<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A la suite d'un accident de la circulation (chute de moto) sur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu le 13 mai 1993, N. a présenté une contusion cervicale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et une contusion du genou et de l'épaule gauches. Le cas a été pris en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge par la CNA. Après divers traitements et examens, qui ont conduit à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'établissement de plusieurs rapports médicaux circonstanciés, la CNA a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décidé, le 17 mars 1994, de mettre un terme au versement des prestations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légales depuis le 20 mars 1994 pour les séquelles de l'accident, au motif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que les troubles invoqués par l'intéressé provenaient d'une affection é-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trangère à l'accident assuré, décision confirmée par la CNA, sur opposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, le 21 septembre 1994.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le recours formé par l'assuré contre cette décision a été rejeté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par arrêt du Tribunal administratif du 16 décembre 1994. Le tribunal a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré, en résumé, que les maux du recourant subsistant après le 20</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mars 1994 devaient être mis sur le compte de troubles maladifs et n'é-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taient plus dans un rapport de causalité naturelle avec l'accident du 13</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mai 1993, de sorte que la CNA avait à bon droit mis un terme au versement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des indemnités journalières et à la prise en charge des frais de traite-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Par mémoire du 19 août 1996, N. sollicite la ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vision de l'arrêt précité du Tribunal administratif, concluant à ce qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit prononcé que les troubles dont il souffre sont en rapport de causali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té avec l'accident du 13 mai 1993 et que la CNA est tenue de prendre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge l'ensemble des prestations légales pour ses séquelles. Il invoque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un rapport d'expertise établi le 8 mars 1996 par la Policlinique médicale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">universitaire, Centre médical d'observation de l'assurance-invalidité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(COMAI) à Lausanne, expertise ordonnée par l'office AI dans le cadre de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande de prestations de l'assurance-invalidité qu'il a présentée le 28</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avril 1994. Selon l'assuré, cette expertise établit qu'il souffre de trou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bles physiques et psychiques en relation avec l'accident du 13 mai 1993,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">attestant ainsi d'un lien de causalité entre cet accident et ses troubles.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'intéressé soutient que le rapport du COMAI constitue un fait nouveau,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">postérieur au jugement du Tribunal administratif, ce qui fonde la révision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La CNA conclut au rejet de la demande de révision. Elle fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valoir que l'expertise du COMAI ne comporte pas d'éléments nouveaux par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapport aux faits connus lors du jugement, si ce n'est l'apparition d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">composante psychique, postérieure au jugement, et qui doit être considérée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme une rechute de l'accident, qu'il appartient à l'assuré de lui annon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cer pour qu'elle puisse examiner si sa responsabilité est engagée à cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">égard.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le requérant a sollicité l'assistance judiciaire pour la procé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dure de révision, ce qui lui a été accordé par décision du 1er juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. a) Aux termes de l'article 108 al.1 litt.i LAA, les jugements</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doivent être révisés si des faits ou des moyens de preuve nouveaux sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">découverts subséquemment ou si un crime ou un délit a influencé le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Par ailleurs, l'article 57 LPJA dispose que le Tribunal admi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nistratif procède, d'office ou à la demande d'une partie, à la révision de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa décision lorsqu'un crime ou un délit l'a influencé (al.1). Il procède</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en outre à la révision, à la demande d'une partie, lorsque celle-ci allè-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gue des faits nouveaux importants ou produit de nouveaux moyens de preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(al.2 litt.a), ou prouve que le Tribunal administratif n'a pas tenu compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de faits importants établis par pièces (litt.b), ou prouve que le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administratif a violé les articles 11 et 12 sur la récusation, l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">21 sur le droit d'être entendu et les articles 22 à 24 sur le droit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consulter les pièces (litt.c). Les moyens mentionnés au deuxième alinéa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ouvrent pas la révision, lorsqu'ils eussent pu être invoqués dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure précédant la décision sur recours ou par la voie du recours con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tre cette décision (al.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) La loi sur la procédure et la juridiction administratives</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(LPJA) ne précise pas si la demande de révision est soumise à un délai. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agit d'une pure lacune qu'il convient de combler en se référant aux rè-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gles sur la révision du code de procédure civile (art.427 ss), de la PA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.66 ss) et de l'OJ (art.136 ss) (Schaer, Juridiction administrative</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">neuchâteloise, p.206), lesquelles règles prévoient des délais de péremp-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion relatifs et un délai absolu (sauf en cas de crime ou de délit). Dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le cas d'espèce où le requérant invoque des faits qu'il prétend nouveaux,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la demande de révision doit être introduite, à peine de péremption, dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les trois mois (art.430 CPC al.1) ou les nonante jours (art.67 al.1 PA;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">141 al.1 litt.b OJ) qui suivent la découverte du motif de révision ou le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcé du jugement attaqué (art.430 al.2 CPC; 67 al.2 PA; 141 al.2 OJ);</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêt du Tribunal administratif du 12.6.1997 dans la cause S.).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il n'est pas certain en l'espèce que la demande de révision res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pecte ces délais, puisqu'elle date du 19 août 1996 et qu'elle invoque,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme motif de révision, un rapport d'expertise du 8 mars 1996, dont on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ignore la date à laquelle l'intéressé a pu en avoir connaissance. Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question - qui concerne la recevabilité même de la demande peut toutefois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rester indécise, car la demande se révèle de toute façon mal fondée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Le requérant arguë que l'expertise du COMAI du 8 mars 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">atteste du lien de causalité entre l'accident et ses troubles physiques et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">psychiques (lien que le jugement du 16.12.1994 avait nié), et qu'il s'agit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">là d'un fait nouveau qui doit conduire à la révision du jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Contrairement à ce que le texte de l'article 57 al.2 litt.a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LPJA pourrait laisser entendre, les faits nouveaux ne sont pas ceux qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surviennent après la décision attaquée, mais il s'agit plutôt de faits qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se sont produits auparavant et que l'auteur de la demande de révision a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été sans sa faute empêché d'alléguer dans la procédure précédente, car</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réviser une décision sur la base d'événements qui lui sont postérieurs, ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait compromettre la sécurité des relations juridiques (RJN 1988,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.254). Selon la jurisprudence (ATF 110 V 141, cons.2, 108 V 171, cons.1)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à propos de l'article 137 litt.b OJ, qui a le même contenu que l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">57 al.2 litt.a LPJA, sont nouveaux au sens de cette disposition les faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui se sont produit jusqu'au moment où, dans la procédure principale, des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allégations de fait étaient encore recevables, mais qui n'étaient pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connus du requérant malgré toute sa diligence. En outre, les faits nou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">veaux doivent être importants, c'est-à-dire qu'ils doivent être de nature</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à modifier l'état de fait qui est à la base de l'arrêt entrepris et à con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duire à un jugement différent en fonction d'une appréciation juridique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correcte. Les preuves, quant à elles, doivent servir à prouver soit les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits nouveaux importants qui motivent la révision, soit des faits qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient certes connus lors de la procédure précédente, mais qui n'avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas pu être prouvés, au détriment du requérant. Si les nouveaux moyens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont destinés à prouver des faits allégués antérieurement, le requérant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit aussi démontrer qu'il ne pouvait pas les invoquer dans la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précédente. Une preuve est considérée comme concluante lorsqu'il faut ad-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mettre qu'elle aurait conduit le juge à statuer autrement s'il en avait eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaissance dans la procédure principale. Ce qui est décisif, c'est que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le moyen de preuve ne serve pas à l'appréciation des faits seulement, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'établissement de ces derniers. Il n'y a pas motif à révision du seul</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait que le tribunal paraît avoir mal interprété des faits connus déjà</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors de la procédure principale. L'appréciation inexacte doit être, bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plutôt, la conséquence de l'ignorance ou de l'absence de preuve de faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">essentiels pour le jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En l'espèce, le requérant semble croire, l'expertise du COMAI</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est, pour les motifs exposés ci-dessus, pas un fait nouveau susceptible</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de constituer un motif de révision du jugement mis en cause, puisqu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est postérieure à celui-ci. En revanche, l'expertise peut être considérée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme un moyen de preuve nouveau, destiné à établir, le cas échéant, des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits qui n'avaient jusqu'ici pas pu être prouvés, au détriment du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">requérant. Il reste à examiner si l'expertise constitue une preuve conclu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ante qui remet en cause les constatations de faits à la base du jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 1994.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'expertise du COMAI confirme en substance toutes les consta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tations médicales faites antérieurement et reprises dans le jugement de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de céans. Selon les experts, "globalement, il n'y a pas d'augmenta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion significative des troubles dégénératifs entre les clichés de 1992 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995 concernant la colonne lombaire, entre mai 1993 et novembre 1995 con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cernant la colonne cervicale et dorsale". Ainsi que le relève la CNA,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expertise ne fait que confirmer que les céphalées et les vertiges dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">souffre l'intéressé constituent un problème très ancien, bien antérieur à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'accident de 1993 puisqu'ils étaient présents en tout cas depuis 1980.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'existence d'un état antérieur au niveau cervical et lombaire n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">davantage une nouveauté. La consultation rhumatologique confirme que l'ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cident de 1993 n'a pas provoqué d'instabilité au niveau du segment cervi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cal atteint, mais qu'il a décompensé des troubles dégénératifs, ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était également connu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les experts du COMAI concluent toutefois à l'existence d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incapacité totale de travail, qu'ils mettent sur le compte, avant tout,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une "évolution défavorable d'un état de stress post-traumatique avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actuellement un état dépressif et de régression massif". Ils estiment que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en cas d'évolution favorable sur le plan psychique, une capacité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travail entière pourrait être atteinte dans une activité sédentaire où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assuré ne doit pas effectuer de mouvements en porte-à-faux ni de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mouvements de rotation de la colonne cervicale de manière répétée (travaux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de manutention simple ou de surveillance, ne nécessitant pas une habilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">importante de la main gauche). Le rapport expose notamment ce qui suit :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "Sur le plan psychique, notre examen met en évidence, depuis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'accident, une reviviscence constante de l'événement trauma-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tique, avec souvenirs répétitifs et rêves, anxiété généralisée,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> avec appréhension que l'accident se reproduise, amnésie psycho-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> gène, ainsi qu'un émoussement général de l'affectivité, une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> irritabilité, des difficultés de concentration et de sommeil et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> une baisse de libido. L'ensemble de cette symptomatologie,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> clairement mise en évidence lors de notre examen psychiatrique,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> permet de poser sans équivoque le diagnostic d'un état de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> stress post-traumatique dont l'évolution a été compliquée du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> fait de sa non-reconnaissance par les assurances et les méde-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cins avec, comme conséquence, une situation conflictuelle,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ainsi que par une tendance à la somatisation, qui existait déjà</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> antérieurement chez cet assuré. Les conflits vécus après l'ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cident ont certainement joué un rôle très défavorable sur l'é-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> volution, ces conflits allant contre toute possibilité de trou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ver réparation morale, reconnaissance et perlaboration du trau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> matisme".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La question se pose de savoir s'il faut considérer le syndro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">me d'ordre psychique que le COMAI pense pouvoir déceler chez l'assuré com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">me une simple appréciation différente des faits constatés à l'époque du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement en cause, ce qui suffirait pour nier l'existence d'un motif de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révision. Ce point peut toutefois rester indécis. Car l'expertise se fonde</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur des faits constatés lors de l'examen de l'assuré au COMAI, du 20 au 22</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre 1995, c'est-à-dire près d'une année après le jugement du 16 dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cembre 1994. Même si les experts considèrent qu'il s'agit d'une affection</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">post-traumatique, c'est-à-dire consécutive à l'accident du 13 mai 1993, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas établi que le diagnostic psychiatrique du COMAI aurait pu être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">posé déjà en 1994, s'agissant d'une affection évolutive qui paraît s'être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">développée au cours des quelque 2 ans et demi après l'accident. En tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas, les nombreux examens médicaux que l'assuré a subis antérieurement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avant l'expertise du COMAI, ne faisaient pas état d'une atteinte à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">santé d'ordre psychique. Pour autant qu'on retienne comme acquis le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diagnostic psychiatrique avancé par le COMAI, l'on n'est donc pas en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présence d'un fait essentiel qui existait déjà à l'époque du jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont on aurait pu tenir compte à l'époque, d'autant moins que des allégués</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou des indices relatifs à une telle affection faisaient défaut.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) La demande de révision est dès lors mal fondée. Cela ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signifie pas toutefois la négation d'une atteinte à la santé d'ordre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">psychique, de caractère invalidant, qui pourrait être liée à l'accident et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donner lieu, le cas échéant, à des prestations de la CNA. Il appartiendra à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci d'examiner, comme elle le propose d'ailleurs, si tel est le cas,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en particulier sous l'angle du rapport de causalité naturelle et adéquate.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Il n'y a pas lieu de percevoir des frais de justice (art.108</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 litt.a LAA), ni d'allouer des dépens vu l'issue du litige. Le manda-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire du requérant a droit, en revanche, à une indemnité d'office.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette la demande de révision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice ni alloué de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue à Me X. , mandataire d'office du requérant, une in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> demnité de 500 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 20 août 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>