<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <table border="0"> <tr> <td> <img height="68" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2016-11-21-5A_355-2016.1&amp;type=gif" width="95"/> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5A_355/2016 </b> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 21 novembre 2016</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux von Werdt, Président, </div> <div class="para">Marazzi, Herrmann, Schöbi et Bovey. </div> <div class="para">Greffier : M. Braconi. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">1. A.A._______, </div> <div class="para">2. B.A.________, </div> <div class="para">3. C.A.________, </div> <div class="para">4. Hoirie D.A.________, soit: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">5. E.A.________, </div> <div class="para">6. F.A.________, </div> <div class="para">7. G.A.________, </div> <div class="para">8. H.A.________, </div> <div class="para">9. I.A.________, </div> <div class="para">tous représentés par Me Denise Wagner-Mesciaca, avocate, </div> <div class="para">recourants, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. J.A.________, </div> <div class="para">représentée par Me Claude Aberlé, avocat, </div> <div class="para">2. K.A.________, </div> <div class="para">intimés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">succession, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Chambre civile de la Cour </div> <div class="para">de justice du canton de Genève du 22 avril 2016. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> L.A.________, ressortissant égyptien né en 1940, de confession musulmane, est décédé le 10 mars 2007 à Paris, sans laisser de descendants ou d'ascendants. Sa succession comprend des immeubles situés en France et en Egypte ainsi que des actifs mobiliers déposés notamment auprès de banques en France, en Allemagne et en Suisse, à Genève. Le 6 mars 1980, il avait épousé, selon le droit égyptien et la Charia, J.A.________, citoyenne allemande née le 19 janvier 1949, de confession chrétienne. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> Par « <i>acte d'hoirie</i> » n° 679 établi le 5 mai 2007, le Tribunal pour les affaires de la famille de U.________ (Egypte) a constaté le décès du <i>de cujus</i>et la dévolution de sa succession légale à ses frères et soeurs, à savoir A.A.________, B.A.________, C.A.________, D.A.________ et K.A.________; D.A.________ est décédé le 27 avril 2011, laissant pour héritiers son épouse, E.A.________, et ses quatre enfants: F.A.________, G.A.________, H.A.________ et I.A.________. J.A.________ n'a pas participé à la procédure de délivrance de cet acte, lequel ne mentionne pas que le défunt était marié avec elle. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.c.</b> Sur la base d'un acte notarié français du 2 mai 2007, la déclarant seule héritière en sa qualité d'épouse, J.A.________ a assigné les membres de la fratrie A.________ en pétition de la totalité de la succession devant le Tribunal de grande instance de Paris. Par jugement du 2 décembre 2010, celui-ci s'est déclaré incompétent pour connaître de la demande parce que le <i>de</i> <i>cujus</i> était domicilié en Egypte, dont les tribunaux étaient ainsi compétents. La Cour d'appel de Paris a réformé cette décision le 24 novembre 2011; elle a considéré que le Tribunal de grande instance était bien compétent pour statuer sur la dévolution successorale de l'immeuble sis à Paris; par ailleurs, elle a retenu que, si le <i>de cujus</i> avait souvent résidé en France, le lieu de son principal établissement était resté en Egypte. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.d.</b> Par jugement du 3 décembre 2008, l'Amtsgericht de Francfort-sur-le-Main, se fondant sur l'ordre public allemand, a déclaré l'épouse héritière de 50 % des biens de la succession situés en Allemagne, les frères et soeurs du défunt étant héritiers du solde; ce jugement a été confirmé par l'Oberlandsgericht le 10 mai 2010. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Le 6 août 2010, A.A.________, B.A._______, C.A.________ et D.A.________, souhaitant recevoir les actifs déposés par le <i>de cujus</i> dans deux établissements bancaires sis à Genève, ont requis du Tribunal de première instance de Genève la reconnaissance de l'« <i>acte d'hoirie</i> » n° 679 établi le 5 mai 2007 par le Tribunal pour les affaires de la famille de U.________. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Statuant le 5 juillet 2011, le Tribunal a déclaré la requête irrecevable pour le motif que l'acte n'avait pas été produit en original ni muni d'une attestation constatant qu'il n'était plus susceptible d'un recours et était définitivement entré en force. La Cour de justice du canton de Genève a confirmé ce jugement le 23 mars 2012. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par arrêt du 18 septembre 2012 (5A_344/2012), la IIe Cour de droit civil du Tribunal fédéral a admis le recours des requérants et renvoyé la cause au Tribunal de première instance de Genève pour nouvelle décision dans le sens des considérants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Statuant à nouveau le 20 juillet 2015, le Tribunal de première instance a reconnu et déclaré exécutoire en Suisse l'« <i>acte d'hoirie</i> » (ch. 1), avec suite de frais et dépens (ch. 2 et 3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par arrêt du 22 avril 2016, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève a annulé ce jugement et débouté les requérants de leur demande en reconnaissance du titre précité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">Par mémoire mis à la poste le 12 mai 2016, les requérants forment un recours en matière civile, subsidiairement un recours constitutionnel, au Tribunal fédéral; sur le fond, ils concluent à ce que le jugement de première instance soit confirmé et, partant, à ce que l'« <i>acte d'hoirie</i> » soit reconnu et déclaré exécutoire en Suisse. Ils sollicitent le bénéfice de l'assistance judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Des observations sur le fond n'ont pas été requises. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>E.</b> </div> <div class="para">Par ordonnance du 9 juin 2016, le Président de la IIe Cour de droit civil a refusé l'effet suspensif au recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Les considérants de l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral lient les parties, ainsi que le Tribunal fédéral lui-même. Il s'ensuit que celui-ci ne peut se fonder sur des motifs qu'il avait écartés ou dont il avait fait abstraction dans sa précédente décision. Quant aux parties, elles ne peuvent plus faire valoir, dans un recours contre la nouvelle décision cantonale, des moyens que le Tribunal fédéral avait rejetés dans son arrêt de renvoi ou qu'il n'avait pas examinés, faute d'avoir été invoqués dans la première procédure de recours alors qu'ils pouvaient l'être. La juridiction précédente est tenue de fonder sa nouvelle décision sur les considérants de droit de l'arrêt de renvoi; elle est liée par ce qui a déjà été jugé en instance fédérale et par les constatations de fait qui n'ont pas été critiquées à cette occasion ( <i>cf</i>. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-334%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page334">ATF 135 III 334</a> consid. 2; arrêt 5A_456/2016 du 28 octobre 2016 consid. 1.2 et les citations). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> En l'espèce, la Cour de céans a jugé que l'autorité cantonale avait fait preuve de formalisme excessif en déboutant les recourants pour ne pas avoir produit l'original du document à l'appui de leur demande en reconnaissance: en effet, l'épouse n'avait soulevé aucune objection au sujet de l'authenticité et du caractère complet de l'expédition, ni remis en discussion l'entrée en force de l'acte, dont l'intéressée connaissait d'ailleurs l'existence avant l'introduction de l'instance en Suisse, car il avait déjà été produit par les recourants devant les tribunaux français et allemands sans que son authenticité ne fût mise en doute. En outre, l'épouse a adopté une attitude procédurale contraire à la bonne foi en se prévalant désormais du vice formel de l'expédition (consid. 4.4). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ces conditions ne sont plus litigieuses (<span class="artref">art. 29 al. 1 let</span>. aet b LDIP, par renvoi combiné des <span class="artref"><artref id="CH/291/96/1" type="start"></artref>art. 31 et 96 al. 1 LDIP</span><artref id="CH/291/31" type="end"></artref>), mais bien la compatibilité de l'« <i>acte d'hoirie</i> » égyptien avec l'ordre public (matériel) suisse (<span class="artref">art. 27 al. 1 LDIP</span>; <i>cf</i>. <i>infra</i>, consid. 3.3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Les conditions générales de recevabilité ont été examinées lors du précédent arrêt, auquel on peut dès lors renvoyer (arrêt 5A_344/2012 consid. 1), sauf à préciser que le délai de recours est effectivement de 30 jours - comme l'a indiqué correctement la cour cantonale (<span class="artref">art. 112 al. 1 let</span>. d LTF) - en vertu de l'<span class="artref">art. 100 al. 1 LTF</span>, et non de dix jours « <i>conformément</i> [à] <i>l'<span class="artref">art. 321 al. 2 CPC</span></i> ». </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> Le recours en matière civile étant ouvert, le recours constitutionnel subsidiaire ne l'est pas (<span class="artref">art. 113 LTF</span>), ce que la Cour de céans avait déjà précisé dans son précédent arrêt ( <i>ibid</i>., consid. 1 <i>in fine</i>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.3.</b> La qualification d'un acte étranger s'opère au regard de la <i>lex fori</i>, à savoir en l'occurrence le droit suisse (arrêt 5P.388/1991 du 5 mars 1992 consid. 3b). Selon l'autorité précédente, l'« <i>acte d'hoirie</i> » litigieux équivaut à un « <i>certificat d'héritier</i> », dont l'établissement est assimilé à une mesure provisionnelle au sens de l'<span class="artref">art. 98 LTF</span> (arrêt 5A_252/2016 du 7 juin 2016 consid. 1.2 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il n'y a pas lieu d'examiner le bien-fondé de cette qualification. Lorsque le litige porte sur la reconnaissance ou l' <i>exequatur</i> d'un acte étranger, la cognition du Tribunal fédéral n'est pas limitée à la violation des droits constitutionnels, quelle que soit la nature - provisionnelle ou non - de l'acte en discussion (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-670%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page670">ATF 135 III 670</a> consid. 1.3.2; arrêt 5A_193/2010 du 7 juillet 2010 consid. 1.2). Il s'ensuit que la partie recourante peut invoquer tous les motifs de recours prévus aux <span class="artref"><artref id="CH/173.110/95" type="start"></artref>art. 95 et 96 LTF</span><artref id="CH/173.110/96" type="end"></artref>, sauf à préciser que, le litige étant de nature pécuniaire, le Tribunal fédéral ne peut revoir l'application du droit étranger que sous l'angle restreint de l'arbitraire (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-III-489%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page489">ATF 138 III 489</a> consid. 4.3 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">En l'espèce, l'autorité précédente a retenu que l'« <i>acte d'hoirie</i> » dont la reconnaissance était sollicitée équivaut à un « <i>certificat d'héritier</i> ». Par ailleurs, la législation égyptienne ne connaît pas de succession entre un musulman et un non musulman; de surcroît, l'héritier de sexe masculin a droit à une part double de celle de l'héritière de sexe féminin, ce qui résulte du reste de l'« <i>acte d'hoirie</i> » litigieux. Partant, la reconnaissance de cet acte aurait pour effet, d'une part, que la veuve ne pourrait faire valoir, uniquement en raison de sa religion, aucun droit sur les avoirs que son mari détenait auprès de banques suisses et, d'autre part, que les soeurs du défunt ne pourraient faire valoir, uniquement en raison de leur sexe, que des droits moindres que ceux de leurs frères. Ces conséquences violent le principe de l'interdiction de la discrimination consacré à l'<span class="artref">art. 8 al. 2 Cst.</span>, l'al. 3 précisant au surplus que l'homme et la femme sont égaux en droit. Des discriminations aussi drastiques ne peuvent pas être « <i>nuancées</i> », même si le seul lien avec la Suisse concerne la localisation des avoirs bancaires. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.1.</b> Dans un premier grief - dont le fondement est confus (art. 118, respectivement <span class="artref">art. 97 al. 1 LTF</span>) -, les recourants reprochent à la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte du fait que l'intimée se prévaut de sa vocation successorale et se prétend victime d'une discrimination vingt-sept ans après le mariage. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.2.</b> Une pareille argumentation, qui revient à objecter à l'intimée une attitude contraire aux règles de la bonne foi (<span class="artref">art. 2 al. 2 CC</span>), ne saurait être suivie. C'est lors du décès du <i>de cujus</i> que s'exerce la vocation héréditaire; or, de l'aveu même des recourants, ce « <i>n'est qu'après le décès de son conjoint en 2007</i>» que l'intéressée a invoqué sa qualité d'héritière. Au surplus, il ne ressort pas de l'arrêt attaqué que l'intimée aurait « <i>renoncé</i> » à cette qualité au moment de son mariage ( <i>cf</i>. <i>infra</i>, consid. 3.2.2); nouvelle, cette allégation est dès lors irrecevable (<span class="artref">art. 99 al. 1 LTF</span>, en relation avec l'<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.1.</b> Les recourants font en outre grief aux juges précédents d'avoir écarté de leur analyse l'« <i>acte de mariage</i> » que les époux ont passé le 6 mars 1980, lequel contient des dispositions successorales à teneur desquelles ils ont « <i>renoncé à hériter l'un de l'autre</i> »; ayant soumis leur union au droit égyptien, ils ont fait par la même occasion une « <i>élection de droit</i> » en faveur du droit égyptien, analogue à une <i>professio juris</i> au sens de l'<span class="artref">art. 90 al. 2 LDIP</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.2.</b> Cette argumentation est irrecevable. Les recourants se bornent à compléter les faits, sans se plaindre d'arbitraire dans l'établissement des faits ni, <i>a fortiori</i>, motiver ce moyen conformément aux exigences de l'<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span> ( <i>cf</i>. parmi plusieurs: <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-II-244%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page244">ATF 134 II 244</a> consid. 2.2, avec la jurisprudence citée). Or, la décision attaquée ne constate pas que les époux auraient souscrit un « <i>acte de mariage</i> » comprenant une renonciation réciproque à hériter, ni stipulé une « <i>élection de droit</i> » en faveur de la législation égyptienne. Sur ce dernier point, les magistrats précédents sont, par ailleurs, partis du principe que ce droit était bien applicable à la succession du <i>de cujus</i>en vertu de l'<span class="artref">art. 91 al. 1 LDIP</span>, de sorte que l'argumentation des recourants quant au lieu du dernier domicile du défunt se révèle superfétatoire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Quoi qu'en disent les recourants, la constatation de la cour cantonale selon laquelle l'intimée « <i>n'a pas participé à la procédure de délivrance de l'acte</i> [d'hoirie]» est rigoureusement exacte, dès lors qu'ils affirment eux-mêmes qu'elle n'avait pas à y figurer vu la « <i>renonciation</i> » à hériter que les époux avaient réciproquement assumée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.1.</b> Enfin, les recourants exposent en substance que, en refusant de reconnaître l'« <i>acte d'hoirie</i> », les magistrats cantonaux ont faussement appliqué l'<span class="artref">art. 27 al. 1 LDIP</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.2.</b> En vertu de l'<span class="artref">art. 27 al. 1 LDIP</span> (en relation avec l'<span class="artref">art. 31 LDIP</span>), la reconnaissance d'un acte étranger - en l'occurrence l'« <i>acte d'hoirie</i> » établi par le tribunal égyptien - doit être refusée en Suisse lorsqu'elle est manifestement incompatible avec l'ordre public suisse, c'est-à-dire lorsqu'elle heurte de manière intolérable les principes fondamentaux de l'ordre juridique suisse ( <i>cf</i>. parmi d'autres: <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-III-180%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page180">ATF 142 III 180</a> consid. 3.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-III-661%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page661">134 III 661</a> consid. 4.1). En tant que clause d'exception, la réserve de l'ordre public (matériel) est d'interprétation restrictive; tel est le cas, en particulier, dans le domaine de la reconnaissance et de l'exécution des actes ou jugements étrangers, où sa portée est plus étroite que pour l'application directe du droit étranger ( <i>cf</i>. en particulier: <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-III-180%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page180">ATF 142 III 180</a> consid. 3.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-III-328%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page328">141 III 328</a> consid. 5.1). Dans cette optique, l'intervention de la clause de réserve suppose, d'après la jurisprudence, que l'affaire présente un « <i>lien suffisant</i> » avec l'Etat du juge requis, en l'espèce la Suisse (« <i>Binnenbeziehung</i> »; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-III-327%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page327">ATF 126 III 327</a> consid. 4c [ <i>i.c.</i> au sujet de la reconnaissance d'une répudiation selon le droit libanais]; <i>cf</i>. sur la question, parmi d'autres: OTHENIN-GIRARD, La réserve d'ordre public en droit international privé suisse, 1999, p. 211 ss et les citations). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.3.</b> Le recours apparaît d'emblée irrecevable dans la mesure où les recourants fondent leurs arguments sur des faits qui ne ressortent pas de la décision déférée, sans se plaindre régulièrement d'arbitraire dans l'établissement des faits ( <i>cf</i>. <i>supra</i>, consid. 3.2.2); ainsi, l'analogie qu'ils tentent d'instaurer entre l'acte en discussion et le « <i>pacte successoral de renonciation</i> » selon l'<span class="artref">art. 495 CC</span> est vaine, faute de constatations quant à une renonciation de l'intimée à la succession de son mari. La « <i>chronologie des faits</i> » exposée dans le mémoire de recours et censée corroborer ce comportement doit, pour le même motif, être écartée du débat. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ailleurs, les recourants ne démontrent pas que la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire ( <i>cf</i>. <i>supra</i>, consid. 2.3) en affirmant qu'il n'y a pas, en droit égyptien, « <i>de succession entre un musulman et un non musulman</i> ». Cela étant, on ne discerne pas en quoi consisterait la renonciation à une succession à laquelle l'intéressée ne peut de toute manière prétendre, à moins qu'elle ne se rapporte qu'aux actifs situés hors d'Egypte - en l'occurrence en Suisse -, ce qui n'est pas non plus constaté (<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>; <i>cf</i>. sur la portée territoriale restreinte des certificats d'héritier étrangers: BUCHER, <i>in</i> : Commentaire romand, 2011, n° 10 ad <span class="artref">art. 96 LDIP</span>, avec la doctrine citée). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.4.</b> Le point de savoir si, comme l'admet l'autorité cantonale, l'« <i>acte d'hoirie</i> » enfreint l'ordre public (matériel) suisse en tant qu'il accorde à l'héritier de sexe masculin une part double de celle de l'héritier de sexe féminin n'a pas besoin d'être résolue ici; c'est la situation de l'intimée, épouse du <i>de cujus</i>et opposante à la procédure de reconnaissance (art. 29 al. 2, par renvoi de l'<span class="artref">art. 31 LDIP</span>), qui est en cause dans le cas présent. Les longues discussions des recourants à cet égard s'avèrent ainsi hors de propos ( <i>cf</i>. sur cette question: ALDEEB ABU-SAHLIEH, Droit musulman de la famille et des successions en Suisse, <i>in</i> : RCDIP 2007 p. 530/531; dans un avis du 17 juillet 1980, l'Office fédéral de la justice s'est demandé si pareille règle « <i>est bien compatible avec l'ordre public suisse</i> », mais sans y répondre: JAAC 45/1981 n° 31 [ <i>i.c.</i> au sujet de la législation iranienne]). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.5.</b> Les recourants se prévalent d'un « <i>acte d'hoirie</i> » dressé par un tribunal égyptien afin de réclamer, en leur qualité d'héritiers, les actifs que le <i>de cujus</i> détenait auprès d'établissements bancaires à Genève; cet acte « <i>constat</i> [e] <i>la dévolution de sa succession légale à ses frères et soeurs</i> », à l'exclusion de son épouse. Cette exclusion repose sur le constat - non critiqué par les parties (<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span>) - qu'il« <i>n'y a pas de succession entre un musulman et un non musulman</i> » ( <i>cf</i>. parmi plusieurs: ALDEEB ABU-SALIEH, <i>op</i>. <i>cit</i>., p. 529). Comme l'ont retenu les juges précédents, un tel résultat contrevient clairement au principe de l'interdiction de la discrimination en raison des convictions religieuses, qui - indépendamment de sa valeur constitutionnelle (<span class="artref">art. 8 al. 2 Cst.</span>; <i>cf</i>. <span class="artref">art. 14 CEDH</span> et 26 Pacte ONU II) - ressortit à l'ordre public suisse (BUCHER, <i>op</i>. <i>cit</i>., n° 18 ad <span class="artref">art. 90 LDIP</span>; KINSCH, Le droit musulman de la famille, les droits de l'homme [ou de la femme] et l'ordre public des Etats européens, <i>in</i> : Bull.dr.h. n° 14/2009 p. 35, avec les citations en note 41; SCHWANDER, Diskriminierungsverbot und Gleichstellungsrecht im internationalen Privat- und Zivilprozessrecht, <i>in</i> : AJP 1993 p. 1408; dans ce sens, en Allemagne, précisément pour le droit égyptien: arrêt de l'OLG Hamm du 28 février 2005, <i>in</i> : IPRax 2006 p. 481 ss). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Sans réfuter expressément cette conclusion, les recourants objectent toutefois l'absence d'« <i>Inlandsbeziehung</i> »; mais ils se trompent. Selon l'auteur auquel s'est ralliée la juridiction précédente, cette considération n'est plus pertinente lorsque des discriminations fondées, notamment, sur le sexe, la race ou la religion sont prohibées « <i>en vertu de différents instruments internationaux consacrant des droits fondamentaux et de l'homme</i> » (BUCHER, <i>loc</i>. <i>cit</i>., avec les citations); d'autres, en revanche, s'en tiennent à l'exigence de liens suffisants avec la Suisse ( <i>cf</i>. parmi d'autres: ALDEEB ABU-SALIEH, <i>op</i>. <i>cit</i>., p. 530; KINSCH, <i>loc</i>. <i>cit</i>.; OTHENIN - GIRARD, <i>op</i>. <i>cit</i>., n° 948). Il n'y a pas lieu d'arbitrer le débat, car de tels liens existent de toute manière en l'occurrence, vu le lieu de situation en Suisse d'actifs successoraux sur lesquels les recourants entendent exercer leurs prérogatives héréditaires (KINSCH, <i>op</i>. <i>cit</i>., p. 36 ch. 5, qui se réfère à une résolution de l'Institut de droit international de 2005, à teneur de laquelle les Etats « <i>pourront opposer l'ordre public aux lois successorales étrangères comportant des discriminations fondées sur le sexe ou la religion lorsque des biens de la succession se trouvaient dans l'Etat du for au moment du décès</i> »; plus dubitatif: OTHENIN-GIRARD, <i>loc</i>. <i>cit</i>.). Le moyen pris d'une violation de l'<span class="artref">art. 27 al. 1 LDIP</span> apparaît dès lors mal fondé, dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">En conclusion, le recours constitutionnel subsidiaire est irrecevable et le recours en matière civile rejeté dans la mesure de sa recevabilité. Il y a lieu de rejeter la requête d'assistance judiciaire des recourants, qui n'ont nullement établi leur indigence (<span class="artref">art. 64 al. 1 LTF</span>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=13.11.2016&amp;to_date=02.12.2016&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-IV-161%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page161">ATF 125 IV 161</a> consid. 4), et de les astreindre solidairement aux frais de la procédure fédérale (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/66/5" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/66/1" type="start"></artref>art. 66 al. 1 et 5 LTF</span><artref id="CH/173.110/66/5" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/5" type="end"></artref>). L'intimée n° 1 a droit à des dépens en raison de ses observations sur la requête d'effet suspensif (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/68/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/1" type="start"></artref>art. 68 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/68/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Le recours constitutionnel subsidiaire est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> Le recours en matière civile est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">La requête d'assistance judiciaire des recourants est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 10'000 fr., sont mis solidairement à la charge des recourants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Une indemnité de 500 fr., à payer à l'intimée n° 1 à titre de dépens, est mise solidairement à la charge des recourants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 21 novembre 2016 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : von Werdt </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Braconi </div> </div></body></html>