<h2>SubmittedText<h2><p>Radio Hirondelle émettant depuis les camps des génocideurs hutus à Bukavu a coûté en deux ans et demi de fonctionnement plusieurs millions de francs aux contribuables suisses. Son effet a été nul, sinon néfaste.</p><p>Quelles sont les mesures urgentes que le Conseil fédéral entend prendre pour mettre fin à cette malheureuse entreprise ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1. Radio Agatashya des débuts à nos jours</p><p>Radio Agatashya a été établie au cours de l'été 1994 par la Section suisse de Reporters sans frontières agissant au nom de Reporters sans frontières international. Cette date coïncide avec l'exode massif de réfugiés fuyant les combats et l'avancée des forces du Front patriotique rwandais.</p><p>Radio Agatashya s'est établie à Bukavu (Zaïre) avec progressivement des antennes à Goma et à Uvira. Elle transmettait des messages d'ordre humanitaire et concernant la situation dans les camps, à l'intention des réfugiés ainsi que des populations restées au Rwanda qui pouvaient capter les émissions. La Fondation Hirondelle a pris, au début de 1995, le relais de Reporters sans frontières. Cette fondation est constituée de personnalités actives dans les domaines des médias électroniques et de la presse écrite en Suisse. Face à la polarisation de la situation politique à l'intérieur et à l'extérieur du Rwanda, Radio Agatashya n'a pu éviter de devenir l'objet de polémiques.</p><p>La conquête d'une partie du Kivu par des troupes banyamulenges en novembre 1996 a entraîné le retour au Rwanda de la plus grande partie des réfugiés, quelques centaines de milliers d'autres se dispersant à l'intérieur du Zaïre. Dans cette tourmente, Radio Agatashya a dû cesser ses émissions et les troupes banyamulenges se sont appropriées une partie de son matériel.</p><p>2. L'évaluation externe de Radio Agatashya</p><p>Après deux ans de contributions financières, la Direction du développement et de la coopération (DDC) a fait procéder - comme elle a l'habitude de le faire pour ses programmes - à une évaluation des activités de Radio Agatashya par des experts neutres et indépendants. Cette mission de trois évaluateurs externes suisses d'une grande compétence dans le journalisme a oeuvré du 14 octobre au 10 novembre 1996. D'une manière générale, la mission a pu se rendre compte de l'importante tâche humanitaire accomplie par Radio Agatashya de l'été 1994 à novembre 1996. Les auditeurs de Radio Agatashya se situaient surtout dans les camps de réfugiés du Kivu et dans les régions frontalières du Rwanda occidental. L'audience fut forte, car la radio émettait essentiellement en kinyarwanda. Une étroite collaboration s'est instaurée avec les grandes organisations humanitaires telles que le CICR et le HCR. La mission d'évaluation conclut qu'avec la solidité de ses émissions Radio Agatashya a inauguré de nouvelles normes de qualité et d'informations dans la région, mais qu'elle n'a pas pu remplir totalement sa mission en raison des difficultés qu'elle a enregistrées avec les autorités rwandaises. Elle n'a pas pu obtenir la permission d'émettre à partir du territoire rwandais en raison surtout du refus officiel du Gouvernement de Kigali de tolérer des voix privées indépendantes en matière d'informations et de sa volonté de contrôler tous les médias.</p><p>L'évaluation a donc confirmé en substance l'appréciation du Conseil fédéral, à savoir que Radio Agatashya, contrairement à ce que prétendent ceux qui la critiquent, a rempli de manière satisfaisante une tâche très utile dans la situation tragique que connaissaient les populations de la région depuis 1994.</p><p>3. Contribution de la Confédération</p><p>Les contributions de la DDC à Radio Agatashya se sont montées à 2 575 000 francs sur les quelque 4 millions de francs du budget pour la période allant de juillet 1994 à ce jour. Les autres bailleurs de fonds de Radio Agatashya ont été : la Chaîne du bonheur, ECHO (Union européenne), UNHCR, l'Association enfants du Rwanda, Dignité en détention, Reuters, Nestlé, Edipresse, Construire, etc.</p><p>4. Perspectives d'avenir</p><p>Le Conseil fédéral, en s'appuyant sur les conclusions de l'évaluation externe, fait les constats suivants :</p><p>- une grande faim d'informations indépendantes objectives et non partisanes a été constatée au Rwanda et dans les pays limitrophes ;</p><p>- les expériences acquises jusqu'ici par Radio Agatashya pourraient être mises à profit dans la réalisation d'un projet de Radio des Grands Lacs. Cette nouvelle radio exigerait cependant un support plus large que celui dont a bénéficié Radio Agatashya. Par ailleurs, le projet ne pourrait opérer de manière crédible que s'il gagnait l'adhésion des pays concernés et des organisations humanitaires les plus importantes.</p><p>Le Conseil fédéral estime qu'à présent les conditions qui permettraient à Radio Agatashya de reprendre ses activités ne sont pas réunies. A moyen terme, si une initiative en faveur d'une radio régionale promouvant la pacification et la reconstruction devait voir le jour et recevoir l'appui des pays concernés et d'organisations internationales et bilatérales, la Suisse pourrait y apporter son soutien actif. Le Conseil fédéral a chargé la DDC de poursuivre le dialogue dans ce sens.</p>