Lausanne, 23. Juni 2016
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 30. Mai 2016 (1B_249/2015)
Geldwäscherei-Ermittlung gegen UBS: Bundesanwaltschaft darf 
Bank-Memorandum verwenden
Die Bundesanwaltschaft darf für ihr Geldwäscherei-Strafverfahren gegen die UBS im
Zusammenhang mit einem mutmasslichen Bestechungsfall in Malaysia ein beschlagnahmtes  Memorandum  der  Bank  verwenden.  Das  Bundesgericht  heisst  die
Beschwerde der Bundesanwaltschaft gegen den Entscheid des Zwangsmassnahmengerichts des Kantons Bern gut und bewilligt die Entsiegelung des Dokuments.
Die Bundesanwaltschaft (BA) hatte 2012 auf Strafanzeige des Vereins "Bruno-ManserFonds" ein Strafverfahren wegen Geldwäscherei gegen die UBS und gegen noch unbekannte Personen eröffnet. Der Bank wird vorgeworfen, sie habe Bestechungsgelder
über ihre Konten fliessen lassen, die ein malaiischer Industrieller im Zusammenhang mit
der Vergabe von Holzrodungskonzessionen an einen malaiischen Amtsträger ausgerichtet habe. Anlässlich einer Hausdurchsuchung bei der UBS durch die Bundeskriminalpolizei im November 2014 wurde ein Memorandum beschlagnahmt, das die Bank zuvor
zum fraglichen Sachverhalt auf Anfrage der Eidgenössischen Finanzmarktaufsicht
(FINMA) erstellt hatte. Das Dokument wurde entsprechend dem Antrag der UBS
versiegelt. Das Zwangsmassnahmengericht des Kantons Bern wies das Gesuch der BA
um Entsiegelung im Juni 2015 ab.
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde der BA gut und bewilligt die Entsiegelung des
Memorandums. Die Voraussetzungen für eine Entsiegelung sind erfüllt. Zunächst ist
nicht umstritten, dass gegen die UBS ein hinreichender Tatverdacht besteht. Weiter ist
das Memorandum für die Untersuchung der BA relevant. Es strukturiert die diversen
Bankdokumente zu dem mutmasslichen Geldwäschereifall und fasst diese zusammen.
Falls das Memorandum nicht entsiegelt würde, müssten zwangsläufig sämtliche ihm zu
Grunde liegenden Originaldokumente sichergestellt, gesichtet, beschlagnahmt und
ausgewertet werden. Dies läge weder im Interesse der Bank noch im öffentlichen
Interesse an einer effizienten Strafuntersuchung und Wahrheitsfindung. Insofern ist die
Entsiegelung verhältnismässig. Der Entsiegelung stehen auch keine Geheimnisinteressen der UBS entgegen. Insbesondere ist die Entsiegelung mit dem von ihr angerufenen
Recht vereinbar, sich in einem Strafverfahren nicht selber belasten zu müssen. Dieses
Recht steht einer  zwangsweisen  Sicherstellung  von  Beweismitteln,  wie  dies im
vorliegenden Fall mit der Hausdurchsuchung und der Beschlagnahme des Memorandums erfolgte, nicht entgegen. Kein Hindernis für die Entsiegelung bildet in diesem
Zusammenhang auch der Umstand, dass das fragliche Dokument von der UBS
ursprünglich auf eine aufsichtsrechtliche Auskunftsanfrage der FINMA erstellt wurde. Lausanne, le 23 juin 2016
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 30 mai 2016 (1B_249/2015)
Enquête pour blanchiment d'argent contre UBS : le Ministère 
public de la Confédération peut utiliser un mémorandum de la 
banque
Dans son enquête pour blanchiment d'argent contre UBS, en rapport avec un cas
présumé de corruption en Malaisie, le Ministère public de la Confédération peut
utiliser un mémorandum saisi auprès de la banque. Le Tribunal fédéral admet le
recours du Ministère public de la Confédération contre la décision du Tribunal des
mesures de contrainte du canton de Berne et autorise la levée des scellés apposés
sur le document.
En 2012, le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert une instruction pour
blanchiment d'argent contre UBS et d'autres personnes encore inconnues, sur plainte
du "Bruno-Manser-Fonds". Il est reproché à la banque d'avoir laissé transiter sur ses
comptes des pots-de-vin versés par un industriel malaisien à un fonctionnaire malaisien
dans le cadre de l'attribution de concessions de déboisement. Lors d'une perquisition
des locaux d'UBS en novembre 2014, la police fédérale a saisi un mémorandum établi
précédemment par la banque dans le même contexte à la demande de l'Autorité
fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Conformément à la demande
d'UBS, le document avait été mis sous scellés. En juin 2015, le Tribunal des mesures de
contrainte du canton de Berne avait rejeté la demande du MPC tendant à la levée des
scellés.
Le Tribunal fédéral admet le recours du MPC et autorise la levée des scellés. Les
conditions pour une telle levée sont réalisées. En premier lieu, il n'est pas contesté qu'il
existe des soupçons suffisants à l'encontre d'UBS. Ensuite, le mémorandum apparaît
pertinent pour l'enquête. Il présente une structuration et une synthèse des divers
documents bancaires en rapport avec le cas présumé de corruption. Si les scellés
n'étaient pas levés, l'ensemble des documents originaux sur lesquels le mémorandum
se fonde, devraient nécessairement être mis en sûreté, examinés, saisis et évalués, ce
qui ne serait ni dans l'intérêt de la banque, ni dans l'intérêt public lié à une enquête
efficace et à la découverte de la vérité. Dans cette mesure, la levée des scellés apparaît
proportionnée. UBS ne peut se prévaloir d'aucun intérêt au secret pour s'y opposer. En
particulier, la levée des scellés est compatible avec le droit de ne pas s'auto-incriminer
dans une procédure pénale. Ce droit n'empêche pas l'obtention de moyens de preuve
par des mesures de contrainte, comme en l'occurrence par la perquisition et la saisie du
mémorandum. Le fait que le document en question a été établi à l'origine sur réquisition
de la FINMA ne représente pas non plus un obstacle à la levée des scellés.