<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp329776"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>130 III 387<br/><br/><br/><div class="paraatf">48. Extrait de l'arrêt de la Chambre des poursuites et des faillites dans la cause Office des poursuites de Genève (recours LP)</div> <div class="paraatf">7B.251/2003 du 23 février 2004</div> <a name="idp331376"></a> <a name="idp349520"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Gebühr für den Zahlungsbefehl (<span class="artref">Art. 16 GebV SchKG</span>); Ersatz der Posttaxen (<span class="artref">Art. 13 GebV SchKG</span>). <div class="paratf">Wird der Zahlungsbefehl durch das Betreibungsamt zugestellt, ist als Auslage einzig die dadurch nicht angefallene Posttaxe geschuldet (<span class="artref">Art. 13 </span></div> <div class="paratf">Abs. 2 GebV SchKG), unter Ausschluss der Kosten für eine eingeschriebene Sendung (<span class="artref">Art. 13 Abs. 3 lit. d GebV SchKG</span>). Soweit die Posttaxen zu ersetzen sind, sind sie zu der in <span class="artref">Art. 16 GebV SchKG</span> vorgesehenen Grundgebühr hinzuzuschlagen (E. 3). </div> <div class="paratf">Die Zustellung der für den Gläubiger bestimmten Ausfertigung des Zahlungsbefehls (<span class="artref">Art. 76 Abs. 2 SchKG</span>) wird von <span class="artref">Art. 13 Abs. 3 lit. d GebV SchKG</span> nicht erfasst; es handelt sich um eine Mitteilung des Betreibungsamtes im Sinne von <span class="artref">Art. 34 SchKG</span>, die durch eingeschriebenen Brief (Lettre Signature) vollzogen wird und für die Ersatz nach <span class="artref">Art. 13 Abs. 1 GebV SchKG</span> geschuldet ist (E. 4). </div> </div> </div> <a name="idp367584"></a> <br/><div> <a name="idp382080"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 388</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page388"></a><div class="center pagebreak">BGE 130 III 387 S. 388</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp383792"></a><span class="bold">A. </span>Le 7 novembre 2002, Serge Maret, agent d'affaires breveté, a adressé à l'Office des poursuites de Genève, au nom de P., une réquisition de poursuite contre F. pour un montant de 9'744 fr. 20 plus intérêts et frais, moins plusieurs acomptes totalisant 4'700 fr. Simultanément, il a viré un montant de 70 fr., à titre d'avance de frais, sur son compte ouvert auprès de l'office. Ce dernier n'a toutefois pas pu identifier la réquisition de poursuite à laquelle correspondait cette avance, car il n'a traité la poursuite que le 9 janvier 2003 (poursuite n° x).</div> <div class="paraatf">Suite à la notification du commandement de payer le 15 janvier 2003, l'office a adressé l'exemplaire de cet acte destiné au créancier le 20 du même mois, contre remboursement de 89 fr. 60, au mandataire précité. Ayant déjà effectué l'avance de frais, celui-ci a refusé cet envoi.</div> <div class="paraatf">Le 31 janvier 2003, l'office a restitué le montant de 70 fr. au mandataire du créancier.</div> <div class="paraatf">Le 12 mars 2003, un arrangement étant intervenu entre les parties, le créancier a invité l'office à radier purement et simplement la poursuite en cause. Le 15 juillet suivant, l'office a fait savoir au <a name="page389"></a><div class="center pagebreak">BGE 130 III 387 S. 389</div>mandataire du créancier que le montant exigé de 89 fr. 60 correspondait aux frais générés jusqu'alors par ladite poursuite, dont il devait faire l'avance, et il lui a fait parvenir un bulletin de versement à cet effet.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp389264"></a><span class="bold">B. </span>Le créancier a déposé plainte auprès de la Commission de surveillance des offices des poursuites et des faillites du canton de Genève en faisant valoir qu'il ne paierait pas un montant supérieur à 70 fr. et en concluant à ce qu'il soit ordonné à l'office de lui délivrer immédiatement le commandement de payer.</div> <div class="paraatf">Par décision du 13 novembre 2003, communiquée le 18 du même mois aux parties, la Commission cantonale de surveillance a admis la plainte, arrêté le montant des frais à la charge du créancier à 65 fr. et ordonné à l'office d'envoyer au créancier son exemplaire du commandement de payer sitôt qu'il aurait enregistré le paiement des 65 fr.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp391984"></a><span class="bold">C. </span>Contre cette décision qui lui a été notifiée le 21 novembre 2003, l'office a recouru le 1<sup>er</sup> décembre 2003 auprès de la Chambre des poursuites et des faillites du Tribunal fédéral. Au fond et en substance, il la requiert d'annuler la décision attaquée et, statuant à nouveau, d'admettre la plainte formée par le créancier, de dire que les frais à la charge de celui-ci sont de 70 fr., de donner acte à l'office qu'il enverra l'exemplaire destiné au créancier au mandataire de celui-ci sitôt qu'il aura enregistré le paiement des 70 fr. et de rejeter toutes autres ou contraires conclusions.</div> <div class="paraatf">La Commission cantonale de surveillance a formulé ses propres observations en transmettant le dossier au Tribunal fédéral (<span class="artref">art. 80 OJ</span>). Tout en s'en remettant à l'appréciation de celui-ci sur l'issue à donner au recours, elle se réfère aux motifs de sa décision.</div> <div class="paraatf">Dans sa détermination, le créancier doute de la qualité pour recourir de l'office; sur le fond, ses arguments vont dans le sens des conclusions du recours.</div> <div class="paraatf">La Chambre des poursuites et des faillites a admis le recours.</div> <br/><div> <a name="idp402096"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp403056"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp404144"></a><span class="bold" id="consideration_3.1">3.1 </span>Le Tarif des frais applicables à la LP du 7 juillet 1971 prévoyait, à titre d'émolument alloué à l'office des poursuites pour le commandement de payer, un montant forfaitaire calculé d'après le montant de la créance et comprenant les frais d'établissement du <a name="page390"></a><div class="center pagebreak">BGE 130 III 387 S. 390</div>commandement de payer, d'enregistrement et de notification aux parties, notamment les taxes postales (art. 18 al. 1 et 2). Il précisait par ailleurs que ces taxes postales ne donnaient pas lieu à remboursement (<span class="artref">art. 12 al. 3 let</span>. d).</div> <div class="paraatf">Le 17 juin 1991, le Conseil fédéral a abrogé cette dernière disposition et modifié l'art. 18 al. 1 du Tarif (intitulé alors ordonnance sur les frais applicables à la LP; OFLP) notamment en ce sens que l'émolument forfaitaire était prévu pour la rédaction du commandement de payer, son établissement en double et son enregistrement (RO 1991 II 1312). Ainsi, dès le 1<sup>er</sup> juillet 1991, date d'entrée en vigueur de cette révision, les taxes postales n'étaient plus comprises dans le montant forfaitaire de base et pouvaient donner lieu à remboursement à titre de débours au sens de l'art. 12 anc. Tarif ou OFLP.</div> <div class="paraatf">La nouvelle ordonnance du 23 septembre 1996 sur les émoluments perçus en application de la LP (OELP; RS 281.35), en vigueur depuis le 1<sup>er</sup> janvier 1997, prévoit l'émolument de base pour la rédaction du commandement de payer, son établissement en double exemplaire, son enregistrement et sa notification (<span class="artref">art. 16 al. 1 OELP</span>). Comme le texte de 1971, elle inclut la notification dans l'émolument de base, mais contrairement audit texte, elle ne mentionne pas les taxes postales. Elle en traite séparément, sous la rubrique "débours en général" (<span class="artref">art. 13 OELP</span>), en précisant qu'elles doivent en principe être remboursées (al. 1), sous réserve du cas de notification faite par l'office; dans cette hypothèse, il n'est dû que le montant des taxes postales évitées de la sorte (al. 2) et, s'agissant de la notification du commandement de payer (par l'office), seuls les "frais de l'envoi recommandé" sont exclus de l'obligation de remboursement (al. 3 let. d).</div> <div class="paraatf">Au vu de ce qui précède, la Chambre de céans considère, avec la Commission cantonale de surveillance et l'Obergericht du canton de Zurich (arrêt du 21 juin 2000, publié in BlSchK 2003 p. 79), que la simple adjonction, à l'<span class="artref">art. 16 al. 1 OELP</span>, de la notification du commandement de payer dans la liste des prestations couvertes par l'émolument de base ne signifie pas la réintégration des taxes postales dans l'émolument de base du commandement de payer, soit un retour à la réglementation de 1971 formellement abrogée en 1991. En tant que débours en général, les taxes postales doivent être remboursées en vertu du texte clair de l'<span class="artref">art. 13 al. 1 OELP</span>, <a name="page391"></a><div class="center pagebreak">BGE 130 III 387 S. 391</div>sous réserve de la restriction de son alinéa 2 et de l'exception de son alinéa 3 let. d. Dans la mesure de leur obligation d'être remboursées, elles s'ajoutent donc à l'émolument de base.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp189920"></a><span class="bold" id="consideration_3.2">3.2 </span>La Poste perçoit actuellement pour la distribution d'un acte de poursuite une taxe de 5 fr. en courrier A (anciennement "non recommandé") et 10 fr. en lettre signature (anciennement "recommandé"), prix incluant le renvoi du double à l'office (Brochure 202.17 "Courrier Suisse" - actuellement "Lettres Suisse" -, édition janvier 2003, p. 13). Pour la distribution d'une lettre signature (anciennement "recommandé"), la taxe postale est actuellement de 5 ou 6 fr. selon le format (ibid., p. 11).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp191600"></a><span class="bold" id="consideration_3.3">3.3 </span>En application des dispositions précitées, c'est à juste titre que la Commission cantonale de surveillance a confirmé l'adjonction de 5 fr. à l'émolument de base. Il convient toutefois de préciser que le montant de cette taxe postale correspond au coût de la distribution d'un acte de poursuite en courrier A, et non, comme pourrait le laisser entendre la décision attaquée (qui parle simplement d'un envoi en recommandé), à celui de l'envoi d'un tel acte en recommandé (lettre signature), dont l'<span class="artref">art. 13 al. 3 let</span>. d OELP exclut formellement le remboursement.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp447968"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>La notification du commandement de payer dont il est question à l'<span class="artref">art. 13 al. 3 let</span>. d OELP est évidemment celle destinée au débiteur (art. 64 et 71 s. LP). Elle ne saurait concerner le créancier, qui obtient son exemplaire du commandement de payer (art. 70 al. 1 et 76 al. 2 LP), non par cette forme spéciale de remise d'un acte de poursuite, mais par une communication de l'office au sens de l'<span class="artref">art. 34 LP</span> (P.-R. GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 9 ad <span class="artref">art. 76 LP</span>; BALTHASAR BESSENICH, Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs, n. 1 ad <span class="artref">art. 76 LP</span>; AMONN/WALTHER, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 7<sup>e</sup> éd., Berne 2003, § 17 n. 16). Contrairement à ce que retient la Commission cantonale de surveillance, en se référant d'ailleurs à l'avis non argumenté de GILLIÉRON (loc. cit.), l'<span class="artref">art. 13 al. 3 let</span>. d OELP ne s'applique donc pas à l'envoi de l'exemplaire du commandement de payer destiné au créancier.</div> <div class="paraatf">En vertu de l'<span class="artref">art. 34 LP</span>, les communications de l'office sont effectuées par lettre recommandée (lettre signature) ou par remise directe contre reçu. En l'espèce, les frais d'envoi au créancier, par <a name="page392"></a><div class="center pagebreak">BGE 130 III 387 S. 392</div>lettre signature, de l'exemplaire qui lui était destiné constituent une taxe postale dont l'office était en droit de réclamer le remboursement sur la base de l'<span class="artref">art. 13 al. 1 OELP</span>. C'est donc à tort que la Commission cantonale de surveillance a refusé le remboursement du montant de 5 fr. à ce titre.</div> </div></body></html>