<h2>SubmittedText<h2><p>- Quelle est l’appréciation du Conseil fédéral s’agissant de la condamnation dont la Suisse a fait l’objet dans l'<span style="background-color:white;color:black;">(</span><a href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/clir/http/index.php?highlight_docid=cedh://20240220_36609_16:fr&amp;lang=fr&amp;type=show_document">Affaire I.L. c. Suisse</a>&nbsp;?</p><p>- Quelles actions le Conseil fédéral entend-il entreprendre afin de se conformer à la jurisprudence de la Cour et éviter potentiellement des centaines d’autres condamnations&nbsp;?</p><p>- Le Conseil fédéral estime-t-il que les buts de la loi (art. 59 CP) sont atteints lorsque des personnes sous le coup d’une telle mesure sont et demeurent détenus en établissement pénitentiaire&nbsp;?&nbsp;</p><p>- Le Conseil fédéral estime-t-il que le maintien en détention de personnes sous le coup d'une mesure 59 CP est propre à diminuer le risque de récidive une fois la mesure exécutée?&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><div><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; text-align:justify; line-height:18pt; widows:0; orphans:0"><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">1. Le Conseil fédéral a pris acte de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (ci-après : la Cour) du 20 février 2024 portant constat de violation de la Convention européenne des droits de l’homme dans l’affaire </span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt; font-style:italic">I.L. c. Suisse (N° 2)</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">. L’arrêt n’a pas fait l’objet d’une demande de renvoi devant la Grande Chambre de la Cour.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:18pt; widows:0; orphans:0"><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">2. Dans le domaine de l’exécution des peines et mesures, les cantons sont compétents (art.</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">123, al. 2, Cst. ; RS 101). Il leur revient, en particulier, de construire et d’exploiter les établissements nécessaires à l’exécution des sanctions pénales prévues par le code pénal (art. 377 CP</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">; RS 311.0). A cet égard, plusieurs cantons ont prévu, ces prochaines années, de créer de nouvelles places pour l’exécution des mesures thérapeutiques institutionnelles au sens de l’article 59 CP</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">: dans le canton du Valais avec la construction d’un centre d’exécution des mesures (30 places), dans le canton de St-Gall à la clinique de Wil (19 places), dans le canton de Zurich à la clinique de Rheinau (39 places). Par ailleurs, l’Office fédéral de la justice (OFJ) a communiqué l’arrêt en question aux membres de la Commission pour l'exécution des sanctions pénales (CoESP) de la Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police (CCDJP), ce qui contribue à la diffusion de la jurisprudence de la Cour dans les cantons. Un résumé de l’arrêt sera en outre publié dans le rapport trimestriel de la jurisprudence de la Cour (1/2024) qui est préparé et diffusé par l’OFJ auprès de tous les cantons et autorités fédérales.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:18pt; widows:0; orphans:0"><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">3. Le but de toute mesure consiste à prévenir le risque de récidive lorsque le prononcé d’une peine seule ne suffit pas (art. 56, al. 1, lit. a, CP). Le placement dans un établissement pénitentiaire fermé n’entrave pas ce but si le traitement thérapeutique nécessaire est assuré par du personnel qualifié (art. 59, al. 3, CP). Par ailleurs, des établissements pénitentiaires comme le Justizvollzugsanstalt Pöschwies, le Justizvollzugsanstalt Solothurn ou les Etablissements de la plaine de l’Orbe disposent de sections spécifiques pour la prise en charge de personnes condamnées à une mesure. Enfin, les chiffres montrent que seule une minorité de personnes condamnées en vertu l’article</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">59</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">CP sont placées dans de telles structures, ceci en raison de caractéristiques précises telles qu’un risque de fuite et de récidive. En effet, selon le relevé du mois de septembre 2023 du monitorage de la privation de liberté établi par le Centre suisse de compétences en matière d'exécution des sanctions pénales, une majorité des personnes (66</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">%) exécutant une mesure selon l'article 59 CP séjournaient dans une structure non pénitentiaire (contre 34</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">% dans un établissement pénitentiaire</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">; voir www.skjv.ch/</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt; color:#44546a"> </span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&gt; Nos services &gt; Monitorage de la privation de liberté).</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:18pt; widows:0; orphans:0"><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">4. Au terme de l’exécution de la mesure de l’article 59 CP, les personnes sont généralement libérées (art. 62 ss CP). Elles ne sont maintenues en détention que dans les cas où la mesure s’est révélée infructueuse et qu’il y a un solde de peine à purger (art.</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">62</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt; font-style:italic">c</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">, al.</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">2,</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">CP) ou que l’autorité d’exécution demande un changement de sanction (art. 62</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt; font-style:italic">c</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">, al. 3 à 6,</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial; font-size:11pt">CP en lien les art. 363 ss CPP [RS 312.0]). Dans ces situations, le maintien en détention contribue précisément à empêcher un nouveau passage à l’acte car l’objectif de la mesure n’a pas pu être atteint ou/et que la personne concernée présente toujours un risque non négligeable de porter atteinte à des biens juridiques importants.</span></p></div>