<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-transitional.dtd"> <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"> <head> <meta charset="utf-8"/><meta content="HTML Tidy, see www.w3.org" name="generator"/> <meta content="text/html; charset=utf-8" http-equiv="Content-Type"/> <meta content="Microsoft Word 10 (filtered)" name="Generator"/> <title></title> </head> <body lang="FR-CH"> <div class="Section1"> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" class="MsoNormalTable"> <tr> <td valign="top" width="95"> <p class="OJV-LogoLibelle"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-LogoLibelle"><span lang="FR"><img alt="image001" height="132" src="2010030211113905_e-files/image001.jpg" width="77"/></span></p> </td> <td valign="top" width="321"> <p class="OJV-LogoAdresse"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-LogoLibelle"><span lang="FR">TRIBUNAL CANTONAL</span></p> </td> <td valign="top" width="284"> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCodeAffaire"><span lang="FR">84</span></p> </td> </tr> </table> </div> <span lang="FR"><br clear="all"/> </span> <div class="Section2"> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> </div> <span lang="FR"><br clear="all"/> </span> <div class="Section3"> <p class="OJV-DcisionsInstance"> <span lang="FR">TRIBUNAL D'ACCUSATION</span></p> <p class="OJV-DcisionsDoubleSoulign"> <span lang="FR">_________________________________</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">Séance du 1er février 2010</span></p> <p class="OJV-DcisionsSoulign"><span lang="FR">______________________</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormalTab3"><span lang="FR">Présidence de M. J.-F. <span>Meylan</span>, président</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormalTab3"><span lang="FR">Juges : MM. Krieger et</span> <span lang="FR">Sauterel</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormalTab3"><span lang="FR">Greffier : M. Addor</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsEtoiles"><span lang="FR">*****</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">Art. 183 CPP; 6 § 3 let. c CEDH</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> <b>Vu l'enquête n° PE09.023698-STP</b></span> <span lang="FR"> </span><span lang="FR">instruite par le Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausane contre <b><span>G.________</span></b> pour viol, d'office et sur plainte de <b><span>Y.________</span></b>,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu la réclamation formée le 5 novembre 2009 par G.________,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu les déterminations déposées par le magistrat instructeur le 16 novembre 2009,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu les observations de G.________ du 30 novembre 2009 sur lesdites déterminations,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu le préavis du Ministère public,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu les déterminations de G.________ sur ledit préavis,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> vu les pièces du dossier;</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> <b>attendu</b></span> <span lang="FR">qu'en vertu de l'art. 183 CPP, le prévenu qui a des plaintes à formuler au sujet de sa détention ou des opérations de la procédure peut les faire inscrire au procès-verbal ou adresser une réclamation au Tribunal d'accusation par l'intermédiaire du juge saisi,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'en l'espèce, le réclamant se plaint d'avoir été interrogé le 22 octobre 2009 par la police hors la présence de son avocat,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'une réclamation de cette nature est recevable (TAcc., A., 7 juillet 2009/419; E., 7 juillet 2009/425; C., 7 juillet 2009/426);</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> attendu que dans un arrêt Salduz c. Turquie du 27 novembre 2008, auquel se réfère le réclamant, la Cour européenne des droits de l'homme (ci-après : la Cour) a indiqué que le droit de tout accusé à être effectivement défendu par un avocat, au besoin commis d'office, figurait parmi les éléments fondamentaux du procès équitable, mais qu'il n'était pas absolu (§ 51),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que la Cour a relevé qu'une législation nationale pouvait attacher à l'attitude d'un prévenu à la phase initiale des interrogatoires de police des conséquences déterminantes pour les perspectives de la défense lors de toute procédure pénale ultérieure,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'en pareil cas, l'art. 6 CEDH exigeait normalement que le prévenu puisse bénéficier de l'assistance d'un avocat dès les premiers stades des interrogatoires de police,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que ce droit pouvait cependant être soumis à des restrictions pour des raisons valables (arrêt précité, § 52),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que la Cour a précisé qu'un accusé se trouvait souvent dans une situation particulièrement vulnérable à ce stade de la procédure, effet amplifié par le fait que la législation en matière de procédure pénale tendait à devenir de plus en plus complexe, notamment en ce qui concerne les règles relatives à la collecte et à l'utilisation des preuves,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que cette vulnérabilité particulière de l'accusé ne pouvait être compensée de manière adéquate que par l'assistance d'un avocat dont la tâche consiste notamment à faire en sorte que soit respecté le droit de tout accusé de ne pas s'incriminer lui-même,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'un prompt accès à un avocat faisait partie des garanties procédurales auxquelles il fallait prêter une attention particulière au moment d'examiner la question de savoir si une procédure avait ou non anéanti la substance même du droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination (arrêt précité, § 54),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que la Cour a ajouté qu'il fallait en règle générale, pour que le droit à un procès équitable consacré par l'art. 6 § 1 CEDH demeure suffisamment concret et effectif, que l'accès à un avocat soit consenti dès le premier interrogatoire du suspect par la police, sauf à démontrer, à la lumière des circonstances particulières de l'espèce, qu'il existait des raisons imprévues de restreindre ce droit (arrêt précité, § 55),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'aux yeux des juges de Strasbourg, le requérant, dans le cas qui leur était soumis, avait été personnellement touché par les restrictions mises à la possibilité pour lui d'avoir accès à un avocat, puisque sa déclaration à la police avait servi à fonder sa condamnation,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que ni l'assistance fournie ultérieurement par un avocat ni la nature contradictoire de la suite de la procédure n'avaient pu porter remède au défaut survenu pendant la garde à vue,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il n'appartenait toutefois pas à la Cour de spéculer sur l'impact qu'aurait eu sur l'aboutissement de la procédure la possibilité pour le requérant de se faire assister par un avocat pendant sa garde à vue (arrêt précité, § 58);</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> attendu, en l'espèce, que le réclamant a été entendu par la police le 22 octobre 2009,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il a exercé à cette occasion son droit au silence, refusant de répondre à toutes les questions qui lui étaient adressées (PV aud. 6),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il n'apparaît pas que ces déclarations, qui n'en sont pas, pourraient fonder une éventuelle condamnation future,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que l'arrêt Salduz doit en effet être interprété en ce sens que le Code de procédure pénale vaudoise n'attache pas au silence du prévenu des conséquences déterminantes pour les perspectives de la défense dans la suite de la procédure pénale,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que les circonstances du cas d'espèce diffèrent de celles qui ont motivé l'arrêt précité,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que dans cette affaire contre la Turquie, il s'agissait en effet d'un requérant jeune, voire mineur, qui avait été entendu par une section anti-terroriste,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que ses aveux constituaient en outre la seule preuve à charge,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> qu'il convient dès lors de s'en tenir à la jurisprudence rendue par le Tribunal d'accusation sur la question (</span><span lang="FR">TAcc., A., 7 juillet 2009/419; E., 7 juillet 2009/425; C., 7 juillet 2009/426),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que c'est à tort que le réclamant semble déduire de l'arrêt Salduz un droit absolu à la présence de l'avocat déjà lors du premier interrogatoire de police (arrêt Salduz, § 51; cf également ATF 6B_700/2009 c. 2.2.2, du 26 novembre 2009),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que, pour le surplus, le réclamant ne saurait déduire de l'art. 159 al. 1 du futur Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 le droit à la présence aujourd'hui du défenseur déjà au stade de l'audition par la police,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que ce texte légal, qui n'est pas encore en vigueur, ne saurait déployer d'effet rétroactif (ATF 6B_700/2009 c. 2.2.3 du 26 novembre 2009, précité),</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> que les opérations d'enquête se sont donc déroulées conformément à l'art. 191 al. 2 CPP, sans violer l'art. 6 CEDH;</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> attendu, en définitive, que la réclamation doit être rejetée, aux frais de son auteur (art. 307 CPP par analogie).</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">Par ces motifs,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">le Tribunal d'accusation,</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">statuant à huis clos :</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"> <span lang="FR"> <b>I.</b> Rejette la réclamation.</span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"><span lang="FR"> <b>II.</b> Dit que les frais d'arrêt, par 440 fr. (quatre cent quarante francs), sont mis à la charge de G.________.</span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"> <span lang="FR"> <b>III. </b> <span>Déclare l'arrêt exécutoire.</span></span></p> <p class="OJV-DcisionsRomainsTC"> <span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsSignature"> <span lang="FR">L</span><span lang="FR">e <span>président</span></span><span lang="FR"><span>: L</span>e <span>greffi</span>er <span>:</span></span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsCentrETDU"> <span lang="FR"> Du</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié au conseil du réclamant, ainsi qu'au Ministère public, par l'envoi d'une copie complète<span> :</span></span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR">- M. Laurent Moreillon, avocat (pour G.________).</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> Il est communiqué en outre par l'envoi d'une copie complète à :</span></p> <p class="OJV-DcisionsRetraitNiveau1"><span lang="FR">‑ M. le Procureur général du canton de Vaud,</span></p> <p class="OJV-DcisionsRetraitNiveau1"><span lang="FR">‑ M. le Juge d'instruction cantonal.</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral - RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100<br/> al. 1 <sup></sup>LTF).</span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> <p class="OJV-DcisionsSignature"> <span lang="FR"> L</span><span lang="FR">e <span>greffi</span>er <span>:</span></span></p> <p class="OJV-DcisionsNormal"><span lang="FR"> </span></p> </div> </body> </html>