<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2021-04-14-5A_149-2021.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5A_149/2021</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 14 avril 2021</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux Herrmann, Président, </div> <div class="para">von Werdt et Bovey. </div> <div class="para">Greffière : Mme Achtari. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________SA, </div> <div class="para">représentée par Me Daniel Kinzer, avocat, </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.________SA, </div> <div class="para">intimée, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Office des poursuites de Genève, </div> <div class="para">rue du Stand 46, 1204 Genève. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">réalisation d'un immeuble, avance de frais, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre la décision de la Cour de justice du canton de Genève, Chambre de surveillance des </div> <div class="para">Offices des poursuites et faillites, du 4 février 2021 (A/4386/2019-CS DCSO/45/21). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.a.</b> La faillite de B.________SA a été prononcée le 26 novembre 2018 par le Tribunal de première instance de Genève (ci-après: tribunal), sur requête de A.________SA (ci-après: banque). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.b.</b> L'Office cantonal des faillites de Genève (ci-après: office) a confié à l'Office des faillites de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-après: office vaudois) l'établissement de l'inventaire des biens de la faillie et la gérance légale des lots de PPE dont elle est restée propriétaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.a.</b> Le 7 octobre 2019, la suspension de la faillite a été prononcée suite à la réquisition de l'office car la gérance légale engendrait des charges PPE de 71'045 fr. par mois et que les frais exposés par les deux offices totalisaient, au 30 septembre 2019, 751'972 fr. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.b.</b> L'office a fait paraître le 16 octobre 2019 une publication annonçant la suspension de la faillite et requis une avance de frais de 700'000 fr. à fournir dans les dix jours par un ou des créanciers, permettant la liquidation sommaire de la faillite. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.c.</b> Aucun créancier n'ayant fait l'avance des frais de liquidation, l'office s'est enquis, auprès de la banque, en sa qualité de créancière gagiste, de son souhait de voir son gage réalisé en application de l'<span class="artref">art. 230a LP</span>, ce à quoi elle a répondu positivement. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.a.</b> Par décision du 18 novembre 2019, l'office a invité la banque à procéder dans les dix jours à une avance de frais de 834'427 fr. 30 (8'927 fr. 38 de frais de l'office et 828'500 fr. de frais de l'office vaudois comprenant les charges de PPE du 1 <sup>er</sup> janvier au 30 octobre 2019) au motif que celui qui requiert la faillite répond des frais de liquidation en application de l'<span class="artref"><artref id="CH/281.1/169/2" type="start"></artref><artref id="CH/281.1/169/1" type="start"></artref>art. 169 al. 1 et 2 LP</span><artref id="CH/281.1/169/2" type="end"></artref><artref id="CH/281.1/2" type="end"></artref> jusqu'à la suspension de la faillite (cause n° A/4386/2019). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.b.</b> Par décision du 19 décembre 2019, l'office a requis de la banque une seconde avance de frais de 500'000 fr. (cause n° A/9/2020). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.b.</b> Par décision du 4 février 2021, après avoir joint les causes susvisées, la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: chambre de surveillance) a annulé les deux décisions précitées suite aux plaintes de la banque, et invité l'office à rendre de nouvelles décisions dans le sens des considérants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Par acte posté le 22 février 2021, A.________SA exerce un recours en matière civile contre cette décision. Elle conclut à sa réforme, en ce sens qu'il est constaté que, dans les proportions des lots détenus par la faillie, elle doit s'acquitter uniquement des montants suivants des charges pour la période allant du 1er janvier au 30 octobre 2019 indiqués dans le décompte soumis par l'office le 17 février 2020: "Nettoyage des parties communes ": 151 fr. 15; " Chauffage ": 78 fr. 55; " Climatisation ": 23 fr. 30; " Extincteurs ": 121 fr. 45; " Ramonage ": 48 fr. 80, qu'il n'y a pas lieu de la condamner à verser à l'office un émolument de gérance légale d'un montant supérieur à 21'800 fr. 85, que l'avance de frais de 500'000 fr. requise par l'office n'est pas due par elle, en tant qu'elle dépasse un montant de 20'000 fr., et, enfin que la cause est renvoyée à l'office pour qu'il rende une nouvelle décision dans le sens des considérants du Tribunal fédéral et de ceux de la chambre de surveillance qui n'auraient pas été réformés. En substance, elle se plaint de la violation des <span class="artref">art. 17 ss ORFI</span> et 27 OELP, ainsi que d'arbitraire dans la constatation des faits. </div> <div class="para">Des observations au fond n'ont pas été requises. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">Par ordonnance présidentielle du 11 mars 2021, l'effet suspensif a été attribué au recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral examine d'office la recevabilité des recours qui lui sont soumis (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=01.04.2021&amp;to_date=20.04.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-II-168%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page168">ATF 145 II 168</a> consid. 1). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.1.</b> La décision attaquée annule deux décisions d'avance des frais de liquidation d'une faillite et renvoie les causes à l'office pour qu'il rende de nouvelles décisions dans le sens des considérants. </div> <div class="para">S'agissant de la première décision d'avance de frais, il ressort notamment des considérants de la décision attaquée que la chambre de surveillance a jugé que l'office n'avait à tort pas précisé s'il avait réduit à la quote-part pertinente, soit celle imputable aux seuls lots de la plaignante, le montant mis à la charge de cette dernière. Par ailleurs, la nature et le fonctionnement très spécifiques de la PPE impliquaient que des dépenses considérables et non nécessaires étaient incorporées dans les charges de PPE, de surcroît pour le maintien en état de marche d'installations somptuaires quasiment inutilisées. La chambre de surveillance ne disposait en outre pas de données suffisantes pour chiffrer la part que l'on pouvait imputer à la gérance légale, de sorte qu'elle se limitait à poser les principes de ce qui devait être retenu ou écarté dans le but que l'office rende une nouvelle décision. En résumé, elle a invité l'office à recalculer les frais mis à la charge de la plaignante en application de l'<span class="artref">art. 169 LP</span> conformément aux principes posés par elle, étant précisé que, pour certains postes, l'office était aussi enjoint de fixer certaines clés de répartition. </div> <div class="para">S'agissant de la seconde décision d'avance de frais, il ressort notamment des considérants de la décision attaquée que la chambre de surveillance a jugé que l'office n'avait pas procédé à une évaluation assez fine et suffisamment motivée de l'avance de frais requise, de sorte qu'il devait détailler et justifier le montant requis à ce titre, selon les mêmes principes qu'évoqués en lien avec la première décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.2.</b> La recourante qualifie d'incidente, au sens de l'<span class="artref">art. 93 LTF</span>, la décision attaquée. Elle soutient toutefois qu'elle peut faire l'objet d'un recours immédiat devant le Tribunal fédéral au motif que, posant des règles claires et détaillées sur les frais de gérance légale et sur l'avance de frais pour lesquels l'office est fondé à réclamer le paiement, elle ne laisse aucune latitude à celui-ci pour rendre de nouvelles décisions. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> D'après l'<span class="artref">art. 90 LTF</span>, le recours est recevable contre les décisions qui mettent fin à la procédure (décisions finales). Aux termes de l'<span class="artref">art. 91 LTF</span>, il est également recevable contre les décisions partielles qui statuent sur un objet dont le sort est indépendant de celui qui reste en cause (let. a) ou qui mettent fin à la procédure à l'égard d'une partie des consorts (let. b). Des arrêts de renvoi constituent en principe des décisions incidentes contre lesquelles le recours au Tribunal fédéral n'est ouvert qu'aux conditions des <span class="artref"><artref id="CH/173.110/92" type="start"></artref>art. 92 et 93 LTF</span><artref id="CH/173.110/93" type="end"></artref>, dont la réalisation doit être alléguée et démontrée par le recourant, à moins qu'elle ne fasse d'emblée aucun doute (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=01.04.2021&amp;to_date=20.04.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-III-629%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page629">ATF 133 III 629</a> consid. 2.3.1). Pour des raisons d'économie de procédure, la LTF restreint les possibilités de recours immédiat contre ce type de décision. Le justiciable doit en principe attendre la décision finale pour déférer la cause au Tribunal fédéral, qui n'aura ainsi à statuer qu'une seule fois sur la même affaire (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=01.04.2021&amp;to_date=20.04.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-III-629%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page629">ATF 133 III 629</a> consid. 2.1; arrêt 4A_96/2020 du 24 février 2020 consid. 1.3). Un tel arrêt est néanmoins considéré comme final si l'autorité à laquelle l'affaire est renvoyée n'a aucune marge de manoeuvre, notamment s'il ne s'agit que recalculer des montants sur la base de principes modifiés (cf. en matière d'impôts: <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=18&amp;from_date=01.04.2021&amp;to_date=20.04.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-I-143%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page143">ATF 138 I 143</a> consid. 1.2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.3.</b> En l'espèce, étant donné qu'il appartient à l'office d'encore déterminer certains éléments de calcul et de fixer une clé de répartition de certains postes, la décision ne peut être assimilée à une décision finale, ne laissant aucune marge de manoeuvre à cette autorité. </div> <div class="para">En conséquence, aucune des conditions alternatives de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 LTF</span> n'étant remplie, cette décision incidente ne peut être attaquée que par un recours contre la décision finale (<span class="artref">art. 93 al. 3 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">En définitive, le recours est irrecevable. Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge de la recourante qui succombe (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Il n'y a pas lieu d'accorder de dépens à la partie intimée, qui est représentée par l'office (<span class="artref">art. 68 al. 3 LTF</span>) et qui, dans tous les cas, n'a pas été suivie sur la question de l'effet suspensif et n'a pas été invitée à se déterminer au fond (<span class="artref">art. 68 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties, à l'Office des poursuites de Genève et à la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Genève. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 14 avril 2021 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Herrmann </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Achtari </div> </div></body></html>