<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="list-block col-lg-12 mb-5"> <div class="decis-block__flag"> C/2140/2020 </div> <div class="list-block__content row pb-3"> <h3 class="list-block__title col-lg-8"> <a href="/apps/decis/fr/cabl/show/3107663"> ACJC/1210/2022 </a> du 19.09.2022 sur JTBL/1020/2021 ( OBL ) , CONFIRME </h3> <div class="col-lg-12"> </div> <div class="col-lg-12 mt-4"> <div> <a href="/apps/decis/fr/cabl/file//2022/0012/ACJC_001210_2022_C_2140_2020.pdf"> <img alt="Pdf" border="no" src="data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAACAAAAAgCAMAAABEpIrGAAABBVBMVEUAAAA9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKGaDsL5AAAAVnRSTlMAAQIDBAYICgsOExQVFxobHB0eIyotLjAyMzc5PD0/QEVJS01UVlddXmdwcXV5foWGjJSYmp2eoKOlqrCytLW3ubq8wMPKzM7T1eDi5Obp6+3x8/f5/ROqjl4AAAD9SURBVDjLfdNpUwIxDAbgtLsVPJBDRRGUywN1QRRELgXlFJQVkfz/nyLdkaFDS95vmTydzjQpAFzgetwcAyU/qKfJFYAoVL+oYyN84RQQ/hG2OAVgIdoWBaR4tyggRYdTQIobHdhevSdkYjjVQMQ9B5isnkOsg3QhCXAyIUD/1PCCCojiEQ22MUQDhgEahPCWBk5ttkUBa7Z7XaVA9hVYvcg2AvZ1AMC7g/hZOhEwgUzTOnSGn5U+ug+VKx3Y38Pn1I5cgv38xziqgeBjWd1U7Yq7xq8PCFBw3jJAgHCv+AQUOJ6XOAlAbxtnYQamv/kf2wOXG/v3yyEKc7zzfy61YB0tdylvAAAAAElFTkSuQmCC"/> </a> </div> <span><a class="efd" href="#EF">En fait</a><br/><a class="efd" href="#ED">En droit</a><br/><a class="efd" href="#PCM">Par ces motifs</a></span> <div> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0"> <tr> <td width="231"> <p>rpublique et</p> </td> <td valign="top" width="76"> </td> <td width="236"> <p>canton de genve</p> </td> </tr> <tr> <td colspan="3" width="543"> <p>POUVOIR JUDICIAIRE</p> <p>C/2140/2020 <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/1210/2022">ACJC/1210/2022</a></p> <p>ARRæT</p> <p>DE LA COUR DE JUSTICE</p> <p>Chambre des baux et loyers</p> <p>DU LUNDI 19 SEPTEMBRE 2022</p> </td> </tr> </table> <p> </p> <p>Entre</p> <p><b>A</b><b>______ FONDATION DE PLACEMENTS</b>,<b> </b>p.a. B______, ______, recourante contre un jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le 7 dcembre 2021, comparant par Me David BENSIMON, avocat, rue du Rhne 100, 1204 Genve, en l'tude duquel elle fait lection de domicile,</p> <p>et</p> <p><b>Madame C</b><b>______ et Madame D</b><b>______</b>, domicilies ______, intimes, reprsentes par l'ASLOCA, rue du Lac 12, case postale 6150, 1211 Genve 6, en les bureaux de laquelle elles font lection de domicile.</p> <p align="right"> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> </div> <b><u><br clear="all"/> </u></b> <div> <a name="EF"></a><div class="efd">EN FAIT</div> <p><b>A.</b> Par jugement <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=JTBL/1020/2021">JTBL/1020/2021</a> du 7 dcembre 2021, le Tribunal des baux et loyers a rduit de 80% le loyer du studio au 3<sup>me</sup> tage de l'immeuble sis 1______  Genve, pour les mois de septembre  novembre 2019 (ch. 1 du dispositif), a donn acte  A______ FONDATION DE PLACEMENTS de son engagement  verser  D______ et C______, prises conjointement et solidairement, la somme de 1'000 fr. (ch. 2), l'y a condamne en tant que de besoin (ch. 3), a condamn A______ FONDATION DE PLACEMENTS  verser  D______ et C______, prises conjointement et solidairement, la somme de 2'545 fr. 10 (ch. 3, <i>recte</i> : 4), a dbout les parties de toutes autres conclusions (ch. 4, <i>recte</i> : 5) et a dit que la procdure tait gratuite (ch. 5, <i>recte</i> : 6).</p> <p><b>B. a.</b> Par acte dpos au greffe universel du Pouvoir judiciaire le 28 janvier 2022 et parvenu le mme jour  la Cour de justice, A______ FONDATION DE PLACEMENTS forme appel contre ce jugement. Elle en sollicite l'annulation et conclut, principalement,  ce que la Cour annule toute rduction ou suppression de loyer, subsidiairement, limite une telle rduction  la somme de 1'000 fr.</p> <p> <b>b.</b> Dans leur rponse du 2 mars 2022, D______ et C______ concluent  la confirmation du jugement entrepris.</p> <p> <b>c.</b> Le 29 mars 2022, A______ FONDATION DE PLACEMENTS a rpliqu. Elle a formul un nouvel allgu, produit de nouvelles pices et persist dans ses conclusions.</p> <p><b>d.</b> D______ et C______ ont rpliqu le 25 avril 2022, persistant dans leurs conclusions. </p> <p><b>e.</b> Les parties ont t avises le 26 avril 2022 par le greffe de la Cour de ce que la cause tait garde  juger.</p> <p><b>C.</b> Les faits pertinents suivants rsultent de la procdure :</p> <p> <b>a.</b> D______ et C______ sont locataires, depuis le 1<sup>er</sup> dcembre 2018, d'un studio situ au 3<sup>me</sup> tage de l'immeuble sis 1______  Genve.</p> <p> Le loyer mensuel s'lve  1'290 fr., hors charges.</p> <p>Le logement est occup par D______ et son fils de quatre ans, lequel souffre d'autisme.</p> <p> <b>b.</b> A______ FONDATION DE PLACEMENTS (ci-aprs : A______) est propritaire de l'immeuble prcit depuis le 1<sup>er</sup> fvrier 2019, la grance en tant confie  B______ (ci-aprs : la rgie).</p> <p><b> c.</b> Suite  un appel tlphonique de D______ du 30 aot 2019, la rgie a expdi le mme jour un bon  E______ SA pour intervenir dans le cadre de la suspicion de punaises de lit, cas chant pour procder  un traitement biologique aux fins d'radiquer ces nuisibles.</p> <p><b>d.</b> La prsence de punaises de lit a t rvle sur le canap du salon/chambre par dtection canine du 4 septembre 2019. Le rapport de E______ SA y relatif a t envoy  la rgie par courriel du mme jour.</p> <p>L'entreprise a indiqu  D______ que le canap devait tre dbarrass ou tuv, ce pour un cot de 200 fr.  300 fr., sans compter les frais de trajet d'environ 120 fr. par unit.</p> <p><b>e. </b>D______ a fait dbarrasser le canap le lendemain par les services de la Ville de Genve.</p> <p><b>f.</b> E______ SA a procd  un traitement biologique le 11 septembre 2019. Celui-ci s'est droul dans de bonnes conditions.</p> <p>F______, directeur de E______ SA, entendu comme tmoin, a dclar que le traitement biologique effectu en l'occurrence impliquait le dpart des locataires durant une heure aprs la dispersion du produit, puis une bonne aration. Selon ce tmoin, le dlai entre la premire dtection et le premier traitement tait Ç frappant È, ledit traitement tant gnralement effectu dans les 48 heures aprs l'information par le locataire du dbarras du mobilier touch.</p> <p>La reprsentante de A______ n'a pas fourni d'explication sur les raisons pour lesquelles la dsinfection n'a t ralise que sept jours aprs la dtection des nuisibles. Elle a prcis que la rgie n'avait pas de Ç suivi actif È de ces demandes.</p> <p><b>g.</b> Une nouvelle dtection canine effectue le 27 septembre 2019 a rvl la prsence de punaises de lit sur les plinthes et les tuyaux de chauffage dans le salon/chambre.</p> <p>Ce rsultat a t transmis  la rgie par courriel du mme jour de E______ SA.</p> <p><b>h.</b> Le 4 octobre 2019, D______ a inform la rgie de ce qu'elle restait dans l'attente d'un nouveau traitement.</p> <p><b>i.</b> L'entreprise G______ a dpos les plinthes le 8 octobre 2019. </p> <p><b>j.</b> Par courrier de l'ASLOCA du 10 octobre 2019, D______ et C______ ont mis la rgie en demeure de procder au traitement d'radication des nuisibles.</p> <p><b>k.</b> E______ SA a procd  un nouveau traitement le 17 octobre 2019.</p> <p><b>l.</b> Des punaises de lit ont  nouveau t dtectes le 31 octobre 2019 dans les plinthes du salon/chambre.</p> <p><b>m.</b> La rgie a alors mandat  nouveau E______ SA par courriel du vendredi 1<sup>er</sup> novembre 2019. L'entreprise a rpondu le lundi 4 novembre 2019  11h24 qu'elle avait essay de joindre la locataire le mme jour pour fixer un troisime rendez-vous, sans succs.</p> <p><b>n.</b> Par courriel du 8 novembre 2019, D______ a sollicit de la rgie des informations relativement  la date de la prochaine tape de traitement. Elle a relev qu'il tait spcialement important pour son fils, souffrant d'autisme, de pouvoir rintgrer l'appartement.</p> <p><b>o.</b> La rgie a relanc E______ SA le mme jour et un troisime traitement biologique a t fix au 13 novembre 2019.</p> <p><b>p.</b> Diverses interventions de E______ SA les 18 octobre et 15 novembre 2019 n'ont pas permis de dtecter de prsence de nuisibles dans trois autres appartements de l'immeuble.</p> <p><b>q.</b> Un rapport de dtection canine du 28 novembre 2019 fait tat de l'absence de punaises de lit dans l'appartement.</p> <p><b>r. </b>Durant les mois de septembre  novembre 2019, D______ s'est installe avec son fils chez sa belle-sÏur, H______. Elle a allgu s'tre engage  lui verser un montant de 500 fr. par mois Ç pour les charges È, ce que I______, entendue comme tmoin, a galement indiqu. A teneur du dossier, D______ ne s'tait pas acquitte  la date du jugement du Tribunal. D______ a allgu que d'entente avec sa belle-sÏur, ledit versement tait prvu lorsque la situation financire de D______ le lui permettrait.</p> <p><b>s. </b>Par requte dpose le 3 fvrier 2020 par-devant la Commission de conciliation en matire de baux et loyers, D______ et C______ ont assign A______ en suppression de loyer durant trois mois, ainsi qu'en paiement des montants de 3'870 fr.  titre de restitution de loyer et de 3'128 fr. 65  titre de dommages subis.</p> <p>D______ et C______ ont allgu que lorsque celle-l avait fait part du soupon de prsence de punaises de lit  J______, collaboratrice de la rgie, celle-ci avait indiqu que des problmes avec ces nuisibles s'taient dj poss dans l'immeuble.</p> <p>En substance, D______ et C______ se sont plaintes d'une ractivit insuffisante de la rgie dans le traitement de l'infestation. A______ n'avait en outre, selon elles, pas pris des mesures suite aux prcdentes infestations survenues dans l'immeuble.</p> <p><b>t.</b> Non concilie le 19 mai 2020, l'affaire a t porte devant le Tribunal le 22 mai 2020.</p> <p><b>u.</b> Dans sa rponse du 26 juin 2020, A______ a vers au dossier un rapport de E______ SA, allguant que ledit rapport dmontrait que trois dtections canines effectues dans les appartements contigus  celui de D______ durant les mois d'octobre et novembre 2019 avaient permis de constater l'absence de punaises de lit.</p> <p>A______ a soutenu que D______ n'avait par ailleurs pas tabli que sa franchise d'assurance pour l'anne en cours n'avait pas t atteinte. La police d'assurance produite n'tait en outre pas relative  l'anne concerne.</p> <p><b>v.</b> Lors de l'audience de dbats d'instruction du 29 septembre 2020, A______ a conclu au dboutement des locataires des fins de leurs conclusions, sous rserve d'une rduction de loyer  hauteur de 1'000 fr., qu'elle tait dispose  consentir. Elle a soutenu que D______ aurait pu rester dans l'appartement pendant les interventions. Par ailleurs, seul le canap - et non pas le lit - devait tre trait ou dbarrass.</p> <p><b>w.</b> A l'audience de dbats principaux du 10 dcembre 2020, D______ a encore allgu avoir eu des rougeurs sur le corps ds le printemps 2019. Le dermatologue l'avait soumise  une analyse de sang afin de dtecter une ventuelle maladie. Ces frais mdicaux taient rests  sa charge, car sa police d'assurance-maladie comportait une franchise de 2'500 fr. La solution consistant  rester dans l'appartement et dormir sur un matelas gonflable n'tait pas envisageable pour elle au vu des problmes d'autisme dont souffrait son fils, ainsi que du fait qu'elle avait subi une opration du dos peu auparavant.</p> <p>Elle a par ailleurs confirm que la rgie lui avait indiqu que des punaises de lit avaient dj t dtectes au 6<sup>me</sup> tage de l'immeuble.</p> <p><b>x.</b> Par ordonnance de preuve complmentaire du 27 janvier 2021, le Tribunal a sollicit du tmoin F______ ainsi que de A______ la production de pices relatives  des interventions de E______ SA dans l'immeuble sis 1______. Le tmoin a produit des documents figurant dj au dossier. A______ n'a pas dfr  l'ordonnance prcite.</p> <p><b>y.</b> Le 21 septembre 2021, les parties ont plaid, persistant dans leurs prcdentes conclusions. Le Tribunal a gard la cause  juger  l'issue de l'audience.</p> <a name="ED"></a><div class="efd">EN DROIT</div> <p><b>1.</b> <b>1.1 </b>L'appel est recevable contre les dcisions finales et les dcisions incidentes de premire instance (art. 308 al. 1 let. a CPC). Dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier tat des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC).</p> <p>Le recours est recevable contre les dcisions finales de premire instance qui ne peuvent faire l'objet d'un appel (art. 319 let. a CPC).</p> <p>Selon la jurisprudence constante du Tribunal fdral, les contestations portant sur l'usage d'une chose loue sont de nature pcuniaire (arrt du Tribunal fdral <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=4A_388/2016">4A_388/2016</a> du 15 mars 2017 consid. 1).</p> <p>En l'espce, la valeur restant litigieuse des conclusions devant la Cour s'lve  3'545 fr. 10, de sorte que la valeur litigieuse est infrieure  10'000 fr. </p> <p>C'est donc la voie du recours qui est ouverte contre la dcision du Tribunal.</p> <p><b>1.2</b> Le recours, crit et motiv, doit tre dpos auprs de l'instance de recours dans un dlai de 30 jours  compter de la notification de la dcision motive ou de la notification postrieure de la motivation (art. 321 al. 1 et 239 CPC). </p> <p>En l'espce, le recours, interjet dans le dlai prescrit, est recevable. </p> <p><b>1.3</b> Le recours est recevable pour violation du droit et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'autorit de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limit  l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formuls et motivs par la partie recourante (Hohl, Procdure civile, Tome II, 2me d. 2010, n. 2307).</p> <p><b>1.4 </b>Les allgus nouveaux et les pices nouvelles sont irrecevables (art. 326 CPC).</p> <p>Ds lors, les faits nouvellement allgus par la recourante  l'appui de son recours sont irrecevables.</p> <p><b>1.5</b> Selon l'art. 243 al. 2 let. c CPC, la procdure simplifie s'applique aux litiges portant sur des baux  loyer d'habitations et de locaux commerciaux en ce qui concerne la consignation du loyer, la protection contre les loyers abusifs, la protection contre les congs ou la prolongation du bail. La maxime inquisitoire sociale rgit la procdure (art. 247 al. 2 let. a CPC).</p> <p><b>2. </b>Dans un premier grief, A______ reproche au Tribunal d'avoir tabli les faits de manire manifestement inexacte et apprci les preuves de manire insoutenable en retenant qu'elle n'avait pas apport la contre-preuve que le dfaut entachant le studio avait t caus par les intimes. Ce faisant, le Tribunal aurait galement abus de son pouvoir d'apprciation. <b></b></p> <p><b>2.1</b> Conformment aux art. 259a et 259d CO, lorsqu'apparaissent des dfauts qui ne sont pas imputables au locataire et auxquels il ne doit pas remdier  ses frais, ou lorsque le locataire est empch d'user de la chose conformment au contrat, il peut exiger du bailleur, notamment, la remise en tat de la chose et une rduction proportionnelle du loyer, pour autant que le bailleur ait eu connaissance du dfaut (<a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/236/2022">ACJC/236/2022</a> du 21 fvrier 2022 consid. 2.1).</p> <p>Lorsque l'origine du dfaut est difficile  dterminer et litigieuse, on admet que pour se librer, le bailleur puisse toujours amener la preuve que le dfaut a t caus en raison de la responsabilit du locataire, selon les mmes rgles que l'art. 267 CO. S'il n'apporte pas la contre-preuve d'une responsabilit du locataire, son chec implique que la rduction de loyer est due, mme si l'origine exacte du dfaut ne peut tre tablie, et cela sans faute du bailleur (Aubert, in Droit du bail  loyer, Bohnet/Montini, d., 2010, n. 53 ad art. 259d CO).</p> <p><b>2.2</b> En l'espce, la preuve de l'existence d'un dfaut,  savoir la prsence de nuisibles a t apporte par les intimes et n'est pas remise en question. Aucun lment  la procdure ne permet de dterminer la cause de la prsence des punaises de lit dans le studio. Certes, il n'est pas possible de constater la prsence de punaises de lit dans l'immeuble avant leur apparition dans l'appartement des intimes. La recourante n'a toutefois pas contest qu'il avait t indiqu par la rgie aux intimes que des punaises de lit avaient prcdemment infest une partie de l'immeuble. L'absence de preuve d'une prsence antrieure de punaises de lit au sein de l'immeuble ne suffit pas  retenir que les intimes seraient responsables de la prsence des punaises dans le studio.</p> <p>L'allgue proximit temporelle entre l'apparition des nuisibles et un ventuel retour de vacances des intimes avant la rentre scolaire, qui ne repose sur aucun fait dmontr, ne remet pas en cause ce qui prcde.</p> <p>En l'absence de tout lment propre  dmontrer la responsabilit des intimes relativement  la prsence de punaises de lit dans le studio, le Tribunal ne pouvait estimer que la recourante s'tait libre de sa responsabilit quant  la prsence du dfaut. Si l'origine exacte du dfaut ne peut tre tablie, comme en l'espce, le bailleur assume la responsabilit du dfaut, mme en l'absence de faute.</p> <p>Le Tribunal a donc correctement tabli les faits, respectivement apprci les preuves. Le grief est ainsi infond.</p> <p><b>3.</b> Subsidiairement, dans la mesure o la Cour devait ne pas retenir que le dfaut est imputable aux intimes, la recourante se plaint d'une violation du droit en lien avec l'importance du dfaut et la rduction de loyer. Elle soutient que les intimes taient de mesure de rester dans le logement, le traitement biologique qui a t ralis le permettant.</p> <p><b>3.1</b> Le bailleur est tenu de dlivrer la chose dans un tat appropri  l'usage pour lequel elle a t loue, puis de l'entretenir dans cet tat (art. 256 al. 1 CO). Il y a dfaut lorsque l'tat de la chose diverge de ce qu'il devrait tre selon l'art. 256 CO, c'est--dire lorsque la chose ne prsente pas une qualit que le bailleur avait promise, ou sur laquelle le locataire pouvait lgitimement compter en se rfrant  l'tat appropri  l'usage convenu (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=136%20III%20186">136 III 186</a> consid. 3.1.1; <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=135%20III%20345">135 III 345</a> consid. 3.2; arrt du Tribunal fdral <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=4A_395/2017">4A_395/2017</a> du 11 octobre 2018 consid. 5.2).</p> <p>Des dfauts de moyenne importance et des dfauts graves ouvrent au locataire les droits prvus  l'art. 259a CO, en particulier la rduction du loyer (al. 1 let. b). Elle est due  partir du moment o le bailleur a eu connaissance du dfaut et jusqu' l'limination de ce dernier (art. 259d CO; arrt du Tribunal fdral <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=4A_395/2017">4A_395/2017</a> du 11 octobre 2018 consid. 5.2).</p> <p>Le dfaut de moyenne importance restreint l'usage convenu de la chose loue sans l'entraver considrablement (art. 258 al. 3 let. a, art. 259b let. b et art. 259d CO). Le dfaut grave (art. 258 al. 1 et art. 259b let. a CO) exclut l'usage de la chose loue tel qu'il a t convenu par les parties ou le restreint de telle sorte qu'on ne peut objectivement exiger du locataire qu'il use de l'objet du bail. Tel est notamment le cas du dfaut qui met en danger la sant du preneur et de sa famille ou du dfaut qui empche totalement le locataire d'habiter, pendant un certain temps, le logement lou ou une part importante de celui-ci (arrt du Tribunal fdral <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=4A_395/2017">4A_395/2017</a> du 11 octobre 2018 consid. 5.2).</p> <p>En principe, il convient de procder selon la mthode dite relative ou proportionnelle, telle qu'elle est pratique dans le contrat de vente : la valeur objective de la chose avec dfaut est rapporte  sa valeur objective sans dfaut, le loyer tant ensuite rduit dans la mme proportion. Cependant, le calcul proportionnel n'est pas toujours ais. Il est alors admis qu'une apprciation en quit, par rfrence  l'exprience gnrale de la vie, au bon sens et  la casuistique, n'est pas contraire au droit fdral (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=130%20III%20504">130 III 504</a> consid. 4.1; arrt du Tribunal fdral <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=4A_395/2017">4A_395/2017</a> du 11 octobre 2018 consid. 5.2).</p> <p>Lorsque le dfaut est grave, et bien que la loi ne le prvoie pas expressment, le locataire peut demander  tre exonr du paiement de tout loyer. Il faut cependant que la perturbation atteigne une grande intensit pour que le loyer puisse tre supprim. Tel peut tre le cas lorsque l'usage des locaux cre un danger srieux pour la sant du locataire et de sa famille (Lachat/Grobet Thorens/Rubli/Stastny, Le bail  loyer, Lausanne 2019, p. 315, ¤ 3.6 et les rfrences).</p> <p>Dans l'arrt <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=4A_395/2017">4A_395/2017</a> mentionn ci-dessus, le Tribunal fdral a confirm une rduction de loyer de 100% en raison de la prsence de punaises de lit, ladite rduction s'appliquant pendant tout le processus de dsinfestation en raison de l'impossibilit d'habiter dans le logement durant cette priode. Le Tribunal fdral a considr que vu le degr d'infestation de l'appartement, dont toutes les pices, ainsi que la salle de bains et le WC spar, avaient t contamines, on ne pouvait attendre des occupants qu'ils habitent dans celui-ci car ils auraient en effet subi de nombreuses piqres, ce qui constituait une atteinte indniable  l'intgrit physique, voire psychique. Les produits chimiques destins  radiquer les parasites constituaient en outre un risque pour la sant des enfants qui,  l'ge de trois ans, taient encore susceptibles de porter frquemment mains et objets  leur bouche et donc d'ingrer les substances nocives.</p> <p>Dans un arrt du 7 septembre 2015 (<a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/1009/2015">ACJC/1009/2015</a>), la prsence de punaises de lit a t considre par la Cour comme constitutive d'un dfaut grave, les punaises de lit entranant de nombreux dsagrments, tant physiques, causant des lsions cutanes, que psychologiques, qui empchaient l'occupant du logement concern de jouir de son appartement, en particulier la nuit, et entravaient ainsi considrablement l'usage de la chose loue. Une rduction de loyer de 50% due sur toute la priode entre la prise de connaissance du dfaut par le bailleur et l'intervention de l'entreprise attestant de la suppression du dfaut a t alloue.</p> <p>Plus rcemment, la Cour a estim qu'une rduction de loyer de 80% en raison de la prsence de punaises de lit tait justifie, dans la mesure o plusieurs pices de l'appartement ont t touches lors des deux infestations et que la prsence de punaises engendre des atteintes sur le plan physique et sur le plan psychique, et ce mme si l'appartement est rest habitable pendant la dsinsectisation. A cela s'est ajout que l'tendue de l'infestation tait atteste par les ractions cutanes importantes aux piqres d'insectes dont ont souffert les enfants de la locataire (<a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=ACJC/1355/2020">ACJC/1355/2020</a> du 28 septembre 2020 consid. 5.2.4).</p> <p><b>3.2 </b>En l'occurrence, le Tribunal a retenu que le traitement biologique permettait que les locataires restent dans le logement et ne constituait pas une atteinte  leur sant. Les arguments de la recourante portant sur ce point ont ainsi t pris en considration; elle n'expose pas en quoi le Tribunal aurait err quant  ces faits. Il convient de retenir, avec le Tribunal, que le logement est de taille rduite, quoi qu'en dise la recourante, et que le fait que la pice  vivre unique ait t infeste de nuisibles permettait de considrer que les conditions de vie n'taient pas conformes  l'usage pour lequel la chose avait t loue. Le fait de dormir sur un matelas gonflable avec un risque de piqres pour la locataire et son fils, de surcrot particulirement sensible  son environnement, ne peut tre considr comme compatible avec un usage normal de l'appartement. La recourante ne le prtend d'ailleurs pas.</p> <p>Compte tenu de la srieuse entrave  la jouissance de l'appartement et conformment  la jurisprudence, le raisonnement du Tribunal et la quotit de la rduction de loyer accorde aux intimes sont conformes aux principes dvelopps ci-dessus.</p> <p><b>4.</b> Dans un troisime grief, la recourante reproche au Tribunal d'avoir retenu de manire arbitraire qu'elle n'avait pas apport de preuve libratoire de son absence de faute relativement aux dommages subsquents subis par les intimes.</p> <p><b>4.1</b> L'art. 259e CO permet au locataire de rclamer au bailleur des dommages-intrts lorsque le premier subit un dommage en raison d'un dfaut de la chose loue dont le second rpond. Cette disposition est un cas d'application de l'art. 97 CO. La responsabilit (contractuelle) du bailleur sera engage si le dommage se trouve en relation de causalit adquate avec le dfaut de la chose loue,  moins qu'il ne prouve qu'aucune faute ne lui est imputable. L'art. 259e CO prsume donc la faute du bailleur, lequel peut se librer s'il prouve avoir pris toutes les prcautions pour viter le dommage ou y remdier (arrt du Tribunal fdral <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=4A_395/2017">4A_395/2017</a> du 11 octobre 2018 consid. 6.2 et les rfrences cites). </p> <p><b>4.2 </b>En l'occurrence, le dommage est limit au canap dont les intimes ont d se dbarrasser le 5 septembre 2019, soit le lendemain de la dtection des punaises de lit par l'entreprise E______ SA. </p> <p>Le Tribunal a considr que la recourante n'avait pas apport la preuve qu'elle avait pris toutes les mesures imposes par les circonstances afin que l'apparition de punaises de lit dans le logement ne se reproduise pas, dans la mesure o un tel problme s'tait dj pos par le pass, ce que la recourante n'avait pas ni. La recourante n'ayant pas donn suite  l'ordonnance lui demandant d'apporter ladite preuve, le Tribunal a retenu que la recourante n'avait pas pris toutes les prcautions pour viter la prsence de punaises de lit. Par ailleurs, le Tribunal a retenu que les mesures de dsinfestation s'taient droules avec retard  la suite de la rception par la rgie des rapports de dtection positifs, ce que le tmoin spcialiste en la matire avait soulign, sans qu'aucune explication n'ait t fournie par la rgie, si ce n'est que cette dernire ne pratiquait pas de suivi actif des dossiers.</p> <p>La recourante n'a pas contest l'existence pralable de punaises de lit dans l'immeuble. Cette dernire n'a pas dmontr avoir assur un suivi rapide de la situation  compter du signalement de la prsence de nuisibles et de l'mission d'un premier bon de travail en faveur de l'entreprise E______ SA, puisqu'une dizaine de jours s'est coule sans que la rgie ne s'enquire de la situation. L'apprciation de ces lments opre par le Tribunal n'est ainsi pas critiquable. Ainsi, il ne peut tre considr, sur la base du dossier  la procdure que la recourant aurait pris toutes les prcautions permettant d'viter la survenance du dfaut ou,  tout le moins, d'y remdier.</p> <p><b>5.</b> Le recours sera ds lors rejet, au vu de ce qui prcde.</p> <p><b>6.</b> A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prlev de frais dans les causes soumises  la juridiction des baux et loyers (ATF <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=139%20III%20182">139 III 182</a> consid. 2.6).</p> <p>* * * * *</p> <br clear="all"/> <a name="PCM"></a><div class="efd">PAR CES MOTIFS,<br/> La Chambre des baux et loyers :</div> <p><br/> A la forme :</p> <p>Dclare recevable le recours interjet le 28 janvier 2022 par A______ FONDATION DE PLACEMENTS contre le jugement <a href="https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=JTBL/1020/2021">JTBL/1020/2021</a> rendu le 7 dcembre 2021 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause C/2140/2020-4-OSD.</p> <p>Au fond :</p> <p>Le rejette.</p> <p>Dit que la procdure est gratuite.</p> <p>Dboute les parties de toutes autres conclusions.<b></b></p> <p>Sigeant :</p> <p>Madame Nathalie LANDRY-BARTHE, prsidente; Madame Sylvie DROIN et Monsieur Laurent RIEBEN, juges; Monsieur Nicolas DAUDIN et Madame <br/> Zo SEILER, juges assesseurs; Madame Mat VALENTE, greffire.</p> <p> </p> <div align="center"> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0"> <tr> <td valign="top" width="246"> <p>La prsidente :</p> <p>Nathalie LANDRY-BARTHE<i></i></p> </td> <td valign="top" width="94"> <p> </p> </td> <td width="227"> <p>La greffire :</p> <p>Mat VALENTE<i></i></p> </td> </tr> </table> </div> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p><i><u>Indication des voies de recours</u> : </i></p> <p><i> </i></p> <p><i>Le Tribunal fdral connat des recours constitutionnels subsidiaires; la qualit et les autres conditions pour interjeter recours sont dtermines par les art. 113  119 et 90 ss LTF. Le recours motiv doit tre form dans les trente jours qui suivent la notification de l'expdition complte de l'arrt attaqu. L'art. 119 al. 1 LTF prvoit que si une partie forme un recours ordinaire et un recours constitutionnel, elle doit dposer les deux recours dans un seul mmoire.</i></p> <p><i>Le recours doit tre adress au Tribunal fdral, 1000 Lausanne 14.</i></p> <p><i>Valeur litigieuse des conclusions pcuniaires au sens de la LTF infrieure  15'000 fr. </i></p> </div> </div> </div> </div></body></html>