<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Depuis juillet 1981, G. a exploité un atelier de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">polissage à La Chaux-de-Fonds. Ce faisant, il a été régulièrement inscrit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au registre du commerce, en raison individuelle, depuis août 1981. Durant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les années 1989 et 1990, les affaires de G. ont commencé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">péricliter, un gros débiteur étant tombé en faillite et les clients habi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuels réduisant leurs commandes. Confronté à cette situation, G. a toutefois continué ses activités, alors même que sa fiduciaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui avait conseillé en 1993 de déposer son bilan.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur plainte déposée par la Caisse cantonale neuchâteloise de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation le 12 avril 1994, une instruction a été ouverte pour infrac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion à l'article 87 LAVS contre G. , dont la faillite a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcée le 26 septembre 1994.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Durant l'instruction, une expertise sommaire des comptes du pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu a été établie par F. , de la société V. S.A.. Celui-ci a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré que le prévenu n'avait pas tenu de comptabilité pour les années</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993 et 1994. Il s'est aussi penché sur les causes de la faillite et sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les mouvements du compte privé du recourant. Son rapport a été déposé dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">but novembre 1995 et transmis à mi-novembre au mandataire du prévenu (D.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">72). Interrogé le 22 février 1996 par la juge d'instruction, en présence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de son mandataire, G. s'est exprimé sur les faits qui lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient reprochés, soit une violation de l'obligation de tenir une compta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bilité, subsidiairement une inobservation des prescriptions légales sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comptabilité, une infraction à l'article 87 LAVS, et une infraction à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 112 al. 2 LAA. Les témoins B. et R. ont tous deux été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">interrogés en date du 4 avril 1996, en tant que l'une établissait pour le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévenu les écritures dans les livres qu'il transmettait ensuite à sa fi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duciaire au sein de laquelle travaillait l'autre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 9 avril 1996, le juge d'instruction avisait le ministère pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blic, conformément à l'article 110 CPP, qu'elle avait étendu l'instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'infraction des articles 166, subsidiairement 325 CP, et 112 LAA. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même jour, le juge avisait les parties conformément à l'article 133 CPP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le but de l'instruction paraissait atteint. Dans le délai qui lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était accordé, le prévenu, par son mandataire, déposait une correspondance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la banque X. . Il ne requérait toutefois aucune autre mesure d'instruction, ni ne déposait de pièce, se contentant de contester l'expertise F. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Après clôture de l'instruction, le substitut du procureur a ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voyé le prévenu devant le Tribunal de police du district de La Chaux-de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Fonds par ordonnance du 25 avril 1996, requérant contre lui une peine de 5</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois d'emprisonnement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. En audience du 31 octobre 1996, l'avocat du prévenu déposa trois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">livres de compte. Après avoir entendu le témoin P. , gestionnaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des crédits à la banque X. , le Tribunal de police rendit son jugement en date du 14 novembre 1996. En bref, le jugement attaqué retient que G. a cessé en 1993 de transmettre ses livres à sa fiduciaire et que, ce faisant, il renonçait à tenir une comptabilité. Par là même, il ne pouvait que se rendre compte que sa situation financière deviendrait excessivement difficile voire impossible à établir. Le premier juge retient encore que les documents déposés en audience ne changent rien à ce constat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ces mêmes pièces, tenues jusqu'en septembre 1993, étaient à disposition de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expert, qui n'a pourtant pas pu faire de bilan au 31 octobre 1993. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement de première instance retient aussi que le défaut de paiement des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cotisations sociales par le prévenu est intervenu dès 1991, et que durant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les années 1991 à 1994, le prévenu a bénéficié de ressources par la voie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un compte privé. Dès lors, en choisissant de donner satisfaction aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créanciers les plus menaçants pour parer au plus pressé, le prévenu a com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mis une infraction aux articles 87 LAVS et 112 LAA. Le premier juge a con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">damné G. à trois mois d'emprisonnement avec sursis pendant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trois ans, sursis conditionné à la réparation du dommage de la Caisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonale neuchâteloise de compensation par le versement de mensualités de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">200 francs. Le prévenu a été condamné aux frais de la cause par 11'320</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. G. se pourvoit en cassation contre ce jugement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en concluant à sa libération des fins de la poursuite pénale. Dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi, G. se plaint d'une violation de l'article 110 CPP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors de l'extension de la prévention aux articles 166 CP, subsidiairement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">325 CP, et 112 al. 2 LAA. Il fait valoir une mauvaise application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 166 CP, estimant que les pièces déposées en audience permet-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taient de rétablir sa situation financière, ainsi que des articles 87 al.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3 LAVS et 112 al. 2 LAA. Enfin, G. critique les conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">posées au sursis et l'ampleur des frais mis à sa charge.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. La Caisse cantonale de compensation, plaignante, a formulé des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations par lettre du 19 décembre 1996. Le premier juge et le minis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tère public s'en sont abstenus.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délais légaux (art. 244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Selon l'article 110 CPP, le juge d'instruction peut, d'office ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur réquisition du ministère public, étendre l'instruction à d'autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits ou à d'autres personnes. Il est tenu de consigner au procès-verbal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les motifs de cette extension et de les faire connaître aussitôt au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ministère public. Une telle décision constitue une exception au principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon lequel l'exercice de l'action pénale appartient au ministère public</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art. 1 CPP). Dans un tel cas, la Chambre d'accusation avait déjà considé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ré que la portée de la règle exceptionnelle de l'article 110 CPP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agissant d'un principe essentiel en droit neuchâtelois, ne saurait être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étendue, au risque de voir une application trop généralisée et facilitée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cette exception porter une atteinte importante au monopole du ministère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">public en matière d'exercice de l'action pénale (RJN 1987, p. 115, 116).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans ce même arrêt, la Chambre d'accusation avait soulevé, sans y répondre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formellement, la question de savoir si l'application de l'article 110 CPP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne devait pas être réservée aux seuls cas où existait une certaine urgence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou qui étaient absolument évidents.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon l'article 241 al. 1 chiffre 1 CPP, sont susceptibles d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi à la Cour de cassation pénale tous les jugements pour lesquels la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">législation cantonale ne prévoit pas une autre voie de recours. En son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">alinéa 2, ce même article précise qu'un jugement incident ne peut être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'un pourvoi en cassation qu'une fois rendu le jugement définitif,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sauf exception ne concernant pas le cas d'espèce. En outre, selon l'arti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cle 242 CPP, le pourvoi en cassation est recevable en cas de violation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règles essentielles de la procédure de jugement si, au cours des débats,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant a présenté des conclusions ou signalé l'irrégularité préten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">due, si faire se pouvait.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au vu de la jurisprudence précitée, il apparaît que le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'instruction a, dans la présente affaire, appliqué à tort l'article 110</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CPP, d'une part en étendant de lui-même la prévention, sans qu'un motif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulier ne justifie cette dérogation au principe du monopole de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'action pénale, d'autre part, en n'en avisant pas immédiatement le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ministère public, comme ce même article lui en fait l'obligation. Il reste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à savoir si les conséquences d'une telle violation sont celles que le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant veut lui rattacher et, avant tout, si celui-ci peut se prévaloir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ce motif dans le cadre d'un pourvoi en cassation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur ce dernier point, il convient de constater que la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'extension de la prévention par le juge d'instruction pouvait être atta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quée auprès de la Chambre d'accusation. Une autre voie de recours était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donc ouverte contre la décision du juge d'instruction. De ce fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déjà, le grief est tardif et irrecevable en cassation. En outre, ainsi que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le laisse clairement entendre l'article 242 CPP, le recourant qui invoque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce grief doit avoir signalé l'irrégularité, afin d'en permettre la répara-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion. Il s'agit là ni plus ni moins que de l'application du principe de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bonne foi (RJN 1994 p. 116, 117). Le recourant, à réception du rapport</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'expertise, pouvait se douter que la prévention allait être étendue, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne pouvait manquer de s'apercevoir des conditions de son extension, non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seulement lors du premier interrogatoire du prévenu en février 1996, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aussi à tout moment dans la suite de la procédure, par simple consultation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du dossier.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Enfin, comme le laisse clairement entendre l'article 242 CPP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seule est visée la violation des règles essentielles de la procédure de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement, notamment parmi elles les garanties accordées aux parties. Or,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le vice dont se plaint le recourant s'est produit pendant la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'instruction, qui n'était pas menée par le juge de fond. La défense</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correcte des intérêts du prévenu n'en a en outre pas été affectée. Ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernier a en effet été rendu attentif à l'extension, même irrégulière, dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avant son interrogatoire. A cet instant, s'il considérait que cette déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion et particulièrement le moment de sa signification, ne lui permet-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taient pas d'assurer sa défense convenablement, il pouvait donc contester</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa régularité et interjeter recours. Si cela n'a pas été fait, c'est bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parce que le recourant connaissait fort bien la probabilité d'une telle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">extension, qu'il s'y était préparé et la considérait comme logique. Dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors, il ne saurait se prévaloir d'un tel motif pour obtenir l'annulation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des actes d'instructions postérieurs, auxquels il a suivi. Permettre un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tel procédé serait contraire, et aux règles de la bonne foi, et au prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipe de la proportionnalité, et à l'économie de procédure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> De ce fait, le grief est irrecevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Le recourant fait aussi valoir que sa condamnation violerait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 166 CP, disposition punissant celui qui contrevient à l'obliga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion légale de tenir régulièrement ou de conserver ses livres de compta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bilité de façon qu'il est devenu impossible d'établir sa situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">financière.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recourant fonde son grief sur les pièces qu'il a déposées en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">audience, soit trois livres auxiliaires, un livre « caisse » et deux li-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vres « BANQUE X. », qui rapportent des écritures allant jusqu'en 1994. Il fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valoir que les livres comptables ont continué à être régulièrement tenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par l'entremise de Madame B. , qui en a témoigné (D. 78).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Par voie de conséquence, il ne serait pas impossible au sens de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">166 CP, de rétablir sa comptabilité jusqu'au jour de sa mise en faillite.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On peut s'interroger sur les raisons qui ont déterminé le pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu à déposer à la première audience devant le juge du siège des docu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments dont il savait qu'ils avaient fait l'objet de recherches pour être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communiqués à l'expert. Même si le procédé est discutable, cela n'importe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois pas en l'espèce.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'article 166 CP est un délit de résultat. Ledit résultat est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">atteint non seulement par celui qui ne tient pas du tout de comptabilité,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mais peut aussi l'être par celui qui n'en tient que partiellement. C'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le cas lorsqu'un homme de l'art, un expert, sur la base des livres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">existants, ne peut pas ou alors seulement à grand peine rétablir complète-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment la situation financière du débiteur (cf. Schubarth, Kommentar zum</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">schweizerischen Strafgesetzbuch, BT II, Berne 1990, p. 294, no 16). L'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fraction est réalisée lorsque à partir des pièces existantes, l'on ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas, ou pas totalement, établir la situation financière du débiteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, BT I, Berne 1995, p. 436, no 9</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">; ATF 117 IV p.165, cons. 2c). En l'espèce, un homme de l'art a été con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sulté, en la personne de F. . Son expertise est à l'évidence un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moyen de preuve dans un domaine technique, que le juge ne pouvait négliger</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art. 154 al. 1 CPP). Or, l'expertise conclut que la comptabilité n'a plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été tenue depuis le début de l'année 1993. En page 6 de son rapport, l'ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pert déclare :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Nous relevons qu'aucune comptabilité n'a été tenue pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> les années 1993 et 1994 jusqu'au 26 septembre. Seuls des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> journaux d'écritures - caisse et banque X. -</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> - ont été établis pour l'année 1993 jusqu'au mois de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> septembre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cet état de fait ne permet pas d'établir la situation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'entreprise au jour de la faillite".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'expert constate aussi (p. 21) qu'il est impossible de détermi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ner l'évolution du découvert depuis le 1er janvier 1993. Cette constata-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion est faite, alors même que l'expert dispose des mêmes livres, soit «</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caisse » et « BANQUE X. », que ceux déposés en audience par le prévenu, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour une période antérieure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur cette base, le premier juge pouvait estimer à bon droit que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la preuve avait été rapportée qu'un homme de l'art n'était pas en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situation de rétablir complètement la situation financière du débiteur,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la seule base des livres déposés en audience. D'ailleurs, l'expert a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relevé que le prévenu avait omis de faire figurer de multiples sommes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notamment versées par ses fournisseurs, dans sa comptabilité. On peut en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voir la raison dans la cession de toutes ses créances à la banque X. . Ces faits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'en permettaient que mieux de retenir qu'à la difficulté résultant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pièces lacunaires existantes, s'ajoutait celle de déterminer le contenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exact que devraient avoir lesdites pièces, d'après les documents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recherchés auprès des clients et banques du débiteur. Ainsi, lorsque l'on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">examine au dossier l'ampleur des vérifications auxquelles il a été procédé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">durant l'instruction pour retrouver trace de certains montants, on ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'en déduire que le rétablissement complet de la situation financière du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">débiteur, au sens de l'article 166 CP, si même il n'était pas impossible,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exigerait une masse de travail qui suffit pour admettre que ce n'est qu'à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grand peine que ce résultat serait acquis. Le premier juge a donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correctement appliqué l'article 166 CP, de sorte que le recours est mal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondé sur ce point.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Le recourant reproche aussi au premier juge d'avoir méconnu les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principes d'application des articles 87 LAVS et 112 LAA, qui visent à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">punir l'employeur qui effectue des déductions sociales sur le salaire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses employés, sans ensuite les reverser aux organismes d'assurances con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cernés. Le recourant estime qu'"étranglé" par la banque X. , il n'a pas disposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des moyens nécessaires au paiement des déductions auxquelles il a procédé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il fait valoir ne pas s'être enrichi et n'avoir pas délibérément choisi de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">privilégier le règlement de certaines dettes. Se référant enfin à un arrêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 117 IV 81) dans lequel le Tribunal fédéral a précisé que le détourne-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment des cotisations de l'employé n'est réalisé que si l'employeur, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moment du versement du salaire, dispose effectivement des sommes nécessai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">res au paiement des cotisations, le recourant considère que sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamnation est intervenue à tort.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Certes, le dossier établit bien que la banque du recourant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la banque X. , lui avait fait signer une cession de toute créance future liée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exploitation de son entreprise. De son côté, en 1993 en tout cas, la banque X. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ouvrait plus de crédit au requérant qu'à hauteur du montant des salaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nets auxquels s'ajoutaient éventuellement les cotisations dues à la fonda-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion collective LPP de la banque X. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le premier juge, se référant aux constatations de l'expertise, a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois considéré que G. avait disposé d'une certaine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">marge de manoeuvre sur son compte privé à la banque Y. , compte sur le-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quel ont abouti, ponctuellement, certains revenus de l'entreprise.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Selon cette même expertise, le prévenu aurait utilisé, sans que l'on sache</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à quelle fin, 71'000 francs en 1993 et 116'200 francs en 1994 (expertise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p. 37). En outre, le prévenu a apporté à son entreprise, sans que la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venance de cette somme soit déterminée, 25'000 francs (idem, p. 25).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon la jurisprudence, l'infraction instituée par l'article 87</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.3 LAVS n'est réalisée qu'à trois conditions. La première, que le recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant mentionne lui-même, est d'avoir disposé au moment du versement du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">salaire des fonds nécessaires à effectuer les déductions sociales.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Sur ce plan, une déduction purement comptable ne suffit pas à constituer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'infraction. La deuxième condition est de ne plus être en situation, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moment où le paiement devient inéluctable, de verser les sommes en cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La troisième, au sens de l'arrêt précité, est que le prévenu n'ait pas pu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérer selon toute vraisemblance que la situation allait lui permet-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tre, alors même qu'il avait utilisé les sommes en cause à d'autres fins,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de les recouvrer, le mettant par là même en situation de remplir ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligations envers son créancier, l'assurance sociale, au dernier moment.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Comme le relève le Tribunal Fédéral, l'article 87 LAVS institue le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caractère punissable de la violation d'une obligation de conserver une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chose de genre ("Substraterhaltungspflicht"), et non une chose d'un corps</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certain. Il est donc tout à fait admissible d'utiliser à d'autres buts les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sommes retenues, pourvu que l'on sache pouvoir en disposer à l'échéance du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délai de paiement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'accomplissement de la première condition nécessite que le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant ait disposé des montants nécessaires lors de l'établissement de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déduction. Comme le relève le premier juge, les retenues non reversées ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">eu lieu dès 1992. Durant cette année, le recourant a disposé de sommes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suffisantes pour effectuer des prélèvements privés. Par la suite, le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant a aussi, quelle qu'en soit la provenance, obtenu des sommes qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a réinjectées dans son entreprise. Enfin, même durant l'année 1994, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant a disposé de plus de 116'000 francs, sans que l'on sache exacte-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment à quelle fin, peut-être à la satisfaction des créanciers les plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indispensables à la continuation de l'entreprise. L'argent était ainsi à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposition lors de la déduction et n'a pas été conservé, mais bien utili-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sé à d'autres fins, ainsi que le relève le premier juge en référence à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence (RJN 1993 p. 128ss, 130ss ; ATF 119 IV 187ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'accomplissement de la deuxième condition n'est pas critiquée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison par le recourant. En effet, des actes de défaut de bien ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délivré contre lui. Il est ainsi patent que l'argent n'a pas été conservé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Enfin, la troisième condition est à l'évidence aussi remplie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Suite au rapport de sa fiduciaire, mais aussi, antérieurement, par ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propres constatations quant à la baisse des commandes (D. 75-538) et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perte de la créance D. (D. 13-35), le recourant ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait se fonder sur de sérieuses expectatives de reprise ou de gain. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">savait que l'argent dépensé autrement ne lui reviendrait vraisemblablement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus et qu'il n'obtiendrait plus de crédit supplémentaire de sa banque.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dès lors, il prenait ainsi consciemment le risque, dont la survenance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était presque certaine, de n'être plus à même de payer l'équivalant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retenues sur salaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ces considérations valant « mutatis mutandis », pour l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">112 LAA, le recours doit être rejeté sur ces points également.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Le grief suivant du recourant concerne la règle de conduite qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditionne le sursis. Le recourant se trompe, lorsqu'il estime que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'adjonction d'une telle règle représente de la prison pour dette. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet, il ne peut ignorer que la révocation du sursis nécessite une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouvelle décision dans laquelle le juge devra examiner si le sursitaire a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enfreint de manière fautive la règle de conduite (ATF 100 IV p. 197ss,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons. 1). Dans ce cas seulement, il y aura révocation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> De jurisprudence constante, le premier juge dispose d'un large</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation quant à l'octroi du sursis (RJN 1994 p. 96ss, 97,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et les arrêts cités). Dès lors, dans la mesure où l'adjonction d'une règle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de conduite est en l'espèce conforme à l'application de l'article 41 CP,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Cour de Cassation ne saurait examiner le grief que sous l'angle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arbitraire. Or, aucun élément ne permet de retenir que la fixation de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">somme à 200 francs, à rembourser mensuellement par le prévenu, excède à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'évidence ses moyens. Celui-ci déclare en effet réaliser un revenu men-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suel de 2'000 francs et être partiellement aidé par son amie. Quoi qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en soit, le premier juge devra, si la règle n'est pas suivie, donner au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné les moyens de s'expliquer plus avant sur le caractère fautif de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'inobservation de la règle conditionnant le sursis.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Enfin, le recourant critique le montant des frais mis à sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge, qu'il estime disproportionnés, ce d'autant qu'il aurait collaboré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans réserve à l'instruction. Au regard du fait que le prévenu a attendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son audience de jugement pour déposer des pièces importantes à en croire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son pourvoi, il est permis de sérieusement douter de cette dernière affir-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mation. Sur ce, il est vrai qu'alors même qu'il était chargé d'une exper-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tise sommaire, selon la décision du juge d'instruction, l'expert a présen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té un rapport de plus de 50 pages. Ce rapport n'a toutefois pas été inuti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le, ainsi que cela ressort des considérants ci-dessus. D'ailleurs, le pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venu est mal venu de critiquer l'ampleur dudit rapport, puisqu'il l'a ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du lui-même inévitable en négligeant la tenue de sa comptabilité. Les con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">testations qu'il a élevées dans son recours ne font en outre que plus res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sentir la nécessité qu'il y avait de mener une instruction soigneuse. Dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors, à mesure qu'aucune prévention n'a été abandonnée et que le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a donc été condamné pour tous les faits mis à sa charge, il n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">insoutenable de lui faire supporter l'intégralité des frais de justice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S'il est vrai qu'ils sont relativement élevés, ces frais n'apparaissent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas pour autant disproportionnés. La peine requise contre le recourant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cinq mois d'emprisonnement permet en effet de considérer que cette cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présentait une importance certaine. Enfin, il convient de rappeler que si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la peine finalement infligée au recourant est légèrement réduite par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapport à celle requise, cela n'obligeait pas le premier juge de mettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une partie des frais à la charge de l'Etat (par analogie, RJN 1 II p. 26).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Pour tous ces motifs, on ne saurait donc reprocher au premier juge d'avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faussement appliqué l'article 89 CPP.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7. Mal fondé dans sa totalité, le pourvoi sera donc rejeté et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais de procédure mis à la charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge de G. les frais de la procédure de recours arrêtés à 660 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 5 septembre 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>