C our III C -274/2006 {T 0/2} A rrêt du 12 juin 2007 C om position : M . et M m es les Juges Vuille, Avenati-C arpani et Beutler G reffier: M . C ugni. A._______, recourante, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité intim ée concernant exception aux m esures de lim itation (art. 13 let. f O LE). B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. Par courrier du 1er juin 2004, A._______, ressortissante colom bienne née le 3 juin 1965, a sollicité auprès du Service vaudois de la population (ci- après: le SPO P) une autorisation de séjour et de travail dans le canton de Vaud, en se fondant sur la circulaire du 21 décem bre 2001 concernant la réglem entation du séjour des étrangers dans les cas personnels d'extrêm e gravité (« circulaire M etzler »). A l'appui de sa requête, elle a exposé en bref qu'elle était célibataire, qu'elle avait quitté la C olom bie à cause de la guerre civile qui s'était installée dans ce pays, en indiquant que cette guerre touchait particulièrem ent la classe la m oins favorisée de la population, à laquelle elle appartenait. D e plus, elle a affirm é être arrivée le 21 août 1996 à Lausanne, où vivait une cousine, et avoir com m encé à travailler en 1997 au service de différentes personnes (com m e fem m e de m énage). Elle a encore indiqué avoir étudié le français durant son séjour en Suisse et être parfaitem ent intégrée à la société lausannoise. Par ailleurs, elle a fait valoir qu'elle n'était plus retournée en C olom bie depuis près de huit ans et qu'elle souhaitait par son travail contribuer au développem ent de la société et de l'économ ie de la Suisse. Suite aux diverses réquisitions du SPO P, la requérante a com plété sa dem ande d'autorisation de séjour et de travail par courriers des 16 août 2004, 6 décem bre 2004 (daté par erreur du 6 décem bre 2005) et 27 juin 2005, en produisant notam m ent de nom breux docum ents susceptibles d'établir la continuité de son séjour en Susse depuis son arrivée en juin 2004. Par écrit du 13 juillet 2005, le SPO P a fait savoir à A._______ qu'il était disposé à lui délivrer une autorisation de séjour fondée sur l'art. 13 let. f de l'ordonnance du C onseil fédéral du 6 octobre 1986 lim itant le nom bre des étrangers (O LE, R S 823.21), sous réserve de l'approbation de l'O ffice fédéral. B. Le 17 août 2005, l'O D M a inform é la requérante de son intention de ne pas l'exem pter des m esures de lim itation au sens de la disposition légale précitée, tout en lui donnant préalablem ent l'occasion de faire part de ses éventuelles objections dans le cadre du droit d'être entendu. D ans les écritures qu'elle a déposées le 27 août 2005, A._______ a repris pour l'essentiel les élém ents m is en avant dans sa requête du 1er juin 2004, en insistant sur le fait qu'elle était parfaitem ent intégrée à la société lausannoise et au m arché du travail suisse, et qu'il lui était difficile d'envisager sa réinsertion en C olom bie, m êm e si elle était encore jeune et qu'elle avait de la fam ille vivant dans ce pays. C . Le 5 septem bre 2005, l'O D M a prononcé à l'endroit de la requérante une décision de refus d'exception aux m esures de lim itation. Il a en particulier retenu que l'intéressée ne pouvait pas se prévaloir d'un com portem ent irréprochable en Suisse étant donné qu'elle avait délibérém ent enfreint les prescriptions de police des étrangers, ni d'un séjour régulier en ce pays 3 puisque la continuité de ce séjour n'avait pas pu être établie par des élém ents probants. Aussi l'O ffice fédéral a-t-il estim é que l'intéressée ne pouvait faire valoir les inconvénients résultant d'une situation dont elle était en grande partie responsable pour revendiquer l'octroi d'un titre de séjour à caractère durable en Suisse. S'agissant de la situation personnelle de l'intéressée, l'O D M a observé qu'elle ne se distinguait guère de celle de bon nom bre de ses concitoyens connaissant les m êm es réalités dans leur pays d'origine, en ajoutant qu'elle avait conservé des attaches étroites avec la Bolivie (recte: C olom bie), où elle avait passé la m ajeure partie de sa vie et où dem euraient encore plusieurs m em bres de sa fam ille. D . A._______ a recouru contre cette décision par acte daté du 5 octobre 2005 et m is sous pli postal le 4 octobre 2005, en concluant im plicitem ent à son annulation et à l'octroi en sa faveur d'une exception aux m esures de lim itation au sens de l'art. 13 let. f O LE, telle qu'elle avait été proposée par les autorités cantonales vaudoises. La recourante a pour l'essentiel repris les argum ents qu'elle avait avancés dans ses courriers des 1er juin 2004 et 27 août 2005, en se référant à nouveau à la circulaire du C onseil fédéral de décem bre 2001, relative aux critères de régularisation des clandestins travaillant en Suisse depuis plus de quatre ans. Ella a notam m ent insisté sur le fait qu'elle s'était construite une nouvelle existence en Suisse, qu'elle souhaitait pouvoir un jour y fonder une fam ille et qu'il lui était inim aginable de penser ce qui lui adviendrait en cas de retour en C olom bie, pays dans lequel elle n'avait plus de repères. Par ailleurs, s'agissant des infractions aux prescriptions de police des étrangers qui lui sont reprochées, la recourante a indiqué avoir cru (de bonne foi) qu'elle n'enfreignait pas les lois régissant le séjour et le travail en Suisse. D ans ce contexte, elle a exposé avoir choisi d'im m igrer en Suisse non seulem ent parce qu'il s'agissait d'un pays calm e et sans problèm es, m ais encore parce qu'il y avait un m anque de m ain-d'oeuvre dans le secteur de l'économ ie dom estique. A ce propos, elle s'est prévalue du traité d'am itié, d'établissem ent et de com m erce conclu entre la C olom bie et la Suisse. Enfin, la recourante a déclaré que sa dem ande de régularisation des conditions de séjour et de travail s'inscrivait dans le cadre de l'art. 33 de la C onstitution fédérale de la C onfédération suisse du 18 avril 1999 (C st., R S 101), disposition octroyant le droit à toute personne d'adresser des pétitions aux autorités. Sur réquisition de l'autorité d'instruction, la recourante a fourni, par courrier daté du 20 novem bre 2005, des inform ations com plém entaires sur ses proches résidant en C olom bie, ainsi que sur les contacts qu'elle avait m aintenus avec ces personnes. A cette occasion, elle a fait savoir en outre qu'elle ne souhaitait pas se séparer d'une de ses soeur et d'une cousine qui résidaient égalem ent à Lausanne. E. Appelé à se prononcer sur le recours, l'O D M en a proposé le rejet par préavis du 30 novem bre 2005. Invitée à se déterm iner sur cette prise de position, la recourante a déposé ses observations par écritures datées du le 12 janvier 2006.4 F. Par ordonnance du 12 avril 2007, le Tribunal adm inistratif fédéral (ci- après: le Tribunal) a com m uniqué à la recourante la com position du collège des juges et lui a im parti un délai pour fournir tous renseignem ents et m oyens de preuve utiles relatifs à sa situation actuelle en Suisse; aucune suite n'a été donnée à cette réquisition. Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et l'art. 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O D M en m atière d'exception aux m esures de lim itation peuvent être contestées devant le Tribunal, conform ém ent à l'art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers (LSEE, R S 142.20). En l'occurrence, le recours devant le Tribunal fédéral n'est pas recevable en raison de la m atière (cf. art. 83 let. c ch. 5 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]), de sorte que le Tribunal statue définitivem ent (cf. art. 1 al. 2 LTAF). 1.2 Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d'arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal dans la m esure où il est com pétent (cf. art. 53 al. 2 phr. 1 LTAF). C es affaires sont traitées selon le nouveau droit de procédure (cf. art. 53 al. 2 phr. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3 A._______, qui est directem ent touchée par la décision entreprise, a qualité pour recourir (cf. art. 20 al. 1 LSEE et art. 48 al. 1 PA). Son recours, présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, est recevable (cf. art. 50 et 52 PA). 1.4 La recourante peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral, y com pris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation, la constatation inexacte ou incom plète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par les m otifs invoqués à l'appui du recours. Aussi peut-elle adm ettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres m otifs que ceux invoqués. D ans sa décision, elle prend en considération l'état de fait et de droit régnant au m om ent où elle statue (cf. ATF 129 II 215 consid. 1.2, publication partielle de l'arrêt du Tribunal fédéral 2A.451/2002 du 28 m ars 2003). 1.5 A titre prélim inaire, le Tribunal précise, d'une part, que la com pétence d'accorder une autorisation de séjour appartient aux seules autorités cantonales (cf. art. 15 LSEE en relation avec l'art. 51 O LE) et, d'autre part, 5 que la présente procédure ne concerne que la question de l'assujettissem ent aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers et non pas directem ent celle de l'octroi éventuel d'un titre de séjour. Pour ce dernier m otif déjà, la recourante ne peut pas valablem ent invoquer, dans le cadre du présent litige, le bénéfice du Traité d'am itié, d'établissem ent et de com m erce conclu le 14 m ars 1908 entre la Suisse et la C olom bie (R S 0.142.112.631). Au dem eurant, selon la doctrine et la jurisprudence, les traités d'établissem ent encore en vigueur qui ont été conclus par la Suisse avant la Prem ière G uerre m ondiale sont interprétés, selon un accord tacite et réciproque des Etats contractants, en ce sens qu'ils ne sont applicables qu'aux étrangers déjà au bénéfice d'une autorisation d'établissem ent et qu'ils ne donnent pas ou plus droit à la délivrance d'une autorisation de séjour ou d'établissem ent (cf. ATF 119 IV 65 consid. 1a; arrêt du Tribunal fédéral 2P.105/2003 du 5 m ai 2003; PETER U EBE R SAX, Einreise und Anw e- senheit in: U EBER SA X/M Ü N C H /G EISER /AR N O LD , Ausländerrecht, Bâle /G enève / M unich 2002, n. 5.50 et n. 5.171ss; ALAIN W U R ZBU R G E R , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R evue de D roit adm inistratif et de D roit fiscal [R D AF] I 1997, p. 303ss). Par ailleurs, la recourante ne saurait non plus tirer un avantage du droit de pétition qui est conférée à tout citoyen par l'art. 33 C st., dès lors que pareil instrum ent constitue uniquem ent un m oyen spécial d'exprim er des opinions politiques et qu'il n'a aucun caractère im pératif sur le plan juridique (cf. JEAN -FR AN Ç O IS AU BE R T, Traité de droit constitutionnel suisse, vol. II, N euchâtel 1967, nos 1200 et 2010). 2. 2.1 En vue d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, de créer des conditions favorables à l'intégration des travailleurs et résidents étrangers, d'am éliorer la structure du m arché du travail et d'assurer un équilibre optim al en m atière d'em ploi, le C onseil fédéral, vu l'art. 18 al. 4 et l'art. 25 al. 1 LSEE, a adopté des dispositions restrictives d'adm ission tant en ce qui concerne les travailleurs étrangers que les étrangers n'exerçant pas d'activité lucrative (cf. art. 1 O LE). Le C onseil fédéral fixe périodiquem ent des nom bres m axim um s pour les résidents à l'année qui, pour la prem ière fois, viennent exercer une activité lucrative ou en entreprennent une. Les nom bres m axim um s sont valables égalem ent pour les étrangers qui ont déjà exercé une activité en Suisse sans avoir été soum is à une telle lim itation et qui ne rem plissent plus les conditions pour bénéficier d'une exception. Ils ne sont cependant pas valables pour les personnes qui ont reçu une autorisation de séjour selon l'art. 3 al. 1 let. c ou l'art. 38 O LE (cf. art. 12 al. 1 et 2 O LE). N e sont pas com ptés dans les nom bres m axim um s les étrangers qui obtiennent une autorisation de séjour dans un cas personnel d'extrêm e gravité ou en raison de considérations de politique générale (art. 13 let. f O LE). 2.2 L'O D M est com pétent en m atière d'exceptions aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers selon l'art. 13 let. b, f et l (cf. art. 52 let. a O LE). A ce propos, la recourante se réfère à la suite favorable « à m a pétition de 6 régularisation de séjour » et dem ande de ne pas « m épriser » le préavis favorable du SPO P (cf. m ém oire de recours, p. 3). O r, contrairem ent à ce que sem ble accroire la recourante, il sied de noter que l'autorité fédérale n'est pas liée par l'appréciation ém ise par l'autorité cantonale de police des étrangers dans sa prise de position du 13 juillet 2005. En effet, en vertu de la réglem entation portant sur la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers entre la C onfédération et les cantons, si les cantons ont certes la faculté de se déterm iner à titre préalable au sujet de la délivrance des autorisations de séjour hors contingent, la com pétence décisionnelle en m atière d'octroi d'exceptions aux m esures de lim itation au sens de l'art. 13 let. f O LE appartient toutefois à la C onfédération, et plus particulièrem ent à l'O D M (cf. ATF 119 Ib 33 consid. 3a, traduit en français dans Journal des Tribunaux [JdT] 1995 I 226 consid. 3a; PETER KO TTU SC H , D as Erm essen der kantonalen Frem denpolizei und seine Schranken, Schw eizerisches Zentralblatt für Staats- und Verw altungsrecht [ZBl] 91/1990, p. 155) et au Tribunal, en vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA). 3. 3.1 L'exception aux nom bres m axim um s prévue par l'art. 13 let. f O LE a pour but de faciliter la présence en Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient soum is au contingentem ent des autorisations de séjour, m ais pour lesquels l'application du systèm e des nom bres m axim um s apparaît, par suite de circonstances particulières, com m e trop rigoureuse. 3.2 Il découle de la form ulation de l'art. 13 let. f O LE que cette disposition dérogatoire présente un caractère exceptionnel et que les conditions pour une reconnaissance d'un cas de rigueur doivent être appréciées de m anière restrictive. Il est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. C ela signifie que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue, c'est-à-dire que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Lors de l'appréciation du cas d'extrêm e gravité, il y a lieu de tenir com pte de l'ensem ble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un tel cas n'im plique pas forcém ent que la présence de l'étranger en Suisse constitue l'unique m oyen pour échapper à une situation de détresse. D 'un autre côté, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnelle- m ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas d'extrêm e gravité; il faut encore que sa relation avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notam m ent dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail, d'am itié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent norm alem ent pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient une exem ption des m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. ATF 130 II 39 consid. 3, 128 II 200 consid. 4, 124 II 110 consid. 2, 123 II 125 consid. 2 et 5b/aa; A. W U R ZBU R G ER , op. cit., 7 p. 267ss). 3.3 Le Tribunal fédéral a précisé que les séjours illégaux en Suisse n'étaient en principe pas pris en com pte dans l'exam en d'un cas de rigueur. La longue durée d'un séjour en Suisse n'est pas, à elle seule, un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité dans la m esure où ce séjour est illégal. Sinon, l'obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récom pensée. D ès lors, il appartient à l'autorité com pétente d'exam iner si l'intéressé se trouve pour d'autres raisons dans un état de détresse justifiant de l'excepter des m esures de lim itation du nom bre des étrangers. Pour cela, il y a lieu de se fonder sur les relations fam iliales de l'intéressé en Suisse et dans sa patrie, sur son état de santé, sur sa situation professionnelle et sur son intégration sociale etc. (cf. ATF 130 II 39 consid. 3). D ans le cadre de cette jurisprudence, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de rappeler qu'il existe en Suisse un m arché illégal du travail et que cette illégalité peut être la cause de nom breux abus. Selon la législation en vigueur en Suisse, l'étranger qui souhaite exercer une activité lucrative dans ce pays doit en principe obtenir une autorisation de séjour et de travail. La réglem entation édictée à ce sujet ne doit pas être perçue com m e un ensem ble de tracasseries adm inistratives. Le m arché illégal du travail existe et subsiste uniquem ent parce qu'il perm et la rencontre d'une certaine offre et d'une certaine dem ande, souvent du reste au détrim ent de la rationalisation souhaitée de certains secteurs économ iques. O r, l'attitude que la recourante a adopté pendant son séjour clandestin dans ce pays contribue à ce m arché condam nable. Il ressort entre autres de ladite jurisprudence que l'exception prévue à l'art. 13 let. f O LE n'est pas en prem ier lieu destinée à régulariser la situation des personnes arrivées clandestinem ent en Suisse. Il convient en effet d'appliquer à cette catégorie d'étrangers le m êm es critères qu'aux autres étrangers. Le fait que certains étrangers aient opté pour l'illégalité peut les desservir au regard des conditions d'une exem ption des m esures de lim itation. Ainsi, la durée du séjour illégal qu'ils ont effectué en Suisse n'est pas prise en com pte. D e m êm e, il n'y a pas lieu de définir à leur intention un critère particulier d'intégration sociale, pour tenir com pte des difficultés inhérentes à la condition de clandestin, et de leur accorder sous cet angle un traitem ent de faveur - par rapport aux étrangers qui ont toujours séjourné en Suisse en respectant la réglem entation de police des étrangers - dans l'application de la disposition précitée (cf. ATF 130 II 39 consid. 5.4). 4. 4.1 La recourante invoque le bénéfice de la circulaire de l'O D M du 21 décem bre 2001 sur la pratique de cet office concernant la réglem entation du séjour des étrangers dans les cas personnels d'extrêm e gravité (cf. m ém oire de recours, p. 3, et déterm inations du 12 janvier 2006, p. 1). 4.2 Préalablem ent, le Tribunal précise que selon la doctrine et la jurisprudence, les directives et circulaires de l'adm inistration, si elles visent à assurer l'application uniform e de certaines dispositions légales, n'ont pas 8 force de loi et ne lient ni les adm inistrés, ni les tribunaux. Elles ne peuvent sortir du cadre fixé par la norm e supérieure dont elles ne sont qu'une concrétisation. En d'autres term es, elles ne peuvent prévoir autre chose que ce qui découle de la législation ou de la jurisprudence. Elles ne dispensent pas non plus l'adm inistration de se prononcer à la lum ière des circonstances du cas d'espèce (cf. ATF 131 V 42 consid. 2.3, 128 I 171 consid. 4.3, 121 II 478 consid. 2b; PIER R E M O O R , Traité de droit adm inistratif, vol. I, 2èm e édition, Berne 1994, p. 264ss). 4.3 La circulaire du 21 décem bre 2001, révisée pour la dernière fois le 21 décem bre 2006 et adressée en priorité aux autorités de police des étrangers, énonce les conditions générales qu'il convient d'exam iner dans l'application de l'art. 13 let. f O LE pour les personnes dont le séjour en Suisse n'est pas régulier, en rappelant la pratique en vigueur et en citant l'essentiel de la jurisprudence développée jusqu'alors par le Tribunal fédéral dans le cadre des recours dont il avait à connaître, com pétence aujourd'hui déchue. O r, par la décision querellée, l'O D M n'a fait qu'apprécier la situation concrète de l'intéressée à l'aune des principes régissant les cas personnels d'extrêm e gravité. Si la circulaire m entionne effectivem ent que la durée totale du séjour constitue un élém ent im portant de la reconnaissance d'un cas de rigueur, il n'en dem eure pas m oins qu'elle indique clairem ent que la situation doit être appréciée à partir d'un ensem ble de critères (intégration, état de santé, fam ille etc.). Il est à noter, en particulier, que cette circulaire ne pose aucun principe selon lequel un séjour de quatre ans au m oins et une bonne intégration en Suisse entraîneraient obligatoirem ent l'application de l'art. 13 let. f O LE, étant entendu que cette disposition n'est pas destinée à régulariser la situation d'étrangers vivant illégalem ent en Suisse. La recourante ne peut ainsi tirer aucun avantage de cette circulaire (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.531/2005 du 7 décem bre 2005). 4.4 En l'occurrence, A._______ a sollicité l'octroi d'une exception aux m esures de lim itation afin de dem eurer dans le canton de Vaud où elle vit désorm ais depuis près de onze ans. Se fondant sur les pièces du dossier, le Tribunal estim e que les élém ents portés à sa connaissance perm ettent de constater que depuis le m ois d'août 1996, la prénom m ée a résidé en Suisse à l'insu des autorités de police des étrangers en toute illégalité et que depuis le dépôt de sa dem ande de régularisation, le 1er juin 2004, elle y dem eure au bénéfice d'une sim ple tolérance cantonale, laquelle, de par son caractère provisoire et aléatoire, ne saurait être considérée com m e un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.222/2006 du 4 juillet 2006 consid. 3.2 et 2A.540/2005 du 11 novem bre 2005). Au dem eurant, le sim ple fait pour un étranger de séjourner en Suisse pendant plusieurs années, y com pris à titre légal, ne perm et pas d'adm ettre un cas personnel d'extrêm e gravité sans que n'existent d'autres circonstances tout à fait exceptionnelles à m êm e de justifier l'existence d'un cas de rigueur (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.565/2005 du 23 décem bre 2005). D ans ces circonstances, la recourante ne saurait tirer parti de la seule durée de son séjour en Suisse 9 pour bénéficier d'une exception aux m esures de lim itation. Pour rappel, l'intéressée se trouve en effet dans une situation com parable à celle de nom breux étrangers qui sont appelés à quitter la Suisse au term e d'un séjour autorisé ou non et qui, ne bénéficiant d'aucun traitem ent particulier, dem eurent soum is aux m esures de lim itation. 5. 5.1 C ela étant, il convient d'exam iner les critères d'évaluation qui, autres que la seule durée du séjour en Suisse, pourraient rendre le retour de la recourante dans son pays d'origine particulièrem ent difficile. 5.2 Ainsi que précisé ci-dessus, selon la jurisprudence développée par le Tribunal fédéral, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas à constituer un cas d'extrêm e gravité (cf. ATF 128 II 200 consid. 4 et les arrêts cités). En effet, faut-il encore que le refus de soustraire l'étranger aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Autrem ent dit, il est nécessaire que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, soient m ises en cause de m anière accrue (cf. supra consid. 3.2). 5.3 En l'espèce, la recourante justifie avant tout sa dém arche par son intégration à la société lausannoise, ses connaissances de la langue française, son autonom ie financière et la perte des liens avec son pays d'origine. En ce qui concerne l'intégration socioprofessionnelle de l'intéressée, force est de constater que, com parée à celle de la m oyenne des étrangers présents en Suisse depuis plus de dix ans, elle ne revêt aucun caractère exceptionnel. En effet, bien que le Tribunal ne rem ette nullem ent en cause les efforts d'intégration accom plis par l'intéressée durant sa présence dans le canton de Vaud, ni sa contribution par le travail au développem ent de la société et de l'économ ie helvétique, il ne saurait pour autant considérer que celle-ci se soit créée avec la Suisse des attaches à ce point profondes et durables qu'elle ne puisse plus raisonnablem ent envisager un retour dans son pays d'origine. Au dem eurant, les pièces du dossier révèlent que depuis son arrivée en Suisse, la recourante a certes travaillé à la satisfaction de ses divers em ployeurs (cf. notam m ent lettres de recom m andation produites à l'appui de sa requête du 1er juin 2004) et, par son travail, assuré son indépendance financière. Force est toutefois de constater qu'au regard de la nature des em plois qu'elle a exercés en Suisse, elle n'a pas acquis de connaissances ou de qualifications spécifiques telles qu'elle ne pourrait plus les m ettre en pratique dans son pays d'origine et qu'il faille considérer qu'elle a fait preuve d'une évolution professionnelle rem arquable en Suisse justifiant, à elle seule, l'adm ission d'un cas de rigueur au sens de l'art. 13 let. f O LE (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.586/2006 consid. 2.2 et les arrêts du Tribunal fédéral non publiés du 12 août 1996 en la cause J. c/ D FJP, du 23 janvier 1998 dans la cause A. c/ D FJP et du 2 février 1999 10 dans la cause P. SA et B. c/ D FJP). En outre, le Tribunal relève que le com portem ent de l'intéressée en Suisse n'est pas exem pt de tout reproche. En effet, depuis son arrivée clandestine en Suisse en 1996 et jusqu'au dépôt de sa dem ande d'autorisation de séjour, celle-ci a séjourné et travaillé dans ce pays de m anière totalem ent illégale. M êm e s'il ne faut pas exagérer l'im portance des infractions aux prescriptions de police des étrangers inhérentes à la condition de travailleur clandestin, il n'est néanm oins pas contradictoire de tenir com pte de l'existence de telles infractions (cf. ATF 130 II 39 consid. 5.2). Sur un autre plan, il convient de rappeler ici que la recourante, célibataire, est née à la Victoria – Valle, en C olom bie (cf. form ulaire E et requête du 1er juin 2004) et a vécu dans ce pays jusqu'à l'âge de trente-et-un ans. Elle a ainsi passé dans son pays d'origine toute sa jeunesse, son adolescence et une partie im portante de sa vie d'adulte, années qui apparaissent com m e essentielles pour la form ation de la personnalité et, partant, pour l'intégration sociale et culturelle (cf. ATF 123 II 125 consid. 5b/aa). D ans ces conditions, le Tribunal ne saurait considérer que son séjour sur le territoire suisse ait été suffisam m ent long pour la rendre totalem ent étrangère à sa patrie. Il n'est en effet pas concevable que ce pays, où elle a passé la m ajeure partie de son existence et où, surtout, vivent sa m ère et de nom breux frères et soeurs (cf. renseignem ents fournis le 20 novem bre 2005), lui soit devenu à ce point étranger qu'elle ne serait plus en m esure, après une période de réadaptation, d'y retrouver ses repères. Il est dès lors indéniable que la recourante possède des attaches fam iliales et socioculturelles étroites et profondes avec sa patrie et que son retour ne la m ettrait pas dans une situation de détresse personnelle, d'autant m oins qu'elle est en bonne santé. Ainsi, en dépit de la présence à Lausanne d'une soeur et d'une cousine de la recourante (cf. renseignem ents du 20 novem bre 2005 et déterm inations du 12 janvier 2006) et m êm e si l'on peut adm ettre, dans une certaine m esure, que cette dernière a perdu une partie de ses racines dans sa patrie à travers son séjour en Suisse, force est néanm oins de constater qu'elle bénéficie dans son pays d'origine de conditions fam iliales très favorables en vue de s'y réintégrer, pouvant com pter sur l'appui, m oral du m oins, de sa m ère et de ses nom breux frères et soeurs. 5.4 Enfin, le Tribunal n'ignore pas non plus que le retour d'un étranger dans son pays après un séjour de plusieurs années en Suisse n'est pas exem pt de difficultés. Il convient toutefois de rappeler à ce propos qu'une exception aux m esures de lim itation n'a pas pour but de soustraire des étrangers aux conditions de vie de leur pays d'origine, m ais im plique que ceux-ci se trouvent personnellem ent dans une situation si rigoureuse qu'on ne saurait exiger d'eux qu'ils tentent de se réadapter à leur existence passée. C om m e l'a relevé le Tribunal fédéral dans sa jurisprudence (cf. notam m ent ATF 123 II 133 consid. 5b/dd), on ne saurait tenir com pte des circonstances générales (économ iques, sociales, sanitaires) affectant 11 l'ensem ble de la population restée sur place, auxquelles la personne concernée sera égalem ent exposée à son retour, sauf si celle-ci allègue d'im portantes difficultés concrètes propres à son cas particulier, ce qui n'est à l'évidence pas le cas en l'espèce. A cet égard, l'affirm ation de la recourante selon laquelle son retour en C olom bie la condam nerait « à la m isère et à la m arginalisation totale » (cf. déterm inations du 12 janvier 2006, p. 3) n'est point déterm inante et apparaît pour le m oins exagérée, au vu des attaches fam iliales im portantes qu'elle a gardées dans sa patrie. Au dem eurant, le fait que la m ère de la recourante com pte sur l'aide financière de cette dernière par son travail effectué en Suisse (cf. écritures des 20 novem bre 2005 et 12 janvier 2006) est certes com préhensible, m ais ne saurait en aucun cas être un élém ent décisif au regard de l'art. 13 let. f O LE. En conséquence, l'exam en de l'ensem ble des élém ents de la présente cause am ène le Tribunal à la conclusion que l'intéressée ne se trouve pas dans une situation d'extrêm e gravité au sens de la disposition légale précitée et que c'est à bon droit que l'autorité intim ée a écarté sa requête. 6. C om pte tenu des considérants exposés ci-dessus, il appert que la décision de l'O D M du 5 septem bre 2005 est conform e au droit (cf. art. 49 PA). En conséquence, le recours est rejeté. Vu l'issue de la cause, il y a lieu de m ettre les frais de procédure à la charge de la recourante, conform ém ent à l'art. 63 al. 1 PA en relation avec l'art. 1, l'art. 2 et l'art. 3 du règlem ent du 11 décem bre 2006 concernant les frais, dépens et indem nités fixés par le Tribunal adm inistratif fédéral (FITAF, R S 173.320.2). (dispositif page 12)12 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. A._______ dem eure assujettie aux m esures de lim itation. 3. Les frais de procédure, s'élevant à Fr. 700.-- sont m is à la charge de la recourante. Ils sont com pensés par l'avance versée le 12 novem bre 2005. 4. Le présent arrêt est com m uniqué : - à la recourante (recom m andé [annexe: un com pact disc]) - à l'autorité intim ée (recom m andé), dossier 2 175 721 en retour. Le Juge: Le greffier: Blaise Vuille Fabien C ugni D ate d'expédition :