<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. V. , domiciliée à Birmensdorf avec son mari, travaille à raison de 50 % dans l'entreprise B.SA à Bôle alors que son époux exerce une activité lucrative à plein temps, dans le canton d'Argovie. Le 19 décembre 1996, elle a fait valoir auprès de la CCNC son droit à une allocation de naissance pour l'enfant issu de l'union le 30 juillet 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 4 février 1997, la CCNC a refusé de servir l'al-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">location en cause. Elle a estimé qu'il appartenait à la caisse de compen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation de l'employeur du mari de le faire dès lors que cette dernière ver-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se déjà des allocations familiales.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. V. interjette recours devant le Tribunal administratif contre cette décision. Elle demande l'octroi de l'allocation de naissance en alléguant qu'une telle prestation n'existe pas dans le canton d'Argovie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. La caisse intimée conclut au rejet du recours en se référant au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositions légales. Subsidiairement, si elle devait verser l'allocation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en cause, elle conclut à ce que le montant en soit calculé en fonction du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taux d'activité réduit de la requérante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 2 LAFA (en vigueur jusqu'au 31.12.1997; RSN</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">822.10), les allocations familiales comprennent les allocations pour en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fant, les allocations de formation professionnelle et les allocations de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naissance. Tout enfant de père ou de mère salariés donne droit au paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une seule allocation qui ne peut être cumulée avec d'autres allocations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légales versées en faveur du même enfant. La naissance d'un enfant inscrit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'état civil en Suisse donne droit à une allocation unique dont le mon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant est fixé par le Conseil d'Etat (art.12 al.1 et al.2 LAFA). Faisant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">usage de cette délégation, ce dernier a arrêté le montant en cause à 1000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs (art.22 RELAFA; RSN 822.101).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Aux termes de l'article 18 RELAFA, en cas de travail à temps</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partiel, l'allocation familiale est due en totalité lorsque le salarié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accomplit au cours du mois la moitié du temps de travail fixé par la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou en usage dans la profession (al.1). A défaut, l'allocation est propor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnelle au temps de travail effectué par le salarié (al.2).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Selon l'article 16 LAFA, lorsque plusieurs personnes peuvent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétendre à des allocations pour le même enfant en vertu de cette loi et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autres prescriptions légales, le droit aux prestations appartient dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ordre suivant :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a. à la personne qui a la garde de l'enfant;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b. au détenteur de l'autorité parentale;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c. à la personne qui subvient en majeure partie à l'entretien de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'enfant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La loi est toutefois muette quant à la répartition des alloca-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions familiales lorsque les deux parents peuvent prétendre au versement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'allocations pour le même enfant mais en vertu de dispositions légales de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantons différents. La LAFA ne contient en effet aucune règle de conflit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intercantonale en la matière (RJN 1996, p.237); elle n'a du reste qu'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">portée territoriale. La jurisprudence a cependant précisé que, dans le cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précité, les parents peuvent choisir lequel d'entre eux recevra les allo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cations (RJN 1995, p.228).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) En l'espèce, l'intimée a refusé de servir l'allocation récla-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mée en invoquant l'article 17 RELAFA. Selon cette disposition, l'alloca-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de naissance est payée par la caisse qui, le jour de la naissance,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est compétente pour le versement de l'allocation pour enfant. Ainsi, selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la CCNC, c'est la caisse de compensation argovienne, qui verse les alloca-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions familiales au mari de la recourante, qui est seule compétente. Ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raisonnement ne saurait être retenu puisque, comme rappelé plus haut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(cons.2b), la LAFA n'a pas une portée intercantonale. Aussi l'article 17</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">RELAFA n'a-t-il pas d'autre fin que de déterminer, à l'intérieur du can-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ton, quelle est la caisse qui verse l'allocation de naissance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Du fait qu'elle travaille auprès d'un employeur affilié à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CCNC, la recourante pourrait bénéficier du versement des allocations fami-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liales par celle-ci, dans l'hypothèse où son mari n'en recevrait pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.12 al.1 LAFA et 18 al.1 RELAFA). Comme les parents vivent avec leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enfant, exercent en commun la garde et l'autorité parentale et subviennent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'entretien de l'enfant conjointement, l'article 16 LAFA susmentionné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas déterminant en l'espèce.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors, du moment que le mari n'a pas reçu d'allocation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naissance pour son enfant, cette dernière étant inexistante dans le canton</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'Argovie, rien ne s'oppose pas à ce que la mère perçoive cette allocation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auprès de l'intimée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Au vu de ce qui précède, le recours se révèle bien fondé. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision entreprise doit être annulée et le droit à une allocation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naissance reconnu à la recourante. Celle-ci travaillant à 50 %, elle a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit à l'allocation totale (art.18 al.1 RELAFA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Il est statué sans frais et sans dépens, la recourante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ayant pas engagé de frais particuliers pour la défense de sa cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.48 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule la décision attaquée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Invite la caisse intimée à verser à la recourante une allocation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> naissance de 1'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Dit qu'il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 20 avril 1998</span></p> </div></body></html>