B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour IV D-7386/2016 A r r ê t d u 7 d é c e m b r e 2 0 1 6 Composition Yanick Felley, juge unique, avec l'approbation de Gérard Scherrer, juge; Paolo Assaloni, greffier. Parties A._______, né le (…), Maroc, recourant, contre Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi; décision du SEM du 21 novembre 2016 / N (…). D-7386/2016 Page 2 Vu la demande d'asile déposée par A._______, le 16 octobre 2016, au Centre d'enregistrement et de procédure (CEP) du SEM à Vallorbe, les investigations entreprises par le SEM, le 17 octobre 2016, dans la base de données de l'unité centrale du système européen automatisé d'identification d'empreintes digitales (Euroda c), dont il est ressorti que le requérant était entré illégalement en Ital ie le 22 juillet 2015 et avait déposé une demande d’asile en Allemagne le 21 mars 2016, le procès -verbal d'audition sur les données personnelles (a udition sommaire) du 26 octobre 2016 à teneur duquel le requérant a expliqué qu'il était de nationalité marocaine, d’ethnie berbère et de religion musulmane, qu’il avait quitté le Maroc à destination de la Libye en 2013, qu’il avait rejoint clandestinement l’Italie au cours du mois de juin 2015, qu’il s’était ensuite rendu en Autriche puis en Allemagne où il avai t déposé une demande d’asile, que les autorités allemandes l’ avaient renvoyé en Italie le 10 octobre 2016 après avoir refusé de donner suite à sa demande d’asile, qu’il était entré illégalement en Suisse le 16 octobre 2016, qu’il n’avait pas de problèmes d e santé, et, invité par le SEM à se déterminer sur son éventuel transfert vers l’Italie en tant que pays éventuellement responsable du traitement de sa demande de protection internationale, qu'il s’opposait à cette mesure en raison des mauvaises conditions d’accueil qu’il avait connues dans ce pays, la requête aux fins de reprise en charge du requérant adressée par le SEM à l’Unité Dublin du Ministère italien de l'intérieur, le 3 novembre 2016, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement europ éen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dan s l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un ap atride (refonte) (Journal officiel de l'Union européenne [JO] L 180/31 du 29.6.2013, ci -après : règlement Dublin III), le message électronique du 22 novembre 2016, à teneur d uquel le SEM a informé l’Unité Dublin italienne que, n’ayant pas donné suite à sa demande du 3 novembre 2016, l’Italie était devenue responsable d u traitement de la demande d’asile du requérant, la décision datée du 21 novembre 2016, notifiée le 25 novembre suivant, par laquelle le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile d u D-7386/2016 Page 3 requérant en application de l'art. 31 a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31) , a prononcé son renvoi vers l’Italie et ordonné l'exécution de cette mesure en relevant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, le recours interjeté le 2 9 novembre 2016 auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : Tribunal), par lequel le requérant a conclu à l'annulation de cette décision et au renvoi de la cause au SEM afin qu'il entre en matière sur sa demande d'asile, la requête d'assistance judiciaire partielle dont est assorti le recours, la réception, le 2 décembre 2016, du dossier de première instance par le Tribunal, les autres faits exposés ci-après dans la mesure utile, et considérant que, sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF (cf. art. 31 LTAF, applicable par renvoi de l'art.105 LAsi), qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM con cernant l'asile et le renvoi d'un requérant de Suisse pe uvent être contestées auprès du Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (cf. art. 33 let. d LTAF en relation avec l'art. 6 a al. 1 LAs i, art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non réalisée en l'espèce, que, partant, le Tribunal est compétent pour connaître du présent litige, qu'en matière d'asile, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA, à moins que la LAsi ou la LTAF n'en disposen t autrement (cf. art. 6 LAsi et 37 LTAF), que A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), que le recours, interjeté dans la forme et le délai prescrits par la loi (cf. art. 52 al. 1 PA et 108 al. 2 LAsi), est recevable, qu'il est renoncé à un échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi), D-7386/2016 Page 4 que, dans un recours contre une décision fond ée sur la loi sur l'asile et le règlement Dublin III, le recourant peut invoquer la violation du droit fédéral, notamment l' abus ou l'excès dans l'exercic e du pouvoir d'appréciation, et l'établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent (cf. art. 106 al. 1 let. a et b LAsi), qu'il ne peut pas faire valoir l’inopportunité de la décision (cf. ATAF 2015/9 consid. 6.2 , 8.2.2 ; 2014/26 consid. 5.6; arrêt du TAF E -641/2014 du 13 mars 2015 consid. 5.4, 5.6 [non publié dans ATAF 2015/9]), que, saisi d'un recours contre une décision de non -entrée en matière sur une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien -fondé d'une telle décision (cf. ATAF 2014/39 consid. 2 et réf. cit ; 2012/4 consid. 2.2; 2009/54 consid. 1.3.3; 2007/8 consid. 5), qu’il fonde sa décision sur l'état de fait existant au moment où il statue, soit aussi sur les évènements qui sont intervenus en tre la décision contestée et l'arrêt sur recours (cf. ATAF 2014/1 consid. 2; 2012/21 consid. 5; 2011/43 consid. 6.1; 2011/1 consid. 2), qu'en l'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire application de l'art. 31 a al. 1 let. b LAsi, aux termes duquel il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi, qu'en application des art. 1 et 29 a al. 1 OA 1 (RS 142.311) ainsi que des art. 1 ch. 1 et 4 ch. 3 de l'Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté eur opéenne relatif aux critères et aux mécanismes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), le SEM examine la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement Dublin III (cf. arrêté fédéral du 26 septembre 2014 portant approb ation et mise en œuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise du règlement Dublin III (Développement de l'acquis de Dublin/Eurodac) [RO 2015 1841]), que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée en matière après que l'Etat requis a expr essément accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d'asile ou s'est abstenu de répondre D-7386/2016 Page 5 dans le délai prescrit à une demande dans ce sens (cf. art. 29a al. 2 OA 1, art. 22 par. 7 et 25 par. 2 du règlement Dublin III), qu'à teneur de l'art. 3 par. 1, 2 ème phrase du règlement Dublin III, une demande de protection internationale présentée par un resso rtissant de pays tiers ou par un apatride s ur le te rritoire de l’un quelconque des Etats membres est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III du règlement désignent comme responsable, que la procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée , aussitôt qu'une demande d'asile a été dép osée pour la première fois dans un Etat membre (cf. art. 20 par. 1 du règlement Dublin III), que, dans une procédure de prise en charge (« take charge »), les critères énumérés au chapitre III du règlement doivent être appliqués successivement (cf. principe de l'application hiérarchique des critères de compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), qu'en revanche, dans une procédure de reprise en charge (« take back »), dès lors qu'un Etat membre a été dé jà s aisi d'une première demande d'asile et qu'il a admis sa responsabilité pour l'examiner, il n' appartient pas à un autre Etat membre, saisi d’une demande d'asile ultérieure, de procéder à une nouvelle détermination de l'Etat responsable en application des cr itères de compétence du règlement Dubl in III (cf. ATAF 2012/4 consid. 3.2.1; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin II I-Verordnung, 2014, K 4 ad art. 20), que, selon l'art. 13 par. 1 du règlement Dublin I II, lorsqu’il est établi que le demandeur a franchi irrégulièreme nt, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d’un État membre dans lequel il est entré en venant d’un État tiers, cet État membre est responsable de l’examen de la demande de protection internationale, cette responsabilité prenant fin douze mois après le franchissement irrégulier de la frontière, que l’Etat responsable en vertu du règlement Dublin III est tenu de reprendre en charge, dans les conditions pr évues aux art. 23, 24, 25 et 29 dudit règlement, le requérant dont la demande est en cour s d’examen et qui a présenté une demande auprès d ’un autre Etat membre, ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d ’un autre Etat membre (cf. art. 18 par. 1 point b du règlement Dublin III), D-7386/2016 Page 6 qu’il est tenu d’examiner la demande de protectio n internationale de l’intéressé ou de mener à terme son examen (cf. art. 18 par. 2 al. 1 du règlement Dublin III), qu’une requête aux fins de reprise en charge est formulée aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai de deux mois à compter de la réception du résultat p ositif « Eurodac » (cf. art. 23 par. 2 al. 1 du règlement Dublin III), qu'en l'espèce, il ressort des données de l'unité centrale du système européen « Eurodac » et des explications du requérant que celui -ci est entré illégalement en Italie en provenance de Libye en juillet 2015, s’est rendu en Allemagne pour y déposer une demande d’asile et a été renvoyé par les autorités allemandes en Italie, pays considéré comme responsable du traitement de cette demande, que sur l a base de cette information, le SEM a soumis aux autorités italiennes compétentes, dans le délai prévu à l’art. 23 par. 2 al. 1 du règlement Dublin III, une requête de reprise en charge de l'intéressé fondée sur l'art. 18 par. 1 point b dudit règlement, que, n'ayant pas répondu à cette requête dans le délai fixé à l'art. 25 par. 1 du règlement Dublin III, l’Italie est considérée l'avoir acceptée et, partant, avoir reconnu sa compétence pour la reprise en charge de l’intéressé et la bonne organisation de so n arrivée (cf. art. 25 par. 2 du règlement Dublin III), qu’au vu de ce qui précède, la responsabilité de l’Italie, au sens du règlement Dublin III, est établie, que, lorsqu'il est impossible de tran sférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat des défaillances systémiques (« systemic flaws »), dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des requérants, qui ent raînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (JO C 326/02 du 26.10.2012, ci - après : CharteUE), l'Etat procédant à la déte rmination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au cha pitre III du règlement afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable (cf. art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III), D-7386/2016 Page 7 que la présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une défaillance systémique de nature à engendre r un risque réel de mauvais traitemen t de la personne concernée résulte notamment d'une pratique avérée de violation des normes minimales de l'Union européenne (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.4.2), que l'Italie est liée par la CharteUE et est partie à la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101), à la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105), à la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfugié s, RS 0.142.30), ainsi qu'à son Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (RS 0.142.301), que cet Etat est également lié par la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [refonte] (JO L 180/60 du 29.6.2013, ci -après : directive Procédure) et la directive n° 2013/33/UE du Parleme nt europ éen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale [refonte] (JO L 180/96 du 29.6.2013, ci -après : directive Accueil), que dans ces conditions, l’Italie est présumée respecter la séc urité des demandeurs d'asile conformément à ses obligations tirées du droit international public et du droit européen, en pa rticulier leur droit à l'examen de la demande de protection internationa le selon une procédure juste et équitable, l'accès à une v oie de recours effective, ainsi que le principe de non-refoulement énoncé à l'art. 33 Conv. réfugiés, et l'interdiction de mauvais traitements ancrée aux art. 3 CEDH et 3 Conv. torture (cf. décision de la Cour européenne des droits de l'homme [ci-après : Co urEDH] K.R.S. c. Royaume -Uni du 2 décembre 2008, n° 32733/08, p. 19; arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne [ci- après : CJUE] du 21 décembre 2011 dans les affaires jointes C-411/10 N.S. c. Secretary of State for the Home Department et C -493/10 M .E. c. Refugee Applications Commissioner et Minister for Justice, Equality and Law Reform, points 78, 80, 83), que cette présomption de sécurité est réfragable (cf. arrêt de la CJUE dans les affaires jointes C-411/10 et C-493/10, points 99 ss), D-7386/2016 Page 8 qu'en premier lieu, elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une défaillance systémique (« systemic failure ») de nature à engendrer, de manière prévisible, un risque réel de mauvais traitement de la personne concernée , notamment au regard de l’art. 3 CEDH (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.4.2; arrêt de la CourEDH M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, n° 30696/09, § 341 ss), qu'en l'occurrence, aucun motif sérieux ne conduit à retenir que la législation sur le droit d'asile n'est pas appliquée en Italie, ou qu'il existe dans ce pays une pratique confirmée de vi olation systématique des normes en la matière, que, cela étant, il est notoire que l’Italie connaît de sérieux problèmes quant à sa capacit é d'accueil des très nombr eux requérants d'asile arrivant depuis plusieurs années sur son territoire, ceux -ci pouvant être confrontés à d'importantes difficultés en ce qui concerne l'hébergement et les conditions de vie, voire l'accès aux soins médicaux, s elon les circonstances, que cependant, à la différence de la situ ation prévalant en Grèce, on ne saurait considérer que les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d’asile en Italie sont caractérisées par des carences structurelles d'une ampleur te lle qu'il y aurai t lieu de conclure, quelles que soient les circonstances d'espèce, à l'exist ence de risques concrets pour les intéressés d’être exposés à une situation de précarité et de dénuement, au point que leur transfert vers ce pays constituerait un traitement prohibé par les art. 3 CEDH et 4 CharteUE (cf. arrêt de la CourEDH Tarakhel c. Suisse du 4 novembre 2014, n° 29217/12, § 114 et 115; décision de la CourEDH Mohammed Hussein et autres c. Pays Bas et Italie du 2 avril 2013, n° 27725/10, § 78), que la CourEDH a confirmé cette appréciation en rappelant que la structure et la situation générale du dispositif mis en place pour l'accueil des requérants d'asile en Italie ne sauraient const ituer en soi un obstacle à leur renvoi vers ce pays (cf. arrêt A.S. c. Suisse du 30 juin 2015, n° 39350/13, § 36 ; décision A.M.E. c. Pays -Bas du 13 janvier 2015, n° 51428/10, § 35), qu'au vu de ce qui précède, l'application de l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III ne se justifie pas en l'espèce, D-7386/2016 Page 9 qu'en second lie u, la présomption de sécurité peut être renversée en présence d'indices sérieux et suffisant s que, dans le cas concret, les autorités de l'Etat de destination ne respecteraient pas le droit international public (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.5 et réf. cit.), qu’en l’occurrence, dans le cadre du recours, l’intéressé fait valoir que lors de son séjour de deux semaines en Italie au cours de l’été 2015, il n’a bénéficié d’aucun e aide , a été contraint de mendier et de dormir dans la rue, de sorte que sa santé, voire sa vie , ont été mises en danger; qu’il soutient également que , selon un communiqué et un rapport d e l’Organisation suisse d'aide aux réfugiés [OSAR] du mois d’août 2016 (cf. OSAR, Nouveau rapport sur les conditions d’accueil en Italie, 15.08.2016, < http://asile.ch/2016/08/16/osar-nouveau-rapport- conditions-daccueils-italie/ >, consulté le 02.12.2016) , les conditions minimales d’accueil des requérants d’asile en Italie ne sont pas garanties; que, sur la base de ces éléments, il considère, d’une part, que son renvoi vers l’ Italie le contraindrait à vivre durablement dans des conditions dégradantes, sans logement ni ressources , et, d’autre par t, que le SEM était tenu d’obtenir des autorités italiennes des garanties préalables afin que sa reprise en charge soit conforme au droit, que, dans ce cadre, il considère que son trans fert contreviendrait à l’art. 3 CEDH et sollicite pour ce motif l'appli cation de la clause de souveraineté du règlement Dublin III, le cas échéant en lien avec l'art. 29a al. 3 OA 1, qu'à teneur de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de souveraineté), par dérogation à l’art. 3 par. 1 du règlement, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par le r essortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, que, selon la jurisprudence, le SEM est tenu d'admettre, en vertu de la clause de souveraineté, la responsabilité de la Suisse pour l'examen d'une demande d'asile lorsque l'exécution du transfert envisagé vers l'Etat membre désigné responsable par les critères applicables viole des obligations de la Suisse relevant du droit int ernational public (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2.1; 2011/9 consid. 4.1; 2010/45 consid. 7.2), D-7386/2016 Page 10 que, l'expulsion ou le renvoi par un Etat contractant peut soulever un problème au regard de l 'art. 3 CEDH, lorsqu' il y a des motifs importants et avérés de croire que l'intéressé courra dans le pays de destination un risque réel d'être soumis à un traitement contraire à cette disposition (cf. arrêt de la CourEDH Saadi c. Italie du 28 février 2008, n° 37201/06, § 125 ss et jurisprudence citée), qu’il appartient au requérant d'asile de produire des éléments démontrant l’existence d’un tel risque (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4.1), qu’en l’espèce, aucun indice concret et sérieux n’indique que l ’Italie refuserait de mener à terme le traitement de la demande d’asile de l’intéressé, ni qu’elle ne procéderait pas à l'examen de cette demande selon une procédure conforme aux exigences du droit international public et du droit européen (cf. directive Procédure; considérant 12 du règlement Dublin III; art. 33 par. 1 Conv. réfugiés et 19 CharteUE), ou contreviendrait au principe de non-refoulement en renvoyant le recourant dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté ser aient sérieusement menacées, ou encore d'où il risquerait d'être astreint à se rendre dans un tel pays (cf. art. 33 par. 1 Conv. réfugiés; cf. arrêt de la CourEDH Hirsi Jamaa et autres c. Italie du 23 février 2012, n° 27765/09, § 23, 146-147), que les allégations du recourant selon lesquelles il aurait vécu dans des conditions indignes lors de son premier séjour en Italie ne sont nullement étayées et ne suffiraient d’ailleurs pas à elles seules à démontrer le caractère illicite de l’exécution du transfert, qu’en tout état de cause, en quittant l’Italie au cours de l’été 2015, deux semaines seulement après son arrivée dans ce pays et sans avoir déposé de demande de protection internationale, le recourant n'a même pas donné la possibilité aux autorités italiennes d'examiner sa situation personnelle en tant que requé rant d’asile et d'obtenir de leur part le soutien auquel il aurait eu droit à ce titre, en vertu notamment de la directive Accueil, qu’au demeurant, il n’a pas rendu vraisemblable qu’à son retour en Italie, il serait exposé aux conditions de vie dégradantes qu’il soutient avoir déjà subies, dès lors que sa situation, en tant que personne transférée dans le cadre du règlement Dublin III, différera de celle qui était la sienne lorsqu’il séjournait illégalement sur le territoire italien, que le communiqué et le rapport de l’OSAR cités dans l’acte de recours pour dénoncer les conditions d’accueil des demandeurs d'asile en Italie se D-7386/2016 Page 11 rapportent à une situation générale, qui a d’ailleurs déjà été prise en compte ci-dessus, et non à celle particulière du recourant, de sorte qu’il s n'ont pas de valeur probante dans le cadre de l’examen des conditions d’application de la clause de souveraineté du règlement Dublin III, qu’en définitive, l’intéressé n'a pas avancé d'éléments individuels et concrets susceptibles de démontrer que les autorités italiennes renonceraient à le reprendre en charge en cas de transfert, ou ne respecteraient pas leurs obligations d'assistance à son égard, notamment en le privant de manière durable de tout a ccès aux conditions matérielles minimales d'accueil conformes aux stand ards de l'Union européenne (cf. directive Accueil) et du droit i nternational public, et que ses besoins existentiels de base ne seraient pas satisfaits, de telle sorte que ses conditions de vie relèveraient d'un traitement contraire aux art. 3 CEDH et 3 Conv. torture (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5), qu’il importe de relever que le SEM n'avait pas à demander à l'Italie, préalablement au transfert, des garanties en vue d'une reprise en charge conforme aux exigences de l'art. 3 CEDH, comme soutenu dans l’acte de recours, dès lors que l'intéressé, un homme jeun e, seul et en bonne santé, n'est pas une personne vulnérable au sens défini par la jurisprudence (cf. ATAF 2015/4, rep renant les exigences posées par la CourEDH dans l'arrêt précité Tarakhel c. Suisse, § 118-122), qu'il est rappelé à ce stade que le simple renvoi d’une personne vers un pays où sa situation économique serait moins favorable que celle dans l’État contractant qui expulse ne suffit pas à atteindre le seuil des mauvais traitements prohibés par l’art. 3 CEDH (cf. décision de la CourEDH Mohammed Hussein et autres c. Pays Ba s et Italie du 2 avril 2013, n° 27725/10, § 70-71), que, par ailleurs, le règlement Dublin III ne confère pas au requérant le droit de choisir l'Etat membre offrant, à son avis, les meilleures conditions d'accueil ou d'insertion comme Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 con sid. 8.3; par analogie arrêt de la CJUE du 10 décembre 2013 C‑394/12 Shamso Abdullahi c. Bundesasylamt, points 59, 62), qu’en tout état de cause, si le requérant devait être contraint par les circonstances à mener en Italie une existence non conforme à la dignité humaine, ou s' il devait estimer que ce pays viole ses obligations d'assistance à son encontre , ou de toute aut re manière porte atteinte à D-7386/2016 Page 12 ses droits fondamentaux, il lui appartiendra it de faire valoir ses droits auprès des autorités compétentes en usant des voies juridiques adéquates (cf. art. 26 directive Accueil), qu’au vu de ce qui précède, la présomption de sécurité attachée au respect par l’Italie de ses obligations tirées du droit internati onal public et du droit européen n'est pas renversée, une vérification plus approfondie et individualisée des risques n'étant pas nécessaire (cf. MAIANI/HRUSCHKA, Le partage des responsabilités, entre confiance mutuelle et sécurité des demandeurs d'asile, in : ASYL 2/11 p. 14), que, dans ces conditions, le transfert du recourant v ers l’Italie n’est pas contraire aux engagements de la Suisse découlant du droit international public, que le SEM n'était donc pas tenu de renoncer audit transfert et d’examiner lui-même la demande d’asile de l’intéressé, que, selon la jurisprudence, le SEM peut décider de traiter une demande d'asile pour des raisons humanitaires – alors qu'un autre Etat est responsable de son examen – sur la base de l'art. 29a al. 3 OA 1 combiné avec l’art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (cf. ATAF 2015/9 consid. 7.6, 8.2.2; arrêt du TAF E -641/2014 du 13 mars 2015 consid. 5.3 [non publié dans ATAF 2015/9), que l'application de l'art. 29 a al. 3 OA 1 en relation avec la clause de souveraineté est soumise à une pratique restrictive (cf. ATAF 2012/4 consid. 4.7; 2011/9 consid. 8.1; 2010/45 consid. 8.2.2), que, compte tenu de sa formulation potestative (« Kann-Vorschrift »), cette disposition réserve au SEM une marge d'appréciation (« Ermessens- spielraum ») dans son interprétation et son application a ux différents cas d'espèce (cf. ATAF 2015/9 consid. 7.5, 7.6; 2011/9 consid. 8.1; 2010/45 consid. 8.2.2), que le SEM a néanmoins l'obligation d'examiner si les conditions d'application de l'art. 29a al. 3 OA 1 sont remplies et de motiver sa décision sur ce point, lorsque le req uérant inv oque des circonstances qui font apparaître son transfert comme problématique en raison de sa situation personnelle et/ou de celle régnant d ans le pays de destination (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2, 8.2.2), D-7386/2016 Page 13 que le grief de l'inopportunité d'une déci sion prise sur la base de l'art. 29a al. 3 OA 1 ne pouvant plus être examiné en instance de recours depuis l'abrogation de l'art. 106 al. 1 let. c LAsi, le Tribunal ne peut pas substituer son évaluation à celle de l'auto rité inférieure, de sorte qu’il se l imite à contrôler si celle-ci a constaté les faits pertinents, a exercé son pouvoir d'appréciation en présence d'éléments de nature à permettre l'application de cette disposition, et s i elle l'a fait sans abus ni excès, selon des critères objectifs et transparents, dans le respect du droit d'être entendu, de l'égalité de traitement et d u principe de la proportionnalité (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.1; MOOR/FLÜCKIGER/MARTENET, Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, n° 4.3.2.3 p. 743 ss), qu'en l'espèce, au cours de son audition sommaire, l'intéressé s’est opposé à son transfert vers l’Italie en faisant valoir que, lors de son précédent séjour dans ce pays, il n’avait disposé d’aucun hébergement et avait ainsi dû dormir dans la rue (cf. p.-v. d'audition du 26.10.2016, p. 7 ch. 8.01), qu’il ressort de la décision contestée que le SEM a établi de manière complète et exacte l'état de fait pertinent, a tenu compte des remarques du recourant et n'a commis ni excès ni abus de son lar ge pouvoir d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.1), qu'il a dûment motivé sa décision, a respecté le droit d’être entendu d e l’intéressé et n'a pas fait preuve d'arbitraire ni violé les principes constitutionnels , qu'au vu de ce qui précède, l'application de la clause de souveraineté de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III ne se justifie pas dans le cas d’espèce, que ce soit pour des motifs tirés du respect par la Suisse de ses obligations internationales ou pour des raisons humanitaires, que l’Italie demeure par conséquent l'Eta t responsable de l'examen de la demande de protection internationale du recourant, que, dans ces conditions, c'est à bon droit que le SEM n’est pas entré en matière sur la demande d'asile en vertu de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et a prononcé le transfert de l'intéressé vers l’ Italie en vertu de l'art. 44, 1ère phrase LAsi, aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant réalisée (cf. art. 32 OA 1), D-7386/2016 Page 14 qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et la décision contestée confirmée, que, s'avérant manifestement infondé, le recours est rejeté dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (cf. art. 111 let. e LAsi), que la demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée, indépendamment de la preuve de l'indigence du recourant, dans la mesure où les conclusions du recours étaient d'emblée vouées à l'échec (cf. art. 65 al. 1 PA), que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mett re les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, à la charge d e l’intéressé, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), (dispositif page suivante) D-7386/2016 Page 15 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. La requête d'assistance judiciaire partielle est rejetée. 3. Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 4. Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. Le juge unique : Le greffier : Yanick Felley Paolo Assaloni Expédition :