<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp367648"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>119 IV 207<br/><br/><br/><div class="paraatf">38. Extrait de l'arrêt de la Cour de cassation pénale du 21 septembre 1993 dans la cause V. c. M. (pourvoi en nullité)</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp368928"></a> <a name="idp376480"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 268 und <artref id="CH/312.0/270/1" type="start"></artref>Art. 270 Abs. 1 BStP</span><artref id="CH/312.0/268" type="end"></artref>. <div class="paratf">Zulässigkeit der Nichtigkeitsbeschwerde (E. 1). </div> <div class="paratf"><span class="artref">Art. 117 StGB</span>; fahrlässige Tötung, Vernichtung der Leibesfrucht in utero. </div> <div class="paratf">Vor der Geburt ist das menschliche Leben durch die Bestimmungen über die Abtreibung geschützt und eine Tötung im Sinne der <span class="artref"><artref id="CH/311.0/111" type="start"></artref>Art. 111-117 StGB</span><artref id="CH/311.0/117" type="end"></artref> ausgeschlossen; fahrlässige Abtreibung ist nicht strafbar (E. 2). </div> </div> </div> <a name="idp386896"></a> <br/><div> <a name="idp394272"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 207</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page207"></a><div class="center pagebreak">BGE 119 IV 207 S. 207</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp395936"></a><span class="bold">A.- </span>Par lettre du 3 décembre 1990, V. a déposé plainte pénale contre le médecin M. pour homicide par négligence, lui reprochant d'avoir causé le 30 novembre 1988 la destruction in utero du foetus qu'elle portait depuis huit mois en omettant les mesures médicales adéquates.</div> <div class="paraatf">M. fut inculpée de lésions corporelles par négligence le 27 novembre 1991.</div> <div class="paraatf">Les époux V., parties civiles, ayant requis qu'elle soit inculpée d'homicide par négligence, le juge d'instruction refusa par ordonnance du 25 mars 1993, considérant que la destruction d'un foetus ne pouvait donner lieu à un homicide par négligence au sens de l'<span class="artref">art. 117 CP</span>.</div> <div class="paraatf">Par ordonnance du 11 juin 1993, la Chambre d'accusation cantonale rejeta le recours formé par les époux V. contre cette décision.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp401328"></a><span class="bold">B.- </span>Les époux V. se sont pourvus en nullité à la Cour de cassation du Tribunal fédéral. Soutenant qu'un foetus viable de huit mois peut être victime d'un homicide par négligence, ils concluent à l'annulation de la décision attaquée.</div> <div class="paraatf"> <a name="page208"></a><div class="center pagebreak">BGE 119 IV 207 S. 208</div> </div> <br/><div> <a name="idp403888"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Considérant en droit:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp404848"></a><span class="bold" id="consideration_1.">1. </span>a) Le pourvoi en nullité à la Cour de cassation du Tribunal fédéral est ouvert contre les décisions énumérées à l'<span class="artref">art. 268 PPF</span>. Comme la présente cause n'a pas été portée devant une autorité de jugement, on ne se trouve pas dans l'hypothèse visée par l'<span class="artref">art. 268 ch. 1 PPF</span> et la question est de savoir si la décision attaquée est une ordonnance de non-lieu rendue en dernière instance au sens de l'<span class="artref">art. 268 ch. 2 PPF</span>. Par ordonnance de non-lieu, il faut entendre une décision qui met fin à l'action pénale, au moins sur un chef d'accusation, et qui est rendue par une autre autorité que la juridiction de jugement (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=10&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1993&amp;to_year=1993&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F117-IV-233%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page236">ATF 117 IV 236</a> consid. 1b). La procédure cantonale ne donne pas compétence au juge d'instruction pour prononcer des ordonnances de classement ou de non-lieu (<span class="artref"><artref id="CH/312.0/198" type="start"></artref><artref id="CH/312.0/116" type="start"></artref>art. 116, 198, 204 CPP</span><artref id="CH/312.0/198" type="end"></artref><artref id="CH/312.0/204" type="end"></artref>/GE). Il est donc douteux que la question soit formellement liquidée sur le plan cantonal et les recourants eux-mêmes n'excluent pas l'hypothèse de l'évoquer à nouveau devant la Chambre d'accusation. D'un autre côté, il semblerait logique que les autorités cantonales se sentent liées sur la question tranchée par l'ordonnance attaquée, de sorte que celle-ci déploie matériellement les effets d'une ordonnance de non-lieu. Il n'est pas nécessaire de trancher cette question pour les motifs qui seront exposés ultérieurement.</div> <div class="paraatf">b) Selon la nouvelle formulation de l'<span class="artref">art. 270 al. 1 PPF</span> (RO 1992 p. 2473) entrée en vigueur le 1er janvier 1993 (RO 1992 p. 2470), "le lésé peut également se pourvoir en nullité s'il était déjà partie à la procédure auparavant et dans la mesure où la sentence peut avoir des effets sur le jugement de ses prétentions civiles".</div> <div class="paraatf">Il n'est pas douteux que les recourants étaient déjà parties à la procédure auparavant. En effet, le droit cantonal reconnaît à la partie civile la qualité de partie au procès (<span class="artref">art. 23 CPP</span>/GE), ce qui a permis aux recourants de se plaindre auprès de la Chambre d'accusation (<span class="artref">art. 190 al. 1 CPP</span>/GE) de la décision du juge d'instruction refusant d'inculper (<span class="artref">art. 137 CPP</span>/GE).</div> <div class="paraatf">La question est plus délicate de savoir si l'ordonnance attaquée peut avoir des effets sur le jugement de leurs prétentions civiles. Certes, les considérants de cette décision, s'ils sont suivis par un juge civil, excluent une action aquilienne (<span class="artref">art. 41 CO</span>) pour tort moral (<span class="artref">art. 47 CO</span>) fondée sur la commission d'un homicide par négligence au sens de l'<span class="artref">art. 117 CP</span>. Cependant, les considérants émis ne réduisent en aucune façon les chances des recourants dans le cadre d'une action ex contractu (<span class="artref"><artref id="CH/220/97" type="start"></artref>art. 97, 398 CO</span><artref id="CH/220/398" type="end"></artref>), qui permet également l'octroi <a name="page209"></a><div class="center pagebreak">BGE 119 IV 207 S. 209</div>d'une indemnité pour tort moral (<span class="artref">art. 99 al. 3 CO</span>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=10&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1993&amp;to_year=1993&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F80-II-256%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page258">ATF 80 II 258</a>). Il n'est toutefois pas nécessaire d'examiner plus avant les questions de recevabilité, le pourvoi étant de toute manière manifestement infondé.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp445408"></a><span class="bold" id="consideration_2.">2. </span>a) Le titre premier de la partie spéciale du Code pénal traite des infractions contre la vie et l'intégrité corporelle. S'agissant plus précisément des infractions contre la vie, le code distingue, sous chiffre 1, l'homicide (art. 111 à 117 CP) et, sous chiffre 2, l'avortement (art. 118 à 121 CP). Cette dualité montre que le droit pénal protège la vie d'une part pendant la grossesse, par les dispositions sur l'avortement, et d'autre part dès la naissance, par les dispositions réprimant l'homicide. Il résulte de l'<span class="artref">art. 116 CP</span> qu'un homicide peut déjà être commis pendant l'accouchement.</div> <div class="paraatf">b) Ainsi, comme l'admet la doctrine unanime, il ne peut y avoir qu'avortement avant l'accouchement et l'avortement par négligence n'est pas punissable (STRATENWERTH, Bes. Teil I p. 23 no 5 et p. 48 no 10; SCHUBARTH, Kommentar StGB, Bes. Teil I, Syst. Einleitung no 6; REHBERG, Strafrecht III p. 29-31; NOLL, Bes. Teil I p. 9; TRECHSEL, Kurzkommentar StGB, Vor Art. 118 no 3; JOSÉ HURTADO POZO, Droit pénal, Partie spéciale I, Fribourg 1991, p. 13 nos 7 et 8).</div> <div class="paraatf">Pour qu'un homicide soit concevable, il faut que l'accouchement ait commencé (STRATENWERTH, op.cit., p. 23 no 5; SCHUBARTH, op.cit., Syst. Einleitung, no 7; REHBERG, op.cit., p. 29; NOLL, op.cit., p. 9; TRECHSEL, op.cit., Vor Art. 111 no 3; HURTADO POZO, op.cit., p. 13 no 6). Le moment exact où l'accouchement a commencé est controversé (STRATENWERTH, op.cit., p. 23 no 5; SCHUBARTH, op.cit., Syst. Einleitung, no 8; TRECHSEL, op.cit., Vor Art. 111 no 3 et leurs références).</div> <div class="paraatf">La protection de la vie en droit pénal n'est donc pas calquée sur les notions du droit civil auxquelles se réfèrent les recourants (STRATENWERTH, op.cit., p. 23 no 5; SCHUBARTH, op.cit., Syst. Einleitung, no 7; NOLL, op.cit., p. 9; TRECHSEL, op.cit., Vor Art. 111 no 3; HURTADO POZO, op.cit., p. 14 no 11).</div> <div class="paraatf">c) En l'espèce, il est allégué une destruction du foetus in utero, alors que l'accouchement n'avait en aucune façon commencé. Dans un tel cas, il est d'emblée exclu de retenir un homicide à l'encontre du foetus; seules les dispositions sur l'avortement pourraient entrer en considération, mais cette infraction ne peut pas être commise par négligence. L'autorité cantonale n'a donc pas violé le droit fédéral en refusant d'emblée de poursuivre sous l'accusation d'homicide par négligence (<span class="artref">art. 117 CP</span>). Le pourvoi doit par conséquent être rejeté.</div> </div></body></html>