<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp348800"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>132 III 515<br/><br/><br/><div class="paraatf">60. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour civile dans la cause Office fédéral de la justice contre X., Département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement ainsi que Tribunal administratif du canton de Genève (recours de droit administratif)</div> <div class="paraatf">5A.1/2006 du 29 mai 2006</div> <a name="idp350624"></a> <a name="idp364464"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Art. 2, 6, 60 Abs. 1 lit. a, Art. 61, 64 Abs. 1 lit. f und <span class="artref">Art. 84 BGBB</span>; Feststellung, dass ein Grundstück vom Geltungsbereich des BGBB ausgeschlossen ist. <div class="paratf">Zweck und Geltungsbereich des BGBB (E. 3.1 und 3.2). Rechtsnatur, Zweck und Wirkungen des Verfahrens zur Feststellung, dass ein ausserhalb der Bauzone liegendes Grundstück vom Geltungsbereich des BGBB ausgeschlossen ist (<span class="artref"><artref id="CH/211.412.11/6" type="start"></artref>Art. 6 und 84 BGBB</span><artref id="CH/211.412.11/84" type="end"></artref>). Unterschiede zwischen dem genannten Feststellungsverfahren, dem Verfahren zur Bewilligung des Erwerbs eines landwirtschaftlichen Grundstücks durch einen Nichtselbstbewirtschafter (<span class="artref">Art. 64 Abs. 1 lit. f BGBB</span>) und jenem zur Bewilligung der Zerstückelung eines Grundstücks mit gemischter Nutzung (<span class="artref">Art. 60 Abs. 1 lit. a BGBB</span>; E. 3.3-3.5). Anwendung im konkreten Fall (E. 3.6 und 3.7). </div> </div> </div> <a name="idp375248"></a> <br/><div> <a name="idp384336"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 516</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page516"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 516</div> </div> <div class="paraatf">X., rosiériste à la retraite, est propriétaire de la parcelle n° x de la commune de Y., d'une superficie de 9'840 m<sup>2</sup>. Ce terrain, situé en zone agricole et forestière, est affecté à la culture de roses.</div> <div class="paraatf">Par requête du 5 mars 2003, X. a demandé à la Commission foncière agricole du canton de Genève (ci-après: la Commission) de prononcer le désassujettissement de la parcelle précitée. Il a exposé en substance que l'exploitation n'était plus rentable et qu'il n'avait pas trouvé de successeur, si bien qu'il devait vendre son terrain à des personnes étrangères à l'agriculture.</div> <div class="paraatf">Par décision du 26 août 2003, la Commission a prononcé le désassujettissement de l'immeuble et a transmis le dossier au registre foncier pour inscription de cette mention.</div> <div class="paraatf">Par arrêt du 4 mai 2004, le Tribunal administratif du canton de Genève a admis le recours formé par le Service de l'agriculture du Département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement du canton de Genève contre cette décision, qu'il a annulée. Il a relevé en substance que seule une offre publique, telle que prévue à l'<span class="artref">art. 64 al. 1 let</span>. f LDFR, permettrait d'objectiver la possibilité de trouver un acquéreur désireux d'exploiter l'entreprise agricole ou le terrain de celle-ci et donc de déterminer si l'immeuble continuait à présenter un caractère agricole au sens de la LDFR.</div> <div class="paraatf">Après avoir fait procéder à une expertise de la valeur de son immeuble, X. a fait paraître une annonce dans divers journaux; le prix total demandé pour la parcelle était de 1'168'000 fr., et l'offre <a name="page517"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 517</div>précisait qu'elle était "réservée exclusivement à des agriculteurs exploitants au sens de l'article 64f LDFR". Des neuf personnes qui ont fait part de leur intérêt, quatre n'avaient d'emblée manifestement pas la qualité d'agriculteur ou d'horticulteur. Contactées en vue d'une visite de la propriété par un courrier qui mentionnait que le prix n'était "en aucune manière négociable à la baisse", les cinq autres - dont un agriculteur - n'ont donné aucune suite à ce courrier.</div> <div class="paraatf">Le 7 décembre 2004, X. a derechef requis de la Commission qu'elle prononce le désassujettissement de sa parcelle, au motif que celle-ci avait perdu son caractère agricole, aucun exploitant à titre personnel n'ayant manifesté son intérêt à l'acquisition du bien-fonds. Par décision du 21 décembre 2004, la Commission a prononcé le désassujettissement de la parcelle.</div> <div class="paraatf">Par arrêt du 22 novembre 2005, le Tribunal administratif a rejeté le recours formé par le Service de l'agriculture contre cette décision. Il a exposé en bref que, du moment que le propriétaire de la parcelle n° x avait donné correctement suite à l'arrêt du 4 mai 2004 et qu'aucun exploitant à titre personnel ne s'était manifesté, il fallait considérer que ladite parcelle ne répondait plus à la définition de l'immeuble agricole.</div> <div class="paraatf">Admettant le recours de droit administratif formé par l'Office fédéral de la justice contre cet arrêt, le Tribunal fédéral a réformé celui-ci en ce sens que la requête de X., tendant à la constatation que la parcelle n° x est exclue du champ d'application de la LDFR, est rejetée.</div> <br/><div> <a name="idp401360"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp402320"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp403408"></a><span class="bold" id="consideration_3.1">3.1 </span>La loi fédérale du 4 octobre 1991 sur le droit foncier rural (LDFR; RS 211.412.11) a pour but d'encourager la propriété foncière rurale, de renforcer la position de l'exploitant à titre personnel en cas d'acquisition d'entreprises et d'immeubles agricoles et de lutter contre les prix surfaits des terrains agricoles (<span class="artref">art. 1 al. 1 LDFR</span>). A cet effet, elle contient des dispositions sur (<span class="artref">art. 1 al. 2 LDFR</span>): a. l'acquisition des entreprises et des immeubles agricoles, acquisition qui est soumise à autorisation (<span class="artref">art. 61 ss LDFR</span>); b. l'engagement des immeubles agricoles, lesquels ne peuvent être grevés de droits de gage immobiliers que jusqu'à concurrence de la charge maximale (<span class="artref">art. 73 ss LDFR</span>); c. le partage matériel des entreprises agricoles <a name="page518"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 518</div>et le morcellement des immeubles agricoles, qui sont en principe interdits (<span class="artref">art. 58 ss LDFR</span>).</div> <div class="paraatf">Il s'agit de promouvoir et garantir le maintien de structures agricoles adaptées aux besoins, en empêchant - sauf exceptions prévues par la loi - le démantèlement de domaines agricoles (<span class="artref">art. 58 LDFR</span>), l'acquisition d'immeubles ou d'une entreprise agricole par quelqu'un qui n'exploiterait pas à titre personnel (<span class="artref">art. 61 LDFR</span>) ou encore le surendettement (<span class="artref">art. 73 LDFR</span>); à cet effet, la LDFR prévoit un système d'autorisations par une autorité, en réglant de manière détaillée les cas et les motifs d'octroi d'une autorisation (FRANÇOIS ZÜRcher, La coordination entre aménagement du territoire et droit foncier rural: Quand? Pourquoi? Comment?, in Territoire &amp; Environnement 2004 p. 1 ss, 2).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp421312"></a><span class="bold" id="consideration_3.2">3.2 </span>Selon son art. 2 al. 1, la LDFR s'applique aux immeubles agricoles isolés ou aux immeubles agricoles faisant partie d'une entreprise agricole qui sont situés en dehors d'une zone à bâtir au sens de l'art. 15 de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700) et dont l'utilisation agricole est licite (champ d'application local; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F128-III-229%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page229">ATF 128 III 229</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-III-175%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page175">ATF 125 III 175</a> consid. 2a et 2b; CHRISTOPH BANDLI, in Le droit foncier rural, Commentaire de la loi fédérale sur le droit foncier rural du 4 octobre 1991, Brugg 1998 [ci-après: Commentaire LDFR], n. 6 ad <span class="artref">art. 2 LDFR</span>).</div> <div class="paraatf">Selon l'<span class="artref">art. 6 al. 1 LDFR</span>, est agricole l'immeuble approprié à un usage agricole ou horticole (champ d'application matériel; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F128-III-229%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page229">ATF 128 III 229</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-III-175%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page175">ATF 125 III 175</a> consid. 2b; BANDLI, op. cit., n. 4 ad <span class="artref">art. 2 LDFR</span>). La LDFR se rattache ainsi à l'<span class="artref">art. 16 al. 1 let. a LAT</span>, selon lequel les zones agricoles comprennent les terrains qui se prêtent à l'exploitation agricole ou à l'horticulture productrice; la notion de terrain qui se prête à l'exploitation agricole ou horticole ou qui est approprié à un usage agricole ou horticole doit être comprise de la même manière dans l'application de l'une et l'autre loi (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-III-175%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page175">ATF 125 III 175</a> consid. 2b et les références citées).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp442032"></a><span class="bold" id="consideration_3.3">3.3 </span>Avant d'examiner ce qu'il en est en l'espèce, il convient de bien distinguer différentes procédures prévues par la LDFR en ce qui concerne les immeubles agricoles, tels que définis à l'<span class="artref">art. 6 LDFR</span>.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp188448"></a><span class="bold" id="consideration_3.3.1">3.3.1 </span>L'une de ces procédures tend à autoriser l'acquisition d'un immeuble agricole (cf. pour le canton de Genève l'art. 10 let. b de la loi cantonale d'application de la LDFR [LALDFR; RS/GE M 1 10]). En effet, celui qui entend acquérir un immeuble agricole doit obtenir <a name="page519"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 519</div>une autorisation (<span class="artref">art. 61 al. 1 LDFR</span>), sous réserve des exceptions prévues par l'<span class="artref">art. 62 LDFR</span>. Le but de l'assujettissement à autorisation est de garantir que le transfert de propriété corresponde aux objectifs du droit foncier rural, au premier rang desquels figure la concrétisation du principe de l'exploitation à titre personnel fondé sur la politique de la propriété (BEAT STALDER, in Commentaire LDFR, remarques préalables aux <span class="artref"><artref id="CH/211.412.11/61" type="start"></artref>art. 61-69 LDFR</span><artref id="CH/211.412.11/69" type="end"></artref>, n. 8 s.). C'est ainsi que l'autorisation doit en principe être refusée notamment lorsque l'acquéreur n'est pas exploitant à titre personnel (<span class="artref">art. 63 al. 1 let. a LDFR</span>). L'autorisation est néanmoins accordée si l'acquéreur qui n'est pas personnellement exploitant prouve qu'il y a pour le faire un juste motif au sens de l'<span class="artref">art. 64 al. 1 LDFR</span>. Tel est notamment le cas lorsque, malgré une offre publique à un prix qui ne soit pas surfait (cf. <span class="artref">art. 66 LDFR</span>), aucune demande n'a été faite par un exploitant à titre personnel (<span class="artref">art. 64 al. 1 let</span>. f LDFR).</div> <div class="paraatf">L'exception de l'<span class="artref">art. 64 al. 1 let</span>. f LDFR a pour but de sauvegarder, sous l'angle de la garantie de la propriété (<span class="artref">art. 26 Cst.</span>), les intérêts de l'agriculteur désireux de vendre, dont l'offre n'est suivie d'aucune demande de la part d'un exploitant à titre personnel (BANDLI/STALDER, in Commentaire LDFR, n. 36 ad <span class="artref">art. 64 LDFR</span>). Si, en procédure d'autorisation, le propriétaire désireux de vendre fournit la preuve qu'à la suite de la publication de l'appel d'offres, aucune offre ou seulement des offres insuffisantes ont été présentées par des exploitants à titre personnel, l'acquéreur qui n'est pas exploitant à titre personnel obtiendra l'autorisation d'acquérir, pour autant que le prix convenu ne soit pas surfait (<span class="artref"><artref id="CH/211.412.11/63/66" type="start"></artref><artref id="CH/211.412.11/63/1/66" type="start"></artref><artref id="CH/211.412.11/63/1/b" type="start"></artref>art. 63 al. 1 let. b et 66 LDFR</span><artref id="CH/211.412.11/63/1/66" type="end"></artref><artref id="CH/211.412.11/63/66" type="end"></artref><artref id="CH/211.412.11/66" type="end"></artref>; cf. BANDLI/ STALDER, in Commentaire LDFR, n. 38 ad <span class="artref">art. 64 LDFR</span>).</div> <div class="paraatf">Dans ce cas, l'immeuble n'en demeure pas moins assujetti à la LDFR, si bien que l'acquéreur ne pourra lui-même aliéner l'immeuble qu'à un prix qui ne soit pas surfait (<span class="artref">art. 63 al. 1 let. b LDFR</span>) et à une personne qui exploite à titre personnel (<span class="artref">art. 63 al. 1 let. a LDFR</span>), sous réserve des exceptions découlant de l'<span class="artref">art. 62 LDFR</span> ou de l'<span class="artref">art. 64 al. 1 LDFR</span> (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F132-III-212%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page212">ATF 132 III 212</a> consid. 3.1.5 in fine et les références citées, en ce qui concerne le cas où l'autorisation est accordée sur la base de l'<span class="artref">art. 64 al. 1 let</span>. g LDFR).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp507728"></a><span class="bold" id="consideration_3.3.2">3.3.2 </span>Une autre procédure tend à constater qu'un immeuble situé en dehors d'une zone à bâtir est exclu du champ d'application de la LDFR (cf. pour le canton de Genève l'<span class="artref">art. 10 let</span>. f LALDFR). En effet, certains biens-fonds situés hors des zones à bâtir - et donc <a name="page520"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 520</div>présumés agricoles - ne sont en réalité d'aucune utilité à l'agriculture: ainsi, par exemple, un restaurant de montagne ou une maison d'habitation sans rapport avec une exploitation agricole ne justifient nullement des mesures particulières en faveur de l'agriculture (ZÜRCHER, op. cit., p. 2). En pareil cas, l'<span class="artref">art. 84 LDFR</span> permet de faire constater par l'autorité compétente que l'immeuble considéré n'est pas soumis au champ d'application de la LDFR (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F129-III-186%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page186">ATF 129 III 186</a> consid. 2); le cas échéant, une mention sera inscrite au registre foncier (<span class="artref">art. 86 LDFR</span>; cf. pour le canton de Genève l'<span class="artref">art. 10 let</span>. g LALDFR et l'art. 10 al. 2 du Règlement d'application de cette loi [ReLALDFR; RS/GE M 1 10.01]; cf. aussi l'<span class="artref">art. 3 ODFR</span> [RS 211.412.110] pour les exceptions à l'obligation de mentionner), avec pour effet d'informer les tiers que l'immeuble en question, bien que situé hors de la zone à bâtir, n'est pas assujetti à la LDFR (ZÜRCHER, op. cit., p. 2-3; cf. STALDER, in Commentaire LDFR, n. 4 ad <span class="artref">art. 84 LDFR</span>).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp523776"></a><span class="bold" id="consideration_3.3.3">3.3.3 </span>Une procédure encore distincte tend à accorder une exception à l'interdiction de morcellement (cf. pour le canton de Genève l'art. 10 let. a LALDFR). En effet, les immeubles agricoles ne peuvent en principe pas être partagés en parcelles de moins de 25 ares (<span class="artref">art. 58 al. 2 LDFR</span>), mais l'autorité compétente en matière d'autorisation peut autoriser exceptionnellement le morcellement. Il en va en particulier ainsi quand l'immeuble agricole est divisé en une partie qui relève du champ d'application de la LDFR et une autre qui n'en relève pas (<span class="artref">art. 60 al. 1 let. a LDFR</span>). En effet, comme le champ d'application de la LDFR s'étend aussi, à l'encontre du système, aux immeubles à usage mixte qui ne sont pas partagés en une partie agricole et une partie non agricole (<span class="artref">art. 2 al. 2 let</span>. d LDFR), la partie non agricole, que la loi n'a pas vocation à protéger (cf. consid. 3.3.2 supra), ne reste soumise à la LDFR que jusqu'au jour où elle est soustraite à l'interdiction de morcellement (<span class="artref">art. 58 LDFR</span>) par une autorisation exceptionnelle (<span class="artref">art. 60 al. 1 let. a LDFR</span>), à la délivrance de laquelle il existe un droit (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-III-175%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page175">ATF 125 III 175</a> consid. 2c et les références citées).</div> <div class="paraatf">Un usage mixte au sens de la loi résulte souvent du fait que les bâtiments d'habitation et d'exploitation utilisés initialement pour l'agriculture ne sont plus nécessaires à celle-ci ou servent à d'autres fins, notamment d'habitation, contrairement à leur destination; de tels bâtiments peuvent être exclus du champ d'application de la LDFR en vertu de l'<span class="artref">art. 60 al. 1 let. a LDFR</span> s'il s'avère qu'ils seront à l'avenir <a name="page521"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 521</div>inutiles au maintien d'une exploitation agricole rentable et offrant de bons moyens d'existence (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-III-175%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page175">ATF 125 III 175</a> consid. 2c). Ces critères ne jouent un rôle que si l'usage agricole a pris fin et que l'autorité compétente est requise de soustraire du champ d'application de la LDFR des bâtiments utilisés auparavant pour l'agriculture (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=13&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2006&amp;to_year=2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-III-175%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page175">ATF 125 III 175</a> consid. 2b in fine).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp545328"></a><span class="bold" id="consideration_3.4">3.4 </span>En l'espèce, la requête de X., qui a agi par l'intermédiaire d'un avocat, tend au désassujettissement de sa parcelle n° x. Il s'agit ainsi - comme cela résulte de la requête du 7 décembre 2004, qui parle de "requête en constatation du non-assujettissement" de la parcelle n° x - d'une requête tendant à la constatation que la parcelle en question est exclue du champ d'application de la LDFR. C'est également ainsi que l'a comprise l'autorité cantonale, comme le montrent les références qu'elle a faites aux dispositions topiques de la législation cantonale d'application de la LDFR.</div> <div class="paraatf">Dès lors que X. demande le "désassujettissement" de sa parcelle n° x en tant que telle, soit dans son intégralité, on est clairement en présence d'une procédure tendant à constater qu'un immeuble situé en dehors d'une zone à bâtir est exclu du champ d'application de la LDFR (cf. consid. 3.3.2 supra), et non d'une procédure tendant à exclure du champ d'application de la LDFR la seule partie non agricole d'un immeuble à usage mixte (cf. consid. 3.3.3 supra), ni d'une procédure tendant à autoriser, faute d'offre suffisante de la part d'un exploitant à titre personnel, une acquisition par un acquéreur qui n'a pas cette qualité (cf. consid. 3.3.1 supra).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp548768"></a><span class="bold" id="consideration_3.5">3.5 </span>Or la nature, le but et les effets d'une procédure tendant à autoriser l'acquisition par un non-exploitant à titre personnel sur la base de l'<span class="artref">art. 64 al. 1 let</span>. f LDFR sont tout à fait différents de ceux d'une procédure tendant, comme en l'espèce, à constater qu'un immeuble sis hors d'une zone à bâtir est exclu du champ d'application de la LDFR.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp552112"></a><span class="bold" id="consideration_3.5.1">3.5.1 </span>Dans le premier cas, il s'agit d'autoriser l'aliénation d'un immeuble agricole, qui est approprié à un usage agricole et qu'il se justifie de soumettre aux restrictions prévues par la loi pour réaliser les buts d'intérêt public fixés par l'<span class="artref">art. 1 al. 1 LDFR</span> (cf. consid. 3.1 supra). Pour éviter que l'exigence de l'exploitation à titre personnel (<span class="artref">art. 63 al. 1 let. a LDFR</span>) empêche le propriétaire désireux de vendre de disposer de sa propriété - ce qui ne serait pas compatible avec la garantie de l'<span class="artref">art. 26 Cst.</span> -,<a name="page522"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 522</div> l'<span class="artref">art. 64 al. 1 let</span>. f LDFR autorise une dérogation à cette exigence lorsqu'il ne se trouve pas d'exploitant à titre personnel pour faire une offre suffisante (cf. consid. 3.3.1 supra). L'immeuble n'en reste cependant pas moins, dans l'intérêt public, assujetti à la LDFR, si bien que l'acquéreur ne recevra l'autorisation d'acquérir qu'à condition que le prix ne soit pas surfait (<span class="artref">art. 63 al. 1 let. b LDFR</span>) et qu'il ne pourra à son tour aliéner l'immeuble qu'aux conditions prévues par la loi (cf. consid. 3.3.1 supra).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp563808"></a><span class="bold" id="consideration_3.5.2">3.5.2 </span>Dans le second cas, il s'agit de constater qu'un immeuble, bien que sis hors d'une zone à bâtir, n'est en réalité d'aucune utilité à l'agriculture, si bien qu'il n'y a pas de raison de le soumettre aux mesures particulières prévues par la LDFR en faveur de l'agriculture (cf. consid. 3.3.2 supra). La constatation du non-assujettissement a pour conséquence que l'immeuble est définitivement exclu du champ d'application de la LDFR et peut dès lors en particulier être aliéné sans restrictions quant à la personne de l'acquéreur et au prix d'acquisition.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp565680"></a><span class="bold" id="consideration_3.6">3.6 </span>En l'espèce, il est constant que la parcelle n° x a été exploitée jusqu'à ce jour comme immeuble horticole et que, selon le courrier du 4 juillet 2003 de l'autorité cantonale compétente en matière de construction hors de la zone à bâtir, les constructions se trouvant sur le terrain sont conformes aux dispositions légales régissant l'affectation des constructions et installations en zone agricole. Dans ces conditions, il est manifeste que l'immeuble est approprié à un usage agricole ou horticole au sens de l'<span class="artref">art. 6 al. 1 LDFR</span> (cf. consid. 3.2 supra), étant rappelé que la requête présentée par l'intimé ne tend pas à séparer d'un immeuble agricole à usage mixte, par une exception à l'interdiction de morcellement, des bâtiments dont l'usage agricole a pris fin et qui seront à l'avenir inutiles au maintien d'une exploitation agricole rentable et offrant de bons moyens d'existence (cf. consid. 3.3.3 supra).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp569632"></a><span class="bold" id="consideration_3.7">3.7 </span>En considérant que l'immeuble de l'intimé n'était pas approprié à un usage agricole ou horticole au sens de l'<span class="artref">art. 6 al. 1 LDFR</span> au motif qu'à la suite d'une offre publique respectant les exigences de l'<span class="artref">art. 64 al. 1 let</span>. f LDFR, aucun exploitant à titre personnel ne s'était présenté pour reprendre la parcelle litigieuse, l'autorité cantonale a mélangé les critères de deux procédures différentes. Elle a appliqué à tort à une procédure de constatation, visant à constater qu'un immeuble inapte à l'agriculture est exclu du champ d'application de <a name="page523"></a><div class="center pagebreak">BGE 132 III 515 S. 523</div>la LDFR (<span class="artref"><artref id="CH/211.412.11/6/84" type="start"></artref><artref id="CH/211.412.11/6/1" type="start"></artref>art. 6 al. 1 et 84 LDFR</span><artref id="CH/211.412.11/6/84" type="end"></artref><artref id="CH/211.412.11/84" type="end"></artref>; cf. consid. 3.3.2 et 3.5.2 supra), des critères qui relèvent d'une procédure d'autorisation, visant à autoriser exceptionnellement l'acquisition d'un immeuble qui est approprié à un usage agricole par un acquéreur qui n'est pas exploitant à titre personnel (art. 61 al. 1 et 64 al. 1 let. f LDFR; cf. consid. 3.3.1 et 3.5.1 supra).</div> </div></body></html>