<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Mercredi 19 mars 1997, vers 14 h 30, C. circulait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au volant de sa voiture sur la route menant de Boudry à Bôle. Alors qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entrait dans un virage à gauche précédant un pont étroit qui enjambe les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voies CFF, il s'est trouvé en présence de D. qui sortait du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pont en sens inverse avec sa voiture. Malgré un freinage, les avant-gauche</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des deux véhicules se sont heurtés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Alors que D. se soumettait à une ordonnance pénale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui la condamnait pour infraction à la loi sur la circulation routière,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. a fait opposition à une ordonnance pénale semblable et a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été renvoyé devant le Tribunal de police du district de Boudry.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par le jugement dont est recours, le Tribunal de police du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de Boudry condamne C. à 300 francs d'amende pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">infraction aux articles 32 LCR et 4/1 OCR. Le premier juge retient que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">choc s'est produit à un endroit où le croisement entre les véhicules</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'était pas possible, alors que la visibilité était des plus restreinte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans ces conditions, la vitesse de 30 à 40 km/h avouée par C. était excessive.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. C. conteste s'être rendu coupable d'une vitesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">excessive au moment de l'accident. A son avis la visibilité dont il dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">posait en montant la rampe d'accès vers le pont CFF était normale. Con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trairement à ce que soutient le premier juge, il pouvait voir en effet la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partie supérieure des véhicules venant en sens inverse qui s'engageaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur le pont et le passaient. Du reste, il bénéficiait d'un signal "priori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té par rapport au véhicule venant en sens inverse" (3.10). Sa vitesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était donc parfaitement adaptée aux circonstances et la seule et unique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">responsable de la collision est D. . Subsidiairement, le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant soutient que le cas est de peu de gravité de sorte qu'il aurait dû</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être exempté de toute peine.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le président du Tribunal de police de Boudry s'en remet à l'ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préciation de la Cour tout en observant que le recourant a admis en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">audience que la visibilité était limitée, n'ayant pas vu la voiture de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. traverser le pont.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le substitut du procureur général conclut au rejet du recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans formuler d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) L'article 32 al.1 LCR dispose que la vitesse doit toujours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être adaptée aux circonstances, notamment aux conditions de la route et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la visibilité. Aux endroits où son véhicule pourrait gêner la circulation,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le conducteur est tenu de circuler lentement et, s'il le faut, de s'arrê-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter, notamment aux endroits où la visibilité n'est pas bonne.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'article 4 al.1 OCR, qui précise l'article 32 al.1 LCR, dispose</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que "le conducteur ne doit pas circuler à une vitesse qui l'empêcherait de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'arrêter sur la distance à laquelle porte sa visibilité; lorsque le croi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sement est malaisé, il doit pouvoir s'arrêter sur la moitié de cette dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tance". L'espace que le conducteur voit libre devant lui représente tou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jours la distance maximale sur laquelle il doit pouvoir immobiliser son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véhicule (ATF 89 IV 23, 80 IV 130; RJN 1987, p.18). Libre est l'espace sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lequel aucun obstacle n'est visible et sur lequel on ne doit pas s'atten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dre qu'il en surgisse (ATF 91 IV 74; 89 IV 23).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Selon les constatations du Tribunal de police du district de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Boudry, C. et D. ne se sont vus qu'au dernier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moment, alors qu'ils étaient à un ou deux mètres de l'autre selon le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier, trois ou quatre mètres selon la seconde. Au moment du choc,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. n'avait pas encore passé le signal 3.10. On comprend dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors mal ses reproches au premier juge. S'il pouvait voir la voiture</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. passer le pont, auparavant, et qu'il ne s'est pas arrêté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auparavant, c'est qu'il était particulièrement inattentif ou alors il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voulu forcer le passage. Or, si les signaux 3.09 et 3.10 donnent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">normalement l'ordre de passage, l'article 42 al.2 OSR précise toutefois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le prioritaire doit attendre si un véhicule venant en sens inverse est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déjà engagé dans un passage rétréci. Le législateur n'a ainsi pas voulu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le prioritaire pousse son droit de priorité à l'extrême; il n'a pas le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit d'imposer au non prioritaire engagé l'obligation de faire une marche</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrière (cf Bussy/Rusconi, CSCR, 1996, ad art.42 OSR, note 3.3). Si on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admet en revanche avec le premier juge que le recourant ne pouvait voir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. en s'engageant sur la rampe menant au pont, sa vitesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était manifestement inappropriée car elle ne lui permettait pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'arrêter avant de reculer pour laisser passer l'autre véhicule qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'était manifestement engagé sur le pont bien avant qu'il parvienne à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hauteur du signal 3.10.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'infraction à la LCR est patente.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un cas est de très</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peu de gravité lorsque l'inculpé à eu des motifs suffisants de transgres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ser les règles de la circulation. Le juge a la faculté - non pas l'obli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gation - de renoncer à toute peine. En cette matière, il jouit d'un large</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation (ATF 105 IV 208). C'est en premier lieu selon l'im-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">portance des règles de la circulation en cause que l'on délimite les cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de très peu de gravité (ATF 105 IV 55). En principe le cas n'est pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">très peu de gravité lorsqu'il y a une mise en danger d'autrui.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, la faute de circulation commise par le recourant a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contribué à créer un danger pour autrui ainsi qu'à la survenance de l'ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cident. Le premier juge n'a dès lors nullement outrepassé son pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'appréciation en le condamnant à une amende de 300 francs. Sur ce point,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le pourvoi est également mal fondé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le recours de C. doit être dès lors rejeté, sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite de frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Condamne le recourant aux frais de la procédure de recours, arrêtés à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 440 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 3 septembre 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>