple parce qu'il y a conservé son foyer d'habitation permanent (cf. ATF 142 II 218 consid. 3.7, 142 II 161 consid. 2.2.2; arrêts du TAF A -4274/2017 du 20 juin 2018 consid. 3.7.1 et A -5597/2016 du 28 février 2018 consid. 4.7.3). Si le conflit de compétence se concrétise, il appartiendra au contribuable touché par une double imposition de s'en plaindre devant les autorités concernées, soit les autorités nationales des F-1973/2021, F-1975/2021 Page 25 Etats concernés, en fonction des recours prévus par le droit interne (cf. ATF 142 II 161 consid. 2.2.2 ; arrêt du TAF A-5597/2016 du 28 février 2018 consid. 4.7.4) ; le cas échéant, la double imposition internationale sera évitée par le jeu des règles de détermination de la résidence fiscale internationale prévues dans la convention a pplicable entre les Etats concernés ou par le recours à la procédure amiable (voir art. 27 par. 1 CDI CH-FR ; cf. ATF 145 II 112 consid. 2.2.2 ; 142 II 218 consid. 3.7). 5. En l’espèce, la Cour de céans examinera la forme de la demande (cf. consid. 6 ci -après), avant de traiter successivement des autres conditions de l’assistance administrative au regard des griefs matériels invoqués par les recourants (cf. consid. 7 ci -après). A cet égard, il est rappelé que la requête collective d’assistance fiscale interna tionale présentée par la France le 11 mai 2016, qui est aussi à la base de la présente procédure, a déjà fait l’objet d’une procédure pilote qui s’est soldée par l’ATF 146 II 150, dans lequel le Tribunal fédéral a jugé que l’assistance administrative devait être octroyée à la France. Compte tenu de cet arrêt, qui lie le Tribunal de céans (cf. consid. 1.5.3), seuls seront traités spécifiquement les griefs invoqués par les recourants en relation avec des éléments sur lesquels le Tribunal fédéral ne s’est pas prononcés dans l’ATF 146 II 150. S’agissant des griefs ayant déjà fait l’objet d’un examen par la Haute Cour, le Tribunal de céans y répondra en présentant un bref résumé des considérants de l’arrêt précité – étant rappelé que le TAF est lié par les motifs de ce jugement (cf. arrêts du TAF A-3045/2020, A-3047/2020 et A -3048/2020 précités consid. 1.4.3 [le TF a déclaré irrecevable les recours déposés contre ces décisions : cf. notamment arrêt du TF 2C_320/2021 du 30 avril 2021] ainsi que A-1534/2018, A-1555/2018, A-1562/2018 et A-1563/2018 précités consid. 3). 6. 6.1 Sur le plan formel, le Tribunal fédéral a jugé – à tout le moins implicitement en considérant que la demande française du 11 mai 2016 était admissible – que les conditions formelles de l’assistance administrative étaient satisfaites. Cette position n’est ici, à juste titre, pas remise en cause par les recourants, de telle sorte (cf. consid. 1.5.2) qu’il y a lieu d’admettre que les conditions formelles sont satisfaites. 6.2 Par surabondance de moyens, le Tribunal de céans relève au demeurant que la demande du 11 mai 2016 contient la liste des informations nécessaires à sa recevabilité. Elle mentionne en effet, l’identité des personnes faisant l’objet du contrôle ou de l’enquête, celle-ci F-1973/2021, F-1975/2021 Page 26 résultant des numéros mentionnés dans la liste annexée à la demande litigieuse, qui se rapportent à des comptes détenus auprès de la banque C._______ (ch. 2) ; le nom du détenteur d’informations, soit la banque C._______ (ch. 3) ; la période visée par la demande, à savoir du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2015 (ch. 4) ; l’objectif fiscal fondant la demande, soit l’impôt sur le revenu et l’impôt de solidarité sur la fortune (ch. 4), ainsi que la description des renseignements demandés (ch. 6). Dès lors, la requête du 11 mai 2016 contient tous les éléments mentionnés au ch. XI par. 3 du Protocole additionnel. De surcroît, il est relevé que dans l’ATF 146 II 150, le Tribunal fédéral a précisé que la demande du 11 mai 2016 – qui ne contient ni le s noms ni les adresses de personnes concernées mais qui se fonde sur une liste d’environ 40'000 numéros de comptes et autres numéros bancaires sur la base de laquelle l’AFC a pu identifier les personnes concernées – constituait une « demande collective » ( « Listenersuchen ») et non une demande groupée au sens de l’art. 3 let. c LAAF (cf. ATF 146 II 150 consid. 4 ; sur la distinction entre demande groupée et demande individuelle, voir l’arrêt du TF 2C_695/2017 du 29 octobre 2018 consid. 4 et 5). La Haute Cour a rappelé à cet égard qu’au regard de la jurisprudence, les demandes qui concernent un certain nombre de personnes qu’elles identifient par leur nom ou au moyen d’une liste comportant des numéros – tels que le numéro de carte de crédit ou de compte banca ire – doivent être considérées comme une somme de demandes individuelles. Pour des raisons d’économie de procédure, l’autorité requérante rassemble ces demandes individuelles en une demande commune ou collective, bien qu’elle ait pu en principe également l es formuler individuellement (cf. ATF 146 II 150 consid. 4.4, 143 II 628 consid. 4.4. et 5.1 ; arrêts du TF 2C_695/2017 du 29 octobre 2018 consid. 4.4 et 2C_893/2015 du 16 février 2017 consid. 12.1). 7. 7.1 Pour ce qui est des conditions de fond, les recourants reprochent tout d’abord à l’autorité inférieure d’accéder à une demande d’assistance basée sur des données volées, en violation du principe de la bonne foi et de l’art. 7 let. c LAAF. Cette question juridique n’ayant pas été traitée dans l’ATF 146 II 150, il convient par conséquent de l’examiner plus en détail dans la présente cause. A l’appui de leur grief, les recourants avancent que la demande du 11 mai 2016 reposerait sur une infraction punissable au regard du droit suisse, soit l’espionnage économique – c’est-à-dire l’achat illégal par le F-1973/2021, F-1975/2021 Page 27 Land allemand de Rhénanie du Nord -Westphalie d’un CD de données –, et violerait dès lors la disposition précitée sans qu’il n’y ait à établir un quelconque lien de causalité entre cet acte répréhensible et l’obtention par la France des données en question. En tout état de cause, il existerait, selon eux, un tel lien de causalité dès lors que, sans l’achat dudit CD, aucune perquisition n’aurait pu avoir lieu et les données fondant la requête litigieuse n’auraient pas ét é découvertes. Par ailleurs, les intéressés soutiennent que rien ne permet d’affirmer que la France n’était pas consciente de la provenance illicite de ces informations, respectivement que l’Allemagne ne l’en avait pas informée. 7.2 A titre liminaire, la Cour de céans relève qu’il ressort de l’état de fait de la requête qu’une enquête diligentée par le parquet de Bochum et des visites domiciliaires effectuées dans les succursales allemandes de la banque C._______ en mai 2012 et juillet 2013 ont abouti à la sai sie de données concernant des contribuables français liés à des comptes ouverts auprès de la banque C._______ en Suisse. Ces données ont été communiquées à la DGFiP par l’administration fiscale allemande à la suite d’une demande de la France sur la base de la Directive n° 2011/16/UE (cf. consid. A.b supra). De surcroît, l’AFC précise dans la décision finale attaquée que les autorités fiscales allemandes auraient déclaré – dans le cadre d’une procédure d’assistance administrative parallèle – que les données en cause étaient stockées sur un serveur domestique de la banque C._______ à Francfort. Le serveur de sauvegarde comprenait des sauvegardes des ordinateurs des employés de la banque C._______ , parmi lesquels figurait l’ordinateur d’une employée de cette ba nque sur lequel figurent les données en cause. L’autorité inférieure précise du reste que, dans ce contexte, le Ministère public de la Confédération a ouvert le 18 janvier 2017 une enquête contre personne inconnue pour violation éventuelle des art. 47 de l a loi fédérale du 8 novembre 1934 sur les banques (LB, RS 952.0) et 273 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP, RS 311.0). Selon une déclaration soumise par la banque C._______ dans le cadre de cette enquête, le Land allemand de Rhénanie du Nord - Westphalie aurait acheté en août 2012 un CD de données contenant les informations sur des clients enregistrés auprès de la banque C._______ en Suisse. Sur la base de ce CD de données, les autorités allemandes auraient mené des enquêtes contre de nombreux clien ts allemands de la banque C._______. C’est dans le cadre de ces enquêtes que le parquet de Bochum aurait procédé à diverses perquisitions au siège de la banque C._______ à Francfort et auprès d’autres sites de la banque C._______ en Allemagne. Lors de la perquisition au siège de la banque C._______ à Francfort, le Ministère public aurait saisi une grande quantité de données F-1973/2021, F-1975/2021 Page 28 physiques et électroniques où se trouvaient notamment les données en question concernant des clients enregistrés en Suisse. L’AFC énonc e encore que cet exposé des faits est confirmé par le mandat de perquisition délivré par le parquet de Bochum le 3 juillet 2013 qui a été fourni par la banque C._______ dans le cadre de la présente procédure d’assistance administrative (cf. décision finale de l’AFC, ch. 6.4). 7.3 Sur la base des faits tels que décrits ci-avant, il convient d’examiner si la demande litigieuse repose sur des données volées comme l’allèguent les recourants. A cet égard, la jurisprudence du Tribunal fédéral relative aux données v olées prescrit qu’il y a lieu d’examiner dans chaque cas particulier la question d’un éventuel comportement constitutif d’une violation du principe de la bonne foi, étant entendu que celui -ci est établi lorsque l’Etat requérant ne respecte pas un éventuel engagement de ne pas utiliser de données provenant d’actes effectivement punissables au regard du droit suisse et qu’il dépose néanmoins une demande qui présente un lien de causalité direct ou indirect avec de telles données ou qu’il est prouvé qu’il a ach eté des données acquises illégalement pour fonder sa demande (cf. arrêts du TF 2C_88/2018 du 7 décembre 2018 consid. 5.3 à 5.5, 2C_819/2017 du 2 août 2018 consid. 2.2.2, 2C_648/2017 du 17 juillet 2018 consid. 2.3.3 à 2.3.4). Ces deux éléments seront examinés successivement dans les considérants ci-après. 7.3.1 La question déterminante à trancher en premier lieu est celle de savoir si l’autorité requérante a donné l’assurance qu’elle n’utiliserait pas les données – prétendument volées – sur lesquelles la demande litigieuse se fonde. En effet, comme relevé ci -avant, une demande heurte la confiance légitime que la Suisse peut avoir dans l’engagement de l’Etat requérant si ce dernier donne une assurance qu’aucune donnée dérobée sur le territoire suisse ne sera utilisée dans le cadre d’une demande d’assistance adminis trative et qu’il dépose quand même une telle demande, en lien de causalité, direct ou indirect, avec les données dérobées. En l’espèce, à aucun moment l’autorité requérante ne s’est engagée à ne pas déposer de requête d’assistance administrative fondée spécifiquement sur les données recueillies dans le cas d’espèce. Certes, le Tribunal de céans ne nie pas que la France a donné son assurance à la Suisse qu'aucune des données dérobées à la filiale genevoise de la banque HSBC par Hervé Falciani ne serait uti lisée dans le cadre d'une demande d'assistance administrative (l'existence de cet engagement ressort avant tout du communiqué de presse du 12 février 2010 du Département fédéral F-1973/2021, F-1975/2021 Page 29 des finances consultable à l'adres se www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id- 31623.html ; cf. également ATF 143 II 224 consid. 6.5). Toutefois, l’engagement de l’Etat français de ne pas exploiter les données soustraites par Hervé Falciani ne saurait s’étendre aux données de la banque C._______ sur lesquelles la présente demande se fonde (cf. arrêts du TAF A-3045/2020, A-3047/2020 et A-3048/2020 précités consid. 5.2.3 [le TF a déclaré irrecevable les recours déposés contre ces décisions : cf. notamment arrêt du TF 2C_320/2021 du 30 avril 2021] ainsi que A- 1534/2018, A -1555/2018, A -1562/2018 et A -1563/2018 précités consid. 3.6). Il s’agit en effet d’une autre banque et d’un autre état de fait. Le cas échéant, il s’agirait d’un autre acte punissable. Par conséquent, on ne saurait admettre que l’assurance donnée par l a France de ne pas exploiter les données soustraites par Hervé Falciani est transposable dans le cadre de la présente demande, de sorte que le cas d’espèce se distingue de celui jugé par le Tribunal fédéral dans l’ATF 143 II 224, dans lequel il a été considéré que l’Etat français avait violé le principe de la bonne foi en lien avec « l’affaire Falciani ». On ne voit pas qu’il existe par ailleurs un autre engagement pris par l’Etat français dans ce sens et les recourants ne le soutiennent à juste titre pas. 7.3.2 Par ailleurs, la jurisprudence du Tribunal fédéral a certes mentionné l'existence d'un lien de causalité entre les données prétendument volées et la demande d'assistance administrative, dont se prévalent les recourants, comme critère permettant de démontrer l’absence de bonne foi de l'Etat requérant, lorsque celui -ci s'est engagé à ne pas former de demande sur la base de telles données. Toutefois, si une telle assurance n'a pas été donnée – comme dans le cas d’espèce – le fait que la demande se fonde sur d es renseignements éventuellement obtenus à la suite d’un vol de données ne suffit pas, à lui seul, à conclure à un comportement contraire à la bonne foi de l'Etat requérant (cf. arrêt du TF 2C_88/2018 du 7 décembre 2018 consid. 5.4). Nonobstant ce qui préc ède et par surabondance de moyens, le Tribunal de céans relève tout de même que le Tribunal pénal fédéral – soit un tribunal suisse compétent – est parvenu à la conclusion que la vente des données à l’Allemagne constituait une infraction pénale au regard d u droit suisse (cf. arrêt du Tribunal pénal fédéral SK.2016.34 du 21 janvier 2019). Or, malgré cet acte punissable au regard du droit suisse, la Cour de céans a déjà eu l’occasion de juger qu’il n’existait pas de lien de causalité suffisamment étroit entre cet acte – soit la vente de données au Land allemand de Rhénanie du Nord -Westphalie – et la demande du 11 mai 2016 de l’autorité requérante puisque que la chaîne de causalité a été rompue par des facteurs externes, tel que les F-1973/2021, F-1975/2021 Page 30 investigations ultérieures m enées par les autorités allemandes. De surcroît, il est relevé que la demande litigieuse ne se fonde pas directement sur les données obtenues illégalement, mais sur celles trouvées lors des perquisitions effectuées dans les succursales allemandes de la ban que C._______, qui ont ensuite été communiquées à la France sur la base de la Directive n°2011/16/UE (cf. arrêts du TAF A-3045/2020, A-3047/2020 et A-3048/2020 précités consid. 5.2.3 [le TF a déclaré irrecevable les recours déposés contre ces décisions : cf. notamment arrêt du TF 2C_320/2021 du 30 avril 2021] ainsi que A -1534/2018, A-1555/2018, A-1562/2018 et A- 1563/2018 précités consid. 3.6 ; consid. A.b et 5.2.2 supra). 7.3.3 Au demeurant, et contrairement à ce que soutiennent les recourants, force est de rappeler que le principe de la bonne foi entre Etats n’est pas violé du simple fait que la demande d’assistance est fondée sur des données d’origine illicite et que la bonne f oi d'un Etat est présumée dans les relations internationales, ce qui implique que la Suisse ne saurait, en principe, mettre en doute les allégations de la France, à moins d’un doute sérieux (cf. consid. 4.4.2 et 4.4.3 ci-dessus). 7.4 Partant, le grief tiré de la violation du principe de la bonne foi en lien avec l'utilisation de données volées doit être rejeté. 8. 8.1 Au moyen d’un second grief soulevé en cours de procédure de recours, les intéressés arguent que les informations bancaires relatives aux années 2010, 2011 et 2012 doivent être exclues de l'assistance administrative, dans l'hypothèse où celle-ci serait accordée en l'espèce. Ils allèguent que, dans la mesure où certaines informations que l'autorité inférieure prévoit de transmettre à la DGFiP concernent l es années 2010 à 2012, la prescription décennale est atteinte en vertu du droit français. Ces renseignements ne rempliraient donc pas la condition de la pertinence vraisemblable. 8.2 La Cour de céans relève que le grief soulevé par les recourants concerne la procédure interne menée dans l'Etat requérant. La procédure d'assistance ne tranche pas matériellement l'affaire ; il appartient à chaque Etat d'interpréter sa propre législation et de contrôler la manière dont celle- ci est appliquée (cf. arrêts du TF 2C_662/2021 et 2C_663/2021 du 18 mars 2022 consid. 5.4.1 s., 5.5 et 5.5.3 ainsi que les références citées ; 2C_1162/2016 du 4 octobre 2017 consid. 6.4 ; arrêt du TAF A -1944/2017 du 8 août 2018 consid. 3.3.6.2 ; cf. aussi arrêts du TAF A -4669/2016 du 8 décembre 2017 consid. 2.7 ; A-4025/2016 du 2 mai 2017 consid. 3.2.6 F-1973/2021, F-1975/2021 Page 31 avec les nombreuses références citées). Or, déterminer si les impôts dus pour les périodes fiscales 2010, 2011 et 2012 sont prescrits ou non est une question de fond qui devra être invoquée devant les autorités françaises compétentes, puis tranchée par celles-ci. En effet, ni l'AFC ni le TAF n'ont à examiner des objections liées au bien -fondé de la procédure fiscale conduite à l'étranger, ni à s'interroger sur d'éventuels obstacles – comme une éventuelle prescription – qui, en application du droit interne de l'Etat requérant, empêcheraient l'utilisation des renseignements obtenus. Au demeurant, il sied de rappeler que, dans l'appréciation de la pertinence vraisemblable des informations demandées, le rôle de l'Etat requis se limite à un contrôle de la plausibilité (cf. supra, consid. 4.3). 8.3 Partant, il n'incombe pas à la Suisse de se déterminer sur une éventuelle prescription des impôts concernant les années 2010 à 2012. Il appartient en revanche aux recourants de faire valoir cet argument devant les autorités compétentes de l'Etat requérant. Leur grief est donc écarté. 9. 9.1 Vu les considérants qui précèdent, les recours sont rejetés, dans la mesure de leur recevabilité. Les recourants, qui succombent, doi vent supporter les frais de procédure, lesquels se montent, compte tenu de la charge de travail liée à la procédure, à 5'000 francs (art. 63 al. 1 PA et art. 4 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le TAF [FITAF, RS 173.320.2]). Ils seront prélevés sur l'avance de frais déjà versée d'un même montant. 9.2 Vu l'issue de la cause, il n'est pas alloué de dépens (art. 64 al. 1 PA a contrario et art. 7 al. 1 FITAF a contrario). 10. La présente décision rendue dans le dom aine de l'assistance administrative internationale en matière fiscale peut faire l'objet d'un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral (art. 83 let. h LTF). Le délai de recours est de dix jours (art. 100 al. 2 let. b LTF). Le recours n'est recevable que lorsqu'une question juridique de principe se pose ou qu'il s'agit pour d'autres motifs d'un cas particulièrement important au sens de l'art. 84 al. 2 LTF (art. 84a LTF). Le Tribunal fédéral est seul habilité à décider du respect de ces conditions. F-1973/2021, F-1975/2021 Page 32 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Les requêtes d’instruction sont rejetées. 2. Les recours sont rejetés, dans la mesure de leur recevabilité. 3. Les frais de procédure, d’un montant de 5'000 (cinq mille) francs, sont mis à la charge des recourants. Ce montant est prélevé sur l’avance de frais déjà versée, d’un montant équivalent. 4. Il n’est pas alloué de dépens. 5. Le présent arrêt est adressé aux recourants et à l’autorité inférieure. L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. La présidente du collège : Le greffier : Claudia Cotting-Schalch Duc Cung F-1973/2021, F-1975/2021 Page 33 Indication des voies de droit : La présente décision, qui concerne un cas d'assistance administrative internationale en matière fiscale, peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dan s les dix jours qui suivent la notification. Le recours n'est recevable que lorsqu'une question juridique de principe se pose ou qu'il s'agit pour d'autres motifs d'un cas particulièrement important au sens de l'art. 84 al. 2 LTF (art. 82, art. 83 let. h, art. 84a, art. 90 ss et art. 100 al. 2 let. b LTF). Ce délai est réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral soit, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire de recours doit exposer en quoi l'affaire remplit la condition exigée. En outre, le mémoire doit être rédigé dans une langue officielle et doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient entre les mains de la partie recourante (art. 42 LTF). Expédition :