<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> M., né en 1969, est au bénéfice d'une rente de l'assurance-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invalidité. En novembre 1997, il a transféré son domicile de Reconvilier à La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chaux-de-Fonds. Jusqu'à la fin du mois de février 1998, il a reçu des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestations complémentaires de la Caisse de compensation du canton de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Berne. Il est cependant resté sous la curatelle de A. du service social du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Jura bernois à Tavannes.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 12 janvier 1998, M. a déposé une demande de prestations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complémentaires auprès de la Caisse cantonale neuchâteloise de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation (CCNC) à Neuchâtel. Celle-ci a rendu le 20 mars 1998 une dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cision reconnaissant à l'assuré le droit à une telle prestation de 192</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs par mois à compter du 1er mars 1998. A la suite d'une erreur de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compréhension manifeste, la CCNC a cependant refusé toute prestation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complémentaire à l'intéressé à partir du 1er mai 1998 par décision du 9</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avril 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 12 mai 1998, agissant par sa curatrice, M. défère ce prononcé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au Tribunal administratif. Le recourant se plaint de ce que ni les primes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assurance-maladie, ni les frais d'un suivi éducatif, de 200 francs par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois, n'aient été considérés comme des dépenses reconnues par la caisse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation. En outre, il s'étonne que les frais de logement retenus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aient été limités, sans explication, à 200 francs par mois. Le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut implicitement à ce que la décision attaquée soit annulée et que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit aux prestations complémentaires lui soit reconnu, une fois prises en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considération les dépenses ci-dessus mentionnées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans le délai de réponse sur le recours, l'intimée annule la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision attaquée et celle du 20 mars 1998 pour les remplacer par un pro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">noncé du 4 août 1998 lequel prend en compte les frais de logement effec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tifs ainsi que des frais de transport servant à l'obtention du revenu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intéressé, ce qui conduit à reconnaître à ce dernier le droit à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestation complémentaire mensuelle de 219 francs à compter du 1er mars</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998. L'intimée conclut à l'acceptation partielle du recours dans le sens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa dernière décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par écriture du 6 août 1998, M. fait valoir que la question des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais de soutien éducatif reste litigieuse puisque la caisse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation intimée n'en a pas tenu compte dans sa nouvelle décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> La CCNC renonce à compléter ses observations sur le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) L'autorité dont la décision est attaquée peut, jusqu'au dépôt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa réponse, reconsidérer ou réviser sa décision (art.39 al.2 LPJA; 58</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">PA; ATF 103 V 109 cons.2).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'autorité de recours continue à traiter le recours dans la me-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sure où la nouvelle décision de l'autorité inférieure ne l'a pas rendu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans objet (RCC 1992, p.123 cons.5a et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, aux termes de l'écriture du recourant du 6 août</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1998, seule demeure litigieuse la question de la prise en compte, dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">calcul de la prestation complémentaire, d'une dépense de 200 francs par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois pour un soutien éducatif prodigué à l'intéressé par une institution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de La Chaux-de-Fonds.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Le bénéficiaire d'une rente AI peut prétendre une prestation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complémentaire si ses dépenses reconnues par la loi sont supérieures à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revenu déterminant (art.2 al.1 LPC). Le montant destiné à la couverture</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des besoins vitaux pour les personnes seules est actuellement de 14'690</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs au moins et de 16'290 francs au plus (art.3b al.1 litt.a ch.1 LPC).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">En outre, constituent des dépenses reconnues, le loyer d'un appartement et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les frais accessoires y relatifs (art.3b al.1 litt.b LPC), ainsi que, pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les personnes vivant à domicile, les frais d'obtention du revenu, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais d'entretien des bâtiments, les cotisations aux assurances sociales</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la Confédération, à l'exclusion de l'assurance-maladie, le montant for-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faitaire annuel pour l'assurance obligatoire des soins ainsi que les pen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sions alimentaires prévues par le droit de la famille (art.3b al.3 LPC).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ainsi, le montant des prestations complémentaires ne résulte pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des besoins effectifs de la personne dans chaque cas particulier, mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bien de normes objectives prescrites par la loi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le canton de Neuchâtel, les primes de l'assurance-maladie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligatoire des personnes bénéficiaires de prestations complémentaires à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'AVS/AI sont intégralement couvertes par les subsides de l'Etat sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réserve d'un montant maximum fixé par le Conseil d'Etat (art.15 de la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'introduction à la LAMal).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, la dépense litigieuse est justifiée de la ma-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nière suivante par Y. institution qui prodigue le suivi éducatif :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "Après quelques années passées dans notre foyer, M. est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> devenu externe à sa demande et en accord avec sa curatrice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Celle-ci a toutefois posé comme condition qu'il y ait un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> suivi financier, ne pouvant s'en charger elle-même du fait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de la distance géographique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En effet, si M. est parfaitement capable de s'assumer pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> le quotidien (courses, ménage, loisirs, etc.), il est encore</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> fragile sur le plan de la gestion de son argent, raison pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> laquelle cette demande de suivi a tout son sens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Afin d'en signifier la nécessité et l'importance, ce suivi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> pédagogique devait être sanctionné symboliquement. Nous nous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sommes donc mis d'accord sur une participation de 200 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> par mois, reconnaissance financière concrète des services</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rendus. (lettre d'Y. à la CCNC du 01.07.1998; D.5).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il apparaît de la sorte que cette dépense est justifiée par une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assistance à la gestion des biens de l'assuré. Or, pareille gestion in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">combe ordinairement au curateur (art.419 CC). D'ailleurs, lorsqu'une per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonne sous curatelle change de domicile - ce qu'elle fait librement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Carigiet, Ergänzungsleistungen zur AHV/IV, p.63 in fine) -, le for tuté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laire devrait passer au nouveau domicile (art.377 al.2 CC par analogie).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Si tel avait été le cas en l'occurrence, l'intervention d'Y. ne se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justifierait plus par l'éloignement géographique de la curatrice. De plus,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la rémunération pour la fonction de curateur est fixée en fonction du tra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vail que ce dernier a fourni et des revenus du pupille. Si ce dernier n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas les moyens de rémunérer lui-même son curateur, il incombe à la collec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tivité publique dont dépend l'autorité tutélaire de le faire (RJN 1994,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.42; Zen-Ruffinen, in JT 1989 I 46 et les références).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En tout état de cause, cette rémunération ne constitue donc pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une dépense reconnue pour le calcul de la prestation complémentaire et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">c'est à juste titre qu'elle n'a pas été prise en compte par la caisse de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation intimée. La dernière décision de celle-ci doit donc être con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">firmée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Il n'est pas perçu de frais, la procédure étant en principe gra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuite (art.7 LPC en corrélation avec l'art.85 al.2 litt.a LAVS). Il n'y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en outre pas lieu à allocation de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Confirme l'annulation de la décision attaquée et le bien-fondé de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> décision de l'intimée du 4 août 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Rejette le recours pour le surplus.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Dit qu'il est statué sans frais et sans dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 30 novembre 1998</span></p> </div></body></html>