<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp320384"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>137 IV 215<br/><br/><br/><div class="paraatf">31. Extrait de l'arrêt de la Ire Cour de droit public dans la cause Ministère public central du canton de Vaud contre A. (recours en matière pénale)</div> <div class="paraatf">1B_195/2011 du 28 juin 2011</div> <a name="idp322000"></a> <a name="idp330352"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Verfahrensleitung durch das Zwangsmassnahmengericht; amtliche Verteidigung vor diesem Gericht; <span class="artref"><artref id="CH/312.0/61" type="start"></artref>Art. 61 und 131 ff. StPO</span><artref id="CH/312.0/131" type="end"></artref>. <div class="paratf">Obwohl das Zwangsmassnahmengericht in <span class="artref">Art. 61 StPO</span> nicht explizit erwähnt wird, obliegt diesem in allen Verfahren, die in seine Zuständigkeit fallen, die Verfahrensleitung. Insoweit ist das Zwangsmassnahmengericht zuständig für die Sicherstellung der notwendigen Verteidigung und für die Anordnung und Bestellung einer amtlichen Verteidigung (E. 2.3). </div> <div class="paratf">Die Verfahrensleitung durch das Zwangsmassnahmengericht beschränkt sich auf Verfahren, die sich in seiner Zuständigkeit abwickeln. Die Staatsanwaltschaft behält folglich die Verfahrensleitung für alle Angelegenheiten, die in ihre eigene Zuständigkeit fallen (E. 2.4). </div> </div> </div> <a name="idp338256"></a> <br/><div> <a name="idp343200"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 216</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page216"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 215 S. 216</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp344864"></a><span class="bold">A. </span>Le Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois a requis du Tribunal des mesures de contrainte du canton de Vaud (ci-après: le Tmc) la mise en détention provisoire de A. Estimant que la présence d'un avocat d'office était nécessaire pour l'audience de mise en détention provisoire, le Tmc a fait appel à la permanence des avocats du canton de Vaud, qui a attribué le dossier à Me X. Le 20 janvier 2011, après avoir entendu A. en présence de l'avocat précité, le Tmc a ordonné la détention provisoire du prévenu pour une durée maximale de quarante-cinq jours. Par ordonnance du 21 janvier 2011, le Tmc a désigné Me X. en qualité de défenseur d'office de A., avec effet au 20 janvier 2011, au motif que la présence d'un avocat d'office était nécessaire pour l'audience de mise en détention provisoire.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp347664"></a><span class="bold">B. </span>Le Ministère public a recouru contre cette ordonnance auprès de la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-après: le Tribunal cantonal), en soutenant que le Tmc ne pouvait pas statuer sur la défense d'office du prévenu, cette compétence appartenant exclusivement aux autorités de direction de la procédure énumérées à l'art. 61 du Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP; RS 312.0). Le Tribunal cantonal a rejeté le recours par arrêt du 23 mars 2011, considérant en substance que le Tmc était compétent pour désigner un avocat d'office au prévenu, le mandat de ce défenseur étant limité à la défense des intérêts de son client devant ce tribunal uniquement.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp350256"></a><span class="bold">C. </span>Agissant par la voie du recours en matière pénale, le Ministère public central du canton de Vaud demande au Tribunal fédéral d'annuler cet arrêt ainsi que l'ordonnance du Tmc du 21 janvier 2011. Le Tribunal fédéral a rejeté le recours dans la mesure de sa recevabilité.</div> <div class="paraatf"> <i>(résumé)</i> <a name="page217"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 215 S. 217</div> </div> <br/><div> <a name="idp189376"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp190336"></a><span class="bold" id="consideration_2.">2. </span>Le Ministère public recourant soutient que le Tribunal des mesures de contrainte n'est pas compétent pour désigner un défenseur d'office, cette compétence incombant exclusivement aux autorités de direction de la procédure énumérées à l'<span class="artref">art. 61 CPP</span>.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp378192"></a><span class="bold" id="consideration_2.1">2.1 </span>Selon les art. 132 al. 1 et 133 al. 1 CPP, c'est à la direction de la procédure qu'il incombe d'ordonner la défense d'office et de désigner le défenseur d'office. Aux termes de l'<span class="artref">art. 61 CPP</span>, l'autorité investie de la direction de la procédure est le ministère public jusqu'à la décision de classement ou la mise en accusation (let. a), l'autorité pénale compétente en matière de contraventions, s'agissant d'une procédure de répression des contraventions (let. b), le président du tribunal, s'agissant d'une procédure devant un tribunal collégial (let. c) et le juge, s'agissant d'une procédure devant un juge unique (let. d).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp381856"></a><span class="bold" id="consideration_2.2">2.2 </span>L'avant-projet du code de procédure pénale prévoyait que "la direction de la procédure du tribunal des mesures de contrainte", statuant sur requête du ministère public, était compétente pour désigner le défenseur d'office (art. 139 al. 1 AP-CPP). Or, la version du CPP adoptée le 5 octobre 2007 mentionne seulement "la direction de la procédure compétente au stade considéré" (<span class="artref">art. 133 al. 1 CPP</span>). Il est possible que cette modification réponde aux inquiétudes exprimées par certains participants à la procédure de consultation, qui craignaient qu'une décision du Tmc sur proposition du ministère public aille à l'encontre du principe de célérité (Département fédéral de justice et police, Synthèse des résultats de la procédure de consultation relative aux avant-projets de CPP et de loi fédérale régissant la procédure pénale applicable aux mineurs, 2003, p. 41). Rien n'indique cependant que le législateur ait voulu exclure toute compétence du Tmc en la matière, notamment pour les procédures qui se déroulent devant lui.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp385872"></a><span class="bold" id="consideration_2.3">2.3 </span>Il est vrai que le tribunal des mesures de contrainte ne figure pas expressément parmi les autorités de direction de la procédure énumérées à l'<span class="artref">art. 61 CPP</span>. Il s'agit néanmoins d'un tribunal, qui a des attributions judiciaires au même titre que le tribunal de première instance, l'autorité de recours ou la juridiction d'appel (<span class="artref">art. 13 CPP</span>). Il est ainsi compétent pour ordonner la détention provisoire et la détention pour motifs de sûreté, ainsi que d'autres mesures de contrainte lorsque le code le prévoit (<span class="artref">art. 18 CPP</span>). En matière de détention, il a des prérogatives étendues puisqu'il peut ordonner la détention <a name="page218"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 215 S. 218</div>provisoire (<span class="artref"><artref id="CH/312.0/220/224" type="start"></artref><artref id="CH/312.0/220/1" type="start"></artref>art. 220 al. 1 et 224 ss CPP</span><artref id="CH/312.0/220/224" type="end"></artref><artref id="CH/312.0/224" type="end"></artref>) et la prolongation de celle-ci (<span class="artref">art. 227 CPP</span>), statuer sur les demandes de libération de la détention provisoire rejetées par le ministère public (<span class="artref">art. 228 al. 4 CPP</span>), ordonner la détention pour des motifs de sûreté (<span class="artref">art. 229 CPP</span>) et statuer sur la libération de la détention pour des motifs de sûreté durant la procédure de première instance, en cas de refus de la direction de la procédure de première instance (<span class="artref">art. 230 al. 3 CPP</span>) ou en cas de désaccord entre celle-ci et le ministère public (<span class="artref">art. 230 al. 4 CPP</span>).</div> <div class="paraatf">Dans ces conditions, le tribunal des mesures de contrainte apparaît comme un tribunal à part entière et rien ne justifie de le traiter différemment des tribunaux collégiaux et des juges uniques visés par l'<span class="artref">art. 61 let</span>. c et d CPP. Le Tmc doit par conséquent être investi de la direction de la procédure qui se déroule devant lui, en raison notamment des larges compétences que lui confère le code (cf. ADRIAN JENT, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2011, n° 11 ad <span class="artref">art. 61 CPP</span>). De plus, dès lors que le code impose à la direction de la procédure de s'assurer du bon déroulement et de la légalité de la procédure (<span class="artref">art. 62 al. 1 CPP</span>), il apparaît cohérent que le Tmc soit responsable de ces questions pour les procédures dont il a la charge. Devant le Tmc, le ministère public a en effet un statut largement assimilable à celui de partie, de sorte qu'il ne saurait être le garant du bon déroulement de cette procédure. C'est dès lors au Tmc qu'il incombe d'assumer cette responsabilité, en s'assurant en particulier du respect du droit d'être entendu garanti notamment par l'<span class="artref">art. 107 CPP</span>. Il appartient ainsi au Tmc de mettre en oeuvre la défense obligatoire, d'ordonner une défense d'office et de désigner un défenseur d'office pour les procédures dont il a la charge (cf. également DANIEL LOGOS, in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, n° 17 ad <span class="artref">art. 225 CPP</span>; FABIO RIGHETTI, in Kommentierte Textausgabe zur Schweizerischen Strafprozessordnung, Goldschmid/Maurer/Sollberger [éd.], 2008, p. 211).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp418112"></a><span class="bold" id="consideration_2.4">2.4 </span>En définitive, le Tmc est investi de la direction de la procédure au sens de l'<span class="artref">art. 61 let</span>. c et d pour les procédures qui sont de son ressort. La direction de la procédure incombe au président de ce tribunal si celui-ci est constitué en tribunal collégial (<span class="artref">art. 61 let</span>. c CPP) et au juge si, comme c'est le cas dans le canton de Vaud, le tribunal en question est formé d'un juge unique (<span class="artref">art. 61 let</span>. d CPP).</div> <div class="paraatf">Le ministère public conserve en revanche la direction de la procédure pour ce qui concerne ses compétences propres, telles qu'elles sont définies à l'<span class="artref">art. 16 CPP</span>. Ainsi, les prérogatives du Tmc en qualité de <a name="page219"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 215 S. 219</div>la direction de la procédure se limitent à la procédure qui se déroule devant lui, de sorte que le risque de décisions contradictoires peut être écarté. Concernant en particulier la défense d'office, le Tmc se limitera à l'ordonner pour la procédure dont il a la charge.</div> </div></body></html>