An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 30. November 2015
Embargo: 30. November 2015, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 5. November 2015 (6B_217/2015)
Lebenslängliche Verwahrung aufgehoben
Das Bundesgericht hebt die vom Appellationsgericht des Kantons Basel-Stadt
angeordnete lebenslängliche Verwahrung eines mehrfachen Sexualstraftäters auf,
weil eine gesetzliche Voraussetzung dazu nicht erfüllt ist. Es heisst die Beschwerde
des Mannes teilweise gut und weist die Sache zu neuem Entscheid zurück. Nicht zu
beurteilen hatte das Bundesgericht die Zulässigkeit einer allfälligen ordentlichen
Verwahrung des Täters.
Der Mann hatte seit 1978 zahlreiche Sexualdelikte begangen und war mehrmals zu
langjährigen Freiheitsstrafen verurteilt worden. Nachdem er 2011 aus einer im Kanton
Luzern aufgehobenen Verwahrung entlassen worden war, bezog er eine Wohnung in
Basel. 2011 und 2012 nahm er dort sexuelle Handlungen an zwei Frauen vor, die er
zuvor mit einer Substanz betäubt hatte. Das Strafgericht Basel-Stadt verurteilte ihn
dafür 2013 wegen mehrfacher sexueller Nötigung und einfacher Körperverletzung zu
viereinhalb Jahren Freiheitsstrafe mit anschliessender lebenslänglicher Verwahrung.
Das Appellationsgericht des Kantons Basel-Stadt bestätigte den Entscheid 2014.
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde des Verurteilten teilweise gut, hebt das Urteil
des Appellationsgerichts in Bezug auf die lebenslängliche Verwahrung auf und weist die
Sache zu neuem Entscheid an die Vorinstanz zurück. Das Gesetz verlangt für eine
lebenslängliche Verwahrung (Artikel 64 Absatz 1 bis des Strafgesetzbuches) unter
anderem, dass der Täter mit seinem Verbrechen die physische, psychische oder
sexuelle Integrität des Opfers "besonderes schwer" beeinträchtigt hat oder beeinträchtigen wollte. Davon kann bei den zwei fraglichen Taten von 2011 und 2012 nicht
ausgegangen werden. Zunächst führt eine sexuelle Nötigung als solche nicht in jedem
Fall zu einer "besonders schweren" Beeinträchtigung des Opfers. Vielmehr fallen unter
den Tatbestand der sexuellen Nötigung ganz unterschiedliche, mehr oder weniger
schwere Verhaltensweisen. Dies zeigt sich daran, dass gegen den Täter alternativ zu
einer Freiheitsstrafe auch eine Geldstrafe verhängt werden kann. Im konkreten Fall
haben die Vorinstanzen eine "besonders schwere" Beeinträchtigung der Opfer im
Wesentlichen damit begründet, dass diese die Tat infolge der Betäubung nicht bewusst
miterlebt hätten und daher ein Leben lang nicht verarbeiten könnten. Diesem Kriterium
kann aus folgenden Gründen keine ausschlaggebende Bedeutung zukommen: Dass ein
Opfer nach der Tat nicht weiss, was ihm geschehen ist, trifft auch beim Tatbestand der
Schändung (Artikel 191 des Strafgesetzbuches) zu. Bei diesem Delikt nimmt der Täter
an einer – allenfalls infolge Betäubung – widerstandsunfähigen Person sexuelle Handlungen vor. Der Tatbestand der Schändung gehört jedoch nicht zu den in Artikel  64
Absatz 1bis des Strafgesetzbuches genannten Straftaten, die zu einer lebenslänglichen
Verwahrung führen können. Eine lebenslängliche Verwahrung kann deshalb auch im
vorliegenden Fall nicht mit der Betäubung der Opfer begründet werden. Schliesslich
liegt auch in den konkret ausgeführten Tathandlungen – soweit diese bekannt sind –
keine "besonders schwere" Beeinträchtigung der Opfer. Zu beachten ist dabei, dass
gegen den Täter bei einem möglichen Strafmaximum von 15 Jahren eine Freiheitsstrafe
von viereinhalb Jahren verhängt wurde. Nicht zu entscheiden hatte das Bundesgericht
im Rahmen der vorliegenden Beschwerde, ob beim Täter die Voraussetzungen für eine
ordentliche Verwahrung im Sinne von Artikel 64 Absatz 1 des Strafgesetzbuches erfüllt
wären, die bei andauernder Gefährlichkeit zeitlich ebenfalls unbeschränkt ist. A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 30 novembre 2015
Embargo : 30 novembre 2015, 12:00 heures
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 5 novembre 2015 (6B_217/2015)
Internement à vie annulé
Le Tribunal fédéral annule l'internement à vie prononcé par le Tribunal d'appel du
canton de Bâle-Ville à l'encontre d'un délinquant sexuel multirécidiviste, parce
qu'une condition légale n'est pas réalisée. Il admet partiellement le recours de
l'intéressé et renvoie la cause pour nouvelle décision. Le Tribunal fédéral n'avait pas
à se prononcer sur l'admissibilité d'un éventuel internement ordinaire.
Depuis 1978, l'homme avait commis de nombreux délits sexuels et avait été condamné
plusieurs fois à de longues peines privatives de liberté. En 2011, après avoir été libéré
d'un internement dans le canton de Lucerne, il s'installa à Bâle. En 2011 et 2012, il y
commit des actes d'ordre sexuel sur deux femmes qu'il avait préalablement endormies
avec une substance. Le Tribunal pénal de Bâle-Ville le condamna en 2013 pour
contraintes sexuelles et lésions corporelles simples répétées à une peine privative de
liberté de quatre ans et demi et ordonna un internement à vie. Le Tribunal d'appel du
canton de Bâle-Ville confirma la décision en 2014.
Le Tribunal fédéral admet partiellement le recours du condamné, annule le jugement du
Tribunal d'appel en ce qui concerne l'internement à vie et renvoie la cause à l'autorité
précédente pour nouvelle décision. La loi exige, entre autres, pour un internement à vie
(article 64 alinéa 1 bis du Code pénal) que, en commettant le crime, l'auteur ait porté ou
voulu porter une atteinte «  particulièrement grave  » à l'intégrité physique, psychique ou
sexuelle d'autrui. Or, tel n'est pas le cas pour les deux actes commis en 2011 et 2012.
D'abord, une contrainte sexuelle en tant que telle ne cause pas nécessairement une
atteinte « particulièrement grave  » à la victime. Au contraire, toute sorte de comportements plus ou moins graves tombent sous le coup de la disposition réprimant la
contrainte sexuelle. Preuve en est que l'auteur peut être puni alternativement d'une
peine privative de liberté ou d'une peine pécuniaire. Dans le cas concret, les instances
précédentes avaient motivé, pour l'essentiel, une atteinte «  particulièrement grave  » aux
victimes, au motif qu'elles n'avaient pas participé consciemment à l'acte à la suite d'un
état d'inconscience et qu'elles ne pourraient donc pas traiter l'acte leur vie durant. Il ne
peut être donné à ce critère aucun sens déterminant pour les raisons suivantes : qu'une
victime ne sache pas ce qui s'est passé après les faits est également susceptible de
concerner l'infraction d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de
discernement ou de résistance (article 191 du Code pénal). Toutefois, l'infraction d'actes
d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance
ne fait pas partie des infractions visées par l'article 64 alinéa 1 bis du Code pénal qui
peuvent donner lieu à un internement à vie. L'internement à vie ne peut dès lors pas
non plus, dans le cas présent, être motivé par l'inconscience des victimes. Enfin, l'acte
réalisé dans le cas concret – dans la mesure où il est connu – n'a causé aux victimes
aucune atteinte «  particulièrement grave  ». Il est à noter qu'une peine privative de
liberté de quatre ans et demi a été infligée à l'auteur, alors que la peine maximale
possible était de quinze ans. Le Tribunal fédéral n'avait pas à se prononcer dans le
présent recours sur la réalisation des conditions d'un internement ordinaire au sens de
l'article 64 alinéa 1 du Code pénal, qui peut être également illimité dans le temps en cas
de dangerosité permanente de l'auteur.