<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp321776"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>136 III 56<br/><br/><br/><div class="paraatf">6. Extrait de l'arrêt de la Ire Cour de droit civil dans la cause A. contre B. SA (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">4A_440/2009 du 17 décembre 2009</div> <a name="idp323344"></a> <a name="idp329040"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref"><artref id="CH/0.221.211.1/74" type="start"></artref>Art. 74 und 77 CISG</span><artref id="CH/0.221.211.1/77" type="end"></artref>; internationaler Warenkauf; entgangener Gewinn infolge Nichterfüllung des Verkäufers; Schadenersatz. <div class="paratf">Grundsätze hinsichtlich der Bestimmung des entgangenen Gewinns, den ein Käufer dadurch erleidet, dass der Verkäufer sich weigert, ihm eine zum Wiederverkauf bestimmte Ware zu liefern (E. 4). Im vorliegenden Fall hätte der Käufer seinen Schaden durch Vornahme eines Deckungskaufs mindern können; er kann daher nur die Differenz zwischen dem mit dem Verkäufer vereinbarten Preis und dem höheren hypothetischen Kaufpreis verlangen (E. 5). </div> </div> </div> <a name="idp334320"></a> <br/><div> <a name="idp339776"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 56</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page56"></a><div class="center pagebreak">BGE 136 III 56 S. 56</div> </div> <div class="paraatf">A. est une personne morale constituée en Ukraine; elle pratique la vente au détail des montres dans un magasin de Kiev et elle a notamment vendu des montres qui lui étaient fournies par la manufacture B. SA. <a name="page57"></a><div class="center pagebreak">BGE 136 III 56 S. 57</div> </div> <div class="paraatf">Cette dernière a cessé de lui livrer directement ses produits après qu'elle eut conclu un contrat de distribution exclusif avec un autre revendeur ukrainien. Désormais, A. devrait s'approvisionner par l'intermédiaire de ce revendeur, par ailleurs son concurrent, et consentir des prix "détaillant" plus élevés que les prix "export" de la vente directe.</div> <div class="paraatf">A. a sommé B. SA de lui livrer au plus tard le 8 avril 2005 des montres dont la commande avait été prétendument acceptée; à défaut, elle renoncerait à l'exécution des contrats en cours et elle se réservait de réclamer des dommages-intérêts.</div> <div class="paraatf">Par arrêt du 29 juillet 2009, la II<sup>e</sup> Cour civile du Tribunal cantonal neuchâtelois a débouté A. de son action en dommages-intérêts intentée à B. SA, tendant au paiement de 653'956 fr. en capital.</div> <div class="paraatf">Le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours en matière civile interjeté par A., dans la mesure où ce pourvoi était recevable; il a annulé l'arrêt attaqué et renvoyé la cause au Tribunal cantonal pour nouvelle décision.</div> <div class="paraatf"> <i>(résumé)</i> </div> <br/><div> <a name="idp188512"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp189472"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>La défenderesse s'est obligée selon l'art. 30 de la Convention des Nations Unies du 11 avril 1980 sur les contrats de vente internationale de marchandises (CVIM; RS 0.221.211.1) à livrer les montres dont elle avait accepté la commande; cette obligation est restée inexécutée et l'autre partie a donc le droit de réclamer des dommages-intérêts conformément à l'<span class="artref">art. 45 al. 1 let. b CVIM</span>.</div> <div class="paraatf">En règle générale, d'après l'<span class="artref">art. 74 CVIM</span>, les dommages-intérêts comprennent tant la perte subie que le gain manqué par la partie lésée. Ainsi, lorsque la marchandise n'a pas été livrée et que, de manière reconnaissable pour le vendeur, elle était destinée à la revente, l'acheteur peut réclamer au titre du gain manqué le bénéfice qui était prévisible d'après les marges usuelles(CHRISTOPH BRUNNER, UN-Kaufrecht - CISG, 2004, n° 35 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>; SCHÖNLE/KOLLER, in Kommentar zum UN-Kaufrecht, Heinrich Honsell [éd.], 2<sup>e</sup> éd., Berlin 2010, n° 37 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>; SCHLECHTRIEM/WITZ, Convention de Vienne sur les contrats de vente internationale de marchandises, Paris 2008, p. 264 n° 394; ULRICH MAGNUS, Wiener UN-Kaufrecht (CISG), in Staudingers Kommentar zum BGB, Berlin 2005, n° 40 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>; GRITLI RYFFEL, Die Schadenersatzhaftung des <a name="page58"></a><div class="center pagebreak">BGE 136 III 56 S. 58</div>Verkäufers nach dem Wiener Übereinkommen über internationale Warenkaufverträge, 1992, p. 67; voir aussi INGEBORG SCHWENZER, in Kommentar zum Einheitlichen UN-Kaufrecht, 5<sup>e</sup> éd. 2008, n<sup>os</sup> 36 et 55 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>).</div> <div class="paraatf">Selon plusieurs auteurs, la Convention ne fixe pas le degré de preuve à exiger aux fins de constater le prix de revente que l'acheteur aurait pu obtenir, et sur ce point, c'est la loi du for qui est déterminante(BRUNO ZELLER, Damages under the Convention on Contracts for the International Sale of Goods, Dobbs Ferry 2005, p. 129; MARTIN BRÖLSCH, Schadensersatz und CISG, Francfort-sur-le-Main 2007, p. 59; voir aussi SCHÖNLE/KOLLER, op. cit., n<sup>os</sup> 49 et 50 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>; MAGNUS, op. cit., n° 61 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>). Lorsque l'action est intentée en Suisse et qu'un montant exact ne peut pas être établi, le dommage - y compris le gain manqué - est éventuellement susceptible d'appréciation selon l'<span class="artref">art. 42 al. 2 CO</span> (BRUNNER, op. cit., n<sup>os</sup> 55 à 57 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>). Selon un autre avis, le degré de preuve est aussi prescrit par la Convention, à l'exclusion de la loi du for, et le gain manqué doit être établi "avec un degré raisonnable de certitude" (SCHWENZER, op. cit, n° 65 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span>).</div> <div class="paraatf">La Cour civile juge que la demanderesse aurait pu produire, dans le procès, les contrats de revente pour l'exécution desquels elle a passé commande à la défenderesse, et établir ainsi concrètement des prix de revente exacts. En conséquence, selon la Cour, la demanderesse n'est pas autorisée à réclamer une estimation du dommage selon l'<span class="artref">art. 42 al. 2 CO</span>; faute d'avoir produit les contrats, elle a échoué dans la preuve du dommage, ce qui entraîne le rejet de toute prétention.</div> <div class="paraatf">On verra que dans les circonstances de l'espèce, en l'état de la cause, la demanderesse n'a de toute manière pas droit à la pleine compensation du gain manqué; c'est pourquoi il n'est pas nécessaire d'examiner les critiques qu'elle développe sur la base de l'<span class="artref">art. 42 al. 2 CO</span> au sujet de la preuve des prix de revente ou de l'estimation du dommage.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp401616"></a><span class="bold" id="consideration_5.">5. </span>L'<span class="artref">art. 77 CVIM</span> impose à la partie lésée de prendre des mesures raisonnables, au regard des circonstances, afin de limiter la perte subie et le gain manqué; si cette partie néglige de le faire, l'autre partie peut demander une réduction des dommages-intérêts égale au montant du préjudice qui aurait dû être évité. <a name="page59"></a><div class="center pagebreak">BGE 136 III 56 S. 59</div> </div> <div class="paraatf">Cette règle impose à l'acheteur, lorsque la marchandise ne lui est pas livrée, d'effectuer un achat de remplacement si cette opération est raisonnablement possible(BRUNNER, op. cit., n° 8 ad <span class="artref">art. 77 CVIM</span>; SCHÖNLE/KOLLER, op. cit., n<sup>os</sup> 36 ad <span class="artref">art. 74 CVIM</span> et 8 ad <span class="artref">art. 77 CVIM</span>; SCHLECHTRIEM/WITZ, loc. cit.; MAGNUS, op. cit., n° 11 ad <span class="artref">art. 77 CVIM</span>; MARTIN BRÖLSCH, op. cit., p. 99; voir aussi SCHLECHTRIEM, Schadenersatz und Erfüllungsinteresse, in Festschrift für Apostolos Georgiades, Berne 2006, p. 394). L'acheteur a alors droit à des dommages- intérêts à calculer selon l'<span class="artref">art. 75 CVIM</span>, d'après la différence entre le prix convenu entre les parties et celui de cet achat de remplacement. Si l'acheteur a omis l'achat de remplacement qu'il aurait pu raisonnablement faire, les dommages-intérêts sont réduits à ceux qu'il pourrait obtenir s'il avait fait l'achat.</div> <div class="paraatf">La Cour civile constate que la demanderesse avait la possibilité de se procurer des montres des modèles concernés, que la défenderesse lui refusait en violation de ses obligations, en traitant avec le revendeur qui bénéficie désormais de l'exclusivité en Ukraine. La pertinence de ce fait n'est pas sérieusement contestée devant le Tribunal fédéral car la demanderesse se borne à arguer du droit interne suisse alors que la cause relève de la Convention. Il s'ensuit que cette partie n'a pas droit, au regard de l'<span class="artref">art. 77 CVIM</span>, à des dommages-intérêts à calculer d'après la différence entre les prix "export" et la valeur de revente, mais seulement d'après la différence entre ces prix "export" et les prix "détaillant" que le revendeur aurait exigés pour fournir les mêmes montres.</div> <div class="paraatf">Le rejet de toute prétention se révèle contraire aux <span class="artref"><artref id="CH/0.221.211.1/74" type="start"></artref>art. 74 et 77 CVIM</span><artref id="CH/0.221.211.1/77" type="end"></artref>, en tant que la demanderesse n'obtient pas ces dommages-intérêts réduits. La Cour civile n'a pas constaté les prix "détaillant" et le Tribunal fédéral n'est donc pas en mesure de statuer sur la prétention à reconnaître. Il n'apparaît pas d'emblée que ces prix n'aient pas été allégués et qu'ils ne puissent plus l'être selon le droit cantonal de procédure (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2009&amp;to_year=2009&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F131-III-257%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page257">ATF 131 III 257</a> consid. 4.2 p. 267/268). Faute de contenir les motifs déterminants de fait, aux termes de l'<span class="artref">art. 112 al. 1 let. b LTF</span>, la décision attaquée doit être annulée en application de l'<span class="artref">art. 112 al. 3 LTF</span>.</div> </div></body></html>