<h2>SubmittedText<h2><p>En investissant l'ambassade suisse à Djakarta, quatre personnes ont voulu attirer l'attention sur la situation précaire dans laquelle se trouvent les chrétiens en Indonésie. Les "guerriers saints" ont, en effet, lancé une nouvelle vague de violence et de persécutions à l'encontre des membres de la communauté chrétienne du pays. On sait, de source sûre, que des hommes, des femmes et des enfants ont été victimes d'effroyables atrocités au cours des derniers mois. Une photo nous montre un "guerrier du djihad" brandissant la tête d'un chrétien au bout d'un bâton, et, à ses côtés, des soldats indonésiens en uniforme manifestant ouvertement leur soutien. Pourtant, l'écho médiatique de ces événements a été faible.</p><p>Eu égard à cette situation, je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Auprès de quelles instances gouvernementales le Conseil fédéral est-il intervenu ?</p><p>2. Est-il possible d'exercer des pressions économiques et politiques afin d'améliorer la situation ?</p><p>3. Quelle est l'étendue de l'engagement humanitaire suisse dans cette région en crise ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1. Hormis les cas d'entretiens au niveau ministériel ou présidentiel (les derniers en date, avec l'Indonésie, ont eu lieu à Berne en janvier et avril 2000), les contacts entre le Conseil fédéral et les autorités indonésiennes se font entre le DFAE et l'ambassade d'Indonésie à Berne, ou entre notre                                                     ambassade à Djakarta et le Ministère indonésien des affaires étrangères. Le détail des démarches et entretiens bilatéraux n'est en règle générale pas rendu public par le DFAE. Dans des cas comme celui des persécutions de chrétiens en Indonésie, qui a été abordé avec les autorités indonésiennes, les contacts du DFAE ne se limitent du reste pas aux interlocuteurs officiels ; les démarches de la Suisse sont préparées autant que possible par des consultations de représentants des intéressés, d'organisations qui défendent leurs droits ou d'États partageant les préoccupations de la Suisse. Cette concertation a lieu en Suisse également : ainsi, par exemple, le sujet de la situation des chrétiens en Indonésie a été abordé en septembre lors d'une rencontre du chef du DFAE avec la Fédération des Églises protestantes de Suisse.</p><p>2. Le choix des instruments les plus efficaces en cas de violations graves des droits d'une minorité réclame une vue d'ensemble et une pesée des intérêts (cf. réponse du Conseil fédéral au postulat Bäumlin). Le recours à des sanctions ou à des pressions peut se retourner contre la minorité qu'il s'agit de protéger, car "des interventions intempestives de pays occidentaux peuvent accroître le sentiment de défiance du gouvernement ou de la société à l'égard de communautés parfois décriées comme 'importées', dans un contexte colonial notamment, et comme ne faisant pas légitimement partie de la communauté nationale" (cf. réponse du Conseil fédéral à l'interpellation Studer 00.3115, question 8). D'éventuelles sanctions ou pressions vis-à-vis de l'Indonésie, pour aller dans le sens voulu, devraient être bien ciblées et faire l'objet d'une action commune d'un groupe significatif d'États. Dans l'immédiat, la Suisse privilégie la voie diplomatique et étudie parallèlement le recours à des mesures positives visant à favoriser sur le terrain le rétablissement de la paix confessionnelle. </p><p>3. Concernant le Timor oriental, la Suisse a versé 1,5 million de francs à des organisations humanitaires internationales (CICR, HCR, Programme alimentaire mondial); elle a, en outre, soutenu financièrement la force de paix internationale (Interfret) à hauteur de 500 000 francs. Une somme de 200 000 francs a été allouée à l'Untaet, l'administration transitoire de l'ONU pour le Timor oriental. </p><p>Concernant le territoire indonésien et en particulier le Timor occidental, Caritas a reçu au titre de l'aide humanitaire une somme de 37 000 francs pour un projet de reconstruction à Oecussi/Ambeno, enclave habitée par des Est-Timorais. Parmi les projets et activités soutenus, on peut encore relever le cas des Célèbes (Sulawesi central), théâtre de graves violences interconfessionnelles dont a particulièrement souffert la minorité chrétienne ; là, la Suisse a apporté une assistance en faveur des personnes déplacées (achat de vivres et de médicaments pour un dispensaire géré par la communauté chrétienne). D'autres mesures d'assistance, notamment dans les Moluques, sont actuellement à l'étude. (Parmi les problèmes humanitaires qui affectent l'Indonésie, il y a enfin aussi le séisme de juin passé, à Sumatra, où la Suisse a également apporté une aide.)</p>  Réponse du Conseil fédéral.