TPF 2004 48 48 TPF 200448 13.Extraitdel ’arrêtdelaCourdesplaintesdanslacauseA.contreMinis- tère publicde la Conf édération du 16novembre2004(BK_B153/04) Langue de la procédure. Droit à la traduction. Art. 97, 98 PPF, art. 6 ch. 3 let. a CEDH Le Ministère publicdela Confédération nedisposepas d’un pouvoir discré- tionnairepourchoisirlalanguedela procédure. Lorsqueles prévenus s’exprimentendeslanguesnationales différentes, ildoit apprécier lasolutionla plus équitable en fonction de l’ensemble des circonstances (consid. 2.1–2.2). L’inculpé quine s’exprimepasdanslalanguedela procédure adroit à latra- duction écrite ouoraledetouteslespi èces dontla compréhension luiest néces- sairepourgarantirun procèséquitable. Unetraduction écriteintégrale de touteslespi èces dudossiernepeut êtreex igée danstouslescas(consid.2 .3– 2.4). Verfahrenssprache. Anspruch auf Übersetzung. Art. 97, 98 BStP, Art. 6Ziff. 3 lit. a EMRK DieBundesanwaltschaftkanndieVerfahrenssprachenichtfreiw ählen.Wenn dieAngeschuldigtenverschiedeneLandessprachensprechen,mussdieden Umständen angemessenste Lösung getroffen werden (E. 2.1–2.2). DerAngeschuldigte,derdieVerfahrenssprachenichtbeherrscht,hatdasRecht aufeine mündliche oderschriftliche ÜbersetzungderAkten,deren Verständnis für dieGarantieeinesfairenVerfahrensunabdingbarist.Eineschriftliche Übersetzung sämtlicher VerfahrensaktenkannnichtinjedemFallverlangt werden (E. 2.3–2.4). Lingua della procedura. Diritto di traduzione. Art. 97, 98 PP, art. 6 n. 3 lett. a CEDU IlMinisteropubblicodellaConfederazionenondisponediunpoterediscrezio- nalenellasceltadellalinguadellaprocedura.Segliimputatisiesprimonoin linguenazionalidifferenti,devevalutarelasoluzione più equainfunzione dell’insieme delle circostanze (consid. 2.1–2.2). L’imputato chenonsiesprimenellalinguadellaprocedurahadirittoallatra- duzioneoraleoscrittadituttigliattilacuicomprensione è necessariaperTPF 2004 48 49 garantirgliunequoprocesso.Latraduzioneintegralescrittadituttigliatti dell’incarto non può essere pretesa in ogni caso (consid. 2.3–2.4). Résumé desfaits: A.faitl ’objetd ’uneen quête pourparticipationousoutien à uneorganisa- tioncriminelleetblanchimentd ’argent.Laproc édure étantm enée enalle- mand,iladem andé qu’ellesoitconduiteenfran çais,al léguantquenilui,ni sonconseilnem aîtrisentlalangueallemande.A défaut,ildemandaitque touslesactesdelaproc éduresoienttraduitsenfr ançais. Danssonordon- nance,leMinist èrepublicdelaConf édération(MPC)aco nstaté que,les personnesim pliquées parlantplusieurslangues, à savoirl ’italien, l’allemand,lefr ançais etl ’espagnol,ils ’imposaitdefixerlalanguedela procédure.Il a choisil ’allemand. La Cour des plaintes are jeté la plainte. Extrait des considérants: 2.1 Iln ’estenl ’espèce pascontest é quelesinc ulpés sontdelanguesmater- nellesdiff érentesetque,par conséquent,unedestroislanguesnationales doit êtrechoisiepourlapr océdurequin écessitebonnombred ’actes d’enquêteetdontledossiers ’annoncevolumineux. Mêmes ’iln ’estpas possibledefixerdescri tèresobjectifsapplicables à touslescasregroupant desinculp és quineparlentpastouslam êmelangue,lechoixdoit êtreguid é parl ’ensembledescirconstancesetl ’intérêtd ’unesolution équitableetnon paslai sséà ladiscr étionduMPC,lequelnepeutnotammentfixerlalangue delaproc édureenfonctiondesespr éférencesoupourdesraisons d’organisationinterne(ATF121I196).Danslecasparticulier,onignore pourquelleraisonleMPCachoisil ’allemand,caraussibienl ’ordonnance quelar éponsesontmuettessurcepoint.Laseulebribed ’explicationqui figuredanslar éponse duMPCestqu ’undesin culpés (surhuit)estdelan- guematernelleallemande.Onpeut légitimementsedemandersil'explica- tionfournieparleMPClorsdel' échange d'écrituressuffit àgué rirlevice queconstituele défautdemotivationdela décision attaquée.Cettequestion peut cependantrester ouverteau vudes consid érations qui suivent. 2.2 Lefaitqueseuluni nculpé surleshuitsoitgermanophonedevrait à lui seullogiquemententra înerlechoixd ’uneautrelanguequel ’allemand,ceTPF 2004 48 50 d'autantquelad écisionquerel léeconcerneungermanophone,unhispano- phone,deuxfrancophonesetquatreitalophones,dontonignoreausurplus lesconnaissanceslinguistiques.Comptetenudunombred ’inculpés italo- phonesetdufaitque l’enquêtea démarré surlabasededossiersconstit ués enItalie,leprinciped ’économiedepr océdureauraitcomma ndé quelalan- gueitaliennesoit choisiecommelanguedelapr océdureetl ’enquêteconf iée à l’antennetessinoiseduMPC.Celle-ci étanttoutefois déjà accaparéepar desdossiersquiluiprennenttoutsontemps,ilestprobablequ ’ellen ’aurait paseulapossibili té dereprendrelesinvestigationsdontleplaignantetses coïnculpés fontl ’objet.Deplus,cechoixn ’auraitpasservilesint érêtsdu prévenu puisquecelui-cineparle,selonsesdires,pasplusl ’italienque l’allemand.Lalangueitaliennedevant-pourdesraisonspratiquesetpour assurerlac élérité delapr océdure- êtreenl'e spèce exceptionnellement écartée, ils ’agissaitdoncdechoisirentrel ’allemandetlefr ançais.Undes deuxitalophonesaumoinsparlel ’allemand(oulesuisse-allemand)dansla mesure où ila vécu enSuisse alémanique;iln ’ad ’ailleurspaseubesoin d’uninterpr ète lorsdesonpremierinterrogatoireenallemandparleMPC. Deplus,l ’enquête estconduitepardesprocureursa lémaniquesettousles inculpéssesontvuattribuerdes défenseursd ’officea lémaniques, à l’exceptiondupr évenu quiadema ndéàêt reassis té parsonmandataire habituel,lequelestromandetason étudeà Genève. Aucun élément déter- minantnepermettantdeconsacrerlaprim auté dufr ançais plutôt quede l’allemand,lad écisionpriseparleMPCn ’ariend ’arbitraireetpeut être confirmée. 2.3 Encequiconcernelesactesdelapr océdure,l ’inculpé adef açon géné- raleledroitd ’obtenirlatraductiondespi ècesdontlacompr éhension luiest nécessairepourgarantirunpr ocès équitable,enparticuliersaisircequilui estreproch é etpouvoirr éfuterlesargumentsdel ’accusation(ATF121I 196consid.5p.205; P IQUEREZ,Pro cédure pénalesuisse, Zürich2000,n. 1237p.275etarr êtci té; S CHMID Strafprozessrecht,Zuric h/Bâle/Genève 2004n.255ap.85;Messagedu28f évrier2001concernantlar évisionto- taledel ’organisationjudiciaire fédérale[01.023]p.4100; P APAUX,Les droitslinguistiques du pr évenu, in JdT 1996 p. 16ss). Aucune forme particu- lièren ’estim posée parl ’art.6ch.3let.aCEDHquin ’exigepaslatraduc- tion écritedetoutepreuvedocumentaireoup ièceofficielle.L' inculpé ne peuttoutefoisexigerlatraductionde l ’ensembledesactesde lapr océdureet lajurisprudenceadmetnotammentque,encasde piècesvolumineuses,les passagesquisontmanifestementsanspertinence n ’ontpas àê tre traduitscar celaner épondrait à aucun intérêt légitime(arr êtduTribunalf édéralTPF 2004 48 51 4P.154/2002du17septembre2002consid.2.2).L ’informationpeut être communiquée parl ’avocat,maisdoit être «détaillée» etviserla «nature» et la «cause» del ’accusation,dem anière à cequel ’inculpésachecequ ’onlui reprocheetpuissesed éfendre,notammentenlivrantsaversiondesfaits (art.6ch.3CEDH; P APAUX,op.cit.p.22et23;Arr êt delaCourEDHdans lacauseKamasinskic.Autrichedu19 décembre1989,An.168p.273, § 74).Ainsiqueledossieren témoigne,lesordonnancesex écutéesenRo- mandieont été rédigéesenfr ançais(mandatd ’arrêt, mandatdeperquisition, ordonnancede séquestreetderestrictionaudroitd ’aliénerdesimmeubles). Leplaignanta été assisté paruninterpr èteetapus ’exprimerdanssalangue dès sonpremierinterrogatoireparleMPC.Ilaparailleurs bénéficié de traductionoralelorsdelaconfirmationdesonarrestation(arr êt BK_H 142/04consid.3).Selon P APAUX (op.cit.p.19),uneinformation dansunlangagesimpleetaccessiblesuffit à cestadedelapr océdure,de sortequelatraductioneff ectuée parlejugedel ’arrestationIJurabernois – Seelandetsongreffier,quisemblentparfaitementm aîtriserlefr ançais, était sansnuldoutesuffisanteetcorrespondaitauxexigencesl égales(P IQUEREZ, op.cit. n° 1484p.325).Lepr ocès-verbaldeconfirmationdel ’arrestationa d’ailleurs été rédigé enfr ançais. Sionpeutregretterquel ’ordonnancedu 14 septembre2004nefasseaucuneallusion à larequ êteduplaignant d’obtenirlatraductiondes piècesdudossier,leMPCa,danssar éponsedu 14octobre2004,admisquelespi ècesessentiellesdoivent êtretraduites à l’inculpé quine possèdepaslalanguedelaproc édure,toutenpr écisantque toutescellesimportantesdelapr océdurel'ont été jusqu'à présent.Sous réserveduconsid.2.4ci-dessous,sicertainespi ècesessentiellesdudossier nesontpassuffisammentcompr éhensibles– onser éfèrenotammentaux jugementsrendusparlesautori tés judiciairesdeBariqui,leplaignantle relève à justetitre,ont été partiellementtraduitsenallemandparlesenq uê- teursquandbienm êmel ’italienestunelangueofficielle-ilappartientau MPCdemettreuntraducteur à ladispositiondel ’inculpé etdeson défen- seurpourassurer à cesderniersunebonnecompr éhension dudossier (STAUB,KommentarzumStrafverfahrendesKantonsBern,Berne1992, p. 157).Commepr écisé plushaut,latraductionnedoitpas nécessairement être écriteetpeutselimiterauxpassagespertinentspourlad éfense.Toute- fois,danslamesure où leMPCai ndiqué qu'à l'avenir égalementleplai- gnantseraassist é paruntraducteurlorsdesinterrogatoiresetqu'ilnes'est nullement opposéà cequelespi ècesimportantesdudossiercontinuent à lui êtretraduites,lesconclusionsqueleplaignantaform ulées encesenssont sans objet.TPF 2004 52 52 2.4 SelonlajurisprudenceduTribunalf édéral,onestendroitd ’attendre d’unavocatquiexercesonactivit é enSuissequ ’ilconnaisse,aumoins passivement,leslanguesnationales(arr êtduTribunalf édéral1A.235/2003 du8janvier2004consid.1).Cedernier,dontlesfacult éslinguistiques devraientpermettredes uppléercelles, défaillantes,del ’inculpé quandil s’agitd ’informercelui-ciducontenudep ièces écrites,aubesoinenfaisant appel à uncollaborateurdeson étude, nesauraitainsiseplaindredufaitque lapr océdureestconduiteenallemand.Siledroitdel ’accusé desuivrelui- mêmel ’instructionetles débats estreconnuparladoctrineetlajurispru- denceetqui nécessitenotammentlapr ésenced'untraducteurlorsdeses auditions,ilappara îtné anmoinsqu ’ilnes ’étendpas à lacompr éhension des pièces dudossierquipeuventainsilui êtreex pliquées parson défenseur (PAPAUX,op.cit.p.20; P ONCET,Laprotectiondel ’accusé parlaCEDH, Genève 1977,n.149et150,p.139; A UER /M ALINVERNI /H OTTELIER, Droit constitutionnel suisse, Berne 2000, vol. II n. 1366 p. 635). TPF 200452 14.AuszugausdemEntscheidderBeschwerdekammerinSachenA.gegen Bundesanwaltschaft,E idgenössischesUntersuchungsrichteramtvom 23. November 2004 (BK_H 125/04/b) Haftentlassungsgesuch; Rechtsverzögerung. Art. 52 Abs. 1, 214 Abs. 1 BStP, Art. 29 Abs. 1 BV Behandlungsfristbeider Prüfung vonHaftentlassungsgesuchenimAllgemei- nen (E. 2.3–2.4). EineDauervon17Tagen für diePr üfung einesHaftentlassungsgesuchsdurch das Eidgenössische UntersuchungsrichteramtineinemBundesstrafverfahren istzulang.Liegenkeinebesonderen Umstände vor,ist übereinHaftentlas- sungsgesuch innert längstens 10 Tagen zu entscheiden (E. 2.5). Requête de mise en liberté; retard injustifié. Art. 52 al. 1, 214 al.1 PPF, art. 29 al. 1 Cst. Délai detraitementlorsdel'examende requêtes demiseenli berté en général (consid 2.3–2.4).