An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 18. Juni 2019
Embargo: 18. Juni 2019, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 22. Mai 2019 (6B_378/2018)
Strafrechtliche Landesverweisung von EU-Bürgern und FZA: 
Ausweisung von spanischem Straftäter bestätigt
Das Bundesgericht äussert sich vertieft zum Verhältnis der strafrechtlichen Landesverweisung von EU-Bürgern und dem Abkommen über die Personenfreizügigkeit
(FZA) zwischen der Schweiz und den Staaten der Europäischen Union (EU).
Einschränkungen der Personenfreizügigkeit, wie sie das primär wirtschaftsrechtlich
motivierte FZA unter anderem aus Gründen der öffentlichen Ordnung vorsieht, sind
im Strafrecht nicht eng auszulegen, sondern gemäss dem Wortsinn der fraglichen
Bestimmung des FZA. Im konkreten Fall ist die Ausweisung eines wegen Drogenhandels zu einer bedingten Strafe verurteilten Spaniers durch das Zürcher Obergericht nicht zu beanstanden.
In  der  Wohnung  des  spanischen  Staatsangehörigen  waren  rund  590  Gramm
Kokaingemisch gefunden worden, die zum Verkauf bestimmt waren. Das Bezirksgericht
Zürich verurteilte ihn 2017 wegen qualifizierten Verstosses gegen das Betäubungsmittelgesetz zu einer Freiheitsstrafe von 19 Monaten, wovon er 140 Tage in Haft beziehungsweise vorzeitigem Strafvollzug verbüsste. Der Rest der Strafe wurde bedingt ausgesprochen. Zudem ordnete das Bezirksgericht eine Landesverweisung für sieben
Jahre an. Das Obergericht des Kantons Zürich bestätigte den Entscheid 2018. 
Das Bundesgericht weist die Beschwerde des Mannes ab. In seinem Entscheid befasst
sich das Bundesgericht mit der Tragweite, die der im FZA enthaltenen Bestimmung zur
Einschränkung der Personenfreizügigkeit im Bereich des Strafrechts zukommt. Gemäss
dem massgeblichen Artikel 5 Absatz 1 Anhang I FZA dürfen die vom FZA eingeräumten
Rechte nur durch Massnahmen eingeschränkt werden, die aus Gründen der öffentlichen
Ordnung, der Sicherheit und der Gesundheit gerechtfertigt sind. 
Der Europäische Gerichtshof (EuGH) räumt den Vertragsstaaten bei der Auslegung und
der Anwendung der fraglichen Bestimmung des FZA zwar eine prinzipielle Eigenständigkeit ein, beschränkt ihre Anwendung aber auf eine strikte Auslegung. Im Ausländerrecht
geht die Rechtsprechung des Bundesgerichts ebenfalls davon aus, dass Einschränkungen der Personenfreizügigkeit eng auszulegen seien. 
In seinem aktuellen Entscheid kommt das Bundesgericht zum Schluss, dass Artikel 5
Absatz 1 Anhang I FZA im Bereich des Strafrechts nicht eng auszulegen ist, sondern
dass der Sinn der Norm vielmehr ihrem Wortsinn entspricht. Zu berücksichtigen ist dabei, dass es sich beim FZA im Wesentlichen um ein wirtschaftsrechtliches und nicht um
ein strafrechtliches Abkommen handelt. In einem Urteil vom vergangenen November hat
das Bundesgericht bereits festgehalten, dass der Aufenthalt von EU-Bürgern in der
Schweiz unter dem Vorbehalt eines rechtskonformen Verhaltens stehe (BGE 145 IV 55,
Medienmitteilung vom 5. Dezember 2018). Die einschränkende Auslegung der Vorbehalte von Artikel 5 Absatz 1 Anhang I FZA durch den EuGH ist auf seine integrativ
wirkende, dynamische Rechtsanwendung zurückzuführen, welche auf die Harmonisierung und Vertiefung der EU abzielt. Diese Nuance der Rechtsprechung des EuGH hat
die Schweiz für das Strafrecht nicht zu beachten.
Im Einzelfall haben die Gerichte jeweils zu prüfen, ob das FZA eine strafrechtliche
Landesverweisung hindern kann. Es handelt sich dabei im Wesentlichen um die Prüfung
der Verhältnismässigkeit staatlichen Handelns bei der Einschränkung der Freizügigkeit
gemäss FZA. Wesentliches Kriterium für die Landesverweisung bildet die Intensität der
Gefährdung der öffentlichen Ordnung, der Sicherheit, der Gesundheit oder des Gemeinwohlinteresses durch den kriminellen Willen, wie er sich in den Taten realisiert, die
gemäss Artikel 66a Absatz 1 des Strafgesetzbuches eine Ausweisung nach sich ziehen
können. Vorliegend geht es um Drogenhandel mit einer Menge Kokain, welche die
Grenze zum qualifizierten Fall um ein Vielfaches überschreitet. Der Beschwerdeführer
liess ein Verhalten erkennen, das eine gegenwärtige Gefährdung der öffentlichen Ordnung und der Gesundheit vieler Menschen darstellt. Es ist der gesetzgeberische Wille,
dem Drogenhandel durch Ausländer einen Riegel zu schieben. Dies konnte auch dem
Betroffenen angesichts der jahrelangen politischen Auseinandersetzung um die Ausschaffungsinitiative nicht unbekannt geblieben sein. Das FZA ermöglichte ihm die Einreise zu einer wirtschaftlichen Tätigkeit. Mit dem beabsichtigten Kokainhandel ging er
bewusst das Risiko ein, sein Aufenthaltsrecht zu verlieren. A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 18 juin 2019
Embargo : 18 juin 2019, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 22 mai 2019 (6B_378/2018)
Expulsion pénale de ressortissants européens et ALCP  : 
expulsion d'un délinquant espagnol confirmée
Le Tribunal fédéral examine de manière approfondie le rapport entre l'expulsion
pénale de ressortissants européens et l'Accord sur la libre circulation des personnes
(ALCP) entre la Suisse et les Etats membres de l'Union européenne (UE). Les
restrictions à la libre circulation des personnes, notamment pour des raisons d'ordre
public, telles qu'envisagées par l'ALCP, lequel est motivé en premier lieu par des
considérations de droit économique, ne doivent pas être interprétées restrictivement
en droit pénal, mais sur la base du sens littéral de la disposition pertinente de
l'ALCP. Dans le cas concret, l'expulsion d'un espagnol condamné à une peine avec
sursis pour trafic de drogue, prononcée par le Tribunal cantonal zurichois, n'est pas
contestable.
Dans le logement du ressortissant espagnol, 590 grammes de mélange de cocaïne ont
été retrouvés, lesquels était destinés à la vente. Le Tribunal d'arrondissement de Zurich
l'a condamné en 2017 pour infraction qualifiée à la loi sur les stupéfiants à une peine
privative de liberté de 19 mois, sous déduction de 140 jours de détention, respectivement d'exécution anticipée de peine. Le solde de la peine a été assorti du sursis. En
outre, le Tribunal d'arrondissement a ordonné une expulsion d'une durée de sept ans.
Le Tribunal cantonal zurichois a confirmé ce jugement en 2018.
Le Tribunal fédéral rejette le recours du condamné. Dans son arrêt, le Tribunal fédéral
traite de la portée, en droit pénal, des normes de l'ALCP relatives à la restriction de la
libre circulation des personnes. Selon l'article 5 paragraphe 1 Annexe I ALCP concerné,
les droits octroyés par l'ALCP ne peuvent être limités que par des mesures justifiées par
des raisons d'ordre public, de sécurité publique et de santé publique.
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) laisse certes aux Etats membres une
autonomie de principe dans l’interprétation et l'application de la disposition en question
de l'ALCP, tout en limitant toutefois son application à une stricte interprétation. En droit
des étrangers, la jurisprudence du Tribunal fédéral exige également que les limitations à
la libre circulation des personnes soient interprétées de manière restrictive.
Dans son arrêt actuel, le Tribunal fédéral parvient à la conclusion que l'article 5
paragraphe 1 Annexe I ALCP ne doit pas être interprété restrictivement en matière
pénale, mais plutôt à l'aune du sens propre de la norme. En cela, il y a lieu de tenir
compte du fait que l'ALCP relève essentiellement du droit économique et ne constitue
pas un accord de droit pénal. Dans un arrêt du mois de novembre dernier, le Tribunal
fédéral a retenu que le séjour de ressortissants européens en Suisse était conditionné à
un comportement conforme au droit (ATF 145 IV 55, communiqué de presse du
5 décembre 2018). L'interprétation restrictive que fait la CJUE des réserves prévues à
l'article 5 paragraphe 1 annexe I ALCP doit être attribuée à une application à effet
intégrateur et dynamique du droit, laquelle vise l'harmonisation et l'approfondissement
de l'UE. La Suisse n'a pas, en droit pénal, à tenir compte de cette nuance de la jurisprudence de la CJUE. 
Concrètement, les tribunaux doivent, dans chaque cas, examiner si l'ALCP peut
empêcher une expulsion pénale. Il s'agit essentiellement d'un examen de la proportionnalité de l'acte étatique en lien avec la restriction à la libre circulation des
personnes au sens de l'ALCP. Le critère déterminant pour l'expulsion pénale est
l'intensité de la mise en danger de l'ordre public, de la sécurité, de la santé ou du bien
commun par la volonté criminelle telle qu'elle se réalise dans les actes qui pourrait
justifier une expulsion au sens de l'article 66a alinéa 1 du Code pénal. En l'espèce, il
s'agit d'un trafic de drogue portant sur une quantité de cocaïne qui dépasse largement le
seuil à partir duquel l'infraction est qualifiée. Le recourant a eu un comportement
représentant une mise en danger actuelle de l'ordre public et de la santé de nombreuses personnes. C'est l'intention du législateur que de verrouiller le trafic de drogue
par les étrangers. Cela ne pouvait être ignoré par l'intéressé, compte tenu du long débat
politique autour de l'initiative pour le renvoi. L'ALCP lui permettait d'entrer en Suisse
pour exercer une activité économique. En envisageant le commerce de cocaïne, il a pris
consciemment le risque de perdre son droit de séjour.