B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour V E-4690/2014 A r r ê t d u 1 5 j a n v i e r 2 0 15 Composition Jean-Pierre Monnet (président du collège), William Waeber, Esther Karpathakis, juges, Jean-Marie Staubli, greffier. Parties A._______, né le (…), Guinée-Bissau, représenté par (…), (…), recourant, contre Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM ; précédemment Office fédéral des migrations, ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 18 juillet 2014 / N (…) E-4690/2014 Page 2 Faits : A. Le 13 octobre 2012, le recourant a déposé une demande d'asile au Centre d'enregistrement et de procédure (ci-après: CEP) de Vallorbe. B. Lors de l'audition sommaire du 26 octobre 2012, il a déclaré être d'ethnie mandinka, né à Bissau, musulman et célibatai re. Suite au décès de sa mère, alors qu’il n’avait que trois ou quatre ans, il aurait vécu avec sa demi- sœur plus jeune que lui. Un ancien ami de son père, appelé Samba Diallo, aurait subvenu à leur s besoins, en leur apportant régulièrement de la nourriture. Entre mars et avril 2012, Samba Diallo aurait été assassiné par des militaires devant "tout le monde", et sa famille, persécutée, aurait dû déménager dans un autre quartier de la ville. Le recourant et sa demi-sœur se seraient retrouvés sans assistance et auraient alors vécu chez un homme prén ommé B._______. Ils auraient toutefois été chassés et menacés de mort par ce dernier, après que le recourant s’est opposé au dessein de cet homme d'exciser sa demi-sœur. Ils se seraient alors rendus à Farim, dans le but de retrouver des membres de leur fam ille, sans succès. Le recourant y aurait travaillé d'avril 2012 à juillet 2012 en tant que (…), avant de quitter la Guinée-Bissau. Sa demi-sœur serait, quant à elle, retournée vivre à Bissau avec un ami. Démuni de toute pièce d'identité, l e recourant se se rait en premier lieu rendu en Gambie, en traversant la Casamance. Il aurait ensuite séjourné deux jours dans un endroit inconnu, avant d'embarquer sur un bateau qui l'aurait conduit jusqu'en Italie, en Espagne ou au Portugal. Le voyage aurait été financé p ar son employeur à Farim. Le recourant aurait été accompagné par un homme, prénommé C._______, jusqu'au point d'embarquement et, à son arrivée en Europe, un couple l' aurait emmené en Suisse. Il a allégué avoir quitté son pays en raison de s menaces proféré es par B._______. Un retour à Bissau ne serait selon lui pas imaginable de par les coups d'Etat à répétition, l'absence de logement et son dénuement. Il craindrait aussi d’être considéré comme un membre de la famille Diallo et par conséquent d'être persécuté, en dépit du fait qu'il n'ait subi aucun préjudice depuis son départ de la capitale. E-4690/2014 Page 3 C. Entendu le 14 juillet 2014 sur ses motifs d’asile, le recourant a déclaré avoir été élevé avec sa demi-sœur par une femme, prénommée D._______ ou E._______, dans le qu artier F._______ à Bissau. Samba Diallo aurait, quant à lui, régulièrement apporté de la nourriture et donné de l’argent à leur gouvernante, dans le but de payer les frais et taxes d’écolage. Ce bienfaiteur aurait été, selon le recourant, un militaire , imp liqué dans un coup d’Etat au cours duquel un président et un général de l’armée auraient trouvé la mort. Lors de discussions avec cet homme, il aurait appris que son propre père, décédé alors qu'il n'était qu'un nourrisson, avait combattu aux côtés des Portugais lors de la guerre d’indépendance de la Guinée - Bissau. Suite au décès de leur gouvernante, ils auraient été recueillis par Samba Diallo et auraient vécu avec sa famille jusqu’à son assassinat, une semaine plus tard. Ce tragique événement aurait eu lieu durant une nuit, alors que Samba se trouvait en uniforme militaire devant un bar situé en face chez lui, emplacement qu’il fréquentait chaque jour avec des amis. Le recourant et sa demi-sœur auraient regardé la télévision lorsqu’ils auraient entendu des tirs. Ils seraient immédiatement sortis et auraient aperçu le corps sans vie de Samba, avant que cel ui-ci ne soit emporté dans une voiture. Son épouse aurait tenté de s’interposer, avant de renoncer à toute action en raison des menaces des assaillants. Selon une autre version, le recourant et sa demi-sœur auraient vu les assaillants tirer les coups de feu et auraient été les uniques témoins de l’attaque, Samba ayant été exceptionnellement seul devant le bar. Un mois avant son assassinat, Samba Diallo aurait reçu plusieurs lettres de menaces, visant également les membres de sa famille et les autres personnes de son entourage. Le recourant lui-même aurait été qualifié de fils de traître et menacé de mort dans l'une d’entre elles. La lettre en question n’aurai t pas été adressée au recourant directement , mais à Samba, pour la raison que son auteur aurait su que ce lui-ci était responsable de celui-là. Durant les deux jours consécutifs à l'assassinat, le recourant aurait vécu chez un ami à Bissau, alors que sa demi -sœur serait retournée à leur ancien domicile. Craignant pour sa vie en raison de la mention de son nom dans la lettre précitée et du fait qu'il était assimilé aux membres de la famille Diallo, il se serait rendu à Farim en avril 2012 avec sa demi-sœur et aurait travaillé durant trois mois en tant que (…) pour une personne prénommée C._______. Un homme, âgé et prénommé G_______, leur E-4690/2014 Page 4 aurait offert une chambre et aurait projeté, un jour, d'exciser la demi-sœur du recourant, ce à quoi ce lui-ci se serait opposé catégoriquement. Pour cette raison, ils auraient été chassés tous les deux et se seraient retrouvés dans la rue. L a demi-sœur serait allée vivre chez un soldat, avec lequel elle serait retournée à Bissau, et le recourant aurait, quant à lui, quitté son pays d'origine en juillet 2012, suivant les conseils de son employeur. Le recourant a déclaré en outre avoir subi des agressions récurrentes depuis son plus jeune âge en raison de la situation instable en Guinée - Bissau. Il a urait notamment été brutalisé à deux reprises , par des personnes lui ayant reproché le passé militaire de son père, la première fois, à l'âge de sept ans et, la deuxième fois, durant son adolescence. D. Par décision du 18 juillet 2014, notifiée le 22 juillet 2014, le SEM a refusé de reconnaître la qualité de réfugié au recourant, rejeté sa demande d'asile, prononcé le renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de cette mesure. L'autorité de première instance a considér é que les déclarations du recourant ne satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance énoncées à l'art. 7 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), dès lors que son récit n'était pas crédible au vu de ses contradictions , et que les préjudices liés à la situation politique, économique et sociale du pays ne constituaient pas une persécution au sens de l'art. 3 LAsi . Il a estimé que l'exécution du renvoi en Guinée-Bissau était licite, possible et pouvait être raisonnablement exigée. E. Par acte daté du 21 août 2014, l'intéressé a formé recours contre cette décision. Il a conclu implicitement à son annulation ainsi qu’à la reconnaissance de la qualité de réfugié et à l'octroi de l'asile. Il a soutenu , entre autres , que l 'autorité inférieure n’a pas contesté la vraisemblance des véritables motifs ayant entraîné sa fuite de Guinée-Bissau, à savoir le risque de se faire persécuter en raison de sa qualité de témoin lors de l’assassinat de Samba Diallo. Il a allégué qu'il avait effectivement été la première personne sur les lieux du drame et aurait vu les assassins. Il aurait même tenu Samba dans ses bras quelques secondes avant qu'il ne rende l’âme. En tant que protégé de celui-ci et fils d'un père assassiné pour des raisons obscures, sa présence en première ligne lors de l'agression armée contre son bienfaiteur l'aurait exposé à un E-4690/2014 Page 5 risque de sérieux préjudices, à tel point que son départ de Guinée-Bissau se serait avéré inévitable. F. Par décision incidente du 22 août 2014, le Tribunal a invité le recourant à payer une avance sur les frais de procédure de 600 francs jusqu'au 8 septembre 2014, sous peine d'irrecevabilité du recours. Le recourant s'est acquitté le 28 août 2014 de l'avance de frais requise. G. Par ordonnance du 22 octobre 2014, le Tribunal a invité le recourant à fournir, jusqu'au 6 novembre 2014, une description de ses troubles de santé concrets, étayée et complétée par un rapport médical au sens des considérants de dite ordonnance, sous peine qu'il soit statué en l'état d u dossier. Par écrit du 3 novembre 2014, la mandataire du recourant a sollicité la prolongation du délai pour déposer les documents précités. Par ordonnance du 10 novembre 2014, le Tribunal a admis la prolongation du délai jusqu'au 24 novembre 2014. H. Par courrier du 21 novembre 2014, le recourant a produit une attestation médicale datée du 5 novembre 2014 dont il ressort qu'il s ouffre d'un état de stress post -traumatique (CIM-10, F43.1) et d'un épisode dépressif moyen (F32.1) et qu’il est suivi depuis le 6 octobre 2014. Le médecin traitant pronostique une stabilisation et une amélioration de la santé psychologique du patient avec un traitement psychothérapeutique individuel à raison d'une séance par semaine, accompagné d'un traitement à base d'antidépresseurs. I. Les autres faits ressortant du dossier seront évoqués, si nécessaire, dans les considérants qui suivent. E-4690/2014 Page 6 Droit : 1. 1.1 En vertu de l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021). En particulier, les décisions rendues par l e SEM concernant l’asile et le renvoi - lesquelles n'entrent pas dans le champ d'exclusion de l'art. 32 LTAF - peuvent être contestées devant le Tribunal conformément à l'art. 33 let. d LTAF (loi à laquelle renvoie l’art. 105 LAsi). Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige. Il statue de manière définitive (cf. art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2 Le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans le délai légal (cf. art. 108 al. 1 LAsi) et dans la forme prescrite par la loi (cf. art. 52 al. 1 PA), le recours est recevable. 2. 2.1 Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi). Sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique insupportable (art. 3 al. 2 LAsi). 2.2 Quiconque demande l’ asile doit prouver ou du moins rendre vraisemblable qu’il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi). La qualité de réfugié est vraisemblable lorsque l’autorité estime que celle -ci est hautement probable (art. 7 al. 2 LAsi). Ne sont pas vraisemblables notamment le s allégations qui, sur des points essentiels, ne sont pas suffisamment fondées, qui sont contradictoires, qui ne correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 al. 3 LAsi). E-4690/2014 Page 7 2.3 Les allégations sont vraisemblables, lorsque, sur les points essentiels, elles sont suffisamment fondées (ou consistantes), concluantes (ou constantes et cohérentes) et plausibles et que le requérant est personnellement crédible. 2.4 Les allégations sont fondées, lorsqu'elles reposent sur des descriptions détaillées, précises et concrètes, la vraisemblance de propos généraux, voire stéréotypés, étant généralement écartée. Elles sont concluantes, lorsqu'elles sont exemptes de contradictions entre elles, d'une audition à l'autre ou avec les déclarations d'un tiers (par exemple, proche parent) sur les mêmes faits. Elles sont plausibles, lorsqu'elles correspondent à des faits démontrés (en particulier aux circonstances générales régnant dans le pays d'origine) et sont conformes à la réalité et à l'expérience générale de la vie. La crédibilité du requérant d'asile fait défaut non seulement lorsque celui-ci s'appuie sur des moyens de preuve faux ou falsifiés, mais encore s'il dissimule des faits importants, en donne sciemment une description erronée, modifie ses allégations en cours de procédure ou en rajoute de façon tardive et sans raison apparente ou s'il enfreint son obligation de collaborer (cf. art. 8 LAsi). Quand bien même la vraisemblance autorise l'objection et le doute, ceux-ci doivent toutefois paraître, d'un point de vue objectif, moins importants que les éléments parlant en faveur de la probabilité des allégations. Lors de l'examen de la vraisemblance des allégations de fait d'un requérant d'asile, il s'agit pour l'autorité de pondérer les signes d'invraisemblance en dégageant une impression d'ensemble et en déterminant, parmi les éléments militant en faveur ou en défaveur de cette vraisembl ance, ceux qui l'emportent (cf. ATAF 2012/5 consid. 2.2, ATAF 2010/57 consid. 2.3). 2.5 Conformément à une jurisprudence constante, des contradictions ou omissions entre les deux auditions peuvent être retenues dans le cadre de l'appréciation de la vraisemblance lorsque les déclarations claires, faites au centre d'enregistrement et de pro cédure, portant sur des points essentiels des motifs d'asile, sont diamétralement opposées aux déclarations faites ultérieurement devant l'ODM ou lorsque des événements ou des craintes déterminés invoqués par la suite comme motif principal d'asile n'ont pas été évoqués, au moins dans les grandes lignes, audit centre (Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 1993 no 3). E-4690/2014 Page 8 3. 3.1 En l'occurrence, il convient d'examiner la vraisemblance du récit du recourant sur les raisons qui l'ont amené à quitter son pays. 3.2 D'une manière générale, il convient de constater que le recourant n'a été ni constant ni circonstancié en ce qui conce rne l'essentiel de ses allégués. Il a en particulier évoqué des motifs de fuite divergents, au cours des différentes étapes de la procédure d'asile, ce qui conduit le Tribunal à sérieusement mettre en doute la crédibilité de l'ensemble de ses déclarations. 3.3 Force est tout d'abord d'admettre que le principal motif de fuite allégué par le recourant lors de l'audition sommaire, à savoir les menaces de mort proférées par le dénommé B._______ - qui aurait projeté d'exciser sa demi- sœur - n'a plus été spontanément ava ncé par le recourant dans le cadre de l'audition sur les motifs. Le recourant est uniquement revenu sur ce motif après que le collaborateur du SEM, responsable de sa deuxième audition, lui a rappelé le contenu de ses précédentes déclarations. 3.3.1 Ainsi, tandis que, lors de la première audition, il a indiqué avoir vécu avec sa demi -sœur chez le dénommé B._______ à Bissau, avant de s'enfuir en direction de Farim, il a affirmé, lors de la seconde, avoir cohabité avec cet individu à Farim, et non dans la capitale. Cette dernière affirmation n'est d'ailleurs pas cohérente avec les déclarations ressortant du procès - verbal de la même audition, selon lesquelles sa demi -sœur et lui -même n'auraient pas eu "tellemen t" de problèmes à Farim (cf. procès-verbal d'audition du 14 juillet 2014, Q 183). 3.3.2 Le recourant s'est également contredit s'agissant du sobriquet de cet individu, qu'il dénomme non plus B._______, mais G._______ dans le cadre de la seconde audition. 3.4 Dans le cadre de sa première audition, le recourant n'a donné que peu d'informations sur la personne de Samba Diallo. Il s'est contenté de le décrire comme un bienfaiteur qui aurait subvenu à ses besoins, ainsi qu'à ceux de sa demi-sœur, en leur apportant régulièrement de la nourriture. Il a également évoqué son assassinat intervenu un jour du mois de mars ou d'avril 2012, par des militaires, devant une foule de gens. Lors de la deuxième audition, il a décrit cet individu comme un militaire, impliqué dans un coup d’Etat au cours duquel un président et un gén éral E-4690/2014 Page 9 de l’armée, tous les deux inconnus du recourant, auraient trouvé la mort. Il a, en outre, retracé avec plus de détails les événements liés à son assassinat. Ses motifs d'asile, en tant qu'ils sont tirés de l'assassinat de Samba Diallo, sont également empreints de graves divergences. 3.4.1 Il a allégué avoir fui son pays de crainte d'être assimilé à la famille de Samba Diallo et, partant, d'être persécuté suite à l'assassinat de celui -ci. Cela ressort surtout de sa deuxième audition et, dans une moindre mesure seulement, de la première. Dans son recours, par contre, il déclare avoir quitté la Guinée-Bissau, en raison du fait qu'il aurait vu les assassins de Samba et qu'il courait, de ce fait, un grand danger. 3.4.2 Il a d'abord affirmé avoir entendu des coups de fe u alors qu'il regardait la télévision avec sa demi -sœur (cf. procès-verbal d'audition du 14 juillet 2014, Q 126). Il a ensuite modifié ses déclarations et indiqué avoir vu les assaillants tirer sur leur cible (cf. procès-verbal d'audition du 14 juillet 2014, Q 144). Une pareille divergence n'est pas admissible. 3.4.3 Il a également allégué lors de la première audition que l'assassinat avait eu lieu devant une foule de gens (cf. procès -verbal d'audition du 26 octobre 2012, pt. 7.02, dernière question), avant d'aff irmer, dans le cadre de la deuxième audition, que Samba était en réalité seul. Dans le recours, il expose que Samba était seul dans la rue, et que les clients du bar, assis à l'intérieur, ont pu voir son assassinat à travers les vitrines. Cette dernière ve rsion est toutefois incompatible avec sa déclaration selon laquelle sa sœur et lui-même étaient les seuls témoins de l'assassinat (cf. procès-verbal d'audition du 14 juillet 2014, Q 144 -146) et n'est guère compatible avec celle selon laquelle l'épouse de Samba serait arrivée inopinément sur les lieux et aurait tenté d'empêcher l'enlèvement du corps par la seconde voiture des assaillants (cf. procès-verbal d'audition du 14 juillet 2014, Q 126). 3.4.4 A cela s'ajoute que c’est uniquement dans le cadre de la seconde audition que le recourant a allégué l'existence d'une lettre de menaces de mort à son égard, dans laquelle il aurait été qualifié de fils de traître. L'absence de toute mention de la lettre et des menaces précitées, lors de la première audition, constitue un indice sérieux en défaveur de la vraisemblance des déclarations du recourant. Il est en effet difficilement imaginable que le recourant puisse avoir oublié d’évoquer cet élément capital dans le cadre de son audition personnelle. Cette allégation tardiv e E-4690/2014 Page 10 apparaît par conséquent uniquement articulée pour les besoins de la cause. 3.4.5 En réalité, tout porte à croire que le recourant s'est inspiré de faits notoires, relatifs au colonel Samba Diallo , ancien responsable des renseignements militaires sous les ordres de l'ex -chef d e l'armée de Guinée-Bissau, José Zamora Induta, pour scénariser ses motifs d'asile. 3.4.5.1 Selon les sources consultées par le Tribunal, ce colonel aurait été un proche de Carlos Gom ez Junior, candidat à l'élection présidentielle avortée de 2012 (Rémi Carayol, Guinée -Bissau: le putsch auquel tout le monde s'attendait, 13.04.2012, <http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120413150538/>, consulté le 19.12.2014). Il aurait été, entre autres, démis de ses fonctions, au même titre que José Zamora Induta, et incarcéré durant huit mois depuis avril 2010, suite à l'assassinat du général Batista Tagmé Na Waie en 2009, peu de temps avant que le président Joao Bernardo Vieira lui - même ne so it tué (AFP , Guinée -Bissau : un ex -responsable des renseignements militaires abattu en pleine rue, in : Jeune Afrique, 19 mars 2012, <http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB 2012031 9115746/>, consulté le 19.12.2014 ; News Wires, Opposition cite "fraud " and demand poll be cancelled, 20.03.2012,<http://www.france24.com/en/ 20120320-opposition-guinea-bissau-cancellation-fraud-election- un/#./?&_suid=1419008909817021319058212381725>, consulté le 19.12.2014 ; BBC, Guinea.Bissau ex -spy chef Samba Djalo shot d ead, 19.03.2014, <http://www.africareview.com/News/Bissau -ex-spy-chief- shot-dead/-/979180/1369438/-/7ahtoq/-/index.html>, consulté le 19.12.2014). 3.4.5.2 Les déclarations du recourant concernant ses liens avec Samba Diallo paraissent extrêmement vagues et impréci ses. Il n'a pas non plus été en mesure de mentionner ni le grade de son bienfaiteur , ni son incarcération durant huit mois, ni so n ancienne position en tant que chef des renseignements militaires . Son récit manque de détails significatifs d'un vécu personn el. Ce manque patent d'allégations circonstanciées et précises contribue également à remettre sérieusement en cause ses motifs d'asile. 3.4.5.3 En outre, ses déclarations relatives au déroulement de l'assassinat de Samba Diallo ne correspondent pas non plus aux informations parues dans la presse. E-4690/2014 Page 11 Selon les sources consultées, le colonel Samba Diallo aurait été assassiné le 18 mars 2012 par des militaires non identifiés, peu de temps après la clôture des opérations de vote en lien avec le premier tour de l'électi on présidentielle avortée de 2012, aux environs de minuit. Au moment de l'attaque armée, Samba Diallo se trouvait en face de son domicile à F._______ sur la terrasse d'un bar. Cinq coups de feu auraient été tirés contre lui. Son corps aurait été ensuite emporté à l'hôpital, selon certaines sources, ou transporté à son domicile, selon d'autres. Son épouse, appelée Fatoumata, aurait été présente lors de l'attaque. Le jour après l'assassinat, les membres de la famille se seraient recueillis au domici le du colonel au côté de son épouse (AFP , Guinée-Bissau : un ex -responsable des renseignements militaires abattu en pleine rue, in : Jeune Afrique, 19 mars 2012,<http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJA WEB20120319115746/>, consulté le 19.12.2014 ; News Wires, Opposition cite "fraud" and demand poll be cancelled, 20.03.2012, <http://www.france24.com/en/20120320-opposition-guinea-bissau- cancellation-fraud-election-un/#./?&_suid=141900890981702131905821 2381725>, consulté le 19.12.2014 ; BBC, Guinea.Bissau e x-spy chef Samba Djalo shot dead, 19.03.2014, <http://www.africareview.com/News /Bissau-ex-spy-chief-shot-dead/-/979180/1369438/-/7ahtoq/-/index.html>, consulté le 19.12.2014 ; Richard Valdmanis et Alberto Dabo, Diallo's death clouds Bissau vote, <http://w ww.iol.co.za/news/africa/diallo-s-death- clouds-bissau-vote-1.1259897>, consulté le 19.12.2014). Ainsi, il ne ressort pas de ces informations que le corps de Diallo a été emporté par les assaillants. Surtout, les membres de la famille Diallo, en particulier l'épouse du colonel, ne semblent pas avoir été sous l'emprise d'une crainte de persécution telle qu'ils auraient été obligés de quitter le quartier, contrairement aux déclarations du recourant. 3.5 Partant, le recourant n'a pas rendu vraisemblable, au sens d e l'art. 7 LAsi, ni qu'il est exposé à une persécution de la part du dénommé B._______ ou G._______ ni qu'il a eu les liens de proximité allégués avec Samba Diallo. Les prétendus risques qu'il soit personnellement victime de menaces de mort, voire de représailles, parce qu'il serait a ssimilé à la famille Diallo ou considéré comme un témoin-clé lors de l’assassinat, sont sans fondement. 3.6 Le recourant soutient encore avoir subi par le passé et depuis son plus jeune âge des agressions récurrentes , de la p art de personnes indéterminées, en raison de la situation instable en Guinée -Bissau et du fait que son père aurait été un ancien combattant à la solde des colons E-4690/2014 Page 12 portugais. D'une part, le Tribunal constate que le recourant n'a jamais fait allusion au passé de son père ni aux insultes do nt il aurait été l'objet ("fils d'un traître") lors de sa première audition ; c ette allégation tardive apparaît uniquement articulée pour les besoins de la cause. D'autre part, ces préjudices - au demeurant décrits de manière vague et imprécise - qui émanent de particuliers, sont manifestement trop anciens pour être la cause de son départ du pays. 3.7 L'intéressé fait également valoir qu'il a fui son pays en raison des coups d'Etat à répétition et de la situation sécuritaire instable prévalant en Guinée-Bissau dont souffriraient les habitants du pays. Ces motifs ne sont toutefois pas pertinents au sens de l'art. 3 LAsi, dès lors qu'ils visent toute la population et ne sont pas susceptibles de représenter un risque concret de persécution ciblée spécifiquement contre le recourant pour des motifs politiques ou analogues. 3.8 Enfin, le recourant fait valoir qu'il n'y a aucune perspective d'avenir en Guinée-Bissau, notamment en raison de l'absence d'opportunités professionnelles et de ressources financières. Ces inconvénients ne sont ni suffisamment graves pour constituer une persécution ni ne correspondent à un des motifs énumérés exhaustivement à l'art. 3 LAsi. D'ordre économique, ils sont étrangers à la définiti on de la qualité de réfugié et, par conséquent, sans pertinence. 3.9 Au vu de ce qui précède, le recourant n'a pas établi l'existence d'une crainte objectivement fondée d'être exposé à de sérieux préjudices au sens de l'art. 3 LAsi, en cas de retour en Guinée-Bissau. 4. Ainsi, le recours, en tant qu'il conteste le refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié et le rejet de la demande d'asile, doit être rejeté et la décision attaquée confirmée sur ces points. 5. 5.1 Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il r efuse d’entrer en matière à ce sujet, le SEM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en ordonne l’exécution ; il tient compte du principe de l’unité de la famille (art. 44 LAsi). Le renvoi ne peut être prononcé, selon l’art. 32 de l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311), lorsque le requérant d’asile dispose d’une autorisation de séjour ou E-4690/2014 Page 13 d’établissement valable, ou qu’il fait l’objet d’une décision d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à l’art. 121 al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 5.2 Aucune exception à la règle générale du renvoi n’étant en l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette mesure. 6. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement exigible et possible. Si ces conditions ne sont pas réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle -ci est réglée par l’art. 84 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 142.20). 7. 7.1 L’exécution du renvoi est illicite, lorsque le renvoi de l’étranger dans son Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat tiers est contraire aux engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté serait menacée pour l’un des motifs mentionnés à l’art. 3 al. 1 LAsi, ou encore d’où elle risquerait d’être astreinte à se rendre dans un tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants (art. 3 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales [CEDH, RS 0.101] ). Aucun Etat partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture (art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]). 7.2 En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de non-refoulement de l’art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut, le recourant n'a pas rendu vraisemblable qu’en ca s de reto ur dans son pays d’origine, il serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 7.3 En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application dans le présent cas d’espèce. E-4690/2014 Page 14 7.3.1 Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou dégradants) s’applique indépendamment de la reconnaissance de la qualité de réfugié, cela ne signifie pas encore qu’un renvoi ou une extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des violations de l’art. 3 CEDH devraient être constatées ; une simple possibilité de subir des mauvais traitements ne suffit pas. Il faut au contraire que la personne qui invoque cette disposition démontre à satisfaction qu’il existe pour elle un véritable risque concret et sérieux d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son pays. Une situation de guerre, de guerre civile, de troubles intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier la mise en œuvre de la protection issue de l’art. 3 CEDH, tant que la personne concerné e ne peut rendre hautement probable qu’elle serait visée personnellement – et non pas simplement du fait d’un hasard malheureux – par des mesures incompatibles avec la disposition en question (Cour européenne des droits de l'homme [ci-après : CourEDH], arr êt Affaire N.K. c. France , 19 décembre 2013, requête n° 7974/11, arrêt F .H. c. Suède, 20 janvier 2009, requête n° 32621/06 ; CourEDH, arrêt Saadi c. Italie, 28 février 2008, requête n° 37201/06). 7.3.2 En l’espèce, le recourant n'a pas démontré à satisfaction de droit qu'il existait, pour lui, un risque réel, fondé sur des motifs sérieux et avérés, d'être victime de torture ou encore d'un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 3 CEDH en cas d'exéc ution du renvoi en Guinée-Bissau. Il ne ressort pas non plus du dossier que l'exécution du renv oi pourrait exposer l'intéressé à un traitement contraire à l'art. 3 Conv. torture précité. 7.4 Dès lors, l’exécution du renvoi ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du droit international, de sorte qu’el le s’avère licite (cf. art. 83 al. 3 LEtr). 8. 8.1 Selon l’art. 83 al. 4 LEtr, l’exécution de la décision ne peut pas être raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son pays d’origine ou de provenance le met concrètement en danger, pa r exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou de nécessité médicale. Cette disposition s’applique en premier lieu aux «réfugiés de la violence», soit aux étrangers qui ne remplissent pas les conditions de la qualité de réfugié p arce qu’ils ne sont pas personnellement persécutés, mais qui E-4690/2014 Page 15 fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les mettre concrètement en danger, notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont besoin (ATAF 2011/50 consid. 8.2). 8.2 S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical en Suisse, l'exécution du renvoi ne devient inexigible, en cas de retour dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles pourraient ne plus recevoir les soins essentiels garantissant des conditions minimales d'existence ; par soins essentiels, il faut entendre les soins de médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à la garantie de la dignité humaine (cf. ATAF 2011/50 consid. 8.3). L'art. 83 al. 4 LEtr, disposition exceptionnelle tenant en échec une décision d'exécution du renvoi, ne saurait en revanche être interprété comme une norme qui comprendrait un droit de séjour lui -même induit par un droit général d'accès en Suisse à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou à la maintenir, au simple motif que les structures hospitalières et le savoir -faire médical dans le pays d'origine ou de destination de l'intéressé n'atteignent pas le standard élevé qu'on trouve en Suisse (cf. ATAF 2009/2 consid. 9.3.2). 8.3 En l'occurrence, la Guinée Bissau ne connaît pas une situation de guerre, de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d'emblée – et indépendamment des circonstances du cas d'espèce – de présumer, à propos de tous les ressortissants du p ays, l'existence d'une mise en danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr. 8.4 Concernant l'état de santé du recourant, il ressort du certificat médical du 5 novembre 2014 qu'il souffre d'un état de stress post -traumatique (CIM-10, F43.1) et d'un é pisode dépressif moyen (F32.1) et qu'il est suivi depuis le 6 octobre 2014 à raison d'une séance par semaine . Après six séances, son médecin estime nécessaire, pour la "stabilisation et l'amélioration" de son état de santé psychologique, un traitement par psychothérapie et antidépresseur. 8.4.1 Le certificat médical précité retient que l'état de santé du recourant est lié aux événements vécus dans son pays. A cet égard, il sied cependant de rappeler, comme développé plus haut, que le Tribunal considère que les principaux motifs d'asile sont invraisemblables . Partant, il y a lieu de relativiser le contenu de ce document. E-4690/2014 Page 16 8.4.2 Le Tribunal constate, par ailleurs, que la détérioration de l' état de santé du recourant et le traitement prodigué font suite à la décision du SEM du 18 juillet 2014, prononçant le renvoi de l'intéressé en Guinée-Bissau et apparaissent, par conséquent , liés à la perspective de devoir retourner dans un environnement social que le recourant a quitté depuis plus de deux ans. En effet, le 14 juillet 2014, celui-ci a déclaré qu'il se sentait en bon état de santé (procès-verbal, Q 217). Ce n'est que dans son recours du 21 août 2014 qu'il allègue pour la première fois des troubles de mémoire et des traumatismes affectifs de la petite enfance. Le Tribunal ne sous-estime pas les appréhensions que le recourant peut ressentir à l'idée de regagner la Guinée-Bissau. Il n'en demeure pas moins que l'on ne saurait de manière générale prolonger indéfiniment le séjour d'une personne au seul motif que la perspective d'un retour exacerbe son état psychologique. Le Tribunal est conscient des problèmes de santé psychique de l'intéressé en réaction à une décision négative et au stress lié à un renvoi dans son pays d'origine. Il considère néanmoins qu'il appartiendra à son mé decin traitant de le préparer à la perspective d'un retour, voire aux autorités d'exécution de vérifier, le cas échéant, le besoin de mesures particulières que requerrait son état lors de l'organisation du renvoi 8.4.3 En tout état de cause, il n'a pparaît pas que les troubles psychiques actuels de l'intéressé soient à ce point graves qu'ils mettraient sa vie ou sa santé concrètement et gravement en danger, en cas d'interruption des soins et de retour dans son pays d'origine. 8.4.4 Le recourant n'a pas démontré qu'il serait en incapacité de travailler. Il est célibataire et dispose d'une formation scolaire. On peut raisonnablement penser qu'il sera, à court ou moyen terme et en dépit des difficultés du pays, en mesure de trouver une activité lucrative , le cas échéant, en faisant appel au réseau social qu'il est censé s'être constitué sur place. Ses motifs d'asile ayant été considérés comme invraisemblables, il peut légitimement être mis en doute qu'il n'ait plus aucun contact avec sa sœur à Bissau, des proches ou amis dans son pays d'origine. Il peut dès lors être admis, au vu de l'ensemble de ces facteurs, qu'il sera à même d'assurer ses besoins essentiels et de se réinsérer dans son pays d'origine sans rencontrer d'excessives difficultés. 8.4.5 Dans ces circonstances, le T ribunal estime que les problèmes médicaux de l'intéressé ne constituent pas un obstacle à l'exécution du renvoi. E-4690/2014 Page 17 8.5 Au demeurant, le Tribunal rappelle que les motifs résultant de difficultés consécutives à une crise socio -économique (pauvreté, conditions d'existence précaires, difficultés à trouver un emploi et un logement, revenus insuffisants, absence de toute perspective d'avenir) ou à la désorganisation, la destruction des infrastructures ou des problèmes analogues, auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté, ne sont pas , en tant que tels , déterminants en matière d'exécution du renvoi (cf. ATAF 2010/41 consid. 8.3.6 et réf. cit.). 8.6 Pour l'ensemble de ces motifs, l’exécution du renvoi doit être considérée comme raisonnablement exigible (cf. art. 83 al. 4 LEtr). 9. 9.1 L’exécution n’est pas possible lorsque l’étranger ne peut pas quitter la Suisse pour son Etat d’origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 9.2 En l'espèce, l'exéc ution du renvoi est possible, le recourant étant en mesure d’entreprendre toute démarche nécessaire auprès de la représentation de son pays d’origine en vue de l’obtention de documents de voyage lui permettant de quitter la Suisse (cf. ATAF 2008/34 consid. 12). 10. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi et son exécution, doit être également rejeté et la décision attaquée confirmée sur ces points. 11. Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, à la charge du recourant, conformément à l'art. 63 al. 1 PA et aux art. 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2) . Ce montant e st toutefois entièrement couvert par l'avance de frais du même montant, versée le 28 août 2014. (dispositif page suivante) E-4690/2014 Page 18 E-4690/2014 Page 19 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge du recourant. Ce montant est entièrement couvert par l'avance de frais du même montant, versée le 28 août 2014. 3. Le présent arrêt est adressé à la mandataire du recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. Le président du collège : Le greffier : Jean-Pierre Monnet Jean-Marie Staubli Expédition :