<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Les articles 2156, 2157 et 2158 du cadastre de X. sont co-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propriétaires de l'article 2160 du même cadastre, d'une surface de 2'210</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">m2. Au nord et, en partie, à l'ouest de cette dernière parcelle s'étend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une forêt. Selon le plan d'aménagement de la commune de X. sanctionné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le Conseil d'Etat 4 juin 1974, l'article 2160 était affecté en partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la zone de plan de quartier (ordre non contigu 1), selon une limite en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retrait de 30 mètres par rapport à la lisière de la forêt. Le reste de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parcelle, en bordure de la forêt, était inconstructible. Le 16 août 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Conseil d'Etat a sanctionné le nouveau plan ainsi que le nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règlement d'aménagement de la Commune de X. . Ce nouveau plan d'amé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nagement a pour effet d'étendre jusqu'en lisière de forêt la zone d'urba-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nisation et de placer la parcelle 2160 entièrement en zone d'habitation à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">haute densité. En outre, il indique une "limite des 30 m à la forêt", re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise du plan délimitant les forêts par rapport à la zone à bâtir sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">territoire de la commune de X. , sanctionné par le Département de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion du territoire le 26 avril 1995. Cette limite traverse le bien-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonds susmentionné selon un tracé qui ne correspond pas à l'ancienne li-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mite de la zone constructible.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 29 mai 1997, le Département de la gestion du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">territoire (ci-après: le département) a arrêté le montant de la contri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bution de plus-value réclamée aux copropriétaires de l'article 2160. Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en effet retenu qu'en raison de son affectation en zone d'urbanisation une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surface de 1'650 mètres carrés de cette parcelle avait acquis une valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 100 francs le mètre carré, soit 165'000 francs au total, dont il y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait lieu, pour calculer la plus-value, de déduire 7 francs de valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agricole au mètre carré, soit 11'550 francs. Il a arrêté le montant per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ceptible de 20% de la différence entre ces deux sommes (153'450 francs) à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">30'690 francs et fixé le délai de perception au moment de la construction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou de la vente. En outre, il a ordonné la mention au registre foncier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une hypothèque légale garantissant le paiement en question.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Les membres de la communauté des copropriétaires du terrain a et ceux de la communauté des copropriétaires du terrain b , propriétaires des articles 2156 et 2157 du cadastre de X. , recourent contre ce prononcé auprès du Tribunal administratif le 20 juin 1997. Pour l'essentiel, ils font valoir que la majeure partie (les 4/5èmes au moins) de l'aire de la parcelle 2160 du cadastre de X. censée générer une plus-value est frappée d'interdiction de bâtir en raison de la proximité de la forêt; que la surface restante est nettement insuffisante pour permettre une construction; que le département a donc commis une erreur en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérant que, par la modification de zone en question, le prix du terrain passait de 7 francs à 100 francs au m2, quelles que soient les raisons pour lesquelles a eu lieu le dézonage. Les recourants requièrent une visite des lieux et concluent à l'annulation de la décision entreprise, sous suite de frais et dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans ses observations, le département relève que le troisième</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">copropriétaire de l'article 2160 du cadastre de X. , auquel la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision entreprise n'a pas été notifiée en même temps qu'aux deux autres,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas manifesté son accord au recours et qu'il y a donc lieu d'examiner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la recevabilité de celui-ci. Quant au fond, le département note que, même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">si le terrain se situant en bordure de la forêt ne peut lui-même recevoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune construction, il entre tout de même dans le calcul de la surface</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constructible, de sorte qu'un bâtiment plus grand pourrait être érigé sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le reste de la parcelle. Le département conclut au rejet du recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les autres arguments des parties seront repris en tant que be-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soin dans les considérants ci-après.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Des renseignements complémentaires ont été requis par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal administratif auprès du département et de la Commune de X. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Les parties en ont été informées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Selon l'article 32 litt.a LPJA, a qualité pour recourir toute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne touchée par une décision et ayant un intérêt digne de protection</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à ce qu'elle soit annulée ou modifiée. Selon la jurisprudence, l'intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut être juridique ou simplement de fait et il importe peu qu'il soit ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">non protégé par la norme applicable. Il doit être personnel et direct pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éviter l'action populaire. Pour autant que le recours soit dirigé contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une décision créant des droits ou des obligations, chacun des membres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une communauté héréditaire, par exemple, a qualité pour agir de façon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indépendante (RJN 1993, p.297 et les références; ATF 116 Ib 447). Le même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit doit être reconnu, dans de telles procédures, aux membres d'une co-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propriété (Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des Bundes, Zürich 1993, No 233, p.143).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, il ne fait pas de doute que la décision entreprise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">crée des obligations pour chacun des copropriétaires du bien-fonds con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cerné. Le fait que le troisième de ces copropriétaires ne s'est pas pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">noncé sur le recours n'empêche donc pas qu'il soit entré en matière.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Interjeté par ailleurs dans les formes et délai légaux, le recours est dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 33 LCAT, les avantages et les inconvénients</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résultant de mesures d'aménagement du territoire font l'objet d'une com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pensation s'ils sont majeurs. L'augmentation de valeur d'un bien-fonds</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consécutive à son affectation à la zone d'urbanisation (art. 47) ou à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">zone spécifique (art.53) destinée à accueillir des activités particulières</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">telles que l'extraction de matériaux et les décharges (RJN 1994, p.167)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est réputée avantage majeur constituant une plus-value (art.34 al.1 LCAT).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Celle-ci est la différence présumée entre la valeur d'un bien-fonds avant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et après la mesure d'aménagement (art.34 al.2 LCAT). En cas de plus-value,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une contribution correspondant à 20 % de celle-ci est due à l'Etat par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propriétaire du bien-fonds; l'impôt sur les gains immobiliers est réservé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.35 al.1 et 2 LCAT). Le Département de la gestion du territoire arrête</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le montant de la plus-value et celui de la contribution au moment où la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure d'aménagement entre en vigueur (art.36 LCAT). Selon l'article 37</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LCAT, après consultation de la commune, le département fixe le délai de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perception en tenant compte des besoins en terrain à bâtir et de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possibilité d'utiliser le bien-fonds (al.1); la perception peut être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différée ou échelonnée à la demande d'un propriétaire qui justifie de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstances particulières (al.2); elle intervient cependant au plus tard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors de l'aliénation du bien-fonds (al.3); l'article 48 al.4 est réservé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(al.4). Aux termes de cette dernière disposition, la perception de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus-value est différée aussi longtemps que dure l'assimilation à la zone</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agricole ou viticole.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Ainsi que cela ressort du texte et de la systématique de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loi, le droit neuchâtelois limite le prélèvement d'une plus-value aux deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">affectations mentionnées à l'article 34 LCAT. En effet, la section 5 du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chapitre 2 de cette loi, dans sa teneur depuis le 1er avril 1992, pose le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe de la compensation (art.33) avant de définir ce qui est réputé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constituer un avantage et la manière dont on chiffre la répercussion</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">positive d'une mesure d'aménagement du territoire (art.34). Cette sys-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tématique, élaborée par une commission du Grand Conseil (BGC vol.152 I,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.642ss), a été reprise de la LCAT du 24 juin 1986 sous l'empire de la-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelle seule l'affectation à la zone d'urbanisation était réputée avantage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">majeur (RLN XII, p.5 ss; art.19, 20). Dans un projet de loi ultérieur, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Conseil d'Etat a manifesté sa volonté d'étendre la notion légale "d'avan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tage" non seulement à l'affectation d'un bien-fonds à la zone spécifique -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui figure dans la loi actuellement en vigueur -, mais encore à toutes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autres situations, par l'introduction dans le texte de l'adverbe "notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment" (BGC vol.56 II, p.2446). Ce projet de loi a cependant été retiré par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le gouvernement cantonal (ibid., p.2534) et le texte actuel, adopté le 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1991 sur nouvelle proposition du Conseil d'Etat du 21 août pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédent, ne comporte pas l'adverbe précité. Force est donc de déduire de ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui précède que le législateur neuchâtelois a entendu percevoir une con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribution uniquement lorsque la plus-value résulte de l'affectation d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bien-fonds à la zone d'urbanisation ou à une zone spécifique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A contrario, il apparaît que l'Etat ne prélève notamment aucune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contribution lorsqu'une plus-value provient de la modification des pres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">criptions concernant une zone déjà constructible antérieurement, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulier si des prescriptions spéciales en matière de police des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constructions augmentent les possibilités d'exploitation du bien-fonds</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concerné, ni lorsqu'est accordée une dérogation permettant une utilisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un bien-fonds plus intensive que celle prévue par le régime ordinaire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la zone concernée, toutes situations qui peuvent apparaître comme des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avantages offerts par les mesures d'aménagement (v.Etude relative à la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédérale sur l'aménagement du territoire, DFJP/OFAT, ad art.5, p.116ss,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sp.,p.119-120).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) En l'espèce, selon le département intimé, l'augmentation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la valeur du bien-fonds en cause résulte de son affectation, en totalité,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la zone d'urbanisation alors qu'il n'était antérieurement constructible</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que pour une partie, laquelle a été dûment exclue du calcul de la plus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">value. Le département admet, avec les recourants, que la parcelle demeure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partiellement frappée d'inconstructibilité en raison de la distance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'impose la législation forestière entre la lisière et les constructions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il soutient cependant que toute sa superficie doit être prise en compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour déterminer la surface constructible et que cela permettrait le cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">échéant l'édification d'un immeuble plus important. Aussi a-t-il calculé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la plus-value litigieuse sur la différence entre la superficie totale de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 2160 (2'210 m2) et l'aire qui se trouvait déjà en zone bâtir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sous l'empire de l'ancien plan d'aménagement communal (538 m2 arrondis à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">560 m2), soit sur 1'650 m2. Pour les motifs ci-dessous, il ne peut être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entièrement suivi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Tout bien-fonds placé en zone à bâtir n'est pas nécessaire-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, de ce simple fait, constructible, et, partant, soumis au prélèvement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une contribution pour plus-value. Son affectation à une telle zone est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seulement réputée avantage majeur, aux termes de l'article 34 al.1 LCAT.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cette présomption est réfragable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 17 al.2 de la loi fédérale sur les forêts du 4</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1991 (LFo), les cantons fixent la distance minimale appropriée qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit séparer les constructions et les installations de la lisière de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">forêt. Cette distance est déterminée compte tenu de la situation et de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hauteur prévisible du peuplement forestier. Le législateur neuchâtelois a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi prévu que, sauf dérogation accordée par le département, notamment en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonction de la situation, de la composition et de la hauteur prévisible du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peuplement, aucune construction ou installation ne peut être autorisée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins de 30 mètres de la lisière de la forêt, à l'exception des construc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions et installations forestières et de celles situées à proximité de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limite des pâturages boisés (art.16 al.1 de la loi cantonale sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">forêts du 06.02.1996). Le droit public cantonal frappe donc d'une inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diction de construire les terrains situés dans les 30 mètres de la lisière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la forêt. Si, comme en l'occurrence, de tels terrains sont classés en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">zone à bâtir, il en résulte une collision entre les normes du plan</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'affectation et celles de la loi forestière. Une telle situation, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devrait certes être évitée, ne semble toutefois pas violer le droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédéral (Etude DFJP/OFAT, ad art.15, p.198).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, bien que la parcelle concernée ait été affectée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la zone à bâtir dans son intégralité alors qu'elle ne l'était que pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partie antérieurement, elle demeure frappée, après comme avant, par l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">terdiction de construire qui découle de la législation forestière, pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une certaine surface. En ce qui concerne celle-ci, la nouvelle affectation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'entraîne donc manifestement aucun avantage.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Certes, selon l'article 13 du règlement d'exécution de la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonale sur l'aménagement du territoire (RELCAT), la surface construc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tible d'un bien-fonds correspond à sa surface sise en zone d'urbanisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(al.1) et l'énumération des surfaces qui n'entrent pas en considération</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(al.2), si elle comporte bien les forêts (litt.b), ne dit rien des ter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rains en bordure de celles-ci. Ainsi, le droit cantonal semble ne pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'opposer à la prise en compte, dans le calcul du degré d'utilisation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">terrains, des surfaces sises à l'intérieur de la limite des 30 mètres à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lisière de la forêt (v.Stefan M. Jaissle, Der dynamische Waldbegriff und</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">die Raumplanung, Zürich 1994, p.247). Il n'est donc pas exclu que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constructibilité du bien-fonds en cause soit accrue par la mesure d'amé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nagement dont il est question dans la présente procédure. Toutefois, comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">on l'a vu plus haut (cons.2b), un tel avantage ne constitue pas un cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légal de prélèvement de la contribution pour plus-value. D'ailleurs, si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cela était, l'estimation de la plus-value serait fort aléatoire, car elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépendrait essentiellement des caractéristiques de la construction que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propriétaire érigerait effectivement sur son terrain.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Cela étant, il demeure en la cause que la limite des cons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tructions par rapport à la forêt - limite qui coïncidait selon l'ancien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plan d'aménagement communal avec la limite de la zone constructible - a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été modifiée par le plan forestier sanctionné par le Département de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion du territoire le 26 avril 1995. Cette limite ne semble plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">marquer en tous lieux une distance de 30 mètres à la lisière de la forêt.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A l'ouest du bien-fonds, elle est nettement inférieure. Le tracé en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question (ligne verte) fait cependant partie intégrante du plan de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délimitation des forêts par rapport à la zone à bâtir, adopté en 1995, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte qu'elle doit être considérée comme seule déterminante pour la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixation de la surface effectivement constructible. Ainsi, l'extension de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la zone d'urbanisation instaurée par le nouveau plan d'aménagement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communal a bien entraîné un accroissement de la surface de la parcelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litigieuse effectivement constructible. Cette extension correspond à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'aire située, sur l'article 2160 du cadastre de X. , entre l'ancien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">périmètre de la zone à bâtir (tracé en pointillé bleu sur le plan D 8a) et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la limite des constructions par rapport à la forêt (tracé en vert sur le-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dit plan). Sur le vu des principes rappelés ci-dessus, seule cette aire a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subi, du fait de son affectation à la zone d'urbanisation, une plus-value</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui justifie le prélèvement d'une contribution.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il y a donc lieu d'annuler le prononcé attaqué et de renvoyer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause au département pour qu'il détermine la surface qui vient d'être dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">crite et pour qu'il fixe, dans une nouvelle décision, la contribution de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus-value due par les recourants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La cause ayant pu être tranchée sur la base du dossier, il n'y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas lieu de procéder à une visite des lieux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Les recourants, qui succombent partiellement, supporteront une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">part des frais (art.47 al.1 et 2 LPJA). Vu le sort de la cause, ils ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit à une indemnité de dépens partielle (art.48 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule la décision attaquée et renvoie la cause au Département de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> gestion du territoire pour instruction complémentaire et nouvelle dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cision au sens des considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge des recourants un émolument de décision de 300 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et les débours par 30 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue aux recourants une indemnité de dépens de 300 francs, à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 2 juillet 1998</span></p> </div></body></html>