<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp319040"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>137 III 586<br/><br/><br/><div class="paraatf">88. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit civil dans la cause A. contre B et C. (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">5A_462/2010 du 24 octobre 2011</div> <a name="idp320576"></a> <a name="idp334816"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Anfechtbare Entscheide (<span class="artref">Art. 90 ff. BGG</span>); Rechtsnatur des Entscheides über vorsorgliche Massnahmen zugunsten eines minderjährigen Kindes gestützt auf aArt. 281 Abs. 1 und 2 ZGB. <div class="paratf">Die Anordnung vorsorglicher Massnahmen zugunsten eines minderjährigen Kindes gestützt auf aArt. 281 Abs. 1 und 2 ZGB ist ein Endentscheid im Sinn von <span class="artref">Art. 90 BGG</span> (E. 1.2). </div> </div> </div> <a name="idp340368"></a> <br/><div> <a name="idp352480"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 587</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page587"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 586 S. 587</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp354144"></a><span class="bold">A. </span>D. et A. sont les parents, non mariés, de B., née en 2003, et de C., né en 2005.</div> <div class="paraatf">Le couple s'est séparé en mars 2009.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp355888"></a><span class="bold">B. </span>Le 31 mars 2009, B. et C., représentés par leur mère, ont formé une action alimentaire contre leur père devant le Tribunal de première instance de Genève. La demande était assortie d'une requête de mesures provisoires fondée sur l'ancien <span class="artref">art. 281 CC</span>.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp359088"></a><span class="bold">B.a </span>Dans le cadre de cette dernière procédure, les enfants ont notamment conclu au versement d'une contribution d'entretien de 3'400 fr. pour chacun d'eux.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp360448"></a><span class="bold">B.b </span>Par jugement du 29 octobre 2009 rendu sur mesures provisoires, le Tribunal de première instance a condamné A. à verser, dès le 31 mars 2009, sous déduction des montants déjà payés, 2'000 fr., allocations familiales non comprises, en faveur de chaque enfant.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp362080"></a><span class="bold">B.c </span>Statuant le 21 mai 2010 sur appel des parties, la Chambre civile de la Cour de justice a, en particulier, arrêté les aliments à 2'500 fr. par enfant, dès le 31 mars 2009.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp363536"></a><span class="bold">C. </span>A. a interjeté un recours en matière civile et un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal fédéral. Dans l'une et l'autre écriture, il a conclu principalement à l'allocation de 800 fr. par enfant, dès le 1<sup>er </sup> avril 2009, sous imputation des montants déjà versés et au rejet de toutes autres conclusions. Il a demandé subsidiairement le renvoi de la cause.</div> <div class="paraatf">L'intimée a proposé principalement l'irrecevabilité des recours et, subsidiairement, la confirmation de l'arrêt cantonal. La Cour de justice s'est référée à ses considérants. Dans sa réplique, le recourant a persisté dans les termes de son recours.</div> <div class="paraatf">Le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours constitutionnel subsidiaire et a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, le recours en matière civile.</div> <div class="paraatf"> <i>(résumé)</i> </div> <br/><div> <a name="idp189024"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp189984"></a><span class="bold" id="consideration_1.">1. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp191024"></a><span class="bold" id="consideration_1.2">1.2 </span>Selon la jurisprudence, les mesures provisoires prises en faveur d'un <i>enfant majeur</i> sur la base de l'ancien <span class="artref">art. 281 al. 2 CC</span> (en vigueur jusqu'au 31 décembre 2010; RO 2010 1739, 1838) sont des mesures d'exécution anticipée de ce qui est demandé au fond, qui sont prononcées pendant la procédure principale et pour la durée <a name="page588"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 586 S. 588</div>de celle-ci. A ce titre, la décision qui les ordonne constitue une décision incidente au sens de l'<span class="artref">art. 93 LTF</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-238%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page238">ATF 135 III 238</a> consid. 2 et les références citées). Cette jurisprudence repose sur le principe selon lequel le devoir d'entretien des père et mère de l'enfant majeur revêt un caractère exceptionnel. Celui-là n'existe en effet que si les conditions - restrictives - de l'<span class="artref">art. 277 al. 2 CC</span> sont réunies (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F117-II-127%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page127">ATF 117 II 127</a> consid. 3c p. 130), ce qui expose l'enfant majeur à devoir rembourser au parent défendeur les contributions versées à titre provisoire en cas de rejet de l'action au fond (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-238%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page238">ATF 135 III 238</a> consid. 2).</div> <div class="paraatf">Le cas d'espèce se distingue de cette affaire en ce sens qu'il concerne les aliments versés à titre provisoire à un <i>enfant mineur</i>. Il convient d'examiner si cette circonstance influe sur la qualification de la décision prise en application de l'ancien <span class="artref"><artref id="CH/210/281/2" type="start"></artref><artref id="CH/210/281/1" type="start"></artref>art. 281 al. 1 et 2 CC</span><artref id="CH/210/281/2" type="end"></artref><artref id="CH/210/2" type="end"></artref> telle qu'elle a été arrêtée dans la jurisprudence précitée. Contrairement à l'enfant majeur dont le droit à l'entretien dépend de la réalisation des conditions de l'<span class="artref">art. 277 al. 2 CC</span> et revêt ainsi un caractère exceptionnel (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F118-II-97%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page97">ATF 118 II 97</a> consid. 4a p. 98), l'enfant mineur se voit conférer par la loi un droit à l'entretien de la naissance jusqu'à la majorité (<span class="artref">art. 277 al. 1 CC</span>). Ainsi, alors même que, dans le cadre de l'action alimentaire de l'enfant majeur dont la filiation est établie, le principe même du devoir d'entretien des père et mère (<span class="artref">art. 277 al. 2 CC</span>) doit être débattu, ce qui prive les versements provisoires de tout fondement en cas de rejet de l'action au fond, dans celle de l'enfant mineur dont la filiation est établie, l'obligation d'entretien existe de plein droit tant que dure la minorité (<span class="artref">art. 277 al. 1 CC</span>). Dès lors, si, au terme de la procédure au fond, le débirentier est libéré de l'exécution de son obligation, il n'en demeure pas moins que l'obligation d'entretien était, dans son principe, fondée et subsiste en elle-même malgré la libération du débirentier, avec pour conséquence que l'on ne peut exiger du crédirentier qu'il rembourse les montants perçus à titre provisoire. Dans le cas de la procédure concernant l'enfant mineur dont la filiation est établie (ancien <span class="artref">art. 281 al. 2 CC</span>), les mesures provisoires ordonnées apparaissent ainsi comme des mesures de réglementation, soit des mesures qui règlent provisoirement, pour la durée du procès, le rapport de droit durable existant entre les parties (cf. sur cette notion: FABIENNE HOHL, Procédure civile, tome II, 2<sup>e</sup> éd. 2010, n<sup>os</sup> 1737 et 1782 ss). En ce sens, elles doivent être rapprochées des mesures provisoires ordonnées pendant la procédure de divorce, lesquelles sont définitivement acquises (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F130-I-347%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page347">ATF 130 I 347</a> consid. 3.2 p. 350; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=6&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F128-III-121%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page121">ATF 128 III 121</a> consid. 3c/bb p. 123), et la décision <a name="page589"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 586 S. 589</div>qui les ordonne constitue, dès lors qu'elle met fin à l'instance sous l'angle procédural et ne sera pas revue dans la procédure au fond, une décision finale au sens de l'<span class="artref">art. 90 LTF</span>.</div> </div></body></html>