<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le 21 septembre 1996 un accident de la circulation s'est produit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur une route de campagne au lieu dit "Les Bressels", Commune de la Sagne.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Au volant de leur véhicule, M. et O. ne purent évi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter la collision alors qu'ils tentaient de se croiser. Par la suite,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">O. a tenté de faire croire que c'était son amie L. qui conduisait à sa place.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Renvoyée devant le Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">M. a été condamnée à 300 francs d'amende en application des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">articles 31/1 et 90/1 LCR. L. a été condamnée à 10 jours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'emprisonnement avec sursis pendant 3 ans pour induction de la justice en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">erreur (art.304 CPS). O. a été condamné à 14 jours d'emprison-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nement avec sursis pendant trois ans et 300 francs d'amende en application</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des articles 304 CPS, 31/1 et 90/1 LCR. Le tribunal a notamment retenu, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce qui concerne l'accident de circulation, qu'il n'était pas possible de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">croiser à l'endroit litigieux sauf éventuellement si un des véhicules</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était à l'arrêt. Les deux conducteurs n'avaient pas correctement apprécié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la situation. Ils ne pouvaient se contenter chacun de penser que l'autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allait s'arrêter et qu'il resterait ainsi suffisamment de place pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">passer sans dommage. Le principe de la confiance n'étant pas applicable en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce, il eût fallu s'arrêter.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. M. recourt contre ce jugement et conclut à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">acquittement, subsidiairement à ce que la cause soit renvoyée pour nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement. Elle fait valoir notamment, que le premier juge a fait preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'arbitraire en retenant que le croisement n'était pas possible et qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne pouvait se contenter de penser que l'autre automobiliste allait s'arrê-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter. Elle prétend qu'elle a eu un comportement exemplaire puisqu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'est retirée au maximum sur le bas côté et qu'elle était pratiquement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêtée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> O. recourt également et conclut à ce qu'il soit libéré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de toute prévention aux articles 31/1 et 90/1 LCR. Il reproche au premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge d'avoir fait preuve d'arbitraire en retenant que son intention était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de croiser et d'avoir faussement appliqué la loi tant en ce qui concerne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 31/1 LCR que du principe de la confiance. Selon lui, aucune in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fraction ne pouvait lui être reprochée puisqu'il avait freiné pour s'arrê-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter et tenter d'immobiliser son véhicule aussitôt qu'il s'était rendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte que l'autre conducteur non prioritaire, tentait de croiser malgré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le manque de place.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le ministère public conclut au rejet des deux recours sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations. Le premier juge propose également le rejet. Il précise pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce qui est du recours de M. , calculs à l'appui, qu'il n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas possible d'affirmer que cette dernière ait fait une manoeuvre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manière à permettre le croisement. Quant au recours de O. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celui-ci a reconnu par l'entremise de son amie, ne pas avoir réussi à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'arrêter à temps.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvois sont recevables.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 31/1 LCR, le conducteur devra rester constam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment maître de son véhicule de façon à pouvoir se conformer au devoir de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la prudence. Il doit notamment être en mesure d'éviter un obstacle appa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raissant devant lui à une distance suffisante par une manoeuvre adéquate</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que l'on peut attendre de tout conducteur attentif placé dans les mêmes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditions (ATF 64 II 237). Sur une route étroite qui ne permet pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">croiser, les automobilistes s'arrêteront et celui qui se trouve le plus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">près d'une place d'évitement reculera pour libérer la voie (V. Bussy et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Rusconi, Commentaire de la LCR, Lausanne 1996, art.35, 1.11 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références). La Cour est liée par les constatations de fait du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge; elle ne peut rectifier que celles qui sont manifestement erronées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.251 al.2 CPP). Dans une jurisprudence constante, la Cour a jugé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'était manifestement erronée une constatation de fait contraire à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pièce probante du dossier ou à la notoriété publique (RJN 7 II 3, 5 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">112, 4 II 159). On ne peut parler d'arbitraire que si la juridiction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inférieure a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec le dossier (ATF 118 Ia 30, cons.1b), ou si elle a abusé de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation, en particulier si elle a méconnu des preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertinentes ou qu'elle n'en a arbitrairement pas tenu compte (ATF 100 Ia</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">127), lorsque les constatations sont manifestement contraire à la situa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de fait, reposent sur une inadvertance manifeste, ou heurtent grave-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment le sentiment de la justice, enfin lorsque lorsque l'appréciation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves est tout à fait insoutenable (ATF 118 II 30 cons.1b et les autres</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêts cités).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le premier juge a retenu qu'il n'était pas pos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sible de croiser sur le tronçon en cause. Le croisement était éventuelle-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment possible lorsqu'un véhicule se mettait à l'arrêt dans la bordure her-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">beuse. Cette appréciation n'est pas arbitraire étant donné qu'elle se base</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur les mesures objectives effectuées à l'endroit du choc et sur les dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">clarations de témoins (S. et R. ). De plus, il ressort du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dossier que M. circulait en descendant alors que O. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au volant de son véhicule, se trouvait non loin d'une place d'évitement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans ces conditions, les automobilistes n'avaient pour seule possibilité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'évitement que de freiner immédiatement et d'appliquer les règles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prérappelées en cas de croisement impossible. Ils ont cependant tenté de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">croiser sans s'arrêter. Ainsi, M. s'est effectivement mise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la bordure herbeuse et elle a "pensé qu'il (l'autre véhicule) pouvait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">passer". Tel n'était pas le cas. En effet, l'arrière de son automobile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">empiétait encore sur la route de 0,95 mètre et cela après le choc (calcul</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectué en fonction des mesures contenues dans la rapport de police).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">O. , a déclaré : "tout d'un coup j'ai vu la voiture en face. J'ai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">freiné et me suis déplacé sur le côté. J'ai vu que c'était trop juste.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">J'ai planté les freins et M. aussi, mais c'était trop tard".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ainsi, même s'il est possible que O. ait d'abord pensé s'arrêter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et reculer, il n'en demeure pas moins qu'il a tenté de croiser. Ce n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que lorsqu'il s'est rendu compte que le croisement était impossible qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a freiné énergiquement. Au demeurant, il ne pouvait s'attendre à ce que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autre conducteur lui cède la priorité étant donné qu'il lui appartenait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de reculer jusqu'à la place d'évitement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au vu de ce qui précède, les recourants procédant d'une fausse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appréciation de la situation, n'ont pas pris les précautions qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'imposaient. Ils ont l'un et l'autre commis une faute de circulation, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'on envisage le cas sous l'angle de l'article 35 (croisement impossible)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou 31/1 LCR (perte de maîtrise) comme l'a fait le premier juge.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Les pourvois sont ainsi mal fondés. Les frais de la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seront mis à la charge des recourants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette les pourvois.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge de M. sa part de frais de justice arrêtée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à 330 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Met à la charge de O. sa part de frais de justice arrêtée à 330</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 27 janvier 1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>