<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">4C.262/2005 /ech </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 22 novembre 2005 </div> <div class="para">Ire Cour civile </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Corboz, Président, Nyffeler et Favre. </div> <div class="para">Greffière: Mme Godat Zimmermann. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">X.________ SA, </div> <div class="para">défenderesse et recourante, représentée par Me Olivier Rodondi, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Y.________ SNC, </div> <div class="para">demanderesse et intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">bail commercial; congé pour cause de demeure du locataire; expulsion, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours en réforme contre l'arrêt de la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud du </div> <div class="para">14 juin 2005. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Par contrat du 22 janvier 1997, A.________ et B.________ont remis à bail à C.________ des locaux commerciaux abritant un restaurant, à Lausanne. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A une date indéterminée, Y.________ SNC a acquis la propriété de la chose louée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Selon un avenant du 29 janvier 1998, le bail à loyer établi au nom de C.________ a été transféré à X.________ SA; le document est signé par les deux locataires successifs ainsi que par Z.________, représentant la bailleresse, Y.________ SNC. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par lettre signature du 24 juin 2004, Y.________ SNC a sommé X.________ SA de s'acquitter dans les trente jours du montant de 29'500 fr., représentant les loyers impayés du 1er juin 2003 au 30 juin 2004; elle a avisé la locataire que, faute de paiement dans le délai fixé, le bail serait résilié. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">X.________ SA n'a pas réglé les montants réclamés. Par avis du 10 août 2004, Y.________ SNC a résilié le bail pour le 30 septembre 2005. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Par requête du 16 septembre 2004, X.________ SA a ouvert action en annulation du congé, subsidiairement en prolongation du bail. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le 1er octobre 2004, Y.________ SNC a déposé une requête tendant à l'expulsion de X.________ SA des locaux loués. La Commission de conciliation en matière de baux à loyer du district de Lausanne a alors transmis la requête en annulation de congé au juge compétent pour l'expulsion. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ordonnance du 26 janvier 2005, le Juge de paix du district de Lausanne a prononcé l'expulsion de la locataire pour le 21 février 2005. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">X.________ SA a recouru contre cette décision. Statuant le 14 juin 2005, la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté le recours, confirmé l'ordonnance et renvoyé la cause au Juge de paix afin qu'il fixe un nouveau délai d'évacuation. </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">X.________ SA interjette un recours en réforme. Elle conclut à la réforme de l'arrêt attaqué en ce sens que le congé notifié le 10 août 2004 est nul et que la requête d'expulsion est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Y.________ SNC n'a pas déposé de réponse. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral considère en droit: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">1.1 Le juge de l'expulsion s'est prononcé sur la validité du congé à la suite de l'attraction de compétence prévue à l'<span class="artref">art. 274g al. 1 let. a CO</span>. De par le droit fédéral, cette décision est revêtue de l'autorité de la chose jugée (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=14&amp;from_date=11.11.2005&amp;to_date=30.11.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-III-92%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page92">ATF 122 III 92</a> consid. 2c p. 95 et les arrêts cités). L'arrêt attaqué est par conséquent final au sens de l'<span class="artref">art. 48 al. 1 OJ</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=14&amp;from_date=11.11.2005&amp;to_date=30.11.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F119-II-241%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page241">ATF 119 II 241</a> consid. 5a p. 246). </div> <div class="para">1.2 Pour le surplus, interjeté par la partie condamnée à évacuer les locaux loués et dirigé contre une décision rendue en dernière instance cantonale par un tribunal supérieur (<span class="artref">art. 48 al. 1 OJ</span>) dans une cause dont la valeur litigieuse dépasse manifestement le seuil de 8'000 fr. (<span class="artref">art. 46 OJ</span>), le recours est recevable, puisqu'il a été déposé en temps utile (<span class="artref">art. 54 al. 1 OJ</span>) et dans les formes requises (<span class="artref">art. 55 OJ</span>). </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">2.1 Selon la défenderesse, le congé notifié le 10 août 2004 est nul, car il n'émane pas des bailleurs A.________ et B.________. Contrairement à ce que la cour cantonale a admis, l'avenant du 29 janvier 1998 n'établirait nullement que la demanderesse a «mis à disposition de la [défenderesse] les locaux en cause»; il résulterait de ce document uniquement le changement de locataire, et non de bailleur. </div> <div class="para">2.2 La cour cantonale a constaté que la demanderesse est devenue propriétaire des locaux loués à une date indéterminée, postérieure à la conclusion du bail du 22 janvier 1997 mais antérieure à l'avenant du 29 janvier 1998. En cas de transfert de propriété résultant d'une vente, d'un échange, d'une donation, de l'apport à une société ou dans le cas de l'octroi d'un droit réel limité équivalant à un changement de propriété (Lachat, Le bail à loyer, p. 435), le bail passe à l'acquéreur, avec tous les droits et obligations qui lui sont attachés (<span class="artref">art. 261 al. 1 CO</span>). En l'espèce, aucun élément de l'arrêt attaqué ne permet d'admettre que la demanderesse ne serait pas devenue propriétaire des locaux en cause à la suite d'un tel transfert de propriété. C'est donc bien en qualité de bailleresse qu'elle a signé l'avenant du 29 janvier 1998; la demanderesse a donné ainsi son consentement écrit au transfert du bail commercial entre C.________ et la défenderesse, qui est devenue locataire (<span class="artref">art. 263 al. 1 CO</span>). Il convient d'observer au passage que, même si elle n'est pas une personne morale (Meier-Hayoz/Forstmoser, Schweizerisches Gesellschaftsrecht, 9e éd., p. 314, n. 18), la demanderesse, organisée sous forme de société en nom collectif, peut être partie au contrat de bail et actionner en justice, conformément à l'<span class="artref">art. 562 CO</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il s'ensuit que la cour cantonale a admis à bon droit que les parties au procès étaient liées par un contrat de bail. Manifestement dilatoire, le recours ne peut être que rejeté. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Vu le sort réservé au recours, les frais judiciaires seront mis à la charge de la défenderesse (<span class="artref">art. 156 al. 1 OJ</span>). Celle-ci n'aura pas à verser de dépens à la demanderesse, qui s'est abstenue de répondre au recours (cf. <span class="artref">art. 159 al. 2 OJ</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le recours est rejeté. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Un émolument judiciaire de 4'000 fr. est mis à la charge de la défenderesse. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué en copie aux parties et à la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud. </div> <div class="para">Lausanne, le 22 novembre 2005 </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour civile </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">Le Président: La Greffière: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>