B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour V E-1372/2014 A r r ê t d u 2 1 m a r s 2 0 1 4 Composition François Badoud, juge unique, avec l'approbation de William Waeber, juge ; Beata Jastrzebska, greffière. Parties A._______, né le (…), son épouse B._______, née le (…), leurs enfants C._______, né le (…), et D._______, né le (…), Ghana, représentés par (…), Service d'Aide Juridique aux, rue Enning 4, (…), recourants, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière) et renvoi ; décision de l'ODM du 3 mars 2014 / N (…). E-1372/2014 Page 2 Vu la demande d 'asile déposée en Suisse par A._______, en date du 8 janvier 2014, la décision du 3 mars 2014 (notifiée le 7 mars 2014), par laquelle l'ODM, se fondant sur l'art. 31a al. 1 let. b de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), n'est pas entré en matière sur cette demande d'asile, a prononcé le transfert des l'intéressés vers l'Italie et a ordonné l'exécution de cette mesure, constatant l'absence d'effet susp ensif à un éventuel recours, le recours interjeté, le 14 mars 2014, contre cette décision, les demandes d'assistance judiciaire partielle et d' octroi de l' effet suspensif dont il est assorti, la réception du dossier de première instance par le Tribunal ad ministratif fédéral (ci-après : le Tribunal), le 18 mars 2014, et considérant que le Tribunal, en vertu de l' art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, qu'en particulier, les décisions rendues par l 'ODM concernant l’asile peuvent être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposée par l 'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art. 105 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 [LTF, RS 173.110]), exception non réalisée en l'espèce, que les intéressés ont qualité pour recourir ( art. 48 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 37 LTAF), que le recours, interjeté dans la f orme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable, que saisi d'un recours contre une décision de non -entrée en matière sur une demande d'asile, le Tribunal se limite à examiner le bien -fondé d'une E-1372/2014 Page 3 telle décision (cf. ATAF 2012/4 consid. 2.2 p. 26, ATAF 2009/54 consid. 1.3.3 p. 777, ATAF 2007/8 consid. 5 p. 76 ss), que, dans le cas d'espèce, il y a lieu de déterminer si l'ODM était fondé à faire application de l'art . 31a al. 1 let. b LAsi , disposition en vertu de laquelle il n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi, qu'avant de faire application de la disposition p récitée, l'ODM examine la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) (JO L 180/31 du 29.6.2013 ; ci -après : règlement Dublin III ; cf. note de répon se du Conseil fédéral du 14 août 2013, informant l'Union européenne de la reprise du règlement Dublin III par décision du même jour, sous réserve de l'accomplissement des exigences constitutionnelles suisses d'ici au 3 juillet 2015), que dit règlement est applicable aux demandes d'asile déposées en Suisse dès le 1er janvier 2014 (art. 49 par. 2 du règlement Dublin III), que, s'il ressort de l'examen qu'un autre Etat est responsable du traitement de la demande d'asile, l'ODM rend une décision de non -entrée en matière après que l'Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d'asile, qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin III, une demande de protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui -ci étant déterminé selon les critères fixés à son chapitre III (art. 8 à 15), que chaque critère n'a vocation à s'appliquer que si le critère qui le précède dans le règlement est inapplicable dans la situation d'espèce (principe de l'application hiérarchique des critère s du règlement ; art. 7 par. 1 du règlement Dublin III), que lorsqu'aucun Etat membre responsable ne peut être désigné sur la base de ces critères, le premier Etat membre auprès duquel la demande E-1372/2014 Page 4 de protection internationale a été introduite est responsabl e de l'examen (art. 3 par. 2 1ère phrase du règlement Dublin III), qu'en vertu de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III, lorsqu’il est impossible de transférer un demandeur vers l’Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu’il y a de sér ieuses raisons de croire qu’il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d’asile et les conditions d’accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l’art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000 ; ci -après CharteUE), l’Etat procédant à la détermination de l’Etat responsable poursuit l’examen des critères fixés au chapitre III afin d’établir si un autre Etat peut être désigné comme responsable, que lorsqu’il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat désigné sur la base de ces critères ou vers le premier Etat auprès duquel la demande a été introduite, l’Etat membre procédant à la détermination devient l’Etat responsable, que l'Etat responsable de l'examen d'une demande de protection internationale en vertu du règlement est tenu de reprendre en charge - dans les conditions pr évues aux art. 23, 24, 25 et 29 – le ressortissant de pays tiers ou l'apatride dont la demande a ét é rejetée et qui a présenté une demande auprès d'un autre Etat membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d'un autre Etat membre (art. 18 par. 1 point d du règlement Dublin III), que, sur la base de l'art. 17 par. 1 du règlement Dubl in III (clause de souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, qu'en l'occurrence, les investigations entreprises par l'ODM ont révélé, après consultation de l'unité centrale du système européen "Eurodac", que le recourant a déposé une demande d'asile en Italie à deux reprises, le 26 juillet 2008 et le 15 juillet 2010, qu'en date du 18 février 2014 , cet office a dès lors soumis aux autorités italiennes compétentes, dans les délais fixés aux art. 23 par. 2 et 24 E-1372/2014 Page 5 par. 2 du règlement Dublin III une requête aux fins de reprise en charge, fondée sur l'art. 18 al. 1 let. d du règlement Dublin III, que, le 3 mars suivant, lesdites autorités ont expressément accepté de reprendre en charge les requérants, sur la base de l'art. 18 al. 1 let. b du règlement Dublin III (correspondant à l'art. 16 par. 1 let. C du règlement Dublin II), que l'Italie a ainsi reconnu sa compétence pour traiter la demande d'asile de l'intéressé et de sa famille, que ce point n'est pas contesté, que dans son recours, l'intéressé s'oppose toutefois à son transfert en Italie, qu'en premier lieu, il reproche à l'ODM de n'avoir pas mené une instruction suffisante dans son cas, qu'informée de problèmes de santé de l'épouse de l'intéress é, l'autorité intimée aurait dû solliciter de sa part la production d' un certificat médical circonstancié, qu'en omettant de le faire, dite autorité se serait privée de la possibilité de procéder à une appréciation complète des faits pertinents, qu'aux yeu x de l'intéressé, cette omi ssion équivaut à une violation par l'ODM de son droit d'être entendu , dans la mesure où il n'a pas pu "exposer ses motifs de manière suffisante", que garanti par l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst., RS 101), le droit d'être entendu, qui comprend notamment le droit pour les parties de participer à la procédure et d'influer sur le processus conduisant à la prise de décision, a pour corollaire que l'autorité, avant de rendr e une décision touchant la situation juridique d'une partie, doit en informer cette dernière et lui donner l'occasion de s'exprimer préalablement sur le sujet (cf. ATF 132 II 485 consid. 3.2, 129 II 497 consid. 2.2, 127 I 54 consid. 2b; voir également l'ar rêt du Tribunal fédéral 1C_505/2008/1C_507/2008 du 17 février 2009 consid. 4.1) ; qu'il s'agit d'une concrétisation du droit à une procédure équitable, consacré par l'art. 29 al. 1 Cst., qui correspond à la garantie similaire que l'art. 6 ch. 1 de la Conve ntion du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales E-1372/2014 Page 6 (CEDH, RS 0.101) confère à l'égard des autorités judiciaires proprement dites (cf. arrêt du Tribunal fédéral 9C_394/2008 du 12 février 2009 consid. 2.2), que le droit d'être entendu comprend également le droit pour le justiciable de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuves pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou, à tout le moins, de s' exprimer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre, celui d'avoir accès à son dossier (cf. ATF 134 I 140 consid. 5.3, ATF 133 I 270 consid. 3.1, ATF 131 I 153 consid. 3 et jurisp. citée ; PIERRE MOORE, Droit administ ratif, vol. II, Berne 2011, p. 311 ss), qu'en l'espèce aucune violation du droit d'être entendu de l'intéressé ne peut toutefois être décelée, qu'en effet, le recourant n'a aucunement été empêché par l'autorité intimée de produire des moyens de preuve, qu'il disposait d'une possibilité de joindre spontanément à sa demande d'asile des certificats médicaux concernant l'état de santé de son épouse, que s'agissant enfin du reproche fait à l'ODM d'avoir omis de solliciter la production de dits certificats, il n'est pas fondé, qu'en effet, l'autorité apprécie libr ement la nécessité de de mander d es preuves supplémentaires et aucune obligation ne s'impose à elle de procéder à cette mesure lorsqu'elle ne l'estime pas indispensable, que dans son recours, l'intéressé reproche encore à l'ODM de n'avoir pas suffisamment pris en compte la situation précaire des requérants d'asile en Italie, qu'il n'y a toutefois aucune sérieuse raison d'admettre qu'il existe, en Italie, des défaillances systémiques dans la procédure d' asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la CharteUE (cf. art. 3 par. 2 2ème phrase du règlement Dublin III), qu'en effet, ce pays est signataire de cette Charte, de la CEDH, de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105), de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés E-1372/2014 Page 7 (Conv. réfugiés, RS 0.142.30) ainsi que du Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301) et, à ce titre, en applique les dispositions, que, dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des demandeurs d'asile, en particulier leur droit à l'examen, sel on une procédure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir une protection conforme au droit international et au droit européen (cf. directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [refonte] [JO L 180/60 du 29.6.2013 ; ci-après : directive Procédure] ; directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des per sonnes demandant la protection internationale [refonte] [JO L 180/96 du 29.6.2013 ; ci-après : directive Accueil]), qu'à la différence de la situation prévalant en Grèce, on ne saurait considérer qu'il apparaît au grand jour – sur la base de positions répétées et concordantes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Commissaire des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, ainsi que de nombreuses organisations internationales non gouvernementales – que la législation sur le droit d 'asile n'est pas appliquée en Italie, ni que la procédure d'asile y est caractérisée par des défaillances structurelles d'une ampleur telle que les demandeurs d'asile n'ont pas de chances de voir leur demande sérieusement examinée par les autorités italiennes, ni qu'ils ne disposent pas d'un recours effectif, ni qu'ils ne sont pas protégés in fine contre un renvoi arbitraire vers leur pays d'origine (cf. arrêt de la Cour européenne des droits des l'homme [CourEDH] M.S.S. c. Belgique et Grèce du 21 janvier 2 011, requête n° 30696/09), que, dans ces conditions, l'application de l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin III ne se justifie pas en l'espèce, que le recourant a toutefois expressément sollicité l'application d'une des clauses discrétionnaires prévues à l'a rt. 17 du règlement Dublin III, à savoir celle retenue par le par. 1 de cette disposition (clause de souveraineté), qu'à ses yeux, son transfert vers l'Italie l'exposera à des conditions de vie indignes et risque de provoquer l'aggravation de l'état de sa nté de son épouse, E-1372/2014 Page 8 qu'à l'appui de cette allégation, le recourant expose notamment que lors de son séjour en Italie, sa famille n'a pas été correctement prise en charge et qu'elle ne recevait aucune aide sociale, que les intéressés devaient se loger par leur propres moyens, qu'ayant perdu son emploi, le recourant aurait été obligé de quitter l'appartement qu'il occupait avec sa fa mille faute de moyens financier s suffisants pour s'acquitter du loyer, qu'il aurait été assisté par une connaiss ance, laquelle aurait accueilli s a famille chez elle, que selon l'intéressé, l'Italie n'est pas à même de garantir aux requérants d'asile des conditions dignes d'existence, faute de structures d'accueil nécessaires à cette fin, que l'argumentation de l'intéressé ne saurait être suivie, qu'en premier lieu , le recourant n'a pas démontré l'existence d'un risque concret que les autorités italiennes refuseraient de le reprendre en charge et de mener à terme l'examen de sa demande de protection, en violation de la directive Procédure, qu'en effet, il ne ressort aucunement du dossier q ue le recourant et sa famille aur aient été laissé s en situation de détresse par les autorités italiennes, qu'au contraire, le recourant déclare que son épouse, confronté e à la perte d'un enfant lors d'une grossesse gémellaire , a été hospitalisée en Italie pendant deux semaines et y a reçu les soins nécessaires, qu'aucun élément du dossier ne démontr e que le recourant et sa famille se seraient heurtés à un refus d'aide de la part des autorités italiennes, qu'en outre, l'intéressé n'a fourni aucun élément concret susceptible de démontrer que l'Italie ne respecterait pas le principe du non­refoulement , et donc faillirait à ses obligations internationales en les renvoyant dans un pays où leur vie, leur intégrité corporelle ou leur liberté seraient sérieusement menacées, ou encore d'où ils risqueraient d'être astreints à se rendre dans un tel pays, E-1372/2014 Page 9 qu'au demeurant, si – après leur retour en Italie – le requérant et sa famille devaient être contraint s par les circonstances à mener une existence non conforme à la dignité humaine, ou s'ils devaient estimer que ce pays vi ole ses obligations d'assistance à leur encontre, ainsi que la directive précitée, ou de toute aut re manière porte atteinte à leurs droits fondamentaux, il leur appartiendra de faire valoir leurs droits directement auprès des autorités italiennes en usant des voi es de droit adéquates (cf. art. 26 directive Accueil), que par ailleurs, ils n'ont pasdémontré que leurs conditions d'existence en Italie revêtiraient, en cas de transfert dans ce pays, un tel degré de pénibilité et de gravité qu' elles seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 4 de la CharteUE, à l'art. 3 CEDH ou encore à l'art. 3 Conv. torture, qu'enfin, le fait qu'une procédure est actuellement engagée contre la Suisse devant la Cour européenne des droits de l'hom me sur la conformité avec l'art. 3 CEDH des transferts des requérants d'asile en Italie (Tarakhel c. Suisse, requête n° 29217/12) n'est pas déterminant en l'espèce, que le recourant a fait encore valoir qu'il ne pouvait pas être transféré en Italie avec sa famille , au vu des problèmes médicaux dont souffre son épouse, que selon la jurisprudence de la CourEDH (cf. arrêt N. contre Royaume­Uni du 27 mai 2008, requête n° 26565/05), le retour forcé des personnes touchées dans leur santé n'est sus ceptible de constituer une violation de l'art. 3 CEDH que si l'intéressé se trouve à un stade de sa maladie avancé et terminal, au point que sa mort apparaît comme une perspective proche (cf. aussi ATAF 2011/9 consid. 7.1 p. 117 s.), qu'il s'agit de cas tr ès exceptionnels, en ce sens que la personne concernée doit connaître un état de santé à ce point altéré que l'hypothèse de son rapide décès après le retour confine à la certitude et qu'elle ne peut espérer un soutien d'ordre familial ou social, qu'en l'es pèce, l'intéressé n'a pas établi , dans le cadre de la présente procédure, que son épouse ne serait pas en mesure de voyager ou que son transfert représenterait un danger concret pour sa santé, E-1372/2014 Page 10 qu'en effet, les problèmes de santé de la recourante – à savoir une hypertension artérielle et une maladie rénale – n'apparaissent pas d'une gravité telle qu 'un transfert en Italie serait illicite au sens restrictif de la jurisprudence précitée, que les troubles invoqués par l'épouse de l'intéressé pourront être traités en Italie, ce pays disposant de structures médicales similaires à celles existant en Suisse, qu'en outre et surtout, l'Italie, qui est liée par la directive Accueil, doit faire en sorte que les demandeurs d'asile reçoivent les soins médicaux nécessaires qui comportent, au minimum, les soins urgents et le traitement essentiel des maladies et des troubles mentaux graves, et fournir l'assistance médicale ou autre nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particuliers en matière d'accue il, y compris, s'il y a lieu, des soins de santé mentale appropriés (cf. art. 19 par. 1 et 2 de ladite directive), que rien ne permet d'admettre que l'Italie refuserait ou renoncerait à une prise en charge médicale adéquate dans le cas des recourants, qu'il incombera aux autorités suisses chargées de l'exécution du transfert de transmettre aux autorités italiennes les renseignements permettant une telle prise en charge (cf. art. 31 et 32 du règlement Dublin III), que, partant, il n'y a pas lieu d'appliquer la clause discrétionnaire prévue par l'art. 17 par. 1 du règlement Dublin III, qu'il y a encore lieu d'ajouter que le règlement Dublin III ne confère pas aux demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat membre offrant, à leur avis, les meilleu res conditions d'accueil , comme Etat responsable de l'examen de leur demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.3, auquel il y a lieu de se référer par analogie), que l'Italie demeure dès lors l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile des re courants au sens du règlement Dublin III et est tenue – en vertu de l'art. 18 al. 1 let. b dudit règlement – de les reprendre en charge, dans les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29, que, dans ces conditions, c'est à bon droit que l'ODM n'est pas entré en matière sur leur demande d'asile, en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et qu'il a prononcé leur transfert de Suisse vers l'Italie, en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle générale du E-1372/2014 Page 11 renvoi n'étant réalisée (art. 32 de l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure [OA 1, RS 142.311]), que, cela étant, les questions relatives à l'existence d'un empêchem ent à l'exécution du renvoi (ou transfert) pour des raisons tirées de l'art. 83 al. 2 à 4 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr, RS 142.20) ne se posent plus séparément, dès lors qu'elles sont indissociables du prononcé de la non -entrée en matière (cf. ATAF 2010/45 précité consid. 10), qu'au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté, que s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à juge unique, avec l’approbation d’un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n’étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que, dans la mesure où il a été immédiatement statué sur le fond, la demande formulée dans le recours tendant à l'octroi de l'effet suspensif est sans objet, que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée, que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frai s, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), (dispositif page suivante) E-1372/2014 Page 12 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée. 3. Les frais de procédure, d'un montant de 600 francs, sont mis à la charge des recourants . Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 4. Le présent arrêt est adressé aux recourants , à l'ODM et à l'autorité cantonale. Le juge unique : La greffière : François Badoud Beata Jastrzebska Expédition :