<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp343664"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>4505/12<br/><br/><br/><div class="paraatf">Truglia Mariano c. Suisse</div> <div class="paraatf">Décision d'irrecevabilité no. 4505/12, 15 mai 2018</div> <a name="idp262784"></a><br/><div id="regeste" lang="fr"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><i>Diese Zusammenfassung existiert nur auf Französisch.</i></div> <br/><div class="paraatf"> DÉCISION D'IRRECEVABILITÉ de la CourEDH:</div> <div class="paraatf"> SUISSE: <span class="artref">Art. 5 par. 4 CEDH</span>. Accès à une conversation téléphonique suite à un placement à des fins d'assistance dans un établissement psychiatrique.</div> <br/><div class="paraatf"> Le requérant se plaint d'une violation de son droit à un procès équitable du fait qu'il n'a pas eu connaissance du contenu d'une conversation téléphonique entre la Commission cantonale de recours en matière de privation de liberté à des fins d'assistance (CCR) et l'établissement psychiatrique. Bien qu'il soulève son grief sous l'angle de l'<span class="artref">art. 6 par. 1 CEDH</span>, la Cour est libre de requalifier ses arguments en un grief tiré de l'<span class="artref">art. 5 par. 4 CEDH</span>. Les garanties de procédures ancrées à l'<span class="artref">art. 6 CEDH</span> s'appliquent à toute procédure relevant de l'<span class="artref">art. 5 par. 4 CEDH</span>, notamment sous l'angle de la nécessité d'une procédure contradictoire. Une telle procédure requiert de donner la possibilité aux parties de prendre position sur les éléments jugés pertinents par le tribunal pour se prononcer.</div> <div class="paraatf"> En l'espèce, la conversation téléphonique n'a pas joué de rôle dans la décision de la CCR de constater le bien-fondé du placement du requérant à des fins d'assistance. Cela ressort clairement de la motivation de la décision, que le requérant a par la suite pu attaquer en pleine connaissance de cause. Dès lors, la CCR n'a pas administré de nouveau moyen de preuve et le requérant n'a pas été privé de son droit d'être entendu. Le grief tiré de l'<span class="artref">art. 5 par. 4 CEDH</span> doit être rejeté comme étant manifestement mal fondé (ch. 17-20).</div> <div class="paraatf"> Conclusion: requête déclarée irrecevable.</div> <br/><br/><br/> </div> <div class="big bold">Inhaltsangabe des BJ</div> <br/><br/>(2. Quartalsbericht 2018)<br/><br/>Rechtliches Gehör (Art. 5 Abs. 4 EMRK); fehlende Mitteilung des Inhalts eines Telefongesprächs zwischen der ehemaligen Rekurskommission für fürsorgerische Freiheitsentziehungen des Kantons Bern (RFF) und dem Psychiatriespital, in welchem die Massnahme vollzogen wurde.<br/><br/>Gestützt auf Artikel 6 Absatz 1 EMRK machte der Beschwerdeführer eine Verletzung des Rechts auf ein faires Verfahren im Verfahren vor der RFF geltend, da ihm der Inhalt eines Telefongesprächs zwischen dieser und dem Psychiatriespital, welches nach seiner Anhörung und vor dem Entscheid der RFF stattgefunden hatte, nicht mitgeteilt wurde.<br/><br/>Der Gerichtshof prüfte die Beschwerde unter dem Blickwinkel von Artikel 5 Absatz 4 EMRK. Er stellte fest, es sei unbestritten, dass das Telefongespräch, welches einzig zum Zweck hatte, neue Vorbringen des Beschwerdeführers (welche sich in der Folge als falsch erwiesen) zu überprüfen, angesichts seines medizinischen Inhalts für den Entscheid der RFF über die fürsorgerische Unterbringung des Beschwerdeführers keine Rolle spielte. Dies ergibt sich eindeutig aus der Begründung des Entscheids, welchen der Beschwerdeführer in der Folge in voller Kenntnis der Umstände anfechten konnte. Die RFF hat somit kein neues Beweismittel erhoben und das Recht des Beschwerdeführers auf rechtliches Gehör wurde nicht verletzt.<br/><br/>Unzulässig wegen offensichtlicher Unbegründetheit (einstimmig). <br/><br/> <br/> <br/> <br/><br/><a name="idp346080"></a><div class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</div> <br/><div class="paraatf"> </div> <div class="paraatf">TROISIÈME SECTION</div> <div class="paraatf">DÉCISION</div> <div class="paraatf">Requête no 4505/12</div> <div class="paraatf">Mariano TRUGLIA</div> <div class="paraatf">contre la Suisse</div> <div class="paraatf"> </div> <div class="paraatf">La Cour européenne des droits de l'homme (troisième section), siégeant le 15 mai 2018 en un comité composé de :</div> <div class="paraatf"> Pere Pastor Vilanova,<i> président,</i> </div> <div class="paraatf"> Helen Keller,</div> <div class="paraatf"> María Elósegui,<i> juges,</i> </div> <div class="paraatf">et de Fatoş Aracı, <i>greffière adjointe de section,</i> </div> <div class="paraatf">Vu la requête susmentionnée introduite le 20 décembre 2011,</div> <div class="paraatf">Après en avoir délibéré, rend la décision suivante :</div> <div class="paraatf"> </div> <div class="subtitle">PROCEDURE</div> <div class="paraatf">1. À l'origine de l'affaire se trouve une requête (no 4505/12) dirigée contre la Confédération suisse et dont un ressortissant italien, M. Mariano Truglia (« le requérant »), né en 1952 et résidant à La Neuveville, a saisi la Cour le 20 décembre 2011 en vertu de l'article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (« la Convention »).</div> <div class="paraatf">2. Le requérant a été représenté devant la Cour par l'association Psychex, agissant par l'entremise de Me E. Schönenberger, avocat à Zurich. Le gouvernement suisse a été représenté par son agent, F. Schürmann, de l'Office fédéral de la justice.</div> <div class="paraatf">3. Le requérant fait valoir une violation des articles 2, 3, 5, 6, 11, 13 et 14 de la Convention.</div> <div class="paraatf">4. Le 26 février 2016, le grief tiré de l'article 5 § 4 de la Convention a été communiqué au Gouvernement et la requête a été déclarée irrecevable pour le surplus conformément à l'article 54 § 3 du règlement.</div> <div class="paraatf">5. Par une lettre du 2 mars 2016, le gouvernement italien a été informé qu'il avait la possibilité, s'il le désirait, de présenter des observations écrites en vertu de l'article 36 § 1 de la Convention et de l'article 44 du règlement de la Cour. En absence d'une réponse, la Cour considère pour la suite de la procédure que le gouvernement italien n'entend pas se prévaloir en l'espèce de son droit d'intervention.</div> <div class="subtitle">EN FAIT</div> <div class="paraatf">6. Le 24 juin 2011, le requérant fut admis aux Services psychiatriques du Jura bernois-Bienne-Seeland (ci-après : SPJBB) à Bellelay en raison d'une décompensation psychotique aiguë avec risque d'hétéro-agressivité dans le cadre de troubles affectifs bipolaires. Le placement à des fins d'assistance fut décrété, à titre préventif, par deux médecins des SPJBB.</div> <div class="paraatf">7. Le 25 juin 2011, le requérant déposa un recours contre cette mesure auprès de la Commission cantonale de recours en matière de privation de liberté à des fins d'assistance (ci-après : CCR), relevant de la Section civile de la Cour suprême du canton de Berne.</div> <div class="paraatf">8. Par la suite, la clinique transmit à la CCR sa prise de position, datée du 28 juin 2011, selon laquelle le requérant avait besoin d'une hospitalisation en milieu psychiatrique et d'un traitement psychopharmacologique pour stabiliser son état psychique, caractérisé par des troubles bipolaires avec la suspicion d'autres troubles de la personnalité, d'où la nécessité de son placement à des fins d'assistance dans la clinique.</div> <div class="paraatf">9. Le 19 juillet 2011, le requérant fut entendu par la CCR. Lors de son audition, celui-ci prétendit que, la veille, la clinique lui avait assuré oralement qu'un traitement institutionnel ne serait plus nécessaire et pourrait être substitué par un traitement ambulatoire.</div> <div class="paraatf">10. Ces allégations étant en contradiction avec la prise de position de la clinique du 28 juin 2011, la CCR informa le requérant et son avocat, lors de l'audition, qu'elle envisageait de prendre contact avec la clinique afin de vérifier si les allégations du requérant étaient vraies. Ceci ne fut pas mentionné dans le procès-verbal de l'audition.</div> <div class="paraatf">11. Lors de la conversation téléphonique que la CCR tint avec la psychiatre responsable des SPJBB, celle-ci confirma que la prise de position de la clinique du 28 juin 2011 restait valable et correspondait à la situation actuelle du requérant.</div> <div class="paraatf">12. La conversation téléphonique fut retranscrite après coup (comme l'indique la mention « <i>nachträglich erstellt</i> » sur le document), et datée du 19 juillet 2011. Elle fut mentionnée dans la motivation de la décision.</div> <div class="paraatf">13. Par décision du 19 juillet 2011, la CCR rejeta le recours et confirma la mesure pour une période de six semaines au maximum.</div> <div class="paraatf">14. Le 4 août 2011, la mesure litigieuse prit fin.</div> <div class="paraatf">15. Par arrêt du 29 août 2011, le Tribunal fédéral déclara le recours en matière civile du requérant contre la décision de la CCR sans objet et raya la cause du rôle.</div> <div class="subtitle">GRIEF</div> <div class="paraatf">16. Invoquant l'article 6 § 1 de la Convention, le requérant se plaint d'une violation de son droit à un procès équitable par la CCR du fait qu'il n'a pas eu connaissance du contenu de la conversation téléphonique entre cette autorité et l'hôpital psychiatrique survenue après l'audience du 19 juillet 2011 et précédant la prise de décision.</div> <div class="paraatf"> </div> <br/><br/><a name="idp370208"></a><div class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</div> <br/><div class="subtitle">EN DROIT</div> <div class="paraatf">17. Bien que le requérant soulève son grief sous l'angle de l'article 6 § 1 de la Convention, la Cour est libre de requalifier ses arguments en un grief tiré de l'article 5 § 4 de la Convention (voir, à titre d'exemple, l'affaire <i>Tinner c. Suisse</i>, nos 59301/08 et <i>8439/09</i>, § 68, 26 avril 2011).</div> <div class="paraatf">18. Selon la jurisprudence de la Cour, les garanties de procédure ancrées à l'article 6 de la Convention s'appliquent à toute procédure relevant de l'article 5 § 4 (<i>Lietzow c. Allemagne</i>, no <i>24479/94</i>, § 44, CEDH 2001-I), notamment sous l'angle de la nécessité d'une procédure contradictoire. Une procédure contradictoire au sens de 6 § 1 requiert de donner la possibilité aux parties de prendre position sur les éléments jugés pertinents par le tribunal pour se prononcer (<i>Meftah et autres c. France</i> [GC], nos <i>32911/96</i>, <i>35237/97</i> et <i>34595/97</i>, § 51, CEDH 2002-VII).</div> <div class="paraatf">19. Or, il n'est pas douteux, à tout le moins sur la base du dossier à disposition de la Cour, que la conversation téléphonique, qui eut uniquement lieu afin de vérifier sur-le-champ la véracité des nouvelles allégations du requérant (qui se sont par la suite avérées comme fausses), n'était pas pertinente. Cette dernière, de par son contenu médical, n'a pas joué un rôle dans la décision de la CCR de constater le bien-fondé du placement du requérant à des fins d'assistance jusqu'au 4 août 2011. Cela ressort clairement de la motivation de la décision, que le requérant a par la suite pu attaquer en pleine connaissance de cause. Dès lors, contrairement à ce que le requérant soulève, la CCR n'a en l'espèce pas administré de nouveau moyen de preuve. Par conséquent, le requérant n'a pas été privé de son droit d'être entendu.</div> <div class="paraatf">20. Il s'ensuit que le grief tiré de l'article 5 § 4 de la Convention doit être rejeté comme étant manifestement mal fondé, en application de l'article 35 §§ 3 a) et 4 de la Convention.</div> <div class="paraatf"> </div> <br/><br/><a name="idp385440"></a><div class="big bold" id="dispositiv">Entscheid</div> <br/><div class="subtitle">Par ces motifs, la Cour, à l'unanimité,</div> <div class="paraatf"> <i>Déclare </i>la requête irrecevable.</div> <div class="paraatf">Fait en français puis communiqué par écrit le 7 juin 2018.</div> <div class="paraatf"> Fatoş Aracı Pere Pastor Vilanova</div> <div class="paraatf"> Greffière adjointe Président</div> </div></body></html>