<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. D. est de nationalité française. Ayant épousé un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ressortissant allemand titulaire d'un permis d'établissement en Suisse,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle s'est vu délivrer une autorisation de séjour annuelle depuis le 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1995. Elle possède un diplôme de médecine préventive de l'enfant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'Université de Nantes depuis le 17 juin 1994 ainsi qu'un diplôme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'Etat de docteur en médecine délivré le 17 octobre 1994 par l'Université</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Limoges. Dans le canton de Neuchâtel où elle est domiciliée, D. a été autorisée à pratiquer en qualité de médecin-assistante dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les hôpitaux de la Ville de Neuchâtel du 20 septembre 1995 au 30 septembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, puis en qualité de médecin en remplacement de la Dresse B. à Boudry du 1er janvier au 1er octobre 1997, enfin en qualité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">médecin à nouveau dans les hôpitaux Cadolles-Pourtalès à Neuchâtel du 15</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1997 au 30 septembre 1999. D. a obtenu par ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorisation de remplacer la Dresse R. , pédiatre indépendante à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Gurmels (FR) entre le 22 octobre 1996 et le 30 juin 1997, ainsi que le Dr</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. , médecin généraliste indépendant à Gimel (VD) du 1er au 30</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">septembre 1997. Le 15 septembre 1997, D. a déposé auprès du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Département de la justice, de la santé et de la sécurité (ci-après : le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">département) une demande d'autorisation de pratiquer en qualité de médecin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indépendant dans le canton de Neuchâtel, indiquant qu'elle avait l'inten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de s'installer dans le district du Locle où, à la suite de la cessa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de ses activités par le Dr P. , se faisait ressentir des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sous-capacités de prise en charge médicale en particulier en pédiatrie. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">requérante faisait valoir en outre l'appui des médecins du district en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question à sa candidature. Par simple lettre datée du 23 septembre 1997,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la cheffe du département lui a répondu notamment en ces termes :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Votre curriculum vitae attestant d'une formation solide,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> je comprends aisément que les médecins du Locle appuient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> votre démarche et souhaiteraient vivement pouvoir s'assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rer la collaboration d'une confrère appréciée pour son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> enthousiasme et ses compétences professionnelles.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Malheureusement, la densité médicale prévalant aujourd'hui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dans le canton ne permet plus d'invoquer la clause du be-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> soin qui jusqu'ici étayait l'octroi d'une autorisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> exceptionnelle d'exercer.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Certes, le Dr P. ayant cessé son activité, le district</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> du Locle compte un pédiatre de moins. On ne saurait toute-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> fois raisonnablement parler de pénurie vu la proximité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> spécialistes en ville de La Chaux-de-Fonds. Par ailleurs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rien n'exclut la possibilité qu'un médecin porteur du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> diplôme fédéral veuille bien, dans un avenir pas trop</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> lointain, s'installer dans la région."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 30 septembre suivant, douze médecins généralistes, inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nistes et pédiatres du district du Locle ont adressé une lettre au dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partement mentionnant qu'aucun pédiatre suisse n'avait manifesté d'intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à une installation dans la ville du Locle, malgré les démarches effectuées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">après la retraite du Dr P. . Ils ont indiqué qu'en revanche deux méde-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cins étrangères, l'une française et l'autre vietnamienne, avaient déclaré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur postulation. Les signataires de cette lettre requerraient du départe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment qu'il accordât dès lors une autorisation exceptionnelle. Le 8 octobre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, D. a demandé au département de revoir sa position, ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pliquant de façon détaillée la motivation qui la conduisait à soutenir que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le canton de Neuchâtel en général et le Locle en particulier souffrent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une pénurie de pédiatres. Le 15 octobre 1997, la cheffe du département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui a apposé la réponse suivante :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " La lettre que vous m'avez adressée le 8 octobre dernier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> m'est bien parvenue. Au terme de son examen attentif,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> permettez-moi d'y répondre de la manière suivante :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vos qualités ne sont en aucun cas mises en cause et je</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> suis convaincue de votre sincérité dans un engagement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> professionnel où l'approche du patient ne s'arrête pas à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la délivrance d'une ordonnance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant de la lettre des médecins du Locle soutenant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> votre démarche, à laquelle je viens de répondre, soyez</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> assurée qu'elle n'est pas de nature à me faire changer de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> position même à supposer - comme vous semblez le faire -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> qu'elle me soit parvenue plus tôt.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les motifs sur lesquels je me fonde ne sont aucunement à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rechercher dans votre personne. Ils relèvent de la politi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que de santé en général et de l'application de la loi fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dérale. Comme j'ai eu l'occasion de l'exprimer à l'asso-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ciation des médecins du Locle, l'autorisation que vous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> demandez est une autorisation spéciale qui aurait pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> conséquence immédiate d'augmenter l'offre médicale, ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ne me paraît pas réclamé par la situation. Il est vrai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'autre part que nous nous trouvons dans un marché où nous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> aimerions inciter des praticiens suisses à s'installer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ailleurs que dans les zones urbaines traditionnelles et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que cette autorisation spéciale ne s'inscrit pas dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cette politique. Je le regrette bien sûr pour vous.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au surplus, ma préoccupation est aussi d'ordre économique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et vous savez fort bien que le coût de la santé croît avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'offre de soins du moment où il est constaté que l'offre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> crée le besoin. Dans la situation particulière du Locle,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> le non-remplacement immédiat d'un praticien me semble</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> aussi être l'occasion de vérifier la nécessité de ce rem-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> placement."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 28 octobre 1997, le Conseil communal du Locle est intervenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auprès de la cheffe du département dans les termes suivants :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Même si nous sommes très sensibles à l'évolution des coûts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de la santé, nous estimons que le remplacement du Dr P.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> par un nouveau pédiatre se justifie pleinement. Aussi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> nous nous permettons de vous demander de reconsidérer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> votre position face à la demande présentée par Mme D.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Nous relevons qu'au niveau cantonal, on compte un médecin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pour 447 habitants, alors qu'en ville du Locle il y en a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> un pour 657 habitants et dans le district un pour 802.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le fait de ne pas pourvoir le poste laissé vacant par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dr P. entraînera des déplacements de la clientèle vers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'autres endroits, donc des charges supplémentaires tant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sur le plan économique qu'écologique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Nous estimons par ailleurs que notre Ville est déjà suffi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> samment prétéritée par les nombreux départs d'autres enti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tés dans bien des domaines. Nous souhaitons mettre tout en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> oeuvre afin de la rendre plus attractive, pour freiner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'hémorragie de la population résidante et pour encourager</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'installation de nouveaux habitants."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 14 novembre 1997, D. défère au Tribunal adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tratif la décision du département du 15 octobre précédent qu'elle déclare</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir reçue le 25 octobre seulement. En résumé elle fait valoir que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositions de la loi de santé, selon lesquelles les médecins titulaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un diplôme jugé équivalent au diplôme fédéral ne peuvent être autorisés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à pratiquer que s'il existe des motifs de santé publique, sont discrimina-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toires et contraires à la liberté du commerce et de l'industrie garantie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par la constitution fédérale; qu'aucun intérêt public prépondérant ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'oppose à l'autorisation prétendue; que le refus entrepris viole le prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipe de la proportionnalité et constitue une mesure de politique économi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que; que le département a constaté de manière inexacte et apprécié arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trairement les faits pertinents de la cause. La recourante invoque le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe de la liberté d'accès au marché consacré par la loi sur le marché</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intérieur et conclut à l'annulation de la décision entreprise avec octroi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'autorisation prétendue, subsidiairement au renvoi de la cause à l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">timé, sous suite de frais et dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans ses observations sur le recours, le département propose</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">implicitement son rejet.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Déposé dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable (art.124 de la loi de santé du 06.02.1995, 35 al.2 de la loi sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'organisation du Conseil d'Etat et de l'administration cantonale du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">22.03.1983).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Le médecin qui exerce sa profession de manière indépendante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et qui déploie l'activité économique correspondante peut en principe in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voquer la liberté du commerce et de l'industrie garantie par l'article 31</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cst. féd. (ATF 113 Ia 40 cons.4a, 111 Ia 186 cons.2a). Des restrictions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonales à cette liberté sont admissibles notamment par des mesures de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police justifiées par l'intérêt public, en particulier la sauvegarde de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">santé publique (ATF 117 Ia 445 cons.2; 116 Ia 121 cons.3). En vertu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 33 al.1 Cst. féd. les cantons ont en outre la faculté de subor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donner, dans l'intérêt public, l'exercice des professions libérales à des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves de capacité; il ne peuvent toutefois prévoir de telles restric-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions que dans la mesure où elles sont nécessaires pour atteindre le but</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de police visé, à savoir notamment la protection du public contre les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnes incapables; ils doivent en outre respecter les principes de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">proportionnalité et de l'égalité de traitement (ATF 117 Ia 90 cons.3b; 114</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ia 37).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Dans le canton de Neuchâtel, parmi les professions que la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de santé soumet à autorisation, figure celle de médecin (art.52 al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.a). Aux termes de l'article 54 de ladite loi, l'autorisation d'exer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cer une profession médicale est accordée aux médecins, médecins-dentistes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">médecins-vétérinaires et pharmaciens(nes) porteurs du diplôme fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(al.1). Lorsque des motifs de santé publique l'exigent, une autorisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut être accordée au titulaire d'un autre diplôme jugé équivalent par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">département. Cette autorisation peut être limitée ou conditionnelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(al.2). Les intéressés doivent en outre jouir de l'exercice des droits ci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vils, ne pas souffrir de déficiences incompatibles avec la pratique de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur profession et présenter des garanties suffisantes d'honorabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.56). L'autorisation est délivrée par le Département de la justice, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la santé et de la sécurité (art.53 al.1; 1 du règlement provisoire d'exé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cution de la loi de santé du 31.01.1996, RSN 800.100). Contrairement à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle prévoit pour d'autres professions, limitativement énumérées à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 53 al.2, la loi de santé ne fait pas de distinction entre l'ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ercice de la médecine à titre indépendant et à titre dépendant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En l'espèce, il est constant que la recourante a déjà obtenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le canton de Neuchâtel, à trois reprises, l'autorisation de pratiquer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la médecine, en dernier lieu le jour même où lui était refusée l'autorisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de pratiquer à titre indépendant au Locle. Cette dernière autorisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion est valable jusqu'au 30 septembre 1999 mais elle est limitée à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pratique dans les hôpitaux Cadolles-Pourtalès à Neuchâtel. C'est donc dire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le département tient les diplômes dont est titulaire la recourante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour équivalents au diplôme fédéral de médecin (art.54 al.2 de la loi de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">santé).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cela étant, la motivation du département, telle qu'elle transpa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raît dans ses lettres à la recourante des 23 septembre et 15 octobre 1997,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut être résumée comme suit :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le département considère qu'il n'y a pas pénurie de médecins</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le canton, en particulier au Locle, vu la proximité de spécialistes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en ville de La Chaux-de-Fonds. Or, l'autorisation litigieuse aurait pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquence d'augmenter l'offre médicale. D'autre part, le non-remplace-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment immédiat d'un praticien au Locle est l'occasion de vérifier la néces-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sité de ce remplacement. Enfin, le département semble vouloir inciter les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">médecins à s'installer ailleurs que dans les zones urbaines traditionnel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les, objectif que ne servirait pas le projet de la recourante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cette dernière se plaint, quant à elle, d'une violation de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liberté du commerce et de l'industrie ainsi que de la loi fédérale sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">marché intérieur du 6 octobre 1995 (LMI; RS 943.02). Au regard de la plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">récente jurisprudence du Tribunal fédéral (ATF 123 I 212), il est toute-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fois douteux que la recourante puisse invoquer la garantie de l'article 31</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cst. féd.. En effet, même si l'article 17 al.2 de la loi sur le séjour et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'établissement des étrangers (LSEE) lui confère le droit à l'autorisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de séjour en Suisse aussi longtemps qu'elle fait ménage commun avec son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mari, titulaire d'un permis d'établissement, et lui garantit en principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le droit à l'autorisation d'établissement après un séjour régulier et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ininterrompu de cinq ans, l'intéressée reste soumise aux mesures de li-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mitation prévues par l'ordonnance du Conseil fédéral du 6 octobre 1986</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limitant le nombre des étrangers (OLE). En effet, elle tombe sous le coup</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'article 2 litt.b de cette ordonnance et, contrairement à ce qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétend, ne bénéficie nullement de la règle de priorité de l'article 7</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.2 OLE. Celle-ci est clairement réservée aux Suisses et aux étrangers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titulaires d'un permis d'établissement ainsi qu'aux personnes désignées à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 3, lequel ne vise pas les conjoints étrangers d'étrangers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établis. Quant au cercle des ayants droit de la loi sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">marché intérieur, il recouvre celui de la liberté du commerce et de l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dustrie (FF 1995 I 1263). La faculté de la recourante d'invoquer la garan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tie de l'article 31 Cst. féd. - qui n'a pas été examinée par la Haute Cour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'arrêt précité, voir page 216-217 - souffre toutefois de demeurer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indécise, car en tout état de cause, la décision attaquée doit être annu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lée et l'intimé invité à compléter l'instruction avant de statuer à nou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">veau, pour les motifs qui seront exposés dans le considérant suivant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Selon l'article 14 LPJA, l'autorité constate d'office les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits. Elle procède, s'il y a lieu, à l'administration des preuves. Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposition consacre le principe inquisitoire qui régit l'activité de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridiction administrative primaire. Il signifie que l'autorité adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trative, tenue de veiller à la correcte application de la loi, doit fonder</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa décision sur un état de fait pertinent établi par elle et, au besoin,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dûment prouvé (Schaer, Juridiction administrative neuchâteloise p.80 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les références). Par ailleurs, à moins qu'elle ne fasse intégralement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit aux conclusions des parties, la décision administrative doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motivée (art.4 al.1 litt.d LPJA). La portée de cette règle ne va pas au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">delà du principe dégagé par le Tribunal fédéral de l'article 4 Cst. féd.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon lequel les motifs d'une décision administrative doivent être énoncés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour faciliter aux parties l'utilisation des voies de droit et à l'autori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té de recours l'exercice de son contrôle. Selon la formule souvent repri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se, il est en effet conforme aux principes régissant un Etat de droit que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la personne visée par une décision administrative soit mise en mesure de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaître les motifs qui l'ont dictée. Sans la connaissance des faits et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des règles de droit qui ont été retenus comme déterminants, elle ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas se faire une image exacte de la mesure qui la concerne. De plus, elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne peut l'attaquer de façon objective, car ni elle ni l'autorité de re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours ne peuvent contrôler si elle est bien fondée (RJN 1987 p.259, 1983</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.267, 1980-81 p.206). Le devoir de motiver est cependant réputé satisfait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">si les motifs, bien qu'ils ne figurent pas dans la décision, doivent être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérés comme connus des intéressés en raison des circonstances, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exemple si ceux-ci ont pu se rendre compte, sur la base d'une instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préalable ou du résultat de la procédure probatoire, des raisons pour les-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelles l'autorité à tranché de cette façon et non d'une autre (RJN 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.128 et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, contrairement à ce que soutient l'intimé dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses observations sur le recours, la recourante prétend bel et bien qu'il y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a pénurie de pédiatres au Locle. Chiffres à l'appui, elle a développé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette allégation dans sa lettre au département du 8 octobre 1997. La même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">thèse est défendue par douze médecins généralistes, internistes et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pédiatres du Locle, de même que par le Conseil communal de cette ville. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">outre, dans son recours aussi, l'intéressée fait à la décision attaquée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grief d'arbitraire sur ce point-là (ch.20 ss p.11-12). A mesure qu'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">telle pénurie peut, selon le législateur cantonal (BGC 157 II 1765-1766),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constituer un motif de santé publique justifiant l'octroi d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorisation de pratiquer à un médecin qui n'est pas titulaire du diplôme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédéral (art.54 al.2 de la loi de santé), le dossier ou à tout le moins la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motivation de la décision attaquée devrait permettre à l'autorité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours d'exercer son contrôle sur cette question. Or, quand bien même une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénurie de pédiatres au Locle n'apparaît pas totalement invraisemblable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur le vu des arguments avancés par la recourante, les médecins de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">région ainsi que le Conseil communal, le dossier ne contient aucun élément</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">objectif sur ce point. Il n'est donc pas possible à la Cour de céans de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vérifier la pertinence de la décision attaquée ni de se convaincre que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité s'est bien conformée aux principes généraux de l'activité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administrative, à savoir l'interdiction de l'arbitraire, le droit à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'égalité, le droit à la protection de la bonne foi et le principe de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">proportionnalité, principes qu'elle doit respecter même lorsqu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispose d'un large pouvoir d'appréciation (RJN 1990 p.102).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cela justifie l'annulation de la décision attaquée et le renvoi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la cause pour instruction et nouvelle décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Les autorités cantonales ne paient pas de frais (art.47 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LPJA). La recourante qui obtient gain de cause à droit à des dépens à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge de l'Etat (art.48 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule la décision attaquée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Renvoie la cause à l'intimé pour instruction et nouvelle décision au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sens des considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue à la recourante une indemnité de dépens de 500 francs à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Statue sans frais et ordonne la restitution de son avance à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> recourante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 23 février 1998</span></p> </div></body></html>