<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2018-03-21-6B_1144-2017.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6B_1144/2017</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 21 mars 2018</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Cour de droit pénal</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">M. et Mmes les Juges fédéraux Denys, Président, </div> <div class="para">Jacquemoud-Rossari et Jametti. </div> <div class="para">Greffière : Mme Cherpillod. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Tribunal d'application des peines et mesures du canton du Valais, </div> <div class="para">intimé, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Mesure thérapeutique institutionnelle, conversion, mode d'exécution, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'ordonnance du Tribunal cantonal du canton du Valais, Chambre pénale, du 28 août 2017 (P3 17 126). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> Par jugement du 25 novembre 2014, le Tribunal cantonal du canton du Valais a condamné X.________ pour actes d'ordre sexuel avec des enfants, contrainte sexuelle, tentative de contrainte sexuelle et viol à une peine privative de liberté de 43 mois et 20 jours. Il a également prononcé un suivi psychothérapeutique ambulatoire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> </div> <div class="para">Par décision du 27 avril 2016, le Tribunal de l'application des peines et mesures du canton du Valais (ci-après: TAPEM) a converti le traitement ambulatoire en une mesure thérapeutique au sens de l'<span class="artref">art. 59 al. 2 CP</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.</b> Par requête du 6 octobre 2016, l'Office des sanctions et des mesures d'accompagnement a requis le contrôle de la libération et de la levée de la mesure thérapeutique institutionnelle, à la suite de l'arrestation de X.________, un mois après qu'une permission lui ait été accordée, son non-retour à son lieu de détention et son arrestation afin de l'y contraindre. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.b.</b> Par décision du 21 avril 2017, le TAPEM a levé la mesure thérapeutique institutionnelle en milieu ouvert (<span class="artref"><artref id="CH/311.0/59/2" type="start"></artref><artref id="CH/311.0/59/1" type="start"></artref>art. 59 al. 1 et 2 CP</span><artref id="CH/311.0/59/2" type="end"></artref><artref id="CH/311.0/2" type="end"></artref>) et ordonné, en lieu et place une mesure thérapeutique institutionnelle (<span class="artref">art. 59 CP</span>), précisant qu'il appartiendra à l'autorité d'exécution, en application de l'<span class="artref">art. 76 CP</span>, de déterminer si cette mesure doit être exécutée en milieu ouvert (<span class="artref"><artref id="CH/311.0/59/2" type="start"></artref><artref id="CH/311.0/59/1" type="start"></artref>art. 59 al. 1 et 2 CP</span><artref id="CH/311.0/59/2" type="end"></artref><artref id="CH/311.0/2" type="end"></artref>) ou en milieu fermé (<span class="artref">art. 59 al. 3 CP</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Par ordonnance du 28 août 2017, la Chambre pénale du Tribunal cantonal du canton du Valais a rejeté le recours formé par X.________ contre cette décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">X.________ forme un recours auprès du Tribunal fédéral contre l'ordonnance du 28 août 2017. Il conclut à ce que la mesure thérapeutique institutionnelle en milieu ouvert soit maintenue et immédiatement appliquée par l'autorité d'exécution. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours en matière pénale est ouvert à l'encontre des décisions sur l'exécution des mesures (<span class="artref">art. 78 al. 2 let. b LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recourant, non assisté, sollicite que son recours puisse être complété avec l'aide d'un avocat. </div> <div class="para">Au vu du recours et de la motivation qu'il contient, son auteur n'apparaît pas incapable de procéder lui-même au sens de l'<span class="artref">art. 41 al. 1 LTF</span>. Le Tribunal fédéral n'a de la sorte pas à lui impartir un délai pour commettre un mandataire, ni lui désigner un avocat. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le recourant conclut à ce que la mesure thérapeutique institutionnelle en milieu ouvert prononcée le 27 avril 2016 soit maintenue et immédiatement appliquée par l'autorité d'exécution. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> Le traitement institutionnel visé par l'<span class="artref">art. 59 CP</span> s'effectue dans un établissement psychiatrique approprié ou dans un établissement d'exécution des mesures (<span class="artref">art. 59 al. 2 CP</span>). Il est exécuté dans un établissement fermé tant qu'il y a lieu de craindre que l'auteur ne s'enfuie ou ne commette de nouvelles infractions. Il peut aussi être effectué dans un établissement pénitentiaire au sens de l'<span class="artref">art. 76 al. 2 CP</span> dans la mesure où le traitement thérapeutique nécessaire est assuré par du personnel qualifié (<span class="artref">art. 59 al. 3 CP</span>). La question de savoir si le placement doit s'effectuer en milieu fermé ou non relève, à l'instar du choix de l'établissement où s'effectuera la mesure, de la compétence de l'autorité d'exécution. Cela étant, si un placement en milieu fermé apparaît déjà nécessaire au moment du prononcé du jugement, le juge peut et doit l'indiquer dans les considérants - mais non dans le dispositif - en traitant des conditions de l'<span class="artref">art. 59 al. 3 CP</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=08.03.2018&amp;to_date=27.03.2018&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-IV-1%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page1">ATF 142 IV 1</a> consid. 2.4.4 p. 7 s. et consid. 2.5 p. 10 s.). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> Aux termes de l'<span class="artref">art. 63a al. 1 CP</span>, l'autorité compétente vérifie au moins une fois par an s'il y a lieu de poursuivre le traitement ambulatoire ou de l'arrêter. Elle ordonne l'arrêt du traitement ambulatoire si sa poursuite paraît vouée à l'échec (<span class="artref">art. 63a al. 2 let. b CP</span>). Dans ce cas, la peine privative de liberté suspendue doit être exécutée (<span class="artref">art. 63b al. 2 CP</span>). Le juge peut toutefois remplacer l'exécution de la peine par une mesure thérapeutique institutionnelle prévue aux art. 59 à 61 CP s'il est à prévoir que cette mesure détournera l'auteur de nouveaux crimes ou de nouveaux délits en relation avec son état (<span class="artref">art. 63b al. 5 CP</span>). </div> <div class="para">Dès lors que l'autorité judiciaire qui prononce une mesure thérapeutique institutionnelle n'a pas la compétence de décider si celle-ci s'effectuera en milieu fermé ou ouvert (cf. supra consid. 3.1), l'autorité judiciaire qui remplace l'exécution de la peine par une mesure thérapeutique institutionnelle ne saurait non plus trancher ce point. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.</b> Aux termes de l'<span class="artref">art. 62d al. 1 CP</span>, l'autorité compétente examine, d'office ou sur demande, si l'auteur peut être libéré conditionnellement de l'exécution d'une mesure thérapeutique institutionnelle (<span class="artref">art. 62 CP</span>) ou si la mesure peut être levée (<span class="artref">art. 62c CP</span>) et, si tel est le cas, quand elle peut l'être. Elle prend une décision à ce sujet au moins une fois par an. </div> <div class="para">En vertu de l'<span class="artref">art. 62c al. 6 CP</span>, le juge peut lever une mesure thérapeutique institutionnelle, avant ou pendant l'exécution de cette mesure, et ordonner, à la place de cette mesure, une autre mesure thérapeutique institutionnelle s'il est à prévoir que cette nouvelle mesure sera manifestement mieux à même de détourner l'auteur d'autres crimes ou délits en relation avec son état. Cette disposition ne vise que la levée d'une mesure thérapeutique institutionnelle (traitement des troubles mentaux [<span class="artref">art. 59 CP</span>] ou traitement des addictions [<span class="artref">art. 60 CP</span>] ou mesures applicables aux jeunes adultes [<span class="artref">art. 61 CP</span>]) et le prononcé, à sa place, d'une <i>autre</i> mesure thérapeutique institutionnelle. Elle n'est en revanche pas applicable pour prononcer la même mesure, mais avec des modalités d'exécution différentes (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=08.03.2018&amp;to_date=27.03.2018&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-IV-1%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page1">ATF 142 IV 1</a> consid. 2.4.4 p. 7). </div> <div class="para">Pour les mêmes motifs que ce qui précède, le juge qui fait application de l'<span class="artref">art. 62c al. 6 CP</span>, n'a pas la compétence de décider dans sa décision des modalités d'exécution de la nouvelle mesure. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.4.</b> En l'espèce, ni l'autorité précédente ni le recourant ne conteste la nécessité de continuer à soumettre ce dernier à une mesure thérapeutique institutionnelle au sens de l'<span class="artref">art. 59 CP</span>. Seul est litigieux le mode d'exécution de cette mesure. </div> <div class="para">En l'occurrence, le TAPEM n'avait pas à préciser lorsqu'il a prononcé cette mesure le 27 avril 2016, en lieu et place du traitement ambulatoire précédemment ordonné, que celle-ci s'effectuerait en milieu ouvert. Il n'avait pas compétence pour décider de ce mode d'exécution. Cette précision, même formulée dans le dispositif de la décision, ne liait pas l'autorité d'exécution. Le principe <i>ne bis in idem</i> ne s'applique par ailleurs pas en cas de mesure au sens de l'<span class="artref">art. 59 CP</span> (arrêt 6B_100/2017 du 9 mars 2017 consid. 4). Le recourant ne saurait dans ces circonstances invoquer le maintien de la décision du 27 avril 2016 pour obtenir que la mesure continue à être exécutée en milieu ouvert. L'autorité de première instance qui souhaitait le maintien de la mesure thérapeutique institutionnelle, n'avait ensuite pas à procéder comme elle l'a fait, levant une mesure pour la prononcer à nouveau, l'<span class="artref">art. 62c al. 6 CP</span> n'étant pas ici applicable. Elle pouvait simplement refuser la levée de la mesure, l'autorité administrative d'exécution étant ensuite compétente pour prononcer son exécution en milieu ouvert ou fermé. Le mode d'exécution, ici seul litigieux, ne relève ainsi pas de l'autorité des instances précédentes, mais devra faire l'objet d'une décision future de l'autorité d'exécution. Dans ces circonstances, le recours, ne portant que sur ce point, ne peut qu'être rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Il s'ensuit que le recours doit être rejeté. </div> <div class="para">Au vu des circonstances particulières du cas, il se justifie de statuer sans frais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Il est statué sans frais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Chambre pénale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 21 mars 2018 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Cour de droit pénal </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Denys </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Cherpillod </div> </div></body></html>