Lausanne, 12. Oktober 2016
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 12. Oktober 2016 (1C_511/2015)
System für Urner Landratswahl ist verfassungswidrig
Das  System  zur  Wahl  des  Landrats  im  Kanton  Uri  ist  mit  der  in  der
Bundesverfassung verankerten Wahl- und Abstimmungsfreiheit nicht vereinbar. Das
Bundesgericht heisst die Beschwerde von acht Privatpersonen gegen den Beschluss
des Urner Regierungsrats zur Wahl des Landrats gut. Im Sinne des subsidiären
Vorschlags  des  Urner  Regierungsrates  könnte  das  bestehende  gemischte
Proporz-/Majorzsystem mit den Gemeinden als Wahlkreisen  beibehalten werden,
wenn in den Gemeinden mit mehr als zwei zu vergebenden Landratssitzen ein echtes
Proporzwahlverfahren zur Anwendung kommen würde. 
Der  Regierungsrat  des  Kantons  Uri  hatte  2015  Weisungen  über  die  Gesamterneuerungswahl der 64 Mitglieder des Landrats für die Legislaturperiode 2016-2020
beschlossen. Er hielt dabei unter anderem fest, dass gemäss der Urner Kantonsverfassung in den kleinen Gemeinden, wo ein oder zwei Sitze vergeben werden, nach
dem Mehrheitswahlsystem (Majorz) gewählt wird, in den grösseren Gemeinden, wo drei
oder mehr Landräte zu wählen sind, nach dem Verhältniswahlsystem (Proporz). Acht
Privatpersonen erhoben gegen den Regierungsratsbeschluss Beschwerde ans Bundesgericht.
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde in seiner Beratung vom Mittwoch gut und
stellt fest, dass das Verfahren zur Wahl des Landrats vor der in der Bundesverfassung
(BV) garantierten Wahl- und Abstimmungsfreiheit (Artikel 34 Absatz 2 BV) nicht
standhält. Nicht beantragt wurde von den Beschwerdeführern eine Aufhebung der im
vergangenen  Februar  abgehaltenen  Wahl  des  Landrats.  In  sechs  der  acht  im
Proporzverfahren wählenden Urner Gemeinden benötigen die teilnehmenden Listen für
den Erhalt eines Landratssitzes einen Stimmenanteil (Quorum) von mehr als 10
Prozent. Gemäss der Rechtsprechung des Bundesgerichts sind solche natürliche
Quoren von über 10 Prozent in der Regel nicht zulässig, weil dabei zu viele der
abgegebenen Stimmen ohne Wirkung bleiben. Gründe, welche diese erheblichen
Einbrüche in das Proporzwahlverfahren im Kanton Uri rechtfertigen könnten, werden
vom Urner Regierungsrat nicht geltend gemacht und sind auch nicht ersichtlich. Will der
Kanton Uri an den Gemeinden als Wahlkreisen festhalten, so muss er jedenfalls
bezüglich der Gemeinden mit dem Proporzwahlverfahren geeignete ausgleichende
Massnahmen ergreifen, wobei namentlich an die Schaffung von Wahlkreisverbänden
oder  die  Anwendung  der  Methode  "Doppelter  Pukelsheim"  zu  denken  ist.  Ein
gemischtes System mit Proporz-/Majorz-Wahlen zur Wahl des Kantonsparlaments kann
mit der BV vereinbar sein, wenn es gesamthaft betrachtet ausgewogen und sachlich
nachvollziehbar ausgestaltet ist. Im Sinne des subsidiären Vorschlags des Urner
Regierungsrates könnte das gemischte Wahlsystems im Kanton Uri mit Anwendung des
Majorzprinzips in Gemeinden mit einem Sitz oder zwei Sitzen beibehalten werden,
sofern in den Gemeinden mit mindestens drei Landratssitzen ein echtes Proporzwahlverfahren zur Anwendung käme. Die Mängel des in den kleineren Gemeinden
angewendeten Majorzsystems würden durch ein echtes Proporzverfahren in den
grösseren Gemeinden gemildert, wo immerhin rund 3/4 aller Landräte gewählt werden.
Für die Zulässigkeit eines gemischten Wahlsystems im Kanton Uri bestehen weitere
sachliche Gründe. So ist zu berücksichtigen, dass die Gemeinden im Kanton Uri
traditionellerweise die Wahlkreise bilden und mit grosser Autonomie ausgestattet sind.
Weiter garantiert das Majorzsystem den kleinsten Gemeinden eine autonom gewählte
Vertretung im Landrat. Mit dem Regierungsrat ist weiter davon auszugehen, dass in den
kleinen Majorz-Gemeinden des Kantons Uri für die Wähler mehr die Persönlichkeit des
Kandidaten im Vordergrund steht als die Parteizugehörigkeit. Lausanne, le 12 octobre 2016
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 12 octobre 2016 (1C_511/2015)
Le système d'élection du parlement du canton d'Uri est contraire à 
la Constitution fédérale
Le système d'élection du parlement du canton d'Uri n'est pas compatible avec la
garantie de la liberté de vote et d'élection ancrée dans la Constitution fédérale. Le
Tribunal fédéral admet le recours déposé par huit citoyens contre la décision du
Conseil d'Etat uranais relative à l'élection du parlement. Dans le sens de la
proposition subsidiaire du gouvernement cantonal, le système mixte (proportionnel
et majoritaire) existant – avec les communes comme arrondissements électoraux  
pourrait être maintenu si, dans les communes disposant de plus de deux sièges au
parlement, un vrai système d'élection à la proportionnelle était appliqué. 
En 2015, le Conseil d'Etat du canton d'Uri avait donné des instructions sur le
renouvellement intégral des 64 membres du parlement pour la période de législature
2016-2020. Il avait exposé, entre autres, que selon la constitution cantonale uranaise
l'élection se ferait selon le système majoritaire dans les petites communes disposant
d'un ou de deux sièges et selon le système proportionnel, dans les plus grandes
communes, où trois députés au moins sont élus. Huit citoyens ont interjeté un recours
au Tribunal fédéral contre la décision du Conseil d'Etat.
Le Tribunal fédéral admet le recours lors de sa séance de mercredi. Il constate que la
procédure pour l'élection du parlement ne respectait pas la liberté de vote et d'élection
garantie par la Constitution fédérale (article 34 alinea 2 Cst.). Les recourants n'ont pas
demandé une suspension de l'élection du parlement qui a eu lieu en février passé. Dans
six  des  huit  communes  uranaises  utilisant  le  système  proportionnel,  les  listes
participantes ont besoin d'un quorum de plus de 10 % pour l'obtention d'un siège au
parlement. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, de tels quorums naturels de plus
de 10 % ne sont en principe pas admissibles, car trop de suffrages restent sans effet.
Des motifs, qui pourraient justifier une entorse au système proportionnel dans le canton
d'Uri, n'ont pas été exposés par le Conseil d'Etat uranais et n'apparaissent pas de
manière  évidente.  Si  le  canton  d'Uri  veut  maintenir  les  communes  comme
circonscriptions électorales, il doit prendre des mesures compensatrices adéquates par
rapport aux communes qui ont un système d'élection à la proportionnelle, par exemple
en regroupant plusieurs circonscriptions en des entités plus grandes ou en introduisant
la méthode " double Pukelsheim ". Un système mixte combinant des élections à la
proportionnelle et à la majoritaire pour l'élection du parlement cantonal peut ainsi être
compatible avec la Constitution, lorsqu'il est organisé de manière équilibrée dans son
ensemble et matériellement compréhensible. Dans le sens de la proposition subsidiaire
du gouvernement cantonal, le maintien du système mixte dans le canton d'Uri avec
l'application du principe majoritaire dans les communes avec un ou deux siège(s) peut
se justifier tant que les communes disposant d'au moins trois sièges au parlement
mettent en place un vrai système proportionnel. Les carences du système majoritaire
appliqué dans les plus petites communes pourraient être atténuées par un vrai système
à la proportionnelle dans les plus grandes communes, où les 3/4 des députés sont élus.
Il existe d'autres motifs en faveur de l'admissibilité d'un système d'élection mixte dans le
canton d'Uri. Il faut ainsi prendre en considération que les communes uranaises forment
traditionnellement les circonscriptions électorales et disposent d'une grande autonomie.
De plus, le système majoritaire garantit aux plus petites communes une représentation
au parlement, choisie de manière autonome. A l'instar du Conseil d'Etat, il faut partir du
principe que dans les petites communes disposant du système majoritaire, les électeurs
accordent plus d'importance à la personnalité des candidats qu'à leur appartenance à
un parti.