C our III C -360/2006 {T 0/2} A rrêt du 23 juillet 2007 C om position : Bernard Vaudan (président du collège), Blaise Vuille, Andreas Trom m er, juges, C laudine Schenk, greffière. 1. A._______ et B._______, agissant pour eux-m êm es et leurs enfants, 2. C ._______ et D ._______, agissant par leurs parents, recourants, tous représentés par le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT), rue des C haudronniers 16, case postale 3287, 1211 G enève 3, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité intim ée, concernant R efus d'exception aux m esures de lim itation (art. 13 let. f O LE). B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. Le 20 septem bre 2004, les époux A._______ et B._______, ressortissants m acédoniens nés respectivem ent le 22 novem bre 1972 et le 14 août 1978, ont déposé une dem ande d'autorisation de séjour hors contingent au sens de l'art. 13 let. f de l'ordonnance du C onseil fédéral du 6 octobre 1986 lim itant le nom bre des étrangers (O LE, R S 823.21) auprès de l'O ffice de la population du canton de G enève (ci-après: l'O C P), pour eux-m êm es et leur fils C ._______, né le 29 avril 2003. A._______ a expliqué avoir quitté son pays, dès la fin de son apprentissage d'électricien, pour se rendre en Autriche, chez l'un de ses frères, où il aurait séjourné plusieurs m ois. Le 1er m ai 1995, il serait venu en Suisse, où résident l'une de ses soeurs et un autre frère, pour y travailler. D epuis son arrivée, il aurait occupé successivem ent plusieurs em plois à G enève, dans le secteur de la restauration. Le 30 décem bre 2001, son épouse l'aurait rejoint (cf. le procès-verbal de l'audition des requérants par l'O C P du 24 janvier 2005). Les requérants se sont prévalus de leur bonne intégration en Suisse, faisant valoir en substance qu'ils m aîtrisaient parfaitem ent la langue française, que leur fils était né dans ce pays, qu'ils étaient financièrem ent autonom es et que leur com portem ent n'avait jam ais donné lieu à des plaintes. B. Le 6 m ars 2006, l'O C P a inform é les intéressés qu'il était disposé à leur délivrer l'autorisation de séjour sollicitée, s'ils venaient à être exem ptés des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral, et a transm is le dossier à l'O ffice fédéral des m igrations (ci-après: l'O D M ) pour décision. C . En date du 2 m ai 2006, B._______ a donné naissance à une fille, prénom m ée D ._______. D . Le 26 m ai 2006, l'O D M a rendu à l'endroit des requérants et de leurs enfants une décision de refus d'exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers au sens de l'art. 13 let. f O LE. L'autorité a constaté que les époux A._______ et B._______, qui avaient com m is des infractions graves aux prescriptions de police des étrangers, ne pouvaient se prévaloir ni d'un com portem ent irréprochable ni d'un séjour régulier en Suisse, de sorte que la durée de leur séjour dans ce pays ne constituait pas un élém ent déterm inant pour la reconnaissance du cas personnel d'extrêm e gravité. Elle a, par ailleurs, retenu que les intéressés n'avaient pas fait preuve d'une intégration socioprofessionnelle particulièrem ent m arquée, susceptible de justifier à elle seule une exem ption des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral, au regard de la législation et de la 3 pratique restrictives en la m atière. Elle a égalem ent estim é qu'un retour des requérants en M acédoine ne les exposerait pas à des difficultés insurm ontables, eu égard aux nom breuses années qu'ils avaient passées dans ce pays, avec lequel ils avaient nécessairem ent conservé des attaches étroites et où vivaient encore plusieurs m em bres de leurs fam illes respectives. Enfin, elle a considéré que la situation de leurs enfants n'était pas de nature à conduire à une appréciation différente, com pte tenu de leur très jeune âge. E. Le 28 juin 2006, A._______ et B._______ ont recouru contre cette décision auprès du Service des recours du D épartem ent fédéral de justice et police, pour eux-m êm es et leurs enfants. Les recourants ont reproché à l'autorité intim ée d'avoir procédé à une "application extrêm em ent stricte" de l'art. 13 let. f O LE, faisant fi de l'avis des autorités cantonales de police des étrangers et de l'esprit de la C irculaire M etzler du 21 décem bre 2001, relevant que celle-ci avait précisém ent été édictée pour répondre à la problém atique des personnes sans-papiers ayant séjourné au m oins quatre ans sur le territoire helvétique. Ils ont invoqué qu'ils étaient parfaitem ent intégrés dans la société genevoise, n'avaient jam ais ém argé à l'aide sociale, n'étaient pas connus des services de police et n'avaient jam ais eu m aille à partir avec la justice. A._______ s'est, en outre, prévalu de son intégration professionnelle, relevant qu'il avait travaillé régulièrem ent depuis son arrivée en Suisse, en qualité de garçon d'office, de barm an, puis de pizzaiolo. Il a fait valoir qu'il n'avait jam ais exercé la m oindre activité lucrative en M acédoine, ayant quitté son pays sitôt son apprentissage term iné, et que son réseau d'am is et de relations sur place s'était étiolé en raison des nom breuses années qu'il avait passées en Suisse, de sorte qu'il lui serait extrêm em ent difficile de trouver un em ploi à son retour. L'intéressé a égalem ent invoqué que seuls sa m ère âgée, un frère et une soeur vivaient encore en M acédoine et que ses attaches fam iliales les plus im portantes se trouvaient dorénavant à G enève, où résidaient son autre soeur et l'un de ses trois frères. Les recourants ont finalem ent requis d'être entendus par l'autorité de recours, pour le cas où des éclaircissem ents seraient encore nécessaires. F. Appelé à se prononcer sur le recours, l'O D M en a proposé le rejet, dans sa déterm ination du 29 août 2006. G . D ans leur réplique du 2 octobre 2006, A._______ et B._______ ont repris en substance l'argum entation qu'ils avaient précédem m ent développée. H . Par courrier du 27 juin 2007, les recourants ont fourni des renseignem ents com plém entaires au sujet de l'évolution de leur situation et de celle de leurs enfants, insistant sur le fait que leur fils C ._______ (âgé de quatre ans) allait "débuter sa scolarité à la rentrée 2007". Ils ont égalem ent produit des docum ents récents concernant la situation professionnelle et 4 l'intégration sociale du m ari (notam m ent un contrat de travail et une attestation de travail, dont il ressort que l'intéressé exerce actuellem ent une activité de "pizzaiolo-cuisinier" à l'entière satisfaction de son em ployeur et réalise un salaire annuel brut de Fr. 48'000.--). Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal adm inistratif fédéral (ci-après: le TAF ou le Tribunal), en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et à l'art. 34 LTAF. En particulier, les décisions en m atière de refus d'exception aux m esure de lim itation prononcées par l'O D M sont susceptibles de recours au TAF, qui statue définitivem ent (cf. art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers [LSEE, R S 142.20], en relation avec l'art. 1 al. 2 LTAF, l'art. 83 let. c ch. 5 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]). 1.2 Les recours pendants devant les com m issions fédérales de recours ou d’arbitrage ou devant les services des recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traités par le TAF (dans la m esure où il est com pétent) selon le nouveau droit de procédure (art. 53 al. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3 A._______ et B._______ (ci-après: les recourants), de m êm e que leurs enfants, qui sont directem ent touchés par la décision entreprise, ont qualité pour recourir (cf. art. 20 al. 1 LSEE et art. 48 PA). Présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 et art. 52 PA). 2. 2.1 En vue d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, de créer des conditions favorables à l'intégration des travailleurs et résidents étrangers, d'am éliorer la structure du m arché du travail et d'assurer un équilibre optim al en m atière d'em ploi, le C onseil fédéral a adopté des dispositions restrictives d'adm ission tant en ce qui concerne les travailleurs étrangers que les étrangers n'exerçant pas d'activité lucrative (cf. art. 1 O LE, en 5 relation avec l'art. 18 al. 4 et l'art. 25 al. 1 LSEE). 2.2 Le C onseil fédéral fixe périodiquem ent des nom bres m axim um s pour les résidents à l'année qui, pour la prem ière fois, viennent exercer une activité lucrative ou en entreprennent une. Les nom bres m axim um s sont valables égalem ent pour les étrangers qui ont déjà exercé une activité en Suisse sans avoir été soum is à une telle lim itation et qui ne rem plissent plus les conditions pour bénéficier d'une exception. Ils ne sont cependant pas valables pour les personnes qui ont reçu une autorisation de séjour selon l'art. 3 al. 1 let. c ou l'art. 38 O LE (cf. art. 12 al. 1 et 2 O LE). N e sont pas com ptés dans les nom bres m axim um s les étrangers qui obtiennent une autorisation de séjour dans un cas personnel d'extrêm e gravité ou en raison de considérations de politique générale (cf. art. 13 let. f O LE). 3. 3.1 A ce propos, il sied de relever que ni l'O D M , ni a fortiori le TAF ne sont liés par l'appréciation ém ise par les autorités genevoises de police des étrangers dans leur préavis du 6 m ars 2006 s'agissant de l'exem ption des recourants et de leurs enfants des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral. 3.2 En effet, en vertu de la réglem entation au sujet de la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers entre la C onfédération et les cantons, si les cantons ont certes la faculté de se déterm iner à titre préalable au sujet de la délivrance des autorisations de séjour hors contingent, la com pétence décisionnelle en m atière d'octroi d'exceptions aux m esures de lim itation au sens de l'art. 13 let. f O LE appartient toutefois à la C onfédération, et plus particulièrem ent à l'O D M (cf. art. 52 let. a O LE ; ATF 119 Ib 33 consid. 3a p. 39, traduit en français dans Journal des Tribunaux [JdT] 1995 I 226 consid. 3a p. 230 ; PETER KO TTU SC H , D as Erm essen der kantonalen Frem denpolizei und seine Schranken, Schw eizerisches Zentralblatt für Staats- und Verw altungsrecht [ZBl] 91/1990 p. 155) et au TAF, en vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA). 4. 4.1 L'art. 13 let. f O LE, qui prévoit une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers, a pour but de faciliter la présence en Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient soum is au contingentem ent des autorisations de séjour, m ais pour lesquels l'assujettissem ent aux nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral apparaît trop rigoureux par rapport aux circonstances particulières de leur cas.6 4.2 Il découle de la form ulation de l'art. 13 let. f O LE que cette disposition dérogatoire présente un caractère exceptionnel et que les conditions auxquelles la reconnaissance d'un cas de rigueur est soum ise doivent être appréciées de m anière restrictive. Il est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. C ela signifie que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue, autrem ent dit que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Lors de l'appréciation d'un cas de rigueur, il y a lieu de tenir com pte de l'ensem ble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un cas personnel d'extrêm e gravité n'im plique pas forcém ent que la présence de l'étranger en Suisse constitue l'unique m oyen pour échapper à une situation de détresse. Par ailleurs, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas personnel d'extrêm e gravité ; il faut encore que la relation de l'intéressé avec la Suisse soit si étroite qu'on ne saurait exiger de lui qu'il aille vivre dans un autre pays, notam m ent dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail, d'am itié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent norm alem ent pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. ATF 130 II 39 consid. 3 p. 41s., ATF 128 II 200 consid. 4 p. 207s., ATF 124 II 110 consid. 2 p. 111s., ATF 123 II 125 consid. 2 p. 126s., et la jurisprudence citée ; ALAIN W U R ZBU R G ER , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R evue de droit adm inistratif et fiscal [R D AF] I 1997 p. 267ss). D ans sa jurisprudence constante, le Tribunal fédéral a toujours considéré qu'un séjour régulier en Suisse d'une durée de sept à huit ans et une intégration norm ale ne suffisaient pas, à eux seuls, pour qu'un ressortissant étranger - qui s'est toujours bien com porté - puisse obtenir une exem ption des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral (cf. ATF 124 II 110 consid. 3 p. 113). 4.3 S'agissant des séjours effectués sans autorisation idoine, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de préciser que, de m anière générale, de tels séjours ne devaient pas être pris en com pte dans l'exam en d'un cas de rigueur, respectivem ent que la longue durée d'un séjour en Suisse n'était pas un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité dans la m esure où ce séjour était illégal. Sinon, l'obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récom pensée. La H aute C our a relevé qu'il im portait dès lors d'exam iner si le requérant se trouvait pour d'autres raisons dans un état de détresse justifiant de l'excepter des m esures de lim itation du nom bre des étrangers et qu'il y avait lieu, pour cela, de se 7 fonder sur les relations fam iliales de l'intéressé (en Suisse et dans sa patrie), sur sa situation professionnelle, sur son intégration sociale, sur son état de santé, etc. (cf. ATF 130 II précité, consid. 3 ; cf. égalem ent les ATF 2A.45/2007 du 17 avril 2007 consid. 5, 2A.718/2006 du 21 m ars 2007 consid. 3, 2A.586/2006 du 6 décem bre 2006 consid. 2.1, 2A.59/2006 du 3 m ai 2006 consid. 3, et 2A.573/2005 du 6 février 2006 consid. 3.1). Il ressort notam m ent de la jurisprudence précitée que l'art. 13 let. f O LE n'est pas en prem ier lieu destiné à régulariser la situation des personnes arrivées clandestinem ent en Suisse. Il convient en effet d'appliquer à cette catégorie d'étrangers les m êm es critères qu'aux autres étrangers. Le fait que certains étrangers aient opté pour l'illégalité peut les desservir, au regard des conditions d'une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers. Ainsi, la durée du séjour illégal qu'ils ont effectué en Suisse n'est pas prise en considération. D e m êm e, il n'y a pas lieu de définir à leur intention un critère particulier d'intégration sociale, pour tenir com pte des difficultés inhérentes à la condition de clandestin, et de leur accorder sous cet angle un traitem ent de faveur - par rapport aux étrangers qui ont toujours séjourné en Suisse en respectant les prescriptions de police des étrangers - dans l'application de la disposition précitée (cf. ATF 130 II précité, consid. 5.4). 4.4 Lorsqu'une fam ille dem ande à être exem ptée des m esures de lim itation du nom bre des étrangers au sens de l'art. 13 let. f O LE, la situation de chacun de ses m em bres ne doit en principe pas être considérée isolém ent, m ais en relation avec le contexte fam ilial global, car le sort de la fam ille form e en général un tout. Ainsi, si le problèm e des enfants représente un aspect, certes im portant, de la situation de la fam ille, il ne constitue pas le seul critère à prendre en considération. Il convient bien plus de porter une appréciation d'ensem ble, tenant com pte de la situation de tous les m em bres de la fam ille (notam m ent de la durée du séjour, de l'intégration professionnelle des parents et scolaire des enfants; cf. ATF 123 II 125 consid. 4a p. 129). D 'une m anière générale, l'enfant qui a passé les prem ières années de sa vie en Suisse et y a com m encé sa scolarité, reste encore attaché dans une large m esure à son pays d'origine par le biais de ses parents. Son intégration au m ilieu socioculturel suisse n'est alors pas si profonde et irréversible qu'un retour dans sa patrie constituerait un déracinem ent com plet. Avec la scolarisation, l'intégration au m ilieu suisse s'accentue. D ans cette perspective, il convient de tenir com pte de l'âge de l'enfant lors de son arrivée en Suisse et au m om ent où se pose la question du retour, des efforts consentis, de la durée, du degré et de la réussite de la scolarité, de l'état d'avancem ent de la form ation professionnelle, ainsi que de la possibilité de poursuivre ou d'exploiter, dans le pays d'origine, la scolarisation ou la form ation professionnelle entam ée en Suisse. U n retour dans la patrie peut, en particulier, représenter une rigueur excessive pour 8 des adolescents ayant suivi l'école durant plusieurs années et achevé leur scolarité avec de bons résultats. L'adolescence est en effet une période essentielle du développem ent personnel, scolaire et professionnel, entraînant une intégration accrue dans un m ilieu déterm iné (cf. ATF 123 II 125 consid. 4 p. 128ss; W U R ZBU R G E R , op. cit., p. 297s.). C ette pratique différenciée réalise la prise en com pte de l'intérêt supérieur de l'enfant, telle qu'elle est prescrite par l'art. 3 al. 1 de la C onvention des N ations U nies relative aux droits de l'enfant du 20 novem bre 1989 (C D E, R S 0.107), entrée en vigueur pour la Suisse le 26 m ars 1997 (cf. ATF 2A.679/2006 du 9 février 2007 consid. 3). 5. 5.1 D ans leur m ém oire de recours, les intéressés invoquent le bénéfice de la C irculaire de l'O D M du 21 décem bre 2001 relative à la pratique de cet office concernant la réglem entation du séjour des étrangers dans les cas personnels d'extrêm e gravité ("C irculaire M etzler"). 5.2 A titre préalable, le Tribunal de céans observe que, selon la doctrine et la jurisprudence, les directives et circulaires de l'adm inistration, si elles visent à assurer l'application uniform e de certaines dispositions légales, n'ont pas force de loi et ne lient ni les adm inistrés, ni les tribunaux. Elles ne peuvent sortir du cadre fixé par la norm e supérieure, dont elles ne sont qu'une concrétisation. En d'autres term es, elles ne peuvent prévoir autre chose que ce qui découle de la législation ou de la jurisprudence. Elles ne dispensent pas non plus l'adm inistration de se prononcer à la lum ière des circonstances du cas d'espèce (cf. ATF 131 V 42 consid. 2.3 p. 45s., 128 I 167 consid. 4.3 p. 171ss, 121 II 473 consid. 2b p. 478ss; PIER R E M O O R , Traité de droit adm inistratif, vol. I, Berne 1994, p. 264ss). 5.3 La C irculaire du 21 décem bre 2001, révisée pour la dernière fois le 21 décem bre 2006 et adressée en priorité aux autorités cantonales de police des étrangers, énonce les conditions générales qu'il convient d'exam iner dans l'application de l'art. 13 let. f O LE pour les personnes dont le séjour en Suisse n'est pas régulier, en rappelant la pratique en vigueur et en citant l'essentiel de la jurisprudence développée jusqu'alors par le Tribunal fédéral dans le cadre des recours dont il avait été saisi, com pétence dont il est aujourd'hui déchu (cf. art. 83 let. c ch. 5 LTF) sous réserve des cas expressém ent prévus par l'art. 132 al. 1 LTF (cf. consid. 1.1 supra). Si la circulaire m entionne certes que la durée totale du séjour constitue un élém ent im portant pour la reconnaissance d'un cas personnel d'extrêm e gravité, il n'en dem eure pas m oins qu'elle indique clairem ent que la situation doit être appréciée à partir d'un ensem ble de critères (tels l'intégration professionnelle, sociale et scolaire, le com portem ent, l'état de santé, les relations fam iliales en Suisse et à l'étranger, etc.). Il est à noter, 9 en particulier, que cette circulaire ne pose aucun principe selon lequel un séjour de quatre ans au m oins et une bonne intégration en Suisse entraîneraient obligatoirem ent l'application de l'art. 13 let. f O LE, cette disposition n'étant pas destinée à régulariser la situation d'étrangers vivant illégalem ent en Suisse, ainsi que le Tribunal fédéral a eu l'occasion de le préciser à de nom breuses reprises (cf. consid. 4.3 supra, et la jurisprudence citée). 5.4 O r, dans la décision querellée, l'O D M n'a fait qu'apprécier la situation concrète des recourants et de leurs enfants à l'aune des principes régissant les cas personnels d'extrêm e gravité, tels qu'ils découlent de la législation et de la jurisprudence en la m atière. C ontrairem ent à ce que les intéressés laissent entendre, l'autorité intim ée n'a nullem ent exclu, dans la m otivation de sa décision, que des personnes séjournant illégalem ent en Suisse puissent être m ises au bénéfice d'une exem ption des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral. Elle s'est bornée à rappeler qu'un séjour irrégulier en Suisse ne pouvait constituer en soi un m otif d'octroi d'une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers et a procédé à l'exam en de l'ensem ble des circonstances du cas d'espèce, en tenant com pte des critères habituels du cas de rigueur autres que celui de la durée du séjour en Suisse. 5.5 Les recourants ne sauraient dès lors invoquer en leur faveur la C irculaire de l'O D M du 21 décem bre 2001 (cf. ATF 2A.531/2005 du 7 décem bre 2005 consid. 4.2). 6. 6.1 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, depuis leur arrivée en Suisse, les époux A._______ et B._______ ont résidé dans ce pays en toute illégalité et que, depuis le dépôt de leur dem ande de régularisation au m ois de septem bre 2004, ils y dem eurent au bénéfice d'une sim ple tolérance cantonale, un statut à caractère provisoire et aléatoire. O r, ainsi que le Tribunal fédéral l'a précisé, un séjour illégal ou précaire en Suisse ne saurait être considéré com m e un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité (cf. ATF 2A.540/2005 du 11 novem bre 2005 consid. 3.2.1). A ce propos, il sied de rappeler que la possibilité offerte au recourant par l'O C P de prendre un em ploi relève égalem ent d'une pure tolérance cantonale, et que, de surcroît, cette situation n'est pas conform e à la législation fédérale en m atière de police des étrangers (cf. art. 3 al. 3 LSEE). 6.2 Les prénom m és ne sauraient dès lors tirer parti de la durée de leur séjour en Suisse pour bénéficier d'une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers. 10 7. 7.1 C ela étant, il convient d'exam iner si des critères d'évaluation autres que la seule durée du séjour sur le territoire helvétique seraient de nature à faire adm ettre qu'un départ de Suisse placerait les intéressés et leurs enfants dans une situation particulièrem ent rigoureuse. 7.2 A ce propos, le dossier révèle que les époux A._______ et B._______ ont toujours eu un com portem ent irréprochable, horm is le fait qu'ils ont gravem ent enfreint les prescriptions de police des étrangers en séjournant (respectivem ent, en travaillant) en Suisse sans autorisation (cf. Jurisprudence des autorités adm inistratives de la C onfédération [JAAC ] 63.38 et JAAC 63.2). Ils n'ont, en particulier, jam ais connu de dém êlés avec la justice ou les services de police. Force est égalem ent de constater que le recourant a consenti des efforts louables pour s'intégrer au m arché du travail et subvenir aux besoins de sa fam ille, qui n'a jam ais ém argé à l'aide sociale. Q uant aux nom breuses lettres de soutien versées en cause, elles dém ontrent que les intéressés ont réussi à gagner la sym pathie de leur entourage et à sensibiliser de nom breuses personnes à leur cause (en particulier, des voisins, des collègues de travail du m ari et des clients des restaurants dans lesquels celui-ci a été em ployé). Enfin, il n'est pas contesté que les recourants m aîtrisent la langue française. C ependant, s'il est avéré que les époux A._______ et B._______ ont tissé des liens avec la Suisse, il n'en dem eure pas m oins que leur intégration ne revêt pas un caractère exceptionnel, au regard de la durée de leur séjour dans ce pays. C ertes, le recourant, qui est au bénéfice d'une form ation d'électricien acquise dans sa patrie, a travaillé régulièrem ent depuis son arrivée en Suisse, dans le secteur de la restauration (en qualité de garçon d'office, de barm an, puis de pizzaiolo), et a été apprécié de ses em ployeurs. O n ne saurait toutefois considérer qu'il ait réalisé une ascension professionnelle rem arquable, au cours des douze années qu'il a passées en Suisse, ou acquis des connaissances ou des qualifications professionnelles à ce point spécifiques dans ce pays qu'il ne lui serait pas possible de les m ettre à profit dans sa patrie. Son épouse, quant à elle, n'a apparem m ent jam ais exercé une activité lucrative depuis son arrivée en Suisse. S'agissant des relations de travail, d'am itié ou de voisinage que les intéressés ont noué durant leur séjour sur le territoire helvétique, elles ne sauraient non plus justifier une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. consid. 4.2 supra, et la jurisprudence citée). Il convient enfin de relever qu'il est parfaitem ent norm al qu'un ressortissant étranger, après un séjour prolongé en Suisse, se soit adapté à son nouveau m ilieu de vie, m aîtrise au m oins l'une des langues nationales et se soit créé des attaches dans ce pays. C ertes, A._______ a des attaches fam iliales en Suisse, où résident l'une 11 de ses deux soeurs et l'un de ses trois frères, avec leurs fam illes respectives. Force est toutefois de constater que la m ajeure partie des m em bres de la fam ille des recourants (la m ère, une soeur et un frère du m ari, ainsi que les parents, le frère et la soeur de l'épouse) réside en M acédoine, pays dans lequel A._______ possède en outre une petite m aison (cf. le procès-verbal de l'audition des intéressés par l'O C P du 24 janvier 2005 ; cf. égalem ent let. A et E supra). Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que les recourants, qui sont venus en Suisse alors qu'ils étaient âgés de plus de 20 ans, ont passé la m ajeure partie de leur existence dans leur patrie, notam m ent leur adolescence et le début de leur vie d'adulte, période durant laquelle se forge la personnalité, en fonction notam m ent de l'environnem ent socioculturel (cf. consid. 4.4 supra, et en particulier l'ATF 123 II 125 consid. 5b/aa p. 132). Les intéressés disposent donc nécessairem ent d'un im portant réseau social et de solides attaches culturelles en M acédoine, où ils ont accom pli toute leur scolarité et où A._______ a achevé un apprentissage d'électricien, m êm e s'ils n'ont jam ais travaillé dans ce pays. Ils ne se retrouveront dès lors pas com plètem ent dém unis, de retour dans leur patrie, d'autant qu'ils pourront égalem ent com pter sur le soutien des m em bres de la fam ille du prénom m é établis en Suisse et en Autriche (deux frères et une soeur). Q uant à la situation de leurs enfants (âgés respectivem ent de 4 ans et de 14 m ois), elle n'est pas de nature à conduire à une appréciation différente, ainsi que l'observe l'autorité intim ée à juste titre. En effet, si C ._______ et D ._______ sont certes nés et ont toujours vécu en Suisse, ils ne jouissent pas d'une intégration particulière dans la société helvétique, dès lors qu'ils n'ont pas encore débuté leur scolarité obligatoire (cf. consid. 4.4 supra, et les références citées). Au contraire, en raison de leur jeune âge, les prénom m és dem eurent encore très largem ent dépendants de leurs parents (en particulier de leur m ère, qui a quitté la M acédoine il y a m oins de six ans) et im prégnés des us et coutum es propres au m ilieu dans lequel ils ont été élevés, de sorte qu'ils seront en m esure de s'adapter sans difficultés particulières à leur nouvel environnem ent. 7.3 Le Tribunal n'ignore pas que le retour des recourants dans leur pays d'origine après plusieurs années passées en Suisse ne sera pas exem pt de difficultés. R ien ne perm et toutefois d'affirm er que ces difficultés seraient plus graves pour eux que pour n'im porte lequel de leurs concitoyens appelé à quitter la Suisse au term e de son séjour dans ce pays, ou que leur situation serait sans com m une m esure avec celle que connaissent leurs com patriotes restés sur place, com pte tenu du soutien dont il pourront bénéficier de la part des m em bres de leurs fam illes respectives (établis en M acédoine ou à l'étranger). Q uant à la form ation d'électricien que le recourant a accom plie dans son pays et à l'expérience professionnelle qu'il a ensuite acquise en Suisse dans le dom aine de la restauration, elles constitueront assurém ent des atouts susceptibles de favoriser son intégration dans le m arché du travail, à son retour en M acédoine.12 C 'est le lieu de rappeler qu'une exem ption des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral n'a pas pour but de soustraire un ressortissant étranger aux conditions de vie de son pays d'origine, m ais im plique que celui-ci se trouve personnellem ent dans une situation si rigoureuse qu'on ne saurait exiger de lui, com pte tenu notam m ent de l'intensité des liens qu'il a noués avec la Suisse, qu'il tente de se réadapter à son existence passée. C om m e l'a relevé le Tribunal fédéral dans sa jurisprudence (cf. ATF 123 II 125 consid. 5b/dd p. 133), on ne saurait tenir com pte des circonstances générales (économ iques, sociales, sanitaires ou scolaires) affectant l'ensem ble de la population restée sur place, auxquelles la personne concernée sera égalem ent exposée à son retour, sauf si celle-ci allègue d'im portantes difficultés concrètes propres à son cas particulier (telles une m aladie grave ne pouvant être soignée qu'en Suisse, par exem ple), ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Enfin, dans la m esure où le dossier est com plet et l'état de fait pertinent suffisam m ent établi, le Tribunal peut se dispenser de procéder à des m esures d'instruction com plém entaires (telle une audition des recourants) dans le cadre de la présente cause (cf. ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157, ATF 125 I 209 consid. 9b p. 219, et la jurisprudence citée; cf. JAAC 56.5). 7.4 D ans ces conditions, après une appréciation de l'ensem ble des circonstances, le Tribunal, à l'instar de l'autorité de prem ière instance, arrive la conclusion que la situation des recourants et de leurs enfants n'est pas constitutive d'un cas personnel d'extrêm e gravité au sens de l'art. 13 let. f O LE. 8. 8.1 Il ressort de ce qui précède que, par sa décision du 26 m ai 2006, l'O D M n'a ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de m anière inexacte ou incom plète ; en outre, la décision attaquée n'est pas inopportune (cf. art. 49 PA). 8.2 Partant, le recours doit être rejeté. 8.3 C om pte tenu de l'issue de la cause, il y a lieu de m ettre les frais de procédure à la charge des recourants (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 1 à 3 du R èglem ent concernant les frais, dépens et indem nités fixés par le Tribunal adm inistratif fédéral [FITAF, R S 173.320.2]). (dispositif page suivante)13 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure, s'élevant à Fr. 700.-, sont m is à la charge des recourants. Ils sont com pensés par l'avance versée le 4 août 2006. 3. Le présent arrêt est com m uniqué : - au m andataire des recourants (recom m andé), - à l'autorité intim ée (recom m andé), avec dossier n° 2 217 508 en retour. Le Président du collège: La greffière: Bernard Vaudan C laudine Schenk D ate d'expédition :