<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par jugement du 19 décembre 1996, le Tribunal correctionnel du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de La Chaux-de-Fonds a condamné G. pour infrac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions graves à la loi sur les stupéfiants à 18 mois d'emprisonnement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cette peine n'était pas assortie du sursis, compte tenu de plusieurs anté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédents. Le tribunal a toutefois ordonné l'hospitalisation de G. dans un établissement spécialisé et a suspendu l'exécution de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine. Il a par ailleurs mis fin à un traitement ambulatoire qu'il avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcé le 12 août 1993 tout en maintenant la suspension de l'exécution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la peine de 10 mois d'emprisonnement infligée alors (D.II/207 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> G. a été placé à la Maison de santé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Préfargier (D.II/225). Par lettre du 6 mars 1997, cet établissement a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signalé au président du Tribunal correctionnel qu'un maintien en milieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">psychiatrique ne se justifiait plus et que l'état psychique de G. , relativement stabilisé, était compatible avec un retour en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prison, même si une nouvelle décompensation pendant la détention ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait être exclue. La lettre précisait que G. consommait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du haschisch dans l'établissement et qu'il en distribuait à l'occasion aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">patients (D.II/317). Le 17 mars 1997, le médecin cantonal, après avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rencontré G. , s'est rallié à l'avis des médecins de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Préfargier : l'état de G. ne nécessitait plus d'hospitali-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation et un suivi ambulatoire était tout à fait possible durant son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incarcération (D.II/325).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le président du Tribunal correctionnel du district de La Chaux-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de-Fonds a entendu G. le 9 avril 1997 (D.II/333). A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'issue de cette audience, il a prononcé la mainlevée de l'hospitalisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et ordonné la mise à exécution des peines infligées en 1996 et 1993.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. a été réincarcéré le même jour (D.II/337). Les peines</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actuellement subies prendront fin le 28 octobre 1998; les deux-tiers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seront atteints le 17 janvier 1998 (D.II/385).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Sur recours de G. , la Cour de cassation pénale a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">annulé le 23 juin 1997 la décision du 9 avril 1997 et a renvoyé la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au premier juge pour nouvelle décision (D.II/347). Le 8 juillet 1997,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. a adressé au président du Tribunal correctionnel une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">requête tendant à ce qu'un traitement ambulatoire soit ordonné, avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suspension des peines encore à subir (D.II/357). Le 8 juillet 1997,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assistance judiciaire totale lui a été octroyée (D.II/383). Par décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 15 août 1997, le président du Tribunal correctionnel a rejeté la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">requête de traitement ambulatoire, prononcé la mainlevée de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'hospitalisation et a ordonné la mise à exécution du solde des peines à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subir (D.II/387).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le 29 août 1997, G. recourt à la Cour de cas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation pénale contre la décision du 15 août 1997, concluant à son annula-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion et au maintien de l'hospitalisation ordonnée le 19 décembre 1996. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avance en substance que le premier juge a retenu à tort l'article 44 CP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plutôt que l'article 43 CP et que sa décision n'est pas suffisamment moti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vée sur divers points. Il allègue qu'il n'y avait pas lieu de mettre fin à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son hospitalisation, car il n'est pas guéri, et qu'il ne convenait pas non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus de mettre fin au traitement faute de résultat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Le président du Tribunal correctionnel et le ministère public ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formulent pas d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le recours a été interjeté dans les formes et délai légaux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.244 CPP). On peut toutefois se demander s'il est recevable. En effet,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant conclut au maintien de l'hospitalisation (recours, p.8). Or,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans sa requête du 8 juillet 1997, il demandait que soit ordonné un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traitement ambulatoire (D.II/357) - donc implicitement que soit levé la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure d'hospitalisation. En d'autres termes, le recourant demande à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de céans l'inverse de ce qu'il voulait en première instance. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">semble en fait que le recours a surtout pour but d'éviter une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incarcération, indépendamment de toute considération médicale. La question</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la recevabilité peut toutefois rester indécise, le recours devant être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejeté sur le fond.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dans son arrêt du 23 juin 1997, la Cour de céans en est arrivée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la conclusion que le Tribunal correctionnel avait fait application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 43 CP pour ordonner, le 19 décembre 1996, l'hospitalisation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant (D.II/351, cons.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 43 ch.4 CP, l'autorité compétente mettra fin à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la mesure lorsque la cause en aura disparu. Dans son expertise de 1993, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dr. V. avait posé le diagnostic de trouble bipolaire de l'humeur, des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">phases dépressives alternant avec des phases d'exhaltation maniforme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.I/145). Selon lui, le recourant, malade, avait besoin d'un traitement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme un traitement stabilisateur de l'humeur ou un traitement neurolepti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que (D.I/147). C'est précisément cette voie que le Tribunal correctionnel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a suivi le 19 décembre 1996, à la demande d'ailleurs de G. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.II/219).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Or, les médecins de la Maison de santé de Préfargier (dont il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'y a pas lieu de mettre en doute l'appréciation) sont d'avis que l'état</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">psychique du recourant s'est relativement stabilisé, de sorte que son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maintien en milieu psychiatrique ne se justifie plus (D.II/317). Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">médecin cantonal pense de même (D.II/325). Le docteur W. , du Centre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">psycho-social neuchâtelois, relève également que G. se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trouve actuellement dans une période assez stable (D.II/375). Ainsi, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure que constituait l'hospitalisation a atteint son but, à savoir une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">stabilisation de l'humeur. Il ne saurait être question de la prolonger</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jusqu'à guérison complète, car celle-ci semble peu probable au vu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'anamnèse chargée relevée par l'expert-psychiatre (D.I/139 ss). Maintenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'hospitalisation signifierait admettre que le recourant ne sera sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doute plus jamais apte à évoluer en dehors d'un milieu hospitalier, car un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">risque de rechute demeurera toujours. La stabilisation actuelle paraît le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">meilleur résultat auquel on puisse parvenir. C'est dès lors à juste titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il a été mis fin à la mesure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Selon l'article 43 ch.5 CP, le juge décidera, après avoir enten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du le médecin, si et dans quelle mesure des peines suspendues seront exé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cutées au moment de la libération de l'établissement ou à la fin du trai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement. Il pourra y renoncer totalement s'il y a lieu de craindre que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'effet de la mesure n'en soit sérieusement compromis. Le juge doit ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">examiner, au terme de la mesure, si les conditions de l'octroi du sursis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont réalisées, le pronostic étant fondé sur la situation actuelle du con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">damné (Favre/Pellet/Stoudmann, Code pénal annoté, 1997, ad Art.43,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ch.5.2 et la référence).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, c'est avec raison que le premier juge a ordonné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exécution du solde des peines : le recourant a à nouveau été renvoyé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant le Tribunal correctionnel pour infractions à la LStup. en rapport</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment avec des faits commis après le jugement du 19 décembre 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.II/391-392). Il a également, durant son séjour à Préfargier, distribué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'occasion du haschisch à d'autres patients (D.II/317). En outre,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'incarcération, qui a recommencé le 9 avril 1997 (D.II/337), ne semble</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas à ce jour avoir compromis la stabilisation d'humeur obtenue à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Préfargier (D.II/375). Le recourant n'entreprend d'ailleurs pas la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision du 15 août 1997 sur la question de l'exécution du solde des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peines.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Mal fondé, le recours doit être rejeté et les frais mis à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge du recourant. Son mandataire d'office a droit à une indemnité te-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nant compte de l'importance et de la difficulté de la cause, de la respon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sabilité assumée et du temps apparemment consacré à la préparation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant les frais arrêtés à 220 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Fixe à 400 francs, TVA comprise, l'indemnité due à Me X. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> avocat d'office de G. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 16 octobre 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>