<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. La société C. Sàrl loue une partie de l'article 1079 du cadastre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X., propriété de H., situé en zone industrielle selon le plan</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'aménagement communal du 19 novembre 1975. Le 10 mars 1997, la société a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sollicité un permis de construire pour la création d'une piste de karting</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">couverte dans une halle préexistante sise sur l'article précité, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu-dit Y.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Durant la mise à l'enquête publique de ce projet, G.,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propriétaire d'immeubles locatifs et d'une fabrique situés sur une par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle voisine, également en zone industrielle, a élevé une opposition au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motif que l'implantation projetée causerait des nuisances à ses locataires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi qu'à l'ensemble du quartier. En outre, elle risquait de contrecarrer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses propres projets de création d'une entreprise industrielle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 16 juillet 1997, la commune de X. après avoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reçu les préavis favorables des services cantonaux de l'Etat appelés à se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prononcer et après avoir pris connaissance d'une étude acoustique dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montrant le respect des normes applicables, a écarté l'opposition susmen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. G. a recouru contre cette décision devant le Département de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gestion du territoire (ci-après : le département) en soutenant que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'implantation projetée n'était pas conforme à la zone industrielle, qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'était pas établi qu'elle respecterait l'OPB (ordonnance sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">protection du bruit) et qu'elle aurait dû faire l'objet d'une étude</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'impact.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans ses observations, la société C. Sàrl faisait valoir que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exploitation d'un karting couvert constituait une activité économique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compatible avec l'affectation de la zone, et précisait dans des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations complémentaires, suite à une vision locale, que le projet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un nouveau plan d'affectation, adopté le 27 juin 1997 par le Conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">général de la commune, devait être appliqué à la présente procédure.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> G. observait pour sa part que l'ancien plan d'affectation, comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le projet du nouveau, ne permettait pas l'implantation prévue dans la zone</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envisagée. En effet l'activité de karting devait avant tout être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considérée comme de nature sportive et non industrielle, ni même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">économique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par prononcé du 13 janvier 1998, le département a admis le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours de G. et annulé la décision du 16 juillet 1997 de la commune de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X. Il a considéré en substance que le projet de nouveau plan d'affectation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne s'appliquait pas en la cause, alors que celui en vigueur n'autorisait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour la zone considérée que des activités spécifiquement industrielles, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'exclusion de toute autre, notamment le karting qui doit être qualifié</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'activité sportive.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. La société C. Sàrl défère cette décision au Tribunal administratif en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concluant, sous suite de frais et dépens, à son annulation, à ce qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit constaté que le nouveau plan d'affectation s'applique et à ce qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit autorisée à aménager une piste de karting dans le hangar sis au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu-dit Y. Elle invoque une fausse application de la loi, un excès et un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">abus du pouvoir d'appréciation, de même qu'une constatation inexacte et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arbitraire des faits pertinents. Elle fait valoir en résumé que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conformément à l'article 92 al.3 LCAT, même sans approbation formelle du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Conseil d'Etat, la commune a la faculté d'autoriser une construction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conforme à un nouveau plan d'affectation, ce qu'elle a précisément fait en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce. En outre, l'implantation projetée revêt indéniablement un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caractère économique, compatible avec les exigences prévues pour la zone</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le département propose le rejet du recours, alors que la Commune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de X. conclut à ce que la Cour de céans constate que l'aménagement d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">piste de karting est autorisée dans la zone industrielle.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans ses observations, G. soutient que le karting en salle est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incompatible aussi bien avec l'affectation de la zone industrielle, selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le règlement d'aménagement communal de 1975, qu'avec celle de la zone</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'activités économiques, au sens de la réglementation communale projetée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">En revanche, il ne reprend pas son argumentation antérieure au sujet des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesures de protection de l'environnement. Il conclut au rejet du recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et à la constatation de la double incompatibilité du projet avec le droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communal actuel et futur, sous suite de frais et dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 22 de la loi fédérale sur l'aménagement du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">territoire (LAT), aucune construction ou installation ne peut être créée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou transformée sans autorisation de l'autorité compétente. On considère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il y a transformation, au sens de cette disposition, lorsque même sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">modifier l'aspect extérieur on procède à un changement d'affectation d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">construction ou d'une installation (Nicolas Michel, Droit public de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">construction, Fribourg, 1996 no 227, p.51). Tout changement d'affectation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne pose pas forcément de problème au regard du droit de l'aménagement. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins qu'il n'aille de pair avec une transformation ou avec un agrandisse-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, le changement d'affectation ne tombe sous le coup du droit fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que s'il est de nature à exercer une influence locale perceptible sur le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">régime d'utilisation du sol (DFJP/OFAT, Etude relative à la LAT, no 12 ad</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">art.22, p.267). En l'absence de travaux, un changement d'affectation peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être dispensé d'autorisation uniquement si la nouvelle affectation corres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pond à celle de la zone en question ou si son effet sur l'environnement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la planification est manifestement mineur (ATF 112 Ib 219 cons.4d et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">références; v. aussi ATF 120 Ib 379).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, la création d'une piste de karting à l'intérieur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un bâtiment-halle existant étant susceptible d'engendrer des nuisances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(bruit, allées et venues des usagers, émanation de gaz d'échappement,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">etc.), c'est à juste titre qu'une procédure d'autorisation a été ouverte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'instruction devant l'instance inférieure de recours a toutefois démontré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que les nuisances en question seraient modestes (D.6a rapport I. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">P. SA du 17.06.1997; procès-verbal de la vision locale du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">18.09.1997, p.2). Il n'est en outre pas prévu d'autres travaux que le ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">forcement de la ventilation. Il n'apparaît donc pas de façon certaine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'une autorisation soit nécessaire au regard du droit fédéral en l'es-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pèce. Cette question souffre toutefois de demeurer indécise car, pour les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motifs ci-après, le permis sollicité doit de toute façon être accordé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'autorisation est délivrée si la construction ou l'installa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion est conforme à l'affectation de la zone et si le terrain est équipé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.22 al.2 LAT).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'espèce, à part un renforcement de la ventilation, il n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas prévu de travaux au bâtiment en cause dont il n'est, par ailleurs, pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contesté que l'architecture est conforme à l'affectation de la zone indus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trielle où il se situe. Il reste donc à examiner uniquement si l'aménage-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment d'une piste de karting en salle dans ladite zone est admissible.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Constructions et installations doivent être conformes à l'af-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fectation de la zone, ce qui veut dire que leur fonction concorde avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle de la zone. Il ne suffit donc pas que ces constructions et installa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions ne soient pas contraires à la destination de la zone. C'est le droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonal qui détermine les bâtiments et installations dont la construction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est autorisée à l'intérieur de la zone à bâtir (Etude DFJP/OFAT, op.cit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">no 9 ad art.22, p.274, no 6 ad art.15, p.195).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Selon l'article 42 du règlement d'aménagement de la commune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de X. du 19 novembre 1975 (RAC), toujours en vigueur, la zone industrielle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est réservée aux fabriques, usines, ateliers, entrepôts et constructions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont la destination et le volume ne sont pas en rapport harmonieux avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les bâtiments d'habitation (al.1). Aux termes de l'alinéa 2, toute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">construction non industrielle est interdite, à l'exception des logements</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de service (concierges).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En l'espèce, la commune a estimé que le projet en cause était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conforme à l'affectation de la zone industrielle, alors que le département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'a nié, définissant l'industrie comme "le travail et la transformation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des matières de toute sorte au moyen de machines ou d'autres moyens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">techniques". Cette acception est cependant trop restrictive.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Selon la jurisprudence, la loi s'interprète en premier lieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'après sa lettre. Si le texte légal n'est pas absolument clair, si plu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sieurs interprétations de celui-ci sont possibles, il y a lieu de recher-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cher la véritable portée de la norme, en la dégageant de sa relation avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'autres dispositions légales, de son contexte, du but poursuivi, de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">esprit ainsi que de la volonté du législateur telle qu'elle résulte notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment des travaux préparatoires (ATF 123 III 280 cons.2b/bb, p.285, 442</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.2d, p.444 et les références). De même, lorsque le texte est clair,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité qui applique le droit ne peut s'en écarter que s'il existe des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motifs sérieux de penser que ce texte ne correspond pas en tous points au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sens véritable de la disposition visée. De tels motifs peuvent résulter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des travaux préparatoires, du fondement et du but de la prescription en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause ainsi que de sa relation avec d'autres dispositions (ATF 123 III 233</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.2, p.235 et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La notion de construction industrielle n'est pas définie par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le RAC. En pareil cas, ainsi que l'a fait le département, il convient de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se référer au sens large et commun de ce terme (RDAF 1983, p.190). Or,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrairement à l'acception retenue par l'instance inférieure de recours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une notion large et commune de l'industrie ne se limite pas au travail et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la transformation de la matière, mais s'étend à l'ensemble des opéra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions qui concourent à la production et à la circulation des richesses.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon la lettre de l'article 1 du RAC, ce règlement a pour but</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la sauvegarde des valeurs esthétiques et le développement harmonieux du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">village et des environs (al.1). Il apparaît donc que c'est dans un souci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'harmonie que le législateur communal a entendu implanter dans la zone</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">industrielle les édifices et installations dont la destination et le vo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lume ne se concilient pas avec la zone d'habitation. Rien n'indique cepen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dant que les auteurs du RAC aient voulu exclure de la zone industrielle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des constructions qui, bien que n'étant pas en rapport harmonieux avec les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bâtiments d'habitation, n'auraient pas une vocation industrielle au sens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étroit, comme par exemple des entreprises de distribution de marchandises.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D'ailleurs, lors de la visite des lieux à laquelle a procédé le départe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, il a été constaté que dans la zone en question sont implantés deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entreprises de transport, un dépôt de vin ainsi qu'une entreprise de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">paysagisme.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il suit de ce qui précède que c'est au regard des inconvénients</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possibles, pour l'habitat et l'harmonie de la localité, que présente une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">construction industrielle au sens large qu'il convient d'examiner si elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est proscrite ou non par la réglementation communale. Dans une optique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">similaire, la jurisprudence vaudoise a qualifié de constructions indus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trielles des édifices affectés à des activités économiques très diverses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme l'élevage de poulets (RDAF 1964, p.194), le lavage automatique pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voitures (RDAF 1975, p.139) et l'installation d'une piste d'exercice pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véhicules d'une auto-école avec un bâtiment à usage de dépôt, hangar, ate-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lier-forge, salle de pratique, salle de théorie et buvette (RDAF 1972,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.220).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le cas d'espèce, s'agissant de l'exploitation permanente,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans un but lucratif, d'une installation de sport motorisé, avec atelier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de mécanique et buvette, à l'intérieur d'une halle existante, il y a lieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de retenir sa conformité avec l'affectation de la zone industrielle, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus forte raison que son effet sur l'environnement et la planification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est de toute évidence mineur.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En outre, elle est conforme également à l'affectation de ladite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">zone selon le projet de nouveau règlement d'aménagement de la commune de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X. adopté par le Conseil général le 27 juin 1997, mais non encore</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sanctionné par le Conseil d'Etat. En effet, ce projet affecte ladite zone</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux activités industrielles, artisanales, tertiaires et aux entrepôts dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la destination et le volume ne sont pas en rapport harmonieux avec les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bâtiments d'habitation (art.11.02.3 al.1). Les considérants ci-dessus sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la portée de l'article 42 RAC sont valables pour ce texte qui est destiné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à le remplacer.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Il suit de ce qui précède que le recours doit être admis, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision attaquée annulée et le dossier renvoyé à la commune de X. pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle accorde le permis en cause en tenant compte du préavis des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">services concernés de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu le sort de la cause, il est statué sans frais (art.47 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LPJA) et la recourante a droit à des dépens pour les frais qu'elle a enga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gés dans les deux instances de recours (art.48 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet le recours de la société C. Sàrl et annule la décision du Département</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de la gestion du territoire du 13 janvier 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Retourne le dossier à la commune de X. pour décision au sens des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue à la société C. Sàrl une indemnité de dépens de 800 francs à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> charge, par moitié, de l'Etat et de G.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 13 janvier 1999</span></p> </div></body></html>