<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. M. , né en 1954 et domicilié à Neuchâtel, est assuré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">auprès de la caisse-maladie X. pour l'assurance obligatoire des soins. Il bénéficiait également, auprès de la même caisse-maladie, d'une assurance combinée d'hospitalisation et d'une autre de soins complémentaires en 1994 et 1995, et d'une assurance d'indemnités journalières de 1994 à 1996 (D.7/2-4).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Suite à des problèmes personnels, M. a pris du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">retard dans le paiement de ses cotisations à la caisse X. . En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1997, C. Neuchâtel, mandaté par M. , a pris contact avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la caisse-maladie afin de déterminer sa situation exacte. Il est ressorti</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des correspondances échangées que la caisse X. avait compensé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une partie des cotisations impayées avec d'une part des versements du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">service cantonal de l'assurance-maladie (subsides) et d'autre part des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestations (factures de soins médicaux, médicaments et analyses de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">laboratoire) (D.7/7 et 9).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C. Neuchâtel a contesté la possibilité d'opérer une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation entre cotisations et prestations, de sorte que la caisse-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maladie a rendu une décision à ce propos le 24 septembre 1997 (D.7/20),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puis une décision sur opposition le 27 octobre 1997 (D.7/22), dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lesquelles elle considérait la compensation conforme à la jurisprudence du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal fédéral des assurances.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 14 novembre 1997, C. Neuchâtel recourt au Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administratif contre la décision sur opposition du 27 octobre 1997. Le 21</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">novembre 1997, M. dépose le même recours en son propre nom. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut à ce qu'il soit dit que sa caisse-maladie ne peut pas opérer une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation entre prestations et primes d'assurance. Il estime que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence invoquée par la caisse X. n'est plus pertinente,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la nouvelle loi sur l'assurance-maladie instaurant un système d'assurance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obligatoire de soins; que les conséquences de la demeure sont réglées de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manière exhaustive à l'article 9 OAMal, qui ne prévoit pas la compensa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion; que, subsidiairement, il conviendrait de réserver les situations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans lesquelles une compensation mettrait l'assuré en grandes difficultés</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">financières ou porterait atteinte à son minimum d'existence; qu'enfin la caisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">X. ne pouvait pas compenser des prestations dues en vertu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'assurance obligatoire avec des primes d'une assurance complémentaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans ses observations du 20 janvier 1998, la caisse X. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet du recours. Elle avance qu'une compensation entre primes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et prestations est admissible du moment qu'elle intervient, comme en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce, dans un système de tiers garant (où l'assuré est à la fois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">créancier et débiteur de l'assureur); que l'article 9 OAMal, dont on peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">douter de la légalité, vise avant tout à permettre à l'assureur d'engager</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une poursuite contre l'assuré dans un système de tiers payant; qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">semble peu probable que la pratique de la compensation puisse porter</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">atteinte au minimum vital de l'assuré; qu'en tout état de cause la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation n'est intervenue que pour des cotisations antérieures à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'entrée en vigueur de la LAMal, de sorte que la jurisprudence rendue sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ancien droit est applicable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le recours interjeté le 14 novembre 1997 ne l'a pas été par un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avocat autorisé à plaider dans le canton de Neuchâtel (art.51 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ce vice a toutefois été réparé par le recours déposé par M. le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">21 novembre 1997. Interjeté dans les formes et délai légaux devant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité de recours du domicile de l'assuré, le recours est ainsi rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Lorsque deux personnes sont débitrices l'une envers l'autre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sommes d'argent ou d'autres prestations de même espèce, chacune des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parties peut compenser sa dette avec sa créance, si les deux dettes sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">exigibles (art.120 al.1 CO). Cette règle de droit privé est également</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">applicable en droit public. Il est en effet admis que les créances de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit public sont compensables sans qu'il soit nécessaire que cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possibilité soit prévue expressément par le législateur (Grisel, Traité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit administratif, 1984, p.657-658; ATF 107 III 142-143). Ce principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est également applicable dans le domaine des assurances sociales</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Rumo-Jungo, Bundesgesetz über die Unfallversicherung, 2ème édition, 1995,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.225). Le Tribunal fédéral des assurances avait ainsi admis, sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ancien droit, qu'une caisse-maladie pouvait compenser des prestations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assurance échues avec des créances de cotisations arriérées (ATF 110 V</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">185 - RAMA 1985, p.12; v. aussi Maurer, Bundessozialversicherungsrecht,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2ème édition, 1994, p.314). L'entrée en vigueur de la LAMal, le 1er</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">janvier 1996, n'a pas modifié ce système. La nouvelle loi, comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'ancienne, ne règle pas expressément la question de la compensation, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est ainsi admissible. Le fait que la LAMal a instauré un système</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assurance obligatoire n'est pas non plus déterminant, le principe de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compensation étant applicable de façon générale en matière d'assurance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sociale. Pour qu'une compensation soit exclue, il aurait fallu que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">législateur adopte une disposition en ce sens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, les compensations litigieuses, intervenues</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsque l'intimé a fait connaître en 1997 son intention au recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.124 al.1 CO), sont admissibles. L'article 9 OAMal, relatif à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demeure de l'assuré, n'exclut en effet pas une compensation, mais prévoit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les conséquences d'une poursuite infructueuse contre un assuré (en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulier l'obligation pour l'assureur d'informer l'autorité compétente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'aide sociale et la possibilité de suspendre la prise en charge des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestations). Il n'est pas non plus déterminant que les créances en cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernent l'assurance obligatoire des soins ou une assurance complémen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire, du moment que la condition de la réciprocité des créances est réa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lisée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) Dans le domaine de l'AVS, certaines compensations sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réglées par la loi (art.20 al.2 LAVS). Selon la jurisprudence constante du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal fédéral des assurances, la compensation de cotisations person-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nelles avec une rente ne peut se faire que dans la mesure où la déduction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui affecte les rentes mensuelles ne porte pas atteinte au minimum vital</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnu par le droit des poursuites. Lorsque les revenus de l'assuré ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépassent pas ce minimum vital, une compensation est exclue (RCC 1990,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.206-207; RCC 1986, p.304; Kieser, Bundesgesetz über die Alters- und</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Hinterlassenenversicherung, 1996, p.128). Le même principe existe dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">domaine de l'assurance-accidents (art.64 OLAA; Ghélew/Ramelet/Ritter,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Commentaire de la LAA, 1992, p.183). Sous l'empire de l'ancienne loi sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assurance-maladie, le Tribunal fédéral des assurances a également</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré, dans un arrêt du 2 avril 1982, que la compensation opérée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une caisse-maladie entre prestations échues et cotisations arriérées ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">doit pas mettre en péril les moyens d'existence du débiteur (RAMA 1982,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.247).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Le recourant se plaint d'une atteinte à son minimum vital si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une compensation est opérée. Il y a lieu, au vu du principe prérappelé,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'admettre cet argument. C. Neuchâtel a en effet informé l'intimée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par lettre du 10 septembre 1997 que le recourant voyait sa situation se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">détériorer du fait de factures de médecins non remboursées (D.7/19), de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sorte que la caisse X. devait s'enquérir de sa situation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">financière exacte avant de prendre sa décision du 24 septembre 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est vrai que la protection du minimum vital semble avant tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">viser les cas dans lesquels une assurance compense des cotisations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">impayées avec des rentes. Dans son arrêt du 2 avril 1982, le Tribunal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fédéral des assurances n'a cependant pas opéré de distinction entre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestations pour soins et droit à des indemnités journalières. Il a au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contraire décrit cette règle comme appartenant "aux principes régissant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assurance sociale en général" (RAM 1982, p.252). Il faut dès lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admettre que le minimum vital doit être garanti dans tous les cas, qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agisse d'une rente, d'indemnités journalières ou de remboursement à un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assuré de frais de traitement.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Le recours est ainsi bien fondé. Il convient d'annuler la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision entreprise et de renvoyer la cause à l'intimée pour instruction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">complémentaire et nouvelle décision au sens des considérants. Il est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">statué sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Annule la décision entreprise et renvoie la cause à la caisse X. pour instruction complémentaire et nouvelle décision au sens des considérants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 18 février 1998</span></p> </div></body></html>