C our III C -2555/2006 {T 0 /2 } A rrêt du 6 septem bre 2007 C om position : M M . les Juges Francesco Parrino (Président du collège), Alberto M euli (Président de la C our) et M ichael Peterli; G reffier: M . Yann H ofm ann. A ._______, _______, recourant, contre O ffice de l'assurance-invalidité pour les assurés résidant à l'étranger O A IE , avenue Edm ond-Vaucher 18, case postale 3100, 1211 G enève 2, Autorité inférieure, concernant la décision sur opposition du 4 août 2005 en m atière de prestations de l'assurance-invalidité B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. Par décision du 30 m ai 1996, l'O ffice AI pour les assurés résidant à l'étranger (O AIE) avait alloué à A._______, ressortissant français, né le _______, une rente entière d'invalidité, assortie des rentes com plém entaires pour son épouse et deux enfants, à partir du 1er m ai 1994. C ette décision se fondait sur un prononcé de l'O ffice cantonal AI G enève (O AI-G E) du 18 décem bre 1995, fixant le degré d'invalidité à 100% pour m aladie de longue durée avec naissance du droit au 21 m ai 1994 et prévoyant une révision de la rente en date du 1er décem bre 1998. Le degré d'invalidité avait été déterm iné sur la base des docum ents m édicaux et économ iques au dossier, desquels il résulte que l'assuré a cessé d'exercer son m étier de boucher auprès de la C O O P G enève dès le 21 m ai 1993 – période interrom pue d'une reprise d'activité à 50% du 17 juin au 1er août 1993 - en raison de lom balgies basses chroniques, dégénérescence de la sacro-iliaque gauche, agrandissem ent du canal sacré et suspicion de kyste de Tarlov au niveau de la racine S2 gauche. Après le divorce des époux _______n, l'O AIE a recalculé les prestations et, par décision du 21 janvier 2004, a rem placé celle du 30 m ai 1996, allouant la rente entière selon le nouveau calcul effectué à partir du 1er septem bre 2003. B. La révision prévue à fin 1998 n'ayant pas eu lieu, l'O AI-G E a procédé à une révision d'office dès le 27 m ars 2003 et, le m édecin traitant, le D r Petitpierre, à G enève, ne fournissant aucun rapport m édical perm ettant une évaluation de la situation actuelle, a soum is le dossier au service m édical régional AI (SM R ) Lém an lequel, dans son appréciation du 11 août 2004, a proposé la m ise en œ uvre d'une expertise rhum atologique. D ans un rapport d'expertise daté du 1er novem bre 2004, se fondant sur des exam ens des 22 et 26 octobre 2004, ainsi que sur le dossier m édical à disposition, le D r G uigoz, m édecine physique et réhabilitation, m aladies rhum atism ales, à Lausanne, a retenu les diagnostics de lom bosciatalgies gauches chroniques sur une im portante arthrose de la sacro-iliaque gauche et discrets troubles statiques, de cervicalgies chroniques sur discrète arthrose postérieure, de scapulalgies bilatérales d'étiologie indéterm inée, ainsi que de O H probable. C oncluant à une capacité de travail lim itée dans le sens que l'assuré devrait pouvoir changer de position en cours de journée, éviter le port de charges lourdes, le travail en porte-à-faux et les m ouvem ents répétitifs du tronc, l'expert a en revanche constaté qu'il n'y avait aucune lim itation de la capacité de travail au plan psychique et m ental et qu'une activité professionnelle occupant l'assuré à la journée serait bénéfique. D ans l'ancienne profession de boucher, l'incapacité de travail est évaluée à 70% dès 1993. D ans une activité professionnelle adaptée à l'état de santé, une capacité de travail de huit heures par jour sans dim inution de rendem ent, m ais en respectant les lim itations physiques, peut être reconnue. D ans une telle activité, 3 l'assuré pourrait être rentable à 70-80% au m oins. Le spécialiste estim e que la situation constatée actuellem ent dure probablem ent depuis plusieurs années, sans pouvoir pour autant donner de date précise d'une reprise de la capacité de travail. Il relève par ailleurs que sur le plan objectif, au vu des constatations tant cliniques, radiologiques que biologiques, il n'y a pas de contre-indication à une activité professionnelle adaptée. D ans une telle activité, sans charges, avec la possibilité de changer de position et en évitant tous travaux en porte-à-faux, il existe, selon l'expert, une capacité de travail significative, proche de la norm ale. Q uant à la question de savoir si des m esures de réadaptation professionnelles sont envisageables, le D r G uigoz considère qu'elles pourraient débuter de suite. Appelées à prendre position, les D resses C rausaz et Vincent, m édecins du SM R , dans leur rapport du 7 décem bre 2004, ont retenu l'absence, à l'exam en clinique, d'une pathologie neurologique et ont noté qu'aucun élém ent pour une pathologie inflam m atoire ou rhum atologique invalidante ne ressort ni de l'anam nèse ni des exam ens clinique, rhum atologique, radiologique et de laboratoire. N éanm oins, étant donné l'arthrose de la sacro-iliaque gauche, le port de charges lourdes est à éviter et les autres lim itations fonctionnelles citées sont à respecter. En l'absence de lim itations au plan psychique et social, une activité professionnelle occupant l'assuré à plein tem ps est jugée bénéfique. La capacité de travail dans l'activité antérieure de boucher est évaluée à 30% et dans une activité adaptée à 70% au m oins et ce depuis la date de l'expertise. D ans un rapport de la R éadaptation professionnelle du 17 janvier 2005, l'O AI-G E a considéré qu'au plus tard au m om ent de l'expertise en octobre 2004, la capacité de travail dans une activité adaptée tenant com pte des lim itations fonctionnelles doit être fixée à 70% . Procédant à la déterm ination du degré d'invalidité par une com paraison des revenus, l'O AI-G E, en tenant com pte d'un abattem ent de 20% du salaire d'invalide, a retenu un taux d'invalidité de 44,2% dans l'exercice à 70% d'une activité légère et sérielle et a conclu que la prise en charge de m esures professionnelles ne serait pas de nature à favoriser la reprise d'un em ploi ni à dim inuer la perte de gain engendrée par l'invalidité. Se fondant sur le résultat de l'instruction m enée, l'O AI-G E a com m uniqué à l'intéressé son prononcé du 2 m ai 2005, prévoyant de réduire la prestation à l'avenir et de n'allouer qu'un quart de rente. Par décision du 10 m ai 2005, l'O AIE, com pétente en l'espèce, a notifié à l'assuré la réduction de rente conform ém ent à son prononcé avec effet au 1er juillet 2005. Sim ultaném ent, l'O ffice a retiré l'effet suspensif à une éventuelle opposition interjetée contre cette décision. Par décision du 4 août 2005, l'O AIE a rejeté l'opposition form ée par l'assuré et a confirm é la décision de dim inution de rente. C . Par acte déposé en tem ps utile et recevable en la form e, A._______ a 4 recouru contre cette décision auprès de la C om m ission fédérale de recours en m atière d'AVS/AI pour les personnes résidant à l'étranger (ci- après: C om m ission de recours), concluant à l'adm ission de son recours, à l'annulation de la décision contestée et au m aintien des prestations allouées jusqu'alors. Alléguant un état de santé qui ne lui perm ettrait pas de reprendre une activité professionnelle, le recourant produit à l'appui de ses argum ents un rapport m édical établi le 16 août 2005 par le D r Spahni à Thônex qui reprend pour l'essentiel les plaintes de l'assuré et m entionne qu'un C T récent confirm e les troubles dégénératifs sans atteintes radiculaires. D e l'avis de ce m édecin, l'assuré n'est pas en m esure d'exercer une activité professionnelle à plus de 50% , voire m oins encore. D . Invité par la C om m ission de recours à prendre position sur le recours, l'O AIE a soum is le dossier à l'instance cantonale laquelle, dans son préavis du 11 octobre 2005, conclut au rejet du recours et à la confirm ation de la décision sur opposition du 4 août 2005, ainsi que de la décision du 10 m ai 2005, éventuellem ent par substitution de m otifs. L'O ffice cantonal renvoie aux dispositions et à la jurisprudence relative à la révision des rentes, ainsi qu'aux conditions perm ettant de revenir sur une décision form ellem ent passée en force de chose jugée, à condition quelle soit sans nul doute erronée et que sa rectification revête une im portance notable. A son avis, la décision initiale d'octroi de rente entière rendue en 1996 était m anifestem ent erronée car, si l'O ffice était effectivem ent renseigné sur la nature des troubles subis par le recourant, ainsi que sur leurs conséquences sur la capacité de gain dans un em ploi de boucher, la décision a été rendue, sans qu'elle ait été précédée d'investigations sur l'indication de m esures d'ordre professionnel ou m êm e sur la possibilité d'exiger de l'assuré qu'il change de profession. Q uant à la com paraison des revenus, elle n'a pas eu lieu, si bien qu'il n'est pas possible de déterm iner com m ent le taux d'invalidité a pu être arrêté à 100% . En revanche, le degré de capacité de travail de 70% au m oins dans une activité adaptée, sans port de charges, m ouvem ents répétitifs du tronc, travail en porte-à-faux, perm ettant d'alterner les positions, au m om ent où la décision litigieuse a été rendue, a été déterm iné sur la base des élém ents contenus dans le rapport de l'expertise m édicale du 1er novem bre 2004, au dem eurant plus favorable à l'assuré que le rapport de la D ivision de R hum atologie de l'H C U G du 28 juillet 1994, l'avis du m édecin traitant (D r Spahni) produit en procédure de recours n'étant en outre pas de nature à rem ettre en cause cette évaluation. La com paraison des revenus en regard de la situation existant en 2005, tenant com pte d'une capacité de travail résiduelle de 70% dans une activité légère et d'un abattem ent de 20% sur le revenu statistique ESS, a abouti à un degré d'invalidité arrondi de 44% , taux qui aurait dû être retenu déjà à l'époque de la décision initiale. La m otivation plus détaillée de l'intim é sera reprise, si nécessaire, dans les considérants en droit ci-après. D ans sa réponse du 19 octobre 2005, l'O AIE estim e n'avoir rien à ajouter à 5 la prise de position dem andée et conclut dès lors au rejet du recours. E. En réplique du 22 novem bre 2005, l'assuré m aintient son recours, alléguant une aggravation de son état de santé sur le plan physique intervenue depuis la décision initiale de rente, l'em pêchant m êm e de faire son m énage et encore plus d'entreprendre une quelconque réadaptation ou reprise professionnelle, ne serait-ce qu'à tem ps partiel. Par ailleurs, il m entionne une lettre adressée par le D r C laivaz le 17 septem bre 1995 à son m édecin traitant d'alors, le D r Petitpierre, indiquant qu'une réadaptation professionnelle n'était pas envisageable. A l'appui de ses argum ents, il produit le rapport m édical déjà notoire du D r Spahni, ainsi qu'un rapport d'une tom odensitom étrie axiale com puterisée de la colonne lom baire et sacrée, réalisée le 20 juin 2005. F. L'O AI-G E, dans sa duplique du 6 décem bre 2005, m aintient sa position et confirm e ses conclusions. L'office considère que les argum ents avancés par l'intéressé n'appellent pas de com m entaire particulier et se réfère intégralem ent à son préavis du 11 octobre précédent. En date du 12 décem bre 2005, la C om m ission de recours déclare l'échange d'écritures clos. Par ordonnances respectivem ent des 26 janvier et 21 m ai 2007, le Tribunal adm inistratif fédéral com m unique aux parties avoir repris la procédure avec effet au 1er janvier 2007 et les inform e de la com position du collège. Aucune dem ande de récusation n'est présentée. Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d’arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal adm inistratif fédéral, dans la m esure où il est com pétent. Le nouveau droit de procédure s’applique (art. 53 al. 2 de la Loi sur le Tribunal adm inistratif fédéral du 17 juin 2005 [LTAF, R S 173.32]). 1.2 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à l’art. 32 LTAF, le Tribunal adm inistratif fédéral, en vertu de l’art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la Loi fédérale sur la procédure adm inistrative du 20 décem bre 1968 (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées aux art. 33 et 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O AIE concernant l'assurance- invalidité peuvent être contestées devant le Tribunal adm inistratif fédéral conform ém ent à l’art. 69 al. 1 let. b de la Loi fédérale sur l'assurance-6 invalidité du 19 juin 1959 (LAI, R S 831.20), celui-ci étant dès lors com pétent pour connaître de la présente cause. 1.3 La Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPG A; R S 830.1) est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la m odification de nom breuses dispositions légales dans le dom aine de l'assurance-invalidité. Selon l'art. 2 LPG A, les dispositions de la présente loi sont applicables aux assurances sociales régies par la législation fédérale, si et dans la m esure où les lois spéciales sur les assurances sociales le prévoient. O r, l'art. 1 LAI m entionne que les dispositions de la LPG A s'appliquent à l'assurance- invalidité (art. 1a à 26bis et 28 à 70 ), à m oins que ladite loi ne déroge expressém ent à la LPG A. 1.4 Le recourant est touché par la décision attaquée et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou m odifiée (art. 59 LPG A et 48 al. 1 PA). Il a, partant, qualité pour recourir. 1.5 D ans la m esure où le recours a été introduit dans le délai et la form e prescrits (art. 60 LPG A et 52 PA), il est entré en m atière sur le fond du recours. 2. 2.1 Le recourant est citoyen d'un Etat m em bre de la C om m unauté européenne. Par conséquent, est applicable en l'espèce l'Accord entre la C onfédération suisse, d'une part, et la C om m unauté européenne et ses Etats m em bres, d'autre part, sur la libre circulation des personnes du 21 juin 1999, entré en vigueur le 1er juin 2002, (ALC P, R S 0.142.112.681) - dont l'Annexe II règle la coordination des systèm es de sécurité sociale (art. 80a, de la Loi fédérale sur l'assurance-invalidité du 19 juin 1959 [LAI, R S 831.20]). C onform ém ent à l'art. 3 al. 1 du R èglem ent (C EE) N ° 1408/71 du C onseil du 14 juin 1971, les personnes, qui résident sur le territoire de l'un des Etats m em bres et auxquelles les dispositions dudit règlem ent sont applicables, sont soum ises aux obligations et sont adm ises au bénéfice de la législation de tout Etat m em bre dans les m êm es conditions que les ressortissants de celui-ci, sous réserve de dispositions particulières contenues dans ledit règlem ent. C om m e avant l'entrée en vigueur de l'ALC P, le degré d'invalidité d'un assuré qui prétend une rente de l'assurance-invalidité suisse est déterm iné exclusivem ent d'après le droit suisse (art. 40 par. 4 du règlem ent 1408/71).7 2.2 S'agissant du droit applicable, il convient encore de préciser qu'à partir du 1er janvier 2004 la présente procédure est régie par la teneur de la LAI m odifiée par la novelle du 21 m ars 2003 (4èm e révision), eu égard au principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au m om ent où les faits juridiquem ent déterm inants se sont produits (ATF 130 V 445 consid. 1.2). 3. 3.1 Aux term es de l'art. 8 LPG A, est réputée invalidité l'incapacité de gain totale ou partielle qui est présum ée perm anente ou de longue durée. L'art. 4 LAI précise que l'invalidité peut résulter d'une infirm ité congénitale, d'une m aladie ou d'un accident. L'al. 2 de cette disposition m entionne que l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations entrant en considération. Par incapacité de travail on entend toute perte, totale ou partielle, résultant d'une atteinte à la santé physique, m entale ou psychique, de l'aptitude de l'assuré à accom plir dans sa profession ou son dom aine d'activité le travail qui peut raisonnablem ent être exigé de lui. En cas d'incapacité de travail de longue durée, l'activité qui peut être exigée de lui peut aussi relever d'une autre profession ou d'un autre dom aine d'activité (art. 6 LPG A). L'incapacité de gain est définie à l'art. 7 LPG A et consiste dans toute dim inution de l'ensem ble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré, sur un m arché de travail équilibré, si cette dim inution résulte d'une atteinte à sa santé physique, m entale ou psychique et qu'elle persiste après les traitem ents et les m esures de réadaptation exigibles. 4. L'assuré a droit à un quart de rente s'il est invalide à 40% au m oins, à une dem i-rente s'il est invalide à 50% , à trois-quarts de rente s'il est invalide à 60% et à une rente entière s'il est invalide à 70% au m oins (art. 28 al. 1 LAI). Jusqu'au 31 décem bre 2003, le droit à la rente entière était donné avec un taux d'invalidité de 66,67% , la dem i-rente avec un taux d'invalidité de 50% au m oins et le quart de rente avec un taux de 40% . Suite à l'entrée en vigueur le 1er juin 2002 de l'Accord bilatéral entre la Suisse et la C om m unauté européenne, la restriction prévue à l'art. 28 al. 1ter LAI - selon laquelle les rentes correspondant à un taux d'invalidité inférieur à 50% ne sont versées qu'aux assurés qui ont leur dom icile et leur résidence habituelle en Suisse (art. 13 LPG A) - n'est plus applicable lorsque l'assuré est un ressortissant de l'U E et y réside. 5. 5.1 Selon l'art. 17 LPG A, qui correspond m atériellem ent à l'ancien art. 41 LAI, si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente subit une m odification notable, la rente est, d'office ou sur dem ande, révisée pour l'avenir, à savoir augm entée ou réduite en conséquence, ou encore supprim ée. Le deuxièm e alinéa de la m êm e règle prévoit que toute prestation durable 8 accordée en vertu d'une décision entrée en force est, d'office ou sur dem ande, augm entée ou réduite en conséquence, ou encore supprim ée si les circonstances dont dépendait son octroi changent notablem ent. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances, la rente peut être révisée non seulem ent en cas de m odification sensible de l'état de santé, m ais aussi lorsque celui-ci est resté le m êm e, m ais que ses conséquences sur la capacité de gain ont subi un changem ent im portant (ATF 130 V 349 consid. 3.5). L'art. 88a al. 1 du R èglem ent sur l'assurance-invalidité du 17 janvier 1961 (R AI, R S 831.201) prévoit que, si la capacité de gain de l'assuré s'am éliore ou que son im potence s'atténue, il y a lieu de considérer que ce changem ent supprim e, le cas échéant, tout ou partie de son droit aux prestations dès qu'on peut s'attendre à ce que l'am élioration constatée se m aintienne durant une assez longue période. Il en va de m êm e lorsqu'un tel changem ent déterm inant a duré trois m ois déjà, sans interruption notable et sans qu'une com plication prochaine soit à craindre. Q uant à l'art. 88bis al. 2 let. a R AI, il dispose que la dim inution ou la suppression de la rente ou de l'allocation pour im potent prend effet, au plus tôt, le prem ier jour du deuxièm e m ois qui suit la notification de la décision. D urant la période soum ise au pouvoir d'exam en de l'autorité de recours, A._______ n'a exercé aucune activité lucrative; il est dès lors im possible dans le cas concret de déterm iner la m esure de l'incapacité de gain en se fondant sur des données d'ordre économ ique. L'éventuelle m odification du taux d'invalidité doit donc être évaluée uniquem ent sur la base des données m édicales (ATF 115 V 133, ATF 114 V 314, ATF 105 V 159, ATF 98 V 173). La rente entière avait été allouée à A._______ en raison de lom balgies basses chroniques sur dégénérescence de la sacro-iliaque gauche, troubles statiques de la colonne dorso-lom baire et kystes de Tarlov sur les racines sacrées. L'anam nèse ne contenait pas d'élém ents en faveur d'une m aladie inflam m atoire, les douleurs étant définies com m e de type m écanique. Le bilan biologique a été négatif et les exam ens radiologiques avaient révélé des lésions dégénératives banales tant au niveau lom baire qu'au niveau de l'articulation sacro-iliaque gauche. L'expertise m enée en octobre 2004 dans le cadre de la procédure de révision n'a m ontré ni am élioration ni péjoration de l'état de santé, les cervicalgies chroniques sur une discrète arthrose postérieure, ainsi que des scapulalgies bilatérales d'étiologie indéterm inée m entionnées n'étant pas de nature à influer sur la capacité résiduelle de travail dans une activité légère adaptée. Il est à relever que durant l'entretien l'assuré était resté assis une heure sans m arquer le m oindre inconfort, alors qu'en septem bre 1995, le D r Petitpierre avait encore attesté que l'intéressé ne pouvait rester assis plus de trois à quatre m inutes. D ans ces circonstances, force est de constater que la situation par rapport à la date de l'octroi de la rente entière n'a pas enregistré de changem ent notable, de sorte qu'en l'espèce, il n'y a pas de m atière à révision. Il reste dès lors à exam iner si l'autorité inférieure était en droit de confirm er la dim inution des prestations en invoquant une reconsidération de la décision initiale.9 5.2 L'art. 53 al. 2 LPG A prévoit que l'assureur ou le juge peut revenir sur les décisions ou les décisions sur opposition form ellem ent passées en force lorsqu'elles sont m anifestem ent erronées et que leur rectification revêt une im portance notable. Selon la jurisprudence, pour juger s'il est adm issible de reconsidérer pour le m otif qu'une décision est sans doute erronée, il faut se fonder sur la situation juridique existant au m om ent où cette décision est rendue, com pte tenu de la pratique en vigueur à l'époque (ATF 119 V 479 consid. 1b/cc et réf. cit.). Par le biais de la reconsidération, on corrigera une application initiale erronée du droit, de m êm e qu'une constatation erronée des faits (ATF 117 V 17 consid. 2c; ATF 115 V 314 consid. 4a/cc). C ette exigence perm et d'éviter que la reconsidération ne devienne un instrum ent autorisant sans autre un nouvel exam en des conditions à la base des prestations de longue durée. En particulier, les organes d'application ne sauraient procéder en tout tem ps à une nouvelle appréciation de la situation après un exam en plus approfondi des faits. Ainsi, une inexactitude m anifeste ne saurait être adm ise lorsque l'octroi de la prestation dépend de conditions m atérielles dont l'exam en suppose un pouvoir d'appréciation, quant à certains de leurs aspects ou de leurs élém ents, et que la décision paraît adm issible com pte tenu de la situation de fait et de droit (arrêt du TFA du 6 m ai 2003, I 375/02 consid. 2.2). Lorsque l'O AI-G E, en date du 18 décem bre 1995, a ém is son prononcé à l'origine de la décision initiale allouant une rente entière d'invalidité au recourant pour un degré d'invalidité de 100% , l'office était bien renseigné sur la nature des troubles subis par le recourant, ainsi que de leurs conséquences sur sa capacité de gain dans son em ploi de boucher auprès de la C O O P. En effet devant le diagnostic de lom balgies basses chroniques, les D rs G abay et Salvi, D ivision de rhum atologie, H C U G , avaient noté, dans leur rapport du 28 juillet 1994, que l'intéressé, après un arrêt de travail d'une année, ne se sentait pas prêt à reprendre son activité de boucher, bien qu'il n'y ait pas eu à proprem ent parler de contre- indication pour une telle activité, et avaient considéré qu'un travail plus léger était indiqué, afin d'éviter des récidives trop fréquentes de lom balgies invalidantes. Ils ont alors proposé de voir avec l'assuré et le m édecin d'entreprise les possibilités de reconversion professionnelle au sein m êm e de l'entreprise. D 'autres contrôles m édicaux n'étaient pas prévus. D e son côté, le D r Petitpierre, l'ancien m édecin traitant, dans son rapport du 28 janvier 1995, avait préconisé la m ise en œ uvre de m esures professionnelles dès que possible, m ais n'avait aucune proposition à faire quant à l'orientation, soulignant par ailleurs la sym ptom atologie douloureuse et l'exacerbation lors de transports. D ans une lettre du 26 septem bre 1995, face à la sym ptom atologie et à la form ation de l'assuré, ce m êm e m édecin le voit m al com m encer une réadaptation professionnelle au m otif que l'assuré ne pouvait rester assis plus de trois à quatre m inutes. Le m édecin de l'office cantonal AI, le D r C laivaz, s'est alors contenté de reprendre l'appréciation du m édecin traitant, selon lequel l'état de l'assuré ne perm ettait ni la reprise de son activité ni un reclassem ent professionnel 10 dans un proche avenir. L'office ne disposait donc au m om ent de la décision initiale de rente que d'avis m édicaux contradictoires et la décision a été rendue sans autres investigations quant à l'opportunité d'une m ise en œ uvre de m esures professionnelles ou m êm e sur la possibilité d'exiger de l'assuré qu'il change de profession. O r, au regard de la nouvelle expertise du D r G uigoz, laquelle répond aux critères jurisprudentiels perm ettant de lui attribuer pleine valeur probante (ATF 125 V 352 consid. 3a et réf. cit.), ainsi que des renseignem ents économ iques (salaire hypothétique sans invalidité chez l'ancien em ployeur) recueillis en cours de procédure, il convient d'adm ettre, en accord avec le D r Vincent, m édecin-cheffe SM R , que le recourant serait tout à fait en m esure - en faisant l'effort que l'on est en droit d'attendre de lui pour atténuer le m ieux possible les conséquences de son invalidité (ATF 123 V 96 consid. 4c, 113 V 28 consid. 4° et les références; M eyer- Blaser, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung [IVG ], ad art. 28, p. 221) - de déployer une capacité de travail de 70% dans une activité adaptée. A cet égard, l'avis du m édecin traitant D r Spahni produit en procédure de recours ne saurait infirm er cette appréciation, dès lors qu'il ne fait m ention d'aucun élém ent m édical relevant nouveau, que les conclusions de ce m édecin sont basées sur les plaintes de l'assuré et enfin, qu'il convient de tenir com pte du fait que le m édecin traitant est généralem ent enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 353 consid. 3a/cc). Il est toutefois significatif que, dans son rapport du 16 août 2005, m êm e le m édecin traitant estim e que le recourant est capable de travailler à 50% . Attendu que la situation m édicale, ainsi que son incidence sur la capacité de travail, est restée globalem ent inchangée depuis la décision initiale, force est de constater que l'instruction m enée à l'époque de l'octroi d'une rente entière a été lacunaire dans le sens que non seulem ent la question de la priorité de la réadaptation sur la rente n'a pas été exam inée, m ais encore la m éthode d'évaluation de l'invalidité, appliquée à l'époque, n'était pas conform e à la loi. A la lum ière de ce qui précède, la décision de rente du 30 m ai 1996, qui n'avait pas fait l'objet d'un jugem ent d'une autorité judiciaire sur le plan m atériel, et dont la rectification revêt une im portance notable, com pte tenu des m ontants en jeu, était m anifestem ent erronée. Les conditions d'une reconsidération sont donc réunies. 5.3 D ans ce contexte, il convient de relever que, lorsqu'il s'agit d'évaluer l'invalidité d'un assuré, il n'y a pas lieu d'exam iner si celui-ci peut être placé eu égard aux conditions concrètes du m arché du travail, m ais uniquem ent de se dem ander s'il pourrait encore exploiter sa capacité de travail lorsque les places de travail disponibles correspondent à l'offre de la m ain d'œ uvre (VSI 1998 p. 296 consid. 3b et réf. cit.). D e m êm e, des facteurs tels que l'âge, un arrêt de travail prolongé ou le m anque de form ation ne constituent pas des circonstances supplém entaires qui, à part 11 le caractère raisonnablem ent exigible d'une activité, sont susceptibles d'influencer l'étendue de l'invalidité, m êm e s'ils rendent parfois difficile, voire im possible, la recherche d'une place et, partant, l'utilisation de la capacité de travail résiduelle (VSI 1999 p. 247 consid. 1 et réf. cit.). Q uant à la déterm ination du degré d'invalidité actuel par com paraison des revenus, c'est à raison que l'autorité inférieure s'est basée sur les données statistiques de 2004, tenant com pte, pour l'établissem ent du revenu d'invalide, d'une capacité de travail résiduelle de 70% dans une activité légère sérielle et, en faveur de l'assuré, d'un abattem ent de 20% sur le revenu statistique ESS. O r, le taux d'invalidité ainsi obtenu de 44% ne donne droit qu'à un quart de rente. En conséquence, la réduction de la rente en procédure de révision n'est pas critiquable et doit être confirm ée par substitution de m otifs. 6. Il n'est pas perçu de frais de procédure.12 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté et la décision sur opposition du 4 août 2005 confirm ée par substitution de m otifs. 2. Il n'est pas perçu de frais de procédure. 3. Le présent arrêt est com m uniqué : - au recourant (recom m andé AR ); - à l'autorité intim ée (n° de réf. _______); - à l'O ffice fédéral des assurances sociales. L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. Le Président de la C our: Le G reffier: Alberto M euli Yann H ofm ann13 Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, Schw eizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en m atière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]). Le m ém oire doit indiquer les conclusions, les m otifs et les m oyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les m oyens de preuve doivent être joints au m ém oire, pour autant qu'ils soient en m ains du recourant (voir art. 42 LTF). Expédition :