Lausanne, 30. Dezember 2015
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 16. Dezember 2015 (6B_896/2014)
Nachträgliche Verwahrung bestätigt
Die nachträgliche Verwahrung eines 1993 zu 20 Jahren Zuchthaus verurteilten
Straftäters verstösst nicht gegen die Europäische Menschenrechtskonvention. Die
auf der gesetzlichen Neuregelung von 2007 basierende Massnahme bedeutet keine
Verletzung des Rückwirkungs- oder des Doppelbestrafungsverbotes. Das Bundesgericht weist die Beschwerde des Betroffenen ab und bestätigt den Entscheid des
Obergerichts des Kantons Zürich. 
Das Geschworenengericht des Kantons Zürich hatte den Mann mit Urteilen von 1993
und 1995 wegen Mordes, vorsätzlicher Tötung und weiterer Delikte zu 20 Jahren Zuchthaus verurteilt. Die Strafe endete am 8. Oktober 2010. Seither befindet sich der Mann in
Sicherheitshaft. Bereits 2009 hatte die Oberstaatsanwaltschaft des Kantons Zürich ein
Gesuch um nachträgliche Verwahrung des Täters gestellt. 2012 kam das Bundesgericht
auf Beschwerde der Oberstaatsanwaltschaft zum Schluss, dass die Voraussetzungen
für eine Wiederaufnahme des Verfahrens erfüllt seien. Das Bezirksgericht Zürich ordnete in der Folge gestützt auf ein psychiatrisches Gutachten  die nachträgliche
Verwahrung des Mannes an. Das Obergericht des Kantons Zürich bestätigte den Entscheid 2014. Der Betroffene gelangte dagegen ans Bundesgericht. Er machte geltend,
dass  seine  nachträgliche  Verwahrung  gegen  die  Europäische  Menschenrechtskonvention (EMRK) und gegen den Internationalen Pakt über bürgerliche und politische
Rechte (IPBPR) verstosse. Insbesondere verletze die Massnahme das Verbot der
Rückwirkung, weil die gesetzliche Regelung zur nachträglichen Verwahrung erst 2007 in
Kraft getreten sei. Zudem bedeute die Anordnung der Verwahrung eine unzulässige
Doppelbestrafung.
Das Bundesgericht weist die Beschwerde des Betroffenen ab. Die nachträgliche
Verwahrung kann gemäss den 2007 eingeführten Bestimmungen angeordnet werden,
wenn sich bei einem Verurteilten während dem Vollzug der Freiheitsstrafe aufgrund
neuer Tatsachen und Beweismittel ergibt, dass die Voraussetzungen für eine Verwahrung erfüllt sind; die Voraussetzungen müssen dabei bereits zum Zeitpunkt der
Verurteilung bestanden haben, ohne dass das Gericht davon Kenntnis haben konnte.
Die EMRK und der IPBPR schliessen eine rückwirkende Anwendung von neuem Recht
nicht aus, wenn dieses nicht strenger wirkt als das alte Recht. Das zur Zeit der
Tatbegehung anwendbare Strafprozessrecht des Kantons Zürich schloss die Revision
eines Urteils zu Ungunsten des Täters aufgrund von neuen Tatsachen und Beweismitteln nicht aus. Das Rückwirkungsverbot ist somit nicht verletzt, weil es bereits unter
dem damals geltenden Recht möglich gewesen wäre, auf das ursprüngliche Urteil
zurückzukommen und nachträglich die Verwahrung anzuordnen. Die Massnahme verstösst auch nicht gegen das Verbot der doppelten Bestrafung für die gleiche Tat. Für
den Betroffenen wiegt der mit der Verwahrung verbundene Eingriff in seine Freiheit
sowie in sein Vertrauen auf eine Entlassung nach Verbüssung der Strafe sehr schwer.
Gemäss dem Gutachten drohen von ihm in Freiheit jedoch weitere schwere, wenn nicht
schwerste Gewaltdelikte gegen Leib und Leben Dritter. Unter diesen Umständen geht
der Schutz der Allgemeinheit vor. Lausanne, le 30 décembre 2015
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 16 décembre 2015 (6B_896/2014)
Internement ultérieur confirmé
L’internement ultérieur d’un auteur condamné en 1993 à 20 ans de réclusion ne viole
pas la Convention européenne des droits de l’homme. La mesure ordonnée sur la
base d’une nouvelle réglementation légale applicable depuis 2007 n’enfreint pas le
principe de non-rétroactivité, ni l’interdiction de la double condamnation. Le Tribunal
fédéral rejette le recours de l’intéressé et confirme la décision du Tribunal cantonal
zurichois.
Statuant par jugements rendus en 1993 et 1995, la Cour d’assises du canton de Zurich
a condamné à 20 ans de réclusion l’auteur d’actes constitutifs d’assassinat, de meurtre
et de divers autres délits. L’exécution de la peine s’est achevée le 8 octobre 2010.
Depuis lors, le condamné se trouve en détention pour des motifs de sûreté. En 2009, le
Procureur général du canton de Zurich a formulé une demande d’internement ultérieur à
son encontre. En 2012, le Tribunal fédéral saisi d’un recours du ministère public a admis
que les conditions d’une reprise de la procédure étaient réalisées. Y donnant suite, le
Tribunal d’arrondissement zurichois a ordonné l'internement ultérieur de l’intéressé sur
la base d’un rapport d’expertise psychiatrique. Le Tribunal cantonal zurichois a confirmé
la mesure aux termes d’un jugement rendu en 2014. L’intéressé a recouru au Tribunal
fédéral. Il a fait valoir que l’internement ultérieur ordonné à son encontre, l’avait été en
violation de la Convention européenne des droits de l’homme et du Pacte international
relatif aux droits civils et politiques. En particulier, il portait atteinte au principe de nonrétroactivité, la base légale n’étant entrée en vigueur qu’en 2007, et à l’interdiction de la
double condamnation.
Le Tribunal fédéral rejette le recours. L’internement ultérieur fondé sur les dispositions
légales entrées en vigueur en 2007 peut être ordonné si des faits et des moyens de
preuves nouveaux laissent apparaître en cours d’exécution de la peine privative de
liberté que les conditions de la mesure étaient déjà réalisées au moment de la
condamnation et que le tribunal n’avait alors pas pu en avoir connaissance. La
Convention européenne des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits
civils et politiques n’interdisent pas l’application rétroactive du nouveau droit, à la
condition que les effets de ce dernier ne soient pas plus sévères que ceux de l’ancien
droit. En l'occurrence, la procédure pénale applicable dans le canton de Zurich au
moment des faits n’excluait pas la révision d'un jugement pour faits ou moyens de
preuves nouveaux au détriment du condamné. Le principe de non-rétroactivité n’est par
conséquent pas violé, dès lors que le droit alors applicable permettait déjà de revenir
sur un jugement initial et d’ordonner ultérieurement un internement. La mesure ne porte
pas non plus atteinte à l’interdiction de la double condamnation pour le même état de
faits. Certes, pour l’intéressé, l'internement ultérieur porte très gravement atteinte à sa
liberté de mouvement ainsi qu'à son attente d'une libération en fin de la peine. Selon le
rapport d'expertise psychiatrique, sa libération induirait toutefois le risque qu'il commette
d'autres délits violents, voire les plus graves des crimes contre la vie et l'intégrité
corporelle d'autrui. Dans ces circonstances, la protection de la collectivité prévaut.