<h2>SubmittedText<h2><p>La Confédération se substitue immédiatement à la Belgique dans le paiement de la partie des pensions des bénéficiaires suisses impayée par la Belgique.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>La présente motion entend obliger la Confédération à se substituer à la Belgique dans le paiement du complément des rentes que cet État refuse de servir aux ressortissants suisses ayant versé des cotisations aux régimes coloniaux de sécurité sociale du Congo belge et du Ruanda-Urundi. En effet, de toutes les personnes qui travaillaient dans ces anciennes colonies belges et versaient des cotisations à ces régimes de sécurité sociale, seules les rentes des ressortissants belges, de ceux de pays ayant conclu un accord de réciprocité avec la Belgique et des citoyens de l'Union européenne, sont aujourd'hui indexées au coût de la vie. Nos concitoyens, qui n'entrent dans aucune de ces catégories, se voient uniquement attribuer des rentes non indexées. </p><p>Une motion allant dans le même sens a déjà été déposée, en mai 1989, par la Commission de gestion du Conseil national. Celle-ci invitait le Conseil fédéral à présenter au Parlement un arrêté fédéral prévoyant l'ouverture d'un crédit d'engagement destiné à verser des compléments de rentes aux ressortissants suisses qui avaient cotisé à la sécurité sociale de l'ancien Congo belge. Elle poursuivait donc le même but que la motion actuelle ; à savoir assurer aux ressortissants suisses le versement de rentes indexées au coût de la vie et, par là, rétablir une égalité de traitement totale avec les ressortissants belges. Le 14 juin 1989, cette motion a été transformée en postulat afin de laisser une certaine marge d'appréciation au Conseil fédéral. Dans son message du 23 mai 1990, le Conseil fédéral a proposé "le versement, en lieu et place des compléments de rentes mensuels, d'une allocation forfaitaire et unique" (message du 23 mai 1990 relatif aux revendications des Suisses du Congo belge et du Ruanda-Urundi en matière de sécurité sociale, FF 1990 II 1439, ch. 4). Bien que la proposition du Conseil fédéral n'allât pas aussi loin que celle de la Commission de gestion du Conseil national, le Parlement s'est rallié à la solution du Conseil fédéral (arrêté fédéral du 14 décembre 1990).</p><p>Ainsi, sur la base de cet arrêté fédéral, la Confédération a alloué une aide financière aux ressortissants suisses qui avaient cotisé aux régimes coloniaux de sécurité sociale du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Le versement de ces allocations a toutefois été subordonné au respect de conditions (cotisation durant trois ans et limite d'âge), au motif que les personnes jeunes, ou celles dont le séjour au Congo belge ou au Ruanda-Urundi avait été très bref, auraient le temps de se constituer une couverture suffisante d'assurance tout au long de leurs activités professionnelles subséquentes. Suite à l'apparition de certains cas de rigueur, le critère de l'âge a été remplacé en 1995 par celui de l'indigence.</p><p>La Confédération a pour pratique de ne pas payer d'indemnités pour les dommages causés, à l'étranger, par des États tiers. Pour les Suisses du Congo et du Ruanda-Urundi, elle a fait une exception en raison de la situation spécifique résultant des lois belges des 16 juin 1960 et 17 juillet 1963. Alors qu'aucune obligation ne la contraignait de verser une indemnisation aux ressortissants suisses lésés, elle a décidé de faire un geste financier à leur égard et a adopté, à bien plaire, une solution sui generis, unique, purement interne et de caractère politique. (Cette allocation exceptionnelle ne saurait constituer un précédent, notamment pour des ressortissants suisses qui auraient également subi des pertes de la part de régimes de sécurité sociale d'autres États ; message du 23 mai 1990, FF 1990 II 1440, ch. 41.) En acceptant la base légale permettant d'accorder cette aide financière, le Parlement a fait preuve d'une attitude exceptionnellement généreuse. À ce jour, la Confédération a versé à quelque 280 bénéficiaires un montant total de 20,5 millions de francs.</p><p>Selon l'article 4 de l'arrêté fédéral de 1990, le montant de l'allocation est calculé en fonction du nombre d'années de cotisation aux régimes coloniaux de sécurité sociale, de la différence entre la rente indexée au niveau du 1er janvier 1990 et la rente non indexée, de même que de l'espérance de vie (l'espérance de vie est calculée selon les tables Stauffer-Schaetzle). Le fait que seul un montant forfaitaire et unique ait été alloué et que l'espérance de vie ait été prise en compte dans le calcul de la capitalisation du complément de la rente démontre que le Conseil fédéral a entendu régler cette question, au niveau national, de manière définitive. En adoptant l'arrêté fédéral, le Parlement a montré qu'il partageait également ce point de vue. Il n'y a donc pas lieu de verser de nouvelles indemnisations.</p><p>En ce qui concerne l'introduction d'une requête étatique, le Conseil fédéral a déjà fait part de sa détermination dans sa réponse du 13 juin 2000 à la question ordinaire Neirynck. II va de soi que l'attitude du Conseil fédéral à l'égard d'une telle requête n'oblige en rien la Suisse à se substituer à la Belgique. </p><p>Les négociations engagées dans les années quatre-vingt avec le gouvernement belge n'avaient pas donné à penser qu'une solution équitable pourrait être trouvée dans un avenir proche. La Confédération avait dès lors adopté une mesure interne. Celle-ci ne déliant nullement la Belgique de ses obligations, la Confédération a renouvelé à plusieurs reprises et à différents niveaux ses démarches auprès de la Belgique, particulièrement depuis l'avènement du nouveau gouvernement belge qui paraît plus enclin que l'ancien à trouver une solution satisfaisante à ce problème. Le rejet de la présente motion ne préjuge donc en rien l'issue des discussions engagées avec la Belgique. </p><p>En outre, la Suisse est d'avis que les rentes devront être indexées dans la perspective de l'entrée en vigueur de l'Accord bilatéral sur la libre circulation des personnes, conclu le 21 juin 1999 entre la Suisse, d'une part, la Communauté européenne et ses États membres, d'autre part. Les autorités belges de sécurité sociale devraient supprimer toute discrimination entre les ressortissants suisses domiciliés en Suisse et les ressortissants communautaires résidant dans un État de l'Union européenne.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.