<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. F. SA exploite une entreprise de machines de soudage à Saint-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Blaise. Raccordée au réseau d'eau communal, elle est astreinte au paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa consommation d'eau et d'une taxe d'épuration. Sa consommation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mensuelle moyenne entre le 1er janvier 1993 et 30 juin 1996 a été de 3'234</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">m3 (D.6/17). En juillet et août 1996, elle a consommé respectivement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">10'170 et 9'022 m3 (D.6/5-4). S'étonnant de ces chiffres, elle a entrepris</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des investigations. Elle a ainsi découvert que l'eau s'infiltrait dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sol car sa conduite principale d'arrivée était défectueuse. Cette conduite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a dû être partiellement remplacée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Dans ses factures d'eau des 30 juillet et 30 août 1996, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Commune de Saint-Blaise a réclamé à F. SA 23'260.50 francs et 20'635.30</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs, dont 9'661.50 francs et 8'570.90 francs à titre de taxe d'épura-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion (D.6/5-4). Par lettre du 11 octobre 1996, F. SA a demandé à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commune qu'aucune taxe d'épuration ne lui soit réclamée pour l'eau qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'était infiltrée dans le sol, qu'elle estimait à 12'724 m3 (D.6/2). La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commune a refusé par décision du 28 octobre 1996, rappelant que F. SA</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était responsable de sa canalisation et relevant au surplus que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réclamation était tardive (D.6/8).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> F. SA a recouru auprès du Département de la gestion du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">territoire le 18 novembre 1996, concluant à ce qu'il soit constaté que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Commune de Saint-Blaise ne pouvait prétendre à l'encaissement d'une taxe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'épuration dans le présent cas (D.6/6). Elle avançait en résumé que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">défectuosité de sa canalisation avait eu pour effet de ne pas mettre à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contribution la station d'épuration pour l'eau qui s'était infiltrée, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte que la commune ne pouvait pas facturer des prestations qui n'avaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas été fournies.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le même jour, F. SA a déposé un recours identique au Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administratif, désigné comme autorité de recours sur la décision du 28</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octobre 1996. Ce recours a été déclaré irrecevable par la Cour de céans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">21 novembre 1996, faute d'épuisement des instances inférieures (D.6/11).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le Département de la gestion du territoire a admis le recours de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. SA le 5 janvier 1998. Il a considéré qu'il était compétent pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">connaître du litige; que les factures entreprises n'indiquaient pas les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voie et délai légaux de recours, de sorte qu'on pouvait sans doute</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admettre que F. SA les avaient contestées dans un délai raisonnable;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que, de toute façon, la requête de F. SA serait admissible au titre de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révision; que, sur le fond, la taxe d'épuration communale de Saint-Blaise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est bien une taxe et non un impôt; que la perception par la commune d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taxe d'épuration pour la totalité de l'eau consommée par F. SA en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juillet et août 1996 risquait, au vu des circonstances, d'entraîner une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violation du principe de la couverture des frais. Le département a ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">annulé la décision du 28 octobre 1996 et renvoyé la cause au conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communal afin qu'il évalue la quantité d'eau réellement consommée par F. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">SA.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 26 janvier 1998, la Commune de Saint-Blaise recourt au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal administratif contre la décision du 5 janvier 1998, concluant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son annulation. Elle avance qu'elle est contraire au droit; que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe de la couverture des frais exige seulement que, dans leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ensemble, les taxes n'excèdent pas les dépenses du service considéré;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'une taxe pour un service dont l'utilisation est obligatoire est due</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">indépendamment de l'utilisation effective de la prestation publique par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'administré; que la charge globale des frais d'épuration n'est de loin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas couverte par le montant des taxes perçues; que calculer la taxe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'épuration sur la base de la consommation d'eau est admissible et permet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une simplification du travail administratif; qu'en outre la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entreprise induit un système de perception irréalisable faute de pouvoir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesurer le volume d'eau effectivement rejeté par chaque abonné; que seul</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son règlement, qui recourt au critère de la consommation, permet d'assurer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'égalité de traitement de chaque abonné; qu'enfin F. SA ne saurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faire valoir le défaut d'une canalisation dont elle est propriétaire et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle doit entretenir ("nemo turpitudinem suam allegans auditur").</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans ses observations du 18 février 1998, F. SA conclut au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet du recours, sous suite de frais et dépens. Elle est d'avis que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision du 28 octobre 1996 violait les principes de la couverture des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais, de l'équivalence, de l'interdiction de l'arbitraire et de l'égalité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de traitement; qu'elle n'a pas acquis sa position de façon déloyale ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">irrégulière, de sorte qu'elle ne commet pas un abus de droit en demandant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à être exonérée de taxe d'épuration.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 20 février 1998, le département conclut au rejet du recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sous suite de frais en se référant à sa décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. La décision par laquelle une autorité de recours renvoie une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">affaire à une instance inférieure pour nouvelle décision est une décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">finale (Schaer, Juridiction administrative neuchâteloise, 1995, p.121),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donc toujours susceptible de recours. La Commune de Saint-Blaise est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">touchée par la décision entreprise et a un intérêt digne de protection à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce qu'elle soit annulée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. La loi cantonale sur la protection des eaux du 15 octobre 1984</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(LCPE) a pour but d'assurer la protection des eaux, de prévenir leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pollution et de remédier aux atteintes existantes (art.1 al.1). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communes peuvent percevoir des contributions annuelles pour couvrir les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais de construction et d'exploitation des ouvrages et installations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">servant à l'évacuation et à l'épuration des eaux usées (art.25 al.1 LCPE).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Les contributions peuvent être perçues sous forme d'impôts ou de taxes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.25 al.2 LCPE).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par arrêté du 10 novembre 1972, le Conseil général de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Commune de Saint-Blaise a décidé de percevoir auprès des propriétaires de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">biens immobiliers une taxe basée sur la consommation d'eau pour couvrir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les charges produites par l'épuration des eaux sur son territoire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.6/12). Le montant de la taxe a été fixé à 0,95 francs par m3 d'eau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consommée le 24 octobre 1991 (D.6/13).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le département a qualifié de taxe la contribution réclamée aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">abonnés du réseau de Saint-Blaise pour l'épuration de ses eaux (décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entreprise, p.7-8). La recourante ne le conteste pas, à juste titre. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agit en effet bien d'un émolument d'utilisation de services publics</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">communaux qui constitue la contrepartie financière due par les administrés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui bénéficient d'un avantage particulier consenti par la collectivité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publique (RJN 1995, p.202 cons.3, 1994, p.180 cons.2c et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) La validité d'une taxe dépend du respect de certains prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipes, parmi lesquels celui de l'équivalence. Selon celui-ci, le montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de chaque émolument doit être en rapport avec la valeur objective de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestation fournie et rester dans des limites raisonnables. Cela n'exclut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toutefois pas un certain schématisme car il n'est pas nécessaire que, dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chaque cas, l'émolument corresponde exactement au coût de la prestation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Les taxes doivent toutefois être établies selon des critères objectifs et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'abstenir de créer des différences que ne justifieraient pas des motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertinents (RJN 1995, p.204 cons.6a; ATF 120 Ia 174 cons.2a).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le principe de l'équivalence n'a pas été res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pecté par la décision du conseil communal de Saint-Blaise du 28 octobre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996. F. SA a en effet prétendu qu'une canalisation défectueuse était à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'origine d'une perte d'eau importante par infiltration dans le sol. Cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élément, qui semble effectivement ressortir de la comparaison des con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sommations des deux mois litigieux avec celle moyenne des années précé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dentes, n'a pas été contesté par la commune (D.6/8, p.1 in fine). Dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lors, il apparaît que les taxes d'épuration réclamées ne correspondaient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus du tout au volume réel des eaux traitées provenant de F. SA, soit,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en d'autres termes, que les montants facturés à ce titre n'étaient plus en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapport avec la valeur objective de la prestation fournie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> On relèvera d'ailleurs que la réglementation communale prévoit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expressément que sont exonérés de la taxe les abonnés qui ne rejettent pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le réseau communal l'eau consommée à des fins professionnelles pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des cultures, des vignes et des abreuvoirs pour le bétail (art.8 de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arrêté du 10.12.1972, tel que modifié le 24.10.1991; D.6/13). Ainsi, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">législateur était conscient que l'association entre consommation d'eau et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taxe d'épuration ne devait pas constituer un principe absolu.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) La recourante relève que le total des taxes perçues reste</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inférieur à celui des charges liées à l'épuration, de sorte que le prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipe de la couverture des frais est respecté (recours, p.3 ch.14). Cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">élément ressort effectivement des comptes communaux (D.2, ch.71 : charges</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">= 770'229,35 francs; taxes d'épuration = 288'852,35 francs). Il n'en de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">meure pas moins qu'une taxe ne peut être perçue que si les différents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principes applicables, dont ceux de la couverture des frais et de l'équi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valence, sont cumulativement respectés. Si l'un ne l'est pas, comme en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce celui de l'équivalence, la taxe réclamée doit être revue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La recourante avance qu'en vertu de l'article 7.3 de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règlement pour la fourniture de l'eau (D.6/14), l'abonné est seul res-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ponsable de tous les dommages qui pouvaient résulter de la pose ou de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'existence de ses conduites ou installations, ainsi que de toutes les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquences des accidents qui pourraient se produire sur celles-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(décision du 28.10.1996, D.6/8; recours, p.4 ch.19). F. SA a impli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">citement accepté la prise en charge du dommage découlant de sa cana-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lisation défectueuse en ne contestant pas devoir s'acquitter de l'intégra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité de sa consommation d'eau, y compris celle perdue. Le fait que l'eau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui a filtré n'est, par la force des choses, pas repartie à la station</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'épuration ne constitue en revanche pas un dommage que F. SA devrait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assumer.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) La recourante invoque la jurisprudence selon laquelle, pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les services publics dont l'utilisation est obligatoire, la taxe est due</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dès que l'obligation naît, indépendamment du fait que l'administré utilise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou non la prestation publique (recours, p.3 ch.13; voir RJN 1994, p.181</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.2c). Le principe de la perception d'une taxe d'épuration n'est tou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tefois pas remis en cause par la décision entreprise, seul le calcul du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant dû par F. SA étant litigieux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) La recourante avance enfin que lier consommation et épuration</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permet une simplification admise par la jurisprudence et qu'il serait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">irréalisable de mesurer de manière précise la quantité d'eau rejetée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chaque abonné (recours, p.3 ch.10 et p.4 ch.16). Elle perd cependant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vue que le cas de F. SA est bien particulier, en ce sens que l'entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise a établi à la fois une augmentation temporaire très importante de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consommation et une défectuosité de sa canalisation. L'admission par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">département du recours de F. SA ne remet pas en cause le principe de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixation de la taxe d'épuration en fonction de la consommation, mais re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fuse seulement son application à une situation extraordinaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Mal fondé, le recours doit être rejeté. Il est statué sans frais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.47 al.2 LPJA). F. SA, qui a présenté des observations, a droit à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une indemnité de dépens (art.48 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Alloue à F. SA une indemnité de dépens de 400 francs à la charge de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la Commune de Saint-Blaise.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 19 mars 1998</span></p> </div></body></html>