JAAC70.82 Extrait du jugement de la Commission fédérale de la protection des données du 18 novembre 2005; le recours de droit administratif de l’ODM contre ce jugement était irrecevable; ATF 1A.19/2006 du 25 avril 2006 Droit à la consultation des pièces d’une procédure d’asile close. Art. 8, art. 9 al. 2 let. a LPD. - Distinction entre le droit d’accès fondé sur le droit de la protection des données et le droit à la consultation des pièces du dossier prévu par le droit de procédure; le premier vise uniquement des données personnelles (consid. 3). - Refus de délivrer l’expertise linguistique et de provenance «Lingua» par l’Office fédéral des migrations: Sur la base de la balance des intérêts, le droit d’accès l’emporte sur les intérêts à maintenir le secret invoqués dans le cas concret (consid. 4). - Egalement s’agissant de documents qualifiés d’internes, qui contiennent des données personnelles, le droit d’accès peut être restreint seulement aux conditions posées par l’art. 9 LPD. Celles-ci ne sont pas remplies en l’espèce (consid. 5). - Intérêt public prépondérant au refus de délivrer une copie de l’acte de naissance tenu pour faux et confisqué nié (consid. 6). Recht auf Einsichtnahme in Akten eines abgeschlossenen Asylverfahrens. Art. 8, Art. 9 Abs. 2 Bst. a DSG. 1- Abgrenzung des datenschutzrechtlichen Auskunftsrechts vom verfahrensrechtlichen Anspruch auf Akteneinsicht; ersteres betrifft nur Personendaten (E. 3). - Verweigerung der Herausgabe eines Sprach- und Abstammungsgutachtens «LINGUA» durch das BFM: Aufgrund der Interessenabwägung überwiegt das Auskunftsrecht gegenüber den geltend gemachten Geheimhaltungsinteressen im konkreten Einzelfall (E. 4). - Auch bezüglich so genannt interner Aktenstücke, die Personendaten enthalten, kann das Auskunftsrecht nur unter den Voraussetzungen gemäss Art. 9 DSG eingeschränkt werden; Voraussetzungen in casu verneint (E. 5). - Überwiegendes öffentliches Interesse an der Verweigerung der Herausgabe einer Kopie einer als Fälschung gekennzeichneten und eingezogenen Geburtsurkunde verneint (E. 6). Diritto alla consultazione degli atti di una procedura d’asilo conclusa. Art. 8, art. 9 cpv. 2 lett. a LPD. - Distinzione fra diritto d’accesso fondato sul diritto della protezione dei dati e il diritto alla consultazione degli atti del dossier previsto dal diritto procedurale; il primo concerne unicamente i dati personali (consid. 3). - Rifiuto dell’Ufficio federale della migrazione di fornire la perizia linguistica e di provenienza «Lingua»: sulla base della ponderazione degli interessi, il diritto d’accesso prevale sugli interessi a mantenere il segreto invocato nel caso concreto (consid. 4). - Anche per i documenti cosiderati interni, che contengono dati personali, il diritto d’accesso può essere limitato solo alle condizioni poste dall’art. 9 LPD. Nella fattispecie, tali condizioni non sono adempiute (consid. 5). - Negato l’interesse pubblico preponderante al rifiuto di rilasciare una copia dell’atto di nascita considerato falso e confiscato (consid. 6). Résumédesfaits: A. Le27juillet2004,W.ademandéàl’Officefédéraldesréfugiés(ci-après: l’officeintimé;depuisle1 er janvier2005: Officefédéraldesmigrations[ODM]) deconsulteruncertainnombrededonnéespersonnellesleconcernant contenuesdanssondossierdeprocédured’asile. Ilasollicitéunecopiede diversdocuments. W.ademandéenoutrelacommunicationdesqualifications del’expertetsesgarantiesd’indépendance. 2Ilafondésademandesurl’art. 8delaLoifédéralesurlaprotectiondes donnéesdu19juin1992(LPD,RS235.1). Ilamotivélaproductionde l’expertiselinguistiqueetdeprovenanceensefondantsurl’exigenced’un procèséquitableausensdel’art. 29al. 1 er delaConstitutionfédéraledu18 avril1999(Cst.,RS101). Ilademandéunaccèsgratuitcomptetenudeson indigence(art. 8al. 5LPD). B. Pardécisiondu16août2004,l’officeintiméaaffirméavoircommuniqué gratuitementunecopiedesdonnéespersonnellesdemandées,sanstoutesles préciser,àl’exceptiondesdocumentssuivants: 1. lemandatd’expertiselinguistiqueetdeprovenance( Lingua - Mandat pour détermination de provenance ,pièceA8/3); 2. lerésultatd’analyse( Fax: résultat d’analyse, pièceA10/4); 3. ledocument Remarques,pièceA12/1; 4. ledocument Actes administratifs, pièceA13/6; 5. l’expertiselinguistiqueetdeprovenance( Expertise, pièceA17/8). L’officeintiméafondésonrefuseninvoquantl’existenced’unintérêtpublic prépondérantausensdel’art. 9al. 2let. aLPDsansprécisionsupplémentaire. Ilaégalementinvoquél’art. 3let. aLPDpourexcluredudroitd’accès lesdocumentsnecontenantpasdedonnéespersonnelles,sanspréciser lespiècesconcernées. Ils’estenfinréféréàlajurisprudenceduTribunal fédérals’agissantd’exclurelesdocumentsinternes,derechefsansprécision supplémentaire. L’officeintiméapréciséenoutrequelerésultatd’analyse(pièceA10/4)était unecopiedel’expertiselinguistiqueetdeprovenance(pièceA17/8). Ilestimeenfinavoirdonnéquelquesindicationssurle curriculum vitae de l’expertetlescompétencesdecelui-ciencommuniquantlapièceA4/1. C. Paractedu16septembre2004,lerecourantaforméunrecoursàl’encontre deladécisiondu16août2004. Ilcontesteàtitreliminaireavoirobtenuune copiedesdocumentssuivants(...) . Ildemandeenoutredeconsulterun nouveaudocument: -lerésultatdurapportd’analysededocument( Analyse des Bundesamts für F lüchtlinge [BFF]vonVerwaltungsdokumenten=pièceA16/6[A16/4selon l’index]). Lerecourantcontestelerefusd’obtenirunecopiedesonactedenaissanceau motifqu’ils’agit«paressence»d’unedonnéepersonnelleausensdel’art. 8 LPD. Ilcontestelerefusd’obtenirunecopiedel’expertiselinguistiqueetde provenance(piècesA10/4etA17/8)ensefondantsurl’exigenced’unprocès équitableausensdel’art. 29al. 1 er Cst. telqu’interprétéparlaCommission suissederecoursenmatièred’asile(CRA).Ildemanded’obteniruncompte rendudel’analyselinguistiquecomprenantlesquestionsposéesparle spécialiste«Lingua»,lerésumédesréponsesdurequérantd’asileainsique l’indicationprécisedesautresélémentsdudossiersurlesquelslespécialistea fondésonappréciation. 3IlréitèresademandedeconsulterlapièceA12/1àlasuitedelaréception d’uneversionmodifiéedel’index. Lapremièreversionlaqualifiede «Remarques»alorsquelasecondeladésignesousl’appellationde«Notice interne». Bienquel’officeintiméaitdonnécopiele16août2004du curriculum vitae etdesqualificationsdel’expertlinguiste( Werdegang und Qualifikation der sachverständigen Person,pièceA4/1)àlasuitedelademandedurecourant, celui-ciréitèresarequêtevisantàcequelesqualificationsdel’expertetses garantiesd’indépendanceluisoientcommuniquées,endemandantd’accéderà lapièce8/3( Lingua - Mandat pour détermination de provenance ). IlcontesteenfinlecaractèreprétendumentidentiquedespiècesA10/4et A17/8aumotifqueleurqualification(AouB)auraitétémodifiéeaprèssa requêtedu27juillet2004. D. Endatedu14octobre2004,l’officeintiméatransmisunecopiedespiècesA 13/6(Actes administratifs)etA19/2( rechtliches Gehör). Ilaégalementcommuniquéunecopieanonymiséedesprocès-verbauxdes auditionscentraliséesdes5mars2002et18juin2003. E. L’officeintiméadéposésaréponseauprèsdelaCommissionfédéraledela protectiondesdonnées(CFPD,ci-après: laCommissiondecéans)endatedu14 octobre2004. Ilprécisetoutd’abordquelesdocumentstransmislemêmejouraurecourant nel’ontpasétéjusqu’alorsenraisond’uneerreur. Ilmotivelerefusdeconférerl’accèsaumandatd’expertiselinguistiqueet deprovenance(pièceA8/3)etaudocumentA12/1,intitulé Remarques dans lapremièreversiondel’indexet Notice interne danslaseconde,aumotif qu’ils’agitdepiècesàusageinternedel’administrationnedevantpasêtre communiquéesenraisondurisqued’entraverlalibreformationdel’opinion etledéveloppementdelapratiqueadministrativedemanièregénérale. L’officeintimérappellequelerefusdedonneraccèsàl’expertiselinguistique etdeprovenance(piècesA10/4etA17/8)ainsiqu’aurésultatdurapport d’analysededocument(pièceA16/6[A16/4selonl’index])estfondésur l’existenced’unintérêtpublicprépondérantd’untiersausensdelaloisurla protectiondesdonnées. Ilinformeavoirtoutefoistransmisaurecourantleur contenuessentielencommuniquantlespiècesA11/4( dr oit d’être entendu )etA 19/2(rechtliches Gehör). L’officeintiméestimequelademanded’obtenirunephotocopiedel’actede naissancesortducadredulitigedanslamesureoùcelui-ciaétéconfisquéen vertudel’art. 10delaLoisurl’asiledu26juin1998(LAsi,RS142.31). Ilconclutaurejetdurecours. F .Lerecourantarépliquéendatedu10décembre2004. Ilinvoqueausujetdurefusdel’accèsàl’expertiselinguistiqueetde provenancelefaitquecelle-ciauraitjouéunrôledéterminantdanslerejetde sademanded’asile. Plusprécisément,ilauraitreçuunedécisiondenon-entrée enmatièresursademanded’asileaumotifqu’ilauraittrompélesautorités suisses(art. 32al. 2let. bLAsi)enaffirmantvenirdeSierraLeonealorsqu’il viendraitenfaitduGhana. 4Ilestimequelecompte-rendudel’analyselinguistiquereçunesatisfaitpas auxexigencesposéesparlaCRAdéjàévoquéesdanslamesureoùl’onnepeut quedifficilementdéduirelesquestionsposéesetlesréponsesfourniesetdans lamesureoùlesélémentsessentielsdudéroulementdel’entretienn’ysontpas contenus. Ilmetégalementencauselescompétencesdel’expertendemandantdes renseignementsplusprécisqueceuxquisontcontenusdansle curriculum vitae quel’officeintiméacommuniqué. Demanièreplusgénérale,ilestimequel’officeintiménesauraitinvoquerl’art. 9al. 2let. aLPDpermettantderestreindrel’accèsauxdonnéespersonnelles encasd’intérêtpublicprépondérant,enparticulierlorsquelasûreté intérieureouextérieuredelaConfédérationl’exige. Lerecourantnevoit pasenquoiuntelaccèsmettraitendangerlasûretédelaConfédération. De tellesinformationsnesauraientautoriserunusagequelconqueàdesfins criminelles. G. L’officeintiméarédigéunedupliquele14mars2005danslaquelleil maintientsaposition. Ilestimequelerecourantdisposedesinformations suffisantesluipermettantdeseforgeruneopinionsurlesqualifications etl’indépendancedel’expertlinguisteetrefusedefournirdavantagede renseignementsensefondantsurl’art. 9al. 1 er let. bLPDpermettantde restreindreledroitd’accèslorsquelesintérêtsprépondérantsd’untiers l’exigent. Ilconsidèrequ’ilappartientaurecourantdefairevaloirlegrief del’incompétencedel’expertdanslecadred’uneprocédureappropriée. Extraitdesconsidérants: 1.a .Ladécisionlitigieuserenduele16août2004estunedécisionausensde l’art. 5delaLoifédéralesurlaprocédureadministrativedu20décembre1968 (PA,RS172.021)sujetteàrecoursselonl’art. 44PA.Ellen’estpasviséeparl’art. 46PAprécisantlescasd’irrecevabilitédurecours. b .Envertudesart. 25al. 5et33al. 1 er let. bLPD,laCFPDstatuesurles recourscontrelesdécisionsdesorganesfédérauxenmatièredeprotectiondes donnéesàl’exceptiondecellesduConseilfédéral. Ladécisionattaquéeaété rendueparl’Officefédéraldesréfugiés,c’est-à-direunorganefédéral. c .Ladécisionattaquéevisecertainespiècescontenuesdansledossierdu recourantétablidanslecadredesaprocédured’asileantérieure. Dansla mesureoùlespiècesviséescontiennentdesdonnéespersonnelles,c’est-à-dire desinformationsquiserapportentàunepersonneidentifiéeouidentifiable (art. 3let. bLPD),lacompétencedelaCFPDestavérée. d .Enl’espèce,10piècessurles11ayantfaitl’objetdelademandeinitiale contiennentdesdonnéespersonnellesdurecourantausensdelaloisur laprotectiondesdonnées. Laonzième,c’est-à-direle curriculum vitae et lesqualificationsdel’expertlinguiste( Werdegang und Qualifikation der sachverständigen Person,pièceA4/1),contientlesdonnéespersonnelles d’untiers. Cedocumentestanonymedanslesensoùl’identitédel’expert linguisteestcachéeparuncode(àl’exceptiondelasignaturemanuscrite del’expertapposéeàlatroisièmeetdernièrepagedurapportparlaquelle celui-cipourraitéventuellementêtreidentifié). L’expertisecontientdoncdes informationsserapportantàunepersonnenonidentifiée,maisidentifiable 5ausensdel’art. 3let. aLPD.Cedocumentnerenfermeenrevancheaucune informationquelconqueserapportantaurecourant,celui-cin’étantninommé, niidentifiabled’uneautremanière. Bienquecettepiècesetrouveencopie dansledocument17/8dontilconstituelahuitièmeetdernièrepage,ellene faitcependantplusl’objetdulitigepuisquel’officeintiméenatransmisune copieendonnantaccèsàlapièceA4/1àlasuitedelademandedurecourant. Lerecourantpersistecependantenrépétantsademandeinitialeportantsur lesqualificationsprécisesdel’expertainsiquesesgarantiesd’indépendance. Ilcroitsavoirquecesinformationssetrouventconsignéesdansledocument A8/3. Or,cedocument,intitulé« LINGUA - Mandat pour la détermination de provenance»necontientaucuneindicationquelconquerelativeaux qualificationsprécisesdel’expertouàsesgarantiesd’indépendance. C’est doncparerreurquelerecourantcroittrouveruneréponseàsademande enrequérantlapièceA8/3. L’officeintimén’apasclarifiécepointàl’égard durecourantestimantimplicitementluiavoirdonnésatisfactionen communiquantlapièceA4/1. Ilasimplementrefusédefournirdavantage derenseignementsensefondantsurl’art. 9al. 1 er let. bLPDpermettant derestreindreledroitd’accèslorsquelesintérêtsprépondérantd’untiers l’exigent. Lademandedurecourantdoitdèslorsêtreinterprétéesurce pointcommeportantsurlaconsultationnonpasdedonnéespersonnelles leconcernantausensdel’art. 8LPD,maisdedonnéespersonnellesd’autrui quedétiendraitl’officeintimé. e .Lacompétencedelacommissiondecéansestavéréedanslamesure oùlaprésenteprocédureportesurlerefusdecommuniquerdesdonnées personnelles. 2. (Recevabilitédurecours). 3. Atitreliminaire,ilimportedebienpréciserlecadrejuridiquedela présenteprocédure. Lajurisprudencerelativeàl’art. 29al. 2Cst. précisequeledroitdeconsulter ledossierpeutêtreexercéendehorsd’uneprocédurependante;une protectionefficacedesdroitspeutjustifierquelapersonneconcernéeou untiersprenneconnaissanced’uneprocédureachevée. Lerequérantdoit fairevaloirdanscecasunintérêtdignedeprotection( ATF129I249 consid. 3). Orenl’espèce,touteslesdonnées personnelleslitigieusesfont partiedudossier établidanslecadredelaprocédured’asile,aujourd’huiclose. Lademande durecourantportedèslorssurlaconsultationdudossierendehorsd’une procédurependante. Ledroitdelaprotectiondesdonnéesoffredanscecasunmoyenpour accéderàunteldossiers’agissantdelaconsultationdesespropresdonnées personnelles. L’art. 8LPDconfèreàtoutepersonneledroitdeconsulterles donnéespersonnelleslaconcernant. Ilsedistinguepourtantdudroitàla consultationdespiècesdudossierprévuenprocédureadministrativeàl’art. 26PA.Ledroitd’accèsàsesdonnéespersonnellesausensdel’art. 8LPDest eneffetplusétroitqueledroitdeconsulterledossierenvertudesgaranties généralesdeprocédure,carilnes’étendpasàtouteslespiècesessentiellesde laprocéduremaisnevisequelesdonnéesconcernantlapersonneintéressée. Parailleurs,ilestaussipluslargeencesensque-saufabusdedroit-ilpeut êtreinvoquésansqu’ilfailleseprévaloird’unintérêtparticulier,mêmeen 6dehorsd’uneprocédureadministrative( ATF127V219 consid. 1a). Ledroit d’accèsausensdel’art. 8LPDestégalementpluslargeàunautretitre,caril s’étendaussiauxdocumentsquel’administrationqualified’internes,maisqui contiennentdesdonnéesconcernantl’auteurdelademandedeconsultation (ATF125II473 consid. 4a). Lorsque,commeenl’espèce,laprocédured’asileestclose,laLPDneconfère undroitàlaconsultationdudossierétablidanslecadredecelle-cique danslamesureoùlespropresdonnéespersonnellessontvisées(art. 8LPD). Lesinformationsconcernantlesqualificationsplusprécisesdel’expertet lesgarantiesd’indépendancedecelui-cinecontiennentpasdesdonnées personnellessurlerecourantouquipourraientluiêtrerattachéescommele montreparanalogiel’examendelapièceA4/1,dontlerecourantdétientune copie. L’officeintiméadèslorsrefuséàjustetitrededonneraccèsauxinformations concernantlesqualificationsplusprécisesdel’expertetlesgaranties d’indépendancedecelui-cidanslecadrelaprésenteprocédure. Lerecourant doitêtrerenvoyésurcepointàuneprocédureadministrativeclassique. Onlaisseraouvertelaquestiondesavoirdansquellemesurel’officeétait autorisé,surlefondementdel’art. 19LPDrégissantlacommunicationdes donnéespersonnellespardesorganesfédéraux,àtransmettrelapièceA 4/1donnantquelquesindicationssurle curriculum vitae ainsiquesurles compétencesdel’expertanonyme. Cettedispositionnerègleeneffetquele droitdesorganesfédérauxdecommuniquerdesdonnéespersonnelles,etnon celuidespersonnesconcernées. 4.a .Lerecourantdemandeàobtenirunecopiedel’expertiselinguistique elle-même(soitlespiècesA10/4etA17/8),carilestimequelecompte-rendu fourniparl’officeintiménecorrespondpasauxexigencesformuléesparla CRA.Sefondantsurl’art. 28PAprécisantquelapiècedontlaconsultation aétérefuséeàlapartienepeutêtreutiliséeàsondésavantagequesi l’autoritéluienacommuniqué,oralementouparécrit,lecontenuessentiel serapportantàl’affaireetluiadonnéenoutrel’occasiondes’exprimeretde fournirdescontre-preuves,laCRAajugéque,poursatisfaireàl’exigenced’un procèséquitableausensdel’art. 29al. 1 er Cst.,lecompte-rendudel’analyse linguistiquetransmisàlapartiedevaitcomprendrelesélémentssuivants: les questionsposéesparlespécialisteLingua,lerésumédesréponsesdonnéespar lerequérantd’asileetl’indicationprécisedesautresélémentsdudossiersur lesquelslespécialisteafondésonappréciation(CRA,27.1.2003,E.H.,Albanie, JICRA2003/14= JAAC68.1). b .L’officeintimédéniel’accèsàl’expertiseeninvoquantl’art. 9al. 2let. aLPD habilitantunorganefédéralàrefuserourestreindrelacommunicationdes renseignementsdemandés,voireendifférerl’octroi,danslamesureoùun intérêtpublicprépondérant,enparticulierlasûretéintérieureouextérieure delaConfédérationl’exige. Ilinvoqueégalement,maisdemanièregénérale, l’art. 3let. aLPDlimitantlechampd’applicationdelaloiauxdonnées personnellesetlajurisprudenceduTribunalfédéralsurlanon-accessibilité auxdocumentsinternes. c .Enl’espèce,ledocumentA10/4comprendunefeuilledetransmissionpar télécopiedatéedu14septembre2001(1page)etunecopiedel’expertise elle-même,intitulée« Expertise»etdatéedu14septembre2001(3pages). Le 7documentA17/8comprendl’expertiseelle-mêmedu14septembre2001(3 pages),lesdonnéespersonnellesdurecourantenécrituremanuscritedans uneformuleintitulée«Notesd’analysedirecte: donnéespersonnellesdusujet» datéedu14septembre2001(1page),unecopiedumandatpourdétermination deprovenancedatédu6septembre2001(2pages,reproduisantenpartiela pièceA8/3,ladernièrepagedelapièceA8/3étantunequittanceautomatique detransmissionpartélécopiedesdeuxpremièrespages),unfeuilletrose datédu26septembre2001informantdel’archivagecentraldes«cassettes LINGUA»(1page)etunepagedatéedu2octobre2000précisantensept pointslecurriculumvitaeetlesqualificationsdel’expertlinguisteintitulée «Werdegang und Qualifikation der sachverständigen Person »identiqueàla pièceA4/1dontunecopieaétéenvoyéeaurecourantparl’officeintimé. d .Contrairementàcequ’allèguel’officeintimé,iln’estpasadmissibleselon leTribunalfédéraldelimiterledroitd’accèsauseulmotifqu’ils’agirait dedocumentsinternes. Ledroitd’accèsfondésurl’art. 8LPDs’étenden effetaussiauxdocumentsqualifiésd’«internes»parl’administration,pour autantqu’ilscontiennentdesdonnéesconcernantl’auteurdelademandede consultation(ATF125II473 consid. 4aetb). L’accèsnepeutdoncêtrerefusé quesilesconditionsderestrictiondudroitd’accèsausensdel’art. 9LPDsont rempliesdanslecasconcret. e .Al’exceptiondeladernièrepage delapièce A17/8(identique àlapièce A4/1 etdontunecopieaétéenvoyéeaurecourantparl’officeintimé),l’ensemble desdocumentsregroupésdanslespiècesA10/4etA17/8contientdesdonnées personnellesausensdel’art. 3let. aLPDquivisentlerecourantlui-mêmesi bienqueleurconsultationnesauraitnonplusêtreécartéesurlefondement decemotif. f .Lespiècesprécédentesnerévèlentenprincipepasl’identitédel’expert quirestecachéederrièreuncode(àl’exceptiondesasignaturemanuscrite, commementionnéci-dessus). L’officeintiménesauraitdèslorsrestreindre ledroitd’accèsenvertudel’art. 9al. 1 er let. bLPD,puisquelesintérêts prépondérantsdutiersexpertsontdecettemanièresauvegardés. Lasignature manuscritedel’expertpeutaisémentêtremasquéesil’officeintimédevait craindrequ’ilpuisseainsiêtreidentifié. g .aa.Ilresteàdéterminersil’officeintimé,pours’opposeràlacommunication despiècesprécédentes,invoqueàbondroitl’art. 9al. 2let. aLPDpermettant derestreindrel’accèsauxdonnéespersonnellesencasd’intérêtpublic prépondérant,enparticulierlorsquelasûretéintérieureouextérieurede laConfédérationl’exige. Pareillerestrictionn’estadmissiblequesilamise endangerdanslecasconcretestsérieuse(A.Dubach,Kommentarzum SchweizerischenDatenschutzgesetz,Basel/FrankfurtamMain1995,adart. 9ch. 22). Enoutre,lemotiftiréd’unintérêtpublicprépondérantausensde l’art. 9al. 2let. aLPDpourrefuserl’accèsàdespiècesnepeutêtreappréciéde manièreglobale,maisdoitêtreexaminédanschaquecasd’espèceenfonction desrenseignementsdontlacommunicationestrefusée(CFPD28.5.1998; JAAC64.69 consid. 6). Enfin,ilconvientdereconnaîtreàl’administration unecertainemarged’appréciation-quedoiventrespectertantlacommission decéansqueleTribunalfédérallui-même-dansl’interprétationdesnotions 8d’intérêtspublicsprépondérantsoudesûretéintérieureetextérieuredela Confédérationausensdel’art. 9al. 2let. aLPDdansunesituationconcrète (ATF125II225 consid. 4). bb .S’ilestvraiquelaprocédured’asileestenthéoriesusceptibledemettreen causedirectementouindirectementlasûretéintérieureouextérieuredela Confédération,ilresteencoreàdémontrerenquoilanon-communication d’uneexpertiselinguistiqueetdeprovenanceàunrequérantd’asilefait courirundangersérieuxetconcretàlaConfédération. Ilestclairquela communicationdetelsdocumentsnesauraitêtreutiliséepourperpétrer desattentatsoumettresérieusementendangerl’ordrepublichelvétique. cc .L’officeintiménevad’ailleurspassiloindanssonargumentation. Il existeraitseloncelui-ciunintérêtpublicprépondérantàéviteruneffet d’apprentissagedesquestionsprécises,etpartantdeleursréponses. Cela auraitpoureffetd’augmenterlenombrederequérantsd’asileapprenant parcœurlesréponsesauxquestionsdesexperts,leurpermettantainsi demieuxcacherleurvéritablepaysdeprovenance. L’intérêtpublicà lasûretéintérieureouextérieuredelaConfédérationestdonnéàtitre illustratif,commel’interprétationlittéralel’art. 9al. 2let. aLPDlemontre(« en particulier lorsque la sûreté intérieure ou extérieure de la Confédération l’exige », «insbesondere der inneren oder äusseren Sicherheit der Eidgenossenschaft », «in particolare la sicurezza interna o esterna della Confederazione »). L’intérêt publicsusceptibledel’emportericiestd’instaurerunmoyenpermettant deprévenirautantquepossiblelesabusenmatièred’asile. L’extrême acuitépolitiquedecettefinalité,coupléeàl’exigencepourlesparticuliers d’agirconformémentauxrèglesdelabonnefoi(art. 5al. 3Cst.),confère certainementuncaractèred’intérêtpublic,ausensdel’art. 9al. 2let. aLPD, auxmesuresdestinéesàpréveniruneffetd’apprentissagedesquestionset desréponsesàl’analyselinguistiqueetdeprovenance. Contrairementàun examenordinaireoùl’apprentissageparcœurdesréponsesàdonnerest généralementconsidérédemanièrepositive,l’analyseopéréedanslecadre delaprocédured’asilepourdéterminerlaprovenanceréelledesrequérants obéitexactementàlalogiqueinverse. L’apprentissageparcœurdelistesde questionsetderéponsesrelativesauxparticularitésd’unpaysoud’unerégion donnéeàunmomentdéterminédanslebutdélibérédetromperlesautorités sursaprovenanceréelleestuncomportementassurémentpeucompatible aveclesrèglesdelabonnefoinotamment. dd .Ilrestecependantàdéterminersil’intérêtpublicprécédentest prépondérantausensdel’art. 9al. 2let. aLPD.L’intérêtprivéopposérevêt pourlesindividusconcernésuneimportancetouteparticulièredanslamesure oùlespersonnesrequérantl’asileenSuissesontdesréfugiés,c’est-à-dire despersonnesqui,dansleurEtatd’origineoudanslepaysdeleurdernière résidence,sontexposéesàdesérieuxpréjudicesoucraignentàjustetitre del’êtreenraisondeleurrace,deleurreligion,deleurnationalité,deleur appartenanceàungroupesocialdéterminéoudeleursopinionspolitiques (art. 3al. 1er LAsi). Lamiseendangerdelavie,del’intégritécorporelleoude laliberté,demêmequelesmesuresquientraînentunepressionpsychique insupportablesontnotammentconsidéréescommedesérieuxpréjudices. Lesmotifsdefuitespécifiquesauxfemmesdoiventégalementêtrepris encompte(art. 3al. 2LAsi). Touchantl’individudanssonhumanitéla plusprofonde,lesvaleursindividuellesenjeudansuneprocédured’asile 9sontfondamentalesetrendentlabalanced’intérêtàopérerdanslecas d’espèceparticulièrementsensible. L’intérêtprivédurequérantconcernéà s’assurerdufondementsérieuxdesanalysesconduitesàsonencontreafinde déterminersaprovenancerevêtuneimportancecrucialepuisquelesanalyses linguistiquesetdeprovenancepeuventselonlescirconstancesconduireà unedécisiondenon-entréeenmatièresurlademanded’asileaumotifquele requérantatrompélesautoritéssursonidentitéenvertudel’art. 32al. 2let. bLAsi(CRA,8.1.2003,B.F.M.,Angola,JICRA2004/4). ee .Danslecadredelaprocédured’asile,laCRAn’exigepasl’accèsàl’expertise linguistiqueetdeprovenanceelle-mêmepuisqu’elleaposéunesérie d’exigencesquedevaitrespecterlecompte-rendudecettedernièreau requérant(CRA,27.1.2003,E.H.,Albanie,JICRA2003/14,précité= JAAC 68.1). Elleaégalementadmislerefussignifiéàundemandeurd’asilede consulterlanoticed’entretienrédigéedanslecadred’untestanalogue,le testdeconnaissancessurlaviequotidienneauLibériapratiquéparl’office intimé-quiconstitueunmoyendepreuveenprocédured’asile-pourautant toutefoisquesoncontenuessentielluiaitétécommuniqué(CRA,8.6.2004,F. J.,Liberia,consid. 7aetb,JICRA2004/28). LaCommissionaenoutreprécisé quelepleinrespectdudroitd’êtreentenducommandequeledemandeur d’asilesoitconfrontéauxréponsesqu’iladonnéesdurantletestetquiseraient prétendumentcontradictoiresoufaussesouencoreinsuffisantes,ensortequ’il puisseconcrètementfairevaloirsesobjections. Lasimplecommunicationdes résultatsdutestsousformerésumée,sansqu’ilnesoitpossibleaudemandeur d’asiledereconnaîtreeffectivementles faussesréponsesqu’onluireproche,ne suffitpas( ibidem,consid. 7b). Labalancedesintérêtsqu’ilimported’opérerdanslecadred’uneprocédure administrativelorsqu’ils’agitderefuserlaconsultationdepiècesversées audossierausensdel’art. 27PAn’esttoutefoispaslamêmequecelleà effectuerlorsquelemaîtred’unfichierrestreintlacommunicationde donnéespersonnellessurlabasedel’art. 9LPD.Lesdeuxdispositions sontindépendantesaupointqueleTribunalfédéralapujugerqu’une demandedeconsultationdudossierfondéesurl’art. 8LPDpouvaitêtre rejetéemêmelorsquel’accèsauxdocumentsaété autorisédansune procédure administrativeantérieurefondéesurl’art. 26PA( ATF125II225 consid. 3). Al’opposé,ilneseraitthéoriquementpasexcludeconférerl’accèsdansle cadred’uneprocédureenconsultationdesesdonnéespersonnellesfondées surl’art. 8LPDalorsquecelui-ciauraitétérestreintdansuneprocédure administrativeantérieureclose. Lasituationdefaitrésultantdel’écoulement dutemps,lecaractèreplusspécifiquelimitéàlaconsultationdespropres donnéespersonnelles,etnonàl’ensembledudossier,sontdeséléments montrantquelapeséed’intérêtsseraeffectuéedansuncontextedifférent, justifiantd’éventuellesdivergences. ff .Demanièregénéraleendroitd’asile,lasituationgéopolitiquedespays deprovenancedesrequérantsn’estsouventpasstabilisée. L’évolutiondela situationconduitnécessairementàunemodificationdesquestionsàposer danslecadredel’analysedeprovenance. Telvaêtrelecasdesquestions politiques,géographiques,administrativesdansdespaysconnaissantdes bouleversementsgéopolitiques. Certes,uncertainnombrededonnées relativesàlaprovenancedemeurestable,tellesquelesquestionsd’ordre culturel,religieux,ethniqueoulinguistiqueparexemple. 10Enl’espèce,l’expertiseconclutaufaitquelaRépubliquedeSierraLeonen’est pasl’airedesocialisationdurecourantmaisleGhana. Lasituationpolitique enSierraLeoneetauGhanaaujourdel’auditiontéléphoniquedurecourant surlaquellel’expertiseestbasée-diffèrenettementdelasituationdujour deladécisiondel’officeintiméd’enrefuserlaconsultation. (....) Forceestde constaterquelescirconstancesontnotablementchangédanslespaysvisés depuislejourdel’auditiontéléphoniquedurecourant,relativisantdansce contextel’intérêtpublicàprévenirl’effetd’apprentissageallégué. gg .S’agissantdesquestionsrelativesàdesélémentsmoinscontingentsde l’expertisetelsquelesinterrogationsd’ordreculturel,religieux,ethnique oulinguistique,ilconvientd’examineràtitrepréalablesileprincipede proportionnalitéaétécorrectementappliquéparl’officeintimé. L’art. 4 al. 2LPDprévoiteneffetqueletraitementdesdonnéespersonnellesdoit êtreeffectuéconformémentauprincipedelaproportionnaliténotamment. Leprincipedeproportionnalitéestlecomplémentnécessairedeceluide l’intérêtpublic,dontilestparfois,commeenl’espèce,malaisédeledistinguer (P.Moor,Droitadministratif,vol. I,Berne1994,p. 418). Lesdeuxprincipesne seconfondentcependantpas. Laproportionnalitésertenl’espèceàrévéler dansquellemesurel’intérêtpublicestlégitime( ibidem,p. 399). Danslecaslitigieux,ilimportedevérifiertoutd’abordsilaconsultationd’un compte-rendudel’expertiseaulieudel’expertiseelle-mêmeestunemesure apteàprévenirl’effetd’apprentissagepermettantdetromperl’expertsur saprovenanceréelle. Sil’onreprendlesdifférentsélémentsdel’expertise litigieuserelatifsauxquestionsmoinsliéesàl’évolutiongéopolitiquedes régionsconcernées,ons’aperçoitqu’ellestrouventleursréponsesdanstoute bonneencyclopédieouétudegénéralerelativeàunpays,unerégionou uncontinentprécis. Lesservicesadministratifsouderecoursspécialisés dansledomainedesréfugiéspublientd’ailleursdetellesinformationspar payssurleurssitesinternet. Onobjecteraquedetellessourcesnedonnent pasencoreuneimageprécisedelasélectiondesquestionsparlesexperts. Outrequ’ilexisteuncertainnombred’expertsauxparcoursdevieetaux intérêtsprobablementvariés,iln’estcertainementpaspossibledetirerdes conclusionsgénérales,d’autantplusquelesfutursrequérantsnepeuvent paschoisirlibrementlapersonnequilesexpertisera. Enoutre,iln’estpas interditauxrequérantsinterrogésdemémoriserlesquestionsetdeles rapporterparlasuiteafinquetoutrequérantpotentielpuisselesétudier. Acepropos,l’officeintiméad’ailleursproduitdetelsdocuments,dressant unelistedequestions-typesrelativesàunpaysetleursréponses. Deplus, selonlajurisprudencedelaCRAprécitée,lecompte-renducommuniquéaux requérantsdoitcontenirlesquestionsposéesparl’interrogateurainsique lasubstancedelaréponsedonnéeparlerequérantd’asile(CRA,27.1.2003, E.H.,Albanie,JICRA2003/14= JAAC68.1). Enfin,l’officelui-mêmedonnela possibilitéd’écouterultérieurementl’enregistrementdeleurentretienetde prendredesnotes. Ilestvraiquelesréponsesauxquestionsetleurévaluation parl’expertdemeurentsecrètesdanscesdernièreshypothèses. Ladiscussion avecdesautochtonesoulaconsultationdefichesencyclopédiquestellesque rappeléesci-dessusconstituentdanscecasdesméthodesextrêmementsimples etefficacespourpalliercetinconvénient. 11Enfin,s’agissantdelapartielinguistiqueproprementditedel’analyseportant cettefois-cinonpassurl’examendelaconnaissancedupaysetdelaculture durequérant,maissursescompétenceslinguistiquesrelativesàsamaîtrise delalangueoud’undialecteentermesphonologiques,morphologiquesou devocabulairenotamment,ilfautadmettrequ’elleconstituelapartielaplus pérennedel’examen. Contrairementàlapartiepolitiqueetculturellede l’expertise,lesquestionssontinévitablementpluslarges. Connaîtrelescritères d’évaluationdesexpertsrevêtdanscecasunecertaineimportancepour celuiquiveuttenterdedissimulersonlieudeprovenance. Ilpourraitainsi êtreutiledesavoirqu’unlinguistediscrimineungenevoisd’unhabitantdu plateauduJoratvaudois,pourprendreunexemplequinesoitpastirédudroit desétrangers,parl’usageabusifdupassésurcomposé. Sicesinformations étaientconnues,leshabitantsconcernéspourraienteffectivementapprendre às’exprimerdifféremments’ilsvoulaienttromperleurinterlocuteursur leurprovenance. L’exercicerestecependantpérilleuxdanslamesureoùle masquagelinguistiquedesaprovenanceréellenécessitesurtoutunebonne oreilleafindemodifiersonaccent;talentquinesedéveloppecertainement pasdemanièreidéaleàlalecturedesexpertiseslinguistiques. Deplus,cetype d’analyserencontrerapidementcertaineslimites,carlestraitsindividuelssont susceptiblesdel’emportersurlescaractéristiquesgénéralesrelativesàune airelinguistiquedéterminée. Ilesttoutàfaitpossibled’êtresocialisédansune régiondéterminéesanspourautantenacquérirlesspécificitéslangagières pourdesraisonsfortdiverses. Enl’espècelerecourantaétéjugésursaphonologie,lamorphologiedeson langageetsonvocabulaire. L’accèsaurésultatdesonexpertisepermettrait desavoirqu’ilnefautpasprononcerlesnomsdeSierraLeoneavecunaccent étranger,qu’ilfautprononcertelmotdetellemanièreetnonpasdetelle autre,qu’ilfaututiliserteltypedeprépositiondanstelcontexteetnonpas telautre,qu’ilfaututilisertelmoteffectivementparléenSierraLeoneet nonpastelautreusuelauGhanaseulement. Pourqu’unapprentissage effectifaitlieuparladiffusiondetellesinformations,ilfaudraitmettreen placeunevéritableinfrastructurecentraliséedecollecteetdecompilation systématiquedetouteslesexpertisesclasséesparrégionouethnie,etnon seulementparpays. Ilfaudraitensuiteuncertaintalentpourmodifierson accentenconséquenceetpourmémoriserl’ensembledecescaractéristiques etlesappliquercommunémentdanslelangagecourant,sanstenircompte dustressgénéréparlasituationd’audition. Enoutre,mêmesiuncertain nombred’individusdevaityparvenir,ilnefautpasperdredevuequ’une personnepeutfortbienapprendreàmodifiersonprofillinguistiquepar l’écoutedesmédiaslocauxouparlecontactdirectavecunlocuteurnatif. C’estd’ailleursprobablementleseulmoyendemodifiersonaccent. Enfin, ilfautderechefrappelerlajurisprudenceprécitéedelaCRAquiexigede donnerauxrequérantsuncompte-renducomprenantl’indicationprécisedes autresélémentsdudossiersurlesquelslespécialisteafondésonappréciation (CRA27.1.2003,E.H.,Albanie,JICRA2003/14= JAAC68.1),ycomprisdonc l’indicationprécisedel’analyselinguistiqueproprementdite. Ilfautconclure surlabasedesélémentsprécédentsquelanon-communicationdelapartie linguistiquedesexpertiseselles-mêmesneconstituepasunmoyentrès efficacepourprévenirl’effetd’apprentissagecraintparl’officeintimé. 12Onenconclutquelerefusd’accorderl’accèsàl’expertiselinguistiqueetde provenancen’estpasunemesurepermettantd’atteindretrèsefficacementle butd’intérêtpublicviséparl’officeintimé. Unetellerestrictionn’empêcheen effetpasuneffetd’apprentissagepard’autresmoyensetnecontribuequede manièremarginaleàlimitercelui-ci. Danslamesureoùlarègledel’aptituden’estpasvérifiéedanslecas d’espèce,iln’estpasnécessaired’examinerlesautresvoletsduprincipede proportionnalitépourconclureàlaviolationdecedernier. hh .Sanspréjugerdelabalancedesintérêtsàopérerdemanièregénérale danslecadredelaprocédured’asileausensdel’art. 27PAetcomptetenu del’évolutiondescirconstancesàlasuitedel’écoulementdutempsentre l’expertiseetlademandedeconsultationdesdonnéespersonnelles,compte tenuégalementducaractèrespécifiquedelaprésenteprocédurelimitéeàla consultationdesdonnéespersonnellesdurecourant,comptetenuenoutre del’importancedesintérêtsprivésenjeuetcomptetenuenfindeladifficulté dumoyenretenuparl’officeintimédeprévenirefficacementleprocessus d’apprentissageredouté,lacommissiondecéansjugequel’officeintiméa outrepassélamarged’appréciationdanslabalancedesintérêtsprévueàl’art. 9al. 2let. aLPD. UnecopiedespiècesA10/4etA17/8(sousréservedesp. 5et6formantles deuxpremièrespagesdelapièceA8/3examinéeci-après)doitdèslorsêtre communiquéeaurecourant. Danslamesureoùlerecourantn’ajamais expressémentdemandéàconnaîtrel’identitémêmedel’expertmandaté, l’officeintiméestautoriséàmasquerlasignaturemanuscritedecedernier danslespièceslitigieusessurlefondementdel’art. 9al. 1 er let. bLPDdansla mesureoùilyalieudecraindrequ’ilpuisseêtreidentifiésurlabasedecette signature. 5.a .Lerecourantdemandeàobtenircopiededeuxpiècessupplémentaires: 1. ledocument,intitulé Remarques danslapremièreversiondel’indexet Notice interne danslaseconde(pièceA12/1); 2. lemandatd’expertiselinguistiqueetdeprovenance,intitulé« Lingua - Mandat pour détermination de provenance »(pièceA8/3). b .Lepremierdocumentestunefeuilledetransmissionadministrativede l’actedenaissancedurecourant. L’identitédecelui-ciestdissimuléederrière uncodepermettant,parrecoupementaveclesautrespiècesdudossier, del’identifier. Cedocumentcomprenantneuflignesderemarques,dont deuxconsacréesauxformulesdepolitesse,necontientaucuneinformation quinesoitdéjàconnuedurecourant. L’officeintiméarefusédedonner accèsàcedocumentaumotifqu’ils’agiraitd’unepièceàusageinterne del’administrationnedevantpasêtrecommuniquéeenraisondurisque d’entraverlalibreformationdel’opinionetledéveloppementdelapratique administrativedemanièregénérale. OnrappelleralajurisprudenceprécitéeduTribunalfédéraljugeantque l’art. 8LPDconférantàtoutepersonneledroitdeconsulterlesdonnées personnelleslaconcernantsedistinguedudroitàlaconsultationdespiècesdu dossierprévuenprocédureadministrativeàl’art. 26PAencesensqueledroit d’accèsprévuàl’art. 8LPDs’étendaussiauxdocumentsquel’administration 13qualified’internes,maisquicontiennentdesdonnéesconcernantl’auteurde lademandedeconsultation( ATF125II473 consid. 4a). Iln’estdèslorspas admissibledelimiterledroitd’accèsauseulmotifqu’ils’agiraitdedocuments internes. Ilresteencoreàdémontrerquelesconditionsderestrictiondudroit d’accèsausensdel’art. 9LPDsontrempliesdanslecasconcret. L’officeintimén’apasétéenmesurededémontrerdansquellemesureune quelconquedispositiondel’art. 9LPDjustifieraitunetellerétention. Son caractèreadministratifmarqué,soncontenulimitéetconnudurecouranten fontunepiècedépourvued’ungrandintérêt. Onnevoitenparticulierpas commentcelle-cirisqueraitsérieusementd’entraverlalibreformationde l’opinionetledéveloppementdelapratiqueadministrativetantdemanière généralequedanslecasparticulier. L’intérêtdurecourantàprendreconnaissancedecettepiècel’emporte incontestablementdanslabalancedesintérêtsenprésence. c .Leseconddocumentestlemandatdonnéàl’expertdeprocéderàune analyselinguistiqueetdeprovenance(pièceA8/3). Laformuledeladeuxième pageestvierge. Elleestcomplétéeparlecodedel’expertchoisidanslapièce A17/8. Cedocumentsuccinctcontientessentiellementuneséried’indications personnellessurlerecourant(nom,datedenaissance,provenance,ethnie, langue,etc.). Ilnecomprendaucuneindicationquipourraitentraver sérieusementlalibreformationdel’opinionetledéveloppementdela pratiqueadministrativetantdemanièregénéralequedanslecasd’espèce. L’intérêtdurecourantàprendreconnaissancedecettepiècel’emporte derechefdanslapeséedesintérêtsenprésence. 6. L’officeintiméaenfinrefusédedonnerunecopiedel’actedenaissance durecourantaumotifquecelui-ci,tenupourfaux,aétéconfisquéenvertu del’art. 10al. 4LAsi,sansentrerdanslesdétails. Lerecourantrépliquetout aussilaconiquementqu’ilnedésirepasobtenirl’originalmaissimplementune copie. L’actedenaissance,mêmefalsifié,demeureunedonnéepersonnelleausens del’art. 2let. aLPD.Lemaîtredufichierpeutrefuserdelacommuniqueraux conditionsposéesàl’art. 9LPD.NilaLAsi,nilaLPDnecontiennentunerègle précisequiinterdiraitexplicitementdedélivrerunetellecopieaurecourant. L’art. 9al. 1er let. aLPDautorisederestreindreledroitd’accèsdanslamesure oùuneloiausensformelleprévoit. L’art. 10al. 4LASiprévoyantquel’office oul’autoritéderecourspeuventconfisquerousaisirdesdocumentsfauxou falsifiésoulesdocumentsauthentiquesutilisésabusivementetlesremettre àl’ayantdroitlecaséchéantneformepasdel’avisdelacommissionde céansunebaselégalesuffisammentclaireetévidentepourfonderlerefus dedélivrerultérieurementunecopiedesdocumentsfalsifiés. Ladisposition del’art. 9al. 2let. aLPDpermettantderestreindrelacommunicationde donnéespersonnellesdanslamesureoùunintérêtpublicprépondérant, enparticulierlasûretéintérieureouextérieuredelaConfédération,l’exige estpluspertinente. Ilesteneffetdansl’intérêtdelasécuritépubliqueque d’empêcherdanslamesuredupossiblelaproliférationdefauxdocuments d’identité. Ilfautdèslorseffectuerlabalancedesintérêtsdanslecasd’espèce etvérifierlaproportionnalitédumoyen. 14Sil’intérêtpublicestincontestable,ilresteàdéterminers’ilestprépondérant ausensdel’art. 9al. 2let. aLPD.L’intérêtprivédurecourantàobtenirune copiedesonactedenaissance,mêmetardivementn’estpasnégligeable. Ce documentconstitueunmoyendepreuveproduitparlerequérantlui-même. Enprocédureadministrativeordinaire,ledroitdelapartiedeconsulterles documentsqu’elleaproduitscommemoyensdepreuvenepeutpasluiêtre refusé(art. 27al. 3PA).Aucunepeséed’intérêtsn’alieudanscecasdefigure (Tribunalfédéral,arrêtdu10.2.1999,AchivfürSchweizerischesAbgaberecht [ASA]2000,p. 290ss,consid. 2),lelégislateurayantdécidéparavancepour cetypededocumentsquel’intérêtdurecourantl’emportaitdanstouslescas. Ledroitdelaprotectiondesdonnéesneconnaîtpasunetellerèglespéciale. Il seraitdèslorsthéoriquementpossiblederestreindrel’accèsàunetellepièce danslecadredelaprésenteprocédurepuisquelespeséesd’intérêtsontlieu endescirconstancesdifférentesetsontbaséessurdeslégislationsspécifiques (ATF125II225 consid. 3,précité). Enl’espèce,ilfautégalementexaminersilemoyenestconformeauprincipe delaproportionnalitéausensdel’art. 4al. 2LPD.S’agissantdelarègle del’aptitude,ilconvientdevérifiersilerefusopposéparl’officeintimé permetd’atteindrelebutd’intérêtpublicvisé,àsavoirlapréventiondela proliférationdefauxpapiers. Silaconfiscationdel’originalestcertainement unemesureapte,lerefusd’unecopie,demédiocrequalitéd’ailleurs,barrée etannotéedelamention« Fälschung»,n’apaslamêmeefficacité. Lefaitque seuleunecopiedudocumentbrutestdemandée,etnondel’analysequien aétéfaite,nepermetdepasconnaîtrelescritèresutilisésparl’autoritépour débusquercefauxdocument. Unetelleanalyseprésentedecepointdevue desdangersbiensupérieursquelaCRAaperçusenautorisantdenepas divulguerlespassagesproblématiquessurlefondementdel’art. 27PA(CRA, 20.12.1993,A.D.,Turquie,consid. 4c,JICRA1994/1= JAAC59.54). Enoutre, iln’estpasàexclurequelesfaussairesaientadaptéleursméthodesdepuis 2001sibienquelapiècelitigieuseneprésenteaujourd’huipeut-êtreplusle mêmeintérêtdanscetteoptique. Levraidangerprovientenréalitéplutôtdes documentsconsidéréscommeauthentiquesparl’officeintiméquelesfaux, puisqu’unfaussaireintelligentsebaseraévidemmentsurlespremiers,etnon surlesseconds,pourfabriquersescopies. Cependant,afindeprévenirtouteambiguïté,l’officeintiméestautoriséà restreindrel’accèssurlabasedel’art. 9al. 2let. aLPDenapposantlamention officiellequeledocumentlitigieuxestunfaux,confisquéenvertudel’art. 10al. 4LAsi,etenutilisant,sinécessaire,unmoyentechniqueproportionné pourempêchersonéventuelleutilisationabusiveultérieure(parexemple perforation). L’intérêtdurecourantàprendreconnaissancedecettepiècel’emporte doncdanslabalancedesintérêts. L’officeintiméestpriédedélivrerau recourantunecopiedel’actedenaissancedemandécomptetenudelaréserve précédente. 15Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali JAAC 70.82 - Extrait du jugement de la Commission fédérale de la protection des données du 18 novembre 2005; le recours de droit administratif de l'ODM contre ce jugement était irrecevable; ATF 1A.19/2006 du 25 avril 2006 In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione Jahr 2006 Année Anno Band 70 Volume Volume Seite --- Page Pagina Ref. No 150 007 448 Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert. Le document a été digitalisé par les Archives Fédérales Suisses et la Chancellerie fédérale. Il documento è stato convertito dall'Archivio federale svizzero e della Cancelleria federale.