<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">6S.486/2004 /rod </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 28 janvier 2005 </div> <div class="para">Cour de cassation pénale </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Schneider, Président, </div> <div class="para">Kolly et Zünd. </div> <div class="para">Greffière: Mme Kistler. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">Commission fédérale des maisons de jeu, 3003 Berne, </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">intimé, représenté par Me Pascal Pétroz, avocat, </div> <div class="para">Procureur général du canton de Genève, </div> <div class="para">case postale 3565, 1211 Genève 3, </div> <div class="para">Ministère public de la Confédération, </div> <div class="para">Taubenstrasse 16, 3003 Berne. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Violation de la LF sur les maisons de jeu (<span class="artref">art. 56 al. 1 let. a LMJ</span>), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">pourvoi en nullité contre l'arrêt de la Cour de justice du canton de Genève, Chambre pénale, du 22 novembre 2004. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Par prononcé pénal du 28 août 2003, la Commission fédérale des maisons de jeu (ci-après: CFMJ) a condamné X.________ à une amende de 4'000 francs pour avoir exploité des jeux de hasard sur internet en violation des art. 55 al. 1 let. a et 5 de la loi fédérale du 18 décembre 1998 sur les jeux de hasard et les maisons de jeu (LMJ; RS 935.52). En résumé, elle reprochait à X.________ d'avoir exploité le site internet www.casinodedivonne.com, qui renvoyait les utilisateurs sur le site www.casinoglamour.com, ainsi que d'avoir placé des liens et utilisé d'autres moyens de publicité pour attirer les utilisateurs sur ces sites, le site www.casinoglamour.com offrant aux internautes la possibilité de jouer à des jeux de hasard similaires aux tables de jeux des casinos. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Conformément à l'art. 72 de la loi fédérale du 22 mars 1974 sur le droit pénal administratif (DPA; RS 313.0), X.________ a demandé à être jugé par un tribunal. Le 2 juin 2004, le Tribunal de police de Genève a modifié partiellement le prononcé de l'administration en ce sens qu'il a reconnu X.________ coupable de complicité d'exploitation de jeux de hasard sur internet (<span class="artref">art. 25 CP</span>, <span class="artref"><artref id="CH/935.52/5" type="start"></artref>art. 5 et 55 al. 1 let. a LMJ</span><artref id="CH/935.52/55/1/a" type="end"></artref>). </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">Statuant le 22 novembre 2004 sur appel de X.________, la Cour de justice du canton de Genève (Chambre pénale) a acquitté X.________ de la prévention de complicité d'exploitation de jeux de hasard pour le motif qu'il existait un doute que l'exploitation du site soit interdite dans le pays où est inscrite la société qui le gère. Elle s'est ensuite demandée si X.________ s'était rendu coupable, à titre d'auteur principal, d'infraction à l'<span class="artref">art. 56 al. 1 let. a LMJ</span>, comme l'avait soutenu la CFMJ; cette disposition prévoit que sera puni des arrêts ou d'une amende de 500'000 francs au plus celui qui aura organisé ou exploité par métier des jeux de hasard à l'extérieur d'une maison de jeu. Mais la Cour a ensuite retenu: "Dans la mesure où les débats devant les premiers juges n'ont pas porté sur l'applicabilité de cette disposition, et où ni le Ministère public de la Confédération, ni le Ministère public genevois, ni la CFMJ n'ont fait appel, la Cour ne saurait entrer en matière sans violer le droit d'être entendu de l'appelant". </div> <div class="para">D. </div> <div class="para">Contre cet arrêt cantonal, la CFMJ se pourvoit en nullité au Tribunal fédéral. Invoquant une violation de l'<span class="artref">art. 56 al. 1 let. a LMJ</span>, elle conclut à l'annulation de l'arrêt attaqué. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral considère en droit: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">1.1 Selon l'<span class="artref">art. 83 DPA</span>, le procureur général de la Confédération et l'administration concernée peuvent se pourvoir en nullité de façon indépendante contre les jugements des tribunaux cantonaux qui ne peuvent pas donner lieu à un recours de droit cantonal pour violation du droit fédéral. Instaurée par la jurisprudence en 1979 (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=15.01.2005&amp;to_date=03.02.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F105-IV-286%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page286">ATF 105 IV 286</a> consid. 3 p. 287 s.), puis supprimée en 1991 (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=15.01.2005&amp;to_date=03.02.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F117-IV-484%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page484">ATF 117 IV 484</a> consid. 2 p. 488 ss), la qualité pour recourir de l'administration concernée a été réintroduite par la loi du 22 décembre 1999, entrée en vigueur le 1er janvier 2002 (RO 2001 3308 3314; FF 1998 1253 p. 1284 ch. 222.1). L'administration concernée est celle qui a rendu le prononcé pénal et qui avait la qualité de partie dans la procédure judiciaire devant les instances cantonales (<span class="artref"><artref id="CH/313.0/70" type="start"></artref>art. 70 et 74 DPA</span><artref id="CH/313.0/74" type="end"></artref>). En l'espèce, la CFMJ, qui est compétente pour juger des infractions à la LMJ (<span class="artref">art. 57 al. 1 LMJ</span>), a rendu le 28 août 2003 le prononcé pénal à l'encontre de l'intimé. Elle a donc qualité pour se pourvoir en nullité. </div> <div class="para">1.2 Le pourvoi en nullité n'est recevable que pour violation du droit fédéral (<span class="artref">art. 269 al. 1 PPF</span>), à l'exclusion des violations directes de droits constitutionnels qui ne peuvent être invoquées que par la voie du recours de droit public (<span class="artref">art. 269 al. 2 PPF</span>). Comme le relève correctement la recourante, il y a toutefois violation du droit fédéral et la voie du pourvoi est ouverte lorsqu'une norme de droit fédéral n'a pas été appliquée au motif qu'elle conduirait à un résultat incompatible avec des normes constitutionnelles ou conventionnelles de rang supérieur (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=15.01.2005&amp;to_date=03.02.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F117-IV-124%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page124">ATF 117 IV 124</a> consid. 1 p.125, 114 IV 116 c. 1c p. 119). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En l'espèce cependant, la cour cantonale n'a pas retenu, ni même envisagé l'hypothèse que l'<span class="artref">art. 56 al. 1 let. a LMJ</span> était en lui-même inconstitutionnel ou non susceptible d'une interprétation conforme au droit constitutionnel. C'est uniquement pour des motifs liés à la procédure suivie dans le cas d'espèce qu'elle a estimé ne pas pouvoir examiner la question d'une condamnation de l'intimé sur la base de cette disposition légale. Ses réserves d'ordre constitutionnel ne se rapportent pas à l'<span class="artref">art. 56 LMJ</span> en tant que tel. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Savoir si la cour cantonale était en droit, en appel, de condamner l'intimé, seul recourant en instance cantonale, pour une nouvelle infraction et, cas échéant, si elle devait préalablement rouvrir les débats afin de garantir son droit d'être entendu, sont des questions de procédure régies par le droit constitutionnel et conventionnel ainsi que par le droit cantonal. Elles ne peuvent faire l'objet d'un pourvoi en nullité. La question d'une réception du présent mémoire comme recours de droit public ne se pose pas pour le motif que cette voie de droit n'est pas ouverte à la recourante (<span class="artref">art. 88 OJ</span>). </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais (<span class="artref">art. 278 al. 2 PPF</span> par analogie). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il n'est pas alloué d'indemnité à l'intimé qui n'est pas intervenu dans la présente procédure. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le pourvoi est irrecevable. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais ni alloué d'indemnité. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué en copie aux parties, au Procureur général du canton de Genève, au Ministère public de la Confédération et à la Cour de justice du canton de Genève, Chambre pénale. </div> <div class="para">Lausanne, le 28 janvier 2005 </div> <div class="para">Au nom de la Cour de cassation pénale </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">Le président: La greffière: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>