<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de modifier le droit du travail afin que celui-ci prenne en compte les stages, et définisse des règles les encadrant au niveau fédéral, notamment en matière de durée, de rémunération, ou encore de formation. Il veillera à distinguer les différents types de stages (obligatoires durant la formation, stages postformation).</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Les stages jouent un rôle important sur le plan de l'intégration dans le marché du travail pour plusieurs groupes de personnes, et en particulier pour les jeunes. Un stage offre à une partie des professionnels l'occasion d'acquérir une première expérience pratique et d'accéder à un emploi. Pour d'autres, le stage est inhérent aux études ou à la formation continue.</p><p>En Suisse, les stages ne concernent toutefois qu'une petite partie de l'ensemble des actifs. Selon l'enquête suisse sur la population active, 1,5 % des travailleurs ont effectué un stage payé en 2017, contre 1,0 % en 2010. Près de deux tiers des stages (60 %) ont été accomplis par des personnes âgées de moins de 25 ans, soit 5,9 % des travailleurs de 15 à 24 ans (apprentis inclus) en 2017. En comparaison, cette proportion s'élevait à environ 4,0 % en 2010. Les participants à l'enquête ont très souvent indiqué que les stages ou le volontariat qu'ils faisaient étaient liés à leur formation. En 2017, c'était le cas pour 77 % des personnes s'acquittant d'un stage, contre 73 % en 2010. Au demeurant, les difficultés à intégrer le marché du travail ne semblent pas être à la source de l'augmentation des stages observée entre 2010 et 2017 : seuls 7 % des stagiaires (env. 4000 personnes) ont déclaré en 2017 effectuer un stage faute d'avoir trouvé un poste fixe. En 2010, ils étaient encore 11 % dans cette situation. Le rapport 2018 sur l'éducation montre par ailleurs que la proportion de personnes employées comme stagiaires un an après la fin de leurs études a légèrement diminué entre 1991 et 2015, pour un taux d'emploi en hausse. Rien n'indique par conséquent que les stages ouvrent en Suisse la voie à une précarisation des conditions de travail. C'est principalement dans le contexte de la formation que les stages ont encore gagné en importance.</p><p>Dans plusieurs cas de figure, des règlements spécifiques garantissent que le caractère formateur des stages reste au premier plan et limitent les pratiques abusives. Dans le cadre de la motion 14.3077 et du postulat 16.3997, le Conseil fédéral et le Parlement se sont déjà penchés à plusieurs reprises sur des questions ayant trait aux stages. En raison de la diversité des cas de figure dans lesquels les stages peuvent s'inscrire, une réglementation unique de ce type de rapport de travail ne serait pas judicieuse. Une augmentation de la charge administrative des entreprises pourrait même se répercuter de manière indésirable sur les offres de stage. Des réglementations imposant une rémunération minimale pourraient se révéler contreproductives pour l'orientation formatrice des stages. Le Conseil fédéral et le Parlement jugent également qu'une limitation temporelle des contrats de stages n'est ni appropriée ni nécessaire (motion 14.3077).</p><p>Selon le droit suisse du travail, les contrats de travail, qu'ils soient à durée déterminée ou indéterminée, sont soumis aux dispositions du droit privé du travail (art. 319ss. du code des obligations). Un stage, dans la mesure où il répond à la définition légale du contrat de travail, bénéficie donc, conformément au droit du travail, de la même protection juridique que tous les autres rapports de travail. Cette protection peut être également requise par voie judiciaire.</p><p>La surveillance du marché de l'emploi incombe aux cantons, qui disposent des instruments adéquats pour faire face aux éventuelles pratiques abusives dans le cadre de stages. C'est d'ailleurs une responsabilité que les cantons assument.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.