B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour III C-239/2015 A r r ê t d u 3 0 j u i n 2 0 1 5 Composition Blaise Vuille (président du collège), Yannick Antoniazza-Hafner, Daniele Cattaneo, juges, Marie-Claire Sauterel, greffière. Parties A._______, recourante, contre Secrétariat d'Etat aux migrations SEM, Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen concernant B._______. C-239/2015 Page 2 Faits : A. En date du 19 novembre 2014, B._______, ressortissante marocaine née le 22 janvier 1946, a présenté une demande d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen auprès de l'Ambassade de Suisse à Rabat dans le but d'effectuer une visite familiale d'une durée de nonante jours à sa sœur, A._______, Suissesse, domiciliée à Y ._______. B._______ a joint à sa re- quête notamment une lettre d'invitation de sa sœur, datée du 30 septembre 2014, ainsi que la preuve des revenus mensuels et de l'absence de pour- suites de cette dernière. Le même jour, la représentation diplomatique précitée a refu sé ladite re- quête, considérant que la prénommée n'avait pas rappor té la preuve de moyens de subsistance suffisants pour la durée du séjour envisagé. Par courrier daté du 27 novembre 2014, parvenu le 24 novembre 2014 à l'Office fédéral des migrations (ODM; depuis le 1 er janvier 2015: le Secré- tariat d'Etat aux migrations SEM), A._______ a formé opposition audit re- fus en faisant valoir qu e dans la mesure où elle touchait environ 6'100 francs de rentes mensuelles, elle avait les moyens financiers nécessaires pour prendre en charge l'ensemble des frais relatifs au séjour de son invi- tée en Suisse. Elle a versé au dossier diverses pièces relatives à ses rentes de veuve de l'AVS et de la Caisse de pension de la Commune de Lausanne et à ses indemnités mensuelles pour incapacité de travail, ainsi qu'un cer- tificat d'assurance voyage Schengen, aux termes duquel les frais médicaux et de rapatriement de son invitée seraient couverts durant son séjour en Suisse. B. Par décision du 16 décembre 2014 , l'ODM a rejeté l'opposition susmen- tionnée et confirmé le refus d'autorisation d'entrée concernant B._______, estimant que la sortie de l'Espace Schengen au terme du visa sollicité ne pouvait pas être considérée comme suffisamment garantie , compte tenu de la situation personnelle de l'intéressé e ("relativement âgée, veuve, n'a pas été en mesure de prouver disposer de moyens financiers suffisants, n'a jamais voyagé dans l'Espace Schengen") et de la situation socio-éco- nomique prévalant dans son pays d'origine. C. Par acte du 12 janvier 2015, A._______ a recouru contre la décision préci- tée auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après: le Tribunal ou le TAF), C-239/2015 Page 3 en concluant implicitement à son annulation et à l'octroi de l'autorisation d'entrée sollicitée. Dans son pourvoi, elle a souligné que sa sœur n'avait aucune intention de demeurer en Suisse à l'issue du séjour de visite, car bien que veuve, elle vivait au Maroc avec trois de ses fils, nés en 1966, 1981 et 1984, tous célibataires, dans la maison familiale qui lui appartenait. Ses enfants ex- ploitaient un magasin d'habits à X._______. Quant aux moyens financiers de B._______, elle a indiqué que celle -ci touchait une pension de retraite de l'Etat marocain et que l'un de ses fils, de nationalité américaine, résidant aux USA, lui versait chaque mois une aide mensuelle de 315 USD. Elle a précisé que ce dernier s'était engagé à prendre en charge tous les frais de séjour, d'hébergement et de rapatriement de sa mère durant son voyage en Suisse. Enfin, elle a mentionné que sa sœur n'avait pas de loyer à payer et que le coût de la vie au Maroc était relativement bas. Pour terminer, elle s'est étonnée qu'en tant que Suissesse, elle ne puisse pas recevoir sa sœur qu'elle n'avait pas revue depuis quatre ans. Plusieurs pièces ont été versées au dossier, notamment la copie (avec sa traduction) du titre de propriété de la maison de B._______, l'attestation de pension de retraite de la prénommée, copie de l'aide mensuelle de 31 5 USD versée par son fils américain, l'engagement de ce dernier du 1er janvier 2015 de prendre en charge tous les frais inhérents au séjour de sa mère en Suisse et enfin une attestation établie le 19 décembre 2014 par une banque marocaine, selon laquelle B._______ disposait à cette date d'un solde créditeur de 79'713 dirhams sur son compte. D. Appelée à se prononcer sur le recours, l' autorité intimée en a proposé le rejet par préavis du 3 février 2015. Dite réponse a été portée à la connaissance de la recourante le 6 février 2015. Par courrier du 8 mars 2015 , A._______ a souligné qu'elle avait apporté plusieurs éléments de preuve dans son recours du 12 janvier 2015. E. Les autres arguments invoqués de part et d'autre dans le cadre de la pro- cédure de recours seront examinés, si nécessaire, dans les considérants en droit ci-dessous. C-239/2015 Page 4 Droit : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions en matière de refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen prononcées par le SEM - lequel constitue une unité de l'administration fédérale telle que définie à l'art. 33 let. d LTAF - sont sus- ceptibles de recours au Tribunal qui statue définitivement (cf. art. 1 al. 2 LTAF en relation avec l'art. 83 let. c ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 su r le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3 A._______ qui a pris part à la procédure devant l'autorité inférieure, a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 et 52 PA). 2. La recourante peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciatio n, la constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la décision entreprise, sauf lorsqu'une autorité cantonale a statué comme autorité de recours (cf. art. 49 PA). Dans le cadre de la procédure de re- cours, le Tribunal applique d'office le droit fédéral. Conformément à l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par les motifs invoqués à l'appui du recours, ni par les considérants de la décision attaquée (cf. ANDRÉ MO- SER ET AL., Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht, Handbücher für die Anwaltspraxis, Tome X, 2ème éd. 2013, pp. 226/227 ch. 3.197; MOOR / POLTIER, Droit administratif, vol. II, 2011, pp. 300 et 301 ch. 2.2.6.5). Aussi peut-elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux invo- qués (cf. notamment ATAF 2007/41 consid. 2, et réf. citées; MOSER ET AL., op. cit., p. 24 ch. 1.54; MOOR / POLTIER, op. cit., pp. 300 et 301 ch. 2.2.6.5). Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de fait régnant au moment où elle statue (cf. ATAF 2014/1 consid. 2, et jurisprudence citée). C-239/2015 Page 5 3. La politique des autorités suisses en matière de visa joue un rôle très im- portant dans la prévention de l'immigration clandestine (cf. à ce sujet le Message du Conseil fédéral concernant la loi sur les étrangers du 8 mars 2002, FF 2002, p. 3493). Aussi, elles ne peuvent accueillir tous les étran- gers qui désirent venir dans ce pays, que ce soit pour des séjours de courte ou de longue durée et peuvent donc légitimement appliquer une politique restrictive d'admission (cf. notamment ATF 135 I 143 consid. 2.2; voir éga- lement l'arrêt du TAF C-5953/2013 du 26 juin 2014 consid. 3, et la jurispru- dence citée). La législation suisse sur les étrangers ne garantit aucun droit ni quant à l'entrée en Suisse, ni quant à l'octroi d'un visa. Comme tous les autres Etats, la Suisse n'est en principe pas tenue d'autoriser l'entrée de ressor - tissants étrangers sur son territoire. Sous réserve des obligations décou - lant du droit international, il s'agit d'une décision autonome (cf. Message du Conseil fédéral précité, FF 2002 3469, ch. 2.2 p. 3531, ad art. 3 du projet de loi; voir également ATF 135 II 1 consid. 1.1; ATAF 2014/1 consid. 4.1.1; 2011/48 consid. 4.1; 2009/27 consid. 3, ainsi que la juris prudence citée). La réglementation Schengen reprise par la Suisse dans le cadre de la con- clusion des accords d'association à Schengen limite toutefois les préroga- tives des Etats membres parties à ces accords, dans le sens où cette ré- glementation, d'une part, prévoit des conditions uni formes pour l'entrée dans l'Espace Schengen et la délivrance des visas y relatifs, d'autre part, oblige les Etats membres à refuser l'entrée et l'octroi du visa requis si les conditions prescrites ne sont pas remplies. En outre, lorsque l'autorité com- pétente pour se prononcer sur la demande de visa parvient à la conclusion que toutes les conditions auxquelles est subordonnée l'obtention d'un visa d'entrée sont réunies et qu'il n'existe aucun motif de refus, le visa doit en principe être délivré au (à la) requérant(e). Il reste que, dans le cadre de cet examen, dite autorité dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Ainsi que le T ribunal l'a souligné dans sa jurispru dence, la réglementation Schengen ne confère, pas plus que la législation suisse, de droit à l'entrée dans l'Espace Schengen, ni de droit à l'octroi d'un visa (cf. ATAF 2014/1 consid. 4.1.1 et 4.1.5; 2011/48 consid. 4.1). 4. 4.1 Les dispositions sur la procédure en matière de visa ainsi que sur l'en- trée en Suisse et la sortie de ce pays ne s'appliquent que dans la mesure où les accords d'association à Schengen, qui sont mentionnés à l'annexe C-239/2015 Page 6 1, ch. 1 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr, RS 142.20), ne contiennent pas de dispositions divergentes (cf. art. 2 al. 4 et 5 LEtr). S'agissant des conditions d'entrée en Suisse pour un séjour n'excédant pas 90 jours, l'art. 2 al. 1 de l'ordonnance du 22 octobre 2008 sur l'entrée et l'octroi de visas (OEV, RS 142.204) renvoie au Règlement (CE) n o 562/2006 du Parlement européen et du C onseil du 15 mars 2006 établis- sant un code communautaire relatif au franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen [JO L 105 du 13 avril 2006 p. 1- 32]), dont l'art. 5 a été modifié par le Règlement (UE) no 610/2013 du Par- lement européen et du Conseil du 26 juin 2013 modifiant le Règlement (CE) no 562/2006 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen), la convention d'application de l'ac- cord de Schengen, les Règlements (CE) n o 1683/95 et (CE) n o 539/2001 du Conseil et les Règlements (CE) n o 767/2008 et (CE) n o 810/2009 du Parlement européen et du Conseil (JO L 182 du 29 juin 2013). Les condi- tions d'entrée ainsi prévues correspondent, pour l'essentiel, à celles po- sées à l'art. 5 LEtr (cf. notamment l'arrêt du TAF C-2942/2013 consid. 4.2). Cela est d'ailleurs corroboré par le Règlement (CE) no 810/2009 du Parle- ment européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code com- munautaire des visas (code des visas [JO L 243 du 15 septembre 2009]), aux termes duquel il appartient au demandeur de visa de fournir des infor- mations permettant d'apprécier sa volonté de quitter le territoire des Etats membres avant l'expiration du visa demandé (cf. art. 14 par. 1 let. d du code des visas) et une attention particulière est accordée à la volonté du demandeur de visa de quitter le territoire des Etats membres avant la date d'expiration du visa demandé (cf. art. 21 par. 1 du code des visas). Aussi, la pratique et la jurisprudence relatives à l'art. 5 LEtr, notamment celles concernant la garantie de sortie prévue par l'art. 5 al. 2 LEtr, peuvent-elles être reprises in casu (sur les détails de cette pro- blématique, cf. ATAF 2009/27 consid. 5.2 et 5.3). 4.2 Si les conditions pour l'octroi d'un visa uniforme pour l'Espace Schen- gen ne sont pas remplies, un Etat membre peut, à titre exc eptionnel, déli- vrer au ressortissant d'un Etat tiers qui ne remplit pas les conditions ordi- naires d'entrée, un visa à validité territoriale limitée (ci-après: un visa VTL) notamment pour des motifs humanitaires ou d'intérêt national ou en raison C-239/2015 Page 7 d'obligations internationales (cf. art. 12 al. 1 en relation avec l'art. 2 al. 4 OEV, art. 32 par. 1 en relation avec l'art. 25 par. 1 let. a ch. i et par. 2 du code des visas, et art. 5 par. 4 let. c du code frontières Schengen). 4.3 Le Règlement (CE) n o 539/2001 du Co nseil du 15 mars 2001 (JO L 81 du 21 mars 2001, p. 1 -7) différencie, en son art. 1 par. 1 et 2, les ressortissants des Etats tiers selon qu'ils sont soumis ou non à l'obligation du visa. Du fait qu' elle est un e ressortissante du Royaume du Maroc, B._______ est soumise à l'obligation du visa. 5. 5.1 Il importe de relever que, selon une pratique constante des autorités, une autorisation d'entrée en Suisse et dans l'Espace Schengen ne peut être délivrée à des étrangers dont le retour dans le pays où ils résident n'est pas assuré, soit en raison de la situation politique ou économique prévalant dans celui-ci, soit en raison de leur situation personnelle. 5.2 Lorsque l'autorité examine si l'étranger présente les garanties né ces- saires en vue d'une sortie de Suisse dans les délais impartis (au sens de l'art. 5 al. 2 LEtr), elle ne peut le faire que, d'une part, sur la base d'indices fondés sur la situation personnelle, familiale ou professionnelle de l'étran- ger désirant se rendre en Suisse et, d'autre part, sur une évalua tion du comportement de l'étranger une fois arrivé en Suisse, compte tenu des prémisses précitées. On ne saurait donc reprocher à l'autorité de prendre une décision contraire à la loi lorsque dite autorité se base sur les indices et l'évaluation susmentionnés pour appliquer l'article précité. 5.3 Ces éléments d'appréciation doivent en outre être examinés dans le contexte de la situation générale prévalant dans le pays de résidence de la personne invitée, dans la mesure où il ne peut d'emblée être exclu qu'une situation politiquement, socialement ou économiquement moins fa- vorisée que celle que connaît la Suisse puisse influencer le comportement de la personne intéressée (cf., sur les points qui précèdent, notamment les arrêts du TAF C-328/2013 du 24 juin 2014 consid. 5.1 à 5.3; C-3022/2013 du 11 mars 2014 consid. 5.1). 6. Dans la décision querellée, l'ODM a refusé d'autoriser l'entrée en Suisse de B._______ au motif que son départ à l'échéance du visa sollicité n'ap- paraissait pas suffisamment assuré. C-239/2015 Page 8 6.1 In casu, le Tribunal ne saurait d'emblée écarter les craintes émises par l'autorité intimée, du fait notamment de la situation qui prévaut au Maroc sur le plan social et économique. Il convient en effet de prendre en considération la qualité de vie et les con- ditions économiques et sociales difficiles que connaît l'ensemble de la po- pulation au Maroc. S'agissant de la situation économique, le Tribunal constate que le produit intérieur brut (PIB) par habitant en 2013 s'élevait à environ USD 3'160 pour le Maroc et à environ USD 85'317 pour la Suisse (voir le site internet du Fonds monétaire international: www.imf.org > Data and Statistics > World Economic Outlook Databases (WEO) > World Economic Outlook Data- bases April 2015 > By Countries (country -level data) > All countries, con- sulté en mai 2015). En effet, malgré les réformes initiées ces dernières années par le gouvernement pour lutter contre la pauvreté et le sous -em- ploi, l'économie marocaine reste fragile et tributaire des résultats agricoles ainsi que de la demande mondiale (cf. Ministère français des affaires étran- gères, France Diplomatie, http://www.diplomatie.gouv.fr, Présentation du Maroc > Données générales, mise à jour le 5 mars 2015, consulté en mai 2015). Du point de vue social, l'indice de développement humain (IDH) 2013, qui prend en compte la santé, l'éducation et le niveau de vie, classe le Maroc en 129ème position sur 187 pays, la Suisse occupant le troisième rang pour la même année (voir le site internet des rapports sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement [HDR UNDP]: http//www.hdr.undp.org > Human Development Report 2014, con- sulté en mai 2015). Ces conditions de vie défavorables peuvent s'avérer décisives lorsqu'une personne prend la décision de quitter sa patrie, en ce sens que des condi- tions de vie relativement difficiles ne sont pas sans exercer une pression migratoire importante sur la population. Cette tendance migratoire est en- core renforcée, comme l'expérience l'a démontré, lorsque la personne con- cernée peut s'appuyer à l'étranger sur un réseau social préexistant, comme cela est précisément le cas en l'espèce. Cela étant, l'autorité ne saurait se fonder sur la seule situation prévalant dans le pays de provenance de l'étranger pour conclure à l'absence de garantie quant à sa sortie ponctuelle de Suisse, mais doit également pren- dre en considération les particularités du cas d'espèce (cf. C-239/2015 Page 9 ATAF 2014/1 consid. 6.3.1; 2009/27 consid. 7 et 8). Lorsque la personne invitée assume d'importantes responsabilités dans son pays d'origine, au plan professionnel, familial et/ou social, un pronostic favorable pourra, sui- vant les circonstances, être émis quant à son départ ponctuel de Suisse à l'issue de la validité de son visa. En revanche, le risque d'une éventuelle transgression future des prescriptions de police des étrangers pourra être jugé élevé lorsque la personne concernée n'a pas d'attaches suffisantes ou d'obligations significatives dans son pays d'origine pour l'inciter à y re- tourner au terme de son séjour (cf. notamment ATAF 2014/1 consid. 6.3.1; arrêt du TAF C-2942/2013 du 17 février 2014 consid. 5.2, et réf. citées). 6.2 Il convient dès lors d'examiner si, en l'état, la situation familiale , per- sonnelle et patrimoniale de B._______ plaide en faveur de sa sortie ponc- tuelle de Suisse, respectivement de l'Espace Schengen, à l'expira tion de son visa, compte tenu par ailleurs du but du séjour qu'elle envi sage d'ef- fectuer en Suisse. 6.2.1 En l'occurrence, il ressort des renseignements qui ont été communi- qués aux autorités suisses que l'intéressée, âgée actuellement de 69 ans, est veuve, retraitée et mère de quatre enfants, l'un d'eux (citoyen améri- cain) vivant à Las Vegas, les trois autres, tous majeurs et célibataires, ré- sidant avec leur mère à X.________. Par ailleurs, B._______ est proprié- taire de la maison d'habitation qu'elle occupe. Certes, la présence de trois fils de la prénommée au Maroc, avec lesquels elle vit, constitue une attache familiale importante qui, a priori, parle en faveur du retour de l'intéressée dans ce pays à la fin du séjour projeté. Il sied cependant de constater que ceux-ci, âgés respectivement de 49, 34 et 31 ans et exploitant ensemble un magasin d'habits, sont tous majeurs et indépendants. Ainsi, au vu de l'expérience générale, de tels liens, comme les autres relations familiales et sociales qu e B._______ entretient dans son pays, sont parfois insuffisants pour inciter une personne à retourner dans sa patrie, notamment au regard de perspectives plus favorables à l'étranger. Au demeurant, le souhait de B._______ d'effectuer un séjour de visite familiale en Suisse pendant une période de trois mois tend à démon- trer que malgré la présence de ses trois enfants majeurs, les liens avec son pays d'origine ne sont pas aussi étroits qu'elle ne le pré tend, ce qui conforte les doutes formulés sur l'effectivité de son départ de Suisse à l'échéance du visa requis. 6.2.2 Il s'impose par ailleurs de relever qu'aucune indication n'a été donnée concernant l'état de santé de B._______, qui, âgée de 69 ans, se trouve C-239/2015 Page 10 dans une tranche d'âge dans laquelle des soins médicaux peuvent être rendus nécessaires à tout instant. On ne saurait dès lors exclure que cette dernière cherche à prolonger son séjour, du moins temporairement, pour des motifs médicaux. Dans ce contexte, la qualité de vie et la situation so- cio-économique prévalant en Suisse sont autant de facteurs susceptibles d'inciter l'intéressée, une fois arrivée en ce pays, à y poursuivre son séjour pour y bénéficier de meilleures conditions d'existence. 6.2.3 Cela étant, dans le contexte d'une pondération de tous les éléments en présence, le fait que B._______ soit propriétaire de la maison dans la- quelle elle vit n'est pas davantage susceptible de représenter un facteur déterminant dans l'appréciation du cas. Il ne faut en effet pas perdre de vue que la Suisse connaît un niveau de vie sensiblement supérieur à celui du Maroc et que cette circonstance peut s'avérer décisive lorsqu'une per- sonne prend la décision de quitter définitivement sa patrie. Outre le fait que le montant de la pension de retraite annuelle de 19'500 Dirham (qui cor- respond à environ 1'850 francs) est faible et que ce montant doit être com- plété par une aide mensuel de 315 USD accordée par son fils américain , l'on ne décèle aucun élément dans le dossier perme ttant de conclure que la situation matérielle de cette dernière se trouverait péjorée si elle prenait la décision de demeurer sur territoire helvétique à l'expiration de son visa. 7. Au demeurant, il sied de relever que le refus d'une autorisation d'entrée ne remet nullement en cause la bonne foi ou l'honnêteté des personnes qui ont invité un tiers domicilié à l'étranger pour un séjour touristique en Suisse et se sont engagées à garantir les frais y relatifs et le départ de leur invité (cf. lettre d'invitation du 30 septembre 2014 , opposition datée du 27 no- vembre 2014 et recours du 12 janvier 2015). Si ces assurances sont dans une certaine mesure prises en compte pour se pro noncer sur la question de savoir si un visa peut être accordé au ressortissant étranger qui le sol- licite, elles ne sont cependant pas décisives, dès lors qu'elles ne permet- tent pas d'exclure que l'intéressée, une fois en Suisse, ne tente d'y pour- suivre durablement son existence, cette dernière conservant seule la maî- trise de son comportement. De même, l'intention que peut manifester une personne de retourner dans son pays à l'issue de son séjour, voire son engagement formel à le faire, n'ont aucune force juridique (cf. ATAF 2009/27 consid. 9) et ne suffisent pas non plus à ga rantir que son départ interviendra dans les délais prévus. 8. C-239/2015 Page 11 8.1 Par surabondance, il convient encore de relever qu'un refus d'autorisa- tion d'entrée en Suisse prononcé par les autorités helvétiques n'a pas en l'occurrence pour conséquence d'empêcher tant B._______ que sa sœur, qui réside en Suisse sans exercer d'activité lucrative, de se voir, ces der- nières pouvant tout aussi bien se rencontrer hors de Suisse, notamment au Maroc. 8.2 Par ailleurs, B._______ n'a pas invoqué de motifs susceptibles de jus- tifier la délivrance en faveur de l'intéressée d'un visa à validité territoriale limitée (visa VTL cf. consid. 4.2 supra). A cet égard, il convient encore de relever que le refus d'autorisation d'en- trée prononcée à l'endroit de l'intéressée ne constitue pas une ingérence inadmissible dans l'exercice du droit au respect de la vie privée et familiale consacré par l'art. 8 de la CEDH (cf. notamment arrêt du TAF C-6074/2014 du 17 mars 2015 consid. 9.2 et jurisprudence citée). 9. Sans pour autant minimiser l'importance des raisons d'ordre affectif qui motivent sa demande, le TAF ne saurait admettre, au vu de l'ensemble des éléments du dossier, que le retour de B._______ dans sa patrie au terme de l'autorisation requise pu isse être considéré comme suffi samment as- suré. Les conditions d'entrée prévues par le code frontières Schengen con- cernant la garantie qu e B._______ quittera la Suisse dans le délai fixé n'étant pas remplies in casu, c'est donc de manière fondée que l' autorité de première instance a écarté l'opposition datée du 27 novembre 2014 et confirmé le refus d'octroyer à l'intéressée une autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen. Il s'ensuit que, par sa décision du 16 décembre 2014, l'autorité intimée n'a ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de manière inexacte ou incomplète; en outre, cette décision n'est pas inopportune (art. 49 PA). En conséquence, le recours est rejeté. Vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge de la recourante, conformément à l'art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et in- demnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2). Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : C-239/2015 Page 12 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure d'un montant de 700 francs, sont mis à la charge de la recourante. Ce montant est couvert par l'avance de frais versée le 22 janvier 2015. 3. Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Recommandé) – à l'autorité inférieure, avec dossier en retour. Le président du collège : La greffière : Blaise Vuille Marie-Claire Sauterel Expédition :