<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp322704"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>135 III 88<br/><br/><br/><div class="paraatf">12. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit civil dans la cause X. contre Y. (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">5A_559/2008 du 21 novembre 2008</div> <a name="idp324240"></a> <a name="idp328016"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 67 Abs. 1 Ziff. 3 SchKG</span>; Umrechnungskurs in gesetzliche Schweizerwährung für eine in Euro festgelegte Forderung. <div class="paratf">Der Umrechnungskurs des Euro ist eine notorische Tatsache, die vom Betreibungsgläubiger weder behauptet noch bewiesen werden muss (E. 4). </div> </div> </div> <a name="idp331632"></a> <br/><div> <a name="idp335136"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 88</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page88"></a><div class="center pagebreak">BGE 135 III 88 S. 88</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp336800"></a><span class="bold">A. </span>Le 10 août 1994, le Tribunal de première instance de Munich (Allemagne) a condamné X. à verser à Y., son ex-épouse, la somme de 1'645 euros à titre de pension alimentaire.</div> <div class="paraatf">Le 1<sup>er</sup> octobre 2007, Y. a requis la poursuite de son ex-époux pour un montant de 35'523 fr. 20, plus intérêts à 5 % dès le 15 mars 2007, terme moyen. Selon le taux de change retenu par la créancière (à savoir 1 euro = 1,6611 fr.), la pension mensuelle, d'un montant de 1'645 euros, correspond à la somme de 2'732 fr. 50. X. a formé opposition au commandement de payer qui lui était notifié.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp339872"></a><span class="bold">B. </span>Le 20 décembre 2007, Y. a requis du Tribunal de première instance du canton de Genève la reconnaissance et l'exécution du jugement du Tribunal de première instance de Munich, ainsi que la mainlevée définitive de l'opposition formée par son ex-mari au commandement de payer. <a name="page89"></a><div class="center pagebreak">BGE 135 III 88 S. 89</div> </div> <div class="paraatf">Par jugement du 4 avril 2008, le Tribunal de première instance a notamment reconnu et déclaré exécutoire en Suisse le jugement allemand (ch. 1) et prononcé la mainlevée définitive de l'opposition faite au commandement de payer - sans toutefois préciser à concurrence de quel montant - (ch. 2).</div> <div class="paraatf">Statuant sur appel de X. le 19 juin 2008, la Cour de justice a, entre autres, réformé le ch. 2 en prononçant la mainlevée à concurrence de 35'285 fr. 25 avec intérêt à 5 % l'an dès le 15 mars 2007.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp344128"></a><span class="bold">C. </span>X. dépose un recours en matière civile contre cette dernière décision, concluant au rejet de la requête de mainlevée définitive.</div> <div class="paraatf">Le recours a été rejeté par arrêt du 21 novembre 2008.</div> <br/><div> <a name="idp345936"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp346896"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>Le recourant soutient qu'en jugeant que l'intimée ne devait pas prouver par pièce le taux de change entre l'euro et le franc suisse, la cour cantonale aurait violé l'<span class="artref">art. 80 al. 1 LP</span>.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp354048"></a><span class="bold" id="consideration_4.1">4.1 </span>A teneur de l'<span class="artref">art. 67 al. 1 ch. 3 LP</span>, la réquisition de poursuite adressée à l'Office énonce le montant de la créance en valeur légale suisse. La conversion en valeur légale suisse d'une créance stipulée en monnaie étrangère est une règle d'ordre public et une exigence de la pratique. En imposant cette conversion, le législateur n'a cependant pas entendu modifier le rapport de droit liant les parties et nover en une dette de francs suisses celle que les intéressés ont librement fixée en devises étrangères (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=4&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2008&amp;to_year=2008&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-III-151%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page151">ATF 134 III 151</a> consid. 2.3 et les références citées; ROLAND RUEDIN, in Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n<sup>os</sup> 27 s. ad <span class="artref">art. 67 LP</span>). La conversion se fait au cours de l'offre des devises du jour de la réquisition de poursuite (<span class="bgeref_err">ATF 51 III 180</span> consid. 4; BlSchK 1997 p. 62 consid. 5e; RUEDIN, op. cit., n<sup>os</sup> 29 s. ad <span class="artref">art. 67 LP</span>).</div> <div class="paraatf">Selon la jurisprudence, les faits notoires, qu'il n'est pas nécessaire d'alléguer ni de prouver (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=4&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2008&amp;to_year=2008&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F130-III-113%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page113">ATF 130 III 113</a> consid. 3.4 et les arrêts cités), sont ceux dont l'existence est certaine au point d'emporter la conviction du juge, qu'il s'agisse de faits connus de manière générale du public (allgemeine notorische Tatsachen) ou seulement du juge (amtskundige oder gerichtskundige Tatsachen; VOGEL/SPÜHLER, Grundriss des Zivilprozessrechts, 8<sup>e</sup> éd. 2006, p. 255 n. 17; FABIENNE HOHL, Procédure civile, tome I, 2001, n. 945). La jurisprudence précise que, pour être notoire, un renseignement ne doit pas être constamment <a name="page90"></a><div class="center pagebreak">BGE 135 III 88 S. 90</div>présent à l'esprit, il suffit qu'il puisse être contrôlé par des publications accessibles à chacun (arrêt du Tribunal fédéral 4P.277/1998 du 22 février 1999 consid. 3d, in RSDIE 2000 p. 575).</div> <div class="paraatf">De nos jours, le taux de conversion des monnaies est un fait notoire, qui ne doit être ni allégué ni prouvé. Il peut en effet être contrôlé sur internet, par des publications officielles et dans la presse écrite; il est donc accessible à chacun (cf. arrêt du Tribunal fédéral 5P.236/1988 du 8 novembre 1988 consid. 1b, in SJ 1989 p. 205; arrêt du Tribunal fédéral 4P.277/1998 du 22 février 1999 consid. 3d, in RSDIE 2000 p. 575; également PIERRE-ROBERT GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, <span class="artref"><artref id="CH/281.1/1" type="start"></artref>art. 1-88 LP</span><artref id="CH/281.1/88" type="end"></artref>, 1999, n<sup>o</sup> 63 ad <span class="artref">art. 80 LP</span>). L'internet permet en outre d'accéder rapidement au taux de conversion en vigueur à une date donnée - par exemple la date de la réquisition de poursuite -; il n'est donc pas nécessaire d'obtenir une confirmation bancaire ou une copie de la presse parue à la date recherchée. Il suffit ainsi de quelques minutes pour déterminer qu'au 1<sup>er</sup> octobre 2007, le cours de l'euro en francs suisses était de 1,6603 et effectuer ensuite la conversion des 1'645 euros en francs suisses (<a href="http://www.fxtop.com">http://www.fxtop.com</a> donne les taux officiels diffusés par la Banque centrale européenne).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp399712"></a><span class="bold" id="consideration_4.2">4.2 </span>C'est par conséquent à tort que le recourant soutient que le taux de conversion doit être prouvé par pièces et qu'il y aurait donc violation de l'<span class="artref">art. 80 al. 1 LP</span> pour ce motif.</div> <div class="paraatf">La cour cantonale a fixé le taux de conversion à 1,65 fr., soit à un taux inférieur au taux réel notoire de 1,6603 fr. La poursuivante n'ayant cependant pas recouru contre l'arrêt cantonal, il n'y a pas lieu de réformer cette décision en sa faveur.</div> <div class="paraatf">Il est superflu d'examiner les griefs formulés par le recourant à l'encontre de la "valeur approximative" retenue par la Cour de justice.</div> </div></body></html>