An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 4. März 2020
Embargo: 4. März 2020, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 6. Februar 2020 (8C_444/2019)
Sozialhilfe: Präzisierung zum Begriff der sofort verfügbaren oder 
kurzfristig realisierbaren Mittel
Das Genfer Kantonsgericht verletzte das durch Artikel 12 der Bundesverfassung
garantierte Recht auf Existenzsicherung, indem es Übergangsleistungen der Sozialhilfe mit der Begründung verweigerte, dass die Gesuchstellerin als Mitglied einer
Erbengemeinschaft mit Immobilienbesitz über ein Vermögen verfüge, das einen
Anspruch auf Sozialhilfeleistungen ausschliesse. Grundeigentum einer Erbengemeinschaft, das Gegenstand einer Teilungsklage bildet, stellt kein sofort oder
kurzfristig verfügbares Vermögen dar und darf daher bei der Beurteilung der Bedürftigkeit einer Person nicht berücksichtigt werden.
Einer alleinstehenden Gesuchstellerin mit zwei Kindern, die als einziges Einkommen
über eine Invalidenrente verfügt, wurde von den Genfer Behörden Sozialhilfeleistungen
verweigert, obwohl sie nicht über die notwendigen Mittel für ein menschenwürdiges Dasein verfügte. Die zuständige Genfer Behörde vertrat die Auffassung, dass die Gesuchstellerin als Miteigentümerin einer Immobilie, die Gegenstand einer Teilungsklage bilde,
die im Genfer Sozialhilfegesetz (loi sur l’insertion et l'aide sociale individuelle, LIASI)
festgelegten Vermögensgrenzen für den Anspruch auf finanzielle Unterstützung überschreite. Der Entscheid wurde vom Kantonsgericht des Kantons Genf bestätigt.
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde teilweise gut und weist den Fall an die
zuständige Genfer Behörde zurück, damit sie den Umfang der finanziellen Leistungen
berechnet, die der Gesuchstellerin unter Berücksichtigung ihrer Bedürfnisse und der
kantonalen Vorschriften zu gewähren sind.
Artikel 9 Absatz 3 LIASI sieht vor, dass finanzielle Unterstützung ausnahmsweise als
Vorschuss gewährt werden kann, insbesondere bis zur Liquidation eines Nachlasses.
Das Kantonsgericht befand, dass diese Bestimmung keine zusätzliche finanzielle Leistung vorsehe, die sich von der allgemeinen finanziellen Unterstützung unterscheide. Es
machte daher die Zahlung dieser finanziellen Übergangshilfe davon abhängig, ob die
allgemeinen Voraussetzungen für den Anspruch auf Sozialhilfe erfüllt seien, d. h. ob insbesondere bestimmte Vermögensgrenzen nicht überschritten würden. Damit hat das
Kantonsgericht die fragliche Bestimmung ihres Sinnes entleert: Wenn eine Person die
Bedingungen für den Anspruch auf allgemeine finanzielle Leistungen erfüllt, so hat sie
kein Interesse daran, einen rückzahlbaren Vorschuss auf diese Leistungen zu beantragen.
Gemäss dem Subsidiaritätsprinzip, das sowohl für die kantonale Sozialhilfe als auch für
die Nothilfe nach Artikel 12 der Bundesverfassung gilt, wird nur dann Hilfe gewährt,
wenn die Person nicht selber für ihren Lebensunterhalt sorgen kann und wenn alle
anderen verfügbaren Hilfsquellen nicht rechtzeitig und in ausreichendem Masse in Anspruch genommen werden können. Daher können bei der Beurteilung der Bedürftigkeit
einer Person nur die sofort verfügbaren oder kurzfristig realisierbaren Mittel berücksichtigt werden. Im vorliegenden Fall ging das Kantonsgericht zu Unrecht davon aus,
dass die Gesuchstellerin über Vermögenswerte verfüge, die einen Anspruch auf Sozialhilfeleistungen ausschliessen würden. Grundeigentum einer Erbengemeinschaft, das
Gegenstand einer Teilungsklage bildet, stellt keine unmittelbar oder kurzfristig verfügbare Ressource dar und kann daher bei der Beurteilung der Bedürftigkeit einer
Person nicht berücksichtigt werden.
Die Gesuchstellerin hat daher auf der Grundlage des Genfer Sozialhilfegesetzes
Anspruch auf ordentliche Sozialhilfeleistungen, die als Vorschuss zu leisten und zurückzuzahlen sind, sobald die Gesuchstellerin über ihren Anteil am Nachlass verfügt. A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 4 mars 2020
Embargo : 4 mars 2020, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 6 février 2020 (8C_444/2019)
Aide sociale : précision de la notion de ressource disponible ou 
disponible à court terme
La Cour de justice genevoise a violé le droit à des conditions minimales d'existence
garanti par l'article  12 de la Constitution fédérale en refusant des prestations d'aide
sociale transitoires au motif qu'en tant que membre d'une communauté héréditaire
détenant un immeuble, la requérante disposait d'une fortune excluant le droit à des
prestations d'aide sociale. Un immeuble détenu en communauté héréditaire, qui fait
l'objet d'une action en partage, ne constitue pas une ressource immédiatement
disponible ou disponible à court terme et ne peut donc pas être prise en compte pour
apprécier si une personne est dans le besoin.
Une requérante vivant seule avec deux enfants et disposant comme seul revenu d'une
rente d'invalidité, s'est vu refuser des prestations d'aide sociale par les autorités
genevoises alors qu'elle ne disposait pas des moyens indispensables pour mener une
existence conforme à la dignité humaine. L'autorité genevoise compétente a estimé
qu'en tant que propriétaire en main commune d'un bien immobilier, qui faisait l'objet
d'une action en partage, la requérante dépassait les limites de fortune permettant de
bénéficier des prestations d'aide financière fixées dans la loi cantonale genevoise sur
l’insertion et l'aide sociale individuelle (LIASI). Cette décision a été confirmée par la
Cour de justice genevoise.
Le Tribunal fédéral admet partiellement le recours et renvoie la cause à l'autorité
genevoise compétente pour le calcul de l'étendue des prestations financières à accorder
à la requérante, compte tenu de ses besoins et de la réglementation cantonale.
L'article 9 alinéa 3 LIASI prévoit qu'à titre exceptionnel, des prestations d'aide financière
peuvent être accordées à titre d'avance, notamment dans l'attente de la liquidation
d'une succession. La Cour cantonale a estimé que cet article ne prévoyait pas une
prestation financière supplémentaire devant être différenciée de l'aide financière
générale. Elle a donc soumis le versement de cette aide financière transitoire à la
nécessité  de remplir les conditions donnant droit au versement de prestations
financières générales d'aide sociale, soit notamment ne pas dépasser certaines limites
de fortune. Ce faisant, elle a vidé la disposition en cause de sa substance  : si une
personne remplit les conditions pour bénéficier des prestations financières générales,
elle n'a aucun intérêt à demander une avance remboursable sur ces prestations.
Selon le principe de subsidiarité, qui s'applique tant dans le cadre de l'aide sociale
cantonale que dans le cadre de I'aide d'urgence selon I'article  12 de la Constitution
fédérale, l'aide n'intervient que si la personne ne peut pas subvenir elle-même à ses
besoins et si toutes les autres sources d'aide disponibles ne peuvent pas être obtenues
à temps et dans une mesure suffisante. Ainsi, il faut tenir compte des ressources qui
sont immédiatement disponibles ou qui sont réalisables à court terme pour apprécier si
une personne est dans le besoin. En l'espèce, la Cour cantonale a estimé à tort que la
requérante disposait d'une fortune excluant le droit à des prestations d'aide sociale. Un
immeuble détenu en communauté héréditaire, qui fait l'objet d'une action en partage, ne
constitue pas une ressource immédiatement disponible ou disponible à court terme et
ne peut donc pas être prise en compte pour apprécier si une personne est dans le
besoin.
La requérante peut donc prétendre à des prestations sociales ordinaires sur la base de
LIASI, qui sont dues à titre d'avance et qui devront être remboursées dès que la
requérante disposera de sa part de succession.