C our III C -364/2006 {T 0/2} A rrêt du 24 août 2007 C om position : Bernard Vaudan (président du collège), Blaise Vuille, Antonio Im oberdorf (président de cham bre), juges, C laudine Schenk, greffière 1. A._______ et B._______, agissant pour eux-m êm es et leurs enfants, 2. C ._______, D ._______ et E._______ , agissant par leurs parents, recourants, représentés par le C entre Social Protestant (C SP), en la personne de M . R ém y Kam m erm ann, rue du Village-Suisse 14, case postale 171, 1211 G enève 8, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité intim ée, concernant R efus d'exception aux m esures de lim itation (art. 13 let. f O LE). B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l2 Faits : A. Le 19 octobre 2004, les époux A._______ et B._______, ressortissants de Serbie (province du Kosovo) nés respectivem ent le 10 décem bre 1974 et le 27 octobre 1975, ont sollicité de l'O ffice de la population du canton de G enève (ci-après: l'O C P) la régularisation de leurs conditions de séjour et de celles de leurs filles C ._______, née le 19 janvier 2000, et D ._______, née le 9 avril 2002. Il ressort des pièces du dossier (en particulier, de la requête des intéressés) que A._______ est venu illégalem ent en Suisse, le 25 janvier 1992. Après être retourné dans sa patrie au m ois de m ars 1993, il est revenu en Suisse, le 9 septem bre 1993. Le 17 octobre 1995, à la suite d'un contrôle de police, il a déposé une dem ande d'asile auprès du C entre d'enregistrem ent de G enève. Par décision du 29 m ai 1996 (entrée en force), l'O ffice fédéral des réfugiés (actuellem ent l'O ffice fédéral des m igrations [ci-après: l'O D M ]) a rejeté ladite dem ande, prononcé le renvoi de l'intéressé de Suisse et ordonné l'exécution de cette m esure. A la fin de l'année 1998, le requérant est retourné dans sa patrie pour se m arier, puis est revenu en Suisse au m ois d'avril 1999. Il a une nouvelle fois séjourné au Kosovo, de m ai à août 2001, avant de regagner la Suisse. Le 25 janvier 2003, son épouse est venue le rejoindre, avec leurs deux filles, à la faveur d'un visa de tourism e qui lui avait été délivré pour rendre visite à l'une de ses soeurs, établie sur le territoire helvétique. Les requérants ont fait valoir en substance qu'ils étaient financièrem ent autonom es, que leur com portem ent n'avait jam ais donné lieu à des plaintes, que leur fille aînée suivait sa prem ière année d'école enfantine et qu'ils allaient bientôt avoir un troisièm e enfant, se prévalant en particulier de la durée du séjour et de l'intégration socioprofessionnelle de A._______ en Suisse. B. Le 29 novem bre 2004, B._______ a donné naissance à un fils, prénom m é E._______. C . Le 27 février 2006, l'O C P a inform é les intéressés qu'il était disposé à leur délivrer une autorisation de séjour hors contingent, s'ils venaient à être exem ptés des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral, et a transm is le dossier à l'O D M pour décision. D . Le 15 juin 2006, l'O D M a rendu à l'endroit des requérants et de leurs enfants une décision de refus d'exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers au sens de l'art. 13 let. f de l'ordonnance du C onseil fédéral du 6 octobre 1986 lim itant le nom bre des étrangers (O LE, R S 823.21). L'autorité a constaté que les époux A._______ et B._______, qui avaient com m is des infractions aux prescriptions de police des étrangers, ne pouvaient se prévaloir ni d'un com portem ent irréprochable ni d'un séjour régulier en Suisse, de sorte que la durée de leur séjour dans ce pays ne constituait pas un élém ent déterm inant pour la reconnaissance du cas personnel d'extrêm e gravité. Elle a, par ailleurs, retenu que les 3 intéressés n'avaient pas fait preuve d'une intégration socioprofessionnelle particulièrem ent m arquée, susceptible de justifier, à elle seule, une exem ption des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral, au regard de la législation et de la pratique restrictives en la m atière. Elle a égalem ent estim é qu'un retour des requérants en Serbie ne les exposerait pas à des difficultés insurm ontables, eu égard aux nom breuses années qu'ils avaient passées dans ce pays, avec lequel ils avaient nécessairem ent conservé des attaches étroites et où vivaient encore plusieurs m em bres de leurs fam illes respectives. Enfin, elle a considéré que la situation de leurs enfants n'était pas de nature à conduire à une appréciation différente, com pte tenu de leur jeune âge. E. Le 26 juillet 2006, A._______ et B._______ ont recouru contre cette décision auprès du Service des recours du D épartem ent fédéral de justice et police, pour eux-m êm es et leurs enfants. Les recourants ont estim é que l'autorité intim ée leur reprochait à tort le caractère irrégulier de leur séjour en Suisse, dès lors que les autorités genevoises de police des étrangers avaient encouragé les personnes sans-papiers à entam er des dém arches en vue de régulariser leur situation et avaient ém is un préavis favorable quant à la délivrance en leur faveur d'une autorisation de séjour hors contingent. Ils ont égalem ent invoqué qu'il était rem arquable que le prénom m é, en dépit de sa condition de clandestin (une situation précaire qui ne lui perm ettait pas d'avoir accès à des em plois intéressants), ait toujours réussi à trouver du travail et à subvenir aux besoins de sa fam ille. Ils ont insisté sur le fait que leur com portem ent en Suisse n'avait jam ais donné lieu à des plaintes, que toute la fam ille parlait couram m ent la langue française et qu'ils s'étaient créé à G enève un réseau d'am is et de connaissances. F. Appelé à se prononcer sur le recours, l'O D M en a proposé le rejet, dans sa déterm ination du 5 septem bre 2006. G . D ans leur réplique succincte du 27 septem bre 2006, A._______ et B._______ se sont référés pour l'essentiel à l'argum entation qu'ils avaient développée dans leur recours. H . Par courrier du 29 juin 2007, les recourants, sur réquisition du Juge instructeur, ont fourni, pièces à l'appui, des renseignem ents com plém entaires au sujet de l'évolution de leur situation et de celle de leurs enfants, insistant sur le fait que leurs filles (âgées respectivem ent de 7 ans et dem i et de cinq ans) étaient aujourd'hui scolarisées. Ils ont relevé que A._______ était actuellem ent sans em ploi, expliquant que son contrat de travail, de durée déterm inée, était venu à échéance le 2 juin 2006, sans avoir été renouvelé. Ils ont égalem ent fait valoir qu'ils n'avaient jam ais eu recours à l'assistance publique depuis leur arrivée en Suisse, horm is pendant la période allant du 1er m ars 2005 au 30 septem bre 2006, durant laquelle ils avaient perçu un com plém ent de l'ordre de Fr. 35.-- par m ois de l'H ospice général.4 Le Tribunal adm inistratif fédéral considère : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal adm inistratif fédéral (ci-après: le TAF ou le Tribunal), en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et à l'art. 34 LTAF. En particulier, les décisions en m atière de refus d'exception aux m esure de lim itation prononcées par l'O D M sont susceptibles de recours au TAF, qui statue définitivem ent (cf. art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers [LSEE, R S 142.20], en relation avec l'art. 1 al. 2 LTAF et l'art. 83 let. c ch. 5 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110]). 1.2 Les recours pendants devant les com m issions fédérales de recours ou d’arbitrage ou devant les services des recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traités par le TAF (dans la m esure où il est com pétent) selon le nouveau droit de procédure (art. 53 al. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3 A._______ et B._______ (ci-après: les recourants), de m êm e que leurs enfants, qui sont directem ent touchés par la décision entreprise, ont qualité pour recourir (cf. art. 20 al. 1 LSEE et art. 48 PA). Présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 et art. 52 PA). 2. 2.1 En vue d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, de créer des conditions favorables à l'intégration des travailleurs et résidents étrangers, d'am éliorer la structure du m arché du travail et d'assurer un équilibre optim al en m atière d'em ploi, le C onseil fédéral a adopté des dispositions restrictives d'adm ission tant en ce qui concerne les travailleurs étrangers que les étrangers n'exerçant pas d'activité lucrative (cf. art. 1 O LE, en relation avec l'art. 18 al. 4 et l'art. 25 al. 1 LSEE). 2.2 Le C onseil fédéral fixe périodiquem ent des nom bres m axim um s pour les résidents à l'année qui, pour la prem ière fois, viennent exercer une activité lucrative ou en entreprennent une. Les nom bres m axim um s sont valables égalem ent pour les étrangers qui ont déjà exercé une activité en Suisse sans avoir été soum is à une telle lim itation et qui ne rem plissent plus les conditions pour bénéficier d'une exception. Ils ne sont cependant pas valables pour les personnes qui ont reçu une autorisation de séjour selon l'art. 3 al. 1 let. c ou l'art. 38 O LE (cf. art. 12 al. 1 et 2 O LE).5 N e sont pas com ptés dans les nom bres m axim um s les étrangers qui obtiennent une autorisation de séjour dans un cas personnel d'extrêm e gravité ou en raison de considérations de politique générale (cf. art. 13 let. f O LE). 3. 3.1 A ce propos, il sied de relever que ni l'O D M , ni a fortiori le TAF ne sont liés par l'appréciation ém ise par les autorités genevoises de police des étrangers dans leur préavis du 27 février 2006 s'agissant de l'exem ption des recourants et de leurs enfants des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral. 3.2 En effet, en vertu de la réglem entation au sujet de la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers entre la C onfédération et les cantons, si les cantons ont certes la faculté de se déterm iner à titre préalable au sujet de la délivrance des autorisations de séjour hors contingent, la com pétence décisionnelle en m atière d'octroi d'exceptions aux m esures de lim itation au sens de l'art. 13 let. f O LE appartient toutefois à la C onfédération, et plus particulièrem ent à l'O D M (cf. art. 52 let. a O LE ; ATF 119 Ib 33 consid. 3a p. 39, traduit en français dans Journal des Tribunaux [JdT] 1995 I 226 consid. 3a p. 230 ; PETER KO TTU SC H , D as Erm essen der kantonalen Frem denpolizei und seine Schranken, Schw eizerisches Zentralblatt für Staats- und Verw altungsrecht [ZBl] 91/1990 p. 155) et au TAF, en vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA). 4. 4.1 L'art. 13 let. f O LE, qui prévoit une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers, a pour but de faciliter la présence en Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient soum is au contingentem ent des autorisations de séjour, m ais pour lesquels l'assujettissem ent aux nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral apparaît trop rigoureux par rapport aux circonstances particulières de leur cas. 4.2 Il découle de la form ulation de l'art. 13 let. f O LE que cette disposition dérogatoire présente un caractère exceptionnel et que les conditions auxquelles la reconnaissance d'un cas de rigueur est soum ise doivent être appréciées de m anière restrictive. Il est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. C ela signifie que ses conditions de vie et d'existence, com parées à celles applicables à la m oyenne des étrangers, doivent être m ises en cause de m anière accrue, autrem ent dit que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nom bres m axim um s com porte pour lui de graves conséquences. Lors de l'appréciation d'un cas de rigueur, il y a lieu de tenir com pte de l'ensem ble des circonstances du cas particulier. La reconnaissance d'un cas personnel d'extrêm e gravité n'im plique pas forcém ent que la présence de l'étranger en Suisse constitue l'unique m oyen pour échapper à une situation de détresse. Par ailleurs, le fait que 6 l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré socialem ent et professionnellem ent et que son com portem ent n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas personnel d'extrêm e gravité ; il faut encore que la relation de l'intéressé avec la Suisse soit si étroite qu'on ne saurait exiger de lui qu'il aille vivre dans un autre pays, notam m ent dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail, d'am itié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent norm alem ent pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. ATF 130 II 39 consid. 3 p. 41s., ATF 128 II 200 consid. 4 p. 207s., ATF 124 II 110 consid. 2 p. 111s., ATF 123 II 125 consid. 2 p. 126s., et la jurisprudence citée ; ALAIN W U R ZBU R G ER , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R evue de droit adm inistratif et fiscal [R D AF] I 1997 p. 267ss). D ans sa jurisprudence constante, le Tribunal fédéral a toujours considéré qu'un séjour régulier en Suisse d'une durée de sept à huit ans et une intégration norm ale ne suffisaient pas, à eux seuls, pour qu'un ressortissant étranger - qui s'est toujours bien com porté - puisse obtenir une exem ption des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral (cf. ATF 124 II 110 consid. 3 p. 113). 4.3 S'agissant des séjours effectués sans autorisation idoine, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de préciser que, de m anière générale, de tels séjours ne devaient pas être pris en com pte dans l'exam en d'un cas de rigueur, respectivem ent que la longue durée d'un séjour en Suisse n'était pas un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité dans la m esure où ce séjour était illégal. Sinon, l'obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récom pensée. La H aute C our a relevé qu'il im portait dès lors d'exam iner si le requérant se trouvait pour d'autres raisons dans un état de détresse justifiant de l'excepter des m esures de lim itation du nom bre des étrangers et qu'il y avait lieu, pour cela, de se fonder sur les relations fam iliales de l'intéressé (en Suisse et dans sa patrie), sur sa situation professionnelle, sur son intégration sociale, sur son état de santé, etc. (cf. ATF 130 II précité, consid. 3 ; cf. égalem ent les ATF 2A.45/2007 du 17 avril 2007 consid. 5, 2A.718/2006 du 21 m ars 2007 consid. 3, 2A.586/2006 du 6 décem bre 2006 consid. 2.1, 2A.59/2006 du 3 m ai 2006 consid. 3, et 2A.573/2005 du 6 février 2006 consid. 3.1). Il ressort notam m ent de la jurisprudence précitée que l'art. 13 let. f O LE n'est pas en prem ier lieu destiné à régulariser la situation des personnes arrivées clandestinem ent en Suisse. Il convient en effet d'appliquer à cette catégorie d'étrangers les m êm es critères qu'aux autres étrangers. Le fait que certains étrangers aient opté pour l'illégalité peut les desservir, au regard des conditions d'une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers. Ainsi, la durée du séjour illégal qu'ils ont effectué en Suisse n'est pas prise en considération. D e m êm e, il n'y a pas lieu de définir à leur intention un critère particulier d'intégration sociale, pour tenir com pte des difficultés inhérentes à la condition de clandestin, et de leur 7 accorder sous cet angle un traitem ent de faveur - par rapport aux étrangers qui ont toujours séjourné en Suisse en respectant les prescriptions de police des étrangers - dans l'application de la disposition précitée (cf. ATF 130 II précité, consid. 5.4). 4.4 Lorsqu'une fam ille dem ande à être exem ptée des m esures de lim itation du nom bre des étrangers au sens de l'art. 13 let. f O LE, la situation de chacun de ses m em bres ne doit en principe pas être considérée isolém ent, m ais en relation avec le contexte fam ilial global, car le sort de la fam ille form e en général un tout. Ainsi, si le problèm e des enfants représente un aspect, certes im portant, de la situation de la fam ille, il ne constitue pas le seul critère à prendre en considération. Il convient bien plus de porter une appréciation d'ensem ble, tenant com pte de la situation de tous les m em bres de la fam ille (notam m ent de la durée du séjour, de l'intégration professionnelle des parents et scolaire des enfants; cf. ATF 123 II 125 consid. 4a p. 129). D 'une m anière générale, l'enfant qui a passé les prem ières années de sa vie en Suisse et y a com m encé sa scolarité, reste encore attaché dans une large m esure à son pays d'origine par le biais de ses parents. Son intégration au m ilieu socioculturel suisse n'est alors pas si profonde et irréversible qu'un retour dans sa patrie constituerait un déracinem ent com plet. Avec la scolarisation, l'intégration au m ilieu suisse s'accentue. D ans cette perspective, il convient de tenir com pte de l'âge de l'enfant lors de son arrivée en Suisse et au m om ent où se pose la question du retour, des efforts consentis, de la durée, du degré et de la réussite de la scolarité, de l'état d'avancem ent de la form ation professionnelle, ainsi que de la possibilité de poursuivre ou d'exploiter, dans le pays d'origine, la scolarisation ou la form ation professionnelle entam ée en Suisse. U n retour dans la patrie peut, en particulier, représenter une rigueur excessive pour des adolescents ayant suivi l'école durant plusieurs années et achevé leur scolarité avec de bons résultats. L'adolescence est en effet une période essentielle du développem ent personnel, scolaire et professionnel, entraînant une intégration accrue dans un m ilieu déterm iné (cf. ATF 123 II 125 consid. 4 p. 128ss; W U R ZBU R G E R , op. cit., p. 297s.). C ette pratique différenciée réalise la prise en com pte de l'intérêt supérieur de l'enfant, telle qu'elle est prescrite par l'art. 3 al. 1 de la C onvention des N ations U nies relative aux droits de l'enfant du 20 novem bre 1989 (C D E, R S 0.107), entrée en vigueur pour la Suisse le 26 m ars 1997 (cf. ATF 2A.679/2006 du 9 février 2007 consid. 3). 5. 5.1 En l'espèce, les recourants se prévalent de la durée de leur séjour en Suisse. 5.2 O r, il ressort des pièces du dossier que A._______ est venu illégalem ent en Suisse, le 25 janvier 1992, et a résidé dans ce pays dans la clandestinité jusqu'au dépôt de sa dem ande d'asile, le 17 octobre 1995, puis à nouveau, depuis l'entrée en force de la décision de refus d'asile et de renvoi prononcée à son endroit jusqu'au dépôt de sa dem ande de 8 régularisation, au m ois d'octobre 2004. A trois reprises, il est retourné dans sa patrie (en 1993, 1998 et 2001), puis est revenu illégalem ent en Suisse, et ce, m êm e après que l'asile lui ait été refusé. Q uant à B._______, son entrée en Suisse à la faveur d'un visa de tourism e ne saurait non plus être considérée com m e légale, dès lors que la prénom m ée a obtenu ledit visa en trom pant les autorités helvétiques sur le but véritable de son séjour (qui était de s'installer à dem eure auprès de son m ari, un ancien requérant d'asile débouté vivant clandestinem ent dans ce pays, et non pas de retourner vivre au Kosovo après avoir rendu visite à sa soeur, ainsi qu'elle l'avait allégué dans sa dem ande d'autorisation d'entrée). Jusqu'au dépôt de la dem ande de régularisation, elle a dès lors vécu en Suisse en toute illégalité. Q uant au reste du séjour accom pli par les intéressés sur le territoire helvétique (pendant la procédure d'asile du m ari et durant la procédure tendant à la régularisation de leurs conditions de séjour), il l'a été au bénéfice d'une sim ple tolérance des autorités helvétiques, un statut à caractère provisoire et aléatoire (sur la notion de séjour régulier, cf. ATF 120 Ib 360 consid. 3b p. 367). O r, ainsi que le Tribunal fédéral a eu l'occasion de le préciser, un séjour illégal ou précaire en Suisse ne saurait être considéré com m e un élém ent constitutif d'un cas personnel d'extrêm e gravité (cf. ATF 2A.540/2005 du 11 novem bre 2005 consid. 3.2.1 ; cf. égalem ent consid. 4.3 supra). A ce propos, il sied de rappeler que la possibilité offerte au recourant par l'O C P de prendre un em ploi relève égalem ent d'une pure tolérance de la part des autorités cantonales, et que, de surcroît, cette situation n'est pas conform e à la législation fédérale en m atière de police des étrangers (cf. art. 3 al. 3 LSEE, en relation avec l'art. 1 al. 1 a contrario et l'art. 3 al. 3 du règlem ent d'exécution du 1er m ars 1949 de la loi fédérale sur le séjour et l'établissem ent des étrangers [R SEE, 142.201]). 5.3 Les intéressés ne sauraient dès lors tirer parti de la durée de leur séjour en Suisse pour bénéficier d'une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers. 6. 6.1 D ans leur recours, les époux A._______ et B._______ font valoir que l'autorité intim ée leur reproche à tort le caractère irrégulier de leur séjour en Suisse, dès lors que les autorités genevoises de police des étrangers, conscientes de l'existence d'une "économ ie souterraine" très im portante et désireuses de la faire apparaître au grand jour, ont précisém ent encouragé les personnes sans-papiers à entam er des dém arches en vue de régulariser leur situation. 6.2 A ce propos, le Tribunal fédéral, conscient de l'existence d'un m arché parallèle du travail en Suisse, a toutefois rappelé que ce m arché illégal pouvait être la cause de nom breux abus (cf. ATF 130 II 39 consid. 5.1 p. 44s.). En effet, selon la législation en vigueur, l'étranger qui souhaite exercer une activité lucrative en Suisse doit en principe obtenir une autorisation de séjour et de travail. La réglem entation édictée à ce sujet ne doit pas être perçue com m e un ensem ble de tracasseries adm inistratives. 9 Elle a, en particulier, pour but d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante, de créer des conditions favorables à l'intégration des travailleurs et résidents étrangers ainsi que d'am éliorer la structure du m arché du travail et de garantir un équilibre optim al en m atière d'em ploi (cf. art. 1 O LE; cf. consid. 2.1 supra). Elle tend égalem ent à protéger les travailleurs en leur donnant des garanties, notam m ent en m atière de salaire et de protection sociale (cf. art. 9 O LE). Le m arché illégal du travail existe et subsiste uniquem ent parce qu'il perm et la rencontre d'une certaine offre et d'une certaine dem ande, souvent du reste au détrim ent de la rationalisation souhaitée de certains secteurs économ iques (cf. ATF 130 II précité, consid. 5.1). O r, l'attitude que le recourant a adoptée pour pouvoir travailler en Suisse contribue précisém ent à ce m arché condam nable. La H aute C our a égalem ent relevé, dans l'arrêt précité, que l'art. 13 let. f O LE n'était pas destiné au prem ier chef à régulariser la situation d'étrangers vivant clandestinem ent en Suisse, m ais à perm ettre à tout étranger entré ou vivant déjà en Suisse d'obtenir un statut légal pour y poursuivre son séjour au cas où son départ de ce pays pourrait créer un cas personnel d'extrêm e gravité. D ès lors, il n'est pas contradictoire d'exam iner la situation d'un étranger sous l'angle de la disposition précitée et de tenir com pte, par la m êm e occasion, d'infractions aux prescriptions de police des étrangers qu'il a com m ises. Il est vrai, cependant, qu'il ne faut pas exagérer l'im portance des infractions inhérentes à la condition de travailleur clandestin, à savoir l'entrée, le séjour et le travail en Suisse sans autorisation (cf. ATF 130 II 39 consid. 5.2 p. 45). 6.3 D ans la décision querellée, l'O D M a sim plem ent relevé que les époux A._______ et B._______ n'avaient pas eu un com portem ent irréprochable en Suisse, ce qui est parfaitem ent exact puisque les prénom m és sont entrés illégalem ent dans ce pays (le m ari, au m épris d'une décision de refus d'asile et de renvoi entrée en force, l'épouse, à la faveur d'un visa de tourism e obtenu en trom pant les autorités helvétiques sur le véritable but de son séjour; cf. consid. 5.2 supra) et ont gravem ent enfreint les prescriptions de police des étrangers en séjournant (respectivem ent, en travaillant) en Suisse sans autorisation (cf. Jurisprudence des autorités adm inistratives de la C onfédération [JAAC ] 63.38 et JAAC 63.2). O n ne saurait dès lors faire grief à l'autorité intim ée d'avoir attaché une im portance disproportionnée aux infractions com m ises par les intéressés. 7. 7.1 C ela étant, il convient d'exam iner si des critères d'évaluation autres que la seule durée du séjour sur le territoire helvétique seraient de nature à faire adm ettre qu'un départ de Suisse placerait les recourants et leurs enfants dans une situation particulièrem ent rigoureuse. 7.2 A ce propos, le dossier révèle que les époux A._______ et B._______ n'ont apparem m ent jam ais eu de dém êlés avec la justice ou les services de police et ne sont pas connus des autorités de poursuites et faillites. Force est égalem ent de constater que le recourant a consenti des efforts 10 pour s'intégrer au m arché du travail et subvenir aux besoins de sa fam ille. Q uant aux lettres de soutien versées en cause, elles dém ontrent que les intéressés ont réussi à gagner la sym pathie de leur entourage. Enfin, il n'est pas contesté que les prénom m és parlent couram m ent la langue française. 7.3 C ependant, s'il est avéré que les époux A._______ et B._______ ont tissé des liens avec la Suisse, il n'en dem eure pas m oins que leur intégration socioprofessionnelle ne revêt pas un caractère exceptionnel. C ertes, le recourant n'a eu de cesse de retrouver un em ploi en Suisse, après ses séjours dans sa patrie. Il a notam m ent travaillé en qualité d'aide de cuisine, de pizzaiolo, d'ouvrier du bâtim ent, de jardinier, puis de peintre en bâtim ent. G râce à ses revenus, il est toujours parvenu à subvenir aux besoins des siens, horm is pendant la période allant du 1er m ars 2005 au 30 septem bre 2006, durant laquelle il a été contraint de requérir une m odique aide m ensuelle de l'H ospice général (cf. consid. H supra). O n ne saurait toutefois considérer que l'intéressé ait réalisé une ascension professionnelle rem arquable, au cours des nom breuses années qu'il a passées en Suisse, ou acquis des connaissances ou des qualifications professionnelles à ce point spécifiques dans ce pays qu'il ne lui serait pas possible de les m ettre à profit dans sa patrie. Son épouse, pour sa part, n'a apparem m ent jam ais exercé une activité lucrative depuis son arrivée en Suisse. Q uant à l'argum ent du recourant, selon lequel l'autorité intim ée, pour juger de son intégration, aurait dû tenir com pte du fait qu'il ne pouvait pas avoir accès à des postes de travail qualifiés au regard de son statut irrégulier en Suisse, il n'est pas pertinent. En effet, ainsi que le Tribunal fédéral l'a précisé, les difficultés inhérentes à la condition de clandestin ne sauraient être prises en considération dans l'application de l'art. 13 let. f O LE, car ceci reviendrait à définir un critère d'intégration particulier pour les personnes sans-papiers et à leur accorder, ce faisant, un traitem ent de faveur par rapport aux étrangers qui ont toujours séjourné en Suisse en respectant les prescriptions de police des étrangers, incitant ainsi les étrangers à éluder la législation en vigueur, ce qui irait assurém ent à l'encontre du but poursuivi par le législateur fédéral (cf. consid. 4.3 et 6.2 supra; cf. en particulier, ATF 130 II 39 consid. 5.1 i.f. et 5.4 p. 45s.). S'agissant des relations de travail, d'am itié ou de voisinage que les intéressés ont nouées durant leur séjour sur le territoire helvétique, elles ne sauraient non plus justifier une exception aux m esures de lim itation du nom bre des étrangers (cf. consid. 4.2 supra, et la jurisprudence citée). Il convient enfin de relever qu'il est parfaitem ent norm al qu'un ressortissant étranger, après un séjour prolongé en Suisse, se soit adapté à son nouveau m ilieu de vie et parle couram m ent au m oins l'une des langues nationales. 7.4 C ertes, les époux A._______ et B._______ ont de nom breuses attaches fam iliales en Suisse (où résident plusieurs frères et soeurs des prénom m és). Force est toutefois de constater que les intéressés disposent 11 égalem ent d'un im portant réseau fam ilial dans leur patrie (constitué notam m ent d'une soeur du m ari et de six frères et soeurs de l'épouse; cf. le procès-verbal de l'audition des prénom m és par l'O C P du 16 novem bre 2004). Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que les recourants ont passé la m ajeure partie de leur existence dans leur patrie, notam m ent leur adolescence, période durant laquelle se forge la personnalité, en fonction notam m ent de l'environnem ent socioculturel (cf. consid. 4.4 supra ; cf. en particulier, l'ATF 123 II 125 consid. 5b/aa p. 132). Les intéressés disposent donc nécessairem ent d'un im portant réseau social et de solides attaches culturelles au Kosovo, où ils ont accom pli toute leur scolarité et où A._______ a com m encé une form ation de soudeur. Ils ne se retrouveront dès lors pas com plètem ent dém unis, de retour dans leur patrie, d'autant qu'ils pourront égalem ent com pter sur le soutien des m em bres de leur fam ille établis en Suisse. Q uant à la situation de leurs enfants, elle n'est pas de nature à conduire à une appréciation différente, ainsi que l'observe l'autorité intim ée à juste titre. En effet, force est de constater que les deux enfants cadets (âgés respectivem ent de cinq ans et de deux ans et dem i) n'ont pas encore débuté leur scolarité obligatoire et que l'aînée, âgée de 7 ans et dem i, vient de term iner sa prem ière année d'école prim aire. Les intéressés ne jouissent donc pas d'une intégration profonde au m ilieu socioculturel suisse, dem eurant encore largem ent dépendants de leurs parents et im prégnés des us et coutum es propres au m ilieu dans lequel ils ont été élevés. Ils devraient dès lors être en m esure de s'adapter sans trop de problèm es à leur nouvel environnem ent (cf. consid. 4.4 supra, et les références citées). 7.5 Le Tribunal n'ignore pas que le retour des recourants dans leur pays d'origine après plusieurs années passées en Suisse ne sera pas exem pt de difficultés. R ien ne perm et toutefois d'affirm er que ces difficultés seraient plus graves pour eux que pour n'im porte lequel de leurs concitoyens appelé à quitter la Suisse au term e de son séjour dans ce pays, ou que leur situation serait sans com m une m esure avec celle que connaissent leurs com patriotes restés sur place, com pte tenu du soutien dont il pourront bénéficier de la part des m em bres de leurs fam illes respectives (établis au Kosovo et en Suisse). Q uant à l'expérience professionnelle que le recourant a acquise en Suisse dans le dom aine de la restauration et du bâtim ent, elle constituera assurém ent un atout susceptible de favoriser son intégration dans le m arché du travail, à son retour dans sa province d'origine. C 'est le lieu de rappeler qu'une exem ption des nom bres m axim um s fixés par le C onseil fédéral n'a pas pour but de soustraire un ressortissant étranger aux conditions de vie de son pays d'origine, m ais im plique que celui-ci se trouve personnellem ent dans une situation si rigoureuse qu'on ne saurait exiger de lui, com pte tenu notam m ent de l'intensité des liens qu'il a noués avec la Suisse, qu'il tente de se réadapter à son existence passée. C om m e l'a relevé le Tribunal fédéral dans sa jurisprudence (cf. ATF 123 II 125 consid. 5b/dd p. 133), on ne saurait tenir com pte des 12 circonstances générales (économ iques, sociales, sanitaires ou scolaires) affectant l'ensem ble de la population restée sur place, auxquelles la personne concernée sera égalem ent exposée à son retour, sauf si celle-ci allègue d'im portantes difficultés concrètes propres à son cas particulier (telles une m aladie grave ne pouvant être soignée qu'en Suisse, par exem ple), ce qui n'est pas le cas en l'espèce. 7.6 D ans ces conditions, après une appréciation de l'ensem ble des circonstances, le Tribunal, à l'instar de l'autorité de prem ière instance, arrive la conclusion que la situation des recourants et de leurs enfants n'est pas constitutive d'un cas personnel d'extrêm e gravité au sens de l'art. 13 let. f O LE. 8. 8.1 Il ressort de ce qui précède que, par sa décision du 15 juin 2006, l'O D M n'a ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de m anière inexacte ou incom plète ; en outre, la décision attaquée n'est pas inopportune (cf. art. 49 PA). 8.2 Partant, le recours doit être rejeté. 8.3 C om pte tenu de l'issue de la cause, il y a lieu de m ettre les frais de procédure à la charge des recourants (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 1 à 3 du R èglem ent concernant les frais, dépens et indem nités fixés par le Tribunal adm inistratif fédéral [FITAF, R S 173.320.2]). (dispositif page suivante)13 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure, s'élevant à Fr. 700.-, sont m is à la charge des recourants. Ils sont com pensés par l'avance versée le 8 août 2006. 3. Le présent arrêt est com m uniqué : - au m andataire des recourants (recom m andé), - à l'autorité intim ée (recom m andé), avec dossier n° 2 216 308 en retour. Le Président de cham bre: La greffière: A. Im oberdorf C . Schenk D ate d'expédition :