<h2>SubmittedText<h2><p>Il ne se passe pas un jour sans que les médias nous montrent les atrocités commises en Algérie sur les populations civiles par des éléments non identifiés.</p><p>Si, pendant longtemps, ces actes inqualifiables se déroulaient loin de la capitale, ces massacres touchent maintenant des enfants, des femmes et des hommes de la banlieue d'Alger.</p><p>Au vu de ce qui précède, nous posons les questions suivantes au Conseil fédéral :</p><p>1. Estime-t-il qu'Alger reste une "ville sûre" comme continuent à le prétendre l'Office fédéral des réfugiés (ODR) et le DFJP ?</p><p>2. Comment explique-t-il la contradiction entre le DFJP, qui estime qu'Alger est une "ville sûre", et le DFAE, qui diffère de mois en mois sa décision de réouvrir l'ambassade de Suisse dans cette ville, en invoquant le fait que, pour assurer la sécurité de cette représentation diplomatique, de gros investissements devraient être consentis ?</p><p>3. Le Conseil fédéral n'estime-t-il pas qu'il serait urgent de décréter un moratoire à l'expulsion des requérants d'asile de nationalité algérienne tant et aussi longtemps que la situation reste aussi dramatique ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Dans ses réponses aux deux questions ordinaires urgentes Vermot du 2 juin 1997 (97.1063) et du 25 septembre 1997 (97.1121), le Conseil fédéral a exposé en détail la pratique des autorités suisses en matière d'accueil des requérants d'asile algériens. Il tient à compléter ses explications de la manière suivante :</p><p>1. À l'instar de ce qui s'était déjà passé lors du précédent ramadan, le mois de janvier 1998 a aussi connu une flambée de violence. Si certaines villes sont demeurées épargnées, d'autres ont connu des attentats. Quant à Alger qui semblait être entrée dans une période d'accalmie depuis le renforcement des mesures sécuritaires et des opérations de ratissage dans l'Algérois, elle se retrouve depuis le début du ramadan à nouveau plongée dans un climat d'incertitude, alimenté par quelques attentats. Toutefois, compte tenu du nombre limité d'attentats dans les centres urbains et de la situation actuelle, le risque d'être victime d'actes de violence dans les villes est peu conséquent.</p><p>2. Partant de l'appréciation que la situation sécuritaire en ville d'Alger est meilleure qu'elle ne l'était en septembre 1994, le Conseil fédéral a décidé en date du 2 mars 1998 de réactiver l'ambassade de Suisse en Algérie dans les prochains mois.</p><p>3. Le Conseil fédéral a déjà expliqué dans ses réponses aux questions ordinaires urgentes Vermot l'aspect juridique relatif au prononcé du renvoi ; il n'est dès lors pas nécessaire de revenir sur cet aspect. S'agissant de la flambée de violence qui s'est produite lors du ramadan, deux zones ont été principalement touchées par celle-ci. Au centre, dans la région du triangle de la mort de la Mitidja, plusieurs massacres ont été perpétrés ainsi qu'à l'ouest, principalement dans la région montagneuse de l'Ouarsenis. Par contre, le sud et l'est connaissent une situation relativement calme. Il en va de même des grandes villes de l'ouest, dont Oran, qui ont été pour ainsi dire épargnées par la violence.</p><p>Par ailleurs, la plupart des demandeurs d'asile algériens ne proviennent pas de groupes à risque. Les victimes des récents massacres sont essentiellement des personnes vivant dans des hameaux isolés. Les requérants d'asile algériens sont, quant à eux, presque exclusivement des hommes entre 20 et 30 ans qui proviennent des grandes villes. Ainsi, sur 171 ressortissants algériens qui ont requis l'asile en Suisse entre le 1er octobre et le 31 décembre 1997, 163 étaient des hommes, pour la plupart célibataires, âgés de 20 à 30 ans et provenant de grands centres urbains comme Annaba, Oran, Alger ou Constantine. En 1997, l'ODR a constaté 22 retraits de demandes d'asile. Il a été amené à clore 47 procédures avant toute décision matérielle et à rendre 63 décisions d'irrecevabilité, notamment en raison de la disparition des personnes concernées. Cela représente tout de même 33 % des requêtes algériennes traitées par cet office en 1997.</p><p>Au surplus, le trafic maritime et aérien est dense entre les pays européens et l'Algérie. Selon les derniers chiffres à disposition de l'ODR, le nombre de voyageurs, dont des familles d'immigrés se rendant dans leur pays, est estimé pour 1997 à 1,5 million. En ce qui concerne la France, le nombre de passagers transportés sur les vols depuis Paris en direction de l'Algérie avoisine les 370 000 pour l'année passée, quatre à cinq vols quotidiens reliant cette ville à l'un des sept aéroports internationaux d'Algérie. À ce nombre s'ajoutent les passagers du transport maritime : quelque 139 000 passagers ont embarqué de Marseille en direction de l'Algérie alors que quelque 74 000 ont débarqué dans cette ville. En outre, entre la Suisse et l'Algérie, plus de 10 000 personnes ont voyagé par avion l'année passée.</p><p>Enfin, comme le Conseil fédéral l'a déjà dit, la Suisse se doit d'observer la pratique des autres pays européens. Elle n'évitera de susciter un attrait démesuré en tant que pays d'asile qu'en harmonisant sa pratique avec celle des autres États d'accueil. Or, selon les informations à disposition, les principaux pays concernés n'envisagent pas un changement de leur pratique concernant les demandeurs d'asile algériens. Ainsi par exemple en Allemagne, la Conférence des ministres de l'intérieur s'est prononcée le 2 février 1998 contre l'éventuelle suspension des renvois.</p><p>Le Conseil fédéral est dès lors d'avis que l'examen individuel des cas constitue une mesure appropriée et qu'il ne se justifie pas, en conséquence, de prononcer un moratoire à l'expulsion des Algériens déboutés. A relever du reste qu'en 1997 seuls 20 requérants algériens ont été rapatriés sous contrainte et que, depuis novembre 1997, les cantons prennent systématiquement contact avec l'ODR au moment de l'exécution de la décision, ce qui assure une fois encore que le renvoi est raisonnablement exigible dans le contexte du moment. Durant la période du ramadan, l'ODR n'a d'ailleurs donné son aval à l'exécution du renvoi en Algérie que dans deux cas soumis par les autorités cantonales et concernant des requérants délinquants.</p>  Réponse du Conseil fédéral.