<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp313488"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>137 IV 180<br/><br/><br/><div class="paraatf">26. Extrait de l'arrêt de la Ire Cour de droit public dans la cause A. contre Ministère public du canton de Genève (recours en matière pénale)</div> <div class="paraatf">1B_222/2011 du 1er juin 2011</div> <a name="idp315088"></a> <a name="idp323904"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Dauer der Sicherheitshaft; <span class="artref">Art. 229 Abs. 3 StPO</span>. <div class="paratf">Auslegung von <span class="artref">Art. 229 Abs. 3 StPO</span> nach seinem Wortlaut; dieser verweist auf die analoge Anwendung der <span class="artref"><artref id="CH/312.0/225" type="start"></artref>Art. 225-227 StPO</span><artref id="CH/312.0/227" type="end"></artref>. Mit oder ohne vorbestehende Untersuchungshaft darf die Sicherheitshaft für längstens 3 Monate (in Ausnahmefällen für 6 Monate) bewilligt bzw. verlängert werden (E. 3.5). </div> </div> </div> <a name="idp332192"></a> <br/><div> <a name="idp340608"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 181</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page181"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 180 S. 181</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp342272"></a><span class="bold">A. </span>A. se trouve en détention provisoire depuis le 18 octobre 2010, sous l'inculpation d'infractions à l'art. 19 ch. 1 et 2 de la loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants et les substances psychotropes (loi sur les stupéfiants, LStup; RS 812.121). Il lui est reproché en substance d'avoir importé de France une quantité nette de 3,172 kg de cocaïne, agissant de concert avec son frère.</div> <div class="paraatf">La détention provisoire du prénommé a été régulièrement prolongée par la Chambre d'accusation de la Cour de justice du canton de Genève, puis par le Tribunal des mesures de contrainte, en raison notamment des risques de fuite et de réitération.</div> <div class="paraatf">Le 8 mars 2011, le Ministère public du canton de Genève (ci-après: le Ministère public) a saisi le Tribunal correctionnel du canton de Genève d'un acte d'accusation, afin que le prénommé et son frère soient jugés du chef de violation grave à la LStup. Par ordonnance du 15 mars 2011, le Tribunal des mesures de contrainte a ordonné la mise en détention pour des motifs de sûreté des précités, sans en indiquer la durée. Il a estimé que, contrairement à la détention provisoire, la détention pour des motifs de sûreté n'était pas soumise à un contrôle périodique, précisant à cet égard que le prévenu pouvait en tout temps demander sa mise en liberté. Par arrêt du 5 avril 2011, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: la Chambre pénale de recours) a rejeté le recours formé par A. contre cette ordonnance. Elle a considéré en substance que la détention pour des motifs de sûreté pouvait être prononcée sans limitation de durée.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp347232"></a><span class="bold">B. </span>Agissant par la voie du recours en matière pénale, A. demande principalement au Tribunal fédéral d'annuler cet arrêt et d'ordonner sa mise en détention pour des motifs de sûreté pour une durée déterminée d'un mois au plus. Il conclut subsidiairement au renvoi de la cause à l'instance précédente pour nouvelle décision au sens des considérants. Il requiert en outre l'assistance judiciaire. (...)</div> <div class="paraatf">Le Tribunal fédéral a admis le recours, annulé l'arrêt attaqué et renvoyé la cause à la Chambre pénale de recours, en particulier afin qu'elle fixe en l'espèce une durée maximale de détention pour des motifs de sûreté.</div> <div class="paraatf"> <i>(extrait)</i> </div> <br/><div> <a name="idp188912"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp189872"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span>Le recourant ne remet pas en cause le bien-fondé de sa détention pour des motifs de sûreté et ne requiert pas sa mise en liberté. Il <a name="page182"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 180 S. 182</div>demande uniquement que sa détention pour des motifs de sûreté soit ordonnée pour une durée déterminée d'un mois au plus. Il se prévaut à cet égard d'une violation de l'<span class="artref">art. 31 al. 1 Cst.</span> par la mauvaise application de l'<span class="artref">art. 229 al. 3 let. b CPP</span> (RS 312.0) en relation avec l'<span class="artref">art. 227 al. 7 CPP</span>. Il prétend que cette dernière disposition est applicable à la procédure de détention pour des motifs de sûreté lorsqu'il y a eu une détention provisoire préalable (en vertu du renvoi prévu à l'<span class="artref">art. 229 al. 3 let. b CPP</span>).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp381360"></a><span class="bold" id="consideration_3.1">3.1 </span>Une mesure de détention provisoire ou pour des motifs de sûreté n'est compatible avec la liberté personnelle (<span class="artref">art. 10 al. 2 Cst.</span> et <span class="artref">art. 5 CEDH</span>) que si elle repose sur une base légale (<span class="artref">art. 31 al. 1 et <artref id="CH/101/36/1" type="start"></artref>art. 36 al. 1 Cst.</span><artref id="CH/101/31/1" type="end"></artref>). Elle doit en outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (<span class="artref"><artref id="CH/101/36/3" type="start"></artref><artref id="CH/101/36/2" type="start"></artref>art. 36 al. 2 et 3 Cst.</span><artref id="CH/101/36/3" type="end"></artref><artref id="CH/101/3" type="end"></artref>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=16&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F123-I-268%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page268">ATF 123 I 268</a> consid. 2c p. 270). </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp395616"></a><span class="bold" id="consideration_3.2">3.2 </span>La détention pour des motifs de sûreté commence lorsque l'acte d'accusation est notifié au tribunal de première instance et s'achève lorsque le jugement devient exécutoire, que le prévenu commence à purger sa sanction privative de liberté ou qu'il soit libéré (<span class="artref">art. 220 al. 2 CPP</span>). Avec le dépôt de l'acte d'accusation, la maîtrise de la procédure passe du ministère public au tribunal de première instance, plus précisément à la direction de la procédure de ce dernier (<span class="artref"><artref id="CH/312.0/61" type="start"></artref>art. 61 et 328 CPP</span><artref id="CH/312.0/328" type="end"></artref>; Message du 21 décembre 2005 relatif à l'unification du droit de la procédure pénale [FF 2006 1215 s. ch. 2.5.3.6; ci-après: le Message]) et la détention provisoire prend légalement fin (<span class="artref">art. 220 al. 1 CPP</span>). La distinction entre la détention provisoire et la détention pour des motifs de sûreté permet de discerner le stade de la procédure auquel la détention est ordonnée ou exécutée.</div> <div class="paraatf">La détention provisoire peut initialement être ordonnée pour une durée non limitée (<span class="artref">art. 226 al. 4 let. a CPP</span>). Dans ce cas cependant, la demande de prolongation doit être présentée par le ministère public dans les trois mois suivant le début de la détention (<span class="artref">art. 227 al. 1 CPP</span>). Par la suite, la détention provisoire peut être prolongée à chaque fois de trois mois au plus, exceptionnellement de six mois au plus (<span class="artref">art. 227 al. 7 CPP</span>). La procédure relative à la détention pour des motifs de sûreté est régie par l'<span class="artref">art. 229 CPP</span>, dont l'interprétation de l'alinéa 3 fait l'objet du présent litige.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp412480"></a><span class="bold" id="consideration_3.3">3.3 </span>L'<span class="artref">art. 229 al. 3 CPP</span> qui traite de la décision ordonnant la détention pour des motifs de sûreté prévoit que:</div> <div class="paraatf citation">sont applicables par analogie à la procédure devant le tribunal des mesures de contrainte: <a name="page183"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 180 S. 183</div> </div> <div class="paraatf citation">a. les art. 225 et 226, lorsqu'il n'y a pas eu de détention provisoire préalable;</div> <div class="paraatf citation">b. l'art. 227, lorsqu'il y a eu détention provisoire préalable.</div> <div class="paraatf">L'<span class="artref">art. 225 CPP</span> régit la procédure de détention devant le tribunal des mesures de contrainte. Il a la teneur suivante:</div> <div class="paraatf citation"> <sup>1</sup> Immédiatement après la réception de la demande du ministère public, le tribunal des mesures de contrainte convoque le ministère public, le prévenu et son défenseur à une audience à huis clos; il peut astreindre le ministère public à y participer.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>2</sup> Le tribunal des mesures de contrainte accorde sur demande et avant l'audience au prévenu et à son défenseur le droit de consulter le dossier en sa possession.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>3</sup> Celui qui, pour des motifs valables, ne se présente pas à l'audience peut déposer des conclusions écrites ou renvoyer à des écrits précédents.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>4</sup> Le tribunal des mesures de contrainte recueille les preuves immédiatement disponibles susceptibles de confirmer ou d'écarter les soupçons et les motifs de détention.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>5</sup> Si le prévenu renonce expressément à une audience orale, le tribunal des mesures de contrainte statue par écrit sur la base de la demande du ministère public et des indications du prévenu.</div> <div class="paraatf">L'art. 226 dispose que:</div> <div class="paraatf citation"> <sup>1</sup> Le tribunal des mesures de contrainte statue immédiatement, mais au plus tard dans les 48 heures suivant la réception de la demande.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>2</sup> Il communique immédiatement et verbalement sa décision au ministère public, au prévenu et à son défenseur, ou par écrit si ceux-ci sont absents. La décision leur est en outre notifiée par écrit et brièvement motivée.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>3</sup> S'il ordonne la détention provisoire, le tribunal des mesures de contrainte attire l'attention du prévenu sur le fait qu'il peut en tout temps présenter une demande de mise en liberté</div> <div class="paraatf citation"> <sup>4</sup> Dans sa décision, il peut:</div> <div class="paraatf citation">a. fixer la durée maximale de la détention provisoire;</div> <div class="paraatf citation">b. astreindre le ministère public à procéder à certains actes de procédure;</div> <div class="paraatf citation">c. ordonner une mesure de substitution en lieu et place de la détention provisoire.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>5</sup> Si le tribunal des mesures de contrainte n'ordonne pas la détention provisoire, le prévenu est immédiatement mis en liberté.</div> <div class="paraatf">Quant à l'<span class="artref">art. 227 CPP</span>, il porte sur la prolongation de la détention provisoire et prévoit que:</div> <div class="paraatf citation"> <sup>1</sup> A l'expiration de la durée de la détention provisoire fixée par le tribunal des mesures de contrainte, le ministère public peut demander la <a name="page184"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 180 S. 184</div>prolongation de la détention. Si la durée de la détention n'est pas limitée, la demande doit être présentée dans les trois mois suivant le début de la détention.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>2</sup> Le ministère public transmet au tribunal des mesures de contrainte la demande de prolongation écrite et motivée, au plus tard quatre jours avant la fin de la période de détention, et y joint les pièces essentielles du dossier.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>3</sup> Le tribunal des mesures de contrainte accorde au détenu et à son défenseur le droit de consulter le dossier en sa possession et leur impartit un délai de trois jours pour s'exprimer par écrit sur la demande de prolongation.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>4</sup> Il peut ordonner une prolongation de la détention provisoire jusqu'à ce qu'il ait statué.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>5</sup> Le tribunal des mesures de contrainte statue au plus tard dans les cinq jours qui suivent la réception de la réplique ou l'expiration du délai fixé à l'al. 3. Il peut astreindre le ministère public à procéder à certains actes de procédure ou ordonner une mesure de substitution.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>6</sup> En règle générale, la procédure se déroule par écrit; toutefois, le tribunal des mesures de contrainte peut ordonner une audience; celle-ci se déroule à huis clos.</div> <div class="paraatf citation"> <sup>7</sup> La détention provisoire peut être prolongée plusieurs fois, chaque fois de trois mois au plus et, dans des cas exceptionnels, de six mois au plus.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp454144"></a><span class="bold" id="consideration_3.4">3.4 </span>La loi s'interprète en premier lieu selon sa lettre (interprétation littérale). Si le texte n'est pas absolument clair, si plusieurs interprétations sont possibles, il convient de rechercher quelle est la véritable portée de la norme, en la dégageant de tous les éléments à considérer, soit notamment des travaux préparatoires (interprétation historique), du but de la règle, de son esprit, ainsi que des valeurs sur lesquelles elle repose, singulièrement de l'intérêt protégé (interprétation téléologique) ou encore de sa relation avec d'autres dispositions légales (interprétation systématique; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=16&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-III-283%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page283">ATF 136 III 283</a> consid. 2.3.1 p. 284; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=16&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-II-416%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page416">ATF 135 II 416</a> consid. 2.2 p. 418; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=16&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-I-184%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page184">ATF 134 I 184</a> consid. 5.1 p. 193 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral ne privilégie aucune méthode d'interprétation, mais s'inspire d'un pluralisme pragmatique pour rechercher le sens véritable de la norme; il ne se fonde sur la compréhension littérale du texte que s'il en découle sans ambiguïté une solution matériellement juste (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=16&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-II-243%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page243">ATF 135 II 243</a> consid. 4.1 p.; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=16&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-III-175%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page175">ATF 133 III 175</a> consid. 3.3.1 p. 178; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=16&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-V-57%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page57">ATF 133 V 57</a> consid. 6.1 p. 61).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp468960"></a><span class="bold" id="consideration_3.5">3.5 </span>Il résulte d'une interprétation littérale de l'<span class="artref">art. 229 al. 3 let. b CPP</span> (en lien avec l'<span class="artref">art. 227 al. 7 CPP</span>) que le tribunal des mesures de contrainte peut ordonner une détention pour des motifs de sûreté <a name="page185"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 180 S. 185</div>de trois mois au plus (voire de six mois au plus dans des cas exceptionnels), lorsqu'il y a eu détention provisoire préalable. Lorsqu'il n'y a pas eu de détention provisoire préalable, l'<span class="artref">art. 229 al. 3 let. a CPP</span> renvoie à la procédure prévue par les <span class="artref"><artref id="CH/312.0/225" type="start"></artref>art. 225 et 226 CPP</span><artref id="CH/312.0/226" type="end"></artref>. La durée maximale à laquelle le tribunal des mesures de contrainte peut fixer la détention provisoire au sens de l'<span class="artref">art. 226 al. 4 let. a CPP</span> résulte de l'<span class="artref">art. 227 al. 1 CPP</span> et est également de trois mois (Message p. 1213; MARKUS HUG, in Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung, Donatsch/Hansjakob/Lieber [éd.], 2010, n° 10 ad <span class="artref">art. 226 CPP</span>; NIKLAUS SCHMID, Praxiskommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2009, n° 7 ad <span class="artref">art. 226 CPP</span>; DANIEL LOGOS, in Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, 2011, n° 17 ad <span class="artref">art. 226 CPP</span>). Ainsi, qu'il y ait eu ou non détention provisoire préalable, la détention pour des motifs de sûreté doit être fixée pour une durée maximale de trois mois (ou exceptionnellement de six mois), à chaque fois renouvelable.</div> <div class="paraatf">L'argumentation de l'instance précédente qui considère qu'il y a une différence de traitement en matière de détention pour des motifs de sûreté, selon qu'il y a eu ou non détention provisoire préalable, méconnaît le fait que l'<span class="artref">art. 226 al. 4 let. a CPP</span> est à lire en parallèle avec l'<span class="artref">art. 227 al. 1 CPP</span>. La Chambre pénale de recours ne peut donc en déduire que le tribunal des mesures de contrainte serait obligé de "contrôler périodiquement, soit chaque trois ou six mois, la détention pour des motifs de sûreté du prévenu qui a déjà subi un tel contrôle dans le cadre de sa détention provisoire préalable et [ne pas contrôler] périodiquement la détention à titre de sûreté du prévenu qui n'a pas été détenu préalablement à titre provisoire".</div> <div class="paraatf">Certains auteurs estiment que malgré le renvoi de l'<span class="artref">art. 229 al. 3 CPP</span> aux art. 225 à 227 CPP, la détention pour des motifs de sûreté est prononcée pour une durée qui n'est pas limitée (GOLDSCHMID/MAURER/SOLLBERGER, Kommentierte Textausgabe zur Schweizerischen Strafprozessordnung, 2008, p. 219; SCHMID, op. cit., n° 3 ad <span class="artref">art. 229 CPP</span>; LOGOS, op. cit., 2011, n° 17 ad <span class="artref">art. 229 CPP</span>). La raison en est que la détention pour des motifs de sûreté n'est appelée à durer, sous réserve d'une mise en liberté (<span class="artref"><artref id="CH/312.0/230" type="start"></artref>art. 230 ou 233 CPP</span><artref id="CH/312.0/233" type="end"></artref>), que jusqu'aux débats, voire jusqu'au moment de l'exécution du jugement (<span class="artref">art. 440 CPP</span>).</div> <div class="paraatf">S'il est vrai qu'a priori les débats devraient avoir lieu à brève échéance, une fois l'acte d'accusation déposé, tel n'est cependant pas toujours le cas dans la pratique. Ce seul argument n'est dès lors pas <a name="page186"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 IV 180 S. 186</div>suffisant pour s'écarter de l'interprétation littérale claire de l'<span class="artref">art. 229 al. 3 CP</span> et de l'application analogique qu'il impose (dans ce sens: MARC FORSTER, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2011, n° 6 ad <span class="artref">art. 229 CPP</span>). Ce d'autant moins que le Message ne paraît pas suggérer une autre interprétation. Le législateur ne semble pas avoir voulu traiter différemment sur ce point la détention pour des motifs de sûreté de la détention provisoire. Si la distinction entre ces deux détentions permet de discerner le stade de la procédure auquel la détention est ordonnée ou exécutée, la nature de la détention demeure la même. Dès lors, un contrôle périodique de l'adéquation aux principes de célérité et de proportionnalité de la détention pour des motifs de sûreté, tout comme de la détention provisoire, doit pouvoir être opéré par le tribunal des mesures de contrainte et ce, même si l'inculpé a en principe la possibilité de solliciter en tout temps sa mise en liberté.</div> </div></body></html>