Lausanne, 5. August 2019
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 11. Juli 2019 (9C_724/2018)
Leistungen der Invalidenversicherung bei Suchterkrankung: 
Änderung der Rechtsprechung
Das Bundesgericht ändert seine Rechtsprechung bezüglich des Anspruchs auf
Leistungen der Invalidenversicherung bei Vorliegen einer Suchterkrankung. Künftig
ist wie bei allen anderen psychischen Erkrankungen anhand eines strukturierten
Beweisverfahrens abzuklären, ob sich eine fachärztlich diagnostizierte Suchtmittelabhängigkeit auf die Arbeitsfähigkeit der betroffenen Person auswirkt.
Gemäss bisheriger langjähriger Rechtsprechung des Bundesgerichts führten primäre
Suchterkrankungen als solche grundsätzlich nicht zu einer Invalidität im Sinne des
Gesetzes. IV-rechtlich wurde eine Suchterkrankung erst dann von Bedeutung, wenn
diese in eine Krankheit oder einen Unfall mündete oder wenn die Sucht infolge einer
Krankheit entstand. Diese Rechtsprechung ging letztlich davon aus, dass die süchtige
Person ihren Zustand selber verschuldet habe und eine Abhängigkeit ohne Weiteres
einem Entzug zugänglich sei. 
Das Bundesgericht kommt in einem aktuellen Entscheid u.a. nach vertiefter Auseinandersetzung mit Erkenntnissen der Medizin zum Ergebnis, dass an der bisherigen
Praxis nicht festzuhalten ist. Aus medizinischer Sicht handelt es sich bei einer Sucht klar
um ein krankheitswertiges Geschehen. Es drängt sich insofern die gleiche Sichtweise
auf wie bei anderen psychischen Störungen, bei denen im Einzelfall  aufgrund objektiver
Massstäbe beurteilt wird, ob die betroffene Person trotz des ärztlich diagnostizierten
Leidens ganz oder teilweise einer (angepassten) Arbeit nachgehen kann. Die Rechtsprechung ist deshalb dahingehend zu ändern, dass einem fachärztlich einwandfrei
diagnostizierten Abhängigkeitssyndrom beziehungsweise einer Substanzkonsumstörung
nicht mehr zum vornherein jegliche IV-rechtliche Relevanz  abgesprochen wird. Es ist
wie bei allen anderen psychischen Erkrankungen nach dem strukturierten Beweisverfahren (dazu BGE 141 V 281, Medienmitteilung des Bundesgerichts vom 17. Juni 2015)
zu ermitteln, ob und gegebenenfalls inwieweit sich ein fachärztlich diagnostiziertes
Abhängigkeitssyndrom im Einzelfall auf die Arbeitsfähigkeit auswirkt.
Selbstverständlich gilt auch bei einem Abhängigkeitssyndrom die Pflicht zur Schadenminderung. Vom Betroffenen kann etwa die aktive Teilnahme an zumutbaren medizinischen Behandlungen verlangt werden. Kommt er dieser Schadenminderungspflicht nicht
nach und erhält somit seinen krankhaften Zustand aufrecht, ist eine Verweigerung oder
Kürzung der Leistungen möglich.
Im konkreten Fall heisst das Bundesgericht die Beschwerde eines benzodiazepin- und
opioidabhängigen Mannes gut, der erfolglos eine IV-Rente beantragt hatte. Das Bundesgericht kommt zum Schluss, dass die durchgeführte psychiatrische Begutachtung des
Betroffenen, aus der eine Arbeitsunfähigkeit infolge Suchterkrankung resultierte, den
Anforderungen an das strukturierte Beweisverfahren genügte. Da eine schrittweise
Steigerung der Leistungsfähigkeit bei Weiterführung der therapeutischen Begleitung
(u.a. mit kontrollierter Opioidabgabe) und nach allmählichem Benzodiazepinentzug bloss
möglich, nicht jedoch innert bestimmter Frist überwiegend wahrscheinlich ist, besteht
– vorerst – Anspruch auf eine IV-Rente. Der Leistungsanspruch des Mannes wird nach
Durchführung der Therapie durch die IV-Stelle zu gegebener Zeit revisionsweise zu
überprüfen sein. Lausanne, le 5 août 2019
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 11 juillet 2019 (9C_724/2018)
Prestations de l'assurance-invalidité en cas de toxicomanie  : 
changement de jurisprudence
Le Tribunal fédéral change sa jurisprudence concernant le droit à des prestations de
l'assurance-invalidité en cas de toxicomanie. Comme pour toutes les autres maladies
psychiques, il convient désormais de clarifier au moyen d'une grille d'évaluation
normative et structurée si la dépendance à des substances addictives diagnostiquée
par des spécialistes influe sur la capacité de travail de la personne concernée.
Selon la jurisprudence constante jusqu'à présent du Tribunal fédéral, les toxicomanies
primaires en tant que telles ne justifiaient en principe pas la reconnaissance d'une
invalidité au sens de la loi. Une toxicomanie n'était pertinente dans l'assurance-invalidité
que lorsqu'elle engendrait une maladie ou occasionnait un accident ou lorsque la
dépendance résultait d'une maladie. Cette jurisprudence partait somme toute du
principe que la personne dépendante était elle-même responsable de son état et que
toute dépendance pouvait sans autre être traitée par un sevrage.
Le Tribunal fédéral parvient dans la présente décision à la conclusion que sa pratique
antérieure ne peut plus être maintenue, notamment à la suite d'un examen approfondi
des connaissances médicales. Du point de vue médical, une dépendance correspond
clairement à un phénomène ayant caractère de maladie. Il s'impose dès lors, comme
pour les autres troubles psychiques à l'examen spécifique desquels s'appliquent des
critères objectifs, de se poser la question de savoir si la personne concernée peut
malgré l'affection diagnostiquée médicalement exercer à plein temps ou à temps partiel
une activité (adaptée). C'est pourquoi la jurisprudence développée à ce propos doit être
modifiée en ce sens que, dans l'assurance-invalidité, toute pertinence ne puisse plus
être d'emblée niée à un syndrome de dépendance ou à un trouble d'utilisation de
substances addictives diagnostiqué irréfutablement par des spécialistes. Il s'agit,
comme pour toutes les autres maladies psychiques, de déterminer selon une grille
d'évaluation normative et structurée (à cet égard, ATF 141 V 281, communiqué de
presse du Tribunal fédéral du 17 juin 2015) si, et le cas échéant jusqu'à quel point, un
syndrome de dépendance diagnostiqué par des spécialistes influence dans le cas
examiné la capacité de travail.
Evidemment, l'obligation de diminuer le dommage s'applique aussi en cas de syndrome
de dépendance. Il peut par exemple être exigé de la personne concernée une
participation active à des traitements médicaux raisonnables. Si celle-ci ne se conforme
pas à son obligation de diminuer le dommage et permet ainsi le développement de son
état pathologique, un refus ou une réduction des prestations est possible.
Dans le cas concret, le Tribunal fédéral admet le recours d'un homme dépendant de
benzodiazépines et d'opioïdes qui avait vainement requis une rente de l'assuranceinvalidité. Le Tribunal fédéral est parvenu à la conclusion que l'expertise psychiatrique
réalisée sur la personne concernée, de laquelle résultait une incapacité de travail due à
une toxicomanie, remplissait les exigences d'une évaluation normative et structurée.
Comme une augmentation progressive de la capacité fonctionnelle par la poursuite du
suivi thérapeutique (entre autres avec la délivrance contrôlée d'opioïdes) est exigible
après un sevrage progressif des benzodiazépines, sans que cela ne soit cependant
possible dans un délai déterminé ainsi que cela a été établi au degré de la
vraisemblance prépondérante, le droit à une rente de l'assurance-invalidité est, au
préalable, ouvert. Le droit aux prestations de cet homme devra, par voie de révision,
être réexaminé par l'office AI en temps opportun après la mise en oeuvre de la thérapie.