1588 2000-0346 00.025 Message à l’appui d’une révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI) du 23 février 2000 Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, Par le présent message, nous vous soumettons, en vous proposant de l’adopter, un projet de révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Nous vous prions d’agréer, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, l’assurance de notre haute considération. 23 février 2000 Au nom du Conseil fédéral suisse: Le président de la Confédération, Adolf Ogi La chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz1589 Condensé Dans sa motion 98.3105, le conseiller national Bonny invitait le Conseil fédéral à présenter un projet relatif à la réorganisation de l’ exécution de la loi fédérale sur l’assurance-chômage obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité (LACI). Cette nouvelle forme d’organisation devrait s’inspirer du modèle de la SUVA. Bien qu’étant d’accord avec l’idée générale de la motion, le Conseil fédéral a néanmoins proposé de transformer la motion en postulat. Dans la foulée, la question de la réorganisation a fait l’objet d’une étude approfon- die. Un rapport proposant diverses solutions d’organisation de l’assurance- chômage a ensuite été élaboré à l’intention du Conseil fédéral. Contrairement aux préoccupations de l’auteur de la motion, le système actuel d’exécution de l’assurance-chômage a fait ses preuves, et une ref onde des structu- res d’organisation n’est pas nécessaire. Il ressort du rapport qu’elles peuvent être sensiblement améliorées par un meilleur rendement des divers organes d’ exécution (autorités cantonales, ORP, services LMMT, caisses de chômage). Les cantons recevront des m andats de prestations pour la gestion des activités des autorités cantonales, des ORP et des services LMMT relevant du domaine de l’assurance- chômage. Ces mandats de prestations seront fondés sur un système d’indemnisation lié aux résultats obtenus. Pour les caisses de chômage, le rapport propose des nouveaux mandats de prestations sur la base d’une indemnisation forfaitaire. Par décision du 7 juin 1999, le Conseil fédéral a approuvé le rapport sur l’examen de la motion du conseiller national Bonny concernant la réorganisation de l’assurance-chômage. Les résultats de cet examen pourront être mis en pratique par une simple adaptation «technique» de la loi sur l’assurance-chômage (LACI), qui se limite pour l’essentiel au statut des organes d’ exécution, à leur système d’indemnisation et à leur responsabilité. Le présent projet a pour but de transposer dans la pratique les résultats de l’examen de la motion Bonny et vise en substance les objectifs suivants. – Créer les bases légales nécessaires pour conclure a vec les f ondateurs des caisses et les cantons des accords de prestations leur offrant des attraits fi- nanciers. Ces accords laisseront aux cantons une plus grande marge de manœuvre – avec les risques que cela comporte – afin qu’ils puissent appli- quer les moyens dont ils disposent de manière plus efficace. – Supprimer l’offre minimale de mesures de marché du travail devant être prises par les cantons, car elle a offre aux cantons des attraits pervers. – Redéfinir la participation financière des cantons aux mesures de marché du travail, du fait que l’offre minimale est supprimée. La quote-part des can- tons doit être maintenue en l’état. – Accroître la responsabilité des caisses et des cantons, qui disposeront d’une marge de manœuvre plus large. C’est en effet le seul moyen de garantir une application correcte des dispositions légales. – Régler le financement du personnel de l’organe de compensation pour le- quel une base légale claire fait défaut.1590 Message 1 Partie g énérale 1.1 Point de la situation 1.1.1 Gen èse du projet La motion Bonny 98.3105 du 16 mars 1998 invitait le Conseil f édéral à soumettre une proposition relative à la r éorganisation de l ’exécution de la loi sur l ’assurance- chômage obligatoire (LACI). Ce mod èle remplacerait l ’actuel mode d ’organisation par la Confédération, les cantons, les communes et les caisses de ch ômage. Il devrait s’inspirer de celui de la SUVA, un établissement de droit public plac é sous la sur- veillance des partenaires sociaux et financé par le fonds de l’assurance-chômage. Il y aurait lieu de prévoir une organisation provisoire pour la période de transition. La motion a été motivée par le fait que l ’exécution de l’assurance-chômage ne serait pas optimale. D ’une part, parce que l ’assurance-chômage serait fortement endett ée en raison des co ûts élevés de la gestion, de la coordination et de l ’administration financière qu’entraîne l’exécution de la LACI par la Conf édération et les cantons et aussi parce que la structure tr ès fédéraliste de l’organisation rendrait impossible une gestion de l’assurance simple, efficace et axée sur les priorités du marché du travail. D’autre part, l ’exécution étant du ressort de la Conf édération, des cantons et des communes ainsi que des caisses de ch ômage publiques et priv ées, trop d ’organes seraient concernés simultanément. Les structures actuelles devraient aussi être sim- plifiées, parce que les divers points de contact (ch ômeurs, employeurs, syndicats) seraient trop compliqués et difficiles à comprendre pour les int éressés, ce qui entraî- nerait en outre des inégalités sur le plan du droit. Le transfert de l ’exécution de la LACI à un organisme de droit public permettrait également d ’alléger le fardeau financier des cantons. Il conviendrait en outre d’asssocier les partenaires sociaux à l’exécution. Dans sa r éponse du 27 mai 1998, le Conseil f édéral d éclarait être d ’accord avec l’orientation générale de la motion. Pour gagner du temps et pour plus de souplesse, notamment pour qu ’une éventuelle optimisation du syst ème actuel puisse être étu- diée, il a demandé que la motion soit transformée en postulat. L’Office fédéral du d éveloppement économique et de l ’emploi (OFDE), devenu le Secrétariat d ’Etat à l ’économie (seco), a mis sur pied une sous-commission «Optimisation de l ’exécution de l ’assurance-chômage» de la commission de sur- veillance du fonds de compensation de l ’assurance-chômage, formée de repr ésen- tants des partenaires sociaux, des cantons, des autorit és cantonales et des caisses d’assurance-chômage. Cette sous-commission avait pour mission de r édiger, jus- qu’en f évrier 1999, à l ’intention du Conseil f édéral et du Parlement, un rapport, exposant diff érentes solutions de r éorganisation de l ’exécution de l ’assurance- chômage. Dans un premier temps, l ’OFDE et la sous-commission ont analys é, avec le con- cours d’un consultant extérieur, les points forts et les points faibles de l ’exécution la LACI telle qu’elle est organisée aujourd’hui. Puis ils ont comparé ce dispositif, avec ses points forts et ses points faibles, à de nouveaux modes d ’organisation suscepti- bles de le remplacer, en évaluant leurs avantages et leurs inconvénients. Les résultats1591 de ces études ont ensuite été discutés par la sous-commission et par la commission de surveillance du fonds de compensation de l ’assurance-chômage, puis r ésumés dans un rapport à l’adresse du Conseil fédéral déposé le 21 avril 1999. Par décision du 7 juin 1999, le Conseil f édéral a approuv é le rapport sur l ’examen de la motion du conseiller national Bonny relative à la réorganisation de l’assurance- chômage. Contrairement aux craintes de l’auteur de la motion, l ’actuel mode d’exécution s’est avéré bon dans son principe et n ’appelle pas de réforme de fond. En particulier, une réorganisation sur le mod èle de la SUVA n ’est pas recommand ée: l’intégration des structures d ’exécution publiques et priv ées dans un établissement de droit public ôterait aux cantons toute responsabilit é et saperait l’ancrage régional de l’assurance. Dans le m ême temps, cela cr éerait, au niveau f édéral, une organisation mammouth avec sa tendance inh érente à la lourdeur. Et surtout, l ’assurance-chômage n’est pas l’assurance-accidents: le nombre des cas d ’assurance fluctue beaucoup plus forte- ment, et la compensation du revenu y joue un rôle moins important que le placement et les mesures de march é du travail. Ces m êmes raisons plaident contre l ’idée de donner un mandat de prestations avec enveloppe budg étaire (GMEB) à l ’organe central de gestion, le centre de prestations «Marché du travail et assurance- chômage». Il ressort du rapport que le principal potentiel d ’optimisation du mode actuel d’exécution se situe au niveau de la fourniture des prestations par les diff érents organes d’exécution, autorit és cantonales, ORP, services LMMT, caisses: elle doit devenir plus efficace et plus économique. Des mandats de prestations, bas és sur un nouveau système d’indemnisation lié aux r ésultats, seront conclus avec les cantons pour l ’exécution de l ’assurance-chômage par l ’autorité cantonale, les ORP et les services LMMT. De m ême, des mandats de prestations, assortis d ’un nouveau sys- tème d ’indemnisation forfaitaire à la prestation, devraient être conclus avec les caisses. La transposition des acquis, qui ont été discutés avec les partenaires sociaux et les cantons dans le cadre de la commission de surveillance de l ’assurance-chômage, exige un ajustement purement «technique» de la loi sur l ’assurance-chômage (LACI); il se bornera essentiellement à la position des organes d ’exécution, à leur indemnisation et à leur responsabilité. Dans l’intervalle, le conseiller national Bonny a retiré sa motion dans l ’hypothèse que le Conseil f édéral pr ésente le plus rapide- ment possible les acquis des travaux au Parlement sous la forme d ’un projet de révision de la loi. 1.1.2 Proc édure de consultation 1.1.2.1 Introduction Par d écision du 17 novembre 1999, le Conseil f édéral a autoris é le D épartement fédéral de l’économie à introduire la procédure de consultation. Pour pouvoir mettre en œ uvre rapidement les r ésultats de l’examen de la motion Bonny et introduire les modifications de la loi le 1 er janvier 2001, il a été nécessaire de r éduire le d élai de consultation. A d éfaut, les modifications propos ées ne pourraient être mises en vigueur que dans le courant de l ’année 2001, ce qui poserait un probl ème comptable et entraînerait un important surcroît de travail. En effet, l ’indemnisation des organes1592 d’exécution, et partant le calcul des co ûts, devrait avoir lieu deux fois, c ’est-à-dire sous le droit en vigueur et, ensuite, d’après le nouveau droit. 1.1.2.2 R ésultats de la consultation Chargé par le Conseil fédéral de lancer la procédure de consultation, le Département fédéral de l ’économie a soumis, le 19 novembre 1999, le projet de r évision à la consultation des cantons, des partis représentés au Parlement, des associations faîtiè- res de l’économie, des fondateurs des caisses de chômage privées et d’autres milieux intéressés. Sur les 72 milieux consult és, 41 ont donn é leur avis. Une partie des fondateurs des caisses de ch ômage privées ont répondu dans le cadre d ’une prise de position commune. Les trois seuls partis politiques qui ont r épondu (PRD, PDC et PSS) et toutes les associations faîtières de l’économie (Vorort, Union suisse des arts et m étiers, Union patronale suisse, F édération romande des syndicats patronaux, Union syndicale suisse, F édération des soci étés suisses d ’employés, Conf édération des syndicats chrétiens de Suisse) ont salu é les efforts d ’optimisation et se sont ralli és sur le fond au projet de loi. Il en va de m ême, sur la plupart des points du projet, des fondateurs des caisses de ch ômage privées, qui ont r épondu à la consultation (Syndicat indus- trie & bâtiment, groupe d’échange d’expériences des caisses de chômage des organi- sations syndicales USS, CSC et FSE) et de l ’Association des caisses publiques suisses et du Liechtenstein d’assurance-chômage. Les 26 cantons consult és se sont prononc és principalement sur deux points: tout d’abord sur la nouvelle réglementation de la participation financière des cantons aux coûts des mesures de march é du travail, rendue n écessaire par la suppression de l’offre minimale; ensuite, sur l ’extension de la responsabilit é des fondateurs des caisses et des cantons visant à garantir une application correcte des dispositions légales. La plupart des cantons ont approuv é la suppression de l ’offre minimale de mesures de marché du travail. Ils demeurent n éanmoins très préoccupés par la nouvelle r é- glementation de leur participation aux coûts des mesures de marché du travail. Sur ces 26 cantons, dix (Zurich, Berne, Fribourg, B âle-Campagne, Schaffhouse, Saint-Gall, Thurgovie, le Tessin, le Valais et le Jura) sont d ’avis que la nouvelle réglementation d épasse le cadre d ’une r évision technique et devrait d ès lors être reportée à la révision de 2003. C’est pourquoi certains d’entre eux souhaitent renon- cer pour l’instant à la suppression de l’offre minimale. Le canton d’Obwald plaide en faveur du maintien de la solution souple actuellement en vigueur. Trois cantons (Zoug, Soleure et Vaud) sont d ’avis qu’on devrait carrément renoncer à la participation cantonale au financement des mesures. Douze cantons au total sont d’accord de lier la suppression de l’offre minimale à une redéfinition de la participation cantonale au financement des mesures. Quatre d’entre eux (Schwyz, Nidwald, Appenzell Rhodes-Int érieures et Gen ève) approu- vent le projet sans restriction. Uri trouve le projet acceptable comme solution provi- soire, mais estime qu ’il devrait être revu dans le cadre de la r évision de 2003. Le canton de Neuchâtel est d’avis que la solution propos ée triple la participation canto-1593 nale et propose de fixer des montants plus bas. Six cantons acceptent difficilement de calculer la participation cantonale sur la base du nombre d ’indemnités journaliè- res. Quatre cantons (Glaris, Appenzell Rhodes-Ext érieures, les Grisons et Argovie) proposent un calcul sur la base de la mesure elle-m ême avec une participation de 10 %. Lucerne plaide en faveur d ’une participation financi ère susceptible d ’être influencée par le canton, ce qui n ’est pas le cas des indemnit és journali ères. Bâle- Ville suggère une base fixe pouvant être portée au budget, ce qui n ’est guère possi- ble si l’on se fonde sur le nombre de chômeurs. Parmi les autres milieux consult és, seule l ’Union des villes suisses a émis un avis négatif quant à la suppression de l ’offre minimale et à la nouvelle réglementation de la participation financi ère des cantons aux mesures de march é du travail. Elle est d’avis qu’on ne peut renoncer à l’offre minimale, vu la situation des ch ômeurs de longue durée. En ce qui concerne l ’extension de la responsabilit é des fondateurs des caisse de chômage, à savoir le retour à l’ancienne réglementation d’avant 1995, treize cantons (Berne, Uri, Schwyz, Obwald, Nidwald, Glaris, Fribourg, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Saint-Gall, les Grisons, Argovie et le Jura) sont d ’avis qu’une nouvelle réglementation n’est pas absolument n écessaire pour le moment et qu ’elle peut être reportée à la r évision de 2003. Certains pensent qu ’on pourra ainsi tenir compte des exp ériences r éalisées avec les nouveaux accords de prestations. Pour trois cantons (Zurich, Thurgovie et le Tessin), il sera possible de sanctionner de manière bien plus efficace les n égligences dans l ’exécution par le biais des nou- veaux accords de prestations. Soleure est d ’avis qu’une extension de la responsabi- lité du fondateur ne correspond pas à l ’idée des nouveaux accords de prestations. Zoug refuse toute extension. Quatre cantons (B âle-Campagne, Vaud, le Valais et Gen ève) plaident en faveur du maintien de la r églementation en vigueur. Deux cantons (Lucerne et Appenzell Rhodes-Intérieures) approuvent une extension sans r éserve, deux autres (B âle-Ville et Neuch âtel) à condition que la bonification pour risque de responsabilit é soit réintroduite. Parmi les autres milieux consult és, l’Association des caisses publiques d ’assurance- chômage, la Conf édération des syndicats chr étiens de Suisse (CSC), le groupe d’échange d’expériences des caisses de ch ômage des organisations syndicales USS, CSC et FSE (ErfAA), ainsi que le Syndicat industrie & b âtiment, en qualit é de fondateur de caisse, n ’approuvent une responsabilit é plus grande que si la bonifica- tion pour risque de responsabilité est réintroduite. L’extension de la responsabilit é des cantons a également soulevé des oppositions. Treize cantons (Berne, Uri, Schwyz, Obwald, Nidwald, Glaris, Fribourg, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Ext érieures, Saint-Gall, les Grisons, Argovie et le Jura) ne voient pas la n écessité d ’une nouvelle r églementation pour le moment, celle-ci pouvant être reportée à la révision de 2003. Certains sont d ’avis qu’on pour- ra ainsi tenir compte des exp ériences réalisées avec les nouveaux accords de presta- tions. Pour trois cantons (Zurich, Thurgovie et le Tessin), il sera possible de sanc- tionner de mani ère bien plus efficace les n égligences dans l ’exécution par le biais des nouveaux accords de prestations. Soleure est d ’avis qu ’un élargissement de la responsabilité du fondateur ne suit pas l ’optique des nouveaux accords de presta- tions. Zoug y est carrément opposé.1594 Quatre cantons (B âle-Campagne, Vaud, le Valais et Gen ève) plaident en faveur du maintien de la r églementation en vigueur. Trois cantons (Lucerne, Appenzell Rho- des-Intérieures et Neuch âtel) approuvent un élargissement de la responsabilit é du fondateur sans r éserve, un autre (B âle-Ville) à condition que la bonification pour risque de responsabilité soit réintroduite. Parmi les autres milieux consult és, la CSC et le groupe d ’échange d ’expériences approuvent la responsabilité plus grande pour autant que la bonification pour risque de responsabilité soit réintroduite. Le projet de révision a suscité nombre d’observations notamment sur la question des frais d’administration. Sept cantons (Lucerne, Glaris, Fribourg, Saint-Gall, les Gri- sons, Argovie, Thurgovie) demandent qu ’une base l égale soit cr éée pour un accord de prestations global ax é sur les r ésultats, int égrant tout l ’appareil cantonal d ’exé- cution de la LACI. Quatre cantons (Zurich, Fribourg, Schaffhouse et le Tessin) veulent que les frais engendr és par le service de l ’emploi soient aussi bonifi és aux cantons. Certains cantons demandent une meilleure base l égale pour l’indemnisation des frais fixes. Les cantons font encore quelques remarques d ’ordre rédactionnel sur la question des frais d’administration. Parmi les autres milieux consult és, l ’Union syndicale suisse et la F édération des sociétés suisses des employ és n’entendent mettre de nouveaux co ûts à la charge du fonds de compensation que si la révision de 2003 fixe une participation de la Conf é- dération et des cantons aux frais d ’administration de l ’assurance. Le Syndicat in- dustrie & b âtiment, de m ême que le groupe d ’échange d ’expériences souhaitent conférer à la commission de surveillance une comp étence légale pour l ’approbation des budgets et des comptes si le fonds est appelé à financer toujours plus de tâches. Quelques cantons demandent, notamment en mati ère de surveillance, que l ’organe de compensation adresse ses directives aux fondateurs des caisses et aux cantons et non directement aux différents organes d’exécution. 1.1.2.3 D épouillement et pondération des réponses La plupart des cantons ne sont pas fondamentalement oppos és à la suppression de l’obligation d ’offrir un nombre minimum de places. Quatorze cantons rejettent cependant les nouvelles r ègles régissant leur participation financi ère aux co ûts des mesures de marché du travail. Dix d ’entre eux estiment qu ’il faut attendre les r ésul- tats des nouveaux accords de prestations pour régler cette question dans la r évision de 2003. Le probl ème est que les nouveaux accords de prestations seront intr oduits au début de l’année 2001 et que le projet de r évision devra être soumis au Parlement au printemps 2001. Il ne sera donc pas possible de tenir compte des exp ériences réalisées pour les int égrer dans la r évision de 2003. De ce fait, attendre la r évision de 2003, dont l ’issue est de surcro ît incertaine, n ’a pas de sens. Trois cantons vont jusqu’à demander la suppression de toute participation financi ère des cantons aux coûts des mesures de march é du travail. Une exigence encore moins acceptable: c’est oublier en effet que la révision de 1995 et l’institution des offices régionaux de placement, dont les frais sont pris en charge par le fonds de compensation, a d échar- gé les cantons du coût du service public de l’emploi et réduit ainsi leur quote-part au financement de la politique du marché du travail.1595 Sur les douze cantons qui approuvent la nouvelle r églementation, six ne sont toute- fois pas d’accord avec la base de calcul pr oposée, à savoir les indemnit és journaliè- res. Mais si l ’on prend pour base les co ûts des mesures, les cantons pourraient être tentés d’organiser moins de mesures, voire de ne plus en organiser, afin de minimi- ser leur participation. C ’est pourquoi il faut s ’en tenir, sur ce point, au projet. Con- trairement à aujourd’hui, le nombre d’habitants et le nombre d ’assurés du canton ne seront plus pris en compte dans le calcul de la contribution cantonale. Le nouveau mode de calcul est n éanmoins conçu de mani ère à ce qu ’aucun canton ne paie une quote-part plus élevée qu’avec l’ancien mode. Etant donné que la majorit é des cantons, de m ême que tous les autres participants à la consultation, en particulier les organisations économiques et les partis politiques, n’ont pas d ’objection de principe à la nouvelle r églementation, le projet doit être maintenu, principalement parce que les craintes des opposants ne sont pas fond ées. En effet, la r évision ne change rien au principe d ’une participation des cantons et cette participation n’augmente, en termes relatifs, pour aucun canton. L’opposition à une extension de la responsabilit é vient elle aussi principalement des cantons. Pourtant, si les nouveaux accords de prestations doivent donner aux fon- dateurs des caisses de chômage et aux cantons une plus grande libert é d’action dans l’exécution de la LACI, il est légitime qu’ils leur imposent, en contrepartie, une plus grande responsabilité. Celui qui veut davantage d’autonomie doit être prêt à assumer aussi davantage de responsabilité, y compris sur le plan financier. Certains intervenants, qui ne sont pas oppos és en soi à une extension de la respon- sabilité, r éclament l ’introduction d ’une bonification pour risque de responsabilit é telle qu’elle existait pour les fondateurs des caisses avant la r évision de 1995. Cette bonification sera donc introduite tant pour les fondateurs que pour les cantons. Cette mesure est propre à dissiper les r éserves des opposants, comme aussi celles des fondateurs des caisses et des cantons qui craignaient de se voir imposer une respon- sabilité financière excessive. Toutefois, pour les fondateurs des caisses, la bonifica- tion ne sera plus liée à la somme des montants révisés comme c’était le cas autrefois. Les détails seront réglés dans l’ordonnance. S’agissant des frais d’administration, sept cantons réclament l’inscription dans la loi d’une disposition permettant de conclure avec le canton un accord de prestations global, selon les r ègles de la nouvelle gestion publique, pour les frais des caisses de chômage cantonales et de tous les autres organes d’exécution cantonaux. Pour ce qui est des caisses de ch ômage, un accord de prestations li é aux résultats est impossible puisque le travail des caisses ne peut produire de r ésultats susceptibles d ’être véri- fiés. Une caisse paie ou ne paie pas, mais il n ’y a aucun lien de cause à effet entre son activité et la r éinsertion rapide et durable du ch ômeur. Cette exigence est donc irréalisable. En revanche, le texte sera modifi é de mani ère à faire entrer les frais du service public de l ’emploi dans l ’accord de prestations comme le demandaient un petit nombre d ’intervenants. La loi donnera aussi express ément à la commission de surveillance la comp étence d ’approuver le budget et les comptes des frais d’administration. S’agissant de la surveillance de l ’exécution, quelques cantons souhaitent encore que l’organe de compensation ne puisse pas donner des instructions directes aux diff é- rents organes mais uniquement aux fondateurs des caisses et aux cantons. Ce v œ u sera satisfait.1596 2 Partie sp éciale 2.1 Grandes lignes du projet Les mandats de prestations qui ont été donn és aux cantons et aux caisses sont au- jourd’hui axés avant tout sur les prestations fournies (nombre d ’entretiens de con- seil, de placements, de paiements, etc.) et ne tiennent que trop peu compte des r é- sultats obtenus (réinsertion rapide et durable, passages au ch ômage de longue durée, entrées en fin de droit). Il serait n écessaire d ’inciter davantage les organes d ’exé- cution de l ’assurance-chômage à obtenir de meilleurs r ésultats, pour en d éfinitive réduire les coûts. Les nouveaux mandats de prestations, qui laisseront aux caisses et aux cantons une plus grande libert é d’organisation en leur offrant des attraits finan- ciers – certes avec des risques plus importants – devraient leur permettre de faire un usage plus efficace des moyens dont ils disposent. L’introduction de tels mandats de prestations n écessite, à tout le moins pour les offices cantonaux du travail et les services de logistique des mesures de march é du travail, la cr éation d’une nouvelle base légale. Il faut également saisir l ’occasion pour adapter la base l égale d éjà en place pour les mandats de prestations donn és aux caisses et aux offices régionaux de placement. L’introduction de nouveaux mandats de prestations pour les cantons implique aussi la suppression de l ’offre minimale l égale de mesures de march é du travail qu ’ils doivent mettre à disposition. Les études menées dans le cadre de la motion Bonny ont mis en évidence l’effet quelque peu pervers de cette exigence l égale. Elle risque en effet d’inciter les cantons à offrir un nombre élevé de places et à les attribuer sans se soucier de savoir si les diff érentes mesures sont indiqu ées et judicieuses pour un assuré, cela aux seules fins de ne pas devoir s ’acquitter, le cas échéant, de leur d û envers la Conf édération. La suppression de l ’offre minimale ne signifie pas pour autant que les cantons n ’offrent plus ces mesures, qui continueront d ’ailleurs à être financées en majeure partie par le fonds de compensation de l ’assurance-chômage. Elle a simplement pour but d ’inciter les cantons à mettre à disposition uniquement les mesures réellement nécessaires à un placement rapide et durable. La s uppression de l’offre minimale induit elle aussi une adaptation des dispositions légales. La suppression de l ’offre minimale nécessite en outre la r évision d’autres domaines de la loi. La participation financi ère des cantons à la pr éparation des mesures doit être maintenue en l ’état afin de ne pas alourdir la charge du fonds de compensation de l ’assurance-chômage. Elle sera calcul ée sur la base des indemnit és journali ères payées annuellement par le canton, ce qui permettra d ’éviter que les cantons organi- sent moins de mesures, voire n ’en organisent plus afin de r éduire leurs co ûts. Con- trairement à la r églementation en vigueur, le nombre d ’habitants et le nombre d’assurés du canton ne seront plus pris en compte dans le calcul de la participation cantonale. Néanmoins, cette participation des cantons ne sera pas accrue en termes de pour cent. Par ailleurs, la responsabilit é des cantons et des fondateurs des caisses doit être élargie car, disposant d ’une plus grande marge de man œ uvre, ceux-ci devront r é- pondre du dommage causé en cas d’application incorrecte des dispositions légales. Le financement du personnel de l ’organe de compensation de l ’assurance-chômage doit aussi être réglé dans le cadre de la pr ésente révision. Aujourd’hui, de nombreu- ses personnes sont r émunérées par le fonds de compensation sans que les bases légales ne soient claires pour un certain nombre d ’entre elles. Lorsqu ’elle s ’est1597 penchée sur la motion Bonny, la commission de surveillance a souhait é la cr éation d’une base légale bien définie à ce propos. 2.2 Commentaire des dispositions Art. 59 Principe La base l égale prévue à l ’art. 98 a OACI pour les mesures relatives au march é du travail est maintenue malgré l’abrogation de l’al. 5 de l’art. 72a. Elle est transférée à l’art. 59, qui fixe le principe de la mise à disposition des mesures de march é du travail. Ces mesures s ’adressent à des personnes qui ne sont pas menac ées de ch ô- mage imminent, c ’est-à-dire des personnes dont les rapports de travail n ’ont pas encore été résiliés. C’est le cas par exemple lorsque des licenciements collectifs ont été annoncés et qu ’on ignore encore qui sera touch é. L’art. 72a, al. 5, et l ’art. 98a OACI en vigueur permettent de prendre des mesures à ce stade d éjà pour encadrer les travailleurs concernés et peut-être empêcher qu’ils ne tombent au chômage. Art. 72a Droit du chômeur à un emploi temporaire De nouveaux mandats de prestations ayant été donn és aux cantons, il y a lieu de supprimer l’offre minimale de mesures prescrite aux cantons. On supprimera ainsi les effets négatifs d’une incitation à mettre à disposition des mesures de march é du travail (voir les commentaires ad art. 72b). Il faut pour cela modifier l’art. 72b. Suite à la suppression de l ’offre minimale pr évue à l’art. 72b, les al. 4 et 5 de l ’art. 72a qui s’y réfèrent doivent être abrogés. Le passage de l ’al. 5, qui fonde les mesures prévues à l’art. 98a OACI (mesures en faveur des personnes menacées de chômage), est transféré à l’art. 59. Art. 72b Nombre minimum de mesures relatives au marché du travail Avec les nouveaux mandats de prestations donn és aux cantons, l ’offre minimale prescrite aux cantons doit être supprim ée afin d ’éviter de donner aux cantons de faux attraits pour la mise à disposition des mesures de march é du travail. En fixant une offre minimale, on court le risque que les cantons mettent à disposition le plus grand nombre possible de mesures, sans se soucier de leur ad équation pour le b éné- ficiaire, dans le seul but de ne pas devoir participer aux coûts de ces mesures. Les al. 1 et 3 de l ’art. 72 b, qui se justifiaient pendant la phase d ’introduction des mesures de marché du travail, peuvent dès lors être abrogés. Les débuts des al. 1 et 2 sont adaptés sur le plan rédactionnel et fusionnés dans le nouvel alinéa. Art. 72c Participation financière des cantons aux coûts découlant de la mise à disposition de mesures relatives au marché du travail L’article est enti èrement refondu. La nouvelle r églementation garantit que les can- tons participeront aux co ûts des mesures de march é du travail dans la m ême mesure en termes de pour cent, de sorte que ces co ûts ne soient pas enti èrement à la charge du fonds de compensation. Actuellement, les cantons prennent à leur charge environ 10 % au total des frais occasionn és par ces mesures en versant une somme de 3000 francs par pl ace/année, conform ément à l ’art. 72 c, al. 2. Pour maintenir la1598 participation des cantons dans une m ême mesure, il s ’agit maintenant de fixer un montant en francs par indemnité journalière versée. Le décompte sera toujours établi à la fin de l ’exercice. Les mesures de tous les cantons seront tout d ’abord addition- nées, puis 10 % du r ésultat seront r épartis entre les cantons sur la base du nombre d’indemnités journalières versées l’année précédente (pour l’ensemble des assurés et non seulement pour ceux qui ont particip é à une mesure). Pour l ’an 2000, il sera de 1,50 franc environ. Ce calcul se fonde sur une hypoth èse de 15 000 pl aces/année au total pour l ’an 2000, d ’une part, et sur le co ût moyen d ’une place pendant l ’année écoulée, d ’autre part. Le financement n écessaire peut être calcul é facilement au moyen du syst ème SIPAC. Il a en outre l ’avantage de ne pas devoir être constam- ment adapté comme auparavant et offre une égalité de traitement entre les cantons. Le calcul de la participation cantonale ne peut se fonder sur les co ûts de la mesure elle-même car on courrait ainsi le risque que les cantons n ’organisent plus de mesu- res ou en organisent moins afin de r éduire leurs coûts. Contrairement à la réglemen- tation en vigueur, le nouveau mode de calcul ne tiendra compte ni du nombre d’habitants ni du nombre d’assurés du canton. Malgré cela, la quote-part des cantons ne sera pas plus élevée que sous l’ancien système. Art. 82 Responsabilité des fondateurs Les nouveaux mandats de prestations accordent aux caisses et aux cantons une marge de manœ uvre plus large. Une pratique unique ne peut toutefois être garantie que si les organes d ’exécution ont l ’obligation de respecter les instructions de l’organe de compensation et sont rendus responsables en cas de n égligence. Actuel- lement, seules les fautes graves et intentionnelles sont punies. Sous le r égime anté- rieur à la révision de 1995, il était aussi possible de faire r épondre le fondateur de la caisse en cas de négligence. Cette disposition doit être réintroduite quoique sous une nouvelle forme. D ésormais, les cas de n égligence simple devront aussi être sanc- tionnés. Mais contrairement à la disposition en vigueur avant la r évision de 1995, la responsabilité ne sera engagée que s’il y a faute intentionnelle ou négligence. Il n’est pas question de réintroduire une responsabilité de cause à effet. Comme autrefois, la teneur de l ’al. 3, deuxi ème phrase, permettra de lib érer les caisses et les cantons de leur responsabilité en cas de faute relativement légère et excusable. Cette disposition potestative laisse toutefois la possibilit é de rendre le fondateur de la caisse ou le canton responsable des fautes légères si elles sont répétées, fréquentes ou régulières. Ce risque de responsabilit é est bonifi é aux fondateurs des caisses dans une mesure équitable. C’était déjà le cas avant la r évision de 1995, alors que la r églementation applicable aux caisses prévoyait une responsabilité plus grande. Art. 83 Organe de compensation de l’assurance-chômage La let. c stipule que l ’organe de compensation contr ôlera désormais non seulement la gestion des caisses, mais aussi celle des cantons. La nouvelle let. c bis garantit en outre que l’exécution des tâches des caisses et des cantons peut aussi être contrôlée. Le contr ôle ne portera d ès lors pas seulement sur l ’aspect comptable. Gr âce aux dispositions des let. c et c bis, les fondateurs des caisses et les cantons, qui dispose- ront d’une marge de manœ uvre plus large, pourront être contrôlés et, le cas échéant, rendus responsables d ’une application incorrecte de la loi. La let. e stipule explici- tement que l ’organe de compensation peut donner des instructions aux autorit és cantonales. A cet effet, l’organe de compensation se fondait jusqu’ici sur sa fonction1599 de surveillance générale prévue à l’art. 76, al. 2. La modification de la let. e va dans le même sens que celle de l’art. 111. Art. 85a Responsabilité des cantons Les nouveaux mandats de prestations accordent aux cantons une marge de man œ u- vre plus large. Il leur sera même possible de réaliser des excédents dans une certaine mesure. Une pratique unique ne peut toutefois être garantie dans ces conditions que si les organes d ’exécution ont l ’obligation de respecter les instructions de l ’organe de compensation et sont rendus responsables en cas de n égligence. Actuellement, seules les fautes graves et intentionnelles ou dues à des n égligences graves sont punies. Sous le r égime antérieur à la révision de 1995, qui était applicable aux cais- ses de chômage, il était aussi possible de faire r épondre le fondateur de la caisse en cas de négligence. Cette disposition doit maintenant être réintroduite sous une nou- velle forme, non seulement pour les fondateurs des caisses, mais aussi pour les cantons. Contrairement à la réglementation d’avant la révision de 1995, la responsa- bilité n’est engagée que s’il y a faute intentionnelle ou n égligence. Il n’est pas ques- tion de réintroduire une responsabilité causale. Comme autrefois, la teneur de l’al. 3, deuxième phrase, permettra de libérer les caisses et les cantons de leur responsabilité en cas de faute relativement l égère et excusable. Cette disposition potestative laisse toutefois la possibilit é de rendre le fondateur de la caisse ou le canton responsable du dommage en cas de fautes légères si elles sont répétées, fréquentes ou régulières. Ce risque de responsabilit é est bonifié aux cantons dans une mesure équitable. Une solution semblable existait d éjà avant la r évision de 1995, alors que la r églementa- tion applicable aux caisses prévoyait une responsabilité plus grande. Art. 89 Commission de surveillance Le nouvel al. 5 confère à la commission de surveillance une compétence expresse en matière d ’approbation des budgets et des comptes concernant les frais d’administration des caisses et des cantons (art. 92, al. 6 et 7), ainsi que de l ’organe de compensation. En revanche, vu la nouvelle teneur de l ’al. 5, la commission de surveillance, c ’est-à- dire la sous-commission de recours, ne sera plus comp étente pour traiter les recours en mati ère d ’indemnisation des frais d ’administration des caisses. L ’art. 121 de l’ordonnance sur l ’assurance-chômage et l ’ordonnance du 25 f évrier 1986 sur les décisions en cas de recours concernant les frais d ’administration de l ’assurance- chômage, RS 837.15 sont ainsi abrogés. Dorénavant, les recours contre les décisions de recours seront trait és par la commission de recours du DFE et il sera possible de recourir devant le Tribunal f édéral des assurances. Cette proc édure est actuellement déjà r églée par les dispositions concernant les voies de droit pr évues sous le titre septième de la LACI pour les recours en mati ère de frais d ’administration des auto- rités cantonales et des offices r égionaux de placement. La nouvelle réglementation unifie la pratique quelque peu disparate appliqu ée aujourd’hui et permet aux caisses de bénéficier de toutes les voies de recours. En effet, selon la pratique en vigueur, elles n’ont pas la possibilit é de recourir, car les d écisions de la commission de sur- veillance sont définitives.1600 Art. 92 Frais d’administration A l’heure actuelle, pr ès de la moiti é du personnel de l ’organe de compensation est engagé par le fonds de compensation de l ’assurance-chômage, une partie de ces emplois reposant sur des bases équivoques. La nouvelle r églementation cr ée une base l égale claire, distinguant entre gestion et ex écution de l ’assurance-chômage. Selon l ’al. 3, toutes les t âches d ’exécution qui sont accomplies par l ’organe de compensation (coordination ORP, coordination des services LMMT, mesures de marché du travail, inspection, services des finances, PLASTA, SIPAC) seront à la charge du fonds de compensation de l ’assurance-chômage. Selon l ’al. 4, les t âches concernant la gestion (gestion proprement-dite et controlling interne) et les t âches fondamentales (questions fondamentales et services g énéraux, service juridique et statistique du march é du travail) de l ’assurance seront financ ées par la Conf édéra- tion. L’organe de compensation dispose actuellement de 81,1 postes financ és par les finances fédérales. Avec la solution proposée, 46 postes seront encore à la charge de la Confédération, ce qui all égera les finances f édérales de quelque 3,5 millions de francs par ann ée, mais chargera le fonds de compensation d ’autant. En regard des quelque 4500 emplois financés par le fonds de compensation dans les cantons et les caisses pour l ’exécution de l ’assurance-chômage, l ’augmentation des d épenses du fonds de compensation semble minime. Cette solution apportera plus de souplesse et permettra de r éagir rapidement aux fluctuations du march é du travail. La commis- sion de surveillance pourra contr ôler (en particulier gr âce aux nouvel al. 5 de l ’art. 89) si les moyens disponibles sont utilisés avec efficacité. L’actuel al. 4 devient l’al. 5. Il faut cr éer une base l égale afin que le remboursement des co ûts et les mandats de prestations puissent être axés sur le rendement (pour les caisses au nouvel al. 6) et sur les résultats (pour les cantons au nouvel al. 7). Un mandat de prestations global est cr éé pour les autorit és cantonales, offices r égionaux de placement et services LMMT. Les al. 6 et 7 peuvent d ès lors être regroupés dans le nouvel al. 7. Le risque de responsabilit é sera bonifi é aux fondateurs des caisses et aux cantons dans une mesure équitable et les frais fixes leurs seront rembours és pour compenser les fluc- tuations du marché du travail. Art. 111 Révision A l’avenir, l’organe de compensation verifiera si les prescriptions l égales sont appli- quées correctement non seulement par les caisses, mais aussi par les autorit és canto- nales. 3 Cons équences 3.1 Cons équences financières 3.1.1 Cons équences financières pour la Confédération Grâce à la nouvelle disposition de l ’art. 92, al. 3 et 4 (voir les commentaires ad art. 92), 35 postes de travail environ, soit quelque 3,5 millions de francs, seront écono- misés par la Confédération.1601 3.1.2 Cons équences financières pour les cantons et les communes Il est difficile d’estimer les conséquences financières pour les cantons. D’un côté, leur participation financi ère aux mesures de march é du travail demeure inchangée en termes de pour cent. Les co ûts réels dépendront toutefois du taux de chômage. En regard de la situation conjoncturelle qui r ègne actuellement, on devrait s’attendre à une baisse de la charge cantonale. Par ailleurs, la r églementation de la responsabilit é étant devenue plus stricte, le canton r épondra d ’une application incorrecte de la LACI. L ’augmentation de ce risque est toutefois compens ée par la bonification du risque de responsabilit é, de sorte que la charge ne devrait effectivement pas être plus lourde pour les cantons. Il n’y a pas de conséquences financières pour les communes, leurs t âches demeurant inchangées. L’amélioration du taux de placement devrait cependant se traduire par une diminution des arriv ées en fin de droits, et donc, du nombre de ch ômeurs tom- bant à charge de l’aide sociale des cantons et des communes. 3.1.3 Cons équences financières pour le fonds de compensation Les mesures pr évues devraient apporter une nette am élioration de l ’efficacité dans l’exécution de l’assurance-chômage et diminuer considérablement les coûts. Pour le seul domaine des ORP, la soci été de conseil en entreprise ATAG Ernst & Young estime que la mise en œ uvre des mesures d ’optimisation réduira la dur ée moyenne de la recherche d’emploi de quelque 70 à 80 jours, ce qui engendra pour le fonds de compensation une économie annuelle de l ’ordre de 200 millions à 1 milliard de francs. Il difficile d ’établir des pronostics, mais une r éduction sensible des co ûts en résultera certainement en raison de l ’augmentation de l ’efficacité escompt ée non seulement des ORP, mais aussi des autorit és cantonales et des caisses de ch ômage. De plus, les co ûts supplémentaires auxquels il faut s ’attendre pour le personnel de l’organe de compensation seront minimes (voir les commentaires ad art. 92). 3.2 Cons équences sur l’effectif du personnel Il ne faut en principe pas s ’attendre à un surcroît de tâches administratives. Doréna- vant, 46 des 81,1 emplois seront encore financ és par la Conf édération, le reste du personnel s’occupant de t âches d’exécution, sera financ é, comme pour les organes cantonaux d ’exécution et pour les caisses de ch ômage publiques et priv ées, par le fonds de compensation. 3.3 Cons équences dans le domaine de l’informatique La réorganisation des structures d ’exécution n’aura d’incidence ni sur le syst ème de placement ni sur le syst ème de paiement. Aucune adaptation sp éciale ne sera donc nécessaire dans le domaine de l’informatique.1602 3.4 Cons équences économiques Selon le rapport final sur l’évaluation des ORP effectuée par la société de conseil en entreprise ATAG Ernst & Young, des structures d ’organisation optimales r éduiront la dur ée d ’indemnisation. Dans l ’hypothèse d ’un effectif de 150 000 ch ômeurs et d’une indemnit é journali ère moyenne de 130 francs, cela repr ésente, un potentiel d’économie d’au moins 200 millions de francs par an pour l’assurance-chômage. 3.5 Cons équences pour les petites et moyennes entreprises (PME) La r éorganisation des structures d ’exécution ne donnera pas davantage de travail administratif aux petites et moyennes entreprises. 4 Programme de la l égislature Le message concernant la r évision partielle de la loi sur l ’assurance-chômage (optimisation des structures d ’organisation) est annonc é dans le rapport du Conseil fédéral sur le programme de l égislature 1999-2003 (Annexe 2, ch. 3.1 S écurité sociale; santé publique). 5 Compatibilit é avec le droit européen Le droit europ éen prévoit dans le domaine des assurances sociales des dispositions régissant les conflits de lois ainsi qu ’un dispositif de coordination des divers syst è- mes nationaux. L’aménagement des divers systèmes d’assurances relève toutefois de la comp étence des Etats concern és. La r éorganisation des structures d ’exécution dans le domaine de l ’assurance-chômage n ’a pas d ès lors pas d ’influence sur la compatibilité avec le droit européen. 6 Constitutionnalit é Le droit de la Conf édération de l égiférer dans le domaine de l ’assurance-chômage découle des art. 114 et 110, al. 1, let. a et c, de la Constitution f édérale. Le projet de révision est compatible avec ces articles.Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali Message à l'appui d'une révision de la loi sur l'assurance-chômage In Bundesblatt Dans Feuille fédérale In Foglio federale Jahr 2000 Année Anno Band 1 Volume Volume Heft 12 Cahier Numero Geschäftsnummer 00.025 Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum 28.03.2000 Date Data Seite 1588-1602 Page Pagina Ref. No 10 124 377 Die elektronischen Daten der Schweizerischen Bundeskanzlei wurden durch das Schweizerische Bundesarchiv übernommen. Les données électroniques de la Chancellerie fédérale suisse ont été reprises par les Archives fédérales suisses. I dati elettronici della Cancelleria federale svizzera sono stati ripresi dall'Archivio federale svizzero.