B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour III C-4512/2013 A r r ê t du 2 7 a o û t 2 0 1 4 Composition Madeleine Hirsig-Vouilloz, juge unique, Nicole Ricklin, greffière. Parties A._______, recourant, contre Office de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à l'étranger OAIE, Avenue Edmond-Vaucher 18, Case postale 3100, 1211 Genève 2, autorité inférieure. Objet Assurance-invalidité (décision du 18 juillet 2013). C-4512/2013 Page 2 Faits : A. A._______, ressortissant portugais, né le (…) 1957, a travaillé en Suisse de 1986 à 1991 et cotisé à l'AVS/AI suisse. B. Le 6 février 1992 , l'assuré a présenté une demande de prestations de l'assurance-invalidité suisse parce qu'il souffrait de problèmes aux pieds suite à un accident survenu en mars 1991. Par décision du 17 décembre 1993, l'Office de l'assurance-invalidité du Canton de Vaud (OAI -VD) lui a octroyé une demi-rente d'invalidité à partir du 1 er février 1992 sur la base d'un degré d'invalidité de 50 % (dossier OAI-VD). C. Suite au retour de l'assuré dans son pays d'origine, l'OAI -VD a transmis le dossier pour compétence à l'Office de l'assurance -invalidité pour les assurés résidant à l'étranger (OAIE) qui a continué à verser la demi -rente à partir du 1er novembre 1994 (AI pce 1). Par communications des 13 oc- tobre 2004 et 4 septembre 2008, l'OAIE a confirmé la demi-rente d'invali- dité (AI pces 11 et 25). D. En 2011, l'OAIE a procédé à une nouvelle révision de la rente d'invalidité (AI pce 26). Au cours de l'instruction, des nouveaux documents requis à l'assuré et auprès de l'organisme de liaison portugaise ont été versés au dossier (AI pces 27, 29, 38 à 41, 49 et 62). Dans ses prises de position des 24 janvier et 9 avril 2013 (AI pces 32, 50 et 54), les mé decins de l'OAIE ont relevé que l'activité de coffreur actuellement exercée par l'a s- suré à raison de 40 heures pas semaine n'était pas effectuée au détr i- ment de sa santé. E. Par projet de décision du 12 avril 2013 , l'OAIE a signifié à l'assuré qu'il entendait supprimer la demi-rente d'invalidité parce que l'atteinte à la san- té ne causait plus d'incapacité de gain (AI pce 55). Le 27 mai 2013, l'a s- suré a présenté des objections (AI pce 59). Le 8 juillet 2013, l'employeur de l'assuré a confirmé que l'assuré étai t toujours sous contrat sans subir aucune perte de gain en travaillant 40 heures par semaine (AI pce 62). Par décision du 18 juillet 2013, l'OAIE a supprimé la demi-rente d'invalidi- té avec effet au 1er septembre 2013 (AI pce 65). C-4512/2013 Page 3 F. Le 6 août 2013, l'assuré a interjeté recours contre cette décision devant le Tribunal administratif fédéral (TAF pce 1). Il a argué qu'il ne travaillait qu'à 50 %, qu'il avait de la peine à marcher et que ces difficultés augmentaient au cours de la journée. Il a demandé que l'OAIE mette en œuvre un exa- men médical. G. Dans sa réponse au recours du 20 novembre 2013, l'OAIE a proposé le rejet du recours et la confirmation de la décision attaquée. Il a argué que, sur la base des nouveaux documents requis à l'assuré et auprès de l'o r- ganisme de liaison portugaise (AI pces 27, 29, 38 à 41, 49 et 62), son service médical avait relevé les 24 janvier et 9 avril 2013 (AI pces 32, 50 et 54) que l'activité de coffreur exercée par l'assuré à raison de 40 heures pas semaine n'était pas effectuée au détriment de sa santé et confirmé cette appréciation le 11 novembre 2013 (AI pce 68) après l'étude de la documentation médicale produite en cours de procédure. H. Par décision incidente du 2 décembre 2013 (TAF pce 6), le Tribunal a d- ministratif fédéral a impa rti à l'assuré un délai de 30 jours pour déposer une réplique et s'acquitter, sous peine d'irrecevabilité du recours, d'une avance de CHF 400.- sur les frais de procédure présumés. L'assuré s'est acquitté dudit montant le 11 décembre 2013 (TAF pce 8). Droit : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la Loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, 173.32), le Tribunal admi- nistratif fédéral, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la Loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021), prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'OAIE, concernant l'octroi de prestations d'invalidité, peuvent être contes- tées devant le Tribunal administratif fédéral, conformément à l'art. 69 al. 1 let. b de la Loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI, RS 831.20). En l'espèce, la Cour de céans est dès lors compétente pour connaître de la présente cause. C-4512/2013 Page 4 1.2 En vertu de l'art. 3 let. d bis PA, auquel renvoie l'art. 37 LTAF, la procé- dure en matière d'assurances sociales n'est pas régie par la PA, dans la mesure où la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances so ciales (LPGA, RS 830.1) est applicable. Selon l'art. 2 LPGA, les dispositions de la présente loi sont applicables aux assurances sociales régies par la législation fédérale, si et dans la mesure où les lois spéciales sur les assurances sociales le prévoien t. Or, l'art. 1 al. 1 LAI mentionne que les dispositions de la LPGA s'appliquent à l'assurance - invalidité (art. 1a à 26 bis et 28 à 70), à moins que la LAI ne déroge à la LPGA. 1.3 Selon l'art. 59 LPGA, quiconque est touché par la décision ou la déc i- sion sur op position et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou modifiée a qualité pour recourir. Le recours doit être déposé dans les trente jours suivant la notification de la décision sujette à recours (art. 60 al. 1 LPGA). Le mémoire de reco urs indique les conclusions, mo- tifs et moyens de preuve et porte la signature du recourant ou de son mandataire; celui -ci y joint l’expédition de la décision attaquée et les pièces invoquées comme moyens de preuve, lorsqu’elles se trouvent en ses mains (art. 52 al. 1 PA). 1.4 En l'espèce, le recours est recevable, vu qu'il a été déposé en temps utile et dans les formes requises par la loi (art. 60 al. 1 LPGA et 52 PA), et que l'avance sur les frais de procédure a été dûment acquittée. 2. 2.1 L'accord entre la Suisse et la Communauté européenne et ses Etats membres sur la libre circulation des personnes du 21 juin 1999 (ALCP , RS 0.142.112.681) est entré en vigueur le 1er juin 2002. A cette date sont également entrés en vigueur son annexe II qui règle la coordination de s systèmes de sécurité sociale, le règlement (CEE) n° 1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 relatif à l'application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs salariés, aux travailleurs non salariés et aux membres de leur famille qui se déplacent à l'in térieur de la Communauté (RS 0.831.109. 268.1), s'appliquant à toutes les rentes dont le droit prend naissance au 1er juin 2002 et ultérieurement et se substituant à toute convention de sécurité sociale liant deux ou plusieurs Etats (art. 6 du règlement), et en- fin le règlement (CEE) n° 574/72 du Conseil du 21 mars 1972 relatif à l'application du règlement (CEE) n° 1408/71 (RS 0.831.109.268.11). S e- lon l'art. 3 du règlement (CEE) n° 1408/71 les ressortissants des Etats membres de la Communauté européenne et l es ressortissants suisses C-4512/2013 Page 5 bénéficient de l'égalité de traitement. Selon l'art. 20 ALCP , sauf disposi- tion contraire découlant de l'annexe II, les accords de sécurité sociale b i- latéraux entre la Suisse et les Etats membres de la Communauté eur o- péenne sont suspendus dès l'entrée en vigueur du présent accord, dans la mesure où la même matière est régie par le présent accord. Dans la mesure où l'accord, en particulier son annexe II qui régit la coordination des systèmes d'assurances sociales (art. 8 ALCP) ne prévoit pas de di s- position contraire, l'organisation de la procédure de même que l'examen des conditions à l'octroi d'une rente d'invalidité suisse ressortissent au droit interne suisse. 2.2 L'art. 80a LAI rend expressément applicables dans la présente cause, s'agissant d'un ressortissant de l'Union européenne, l'ALCP et les règl e- ments (CEE) n° 1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 et (CEE) n° 574/72 du Conseil du 21 mars 1972 relativement à l'application du règlement (CEE) n° 1408/71. Les nouveaux règlements (CE) n° 883/2004 du Parle- ment européen et du Conseil du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale (RS 0.831.109.268.1) et (CE) n° 987/2009 du Parlement européen et du Conseil du 16 septembre 2009 fixant les modalités d’application du règlement (CE) n° 883/2004 (RS 0.831.109.268.11), valables dans les relations entre la Suisse et les Etats de l'Union européenne dès le 1er avril 2012, avec l'entrée en vigueur de l'annexe II révisée de l'ALCP , et qui remplacent les règlements (CEE) n° 1408/71 et 574/72, sont également applicables dans la présente pr o- cédure. 2.3 De jurisprudence constante l'octroi d'une rente étrangère d'invalidité ne préjuge pas l'appréciation de l'invalidité selon la loi suisse (arrêt du Tribunal fédéral I 435/02 du 4 fév rier 2003 consid. 2; Revue à l'intention des caisses de compensation [RCC] 1989 p. 330). Même après l'entrée en vigueur de l'ALCP , le degré d'invalidité d'un assuré qui prétend une rente de l'assurance -invalidité suisse est déterminé exclusivement d'après le droit suisse (ATF 130 V 253 consid. 2.4). 3. Le Tribunal administratif fédéral applique le droit d'office, sans être lié par les motifs invoqués (art. 62 al. 4 PA) ni par l'argumentation juridique déve- loppée dans la décision entreprise ( PIERRE MOOR, Droit administratif, vol. II, 2e éd., Berne 2002, ch. 2.2.6.5, p. 265). La procédure est régie par la maxime inquisitoire, ce qui signifie que le Tribunal administratif fédéral définit les faits et apprécie les preuves d'office et librement (art. 12 PA). Les parties doivent toutefois collaborer à l'établissement des faits (art. 13 C-4512/2013 Page 6 PA) et motiver leur recours (art. 52 PA). En conséquence, l'autorité saisie se limite en principe aux griefs soulevés et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la mesu re où les arguments des parties ou le dossier l'y incitent ( ATF 122 V 157 consid. 1a, ATF 121 V 204 consid. 6c; Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération [JAAC] 61.31 consid. 3.2.2; ANDRÉ MOSER/MICHAEL BEUSCH/LORENZ KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, Bâle 2008, p. 22 n. 1.55, ALFRED KÖLZ/ ISABELLE HÄNER, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd,. Zurich 1998, n. 677). 4. L'examen du droit à des prestations selon la LAI s'agissant d'une rente octroyée antérieurement est régi par la teneur de la LAI au moment de la décision entreprise eu égard au principe selon lequel les règles appl i- cables sont celles en vigueur au moment où les faits juridiquement d é- terminants se sont produits (ATF 130 V 445 et les références). Les dispo- sitions de la LAI et de la LPGA, sont donc citées dans le présent arrêt dans leur teneur en vigueur dès le 1 er janvier 2012, sauf mention co n- traire, puisque les dispositions de la 6ème révision de la LAI (premier volet) en vigueur dès le 1 er janvier 2012 (RO 2011 5659, FF 2010 1647) sont applicables. En ce qui concerne les faits déterminant s selon la jurispr u- dence, le Tribunal de céans doit se limiter à examiner la situation de fait existant jusqu'à la date de la décision attaquée (ATF 130 V 4450 consid. 1.2). 5. 5.1 L'invalidité au sens de la LPGA et de la LAI est l'incapacité de gain to- tale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée, qui peut résulter d'une infirmité congénitale, d'une ma ladie ou d'un accident (art. 8 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l'art. 7 LPGA, est réputée incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré sur un marché du travail équilibré dans son domaine d'activité, si cette diminution résulte d'une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et qu'elle persiste après les traitements et les m e- sures de réadaptation exigibles. En cas d'incapacité de travail de longue durée, l'activité qui peut être exigée de lui peu t aussi relever d'une autre profession ou d'un autre domaine d'activité (art. 6 LPGA). 5.2 Aux termes de l'art. 28 al. 2 LAI, l'assuré a droit à un quart de rente s'il est invalide à 40% au moins, à une demi -rente s'il est invalide à 50% C-4512/2013 Page 7 au moins, à trois quarts de rente s'il est invalide à 60% au moins et à une rente entière s'il est invalide à 70% au moins. 6. 6.1 La notion d'invalidité, dont il est question à l'art. 8 LPGA et à l'art. 4 LAI est de nature économique/juridique et non médicale (ATF 116 V 246 consid. 1b). En d'autres termes, l'assurance -invalidité suisse couvre se u- lement les pertes économiques liées à une atteinte à la santé physique ou psychique, qui peut résulter d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident, et non la maladie en tant q ue telle. Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut raisonnablement être exigé e de lui après les traitements et les me sures de réadaptation sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA). 6.2 Selon une jurisprudence constante, bien que l'invalidité soit une n o- tion juridique et économique les données fournies par les médecins cons- tituent néanmoins un élément utile pour appr écier les conséquences de l'atteinte à la santé et pour déterminer quels travaux peuvent être encore raisonnablement exigés de l'assuré (ATF 115 V 133 consid. 2, 114 V 310 consid. 3c, RCC 1991 p. 329 consid. 1c). 6.3 Le juge des assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle que soit leur provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. Avant de conférer pleine valeur probante à un rapport médical, il s'assurera que les points litigieux ont fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prend également en considération les plaintes exprimées par la personne examinée, qu'il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale sont claires et enfin que les conclusions de l'expert sont dûment motivées (ATF 125 V 352 consid. 3a et les références). 6.4 La jurisprudence a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière d'apprécier certains types d'expertise ou de rapports médicaux. Ainsi, le juge ne s'écarte en principe pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise médi cale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné (ATF 125 précité consid. 3b/aa; 118 V 286 consid. 1b et les réf érences). C-4512/2013 Page 8 Au sujet des rapports établis par les médecins traitant, le juge peut et doit tenir compte du fait que selon l'expérience, le médecin traitant est gén é- ralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en ra i- son de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 précité consid. 3b/cc et les références). Cette constatation s'applique de même aux médecins non traitant consultés par un patient en vue d'obtenir un moyen de preuve à l'appui de sa requête. Toutefois le simple f ait qu'un certificat médical est établi à la demande d'une partie et est produit pe n- dant la procédure ne justifie pas en soi des doutes quant à sa valeur pr o- bante (ATF 125 précité consid. 3b/dd et les références citées). Quant aux documents produits par le service médical d'un assureur étant partie au procès, le Tribunal fédéral n'exclut pas que l'assureur ou le juge des a s- surances sociales statuent en grande partie, voire exclusivement sur la base de ceux-ci. Dans de telles constellations, il convient toutefois de po- ser des exigences sévères à l'appréciation des preuves. Une instruction complémentaire sera ainsi requise, s'il subsiste des doutes, même min i- mes, quant au bien-fondé des rapports et expertises médicaux versés au dossier par l'assureur (ATF 122 V 157, 162 consid. 1d; ATF 123 V 175, 176 s consid. 3d; ATF 125 V 351, 353 s consid. 3b ee; cf. aussi arrêts du Tribunal fédéral I 143/07 du 14 septembre 2007 consid. 3.3 et 9C_55/2008 du 26 mai 2008 consid. 4.2 avec références, concernant les cas où le se rvice médical n'examine pas l'assuré mais se limite à appr é- cier la documentation médicale déjà versée au dossier). Le simple fait qu'un avis médical divergeant – même émanant d'un spécialiste – ait été produit ne suffit toutefois pas à lui seul à remettre en cause la valeur pro- bante d'un rapport médical (arrêt du Tribunal fédéral U 365/06 du 26 ja n- vier 2007 consid. 4.1). 7. 7.1 Selon l'art. 17 LPGA si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente subit une modification notable, la rente est, d'office ou sur de mande, révi- sée pour l'avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou e n- core supprimée. Le deuxième alinéa de la même règle prévoit que toute prestation durable accordée en vertu d'une décision entrée en force est, d'office ou sur demande, augment ée ou réduite en conséquence, ou e n- core supprimée si les circonstances dont dépendait son octroi changent notablement. 7.2 L'art. 88 a al. 1 du règlement sur l'assurance -invalidité du 17 janvier 1961 (RAI, RS 831.201) prévoit que, si la capacité de gain de l'as suré s'améliore ou que son impotence s'atténue, il y a lieu de considérer que C-4512/2013 Page 9 ce changement supprime, le cas échéant, tout ou partie de son droit aux prestations dès que l'on peut s'attendre à ce que l'amélioration constatée se maintienne durant une assez longue période. Il en va de même lor s- qu'un tel changement déterminant a duré trois mois déjà, sans interru p- tion notable et sans qu'une complication prochaine soit à craindre. Quant à l'art. 88bis al. 2 let. a RAI, il dispose que la diminution ou la suppres sion de la rente ou de l'allocation pour impotent prend effet, au plus tôt le pr e- mier jour du deuxième mois qui suit la date de la notification. 7.3 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances, la rente peut être révisée non seulement en cas de m odification sensible de l'état de santé, mais aussi lorsque celui -ci est resté en soi le même, mais que ses conséquences sur la capacité de gain ont subi un changement impor- tant (ATF 130 V 343 consid. 3.5, ATF 113 V 273 consid. 1a; voir égal e- ment ATF 112 V 371 consid. 2b et 387 consid. 1b). Il n'y a pas matière à révision lorsque les circonstances sont demeurées inchangées et que le motif de la suppression ou de la diminution de la rente réside uniquement dans une nouvelle appréciation du cas (arrêt du Trib unal fédéral I 755/04 du 25 septembre 2006 consid. 5.1 et réf. cit., ATF 112 V 371 consid. 2b et 112 V 287 consid. 1b, RCC 1987 p. 36, Droit des assurances sociales – Jurisprudence [SVR] 2004 IV n. 5 consid. 3.3.3). Un motif de révision au sens de l'art. 17 LPGA doit clairement ressortir du dossier (arrêt du Tribu- nal fédéral I 559/02 du 31 janvier 2003, consid. 3.2 et réf. cit.; sur les m o- tifs de révision en particulier: URS MÜLLER, Die materiellen Voraussetzun- gen der Ren tenrevision in der Invalidenver sicherung, thèse Fribourg 2002, p. 133 ss). La réglementation sur la révision ne saurait en effet constituer un fondement juridique à un réexamen sans condition du droit à la rente ( RUDOLF RUEDI, Die Verfügungsanpassung als verfahrensrech- tliche Grundfigur namen tlich von Invalidenrentenrevisionen, in: Schaffhauser/Schlauri [Hrsg], Die Revision von Dauerleistungen in der Sozialversicherung, Saint-Gall 1999, p. 15). 7.4 Pour examiner si dans un cas de révision il y a eu une modification importante du degré d'invalidité au sens de l'art. 17 LPGA, le juge doit prendre généralement en considération l'influence de l'état de santé sur la capacité de gain au moment où fut rendue la décision qui a octroyé ou modifié le droit à la rente ainsi que l'état de fait existant au mome nt de la décision attaquée. Le Tribunal fédéral a précisé que la dernière décision entrée en force, examinant matériellement le droit à la rente, fondée sur une instruction des faits, une appréciation des preuves et une compara i- son des revenus conforme au droit constitue le point de départ pour ex a-C-4512/2013 Page 10 miner si le degré de l'invalidité s'est modifié de manière à influencer le droit aux prestations (ATF 133 V 108 consid. 5.4). 8. En l'espèce, le recourant a bénéficié d'une demi-rente d'invalidité à partir du 1er février 1992 selon la décision du 17 décembre 1993 de l'OAI-VD. Lors d'une révision de rente en 2011, l'OAIE a constaté que l'assuré tr a- vaillait depuis plusieurs années à nouveau à plein temps, ne subissait plus de perte de gain et qu'il n'avait par conséq uent plus droit à la demi - rente d'invalidité. Par communications des 13 octobre 2004 et 4 septe m- bre 2008, l'OAIE a certes confirmé la demi -rente d'invalidité, mais n'a pas procédé à un examen approfondi. La question de savoir si le degré d'i n- validité du recourant a subi une modification doit par conséquent être j u- gée en comparant les faits tels qu'ils se présentaient le 17 décembre 1993 et ceux qui ont existé à la date de la décision litigieuse du 18 juillet 2013. 9. 9.1 Alors que l' OAIE base la suppression de la rente à partir du 1 er sep- tembre 2013 sur des raisons économiques , le recourant argue qu 'il pré- sente toujours une incapacité de travail de 50 %. 9.2 Le Tribunal de céans constate que l'employeur a indiqué en français dans le formulaire rempli le 8 mars 2013 que l'activité de maçon était tou- jours exercée par l'assuré à 100 % 40 heures par semaine et que celui -ci n'avait pas de difficultés pour l'accomplissement des travaux attribués, à savoir exécuter les murs et les revêtements de maçonnerie, les mortiers des f ondations, des trottoirs, la préparation d'étanchéité des dalles etc. (AI pce 52). Comme l'assuré avait fait valoir le 15 mai 2013 que son e m- ployeur avait rempli le formulaire de manière inexacte parce qu'il était r é- digé en français et non en portugais, l' OAIE a adressé à l'employeur un nouveau formulaire en langue portugaise (AI pce 60). L'employeur a confirmé toues les indications faites en français dans le formulaire en langue portugaise le 1 er juillet 2013 (AI pce 62) . Le Tribunal administratif fédéral constate donc que l'assuré exerce depuis 2000 une activité de maçon à plein temps où il est à même d'exécuter tous les travaux exigés et ne subit aucune perte de gain. Même si la si tuation médicale n'a pas changé, il faut considérer que l'activité exercé e depuis plus de 10 ans sans longs arrêts de travail dus à des raisons de santé est visiblement compatible avec l'état de santé de l'assuré. C'est à raison que l'OAIE a supprimé la demi-rente d'invalidité pour des raisons économiques. C-4512/2013 Page 11 10. 10.1 Le taux d'invalidité d'une personne exerçant une activité lucrative est fixé d'après la méthode ordinaire de comparaison des revenus. Ainsi le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide (revenu sans invalidité) est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activi- té qui peut être raisonnablement exigée de lui après les traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré (revenu d'i n- valide; art. 16 LPGA et art. 28a al. 1 LAI). Les revenus à comparer doivent être évalué s de manière aussi concrète que possible si bien qu'il convient, dans la mesure du possible, de se r é- férer aux salaires réellement gagnés par l'assuré avant et après la surv e- nance des problèmes de santé. A défaut d'un salaire de référence, un sa- laire théorique doit être évalué sur la base des statistiques salariales. Dans le cas où le salaire d'invalide est déterminé d'après les données r e- tenues par les enquêtes suisses sur la structure des salaires (ESS), p u- bliées par l'Office fédéral de la statistique (OF S), il doit être réduit afin de tenir compte des circonstances personnelles et professionnelles du cas particulier (limitations liées au handicap, âge, années de service, nationa- lité/catégorie d'autorisation de séjour et taux d'occupation). La hauteur de la réduction relève en premier lieu de l'office AI qui dispose pour cela d'un large pouvoir d'appréciation. La jurisprudence n'admet cependant à ce t i- tre pas de déduction globale supérieure à 25 % (ATF 126 V 75 consid. 5). Le juge des assurances sociales ne peut, sans motif pertinent, substituer son appréciation à celle de l'administration (ATF 126 cité consid. 6). 10.2 En l'occurrence, l'assuré a trouvé un emploi à plein temps compati- ble avec son état de santé. Vu qu'il ne subit aucune perte de gain , il ne présente donc plus d'invalidité et n'a plus droit à la demi-rente d'invalidité. 11. 11.1 Selon une jurisprudence constante (cf. arrêt du Tribunal fédéral 9C_254/2011 du 15 novembre 2011), lorsque la rente a été allouée de fa- çon prolongée, il n'est pas opportun de suppr imer la rente, malgré l'exi s- tence d'une capacité de travail médicalement documentée, avant que les possibilités théoriques de travail n'aient été confirmées avec l'aide de mesures médicales de réhabilitation et/ou de mesure d'ordre professio n- nel. Il convie nt dans chaque cas de vérifier que la personne assurée est concrètement en mesure de mettre à profit sa capacité de gain sur le C-4512/2013 Page 12 marché équilibré du travail (art. 7 al. 1 LPGA en corrélation avec l'art. 16 LPGA). Il peut en effet arriver que les exigences d u marché du travail ne permettent pas l'exploitation immédiate d'une capacité de travail médic a- lement documentée; c'est le cas lorsqu'il ressort clairement du dossier que la personne assurée n'est pas en mesure - pour des motifs objectifs et/ou subjectifs liés principalement à la longue absence du marché du travail - de mettre à profit par ses propres moyens les possibilités théor i- ques qui lui ont été reconnues et nécessite de ce fait l'octroi d'une aide préalable (arrêt 9C_163/2009 du 10 septembre 2010 con sid. 4.2.2 [SVR 2011 IV n° 30 p. 86, RSAS 2011 p. 71]). Avant de réduire ou de supprimer une rente d'invalidité, l'administration doit donc examiner si la capacité de travail résiduelle médico -théorique mise en évidence sur le plan médical permet d'inférer une amélioration de la capacité de gain et, partant, une diminution du degré d'invalidité ou s'il est nécessaire au préalable de met- tre en œuvre une mesure d'observation professionnelle (afin d'examiner l'aptitude au travail, la résistance à l'effort, etc.) et/ou des mesures légales de réadaptation. Dans la plupart des cas, cet examen n'entraînera auc u- ne conséquence particulière, puisque les efforts que l'on peut raisonn a- blement exiger de la personne assurée – qui priment sur les mesures de réadaptation - suffiront à mettre à profit la capacité de gain sur le marché équilibré du travail dans une mesure suffisante à réduire ou à supprimer la rente. Il n'y a ainsi pas lieu d'allouer de mesures de réadaptation à une personne assurée qui disposait déjà d'une im portante capacité résiduelle de travail, dès lors qu'elle peut mettre à profit la capacité de travail no u- vellement acquise dans l'activité qu'elle exerce actuellement ou qu'elle pourrait normalement exercer (arrêt 9C_163/2009 du 10 septembre 2010 consid. 4.2.2 [SVR 2011 IV n° 30 p. 86, RSAS 2011 p. 71]). Dans un arrêt 9C_228/2010 du 26 avril 2011 consid. 3.3 et 3.5 (RSAS 2011 p. 504), le Tribunal fédéral a précisé qu'il existait deux situations dans lesquelles il y avait lieu d'admettre, à titre exceptionne l, que des mesures d'ordre pr o- fessionnel préalables devaient être considérées comme nécessaires, malgré l'existence d'une capacité de travail médicalement documentée. Il s'agit des cas dans lesquels la réduction ou la suppression, par révision ou reconsidération, du droit à la rente concerne un assuré qui est âgé de 55 ans révolus ou qui a bénéficié d'une rente depuis plus de quinze ans. Cela ne signifie cependant pas que ces assurés peuvent faire valoir des droits acquis dans le contexte de la révision (ar t. 17 al. 1 LPGA), respe c- tivement de la reconsidération (art. 53 al. 2 LPGA); on admet seulement qu'une réadaptation par soi -même ne peut pas être exigée d'eux en ra i- son de leur âge ou de la longue durée de la rente. C-4512/2013 Page 13 11.2 Dans le cas d'espèce, l'assuré a certes bénéficié de la demi -rente d'invalidité pendant plus de 15 ans , mais, étant donné qu'il a trouvé lui - même un emploi à plein temps où il ne subi aucune perte de gain, il est évident qu'une réadaptation par lui-même est exigible. 12. C'est donc à raison que l' OAIE a supprimé la rente d'invalidité par déc i- sion du 18 juillet 2013. Cette suppression peut prendre effet au 1 er sep- tembre 2013 étant donné que l'assuré ne subit plus de perte de gain d e- puis plusieurs années déjà . Le recours, manifestement infondé, doit par- tant être rejeté dans une procédure à juge unique (art. 85 bis al. 3 de la loi fédérale du 20 décembre 1946 sur l'assurance -vieillesse et survivants [LAVS, RS 831.10], applicable par le renvoi de l'art. 69 al. 2 LAI). 13. 13.1 Vu l'issue de la cause, les frais de procédure, fixés par le Tribunal de céans à 400 francs, sont mis à la charge d u recourant débouté (art. 69 al. 2 LAI et art. 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FI- TAF, RS 173.320.02]). Ce montant est prélevé sur l'avance de frais du même montant déjà versée. 13.2 Il n'est pas alloué de dépens (art. 64 al. 1PA a contrario en relation avec les art. 7 ss FITAF). (dispositif à la page suivante) C-4512/2013 Page 14 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure de 400 francs sont mis à la charge du recourant et sont prélevés sur l'avance de même montant déjà fournie. 3. Il n'est pas alloué de dépens. 4. Le présent arrêt est adressé : – au recourant (Recommandé AR) – à l'autorité inférieure (n° de réf. _______ ; Recommandé) – à l'Office fédéral des assurances sociales (Recommandé) L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. La juge unique : La greffière : Madeleine Hirsig-Vouilloz Nicole Ricklin C-4512/2013 Page 15 Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve doivent être joints a u mémoire, pour autant qu'ils soi ent en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :