Lausanne, 28. März 2018
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 2. März 2018 (1C_598/2016)
Speicherung und Aufbewahrung von Randdaten der Telekommunikation zulässig
Das Bundesgericht weist die Beschwerde von sechs Privatpersonen im Zusammenhang mit der Speicherung und Aufbewahrung von Randdaten der Telekommunikation ab, wie sie gestützt auf das bis zum 1. März 2018 geltende Bundesgesetz
betreffend die Überwachung des Post- und Fernmeldeverkehrs erfolgte. Der Eingriff
in die Grundrechte der Betroffenen erweist sich als verhältnismässig.
Artikel 15 Absatz 3 des bis zum 1. März 2018 geltenden Bundesgesetzes betreffend die
Überwachung des Post- und Fernmeldeverkehrs (aBÜPF) verpflichtete die Fernmeldedienstanbieter, die für die Teilnehmeridentifikation notwendigen Daten sowie die
Verkehrs- und Rechnungsdaten ihrer Kunden zu speichern und während sechs Monaten
aufzubewahren. Das neue BÜPF führt diese Regelung fort. Aus diesen sogenannten
Randdaten geht hervor, mit wem, wann, wie lange und von wo aus eine Person eine
Telekommunikationsverbindung hatte. Sechs Privatpersonen gelangten 2014 an den
Dienst Überwachung Post- und Fernmeldeverkehr und verlangten im Wesentlichen, die
jeweiligen Anbieter von Fernmeldediensten anzuweisen, ihre Daten zu löschen und die
Speicherung ihrer Randdaten in Zukunft zu unterlassen. Der Dienst wies die Gesuche
ab. Das Bundesverwaltungsgericht kam 2016 zum Schluss, dass die Speicherung und
Aufbewahrung der Randdaten gemäss Artikel 15 Absatz 3 aBÜPF die Grundrechte der
Betroffenen nicht in unzulässiger Weise verletzen würden.
Das Bundesgericht weist die Beschwerde der sechs Privatpersonen gegen diesen
Entscheid ab. Die Speicherung und die Aufbewahrung von Randdaten stellen einen Eingriff in die Grundrechte der Betroffenen dar, insbesondere in das Recht auf Achtung des
Privatlebens, das den Anspruch auf informationelle Selbstbestimmung miteinschliesst.
Die Intensität dieses Grundrechtseingriffs ist allerdings zu relativieren: die gespeicherten
Daten betreffen nicht den Inhalt der Kommunikation und werden von den Fernmeldeunternehmen weder gesichtet noch miteinander verknüpft; für einen Zugriff der Strafverfolgungsbehörden müssen die qualifizierten gesetzlichen Voraussetzung der Strafprozessordnung erfüllt sein. Artikel 15 Absatz 3 aBÜPF bildete für die Randdatenspeicherung
eine hinreichende gesetzliche Grundlage. Die Einschränkung der Grundrechte der
Betroffenen durch die Randdatenspeicherung und -aufbewahrung ist als verhältnismässig zu erachten. Sie dient der Aufklärung von Straftaten und bezweckt darüber hinaus
die Unterstützung der zuständigen Behörden bei der Suche und Rettung vermisster Personen, womit ein gewichtiges öffentliches Interesse vorliegt. Der Gesetzgeber hat sich
ausdrücklich für das System einer umfassenden und anlasslosen Speicherung und
Aufbewahrung der Randdaten ausgesprochen und diesen Entscheid auch im Rahmen
der Totalrevision des BÜPF bestätigt. Weiter sehen die datenschutzrechtlichen Bestimmungen der Schweiz zahlreiche wirksame und angemessene Garantien zum Schutz vor
Missbrauch und behördlicher Willkür vor. Unter diesen Rahmenbedingungen ist auch die
sechsmonatige Aufbewahrungsdauer nicht unverhältnismässig. Damit gelangt das Bundesgericht zu einer anderen Beurteilung der Vorratsdatenspeicherung als der Gerichtshof der Europäischen Union für das Unionsrecht. Lausanne, le 28 mars 2018
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 2 mars 2018 (1C_598/2016)
Admissibilité de l'enregistrement et de la conservation de don nées
secondaires de télécommunications
Le Tribunal fédéral rejette le recours formé par six personnes concernant l'enregistrement et la conservation des données secondaires de télécommunications en vertu
de la loi fédérale sur la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication, en vigueur jusqu'au 1 er mars 2018. L'atteinte aux droits fondamentaux des
personnes concernées est jugée conforme au principe de la proportionnalité.
L'article 15 alinéa 3 de la loi fédérale sur la surveillance de la correspondance par poste
et télécommunication, en vigueur jusqu'au 1 er mars 2018 (aLSCPT), imposait aux fournisseurs de services de télécommunications d'enregistrer et de conserver durant six
mois les données permettant l'identification des usagers ainsi que les données relatives
au trafic et à la facturation. La nouvelle LSCPT reprend cette réglementation. Ces
données secondaires sont celles qui indiquent avec qui, quand, combien de temps et
d'où une personne a été en communication. Six particuliers se sont adressés en 2014
au Service chargé de la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication afin principalement qu'il soit ordonné aux fournisseurs de services d'effacer leurs
données et de cesser à l'avenir l'enregistrement de leurs données secondaires. Le Service rejeta cette requête. En 2016, le Tribunal administratif fédéral est arrivé à la conclusion que l'enregistrement et la conservation des données secondaires selon l'article 15
alinéa 3 aLSCPT ne portaient pas une atteinte disproportionnée aux droits fondamentaux des personnes concernées.
Le Tribunal fédéral rejette le recours formé contre cette décision par les six intéressés.
L'enregistrement et la conservation des données secondaires constituent une atteinte
aux droits fondamentaux, en particulier au respect de la sphère privée dont découle le
droit de garder la maîtrise de ses données personnelles. La gravité de cette atteinte doit
toutefois être relativisée : les données enregistrées ne se rapportent pas au contenu
des communications et elles ne sont ni examinées, ni recoupées par les fournisseurs de
services de télécommunications ; les autorités de poursuite pénale ne peuvent y avoir
accès qu'aux conditions strictes posées par le droit de procédure pénale. L'article 15
alinéa 3 aLSCPT constitue une base légale suffisante pour l'enregistrement des données secondaires. L'atteinte aux droits fondamentaux résultant de l'enregistrement et de
la conservation de ces données doit être considérée comme proportionnée. Elle sert à
élucider les infractions pénales et permet aussi d'aider les autorités compétentes dans
la recherche et le sauvetage de personnes disparues, ce qui correspond à un intérêt
public important. Le législateur s'est expressément prononcé pour un système global et
inconditionnel d'enregistrement et de conservation des données secondaires, choix qu'il
a encore confirmé lors de la révision totale de la LSCPT. Par ailleurs, les dispositions du
droit suisse sur la protection des données présentent des garanties nombreuses,
efficaces et appropriées contre des abus ou contre l'arbitraire des autorités. Dans ces
conditions, le délai de conservation de six mois apparaît lui aussi proportionné. A cet
égard, le jugement du Tribunal fédéral s'écarte de la décision de la Cour de justice de
l'Union européenne concernant les directives européennes rendues dans cette matière.