<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A. a été condamné le 17 septembre 1987 par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal correctionnel du district de La Chaux-de-Fonds pour attentat à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pudeur des enfants à une peine de douze mois d'emprisonnement suspendue au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">profit d'une hospitalisation dans un établissement spécialisé selon l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 43 ch.1 al.1 CP. Le président du Tribunal correctionnel du district</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de La Chaux-de-Fonds l'a libéré conditionnellement de l'hospitalisation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec effet au 31 juillet 1988. Le 20 janvier 1990 A. a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">arrêté puis condamné le 9 novembre 1990 par le Tribunal correctionnel du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de Boudry pour vols, dommages à la propriété et incendie inten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnel à une peine de seize mois d'emprisonnement. Cette peine a été sus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pendue par décision du président du Tribunal correctionnel du district de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">La Chaux-de-Fonds du 18 janvier 1991. Selon la même décision le président</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a ordonné l'internement de A. au sens de l'article 43 ch.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.2 CP. Le 26 mai 1993 A. a été condamné pour incendie volon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire par la Cour d'assises de Neuchâtel à une peine de deux ans d'empri-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sonnement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 27 octobre 1993, par décision du Conseiller d'Etat, chef du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Département de la justice, de la santé et de la sécurité, A. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été transféré des Prisons de La Chaux-de-Fonds à La Sapinière.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par décision du 6 novembre 1997, rendue conformément à l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">45 ch.1 al.2 CP, qui prévoit une décision annuelle, la Commission de libé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ration a maintenu la mesure en l'état. Elle a notamment considéré que mal-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gré les progrès constatés sur le plan psychique depuis le précédent examen</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la situation, la cause de l'internement n'a pas disparue et qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'était dès lors pas possible de mettre fin à la mesure fut-elle à l'es-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sai. Elle mentionnait qu'il fallait distinguer la question de la poursuite</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la mesure et le choix de l'établissement adéquat, tous les intervenants</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'accordant sur ce dernier point pour estimer que La Sapinière ne consti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuait plus la solution adéquate pour le cas de A. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. A. recourt contre cette décision. Il conteste l'ap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">préciation de la Commission, selon laquelle la cause de la mesure n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">disparue. Il estime qu'en raison de nombreux éléments positifs qu'il rap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pelle, la Commission aurait dû être amenée à prononcer au moins une déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion de libération à l'essai. Il conclut à l'annulation de la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rendue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. La présidente de la Commission de libération ne présente aucune</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observation. Le procureur général conclut au rejet du recours, en s'inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rogeant sur sa recevabilité. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. On peut effectivement s'interroger sur la recevabilité du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours, posté plus de trois semaines après la date de la décision du 6</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre. Dans la mesure toutefois où la date de réception de ladite dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cision est ignorée, la décision ayant malheureusement été envoyée sous pli</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">simple (voir à ce sujet RJN 1985, p.115), il doit être considéré comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recevable (art.244 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. En matière d'exécution des jugements, les décisions de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Commission de libération peuvent faire l'objet d'un pourvoi à la Cour de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cassation pénale qui, à l'instar du Tribunal administratif, statue avec un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plein pouvoir d'examen (art.275 al.1 CPP; art.43 LPJA). Il n'en demeure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas moins que, dans la mesure où les normes applicables réservent un large</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvoir d'appréciation à l'autorité de première instance, la Cour de cas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation n'interviendra qu'en cas d'excès ou d'abus du pouvoir d'apprécia-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion (ATF 106 Ia 2 et la jurisprudence citée, JT 1982 I 228). Il ne sau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rait en effet être question pour l'autorité de recours de substituer son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">appréciation à celle de l'autorité inférieure, ce d'autant moins que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">composition pluridisciplinaire de cette dernière permet une approche nuan-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cée des problèmes, et que la Cour de cassation n'entend pas le condamné ni</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne procède à une administration des preuves (RJN 1995, p.124).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Selon l'article 43 ch.4 CP, l'autorité compétente mettra fin</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la mesure, lorsque la cause en aura disparu. Si la cause de la mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'a pas complètement disparu, l'autorité compétente pourra ordonner une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libération à l'essai de l'établissement ou du traitement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce on ne saurait considérer que la Commission de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libération a abusé du pouvoir d'appréciation qui lui est réservé par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 43 ch.4 CP et par la jurisprudence susmentionnée. A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a fait l'objet de plusieurs condamnations. Finalement la mesure de sûreté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la plus lourde qui existe, soit l'internement prévu par l'article 43 ch.1</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.2 CP, a été prise à son égard, ceci suite à des infractions très graves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et des troubles psychiques importants. Depuis octobre 1993, A. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">séjourne à nouveau à la Sapinière. Une amélioration de son état a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constaté depuis environ un an (voir à ce sujet les rapports du Dr D. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et de G. , psychothérapeute). Quelques congés non accompagnés se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont déroulés de manière positive. Il s'agit là d'éléments importants. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">régime progressif qui doit permettre au condamné de se responsabiliser et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de prendre une part aussi active que possible le processus l'amenant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus d'autonomie, voire à sa libération, constitue toutefois une phase</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">essentielle, qui saurait d'autant mois être écourté que les infractions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commises sont graves. En l'occurrence, on ne saurait admettre que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'amélioration constatée, en particulier à l'occasion de quelques congés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">non-accompagnés, s'étend sur une période suffisamment longue. En rejetant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la demande de libération à l'essai du recourant, la Commission n'a ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nullement abusé de son pouvoir d'appréciation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Il apparaît d'ailleurs que le recourant s'oppose avant tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au choix de l'établissement dans lequel il se trouve. Or cette question,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi que cela lui a été rappelé, n'est ni de la compétence de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Commission de libération, ni par conséquent de la Cour de cassation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénale. Dans cette mesure le recours est irrecevable. Il y a toutefois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu de regretter que jusqu'à maintenant aucune autre solution s'agissant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'établissement de placement de A. n'ait été trouvée, et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ceci alors même que chacun s'entend pour admettre que A. doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être placé dans un autre établissement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Mal fondé, pour autant que recevable, le recours doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejeté, les frais restant à la charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Déclare le recours mal fondé pour autant que recevable et le rejette.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 17 février 1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>