<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2019-12-12-2C_1019-2019.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2C_1019/2019</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 12 décembre 2019</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit public</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux Seiler, Président, </div> <div class="para">Zünd et Aubry Girardin. </div> <div class="para">Greffière : Mme Kleber. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représenté par Me Marino Montini, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Service des contributions de la République et canton de Neuchâtel. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Irrecevabilité du recours pour défaut de paiement de l'avance de frais; déni de justice, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre la décision du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel, Cour de droit public, du 7 novembre 2019 (CDP.2019.230+321-FISC). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le 24 juillet 2019, A.________ a formé auprès de la Cour de droit public du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel (ci-après: le Tribunal cantonal) deux recours contre des décisions de demande de sûretés du Service des contributions du canton de Neuchâtel (ci-après: le Service des contributions). Par courriers du 25 juillet 2019, le Tribunal cantonal l'a invité à verser deux avances de frais de 1'320 fr. chacune dans les 30 jours, sous peine d'irrecevabilité du recours. Par décision du 7 novembre 2019, le Tribunal cantonal a déclaré irrecevables les recours de A.________ pour défaut de paiement des avances de frais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Agissant par la voie du recours en matière de droit public, A.________ demande au Tribunal fédéral, sous suite de frais et dépens, outre l'effet suspensif, d'annuler la décision du 7 novembre 2019 et, principalement, d'enjoindre au Tribunal cantonal de reprendre la procédure pour décision au fond, respectivement de se prononcer sur la demande de suspension de la procédure, ainsi que, subsidiairement, de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il requiert par ailleurs la suspension de la procédure fédérale. </div> <div class="para">Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">L'arrêt entrepris est une décision finale (<span class="artref">art. 90 LTF</span>) rendue par une autorité cantonale de dernière instance (<span class="artref">art. 86 al. 1 let</span>. d et al. 2 LTF) dans une cause de droit public (<span class="artref">art. 82 let. a LTF</span>), ne tombant sous le coup d'aucune des exceptions prévues à l'<span class="artref">art. 83 LTF</span>. Le recours a été formé en temps utile (<span class="artref">art. 100 LTF</span>) et en la forme prévue (<span class="artref">art. 42 LTF</span>), par le destinataire de l'arrêt attaqué, qui a la qualité pour recourir (<span class="artref">art. 89 al. 1 LTF</span>). Il convient donc d'entrer en matière. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Sur le plan procédural, le recourant requiert la suspension de la procédure devant le Tribunal fédéral, dans l'attente de l'issue des discussions avec le Service des contributions. </div> <div class="para">Il n'apparaît en l'espèce pas opportun de suspendre la procédure (cf. <span class="artref">art. 6 al. 1 PCF</span> [RS 273], en relation avec l'<span class="artref">art. 71 LTF</span>). En effet, le présent litige porte sur l'irrecevabilité des recours déposés par le recourant contre des demandes de sûretés en raison d'un défaut de paiement de l'avance de frais. Or, dans ce cadre, on ne voit pas, et le recourant ne l'explique pas, en quoi l'issue des pourparlers avec le Service des contributions concernant le différend fiscal au fond serait de nature à influencer la présente procédure. La requête de suspension sera par conséquent rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.</b> Le Tribunal fédéral applique le droit d'office (<span class="artref">art. 106 al. 1 LTF</span>). Conformément à l'<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span>, il ne connaît toutefois de la violation des droits fondamentaux, ainsi que de celle de dispositions de droit cantonal et intercantonal, que si ce grief a été invoqué et motivé par la partie recourante, c'est-à-dire s'il a été expressément soulevé et exposé de façon claire et détaillée (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=08.12.2019&amp;to_date=27.12.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-III-364%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page364">ATF 142 III 364</a> consid. 2.4 p. 368). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.</b> Sous réserve des cas visés à l'<span class="artref">art. 95 let</span>. c-e LTF, la violation du droit cantonal en tant que tel ne peut être invoquée devant le Tribunal fédéral. Il est néanmoins possible de faire valoir que son application consacre une violation du droit fédéral, comme la protection contre l'arbitraire au sens de l'<span class="artref">art. 9 Cst.</span> ou la garantie d'autres droits constitutionnels (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=08.12.2019&amp;to_date=27.12.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-I-321%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page321">ATF 143 I 321</a> consid. 6.1 p. 324). Le Tribunal fédéral n'examine cependant de tels moyens que s'ils sont formulés conformément aux exigences de motivation qualifiées prévues à l'<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Le recourant se plaint d'établissement inexact et incomplet des faits. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.1.</b> Le Tribunal fédéral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits constatés par l'autorité précédente (<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>), hormis dans les cas prévus à l'<span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span>. Selon l'<span class="artref">art. 97 al. 1 LTF</span>, le recours ne peut critiquer les constatations de fait que si les faits ont été établis de façon manifestement inexacte - notion qui correspond à celle d'arbitraire - ou en violation du droit au sens de l'<span class="artref">art. 95 LTF</span> et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=08.12.2019&amp;to_date=27.12.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-II-355%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page355">ATF 142 II 355</a> consid. 6 p. 358; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=08.12.2019&amp;to_date=27.12.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-II-373%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page373">139 II 373</a> consid. 1.6 p. 377). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.2.</b> En l'occurrence, le recourant se plaint d'établissement inexact et incomplet des faits au motif que la décision entreprise est muette sur l'état de fait à l'origine du litige avec le Service des contributions. Comme les faits se rapportant au fond de la cause n'ont aucune pertinence dans le cadre de la présente cause, qui porte uniquement sur l'irrecevabilité des recours pour défaut de paiement de l'avance de frais, le grief tombe à faux et ne peut partant qu'être rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.</b> </div> <div class="para">Invoquant l'<span class="artref">art. 29 al. 1 Cst.</span>, le recourant estime que la décision entreprise, rendue sans autre forme de rappel préalable, est contraire au principe de l'interdiction du formalisme excessif. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.1.</b> Le formalisme excessif est un aspect particulier du déni de justice prohibé par l'<span class="artref">art. 29 al. 1 Cst.</span> Il est réalisé lorsque la stricte application des règles de procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi, complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel ou entrave de manière inadmissible l'accès aux tribunaux (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=08.12.2019&amp;to_date=27.12.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-IV-299%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page299">ATF 142 IV 299</a> consid. 1.3.2 p. 304 s.). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.2.</b> L'interdiction du formalisme excessif ne s'oppose pas à la non entrée en matière sur un recours lorsque, conformément au droit de procédure applicable, la recevabilité de celui-ci est subordonnée au versement d'une avance de frais dans un délai déterminé, pour autant que les parties aient été averties de façon appropriée du montant à verser, du délai imparti pour le versement et des conséquences de l'inobservation de ce délai (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=08.12.2019&amp;to_date=27.12.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-V-402%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page402">ATF 133 V 402</a> consid. 3.3 p. 405). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.3.</b> La procédure administrative devant les autorités cantonales n'est pas unifiée. L'exigence de l'avance de frais et les conséquences juridiques en cas de non-paiement relèvent du droit de procédure. Par conséquent, les cantons restent libres, dans le respect des garanties constitutionnelles, d'organiser cette matière à leur guise. Ils ne sont en particulier pas tenus d'adopter une solution semblable à celle figurant à l'<span class="artref">art. 62 al. 3 LTF</span>, qui prescrit d'accorder un délai supplémentaire pour le paiement de l'avance de frais en cas de non-paiement dans le premier délai (cf. arrêts 2C_1022/2012 du 25 mars 2013 consid. 5.1; 2C_509/2010 du 4 novembre 2010 consid. 3; 2C_645/2008 du 24 juin 2009 consid. 2.2). Du reste, l'<span class="artref">art. 63 al. 4 PA</span> (RS 172.021) applicable en procédure administrative fédérale n'instaure pas un tel délai (cf. arrêt 2C_1022/2012 du 25 mars 2013 consid. 5.1). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.4.</b> Selon le droit cantonal de procédure administrative neuchâtelois, l'autorité de recours impartit au recourant pour le versement de l'avance de frais un délai raisonnable en l'avertissant qu'à défaut, elle déclarera le recours irrecevable (art. 47 al. 5 de la loi neuchâteloise sur la procédure et la juridiction administratives du 27 juin 1979 [LPJA; RSN 152.130]). Le président de la cour concernée du Tribunal cantonal peut écarter, sans échange d'écriture ni débat, un recours lorsque le recourant, dûment averti, ne verse pas dans le délai imparti l'avance de frais qui lui est demandée (art. 52 al. 2 LPJA). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.5.</b> En l'occurrence, il résulte de la décision du 7 novembre 2019 que le Tribunal cantonal a, par courriers du 25 juillet 2019 notifiés le lendemain, invité le recourant, assisté par un mandataire professionnel, à verser deux avances de frais de 1'320 fr. chacune dans un délai de 30 jours. Il a expressément rendu attentif le recourant au fait que le défaut de paiement entraînerait l'irrecevabilité du recours. Le recourant, qui ne le conteste pas, ne s'est pas acquitté des avances de frais dans le délai imparti. Le droit de procédure cantonal applicable ne prévoit pas l'octroi d'un second délai. Il s'ensuit qu'on ne peut reprocher au Tribunal cantonal d'avoir commis un formalisme excessif en déclarant irrecevables les recours formés devant lui pour défaut de paiement de l'avance de frais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>8.</b> </div> <div class="para">Le recourant estime qu'un délai supplémentaire devait lui être accordé en vertu de l'<span class="artref">art. 101 al. 3 CPC</span>, applicable, selon lui, par le renvoi de l'art. 20 al. 1 LPJA. </div> <div class="para">Selon l'art. 20 al. 1 LPJA, les dispositions du CPC relatives aux délais et à la restitution sont applicables par analogie. Si des règles du CPC s'appliquent, c'est donc à titre de droit cantonal supplétif (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=08.12.2019&amp;to_date=27.12.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-I-159%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page159">ATF 144 I 159</a> consid. 4.2 p. 161 s.). Or, en l'espèce, le recourant ne soulève pas de grief d'arbitraire dans l'application du droit cantonal, si bien qu'il n'y a pas lieu d'examiner plus avant sa critique (cf. <i>supra</i> consid. 5.2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>9.</b> </div> <div class="para">Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours en application de la procédure simplifiée de l'<span class="artref">art. 109 al. 2 let. a et al. 3 LTF</span>. La requête d'effet suspensif est devenue sans objet. </div> <div class="para">Succombant, le recourant doit supporter les frais judiciaires (cf. <span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Il n'est pas alloué de dépens (cf. <span class="artref"><artref id="CH/173.110/68/3" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/1" type="start"></artref>art. 68 al. 1 et 3 LTF</span><artref id="CH/173.110/68/3" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/3" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">La demande de suspension de la procédure est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge du recourant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué au mandataire du recourant, au Service des contributions et au Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel, Cour de droit public, ainsi qu'à l'Administration fédérale des contributions. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 12 décembre 2019 </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit public </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Seiler </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Kleber </div> </div></body></html>