<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para">6S.247/2005 /rod </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Arrêt du 26 août 2005 </div> <div class="para">Cour de cassation pénale </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges Schneider, Président, </div> <div class="para">Kolly et Zünd. </div> <div class="para">Greffière: Mme Bendani. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Parties </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">recourant, représenté par Me Philippe Degoumois, avocat, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">contre </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Procureur général du canton de Berne, </div> <div class="para">Case postale, 3001 Berne. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Conversion d'amendes en arrêts (<span class="artref">art. 49 CP</span>), </div> <div class="para"> </div> <div class="para">pourvoi en nullité contre le jugement de la Cour suprême du canton de Berne, 2ème Chambre pénale, du 3 juin 2005. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Faits: </div> <div class="para">A. </div> <div class="para">Par mandat de répression du 11 juin 2003, le Juge d'instruction 5 du Service régional de juges d'instruction I du Jura bernois-Seeland a condamné X.________ à une amende de 1'000 fr. pour infractions à la LCR et à la loi fédérale sur les transports publics. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par décision du 16 février 2005, le Juge d'instruction a converti cette amende en 33 jours d'arrêts. </div> <div class="para">B. </div> <div class="para">Par jugement du 3 juin 2005, la 2ème Chambre pénale de la Cour suprême du canton de Berne a rejeté le recours de X.________ et confirmé la décision du 16 février 2005. </div> <div class="para">C. </div> <div class="para">Invoquant une mauvaise application de l'<span class="artref">art. 49 ch. 3 CP</span>, X.________ dépose un pourvoi en nullité auprès du Tribunal fédéral. Il requiert l'assistance judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Cour suprême a déposé sa réponse le 11 juillet 2005. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral considère en droit: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le pourvoi en nullité ne peut être formé que pour violation du droit fédéral, à l'exception de la violation directe d'un droit de rang constitutionnel (<span class="artref">art. 269 PPF</span>). Il n'est notamment pas ouvert pour se plaindre de l'appréciation des preuves et des constatations de fait qui en découlent (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=17&amp;from_date=23.08.2005&amp;to_date=11.09.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F124-IV-81%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page81">ATF 124 IV 81</a> consid. 2a p. 83). Il ne peut donner lieu qu'à un contrôle de l'application du droit fédéral sur la base d'un état de fait définitivement arrêté par l'autorité cantonale (cf. <span class="artref"><artref id="CH/312.0/277^bis" type="start"></artref>art. 277bis et 273 al. 1 let. b PPF</span><artref id="CH/312.0/273/1/b" type="end"></artref>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Partant, dans la mesure où le recourant allègue des faits nouveaux, à savoir que son mandataire le défend gratuitement, qu'il est marié et père d'une petite fille, ou conteste l'appréciation des preuves, en affirmant que son indigence est établie, ses griefs sont irrecevables. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">Le recourant se plaint d'une violation de l'<span class="artref">art. 49 ch. 3 CP</span>. Il explique qu'il ne survit que grâce à l'aide ponctuelle d'églises et qu'il ne peut exercer d'activité lucrative en raison de son statut de requérant d'asile. </div> <div class="para">2.1 L'amende qui n'a été ni payée ni rachetée doit en principe être convertie en arrêts (<span class="artref">art. 49 ch. 3 al. 1 CP</span>). Le juge peut toutefois exclure la conversion lorsque le condamné lui aura apporté la preuve - qui, par conséquent, lui incombe - qu'il est, sans sa faute, dans l'impossibilité de payer l'amende (<span class="artref">art. 49 ch. 3 al. 2 CP</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Contrairement aux allégations du recourant, l'absence de faute qu'implique cette disposition ne peut être admise que lorsque le condamné, même avec de la bonne volonté, n'a pas la possibilité de se procurer les moyens nécessaires au paiement de l'amende ni de la racheter par une prestation en travail (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=17&amp;from_date=23.08.2005&amp;to_date=11.09.2005&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-IV-231%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page231">ATF 125 IV 231</a> consid. 3a p. 233 et les références citées). </div> <div class="para">2.2 Le refus du jugement attaqué de renoncer à une conversion de l'amende en arrêts repose sur une double motivation. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Chambre pénale a tout d'abord retenu que le recourant n'avait produit aucune pièce justificative attestant de son impécuniosité. Il s'agit là d'une question d'appréciation des preuves, qui ne peut être remise en cause dans un pourvoi en nullité, lequel ne peut être formé que pour violation du droit fédéral (cf. supra consid. 1). Par ailleurs, le recourant n'allègue pas le contraire. Il affirme uniquement avoir, comme seule ressource, la bienveillance d'autorités religieuses, ce qu'il n'a toutefois pas démontré au moyen d'attestations desdites églises. Sa critique est dès lors irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Chambre pénale a ensuite jugé que le statut du recourant ne l'empêchait pas de racheter son amende par du travail d'intérêt général, qu'il n'avait que 36 ans et qu'aucun élément ne permettait de penser qu'il souffrait d'une incapacité de travail. Le recourant conteste pouvoir exercer toute activité lucrative en raison de son statut de requérant d'asile débouté. Cette critique est vaine. En effet, l'ordonnance bernoise du 5 mai 2004 sur l'exécution des peines et mesures (OEPM; RSB 341.11) prévoit que le condamné peut racheter son amende en adressant une demande à la préfecture (cf. <span class="artref"><artref id="CH/514.10/98/a" type="start"></artref>art. 98 let. a et 99 al. 1 OEPM</span><artref id="CH/514.10/98/99/1" type="end"></artref>), que l'autorité compétente, à savoir l'Office de la privation de liberté et des mesures d'encadrement ou la préfecture, est chargée de trouver les emplois qui permettent l'exécution de ce rachat (<span class="artref"><artref id="CH/514.10/99/100" type="start"></artref><artref id="CH/514.10/99/4" type="start"></artref>art. 99 al. 4 et 100 OEPM</span><artref id="CH/514.10/99/100" type="end"></artref><artref id="CH/514.10/100" type="end"></artref>) et que celui-ci doit être accompli gratuitement au profit d'institutions sociales, d'oeuvres d'utilité publique, d'administrations publiques ou de personnes dans le besoin (<span class="artref">art. 97 al. 1 OEPM</span>). Ce travail d'utilité générale constitue un régime d'exécution particulier et ne crée pas, entre les intéressés, un contrat de travail au sens des <span class="artref">art. 319 ss CO</span>, puisqu'il est exercé gratuitement pour des personnes particulières (cf. B. J. Brägger, Gemeinnützige Arbeit als strafrechtliche Sanktion de lege lata et de lege ferenda, Dissertation, p. 189). Le recourant n'était donc pas empêché, de par son statut, de racheter son amende par une occupation d'intérêt général, celle-ci ne constituant pas une activité lucrative au sens du droit civil. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">En conclusion, le pourvoi est rejeté dans la mesure où il est recevable. Comme il était d'emblée dépourvu de chances de succès, l'assistance judiciaire ne peut être accordée (<span class="artref">art. 152 al. 1 OJ</span>) et le recourant, qui succombe, supportera les frais (<span class="artref">art. 278 al. 1 PPF</span>), dont le montant est arrêté en tenant compte de sa situation financière. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: </div> <div class="para">1. </div> <div class="para">Le pourvoi est rejeté dans la mesure où il est recevable. </div> <div class="para">2. </div> <div class="para">La requête d'assistance judiciaire est rejetée. </div> <div class="para">3. </div> <div class="para">Un émolument judiciaire de 800 fr. est mis à la charge du recourant. </div> <div class="para">4. </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué en copie au mandataire du recourant, au Procureur général du canton de Berne et à la Cour suprême du canton de Berne, 2ème Chambre pénale. </div> <div class="para">Lausanne, le 26 août 2005 </div> <div class="para">Au nom de la Cour de cassation pénale </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">Le président: La greffière: </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>