<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <table border="0"> <tr> <td> <img height="68" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2014-06-16-4A_230-2014.1&amp;type=gif" width="95"/> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4A_230/2014 </b> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 16 juin 2014</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mmes et M. les juges Klett, présidente, Kolly et Hohl. </div> <div class="para">Greffier : M. Thélin. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">X.________ SA, </div> <div class="para">représentée par Me Nicolas Golovtchiner, </div> <div class="para">demanderesse et recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Z.________ Sàrl, </div> <div class="para">représentée par Me Vincent Jeanneret, </div> <div class="para">défenderesse et intimée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">procédure civile; reprise de cause après suspension </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt rendu le 28 février 2014 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Z.________ Sàrl a entrepris une poursuite pour dette contre U.________ SA à Genève, pour le montant de 900'000 fr. en capital. Du juge compétent, elle a obtenu la mainlevée provisoire de l'opposition au commandement de payer. </div> <div class="para">Le 16 février 2011, la débitrice a ouvert action en libération de dette devant le Tribunal de première instance du canton de Genève. </div> <div class="para">La faillite de cette partie étant survenue le 7 mai 2012, le tribunal a ordonné la suspension de la cause par ordonnance du 22 suivant. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">X.________ SA a produit une créance au montant de 99'453 fr. dans la faillite de U.________ SA; en l'état, sa prétention est admise à l'état de collocation. </div> <div class="para">Z.________ Sàrl a également produit plusieurs créances, y compris celle qui est l'objet du procès en libération de dette. Elle a introduit deux actions en contestation de l'état de collocation, actuellement suspendues devant le Tribunal de première instance jusqu'à droit connu, notamment, sur l'issue dudit procès. </div> <div class="para">X.________ SA a requis la cession des droits de la masse en faillite contestés dans ce même procès. L'administration de la faillite lui a accordé cette cession le 28 août 2013; elle lui a imparti un délai échéant le 30 septembre 2014 pour faire valoir les droits cédés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le 19 septembre 2013, Z.________ Sàrl a requis la reprise de cause dans le procès en libération de dette; elle a fait état de la cession des droits de la masse intervenue le 28 précédent. </div> <div class="para">Par ordonnance du 17 octobre 2013, le tribunal a rectifié la désignation des parties en ce sens que X.________ SA avait succédé à la faillie en qualité de demanderesse; il a ordonné la reprise de cause et cité les parties à une audience d'instruction prévue le 17 décembre 2013. </div> <div class="para">X.________ SA a usé du recours pour contester la reprise de cause et la poursuite de l'instruction. La Chambre civile de la Cour de justice a statué le 28 février 2014; elle a déclaré le recours irrecevable au motif que la décision attaquée n'entraîne pas de préjudice difficilement réparable aux termes de l'<span class="artref">art. 319 let. b ch. 2 CPC</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Agissant par la voie du recours en matière civile, X.________ SA requiert le Tribunal fédéral d'annuler l'arrêt de la Cour de justice et d'ordonner la prolongation de la suspension du procès en libération de dette, devant le Tribunal de première instance, jusqu'à une éventuelle demande de reprise de la cause à introduire par elle; des conclusions subsidiaires tendent à l'annulation de l'arrêt et au renvoi de l'affaire à la Cour de justice pour nouvelle décision. </div> <div class="para">Z.________ Sàrl a pris position sur une demande d'effet suspensif jointe au recours; pour le surplus, elle n'a pas été invitée à procéder. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">L'ordonnance de reprise de cause du 17 octobre 2013 n'a pas terminé l'instance en cours; ce prononcé est au contraire incident aux termes de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 LTF</span>. </div> <div class="para">L'arrêt de la Cour de justice a terminé l'instance introduite devant cette autorité; néanmoins, parce que le recours à l'origine de ce prononcé était dirigé contre une décision incidente, l'arrêt revêt lui aussi le caractère d'une décision incidente selon l'<span class="artref">art. 93 al. 1 LTF</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=28.05.2014&amp;to_date=16.06.2014&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-380%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page380">ATF 137 III 380</a> consid. 1.1 p. 381/382). En conséquence, la recevabilité du recours en matière civile suppose que l'ordonnance de reprise de cause soit de nature à causer un préjudice irréparable aux termes de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span> (même arrêt, consid. 1.2.2 p. 383). </div> <div class="para">Selon la jurisprudence, un préjudice irréparable n'est réalisé que lorsque la partie recourante subit un dommage qu'une décision favorable sur le fond ne fera pas disparaître complètement; il faut en outre un dommage de nature juridique, tandis qu'un inconvénient seulement matériel, résultant par exemple d'un accroissement de la durée et des frais de la procédure, est insuffisant (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=28.05.2014&amp;to_date=16.06.2014&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-380%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page380">ATF 137 III 380</a> consid. 1.2.1 p. 382; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=28.05.2014&amp;to_date=16.06.2014&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-III-188%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page188">134 III 188</a> consid. 2.2 p. 191; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=28.05.2014&amp;to_date=16.06.2014&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-III-629%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page629">133 III 629</a> consid. 2.3.1 p. 632). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">X.________ SA prétend avoir le droit de choisir elle-même, à son gré, le moment où elle fera valoir les droits qui lui ont été cédés par l'administration de la faillite, cela dans le délai qui lui a été imparti à cette fin et qui viendra à échéance le 30 septembre 2014. Selon son argumentation, l'ordonnance de reprise de cause porte atteinte à ce droit et lui cause ainsi un préjudice juridique irréparable. </div> <div class="para">Par l'effet de l'<span class="artref">art. 207 al. 1 LP</span>, le procès en libération de dette s'est trouvé de plein droit suspendu dès le prononcé de la faillite (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=28.05.2014&amp;to_date=16.06.2014&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F118-III-40%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page40">ATF 118 III 40</a> consid. 5 p. 42; arrêt 4C.180/2005 du 18 novembre 2005, consid. 1.5). La suspension a pris fin, de plein droit également, dès la cession des droits de la masse à X.________ SA (arrêt 5P.60/2007 du 29 janvier 2008, consid. 2.3.5), et l'instruction pouvait être reprise à la requête de la partie la plus diligente (<span class="bgeref_err">ATF 43 III 130</span> p. 132). Z.________ Sàrl a présenté la requête idoine. Ces règles ne confèrent en aucune manière à X.________ SA, cessionnaire des droits de la masse, le droit de différer la reprise de cause. </div> <div class="para">Cette partie fait inutilement valoir que celui à qui une prétention est cédée selon l'<span class="artref">art. 260 al. 1 LP</span> acquiert le droit d'entreprendre le procès correspondant, sans en avoir l'obligation, et qu'il peut agir à son gré dans le délai imparti lors de la cession, voire plus tard, aussi longtemps que la cession n'est pas formellement révoquée par l'administration de la faillite (<span class="bgeref_err">ATF 64 III 107</span> consid. 1 p. 110; arrêt précité 5P.60/2007, consid. 2.3.1 et 2.3.2). Il importe également peu que selon une opinion doctrinale, le cessionnaire n'assume aucun devoir de fidélité envers la masse en faillite et peut privilégier ses propres intérêts (Vincent Jeanneret et Vincent Carron, in Commentaire romand, n° 4 ad <span class="artref">art. 260 LP</span>). Rien de cela ne concerne la conduite d'un procès en cours lors de la faillite, dont la suspension est régie par l'<span class="artref">art. 207 al. 1 LP</span>. Dès la fin de cette suspension, il appartient au juge saisi de prendre les décisions d'instruction nécessaires à une progression rapide de l'instance, selon l'<span class="artref">art. 124 al. 1 CPC</span>, et chaque partie jouit du droit d'obtenir un jugement dans un délai raisonnable, consacré par l'<span class="artref">art. 29 al. 1 Cst.</span> La recourante n'est donc pas fondée à revendiquer le droit de s'opposer à la poursuite de l'instruction. L'ordonnance de reprise de cause du 17 octobre 2013 ne lui inflige ainsi aucun préjudice juridique, de sorte que le recours en matière civile se révèle irrecevable au regard de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.</b> </div> <div class="para">A titre de partie qui succombe, la recourante doit acquitter l'émolument à percevoir par le Tribunal fédéral et les dépens auxquels l'autre partie peut prétendre pour avoir pris position sur la demande d'effet suspensif. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">La recourante acquittera un émolument judiciaire de 1'000 francs. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">La recourante versera une indemnité de 1'000 fr. à l'intimée, à titre de dépens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour de justice du canton de Genève. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 16 juin 2014 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para">La présidente : Le greffier : </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Klett Thélin </div> <div class="para"> </div> </div></body></html>