<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A la fermeture du Tennis-Club X. , le ven-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dredi 16 août 1996 entre 1 h 15 et 1 h 30 du matin, une altercation se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">produisit entre L. et B. . La tenancière, amie de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce dernier, rapporte dans son témoignage que le prévenu était ce soir-là</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assez agressif, qu'il a contesté les consommations, et qu'il ne voulait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas quitter le club à la fermeture. La témoin ayant tout de même procédé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la fermeture, elle rapporte que, le prévenu étant resté au bar, elle en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tendit ce dernier injurier le plaignant et le menacer par les termes "sale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étranger, rien à faire ici, sors et je te tue". Elle rappelle cependant ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas avoir porté toute son attention sur cet incident.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Un des joueurs de cartes déclare que l'atmosphère était assez</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tendue à la table de jeu ce soir-là. De plus, il rapporte qu'il est de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">coutume, au Club-House, d'agresser ou de provoquer le prévenu, qui réagit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">facilement. Cependant, si le prévenu se tient bien, il n'en est pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même des attaques qui lui sont portées, attaques souvent méchantes ou à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limite du racisme. Le prévenu, s'il admet les insultes déclare qu'elles ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">font que répondre aux insultes du plaignant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> De ces déclarations, le premier juge a retenu la version des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits suivantes :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "Pour les injures, le prévenu a bel et bien insulté le plai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> gnant; cependant, au vu des habitudes du Club-House, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> étant entendu que le premier témoin déclarait ne pas faire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> très attention aux circonstances de l'incident, le premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> juge a considéré qu'il s'était agi d'un échange d'injures,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> que le doute devait profiter au prévenu, et qu'ainsi les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> alinéas 2 et 3 de l'article 177 CP s'appliquaient."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En ce qui concerne les menaces, le premier juge retient qu'elles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont bel et bien été proférées. Mais il estime que les conditions posées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'article 180 CP ne sont pas réalisées, spécialement par le fait que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le plaignant n'aurait pas été alarmé ou effrayé. En l'occurrence, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estime que tout, parmi les témoignages, démontre que le plaignant n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris les propos du prévenu au sérieux. Il s'agit de les replacer dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contexte du Club-House du tennis X. , où la provocation orale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec le prévenu semblait de mise. Le premier juge a exempté le prévenu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute peine, tout en lui laissant une partie des frais de justice à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Un pourvoi en cassation a été interjeté par le plaignant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. , le 7 mai 1997. Le recourant invoque une fausse applica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de la loi au sens de l'article 242 CPP. D'une part, il estime que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge a commis un abus d'appréciation, en retenant qu'il y avait eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un échange d'injures. Il estime en effet qu'aucun des témoignages ne per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">met de parvenir à la conclusion prise par ce dernier. En tous les cas, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estime que le tribunal de première instance n'a pas suffisamment motivé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les raisons pour lesquelles il a retenu l'échange d'injures.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> D'autre part, le recourant estime qu'il est inéquitable de ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas retenir les menaces, sous prétexte que le plaignant n'aurait pas été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effrayé, alors qu'en l'espèce seul son "self-control" lui a permis de ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas montrer à quel point il a été touché par la menace dont il a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recourant conclut à ce que la Cour de cassation retienne la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réalisation des infractions d'injures et de menaces, et qu'en conséquence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle casse le jugement entrepris et le renvoie en première instance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le ministère public et le tribunal de police renoncent à for-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">muler des observations et à prendre des conclusions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'intimé, dans les observations qu'il présente, estime que tant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le flou qui entoure l'échange de paroles, que l'habitude des membres du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">club de tennis de provoquer sans raison le prévenu, permettaient au pre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mier juge, sans excéder les limites de son pouvoir d'appréciation, de re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenir l'échange d'injures. Quant aux menaces, le recourant estime que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appréciation de la peur ressentie ou non à l'occasion d'une menace est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une question de fait qui ne peut donc être réexaminée par la cour de cas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation que sous l'angle de l'arbitraire. Rien, selon lui, ne permet de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenir que le plaignant a été effrayé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) La Cour de céans, à l'instar du Tribunal fédéral, examine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seulement si le premier juge a, en matière d'appréciation des preuves,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">outrepassé son pouvoir et établi les faits de manière arbitraire (ATF 120</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ia 37, 38). Il n'y a pas arbitraire du seul fait que la version des faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenue par le juge ne coïncide pas avec celle du recourant. Encore faut-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il que l'appréciation des preuves soit manifestement insoutenable, en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tradiction flagrante avec la situation effective, qu'elle constitue la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violation d'une règle de droit ou d'un principe juridique clair et indis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cuté, ou encore qu'elle heurte de façon grossière le sentiment de la jus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tice et de l'équité (ATF 118 Ia 30, 117 Ia 139).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, on ne saurait suivre le recourant lorsqu'il af-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">firme que le premier juge a retenu à tort un échange d'injures, et que ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doute devait profiter au prévenu. En effet, si le premier juge a retenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette possibilité, il l'a fait après avoir procédé à l'examen des faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tels qu'ils résultaient du dossier et des débats aux audiences du 16 jan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vier et du 3 avril 1997. Lors de ces audiences, et par les témoignages, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge a pu valablement se forger une intime conviction, en se basant sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'atmosphère du Club-House et sur l'attitude des différents protagonistes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce soir-là. On ne saurait estimer que l'appréciation des preuves faite en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce est manifestement insoutenable ou en contradiction flagrante avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la situation effective.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) S'agissant des menaces, le juge n'est pas tombé dans l'arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire en estimant qu'avec les preuves et témoignages dont il disposait,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le plaignant n'a pas été effrayé. En particulier, l'amie du plaignant n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas été alarmée, ce qui démontre le peu de crédibilité des menaces pronon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cées et leur absence d'effet sur les personnes présentes. Il ressort clai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rement de l'article 180 CP que l'effroi de la personne menacée est un élé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment constitutif de la réalisation de l'infraction. Le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ayant pas dépassé son pouvoir d'appréciation dans ce cas, on ne saurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenir une mauvaise application de la loi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Le pourvoi est ainsi mal fondé, ce qui entraîne la mise des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais à la charge du recourant (art.254 CPP). S'agissant des dépens, il y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a lieu d'allouer une indemnité de 300 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met les frais arrêtés à 440 francs à la charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Fixe à 300 francs les dépens alloués à l'intimé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 7 janvier 1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>