<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2024-10-24-9C_232-2024.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>9C_232/2024</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 24 octobre 2024</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIIe Cour de droit public</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux Parrino, Président, Moser-Szeless et Beusch. </div> <div class="para">Greffier : M. Bürgisser. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Service de la sécurité civile et militaire, Administration de l'obligation de servir et logistique, place de la Navigation 6, 1110 Morges, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Taxe d'exemption de l'obligation de servir, périodes fiscales 2015 à 2018, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 11 mars 2024 (FI.2023.0057). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> A.________, né le xxx septembre 1991, a été naturalisé suisse le yyy octobre 2014 à l'âge de 23 ans. Il a été exonéré de la taxe d'exemption de l'obligation de servir (ci-après: TEO) en 2014 en raison de sa naturalisation. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> Par décisions du 18 février 2021, confirmées sur réclamation le 21 septembre 2022, le Service de la sécurité civile et militaire du canton de Vaud (ci-après: le SSCM) a assujetti A.________ à la TEO pour les années 2015 à 2018. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Statuant par arrêt du 11 mars 2024, le Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, a rejeté le recours et confirmé la décision sur réclamation du 21 septembre 2022. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Agissant par la voie du recours en matière de droit public, A.________ conclut à la réforme de l'arrêt cantonal, en ce sens que la décision sur réclamation relative aux TEO des années 2015 à 2018 est annulée. Subsidiairement, il conclut à l'annulation de l'arrêt du 11 mars 2024 et au renvoi de la cause à l'instance précédente pour nouvelle décision dans le sens des considérants. </div> <div class="para">Le SSCM et l'Administration fédérale des contributions (ci-après: AFC) ont conclu au rejet du recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">L'arrêt attaqué est une décision finale (<span class="artref">art. 90 LTF</span>), rendue en dernière instance cantonale par un tribunal supérieur (<span class="artref">art. 86 al. 1 let</span>. d et al. 2 LTF; cf. art. 22 al. 3 et 31 al. 3 de la loi fédérale du 12 juin 1959 sur la taxe d'exemption de l'obligation de servir [LTEO; RS 661]; voir aussi art. 92 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; rs/VD 173.36], applicable par renvoi de l'art. 10 al. 1 de la loi vaudoise du 10 novembre 1998 d'application de la législation fédérale sur la taxe d'exemption de l'obligation de servir [LVLTEO; rs/VD 658.51]), dans une cause de droit public (<span class="artref">art. 82 let. a LTF</span>) ne tombant pas sous le coup de l'une des exceptions prévues à l'<span class="artref">art. 83 LTF</span>, étant précisé que l'<span class="artref">art. 83 let. i LTF</span> ne s'applique pas aux décisions en matière de taxe d'exemption de l'obligation de servir (arrêt 9C_366/2024 du 11 septembre 2024 consid. 1 et la référence). La voie du recours en matière de droit public est ainsi ouverte. Par ailleurs, les autres conditions de recevabilité sont remplies, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Saisi d'un recours en matière de droit public, le Tribunal fédéral examine librement la violation du droit fédéral (cf. <span class="artref"><artref id="CH/173.110/95/a" type="start"></artref>art. 95 let. a et 106 al. 1 LTF</span><artref id="CH/173.110/95/106/1" type="end"></artref>), sous réserve des exigences de motivation figurant aux <span class="artref"><artref id="CH/173.110/106/2" type="start"></artref>art. 42 et 106 al. 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/42" type="end"></artref> relatives aux griefs portant sur la violation des droits fondamentaux (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-I-121%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page121">ATF 145 I 121</a> consid. 2.1). Il y procède en se fondant sur les faits constatés par l'autorité précédente (cf. <span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>), à moins que ces faits n'aient été établis de façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'<span class="artref">art. 95 LTF</span> (cf. <span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span>), ce que la partie recourante doit exposer, de manière circonstanciée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent litige porte sur la confirmation, par le Tribunal cantonal, de l'assujettissement du recourant à la taxe d'exemption de l'obligation de servir pour les années 2015 à 2018. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> Cette taxe trouve son fondement à l'<span class="artref">art. 59 Cst.</span> Selon cette disposition, tout homme de nationalité suisse est astreint au service militaire ou au service civil de remplacement (<span class="artref">art. 59 al. 1 Cst.</span>; cf. aussi art. 2 al. 1 de la loi fédérale du 3 février 1995 sur l'armée et l'administration militaire [LAAM; RS 510.10]). Celui qui n'accomplit pas son service militaire ou son service de remplacement s'acquitte d'une taxe (<span class="artref">art. 59 al. 3 Cst.</span>), laquelle est régie par le droit fédéral, en particulier la LTEO et par l'ordonnance du 30 août 1995 sur la taxe d'exemption de l'obligation de servir (OTEO; RS 661.1). De jurisprudence constante, cette taxe, qui constitue une contribution de remplacement, a pour but de garantir une égalité de traitement entre les personnes soumises à l'obligation de servir qui effectuent le service militaire ou le service civil et celles qui en sont exonérées (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F150-I-144%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page144">ATF 150 I 144</a> consid. 3.1 et les références). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> Selon l'<span class="artref">art. 1 LTEO</span>, les citoyens suisses qui n'accomplissent pas ou n'accomplissent qu'en partie leur obligation de servir sous forme de service personnel (service militaire ou service civil) doivent fournir une compensation pécuniaire. Cette taxe est fixée chaque année (cf. <span class="artref">art. 25 al. 1 LTEO</span>). Aux termes de l'ancien <span class="artref">art. 2 al. 1 let. a LTEO</span> ([RO 1996 1445, dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2018 et applicable aux périodes sous examen [cf. arrêt 2C_1005/2021 du 26 avril 2022 consid. 5]), sont assujettis à la taxe les hommes astreints au service qui sont domiciliés en Suisse ou à l'étranger et qui, au cours d'une année civile (année d'assujettissement), ne sont pas, pendant plus de six mois, incorporés dans une formation de l'armée et ne sont pas astreints au service civil. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.</b> L'ancien <span class="artref">art. 3 LTEO</span> (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2018; RO 2010 6032) prévoyait ce qui suit: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">"Art. 3 - Durée de l'assujettissement à la taxe </div> <div class="para">1 L'assujettissement à la taxe commence au début de l'année au cours de laquelle la personne astreinte atteint l'âge de 20 ans. </div> <div class="para">2 Il se termine: </div> <div class="para">a. pour les personnes qui ne sont pas incorporées dans une formation de l'armée et qui ne sont pas astreintes au service civil, à la fin de l'année au cours de laquelle elles atteignent l'âge de 30 ans [..]" </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.4.</b> Selon l'art. 27 al. 4 de l'ancienne ordonnance du 19 novembre 2003 concernant les obligations militaires (OOMi [RO 2003 4609], abrogée au 1er janvier 2018), "l'Etat-major de conduite de l'armée autorise les personnes recrutées n'ayant pas encore accompli leur école de recrues à la fin de l'année où ils ont 26 ans révolus à un accomplissement ultérieur, pour autant que l'ensemble des services obligatoires puisse encore être accompli et que cela réponde à un besoin de l'armée". </div> <div class="para">Depuis le 1er janvier 2018, l'<span class="artref">art. 9 al. 3 LAAM</span> prévoit que "le Conseil fédéral peut prévoir un recrutement ultérieur si les services d'instruction obligatoires (art. 42) peuvent encore être accomplis dans les limites d'âge visées à l'art. 13. Le recrutement ultérieur est soumis au consentement des personnes concernées". </div> <div class="para">L'art. 12 de l'ordonnance du 22 novembre 2017 sur les obligations militaires (OMi; RS 512.21 [RO 2018 4925]), dans sa version entrée en vigueur au 1er janvier 2019, met en oeuvre notamment l'<span class="artref">art. 9 al. 3 LAAM</span> (dans sa teneur au 1er janvier 2018); il prévoit que les conscrits sont convoqués au recrutement au plus tard dans l'année où ils atteignent l'âge de 24 ans. Ceux qui n'ont pas été convoqués au recrutement avant la fin de l'année où ils atteignent l'âge de 21 ans reçoivent chaque année une lettre du commandant d'arrondissement concernant le début de l'école de recrues (al. 1). À leur demande, le cdmt Instr peut prévoir un recrutement ultérieur pour les Suissesses et les Suisses qui n'ont pas été convoqués au recrutement jusqu'à la fin de l'année au cours de laquelle ils ont atteint l'âge de 24 ans ou qui n'ont pas fait l'objet d'une décision définitive quant à leur aptitude dans ce délai, pour autant que les conditions de l'art. 9, al. 3, LAAM soient remplies et que le besoin de l'armée soit avéré. La demande ne peut être déposée qu'une seule fois (al. 2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Au regard des périodes de taxation en cause, il convient tout d'abord d'examiner la question de la prescription, qui doit, selon la jurisprudence, être analysée d'office lorsqu'elle joue en faveur du contribuable (comp. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-II-169%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page169">ATF 138 II 169</a> consid. 3.2). </div> <div class="para">L'<span class="artref">art. 38 LTEO</span> (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2018 [RO 1979 1733], à laquelle correspond la version en vigueur dès le 1er janvier 2019 concernant les délais) prévoit que les taxes se prescrivent par cinq ans dès la fin de l'année de taxation (al. 1). Selon l'al. 2 de cette disposition, la prescription ne court pas et est suspendue pendant la durée d'une procédure de réclamation ou de recours. Selon l'al. 4, la suspension et l'interruption de la prescription ne peuvent la prolonger de plus de cinq ans. </div> <div class="para">Selon l'ancien art. 25 al. 2 aLTEO (dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2018 [RO 1994 2777]), l'année de taxation est, en règle générale, l'année civile qui suit l'année d'assujettissement. Cette formulation implique que l'année qui suit l'année d'assujettissement est en principe l'année de taxation (cf. arrêt 2C_1094/2014 du 12 juin 2015 consid. 3.2.1). En l'occurrence, l'année de taxation relative à l'assujettissement à la TEO 2015 correspond donc à l'année civile 2016. En ayant rendu sa décision relative à la TEO 2015 le 18 février 2021, l'autorité intimée a donc agi avant l'échéance du délai de prescription prévu par l'ancien <span class="artref">art. 38 al. 1 LTEO</span>. Par ailleurs, compte tenu des procédures de réclamation et de recours, la prescription absolue de dix ans (cf. ancien <span class="artref">art. 38 al. 4 LTEO</span>) n'est pas encore acquise au jour où le présent arrêt est rendu. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">La juridiction cantonale a constaté que le recourant avait été naturalisé en 2014 à l'âge de 23 ans et qu'il ne contestait pas avoir acquis dès cette date tous les droits et obligations qui s'appliquaient aux citoyens suisses, en particulier l'obligation d'accomplir le service militaire. Il ne contestait pas davantage que, de 2015 à 2018, il n'était ni incorporé dans une formation de l'armée ni astreint au service militaire, de sorte que les conditions d'assujettissement de l'<span class="artref">art. 2 al. 1 let. a LTEO</span> étaient réalisées. </div> <div class="para">En outre, il ressortait des pièces du dossier que le recourant n'avait pas sollicité des autorités compétentes un recrutement "ultérieur" au sens de l'<span class="artref">art. 12 al. 2 OMi</span>. Il n'avait en effet effectué cette démarche que le 19 juillet 2023, soit pendant la procédure de recours cantonale et après avoir pris connaissance de la prise de position de l'AFC selon laquelle il lui était précisément reproché de pas avoir déposé une telle demande. Or le recourant aurait pu demander son incorporation il y a plusieurs années déjà, notamment en 2015 (soit l'année de ses 24 ans), ce qui aurait permis un recrutement ordinaire. Le fait que les autorités militaires ne l'avaient pas convoqué n'était pas déterminant sous cet angle, puisque les motifs qui avaient conduit à l'absence d'incorporation dans une formation de l'armée ou d'astreinte au service civil n'étaient pas déterminants sous l'angle de l'<span class="artref">art. 2 al. 1 let. a LTEO</span>. Les premiers juges ont conclu que le recourant n'avait pas entrepris toutes les démarches qui étaient à sa disposition pour accomplir son service militaire. Sa situation n'était ainsi pas comparable à celle qui avait conduit la Cour européenne des droits de l'Homme (ci-après: CourEDH) à reconnaître dans l'arrêt <i>Glor contre Suisse</i> du 30 avril 2009, une discrimination prohibée au sens de l'<span class="artref">art. 14 CEDH</span>. Le grief du recourant en lien avec l'<span class="artref">art. 8 Cst.</span> devait par conséquent être écarté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.1.</b> Dans un grief d'ordre formel, le recourant se plaint d'une violation de son droit d'être entendu, au motif que la cour cantonale n'aurait pas traité l'un de ses griefs. Il fait valoir qu'alors âgé de 24 ans, il n'aurait reçu aucune convocation en violation de l'<span class="artref">art. 12 al. 1 OMi</span> et qu'il n'y aurait eu aucune "prise de contact par l'autorité avec le soussigné en vertu de la séance d'information prévue par les articles 7, 8 et 11 LAAM et 11 OMi", éléments que la cour cantonale aurait d'ailleurs omis arbitrairement de constater. Partant, son assujettissement à la TEO serait en substance injustifié en raison d'une violation de l'<span class="artref">art. 12 OMi</span>, argument auquel la cour cantonale n'aurait pas répondu. </div> <div class="para">Ce faisant, le recourant se plaint en réalité d'un déni de justice formel prohibé par l'<span class="artref">art. 29 al. 1 Cst.</span> Selon la jurisprudence, un tel déni de justice existe lorsque l'autorité omet de se prononcer sur des griefs qui présentent une certaine pertinence ou de prendre en considération des allégués et arguments importants pour la décision à rendre (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-V-557%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page557">ATF 141 V 557</a> consid. 3.2.1 et les références; arrêt 2C_631/2023 du 13 septembre 2024 consid. 3.1 et les références). Son argumentation doit toutefois être écartée, puisque la cour cantonale a bien traité du grief litigieux. Elle a en effet considéré que les motifs qui conduisaient à l'absence d'incorporation dans une formation de l'armée ou d'astreinte au service civil n'étaient pas déterminants sous l'angle de l'<span class="artref">art. 2 al. 1 let. a LTEO</span>, raisonnement qui est d'ailleurs parfaitement conforme à la jurisprudence fédérale (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F150-I-144%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page144">ATF 150 I 144</a> consid. 8.1), qui se rapporte à l'<span class="artref">art. 2 al. 1 let. a LTO</span> en vigueur au 1er janvier 2019, dont la teneur est similaire à l'ancien <span class="artref">art. 2 al. 1 let. a LTEO</span> en vigueur durant les périodes fiscales litigieuses. Dans ces circonstances, le fait que le Tribunal cantonal n'a pas formellement constaté que le recourant n'avait pas reçu de convocation au recrutement consécutivement à sa naturalisation, alors qu'il avait 24 ans, n'est pas pertinent pour l'issue du litige, et ce contrairement à ce qu'il prétend (voir aussi consid. 6.2 infra). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.2.1.</b> Le recourant reproche ensuite à la cour cantonale une violation des <span class="artref">art. 8 Cst.</span> et 14 CEDH, car le résultat auquel elle serait parvenue constituerait une grave discrimination de principe entre les citoyens suisses naturalisés et les citoyens suisses de naissance. Il n'avait en effet pas reçu de convocation au recrutement, à l'inverse des "hommes suisses" qui recevraient automatiquement une telle convocation. Selon lui, "on requiert en réalité des naturalisés qu'ils procèdent à des démarches qu'aucun citoyen suisse 'de naissance' n'a à effectuer". En outre, les <span class="artref">art. 9 LAAM</span>, 11 et 12 OMi placeraient "le fardeau de la convocation sur l'administration militaire et non sur les hommes suisses astreints au service militaire". </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.2.2.</b> Le Tribunal fédéral a jugé à plusieurs reprises qu'il n'était pas possible pour un intéressé de se prévaloir d'une violation des <span class="artref"><artref id="CH/0.101/8" type="start"></artref>art. 8 et 14 CEDH</span><artref id="CH/0.101/14" type="end"></artref> (en lien avec l'arrêt <i>Glor</i> précité), dans l'hypothèse où celui-ci ne s'était pas montré actif pour effectuer un service militaire ou un service civil et en l'absence de démarches concrètes (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F150-I-144%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page144">ATF 150 I 144</a> consid. 8.2.2 et les références). Dans son arrêt publié aux <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F150-I-144%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page144">ATF 150 I 144</a>, il s'est en particulier référé, dans le cas d'un citoyen suisse naturalisé ayant dépassé l'âge du recrutement ordinaire, à la possibilité d'effectuer un "recrutement ultérieur" au sens de l'<span class="artref">art. 12 OMi</span>. Il s'est également fondé sur la jurisprudence antérieure à l'entrée en vigueur de l'OMi concernant la possibilité pour un citoyen suisse de demander une incorporation spéciale dans l'armée, qui supposait une demande concrète de la part de l'intéressé, à défaut de laquelle l'obligation qui lui était faite de payer la TEO ne violait pas le droit conventionnel (ainsi, arrêts 2C_170/2016 du 23 décembre 2016 consid. 6.3; 2C_924/2012 du 29 avril 2013 consid. 5.1). </div> <div class="para">Du point de vue des démarches qui sont requises d'un citoyen suisse (dès sa naissance ou naturalisé par la suite), qui a dépassé l'âge du recrutement ordinaire et qui souhaite être exempté de la TEO, les exigences sont restées similaires entre les situations existant antérieurement à l'entrée en vigueur de l'<span class="artref">art. 12 OMI</span> au 1er janvier 2019 et celles qui sont survenues postérieurement à cette date: dans les deux cas, il est exigé d'un assujetti à la TEO qui souhaite être exempté du paiement de la taxe de se montrer actif et de procéder à des démarches concrètes en vue de servir. Il en va ainsi que la personne concernée soit suisse depuis sa naissance ou le soit devenue plus tard par naturalisation. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.2.3.</b> Il ressort des faits constatés par la cour cantonale - qui ne sont pas remis en cause en instance fédérale - que le recourant n'a pas demandé, avant la réponse de l'AFC présentée en procédure cantonale, à être mis au bénéfice d'un recrutement ultérieur qui lui aurait permis, le cas échéant, d'accomplir un service militaire ou un service civil. Or le fait de présenter une demande de recrutement ultérieur à un tel stade de la procédure contentieuse devant le Tribunal cantonal ne suffit pas pour établir que le recourant s'était montré actif pour effectuer un service militaire ou un service civil pendant les années en cause. En effet, selon la jurisprudence, si un assujetti fait valoir qu'il ne doit pas payer la TEO pour une certaine année, il doit prouver qu'il était disposé à servir au plus tard à partir de celle-ci (cf. arrêt 2C_924/2012 du 29 avril 2013 consid. 5.1). </div> <div class="para">À cet égard, que ce soit sous l'angle de l'<span class="artref">art. 12 OMi</span> - qui prévoit un recrutement ultérieur dans sa teneur en vigueur au 1er janvier 2019 et n'est dès lors pas applicable aux périodes de taxation sous examen (2015 à 2018) -, de l'<span class="artref">art. 9 al. 3 LAAM</span> ou de l'<span class="artref">art. 27 al. 4 OOmi</span> (cf. consid. 3.4 supra), le recourant aurait eu la possibilité de présenter une requête de recrutement ultérieur, ce qu'il n'a pas fait en temps utile pour les années ici en cause. Dans ce contexte, c'est à juste titre que la cour cantonale a considéré que, du point de vue de l'art. 2 al. 1 let. a aLTEO, les motifs qui ont conduit à l'absence d'incorporation dans une formation de l'armée ou d'astreinte au service civil ne sont pas déterminants (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F150-I-144%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page144">ATF 150 I 144</a> consid. 8.1). Le fait que le recourant n'a pas reçu de convocation de la part des autorités militaires compétentes, comme il l'invoque, n'exerce aucune influence dans le cadre de son assujettissement à la TEO. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.2.4.</b> En définitive, les premiers juges ont retenu à bon droit que le recourant n'avait pas effectué, du point de vue individuel, toutes les démarches visant à profiter de la possibilité d'effectuer un recrutement ultérieur et ne s'était pas montré actif dans ce contexte, de sorte qu'il ne pouvait pas se plaindre d'une discrimination fondée sur les <span class="artref"><artref id="CH/0.101/8" type="start"></artref>art. 8 et 14 CEDH</span><artref id="CH/0.101/14" type="end"></artref>. </div> <div class="para">Au demeurant, en se limitant à invoquer "qu'en requérant des citoyens fraîchement naturalisés qu'ils procèdent à des démarches proactives contraignantes auxquelles ne sont pas soumis les autres citoyens" ou que "l'excuse du recrutement ultérieur semble bien plus être une excuse permettant aux autorités militaires de taxer le soussigné sans réellement lui donner la possibilité d'effectuer, même tardivement, son service militaire ou civil", le recourant ne met pas en évidence de discrimination au sens des dispositions constitutionnelle et conventionnelle précitées, pas plus qu'il n'expose en quoi il se justifierait de modifier la jurisprudence du Tribunal fédéral (sur les conditions d'un changement de jurisprudence, cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=07.10.2024&amp;to_date=26.10.2024&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F149-III-28%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page28">ATF 149 III 28</a> consid. 6.2.3.1). Compte tenu des démarches attendues en lien avec une demande d'exemption de la TEO de la part d'un citoyen suisse, de naissance ou naturalisé par la suite (consid. 6.2.2 supra), son argumentation sur un traitement discriminatoire apparaît d'emblée mal fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.</b> </div> <div class="para">Il résulte de ce qui précède que le recours est entièrement mal fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>8.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires sont mis à la charge du recourant, qui succombe (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Il n'est pas alloué de dépens (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/68/3" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/1" type="start"></artref>art. 68 al. 1 et 3 LTF</span><artref id="CH/173.110/68/3" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/3" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 1'000 fr., sont mis à la charge du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties, au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, et à l'Administration fédérale des contributions Division principale DAT. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 24 octobre 2024 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIIe Cour de droit public </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Parrino </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Bürgisser </div> </div></body></html>