B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour IV D-6523/2013 A r r ê t d u 2 8 n o v e m b r e 2 0 11 Composition Yanick Felley, juge unique, avec l'approbation de William Waeber, juge ; Rémy Allmendinger, greffier. Parties A._______, né le (…), prétendument d'origine palestinienne, recourant, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière) et renvoi; décision de l'ODM du 30 octobre 2013 / N (…). D-6523/2013 Page 2 Vu la demande d'asile déposée en Suisse par A._______, le 3 septembre 2013, la décision du 30 octobre 2013, notifiée le 14 novembre 2013, par laquel- le l'ODM, en application de l'art. 34 al. 2 let. d de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi, RS 142.31), n'est pas entré en matière sur dite demande, a prononcé le transfert du prénommé vers la Belgique et a ordonné l'exécu- tion de cette mesure, constatant l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours, le mémoire de recours adressé au Tribunal administratif fédéral (Tribunal) le 21 novembre 2013 ( date du sceau postal), où il est conclu à l'annula- tion de la décision précitée et à l'entrée en matière sur la demande d'as i- le, les demandes d'assistance judiciaire partielle et de dispense d'une avan- ce de frais dont il est assorti, et considérant que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Trib u- nal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités me n- tionnées à l'art. 33 LTAF, qu'en particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile pe u- vent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 [LTF, RS 173.110]), exception non réalisée en l'espèce, que l'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA, applicable par ren- voi de l'art. 37 LTAF), que le reco urs, interjeté dans la forme (art. 52 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, D-6523/2013 Page 3 qu'il est renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n’étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que, saisi d'un recours contre une décision de non -entrée en matière sur une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien -fondé d'une telle décision (cf. ATAF 2009/54 consid. 1.3.3., ATAF 2007/8 consid. 5 p. 76 ss ; ULRICH MEYER/ISABEL VON ZWEHL, L'objet du litige en procédure de droit administratif fédéral, in : Mélanges en l'honneur de Pierre Moor, Berne 2005 p. 435 ss), que, dans le cas d'espèce, il y a lieu de déterminer si l'ODM était fondé à faire application de l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, disposition en vertu de laquel- le l'office fédéral n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi, que, selon l'art. 29a al. 1 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile re- lative à la procédure [OA 1, RS 142.311]), et en application de l'Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté eur o- péenne relatif aux critères et aux mécanis mes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68), l'ODM – avant de faire application de la disposition précitée – examine la compétence rela- tive au traiteme nt d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un de s Etats me m- bres par un ressortissant d'un pays tiers (Journal officiel des Communa u- tés Européennes [JO] L50/1 du 25.2.2003 ; ci-après : Règlement Dublin II) (cf. ATAF 2010/45 consid. 3.2), que, s'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du trai- tement de la demande d'asile, l'ODM rend une décision de non -entrée en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d'asile (art. 29a al. 2 OA1) ; que cet office peut, pour des raisons humanitaires, également traiter la demande lorsqu'il ressort de l'examen qu'un autre Etat est compétent (art. 29a al. 3 OA1), qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin II, une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre, celui -ci étant déterminé à l'aide des critères fixés à son chapitre III, D-6523/2013 Page 4 que, selon ces critères, l'Etat compétent est celui où réside déjà en qual i- té de réfugié un membre de la famille du demandeur puis, successiv e- ment, celui qui a délivré au demandeur un titre de séjour ou un visa, celui par lequel le demandeur est entré, régulièrement ou non, sur le territoire de l'un ou de l'autre des Etats membres, et celui auprès duquel la d e- mande d'asile a été présentée en premier (cf. art. 5 en relation avec les art. 6 à 13 du règlement Dublin II), que la responsabilité de l'examen d'une demande d'asile cesse si le re s- sortissant d'un pays tiers a quitté le territoire des Etats membres pendant une durée d'au moins trois mois, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité délivr é par l'Etat membre responsable, mais également si l'Etat membre responsable de l'examen de la demande d'asile a pris et effectivement mis en œuvre, à la suite du retrait ou du r e- jet de la demande d'asile, les dispositions nécessaires pour que le ressor- tissant d'un pays tiers se rende dans son pays d'origine ou dans un autre pays, où il peut légalement se rendre (cf. art. 16 par. 3 et 4 du règlement Dublin II ; cf. également l'art. 4 par. 5 de ce règlement), qu'enfin, en dérogation aux critères de compétenc e définis ci -dessus, chaque Etat membre a la possibilité d'examiner la demande d'asile de la personne concernée (cf. la clause de souveraineté prévue à l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin II et la clause humanitaire prévue à l'art. 15 de ce même règlement ; cf. également l'art. 29a al. 3 OA 1), qu'en d'autres termes, il y a lieu de renoncer au transfert au cas où celui - ci ne serait pas conforme aux engagements de la Suisse relevant du droit international, ou encore pour des raisons humanitaires, en applicat ion de l'art. 29a al. 3 OA 1 (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.4, ATAF 2011/9 consid. 4.1, ATAF 2010/45 consid. 7 et 8, ATAF 2001/35 consid. 2.5 non publié), qu'en l'espèce, les investigations entreprises par l'ODM ont révélé, après consultation de l'unité centra le du système européen Eurodac, que l'int é- ressé a déposé une demande d'asile en Belgique, le 6 décembre 2010, qu'en date du 18 octobre 2013, l'autorité inférieure a dès lors soumis aux autorités compétentes belges une requête aux fins de reprise en charge, fondée sur l'art. 16 par. 1 point e du Règlement Dublin II, que, le 24 octobre 2013, lesdites autorités ont expressément accepté de reprendre en charge le requérant, sur la base de cette disposition, D-6523/2013 Page 5 que la Belgique a ainsi reconnu sa compétence pour traiter la demande d'asile de l'intéressé, que ce point n'est du reste pas contesté, que le recourant s'est toutefois opposé à un transfert en Belgique, sollicitant l'application de la clause de souveraineté prévue à l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin II, motif pris qu'il aurait subi des violences de la part des forces de l'ordre belges, que la Suisse est tenue d'appliquer la clause de souveraineté lorsque le transfert envisagé viole des obligations de droit international public, en particulier des normes impératives du droit international général, dont le principe du non -refoulement et l'interdiction de la torture (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.2 et réf. cit.), que la Belgique , comme tous les autres Etats liés par l'AAD, est signataire de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101), de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105), de la Conven tion du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) ainsi que du Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301) et, à ce titre, en applique les dispositions, que, dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des demandeurs d'asile, en particulier leur droit portant sur l'examen selon une procédure juste et équitable de leur demande, et leur garantir une protection conforme au droit international et au droit européen (cf. directive n° 2005 /85/CE du Conseil du 1 er décembre 2005 relative à des normes minimales concernant la procédure d'octroi et de retrait du statut de réfugié dans les Etats membres [JO L 326/13 du 13.12.2005, ci - après : directive "Procédure"] ; directive n° 2003/9/CE du Cons eil du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les Etats membres [JO L 31/18 du 6.2.2003, ci - après : directive "Accueil"]), que cette présomption de sécurité n'est certes pa s absolue ; qu'elle doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une pratique avérée de violation des normes minimales de l'Union e u- ropéenne (cf. ATAF 2010/45 consid. 7.4 et 7.5 ; voir aussi Cour eur o-D-6523/2013 Page 6 péenne des droits de l'homme, arrêt M.S.S. c. Belgique et Grèce, requête no 30696/09, 21 janvier 2011, § 341 ss, arrêt Affaire R.U. c. Grèce, requê- te no 2237/08, 7 juin 2011 § 74 ss), qu'elle peut également être renversée en présence d'indices sérieux que, dans le cas concret, les autorités de cet Etat ne respecteraient pas le droit international (cf. ATAF 2010/45), que, s'agissant de la Belgique, il n'y a aucun indice suggérant l'existence d'une pratique de violation des normes européennes, qui serait compar a- ble à celle admise en ce qui concerne la Grèce, qu'en outre, aucun élément ou indice objectif, concret, sérieux et conve r- gent n'a été fait valoir par l'intéressé ou ressort d'un examen d'office du dossier, que ses conditions d'existence en Belgique atteindraient, en cas de transfert dans ce pays, un te l degré de pénibilité, de gravité et de pr é- carité qu'elles seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH (cf. ATAF 2011/9 consid. 7), que par ailleurs, il n'existe aucun indice permettant de penser que la Bel- gique n'offrirait pas une pro tection efficace au regard du principe absolu de non -refoulement et faillirait à ses obligations internationales en re n- voyant le recourant dans son pays d'origine au mépris de ce principe, que l'intéressé a invoqué le court délai de recours pour justifier l'impossi- bilité d'obtenir d es documents et joindre l'UNHCR en Belgique relative- ment à son cas, qu'il avait cependant le temps d'entreprendre les démarches mentio n- nées, se trouvant sur territoire helvétique depuis plus de deux mois, que si, de retour en Belgique, le recourant devait estimer que ce pays vio- le ses obligations d'assistance ou, de toute autre manière, porte atteinte à ses droits fondamentaux, il lui appartiendrait d'agir directement devant les autorités belges en utilisant les voies de droit adé quates, puis, éventuel- lement de saisir les instances internationales, que l'intéressé a également allégué que les autorités belges avaient joint son cousin, domicilié (…), par téléphone, que cette allégation, nullement étayée, n'est toutefois pas déterminante, D-6523/2013 Page 7 que, dans ces conditions, le transfert de l'intéressé en Belgique n'est pas contraire aux engagements de la Suisse relevant du droit international, que le recourant a également fait valoir des motifs médicaux, s'opposant, selon lui, au transfert, qu'à teneur du certificat médical du 11 novembre 2013, il souffre d'un état de stress et d'anxiété très important, avec risque auto-hétéro agressif, que la CourEDH exige un seuil de gravité élevé pour que l'état de santé d'une personne lui permette de s'opposer à son expulsion (arrêt CourEDH Emre contre Suisse du 22 mai 2008 § 92 ; N. c. Royaume -Uni précité § 42 ; cf. aussi ATF 2D_67/2009 du 4 février 2010 consid. 6.1), qu'en l'occurrence, l es affections dont souffrent le recourant n'atteignent manifestement pas ce seuil, qu'ainsi, les problèmes médicaux invoqués ne sont pas d'une gravité telle qu'il faille renoncer à son transfert en Belgique, que par ailleurs, l'intéressé pourra y bénéficier des soins médicaux qui lui sont nécessaires, qu'à l'évidence, aucun élément au dossier n'est de nature à démontrer l'existence de "raisons humanitaires" justifiant l'application de la clause de souveraineté au sens de l'art. 29 a al. 3 OA 1, expression devant être i n- terprétée restrictivement (cf. ATAF 2011/9 consid. 8.1 et 8.2, ATAF 2010/45 consid. 8.2.2 p. 643 ; voir aussi arrêt du Tribunal administratif f é- déral E-3301/2010 du 25 octobre 2010 consid. 3.1.6), qu'il y a lieu d'ajouter que le règlement Dublin II ne confère pas au reco u- rant le droit de choisir l'Etat membre offrant, à son avis, les meilleures conditions d'accueil des requérants d'asile ou encore des personnes au bénéfice d'une protection subsidiaire, comme Etat responsable de l'ex a- men de sa demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.3), que, partant, la Belgique demeure l'Etat responsable de la procédure d'asile du recourant, au sens du règlemen t Dublin II, et est tenu de le re- prendre en charge dans les conditions prévues à l'art. 20 dudit règlement, que c'est donc à bon droit que l'ODM a refusé d'entrer en matière sur sa demande d'asile, en vertu de l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, et qu'il a prononcé son renvoi (transfert) en Belgique, en application de l'art. 44 al. 1 LAsi et D-6523/2013 Page 8 en l'absence d'un droit à une autorisation de séjour (cf. art. 32 let. a OA 1), que, lorsqu'une décision de non -entrée en matière Dublin doit être pr o- noncée parce qu'un autre Etat membre de l'espace Dublin est respons a- ble de la procédure d'asile et que la clause de souveraineté ne s'applique pas, il n'y a pas de place p our un examen séparé d'un éventuel emp ê- chement à l'exécution du renvoi (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.2.3 et 10), qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, que, s'avérant manifestement infondé, il l'est dans une procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 let. e LAsi), que, dans la mesure où il est imméd iatement statué sur le fond, la demande de dispense d'une avance de frais est sans objet, que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la demande d'a ssistance judi ciaire partielle formulée par le recourant est rejetée (art. 65 al. 1 PA), que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), (dispositif page suivante) D-6523/2013 Page 9 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée. 3. Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 4. Le présent arrêt est adressé au recourant, à l'ODM et à l'autorité cantona- le compétente. Le juge unique : Le greffier : Yanick Felley Rémy Allmendinger Expédition :