<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Mercredi 22 novembre 1995, vers 03 h 40, S. , circulant au volant de son automobile au Locle, a attiré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'attention d'une patrouille de police locale motorisée par sa conduite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hésitante. Faisant demi-tour, les agents de police ont rattrapé la voiture</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de S. et lui ont fait signe de s'arrêter. S. n'a pas obtempéré et a stationné son véhicule devant son do-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">micile. Les deux policiers se sont arrêtés derrière elle, sont descendus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de leur voiture et ont identifié S. . A un certain</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moment, celle-ci a regagné son domicile.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par un rapport du 25 novembre 1995, les deux agents de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont expliqué que, de par son haleine et son comportement ainsi que de par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa démarche douteuse, S. leur avait paru être mani-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">festement sous l'emprise de l'alcool. Ils l'avaient dès lors invitée à les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suivre au poste de police pour se soumettre aux examens d'usage. S. avait refusé puis s'était réfugiée dans la cage d'esca-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liers de l'immeuble où elle habitait pour aussitôt disparaître dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appartement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Renvoyée devant le Tribunal de police du district du Locle,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. a été condamnée à 20 jours d'emprisonnement ferme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et 200 francs d'amende pour n'avoir pas obéi aux ordres de la police,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avoir pas tenu sa droite et s'être soustraite à une prise de sang. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge a encore révoqué le sursis à une peine de 20 jours d'empri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonnement qui avait été infligée à S. par le minis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tère public le 8 février 1995 en application des articles 31/1-2, 51/3,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">90/1, 91/1-3, 92/1 LCR, 2/1-2 OCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En bref, le premier juge retient, sur la base du dossier et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves administrées devant lui, que S. a zigzagué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la route. Alors que les policiers se trouvaient derrière elle avec le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signal "Stop police" enclenché, elle ne s'est pas arrêtée. Devant son do-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">micile, elle a été invitée par les deux agents à les accompagner au poste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour souffler dans l'éthylomètre. Elle est alors rentrée chez elle. Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux agents n'ont rien tenté pour la retenir ou la rattraper. Ils ont avi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sé leur supérieur hiérarchique et décision a été prise de convoquer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. le lendemain.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour le premier juge, en faussant compagnie aux agents pour ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trer dans sa maison, alors qu'elle devait s'attendre à une prise de sang,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. a réalisé l'infraction prévue par l'article 91/3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. S. recourt contre ce jugement dont elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande la cassation. Elle conclut en outre à son acquittement. Elle sou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tient qu'elle n'a commis aucune infraction le 22 novembre 1995 et qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avait pas bu d'alcool la nuit du 21 au 22 novembre. Tout au plus a-t-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle fait un écart sur la chaussée. Elle n'a pas vu les signes de la voi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ture de police et, lorsqu'elle s'est arrêtée devant son domicile, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">agents se sont contentés de lui dire bonsoir. A son avis, c'est arbitrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rement que le premier juge a tenu compte de manière disproportionnée des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclarations des deux agents de police alors que les autres témoins dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle avait demandé l'audition ont déclaré qu'elle n'avait pas consommé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'alcool. Sur la base du dossier constitué, de l'administration des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves, le premier juge ne pouvait pas se forger l'intime conviction de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa culpabilité et devait la libérer, à tout le moins au bénéfice du doute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">énorme qui subsiste en l'espèce. En quelques lignes, la recourante s'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prend également à la procédure suivie par les agents de police. S'ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avaient des doutes sur son état, ils devaient, par la force, la soumettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux tests d'usage.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le président du Tribunal de police du district du Locle ne prend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas de conclusions mais présente des observations. Il soutient notamment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la recourante cherche des contradictions là où il n'y en a pas et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">modifie, dans son pourvoi, les règles élémentaires de la mécanique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le substitut du procureur général conclut au rejet du recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans formuler d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) La Cour est liée par les constatations de fait du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge; elle ne peut rectifier que celles qui sont manifestement erronées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.251 al.2 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans une jurisprudence constante, la Cour a jugé qu'est manifes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement erronée une constatation de fait contraire à une pièce probante du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dossier ou à la notoriété publique (RJN 7 II 3, 5 II 112, 4 II 159). On ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut parler d'arbitraire que si la juridiction inférieure a admis ou nié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un fait en se mettant en contradiction évidente avec le dossier (ATF 118</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ia 30, cons.1b), ou si elle a abusé de son pouvoir d'appréciation, en par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticulier si elle a méconnu des preuves pertinentes et qu'elle n'en a arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trairement pas tenu compte (ATF 100 Ia 127), lorsque les constatations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont manifestement contraires à la situation de fait, reposent sur une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inadvertance manifeste, ou heurtent gravement le sentiment de la justice,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enfin lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">118 Ia 30 cons.1b et les autres arrêts cités). En disposant que le tribu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nal apprécie librement les preuves (art.224 CPP), le législateur a consa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cré le principe de l'intime conviction du juge.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Une autre conséquence du principe de l'intime conviction du juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est qu'il n'y a pas besoin que la preuve formelle des faits constitutifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'infraction soit rapportée. Ce principe donne ainsi un critère positif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au juge qui doit décider de la culpabilité du prévenu; des indices dont on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut logiquement et avec une grande vraisemblance déduire que le fait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">établir s'est réellement produit peuvent être suffisants pour permettre au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge de fonder son intime conviction (RJN 3 II 97). La loi lui impose tou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tefois de motiver son choix afin que son raisonnement puisse être contrôlé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'autorité de recours. Une décision du juge qui prononce une condamna-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion en se bornant à déclarer être intimement convaincu que le prévenu a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commis les actes qui lui sont reprochés, sans avoir recueilli la moindre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve, serait arbitraire (RJN 3 II 97).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le critère négatif se déduit du principe de la présomption d'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nocence, qui oblige le juge à respecter la maxime "in dubio pro reo": pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autant qu'elle concerne la constatation des faits et l'appréciation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves, cette maxime interdit au juge de prononcer une condamnation s'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éprouve des doutes quant à la culpabilité de l'accusé. Il ne doit pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agir de doutes abstraits ou théoriques, qui sont toujours possibles. De</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce point de vue, la maxime est violée lorsque l'appréciation objective de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ensemble des éléments de preuves laisse subsister un doute sérieux et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">insurmontable quant à la culpabilité de l'accusé (ATF 120 Ia 31 cons.2c).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'occurrence, pour établir les faits, le premier juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'est fondé sur la déposition de trois témoins, à savoir le nommé F. , fonctionnaire de police français, qui suivait la voiture de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante alors que celle-ci entrait dans la Ville du Locle et les agents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. et A. qui occupaient la voiture de police.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il a estimé que ces témoignages étaient clairs et précis. La démonstration</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que tente la recourante pour établir le contraire manque de consistance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Notamment, comme l'a relevé le juge de première instance, ses calculs sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le temps pendant lequel les agents de police seraient restés derrière elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont erronés. Il ne faut pas en effet 4 secondes pour parcourir, à 50</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">km/h, une distance de 400 mètres, mais près de 30 secondes, ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permettait à des agents de police d'observer largement son comportement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de lui faire signe de s'arrêter. Quant à ce qui s'est passé devant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domicile de la recourante, les témoignages des deux agents concordaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur le fait que la recourante sentait l'alcool et qu'ils l'ont invitée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les suivre au poste pour souffler dans l'éthylomètre. Le fait que le frère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la recourante ait dit qu'elle n'avait pas bu d'alcool pendant la nuit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et que son mari ait ajouté qu'il n'avait pas remarqué d'odeur d'alcool</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'elle était rentrée à la maison n'était pas de nature à laisser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subsister un doute sérieux et insurmontable face à ce que les agents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avaient eux-mêmes observé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il suit de ce qui précède que la recourante n'est pas parvenue à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">démontrer qu'un examen objectif de l'ensemble des éléments de la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aurait dû inciter le premier juge à douter de la déposition des agents de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police ou du témoin F. . C'est dès lors à juste titre qu'il a retenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'application des articles 34 al.1 LCR et 27 al.1 LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'article 91 al.3 LCR, modifié par la loi fédérale du 6</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1989 en vigueur depuis le 1er février 1991, prescrit qu'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">punissable celui qui, intentionnellement, se sera opposé ou dérobé à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise de sang, qui avait été ordonnée ou dont il devait escompter qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le serait, ou à un examen médical complémentaire, ou qui aura fait en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte que des mesures de ce genre ne puissent atteindre leur but. Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">modification législative avait pour but d'intégrer dans la loi la juris-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prudence du Tribunal fédéral relative à la soustraction à une prise de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sang.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La loi distingue ainsi deux hypothèses, l'opposition à une prise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sang et la dérobade à celle-ci. Dans le premier cas, une condamnation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en vertu de l'article 91 al.3 LCR ne peut être prononcée que si une prise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sang a été ordonnée par l'autorité compétente. Si les policiers qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">interpellent un conducteur qu'ils soupçonnent être sous l'emprise de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'alcool renoncent, de leur propre initiative ou sur ordre de leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">supérieur, à se procurer un tel ordre après que l'intéressé a simplement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refusé de se soumettre à un contrôle, l'élément objectif de l'infraction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas réalisé (ATF 113 IV 87 - JT 1988 I 711; ATF 110 IV 92 - JT 1985</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">I 456-457).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le cas d'une dérobade, il convient également d'envisager</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux situations, selon qu'il y a eu un accident ou non. Si l'auteur d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accident qui a occasionné des dégâts matériels à un tiers quitte les lieux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans avertir le lésé ou la police, contrevenant de la sorte à l'article 51</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.3 LCR, la soustraction à prise de sang est réalisée pour autant qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était très probable, au regard de l'ensemble des circonstances, que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police aurait ordonné une prise de sang et que le conducteur connaissait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les circonstances fondant cette haute probabilité (ATF 120 IV 73 - JT 1995</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">I 725). En revanche, à défaut de violation de l'article 51 al.3 LCR,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 91 al.3 LCR ne pouvait être envisagé, selon une juriprudence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">antérieure à 1991, que si une prise de sang était ordonnée. Ainsi, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conducteur qui, remarquant que sa conduite inadéquate attirait l'attention</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une patrouille de police, immobilisait son véhicule et prenait la fuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en courant, ne pouvait pas être condamné, en l'absence d'un ordre de prise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sang, pour violation de l'article 91 al.3 LCR, car il n'avait aucune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligation d'attendre ou de renseigner la police faute de dommage causé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un tiers (ATF 114 IV 154 - JT 1988 I 709-710). Le Tribunal fédéral a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois entrepris de modifier cette jurisprudence. Dans l'ATF 120</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précité, il a en effet laissé ouverte la question de savoir si l'absence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une violation de l'article 51 al.3 LCR pouvait constituer une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soustraction à prise de sang (cons.3), admettant ainsi que sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence antérieure doit être réexaminée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, il convient de retenir, avec le premier juge,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la recourante a contrevenu à l'article 91 al.3 LCR. Il faut tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'abord relever qu'au vu du dossier il ne fait guère de doute qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était sous l'emprise de l'alcool lorsqu'elle a été interpellée par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police (v. ci-dessus cons.2b). Comme elle avait été condamnée moins d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">an auparavant pour des faits analogues, elle était consciente que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police allait la conduire au poste et qu'il lui serait ordonné de se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soumettre à une prise de sang. Ce n'est dès lors que sa fuite dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appartement qui a empêché qu'un tel ordre lui soit notifié, celle-ci ayant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dissuadé la police d'entreprendre d'autres démarches dans l'immédiat. Dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces circonstances, il apparaîtrait choquant qu'un conducteur, qui, par sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dérobade à un ordre verbal de policiers, se soustrait à une notification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en bonne et due forme, puisse échapper aux conséquences de ses actes. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autres termes, il serait insupportable, dans un système entièrement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dominé par le principe selon lequel la répression est fonction de la faute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 120 IV 316), qu'une personne qui à l'évidence a commis une faute soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnue non-coupable d'une infraction du seul fait que, face à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comportement, la police a renoncé à des mesures coercitives.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La recourante ne doit d'ailleurs de ne pas s'être vu notifier un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordre de prise de sang en bonne et due forme qu'à son statut particulier.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'agent de la police locale du Locle qui a procédé à l'interpellation a en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet précisé qu'il était conscient que la recourante était la femme du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conseiller communal directeur de la police, ajoutant que, s'il s'était agi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un homme, il l'aurait empoigné pour l'empêcher de se sauver (jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entrepris, p.3, paragraphe 1 in fine). Il est, dans ces circonstances,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compréhensible qu'il ait décidé de ne pas chercher à forcer la porte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appartement de son directeur et que ses supérieurs, avertis, se soient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bornés à convoquer la recourante au poste le lendemain.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La situation de la recourante se distingue clairement de celle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un conducteur qui se contente d'opposer un refus verbal, car elle a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intentionnellement cherché, par tous les moyens à sa disposition (refus de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'arrêter malgré les signaux des agents, fuite après son interpellation),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à échapper à la police. Celui qui ne fait que refuser un contrôle accepte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">implicitement les conséquences de son acte si la police décide d'obtenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un ordre de prise de sang de l'autorité compétente. En revanche, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante a démontré, par son comportement, sa volonté de ne pas assumer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses responsabilités de conductrice et de se soustraire aux mesures que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police pourrait être amenée à prendre. Ainsi, le conducteur qui ne fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que refuser une prise de sang ne doit pas être traité de la même façon que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui qui cherche à tout prix à l'empêcher : si une prise de sang n'est en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fin de compte pas ordonnée, il est juste que seul le second soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">punissable, car, contrairement à lui, le premier n'a pas cherché à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrecarrer la police dans l'accomplissement de ses tâches.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il faut enfin rappeler qu'avant son interpellation, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourante a zigzagué sur la chaussée, ce que le premier juge a sanctionné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en application des articles 34 al.1, 90 ch.1 LCR et 7 al.1 OCR, et qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a refusé d'obtempérer aux nombreux signaux dépourvus de toute ambiguïté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que lui ont adressés les policiers lorsqu'ils la suivait (feux bleus,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appels de phares répétés, feu "Stop police"), signaux constitutifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ordres au sens de l'article 27 al.1 LCR. Sa condamnation en vertu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 91 al.3 LCR découle ainsi également de la violation patente de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">normes de comportement importantes en matière de circulation routière.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Mal fondé, le recours doit dès lors être rejeté, ce qui entraîne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la mise des frais à la charge de la recourante (art.254 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met les frais, arrêtés à 440 francs, à la charge de la recourante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 2 juin 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>