<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par jugement du Tribunal de police du district de Neuchâtel du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">27 juin 1996, G. a été condamné à une peine d'un mois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'emprisonnement, avec sursis pendant 3 ans, peine complémentaire à celle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 31 août 1995. Le tribunal a retenu que G. s'était ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du coupable d'un abus de confiance au détriment de Z. en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ayant disposé d'un échafaudage appartenant à ce dernier et en l'ayant re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mis à un tiers, ce sans avoir reçu mandat du propriétaire de vendre ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matériel qui était déposé avec l'accord de G. dans un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entrepôt loué par celui-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> G. a en revanche été acquitté faute de preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la prévention d'abus de confiance au détriment de H. . Il a également été libéré de la prévention de détournement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'objets mis sous main de justice suite à la plainte pénale déposée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Etat de Neuchâtel.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 16 juillet 1996, G. recourt contre ce juge-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, concluant à sa cassation avec ou sans renvoi, en invoquant l'arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire et le refus injustifié du premier juge d'administrer des preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pertinentes. Il estime que ce dernier a fait preuve d'arbitraire en re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nonçant à des témoignages déterminants pour le motif qu'ils ont été de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mandés tardivement. Pour le surplus, les doutes du juge quant à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'acquéreur de l'échafaudage ne sont pas compréhensibles et la peine d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois d'emprisonnement est démesurée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le Tribunal de police du district de Neuchâtel, ainsi que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ministère public, n'ont pas formulé d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 30 juillet 1996, le plaignant Z. conclut en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revanche au rejet du recours, sous suite de frais et dépens, en observant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la Cour de cassation ne revoit pas l'appréciation des preuves et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits retenus par le premier juge, sauf arbitraire manifeste.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En revanche, il convient d'éliminer du dossier le témoignage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">écrit d'un tiers, daté du 11 juin 1996, déposé par le recourant en annexe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de son pourvoi. La jurisprudence constante de la Cour de céans n'admet le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépôt de documents joints à un pourvoi que s'ils sont exclusivement desti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nés à éclaircir un point de droit (RJN 1 II 121, 3 II 52, 4 II 139), ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui n'est manifestement pas le cas en l'espèce.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. A la suite d'une plainte de H. , le ministè-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re public a renvoyé G. en application de l'article 138</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">CPS devant le Tribunal de police de Neuchâtel le 22 septembre 1995. G. était cité à comparaître le jeudi 7 décembre 1995. Par let-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tre du 21 novembre 1995, il a demandé l'audition de quatre personnes en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qualité de témoins. Il lui a été répondu que l'audition de témoins était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réservée et qu'il en serait débattu lors de l'audience du 7 décembre. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette audience, un délai d'un mois a été fixé aux parties pour faire état</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de leurs preuves. Le 15 décembre 1995, le procureur général a à nouveau</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoyé G. devant le Tribunal de police de Neuchâtel en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">application de l'article 169 CPS. Enfin, à la suite d'une plainte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Z. , le ministère public a renvoyé devant le Tribunal de po-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lice de Neuchâtel G. le 16 février 1996 en application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 138 CPS. Le greffier du Tribunal a cité, le 8 mars 1996, G. à comparaître devant le Tribunal de police pour être jugé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour les trois préventions faisant l'objet d'une ordonnance du ministère</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">public le 18 avril 1996. Avant cette audience, G. n'a pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandé l'audition de témoins. En revanche, le plaignant Z. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a demandé l'audition de B. et C. . Le témoin B. étant absent lors de cette audience, le recourant a immédiatement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandé une nouvelle comparution, laquelle a été refusée par le juge pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le motif que la demande était tardive. Par courrier du 14 mai 1996, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant a réclamé la citation de quatre témoins dont B. , pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'audience du 20 juin 1996, et s'est vu opposer un nouveau refus du juge,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui a déclaré que l'administration des preuves avait été close à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'audience du 18 avril 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Le recourant soutient que le premier juge a fait preuve d'arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire en renonçant à entendre des témoins pour le motif qu'ils ont été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demandés tardivement. A la lecture de son mémoire, on ne comprend pas très</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bien s'il se plaint du refus à entendre les quatre témoins qu'il réclamait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans son courrier du 14 mai 1996 ou s'il conteste seulement le refus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">portant sur l'audition du témoin B. (ad p.3 de son mémoire, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant ne parle que du témoin B. tandis qu'à la page 4, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mentionne "les témoins proposés").</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a) Conformément au principe inquisitoire (art.136 CPP), le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ordonne d'office l'administration des preuves susceptibles de lever les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doutes qui peuvent subsister (RJN 5 II 226). Le juge doit faire preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'initiative dans sa recherche de la vérité (RJN 80-81 p.114, 6 II 254, 4</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">II 125). D'un autre côté, les droits de l'inculpé de rapporter une preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">libératoire par tous les moyens pertinents et adéquats constituent un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit fondamental de la défense (RJN 7 II 195). Toutefois, il n'a pas un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit inconditionnel à la preuve (RJN 80-81 p.115, 1983 p.114, 4 II 125)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et pour ce qui est de la convocation des témoins, seuls sont acceptés ceux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui ont des renseignements utiles à fournir sur les faits de la cause (RJN</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7 II 195). L'administration de preuve n'a en effet de sens que si celle-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">porte sur des faits qui sont de nature à exercer une influence sur la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solution du procès (art. 134 CPP; RJN 7 II 95; dans le même sens ATF 101 I</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à 169, 170).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) La question du refus de l'audition des témoins D. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">K. et M. peut rester indécise au vu de ce qui précède. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revanche, le refus de l'audition du témoin B. n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">justifié. En effet, c'est à juste titre que le recourant indique que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'un témoignage est requis par la partie adverse dans une cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pénale, les mandataires s'abstiennent en principe de requérir le même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">témoignage, ce d'autant plus que le juge a accepté le témoin en question.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. ayant été cité, à la demande du plaignant, pour l'audience</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du 18 avril 1996, le recourant pouvait légitimement s'attendre à ce qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comparaisse et il n'avait dès lors pas à demander lui-même son audition.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il apparaît au surplus, au vu du dossier, que le témoignage de B. était susceptible de porter sur des faits de nature à influencer la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">solution du procès, ne serait-ce que pour éclaircir les relations entre le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévenu, B. et C. ayant abouti à la vente de l'échafaudage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du plaignant. Le premier juge se devait donc de convoquer le témoin B. à nouveau pour l'audience du 20 juin 1996, en égard à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligation d'ordonner d'office l'administration des preuves susceptibles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de lever les doutes et ce parce que ladite audience devait de toute façon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se dérouler et que l'audition d'un témoin n'aurait pas pris beaucoup de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">temps.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. La cause sera renvoyée au même tribunal pour nouveau jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il n'y a pas lieu de se prononcer sur les autres griefs du recourant, à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure que le juge de renvoi a plein pouvoir de réexaminer les faits rela-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tifs à la plainte de Z. ainsi que de mesurer à nouveau la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peine, si nécessaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Au vu de ce qui précède, les frais de cassation seront laissés à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Casse le jugement entrepris.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Renvoie la cause au président du Tribunal de police du district de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Neuchâtel pour nouveau jugement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Laisse les frais de cassation à la charge de l'Etat.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 14 mars 1997</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>