B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour III C-7058/2017 A r r ê t d u 2 9 m a r s 2 0 18 Composition Christoph Rohrer, juge unique, Pascal Montavon, greffier. Parties A._______, France, recourant, contre Office de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à l'étranger OAIE, autorité inférieure. Objet Assurance-invalidité, recours pour déni de justice/retard injustifié de décider suite à l'arrêt du Tribunal administratif fédéral C-3593/2016 du 23 août 2017. C-7058/2017 Page 2 Faits : A. Par arrêt C-3593/2016 du 23 août 2017 le Tribunal de céans annula la dé- cision d’octroi de rente d’invalidité allouée le 10 mai 2016 par l’Office de l’assurance-invalidité pour les assurés résidant à l’étranger (OAIE) à A._______, né le (…) 1963, et renvoya le dossier à l’autorité inférieure pour complément d’instruction au sens des considérants et nouvelle décision constatant le nouveau revenu annuel moyen déterminant à la base de la décision. Il appert des considérants que l’autorité inférieure devait prendre en compte pour les années 2005 à 2012 l’existence d’une convention de salaire net entre l’intéressé et son employeur et pour les années 2012 et 2013 déterminer à nouveau le salaire exact AVS de l’intéressé à prendre en compte pour le calcul de son taux d’invalidité respecti vement de sa rente d’invalidité (pce TAF 34, C -3593/2016). Au consid. 6.3 de l’arrêt le tribunal releva qu’en application de l’art. 16 al. 1 LAVS la péremption de rendre une décision de perception de cotisations supplémentaires de l’em- ployeur relativement à l’année 2012 avait une échéance au 31 décembre 2017. L’arrêt notifié aux parties et à l’OFAS en date des 28 et 29 août 2017 entra en force le 28 septembre 2017 (pces 35 -37). En date du 19 octobre 2017 le Tribunal adressa les actes de la cause en retour à l’OAIE (pce TAF 39). B. Par courriers des 15 novembre et 5 décembre 2017 l’intéressé requit de l’OAIE que sa rente soit nouvellement déterminée dans les meilleurs délais relevant être sans nouvelle de l’autorité inférieure depuis trois mois (cf. an- nexes au recours pce TAF 1). C. Par acte du 5 décembre 2017 A._______ s’adressa au Tribunal de céans faisant valoir être sans nouvelle de l’OAIE suite à l’arrêt rendu par ce tribu- nal en date du 23 août 2017. Il mentionna avoir adressé un courrier en date du 15 novembre 2017 à l’OAIE indiquant être dans l’attente de la nouvelle décision de rente revalorisée , resté sans réponse, ainsi qu’une seconde lettre du 5 décembre suivant. Il requit du Tribunal de veiller à l’application par l’autorité inférieure de l’arrêt rendu. Il joignit à son acte les copies des courriers des 15 novembre et 5 décembre 2017 à l’OAIE (pce TAF 1). D. Par ordonnance du 18 décembre 2017 le Tribunal accusa réception du re- cours et invita l’autorité inférieure à se déterminer. C-7058/2017 Page 3 E. Par un courrier du 20 décembre 2017 , ensuite de la réception par l’OAIE d’une copie du recours de l’intéressé, l’OAIE communiqua à la caisse de compensation B._______ impliquée dans la détermination des revenus de l’intéressé des années 2012 et 2013 une copie de l’arrêt de ce Tribunal du 23 août 2017 et l’invita – sans délai mentionné – à prendre position con- cernant les salaires déterminants AVS 2012 et 2013 de A._______ (pce AI 48). F. Par une instance du 19 décembre 2017 le recourant communiqua pour in- formation au Tribunal la copie d’un courrier du 18 décembre 2017 à l’OAIE rapportant un entretien téléphonique de l’intéressé avec l’OAIE et faisant état de réflexions sur son droit à la rente. Il y releva que selon l’entretien qu’il avait eu son dossier n’avait pa s encore été traité depuis l’arrêt du 23 août 2017 et qu’il allait l’être à compter du jour de l’entretien (pce TAF 4). Le Tribunal transmit cette écriture à l’autorité inférieure pour connais- sance par ordonnance du 9 janvier 2018 (pce TAF 5). G. Par réponse au recours du 26 janvier 2018 l’OAIE indiqua que suite à l’en- trée en force le 28 septembre 2017 de l’arrêt du 23 août 2017 du Tribunal de céans, et le renvoi par ce tribunal en date du 19 octobre 2017 des pièces, il avait sollicité de ses services en date du 27 octobre 2017 l’exé- cution du jugement (cf. pce 44) et requis par demande du 20 décembre 2017 une prise de position auprès de la caisse de compensation B._______ (cf. pce 48), laquelle avait fait l’objet d’un rappel du 19 janvier 2018. Faisant valoir la complexité de la cause et le fait de dépendre de la collaboration de la caisse de compensation B._______, l’OAIE indiqua es- timer que le recours pour déni de justice à ce stade de la procédure, quelques mois après l’entrée en force du jugement, n’était pas justifié et en proposa le rejet. L’OAIE joignit à son envoi une copie du rappel du 19 jan- vier 2018 à l’adresse de la caisse de compensation B._______ (pce TAF 6). H. Par ordonnance du 1er février 2018 le Tribunal communiqua au recourant la réponse de l’OAIE pour connaissance avec la copie des pièces 44 et 48 et du rappel du 19 janvier 2018 précités (pce TAF 7). I. Par acte du 21 février 2018 l’intéressé réitéra son grief de déni de justice C-7058/2017 Page 4 (pce TAF 10) et par une communicati on spontanée du 15 mars 2018 in- forma le Tribunal de céans avoir reçu une nouvelle décision de l’autorité inférieure [du 5 mars 2018] suite à l’arrêt rendu par ce tribunal. Il réitéra que son dossier avait fait l’objet d’un déni de justice absolu et avéré. Notant que la nouvelle décision était identique à celle précédemment rendue le 10 mai 2016 il indiqua que cela confirmait un déni de justice indéniable. Il joi- gnit à son envoi une copie de la nouvelle décision du 5 mars 2018 (pce TAF 11). Droit : 1.1 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal de céans, en vertu de l'art. 31 LTAF en relation avec l'art. 33 let. d LTAF et l'art. 69 al. 1 let. b de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI, RS 831.20), connaît des recours inter- jetés par les personnes résidant à l'étranger contre les décisions prises par l'OAIE. 1.2 Selon l'art. 37 LTAF la procédure devant le Tribunal de céans est régie par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) pour autant que la LTAF n'en dispose pas autrement. En vertu de l'art. 3 let. dbis PA, la procédure en matière d'assurances sociales n'est pas régie par la PA dans la mesure où la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA, RS 830.1) est applicable. A cet égard conformément à l'art. 2 LPGA en relation avec de l'art. 1 al. 1 LAI, les dispositions de la L PGA s'appliquent à l’AI à moins que la LAI ne déroge expressément à la LPGA. 1.3 Selon l'art. 46a PA, le recours est recevable si, sans en avoir le droit, l'autorité saisie s'abstient de rendre une décision sujette à recours ou tarde à le faire. Selon l'art. 56 al. 2 LPGA le recours peut aussi être formé lorsque l'assureur, malgré la demande de l'inté ressé, ne rend pas de décision ou de décision sur opposition. 1.4 En vertu de l'art. 50 al. 2 PA le recours pour déni de justice ou retard injustifié peut être formé en tout temps de sorte que ce moyen de droit n’est pas soumis à l’observation d’un délai. Par ailleurs déposé dans les formes requises par la loi (art. 52 PA), le recours est en principe recevable. 2. C-7058/2017 Page 5 2.1 Quiconque a un intérêt actuel digne d'être protégé à ce qu'une décision ou une décision sur opposition soit rendue par un assureur a qualité pour recourir contre le fait que celle -ci ne soit pas rendue ou tarde indûment à l'être (art. 59 LPGA en relation avec les art. 46a PA, 56 al. 2 LPGA et 5 PA). La notion d'intérêt digne de protection suppose notamment que le recou- rant possède un intérêt actuel, e t ce non seulement au moment du dépôt du recours, mais également lors du prononcé de la décision sur recours (ATF 128 II 34 consid. 1b). Cet intérêt actuel est déterminé en fonction du but poursuivi par le recours, et des conséquences et de la portée d'une éventuelle admission de celui -ci (arrêt du TF 1C_453/2008 du 12 février 2009 consid. 1.2). Ainsi, il faut que la décision de l'autorité de recours puisse encore remédier aux désagréments que la décision attaquée, res- pectivement l'absence de décision, occa sionne au recourant ( ISABELLE HÄNER, in : Auer/Müller/Schindler, Kommentar zum Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren, 2008, ch. marg. 21 ss ad art. 48 PA). Le but d'un recours pour déni de justice ou retard injustifié au sens de l'art. 46a PA est d'amener l'autorité tenue de le faire à statuer ; c'est là précisément que réside l'intérêt digne de protection au sens de l'art. 48 al. 1 PA, qui légitime la partie recourante à recourir pour retard injustifié ou déni de jus- tice. Par conséquent, l’intérêt digne de protection disparaît lorsque l'auto- rité tenue de le faire rend sa décision au fond au cours de la procédure de recours pour retard injustifié ou déni de justice. Il conviendra alors de pro- céder à la radiation de la cause, devenue sans objet (MARKUS MÜLLER, in: Auer/Müller/Schindler, op. cit., ch. marg. 12 ad art. 46a PA). 2.2 En l'espèce le recours du 5 décembre 2017 a été formé en raison du fait que l'autorité, selon l’intéressé, tardait à rendre sa nouvelle décision suite à l’arrêt du 23 août 2017 de ce tribunal. Or, le 5 mars 2018 l’autorité inférieure a rendu la nouvelle décision devant l’être après un complément d’instruction requis par le Tribunal de céans dans son arrêt précité. Dès lors le recourant ne dispose plus d’un intérêt digne de protection au recours pour déni de justice de sorte que l a cause devenue sans objet doit être rayée du rôle dans une procédure à juge unique (art. 23 al. 1 let. a LTAF). 3. Lorsque, comme en l’espèce, la procédure devient sans objet, les frais sont en règle générale mis à la charge de la partie dont le comportement a occasionné cette issue (art. 5 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixé s par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). Par ailleurs, en vertu de l'art. 15 FITAF, en relation avec l'art. 5 FITAF, lorsqu'une procédure devient sans objet, le Tribunal C-7058/2017 Page 6 examine s'il y a lieu d'allouer des dépens. Il appartient ainsi au Tribunal de céans de statuer sur les frais afférents à la procédure engagée, par une décision sommairement motivée, en tenant compte de l’état de fait existant avant l’événement mettant fin au litige et de l’issue probable qu’aurait eu celui-ci (ATF 125 V 373 consid. 2a ; arrêt du TF 9C_107/2009 du 9 juin 2009 consid. 2). En outre, des dépens sont dus en principe, si le grief d’un retard injustifié est avéré (arrêt du TF 9C_448/2014 du 4 septembre 2014 consid. 3), ce qu’il sied donc d’examiner dans les considérants qui suivent. Il sied de relever que le recours pour déni de justice ou retard injustifié n’a pas d’effet dévolutif. Le tribunal saisi ne peut statuer en lieu et place de l’autorité inférieure. S’il constate un déni de justice ou un retard injustifié le tribunal en fait la constatation et renvoie la cause avec des instructions impératives à l’autorité inférieure, le cas échéant en lui fixant un délai pour se prononcer (cf. arrêt du TAF A -75/2009 du 16 avril 2009 consid. 6 ; JÉ- RÔME CANDRIAN, Introduction à la procédure administrative, 2013, n° 118). 4. 4.1 Aux termes de l'art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst., RS 101), toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans un délai raisonnable, et à ce que la décision ou décision sur opposition soit rendue à bref délai par l'autorité compétente. La distinction entre refus de statuer ou tardiveté dans le devoir de statuer n'a guère d'incidence, tous deux constituant des dénis de justice formels (PIERRE MOOR / ETIENNE POLTIER, Droit administratif, vol. II, 3e éd., Berne 2011, p. 336). Le caractère raisonnable de la durée de la procédure s'apprécie en fonction des circonstances particulières de la cause et, entre autres critères, sont notamment déterminants la nature de l'affaire, le degré de complexité de l'affaire, la difficulté éventuelle d'élucider les questions de fait, l'enjeu que revêt le litige pour l'assuré ainsi que le c omportement de celui -ci et des autorités intimées (ATF 135 I 265 consid. 4.4; ATF 129 V 411; MOSER/ BÖSCH/KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, 2e éd. 2013, n° 528; MOOR/POLTIER, op. cit., p. 336; THIERRY TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n° 1501; UELI KIESER, Das Verwaltungs verfahren in der Sozialversicherung, 1999, n° 509 s.). A cet égard il appartient au justiciable d' entreprendre certaines démarches pour inviter l'autorité à faire diligence, notamment en incitant c elle-ci à accélérer la procédure ou en recourant pour retard injustifié. Il importe également que C-7058/2017 Page 7 l'administration fasse régulièrement avancer le dossier par des actes concrets (arrêt du TF I 57/02 du 24 octobre 2002 consid. 3 et 4 ; arrêt du TAF C-33/2013 du 13 juin 2013 consid. 2). Par ailleurs, on ne saurait reprocher quelques « temps morts » à l'administration ; lorsqu’aucun de ces « temps morts » n’est d’une durée vraiment choquante, c’est l’appré - ciation d’ensemble qui prévaut ( CANDRIAN, op. cit., n° 117). Cependant, l’administration ne saurait invoquer une organisation déficiente ou une surcharge structurelle pour justifier la lenteur de la procédure (ATF 130 I 312 consid. 5.1 et 5.2 et les références ; arrêt du TF 9C_414/2012 du 12 novembre 2012 consid. 2.1). Il sied d'ajouter qu'en droit des assurances sociales, la procédure de première instance est gouvernée par le principe de célérité, lequel est un principe général du droit des assurances sociales (ATF 110 V 54 consid. 4b ; arrêt du TF 9C_441/ 2010 du 6 avril 2011 consid. 2.3). Toutefois cette maxime ne saurait l'emporter sur la nécessité d'une instruction complète (ATF 129 V 411 consid. 1.2 renvoyant à l'ATF 119 Ib 325 consid. 5b ; arrêt du TAF C- 5204/2012 du 5 octobre 2012 consid. 4.1 in fine). 4.2 A titre d'exemples, bien que relativement à des causes pendantes devant des tribunaux et non en phase d'instruction par l'administration (voir arrêts du TF 9C_414/2012 du 12 novembre 2012 consid. 2.2 et 9C_441/ 2010 du 6 avril 2011 consid. 2.4), la jur isprudence a constaté un retard injustifié à statuer lorsqu'il s'est écoulé un délai de 24 mois entre la fin de l'échange d'écritures devant la juridiction cantonale et le dépôt du recours pour déni de justice au Tribunal fédéral dans un litige qui avait uniquement pour objet le taux d'invalidité du recourant et où celui -ci avait circonscrit son argumentation à deux questions ne présentant pas de difficultés particulières (arrêt du TF 8C_613/2009 du 22 février 2010). A l'occasion d'un autre litige, un délai de 18 mois écoulé entre la fin de l'échange d'écritures devant la juridiction cantonale et le recours pour déni de justice interjeté devant le Tribunal fédéral n'a pas été qualifié de retard injustifié, compte tenu notamment de la nécessité de procéder à une appréciation minutieuse de nombreux rapports médicaux ou expertises (arrêt du TF 8C_615/2009 du 28 septembre 2009). Selon la doctrine, l’inactivité de l’administration durant une période de 9 à 12 mois est considérée dans la pratique des tribunaux comm e un retard injustifié ( UELI KIESER, ATSG -Kommentar, 3 e éd., 2015, art. 56 LPGA n° 21 ss ; UELI KIESER, Verwaltunsverfahren in der Sozialversicherung, Zurich 1999, n° 509 et les références ; URS MÜLLER, Das Verwaltungs - verfahren in der Invalidenversicherun g, 2010, n° 2279 ; arrêt du TAF C- 1653/2014 du 23 juillet 2014 consid. 3.3). Le Tribunal fédéral a ainsi C-7058/2017 Page 8 qualifié d’inadmissible l’inaction d’un office AI de plus de 10 mois après la remise d’une expertise d’un centre d’observation médicale de l’assurance- invalidité (COMAI) pour établir un projet de décision, puis de 17 mois pour rendre une décision, et encore de 23 mois pour se prononcer sur l’opposition d’un justiciable (arrêt du TF I 946/05 du 11 mai 2007 consid. 5.4). Il a également qualifié de cas limi te une procédure restée prête à être traitée durant 16 mois (arrêt du TF 9C_190/2007 du 24 septembre 2007 consid. 4.1). De même, l’inactivité d’un assureur durant un an après la remise d’une expertise a été jugée contraire au droit (arrêt du Tribunal des assurances sociales du canton de Nidwald VG 242/97/V du 22 juin 1998, in : Plädoyer 6/98 p. 66 s). Enfin, dans le cas d’une expertise pluridisciplinaire à organiser, il faut s’accommoder d’un délai d’attente d’environ une année (recours admis après environ une année et trois mois ; arrêt de la 2 e chambre du Tribunal des assurances du canton d’Argovie du 13 décembre 2006, in : SVR 2007 IV n° 25 ; arrêt du TAF C- 1653/2014 du 23 juillet 2014 consid. 3.3). 4.3 La constatation d'un retard inadmissible à statuer constitue pour le re- courant une forme de réparation (ATF 129 V 411 consid. 1.3, PIERMARCO ZEN-RUFFINEN, Droit administratif, 2e éd. 2013, n° 345). Le juge n'a pas à entrer en matière sur d'autres prétentions (cf. ATF 129 V 411 consid. 1.4, ATF 126 V 69 consid. 5b; KÖLZ/HÄNER/BERTSCHI, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 3e éd. 2013, n° 1312). Si le refus ou le retard de statuer a entraîné un dommage, l'administré pourra action- ner l'Etat en réparation, notamment sur le fondement de la responsabilité pour acte illicite, sous réserve d'autres modes de réparation selon les cas (cf. ATF 130 I 312 consid. 5.3; ATF 129 V 411 consid. 1.3 et 1.4; MOOR/POL- TIER, op. cit., p. 339). L'art. 6 par. 1 de la Convention européenne de sau- vegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 no- vembre 1950 (CEDH, RS 0.101) n'offre pas une protection plus étendue de celle de l'art. 29 al. 1 Cst. (ATF 130 I 312 consid. 5.1; TANQUEREL, op. cit., n° 1500). 5. En l’espèce, force est de constater qu’un retard injustifié ne peut manifes- tement pas être reproché à l’autorité inférieure. 5.1 En effet, suite à l'arrêt du Tribunal de céans du 23 août 2017 entré en force le 28 septembre 2017 - les actes ont été retournés à l’autorité infé- rieure le 19 octobre 2017 - il appert du dossier que des démarches con- crètes de l’autorité inférieure en vue de l’exécution du jugement ont été entreprises à compter du 20 décembre 2017. Suite à la communication par C-7058/2017 Page 9 le Tribunal à l’OAIE du recours interjeté, l’OAIE a requis le 20 décembre 2017 la caisse de compensation B._______ de prendre position au sujet du salaire déterminant AVS de l’intéressé pour les années 2012 et 2013 . L’OAIE joignit à sa demande une copie de l’arrêt du Tribunal de céans ex- posant ce faisant le cadre de la requête. Un rappel de l’OAIE à la caisse B._______ a été adressé en date du 19 janvier 2018. La caisse de com- pensation B._______ répondit à l’OAIE en date du 12 février 2018. Finale- ment la nouvelle décision de l’OAIE a été rendue le 5 mars 2018. Cet exposé des faits ne permet pas de déceler un retard injustifié tant de l’autorité inférieure que de la caisse de compensation B._______ compte tenu des délais jugés encore acceptables relevés supra au consid. 4.2 (in- dépendamment de la question de l’incidence de la péremption de l’art. 16 LAVS qui n’est pas à examiner dans le cadre du présent recours). Le Tri- bunal de céans, s’il avait dû se prononcer sur le recours interjeté pour re- tard injustifié, devenu entre -temps sans objet, n’aurait pro bablement pas retenu de retard injustifié dans le traitement de la nouvelle décision atten- due de l’OAIE à la suite de l’arrêt du tribunal de céans. Il eut toutefois re- levé, comme il le fait présentement, qu’il aurait été souhaitable que l’admi- nistration ait répondu au x courriers de l’intéressé des 15 novembre et 5 décembre 2017 afin d’éviter un recours pour déni de justice. 5.2 Le Tribunal de céans relève aussi qu’en recourant auprès du Tribunal de céans en date du 5 décembre 2017 , parallèlement à son deuxième courrier à l’administration également du 5 décembre 2017, l’intéressé a agi pour le moins précipitamment. S’il est essentiel que les administrés fassent part à l’administration être dans l’attente d’une décision afin de manifester leur volonté que leur situation ne pâtissent pas inutilement de temps morts, il leur appartient aussi d’agir avec une certaine retenue. 6. Le considérant 6.4 de l’arrêt précité du Tribunal de céans du 23 août 2017 précisa que seules des cotisations comp lémentaires à celles versées sur le compte de l’intéressé pourraient l’être pour les années 2012 et 2013 moyennant une décision rectificative de cotisations jusqu’à fin 2017 s’agis- sant notamment de l’année 2012 si le rapport juridico-économique liant l’in- téressé à l’entreprise est un rapport de travail. La question de savoir si sous cet angle l’autorité inférieure a agi avec diligence par sa requête du 20 décembre 2017 à la caisse de compensation B._______ n’a pas à être examinée dans le cadre de la présent e procédure du fait que l’incidence d’une éventuelle péremption au regard de l’art. 16 LAVS est une question de droit matériel et ne ressortit pas à l’examen d’un recours pour retard C-7058/2017 Page 10 injustifié de sorte qu’il n’est pas à entrer en matière sur ce grief formulé de manière implicite (voir ég. arrêt du TF 1C_371/2015 du 4 janvier 2016 con- sid. 1). 7. De même et p ar rapport à l’allégué du recourant d ans son écriture du 15 mars 2018 que l’autorité inférieure a rendu le 5 mars 2018 la même décision que celle du 10 mai 2016 confirmant derechef un déni de justice indéniable, il est rappel é que le recours pour déni de justice est une voie de recours extraordinaire tendant à ce que l’autorité rende une décision et non une voie de droit permettant de contester la décision rendue de sorte qu’il n’est pas à entrer en matière sur ce grief non plus . En t out état de cause le Tribunal de céans connaîtra du recours interjeté distinctement contre cette nouvelle décision par l’intéressé le 15 mars 2015 , y compris des violations du droit d’être entendu y relatives alléguées, dans le cadre de la procédure correspondante C-1650/2018, sans préjudice pour l’inté- ressé (cf . VERA MARANTELLI / SAID HUBER in : Waldmann/Weisseberger, Praxiskommentar Verwaltungsverfahrens-gesetz, 2e éd. 2016, art. 48 n° 15 in fine). 8. Vu ce qui précède le recours du 5 décembre 2017 pour retard injustifié doit être déclaré devenu sans objet dans la mesure de sa recevabilité vu la décision de l’autorité inférieure du 5 mars 2018 et la cause rayée du rôle dans une procédure à juge unique (art. 23 al. 1 let. a LTAF, art. 4 PA en relation avec l’art. 72 de la loi fédérale de procédure civile fédérale du 4 décembre 1947 [PCF ; RS 273]). 9. 9.1 En vertu des art. 63 al. 1 PA et 69 al. 1bis et 2 L AI, les frais de procédure sont mis à la charge de la partie qui succombe. Vu que le recours pour retard injustifié aurait probablement été rejeté si le Tribunal avait dû se pro- noncer, le recourant devrait participer aux frais de procédure. Le Tribunal de céans renonce toutefois en principe à des frais de procédure en cas de recours pour retard injustifié même en les matières sujettes à une procé- dure onéreuse (cf. MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., n° 4.32 ; cf. ég. arrêt du TF 1C_371/2015 du 4 janvier 2016). Par ailleurs, les frais de pro- cédure peuvent être remis totalement ou partiellement, lorsque pour des motifs ayant trait au litige ou à la partie en cause, il ne paraît pas équitable de mettre les frais de procédure à la charge de celle -ci (art. 63 al. 4 PA; art. 6 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et C-7058/2017 Page 11 indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173. 320.2]). En l'espèce, il n'est donc pas perçu de frais de procédure. Aucun frais de procédure n'est mis à la charge des autorités inférieures (cf. art. 63 al. 2 PA). 9.2 Vu l’issue de la procédure il n’est pas alloué de dépens (art. 64 al. 1 PA). Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours étant devenu sans objet dans la mesure de sa recevabilité, l’af- faire C-7058/2017 est rayée du rôle. 2. Il n'est pas perçu de frais de procédure ni alloué de dépens. 3. Le présent arrêt est adressé : – au recourant (Recommandé avec avis de réception) – à l'autorité inférieure (N° de réf. […] ; recommandé ; annexes pces TAF 10 et 11 pour connaissance.) – à l’Office fédéral des assurances sociales (Recommandé) L’indication des voies de droit figure sur la page suivante. Le juge unique : Le greffier : Christoph Rohrer Pascal Montavon C-7058/2017 Page 12 Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision atta quée et les moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soi ent en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :