<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp311264"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>106 Ib 353<br/><br/><br/><div class="paraatf">54. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit public du 11 novembre 1980 en la cause Batthyany contre Tribunal administratif du canton de Genève (recours de droit administratif)</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp312768"></a> <a name="idp319536"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Erwerb des Schweizerbürgerrechts gemäss Art. 5 Abs. 1 lit. a und 57 Abs. 6 BüG: Der Wohnsitzbegriff richtet sich nach dem Wohnsitzbegriff der <span class="artref"><artref id="CH/210/23" type="start"></artref>Art. 23 und 25 ZGB</span><artref id="CH/210/25" type="end"></artref> (Bestätigung der Rechtsprechung) und nicht nach demjenigen des <span class="artref">Art. 24 Abs. 2 ZGB</span>. <div class="paratf"> </div> </div> </div> <a name="idp326016"></a> <br/><div> <a name="idp332288"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 353</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page353"></a><div class="center pagebreak">BGE 106 Ib 353 S. 353</div> </div> <div class="paraatf"> Ressortissante suisse originaire de Genève, Elenka Beckh a épousé, le 1er octobre 1966, Adam Batthyany, ressortissant autrichien; elle a déclaré alors vouloir conserver sa nationalité suisse.</div> <div class="paraatf">Les époux se sont installés en Autriche après leur mariage. Au début du mois de juillet 1968, ils se sont rendus à Genève, où ils ont vécu dans l'appartement des parents de l'épouse. Le 14 août 1968, dame Batthyany a accouché à Genève d'un fils prénommé Philippe. Celui-ci a été inscrit à l'état civil sous la nationalité autrichienne de son père.</div> <div class="paraatf">Le 30 septembre 1968, le père se réinscrivit au Contrôle des habitants de la commune autrichienne où il habitait précédemment et d'où il avait annoncé son départ le 1er juin 1968. Toutefois, les époux et leur enfant <a name="page354"></a><div class="center pagebreak">BGE 106 Ib 353 S. 354</div>se sont installés en République fédérale d'Allemagne, où le mari a entrepris des études.</div> <div class="paraatf">Philippe Batthyany a demandé la reconnaissance de sa nationalité suisse, en application de l'art. 57 al. 6 de la loi fédérale sur l'acquisition et la perte de la nationalité suisse (LN; RS 141.0). La Chancellerie d'Etat du canton de Genève a rejeté cette demande par décision du 27 avril 1979, en considérant que le père de l'enfant n'était point domicilié à Genève à la naissance du requérant. Par arrêt du 12 décembre 1979, le Tribunal administratif du canton de Genève a également rejeté un recours contre cette décision.</div> <div class="paraatf">Agissant par la voie du recours de droit administratif, Philippe Batthyany a conclu à l'annulation de l'arrêt cantonal.</div> <div class="paraatf">Le Tribunal fédéral a rejeté le recours, en bref pour les motifs suivants:</div> <br/><div> <a name="idp340160"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Considérant en droit:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp341120"></a><span class="bold" id="consideration_1.">1. </span>a) En vertu de l'<span class="artref">art. 57 al. 6 LN</span>, introduit par la loi fédérale du 25 juin 1976 modifiant le Code civil (filiation), l'enfant d'un père étranger et d'une mère d'origine suisse, qui n'a pas atteint l'âge de 22 ans le 1er janvier 1978, pouvait demander la reconnaissance de sa citoyenneté suisse, "si les père et mère avaient leur domicile en Suisse lors de sa naissance".</div> <div class="paraatf">En l'espèce, seule est litigieuse l'existence d'un domicile en Suisse des parents à la naissance de l'enfant, les autres conditions légales étant remplies.</div> <div class="paraatf">b) Dans son arrêt Spada du 23 novembre 1979 (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1980&amp;to_year=1980&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F105-IB-225%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page225">ATF 105 Ib 225</a> ss.), le Tribunal fédéral, examinant la notion de "domicile" au sens de l'<span class="artref">art. 57 al. 6 LN</span> - comme aussi des <span class="artref">art. 5 al. 1 lettre a LN</span> et 44 al. 3 Cst. -, en a déduit que cette notion était celle de l'<span class="artref">art. 23 CC</span> et non pas celle définie à l'<span class="artref">art. 36 LN</span>. Selon cet arrêt, l'exigence du domicile des parents en Suisse lors de la naissance de l'enfant s'explique par le fait que, si les parents sont domiciliés en Suisse, on peut aussi s'attendre à ce que l'enfant y vive à l'avenir, circonstance justifiant l'octroi à l'enfant de la nationalité de la mère. A côté de la résidence (élément objectif), la loi exige donc également l'intention de demeurer en Suisse de manière durable (élément subjectif). En effet, si l'on faisait abstraction de ce dernier élément, il s'ensuivrait qu'un enfant dont la mère est Suissesse d'origine obtiendrait la nationalité suisse par le seul fait que ses parents viendraient en Suisse au moment de la naissance et retourneraient à l'étranger peu de temps après (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1980&amp;to_year=1980&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F105-IB-225%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page232">ATF 105 Ib 232</a>).</div> <div class="paraatf"> <a name="page355"></a><div class="center pagebreak">BGE 106 Ib 353 S. 355</div> </div> <div class="paraatf">En l'état actuel de la législation (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1980&amp;to_year=1980&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F105-IB-63%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page66">ATF 105 Ib 66</a> /67 consid. d), il y a lieu de s'en tenir à cette jurisprudence qui demeure pleinement valable. Reste à examiner si la référence des <span class="artref">art. 44 al. 3 Cst.</span>, 5 et 57 al. 6 LN au domicile selon le droit civil se rapporte également au domicile dit "fictif" de l'<span class="artref">art. 24 al. 2 CC</span>, selon lequel le lieu où la personne réside est considéré comme son domicile, lorsque l'existence d'un domicile antérieur ne peut être établie ou lorsqu'elle a quitté son domicile à l'étranger et n'en a pas acquis un nouveau en Suisse.</div> <div class="paraatf">c) D'une manière générale, lorsqu'une règle de droit se réfère à la notion de droit civil du domicile, il y a lieu de déterminer dans chaque cas, en fonction du sens de ce renvoi, s'il se rapporte seulement au domicile selon les <span class="artref"><artref id="CH/210/23" type="start"></artref>art. 23 et 25 CC</span><artref id="CH/210/25" type="end"></artref> ou aussi au domicile fictif de l'<span class="artref">art. 24 CC</span> (BUCHER, Vorbemerkungen vor Art. 22 ZGB n. 21, 43, n. 4, 7 ad art. 24; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1980&amp;to_year=1980&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F96-I-145%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page149">ATF 96 I 149</a> à propos de l'<span class="artref">art. 59 Cst.</span>). En l'espèce, il ressort clairement du but de la règle légale, tel que l'a rappelé l'arrêt Spada, que les <span class="artref">art. 44 al. 3 Cst.</span>, 5 et 57 al. 6 LN se réfèrent à la notion de domicile civil des <span class="artref"><artref id="CH/210/23" type="start"></artref>art. 23 et 25 CC</span><artref id="CH/210/25" type="end"></artref> et non point à celle de domicile fictif de l'<span class="artref">art. 24 al. 2 CC</span>; en effet, dans cette dernière hypothèse, la seule résidence en Suisse des parents sans intention d'y demeurer de façon durable ne permet pas de supposer que l'enfant vivra en Suisse, ce qui, comme on l'a vu, est le motif essentiel pour lequel la loi exige que les deux parents soient domiciliés en Suisse au moment de la naissance de l'enfant. Dès lors, pour l'application des art. 5 al. 1 lettre a et 57 al. 6 LN, l'existence d'un domicile fictif selon l'<span class="artref">art. 24 al. 2 CC</span> ne saurait suppléer à l'absence de domicile civil selon les <span class="artref"><artref id="CH/210/23" type="start"></artref>art. 23 et 25 CC</span><artref id="CH/210/25" type="end"></artref>.</div> <div class="paraatf">Il y a donc lieu uniquement d'examiner si, à la naissance du recourant, ses parents étaient domiciliés à Genève, au sens de l'<span class="artref">art. 23 CC</span>.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp388752"></a><span class="bold" id="consideration_2.">2. </span>Selon cette disposition, le domicile de toute personne est au lieu où elle réside avec l'intention de s'y établir.</div> <div class="paraatf">Saisi d'un recours contre la décision d'un tribunal administratif cantonal, le Tribunal fédéral est lié par les faits constatés dans la décision attaquée, sauf lorsqu'ils sont manifestement inexacts ou incomplets ou s'ils ont été établis au mépris de règles essentielles de procédure (<span class="artref">art. 105 al. 2 OJ</span>). Toutefois, en vertu de la jurisprudence relative à l'application de l'<span class="artref">art. 23 CC</span>, l'intention de s'établir en un lieu déterminé n'est point considérée comme un fait liant le Tribunal fédéral, mais comme une question de droit qui <a name="page356"></a><div class="center pagebreak">BGE 106 Ib 353 S. 356</div>peut être librement examinée sur la base des faits retenus par la juridiction cantonale. Cette intention doit être admise s'il résulte de l'ensemble du comportement de la personne, reconnaissable par les tiers, qu'elle entend faire de sa résidence de façon durable le centre de son activité (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1980&amp;to_year=1980&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F97-II-1%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page3">ATF 97 II 3</a> consid. 3).</div> <div class="paraatf">Sur la base de ce critère, le Tribunal administratif a clairement démontré que, pendant toute la période où il a séjourné à Genève, le père du recourant n'a eu aucune attitude concluante dont on puisse déduire avec une vraisemblance suffisante sa volonté de s'établir dans cette ville de façon durable. Il a ainsi retenu à juste titre que l'installation précaire de M. Batthyany chez ses beaux-parents, l'absence de travail et le défaut d'inscription auprès des autorités locales étaient des motifs pertinents pour considérer que l'intéressé n'avait pas fait de Genève le centre de ses intérêts personnels, ni conféré à son séjour de deux mois et demi dans cette ville la stabilité exigée par la définition du domicile. (...)</div> </div></body></html>