Lausanne, 20. Juli 2018
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 8. Mai 2018 (2C_105/2017)
Aufenthaltsrecht auf Basis des Rechts auf Privatleben
Das  Bundesgericht  konkretisiert  seine  Praxis  zur  Beurteilung  eines  Anwesenheitsrechts von ausländischen Personen allein gestützt auf das Recht auf
Achtung des Privatlebens gemäss Artikel 8 der Europäischen Menschenrechtskonvention. Es hat den Anspruch eines argentinischen Staatsangehörigen auf Verlängerung seiner Aufenthaltsbewilligung bejaht, der seit rund 10 Jahren in der
Schweiz lebt und perfekt integriert ist. 
Der aus Argentinien stammende Mann hatte 2004 eine deutsche Staatsangehörige
geheiratet. 2007 reiste er in die Schweiz ein, um hier mit seiner anwesenheitsberechtigten Ehefrau zusammenzuleben. 2011 wurde die Ehe geschieden. Der Mann
lebte in der Folge im Konkubinat mit einer Schweizerin. Aufgrund der Ehe und der
anschliessenden Lebensgemeinschaft war er in der Schweiz anwesenheitsberechtigt.
Nach Auflösung des Konkubinats wurde sein Gesuch um weitere Verlängerung der
Aufenthaltsbewilligung 2016 abgewiesen und der Betroffene aus der Schweiz weggewiesen. Die dagegen im Kanton Zürich erhobenen Rechtsmittel blieben erfolglos. 
Das Bundesgericht hat die Beschwerde des Mannes in der öffentlichen Beratung vom
8. Mai 2018 gutgeheissen und nun die schriftliche Begründung des Entscheides
veröffentlicht. Gestützt auf das Ausländergesetz verfügt der Betroffene über keinen
Anspruch auf weiteren Aufenthalt in der Schweiz. Er beruft sich dafür zusätzlich auf
Artikel 8 Ziffer 1 der Europäischen Menschenrechtskonvention (EMRK), der das Recht
auf Achtung des Privatlebens schützt. Das Bundesgericht hat in der Vergangenheit ein
Aufenthaltsrecht von ausländischen Personen allein auf Basis dieses Rechts vereinzelt
bejaht, weil besondere Umstände vorgelegen haben. Dabei genügt gemäss bundesgerichtlicher Rechtsprechung eine lange Anwesenheit und die damit verbundene
normale Integration nicht. Der Europäische Gerichtshof für Menschenrechte prüft
demgegenüber die Aspekte der guten Integration im Rahmen der Rechtfertigung eines
Eingriffs in das Privatleben. Ob eine Wegweisungsmassnahme im konkreten Fall mit
dem Recht auf Schutz des Privatlebens vereinbar ist, beurteilt sich anhand einer
Gesamtabwägung. Im Interesse der Rechtssicherheit und der Rechtsgleichheit scheint
es sinnvoll, diese Gesamtbeurteilung zu strukturieren und dafür gewisse Leitlinien
aufzustellen. Demnach kann nach einer rechtmässigen Aufenthaltsdauer von rund zehn
Jahren regelmässig davon ausgegangen werden, dass die sozialen Beziehungen in
diesem Land so eng geworden sind, dass es für eine Beendigung des Aufenthalts
besonderer Gründe bedarf; im Einzelfall kann es sich freilich anders verhalten und die
Integration zu wünschen übrig lassen. Es kann aber auch sein, dass schon zu einem
früheren Zeitpunkt der Anspruch auf Achtung des Privatlebens betroffen ist. Liegt nach
einer längeren bewilligten Aufenthaltsdauer, die zwar zehn Jahre noch nicht erreicht hat,
eine besonders ausgeprägte  Integration vor (nebst engen sozialen  Beziehungen
namentlich auch in sprachlicher, beruflicher und wirtschaftlicher Hinsicht), kann es den
Anspruch auf Achtung des Privatlebens verletzen, wenn eine Bewilligung nicht erneuert
wird. Nicht zuletzt liegt es in solchen Konstellationen in der Regel im Interesse der
Gesamtwirtschaft, dass der Aufenthalt der betroffenen Person weiterhin möglich ist. Das
grundsätzlich legitime Interesse der Schweiz, die Einwanderung zu steuern, kann unter
diesen Umständen für sich alleine nicht genügen, um eine Verlängerung der Aufenthaltsbewilligung zu verweigern. Im konkreten Fall lebte der Betroffene fast zehn
Jahre in der Schweiz. Er ist vollkommen unbescholten, seine Integration ist sowohl in
sozialer als auch in beruflich-wirtschaftlicher Hinsicht vorzüglich. Bei dieser Sachlage
fehlt es an einem triftigen Grund, ihm das Aufenthaltsrecht zu entziehen. Lausanne, le 20 juillet 2018
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 8 mai 2018 (2C_105/2017)
Droit de séjour octroyé en application du droit à la vie privée
Le Tribunal fédéral concrétise sa pratique relative à l'examen d'un droit de séjour
d'une personne étrangère fondé exclusivement sur le droit à la vie privée prévu par
l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a reconnu le droit à
la prolongation de l'autorisation de séjour d'un ressortissant argentin vivant en
Suisse depuis environ 10 ans et étant parfaitement intégré.
Un ressortissant argentin s'est marié avec une allemande en 2004. En 2007, les époux
ont élu domicile en Suisse. En 2011, le couple a divorcé. L'homme a ensuite vécu en
concubinage avec une Suissesse. En raison de son mariage, puis de son concubinage,
l'intéressé a été mis au bénéfice d'une autorisation de séjour. Ensuite de la dissolution
du concubinage, l'autorisation de séjour n'a plus été prolongée en 2016 et l'homme a
été renvoyé de Suisse. Les moyens de droit élevés à l'encontre de cette décision dans
le canton de Zurich sont restés infructueux.
Le Tribunal fédéral a admis le recours de cet homme lors de sa délibération publique du
8 mai 2018 et a maintenant publié sa motivation. Fondé sur les dispositions du droit des
étrangers, l'intéressé n'a pas de droit à voir son séjour en Suisse prolongé. Pour cette
raison, il invoque l'article  8 paragraphe 1 de la Convention européenne des droits de
l'homme (CEDH), qui protège le respect de la vie privée. Par le passé, le Tribunal
fédéral a, dans certains cas, reconnu un droit de séjour en faveur d'étrangers en se
fondant uniquement sur ce droit, car certaines circonstances étaient réunies. Selon la
jurisprudence du Tribunal fédéral, un long séjour et l'intégration normale qui en découle
ne suffisent pas. La Cour européenne des droits de l'homme examine en revanche
l'aspect de la bonne intégration dans le cadre de la justification d'une restriction de la
vie privée. Le fait de savoir si, dans le cas concret, une mesure de renvoi est compatible
avec la protection de la vie privée, s'examine au moyen d'une appréciation globale.
Dans l'intérêt de la protection du droit et de l'égalité de traitement il semble judicieux de
structurer cette appréciation globale et de poser certaines lignes directrices. Par
conséquent, il est généralement possible de partir du principe qu'ensuite d'un séjour
légal d'environ dix ans, les relations sociales dans ce pays se sont à ce point
intensifiées qu'il faut des raisons particulières pour mettre fin au séjour  ; cependant,
dans certains cas particuliers, la situation peut se présenter différemment et l’intégration
laisser à désirer. Il est également possible que le droit à la vie privée soit touché après
une période moins longue. Dans l’éventualité où l'étranger présente une intégration
particulièrement réussie (en plus des liens sociaux particulièrement intenses, une
maîtrise de la langue et une intégration particulière sur les plans professionnel et
économique), après un long séjour légal, mais n’atteignant pas dix ans, le refus de
prolonger une autorisation peut constituer une violation du droit à la protection de la vie
privée. Dans un tel cas de figure, il est notamment dans l'intérêt économique général de
permettre à la personne concernée de continuer son séjour. Dans ces circonstances,
l'intérêt légitime de la Suisse à limiter l'immigration ne suffit pas à lui seul pour refuser
une prolongation de l'autorisation de séjour. Dans le cas d'espèce, l'intéressé vivait
depuis près de dix ans en Suisse. Il est pleinement intégré et son intégration est
exemplaire, aussi bien sur le plan social que professionnel. Dans un tel cas de figure, il
manque une raison pertinente pour lui retirer son droit de séjour.