<h2>SubmittedText<h2><p>La crise du coronavirus nous montre à quel point l'approvisionnement de la population suisse en denrées alimentaires est important. Le Conseil fédéral a donc à juste titre déclaré l'agriculture comme essentielle pour l'approvisionnement. À l'instar de l'armée ou de l'approvisionnement en électricité, elle constitue en effet une ressource stratégique indispensable en temps de crise. Or il y a eu des ruptures de stocks au début de la crise, notamment en ce qui concerne les produits en conserve importés. Quelques grands pays, comme la Russie, le Kazakhstan et l'Argentine, ont procédé à des restrictions d'exportation. D'autres pays exportateurs importants, notamment les États-Unis, ont beaucoup de peine à maintenir leurs chaînes de livraison et d'approvisionnement. Ces situations nous montrent clairement à quel point il est important de produire dans son propre pays des denrées alimentaires afin de couvrir la plus grande part possible de la consommation. </p><p>1. Que pense le Conseil fédéral de l'importance de l'agriculture durant cette crise ?</p><p>2. À quel point l'agriculture est-elle équipée pour produire le plus de denrées alimentaires possible en temps de crise ? Dans quels secteurs des améliorations sont-elles nécessaires ?</p><p>3. Comment le Conseil fédéral compte-t-il garantir que le degré d'auto-approvisionnement de l'agriculture ne continue plus de baisser ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Question 1 :</p><p>La crise du coronavirus a montré que le concept de sécurité de l'approvisionnement de la Suisse fonctionne bien. La sécurité de l'approvisionnement de la population suisse a été à tout moment garantie. La production indigène est restée stable et les importations nécessaires ont continué d'être effectuées, de telle sorte qu'il n'a pas été nécessaire de libérer les stocks obligatoires de denrées alimentaires prévus en cas de crise.</p><p>Pour le Conseil fédéral, la production indigène est, actuellement et dans le cadre du développement de la politique agricole, un pilier central de la sécurité de l'approvisionnement. Elle fournit les matières premières pour les entreprises de transformation des denrées alimentaires. La préservation à long terme des bases de production (p. ex. sol fertile et savoir-faire), des infrastructures de transformation et de stockage et un commerce international qui fonctionne bien sont également importants. L'importance de l'échange international de marchandises dans la situation de crise liée au coronavirus a été démontrée dans des régions où la production et la transformation de denrées alimentaires ont cessé au plan régional (p. ex. la Lombardie).</p><p>Questions 2 et 3 :</p><p>L'exploitation durable des surfaces agricoles et la préservation des surfaces d'assolement selon le plan sectoriel révisé du 8 mai 2020 sont les meilleures conditions pour pérenniser à long terme les bases de production et pouvoir disposer, même en période de crise, d'une production indigène suffisante. Par contre, un taux d'auto-approvisionnement maximal en temps normal ne constitue pas un bon indicateur de la sécurité de l'approvisionnement, car il dépend du développement du nombre d'habitants et de la surface agricole utile disponible. Si l'on voulait maintenir le taux d'auto-approvisionnement dans un contexte de croissance de la population et de diminution des surfaces agricoles, la production indigène devrait être intensifiée. Cela aurait des conséquences négatives sur l'environnement et la capacité de production à long terme. En outre, il faudrait importer davantage d'aliments pour animaux, de semences et d'engrais, ce qui augmenterait la dépendance vis-à-vis des moyens de production importés.</p><p>Dans le cadre de la PA22+, la production indigène reste un pilier central de la sécurité alimentaire. Cette dernière est renforcée grâce à un encouragement plus ciblé de l'évolution technologique et à une préservation à long terme de la capacité de production, en tenant compte de la viabilité environnementale.</p>  Réponse du Conseil fédéral.