<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. H. , L. et G. , à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La Chaux-de-Fonds, possèdent chacun deux actions de B. SA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et onze actions de D. SA. L'actif de ces deux sociétés, qui ont leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">siège à La Chaux-de-Fonds, est constitué par des immeubles ayant le statut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'habitation à loyer modeste (HLM). Le capital social de B. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">SA est de 50'000 francs, divisé en 50 actions de 1'000 francs chacune.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Celui de D. SA est de 57'600 francs, divisé en 576 actions de 100</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs chacune. En février 1996, le service des contributions, office de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'impôt anticipé, a fixé la valeur fiscale pour l'année courante de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'action de B. SA à 29'640 francs et celle de l'action de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. SA à 3'410 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur réclamation des prénommés, l'administration a en principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confirmé le 6 mai 1996 sa décision en précisant que la valeur des actions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en question avait été calculée selon les "instructions concernant l'esti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mation des titres non cotés en vue de l'impôt sur la fortune" éditées par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la Conférence des fonctionnaires fiscaux d'Etat et l'Administration fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dérale des contributions, section d'estimation des titres (ci-après les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Instructions). Elle a toutefois admis que les intéressés pouvaient re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trancher 30 % des valeurs fiscales en question, au titre de déduction de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">minorité, de sorte que le cours des actions concernées a été ramené à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">20'748 francs, respectivement 2'387 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. H. , L. et G. ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formé recours contre ce prononcé auprès du Département des finances et des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">affaires sociales (ci-après : le département), faisant valoir que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">normes en vigueur en matière d'immeubles HLM limitent à 4 % la rémunéra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion des fonds propres des sociétés qui possèdent de tels immeubles. Ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont relevé que, de ce fait, la charge fiscale qui pèse sur l'actionnaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépasse de loin le dividende qu'il perçoit. Ils allèguent que cette charge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour le détenteur d'une action de B. SA serait de 225,05</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs, alors que le dividende n'atteint que 40 francs, si bien qu'il en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résultait une perte annuelle de 185.05 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 21 novembre 1996, le département a rejeté le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours des prénommés. Il a retenu que l'imposition de ces derniers ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violait pas la garantie de la propriété offerte par la Constitution fédé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rale car l'impôt ne pouvait être qualifié de confiscatoire lorsque le pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">priétaire renonçait librement à un revenu suffisant; que les intéressés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avaient pas été contraints d'acquérir les actions en question et que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rien ne les eût empêchés de céder ces titres et d'investir le produit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la vente dans des biens de meilleur rapport.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. H. , L. et G. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">défèrent la décision du département au Tribunal administratif le 10 dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cembre 1996. Ils font remarquer que l'assemblée générale des actionnaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des sociétés immobilières en cause a choisi de ne pas rembourser le prêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'Etat obtenu dans le cadre du statut des HLM et qu'elle a ainsi admis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une contrainte - celle de limiter la rémunération des actions à 4 % - qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne saurait être assimilée à la libre renonciation d'un revenu suffisant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Les recourants soutiennent que le prélèvement fiscal qui les frappe est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confiscatoire. Ils allèguent avoir acquis les actions en question il y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quelques années seulement à leur valeur nominale et qu'aucune offre à un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prix supérieur n'avait été trouvée. Ils concluent à la réduction de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ordre des deux tiers de la valeur fiscale des actions en cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Sans formuler d'observations sur le recours, le département en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propose le rejet.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 42 de la loi sur les contributions directes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(LCdir), les titres non cotés sont estimés chaque année selon les normes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêtées par le Département des finances, qui tiennent compte de leur ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dement ainsi que du capital et des réserves apparentes et latentes de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne émettrice. L'administration cantonale n'a pas édicté de normes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui lui sont propres. Elle se réfère, pour l'évaluation des titres non</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cotés, aux instructions éditées par la Conférence des fonctionnaires fis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caux d'Etat et l'Administration fédérale des contributions (les Instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions). Selon celles-ci, on retiendra en principe la valeur vénale des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titres, laquelle est définie comme "le prix qu'on peut obtenir d'un bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans des circonstances normales" (ch. marginal 1 al.2). Les Instructions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixent les règles d'estimation de la valeur vénale d'un titre lorsqu'on ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaît aucun cours avant ou hors bourse (ch. marginal 2 al.3 litt.a). Si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les titres ont fait l'objet d'un transfert représentatif entre tiers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indépendants, le prix d'acquisition est toutefois réputé représenter la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valeur vénale; cette valeur sera conservée aussi longtemps que la situa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion économique de la société ne se sera pas sensiblement modifiée (ch.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">marginal 2 al.3 litt.b).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, l'administration a fixé la valeur des actions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des sociétés immobilières en cause par un calcul qui correspond aux règles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixées par les Instructions dans le cas visé par le chiffre marginal 2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.3 litt.a ci-dessus mentionné. Elle a en effet pris en compte la valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nominale du capital social, les réserves ouvertes ainsi que les réserves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">latentes, ces dernières représentant la différence entre la valeur d'esti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mation cadastrale et la valeur comptable de l'immeuble. De la somme de ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valeurs ont été déduits les impôts latents (impôts à payer lors de la dis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solution des réserves latentes comprises dans le calcul de la valeur in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trinsèque mais non imposées comme bénéfice) à raison de 20 %. Le résultat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ces opérations a été divisé par le nombre d'actions, ce qui a déterminé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la valeur fiscale de base de chaque titre (v. ch. marginaux 50 ss, 38 des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Instructions). En application des chiffres marginaux 71 et 73 des Instruc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions, l'administration a de plus tenu compte tant de l'influence réduite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont jouit le porteur d'une participation minoritaire au sein de la direc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'entreprise ou dans la prise de décision à l'assemblée générale,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que de la transmissibilité restreinte de parts de la société (ch. marginal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">71 al.1). En pareil cas, lorsque la valeur fiscale d'un titre est établie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conformément au chiffre marginal 2 al.3 litt.a, son propriétaire peut en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe faire valoir une déduction forfaitaire de 30 % auprès de l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité fiscale cantonale. Une telle déduction n'est cependant pas accor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dée, selon les Instructions (ch. marginal 73), si le contribuable reçoit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un dividende convenable. Un dividende est jugé convenable, lorsque le rap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">port entre le rendement du titre et sa valeur fiscale s'élève à 60 % au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins du taux de capitalisation utilisé pour déterminer la valeur de ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dement de l'entreprise.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Il suit de ce qui précède que les calculs effectués par l'of-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fice de l'impôt anticipé pour déterminer la valeur fiscale des actions en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause sont conformes aux Instructions. Ils tiennent compte du rendement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">très modeste des titres en question, ainsi que l'exige l'article 42 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LCdir. De toute évidence en effet, la déduction pour participation mino-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ritaire a été admise parce que le rendement de ces titres n'a pas été tenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour convenable au sens du chiffre marginal 73 des instructions.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Les recourants relèvent dans leur mémoire que les actions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litigieuses ont été acquises par eux "il n'y a que quelques années à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valeur nominale et qu'aucune offre à un prix supérieur n'avait été trou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vée". Dès lors, on peut se demander si le chiffre marginal 2 al.3 litt.b</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des Instructions ne trouverait pas ici un cas d'application. En effet,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'hypothèse où le transfert de ces titres pourrait être tenu pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">représentatif et où il serait intervenu entre tiers indépendants au sens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cette disposition, le prix d'acquisition devrait être tenu pour la va-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur vénale aussi longtemps que la situation économique de la société ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se serait pas sensiblement modifiée. En l'état, le dossier ne fournit que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peu de renseignements sur ces questions. On ignore en effet à quelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">époque et dans quelles circonstances les recourants sont devenus proprié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taires des actions. Toutefois, il apparaît que l'estimation cadastrale des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">immeubles propriété des sociétés en cause a été revue depuis que les re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courants ont acquis les titres litigieux. Ces valeurs officielles ont aug-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">menté de 90,11 % pour B. SA et de 73,6 % pour D. SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La revalorisation des estimations cadastrales en question a eu pour effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'accroître considérablement les réserves latentes des sociétés considé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rées et donc de modifier sensiblement leur situation économique, de sorte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'on ne saurait de toute façon pas retenir le prix payé par les recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rants pour acquérir les actions comme le fondement de leur valeur fiscale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e) Ni la loi, ni les Instructions ne prévoient de règle particu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lière pour déterminer la valeur officielle des actions de sociétés immo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bilières qui pratiquent des loyers modestes et dont les dividendes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elles peuvent distribuer sont limités. Cette situation peut apparaître</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fâcheuse à certains égards. Elle pourrait par exemple inciter les action-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naires à abandonner le but initial de la société pour réaliser plus de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">profit et priver ainsi le marché d'un certain nombre d'appartements so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciaux. D'un autre côté, une réalisation de la plus-value des actions n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut-être pas totalement exclue à terme. En tous les cas, le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administratif ne saurait s'éloigner de la solution imposée par la loi et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il incomberait au législateur cantonal d'édicter, le cas échéant, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règles qu'il jugerait nécessaires pour ne pas décourager le placement de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">capitaux privés à des fins sociales.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Les recourants élèvent derechef le grief qu'ils avaient fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valoir devant le département selon lequel l'impôt qui les frappe serait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">confiscatoire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'article 22 ter al.2 Cst.féd. habilite les cantons à ordonner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par voie législative les restrictions de propriété commandées par l'inté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rêt public et à définir ainsi de façon détaillée le contenu de la pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">priété, dans le cadre des compétences que leur reconnaît la Constitution.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Mais seules sont compatibles avec la garantie de l'institution les at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teintes qui laissent intactes l'essence même de la propriété privée en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant qu'institution fondamentale de l'ordre juridique suisse. Ainsi, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">garantie de la propriété a pour but d'assurer le régime de la propriété</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans ses principes fondamentaux. En tant que telle, elle oblige le légis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lateur cantonal à maintenir pour l'essentiel les droits privés de dispo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sition et d'usage qui découlent de la propriété et empêche par exemple que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les biens-fonds privés passent entièrement ou dans une large mesure à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collectivité publique. L'idée qui est à la base de la garantie de l'insti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tution de la propriété interdit aussi à la collectivité publique d'enlever</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux propriétaires, par une fiscalité excessive, leur patrimoine privé ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certains éléments de ce patrimoine. La protection de la propriété oblige</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi le législateur à conserver la substance du patrimoine existant et à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maintenir la possibilité de former du capital nouveau. Il est interdit au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">législateur de remettre en question la propriété en tant qu'institution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridique accessible à chacun ou d'épuiser le patrimoine de façon conti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nue. On ne saurait cependant faire dépendre du seul taux de l'impôt expri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mé en pour-cent la réponse à la question de savoir si le patrimoine est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vidé de sa substance ou si la formation de nouveaux capitaux est rendue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">impossible; il faut considérer également le taux de l'impôt, la charge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fiscale, la durée de l'imposition, l'intensité relative à l'atteinte fis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cale, le cumul avec d'autres contributions, de même que la possibilité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reporter l'impôt sur d'autres personnes (ATF 105 Ia 139 ss cons.3 et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références; JT 1981 I 555; StE 1997 A 22 no 2 cons.2a et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En principe, le grief tiré du caractère confiscatoire de l'impôt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est dirigé contre la loi elle-même. Il peut cependant faire l'objet d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">examen dans un cas d'application concret. En pareil cas, il y a lieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'examiner l'éventuelle atteinte à la propriété de l'intéressé qui est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">causée par la taxation (ATF 106 Ia 349-350). Pour juger si un impôt a un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet confiscatoire, en général ou au cas particulier, il faut examiner la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">charge qu'il représente pour le contribuable sur une assez longue période.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il ne suffit pas que l'effet en cause résulte une fois, par hasard, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'enchaînement de circonstances extraordinaires, mais il faut que, selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le sens et le but de la réglementation, il soit voulu ou en tout cas envi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sagé d'une façon générale et durable (ATF 102 Ia 221).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Dans la présente procédure, les recourants s'en prennent à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision de l'office de l'impôt anticipé, ratifiée par celle du départe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, qui a fixé la valeur fiscale des actions dont ils sont proprié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taires. C'est ce prononcé qui est soumis au Tribunal administratif et qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constitue l'objet de la contestation. Or, celui-ci délimite le cadre des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapports juridiques susceptibles d'être examinés par l'autorité de recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et celle-ci ne peut en principe pas étendre son examen au-delà de ce cadre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">strict (Schaer, Juridiction administrative neuchâteloise, p.118). La Cour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de céans ne saurait donc, dans la présente procédure, entrer en matière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur la taxation des revenus et de la fortune des recourants, au sujet de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laquelle le dossier ne fournit d'ailleurs aucun renseignement. En effet,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme cela découle des principes jurisprudentiels rappelés ci-dessus, seul</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'examen de cette taxation, considérée dans l'ensemble de ses effets,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte tenu aussi de l'éventuelle plus-value réalisable à terme par les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actionnaires, permettrait de dire si l'impôt qui frappe les intéressés est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou non confiscatoire. Ce qui précède ne préjuge cependant pas du droit des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intéressés d'attaquer leur taxation en temps voulu, s'ils l'estiment op-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">portun.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Pour les motifs qui précèdent, le recours est donc mal fondé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la mesure où il est recevable. Les recourants qui succombent suppor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teront les frais de la procédure (art.47 al.1 LPJA). Il n'y a en outre pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu à allocation de dépens (art.48 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours dans la mesure où il est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge des recourants un émolument de décision de 500 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et les débours par 50 francs, montants compensés par leur avance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. N'alloue pas de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 1er décembre 1997</span></p> </div></body></html>