<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le Conseil communal de Thielle-Wavre ordonna le 23 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994, à M. de détruire quatre lucarnes de type "velux" qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait installées sur son immeuble sans autorisation. La décision précisait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que les travaux devaient être terminés dans un délai de quatre mois dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son entrée en force. De plus, elle était assortie des menaces d'arrêts ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'amende prévues par l'article 292 CP. M. recourut contre cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">injonction jusqu'au Tribunal fédéral qui la confirma par arrêt du 13 fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrier 1996. Le 26 juin 1996, un ultime délai au 15 août 1996 lui fut fixé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le Conseil communal pour s'exécuter. Ce dernier déposa le 3 décembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, une plainte pénale à l'encontre de M. pour insoumission à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une décision de l'autorité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Renvoyé devant le Tribunal de police du district de Neuchâtel,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. fut condamné à une amende de 5'000 francs, en application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 292 CP. Le tribunal a notamment retenu que depuis le 16 août</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 et au moins jusqu'au 15 novembre 1996, le prévenu s'était rendu cou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pable d'insoumission à une décision de l'autorité. Le prévenu connaissait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le contenu de la décision; il savait dans quel délai il devait l'exécu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter : il avait déjà été condamné par le Tribunal de police pour avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exécuté des travaux non autorisés; la décision avait été rendue par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal fédéral et sa validité ne pouvait être mise en cause; enfin le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévenu savait qu'il pouvait être condamné à une peine d'arrêts ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'amende.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. M. recourt contre ce jugement et conclut à ce qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit acquitté. Il fait valoir notamment que les éléments constitutifs de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction ne sont pas réunis à mesure qu'il n'était pas informé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">satisfaction de droit que la désobéissance serait punie des arrêts ou de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'amende. A l'appui de ces dires, il prétend que la Commune lui proposait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des mesures transactionnelles de nature financière, raison pour laquelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il n'a pas entrepris les travaux ordonnés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le ministère public renonce à formuler des observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 292 CP, "celui qui ne se sera pas conformé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une décision à lui signifiée, sous la menace de la peine prévue au présent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">article, par une autorité ou un fonctionnaire compétent sera puni des ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rêts ou de l'amende". Pour que l'infraction soit réalisée, il faut que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'insoumission soit intentionnelle. L'intention suppose la connaissance de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'injonction, de sa validité et des conséquences pénales de l'insoumis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion. Le dol éventuel suffit. Le législateur a attaché une importance dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cisive au fait que l'intéressé soit avisé des conséquences pénales d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refus d'obtempérer. La jurisprudence a insisté sur la précision que doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir la menace (ATF 119 IV 240 et les références citées, RJN 1983 p.98).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La Cour est liée par les constatations de fait du premier juge;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle ne peut rectifier que celles qui sont manifestement erronées (art.251</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.2 CPPN). Dans une jurisprudence constante, la Cour a jugé qu'était ma-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nifestement erronée une constatation de faits contraire à une pièce pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bante du dossier ou à la notoriété publique (RJN 7 II 3, 5 II 112, 4 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">159). On ne peut parler d'arbitraire que si la juridiction inférieure a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec le dos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sier (ATF 118 Ia 30, cons.1b), ou si elle a abusé de son pouvoir d'appré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciation, en particulier si elle méconnu des preuves pertinentes ou qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'en a arbitrairement pas tenu compte (ATF 100 Ia 127), lorsque les cons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tatations sont manifestement contraires à la situation de faits, reposent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur une inadvertance manifeste, ou heurtent gravement le sentiment de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justice, enfin, lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait insou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenable (ATF 118 II 30 cons.1b et les autres arrêts cités).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant fait valoir que la lettre de la Commune du 26</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin 1996 lui fixant un ultime délai au 19 août 1996 n'indiquait pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">façon suffisamment précise qu'une non exécution des travaux entraînerait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'application de l'article 292 CP. Il prétend que la mention de "autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesures" indiquée dans ladite lettre signifiait, selon lui, que des pour-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parlers transactionnels allaient reprendre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cette argumentation n'est pas pertinente et le juge de première</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instance n'a pas fait preuve d'arbitraire en l'écartant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans les quatre mois qui suivaient l'arrêt du Tribunal fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 23 février 1996, le démontage des "velux" devait être effectué. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lettre du 6 juin 1996, la Commune rappelait à M. l'échéance du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délai à mi-juin et les sanctions de l'article 292 CP. Le 26 juin, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Conseil communal fixait au recourant un ultime délai au 15 août 1996, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précisant qu'à défaut d'exécution la Commune serait contrainte de prendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autres mesures. La lettre du 26 juin indiquait expressément qu'aucune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite n'avait été donnée à celle du 6 juin 1996. M. prétend que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette dernière ne lui est jamais parvenue. Outre que cette affirmation est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peu vraisemblable, elle n'est pas déterminante. En effet, le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devait savoir qu'il encourait une peine d'amende ou d'emprisonnement s'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne s'exécutait pas. S'il avait des doutes quant à la signification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"d'autres mesures" il devait se renseigner. De même, s'il pensait que des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourparlers devaient intervenir, il aurait dû prendre rapidement contact</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec la Commune, ce qu'il n'a pas fait. Au contraire, c'est le président</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de Commune qui a dû reprendre contact avec le recourant et cela plus d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois après l'échéance du délai (PV. 7.1.1997 p.2). Au demeurant, plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une année après une tentative d'arrangement qui avait échoué et aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">termes d'une procédure qu'il avait perdue, M. ne pouvait pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">espérer que la Commune reviendrait sur sa décision initiale. Dans ces con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ditions, il ne fait aucun doute que M. connaissait les peines</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il encourait en refusant de procéder à la démolition des lucarnes liti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gieuses.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Force est de constater que le tribunal a correctement appliqué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la loi en retenant que dès le 15 août 1996, en tous cas, M. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'était rendu coupable d'insoumission à une décision de l'autorité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Le pourvoi se révèle ainsi mal fondé. Les frais de la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seront mis à la charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le pourvoi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant les frais de justice arrêtés à 440 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 6 janvier 1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> AU NOM DE LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le greffier La présidente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>