<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2022-04-21-9C_553-2021.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>9C_553/2021</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 21 avril 2022</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit social</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">M. et Mmes les Juges fédéraux Parrino, Président, </div> <div class="para">Moser-Szeless et Truttmann, Juge suppléante. </div> <div class="para">Greffier : M. Cretton. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">Service des prestations complémentaires, route de Chêne 54, 1208 Genève, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représentée par Me Stéphane Rey, avocat, </div> <div class="para">intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Prestation complémentaire à l'AVS/AI (restitution), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Cour de justice de la République et canton de Genève du 16 septembre 2021 (A/262/2021 - ATAS/951/2021). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">A.________ a bénéficié de prestations complémentaires depuis le 1er juin 2014. Averti de l'existence d'un bien immobilier non-déclaré, situé à l'étranger, le Service genevois des prestations complémentaires (SPC) a recalculé le montant des prestations dues depuis l'origine et exigé de l'assurée qu'elle lui restitue la somme de 94'568 fr. 60 (dont 47'030 fr. de prestations complémentaires fédérales) versée à tort du 1er juin 2014 au 31 août 2020 (décisions des 31 août et 5 octobre 2020, confirmées sur opposition le 10 décembre 2020). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">L'intéressée a recouru contre la décision du 10 décembre 2020 auprès de la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre des assurances sociales. Confirmant l'obligation de restituer en raison d'une violation du devoir d'informer mais considérant que le SPC avait fait des erreurs dans l'appréciation du montant à restituer, la cour cantonale a partiellement admis le recours, a annulé la décision contestée et a renvoyé la cause à l'administration afin qu'elle rende une nouvelle décision dans le sens des considérants (arrêt du 16 septembre 2021). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Le SPC forme un recours en matière de droit public à l'encontre de cet arrêt. Il en demande l'annulation en tant qu'il concerne les prestations complémentaires fédérales. Il conclut par ailleurs à l'octroi de l'effet suspensif au recours. </div> <div class="para">A.________ conclut au rejet du recours. Elle sollicite en outre l'assistance judiciaire pour la procédure fédérale. L'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) soutient le recours de l'administration. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">La juridiction cantonale a annulé la décision administrative litigieuse et a renvoyé la cause au recourant pour qu'il rende une nouvelle décision au sens des considérants. La question de savoir si l'arrêt cantonal est une décision finale, au sens de l'<span class="artref">art. 90 LTF</span>, ou incidente, au sens de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 LTF</span> (l'<span class="artref">art. 92 LTF</span> n'est pas pertinent en l'espèce) peut rester ouverte dès lors qu'il conviendrait de toute façon d'entrer en matière sur le recours. En effet, en exigeant du SPC qu'il rende une nouvelle décision prenant en compte les modifications apportées à ses calculs, le tribunal cantonal contraint ce dernier à statuer sur certains points du litige d'une façon qu'il juge contraire au droit, ce qui lui cause un dommage irréparable au sens de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span> (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=16.04.2022&amp;to_date=05.05.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-V-280%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page280">ATF 144 V 280</a> consid. 1.2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recours en matière de droit public (au sens des <span class="artref">art. 82 ss LTF</span>) peut être formé pour violation du droit (circonscrit par les <span class="artref"><artref id="CH/173.110/95" type="start"></artref>art. 95 et 96 LTF</span><artref id="CH/173.110/96" type="end"></artref>). Le Tribunal fédéral applique le droit d'office (<span class="artref">art. 106 al. 1 LTF</span>). Il n'est limité ni par l'argumentation de la partie recourante ni par la motivation de l'autorité précédente. Il statue sur la base des faits établis par cette dernière (<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>). Cependant, il peut rectifier les faits ou les compléter d'office s'ils ont été établis de façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'<span class="artref">art. 95 LTF</span> (<span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span>). Le recourant ne peut critiquer les faits que s'ils ont été constatés de façon manifestement inexacte ou contraire au droit et si la correction d'un tel vice peut influer sur le sort de la cause (<span class="artref">art. 97 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Au regard des conclusions du recours, le litige porte uniquement sur le montant des prestations complémentaires fédérales à restituer. Vu les motifs du recours, il s'agit singulièrement de déterminer si la juridiction cantonale était en droit de réduire les montants du produit de la fortune immobilière ainsi que des frais d'entretien immobilier pris en considération par le recourant pour déterminer les ressources et les charges de l'intimée, au prorata du nombre de mois durant lesquels l'ayant droit, en 2014, avait perçu des prestations complémentaires (depuis le mois de juin) et, en 2019, était resté propriétaire du bien immobilier non déclaré (jusqu'en septembre). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le recourant, soutenu par l'OFAS, reproche exclusivement aux premiers juges d'avoir violé le droit fédéral en "procéd[ant] à tort à la proratisation des montants [du produit de la fortune mobilière et des frais d'entretien immobilier]" pour les années 2014 et 2019. Il soutient pour l'essentiel que les prestations complémentaires sont versées mensuellement mais calculées sur une base annualisée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Selon le droit applicable au moment où les faits déterminants se sont produits (soit en l'espèce les dispositions de la LPC et de l'OPC-AVS/AI dans leur teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2020 [cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=29&amp;from_date=16.04.2022&amp;to_date=05.05.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-V-210%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page210">ATF 144 V 210</a> consid. 4.3.1] dès lors que la décision administrative litigieuse a été prise le 10 décembre 2020), les prestations complémentaires se composent notamment de la prestation complémentaire annuelle (<span class="artref">art. 3 al. 1 let. a LPC</span>) qui est une prestation en espèces (<span class="artref">art. 3 al. 2 LPC</span>) payée mensuellement (<span class="artref">art. 19 al. 1 LPGA</span>). Le calcul de la prestation complémentaire annuelle en ce qui concerne les revenus déterminants, dont fait partie le produit de la fortune immobilière (<span class="artref">art. 11 al. 1 let. b LPC</span>), se fonde en principe sur les revenus obtenus au cours de l'année précédant celle pour laquelle la prestation est servie (<span class="artref">art. 23 al. 1 OPC-AVS/AI</span>). Les dépenses reconnues se déterminent également sur une base annuelle (cf. <span class="artref">art. 10 al. 1 LPC</span>). Les premiers juges ont dès lors violé le droit fédéral en réduisant le montant du produit de la fortune immobilière et des frais d'entretien immobilier proportionnellement au nombre de mois durant lesquels l'intimée, en 2014, avait perçu des prestations complémentaires et, en 2019, était restée propriétaire du bien immobilier non-déclaré. </div> <div class="para">En conséquence, le recours est manifestement fondé. Il doit être dès lors admis selon la procédure simplifiée de l'<span class="artref">art. 109 al. 2 let. b LTF</span>. Il convient ainsi d'annuler l'arrêt cantonal et de confirmer la décision sur opposition du 10 décembre 2020 en tant qu'ils portent sur les prestations complémentaires fédérales. On précisera que la modification par la juridiction cantonale du taux de change appliqué pour l'année 2019 ne change rien au fait que l'intimée n'a pas droit à des prestations complémentaires pour ladite année; le montant à restituer reste inchangé. Le présent arrêt rend en outre sans objet la demande d'effet suspensif. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Vu l'issue du litige, les frais judiciaires sont mis à la charge de l'intimée qui succombe pour l'essentiel (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Elle a cependant déposé une demande d'assistance judiciaire. Dès lors que la condition de l'indigence est remplie (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/64/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/64/1" type="start"></artref>art. 64 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/64/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>), l'assistance judiciaire lui est accordée. L'intimée est toutefois rendue attentive au fait qu'elle devra rembourser la caisse du Tribunal fédéral si elle retrouve ultérieurement une situation financière lui permettant de le faire (<span class="artref">art. 64 al. 4 LTF</span>). </div> <div class="para">La cause est renvoyée au tribunal cantonal pour nouvelle décision sur les dépens de la procédure antérieure (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/68/5" type="start"></artref>art. 67 et 68 al. 5 LTF</span><artref id="CH/173.110/67" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est admis. L'arrêt de la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre des assurances sociales, du 16 septembre 2021 est annulé et la décision sur opposition du 10 décembre 2020 du Service genevois des prestations complémentaires est confirmée, en tant qu'ils portent sur le montant des prestations complémentaires fédérales. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">L'assistance judiciaire est accordée et Me Stéphane Rey est désigné comme avocat d'office de l'intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 500 fr., sont mis à la charge de l'intimée. Ils sont toutefois supportés provisoirement par la Caisse du Tribunal fédéral. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Une indemnité de 2800 fr. est allouée à l'avocat de l'intimée à titre d'honoraires à payer par la Caisse du Tribunal fédéral. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">La cause est renvoyée à la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre des assurances sociales pour nouvelle décision sur les dépens de la procédure antérieure. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties, à la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre des assurances sociales, et à l'Office fédéral des assurances sociales. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 21 avril 2022 </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit social </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Parrino </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Cretton </div> </div></body></html>