Décision du 10 juillet 2014 Cour des plaintes Composition Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, président, Patrick Robert-Nicoud et Nathalie Zufferey Franciolli, le greffier Aurélien Stettler Parties A., et B., tous deux représentés par Me Alexandre Faltin, avo- cat, plaignants contre ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBU- TIONS, intimée Objet Séquestres (art. 46 DPA) et perquisitions (art. 48 s. DPA) B u n d e s s t r a f g e r i c h t T r i b u n a l p é n a l f é d é r a l T r i b u n a l e p e n a l e f e d e r a l e T r i b u n a l p e n a l f e d e r a l Numéro s de dossier s: BV.2014.1 -2 / 7 -8 / 11 -12 - 2 - Faits: A. Le 21 novembre 2013, la Cheffe du Département fédéral des finances a autorisé l'Administration fédérale des contributions (ci-après: AFC) à mener une enquête fiscale spéciale au sens des art. 190 ss de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11) en relation avec les art. 19 ss de la loi fédérale sur le droit pénal administratif (DPA; RS 642.11) à l'encontre du dénommé A ., soupçonné de s'être rendu coupable de graves infractions fiscales (dossier BV.2014.1-2 [ci-après: cause 1-2], act. 2.1). B. Diverses mesures d'instruction ont été diligentées dans le cadre des inve s- tigations susmentionnées. Ainsi, et par mandats de perquisition du 25 novembre 2013 – exécutés le 27 novembre 2013 –, le directeur de l'AFC a ordonné plusieurs perquis i- tions domiciliaires aux fins de séquestrer les documents et objets pouvant servir de moyens de preuve dans l'enquête susmentionnée, respectivement aux fins de séquestrer les objets et valeurs pouvant vraisemblablement fa i- re l'objet d'une confiscation (cause 1-2, act. 2.2 à 2.8). Au cours des perquisitions menées dans les locaux de A. à X. et W., deux coffres-forts mobiles, ainsi que trois coffres -forts muraux n'ont pas pu être ouverts, leurs détenteurs n'ayant pas mis les clés à disposition de l'AFC. Des scellés ont été apposés sur lesdits coffres, interdiction ayant été faite à quiconque d'accéder à leur contenu sous la menace des peines prévu es par l'art. 290 CP (cause 1-2, act. 2.3, p. 4; act. 2.6, p. 3; act. 2.8). C. Le 15 janvier 2014, la perquisition des coffre s-forts susmenti onnés a été ordonnée (cause 1 -2, act. 2.4); elle a été – partiellement – exécutée le 17 janvier 2014 en ce sens que seuls les coffres -forts mobiles, ainsi que deux des trois coffres muraux ont pu être examinés. La perquisition du tro i- sième coffre mural a, d'entente avec le conseil de A., été reportée à une date ultérieure (cause 1-2, act. 2.5, p. 5). En date du 20 janvier 2014, A. et son épouse, B., ont saisi le directeur de l'AFC d'une "[p]lainte contre la perquisition et l'ouverture de quat re coffres- forts, opérées le 17 janvier 2014 à l'adresse Z.". Ils concluent en substance à l'annulation du mandat de perquisition du 15 janvier 2014 et à ce que " l'il- licéité de la perquisition du 17 janvier 201 4 et de l'ouverture de quatre co f- fres-forts le même jour soit constatée" (cause 1-2, act. 1, p. 2). - 3 - Le directeur de l'AFC s'est déterminé sur ladite plainte le 24 janvier 2014 – concluant à son rejet dans la mesure de sa recevabilité –, avant de tran s- mettre le tout à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (cause 1 -2, act. 2). D. Par mandat du 22 janvier 2014, l'AFC a ordonné la perquisition du coffre - fort mural restant (dossier BV.2014.7-8 [ci-après: cause 7-8], act. 6), mesu- re qui a été exécutée le 24 janvier 2014 (cause 7-8, act. 2.7). Le 27 janvier 2014, A. et son épouse ont saisi le directeur de l'AFC d'une "[p]lainte contre la perquisition et l'ouverture de quatre coffres -forts, op é- rées le 24 janvier 2014 à l'adresse Z.". Ils concluent en substance à l'annu- lation du mandat de perquisition du 22 janvier 2014 et à ce que "l'illicéité de la perquisition du 24 janvier 2014 et de l'ouverture de quatre coffres-forts le même jour soit constatée" (cause 7-8, act. 1, p. 2). Le directeur de l'AFC s'est déterminé sur ladite plainte le 31 janvier 2014 – concluant à son rejet dans la mesure de sa recevabilité –, avant de tran s- mettre le tout à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (cause 7 -8, act. 2). E. Par mandats du 14 février 2014, la perq uisition de quatre coffres -forts se trouvant auprès des établissements bancaires C., D., E. et F. a été ordon- née (cause 11 -12, act. 4.2 à 4 .5); elle a été exécutée les 18 et 20 février 2014 (cause 11-12, act. 4.6 à 4.13). En date du 21 février 2014, A. et son épouse ont saisi le directeur de l'AFC d'une "[p]lainte contre la perquisition et l'ouverture de quatre coffres -forts, opérées le 18 et le 20 février 2014", et conclu à ce que (cause BV.2014.11- 12 [ci-après: cause 11-12], act. 1, p. 2): "1. l'illicéité des perquisitions des 18 et 20 février 2014, ainsi que l'ouverture de deux enveloppes de clefs et de quatre coffres-forts soit constatée; 2. tous les mandats de perquisition datés du 14 février soient immédiatement annulés; 3. le séquestre frap pant tous les coffres -forts déjà ouverts et leur contenu soit levé; et, 4. une équitable indemnité de procédure soit octroyée à nos mandants." - 4 - Le directeur de l'AFC s'est déterminé sur ladite plainte en date du 27 février 2014 – concluant à son irrecevabi lité –, avant de transmettre le tout à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (cause 11-12, act. 2). F. Invités à répliquer dans le cadre de l'ensemble des procédures susme n- tionnées, A. et son épouse l'ont fait par écritures des 28 février 2014 (cause 1-2, act. 8), 10 mars 2014 (cause 7-8, act. 8) et 16 avril 2014 (cause 11-12, act. 10). L'AFC a dupliqué les 10 mars 2014 (cause 1 -2, act. 10) et 25 mars 2014 (cause 7-8, act. 10), renonçant à ce faire dans la cause 11 -12 (act. 12). A. et son épouse ont déposé des ob servations complémentaires le 2 mai 2014 (cause 1-2, act. 14; cause 7-8, act. 14), lesquelles ont conduit l'AFC a se déterminer à leur propos (cause 1 -2, act. 16; cause 7 -8, act. 16). Une copie de cette dernière écriture a é té adressée au conseil des plaignants pour information. Ces derniers se sont, à leur tour, déterminés spontan é- ment sur la dernière écriture de l'AFC (cause 1 -2, act. 18; cause 7 -8, act. 18). L'autorité intimée a adressé à la Cour une brève prise de positio n da- tée du 10 juin 2014 (cause 1 -2, act. 20; cause 7 -8, act. 20), ce dont les plaignants ont été informés par envoi d u 12 juin 2014 (cause 1 -2, act. 21; cause 7-8, act. 21). Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris si nécessaire dans les considérants en droit. La Cour considère en droit: 1. 1.1 Les mesures de contrainte au sens des art. 45 ss DPA et les actes et les omissions qui s'y rapportent peuvent faire l'objet d'une plainte devant la Cour de céans (art. 26 al. 1 DPA en lien avec l'art. 37 al. 2 let. b LOAP et l'art. 19 al. 1 du règlement sur l'organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; RS 173.713.161]). Si la décision contestée émane du directeur de l'administration, la plainte est directement adressée à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral. Dans les autres cas, elle est adressée à ce direc- teur qui la transmet à la Cour, ave c ses observations, s'il n'entend pas y donner suite (art. 26 DPA). Dans les deux cas, la plainte doit être transmise dans les trois jours (art. 26 al. 3 et 28 al. 3 DPA). - 5 - 1.2 Les mesures d'instruction diligentées par l'AFC à compter du 27 novembre 2013 dans l e cadre de sa procédure dirigée contre le plaignant ont, n o- tamment entre le 20 janvier et le 21 février 2014, donné lieu au dépôt de plusieurs plaintes devant l'autorité de céans, toutes formées au x noms du plaignant et de son épouse (v. supra let. C à E). Dans la mesure où lesd i- tes plaintes poursuivent toutes le même but, à savoir contester la licéité des mesures de perquisition ayant conduit à l'ouverture de neuf coffres - forts liés aux plaignants, rien ne s'oppose à statuer sur les conclusions de ces derniers dans une seule et même décision. Les causes BV.2014.1 -2, BV.2014.7-8 et BV.2014.11-12 peuvent ainsi être jointes. 1.3 A qualité pour déposer plainte quiconque est atteint par l’acte d’enquête qu’il attaque, l’omission qu’il dénonce ou la décision sur plainte et a un inté- rêt digne de protection à ce qu’il y ait une annulation ou mo dification (art. 28 al. 1 DPA). 1.3.1 S'agissant de la seconde condition, soit celle de l'intérêt – actuel – à se plaindre d'une mesure de perquisition ayant eu lieu, le Tribunal fédé ral a récemment eu l'occasion de rappeler que la personne visée par une telle mesure ne dispose en règle générale pas d'un tel intérêt, et ce dès lors qu'elle peut faire valoir ses objections y relatives dans le cadre de la proc é- dure de levée des scellés ( arrêt du Tri bunal fédéral 1B_360/2013 du 24 mars 2014, consid. 2.2 et 2.3). Est toutefois réservée l'hypothèse dans laquelle la perquisition n'aurait abouti à aucune saisie puisqu'alors l'intére s- sé ne peut plus défendre ses droits dans une telle procédure (arrêt précité, ibidem). En l'occurrence, il ressort des dossiers soumis à l'autorité de céans qu'a u- cun objet ou document n'a été saisi ensuite de la perquisition des divers coffres-forts concernés. C'est dire que la mesure de perquisition ne peut pas être contestée dans le cadre d'une procédure de levée des scellés, et que dès lors l'existence d'un intérêt actuel doit être reconnue aux pla i- gnants pour la contester par la voie de la plainte (arrêt précité, ibidem). 1.3.2 Concernant la première condition, soit le fait d'être atteint par la mesure en- treprise, force est d'admettre qu'elle est réalisée tant pour le plaignant que pour son épouse s'agissant de la perquisition intervenue dans les locaux dont ils sont les propriétaires à X. et à W . La plaignante ne dispose en re- vanche pas de la qualité pour se plaindre de la perquisition ayant visé les coffres-forts auprès des quatre établissements bancaires, et ce dès lors que seul son époux en est le locataire. La démarche de la plaignante se révèle partant irrecevable à cet égard. - 6 - 1.3.3 Quant, enfin, au " séquestre frappant tous les coffres -forts déjà ouverts " ainsi que " leur contenu" dont les plaignants requièrent la levée (v. supra let. E), il n'est pas contesté que ces mesures ont été levées en date du 21 février 2014. Pareil constat prive d'objet la démarche des plaignants sur ce point. 1.4 Pour le surplus, la saisine de la Cour des plaintes intervient dans le respect des modalités et des délais prévus par l'art. 26 DPA. Les plaintes sont ainsi recevables dans la mesure précisée aux considérants précédents. 2. Les plaignants reprochent à l'AFC d'avoir ouvert – et de poursuivre – son enquête à l'encontre du plaignant alors même qu'aucun soupçon fondé d'infraction n'existerait à son encontre. 2.1 2.1.1 L'AFC diligente une enquête fiscale spéciale au sens des art. 19 1 ss LIFD en relation avec les art. 19 ss DPA pour soupçons fondés de graves infrac- tions fiscales (v. supra let. A). Les mesures d'enquête ordonnées par l'AFC ont déjà amené l'autorité de céans à se pencher sur l e caractère fondé des soupçons allégués par l'autorité d'enquête à l'encontre du plaignant. Dans sa décision du 10 juin 2014 (cause s BV.2013.25-26 / 39 -40 / 43 / 44 -45) statuant précisément sur des plaintes déposées par le plaignant et son épouse dans le présent contexte, la Cour des plaintes a retenu ce qui suit: "2.2 2.2.1 (…). Le plaignant, actif entre autres dans l'immobilier, a fondé plusieurs sociétés pour mener à bien ses affaires. Il a notamment créé la société d'investissement G. SA à cette fin, dont la valorisation boursière s'élevait à CHF 73,3 mios au 31 décembre 2011. Il en est le président directeur général ainsi que l'un de ses actionnaires. Selon les informations dont dispose l'AFC à ce stade, G. SA verse fréque m- ment, en su s d'un dividende ordinaire, un dividende exceptionnel à ses actio n- naires. Les rapports annuels de la société versés au dossier exposent que, e n- tre 2004 et 2008, des dividendes "exceptionnels" à hauteur de CHF 0.82, 0.73, 0.72, 0.26 et 0.28 par action ont é té versés. Selon les déclarations fournies par le plaignant, ce dernier disposait de 4'795'539 actions en 2004, 1'488'383 en 2005, 3'007'185 en 2006 et 5'558'941 en 2008, étant précisé que la taxation d'office intervenue en 2007 fait état du même nombre d' actions que l'année précédente. Or il apparaîtrait que le plaignant n'aurait jamais annoncé à l'autor i- té fiscale la perception d'un quelconque dividende exceptionnel pour les années - 7 - en question. C'est ainsi des montants de CHF 3'928'352. --, respectivement CHF 1'087'505.--, 2'178'300.--, 796'423.--, 1'562'699.-- et 9'553'278.-- qui n'au- raient pas été déclarés aux autorités fiscales par le plaignant. Par ailleurs, ce dernier n'aurait jamais déclaré un montant avoisinant les CHF 30'000.-- dont l'assemblée des actionnaires de G. SA l 'a gratifié entre 2007 et 2011. De même, le plaignant n'aurait jamais déclaré la perception d'options d'achat d'actions en tant que revenu, à hauteur de CHF 6'344'615. --, et ce alors même que les rapports financiers de la société G. SA – en particulier ceux de 2007, 2008 et 2009 et 2011 – indiquent notamment que 5'040'000 options à EUR 1,24 ont été exercées sur le total de 9'936'436 qui lui ont été attribuées en 2009. En sus de ce qui précède, l'AFC soupçonne le plaignant de détenir d es partici- pations dans certaines sociétés françaises dont il n'aurait pas déclaré l'existe n- ce aux autorités fiscales helvétiques. Sur la base des éléments qui précèdent, l'AFC estime – au stade actuel de ses investigations – que les montants des revenus im posables non déclarés par le plaignant au cours des exercices 2003 à 2011 s'élèveraient à un total de CHF 54'231'872.--, ce qui correspondrait à un montant d'impôts directs (fédéral, ca n- tonal et communal) vraisemblablement soustraits estimé à CHF 20'065'79 3.-- (= 37% du montant non déclaré) hors intérêts de retard. 2.2.2 Les plaignants contestent l'ensemble des éléments sur lesquels se fonde l'AFC pour diligenter son enquête. Leurs – longues – écritures exposent en quoi, selon eux, les actes que l'AFC leur reproche ne seraient pas constitutifs d'infractions fiscales graves. Ils semblent ce faisant perdre de vue que l'autorité de céans ne revêt aucunement la fonction de juge du fond et qu'il ne lui revient par conséquent pas de se prononcer de manière définit ive tant sur les faits que sur le droit (v. supra consid. 2.1). C'est dès lors en vain que les plaignants te n- tent de plaider le fond d'une procédure qui n'en est qu'à ses prémisses. Pareil constat prive de fondement la majeure partie des considérations liv rées lors de l'échange d'écritures. Comme indiqué plus haut, la tâche de la Cour des plaintes consiste à déterm i- ner si l'autorité d'enquête est à même d'avancer des soupçons suffisants de l'existence de graves infractions fiscales à l'appui des mesures pri ses dans la procédure dirigée contre le plaignant. Or, à un stade initial d'une procédure, fo r- ce est de rappeler que les exigences y relatives sont moindres qu'elles ne le s e- ront par la suite. Il suffit que l'existence d'une infraction soit alléguée – et ren- due vraisemblable – par l'autorité en charge de l'enquête sans que les faits dont il est question n'aient à être prouvés (v. supra consid. 2.1). Or, n'en déplaise aux plaignants, telle est bien la voie qu'a suivie l'AFC dans le cas présent, l a- quelle fournit des explications détaillées à l'appui des soupçons allégués, en se - 8 - fondant notamment sur des rapports officiels de la société G. SA dont les a c- tionnaires ont, à l'une ou l'autre reprise, octroyé au plaignant des droits qui, s e- lon l'appréciation actuell e des autorités fiscales suisses, auraient dû avoir des conséquences fiscales s'ils avaient été dûment déclarés. Les soupçons ne r e- posent donc pas sur une prévention purement subjective. L'AFC décrit par ai l- leurs en détail les faits reprochés. A ce stade d e la procédure, ces soupçons paraissent précis et objectivement fondés. Il existe donc des indices suffisants d'infractions fiscales. Cela étant, il apparaît que les économies d'impôts réalisées auraient pu servir à alimenter les comptes bloqués, respectiv ement à financer les immeubles s é- questrés. Ce fait n'est certes pas établi à ce stade, mais c'est là précisément l'un des points que les investigations de l'autorité intimée ont pour but d'éclai r- cir. Il n'est ainsi pas exclu que des confiscations pénales, respectivement des créances compensatrices à hauteur des économies d'impôts réalisées doivent en fin de compte être prononcées (v. ATF 137 IV 145 c. 6.3). Sous l'angle de la proportionnalité des mesures, les économies en question étant, en l'état, est i- mées à plus de CHF 20 mios, sans les intérêts – pouvant avoisiner plusieurs millions au vu des sommes en jeu et du temps écoulé (cause 39 -40; act. 2, p. 17) –, force est de constater que la valeur totale des séquestres pour un montant d'environ CHF 25 mios app araît adéquate. La démarche de l'autorité intimée ne prête donc pas non plus le flanc à la critique sur ce point. 2.3 Les mesures de séquestres prononcées par l'AFC dans le cadre de la pr é- sente procédure l'ont ainsi été dans le respect des principes de la légalité et de la proportionnalité. Les griefs dirigés par le plaignant à leur encontre sont man i- festement mal fondés et ne peuvent être que rejetés." 2.2 Les éléments livrés par les plaignants ne permettent aucunement – loin s'en faut – de remettre en cause les considérations qui précèdent. Ces dernières peuvent sans autre être reprises en la présente espèce, et suff i- sent à sceller le sort du grief. 3. Dans un grief suivant, le plaignant se prévaut de son "statut diplomatique" pour contester la légalité de l'intervention de l'AFC à son encontre. Etant au bénéfice d'un " passeport diplomatique délivré par le Ministère des affaires étrangères du pays Y. ", et " occup[ant] la fonction d'attaché culturel à titre spécial auprès de la Représentation permanente du pays Y. à Genève et à la Représentation permanente d u pays Y. auprès de l'Unesco à Paris ", ce serait en violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomat i- ques du 18 avril 1961 (CVRD; RS 0.191.01) et de la loi fédérale sur l'Etat hôte du 22 juin 200 7 (LEH; RS 192.12) que l'AFC diligenterait ses invest i- gations à son encontre (cause 1-2, act. 1, p. 6). - 9 - 3.1 Il ressort du dossier de la cause que le plaignant est titulaire – à tout le moins l'était-il au moment du dépôt de ses plaintes – d'une "carte de légiti- mation du DFAE de type 'S' " (cause 11-12, act. 4.26 et 4.27) et ce au titre de "[p]ersonnel administratif [de la] Mission permanente d u pays Y. auprès de l'ONU à Genève " (ibidem). Ne peuvent être titulaires d'une telle autor i- sation que les membres du personnel de nationalité suisse, respectivement les fonctionnaires de nationalité suisse (ibidem). 3.2 Selon l'art. 38 al. 2 CVRD – convention applicable en l'espèce (v. arrêt du Tribunal fédéral 1B_332/2013 du 20 décembre 2013, consid. 3) –, les "au- tres membres du personnel de la mission " qui sont ressortissants de l’Etat accréditaire ou qui y ont leur résidence permanente ne bénéficient des pr i- vilèges et immunités que dans la mesure où cet Etat les leur reconnaît . En l'occurrence, et au vu du libellé de sa carte de légitimation, il ne saurait être contesté que le plaignant entre dans la catégorie des " membres du pe r- sonnel de la mission" au sens de l'art. 1 let. c et f CVRD. Partant, et au vu de la prise de position expresse du DFAE eu égard à l'étendue des privil è- ges et immunités conférées au plaignant, force est de constater que ce dernier ne bénéfice que d'une immunité " fonctionnelle", laquelle ne saurait en rien le protéger contre les poursuites diligentées par l'AFC dans un c a- dre strictement privé (cause 11-12, act. 4.26 et 4.27). Le grief tiré de la prétendue immunité diplomatique du plaignant se révèle partant manifestement mal fondé et doit être écarté. 4. Dans un autre grief, les plaignants reprochent à l'autorité intimée d'avoir procédé à l'ouverture des c offres-forts alors même que des scellés y étaient apposés. Selon eux, il incombait à la Cour de céans de donner l'a u- torisation de lever les scellés avant que l'AFC ne puisse ouvrir lesdits co f- fres. Les plaignants assimilent à tort les "scellés" que l'auto rité peut apposer sur un objet, l'entrée d'une pièce, respectivement d'un appartement, afin de ga- rantir la mise en sûreté de son contenu – et dont le bris est punissable p é- nalement au sens de l'art. 290 CP –, aux "scellés" apposés sur les docu- ments dont le détenteur s'oppose à la perquisition. La procédure dite de "levée des scellés" n'entre en ligne de compte que dans la seconde hyp o- thèse (v. décision du Tribunal pénal fédéral BB.2012.75 du 19 décembre 2012, consid. 1.3.3). Manifestement mal fondé, le grief ne peut qu'être rejeté. - 10 - 5. S'agissant, enfin, du soi -disant caractère disproportionné de la mesure de perquisition ayant visé les coffres -forts, et en particulier leur ouverture par un serrurier, c'est en vain que les plaignants tentent de se rattacher à pareil argument. Ils n'ignorent en effet pas que l'autorité intimée leur a laissé tout loisir de lui fournir les clefs des coffres, ce qu'ils n'ont pas fait. Au vu de la nature et de la gravité des infractions reprochées au plaignant, auxquelles s'ajoute un manque de collaboration manifeste de sa part, l'AFC était en droit de soupçonner ce dernier de dissimuler des moyens de preuves, re s- pectivement des valeurs visés par l'enquête, dans les coffres en question. La seule possibilité de lever le doute à cet égard était de procéder selon le mode suivi par l'autorité intimée, dont la démarche ne prête aucunement le flanc à la critique. 6. Sur le vu de qui précède, les plaintes doivent être rejetées dans la mesure où elles sont recevables et non privées d'objet. 7. Les plaignants qui succombent supporteront – solidairement – un émolu- ment lequel est fixé à CHF 5'000 -- (art. 73 LOAP applicable par renvoi de l'art. 25 al. 4 DPA; art. 5 et 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la proc é- dure pénale fédérale; RS 173 .713.162), réputé couvert par les avances de frais acquittées à hauteur de CHF 6'000. --. La caisse du Tribunal pénal f é- déral restituera aux plaignants le solde des avances de frais par CHF 1'000.--. - 11 - Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 1. Les causes BV.2014.1-2, BV.2014.7-8 et BV.2014.11-12 sont jointes. 2. Les plaintes sont rejetées dans la mesure où elles sont recevables et non privées d'objet. 3. Un émolument de CHF 5'000. -- réputé couvert par les avances de frais e f- fectuées à hauteur de CHF 6'000. -- est mis à la charge solidaire des pla i- gnants. La caisse du Tribunal pénal fédéral restituera à ces derniers le solde par CHF 1'000.--. Bellinzone, le 11 juillet 2014 Au nom de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral Le président: Le greffier: Distribution - Me Alexandre Faltin - Administration fédérale des contributions Indication des voies de recours Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Cour des plaintes relatifs aux mesures de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss LTF. Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si le juge instructeur l’ordonne (art. 103 LTF).