R E P U B L I Q U E E T C A N T O N D E G E N E V E P O U V O I R J U D I C I A I R E A/3497/2024 LCR JTAPI/1146/2024 JUGEMENT DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PREMIÈRE INSTANCE du 21 novembre 2024 dans la cause Monsieur A______ contre OFFICE CANTONAL DES VÉHICULES - 2/5 - A/3497/2024 EN FAIT 1. Par décision du 21 août 2024, l'office cantonal des véhicules (ci -après : OCV) a retiré le permis de conduire toutes catégories, sous-catégories et catégorie spéciale F de Monsieur A______, pour une durée de trois mois. 2. Cette décision, mentionnant qu'un recours pouvait être interjeté devant le Tribunal administratif de première instance (ci -après : le tribunal) « dans le délai de trente jours ouvrables dès sa notification », a été notifiée à M. A______ le 22 août 2024. 3. Le 21 octobre 2024, M. A______ s'est enquis auprès du greffe du tribunal de la suite donnée à son recours déposé le mois précédent. Il lui a été répondu que le tribunal n'avait aucune trace de son recours. 4. Par courrier même jour, réceptionné le lendemain par le tribunal, M. A______ a transmis une copie de son recours daté du 2 septembre 2024 et la décision attaquée « malheureusement restés sans trace dans votre Offices ». 5. Par lettre recommandée du 23 octobre 2024, le tribunal a accusé réception de l'envoi du 21 octobre 2024 et a imparti à M. A ______, un délai échéant le 6 novembre 2024, pour transmettre une preuve de son envoi du 2 septembre 2024, sous peine d’irrecevabilité ainsi qu'un délai au 22 novembre 2024, pour paiement d'une avance de frais de CHF 500.-. 6. Par courrier daté du 3 novembre 2024 et réceptionné le 5, l'intéressé a expliqué avoir bien envoyé la lettre de recours en deux exemplaires et l'original de la lettre du bureau des autos en courrier normal. Il ne s'expliquait pas que son recours ne soit pas parvenu au tribunal. Il avait acheté un timbre et posté la lettre auprès de la poste de ______ (GE) début septembre. 7. Le recourant s'est acquitté de l'avance de frais dans le délai imparti. EN DROIT 1. Le Tribunal administratif de première instance connaît des recours dirigés, comme en l’espèce, contre les décisions de l'office cantonal des véhicules (art. 115 et 116 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 17 de la loi d'application de la législation fédérale sur la circulation routière du 18 décembre 1987 - LaLCR - H 1 05). 2. A teneur de l'art. 72 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), l'autorité de recours peut, sans instru ction préalable, par une décision sommairement motivée, écarter un recours manifestement irrecevable ou rejeter un recours manifestement mal fondé. 3. Selon l'art. 62 al. 1 let. a LPA, le délai de recours contre une décision finale est de 30 jours. Le délai c ourt dès le lendemain de la notification de la décision, étant précisé que la décision qui n'est remise que contre la signature du destinataire ou - 3/5 - A/3497/2024 d'un tiers habilité est réputée reçue au plus tard 7 jours après la première tentative infructueuse de distribution (al. 3 et 4). 4. Le recours doit parvenir à l'autorité ou être remis à son adresse à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA). 5. Les délais de recours fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d'être prolongés, restitués ou suspendus, si ce n'est par le législateur lui -même (art. 16 al. 1 LPA ; ATA/296/2017 du 14 mars 2017 ; ATA/702/2016 du 23 août 2016). Partant, celui qui n'agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (ATA/296/2017 du 14 mars 2017 ; ATA/702/2016 du 23 août 2016). 6. Les règles relatives au délai de recours nécessitent une stricte application, ceci pour des motifs d'égalité de traitement et d'intérêt public lié à une bonne administration de la justice et à la sécurité du droit. Ainsi, l'irrecevabilité qui sanctionne le non - respect d'un délai de recours n'est en pr incipe pas constitutive d'un formalisme excessif prohibé par l'art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101) (cf. ATF 125 V 65 consid. 1 ; arrêts du Tribunal fédéral 1C_586/2015 du 12 novembre 2015 co nsid. 2.3 ; 2C_56/2015 du 23 mai 2015 consid. 2.4 ; 1C_138/2015 du 25 mars 2015 consid. 3 ; 6B_507/2011 du 7 février 2012 consid. 2.3 ; 2D_18/2009 du 22 juin 2009 consid. 4.2). 7. Il appartient à l'administré qui recourt d'établir qu'il l'a fait dans le respe ct du délai légal (ATA/899/2015 du 1er septembre 2015 ; ATA/243/2015 du 3 mars 2015 ; ATA/342/2014 du 13 mai 2014 ; ATA/544/2013 du 27 août 2013 ; ATA/740/2012 du 30 octobre 2012 ; Pierre MOOR/Etienne POLTIER, Droit administratif, vol. II, 3ème éd., 2011, ch. 2.2.6.7 p. 304). 8. Les cas de force majeure, soit les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d'activité de l'intéressé et qui s'imposent à lui de l'extérieur de façon irrésistible (cf. ATA/461/2018 du 8 mai 201 8 ; ATA/328/2018 du 10 avril 2018 ; ATA/296/2017 du 14 mars 2017 ; ATA/212/2014 du 1er avril 2014), demeurent réservés (art. 16 al. 1 2ème phr. LPA ; ATA/461/2018 du 8 mai 2018 ; ATA/328/2018 du 10 avril 2018 ; ATA/296/2017 du 14 mars 2017 ; ATA/212/2014 du 1er avril 2014). 9. Pour établir l'existence d'un cas de force majeure, le fardeau de la preuve incombe au recourant (cf. ATA/463/2018 du 8 mai 2018 ; ATA/735/2015 du 14 juillet 2015 ; ATA/544/2013 du 27 août 2013 ; ATA/744/2012 du 30 octobre 2012 et les références citées). 10. En l'occurrence, le délai dans lequel le recourant était fondé à contester la décision litigieuse est arrivé à échéance le 21 septembre 2024. Or, celui-ci a déposé son acte de recours le 22 octobre 2024 seulement et n'a pas réussi à appor ter la preuve qu'il l'aurait déposé dans le respect du délai légal, alors que celui lui incombait. Le - 4/5 - A/3497/2024 recours est donc manifestement tardif. Pour le surplus, le recourant n'a pas fait état d'un élément quelconque qui pourrait laisser supposer la survenance d'un cas de force majeur qui l'aurait concrètement empêché d'agir en temps utile. 11. Dans ces conditions, son recours sera immédiatement déclaré irrecevable. 12. Vu l’issue du recours, un émolument de CHF 250.- sera mis à la charge du recourant (art. 87 al. 1 LPA et 1 et 2 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA - E 5 10.03). Il est couvert par l'avance de frais versée à la suite du dépôt du recours. Le solde de cette avance, soit CHF 250.-, sera restitué au recourant. - 5/5 - A/3497/2024 PAR CES MOTIFS LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PREMIÈRE INSTANCE 1. déclare irrecevable le recours interjeté le 22 octobre 2024 par Monsieur A______ contre la décision de l'office cantonal des véhicules du 21 août 2024 ; 2. met à la charge du recourant un émolument de CHF 250.- ; 3. ordonne la restitution au recourant du solde de l’avance de frais de CHF 250.- ; 4. dit qu’il n’est pas alloué d’indemnité de procédure ; 5. dit que, conformément aux art. 132 LOJ, 62 al. 1 let. a et 65 LPA, le présent jugement est susceptible de faire l'objet d'un recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (10 rue de Saint-Léger, case postale 1956, 1211 Genève 1) dans les 30 jours à compter de sa notification. L'acte de recours doit être dûment motivé et contenir, sous peine d'irrecevabilité, la désignation du jugement attaqué et les conclusions du recourant. Il doit être accompagné du présent jugement et des autres pièces dont dispose le recourant. Au nom du Tribunal : La présidente Gwénaëlle GATTONI Copie conforme de ce jugement est communiquée aux parties. Genève, le Le greffier