C our III C -2576/2006 {T 0 /2 } A rrêt du 5 juillet 2007 C om position : M M . et M m e les Juges Francesco Parrino (Président du collège), Franziska Schneider et Stefan M esm er; G reffier: M . Yann H ofm ann. A ._______, _______, recourant, représenté par PR O C AP PR O TEC TIO N JU R ID IQ U E, par M e Franziska Lüthy, Flore 30, case postale, 2500 Bienne 3, contre O ffice de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à l'étranger, case postale 3100, 1211 G enève 2, Autorité intim ée, concernant la décision sur opposition du 31 août 2005 en m atière de prestations de l'assurance-invalidité B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. Le ressortissant français A._______, né le _______, a travaillé durant près de trente ans en tant que chauffeur poids-lourds, depuis le 2 juin 2000 dans l'entreprise de transports C haignat et Fils SA sise à Tram elan. Le 9 juillet 2002, il chute d'une échelle et son dos percute un rail, ce qui provoque un tassem ent de la vertèbre D 12. La C aisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SU VA) verse à A._______ une rente d'invalidité de 30% , des indem nités journalières ainsi qu'une indem nité pour atteinte à l'intégrité et lui accorde des m esures de réadaptation en 2003. En date du 27 janvier 2005, A._______ présente une dem ande de rente d'invalidité et de m esures de réadaptation auprès de l'assurance-invalidité suisse. B. D ans le cadre de l'instruction, les rapports suivants sont versés aux actes: • le rapport m édical du D r G uy C assard – m édecin traitant de l'assuré – du 1er octobre 2003, qui relève, subjectivem ent, la présence d'une im portante sinistrose et, objectivem ent, une légère raideur au niveau de la région dorso-lom baire, lors des flexions troncs/cuisses; il conclut qu'il peut être exigé de l'assuré qu'il exerce une activité de substitution, m ais qu'il doit éviter de porter des charges lourdes; • l'expertise (fondée notam m ent sur les rapports du consilium psychiatrique, neurologique et des ateliers professionnels) des D rs G . R ivier et N . Sanda de la C linique rom ande de réadaptation (C R R ) du 30 décem bre 2003, lesquels diagnostiquent, principalem ent, des thérapies physiques fonctionnelles et, subsidiairem ent, un enraidissem ent lom baire douloureux et une fracture-tassem ent vertébrale D 12 le 9 juillet 2002; l'enraidissem ent lom baire est jugé plutôt banal, les experts estim ant som m e toute qu'une incapacité im portante dans une activité légère ne se justifie pas. D ans son rapport du 12 novem bre 2003, le concilium psychiatrique ne retient aucune psychopathologie franche, considère qu'il n'y a rien pour un état de stress post-traum atique, pas de trouble de l'adaptation et que les élém ents dépressifs sont plutôt discrets et nettem ent en dessous d'un seuil diagnostique; il souligne cependant l'attitude fataliste et le m anque de m otivation de l'assuré; • le rapport m édical du D r M ichel Kohut, spécialiste en chirurgie orthopédique, du 23 septem bre 2004, qui relève notam m ent le m anque de cohérence chez l'assuré entre l'extension dram atique des plaintes et la déform ation post-traum atique banale de la vertèbre D 12; il estim e que 3 sur le plan physique les lim itations sont essentiellem ent subjectives et que l'exercice d'une activité légère autorisant de fréquents déplacem ents sur de courtes distances et perm ettant l'alternance des positions debout et assise peut être exigée de l'assuré; l'expert considère que si l'activité est vraim ent adaptée, à l'exem ple d'une activité de surveillance de locaux industriels ou d'un parking, elle peut être exercée à plein tem ps. Par décisions du 7 février 2005, l'O AIE rejette les dem andes de rente et de m esures de réadaptation présentées par A._______ au m otif que son état de santé lui perm et encore d'exercer une activité lucrative adaptée à plein tem ps et avec un rendem ent entier. C om parant le revenu sans invalidité de Fr. 63'104.87 au revenu d'invalide de Fr. 55'543.85, l'O ffice a retenu une perte de gain de Fr. 7'561.02, partant, un degré d'invalidité de 12% . C . A._______, représenté par Procap Protection juridique, en la personne de M e Franziska Lüthy, form e opposition le 11 m ars 2005 à l'encontre des décisions du 7 février 2005. D ans son rapport du 4 avril 2005, le D r Pierre M eyer, m édecin du service m édical de l'O ffice de l'assurance-invalidité du Jura, expose qu'eu égard aux avis m édicaux produits l'assuré doit pouvoir reprendre une activité légère à plein tem ps; il précise que la surveillance de parking et de locaux n'est qu'un exem ple d'une activité qui serait adaptée à l'état de santé de l'assuré et qu'elle pourrait égalem ent consister dans une activité légère en usine. Les pièces suivantes sont produites: • le rapport m édical du D r H . C hataigner – m édecin traitant de l'assuré – du 4 septem bre 2003, lequel diagnostique des lom balgies invalidantes avec des douleurs en regard de l'épineuse de L2-L3 ainsi qu'une raideur rachidienne et relève que le tassem ent de D 12 – fracturé 14 m ois auparavant – s'est consolidé; il constate au dem eurant l'absence de tout trouble neurologique; • le rapport m édical du D r B. Fergane du 22 juillet 2004, qui estim e que A._______ entre dans un syndrom e douloureux chronique, un syndrom e anxieux réactionnel se profilant derrière les m anifestations physiques; • le rapport m édical du D r Laurent C aretti – m édecin traitant de l'assuré – du 1er m ars 2005, qui considère que l'assuré pourrait exercer une activité à m i-tem ps si elle lui perm et d'alterner la position debout et assise; • le rapport m édical du D r Jean-François Toitot du 23 juin 2005, selon lequel A._______ présente une incapacité de gain de 33% dans tout 4 m étier. Le 31 août 2005, l'O AIE rejette l'opposition et confirm e les décisions du 7 février 2005. L'O ffice retient un revenu d'invalide de Fr. 52'753.92 et aboutit à un taux d'invalidité de 16.4% . D . Le 26 septem bre 2005, A._______, représenté par son m andataire, interjette recours contre la décision sur opposition en concluant, principalem ent, à son annulation ainsi qu'à l'octroi d'une rente d'invalidité et de m esures professionnelles et, subsidiairem ent, au renvoi de la cause à l'autorité intim ée pour instruction com plém entaire. Il fait notam m ent valoir qu'aucune des expertises sur lesquelles se fonde l'adm inistration ne perm et de conclure à une capacité de travail entière dans une activité adaptée, horm is le D r Kohut qui réduirait cette hypothèse à une activité vraim ent adaptée, à savoir à une activité de surveillance; or, il estim e peu réaliste de ne se fonder que sur ce type d'activités. Il avance en outre qu'horm is le D r C aretti aucun des experts ne se prononce sur la question de la dim inution de rendem ent du recourant. E. D ans sa réponse du 16 novem bre 2005, l'O AIE, se référant à la déterm ination de l'O ffice de l'assurance-invalidité du Jura, conclut au rejet du recours et à la confirm ation de la décision querellée. Par ordonnances respectivem ent des 26 janvier et 7 m ai 2007, le Tribunal adm inistratif fédéral com m unique aux parties avoir repris la procédure avec effet au 1er janvier 2007 et les inform e de la com position du collège. Aucune dem ande de récusation n'est présentée. Le 6 juin 2007, l'autorité de céans dépose en cause le dossier de la SU VA, dont il ressort que celle-ci verse toujours à A._______ une rente d'invalidité de 30% . Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d’arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal adm inistratif fédéral, dans la m esure où il est com pétent. Le nouveau droit de procédure s’applique (art. 53 al. 2 de la Loi sur le Tribunal adm inistratif fédéral du 17 juin 2005 [LTAF, R S 173.32]). 1.2 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à l’art. 32 LTAF, le Tribunal adm inistratif fédéral, en vertu de l’art. 31 LTAF, 5 connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la Loi fédérale sur la procédure adm inistrative du 20 décem bre 1968 (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées aux art. 33 et 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O AIE concernant l'assurance- invalidité peuvent être contestées devant le Tribunal adm inistratif fédéral conform ém ent à l’art. 69 al. 1 let. b de la Loi fédérale sur l'assurance- invalidité du 19 juin 1959 (LAI, R S 831.20), celui-ci étant dès lors com pétent pour connaître de la présente cause. 1.3 La Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPG A; R S 830.1) est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la m odification de nom breuses dispositions légales dans le dom aine de l'assurance-invalidité. Selon l'art. 2 LPG A, les dispositions de la présente loi sont applicables aux assurances sociales régies par la législation fédérale, si et dans la m esure où les lois spéciales sur les assurances sociales le prévoient. O r, l'art. 1 LAI m entionne que les dispositions de la LPG A s'appliquent à l'assurance- invalidité (art. 1a à 26bis et 28 à 70 ), à m oins que ladite loi ne déroge expressém ent à la LPG A. 1.4 Le recourant est touché par la décision attaquée et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou m odifiée (art. 59 LPG A et 48 al. 1 PA). Il a, partant, qualité pour recourir. 1.5 D ans la m esure où le recours est introduit dans le délai et la form e prescrits (art. 60 LPG A et 52 PA), il est entré en m atière sur le fond du recours. 2. 2.1 Le recourant est citoyen d'un Etat m em bre de la C om m unauté européenne. Par conséquent est applicable en l'espèce l'Accord sur la libre circulation des personnes du 21 juin 1999, entré en vigueur le 1er juin 2002, entre la C onfédération suisse, d'une part, et la C om m unauté européenne et ses Etats m em bres, d'autre part, (ALC P, R S 0.142.112.681) - dont l'Annexe II règle la coordination des systèm es de sécurité sociale (art. 80a, de la Loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité [LAI, R S 831.20]). C onform ém ent à l'art. 3 al. 1 du R èglem ent (C EE) N ° 1408/71 du C onseil du 14 juin 1971, les personnes qui résident sur le territoire de l'un des Etats m em bres et auxquelles les dispositions du présent règlem ent sont applicables sont soum ises aux obligations et sont adm ises au bénéfice de la législation de tout Etat m em bre dans les m êm es conditions que les ressortissants de celui-ci, sous réserve de dispositions particulières contenues dans ledit règlem ent.6 C om m e avant l'entrée en vigueur de l'ALC P, le degré d'invalidité d'un assuré qui prétend une rente de l'assurance-invalidité suisse est déterm iné exclusivem ent d'après le droit suisse (art. 40 par. 4 du R èglem ent 1408/71). 2.2 S'agissant du droit applicable, il convient encore de préciser qu'à partir du 1er janvier 2004 la présente procédure est régie par la teneur de la LAI m odifiée par la novelle du 21 m ars 2003 (4èm e révision), eu égard au principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au m om ent où les faits juridiquem ent déterm inants se sont produits (ATF 130 V 329 consid. 2.5). 3. En dérogation à l'art. 24 LPG A, l'art. 48 al. 2 LAI prévoit que si l'assuré présente sa dem ande plus de douze m ois après la naissance du droit, les prestations ne sont allouées que pour les douze m ois précédant le dépôt de la dem ande. C oncrètem ent, l'autorité de céans peut se lim iter à exam iner si le recourant avait droit à une rente le 27 janvier 2004 (savoir 12 m ois avant le dépôt de la dem ande) ou si le droit à une rente était né entre cette date et le 31 août 2005, date de la décision sur opposition attaquée m arquant la lim ite dans le tem ps du pouvoir d'exam en de l'autorité de recours (ATF 130 V 445 consid. 1.2 et 1.2.1). 4. 4.1 Selon les norm es en vigueur à la date de la décision attaquée, tout requérant doit rem plir cum ulativem ent les conditions suivantes pour avoir droit à une rente de l'assurance invalidité suisse: • être invalide au sens de la LPG A/LAI et • avoir versé des cotisations à l'AVS/AI durant une année au m oins (art. 36 al. 1 LAI). 4.2 S'agissant de notre occurrence, le recourant a versé des cotisations à l'AVS/AI pendant plus d'une année au total et rem plit, partant, la condition de la durée m inim ale de cotisations. Il reste dès lors à exam iner s'il est invalide au sens de la LAI. 5. Aux term es de l'art. 8 LPG A, est réputée invalidité l'incapacité de gain totale ou partielle qui est présum ée perm anente ou de longue durée. L'art. 4 LAI précise que l'invalidité peut résulter d'une infirm ité congénitale, d'une m aladie ou d'un accident. L'al. 2 de cette disposition m entionne que l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations entrant en considération. 6.7 6.1 L'art. 8 al. 1 LAI prévoit que les assurés invalides ou m enacés d'une invalidité (art. 8 LPG A) im m inente ont droit aux m esures de réadaptation nécessaires qui sont de nature à rétablir, à m aintenir ou à am éliorer leur capacité de gain ou leur capacité d'accom plir leurs travaux habituels, qu'ils aient ou non exercé une activité lucrative préalable. Selon l'art. 9 al. 1 LAI, les m esures de réadaptation sont appliquées en Suisse, et peuvent l'être exceptionnellem ent à l'étranger. Les m esures de réadaptation com prennent les m esures m édicales, d'ordre professionnel, pour la form ation scolaire spéciale, l'octroi de m oyens auxiliaires et d'indem nités journalières (art. 8 al. 3 LAI). Selon l'art. 16 LPG A, anciennem ent art. 28 al. 2 LAI, la réadaptation est prioritaire par rapport à l'octroi de la rente, laquelle est versée dans la m esure où la réadaptation a échoué (cf. ATF 126 V 241 consid. 5, ATF 108 V 210 consid. 1d). 6.2 L'assuré a droit au reclassem ent dans une nouvelle profession si son invalidité rend nécessaire le reclassem ent et si sa capacité de gain peut ainsi, selon toute vraisem blance, être sauvegardée ou am éliorée de m anière notable (art. 17 LAI). Tel n'est en principe pas le cas si l'assuré ne subit pas, m êm e en l'absence d'une telle m esure de reclassem ent, une dim inution de sa capacité de gain de l'ordre de 20% au m oins (ATF 124 V 110 consid. 2b, M EYER -BLASER , R echtsprechung des Bundesgerichts zum IVG , ad art. 17). Par reclassem ent, il faut entendre l'ensem ble des m esures de réadaptation de nature professionnelle qui sont nécessaires et suffisantes pour procurer à l'assuré une possibilité de gain à peu près équivalente à celle que lui offrait son ancienne activité. La notion d'équivalence ne se rapporte pas tant au niveau de form ation qu'à la possibilité de gain qu'on peut attendre d'un reclassem ent. En principe l'intéressé n'a droit qu'aux m esures nécessaires et appropriées au but de la réadaptation, m ais pas aux m esures les m eilleures possible d'après les circonstances du cas (ATF 124 V 108 et les références, en particulier ATF 122 V 79, ATF 121 V 260, ATF 118 V 212, ATF 110 V 102). 7. 7.1 L'assuré a droit à un quart de rente s'il est invalide à 40% au m oins, à une dem i-rente s'il est invalide à 50% , à trois-quarts de rente s'il est invalide à 60% et à une rente entière s'il est invalide à 70% au m oins (art. 28 al. 1 LAI). Jusqu'au 31 décem bre 2003, le droit à la rente entière était donné avec un taux d'invalidité de 66,67% , la dem i-rente avec un taux d'invalidité de 50% au m oins et le quart de rente avec un taux de 40% . Suite à l'entrée en vigueur le 1er juin 2002 de l'Accord bilatéral entre la Suisse et la C om m unauté européenne, la restriction prévue à l'art. 28 al. 1ter LAI - selon laquelle les rentes correspondant à un taux d'invalidité inférieur à 50% ne sont versées qu'aux assurés qui ont leur dom icile et leur résidence 8 habituelle en Suisse (art. 13 LPG A) - n'est plus applicable lorsque l'assuré est un ressortissant de l'U E et y réside. 7.2 C onform ém ent à l'art. 29 al. 1 LAI, le droit à une rente prend naissance au plus tôt à la date dès laquelle l'assuré présente une incapacité de gain durable de 40% au m oins (let. a), ou l'assuré a présenté, en m oyenne, une incapacité de travail de 40% au m oins pendant une année sans interruption notable (let. b). D 'après la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la let. a s'applique si l'état de santé de l'assuré est stabilisé et a acquis un caractère essentiellem ent irréversible, la let. b si l'état de santé est labile, c.-à-d. susceptible d'une am élioration ou d'une aggravation (ATF 121 V 264, 111 V 21 consid. 2b). U ne incapacité de travail de 20% doit être prise en com pte pour le calcul de l'incapacité de travail m oyenne selon la let. b de l'art. 29, al. 1 LAI (VSI 1998 p. 126 consid. 3c). 7.3 Par incapacité de travail on entend toute perte, totale ou partielle, résultant d'une atteinte à la santé physique, m entale ou psychique, de l'aptitude de l'assuré à accom plir dans sa profession ou son dom aine d'activité le travail qui peut raisonnablem ent être exigé de lui. En cas d'incapacité de travail de longue durée, l'activité qui peut être exigée de lui peut aussi relever d'une autre profession ou d'un autre dom aine d'activité (art. 6 LPG A). L'incapacité de gain est définie à l'art. 7 LPG A et consiste dans toute dim inution de l'ensem ble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré, sur un m arché de travail équilibré, si cette dim inution résulte d'une atteinte à sa santé physique, m entale ou psychique et qu'elle persiste après les traitem ents et les m esures de réadaptation exigibles. 8. En Suisse, le recourant a travaillé com m e chauffeur poids-lourds en dernier lieu dans l'entreprise de transports C haignat et Fils SA sise à Tram elan. Le 9 juillet 2002, il chute d'une échelle et son dos percute un rail. O r, la notion d'invalidité, dont il est question à l'art. 8 LPG A et à l'art. 4 LAI, est de nature juridique/économ ique et non pas m édicale (ATF 116 V 246 consid. 1b). En d'autres term es, l'assurance-invalidité suisse couvre seulem ent les pertes économ iques liées à une atteinte à la santé physique m entale ou psychique - qui peut résulter d'une infirm ité congénitale, d'une m aladie ou d'un accident - et non la m aladie en tant que telle. Selon l'art. 16 LPG A, applicable par le renvoi de l'art. 28 al. 2 LAI, pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est com paré avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut être raisonnablem ent exigée de lui après les traitem ents et les m esures de réadaptation, sur un m arché de travail équilibré. Selon une jurisprudence constante, les données fournies par le m édecin constituent néanm oins un élém ent utile pour apprécier les conséquences de l'atteinte à la santé et pour déterm iner quels travaux on peut encore 9 raisonnablem ent exiger de l'assuré (ATF 115 V 133 consid. 2, 114 V 310 consid. 3c, R C C 1991 p. 329 consid. 1c). 9. En l'espèce, il est établi que le recourant souffre principalem ent d'une fracture-tassem ent de la vertèbre D 12, d'un enraidissem ent lom baire douloureux, ainsi que d'un syndrom e anxieux réactionnel. C ela ressort tant des pièces produites par le recourant que des expertises com m andées par l'adm inistration. Par voie de conséquence, eu égard au fait qu'il ne s'agit pas là d'un état de santé stabilisé, la let. a de l'art. 29 al. 1 LAI est inapplicable; seule peut entrer en considération la let. b de cette disposition légale prévoyant une période d'attente d'une année à partir du début de l'incapacité de travail relevante pour la déterm ination du début du droit à la rente. 10. 10.1 Pour ce qui a trait au plan psychique, le recourant avance dans son opposition qu'il souffrirait de troubles som atoform es douloureux et que, par conséquent, une expertise psychiatrique aurait dû être ordonnée par l'adm inistration. L'autorité de céans n'est pas de cet avis: En effet, il ressort clairem ent du rapport du concilium psychiatrique que le recourant ne souffre d'aucun trouble ou psychopathologie; cette expertise consiste dans une étude circonstanciée et étendue de l'état de santé du recourant, est dûm ent m otivée et aboutit à des conclusions qui ne laissent aucune place au doute; elle satisfait, partant, aux exigences posées par la jurisprudence. Le recourant, pour sa part, n'am ène pas d'élém ent ou argum ent qui pourrait sérieusem ent laisser penser que de tels troubles sont apparus après le concilium psychiatrique. Seuls les D rs C assard et Fergane, m andatés par l'assuré, relèvent l'existence respectivem ent d'une im portante sinistrose et d'un syndrom e anxieux réactionnel naissant. M ais ces diagnostics ne sauraient en aucun cas rem plir les conditions de la gravité de la m aladie et de l'absence de rém ission durable; il n'y a en outre pas de com orbidité psychiatrique et les affections corporelles dont souffre l'assuré ne sont, com m e nous le verrons infra et tant s'en faut, pas chroniques. Partant, l'absence d'affection psychique invalidante est patente; une nouvelle expertise psychiatrique n'était donc pas nécessaire. Sur le plan physique, les experts s'accordent sur les diagnostiques: le recourant souffre d'une fracture-tassem ent de la vertèbre D 12 ainsi que d'un enraidissem ent lom baire. S'agissant de l'appréciation des diagnostics, la C R R et le D r Kohut estim ent que ces deux affections sont banales et que les lim itations sont essentiellem ent subjectives. A leur avis dans une activité légère et adaptée, l'incapacité de travail du recourant est peu im portante, voire nulle. Seul le D r C aretti conclut à une incapacité de 50% . O r, les expertises effectuées par la C R R et le D r Kohut sont les plus com plètes figurant au dossier; elles sont au dem eurant dûm ent m otivées et aboutissent à des conclusions claires et univoques; enfin, elles 10 consistent dans l'oeuvre de spécialistes totalem ent indépendants. L'autorité de céans décide dès lors de donner la préférence à l'appréciation retenues dans ces expertises; le Tribunal peut et doit en effet tenir com pte du fait que selon l'expérience, le m édecin traitant est généralem ent enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc et les réf. cit.; U LR IC H M EYER -BLASER , Bundesgesetz über Invalidenversicherung, in: R echtssprechung des Bundesgerichts zum Sozialversicherungsrecht, Zurich 1997, p. 230). Il sied par voie de conséquence de conclure, avec le D r Kohut, que le recourant est capable d'exercer à plein tem ps une activité légère autorisant de fréquents déplacem ents sur de courtes distances et perm ettant l'alternance des positions debout et assise, à l'exem ple d'une activité de surveillance. C ontrairem ent à ce qu'avance le recourant, cette appréciation est parfaitem ent conciliable avec les conclusions du rapport de la C R R et est, au surplus, appuyée par le rapport du D r M eyer. 10.2 D ans son recours, l'assuré expose qu'il serait peu réaliste de considérer qu'il puisse trouver un travail dans le dom aine restreint de la surveillance. La notion de m arché équilibré du travail est une notion théorique et abstraite, qui sert de critère de distinction entre les cas tom bant sous le coup de l'assurance-chôm age et ceux qui relèvent de l'assurance- invalidité, de l'assurance-accidents ou de l'assurance m ilitaire. Elle im plique, d'une part, un certain équilibre entre l'offre et la dem ande de m ain-d'œ uvre et, d'autre part, un m arché du travail structuré de telle sorte qu'il offre un éventail d'em plois diversifiés. D 'après ces critères, on déterm inera si, dans les circonstances concrètes du cas, l'invalide a la possibilité de m ettre à profit sa capacité résiduelle de gain, et s'il peut ou non réaliser un revenu excluant le droit à une rente (ATF 127 V 298 consid. 4c, ATF 110 V 276 consid. 4b, R C C 1991 p. 332 consid. 3b). En l'espèce, force est de constater que le D r Kohut n'entendait que donner un exem ple d'une activité qui serait adaptée à l'état de santé du recourant. A sa suite, le D r M eyer en a d'ailleurs donné d'autres. En tout état de cause, s'agissant de l'assurance-invalidité, il im porte uniquem ent de savoir si abstraitem ent le recourant dispose d'une capacité résiduelle de travail dans un secteur donné et non si concrètem ent il trouvera un tel poste de travail. L'argum ent du recourant tom be, partant, à faux. 10.3 Il est en outre utile de rappeler que, selon un principe général valable en assurances sociales, tout invalide qui dem ande des prestations de cette assurance doit entreprendre de son propre chef tout ce qu'on peut raisonnablem ent attendre de lui, afin d'atténuer autant que possible les conséquences de son invalidité (ATF 130 V 97 consid. 3.2 avec les références). Le fait que le recourant ne m ette pas en valeur sa capacité résiduelle de travail pour des raisons étrangères à l'invalidité ne relève pas 11 de l'assurance invalidité, car il s'agit là de facteurs qui ne sont pas liés à l'invalidité et que l'AI n'est pas tenue de prendre en charge (R C C 1991 p. 329 consid. 3c). D ans ce contexte, la form ation professionnelle, les aptitudes physiques et m entales de l'assuré, ainsi que son âge, ne sont pas des facteurs supplém entaires propres à influencer l'étendue de l'invalidité (R C C 1982 p. 34 consid. 2c). 10.4 L'invalidité – dont il convient de rappeler qu'il s'agit d'une notion économ ique et non pas m édicale – a été évaluée en com parant le revenu que l'intéressé pourrait obtenir en exerçant une activité qu'on peut raisonnablem ent attendre avec le revenu qu'il aurait eu s'il n'était pas devenu invalide (art. 16 LPG A). En se référant au Tableau TA1 relatif aux salaires bruts standardisés, de l'Enquête suisse sur la structure des salaires 2004 de l'O ffice fédéral de la statistique, valeur centrale totale, pour un hom m e de niveau de qualification 4, on retient pour le recourant un revenu statistique m ensuel de Fr. 4'588.-. C e m ontant doit être adapté aux nom bres d'heures de travail effectuées en 2005 en m oyenne, savoir 41.6 heures (La Vie économ ique 9-2006, B9.2), et il convient encore d'y ajouter 1% pour tenir com pte de l'évolution des salaires en 2005 (La Vie économ ique 9-2006, B10.2). C om pte tenu de l'âge de l'assuré et de son handicap, on peut appliquer un taux de réduction du salaire d'invalide de 10% à l'instar de l'adm inistration, attendu que le m axim um adm is par la jurisprudence est de 25% (ATF 126 V 75). Il en ressort un revenu annuel d'invalide de Fr. 52'049.-. La com paraison de ce revenu au revenu annuel sans invalidité de Fr. 63'105.- fait apparaître un préjudice économ ique de 17.5% . Il sied de relever que la com paraison de revenus effectuée par l'adm inistration qui a abouti à un résultat proche a été signifiée au recourant, m ais n'a pas été contestée par celui-ci. Le taux d'invalidité du recourant n'atteint donc ni le 40% nécessaire pour obtenir le droit à une rente, ni le 20% pour les m esures de réadaptation. D e telles m esures ne se justifient de toute m anière pas, au regard du fait qu'il peut exercer une activité adaptée à plein tem ps. 11. Par voie de conséquence, le recours du 26 septem bre 2005 doit être rejeté et la décision sur opposition du 31 août 2005 confirm ée. Vu l'issue du litige, il n'est pas alloué d'indem nité de dépens (art. 64 PA). Il n'est pas perçu de frais de procédure. Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce :12 1. Le recours est rejeté. 2. Il n'est pas perçu de frais de procédure, ni alloué de dépens. 3. Le présent arrêt est com m uniqué : - au recourant (recom m andé AJ); - à l'autorité intim ée (recom m andé, n° de réf. _______); - à l'O ffice fédéral des assurances sociales (recom m andé). Voie de droit: La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, Schw eizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en m atière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 de la Loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 [LTF, R S 173.110]). Le m ém oire doit indiquer les conclusions, les m otifs et les m oyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les m oyens de preuve doivent être joints au m ém oire, pour autant qu'ils soient en m ains du recourant (voir art. 42 LTF). Le Président du collège: Le G reffier: Francesco Parrino Yann H ofm ann D ate d'expédition :