<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Eidgenössisches Versicherungsgericht </div> <div class="para">Tribunale federale delle assicurazioni </div> <div class="para">Tribunal federal d'assicuranzas </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Cour des assurances sociales </div> <div class="para">du Tribunal fédéral </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Cause </div> <div class="para">{T 7} </div> <div class="para">H 201/02 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 9 mai 2003 </div> <div class="para">IIIe Chambre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Borella, Président, Meyer et Kernen. Greffier : M. Berthoud </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">1. M.________, </div> <div class="para">2. L.________ T.________, </div> <div class="para">3. X.________ T.________, </div> <div class="para">hoirs de feu G.________ T.________, recourants, </div> <div class="para">tous représentés par Me Olivier Couchepin, avocat, place Centrale 9, 1920 Martigny, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Caisse cantonale neuchâteloise de compensation, Faubourg de l'Hôpital 28, 2001 Neuchâtel 1, intimée, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Instance précédente </div> <div class="para">Tribunal administratif du canton de Neuchâtel, Neuchâtel </div> <div class="para"> </div> <div class="para">(Jugement du 9 juillet 2002) </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits : </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">A.a Par deux décisions du 29 mars 1994, la Caisse cantonale neuchâteloise de compensation (la caisse) a demandé à G.________ T.________ et à R.________ de réparer le dommage de 148'395 fr. 65 qu'elle avait subi dans la faillite de la société D.________ SA à Y.________ (perte de cotisations paritaires). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Les prénommés ayant formé opposition, la caisse a porté le cas devant le Tribunal administratif du canton de Neuchâtel, le 22 avril 1994, en concluant à ce que les défendeurs fussent condamnés solidairement à lui payer la somme précitée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par jugement du 7 septembre 2000, contre lequel il n'a pas été formé recours, la juridiction cantonale a condamné R.________ à payer à la demanderesse la somme de 148'395 fr. 65. Dans ce jugement, le Tribunal administratif a aussi admis partiellement la demande en tant qu'elle concernait la succession de feu G.________ T.________ (décédé en 1999) et jugé que cette dernière répondait, solidairement avec M.________ R.________, du dommage subi par la caisse jusqu'au 31 décembre 1992, date à laquelle G.________ T.________ avait quitté le conseil d'administration de la société D.________ SA. Le Tribunal administratif a dès lors renvoyé la cause à la caisse afin qu'elle fixe le montant du dommage à charge de la succession de G.________ T.________ et rende une nouvelle décision sujette à recours. </div> <div class="para">A.b Par trois décisions du 30 avril 2001, la caisse a requis de la part de M.________, L.________ T.________ et X.________ T._________, en leur qualité d'héritiers de feu G.________ T.________, le paiement de la somme de 86'790 fr. 80, représentant le dommage qu'elle avait subi pour la période allant du 1er janvier 1991 au 31 décembre 1992 en raison du non-paiement de cotisations paritaires. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Les prénommés ont déféré ces décisions au Tribunal administratif du canton de Neuchâtel. A titre principal, ils ont conclu à leur nullité et à ce qu'il soit constaté que le droit de la caisse de demander la réparation du dommage était périmé. Subsidiairement, ils ont conclu à l'annulation des décisions et au renvoi de la cause à la caisse. </div> <div class="para">Par jugement du 9 juillet 2002, la juridiction cantonale a rejeté les recours, après avoir joint les causes. </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">M.________, L.________ T.________ et X.________ T.________ interjettent recours de droit administratif contre ce jugement dont ils demandent l'annulation, avec suite de frais et dépens. Principalement, ils concluent à la nullité des trois décisions du 30 avril 2001 et à ce qu'il soit constaté que le droit de la caisse de demander la réparation du dommage était périmé. Subsidiairement, ils concluent au renvoi de la cause au Tribunal administratif, afin qu'il se prononce à nouveau sur la question du dommage, de la causalité et de la solidarité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">L'intimée conclut au rejet du recours. L'Office fédéral des assurances sociales a renoncé à se déterminer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Considérant en droit : </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">La loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), du 6 octobre 2000, est entrée en vigueur le 1er janvier 2003 et a entraîné la modification de nombreuses dispositions dans le domaine de l'assurance-vieillesse et survivants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Selon la jurisprudence, la législation applicable en cas de changement de règles de droit reste celle qui était en vigueur lors de la réalisation de l'état de fait qui doit être apprécié juridiquement ou qui a des conséquences juridiques (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=06.05.2003&amp;to_date=25.05.2003&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-V-466%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page467">ATF 127 V 467</a> consid. 1, 126 V 166 consid. 4b), les faits sur lesquels le Tribunal fédéral des assurances peut être amené à se prononcer dans le cadre d'une procédure de recours de droit administratif étant par ailleurs ceux qui se sont produits jusqu'au moment de la décision administrative litigieuse (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=06.05.2003&amp;to_date=25.05.2003&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-V-362%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page366">ATF 121 V 366</a> consid. 1b). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Aussi, la législation en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002 demeure déterminante dans la présente cause et les dispositions légales applicables dans le cas d'espèce sont-elles mentionnées dans les considérants qui suivent dans leur teneur jusqu'à cette date. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Le litige porte sur le montant du dommage dont l'intimée demande réparation aux trois recourants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Dès lors, les décisions litigieuses n'ayant pas pour objet l'octroi ou le refus de prestations d'assurance, le Tribunal fédéral des assurances doit se borner à examiner si les premiers juges ont violé le droit fédéral, y compris par l'excès ou par l'abus de leur pouvoir d'appréciation, ou si les faits pertinents ont été constatés d'une manière manifestement inexacte ou incomplète, ou s'ils ont été établis au mépris de règles essentielles de procédure (art. 132 en corrélation avec les <span class="artref"><artref id="CH/173.110/104/b" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/104/a" type="start"></artref>art. 104 let. a et b et 105 al. 2 OJ</span><artref id="CH/173.110/104/b" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/105/2" type="end"></artref>). </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Les décisions litigieuses ont été rendues en application du jugement du 7 septembre 2000, aux termes duquel l'intimée était invitée à statuer sur le montant du dommage à charge de la succession de feu G.________ T.________. En pareilles circonstances, la procédure est régie par les <span class="artref">art. 84 ss LAVS</span> et non plus selon la réglementation particulière prévue par l'<span class="artref">art. 81 RAVS</span> (cf. RCC 1987 p. 456). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ainsi, quoi qu'en disent les recourants, le principe de leur responsabilité dans le préjudice subi par l'intimée au sens de l'<span class="artref">art. 52 LAVS</span>, en leur qualité d'héritiers de feu G.________ T.________ (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=06.05.2003&amp;to_date=25.05.2003&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F119-V-165%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page165">ATF 119 V 165</a>), ainsi que le droit de l'intimée de leur en demander réparation au sens de l'<span class="artref">art. 82 RAVS</span>, sont des questions qui ont été définitivement tranchées dans le jugement du 7 septembre 2000. Les arguments qu'ils développent à ce propos n'ont donc aucune pertinence et il suffit de renvoyer aux consid. 2b et 3 du jugement attaqué. </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">Les recourants reprochent à l'intimée et au Tribunal administratif de n'avoir pas arrêté le montant du dommage de façon compréhensible. Ils invitent dès lors la Cour de céans à renvoyer la cause aux premiers juges pour instruction complémentaire, en ordonnant, au besoin, une expertise. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Ce grief est mal fondé. D'une part, feu G.________ T.________ et sa succession n'ont jamais contesté le montant global du dommage dont la caisse de compensation demandait réparation, que ce soit dans l'opposition du 12 avril 1994, la réponse du 11 mai 1994 ou la duplique du 21 février 2000. Le dommage global, qui a été arrêté à 148'395 fr. 65 au consid. 7 du jugement du 7 septembre 2000, est donc aussi un élément qui est passé en force de chose jugée et qui ne peut plus être revu dans le cadre du présent procès. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">D'autre part, le dommage dont l'intimée demande réparation à la succession de feu G.________ T.________ ressort clairement des décisions litigieuses et des feuillets annexés à celles-ci. En effet, l'intimée a indiqué à quel titre les montants sont réclamés (cotisations, frais et intérêts moratoires, fondés sur des décisions entrées en force) et à quelles périodes ils correspondent (de septembre 1991 à décembre 1992). Un simple calcul permet de vérifier l'exactitude de la somme de 86'790 fr. 80, si bien que la mise en oeuvre d'une expertise est superflue. </div> <div class="para">5. </div> <div class="para">Les recourants font aussi grief à l'administration de les avoir recherchés individuellement pour l'intégralité du dommage causé, sans avoir tenu compte de leurs parts respectives d'héritage. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Cette approche ne se concilie ni avec le texte de la loi, qui dispose que les héritiers sont tenus solidairement des dettes du défunt (<span class="artref">art. 603 al. 1 CC</span>), ni avec la jurisprudence rendue à ce sujet, qui précise que chaque héritier est responsable de l'intégralité desdites dettes et non seulement jusqu'à concurrence de sa part successorale (consid. 3.2 de l'arrêt S. du 8 octobre 2002, P 41/00, destiné à la publication dans le Recueil officiel). </div> <div class="para">6. </div> <div class="para">A teneur du jugement du Tribunal administratif du 7 septembre 2000, la succession de feu G.________ T.________ répond, solidairement avec M.________ R.________, du dommage subi par la caisse. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Celle-ci ne s'étend que jusqu'à concurrence de la somme de 86'790 fr. 80, dont les recourants sont reconnus débiteurs à l'égard de l'intimée. </div> <div class="para">7. </div> <div class="para">La procédure n'est pas gratuite, s'agissant d'un litige qui ne porte pas sur l'octroi ou le refus de prestations d'assurance (<span class="artref">art. 134 OJ</span> a contrario). Les recourants, qui succombent, supporteront les frais de justice (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/156/7" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/156/1" type="start"></artref>art. 156 al. 1 et 7 OJ</span><artref id="CH/173.110/156/7" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/7" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, le Tribunal fédéral des assurances prononce : </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le recours est rejeté. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Les frais de justice, d'un montant de 4'500 fr., sont mis à la charge des recourants et sont compensés avec l'avance de frais, d'un même montant, qu'ils ont effectuée. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Le présent arrêt sera communiqué aux parties, au Tribunal administratif du canton de Neuchâtel, à l'Office fédéral des assurances sociales, ainsi qu'à M.________ R.________. </div> <div class="para">Lucerne, le 9 mai 2003 </div> <div class="para">Au nom du Tribunal fédéral des assurances </div> <div class="para">Le Président de la IIIe Chambre: Le Greffier: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>