<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">6B_1012/2008 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 16 avril 2009 </div> <div class="para">Cour de droit pénal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Favre, Président, </div> <div class="para">Wiprächtiger et Ferrari. </div> <div class="para">Greffière: Mme Gehring. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">recourant, représenté par Me Fabien Mingard, avocat, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public du canton de Vaud, rue de l'Université 24, 1005 Lausanne, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Sursis et sursis partiel à l'exécution de la peine, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de cassation pénale, du 25 juin 2008. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Par jugement du 20 mai 2008, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne a reconnu X.________ coupable de voies de fait, vol d'importance mineure, vol, brigandage, recel d'importance mineure, violation de domicile et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants. Il l'a condamné à une peine privative de liberté de deux ans - sous déduction de la détention préventive - ainsi qu'à une amende de 200 fr. et ordonné un traitement institutionnel au sens de l'<span class="artref">art. 60 CP</span>. En outre, il a révoqué un précédent sursis octroyé le 11 septembre 2006. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Saisi d'un recours en réforme du condamné, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois l'a rejeté par arrêt du 25 juin 2008. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">X.________ interjette un recours en matière pénale contre ce jugement dont il réclame la réforme en concluant à ce qu'il soit condamné à une peine privative de liberté de deux ans assortie du sursis complet, subsidiairement partiel, l'octroi de celui-ci étant subordonné à la condition qu'il indemnise les lésés et s'astreigne à un traitement institutionnel de son addiction à l'alcool. En outre, il requiert le maintien du sursis accordé le 11 septembre 2006 et sollicite le bénéfice de l'assistance judiciaire gratuite. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">D. </div> <div class="para">Le Tribunal cantonal et le Ministère public ont renoncé à déposer des observations. </div> <div class="para">Considérant en droit: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">1.1 Comme en instance cantonale, le recourant se prévaut d'une violation des <span class="artref"><artref id="CH/311.0/43" type="start"></artref><artref id="CH/311.0/42" type="start"></artref>art. 42, 43 et 46 CP</span><artref id="CH/311.0/43" type="end"></artref><artref id="CH/311.0/46" type="end"></artref>, au motif qu'il n'a pas été mis au bénéfice du sursis complet ou tout au moins partiel et que celui octroyé le 11 septembre 2006 a été révoqué. Il ajoute que les autorités cantonales ne pouvaient pas prononcer un traitement institutionnel au sens de l'<span class="artref">art. 60 CP</span> sans avoir préalablement ordonné la mise en oeuvre d'une expertise au sens de l'<span class="artref">art. 56 al. 3 CP</span>. Aussi cette mesure ne pouvait-elle être ordonnée qu'au titre de règles de conduite au sens de l'<span class="artref">art. 44 al. 2 CP</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1.2 Sous les anciennes dispositions générales du code pénal, il était de jurisprudence constante que l'octroi du sursis (ancien <span class="artref">art. 41 CP</span>) n'entrait pas en considération si une mesure de sûreté était ordonnée en application des anciens <span class="artref"><artref id="CH/311.0/43" type="start"></artref>art. 43 ou 44 CP</span><artref id="CH/311.0/44" type="end"></artref>. Comme le prononcé d'une telle mesure présupposait nécessairement l'existence d'un risque de récidive, il était en effet impossible d'appliquer ces dispositions tout en posant un pronostic favorable à l'octroi du sursis (cf. STEFAN TRECHSEL, Kurzkommentar, 2e éd. 1997, <span class="artref">art. 41 CP</span>, n. 11). Il n'en va pas différemment en application du nouveau droit. Conformément à l'<span class="artref">art. 60 al. 1 let. b CP</span> (qui reprend le principe exprimé par l'art. 44 aCP), un traitement institutionnel tel que celui ordonné en l'espèce ne peut l'être qu'à la condition qu'il soit à prévoir que cette mesure détournera l'auteur de nouvelles infractions en relation avec ce trouble. Il s'ensuit que le prononcé d'une telle mesure, qui suppose un risque de récidive, implique nécessairement un pronostic négatif (SCHWARZENEGGER et al., Strafrecht II, 8e éd. 2007, § 6, n. 2.21, p. 132; MARIANNE HEER, Strafrecht I, 2e éd., art. 59 n. 118; cf. également arrêt 6B_268/2008 du 2 mars 2009 consid. 6). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1.3 En principe, le refus d'assortir du sursis la peine prononcée et la révocation de celui octroyé le 11 septembre 2006 se justifiaient in casu au regard du traitement institutionnel prononcé sur la base de l'<span class="artref">art. 60 CP</span>. Cependant, les premiers juges ont motivé le bien-fondé de cette mesure, en considérant que l'accusé en était lui-même demandeur. Il avait amorcé des démarches dès le mois de janvier 2008 auprès de la Fondation Les Oliviers qui se disait prête à l'accueillir et paraissait avoir sincèrement pris conscience de son problème face à l'alcool. Le Ministère public s'était également déclaré favorable à ce qu'il bénéficiât d'un traitement institutionnel au sens de l'<span class="artref">art. 60 CP</span>, celui-ci s'imposant d'autant plus que l'intéressé se profilait davantage comme un jeune homme à la dérive plutôt que comme un délinquant endurci. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ce faisant, les autorités cantonales ont ordonné une mesure de sûreté sans se fonder sur un rapport d'expertise tel que prescrit à l'<span class="artref">art. 56 al. 3 CP</span>. En particulier, elles se sont prononcées sans l'avis d'un expert sur la nécessité et les chances de succès d'un traitement (<span class="artref">art. 56 al. 3 let. a CP</span>), sur la vraisemblance que l'auteur commette d'autres infractions et sur la nature de celles-ci (<span class="artref">art. 56 al. 3 let. b CP</span>) ainsi que sur les possibilités de faire exécuter la mesure (<span class="artref">art. 56 al. 3 let</span>. c CP). Cela étant, elles n'ont pas pu se déterminer en connaissance de cause sur le bien-fondé de la mesure de sûreté ordonnée, ni sur la solution adoptée en matière de sursis. L'arrêt entrepris doit donc être annulé partiellement et la cause renvoyée à la juridiction cantonale afin que celle-ci ordonne la mise en oeuvre d'une expertise au sens de l'<span class="artref">art. 56 al. 3 CP</span> avant de statuer derechef sur les questions précitées, étant précisé que le condamné, né le 21 février 1985, avait moins de 25 ans au moment des infractions, circonstance ouvrant l'applicabilité, entre autres mesures, de celle prévue à l'<span class="artref">art. 61 CP</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Le recourant obtient partiellement gain de cause. Il peut prétendre une indemnité de dépens réduite (<span class="artref">art. 68 al. 1 LTF</span>). La demande d'assistance judiciaire est sans objet dans cette mesure. Pour le surplus, en tant qu'il portait sur la question du sursis, le recours était dénué de chances de succès. La demande d'assistance judiciaire est rejetée dans cette mesure (<span class="artref">art. 64 al. 1 LTF</span>). Il n'y a pas lieu de prélever des frais (<span class="artref">art. 66 al. 4 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le recours est admis partiellement et l'arrêt cantonal annulé en tant qu'il confirme les chiffres IV et V du jugement du 20 mai 2008 du Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne, la cause étant renvoyée à la juridiction cantonale afin que celle-ci complète l'instruction au sens des considérants et rende une nouvelle décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Le canton de Vaud versera au conseil du recourant une indemnité de 1000 francs à titre de dépens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">La requête d'assistance judiciaire est rejetée dans la mesure où elle n'est pas sans objet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">Il n'est pas prélevé de frais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">5. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de cassation pénale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 16 avril 2009 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Cour de droit pénal </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">Le Président: La Greffière: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Favre Gehring </div> <div class="para"> </div> </div></body></html></html>