<h2>SubmittedText<h2><p>L'Office fédéral de la santé publique (OFSP), constatant la montée dramatique des contaminations par le VIH, a lancé une campagne d'affiches avec des slogans simplets. Voici, en substance, quelques-uns des slogans publiés en langue allemande :</p><p>- "Chères politiciennes, chers politiciens de la santé, même si vos caisses sont malades, n'oubliez pas le sida."</p><p>- "A tous les hôteliers : la Bible n'est pas la seule chose à devoir figurer dans toutes les chambres."</p><p>- "Homosexuels, apprenez donc aux hétéros comment se protéger correctement."</p><p>- "Chère Migros, chère Coop, mettez les préservatifs près de la caisse pour qu'on ne les oublie pas."</p><p>(www.stopaids.ch/d/plakate-d-01.html)</p><p>Quelle est la position du Conseil fédéral au vu des déclarations selon lesquelles :</p><p>- les caisses-maladie seraient malades ?</p><p>- la Bible et le préservatif produiraient le même effet ?</p><p>- les homosexuels auraient des connaissances sur la manière de se protéger correctement ?</p><p>- les préservatifs seraient un "moyen thérapeutique" devant être vendu à la caisse du supermarché ?</p><p>Face à ces déclarations erronées et offensantes, le Conseil fédéral est-il prêt à :</p><p>- se distancier de la campagne de l'OFSP ?</p><p>- orienter davantage les campagnes ultérieures vers la fidélité dans le couple, l'éthique et la morale ?</p><p>- rechercher d'autres moyens que la "capote" pour combattre cette terrible maladie qu'est le sida ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Le Conseil fédéral s'inquiète de l'augmentation, ces deux dernières années, des infections au VIH en Suisse. La campagne appelle à la vigilance face à cette maladie incurable et à la poursuite des mesures visant à empêcher la transmission du virus. L'expérience faite en Suisse et à l'étranger montre que les messages encourageant l'usage du préservatif y contribuent fortement.</p><p>La campagne Stop sida 2003 entend, avec un grand nombre d'affiches publicitaires, inciter une fois de plus groupes cibles et médiateurs à prendre leurs responsabilités et à participer à la prévention du sida. En faisant délibérément recours à la provocation, les slogans mentionnés par l'auteur de l'interpellation attirent l'attention. En effet, pour qu'un message passe, il doit interpeller, surtout au vu de la très grande diversité des messages publicitaires diffusés actuellement. Si Stop sida est la campagne d'information et de prévention la plus connue en Suisse, c'est qu'elle a toujours su rendre attentif au VIH et au sida et encourager la discussion.</p><p>Depuis ses débuts en 1987, la campagne Stop sida en appelle à la responsabilisation des citoyens, sans pour autant prendre un ton moralisateur. Evitant d'interdire ou de prescrire, elle explique constamment comment se protéger lors de contacts à risque. Souhaiter que le message insiste davantage sur la fidélité dans le couple est compréhensible, mais, du point de vue de la santé publique, cela ne suffit pas. Il est vrai que la fidélité mutuelle protège d'une infection au VIH, mais un appel tronqué à la fidélité, par le biais des médias, peut tromper ; en effet, les jeunes sont très souvent fidèles, mais généralement, ils changent de partenaires après un certain temps (l'expression "monogamie sérielle" utilisée par les experts pour le comportement des jeunes traduit parfaitement cette idée). Ils seraient par conséquent aussi peu protégés du virus que la personne qui ignore que son partenaire n'est pas toujours fidèle. C'est pourquoi l'utilisation du préservatif, telle que recommandée par la campagne Stop sida, constitue un concept de protection, d'une part, efficace du point de vue de la santé publique et, d'autre part, recommandé par les administrations sanitaires internationales (OMS, Onusida).</p>  Réponse du Conseil fédéral.