B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour III C-3706/2013 A r r ê t du 1 9 a o û t 2 0 1 4 Composition Madeleine Hirsig-Vouilloz, juge unique, Nicole Ricklin, greffière. Parties A._______, représentée par Comité de protection des travailleurs frontaliers européens, recourante, contre Office de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à l'étranger OAIE, Avenue Edmond-Vaucher 18, Case postale 3100, 1211 Genève 2, autorité inférieure. Objet Assurance-invalidité (décision du 30 mai 2013). C-3706/2013 Page 2 Faits : A. A._______, ressortissante française, née le (…) 1953, a travaillé en Suis- se en 1972, 1974 et de 1986 à 2001 et cotisé à l'AVS/AI. Elle habite ac- tuellement en France et n'exerce pas d'activité lucrative. B. Le 3 janvier 2003, l'assuré e a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité (AI pce 1). L'Office de l'assurance-invalidité du Can- ton de Bâle campagne (OAI-BL) a ordonné une expertise qui a révélé une invalidité de 60 % pour des raisons psychiques, à savoir un épisode d é- pressif de degré moyen (AI pce 20). Par décisions du 30 décembre 2004, l'Office de l'assurance -invalidité pour les assurés résidant à l'étranger (OAIE) a octroyé à l'assurée, sur la base d'un degré d'invalidité de 60 %, une demi-rente d'invalidité dès le 1 er avril 2002 et un trois quart de rente d'invalidité dès le 1er avril 2004 (AI pce 26). C. Lors d'une première révision de rente, l'OAIE a confirmé par communic a- tion du 29 juillet 2009 le droit à un trois quart de rente d'invalidité (AI pce 51). Lors d'une deuxième révision de rente, l'OAIE a constaté une amélio- ration de l'état de santé , puisque l'assurée ne présentait plus qu'un ép i- sode dépressif de degré léger, et a supprimé la rente d'invalidité à com p- ter du 30 novembre 2012 par décision du 2 octobre 2012 , retenant un degré d'invalidité de 30 % (AI pce 68). Cette décision est entrée en force. D. Le 22 novembre 2012, l'assurée a présenté une nouvelle demande de prestations de l'assurance -invalidité. Elle a argué que son état de santé s'était aggravé (AI pce 73) et joint à sa demande trois certificats médicaux énumérant les diagnostics connus depuis plusieurs années (AI pce 74). Par projet de décision du 3 avril 2013 , l'OAI-BL a signifié à l'assurée qu'il entendait ne pas entrer en matière sur la nouvelle demande parce qu'il n'était pas établi de manière plausible que l'invalidité s'était modifiée de manière à influencer le droit aux prestations depuis la suppression de la rente par décision du 2 octobre 2012 (AI pce 77). L'assurée n'a pas pr é- senté d'observations dans le délai imparti. Par décision du 30 mai 2013, l'OAIE n'est pas entré en matière sur la nouvelle demande conformément au projet de décision (AI pce 80). C-3706/2013 Page 3 E. Le 18 juin 2013, l'assurée a interjeté recours contre cette décision devant le Tribunal administratif fédéra l (TAF pce 1). Elle a argué qu'elle était inapte à reprendre une activité professionnelle, a demandé l'octroi d'une rente d'invalidité et joint à son recours trois documents médicaux. F. Par décision incidente du 10 juillet 2013 (TAF pce 4), le Tribunal adminis- tratif fédéral a imparti à l'assurée un délai de 30 jours pour s'acquitter, sous peine d'irrecevabilité du recours, d'une avance de CHF 400.- sur les frais de procédure présumés. L'assurée s'est acquitté e dudit montant le 29 juillet 2013 (TAF pce 7). G. Dans sa réponse au recours du 11 septembre 2013 (TAF pce 11), l'OAIE a proposé le rejet du recours et la confirmation de la décision attaquée. Il a renvoyé à la prise de position de l'OAI -BL du 4 septembre 2013 qui a argué qu'il incombait à l'assurée, après la suppression de la rente par d é- cision du 2 octobre 2012 entrée en force, d'établi r de manière plausible que l'invalidité s'était modifiée de manière à influencer le droit aux presta- tions depuis la suppression de la rente, que les pièces médicales produ i- tes par l'assurée interprétaient les effets de l'état de santé connu d'une manière différente et que c'était à raison que l'OAIE n'était pas entré en matière sur la nouvelle demande dans la décision attaquée. H. Le 10 mars 2014, la recourante a produit un nouveau certificat médical de son médecin traitant daté du 4 janvier 2014 (TAF pce 16). Droit : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal de céans, en vertu de l'art. 31 LTAF en relation avec l'art. 33 let. d LTAF et l'art. 69 al. 1 let. b de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance -invalidité (LAI, RS 831.20), connaît des recours i n- terjetés par les personnes résidant à l'étranger contre les décisions prises par l'OAIE. C-3706/2013 Page 4 1.2 Selon l'art. 37 LTAF la procédure devant le Tribunal de céans est r é- gie par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrati- ve (PA, RS 172.021) pour autant que la LTAF n'en dispose pas autr e- ment. En vertu de l'art. 3 let. dbis PA la procédure en matière d'assurances sociales n'est pas régie par la PA dans la mesure où la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA, RS 830.1) est applicable. Selon l'art. 2 LPGA, les dispositions de ladite loi sont applicables aux assurances sociales régies par la législ a- tion fédérale si et dans la mesure où les lois spéciales sur les assurances sociales le prévoient. Selon l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la LPGA s'appliquent à l'assurance -invalidité (art. 1a à 26bis et 28 à 70), à moins que la LAI ne déroge à la LPGA. 1.3 Selon l'art. 59 LPGA, quiconque est touché par la décision ou la déc i- sion sur opposition et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou modifiée a qualité pour recourir. Ces conditions sont remplies en l'espèce. 1.4 Déposé en temps utile et dans les form es requises par la loi (art. 60 LPGA et 52 PA), le recours est recevable. 2. 2.1 L'accord entre la Suisse et la Communauté européenne et ses Etats membres sur la libre circulation des personnes du 21 juin 1999 (ALCP , RS 0.142.112.681) est entré en vigueur le 1er juin 2002. A cette date sont également entrés en vigueur son annexe II qui règle la coordination des systèmes de sécurité sociale, le règlement (CEE) n° 1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 relatif à l'application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs salariés, aux travailleurs non salariés et aux membres de leur famille qui se déplacent à l'intérieur de la Communauté (RS 0.831.109. 268.1), s'appliquant à toutes les rentes dont le droit prend naissance au 1er juin 2002 et ultérieurement et se sub stituant à toute convention de sécurité sociale liant deux ou plusieurs Etats (art. 6 du règlement), et e n- fin le règlement (CEE) n° 574/72 du Conseil du 21 mars 1972 relatif à l'application du règlement (CEE) n° 1408/71 (RS 0.831.109.268.11). S e- lon l'art. 3 du règlement (CEE) n° 1408/71 les ressortissants des Etats membres de la Communauté européenne et les ressortissants suisses bénéficient de l'égalité de traitement. Selon l'art. 20 ALCP , sauf disposi- tion contraire découlant de l'annexe II, les accords de sécurité sociale bi- latéraux entre la Suisse et les Etats membres de la Communauté eur o- péenne sont suspendus dès l'entrée en vigueur du présent accord, dans C-3706/2013 Page 5 la mesure où la même matière est régie par le présent accord. Dans la mesure où l'accord, en partic ulier son annexe II qui régit la coordination des systèmes d'assurances sociales (art. 8 ALCP) ne prévoit pas de di s- position contraire, l'organisation de la procédure de même que l'examen des conditions à l'octroi d'une rente d'invalidité suisse ressortiss ent au droit interne suisse. 2.2 L'art. 80a LAI rend expressément applicables dans la présente cause, s'agissant d'un ressortissant de l'Union européenne, l'ALCP et les règl e- ments (CEE) n° 1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 et (CEE) n° 574/72 du Conseil du 21 mars 1972 relativement à l'application du règlement (CEE) n° 1408/71. Les nouveaux règlements (CE) n° 883/2004 du Parle- ment européen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale (RS 0.831.109.268.1) et (CE) n° 987/2009 du Parlement européen et du Conseil du 16 septembre 2009 fixant les modalités d’application du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.11), valables dans les relations entre la Suisse et les Etats de l'Union européenne dès le 1er avril 2012, avec l'entrée en vigueur de l'annexe II révisée de l'ALCP , et qui remplacent les règlements (CEE) n° 1408/71 et 574/72, sont également applicables dans la présente pr o- cédure. 2.3 De jurisprudence constante l'octroi d'une rente étrangère d'invalidité ne préjug e pas l'appréciation de l'invalidité selon la loi suisse (arrêt du Tribunal fédéral I 435/02 du 4 février 2003 consid. 2; Revue à l'intention des caisses de compensation [RCC] 1989 p. 330). Même après l'entrée en vigueur de l'ALCP , le degré d'invalidité d' un assuré qui prétend une rente de l'assurance -invalidité suisse est déterminé exclusivement d'après le droit suisse (ATF 130 V 253 consid. 2.4). 3. L'examen du droit à des prestations selon la LAI est régi par la teneur de la LAI au moment de la décision entreprise eu égard au principe selon le- quel les règles applicables sont celles en vigueur au moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF 13 6 V 24 consid. 4.3; 130 V 445 consid. 1.2 et les références). Les dispositions de la révision 6a (premier volet) de la LAI entrées en vigueur le 1 er janvier 2012 sont applicables et les dispositions citées ci -après sont celles en vigueur à compter du 1er janvier 2012 vu la date de la décision attaquée. C-3706/2013 Page 6 4. 4.1 La décision dont est recours fait suite à la suppression de rente par décision du 2 octobre 2012 à compter du 30 novembre 2012. 4.2 En application de l'art. 87 al. 3 et 4 du règlement du 17 janvier 1961 sur l'assurance-invalidité (RAI, RS 831.201), lorsque la rente a été ref u- sée parce que le degré d' invalidité était insuffisant ou accordée pour une période limitée, la nouvelle demande de l'assuré ne peut être examinée que si elle établit de façon plausible que l'invalidité s'est modifiée de m a- nière à influencer ses droits. Il appartient au demandeur d 'apporter cette preuve. Le principe inquisitoire ne s'applique pas à la procédure prévue par l'art. 87 al. 3 RAI (ATF 130 V 68 consid. 5.2.5; arrêt du Tribunal féd é- ral I 607/04 du 6 décembre 2005 consid. 3). A défaut d'apporter cette preuve préalable au no uvel examen du droit à la rente, l'affaire est liqu i- dée sans autre examen par une décision de non -entrée en matière sujet- te à recours devant le tribunal compétent. Toutefois, le degré de la preuve exigé par l'art. 87 al. 3 RAI n'est pas celui de la haute v raisemblance pré- pondérante généralement exigée en matière d'assurance sociale. Il suffit que certains indices (simple vraisemblance) militent en faveur d'une a g- gravation de l'état de santé, même si subsiste la possibilité que la modif i- cation invoquée soit démentie par un examen plus approfondi (cf. arrêt du Tribunal fédéral 9C_881/2007 du 22 févier 2008 consid. 2.2. et 9C_708/2007 du 11 septembre 2008 consid. 2.2). Par ailleurs, si l'adm i- nistration entre en matière sur la demande, elle doit instruire la cau se et déterminer si la modification du degré d'invalidité rendue plausible par l'assuré s'est effectivement produite (ATF 130 V 71 consid. 2.2). 4.3 Dans l'examen des allégations de l'assuré quant à la péjoration de son état de santé, l'administration doit se montrer d'autant plus exigeante pour apprécier le caractère plausible des allégations de l'assuré que le laps de temps qui s'est écoulé depuis sa décision antérieure est bref. I n- versement, si le laps de temps est relativement long l'administration a un devoir d'examen plus large. Elle jouit sur ce point d'un certain pouvoir d'appréciation que le juge doit en principe respecter. Le juge doit comp a- rer la situation existante au moment du rejet de la demande de rente avec les circonstances existantes au moment de la décision de refus d'entrer en matière sur la nouvelle demande (arrêt du Tribunal fédéral I 187/05 du 11 mai 2006, voir ég. ATF 130 V 349 consid. 3.5). 4.4 Le juge ne doit examiner comment l'administration a tranché la que s- tion de l'entrée en matière que lorsque ce point est litigieux, c'est -à-dire C-3706/2013 Page 7 uniquement quand l'administration a refusé d'entrer en matière en se fo n- dant sur l'art. 87 al. 4 RAI et que l'assuré a interjeté recours pour ce motif. Ce contrôle par l'autorité judiciaire n'est en revanche pas nécessaire lors- que l'administration est entrée en matière sur la nouvelle demande (ATF 109 V 114 consid. 2b; ATF du 8 janvier 2007 cause I 597/05). Ces princ i- pes, développés par la jurisprudence en relation avec la nouvelle dema n- de de prestations (art. 87 al. 3 et 4 RAI), sont également applicables, par analogie, à la demande de révision (ATF 130 V 73 consid. 3, 109 V 264 consid. 3). En l'espèce, l'OAIE a rendu une décision de refus d'entrer en matière parce qu'il a estimé qu'il n'était pas établi de manière plausible que l'inva- lidité s'était modifiée de manière à influencer le droit aux prestations d e- puis la suppression de rente par décision du 2 octobre 2012 ( AI pce 68). L'assurée elle-même fait valoir qu'elle a été hospitalisée le 11 juin 2013 et est inapte à reprendre une activité lucrative. Le Tribunal de céans consta- te que, vu la décision du 2 octobre 2012 entrée en force, il est établi qu'à cette date la recourante n'avait pas droit à une rente d'invalidité. Selon les pièces médicales versées au dossier qui confirment les diagnostics déjà connus en octobre 2012, à savoir des séquelles d'un accident vasculaire cérébral survenu en 2007 et une dépression chronique , il n'est pas établi de manière plausible que l'invalidité se soit modifiée de manière à i n- fluencer le droit aux prestations depuis la suppression de rente par déci- sion du 2 octobre 2012. C'est donc à raison que l'OAIE n'est pas entré en matière sur la nouvelle demande dans la décision attaquée. 5. 5.1 Le recours, manifestement infondé, doit parta nt être rejeté dans une procédure à juge unique (art. 85bis al. 3 de la loi fédérale du 20 décembre 1946 sur l'assurance -vieillesse et survivants [LAVS, RS 831.10], appl i- cable par le renvoi de l'art. 69 al. 2 LAI). 5.2 Les frais de procédure, fixés à 400 francs, sont mis à la charge d e la recourante (art. 63 al. 1 PA, applicable par le truchement de l'art. 37 LTAF). Ils sont prélevés sur l'avance de frais du même montant dont elle s'est acquittée au cours de l'instruction. 5.3 Il n'est pas alloué d'indemnité de dép ens (art. 7 al. 3 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173. 320.2]). C-3706/2013 Page 8 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure de CHF 400.- sont mis à la charge de la recouran- te et sont prélevés sur l'avance de même montant déjà fournie. 3. Il n'est pas alloué de dépens. 4. Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Recommandé AR) – à l'autorité inférieure (n° de réf. _______ ; Recommandé) – à l'Office fédéral des assurances sociales (Recommandé) L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. La juge unique : La greffière : Madeleine Hirsig-Vouilloz Nicole Ricklin C-3706/2013 Page 9 Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints au mém oire, pour autant qu'ils soi ent en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :