<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">[AZA] </div> <div class="para">I 733/99 Mh </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>IIe Chambre </u> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">composée des Juges fédéraux Lustenberger, Président, Meyer </div> <div class="para">et Ferrari; Beauverd, Greffier </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>Arrêt du 31 mai 2000 </u> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">dans la cause </div> <div class="para"> </div> <div class="para">R.________, recourante, représentée par l'Ambassade </div> <div class="para">d'Espagne, Kirchenfeldstrasse 42, Berne, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg, </div> <div class="para">Impasse de la Colline 1, Givisiez, intimé, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">et </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Tribunal administratif du canton de Fribourg, Givisiez </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> A.- R.________ a travaillé à mi-temps en qualité </div> <div class="para">d'aide de cuisine au service de l'Ecole X.________. </div> <div class="para">Licenciée au mois de mai 1993, elle a perçu des indemnités </div> <div class="para">de chômage. </div> <div class="para"> Le 12 mai 1995, elle a déposé une demande tendant à </div> <div class="para">l'octroi d'une rente de l'assurance-invalidité. Après avoir </div> <div class="para">recueilli divers renseignements d'ordre médical et éco- </div> <div class="para">nomique, l'Office AI du canton de Fribourg a rendu une </div> <div class="para">décision, le 17 février 1998, par laquelle il a nié le </div> <div class="para">droit à une rente, motif pris que le taux d'invalidité </div> <div class="para">- fixé à 33,7 % - était insuffisant pour ouvrir droit à une </div> <div class="para">telle prestation. L'assurée ayant contesté cette décision, </div> <div class="para">l'administration a rendu une nouvelle décision, le 22 juil- </div> <div class="para">let 1998, annulant et remplaçant la précédente, par la- </div> <div class="para">quelle elle a derechef refusé l'octroi d'une rente, mais </div> <div class="para">sur la base d'un taux d'invalidité de 22 %. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> B.- Saisi d'un recours contre cette dernière décision, </div> <div class="para">le Tribunal administratif du canton du Fribourg l'a rejeté </div> <div class="para">par jugement du 25 novembre 1999. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> C.- R.________ interjette recours de droit adminis- </div> <div class="para">tratif contre ce jugement, dont elle requiert l'annulation, </div> <div class="para">en concluant à l'octroi d'une rente entière d'invalidité </div> <div class="para">depuis le 1er juin 1996, subsidiairement au renvoi de la </div> <div class="para">cause à l'administration pour nouvelle décision après </div> <div class="para">complément d'instruction. </div> <div class="para"> L'office intimé conclut implicitement au rejet du </div> <div class="para">recours. L'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) </div> <div class="para">n'a pas présenté de détermination. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>Considérant en droit </u> </div> <div class="para"> : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 1.- Avant que l'office AI se prononce sur le refus </div> <div class="para">d'une demande de prestations ou sur le retrait ou la ré- </div> <div class="para">duction d'une prestation en cours, il doit donner l'oc- </div> <div class="para">casion à l'assuré ou à son représentant de s'exprimer, </div> <div class="para">oralement ou par écrit, sur le projet de règlement du cas </div> <div class="para">et de consulter les pièces du dossier (<span class="artref">art. 73bis al. 1 </span></div> <div class="para">RAI). </div> <div class="para"> En l'espèce, l'office intimé n'a pas satisfait à cette </div> <div class="para">exigence à l'occasion du prononcé de la décision liti- </div> <div class="para">gieuse. Toutefois, il n'y a pas lieu, en l'occurrence, de </div> <div class="para">lui renvoyer la cause pour qu'il donne à l'assurée l'occa- </div> <div class="para">sion de s'exprimer (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=21.05.2000&amp;to_date=09.06.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F124-V-180%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page180">ATF 124 V 180</a>, 116 V 182). Par la </div> <div class="para">décision en cause, en effet, l'office AI n'a fait que </div> <div class="para">confirmer le refus de prestation notifié par la décision </div> <div class="para">initiale du 17 février 1998, laquelle avait été rendue au </div> <div class="para">terme d'une procédure conforme à l'<span class="artref">art. 73bis al. 1 RAI</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 2.- Le jugement entrepris expose de manière exacte et </div> <div class="para">complète les dispositions légales et réglementaires, ainsi </div> <div class="para">que les principes jurisprudentiels applicables au présent </div> <div class="para">cas. Il suffit donc d'y renvoyer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 3.- La recourante ne conteste ni le choix de la mé- </div> <div class="para">thode mixte d'évaluation de l'invalidité (prévue pour les </div> <div class="para">assurés qui n'exercent une activité lucrative qu'à temps </div> <div class="para">partiel et consacrent le reste de leur temps à l'accom- </div> <div class="para">plissement de leurs travaux habituels au sens de l'<span class="artref">art. 5 </span></div> <div class="para">al. 1 LAI), ni la répartition entre l'activité lucrative et </div> <div class="para">l'exercice des travaux habituels (à raison chacun d'un mi- </div> <div class="para">temps). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 4.- a) La juridiction cantonale a confirmé le point de </div> <div class="para">vue de l'office AI selon lequel l'assurée subit une incapa- </div> <div class="para">cité de travail de 35 % dans son activité professionnelle </div> <div class="para">habituelle (soit 25 % en raison d'une atteinte à la santé </div> <div class="para">physique - syndromes vertébraux mineurs, troubles statiques </div> <div class="para">et dégénératifs modérés, polyallergie, conjonctivite - et </div> <div class="para">10 % en raison de troubles psychiques), ce qui entraîne une </div> <div class="para">incapacité de gain de 35 %. </div> <div class="para"> b) aa) La recourante conteste ce point de vue en </div> <div class="para">faisant valoir que son activité habituelle d'aide de </div> <div class="para">cuisine est incompatible avec les troubles dont elle </div> <div class="para">souffre. Cet avis ne saurait toutefois être partagé, la </div> <div class="para">motivation du jugement entrepris, à laquelle il suffit de </div> <div class="para">renvoyer, étant à cet égard pleinement convaincante. </div> <div class="para"> Par ailleurs, la recourante ne conteste pas sérieuse- </div> <div class="para">ment les avis des docteurs G.________, spécialiste en </div> <div class="para">médecine interne et maladies rhumatismales (rapport du </div> <div class="para">10 octobre 1997) et H.________, spécialiste en psychiatrie </div> <div class="para">et psychothérapie (rapport du 12 mai 1998), sur lesquels la </div> <div class="para">juridiction cantonale s'est fondée pour admettre une </div> <div class="para">incapacité de travail de 25 % sur le plan physique et de </div> <div class="para">10 % en raison des troubles psychiques. En particulier, ces </div> <div class="para">avis médicaux ne sauraient être remis en cause par l'appré- </div> <div class="para">ciation du docteur B.________, spécialiste en médecine </div> <div class="para">interne (rapports des 7 juillet 1995 et 21 avril 1997), </div> <div class="para">lequel ne fait état d'aucun élément qui n'ait été pris en </div> <div class="para">compte et dûment analysé par les docteurs G.________ et </div> <div class="para">H.________. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> bb) La recourante reproche également aux premiers </div> <div class="para">juges d'avoir omis d'opérer une déduction de 25 % sur le </div> <div class="para">revenu d'invalide, afin de tenir compte du fait qu'en </div> <div class="para">raison de son état de santé, elle ne pourrait réaliser </div> <div class="para">qu'un salaire inférieur à celui que percevrait une personne </div> <div class="para">en bonne santé pour une durée de travail similaire. </div> <div class="para"> Ce grief est mal fondé. Selon un arrêt récent, destiné </div> <div class="para">à la publication (arrêt A. du 9 mai 2000 [I 482/99]), le </div> <div class="para">revenu d'invalide doit être évalué avant tout en fonction </div> <div class="para">de la situation professionnelle concrète de l'intéressé. Si </div> <div class="para">l'activité exercée après la survenance de l'atteinte à la </div> <div class="para">santé repose sur des rapports de travail particulièrement </div> <div class="para">stables, qu'elle met pleinement en valeur la capacité de </div> <div class="para">travail résiduelle exigible et encore que le gain obtenu, </div> <div class="para">qui correspond au travail effectivement fourni, ne contient </div> <div class="para">pas d'élément de salaire social, c'est le revenu effective- </div> <div class="para">ment réalisé qui doit être pris en compte pour fixer le </div> <div class="para">revenu d'invalide (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=21.05.2000&amp;to_date=09.06.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F117-V-8%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page18">ATF 117 V 18</a>; RAMA 1991 n° U 130 p. 272 </div> <div class="para">consid. 4a et les références; consid. 6b non publié de </div> <div class="para">l'arrêt W. du 31 octobre 1997 [I 207/97, VSI 1998 p. 183]). </div> <div class="para">En l'absence d'un revenu effectivement réalisé - soit </div> <div class="para">lorsque l'assuré, après la survenance de l'atteinte à la </div> <div class="para">santé, n'a pas repris d'activité ou alors aucune activité </div> <div class="para">adaptée, normalement exigible -, le revenu d'invalide peut </div> <div class="para">être évalué sur la base des statistiques sur les salaires </div> <div class="para">moyens (cf. RCC 1991 p. 332 sv. consid. 3c; Omlin, Die In- </div> <div class="para">validität in der obligatorischen Unfallversicherung, thèse </div> <div class="para">Fribourg 1995, p. 215). Dans ce cas, la jurisprudence </div> <div class="para">considère que certains empêchements propres à la personne </div> <div class="para">de l'invalide exigent que l'on réduise le montant des </div> <div class="para">salaires ressortant des statistiques. Toutefois, de telles </div> <div class="para">réductions ne doivent pas être effectuées de manière </div> <div class="para">schématique, mais doivent tenir compte de l'ensemble des </div> <div class="para">circonstances du cas particulier, et cela dans le but de </div> <div class="para">déterminer, à partir de données statistiques, un revenu </div> <div class="para">d'invalide qui représente au mieux la mise en valeur </div> <div class="para">économique exigible des activités compatibles avec la </div> <div class="para">capacité de travail résiduelle de l'intéressé (arrêt A. du </div> <div class="para">9 mai 2000, déjà cité). </div> <div class="para"> En l'espèce, il n'est pas nécessaire de se référer à </div> <div class="para">des données statistiques pour déterminer le revenu que la </div> <div class="para">recourante peut encore réaliser malgré son handicap, </div> <div class="para">puisqu'elle est toujours en mesure d'exercer, mais avec une </div> <div class="para">diminution de rendement de 35 %, son activité habituelle </div> <div class="para">d'aide de cuisine. Ainsi, en fixant à 35 % la diminution de </div> <div class="para">gain due au handicap, sans opérer de réduction, la juridic- </div> <div class="para">tion cantonale a tenu compte d'un revenu d'invalide qui </div> <div class="para">représente au mieux la mise en valeur économique exigible </div> <div class="para">de l'activité compatible avec l'état de santé de la </div> <div class="para">recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 5.- a) Par ailleurs, l'office AI a retenu un taux </div> <div class="para">d'invalidité de 8,7 % dans les tâches ménagères, en se </div> <div class="para">fondant sur les résultats de l'enquête "concernant les </div> <div class="para">empêchements dans le ménage" du 17 janvier 1997. La juri- </div> <div class="para">diction cantonale a cependant réduit ce taux à 5,5 % en </div> <div class="para">application des règles d'évaluation ressortant des direc- </div> <div class="para">tives de l'OFAS concernant l'invalidité et l'impotence </div> <div class="para">(DII), valables dès le 1er janvier 1990, au lieu du </div> <div class="para">supplément 1 en vigueur dès le 1er janvier 1993, auquel </div> <div class="para">s'était référé l'office AI. </div> <div class="para"> De son côté, la recourante critique la répartition des </div> <div class="para">tâches (en pour cent) en fonction de leur importance dans </div> <div class="para">l'ensemble de l'activité dans le ménage, ainsi que l'impor- </div> <div class="para">tance de l'empêchement dans chaque activité. Elle conclut </div> <div class="para">que le taux d'invalidité dans ses travaux habituels doit </div> <div class="para">être fixé à 66 %. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> b) En l'occurrence, la juridiction cantonale a procédé </div> <div class="para">correctement à la répartition des tâches, conformément à la </div> <div class="para">DII valable à partir du 1er janvier 1990 (cf. VSI 1997 </div> <div class="para">p. 298). Par ailleurs, on ne saurait partager le point de </div> <div class="para">vue de la recourante, selon lequel l'empêchement est de </div> <div class="para">66 %, au motif "qu'elle peut faire uniquement un peu" dans </div> <div class="para">chacune des activités énumérées. Cette argumentation n'est </div> <div class="para">pas de nature à remettre en cause l'évaluation de l'office </div> <div class="para">AI, laquelle repose sur les propres indications de l'inté- </div> <div class="para">ressée, dûment consignées dans le rapport d'enquête du </div> <div class="para">17 janvier 1997. </div> <div class="para"> Il s'ensuit que même si l'on applique la clé de </div> <div class="para">répartition des tâches proposée par la recourante, l'in- </div> <div class="para">capacité dans l'activité ménagère ne dépasse pas 8 %, selon </div> <div class="para">le calcul suivant : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Travaux Pondération Diminution Invalidité </div> <div class="para"> </div> <div class="para">l. Conduite du ménage 2 0 0 </div> <div class="para">2. Alimentation 33 0 0 </div> <div class="para">3. Entretien du logement 15 20 3 </div> <div class="para">4. Emplettes 15 10 1,5 </div> <div class="para">5. Lessive 15 10 1,5 </div> <div class="para">6. Soins aux enfants - - - </div> <div class="para">7. Divers 20 10 2 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Total 100 8 </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> 6.- Ainsi donc, si l'on retient un taux d'invalidité </div> <div class="para">de 35 % dans l'activité professionnelle et de 8 % dans les </div> <div class="para">travaux habituels, et compte tenu d'un temps de travail de </div> <div class="para">21 heures par semaine par rapport à un horaire usuel de </div> <div class="para">42 heures, il en résulte une invalidité globale de 21,5 % </div> <div class="para">selon la formule : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>[ (21 x 35) + (42-21) x 8] </u> </div> <div class="para"> = 21,5 </div> <div class="para"> 42 </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> Cela étant, l'invalidité est insuffisante pour ouvrir </div> <div class="para">droit à une rente. Le jugement entrepris n'est dès lors pas </div> <div class="para">critiquable et le recours se révèle ainsi mal fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <u>p r o n o n c e </u> </div> <div class="para"> : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>I. Le recours est rejeté.</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>II. Il n'est pas perçu de frais de justice.</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>III. Le présent arrêt sera communiqué aux parties, au</i> </div> <div class="para"> Tribunal administratif du canton de Fribourg, Cour des </div> <div class="para"> assurances sociales, et à l'Office fédéral des assu- </div> <div class="para"> rances sociales. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 31 mai 2000 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom du </div> <div class="para">Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para">Le Président de la IIe Chambre : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : </div> </div></body></html>