<h2>SubmittedText<h2><p>Lors de l'adjudication de marchés publics, le Conseil fédéral est chargé de tenir davantage compte des entreprises offrant des places d'apprentissage et d'autres possibilités de formation ; à cet effet, le principe selon lequel la formation des apprentis constitue un critère pour l'adjudication des marchés publics doit  être inscrit dans la loi fédérale sur les marchés publics. Afin que ce critère soit également appliqué dans le domaine des cantons et des communes, il faudra réviser la loi fédérale sur le marché intérieur.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Le Conseil fédéral est conscient de l'importance économique et sociale d'une bonne formation professionnelle et met tout en oeuvre pour en accroître encore la qualité et en renforcer l'attrait. C'est dans ce sens que va d'ailleurs la réforme de la loi fédérale sur la formation professionnelle (RS 412.10).</p><p>Le but du droit des marchés publics est de favoriser l'utilisation économique des fonds publics, d'assurer la transparence des procédures, de renforcer la concurrence et de traiter tous les soumissionnaires sur un pied d'égalité. À l'avenir également, l'entreprise capable de remplir le mandat et dont l'offre est la plus avantageuse économiquement sera prise en considération. Les critères de qualification et d'adjudication doivent se référer à la prestation à acquérir. Le mandat ne sera octroyé qu'à l'entreprise qui observe les dispositions relatives à la protection des travailleurs, les conditions de travail et l'égalité salariale entre femmes et hommes (art. 8 de la loi fédérale sur les marchés publics, LMP ; RS 172.056.1). Ces exigences visent à préserver les acquis sociaux, à maintenir la paix du travail et à empêcher les répercussions sociales non souhaitées ; de plus, elles servent à éviter les distorsions entre les concurrents. Seuls les employeurs qui respectent ces conditions peuvent être pris en considération dans l'adjudication d'un marché public.</p><p>La question de savoir s'il convient de créer un mécanisme dans la législation sur les marchés publics pour améliorer encore la situation en matière de formation est examinée dans le cadre de la révision en cours de la LMP. Le Conseil fédéral ne s'oppose pas à la création d'un tel mécanisme, mais attire l'attention sur les limites de la prise en compte dans la législation de conditions n'ayant pas trait directement à la prestation. Ces critères ressortent de l'exigence de traitement des soumissionnaires suisses et étrangers sur un pied d'égalité, ancrée dans le droit national et international sur les marchés publics, en particulier dans l'accord OMC sur les marchés publics (RS 0.632.231.422). Tous les États-membres de l'OMC ne disposent pas du même système que la Suisse, ni d'un système analogue, portant sur une formation professionnelle liée à la pratique. Par conséquent, exiger des fournisseurs étrangers qu'ils forment des apprentis violerait le principe de non-discrimination. En outre, il faut observer l'exigence inscrite dans le droit international, prescrivant que les critères de qualification et d'adjudication doivent se référer à la prestation à acquérir et non à des considération extérieures - par exemple de nature structurelle ou sociopolitique - au marché publié. Le fait qu'une entreprise forme des apprentis ne constitue pas un critère approprié pour déterminer sa capacité technique, économique et financière, ni pour retenir l'offre la plus avantageuse économiquement. Indépendamment de cela, le mélange de critères de qualification et d'adjudication liés à la prestation et de critères étrangers à cette dernière pour limiter la concurrence provoque une distorsion dans le choix de l'offre la plus avantageuse et porte ainsi préjudice à l'ensemble de l'économie.</p><p>Dans la révision en cours du droit des marchés public, il sera néanmoins examiné si, en cas d'offres équivalentes d'entreprises ayant leur siège ou une filiale en Suisse, le marché peut être attribué à celles qui assument leur responsabilité économique globale, notamment en formant des apprentis. Une telle réglementation peut contribuer à harmoniser le droit suisse des marchés publics. A titre d'exemple, relevons que, si la législation du canton d'Argovie prévoit la formation d'apprentis comme critère d'adjudication, ce critère ne peut être appliqué, selon un arrêt du tribunal administratif d'Aarau (du 15 septembre 1999), que si les offres présentées sont équivalentes.</p><p>Le but visé par la loi sur le marché intérieur est de garantir à toute personne ayant son siège ou son établissement en Suisse l'accès libre et non discriminatoire au marché afin qu'elle puisse exercer une activité lucrative sur tout le territoire suisse. Pour cette raison, cette loi n'est pas destinée à réglementer les procédures d'achat cantonales et communales. Ce rôle est plutôt dévolu à l'accord intercantonal sur les marchés publics (RS 172.056.4) et aux règlements d'exécution cantonaux.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.