<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Pour avoir circulé en état d'ivresse, le mercredi 23 août 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 00 h 15, et ne pas avoir été porteur en la circonstance de son permis de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conduire, sur lequel il est apparu ultérieurement que des inscriptions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manuscrites avaient été apportées, L. s'est vu notifier en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">date du 3 octobre 1995 une première ordonnance pénale qui le condamnait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une peine ferme de 45 jours d'emprisonnement, ainsi qu'à 575 francs de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par une seconde ordonnance pénale notifiée le 12 janvier 1996,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L. a été condamné à une amende de 200 francs et à 98 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de frais pour infraction aux articles 36 al. 4, 90 al. 1 LCR, 3 al. 1 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">17 al. 1 OCR. Cette condamnation faisait suite à un accrochage que L. avait causé le 5 janvier précédent, sur le trottoir nord, à la hauteur de l'immeuble no 10 de l'Avenue Léopold-Robert, à La Chaux-de-Fonds, en effectuant avec son camion une marche arrière, sans avoir préalablement pris toutes les précautions nécessaires et sans avoir fait appel à une tierce personne pour l'aider.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L. a formé, en temps utile, opposition contre ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux ordonnances pénales.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Renvoyé de ce fait devant le Tribunal de police du district de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La Chaux-de-Fonds, L. a été condamné pour avoir conduit en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étant pris de boisson à 45 jours d'emprisonnement et au paiement de 610</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs de frais. Le premier juge a considéré, non sans avoir hésité, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les préventions en relation avec l'accrochage du 5 janvier 1996 pouvaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être abandonnées. Il est parti en outre du principe que la peine de 45</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours d'emprisonnement ferme requise par le Ministère public pour l'ivres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se au volant commise le 23 août 1995 était proportionnée à la culpabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de L. . Ce dernier, qui avait déjà été condamné le 10 juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991 à une peine de 30 jours d'emprisonnement ferme pour ivresse, avait en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet entrepris une course inutile alors qu'il était fortement sous l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fluence de l'alcool (taux moyen de 2,33 % et minimum de 2,12 %) et s'était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en plus comporté de manière inqualifiable avec les agents, au moment de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son interpellation. Selon le premier juge, le sursis ne pouvait d'autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">part entrer en considération, le pronostic global, fondé à la fois sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstances de l'acte, le caractère et les antécédents de L. , lui étant largement défavorable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. L. se pourvoit en cassation contre ce jugement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en formulant trois critiques. Il se plaint tout d'abord du fait que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge a méconnu l'article 63 CP, en ne prenant en considération</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour fixer la peine que les éléments qui lui étaient défavorables. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estime ainsi anormal d'avoir été condamné à la même peine que celle qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait été prononcée par le Ministère public dans son ordonnance du 3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1995, alors que depuis, il a commencé un traitement auprès du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Service médico-social de La Chaux-de-Fonds. L. reproche</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ensuite au premier juge de ne pas avoir examiné si, en application des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">articles 43 et 44 CPS, la peine prononcée ne devait pas être suspendue au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">profit du traitement ambulatoire commencé auprès du Service médico-social</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de La Chaux-de-Fonds. Il prétend enfin qu'au vu des efforts qu'il a con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sentis, il aurait fallu envisager de lui octroyer le sursis, quitte à lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">imposer certaines règles de conduite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le Président du Tribunal de police du district de La Chaux-de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Fonds conclut au rejet du recours, après avoir formulé quelques observa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions. Le premier juge précise notamment que contrairement à ce que Jean-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Claude L. lui reproche, en jouant sur les mots, il n'a pas tenu compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans son jugement d'une première condamnation, remontant à 1986, éliminée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">depuis du casier judiciaire. Le Ministère public conclut également au re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jet du recours, mais sans formuler d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délais légaux (art. 244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Contrairement à ce que semble penser le recourant, le premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge n'a pas maintenu la peine que le Ministère public lui avait infligée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans son ordonnance pénale du 3 octobre 1995. A partir du moment où il y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été fait opposition, cette ordonnance a en effet valu ordonnance de renvoi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art. 13 CPP), de sorte que la peine de 45 jours d'emprisonnement qui y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait été fixée est devenue les réquisitions du Ministère public (Gérard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Piquerez, Précis de procédure pénale suisse, 2ème éd., p. 399, n 2115).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Or, les tribunaux ne sont pas liés par les réquisitions du Ministère pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blic. Même s'il est vrai que le premier juge a eu connaissance d'une cir-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constance favorable au recourant qui était ignorée du Ministère public, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'y a donc aucune pertinence à vouloir comparer le jugement entrepris avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ordonnance pénale du 3 octobre 1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 63 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité du délinquant, en tenant compte de ses mobiles, de ses antécédents et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa situation personnelle. N'étant pas une juridiction d'appel, la Cour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cassation n'a pas à fixer la peine d'après sa propre appréciation. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cet égard, son pouvoir d'examen n'est pas plus étendu que celui de la Cour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cassation pénale du Tribunal fédéral (RJN 5 II 124).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Elle n'intervient dès lors que si le premier juge est sorti du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadre légal, s'est fondé sur des éléments dépourvus de pertinence, n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris en considération des éléments déterminants ou encore qu'il ait abusé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de son pouvoir d'appréciation (ATF 118 IV 342, JT 1994 IV 67).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le cas d'espèce, le premier juge n'a pas omis de mentionner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans son jugement tous les éléments qui ont été pris en considération pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesurer la peine. Parmi ces éléments, même s'il y est plus particulière-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment fait allusion dans le cadre de l'examen du pronostic à poser, le pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mier juge a de toute évidence retenu, à juste titre d'ailleurs, comme cir-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constance atténuante, le fait que le recourant a entrepris un traitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auprès du Service médico-social de La Chaux-de-Fonds, puisqu'il reconnaît</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à ce traitement un caractère très positif. Le premier juge a par ailleurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correctement évalué les circonstances défavorables qui ont été prises en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considération. Ainsi, il est certain que l'ivresse lourde que présentait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant dénote chez lui une absence de scrupule inquiétante à l'égard</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des autres usagers de la route (ATF 118 IV 2). Contrairement à ce dont se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plaint le recourant, en jouant effectivement sur les mots, le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a retenu d'autre part comme antécédent à sa charge que sa condamnation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">datant du 10 juin 1991, à l'exclusion de celle remontant à 1986, qui a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éliminée depuis du casier judiciaire. L'eût-il fait qu'il n'aurait de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute manière pas été possible de le lui reprocher (ATF 121 IV 3). Dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors que la peine infligée au recourant peut être subie en semi-détention,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">on doit admettre enfin que sa vie professionnelle a été suffisamment prise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en considération et préservée (ATF 121 IV 97). Le grief du recourant selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lequel la peine prononcée serait arbitrairement sévère eu égard à ses ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">percussions sur son travail est donc également injustifé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'appréciation globale faite par le premier juge de la culpabi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité du recourant, objectivement et subjectivement, échappe indiscutable-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment au grief de l'arbitraire. Le jugement entrepris est certes sévère. On</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne saurait toutefois retenir qu'il est manifestement insoutenable parce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'arbitrairement sévère ou que la peine fixée l'a été à partir de prémis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses juridiquement erronées. Or, ce n'est que si l'une ou l'autre de ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditions étaient réalisées que l'on pourrait admettre une fausse appli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation de l'article 63 CPS (RJN 6 II 127; ATF 107 IV 62). Tel n'est mani-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">festement pas le cas.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. De manière hésitante, pour ne pas dire peu convaincue, il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait grief au premier juge de ne pas avoir octroyé le sursis que le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant avait pourtant sollicité. La retenue avec laquelle le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">critique le jugement à ce sujet tient au fait que celui-ci est conscient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que, relevant du pouvoir d'appréciation du premier juge, la question du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sursis ne peut être revue que s'il y a eu arbitraire. D'après une juris-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prudence constante, le juge du fait dispose en effet d'un large pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation en ce qui concerne l'opportunité de prononcer le sursis. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour de cassation du Tribunal cantonal, à l'instar de celle du Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédéral, n'intervient que si le pronostic de la juridiction inférieure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">repose sur des considérations étrangères à la disposition appliquée ou qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">apparaissent comme insoutenables (ATF 116 IV 281, 115 IV 82, 101 IV 329);</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsque le sursis a été refusé, la Cour n'a pas à dire s'il aurait pu être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accordé, mais uniquement si en le refusant, le premier juge a excédé les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limites de son pouvoir d'appréciation (RJN 1991 p. 66).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le cas d'espèce, on peut regretter que le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ait pas exposé de façon plus détaillée les motifs qui l'on conduit à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refuser le sursis au recourant. Il ne saurait toutefois être question</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'annuler le jugement entrepris, sous prétexte que sa motivation pourrait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être améliorée (ATF 116 IV 291, 292). Le résultat auquel le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est parvenu est compatible en effet avec les circonstances qui résultent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du dossier et du jugement. Les faits justifiant le pronostic du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge sont par ailleurs parfaitement vérifiables par la Cour de cassation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">On peut ainsi partager son appréciation d'ensemble, globalement défavora-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble au recourant, tant pour ce qui concerne sa situation personnelle que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour ce qui a trait aux circonstances particulières de l'acte. Il ne faut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas oublier en effet que pour que le sursis puisse être accordé, le prono-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">stic doit être favorable aux deux points de vue (RJN 1994 p. 96). Il con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vient enfin de rappeler que lorsqu'un conducteur pris de boisson avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déjà été condamné pour une infraction de même nature, un pronostic favora-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble ne peut être posé que s'il jouit d'une excellente réputation à tous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">égards (RJN 1991 p. 64), ce qui n'est manifestement pas le cas du recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant. Ne serait-ce que pour ce seul motif, le premier juge n'a donc en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tout cas pas fait preuve d'arbitraire en prononçant une peine ferme.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Quand bien même il n'a jamais pris jusque-là de conclusions en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce sens, le recourant prétend que dans la mesure où il l'a implicitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré comme étant alcoolique, le premier juge aurait de se pencher sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la question de savoir s'il ne fallait pas ordonner un traitement ambula-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toire, en application des articles 43 et 44 CP. Selon le recourant, cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">examen s'imposait d'autant plus que comme la preuve en a été apportée, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait déjà commencé un tel traitement auprès du Service médico-social, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La Chaux-de-Fonds. Sans l'affirmer très clairement, le recourant émet en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">outre l'avis que la poursuite de son traitement est incompatible avec la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine qui a été prononcée, ce qui aurait dû amener le juge à en suspendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exécution, conformément à l'article 43 ch. 2 al. 2 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A teneur de l'article 44 CPS, le juge peut interner le délin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quant alcoolique dans un établissement pour alcooliques ou au besoin dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un établissement hospitalier, lorsque les infractions qu'il a commises</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont en rapport avec son état, et que la mesure paraît propre à prévenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de nouveaux crimes ou délits; il peut aussi ordonner un traitement ambu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">latoire. En dépit de la lettre du texte légal, son pouvoir d'appréciation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en la matière est limité, de sorte qu'il ne saurait renoncer arbitraire-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment A l'application de l'article 44 CP, s'il en estime les conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remplies. Il peut par contre user de sa liberté d'appréciation sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réalisation de ces conditions, en recourant au besoin pour ce faire au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concours d'un expert (art. 13 al. 1 in fine et 44 ch. 1 al. 2 CP;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Logoz/Sandoz, Commentaire du Code pénal suisse, partie générale, 2ème éd.,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p. 270).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le cas d'espèce, le recourant n'a jamais formellement de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandé pendant la procédure à ce qu'un traitement ambulatoire soit ordonné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et n'a pas même présenté de requête tendant à ce qu'on le soumette à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expertise pour que cette question soit examinée. Compte tenu du pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation laissé en ce domaine par la loi, on ne voit dès lors pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour quelles raisons le premier juge aurait dû d'office ordonner une ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertise et aborder cette question (RJN 1991 p. 61; SJ 1991 p. 24). Le dos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sier établit nullement en effet que le recourant serait alcoolique, ce que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce dernier n'a d'ailleurs jamais revendiqué. Certes, le dossier permet de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constater que le recourant à une propension à abuser de boissons alcooli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ques en certaines circonstances. Cela n'en fait pas pour autant un alco-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">olique, pas plus d'ailleurs le fait qu'il se soit décidé à entreprendre un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traitement auprès du Service médico-social de La Chaux-de-Fonds, quelques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours après le premier contact avec son mandataire. L'attestation sommaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établie par ce service en date du 26 avril 1996 (D. 57) ne permet pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'arriver à une autre conclusion. Au vu de l'ensemble des circonstances,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le premier juge n'était donc nullement tenu d'examiner si un traitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ambulatoire n'aurait pas été plus opportun qu'une peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> A supposer que toutes les conditions nécessaires pour ordonner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un traitement ambulatoire auraient été réalisées, le premier juge n'aurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de toute manière pas dû suspendre l'exécution de la peine au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 43 ch. 2 al. 2 CP. En dérogation au principe relativement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">strict posé par la jurisprudence (ATF 116 IV 101), il n'aurait pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utile à l'évidence de recourir in casu à l'avis d'un expert pour admettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la compatibilité du traitement ambulatoire du recourant avec sa peine. De</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manière toute générale, il tombe en effet sous le sens qu'en principe une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine privative de liberté de 45 jours, exécutée sous le régime de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">semi-détention, ne saurait compromettre le résultat d'un traitement ambu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">latoire suivi de manière plus ou moins régulière déjà, en raison d'exigen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces professionnelles. Tout autre solution aurait alors contrevenu au prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipe selon lequel le but d'un traitement ambulatoire n'est pas d'éviter ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de différer indéfiniment l'exécution d'une peine appropriée (ATF 107 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">20, JT 1982 IV p. 73).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Pour ces différentes raisons, le pourvoi doit être rejeté, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais étant mis à la charge du recourant. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant les frais de la procédure de recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> arrêtés à 440 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 29 avril 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>