Lausanne, 10. Oktober 2019
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 26. September 2019 (6B_1188/2018)
Verurteilung aufgrund von Dashcam-Aufzeichnungen: Beschwerde von Fahrzeuglenkerin gutgeheissen
Das Bundesgericht hebt die Verurteilung einer Fahrzeuglenkerin auf, die auf Basis
der Dashcam-Aufzeichnungen eines anderen Verkehrsteilnehmers der mehrfachen
Verletzung der Verkehrsregeln schuldig gesprochen worden war. Als Beweismittel
fällt die Verwertung der in Missachtung des Datenschutzgesetzes erlangten Aufnahmen bereits deshalb ausser Betracht, weil es sich bei den fraglichen Verkehrsdelikten nicht um schwere Straftaten handelt. Ob eine beweismässige Verwertung der
Aufzeichnungen im Falle einer schweren Straftat zulässig wäre, hatte das Bundesgericht nicht zu entscheiden.
Die Betroffene war vom Bezirksgericht Bülach 2018 auf Basis der Dashcam-Aufzeichnungen eines anderen Verkehrsteilnehmers wegen mehrfacher, teilweise grober Verkehrsregelverletzung zu einer bedingten Geldstrafe sowie einer Busse von 4000  Franken verurteilt worden. Das Obergericht des Kantons Zürich bestätigte das Urteil.
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde der Frau gut und hebt das Urteil des Obergerichts auf. Die privaten Dashcam-Aufzeichnungen wurden in Missachtung des Datenschutzgesetzes (DSG) und damit rechtswidrig erlangt. Da die Erstellung von Aufnahmen
aus einem Fahrzeug heraus für andere Verkehrsteilnehmer nicht ohne weiteres erkennbar ist, handelt es sich um eine heimliche Datenverarbeitung im Sinne von Artikel 4
Absatz 4 DSG, die eine Persönlichkeitsverletzung darstellt. Die Strafprozessordnung
(StPO) enthält Bestimmungen zur Verwertbarkeit von Beweisen, die von staatlichen
Behörden rechtswidrig erlangt wurden. Nicht explizit geregelt wird in der StPO, wieweit
diese Beweisverbote auch greifen, wenn Private Beweismittel sammeln. Gemäss Rechtsprechung des Bundesgerichts dürfen von Privaten rechtswidrig erhobene Beweismittel
nur dann verwertet werden, wenn kumulativ zwei Voraussetzungen erfüllt sind: Einerseits wird verlangt, dass von Privaten erlangte Beweismittel von den Strafverfolgungsbehörden rechtmässig hätten erlangt werden können; andererseits muss eine Interessenabwägung für deren Verwertung sprechen. In Bezug auf Beweismittel, die von den
Strafverfolgungsbehörden rechtswidrig erhoben wurden, nimmt die StPO diese Interessenabwägung selber vor. Demnach dürfen solche Beweise nur dann verwertet werden,
wenn dies zur Aufklärung einer schweren Straftat unerlässlich ist. Es erscheint angemessen, den gleichen Massstab auch bei rechtswidrig erlangten Beweismitteln von
Privaten anzuwenden, zumal es aus Sicht der betroffenen Person keine Rolle spielt,
durch wen die Beweise erhoben wurden, mit denen sie im Strafverfahren konfrontiert
wird. Im vorliegenden Fall wurde das Verhalten der Automobilistin vom Obergericht teils
als einfache, teils als grobe Verletzung der Verkehrsregeln qualifiziert. Bei diesen Delikten handelt es sich um Übertretungen und Vergehen, die gemäss bundesgerichtlicher
Rechtsprechung nicht als schwere Straftaten im Sinne der StPO zu qualifizieren sind.
Die Interessenabwägung fällt damit gegen eine Verwertung der Aufnahmen als Beweis
aus. Offen bleiben kann unter diesen Voraussetzungen, ob auch die weitere für eine
Verwertung der fraglichen Aufnahmen erforderliche Bedingung erfüllt wäre, dass die
Aufzeichnungen von den Strafverfolgungsbehörden rechtmässig hätten erlangt werden
können. Lausanne, le 10 octobre 2019
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 26 septembre 2019 (6B_1188/2018)
Condamnation fondée sur les enregistrements d'une dashcam  : 
le recours de la conductrice est admis
Le Tribunal fédéral annule la condamnation d'une conductrice qui avait été reconnue
coupable de multiples violations des règles de la circulation routière sur la base des
enregistrements de la dashcam d'un autre usager de la route. L'exploitation, comme
moyen de preuve, des prises de vue obtenues en violation de la Loi sur la protection
des données, n'est pas admissible dès lors que les violations des règles de la circulation routière en question ne constituent pas des infractions graves. Le Tribunal
fédéral n'a pas dû trancher la question de savoir si une exploitation des enregistrements à titre de preuve aurait été licite en cas d'infractions graves.
L'intéressée avait été condamnée en 2018 par le Tribunal de district de Bülach à une
peine pécuniaire avec sursis ainsi qu'à une amende de 4000 francs pour de multiples
violations des règles de la circulation routière, pour partie graves, sur la base des
enregistrements de la dashcam d'un autre usager de la route. Le Tribunal cantonal du
canton de Zurich a confirmé le jugement.
Le Tribunal fédéral admet le recours de l'intéressée et annule le jugement du Tribunal
cantonal. Les enregistrements privés de la dashcam ont été obtenus en violation de la
Loi sur la protection des données (LPD), et donc de manière illégale. Puisque la réalisation de prises de vue depuis un véhicule n'est pas aisément reconnaissable pour les
autres usagers de la route, il s'agit d'un traitement secret de données au sens de
l'article 4 alinéa 4 LPD, constitutif d'une atteinte à la personnalité. Le Code de procédure
pénale (CPP) règle l'exploitabilité des preuves qui ont été obtenues illégalement par les
autorités publiques. Le CPP ne règle pas expressément la question de savoir dans
quelle mesure cette inexploitabilité s'applique également aux preuves recueillies par une
personne privée. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les moyens de preuve
collectés illégalement par des personnes privées ne peuvent être exploités que lorsque
les deux conditions cumulatives suivantes sont remplies  : en premier lieu, les moyens
de preuve collectés par une personne privée auraient pu être collectés de manière
légale par les autorités de poursuite pénales  ; en second lieu, une pesée des intérêts
doit pencher en faveur de leur exploitation. En rapport avec les moyens de preuve qui
ont été recueillis illégalement par les autorités de poursuite pénales, le CPP procède luimême à cette pesée des intérêts. Il en découle que de telles preuves ne peuvent être
exploitées que lorsqu'elles sont indispensables pour élucider des infractions graves. Il
apparaît approprié d'appliquer le même critère aux moyens de preuve obtenus illégalement par des personnes privées puisque, du point de vue de la personne concernée, il
est sans importance de savoir qui a collecté les preuves auxquelles elle est confrontée
dans le cadre de la procédure pénale. Dans le cas d'espèce, le Tribunal cantonal a
qualifié le comportement de l'automobiliste en partie de violations simples, et en partie
de violations graves des règles de la circulation routière. Ces infractions constituent des
contraventions et des délits, que la jurisprudence du Tribunal fédéral ne qualifie pas
d'infractions graves au sens du CPP. La pesée des intérêts va ainsi à l'encontre d'une
exploitabilité des prises de vue en tant que preuves. Dans ces circonstances, la
question de savoir si la condition supplémentaire permettant l'exploitabilité des prises de
vue en cause était remplie, soit que les enregistrements auraient pu être collectés
légalement par les autorités de poursuite pénales, peut rester ouverte.