<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Un procès civil est pendant entre S. et la so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciété Boulangerie-Pâtisserie J. SA, depuis 1991, devant la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ie Cour civile du Tribunal cantonal, procédure dans laquelle le prénommé a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclu au paiement de 24'460.80 francs plus intérêts par cette société</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(créance découlant d'un contrat de travail).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La faillite de la société défenderesse a été prononcée le 29</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre 1996. Le juge instructeur de la cause a dès lors constaté, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordonnance de procédure du 16 décembre 1996, que la procédure était sus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendue en vertu de la loi, le préposé de l'office des faillites étant in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vité par ailleurs à lui communiquer la décision qui sera prise au sujet de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la créance en cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S. a produit sa créance dans la faillite le 6</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier 1997, en se référant aux pièces justificatives déposées dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procès civil pendant. L'office des faillites ayant néanmoins exigé du cré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ancier qu'il produise ses moyens de preuve, l'intéressé a invité l'office</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à requérir le dossier de la Cour civile. Interpellé par le créancier sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la suite donnée à sa production, l'office a rendu une décision le 10 juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, par laquelle il a informé S. que l'administration de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la masse en faillite s'était prononcée comme suit sur l'inscription de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créance :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "La créance de salaire est contestée en 1re classe, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> admise provisoirement en 5ème classe selon l'article 63 OF.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Comme nous n'avons pu obtenir de moyens de preuves de votre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> part, il ne nous a pas été possible de prendre position dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ce dossier."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En outre, l'office a ajouté que, conformément à l'article 250</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LP, un délai de 10 jours lui était imparti dès le 11 juin 1997, date du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépôt de l'état de collocation, pour ouvrir action devant le juge compé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tent, à défaut de quoi la décision deviendrait définitive et l'état de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collocation entrerait en force.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. S. défère cette décision à l'autorité de surveillance par voie de plainte, en concluant à l'annulation de la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et à l'admission intégrale, dans l'état de collocation, de sa créance en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">première classe. Il fait valoir que l'office a arbitrairement refusé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenir compte de son moyen de preuve, savoir la réquisition du dossier de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Cour civile du Tribunal cantonal, et qu'il a donc omis à tort de procé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">der aux vérifications nécessaires qui eussent permis d'admettre sa cré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans ses observations sur la plainte, l'office des faillites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relève qu'il n'aurait pas dû prendre de décision concernant la créance en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause, mais seulement la mentionner pour mémoire à l'état de collocation;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que sa remarque concernant les moyens de preuve était quelque peu mala-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droite, son intention étant seulement de faire remarquer au créancier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il n'appartenait pas à l'office d'aller chercher des preuves, mais au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créancier de les fournir lui-même.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Présentée dans les formes et délai légaux, et dirigée contre une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure de l'office au sens de l'article 17 LP, la plainte est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Aux termes de l'article 207 al.1 LP, sauf dans les cas d'ur-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gence, les procès civils auxquels le failli est partie et qui influent sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état de la masse en faillite sont suspendus. Ils ne peuvent être conti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nués, en cas de liquidation ordinaire, qu'après les 10 jours qui suivent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la seconde assemblée des créanciers et, en cas de liquidation sommaire,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'après les 20 jours qui suivent le dépôt de l'état de collocation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ailleurs, selon l'article 250 al.1 LP (dans sa teneur en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vigueur depuis le 01.01.1997), le créancier qui conteste l'état de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collocation parce que sa production a été écartée en tout ou en partie ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parce qu'elle n'a pas été colloquée au rang qu'il revendique intente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">action contre la masse devant le juge du for de la faillite, dans les 20</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours qui suivent la publication du dépôt de l'état de collocation. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faut relever, à ce propos, que le délai de 10 jours imparti - au surplus à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tort, comme on le verra plus loin - par l'office au créancier pour ouvrir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">action n'est donc pas correct.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'article 63 de l'ordonnance sur l'administration des offices</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de faillite (OAOF) dispose que l'administration de la faillite ne statuera</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas, tout d'abord, sur les créances litigieuses qui faisaient l'objet d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procès au moment de l'ouverture de la faillite; ces créances seront</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">simplement mentionnées pour mémoire dans l'état de collocation (al.1). Si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le procès n'est continué ni par la masse, ni par les créanciers indivi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duellement à teneur de l'article 260 LP, la créance est considérée comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnue et les créanciers n'ont plus le droit d'attaquer son admission à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état de collocation, à teneur de l'article 250 LP (al.2). Si au con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire le procès est continué, cette créance sera, selon l'issue du li-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tige, ou bien radiée ou colloquée définitivement; cette collocation ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourra pas non plus être attaquée par les créanciers (al.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Selon la jurisprudence, si la masse ne se détermine pas sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la continuation d'un procès suspendu en application de l'article 207 LP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la partie adverse à ce procès peut en demander la reprise 10 jours après</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la seconde assemblée des créanciers, respectivement 20 jours après le dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pôt de l'état de collocation. Elle peut aussi exiger que la masse décide</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">si elle entend continuer le procès ou offrir la cession du droit de le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conduire conformément à l'article 260 LP. L'absence d'une décision de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">masse n'équivaut pas à une reconnaissance de la créance litigieuse (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">109 III 31). Lorsque la masse ou un créancier cessionnaire de la masse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reprend le procès comme défendeur, ce procès devient alors un procès en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collocation dont l'issue liera tous les créanciers (Gilliéron, Poursuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour dettes, faillite et concordat, 3e éd., p.298). En effet, lorsque la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créance est l'objet d'une procédure judiciaire déjà pendante, il serait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contraire au principe de l'économie de procédure de mener encore une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">action en contestation de l'état de collocation devant le juge de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite (ATF 112 III 39).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. La décision litigieuse de l'office des faillites est en l'espèce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contraire à ces principes. Il faut en déduire, malgré son manque de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">clarté, que l'office entendait obliger le créancier à ouvrir action en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contestation de l'état de collocation, la créance étant admise en 5e</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classe seulement (et, simultanément, mentionnée pour mémoire en première</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classe). Or, comme on l'a vu, le créancier est en droit d'exiger une dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cision sur le point de savoir si la masse ou un éventuel créancier ces-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sionnaire reprend ou non le procès civil comme défendeur. Si tel n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le cas, la créance est considérée comme reconnue dans le cadre de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite (Gilliéron, op.cit., p.299), ce qui signifierait en l'espèce son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admission en première classe à l'état de collocation, vu la nature de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créance. Dans le cas contraire, les deux parties, savoir la masse en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite ainsi que le créancier, peuvent demander au juge qui a suspendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la procédure civile de la reprendre (Jaeger, Commentaire de la LP, t.II ad</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">art.207, ch.9). Il appartenait donc à l'administration de la masse en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillite de se prononcer, à l'égard du créancier plaignant, sur la pour-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite du procès par elle-même ou, le cas échéant, par un créancier ces-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sionnaire. On relèvera que, selon l'article 63 al.4 OAOF, il doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait application par analogie de l'article 48 OAOF en ce qui concerne les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délibérations relatives à la continuation du procès. Pour ce motif déjà,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la plainte se révèle fondée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En second lieu, il était erroné d'impartir au plaignant un délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour contester l'état de collocation, même si l'on voulait se contenter de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'absence de décision de la masse quant à la poursuite du procès pendant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Comme exposé plus haut, ce procès tient lieu, en ce qui concerne spécifi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quement la créance litigieuse, de procédure de contestation de l'état de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collocation, et son issue réglera définitivement la collocation de la cré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ance (art.63 al.3 OAOF). Pour ce motif aussi, la plainte doit être admise.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Dans la procédure de plainte devant l'autorité de surveillance,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens (art.20a al.1 LP; 61 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.a, 62 al.2 OELP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'AUTORITE CANTONALE DE SURVEILLANCE LP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet la plainte en ce sens que la décision de l'office opposant du 10</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> juin 1997 est annulée, la cause étant renvoyée à l'office pour qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> procède conformément aux considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 28 juillet 1997</span></p> </div></body></html>