<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A partir du 31 décembre 1989, à la suite d'un accident qui l'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">atteint dans sa santé, B. a mis un terme à son activité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">médecin. Avant de quitter le canton pour élire domicile en Afrique du Sud</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à fin 1991, il a vendu son cabinet médical privé à un confrère par conven-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion du 16 février 1991 pour un prix de 400'000 francs. Après un entretien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec la fiduciaire de B. , le service des contributions a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêté le bénéfice de liquidation imposable de la manière suivante :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Prix de vente fr. 400'000.-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">./. stock médicaments</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon bilan au 31.12.1989 fr. 1'766.-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">./. mobilier et agencement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon bilan au 31.12.1988 fr. 75'000.-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">./. amortissement minimum</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exercice 1989 (25 %) ./. fr. 18'750.- fr. 56'250.- ./. fr. 58'016.-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Bénéfice brut fr. 341'984.-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">De ce montant brut pouvaient être retranchés :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Les charges liées à l'exploitation payées en 1990, mais non comprises</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> dans le compte "passifs transitoires et créanciers" au 31 décembre 1989</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> (8'962.95 francs).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Les frais de liquidation du cabinet médical.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ces charges et frais devaient être justifiés.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au terme d'un courrier du 17 novembre 1994, les bases de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taxation ont été confirmées au mandataire fiscal. N'ayant pas reçu les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renseignements relatifs aux charges et frais du contribuable, le service</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des contributions, par courrier du 30 mars 1995, a fixé un ultime délai au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">10 mai 1995 au terme duquel, sans les informations requises, le bénéfice</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de liquidation imposable serait arrêté à 325'000 francs compte tenu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais admis sans justificatif de 16'984 francs. En date du 6 juin 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'ayant toujours par reçu de réponse, le service des contributions a no-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tifié un bordereau de taxation basé sur un bénéfice de liquidation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">325'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 20 juin 1995, par l'intermédiaire de son avocat, nouveau man-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dataire, B. s'est opposé à ce bordereau en formant une ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">clamation. Il a fait valoir qu'en raison "de son accident et de son inva-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lidité totale, la comptabilité et les bilans de son cabinet médical n'ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus été tenus régulièrement, jusqu'à son départ en Afrique du Sud". Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aussi allégué qu'il ne s'attendait absolument pas à cette taxation et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avait pas pris soin de faire dresser une comptabilité. Il a ajouté que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la tâche de reconstituer cette dernière était d'autant plus difficile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il avait emporté une partie de ces documents comptables en Afrique du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Sud et qu'il avait laissé le reste en Suisse. Il a soutenu que la taxation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à laquelle il s'opposait ne reflétait pas la réalité faute de tenir compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de son revenu et de ses charges. Il s'est engagé à établir et à remettre à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité dans la mesure du possible des bases comptables fiables et dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">finitives.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Par courrier du 4 août 1995, le service des contributions, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, s'est déclaré disposé à rectifier le bénéfice de liquidation en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question pour autant que les informations réclamées en vain le 17 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1994 lui soient communiquées avant le 15 septembre 1995, délai qui a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reporté au 25 septembre 1995 sur demande écrite du mandataire du recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant, puis au 10 novembre 1995 suite à un entretien téléphonique avec cet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avocat. Celui-ci n'a pas fourni les documents exigés dans le délai qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait lui-même prorogé, si bien que par décision du 23 novembre 1995, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service des contributions a rejeté la réclamation et confirmé la taxation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 6 juin 1995.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le 18 décembre 1995, B. a recouru contre cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision auprès du Département des finances et des affaires sociales. Il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclu à l'annulation du bordereau de taxation et à ce qu'une nouvelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision soit rendue. Il a fait valoir que le service des contributions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'avait pas imputé, sur le bénéfice de liquidation, les charges sociales</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour le personnel, les frais de locaux, les frais administratifs, les in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">térêts de dettes. Il a ajouté qu'il n'avait pas été tenu compte du fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la créance contre le repreneur du cabinet médical était difficilement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recouvrable. A l'appui de son recours, B. a déposé un cer-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tain nombre de pièces et requis l'audition de son mandataire fiscal ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la production de plusieurs relevés de compte.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Le 14 mai 1996, le Département des finances et des affaires so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciales a rejeté le recours. Il a reproché à B. de ne pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avoir répondu à plusieurs demandes justifiées de renseignements et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'être ainsi soustrait à son obligation de collaborer à l'établissement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des faits et de participer avec l'autorité fiscale à la détermination de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la matière imposable. Le département a estimé qu'il n'était pas admis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'un recourant ne produisant pas dans les délais requis des preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandées puisse les présenter devant l'autorité de recours après coup. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a reproché à B. d'avoir abusé manifestement de ses droits et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a refusé de prendre en considération les explications données par le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant sur les déductions susceptibles de diminuer son bénéfice de liqui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. B. recourt contre cette décision devant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal administratif en concluant à son annulation et au renvoi pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouvelle décision au sens des considérants. Il invoque la violation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, la consta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tation inexacte de faits pertinents et l'inégalité de traitement. Ses ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">guments seront repris en tant que besoin dans les considérants en droit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Si, en vertu de l'article 14 de la loi sur la procédure et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridiction administratives (LPJA) l'autorité doit instruire d'office la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause en recherchant quelle est la réalité des faits décisifs, le cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">échéant après l'administration des preuves, il y a des limites dans son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devoir d'investigation. D'une part, les parties ont une obligation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collaborer à l'établissement des faits. Elles ont au demeurant intérêt à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prouver autant que possible les faits qu'elles allèguent, les conséquences</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'absence éventuelle de preuves d'un fait devant, en vertu de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">8 CC, être supportées par celui qui entend en déduire un droit (Schaer,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Juridiction administration neuchâteloise, p.81 ainsi que la jurisprudence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">citée). D'autre part, dans le domaine particulier des impôts directs, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure de taxation est dite mixte, dans ce sens que le contribuable et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité fiscale doivent participer à la détermination de la matière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">imposable (v. dans ce sens Jean-Marc Rivier, Droit fiscal suisse, p.307).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'occurrence, l'autorité a formé une première demande de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renseignements complémentaires lors d'un entretien du 15 novembre 1994 en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présence du mandataire fiscal du recourant. Dans un courrier du 17 novem-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bre 1994, le service des contributions a confirmé les termes de ce dernier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entretien. En date du 30 mars 1995, n'ayant toujours pas reçu les rensei-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gnements demandés, le service des contributions a accordé un ultime délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixé au 10 mai 1995 en avertissant le recourant que s'il ne s'exécutait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas, le bénéfice de liquidation imposable serait arrêté à 325'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cette mise en demeure n'a pas été suivie d'effets, raison pour laquelle le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant s'est vu notifier le bordereau de taxation litigieux en date du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6 juin 1995. Suite à la réclamation déposée par l'avocat de B. , le service des contributions a consenti à revenir sur sa déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion pour autant que les informations auparavant demandées lui soient com-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">muniquées avant le 15 septembre 1995. Sur demande de l'avocat de B. , ce délai a été prolongé par deux fois, la première jusqu'au 25</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">septembre 1995 et la seconde jusqu'au 10 novembre 1995. Le 23 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995, le service des contributions, qui n'avait toujours pas obtenu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réponse, s'est résolu à rendre une décision. Ainsi, l'autorité a concédé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en vain quatre délais au recourant sans que celui-ci fournisse les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">informations requises. Il ne fait donc aucun doute que B. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">violé son obligation de collaborer à l'établissement des faits et qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas participé comme il devait le faire à la détermination de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière imposable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Comme le relève à juste titre le département, selon l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">43 al.2 LPJA, les constatations de fait ne lient pas l'autorité de re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours. On en déduit que les éventuels nouveaux allégués, devant l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de recours, et les nouvelles preuves y relatives, doivent en principe être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pris en considération, à moins que le recourant ne commette ainsi un abus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit (Schaer, op.cit., p.177). Selon la jurisprudence du Tribunal fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déral à laquelle la Cour de céans s'est précédemment référée (v. à ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sujet RJN 1982, p.145 et les références), une autorité de recours ne sau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rait accueillir des moyens de preuve qui lui sont présentés alors même que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité inférieure s'est vainement efforcée d'en obtenir la production.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans une telle situation, il n'est pas admis qu'un recourant ne produisant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas dans les délais requis des preuves réglementaires demandées puisse les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présenter devant l'autorité de recours après coup. Sans qu'il le dise</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expressément dans cet arrêt (ATF 102 Ib, p.126 ss), le Tribunal fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnaît donc que le principe de la bonne foi l'emporte sur celui de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">proportionnalité lorsqu'un intérêt public - y compris celui du respect de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la loi - l'exige et que l'administré ne saurait abuser d'une faculté que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui confère la loi en l'utilisant à des fins pour lesquelles elle n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été prévue (Knapp, Précis de droit administratif, Bâle 1980, p.68; ATF 105</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ib 143). Au surplus, le département cite avec raison la jurisprudence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">selon laquelle un contribuable resté sourd aux demandes réitérées de ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">seignements de l'autorité inférieure, malgré un avertissement formel l'in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formant des conséquences de son silence, ne saurait être admis à en ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parer les effets devant le Tribunal administratif. Il a été retenu que ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contribuable cherchait en réalité à utiliser les règles de procédure de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LPJA - notamment ses articles 33 et 43, en vertu desquels les constations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de fait ne lient pas l'autorité de recours - pour rendre inopérantes les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règles propres à la procédure de taxation. Dans cette affaire, le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administratif a considéré que pareille solution ne saurait se concilier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec la bonne foi, qu'elle était constitutive au contraire d'un abus de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit et qu'elle n'était pas digne de protection (RJN 1982, p.145).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le recourant n'a pas respecté des délais dont il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait lui-même demandé la prolongation et fixé la date. En effet, après le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">10 novembre 1995, le service des contributions n'avait toujours pas reçu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les informations qu'il avait requises de sorte que deux semaines après,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit le 23 novembre 1995 il a décidé de maintenir le bénéfice de liqui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dation de B. à 325'000 francs selon notification du 6 juin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995. Devant le silence du contribuable et de son mandataire, l'adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tration n'avait pas d'autre choix que de statuer de la manière annoncée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il s'ensuit que c'est à juste titre que le département a refusé de prendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en considération les explications données par le recourant sur les déduc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions susceptibles de diminuer son bénéfice de liquidation. On ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donc reprocher à l'autorité inférieure de recours d'avoir violé le droit,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'avoir excédé ou abusé de son pouvoir d'appréciation ou d'avoir constaté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de manière incomplète des faits pertinents.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. L'argument tiré de l'inégalité de traitement n'est manifestement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas pertinent. Le recourant, bien que domicilié à l'étranger, a chargé un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avocat d'agir en son nom et par mandat en Suisse, de sorte qu'il ne sau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rait invoquer son éloignement géographique. D'autre part, le service des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contributions a tenu compte de la situation de B. en lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accordant à plusieurs reprises des délais aux fins de fournir les pièces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nécessaires à l'établissement de la taxation de son bénéfice de liquida-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion. Or, comme exposé plus haut, le recourant n'a pas produit les docu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments requis dans les délais qu'il avait lui-même demandés et obtenus. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tout le moins, B. aurait-il pu requérir un nouveau délai. Au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contraire, rien n'a été fait en ce sens de sorte que le recourant a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traité comme tout contribuable qui ne s'exécute pas.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Pour tous ces motifs, le recours doit être rejeté.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Les frais de la présente cause doivent être mis à la charge du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant (art.47 al.1 LPJA). Vu le sort de la cause, il n'y a pas lieu à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge du recourant les frais et débours par 550 francs, mon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tant compensé par son avance.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. N'alloue pas de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 20 août 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>