JAAC68.44 Extraits de la décision de la Commission suisse de recours en matière d’asile du 19 septembre 2003, A.O., Serbie et Monténégro, également paru dans Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours en matière d’asile [JICRA] 2003 N° 22 Art. 32 al. 2 let. c LAsi. Non-entrée en matière pour violation grave de l’obligation de collaborer. Défaut à l’audition. 1. Ne pas donner suite à une convocation à une audition constitue en principe une violation grave et fautive du devoir de collaborer (cf. JAAC 65.6). En règle générale, le fait de n’avoir pas compris la signification d’une convocation ne représente pas une excuse suffisante, compte tenu du fait que le requérant à l’obligation de s’informer sur le sens et la portée des décisions et autres documents officiels qui lui sont communiqués (cf. JAAC 62.7; consid. 4a-b). 2. Défaut à l’audition considéré, dans le cas d’espèce, comme non fautif, en particulier en raison d’un malentendu lié au mode de remise de la convocation, au centre d’enregistrement (consid. 4c-h). Art. 32 Abs. 2 Bst. c AsylG. Nichteintreten auf Asylgesuch wegen grober und schuldhafter Verletzung der Mitwirkungspflicht (Nichterscheinen zur Anhörung). 1. Der Vorladung zu einer Anhörung nicht Folge zu leisten, stellt grundsätzlich eine grobe und schuldhafte Verletzung der Mitwirkungspflicht dar (vgl. VPB 65.6). Diese kann grundsätzlich nicht damit entschuldigt werden, die Bedeutung der Vorladung nicht 1erfasst zu haben, da es dem Asylbewerber obliegt, sich über Inhalt und Bedeutung von Entscheiden und anderen ihm zugestellten behördlichen Akten zu informieren (vgl. VPB 62.7; E. 4a-b). 2. Im konkreten Fall wird das Nichterscheinen als unverschuldet erachtet, insbesondere wegen eines Missverständnisses aufgrund der Umstände, unter welchen die Vorladung in der Empfangsstelle ausgehändigt wurde (E. 4c-h). Art. 32 cpv. 2 lett. c LAsi. Non entrata nel merito della domanda d’asilo causa violazione grave e colpevole del dovere di collaborare (assenza all’audizione). 1. L’inottemperanza alla convocazione per un’audizione costituisce, di principio, una violazione grave e colpevole del dovere di collaborare (GAAC 65.6). Di regola, non costituisce giustificazione sufficiente il fatto di non aver capito il senso della convocazione, ritenuto che il richiedente l’asilo è tenuto ad informarsi sul significato e gli effetti delle decisioni e degli altri atti che gli sono notificati ( GAAC 62.7; consid. 4a-b). 2. Nel caso di specie, l’assenza all’audizione è giudicata non colpevole, considerata in particolare la sussistenza di un malinteso legato alle modalità della notificazione della convocazione presso il centro di registrazione (consid. 4c-h). Résumédesfaits: Le21juillet2002,A.O.adéposéunedemanded’asileauCentre d’enregistrement(ci-après: CERA)deVallorbe. Larequéranteetsesenfants ontensuiteététransférésauCERAdeChiasso,oùl’Officefédéraldesréfugiés (ODR)aentendubrièvementA.O.sursesmotifs,endatedu31juillet2002. Le 5août2002,l’ODRatélécopiéauCERAdeChiasso,àl’intentiondel’intéressée, uneconvocationàserendreàuneauditionquidevaitavoirlieuàGivisiez,le 4septembre2002. Diteconvocationaétéremiseàl’intéresséele7août2002,à Chiasso. Lemêmejour,larequéranteaprisconnaissancedufaitqu’elleétait attribuéeaucantondeVaudetaquittéChiassopourserendreàLausanne,où elles’est,dèssonarrivée,présentéeauServicecantonaldelapopulation. A.O.nes’estpasrendueàl’auditionagendéeau4septembre2002àGivisiez. Parcourrierdu6septembre2002,l’ODRl’ainvitéeàluifaireconnaîtreles raisonspourlesquellesellen’avaitpascomparu. Danssaréponse,datéedu 11septembre2002,A.O.aexpliquéqu’ellenes’étaitpasprésentéeparce qu’ellen’avaitpasreçudeconvocationàsonadresse. Elleapréciséqu’onlui avaitindiqué,lorsdesonauditionàChiasso,qu’ellerecevraituneconvocation pourunesecondeaudition,maisqu’ellen’enavaitpointreçue,etquela Fondationvaudoisepourl’accueildesrequérantsd’asile(FAREAS),auprès delaquelleelles’étaitrenseignée,n’avaitpasnonplusétéinformée. 2Pardécisiondu3octobre2002,l’ODRarefuséd’entrerenmatièresurla demanded’asiled’A.O.,aumotifqu’elles’étaitrenduecoupabled’uneviolation gravedesonobligationdecollaborer. Ilarelevéquel’intéresséeavaitété régulièrementconvoquéeparcourrierremisenmainspropresauCERAde Chiassole7août2002,surlequelelleavaitapposésasignature,etconsidéré dèslorsqu’elleavait,manifestement,violésonobligationdecollaborerenne seprésentantpasàGivisiez,etdémontréparlàlemanqued’intérêtaccordéà saprocédured’asile. A.O.ainterjetérecourscontrecettedécisionparactedu4novembre2002. Danssonmémoire,elleasoutenun’avoirpascomprisqueledocumentremis àChiassoreprésentaitlaconvocationpourl’auditionqu’onluiavaitannoncée. Invitéàseprononcersurlerecours,l’ODRenaproposélerejet. Danssa réponse,datéedu14mars2003,ilasoulignéquelarequéranteauraitpu,si effectivementellen’avaitpascomprislateneurdelaconvocationquiluiavait éténotifiéeauCERA,recouriràl’aidedetierspourselafaireexpliquer,etque sonmarilui-même,quiconnaissaitledéroulementdelaprocédure,auraitpu laconseillerouladirigerverssonmandataire. L’ODRaégalementrelevéque l’intéressée,sielleavaitfaitpreuvedeladiligencenécessaire,auraitpufaire lesdémarchesenvuedeladélivrancedutitredetransportqueleServicedela populationavaitomisdeluiremettre. LaCommissionsuissederecoursenmatièred’asile(ci-après: laCommission)a annuléladécisionattaquée,etrenvoyélacauseàl’ODR. Extraitdesconsidérants: 4.a. SelonlajurisprudencedelaCommission,l’obligationdecollaborerancrée àl’art.8delaloisurl’asiledu26juin1998(LAsi,RS142.31)impliquela participationactivedurequérantàlaconstatationdesfaits,participation quicomprendsaprésenceauxauditions,lorsdesquellesilesttenud’exposer lesraisonsquil’ontincitéàdemanderl’asile. Nepasserendreàuneaudition constituedèslors,parprincipe,uneviolation grave dudevoirdecollaborer, vulecaractèreessentieldecettemesured’instructionpourlaprocédure(cf. JAAC65.6 =JurisprudenceetinformationsdelaCommissionsuissederecours enmatièred’asile[JICRA]2000n°8consid.7p.69s). Resteàdéterminersile comportementreprochéàl’intéresséeest,danslecasconcret,imputableà faute. Eneffet,pourentraînerlanon-entréeenmatièresurlademandeselon l’art.32al.2let.cLAsi,laviolationdel’obligationdecollaborernedoitplus- contrairementàl’anciendroit(art.16al.1let.edelaloidu10octobre1979 surl’asile[LAside1979],RO 1980 1718)-êtreintentionnelle,maisseulement coupable. Laviolationcoupablenesupposepasquelerequérantaitagide manièredolosive,enconnaissancedesesdevoirs. Ilsuffitquel’onpuisse luireprocherunmanquement,lequelpeutlecaséchéantreposersurune simplenégligence,undéfautd’attention,ouuneabsencederéaction,pourvu quecemanquementapparaisse,danslecasconcret,imputableàfaute(cf. W. Stöckli,Asyl,in: HandbücherfürdieAnwaltspraxis,Geiser/Münch[édit.],vol. VIII,Ausländerrecht,Bâle2002,n°8.117). Ainsi,uncomportement(acteou omission)seracoupable,lorsqu’ilnepeutraisonnablements’expliquer,en particulierauregarddel’âge,delaformation,dustatutsocialetprofessionnel del’intéressé(cf. JAAC65.6 =JICRA2000n°8précitée,spécialementconsid.5a p.68s;MessageduConseilfédéraldu4décembre1995concernantlarévision totaledelaloisurl’asile,FF 1996 II56s). Encasdedoutesurlaréalisation 3desconditionsd’applicationdel’art.32al.2let.cLAsi,ilconvientd’entreren matièresurlademanded’asile,vul’importancedesbiensjuridiquesenjeu dansuneprocédured’asile(cf. JICRA1995n°18consid.3cp.187). b. Vulesintérêtspersonnelsencause,etl’enjeudelaprocédure,tout requérant,venuenSuissepourdemanderl’asile,devraitcomprendrele caractèreessentield’uneauditionetl’importancedesaparticipationà l’audition;enoutre,illuiappartientdes’informersurlecontenudesdécisions etautresdocumentsquiluisontcommuniqués,s’iln’ensaisitpaslaportée (cf. JAAC62.7 =JICRA1997n°3consid.5p.20). L’oublid’unetelleconvocation paraîtdonc,apriori,fautif,saufdanslescasoùilpeuts’expliquerparun souciouunimpératifmajeursmobilisantl’attentiondel’intéressé,ouparune incapacitéintellectuelledecedernieràsaisirlaportéedudocumentreçuou às’informeràcesujet(…). Celadit,ilsiedderappelerquelaconvocation àl’auditionprévueparl’art.29LAsiest,danslamajeurepartiedescas, communiquéeaurequérantparplipostalrecommandé,alorsqu’iladéjà accomplilespremièresdémarchesd’enregistrement,etqu’ilsetrouveàson nouveaulieuderésidenceaprèsavoirétéattribuéàuncanton. c. Enl’espèce,l’ODRaadresséàl’intéresséeparfax,le5août2002,auCERA deChiasso,uneconvocationpouruneauditiondirecteàGivisiez(possibilité prévueparl’art.29al.4LAsi),convocationdontcopieaétéenvoyéeauService cantonaldelapopulation,poursoninformation. CefaxaétéremisàA.O., laquelleenaaccuséréception,parsasignaturedu7août2002;ilaensuite étéverséaudossiersansqueladélivranced’unecopienesoitconfirméepar unequelconqueinscriptionoupièceaudossierdelacause. L’intéresséene contestecependantpasavoirreçuunecopiedecedocument,maisallègue n’enavoirsaisinilesensnil’importance,dufaitqu’elles’attendaitàrecevoir laconvocationplustard,àsondomicile. Sonattitudes’expliqueraitparle faitqu’onluiavait,lorsdesoninterrogatoiredu31juillet2002àChiasso, annoncéqu’elledevaitattendreunesecondeaudition,pourlaquelleelle recevraitultérieurementuneconvocation,etparlefaitqu’uncompatriote luiauraitindiquéqueledocumentsignéàChiassoétaitsansimportance. La crédibilitédecettedernièreaffirmationestdouteuse,larequéranten’ayant aucunementfaitétatdecetévénementdanssapremièredétermination. Quoiqu’ilensoit,laCommissionretientquelaconvocationaéténotifiée àA.O.septjoursseulementaprèssabrèveauditionauCERA,lorsdelaquelle elleavaitétéinforméedesprochainesétapesdelaprocédure,enparticulier dufaitqu’ellerecevraitultérieurementuneinvitationàseprésenteràune nouvelleaudition. Ilnepeutêtreexcluqu’ellen’aitpascomprisquelefax qu’onluiremettaitreprésentait,déjà,laconvocationdontonluiavaitparlé. Enparticulier,ilneressortpasdudossierdel’autoritédepremièreinstance quedesexplicationsconcrètesaientétédonnéesàl’intéresséedanssalangue maternelle aumomentoùelleasignéleditdocument,cequiauraitpermisde dissipertoutmalentendu. d. IlyalieuderappelerencoreiciquechaquerequérantdoitsignerauCERA uncertainnombred’autresdocuments(feuillededonnéespersonnelles,cas échéantinvitationàfournirdespiècesd’identité,laissez-passer,décision d’attribution,titredetransport),documentsversésaudossieret/ouremis personnellementàl’intéressé,cequipeutavoirpoureffetdediminuer l’importance,àsesyeux,d’uneconvocationquiluiestremisedelamême manièreetdansuncontextelui-mêmepropiceàlaconfusion. Acelailfaut 4ajouter,pourl’intéressée,lanouveautédetouscesévénements. Apeine arrivéeduKosovo,elleavaitététransféréeàChiasso,aprèsavoirdéposé sademandeauCERAdeVallorbe. Le31juillet2002,elleaétéentendue brièvementsursesmotifs. Le7aoûtsuivant,onluiadonnédiverspapiersà signer,dontcetteconvocationet,lemêmejour,elles’estrendueàLausanneet s’estannoncéeauServicedelapopulation. e. Lemanquementdel’intéresséeauraitcertesparufautifsiladatede l’audition,oul’importancedesaprésenceàcettedernière,luiavaitété rappeléed’unequelconqueautremanière,parexempleparunemployédu ServicecantonaldelapopulationouunresponsabledufoyerdelaFAREAS oùellelogeait,mêmesiteln’estpasleurrôlenileurcharge. Enl’occurrence, ilressortdudossierque,contrairementàlapratiquehabituelleducantonde Vaudlorsqu’uneconvocationestenvoyéeparfaxauCERA,lefonctionnaire auquelelles’estannoncéelorsdesonarrivéedanslecantonaomisdelui remettrelebondetransportpourl’auditionàGivisiez,etdelimiterau 4septembre2002laprolongationdulaissez-passerdel’intéressée,cequi auraitétéunmoyenderappelercettedernièreàsonobligation,etdedissiper lemalentenduquis’étaitcréé. L’inactionduditfonctionnaireaainsifaitque laconvictiondel’intéressée,quiétaitcertainederecevoirultérieurement laconvocation,n’apasétéébranlée. Enoutre,laFAREASn’apasnonplus étéinforméedel’audition. Enfin,lemaridelarecouranteavait,quantàlui, étéconvoquédemanièreordinaire,parplipostalrecommandéenvoyéà sondomicile. Onnesauraitdonccatégoriquementaffirmer,commelefait l’ODRdanssaréponseaurecours,quelaconnaissanceparleconjointdu déroulementdelaprocédureconstitueunélémentconfortantlecaractère coupableducomportementdel’intéressée. f. Comptetenudetoutescescirconstances,etégalementdufaitqueledoute doitprofiteràlarequérante(cf. consid.4aci-dessus),laCommissionconsidère commeexcusablelefaitquecelle-cin’aitpasaccordél’importancevoulueau documentqu’elleavaitsignénisongé,aprèscoup,àserenseigneràcesujet. (…) g. Ilsiedenfind’observerque,contrairementàd’autrescascommepar exempleceluiquiafaitl’objetdeladécisiondeprincipecitéeplushaut (JAAC65.6 =JICRA2000n°8p.59ssprécitée),oùl’intéresséavait,àplusieurs reprisesetdediversesmanières,faitladémonstrationdesondésintérêt pourlaprocédure,aucunautreindiced’uncomportementfautifnevient icirenforcerlaprésomptiond’uneviolation,parlarecourante,desondevoir decollaborer,déduitedesanon-comparutionàl’auditionagendéeàl’ODR.La Commissionrelèveenparticulierquel’intéresséearéponduimmédiatementà lalettredel’ODRquiluidemandaitdes’expliquersursonabsence. h. Auvudecequiprécède,laCommissionestimenepouvoirtenirpourétabli, enl’espèce,quelarecourantes’estrenduecoupabled’uneviolationgravede sonobligationdecollaborerausensdel’art.32al.2let.cLAsi. Partant,c’est àtortquel’ODRarefusé,pourcemotif,d’entrerenmatièresurlademande d’asiledel’intéressée. 5. Entantqu’ilconclutàl’annulationdeladécisiondenon-entréeenmatière, lerecoursdoit,enconséquence,êtreadmis. Partant,ledossierdoitêtrerenvoyéàl’ODRafinqu’ilconvoquel’intéresséeà unenouvelleauditionetexaminesesmotifsd’asile. 56Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali JAAC 68.44 - Extraits de la décision de la Commission suisse de recours en matière d'asile du 19 septembre 2003, A.O., Serbie et Monténégro, également paru dans Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile [JICR... In Verwaltungspraxis der Bundesbehörden Dans Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération In Giurisprudenza delle autorità amministrative della Confederazione Jahr 2004 Année Anno Band 68 Volume Volume Seite --- Page Pagina Ref. No 150 006 536 Das Dokument wurde durch das Schweizerische Bundesarchiv und die Bundeskanzlei konvertiert. 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