<h2>SubmittedText<h2><p>Premièrement, le Conseil fédéral est invité à examiner dans quelle mesure le droit en vigueur permet en principe d’exercer une surveillance sur les procureures et procureurs fédéraux extraordinaires désignés par l’autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération (AS-MPC) et quelle serait l’étendue de cette surveillance.</p><p>Deuxièmement, il est invité à indiquer quelles bases légales doivent éventuellement être adaptées pour que la surveillance exercée sur les procureures et procureurs fédéraux extraordinaires désignés par l’AS-MPC corresponde, s’agissant de l’étendue et des compétences, à la surveillance exercée par le Ministère public de la Confédération (MPC) sur les procureures et procureurs fédéraux désignés par lui-même. Il s’agira à cet égard d’exposer dans le détail les compétences attribuées au MPC <i>de lege lata</i>.&nbsp;</p><p>Troisièmement, le Conseil fédéral est invité à examiner quelles conditions doivent être remplies pour que l’AS-MPC puisse exercer une telle fonction de surveillance et, si ces conditions ne peuvent être satisfaites, quelle autre autorité devrait être chargée d’exercer la surveillance ou s’il faudrait éventuellement créer une nouvelle autorité à cet effet.&nbsp;</p><p>Le Conseil fédéral est prié de fournir les informations demandées dans le cadre d’un rapport.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><div><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">Lorsqu’il a adopté la loi sur l’organisation des autorités pénales (LOAP</span><span style="font-family:Arial">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial">; RS 173.71), le Parlement a tâché d’octroyer la plus grande indépendance possible au Ministère public de la Confédération (MPC). C’est ainsi que ce dernier a été détaché de l’administration fédérale et que sa surveillance a été confiée à un nouvel organisme, l’Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération (AS-MPC). L’AS</span><span style="font-family:Arial">&#x2011;</span><span style="font-family:Arial">MPC peut édicter des directives de portée générale sur la manière dont le MPC doit s’acquitter de ses tâches, à l’exclusion des instructions dans un cas d’espèce relatives à l’ouverture, au déroulement ou à la clôture de la procédure, à la représentation de l’accusation devant le tribunal ou aux voies de recours (art. 29, al.</span><span style="font-family:Arial">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial">2, LOAP). Cette restriction garantit l’indépendance du MPC.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">Les procureurs extraordinaires nommés par l’AS-MPC elle-même peuvent également se prévaloir de cette indépendance. Un procureur extraordinaire est désigné uniquement en cas de poursuite pénale contre un procureur en chef ou un procureur en raison d’une infraction en rapport avec son activité (art. 67, al. 1, LOAP). Il s’agit d’éviter de donner lieu à des soupçons de partialité ou d’idées préconçues. Le procureur général de la Confédération ne peut pas intervenir dans cette procédure en vertu de son pouvoir d’instruction (art. 13, al. 1, let. a, et 2, LOAP), car le procureur extraordinaire ne lui est pas subordonné hiérarchiquement.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">C’est là la différence principale avec les procureurs extraordinaires qu’il nomme lui-même. Selon l’art. 5, al. 4, du règlement sur l’organisation et l’administration du Ministère public de la Confédération (RS 173.712.22), le procureur général de la Confédération peut mandater une personne externe en qualité de procureur extraordinaire pour la durée du traitement de procédures. Dans le cadre d’un tel mandat, celui-ci peut remplir toutes les tâches du ministère public prévues par le code de procédure pénale (CPP</span><span style="font-family:Arial">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial">; RS 312.0). Le procureur général est responsable de ces procureurs extraordinaires, dont il est le supérieur hiérarchique, ce qui implique qu’il peut leur donner des instructions (art. 13, al. 1, let. a, et 2, LOAP). Son pouvoir d’instruction fait pendant à la responsabilité qu’il assume et comprend la prérogative de donner des instructions en général et dans un cas d’espèce.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">Soumettre les procureurs extraordinaires nommés par l’AS-MPC à une surveillance reviendrait à conférer à l’autorité de surveillance le droit de leur donner des instructions dans un cas d’espèce – puisqu’ils sont institués pour une procédure unique. Cela contredirait l’art. 29, al. 2, LOAP. L’indépendance de ces magistrats ne serait plus garantie. En ce qu’ils n’ont pas de supérieurs hiérarchiques, ils sont dans une position comparable à celle du procureur général de la Confédération, qui n’a lui non plus aucun supérieur habilité à lui donner des instructions dans un cas d’espèce.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">Cette différence de traitement, mise en lumière par le postulat, repose sur des motifs objectifs</span><span style="font-family:Arial">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial">: le procureur général de la Confédération est à la tête de tous les membres du MPC, si bien qu’il porte la responsabilité de toutes les activités relevant de cet organe. Il a par conséquent un vaste pouvoir d’instruction envers les personnes qui lui sont subordonnées. A l’inverse, il est interdit à l’AS-MPC de donner des instructions dans un cas d’espèce aux procureurs extraordinaires. Elle ne porte pas la responsabilité de leur activité. Dès lors qu’on lui donnerait cette compétence, elle aurait à répondre des affaires menées par ces procureurs, et leur indépendance ne serait plus garantie. On aurait également à se demander si l’AS-MPC doit être habilitée à donner des instructions au procureur général dans un cas d’espèce. La question se poserait dans les mêmes termes si l’on confiait la surveillance à une autre autorité. Rappelons cependant que l’art. 29, al. 2, LOAP exclut l’existence d’un tel pouvoir d’instruction.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">Il faut de plus noter que le 24 avril 2023, l’AS-MPC a adopté une nouvelle pratique concernant la désignation d’un membre du MPC ou la nomination d’un procureur extraordinaire. Selon cette nouvelle directive, les dénonciations pénales visant des membres du MPC doivent être instruites en premier lieu par le MPC lui-même, car tant la taille que l’organisation de ce dernier permettent de garantir suffisamment l’indépendance des personnes chargées de l’instruction. L’AS-MPC ne devrait nommer un procureur extraordinaire que si la dénonciation vise le procureur général de la Confédération ou ses suppléants, ou bien si une dénonciation visant un procureur ordinaire semble avoir des motifs substantiels.</span><br /><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p></div><br><br>Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.