<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2025-08-04-1C_364-2025.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1C_364/2025</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 4 août 2025</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit public</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux Müller, Juge présidant, </div> <div class="para">Kneubühler et Merz. </div> <div class="para">Greffier : M. Kurz. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">1. A.A.________, </div> <div class="para">2. B.A.________, </div> <div class="para">3. C.A.________, </div> <div class="para">tous les trois représentés par Me Grégoire Mangeat, avocat, </div> <div class="para">recourants, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ministère public de la Confédération, </div> <div class="para">Guisanplatz 1, 3003 Berne. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Entraide judiciaire internationale en matière pénale au Koweït; remise de moyens de preuve, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt du Tribunal pénal fédéral, Cour des plaintes, du 12 juin 2025 (RR.2023.103+RR.2023.104+RR.2023.105-106+ </div> <div class="para">RR.2023.107-109+RR.2023.110-112+RR.2023.113-115). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">Par six décisions de clôture datées des 26 juin et 7 juillet 2023, le Ministère public de la Confédération (MPC) a ordonné la transmission, au Procureur général de l'État du Koweït, de la documentation relative à six compte bancaires détenus par A.A.________ et B.A.________, ainsi que par une société dissoute en 2018 et dont A.A.________, B.A.________ et C.A.________ était les ayants droit et bénéficiaires. Cette transmission intervient en exécution d'une demande d'entraide judiciaire formée dans le cadre d'une enquête dirigée contre F.________ et son épouse, le premier étant soupçonné d'avoir, en tant que directeur général de G.________, de 1984 à 2014, obtenu des rétrocessions de la part d'investisseurs. Cette enquête avait déjà donné lieu à l'entraide judiciaire de la Suisse en 2014 (cf. arrêt 1C_549/2014 du 8 décembre 2014). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Par arrêt du 12 juin 2025, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral a rejeté les recours formés contre les décisions de clôture. Si des documents transmis précédemment par la Suisse avaient été utilisés dans une procédure civile au Royaume-Uni, il n'était pas établi qu'il en résultait une violation du principe de la spécialité dès lors que la victime d'une infraction (en l'occurrence G.________) pouvait se prévaloir des pièces remises par la Suisse pour obtenir la réparation de son dommage dans le cadre d'une procédure civile. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Agissant par la voie du recours en matière de droit public, A.A.________, B.A.________ et C.A.________ demandent au Tribunal fédéral d'annuler l'arrêt de la Cour des plaintes et de rejeter la demande d'entraide complémentaire, subsidiairement de renvoyer la cause à la Cour des plaintes pour nouvelle décision dans le sens des considérants. </div> <div class="para">La Cour des plaintes persiste dans les termes de son arrêt. Le MPC et l'Office fédéral de la justice concluent à l'irrecevabilité du recours. Les recourants ont ensuite persisté dans leurs conclusions. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Selon l'<span class="artref">art. 84 LTF</span>, le recours en matière de droit public est recevable à l'encontre d'un arrêt du Tribunal pénal fédéral en matière d'entraide judiciaire internationale si celui-ci a pour objet notamment la transmission de renseignements concernant le domaine secret et s'il concerne un cas particulièrement important (al. 1). Un cas est particulièrement important notamment lorsqu'il y a des raisons de supposer que la procédure à l'étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d'autres vices graves (al. 2). Ces motifs d'entrée en matière ne sont toutefois pas exhaustifs et le Tribunal fédéral peut être appelé à intervenir lorsqu'il s'agit de trancher une question juridique de principe ou lorsque l'instance précédente s'est écartée de la jurisprudence suivie jusque-là (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=03.08.2025&amp;to_date=22.08.2025&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-IV-250%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page250">ATF 142 IV 250</a> consid. 1.3). Une violation d'un droit de partie, notamment le droit d'être entendu dans la procédure d'entraide, peut également fonder un cas particulièrement important, pour autant que la violation alléguée soit suffisamment vraisemblable et l'irrégularité d'une certaine gravité (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=03.08.2025&amp;to_date=22.08.2025&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-IV-99%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page99">ATF 145 IV 99</a> consid. 1.5). En vertu de l'<span class="artref">art. 42 al. 2 LTF</span>, il incombe à la partie recourante de démontrer que les conditions d'entrée en matière posées à l'<span class="artref">art. 84 LTF</span> sont réunies (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=03.08.2025&amp;to_date=22.08.2025&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-IV-294%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page294">ATF 139 IV 294</a> consid. 1.1). En particulier, il ne suffit pas d'invoquer des violations des droits fondamentaux de procédure pour justifier l'entrée en matière; seule une violation importante, suffisamment détaillée et crédible peut conduire, le cas échéant, à considérer que la condition de recevabilité posée à l'<span class="artref">art. 84 al. 2 LTF</span> est réalisée (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=03.08.2025&amp;to_date=22.08.2025&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-IV-99%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page99">ATF 145 IV 99</a> consid. 1.5). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Les décisions de clôture du MPC prévoient la transmission de renseignements bancaires à l'autorité requérante. La première condition posée à l'<span class="artref">art. 84 al. 1 LTF</span> est ainsi réalisée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> S'agissant de la seconde, les recourants soutiennent que l'autorité requérante aurait déjà violé le principe de la spécialité et pourrait donc le faire à nouveau si l'entraide lui était accordée. Par ailleurs, il se poserait la question de principe de savoir si l'utilisation des renseignements transmis par la Suisse est admissible pour une procédure connexe dans un État tiers. </div> <div class="para">Comme le relève l'arrêt attaqué, on ignore non seulement la teneur précise des renseignements litigieux, mais également s'ils proviennent directement du dossier de la procédure d'entraide judiciaire obtenue par les autorités koweïtiennes, ou du dossier de la procédure pénale ouverte en Suisse. G.________ était en effet partie à cette procédure et, si elle s'était vu imposer des restrictions d'accès au dossier (lequel n'était accessible qu'en "lecture seule" afin d'éviter toute transmission prématurée de renseignements à l'étranger), elle pouvait librement disposer des renseignements dont elle avait eu connaissance dans ce cadre, lesquels n'étaient pas expressément soumis à la réserve de la spécialité. S'ils se plaignent d'arbitraire dans l'établissement des faits, les recourants eux-mêmes admettent que les renseignements parvenus dans la procédure anglaise pourraient provenir des deux sources. Il n'est donc pas établi que ces renseignements proviennent nécessairement du dossier de la procédure d'entraide obtenue par les autorités koweïtiennes, et donc que ces dernières aient délibérément violé le principe de la spécialité. </div> <div class="para">Il n'y a dès lors pas lieu de s'interroger sur la possibilité (présentée comme une question de principe par les recourants) d'utiliser les renseignements obtenus par voie d'entraide pour une procédure connexe dans un pays tiers. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Sur le vu de ce qui précède, la condition posée à l'<span class="artref">art. 84 al. 2 LTF</span> n'est pas remplie, ce qui entraîne l'irrecevabilité du recours. Conformément à l'<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>, les frais judiciaires sont mis à la charge solidaire des recourants qui succombent. Le présent arrêt est rendu selon la procédure simplifiée prévue à l'<span class="artref">art. 109 al. 1 LTF</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge solidaire des recourants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué au mandataire des recourants, au Ministère public de la Confédération, au Tribunal pénal fédéral, Cour des plaintes, et à l'Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 4 août 2025 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit public </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Juge présidant : Müller </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Kurz </div> </div></body></html>