<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le 16 mai 1997 à 9 h 40, le recourant, au volant de sa Toyota</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Camry immatriculée NE ...., descendait la rue de la Fontaine à La Chaux-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de-Fonds en direction du sud. A l'intersection avec la rue du Progrès, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">flanc arrière droit de son véhicule a été heurté et endommagé, par l'avant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la Renault Espace immatriculée NE ......, véhicule conduit par J. , domiciliée à La Chaux-de-Fonds, laquelle circulait sur la rue du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Progrès d'ouest en est.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon le rapport de police, le point de choc se situait au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">centre de l'intersection, soit à 2,60 mètres du bord ouest de la rue de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Fontaine et à 2,80 mètres du bord sud de la rue du Progrès. Suite au choc,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le véhicule du recourant s'est immobilisé sur la rue de la Fontaine, au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sud du carrefour, l'avant en direction ouest. Il faut relever que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">camion de la voirie, était arrêté devant le garage Mazda situé sur la rue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du Progrès, au moment de l'accident.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Peu après l'accident, le recourant a déclaré à la police :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Je descendais la rue de la Fontaine à La Chaux-de-Fonds. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'intersection de la rue du Progrès, se trouvait sur ma</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> droite, un camion de la voirie, qui était arrêté à cheval</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sur le trottoir. Je me suis avancé dans le carrefour et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> j'ai remarqué qu'une voiture bleue arrivait. Comme j'étais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> engagé, j'ai pensé que la conductrice de cette machine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> s'arrêterait. J'ai donc poursuivi ma route. Soudain,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'arrière droit de mon véhicule a été heurté par l'avant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de cette automobile."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> J. a déclaré :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> " Je circulais sur la rue du Progrès en direction est. A</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> l'intersection de la rue de la Fontaine, je me suis ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> rêtée pour accorder une éventuelle priorité de droite. Ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> voyant rien venir de ce côté, je me suis avancée dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> carrefour. Soudain, l'avant de ma machine a heurté le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> flanc arrière droit d'une voiture qui survenait de ma gau-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> che. Je précise que je n'avais pas remarqué ce véhicule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> avant le choc et que ma visibilité sur la gauche était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> masquée par le camion des poubelles qui était immobilisé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la hauteur du garage Mazda."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En audience, le recourant a insisté notamment sur le fait que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conductrice J. l'a vu avant de le heurter, qu'elle a perdu la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">maîtrise de son véhicule et n'a pas pu freiner pour l'éviter. En revanche,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">il a admis qu'il avait vu lui aussi le véhicule de J. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par jugement du 9 octobre 1997, le Tribunal de police du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de La Chaux-de-Fonds a condamné le recourant à 350 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'amende et au paiement des frais de la cause arrêté à 150 francs en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">application des articles 36/2, 90/1 LCR, 14/1 OCR 89 CPPN. Il souligne que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les arguments du recourant invoqué lors de l'audience sont faux. En</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revanche, ledit tribunal l'a libéré de la prévention d'ivresse au volant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relative à des faits qui se sont produits le 8 mars 1997.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 30 octobre 1997, le recourant se pourvoit en cassation contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce jugement. Il invoque une fausse application de la loi ainsi que l'arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">traire dans l'appréciation des faits. Il affirme que J. a per-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du la maîtrise de son véhicule d'une part et d'autre part que celle-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conduisait à trop vive allure pour pouvoir s'arrêter à temps à l'intersec-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le ministère public conclut au rejet du recours sans formuler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'observations. Le président du Tribunal de police du district de La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chaux-de-Fonds ne formule aucune observation. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le pourvoi est interjeté dans le délai de dix jours de l'article</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">244 CPPN. On peut sérieusement se demander si le recours est recevable. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi fait essentiellement de nombreux griefs à J. . Or le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recourant n'a pas déposé plainte contre celle-ci. Ces griefs n'ont pas à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être examinés. A cet égard, le recours est irrecevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Quant à la motivation de son recours s'agissant de sa propre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faute, M. ne donne guère d'arguments. On peut se demander,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'il est suffisamment motivé. Implicitement, il ressort toutefois qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste toute violation de priorité.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Au surplus, il ne faut pas être trop formaliste, lorsque le re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courant n'est pas assisté d'un mandataire professionnel. Le pourvoi est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi à cet égard recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. L'article 36 al.2 LCR consacre le principe général de la priori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té de droite aux intersections.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> a) Le droit du prioritaire résulte du principe de la confiance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui est son attribut essentiel. C'est le prioritaire qui est au bénéfice</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la présomption que les autres se conformeront aux règles de la circu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lation et non celui qui est tenu de céder le passage (Bussy/Rusconi, Code</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suisse de la circulation routière, Commentaire, 3ème édition, Lausanne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, ad art.36 LCR, N.3.1.1). Le bénéficiaire de la priorité peu donc</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partir de l'idée que son droit sera respecté. Selon la règle générale de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 26 al.1 LCR, chacun a un devoir de prudence qui lui impose de se</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comporter, dans la circulation, de manière à ne pas gêner ni mettre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">danger ceux qui utilisent la route conformément aux règles établies. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence a déduit de cette règle le principe de la confiance, selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lequel l'usager de la route qui se comporte réglementairement est en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'attendre d'un autre usager, aussi longtemps que les circonstances parti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culières ne doivent pas l'en dissuader, qu'il se comporte également de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manière conforme aux règles de la circulation, c'est-à-dire ne le gêne pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ni ne le mette en danger (ATF 118 IV 280, JT 1993 p.705; ATF 104 IV 30, JT</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1978 p.418; ATF 99 IV 175, JT 1974 p.427). Le conducteur qui doit attendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à une intersection peut aussi se prévaloir du principe de la confiance. Si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le trafic lui permet de s'engager sans gêner un véhicule prioritaire, on</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne peut lui reprocher aucune violation du droit de priorité s'il entrave</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">malgré tout la progression du prioritaire en raison du comportement impré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">visible de ce dernier. C'est ainsi que l'usager qui s'engage dans une in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tersection à mauvaise visibilité n'a pas à compter, sauf indice contraire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec le fait qu'un véhicule va surgir de façon inopinée à une vitesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">excessive, ou qu'un conducteur déjà visible va soudainement accélérer pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">forcer le passage (ATF 118 IV 282, JT 1993 p.706; ATF 103 IV 296, JT 1978</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.428; ATF 99 IV 175, JT 1974 p.427).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En se fondant sur cette dernière argumentation, le recourant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conteste avoir enfreint l'article 36 al.2 LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En effet, il soutient que J. a vu son véhicule s'en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gager et que dès lors celle-ci aurait dû ralentir et s'arrêter à l'appro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">che de l'intersection pour respecter son devoir de prudence.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) En vertu de l'article 251 al.2 CPPN, la Cour est liée par les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">constatations de fait du premier juge. En l'occurrence, celui-ci a retenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le contenu des déclarations faites auprès de la gendarmerie. Or, au vu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces explications, le recourant devait prendre le maximum de précautions au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vu de la mauvaise visibilité sur la route prioritaire (Bussy/Rusconi, Code</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suisse de la circulation routière, Commentaire, 3ème édition, Lausanne,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, ad art.36 LCR, N.3.4.7).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Apercevant le véhicule de J. , le recourant, débiteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la priorité aurait dû tenir compte de la distance d'éloignement, de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vitesse effective du véhicule prioritaire et de sa propre vitesse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Bussy/Rusconi, Code suisse de la circulation routière, Commentaire, 3ème</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">édition, Lausanne 1996, ad art.36 LCR, N.3.4.6). Ainsi, le recourant a mal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">apprécié la situation en pensant d'une part qu'il ne gênerait pas le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conducteur bénéficiaire de la priorité venant de sa droite et d'autre part</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en escomptant que J. freinerait pour le laisser traverser</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intersection, alors qu'elle était prioritaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Au vu de ce qui précède, le pourvoi doit être rejeté et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais mis à la charge du recourant (art.254 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le pourvoi mal fondé pour autant que recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge de M. les frais de justice arrêtés à 440</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 5 mars 1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>