<h2>SubmittedText<h2><text><p>Le Bureau du Conseil national est chargé de modifier le règlement de telle sorte que le Conseil national chante une strophe de l'hymne national dans une des quatre langues nationales le premier lundi de chaque session.</p></text><h2>FederalCouncilResponseText<h2><text><p>Dans le but d'accorder à ce symbole de la nation la place qu'il mérite au Parlement, l'auteur de la motion souhaite que le Conseil national chante une strophe de l'hymne national au début de chaque session.</p><p>Dans certains pays, l'hymne national est joué au cinéma, au théâtre ou même chanté à l'école avant le début des cours. En Suisse, on est peu enclin à ce genre de pratiques. Notre hymne national retentit principalement le jour de la fête nationale, à l'occasion de manifestations sportives ou de cérémonies politiques ou militaires.</p><p>Bien qu'il soit conscient de la signification culturelle et de la fonction identitaire de l'hymne national, le Bureau du Conseil national s'est prononcé en majorité contre son institutionnalisation. Selon lui, chaque citoyen a sa propre conception de l'hymne national. Fierté chez les uns, indifférence voir hostilité chez les autres, l'hymne suscite des sentiments très contrastés. Alors que certains apprécient précisément le pathos et le caractère religieux de l'hymne rappelant l'époque de la naissance de l'État fédéral, d'autres, de par leur sexe (l'hymne s'adresse à des destinataires exclusivement masculins, du moins dans la version allemande), leur origine ou leur appartenance religieuse, se sentent exclus par le contenu du texte. Ces dernières années, plusieurs interventions parlementaires visant à adapter les paroles de l'hymne national à la réalité du XXIe siècle ont d'ailleurs été déposées. L'Assemblée fédérale est censée représenter le peuple dans toute sa diversité et respecter les sensibilités des uns et des autres.</p><p>Contrairement aux rites du serment et de la promesse précédant l'entrée en fonction des membres de l'Assemblée fédérale, l'exécution de l'hymne national au début des sessions n'entre pas dans la tradition parlementaire suisse. Par respect envers les nombreuses minorités représentées au Parlement, les démonstrations de patriotisme sont plutôt rares. Même en des occasions où l'appel à la cohésion nationale se faisait pressant, telle que l'assermentation du général Guisan peu avant le début de la deuxième guerre mondiale, l'hymne national n'a pas été joué.</p><p>Jusqu'ici, l'hymne national n'aura retenti qu'une seule fois au Parlement, en 2003, à la demande du président du Conseil national de l'époque qui souhaitait qu'il soit joué pour l'ouverture de la législature. Cet événement avait suscité des réactions contradictoires.</p><p>La majorité du Bureau souhaite éviter que la salle du conseil ne devienne un lieu de spectacle patriotique ; elle entend laisser chaque parlementaire libre quant à la manière d'exprimer son attachement à son pays. Par ailleurs, certains députés n'ayant pas forcément l'oreille musicale pourraient se sentir exclus si, au début de chaque session, ils devaient se contenter d'écouter leurs collègues chanter.</p><p>Une minorité du Bureau, en revanche, considère que la requête formulée par l'auteur de la motion est pertinente et qu'elle mérite d'être soutenue.</p></text>