Lausanne, 7. Mai 2020
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 9. April 2020 (6B_1265/2019)
Sexueller Missbrauch von Kindern: Rechtsprechung 
konkretisiert
Das Bundesgericht konkretisiert die Rechtsprechung zum Schutz der sexuellen
Freiheit von Kindern. Es äussert sich dabei im Zusammenhang mit den Tatbeständen
der sexuellen Nötigung und der Vergewaltigung insbesondere zur Zwangssituation
eines Kindes bei der Ausübung von psychischem Druck durch einen ihm nahestehenden Täter. 
Ein Mann hatte die Tochter seiner Lebensgefährtin während rund zwei Jahren mehrfach
sexuell missbraucht. Das Kind war dabei zwischen achteinhalb und zehneinhalb Jahren
alt. Der Täter wurde vom Obergericht des Kantons Zürich 2019 wegen mehrfacher
Vergewaltigung, mehrfacher sexueller Nötigung, mehrfacher sexueller Handlungen mit
Kindern und weiterer Delikte zu acht Jahren Freiheitsstrafe verurteilt. 
Das Bundesgericht weist die Beschwerde des Mannes ab. Das Gericht bestätigt
zunächst seine Rechtsprechung, wonach gegenüber einem Täter zusätzlich zu einer
Verurteilung wegen sexueller Handlungen mit Kindern (Artikel 187 Strafgesetzbuch,
StGB) auch die Straftatbestände betreffend Angriffe auf die sexuelle Freiheit (Artikel
189ff StGB, sexuelle Nötigung, Vergewaltigung) zur Anwendung gelangen können. Das
Strafrecht schützt Kinder stärker als erwachsene Opfer. Mit dem Tatbestand der
sexuellen Handlungen mit Kindern wird ihre seelische Entwicklung geschützt, während
die weiteren Tatbestände gleich wie bei Erwachsenen ihre sexuelle Freiheit schützen.
In seinem Entscheid konkretisiert das Bundesgericht insbesondere die Anforderungen
an das psychische "Unter-Druck-Setzen" eines Kindes bei einer sexuellen Nötigung oder
einer Vergewaltigung (sexuelle Nötigungstatbestände von Artikel 189 und 190 StGB)
durch einen Täter aus seinem sozialen Nahraum. Der Verurteilte hatte die Aufhebung
seiner entsprechenden Verurteilungen beantragt, da er für das Opfer keine Zwangssituation geschaffen habe. Die sexuellen Nötigungstatbestände erfordern, dass der
Täter das Opfer bedroht, Gewalt anwendet, das Opfer unter psychischen Druck setzt
oder zum Widerstand unfähig macht. Ein psychisches "Unter-Druck-Setzen", welches
das Kind in eine ausweglose Zwangssituation bringt, setzt voraus, dass es sich bereits
einen Willen betreffend seine eigene sexuelle Freiheit bilden kann (sonst fällt der Tatbestand der Schändung gemäss Artikel 191 StGB in Betracht). Auf die Festlegung einer
festen Altersgrenze, ab der sich ein Kind einen solchen Willen bilden kann, ist auch
weiterhin zu verzichten. Entscheidend sind die Umstände des Einzelfalls. Dabei ist
gemäss Rechtsprechung nur mit Zurückhaltung anzunehmen, dass ein Kind diesbezüglich nicht urteilsfähig ist. Wenn bei Kindern bereits im weit vorpubertären Alter Urteilsfähigkeit angenommen wird  – wie im vorliegenden Fall beim achteinhalb bis zehneinhalbjährigen Opfer –, so ist dennoch ihrer entwicklungsbedingten Unterlegenheit, der
Beeinflussbarkeit der Willensbildung und der längst noch nicht abgeschlossenen
Persönlichkeitsentwicklung Rechnung zu tragen. Ein psychisches "Unter-Druck-Setzen"
des Kindes durch einen Täter aus seinem sozialen Nahraum ist auch ohne aktive
Ausübung von Zwang oder der Androhung von Nachteilen möglich. Auch der Täter, der
dem Kind vorspiegelt, die sexuellen Handlungen seien normal, beziehungsweise als
Gefälligkeit zu erbringen oder der Täter, der dem Kind weismacht, es handle sich um
eine schöne Sache, die man gemeinsam erleben könne, schafft für das Kind eine
dermassen ausweglose Situation, wie sie von den sexuellen Nötigungstatbeständen
erfasst wird. Der Einfluss auf die Willensbildung des Opfers ist dabei umso grösser, je
jünger das Opfer ist und je näher ihm der Täter steht. Sichert sich der Täter den
Zustand einer Zwangssituation durch das Schaffen einer Geheimnissituation und hält er
diese aufrecht, ist ohne weiteres davon auszugehen, dass die Ausweglosigkeit für das
Kind andauert. Dies gilt auch dann, wenn dem Kind weis gemacht wird, es würde sich
lächerlich machen, niemand würde ihm glauben oder müsste sich für seine Handlungen
schämen, wenn Dritte davon erfahren würden. Lausanne, le 7  mai 2020
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 9  avril 2020 (6B_1265/2019 )
Abus sexuels d'enfants  : précision de la jurisprudence
Le Tribunal fédéral précise la jurisprudence sur la protection de la liberté sexuelle
des enfants. Il se prononce, en lien avec des faits de contrainte sexuelle et de viol,
en particulier sur la situation de contrainte résultant, pour une enfant, de la pression
psychique exercée par un auteur proche.
Un homme avait, à plusieurs reprises, abusé de la fille de sa concubine, cela durant
environ deux ans. L'enfant avait alors de huit ans et demi à dix ans et demi. L'auteur
avait été condamné en 2019 par le Tribunal cantonal du canton de Zurich, pour de multiples viols, contraintes sexuelles, actes d'ordre sexuel avec des enfants, ainsi que pour
d'autres délits, à une peine privative de liberté de huit ans. 
Le Tribunal fédéral rejette le recours du condamné. Le Tribunal confirme tout d'abord sa
jurisprudence, selon laquelle un auteur peut être à la fois condamné pour actes d'ordre
sexuel avec des enfants (article  187 du Code pénal, CP) et pour des infractions concernant des atteintes à la liberté sexuelle (articles 189ss CP, contrainte sexuelle, viol). Le
droit pénal protège davantage les enfants que les victimes adultes. Avec l'infraction
d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, leur développement psychique est protégé,
tandis qu'avec les autres infractions c'est leur liberté sexuelle, comme pour les adultes,
qui est protégée.
Dans son arrêt, le Tribunal fédéral précise en particulier les exigences relatives à
« l'exercice d'une pression  » psychique sur un enfant en cas de contrainte sexuelle ou
de viol (infractions de contrainte sexuelle des articles 189 et 190 CP) par un auteur dans
son proche entourage social. Le condamné avait conclu à l'annulation de ses condamnations correspondantes, car il n'aurait pas créé, à l'égard de la victime, une situation
de contrainte. Les infractions de contrainte sexuelle exigent que l'auteur use de menace
ou de violence, exerce sur la victime des pressions d'ordre psychique ou mette celle-ci
hors d'état de résister. L'«  exercice d'une pression  » psychique, qui place l'enfant dans
une situation de contrainte sans issue, suppose que celui-ci puisse déjà former sa
volonté concernant sa propre liberté sexuelle (sinon, entre en considération le crime
d'actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de
résistance, article 191 CP). Il convient toujours de renoncer à définir une limite d'âge
fixe à partir de laquelle un enfant peut former une telle volonté. Les circonstances du
cas d'espèce sont déterminantes. A cet égard, selon la jurisprudence, il ne doit être
admis qu'avec retenue qu'un enfant n'est pas capable de discernement sur ce point. Si,
comme dans le cas présent, la victime de huit ans et demi à dix ans et demi peut déjà
être supposée capable de discernement comme les enfants en âge prépubère au sens
large, il convient cependant de tenir compte de son infériorité, de sa volonté influençable et du développement encore très incomplet de sa personnalité. L'«  exercice d'une
pression » psychique sur l'enfant par un auteur dans son proche entourage social est
également possible sans l'utilisation active de la contrainte ou de la menace de désavantages. L'auteur laissant penser à l'enfant que les actes sexuels seraient normaux,
respectivement constitueraient une faveur, ou celui faisant croire à l'enfant qu'il s'agit
d'une belle chose, que l'on pourrait vivre ensemble, place également l'enfant dans une
situation inextricable, telle que celles couvertes par les infractions de contrainte
sexuelle. L'influence sur la volonté de la victime est à cet égard d'autant plus grande
que celle-ci est jeune et proche de l'auteur. Lorsque l'auteur obtient une situation de
contrainte par la création d'une configuration secrète et qu'il maintient celle-ci, on peut
partir du principe que l'impasse perdure pour l'enfant. Cela vaut également si l'enfant se
fait persuader qu'il serait ridicule, que personne ne le croirait ou qu'il devrait avoir honte
si des tiers venaient à apprendre les faits.