<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2018-10-05-1B_455-2018.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1B_455/2018</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 5 octobre 2018</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit public</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux Merkli, Président, </div> <div class="para">Eusebio et Chaix. </div> <div class="para">Greffier : M. Kurz. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représenté par Me Andrés Perez, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public de la République et canton de Genève. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Procédure pénale; révocation de la nomination d'avocat d'office, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre pénale de recours, du 31 août 2018 (P/857/2017, ACPR/486/2018). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Par ordonnance du 27 mars 2018, le Ministère public du canton de Genève a désigné Me A.________ comme avocat d'office de B.________, prévenu notamment d'escroquerie et d'obtention illicite de prestations d'une assurance sociale. Lors d'une audience de confrontation avec un co-prévenu, le Ministère public a relevé l'existence d'un conflit d'intérêts dans la mesure où le co-prévenu était défendu par l'ancien associé de Me A.________. Par ordonnance du 29 juin 2018 (après avoir, le 22 juin précédent, révoqué l'avocat du co-prévenu) le Ministère public a révoqué Me A.________ en qualité de défenseur d'office et l'a relevé de sa mission. </div> <div class="para">Me A.________ a saisi la Chambre pénale de recours de la Cour de justice genevoise d'un recours contre cette révocation. Par arrêt du 31 août 2018, la Chambre pénale de recours a déclaré le recours irrecevable: le 6 juillet 2018, le prévenu avait fait savoir qu'il ne désirait plus être représenté par Me A.________; celui-ci avait précisé, dans son recours, qu'il renonçait à sa nomination d'office, n'ayant plus la confiance dans son client. Le recourant n'avait donc plus d'intérêt actuel et juridique à l'admission de son recours puisqu'il n'avait pas l'intention de reprendre le mandat litigieux. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">A.________ forme un recours en matière pénale contre ce dernier arrêt. Il en demande l'annulation ainsi que le renvoi de la cause à la cour cantonale pour nouvelle décision sur le fond. </div> <div class="para">Il n'a pas été demandé de réponse. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Le recourant se plaint d'arbitraire en rapport avec l'<span class="artref">art. 382 CPP</span>. Il relève que la jurisprudence reconnaît à l'avocat d'office un intérêt juridique à recourir contre une révocation de son mandat et estime que sa qualité pour agir ne pouvait pas être reconnue de manière plus restrictive, conformément à l'<span class="artref">art. 111 LTF</span>. En dépit de la perte de confiance de son client, il conservait un intérêt à contester sa révocation afin d'écarter toute prétention de son ancien mandant et de déterminer s'il convient d'agir en responsabilité contre l'Etat ou contre l'avocat du co-prévenu. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> Une décision n'est pas arbitraire, au sens de l'<span class="artref">art. 9 Cst.</span>, du seul fait qu'elle apparaît discutable ou même critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais aussi dans son résultat. Tel est le cas lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément propre à modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=17&amp;from_date=24.09.2018&amp;to_date=13.10.2018&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-IV-500%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page500">ATF 143 IV 500</a> consid. 1.1 p. 503 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.3.</b> La cour cantonale n'a pas nié par principe la qualité du recourant pour contester sa révocation. Elle s'est fondée sur la propre déclaration de celui-ci selon laquelle il renonçait à sa nomination d'office. Conformément au principe de la bonne foi (<span class="artref">art. 5 al. 3 Cst.</span>), les déclarations d'une partie en justice doivent être interprétées selon le sens que l'on peut raisonnablement leur prêter et sans s'arrêter aux formulations manifestement inexactes (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=17&amp;from_date=24.09.2018&amp;to_date=13.10.2018&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-IA-56%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page56">ATF 116 Ia 56</a> consid. 3b p. 58; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=17&amp;from_date=24.09.2018&amp;to_date=13.10.2018&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F113-IA-94%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page94">113 Ia 94</a> consid. 2 p. 96 ss et les références). En tant qu'avocat, le recourant pouvait s'attendre à ce que la renonciation explicite à son mandat d'office soit interprétée dans le sens qu'il n'avait pas d'intérêt à contester sa révocation, laquelle constituait le seul objet du recours. L'éventualité d'une action en responsabilité - qui peut faire, le cas échéant, l'objet d'une procédure distincte et que le recourant n'avait d'ailleurs pas évoquée dans son recours cantonal - ne suffit pas à lui reconnaître un intérêt à recourir. </div> <div class="para">L'arrêt attaqué n'est dès lors aucunement arbitraire sur ce point et le recours apparaît manifestement mal fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.4.</b> Le recours ayant été déclaré irrecevable à juste titre, il n'y a pas lieu d'examiner le grief relatif au droit de consulter le dossier de la procédure. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Sur le vu de ce qui précède, le recours est rejeté, selon la procédure simplifiée de l'<span class="artref">art. 109 al. 2 let. a LTF</span>. Conformément à l'<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>, les frais judiciaires sont mis à la charge du recourant qui succombe. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 1'000 fr., sont mis à la charge du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué au recourant, au Ministère public de la République et canton de Genève et à la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre pénale de recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 5 octobre 2018 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit public </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Merkli </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Kurz </div> </div></body></html>