<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A l'époque des faits, les demandeurs, M. et R. , étaient propriétaires de la totalité des actions de F. &amp; Cie SA (ci-après F. SA), société anonyme dont le capital s'élevait à fr. 500'000.--, divisé en 500 actions nominatives de fr. 1'000.-- chacune, entièrement libérées. Le but de cette société, dont le siège se situe à La Chaux-de-Fonds, est le développement, la production et la commercialisation de cadrans d'horlogerie en tous genres.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par contrat du 28 novembre 1991, les demandeurs ont vendu la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">totalité de leurs actions au défendeur, B., domicilié à …. Le prix de vente était fixé à fr. 11.200.000.--.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En raison de diverses difficultés, le défendeur n'a pas réglé le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prix à l'échéance convenue. Après plusieurs mises en demeure, et par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courrier du 15 juin 1992, le mandataire des demandeurs a écrit au manda-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire du défendeur que ses mandants avaient décidé de se départir du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrat en faisant usage de leur droit de résolution.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. En application de l'article 22 du contrat de vente du 28 no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vembre 1991, les intimés ont ouvert une procédure arbitrale. Ils ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposé le 12 octobre 1993 une demande par laquelle ils prennent les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusions suivantes :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "Plaise au Tribunal arbitral:</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 1.- Condamner B. à verser à MM. M. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> R. la somme de fr. 7'644.799.45 à titre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dommages et intérêts.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2.- Condamner B. aux frais et dépens de l'arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> trage."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le défendeur a déposé une réponse rédigée en allemand le 29 mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994, puis une version en français le 13 mai 1994, dont les conclusions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont les suivantes :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "1.- Les demandes des MM. M. et R. doivent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> être refusées entièrement dans la mesure, dans laquelle on peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> entrer en cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2.- Condamner MM. M. et R. aux frais et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dépens de l'arbitrage."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans leur mémoire final du 28 février 1995, les demandeurs ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cependant réduit leur prétention à un total de 3'718'496.45 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par sentence des 12 septembre 1995 et 15 février 1996, notifiée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le 2 avril 1996, le tribunal arbitral a condamné le défendeur à payer aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandeurs la somme de 577'498.20 francs; il a fixé les frais d'arbitrage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 280'000 francs, les faisant supporter par moitié par chaque partie, et a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensé les dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il a considéré en bref que la lettre du 15 juin 1992 du conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des demandeurs valait résolution du contrat, que les demandeurs avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit à des dommages-intérêts négatifs, ceux-ci étant en l'occurrence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admis uniquement pour ce qui concerne des prétentions de salaire pour la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">période allant du 1er janvier 1992 au 15 juin 1992 (cons.7 litt.f p.29).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le tribunal a admis que M. devait être indemnisé à raison de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">641'666 francs, et R. à raison de 320'831 francs (total</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">962'497 francs). Il a toutefois déduit de cette somme un montant équi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valant à l'économie d'impôt réalisée par les demandeurs, soit 40 % des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revenus bruts. D'où un montant finalement arrêté à 577'498.20 francs. Tous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les autres postes du dommage allégué ont été écartés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. B. recourt contre cette sentence, sans invoquer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expressément l'un des motifs prévus à l'article 36 du concordat inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonal sur l'arbitrage (ci-après : CIA). Après avoir rappelé la pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tention litigieuse des demandeurs (chiffre 2.2.1 du recours), puis sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propre position (chiffre 2.2.2 du recours), le recourant fait la critique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la sentence (chiffre 2.2.3 du recours) : en bref, il conteste la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation du tribunal selon laquelle les demandeurs n'ont pas retiré de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">salaire pour la période allant du 1er janvier au 15 juin 1992. Il conteste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ensuite le fait que le tribunal a rejeté sa propre opinion, selon laquelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les demandeurs auraient pu continuer normalement de retirer leur salaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même pour cette même période. Enfin, le recourant - et c'est "la partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">centrale de ce recours en nullité" (p.7) - critique le lien que fait le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal arbitral entre l'absence de salaires perçus par les demandeurs en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">début d'année 1992 et l'absence de diminution des actifs de la société qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en résulte, d'une part, et le calcul de dommages-intérêts plus ou moins</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élevés, d'autre part; le recourant considère que l'argumentation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal arbitral a été faussée : il a retenu à tort que les parties</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paraissaient l'une et l'autre admettre - mais sans l'avoir prouvé ni même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allégué - que le prix des actions avait été basé sur la valeur de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rendement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par son président, le Tribunal arbitral s'est référé purement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">simplement à la sentence qu'il a rendue, sans formuler d'autres observa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions. Dans les leurs, les intimés concluent au rejet du recours sou suite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de frais et dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Déposé dans les formes et délai légaux auprès de l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétente pour en connaître, contre une sentence arbitrale, le recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est recevable (art. 37 CIA; art. 2 et 4 LC sur l'arbitrage, RSN 252.1). </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Comme le relèvent les intimés, le recourant n'invoque pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expressément un des motifs énumérés exhaustivement à l'article 36 CIA. Une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">référence expresse n'est toutefois pas nécessaire, pour autant que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande d'annulation de la sentence expose d'une manière précise et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détaillée le grief qui est invoqué et qui serait constitutif d'un des mo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tifs de recours (Jolidon, Commentaire du Concordat suisse sur l'arbitrage,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1984, n. 31 et 33 ad art. 36; Lalive, Poudret, Reymond, Le droit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arbitrage, 1989, n. 1.5 ad art. 36).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Clairement, le recourant invoque des motifs tirés de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arbitraire dans la constatation des faits. Ce grief est recevable et une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sentence arbitrale peut être attaquée en nullité ( art. 36 litt.f) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "lorsque la sentence est arbitraire parce qu'elle repose sur des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> constatations manifestement contraires aux faits résultant du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dossier ou parce qu'elles constituent une violation évidente du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> droit ou de l'équité".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il convient à cet égard de rappeler que la possibilité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrôle de la sentence arbitrale sur le fond, par la voie de l'article 36</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.f CIA, est extrêmement limitée. Le système adopté par le CIA tend à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ouvrir cette possibilité de recours, en raison d'un vice qui affecte le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contenu de la sentence, que dans les cas d'une extrême gravité. La contra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diction manifeste avec les faits résultant du dossier ne permet donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nullement au recourant de critiquer librement l'administration et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appréciation des preuves par le Tribunal arbitral. Dans ce domaine en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet, l'autorité de recours cantonale doit reconnaître aux tribunaux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arbitraux une grande liberté et ne revoir leur décision à cet égard que si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elles sont évidemment fausses ou arbitraires ou si elles reposent sur une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inadvertance manifeste (ATF 107 Ia 251; Jolidon, op.cit. n. 94 ad art. 36;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Lalive, Poudret, Reymond, op.cit., n. 1.5 et 4f ad art. 36).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Le recourant prétend d'abord que le tribunal a retenu sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve que les demandeurs n'avaient pas retiré de salaire entre le 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier et le 15 juin 1992. Le grief n'est pas fondé. Le tribunal a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectivement retenu ce fait (chiffre 11a, p.13 de la sentence). La preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se trouve d'une part dans les déclarations fiscales des demandeurs pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1991 et 1992, où l'on constate un gain en 1990 et 1991 de 1'400'000 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour M. , et de 700'000 francs pour R. , puis une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"nouvelle situation, sans activité lucrative depuis le 01.01.1992" pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les deux demandeurs; la preuve se trouve d'autre part dans le témoignage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">très clair (voir en particulier la page 3 du procès-verbal) de N. , administrateur de la fiduciaire N. SA, organe de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révision de la société F. SA depuis 1989. Ces moyens de preuve sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limpides, et le recourant n'explique pas pour quel motif le tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'aurait pas pu se fonder sur eux pour retenir le fait comme établi, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'instar d'ailleurs de ce qu'a dû décider l'autorité fiscale, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">application de l'art. 105 de la loi sur les contributions directes.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant reproche ensuite au tribunal d'avoir retenu sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve le fait que les demandeurs ne pouvaient plus retirer normalement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur salaire pour la période considérée. Il ne suffit toutefois pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formuler ce grief, il faut encore l'étayer. Or rien dans le recours ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permet d'éprouver des hésitations sur ce fait retenu par le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arbitral. A nouveau, les déclarations fiscales des demandeurs ainsi que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">témoignage de N. , organe de révision de la société (qui signe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également comme mandataire les déclarations d'impôts des deux demandeurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour les années 1991 et 1992), en sont la preuve.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Toujours à ce sujet, le recourant considère qu' "il n'est pas du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tout évident, pourquoi les demandeurs n'auraient pas pu révoquer cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclaration [auprès du fisc] et retirer les salaires normalement" (p.7 du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours). En disant cela, ils perdent précisément de vue que l'allocation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de dommages-intérêts négatifs vise à réparer le préjudice né de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signature d'un contrat qui, d'une part, impliquait pour les demandeurs de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cesser leur activité dès le 1er janvier 1992 et qui, d'autre part, a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rompu à juste titre par les vendeurs en raison de la demeure de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acheteur. Autrement dit, s'ils n'avaient pas signé ce contrat, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandeurs auraient pu continuer de travailler et gagner leur salaire. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrat ayant dû être résolu, les demandeurs - qui n'ont pas perçu leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">salaire - doivent être dédommagés de ce chef.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On ne doit pas perdre de vue qu'au moment où a été prise la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision de rompre le contrat, soit le 15 juin 1992, les demandeurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avaient - ou non - prélevé un salaire depuis le début de l'année; à cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">date, le fait existait - ou non -, et la question n'est pas de savoir si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'on pouvait ultérieurement y remédier. Or les arbitres ont retenu que MM.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. et R. n'avaient pas prélevé de salaire (même s'ils ont dû</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">continuer à assumer la direction de l'entreprise, comme le note aussi le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">témoin N. ). Le recourant ne démontre pas pourquoi cette constatation,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondée sur les déclarations d'impôts et le témoignage précité, serait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arbitraire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Enfin, le recourant reproche au tribunal de n'avoir pas pris</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en compte des allégués de sa réponse et de son mémoire final, avec cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquence que le calcul des dommages-intérêts a été totalement faussé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le raisonnement du recourant procède apparemment d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incompréhension de sa part: il se plaint de ce que le tribunal n'a pas vu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">- à la page 3 de sa réponse et aux pages 16 et 17 de son mémoire final -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des faits considérés à tort pour non allégués (à savoir un prix de vente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des actions fondé sur la valeur de rendement de l'entreprise, plutôt que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur son bilan). Or, c'est bien cette hypothèse qu'a retenue le tribunal:</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en l'absence d'allégués (croyait-il, mais il est vrai que le défendeur a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bel et bien allégué ces faits), le tribunal s'est tout de même fondé sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la valeur de rendement ("les deux parties paraissent admettre que le prix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des actions a été basé sur la valeur de rendement..."). Donc, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raisonnement du tribunal est resté le même, avec ou sans les allégations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétendument inexistantes. Le tribunal a refusé en revanche d'examiner -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en vertu de la maxime d'office - l'influence réelle des salaires non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perçus sur le prix de vente des actions. Mais cela, le recourant ne le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voulait pas non plus, en sorte qu'il n'a pas à se plaindre d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raisonnement qui le suit dans sa logique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans un considérant du jugement qui apparaît presque comme un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obiter dictum, le Tribunal arbitral écrit: "On peut se demander si le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versement des salaires aurait influé sur le prix de revente des actions de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. SA" (p.30 et 31). En posant cette question - qui suscite du reste la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réaction la plus vive du recourant - le tribunal semble avoir perdu de vue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il s'agit ici d'une résolution du contrat, et donc d'une prétention à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des dommages-intérêts négatifs : si le contrat n'avait pas été conclu, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">salaires auraient certes été perçus par les demandeurs; mais alors, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'aurait pas été question de contrat de vente, ni donc d'évaluation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actions de la société sur la base de la valeur de rendement ou du bilan.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Toujours dans l'hypothèse des dommages-intérêts négatifs (soit l'hypothèse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la non-conclusion du contrat), il faut calculer la perte de gain</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(lucrum cessans) ou le dommage survenu (damnum emergens), avec la fiction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la société continuait son activité, sans égard au fait que son bilan a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pu présenter un solde diminué du montant des salaires ici en cause, ou que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa valeur de rendement a pu apparaître comme inférieure. Pour les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandeurs personnellement, rien n'aurait changé, dans l'hypothèse où le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrat n'aurait pas été conclu : ils continuaient de posséder leurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actions et d'administrer leur société, moyennant un salaire. C'est bien à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause de la conclusion du contrat que la situation s'est modifiée. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dédommagement qu'ils obtiennent ici (et qui équivaut à leur salaire perdu)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les replaçait dans la situation qui aurait été la leur s'ils n'avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclu ce contrat. Autrement dit, il est vain de polémiquer sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question que s'est posée le Tribunal arbitral, cette question apparaissant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">finalement sans conséquence sur le calcul des dommages-intérêts négatifs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au vu de ce qui précède, ce troisième grief n'est pas davantage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Aucun des griefs formulés par le recourant n'est fondé, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">regard de l'article 36 litt.f CIA. Partant, le recours doit être rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le recourant qui succombe supportera les frais et les dépens de la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cédure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA CHAMBRE DES AFFAIRES ARBITRALES</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant les frais, qu'il a avancés par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 3'300 francs, ainsi qu'une indemnité de dépens à payer aux intimés de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 2'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 26 septembre 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>