<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <table border="0"> <tr> <td> <img height="68" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2012-12-14-6B_434-2012.1&amp;type=gif" width="95"/> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6B_434/2012 </b> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 14 décembre 2012</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Cour de droit pénal</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux Mathys, Président, </div> <div class="para">Schneider, Jacquemoud-Rossari, Denys et Schöbi. </div> <div class="para">Greffière: Mme Cherpillod. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para"> <i>X.________</i>, représenté par Me Jean Lob, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. <i>Ministère public central du canton de Vaud</i>, avenue de Longemalle 1, 1020 Renens VD, </div> <div class="para">2. <i>A.________</i>, représentée par Me Laure Chappaz, avocate, </div> <div class="para">intimés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Qualité pour recourir des autres parties (<span class="artref">art. 382 CPP</span>); viol, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre le jugement de la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 12 juin 2012. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">Par jugement du 15 février 2012, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de l'Est vaudois a libéré X.________ des accusations de contrainte sexuelle, viol et abus de la détresse. Il l'a condamné pour actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante et désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel à une peine privative de liberté de 2 ans, dont 6 mois ferme et 18 mois assortis d'un sursis de 3 ans, sous déduction de 90 jours de détention provisoire, a révoqué le sursis accordé le 3 avril 2009 par la Cour de cassation pénale vaudoise et a ordonné l'exécution de la peine de 90 jours-amende à 30 fr. le jour. Enfin, le tribunal a dit que X.________ est le débiteur de A.________ de 10'000 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 2 septembre 2009 à titre de réparation du tort moral et a donné à celle-là acte de ses réserves civiles pour le surplus. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Le 21 février 2012, la partie plaignante A.________ et le Ministère public ont chacun formé une annonce d'appel contre ce jugement. Le 7 mars 2012, le Ministère public a déclaré qu'il ne poursuivait pas la procédure d'appel et qu'il renonçait à déposer une déclaration d'appel. Par déclaration d'appel du 15 mars 2012, A.________ a conclu à la réforme du jugement entrepris en ce sens que X.________ est reconnu coupable de viol et désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel, la quotité de la peine étant fixée à dire de justice. Lors des débats d'appel, le Ministère public a conclu au rejet de l'appel de la partie plaignante. </div> <div class="para">Statuant sur cet appel par jugement du 12 juin 2012, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois l'a partiellement admis. Elle a libéré X.________ des griefs de contrainte sexuelle, d'actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante et d'abus de la détresse. Elle l'a en revanche condamné pour viol et désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel à une peine privative de liberté de 3 ans, dont une année ferme et 2 années assorties d'un sursis de 3 ans, sous déduction de 90 jours de détention provisoire, a renoncé à révoquer le sursis accordé le 3 avril 2009 par la Cour de cassation pénale vaudoise, a dit que X.________ est le débiteur de A.________ de 20'000 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 2 septembre 2009, à titre de réparation du tort moral, et a rejeté toutes autres ou plus amples conclusions. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">X.________ forme un recours en matière pénale au Tribunal fédéral contre ce jugement, concluant, sous suite de dépens, à sa réforme en ce sens qu'il est libéré de l'accusation de viol et condamné pour désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel et pour actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante, subsidiairement pour viol, à une peine privative de liberté de 2 ans, dont 6 mois ferme et 18 mois avec sursis durant 3 ans, sous déduction de 90 jours de détention préventive. Il sollicite par ailleurs l'assistance judiciaire et l'effet suspensif. </div> <div class="para">Des observations n'ont pas été requises. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">Par ordonnance du 18 septembre 2012, la demande d'assistance judiciaire de X.________ a été rejetée, faute pour celui-ci d'avoir établi son impécuniosité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Invoquant une violation de l'<span class="artref">art. 382 CPP</span>, le recourant considère que l'intimée n'avait pas qualité pour former appel et faire aggraver la qualification juridique par rapport à celle retenue en première instance. Autrement dit, la cour d'appel ne pouvait pas substituer la qualification de viol (<span class="artref">art. 190 CP</span>) à celle d'actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante (<span class="artref">art. 188 CP</span>) retenue en première instance. </div> <div class="para">L'<span class="artref">art. 382 CPP</span> prévoit que toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (al. 1). La partie plaignante ne peut pas interjeter recours sur la question de la peine ou de la mesure prononcée (al. 2). </div> <div class="para">Dans un récent arrêt de principe, le Tribunal fédéral a admis que le lésé (<span class="artref">art. 115 CPP</span>), qui s'est constitué partie plaignante sur le plan pénal (art. 118 al. 1 et 119 al. 2 let. a CPP), est habilité à former appel pour ce qui concerne la culpabilité du prévenu, indépendamment de la prise de conclusions civiles (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=21&amp;from_date=04.12.2012&amp;to_date=23.12.2012&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-IV-78%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page78">ATF 139 IV 78</a> consid. 3 ). Dès lors que la partie plaignante est habilitée à former appel sur la culpabilité, on en déduit qu'elle dispose d'un intérêt au sens de l'<span class="artref">art. 382 al. 1 CPP</span> à former un appel non seulement pour contester un acquittement mais aussi pour mettre en cause la qualification juridique retenue contre le prévenu en première instance si elle considère qu'une autre qualification juridique s'impose, en particulier une qualification plus grave. Il faut en effet lui reconnaître un intérêt à invoquer une autre qualification, laquelle est susceptible d'avoir une incidence sur l'appréciation de l'atteinte qu'elle a subie. </div> <div class="para">Il s'ensuit que, contrairement à ce que soutient le recourant, l'intimée était habilitée à invoquer dans le cadre de son appel qu'était réalisé le crime de viol (<span class="artref">art. 190 CP</span>) à la place de l'infraction retenue en première instance d'actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante (<span class="artref">art. 188 CP</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> Se référant à l'<span class="artref">art. 382 al. 2 CPP</span>, le recourant est d'avis que, même en admettant que la partie plaignante pouvait mettre en cause la qualification juridique, la qualification plus grave de viol retenue par la cour d'appel n'aurait pas dû déboucher sur une modification de la peine prononcée en première instance. </div> <div class="para">Il découle de l'<span class="artref">art. 382 al. 2 CPP</span> que la partie plaignante ne peut pas faire porter un appel sur la quotité de la peine uniquement. Certains des auteurs auxquels se réfère le recourant ne disent rien d'autre (cf. RUCKSTUHL/DITTMANN/ARNOLD, Strafprozessrecht, 2011, no 1125 p. 348-349). La question qui se pose en l'espèce est toutefois distincte. Il s'agit de déterminer les conséquences de l'admission d'un appel sur la culpabilité lorsque ledit appel émane de la seule partie plaignante. En particulier, à la suite de l'admission de l'appel de la partie plaignante, l'autorité d'appel peut-elle fixer librement la peine à l'égard du prévenu qui avait été acquitté en première instance, respectivement qui avait fait l'objet d'une condamnation pour une infraction différente que celle finalement retenue par l'instance d'appel- </div> <div class="para">Un courant de doctrine considère que la partie plaignante ne peut pas obtenir une aggravation de la peine si à la suite de son appel un verdict de culpabilité supplémentaire est rendu (cf. MARTIN ZIEGLER, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2011, no 4 in fine ad <span class="artref">art. 382 CPP</span>). Un autre courant est d'avis que, lorsque la partie plaignante attaque avec succès un jugement d'acquittement ou un jugement de condamnation dont elle conteste la qualification retenue, l'autorité d'appel peut alors revoir la peine et, le cas échéant, prononcer une condamnation plus sévère (cf. VIKTOR LIEBER, in Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung, 2010, no 17 ad <span class="artref">art. 382 CPP</span>; NIKLAUS SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung, Praxiskommentar, 2009, no 6 ad <span class="artref">art. 382 CPP</span>). </div> <div class="para">Dans une décision du 9 janvier 2012, l'Obergericht de Zurich a opté pour une solution allant dans ce dernier sens et l'a notamment justifiée en se servant de l'exemple suivant: un tribunal de première instance parvient, à l'issue de son appréciation des preuves, à la conclusion que le prévenu n'a pas commis le meurtre reproché. Le ministère public et la partie plaignante (un proche de la victime au sens de l'<span class="artref">art. 121 al. 1 CPP</span>) annoncent chacun un appel (<span class="artref">art. 399 al. 1 CPP</span>). Après la notification du jugement motivé, le ministère public décide de retirer son appel, l'estimant dépourvu de chances de succès. La partie plaignante quant à elle adresse une déclaration d'appel (<span class="artref">art. 399 al. 3 CPP</span>) par laquelle elle requiert un verdict de culpabilité et l'allocation de ses prétentions civiles. Procédant à une nouvelle appréciation des preuves, la cour d'appel considère que le prévenu est coupable du meurtre reproché (cf. ZR 111/2012 p. 110 ss, spéc. consid. 4.4.3 p. 114). </div> <div class="para">Dans un cas de figure correspondant à l'exemple précité, il ne saurait être déduit de l'<span class="artref">art. 382 al. 2 CPP</span> que l'autorité d'appel pourrait uniquement procéder à un constat de la culpabilité du prévenu mais non prononcer de peine à son encontre. Comme rappelé ci-dessus ad consid. 1.1 troisième paragraphe, la partie plaignante est habilitée à former appel pour ce qui concerne la culpabilité en tant que telle. Or celle-ci est indissociable de la peine. La seule interprétation cohérente du CPP impose donc de considérer qu'en cas d'admission de l'appel de la partie plaignante sur la culpabilité, la cour d'appel doit fixer une nouvelle peine correspondant à la culpabilité finalement admise, cas échéant en prononçant une sanction plus sévère que celle arrêtée en première instance. Que le ministère public n'ait pas de son côté formé d'appel ou d'appel joint, voire même qu'il ait conclu, comme partie à la procédure d'appel (cf. <span class="artref">art. 104 al. 1 let</span>. c CPP), au rejet de l'appel de la partie plaignante est sans portée, dès lors que celle-ci est habilitée à former appel sur la seule question de la culpabilité. La fixation d'une nouvelle peine vaut tant pour le cas où la partie plaignante conteste avec succès un acquittement que pour celui où elle obtient une autre qualification juridique, qui était incluse dans l'acte d'accusation, mais qui n'avait pas été retenue par le jugement de première instance. </div> <div class="para">Tel est le cas en l'espèce où une qualification juridique plus grave (<span class="artref">art. 190 CP</span> à la place de l'<span class="artref">art. 188 CP</span>) a été retenue par l'instance d'appel, alors que l'autorité de première instance avait libéré le prévenu de l'infraction la plus grave. Il incombait dans ces conditions à l'autorité d'appel de fixer la peine à nouveau. Le grief est infondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.3.</b> Le recourant se réfère également à un arrêt cantonal paru au JdT 1995 IV 128. Cet arrêt traite d'une problématique relevant d'anciennes dispositions de la loi sur l'aide aux victimes d'infractions et est dépourvu de pertinence en l'occurrence. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.4.</b> Le recourant invoque enfin une violation de l'<span class="artref">art. 399 ch. 4 let. b CPP</span> pour le motif que l'intimée a conclu dans son appel qu'il soit reconnu coupable de viol et que la peine, sans sursis, soit "fixée à dire de justice". Selon lui, cette dernière formulation serait insuffisante au regard de la disposition précitée. </div> <div class="para">L'argument est infondé. L'intimée n'a pas formé un appel partiel pour se plaindre de la quotité de la peine selon l'<span class="artref">art. 399 ch. 4 let. b CPP</span>, ce qu'elle n'aurait pas été habilitée à faire au regard de l'<span class="artref">art. 382 al. 2 CPP</span>, mais bien pour se plaindre de la culpabilité retenue en première instance, invoquant un viol (<span class="artref">art. 190 CP</span>) à la place de la qualification d'actes d'actes d'ordre sexuel avec une personne dépendante (<span class="artref">art. 188 CP</span>). On se trouve donc dans l'hypothèse de l'<span class="artref">art. 399 ch. 4 let. a CPP</span>. La conclusion qu'a prise en l'occurrence l'intimée à l'appui de son appel est adéquate, la question de la culpabilité étant susceptible d'aboutir à une nouvelle fixation de la peine par la cour d'appel pour le cas où un viol était retenu. L'intimée n'avait elle-même pas à formuler une conclusion sur la quotité de la peine à infliger en cas d'admission de son appel sur la culpabilité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recourant a conclu à sa libération de l'infraction de viol et à ce qu'une peine de 2 ans soit prononcée, dont 6 mois ferme et 18 mois avec sursis. Il ne formule toutefois aucun grief relatif à l'application de l'<span class="artref">art. 190 CP</span> pour le viol, pas plus qu'à l'<span class="artref">art. 47 CP</span> pour la fixation de la peine ou à l'<span class="artref">art. 43 CP</span> pour le sursis partiel. A défaut de toute critique recevable au regard de l'<span class="artref">art. 42 al. 2 LTF</span>, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur ces aspects. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. Le recourant, qui succombe, supporte les frais judiciaires (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Il n'y a pas lieu d'accorder de dépens à l'intimée dans la mesure où celle-ci n'a pas été invitée à se déterminer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La cause étant ainsi jugée, la requête d'effet suspensif est sans objet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 14 décembre 2012 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Cour de droit pénal </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président: Mathys </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière: Cherpillod </div> </div></body></html>