<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp374576"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>143 IV 168<br/><br/><br/><div class="paraatf">23. Extrait de l'arrêt de la Ire Cour de droit public dans la cause A. contre Ministère public du canton de Genève (recours en matière pénale)</div> <div class="paraatf">1B_61/2017 du 29 mars 2017</div> <a name="idp376032"></a> <a name="idp396000"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 5 Ziff. 1 lit. f und Ziff. 3 EMRK</span>; <span class="artref">Art. 31 Abs. 3 BV</span>; Art. 212 Abs. 3, 220 Abs. 2 und 231 Abs. 1 lit. a StPO; <span class="artref">Art. 66a Abs. 1 lit. b StGB</span>; Art. 76 Abs. 1 AuG; Sicherheitshaft zur Gewährleistung einer Landesverweisung; rechtliche Grundlage und Verhältnismässigkeitsprinzip. <div class="paratf">Da es sich bei der Landesverweisung um eine strafrechtliche Massnahme handelt (<span class="artref">Art. 66a Abs. 1 lit. b StGB</span>), stellen <span class="artref">Art. 220 Abs. 2 und <artref id="CH/312.0/231/1/a" type="start"></artref>Art. 231 Abs. 1 lit. a StPO</span><artref id="CH/312.0/220/2" type="end"></artref> eine hinreichende gesetzliche Grundlage dar, um eine Person zur Sicherstellung des Vollzugs einer erstinstanzlich ausgesprochenen Landesverweisung in Sicherheitshaft zu versetzen (E. 3.2). Die Zuständigkeit der Strafbehörden, welche bis zum Ende des Strafverfahrens besteht, hindert die Verwaltungsbehörden nicht daran, bereits vor diesem Zeitpunkt einzugreifen: Gemäss Art. 76 Abs. 1 AuG kann die Verwaltungsbehörde die betroffene Person ab der Eröffnung einer erstinstanzlichen Landesverweisung nach <span class="artref"><artref id="CH/311.0/66^a" type="start"></artref>Art. 66a oder 66abis StGB</span><artref id="CH/311.0/66^abis" type="end"></artref> und mithin noch vor der Rechtskraft des Strafurteils in Administrativhaft nehmen oder belassen (E. 3.3). </div> <div class="paratf">Eine derartige Haft muss das Verhältnismässigkeitsprinzip respektieren (<span class="artref">Art. 5 Ziff. 3 EMRK</span>, <span class="artref">Art. 31 Abs. 3 BV</span> und <span class="artref">Art. 212 Abs. 3 StPO</span>). Eine Person, die zu einer Landesverweisung und einer bedingten Freiheitsstrafe verurteilt worden ist, kann in Sicherheitshaft belassen werden, falls die Frage des bedingten Vollzugs ungewiss ist, die erstandene Haft nicht die Dauer des erstinstanzlich ausgesprochenen Freiheitsentzugs übersteigt und das Beschleunigungsgebot (<span class="artref">Art. 5 Abs. 1 StPO</span>) gewahrt ist (E. 5). </div> </div> </div> <a name="idp419104"></a> <br/><div> <a name="idp437936"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 169</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page169"></a><div class="center pagebreak">BGE 143 IV 168 S. 169</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp443664"></a><span class="bold">A. </span>Par jugement du 22 décembre 2016, le Tribunal de police du canton de Genève a reconnu A. - ressortissant algérien, sans domicile connu - coupable notamment de vol, de mise en danger de la vie d'autrui, de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires. Il l'a condamné à une peine privative de liberté de deux ans, sous déduction de 76 jours de détention avant jugement, l'a mis au bénéfice d'un sursis pour une durée de trois ans et a ordonné son expulsion pour une durée de cinq ans, le sursis n'empêchant pas l'exécution de l'expulsion pendant le délai d'épreuve.</div> <div class="paraatf">Le 2 janvier 2017, A. a annoncé faire appel du jugement du 22 décembre 2016. Le 13 février 2017, il a adressé sa déclaration d'appel écrite à la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice du canton de Genève. <a name="page170"></a><div class="center pagebreak">BGE 143 IV 168 S. 170</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp447056"></a><span class="bold">B. </span>Par ordonnance du 22 décembre 2016, le Tribunal de police a maintenu A. en détention pour des motifs de sûreté; il a considéré qu'il existait un risque de fuite ou de soustraction aux autorités pénales, de sorte qu'il convenait de garantir l'exécution de la mesure prononcée.</div> <div class="paraatf">Par arrêt du 13 janvier 2017, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: le Cour de justice) a rejeté dans la mesure de sa recevabilité le recours déposé par A. contre l'ordonnance du 22 décembre 2016.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp449584"></a><span class="bold">C. </span>Agissant par la voie du recours en matière pénale, A. demande principalement au Tribunal fédéral d'annuler l'arrêt du 13 janvier 2017 et d'ordonner sa libération immédiate. Il conclut subsidiairement au renvoi de la cause pour nouvelle décision au sens des considérants. Il sollicite aussi l'octroi de l'assistance judiciaire. (...)</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp451312"></a><span class="bold">D. </span>Le Tribunal fédéral a rendu son jugement en séance publique le 29 mars 2017.</div> <div class="paraatf"> <i>(extrait)</i> </div> <br/><div> <a name="idp453248"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp454208"></a><span class="bold" id="consideration_2.">2. </span>Une mesure de détention pour des motifs de sûreté n'est compatible avec la liberté personnelle garantie aux <span class="artref">art. 10 al. 2 Cst.</span> et 5 CEDH que si elle repose sur une base légale (<span class="artref">art. 31 al. 1 et <artref id="CH/101/36/1" type="start"></artref>art. 36 al. 1 Cst.</span><artref id="CH/101/31/1" type="end"></artref>), soit en l'espèce l'<span class="artref">art. 221 CPP</span>. Elle doit en outre correspondre à un intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité (<span class="artref"><artref id="CH/101/36/3" type="start"></artref><artref id="CH/101/36/2" type="start"></artref>art. 36 al. 2 et 3 Cst.</span><artref id="CH/101/36/3" type="end"></artref><artref id="CH/101/3" type="end"></artref>, <span class="artref">art. 212 al. 3 CPP</span>). Pour que tel soit le cas, la privation de liberté doit être justifiée par les besoins de l'instruction, par un risque de fuite ou par un danger de collusion ou de réitération (art. 221 al. 1 let. a, b et c CPP).</div> <div class="paraatf">Préalablement à ces conditions, il doit exister des charges suffisantes, soit de sérieux soupçons de culpabilité, à l'égard de l'intéressé (<span class="artref">art. 221 al. 1 CPP</span>; <span class="artref">art. 5 par. 1 let</span>. c CEDH), c'est-à-dire des raisons plausibles de le soupçonner d'avoir commis une infraction.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp472608"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span>Le recourant soutient d'abord que le Tribunal de police n'est pas compétent pour prononcer sa mise en détention pour des motifs de sûreté en vue de garantir l'exécution de l'expulsion prononcée en première instance. Il se plaint d'une violation des art. 220 al. 2 et 231 al. 1 let. a CPP ainsi que d'une application arbitraire de l'art. 18 al. 1 du règlement du 19 mars 2014 sur l'exécution des peines privatives de liberté et des mesures concernant les adultes et les jeunes adultes (REPPL; rs/GE E 4 55.05). <a name="page171"></a><div class="center pagebreak">BGE 143 IV 168 S. 171</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp475168"></a><span class="bold" id="consideration_3.1">3.1 </span>A teneur de l'<span class="artref">art. 220 al. 2 CPP</span>, la détention pour des motifs de sûreté commence lorsque l'acte d'accusation est notifié au tribunal de première instance et s'achève lorsque le jugement entre en force, que le prévenu commence à purger sa sanction privative de liberté, qu'il est libéré ou que l'expulsion est exécutée. Au moment du jugement, le tribunal de première instance détermine si le prévenu qui a été condamné doit être placé ou maintenu en détention pour des motifs de sûreté, pour garantir l'exécution de la peine ou de la mesure prononcée (<span class="artref">art. 231 al. 1 let. a CPP</span>).</div> <div class="paraatf">L'<span class="artref">art. 66a al. 1 let. b CP</span> prévoit que le juge expulse de Suisse l'étranger qui est condamné pour mise en danger de la vie d'autrui (<span class="artref">art. 129 CP</span>) quelle que soit la quotité de la peine prononcée à son encontre, pour une durée de cinq à quinze ans. Selon l'art. 18 REPPL, l'Office cantonal de la population et des migrations est compétent pour prendre les dispositions de mise en oeuvre de l'expulsion prononcée par le juge pénal (<span class="artref"><artref id="CH/311.0/66^a" type="start"></artref>art. 66a-66b CP</span><artref id="CH/311.0/66^b" type="end"></artref>) ainsi que pour se prononcer sur le report de l'exécution de cette mesure (<span class="artref">art. 66d CP</span>).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp489216"></a><span class="bold" id="consideration_3.2">3.2 </span>En l'espèce, le recourant a été reconnu coupable de mise en danger de la vie d'autrui et a été condamné à une peine privative de liberté de deux ans avec sursis pour une durée de trois ans ainsi qu'à une expulsion (ferme) pour une durée de cinq ans. L'<span class="artref">art. 66a al. 1 let. b CP</span> qui prévoit l'expulsion obligatoire d'un étranger condamné notamment pour mise en danger de la vie d'autrui figure dans le chapitre 2 intitulé "Mesures" du Code pénal. L'expulsion obligatoire est donc une mesure à caractère pénal. Or l'<span class="artref">art. 231 al. 1 let. a CPP</span> prévoit que le prévenu peut être maintenu en détention pour des motifs de sûreté pour garantir l'exécution de la mesure prononcée et l'<span class="artref">art. 220 al. 2 CPP</span> précise que la détention pour des motifs de sûreté prend fin au moment où l'expulsion est exécutée. Le Message du Conseil fédéral du 26 juin 2013 concernant une modification du code pénal et du code pénal militaire (ci-après: Message) précise d'ailleurs que les dispositions du CPP ont été complétées pour mentionner expressément la détention pour des motifs de sûreté comme moyen d'assurer l'exécution de l'expulsion (FF 2013 5373, 5444). En outre, le droit conventionnel autorise la détention d'une personne contre laquelle une procédure d'expulsion est en cours (<span class="artref">art. 5 par. 1 let</span>. f CEDH).</div> <div class="paraatf">Les modifications législatives précitées fournissent ainsi une base légale suffisante pour placer une personne en détention afin de garantir l'exécution de l'expulsion prononcée en première instance. Comme il <a name="page172"></a><div class="center pagebreak">BGE 143 IV 168 S. 172</div>s'agit de détention pour des motifs de sûreté, celle-ci suppose qu'aucun jugement ne soit encore entré en force (<span class="artref">art. 220 al. 2 CPP</span>). Comme tel est le cas en l'espèce, la décision prise par la cour cantonale de maintenir le recourant en détention ne viole en principe pas le droit fédéral.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp502592"></a><span class="bold" id="consideration_3.3">3.3 </span>Le recourant soutient ensuite que la compétence pour prononcer le maintien en détention pour des motifs de sûreté, en l'absence de jugement exécutoire, n'appartient pas au Tribunal de police mais à l'Office cantonal de la population et des migrations.</div> <div class="paraatf">Dans ce contexte, il faut distinguer l'autorité compétente dans le cadre de la procédure d'exécution de l'expulsion - l'Office cantonal de la population et des migrations dans le canton de Genève - de l'autorité habilitée à prononcer la détention pour des motifs de sûreté pendant la procédure d'appel. En effet, l'autorité pénale de jugement peut ordonner le placement en détention pour des motifs de sûreté afin de permettre l'exécution de l'expulsion, laquelle devra ensuite être mise en oeuvre par l'autorité administrative. La compétence du Tribunal de police découle ainsi des art. 220 al. 2 et 231 al. 1 let. a CPP, tandis que celle des autorités administratives repose sur l'art. 76 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20), relatif à la détention en vue du renvoi ou de l'expulsion qui en assure l'exécution.</div> <div class="paraatf">Le recourant perd de vue que l'expulsion prononcée ici par le juge pénal n'est encore ni définitive, ni exécutoire. Dans ces conditions, le juge pénal de la détention reste compétent: l'<span class="artref">art. 220 al. 2 CPP</span> a été expressément modifié en ce sens dans le cadre de l'adaptation du Code pénal à l'<span class="artref"><artref id="CH/101/121/6" type="start"></artref><artref id="CH/101/121/3" type="start"></artref>art. 121 al. 3-6 Cst.</span><artref id="CH/101/121/6" type="end"></artref><artref id="CH/101/6" type="end"></artref> (initiative pour le renvoi des criminels étrangers: FF 2013 5444). La compétence des autorités pénales, donnée jusqu'à l'achèvement de la procédure pénale, n'empêche cependant pas les autorités administratives d'intervenir avant ce stade: l'art. 76 al.1 LEtr permet à l'autorité administrative de placer ou de maintenir en détention administrative la personne concernée dès la notification d'une décision de "première instance" d'expulsion au sens des <span class="artref"><artref id="CH/311.0/66^a" type="start"></artref>art. 66a ou 66a<sup>bis</sup> CP</span><artref id="CH/311.0/66^a^2" type="end"></artref>, soit avant l'entrée en force du jugement pénal. Ce cumul de compétences explique sans doute le passage du Message selon lequel les cantons peuvent s'appuyer soit sur le CPP (détention pour des motifs de sûreté), soit sur la LEtr (détention en vue de l'exécution du renvoi ou de l'expulsion) pour assurer l'exécution de l'expulsion (FF 2013 5444). <a name="page173"></a><div class="center pagebreak">BGE 143 IV 168 S. 173</div> </div> <div class="paraatf">Par conséquent, le tribunal pénal de première instance était compétent pour maintenir le recourant en détention pour des motifs de sûreté. Le grief lié à l'absence de compétence de l'autorité pénale doit ainsi être rejeté. Les critiques du recourant relatives à son lieu de détention doivent aussi être écartées: la prison de Champ-Dollon est un établissement prévu pour la détention préventive (art. 1 al. 1 du règlement du 30 septembre 1985 sur le régime intérieur de la prison et le statut des personnes incarcérées [RRIP; rs/GE F 1 50.04]).</div> <div class="paraatf">(...)</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp520096"></a><span class="bold" id="consideration_5.">5. </span>Le recourant fait encore valoir que le maintien en détention pour des motifs de sûreté en vue de garantir son expulsion viole l'<span class="artref">art. 5 al. 1 let</span>. f CEDH en lien avec les art. 69-81 LEtr qui régissent la détention administrative. Il rappelle aussi qu'il a obtenu le sursis complet à la peine privative de liberté et précise que son maintien en détention pour des motifs de sûreté a été ordonné exclusivement afin d'assurer son départ de Suisse et non en raison d'une infraction commise. Ce faisant, le recourant pose la question du respect du principe de proportionnalité en lien avec la durée de sa détention pour des motifs de sûreté.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp523712"></a><span class="bold" id="consideration_5.1">5.1 </span>En vertu des <span class="artref">art. 31 al. 3 Cst.</span> et 5 par. 3 CEDH, toute personne qui est mise en détention préventive a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou d'être libérée pendant la procédure pénale. L'<span class="artref">art. 212 al. 3 CPP</span> rappelle cette exigence en précisant que la détention provisoire ou pour des motifs de sûreté ne doit pas durer plus longtemps que la peine privative de liberté prévisible. Le juge peut dès lors maintenir la détention préventive aussi longtemps qu'elle n'est pas très proche de la durée de la peine privative de liberté à laquelle il faut s'attendre concrètement en cas de condamnation (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=21&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2017&amp;to_year=2017&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-IV-270%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page270">ATF 139 IV 270</a> consid. 3.1 p. 275 et les arrêts cités). </div> <div class="paraatf">Lorsque le détenu a déjà été jugé en première instance, ce prononcé constitue un indice important quant à la peine susceptible de devoir être finalement exécutée (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=21&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2017&amp;to_year=2017&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-IV-270%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page270">ATF 139 IV 270</a> consid. 3.1 p. 275 s. et les arrêts cités). Afin d'éviter d'empiéter sur les compétences du juge du fond, le juge de la détention ne tient en principe pas compte de la possibilité éventuelle de l'octroi, par l'autorité de jugement, d'un sursis, d'un sursis partiel (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=21&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2017&amp;to_year=2017&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-IV-270%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page270">ATF 139 IV 270</a> consid. 3.1 p. 275) ou d'une libération conditionnelle (arrêt 1B_82/2013 du 27 mars 2013 consid. 3.2, in Pra 2013 74 549).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp537040"></a><span class="bold" id="consideration_5.2">5.2 </span>En l'espèce, le recourant avait subi une détention provisoire et pour des motifs de sûreté de 98 jours au moment du prononcé de l'arrêt cantonal querellé, le 13 janvier 2017. <a name="page174"></a><div class="center pagebreak">BGE 143 IV 168 S. 174</div> </div> <div class="paraatf">A cette date, le prévenu avait annoncé son appel au sens de l'<span class="artref">art. 399 al. 1 CPP</span>. Comme le jugement du Tribunal de police n'avait pas encore été motivé, le délai pour adresser sa déclaration écrite d'appel n'avait pas encore commencé à courir (délai de 20 jours à compter de la notification du jugement motivé: <span class="artref">art. 399 al. 3 CPP</span>); a fortiori, le délai pour que le Ministère public dépose un éventuel appel joint n'avait pas non plus débuté (délai de 20 jours à compter de la réception de la déclaration d'appel: <span class="artref">art. 400 al. 3 CPP</span>). En d'autres termes, le Ministère public pouvait encore, le 13 janvier 2017, solliciter le prononcé d'une peine ferme. La cour cantonale était ainsi dans l'incertitude sur la question de savoir si une peine ferme ou une peine avec sursis serait en définitive prononcée. Tant que règne une incertitude sur le caractère ferme ou conditionnel de la peine (c'est-à-dire tant que le délai pour que le Ministère public dépose un appel joint n'est pas échu), il y a lieu de prendre en compte, dans l'examen du principe de la proportionnalité, la quotité de la peine prononcée en première instance (<span class="artref">art. 47 CP</span>), soit 24 mois.</div> <div class="paraatf">Il s'agit aussi de prendre en considération le fait que le recourant ne conteste pas, devant le Tribunal fédéral, présenter un risque concret de passage dans la clandestinité; le risque de fuite (dans la clandestinité) peut donc être retenu, l'intéressé n'ayant aucune attache avec la Suisse, ne détenant aucun papier d'identité et indiquant refuser de retourner en Algérie.</div> <div class="paraatf">Dans ces circonstances, une durée de détention provisoire puis pour des motifs de sûreté d'un peu plus de trois mois paraît encore conforme au principe de la proportionnalité. La cour cantonale pouvait donc, en date du 13 janvier 2017, maintenir le recourant en détention pour des motifs de sûreté, sans violer le droit fédéral.</div> <div class="paraatf">Par la suite, le recourant a reçu le jugement motivé du Tribunal de police le 23 janvier 2017; il a déposé sa déclaration d'appel le 13 février 2017; il ne ressort pas du dossier que le Ministère public ait formé un appel joint. La détention était par conséquent encore proportionnée jusqu'à l'échéance du délai de 20 jours à compter de la réception de la déclaration d'appel, soit tant que l'incertitude sur le caractère ferme ou conditionnel de la peine privative de liberté subsistait.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp550976"></a><span class="bold" id="consideration_5.3">5.3 </span>En définitive, il est possible de maintenir en détention pour des motifs de sûreté une personne condamnée à une expulsion et à une peine privative de liberté avec sursis, tant que la question de l'octroi du sursis est incertaine, tant que la détention subie ne dépasse <a name="page175"></a><div class="center pagebreak">BGE 143 IV 168 S. 175</div>pas la durée de la peine privative de liberté prononcée et tant que le principe de la célérité (<span class="artref">art. 5 al. 1 CPP</span>) est respecté. (...)</div> </div></body></html>