An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 22. Juni 2016
Embargo: 22. Juni 2016, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 1. Juni 2016 (6B_165/2015)
Änderung der Praxis zum Rasertatbestand
Das Bundesgericht ändert seine Rechtsprechung zu dem seit 2013 geltenden
"Rasertatbestand". Nicht jede Überschreitung des Tempolimits um das in der fraglichen Bestimmung festgelegte Mass erfüllt den Tatbestand zwingend. Zwar ist auch
künftig grundsätzlich davon auszugehen, dass der Fahrzeuglenker beim Tempoexzess vorsätzlich gehandelt hat. Der Richter muss jedoch – entgegen einem
früheren Urteil des Bundesgerichts – über einen beschränkten Beurteilungsspielraum verfügen, um beim Vorliegen spezieller Umstände vorsätzliches Handeln zu
verneinen.
Im Rahmen des Strassensicherheitsprogramms "Via sicura" wurden im Strassenverkehrsgesetz (SVG) 2013 neue Tatbestände zu Raser-Delikten eingeführt (Artikel 90
Absätze 3 und 4 SVG). Demnach liegt eine als Verbrechen strafbare qualifizierte grobe
Verletzung der Verkehrsregeln vor, wenn die zulässige Höchstgeschwindigkeit um ein
bestimmtes Mass überschritten wird (um 40 km/h bei Höchstgeschwindigkeit 30 km/h,
um 50 km/h bei Höchstgeschwindigkeit 50 km/h, um 60 km/h bei Höchstgeschwindigkeit
80 km/h und um 80 km/h bei Höchstgeschwindigkeit über 80 km/h). Die Dauer des
Führerausweisentzuges beträgt in diesen Fällen im Minimum zwei Jahre und die strafrechtliche Sanktion mindestens ein Jahr Freiheitsstrafe.
Im konkreten Fall hatte ein Autolenker aus dem Kanton Genf die signalisierte Höchstgeschwindigkeit von 50 Stundenkilometern um 54 Stundenkilometer überschritten. Er
wurde dafür in Anwendung von Artikel 90 Absätze 3 und 4 SVG mit einer bedingten
Freiheitsstrafe von einem Jahr bestraft. Vor Bundesgericht argumentierte er, bei der Geschwindigkeitsüberschreitung nicht vorsätzlich gehandelt zu haben. Der Schuldspruch
auf Grundlage des Rasertatbestandes sei deshalb aufzuheben und er sei stattdessen
wegen grober Verkehrsregelverletzung zu einer bedingten Geldstrafe zu verurteilen.
Das Bundesgericht weist die Beschwerde ab, ändert dabei aber seine Rechtsprechung.
Gemäss einem früheren Urteil des Bundesgerichts (Urteil 1C_397/2014, Medienmitteilung vom 23. Dezember 2014) ist bei einer Geschwindigkeitsüberschreitung im
Sinne des "Rasertatbestandes" zwingend davon auszugehen, dass der Fahrzeuglenker
vorsätzlich gehandelt hat und der Tatbestand damit erfüllt ist. An diesem Verständnis
der Norm, wonach kraft unwiderlegbarer gesetzlicher Vermutung in jedem Fall eine
vorsätzliche Tatbegehung vorliegt, kann nicht festgehalten werden. Zwar ist auch künftig
grundsätzlich davon auszugehen, dass der Fahrzeuglenker bei einer Überschreitung der
Geschwindigkeit um das im "Rasertatbestand" festgelegte Mass vorsätzlich gehandelt
hat. Es kann jedoch nicht ausgeschlossen werden, dass es Fälle gibt, wo zwar eine
Geschwindigkeitsüberschreitung gemäss dem "Rasertatbestand" vorliegt, diese aber
vom Fahrzeuglenker nicht mit Vorsatz begangen wurde und damit kein Raser-Delikt
vorliegt. Der Richter muss deshalb über einen beschränkten Beurteilungsspielraum
verfügen, um bei speziellen Umständen ein vorsätzliches Handeln des Täters zu
verneinen. Im konkreten Fall liegen solche Umstände nicht vor. Die Praxisänderung des
Bundesgerichts erfolgt aufgrund einer umfassenden Auslegung der fraglichen Bestimmung. Berücksichtigt wurde dabei der Wortlaut der Norm, ihre Entstehungsgeschichte
und systematische Einordnung, Ziel und Zweck des "Rasertatbestandes" sowie die
Kritik, die von Seiten der Lehre an der vom Bundesgericht in seinem früheren Entscheid
vertretenen Ansicht geübt wurde. Zur Klärung der vorliegenden Rechtsfrage haben die
betroffenen Abteilungen des Bundesgerichts einen Meinungsaustausch durchgeführt
(gemäss Artikel 23 des Bundesgerichtsgesetzes). A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 22 juin 2016
Embargo : 22 juin 2016, 12:00 heures
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 1er juin 2016 (6B_165/2015)
Changement de jurisprudence en lien avec le comportement de 
chauffard
Le Tribunal  fédéral modifie  sa jurisprudence  relative  au  «  comportement de
chauffard » en vigueur depuis 2013. Tout dépassement particulièrement important
des limitations de vitesse fixées dans la disposition topique ne réalise pas nécessairement l'infraction. Certes, il sied de partir en règle générale de l'idée qu'en commettant un tel excès de vitesse l'auteur agit avec intention. Toutefois, contrairement à ce
que retient un précédent arrêt du Tribunal fédéral, le juge doit conserver une marge
de manœuvre restreinte afin d'exclure, dans des circonstances particulières,
l'existence d'un comportement intentionnel.
Dans le cadre du programme d'action pour plus de sécurité sur les routes «  Via sicura »,
des nouvelles dispositions en lien avec les délits de chauffard ont été introduites en
2013 dans la loi sur la circulation routière (article 90 alinéas 3 et 4 LCR). Ces dispositions érigent au rang de crime la violation grave qualifiée des règles de circulation, lors
de dépassements de la vitesse maximale autorisée atteignant certains seuils (au moins
40 km/h pour une vitesse maximale de 30 km/h; 50 km/h pour une vitesse maximale de
50 km/h; 60 km/h pour une vitesse maximale de 80 km/h et 80 km/h pour une vitesse
maximale de plus de 80 km/h). Dans ces cas, le permis de conduire est retiré pour une
durée minimale de deux ans et la sanction pénale s'élève à minimum un an de peine
privative de liberté.
Dans le cas concret, un conducteur automobile du canton de Genève a dépassé de 54
km/h la limitation de vitesse signalée à 50 km/h. Il a été condamné à une peine privative
de liberté d'un an avec sursis en application de l'article 90 alinéas 3 et 4 LCR. Il allègue
devant le Tribunal fédéral, ne pas avoir agi intentionnellement en commettant l'excès de
vitesse. Ainsi, au lieu d'être condamné pour délit de chauffard, il devait, selon lui, être
condamné pour violation grave des règles de la circulation routière, à une peine pécuniaire avec sursis.
Le Tribunal fédéral rejette le recours, tout en modifiant sa jurisprudence. Selon un
précédent arrêt du Tribunal fédéral (arrêt 1C_397/2014, communiqué de presse du
23 décembre 2014), il faut nécessairement considérer qu'en cas d'excès de vitesse
particulièrement important constituant un «  comportement de chauffard  », le conducteur
agit intentionnellement et réalise donc les conditions de l'infraction. Une telle appréciation de la norme, selon laquelle, en vertu d'une présomption légale irréfragable, le
comportement est nécessairement intentionnel, ne saurait être suivie. Certes, il sied de
partir en règle générale de l'idée que le conducteur qui commet un excès de vitesse tel
qu'il constitue un «  comportement de chauffard  » agit avec intention. Toutefois, il ne
peut être exclu que certains dépassements de vitesse particulièrement importants impliquant un « comportement de chauffard  » ne relèvent pas de l'intention du conducteur,
de sorte que le délit de chauffard n'est pas réalisé. Le juge doit ainsi conserver une
marge de manœuvre restreinte afin d'exclure, dans des circonstances particulières, le
comportement intentionnel de l'auteur. De telles circonstances ne ressortent pas du cas
concret. Le changement de jurisprudence résulte d'une interprétation complète de la
disposition topique. Les approches fondées sur le texte de la norme, sur sa genèse, sur
la systématique légale et le but et l'esprit du «  comportement de chauffard  » ont été
prises en compte, ainsi que les critiques émises par la doctrine à l'égard de l'approche
retenue dans l'arrêt rendu précédemment par le Tribunal fédéral. Une procédure
d'échange de vues a été mise en œuvre entre les cours intéressées du Tribunal fédéral
pour clarifier la présente question juridique (en vertu de l’article 23 de la loi sur le
Tribunal fédéral).