B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour IV D-2422/2016 A r r ê t d u 4 j u i l l e t 2 0 1 7 Composition Claudia Cotting-Schalch, juge unique, avec l'approbation de Daniele Cattaneo, juge ; Duc Cung, greffier. Parties A._______, né le (…), Turquie, représenté par Me Hüsnü Yilmaz, recourant, contre Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière / procédure Dublin) et renvoi ; décision du SEM du 11 avril 2016 / N (…). D-2422/2016 Page 2 Faits : A. Entré clandestinement en Suisse le (…) 2015, A._______ y a, le même jour, déposé une demande d'asile. B. Les investigations entreprises par le Secrétariat d’Etat aux migrations (ci-après : le SEM) sur la base d’une comparaison dactyloscopique avec l’unité centrale du système européen « Eurodac » ont permis d’établir que les empreintes digitales de l’intéressé avaient été relevées en Hongrie, le (…) 2015. C. Entendu le (…) 2015 sur ses données personnelles (audition sommaire), A._______ a notamment expliqué avoir quitté la Turquie le (…) 2015 et s’être rendu en bus jusqu’en [nom du pays]. Il aurait ensuite poursuivi son voyage à pied, en train et en voiture, traversant plusieurs pays avant d’arriver en Suisse, dont notamment la Hongrie où ses empreintes digitales ont été enregistrées. Invité par le SEM à se déterminer sur le prononcé éventuel d'une décision de non-entrée en matière et de transfert vers la Hongrie, Etat en principe responsable pour traiter sa demande d'asile au vu des empreintes digitales qui y avaient été relevées, le recourant a répondu qu’il ne voulait pas aller en Hongrie, car la Suisse était plus ordrée et démocratique. Egalement interrogé sur son état de santé, il a fait état de douleurs au cœur. D. En date du (…) 2015, le SEM a soumis aux autorités hongroises compétentes une requête aux fins de prise en charge de l’intéressé, fondée sur l'art. 13 par. 1 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établ issant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte), (JO L 180/31 du 29.6.2013, ci-après : règlement Dublin III). E. Le (…) 2016, les autorités hongroises compétentes , informant la Suisse que le recourant avait déposé une demande d’asile en Hongrie en date du (…) 2015, ont expressément accepté de le reprendre en charge, sur la base de de l’art. 18 par. 1 point b du règlement Dublin III. D-2422/2016 Page 3 F. En date du (…) 2016, le Secrétariat d’Etat a adressé un courrier à l’intéressé afin qu’il puisse exercer son droit d’être entendu sur les informations transmises par les autorités hongroises et l’a invité à fournir des précisions sur son état de santé, notamment par la production d’un rapport médical. G. Sous la plume de son mandataire, le rec ourant a indiqué, le (…) 2016, qu’il n’avait déposé aucune demande d’asile en Hongrie. En outre, en raison des conditions d’accueil régnant dans ce pays, il a déclaré s’opposer à son transfert et invité le SEM à faire usage de la clause de souveraineté. Il a également invoqué le fait qu’il souffrait d’un problème cardiologique important et que le suivi médical nécessaire ne pouvait être assuré en Hongrie. Un rapport médical a été produit le (…) 2016. H. Par décision du 11 avril 2016, notifiée le (…) suivant, le SEM, se fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de A._______, a prononcé son renvoi (recte : transfert) vers la Hongrie, pays compétent pour traiter sa requête selon le règlement Dublin III, et ordonné l'exécution de cette mesure, constatant en outre l'absence d'effet suspensif à un éventuel recours. I. L’intéressé a interjeté recours contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral (ci -après : le Tribunal), le (…) 2016 (date du sceau postal). Il a , à titre préalable, demandé l’octroi, d’une part , de l’effet suspensif (art. 107a al. 2 LAsi) et, d’autre part, de l’assistance judiciaire partielle (art. 65 al. 1 PA) ainsi que la nomination d’un mandataire d’office (art. 65 al. 2 PA, par renvoi de l’art. 110 a al. 2 LAsi) , et conclu, à titre principal, à l’annulation de la décision précitée et à l’entrée en matière sur sa demande d’asile ou, subsidiairement, à l’annulation de la décision précitée et au renvoi de la cause à l’autorité intimée pour nouvelle instruction et nouvelle décision. J. Par ordonnance du (…) 2016, le Tribunal a susp endu l’exécution du transfert du recourant, à titre de mesures provisionnelles (art. 56 PA). D-2422/2016 Page 4 K. Par décision incidente du (…) 2016, le Tribunal a accordé l'effet suspensif au recours et admis la demande d'assistance judiciaire partielle formulée par le recourant. Sa demande d’assistance judiciaire totale a, en revanche, été rejetée. L. Le (…) 2016 a eu lieu la célébration du mariage de l’intéressé avec B._______, ressortissante turque titulaire d’une autorisation d’établissement en Suisse. A cet égard, celui-ci a produit son certificat de famille auprès du Tribunal, le (…) 2016, indiquant qu’il allait entamer la procédure en vue d’un regroupement familial. M. Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si besoin, dans les considérants qui suivent. Droit : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 LTAF, le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par le SEM concernant l'asile peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 105 en relation avec l'art. 6a al. 1 LAsi; art. 33 let. d LTAF et art. 83 let. d ch. 1 LTF), exception non réalisée en l'espèce. 1.2 A._______ a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et le délai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 al. 1 et art. 52 al. 1 PA, applicables par renvoi de l'art. 37 LTAF et art. 108 al. 2 LAsi). 1.3 Saisi d'un recours contre une décision de non -entrée en matière sur une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien -fondé d'une telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2; 2009/54 consid. 1.3.3; 2007/8 consid. 5). D-2422/2016 Page 5 1.4 Il applique le droit d'office, sans être lié par les motifs invoqués (cf. art. 62 al. 4 PA) ni par l'argumentation juridique développée dans la décision entreprise (cf. MOOR/POLTIER, Droit administratif, vol. II, 3ème éd., Berne 2011, p. 782). La procédure est régie par la maxime inquisitoire, ce qui signifie que le Tribunal c onstate les faits d'office (cf. art. 12 PA) et apprécie les preuves selon sa libre conviction (cf. art. 40 de la loi du 4 décembre 1947 de procédure civile fédérale [PCF, RS 273], applicable par le renvoi de l'art. 19 PA). Les parties doivent toutefois col laborer à l'établissement des faits (art. 8 LAsi) et motiver leur recours (art. 52 PA). En conséquence, l'autorité judiciaire saisie se limite en principe aux griefs soulevés et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la mesure où les argum ents des parties ou le dossier l'y incitent (cf. ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; ATF 122 V 157 consid. 1a, 121 V 204 consid. 6c; Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération [JAAC] 61.31 consid. 3.2.2; MOSER/BEUSCH/ KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2ème éd., 2013, no 1.55, p. 25 ; KÖLZ/HÄNER/BERTSCHI,Verwaltungsverfahren und Verwaltungs - rechtspflege des Bundes, 3 ème éd., 2013, n o 1136, p. 398 ; voir aussi CLÉMENCE GRISEL, L'obligation de collaborer des parties en procédure administrative, 2008, p. 57, 76 et 82 s.). 2. 2.1 En l’occurrence, il y a lieu de déterminer si le SEM était fondé à faire application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi. 2.2 Avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement Dublin III. S 'il ressort de cet examen qu'un autre Etat est responsable du traitement de la demande d'asile, le SEM rend une décision de non-entrée en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant (cfr. ATAF 2015/41 consid. 3.1). 2.3 Aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui -ci étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III. La procédure de détermination de l'Etat responsable est engagée, aussitôt qu'une demande D-2422/2016 Page 6 d'asile a été déposée pour la premiè re fois dans un Etat membre (art. 20 par. 1 du règlement Dublin III). Dans une procédure de prise en charge (anglais : take charge), les critères énumérés au chapitre III du règlement (art. 8 -15) doivent être appliqués successivement (principe de l'applica tion hiérarchique des critères de compétence, art. 7 par. 1 du règlement Dublin III). Pour ce faire, il y a lieu de se baser sur la situation existant au moment du dépôt de la première demande dans un Etat membre (art. 7 par 2 du règlement Dublin III ; ATAF 2012/4 consid. 3.2 ; FILZWIESER/SPRUNG, Dublin III-Verordnung, Vienne 2014, pt. 4 sur l'art. 7). En revanche, dans une procédure de reprise en charge (anglais : take back), il n'y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon le chapitre III (ATAF 2012/4 consid. 3.2.1 et réf. citées). En vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l 'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d 'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l 'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l 'Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000, ci-après: CharteUE), l 'Etat procédant à la détermination de l 'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être désigné comme responsable. Lorsqu 'il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel la demande a été introduite, l 'Etat membre procédant à la détermination devient l 'Etat responsable. L'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection internationale en vertu du règlement est tenu de reprendre en charge, dans les conditions pr évues aux art. 23, 24, 25 et 29, le demandeur dont la demande est en cours d'examen et qui a présenté une demande auprès d'un autre Etat membre ou qui se trouve, sans en avoir reçu la permission, sur le territoire d'un autre Etat membre (art. 18 par. 1 point b du règlement Dublin III). 2.4 Sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III (clause de souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande D-2422/2016 Page 7 de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement. 3. 3.1 En l’espèce, les investigations entreprises par le SEM ont établi, après consultation de l'unité centrale du système européen «Eurodac», que les empreintes digitales de l’intéressé avaient été relevées en Hongrie, le (…) 2015. 3.2 En date du (…) 2015, le Secrétariat d’Eta t a soumis aux autorités hongroises compétentes, dans le délai fixé à l'art. 21 par. 1 du règlement Dublin III, une requête aux fins de prise en charge de l’intéressé, fondée sur l'art. 13 par. 1 de ce même règlement. 3.3 Dans leur réponse du (…) 2016, les autorités hongroises ont indiqué que A._______ avait déposé une demande d’asile en Hongrie, le (…) 2015, et qu’elles acceptaient dès lors expressément de le re prendre en charge, reconnaissant ainsi leur compétence pour traiter sa demande d'asile. 3.4 Si le recourant conteste avoir déposé une demande d’asile en Hongrie, il n’appartient cependant pas à la Suisse de vérifier cet élément, ce d’autant moins que c’est la Hongrie elle -même qui a révélé cette information et qu’elle a expressément accepté la reprise en charge de l’intéressé (cf. ATAF 2012/4). 3.5 Partant, la responsabilité de la Hongrie pour l'examen de la demande d'asile du recourant est établie. 4. Dans son recours du 20 avril 2016, A._______ n’a pas contesté la compétence de la Hongrie. Il s’est en revanche opposé à son transfert vers ce pays, relevant, en substance , que les conditions d’accueil y étaient désastreuses et que les transferts devaient dès lors être suspendus . Il a en outre indiqué que, dans son cas particulier, sa prise en charge adéquate en cas de transfert vers la Hongrie n’était pas garantie, au vu de son état de santé. 5. D-2422/2016 Page 8 5.1 Dans un arrêt du 31 mai 2017, rendu en la cause D-7853/2015 (publié en tant qu’ arrêt de référence), le Tribunal a analysé de manière approfondie l’évolution de la situation des requérants d’asile en Hongrie – en particulier ceux transférés en application du règlement Dublin III – depuis l’important flux migratoire auquel a dû faire face ce pays en 2015. Il a constaté l’existence de nombreuses carences dans le système d’asile hongrois, en ce qui concerne notamment l’accès à la procédure d’asile ainsi que l’hébergement des requérants dans les zones de transit. Le Tribunal s’est en particulier penché sur l’entrée en vigueur, le 28 mars 2017, de l’acte T/13976 sur « l’amendement de plusieurs lois concernant le renforcement de la procédure d’asile conduite dans la zone surveillée de la frontière hongroise ». Il a relevé que la mise en œuvre de cet acte, lequel implique un durcissement significatif de la législation hongroise en matière d’asile, et est en outre applicable à toutes les procédures d’asile en cours, compte tenu de son effet rétroactif, entraîne de nombreuse incertitudes et interrogations quant à son application concrète. Il ne peut ainsi notamment pas être déterminé avec certitude si, suite à un transfert vers la Hongrie, les demandeurs d’asile seront considérés comme des clandestins, et donc transférés en zones dites de pré-transit, ou en tant que requérants dont la demande serait examinée en zone de transit. Le Tribunal est dès lors arrivé à la conclusion, qu’au vu des nombreuses incertitudes causées par ce récent cha ngement législatif, liées tant à l’accès à la procédure, qu’aux conditions d’accueil, il ne lui était, en l’état, pas possible de se prononcer sur l’existence de défaillances systémiques, au sens de l’art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, ou sur les questions liées aux risques réels (« real risk »), auxquels pourraient faire face les requérants d’asile en cas de transfert vers la Hongrie. En conséquence, il a annulé la décision attaquée et renvoyé l’affaire au SEM pour nouvelle décision, estimant qu’il incombait à l’autorité de première instance de réunir tous les éléments de fait utiles permettant de trancher ces questions essentielles. A cet égard, il a souligné qu’il ne revenait pas à l’autorité de recours de procéder à des investigations complémentaires complexes et que statuer, en l’état, sur le recours outrepasserait ses compétences, au risque de priver la partie de la double instance (cf. en particulier le consid. 13 de l’arrêt). D-2422/2016 Page 9 5.2 Au vu de ce qui précède et pour les mêmes motifs que ceux exposés dans l’arrêt mentionné ci-avant, le Tribunal n’est pas en mesure de statuer sur le recours du (…) 2016 interjeté contre la décision entreprise. 5.3 Par conséquent, il y a lieu d'admettre le recours, d'annuler la décision attaquée pour constatation incomplète des faits pertinents et violation du droit fédéral (cf. art. 106 al. 1 let. a et b LAsi), et de renvoyer la cause à l'autorité intimée pour complément d'instruction dans le sens des considérants et nouvelle décision (cf. art. 61 al. 1 PA). 6. Au surplus, il y a lieu de relever que le r ecourant s’est marié le (…) 2016 avec B._______, laquelle est au bénéfice d’une autorisation d’établissement en Suisse, et qu’il a indiqué, dans une précédente écriture, vouloir entamer des démarches en vue d’un regroupement familia l. Par conséquent, il y aura également lieu pour le SEM de tenir compte d e cet élément dans le cadre de la nouvelle décision qu’il est amené à rendre. 7. 7.1 L'assistance judiciaire partielle ayant été octroyée par décision incidente du (…) 2016 et l'intéressé a yant eu gain de cause, il n'est pas perçu de frais de procédure (art. 63 al. 3 et 65 al. 1 PA). 7.2 Quant au SEM, il ne doit pas, en tant qu’autorité inférieure, prendre à charge des frais de procédure (cf. art. 63 al. 2 PA). 7.3 En revanche, il doit verser une indemnité à titre de dépens au recourant qui est représenté dans la présente procédure (cf. art. 64 PA). Conformément aux art. 8 à 11 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), et en l'absence d’une note de frais, l'indemnité à titre de dépens est en l’espèce fixée à 1000 francs (TVA comprise) pour l'activité indispensable et utile déployée par le mandataire du recourant dans la présente procédure de recours. D-2422/2016 Page 10 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est admis. 2. La cause est renvoyée au SEM pour nouvelle décision au sens des considérants. 3. Il n'est pas perçu de frais de procédure. 4. Le SEM versera au recourant la somme de 1000 francs à titre de dépens. 5. Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l'autorité cantonale. La juge unique : Le greffier : Claudia Cotting-Schalch Duc Cung Expédition :