C our III C -243/2006 {T 0/2} A rrêt du 30 m ars 2007 C om position : Elena Avenati-C arpani (présidente du collège), Andreas Trom m er et R uth Beutler, juges, O liver C ollaud, greffier. A._______ recourante, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité intim ée, concernant Exception aux m esures de lim itation (art. 13 let. f O LE). B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. Lors d'un contrôle effectué le 12 février 1995 au poste frontière de R iehen (Bâle-Ville), il a été constaté que A._______, ressortissante péruvienne née en 1976, tentait de franchir la frontière avec le passeport de sa sœ ur. Sur la base de ces faits, l'autorité fédérale com pétente a prononcé, le 24 m ars 1995, une interdiction d'entrée en Suisse d'une durée de deux ans à l'endroit de l'intéressée. Toutefois, cette décision n'a jam ais été régulièrem ent notifiée à sa destinataire. B. Le 27 février 2003, A._______ a été interpellée par la G endarm erie du canton de G enève. Elle a déclaré dans un prem ier tem ps être une ressortissante bolivienne et avoir perdu son passeport. Après plusieurs autres fausses déclarations de la part de l'intéressée, les forces de l'ordre ont pu finalem ent établir son identité exacte. C es derniers ont en outre découvert une carte d'identité suisse au nom de B._______ dans son sac à m ain. C ette pièce d'identité avait été volée à sa titulaire le 11 octobre 2000. Entendue le m êm e jour par la G endarm erie du canton de G enève, A._______ a notam m ent déclarée qu'elle avait quitté le Pérou en 2002 pour venir illégalem ent en Suisse afin de subvenir aux besoins de son fils, que ce dernier était resté au pays, qu'elle avait trouvé un em ploi com m e dom estique nourrie et logée peu après son arrivée à G enève, que suite à une hospitalisation, elle avait perdu son travail ainsi que son passeport qui lui avait été dérobé par son ancien em ployeur, que depuis, elle était logée chez C aritas dans le quartier de X._______ et que son frère lui avait fait parvenir de l'argent du Pérou pour lui perm ettre de subvenir à ses besoins les plus urgents. En ce qui concernait la carte d'identité découverte sur elle, l'intéressée a déclarée l'avoir trouvé dans une poubelle en juillet 2002 et ne pas être l'auteur du vol, en précisant qu'en 2001, elle ne se trouvait pas en Suisse. En outre, à teneur du procès-verbal établi le 27 février 2003, il appert que A._______ a m enti à de nom breuses reprises tout au long des investigations m enées par les forces de l'ordre. Au term e de cette audition, ces derniers ont relaxé l'intéressée en la priant de quitter le territoire dans les plus brefs délais. C . Le 24 septem bre 2003, le C orps des gardes-frontière a inform é la Police judiciaire genevoise qu'il avait intercepté et confisqué un envoi postal contenant un passeport péruvien, en apparence authentique, établi au nom de A._______ et lui le transm ettait pour décision ultérieure. D . Agissant par courrier du 9 décem bre 2003, A._______ a sollicité de l'O ffice cantonal de la population du canton de G enève (ci-après: O C P-G E) la régularisation de ses conditions de séjour par l'octroi d'une autorisation de séjour. A cette occasion, elle a notam m ent produit diverses lettres de soutien et exposé les circonstances de son arrivée en Suisse ainsi que son parcours depuis.3 A cet égard, elle relate que sa fam ille, une fratrie de sept dont elle est la benjam ine et dont la m ère assum ait seule la subsistance, vivait dans la m isère au Pérou. A dix-sept ans, elle a décidé de quitter la m aison et de chercher un avenir m eilleur. Le 25 février 1995, elle est arrivée à G enève où elle a trouvé, dès le 10 m ars 1995, un em ploi com m e dom estique nourrie et logée. Jusqu'au 13 juillet 2002, jour où elle a été hospitalisée d'urgence, la requérante a occupé les m êm es fonctions au service de quatre em ployeurs différents. Après une période d'observation, une opération chirurgicale, une sortie puis une réadm ission en urgence, l'intéressée a finalem ent quitté l'hôpital le 7 octobre 2002. Elle a ensuite été engagée com m e fem m e de m énage à l'heure jusqu'en juin 2003, puis d'octobre 2003 jusqu'au dépôt de sa dem ande de régularisation, de nouveau com m e dom estique. E. En date du 12 décem bre 2003, A._______ a été entendue par la Police judiciaire du canton de G enève en relation avec la saisie de son passeport. Il ressort du procès-verbal dressé à cette occasion qu'elle avait oublié son passeport lors d'un voyage à Barcelone et que la personne chez qui elle l'avait laissé, avait tenté de le lui envoyer à l'adresse où la soeur de cette dernière passait des vacances à G enève. A la lecture de ce docum ent, il appert en outre que tous les m em bres de la fam ille de l'intéressée, y com pris son fils né en 1994, résident au Pérou. F. En date du 11 m ai 2004, l'O C P-G E s'est déclaré disposé à octroyer à A._______ une autorisation de séjour dans le cadre d'une exception aux m esures de lim itation. D eux jours après, il a transm is son dossier à l'autorité fédérale pour exam en et décision quant à ladite exception. Le 15 novem bre 2004, l'intéressée a été autorisée à travailler pour une entreprise de la place genevoise jusqu'à droit connu sur sa dem ande d'autorisation de séjour et sous réserve du respect des conditions salariales locales. G . Par courrier du 3 janvier 2005, l'O D M a inform é la requérante qu'il n'entendait pas l'exem pter des m esures de contingentem ent et lui a im parti un délai pour se déterm iner à cet égard. Agissant après l'échéance du délai précité, l'intéressée a fait part de ses objections quant au rejet de la proposition de l'O C P-G E. A l'appui de sa position, elle allègue en substance qu'elle se trouve en Suisse depuis fort longtem ps, qu'elle est intégrée à la société genevoise et que le Pérou lui est devenu étranger. H . Le 9 m ars 2005, l'O D M a prononcé à l'endroit de la requérante une décision de refus d'exception aux m esures de lim itation. L'autorité a en particulier retenu que l'intéressée ne pouvait pas valablem ent se prévaloir des inconvénients résultant de sa situation de travailleuse clandestine, qu'aucun élém ent du dossier ne rendait im pératif son séjour en Suisse et qu'elle avait indéniablem ent conservé des attaches avec son pays d'origine.4 I. Agissant par courrier du 10 avril 2005, A._______ a interjeté un recours dirigé contre la décision précitée. C oncluant im plicitem ent à l'annulation du prononcé de l'O D M et à l'octroi en sa faveur d'une exception aux m esures de lim itation, l'intéressée renvoie aux m otifs avancés dans l'écrit du 9 décem bre 2003 par lequel elle avait sollicité la régularisation de ses conditions de séjour. Elle allègue en outre qu'elle a régularisé sa situation en m atière d'im pôts et de cotisations AVS/LPP, qu'étant arrivée à l'âge de dix-neuf ans et ayant vécu dix ans à G enève, sa "personnalité de fem m e et de citoyenne a été forgée en Suisse avec les m anière, us et coutum es de la Suisse" et qu'elle ne saurait plus vivre ailleurs. J. Appelée à se prononcer sur le recours, l'autorité intim ée en a proposé le rejet, le 2 juin 2005. Invitée à se déterm iner sur le préavis de l'O D M , la recourante a persisté dans ses conclusions du 10 avril 2005, rappelant, pour l'essentiel, l'ensem ble des argum ents soulevés. Le Tribunal adm inistratif fédéral considère: 1. Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal adm inistratif fédéral, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et l'art. 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O D M en m atière d'exception aux m esures de lim itation peuvent être contestées devant le Tribunal adm inistratif fédéral, conform ém ent à l'art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers (LSEE, R S 142.20). En l'occurrence, le recours devant le Tribunal fédéral est irrecevable en raison de la m atière (cf. art. 83 let. c ch. 5 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]), de sorte que le Tribunal adm inistratif fédéral statue définitivem ent (cf. art. 1 al. 2 LTAF). Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d'arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal adm inistratif fédéral dans la m esure où il est com pétent (cf. art. 53 al. 2 phr. 1 LTAF). C es affaires sont traitées selon le nouveau droit de procédure (cf. art. 53 al. 2 phr. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le Tribunal adm inistratif fédéral est régie par la PA (cf. art 37 LTAF). A._______ qui est directem ent touchée par la décision entreprise, a qualité pour recourir (cf. art 20 al. 2 LSEE et art. 48 PA). Son recours, présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, est recevable (cf. art. 50 et 52 PA).5 2. Le recourant peut invoquer devant le Tribunal adm inistratif fédéral la violation du droit fédéral, y com pris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incom plète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par les m otifs invoqués à l'appui du recours. Aussi peut-elle adm ettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres m otifs que ceux invoqués. D ans sa décision, elle prend en considération l'état de fait et de droit régnant au m om ent où elle statue (cf. ATF 129 II 215 consid. 1.2, publication partielle de l'arrêt du Tribunal fédéral 2A.451/2002 du 28 m ars 2003). 3. A titre prélim inaire, le Tribunal adm inistratif fédéral précise que la présente procédure ne concerne que la question de l'assujettissem ent aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers et non pas directem ent celle de l'octroi éventuel d'un titre de séjour. Au dem eurant, la com pétence d'accorder une autorisation de séjour appartient aux seules autorités cantonales (cf. art. 15 LSEE en relation avec l'art. 51 de l'ordonnance du C onseil fédéral du 6 octobre 1986 lim itant le nom bre des étrangers [O LE, R S 823.21]). 4. En vue d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, de créer des conditions favorables à l'intégration des travailleurs et résidents étrangers, d'am éliorer la structure du m arché du travail et d'assurer un équilibre optim al en m atière d'em ploi, le C onseil fédéral, vu l'art. 18 al. 4 et l'art. 25 al. 1 LSEE, a adopté des dispositions restrictives d'adm ission tant en ce qui concerne les travailleurs étrangers que les étrangers n'exerçant pas d'activité lucrative (cf. art. 1 O LE). 4.1 Le C onseil fédéral fixe périodiquem ent des nom bres m axim um s pour les résidents à l'année qui, pour la prem ière fois, viennent exercer une activité lucrative ou en entreprennent une. Les nom bres m axim um s sont valables égalem ent pour les étrangers qui ont déjà exercé une activité en Suisse sans avoir été soum is à une telle lim itation et qui ne rem plissent plus les conditions pour bénéficier d'une exception. Ils ne sont cependant pas valables pour les personnes qui ont reçu une autorisation de séjour selon l'art. 3 al. 1 let. c ou l'art. 38 O LE (cf. art. 12 al. 1 et 2 O LE). N e sont pas com ptés dans les nom bres m axim um s les étrangers qui obtiennent une autorisation de séjour dans un cas personnel d'extrêm e gravité ou en raison de considérations de politique générale (art. 13 let. f O LE). 4.2 A ce propos, il sied de relever que l'autorité fédérale n'est pas liée par l'appréciation ém ise par le canton de G enève dans sa proposition du 11 m ai 2004 s'agissant de l'exem ption de la recourante des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral. En effet, en vertu de la réglem entation au sujet de la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers entre la C onfédération et les cantons, si les cantons ont certes la faculté de se déterm iner à titre préalable au sujet de la délivrance des autorisations de séjour hors contingent, la com pétence décisionnelle en m atière d'octroi d'exceptions aux m esures de lim itation au 6 sens de l'art. 13 let. f O LE appartient toutefois à la C onfédération, et plus particulièrem ent à l'O D M (cf. art. 52 let. a O LE; ATF 119 Ib 33 consid. 3a, traduit en français dans Journal des Tribunaux [JdT] 1995 I 226 consid. 3a; PETER KO TTU SC H , D as Erm essen der kantonalen Frem denpolizei und seine Schranken, Schw eizerisches Zentralblatt für Staats- und Verw altungsrecht [ZBl] 91/1990, p. 155) et au Tribunal adm inistratif fédéral, en vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA). 5. L'exception aux nom bres m axim um s prévue par l'art. 13 let. f O LE a pour but de faciliter la présence en Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient soum is au contingentem ent des autorisations de séjour, m ais pour lesquels l'application du systèm e des nom bres m axim um s apparaît, par suite de circonstances particulières, com m e trop rigoureuse. 5.1 Il découle de la form ulation de l'art. 13 let. f O LE que cette disposition dérogatoire présente un caractère exceptionnel et que les conditions pour une reconnaissance d'un cas de rigueur doivent être appréciées de m anière restrictive. Il est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. C ela signifie que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue, c'est-à-dire que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Lors de l'appréciation du cas d'extrêm e gravité, il y a lieu de tenir com pte de l'ensem ble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un tel cas n'im plique pas forcém ent que la présence de l'étranger en Suisse constitue l'unique m oyen pour échapper à une situation de détresse. D 'un autre côté, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d'extrêm e gravité; il faut encore que sa relation avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notam m ent dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail, d'am itié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent norm alem ent pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient une exem ption des m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. ATF 130 II 39 consid. 3, 128 II 200 consid. 4, 124 II 110 consid. 2, 123 II 125 consid. 2 et 5b/aa; ALAIN W U R ZBU R G ER , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R evue de D roit adm inistratif et de D roit fiscal [R D AF] I 1997, p. 267ss). 5.2 S'agissant des séjours effectués sans autorisation idoine, la jurisprudence du Tribunal fédéral confirm e que de m anière générale, de tels séjours ne doivent pas être pris en com pte dans l'exam en d'un cas de rigueur et que la longue durée d'un tel séjour n'était donc pas un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité, dans la m esure où ce séjour est illégal. Sinon, l'obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récom pensée. La H aute C our a relevé à cet égard qu'il im portait dès lors d'exam iner si le requérant se trouvait pour d'autres raisons dans un état de 7 détresse justifiant de l'excepter des m esures de lim itation du nom bre des étrangers et qu'il y avait lieu pour cela de se fonder sur les relations fam iliales de l'intéressé en Suisse et dans sa patrie, sur son état de santé, sur sa situation professionnelle et sur son intégration sociale (cf. ATF 130 op. cit. ibidem ). D ans le cadre de cette jurisprudence, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de rappeler qu'il existe en Suisse un m arché illégal du travail et que cette illégalité peut être la cause de nom breux abus. Selon la législation en vigueur en Suisse, l'étranger qui souhaite exercer une activité lucrative dans ce pays doit en principe obtenir une autorisation de séjour et de travail. La réglem entation édictée à ce sujet ne doit pas être perçue com m e un ensem ble de tracasseries adm inistratives. Le m arché illégal du travail existe et subsiste uniquem ent parce qu'il perm et la rencontre d'une certaine offre et d'une certaine dem ande, souvent du reste au détrim ent de la rationalisation souhaitée de certains secteurs économ iques. O r, l'attitude que la recourante a adopté pendant son séjour clandestin dans ce pays contribue à ce m arché condam nable. Il ressort entre autres de la jurisprudence précitée que l'exception prévue à l'art. 13 let. f O LE n'est pas en prem ier lieu destinée à régulariser la situation des personnes arrivées clandestinem ent en Suisse. Il convient en effet d'appliquer à cette catégorie d'étrangers le m êm es critères qu'aux autres étrangers. Le fait que certains étrangers aient opté pour l'illégalité peut les desservir au regard des conditions d'une exem ption des m esures de lim itation. Ainsi, la durée du séjour illégal qu'ils ont effectué en Suisse n'est pas prise en com pte. D e m êm e, il n'y a pas lieu de définir à leur intention un critère particulier d'intégration sociale, pour tenir com pte des difficultés inhérentes à la condition de clandestin, et de leur accorder sous cet angle un traitem ent de faveur - par rapport aux étrangers qui ont toujours séjourné en Suisse en respectant la réglem entation de police des étrangers - dans l'application de la disposition précitée (cf. ATF 130 op. cit. consid. 5.4). 6. D ans son m ém oire de recours et ses autres écritures, l'intéressée invoque le bénéfice de la C irculaire de l'O D M du 21 décem bre 2001 sur la pratique de cet office concernant la réglem entation du séjour des étrangers dans les cas personnels d'extrêm e gravité. 6.1 Préalablem ent, le Tribunal adm inistratif fédéral précise que selon la doctrine et la jurisprudence, les directives et circulaires de l'adm inistration, si elles visent à assurer l'application uniform e de certaines dispositions légales, n'ont pas force de loi et ne lient ni les adm inistrés, ni les tribunaux. Elles ne peuvent sortir du cadre fixé par la norm e supérieure dont elles ne sont qu'une concrétisation. En d'autres term es, elles ne peuvent prévoir autre chose que ce qui découle de la législation ou de la jurisprudence. Elles ne dispensent pas non plus l'adm inistration de se prononcer à la lum ière des circonstances du cas d'espèce (cf. ATF 131 V 42 consid. 2.3, 128 I 171 consid. 4.3, 121 II 478 consid. 2b; PIER R E M O O R , 8 Traité de droit adm inistratif, vol. I, 2èm e édition, Berne 1994, p. 264ss). 6.2 La C irculaire du 21 décem bre 2001, révisée pour la dernière fois le 8 octobre 2004 et adressée en priorité aux autorités de police des étrangers, énonce les conditions générales qu'il convient d'exam iner dans l'application de l'art. 13 let. f O LE pour les personnes dont le séjour en Suisse n'est pas régulier, en rappelant la pratique en vigueur et en citant l'essentiel de la jurisprudence développée jusqu'alors par le Tribunal fédéral dans le cadre des recours dont il avait à connaître, com pétence aujourd'hui déchue. O r, par la décision querellée, l'O D M n'a pas fait autre chose que d'apprécier la situation concrète de l'intéressée à l'aune des principes régissant les cas personnels d'extrêm e gravité. Si la circulaire m entionne effectivem ent que la durée totale du séjour constitue un élém ent im portant de la reconnaissance d'un cas de rigueur, il n'en dem eure pas m oins qu'elle indique clairem ent que la situation doit être appréciée à partir d'un ensem ble de critères (intégration, état de santé, fam ille etc.). Il est à noter, en particulier, que cette circulaire ne pose aucun principe selon lequel un séjour de quatre ans au m oins et une bonne intégration en Suisse entraîneraient obligatoirem ent l'application de l'art. 13 let. f O LE, étant entendu que cette disposition n'est pas destinée à régulariser la situation d'étrangers vivant illégalem ent en Suisse. La recourante ne peut ainsi tirer aucun avantage de cette circulaire (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.531/2005 du 7 décem bre 2005). 7. En l'occurrence, A._______ a sollicité l'octroi d'une exception aux m esures de lim itation afin de dem eurer à G enève où elle vit depuis un peu plus de douze ans. Se fondant sur les pièces du dossier et m algré les déclarations contradictoires que l'intéressée a pu form ulées lors de ses auditions par les forces de l'ordre, le Tribunal adm inistratif fédéral estim e que les élém ents portés à sa connaissance perm ettent de considérer que du début de l'année 1995 à la fin de l'année 2003, l'intéressée a résidé en Suisse à l'insu des autorités de police des étrangers en toute illégalité et que depuis le dépôt de sa dem ande de régularisation, le 12 décem bre 2003, elle y dem eure au bénéfice d'une sim ple tolérance cantonale, laquelle ne saurait être considérée com m e un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité. En effet, un tel séjour, de par son caractère provisoire et aléatoire, ne saurait être considéré com m e un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.222/2006 du 4 juillet 2006 consid. 3.2 et 2A.540/2005 du 11 novem bre 2005). Au dem eurant, le sim ple fait pour un étranger de séjourner en Suisse pendant plusieurs années, y com pris à titre légal, ne perm et pas d'adm ettre un cas personnel d'extrêm e gravité sans que n'existent d'autres circonstances tout à fait exceptionnelles à m êm e de justifier l'existence d'un cas de rigueur (cf. arrêt 2A.565/2005 du 23 décem bre 2005). D ans ces circonstances, A._______ ne saurait tirer parti de la durée de son séjour en Suisse pour bénéficier d'une exception aux m esures de lim itation. Pour 9 rappel, la recourante se trouve en effet dans une situation com parable à celle de nom breux étrangers qui sont appelés à quitter la Suisse au term e d'un séjour autorisé ou non et qui, ne bénéficiant d'aucun traitem ent particulier, dem eurent soum is aux m esures de lim itation. Au dem eurant, le Tribunal adm inistratif fédéral observe que la possibilité offerte à l'intéressée par l'O C P-G E de prendre un em ploi relève égalem ent d'une pure tolérance cantonale et que cette situation n'est pas conform e à la législation fédérale en m atière de police des étrangers (cf. art. 3 al. 3 LSEE). 8. C ela étant, il convient d'exam iner les critères d'évaluation qui, autres que la seule durée du séjour en Suisse, pourraient rendre le retour de la recourante dans son pays d'origine particulièrem ent difficile. 8.1 Ainsi que précisé ci-dessus, selon la jurisprudence développée par le Tribunal fédéral, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d'extrêm e gravité (ATF 128 II 200 consid. 4 et les arrêts cités). En effet, faut-il encore que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Autrem ent dit, il est nécessaire que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue (cf. supra consid. 5.1). 8.2 En l'occurrence, la recourante justifie avant tout sa dém arche par son intégration à la société genevoise et la perte des liens avec son pays d'origine. En ce qui concerne l'intégration socioprofessionnelle de l'intéressée, force est de constater que, com parée à celle de la m oyenne des étrangers présents en Suisse depuis plus de dix ans, elle ne revêt aucun caractère exceptionnel. En effet, bien que le Tribunal adm inistratif fédéral ne rem ette nullem ent en cause les efforts d'intégration accom plis par la recourante, ni les excellents contacts qu'elle a pu établir avec la population locale, il ne saurait pour autant considérer que la prénom m ée se soit créé avec ce pays des attaches à ce point profondes et durables qu'elle ne puisse plus raisonnablem ent envisager un retour dans son pays d'origine. Au dem eurant, les pièces du dossier révèlent que depuis son arrivée en Suisse, R uth Jenny Sandoval Lim aylla a certes, par son travail, constam m ent assuré son indépendance financière et nullem ent ém argé à l'assistance publique. Force est toutefois de constater qu'elle n'a pas acquis de connaissances ou de qualifications spécifiques telles qu'il faille considérer qu'elle a fait preuve d'une évolution professionnelle rem arquable en Suisse justifiant, à elle seule, l'adm ission d'un cas de rigueur au sens de l'art. 13 let. f O LE, quand bien m êm e ses em ployeurs se sont m ontrés entièrem ent satisfaits de ses services (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.586/2006 consid. 2.2 et les arrêts du Tribunal fédéral 10 non publiés du 12 août 1996 en la cause J. c/ D FJP, du 23 janvier 1998 dans la cause A. c/ D FJP et du 2 février 1999 dans la cause P. SA et B. c/ D FJP). En outre, le Tribunal adm inistratif fédéral relève que le com portem ent de la recourante en Suisse n'est pas exem pt de tout reproche. En effet, depuis son arrivée clandestine en Suisse et jusqu'au dépôt de sa dem ande d'autorisation de séjour, la prénom m ée a séjourné et travaillé dans ce pays de m anière totalem ent illégale. Elle a de plus dissim ulé la durée véritable de ce séjour clandestin lorsqu'elle a été entendue par la G endarm erie du canton de G enève au m ois de février 2003 et a persisté dans l'illégalité m algré l'injonction qui lui avait été faite à cette occasion de quitter le territoire. M êm e s'il ne faut pas exagérer l'im portance des infractions aux prescriptions de police des étrangers inhérentes à la condition de travailleur clandestin, il n'est néanm oins pas contradictoire de tenir com pte de l'existence de telles infractions (cf. ATF 130 op. cit. consid. 5.2). Par ailleurs, il convient de rappeler ici que c'est au Pérou que la recourante a vécu la plus grande partie de son existence et notam m ent les dix-huit prem ières années de sa vie, années qui sont décisives pour la form ation de la personnalité (cf. ATF 123 II 125 consid. 5b/aa). D ans ces conditions, le Tribunal adm inistratif fédéral ne saurait considérer que son séjour sur le territoire suisse ait été suffisam m ent long pour la rendre totalem ent étrangère à sa patrie. D ans ce cadre là, il convient en outre de prendre en considération que l'ensem ble des m em bres de la fam ille proche de la recourante vit toujours au Pérou. Ainsi, m êm e si l'on peut adm ettre, dans une certaine m esure, que l'intéressée a perdu une partie de ses racines au Pérou à travers son séjour en Suisse, force est néanm oins de constater qu'elle bénéficie dans son pays d'origine de conditions fam iliales très favorables en vue de s'y réintégrer, pouvant com pter sur l'appui, m orale du m oins, de ses six frères et sœ urs. A cet égard, il ne faut notam m ent pas perdre de vue que selon les propres déclarations de l'intéressée, son fils se trouve toujours au Pérou. Les allégations selon lesquelles elle n'est jam ais retournée dans son pays d'origine depuis son arrivée en Suisse ne sont pas déterm inantes pour qu'elle puisse valablem ent se prévaloir de l'art. 13 let. f O LE. 9. Le Tribunal adm inistratif fédéral n'ignore pas non plus que le retour d'un étranger dans son pays après un séjour de plusieurs années en Suisse n'est pas exem pt de difficultés. Il convient toutefois de rappeler à ce propos qu'une exception aux m esures de lim itation n'a pas pour but de soustraire des étrangers aux conditions de vie de leur pays d'origine, m ais im plique que ceux-ci se trouvent personnellem ent dans une situation si rigoureuse qu'on ne saurait exiger d'eux qu'ils tentent de se réadapter à leur existence passée. C om m e l'a relevé le Tribunal fédéral dans sa jurisprudence (cf. notam m ent ATF 123 II 133 consid. 5b/dd), on ne saurait tenir com pte des circonstances générales (économ iques, sociales, 11 sanitaires) affectant l'ensem ble de la population restée sur place, auxquelles la personne concernée sera égalem ent exposée à son retour, sauf si celle-ci allègue d'im portantes difficultés concrètes propres à son cas particulier, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. En conséquence, l'exam en de l'ensem ble des élém ents de la présente cause am ène le Tribunal adm inistratif fédéral à la conclusion que A._______ ne se trouve pas dans une situation d'extrêm e gravité au sens de l'art. 13 let. f O LE et que c'est à bon droit que l'autorité intim ée a considéré qu'elle ne satisfaisait pas aux exigences de cette disposition. 10. C om pte tenu des considérants exposés ci-dessus, il appert que, par sa décision du 9 m ars 2005, l'O D M n'a ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de m anière inexacte ou incom plète; en outre, cette décision n'est pas inopportune (art. 49 PA). En conséquence, le recours est rejeté. Vu l'issue de la cause, il y a lieu de m ettre les frais de procédure à la charge de la recourante, conform ém ent à l'art. 63 al. 1 PA.12 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. La recourante dem eure assujettie aux m esures de lim itation. 3. Les frais de procédure, s'élevant à Fr. 700.--, sont m is à la charge de la recourante. Ils sont com pensés par l'avance du m êm e m ontant versée le 11 m ai 2005. 4. Le présent arrêt est com m uniqué: - à la recourante (recom m andé, annexes: originaux en retour) - à l'autorité intim ée (recom m andé), dossier Y YYY YYY en retour - en copie à l'O ffice cantonal de la population du canton de G enève, avec dossier en retour La présidente du collège: Le greffier: Elena Avenati-C arpani O liver C ollaud D ate d'expédition: