<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le lundi 18 novembre 1996, peu après 17 heures, D. sortait, au volant d'une camionnette, du chantier de l'hôpital de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Providence, sur la rue de la Maladière, à Neuchâtel, avec l'intention</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de tourner à gauche en direction de Monruz.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Après avoir traversé la voie nord sur laquelle un véhicule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'était arrêté pour le laisser passer, une collision se produisit entre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'avant droit de la camionnette et le flanc gauche d'une automobile con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duite, en direction est, par C. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ordonnance pénale notifiée le 2 décembre 1996, D. est frappé d'une amende, à laquelle il fait opposition en temps</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utile. Il dénonce également la conductrice C. le 18 février 1997,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'où le renvoi des deux conducteurs devant le tribunal de police du dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trict de Neuchâtel.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le tribunal a retenu que le conducteur D. avait manqué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'attention en s'engageant et ainsi provoqué le choc entre sa camionnette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et le véhicule C. . D. a été condamné à une amende</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de fr. 280 francs ainsi qu'aux frais de justice par fr. 200 francs. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévenue C. a été acquittée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le recourant se pourvoit en cassation pour appréciation arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire des faits de la cause et violation de la loi. Il estime en effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le juge a retenu à tort comme moyen de preuve des photographies</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">représentant les dégâts causés aux véhicules, photographies de mauvaise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qualité, alors qu'il disposait d'un témoignage extrêmement précis, celui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du conducteur qui s'était arrêté pour laisser passer la camionnette. Ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier estimait que la camionnette du recourant était presque entièrement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avancée sur la voie de la conductrice C. , et que c'est cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernière qui l'a heurté à l'avant droit. Le recourant estime en outre que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le juge, en retenant cet état de faits, a été conduit à une mauvaise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">application de la loi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le premier juge en concluant au rejet du pourvoi, présente les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations suivantes : s'il n'a pas retenu le témoignage du conducteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui s'était arrêté, c'est en raison des contradictions que contenait sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposition; de plus il conteste toute contradiction dans le jugement rendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et s'étonne de l'argumentation du recourant s'agissant des dégâts. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ministère public conclut quant à lui au rejet du pourvoi, sans formuler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) La Cour est liée par les constatations de fait du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge; elle ne peut rectifier que celles qui sont manifestement erronées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art. 251 al. 2 CPP). Dans une jurisprudence constante, la Cour a jugé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'était manifestement erronée une constatation des faits contraire à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pièce probante du dossier ou à la notoriété publique (RJN 7 II 3, 5 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">112, 4 II 159). On ne peut parler d'arbitraire que si la juridiction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inférieure a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec le dossier (ATF 118 I a 30 consid. 1 b), ou si elle a abusé de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation en particulier si elle a méconnu des preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertinentes ou qu'elle n'en a arbitrairement pas tenu compte (ATF 100 I a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">127), lorsque les constatations sont manifestement contraires à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situation de fait, reposent sur un inadvertance manifeste, ou heurtent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gravement le sentiment de la justice, enfin, lorsque l'appréciation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves est tout à fait insoutenable (ATF 118 I a 30 consid. 1 b et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autres arrêts cités), par exemple lorsqu'elle s'est fondée exclusivement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur une partie des moyens de preuves (ATF 118 I a 30 consid. 1 b, 112 I a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">371 consid. 3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En présence de deux versions discordantes, le juge doit motiver</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son choix. En cas de doute il peut procéder à l'administration des preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">destinées à écarter ce doute. Il lui incombe en particulier de procéder à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une pesée attentive des indices qui lui permettraient d'exclure l'une des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versions en présence et d'acquérir l'intime conviction que c'est l'autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">version qui doit être retenue. Les questions de fait importantes pour le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sort de la cause ne peuvent être laissées ouvertes que si l'administration</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des preuves n'a pas permis de les élucider.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le premier juge, en retenant un état de fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont le sérieux se base sur des photographies déposées par la partie re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courante, et en écartant un témoignage en raison de ses contradictions,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas tombé dans l'arbitraire. Il a en effet procédé à un examen</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">minutieux des faits tels qu'ils résultaient du dossier et de l'audience du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3 juin 1997. Il a procédé à une administration complète des preuves et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi acquis une intime conviction qu'il a motivée avec précision. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet, tant les dégâts constatés au véhicule que l'endroit où s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêtée l'automobile conduite par C. permettent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'infirmer la version du témoin et du conducteur de la fourgonnette. Ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux éléments sont suffisants pour permettre au premier juge d'estimer que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce n'est pas la vitesse excessive du véhicule C. qui est à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'origine du choc, mais bien une inattention du conducteur de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">camionnette.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Fondée sur un état de fait retenu sans arbitraire par le premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge, la condamnation de D. en application des articles 36</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al. 4 LCR et 15 al. 3 OCR ne constitue pas une violation de la loi. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant ne le prétend d'ailleurs pas.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Mal fondé , le pourvoi doit être rejeté et les frais mis à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Condamne le recourant aux frais arrêtés à 440 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 10 décembre 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>