<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2021-09-27-4A_568-2020.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4A_568/2020</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 27 septembre 2021</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mmes les Juges fédérales </div> <div class="para">Hohl, Présidente, Kiss et May Canellas. </div> <div class="para">Greffière : Mme Raetz. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">Fiduciaire A.________ SA, </div> <div class="para">représentée par Mes François Bohnet et Guillaume Jéquier, </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.________ SA, </div> <div class="para">représentée par Me Thierry Amy, </div> <div class="para">intimée, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">1. C.________, </div> <div class="para">2. D.________, </div> <div class="para">tous deux représentés par Me Ivan Zender, </div> <div class="para">parties intéressées. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">décision incidente (<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span>), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt rendu le 28 septembre 2020 par la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel (CACIV.2020.44+46). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> Une autorisation de procéder leur ayant été délivrée le 10 mars 2015, les deux sociétés B.________ SA (ci-après: la première société demanderesse ou l'intimée) et E.________ SA (ci-après: la seconde société demanderesse), toutes deux cessionnaires de la masse en faillite de la société F.________ Sàrl (ci-après: F.________) (<span class="artref">art. 260 LP</span>), ont déposé, le 9 juin 2015, une demande en paiement contre les organes gérants de la faillie, soit C.________ et D.________, et contre son organe de révision, soit la Fiduciaire A.________ SA, devant le Tribunal civil des Montagnes et du Val-de-Ruz. Invoquant les <span class="artref">art. 752 ss CO</span> (recte: <span class="artref">art. 827 CO</span>, renvoyant par analogie aux <span class="artref"><artref id="CH/220/752" type="start"></artref>art. 752 ss et 725 CO</span><artref id="CH/220/725" type="end"></artref>), les demanderesses ont conclu à ce que les trois défendeurs soient condamnés à leur payer différents montants. </div> <div class="para">La seconde société demanderesse E.________ n'ayant pas été valablement représentée à l'audience de conciliation, les défendeurs ont conclu à l'irrecevabilité de la demande, en raison de l'invalidité de l'autorisation de procéder, ce que le tribunal civil a admis par jugement du 19 septembre 2017. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> Le tribunal a imparti à la première demanderesse un délai pour modifier sa demande, dans la mesure où la seconde demanderesse n'était plus partie à la procédure. </div> <div class="para">Par demande modifiée du 7 mars 2018, la première demanderesse a conclu à ce que les trois défendeurs soient condamnés à lui payer solidairement le montant de 272'766 fr. et à ce que les deux défendeurs gérants soient condamnés solidairement à lui payer le montant de 43'492 fr. Elle précisait qu'elle avait éliminé tous les allégués qui concernaient la seconde demanderesse, ainsi que ceux relatifs à la procédure de conciliation et remanié les bordereaux de pièces et les listes de témoins. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.c.</b> Les parties défenderesses ont soulevé deux moyens: l'irrecevabilité de la demande modifiée, pour défaut d'allégation et de preuve de l'existence d'une conciliation préalable, et le rejet pour défaut d'allégation suffisante. </div> <div class="para">Par ordonnance du 6 mai 2020, le tribunal civil a rejeté ces moyens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.d.</b> Les deux parties défenderesses ont chacune formé appel contre cette ordonnance. </div> <div class="para">Statuant le 28 septembre 2020, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel a rejeté les deux appels et confirmé l'ordonnance querellée. Elle a ainsi confirmé la recevabilité de l'action de la demanderesse et le rejet du moyen des défendeurs tiré de l'allégation insuffisante. </div> <div class="para">En ce qui concerne en particulier la défenderesse, organe de révision, la cour cantonale a rejeté le grief relatif à l'insuffisance des allégués permettant de calculer le dommage, estimant que la date à laquelle la faillite aurait dû être prononcée, soit le 31 décembre 2008, était postérieure à la sous-dotation lors de la constitution de la société et que, sous l'angle du devoir d'allégation, il n'y avait pas de problème que la même date soit retenue pour les organes gérants et pour l'organe de révision. </div> <div class="para">En ce qui concerne le grief d'absence d'allégation précise quant à ses prétendus manquements en tant qu'organe de révision, la cour cantonale a considéré que ceux-ci ressortaient clairement de la demande modifiée et qu'à ce stade, il ne s'agissait pas de savoir s'ils étaient prouvés ou non et s'ils constituaient des violations de ses devoirs, ni s'ils pouvaient être reprochés à l'organe de révision, vu son mandat de contrôle restreint. </div> <div class="para">Quant au grief tiré du défaut d'allégation et de preuve de la conciliation préalable, la cour l'a rejeté. Elle a considéré qu'il y avait seulement modification de la demande initiale et qu'il serait excessivement formaliste d'exiger que la demanderesse doive alléguer à nouveau avoir satisfait à l'exigence de la conciliation préalable et obtenu une autorisation de procéder. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Contre cet arrêt qui lui a été notifié le 1er octobre 2020, la défenderesse, organe de révision, a interjeté un recours en matière civile au Tribunal fédéral le 30 octobre 2020, concluant à sa réforme en ce sens que la demande est déclarée irrecevable, subsidiairement rejetée. </div> <div class="para">Invoquant la violation des <span class="artref">art. 8 CC</span> et 55 al. 1 CPC, elle relève l'absence d'allégations relatives au surendettement " manifeste " et aux manquements à ses obligations (faits pertinents selon les <span class="artref"><artref id="CH/220/755" type="start"></artref>art. 755 et 729c CO</span><artref id="CH/220/729^c" type="end"></artref>), l'absence d'allégation précise relative au prétendu dommage, spécialement en ce qui concerne la date projetée de la faillite et, enfin, l'absence d'allégation en lien avec la phase de la conciliation préalable. Ce faisant, les griefs de droit de son recours sont identiques à ceux soulevés dans l'affaire 4A_566/2020, de sorte que la Cour de céans les traitera de manière identique. </div> <div class="para">La demanderesse conclut à l'irrecevabilité du recours, les conditions de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span> n'étant pas remplies. Subsidiairement, elle conclut au rejet du recours sur le fond. </div> <div class="para">La cour cantonale se réfère aux considérants de son arrêt. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Dès lors que la défenderesse recourante insiste sur les différences existant entre la responsabilité des organes gérants et la sienne en tant que réviseur, qu'elle reproche à la cour cantonale d'avoir mélangé leurs situations, il est étonnant qu'elle sollicite la jonction des causes. Il s'impose bien plutôt de traiter les deux recours en parallèle, mais séparément dès lors que les trois défendeurs font valoir des motifs communs, mais aussi des motifs propres. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Le recours en matière civile au Tribunal fédéral n'est recevable que contre les décisions finales (<span class="artref">art. 90 LTF</span>), contre les décisions partielles (<span class="artref">art. 91 LTF</span>) et, sous réserve des cas visés par l'<span class="artref">art. 92 LTF</span>, contre les décisions incidentes (<span class="artref">art. 93 al. 1 LTF</span>) si celles-ci peuvent causer un préjudice irréparable (let. a) ou si l'admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (let. b). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> La recevabilité du recours de l'<span class="artref">art. 93 la</span>. 1 let. b LTF suppose la réalisation de deux conditions cumulatives. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.1.</b> La première condition suppose que l'admission du recours conduirait immédiatement à une décision finale. Il faut que le Tribunal fédéral lui-même puisse mettre fin définitivement à la procédure dans l'hypothèse où il parviendrait à la solution inverse de celle retenue par l'autorité cantonale, c'est-à-dire en jugeant différemment la question tranchée dans la décision incidente attaquée (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-III-629%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page629">ATF 133 III 629</a> consid. 2.4.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F132-III-785%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page785">132 III 785</a> consid. 4.1 et les arrêts cités). Le Tribunal fédéral doit pouvoir rendre lui-même la décision finale (cf. <span class="artref">art. 107 al. 2 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.2.</b> Quant à la seconde condition posée par l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span>, elle suppose que la décision finale permette d'éviter une procédure probatoire longue et coûteuse. Il appartient à la partie recourante d'établir la réalisation de cette condition, sauf si elle découle manifestement de la décision attaquée ou de la nature de la cause; le recourant doit en particulier indiquer de manière détaillée quelles questions de fait sont encore litigieuses, quelles preuves - déjà offertes ou requises - devraient encore être administrées et en quoi celles-ci entraîneraient une procédure probatoire longue et coûteuse (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-III-629%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page629">ATF 133 III 629</a> consid. 2.4.2). Tout complément d'instruction entraîne nécessairement des frais et un prolongement de la procédure, de sorte qu'une telle mesure ne suffit pas en soi pour ouvrir le recours immédiat. La procédure probatoire, par sa durée et son coût, doit s'écarter notablement des procès habituels. Si l'administration des preuves doit se limiter à l'audition des parties, à la production de pièces et à l'interrogatoire de quelques témoins, un recours immédiat n'est pas justifié. Il en va différemment s'il faut envisager une expertise complexe, plusieurs expertises, l'audition de très nombreux témoins ou l'envoi de commissions rogatoires dans des pays lointains (arrêts 4A_295/2020 du 28 décembre 2020 consid. 1.2, non publié in <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F147-III-78%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page78">ATF 147 III 78</a>; 4A_441/2020 du 1er octobre 2020 consid. 2; 4A_436/2015 du 17 mai 2016 consid. 1.3.1). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.3.</b> La réglementation de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span>, à la différence de celle de l'<span class="artref">art. 237 al. 2 CPC</span>, repose sur le principe que le Tribunal fédéral ne doit en principe s'occuper d'une affaire qu'une seule fois, lorsqu'il est certain que la partie recourante subit effectivement un dommage définitif. Les deux conditions de cette disposition doivent donc être examinées de manière restrictive, le recours immédiat revêtant un caractère exceptionnel (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-III-426%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page426">ATF 134 III 426</a> consid. 1.3.2; arrêt 4A_210/2010 du 1er octobre 2010 consid. 3.3.1, non publié in <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-III-502%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page502">ATF 136 III 502</a>; Bernard Corboz, in Commentaire de la LTF, 2e éd. 2014, n° 19 ad <span class="artref">art. 93 LTF</span>; pour l'ancien recours en réforme, cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-III-254%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page254">ATF 122 III 254</a> consid. 2a). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">En l'occurrence, l'arrêt attaqué contient en réalité deux décisions: la première sur le prétendu défaut d'allégation et de preuve d'une conciliation préalable, que la cour cantonale a nié; la deuxième sur le prétendu défaut d'allégation des autres éléments, que la cour cantonale a également écarté. </div> <div class="para">Ces deux décisions ne peuvent être potentiellement que des décisions au sens de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span>. Elles doivent être examinées indépendamment l'une de l'autre s'agissant de la recevabilité du recours au Tribunal fédéral à leur encontre. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> Décision d'irrecevabilité pour défaut d'allégation et de preuve de l'existence d'une conciliation préalable </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.1.</b> La première décision rejette le moyen de l'irrecevabilité de la demande que la défenderesse recourante déduit du défaut d'allégation et de preuve de l'existence d'une conciliation préalable, décision confirmée en appel par la cour cantonale. La recourante fait valoir que la nouvelle demande ne fait mention d'aucune conciliation ou autorisation de procéder, de sorte qu'elle doit être déclarée irrecevable. </div> <div class="para">La première condition de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span> est remplie en l'espèce. En effet, s'il devait admettre ce moyen, le Tribunal fédéral pourrait prononcer immédiatement l'irrecevabilité de la demande introduite par la société demanderesse. </div> <div class="para">La seconde condition est également remplie, car en cas d'irrecevabilité, c'est tout le procès et donc toute l'administration des preuves qui deviennent superflus. </div> <div class="para">Il y a donc lieu d'entrer en matière. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.1.</b> Sous réserve des exceptions énumérées à l'<span class="artref">art. 198 CPC</span>, la procédure au fond doit être précédée d'une tentative de conciliation devant une autorité de conciliation (<span class="artref">art. 197 CPC</span>). Cette obligation a été introduite par le législateur dans le but de décharger les tribunaux des affaires qui sont susceptibles d'être conciliées. Ce but ne peut être atteint que si les parties comparaissent personnellement à l'audience de conciliation, ce à quoi l'<span class="artref">art. 204 al. 1 CPC</span> les oblige, et, s'il s'agit de personnes morales, que si les personnes physiques qui comparaissent pour elles ont qualité pour les représenter (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-III-159%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page159">ATF 141 III 159</a> consid. 1.2.2 et 2.3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-70%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page70">140 III 70</a> consid. 4.3 s.). </div> <div class="para">Si la tentative de conciliation n'aboutit pas, l'autorité de conciliation consigne l'échec au procès-verbal et délivre l'autorisation de procéder (<span class="artref">art. 209 al. 1 CPC</span>). Cette autorisation de procéder est une condition de recevabilité de la demande. Le demandeur doit joindre l'autorisation de procéder à sa demande (<span class="artref">art. 221 al. 2 let. b CPC</span>). Le tribunal doit vérifier d'office son existence (<span class="artref">art. 60 CPC</span>; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F146-III-185%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page185">ATF 146 III 185</a> consid. 4.4.2 et les arrêts cités). Le moyen tiré de l'invalidité de l'autorisation de procéder doit être soulevé en temps utile devant le tribunal, sous peine de violation des règles de la bonne foi (<span class="artref">art. 52 CPC</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.2.</b> La cour cantonale a constaté que la demande initiale de 2015 formée au nom des deux sociétés demanderesses a été déclarée irrecevable en tant qu'elle concernait la seconde. La demanderesse restante a expressément demandé au juge qu'un délai lui soit imparti afin de " modifier [sa demande] et d'y écarter les allégués (y compris les moyens de preuve y relatifs) " qui concernent la société dont la demande a été déclarée irrecevable. Le juge a imparti à cette demanderesse un délai pour " modifier " sa demande et celle-ci a déposé une " demande en paiement modifiée ". </div> <div class="para">La cour cantonale en a déduit qu'il s'agit d'une demande modifiée au sens de l'<span class="artref">art. 227 CPC</span>, laquelle présente un lien de connexité extrêmement fort avec la première demande: la demanderesse prend les mêmes conclusions, soulève les mêmes prétentions contre les mêmes parties adverses, sur la base des mêmes faits et en vertu des mêmes disposions légales. La modification visait à simplifier le travail du tribunal et des parties par la suppression des allégués, moyens de preuve et considérations qui concernaient la seconde société. Il ne s'agit pas d'un élargissement mais d'un rétrécissement de l'objet de la procédure. Les défendeurs ont eux-mêmes expressément demandé cette modification. Exiger que la demande modifiée contienne l'allégation de l'obtention d'une autorisation de procéder et la production de celle-ci constituerait un formalisme excessif. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.3.</b> Sur la base des faits susmentionnés, il est évident que la demande du 7 mars 2018 est liée à la demande de 2015, celle-ci ayant été expurgée des conclusions et allégués concernant la seconde société demanderesse, qui n'était plus partie à la procédure. Au vu du dispositif du jugement du 19 septembre 2017 (<span class="artref">art. 105 al. 2 LTF</span>), qui a déclaré l'irrecevabilité de la demande de la seconde société demanderesse (pour invalidité de l'autorisation de procéder) et dit que la demande de la première société demanderesse contre les trois défendeurs était recevable, la demande modifiée pouvait omettre les allégués relatifs à la procédure de conciliation. </div> <div class="para">La critique de la recourante est manifestement infondée. Le but de la production de l'autorisation de procéder est de s'assurer que la conciliation a bien eu lieu. Or, les parties savent qu'elle a eu lieu et, indépendamment de tout allégué à ce sujet dans l'écriture du 7 mars 2018, il est notoire pour le tribunal que la conciliation a eu lieu. Soutenir que la demande est irrecevable, faute d'allégation et de preuve de la conciliation, par une argumentation alambiquée, est non seulement en contradiction avec les faits, mais également en contradiction avec le but visé par l'exigence formelle de la production de l'autorisation de procéder prévue par l'<span class="artref">art. 221 al. 2 let. b CPC</span>, qui doit seulement permettre au tribunal de vérifier qu'il y a bien eu conciliation préalable entre les parties. </div> <div class="para">Il s'ensuit que le recours doit être rejeté en tant qu'il s'en prend à cette première décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> Décision de rejet de l'exception de défaut d'allégation </div> <div class="para">La seconde décision de l'arrêt attaqué rejette le moyen de la défenderesse tiré du défaut d'allégation du surendettement manifeste et des manquements à ses obligations, ainsi que des éléments permettant de calculer le dommage occasionné par le retard mis par l'organe de révision à communiquer le surendettement de la société, précisément de l'allégation de la première des dates déterminantes pour ce calcul, soit celle à laquelle la faillite aurait dû être prononcée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.</b> Avant d'examiner le grief de défaut d'allégation, et pour sa compréhension, il s'impose de rappeler brièvement les faits pertinents qui doivent être allégués, autrement dit les conditions de la responsabilité de l'organe de révision (<span class="artref">art. 755 al. 1 CO</span> applicable par analogie en vertu de l'<span class="artref">art. 827 CO</span>). </div> <div class="para">Cette responsabilité est subordonnée à la réunion des quatre conditions générales suivantes: la violation d'un devoir, une faute (intentionnelle ou par négligence), un dommage et l'existence d'un rapport de causalité (naturelle et adéquate) entre la violation du devoir et la survenance du dommage (arrêts 4A_597/2016 du 22 janvier 2018 consid. 4; 4A_344/2020 du 29 juin 2021 consid. 5). En ce qui concerne en particulier le dommage occasionné par le retard dans le prononcé de la faillite, il est déterminé en comparant le montant du patrimoine de la société au moment de l'ouverture effective de la faillite avec celui qui existait au moment où la faillite aurait dû être prononcée, la valeur de liquidation des biens étant déterminante et devant être établie par expertise (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-III-322%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page322">ATF 136 III 322</a> consid. 3; arrêts 4A_97/2017 du 4 octobre 2017 consid. 4; 4A_218/2020 du 19 janvier 2021 consid. 6). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.</b> L'allégation des faits pertinents nécessaires pour l'application du droit matériel repose sur deux principes fondamentaux. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.1.</b> Dans les procès soumis à la maxime des débats (Verhandlungs maxime; massima dispositiva), les parties supportent le fardeau de l'allégation subjectif des faits pertinents (premier principe; <span class="artref">art. 55 al. 1 CPC</span>; <i>subjektive</i> <i>Behauptungslast; onere di allegazione</i>), le juge n'ayant qu'un devoir d'interpellation limité selon l'<span class="artref">art. 56 CPC</span>. Cette maxime délimite les rôles respectifs, d'une part, des parties et, d'autre part, du juge. Il incombe donc aux parties, et non au juge, de réunir les éléments du procès. Le juge peut ainsi se baser, pour statuer, sur tous les faits allégués par les parties, sans égard à la personne de l'allégant (demandeur ou défendeur); autrement dit, il suffit que les faits fassent partie du cadre du procès pour que le juge puisse en tenir compte (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-III-1%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page1">ATF 143 III 1</a> consid. 4.1; arrêts 4A_288/2018 du 29 janvier 2019 consid. 3.1.2; 4A_11/2018 du 8 octobre 2018 consid. 6.1, non publié in <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-III-519%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page519">ATF 144 III 519</a>; 4A_559/2016 du 18 janvier 2017 consid. 3.1; 4A_555/2015 du 18 mars 2016 consid. 2.3; 4A_566/2015 du 8 février 2016 consid. 4.2.1; cf. Hans-Peter Walter, Berner Kommentar, 2012, n° 183in fine ad <span class="artref">art. 8 CC</span>; Paul-Henri Steinauer, Le titre préliminaire du Code civil, TDPS vol. II/1, 2009, n. 640; Fabienne Hohl, Procédure civile, t. I, 2e éd. 2016, n. 1291 s.). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.2.</b> La partie qui supporte le fardeau de la preuve ( <i>Beweislast; onere della prova</i>) selon, en principe, la règle générale de l'<span class="artref">art. 8 CC</span>, supporte, sauf exceptions, également le fardeau de l'allégation objectif (deuxième principe; <i>objektive Behauptungslast; onere di allegazione oggettivo</i>). Si un fait pertinent n'a pas été allégué par elle ou par sa partie adverse, il ne fait pas partie du cadre du procès et le juge ne peut pas en tenir compte, ni ordonner l'administration de moyens de preuve pour l'établir. La partie qui supporte les fardeaux de l'allégation objectif et de la preuve d'un fait supporte l'échec de l'allégation, respectivement de la preuve de ce fait. Cette partie a donc toujours intérêt à alléguer elle-même tous les faits justifiant sa prétention, ainsi qu'à indiquer au juge les moyens propres à les établir (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=08.09.2021&amp;to_date=27.09.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-III-1%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page1">ATF 143 III 1</a> consid. 4.1; cf. Hohl, op. cit., n. 1231, 1257 et 1291 s.). Autrement dit, elle ne devrait pas compter sur le fait que sa partie adverse le fasse à sa place. Si toutefois, celle-ci le fait, les allégués font alors partie du cadre du procès sur lequel le juge doit se baser pour rendre son jugement. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.3.</b> La recourante méconnaît ces principes, confondant le fardeau de l'allégation subjectif des parties (obligation découlant de l'<span class="artref">art. 55 al. 1 CPC</span>) avec le fardeau de l'allégation objectif pesant, en principe, sur la partie demanderesse (obligation liée au fardeau de la preuve de l'<span class="artref">art. 8 CC</span>). Elle se borne en effet à reprocher à la demanderesse de n'avoir pas elle-même allégué et suffisamment motivé les faits pertinents. Dans la mesure où, dans sa décision, la cour cantonale n'a pas évoqué les faits introduits au procès par la défenderesse et n'a donc statué que sur une partie seulement du cadre du procès (soit sur les seuls faits allégués dans la demande), il ne serait pas possible au Tribunal fédéral de rejeter immédiatement la demande pour défaut d'allégation. </div> <div class="para">Quant au grief que la demanderesse n'aurait pas allégué en quoi la recourante avait prétendument une position d'organe de révision de fait et à l'omission de faits de l'arrêt attaqué sur ce point, il n'y a pas lieu de l'examiner plus avant dès lors qu'il n'est pas motivé dans l'arrêt attaqué et la recourante ne se plaint ni de défaut de motivation (<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span>), ni même ne démontre dans son recours qu'elle aurait soulevé ce grief en instance cantonale. </div> <div class="para">Le recours doit être déclaré irrecevable en tant qu'il s'en prend à cette seconde décision, la première condition de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span> n'étant pas remplie. Il s'ensuit qu'il est superflu d'examiner la seconde condition prévue par cette disposition. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Le recours étant, respectivement, rejeté et déclaré irrecevable, les frais judiciaires et les dépens seront mis à la charge de la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 LTF). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">En tant qu'il tend à l'irrecevabilité de la demande pour défaut d'allégation et de preuve de la conciliation, le recours est rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">En tant qu'il tend au rejet de la demande pour défaut d'allégation de conditions de fond, le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 9'000 fr., sont mis à la charge de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">La recourante versera à l'intimée une indemnité de 10'000 fr. à titre de dépens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties, à C.________, à D.________ et au Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel, Cour d'appel civile. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 27 septembre 2021 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Présidente : Hohl </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Raetz </div> </div></body></html>