<h2>SubmittedText<h2><p>Me fondant sur l'article 21bis de la loi sur les rapports entre les conseils, je demande, par le biais d'une initiative parlementaire conçue en termes généraux, que le Code pénal et la loi sur l'aide aux victimes d'infractions soient complétés par des dispositions de procédure pour une meilleure protection des victimes de délits sexuels, notamment dans les cas d'exploitation sexuelle d'enfants.</p><p>Il convient d'insérer les dispositions suivantes dans la législation fédérale :</p><p>1. Le délai de prescription pour les abus sexuels commis sur des enfants de moins de 16 ans doit être supprimé.</p><p>2. Il y a lieu de renoncer à interroger la victime plusieurs fois sur le déroulement des faits.</p><p>3. L'interrogatoire doit être enregistré à l'aide de moyens techniques (vidéo).</p><p>4. La confrontation entre la victime et l'auteur de l'acte doit être évitée dans le cadre de la procédure.</p><p>5. L'audition d'un enfant victime d'une exploitation sexuelle doit être menée par des personnes au bénéfice d'une formation spéciale.</p><p>6. Les autorités judiciaires et les organes chargés de l'enquête appelés à traiter les cas d'enfants victimes d'une exploitation sexuelle doivent recevoir une formation spécifique.</p><p>7. Il convient d'améliorer l'information des victimes sur leurs droits.</p><p>8. Les conditions-cadres pour le droit à un dédommagement et à une réparation du tort moral doivent être améliorées.</p><p>9. Il y a lieu d'introduire des règles en matière d'administration des preuves qui excluent une "complicité" de la victime à la décharge de l'auteur de l'acte.</p><h2>InitialSituation<h2><p>Depuis quelques années, le problème des enfants victimes d'abus sexuels soulève de nombreuses discussions au sein de l'opinion publique. De plus en plus, de tels cas font l'objet de procédures judiciaires. Dans ce contexte, l'audition d'enfants devenus victimes d'infractions contre l'intégrité sexuelle constitue un problème particulier. Des enquêtes ont mis en évidence que certains facteurs, tels la longueur de la procédure, les auditions répétées, les doutes émis envers les affirmations des enfants et des interrogatoires inadaptés peuvent entraîner chez l'enfant un nouveau traumatisme (victimisation secondaire). Le 16 décembre 1994, la conseillère nationale, Madame Christine Goll, a déposé une initiative parlementaire visant, par des dispositions de procédure, à atténuer le plus possible les traumatismes que peuvent entraîner les procédures judiciaires pour les enfants victimes de délits sexuels. Le 3 octobre 1996, le Conseil national a donné suite à la plupart des objectifs visés par ladite initiative. Bien que le droit en matière de procédure pénale relève (encore) de la compétence législative des cantons, la Confédération peut, dans le domaine de l'aide aux victimes, édicter des dispositions de procédure, constituant des normes minimums pour les cantons. La loi sur l'aide aux victimes d'infractions contient déjà des dispositions de procédure spéciales pour les victimes d'infractions contre l'intégrité sexuelle. Ces dispositions ont été complétées dans le présent projet d'arrêté fédéral par des dispositions spéciales pour les enfants victimes d'infractions contre l'intégrité sexuelle. Ainsi, lors de procédures pénales, des règles minimales seront garanties dans tous les cantons, non seulement lorsque des enfants seront appelés à témoigner ou seront constitués partie civile mais aussi en vue d'atténuer les traumatismes psychiques que pourraient subir les victimes lors de telles procédures.</p><p>Le Conseil fédéral approuvait dans son avis dans son ensemble le projet de la Commission. Il est d'avis qu'il est important de réduire autant que possible l'effet traumatisant que peut entraîner la procédure pénale chez l'enfant victime d'actes de violence ou d'autres infractions à l'intégrité sexuelle. Cette seconde atteinte psychique, appelée "victimisation secondaire", est en effet souvent à peine moindre que celle qui est subie du fait de l'infraction. Mais le souci de respecter les intérêts de l'enfant victime ne doit pas aboutir à ce que les droits élémentaires du prévenu subissent une réduction incompatible avec les exigences du droit d'être entendu. De l'avis du Conseil fédéral, le projet de la Commission réalise un bon équilibre entre les intérêts de l'enfant et ceux du prévenu, qui conserve, selon le projet, le droit de poser des questions à l'enfant et même, dans certains cas, d'exiger une confrontation directe.</p><h2>Proceedings<h2><p></p><p>Le projet d'une modification de la loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions n'a été soumis au <b>Conseil national</b> qu'après avoir été longuement préparé : celui-ci l'a approuvé à une très large majorité, puisqu'il l'a voté par 142 voix sans opposition.</p><p>Le <b>Conseil des États</b> s'est rallié à l'unanimité et sans discussion à la décision du Conseil national, non sans créer cependant une légère divergence à l'art. 10quater, al. 2 : alors que celui-ci prévoyait que "la décision de classement prise en dernière instance cantonale peut faire l'objet d'un recours en nullité à la cour de cassation pénale du Tribunal fédéral", le Conseil des États a souhaité que puisse faire l'objet d'un tel recours la "décision relative au classement" (donc de classement ou de non-classement), en précisant par ailleurs qu'ont qualité pour recourir le prévenu, l'enfant ou son représentant légal et l'accusateur public.</p><p>Le <b>Conseil national</b> a adopté cette décision. Au <b>Conseil National</b>, une proposition de minorité qui recommandait l'adoption du plébiscite  a également été largement rejetée par 120 voix contre 38. Outre les membres du groupe UDC, seuls Christian Waber (E, BE) ainsi que les députés non inscrits Giuliano Bignasca (-, TI), Flavio Maspoli (-, TI) et Bernhard Hess (-, BE) ont voté en faveur de l'initiative.</p>