<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. La faillite de X. , domicilié à La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chaux-de-Fonds, a été prononcée par le Tribunal civil du district de La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chaux-de-Fonds le 17 mars 1998. Sa liquidation est assumée par l'office</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des faillites de La Chaux-de-Fonds. Lors de la première assemblée des cré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">anciers tenue le 18 juin 1998, ces derniers ont constitué une commission</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de surveillance au sens de l'article 237 al.3 LP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Depuis le prononcé de sa faillite, X. a été auto-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">risé à demeurer dans sa villa familiale, sise … à La Chaux-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de-Fonds. Par lettre du 19 août 1998, le préposé de l'office des faillites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'a informé que par décision du même jour, la commission de surveillance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait, en particulier, décidé de fixer à 5'000 francs l'indemnité forfai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire mensuelle due pour l'occupation de la villa, avec effet rétroactif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au 1er avril 1998. Le failli était en outre avisé que cette indemnité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourrait être revue en fonction d'une expertise à venir de l'immeuble, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'en cas de non-paiement, une procédure d'expulsion serait entamée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. X. a adressé le 28 août 1998 une plainte à l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité de surveillance, dirigée contre la décision précitée, en prenant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour conclusions :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "1. Constater et prononcer que la décision de la Commission</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de surveillance de la masse en faillite X. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> du 19 août 1998 concernant les indemnités d'occupation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la villa … est nulle et non avenue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2. Subsidiairement, renvoyer le dossier à l'office des fail-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> lites du district de La Chaux-de-Fonds pour nouvelle dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cision, au besoin après complément d'instruction.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 3. Donner acte à l'office des faillites du district de La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Chaux-de-Fonds que X. propose de payer à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la "masse en faillite X. " la somme de fr.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1'800.- par mois (charges comprises) et dès le 1er sep-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tembre 9198 à titre de "loyer" pour les locaux qu'il oc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cupe et tant qu'il pourra demeurer dans sa villa.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 4. Sous suite de frais et dépens."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il soutient en bref qu'en fixant le loyer dû pour l'occupation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa villa, la commission de surveillance de la masse en faillite s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrogé des compétences qu'elle n'a pas; qu'il était jusqu'ici bénéficiaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un contrat de bail tacite et gratuit, et que si l'office peut et doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dorénavant exiger un loyer de sa part, ce dernier doit en particulier être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixé compte tenu de la valeur objective de la prestation de la masse en sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faveur, des intérêts objectifs de la masse et des créanciers à ce que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'immeuble continue à être habité, des intérêts, intentions et décisions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des créanciers hypothécaires quant à la réalisation de l'immeuble ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que des intérêts et des droits du failli et de ses enfants. Le plaignant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propose à cet égard de payer à la masse en faillite la somme de 1'800</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs par mois, charges comprises, dès le 1er septembre 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans ses observations sur la plainte, l'office des faillites est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'avis que la commission de surveillance était autorisée à prendre la dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cision attaquée, dans l'intérêt des créanciers. Il précise que l'expertise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévue a été effectuée, et que lors de sa dernière séance, la commission</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de surveillance a estimé que l'indemnité d'occupation des locaux pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être fixée à 4'000 francs par mois, charges non comprises, avec effet au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1er avril 1998. L'office est toutefois d'avis que compte tenu de la situa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion du failli et des éléments fournis par l'expert, une indemnité d'occu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pation de 3'500 francs, charges comprises, avec effet rétroactif au 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avril 1998, est admissible. Il en conclut que "pour autant que ces condi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions soient admises par les parties, un bail à loyer, résiliable de mois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en mois, devrait être conclu".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. La loi ne prévoit pas expressément de plainte à l'autorité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surveillance contre les décisions de la commission de surveillance. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal fédéral l'a toutefois admise, dans le cas où la commission a pris</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des décisions illégales, par exemple dans le cas où elle a excédé ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétences (ATF 27 I 19; Jaeger, n.10 ad art.237 LP; Gilliéron, Poursuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour dettes, faillite et concordat, p.329). Interjetée dans le délai utile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 10 jours, la plainte est recevable (art.17 LP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Il résulte de l'article 237 al.3 LP que l'assemblée des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créanciers peut constituer en son sein une commission de surveillance qui,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sauf décision contraire de l'assemblée, aura les tâches énumérées aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chiffres 1 à 5 de cette disposition. Il s'ensuit que la commission de sur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">veillance peut se voir confier d'autres tâches que celles énumérées ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pressément dans la loi, mais qu'à défaut de décision contraire de l'as-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">semblée des créanciers, ses compétences sont limitées aux tâches énumérées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'article 237 al.3 ch.1 à 5 LP (Message du Conseil fédéral du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">08.05.1991, FF 1991 III 170).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Dans le cas particulier, l'assemblée des créanciers n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conféré à la commission de surveillance la compétence de fixer les condi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions auxquelles le plaignant et sa famille pouvaient continuer d'occuper</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la villa. Cette compétence échoit donc à l'administration de la masse en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite en application de l'article 229 al.3 LP. Dans ses observations,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'office relève certes que "la mesure prise peut être assimilée à la sau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vegarde des intérêts des créanciers". Or, si l'article 237 al.3 ch.1 con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fère à la commission de surveillance la tâche de s'opposer à toute mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui lui paraîtrait contraire aux intérêts des créanciers, cela ne signifie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">évidemment pas qu'elle peut ex lege, à la place de l'administration, fixer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les conditions auxquelles le failli et sa famille pourront rester dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur logement au sens de l'article 229 al.3 LP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La commission de surveillance ayant excédé ses compétences, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision prise le 19 août 1998 est dès lors nulle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Il appartiendra à l'administration de la faillite de fixer les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditions auxquelles le failli et sa famille pourront rester dans leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">logement et la durée de ce séjour. On relèvera à cet égard que dans sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouvelle teneur, l'article 229 al.3 LP a été modifié, de manière à souli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gner que, dorénavant, l'administration de la faillite ne fixe pas seule-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment la durée pendant laquelle le failli et sa famille peuvent rester dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur logement, mais également les conditions de ce séjour. Le libellé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cet alinéa établit en outre clairement que le failli ne peut prétendre à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être logé gratuitement. L'administration de la faillite peut donc exiger</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il verse un loyer (Message du Conseil fédéral du 08.05.1991, FF 1991</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">III 163).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Dans la procédure de plainte devant l'autorité de surveillance,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens (art.20a al.1 LP; 61 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.a, 62 al.2 OELP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'AUTORITE CANTONALE DE SURVEILLANCE LP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Dit et constate que la décision de la commission de surveillance de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> masse en faillite X. du 19 août 1998, concernant les indemnités d'occupation de la villa … à La Chaux-de-Fonds, est nulle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais ni dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 30 septembre 1998</span></p> </div></body></html>