B u n d e s v e r w a l t u n g s g e r i ch t T ri b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T ri b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T ri b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour III C-4218/2022 A r r ê t d u 1 6 j u i n 2 0 2 3 Composition Madeleine Hirsig-Vouilloz, juge unique, Séverin Tissot-Daguette, greffier. Parties A._______, (Afrique du Sud) Adresse postale : c/o B._______ recourant, contre Caisse suisse de compensation CSC, autorité inférieure. Objet Assurance-vieillesse et survivants, demande d'adhésion à l'assurance facultative (décision sur opposition du 22 juin 2022). C-4218/2022 Page 2 Faits : A. A._______ (ci-après : le recourant ou l’intéressé ) est un ressortissant suisse né le (…) 1962 (CSC pce 2 p. 21). Domicilié en Suisse jusqu’au 26 août 2020, (CSC pce 13 p. 8), il s’établit par la suite avec sa famille en Afrique du Sud pour y travailler dans la viticulture (CSC pces 2 p. 1 et 13 p. 5). B. B.a Avant le départ de la famille en Afrique du Sud, l’épouse du recourant s’était renseignée auprès de la Caisse suisse de compensation (ci-après : CSC ou autorité inférieure) sur les démarches à entreprendre, obtenant un courriel récapitulatif en date du 4 novembre 2019 (CSC pce 2 p. 2 ss). Un second entretien téléphonique s’est déroulé à ce sujet, selon la notice du 25 mai 2020 (CSC pce 1). Le 1er juillet 2021, une lettre-circulaire de la CSC est adressée à l’intéressé , l’informant de la possibilité, sous certaines conditions, d’adhérer à l’AVS/AI facultative (CSC pce 13 p. 7). B.b Le 27 avril 2022, le recourant , se référant au courriel reçu par son épouse le 4 novembre 2019, dépose auprès de la CSC par voie électronique des déclarations d’adhésion à l’AVS/AI facultative pour tous les membres d e la famille, à savoir lui -même, son épouse et son fils (CSC pces 2 p. 1 et 2 p. 5). Il indique avoir rencontré de nombreuses difficultés administratives lors de son installation en Afrique du Sud, qui ont retardé cette démarche. B.c Par décision du 25 mai 202 2 (CSC pce 9), transmise par courrier recommandé et par mail (CSC pce 10), la CSC rejette la demande d’adhésion à l’AVS/AI facultative, au motif que cette dernière était tardive, n’étant pas intervenue dans le délai d’un an dès la sortie de l’assurance obligatoire. B.d Le 25 mai 2022 (CSC pce 11 p. 1), le recourant explique par courriel avoir tardé à faire sa demande parce qu’il attendait l’établissement de sa comptabilité et ses déclarations de salaire. Il ajoute qu’u n délai de deux ans pour adhérer lui avait été communiqué lors de son téléphone à la CSC. B.e Le recourant transmet son opposition par courriel le 1 4 juin 2022 (CSC pce 13 p. 4), puis par voie postale le 17 juin 2022 avec un exemplaire signé (CSC pce 15). Il fournit des explications comp lémentaires sur les C-4218/2022 Page 3 difficultés administratives connues à son arrivée en Afrique du Sud, liées d’une part à l’organisation locale et d’autre part, à la pandémie de Covid. Dans ce contexte, il n’a pu immédiatement reprendre une activité lucrative, ni fournir de certificat de salaire. Il se réfère enfin à la lettre -circulaire du 10 (recte : 1er) juillet 2021 de la CSC l’informant de la possibilité d’adhérer à l’assurance facultative. Il estime dès lors qu’il était toujours à ce moment- là en mesure d’adhérer. Dans sa décision sur opposition du 22 juin 2022 (CSC pce 16), notifiée le 30 août 2022 (CSC pce 22 p. 2), la CSC rejette l’opposition du recourant. Cette autorité confirme que l’adhésion à l’AVS/AI facultative est selon elle tardive et estime pour le surplus qu’il n’y a pas de circonstances extraordinaires permettant de justifier une prolongation du délai d’adhésion. C. C.a Le recourant conteste la décision sur opposition du 22 juin 2022 par courriel adressé à la CSC le 1er septembre 2022 (CSC pce 24 p. 1, TAF 1). Il sollicite en substance un réexamen de sa demande d’adhésion à l’assurance AVS/AI facultative. Ce document est transmis au Tribunal administratif fédéral (TAF) par la CSC le 20 septembre 2022 (CSC pce. 25, TAF pce 2). C.b Dans sa décision incidente du 29 septembre 2022 (TAF pce 3), le TAF informe le recourant qu’il considère son courriel du 1 er septembre 2022 comme un recours . Il requiert toutefois que chacun des membres de la famille signe et lui retourne un exemplaire dudit courriel ou de tout autre document en lien avec la procédure, tout en indiquant un domicile de notification. Le recourant y donne suite le 8 novembre 2022, dans le délai imparti (TAF pce 7). C.c Le 20 décembre 2022, le recourant adresse un « mémoire de recours » (TAF pce 11), signé par chacun des membres de la famille, complétant son argumentation à l’encontre de la décision sur opposition du 22 juin 2022. Le recourant se prévaut de sa bonne foi, rappelle les problèmes administratifs rencontrés en Afrique du Sud et concède avoir peut-être « sous-estimé les entraves que le Covid19 allait provoquer et pas compris à partir de quand le compteur démarrait pour calculer le délai ». Il conclut à l’admission de son recours et à ce qu’il soit autorisé à cotiser depuis le 1er septembre 2020 sur la base des salaires déclarés. C-4218/2022 Page 4 C.d La CSC transmet son dossier électroniquement le 8 février 2023 (TAF pce 13). Droit : 1. 1.1 La procédure devant le Tribunal administratif fédéral est en principe régie par la PA (art. 37 LTAF), sous réserve des dispositions particulières de la LPGA (RS 830.1 ; art. 3 let. bbis PA). Selon les principes généraux du droit intertemporel, les règles d e procédure précitées s'appliquent dans leur version en vigueur ce jour (ATF 130 V 1 consid. 3.2). 1.2 Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour connaître du présent recours (art. 31, 32 et 33 let. d LTAF ; art. 85 bis al. 1 LAVS [RS 831.10]). Dans la mesure où le recourant est directement touché par la décision attaquée et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou modifiée, il a qualité pour recourir (art. 59 LPGA et 48 al. 1 PA). Pour le surplus, déposé en temps utile et dans le s formes requises par la loi (art. 60 LPGA et 50 al. 1 PA ; art. 52 al. 1 PA) et l’avance sur les frais de procédure ayant été dûment acquittée (art. 63 al. 4 PA ; TAF pce 10), le recours est recevable. 2. En vertu de la maxime inquisitoire, le Tribunal doit définir les faits pertinents ainsi qu'ordonner et apprécier d'office les preuves nécessaires (art. 12 PA) ; il applique le droit d'office. Les parties doivent cependant collaborer à l'établissement des faits (art. 13 PA) et motiver leur recours (art. 52 PA). En conséquence, le Tribunal se limite en principe aux griefs soulevés et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la mesure où les arguments des parties ou le dossier l'y incitent (ATF 119 V 347 consid. 1a). 3. L'objet du présent litige est le bien -fondé de la décision sur opposition du 22 juin 2022 rejetant la demande d'adhésion à l'AVS/AI facultative déposée le 27 avril 2022. 4. Selon les principes généraux du droit intertemporel, le droit matériel applicable est en principe celui en vigueur lors de la réalisation de l'état de fait qui doit être apprécié juridiquement ou qui a des conséquences C-4218/2022 Page 5 juridiques, sous réserve de dispositions particulières du droit transitoire (ATF 143 V 446 consid. 3.3 ; 136 V 24 consid. 4.3 ; 132 V 215 consid. 3.1.1). En l'espèce, la demande d'adhésion à l'AVS/AI facultative a été déposée le 27 avril 2022 et la décision sur opposition contestée date du 22 juin 2022 (ATF 131 V 242 consid. 2.1). Sont dès lors applicables à la présente cause la LAVS et ses règlements d'application, en particulier l'Ordonnance concernant l'assurance -vieillesse, survivants et invalidité facultative (OAF, RS 831.111) , dans leur teneur en vigueur dès le 1er janvier 2021. 5. 5.1 L'affiliation à l'AVS/AI peut être obligatoire (art. 1a LAVS) ou facultative (art. 2 LAVS ; MICHEL VALTERIO, Droit de l'assurance -vieillesse et survivants [AVS] et de l'assurance -invalidité [AI], Genève, Zurich, Bâle , 2011, n. m. 37). 5.2 Au sens de l'art. 1a al. 1 LAVS (assurance obligatoire proprement dite), sont assujetties à l'AVS/AI obligatoire en particulier les personnes physiques domiciliées en Suisse (let. a) et celles qui y exercent une activité lucrative (let. b). Pour l'assurance obligatoire proprement dite, l'affiliation a lieu de par la loi (ex lege) ; il suffit qu'une personne remplisse une de ces conditions pour être assurée. Ainsi, l'affiliation au régime de l'AVS/AI peut être qualifiée d'automatique étant donné que l'assujettissement commence au moment où l'une des conditions de l'art. 1a al. 1 LAVS se trouve réalisée et où il cesse au moment où celle -ci n'est plus remplie (MICHEL VALTERIO, op. cit., n. m. 40). 5.3 En vertu de l'art. 2 al. 1 LAVS, l'adhésion à l'assurance AVS/AI facultative est subordonnée à la triple condition que la personne (i) ait la nationalité suisse ou celle d'un Etat membre de la Communauté européenne (ci -après : UE) ou de l'Association européenne de libre - échange (ci-après : AELE), (ii) qu'elle vit dans un Etat non membre de l'UE ou de l'AELE et (iii) qu'elle ait été assurée immédiatement avant le départ pendant 5 ans consécutifs à l'AVS ( MICHEL VALTERIO, op. cit. n. m. 158). Selon l'art. 2 al. 6 première phrase LAVS, le Conseil fédéral édicte les dispositions complémentaires sur l'assurance facultative ; il fixe notamment le délai et les modalités d'adhésion, de résiliation et d'exclusion. 5.4 L'art. 8 al. 1 OAF dispose que pour adhérer à l'AVS/AI facultative, il s'agit de déposer une déclaration d'adhésion en la forme écrite auprès de la Caisse de compensation ou, subsidiairement, auprès de la C-4218/2022 Page 6 représentation compétente, dans un délai d'un an à compter de la sortie de l'AVS/AI obligatoire ; l'inobservation de ce délai entraîne la perte du droit d'adhérer à l'assurance facultative. L'adhésion à l'ass urance facultative prend effet dès la sortie de l'AVS/AI obligatoire (art. 8 al. 2 OAF). En effet, l'AVS/AI facultative est une assurance de pure continuité, visant uniquement à préserver les droits acquis dans l'AVS/AI obligatoire, ce qui implique que l'a dhésion à l'AVS/AI facultative suive immédiatement la sortie de l'AVS/AI obligatoire (FF 1999 4601 p. 4616 ; arrêt du TF H 216/03 du 6 avril 2004 in : Pratique VSI 4/2004 p. 172 ss ; arrêts du TAF C-77/2010 du 21 septembre 2011 consid. 5.2 et C -662/2015 du 8 juin 2017 consid. 7.1). Contrairement à l'AVS/AI obligatoire fondée sur le principe de l'universalité et dont l'affiliation a lieu d'office, l'AVS/AI facultative est conçue comme une assurance de continuité destinée à un cercle délibérément restreint de personnes et dont l'affiliation se fait sur une base volontaire aux conditions fixées dans la loi et son ordonnance d'application (arrêt du TF 9C_481/2009 du 24 novembre 2009 consid. 5.2). Il sied de relever encore qu'une méconnaissance du droit, et notam ment du délai d'adhésion à l'assurance facultative, ne saurait jouer en la faveur de l'assuré lorsqu'il n'y a aucune erreur d'information de la part de l'autorité (arrêt du TF H 245/04 du 29 mars 2014, consid. 4.1 et les références citées ; arrêt du TAF C -3417/2016 du 2 août 2016 consid. 4.2 ; MICHEL VALTERIO, op.cit., n. m. 161). 5.5 En cas de circonstances extraordinaires dont le requérant ne peut pas être rendu responsable, la caisse de compensation peut, sur demande, prolonger individuellement d'une année a u plus le délai d'adhésion à l'assurance ; l'octroi ou le refus de la prolongation doit être notifié dans une décision sujette à recours (art. 11 OAF). Selon la doctrine et la jurisprudence, les circonstances extraordinaires sont les évènements objectifs e mpêchant la personne de présenter sa demande d'adhésion pour des raisons indépendantes de sa volonté (et non pas des motifs purement personnels ou subjectifs) ou lorsqu'elle a déposé sa demande tardivement suite à des faux renseignements de l'autorité (MICHEL VALTERIO, op. cit., n. m. 162 et les réf. cit.). Toutefois, ni l'erreur (de droit) concernant la qualité d'assuré à l'AVS/AI, ni l’ignorance des droits et obligations découlant de l’OAF, ne représente nt des circonstances exceptionnelles au sens de cette disposition propre s à justifier une prolongation du délai d'adhésion à l'AVS/AI facultative (ATF 114 V 1 consid. 4 et 4b ; ATF 97 V 213 consid. 2 ; arrêts du TAF C-6766/2009 du 7 septembre 2011 consid. 5 et C -3417/2016 du 2 août 2016 cons id. 5.1). Le délai d'adhésion ne peut pas non plus être prolongé pour une personne s'annonçant trop tard, parce que la représentation diplomatique ne l'a pas C-4218/2022 Page 7 informée de l'existence de l'AVS/AI facultative (ATF 114 V 1 consid. 4). Le Tribunal fédéral n'a d 'ailleurs reconnu l’existence de circonstances extraordinaires qu'à de très rares reprises, par exemple dans le cas d'un ressortissant suisse en captivité en Russie (ATF 97 V 213 consid. 2 et les réf. cit. ; arrêt du TAF C -2787/2018 du 30 juin 2020 consid. 5.7 et les réf. cit.). 5.6 Il convient encore de rappeler qu'en matière d'assurance-vieillesse, il y a une application stricte du principe de la légalité : la législation est impérative et exhaustive ( GREBER/KAHIL-WOLFF/FRÉSARD-FELLAY/MOLO, Droit suisse de la sécurité sociale, vol. I, 2010, p. 25 ch. 38). Le texte légal est clair et soumet la qualité d'assuré au sens des art. 1a et 2 LAVS, ainsi que l'adhésion à l'AVS/AI facultative à des conditions précises, fixées par le législateur. 6. Au vu des éléments ressortant de la décision sur opposition du 22 juin 2022 ainsi que ceux avancés par le recourant, le Tribunal examinera dans un premier temps si ce dernier est effectivement sorti de l’assurance AVS/AI obligatoire en août 2020 (consid. 7), condition préalable à une adhésion l’assurance AVS/AI facultative. Dans un deuxième temps, il s’agira d’examiner si dite déclaration d’adhésion a été déposée dans le délai légal d’une année (consid. 8), voire si une prolongation en raison de circonstances extraordinaires est justifiée (consid. 9). Si tel n’est pas le cas, le Tribunal se penchera encore sur l’application du principe de la bonne foi (consid. 10), dont le recourant se prévaut. 7. 7.1 En l’espèce , il ne fait aucun doute, à la lecture du dossier, que le recourant est sorti de l’assurance AVS/AI obligatoire à la fin du mois d’août 2020. En effet, c’est à ce moment-là qu’il a quitté la Suisse pour s’installer en Afrique du Sud et qu’en parallèle, il a cessé de verser des cotisations AVS, selon son extrait de compte individuel AVS (CSC pce 6 p. 2). Or, sont uniquement assujetties à l'AVS/AI obligatoire, outre quelques exceptions ne concernant pas la situation du recourant , les p ersonnes physiques domiciliées en Suisse et celles qui y exercent une activité lucrative (art. 1a LAVS). Le recourant ne conteste pas avoir cessé son activité lucrative en Suisse, puisque dans sa déclaration d’adhésion, il a indiqué avoir cessé de travailler pour la société C._______ SA le 31 août 2020 (CSC pce 5 p. 10). C-4218/2022 Page 8 En revanche, sur la question de son domicile, le recourant fait valoir qu’il possède toujours une maison en Suisse, actuellement mise en location. Il dispose ainsi de la possibilité de s’y réinstaller à tout moment, ce qui serait d’ailleurs son intention dans le futur , de sorte qu’il n’aurait pas quitté définitivement la Suisse (courriel du 1 er septembre 2022 : CSC pce 24, « mémoire de recours » du 20 décembre 2022 : TAF pce 11). Ce faisant, le recourant fait ainsi valoir en substance qu’il devrait rester assujetti obligatoirement à l’AVS/AI parce qu’il aurait conservé son domicile en Suisse. 7.2 Conformément à l'art. 13 al. 1 LPGA, le domicile d'une personne est déterminé selon les a rt. 23 à 26 CC. A teneur de l'art. 23 al. 1 CC, le domicile de toute personne est au lieu où elle réside avec l'intention de s'y établir. Deux éléments doivent donc être réalisés pour la constitution du domicile volontaire : le premier, la résidence, soit un séjour effectif d'une certaine durée en un endroit déterminé, est objectif et externe, tandis que le second, soit la volonté de rester dans un endroit de façon durable, est subjectif et interne. Pour cet élément, ce n'est cependant pas la volonté interne de la personne concernée qui importe, mais les circonstances reconnaissables pour des tiers qui permettent de déduire qu'elle a cette volonté. Ceci implique la volonté manifestée de faire d'un lieu le centre de ses relations personnelles et professionnelles (ATF 134 V 236 consid. 2 ; 133 V 309 consid. 3.1 ; 127 V 237 consid. 1). Le domicile d'une personne se trouve ainsi au lieu avec lequel elle a les relations les plus étroites, compte tenu de l'ensemble des circonstances (ATF 132 I 29 consid. 4 ; arrêt du Tribunal fédéral 4C_4/2005 du 16 juin 2005 consid. 4.1, in : La Semaine judiciaire [SJ] 2005 I p. 501). Par ailleurs, les éléments tels que le statut de la personne du point de vue de la police des étrangers, des autorités fiscales ou des assurances soc iales, le dépôt des papiers d'identité, par exemple, s'ils ne sont pas décisifs, constituent néanmoins des indices sérieux en ce qui concerne l'intention de s'établir (ATF 125 III 101 consid. 3 ; arrêt du Tribunal fédéral P 5/05 du 5 janvier 2006 consid. 2 ; MICHEL VALTERIO, op. cit., n. m. 42, 43). 7.3 En l’occurrence, s elon l’attestation de la commune de D._______ du 25 août 2020 (CSC pce 13 p. 8) , le recourant a quitté sa commune le 26 août 202 0. Il ressort des autres pièces au dossier, en particulier du courriel du 27 avril 2022 (CSC pce 2), que dès son départ de Suisse, le recourant s’est installé en compagnie de sa famille en Afrique du Sud, où il a acquis une ferme afin de développer une activité professionnelle dans la viticulture. Une demande de permis de résidence permanente a été déposée auprès des autorités sud-africaines, comme le recourant l’indique C-4218/2022 Page 9 dans son mémoire de recours du 20 décembre 2020 (TAF pce 11) . Le recourant s’est également inscrit auprès de la représentation suisse dans son pa ys d’accueil , selon le courrier du 1 er juillet 2021 de la CSC (CSC pce 13 p. 7). Au vu de ce qui précède, dès lors qu’il réside en Afrique du Sud avec sa famille , qu’il y travaille et y a entrepris des démarches administratives relatives à son établissemen t, force est d’admettre qu’il s’agit du lieu avec lequel il a les relations les plus étroites et où il a par conséquent constitué son domicile, au sens de l’art. 23 al. 1 CC. 7.4 Dans ces circonstances, sans domicile ni activité lucrative en Suisse à partir du mois d’août 2020, il convient de constater que le recourant est sorti du cercle des personnes assuré es obligatoirement dès cette date , faute de remplir l’une des conditions alternatives de l’art. 1a LAVS. 8. 8.1 Seule demeure alors la possibilité d’adhérer à l’assurance AVS/AI facultative, pour autant que les conditions légales soient réunies. Il faut en particulier que la déclaration d’adhésion ait été déposée dans un délai d’un an après la sortie de l’assurance obligatoire, comme prévu par l’art. 8 al. 1 OAF. 8.2 Tel n’est toutefois pas le cas en l’espèce. Comme susmentionné, le recourant est sorti du cercle des personnes assurées obligatoirement à la fin du mois d’août 2020. Le dépôt de sa déclaration d’adhésion à l’assurance facultative le 27 avril 2022 est par conséquent intervenu largement après l’échéance du dit délai d’un an à compter de la sortie de l’assurance obligatoire. En conséquence , il ne lui était plus possible d’adhérer à l’assurance facultative, sauf à faire valoir l’existence de circonstances extraordinaires permettant d’obtenir une prolongation du délai au sens de l’art. 11 OAF. 9. 9.1 A l’appui de sa requête d’adhésion, puis dans le cadre de son opposition et de son recours, le recourant fait en effet impl icitement référence à des circonstances devant être examinées sous l’angle de l’art. 11 OAF. Ainsi, il a évoqué, à plusieurs reprises, les difficultés administratives engendrées par la fermeture des administrations, puis leur réouverture progressive, en raison de la pandémie de Covid19 . Cette situation a entraîné un retard dans toutes les démarches liées à son C-4218/2022 Page 10 installation en Afrique du Sud . Il explique avoir dû repousser son départ pour ce pays du 12 mars au 26 août 2020, tout en continua nt à travailler en Suisse. Une fois sur place, il n’a pu commencer de suite son activité lucrative et il n’a obtenu ses fiches de salaire qu’après l’établissement (tardif) de sa comptabilité. La Poste sud-africaine tournait « au ralenti » et le consulat gé néral de Suisse E._______ avait également réduit ses services au minimum. Enfin, pendant de nombreux mois, ses seuls objets personnels se résumaient au contenu de sa valise, son téléphone et un ordinateur pour rester en contact avec les intervenants locaux et ceux de la Suisse. Tous ces événements ont retardé le dépôt de sa déclaration d’adhésion. 9.2 En l’occurrence, sans remettre en cause les difficultés rencontrées par le recourant lors de son installation en Afrique du Sud, aucun des éléments qu’il avance ne constitue une circonstance extraordinaire au sens de l’art. 11 OAF, à savoir un événement objectif qui l’aurait empêché de présenter dans les délais sa demande, pour des raisons indépendantes de sa volonté. En effet, d’une part, la déclaration d’adhésion à l’assurance facultative est une démarche qui n’implique pas les autorités officielles du pays d’accueil. La procédure s’effectue entre le requérant et la CSC, située en Suisse. D’autre part, il n’est pas nécessaire d’exercer une activité lucrative à l’étranger, ni a fortiori de produire les certificats de salaire afférents à cette activité, comme semble l’avoir à tort compris le recourant, pour adhérer à l’assurance facultative. Cette dernière est en effet également ouverte aux personnes sans activité lu crative. Le retard du recourant à déposer sa déclaration d’adhésion apparaît ainsi – au moins partiellement – en lien avec une méconnaissance des règles applicables. Or, s elon une jurisprudence constante (cf. not. ATF 114 V 1 consid. 4 ), l’ignorance des droits et obligations découlant de l’OAF ne constitue pas une circonstance extraordinaire. 9.3 Il convient d’ajouter que, selon ses propres déclarations, le recourant disposait des moyens de communication pour rester en contact avec les intervenants locaux et suisses. De plus, il a pu ouvrir un compte en Afrique du Sud après trois mois et enregistrer sa société après presque quatre mois sur place. Toute démarche administrative ne lui était par conséquent pas impossibl e. L’argumentation du rec ourant liée à la pandémie de Covid19 ne lui est ainsi d’aucun secours. Le Tribunal administratif fédéral considère que dans ces circonstances, le recourant était en mesure d’effectuer les démarches d’adhésion dans le délai d’une année découlant C-4218/2022 Page 11 de l’art. 8 al. 1 OAF. Le non-respect de cette incombance ne résulte pas de circonstances extraordinaires indépendantes de sa volonté. Partant, il n’y a pas lieu d’accorder une prolongation du délai d’adhésion au sens de l’art. 11 OAF. 10. 10.1 Comme ultime motivation de son recours, le recourant se prévaut de sa bonne foi. Il estime notamment ne pas avoir « compris à partir de quand le compteur démarrait pour calculer le délai ». Il ajoute qu’il se sentait serein suite au courrier de la CSC du 10 (recte : 1er) juillet 2021, reçu à la fin du mois d’août 2021, qui l’informait de la possibilité d’adhérer à l’assurance facultative. Il pensait dès lors être toujours en mesure d’effectuer cette démarche. 10.2 Découlant directement de l'art. 9 Cst. et valant pour l'ensemble de l'activité étatique, le principe de la bonne foi protège le citoyen dans la confiance légitime qu'il met dans les assurances reçues des autorités, lorsqu'il a réglé sa conduite d'après des décisions, des déclarations ou un comportement déterminé de l'administr ation. Selon la jurisprudence, un renseignement ou une décision erronés de l'administration peuvent obliger celle-ci à consentir à la personne concernée un avantage contraire à la réglementation en vigueur, à condition a) que l'autorité soit intervenue dans une situation concrète à l'égard de personnes déterminées, b) qu'elle ait agi ou soit censée avoir agi dans les limites de ses compétences, c) que la personne concernée n'ait pas pu se rendre compte immédiatement de l'inexactitude du renseignement obtenu , d) qu'elle se soit fondée sur les assurances ou le comportement dont elle se prévaut pour prendre des dispositions auxquelles elle ne saurait renoncer sans subir de préjudice et e) que la réglementation n'ait pas changé depuis le moment où l'assurance a été donnée (ATF 141 V 530 consid. 6.2 ; 131 II 627 consid. 6.1 et les réf. citées ; arrêts du TAF C-1397/2020 du 9 septembre 2020 consid. 6.2 ; C-6719/2016 du 7 juin 2018 consid. 7.2). 10.3 En l’espèce, le recourant ne peut se prévaloir d’avoir mal compris le point de départ du délai. En effet, selon la jurisprudence, une méconnaissance du droit, et notamment du délai d'adhésion à l'assurance facultative, ne saurait jouer en la faveur de l'assuré lorsqu'il n'y a aucune erreur d'information de la part de l'autorité (ATF 114 V 1 consid. 4 et 4b). Or, aucune information erronée ne lui a été transmise. Le courrier du 1er juillet 2021, auquel le recourant se réfère, constitue une simple lettre d’information générale, envoyée automatiquement, subordonnant l a C-4218/2022 Page 12 possibilité d’adhésion à l’assurance facultative à « certaines conditions ». Concernant lesdites conditions, il est renvoyé à des explications jointes et au site internet de la CSC. A sa lecture, il apparaît que le contenu du courrier du 1er juillet 2021 est exact et ne contient pas d’informations erronées. Quant aux annexes mentionnées, le recourant ne prétend pas qu’elles l’auraient induit en erreur. Dans ces circonstances, le recourant ne pouvait de bonne foi déduire de cette correspondance qu’elle lui donnait le droit d’adhérer à l’assurance facultative sans en respecter les conditions, en particulier le délai d’un an à compter de la sortie de l’assurance obligatoire. 10.4 Pour être exhaustif, il convient encore d’examiner si l’on peut déduire d’autres éléments du dossier que des informations erronées auraient été transmises au recourant, de manière à lier l’autorité par application du principe de la bonne foi. Il s’agit en particulier de se pencher sur le contenu des courriels adressés le 4 nove mbre 2019 par la CSC à l’épouse du recourant et le 25 mai 2022 par le recourant à la CSC. 10.4.1 Même si le courriel du 4 novembre 2019 a été adressé à l’épouse du recouran t, et non à ce dernier lui -même, et que l’on ignore pour le surplus à partir de quand celui-ci en a pris con naissance, il convient d’emblée de préciser que l’ensemble de s informations transmises sont correctes. Ce document précise d’ailleurs expressément que la demande d’adhésion doit être déposée dans le délai d’une année dès la sortie de l’AVS/AI obligatoire . Les documents à joindre sont indiqués, dont en particulier une copie de la dernière fiche de salaire . En parallèle, la possibilité pour les personnes sans activité lucrative d’adhérer est mentionnée, ce qui permettait au recourant de constater que le dépôt d’un certificat de salaire relatif à une activité professionnelle à l’étranger n’était pas nécessaire pour adhérer à l’assurance facultative . Cela est d’autant plus vrai qu’en annexe, la CSC a joint une déclaration d’adhésion et le mémento 10.02 sur l’AVS/AI facultative qui contient des renseignements complémentaires. Force est dès lors de constater que des informations complètes et correctes lui ont été communiquées à cette occasion. 10.4.2 Dans son courriel du 2 5 mai 2022 adressé à la CSC , le recourant avait fait valoir qu’ un délai de deux ans pour l’adhésion à l’assurance facultative lui avait été communiqué par téléphone – ce dont il ne se prévaut plus au stade du recours . Le recourant faisait probablement référence à l’entretien téléphonique du 25 mai 2020, dont une notice succincte figure au dossier. Le contenu de celui -ci, tel que relaté par le recourant, ne constitue toutefois qu’ une simple allégation de parti e, ceci C-4218/2022 Page 13 d’autant plus qu’elle ne reflète que sa pr opre compréhension des renseignements fournis – insuffisante pour admettre que des informations erronées auraient été transmises. 10.5 Ainsi, force est de constater qu’il n’est pas établi que le dépôt tardif par le recourant de sa déclaration d’adhésion à l’AVS /AI facultative soit consécutif à de mauvais renseignements d’une autorité . Les principes découlant de l’art. 9 Cst. ne sont pas applicables au cas d’espèce. 11. En conséquence, le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté et la décision sur oppositi on du 22 juin 2022 confirmée par la juge statuant comme juge unique, en application de l’art. 85bis al. 3 LAVS. 12. 12.1 Vu l’issue du litige, les frais judiciaires, fixés à CHF 400.-, sont mis la charge du recourant (art. 85bis al. 2, 2e phrase LAVS, en relation avec l’art. 63 PA et les art. 2ss du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). Ils sont compensés par l’avance de frais du même montant dont il s’est acquitté au cours de l’instruction (TAF pce 10). 12.2 Il n’est pas alloué de dépens (art. 7 al. 1 et 3 FITAF). C-4218/2022 Page 14 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure de CHF 400.- sont mis à la charge du recourant. Ils sont compensés par l’avance de frais du m ême montant dont il s’est acquitté au cours de l’instruction. 3. Il n’est pas alloué de dépens. 4. Le présent arrêt est adressé au recourant, à l'autorité inférieure et à l’Office fédéral des assurances sociales. L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. La juge unique : Le greffier : Madeleine Hirsig-Vouilloz Séverin Tissot-Daguette C-4218/2022 Page 15 Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Ce délai est réputé observé si les mémoires sont remis au plus tard le dernier jour du délai, soit au Tribunal fédéral so it, à l'attention de ce dernier, à La Poste Suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 48 al. 1 LTF). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyen s de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains de la partie recourante (art. 42 LTF). Expédition :