<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">8G.84/2002 /rod </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 23 août 2002 </div> <div class="para">Chambre d'accusation </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Les juges fédéraux Nay, vice-président, </div> <div class="para">Raselli, Fonjallaz, </div> <div class="para">greffier Fink. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">plaignant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public de la Confédération, Taubenstrasse 16, </div> <div class="para">3003 Berne. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">ordonnance de ne pas donner suite (violation de l'<span class="artref">art. 270 CP</span>), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">plainte du 30 juillet 2002. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Le 13 juillet 2002, X.________ a dénoncé au Ministère public de la Confédération (abrégé MPC) un spectacle. Le dénonciateur reproche au metteur en scène d'inviter les citoyens suisses à des actes "antinationalistes" tels que celui de brûler leur passeport. Il y aurait là une incitation publique à porter atteinte aux emblèmes nationaux réprimée à l'<span class="artref">art. 270 CP</span>. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Par une ordonnance du 24 juillet 2002, le MPC a refusé de donner suite à la dénonciation (<span class="artref">art. 100 al. 3 PPF</span>). La voie de recours prévue à l'art. 105bis al. 1 et 2 en liaison avec les <span class="artref">art. 214 ss PPF</span> a été indiquée au bas de l'ordonnance. </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">Le 30 juillet 2002, le dénonciateur a saisi la Chambre d'accusation du Tribunal fédéral d'un "recours" contre l'ordonnance du 24 juillet 2002. En bref, il estime que l'infraction à l'<span class="artref">art. 270 CP</span> est réalisée et que cette disposition ne contient aucune réserve ou exception pour les créations artistiques, contrairement au motif indiqué par le MPC. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Chambre considère en droit: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">1.1 Selon l'<span class="artref"><artref id="CH/312.0/100/2" type="start"></artref><artref id="CH/312.0/100/1" type="start"></artref>art. 100 al. 1 et 2 PPF</span><artref id="CH/312.0/100/2" type="end"></artref><artref id="CH/312.0/2" type="end"></artref>, chacun a qualité pour dénoncer les infractions poursuivies d'office en vertu de la législation fédérale; les dénonciations sont adressées au MPC ou à un agent de la police judiciaire. S'il n'existe pas de motif d'ouvrir une enquête, le procureur général décide de ne donner aucune suite à la dénonciation (<span class="artref">art. 100 al. 3 PPF</span> en vigueur dès le 1er janvier 2002). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Aux termes de l'<span class="artref">art. 105bis al. 2 PPF</span> (en vigueur dès le 1er janvier 2002), les opérations et les omissions du procureur général peuvent faire l'objet d'une plainte devant la Chambre d'accusation en vertu des art. 214 à 219 PPF. L'<span class="artref">art. 214 al. 2 PPF</span> prévoit que le droit de plainte appartient aux parties et à toute personne à qui l'opération ou l'omission a fait subir un préjudice illégitime. </div> <div class="para">1.2 La décision de ne pas donner suite à une dénonciation doit être notifiée à la victime au sens de la LAVI qui peut recourir auprès de la Chambre d'accusation dans les 10 jours (<span class="artref">art. 100 al. 5 PPF</span> en vigueur dès le 1er janvier 2002). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Pour le dénonciateur, au contraire, l'<span class="artref">art. 100 al. 4 PPF</span> (en vigueur dès le 1er janvier 2002) ne prévoit pas la notification de cette décision; le procureur général doit simplement "informer" le dénonciateur de son refus de donner suite. Le dénonciateur est donc dépourvu de la qualité pour recourir, telle qu'elle est reconnue à la victime à l'<span class="artref">art. 100 al. 5 PPF</span>. Cela conduit à considérer qu'un dénonciateur, qui ne serait pas également une victime au sens de la LAVI, n'a pas qualité pour former une plainte -ou un recours- contre la décision de ne pas donner suite à sa dénonciation (arrêt 8G.53/2002 du 12 juin 2002, consid. 2, destiné à la publication; voir Bänziger/Leimgruber, Le nouvel engagement de la Confédération dans la poursuite pénale, Berne 2001, <span class="artref">art. 100 PPF</span> n. 236 et 237). </div> <div class="para">1.3 On peut ajouter que d'après l'<span class="artref">art. 120 al. 2 PPF</span>, relatif à l'instruction préparatoire, lorsque le procureur général renonce à la poursuite, ce qui entraîne la suspension de l'instruction, seuls le lésé et la victime peuvent saisir la Chambre de céans d'une plainte. Il s'ensuit que le dénonciateur qui serait également directement lésé et à qui une décision de ne pas donner suite à la dénonciation ferait subir un préjudice illégitime au sens de l'<span class="artref">art. 214 al. 2 PPF</span>, pourrait avoir qualité pour porter plainte. Ce point peut cependant demeurer indécis (arrêt 8G.53/2002 du 12 juin 2002, consid. 2 in fine, destiné à la publication). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En effet, le dénonciateur fait valoir une violation de l'<span class="artref">art. 270 CP</span> qui réprime une atteinte aux emblèmes suisses. Cette infraction fait partie du titre treizième du Code pénal, réservé aux crimes et délits contre l'Etat et la défense nationale. Le titulaire du bien protégé, donc l'éventuel lésé, est l'Etat. Le citoyen n'est pas lésé, personnellement et directement, par les actes délictueux visés. En tant que tel, il ne subit pas de préjudice et ne saurait être partie à la procédure (voir <span class="artref">art. 34 PPF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Dès lors, la qualité pour recourir du plaignant (au sens de l'<span class="artref">art. 105bis al. 2 PPF</span>) fait ici défaut. La plainte est irrecevable. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">S'agissant d'une question nouvelle et vu le moyen de droit indiqué au pied de l'ordonnance attaquée, il est statué sans frais (<span class="artref">art. 219 al. 3 PPF</span> en liaison avec l'<span class="artref">art. 105bis al. 2 PPF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, la Chambre prononce: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">La plainte est irrecevable. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué en copie au plaignant et au Ministère public de la Confédération. </div> <div class="para">Lausanne, le 23 août 2002 </div> <div class="para">Au nom de la Chambre d'accusation </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le vice-président: Le greffier: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>