<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. S. a exercé la fonction de juriste à plein temps</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auprès de I. , à La Chaux-de-Fonds, jusqu'au 15 juillet 1996, date à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partir de laquelle il a réduit cette activité lucrative à 50 % pour con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sacrer l'autre mi-temps disponible à la profession d'avocat indépendant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La taxation intermédiaire qu'il a alors sollicitée lui a tout d'abord été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refusée oralement, puis par décision sur opposition du 12 novembre rendue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le service des contributions, au motif qu'il avait simplement réduit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son activité lucrative auprès de son employeur, mais qu'il n'avait pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">changé de profession au sens requis par l'article 105 al.1 LCdir.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Saisi d'un recours de l'intéressé, le Département des finances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et des affaires sociales l'a rejeté par prononcé du 6 mars 1998. Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré en substance que le passage d'une activité lucrative à temps</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complet à une activité à mi-temps - et inversement - ne constituait pas un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motif de taxation intermédiaire retenu par l'article 105 al.1 LCdir. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ailleurs, si le passage d'une activité de juriste salarié à celle d'avocat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indépendant constitue en soi un changement de profession prévu par la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disposition précitée de nature à justifier une taxation intermédiaire, on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne saurait cependant, selon la jurisprudence, considérer isolément les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sources lucratives distinctes du contribuable, mais au contraire envisager</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'activité professionnelle et le revenu qui en résulte dans son ensemble.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Or, en l'occurrence, le maintien de la précédente activité salariée à 50 %</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et l'exercice à raison de 50 % d'une activité indépendante d'avocat ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permettent pas de conclure à un changement de profession au sens requis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par la législation cantonale.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. S. défère ce prononcé devant le Tribunal administratif. Il admet que la réduction de son horaire de travail auprès de son employeur n'est pas un motif permettant de modifier les bases du calcul ordinaire de l'impôt. Par contre, passer d'une activité de juriste salarié à celle d'avocat indépendant représente bien un changement de profession, même si celui-ci n'intervient que pour un mi-temps. Selon la doctrine, la transition d'une occupation accessoire à une activité professionnelle principale, ou l'inverse, est considérée comme un changement de profession. Au demeurant, depuis le 5 juillet 1996, le revenu qu'il tire de son activité indépendante ne comble pas la diminution de 50 % de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son salaire réalisé chez I. ; ses nouveaux revenus sont inférieurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'au moins 20 % à ceux qu'il réalisait lors de son emploi lucratif à plein</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">temps, de sorte qu'il satisfait également à la condition de l'article 105</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.3 LCdir donnant lieu à une taxation intermédiaire. Il conclut, sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite de frais et dépens, à l'annulation du prononcé entrepris et au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoi de la cause au service des contributions pour nouvelle décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le département propose le rejet du recours sans formuler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Pour calculer l'impôt sur le revenu des personnes physiques,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 47 al.1 de la loi sur les contributions directes (LCdir) prévoit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'année de calcul correspond en principe à l'année civile précédant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle de la taxation. Le revenu de l'année d'imposition est de la sorte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présumé être de même nature et de même importance que celui de l'année</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'évaluation. Il y a toutefois lieu d'apporter un tempérament à ce prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipe lorsque le revenu se modifie de façon durable au cours de l'année de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">calcul et de permettre une taxation intermédiaire pour l'une des causes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">énumérées exhaustivement à l'article 105 al.1 LCdir (RJN 1986, p.166,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1983, p.175), au nombre desquelles figurent le début ou la cessation d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">activité lucrative ainsi qu'un changement de profession. De plus, cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dernière disposition doit être interprétée restrictivement du moment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle aménage une exception au régime d'imposition ordinaire (RJN 1992,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.181, 1986, p.166).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le recourant ne disconvient pas, avec raison,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la réduction de son horaire de travail auprès de son employeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">I. n'est pas un motif de taxation intermédiaire, prévu par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 105 al.1 LCdir. Il soutient en revanche que le fait d'avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réduit de moitié son activité de juriste salarié pour consacrer l'autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moitié de son temps à l'exercice de la profession indépendante d'avocat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">représente un changement de profession qui est un motif de taxation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intermédiaire retenu par ladite disposition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon la jurisprudence, toute modification d'emploi du contri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">buable ne constitue pas un changement de profession. Une augmentation ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une diminution de traitement, voire un changement de place, ne suffisent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également pas. On admettra le changement de profession lorsque le genre ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le mode d'activité qu'exerce le contribuable se modifie profondément, soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que ce dernier ait embrassé un autre état, soit que, le conservant, il ait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vu sa condition fondamentalement transformée (RJN 1992, p.182, 1989,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.214, 215). Il faut donc que la modification professionnelle intervenue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entraîne un changement structurel profond de la situation du contribuable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans son ensemble (RDAF 1986, p.86; RJN 1986, p.168; ATF 110 Ib 316). Tel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sera, dans la règle, le cas lorsque l'intéressé passe d'une condition</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indépendante à une condition dépendante et vice-versa (ATF 101 Ib 403; ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 30.01.1985 publié au StE 1986 B 63.13 no.7 cons.16 avec les références</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de jurisprudence et de doctrine).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le présent cas, le recourant n'a pas totalement quitté sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condition de juriste dépendant pour se consacrer exclusivement à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">activité indépendante d'avocat. Dans son courrier du 12 août 1996 au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service des contributions, il a bien précisé qu'il demeurait salarié à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison de 50 % auprès de I. pour consacrer "l'autre 50 % à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">métier d'avocat, en tant qu'indépendant". Il a de la sorte équitablement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réparti son temps de travail entre ces deux activités, sans que l'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prédomine par rapport à l'autre. On ne se trouve dès lors pas dans la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situation du contribuable salarié qui abandonne son emploi antérieur ou ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exerce plus qu'à titre secondaire pour se vouer entièrement à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">activité indépendante ou pour faire de celle-ci son activité principale,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstances qui constituent un changement de profession au sens de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence (Känzig, Die eidgenössische Wehrsteuer, Bâle 1982, no.26,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.793-794). Ainsi, en conservant son emploi de juriste salarié à mi-temps,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le recourant n'a pas transformé, de manière fondamentale et dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ensemble, sa situation professionnelle, comme cela aurait été le cas s'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait embrassé de façon prépondérante la carrière d'avocat indépendant, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte qu'il n'a pas changé de profession à teneur de l'article 105 al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LCdir.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) A cet égard, c'est en vain que le recourant relève que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">transition d'une occupation accessoire à une activité professionnelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principale, ou inversement, est considérée comme un changement de pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fession. Outre que l'intéressé, on vient de le voir, exerce deux activités</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">équivalentes dans l'emploi de son temps de sorte que l'une ne peut appa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raître comme subsidiaire par rapport à l'autre, le Tribunal fédéral a de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute manière jugé que le début d'une activité lucrative accessoire dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendante ou indépendante ne donne en général pas lieu à une taxation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intermédiaire (ATF 110 Ib 313). Quant à la référence que le recourant cite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'appui de sa thèse (Ryser/Rolli, Précis de droit fiscal suisse, Berne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994, p.343), elle ne lui est d'aucun secours car ces auteurs se réfèrent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la loi cantonale bernoise sur les contribution qui prévoit à son article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">42 al.3, comme cause possible d'une taxation intermédiaire, "la transition</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une occupation accessoire à une activité indépendante ou inversement"</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Känzig, op.cit, no.21, p.789), solution que ni l'article 105 al.1 LCdir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ni l'article 45 LIFD n'ont adoptée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Il suit de là que les autorités inférieures n'ont commis aucune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fausse application de la loi en refusant, selon une interprétation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">restrictive de la notion de changement de profession à laquelle elles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étaient tenues, de prononcer une taxation intermédiaire. Par ailleurs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">c'est également avec raison que le département, dès lors que l'une des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">causes limitativement énumérées par l'article 105 al.1 LCdir n'était pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remplie en la cause, n'a pas examiné si l'intéressé remplissait la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deuxième condition cumulative de l'article 105 al.3 LCdir, à savoir si son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveau revenu total s'écartait d'au moins 20 % de l'ancien.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Mal fondé, le recours doit être rejeté sous suite de frais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.47 al.1 LPJA) et sans dépens (art.48 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant un émolument de 500 francs et des débours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> par 50 francs, montants compensés par son avance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. N'alloue pas de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 4 juin 1998</span></p> </div></body></html>