C our III C -239/2006 {T 0/2} A rrêt du 23 m ars 2007 C om position : Elena Avenati-C arpani (présidente du collège), Bernard Vaudan et Andreas Trom m er, juges, O liver C ollaud, greffier. A._______, recourante, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité intim ée concernant Exception aux m esures de lim itation (art. 13 let. f O LE). B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. A._______, ressortissante colom bienne née en 1976, est entrée illégalem ent en Suisse le 25 m ars 1995 afin de rejoindre sa m ère qui résidait sans statut à G enève depuis le 4 juillet 1994. C ette dernière a par la suite épousé, au m ois de septem bre 1997, un ressortissant suisse établi à G enève, et a obtenu, de ce fait, la régularisation de ses conditions de séjour. B. Par form ule signée du 22 juin 1998, A._______ a signalé être entrée en Suisse le 10 avril 1998 et a sollicité des autorités cantonales genevoises l'octroi d'une autorisation de séjour afin d'accom plir des études qui devaient durer quatre ans. Après avoir passé avec succès les exam ens préalables nécessaires, l'intéressée a été adm ise à l'Ecole de français m oderne de l'U niversité de Lausanne. Au m ois de novem bre 1998, l'O ffice cantonal de la population du canton de G enève (ci-après: O C P-G E) a délivré à A._______ une autorisation de séjour tem poraire pour études. C ette autorisation a été régulièrem ent renouvelée jusqu'au 30 novem bre 2002. C . Par courrier du 28 novem bre 2002, l'intéressée a inform é l'O C P-G E qu'elle souhaitait préparer une licence à la Faculté des lettres de l'U niversité de Lausanne et qu'étant astreinte à un exam en préalable d'adm ission dans la m esure où ni son baccalauréat colom bien ni l'Ecole de français m oderne ne perm ettait d'accéder directem ent à une form ation universitaire en Suisse, elle suivait depuis le 29 août 2002 des cours préparatoires à l'Ecole PrEP sise à Lausanne. L'O C P-G E a prononcé, le 6 m ai 2003, une décision de refus de renouvellem ent d'autorisation de séjour à l'endroit de A._______, lui im partissant par là-m êm e un délai au 6 août 2003 pour quitter le territoire cantonal. D . Par lettre datée du 18 juillet 2003 et adressée à l'O C P-G E, l'intéressée a sollicité la régularisation de ses conditions de séjour en Suisse. A cette occasion, elle a notam m ent exposé les circonstances de son arrivée en Suisse ainsi que son parcours depuis. A cet égard, elle relate que durant son enfance en C olom bie, elle vivait avec ses grands-parents depuis l'âge de sept ans et ne voyait alors sa m ère que sporadiquem ent, étant donné que celle-ci était célibataire et devait s'absenter pour garantir un revenu suffisant. C ette séparation avait été problém atique pour l'intéressée et ce phénom ène s'était aggravé, tendant à l'obsession, lorsque sa m ère a im m igré en Suisse en 1994, de sorte qu'elle s'est décidée à la rejoindre. Suite à son arrivée en Suisse, elle a trouvé un em ploi et suivi des cours de langue anglaise, italienne et, plus spécialem ent, française. Après le m ariage de sa m ère et confrontée à l'im possibilité d'obtenir une autorisation de séjour à titre de regroupem ent fam ilial en raison de son âge, A._______ a sollicité en 1998 une autorisation de séjour tem poraire pour études afin de pouvoir rester auprès de sa m ère et de l'époux de cette dernière avec lequel elle avait tissé des 3 liens étroits. Après avoir réussi les trois prem ières années de l'Ecole de français m oderne, l'intéressée avait rencontré en 2002 des problèm es dans ses études qui l'avaient em pêchée de se présenter aux exam ens finaux. D ésirant obtenir une dem i-licence de la Faculté de lettres de l'U niversité de Lausanne afin de pouvoir intégrer une form ation d'interprète, A._______ avait abandonné sa form ation initiale – qui ne lui aurait de toute façon pas ouvert les portes de l'U niversité – afin de préparer les exam ens préalables d'adm ission de ladite faculté. D ans son écrit, la requérante expose encore que son beau-père n'avait jam ais eu d'enfant, que sa soeur cadette – qui avait été adoptée par l'époux de sa m ère selon le droit colom bien – vivait en Espagne, que tous leurs oncles ainsi que leurs grand-parents avaient quitté la C olom bie et que seul son frère habitait encore dans son pays d'origine où elle ne s'était, par ailleurs, rendue qu'à deux reprises depuis son arrivée en Suisse. En annexe à son courrier, A._______ a produit un lot de pièces, une partie concernant les em plois qu'elle a occupé en Suisse et les différentes form ations qu'elle a suivies, l'autre partie étant constituée de lettres de soutien de personnes plus ou m oins proches de l'intéressée. Le 18 septem bre 2003, la requérante a été auditionnée par l'O C P-G E. Il ressort notam m ent du procès-verbal établi à cette occasion que l'intéressée se sent très bien intégrée en Suisse, parle un français excellent et allègue avoir toujours travaillé. Par courrier du 7 octobre 2004, l'O C P-G E a inform é A._______ qu'il était disposé à soum ettre sa requête de régularisation à l'O D M sous l'angle d'une exception aux m esures de lim itation. Le m êm e jour, l'intéressée a été autorisée à travailler pour deux em ployeurs de la place genevoise jusqu'à droit connu sur sa dem ande. E. Le 21 janvier 2005, l'O D M a prononcé à l'endroit de la requérante une décision de refus d'exception aux m esures de lim itation. L'autorité a en particulier retenu qu'au vu de son âge, l'intéressée était en m esure d'envisager son avenir de m anière indépendante sans l'aide de sa m ère, qu'aucun élém ent du dossier ne rendait im pératif son séjour en Suisse et que les m otifs d'ordre économ ique ou de convenance personnelle ne sauraient être pris en considération. F. Agissant par courrier du 22 février 2005, A._______ a interjeté un recours dirigé contre la décision précitée. C oncluant im plicitem ent à l'annulation du prononcé de l'O D M et à l'octroi en sa faveur d'une exception aux m esures de lim itation, l'intéressée avance notam m ent qu'en tant que travailleuse et personne intégrée au m arché du travail et à la société genevoise où elle a vécu sans interruption depuis 1995, elle a "tourné la page de la C olom bie". Elle relève en outre que "le refus systém atique de l'O D M des dem andes de régularisation des travailleurs im m igrés après que les autorités cantonales ont donné leur préavis favorable, est un acte nuisible pour l'im m igration, pour l'économ ie, pour le m arché du travail et pour la protection sociale sans qu'il donne 4 une alternative; cela est la continuité d'une économ ie clandestine et un com portem ent hypocrite vers une réalité que tous les continents connaissent depuis de nom breux siècles d'im m igration européenne dans le m onde". Sur un autre plan, elle se prévaut du Traité d'am itié, d'établissem ent et de com m erce entre la Suisse et la C olom bie conclu le 14 m ars 1908 (R S 0.142.112.631). Finalem ent, elle soutient qu'il ne s'agit pas pour elle de déplacer le centre de ses intérêts à G enève, dans la m esure où celui-ci s'y trouve déjà depuis de nom breuses années. G . Appelée à se prononcer sur le recours, l'autorité intim ée en a proposé le rejet, le 15 avril 2005. Invitée à se déterm iner sur le préavis de l'O D M , la recourante a persisté dans ses conclusions du 22 février 2005, par écrit du 23 m ai 2005. Elle avance notam m ent qu'elle avait certes passé son enfance et son adolescence en C olom bie et était âgée de dix-huit ans à son arrivée en Suisse, m ais que c'était à G enève, en tant que citoyenne active et responsable, qu'elle avait forgé sa personnalité. D e plus, elle soutient qu'elle se sent entièrem ent genevoise, ayant acquis la m anière de penser et les réflexes d'une personne qui y serait née, et ne saurait plus vivre en C olom bie. Par courrier du 23 janvier 2007, la recourante indique que sa m ère a obtenu la nationalité suisse le 7 septem bre 2005 et produit en outre un certificat de salaire pour la déclaration d'im pôt concernant l'année civile 2006 duquel il ressort qu'elle a réalisé durant cette période un salaire brut de Fr. 50'400.--. Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. Sous réserve des exceptions prévues à l’art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal adm inistratif fédéral, en vertu de l’art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et l'art. 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O D M en m atière d'exception aux m esures de lim itation peuvent être contestées devant le Tribunal adm inistratif fédéral, conform ém ent à l’art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers (LSEE, R S 142.20). En l'occurrence, le recours devant le Tribunal fédéral n'est pas recevable en raison de la m atière (cf. art. 83 let. c ch. 5 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]), de sorte que le Tribunal adm inistratif fédéral statue définitivem ent (cf. art. 1 al. 2 LTAF). Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d’arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal adm inistratif fédéral dans la m esure où il est com pétent (cf. art. 53 al. 2 phr. 1 LTAF). C es affaires sont 5 traitées selon le nouveau droit de procédure (cf. art. 53 al. 2 phr. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le Tribunal adm inistratif fédéral est régie par la PA (cf. art 37 LTAF). A._______ qui est directem ent touchée par la décision entreprise, a qualité pour recourir (cf. art 20 al. 2 LSEE et art. 48 PA). Son recours, présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, est recevable (cf. art. 50 et 52 PA). 2. A titre prélim inaire, le Tribunal adm inistratif fédéral précise, d'une part, que la com pétence d'accorder une autorisation de séjour appartient aux seules autorités cantonales (cf. art. 15 LSEE en relation avec l'art. 51 de l'ordonnance du C onseil fédéral du 6 octobre 1986 lim itant le nom bre des étrangers [O LE, R S 823.21]) et, d'autre part, que la présente procédure ne concerne que la question de l'assujettissem ent aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers et non pas directem ent celle de l'octroi éventuel d'un titre de séjour. Pour ce dernier m otif déjà, la recourante ne peut pas valablem ent invoquer, dans le cadre du présent litige, le bénéfice du Traité d'am itié, d'établissem ent et de com m erce entre la Suisse et la C olom bie conclu le 14 m ars 1908 (R S 0.142.112.631). Au dem eurant, selon la doctrine et la jurisprudence, les traités d'établissem ent encore en vigueur qui ont été conclus par la Suisse avant la Prem ière G uerre m ondiale sont interprétés, selon un accord tacite et réciproque des Etats contractants, en ce sens qu'ils ne sont applicables qu'aux étrangers déjà au bénéfice d'une autorisation d'établissem ent et qu'ils ne donnent pas ou plus droit à la délivrance d'une autorisation de séjour ou d'établissem ent (cf. ATF 119 IV 65 consid. 1a; arrêt du Tribunal fédéral 2P.105/2003 du 5 m ai 2003; PETER U EBE R SAX, Einreise und Anw esenheit in: U EBE R SAX /M Ü N C H /G EIS ER /AR N O LD , Ausländerrecht, Bâle/G enève/M unich 2002, n. 5.50 et n. 5.171ss; ALAIN W U R ZBU R G ER , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R evue de D roit adm inistratif et de D roit fiscal [R D AF] I 1997, p. 303ss). 3. En vue d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, de créer des conditions favorables à l'intégration des travailleurs et résidents étrangers, d'am éliorer la structure du m arché du travail et d'assurer un équilibre optim al en m atière d'em ploi, le C onseil fédéral, vu l'art. 18 al. 4 et l'art. 25 al. 1 LSEE, a adopté des dispositions restrictives d'adm ission tant en ce qui concerne les travailleurs étrangers que les étrangers n'exerçant pas d'activité lucrative (cf. art. 1 O LE). 3.1 Le C onseil fédéral fixe périodiquem ent des nom bres m axim um s pour les résidents à l'année qui, pour la prem ière fois, viennent exercer une activité lucrative ou en entreprennent une. Les nom bres m axim um s sont valables égalem ent pour les étrangers qui ont déjà exercé une activité en Suisse sans avoir été soum is à une telle lim itation et qui ne rem plissent plus les conditions pour bénéficier d'une exception. Ils ne sont cependant pas valables pour les personnes qui ont reçu une autorisation de séjour selon 6 l'art. 3 al. 1 let. c ou l'art. 38 O LE (cf. art. 12 al. 1 et 2 O LE). N e sont pas com ptés dans les nom bres m axim um s les étrangers qui obtiennent une autorisation de séjour dans un cas personnel d'extrêm e gravité ou en raison de considérations de politique générale (art. 13 let. f O LE). 3.2 A ce propos, il sied de relever que l'autorité fédérale n'est pas liée par l'appréciation ém ise par le canton de G enève dans sa proposition du 7 octobre 2004 s'agissant de l'exem ption de la recourante des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral. En effet, en vertu de la réglem entation au sujet de la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers entre la C onfédération et les cantons, si les cantons ont certes la faculté de se déterm iner à titre préalable au sujet de la délivrance des autorisations de séjour hors contingent, la com pétence décisionnelle en m atière d'octroi d'exceptions aux m esures de lim itation au sens de l'art. 13 let. f O LE appartient toutefois à la C onfédération, et plus particulièrem ent à l'O D M (cf. art. 52 let. a O LE; ATF 119 Ib 33 consid. 3a, traduit en français dans Journal des Tribunaux [JdT] 1995 I 226 consid. 3a; PETER KO TTU SC H , D as Erm essen der kantonalen Frem denpolizei und seine Schranken, Schw eizerisches Zentralblatt für Staats- und Verw altungsrecht [ZBl] 91/1990, p. 155) et au Tribunal adm inistratif fédéral, en vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA). 4. L'exception aux nom bres m axim um s prévue par l'art. 13 let. f O LE a pour but de faciliter la présence en Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient soum is au contingentem ent des autorisations de séjour, m ais pour lesquels l'application du systèm e des nom bres m axim um s apparaît, par suite de circonstances particulières, com m e trop rigoureuse. 4.1 Il découle de la form ulation de l'art. 13 let. f O LE que cette disposition dérogatoire présente un caractère exceptionnel et que les conditions pour une reconnaissance d'un cas de rigueur doivent être appréciées de m anière restrictive. Il est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. C ela signifie que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue, c'est-à-dire que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Lors de l'appréciation du cas d'extrêm e gravité, il y a lieu de tenir com pte de l'ensem ble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un tel cas n'im plique pas forcém ent que la présence de l'étranger en Suisse constitue l'unique m oyen pour échapper à une situation de détresse. D 'un autre côté, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d'extrêm e gravité; il faut encore que sa relation avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse 7 exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notam m ent dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail, d'am itié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent norm alem ent pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient une exem ption des m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. ATF 130 II 39 consid. 3, 128 II 200 consid. 4, 124 II 110 consid. 2, 123 II 125 consid. 2 et 5b/aa; ALAIN W U R ZBU R G ER , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R D AF I 1997, p. 267ss). 4.2 S'agissant des séjours effectués sans autorisation idoine, la jurisprudence du Tribunal fédéral confirm e que de m anière générale, de tels séjours ne doivent pas être pris en com pte dans l'exam en d'un cas de rigueur et que la longue durée d'un tel séjour n'était donc pas un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité, dans la m esure où ce séjour est illégal. Sinon, l'obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récom pensée. La H aute C our a relevé à cet égard qu'il im portait dès lors d'exam iner si le requérant se trouvait pour d'autres raisons dans un état de détresse justifiant de l'excepter des m esures de lim itation du nom bre des étrangers et qu'il y avait lieu pour cela de se fonder sur les relations fam iliales de l'intéressé en Suisse et dans sa patrie, sur son état de santé, sur sa situation professionnelle et sur son intégration sociale (cf. ATF 130 op. cit. ibidem ). D ans le cadre de cette jurisprudence, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de rappeler qu'il existe en Suisse un m arché illégal du travail et que cette illégalité peut être la cause de nom breux abus. Selon la législation en vigueur en Suisse, l'étranger qui souhaite exercer une activité lucrative dans ce pays doit en principe obtenir une autorisation de séjour et de travail. La réglem entation édictée à ce sujet ne doit pas être perçue com m e un ensem ble de tracasseries adm inistratives. Le m arché illégal du travail existe et subsiste uniquem ent parce qu'il perm et la rencontre d'une certaine offre et d'une certaine dem ande, souvent du reste au détrim ent de la rationalisation souhaitée de certains secteurs économ iques. O r, l'attitude que la recourante a adopté lors de son arrivée dans ce pays contribue à ce m arché condam nable. Il ressort entre autres de la jurisprudence précitée que l'exception prévue à l'art. 13 let. f O LE n'est pas en prem ier lieu destinée à régulariser la situation des personnes arrivées clandestinem ent en Suisse. Il convient en effet d'appliquer à cette catégorie d'étrangers le m êm es critères qu'aux autres étrangers. Le fait que certains étrangers aient opté pour l'illégalité peut les desservir au regard des conditions d'une exem ption des m esures de lim itation. Ainsi, la durée du séjour illégal qu'ils ont effectué en Suisse n'est pas prise en com pte. D e m êm e, il n'y a pas lieu de définir à leur intention un critère particulier d'intégration sociale, pour tenir com pte des difficultés inhérentes à la condition de clandestin, et de leur accorder sous cet angle un traitem ent de faveur – par rapport aux étrangers qui ont toujours séjourné en Suisse en respectant la réglem entation de police des 8 étrangers – dans l'application de la disposition précitée (cf. ATF 130 op. cit. consid. 5.4). 5. En l'occurrence, A._______ a sollicité l'octroi d'une exception aux m esures de lim itation afin de dem eurer à G enève où elle vit depuis douze ans, notam m ent aux côtés de sa m ère et de son beau-père. 5.1 La recourante est arrivée illégalem ent en Suisse le 25 m ars 1995 afin de rejoindre sa m ère qui y résidait sans autorisation depuis l'année précédente. Au m ois de novem bre 1998, une autorisation de séjour pour études lui a été délivrée par l'O C P-G E dans le but de lui perm ettre de suivre les cours à l'Ecole de français m oderne de l'U niversité de Lausanne. A cet égard, le Tribunal adm inistratif fédéral constate que lors du dépôt de sa dem ande tendant à l'octroi de cette autorisation, A._______ a dissim ulé des faits essentiels à l'autorité cantonale en indiquant être arrivée en Suisse le 10 avril 1998 et en passant sous silence le séjour clandestin qu'elle avait effectué jusque là. C e perm is d'étudiant a été régulièrem ent renouvelé jusqu'à la fin de l'autom ne 2002, m om ent où l'intéressée en a sollicité le renouvellem ent, tout en annonçant aux autorités qu'elle abandonnait la form ation initialem ent entreprise en vue de préparer les exam ens d'adm ission à la Faculté de lettres de l'U niversité de Lausanne. Le 6 m ai 2003, l'O C P-G E a prononcé une décision de refus de renouvellem ent d'autorisation de séjour à l'endroit de A._______, lui im partissant par là-m êm e un délai au 6 août 2003 pour quitter le territoire cantonal. Par lettre du 18 juillet 2003, l'intéressée a sollicité la régularisation de ses conditions de séjour dans le canton de G enève. Fin août 2004, elle a dem andé l'autorisation de pouvoir travailler. Le 7 octobre 2004, la requérante a été autorisée à prendre em ploi jusqu'à droit connu sur sa dem ande de régularisation. 5.2 Il résulte de ce qui précède que de 1995 à 1998, A._______ a résidé en Suisse à l'insu des autorités de police des étrangers en toute illégalité et que depuis le 6 août 2003, elle y dem eure au bénéfice d'une sim ple tolérance cantonale, laquelle ne saurait être considérée com m e un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.540/2005 du 11 novem bre 2005 ). C ette situation découle logiquem ent du refus de l'O C P-G E de prolonger son autorisation de séjour à partir du m ois de novem bre 2002. En effet, il n'a pas pu échapper à la recourante que l'autorisation de séjour dont elle a pu bénéficier durant quatre ans était lim itée dans le tem ps et devait uniquem ent lui perm ettre de m ener à chef ses études. Il en découlait aussi naturellem ent qu'elle devait quitter la Suisse une fois cet objectif atteint. D e par leur nature, les autorisations de séjour pour études sont destinées à accueillir en Suisse des étudiants étrangers pour qu'ils acquièrent une bonne form ation qu'ils m ettront ensuite au service de leur pays. Elles ne visent certainem ent pas à perm ettre à ces étudiants, dont le but du séjour a été atteint, de rester en Suisse pour y travailler (cf. arrêts du Tribunal 9 fédéral 2A.317/2006 du 16 août 2006 consid. 3, 2A.6/2004 du 9 m ars 2004 consid. 2, 2A.381/2003 du 5 septem bre 2003 consid. 1.1). D ans ces circonstances, A._______ ne saurait tirer parti de la durée de son séjour régulier en Suisse pour bénéficier d'une exception aux m esures de lim itation. Pour rappel, la recourante se trouve en effet dans une situation com parable à celle de nom breux étrangers qui sont appelés à quitter la Suisse au term e du séjour autorisé et qui, ne bénéficiant d'aucun traitem ent particulier, dem eurent soum is aux m esures de lim itation. En outre, à la lecture des pièces du dossier, un certain flou subsiste quant aux m otifs qui ont incité l'intéressée à solliciter une autorisation de séjour tem poraire pour études. En effet, elle a affirm é tantôt vouloir acquérir une form ation (cf. la lettre du 22 juin 1998 adressée à l'O C P-G E), tantôt que cette dem ande était "la seule option" pour poursuivre son séjour en Suisse dans la m esure où les portes du regroupem ent fam ilial lui étaient closes en raison de son âge (cf. entre autres sa dem ande de régularisation du 18 juillet 2003 p. 2). Au dem eurant, le Tribunal adm inistratif fédéral observe que la possibilité offerte à l'intéressée par l'O C P-G E de prendre un em ploi relève égalem ent d'une pure tolérance cantonale et que cette situation n'est pas conform e à la législation fédérale en m atière de police des étrangers (cf. art. 3 al. 3 LSEE). 6. C ela étant, il convient d'exam iner les critères d'évaluation qui, autres que la seule durée du séjour en Suisse, pourraient rendre le retour de la recourante dans son pays d'origine particulièrem ent difficile. 6.1 Ainsi que précisé ci-dessus, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d'extrêm e gravité (ATF 128 II 200 consid. 4 et les arrêts cités). En effet, faut-il encore que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Autrem ent dit, il est nécessaire que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue (cf. supra consid. 4). 6.2 En l'occurrence, la recourante justifie avant tout sa dém arche par la présence en Suisse de sa m ère et de son beau-père et son intégration à la société genevoise. 6.2.1 C ette dernière est entrée dans ce pays en juillet 1994 et a été rejointe par la recourante l'année suivante. Suite à son m ariage avec un ressortissant suisse en 1997, l'O C P-G E a régularisé ses conditions de séjour, renouvelant régulièrem ent ses autorisations jusqu'à ce qu'elle obtienne la nationalité suisse au m ois de septem bre 2005.10 Avant de rejoindre clandestinem ent la Suisse en 1995, A._______ vivait depuis l'âge de sept ans avec ses grands-parents en C olom bie, ne voyant sa m ère que sporadiquem ent. D urant les prem ières années de sa présence en Suisse, A._______, a tout d'abord vécu avec sa m ère puis, après le m ariage de cette dernière, dans le foyer du couple. En 1999, la recourante a em m énagé dans un appartem ent séparé, notam m ent dans l'espoir que sa soeur cadette puisse égalem ent rejoindre leur m ère en Suisse et occuper sa cham bre. D u point de vue financier, bien que l'intéressée ait toujours travaillé depuis son arrivée en Suisse – en grande partie illégalem ent –, il ressort néanm oins des pièces du dossier que sa m ère tout d'abord, puis dès 1997 son beau-père, l'ont soutenue durant ses études, notam m ent en ce qui concerne ses frais d'habitation, d'écolage et de santé. A l'heure actuelle, A._______ est âgée de plus de trente ans. Les pièces du dossier ne laissent aucunem ent transparaître que celle-ci serait nécessairem ent dépendante de sa m ère, en raison par exem ple d'un handicap grave ou d'une incapacité à s'assum er elle-m êm e. Bien au contraire, elle est m anifestem ent en pleine possession de ses m oyens et tout-à-fait capable de vivre de m anière indépendante, ayant réalisé en 2006 un revenu brut de Fr. 50'400.--. Son sort, voire son avenir, doit donc être appréhendé distinctem ent de celui de sa m ère. D ans la m esure où elle a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de passé dix-huit ans, elle a la possibilité de s'y réintégrer, quand bien m êm e sa proche fam ille ne s'y trouve plus, à l'exception de son frère (cf. arrêts du Tribunal fédéral 2A.598/2002 du 10 juillet 2003 consid. 3.2 et 2A.183/2002 du 4 juin 2002 consid. 3.2). En outre, l'art. 13 let. f O LE n'a pas pour but d'étendre la notion de regroupem ent fam ilial à des cas non couverts par les art. 7 et 17 LSEE (cf. arrêt 2A.598/2002 du 10 juillet 2003 consid. 3.2 et 2A.490/1999 du 25 août 2000 consid. 2) et ne peut ainsi pas être invoqué pour perm ettre à des enfants m ajeurs de vivre en Suisse uniquem ent parce que leurs parents y séjournent. Aussi, le Tribunal adm inistratif fédéral ne saurait déduire de la sim ple évolution des circonstances fam iliales de la recourante une raison suffisante de l'exem pter des m esures de lim itation de l'art. 13 let. f O LE. 6.2.2 En ce qui concerne l'intégration socioprofessionnelle de l'intéressée, force est de constater que, com parée à celle de la m oyenne des étrangers présents en Suisse depuis plus de dix ans, elle ne revêt aucun caractère exceptionnel. En effet, bien que le Tribunal adm inistratif fédéral ne rem ette nullem ent en cause les efforts d'intégration accom plis par la recourante, ni les excellents contacts qu'elle a pu établir avec la population suisse, il ne saurait pour autant considérer que la prénom m ée se soit créé avec ce pays des attaches à ce point profondes et durable qu'elle ne puisse plus raisonnablem ent envisager un retour dans son pays d'origine. Au dem eurant, les pièces du dossier révèlent que depuis son arrivée en 11 Suisse, A._______ a certes, par son travail et l'aide de sa fam ille, constam m ent assuré son indépendance financière et nullem ent ém argé à l'assistance publique. Force est toutefois de constater qu'elle n'a pas acquis de connaissances ou de qualifications spécifiques telles qu'il faille considérer qu'elle a fait preuve d'une évolution professionnelle rem arquable en Suisse justifiant, à elle seule, l'adm ission d'un cas de rigueur au sens de l'art. 13 let. f O LE, quand bien m êm e ses em ployeurs se soient déclarés entièrem ent satisfaits de ses services (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.586/2006 du 6 décem bre 2006 consid. 2.2 et les arrêts du Tribunal fédéral non publiés du 12 août 1996 en la cause J. c/ D FJP, du 23 janvier 1998 dans la cause A. c/ D FJP et du 2 février 1999 dans la cause P. SA et B. c/ D FJP). En outre, le Tribunal adm inistratif fédéral relève que le com portem ent de A._______ en Suisse n'est pas exem pt de tout reproche. En effet, depuis son arrivée clandestine en Suisse et jusqu'à l'obtention d'une autorisation de séjour tem poraire pour études, la prénom m ée a séjourné et travaillé dans ce pays de m anière totalem ent illégale. Elle a de plus dissim ulé ce séjour clandestin aux autorités lorsqu'elle a sollicité l'octroi d'une autorisation de séjour pour études. M êm e s'il ne faut pas exagérer l'im portance des infractions aux prescriptions de police des étrangers inhérentes à la condition de travailleur clandestin, il n'est néanm oins pas contradictoire de tenir com pte de l'existence de telles infractions (cf. ATF 130 op. cit. consid. 5.2). Par ailleurs, il convient de rappeler ici que c'est en C olom bie que la recourante a vécu la plus grande partie de son existence et notam m ent les dix-huit prem ières années de sa vie, années qui sont décisives pour la form ation de la personnalité (cf. ATF 123 II 125 consid. 5b/aa). D ans ces conditions, le Tribunal adm inistratif fédéral ne saurait considérer que son séjour sur le territoire suisse ait été suffisam m ent long pour la rendre totalem ent étrangère à sa patrie. Le fait qu'elle ne soit retournée en C olom bie qu'à deux reprises depuis 1995 n'est pas déterm inant pour qu'elle puisse valablem ent se prévaloir de l'art. 13 let. f O LE. D e m êm e, le déchirem ent que pourrait provoquer en l'occurrence la séparation de la recourante d'avec sa m ère n'est pas déterm inant. En effet, d'une part, ainsi que précisé ci-dessus, l'exception aux m esures de lim itation de l'art. 13 let. f O LE n'est destinée à étendre la notion de regroupem ent fam ilial à des cas non couverts par la législation. D 'autre part, force est de constater que le fait que la m ère de la recourante vit actuellem ent en Suisse et non plus en C olom bie, résulte d'un choix librem ent consenti et que, de ce point de vue, la situation de A._______ n'est pas différente de celle des autres étrangers dont les parents, ou un des parents, ont choisi d'ém igrer sans leurs enfants. 7. Le Tribunal adm inistratif fédéral n'ignore pas non plus que le retour d'un étranger dans son pays après un séjour de plusieurs années en Suisse n'est pas exem pt de difficultés. Il convient toutefois de rappeler à ce 12 propos qu'une exception aux m esures de lim itation n'a pas pour but de soustraire des étrangers aux conditions de vie de leur pays d'origine, m ais im plique que ceux-ci se trouvent personnellem ent dans une situation si rigoureuse qu'on ne saurait exiger d'eux qu'ils tentent de se réadapter à leur existence passée. C om m e l'a relevé le Tribunal fédéral dans sa jurisprudence (cf. notam m ent ATF 123 II 133 consid. 5b/dd), on ne saurait tenir com pte des circonstances générales (économ iques, sociales, sanitaires) affectant l'ensem ble de la population restée sur place, auxquelles la personne concernée sera égalem ent exposée à son retour, sauf si celle-ci allègue d'im portantes difficultés concrètes propres à son cas particulier, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. En conséquence, l'exam en de l'ensem ble des élém ents de la présente cause am ène le Tribunal adm inistratif fédéral à la conclusion que A._______ ne se trouve pas dans une situation d'extrêm e gravité au sens de l'art. 13 let. f O LE et que c'est à bon droit que l'autorité intim ée a considéré qu'elle ne satisfaisait pas aux exigences de cette disposition. 8. C om pte tenu des considérants exposés ci-dessus, il appert que, par sa décision du 21 janvier 2005, l'O D M n'a ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de m anière inexacte ou incom plète; en outre, cette décision n'est pas inopportune (art. 49 PA). En conséquence, le recours est rejeté. Vu l'issue de la cause, il y a lieu de m ettre les frais de procédure à la charge de la recourante, conform ém ent à l'art. 63 al. 1 PA.13 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce: 1. Le recours est rejeté. 2. La recourante dem eure assujettie aux m esures de lim itation. 3. Les frais de procédure, s'élevant à Fr. 700.--, sont m is à la charge de la recourante. Ils sont com pensés par l'avance du m êm e m ontant versée le 29 m ars 2005. 4. Le présent arrêt est com m uniqué: - à la recourante (recom m andé) - à l'autorité intim ée (recom m andé), dossier X._______ en retour La présidente du collège: Le greffier: Elena Avenati-C arpani O liver C ollaud D ate d'expédition :