<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">[AZA 7] </div> <div class="para">U 18/00 Kt </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">IIe Chambre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">composée des Juges fédéraux Lustenberger, Président, Meyer et Ferrari; Berset, Greffière </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 17 octobre 2000 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">dans la cause </div> <div class="para"> </div> <div class="para">M.________, recourant, représenté par Me Claude Brügger, avocat, Grand-Rue 12, Tavannes, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents, Fluhmattstrasse 1, Lucerne, intimée, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">et </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Tribunal cantonal jurassien, Porrentruy </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Vu le jugement du 10 novembre 1997, par lequel le Tribunal cantonal de la République et Canton du Jura, Chambre des assurances, a rejeté le recours formé par M.________ contre une décision sur opposition rendue le 14 mars 1995 par la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (ci-après : CNA), fixant à 50 % la capacité de travail de l'assuré à partir du 1er avril 1995; </div> <div class="para">vu les rapports des docteurs G.________/B.________, médecins à la Clinique X.________ (25 avril 1996), du docteur B.________ précité (des 18 juin et 27 août 1996), du docteur Y.________, médecin d'arrondissement de la CNA (10 octobre 1996), du docteur I.________, médecin à la Clinique Z.________ (22 novembre 1996), du docteur A.________, médecin traitant (13 janvier 1997) et du docteur E.________, médecin d'arrondissement de la CNA (11 juin 1997); </div> <div class="para">vu la décision du 1er octobre 1997 par laquelle la CNA a octroyé au prénommé une rente d'invalidité de 35 % à partir du 1er août 1997, ainsi qu'une indemnité pour atteinte à l'intégrité de 14 580 fr. fondée sur un taux de diminution de l'intégrité de 15 %; </div> <div class="para">vu la décision sur opposition du 5 février 1998, par laquelle la CNA a confirmé les termes de sa décision précitée; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">vu le jugement du 8 décembre 1999, par lequel le Tribunal cantonal de la République et Canton du Jura, Chambre des assurances, a rejeté le recours formé par l'assuré contre la décision sur opposition précitée; </div> <div class="para">vu le recours de droit administratif interjeté par M.________ contre ce jugement dont il demande l'annulation - de même que celle de la décision du 1er octobre 1997 de la CNA - en concluant (principalement) à l'octroi d'une rente d'invalidité «bien supérieure à 35 %», et (subsidiairement) à la mise en oeuvre d'une expertise médicale «avec conséquence économique», le tout sous suite de frais et dépens; </div> <div class="para">vu la détermination de la CNA, qui conclut au rejet du recours, tandis que l'Office fédéral des assurances sociales a renoncé à se déterminer; </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">a t t e n d u : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">que seul est litigieux le degré de l'invalidité du recourant; </div> <div class="para">que les premiers juges ont correctement rappelé les dispositions légales et les règles jurisprudentielles applicables en la matière, de sorte qu'il peut y être renvoyé; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">qu'en l'espèce, l'accident assuré s'est produit le 5 décembre 1991; </div> <div class="para">que selon ses déclarations, le recourant a fait une chute en descendant d'une machine de chantier (la déclaration LAA de l'employeur du 24 décembre 1991 fait état d'un faux mouvement qui a occasionné une forte douleur au genou); </div> <div class="para">que les premières constatations médicales ont mis en évidence une lésion du genou gauche; </div> <div class="para">que depuis cet événement accidentel, l'assuré n'a plus été à même de reprendre son activité de machiniste, se plaignant d'un syndrome douloureux persistant; </div> <div class="para">que dans son jugement du 10 novembre 1997, la Cour cantonale a fixé à 50 % le degré de capacité de travail de M.________ due à l'événement accidentel du 5 décembre 1991, en indiquant que le taux d'invalidité de 100 % retenu par l'assurance-invalidité prenait en compte également l'atteinte psychique, qui n'était pas en relation de causalité avec l'accident; </div> <div class="para">qu'en l'occurrence, le recourant conteste le taux d'invalidité de 35 % fixé par la CNA le 1er octobre 1997 et confirmé par la Cour cantonale dans son jugement du 8 décembre 1999; </div> <div class="para">que, selon lui, cette évaluation ne tient pas compte de l'existence de lombalgies consécutives à une (cinquième) opération du genou gauche qu'il a subie en avril 1996, ni des problèmes d'ordre psychique et de son état dépressif; </div> <div class="para">que, dans une lettre du 20 avril 1998, le docteur A.________ a déclaré qu'il était possible que l'affection au genou ait favorisé l'apparition de lombalgies; </div> <div class="para">qu'à l'évidence, ainsi que l'autorité cantonale l'a considéré, cette appréciation ne permet pas de retenir, au degré de prépondérance requis, l'existence d'un lien de causalité naturelle entre ces lombalgies et l'accident de 1991; </div> <div class="para">qu'en ce qui concerne les troubles psychiques, l'existence d'un rapport de causalité adéquate entre ceux-ci et l'accident doit en règle ordinaire être niée dans le cas d'un accident banal comme en l'espèce (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=08.10.2000&amp;to_date=27.10.2000&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F115-V-133%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page138">ATF 115 V 138</a> ss consid. 6, 407 ss consid. 5); </div> <div class="para">que selon la jurisprudence toutefois, la question de la causalité adéquate doit exceptionnellement être examinée selon les critères applicables aux accidents de moyenne gravité lorsque les circonstances à prendre en considération se cumulent et revêtent une importance particulière (cf. RAMA 1998 U 297 243); </div> <div class="para">qu'au regard des circonstances particulières du cas d'espèce, on doit retenir aussi bien la durée anormalement longue du traitement médical et les difficultés apparues en cours de guérison que la persistance de douleurs physiques et la durée de l'incapacité de travail due aux lésions physiques; </div> <div class="para">qu'en conséquence, on ne peut nier d'emblée, comme l'ont fait les premiers juges, l'existence d'un rapport de causalité adéquate; </div> <div class="para">que se pose dès lors au préalable la question de la causalité naturelle entre l'accident et les troubles psychiques qui affectent le recourant; </div> <div class="para">que le dossier ne permet pas de statuer faute de renseignements médicaux sur ce sujet; </div> <div class="para">qu'il s'ensuit qu'un complément d'instruction médicale sous forme d'une expertise psychiatrique s'avère nécessaire, la cause étant renvoyée dans ce but et pour nouvelle décision à l'intimée; </div> <div class="para">qu'enfin, représenté par un avocat, le recourant a droit à une indemnité de dépens pour l'instance fédérale vu le sort du litige (<span class="artref">art. 159 al. 1 OJ</span> en corrélation avec l'<span class="artref">art. 135 OJ</span>), </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para">p r o n o n c e : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">I. Le recours est admis en ce sens que le jugement du </div> <div class="para">8 décembre 1999 du Tribunal cantonal de la République </div> <div class="para">et Canton du Jura ainsi que la décision sur opposition </div> <div class="para">de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents </div> <div class="para">du 5 février 1998 sont annulés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">II. La cause est renvoyée à la CNA pour instruction complémentaire </div> <div class="para">au sens des considérants et nouvelle décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">III. Il n'est pas perçu de frais de justice. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">IV. L'intimé versera au recourant la somme de 2500 fr. à </div> <div class="para">titre de dépens pour l'instance fédérale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">V. Le Tribunal cantonal statuera sur les dépens pour la </div> <div class="para">procédure de première instance, au regard de l'issue </div> <div class="para">du procès de dernière instance. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">VI. Le présent arrêt sera communiqué aux parties, au Tribunal </div> <div class="para">cantonal de la République et Canton du Jura, </div> <div class="para">Chambre des assurances, et à l'Office fédéral des </div> <div class="para">assurances sociales. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 17 octobre 2000 </div> <div class="para">Au nom du </div> <div class="para">Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para">Le Président de la IIe Chambre : </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">p. la Greffière : </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>