<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. La société X. S.A., dont le siège se trouvait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, oeuvrait dans l'horlogerie. LA BANQUE Y. , par sa succursale de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, lui avait accordé un crédit et avait obtenu en garantie la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cession des créances de la société envers ses clients. Elle détenait ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un effet de change du droit américain ("trade acceptance") créé en 1985</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par lequel la société X. Co Inc, à New-York, s'engageait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">verser la somme de 391'667 francs à X. S.A. (D.2/3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. X. S.A. est tombée en faillite le 14 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1986 (D.2/1). LA BANQUE Y. a produit une créance de 946'665.95 francs, tout en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rappelant que ce montant devrait, le cas échéant, être diminué des verse-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments éventuels qu'elle obtiendrait des clients de la faillie, en vertu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la cession dont elle jouissait (D.2/2).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Lors d'une séance de la commission de surveillance du 4 juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1987, il a été décidé ce qui suit (D.2/4) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Le dossier X. New-York sera remis sans plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> attendre à I. , l'OF Neuchâtel respectivement la Banque Y. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Neuchâtel étant invité à transmettre à l'attention de B. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> les documents nécessaires. Il est convenu dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> cette affaire de confier à l'avocat à New-York un mandat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> limité, de manière à ne pas engager de frais trop</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> substantiels. Ces derniers ne devraient pas dépasser une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> somme de l'ordre de 3'000 à 5'000 francs".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA BANQUE Y. a endossé l'effet de change "à l'ordre de X. S.A., en faillite" (D.2/3). Le 2 juillet 1987, le service juridique de I. S.A., par B. , a prié l'office des faillites de Neuchâtel de lui verser une avance de frais pour la procédure à entreprendre à New-York. Il précisait (D.2/7) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Pour éviter toute ambiguïté, nous précisons que toutes les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> démarches à entreprendre dans cette affaire le seront au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> nom et pour le compte de la masse en faillite X. S.A., qui en assure l'entier financement. Dans cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> mesure, tout résultat éventuellement obtenu reviendra éga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> lement à la masse, qu'il s'agisse indifféremment d'un re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tour de marchandise ou d'un règlement partiel. Sur le plan</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> formel, les prétentions contre X. Co Inc sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> réputées avoir été rétrocédées par la Banque Y. à la masse en faillite."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 21 août 1987, l'office des faillite a informé la Banque Y. que sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">production avait été admise par l'administration de la masse et la com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mission de surveillance, de sorte que sa créance de 946'665.95 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait colloquée en cinquième classe (D.2/8). Ce montant a effectivement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été admis dans l'état de collocation du 7 octobre 1987 (D.5/1, no d'ordre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">29), sans observations. L'état de collocation a à nouveau été déposé le 18</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juin 1988 après diverses contestations qui n'avaient pas trait à la créan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce de la Banque Y. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 1er novembre 1988, I. a informé la Banque Y. qu'elle avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des doutes sérieux quant à la solvabilité de X. Co Inc, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle estimait qu'il valait néanmoins la peine de tenter une procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sommaire afin d'inciter la société à proposer une offre transactionnelle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Elle ajoutait que "la procédure en cause serait engagée formellement au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nom de la Banque Y. , dans la mesure où elle dispose, sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">base de l'effet de change accepté par X. New-York, de la légitima-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion active" (D.2/10). Le 27 décembre 1988, la Banque Y. a refusé d'apparaître en qualité de demanderesse devant les tribunaux de New-York, arguant qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne pouvait pas envisager d'agir à titre fiduciaire pour le compte de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">masse en faillite dans le seul but de priver sciemment la société</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">américaine des exceptions qu'elle détenait contre la société faillie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.2/11).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 20 avril 1989, B. , par mandat de l'administra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de la faillite, a communiqué à la Banque Y. qu'elle avait "décidé de refuser la rétrocession que vous proposez" et que sa créance serait diminuée de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">391'667 francs à titre de dommages et intérêts, le préjudice correspondant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au montant de l'effet de change. Il relevait que la créance de fond de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">masse en faillite était prescrite selon le droit américain depuis la fin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'année 1988; qu'il appartenait à la Banque Y. , cessionnaire d'une créance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">remise en garantie d'un crédit, d'agir à l'encontre du débiteur avec toute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la diligence et la célérité nécessaire; qu'elle n'avait cependant engagé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ni poursuite cambiaire, ni action en justice contre la société américaine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et qu'elle devait ainsi répondre de son inaction (D.2/12). L'office des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillites a confirmé cette prise de position par lettre du 29 mai 1989</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.5/4).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le 12 juin 1997, un nouvel état de collocation a été imprimé,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'admettant la créance de la Banque Y. qu'à concurrence de 554'998.95 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(946'665.95 - 391'667) "selon décision du 29.5.1989" (D.5/2 p.16 no</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ordre 44).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 24 juin 1997, l'administration de la masse a établi le ta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bleau de distribution dont il ressortait que les créanciers de cinquième</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classe toucheraient un dividende de 9.09 %, soit 50'452.25 francs pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Banque Y. (D.5/3, p.1 et 15). Celle-ci a été informée de ce qui précède par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avis du 2 juillet 1997 (D.2/13).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Par voie de plainte, la Banque Y. conteste le tableau de distribution,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concluant à ce que sa créance soit admise à concurrence de 646'665.95</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs, soit le montant de sa production admise dont à déduire 300'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs récupérés auprès d'une caution (voir D.2/2, p.2). Elle estime en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bref que sa créance au tableau de distribution doit être la même que celle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'administration de la masse a admise en toute connaissance de cause à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état de collocation et qu'il n'y a aucun motif justifiant de modifier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. Dans ces observations, l'office des faillites considère en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">substance la plainte comme tardive, car la Banque Y. aurait dû contester la prise de décision du 29 mai 1989. Elle ajoute que, suite à un oubli, les 300'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs obtenus par la Banque Y. de la caution n'ont pas été comptabilisés. Elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut à ce que le solde définitif de la créance admise au tableau de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">distribution soit fixé à 254'998.65 francs (946'665.95 - 391'667 - 300'000).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">G. L'effet suspensif est accordé à la demande de la Banque Y. le 15</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet 1997 (D.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Dirigée contre une mesure de l'office dans le délai utile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.17 al.1 et 2 LP), la plainte est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Lorsque l'état de collocation est définitif et que l'adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tration est en possession du produit de la réalisation de tous les biens,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle dresse le tableau de distribution des deniers et établit le décompte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">final (art.261 LP). Le fondement matériel d'une créance est examiné lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'établissement de l'état de collocation (art.244 ss LP) et les litiges</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à ce sujet font, le cas échéant, l'objet d'un procès en contestation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état de collocation (art.250 LP). Il ne saurait de ce fait en principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être question de trancher, dans le cadre d'une plainte contre un tableau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de distribution, des questions de droit matériel relatives à l'existence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une créance, mais uniquement d'examiner si le tableau de distribution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correspond à l'état de collocation (ATF 102 III 155 - JT 1978 II 126-127).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Une fois définitif, un état de collocation ne peut en effet plus être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">modifié unilatéralement par l'administration (sous réserve de productions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tardives: art. 251 LP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ce principe souffre toutefois trois exceptions. Premièrement, un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">état de collocation passé en force peut être remis en cause lorsqu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'avère qu'une créance a été admise ou écartée manifestement à tort (ATF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">111 II 81 - JT 1985 I 578). Deuxièmement, il ne jouit pas de l'autorité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la chose jugée si la collocation d'un créancier résulte d'une production</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frauduleuse (ATF 88 III 131 - JT 1962 II 94 ). Troisièmement, il convient,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au moment de la distribution des deniers, de prendre en compte soit une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diminution, voire une extinction de la créance, le créancier ayant par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exemple obtenu son dû d'une caution (ATF 52 III 121 - JT 1927 II 76), soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acquisition par la masse dans l'intervalle d'une créance compensable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 83 III 67 - JT 1957 II 91), soit encore la création d'un nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapport juridique en faveur de la masse (ATF 87 III 79 - JT 1961 II 127).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Mais, dans tous les cas, on ne saurait revenir sur la collocation que pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des motifs qui se sont réalisés ou ont été connus après qu'elle est entrée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en force. Il n'est pas admissible de soumettre à une nouvelle appréciation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridique, lors de la distribution des deniers, des faits connus au moment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la collocation et d'en tirer argument pour modifier la décision. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incombe à l'autorité de surveillance LP de rechercher si les conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une telle modification sont réalisées (ATF 102 III 155 - JT 1978 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">127-128).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le tableau de distribution, qui fait état d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant admis de 554'998.95 francs pour la Banque Y. (D.5/3, p.15), diverge de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état de collocation déposé les 7 octobre 1987 et 18 juin 1988, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admettait une créance de 946'665.95 francs (D.5/1, no d'ordre 29). L'état</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de collocation imprimé le 12 juin 1997 (D.5/2) est sans valeur juridique,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">car, outre qu'il a été ni déposé ni publié, il a été établi après que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui du 7 octobre 1987 est devenu définitif.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA BANQUE Y. n'avait aucun intérêt à attaquer l'état de collocation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7 octobre 1987, puisque sa créance avait été admise dans son intégralité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">De même, elle ne pouvait pas entreprendre par la voie de la plainte les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décisions des 20 avril et 29 mai 1989 (D.2/12 et 5/4), l'autorité de céans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'étant pas compétente pour se prononcer sur le bien-fondé de la créance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en dommages et intérêts que la masse en faillite prétendait détenir contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Banque Y. . On peut certes se demander si la Banque Y. n'aurait pas dû déposer plainte en arguant que les conditions d'une modification de l'état de collocation n'étaient pas réunies. Toutefois, ces deux décisions se référaient à des mesures futures : "Le dividende à vous revenir sera ainsi calculé..."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.2/12); "Lors du dépôt du tableau de distribution, la somme de 391'667</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs sera déduite..." (D.5/4). On ne peut de ce fait reprocher à la Banque Y. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'avoir attendu ledit dépôt pour faire valoir ses droits.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il conviendrait donc en principe d'inviter l'office des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faillites à rendre une nouvelle décision matérielle de collocation que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Banque Y. pourrait entreprendre par la voie de l'article 250 LP. Toutefois, il est au préalable nécessaire d'examiner si les conditions d'une modification de l'état de collocation sont réunies. Comme il n'y a pas eu d'erreur manifeste lors de son établissement (D.2/8) et que la Banque Y. n'a pas obtenu sa collocation par des manoeuvres frauduleuses, il s'agit uniquement de déterminer si, après que l'état de collocation est devenu définitif, un nouveau rapport juridique en faveur de la masse a été créé, qui justifierait une diminution de la créance admise.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'effet de change établi par X. Co Inc a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">endossé au profit de la masse en faillite (D.2/3) et le mandataire de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci a précisé dans sa lettre du 2 juillet 1997 que les démarches à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entreprendre le seraient au nom et pour le compte de la masse en faillite,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que celle-ci en assumerait l'entier financement et percevrait le résultat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">éventuel, ajoutant : "Sur le plan formel, les prétentions contre X. Co Inc. sont réputées avoir été rétrocédées par la Banque Y. à la masse en faillite" (D.2/7, p.2). Il faut en déduire qu'une rétrocession, voulue par la Banque Y. et la masse en faillite, a eu lieu durant la première moitié de l'année 1987, soit avant le dépôt de l'état de collocation, intervenu en octobre de cette année pour la première fois. La lecture du procès-verbal de la séance de la commission de surveillance du 4 juin 1987 (D.2/4) ne contredit pas ce qui précède.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ainsi, l'office des faillites ne pouvait plus par la suite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">refuser une rétrocession qui était déjà intervenue. Les problèmes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rencontrés pour tenter de recouvrer la somme due ne concernaient plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Banque Y. , qui a refusé de servir de prête-nom (D.2/11). Il n'y a dès lors pas eu, après la collocation, création ou modification d'un rapport de droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou connaissance de faits nouveaux qui justifierait une révision, de sorte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'administration de la masse n'est pas en droit de revenir sur l'état</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de collocation, en rapport avec l'effet de change signé par la société X. Co Inc.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) LA BANQUE Y. a informé l'administration de la masse en 1991 qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait obtenu d'une caution la somme de 300'000 francs (D.2/2). Cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élément justifie que ce montant soit déduit de la créance admise, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'élève ainsi à 646'665.95 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. La plainte est en conséquence bien fondée dans la mesure sus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionnée. Le tableau de distribution doit être annulé et il convient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'inviter l'administration de la masse à admettre la créance de la Banque Y. à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concurrence d'un montant de 646'665.95 francs et à recalculer le dividende</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en conséquence.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans une procédure de plainte devant l'autorité de surveillance,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il n'est pas perçu de frais ni alloué de dépens (art.20a al.1 LP; 61 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litt.a, 62 al.2 OELP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'AUTORITE CANTONALE DE SURVEILLANCE LP</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet la plainte, annule le tableau de distribution de la faillite de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> X. S.A. et renvoie la cause à l'administration de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> masse au sens des considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais et sans dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 11 septembre 1997</span></p> </div></body></html>