<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le 28 avril 1995, le service des contributions a dénoncé W. au ministère public pour avoir soustrait à l'impôt des ristour-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nes que la société W. SA, dont il est actionnaire, a reçues de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1987 à 1990 de la part de certains fournisseurs. Durant cette période, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">société W. SA a bénéficié à quatre reprises de ristournes de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. SA pour un montant total de 134'608 francs. Ces ristour-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nes ont été payées par chèques que le recourant a personnellement encais-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sés. En 1991, la somme de 134'608 francs a été comptabilisée par le débit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du compte courant de W. et par le crédit du compte "achats</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sanitaires" dans les comptes de W. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon deux décisions du service des contributions et deux déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sions de l'office de l'impôt fédéral direct (toutes confirmées par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal administratif le 22 février 1996), W. SA a dû payer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">somme de 26'468.35 francs représentant le montant d'impôt cantonal et une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">amende fiscale ainsi que la somme de 14'406 francs représentant le montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'impôt fédéral direct et une amende fiscale. Pour W. , ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chiffres se sont élevés à 21'088.15 francs, respectivement 19'105.65</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon le Service des contributions, les ristournes n'ont pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptabilisées dans la société W. SA et W. n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionné les montants touchés dans ses déclarations d'impôt.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Durant l'instruction, le recourant a reconnu les faits en pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cisant qu'il n'avait pas eu pour but de frauder le fisc mais voulait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éviter des problèmes à ses fournisseurs qui lui proposaient des ristournes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"confidentielles". Le recourant a en outre précisé qu'avant l'ouverture de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'enquête fiscale, soit en 1991, un montant de 134'608 francs a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">extourné de son compte courant auprès de la société et comptabilisé dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le compte "achats sanitaires".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 13 juin 1995, le ministère public a renvoyé W. devant le Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en requérant contre lui une peine de 75 jours d'emprisonnement et de 8'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs d'amende.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par jugement du 29 février 1996, le Tribunal de police du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de La Chaux-de-Fonds a condamné W. , en ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plication des articles 130 bis al.1 et 193 litt.a LCDir (recte 139 litt.a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LCDir) à 15 jours d'emprisonnement et à 1000 francs d'amende pour avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présenté aux autorités fiscales des comptabilités inexactes de 1987 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990. Le premier juge a retenu que la comptabilité de W. SA ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faisait pas apparaître les ristournes reçues de 1987 à 1990 et que par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquent les éléments constitutifs des infractions visées étaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réalisés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En ce qui concerne la fixation de la peine, le premier juge a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré, comme circonstance aggravante, que les infractions se sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">répétées sur plusieurs années et, comme circonstances atténuantes, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">W. avait mis un terme de son propre chef à la pratique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">antérieure, qu'il n'avait pas disposé personnellement des ristournes, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les montants portés sur son compte courant ont été extournés, qu'en outre,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour les années considérées, il ne prélevait pas la totalité du dividende</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui lui était attribué mais laissait, dans un compte intitulé "compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant W. " la contre-valeur des chèques encaissés. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge a encore tenu compte, pour fixer la peine, du fait qu'à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avis les comptes d'insuffisance d'impôt payés par W. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnellement paraissent très sévères, si ce n'est injustifiés,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstance qui doit être prise en considération dans le cadre de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixation de la peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans son pourvoi, le ministère public invoque l'arbitraire dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appréciation des faits. Il conclut à la cassation avec renvoi du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement entrepris. Il estime que le premier juge a retenu de façon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">erronée que W. n'a en aucune manière disposé à titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnel des ristournes effectuées. En outre, il reproche au premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'avoir retenu que le prévenu a porté sur ses déclarations d'impôt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnelles l'ensemble des prestations appréciables en argent touchées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par W. SA, alors qu'il résulterait clairement de la lecture des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclarations d'impôt et de l'arrêt du Tribunal administratif du 22 février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995 que les ristournes consenties entre 1987 et 1990 n'ont pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionnées dans les déclarations fiscales correspondantes. Pour le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant, le jugement attaqué est en parfaite contradiction avec les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éléments du dossier, contient dès lors des constations de fait évidemment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fausses et arbitraires qui ont eu indéniablement une incidence sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différence entre la quotité de la peine requise et celle prononcée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Dans ses observations du 5 juin 1996, le président suppléant du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds conclut au rejet du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours en expliquant que W. n'a pas encaissé la totalité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du dividende pourtant mentionné dans ses déclarations d'impôt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnelles. La différence représentant le montant des ristournes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encaissées, le recourant aurait ainsi fait figurer la totalité des sommes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectivement encaissées au titre de revenus.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> W. conclut au rejet du recours. Il expose qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résulte du dossier et de ses déclarations qu'il a toujours considéré que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les ristournes touchées de D. SA appartenaient à W. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">SA; c'est pourquoi il n'a pas prélevé de dividende ni d'autres prestations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la société durant la période prise en considération. Il affirme avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pensé qu'en encaissant les chèques D. SA et en déclarant un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dividende à peu près équivalent mais non prélevé, il satisfaisait à ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligations fiscales. W. reconnaît que le jugement attaqué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est motivé avec une certaine maladresse, mais estime que cela n'a eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune influence sur la quotité de la peine dès lors que le juge savait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il faisait état de l'appréhension des faits par le prévenu telle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle a été démontrée au cours des deux audiences qui ont précédé le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Entrée en vigueur le 1er janvier 1995, la loi fédérale sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'impôt fédéral direct (LIFD) a, par son article 201, abrogé l'arrêté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernant la perception d'un impôt fédéral direct (AIFD). Toutefois, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">impôts relatifs à la période précédent l'entrée en vigueur de la LIFD</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">restent régis par l'AIFD (Agner/Joung/Steinmann, Kommentar zum Gesetz über</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">die direkte Bundessteuer, 1995, p.515). En ce qui concerne les disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions pénales, les relations entre les deux lois se déterminent confor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mément au principe de la "lex mitior" de l'article 2 CP : les infractions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commises avant 1995 restent soumises à l'AIFD, à moins que la LIFD n'ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paraisse plus favorable au fautif (op.cit., p.470-471). Or, les disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions pénales de la LIFD, bien que mieux structurées et rédigées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'auparavant, sont sur le fond identiques à celles de l'AIFD (op.cit., p.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">466). C'est notamment le cas de la fraude fiscale (usage de faux) prévue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux articles 130 bis AIFD et 186 LIFD.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le cas du recourant doit donc être traité en application des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règles de l'AIFD.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'article 130 bis al.1 AIFD stipule que "celui qui, lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une soustraction (art.129), aura fait usage de documents faux, falsifiés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou inexacts quant à leur contenu, tels que livres comptables, bilans,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptes de résultat ou certificats de salaires ou autres attestations de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tiers, dans le dessein de tromper l'autorité fiscale, sera puni de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'emprisonnement ou de l'amende jusqu'à 30'000 francs; la répression de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soustraction d'impôt est réservée".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En droit cantonal, l'article 139a LCdir a la même teneur, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réserve en outre la perception de l'impôt soustrait.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les deux dispositions visent la soustraction d'impôt qualifiée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou fraude fiscale proprement dite (J. Gauthier, Fraude fiscale et droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénal, RPS 1979, p.264 ss et 275); plus particulièrement, l'usage de faux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en matière fiscale, qui n'est que l'une des formes de la tromperie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">astucieuse qui caractérise le concept plus général d'escroquerie fiscale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(J.-M. Rivier, Introduction à la fiscalité de l'entreprise, 2ème éd.,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1990, p.396 ss). Il y a escroquerie à l'impôt, selon le Tribunal fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 115 I 68 - JT 1990 IV 87), dans tous les cas de violation par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contribuable de ses obligations consistant à obtenir une taxation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">injustement favorable par la production de documents falsifiés ou inexacts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernant des éléments d'appréciation importants (ATF 110 IV 28 - JT 1984</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">IV 139).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'article 957 CO exige que toute personne astreinte à tenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des livres possède une comptabilité qui révèle la situation financière de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'entreprise, l'état des créances et des dettes se rattachant à l'exploi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tation, de même que le résultat des exercices annuels. Selon l'article 958</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CO, elle doit dresser un inventaire et un bilan au début de l'entreprise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi qu'un inventaire, un compte d'exploitation et un bilan à la fin de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chaque exercice annuel. Selon l'article 959 CO, le compte d'exploitation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et le bilan sont dressés conformément aux principes généralement admis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le commerce et doivent "être complets, clairs et faciles à consul-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter". Pour être "régulièrement tenue", la comptabilité doit respecter en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulier les principes d'exactitude, d'intégralité et de clarté, ce que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'aucuns résument en principe de sincérité. Par documents inexacts, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faut entendre les écrits non conformes à la vérité, l'inexactitude</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">englobant également ce qui n'est pas complet (Claude Mossu, Mesures contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la fraude fiscale, Commentaires, Zürich, 1992, p.112). La comptabilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une personne astreinte à tenir des livres et les éléments qui la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">composent constituent des titres au sens de l'article 110 ch.5 CP en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison de la valeur que la loi leur attribue (ATF 121 IV 131 ss, 134). A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fortiori, constituent-ils des titres faux au sens des articles 130 bis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">AIFD et 139a LCDir lorsqu'ils sont déposés et invoqués à l'appui de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclarations fiscales par un contribuable astreint à tenir une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptabilité commerciale et servent à une soustraction d'impôt, voire la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dissimulent. Comptes et annexes ont alors une portée juridique fiscale,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même si la déclaration d'impôt elle-même n'est pas considérée comme un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titre en droit pénal fiscal actuel (RDAF 1987, 285 ss, 274).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En l'espèce, c'est à juste titre que le premier juge a consi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déré que les éléments objectifs de l'infraction étaient réalisés, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptabilité de la société W. SA étant manifestement inexacte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entre 1987 et 1990 puisque les ristournes reçues des fournisseurs n'y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">figuraient pas.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Le délit de l'article 130 bis AIFD, comme celui de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">139a LCDir sur le plan cantonal, suppose le dessein de tromper le fisc,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mais pas nécessairement une tromperie astucieuse (J.-M. Rivier, op.cit.,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.401), l'usage de faux (livres comptables, bilans, comptes de pertes et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">profits notamment) suffit objectivement. Il doit cependant avoir été com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mis intentionnellement, c'est-à-dire avec conscience et volonté, dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">but d'échapper à l'impôt. A cet égard, la jurisprudence considère que "la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve de l'intention est apportée lorsqu'il est établi avec suffisamment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de certitude que le contribuable était conscient de ce que les indications</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il a données étaient incomplètes ou inexactes. Si cette connaissance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est établie, il faut admettre que le débiteur a aussi agi volontairement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">c'est-à-dire avec l'intention de tromper les autorités fiscales et d'obte-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nir une taxation trop basse, ou, à tout le moins, s'en est accommodé (dol</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éventuel)" (RDAF 1987, p.15 ss, 20). Pour qu'il y ait volonté selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 18 al.2 CP, il faut, et il suffit, que le résultat ait été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accepté pour le cas où il se produirait, sans nécessairement que l'auteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ait agi de manière à en favoriser l'avènement (ATF 119 IV 1 ss, 3). La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation qu'une personne a agi avec conscience et volonté fait partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'établissement des faits qui lie la Cour de cassation pénale, sauf</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">erreur manifeste ou arbitraire du premier juge (art.251 al.2 CPP; RJN</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993, 120).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, c'est également avec raison que le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a considéré que les éléments subjectifs de l'infraction étaient réalisés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. a) L'articles 63 CP prévoit que le juge fixe la peine d'après la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culpabilité de délinquant, en tenant compte des mobiles, des antécédents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et de la situation personnelle de ce dernier. Le juge peut atténuer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine dans certaines circonstances qu'énumère l'article 64 CP, ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsque l'auteur aura manifesté par des actes un repentir sincère, notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment lorsqu'il aura réparé le dommage autant qu'on pouvait l'attendre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui (ch.4).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> N'étant pas une juridiction d'appel, la Cour de cassation n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas à fixer la peine d'après sa propre appréciation. A cet égard, son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'examen n'est pas plus étendu que celui de la Cour de cassation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénale du Tribunal fédéral (RJN 7 II 115, 5 II 124). Elle n'intervient dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors que si le premier juge a outrepassé son pouvoir d'appréciation en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononçant un jugement manifestement insoutenable parce qu'arbitrairement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sévère ou clément, ou si la peine a été fixée à partir de prémisses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridiquement erronées (ATF 121 IV 49 et les références citées; RJN 6 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">127).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Pour fixer la peine à laquelle il a condamné W. , le premier juge s'est référé à l'ensemble des circonstances de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'affaire. Dans le considérant du jugement relatif à la peine, il n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionné spécialement que l'honnêteté intellectuelle dont W. a fait preuve lors de la comptabilisation rétroactive de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ensemble des ristournes.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Parmi les autres circonstances prises en considération, figure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'affirmation que le recourant "ne prélevait pas la totalité du dividende</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui lui était attribué mais laissait, dans un compte courant intitulé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"compte courant W. ", la contre-valeur des chèques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encaissés". On constate, à la lecture des observations du premier juge,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il en déduit que le recourant déclarait au fisc un dividende qu'il ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">touchait pas entièrement, alors qu'il était taxé sur la totalité de ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il déclarait. W. aurait payé ses impôts sur un revenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">supérieur à ce qu'il touchait effectivement et la différence serait égale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au montant des ristournes encaissées. Le fisc n'aurait dès lors pas fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de perte en ce qui concerne la taxation de W. . Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation ne résulte pas du dossier et semble même en contradiction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec lui.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La Cour de cassation pénale peut toutefois, bien que que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant admette lui-même que la motivation du premier juge n'exprime pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vraiment ce qui a été fait au niveau comptable, substituer à ce motif la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatation que les infractions antérieures de plus cinq ans au 28 avril</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995 sont prescrites de telle sorte que la peine prononcée ne peut être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qualifiée de particulièrement clémente et peut être maintenue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le pourvoi est mal fondé et doit être rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Vu le sort de la cause, les frais seront laissés à la charge de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 19 décembre 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>