2002-1834 65 02.082 Message concernant la Convention de sécurité sociale entre la Suisse et les Philippines du 13 novembre 2002 Madame la Présidente, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Par le présent message, nous vous soumettons, en vous proposant de l’adopter, un projet d’arrêté fédéral approuvant la Convention de sécurité sociale entre la Suisse et les Philippines, signée le 17 septembre 2001. Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, Monsieur le Président, Mes- dames et Messieurs, l’assurance de notre haute considération. 13 novembre 2002 Au nom du Conseil fédéral suisse: Le président de la Confédération, Kaspar Villiger La chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz 66 Condensé La présente convention concerne, tant du côté suisse que philippin, les assurances- vieillesse, survivants et invalidité. La coordination prévue dans ces branches cor- respond à celle prévue dans les autres conventions conclues par la Suisse. Les principes essentiels de la convention et les réglementations les plus importantes sont les suivants: égalité de traitement entre ressortissants des deux Etats; expor- tation des rentes; dispositions sur l’assujettissement des personnes exerçant une activité lucrative; disposition sur les rentes philippines, notamment sur la prise en compte des périodes d’assurance suisses lorsque celles accomplies aux Philippines ne suffisent pas pour avoir droit à une rente de cet Etat; dispositions sur les pres- tations de l’AVS/AI suisse, en particulier sur l’acquisition du droit aux mesures de réadaptation et rentes de l’AI, sur le versement d’une indemnité unique à la place d’une rente partielle modeste et sur le remboursement des cotisations. Le message décrit d’abord l’historique de la convention, puis expose le système de sécurité sociale des Philippines et présente enfin de manière détaillée les disposi- tions de la convention.67 Message 1 Partie générale 1.1 Contexte La R épublique des Philippines est le premier Etat d ’Asie avec lequel la Suisse a engagé des pourparlers qui ont abouti à la signature d’un accord dans le domaine de la sécurité sociale. Les Philippines affichent depuis un certain temps leur volont é de conclure une convention de s écurité sociale afin de r égler la situation en mati ère d’assurance sociale de leurs nombreux ressortissants venus travailler en Suisse. Vu la forte émigration que connaissent les Philippines et l ’importance des travailleurs expatriés pour l ’économie nationale, cet Etat a r écemment conclu ou n égocie des accords de s écurité sociale avec plusieurs Etats europ éens (Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède). Dans un cadre plus général, la convention s’inscrit dans le développement actuel des relations entre la Suisse et les Philippines. Des accords ont en effet été récemment signés en matière d’entraide judiciaire, de réadmission et d’échange de stagiaires. 1.2 Portée de la convention Le registre des assurés AVS/AI comptait plus de 10 000 ressortissants philippins en juin 2002; environ 3600 Philippins vivent actuellement en Suisse ( état au 30 avril 2002). Les droits des ressortissants d ’Etats non contractants sont soumis à quelques restrictions dans le domaine de l ’AVS/AI suisse; ils n ’ont en particulier droit à une rente que tant qu’ils résident en Suisse. D’autre part, pr ès de 1900 citoyens suisses vivent aux Philippines; 808 d ’entre eux n’ont que la nationalit é suisse ( état au 30 juin 2002). Une convention leur permet- trait d’accéder plus facilement aux prestations philippines. 1.3 Résultats de la procédure préliminaire Les premières discussions entre experts suisses et philippins consacr ées à la présen- tation des deux systèmes de sécurité sociale et à l’étude d’un premier projet de con- vention ont eu lieu en d écembre 1999 à Berne. Les deux d élégations se sont ensuite rencontrées en d écembre 2000 et ont convenu d ’un texte d éfinitif. La convention a été signée le 17 septembre 2001.68 2 Partie spéciale 2.1 La sécurité sociale philippine 2.1.1 Généralités La loi de sécurité sociale des Philippines (Social Security Act) est entr ée en vigueur en 1957. Il s’agit d’un système d’assurance sociale, qui couvrait à l’origine les sala- riés du secteur priv é, puis a progressivement été étendu à d ’autres cat égories de personnes par des amendements successifs. Ce régime prévoit des prestations en cas d’invalidité, de vieillesse, de décès, de maladie et de maternit é. Un important amen- dement, entr é en vigueur en 1997, a consid érablement am élioré les prestations, étendu la couverture d ’assurance obligatoire et les possibilit és d ’assurance facul- tative et renforcé les mesures pénales en cas de violation de la loi. Les employés du secteur public sont soumis à un autre régime. 2.1.2 Assurances pensions 2.1.2.1 Personnes couvertes et financement L’assurance est obligatoire pour l ’ensemble des travailleurs salari és, permanents ou temporaires, de moins de 60 ans. Le personnel domestique dont le salaire est d ’au moins 1000 pesos philippins (PHP; 1 PHP vaut environ 0,030 CHF) est aussi sou- mis à l’assurance obligatoire, ainsi que les marins de nationalit é philippine, m ême employés sur un bateau étranger. Les parents, conjoint et enfants de moins de 21 ans d’une personne possédant sa propre entreprise doivent être assurés. Le personnel de nationalité philippine au service de gouvernements étrangers ou d ’organisations internationales peut être soumis à l’assurance obligatoire en cas d’accord entre l’em- ployeur et l ’administration de la s écurité sociale philippine. Enfin, les enfants de moins de 15 ans titulaires d’un permis de travail sont aussi assurés obligatoirement. Toute personne qui recourt aux services d ’une autre personne contre r émunération est tenue de s’enregistrer comme employeur auprès de l’administration de la sécurité sociale. Les travailleurs ind épendants de moins de 60 ans dont le revenu est d ’au moins 1000 PHP, y compris les travailleurs du secteur dit informel, tels que les vendeurs ambulants, doivent s’inscrire auprès de l’administration de la sécurité sociale. Les personnes qui cessent d ’être soumises à l’assurance obligatoire peuvent conti- nuer leur assurance sur une base volontaire. Une assurance facultative est en outre offerte aux ressortissants philippins qui travaillent à l ’étranger pour un employeur étranger. Les conjoints non actifs d ’une personne assur ée peuvent également s’affi- lier facultativement. Les cotisations, calcul ées sur le salaire mensuel, sont de 8,4 %. Pour les salari és, l’employeur prend en charge 5,07 %. Le salaire minimal soumis à cotisation est de 1000 PHP et le salaire maximal de 15 000 PHP.69 2.1.2.2 Prestations d’invalidité En cas d’invalidité totale ou partielle, les personnes assur ées ont droit à des presta- tions lorsqu’elles ont versé au moins une cotisation avant la réalisation du risque. Les personnes qui comptent 36 mois de cotisation ont droit à une rente mensuelle, basée sur les ann ées de cotisation. La rente minimale est de 1000 PHP pour les personnes ayant cotis é moins de 10 ans, de 1200 PHP pour les personnes ayant cotisé entre 10 et 20 ans et de 2400 PHP pour celles qui comptent plus de 20 ans de cotisation. Les rentes pour invalidité partielle sont versées pour une dur ée limitée en fonction du degr é d ’invalidité. En outre, une allocation de 500 PHP, destin ée à compenser les charges suppl émentaires auxquelles doit faire face une pers onne invalide, est versée en complément de la rente. Les b énéficiaires d ’une rente pour invalidit é compl ète ont droit à une rente pour chaque enfant de moins de 21 ans à charge, qui équivaut à 10 % de la rente ou à 250 PHP au minimum. Le nombre de rentes complémentaires est limité à cinq. Les personnes qui ont moins de 36 mois de cotisation ont droit à une indemnit é forfaitaire. En cas d’invalidité totale, l’indemnité équivaut à la rente mensuelle mul- tipliée par le nombre de mois de cotisation, mais au minimum par 12. En cas d ’inva- lidité partielle, cette indemnité est réduite en fonction du pourcentage de l’invalidité. 2.1.2.3 Prestations de vieillesse Une personne peut toucher une rente d ès l’âge de 60 ans si elle cesse toute activit é lucrative et qu’elle compte au moins 120 mois de cotisation. Tout assur é touche une rente à l’âge de 65 ans s’il compte au moins 120 mois de cotisation, m ême s’il pour- suit une activité lucrative. Les personnes qui ne remplissent pas la p ériode minimale de cotisation re çoivent une indemnit é forfaitaire équivalente au montant des cotisa- tions du travailleur et de l’employeur, plus les intérêts. La rente correspond au plus élevé des montants suivants: – 300 PHP plus 20 % du salaire mensuel moyen cr édité, plus 2 % de ce m ême salaire pour chaque année au-delà de 10 ans de cotisation; – 40 % du salaire mensuel moyen crédité. La rente est d ’au minimum 1200 PHP si l ’assuré compte 120 mois de cotisation et de 2400 PHP s’il compte 20 années de cotisation. Une 13e mensualité est versée en décembre à tout bénéficiaire de rente. Les rentiers ont droit pour chaque enfant à charge de moins de 21 ans à une rente qui équivaut à 10 % de la rente ou à 250 PHP au minimum. Le nombre de rentes complémentaires est limité à cinq enfants.70 2.1.2.4 Prestations en cas de décès Des rentes de survivants sont versées au conjoint et aux enfants à charge d’un assuré qui a cotis é durant au moins 36 mois. S ’il n’y a ni conjoint ni enfants, les parents touchent les prestations. Lorsque l ’assuré décédé ne comptait pas les mois de coti- sation requis, ses survivants ont droit à une indemnit é forfaitaire qui équivaut à la rente mensuelle multipli ée par le nombre de mois de cotisation, mais au minimum par 12. Les survivants d ’une personne qui a cotis é pendant 36 mois ont droit à une rente mensuelle basée sur les cotisations. La rente minimale est de 1000 PHP pour une période de cotisation de moins de 10 ans, de 1200 PHP pour une p ériode entre 10 et 20 ans et de 2400 PHP pour une p ériode de cotisation de plus de 20 ans. Une 13e mensualité est versée à chaque bénéficiaire. Les survivants d ’un titulaire d ’une rente d ’invalidité ou de vieillesse continuent à toucher la rente ainsi que les rentes complémentaires pour enfants. 2.2 Contenu de la convention La convention concerne, tant du c ôté suisse que philippin, les assurances-vieillesse, survivants et invalidité. La coordination prévue dans ces branches correspond à celle pratiquée dans les autres conventions conclues par la Suisse et les dispositions de la convention sont similaires à celles des derniers accords n égociés avec des Etats non européens. 2.2.1 Dispositions générales Le champ d ’application mat ériel (art. 2) comprend, du c ôté suisse, l ’AVS/AI. Du côté des Philippines, il inclut les dispositions de la loi sur la s écurité sociale qui concernent la retraite, l’invalidité et les prestations en cas de décès. L’art. 3 d éfinit le champ d ’application personnel: la convention s ’applique aux ressortissants des Etats contractants, aux membres de leur famille et à leurs survi- vants, ainsi qu ’aux réfugiés et apatrides pour autant qu ’ils résident sur le territoire de l’un des Etats contractants. Certaines dispositions sont également applicables aux ressortissants de pays tiers. Il s ’agit des r ègles d’assujettissement des art. 6 à 9, 10, par. 2 à 4, 12 et 13. Conformément aux principes g énéralement appliqu és au niveau international, la convention accorde dans une tr ès large mesure l ’égalité de traitement aux ressortis- sants des deux Etats contractants en ce qui concerne les branches d ’assurance con- cernées (art. 4, par. 1). En raison des particularit és de sa l égislation, la Suisse a néanmoins émis certaines r éserves sur l ’égalité de traitement. Elles concernent l’AVS/AI facultative ainsi que l’AVS/AI des ressortissants suisses qui travaillent à l’étranger au service de la Confédération ou de certaines institutions (art. 4, par. 2). L’égalité de traitement porte aussi sur le paiement des prestations aux b énéficiaires résidant à l’étranger. L’art. 5 garantit ainsi le versement des prestations quel que soit71 le lieu de résidence, sauf dispositions contraires de la convention. La Suisse a cepen- dant apport é des r éserves concernant quelques prestations: les rentes d ’invalidité pour les assur és invalides à moins de 50 %, les rentes extraordinaires et les alloca- tions pour impotent de l’AVS/AI ne seront versées qu’en Suisse. 2.2.2 Législation applicable L’un des points essentiels que r èglent les conventions est celui de la l égislation applicable aux ressortissants de l ’un des Etats qui exercent une activit é sur le terri- toire de l ’autre. La pr ésente convention, à l ’instar de toutes les autres, pr évoit le principe de l’assujettissement au lieu où s’exerce l’activité lucrative (art. 6). Les art. 7 à 12 contiennent des r ègles particulières s’écartant du principe de l ’assu- jettissement au lieu de travail. Les travailleurs ind épendants qui r ésident sur le ter- ritoire d’un Etat et exercent leur activit é sur le territoire de l ’autre sont soumis uni- quement à la l égislation de leur pays de r ésidence (art. 7). Les salari és qui sont envoyés temporairement sur le territoire de l ’autre Etat pour y exercer une activit é professionnelle demeurent soumis à la législation du premier Etat. Il en va de m ême pour les personnes employ ées par un service public de l ’un des Etats qui sont envoyées sur le territoire de l ’autre (art. 8). Les salariés d’une entreprise de trans- ports ayant son si ège dans l ’un des Etats qui exercent leur activit é dans les deux Etats sont soumis à la législation du pays o ù l’entreprise a son si ège (art. 9, par. 1). Les membres de l ’équipage d’un navire battant pavillon de l ’un des Etats contrac- tants sont quant à eux assur és selon la l égislation de leur pays de r ésidence s ’ils résident dans l’un des deux Etats (art. 9, par. 4). Il ne s ’agit pas de la r ègle usuelle- ment pr évue dans nos conventions ( équipage assur é selon la l égislation de l ’Etat dont le navire bat pavillon). Cette solution a été cependant retenue parce que les législations suisse et philippine permettent d ’assurer ces personnes sur la base de la résidence et qu ’elle convient mieux à la situation professionnelle des marins. Ces derniers changent de navire relativement souvent et ont aussi des emplois tempo- raires sur terre, ce qui implique un changement d ’employeur. Un autre probl ème est celui des temps d’arrêt qui se produisent souvent entre les embarquements. La r ègle de l’affiliation dans l’Etat du pavillon peut causer de nombreuses interruptions dans la carri ère d ’assurance des marins, ce qui entra îne une r éduction des prestations lorsque le risque assuré se réalise. Pour le personnel des missions diplomatiques, des missions permanentes et des postes consulaires, la convention reprend les principes des Conventions de Vienne sur les relations diplomatiques et les relations consulaires et en r ègle l’application. Selon l ’art. 10, les ressortissants de l ’un des Etats contractants faisant partie du personnel de carri ère transf érable, envoy és comme membres d ’une repr ésentation diplomatique ou consulaire de cet Etat sur le territoire de l ’autre Etat, sont soumis à la législation du premier Etat. Le personnel, quelle que soit sa nationalit é, engagé par l’un des Etats contractants dans l ’autre Etat contractant ou dans un Etat tiers et qui ne fait partie du personnel de carri ère transférable du premier Etat, ou engag é au service d’une représentation diplomatique ou consulaire d ’un des Etats contractants ou au service personnel d ’un membre d ’une telle repr ésentation, est en principe assuré dans l ’Etat d ’emploi; il peut toutefois s ’assurer dans l ’Etat accr éditant. L’art. 11 règle le statut juridique des ressortissants des Etats contractants au service72 d’ambassades ou de consulats d’Etats tiers, ainsi que des membres de leur famille. Il s’agit généralement du personnel administratif et technique et du personnel de ser- vice. En Suisse, les personnes concern ées par cet article disposent d ’une carte de légitimation délivrée par le D épartement fédéral des affaires étrangères en applica- tion des conventions de Vienne, qui leur conf ère des privil èges diplomatiques ou fiscaux. Or, conform ément à la l égislation suisse sur l ’AVS/AI, les personnes au bénéfice de privil èges et d ’immunités sont exempt ées de l ’obligation de s ’assurer. Au cas o ù ni le pays d ’origine, ni le pays accr éditant ne leur donneraient la possi- bilité de s ’assurer, ces personnes pr ésenteraient des lacunes de cotisations, que cet article permet d ’éviter en garantissant que dans de tels cas les employ és concernés sont assurés obligatoirement dans l’Etat d’emploi. L’Etat tiers employeur ne peut en revanche être astreint à assumer les obligations de l ’employeur en matière de cotisa- tions. Les r ègles sur la l égislation applicable sont compl étées par l ’art. 12, dite clause échappatoire, qui permet aux autorit és compétentes des deux Etats de pr évoir, d’un commun accord et dans l’intérêt de l’assuré, des solutions particuli ères dans des cas spéciaux. Enfin, l’art. 13 règle la situation du conjoint et des enfants d ’une personne envoyée par l ’un des Etats contractants sur le territoire de l ’autre Etat. Les membres de la famille qui accompagnent le travailleur restent assur és avec lui aupr ès des assu- rances du pays d’origine pendant la dur ée de l’activité temporaire à l’étranger, pour autant qu’ils n’exercent aucune activité lucrative. 2.2.3 Dispositions spéciales Selon la législation philippine, le droit aux prestations en cas de vieillesse, de d écès et d ’invalidité est subordonn é à une p ériode minimale de cotisation à l ’assurance philippine. Pour faciliter la r éalisation de cette condition, les p ériodes de cotisation accomplies dans l ’AVS/AI suisse seront, si n écessaire, prises en compte, à la con- dition que l ’intéressé totalise au moins une ann ée d’assurance dans le syst ème phi- lippin. Si les périodes d’assurance accomplies dans les deux Etats sont insuffisantes, celles qui ont été accomplies dans un Etat avec lequel les Philippines ont conclu une convention de s écurité sociale seront également prises en compte. Le montant de la prestation est cependant calculé sur la base des périodes d’assurance accomplies aux Philippines. Le système de calcul est décrit à l’art. 17. Grâce à l’égalité de traitement, les droits des ressortissants philippins aux prestations de l ’AVS/AI suisse sont pour l ’essentiel les m êmes que ceux des ressortissants suisses. Les art. 18 à 22 précisent et modulent ce principe en relation avec certaines prestations. Les ressortissants philippins soumis à l ’obligation de cotiser à l ’AVS/AI suisse (personnes qui travaillent en Suisse ou y sont domicili ées) ont droit aux mesures de réadaptation aux m êmes conditions que les Suisses tant qu ’ils r ésident en Suisse (art. 18). Les ressortissants philippins assur és auprès de l ’AVS/AI mais qui ne sont pas astreints à l ’obligation de cotiser (personnes non actives de 18 à 20 ans et enfants mineurs) ont droit aux mesures de r éadaptation seulement apr ès un an de résidence en Suisse. Les enfants mineurs invalides b énéficient cependant de cer- taines facilités.73 La disposition de la loi f édérale du 19 juin 1959 sur l ’assurance-invalidité (LAI)1 selon laquelle une personne devait être assur ée dans l ’AI suisse au moment de la survenance de l ’invalidité pour acqu érir le droit aux rentes a été supprim ée avec effet au 1 er janvier 2001. Il suffit d ésormais d ’avoir une ann ée de cotisation au moment de la survenance de l ’invalidité pour avoir droit aux rentes. Il n ’est ainsi plus nécessaire d’avoir dans la convention une disposition permettant le maintien du lien d’assurance comme dans nos conventions ant érieures. Toutefois, l’invalidité au sens de la loi suisse ne co ïncide g énéralement pas avec l ’interruption du travail, mais est le plus souvent r éputée réalisée une ann ée plus tard. L ’art. 19 permet à un ressortissant philippin qui a dû cesser son activité lucrative en Suisse à la suite d’une maladie ou d’un accident et qui s ouhaite quitter la Suisse, de rester assur é auprès de l’AVS/AI suisse pendant une année à compter de l’interruption du travail. Comme la personne reste soumise à l’obligation de cotiser durant l ’année où elle reste assurée, elle bénéficie ainsi de la possibilit é d’atteindre, le cas échéant, l’année minimale de cotisations requise pour avoir droit à une rente ordinaire d ’invalidité. L ’invalidité doit cependant être constatée et reconnue en Suisse; cela implique que la personne peut être appelée à revenir dans notre pays et garantit que les examens et v érifica- tions nécessaires seront effectués selon nos dispositions d’assurance. Le versement à l’étranger d’une rente ordinaire de vieillesse n’excédant pas 20 % de la rente complète est remplacé par une indemnité unique égale à la valeur actuarielle de la rente due au moment de la r éalisation de l ’événement assuré selon la l égisla- tion suisse (art. 20). Lorsque le montant de la rente suisse est sup érieur à 20 % mais ne dépasse pas 30 % de la rente ordinaire compl ète correspondante, le ressortissant philippin peut choisir entre le versement de la rente et le paiement d ’une indemnité unique. Les ressortissants philippins ont droit aux rentes extraordinaires de l ’AVS/AI aux mêmes conditions que les ressortissants des autres Etats avec lesquels la Suisse a conclu une convention de s écurité sociale: ils doivent compter au moins dix ans de résidence en Suisse pour avoir droit à une rente de vieillesse et cinq ans pour une rente d’invalidité ou de survivants ou pour une rente de vieillesse se substituant à ces prestations (art. 21). Depuis la 10 e révision de la loi f édérale du 20 d écembre 1946 sur l ’assurance vieillesse et survivants (LAVS) 2, seules subsistent les rentes extraordinaires sans limite de revenu (art. 42 LAVS), lesquelles ne sont accord ées que dans de rares cas. Cependant, pour les étrangers, le fait de remplir les conditions d’octroi de la rente extraordinaire pr évues par une convention de s écurité sociale fonde le droit aux prestations compl émentaires de l ’AVS/AI (cf. art. 2 bis de la loi fédérale du 19 mars 1965 sur les prestations compl émentaires à l ’assurance- vieillesse, survivants et invalidit é3, modifi é par la 10 e r évision de la LAVS). Ce motif justifie également la présence de cette disposition dans la convention. La 10e révision de l ’AVS assure un remboursement plus étendu des cotisations en faveur des ressortissants d ’Etats avec lesquels la Suisse n ’a pas conclu de conven- tion de s écurité sociale; ils peuvent obtenir, lorsqu ’ils ont d éfinitivement quitt é la Suisse, le remboursement de leurs cotisations ainsi que de celles vers ées par leur employeur, sans condition de r éciprocité de la part de leur Etat d ’origine. Les con- ventions conclues jusqu ’à pr ésent par la Suisse, à l ’exception de celle avec le 1 RS 831.20 2 RS 831.10 3 RS 831.3074 excluent toute possibilit é de remboursement des cotisations d ès leur entr ée en vigueur. Cependant, dans le cas de pays plus lointains, comme les Philippines, l’analyse de la situation des personnes concern ées par la convention montre que le remboursement des cotisations r épond parfois mieux aux besoins des int éressés. Vu la situation économique de leur pays d ’origine, les ressortissants philippins qui souhaitent quitter la Suisse pour rentrer dans leur pays, le plus souvent bien avant l’âge de la retraite, peuvent avoir besoin d ’un petit capital. Les n égociateurs philip- pins ont souhait é que leurs compatriotes puissent b énéficier de cette possibilit é. Pour l ’organisme suisse charg é de verser les prestations aux personnes r ésidant à l’étranger, cela repr ésente une simplification du travail administratif. L ’art. 22 pr é- voit donc la possibilit é d’obtenir le remboursement des cotisations, à titre d ’option. Les Philippins qui quittent la Suisse auront ainsi le choix entre le versement d ’une rente ou le remboursement des cotisations AVS. 2.2.4 Dispositions relatives à l’application et à l’entrée en vigueur de la convention La partie IV, intitulée «Dispositions administratives et dispositions diverses» (art. 23 à 30) contient des dispositions que l ’on retrouve dans toutes les autres conventions. Ces dispositions pr évoient notamment la conclusion d ’un arrangement administratif (art. 23), l’obligation pour les autorit és des Etats contractants de s ’accorder mutuel- lement l ’entraide administrative pour l ’application de la convention (art. 24) et d’accepter des documents r édigés dans une des langues officielles d ’un des Etats (art. 27); elles contiennent des règles concernant le dépôt de demandes ou recours et le respect des d élais l égaux (art. 28); elles garantissent le transfert de sommes d’argent r ésultant de l ’application de la convention, et cela m ême si des mesures restreignant le commerce de devises sont prises par l ’un des Etats (art. 29). Elles prévoient également l’institution d’un tribunal arbitral en cas de diff érends (art. 30). En matière de protection des données, l’art. 24, par. 3, a été complété par une décla- ration commune des délégations, signée le même jour que la convention, qui d étaille la proc édure et les r ègles applicables en cas de transmission de donn ées person- nelles. Les dispositions transitoires (art. 31) pr évoient que la convention s ’applique aussi aux cas d ’assurance survenus avant son entr ée en vigueur et permettent de prendre en compte les p ériodes d’assurance accomplies avant cette date; toutefois, les pres- tations qui en r ésultent ne seront vers ées qu ’à partir de l ’entrée en vigueur de la convention. La r évision de droits liquid és avant cette date est également r églée. Enfin, l’art. 32 prévoit que la convention entrera en vigueur le premier jour du qua- trième mois qui suit la date à laquelle les Etats contractants se seront notifi és l’ac- complissement des proc édures requises. Conclue pour une dur ée ind éterminée, la convention peut être résiliée en tout temps moyennant un préavis de douze mois.75 3 Conséquences 3.1 Conséquences pour les finances et le personnel Les cons équences financi ères sont dans une large mesure fonction du nombre de personnes qui tireront un avantage de la convention. Comme mentionn é plus haut, environ 3600 ressortissants philippins vivent actuellement en Suisse et pr ès de 10 000 sont inscrits dans le registre des assur és AVS/AI. Nous ne disposons pas d’éléments suffisants pour chiffrer avec pr écision les conséquences financières d’un accord particulier, mais les mod èles de calcul qui se rapportent à l’ensemble de la main-d’œuvre étrangère en Suisse montrent que l ’équivalence individuelle des coti- sations et des rentes correspondantes aboutit pratiquement à un équilibre financier collectif dans l ’AVS. On peut également s’en tenir à cette constatation en ce qui concerne la convention avec les Philippines. Le montant des prestations AVS/AI versées à l’étranger à des ressortissants d’Etats liés à la Suisse par une convention de sécurité sociale, dont le nombre de ressortissants inscrits dans le registre des assur és AVS est comparable à celui des Philippines se situe dans une fourchette de 80 000 à 800 000 CHF (en 2000 et 2001) selon les pays. Le montant des rentes d épend cependant de la durée de l’assurance en Suisse. Il convient en outre de souligner que la convention accorde aux Philippins, qui quittent la Suisse la possibilit é de deman- der le remboursement de leurs cotisations AVS, possibilit é qui pourrait être souvent utilisée, selon l ’expérience faite avec le Chili. Cette option diminue le nombre de rentes à payer et simplifie le travail administratif, de m ême que le versement d ’une indemnité unique à la place de rentes AVS/AI de faibles montants. La Caisse suisse de compensation, qui assure le versement de toutes les rentes à l’étranger et qui est également l ’organisme de liaison charg é de certaines t âches administratives nécessaires à l’application de la convention, n’a pas besoin de postes supplémentaires. 3.2 Conséquences économiques Le projet n’a pas de conséquence d’ordre économique. 3.3 Conséquences dans le secteur informatique Le projet n’a pas de conséquence dans le secteur informatique. 4 Programme de la législature Le projet ne figure pas dans le programme de la l égislature 2000–2004. Il n ’est pas mentionné comme prioritaire dans la liste des affaires du Conseil f édéral et présente de sucroît un caractère répétitif au regard des autres conventions de s écurité sociale conclues par la Suisse.76 5 Rapport avec le droit européen Les conventions bilatérales conclues récemment par la Suisse ont servi de mod èle à la pr ésente convention. Celle-ci peut être consid érée comme une r églementation adaptée aux besoins des deux Etats et conforme aux principes internationaux en matière de sécurité sociale énoncés par l’Organisation internationale du travail et le Conseil de l’Europe. 6 Constitutionnalité Les art. 111 et 112 de la Constitution (Cst.) 3 autorisent la Conf édération à légiférer en matière d ’AVS/AI. L’art. 54, al. 1, Cst. lui conf ère en outre la comp étence de conclure des trait és internationaux. L ’art. 184, al. 2, Cst. autorise le Conseil f édéral à signer et à ratifier les trait és internationaux. La comp étence de l ’Assemblée fédé- rale d’approuver ces traités se fonde sur l’art. 166, al. 2, Cst. La présente convention, conclue pour une dur ée ind éterminée, peut être d énoncée moyennant un préavis de douze mois. Elle ne pr évoit pas l’adhésion à une organisa- tion internationale et n ’entraîne pas une unification multilat érale du droit. Elle n ’est donc pas sujette au référendum selon l’art. 141, al. 1, let. d, Cst. 3 RS 101Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali Message concernant la Convention de sécurité sociale entre la Suisse et les Philippines In Bundesblatt Dans Feuille fédérale In Foglio federale Jahr 2003 Année Anno Band 1 Volume Volume Heft 02 Cahier Numero Geschäftsnummer 02.082 Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum 21.01.2003 Date Data Seite 65-76 Page Pagina Ref. No 10 126 909 Die elektronischen Daten der Schweizerischen Bundeskanzlei wurden durch das Schweizerische Bundesarchiv übernommen. Les données électroniques de la Chancellerie fédérale suisse ont été reprises par les Archives fédérales suisses. I dati elettronici della Cancelleria federale svizzera sono stati ripresi dall'Archivio federale svizzero.