<h2>SubmittedText<h2><p>Le 3 janvier 1997, à Sodere en Éthiopie, 27 représentants d'organisations représentatives politiques de Somalie ont signé une déclaration solennelle qui pourrait être selon de nombreux observateurs un pas important vers une paix durable pour ce pays.</p><p>1. Comment le Conseil fédéral apprécie-t-il les conséquences de cet appel ?</p><p>2. La déclaration comprend un appel à la communauté internationale pour une aide à la réconciliation et à la reconstruction. Comment le Conseil fédéral a-t-il donné ou entend-il donner suite à cet appel (bons offices, aide matérielle à la reconstruction, etc.)?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>La réponse aux deux questions soulevées en relation avec les négociations menées entre les représentants de 26 factions de la Somalie du 22 novembre 1996 au 3 janvier 1997 à Sodere en Éthiopie doit être entendue dans le contexte historique de la Somalie et à la lumière des événements d'un passé encore très récent.</p><p>Contexte : Bien que Siyad Barré, souverain des Somaliens pendant de longues années, renversé au début de 1992, ait souligné à maintes reprises que la Somalie formait une unité homogène (un peuple, une langue, une religion), le pays demeure écartelé en une quantité de clans et de sous-clans qui n'ont cessé de se combattre entre eux. Dès l'accession à l'indépendance, l'intégration de ces factions en un seul État a posé et pose encore problème. Les tentatives de l'ONU, au-delà de l'aide humanitaire, d'agir de l'extérieur sur les structures du pouvoir internes à l'État somalien se sont enlisées dès le début et ont confirmé le fait qu'il appartient aux factions, clans et sous-clans en Somalie de décider eux-mêmes de l'avenir du pays.</p><p>1. Dans ce contexte historique et au vu du passé récent de la Somalie, la rencontre des 26 factions somaliennes à Sodere en Éthiopie semble être un pas digne d'être salué, une base vers la recherche d'une solution de paix. Le "National Salvation Council", fondé à Sodere a reçu le mandat de mettre en place un gouvernement de transition. Les factions qui ont pris part à la conférence semblent avoir manifesté la volonté de faire passer les intérêts nationaux avant les ambitions personnelles, ce qui n'était pas le cas jusqu'alors. C'est pourquoi cette nouvelle tentative mérite qu'on lui accorde attention et soutien, même s'il est vrai qu'une tentative similaire entreprise en 1993 à Addis Abeba est restée dans une large mesure sans succès.</p><p>L'absence de Hussein Aydiid, fils et successeur du général Aydiid tué l'année dernière, à la rencontre de Sodere révèle toutefois les profondes divergences entre celui-ci et le principal autre prétendant au pouvoir en Somalie, Ali Mahdi Mohammed. Pour ce dernier, comme pour les représentants d'autres clans et factions, la Somalia National Alliance d'Aydiid n'est rien de plus qu'une composante parmi beaucoup d'autres d'un éventuel gouvernement de transition. Aux yeux d'Aydiid en revanche, il n'est pas nécessaire de prévoir un autre gouvernement de transition vu qu'il en existe déjà un : le sien. Il s'agit enfin d'inclure dans un concept global pour une solution du conflit somalien la question du Somaliland, dont le président autoproclamé, Mohamed Ibrahim Egal, n'était pas représenté non plus à Sodere. L'absence d'Egal à Sodere est comprise comme le signe de sa crainte pour l'indépendance de son État, séparé depuis 1991 du reste de la Somalie, au cas où l'on parvenait à une solution globale de paix. À la rencontre de Sodere se trouvaient aussi des représentants de l'Organisation pour l'unité africaine (OUA) et du groupe régional d'États englobant sept pays, l'IGAD (Intergovernmental Authority on Developpment), mandatés par un de leurs pays membres, l'Éthiopie, pour jouer un rôle de médiateur dans le conflit de Somalie.</p><p>Le Conseil fédéral voit dans l'ouverture au dialogue et à la négociation manifestée par les participants à Sodere l'opportunité de progresser vers une solution de paix. Toutefois, sans la participation de toutes les factions, notamment de celle de Hussein Aydiid, à la mise sur pied du futur Gouvernement somalien, le risque subsiste que les conflits armés se poursuivent. Les principaux prétendants au pouvoir disposent en effet d'arsenaux d'armes suffisants pour continuer d'imposer leur volonté par les armes.</p><p>2. La Suisse est membre du Forum des partenaires de l'IGAD, un regroupement de divers pays donateurs prêts à soutenir les États de l'IGAD - dont la Somalie - également pour la résolution des conflits. Cette offre s'est exprimée lors de la conférence du Forum des partenaires de l'IGAD, le 25 février 1997, à Rome, à laquelle la Suisse était représentée.</p><p>La Suisse continue à soutenir la Somalie dans le cadre d'un concept régional de 1995 au travers d'activités de l'ASC. Elle soutient de plus financièrement des organisations partenaires expérimentées telles le CICR, en mesure d'apporter une aide humanitaire et d'atteindre concrètement les groupes de population en Somalie même et des réfugiés somaliens dans les pays voisins. Ces cinq dernières années, depuis le renversement de Siyad Barré en 1992, cette aide s'est montée globalement à 12,4 millions de francs. Le contexte général pour une véritable aide humanitaire à la Somalie n'existe cependant pas encore actuellement.</p><p>Le Conseil fédéral continue de suivre attentivement la situation politique et son évolution en Somalie. Il table sur la motivation de toutes les parties en présence en Somalie à aménager le cadre constitutionnel d'un État de droit - ce qui permettra à ce pays d'être reconnu par la communauté internationale - ainsi que sur leur volonté d'aménager les conditions nécessaires à la reconstruction du pays.</p>  Réponse du Conseil fédéral.