Schweizerische Eidgenossenschaft Confederation suisse Confederazione Svizzera Confederaziun svizra Prepose federal ä la protection des donnees et ä la transparence PFPDT Rapport final et recommandations du Prepose federal a la protection des donnees et a la transparence (PFPDT) du 4 aoüt 2021 dans le cadre de la procedure d'etablissement des faits selon l'article 29 de la Loi federale sur la protection des donnees du 19 juin 1992 (LPD ; RS 235.1) concernant l'application « SocialPass » de SwissHelios Sari, a Oberlunkhofen et NewCom4U Sari, a Sierre representees par Lexing Switzerland, 1951 Sion Uusqu'au 14 juin 2021) Feldeggweg 1, 3003 Berne Tel. 058 463 74 84, Fax 058 465 99 96 www.edoeb.admin.ch 0 Table des matiëres 1. Introduction........................ 1.1 . Remarques prëliminaires ...... 1.2. Situation de dëpart... 1.3. Parties impliquëes ............... 1.4. Chronologie des ëvënements . ............................. 1.5. Portëe de la procëdure d’ëtablissement des faits. 1.6. Bases de l’ëtablissement des faits.. 1.7. Analyses effectuëes dans le cadre de la prësente procëdure. 1.8. Bases lëgales. 1.9. Compëtence du PFPDT.. 2. Faits ëtablis 2.1 . Röles et responsabilitës....... . 2.2. Composants et fonctions ..... , 2.2.1 . ApeQU .......................... 2.2.2. Description du processus d'enregistrement ...., 2.2.3. Fonctions de SocialScan .....,... . 2.2.4. SocialPass : enregistrement et utiËisation 2.2.5. Base de donnëes centralisëe . a. Gënëralitës............................, b. Accës des autoritës cantonales aux coordonnëes des clients .. , 2.3. But de la collecte des donnëes.......... 2.4. Description des diffërents modes de fonctionnement. 2.4.1. SocialScan : saisie manuelle (enregistrement des clients rëguliers) . 2.4.2. Stockage des numëros de tëlëphone mobile issus du processus d’e 2.5. Services de tiers ............................... 2.5.1 . Infomaniak .. 2.5.2. Twilio ......................................., 2.5.3. Microsoft Azure (base de donnëes SQL) .... 2.6. Information et droits des personnes concernëes.., 2.6.1 . Information des utilisateurs . ................ , 2.6.2. Droits des personnes concernëes ...... a. Exercice du droit d’accës . b. Exercice du droit ä l’effacement des donnëes....................................., 2.7. Aspects de sëcuritë des donnëes.. .. 7 10 11 12 13 13 13 13 14 14 15 17 17 19 19 20 23 24 24 26 26 26 26 27 27 27 28 28 28 28 lregistrement . 2/62 0 2.7.1. Organisation de la sëcuritë de 1’information Login avec double-authentification Identifiants de I'utilisateur ..........., 28 29 29 29 29 31 32 32 32 32 33 33 34 34 36 36 36 36 36 37 37 37 37 37 37 37 38 38 38 38 38 38 38 39 39 2.7.2. 2.7.3. 2.7.4. Gëolocalisation ..........................., 2.8 Analyse de 1’audit de Navixia SA , 2.8.1. Interaction avec la plateforme (6.2.6 et 6.3.6) 2.8.2. Qualitë du code et packaging (6.3.7) 2.8.3. Descripteur (7.1) ..............................., 2.8.4. Mots de passe stockës en clair (7.1 ) 2.8.5. Conservation des donnëes (8.4.1). 2.9. Analyse de I'audit d’lndusface .................... 2.9.1 . Classification ......., 2.9.2. Rësultats en fonction des catëgories .. 2.9.3. Android et iOS Mobile . 2.9.4. Conclusions de I'audit Indusface .., a. Blind HTML Injection [1].., Insecure Direct Object References [2] ..., Insecure Logging Of The Application [4] Application is Vulnerable To Improper Token Management [5] .. . Application Accepts Special Character As User Input [6] . Valid Account Can Be Brute Forced [7] ............................... b. c. d. e. f. Missing API Rate Limiting [8] ........, Application Does Not Have A Strong Password Policy [9] Cleartexttraffic is Set To True [1 1 ] Application is Vulnerable To Simultaneous Login [12] ................ Application's Request/Response Reveals Sensitive Information SSL Pinning Can Be Bypassed [14] ..........................................., Insecure Data Storage in File System [15] . , Insecure Content Security Policy (Csp)/X-Frame-Options [16] ... Missing HSTS Header [17] ., Information Leakage From Clipboard [18] .., q. Sensitive Data Disclosure in Recent Apps [19] .... r. Application Has Set Insecure Permissions [21 ] Apprëciation juridique et recommandations ... Röles et responsabiIËtës... , g. h. i. j. k. [13] 1. m n. 0. P. 3, 3.1 3/62 0 Banque de donnëes centralisëe .................... Banque de donnëes centralisëe stricto sensu ......... Divers droits d'accës ä la base de donnëe centralisëe / fonctions de filtres Option « saisie manuelle » ..................,.............. Transferts des numëros de tëlëphone aux Ëtats-Unis ... . Stockage centralisë et permanent du numëro de tëlëphone mobile dans le processus d'enngistnment .................................................................................................................... 49 3.6. Microsoft Mun (base de donnëes SQL) .............................................................................. 50 3.7. Divers aspects de sëcuritë des donnëes............................................................................... 50 3.7.1. Gestion des vulnërabilitës.............................................................................................. 51 3.7.2. Mise en place d’une authentification forte .................................................,................... 51 3.7.3. Utilisation disproportionnëe d'identifËants ...................................................................... 51 3.7.4. Organisation et documentation relatives ä la sëcuritë des donnëes . ............................ 52 Prises de position des parties ........................................................................................................ 53 4.1. Remarques prëliminaires relatives au droit d’ëtre entendu ................................................... 53 4.2. Prise de position des parties relative aux faits ëtablis Ie 20 mai 2021 .................................. 53 4.3. Prise de position des parties relative au rapport final et aux recommandations du 28 mai 2021 ....................................................................................................................................... 54 4.3.1. Recommandation (1) concernant les röles et les responsabilitës ................................. 54 4.3.2. Recommandation (2) concernant Ia base de donnëes centrale.................................... 55 4.3.3. Recommandation (3) concernant Ia liste des clients rëguliers SocialScan .................. . 55 4.3.4. Recommandation (4) concernant Ie service de vërËfication des numëros.................... . 56 4.3.5. Recommandation (5) concernant l’enregistrement centralisë et permanent du numëro de tëlëphone mobile dans le processus d'enregistrement ............................................ 57 Recommandation (6) concernant la configuration et le renforcement de Microsoft Azure 58 Recommandation (7) concernant la gestion des vulnërabilitës..................................... 58 RecommandatËon (8) concernant la mise en place d'une authentification forte ............ 59 Recommandation (9) concernant le traitement des identifiants d'appareils.................. 59 Recommandation (10) concernant la documentation relative ä la sëcuritë des donnëes 3.2. 3.2.1 . 3.2.2. 3.3. 3.4. 3.5. 41 41 43 47 48 4. 4.3.6. 4.3.7 4.3.8. 4.3.9, 4.3.10, 5. Conclusion 6. Suite de la procëdure ................... 7. Publication de la recommandation en vertu de I'art. 30 al. 2 LPD ,.... 60 ,..... 61 ..61 4/62 0 1. Introduction 1.1. Remarques prëliminaires Le Prëposë fëdëral ä la protection des donnëes et ä la transparence (PFPDT) ëtablit les faits d’office ou ä la demande de tiers lorsqu'une mëthode de traitement est susceptible de porter atteinte ä la personnalitë d'un nombre important de personnes (erreur de systëme ; art. 29 LPD). La prësente procëdure a pour but de permettre au PFPDT de vërifier si les principes de la protection des donnëes tels que fixës aux articles 4 et 7 LPD et les prescriptions sanitaires en matiëre de tra9age sont respectës dans le cadre de l’exploitation et l’utilisation du systëme SocialPass. 1.2. Situation de dëpart Dans Ie but de mieux lutter contre la pandëmie de COVID-19, le Conseil fëdëral a prëvu dans l’Ordonnance sur les mesures destinëes ä lutter contre l’ëpidëmie de COVID-19 en situation particuliëre du 22 juin 2020 (Ordonnance Covid-19 situation particuliëre ; RS 818.101.26) que les exploitants d’installations ou d'ëtablissements accessibles au public doivent cotlecter les coordonnëes des participants ou des visiteurs. La collecte des coordonnëes (donnëes personnelles au sens de 1’art. 3 lit. a LPD) a pour but de pouvoir retracer des cas d’ëventuelles infections au sein d’un restaurant ou de tout autre ëtablissement ou ëvënement accessible au public. Ä cette fin, les exploitants et les organisateurs sont tenus de collecter le nom, le prënom, le domicile et le numëro de tëlëphone de leurs clients (ch. 4.4. lit. a de l’Annexe 1 Ordonnance COVID-19 situation partËculiëre). L’art. 5 Ordonnance COVID-19 situation particuliëre prëcise que les personnes concernëes doivent ëtre informëes de cette coIËecte de donnëes et du but de l’utilisation de leurs donnëes (tragage des contacts). Les coordonnëes doivent ëtre immëdiatement transmises par voie ëlectronique au service cantonal compëtent s’iI en fait la demande aux fins d’identification et d’information des personnes prësumëes infectëes au sens de 1’art. 33 de la Loi sur les ëpidëmies (LEp ; RS 818.101). De surcroit, l’Ordonnance situation particuliëre fixe que les coordonnëes collectëes ne peuvent pas ëtre utilisëes ä d'autres fins que celle du tra9age et qu'elles doivent ëtre conservëes durant les 14 jours suivant Ia visite de l’ëtablissement puis immëdiatement dëtruites. Afin de faciliter la collecte desdites donnëes dans le cadre de la lutte contre la pandëmie, les sociëtës SwissHelios et NewCom4U ont dëveloppë SocialPass. Ce systëme est composë essentiellement de trois composants : 1’application SocialPass peut ëtre tëlëchargëe sur l’appareil mobile des clients et visiteurs tandis que 1’application SocialScan est utilisëe par les ëtablissements accessibles au public comme p.ex. les restaurants. Les donnëes sont ensuite stockëes sur une base de donnëes centrale Dans le cadre de la prësente procëdure le terme < SocialPass » fera rëfërence - sauf mention contraire – au systëme entier, englobant notamment les applications mobiles SocialPass et SocialScan ainsi que la base de donnëes centralisëe. 5/62 0 Ä partir du mois dejuillet 2020, le PFPDT a regu plusieurs demandes de citoyens ainsi que des mëdias suggërant que les traitements de donnëes tels que prëvus par SocialPass violeraient potentiellement le cadre lëgal prëvu par la LPD et les prescriptions sanitaires en matiëre de tra9age. Dans le cadre de sa fonction d’autoritë de surveillance, le PFPDT a alors pris contact avec les responsables de ladite application en novembre 2020. Cette prise de contact devait permettre au PFPDT de vërifier si les critiques ëmanant de la sociëtë civile d'une part et de la presse d’autre part ëtaient fondëes. Dans Ie but d'apporter des rëponses plus prëcises aux questions soulevëes lors de la premiëre prise de contact en automne 2020, le PFPDT a ouvert, en dëcembre 2020, une procëdure d'ëtablissement des faits selon 1’art. 29 LPD, d’abord ä l’encontre de la SwissHelios Särl, puis ä l’encontre de la NewCom4U Särl. Les deux procëdures ont ëtë formellementjointes Ie 4 mars 2021. 1.3. Parties impliquëes Les personnes physiques et morales ayant un röle dëterminant dans la prësente procëdure d’ëtablissement des faits sont les suivantes Exploitants de SocialPass: SwissHelios Särl, Wiesenstrasse 7a, 8917 Oberlunkhofen, agissant par M. Erwin Peter, associë et prësident des gërants et M. Julio Salgado, associë et gërant ; NewCom4U Särl, Technopöle 3, 3960 Sierre, agissant par M. Thierry Pilet, associë et gërant ; reprësentëes par Me Sëbastien Fanti, Me Gëraldine Gianadda et Me Alexandre Staeger. avocats au sein de I'ëtude Lexing Switzerland Särl, Rue de Prë-Fleuri 8B, 1951 Sion Responsables du dossier auprës du PFPDT : Nathalie Weber, Cheffe Team 1, Domaine de direction protection des donnëes Myriam Christ, Juriste Team 1, Domaine de direction protection des donnëes Fritz von Allmen, Spëcialiste en sëcuritë informatique, Centre de compëtence IT et Sociëtë numërique Michael Burger, Spëcialiste en sëcuritë informatique, Centre de compëtence IT et Sociëtë numërique 6/62 0 1.4. Chronologie des ëvënements Juillet-Oct. 2020 Plusieurs indices de la part de la sociëtë civile, des mëdias et de la Fëdëration romande des consommateurs par rapport ä des traitements de donnëes effectuës par I'application SocialPass potentiellement contraires au cadre lëgal. Prise de contact par le PFPDT par ëcrit aprës un ëchange tëlëphonique avec SwissHelios Särl Ie 23.10.2020, demande de prëcisions quant ä la confidentialltë et la sëcuritë des donnëes et la double authentification. Courriel du PFPDT ä SwissHelios Särl concernant la demande du 23.10.2020 restëe sans rëponse, questions complëmentaires avec dëlai de rëponse jusqu'au 09.11.2020. Demande de SwissHelios Särl de mettre le cabinet d'avocats Lexing Switzerland, Sion en copie. Courriel de Lexing Switzerland informant le PFPDT d’intervenir pour SwissHelios Särl, demande d’adresser toute correspondance ultërieure ä Lexing Switzerland (ëlection de domicile en l’ëtude Lexing Switzerland). Courriel de SwissHelios Särl au PFPDT, complëment aux rëponses re9ues par Lexing Switzerland, NewCom4U Särl fait sa premiëre apparition dans la prësente affaire et lit ce courriel en copie. Courriel du PFPDT ä SwissHelios Särl, accusë de rëception des rëponses sommaires, reprise de contact prëvue aprës ëvaluation interne des rëponses regues. Courriel de SwissHelios Särl d'adresser toute communication ultërieure directement ä SwissHelios Särl Courriel du PFPDT ä Lexing Switzerland de la demande de SwissHelios Särl de communiquer directement avec SwissHelios. (_,ourriel du PFPDT ä SwissHelios Särl et NewCom4U Särl demandant des prëcisions jusqu’au 04.12.2020. Courriel du PFPDT ä SwissHelios Särl et NewCom4U Särl, rappel suite ä la demande du 26.11.2020 restëe sans rëponse, rëponse par NewCom4U Särl faisant valoir des problëmes linguistiques. Courriel du PFPDT ä SwissHelios Särl et NewCom4U Särl concernant les problëmes linguistiques mis en avant par les exploitants. Courrier recommandë (avec copie prëalable par courriel) du PFPDT ä SwissHelios Särl (Ie 18.12.2020) et ä NewCom4U Särl (Ie 23.12.2020), demande 23.10.2020 03.11.2020 03.11.2020 09.11.2020 09.11.2020 10.11.2020 10.11.2020 11.11.2020 26.1 1.2020 07.12.2020 08.12.2020 18./23.12.2020 7/62 0 de prëcisions du 26.11.2020 restëe sans rëponse, ouverture de la procëdure d’ëtablissement des faits selon l’art. 29 LPD Courriel de Lexing Switzerland au PFPDT demandant une prolongation du dëlai de rëponse, prolongation accordëe par le PFPDT par courriel du 12.01.2021. Courriel de Lexing Switzerland au PFPDT, envoi de trois documents (Privacy and Cookies Policy – socialpass – 14102020.docx ; Rapport technique SocialPass 14.01 .2021. pdf ; Rëponses aux questions – PFPDT.docx) Courriel de Lexing Switzerland au PFPDT, envoi d'une procuration (incomplëte[ Courriel de Lexing Switzerland au PFPDT, envoi d’une procuration (complëte) pour le compte de NewCom4U Särl. Ëchange tëlëphonique entre SwissHelios' Särl et le PFPDT concernant la reprësentation de SwissHelios Särl par Lexing Switzerland. Courriel du PFPDT ä Lexing Switzertand, accusë de rëception des documents re9us, dëlai pour soumettre les documents manquants fixë au 10.02.2021. Courriers du PFPDT ä Lexing Switzerfand et ä SwissHelios Särl, avis relatif ä la jonction prëvue des procëdures, soumission de questions supplëmentaires (responsables des traitements de donnëes, dëtails sur le transfert des numëros de tëlëphone aux Etats-Unis), dëlai de rëponse fixë au 17.02.2021. Courriel de Lexing Switzerland au PFPDT, soumission de deux rapports d’audit. Courrier de Lexing Switzerland au PFPDT, demande de prolongation de dëlai Courrier du PFPDT ä Lexing Switzerland, prolongation de dëlai accordëe, au 26.02.2021 pour la question de la jonction de procëdure, au 05.03.2021 pour les rëponses aux questions supplëmentaires. Courriers du PFPDT ä Lexing Switzerland et ä SwissHelios Särl, avis relatif ä la jonction dëfinitive des procëdures, demande de prëcisions, demande de divers documents manquants, questions supplëmentaires sur divers aspects restës peu clairs, dëlai fixë au 17.03.2021 (entrant). Courrier de Lexing Switzerland au PFPDT, avec des rëponses sur la question du maTtre du fichier (SwissHelios Särl) et concernant le transfert des numëros aux Etats-Unis. Courrier de Lexing Switzerland au PFPDT, confirmant d’intervenir au nom et pour Ie compte de NewCom4U Särl et de SwissHelios Särl (une procuration serait fournie ultërieurement), comprenant un nombre d’annexes et de rëponses aux questions posëes. Courriel de NewCom4U Särl au PFPDT, envoi du rapport Navixia. 11.01.2021 14.01.2021 15.01.2021 26.01.2021 29.01.2021 03.02.2021 09.02.2021 11.02.2021 18.02.2021 19.02.2021 04.03.2021 05.03.2021 17.03.2021 19.03.2021 8/62 0 22.03.2021 Courriel de Lexing Switzerland au PFPDT prëcisant que SwissHelios Särl estime qu’une procuration formelle n’est pas nëcessaire, confirmation qu’aucun autre document ëtait disponible. Courriel de NewCom4U Särl au PFPDT soumettant quelques informations actualisëes sur SocialPass. Courrier du PFPDT ä Lexing Switzerland, recommandation provisoire d'adapter au plus vite les possibilitës de traitements de maniëre ä ce qu'il soit possible d’exploiter l’application en conformitë avec le droit fëdëral (avant la rëouverture des restaurants). Courriel du PFPDT ä Lexing Switzerland, le courrier du 07.04.2021 (recommandations provisoires) ëtant restë sans retour demande de confirmer jusqu’au 26.04.2021 que les fonctions de recherches cibËëes seront adaptëes ainsi que comment et dans quel dëlai cela serait fait. Courrier de Lexing Switzerland informant le PFPDT que la recommandation provisoire ne sera pas suivie, soumission de divers documents. Courrier du PFPDT ä Lexing Switzerland, notification des faits ëtablis provisoirement et possibilitë de prësenter des remarques aux faits ëtablisjusqu’au 27.05.2021 (entrant) mentionnant qu’au vu de la rëouverture probable de l’intërieur des restaurants Ie 31.05.2021, une prolongation de dëlai ëtait exclue. Courrier de Lexing Switzerland au PFPDT, demande de prolongation de dëlai de rëponse d’au moins 30 jours. Courrier du PFPDT ä Lexing Switzerland, refus de la demande de prolongation de dëlai notant que des remarques pourront toujours ëtre faites dans le dëtai imparti. Courrier de Lexing Switzerland au PFPDT, demande de rëcusation des collaborateurs en charge du dossier. Courrier du PFPDT ä Lexing Switzerland, dëcision de non-entrëe en matiëre par rapport ä la demande de rëcusation (et notification de la dëcision aux Commissions de gestion des Chambres fëdërales en tant qu’autoritë de surveillance du PFPDT). Courrier du PFPDT ä Lexing Switzerland, clöture et notification du rapport final et des recommandations, les parties disposent d'un dëlai de 30 jours pour prendre position Courriel de GastroVaud, GastroValais et les exploitants de SocialPass adressë au PFPDT, aux Prëposës cantonaux vaudois et valaisans et aux Mëdecins cantonaux vaudois et valaisans, proposition d’une visËoconfërence. 25.03.2021 07.04.2021 21.04.2021 23.04.2021 20.05.2021 21.05.2021 25.05.2021 27.05.2021 28.05.2021 28.05.2021 01.06.2021 9/62 0 07.06.2021 1ë’' visioconfërence organisëe par GastroVaud ä laquelle participent, entre autres, les exploitants de SocialPass et teur avocat (agissant ëgalement en tant que Prëposë valaisan ä la protection des donnëes), une reprësentante de la Prëposëe ä la protection des donnëes du canton de Vaud, les mëdecins cantonaux vaudois et valaisans et le Prëposë fëdëral, M. Adrian Lobsiger, aËnsi que trois reprësentants de son autoritë. Proposition d’une dëmonstration du systëme par les exploitants de SocialPass dans le cadre d’une deuxiëme visioconfërence. Courrier du PFPDT ä Lexing Switzerland rësumant les rësultats de la visioconfërence du 07.06.2021. Courrier de Lexing Switzerland au PFPDT notifiant Ia fin du mandat de Lexing Switzerland dans la prësente procëdure. Courriel de SwissHelios Särl au PFPDT par rapport ä une dëmonstration du systëme, demande de prolongation de dëlai de 30 jours pour commenter le rapport final, la demande de rëcusation du 27.05.2021 est retirëe. 2ë’"' visioconfërence organisëe par les exploitants de SocialPass ä laquelle ont participë, entre autres, les collaborateurs du PFPDT en charge du dossier, les mëdecins cantonaux vaudois et valaisans, la prëposëe cantonaFe vaudoise et le reprësentant lëgal de GastroVaud. Courrier du PFPDT ä SwissHelios Särl et NewCom4U Särl, confirmation de la prolongation de dëlai jusqu'au 16.07.2021. Soumission de la prise de position des exploitants de SocialPass. Clöture de la procëdure d’ëtablissement des faits et notification du rapport final complëtë, avis de la publication du prësent rapport sur Ie site internet du PFPDT 08.06.2021 14.06.2021 18.06.2021 24.06.2021 29.06.2021 09.07.2021 04.08.2021 1.5. Portëe de la procëdure d’ëtablissement des faits La prësente procëdure a pour but de permettre au PFPDT de vërifier si les principes de la protection des donnëes tels que fixës notamment aux articles 4 et 7 LPD ainsi que les prescriptions sanitaires en matiëre de tra9age sont respectëes dans le cadre de la gestion de SocialPass. Les analyses portent essentiellement sur la question de savoir quels traitements de donnëes sont effectuës par SocialPass. II convient de distinguer ces traitements du traitement (ëventuellement plus ëtendu) de donnëes effectuë par les ëtablissements accessibles au public et de l’ëventuel traitement ultërieur par les autoritës cantonales compëtentes (en cas d’infection au COVID-19). La prësente procëdure porte essentiellement sur le traitement des donnëes des visiteurs d’ëtablissements ou d’ëvënements ; Ë'application SocialScan, utilisëe par les ëtablissements, n'est 10/62 0 incluse dans la prësente procëdure que dans la mesure oü elle est pertinente au regard des donnëes des visiteurs. Dans cette perspective, le PFPDT examine les aspects suivants du traitement des donnëes dans le cadre de I'utilisation de I'application SociatPass : Quels sont les types de traitements de donnëes effectuës par SocialPass ? Quelles sont les catëgories de donnëes personnelles traitëes dans le cadre de l’utilisation de SocialPass ? Qui traite les donnëes ? Dans quel but les donnëes sont-elles traitëes, pour quelle durëe ? Quelles mesures de sëcuritë et de protection des donnëes ont ëtë mises en place ? Les traitements de donnëes effectuës lors de la visite du site web www.socialpass.ch ne font expressëment pas l’objet de la prësente procëdure. De mëme, les traitements de donnëes effectuës lors du tëlëchargement de 1’application SocialPass ou SocialScan dans I'AppStore ou dans le PlayStore ne sont pas analysës dans le cadre de la prësente procëdure. Les composants du systëme < CRM > et les sites web des deux entreprises SwissHelios et NewCom4U n'ont pas non plus ëtë examinës en profondeur. II est apparu, lors de I'examen initial, que ces composants ne sont pas directement impliquës dans le traitement des donnëes des personnes concernëes, respectivement qu'il n’existe pas d'interfaces ou de flux de donnëes vers les coordonnëes collectëes. 1.6. Bases de l’ëtablissement des faits Le PFPDT s'appuie sur les sources suivantes pour la prësente procëdure d’ëtablissement des faits: Informations accessibles au public, notamment sur Ie site web www.socialpass.ch et dans I'AppStore (iOS) et le PlayStore (Android) ; Correspondance avec les reprësentants de SwissHelios et NewCom4U depuis l’automne 2020 ; Rapports d’audits et documents supplëmentaires fournis par les parties selon Ie tableau ci- dessous. Audits Tableau 1: Rapports d’audit RaI>port d’audit Auteur Date [A] [B] GVD7009 Recheck SocialPass_SocialScanv1.2.pdf iOS Mobile Application Audit Report of Social Scan v1 .0.pdf Navixia Indusface 18.03.2021 04.1 1 .2020 11/62 0 [c] Android Mobile Application Audit Report of Social Scan v1.0.pdf Indusface 04.11.2020 Documents supplëmentaires Tableau 2: Documents rëfërencës complëmentaires Document DateAuteur [D] [E] [F] [G] [H] [1] [J] [K] Rapport technique SocialPass 14.01.2021.pdf Fanti Diagramme.pptx SocialPass - SocialScan Uebersicht - d.pdf Rëponses aux questions PFPDT 17032021 - scan.pdf 2021 03 11 QuestionnaireTechniqueVI.pdf Azu re-Sentinel-whitepaper. pdf Privacy and Cookies Policy - socialpass - 14102020.docx 2021 03 11 QuestionnaireTechnique.docx L. Miceli S. Fanti SocialPass A. Staeger L. MËceli Microsoft SwissHelios 14.01.2021 09.1 1.2020 09.1 1.2020 17.11.2021 17.03.2021 17.03.2021 10.10.2020 PFPDT 1 1 .03.2021 Ä plusieurs reprises le PFPDT s’est adressë aux exploitants de 1’application pour savoir si d'autres informations et documents pertinents ëtaient disponibles pour assurer le meilleur dëroulement possible de la prësente procëdure. Le PFPDT souhaitait notamment savoir quels composants du systëme avaient fait l’objet de contröles de sëcuritë, le cas ëchëant par des spëcialistes externes, et s'il existait des rësultats documentës, par exemple sous la forme d'ëvaluations de sëcuritë et de rapports de vulnërabilitë En dehors des documents mentionnës dans ce sous-chapitre, les exploitants de 1’application ont assurë Ie PFPDT qu'aucun examen de ce type (par exemple pour le stockage de donnëes chez Microsoft Azure) n'a ëtë effectuë et qu'ils ëtaient donc dans l’impossibilitë de transmettre les rësultats d'un tel examen au PFPDT. 1.7. Analyses effectuëes dans le cadre de la prësente procëdure L’analyse technique de I'application SocialPass du PFPDT s’appuie sur les rapports d’audit des entreprises Indusface du 4 novembre 2020 et Navixia du 18 mars 2021 ainsi que sur les documents supplëmentaires soumis au PFPDT par les reprësentants des sociëtës SwissHelios et NewCom4U. Lesdits rapports d’audit ont ëtë rëdigës entre les moËs d'octobre 2020 et mars 2021, Aucune inspection des lieux en compagnie des responsables de SocialPass n’a eu Ëieu. Ainsi, toutes les informations - tant de nature technique que juridique – qui ont ëtë jugëes dëterminantes pour l’ëtablissement des faits ont ëtë exigëes des reprësentants lëgaux des sociëtës SwissHelios et NewCom4U par ëcrit. Les questions du PFPDT s’appuyaient sur le cadre lëgal tel que prëvu par la LPD 12/62 0 et les prescriptions sanitaires en matiëre de tragage, la norme ISO 27002 ainsi que sur 1’Open Web Application Security Project (OWASP) 1.8. Bases lëgales Les bases lëgales suivantes sont pertinentes dans le cadre de la prësente procëdure : Loi fëdërale du 19juin 1992 sur la protection des donnëes (LPD), RS 235.1 - Ordonnance du 14juin 1993 relative ä la lot fëdërale sur la protection des donnëes (OLPD), RS 235.11 Loi fëdërale sur la lutte contre les maladies transmissibles de I'homme (Loi sur les ëpidëmies, LEp), RS 818.101 Ordonnance sur les mesures destinëes ä lutter contre l’ëpidëmie de COVID-19 en situation particuliëre du 19 juin 2020 (Ordonnance COVI D-19 situation particuliëre), RS 818.101.26 1.9. Compëtence du PFPDT En vertu de 1’art. 2 al. ler LPD, la LPD rëgit le traitement de donnëes concernant des personnes physiques et morales effectuë par des personnes privëes (physiques ou morales). La prësente procëdure d’ëtablissement des faits se penche sur diffërents traitements de donnëes effectuës par des entitës privëes, notamment la collecte puis l’enregistrement des coordonnëes des visiteurs effectuës par les exploitants d'ëtablissements ouverts au public dans le cadre de la lutte contre la pandëmie du (_,OVID-19. Dës lors, la collecte des coordonnëes des visiteurs teIle que prëvue par l’Ordonnance COVID-19 situation particuËiëre est une activitë privëe soumise ä la LPD et par consëquent ä la surveillance du PFPDT. Au contraire, le traitement des donnëes (ultërieur) par les autoritës cantonales (mëdecin cantonal, direction de la santë publique, ëquipe de tragage) tombe sous la surveillance des prëposës cantonaux respectifs 2. Faits ëtablis 2.1. Röles et responsabilitës Fort,e est de constater qu’au bas du site web www.socialpass.ch consacrë ä 1’information des citoyennes et citoyens, les coordonnëes de Swisshelios Särl ainsi que celles de HotelPro4U (produit de marketing dëveloppë par la sociëtë NewCom4U Särl) sont mentionnëes. Ainsi, sur Ie site web, les deux sociëtës apparaissent comme co-ëditrice de 1’application SocialPass. Le fait qu’iI s’agit d’une coëdition semble ëtre confirmë par les conditions gënërales SocialPass et SocialScan (cf. https://www.socialpass.ch/termes-et-conditions/, version du 17 avril 2021, ch. 1). En vertu du ch. 3 de 13/62 0 la dëclaration de confidentialitë – ëgalement disponible sur Ie site web1 – NewCom4U Särl est l’unique sociëtë responsable du traitement et maTtre du fichier. De surcroTt, et dans l’AppStore et dans le PlayStore, SwissHelios GmbH est mentionnë comme unique distributeur de SocialPass. Enfin, dans leur courrier du 26.04.2021, les reprësentants des exploitants de SocialPass font rëfërence ä plusieurs documents selon lesquels les exploitants de SocialPass ont ëtë mandatë par le canton du Valais et GastroVaud respectivement. Sur la base de la documentation ä notre disposition, GastroVaud aurait mandatë SwissHelios Särl alors que le canton du Valais aurait mandatë NewCom4U Särl pour l’exploitation de SocialPass 2.2. Composants et fonctions 2.2.1. AperQU Le systëme SocialPass se base essentiellement sur une application pour les entreprises (SocialScan, cf. chapitre 2.2.3), une application pour les utilisateurs (SocialPass, cf. chapitre 2.2.4) et une base de donnëes centrale (cf. chapitre 2.2.5). Un apergu du fonctionnement de SocialPass sous forme d’un schëma est ä disposition sous https://www.socialpass.ch/comment-cela-fonctionne/ (ëtat au 08.05.2021). Les exploitants de 1’application SocialPass ont mis ä disposition du PFPDT la figure 1. Cette figure a servi de base pour 1’analyse technique. Par la suite, notamment en raison du dëveËoppement de I'application, I'illustration a ëtë complëtëe. Pour la collecte des coordonnëes des visiteurs, le systëme SocialPass prëvoit deux possibilitës : Gräce ä 1’application SocialPass le visiteur scanne un code-QR imprimë. L'exploitant de I'ëtablissement accessible au public scanne le code-QR des visiteurs. Le schëma suivant illustre la deuxiëme possibilitë de collecter les coordonnëes des visiteurs. 1 https://www.socialpass.ch/mentionslegales/ 14/62 MIt 2864)A Schhrs8el geskhedBetrIeb Social&an Gesicherte Datenbank Gesicherter Direktzugang Information Instruktion Gast 2 - n §ocialPass Figure 1: Schëma tel que figurant dans Ie document SocialPass-SocialScan Uebersicht-d.pdf 2,2.2. Description du processus d’enregistrement Aprës avoir installë I'application, celle-ci est ouverte et aprës avoir sëlectionnë la langue appropriëe (allemand, anglais, fran9ais, italien ou espagnol), les eonditions d'utilisation, y compris la dëclaration de confidentialitë, apparaissent. Celles-ci peuvent ëtre soËt acceptëes soit rejetëes. Aprës avoir acceptë les conditions d'utilisation, I'utilisateur doit saisir son numëro de tëlëphone. Ensuite, un masque d'enregistrement apparait, dans lequel il doit impërativement indiquer son nom, son prënom et son code postal. II importe peu que les donnëes soient correctes ou non, ä I'exception du numëro de tëlëphone. En cliquant sur < inscription », les donnëes spëcifiëes sont envoyëes ä « Twilio > (service tiers amëricain). Au cours de ce processus, un code QR est gënërë et stockë sur l’appareil mobile de l’utilisateur. Cela signifie qu'un visiteur d'un ëtablissement (par exemple d’un restaurant) peut soit faire scanner ce code QR par le personnel du restaurant (possËbilitë 2), soit scanner un code QR sur la table (avec le numëro de la table) – processus qui correspond ä la premiëre possibilitë dëcrite ci-dessus. II est ëgalement possible d’enregistrer des personnes qui n'ont pas 1’application SocialPass via la saisie manuelle (cf. chapitre 2.4.1), par exemple parce qu’elles n'ont pas d’appareil mobile. Les donnëes sont ensuite cryptëes et transfërëes directement vers une base de donnëes SQL centrale (Microsoft Azure), qui est hëbergëe par Microsoft en Suisse. Cela permet aux traceurs autorisës d'accëder directement aux donnëes afin de prëvenir les personnes potentiellement infectëes (1) (2) (3) (4) 15/62 0 (5) Le fait de quitter un ëtablissement (saisi par un autre scan) est ëgalement enregistrë et transfërë dans Ia base de donnëes. Processus documentation visites 8 TOb4B c08yr&##cabcxt d 6hckß9e en Oruanbateurs natIon Instruction - Quarantaine Vlstteur 1 So GirlPass Vi$tteur8 2 . n 1 o.-i’ !Pass Trageurs ae contact des mëdecins cantonaux Si direct sëcuhtë par autlrentlficatm d(utie facteur Figure 2: Schëma actualisë du mode de fonctionnement de SocialPass (6) La figure 2 montre qu'un traceur peut accëder directement aux informations des visiteurs potentiellement infectës sur la base de donnëes en utilisant une authentification ä deux facteurs. En outre, les autoritës cantonales ont un accës direct aux donnëes enregistrëes dans Ia base de donnëes Azure lorsque I'utilisation de I'application SocialPass est rendue obligatoire par ces autoritës (cf. chapitre 2.2.5.b). La figure 2 montre ëgalement que l’accës des mëdecins cantonaux aux donnëes diffëre d’un canton ä un autre. Selon le modële choisi, les exploitants d’ëtablissements accessibles au public peuvent demander une liste d'informations sous forme de fichier Excel/PDF et la transmettre aux traceurs ou si les traceurs peuvent accëder directement aux coordonnëes des visiteurs. (7) 16/62 0 2.2.3. Fonctions deSocialScan Le composant SocËalScan est utilisë par un ëtablissement accessible au public (par exemple un restaurant) pour enregistrer les coordonnëes des visiteurs et peut ëtre installë sur les pIateformes iOS et Android. Lors de I'enregistrement d'un ëtablissement dans SocialScan dans Ie but de crëer un compte, les donnëes suivantes sont collectëes (les champs obligatoires ëtant marquës par un *) : «Organisation»*: restaurant, ëvënement, religion, prestations de service, restaurant Berne, sport, gënëral – simple, famiIIe, chantier de construction, centre de formation, EMS ou organisation partenaire Nom* Adresse* Code postal* Ville* E-Mail* Tëlëphone* Nom de la personne responsabËe* Mot de passe* L’adresse mail et le mot de passe sont utilisës pour crëer un compte d’utilisateur Les donnëes des ëtablissements sont traitëes ä deux fins diffërentes. D'une part, lors d'une visite dans un ëtablissement accessible au public, les coordonnëes des visiteurs sont complëtëes avec les donnëes portant sur l’ëtablissement, l’ëvënement, etc. puis transmises ä la base de donnëes centrale aux fins de la collecte des coordonnëes des visiteurs/ä des fins de tra9age (contact tracing). D’autre part, les donnëes sont transfërëes dans le systëme de gestion de la relation client (Customer Relationship Management, CRM) de NewCom4U Särl. En fonction de I'abonnement conclu entre les ëtablissements et les exploitants de SocialPass, ce systëme gëre les processus de paiement pour I'utilisation de I'application. 2.2.4_ SocialPass : enregistrement et utilisation SocialPass est le composant utilisë par les clients d'un ëtablissement. L'application est gratuite et peut ëtre utilisëe sur les appareils iOS et Android Aprës avoir tëlëchargë le composant SocialPass sur son tëlëphone mobile et acceptë la dëclaration de confidentialitë (un document intitulë < SocialPass – SocialScan et la protection des donnëes > consultable sous https://www.socialpass.ch/mentionslegales/; ëtat au 10.05.2021), l’utilisateur doit 17/62 0 indiquer son numëro de portable qui est ensuite vërifië. La vërification se fait via le prestataire amëricain < Twilio > (cf. chiffre 2.5.2), toutefois I'utilisateur n’en est pas informë. L'utilisateur re9oit un code de vërification par SMS sur le numëro indiquë et procëde ensuite ä < 1’enregistrement du client >. A cette fin, iI doit indiquer les donnëes suivantes (les champs obligatoires ëtant marquës par un *) : Nom* Prënom* Numëro de tëlëphone mobile* (repris du pas prëcëdent) Code postal* Date de naissance Adresse E-Mail II convient de noter que la date de naissance constituait un champ obligatoire au dëbut de la procëdure d’ëtablissement de faits, ce qui a ëtë adaptë au cours de la procëdure. Ä 1’exception du numëro de tëlëphone (voir ci-dessus), les donnëes enregistrëes par l’utilisateur ne sont pas vërifiëes. Elles peuvent en outre ëtre adaptëes ä tout moment. Lorsque l’utilisateur veut changer le numëro de tëlëphone mobile indiquë lors de l’enregistrement, iI re9oit un nouveau code de vërification. Les coordonnëes collectëes sont sauvegardëes localement sur l’appareil mobile de l’utilisateur. Une fois l’inscription complëtëe, l’utilisateur dispose d’un code QR qui peut ëtre affichë sur son portable. 11 peut ensuite montrer ce code ä l’exploitant de l’ëtablissement lorsqu’iI accëde audit ëtablissement. L’expËoitant scanne alors Ie code QR gräce au composant SocialScan. Le client peut ëgalement scanner lui-mëme, ä I'aide de 1’application SocialPass, un code QR fourni par I'exploitant de l’ëtablissement accessible au public et I'utiliser pours’enregistrer. 11 convient de noter que dans cette deuxiëme hypothëse, iI n’est pas possible de vërifier si Ie code QR mis ä disposition par l’exploitant de l’ëtablissement ne renvoie pas ä un contenu dangereux, puisque I'application ne demande pas de reconfirmation avant de transmettre les donnëes aprës Ie scan du code QR Quand Ie code QR de l’utilisateur est lu par un appareil de I'exploitant ou que l’utilisateur scanne Ie code QR mis ä disposition par I'ëtablissement, les coordonnëes des visiteurs enregistrëes, complëtëes par les donnëes relatives ä la visite dans I'ëtablissement (« dëtails de prësence dans une organisation ») sont alors transfërëes dans une base de donnëes SQL (Microsoft Azure, cf. chapitre 2.5.3) 18/62 0 2.2.5. Base de donnëes centralisëe a. Gënëralitës Lors d'une visite, les coordonnëes du visiteur (nom, adresse, email, numëro de tëlëphone, etc.) sont combinëes avec les donnëes de I'ëtablissement accessible au public (nom, emplacement, table, etc.) et Ie moment de la visite (checkin / checkout) pour former un ensemble de donnëes. Cet ensemble de donnëes (coordonnëes du visiteur / donnëes de l’ëtablissement / heures de prësence) est ensuite transmis de maniëre cryptëe et stockë dans ia base de donnëes centrale d'Azure (Suisse Nord / Zurich). Les interfaces de programmation API (Application Programming Interfaces) sont utiËisëes pour la transmission des donnëes D’une maniëre gënërale, les accës aux API sont protëgës par I'utilisation de jetons de sëcuritë du type JWT encryptë ä I'aide d’algorithmes AES 256. Les API sont aussi dëployës dans Ie cloud Azure Suisse. Le tableau suivant rëcapitule, ä titre d’exemple, 1’ensemble des donnëes qui sont transfërëes ä la base de donnëes centrale en tant que « dëtails de prësence dans une organisation » aux fins de la collecte des coordonnëes des visiteurs en vertu des dispositions lëgales en vigueur : PresenceDatal D Orqanizationl D LastName FirstName PhoneNr Reservation Date Field1 Value C PostalCode Canton Arrival Departu re DateOfBirth Adress 4016282 17800 Doe John +41791234567 2021 -01 -28 Table 2 Berne 3003 Berne 2021-01-28 10:32:00.000 2021-01-28 11 :45:00.000 1999-01 -01 Feldeggweg 1 Les dëtails des prësences dans une organisation peuvent ëtre transmises soit par SocialPass ou par SocialScan, selon Ia variante utiËisëe (cf. chapitre 2.4), Malgrë les demandes explicites du PFPDT, iI n'a pas ëtë possible d'ëtablir quelles ëtaient les mesures de protection des donnëes dans Azure et si les donnëes sont stockëes sous forme cryptëe ou non (data at rest protection). Les dëtails de prësence dans une organisation sont supprimës aprës 14 jours. Ä cette fin, une täche planifiëe a ëtë exëcutëe ä I'aide de la fonction < WebJobs > ; Ie script fonctionne en continu et supprime automatiquement, deux fois parjour, les enregistrements de donnëes de plus de 14 jours. 19/62 0 Le stockage des dëtails de prësence dans une organisation transmËses est centralisë, c'est-ä-dire que Ie stockage desdits dëtails de prësence n’est ni physiquement ni logiquement sëparë, iI n'y a pas de sëgrëgation (sëparation) des donnëes par canton ou par ëtablissement accessible au public. En d’autres termes, iI n’y a qu'une seule base de donnëes centrale pour toutes les donnëes relatives aux visiteurs de tous les ëtablissements participants au systëme SocialPass dans toute Ia Suisse. b. Accës des autoritës cantonales aux coordonnëes des clients 11 y a deux possibilitës d'accës aux donnëes centralisëes lors d’un cas d’infection : la remise d’une liste ä I'autoritë compëtente par l’ëtablissement ou un accës direct par les autoritës en charge de la santë publique (cantons de Valais et Vaud). Dans Ia variante « remise d’une liste » l’ëtablissement peut, si les autoritës compëtentes le lui demandent pour l’identification des personnes prësentes, tëlëcharger une liste des coordonnëes des visiteurs pour une përiode donnëe et la mettre ä la disposition de I'autoritë cantonale. Dans Ia variante < accës direct par les autoritës sanitaires » les autoritës cantonales compëtentes, comme p.ex. les mëdecins cantonaux, peuvent obtenir un accës direct ä la base de donnëes Azure. Chaque canton peut, s’iI le souhaite, demander un accës direct sur la base de donnëes centralisëe, Les mëdecins cantonaux sont alors dans le röle du < power user » qui leur permet de crëer des logins pour leurs co11aborateurs. Actue11ement (ëtat au 10.05.2021), seuls les autoritës sanitaires des Cantons de Vaud et Valais ont la possibilitë d’accëder directement aux bases de donnëes centralisëes. Par le biais de cet accës direct ä la base de donnëes, les autoritës cantonales peuvent effectuer de multiples traitements de donnëes. 20/62 0 Le schëma suivant illustre les fonctions que les autoritës sanitaires peuvent utiliser Add 1 Under thr+eü! User Fxport tn CSV Elpert to End 14)(lülleBser rldaH#881 API addy= #_______ ,...N,_,,.„=H.,nh_, Figure 3: Backoffice Health Authority – Diagramme logique du flux de donnëes, dans : Rapport technique (Document [DD, p. 17 Le systëme SocialPass met ä disposition plusieurs fonctions pour traiter les donnëes des visiteurs Ainsi, les autoritës sanitaires disposent des fonctions suivantes en fonction de leurs permissions : • Gestion des collaborateurs (cf. Health Autority dans le schëma ci-dessus) • Chargement du fichier des cas positifs (cf. Upload positive cases dans le schëma ci-dessus) • Recherche (cf. Search dans le schëma ci-dessus) • Total des cas par organisation (cf. Total cases by organization dans le schëma ci-dessus) 21 /62 0 La premiëre fonction est accessible aux personnes disposant d'un droit d’administrer les collaborateurs. TroËs types de droits sont disponibles : • Primary (permet d’administrer) ' Power (permet d’importer/exporter) • Normal (permet de visualiser) Le type Primary est dëfini par l’ëquipe de support de SocialPass. En gënëral c’est le compte du Mëdecin Cantonal. Un canton spëcifique est indiquë pour le Primary. Le type Power et Normal est dëfini par l’utilisateur de type Primary. Le canton ne peut ëtre changë, ainsi, par exemple, si un Primary est rattachë au canton de Vaud, le Power et Ie Normal le seront ëgatement. L’ancrage ä un canton limite par la suite la capacitë de la recherche ä ce seul canton. 11 en dëcoule, par exemple, que les collaborateurs du canton de Vaud n’auront pas accës aux donnëes des personnes rësidantes dans le canton du Valais Selon les informations soumises par les reprësentants de SocialPass, aucune autre partie que les certains exploitants dëterminës en amont et les autoritës sanitaires n'ont accës ä la base de donnëes centralisëe. Les reprësentants lëgaux n’ont fourni aucune information ä propos de I'enregistrement des accës, bien que le PFPDT leur ait adressë plusieurs questions ä ce sujet. Ainsi, sur la base de la documentation disponible, le PFPDT n'a pas pu procëder ä une conclusion claire en la matiëre La deuxiëme fonction (Upload positive cases) permet de charger Ia liste des cas ayant ëtë testë positifs au Covid-19. La troisiëme fonction (Search) permet de rechercher des prësences dans des organisations (ëtablissements accessibles au public) en utilisant plusieurs filtres. Lors de requëtes diffërents champs de donnëes peuvent ëtre utilisës (voir Ia capture d'ëcran ci-dessous). Ce mode de recherche permet de spëcifiquement rechercher des personnes individuelles (nom, prënom), des numëros de tëlëphone ou des codes postaux. La recherche peut ëtre limitëe dans le temps et/ou ä des ëtablissements spëcifiques (filtre). Les requëtes permettent d'effectuer des recherches avec des caractëres gënëriques, ce qui permet d'obtenir un grand nombre de rësultats. 22/62 0 1:tt FreIeto OFhH A+#n\Cal6 611B olW'ü14tßoonKyuj+a CxlgbaTUI EHud aIMunab+bb QmnHrlIHuB• OBHH+L88tHHBe nHnBl ruHen LHlbUe GnHIaHh 8 !! !: tHBüIF :: nun Nb 8 :: AdHnCab lin &IIII nHI OWÜBIB ugjll menGe 8118 nun HIn , @96srßn8 vbIll Aal#Bah no hIhi Uh Hin UB63an6 VH AdBHQBglü 1180 nHhöße Re4LA aRNe8aß UHI Figure 4: Options de recherches pour les autoritës sanitaires, dans Ardfd OBeRn SU 8 One/}hB 8 Daß/n TaU 3 HaftEn 26artig9 bbk 2 KiafiBot a&nrtkSB TöBb FI KIaraBe aKUPPBIR abb 6 Kafit+8 e&w169p Rapport technique (Document [DD, p. 75 La quatriëme fonction (Total cases by organization) permet de retrouver les organisations (ëtablissements accessibles au public) dans lequel des cas positifs ont effectuë une visite. Les options de recherche suivantes sont alors disponibles : • Voir les cas positifs • Exporter Ia liste des cas positifs, y compris les personnes en contact direct avec la personne infectëe • Exporter Ia liste des personnes ayant frëquentë le mëme ëtablissement que les cas positifs • Exporter uniquement les numëros de tëlëphone des personnes en contact direct avec les cas positifs (option < Atlas > spëcifique au canton du Valais). Ä partir de la recherche des cas positifs dans les organisations on peut obtenir l’identification de ces cas. Ä partir de la recherche prëcëdente on peut obtenir Ia liste des personnes ayant ëtë en contact direct avec les cas positifs. Pour cette option de recherche, la restriction sur le canton ne s’applique pas. Tous les contacts du cas positif sont identifiës. 2.3. But de la collecte des donnëes Selon Ie ch. 7 de la dëclaration de confidentialitë2, qui trouve son fondement dans l’Ordonnance Covid- 19 situation particuliëre, la collecte des donnëes se fait uniquement dans Ie but de les transmettre aux autoritës publiques en cas d'infection confirmëe de COVID-19 au sein de l’ëtablissement accessible au public, 2 Document < SocialPass - SocialScan et la protection des donnëes », https://www.socialpass.ch/mentionslegales/, ëtat au 10,05.2021 ; identique au document < Privacy Policy - SocialPass et SocialScan », annexe n' 1 au courrier du 26.04.2021 23/62 0 2.4. Description des diffërents modes de fonctionnement 2.4.1. SocialScan : saisie manuelle (enregistrement des clients rëguliers) Lorsque l’exploitant de l’ëtablissement accessible au public enregistre les coordonnëes du client manuellement (saisie manuelle), le client devrait, en principe, pouvoir choisird'ajouter ses donnëes ä la liste des < clients rëguliers >, d'imprimer un code QR ou de continuer sans rien faire. En pratique toutefois, le choix entre ces diffërences options appartient ä I'utilisateur de SocialScan. En effet, c'est l’utilisateur de SocialScan, c'est-ä-dire I'exploitant de l’ëtablissement accessible au public qui dispose de l’appareil sur lequel SocialScan a ëtë tëlëchargë. Si le choix porte sur I'inscription sur de la liste des clients rëguliers, les donnëes sont stockëes localement sur I'appareil de l’utilisateur de SocialScan, c'est-ä-dire de l’exploitant de l’ëtablissement accessible au public. Les coordonnëes peuvent ensuite ëtre rëutilisëes lors d’une nouvelle visite via la fonction < saisie manuelle >. Lorsque la fonction « saisie manuelle > est choisie, la liste sur laquelle figure toutes les coordonnëes des « clients rëguliers » enregistrës s’affiche lorsqu’est sëlectionnëe la fonction < choisir un client ». L'utilisateur de SocialScan peut accëder ä cette liste ä tout moment. Toutes les coordonnëes s’affichent alors en texte clair. Sur la base des informations soumises au PFPDT aucune fonction permettant de supprimer ä nouveau les donnëes enregistrëes ne semble exister. En outre, aucune information sur la durëe de conservation des donnëes des < clients rëguliers » ne figure dans la documentation soumise dans le cadre de cette procëdure La liste des < clients rëguliers » peut ëgalement ëtre exportëe ä des fins de < synchronisation > avec d’autres appareils de I'exploitant de l’ëtablissement accessible au public (p.ex. lorsque l’ëquipe de service est composëe de plusieurs collaborateurs). L’ensemble des donnëes des < clients rëguliers » peut ëtre affichëe sous forme d'un code QR. Ce code QR peut ensuite ëtre lu directement ä partir d'un autre appareil (importation) ou imprimë (puis lu par les appareils des diffërents collaborateurs) Enftn, iI convient de noter que lorsque les coordonnëes d’un < client rëgulier » sont enregistrëes, le numëro de tëlëphone de ce client n'est pas vërifië – contrairement ä ce qui est prëvu lors du tëlëchargement de 1’application SocialPass Les deux captures d’ëcran suivantes montrent Ie point de menu pour ta saisie manuelle des donnëes des < clients rëguliers > dans Socialscan et les donnëes ä saisir et ä transmettre 24/62 0 A- SocialScan aHH + Soumettre les informations ahoi.sir un client 16b EntFëe 0 Srxtie. O h&nl 0 0 INFOS CLIENTS ®IEp Nam- Dëpan rna:1ITh Forrctions S:9 Caltl€ikr Prëirolll- @1 tkrnandu la bste MobIle* Code po stal1 Adresse <>R Ctxle rnultipk Date de naissanc:e FIFa:1Version: 6.3 §uppört NFOS-EMS _• - Date W 08.01.2021 Heu ; e 10:370 Figure 5 : ëcrans de SocialScan. dans : Rapport technique (Document [DD, p. 61 ss. Ä noter : la fonction ëtait appelëe < entrëe manuelle > dans Ia version 6.3 et a ëtë renommëe < saisie manuelle > dans Ia version actuelle. 25/62 0 2.4.2_ Stockage des numëros de tëlëphone mobile issus du processus d'enregistrement Au cours du processus d'enregistrement, le numëro de tëlëphone mobile est traitë dans Ie but de vërifier I'authenticitë du numëro indiquë. Avant de dëclencher la vërification par SMS gräce aux services Twilio, iI est vërifië si le numëro de tëlëphone indiquë a dëjä ëtë utilisë une fois pour I'inscription dans SocialPass. Ä cette fin, tous les numëros de tëlëphone mobile utilisës prëcëdemment sont stockës de maniëre centralisëe sur Microsoft Azure. Lorsqu’un nouvel enregistrement est effectuë, ces donnëes sont interrogëes 11 n'y a aucune indication que tes numëros de tëlëphone sont supprimës aprës une certaine përiode de temps. En outre, I'utilisateur n'est pas informë de ce stockage permanent lors de la procëdure d'enregistrement. II n'y a pas non plus d'indication sur la maniëre dont I'utilisateur peut faire supprimer ces donnëes. II est important de noter que le traitement du numëro de tëlëphone rëpond ä deux objectifs diffërents D'une part, le numëro de tëlëphone est traitë afin de procëder ä sa vërification de ce numëro par l’envoi d’un SMS et, d'autre part, pour rëpondre aux exigences lëgales qui fixent que la collecte du numëro de tëlëphone est obligatoire afin de permettre le tragage (contact tracing). Ce sous-chapitre se penche sur Ie traitement des donnëes tel que prëvu par Ie premier objectif dëcrit ci-dessus. 2.5. Services de tiers 2.5.1. Infomaniak Le site www.socialpass.ch sert principalement de portail d'information pour la plateforme SocialPass et est hëbergë par Infomaniak en Suisse. Infomaniak est un hëbergeur suisse dont les centres de donnëes sont situës exclusivement en Suisse. Ä I'origine, le site www.socialpass.ch ëtait hëbergë par un fournisseur en France. Aprës Ie premier audit de la sociëtë Navixia SA en novembre 2020, l’hëbergement a ëtë confië ä Infomaniak en Suisse. Le fonctionnement du site web et le traitement des donnëes associë ne sont pas examinës dans le cadre de cette enquëte. Sur la base des informations ä notre disposition, iI n’y a pas d'ëchange de donnëes entre Ie site web et les applications SocialPass ou SocialScan ; au moment de la prësente enquëte, le site web est uniquement utilisë ä des fins d'Ënformation. 2.5.2. Twilio Twilio est une entreprise amëricaine basëe ä San Francisco, aux Ëtats-Unis. EIle exploite une plateforme de communication en nuage en tant que « Platform as a Service >. 26/62 0 Aprës I'enregistrement initial auprës de SocialPass, Twilio permet I'envoi du SMS aux utilisateurs de SocialPass. En recevant Ie SMS, la validitë du numëro du client est confirmëe. Ä la fin du processus de vërification, une clef unique est renvoyëe par ce service si le processus a pu ëtre achevë correctement, Force est de constater que lors de l’utilisation du service Twilio des donnëes personnelles au sens de la LPD, notamment les numëros de tëlëphone des visËteurs, son transfërëes aux US. Toutefois, sur la base de la documentation ä notre disposition, nous constatons que les opërateurs de SocialPass n'ont pas vërifië si des mesures autres que celles prëvues dans les clauses contractuelles ëtaient nëcessaires et, le cas ëchëant, si elles avaient ëtë mises en place. La finalitë de la collecte et du traitement des numëros de tëlëphone ne ressort pas clairement des documents soumis au PFPDT ; toutefois, sur la base des informations dont nous disposons, ces donnëes ne semblent pas ëtre traitëes en tant que coordonnëes, mais sont traitëes afin de vërifier l’authenticitë du numëro de tëlëphone indiquë. 2.5.3. Microsoft Azure (base de donnëes SQL) Une base de donnëes Azure SQL de Microsoft, hëbergëe en Suisse, est utilisëe pour stocker les donnëes tel que dëcrit ci-dessus. Les rapports de test [B] et [Cl qui nous ont ëtë fournis ne concernent que le composant SocialScan pour Android et iOS. Ils ne contiennent aucune information sur le composant SocialPass ou les services de fournisseurs tiers, tels que Twilio ou Microsoft Azure. Afin de permettre au PFPDT de mieux ëvaluer le traitement en termes de sëcuritë et de protection des donnëes, des rëponses spëcifiques supplëmentaires ont ëtë demandëes ä SwissHelios dans Ie document [K] Dans ce contexte, la question a ëtë posëe de savoir si Azure ëtait configurë conformëment ä la Baseline, par exemple. Cette question est restëe sans rëponse jusqu’ä ce jour. Le document [1] a ëtë soumis ä titre d'information. Toutefois, iI ne contient aucune information sur les mesures prises pour sëcuriser le systëme ni sur la mise en @uvre effective et le contröle de ces mesures. Dans la rëponse (4-c) du document [H], les exploitants de SocialPass expliquent que la fonction d’audit est activëe sur Azure, qui enregistre les accës ä la base de donnëes. EIle prëcise ensuite que I'infrastructure AZURE dispose de toutes les fonctions de sëcuritë, de journalisation et de tragage. II n'est pas expliquë si et comment ceux- ci sont utilisës et donc activës. Dans ce cadre se pose ëgalement la question de savoir si des identificateurs et/ou d'autres donnëes personnelles ont ëtë enregistrës dans Azure en plus des donnëes des visiteurs/clients (=prësence) et si oui, lesquelles. 2.6. Information et droits des personnes concernëes 2.6.1. Information des utilisateurs Au cours de la procëdure d'ëtablissement des faits, la dëclaration de protection des donnëes et d'autres informations publiquement accessibles, ä savoir les informations disponibles sur Ie site web www.socialpass.ch, ont ëtë considërablement modifiëes. Actuellement (ëtat au 10.05.2021), tant les 27/62 0 liens dans I'AppStore (Apple/iOS), dans le PlayStore (Google/Android) que dans les applications SocialPass et SociaËScan renvoient ä la dëclaration de protection des donnëes sur Ie site www.socialpass.ch/mentionslegales/, ce qui ëtait encore incohërent au moment de I'ouverture de la procëdure. 2.6.2. Droits des personnesconcemëes a. Exercice du droit d’accës Le document « SocialPass – SocËalScan et la protection des donnëes »3, accessibles via I'application, les AppStores et Ie site web sous le titre < Protection des donnëes », indique une adresse de contact pour les utilisateurs (info@socialpass.ch; ëtat au 10.05.2021 ) En outre, la dëclaration de protection des donnëes contient des informations sur les droits des personnes concernëes (cf. ch. 6). b. Exercice du droit ä l’effacement des donnëes L’effacement se fera de fa9on automatisëe aprës la durëe de conservation de 14 jours prëvue par I'Ordonnance Covid-19 situation particuliëre Par contre, lorsque la fonction < Saisie manuelle > (cf. chapitre 2.4.1) est utilisëe, les coordonnëes des < clients rëguliers > restent enregistrëes sur l’appareil de l’ëtablissement. Sur la base de la documentation soumise au PFPDT, aucune possibilitë d’effacer les donnëes des < clients rëguliers > des appareils des ëtablissements accessibles au public ne semble avoir ëtë prëvue par les exploitants de SocialPass. Aucune information n'est disponible sur la question de savoir si une sollicitation ä 1’adresse des utilisateurs de supprimer I'application, et donc toutes les donnëes personnelles dëtenues sur les appareils, est prëvue lorsque les dispositions pertinentes fondëes surl’Ordonnance COVI D-19 Situation particuliëre ne seront plus en vigueur, 2.7. Aspects de sëcuritë des donnëes 2.7.1. Organisation de la sëcuritë de 1’information Le PFPDT a demandë aux opërateurs de I'application, au moyen d'un questionnaire, comment les responsabilitës en matiëre de sëcuritë de I'information et de protection des donnëes sont dëfinies, documentëes et attribuëes entre les deux exploitants de 1’application. Dans leur rëponse ä ce 3 https://www.socialpass.ch/mentionslegales/ 28/62 0 questionnaire technique, les exploitants de I'application ont indiquë que la rëpartition des responsabilitës en matiëre de sëcuritë de I'information et de protection des donnëes n’a pas pu ëtre fixëe (ni par oral ni par ëcrit), notamment en raison des modifications constantes de I'application au niveau cantonal ainsi qu’en raison des dëveloppements rapides, mais que peu prëvisibles de la pandëmie. 2.7.2. Login avec double-authentification Sur la base des informations soumises au PFPDT, iI n'est pas clair si et, le cas ëchëant, quels composants du systëme de SocialPass sont sëcurisës au moyen d'une authentification ä deux facteurs. 2.7.3. Identifiants de l’utilisateur Selon le chapitre [D] "8.11 - Device - Structure des donnëes", diffërents identifiants d'utilisateur sont utilisës. Outre le numëro de tëlëphone, iI convient de mentionner explicitement I'utilisation de I'IMEI (International Mobile Equipment EntËty, un numëro de sërie ä quinze chiffres unËque au monde de I'appareil) et d'un numëro d'utilisateur unique UID (Unique ID) de Google Firebase. Aucune autre donnëe pseudonymisëe servant ä identifier de maniëre unique les personnes concernëes n'a ëtë mentionnëe, mëme aprës des demandes explicites du PFPDT. 2.7.4. Gëolocalisation SocialPass n’utilise pas la gëolocalisation 2.8. Analyse de 1’audit de Navixia SA Les composants < SocialPass > et < SocialScan » ont fait I'objet d'un test de vulnërabilitë par NavixËa SA, pour le compte de GastroVaud, aux dates suivantes. Cela vaut pour les systëmes d'exploitation iOS et Android. Date Processus 18 mars 2021 Rapport, y compris Management Summary v.1.2 Test du cryptage mis en oeuvre Rapport, y compris Management Summary v.1.1 Vërifications 2 et 3 12 au 18 mars 2021 7 dëcembre 2020 4 dëcembre 2020 16 au 18 novembre 2020 Kick-Off et test Selon le rapport « Analyse de sëcuritë (recheck) Applications SocialPass & SocialScan v. 1.2 > datë du 18 mars 2021, tous les ëlëments des applications susceptibles d'ëtre pertinents pour la sëcuritë ont ëtë 29/62 0 examinës. Cela comprend le stockage des donnëes, la confidentiatitë, la cryptographie, I'authentification, la communication rëseau et les paramëtres de construction. Pour analyser les applications mobiles, Navixia SA suit une mëthodologie basëe sur I'ëvaluation des risques OWASP. Cette approche suit un processus structurë et rend tes rësultats obtenus comparables entre eux. Ä cette fin, pour chaque ëlëment identifië, la vulnërabilitë est dëcrite et son degrë de risque est cartographië sur la base du systëme normalisë CVSS (Common Vulnerability Scoring System). Les rësultats sont ëvaluës selon les critëres suivants : • Exploitabilitë : les vecteurs d'accës, la complexitë de I'accës et I'authentification ëvaluent comment un attaquant peut accëder ä une vulnërabilitë et quelles conditions supplëmentaires, le cas ëchëant, doivent ëtre remplies pourqu'elle soit exploitëe. • Implications : Les indices de protection des donnëes, d'intëgritë du systëme et de disponibilitë mesurent la maniëre dont une vulnërabilitë peut avoir un impact direct sur I'infrastructure informatique une fois exploitëe. Dans le CVSS, le score total d'une vulnërabilitë rësulte de la combinaison d'une sërie d'ëvaluations isolëes d'aspects indËviduels (mëtriques), en tenant compte des pondërations enregistrëes dans la formule de calcul. Les indices de mesure ä cet effet sont indiquës ci-dessous avec les valeurs attribuëes correspondantes, Cet indice ëvalue Ie niveau d'autorisation qu'un attaquant doit avoir afin d'exploiter avec succës la vulnërabilitë. Haut: L'attaquant dispose de privilëges qui lui donnent accës ä des röles administratifs importants. L’attaquant dispose de privilëges d'utilisateur de base qui peuvent affecter les paramëtres et les fichiers d'un utilisateur. L'attaquant n'a pas besoin d’ëtre authentifië Moyen : Faible: lci, I'ëvaluation est basëe sur I'impact d'une vulnërabilitë sur la confidentialitë des donnëes traitëes. Confidentialitë Haut: 11 y a une perte totale de confidentialitë et un attaquant obtËent I'accës ä toutes les ressources du composant affectë. Un attaquant peut accëder ä certaines donnëes. II existe un faible risque d'accës aux donnëes au sein du composant concernë. Moyen : Faible: 30/62 0 Cet indice dëcrit Ë'impact d'une vulnërabilitë sur I'intëgritë du systëme. Haut: 11 en rësulte une perte totale d'intëgritë. Par exemple, l’attaquant peut modifier n'importe quel fichier (ou ensemble de fichiers). Moyen : Faible: La modification de donnëes est possible dans une mesure limitëe. Cependant, la modification des donnëes n'a pas d'impact significatif sur le composant concernë. 11 y a un faible risque de perte d’intëgritë. Le degrë de danger est ëvaluë dans le rapport de Navixia SA sur la base des ëlëments ci-dessus sur une ëchelle de O ä 10. • Score entre 9,0 et 10: critique • Score entre 7,0 et 8,9: 111:jIt • Score entre 4,0 et 6,9: , • Score entre 0,1 et 3,9: faible • Score 0: ä titre d’information Du point de vue du PFPDT, les interprëtations suivantes doivent servir de rëfërence, en fonction de I'indice d’ëvaluation, afin de prëvenir les risques de violation de la protection des donnëes. Critique: Haut; Cette vulnërabilitë reprësente un risque inacceptable. L’application ne doËt pas ëtre mise en ligne ; si eIle 1’est dëjä, eIle doit ëtre dësactivëe immëdiatement. Cette vulnërabilitë doit ëtre corrigëe immëdiatement, ëventuellement dans le cadre d'un correctif d'urgence. D'autres mesures de minimisation des risques doivent ëtre envisagëes jusqu'ä ce que le correctif soit en place. Moyen : Faible: Cette vulnërabilitë doit ëtre corrigëe, mëme si eIle entraine des coüts supplëmentaires (modërës) ou d'autres inconvënients (modërës) Le correctif peut ëtre inclus dans la planification des versions sur une base rëguliëre. Par la suite, les conclusions du document < GVD7009 Recheck SocialPass SocialScan_v1.2 » sont dëcrites. 2. 8. 7. Interaction avec la plateforme (6.2.6 et 6.3.64) Actuellement, le serveur ne vërifie pas les mëtacaractëres. Le cross-site scripting (XSS) n'est souvent que le prëcurseur d'attaques plus graves. Actuellement, aucune vërification des donnëes n’a lieu avant leur exëcution par le serveur 4 Les chiffres se rëfërent aux chapitres du document [A] < GVD7009_Recheck_SocialPass_SocialScan_v1 .2 > 31 /62 2.8.2. Qualitë du code et packaging (6.3.7) Comme dëcrit dans le rapport d'audit, un attaquant peut modifier I'APK (paquet Android) afin qu'il contienne une ancienne version d'une bibliothëque externe sans que cela soit dëtectë par la signature. Toutefois, si cette ancienne bibliothëque contient des vulnërabiIËtës, l’APK peut ëtre installë sur un tëlëphone mobile, par exemple, sans briser la signature existante. II est ainsi possible d'exploiter les failles de sëcuritë des anciennes bibËiothëques. En outre, les versions intëgrëes des bibIËothëques tierces ont ëtë examinëes au cours de I'audit. 11 a ëtë constatë que toutes les bibliothëques ne sont pas de la derniëre version. En fait, les bibliothëques tierces obsolëtes sont souvent affectëes par des failles de sëcuritë. 2.8.3. Descripteur (7.1) Le descripteur d'API utilisë par les applications mobiles est accessible au public. Cela permet ä un attaquant de dëtecter toutes les mëthodes disponibles. D'aprës le rapport, le descripteur d'API n'est plus visible dans I'environnement de test UAT (User Acceptance Test), mais peut toujours ëtre consultë en production. Un attaquant peut en tirer des informations pour attaquer I'environnement UAT. Le problëme ne peut donc ëtre rësolu que si 1’information n'est pas du tout visible. 2.8.4. Mots de passe stockës en clair (7.1) Dans le cadre d’interviews, les dëveloppeurs de SocialPass ont confirmë ä Navixia SA que les mots de passe ne sont plus stockës en texte clair dans la base de donnëes. Cependant, sans accës ä cette base de donnëes, iI n'a pas ëtë possible pour Navixia de vërifier si les mots de passe sont maËntenant stockës correctement (salt & hash). Dës lors, le PFPDT part du principe que les dëclarations faites par les dëveloppeurs dans le rapport sont correctes et que les mots de passe ne sont plus seulement stockës en texte clair, mais qu'ils sont ëgalement sëcurisës par un Medium Salting. 2.8.5. Conservation desdonnëes (8.4.1) La section 8.4.1 mentionne un problëme de conservation des donnëes deI ä une faille de sëcuritë. Selon Ie rapport d'audit, cela a ëtë rectifië depuis. Or, ce point ne pouvait plus ëtre vërifië par Navixia SA sans accës ä la base de donnëes. 32/62 0 2.9. Analyse de 1’audit d’lndusface Le PFPDT a regu les deux documents suivants par e-mail Ie 1 1 fëvrier 2021 par le reprësentant lëgal des exploitants de SocialPass Rapports d’audit Android Mobile Application Audit Report of Social Scan v1.0.pdf SHA2 56 D313DCD4B4D8 FBD2C142F7943C65DB4 FF4155F6B474C2F54 35306ADF438F26CC iOS Mobile Application Audit Report of Social Scan v1 .0. pdf SHA2 56 C74551665D7B2 2 IAC133DBBEDC31F6EAB2 77FB151879D14237D680117B6A3BD9 Les deux rapports d'audit fournis (Indusface), se rëfërent exclusivement au composant < SocialScan >, dans les versions pour Android et iOS. Ils ne contiennent aucune information sur le composant < SocialPass » ou sur des services tiers tels que < Twilio > ou les systëmes back-end sur < Azure ». osPëriodes d’essai Version SocialScan Mt - 04. nM}20 r 0.1 MD5 b82a838aa9f430857581f02693ff26co 28. oct. - 03. nov. 2020 V6.2 MD5ios OB81B1417BCD6A7CF8360B133632B241 Les conclusions des rapports < Android Mobile Application Audit Report of Social Scan v1.0 > et < iOS Mobile Application Audit Report of Social Scan v1.0 > diffërent en fonction des systëmes d'exploitation Android et iOS 2.9.1 . Classification La classification est basëe sur les catëgories ci-dessous Impact DescrËption A vulnerability wherein an attacker might have the ability to execute commands on the server or retrieve and modify private information Security issues are defined as a risk that puts the system and / or data related to the system in immediate danger. Medium Findings indicate a more serious security matter that should be remedied appropriately within a short amount of time. Findings usually indicate a minor security risk that does not pose immediate or short-term danger. An observational point in the site, or detection of certain applications or web servers An observational point in the site, or detection of certain applications or web servers 33/62 0 2.9.2. Rësultats en fonction des catëgories Les vulnërabilitës dëtectëes sont classëes dans les catëgories suivantes Android-App iOS-App CritËcaË fi High: 2 Medium: 2 Low: 21 Information: 3 Critica!: f 1 High: 2 Medium: 1 Low: 18 Information: 1 2.9.3. Android et iOS Mobile Le tableau ci-dessous reflëte les rësultats d'lndusface [B] et [C] pour le composant « SocialScan > pour les systëmes d'exploitation Android et iOS. Les entrëes marquëes d'un astërisque (*) sont considërëes par le PFPDT comme pertinentes pour la protection des donnëes. Mëme s'ils sont considërës comme faibles dans la cËassifËcation des risques, ils peuvent dëvelopper une classification des risques diffërente ä la suite d'interactions. Ces entrëes relatives ä la protection des donnëes sont analysëes au chapitre 2.9.4 Le PFPDT utilise les notations suivantes comme critëre pour attënuer le risque de violation de la protection des donnëes Cette vulnërabilitë reprësente un risque inacceptable. L'application ne doit pas ëtre mise en Ëigne ; si eIle 1'est dëjä, eIle doit ëtre dësactivëe immëdiatement. Cette vulnërabilitë doit ëtre corrigëe immëdiatement, ëventuellement dans le cadre d'un correctif d'urgence. D'autres mesures de minimisation des risques doivent ëtre envisagëes jusqu'ä ce que le correctif soit en place Cette vulnërabilitë doit ëtre corrigëe, mëme si cela entraTne des coüts supplëmentaires (modërës) ou d'autres inconvënients (modërës) La correction peut ëtre incluse dans la planification des versions ultërieures sur une base rëguliëre Tableau 3: Rësultats trouvës dans SocialScan VulnërabilitësNr. Catëgorie de risques Blind HTML Injection High High Medium Insecure Direct Object References Application is Vulnerable To Email Flooding Attack 34/62 0 4* 5* 6* 7* 8* 9* 10 11* 12* 13* 14* 15* 16’ 17* 18* 19* 20 21* 22 23 24 25 26 27 Insecure Logging Of The Application (betrifft nur Android) Application is Vulnerable To Improper Token Management Application Accepts Special Character As User Input Valid Account Can Be Brute Forced Missing API Rate Limiting Application Does Not Have A Strong Password Policy Application is Vulnerable To Reverse Engineering Cleartexttraffic is Set To True (betrifft nur Android) Application is Vulnerable To Simultaneous Login Application's Request/Response Reveals Sensitive Information SSL Pinning Can Be Bypassed Insecure Data Storage in File System Insecure Content Security Policy (Csp)/X-Frame-Options Missing HSTS Header Information Leakage From Clipboard Sensitive Data Disclosure in Recent Apps Default Web Page Found Application Has Set Insecure Permissions Programming Language And Version Disclosure Application Displays Web Server Banner Using Known Vulnerable Components Application Works in Rooted Device Application Runs On Older Platform Printstacktraceo Function is Used in The Application lediu Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Low Information Information 35/62 0 setAILowFileAccess Enabled 2.9.4. Conclusions de 1’audit Indusface Le sous-chapitre 2.9.4 rësume les diffërentes constatations du PFPDT comportant un risque de perte de donnëes, de corruption de donnëes ou de dommages aux donnëes. a. Blind HTML tnjection [1]5 L'injection HTML est utilisëe lorsque I'entrëe dans une application n'est pas validëe. Cela permet de modifier le contenu d'une page web et tous les utilisateurs qui naviguent sur cette page verront le contenu modifië. Ainsi, sur la page d'enregistrement de SocialScan, un attaquant peut injecter un HTML Payload (par exemple, une chaTne de code malveillant) dans les champs de donnëes et rëussir ä I'enregistrer. L'injection HTML est exëcutëe avec succës dans les modëles d'email. b. Insecure Direct Object References [2] Les rëfërences directes ä des objets non sëcurisëes (IDOR) constituent un problëme de sëcuritë qui se produit lorsque le dëveloppeur de I'application utilise un pointeur pour accëder directement ä un objet d'implëmentation interne, mais ne fournit pas de contröles d'accës et/ou de vërifications d'autorisation supplëmentaires. Un utilisateur de SocialScan est lië ä son numëro d'identification d'utilisateur par I'ID de I'organisation. L'attaquant, ä son tour, se connecte ä SocialScan et peut simplement modifier I'ID de I'organisation ä volontë. Cela permet ä I'attaquant d'avoiraccës aux dëtaiËs de I'utilisateur correspondant (numëro de tëlëphone mobile et mot de passe). c. Insecure Logging Of The Application [4] Dans SocialScan, les donnëes sensibles d'un point de vue technique sont enregistrëes et peuvent conduire ä des fuites d'informations. Dans SocialScan, les donnëes sensibles teIles que le nom de I'utiIËsateur et le mot de passe sont stockëes sans aucune < obfuscation >. d. Application is Vulnerable To Improper Token Management [5] Le rapport indique que dans SocialScan, une session reste active mëme aprës la dëconnexion. Cela signifie qu’une session peut ëtre reprise et rëutilisëe par un autre utilisateur. 5 Les chiffres entre crochets font rëfërence au tableau 3: Rësultats trouvës dans SocialScan, ci-dessus. 36/62 0 e. Application Accepts Special eharacter As User Input [6] SocialScan accepte les caractëres spëciaux (>{</ etc.). Cela peut conduire ä I'exëcution d'un code malveillant, f. Valid Account Can Be Brute Forced [7] Une attaque par force brute (Brute-Force-Attack) est une mëthode d'attaque banale. La thëorie est que lors d’une teIle attaque, un nombre infini de tentatives sont faites pour deviner un mot de passe. Ä un moment donnë, le mot de passe correct devrait ëtre devinë. C'est possible avec SocialScan. g. Missing API Rate Limiting [8] Les interfaces d'application dont les limites de ressources et de quotas sont absentes ou mal implëmentëes offrent aux attaquants la possibilitë de rëaliser des attaques Brute-Force sur des comptes d'utilisateyrs ou de provoquer un dëni de service. L'exploitatËon de cette vulnërabilitë ne nëcessite souvent mëme pas d'authentification ; eIle requiert simplement I'envoi simultanë de plusieurs requëtes. h. Application Does Not Have A Strong Password Policy [9] SocialScan n'a pas de politique de mot de passe ou ne I'applique pas correctement. Par exemple, iI est possible d'utiliser un mot de passe composë d'une seule lettre. i. Cleartexttraffic is Set To True [1 11 Selon le rapport d'audit, le trafic de donnëes sur la plateforme Android s'effectue sans cryptage de transport (SSLfTLS), c'est-ä-dire en texte clair (HTTP). j. Application is Vulnerable To Simultaneous Login [1 2] II est possible d'ouvrËr plusieurs sessions avec les mëmes donnëes d'identification. Cela augmente donc la surface d'attaque, puisqu'un attaquant peut utiliser de maniëre transparente des donnëes d'identification valides en mëme temps que I'utilisateur lëgitime. k. Application's Request/Response Reveals Sensitive Information [13] Toutes les informations sensibles d'un point de vue technique (c'est-ä-dire les donnëes personnelles et les autres donnëes qui pourraient potentiellement compromettre la sëcuritë des donnëes, par exemple Ie mot de passe) ne sont pas obscurcies ä I'aide d'une technique appropriëe teIle que le Salting 37/62 0 l. SSL Pinning Can Be Bypassed [14] Dans SocialScan, le SSL Pinning impËëmentë peut ëtre contournë en insërant JavaScript au moment de I'exëcution. m. Insecure Data Storage in File System [15] Les vulnërabilitës du stockage des donnëes surviennent lorsqu'on suppose que les utilisateurs ou les logiciels malveillants n'ont pas accës au systëme de fichiers d'un appareil mobile et donc aux informations sensibles contenues dans la mëmoire de I'appareil. II faut donc s’attendre ä ce qu'un utilisateur malveillant ou un logËciel malveillant puisse avoir accës ä des donnëes sensibles dans SocialScan. Le rootage ou le jailbreak d'un appareil mobile contourne toute mesure de protection par cryptage. n. Insecure Content Security Policy (Csp)/X-Frame-Options [1 6] L'en-tëte de rëponse HTTP de X-Frame-Options dans SocialScan peut ëtre utilisë pour spëcifier si un navigateur est autorisë ou non ä rendre une page dans un <frame>, <iframe>, <embed>, ou <object>. o. Missing HSTS Header [17] SocialScan n'utilise pas d'en-tëte HSTS. Cela signifie que les communications non cryptëes via HTTP sont autorisëes p. Information Leakage From Clipboard [1 8] SocialScan permet de copier-coller ä partir du presse-papiers, notamment le copier-coller de mots de passe figurant dans Ie presse-papiers. q. Sensitive Data Disclosure in Recent Apps [1 9] Au vu du rapport, aucune prëcaution n’est prise pour empëcher I'utilisation de donnëes sensibles (d’un point de vue technique) par des applications tierces (par exemple, en mettant en cache des instantanës d'applications). r. Application Has Set Insecure Permissions [21] II s'est avërë que SocialScan n'avait pas dëfini des droits d'accës, ce qui constitue une menace pour la sëcuritë pouvant entraTner des fuites de donnëes dans le pire des cas 38/62 0 3. Apprëciation juridique et recommandations Sur la base des faits ëtablis ci-dessus, notifiës aux parties Ie 20 mai 2021, le PFPDT considëre ce qui suit (chapitre 3). II tient ä relever que contrairement ä ce que peuvent laisser entendre les documents soumis par les parties, le PFPDT ne fonde pas ses considërations sur 1’« attestation de conformitë » d'un audit externe teIle que mentionnëe dans Ie document intitulë < COVID-19 – Dispositifs d'identification de la clientële dans les ëtablissements de restauration, Procëdure de vërification technique – 15 octobre 2020 ». En effet, une teIle attestation, bien que mentionnëe dans ledit document figurant au dossier, n’a pas ëtë soumise au PFPDT au cours de la procëdure d'ëtablissement des faits 3.1. Röles et responsabilitës Tel que constatë dans le cadre de l’ëtablissement des faits du 20 mai 2021, les informations quant aux röles et responsabilitës des parties impliquëes dans la prësente procëdure sont restëes contradictoires (cf. chapitre 2.1). Sur la base de la documentation soumise au PFPDT et des informations disponibles au public, le PFPDT constate que les deux sociëtës ont dëcidë d’unir leurs efforts et leurs ressources en vue d’atteindre un but commun (amëlioration du tragage dans le cadre de la pandëmie du COVID-19) et ont ainsi dëveloppë le systëme SociaËPass sous forme d'une co-ëdition. En vertu de 1’art. 3 lit. i LPD on entend par maTtre du fichier la personne privëe (physique ou morale) qui dëcide du but et du contenu du fichier. Cependant, cette notion reflëte une rëalitë ancienne, qui ne correspond plus aux besoins d’un monde digitalisë. En effet, cette notion remonte ä une ëpoque oü les fichiers ëtaient constituës de classeurs et de fiches. La notion est avant tout utilisëe dans Ie but de dëterminer la personne responsable du traitement. Le PFPDT partage l’opinion de certains auteurs qui proposent de renoncer ä employer cette notion et proposent que la responsabilitë au sens de la LPD dëcoule des faits du traitement de donnëes (cf. RuDIN BEAT, Kommentar zu Art. 3 DSG, N 43, in: BaerËswyl/Pärli (Hrsg.), Stämpflis Handkommentar zum DSG, 2015). Force est de constater que les sociëtës NewCom4U Särl et SwissHelios Särl ont dëveloppë le systëme SocialPass ensemble, elles ont dëcidë du but et du contenu du fichier ainsi que des droits d’accës ä ce fichier et ce sont elles qui assurent les divers traitements des donnëes. Elles doËvent dës lors ëtre considërëes toutes les deux maTtres du fichier au sens de la LPD. La qualitë de maTtre de fichier doit cependant ëtre distinguëe de celle de mandataire au sens de I'art. 10a LPD. Trois constellations diffërentes sont possibles en pratique : Ie mandant peut ëgalement ëtre maTtre du fichier, le mandant et le mandataire peuvent ëtre maTtres communs du fichier ou alors le mandataire peut ëtre considërë maTtre du fichËer, notamment lorsqu'il traite des donnëes pour le compte de son client (cf. RosENTHAL DAVID/JÖHRI YvoNNE, Kommentar zu Art. 10a DSG, N 19, in Rosenthal/Jöhri (Hrsg.), Handkommentar zum Datenschutzgesetz sowie weiteren, ausgewählten Bestimmungen, 2008). 39/62 0 Dans Ie cas d'espëce, les dispositions lëgales pertinentes octroient une certaine marge de manmuvre aux exploitants d'ëtablissements accessibles au public. En effet, le ch. 4.3. de I'annexe 1 de l’Ordonnance COVID-19 situation particuliëre fixe uniquement que dans le cadre des plans de protection < les coordonnëes peuvent ëtre collectëes ä l’aide de systëmes de gestion des rëservations ou des membres, ou encore au moyen de formulaires de contact ». Aucune disposition fëdërale ne vient prëciser quels systëmes de gestion doivent ëtre privilëgiës. Les deux sociëtës ont donc proposë une solution numërique afin d'amëliorer le tragage dans le cadre de la pandëmie du COViD-19 (cf. chapitre 1.2). Ce faisant, elles ont proposë un traitement de donnëes ä leurs clients respectifs. En crëant le systëme SocialPass, elles ont dëcidë du but et du contenu du fichier ainsi que des droits d’accës ä ce fichier et ce sont elles qui assurent les divers traitements des donnëes. Ainsi, iI dëcoule des constatations du PFPDT que dans Ie cas d’espëce, les mandataires communs que sont les sociëtës NewCom4U Särl et SwissHelios Särl doivent ëtre considërës maTtre du fichier au sens de 1’art. 3 lit. i LPD Dës lors, la question de savoir qui est Ie mandant, et s'il existe, le cas ëchëant, plusieurs mandants (les gouvernements des cantons respectifs, les restaurateurs pris individuellement, la faTtiëre des restaurateurs vaudois) peut rester ouverte. Le maTtre du fichier est responsable de respecter le cadre lëgal lors de tout traitement de donnëes et de garantir les droits aux personnes concernëes tels que consacrës dans la LPD (cf. RuDIN, Art. 3 DSG, N 49 s. et RosENTHAL, Art. 10a DSG, N 22). Le maTtre du fichier est avant tout responsable de faire suite aux ëventuelles demandes d’accës des personnes concernëes (art. 8 LPD). II dëcoule de ce qui prëcëde que les sociëtës NewCom4U Särl et SwissHelios Särl ont la qualitë de maitre de fichier au sens de 1’art. 3 lit. i LPD. Dës lors, iI leurincombe de respecter les obligations lëgales prëvues par la LPD, la LEp et l’Ordonnance COVID-19 situation particuliëre. En vertu de I'art. 4 al. 4 LPD la collecte de donnëes personnelles, et en particulier les finalitës du traitement desdites donnëes, doivent ëtre reconnaissables pour la personne concernëe (principe de transparence). Le respect du principe de transparence permet en effet aux personnes d’exercer leur droit d'accës. Etant donnë que les indications dans les diffërents documents sont contradictoires dans la mesure oü certains documents mentionnent les deux sociëtës tandis que d’autres ne mentionnent que l’une des deux sociëtës en tant que maTtre du fichier, le PFPDT constate une violation du principe de transparence tel que consacrë ä 1’art. 4 al. 4 LPD. En effet, en l’ëtat actuel, les personnes concernëes ne sont pas en mesure de dëterminer avec certitude quelle personne morale traite leurs donnëes et ä qui, le cas ëchëant, elles devraient adresser une demande d’accës 40/62 0 (1) Recommandation concernant les röles et responsabilitës Les socËëtës NewCom4U Särl et SwissHelios Särl doivent uniformiser tous les documents (site web, appstores et app) afin de respecter leurs obligations lëgales en tant que maTtres du fichier au sens de 1’art. 3 lit. i LPD 3.2. Banque de donnëes centralisëe 3.2.1. Banque de donnëes centralisëe stricto sensu La collecte des coordonnëes des visiteurs (nom, prënom, numëro de tëlëphone, NPA) trouve son fondement dans I'art. 5 de l’Ordonnance COViD-19 situation particuliëre, qui oblige les exploitants d'ëtablissements accessibles au public de collecter lesdites coordonnëes. Cette disposition prëvoit notamment que les exploitants collectent les coordonnëes des visiteurs et les transmettent aux autoritës cantonales sur demande, notamment aux fins d’identification et d’information des personnes qui se trouvaient dans l’ëtablissement au mëme moment qu’une personne infectëe et qui sont dës lors prësumëes infectëes au sens de 1’art. 33 LEp. Les coordonnëes doivent impërativement ëtre dëtruites aprës 14 jours. Selon Ie ch. 4.5. de l’annexe 1 de l’Ordonnance COVI D-19 situation partËculiëre, iI incombe ä l’exploitant de garantir la confidentialitë des coordonnëes qu’iI collecte ainsi que la sëcuritë des donnëes, notamment durant leur conservation. Ainsi, en vertu des diverses dispositions applicables, iI a ëtë prëvu que les coordonnëes collectëes restent chez les exploitants respectifs. Ce n'est qu'en cas d'infection dans un ëtablissement dëterminë que les autoritës cantonales doËvent avoir accës aux coordonnëes des visiteurs de l’ëtablissement concernë. En d’autres termes, iI a ëtë prëvu que les exploitants des ëtablissements gardent le contröle sur les coordonnëes qu’ils ont collectëes. La disposition fëdërale ne prëvoit pas d’accës direct ä toutes les coordonnëes collectëes dans tous les restaurants d’un mëme canton SocialPass doit ëtre considërë en tant que systëme de gestion tel que prëvu au ch. 4.3. de I'annexe 1 de l’Ordonnance COVI D-19 situation particuliëre. En effet, cette disposition fixe que < les coordonnëes peuvent ëtre collectëes ä l’aide de systëmes de gestion des rëservations ou des membres, ou encore au moyen de formulaires de contact ». Ä la lumiëre de la LPD, les deux sociëtës SwissHelios Särl et NewCom4U Särl doivent ëtre considërëes des tiers au sens de 1’art. 10a LPD. II dëcoule de cette constatation que le systëme SocialPass ne devrait que permettre les traitements de donnëes que Ie mandant serait en droit d'effectuer lui-mëme, c’est-ä-dire que le systëme SocialPass, afin de tomber sous la dëfinition du ch. 4.3. de l’annexe 1 de l’Ordonnance COVID-19 situation particuliëre, ne devrait que permettre d'effectuer les traitements tels que prëvus dans l’Ordonnance COVID-19 situation particuliëre 41 /62 0 Cela ëtant, iI convient de distinguer deux questions diffërentes qu'il convient d'analyser sëparëment par la suite. Dans le cadre de ce premier sous-chapitre, iI convient de se pencher sur la question de savoir si le cadre lëgal pertinent permet la mise en place d’une base de donnëes centralisëe. Si le cadre lëgal fëdëral permet en effet la mise en place d’une base de donnëes centralisëe, se pose alors la question de savoir si dans Ie cas d’espëce, des mesures appropriëes ont ëtë mises en place afin de rëpondre aux exigences tenant ä la sëcuritë de donnëes sensibles (cf. art. 7 LPD) et aux exigences lëgales en matiëre de protection des donnëes (notamment le principe de la proportionnalitë). Le ch. 4 de I'annexe 1 de I'Ordonnance Covid-19 situation particuliëre qui fixe les dëtails de la collecte des coordonnëes n’apporte pas de prëcisions quant aux systëmes de gestion des rëservations qui peuvent ëtre utilisës pour la collecte (cf. ch. 4.3). Le Rapport explicatif concernant 1’ordonnance COVID- 19 situation particuliëre (y inclus grandes manifestations) du 26 mai 2021 n’apporte pas plus de prëcisions quant ä cette question. Les dispositions pertinentes se contentent de fixer que de tels systëmes peuvent ëtre utilisës et que les exploitants ou les organisateurs doivent garantir la confidentialitë des coordonnëes qu’ils collectent et la sëcuritë des donnëes, notamment durant leur conservation (cf. ch. 4.6.). Sur la base de ces dispositions laissant une marge de man@uvre aux exploitants dans le choix du systëme de gestion des rëservations ou des membres, le PFPDT conclut que l’Ordonnance COVID-19 situation particuliëre n’exclut pas, par principe, que les exploitants d’ëtablissements accessibles au public utilisent des systëmes de gestion des rëservations qui impliquent un enregistrement des donnëes centralisë. Toutefois, cet enregistrement centralisë ne sera conforme aux exigences lëgales uniquement si les principes de la protection des donnëes sont respectës et des mesures de sëcuritë appropriëes sont mises en place en amont (cf. ch. 4.6. Ordonnance COVID-19 situation particuliëre et art. 7 LPD) Le PFPDT retient dës lors que I'enregistrement des coordonnëes collectëes dans une base de donnëes centralisëe teIle que prëvue par le systëme SocialPass est conforme au cadre lëgal ä condition que : les principes gënëraux de la loi sur la protection des donnëes selon I'art. 4 ss. LPD sont respectës ; des mesures de sëcuritë appropriëes aient ëtë mises en place en amont, conformëment ä 1’art, 7 LPD en relation avec les art. 8 et 9 OLPD, en particulier l’art. 9 al. 1 let. g OLPD (pour une analyse des mesures de sëcuritë mises en place, cf. chapitre 3.7). Dans un deuxiëme temps, iI convient dës lors d’analyser la question de savoir si la solution d'une base de donnëes centraIËsëes est ëgalement conforme au cadre juridique dans sa forme concrëte, 42/62 0 3.2.2. Divers droits d’accës ä la base de donnëe centralisëe /fonctions de filtres Dans le cadre de ses analyses, le PFPDT a constatë que le fonctionnement du systëme SocialPass impliquait I'existence d’une base de donnëes centralisëe (cf. chapitre 3.2.1) qui offre plusieurs options de recherches ciblëes (p.ex. les personnes ayant accës ä cette base de donnëes peuvent rechercher toutes les personnes s’appelant Laure ou Christophe ayant visËtë n’importe quel ëtablissement public dans le canton du Valais au long des 14 derniers jours) Force est de constater que le droit d’accës direct ä la base de donnëes centralisëe octroyë aux autoritës cantonales vaudoises et valaisannes, y compris les diffërentes options de recherches ciblëes, peut conduire ä la crëation de profils de personnalitë au sens de 1’art. 3 lit. d LPD. En effet, en fonction des ëtabIËssements accessibles au public visitës (p.ex. une maison close) et/ou en raison des personnes rencontrëes lors de ces visites (p.ex. un visiteur rencontre un avocat spëcialisë en droit pënal), les donnëes ainsi assemblëes peuvent permettre d’apprëcier les caractëristiques essentielles de la personnalitë des personnes concernëes. Au regard des dispositions lëgales pertinentes du droit fëdëral, ces multiples possibilitës de recherches cibËëes apparaissent comme excessËves, voire disproportËonnëes. Le cadre lëgal fëdëral pertinent ne prëvoit ni le droit, pour les autoritës cantonales, d’accëder ä une base de donnëes centralisëe ni la crëation ëventuelle de profils de personnalitë. Dës lors, le systëme SocialPass permet un traitement de donnëes qui va au-delä de ce qui est prëvu par le cadre lëgal fëdëral Pour les traitements ëventuellement possibles allant au-delä de ce que prëvoit le cadre lëgal fëdëral, un motif justificatif au sens de 1’art. 13 al. I'r LPD doit pouvoir ëtre invoquë par les maTtres du fichier (consentement, intërët prëpondërant privë ou public, base lëgale). Or, dans Ie cas d’espëce, iI semble que le seul motif justificatif invocable par des maTtres du fichier qui offrent un produit qui permet de soutenir les ëtablissements accessibles au public dans l’accomplissement d’une täche lëgale en temps de pandëmie, ne peut qu'ëtre qu’une base lëgale. La base lëgale entendue comme une norme gënërale et abstraite peut relever du droit cantonal ou fëdëral. La base lëgale doit ëtre applicable au cas d’espëce et ne pas ëtre contraire ä une autre norme (hiërarchiquement supërieure). De plus, le traitement de donnëes justifië sur la base de cette base lëgale doit apparaTtre proportionnë (cf. WERMELINGER, Stämpflis Handkommentar, Art. 13 DSG N 15). En l’espëce, le cadre lëgal fëdëral ne prëvoit pas l’accës direct, pour les autoritës cantonales, sur une base de donnëes centralisëe. En effet, le droit fëdëral applicable au cas d’espëce prëvoit que les exploitants des ëtablissements accessibles au public maintiennent le contröle sur les coordonnëes 43/62 0 collectëes et ne les transmettent ä l’autoritë publique compëtente uniquement en cas d’infections prësumëes dans leur ëtablissement. Toutefois, tant que I'accës direct ä la base de donnëes centralisëe n'entraTne pas un traitement des donnëes allant au-delä de celui qui serait effectuë si les donnëes ëtaient remises ä I'autoritë sanitaire sur demande, cet accës semble ëtre justifië, compte tenu de t'intërët public ä lutter contre la pandëmie actuelle La question de savoir si et dans quelle mesure les rëglementations cantonales peuventjustifier un accës plus ëtendu peut ëtre laissëe ouverte sur la base des considërations suivantes : En effet, le PFPDT peut se prononcer sur la question de savoir si un acte cantonal constitue un motif justificatif au sens de 1’art, 13 LPD pour un traitement de donnëes effectuë entre personnes privëes. Dans ce cadre il lui incombe, entre autres, de dëterminer si la base lëgale cantonale est conforme au droit fëdëral hiërarchiquement supërieur, notamment si le dispositif cantonal est conforme ä la LPD Ä ce titre, iI convient de distinguer Ia situation dans le canton de Vaud de celle dans le canton du Valais (cf. lettre du 23 avril 2021 soumise au PFPDT par Lexing Switzerland). Dans le canton de Vaud, le Chef du Dëpartement de l’ëconomie, de 1’innovation et du sport ainsi que la Cheffe du Dëpartement de la santë et de l’action sociale vaudois ont ëdictë la Directive du 15 septembre 2020 COVID-19 / Coronavirus. Selon l’art. 4 lit. e de cette Directive, « un dispositif d’identification de la clientële doit ëtre utilisë systëmatiquement. Ce dispositif doit ëtre homologuë par la faTtiëre de la branche, en concertation avec I'office du Mëdecin cantonal. Le dispositif d’identification doit permettre ä garantir la fiabilitë des donnëes collectëes aux fins d’identification des personnes prësumëes infectëes, en particulier le nom, le prënom et le numëro de tëlëphone mobile. Les donnëes sont conservëes 14 jours avant destruction. Les donnëes recueillies doivent ëtre rendues accessibles en tout temps aux autoritës sanitaires dans un format dëfini par ces derniëres >. Dans Ie document intitulë « Covid-19 – Dispositifs d’identification de la clientële dans les ëtablissements de restauration – Procëdure de vërification technique – 15 octobre 2020 » (dont l’auteur n’est pas identifiable), soumis au PFPDT par les reprësentants des parties en annexe au courrier du 23.04.2021, iI a ëtë prëvu que < les dispositifs d’identËfication doivent rëpondre aux spëcifications techniques suivantes : [...] – permettre l’enregistrement des donnëes des clients et du personnel sur la base de donnëes centralisëe gërëe par SwissHelios Särl » Le mëme document prëvoit, un peu plus bas, qu’« en cas de besoin, l’OMC [office du mëdecin cantonal] se rend sur la base de donnëes, entre le nom de l’ëtablissement X ä une date et une heure T et peut extraire un fichier CSV contenant Ia liste des clients et du personnel prësents ä ce moment. Pour accëder aux donnëes, l’OMC ne doit pas avoir besoin de passer par I'exploitant de l’ëtablissement ou par les dispositifs d’identification ». S’iI est vrai que la Directive du 15 septembre 2020 est de nature 44/62 0 gënërale et abstraite, force est de constater qu’eIle ne fixe que dans des termes trës gënëraux que les restaurateurs vaudois doivent utiliser un dispositif d’identification de maniëre systëmatique et que ce dispositif doit ëtre homologuë par la faTtiëre de la branche, en concertation avec l’office du Mëdecin cantonal. Pour Ie reste, et notamment pour la question de savoir si les donnëes collectëes doivent ëtre enregistrëes sur une base de donnëes centralisëe accessible directement par les autoritës publiques, cette disposition prëvoit que les autoritës sanitaires sont libres dans le choix des traitements de donnëes mis en place. Ainsi, l’enregistrement dans une base de donnëes centraËisëe ainsi que le droit d’accës direct octroyë aux autoritës sanitaires a ëtë prëvu dans Ie document « Covid-19 – Dispositifs d’identification de la clientële dans les ëtablissements de restauration – Procëdure de vërification technique – 15 octobre 2020 >. Cet extrait de document, dont Ia nature juridique reste peu claire, ne constitue clairement pas la nature d’une norme gënërale et abstraite qui pourrait justifier l’accës dëpassant le cadre de la lëgislation fëdërale pertinente des autoritës sanitaires. Le PFPDT ne saurait donc admettre que l’accës direct sur la base de donnëes centralisëe permettant des recherches ciblëes presque indëfinies octroyë au Mëdecin cantonal vaudois se fonde sur une base lëgale au sens de I'art. 13 al. 1 '' LPD. En ce qui concerne un ëventuel intërët public prëpondërant comme motifjustificatif au sens de I'art. 13 LPD, iI convient de relever que la lutte contre la pandëmie est une täche publique et non une täche qui incombe aux personnes privëes, pour quelque raison que ce soit, eIle est rëgie par le droit public. Le fait que la base lëgale pertinente du Conseil fëdëral ne prëvoit pas d'accës direct doit ëgalement ëtre considërë comme une indication que des droits d’accës aussi ëtendus n'ont pas ëtë jugës nëcessaires pour lutter contre la pandëmie, et montre qu’iI s'agit d'un traitement de donnëes inutile et donc disproportionnë. Dans le canton du Valais, l’usage du systëme SocialPass a ëtë rendu obligatoire par Dëcision du Conseil d'Etat du 2 dëcembre 2020 qui se lit comme suit : < la mise en euvre de 1’application ëlectronique de tragage SocialPass est obligatoire (ä dëfaut une liste exhaustive de tous les clients >. Par ailleurs, les dëtails de la mise ä disposition du systëme SocialPass en Valais ont ëtë dëfinis dans le cadre d’une convention passëe entre I'Etat du Valais, reprësentë par Ie Chef de son Service de la santë publique, et la sociëtë NewCom4U Särl, ä la fin de l’annëe 2020. L’art. 2.1. dudit contrat oblige la sociëtë NewCom4U Särl ä fournir une < base de donnëes pour le tra9age via scan ou autoscan de 1’ID SocialPass ». Dans ce cadre, les SocialPass scannës dans les ëtablissements sont stockës dans la base de donnëes gërëe par le mandataire et hëbergës dans les serveurs Microsoft Azure localisës dans Ie canton de Zurich >. La mëme disposition contractuelle prëvoit, un peu plus bas, que < [1]e mandataire dëveloppe, d'entente et sur la base d'un cahier des charges de 1’Office du mëdecin cantonal, et supporte la base de donnëes consultable par le Mëdecin cantonal et ses collaborateurs ; le mandataire assure ä 45/62 0 cet effet Ie respect des exigences du Service cantonal de I'informatique pour permettre la consultation des donnëes par le Mëdecin cantonal et ses collaborateurs depuis le rëseau informatique de 1’administration cantonale ». La convention conclue entre la sociëtë NewCom4U Särl et 1’Etat du Valais, reprësentë par Ie Chef de son Service de la santë publique, ne constitue pas une norme gënërale et abstraite pouvantjustifier un traitement de donnëes au sens de 1’art. 13 al. ler LPD. Dans ce cadre ëgalement, iI n'existe donc pas de base juridique suffisante qui pourrait justifier un droit d’accës aussi ëtendu octroyë aux autoritës sanitaires 11 dëcoule de ce qui prëcëde que l’accës direct sur la base de donnëes centralisëe sous sa forme actuelle (prëvoyant des possibilitës de recherches ciblëes), octroyë aux autoritës cantonales, dëpasse le traitement de donnëes tel que prëvu et justifië par le droit fëdëral actuellement en vigueur et qu'il n’est pas justifië par une base lëgale cantonale au sens de I'art. 13 al. 1 " LPD (norme gënërale et abstraite) et s'avëre comme disproportionnë. Les responsables de SocialPass doivent donc limiter I'accës des autoritës sanitaires susmentionnëes aux donnëes nëcessaires pour une collecte lëgale des coordonnëes. (2) Recommandations La possibilitë d'accës direct ä la base de donnëes centrale doit ëtre limitëe ä ce qui est strictement nëcessaire ä la collecte lëgale des coordonnëes, de sorte qu'eIËe soËt proportionnëe ; en particulier, la possibiËitë de rechercher des personnes doit ëtre ëliminëe de cette manËëre Suite ä I'ëlaboration puis ä la notification du rapport et des recommandations dans leur version du 28 mai 2021, deux modifications du cadre lëgal tel que dëcrit au chapitre 3.2.2 doivent ëtre relevëes. Ces modifications mettent en ëvidence I'absence de base lëgale justifiant les possibilitës de recherches ciblëes teIles que contestëes dans la recommandation (2) de sorte qu'aucune modification de cette recommandation n'est indiquëe. D'une part, iI convient de noter que lors de la visioconfërence du 7juin 2021, le PFPDT a ëtë informë que la Directive du 15 septembre 2020 COVID-19 /Coronavirus du Chef du Dëpartement de l’ëconomie, de 1’innovation et du sport ainsi que de la Cheffe du Dëpartement de la santë et de 1’action sociale vaudois a ëtë abrogëe en janvier 2021 bien que les reprësentants lëgaux de SocialPass aientjustifië le traitement en invoquant cette base lëgale dans leur courrier du 23 avril 2021. Dës lors, les dëveloppements juridiques figurant au chapitre 3.2.2 du prësent rapport ne sont plus pertinents. En d’autres termes, dans le canton de Vaud, le traitement de donnëes tel que prëvu par le systëme SocialPass n’est plus qu’encadrë par le droit fëdëral. Ainsi, en ce qui concerne un ëventuel intërët public 46/62 0 prëpondërant comme motifjustificatif au sens de I'art. 13 LPD, iI convient de rëitërer que la lutte contre la pandëmie est une täche publique et non une täche qui incombe aux personnes privëes. Pourquelque raison que ce soit, cette täche est rëgie par le droit public. Dans les cantons oü une disposition cantonale fait dëfaut, cette täche est exclusivement rëgie par le droit public fëdëral. La base lëgale pertinente du Conseil fëdëral ne prëvoit pas d'accës direct ä une base de donnëes centralisëe. Les droits d'accës aussi ëtendus que ceux prëvus par le systëme SocialPass n'ont donc pas ëtë jugës nëcessaires pour lutter contre la pandëmie et ne sont dës lors par justifËës sur la seule base lëgale pertinente dans le canton de Vaud. D'autre part, l’Ordonnance du Conseil fëdëral Covid-19 situation particuliëre, qui encadre la collecte des coordonnëes dans les ëtablissements accessibles au public a fait I'objet d'une rëvËsion totale de sorte que la structure et la numërotation des articles ont changë.6 L'art. 11 de l’Ordonnance (auparavant l’art. 5) est dësormais Ia disposition essentielle pour la collecte des donnëes des visiteurs. En sus des changements formels, I'obligation de collecter les coordonnëes des visiteurs a ëtë rëduite : dans les restaurants, les clients doivent uniquement partager Ëeurs coordonnëes s'ils prennent place ä I'intërieur. De plus, une seule personne par groupe doit communiquer ses coordonnëes ä l’exploitant de l’ëtablissement. Dans les discothëques, l’obligation de collecter les coordonnëes des clients a ëtë supprimëe. L’accës ä ces ëvënements est toutefois rëservë aux personnes en possession d’un certificat Covid-19 (Art. 13 Ordonnance COVID-19 situation particuliëre). Dans les centres de sports et lors d’ëvënements culturels, les coordonnëes doivent toujours ëtre coIËectëes. Les changements susmentionnës sont entrës en vigueur Ie 26 juin 2021. 3.3. Option < saisie manuelle » Le PFPDT constate que, d'une part, les coordonnëes des clients rëguliers sont enregistrëes localement surl'appareil et que, d'autre part, iI est possible d'exporter ces donnëes vers d'autres appareils au moyen d'un code QR. En outre, toutes les coordonnëes des clients rëguliers sont affichëes sur les appareils utilisës par les ëtablissements. Avec la procëdure choisie, la mise en muvre de I'art. 5 LPD (exactitude des donnëes) requiert un effort organËsationnel considërable et ne permet mëme pas d’exclure certaines erreurs. Ainsi, les demandes d'information, de rectification ou d’effacement ne peuvent ëtre traitëes que de maniëre incomplëte. En outre, I'affichage de toutes les donnëes de contact viole le principe de proportionnalitë tel que consacrë ä I'art. 4 al. 2 LPD (d’un point de vue temporel et quantitatif), car l’ëtablissement peut consulter 6 Communiquë du Conseil fëdëral du 23.06.2021 https://www.bag.admin,ch/bag/fr/home/das- bag/aktuell/medienmitteËlungen.msg-id-84127.html, 47/62 0 ä tout moment d’avantage de donnëes sur une personne que ce qui est nëcessaire pour identifier le client (3) Recommandation concernant Ia liste des clients rëguliers SocialScan SocialPass adapte les processus et les fonctions de collecte et de mise ä disposition des coordonnëes des personnes recourant plusieurs fois ä I'application (par ex. les clients rëguliers) de sorte que la collecte des coordonnëes ne soit pas effectuëe par le personnel de service les coordonnëes des clients rëguliers que l’ëtablissement a enregistrëes puissent ëtre effacëes ou rectifiëes ä la demande de ces clients la synchronisation de la liste des clients rëguliers permette d'ëviter des statuts de donnëes diffërents au sein de la mëme structure, et que les donnëes soient soumËses ä un cycle de vie axë sur la finalitë seules les coordonnëes nëcessaires ä l'identification de la liste des clients rëguliers puissent ëtre consultëes (principe de minimisation des donnëes) 3.4. Transferts des numëros de tëlëphone aux Ëtats-Unis Comme indiquë ci-dessus (ch. 2.5.2), les numëros de tëlëphone mobile des utilisateurs sont transmis au Service Twilio, et donc aux Ëtats-Unis d'Amërique dans le cadre du processus de vërification Les Ëtats-Unis tombe dans la catëgorie des pays tiers ne disposant pas d’une lëgislation adëquate au sens de I'art. 6 al. ler LPD7. En dëpit de l’absence d'une lëgislation assurant un niveau de protection adëquat ä l’ëtranger, I'art. 6 al. 2 LPD prëvoit que des donnëes personnelles peuvent ëtre communiquëes ä l’ëtranger, ä l’une des conditions prëvues par cet alinëa. En l’espëce, aucune condition fixëe ä 1’art. 6 al. 2 LPD n’est remplie. Le PFPDT relëve avant tout que des garanties suffisantes, notamment de nature contractuelle, font dëfaut. II dëcoule de ce qui prëcëde qu’un niveau de protection adëquat n’a pas ëtë assurë par les responsables. Mëme si I'intërët (public) invoquë par les responsables afin de justifier la vërification des numëros semble comprëhensible dans le contexte actuel, force est de constater qu’iI n’est pas apparent pour quelles raisons il serait nëcessaire de recourir ä un service situë aux Ëtats-Unis, au lieu de mandater un service similaire ayant son siëge dans un pays offrant un niveau de protection des donnëes adëquat Par ailleurs, le PFPDT relëve que les personnes concernëes ne sont pas informëes du transfert de leur numëro de tëlëphone aux Ëtats-Unis, ni mëme de I'utilisation du service Twilio. Aucune information ä 7 Liste des Etats ayant une lëgislation assurant un niveau de protection adëquat, pubIËë sous https://www.edoeb.admin.ch/dam/edoeb/fr/dokumente/2020/staatenliste.pdf.download.pdf/20200908 Staatenliste f.pdf 48/62 0 propos de Twilio n’est disponible ni sur Ie site internet ni dans les App-Store. Ce manque d’information constitue une violation du principe de transparence (art. 4 al. 4 LPD). (4) Recommandation concernant Ie service de vërification des numëros SocialPass apporte des garanties manifestes (p.ex. au moyen d'un accord avec Twilio) pour qu’un niveau de protection adëquat soit garanti dans le cadre du transfert des numëros de tëlëphone des utiËËsateurs au service < Twilio » aux Etats-Unis ; Alternativement, SocialPass recourt ä un service alternatif qui n'impËique pas un transfert vers un pays ëtranger dont Ie niveau de protection est inadëquat. Les utilisateurs sont informës de maniëre transparente sur Ie transfeR des donnëes au service de tiers (Twilio ou autre), des modalitës d’enregistrement et des possibilitës de demander l’effacement des propres donnëes 3.5. Stockage centralisë et permanent du numëro de tëlëphone mobile dans le processus d'enregistrement Le PFPDT note que, pour que le tra9age des contacts fonctionne, iI est entre autres nëcessaire que le numëro de tëlëphone mobile soit saisi dans SocialPass. Les numëros sont vërifËës au moyen du service OTP amëricain Twilio (cf. chapitre 2.5.2). Les numëros de tëlëphone sont ëgalement enregistrës de maniëre centralisëe dans Ia base de donnëe Azure. Rien n’a ëtë prëvu quant ä leur effacement. Les utilisateurs ne sont pas informës de maniëre transparente ni de l’enregistrement ni de I'utilisation que Twilio fait de leur numëro. De tels traitements de donnëes ne rëpondent pas aux exigences fixëes dans la LPD, notamment au principe de transparence tel que consacrë ä I'art. 4 al. 4 LPD. En outre, sur la base de I'art. 4 al. 2 LPD, le stockage centralisë du numëro de tëlëphone mobile lors du processus d’enregistrement est disproportionnë (du point de vue temporel) dans la mesure oLI ce numëro est conservë pour une durëe illimitëe, c'est-ä-dire une durëe allant au-delä de ce qui est nëcessaire pour la lutte contre le COVID-19. centralisël’enregistrement(5) Recommandation concernant et permanent du numëro de tëlëphone mobile dans le processus d'enregistrement SocialPass adapte le processus d'inscription des utilisateurs de sorte que - l’enregistrement centralisë du numëro de tëlëphone mobile soit limitë au strict nëcessaire pour le traitement visë, notamment en ce qui concerne la durëe de l’enregistrement (au plus tard lorsque Ia situation particuIËëre prend fin) ; les utilisateurs, avant d’installer l’application, soient informës de maniëre transparente quant au traitement de leur numëro de tëlëphone mobile 49/62 0 les utilisateurs soient informës de leurs droits et, en particulier, de la maniëre dont elles peuvent exercer leurs droits pour que les donnëes en lien avec I'enregistrement du numëro de tëlëphone mobile soient effacëes 3.6. Microsoft Azure (base de donnëes SQL) Deux des trois composants (SocialPass et SocialScan) ont fait I'objet d’une ëvaluation externe de la sëcuritë. Le troisiëme composant (base de donnëes centrale sur Azure) n'a pas ëtë auditë au motif que Microsoft est responsable de la sëcuritë. Le PFPDT relëve toutefois qu’en raison de plusieurs risques liës ä la sëcuritë des donnëes, comme p.ex. la possibilitë d’un data breach, les responsables devraient ëtre en mesure d’expliquer plus en dëtails pourquoi ils ont renoncë ä un audit adëquat.L’application SocialPass communique avec une infrastructure centrale (backend) hëbergëe chez Microsoft Azure. Avec Azure, beaucoup de rëglages sont prëdëfinis, mais d'autres doivent ëtre ajustës manuellement, comme les alertes et les accës utilisateurs. Pour la sëcuritë de la base de donnëes Azure SQL, iI est recommandë d’utiliser Azure Sentinel. Cela permet de recueillir des donnëes sur I'ensemble des utilisateurs, des appareils, des applications et des infrastructures et de dëtecter et d'analyser les rrienaces . Azure Sentinel ne permet toutefois pas de configurer, par exemple, des autorisations d’accës pour une base de donnëes SQL. Or, conformëment ä I'art. 7 LPD, une teIle configuration est obligatoire du point de vue de la sëcuritë des donnëes. SocialPass n'a pas encore confirmë au PFPDT que la configuration dans Azure est mise en auvre conformëment au WhitePaper et ä la Baseline8 applicables (voir ci- dessous). Le PFPDT constate donc que les recommandations faites par Microsoft (Azure security baseline) sur la protection de la base de donnëes SQL dans Azure sont insuffisamment mises en @uvre par SocialPass (6) Recommandation concernant la configuration et le renforcement de Microsoft Azure SocialPass configure la plateforme Microsoft Azure de sorte que a) les mesures de sëcuritë de la Baseline et du WhitePaper [1] de Microsoft soient mises en @uvre b) la vërification de I'efficacitë et la mise en @uvre de ces mesures puissent ëtre prouvëes 3.7. Divers aspects de sëcuritë des donnëes Les responsabËes ont affirmë que des amëliorations concernant la sëcuritë des donnëes ont ëtë mises en place, sans toutefois les concrëtiser. Les recommandations suivantes dans Ie domaine de la sëcuritë 8 https://docs.microsoft.com/en-us/security/benchmark/azure/baseIËnes/sql-database-security-baseline (ëtat au 21.4.2021 ) 50/62 0 des donnëes sont donc formulëes sous rëserve que les vulnërabilitës mises en lumiëre dans l’ëtablissement des faits du 20 mai 2021 n’ont pas ëtë corrigëes entre-temps. 3.7.1. Gestion desvulnërabilitës Le PFPDT note que les audits externes ont dëcelë des vulnërabilitës. Celles-ci ont ëtë ëvaluëes du point de vue de la sëcuritë informatique, mais pas de la sëcuritë des donnëes au sens de I'art. 7 LPD en relation avec I'art. 8 OLPD. Cet aspect a fait l’objet d’une premiëre ëvaluation, par le PFPDT, dans la section 2.9.4 Afin de garantir la sëcuritë des donnëes conformëment ä 1’art. 7 LPD, iI faudrait classer toutes les vulnërabilitës (risques ëlevës comme faibles) de maniëre dëcroissante selon leur dangerositë du point de vue du droit de la protection des donnëes. (7) Recommandation concernant la gestion des vulnërabilitës SocialPass adapte les applications SociaËPass et SocialScan de sorte que a) les vulnërabilitës relevëes dans les rapports d’audit [A] [B] et [C] soient ëliminëes en fonction des risques qu'elles reprësentent b) les vulnërabilitës concernant Ia protection des donnëes, en particulier soient ëltmËnëes sans dëla 3.7.2. Mise en place d’une authentification forte Le PFPDT constate que, sur la base des informations fournies, iI n'est pas possible de savoir quels composants du systëme SocialPass sont sëcurisës par I'authentification ä deux facteurs et donG protëgës contre tout accës, modification ou destruction non autorisës, si 1’on se rëfëre ä l’ëtat actuel de la technique et ä I'art. 7 LPD en relation avec I'art. 8 s. OLPD. (8) Recommandation concernant la mise en place d’une authentification forte SocialPass revoit Ë'accës ä tous ses composants de sorte que ceux-ci, en fonctËon de l’ëtat actuel de la technique, permettent une authentification robuste, voire y soient obligatoirement soumËs si la protection des donnëes l’exige 3.7.3. Utilisation disproportionnëe d'identifiants Le PFPDT note que, outre le numëro de tëlëphone, le traitement des donnëes dans le cadre de SocialPass englobe I'IMEI (International Mobile Equipment Identity, un numëro de sërie unique ä quinze chiffres pour les appareils) et, dans Ie cas d'Android, ëgalement un UID (Unique ID) du numëro d'utilisateur provenant de Google Firebase. La saisie des donnëes de contact en vue du tragage vise toutefois les personnes et non les appareils. Les opërateurs n'ont pas expliquë, et les informations disponibles n’indiquent pas clairement en quoi I'utilisation de ces identifiants est nëcessaire 51 /62 0 Parconsëquent, iI est inutile, et par ce fait, disproportionnë du point de vue de I'art, 4 al. 2 LPD, d’utiliser des identifiants spëcifiques aux appareils et aux applications ä cette fin. Les numëros de tëlëphone peuvent trës bien ëtre vërifiës sans que ces identifiants soient utilisës traitement(9) Recommandation identifiantsIe desconcernant d’appareils SocialPass renonce au traitement des identifiants qui ne sont pas nëcessaires ä la lumiëre de la finalitë poursuivie, notamment IMEI, Firebase-ID et Unique ID provenant de Google Firebase 3. 7.4. Organisation et docume.ntation relatives ä la sëcuritë des donnëes Les responsables de SocialPass n’ayant pas soumis de documentation relative ä la sëcuritë des donnëes, dans le cadre de la prësente procëdure, portant sur les responsabilitës en la matiëre, le PFPDT part du principe qu’une teIle documentation fait dëfaut. Le PFPDT constate en outre qu'il n'existe pas de rëglement de traitement au sens de I'art. 11 OLPD incluant une stratëgie de sëcuritë (notamment celle des donnëes) pour SocialPass et SocialScan. Un tel rëglement sert ä mettre en @uvre et ä documenter la stratëgie de sëcuritë et dëcrit les mesures techniques et organisationnelles mises en muvre au sens de I'art. 7 LPD En vertu de 1’art. 11a al. 5 lit. a LPD, les responsables de la base de donnëes ne sont pas soumis ä l’obligation de dëcËaration d'un fichier, s’iI est assumë que les donnëes sont traitëes par une personne privëe en vertu d’une obligation lëgale. Par contre, 1’art. 11 OLPD prëvoit l’obligation d'ëlaborer un rëglement de traitement pour les fichiers automatisës, y compris pour les maTtres de fichiers dëliës de l’obligation de dëclaration ä condition que cette exception soit basëe sur la lettre a de 1’art. 11a al. 5 LPD (10)Recommandation concernant la documentation relative ä la sëcuritë des donnëes Les responsables de SocialPass se dotent d'un rëglement de traitement portant notamment sur la sëcuritë des donnëes et proposant une stratëgie de sëcuritë documentëe qui comprenne des mesures organisationneIËes et technËques relatives ä la sëcuritë des donnëes qui soient en phase avec I'ëtat actuel de la technique attribue de maniëre claire et documentëe tes täches qu’eIle prëvoit aux diffërents acteurs soit rëguliërement contrölëe quant ä l’efficacitë de sa mise en @uvre 52/62 0 4. Prises de position des parties 4.1. Remarques prëliminaires relatives au droit d’ëtre entendu Ni 1’art. 29 LPD ni 1’art. 34 OLPD ne contiennent des rëgles spëcifiques quant aux divers dëlais ä respecter dans le cadre d’une procëdure d’ëtablissement des faits. La pratique du PFPDT en tant qu’autoritë fëdërale indëpendante consiste ä garantir un dëlai de rëponse raisonnable aux parties afin que ces derniëres puissent exercer teur droit d’ëtre entendu. Si le PFPDT est tenu de garantir te droit d’ëtre entendu aux parties impliquëes dans une procëdure d'ëtablissement des faits, les parties elles- mëmes ont un devoir de collaboration consacrë ä 1’art. 34 LPD. Lorsque le PFPDT fixe les diffërents dëlais au cours de la procëdure d’ëtablissement des faits, iI procëde toujours aussi ä une pesëe des intërëts. D'une part, iI prend en compte le besoin pour les parties d’avoir Ie temps de prëparer leurs soumissions. D’autre part, iI estime que les parties ont un devoir de collaborer et qu'il leur appartient de lui transmettre toute information utile au bon dëroulement de la procëdure, p.ex. lorsque certains ëlëments de faits subissent un changement en cours de procëdure. Enfin, ëtant donnë qu’une procëdure d’ëtablissement des faits n’est qu’engagëe en cas d'« erreur de systëme », c’est-ä-dire lorsqu’un traitement risque de porter atteinte ä la personnalitë d’une multitude de personnes, l’intërët du public ä ëtre informë Ie plus töt possible de cette erreur de systëme est pris en compte dans la pesëe des intërëts. La prësente procëdure porte surune application numërique proposëe par deux entreprises privëes dans toute Ia Suisse pourlutter contre la pandëmie actuelle. Cette application traite des donnëes personnelles et affecte tout particuliërement Ia population des cantons de Vaud et Valais, notamment en raison des exigences des autoritës sanitaires de ces deux cantons. Dans ce contexte, le PFPDT s’est efforcë de faire aboutir la procëdure d’ëtablissement des faits en temps utile. Toutefois, cette procëdure s'est avërëe exceptionnellement longue et compliquëe. Lors de la fixation des dëlais de rëponse et de I'ëvaluation des nombreuses demandes de prolongation de dëlais reQues (cf. chapitre 1.4), le PFPDT a donc, entre autres, dü tenir compte du fait que, la deuxiëme vague de la pandëmie s’est calmëe au dëbut de I'ëtë 2021. Cette ëvolution ëpidëmËologique a eu pour consëquence que les restaurants ont pu rouvrir ä ce moment-lä. Ainsi, une reprise de l’utiËisation de 1’application SocialPass ëtait imminente. Le PFPDT a donc estimë que la sensibilisation de la population aux risques du traitement de donnëes ëtait urgente. 4.2. Prise de position des parties relative aux faits ëtablis Ie 20 mai 2021 Dans le cadre de la prësente procëdure, notamment au vu de la rëouverture des terrasses des restaurants Ie 19 avril 2021, le PFPDT a remis des recommandations provisoires aux parties Ie 7 avril 2021. Le 23 avril 2021, les parties ont refusë ces recommandations par courrier de Lexing Switzerland 53/62 0 Par lettre du 20 mai 2021, le PFPDT a ensuite communiquë aux parties les faits tels qu’ëtablis au chapitre 2 afin qu'elles puissent prendre position. Au vu de la rëouverture de l’intërieur des restaurants Ie 31 mai 2021, le PFPDT a estimë qu'un dëlai de rëponse d'une semaine ëtait approprië au regard des circonstances particuliëres de la prësente affaire. Les parties ont dëcidë de laisser expirer le dëlai de rëponse fixë au 27 mai 2021, notamment aprës que le PFPDT ait rejetë et leur demande de prolongation de dëlai d'au moins 30 jours et la demande de rëcusation des collaborateurs en charge du dossier soumise par Lexing Switzerland. 4.3. Prise de position des parties relative au rapport final et aux recommandations du 28 mai 2021 Par courrier du 28 mai 2021, le PFPDT a informë les parties de la fin de la prësente procëdure d’ëtablissement des faits, leur a remis le prësent rapport et les recommandations y relative dans leur version du 28 mai 2021 et les a invitëes ä lui faire savoir dans un dëlai de 30 jours, conformëment ä I'art. 29 al. 4 PFPDT, si elles acceptaient ou rejetaient les recommandatËons. Par courrier du 14 juin 2021 au PFPDT, Lexing Switzerland a notifië Ia fin de son mandat dans la prësente procëdure. Cette fin de mandat a conduit le PFPDT ä accorder une prolongation du dëlai de 30 joursjusqu'au 16 juillet 2021, notamment ä la suite d’une demande des parties dësormais agissant pour leur propre compte. Aprës que les parties aient rëvoquë la demande de rëcusation du personnel du PFPDT, deux visioconfërences constructives ont eu lieu entre elles et le PFPDT Ie 7 et Ie 24 juin 2021, auxquelles ont ëgalement participë les autoritës de santë et de protection des donnëes ainsi que les associations de la gastronomie des cantons de Vaud et Valais. Sur la base des ëchanges qui ont eu lieu dans le cadre de ces deux visioconfërences, les exploitants de SocËalPass ont soumis, le 9 juillet 2021, une prise de position par rapport aux recommandations ëmises par le PFPDT dans son rapport notifië Ie 28 mai 2021. Le prësent chapitre traite en dëtail des rëponses re9ues. 4.3. 7. Recommandation (1) concernant les röles et les responsabilitës La recommandation (1) formulëe ci-dessus au chapitre 3.1 et reprise ci-dessous est la suivante: (1) Recommandation röles et responsabilitës Les sociëtës NewCom4U Särl et SwissHeIËos Särl doivent unËformiser tous les documents (site web, appstores et app) afin de respecter leurs obligations lëgales en tant que maitres du fichier au sens de 1’art. 3 lit. i LPD Les exploitants de SocialPass confËrment avoir donnë suite ä cette recommandation, toutefois sans apporter de prëcËsions (I'affirmation correspondante est limitëe ä « fait »). En tout ëtat de cause, le PFPDT prend note que les parties acceptent la recommandation (1) concernant les röles et les responsabilitës. 54/62 0 Le PFPDT constate en plus que, notamment dans la dëclaration de confidentialitë publiëe sur Ie site web de SocialPass, seule l’entreprise NewCom4U Särl est mentionnëe comme maitre du fichier. Toutefois, cela ne correspond pas ä 1’ apprëciation du PFPDT (cf. chapitre 3.1) selon laquelle les deux sociëtës doivent ëtre considërëes conjointement comme maTtres du fichier. La responsabilitë commune doit ëtre rendue transparente, c'est-ä-dire que les deux maTtres du fichier doivent figurer de manËëre cohërente dans la documentation La recommandation (1) concernant les röles et responsabilitës n'a donc pas encore ëtë complëtement mise en @uvre ä I'heure actuelle. 4.3.2. Recommandation (2) concernant Ia base de donnëes centrale La recommandation (2) formulëe ci-dessus au chapitre 3.2 et reprise ci-dessous est la suivante (2) Recommandation La possibilitë d'accës direct ä la base de donnëes centrale doit ëtre limitëe ä ce qui est strËctement nëcessaire ä la collecte lëgale des coordonnëes, de sorte qu'elle soit proportionnëe ; en particulier, la possibilitë de rechercher des personnes doit ëtre ëliminëe de cette maniër9 Les exploitants de SocialPass confËrment avoir donnë suite ä cette recommandation centrale, toutefois sans apporter de prëcisions (I'affirmation correspondante est limitëe ä < fait >). En tout ëtat de cause, Ie PFPDT prend note que les parties acceptent la recommandation (2) concernant l’accës direct ä la base de donnëes centrale et la possibilitë de rechercher des personnes. 4.3.3. Recommandation (3) concemant Ia liste des clients rëguliers SocialScan La recommandation (3) formulëe cË-dessus au chapitre 3.3 et reprise ci-dessous est la suivante : (3) Recommandation concernant Ia liste des clients rëguliers SocialScan SocialPass adapte les processus et les fonctions de collecte et de mise ä disposition des coordonnëes des personnes recourant plusieurs fois ä 1’application (par ex. les clients rëguliers) de sorte que - la collecte des coordonnëes ne soit pas effectuëe par le personnel de service, - les coordonnëes des clients rëguliers que l’ëtablissement a enregistrëes puissent ëtre effacëes ou rectifiëes ä la demande de ces clients, - la synchronisation de la liste des clients rëguliers permette d’ëviter des statuts de donnëes diffërents au sein de la mëme structure, et que les donnëes soient soumises ä un cycle de vie axë sur la finalitë, seules les coordonnëes nëcessairës ä I'identification de la liste des clients rëguliers puissent ëtre consultëes (principe de minimisation des donnëes) 55/62 0 Ä propos de cette recommandation, la prise de position des exploitants de SocialPass se lit comme suit < Ces informations ne sont disponibles que sur les appareils SOCIALSCAN des restaurants et pas dans Ia base centrale. a) Cette recommandation n’est pas praticable dans la perspective d’une personne ägëe qui veut donner ses informations dans l’application. C’est donc au personnel que revient la täche de saisir ces informations. b) Cette n’existe pas pour 1’instant et nous prëvoyions de l’implëmenter dans une prochaine phase de dëveloppement. c) Le processus de synchronisation est basë sur la finalitë car iI permet LIne collecte de donnëes conforme. d) Seules les informations minimales sont recueillies actuellement ». Le PFPDT dëduit de cette rëponse que les exploitants acceptent partiellement les recommandations (3) concernant Ia liste des clients rëguliers SocialScan. II prend acte des remarques quant ä la praticabilitë de la mise en @uvre des recommandations et dëcidera de la suite ä donner ä cette rëponse dans le cadre d'ëventuelles contröles de suivi. 4.3.4. Recommandation (4) concemant Ie service de vërification des numëros La recommandation (4) formulëe ci-dessus au chapitre 3.4 et reprise ci-dessous est la suivante : (4) Recommandation concernant Ie service de vërification des numëros SocialPass apporte des garanties manifestes (p.ex. au moyen d'un accord avec Twilio) pour qu’un niveau de protection adëquat soit garanti dans le cadre du transfert des numëros de tëlëphone des utilisateurs au service « Twilio > aux Etats-Unis ; Alternativement, SocialPass recourt ä un service alternatif qui n'implique pas un transfert vers un pays ëtranger dont Ie niveau de protection est inadëquat. Les utilisateurs sont informës de maniëre transparente sur le transfert des donnëes au service de tiers (Twilio ou autre), des modalitës d’enregistrement et des possibilitës de demander I'effacement des propres donnëes Ä propos de cette recommandation, les exploitants de SocialPass ont soumis au PFPDT Ia prise de position suivante : < Twilio a ëtablie des mesures de protection de donnëes qui ëtaient approuvë par la Communautë Europëenne. Binding Corporate Rules et https://www.twilio.com/gdpr Nous considërons que cela suffise comme garantie manifeste du niveau de protection de donnëes. 56/62 0 Twilio ne dispose seulement d’un numëro de tëlëphone qui n'est pas associë ä un nom. Dont, personne ne pourrait dire je suis xy veuillez effacer mon numëro tel. Le nom xy n'est pas dans la base de donnëes, seulement un no. de tel. sans identifiant D Les exploitants n'expliquent pas dans quelle mesure les mesures prësentëes rëpondent aux exigences du PFPDT en matiëre de garanties suffisantes au sens de la LPD9. Les exploitants ne se prononcent pas non plus sur l’aspect de la reconnaissabilitë du traitement. Le PFPDT dëduit de cette rëponse que les exploitants n'acceptent pas les recommandations (4) concernant Ie service de vërification des numëros. II dëcidera de la suite ä donner ä cette rëponse dans Ie cadre d'ëventuelles contröles de suivi. 4.3.5. Recommandation (5) concemant l’enregistrement centralisë et permanent du numëro de tëlëphone mobile dans le processus d'enregistrement La recommandation (5) formulëe ci-dessus au chapitre 3.5 et reprise d-dessous est la suivante : (5) Recommandation l’enregistrementconcernant centralisë et permanent du numëro de tëlëphone mobile dans le processus d'enregistrement SocialPass adapte le processus d'inscription des utilisateurs de sorte que I'enregËstrement centralisë du numëro de tëlëphone mobile soit limitë au strict nëcessaire pour le traitement visë, notamment en ce qui concerne la durëe de l’enregistrement (au plus tard lorsque Ia situation particuliëre prend fin) les utilisateurs, avant d’installer I'application, soient informës de maniëre transparente quant au traitement de leur numëro de tëlëphone mobile les utilisateurs soient informës de leurs droits et, en particulier, de la maniëre dont elles peuvent exercer leurs droits pour que les donnëes en lien avec l’enregistrement du numëro de tëlëphone mobile soient effacëes Ä propos de cette recommandation, la prise de position des exploitants de SocialPass se lit comme suit < L’enregistrement centralisë du numëro de tëlëphone est limitë comme recommandë. Les utilisateurs sont informës par la publication https://www.socialpass.ch/mentionsleqales/ > en 9 Cf. https://www.edoeb.admin.ch/edoeb/fr/home/protection-des-donnees/handel-und-wirtschaft/uebermittlung-ins-ausland,html 57/62 0 Le PFPDT prend note que les parties acceptent la recommandation (5) concernant l’enregistrement centralisë et permanent du numëro de tëlëphone mobile dans le processus d'enregistrement. Cependant, le PFPDT constate que la dëclaration de confidentialitë mentionnëe ne porte que sur I'utilisation des donnëes collectëes pour le trag'age des contacts. Or, la recommandation susmentionnëe fait rëfërence au stockage du numëro de tëlëphone au cours du processus d'enregistrement. En raison de ce manque de clartë, le PFPDT estime que cette recommandation n’a pas ëtë suivie de mesures concrëtes et iI en dëduit que la recommandation n'a pas encore ëtë mise en place complëtement ä I'heure actuelle. 4.3.6. Recommandation (6) concemant la configuration et le renforcement de Microsoft Azure La recommandation (6) formulëe ci-dessus au chapitre 3.6 et reprise ci-dessous est la suivante (6) Recommandation concernant la configuration et le renforcement de Microsoft Azure SocialPass configure la plateforme Microsoft Azure de sorte que a) les mesures de sëcuritë de la Baseline et du WhitePaper [1] de Microsoft soient mises en @uvre b) la vërification de I'efficacitë et la mise en @uvre de ces mesures puissent ëtre prouvëe9 La rëponse des exploËtants de SocialPass ä cette recommandation se lit comme suit: « En cours d’implëmentation. Disponible d’ici Ia fin du mois d’aoüt. D Le PFPDT prend note que les parties acceptent la recommandation (6) concernant la configuration et Ie renforcement de Microsoft Azure et attend les preuves correspondantes dës que la mËse en cnuvre de cette recommandation aura eu lieu 4.3.7. Recommandation (7) concernant la gestion desvulnërabilitës La recommandation (7) formulëe ci-dessus au chapitre 3.7.1 et reprise ci-dessous est la suivante : (7) Recommandation concernant la gestion des vulnërabilitës SocialPass adapte les applications SocialPass et SocialScan de sorte que a) les vulnërabilitës relevëes dans les rapports d'audËt [A] [B] et [C 1 soient ëliminëes en fonction des risques qu’elles reprësentent, b) les vulnërabilitës concernant Ia protection des donnëes, en particulier soient ëliminëes sans dëlai. 58/62 0 Les exploitants de SocialPass confirment avoir donnë suite ä cette recommandation, toutefois sans apporter de prëcisions (l’affirmation correspondante est limitëe ä < fait »). En tout ëtat de cause, le PFPDT prend note que les parties acceptent la recommandation (7) concernant la gestion des vulnërabilitës. 4.3.8. Recommandation (8) concernant la mise en place d’une authentification forte La recommandation (8) formulëe ci-dessus au chapitre 3.7.2 et reprise ci-dessous est la suivante (8) Recommandation concernant la mise en place d’une authentification forte SocialPass revoit I'accës ä tous ses composants de sorte que ceux-ci, en fonction de l’ëtat actuel de la technique, permettent une authentification robuste, voire y soient obËigatoirement soumis si la protection des donnëes l’exige Les exploitants de SocialPass confirment avoir donnë suite ä cette recommandation, toutefois sans apporter de prëcisions (I'affirmation correspondante est IËmitëe ä « fait »). En tout ëtat de cause, le PFPDT prend note que les parties acceptent la recommandation (8) concernant la mise en place d’une authentification forte 4.3.9. Recommandation (9) concemant le traitement des identifiants d’appareils La recommandation (9) formulëe ci-dessus au chapitre 3.7.3 et reprise ci-dessous est la suivante Ie traitement des identifiants(9) Recommandation concernant d’appareils SocialPass renonce au traitement des identifiants qui ne sont pas nëcessaires ä la lumiëre de la finalitë poursuivie, notamment IMEI, Firebase-ID et Unique ID provenant de Google Firebase La prise de position par rapport ä cette recommandation se lit comme suit: < Nous utilisons un identifiant qui ne correspond pas ä tMEI ou FIREBASE-ID mais qui est unique et gënërë par 1’application SocialPass >. Le PFPDT conclut de cette rëponse que les exploitants de SocialPass acceptent la recommandation (9) concernant le traitement des identifiants d'appareils. 4.3.10. Recommandation (10) concemant la documentation relative ä la sëcuritë des donnëes La recommandation (10) formulëe ci-dessus au chapitre 3.7.4 et reprise ci-dessous est la suivante 59/62 0 (10) Recommandation concernant la documentation relative ä la sëcuritë des donnëes Les responsables de SocialPass se dotent d’un rëglement de traitement portant notamment sur la sëcuritë des donnëes et proposant une stratëgie de sëcuritë documentëe qui comprenne des mesures organisationneIËes et techniques relatives ä la sëcuritë des donnëes qui soient en phase avec I'ëtat actuel de la technique attribue de maniëre claire et documentëe les täches qu’eIle prëvoit aux diffërents acteurs soit rëguliërement contrölëe quant ä l’efficacitë de sa mise en muvre La prise de position par rapport ä cette recommandation se lit comme suit : « a) Nous allons nous doter d’un organigramme avec des fonctions dëdiëes ä la sëcuritë des donnëes. 11 sera constituë d’un organe de direction qui veillera ä 1’application des normes en vigueur concernant Ia protection des donnëes. b) Nous allons dëlëguer les täches de documentation des processus et de l’exëcution de ces processus auprës d’une compagnie externe. c) Nous allons nous doter d’un organe de vërification de l’exëcution et de la maintenance des processus dëcrit au point b > Le PFPDT conclut de cette rëponse que les exploitants de SocialPass acceptent cette recommandation. II attend les preuves correspondantes dës que la mise en muvre de cette recommandation aura eu IËeu. 5. Conclusion Depuis le dëbut de la procëdure d'ëtablissement des faits, qui s'est avërëe exceptionnellement longue et compliquëe, des ajustements importants ont ëtë effectuës par les responsables de SocialPass. En particulier, les exploitants de SocialPass ont affirmë avoir mis en muvre la recommandation (2) concernant I'accës direct ä la base de donnëes centrale. Dës lors, le PFPDT suppose que les utilisateurs de SocialPass ne sont plus exposës ä un accës potentiellement excessif sur leurs coordonnëes de la part des autoritës sanitaires (via une recherche ciblëe des personnes dans Ia base de donnëes centrale). De plus, les exploitants ont confirmë au PFPDT que les faiblesses techniques – en particulier celles relevëes dans les recommandations (6) ä (10) – ont ëtë corrigëes. Les risques d’une atteinte au droit de la personnalitë des personnes concernëes liës ä I'utilisation de I'application SocialPass ont donc t,onsidërablement ëtë rëduits au cours de la procëdure. Dans le cadre d’un ëventuel suivi du contröle, 60/62 0 Ie PFPDT reviendra sur les diverses implëmentations des recommandations prëvues et de maniëre ponctuelle sur d’autres aspects mentionnës dans le prësent rapport. Au vu de la sensibilitë des donnëes personnelles traitëes et des rëactions de la sociëtë civile, le contröle du systëme SocialPass quant au respect des exigences de protection des donnëes s'est avërë nëcessaire et efficace. Les constatations faites et recommandations ëmises par le PFPDT pourront servir de marche ä suivre pour d’autres exploitants privës, qui souhaiteraient dëvelopper des systëmes de gestion de rëservations dans le cadre de la lutte contre la pandëmie du Covid-19. 6. Suite de la procëdure La maniëre dont ces recommandations sont mises en @uvre en pratique relëve de la seule responsabilitë des exploitants de SocialPass qui sont affligës sur leurs dëclarations et affirmations (art. 34 LPD). Dans le cadre de la poursuite de la coopëration entre les exploitants de SocialPass et le PFPDT, notamment dans le cadre d'ëventuels contröles ultërieurs, le PFPDT se rëserve le droit de contröler Ie respect du cadre lëgal par les exploitants de SocialPass. Dans la mesure oü tesdites sociëtës refusent ou ne suivent pas les recommandations, le PFPDT peut porter 1’affaire devant Ie Tribunal administratif fëdëral pour dëcision (art. 29 al. 4 LPD) 7. Publication de la recommandation en vertu de 1’art. 30 al. 2 LPD Pour les raisons susmentionnëes, iI existe un intërët fondamental ä sensibiliser Ie public en temps utile par rapport aux risques potentiels pour la sphëre privëe et le droit ä I'autodëtermination, qui ëmanent des applications numëriques dëveloppëes pour lutter contre la pandëmie actuelle. Vu que la procëdure d’ëtablissement des faits s’est avërëe exceptionnellement longue et compIËquëe, le 31 mai 2021 –jour de la rëouverture des terrasses des restaurants – le PFPDT a donc informë Ie public quant aux aspects principaux de la procëdure d’ëtablissement des faits clöturëe Ie 28 mai 2021, y compris par rapport aux recommandations principales : SocialPass: limitation des possibilitës de recherche requise (admin.ch). La publication du rapport intëgral dans sa version du 4 aoüt 2021 n’aura lieu que sous rëserve que du point de vue des sociëtës SwissHelios Särl et NewCom4U Särl aucune donnëe confidentielle qui pourrait rëvëler des secrets d’affaire ou influencer la capacitë concurrentielle ne figure dans le rapport, 61 /62 0 Les sociëtës SwissHelios Särl et NewCom4U Särl sont priëes de vërifier que le rapport de contröle ne contienne pas de teIles informations confidentielles et de confirmer cet ëtat de fait par ëcrit au PFPDT dans un dëlai de 10 jours. Le Prëposë fëdëral ä la protection des donnëes et ä la transparence -.\ . LobsigerBerne, le 4 aoüt 2021 Adrian 62/62