Lausanne, 31. August 2017
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 16. August 2017 (1B_271/2017)
Verlängerung der Untersuchungshaft gegen Ex-Innenminister von 
Gambia bestätigt
Das Bundesgericht weist die Beschwerde des früheren Innenministers der Republik
Gambia gegen eine Verlängerung der gegen ihn verhängten Untersuchungshaft ab.
Das Bundesstrafgericht hat aufgrund der bisherigen Untersuchungsergebnisse zu
Recht einen dringenden Tatverdacht auf Begehung von Verbrechen gegen die
Menschlichkeit bejaht.
Die Staatsanwaltschaft des Kantons Bern hatte gegen den Mann Ende Januar 2017
eine Strafuntersuchung wegen Verbrechen gegen die Menschlichkeit eröffnet und den
Betroffenen in Untersuchungshaft versetzt. Er wird verdächtigt, als ehemaliger Innenminister von Gambia unter dem früheren Regime von Präsident Yahya Jammeh
zwischen 2006 und September 2016 für Folterhandlungen durch ihm unterstellte Polizeikräfte, ihm unterstelltes Gefängnispersonal oder diesen nahestehende Gruppen verantwortlich zu sein. Die Bundesanwaltschaft, welche die Strafuntersuchung übernommen
hat, stellte am 21. April 2017 ein Gesuch um Verlängerung der Untersuchungshaft bis
zum 25. Juli 2017, welches genehmigt wurde ( zwischenzeitlich wurde eine weitere
Haftverlängerung bis zum 25. Oktober 2017 bewilligt, welche nicht Gegenstand des
vorliegenden Verfahrens bildet ). Das Bundesstrafgericht wies die dagegen erhobene
Beschwerde des Betroffenen ab, worauf er ans Bundesgericht gelangte. 
Das Bundesgericht weist die Beschwerde ebenfalls ab. Das Bundesstrafgericht hat
einen dringenden Tatverdacht auf Begehung von Verbrechen gegen die Menschlichkeit
aufgrund der bisherigen Untersuchungsergebnisse zu Recht bejaht. Dem Betroffenen
wird Folter vorgeworfen. Diese Einzeltaten werden zu Verbrechen gegen die Menschlichkeit, wenn sie im Rahmen eines ausgedehnten oder systematischen Angriffs gegen
die Zivilbevölkerung erfolgen. Bei der Bejahung eines entsprechenden dringenden Tatverdachts hat das Bundesstrafgericht unter anderem den beiden unabhängigen Berichten von UN-Sonderberichterstattern über Folter und über aussergerichtliche, willkürliche oder im Schnellverfahren beschlossene Hinrichtungen in Gambia besondere
Beachtung beigemessen. Den Folterbericht hat es entgegen der Ansicht des Beschwerdeführers nicht einseitig oder voreingenommen gewürdigt. Der Bericht gelangt im
Wesentlichen zum Schluss, dass während des Regimes von Yahya Jammeh Strafverfolgungsbehörden und Sicherheitskräfte in Gambia ungestraft Menschenrechtsverletzungen, insbesondere Folter begehen konnten, welche namentlich im Anfangsstadium
einer Untersuchungshaft zur Routine gehörte. Angesichts des frühen Verfahrensstadiums, der internationalen Dimensionen der Untersuchung und des Tatvorwurfs kann
nicht verlangt werden, dass dem Betroffenen schon im Einzelnen bestimmte strafbare
Handlungen  vorgeworfen  werden.  Schliesslich  erscheint  die  angeordnete  Untersuchungshaft in zeitlicher Hinsicht als verhältnismässig. Lausanne, le 31 août 2017
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 16 août 2017 (1B_271/2017)
Confirmation de la prolongation de la détention provisoire de l'exMinistre de l'intérieur de Gambie
Le Tribunal fédéral rejette le recours formé par l'ancien Ministre de l'intérieur de la
République de Gambie contre la prolongation de sa détention provisoire. Se fondant
sur les résultats de l'enquête menée jusque-là, le Tribunal pénal fédéral a admis à
juste titre l'existence de soupçons suffisants de commission de crimes contre
l'humanité.
Fin janvier 2017, le Ministère public du canton de Berne avait ouvert une enquête pour
crimes contre l'humanité et avait placé l'intéressé en détention provisoire. Il est
soupçonné d'être responsable d'actes de torture commis par les forces de police et le
personnel de prison qui lui étaient soumis, ou par des groupes liés à ceux-ci, alors qu'il
était Ministre de l'intérieur sous le régime du Président Yahya Jammeh, entre 2006 et
septembre 2016. Le 21 avril 2017, le Ministère public de la Confédération (MPC), qui
avait repris la procédure, a demandé la prolongation de la détention provisoire jusqu'au
25 juillet 2017, prolongation qui a été accordée ( entretemps, une nouvelle prolongation
a été accordée jusqu'au 25 octobre 2017, laquelle ne fait pas l'objet de la présente
procédure). Le Tribunal pénal fédéral a rejeté le recours formé par l'intéressé, lequel
s'est alors adressé au Tribunal fédéral.
Le Tribunal fédéral rejette lui aussi le recours. Sur la base des résultats de l'enquête
menée jusque-là, le Tribunal pénal fédéral a admis à juste titre l'existence de soupçons
suffisants de commission de crimes contre l'humanité. L'intéressé se voit reprocher des
actes de torture, agissements qui constitueraient des crimes contre l'humanité s'ils ont
été commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique contre la population civile. Pour admettre l'existence d'un soupçon suffisant à cet égard, le Tribunal
pénal fédéral s'est fondé notamment sur les deux rapports indépendants de rapporteurs
spéciaux des Nations Unies sur la torture et sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires en Gambie. Contrairement à l'opinion du recourant, le rapport sur
la torture n'a pas été examiné de manière unilatérale ou partiale. Il parvient en substance à la conclusion que durant le régime de Yahya Jammeh, les autorités de
poursuite pénale et les forces de sécurité en Gambie se livraient impunément à des
violations des droits de l'homme, en particulier des actes de torture, lesquels étaient
notamment pratiqués systématiquement au début de la détention provisoire. Compte
tenu du stade précoce de la procédure, de la dimension internationale de l'enquête et
des actes poursuivis, ont ne saurait exiger que les agissements reprochés à l'intéressé
soient déjà précisés dans le détail. Enfin, du point de vue de sa durée, la détention
provisoire apparaît proportionnée.