B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour IV D-6592/2015 A r r ê t d u 2 2 o c t o b r e 2 0 1 5 Composition Yanick Felley, juge unique, avec l'approbation de François Badoud, juge; Paolo Assaloni, greffier. Parties A._______, né (…), Russie, recourant, contre Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM; anciennement Office fédéral des migrations, ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et transfert; décision du SEM du 7 octobre 2015 / N (…). D-6592/2015 Page 2 Vu la demande d'asile déposée par A._______, le 6 août 2015, au Centre d'enregistrement et de procédure (CEP) du SEM à Vallorbe, les investigations entreprises par le SEM, le 7 août 2015, sur la base de s données de l'unité centrale du système européen automatisé d'identification d'empreintes digitales (Eurodac), dont i l est ressorti que le requérant avait également déposé une demande d'asile en Norvège le (…) janvier 2012, en Suède le (…) juin 2014, au Danemark le (…) février 2015, en Allemagne le (…) avril 2015 et aux Pays-Bas le (…) mai 2015, le procès-verbal d'audition sur les données personnelles du 7 août 2015 à teneur duquel le requérant a expliqué qu'il était de nationalité russe, qu'il avait quitté l'Ukraine au mois d'août 2015, qu'il avait rejoint la Biélorussie puis la Pologne et enfin l'Allemagne avant d'entre r irrégulièrement en Suisse, et, invité par le SEM à se déterminer sur son éventuel transfert vers l'un des Etats dans lesquels il avait déjà déposé une demande d' asile, en tant que pays supposé responsable pour traiter sa demande de protection internationale, qu'il s'opposait à cette mesure, le courrier électronique du 13 août 2015 par lequel le SEM a demandé aux autorités compétentes hollandaises d'indiquer la suite qui avait été donnée à la demande d'asile déposée par le requérant aux Pays-Bas, la réponse du 17 septembre 2015 par laquelle l'Unité Dublin du Ministère de la sécurité et de la justice des Pays -Bas a informé le SEM qu 'il avait adressé à la Suède une requête de reprise en charge du requérant en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tier s ou un apatride (refonte) (Journal officiel de l'Union européenne [JO] L 180/31 du 29.6.2013; ci -après : règlement Dublin III), que cette demande avait été acceptée le 8 juillet 2015, et que l'intéressé avait disparu des Pays-Bas le 14 juillet 2015, la requête aux fins de reprise en charge du requérant, adressée par le SEM aux autorités suédoises compétentes, le 17 septembre 2015, sur la base du règlement Dublin III, la communication du 25 septembre 2015, par laquelle l'Unité Dublin de l'Agence suédoise des migrations a accepté cette requête, D-6592/2015 Page 3 la décision du 7 octobre 2015, notifiée le 13 octobre suivant, par laquelle le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile en application de l'art. 31 a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), a prononcé le renvoi [rec te : le transfert] du requérant vers la Suède et ordonné l'exécution de cette mesure en constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, le recours interjeté le 14 octobre 2015 auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), par lequel A._______ a conclu à l'annulation de cette décision ainsi qu'au renvoi de la cause au SEM pour qu'il entre en matière sur la demande d'asile, la requête d'octroi de l'effet suspensif, ainsi que les demandes de dispense de verser une avance de frais et d'assistance judiciaire totale dont est assorti le recours, la réception du dossier de première instanc e par le Tribunal en date du 16 octobre 2015, et considérant que, sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF (RS 173.32), le Tribunal connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les autorités mentio nnées à l'art. 33 LTAF (art. 31 LTAF), qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile et le renvoi d'un requérant de Suisse peuvent être contestées auprès du Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art.105 LAsi, en relation avec l'art. 6a al. 1 LAsi, art. 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non réalisée en l'espèce, que, partant, le Tribunal est compétent pour connaître du présent litige, qu'en matière d'asile, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA, à moins que la LAsi ou la LTAF n'en disposent autrement (cf. art. 6 LAsi et 37 LTAF), que A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), que le recours, interjeté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, D-6592/2015 Page 4 qu'il est renoncé à un échange d'écritures (cf. art. 111a al. 1 LAsi), qu'en l'espèce, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, aux termes duquel il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi, qu'au regard de l'art. 31 a al. 1 let. b LAsi, en application des art. 1 et 29a al. 1 OA 1 (RS 142.311) ainsi que des art. 1 ch. 1 et 4 ch. 3 de l'Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne relatif aux critères et aux mécanismes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), le SEM examine la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement Dubli n III (cf. arrêté fédéral du 26 septembre 2014 portant approbation et mise en œuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise du règlement Dublin III (Développement de l'acquis de Dublin/Eurodac) [RO 2015 1841], entré en vigueur le 1er juillet 2015), que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsa ble du traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d'asile (art. 29a al. 2 OA 1), qu'à teneur de l'art. 3 par. 1 2 ème phrase du règleme nt Dublin III, une demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l’un quelconque des Etats membres est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les critères énoncés au c hapitre III du règlement (i.e. art. 8 -15) désignent comme responsable, que dans une procédure de prise en charge ("take charge"), les critères énumérés au chapitre III du règlement doivent être appliqués successivement (principe de l'application hiérarchiq ue des critères de compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), qu'en revanche, dans une procédure de repr ise en charge ("take back"), il n'y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon le chapitre III (ATAF 2012/4 consid. 3.2.1 et réf. cit.), D-6592/2015 Page 5 que, selon l'art. 18 par. 1 point b du règlement Dublin III, l’État membre responsable est tenu de reprendre en charge, dans les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29 dudit règlement, le demandeur dont la demande est en cours d’examen et qu i a présenté une demande auprès d’un autre État membre ou qui se tr ouve, sans titre de séjour, sur le territoire d’un autre État membre, que, dans les cas relevant du champ d’application de l'art. 18 par. 1 points a et b du règlement Dublin III, l’État mem bre responsable est tenu d’examiner la demande de protection internationale présentée par le demandeur ou de mener à son terme l’examen (art. 18 par. 2 al. 1 du règlement Dublin III), qu'en l'espèce, le recourant a déposé une demande d'asile en Suède le (…) juin 2014 , et cet Etat a accepté sa reprise en charge suite à la demande des Pays-Bas, que le SEM a dès lors soumis aux autorités suédoises compétentes, dans le délai fixé à l'art. 23 par. 2 du règlement Dublin III une requête aux fins de reprise en charge de l'intéressé, fondée sur l'art. 18 par. 1 point b du règlement Dublin III, que, par réponse notifiée dans le délai fixé à l'art. 25 par. 1 du règlement Dublin III, la Suède a accepté cette demande et, partant, a reconnu sa responsabilité pour l'examen de la demande d'asile et la bonne organisation de l'arrivée du requérant (cf. art. 25 par. 2 in fine du règlement Dublin III), que ce point n'est pas contesté, que, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement dé signé comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat des défaillances systémiques ("systemic flaws"), dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (JO C 326/02 du 26.10.2012, ci -après : CharteUE), l'Etat procédant à la détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au chapitre III du règlement afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme responsable (art. 3 p ar. 2 al. 2 du règlement Dublin III), D-6592/2015 Page 6 qu'en l'occurrence, la Suède est liée par la CharteUE et est partie à la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH, R S 0.101), à la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, R S 0.105), à la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30), ainsi qu'à son Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (RS 0.142.301) et, à ce titre, en applique les dispositions, que ce pays est également lié par la directive n° 2011/95/UE du Parlement européen et d u Conseil du 13 décembre 2011 concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les perso nnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection [refonte] (JO L 337/09 du 20.12.2011), ainsi que par la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes p our l'octroi et le retrait de la protection internationale [refonte] (JO L 180/60 du 29.6.2013) et la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale [refonte] (JO L 180/96 du 29.6.2013, ci -après : directive Accueil), que, dans ces conditions, la Suède est présumée respecter la sécurité des demandeurs d'asile conformément à ses obligations tirées du droit international public et du droit européen, en particulier le principe de non- refoulement énoncé à l'art. 33 Conv. réfugi és, ainsi que l'interdiction de mauvais traitements ancrée aux ar t. 3 CEDH, 3 Conv. torture et 4 CharteUE (cf. arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme [ci - après : CourEDH] M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2011, n° 30696/09, § 343; décision de la CourEDH K.R.S. c. Royaume-Uni du 2 décembre 2008, n° 32733/08, p. 19; arrêt d e la Cour de justice de l'Union européenne [CJUE] du 21 décembre 2011 dans les affaires jointes C-411/10 N.S. c. Secretary of State for the Home Department et C-493/10 M.E. c. Refugee Applications Commissioner et Minister for Justice, Equality and Law Reform, points 78, 80, 83), que cette présomption de sécurité n'est pas irréfragable, qu'en premier lieu, elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une défaillance systémique ( "systemic failure") D-6592/2015 Page 7 de nature à engendrer, de manière prévisible, l'existence d'un risque réel de mauvais traitement de la personne concernée, ce qui est notamment le cas lors d'une pratique avérée de violation des normes minimales de l'Union européenne (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.4.2, 7.5; cf. décision de la CourEDH K. Daytbegova et M. Magomedova c. Autriche du 4 juin 2013, n° 6198/12, § 61, 66; arrêts de la CourEDH R. U. c. Grèce du 7 juin 2011, n° 2237/08, § 74 ss; M.S.S. c. Belgique et Grèce, § 338 ss; arrêts de la CJUE du 10 décembre 2013 C ‑394/12 Shamso Abdullahi c. Bundesasylamt, point 60; du 21 décemb re 2011 dans les affaires jointes C-411/10 et C-493/10, points 103, 105), qu'en l'occurrence, en l'absence d'une pratique confirmée de violation systématique des normes de droit international ou européen en la matière, le respect par la Suède de ses obligations concernant les droits des requérants d'asile reste présumé, que, dans ces c onditions, l'art. 3 par. 2 al. 2 du règlement Dublin III n'est pas applicable en l'espèce, qu'en second lieu, la présomption de sécurité peut être renversée en présence d'indices sérieux et suffisant s que, dans le cas concret, les autorités de l'Etat de destination ne respecteraient pas le droit international (cf. ATAF 2011/9 consid. 6; 2010/45 consid. 7.4 et 7.5 et réf. cit.), qu'en l'occurrence, A._______ s'oppose à son transfert en faisant valoir, en instance recours, que des membres d'une organisation criminelle sont à sa recherche en Suède et l'ont menacé de s'en prendre à ses parents s'il sollicitait l'intervention de la police suédoise, que, dans ces circonstances, il considère que son retour en Suède l'exposerait à la torture, à des traitement s inhumains, voire à la mort , et, partant, serait contraire l'art. 3 CEDH, que, selon la jurisprudence, le SEM doit admettre, en vertu de la clause discrétionnaire de l'art. 1 7 par. 1 du règlement Dublin III (clause de souveraineté), la responsabilité de la Suisse pour l'examen d'une demande d'asile lorsque l'exécution du transfert envisagé vers l'Etat membre désigné responsable par les critères applicables viole des obligations de droit international public auxquels la Suisse est liée, alors qu'il dispose d'un pouvoir d'appréciation ("Ermessenspielraum") lui permettant d'admet tre, le cas échéant, cette responsabilité sur la base de l'art. 29 a al. 3 OA 1 en relation avec la clause de souveraineté (cf. arrêt du TAF E-641/2014 du D-6592/2015 Page 8 13 mars 2015 consid. 8.2.1; ATAF 2012/4 consid. 2.4; 2011/9 consid. 4.1, 8.1, 8.2; 2010/45 consid. 5, 7.2, 8.2), que le SEM a l'obligation d'examiner si les con ditions d'application de l'art. 29a al. 3 OA 1 sont remplies, et de motiver sa décision sur ce point, lorsque le requérant invoque des circonstances qui font apparaître son transfert comme problématique en raison de sa situation personnelle et/ou de celle régnant dans le pays de destination du transf ert (cf. arrêt précité E-641/2014 consid. 8.2), que le grief de l'inopportunité d'une décisi on rendue sur la base de l'art. 29a al. 3 OA 1 ne pouvant plus être examiné en instance de recours depuis l'abrogation, le 1 er février 2014, de l'art . 106 al. 1 let. c LAsi (cf. RO 2013 4375 5357, FF 2010 4035, 2011 6735), le Tribunal se limite à contrôler si le SEM a fait usage de son pouvoir d'appréciation en présence d'éléments de nature à permettre l'application de cette disposition, et s'il l'a fait selon des critères objectifs, transparents et raisonnables, en respectant les principes constitutionnels tels que le droit d'être entendu, l'égalité de traitement et la proportionnalité (cf. arrêt précité E-641/2014 consid. 8.1; PIERRE MOOR, Droit administratif, vol. I, 3ème éd., 2012, n° 4.3.2.3 p. 743 ss), qu'en l'espèce, le recourant n'a pas fourni d'indices objectifs, sérieux et concrets que ses conditions d'existence en Suède revêtiraient un tel degré de pénibilité et de gravité qu'el les seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH ou encore à l'art. 3 Conv. torture, ou que les autorités suédoises ne respecteraient pas le droit international en matière d'asile, qu'en particulier, les allégations du recourant afférentes aux dangers que des ind ividus d'une organisation criminelle feraient peser sur lui et sa famille en Suède, sont générales, vagues, lacunaires, et ne reposent sur aucun élément probant, que, par ailleurs, rien ne permet de retenir que le recourant ne pourrait pas s'adresser aux a utorités suédoises compétentes pour, le cas échéant, requérir leur protection contre des agissements de tiers , ou agir par tous moyens juridiques utiles aux fins de les prévenir ou d'y mettre un terme, qu'il n'est pas démontré, ni d'ailleurs allégué, que les autorités suédoises refuseraient de donner aux éventuelles démarches du recourant dans ce sens les suites qu'elles pourraient requérir, D-6592/2015 Page 9 qu'en dernière analyse, si l'intéressé devait être contraint par les circonstances à mener en Suède une existence non conforme à la dignité humaine, ou s'il devait estimer que ce pays viole ses obligations d'assistance à son encontre, ou de toute autre manière porte atteinte à ses droits fondamentaux, il lui appartiendrait de faire valoir ses droits directement auprès des autorités suédoises et, le cas échéant, auprès de la CourEDH, en usant des voies de recours adéquates (cf. art 26 directive Accueil), qu'il convient par ailleurs de rappeler que le règlement Dublin III ne confère pas au requérant le droit de choisir l'Et at membre offrant, à son avis, les meilleures conditions d'accueil ou d'insertion comme Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile (cf. arrêt de la CJUE du 10 décembre 2013 C‑394/12, points 59, 62; ATAF 2010/45 consid. 8.3), qu'au vu de ce qui précède, la présomption de sécurité attachée au respect par la Suède de ses obligations tirées du droit international et du droit européen n'est pas renversée, que, partant, le transfert contesté ne contrevient pas aux engagements internationaux de la Suisse, que, s'agissant de l'application de l'art. 29 a al. 3 OA 1 en relation avec l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, il convient de s'en tenir à une pratique restrictive (cf. ATAF 2012/4 consid. 4.7; 2011/9 consid. 8.1; 2010/45 consid. 8.2.2), qu'en l'espèce, lors de son audition, l'intéressé s'est opposé à son transfert en expliquant qu'il ne s'était encore jamais rendu en Su ède (cf. p. -v. d'audition du 7.8.2015, p. 11 ch. 8.01), que, compte tenu de cette seule explicat ion, au demeurant contredite par les pièces du dossier, le SEM a établi de manière complète et exacte l'état de fait pertinent et n'a commis ni exc ès ni abus de son large pouvoir d'appréciation en niant, dans le respect des principes juridiques susmentionnés, l'existence de raisons humanitair es au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. arrêt du TAF E-4620/2014 du 1er juillet 2015 consid. 5.3; arrêt précité E-641/2014 consid. 8), que, pour le surplus, aucun élément a vancé en instance de recours ne soulève de problématique relevant de cette disposition, D-6592/2015 Page 10 qu'en conclusion, l'application de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, en relation ou non avec l'art. 29a al. 3 OA 1, ne se justifie pas en l'espèce, qu'ainsi, la Suède demeure l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile du recourant au sens du règlement Dublin III, que c'est donc à bon droit que l'autorité inférieure n'est pas entrée en matière sur la demande d'asile et a prononcé le transfert du recourant vers la Suède, en application de l'art. 44 1 ère phrase LAsi, aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant réalisée (cf. art. 32 OA 1), que les questions relatives à l'existence d'un empêchement à l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr (RS 142.20) ne se posent plus séparément , dès lors qu'elles sont indissociables du prononcé de la non-entrée en matière (cf. ATAF 2010/45 consid. 10.2), que, s'avérant manifestement infondé, le recours est re jeté dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), que, dans la mesure où il a été imméd iatement statué sur le fond, la demande d'octroi de l'effet suspensif au recours (art. 107 a al. 2 LAsi) ainsi que la requête de dispense de verser u ne avance de frais (art. 63 al. 4 PA) sont devenues sans objet, que la demande d'assistance judiciaire totale est rejetée, indépendamment de la preuve de l'indigence du r ecourant, dans la mesure où les conclusions du recours étaient d'emblée vou ées à l'échec (cf. art. 27 par. 6 du règlement Dublin III, art. 65 al. 1 PA, art. 65 al. 2 PA auquel renvoie l'art. 110a al. 2 LAsi), que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mett re les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, à la charge du r ecourant, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2], D-6592/2015 Page 11 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. La demande d'octroi de l'effet suspensif est sans objet. 3. La requête d'assistance judiciaire totale est rejetée. 4. Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 5. Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. Le juge unique : Le greffier : Yanick Felley Paolo Assaloni Expédition :