<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp322608"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>130 II 247<br/><br/><br/><div class="paraatf">22. Extrait de l'arrêt de la Ire Cour de droit public dans la cause Wang et consorts contre Office des juges d'instruction fédéraux (recours de droit administratif)</div> <div class="paraatf">1A.5/2004 du 3 mai 2004</div> <a name="idp324240"></a> <a name="idp326672"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Internationale Rechtshilfe in Strafsachen; Tragweite der militärischen Geheimhaltung in einem Drittstaat. <div class="paratf">Einzelne dem ersuchenden Staat zu übermittelnde Dokumente unterstehen in einem Drittstaat der militärischen Geheimhaltung. Dieser Umstand kann weder der Schweiz als ersuchtem Staat noch dem ersuchenden Staat entgegengehalten werden (E. 4). </div> </div> </div> <a name="idp329040"></a> <br/><div> <a name="idp331312"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 247</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page247"></a><div class="center pagebreak">BGE 130 II 247 S. 247</div> </div> <div class="paraatf">Le Juge d'instruction fédéral conduit une procédure pénale des chefs de blanchiment d'argent, de défaut de vigilance en matière d'opérations financières et de faux dans les titres. Ces délits auraient été commis en relation avec des faits de corruption qui auraient entaché la vente par la société française Thomson de six frégates à la Marine de la République de Chine (Taïwan).</div> <div class="paraatf">Dans ce cadre, le Juge d'instruction a présenté des demandes d'entraide notamment aux autorités de Taïwan.</div> <div class="paraatf">Le Liechtenstein a demandé l'entraide à la Suisse pour les besoins d'une procédure pénale ouverte contre des membres de la famille Wang pour des faits de blanchiment d'argent et d'organisation criminelle, qui auraient été commis en relation avec la vente des frégates.</div> <div class="paraatf">Le 28 novembre 2003, le Juge d'instruction a rendu une décision de clôture portant notamment sur la remise au Liechtenstein de documents remis par les autorités taïwanaises en exécution de la demande suisse d'entraide. Ces documents sont couverts en France par le secret de la défense nationale. <a name="page248"></a><div class="center pagebreak">BGE 130 II 247 S. 248</div> </div> <div class="paraatf">Les membres de la famille Wang, ainsi que les sociétés impliquées, ont formé contre cette décision un recours de droit administratif, que le Tribunal fédéral a rejeté dans la mesure de sa recevabilité.</div> <br/><div> <a name="idp338096"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp339056"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>Selon les recourants, la protection du "secret-défense" en France ferait obstacle à la remise de tout document concernant le contrat des frégates à des Etats tiers, dont le Liechtenstein, à peine d'enfreindre l'<span class="artref">art. 301 CP</span>.</div> <div class="paraatf">En France, la publication ou la divulgation à une personne non autorisée de données intéressant la défense nationale qui ont fait l'objet de mesures de protection destinées à en restreindre la diffusion est réprimée de l'emprisonnement et de l'amende (art. 413-9, 413-10 et 413-11 du Code pénal français). Les niveaux de classification, ainsi que la procédure, sont réglés par le décret n° 98-608 du 17 juillet 1998 (art. R. 413-6 CP fr.).</div> <div class="paraatf">Les documents, informations et renseignements concernant le contrat des frégates sont couverts par le secret de la défense nationale. Dans le cadre de la procédure pénale ouverte en France, les Juges Van Ruymbeke et de Talancé ont demandé en vain la "déclassification" des pièces détenues par Thales, ainsi que des déclarations que pourraient faire les témoins (notamment les cadres ou anciens cadres de Thomson) au sujet du contrat des frégates.</div> <div class="paraatf">La remise au Liechtenstein de documents et d'informations recueillis en Suisse par le Juge d'instruction en exécution de la demande ne concerne en rien les autorités françaises, qui ne sauraient interférer, au nom de la sauvegarde de la défense nationale, dans les relations entre tiers. Le secret de la défense nationale, tel qu'il est protégé en France, n'est opposable ni à la Suisse, ni au Liechtenstein.</div> </div></body></html>