<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">[AZA 0] </div> <div class="para"> </div> <div class="para">4P.291/1999 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ie COUR CIVILE </div> <div class="para">**************************** </div> <div class="para"> </div> <div class="para">22 mars 2000 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition de la Cour: MM. Walter, président, Leu et Corboz, juges. Greffier: M. Carruzzo. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">____________ </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Statuant sur le recours de droit public </div> <div class="para">formé par </div> <div class="para"> </div> <div class="para">X.________ S.A., représentée par Me Henri Carron, avocat à Monthey, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para">le jugement rendu le 20 octobre 1999 par la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais dans la cause qui oppose la recourante à A.________, représenté par Me Daniel Cipolla, avocat à Martigny; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">(<span class="artref">art. 4 aCst.</span> ; contrat de travail, droit d'être entendu) </div> <div class="para">Vu les pièces du dossier d'où ressortent </div> <div class="para">les faits suivants: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A.- A partir du 17 août 1992, A.________ (ci-après: le demandeur), de nationalité portugaise, a travaillé comme employé agricole auprès de la société X.________ S.A. (ci-après: la défenderesse), sur la base d'engagements saisonniers qui n'ont pas donné lieu à la signature de contrats de travail écrits. Il a été occupé plusieurs mois par an entre 1993 et 1997. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Dans les semaines précédant la fin des rapports de travail, le demandeur a appris l'existence de documents que son employeur avait remis à l'administration pour obtenir les autorisations de travail nécessaires. Le 9 septembre 1997, il a fait valoir des prétentions en se fondant sur les indications contenues dans ces documents. La défenderesse lui a opposé une fin de non-recevoir. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.- Le 21 janvier 1998, le demandeur a saisi le Tribunal du travail du canton du Valais en vue d'obtenir de la défenderesse le paiement d'un solde de salaire pour les années 1993 à 1997. Dans ses dernières conclusions, il a réclamé un total de 10 397 fr.85. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par jugement du 13 octobre 1998, le Tribunal du travail a alloué au demandeur un montant net de 9170 fr.50 (brut: 12 106 fr.25). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Statuant le 20 octobre 1999, sur appel de la défenderesse, la IIe Cour civile du Tribunal cantonal valaisan a condamné celle-ci à verser au demandeur le montant de 9771 fr.90 brut ainsi que les intérêts à 5% dès le 22 janvier 1998 sur le montant net. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">C.- Parallèlement à un recours en réforme, la défenderesse exerce un recours de droit public pour violation de l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> , concluant à l'annulation du jugement du Tribunal cantonal. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le demandeur propose le rejet du recours, tandis que l'autorité intimée se réfère purement et simplement aux motifs énoncés dans son jugement. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Considérant en droit : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1.- S'estimant victime d'un déni de justice formel, prohibé par l'<span class="artref">art. 4 aCst.</span> , la recourante reproche à la cour cantonale de ne pas avoir examiné le grief, tiré de la violation de l'<span class="artref">art. 341 CO</span>, qu'elle avait expressément formulé en instance d'appel à l'encontre du jugement du Tribunal du travail. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">a) On est en présence d'un déni de justice formel, contraire à l'<span class="artref">art. 4 aCst</span>, lorsqu'une autorité refuse, expressément ou tacitement, de statuer sur une demande qui exige une décision, soit de rendre une décision alors qu'elle y est obligée (G. Müller, Commentaire de la Constitution fédérale du 29 mai 1874, n. 89 ad art. 4; A. Grisel, Traité de droit administratif, vol. I, p. 369). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Comme pour le droit d'être entendu, l'autorité appelée à statuer doit examiner et apprécier les informations, arguments, preuves et offres de preuve fournis par les parties. Mais elle n'est tenue de le faire que s'il s'agit d'éléments pertinents ("rechtserhebliche Vorbringen"), c'està-dire pour autant seulement que ces éléments soient de nature à influer sur la décision à rendre ("soweit sie für die Entscheidfindung bedeutsam sind"; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=21&amp;from_date=22.03.2000&amp;to_date=10.04.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-III-331%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page331">ATF 121 III 331</a> consid. 3b). Demême, ledroitdeproduiredespreuvespertinentes, le droit d'obtenir qu'il soit donné suite à des offres de preuve pertinentes et le droit de participer à l'administration des preuves essentielles ou, à tout le moins, de s'exprimer sur son résultat ne sont garantis que lorsque cela est de nature à influencer la décision à prendre ("wenn dieses geeignet ist, den Entscheid zu beeinflussen"; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=21&amp;from_date=22.03.2000&amp;to_date=10.04.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-I-53%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page53">ATF 122 I 53</a> consid. 4a, 119 Ia 136 consid. 2d). Ne viole, dès lors, pas le droit d'être entendu l'autorité qui écarte ou n'examine pas des questions qu'elle ne considère pas, à juste titre, comme décisives ("entscheidwesentlich") et qui n'ont joué aucun rôle déterminant dans la décision (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=21&amp;from_date=22.03.2000&amp;to_date=10.04.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-I-129%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page129">ATF 121 I 129</a> consid. 4a). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">b) En l'espèce, le Tribunal cantonal, qui a fait application de dispositions impératives de droit public découlant de l'<span class="artref">art. 9 OLE</span> et de l'<span class="artref">art. 342 al. 2 CO</span>, a laissé de côté le moyen de la recourante d'après lequel l'intimé aurait valablement renoncé à ses prétentions, nonobstant l'<span class="artref">art. 341 al. 1 CO</span>, en signant régulièrement des quittances pour solde de tous comptes. Si le raisonnement juridique voulant que l'<span class="artref">art. 9 OLE</span> exclue toute renonciation du travailleur à ses prétentions s'avérait correct au regard du droit fédéral, le problème de l'application de l'<span class="artref">art. 341 al. 1 CO</span> ne se poserait plus, de sorte que, en pareille hypothèse, l'autorité intimée ne saurait se voir reprocher, sous l'angle de la violation du droit d'être entendu, d'avoir passé cette question sous silence. Or, tel est effectivement le cas pour les motifs indiqués dans l'arrêt rendu ce jour sur le recours en réforme connexe. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par conséquent, l'unique moyen soulevé dans le recours de droit public se révèle infondé, faute d'un déni de justice formel imputable à la cour cantonale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2.- Bien qu'elle succombe, la recourante n'aura pas à payer les frais de la présente procédure, s'agissant d'une cause résultant du contrat de travail dont la valeur litigieuse ne dépasse pas 20 000 fr. (<span class="artref">art. 343 al. 3 CO</span>). En revanche, elle devra indemniser l'intimé, conformément à l'<span class="artref">art. </span></div> <div class="para">159 al. 1 OJ. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">le Tribunal fédéral : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. Rejette le recours; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3. Dit que la recourante versera à l'intimé une indemnité de 2500 fr. à titre de dépens; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">4. Communique le présent arrêt en copie aux mandataires des parties et à la IIe Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">____________ </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 22 mars 2000 </div> <div class="para">ECH </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ie Cour civile </div> <div class="para">du TRIBUNAL FEDERAL SUISSE: </div> <div class="para">Le Président, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier, </div> </div></body></html>