<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">A. A.B. </span><span lang="FR-CH">, né en 1936, et son épouse B. B., née en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1937, sont ressortissants macédoniens et vivent à Skopje. Ils sont retrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tés et reçoivent une rente de vieillesse qui correspondrait à environ 200</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs par mois. Ils allèguent être atteints dans leur santé et avoir be-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soin de l'aide permanente d'une tierce personne. Ils ont deux filles qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vivent avec leur mari au Kosovo et un fils, E. B., né en 1960, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est établi à Couvet où il exploite un établissement public et qui a acquis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la nationalité suisse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 12 novembre 1996, E. B. a déposé une demande d'auto-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">risations de séjour pour ses parents qu'il entendait faire venir en Suisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">définitivement. Il a fait valoir que les époux B. étaient venus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en Suisse à plusieurs reprises pour de courts séjours; qu'ils ne dispo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saient pas des moyens financiers suffisants pour vivre; qu'ils recevaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une aide mensuelle de sa part; qu'il s'engageait à assumer seul tous les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais découlant de leur séjour en Suisse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 11 décembre 1996, le service des étrangers et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'état civil (selon sa dénomination de l'époque) a rejeté les autorisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions d'entrée et de séjour sollicitées. Il a retenu en résumé que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intéressés n'avaient pas d'attaches étroites avec notre pays, qu'ils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avaient pratiquement aucune chance d'intégration en Suisse et qu'ils ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourraient pas supporter seuls les frais de leur séjour ici.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 24 octobre 1997, le Département de l'économie publique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ci-après : le département) a rejeté le recours que A.B. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. B. ont interjeté contre cette décision. Le département a con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidéré en résumé que les intéressés ne remplissaient pas les conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des articles 34 et 36 de l'ordonnance du Conseil fédéral du 6 octobre 1986</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">limitant le nombre des étrangers (OLE) et qu'ils ne pouvaient rien tirer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la garantie du respect de la vie familiale offerte par l'article 8 de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fonda-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentales du 4 novembre 1950 (CEDH).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">C. A.B. </span><span lang="FR-CH">et B. B. défèrent ce prononcé au Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administratif le 17 novembre 1997. En bref, ils font valoir que leurs deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">filles, installées au Kosovo, doivent s'occuper de leur mari avant tout;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il incombe en revanche à leur fils E.B. , établi en Suisse, avec lequel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ils entretiennent des liens très forts et qui pourvoit à leurs besoins à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raison de 1'000 francs par mois, de s'occuper d'eux selon leurs tradi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions; qu'il serait contraire à leur culture d'être placés dans une maison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de retraite; qu'ils doivent effectuer des démarches fastidieuses et coû-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teuses à chaque fois qu'ils entendent obtenir un visa pour se rendre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Suisse chez leur fils. Pour les recourants, toutes les conditions de l'OLE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont remplies et le refus qui leur est opposé d'être autorisés à séjourner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en Suisse viole les dispositions de l'article 8 CEDH. Ils concluent à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'annulation de la décision entreprise et à l'octroi des autorisations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétendues, sous suite de frais et dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span><span lang="EN-GB">C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB"> </span><span lang="FR-CH">en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 4 de la loi fédérale sur le séjour et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'établissement des étrangers (LSEE), l'autorité statue librement, dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, lesquels</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'entrent pas en considération en l'occurrence, sur l'octroi de l'autori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation de séjour ou d'établissement (ATF 123 II 147 et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'autorité doit cependant tenir compte des intérêts moraux et économiques</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du pays ainsi que de la surpopulation étrangère (art.16 al.1 LSEE). Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit d'obtenir une autorisation de séjour ne peut pas être déduit de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'OLE, car un tel droit ne saurait être conféré par une simple ordonnance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à un étranger quand l'article 4 LSEE dispose que l'autorité statue libre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment à cet égard. Par voie réglementaire (fondée sur les art.18 al.3, 25</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LSEE), la Confédération peut uniquement édicter des règles limitant la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liberté d'appréciation des cantons dans le domaine des autorisations de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">séjour; il ne serait pas admissible qu'elle contraigne les cantons à dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">livrer de telles autorisations (ATF 119 Ib cons.2b, JT 1995 I 243 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, les recourants ne se prévalent d'aucune disposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de la législation nationale qui puisse fonder un droit à l'autorisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de séjour. L'administration disposait donc, dans ce cas, d'un large</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation. Certes, même l'exercice d'un tel pouvoir d'appré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciation obéit à des règles et constitue, lorsqu'il est prévu par la loi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un devoir de l'autorité dans l'accomplissement de sa tâche et non une fa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culté d'agir à sa guise (Schaer, Juridiction administrative neuchâteloise,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.44). En particulier, l'autorité ne doit pas moins se conformer aux prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipes généraux de l'activité administrative, savoir l'interdiction de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arbitraire, le droit à l'égalité, le droit à la protection de la bonne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">foi et le principe de la proportionnalité (RJN 1990, p.99). Cependant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rien n'indique qu'en l'espèce l'un ou l'autre de ces principes ait été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violé. Selon l'article 34 OLE, une autorisation de séjour peut être ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cordée à des rentiers, lorsque le requérant a plus de 60 ans (litt.a), a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des attaches étroites avec la Suisse (litt.b), n'exerce plus d'activité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lucrative ni en Suisse, ni à l'étranger (litt.c), transfère en Suisse le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">centre de ses intérêts (litt.d) et dispose des moyens financiers néces-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saires (litt.e). Dans le cas d'espèce, il n'est pas insoutenable de re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenir, comme l'ont fait les autorités inférieures, que les attaches des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourants avec la Suisse ne peuvent être qualifiées d'étroites du moment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que leurs seuls liens avec ce pays consistent en la présence de leur fils</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">depuis plusieurs années et les quelques séjours de courte durée qu'ils y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont accomplis. Il n'est pas arbitraire non plus d'estimer que les intéres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sés ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour y vivre, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure que leur rente de vieillesse (environ 200 francs par mois) est sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste insuffisante à cet effet et qu'ils dépendraient presque entière-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de l'assistance financière que leur procure leur fils, laquelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'élève à 1'000 francs par mois. En effet, l'addition de cette aide et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur rente de vieillesse n'atteint même pas le minimum vital mensuel pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un couple (auquel il faut ajouter encore à tout le moins les frais de lo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gement et d'assurances) selon les normes d'insaisissabilité applicables</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le canton de Neuchâtel (RJN 1996, p.31). En outre, il n'est pas dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montré que le fils des recourants, lequel annonce un revenu de 4'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs par mois dans les demandes d'autorisations de séjour du 12 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 - quand bien même sa taxation fiscale basée sur une période anté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieure indique des ressources supérieures -, pourrait augmenter son aide</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans toute la mesure nécessaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'article 8 § 1 CEDH garantit le droit au respect de la vie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">familiale. L'étranger qui a de proches parents ayant le droit de se trou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ver en Suisse (qu'ils soient citoyens suisses ou bénéficient d'une autori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation d'établissement) peut invoquer, à certaines conditions, une viola-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de cette disposition si on lui refuse le droit de séjourner en Suisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auprès des siens. Il faut cependant qu'il existe un lien (de parenté) qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puisse être considéré comme créant une vie familiale. En d'autres termes,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">on exige qu'un rapport familial soit effectivement vécu et prouvé sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">base de circonstances objectivement constatables ("tatsächlich gelebt wird</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH">und intakt ist"). </span><span lang="FR-CH">Si tel est le cas, la libre appréciation de l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">découlant de l'article 4 LSEE est limitée dans son principe (ATF 120 Ib</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">257 ss, 259-260, 120 Ib 1 ss, 3, 118 Ib 153 ss, 157, 115 Ib 1, JT 1991 I</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">269 ss, 272; ATF 109 Ib 183, JT 1985 I 595 ss, 597; RJN 1991, p.93 ss, 96;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH">RJN 1989, p.135 ss, 136; Breitenmoser, Das Recht auf Achtung des Privat-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH">und Familienlebens in der schweizer Rechtsprechung zum Ausländerrecht,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH">EuGRZ, 1993, p.357 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="DE-CH"> </span><span lang="FR-CH">En principe, la garantie de l'article 8 CEDH ne vise que la fa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mille dite "nucléaire". La notion de vie familiale se rapporte aux rela-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions entre tous les proches parents pouvant jouer un rôle essentiel dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la famille. Les organes de la convention européenne des droits de l'homme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont ainsi appliqué l'article 8 CEDH dans le cadre de liens entre grands-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parents et petits-enfants, oncles/tantes et neveux/nièces ou frères et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soeurs. Cela ne signifie pas pour autant que, lorsque ces conditions sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réunies, chaque membre de la famille a, dans tous les cas, un droit à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorisation de police des étrangers. Selon la jurisprudence du Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédéral, c'est avant tout la relation entre conjoints, ainsi que celle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entre parents et enfants mineurs vivant en communauté, qui peut donner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naissance à un tel droit en vertu de l'article 8 CEDH. Si l'intéressé re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quérant d'une autorisation ne fait pas partie de la famille "nucléaire"</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">proprement dite, il peut néanmoins se prévaloir de liens familiaux dignes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de protection s'il est dans un rapport de dépendance avec les personnes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admises à résider en Suisse (ATF 120 Ib 257 cons.1d et les références, JT</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 I 308 ss; Breitenmoser, op.cit., p.541).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Pour les organes de la CEDH, d'une manière générale, la con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vention ne garantit comme tel aucun droit pour un étranger d'entrer ou de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">résider dans un pays déterminé (v. par exemple DR 72 no 14501/89, p.126,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="EN-GB">DR 24 no 9203/80, p.239). </span><span lang="FR-CH">Selon ces organes par ailleurs, la protection de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la vie familiale suppose la cohabitation des intéressés, par exemple des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parents et de leurs enfants mineurs à charge. Le point de savoir si cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">protection s'étend à d'autres liens de parenté dépend des circonstances de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce. Les rapports entre adultes, par exemple entre des parents et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur fils adulte, ne bénéficieront pas nécessairement de la protection de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 8 CEDH sans que soit démontrée l'existence d'éléments supplé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentaires de dépendance, autres que les liens affectifs normaux (DR 40 no</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">10375/83, p.201).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En l'espèce, les recourants n'ont produit aucun document</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">susceptible d'établir des circonstances particulières qui devraient être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prises en considération. La déclaration dactylographiée du 25 février 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'ils ont déposée ne saurait être déterminante. Ce document n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même signé ni attesté d'aucune manière. Il n'a donc pas plus de valeur que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de simples allégués. En outre, s'il fait bien état des maux dont souffre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la recourante (rhumatismes, problèmes vertébraux et des voies biliaires),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il n'explique pas pour quel motif le mari, qui est encore âgé de moins de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">62 ans actuellement, ne serait pas capable de s'occuper lui-même de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">épouse. Dans ces circonstances, une dépendance particulière des recourants</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envers leur fils, dépassant les liens affectifs normaux (parmi lesquels on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit compter les soins et l'attention que tout enfant doit à ses parents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">âgés), ne saurait être retenue pour des raisons de santé. Quant à la dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendance matérielle qu'ils invoquent, elle est toute relative car on ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voit pas ce qui empêcherait leur fils de continuer à leur faire parvenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son aide financière dans leur pays, comme jusqu'à présent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Il suit des considérants qui précèdent que la décision attaquée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas critiquable et qu'elle doit être confirmée, ce qui conduit au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet du recours. Vu le sort de la cause, les recourants doivent supporter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les frais de la procédure (art.47 al.1 LPJA) et n'ont pas droit à des dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pens (art.48 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge des recourants les frais de justice par 500 francs et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> les débours par 50 francs, montants compensés par leur avance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. N'alloue pas de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 2 mars 1998</span></p> </div></body></html>