<h2>SubmittedText<h2><p>Monsieur John Ging, le directeur du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), a récemment indiqué, devant des parlementaires, qu'il faudrait exactement deux fois plus de moyens (17 milliards de dollars) pour pouvoir apporter aux personnes démunies l'aide dont elles ont besoin. Ainsi, l'année dernière, quelque 575 000 enfants de moins de 5 ans seraient morts au Sahel parce que l'ONU n'a pas pu les aider. Pour Monsieur John Ging, il faut voir là un "déficit humanitaire".</p><p>Je demande au Conseil fédéral s'il a l'intention de doubler la contribution financière que la Suisse verse à l'OCHA de manière à combler, du moins en partie, ce "déficit" et à permettre ainsi à quelques milliers de personnes de survivre.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Le fossé entre les besoins humanitaires dans le monde et les moyens à disposition ne cesse de croître. La multiplication des crises sévères pousse le système humanitaire international au bout de ses possibilités. Récemment, le Programme alimentaire mondial (PAM) a été contraint de suspendre temporairement l'aide alimentaire dans les pays limitrophes de la Syrie.</p><p>Le 8 décembre dernier, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a communiqué le montant de l'appel humanitaire global 2015 devant permettre aux organisations humanitaires onusiennes comme l'UNHCR, le PAM, l'Unicef et OCHA de venir en aide à plus de 57 millions de personnes affectées par des catastrophes et des conflits. Ce montant s'élève à 16,4 milliards de dollars, dont les 70 % doivent être consacrés aux quatre crises majeures en Syrie, en Irak, en République centrafricaine et au Soudan du Sud.</p><p>Les programmes onusiens souffrent d'un sous-financement chronique, les chiffres concernant leur taux de financement et les fonds manquants sont régulièrement actualisés sur <a href="http://fts.unocha.org/">fts.unocha.org</a>. Le système humanitaire mis en oeuvre par l'ONU dépend des contributions des pays donateurs pour l'accomplissement de ses tâches.</p><p>La Suisse s'engage pour un financement solide des organisations onusiennes. À cette fin, l'Aide humanitaire de la Confédération se focalise sur les cinq organisations onusiennes humanitaires que sont le PAM, l'UNHCR, l'OCHA, l'Unicef et l'UNRWA. Celles-ci sont décrites comme partenaires principaux dans le Message sur la coopération internationale 2013-2016 et un tiers du budget de l'Aide humanitaire leur est attribué (les deux autres tiers vont à moitié au CICR et à l'aide humanitaire bilatérale). Dans ce cadre, il s'agit de préserver l'équilibre entre les différents programmes onusiens ; une augmentation unilatérale des moyens destinés à OCHA aurait pour conséquence un effet compensatoire sur les autres programmes. En revanche, un examen spécifique en fonction des pays et des contextes est important. Le 14 janvier 2015, le Conseil fédéral a donc chargé le DFAE d'analyser rapidement comment l'Aide humanitaire dans le contexte syrien pourrait être renforcée par une réappropriation des moyens disponibles. Face aux énormes besoins, le DFAE va de surcroît fournir durant la deuxième moitié de l'année un rapport au Conseil fédéral indiquant dans quelle mesure ces moyens additionnels pourraient être mis à disposition du programme en Syrie.</p><p>La seule contribution annuelle de la Suisse à OCHA a avoisiné les 20 millions de francs en 2014. Comme le budget annuel d'OCHA se situe entre 280 et 300 millions de dollars, la Suisse figure donc parmi les dix principaux donateurs d'OCHA. Ce montant sera probablement augmenté en 2015 proportionnellement aux moyens mis à disposition.</p><p>Face à ces défis, la Suisse va par ailleurs continuer à s'engager fortement avec sa coopération au développement en faveur de la sécurité humaine et dans la lutte contre les causes mêmes des crises humanitaires (lutte contre la pauvreté, prévention et réduction des risques de conflits et catastrophes).</p>  Réponse du Conseil fédéral.