<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. U. a été condamné le 17 janvier 1990 pour un double</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">meurtre par la Cour d'assises à douze ans de réclusion sous déduction de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">301 jours de détention préventive et à quinze ans d'expulsion du territoi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re suisse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par décision du 31 janvier 1997 la Commission de libération a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordonné la libération conditionnelle de U. dès le 22 mars 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec un délai d'épreuve de cinq ans. Elle a par ailleurs renvoyé le dos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sier pour complément d'instruction s'agissant du différé de l'exécution de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la peine d'expulsion et des autres mesures ou règles de conduite qui pour-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">raient être ordonnées. S'agissant du problème de l'expulsion la Commission</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionnait que la question de savoir si les conditions justifiant que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expulsion judiciaire soit différée étaient réalisées était délicate,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle ne disposait pas de toutes les informations nécessaires, que cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question devait être traitée indépendamment du fait que des mesures de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">police des étrangers soient ou non ordonnées à l'encontre de l'intéressé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 103 Ib 23).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 8 avril 1997, après avoir entendu l'épouse et deux des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enfants du recourant, la Commission de libération a rejeté la demande</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de U. du 20 novembre 1996 dans la mesure où elle tendait au dif-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">féré de la peine d'expulsion. Elle a par ailleurs rejeté la demande de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suspension de la procédure qui avait été déposée. Elle a également fixé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différentes règles de conduite au recourant. Elle a notamment considéré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que les possibilités et les chances de réintégration sociale du recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne justifiaient pas de différer l'expulsion de celui-ci, que l'examen de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa situation familiale conduisait au même résultat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. U. recourt contre la décision de la Commission de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libération. Il invoque une fausse application de l'article 55 al.2 CP. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste notamment que les faits retenus par la Commission de libération</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permettent de conclure à la décision rendue, critiquant le lien que fait,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">affirme-t-il, la décision entre l'expulsion et la suspension de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expulsion, que celle-ci doit avoir un rapport plus étroit avec la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libération conditionnelle qu'avec la décision de condamnation. Il relève</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que c'est auprès de sa famille en Suisse que ses chances de resocialisa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion sont les meilleures. La présence de celle-ci et son appui ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un impact non négligeable sur son évolution, cette présence s'imposant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actuellement comme l'élément essentiel de sa resocialisation. Or sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">famille restera certainement en Suisse. Il demande l'administration de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certaines preuves (réquisitions de dossiers et audition de témoins).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La Commission de libération, par sa présidente, conclut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">implicitement au rejet du recours. Elle joint en annexe à ses observations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un courrier du Dr. L. du Centre psycho-social de La Chaux-de-Fonds</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 24 mai 1997 à l'adresse du médecin cantonal dont il résulte que,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contrairement aux déclarations de l'épouse, le couple n'a pas été suivi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendant plus de deux ans au Centre psycho-social.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le même jour, soit le 6 mai 1997, U. a déposé une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande en révision du jugement de la Cour d'assises portant sur son ex-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pulsion du territoire suisse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par arrêt de ce jour la Cour de cassation a rejeté le pourvoi en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">révision interjeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable. On peut, il est vrai, s'interroger sur la compéten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce de la Commission de libération pour trancher la question de l'applica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'article 55 al.2 CP. L'article 278 CPP ne donne en effet pas de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétence expresse à ladite commission s'agissant des peines accessoires,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et en particulier des possibilités d'y renoncer ou de les différer à titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'essai prévues par les articles 54 ss CP. Comme l'indique toutefois le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">terme d'accessoire, ces peines sont secondaires par rapport aux peines</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principales. Même si leur finalité n'est pas identique, les décisions qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les concernent s'inscrivent dans un contexte semblable, en particulier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celles relative à la renonciation ou au report de la décision. Elles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nécessitent ainsi une approche particulièrement cohérente. C'est donc à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juste titre que la Commission de libération s'est considérée comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétente.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Aux termes de l'article 271 al.1 CPP, en matière d'exécution des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugements, les décisions de la Commission de libération peuvent faire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'objet d'un pourvoi à la Cour de cassation pénale qui statue avec plein</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'examen. Il n'en demeure pas moins que, dans la mesure où les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">normes applicables réservent un large pouvoir d'appréciation à l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de première instance, la Cour de cassation n'interviendra qu'en cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'excès ou d'abus du pouvoir d'appréciation. Elle ne saurait substituer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son appréciation à celle de l'autorité inférieure, ce d'autant moins que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la composition pluridisciplinaire de cette dernière permet une approche</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nuancée des problèmes. Par ailleurs, la Cour de cassation n'entend pas le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">condamné ni ne procède à une administration de preuves (RJN 1995 p.124 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les références citées).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En l'occurrence, la Commission de libération a déposé en annexe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à ses observations un document qui traite d'un des arguments auquel le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant a donné un poids prépondérant, à savoir la qualité de ses re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lations familiales. Le recourant n'a pu se prononcer sur cette preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puisqu'elle n'a été administrée par la Commission de libération qu'après</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la décision attaquée a été rendue. Sollicitant ce complément de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve, la Commission de libération a implicitement admis que le dossier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur lequel elle avait statué n'était pas complet. Le recourant doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir se prononcer sur ce document et faire valoir d'éventuels moyens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre afin que soit respecté son droit d'être entendu tiré de l'article 4</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Constitution fédérale. Il s'ensuit qu'en l'état, la décision attaquée doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être annulée et le dossier renvoyé à la Commission de libération pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle complète l'instruction aux sens des considérants et rende une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouvelle décision. Indépendamment du fait que la Cour de cassation pénale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'administre pas de preuves, cette manière de procéder est la seule qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permette au recourant de ne pas être privé du bénéfice de l'examen de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause par deux instances.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Vu la décision rendue, il n'y a pas lieu de statuer sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande d'effet suspensif. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet le recours et annule la décision entreprise au sens des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 27 août 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>