<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp356272"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>122 V 65<br/><br/><br/><div class="paraatf">10. Extrait de l'arrêt du 27 février 1996 dans la cause Office fédéral des assurances sociales contre H. et Commission cantonale de recours en matière d'AVS, Genève</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp357648"></a> <a name="idp369488"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 22a VwVG</span> in Verbindung mit <span class="artref">Art. 96 AHVG</span>, <span class="artref">Art. 52 AHVG</span> und <span class="artref">Art. 81 Abs. 3 AHVV</span>: Gerichtsferien. <div class="paratf">Im Bereich der Haftung des Arbeitgebers nach <span class="artref">Art. 52 AHVG</span> ist der Fristenstillstand gemäss <span class="artref">Art. 22a VwVG</span> anwendbar auf die Frist von 30 Tagen, innert der die Ausgleichskasse bei der kantonalen Rekursbehörde Klage zu erheben hat. </div> </div> </div> <a name="idp381120"></a> <br/><div> <a name="idp392784"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 65</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page65"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 V 65 S. 65</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp398560"></a><span class="bold">A.- </span>La société K. SA a été déclarée en faillite le 6 mai 1991.</div> <div class="paraatf">Alléguant avoir subi dans cette faillite un dommage de 55'894 fr. 65, la Caisse interprofessionnelle d'AVS de la Fédération romande des syndicats patronaux (CIAM) a, le 13 juillet 1992, notifié à H., ancien administrateur de la société, une décision en réparation du dommage en raison du non-paiement de cotisations d'assurances sociales. <a name="page66"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 V 65 S. 66</div> </div> <div class="paraatf">H. a formé opposition le 21 juillet 1992.</div> <div class="paraatf">Le 3 septembre 1992, la caisse de compensation a porté le cas devant la Commission cantonale genevoise de recours en matière d'AVS en vue d'obtenir la "mainlevée" de cette opposition. H. a conclu, principalement, à l'irrecevabilité de la demande, pour cause de tardiveté.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp402960"></a><span class="bold">B.- </span>Le 21 septembre 1992, la caisse de compensation a également réclamé à V., ancien directeur de la société, le paiement, solidairement avec H., du montant précité de 55'894 fr. 65. V. a formé opposition le 20 octobre 1992 et la caisse de compensation a porté le cas devant la commission cantonale de recours le 19 novembre 1992.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp404688"></a><span class="bold">C.- </span>Par jugement du 25 avril 1995, la commission de recours a déclaré tardive la demande de la caisse de compensation dirigée contre H. Elle a d'autre part accordé à la caisse de compensation "la mainlevée de l'opposition" formée par V.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp406224"></a><span class="bold">D.- </span>L'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) interjette un recours de droit administratif en concluant à l'annulation du jugement cantonal, dans la mesure où il déclare irrecevables les conclusions de la caisse à l'encontre de H., et au renvoi de la cause à l'autorité cantonale pour qu'elle se prononce sur la responsabilité de cet ex-administrateur.</div> <div class="paraatf">H. conclut principalement à l'irrecevabilité du recours et subsidiairement à son rejet.</div> <div class="paraatf">V. conclut à l'annulation du jugement cantonal et au renvoi de la cause à la commission de recours pour qu'elle se prononce sur la responsabilité de H. La caisse de compensation conclut, implicitement, à l'admission du recours et produit un extrait d'une décision du 14 avril 1994 par laquelle la commission de recours - dans une autre composition il est vrai - a expressément statué en sens contraire au jugement entrepris.</div> <br/><div> <a name="idp409424"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extraits des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp410384"></a><span class="bold" id="consideration_1.">1. </span>(Pouvoir d'examen)</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp411456"></a><span class="bold" id="consideration_2.">2. </span>L'OFAS n'attaque le jugement cantonal que dans la mesure où il se rapporte à H. V. n'a, pour sa part, pas recouru contre ce jugement, qui est donc entré en force en ce qui le concerne.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp412880"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>a) En vertu de l'<span class="artref">art. 52 LAVS</span>, l'employeur qui, intentionnellement ou par négligence grave, n'observe pas des prescriptions et cause ainsi un dommage à la caisse de compensation est tenu à réparation. Si l'employeur <a name="page67"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 V 65 S. 67</div>est une personne morale, la responsabilité peut s'étendre, à titre subsidiaire, aux organes qui ont agi en son nom (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=28&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F119-V-401%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page405">ATF 119 V 405</a> consid. 2 et les références).</div> <div class="paraatf">La procédure en réparation du dommage est soumise à des règles particulières, énoncées par l'<span class="artref">art. 81 RAVS</span>. D'après cette disposition, si la caisse de compensation décide de la réparation d'un dommage causé par l'employeur, elle doit notifier à celui-ci une décision contre laquelle il peut former opposition dans les trente jours, auprès de la caisse (al. 1 et 2). Si la caisse de compensation maintient sa décision, elle doit, dans les trente jours également et sous peine de déchéance de ses droits, porter le cas devant l'autorité de recours du canton dans lequel l'employeur a son domicile (al. 3).</div> <div class="paraatf">Selon les premiers juges, la demande de la caisse du 3 septembre 1992 est tardive, parce qu'elle n'a pas été présentée devant eux dans les trente jours suivant le moment où l'administration a eu connaissance de l'opposition de l'intimé, le 22 juillet 1992. La commission cantonale considère que les dispositions sur les féries figurant dans le nouvel <span class="artref">art. 22a PA</span> ne sont pas applicables au délai de l'<span class="artref">art. 81 al. 3 RAVS</span>, qui ne peut pas être suspendu. Il s'agit, selon la juridiction cantonale, d'un délai de fond et non d'un délai de procédure.</div> <div class="paraatf">b) L'<span class="artref">art. 22a PA</span>, entré en vigueur le 15 février 1992, a la teneur suivante:</div> <div class="paraatf">Les délais fixés en jours par la loi ou par l'autorité ne courent pas:</div> <div class="paraatf">a. Du 7e jour avant Pâques au 7e jour après Pâques inclusivement;</div> <div class="paraatf">b. Du 15 juillet au 15 août inclusivement;</div> <div class="paraatf">c. Du 18 décembre au 1er janvier inclusivement.</div> <div class="paraatf">Cette réglementation s'applique dans le domaine de l'AVS en vertu de l'<span class="artref">art. 96 LAVS</span>, qui déclare applicables les art. 20 à 24 PA. Comme ces dispositions de la PA ne contenaient, avant le 15 février 1992, aucune réglementation sur la suspension des délais, le Tribunal fédéral des assurances avait, dans sa jurisprudence constante, considéré qu'il s'agissait d'un silence qualifié de la loi et décidé que l'<span class="artref">art. 96 LAVS</span> excluait les dispositions cantonales en la matière (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=28&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F105-V-106%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page106">ATF 105 V 106</a>). Désormais, c'est donc le droit fédéral qui, en ce domaine, règle impérativement et exclusivement la suspension des délais pendant les féries.</div> <div class="paraatf">Applicables de manière générale en procédure administrative et judiciaire de première instance en matière d'AVS (et dans les branches d'assurance auxquelles s'applique par renvoi l'<span class="artref">art. 96 LAVS</span>; cf. RAMA 1994 no U 194 p. <a name="page68"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 V 65 S. 68</div>209), les art. 20 à 24 PA le sont incontestablement aussi à la procédure en réparation du dommage selon l'<span class="artref">art. 52 LAVS</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=28&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F119-V-7%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page8">ATF 119 V 8</a> consid. 3a; KNUS, Die Schadenersatzpflicht des Arbeitgebers in der AHV, thèse Zurich 1989, p. 81). Cela ressort sans équivoque de la systématique de la loi: l'<span class="artref">art. 96 LAVS</span> est inséré dans un chapitre intitulé "Dispositions diverses relatives à la première partie" et l'<span class="artref">art. 52 LAVS</span> figure dans cette première partie de la loi, appelée "L'assurance".</div> <div class="paraatf">c) Contrairement à l'opinion des premiers juges, le délai de l'<span class="artref">art. 81 al. 3 RAVS</span> est - au même titre que le délai de trente jours de l'<span class="artref">art. 81 al. 2 RAVS</span> - un délai de procédure auquel s'appliquent également les dispositions précitées de la PA, notamment l'art. 22a en matière de suspension des délais, comme l'avait du reste admis la même commission de recours dans sa décision précitée du 14 avril 1994.</div> <div class="paraatf">La procédure en réparation du dommage prévue par l'<span class="artref">art. 81 RAVS</span> déroge à la procédure habituellement applicable en droit des assurances sociales en ce sens qu'elle présente à la fois des éléments de juridiction dite primaire et des aspects de juridiction dite secondaire (cf. THOMAS NUSSBAUMER, Les caisses de compensation en tant que parties à une procédure de réparation d'un dommage selon l'<span class="artref">art. 52 LAVS</span>, RCC 1991, p. 401). Elle est ouverte par une décision de l'administration. L'opposition prévue à l'<span class="artref">art. 81 al. 2 RAVS</span>, qui se rapproche de l'opposition du droit des poursuites à l'encontre d'un commandement de payer, paralyse les effets de cette décision de manière à contraindre la caisse de compensation à introduire action en justice pour faire valoir son droit (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=28&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F117-V-131%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page135">ATF 117 V 135</a> consid. 5).</div> <div class="paraatf">On voit donc que la réglementation de l'<span class="artref">art. 81 RAVS</span> a pour seul objet d'organiser la procédure à suivre par les parties et en particulier de fixer les délais auxquels obéissent les moyens juridictionnels qu'elle institue. Ces délais ont une incidence sur la marche de la procédure, mais non sur l'existence même du droit litigieux (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=28&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F102-V-112%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page116">ATF 102 V 116</a>), dont l'extinction est soumise aux délais de péremption d'une année et de cinq ans fixés par l'<span class="artref">art. 82 al. 1 RAVS</span>. Leur inobservation porte certes à conséquence pour les parties: dans le cas de l'<span class="artref">art. 81 al. 2 RAVS</span>, le non-respect du délai entraîne l'entrée en force de la décision de la caisse, qui devient de ce fait exécutoire (ATF <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=28&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-V-284%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page287">ATF 116 V 287</a> consid. 3d); l'inobservation par la caisse du délai de trente jours de l'<span class="artref">art. 81 al. 3 RAVS</span> met un terme définitif à la procédure en réparation du dommage, à l'avantage du débiteur.<a name="page69"></a><div class="center pagebreak">BGE 122 V 65 S. 69</div> </div> <div class="paraatf">L'<span class="artref">art. 81 al. 3 RAVS</span> exige, il est vrai, que la caisse agisse dans un délai de trente jours "sous peine de déchéance de ses droits" ("bei Verwirkungsfolge" et "sotto pena di perenzione" selon les versions allemande et italienne). Mais cela n'autorise pas à conclure qu'il s'agit d'un délai de droit matériel, soustrait aux règles normales de procédure, notamment celles qui se rapportent au point de départ, au calcul et à l'échéance du délai. Cette formulation exclut toute demande présentée après l'expiration du délai (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=28&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=1996&amp;to_year=1996&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F108-V-189%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page198">ATF 108 V 198</a> consid. 6), lequel a le même effet péremptoire qu'un délai de recours (cf. GYGI, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2ème éd., p. 47).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp477856"></a><span class="bold" id="consideration_5.">5. </span>En l'espèce, selon les constatations des premiers juges, la caisse de compensation a eu connaissance de l'opposition de l'intimé le 22 juillet 1992. Le délai de l'<span class="artref">art. 81 al. 3 RAVS</span> devait normalement commencer à courir pendant la période de suspension, du 15 juillet au 15 août inclusivement. Son point de départ était donc reporté après cette période. En déposant sa demande à l'autorité cantonale le 3 septembre 1992, la caisse a agi en temps utile.</div> <div class="paraatf">Le Tribunal fédéral des assurances ne saurait se substituer à l'autorité cantonale en se prononçant sur le fond. Il convient donc d'annuler le jugement attaqué, dans la mesure où il concerne H., et de renvoyer la cause à la commission de recours pour qu'elle statue à nouveau au sens des considérants.</div> </div></body></html>