<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. F. est membre de l'"Association X. de la rue Y.". Cette dernière, par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intermédiaire de ses membres, organise des manifestations et des acti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vités culturelles (art.4 litt.d des statuts).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 mars 1995 et le 5 mai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995, deux concerts ont été organisés dans un appartement sis au premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étage de l'immeuble no … de la rue Y. . Lors de ces deux manifes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tations, la Police locale a dû intervenir, suite à des plaintes des voi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sins dérangés par le bruit des orchestres. De plus, lors de la manifesta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion du dimanche 5 mars 1995, le concert avait été annoncé au moyen d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">panneau publicitaire posé sur la voie publique, sans qu'aucune autorisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion n'ait été demandée à l'autorité compétente.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 30 mai 1995, le Conseil communal de la Ville de La Chaux-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de-Fonds, par une décision formelle au sens de l'article 3 LPJA, a inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dit à l'«ASSOCIATION X. DE LA RUE Y.» d'organiser toute manifestation publique dans les locaux sis à la rue Y. , quelle que soit la nature de ces dernières. Malgré cette interdiction, une représentation théâtrale et un concert rock ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été organisés les jeudi 29 juin 1995 et samedi 22 juillet 1995. De plus,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le concert rock a été annoncé par une affiche fixée sur un panneau publi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">citaire posé sur le perron devant l'entrée de l'immeuble n° … sis rue Y. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> F. a été considéré comme organe de l'association et a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reçu quatre ordonnances pénales le condamnant pour avoir participé active-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment à l'organisation de ces quatre manifestations publiques. F. a fait opposition à toutes les ordonnances pénales.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Jeudi 23 mars 1995 à 21 h 39, un groupement formé de onze per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonnes a provoqué du tapage nocturne sur l'avenue Z. , à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hauteur de l'immeuble no ……. Selon le rapport de police, F. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">participé à cette infraction. Le ministère public lui a notifié une ordon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nance pénale à laquelle il a fait opposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par jugement du 19 septembre 1996, le Tribunal de police du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de la Chaux-de-Fonds a condamné F. à 700 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'amende et aux frais de la cause arrêtés à 290 francs. Le premier juge a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré que F. était bien l'un des responsables ayant orga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nisé les manifestations publiques. S'agissant du tapage nocturne survenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur l'avenue Z. , le premier juge a retenu que F. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait bel et bien participé au chahut provoqué par le groupement formé de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">onze personnes et qu'il s'était rendu coupable d'une infraction à l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 35 CP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. F. se pourvoit en cassation en faisant valoir une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fausse application de la loi et la violation des règles essentielles de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure au sens de l'article 242 CPP, concluant ainsi à la cassation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement du 19 septembre 1996, à sa libération de toute prévention et à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mise des frais à la charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant de l'application de l'article 35 CP en rapport avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le tapage nocturne survenu sur l'avenue Z. , le recourant se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plaint d'arbitraire dans la constatation des faits, de violation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règles essentielles dans la procédure de jugement, notamment des garanties</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accordées aux parties. Selon lui, le premier juge se serait basé unique-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment sur ses aveux et aurait refusé de citer des témoins susceptibles de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">démontrer qu'il était arrivé sur les lieux après la police, et que par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant, il n'aurait pas pu commettre de tapage nocturne.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'agissant des infractions en rapport avec les manifestations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publiques, F. allègue qu'il ne peut être considéré comme res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ponsable de l'organisation desdites manifestations. Selon lui, il aurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">uniquement participé à ces réunions en tant que spectateur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> F. se plaint aussi d'une fausse application de l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 48 ch.2 CPS dans la mesure où le jugement attaqué ne tiendrait pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte, pour fixer le montant de l'amende, des critères mentionnés dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette disposition. Le premier juge n'aurait pas pris en considération sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situation financière précaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le ministère public ne formule pas d'observations ni ne prend de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le président du Tribunal de district de la Chaux-de-Fonds</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet du recours. Il observe que l'amende prononcée constitue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un minimum compte tenu des éléments cités dans le jugement, de l'accumu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lation d'infractions sur une période relativement brève. S'agissant du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refus de citer W. en qualité de témoin, il observe que son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">attitude notoirement partiale et arrogante à l'égard des représentants de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat ainsi que ses liens avec le prévenu rendaient son audition parfai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement inutile.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> APPLICATION DE L'ARTICLE 35 CPN</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Le recourant se plaint d'arbitraire dans la constatation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits et d'une violation des règles essentielles de procédure de jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Selon lui, le jugement se fonde sur une interprétation erronée du texte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'opposition à l'ordonnance pénale. Il affirme qu'il n'a jamais admis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir lui-même chahuté, que l'agent S. entendu comme témoin a bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dû admettre qu'il n'avait lui non plus pas entendu F. chahuter,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que son aveu n'est pas une preuve et que lorsque des éléments extérieurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permettent de démontrer qu'aucune infraction n'a été commise, il est arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire de s'arrêter aux termes d'une opposition qui reflète incomplètement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la réalité, que c'est donc de manière tout à fait arbitraire et incompré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hensible que le premier juge a écarté les témoignages de W. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et G. , violant ainsi l'article 6 § 3 litt.d CEDH qui accorde au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévenu le droit d'obtenir la convocation des témoins à décharge, ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'article 14 § 3 litt.e du Pacte international relatif au droit civil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et politique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Aux termes de l'article 242 ch.2 CPP, le pourvoi en cassation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est recevable en cas de violation des règles essentielles de la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de jugement. Toutefois, le pourvoi n'est recevable pour l'un de ces motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que si, au cours de débats, le recourant a présenté des conclusions ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">signalé l'irrégularité prétendue, si faire se pouvait.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, il ressort du procès-verbal d'audience que la man-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dataire du recourant a réitéré sa demande d'audition de témoins et que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">président a rejeté cette requête.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors, le grief tiré de la violation des règles essentielles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de procédure est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) La Cour est liée par les constatations de fait du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge; elle ne peut rectifier que celles qui sont manifestement erronées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.251 al.2 CPP). Dans une jurisprudence constante, la Cour a jugé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'était manifestement erronée une constatation de fait contraire à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pièce probante du dossier ou à la notoriété publique (RJN 7 II 3, 5 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">112, 4 II 159). On ne peut parler d'arbitraire que si la juridiction infé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieure a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le dossier (ATF 118 Ia 30, cons.1b), ou si elle a abusé de son pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation, en particulier si elle a méconnu des preuves pertinentes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou qu'elle n'en a arbitrairement pas tenu compte (ATF 100 Ia 127), lorsque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les constatations sont manifestement contraires à la situation de fait,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reposent sur une inadvertance manifeste, ou heurtent gravement le senti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de la justice, enfin lorsque l'appréciation des preuves est tout à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait insoutenable (ATF 118 II 30 cons.1b et les autres arrêts cités).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) L'article 6 § 1 CEDH garantit à toute personne le droit à un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procès équitable. L'article 6 § 3 litt.d précise qu'un prévenu a le droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'interroger ou de faire interroger les témoins à charge et d'obtenir la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convocation et l'interrogatoire des témoins à décharge dans les mêmes con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ditions que les témoins à charge. Le principe a pour but essentiel d'assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rer l'égalité entre l'accusation et la défense. En droit neuchâtelois,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 129 CPP donne aux parties le droit de requérir des actes d'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En ce qui concerne les témoins à décharge, l'article 6 § 3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.d CEDH n'accorde pas au prévenu un droit illimité à obtenir leur con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vocation. L'autorité judiciaire saisie d'une requête doit apprécier la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertinence des questions qui pourraient être posées au témoin dont l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dition est requise et, partant la nécessité de celle-ci pour contribuer à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la découverte de la vérité. Il ne suffit ainsi pas qu'un condamné démontre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il n'a pas pu interroger un témoin à décharge, il faut encore qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rende vraisemblable que cette audition était nécessaire à la découverte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la vérité et que son refus a causé un préjudice aux droits de la défense</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(décision du 11.3.1982 de la Commission Européenne des Droits de l'Homme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en l'affaire X. c/Suisse, Décisions et rapports 28/1982, p.131; ATF 103 Ia</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">490, JT 1979 IV 26; RJN 6 II 92).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) F. a reconnu dans l'opposition du 1er mai 1995 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ordonnance pénale qu'il se trouvait avec dix autres personnes sur l'ave-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nue Z. à la hauteur de l'immeuble no …….. Il explique "qu'alors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le groupe chahutait un peu, des voitures de police sont venues se sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionner sur la chaussée pour encercler le groupe et relever l'identité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">individuelle des onze personnes concernées".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ces aveux ont été rédigés alors que F. n'était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'aucune pression. Au contraire, il les a certainement rédigés à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tête reposée et après avoir mûrement réfléchi à ce qu'il allait écrire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Par la suite, il a donné une autre version selon laquelle il ne serait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrivé sur les lieux qu'après la police.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon la jurisprudence, lorsqu'il est en présence de deux ver-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sions différentes et contradictoires des faits donnés par le prévenu, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge doit en principe accorder la préférence à celle qui a été donnée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alors que l'intéressé en ignorait les conséquences juridiques (RJN 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.119).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, l'aveu de F. est d'autant plus crédible</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il provient d'une personne qui ne paraît pas souffrir de troubles psy-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chiques pouvant l'amener à s'accuser d'infractions commises par d'autres.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Au surplus, dans son opposition, il décrit l'arrivée de la police, ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il n'aurait pas pu faire si lui-même n'avait pas encore été présent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Du dossier et des débats, il résulte que, quoiqu'auraient pu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dire les témoins proposés, le premier juge aurait dû s'en tenir aux aveux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de F. . C'est en s'écartant de ces aveux qu'il serait tombé dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arbitraire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Retenant la présence de F. , le tribunal de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devait le condamner en application de l'article 35 CPN dans la mesure où</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il a retenu, ce qui n'est pas contesté, que le repos nocturne a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">troublé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> PARTICIPATION ACTIVE DANS L'ORGANISATION DES MANIFESTATIONS</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Selon le recourant, c'est à tort que le premier juge a con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidéré qu'il avait participé activement à l'organisation des quatre mani-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">festations en cause. Selon lui, il n'aurait pu être inculpé comme organi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sateur que s'il avait été prouvé qu'il avait joué un rôle dans l'organisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion des manifestations. Le fait qu'il se soit présenté aux policiers qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recherchaient un responsable ne signifie pas non plus qu'il en était un.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'audition de l'agent qui a témoigné à ce sujet a révélé que la police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cherchait bien un responsable, mais que les personnes qui se sont présen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tées étaient plutôt celles qui souhaitaient éviter un affrontement. De</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus, le premier juge se serait trouvé dans l'incapacité de déterminer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quel rôle F. aurait tenu dans l'organisation des manifesta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions. Enfin, il serait arbitraire de retenir une culpabilité du seul fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le recourant a précisé dans son opposition à l'ordonnance pénale que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les voisins avaient été avertis. En effet, la première personne du pluriel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">employée ne permettrait pas de déterminer s'il s'agissait des signataires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'opposition ou de l'association. Le recourant n'aurait assisté à ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manifestations qu'en qualité de spectateur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Savoir si F. a participé en tant qu'organisateur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux manifestations en cause relève des constations de fait qui lient la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cour sous réserve d'arbitraire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il existait au dossier suffisamment d'indices pour retenir sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arbitraire que F. jouait un rôle important au sein de l'asso-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciation «ASSOCIATION X. DE LA RUE Y.» . En effet, son nom figure dans les statuts de l'associa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion. De plus, le dimanche 5 mars, lors de l'intervention de la police,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les agents ont été reçus par F. qui a été capable de leur dire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à quelle heure aurait dû prendre fin le concert. Un simple spectateur ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait pas à même de donner de telles informations. De plus, le fait que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les policiers aient été reçus par F. , contrairement à ce qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétend, permet de démontrer qu'il a pris une part active à l'organisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des manifestations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C'est à juste titre que le premier juge lui a reconnu la qualité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de responsable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Le recourant se plaint d'une fausse application de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">68 du Règlement de police. Selon lui, cette disposition ne serait plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appliquée. A la suite d'une réquisition du recourant, les autorités commu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nales auraient été incapables de mentionner les commerçants qui avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">payé une taxe, même dans un passé lointain, pour apposer un panneau publi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">citaire sur la voie publique. Il serait donc injuste de retenir une in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fraction à une disposition que la pratique a abandonnée et qui est donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tombée en désuétude, surtout lorsque l'affichage incriminé n'a pas de fin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mercantile.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon les rapports de police, les 5 mars et 22 juillet 1995, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">panneau était posé sur la voie publique. Selon le texte de l'opposition à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ordonnance pénale, ledit panneau se trouvait devant la porte de l'immeu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble et non pas sur le trottoir. Cependant, il n'y a pas lieu de mettre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doute la crédibilité du rapport de police ayant constaté que le panneau se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trouvait bel et bien sur la voie publique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Aux termes de l'article 68 du Règlement de police de la Commune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de La Chaux-de-Fonds, les affiches, réclames, panneaux mobiles et autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">instruments de publicité ne peuvent être apposés, transportés ou posés sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la voie publique sans autorisation préalable. Il feront l'objet d'une taxe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'ils empiètent sur le domaine public.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En participant activement à l'apposition du panneau sur la voie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publique, le recourant s'est manifestement rendu coupable d'une infraction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'article 68 du Règlement. Il n'est pas établi que l'article 68 n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus appliqué. De plus, le justiciable n'a pas un droit à l'égalité dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'illégalité. C'est donc à juste titre que l'autorité inférieure a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné le recourant sur la base de cette disposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant se plaint ensuite d'une fausse application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 138 du Règlement d'application de la Loi sur la police du feu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Selon lui, les mesures de sécurité prévues par cette loi et son règlement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incombent au propriétaire. Enfin, le recourant allègue que le nouvel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">article 37 Réglement d'application de la loi sur la police du feu prévoit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la procédure particulière pour les salles de spectacles s'appliquait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">désormais également à la mise sur pied de spectacles temporaires. Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précision ne figurant pas dans la législation applicable au recourant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune autorisation n'était nécessaire à l'époque pour l'organisation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manifestations à caractère temporaire. Sous cet angle, la condamnation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant pour ne pas avoir sollicité l'autorisation prévue à l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">138 du Règlement d'application de la loi sur la police du feu ancien,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violerait le principe nullum crimen, nulla poena sine lege.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Aux termes de l'article 138 du Règlement d'application de la Loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la police du feu, aucune salle de spectacle ne peut être construite et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ouverte au public sans l'autorisation du Conseil communal, (...). Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résulte du dossier que des manifestations ont été organisées de façon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">régulière à peu près tous les mois. Dès lors, on ne peut parler de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">spectacles temporaires, si bien que l'article 138 est applicable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Quant à savoir qui est la personne soumise à autorisation, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est indéniable que le propriétaire tombe sous le coup de l'article 138</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Règlement d'application de la loi sur la police du feu. Cependant, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">habitants de l'immeuble n° … de la rue Y. ont occupé les locaux de manière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">illicite, et ce sont eux qui ont ouvert la salle au public. Dès lors,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">c'est avec raison que le premier juge a retenu qu'il n'était pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nécessaire d'être propriétaire foncier pour transgresser la règle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 138 du Règlement. La salle en a bien été ouverte au public sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorisation du Conseil communal par les organisateurs des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manifestations, organisateurs dont F. fait partie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C'est à juste titre que le recourant a été condamné sur la base</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cette disposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> APPLICATION DE L'ARTICLE 48 CH.2 CPS</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5) a) L'article 63 CP dispose que le juge fixe la peine d'après la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culpabilité du délinquant, en tenant compte de ses mobiles, de ses antécé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dents et de sa situation personnelle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La gravité de la faute constitue le critère essentiel dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixation de la peine, critère qu'il faut évaluer en fonction tant des ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sultats obtenus par l'activité délictueuse et du mode d'exécution que sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le plan subjectif, de la gravité de la négligence, ainsi que des mobiles.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La Cour de cassation, à l'instar du Tribunal fédéral ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revoir la peine que si le premier juge est sorti du cadre légal, s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondé sur des éléments dépourvus de pertinence, n'a pas pris en considé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ration les éléments déterminants ou encore lorsqu'il a abusé de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation (ATF 120 IV 67 cons.2a, 118 IV 14 cons.2, 117 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">112 cons.1; CCP, arrêt A. du 14.3.1995, cons.2a).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Pour permettre de contrôler le respect de l'article 63 CP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité doit motiver sa décision. Elle a dès lors l'obligation de men-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionner les éléments sur lesquels elle s'est fondée pour déterminer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine à infliger. La fixation de la peine supposant une appréciation glo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bale du cas à la lumière du dossier et des débats, on ne saurait exiger du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge du fond qu'il indique en chiffres ou en pour-cent dans quelle mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il a tenu compte de circonstances aggravantes ou atténuantes. Mais il doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">néanmoins indiquer dans son jugement sur la base de quelles considérations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il a fixé la peine, de manière à faire partager sa conviction. Le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est tenu d'énoncer que les éléments importants qui ont dicté sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision, sans avoir à aller dans les moindres détails (ATF 120 IV 67</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.2a, 118 IV 14 cons.2, 117 IV 112 cons.1; CCP, arrêt A. du 14.3.1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.2a). D'ailleurs, en aucun cas un jugement ne peut être cassé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">uniquement parce qu'une autre motivation de la fixation de la peine paraît</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préférable ou plus complète. La motivation de la fixation de la peine est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en d'autres termes non pas un but en soi, mais le meilleur moyen de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justifier le choix de la peine (ATF 118 IV 14 cons.2; CCP, arrêt A. du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">14.3.1995, cons.2a). Plus la peine est élevée, plus on se montrera</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exigeant quant à sa motivation (ATF 120 IV 67 cons.2a, 118 IV 14 cons.2 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">337 cons.2a, 117 IV 112 cons.1; Schmid, Strafprozessrecht, 2ème éd.,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Zurich, 1993, no 215). A l'inverse, plus une amende est basse, plus on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit accepter un certain schématisme. Dans ce cas, on ne saurait exiger du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge du fond qu'il procède à un examen trop détaillé des circonstances de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acte et de la situation personnelle de l'auteur, en particulier en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manière d'infractions standard (RSJB 1987 p.441; Schubarth, Qualifizierter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tatbestand un Strafzumessung in der neueren Rechtssprechung des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Bundesgerichts, in : BJM 1992, p.65 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le Tribunal de police du district de La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chaux-de-Fonds a infligé une amende qui devait sanctionner plusieurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">infractions qui avaient donné lieu à des ordonnances pénales qui con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">damnaient F. à des amendes de 50, 100, 160 francs et, pour deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'entre elles, de 200 francs. Dans chaque cas, il s'agissait d'amendes peu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élevées. F. a fait opposition à toutes ces ordonnances pénales.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Lorsqu'une amende sanctionne plusieurs infractions et lorsque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chacune d'entre elles entraîne une amende modérée, le fait que le montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'amende globale dépasse quelques centaines de francs n'oblige pas le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge à procéder à un examen détaillé des circonstances personnelles de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'auteur. Le schématisme admis par la jurisprudence et la doctrine s'ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plique également en cas de concours de plusieurs infractions de gravité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légère à moyenne, cela non seulement dans le cadre de l'application de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loi sur la circulation routière, mais également en cas de concours de con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traventions à d'autres dispositions légales comme celles qu'a violées le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il faut enfin relever, au sujet de la situation personnelle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. , qu'il n'était pas en détention préventive lors de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement. Du dossier, on pouvait déduire que F. était en mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'avoir une activité lucrative.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur ce point également, le recours est mal fondé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Vu le sort de la cause, F. supportera les frais de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure de recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met les frais de la procédure de recours à la charge de F. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> par 440 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 29 janvier 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>