An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 20. Dezember 2018
Embargo: 20. Dezember 2018, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 23. November 2018 (6B_209/2018)
Kriterien für Härtefall-Beurteilung bei Landesverweisung
Das Bundesgericht konkretisiert die Kriterien für die Beurteilung, ob ein "Härtefall"
vorliegt, der zum Verzicht auf die strafrechtliche Landesverweisung führt. Bei einem
in der Schweiz geborenen spanischen Staatsangehörigen aus dem Kanton Waadt ist
aufgrund der konkreten Umstände von einem solchen Härtefall auszugehen.
Der 1985 in der Schweiz geborene Spanier war 2017 im Kanton Waadt wegen Raubes
sowie wegen  Verstössen  gegen das Waffen- sowie das Betäubungsmittelgesetz
schuldig gesprochen und zu einer Freiheitsstrafe von 12 Monaten verurteilt worden.
Zudem wurde er für die Dauer von 5 Jahren des Landes verwiesen. 
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde des Mannes teilweise gut. Artikel 66a des
Strafgesetzbuches (StGB) sieht bei bestimmten Delikten (u.a. Raub) die obligatorische
Landesverweisung von Ausländern vor. Gemäss Artikel 66a Absatz 2 StGB kann der
Richter ausnahmsweise auf eine Landesverweisung verzichten, wenn diese für den
Ausländer einen schweren persönlichen Härtefall bewirken würde und die öffentlichen
Interessen an der Landesverweisung die privaten Interessen am Verbleib in der Schweiz
nicht überwiegen. Rechnung zu tragen ist gemäss der Bestimmung der besonderen
Situation von Ausländern, die in der Schweiz geboren oder aufgewachsen sind.
Damit das in der Verfassung garantierte Verhältnismässigkeitsprinzip gewahrt wird,
muss der Richter auf eine Landesverweisung verzichten, wenn die Voraussetzungen
eines Härtefalls erfüllt sind. Im Gesetz wird indessen nicht ausgeführt, was unter einem
persönlichen Härtefall zu verstehen ist und welche Kriterien bei der Interessenabwägung zu berücksichtigen sind. Aus der parlametarischen Debatte kann dazu nichts
Konkretes abgeleitet werden. Allerdings geht daraus hervor, dass der Gesetzgeber Ausnahmen von der obligatorischen Landesverweisung restriktiv regeln und das richterliche
Ermessen im Einzelfall so weit wie möglich einschränken wollte. Es ist gerechtfertigt,
sich für die Anwendung der Härtefallklausel allgemein an den Kriterien zu orientieren,
die im Ausländerrecht für die Erteilung einer Aufenthaltsbewilligung in einem schwerwiegenden persönlichen Härtefall gelten. Zu berücksichtigen sind demnach die Integration,
die Respektierung der Rechtsordnung, die Familienverhältnisse  – insbesondere der
Zeitpunkt der Einschulung und die Dauer des Schulbesuchs der Kinder  –, die
finanziellen Verhältnisse sowie der Wille zur Teilhabe am Wirtschaftsleben und zum
Erwerb von Bildung, die Dauer der Anwesenheit in der Schweiz, der Gesundheitszustand und die Möglichkeiten der Wiedereingliederung im Herkunftsstaat. Zusätzlich hat
der Strafrichter die Aussichten auf soziale Wiedereingliederung des Verurteilten zu
berücksichtigen. Zur Beurteilung der Situation von Ausländern, die in der Schweiz
geboren oder aufgewachsen sind, können als Leitlinie die Kriterien herangezogen
werden, die für den Entzug der Aufenthaltsbewilligung von Ausländern der zweiten
Generation entwickelt wurden. Allerdings ist dabei im Auge zu behalten, dass mit der
strafrechtlichen Landesverweisung das ausländerrechtliche Ausweisungsregime deutlich
verschärft werden sollte.
Beim Beschwerdeführer ist aufgrund der konkreten Umständen von einem Härtefall auszugehen, bei dem das öffentliche Interesse an einem Landesverweis das private
Interesse an einem Verbleib nicht überwiegt. Der Betroffene ist hier geboren und hat
immer in der Schweiz gelebt. In der Schweiz leben auch alle seine Angehörigen
(Grossmutter, Mutter), insbesondere seine beiden vier und sieben Jahre alten Kinder, zu
denen er eine enge Beziehung unterhält. Er spricht wohl spanisch, hat aber keine
familiären oder sozialen Beziehungen zu seinem Heimatland. Seine berufliche und
finanzielle Integration ist nicht mustergültig, kann aber auch nicht als vernachlässigbar
erachtet werden. Zwar weist er Vorstrafen auf; er wurde aber bis auf die Verurteilung
von 2017 noch nie zu einer Freiheitsstrafe verurteilt. Bei den beiden massgeblichen
Raubtaten (Raub von Mobiltelefonen) hat er als Mittäter seines Cousins gehandelt,
selber aber weder die Initiative ergriffen, noch Gewalt angewendet. Bis auf eine kurze
Phase nach dem Verlust seiner Stelle im August 2016 bis zu seiner Inhaftierung im
darauffolgenden Februar hat er immer gearbeitet und ist für seinen Lebensbedarf selber
aufgekommen. Es bestehen somit realistische Aussichten auf eine Wiedereingliederung
in der Schweiz nach der Strafverbüssung. A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 20 décembre 2018
Embargo : 20 décembre 2018, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 23 novembre 2018 (6B_209/2018)
Critères d'appréciation du cas de rigueur dans le cadre de 
l'expulsion
Le Tribunal fédéral précise les critères d'appréciation du «  cas de rigueur », qui doit
conduire à renoncer à l'expulsion pénale. Compte tenu des circonstances concrètes,
un cas de rigueur est réalisé s'agissant d'un ressortissant espagnol né en Suisse,
dans le canton de Vaud.
En 2017, le ressortissant espagnol né en 1985 en Suisse avait été reconnu coupable,
dans le canton de Vaud, de brigandages ainsi que de violations à la loi sur les armes et
à la loi sur les stupéfiants et condamné à une peine privative de liberté de 12 mois. Il
avait en outre été ordonné son expulsion du territoire pour une durée de 5 ans. 
Le Tribunal fédéral admet partiellement le recours de l'intéressé. L'article 66a du Code
pénal (CP) prévoit l'expulsion obligatoire des étrangers pour des infractions déterminées
(dont le brigandage). Selon l'article 66a alinéa 2 CP, le juge peut exceptionnellement
renoncer à une expulsion lorsque celle-ci mettrait l'étranger dans une situation personnelle grave et que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas sur l'intérêt privé
de l'étranger à demeurer en Suisse. A cet égard, il tiendra compte de la situation particulière de l'étranger qui est né ou qui a grandi en Suisse.
Lorsque les conditions du cas de rigueur sont remplies, le juge doit renoncer à l'expulsion afin de respecter le principe de proportionnalité garanti par la Constitution. La loi ne
définit toutefois pas ce qu'il faut entendre par une situation personnelle grave ni
n'indique les critères à prendre en compte dans la pesée des intérêts. De même, il ne
peut rien être déduit de précis des débats parlementaires sur ce point. Il en ressort
essentiellement que le législateur a voulu réglementer de manière restrictive les exceptions à l'expulsion obligatoire et réduire autant que possible le pouvoir d'appréciation du
juge dans le cas particulier. Dans le cadre de l'application de la clause de rigueur, il est
justifié de s'inspirer, de manière générale, des critères qui président à l'octroi d'une
autorisation de séjour dans les cas individuels d'extrême gravité. Il faut dès lors tenir
compte  de  l'intégration,  du respect  de  l'ordre  juridique  suisse,  de  la  situation
familiale – particulièrement de la période de scolarisation et de la durée de la scolarité
des enfants –, de la situation financière ainsi que de la volonté de prendre part à la vie
économique et d'acquérir une formation, de la durée de la présence en Suisse, de l'état
de santé ainsi que des possibilités de réintégration dans l'Etat de provenance. Pour
apprécier la situation d'étrangers qui sont nés ou qui ont grandi en Suisse, on tiendra
compte des critères développés en lien avec la révocation de l'autorisation d'établissement d'un étranger de la deuxième génération. Il convient toutefois de garder à l'esprit
que l'expulsion pénale durcit clairement le régime du renvoi en matière de droit des
étrangers.
Dans le cas du recourant, les circonstances concrètes conduisent à retenir une situation
personnelle grave, dans le cadre de laquelle l'intérêt public à son expulsion ne l'emporte
sur l'intérêt privé à rester en Suisse. L'intéressé est né ici et a toujours vécu en Suisse.
Les membres de sa famille (grand-mère, mère), et en particulier ses deux enfants de
quatre et sept ans avec lesquels il entretient une relation étroite, vivent également en
Suisse. Il parle l'espagnol, mais n'a aucun lien familial ou social avec son pays d'origine.
Son intégration professionnelle et financière n'est pas exemplaire, sans qu'elle ne
puisse pour autant être considérée comme négligeable. Il a certes des antécédents  ; il
n'avait toutefois encore jamais été condamné à une peine privative de liberté avant la
condamnation de 2017. En ce qui concerne les deux actes de brigandages (vols de
téléphones portables), il a agi comme coauteur avec son cousin, sans toutefois en avoir
pris l'initiative ni avoir fait usage de violence. Jusqu'à une courte période entre la perte
de son emploi en août 2016 et son incarcération en février de l'année suivante, il a
toujours travaillé et subvenu à ses besoins. Ses perspectives de réinsertion en Suisse à
l'issue de l'exécution de sa peine sont donc réelles.