<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2023-01-05-9F_18-2022.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>9F_18/2022</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 5 janvier 2023</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIIe Cour de droit public</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux Parrino, Président, </div> <div class="para">Stadelmann et Moser-Szeless. </div> <div class="para">Greffier : M. Bleicker. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">requérant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Caisse cantonale genevoise de compensation, rue des Gares 12, 1201 Genève, </div> <div class="para">intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Assurance-vieillesse et survivants (révision), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">demande de révision de l'arrêt du Tribunal fédéral suisse du 4 avril 2018 (9C_119/2018). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">A la suite du décès de son épouse, A.________, né en 1963 et père de trois enfants (nés en 1993, 1995 et 1998), s'est vu octroyer une rente de veuf dès le 1 <sup>er</sup> mai 2015 par la Caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après: la caisse de compensation), le 11 juin 2015. Par décision du 7 mars 2016, confirmée sur opposition le 15 juin 2017, la caisse de compensation a, en application de l'<span class="artref">art. 24 al. 2 LAVS</span> (RS 831.10), mis fin au versement de la prestation au 31 mars 2016, au motif que la benjamine de l'intéressé avait atteint l'âge de 18 ans révolus. </div> <div class="para">Les recours formés par A.________ successivement contre cette décision devant la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre des assurances sociales, puis contre l'arrêt de celle-ci du 21 décembre 2017 devant le Tribunal fédéral (arrêt 9C_119/2018 du 4 avril 2018) ont été rejetés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">A.________ a saisi la Cour européenne des droits de l'homme (ci-après: la CourEDH) d'une requête tendant à faire constater que l'<span class="artref">art. 24 al. 2 LAVS</span> viole les art. 8 et 14 de la Convention européenne du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS 0.101). </div> <div class="para">Cette requête est actuellement pendante devant la CourEDH. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Par écriture remise à la Poste le 2 novembre 2022, A.________ forme une demande de révision de l'arrêt 9C_119/2018 du 4 avril 2018. Il conclut à l'annulation de cet arrêt et à ce que la caisse de compensation soit condamnée à reprendre le versement de sa rente de veuf rétroactivement dès le 1 <sup>er</sup> avril 2016, avec intérêt à 5 % l'an dès cette date, et à ce que les frais judiciaires prélevés par le Tribunal fédéral dans l'arrêt du 4 avril 2018 lui soient remboursés. Subsidiairement, il demande le renvoi de la cause à l'autorité précédente pour qu'elle statue à nouveau dans le sens des considérants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Voie de droit extraordinaire, la révision d'un arrêt du Tribunal fédéral peut être demandée pour les motifs énumérés de manière exhaustive aux art. 121 à 123 LTF. La demande de révision est soumise aux exigences de motivation découlant de l'<span class="artref"><artref id="CH/173.110/42/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/42/1" type="start"></artref>art. 42 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/42/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>. Il incombe ainsi au requérant de mentionner le motif de révision dont il se prévaut et d'expliquer en quoi ce motif serait réalisé sous peine de voir sa demande déclarée irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Le requérant se prévaut exclusivement du motif de révision prévu à l'<span class="artref">art. 122 let. a LTF</span>. En se fondant sur l'arrêt de la Grande Chambre de la CourEDH <i>Beeler c. Suisse</i> du 11 octobre 2022 (requête n° 78630/12), il soutient qu'il est désormais établi que l'<span class="artref">art. 24 al. 2 LAVS</span> constitue une discrimination prohibée par l'<span class="artref">art. 8 CEDH</span>, en lien avec l'<span class="artref">art. 14 CEDH</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.</b> Selon l'<span class="artref">art. 122 LTF</span> (dans sa teneur en vigueur à partir du 1er juillet 2022; RO 2022 289), la révision d'un arrêt du Tribunal fédéral pour violation de la CEDH peut être demandée aux conditions suivantes: la Cour européenne des droits de l'homme a constaté, dans un arrêt définitif (<span class="artref">art. 44 CEDH</span>), une violation de la CEDH ou de ses protocoles, ou a conclu le cas par un règlement amiable (<span class="artref">art. 39 CEDH</span>) (let. a), une indemnité n'est pas de nature à remédier aux effets de la violation (let. b); et la révision est nécessaire pour remédier aux effets de la violation (let. c). </div> <div class="para">Les trois conditions de l'<span class="artref">art. 122 LTF</span> doivent être cumulativement réunies pour justifier la révision. Par conséquent, la révision d'un arrêt du Tribunal fédéral n'est ouverte que si la CourEDH a constaté, dans un arrêt définitif, une violation de la CEDH ou de ses protocoles (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=31&amp;from_date=01.01.2023&amp;to_date=20.01.2023&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-I-214%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page214">ATF 144 I 214</a> consid. 4.1; arrêt 1F_44/2021 du 16 février 2022 consid. 3; 2F_28/2021 du 25 octobre 2021 consid. 5; 9F_5/2016 du 23 septembre 2016 consid. 2.2 et les références) ou qu'elle a conclu le cas par un règlement amiable (cf. modification de la LTF du 1 <sup>er</sup> octobre 2021, entrée en vigueur le 1 <sup>er</sup> juillet 2022 [RO 2022 289]). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.</b> En l'espèce, la CourEDH n'a ni rendu un arrêt à l'égard du requérant ni conclu le cas par un règlement amiable. Le motif de révision de l'<span class="artref">art. 122 let. a LTF</span> ne peut par conséquent pas être admis. Quoi qu'en dise le requérant, il ne suffit pas que la CourEDH ait rendu un arrêt définitif dans une cause portant sur une question identique à celle qu'il a lui-même soumise au Tribunal fédéral mais concernant un tiers. Il invoque en vain l'art. 35 par. 2 lit. b CEDH à cet égard, qui prévoit la situation de la res iudicata (la CourEDH n'examine pas une requête qui a le même objet et concerne la même partie requérante et les mêmes faits qu'une requête précédemment examinée, cf. MEYER-LADEWIG/PETERS, in EMRK Europäische Menschenrechtskonvention, 4e éd., n° 34 ad <span class="artref">art. 35 CEDH</span>). La qualité pour requérir la révision d'un arrêt du Tribunal fédéral au sens de l'<span class="artref">art. 122 let. a LTF</span> suppose que le requérant ait disposé de la qualité de partie dans la procédure qui a conduit à l'arrêt mis en cause, qualifié de contraire à la CEDH, et puisse dès lors faire valoir un intérêt digne de protection à la reprise de l'instance (arrêts 9F_5/2016 du 23 septembre 2016; 5F_6/2008 du 18 juillet 2008 consid. 1, in SJ 2009 I p. 53). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.3.</b> Sur le vu de ce qui précède, dès lors que le requérant n'était pas partie à la procédure ayant conduit à l'arrêt contraire à la CEDH, il n'a pas qualité pour demander la révision en se fondant sur l'arrêt de la CEDH <i>Beeler c. Suisse</i> du 11 octobre 2022. Il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur sa requête. </div> <div class="para">Le présent arrêt ne préjuge en revanche pas de la possibilité pour le requérant, en tant que la CourEDH constate, dans un arrêt définitif, une violation de la CEDH ou de ses protocoles, notamment sur la base des principes dégagés de l'arrêt <i>Beeler c. Suisse</i>, ou conclut le cas par un règlement amiable, de requérir la révision de l'arrêt 9C_119/2018 aux conditions énumérées aux <span class="artref">art. 122 ss LTF</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Au vu des circonstances, il y a lieu de renoncer exceptionnellement à percevoir des frais judiciaires (<span class="artref">art. 66 al. 1 2</span> <sup>e</sup> phrase LTF). Il n'est pas alloué de dépens (<span class="artref">art. 68 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">La demande de révision est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais de procédure. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties, à la Cour de justice de la République et canton de Genève, Chambre des assurances sociales, et à l'Office fédéral des assurances sociales. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lucerne, le 5 janvier 2023 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIIe Cour de droit public </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Parrino </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier : Bleicker </div> </div></body></html>