<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2020-07-09-8C_412-2019.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>8C_412/2019</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 9 juillet 2020</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit social</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux Maillard, Président, </div> <div class="para">Wirthlin et Abrecht. </div> <div class="para">Greffière : Mme Elmiger-Necipoglu. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">AXA Assurances SA, </div> <div class="para">représentée par Me Jean-Claude Schweizer, avocat, </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représenté par Me Eléonore Queloz, avocate, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Assurance-accidents (causalité naturelle), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre le jugement de la Cour de droit public du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel du 10 mai 2019 (CDP.2018.265-AA/amp). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> A.________, né en 1971, était engagé depuis le 15 août 1994 en tant qu'employé de production auprès de l'entreprise B.________ SA et était à ce titre assuré obligatoirement contre le risque d'accident auprès d'AXA Assurances SA (ci-après: AXA). Le 21 août 2017, alors qu'il était en train de nettoyer la machine à dosettes, il s'est cogné l'épaule droite dans la porte de la machine en se relevant. Le lendemain, il s'est rendu au Centre médical C.________, où le diagnostic de contusion musculaire du deltoïde simple a été posé. Un traitement conservateur a été prescrit. Le prénommé n'a pas été en incapacité de travail. Une IRM réalisée le 11 septembre 2017 a fait état d'une déchirure transfixiante du tendon du sous-épineux et du tendon du sus-épineux. Le docteur D.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, a attesté une incapacité de travail de 50 % dès le 4 octobre 2017, puis de 100 % dès le 13 novembre 2017, date à laquelle l'assuré s'est soumis à une réparation arthroscopique de la coiffe droite par suture du sus-épineux et du sous-épineux. A partir du 24 avril 2018, il a progressivement repris son travail. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> Se fondant sur le rapport de son médecin-conseil, le docteur E.________, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, du 17 janvier 2018, AXA a rendu le 19 février 2018 une décision par laquelle elle a mis un terme au versement de ses prestations au 11 septembre 2017, au motif qu'à partir de cette date, il n'existait plus de lien de causalité entre l'évènement assuré et les troubles allégués. Le 2 juillet 2018, elle a rejeté l'opposition formée par l'assuré contre cette décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Saisie d'un recours contre la décision sur opposition du 2 juillet 2018, la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel l'a admis par jugement du 10 mai 2019. Elle a annulé la décision attaquée et a renvoyé la cause à AXA pour nouvelle décision au sens des considérants. Elle a considéré en résumé que la déchirure tendineuse constituait une lésion assimilée à un accident au sens de l'<span class="artref">art. 6 al. 2 LAA</span> et que le rapport du docteur E.________ ne suffisait pas pour établir de façon manifeste le caractère exclusivement dégénératif des lésions, ni au moment de l'accident ni postérieurement. Dès lors, il incombait à AXA d'allouer les prestations d'assurance au-delà du 11 septembre 2017 et le cas échéant d'examiner à nouveau à partir de quelle date le status quo sine vel ante aura été atteint. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">AXA interjette un recours contre ce jugement, en concluant principalement à sa réforme dans le sens de la confirmation de la décision sur opposition du 2 juillet 2018 et subsidiairement à son annulation et au renvoi de la cause à l'autorité précédente pour nouvelle décision. </div> <div class="para">L'intimé conclut au rejet du recours. L'Office fédéral de la santé publique ne s'est pas déterminé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> Le recours est recevable contre les décisions finales, à savoir contre les décisions qui mettent fin à la procédure (<span class="artref">art. 90 LTF</span>), et contre les décisions partielles, soit celles qui statuent sur un objet dont le sort est indépendant de celui qui reste en cause (<span class="artref">art. 91 let. a LTF</span>) ou qui mettent fin à la procédure à l'égard d'une partie des consorts (<span class="artref">art. 91 let. b LTF</span>). Les décisions préjudicielles et incidentes autres que celles concernant la compétence ou les demandes de récusation (cf. <span class="artref">art. 92 LTF</span>) ne peuvent faire l'objet d'un recours que si elles peuvent causer un préjudice irréparable (<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span>) ou si l'admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> En règle générale, une décision de renvoi ne met pas fin à la procédure (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-V-477%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page477">ATF 133 V 477</a> consid. 4.2 p. 482; arrêt 8C_819/2017 du 25 septembre 2018 consid. 1.2.1 non publié in <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-V-354%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page354">ATF 144 V 354</a>) et n'est pas non plus de nature à causer un préjudice irréparable aux parties, le seul allongement de la durée de la procédure ou le seul fait que son coût s'en trouve augmenté n'étant pas considéré comme constitutif d'un tel dommage (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-V-477%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page477">ATF 133 V 477</a> précité consid. 5.2.1 et 5.2.2 p. 483). Néanmoins, si l'arrêt de renvoi ne laisse aucune latitude de jugement à l'autorité administrative appelée à statuer (à nouveau), il est assimilé à une décision finale et peut, de ce fait, faire l'objet d'un recours en matière de droit public (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-V-280%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page280">ATF 144 V 280</a> consid. 1.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-V-141%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page141">135 V 141</a> consid. 1.1 p. 143; arrêt 9C_611/2015 du 8 mars 2016 consid. 1.2). Lorsque l'autorité administrative à laquelle la cause est renvoyée dispose de la qualité pour recourir au Tribunal fédéral, elle doit également pouvoir attaquer un arrêt de renvoi lui enjoignant de rendre une décision qu'elle juge contraire au droit; à défaut, elle subirait en effet un préjudice irréparable au sens de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span>, étant contrainte de rendre une décision qu'elle considère comme contraire au droit sans pouvoir ensuite la remettre en cause devant l'autorité de recours, respectivement devant le Tribunal fédéral (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-IV-377%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page377">ATF 144 IV 377</a> consid. 1 p. 379; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-V-26%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page26">142 V 26</a> consid. 1.2 p. 28 s.). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.3.</b> En l'espèce, le jugement attaqué s'analyse comme une décision de renvoi qui, en tant qu'elle oblige AXA à allouer les prestations d'assurance au-delà du 11 septembre 2017, à charge pour elle d'examiner à nouveau à partir de quelle date le statu quo sine vel ante aura été atteint, ne laisse aucune latitude de jugement à l'assureur-accidents appelé à statuer à nouveau et doit donc être assimilée à une décision finale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.4.</b> Pour le surplus, le recours est dirigé contre un arrêt rendu en matière de droit public (<span class="artref">art. 82 ss LTF</span>) par une autorité cantonale de dernière instance (<span class="artref">art. 86 al. 1 let</span>. d LTF). Il a été déposé dans le délai (<span class="artref">art. 100 LTF</span>) et la forme (<span class="artref">art. 42 LTF</span>) prévus par la loi. Il est donc recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le litige porte sur le droit de l'assuré à des prestations de l'assurance-accidents au-delà du 11 septembre 2017. </div> <div class="para">La procédure portant sur l'octroi ou le refus de prestations en espèces de l'assurance-accidents, le Tribunal fédéral n'est pas lié par les faits établis par l'autorité précédente (<span class="artref">art. 97 al. 2 et <artref id="CH/173.110/105/3" type="start"></artref>art. 105 al. 3 LTF</span><artref id="CH/173.110/97/2" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Dans la mesure où l'accident est survenu le 21 août 2017, la loi sur l'assurance-accidents (LAA) dans sa teneur en vigueur dès le 1er janvier 2017 s'applique au cas d'espèce (cf. par. 1 des dispositions transitoires sur la modification de la LAA du 25 septembre 2015, RO 2016 4375, 4388). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.1.</b> Considérant que la lésion de déchirure transfixiante des tendons du sous-épineux et du sus-épineux entrait dans la liste des lésions assimilées à un accident selon l'<span class="artref">art. 6 al. 2 LAA</span>, les premiers juges ont examiné si celle-ci était d'origine exclusivement dégénérative. D'après les constatations du docteur E.________, il était vraisemblable qu'une atteinte dégénérative ait joué un rôle important, voire prépondérant dans la survenance de la lésion; en outre, dans la majorité des cas, une contusion simple de l'épaule guérissait sans séquelles en moins d'un mois, de sorte que le statu quo sine aurait dû être retrouvé à cette échéance. Admettant qu'il était certes probable qu'une atteinte dégénérative ait exercé une influence déterminante sur la survenance des lésions constatées, la cour cantonale a néanmoins considéré que le rapport du docteur E.________ ne suffisait pas pour établir de façon manifeste le caractère exclusivement dégénératif de ces lésions, ni au moment de l'accident ni postérieurement. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.</b> La recourante fait grief à la cour cantonale d'avoir établi les faits et apprécié les preuves de manière manifestement inexacte. Selon elle, le rapport du docteur E.________ du 17 janvier 2018 ne laisserait aucun doute quant à l'exclusion d'un lien de causalité entre les troubles allégués et l'évènement assuré. Par ailleurs, les premiers juges auraient violé le droit fédéral en appliquant un degré de preuve qui irait au-delà des exigences légales prévues à l'<span class="artref">art. 6 al. 2 LAA</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.</b> Les parties s'accordent sur l'existence d'une lésion qui entre dans la liste de l'<span class="artref">art. 6 al. 2 let</span>. f LAA (déchirure des tendons du sous- et du sus-épineux). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.</b> Dans l'arrêt 8C_22/2019 du 24 septembre 2019 (publié aux <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F146-V-51%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page51">ATF 146 V 51</a>), le Tribunal fédéral a examiné les répercussions de la modification législative relative aux lésions corporelles assimilées à un accident. Il s'est notamment penché sur la question de savoir quelle disposition était désormais applicable lorsque l'assureur-accidents avait admis l'existence d'un accident au sens de l'<span class="artref">art. 4 LPGA</span> et que l'assuré souffrait d'une lésion corporelle au sens de l'<span class="artref">art. 6 al. 2 LAA</span>. Le Tribunal fédéral a admis que dans cette hypothèse, l'assureur-accidents devait prendre en charge les suites de la lésion en cause sur la base de l'<span class="artref">art. 6 al. 1 LAA</span>. En revanche, en l'absence d'un accident au sens juridique, le cas devait être examiné sous l'angle de l'<span class="artref">art. 6 al. 2 LAA</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F146-V-51%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page51">ATF 146 V 51</a> consid. 9.1 p. 70; résumé dans la RSAS 1/2020 p. 33 ss; arrêt 8C_169/2019 du 10 mars 2020 consid. 5.2). </div> <div class="para">En l'espèce, la recourante a admis - à juste titre - que l'évènement du 21 août 2017 était constitutif d'un accident. Dès lors, la cause doit être examinée exclusivement sous l'angle de l'<span class="artref">art. 6 al. 1 LAA</span>. Le jugement attaqué ayant été rendu le 10 mai 2019, soit avant l'arrêt 8C_22/2019 du 24 septembre 2019 précité, la cour cantonale n'a pas pu tenir compte de la nouvelle jurisprudence fédérale en matière de lésions corporelles assimilées à un accident, de sorte qu'on ne saurait lui reprocher une violation du droit fédéral à cet égard. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.3.</b> Il reste à examiner la question du lien de causalité entre les lésions constatées et l'accident du 21 août 2017. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.3.1.</b> Dans un rapport du 17 janvier 2018, le docteur E.________ a pris position sur l'existence d'un lien de causalité naturelle entre l'évènement du 21 août 2017 et les troubles allégués par l'assuré et l'a exclu pour les raisons suivantes: l'âge du patient; l'action vulnérante de l'événement; le fait qu'il n'y avait pas eu d'arrêt de travail dans les suites de cet évènement; l'IRM du 11 septembre 2017. D'après ce médecin-conseil, une contusion simple de l'épaule guérissait sans séquelles en moins d'un mois, de sorte qu'il fallait considérer que le statu quo sine de l'évènement du 21 août 2017 avait été retrouvé à cette échéance, notamment après l'IRM qui avait permis d'exclure la présence de lésions traumatiques objectivables. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.3.2.</b> L'intimé y oppose le rapport du docteur D.________ du 27 mars 2018, dans lequel celui-ci soutient que l'IRM était de nature à bien expliquer les suites du traumatisme du 21 août 2017, dans la mesure où une déchirure transfixiante de la coiffe était notée sans amyotrophie décelée, ce qui rendait compte de l'aspect nouveau, soudain et non dégénératif de la coiffe. En outre, une contusion modérée du muscle sous-épineux dans sa partie distale était visible, ce qui était également un signe pour un élément nouveau, contrairement à ce qui était dit dans le rapport du médecin-conseil de l'assurance, où celui-ci notait une absence de lésion traumatique visible à l'IRM sur la face supérieure de l'épaule. D'après ce spécialiste, l'IRM montrait donc bel et bien un élément traumatique récent. Les éléments dégénératifs étaient donc bien faibles compte tenu de l'aspect aigu des symptômes présentés immédiatement et dans les deux semaines après le traumatisme d'août 2017. Du point de vue objectif, l'IRM montrait une absence d'amyotrophie, alors qu'en cas de troubles dégénératifs celle-ci aurait dû être présente. Le docteur D.________ en a conclu qu'il existait un lien de causalité entre l'accident du 21 août 2017 et les troubles présentés par le patient. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.3.3.</b> Lorsqu'un cas d'assurance est réglé sans avoir recours à une expertise dans une procédure au sens de l'<span class="artref">art. 44 LPGA</span>, l'appréciation des preuves est soumise à des exigences sévères: s'il existe un doute même minime sur la fiabilité et la validité des constatations d'un médecin de l'assurance, il y a lieu de procéder à des investigations complémentaires (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-V-225%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page225">ATF 139 V 225</a> consid. 5.2 p. 229; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-V-465%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page465">135 V 465</a> consid. 4.4 p. 470). </div> <div class="para">En l'espèce, il existe bien de tels doutes sur les conclusions du docteur E.________. Dans son rapport du 27 mars 2018, le docteur D.________ a exposé que les imageries réalisées trois semaines après l'évènement accidentel démontraient bel et bien l'existence d'éléments parlant en faveur d'une origine traumatique des atteintes. Il a notamment relevé la présence d'une contusion modérée du muscle sous-épineux dans sa partie distale. Cet aspect, qui correspond par ailleurs aux constatations faites dans le rapport d'IRM, n'a pourtant pas été abordé par le docteur E.________. Ce dernier a affirmé de manière péremptoire que l'IRM ne montrait aucune lésion traumatique, notamment de la face supérieure de l'épaule qui avait heurté la face inférieure de la portière de l'armoire. Les appréciations des deux médecins s'opposent aussi quant à l'existence respectivement à l'absence d'une amyotrophie des muscles concernés (sous-épineux et sus-épineux), laquelle serait même "avancée" selon les dires du docteur E.________, alors que dans le rapport d'IRM il est indiqué "absence d'atrophie musculaire". Les autres facteurs cités par le docteur E.________, tels que l'âge de l'assuré, l'absence d'arrêt de travail dans les suites immédiates de l'accident ou encore la présence d'un état antérieur à l'épaule droite sont, certes, à prendre en considération dans une appréciation globale. Toutefois, compte tenu de la période relativement courte entre la survenance de l'accident et la cessation des prestations d'assurance, ces facteurs ne sauraient avoir une prévalence sur les constatations faites par imageries, dont l'interprétation est contestée de manière circonstanciée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.4.</b> Lorsqu'il existe des doutes sur la fiabilité et la pertinence de l'appréciation du médecin-conseil, il appartient en premier lieu à l'assureur-accidents de procéder à des instructions complémentaires pour établir d'office l'ensemble des faits déterminants et, le cas échéant, d'administrer les preuves nécessaires avant de rendre sa décision (<span class="artref">art. 43 al. 1 LPGA</span>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F132-V-368%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page368">ATF 132 V 368</a> consid. 5 p. 374; arrêt 8C_401/2019 du 9 juin 2020 consid. 5.3.3 et ses références). Dès lors, la cause ne sera pas renvoyée à l'autorité précédente, comme le requiert la recourante, mais à cette dernière, afin qu'elle mette en oeuvre une expertise dans une procédure au sens de l'<span class="artref">art. 44 LPGA</span> et qu'elle rende une nouvelle décision. Dans cette mesure, le recours se révèle bien fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">En ce qui concerne la répartition des frais judiciaires et des dépens, le renvoi de la cause pour nouvel examen et décision revient à obtenir gain de cause au sens des art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF, indépendamment du fait qu'une conclusion ait ou non été formulée à cet égard, à titre principal ou subsidiaire (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-V-210%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page210">ATF 137 V 210</a> consid. 7.1 p. 271; arrêt 8C_465/2017 du 12 janvier 2018 consid. 5, non publié in <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=11&amp;from_date=25.06.2020&amp;to_date=14.07.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-V-42%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page42">ATF 144 V 42</a>). L'intimé, qui succombe, supportera les frais de justice (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Bien qu'elle obtienne gain de cause, la recourante n'a pas droit à une indemnité de dépens (<span class="artref">art. 68 al. 3 LTF</span>). Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu de modifier la décision de l'autorité précédente sur les dépens (<span class="artref">art. 68 al. 5 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est partiellement admis. La décision de la Cour de droit public du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel du 10 mai 2019 et la décision sur opposition de l'AXA Assurances SA du 2 juillet 2018 sont annulées. La cause est renvoyée à la recourante pour instruction complémentaire et nouvelle décision. Le recours est rejeté pour le surplus. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 800 fr., sont mis à la charge de l'intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties, à la Cour de droit public du Tribunal cantonal de la République et canton de Neuchâtel et à l'Office fédéral de la santé publique. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 9 juillet 2020 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit social </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Maillard </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Elmiger-Necipoglu </div> </div></body></html>