<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. L'Etat de Neuchâtel est propriétaire du gisement d'asphalte à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Travers (mines de La Presta). L'exploitation de ce gisement a donné lieu à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'octroi de concessions successives. A la suite de l'abandon de l'extrac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'asphalte en 1987, la société N. a demandé et obtenu du Conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'Etat l'octroi d'une nouvelle concession destinée à permettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exploitation touristique des mines. Cette concession, du 13 avril 1988,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est accordée pour la durée de 25 ans et renouvelable. Elle ne prévoit le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paiement d'aucune redevance comme prix de la concession, mais dispose,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entre autres conditions, que N. organisera, deux fois par année, à ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais et par un ingénieur des mines agréé par l'autorité concédante, un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrôle des galeries en présence du géologue cantonal. L'acte prévoit en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">outre que la non-exécution par la concessionnaire de l'une des conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la concession entraînera de plein droit, à la requête de l'Etat et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">après un avertissement signifié par écrit, la résiliation immédiate de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concession.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'ingénieur des mines H., qui effectuait depuis de nombreuses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">années les inspections périodiques de la mine d'asphalte et d'autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">galeries (champignonnières de Noiraigue et de Saint-Sulpice) à la demande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'Etat, a été chargé - d'entente entre l'Etat et N. - de procéder</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également aux contrôles bisannuels exigés par la concession accordée à N..</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Celle-ci réglait les mémoires d'honoraires qui lui étaient adressés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">directement par l'ingénieur H.. Cependant, les notes d'honoraires pour les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inspections de 1996 (16'198 francs) et de printemps 1997 (7'605 francs)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont pas été payées par N.. L'ingénieur s'est alors adressé à l'Etat, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a payé lesdites factures, soit au total la somme de 23'803 francs au début</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de septembre 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par lettre du 31 juillet 1997, N. a fait savoir à l'Etat (par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intermédiaire du conseiller d'Etat, chef du Département de la gestion du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">territoire) qu'elle estimait injustifié de faire procéder aux inspections</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'inspecteur des mines H. dans la mesure où ce n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exploitation de gisements miniers qui mérite le contrôle mais la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statique des galeries elles-mêmes, de sorte qu'un ingénieur-géologue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait parfaitement apte à opérer ces contrôles. Aussi a-t-elle proposé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faire appel au Bureau d'ingénieurs B. SA à Neuchâtel, précisant que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">factures de l'ingénieur H. étaient contestées "dans la mesure où elles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">excédent considérablement le travail nécessaire pour effectuer les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrôles adéquats". En outre, N. a demandé à l'Etat de relever</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ingénieur H. de sa fonction s'il estimait que cet acte relevait de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétence, à défaut de quoi elle mettrait fin elle-même au contrat avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ingénieur. L'Etat a répondu, par lettre du 3 septembre 1997, qu'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contestant les compétences de l'ingénieur H. et en ne s'acquittant pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses honoraires, la société avait une attitude inacceptable qui constituait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une violation flagrante de l'une des conditions de l'acte de concession;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle la sommait de lui verser le montant de 23'803 francs dans les 10</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours et qu'elle l'avertissait qu'à défaut de paiement dans ce délai elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérerait qu'il y avait non-exécution d'une condition de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concession, ce qui entraînerait de plein droit la résiliation immédiate de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci. Dans leurs discussions ultérieures, les parties ne sont par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venues à aucune entente, si ce n'est au début du mois de février 1998 sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la suspension provisoire des visites touristiques pour des motifs de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sécurité, l'inspection prévue en principe pour l'automne 1997 n'ayant pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pu avoir lieu. Par lettre du 19 décembre 1997 en effet, N. a fait savoir à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat qu'elle renonçait aux services de l'ingénieur H. dès le 1er janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998; qu'elle ferait des propositions de désignation d'un ingénieur des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mines "en vue d'homologation pour procéder aux inspections</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réglementaires"; qu'elle contestait les factures en cause mais qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnaissait devoir la somme de 7'800 francs correspondant aux deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inspections de 1996 et à la première inspection de 1997, somme qu'elle a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">payée à l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par mémoire du 18 février 1998, l'Etat de Neuchâtel a ouvert</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">action devant le Tribunal administratif contre la société N., en prenant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les conclusions suivantes :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "1. Constater que N. a violé ses obligations de con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cessionnaire en refusant que les contrôles annuels soient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> effectués par l'ingénieur des mines agréé par l'Etat et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en refusant de prendre en charge les frais de contrôle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> qui lui incombent en vertu de l'article 8 de la conces-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sion du 13 avril 1988.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2. Constater que la non-exécution par la concessionnaire des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> conditions de l'article 8 de la concession entraîne de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> plein droit la résiliation immédiate de la concession du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 13 avril 1988, conformément à son article 11.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 3. Condamner N. à payer à l'Etat la somme de 16'003 francs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> plus intérêts à 5 % dès le 3 septembre 1997, date de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> première sommation."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'Etat fait valoir, en résumé, qu'il n'existe aucun rapport</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contractuel entre N. et l'ingénieur des mines H. et qu'en raison du mandat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui lie l'Etat à ce dernier, il a dû payer les notes d'honoraires que N. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laissées en suspens; que celle-ci doit dès lors être condamnée à lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rembourser lesdits frais, qui sont à sa charge en vertu de la concession;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le refus de N. de payer ces honoraires, la remise en cause du calcul</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des honoraires, pourtant justifiés, et de l'obligation de charger un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ingénieur des mines des inspections périodiques, ainsi que l'absence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'inspection en automne 1997, constituent une violation grave des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligations imposées par la concession, entraînant de plein droit la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résiliation immédiate de celle-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. N. conclut au rejet de toutes les conclusions de la demande sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite de frais et dépens. Elle soutient qu'un contrat d'inspection liait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la société à l'ingénieur H.; qu'elle a résilié ce contrat avec effet au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1er janvier 1998, en raison de la rupture de la relation de confiance avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le prénommé; qu'il n'y a pas eu de cession valable de créance de H. à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat, et que dans tous les cas elle peut faire valoir toutes exceptions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme elle aurait pu les opposer au cédant; que l'ingénieur n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">respecté un devis oral; que l'Etat a eu tort de verser le montant qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était contesté; qu'elle ne s'est jamais opposée aux inspections</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bisannuelles, mais qu'elle a proposé des noms d'inspecteurs, qui n'ont à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce jour pas été agréés par l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Outre le dépôt de preuves littérales, les deux parties proposent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'audition de témoins. Leurs motifs seront repris autant que besoin dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les considérants qui suivent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. L'exploitation des mines est soumise à concession (art.1 de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loi sur les mines et carrières, du 25.05.1935, en relation avec l'art.664</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CC; 4 ss de la loi sur l'utilisation du domaine public (LDP), du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">25.03.1996). Les litiges entre concessionnaire et concédant relatifs aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits et obligations découlant de la concession sont du ressort du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal administratif (art.7 LDP), la procédure applicable étant celle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'action de droit administratif au sens de l'article 58 litt.g LPJA (BGC</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994-1995, volume 160, tome I, p.1371). La présente demande est dès lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Le demandeur conclut à ce que N. soit condamnée à lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rembourser les factures de l'ingénieur des mines H. qu'il a payées,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invoquant l'obligation de N. de supporter ces frais en vertu de l'acte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concession, dont l'article 8 al.1 est libellé ainsi :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "N. organisera deux fois par année, à ses frais et par un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ingénieur des mines agréé par l'autorité concédante, un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> contrôle des galeries en présence du géologue cantonal".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le demandeur fait valoir qu'il a dû payer lesdites factures en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison du mandat qui le liait à l'ingénieur H., et produit copie de deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lettres qu'il avait adressées à celui-ci, pour établir l'existence de ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lien contractuel (lettres des 23.06.1978 et 07.10.1988). La défenderesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste ce mandat, excipe d'un contrat d'inspection entre elle et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ingénieur H., résultant de la correspondance qu'elle produit, et arguë</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'Etat n'avait pas à payer les factures en cause, dont elle a contesté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le montant auprès de l'ingénieur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) A l'époque de l'extraction d'asphalte dans les mines de La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Presta, l'Etat avait accordé une concession à la société A., dénoncée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la concessionnaire au 31 décembre 1987. Dans le cadre de cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exploitation, l'Etat avait, selon lettre du 23 juin 1978, confié à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ingénieur des mines H. un mandat de "surveillance des mines d'asphalte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Travers et des galeries de Noiraigue et de Saint-Sulpice utilisées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actuellement pour la culture des champignons". Ce mandat consistait, pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la mine d'asphalte, en résumé, dans la surveillance de l'exploitation et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de tous les travaux, du contrôle des mesures de sûreté, des quantités</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">extraites, etc., l'inspecteur devant effectuer deux visites annuelles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(printemps et automne) et établir des rapports périodiques. Le mandat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">spécifiait également la manière de calculer la rémunération de l'ingénieur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(honoraires et frais). Après octroi de la nouvelle concession, du 13 avril</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1988, à N., l'Etat a fait savoir à l'ingénieur H. (lettre du 07.10.1988)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce qui suit : "Ce changement modifie votre mandat. En effet, les contrôles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionnés sous chi. 1 de la lettre du 23 juin 1978 deviennent caducs. Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inspections futures se dérouleront selon l'article 8 de la nouvelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concession; à ce sujet, nous sommes satisfaits que vous ayiez pu accepter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la proposition de N.. Par contre, les contrôles des galeries de Noiraigue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Furcil) et de Saint-Sulpice ne subissent pas de changement; ils se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poursuivent selon les conditions du 23 juin 1978".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il en résulte clairement que l'Etat entendait mettre fin au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandat de l'ingénieur H. en ce qui concerne les mines de La Presta, ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est conforme à l'article 8 de la concession, selon lequel il incombe à N.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'organiser des contrôles annuels par un ingénieur des mines agréé. Que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette tâche ait continué d'être assurée par l'ingénieur H., d'entente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entre N. et l'Etat, n'y change rien, mais signifie que la société</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concessionnaire a confié un nouveau mandat à l'intéressé, ainsi que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirment les notes d'honoraires adressées périodiquement par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'inspecteur à N. et payées par celle-ci. On relèvera en particulier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'aux termes d'une note de l'ingénieur du 11 décembre 1995, certains</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">honoraires ont fait l'objet d'un "entretien budgétaire" avec la société.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cela étant, l'Etat n'avait pas l'obligation de payer les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">factures litigieuses. D'autre part, la concession ne lui confère expres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sément aucun droit au remboursement, par la concessionnaire, des sommes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il a payées. Enfin, le demandeur ne fait valoir aucun moyen ou titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur lesquels il pourrait fonder son action, telle une cession de créance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par exemple, et les conditions d'une subrogation légale (art.110 CO) ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont au demeurant manifestement pas remplies en l'espèce. La demande en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paiement doit ainsi être rejetée, sans qu'il y ait lieu de procéder à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'administration d'autres preuves proposées par les parties.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Selon l'article 11 de la concession, "la non-exécution par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concessionnaire de l'une des conditions de la concession entraînera de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plein droit, à la requête de l'Etat et après un avertissement signifié par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">écrit, la résiliation immédiate de la concession". Se référant à cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposition, le demandeur conclut à la constatation que la concessionnaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a violé ses obligations en refusant que les contrôles annuels soient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectués par l'ingénieur des mines agréé par l'Etat et en refusant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prendre en charge ses frais de contrôle, ainsi qu'à la constatation que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette violation entraîne de plein droit la résiliation immédiate de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concession.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La défenderesse fait valoir qu'elle respecte la concession et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle ne s'est jamais opposée aux inspections bisannuelles; qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était en droit de contester les honoraires facturés par l'ingénieur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">H., payés à tort par l'Etat; qu'elle a proposé d'autres inspecteurs, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ont cependant pas été, à ce jour, agréés par l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le principe veut que le concessionnaire qui viole ses obli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gations de façon grave ou répétée ne remplit pas les conditions d'octroi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la concession. Dès lors, le concédant peut y mettre fin, même sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'appuyer sur une disposition expresse de la loi ou de la concession. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agit de la déchéance, qui doit être précédée d'une sommation, du moins</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en règle générale (Grisel, Traité de droit administratif, p.293, et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">référence citée). Tout désaccord entre les parties à la concession ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saurait être considéré comme un motif d'extinction de celle-ci. Aussi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convient-il d'examiner dans le cas particulier la nature et l'importance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des prétendues violations imputées au concessionnaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le litige qui oppose en l'espèce l'Etat à la défenderesse a son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">origine dans le montant des frais d'inspection de l'année 1996 et du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">printemps 1997, jugés excessifs par la concessionnaire et contesté par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci auprès de l'ingénieur H., dont elle a résilié le mandat. Or,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme on l'a exposé plus haut, il s'agissait d'un mandat de droit privé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auquel l'Etat n'était pas partie. Par conséquent, la contestation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">honoraires du mandataire et le non-paiement de ceux-ci n'affectent pas en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soi les rapports de droit liant la concessionnaire et l'Etat. Ils ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constituent donc pas une violation des obligations découlant de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concession.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En second lieu, l'Etat semble reprocher à la défenderesse de ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus vouloir confier les inspections annuelles à l'ingénieur des mines</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">H.. Mais, ainsi que cela résulte également de ce qui précède, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concessionnaire ne peut pas être privée du droit de choisir un autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ingénieur des mines, susceptible d'être agréé par l'Etat, puisqu'elle agit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en qualité de mandante. Quant à l'obligation, prévue par la concession, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faire procéder à deux inspections annuelles, elle n'est pas contestée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la défenderesse, qui l'a toujours respectée sauf en automne 1997, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison du litige même qui fait l'objet de la présente procédure, ce qui a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conduit à la fermeture provisoire de la mine, d'entente entre les deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parties. Dans ces conditions, on ne saurait prétendre que la concession-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naire refuse de manière délibérée de procéder aux contrôles prescrits.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Enfin, en ce qui concerne la personne de l'inspecteur à désigner, s'il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrai que la défenderesse avait fait savoir à l'Etat, par lettre du 31</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1997, qu'un ingénieur des mines n'était pas nécessaire et qu'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ingénieur-géologue serait suffisamment qualifié pour exécuter ces tâches,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce que l'Etat n'a pas accepté et qui n'est effectivement pas conforme à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 8 de la concession, il résulte cependant du dossier que la dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fenderesse a admis par la suite devoir respecter cette exigence en pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">posant deux inspecteurs des mines qualifiés, susceptibles d'être agréés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'Etat. Enfin, il faut relever que ce dernier ne prétend pas que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autres motifs, d'intérêt public, justifieraient la cessation de l'ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ploitation. Il observe au contraire qu'il serait disposé (dans l'éven-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tualité où la concession existante serait résiliée) à octroyer à la défen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deresse une nouvelle concession.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En conséquence, les conclusions constatatoires de la demanderes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se doivent être rejetées également, et l'audition de témoins se révèle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inutile.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu de percevoir des frais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de justice (art.47 al.1 LPJA a contrario), et la défenderesse a droit à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des dépens (art.48 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette la demande.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est perçu de frais de justice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue à la défenderesse une indemnité de dépens de 600 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 26 novembre 1998</span></p> </div></body></html>