<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2021-02-26-5D_231-2020.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5D_231/2020</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 26 février 2021</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux Herrmann, Président, </div> <div class="para">von Werdt et Bovey. </div> <div class="para">Greffière : Mme de Poret Bortolaso. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, </div> <div class="para">représentée par Me Aba Neeman, avocat, </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">B.________, </div> <div class="para">représenté par Me Vincent Hertig, avocat, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">servitude de passage, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre le jugement du Juge de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais du 30 juin 2020 (C1 18 235). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> B.________ est propriétaire de l'immeuble no 502 de la commune de U.________ depuis 1965. </div> <div class="para">A.________ est propriétaire de l'immeuble voisin no 499 depuis 2011. </div> <div class="para">La parcelle de B.________ est au bénéfice d'une servitude de passage nécessaire à pied et pour les véhicules d'une largeur de 2,2 mètres à charge du bien-fonds appartenant à A.________. Ce droit de passage a été constitué sur la base d'un jugement rendu le 10 février 2014 par le juge du district d'Entremont (ci-après: le juge de district), à la demande de B.________ et moyennant versement par celui-ci d'une indemnité de 20'775 fr. </div> <div class="para">En mai 2016, A.________ a fait installer sur l'assiette de la servitude un piquet mobile, dont le mécanisme s'actionne au moyen d'une clé. Lorsqu'il est dressé, ce piquet empêche le passage des véhicules à quatre roues. Cette installation fait suite à une querelle entre les deux voisins. </div> <div class="para">Il est par ailleurs établi que des véhicules sont parfois stationnés sur l'assiette de la servitude et obstruent ainsi le passage. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.1.</b> Le 10 octobre 2016, B.________ a ouvert action à l'encontre de A.________ devant le juge de district concluant, sous la menace de la peine d'amende prévue par l'<span class="artref">art. 292 CP</span>, à ce qu'ordre lui soit donné d'enlever tous les obstacles et autres objets situés sur l'assiette de la servitude et de prendre toutes les mesures permettant à ses bénéficiaires d'en user sans aucune entrave, elle-même ainsi que tout successeur juridique de la parcelle grevée étant par ailleurs astreints de tolérer le passage sur la servitude litigieuse. </div> <div class="para">Cette action faisait suite à une requête de mesures provisionnelles en ce sens, à laquelle le juge de district avait fait droit le 8 juillet 2016. </div> <div class="para">Concluant au rejet de la demande, A.________ a réclamé à titre reconventionnel la radiation partielle de la servitude litigieuse en ce sens que celle-ci est transformée en servitude de passage à pied, devant s'exercer uniquement sur une bande de cinquante centimètres de large le long de la limite entre les immeubles nos 499 et 500, puis 502. </div> <div class="para">B.________ s'est opposé à la demande reconventionnelle. </div> <div class="para">Par jugement du 6 septembre 2018, le juge de district a partiellement admis la demande et fait interdiction à A.________ de dresser le piquet métallique qu'elle avait installé sur l'assiette de la servitude de passage et de laisser des véhicules stationnés sur l'assiette de la servitude, respectivement de tolérer de tels stationnements de la part des personnes accédant sur son bien-fonds avec son autorisation. A défaut, B.________ était autorisé à faire abaisser le piquet et enlever les véhicules, aux frais de A.________ et si nécessaire avec le concours de la police cantonale. La demande reconventionnelle a par ailleurs été rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.2.</b> Le 30 juin 2020, le Tribunal cantonal du canton du Valais, statuant à juge unique, a rejeté l'appel déposé par A.________ dans la mesure où il était recevable et confirmé la décision du premier juge. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.3.</b> Agissant le 1er septembre 2020 par la voie du recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal fédéral, A.________ (ci-après: la recourante) conclut principalement à la réforme de l'arrêt cantonal en ce sens que la demande principale est rejetée et la demande reconventionnelle admise dans le sens décrit plus haut (consid. 1.2.1); subsidiairement, la recourante réclame l'annulation de la décision entreprise et le renvoi du dossier à l'autorité cantonale pour nouvelle décision au sens des considérants. </div> <div class="para">Des déterminations n'ont pas été demandées. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Le recours est dirigé contre une décision rendue en matière civile (<span class="artref">art. 72 al. 1 LTF</span>). Il n'est pas contesté que le litige, de nature pécuniaire, n'atteint pas la valeur seuil de 30'000 fr. (<span class="artref">art. 74 al. 1 let. b LTF</span>) et qu'aucun des cas de dispense (<span class="artref">art. 74 al. 2 LTF</span>) n'est réalisé; seul le recours constitutionnel subsidiaire est ainsi ouvert (<span class="artref">art. 113 LTF</span>). Ses conditions de recevabilité sont remplies (art. 75 et 114, art. 90 et 117, art. 46 al. 1 let. b, 100 al. 1 et 117; <span class="artref">art. 115 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> Comme son intitulé l'indique, le recours constitutionnel peut être exclusivement formé pour violation des droits constitutionnels (<span class="artref">art. 116 LTF</span>). Le Tribunal fédéral n'examine que les griefs expressément soulevés et motivés conformément au principe d'allégation (<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span>, applicable en vertu du renvoi de l'<span class="artref">art. 117 LTF</span>). Le recourant doit indiquer quel droit ou principe constitutionnel a été violé par l'autorité précédente et dans quelle mesure, en présentant une argumentation claire et circonstanciée (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=20.02.2021&amp;to_date=11.03.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F145-I-121%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page121">ATF 145 I 121</a> consid. 2.1 et les références); des critiques simplement appellatoires ne sont pas admissibles (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=20.02.2021&amp;to_date=11.03.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-II-283%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page283">ATF 143 II 283</a> consid. 1.2.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=20.02.2021&amp;to_date=11.03.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-III-364%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page364">142 III 364</a> consid. 2.4). </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité précédente (<span class="artref">art. 118 al. 1 LTF</span>). Il peut rectifier ou compléter les constatations de l'autorité précédente si les faits ont été établis en violation du droit au sens de l'<span class="artref">art. 116 LTF</span> (<span class="artref">art. 118 al. 2 LTF</span>). La critique de l'état de fait retenu est soumise au principe strict de l'allégation énoncé par l'<span class="artref">art. 106 al. 2 LTF</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=20.02.2021&amp;to_date=11.03.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-264%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page264">ATF 140 III 264</a> consid. 2.3 et les références). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Les deux remarques liminaires suivantes s'imposent. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> La recourante se plaint notamment de ce que la décision entreprise restreindrait son droit de propriété, garanti par l'<span class="artref">art. 26 Cst.</span> Il convient d'emblée de lui rappeler qu'elle ne peut se prévaloir directement de la garantie constitutionnelle de la propriété dans une cause relevant des droits réels, la protection des atteintes qui seraient prétendument portées à cette garantie étant assurée à cet égard directement par le droit civil (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=32&amp;from_date=20.02.2021&amp;to_date=11.03.2021&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-I-217%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page217">ATF 143 I 217</a> consid. 5.2). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> Il s'agit ensuite de souligner que l'argumentation de la recourante se concentre sur le rejet de sa demande reconventionnelle et le refus de procéder à la radiation partielle de la servitude qu'il implique. Malgré l'issue évidente de ces critiques (infra consid. 4), le bien-fondé du prononcé lié à l'action confessoire ne sera donc pas examiné. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">La recourante affirme que la servitude litigieuse aurait été concédée en vue de l'aménagement de la parcelle de son bénéficiaire, aménagement qui n'aurait cependant jamais été réalisé en sorte que l'intérêt actuel à la servitude ne serait plus conforme à son but initial. L'assiette de la servitude était au demeurant insuffisante à garantir un accès en voiture à la parcelle de l'intimé; la restriction litigieuse, inutile au regard de son objectif initial, ne pouvait ainsi être maintenue sans arbitraire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.1.</b> La cour cantonale a relevé qu'il n'était pas établi que l'octroi de la servitude litigieuse dépendait du réaménagement de la parcelle dominante: cette constatation ressortait non seulement des actes de la cause - notamment du dossier relatif à l'action en passage nécessaire (supra consid. 1) -, mais également des déclarations de la recourante elle-même. </div> <div class="para">Jouant sur les mots - la servitude litigieuse n'aurait pas été soumise " à la condition " du réaménagement de la parcelle de l'intimé mais aurait été concédée "en vue " de celui-ci -, la recourante se limite essentiellement à opposer sa propre appréciation sur ce point, sans nullement contester les éléments factuels sur lesquels l'autorité cantonale s'est appuyée pour fonder sa motivation. Irrecevables, ses critiques ne nécessitent pas un examen plus approfondi (consid. 2.2 supra). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.2.</b> Au sujet des conditions de radiation de la servitude litigieuse (cf. <span class="artref">art. 736 CC</span>), la cour cantonale a considéré que celles-ci n'étaient pas réalisées: les circonstances prévalant au moment de la constitution du droit réel limité n'avaient pas changé et celui-ci présentait un intérêt conforme à son but initial, à savoir l'accès en véhicule à proximité immédiate de l'habitation de l'intimé pour y décharger personnes et/ou marchandises, le fait que celui-ci ne possédât pas de voiture n'étant pas décisif à cet égard. </div> <div class="para">Tout en persistant à prétendre, sans que cela soit constaté en fait, que, faute d'aménagement, le recourant ne pourrait exercer son droit de passage conformément à son but initial, la recourante se contente d'affirmer que la restriction contestée ne serait ni nécessaire, ni justifiée, et qu'elle ne présenterait pas d'intérêt digne de protection. Il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur ces critiques inconsistantes, qui ne cernent aucunement la motivation développée par la cour cantonale et ne s'attachent nullement à démontrer que les conditions posées par l'<span class="artref">art. 736 CC</span> pour fonder la radiation réclamée auraient été arbitrairement déniées. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Les considérations qui précèdent conduisent à l'irrecevabilité du recours, aux frais de la recourante (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Aucune indemnité de dépens n'est allouée à l'intimé qui n'a pas été invité à se déterminer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 1'500 fr., sont mis à la charge de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Juge de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 26 février 2021 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Herrmann </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : de Poret Bortolaso </div> </div></body></html>