<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp276480"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>90 IV 206<br/><br/><br/><div class="paraatf">42. Arrêt de la Cour de cassation pénale du 25 septembre 1964 dans la cause Falcy contre Ministère public du canton de Vaud.</div> <div class="paraatf"></div> <a name="idp277872"></a> <a name="idp294688"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf">Ungehorsam gegen eine richterliche Verfügung, mit der einem Ehegatten unter Hinweis auf die Strafandrohung gemäss <span class="artref">Art. 292 StGB</span> auferlegt wird, die eheliche Wohnung zu verlassen. <div class="paratf">1. <span class="artref">Art. 292 StGB</span> ist nur dann anwendbar, wenn eine andere Bestimmung fehlt, die den Ungehorsam an sich bestraft. (Erw. 3) </div> <div class="paratf">2. <span class="artref">Art. 186 StGB</span> enthält keine solche Bestimmung (Erw. 3). </div> <div class="paratf">3. <span class="artref">Art. 292 StGB</span> ist sogar dann anwendbar, wenn die richterliche Verfügung der Zwangsvollstreckung fähig ist (Erw. 4). </div> <div class="paratf">4. Ist der Ehemann, den die Gattin trotz einer richterlichen Ausweisungsverfügung in der ehelichen Wohnung duldet, strafbar? Frage offen gelassen (Erw. 3). </div> <div class="paratf">5. Ist zwischen den nach <span class="artref"><artref id="CH/311.0/292" type="start"></artref>Art. 292 und 186 StGB</span><artref id="CH/311.0/186" type="end"></artref> strafbaren Handlungen Real- oder Idealkonkurrenz möglich? Frage offen gelassen (Erw. 3). </div> </div> </div> <a name="idp308624"></a> <br/><div> <a name="idp322208"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 207</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page207"></a><div class="center pagebreak">BGE 90 IV 206 S. 207</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp323872"></a><span class="bold">A.- </span>Le 24 octobre 1963, le président du Tribunal du district de Morges a autorisé Marie-Louise Falcy a avoir une demeure séparée jusqu'au 31 décembre de la même année et à garder l'appartement conjugal; il a enjoint au mari de quitter cet appartement le 31 octobre au plus tard, sous peine d'arrêts ou d'amende, conformément à l'<span class="artref">art. 292 CP</span>.</div> <div class="paraatf">Le 5 décembre 1963, Falcy n'ayant pas encore quitté le domicile conjugal, le président ordonna son expulsion par la force. Le même jour, il le dénonça pour insoumission.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp328032"></a><span class="bold">B.- </span>Le 29 avril 1964, le Tribunal de simple police du district de Morges a infligé à Falcy 15 jours d'emprisonnement, avec sursis pendant deux ans, notamment pour insoumission à une décision de l'autorité.</div> <div class="paraatf">La Cour vaudoise de cassation a rejeté, le 8 juin, un recours du condamné.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp330112"></a><span class="bold">C.- </span>Contre cet arrêt, Falcy se pourvoit en nullité au Tribunal fédéral.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp331360"></a><span class="bold">D.- </span>Le Ministère public conclut au renvoi de la cause à l'autorité cantonale pour que celle-ci examine si le recourant a enfreint l'<span class="artref">art. 186 CP</span>, qui serait seul applicable en l'espèce, à l'exclusion de l'art. 292.</div> <br/><div> <a name="idp334352"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Considérant en droit:</div> <div class="paraatf">1 et 2. - .....</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp335728"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span>L'<span class="artref">art. 292 CP</span> ne s'applique que subsidiairement, à défaut d'une disposition spéciale de droit fédéral ou cantonal qui réprime l'insoumission elle-même (RO 69 IV 210; <span class="bgeref_err">70 IV 180</span>; <span class="bgeref_err">73 IV 129</span>; <span class="bgeref_err">75 III 110</span>; <span class="bgeref_err">78 I 178</span>, consid. 3). Le recourant voudrait inférer de ce principe que seul l'<span class="artref">art. 186 CP</span> (violation de domicile), à l'exclusion de l'<span class="artref">art. 292 CP</span>, lui serait applicable. Mais l'art. 186 ne réprime pas l'insoumission à l'ordre du juge d'avoir à quitter le domicile conjugal.<a name="page208"></a><div class="center pagebreak">BGE 90 IV 206 S. 208</div> </div> <div class="paraatf">Il sanctionne l'infraction à la volonté manifestée par l'ayant droit (en l'espèce: la femme) de ne pas tolérer la présence d'un tiers (en l'espèce: le mari) dans les lieux que comprend son domicile. Il ne constitue donc pas une disposition spéciale par rapport à l'art. 292 et ne saurait dès lors s'appliquer en ses lieu et place selon le principe rappelé plus haut.</div> <div class="paraatf">Ainsi c'est à bon droit que le juge cantonal a pris sa décision du 24 octobre 1963 en menaçant Falcy des peines prévues par l'<span class="artref">art. 292 CP</span>. Du seul fait qu'il ne quittait pas le domicile conjugal ou y revenait et sans qu'il fût besoin d'aucune intervention de sa femme (interdiction de rentrer, injonction de sortir, plainte pénale), le recourant contrevenait objectivement à l'<span class="artref">art. 292 CP</span> (insoumission). Sans doute sa femme aurait-elle pu l'autoriser, fût-ce tacitement, à rester au domicile conjugal nonobstant l'ordre du juge et faudrait-il se demander, dans ce cas, s'il serait encore punissable du fait qu'il n'aurait pas respecté cet ordre. Car celuici pourrait être tenu pour subordonné à la condition implicite que la femme veuille y donner suite; cette interprétation favorable au lien conjugal exclurait alors toute infraction à l'<span class="artref">art. 292 CP</span>. Il serait aussi possible d'admettre tout au moins que, vu l'attitude de sa femme, le mari avait eu des raisons suffisantes de se croire en droit d'agir comme il l'a fait, c'est-à-dire des raisons suffisantes pour excuser le sentiment de ne commettre aucun acte illicite, auquel cas l'<span class="artref">art. 20 CP</span> (RO 81 IV 196, consid. 3) permettrait au juge d'atténuer librement la peine ou même de n'en prononcer aucune (cf. RO 70 IV 100, consid. 7), la transgression subsistant en principe. Quoi qu'il en soit, cette question peut rester indécise, car rien, dans l'arrêt attaqué, ne permet d'admettre, en l'espèce, que la femme ait entendu autoriser son mari, fût-ce tacitement, à demeurer au domicile conjugal après la date fixée par le juge.</div> <div class="paraatf">L'autorité cantonale n'a pas non plus constaté que la femme aurait, à l'égard de son mari, manifesté l'intention de ne plus l'admettre au domicile conjugal ou lui aurait <a name="page209"></a><div class="center pagebreak">BGE 90 IV 206 S. 209</div>enjoint d'en sortir, ni qu'elle aurait déposé contre lui une plainte fondée sur l'<span class="artref">art. 186 CP</span>. Il n'y a donc pas lieu de rechercher si le recourant aurait transgressé à la fois l'art. 292 et l'<span class="artref">art. 186 CP</span> et, dans l'affirmative, si ces deux infractions se trouveraient en concours réel ou idéal. Au surplus, la cour de céans n'aurait pu être saisie de cette question que par un pourvoi émanant du Ministère public (RO 70 IV 222; <span class="bgeref_err">73 IV 6</span>, no 1; <span class="bgeref_err">76 IV 81</span>, no 18).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp363936"></a><span class="bold" id="consideration_4.">4. </span>Selon le pourvoi, l'<span class="artref">art. 292 CP</span> serait encore subsidiaire à un second titre: il serait inapplicable quand l'injonction est susceptible d'exécution forcée. Il est exact qu'en l'espèce l'exécution forcée était non seulement possible, mais qu'elle a été ordonnée. Néanmoins la thèse soutenue par le recourant n'est pas fondée. Le rétablissement par la force d'un état de choses conforme à la loi ou à la décision transgressée ne supprime pas l'infraction précédemment consommée. Il serait choquant que celui qui, pendant des semaines, a enfreint une injonction qui lui a été régulièrement signifiée sous menace de peine, bénéficie de l'impunité parce que la force publique a fini par intervenir (arrêt Rosset et consorts du 13 décembre 1961, non publié).</div> <br/><div> <a name="idp368160"></a><span class="big bold" id="dispositiv">Dispositiv</span> </div> <br/><div class="paraatf">Par ces motifs, la Cour de cassation pénale</div> <div class="paraatf">Rejette le pourvoi.</div> </div></body></html></html>