<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp311376"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>113 II 394<br/><br/><br/><div class="paraatf">69. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour civile du 7 octobre 1987 dans la cause Y. contre X. (recours de droit public)</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp312752"></a> <a name="idp318256"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 4 BV</span>; <span class="artref">Art. 416 ZGB</span>. Entschädigung des Vormundes bzw. des provisorischen Vertreters. <div class="paratf">Die Vormundschaftsbehörde, welche die Ausrichtung der Entschädigung des Vertreters davon abhängig macht, dass der Bevormundete keine Verantwortlichkeitsklage gegen den Vormund erhebt, handelt willkürlich. </div> </div> </div> <a name="idp323552"></a> <br/><div> <a name="idp328720"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 394</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page394"></a><div class="center pagebreak">BGE 113 II 394 S. 394</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp330384"></a><span class="bold">A.- </span>Le 23 décembre 1983, la Chambre des tutelles du canton de Genève a privé X de l'exercice de ses droits civils et lui a désigné Y comme représentant provisoire.</div> <div class="paraatf">Le 3 octobre 1985, le Tribunal de première instance a rejeté la requête en interdiction de X. De ce fait, les fonctions de Y ont pris fin.</div> <div class="paraatf">La Chambre des tutelles a approuvé le rapport et les comptes de tutelle pour 1984, puis pour 1985, et a fixé la rémunération du représentant provisoire.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp333232"></a><span class="bold">B.- </span>Statuant sur recours de X, l'Autorité de surveillance a confirmé partiellement les décisions attaquées et dit que sa décision deviendrait exécutoire si, dans le délai d'un mois dès la notification, X n'avait pas introduit une action en dommages-intérêts contre Y.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp334880"></a><span class="bold">C.- </span>Y a formé un recours de droit public pour violation de l'<span class="artref">art. 4 Cst.</span> Le Tribunal fédéral a admis partiellement le recours et annulé la décision attaquée dans la mesure où elle faisait <a name="page395"></a><div class="center pagebreak">BGE 113 II 394 S. 395</div>dépendre l'exigibilité de la rémunération du représentant provisoire de la non-introduction, par le pupille, d'une action en dommages-intérêts.</div> <br/><div> <a name="idp339008"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp339968"></a><span class="bold" id="consideration_2.">2. </span>Tout d'abord, le recourant taxe la décision attaquée d'arbitraire dans la mesure où elle déclare la rémunération due au représentant provisoire exigible uniquement si aucune action n'a été introduite par le pupille dans le délai d'un mois dès la notification de ladite décision. Il a raison. L'exercice des fonctions de tuteur a parfois été considéré comme un nobile officium ne donnant pas droit à une indemnité. Mais le législateur suisse s'est prononcé en faveur du caractère rémunérateur de ces fonctions (<span class="artref">art. 416 CC</span>), qui sont assimilées à un office public et qui peuvent être imposées aux parents mâles du mineur ou de l'interdit, au mari, ainsi qu'à toutes autres personnes du sexe masculin habitant l'arrondissement tutélaire et jouissant des droits civiques (<span class="artref">art. 382 al. 1 CC</span>). La rémunération est fixée par l'autorité tutélaire et elle est prélevée sur les biens du pupille (<span class="artref">art. 416 CC</span>). La décision de l'autorité tutélaire constitue une décision d'une autorité administrative prise dans le cadre de la compétence de cette autorité. Aussi représente-t-elle un titre de mainlevée définitive de l'opposition: JAEGER/DAENIKER (Schuldbetreibungs- und Konkurs-Praxis der Jahre 1911-1945, n. 15/16 ad <span class="artref">art. 80 LP</span>) l'admettent expressément (quant aux décisions administratives en général, cf. PANCHAUD/CAPREZ, La mainlevée d'opposition, par. 123; <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=9&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1987&amp;to_year=1987&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F99-IA-423%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page429">ATF 99 Ia 429</a> /439 consid. 3).</div> <div class="paraatf">Faire dépendre l'exigibilité de la rémunération de la non-introduction d'une action en dommages-intérêts signifie méconnaître la nature et la portée mêmes de la décision qui fixe cette rémunération et qui, dans une poursuite subséquente, ne peut être mise en échec que par l'une des exceptions prévues à l'<span class="artref">art. 81 al. 1 LP</span> (extinction de la dette, sursis, prescription); cela équivaut à rendre illusoire, souvent pendant des années, le droit à la rémunération, qui peut être fait valoir à la fin de chaque période comptable et qui est renforcé par la possibilité de prélever la rémunération sur les biens du pupille. La décision attaquée est, sur ce point, d'autant plus choquante que, comme on l'a vu, la loi oblige à accepter les fonctions de tuteur. L'autorité cantonale se réfère à tort à l'<span class="bgeref_err">ATF 69 II 24</span>, qui concerne le cas, tout différent, <a name="page396"></a><div class="center pagebreak">BGE 113 II 394 S. 396</div>où un tuteur avait été actionné en dommages-intérêts et avait opposé en compensation le montant de sa rémunération alors que celle-ci n'avait pas encore été fixée par l'autorité tutélaire, seule compétente.</div> </div></body></html></html>