<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">6P.54/2006 </div> <div class="para">6S.110/2006 /rod </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 28 avril 2006 </div> <div class="para">Cour de cassation pénale </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Schneider, Président, </div> <div class="para">Kolly et Karlen. </div> <div class="para">Greffier: M. Oulevey. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">recourante, représentée par Me Xavier Wenger, avocat, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Y.________, </div> <div class="para">Procureur général du canton du Valais, </div> <div class="para">case postale 2282, 1950 Sion 2, </div> <div class="para">Chambre pénale du Tribunal cantonal du canton du Valais, Palais de Justice, av. Mathieu-Schiner 1, </div> <div class="para">1950 Sion. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">6P.54/2006 </div> <div class="para"><span class="artref"><artref id="CH/101/9" type="start"></artref>Art. 9 et 29 Cst.</span><artref id="CH/101/29" type="end"></artref> (procédure pénale); arbitraire, droit d'être entendu </div> <div class="para"> </div> <div class="para">6S.110/2006 </div> <div class="para">Refus de donner suite (légitime défense; lésions corporelles simples), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours de droit public (6P.54/2006) et pourvoi en nullité (6S.110/2006) contre la décision de la Chambre pénale du Tribunal cantonal du canton du Valais du 30 janvier 2006. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Par acte du 29 juillet 2004, X.________ a porté plainte contre Y.________ pour lésions corporelles simples, injures et menaces. Après paiement d'une avance de frais, elle a été informée que le juge d'instruction ordonnait une enquête préliminaire, au sens de l'art. 45bis du code de procédure pénale valaisan (RS/VS 312.0; ci-après CPP/VS). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Dans le cadre de cette procédure, la police a entendu le prévenu, qui a déclaré avoir agi en état de légitime défense. Elle a remis un premier rapport de dénonciation au juge. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le 20 octobre 2004, X.________ a, par l'intermédiaire de son conseil, déposé une plainte complémentaire. Elle alléguait avoir appris tout récemment que, de septembre à novembre 2003, à une époque où elle vivait chez lui, le prévenu avait abusé d'elle à plusieurs reprises alors qu'elle se trouvait sous l'influence de médicaments. A réception de cette plainte, le juge d'instruction a écrit à la plaignante et à son conseil qu'il ordonnait un complément d'enquête préliminaire, en leur précisant qu'il les tiendrait "au courant du suivi" dès que le rapport de la police lui serait communiqué. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Interrogé par la police, le prévenu a contesté les nouvelles accusations portées contre lui et produit une cassette vidéo dans le but d'établir que la plaignante avait, quoi qu'elle en dît, entretenu librement des relations sexuelles avec lui. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La police a fait visionner cette cassette à la plaignante, entendue en présence d'une personne de confiance. X.________ a fait valoir qu'elle n'avait aucun souvenir des événements filmés, ayant probablement été droguée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le 18 décembre 2004, la police a déposé son rapport sur le soupçon d'abus sexuels. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par décision du 13 juillet 2005, rendue sans que le conseil de la plaignante ait été invité à consulter le dossier ni à s'exprimer sur le résultat de l'enquête préliminaire, le juge d'instruction a refusé de donner suite aux deux plaintes. Il a considéré, sur la première, que l'intimé avait agi en état de légitime défense et, sur la seconde, que les accusations de la plaignante étaient dépourvues de toute crédibilité. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">X.________ a contesté ce refus devant la Chambre pénale du Tribunal cantonal du canton du Valais, qui l'a confirmé par décision du 30 janvier 2006. </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">Agissant par les voies du recours de droit public et du pourvoi en nullité, X.________ demande au Tribunal fédéral d'annuler cette dernière décision. Elle se plaint, dans son recours de droit public, de violation du droit d'être entendu, de constatation arbitraire des faits et d'application arbitraire du droit cantonal, et, dans son pourvoi, de violation du "principe de la légalité des preuves" et de violation des <span class="artref"><artref id="CH/311.0/33" type="start"></artref>art. 33 et 123 CP</span><artref id="CH/311.0/123" type="end"></artref>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Elle a déposé par la suite une requête d'assistance judiciaire, après paiement des avances. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral considère en droit: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Conformément à l'<span class="artref">art. 275 al. 5 PPF</span>, lorsqu'une décision fait à la fois l'objet d'un recours de droit public et d'un pourvoi en nullité, il convient en principe d'examiner d'abord le recours de droit public. Rien en l'espèce ne justifie de déroger à cette règle. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">I. Recours de droit public </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">La recourante invoque une violation de son droit d'être entendue. </div> <div class="para">2.1 </div> <div class="para">2.1.1 Comme il ne figure pas parmi les droits procéduraux que l'art. 8 de la loi fédérale du 4 octobre 1991 sur l'aide aux victimes d'infractions (RS 312.5; ci-après LAVI) accorde aux personnes qui se prétendent victimes d'une atteinte directe à leur intégrité corporelle, sexuelle ou psychique, le droit d'être entendu continue de relever exclusivement du droit cantonal de procédure et du droit constitutionnel fédéral. La personne qui intervient en qualité de victime dans le procès pénal ne peut dès lors pas se plaindre dans un pourvoi en nullité d'une violation de son droit à être entendue (<span class="artref">art. 269 PPF</span>; <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F124-IV-137%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page137">ATF 124 IV 137</a> consid. 2d p. 140; <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F120-IA-101%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page101">120 Ia 101</a> c. 3a p. 109 s.). Le moyen est ainsi recevable au regard de l'<span class="artref">art. 84 OJ</span>. </div> <div class="para">2.1.2 Cependant, selon la jurisprudence relative à l'<span class="artref">art. 88 OJ</span>, le recours de droit public est ouvert seulement à celui qui se prétend atteint par l'acte attaqué dans ses intérêts personnels et juridiquement protégés. Lorsque le recourant invoque la violation d'une garantie de procédure, l'intérêt juridiquement protégé dont il tire sa qualité pour recourir ne résulte pas de la situation juridique de fond, mais de son droit de participer à la procédure. Il dispose d'un tel droit s'il avait qualité de partie dans la procédure cantonale (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F120-IA-227%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page227">ATF 120 Ia 227</a> consid. 1 p. 229). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le droit à une décision judiciaire que l'<span class="artref">art. 8 al. 1 let. b LAVI</span> accorde à la victime en cas de refus de suivre ou de non-lieu n'emporte pas celui d'être partie à la procédure judiciaire précédant cette décision. Il suffit qu'une autorité judiciaire se prononce (cf. Bernard Corboz, Les droits procéduraux découlant de la LAVI, in SJ 1996 p. 52 ss, spéc. p. 72; Gilbert Kolly, Zu den Verfahrensrechten der Opfer von Straftaten (Art. 8 OHG) im freiburgerischen Strafprozess, in RFJ 1994 p. 32 ss, spéc. p. 45; Sabine Steiger-Sackmann, OHG-Kommentar, n. 10 ad <span class="artref">art. 8 LAVI</span>). La recourante n'avait dès lors pas qualité de partie en vertu de la LAVI. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ailleurs, selon la décision attaquée, les art. 45bis et 46 CPP/VS, qui régissent l'enquête préliminaire et la décision sur l'ouverture de l'instruction, ne donnent pas d'autres droits procéduraux au plaignant que ceux de recevoir une décision motivée en cas de refus de donner suite à la plainte et de recourir contre ce refus au Tribunal cantonal. La recourante ne conteste pas cette interprétation du droit cantonal, que la cour de céans a du reste déjà jugée exempte d'arbitraire (arrêt 6P.54/1999 du 1er juin 1999, publié in RVJ 2000 p. 200, consid. 3b p. 203). Il suit de là qu'en procédure pénale valaisanne, le lésé n'a pas qualité de partie dans la phase de l'enquête préliminaire. En cas de refus du juge d'instruction de donner suite à la plainte ou à la dénonciation, il acquiert seulement la qualité de partie devant le Tribunal cantonal, s'il exerce la voie de recours que lui ouvre l'art. 46 ch. 4 CPP/VS. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En l'espèce, la recourante n'a dès lors pas qualité pour s'en prendre à la procédure suivie par le juge d'instruction, à laquelle elle n'était pas partie. Bien qu'il remplisse toutes les autres conditions de recevabilité des <span class="artref">art. 84 ss OJ</span>, son moyen ne sera dès lors examiné que dans la mesure où il concerne la procédure suivie par le Tribunal cantonal. </div> <div class="para">2.2 La portée du droit d'être entendu et les modalités de sa mise en oeuvre sont déterminées par la législation cantonale, sous réserve des garanties minimales déduites de l'<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span> Le Tribunal fédéral contrôle l'interprétation et l'application de la première sous l'angle restreint de l'arbitraire, tandis qu'il vérifie librement le respect des secondes (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-I-15%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page15">ATF 126 I 15</a> consid. 2a p. 16 et les arrêts cités). Dans le cas présent, la recourante se plaint exclusivement d'une violation de l'<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span> </div> <div class="para">2.2.1 Tel qu'il est reconnu par l'<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span>, le droit d'être entendu comprend en particulier le droit pour l'intéressé de prendre connaissance du dossier, ainsi que celui de se faire représenter ou assister, s'il n'est pas apte à se défendre lui-même. La personne autorisée à participer à une procédure doit, pour jouir d'une possibilité réelle de faire valoir ses arguments, pouvoir consulter le dossier et connaître les éléments dont dispose l'autorité. Elle doit dès lors avoir l'occasion de consulter les pièces, à tout le moins au siège de l'autorité avec possibilité de prendre des notes ou de faire des photocopies. Son accès au dossier ne peut être limité que dans un intérêt public prépondérant, dans l'intérêt d'un particulier ou éventuellement dans son propre l'intérêt (cf. <a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-I-7%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page7">ATF 126 I 7</a> consid. 2b p. 10 s. et les arrêts cités). Elle doit aussi pouvoir se faire assister par un avocat si elle n'est pas apte à défendre elle-même ses intérêts de manière efficace dans la procédure, du moins lorsque, sans cette possibilité, les autres garanties de procédure offertes par la protection du droit d'être entendu pourraient devenir illusoires (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F105-IA-288%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page288">ATF 105 Ia 288</a> consid. 2b p. 291). </div> <div class="para">2.2.2 Cependant, comme le droit constitutionnel d'être entendu est un droit, à l'exercice duquel le titulaire peut en principe renoncer, l'autorité n'a pas à prendre d'office toutes les mesures propres à le satisfaire. Pour qu'il y ait violation du droit d'être entendu d'une partie dûment informée de l'existence de la procédure, il faut que celle-ci ait fait valoir son droit en demandant, par exemple, à être entendue dans ses explications, à avoir accès au dossier ou à administrer une preuve pertinente, et qu'elle se soit heurtée à un refus injustifié de l'autorité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Dans le cas présent, la recourante n'a pas demandé au Tribunal cantonal de lui donner accès au dossier, ni à plus forte raison de la laisser déposer une écriture complémentaire après consultation de toutes les pièces. La mention "tous autres moyens réservés" figurant au chiffre III de sa plainte du 21 juillet 2005 constitue, de par son caractère indéterminé, une clause de style sans portée contraignante pour l'autorité. Aussi, en statuant sur le recours sans autre mesure d'instruction que l'apport du dossier de première instance et l'invitation faite au juge d'instruction de déposer des déterminations, le Tribunal cantonal n'a-t-il pas violé le droit d'être entendu de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par conséquent, dans la mesure où il est recevable, le premier moyen de la recourante est mal fondé. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">La recourante soutient ensuite qu'en prenant en considération la cassette vidéo produite par l'intimé, le Tribunal cantonal a commis une violation arbitraire des règles interdisant l'utilisation en procédure des preuves illégales (seconde partie de la première lettre b de son acte de recours, p. 7 à 9). Mais elle n'indique pas quelles dispositions légales cantonales, ou quelles dispositions de rang constitutionnel, le Tribunal cantonal aurait ainsi violées. Son moyen est dès lors irrecevable, faute de satisfaire aux exigences de motivation de l'<span class="artref">art. 90 al. 1 let. b OJ</span> (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F129-II-297%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page297">ATF 129 II 297</a> consid. 2.2.2 p. 301 et les références). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au demeurant, si la recourante avait invoqué les règles d'exclusion qui découlent à certaines conditions des <span class="artref">art. 29 al. 1 Cst.</span> et 6 par. 1 CEDH (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F131-I-272%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page272">ATF 131 I 272</a> consid. 3.2 p. 274 ss et les références), force aurait été de constater que ces règles tendent à protéger le prévenu. Elles ne nuisent pas à la défense, qui, sauf exceptions, doit être autorisée à rapporter tout moyen de preuve à décharge, même obtenu en violation de la loi (cf. Jérôme Bénédict, Le sort des preuves illégales dans le procès pénal, thèse Lausanne 1994, p. 237 s.; Niklaus Schmid, Strafprozessrecht, 4ème éd., n. 609 p. 201). </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">Enfin, la recourante soulève deux griefs d'arbitraire, l'un portant sur la constatation des faits, l'autre sur l'application du droit cantonal. En vertu de l'<span class="artref">art. 8 al. 1 let</span> c LAVI, elle a qualité pour soulever ces moyens, dès lors que la décision attaquée, rendue par un tribunal, vaut jugement au sens de cette dernière disposition (Corboz, op. cit. p. 75), que la recourante était partie à la procédure devant le Tribunal cantonal et que l'on voit en outre assez distinctement quelles prétentions civiles elle pourrait faire valoir contre l'intimé. </div> <div class="para">4.1 Selon la jurisprudence, l'arbitraire prohibé par l'<span class="artref">art. 9 Cst.</span> ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable. Le Tribunal fédéral n'annulera la décision attaquée que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de justice et d'équité. Pour qu'une décision soit arbitraire, il ne suffit pas que sa motivation formulée soit insoutenable; il faut encore qu'elle se révèle insoutenable dans son résultat (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F129-I-8%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page8">ATF 129 I 8</a> consid. 2.1 p. 9 et les arrêts cités). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lorsque la partie recourante s'en prend à l'appréciation des preuves et à l'établissement des faits, la décision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F129-I-8%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page8">ATF 129 I 8</a> consid. 2.1 p. 9). Lorsqu'elle se plaint d'application arbitraire d'une norme juridique, elle doit démontrer que la décision attaquée est manifestement insoutenable, qu'elle méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et incontesté, ou heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-III-438%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page438">ATF 126 III 438</a> consid. 3 p. 440). </div> <div class="para">4.2 S'agissant de la constatation des faits, la recourante soutient que le Tribunal cantonal a versé dans l'arbitraire en déniant toute crédibilité à ses accusations d'abus sexuels alors qu'aucune investigation n'a été entreprise pour établir quels médicaments elle prenait au moment des faits ou pour vérifier si du GHB pouvait lui avoir été administré à son insu, avec des conséquences compatibles avec le comportement qu'on lui découvre sur les images vidéo. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Mais, ce faisant, la recourante se plaint que le Tribunal cantonal n'ait pas ordonné des mesures d'instruction qu'elle n'avait elle-même pas pris la peine de requérir. Elle ne prétend pas que le Tribunal cantonal aurait omis de tenir compte, ou qu'il aurait tiré des conclusions insoutenables, de preuves figurant au dossier. Dès lors, son moyen est mal fondé. </div> <div class="para">4.3 Pour ce qui concerne l'application du droit cantonal, la recourante reproche au Tribunal cantonal d'avoir violé arbitrairement les art. 46 ch. 1 et 46bis ch. 1 CPP/VS en confirmant le refus de suivre sur sa première plainte pénale pour un motif qui n'est pas prévu à l'art. 46bis ch. 1 CPP/VS. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En réalité, la décision attaquée ne confirme pas une renonciation à l'action publique, au sens de l'art. 46bis CPP/VS, mais un refus de donner suite à la plainte, rendu en application de l'art. 46 ch. 3 CPP/VS (cf. décision du juge d'instruction du 13 juillet 2005, p. 3). Aux termes de l'art. 46 ch. 1 à 3 CPP/VS, le juge d'instruction examine sans délai si les faits incriminés paraissent punissables et si les conditions légales de l'action publique paraissent remplies (ch. 1); il statue, par une décision motivée, s'il y a lieu d'engager une poursuite et si celle-ci a lieu d'office ou sur plainte (ch. 2); lorsque le juge refuse de donner suite à une dénonciation ou à une plainte, il en avise l'auteur et la personne concernée par la dénonciation ou la plainte, en indiquant les motifs de son refus; il se prononce sur les frais (ch. 3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En fait, le Tribunal cantonal a constaté que, sur les événements qui ont donné lieu à la première plainte de la recourante, les versions des parties ne concordaient que sur le fait qu'aucun témoin n'avait assisté à leur dispute. Pour le reste, elles divergeaient non seulement sur les circonstances et le lieu de l'incident, mais encore sur l'identité de l'agresseur, l'intimé faisant valoir qu'il avait repoussé la plaignante d'un coup de pied après que celle-ci lui eut arraché une poignée de cheveux, qu'elle l'eut griffé au visage et qu'elle eut fait tomber ses lunettes sur le sol. Dans ces conditions, le Tribunal cantonal a considéré que, compte tenu notamment des relations particulières existant entre les intéressés, jamais aucune des versions en présence ne pourrait être privilégiée au détriment de l'autre. Il a dès lors retenu la version de l'intimé, sous réserve du nombre de coups donnés. Considérant, sur la base de cette version des faits, que l'intimé avait agi en état de légitime défense, le Tribunal cantonal n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant que les conditions auxquelles l'art. 46 CPP/VS prescrit l'ouverture de l'action publique n'étaient pas remplies. Aussi le moyen pris d'une violation arbitraire de cette disposition est-il également mal fondé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Il s'ensuit que le recours de droit public doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">II. Pourvoi en nullité. </div> <div class="para">5. </div> <div class="para">Les personnes qui se prétendent victimes d'une infraction portant une atteinte directe à leur intégrité corporelle, sexuelle ou psychique peuvent se pourvoir en nullité contre une ordonnance de non-lieu rendue en dernière instance cantonale, si elles étaient déjà parties à la procédure, et dans la mesure où l'ordonnance attaquée touche leurs prétentions civiles ou peut exercer une influence sur le jugement de celles-ci (<span class="artref"><artref id="CH/784.11/268/270" type="start"></artref><artref id="CH/784.11/268/2" type="start"></artref>art. 268 ch. 2 et 270 let</span><artref id="CH/784.11/268/270" type="end"></artref><artref id="CH/784.11/270" type="end"></artref>. e ch.1 PPF). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Comme on voit assez distinctement quelles prétentions civiles la recourante pourrait exercer contre l'intimé, son pourvoi est recevable. </div> <div class="para">6. </div> <div class="para">La recourante invoque une violation du "principe de la légalité des moyens de preuve", qu'elle rattache au principe de la légalité criminelle. Selon elle, ce principe interdirait la prise en considération de preuves illégales dans le procès pénal. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le principe de la légalité criminelle, consacré par l'<span class="artref">art. 1 CP</span>, n'a pas la portée que lui prête la recourante. Il s'agit d'une règle de droit matériel (pas de crime, pas de peine sans loi), qui n'a pas pour fonction de concrétiser le principe général de la légalité dans le domaine de la procédure pénale. Aucune règle d'exclusion de preuve n'en découle. Ce moyen est ainsi dépourvu de tout fondement. </div> <div class="para">7. </div> <div class="para">Enfin, la recourante se plaint d'une violation des <span class="artref"><artref id="CH/311.0/33" type="start"></artref>art. 33 et 123 CP</span><artref id="CH/311.0/123" type="end"></artref> par le refus de donner suite à sa plainte pour lésions corporelles simples, injures et menaces. Elle soutient que rien dans l'état de fait retenu par les autorités cantonales n'autoriserait à conclure que le comportement de l'intimé, qui ne conteste pas avoir donné des coups, serait justifié par la légitime défense. Selon elle, l'intimé s'est, à tout le moins, défendu de manière disproportionnée, sans que son acte soit excusable (cf. <span class="artref">art. 33 al. 2 CP</span>). Il serait donc bien punissable, contrairement à ce qu'ont retenu les autorités cantonales. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Aux termes de l'<span class="artref">art. 33 al. 1 CP</span>, celui qui est attaqué sans droit ou menacé sans droit d'une attaque imminente a le droit de repousser l'attaque par des moyens proportionnés aux circonstances. Conformément à cette disposition légale, la personne qui fait l'objet d'une attaque illicite a donc le droit de se défendre, mais en utilisant des moyens proportionnés. Savoir si sa réaction respecte cette exigence est avant tout une question d'appréciation. Pour y répondre, le juge devra tenir compte, en particulier, de la gravité de l'attaque et de l'importance du bien juridique menacé, d'une part, et de l'importance du bien juridique que la défense met en danger, d'autre part (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F102-IV-65%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page65">ATF 102 IV 65</a> consid. 2a p. 68). La proportionnalité de la défense doit s'examiner d'après la situation de celui qui voulait repousser l'attaque au moment où il a agi; les autorités judiciaires ne doivent pas se livrer à de subtils raisonnements a posteriori pour déterminer si celui qui s'est défendu aurait pu ou dû, pour ce faire, recourir à des moyens moins dommageables (<a class="bgeref_id" href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=20&amp;from_date=20.04.2006&amp;to_date=09.05.2006&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F107-IV-12%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page12">ATF 107 IV 12</a> consid. 3a p. 15). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">En l'espèce, sous réserve du nombre de coups donnés, le Tribunal cantonal a retenu la version des faits de l'intimé, qui lie dès lors le Tribunal fédéral (<span class="artref">art. 277bis al. 1 PPF</span>). Or, il n'est pas disproportionné, même pour un homme, de repousser d'un ou plusieurs coups de pieds dans les jambes une femme qui lui arrache des cheveux et lui griffe le visage. Dès lors, comme l'a considéré à bon droit le Tribunal cantonal, les coups portés par l'intimé sont couverts par les dispositions de l'<span class="artref">art. 33 CP</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Aussi le pourvoi doit-il être rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">III. Frais </div> <div class="para">8. </div> <div class="para">Comme il est apparu d'emblée que les deux recours étaient dépourvus de chance de succès, les requêtes d'assistance judiciaire doivent être rejetées (<span class="artref">art. 152 al. 1 OJ</span>). La recourante, qui succombe, supportera les frais de justice, arrêtés à 2'000 fr. pour chacun des deux recours, soit à 4'000 fr. au total (<span class="artref">art. 156 al. 1 OJ</span>, 245 et 278 al. 1 PPF). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le recours de droit public est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Le pourvoi en nullité est rejeté. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Les requêtes d'assistance judiciaire de la recourante sont rejetées. </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">Un émolument judiciaire de 4'000 fr. est mis à la charge de la recourante. </div> <div class="para">5. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué en copie au mandataire de la recourante, à l'intimé, au Procureur général du canton du Valais et à la Chambre pénale du Tribunal cantonal du canton du Valais. </div> <div class="para">Lausanne, le 28 avril 2006 </div> <div class="para">Au nom de la Cour de cassation pénale </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">Le président: Le greffier: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html></html>