<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le jeudi 17 août 1995, peu après 1 h 30, une patrouille mobile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des douanes a intercepté, à la croisée des routes des Planchettes et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Biaufond, une voiture conduite par le recourant, qui était accompagné de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. et de R. . La fouille du véhicule a permis de dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">couvrir une boulette de haschich appartenant à L. et deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grammes de haschich ainsi qu'un sachet contenant de l'herbe de cannabis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appartenant à C. . Les trois occupants du véhicule ont admis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir fumé ensemble trois joints de haschich au lieu-dit "Pierre-Plate"</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la route de Biaufond.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recourant a été soumis à un test d'urine qui a donné le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résultat suivant : cannabis : positif 3 +. Le médecin qui a examiné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L. a constaté un aspect normal du sujet, notamment l'absence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de signes d'ataxie et relevé un comportement adéquat, collaborant, ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'une appréciation de la situation adaptée et une bonne orientation dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le temps et l'espace. Le médecin conclut son rapport par la mention que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L. ne lui paraissait pas être sous l'influence de stupé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fiants, de médicaments psychotropes ou d'alcool.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le manuscrit qu'il a rédigé à la gendarmerie, L. déclare : {"Je consomme du Hashich depuis 3 ans à raison 1 à 2 }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{joints par jour. J'achète ma marchandise à l'église à Bienne, auprès }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{d'incconnu}" (sic).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. L. a fait opposition à l'ordonnance pénale du 19</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">septembre 1995 qui le condamnait à trente jours d'emprisonnement avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sursis pendant deux ans.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le jugement attaqué condamne le recourant en application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 19a LStup pour avoir consommé du haschich, à raison d'un joint</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par jour jusqu'à son interpellation. Le jugement retient en outre ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suit au sujet des infractions LCR visées par le ministère public :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"d'autre part, L. a été soumis le jeudi 17 août 1995 à un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">test d'urine. Ce dernier a révélé qu'il était positif 3 + au cannabis. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a ainsi circulé en étant sous l'influence de stupéfiants, contrevenant aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">articles 31/2 LCR et 2/1 OCR, punissables en vertu de l'article 90/2 LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">En effet, de jurisprudence constante, le fait de conduire un véhicule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">automobile sous l'influence de stupéfiants doit être considéré comme une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faute grave de la circulation routière".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. L. se pourvoit en cassation contre ce jugement. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invoque l'arbitraire et une fausse application de la loi. Selon lui, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine est disproportionnée à la quantité minime consommée et le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aurait dû faire application de l'article 19a ch.2 LStup. En ce qui con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cerne les infractions à la loi sur la circulation routière, il observe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il était en état de conduire, que la gendarmerie l'a laissé conduire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">depuis l'endroit où il a été interpellé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. La présidente suppléante du Tribunal du district de La Chaux-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de-Fonds ne formule pas d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le substitut du procureur général conclut au rejet du recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans formuler d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le jugement attaqué a été notifié au recourant le 21 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996. Le recours, posté le lundi 2 décembre 1996, respecte le délai de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 244 CPP. Il est également recevable quant à la forme.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Aux termes de l'article 19a ch.1 LStup, est passible des arrêts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou de l'amende, celui qui, sans droit, aura consommé intentionnellement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des stupéfiants ou celui qui aura commis une infraction à l'article 19</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour assurer sa propre consommation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le jugement attaqué a appliqué correctement l'article 19a LStup.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le recourant semble ne pas avoir compris qu'il a été condamné non pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seulement pour le joint fumé le 17 août 1995, mais pour sa consommation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">régulière, jusqu'à cette date, d'un joint par jour. Il ne saurait être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question, dans ces conditions, de qualifier le cas de bénin.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'article 31 al.2 LCR dispose que quiconque est pris de bois-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son, surmené ou n'est pas en mesure, pour d'autres raisons, de conduire un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véhicule, est tenu de s'en abstenir. L'article 2 al.1 OCR précise la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposition légale comme suit : "Est tenu de s'abstenir de conduire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quiconque n'en n'est pas apte parce qu'il est surmené, sous l'effet de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'alcool, d'un médicament ou d'une drogue, ou pour d'autres raisons".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'article 90 ch.2 LCR qualifie de délit punissable de l'empri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonnement ou de l'amende une violation grave d'une règle de la circula-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, lorsque l'auteur aura créé un sérieux danger pour la sécurité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autrui ou en aura pris le risque.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il a certes été parfois retenu que la conduite d'un véhicule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">automobile sous l'influence du haschich constituait une faute compromet-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant gravement la sécurité de la route (JDT 1982 I 408), mais cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence n'est plus conforme à celle du Tribunal fédéral (Bussy et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Rusconi, Code suisse de la circulation routière, commentaire, 1996, no 3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ad art.31 LCR, et la récente jurisprudence citée).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans une affaire qui présentait plusieurs similitudes avec la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présente cause, la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral, statuant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 9 juin 1989 sur un recours de droit administratif, a retenu ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suit :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> {"Dans la décision de première instance, le Département de police }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{avait déclaré que le recourant avait conduit &lt;&lt;sous l'influence de stupé}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{fiants et donc en état de patente inaptitude psychique et physique&gt;&gt;. A }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{raison, le recourant conteste le bien-fondé d'une telle déclaration. Si, }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{contrairement au sens commun que l'on attribue habituellement à l'expres}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{sion &lt;&lt;sous l'influence&gt;&gt;, le Département a simplement voulu dire &lt;&lt;après }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{avoir absorbé&gt;&gt;, on peut encore admettre que cette phrase est ambiguë; }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{mais s'il a voulu laisser entendre, comme on interprète normalement }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{l'expression, qu'une telle influence était d'une certaine manière }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{perceptible, il est alors en contradiction flagrante avec le fait que les }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{agents de police ont omis de retirer le permis de conduire au recourant et }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{de l'empêcher de reprendre le volant; ils l'ont au contraire invité à con}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{duire l'automobile sur une distance de 3 km jusqu'au poste de police, le }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{laissant ensuite repartir avec son permis au volant du même véhicule. Le }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{contenu de la phrase suivante est encore moins soutenable : &lt;&lt;il est donc }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{en état de patente inaptitude psychique et physique&gt;&gt;, et cela pour les }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{mêmes raisons, justement relevées d'ailleurs par le recourant. Rien dans }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{les faits ne laisse supposer que les agents qui sont intervenus avaient }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{des doutes sur l'aptitude apparente du recourant à conduire. S'il n'en }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{avait pas été ainsi, ceux-ci auraient procédé de manière erronée en }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{l'invitant à reprendre le volant de sa voiture et en lui laissant son }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{permis de conduire. Il est par contre compréhensible que la police ait }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{voulu verbaliser les faits et la consommation de haschich en vue d'une }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{éventuelle procédure future; on aurait pu ainsi établir si, de manière }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{générale, A. était apte à conduire ou si, compte tenu aussi de certains de }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{ses précédents, il ne se justifiait pas de procéder à un retrait de }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{sécurité. Le considérant suivant contenu dans la décision de première }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{instance est purement déclaratif et est, dans le cas d'espèce, dénué de }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{toute importance concrète : il est certainement vrai que, &lt;&lt;selon l'avis }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{d'éminents experts en la matière, la consommation de stupéfiants compromet }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{l'aptitude normale à conduire de tout conducteur&gt;&gt;, mais une telle vérité }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{ne dispense en aucune manière l'autorité de procéder aux vérifications }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{individuelles mentionnées dans le premier considérant de la présente déci}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{sion. S'il est vrai que le haschich est (cf. art.1er al.2 ch.4 de la loi }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{sur les stupéfiants) un stupéfiant interdit (bien que malheureusement trop }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{largement diffusé en quantité plus ou moins dangereuse), cela ne signifie }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{pas encore que n'importe quelle quantité absorbée provoque immédiatement }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{et sans autre condition une inaptitude à conduire; on pourrait en l'occur}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{rence citer l'exemple de l'absinthe qui est également une substance }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{alcoolique interdite (pour des raisons médico-sociales), mais qui, pour }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{ses effets sur le taux d'alcoolémie, est traitée comme toute boisson }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{alcoolique. Le fait que A. ait admis avoir fumé un joint avec son amie ne }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{suffit pas encore à prouver son inaptitude concrète ou même seulement pré}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{sumée (comme semble le prétendre le Département). C'est une chose d'inter}-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{dire la consommation de haschich, c'en est une autre de la considérer, }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{sans distinction aucune, en particulier selon la quantité, la durée de la }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{consommation, la réaction de l'organisme, comme engendrant dans chaque cas }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{une incapacité à conduire. Même le précédent particulier du recourant, }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{averti en 1985 par le même Département pour consommation de stupéfiants, }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{n'exemptait pas l'autorité d'accomplir les vérifications médico-légales; }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{un tel précédent aurait dû la pousser au contraire à y procéder en vue }</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">{d'un éventuel retrait de sécurité."} (ATF 115 Ib 328, c.2b; JdT 1989 I</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">657).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le Tribunal fédéral a confirmé récemment cette jurisprudence en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rappelant que l'examen de l'incidence de la toxicomanie sur le comporte-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de l'homme comme conducteur en général exigeait des connaissances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulières qui justifient en principe l'intervention de personnes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">spécialisées et le recours à une expertise médico-légale (ATF 120 Ib 305;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">JdT 1995 I 697).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les critères d'interprétation dégagés par le Tribunal fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'appliquent tant à la procédure administrative (retrait du permis de con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duire) qu'à la procédure pénale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors, lorsque le comportement du conducteur qui a consommé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du haschich ne révèle pas qu'il est incapable de conduire, une condamna-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion en application de l'article 31 al.2 LCR ne peut être prononcée que si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'incapacité de conduire résulte d'une expertise médico-légale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans un arrêt du 14 juin 1995, le Tribunal administratif du can-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ton de Fribourg rappelle que la consommation de cannabis peut avoir pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet de diminuer les capacités de perception et de concentration, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le simple fait d'avoir découvert des traces de cannabis dans l'urine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne constitue pas une preuve suffisante de l'incapacité de conduire. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seul résultat de l'analyse ne permet ni de démontrer ni d'exclure des ef-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fets au niveau de la capacité de conduire (Iten, Fahren unter Drogen -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">oder Medikamenteneinfluss, Institut für Rechtsmedizin, Universität Zürich,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994, p.71). Les juges fribourgeois observent ensuite que le dossier ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contenait aucune constatation de la police, du médecin ou d'autres usagers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la route sur le comportement du conducteur après l'accident (RFJ 1995</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.166).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le jugement attaqué viole l'article 31 al.2 LCR dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure où il retient une incapacité de conduire fondée sur la seule analy-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se d'urine, en l'absence d'un rapport médico-légal et alors qu'il ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résulte d'aucune pièce du dossier que L. n'aurait pas été en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure de conduire. Au contraire, le jugement attaqué ne relève pas que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les déclarations du recourant, qui affirme que les gendarmes l'on laissé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conduire après son interpellation, seraient fausses et le médecin qui a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">examiné L. le 17 août 1995 n'a relevé aucun signe qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permettrait de conclure à une incapacité de conduire et est parvenu à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusion que L. ne paraissait pas sous l'influence de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">stupéfiants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Compte tenu du rapport médical figurant au dossier et du fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'à la date du jugement de première instance une expertise médico-légale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'aurait plus pu permettre de connaître les facultés de conduire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L. le 17 août 1995 et en outre dans la mesure où, à elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seule, l'analyse d'urine est insuffisante, le Tribunal de police aurait dû</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">abandonner la prévention tirée des articles 31 al.2 LCR et 2 al.1 OCR. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement attaqué doit être cassé sur ce point.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Le dossier est suffisamment complet pour permettre à la Cour de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cassation pénale de statuer elle-même et de fixer la peine qui doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcée en application de l'article 19a LStup. L. a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné le 6 septembre 1993 par le juge d'instruction du 4ème ressort</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fribourgeois pour avoir acquis et consommé, du 2 juillet 1992 au 22 mai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993, environ vingt-huit grammes de haschich. Le rapport de renseignements</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">généraux ne relève rien de négatif sinon la consommation de haschich. Au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surplus, le jugement relève que L. ne consommerait pratique-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment plus de haschich. Actuellement en apprentissage au CPJN, L. est entretenu par ses parents qui lui donnent 200 francs d'argent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de poche par mois.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, c'est une peine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 200 francs d'amende qui sera prononcée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Vu le sort de la cause, L. supportera les frais de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">première instance non liés aux infractions LCR, par 150 francs. Les frais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de recours seront laissés à la charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule le jugement du 2 juillet 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statuant au fond :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Condamne L. à 200 francs d'amende et à 150 francs de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Laisse les frais de la procédure de recours à la charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 29 janvier 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>