Lausanne, 9. April 2015
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 24. März 2015 (6B_768/2014)
16 Personen mit HIV infiziert: Schuldspruch bestätigt
Das Bundesgericht bestätigt den Schuldspruch gegen einen Mann aus dem Kanton  
Bern, der von 2001 bis 2005 16 Personen vorsätzlich mit dem HI-Virus infiziert hat.  
Die HIV-Infizierung der Opfer wurde vom Obergericht des Kantons Bern zu Recht als  
schwere Körperverletzung qualifiziert. Neu entscheiden muss es in Bezug auf die  
Höhe der Genugtuungszahlungen für die Betroffenen.
Der Mann hatte zwischen Mai 2001 und Mai 2005 sechzehn Personen vorsätzlich mit  
dem HI-Virus infiziert. Dazu hatte er seinen Opfern mit Nadeln oder nadelähnlichen  
Gegenständen kontaminiertes Blut oder anderes biologisches Material mit dem HI-Virus  
injiziert. Die Stiche in den Rücken oder im Nackenbereich erfolgten teils im Rahmen  
angeblicher  "Akupunkturbehandlungen",  teils  überraschend  oder  während  einer  
Bewusstlosigkeit der Betroffenen. Das Berner Obergericht bestätigte im April 2014 die  
erstinstanzliche Verurteilung wegen mehrfacher schwerer Körperverletzung und mehrfachen Verbreitens menschlicher Krankheiten und verhängte eine Freiheitsstrafe von 15  
Jahren. Zudem wurde der Mann verpflichtet, den Geschädigten Genugtuungszahlungen  
von je 100'000 Franken beziehungsweise in einem Fall von 90'000 Franken auszurichten. 
Das Bundesgericht weist die Beschwerde des Verurteilten gegen den Schuldspruch ab  
und heisst sie in Bezug auf die Genugtuungszahlungen gut. Der Betroffene hatte im  
Wesentlichen geltend gemacht, dass er nur wegen einfacher Körperverletzung schuldig  
zu sprechen und die Freiheitsstrafe durch das Gericht zu bestimmen sei. Das Bundesgericht erachtet die rechtliche Würdigung durch das Obergericht als bundesrechtskonform. Der angefochtene Entscheid steht auch nicht im Widerspruch zur bundesgerichtlichen Rechtsprechung. Zwar hat das Bundesgericht 2013 seine Rechtsprechung  
geändert und entschieden, dass eine HIV-Infizierung heutzutage aufgrund der medizinischen Behandlungsmöglichkeiten als solche nicht mehr generell lebensgefährlich sei  
und insofern keine schwere Körperverletzung vorliege. Offen gelassen hat es dabei  
jedoch die Frage, ob bei einer vorsätzlichen HIV-Infizierung eine schwere Körperverletzung im Sinne der Generalklausel vorliegen kann, die eine schwere Schädigung  
der körperlichen oder geistigen Gesundheit des Opfers voraussetzt. Das Obergericht hat  
dies im konkreten Fall zu Recht bejaht. Es liegt hinreichendes Beweismaterial vor, um  
die Taten objektiv als schwere Körperverletzung zu würdigen. So wurde unter anderem  
ein medizinischer Expertenbericht zu den allgemeinen Folgen einer HIV-Infektion  
eingeholt. Demnach ist bei einer HIV-Infektion die Belastung für Körper und Psyche der  
Betroffenen auch heute noch sehr gross und die Krankheit als solche mit einer enormen  
Stigmatisierung verbunden. Die antiretrovirale Therapie muss lebenslänglich eingenommen werden. Langzeitnebenwirkungen sind auch mit heutigen Medikamenten denkbar.  
Personen, die in den Jahren 2001 bis 2005 mit HIV-1 infiziert worden sind, haben  
zudem aufgrund von Hochrechnungen eine deutlich, um mehrere Jahre verkürzte  
Lebenserwartung. Diese Folgen bestehen nach den Erklärungen des Sachverständigen  
für alle Geschädigten gleichermassen. Was die Genugtuungszahlungen betrifft, muss  
das Obergericht neu entscheiden. Das Bundesgericht erachtet die diesbezügliche Begründung der Vorinstanz als unvollständig, beziehungsweise als zu wenig differenziert  
in Bezug auf den jeweiligen Einzelfall. Lausanne, le 9 avril 2015
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 24 mars 2015 (6B_768/2014)
16 personnes contaminées avec le VIH: condamnation confirmée
Le Tribunal fédéral confirme la condamnation d'un bernois qui, de 2001 à 2005, a  
infecté intentionnellement 16 personnes avec le VIH. La contamination des victimes  
par le virus de l'immunodéficience humaine a été, à juste titre, qualifiée de lésion  
corporelle grave par la Cour suprême du canton de Berne. Celle-ci doit se prononcer  
à nouveau sur le montant des indemnités pour tort moral dues aux personnes  
concernées.
De mai 2001 à mai 2005, l'homme avait transmis intentionnellement le virus du SIDA à  
seize personnes. Pour ce faire, il avait inoculé à ses victimes du sang contaminé ou un  
autre matériel biologique avec le VIH, au moyen d'aiguilles ou d'objets analogues. Les  
piqûres dans le dos ou dans la zone de la nuque survenaient, d'une part, dans le cadre  
de prétendus traitements d'acupuncture, d'autre part, par surprise ou pendant une perte  
de conscience des personnes concernées. Au mois d'avril 2014, la Cour suprême  
bernoise a confirmé la condamnation, prononcée en première instance, pour lésions  
corporelles graves et propagation d'une maladie de l'homme à réitérées reprises et  
infligé une peine de 15 ans de privation de liberté. Par ailleurs, l'homme a été condamné  
à verser 100'000 fr. à chaque lésé pour le tort moral, respectivement 90'000 fr. dans un  
cas.
Le Tribunal fédéral rejette le recours de l'intéressé contre sa condamnation mais l'admet  
quant aux indemnités pour tort moral. Pour l'essentiel, le recourant avait invoqué qu'il ne  
devait être condamné que pour lésions corporelles simples et que sa peine devait être  
fixée par le tribunal. Le Tribunal fédéral considère la qualification juridique opérée par la  
Cour suprême comme conforme au droit fédéral. Le jugement contesté n'est pas non  
plus en contradiction avec la jurisprudence du Tribunal fédéral. En 2013, ce dernier a  
certes modifié sa jurisprudence et jugé que de nos jours, compte tenu des possibilités  
de traitement médical, une infection VIH en tant que telle ne met plus, en général, la vie  
en danger et ne constitue donc pas une lésion corporelle grave. Il a cependant réservé  
la possibilité qu'une infection volontaire avec le VIH constitue une lésion corporelle  
grave au sens de la clause générale, qui suppose une atteinte grave à la santé  
physique ou mentale de la victime. En l'espèce, le Tribunal cantonal l'a admis à juste  
titre. Les preuves matérielles suffisent objectivement pour qualifier les faits de lésions  
corporelles graves. En particulier, il ressort du rapport de l'expertise médicale ordonnée,  
relative aux conséquences communes d'une infection VIH, que la contamination par ce  
virus, constitue aujourd'hui encore un fardeau physique et psychique très pesant pour  
les personnes concernées et que la maladie en tant que telle demeure lourdement  
stigmatisante. La thérapie antivirale doit être prise à vie. Des effets secondaires à long  
terme sont envisageables même avec les médicaments actuels. Les personnes qui ont  
été infectées par le VIH-1 dans les années 2001 à 2005 ont une espérance de vie  
estimée nettement raccourcie, de plusieurs années. Selon les explications de l'expert,  
tous  les  lésés  subissent  ces  conséquences  de  manière  comparable.  Quant  à  
l'indemnisation du tort moral, la Cour suprême doit rendre un nouveau jugement. Le  
Tribunal fédéral juge incomplète la motivation y relative de l'autorité précédente,  
respectivement qu'elle différencie insuffisamment les situations individuelles.