<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par contrat de travail du 22 avril 1991, E. a été engagé par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etablissement cantonal d'assurance immobilière (ci-après : ECAI) en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qualité de juriste et adjoint de direction, subordonné directement au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">directeur. Conclu pour une durée indéterminée, le contrat renvoyait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expressément à l'article 319 CO (art.2) et indiquait notamment que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délai de congé dérogeait aux anciens articles 336a et 336b CO (art.3), que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le salaire convenu correspondait à la classe 4 plus quatre hautes paies de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'échelle des salaires de l'Etat de Neuchâtel (art.6) et que le droit au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">salaire en cas d'absence non fautive serait conforme au règlement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">applicable au personnel de l'Etat de Neuchâtel (art.9). Il précisait enfin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que tous les cas non prévus seraient réglés par les articles 319 à 343 CO</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.12). Le 12 juin 1998, l'ECAI a résilié le contrat de travail pour le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">30 septembre 1998, motif pris que le peu d'esprit d'ouverture, de to-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lérance et de collaboration de E. occasionnait un dysfonctionnement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">important au sein de l'institution.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 2 juillet 1998, E. recourt au Tribunal administratif contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa résiliation, concluant, sous suite de dépens, à son annulation et au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoi de la cause à l'ECAI pour nouvelle décision au sens des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérants. Il avance en bref que les rapports de service relèvent du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public; qu'aucune des conditions légales pouvant exceptionnellement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justifier un engagement de droit privé par un établissement de droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">public n'est remplie; qu'il a rapidement après son engagement attiré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'attention de son supérieur à ce propos; que plusieurs décisions ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par la suite rendues le concernant (octroi d'une allocation de ménage,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dérogation à l'obligation de domiciliation et autorisation à témoigner en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justice), qui l'ont conduit à penser que son statut relevait du droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">public; que, sur le fond, son droit d'être entendu a été violé puisqu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas été informé de la mesure envisagée à son encontre; que, compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenu du pouvoir d'appréciation restreint du Tribunal administratif en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière de licenciement, ce vice ne peut pas être réparé dans la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de recours; qu'en outre l'ECAI aurait dû, conformément à la loi, lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signifier un avertissement et lui impartir un délai pour s'améliorer.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans ses observations du 10 août 1998, l'ECAI conclut à l'irre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cevabilité du recours. Il considère en effet que les rapports de service</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relèvent du droit privé; qu'il était admissible en l'espèce de conclure un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrat de travail; que E., juriste, ne peut pas se prévaloir de sa bonne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">foi et aurait dû, le cas échéant, requérir une décision en constatation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. a) La recevabilité du recours dépend de la question de savoir si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les relations de travail entre le recourant et l'ECAI ressortissent au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public ou au droit privé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Selon l'article 7 al. 1 de la loi sur le statut de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonction publique (LSt), du 28 juin 1995 (entrée en vigueur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">01.01.1996), le Conseil d'Etat ou l'autorité qu'il désigne à cet effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut, à titre exceptionnel, engager du personnel par contrat de droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">privé, notamment pour l'exécution de tâches spéciales, ou de durée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limitée, ou encore pour assurer le remplacement temporaire d'un titulaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de fonction publique. Selon le rapport du 3 mai 1995 du Conseil d'Etat au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Grand Conseil relatif à la LSt, l'article 7 a pour fonction de permettre à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat de ne pas soumettre à un statut de fonctionnaire certaines per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonnes engagées pour une durée limitée ou dans un but clairement défini</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui nécessite de ce fait une réglementation spéciale. Ce type d'engagement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit rester exceptionnel et n'être utilisé que lorsqu'il correspond au but</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poursuivi. Il n'est pas prévu d'engager par contrat de droit privé des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnes pour occuper des postes nécessaires au fonctionnement de l'Etat,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sous réserve des personnes engagées à un taux d'activité très partiel (BGC</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995/161 I 811-812).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Avant le 1er janvier 1996, la question était réglée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 3 al.2 de la loi du 4 février 1981 concernant le statut général</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du personnel relevant du budget de l'Etat. Selon cette disposition, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnel pouvait, à titre d'exceptionnel et moyennant l'accord du Conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'Etat, être engagé en vertu d'un contrat de droit privé s'inspirant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositions de la loi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Si les rapports de droit entre l'Etat (ou une autre cor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">poration de droit public) et ses agents relèvent en règle générale du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public, il n'est pas moins constant qu'en Suisse la majorité des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collectivités publiques sont libres de se lier avec des collaborateurs par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des liens contractuels de droit privé. La jurisprudence admet d'ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'une base légale et une mention expresse dans l'acte d'engagement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suffisent à rendre le droit privé applicable (RJN 1997, p.216 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références). Cette liberté est cependant limitée par les dispositions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légales en vigueur, soit à Neuchâtel l'article 7 al.1 de la loi actuelle,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui ne fait que reprendre en l'explicitant le principe auparavant contenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'article 3 al.2 de la loi de 1981.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon Grisel, le droit public exclut implicitement le recru-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement sur la base du droit privé de personnes susceptibles d'être nommées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux conditions légales. En effet, si ces personnes étaient soumises à un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">régime de droit privé, elles seraient favorisées ou défavorisées, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mépris du principe d'égalité, par rapport à celles qui sont assujetties au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public. Par conséquent, seuls sont valables les contrats de droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">privé conclus entre l'Etat et les personnes qui ne peuvent pas devenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonctionnaires ou agents spéciaux en vertu du droit public (Grisel, Traité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit administratif, tome I, 1984, p.477). Moor est également d'avis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le droit privé ne devrait être applicable en tant que tel que dans des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstances exceptionnelles, c'est-à-dire lorsque, en raison même de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestation due par la personne engagée, l'application d'un statut public</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne paraît pas la forme juridique adéquate ou, en d'autres termes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'il est nécessaire d'individualiser le rapport juridique et non pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de le faire entrer dans une catégorie de fonctions (Moor, Droit adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tratif, volume III, 1992, p.209). Sans prendre expressément position, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal fédéral rappelle que, selon la doctrine récente, le droit public</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est de règle et qu'on ne peut exceptionnellement soumettre le rapport de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travail au droit privé que dans des cas tout à fait particuliers et no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tamment s'il s'agit d'un emploi de brève durée ou d'une tâche spéciale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 118 II 213 - JT 1993 I 637-638). Rhinow souligne enfin que la qua-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lification de droit public ou droit privé d'un engagement a naturellement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une conséquence directe sur la voie de droit applicable. Il y voit une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison supplémentaire de l'application du droit public, car permettre à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité exécutive de choisir librement entre droit public et droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">privé contreviendrait aux principes de la légalité et de l'égalité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traitement. Il considère en effet qu'il appartient à l'autorité légis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lative de réglementer et de garantir, vis-à-vis de l'administration, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">protection juridique d'un citoyen, fût-il au service de l'Etat (Rhinow,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Privatrechtliche Arbeitsverhältnisse in der öffentlichen Verwaltung, in</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Mélanges Vischer, 1983, p.441-442).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) En l'espèce, il n'est pas contesté que le personnel de l'ECAI</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(qui n'a pas la personnalité juridique) est en principe soumis à un statut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit public, car il est compris dans le champ d'application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 3 LSt (et de l'ancien art.1 de la loi de 1981). Il n'est pas non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus contestable que le contrat signé par les parties le 22 avril 1991 a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été conçu comme un contrat de droit privé au sens des articles 319 ss CO.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La loi de 1981 exigeait l'accord du Conseil d'Etat pour qu'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">engagement puisse se faire en vertu du droit privé. Or, un tel accord, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne saurait être présumé, ne figure pas dans le dossier du recourant dépos¿/span&gt;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'intimé. Un engagement de droit privé ne peut en outre qu'être excep-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnel, c'est-à-dire avoir trait à des tâches spéciales, être d'une durée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limitée ou constituer un remplacement temporaire. L'engagement du recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant n'a pas été prévu pour une durée limitée, ni comme un remplacement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">temporaire. En outre, le poste de juriste et adjoint de direction n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas exceptionnel et n'excluait pas un engagement de droit public. De</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nombreux juristes travaillent d'ailleurs au service de l'Etat sous un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statut de droit public. Dans ses observations, l'ECAI relève certes qu'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995 elle avait rappelé au recourant que le futur de l'établissement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait être remis en cause à tout moment et qu'il n'était pas possible de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tracer la ligne de vie de celui-ci (observations, p.2 ch.2). L'incertitude</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quant à l'avenir de l'ECAI ne touchait cependant pas plus le recourant que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le reste du personnel, dont aucun membre, de l'aveu même de l'intimé,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est actuellement soumis à un contrat de droit privé (ibidem).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Il convient dès lors d'admettre que les conditions légales</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour la conclusion d'un contrat de droit privé n'étaient pas données en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991 et ne le sont pas non plus actuellement. Dès lors, l'engagement du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant relevait du droit public. Il faut certes réserver l'hypothèse où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une personne abuserait de son droit en ne se prévalant d'un engagement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public qu'au moment de la résiliation des rapports de service, après</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir bénéficié durant plusieurs années d'avantages découlant de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrat de droit privé. Tel n'est toutefois pas le cas en l'espèce. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rémunération du recourant, en particulier, se basait sur l'échelle des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">salaires de l'Etat de Neuchâtel et ses vacances étaient les mêmes que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celles des autres employés de l'ECAI (art.6 et 10 du contrat du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">22.04.1991). Il a été autorisé conformément à la LSt à conserver son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domicile légal à Fribourg (D.1b). Comme juriste, il était certes à même de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se rendre compte que son engagement consistait en un contrat de droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">privé et non en une nomination administrative. Il allègue toutefois être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapidement intervenu auprès du directeur de l'ECAI pour qu'il soit consi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déré comme étant soumis aux statuts de droit public. On trouve effective-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment dans le dossier déposé par l'intimé une lettre du recourant du 10</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1995 dans laquelle il conteste la validité du contrat signé le 22</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avril 1991 au regard des dispositions légales applicables. Le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est ainsi pas de mauvaise foi en se prévalant aujourd'hui de la nature</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit public de ses rapports de service avec l'ECAI.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> f) Partant, le recours, interjeté dans les formes et délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légaux, est recevable et le Tribunal administratif est compétent pour en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaître.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Le recourant se plaint d'une violation de son droit d'être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entendu, affirmant n'avoir pas eu connaissance avant de recevoir sa lettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de résiliation du fait que l'ECAI envisageait cette mesure à son égard.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'ECAI n'a pas présenté d'observations sur le fond du recours. La lettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de résiliation du 12 juin 1998, aux termes de laquelle le recourant devait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quitter sa place de travail dans l'heure, ne fait pas état d'un entretien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préalable à ce sujet. Il apparaît ainsi que le droit du recourant d'être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entendu, garanti par les articles 21 LPJA et 47 LSt, n'a pas été respecté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Compte tenu de la nature formelle de ce droit (Schaer, Juridiction admi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nistrative neuchâteloise, 1995, p.100), il convient dès lors d'annuler la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision que constitue cette résiliation, car ce vice procédural ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas être réparé devant le Tribunal administratif, celui-ci n'étant pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">habilité à contrôler l'opportunité d'une telle décision (RJN 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.147-148).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Le recours est ainsi recevable et bien fondé. La résiliation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">12 juin 1998 est annulée et la cause renvoyée à l'intimé afin qu'il pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cède conformément à la LSt.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est statué sans frais (art.47 al.1 LPJA). Le recourant a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit à une indemnité de dépens à la charge de l'intimé (art.48 al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Déclare le recours recevable et bien fondé, et, partant, annule la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> résiliation du 12 juin 1998 et renvoie la cause à l'intimé au sens des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue au recourant une indemnité de dépens de 500 francs à la charge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de l'intimé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 16 novembre 1998</span></p> </div></body></html>