<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A. SA a obtenu du président du Tribunal civil du district de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La Chaux-de-Fonds, le 9 septembre 1996, un ajournement de faillite, pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">longé à plusieurs reprises. Elle a ensuite été mise au bénéfice, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordonnance du 14 mai 1997 rendue par le juge instructeur de la Cour civile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du tribunal cantonal saisie de la cause, d'un sursis concordataire de six</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois. R. et L. ont été désignés en qualité de commissaires au sursis.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. La compagnie d’assurance X. a produit le 6 juin 1997, dans le cadre du sursis concordataire de A. SA, une créance de 60'528,30 francs représentant des contributions de prévoyance professionnelle obligatoire LPP dues par la société selon un décompte arrêté au 31 décembre 1996, divers intérêts compris, après déduction de certains paiements effectués en 1997. Elle a demandé, notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, que cette créance soit colloquée en première classe.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Outre une divergence concernant la date déterminante pour le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">calcul du montant de la créance, les commissaires au sursis ont considéré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il ne s'agissait pas d'une créance privilégiée et que cette prétention</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devait être admise en troisième classe, ce qu'ils ont confirmé à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Compagnie d’assurance X. par une lettre du 26 juillet 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. La Compagnie d’assurance X. pour la prévoyance profession-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nelle obligatoire défère par voie de plainte à l'autorité de surveillance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette prise de position des commissaires au sursis, concluant à ce que sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créance soit admise en première classe. Elle invoque le texte de la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.219 al.4 litt.b), disposition qui est claire, à son avis, dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure où elle énonce expressément les créances des institutions de pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voyance à l'égard des employeurs affiliés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il a été procédé à deux échanges d'écritures, au terme desquels</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les commissaires au sursis déclarent admettre la recevabilité de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte et, quant au fond, s'en remettre à l'appréciation de l'autorité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surveillance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. a) Selon l'article 295 al.2 litt.b LP, le commissaire doit no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tamment exercer les fonctions prévues par les articles 298 à 302 et 304</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LP, soit en particulier inviter les créanciers au moyen d'une publication</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à lui indiquer leurs créances et préparer un projet de concordat à sou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mettre à l'assemblée des créanciers (art.300 ss LPP). Les décisions du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commissaire au sursis concordataire sont susceptibles de plainte à l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité de surveillance (art.295 al.3 LP; Gilliéron, Poursuite pour dettes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite et concordat, 3e éd., p.55). Il s'ensuit que le refus du com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">missaire de reconnaître à une créance le privilège de la première classe,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme en l'espèce, peut faire l'objet d'une plainte au sens de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">17 LP. Ne s'agissant pas d'une créance contestée par le débiteur, l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 315 al.1 LP, selon lequel en homologuant le concordat, le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assigne aux créanciers dont les réclamations sont contestées un délai de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">20 jours pour intenter action au for du concordat, sous peine de perdre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur droit à la garantie de dividende, ne saurait faire obstacle à la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédure de plainte portant sur la question de savoir si la créance en cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bénéficie du privilège légal de la première classe.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Déposée par ailleurs dans les formes et délai légaux, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plainte est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Sur le vu de la conclusion de la plaignante, le litige se limite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la seule question de l'interprétation de l'article 219 al.4, première</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">phrase, litt.b LP (dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 1997),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposition qui prévoit que sont colloqués en première classe "les droits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des assurés au sens de la loi fédérale sur l'assurance-accidents ainsi que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les prétentions découlant de la prévoyance professionnelle non obligatoire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et les créances des institutions de prévoyance à l'égard des employeurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">affiliés".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les commissaires au sursis sont partis de l'idée que, puisque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette disposition mentionne expressément les "prétentions découlant de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévoyance professionnelle non obligatoire", les contributions dues par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les employeurs pour la prévoyance obligatoire selon la LPP ne sont, a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrario, pas des créances privilégiées. Ce point de vue est erroné car</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manifestement contraire au texte légal. La disposition précitée - peut-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être maladroite du point de vue rédactionnel, mais néanmoins claire -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signifie, interprétée littéralement, que la loi vise d'une part les pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tentions des assurés découlant de la prévoyance professionnelle non obli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gatoire et, d'autre part, les créances des institutions de prévoyance à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'égard des employeurs affiliés. Les travaux préparatoires concernant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette disposition confirment ce qui précède : il s'agissait de protéger</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les droits des assurés à l'égard des institutions de prévoyance en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite, ce qui n'est nécessaire que pour la prévoyance non obligatoire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dès lors que les créances pour la part obligatoire selon la LPP sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">couvertes par le fond de garantie selon l'article 56 al.1 litt.b LPP. Dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son message à l'appui de la loi, le Conseil fédéral précisait en effet que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"les conditions de la prévoyance sont si étroitement liées aux rapports de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travail qu'il se justifie de considérer la protection en matière de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévoyance comme partie intégrante du privilège accordé aux travailleurs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autant que l'indemnité à raison de longs rapports de travail reste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également privilégiée en ce sens. Dès lors, le privilège reste justifié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le domaine de la prévoyance professionnelle non obligatoire, dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure où les créances ne sont pas couvertes par le fond de garantie de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LPP" (FF 1991 III 150). Les Chambres fédérales ont voulu, en outre,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">privilégier aussi - respectivement ne pas supprimer le privilège existant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'ancienne loi - les créances des institutions de prévoyance à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'égard des employeurs, ce qui répond d'ailleurs également au souci de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">protéger les intérêts des travailleurs (Bulletin officiel de l'Assemblée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédérale, CN 1993, p.36; cf. aussi l'extrait du protocole des délibé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rations de la commission du Conseil national, p.57 et 58, versé au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dossier). Il ne fait donc aucun doute que les créances que possèdent les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">institutions de prévoyance à l'égard des employeurs qui leur sont affi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liés, concernant des cotisations pour la prévoyance (obligatoire ou sur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligatoire), bénéficient du privilège de première classe au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 219 al.4 litt.b LP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. La plainte se révèle dès lors bien fondée, ce qui conduit à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'annulation de la décision entreprise.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans la procédure de plainte devant l'autorité de surveillance,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens (art.20a al.1 LP; 61 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.a, 62 al.2 OELP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'AUTORITE CANTONALE DE SURVEILLANCE LP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet la plainte et annule la décision attaquée dans la mesure où elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> concerne la collocation en troisième classe de la créance produite par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la plaignante dans le cadre de la procédure concordataire de la société</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 20 octobre 1997</span></p> </div></body></html>