<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. C.P. , né en 1977, fils de D.P., a fréquenté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Ecole supérieure de commerce de Neuchâtel du 2 août 1994 au 4 juillet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, date à laquelle il a obtenu son diplôme. Ses parents étant domici-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liés à Berne, il était tenu à un écolage qui, pour l'année scolaire 1996-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, n'a été que partiellement payé. Par lettre recommandée du 20 no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vembre 1997, l'école susmentionnée a réclamé à D.P. paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de 3'920 francs. L'intéressé ne s'en est pas acquitté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par le conseil communal, la Ville de Neuchâtel ouvre action le 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mars 1998 devant le Tribunal administratif contre D.P. . Elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait valoir que l'Ecole supérieure de commerce est un établissement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public ne possédant pas la personnalité juridique et que ses usagers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont liés avec la commune par un contrat de droit public. La demanderesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut à ce que D.P. soit condamné à lui payer 1'020 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus intérêts à 5 % dès le 1er décembre 1996 et 2'900 francs plus intérêts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 5 % dès le 21 avril 1997, sous suite de frais et dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le défendeur n'a pas mis à profit le délai de 20 jours qui lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait été imparti pour déposer sa réponse, pas plus qu'il n'a réagi au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveau délai de 10 jours que le Tribunal administratif lui avait fixé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">péremptoirement au même effet par lettre du 24 avril 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le Tribunal administratif connaît en instance unique des actions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondées sur le droit administratif et portant en particulier sur des pres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tations découlant de contrats de droit public (art.58 litt.b LPJA). Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convient d'examiner si, en l'espèce, les prétentions de la demanderesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constituent de telles prestations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Le contrat de droit public est caractérisé par deux éléments</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principaux : la nature de droit public de son objet et l'aspect contrac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuel des relations qu'il crée (Schaer, Juridiction administrative neuchâ-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teloise, p.212 et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Il ne fait pas de doute que l'écolage prétendu par la commune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la présente cause relève du droit public. En effet, l'Ecole supé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieure de commerce de Neuchâtel, mentionnée à l'article 2 al.1 litt.d de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la loi sur l'enseignement secondaire supérieur (RSN 410.131), est soumise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à cette loi. Selon celle-ci, la fréquentation de l'Ecole supérieure de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commerce est en principe gratuite pour les élèves dont les parents sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domiciliés dans le canton. Les élèves dont les parents sont domiciliés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hors du canton, ou à l'étranger, paient, en revanche, un écolage (art.20</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 et 2) dont le montant est fixé par le Conseil d'Etat (art.36 al.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dès août 1996, l'écolage annuel est de 5'500 francs pour les élèves dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les parents sont domiciliés dans un autre canton (art.2, 3, 4 de l'arrêté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du Conseil d'Etat du 25.10.1995 concernant les écolages dans les écoles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publiques du canton; RSN 410.610). La Ville de Neuchâtel est autorisée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">percevoir un supplément annuel de 300 francs (arrêté du Conseil d'Etat du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">11.11.1981 concernant les écolages et finances de cours perçus par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ville de Neuchâtel; RSN 410.610.2). Cette commune a en outre adopté le 15</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin 1987 un règlement des écolages qui, en particulier pour la section de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diplôme de l'Ecole supérieure de commerce, reprend les montants ci-dessus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionnés (art.10). Selon ce règlement, l'administration de l'école est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chargée de leur perception (art.6). Le conseil communal peut accorder des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réductions et des exonérations (art.5). Ce conseil ainsi que les commis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sions d'école respectives sont chargés de l'exécution dudit règlement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.20).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Si c'est donc bien le droit public qui régit l'objet du pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sent litige, on ne peut en revanche qualifier de contractuelles les rela-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions qui sont créées entre l'école en question et les élèves qui la fré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quentent, respectivement les parents de ces derniers. Ces relations s'ins-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">crivent en effet dans un régime unilatéral. Les programmes de l'école sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">définis par les lois et règlements ou par l'administration. Les résultats</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obtenus par les élèves sont jugés par l'école définitivement, sous la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seule réserve d'un recours. De plus, comme on vient de le voir, ce sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les droits cantonal et communal qui fixent l'écolage, lequel apparaît</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme un émolument ou une taxe d'utilisation (ATF 104 Ia 113 cons.4a). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relations entre l'Ecole supérieure de commerce et ses usagers ne sont donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas fondés sur une manifestation réciproque et concordante de la volonté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des intéressés (sur ces questions v. Moor, Droit administratif, t.III,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.349-350). La comparaison que la demanderesse fait avec les créances des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hôpitaux publics n'est pas pertinente puisque les rapports entre les pa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tients et ces établissements sont de nature bilatérale et relèvent claire-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment du contrat de droit public ou administratif (RJN 1995, p.271 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Il suit de ce qui précède que la voie de l'action de droit admi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nistratif n'est pas ouverte en l'espèce puisque le litige ne ressortit pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à des prestations découlant d'un contrat de droit public au sens de l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 58 litt.b LPJA. D'ailleurs, il découle des textes légaux et régle-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentaires ci-dessus mentionnés qu'il incombe à l'autorité, dans cette ma-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tière, de prendre des décisions susceptibles d'entrer en force et qui sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">attaquables par voie de recours. Ainsi est-il prévu que le Département de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'instruction publique et des affaires culturelles statue dans les cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">spéciaux (art.4 al.2 de l'arrêté RSN 410.610 précité; v. aussi RJN 1992,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.166). De même, le Conseil communal de Neuchâtel a-t-il le pouvoir d'ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">corder des réductions ou des exonérations selon l'article 5 du règlement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des écolages. Il appartient par conséquent à l'une des autorités mention-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nées à l'article 20 dudit règlement de rendre, en la présente cause, une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision susceptible de recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La Cour de céans ne peut donc pas entrer en matière sur l'action</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit administratif qui lui est soumise.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Il est statué sans frais puisque les autorités communales qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">succombent n'en paient pas (art.47 al.2 LPJA). Il n'y a en outre pas lieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à allocation de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Déclare la demande irrecevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais ni dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 11 juin 1998</span></p> </div></body></html>