<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par décision du 14 août 1996, le service de l'assurance-maladie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a fixé les subsides de l'Etat au paiement des primes de l'assurance-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maladie obligatoire des soins pour C. et sa famille (assuré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">marié, avec deux enfants) à 10 % dès le 1er janvier 1996. Ce subside est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">calculé conformément aux règles prévues par l'arrêté du Conseil d'Etat du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">31 janvier 1996, fixant les normes de classification et le montant des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subsides en matière d'assurance-maladie obligatoire des soins, lequel pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">voit que le revenu déterminant pour la classification se compose des élé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments (et de certaines rubriques particulières) figurant dans la déclara-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion fiscale. L'arrêté prévoit en particulier que les déductions admises</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le fisc sont prises en considération jusqu'à concurrence d'un montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maximum de 10'000 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. C. a contesté ce plafonnement des déductions admises, essentiellement pour le motif que, étant propriétaire de l'immeuble qu'il habite et pour lequel une valeur locative est comptée dans son revenu, il supporte des intérêts passifs importants, dont il n'est pas tenu compte, ce qui entraîne une inégalité de traitement par rapport aux locataires. Par décision du 20 décembre 1996, le Département des finances et des affaires sociales a rejeté le recours formé par l'intéressé contre la décision du service de l'assurance-maladie. En résumé, le département a exposé que le calcul du subside était conforme aux règles applicables en la matière, et qu'il n'y avait pas d'inégalité de traitement dans la mesure où la situation d'un propriétaire n'est pas assimilable à celle d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">locataire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Par mémoire du 11 janvier 1997, C. a interjeté un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours devant le Tribunal administratif contre la décision du départe-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, dont il a demandé implicitement l'annulation, en reprenant l'argu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentation développée devant le département, estimant qu'il convient dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son cas d'accepter des déductions jusqu'à la concurrence de la valeur lo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cative. Ses motifs seront repris autant que besoin dans les considérants</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui suivent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le département a conclu, dans ses observations sur le recours,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au rejet de celui-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Par décision du 6 février 1997, le président de la Cour de céans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a déclaré le recours irrecevable parce que tardif. Le recourant ayant ce-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendant fait valoir, par lettre du 10 février 1997, qu'il a reçu une in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">formation erronée du greffe du tribunal sur la manière de calculer le dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lai de recours, renseignement qui est à l'origine du dépôt tardif de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mémoire, il a été informé qu'il serait procédé à la révision de la déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion d'irrecevabilité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Il peut y avoir motif à restitution de délai en cas d'indication</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">erronée des moyens juridictionnels, en vertu du principe de la protection</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la bonne foi (RJN 1993, p.106, 1980-1981, p.188). Il a été constaté en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'occurrence par décision d'irrecevabilité du 6 février 1997 que le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours était tardif, le délai de recours étant arrivé à échéance le 10 jan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vier 1997 et le recours ayant été déposé le lendemain seulement. Le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant fait cependant valoir que, s'étant renseigné auprès du greffe du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribunal sur la manière de calculer le délai de recours de 20 jours, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lui avait été répondu que ce délai devait être compté à partir du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jour ouvrable dès la réception de la décision litigieuse, savoir le 21</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décembre 1996, jour qui était un samedi, de sorte qu'il en avait déduit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le délai de recours commençait à courir seulement le lundi 23 décembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996. Après examen de cet allégué, il s'avère qu'effectivement l'intéressé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a reçu par téléphone ce renseignement erroné, ce qui doit entraîner la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">restitution du délai. S'agissant de l'allégation d'un fait nouveau impor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant, au sens de l'article 57 al.2 litt.a LPJA, la révision de la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 6 février 1997 s'impose, et il y a lieu d'entrer en matière sur le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Réputé interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi recevable (art.34 al.1, 35 de la loi d'introduction de la LAMal,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LILAMal; 35 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 65 al.1 LAMal, les cantons accordent des ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ductions de primes aux assurés de condition économique modeste. Dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">canton de Neuchâtel, ont droit à des subsides pour les primes de l'assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rance obligatoire des soins les personnes dont le revenu déterminant cor-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">respond à des normes de classification fixées chaque année par le Conseil</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'Etat (art.10 al.1 LILAMal). Le revenu déterminant comprend le revenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectif et une part de la fortune effective; il est calculé sur la base</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des critères fiscaux, selon les modalités arrêtées par le Conseil d'Etat</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.11 al.1 et 2 LILAMal). Les articles 20 ss LILAMal concernent la clas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sification proprement dite. Ainsi, en particulier, les assurés mariés, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas échéant leurs enfants mineurs qui dépendent d'eux, font l'objet d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">classification globale (art.20 al.1). La classification prend en compte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les revenus et la fortune de tous les membres de la famille (art.20 al.2).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Faisant usage de la délégation de compétence contenue dans l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 10 al.1 LILAMal, le Conseil d'Etat a adopté le 31 janvier 1996 le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règlement d'application de la LILAMal (RALILAMal). Selon l'article 34 al.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ce règlement, la taxation ordinaire de l'année courante est détermi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nante pour l'établissement de la classification annuelle. La classifica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion intermédiaire, qui intervient d'office ou sur demande lorsque les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circonstances l'exigent, en particulier en cas de modification notable de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la situation familiale ou financière de l'assuré (art.18 al.1 LILAMal), se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonde sur les revenus actuels des assurés. En principe, la fortune est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise en compte en son état au 31 décembre de l'année écoulée (art.44 al.3</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">RALILAMal).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Par ailleurs, l'arrêté du Conseil d'Etat du 31 janvier 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixant les normes de classification et le montant des subsides en matière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assurance-maladie obligatoire des soins (ci-après : l'arrêté), valables</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour l'année 1996, prévoit que les personnes soumises à l'assurance-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maladie obligatoire, affiliées auprès d'un assureur autorisé au sens de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">législation fédérale, sont classifiés dans le courant de l'année 1996 sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la base de leur taxation fiscale ordinaire de la même année (art.1). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assurés dont le revenu déterminant est inférieur à 39'000 francs pour une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne seule et 57'900 francs pour un couple, bénéficient de subsides</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour le paiement de leurs primes, au sens des articles 9 ss LILAMal (art.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1). Le revenu déterminant se compose, selon l'article 7 al.1, du revenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectif tel qu'il ressort du chiffre 14 de la déclaration fiscale cou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rante, sous réserve des alinéas 3 et 4 du présent article (litt.a), du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dixième de la fortune effective après déduction de 6'000 francs pour une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personne seule et 9'000 francs pour un couple (litt.b). Les déductions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admises aux chiffres 15 à 19 de la déclaration fiscale sont prises en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sidération à concurrence d'un montant maximum de 10'000 francs (al.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Lors d'une révision de classification, le SAM peut déroger aux critères</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fiscaux lorsque leur application conduirait à une classification manifes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement inéquitable (art.15 al.1). Une réglementation similaire a été édic-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tée pour 1997 et 1998 (arrêtés du Conseil d'Etat des 05.03.1997 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">26.11.1997).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Il apparaît, au vu des dispositions rappelées ci-dessus, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le législateur neuchâtelois a clairement voulu que le revenu déterminant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour l'octroi de subsides en matière d'assurance obligatoire des soins se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fonde sur des critères fiscaux, aussi bien en cas de classification an-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nuelle qu'en cas de classification intermédiaire. Cette règle est en effet</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ancrée dans la LILAMal à son article 11 al.2, c'est-à-dire dans la section</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">première, consacrée aux principes généraux de la réduction des primes par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des subsides des pouvoirs publics (chapitre 2 de ladite loi). A cet égard,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le Tribunal administratif a eu l'occasion de relever (arrêt du 09.03.1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la cause S.), comme il l'a déjà fait dans le domaine des avances des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contributions d'entretien - que la référence à la déclaration fiscale du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">requérant, contenue dans l'article 7 des arrêtés du Conseil d'Etat préci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tés, n'est pas des plus heureuses dans la mesure où elle vise un acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">subjectif de l'intéressé. Une telle déclaration est en effet un acte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">collaboration obligatoire du contribuable à la procédure de taxation sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lequel l'autorité fiscale doit statuer. Une fois entrée en force, c'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donc la décision de taxation de l'année courante, pour autant qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">existe - qui doit faire foi et non plus la déclaration d'impôt en tant que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">telle (RJN 1994, p.138 cons.3b in fine).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) En l'espèce, l'objet du litige est le plafonnement à 10'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs des déductions admises aux chiffres 15 à 19 de la déclaration fis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cale (formules en vigueur jusqu'au 31.12.1997), en application de l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 7 al.3 de l'arrêté fixant les normes de classification et le montant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des subsides en matière d'assurance-maladie obligatoire des soins. Le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant se plaint d'une inégalité de traitement en qualité de propriétaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un immeuble qu'il habite, dans la mesure où les intérêts hypothécaires à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa charge (lesquels peuvent être déduits sous chiffre 16 de la déclaration</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fiscale) ne sont pas déductibles du revenu déterminant pour la classifica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion jusqu'à concurrence de la valeur locative dudit immeuble.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'examen de ce grief doit se faire à l'aune des principes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui, en droit fiscal, justifient l'imposition de la valeur locative du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">logement occupé par son propriétaire. Le droit fiscal suisse considère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme revenus immobiliers d'une part toutes les indemnités que le proprié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire ou l'usufruitier d'un immeuble reçoit pour la mise à disposition</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un immeuble, d'autre part le revenu imputé au propriétaire ou à l'usu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fruitier qui utilise un immeuble pour son usage personnel. Ce revenu impu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té est appelé "valeur locative" de l'immeuble dans la terminologie fis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cale. Cette imputation constitue une exception à la règle qui veut que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'usage d'une chose dont le contribuable est propriétaire ne constitue pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un revenu. On la justifie soit par le fait que le locataire d'un appar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement ou d'une maison d'habitation ne peut pas déduire de son revenu le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">loyer qu'il paie à un tiers, soit par le fait que le propriétaire d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">immeuble peut déduire les intérêts passifs et les frais d'entretien affé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rents à son immeuble. Il a dès lors paru équitable de compter au proprié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire qui habite sa maison un loyer correspondant à celui qu'il aurait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perçu s'il l'avait louée (Jean-Marc Rivier, Droit fiscal suisse, l'imposi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion du revenu et de la fortune, p.111 et la référence citée). Par ail-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leurs, le principe de l'égalité de traitement est concrétisé par les prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipes de la généralité et de l'égalité de l'imposition, ainsi que par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe de la proportionnalité de la charge fiscale fondée sur la capa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cité économique. En vertu des principes de l'égalité d'imposition et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'imposition selon la capacité contributive, les contribuables qui sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans la même situation économique doivent supporter une charge fiscale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">semblable; lorsqu'ils sont dans des situations de fait différentes qui ont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des effets sur leur capacité économique, leur charge fiscale doit en tenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte et y être adaptée (ATF 122 I 314 cons.6a; 122 I 103 cons.2b, 118 Ia</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3 cons.3a, 114 Ia 323 cons.3b et les références citées).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ainsi, l'imposition de la valeur locative d'un immeuble vise à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réaliser un traitement égal, du point de vue fiscal, entre les proprié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taires des immeubles qu'ils habitent et les locataires. En effet, le prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipe de l'égalité de l'imposition exige que la charge fiscale se détermine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en fonction de la situation personnelle du contribuable et des biens éco-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nomiques qui sont à sa disposition pour la satisfaction de ses besoins.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'application dudit principe consiste donc à comparer les charges fiscales</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du contribuable. Sur le plan horizontal, la comparaison a lieu entre con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribuables ayant la même capacité contributive et devant payer des impôts</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de même importance (RJN 1989, p.195-196 et les références citées).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Un arrêté viole le principe de l'égalité de traitement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'il établit des distinctions juridiques qui ne se justifient par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucun motif raisonnable au regard de la situation de fait à réglementer ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'il omet de faire des distinctions qui s'imposent au vu des circons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tances, c'est-à-dire lorsque ce qui est semblable n'est pas traité de ma-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nière identique et ce qui est dissemblable ne l'est pas de manière diffé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rente; cela suppose que le traitement différent ou semblable injustifié se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rapporte à une situation de fait importante (ATF 121 I 104 cons.4a et la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence citée). En l'espèce, la décision attaquée d'une part prend</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en compte la valeur locative (18'040 francs) de l'immeuble habité par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">propriétaire dans le revenu déterminant, et d'autre part admet une déduc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion des intérêts passifs (et d'éventuels autres frais liés à l'entretien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'immeuble), mais seulement jusqu'à concurrence 10'000 francs au maxi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mum, comme le prévoit l'article 7 al.3 de l'arrêté. Or, si le propriétaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de condition économique modeste habitant son immeuble ne peut déduire ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intérêts passifs jusqu'à concurrence d'un montant raisonnable couvrant ses</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">besoins et ceux de sa famille, alors que son revenu comprend la valeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">locative de l'immeuble, la limite fixée à 10'000 francs conduit à le pla-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cer en situation d'inégalité par rapport au locataire dans le calcul de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">capacité financière d'un assuré en matière de primes de l'assurance obli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gatoire. Le seuil de 10'000 francs se révèle ainsi contraire aux prin-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cipes, dont il convient de s'inspirer, qui sur le plan fiscal permetttent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de réaliser une certaine égalité de l'imposition selon la capacité contri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">butive.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d) Cela ne signifie pas cependant que toutes charges hypothé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">caires doivent être prises en compte, sans limites. Car les subsides pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les primes de l'assurance-maladie obligatoire ne sont destinés qu'aux as-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">surés économiquement modestes (art.65 al.1 LAMal), et non pas à ceux dont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les ressources permettent de consacrer des dépenses très élevées au loge-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment. Pour tenir compte de cet élément, il ne s'impose pas, en particu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lier, de permettre dans tous les cas la déduction des intérêts passifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jusqu'à concurrence de la totalité de la valeur locative. On peut ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concevoir de fixer, pour ces charges spécifiques, un maximum (s'ajoutant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux autres déductions) tenant compte raisonnablement, dans une certaine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure, des loyers usuels et des besoins concrets de l'assuré et de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">famille. Mais d'autres solutions encore, prenant en compte des critères</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">différents, mériteraient peut-être d'être examinées. Il n'appartient ce-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendant pas au Tribunal administratif, mais au Conseil d'Etat en vertu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses compétences légales (art.11 al.2 et 3 LILAMal) d'établir la règle qui,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en la matière, satisfait le mieux aux exigences de la loi et des principes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constitutionnels.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans le cas particulier, les motifs qui précèdent conduisent à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'admission du recours et au renvoi de la cause au Département des fi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nances et des affaires sociales afin qu'il examine à nouveau, en tant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'autorité inférieure de recours, la décision litigieuse du service de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assurance-maladie en fonction des considérants qui précèdent.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. En matière d'assurance-maladie, la procédure est gratuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.87 litt.a LAMal). Le recourant n'alléguant pas avoir engagé des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais, il n'y a pas lieu d'allouer des dépens (art.87 litt.g LAMal; 48</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 LPJA a contrario).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet le recours en ce sens que la décision du Département des finances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> et des affaires sociales du 20 décembre 1996 est annulée et la cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> renvoyée audit département pour nouvelle décision au sens des considé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice ni alloué de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 28 avril 1998</span></p> </div></body></html>