<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2023-01-25-4A_219-2021.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4A_219/2021</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 25 janvier 2023</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mmes les Juges fédérales </div> <div class="para">Jametti, Présidente, Kiss et May Canellas. </div> <div class="para">Greffière : Mme Godat Zimmermann. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représentée par Me Eric Maugué, avocat, </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. B.________ SA, </div> <div class="para">2. C.________, </div> <div class="para">représentés par Me Philippe Zoelly, avocat, </div> <div class="para">intimés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">acte illicite; prescription; interruption; poursuites; suspension, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt rendu le 23 février 2021 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève (C/12866/2018 ACJC/282/2021). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> A.________ et C.________ se sont mariés en janvier 1995. </div> <div class="para">C.________ était alors copropriétaire avec un tiers d'un bateau à moteur, assuré en responsabilité civile auprès de D.________, qui deviendra B.________ SA (ci-après: B.________ ou la compagnie d'assurance). </div> <div class="para">Le 29 mai 1999, les époux naviguaient sur le lac Léman avec des amis afin d'y pratiquer le ski nautique. C.________ pilotait le bateau. Alors qu'elle se trouvait à l'avant, A.________ est tombée par-dessus bord après le passage d'une vague. Le pilote, qui observait le skieur qu'il traînait, n'a pas vu sa compagne chuter. Il a effectué un virage à droite. A.________ a alors passé sous le bateau et sa jambe gauche a été happée par l'hélice au niveau du genou, lui causant de graves lésions. Elle a subi de nombreuses opérations et une longue rééducation. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> A.________ et C.________ se sont séparés en juin 2000. Leur divorce a été prononcé le 25 avril 2012 par le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois, dont le jugement est devenu définitif et exécutoire le 29 mai 2012. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.c.</b> Le 27 mai 2004, A.________ a déposé une plainte pénale contre son époux. </div> <div class="para">Le 13 janvier 2006, le Tribunal correctionnel de la Côte a condamné C.________ pour lésions corporelles graves par négligence à 200 fr. d'amende et donné acte à A.________ de ses réserves civiles. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.d.</b> Le 17 décembre 2003, B.________ a fait opposition au commandement de payer la somme de 500'000 fr., notifié sur requête de A.________. </div> <div class="para">Le 9 novembre 2004, la compagnie d'assurance a renoncé à se prévaloir de la prescription, sous réserve que celle-ci n'ait pas été d'ores et déjà acquise. </div> <div class="para">Entre le 19 décembre 2005 et le 6 septembre 2011, elle renoncera à se prévaloir de la prescription à huit reprises. </div> <div class="para">Le 23 décembre 2011, elle a renoncé à se prévaloir de la prescription jusqu'au 29 février 2012. </div> <div class="para">Le 29 février 2012, A.________ a déposé une réquisition de poursuite pour un montant de 4'000'000 fr. contre B.________, laquelle a fait opposition au commandement de payer notifié le 16 mars 2012. </div> <div class="para">Le 11 mars 2013, elle a déposé une réquisition de poursuite contre B.________, laquelle a fait opposition au commandement de payer notifié le 13 mars 2013. </div> <div class="para">Le 25 février 2014, le 26 février 2015, le 22 février 2016, en janvier 2017 à une date indéterminée et le 17 janvier 2018, la lésée a introduit des poursuites contre la compagnie d'assurance, laquelle a fait opposition aux commandements de payer qui lui avaient été notifiés le 28 février 2014, le 2 mars 2015, le 22 février 2016, le 26 janvier 2017 et le 22 janvier 2018. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.e.</b> Le 13 avril 2017, A.________ a déposé une réquisition de poursuite contre C.________, lequel a fait opposition le 28 avril 2017 au commandement de payer qui lui avait été notifié. </div> <div class="para">Le 18 avril 2018, la lésée a déposé une réquisition de poursuite contre son ex-époux. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.</b> Le 31 mai 2018, A.________ a déposé une requête de conciliation à l'encontre de B.________ et de C.________. </div> <div class="para">Après l'échec de la conciliation, elle a, par demande du 17 décembre 2018, conclu, sur action partielle, à ce que les défendeurs soient condamnés, conjointement et solidairement, subsidiairement B.________ seule et plus subsidiairement C.________ seul, à lui payer 15'000 fr. avec intérêts à 5 % dès le 31 décembre 2008 et 15'000 fr. avec intérêts à 5 % dès le 29 novembre 2008, et à ce que le solde de ses prétentions à leur égard en lien avec l'accident du 29 mai 1999 et ses suites soit réservé. </div> <div class="para">C.________ et B.________ ont conclu au déboutement de la demanderesse, soulevant notamment l'exception de prescription. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.b.</b> Par jugement du 11 mai 2020, le Tribunal de première instance du canton de Genève a admis l'exception de prescription soulevée par chaque défendeur, a constaté que les créances objets de la demande en paiement étaient prescrites et a débouté A.________ de toutes ses conclusions. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.c.</b> Statuant le 23 février 2021 sur appel de la demanderesse, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a confirmé le jugement de première instance. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">A.________ interjette un recours en matière civile. Elle conclut à l'annulation de l'arrêt cantonal, au rejet des exceptions de prescription soulevées par les défendeurs et au renvoi de la cause à la Cour de justice pour la suite de la procédure. </div> <div class="para">B.________ et C.________ proposent le rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité. </div> <div class="para">Pour sa part, la cour cantonale se réfère aux considérants de son arrêt. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Les conditions de recevabilité du recours en matière civile sont réalisées sur le principe, notamment celles afférentes à la valeur litigieuse minimale de 30'000 fr. (<span class="artref">art. 74 al. 1 let. b LTF</span>) et au délai de recours (<span class="artref">art. 46 al. 1 let. a et <artref id="CH/173.110/100/1" type="start"></artref>art. 100 al. 1 LTF</span><artref id="CH/173.110/46/1/a" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Le recours en matière civile peut être exercé pour violation du droit fédéral (<span class="artref">art. 95 let. a LTF</span>), y compris le droit constitutionnel (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-I-241%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page241">ATF 136 I 241</a> consid. 2.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-II-304%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page304">136 II 304</a> consid. 2.4). Le Tribunal fédéral applique le droit d'office (<span class="artref">art. 106 al. 1 LTF</span>). Il n'est donc limité ni par les arguments soulevés dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorité précédente (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-II-313%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page313">ATF 137 II 313</a> consid. 1.4; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-397%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page397">135 III 397</a> consid. 1.4). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue à l'<span class="artref"><artref id="CH/173.110/42/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/42/1" type="start"></artref>art. 42 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/42/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>, sous peine d'irrecevabilité (<span class="artref">art. 108 al. 1 let. b LTF</span>), le Tribunal fédéral n'examine en principe que les griefs invoqués, sauf en cas d'erreurs juridiques manifestes. Il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorité de première instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discutées devant lui (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-III-364%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page364">ATF 142 III 364</a> consid. 2.4; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-III-84%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page86">141 III 86</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-115%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page115">140 III 115</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-580%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page580">137 III 580</a> consid. 1.3). Par exception à la règle selon laquelle il applique le droit d'office, il n'examine la violation d'un droit constitutionnel que si le grief a été invoqué et motivé de façon détaillée (<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-II-313%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page313">ATF 144 II 313</a> consid. 5.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-II-369%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page369">142 II 369</a> consid. 2.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-III-364%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page364">142 III 364</a> consid. 2.4; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-I-229%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page229">139 I 229</a> consid. 2.2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité précédente (<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>). Il ne peut rectifier ou compléter les constatations de l'autorité précédente que si elles sont manifestement inexactes ou découlent d'une violation du droit au sens de l'<span class="artref">art. 95 LTF</span> (<span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span>). "Manifestement inexactes" signifie ici "arbitraires" (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-I-310%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page310">ATF 143 I 310</a> consid. 2.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-IV-249%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page249">141 IV 249</a> consid. 1.3.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-115%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page115">140 III 115</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-397%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page397">135 III 397</a> consid. 1.5). Encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (<span class="artref">art. 97 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para">La critique de l'état de fait retenu est soumise au principe strict de l'allégation énoncé par l'<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-264%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page264">ATF 140 III 264</a> consid. 2.3 et les références). La partie qui entend attaquer les faits constatés par l'autorité précédente doit expliquer clairement et de manière circonstanciée en quoi les conditions d'une exception au sens de l'<span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span> seraient réalisées. Si la critique ne satisfait pas à ces exigences, les allégations relatives à un état de fait qui s'écarterait de celui de la décision attaquée ne pourront pas être prises en considération (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-16%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page16">ATF 140 III 16</a> consid. 1.3.1 et les références). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">La cour cantonale a jugé prescrites les prétentions de la recourante contre chacun des intimés par le même raisonnement. Elle a considéré que seule la réquisition de poursuite, dès sa remise à la poste, interrompait la prescription conformément à l'<span class="artref">art. 135 ch. 2 CO</span> et que la notification d'un commandement de payer valable n'avait pour effet que de faire rétroagir l'interruption au moment du dépôt de la réquisition de poursuite. </div> <div class="para">En ce qui concerne les prétentions contre la compagnie d'assurance déduites de l'art. 33 al. 1 de la loi fédérale sur la navigation intérieure (LNI; RS 747.201), la cour cantonale a constaté que l'intimée avait renoncé à se prévaloir de la prescription jusqu'au 29 février 2012. Ce jour-là, la recourante a déposé une réquisition de poursuite, laquelle a interrompu la prescription et fait naître un nouveau délai d'un an, conforme à l'art. 60 al. 1 aCO, applicable dès lors que la prescription pénale absolue de l'art. 72 ch. 2 aCP était atteinte au plus tard le 30 novembre 2006 (cf. art. 60 al. 2 aCO et <span class="artref">art. 49 Tit. fin. CC</span>). La cour cantonale a jugé que la prescription était acquise dès le 28 février 2013 et que la réquisition de poursuite déposée le 11 mars 2013 n'avait pas d'effet interruptif, quand bien même elle l'avait été moins d'un an après la notification d'un commandement de payer intervenue le 16 mars 2012. </div> <div class="para">En ce qui concerne les prétentions contre l'intimé, la Cour de justice a considéré qu'elles étaient en tout cas prescrites le 18 avril 2018, lors de l'envoi de la réquisition de poursuite par la recourante, plus d'un an après la remise à la poste de la précédente réquisition de poursuite en date du 13 avril 2017. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">La recourante ne conteste pas qu'un nouveau délai de prescription d'un an, conforme à l'art. 60 al. 1 aCO, ait commencé de courir à partir des réquisitions de poursuite du 29 février 2012, respectivement du 13 avril 2017. </div> <div class="para">Se plaignant d'une violation de l'<span class="artref">art. 135 ch. 2 CO</span> et de l'<span class="artref">art. 138 al. 2 CO</span>, elle reproche à la cour cantonale de n'avoir pas attribué un nouvel effet interruptif de prescription aux commandements de payer notifiés aux intimés à la suite des réquisitions de poursuite précitées. Elle se réfère à l'<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F81-II-135%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page135">ATF 81 II 135</a>, à des arrêts de la Cour de justice du canton de Genève, ainsi qu'à plusieurs avis doctrinaux. </div> <div class="para">Sur la base de ce raisonnement, la recourante soutient que la réquisition de poursuite du 11 mars 2013 a interrompu la prescription de la créance envers la compagnie d'assurance, dès lors qu'elle est intervenue moins d'une année après la notification du commandement de payer, en date du 16 mars 2012, à la suite de la réquisition de poursuite du 29 février 2012. </div> <div class="para">Invoquant l'<span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span>, la recourante demande par ailleurs à la cour de céans de compléter l'état de fait de l'arrêt cantonal, qui ne comprend pas la date de la notification à l'intimé du commandement de payer dans la poursuite introduite le 13 avril 2017. Se référant à la pièce 92 de son bordereau du 26 août 2019, la recourante fait valoir que le commandement de payer a été notifié à son ex-époux le 25 avril 2017, de sorte que la réquisition de poursuite intervenue le 18 avril 2018 a interrompu la prescription. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Aux termes de l'<span class="artref">art. 135 ch. 2 CO</span>, la prescription est interrompue lorsque le créancier fait valoir ses droits par des poursuites (" <i>durch Schuldbetreibung</i> "; " <i>mediante atti di esecuzione</i> "), par une requête de conciliation, par une action ou une exception devant un tribunal ou un tribunal arbitral ou par une intervention dans une faillite. Un nouveau délai commence à courir dès l'interruption (<span class="artref">art. 137 al. 1 CO</span>). Sous le titre marginal "Fait du créancier" (" <i>Bei Handlungen des Gläubigers</i> "; " <i>In caso di atti del creditore</i> "), l'<span class="artref">art. 138 CO</span> prévoit, à son alinéa 2, que si l'interruption résulte de poursuites (" <i>Schuldbetreibung</i> "; " <i>esecuzione per debiti</i> "), la prescription reprend son cours à compter de chaque acte de poursuite (" <i>mit jedem Betreibungsakt</i> "; " <i>ad ogni singolo atto esecutivo</i> "). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.</b> Déterminer à quelles conditions une poursuite pour dettes a pour effet d'interrompre la prescription est une question de droit matériel à trancher par le juge (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-III-425%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page425">ATF 144 III 425</a> consid. 2.1). Selon une jurisprudence ancienne et constante, la réquisition de poursuite remplissant les conditions posées à l'<span class="artref">art. 67 LP</span> est un acte interruptif de prescription au sens de l'<span class="artref">art. 135 ch. 2 CO</span>; le Tribunal fédéral n'a ainsi pas pris en compte l'<span class="artref">art. 38 al. 2 LP</span> aux termes duquel la poursuite commence par la notification du commandement de payer (<span class="bgeref_err">ATF 39 II 66</span> consid. 2 [sous l'empire de l'art. 154 aCO analogue à l'<span class="artref">art. 135 CO</span>]; <span class="bgeref_err">51 II 563</span> consid. 1 p. 566; <span class="bgeref_err">57 II 462</span> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F101-II-77%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page77">101 II 77</a> consid. 2c <i>in fine</i>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F104-III-20%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page20">104 III 20</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F114-II-261%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page261">114 II 261</a> consid. 2a; cf. également <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-III-322%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page328">ATF 138 III 328</a> consid. 4.1). Le moment déterminant est celui de la remise à la poste ou à l'office des poursuites de la réquisition de poursuite (<span class="bgeref_err">ATF 49 II 38</span> consid. 2 p. 42; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F114-II-261%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page261">114 II 261</a> consid. 2a; arrêt 2C_426/2008 du 18 février 2009 consid. 6.6.1; pour la transmission électronique: cf. <span class="artref">art. 143 al. 2 CPC</span>; ROBERT K. DÄPPEN, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, 7e éd. 2020, n° 6 ad <span class="artref">art. 135 CO</span>; GAUCH/SCHLUEP/EMMENEGGER, OR AT Schweizerisches Obligationenrecht Allgemeiner Teil, tome II, 11e éd. 2020, n. 3345 p. 276; ALFRED KOLLER, OR AT Schweizerisches Obligationenrecht Allgemeiner Teil, 4e éd. 2017, n. 69.04 p. 1215). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.</b> En l'espèce, le litige porte sur le point de savoir si la prescription est interrompue une nouvelle fois lors de la notification du commandement de payer. </div> <div class="para">Selon STOFFEL/CHABLOZ, auxquels la cour cantonale se réfère, l'interruption de la prescription par la poursuite, au sens de l'<span class="artref">art. 135 ch. 2 CO</span>, suppose un commandement de payer valablement notifié, lequel n'a donc d'autre effet que de faire rétroagir l'interruption au moment du dépôt de la réquisition de poursuite (Voies d'exécution, 3e éd. 2016, n. 28 p. 109 et n. 42 p. 111). </div> <div class="para">Une telle manière de voir se heurte à la jurisprudence. Le Tribunal fédéral a jugé plusieurs fois qu'il n'était pas nécessaire qu'un commandement de payer soit notifié pour que la réquisition de poursuite interrompe la prescription (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F104-III-20%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page20">ATF 104 III 20</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F101-II-77%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page77">101 II 77</a> consid. 2c <i>in fine</i>; <span class="bgeref_err">57 II 462</span> consid. 2; arrêt 5P.339/2000 du 13 novembre 2000 consid. 3c; cf. également <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F114-II-261%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page261">ATF 114 II 261</a> consid. a; cf. toutefois <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F83-II-41%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page41">ATF 83 II 41</a> consid. 5 et 69 II 162 consid. 2b p. 175 [une réquisition de poursuite adressée à un office incompétent <i>ratione loci</i> interrompt la prescription pour autant que le commandement de payer soit finalement notifié au débiteur et ne soit pas annulé sur plainte]). </div> <div class="para">Cela étant, il s'agit ici de déterminer si le commandement de payer est un acte de poursuite interruptif de la prescription au sens de l'<span class="artref">art. 138 al. 2 CO</span>. </div> <div class="para">Il convient d'emblée d'écarter la thèse des intimés selon laquelle le titre marginal de l'<span class="artref">art. 138 CO</span> exclurait tout acte de poursuite n'émanant pas du créancier. La référence au " fait du créancier " établit simplement le lien avec l'<span class="artref">art. 135 ch. 2 CO</span>, qui décrit les actes interruptifs du créancier après l'énumération, à l'<span class="artref">art. 135 ch. 1 CO</span>, des actes interruptifs du débiteur. Il est ainsi largement admis que l'acte de poursuite mentionné à l'<span class="artref">art. 138 al. 2 CO</span> peut émaner du créancier comme de l'office des poursuites (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F81-II-135%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page135">ATF 81 II 135</a> consid. 1; WILDHABER/DEDE, Berner Kommentar, 2021, n° 34 ad <span class="artref">art. 138 CO</span>; GAUCH/SCHLUEP/EMMENEGGER, op. cit., n. 3346 p. 276; ALFRED KOLLER, op. cit., n. 69.07 p. 1216; PETER NABHOLZ, Verjährung und Verwirkung als Rechtsuntergangsgründe infolge Zeitablaufs, 1958, p. 117). </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral a précisé que l'acte interruptif devait introduire une nouvelle phase dans la poursuite, ce qui n'était pas le cas de la communication prévue à l'<span class="artref">art. 76 LP</span>, lorsque l'office des poursuites remet au créancier un exemplaire du commandement de payer attestant de l'opposition ou de l'absence d'opposition; il en a déduit dans le cas particulier que la prescription avait été interrompue la dernière fois lors de la notification du commandement de payer (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F81-II-135%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page135">ATF 81 II 135</a> consid. 1; cf. également arrêt 2C.1/1998 du 21 février 2000 consid. 2c). </div> <div class="para">Déjà dans l'<span class="bgeref_err">ATF 39 II 66</span>, le Tribunal fédéral avait indiqué expressément que la prescription interrompue une première fois par le dépôt de la réquisition de poursuite l'était une deuxième fois par la notification du commandement de payer (consid. 2). La possibilité d'une double interruption de la prescription au début des poursuites est également rendue par la formule selon laquelle la remise de la réquisition de poursuite - et non seulement (" <i>nicht erst</i> ") la notification du commandement de payer - est un acte interruptif (<span class="bgeref_err">ATF 51 II 563</span> consid. 1). A d'autres reprises, le nouveau délai de prescription a simplement été calculé à partir de la notification du commandement de payer (<span class="bgeref_err">ATF 70 II 85</span> consid. 3; arrêt 4A_513/2010 du 30 août 2011 consid. 4.1 non publié in <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-453%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page453">ATF 137 III 453</a>). </div> <div class="para">La notification du commandement de payer est également citée en doctrine à titre d'exemple d'acte de poursuite interruptif de la prescription au sens de l'<span class="artref">art. 138 al. 2 CO</span> (IVO SCHWANDER, in OR Kommentar, Kren Kostkiewicz et al. [éd.], 4e éd. 2023, n° 2 ad <span class="artref">art. 138 CO</span>; WILDHABER/DEDE, op. cit., n° 34 ad <span class="artref">art. 138 CO</span>; PASCAL PICHONNAZ, in Commentaire romand, Code des obligations I, 3e éd. 2021, n° 9 ad <span class="artref">art. 138 CO</span>; DÄPPEN, op. cit., n° 5 ad <span class="artref">art. 138 CO</span>; BLAISE CARRON et NIELS FAVRE, La révision de la prescription dans la partie générale du Code des obligations, in Le nouveau droit de la prescription, François Bohnet et Anne-Sylvie Dupont [éd.], 2019, n. 129 p. 50; FRÉDÉRIC KRAUSKOPF, Das Management der privatrechtlichen Verjährung, in Le insidie della prescrizione, 2019, p. 29; DANIEL WUFFLI, Verjährungsunterbrechung durch Betreibung, in Die Verjährung - Antworten auf brennende Fragen zum alten und neuen Verjährungsrecht, Frédéric Krauskopf [éd.], 2018, p. 168; KOLLER, op. cit., n. 69.07 p. 1216; STEPHEN BERTI, Zürcher Kommentar, 3e éd. 2002, n° 40 ad <span class="artref">art. 138 CO</span>; PIERRE-ROBERT GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, Articles 1-88, 1999, n° 135 ad <span class="artref">art. 67 LP</span>; LE MÊME, in Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 5e éd. 2012, n. 665 p. 161, paraît toutefois exclure que le commandement de payer interrompe la prescription.). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.3.</b> Il apparaît ainsi que la jurisprudence, approuvée par la doctrine, a attribué de longue date un effet interruptif de la prescription à la notification du commandement de payer. </div> <div class="para">Ni les considérants de l'arrêt attaqué, ni la motivation développée par les intimés ne recèlent de motifs sérieux justifiant un changement de jurisprudence (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F147-III-14%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page14">ATF 147 III 14</a> consid. 8.2), lequel porterait manifestement atteinte à la sécurité juridique requise par le régime de la prescription (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-16%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page16">ATF 137 III 16</a> consid. 2.1). </div> <div class="para">Il s'ensuit que, contrairement à ce que la cour cantonale a jugé, la réquisition de poursuite déposée le 11 mars 2013 contre l'intimée a interrompu la prescription dès lors qu'elle est intervenue moins d'une année après la notification d'un commandement de payer en date du 16 mars 2012; tel est également l'effet des réquisitions de poursuite du 26 février 2015 et du 17 janvier 2018, déposées plus d'un an après les réquisitions précédentes, mais moins d'un an après la notification de commandements de payer le 28 février 2014, respectivement le 26 janvier 2017. </div> <div class="para">Comme la recourante le demande de manière motivée (cf. consid. 2.2 supra), il convient par ailleurs de compléter l'état de fait déterminant sur la base de l'<span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span> en constatant que la poursuite introduite le 13 avril 2017 contre l'intimé a donné lieu à la notification d'un commandement de payer en date du 25 avril 2017. La réquisition de poursuite déposée le 18 avril 2018 a dès lors interrompu la prescription. </div> <div class="para">En conclusion, la cour cantonale a violé le droit fédéral en jugeant prescrites les créances envers les intimés au motif que la recourante avait laissé passer plus d'une année entre le dépôt de deux réquisitions de poursuite. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Envisageant l'hypothèse où la motivation de l'arrêt attaqué ne résisterait pas à l'examen du Tribunal fédéral, l'intimé fait valoir dans sa réponse que, de toute manière, les prétentions de son ex-épouse envers lui-même sont prescrites. A son sens, le délai de prescription qui a commencé de courir dès le 29 mai 2012 - date à laquelle le jugement de divorce est devenu définitif et exécutoire - est le délai civil d'un an prévu par l'art. 60 al. 1 aCO, et non le délai pénal de cinq ans applicable en vertu de l'art. 70 aCP. Par conséquent, la créance de la recourante aurait déjà été atteinte par la prescription lors du dépôt de la réquisition de poursuite du 13 avril 2017. L'intimé se réfère au but de la prescription pénale de plus longue durée applicable selon l'art. 60 al. 2 aCO, qui est d'éviter que le lésé ne puisse plus agir contre le responsable à un moment où ce dernier pourrait encore faire l'objet d'une procédure pénale. Or, en l'espèce, la prescription pénale absolue de sept ans et demi de l'art. 72 ch. 2 aCP était atteinte au plus tard le 30 novembre 2006; il serait dès lors absurde et choquant de faire partir un délai de prescription pénal de cinq ans à compter du 29 mai 2012, soit à une date où la procédure pénale avait définitivement pris fin et où il ne pouvait plus être question de prescription pénale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.1.</b> Dans sa réponse, l'intimé peut fonder ses conclusions en rejet du recours sur des motifs que l'autorité précédente n'a pas retenus, pour le cas où la motivation de la décision attaquée ne résisterait pas devant le Tribunal fédéral (arrêt 2C_738/2012 du 27 novembre 2012 consid. 1.2; cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-I-257%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page257">ATF 137 I 257</a> consid. 5.4; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-IV-56%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page56">135 IV 56</a> consid. 4.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-III-332%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page332">134 III 332</a> consid. 2.3; BERNARD CORBOZ, in Commentaire de la LTF, 2e éd. 2014, n° 34 ad art. 102). Le grief - suffisamment motivé (<span class="artref">art. 42 al. 2 LTF</span>) - est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.2.</b> Aux termes de l'<span class="artref">art. 134 al. 1 ch. 3 CO</span>, la prescription ne court point et, si elle avait commencé à courir, elle est suspendue à l'égard des créances des époux l'un contre l'autre, pendant le mariage. La prescription commence à courir, ou reprend son cours, dès l'expiration du jour où cessent les causes qui la suspendent (<span class="artref">art. 134 al. 2 CO</span>). </div> <div class="para">La recourante et l'intimé étaient mariés lors de l'accident du 29 mai 1999. Le délai de prescription n'a dès lors commencé de courir qu'à partir du jour où le jugement de divorce est devenu définitif et exécutoire, soit le 29 mai 2012. </div> <div class="para">Est en jeu le délai de prescription extraordinaire applicable aux créances découlant d'actes punissables, calculé selon l'<span class="artref">art. 60 al. 2 CO</span> dans sa version en vigueur jusqu'au 31 décembre 2019. Par exception aux principes posés à l'art. 60 al. 1 aCO, l'art. 60 al. 2 aCO prévoit que, si les dommages-intérêts dérivent d'un acte punissable soumis par les lois pénales à une prescription de plus longue durée, cette prescription s'applique à l'action civile. Le droit pénal ne sert qu'à déterminer le point de départ et la durée de la prescription de la prétention civile; pour le reste, les règles du droit civil s'appliquent (cf. <span class="artref">art. 127 ss CO</span>) (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F101-II-321%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page321">ATF 101 II 321</a> consid. 3). </div> <div class="para">En l'espèce, le délit de lésions corporelles graves par négligence (<span class="artref">art. 125 al. 2 CP</span>) retenu par le juge pénal à l'encontre de l'intimé se prescrivait par cinq ans selon l'ancien <span class="artref">art. 70 CP</span>, applicable en vertu de la <i>lex mitior</i> dès lors que l'infraction avait été commise avant l'entrée en vigueur de la nouvelle version de cette disposition le 1er octobre 2002. Si la recourante et l'intimé n'avaient pas été mariés, le délai de cinq ans, déterminant pour la prescription de l'action civile, aurait commencé de courir à partir du jour de l'accident. C'est donc ce délai qui, au sens de l'<span class="artref"><artref id="CH/220/134/2" type="start"></artref><artref id="CH/220/134/1" type="start"></artref>art. 134 al. 1 et 2 CO</span><artref id="CH/220/134/2" type="end"></artref><artref id="CH/220/2" type="end"></artref>, a été " empêché " de s'écouler durant le mariage et qui a pris son cours dès que le jugement de divorce est devenu définitif et exécutoire. </div> <div class="para">L'art. 60 al. 2 aCO tend à harmoniser la prescription du droit civil avec celle du droit pénal, dans l'idée qu'il serait choquant que le lésé ne puisse plus agir contre le responsable à un moment où celui-ci demeure exposé à une poursuite pénale (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-481%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page481">ATF 137 III 481</a> consid. 2.3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F131-III-430%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page430">131 III 430</a> consid. 1.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-III-538%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page538">127 III 538</a> consid. 4c). Eu égard à ce but, il n'y a certes, comme l'intimé le fait observer, aucune nécessité de faire partir un délai pénal de plus longue durée à un moment où la prescription pénale est acquise. Le Tribunal fédéral l'a reconnu en jugeant que les actes interruptifs de prescription au sens des <span class="artref"><artref id="CH/220/135" type="start"></artref>art. 135 ou 138 CO</span><artref id="CH/220/138" type="end"></artref> survenant après l'expiration de la prescription pénale ne pouvaient faire partir que le délai de prescription de droit civil de l'<span class="artref">art. 60 al. 1 CO</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F131-III-430%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page430">ATF 131 III 430</a> consid. 1.4). Cependant, la jurisprudence constante, fondée sur l'interprétation littérale de l'art. 60 al. 2 aCO, a été maintenue sur le principe lorsque l'acte interruptif se produit avant que la prescription de l'action pénale soit acquise: l'interruption de la prescription fait partir, en vertu de l'<span class="artref">art. 137 CO</span>, un nouveau délai égal à la durée initiale prévue par le droit pénal (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F131-III-430%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page430">ATF 131 III 430</a> consid. 1.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=21.01.2023&amp;to_date=09.02.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-III-538%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page538">127 III 538</a> consid. 4c et 4d). </div> <div class="para">Mutatis mutandis le même raisonnement peut être tenu en l'espèce. La condamnation pénale de l'intimé et la prescription pénale absolue intervenues pendant la durée du mariage sont sans incidence sur le délai de prescription applicable dès la fin de la cause de suspension, puisque la durée de ce délai est déterminée au jour de l'acte punissable, soit à un moment par définition antérieur à l'acquisition de la prescription pénale. </div> <div class="para">C'est dès lors bien un délai de cinq ans qui a commencé de courir à partir du 29 mai 2012, de sorte que la recourante a interrompu la prescription en déposant une réquisition de poursuite le 13 avril 2017. L'argumentation de l'intimé est mal fondée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.</b> </div> <div class="para">Sur le vu de ce qui précède, la cour cantonale a violé le droit fédéral en rejetant les actions de la recourante pour cause de prescription. En conséquence, il y a lieu d'annuler l'arrêt attaqué et de renvoyer la cause à l'autorité précédente pour la suite de la procédure. </div> <div class="para">Les intimés, qui succombent, prendront solidairement à leur charge les frais judiciaires (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/66/5" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/66/1" type="start"></artref>art. 66 al. 1 et 5 LTF</span><artref id="CH/173.110/66/5" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/5" type="end"></artref>) ainsi que les dépens à verser à la recourante (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/4" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/1" type="start"></artref>art. 68 al. 1, 2 et 4 LTF</span><artref id="CH/173.110/68/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/68/4" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/4" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est admis, l'arrêt attaqué est annulé et la cause est renvoyée à la Cour de justice du canton de Genève pour la suite de la procédure. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis solidairement à la charge des intimés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Les intimés, débiteurs solidaires, verseront à la recourante une indemnité de 2'500 fr. à titre de dépens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour de justice du canton de Genève, Chambre civile. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 25 janvier 2023 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Présidente : Jametti </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Godat Zimmermann </div> </div></body></html>