<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">[AZA 0/2] </div> <div class="para">5C.245/2000 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">IIe COUR CIVILE </div> <div class="para">************************* </div> <div class="para"> </div> <div class="para">29 janvier 2001 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition de la Cour: MM. les Juges Reeb, Président, </div> <div class="para">Bianchi et Merkli. Greffière: Mme Jordan. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">_____________________ </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Statuant sur le recours en réforme </div> <div class="para">interjeté par </div> <div class="para">X.________, représenté par Me Bruno Kaufmann, avocat à Fribourg, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para">l'arrêt rendu le 28 septembre 2000 par la Ie Cour d'appel du Tribunal cantonal du canton de Fribourg; </div> <div class="para"> </div> <div class="para">(interdiction) </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Vu les pièces du dossier d'où ressortent </div> <div class="para">les faits suivants: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A.- Le 6 juin 2000, le Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine a prononcé l'interdiction de X.________, né le 29 avril 1967, lequel, depuis une décision du 7 mars 1994 confirmée le 10 mai suivant, était déjà sous le coup d'une interdiction provisoire; dans ses considérants, il a renvoyé la désignation du tuteur à la compétence de l'autorité tutélaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Statuant le 28 septembre 2000, la Ie Cour d'appel du Tribunal cantonal du canton de Fribourg a rejeté l'appel interjeté par X.________ contre ce jugement. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.- X.________ exerce un recours en réforme au Tribunal fédéral. Il conclut à l'annulation de l'arrêt cantonal et au renvoi de la cause pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il sollicite en outre le bénéfice de l'assistance judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par lettre du 9 novembre 2000, son mandataire a déclaré renoncer au dépôt du recours de droit public annoncé dans le mémoire de réforme. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Une réponse n'a pas été requise. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Considérant en droit : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1.- Déposé en temps utile contre une mesure d'interdiction prononcée par le tribunal suprême du canton, le recours est recevable du chef des <span class="artref">art. 44 let</span>. e, 48 al. 1 et 54 al. 1 OJ. </div> <div class="para">2.- Bien qu'il soit en réforme, le recours ne tend qu'à l'annulation de l'arrêt entrepris et au renvoi de la cause pour nouvelle décision dans le sens des considérants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Un recours en réforme tendant uniquement à l'annulation de la décision attaquée ne répond pas à la prescription de l'<span class="artref">art. 55 al. 1 let. b OJ</span>, qui exige des conclusions de fond. Selon la jurisprudence, un tel recours est tout de même recevable lorsque le Tribunal fédéral ne serait pas à même de statuer au fond en cas d'admission du recours, mais devrait renvoyer la cause à l'autorité cantonale pour complément d'instruction (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=16.01.2001&amp;to_date=04.02.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F110-II-74%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page74">ATF 110 II 74</a> consid. I/1 p. 78; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=16.01.2001&amp;to_date=04.02.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F106-II-201%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page201">106 II 201</a> consid. 1 p. 203; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=16.01.2001&amp;to_date=04.02.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F103-II-267%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page267">103 II 267</a> consid. 1b p. 270). En l'espèce, si la cour de céans devait conclure que le Tribunal cantonal fribourgeois a violé l'<span class="artref">art. 374 CC</span>, elle ne serait pas en mesure de statuer au fond, mais ne pourrait que renvoyer la cause afin que l'intéressé soit entendu ou qu'une expertise soit ordonnée. Sous cet angle, le recours est dès lors recevable. Il ne l'est en revanche pas en tant qu'il porte sur la violation des <span class="artref"><artref id="CH/210/370" type="start"></artref><artref id="CH/210/369" type="start"></artref>art. 369, 370 et 393 ch. 2 CC</span><artref id="CH/210/370" type="end"></artref><artref id="CH/210/393/2" type="end"></artref>. </div> <div class="para">S'agissant de ces questions - qui n'ont de pertinence que dans l'hypothèse où le grief fondé sur l'<span class="artref">art. 374 CC</span> serait rejeté -, rien ne permet de dire que le Tribunal fédéral ne pourrait pas statuer au fond sur la base des faits constatés (cf. dans le même sens: arrêt 5C.221/2000 du 14 novembre 2000, consid. 1). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3.- Le recourant reproche à la Cour d'appel d'avoir violé l'<span class="artref"><artref id="CH/210/374/2" type="start"></artref><artref id="CH/210/374/1" type="start"></artref>art. 374 al. 1 et 2 CC</span><artref id="CH/210/374/2" type="end"></artref><artref id="CH/210/2" type="end"></artref>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">a) Dans la mesure où l'argumentation du recourant se fonde sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt entrepris, sans que soit invoquée une violation des dispositions fédérales en matière de preuve ou une inadvertance manifeste (<span class="artref">art. 55 al. 1 let</span>. c et 63 al. 2 OJ), elle est irrecevable. </div> <div class="para">Tel est notamment le cas lorsque le recourant affirme avoir trouvé une stabilité financière et personnelle et ne plus être sous l'influence de son père. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">b) Quoiqu'il allègue une violation de son droit d'être entendu garanti par l'<span class="artref">art. 374 al. 1 CC</span>, le recourant se plaint en réalité du seul refus des juges d'ordonner une nouvelle expertise. Son grief se confond dès lors avec celui qu'il fonde sur l'<span class="artref">art. 374 al. 2 CC</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Selon cette dernière disposition, l'interdiction pour cause de maladie mentale ou de faiblesse d'esprit ne peut être prononcée que sur un rapport d'expertise. Il s'agit là d'une règle fédérale en matière de preuve, dont la violation ouvre la voie du recours en réforme (Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. II, n. 4.5.8 ad <span class="artref">art. 43 OJ</span> et les références indiquées). Le droit fédéral est notamment violé si l'interdiction est prononcée en l'absence d'une expertise ou si celle-ci est trop ancienne (RDT 14/1959, p. 23 consid. 2; Schnyder/Murer, Berner Kommentar, nos 97 et 136 ad <span class="artref">art. 374 CC</span>). Il n'impose en revanche pas une seconde expertise; il appartient au juge du fait de décider souverainement s'il y a lieu de recourir à l'avis d'autres médecins (<span class="bgeref_err">ATF 39 II 1</span> consid. 3 p. 4). En cas de doute sur le caractère concluant et la valeur probante d'une expertise, seule est ouverte la voie du recours de droit public (Schnyder/Murer, op. cit. , n. 137 ad. <span class="artref">art. 374 CC</span>; cf. </div> <div class="para">ATF 105 IV 161; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=7&amp;from_date=16.01.2001&amp;to_date=04.02.2001&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F106-IV-236%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page236">106 IV 236</a> consid. 2a p. 238; 97 consid. 2 p. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">99). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En l'espèce, le recourant soutient que l'autorité cantonale ne pouvait se contenter des expertises de 1994 et 1999, dans la mesure où celles-ci sont contradictoires et lacunaires, et ont été établies par des médecins dont l'objectivité est douteuse. Il lui reproche en outre de s'être écartée des conclusions de l'expert mandaté en 1999, selon lesquelles il ne souffre d'aucune maladie mentale. Ce faisant, sous le couvert de la violation du droit fédéral, il s'en prend en réalité à l'appréciation des preuves par les juges cantonaux, grief irrecevable dans un recours en réforme (cf. </div> <div class="para">aussi: Schnyder/Murer, op. cit. , n. 91 ad art. 369, n. 223 ad art. 373, n. 137 ad <span class="artref">art. 374 CC</span> et les références). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">4.- Le recours étant d'emblée dénué de toute chance de succès, la demande d'assistance judiciaire du recourant doit être rejetée (<span class="artref">art. 152 al. 1 OJ</span>). Cela étant, celui-ci supportera les frais de la procédure (<span class="artref">art. 156 al. 1 OJ</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, </div> <div class="para">le Tribunal fédéral : </div> <div class="para">vu l'<span class="artref">art. 36a OJ</span>: </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. Déclare le recours irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">2. Rejette la demande d'assistance judiciaire du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3. Met un émolument judiciaire de 1'000 fr. à la charge du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">4. Communique le présent arrêt en copie au mandataire du recourant et à la Ie Cour d'appel du Tribunal cantonal du canton de Fribourg. </div> <div class="para">______________________ </div> <div class="para">Lausanne, le 29 janvier 2001 JOR/frs </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour civile </div> <div class="para">du TRIBUNAL FÉDÉRAL SUISSE, </div> <div class="para">Le Président, La Greffière, </div> </div></body></html>