<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">7B.163/2005 /frs </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 19 décembre 2005 </div> <div class="para">Chambre des poursuites et des faillites </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mme et MM. les Juges Hohl, Présidente, </div> <div class="para">Meyer et Marazzi. </div> <div class="para">Greffier: M. Fellay </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">X.________, recourant, représenté par Me Philippe Pasquier, avocat, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Commission de surveillance des offices des poursuites et des faillites du canton de Genève, case postale 3840, 1211 Genève 3. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">saisie, estimation des biens immobiliers, </div> <div class="para">recours LP contre la décision de la Commission de surveillance des offices des poursuites et des faillites du canton de Genève du 11 août 2005. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Dans le cadre des poursuites formant la série n° xxx requises par P.________ et B.________ SA à l'encontre de X.________, l'Office des poursuites de Genève a adressé le procès-verbal de saisie aux parties le 21 octobre 2004. Il ressort notamment de cet acte que le débiteur a déclaré posséder deux appartements à Cannes, divers lots à Annemasse et un ensemble immobilier à Ferney-Voltaire. Il en ressort aussi - fait qu'il convient de relever en complément des constatations de la décision attaquée (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/64/81" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/64/2" type="start"></artref>art. 64 al. 2 et 81 OJ</span><artref id="CH/173.110/64/81" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/81" type="end"></artref>) - que le débiteur possède en Suisse les biens immobiliers suivants: </div> <div class="para">1) commune de A.________, parcelle xxx (...); estimation de l'office: 13'482'000 fr. </div> <div class="para">2) commune de A.________, parcelle xxx (...); estimation de l'office: 63'103'500 fr. </div> <div class="para">3) commune de A.________, parcelle xxx (...); estimation de l'office: 35'592'774 fr. </div> <div class="para">4) commune de C.________, parcelle xxx (...); estimation de l'office: 449'600 fr. </div> <div class="para">5) commune de C.________, parcelle xxx (...); estimation de l'office: 450'000 fr. </div> <div class="para">6) commune de D.________, parcelle xxx (...); estimation de l'office: 50'000 fr. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le 4 novembre 2004, le débiteur a formé une plainte contre le procès-verbal de saisie, dans laquelle il a notamment contesté les estimations de l'office concernant les biens immobiliers saisis et requis une nouvelle expertise. Les créanciers ont également soulevé des critiques à l'encontre du procès-verbal de saisie. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le 11 novembre 2004, l'office a expédié aux parties un nouveau procès-verbal de saisie, annulant et remplaçant celui du 21 octobre 2004. En ce qui concerne les biens immobiliers saisis, le nouveau procès-verbal de saisie ne comporte aucune modification par rapport au précédent. La créancière B.________ SA et le débiteur ont maintenu leurs plaintes. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Par décision du 11 août 2005, la Commission cantonale de surveillance a joint les deux plaintes, déclaré irrecevable celle du débiteur en tant que celui-ci demandait une nouvelle expertise des biens immobiliers saisis (ch. 2 à la forme), ladite plainte étant recevable pour le surplus, et déclaré recevable la plainte de la créancière. Sur le fond, elle a admis partiellement les plaintes et a renvoyé les causes à l'office afin qu'il procède dans le sens des considérants. </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">Contre cette décision, qu'il a reçue le 15 août 2005, le débiteur a recouru le 25 du même mois à la Chambre des poursuites et des faillites du Tribunal fédéral. Il ne s'en prend toutefois qu'au prononcé d'irrecevabilité de sa demande de nouvelle expertise des biens immobiliers saisis (ch. 2 à la forme). Il requiert la Chambre d'annuler ce prononcé, d'ordonner une nouvelle expertise des immeubles saisis et de mandater un expert à cet effet; subsidiairement, il lui demande de constater son droit à une nouvelle estimation et de renvoyer la cause à la Commission cantonale de surveillance pour nouvelle décision dans le sens des considérants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le créancier P.________ conclut au rejet du recours. La créancière B.________ SA s'en remet à justice. L'office a renoncé à se déterminer sur le recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Chambre considère en droit: </div> <div class="para">Le recourant invoque une violation des <span class="artref">art. 97 LP</span> et 9 ORFI, ainsi que de la jurisprudence rendue à propos de ces dispositions. </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Dans la poursuite ordinaire par voie de saisie, l'office procède à deux estimations de l'immeuble, soit lors de l'exécution de la saisie (<span class="artref">art. 97 LP</span> et 9 al. 1 ORFI) et avant de procéder aux enchères (<span class="artref">art. 140 al. 3 LP</span> et 44 ORFI), estimations qui peuvent être contestées à chaque fois (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=01.12.2005&amp;to_date=20.12.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-III-338%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page338">ATF 122 III 338</a>; arrêt 7B.79/2004 du 10 mai 2004, consid. 3.2). L'<span class="artref">art. 9 ORFI</span> s'applique donc à la première estimation, provisoire, qui intervient lors de la saisie de l'immeuble conformément à l'<span class="artref">art. 97 al. 1 LP</span> (P.-R. Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 26 ad <span class="artref">art. 97 LP</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Aux termes de l'<span class="artref">art. 9 al. 2 ORFI</span>, chaque intéressé a le droit d'exiger dans le délai de plainte, en s'adressant à l'autorité de surveillance et moyennant avance des frais, qu'une nouvelle estimation soit faite par des experts (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=3&amp;from_date=01.12.2005&amp;to_date=20.12.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-III-338%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page338">ATF 122 III 338</a> consid. 2). Il s'agit là d'un droit inconditionnel (arrêts 7B.126/2003 du 31 juillet 2003, consid. 2 et 7B.79/2004 précité, consid. 3.2). </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Au vu de ce qui précède, le recourant soutient à bon droit que, moyennant une avance de frais, il est en droit d'exiger une nouvelle estimation des immeubles saisis. Son recours doit par conséquent être admis, le chiffre incriminé de la décision cantonale annulé et la cause renvoyée à l'autorité cantonale de surveillance afin qu'il soit procédé en conformité de l'<span class="artref">art. 9 al. 2 ORFI</span>, à savoir: le délai de plainte ayant été respecté (décision attaquée, consid. 2), fixer le montant de l'avance de frais et impartir au recourant un délai convenable pour s'en acquitter, puis, cette formalité étant remplie, désigner et mandater le(s) expert(s), étant précisé qu'un défaut de paiement de l'avance de frais serait assimilé à un retrait de la requête de nouvelle estimation (cf. P.-R. Gilliéron, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4e éd. 2005, n. 915). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, la Chambre prononce: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le recours est admis et le chiffre 2 à la forme de la décision attaquée est annulé, la cause étant renvoyée à la Commission cantonale de surveillance afin qu'il soit procédé dans le sens des considérants. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué en copie au mandataire du recourant, à Me Pierre-Louis Manfrini, avocat, pour B.________ SA, à Me Xavier Mo Costabella, avocat, pour P.________, à l'Office des poursuites de Genève et à la Commission de surveillance des offices des poursuites et des faillites du canton de Genève. </div> <div class="para">Lausanne, le 19 décembre 2005 </div> <div class="para">Au nom de la Chambre des poursuites et des faillites </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">La présidente: Le greffier: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>