B u n d e s v e rw a l t u n g s g e r i ch t T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l T r i b u n a l e am m i n i s t r a t i vo f e d e r a l e T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l Cour IV D-755/2023 A r r ê t d u 1 5 f é v r i e r 2 0 2 3 Composition Chrystel Tornare Villanueva, juge unique, avec l’approbation de Gérald Bovier, juge ; Michel Jaccottet, greffier, Parties A._______, né le (…), Tunisie, recourant, contre Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile (non-entrée en matière) et renvoi (procédure Dublin - art. 31a al. 1 let. b LAsi) ; décision du SEM du 1er février 2023 / N (…). D-755/2023 Page 2 Vu la demande d ’asile déposée en Suisse par A._______, ressortissant tunisien, en date du 27 décembre 2022, le résultat de la comparaison avec l ’unité centrale du système européen « Eurodac » en date du 30 décembre 2022, dont il ressort que l ’intéressé a déposé une demande d’asile en Autriche, le (…) 2022, le mandat de représentation signé par l ’intéressé en faveur de Caritas Suisse, le 9 janvier 2023, l’entretien individuel « Dublin » du 13 janvier 2023, au cours duquel le requérant a été entendu sur l'éventuelle compétence de l’Autriche pour le traitement de sa demande d'asile et sur sa situation médicale, la requête aux fins de reprise en charge de l ’intéressé, présentée par le SEM aux autorités a utrichiennes le 13 janvier 2023 , fondée sur l'art. 18 par. 1 let. b du règlement (UE) no 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l’Etat membre responsable de l’examen d’une demande de protection internationale introduite dans l’un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (JO L 180/31 du 29.6.2013, ci-après : RD III), l’absence de réponse des autorités autrichiennes à cette demande, la décision du 1er février 2023, notifiée le lendemain, par laquelle le SEM, se fondant sur l ’art. 31a al. 1 let. b LAsi (RS 142.31), n ’est pas entré en matière sur la demande d’asile de l’intéressé, a prononcé son transfert vers l’Autriche et ordonné l ’exécution de cette mesure, constatant l ’absence d’effet suspensif à un éventuel recours, la résiliation du mandat de représentation par Caritas Suisse en date du 6 février 2023, le recours du 8 février 2023 (date du timbre postal), par lequel l’intéressé a conclu, principalement, à l'annulation de la décision entreprise et à l’entrée en matière sur sa demande d'asile, subsidiairement, au renvoi de la cause au SEM, D-755/2023 Page 3 les requêtes de mesures superprovisionnelles, d ’effet suspensif, de dispense du paiement de l’avance de frais et d'assistance judiciaire totale, dont il est assorti, les mesures superprovisonnelles ordonné es par le Tribunal administratif fédéral (ci-après : le Tribunal), en date du 9 février 2023, et considérant que le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF (RS 173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 PA (RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, qu'en particulier, les décisions rendues par le SEM en matière d ’asile peuvent être contestées devan t le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l ’art. 105 LAsi et 83 let. d ch. 1 LTF [RS 173.110]), exception non réalisée en l’espèce, que le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent recours, que l’intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), que, présenté dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 3 LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, qu'à l'encontre d'une décision de non -entrée en matière et de transfert fondée sur l'art. 31 a al. 1 let. b LAsi, le recourant peut invoquer, en vertu de l'art. 106 al. 1 LAsi, la violation du droit fédéral, notamment l'abus ou l'excès dans l'exercice du pouvoir d'appréciation (let. a), et l'établissement inexact ou incomplet de l'état de fait pertinent (let. b), que le recourant ne peut pas invoquer l'inopportunité de la décision attaquée (cf. ATAF 2015/9 consid. 8.2.2), que, saisi d’un recours contre une décision de non -entrée en matière sur une demande d’asile, le Tribunal se limite à examiner le bien-fondé d’une telle décision (cf. ATAF 2014/39 consid. 2), D-755/2023 Page 4 que, cela étant, il sied de déterminer si le SEM était fondé à faire application de l’art. 31a al. 1 let. b LAsi, disposition en vertu de laquelle il n ’entre pas en matière sur une demande d ’asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d ’un accord international, pour mener la procédure d’asile et de renvoi, qu’avant de faire application de la disposition précitée, le SEM examine la compétence relative au traitement d’une demande d’asile selon les critères fixés dans le RD III, que, s ’il ressort de cet examen qu ’un autre Etat est responsable du traitement de la demande d’asile, le SEM rend une décision de non-entrée en matière après que l’Etat requis a accepté la prise ou la reprise en charge du requérant d’asile (ATAF 2017 VI/5 consid. 6.2), que le RD III retient en effet le principe de l'examen de la demande par un seul Etat membre (« one chance only ») et, ce faisant, vise précisément à lutter contre les demandes d'asile multiples, qu’aux termes de l ’art. 3 par. 1 RD III, une demande de protection internationale est examinée par un seul Etat membre, celui -ci éta nt déterminé selon les critères fixés à son chapitre III, que la procédure de détermination de l ’Etat responsable est engagée, aussitôt qu’une demande d’asile a été déposée pour la première fois dans un Etat membre (art. 20 par. 1 RD III), que, dans une procédure de reprise en charge (anglais : take back), comme en l ’espèce, il n ’y a en principe aucun nouvel examen de la compétence selon le chapitre III RD III ( cf. ATAF 2019 VI/7 consid. 4 à 6 ; 2017 VI/5 consid. 6.2 et 8.2.1), qu’en effet, l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale en vertu dudit règlement est tenu de reprendre en charge – dans les conditions prévues aux art. 23, 24, 25 et 29 – le requérant dont la demande est en cours d ’examen et qui a présenté une demande auprès d ’un autre État membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d’un autre État membre (art. 18 par. 1 let. b RD III), qu’en l’occurrence, les investigations entreprises par le SEM ont permis d’établir, après consultation d e l ’unité centrale du système européen « Eurodac » , le 30 décembre 2022, que le recourant a déposé une demande d’asile en Autriche, le (…) 2022, D-755/2023 Page 5 que, dès lors, le SEM a soumis aux autorités a utrichiennes, le 13 janvier 2023, soit dans le délai fixé à l'art. 23 par. 2 RD III, une requête aux fins de reprise en charge de l'intéressé, fondée sur l'art. 18 par. 1 let. b RD III, que les autorités autrichiennes n'ont pas fait connaître leur décision quant à la requête du SEM dans le délai de deux semaines prévu à l'art. 2 5 par. 1 RD III, de sorte que l' Autriche est réputée avoir reconnu sa compétence conformément à l'art. 25 par. 2 RD III, que, cela étant , lors de son entretien individuel « Dublin » du 13 janvier 2023, l’intéressé s’est opposé à son transfert e n Autriche, alléguant qu ’à son arrivée dans ce pays, il était fatigué, n ’avait rien mangé, avait soif et avait été obligé de donner ses empreintes digitales, que, s ’agissant de sa situation médicale , il a déclaré avoir pris des médicaments en B._______, en C._______ et en D._______, qu’il aurait été frappé lors de son séjour dans ce dernier pays et aurait depuis lors mal à (…), mais n’aurait bénéficié d’aucun soin, qu’il aurait également des [problèmes médicaux], qu’il a indiqué qu’il souhaitait se faire soigner en Suisse, puis retourner en Tunisie, que sur le plan psychique, il a ajouté qu ’il ne se sentait pas bien depuis que (…), qu’au stade du recours, il a fait valoir qu ’il ne voulait pas être renvoyé en Autriche, où il n’avait pas été pris en charge alors qu’il avait demandé un soutien médical, que bien qu ’il ait été vulnérable et n’arrivait plus à marcher, les autorités autrichiennes auraient à chaque fois repoussé ses rendez-vous médicaux, que, s’agissant du souhait du recourant de se faire soigner en Suisse, il est relevé que le RD III ne confère pas aux demandeurs d'asile le droit de choisir l'Etat membre offrant, à leur avis, les meilleures conditions d'accueil comme Etat responsable de l'exa men de leur demande d'asile (cf. ATAF 2010/45 consid. 8.3), qu’en outre, en prenant les empreintes digitales de l ’intéressé et en transmettant les données au système central Eurodac, les autorités D-755/2023 Page 6 autrichiennes n’ont fait que se conformer à leur obligation découlant de l'art. 9 par. 1 et de l’art. 14 par. 1 du règlement Eurodac, que, cela étant, en vertu de l'art. 3 par. 2 al. 2 RD III, lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (JO C 364/1 du 18.12.2000, ci -après : Charte UE), l'Etat procédant à la détermination de l'Etat responsable poursuit l'examen des critères fixés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat peut être d ésigné comme responsable, que lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur vers un Etat désigné sur la base des critères du chapitre III ou vers le premier Etat auprès duquel la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la détermination devient l'Etat responsable (art. 3 par. 2 al. 3 RD III), qu’au vu de l'art. 3 par. 2 al. 2 RD III, il y a ainsi lieu d'examiner s'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe, en A utriche, des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les c onditions d'accueil des demandeurs, qui entraîneraient un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte UE, qu'il convient de rappeler que ce pays est lié à la Charte UE et partie à la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (CR, RS 0.142.30) ainsi qu'au Protocole additionnel du 31 janvier 1967 (PA/CR, RS 0.142.301), à la Convention du 4 no vembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101) et à la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) et, à ce titre, en applique les dispositions, que, dans ces conditions, cet Etat est présumé respecter la sécurité des demandeurs d'asile, en particulier leur droit à l'examen, selon une procédure juste et équitable, de leur demande, et leur garantir une protection conforme au droit international et au droit européen (cf. directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale [ci -après : directive Procédur e] ; directive D-755/2023 Page 7 n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale [ci-après : directive Accueil]), que cette présomption de sécurité n'est cependant pas irréfragable et doit être écartée d'office en présence, dans l'Etat de destination du transfert, d'une pratique avérée de violations systématiques des normes minimales de l'Union européenne, constitutives de défaillances systémiques dans la procédure d 'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile au sens de l'art. 3 par. 2 al. 2 RD III ; que, dans un tel cas, l’Etat requérant doit renoncer au transfert (cf. ATAF 2011/35 consid. 4.11 ; 2010/45 consid. 7.4.2), qu’en l’occurrence, il n'y a aucune sérieuse raison de croire qu'il existe, en Autriche, des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'art. 4 de la Charte UE (art. 3 par. 2 2ème phrase RD III), qu'en l'absence d'une pratique actuelle avérée dans ce pays de violation systématique de ces normes minimales de l'Union européenne, cet Etat est présumé respecter ses obligations tirées du droit international public, en p articulier le principe de non -refoulement énoncé expressément à l'art. 33 Conv. réfugiés, ainsi que l'interdiction des mauvais traitements ancrée à l'art. 3 CEDH et à l'art. 3 Conv. torture, qu’aussi, l'application de l'art. 3 par. 2 RD III ne se justifie pas en l'espèce, l’intéressé ne s’étant d’ailleurs prévalu d’aucun élément sérieux, objectif et concret apte à démontrer que l ’Autriche faill irait à ses obligations internationales, qu’en vertu de l’art. 17 par. 1 RD III (clause de souveraineté), chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par le ressortissant d'un pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, que, comme l ’a retenu la jurisprudence (cf. ATAF 2015/9 consid. 8), l’autorité inférieure doit admettre la responsabilité de la Suisse pour examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le RD III, lorsque le transfert envisagé vers l'Etat membre désigné D-755/2023 Page 8 responsable par lesdits critères viole des obligations de la Suisse relevant du droit international public, que le SEM peut également admettre cette responsabilité pour des raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1 (RS 142.311), que, comme précisé précédemment, l ’intéressé n'a en particulier fourni aucun élément concret susceptible de démontrer que l ’Autriche ne respecterait pas le principe du non -refoulement et donc faillirait à ses obligations internationales en le renvoyant dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement menacées, ou encore d'où il risquerait d'être astreint à se rendre dans un tel pays, qu'en outre, l’intéressé n’a pas démontré que ses conditions d'existence dans ce pays revêtiraient un tel degré de pénibilité et de gravité qu'elles seraient constitutives d'un traitement contraire à l'art. 3 CEDH ou encore à l'art. 3 Conv. torture, qu'il n'a pas non plus apporté d'indices objectifs, concrets et sérieux qu'il serait privé durablement de tout accès à des conditions matérielles minimales d'accueil prévues par la directive Accueil et qu'il ne pourrait pas bénéficier de l'aide dont il pourrait avoir besoin pour faire valoir ses droits, qu'au demeurant, si – après son transfert en Autriche – le recourant devait être contraint par les circonstances à mener une existence non conforme à la dignité humaine, ou s'il devait estimer que ce pays viole ses obligations d'assistance à son encontre, ainsi que la directive précitée, ou de toute autre manière porte atteinte à ses droits fondamentaux, il lui appartiendrait de faire valoir ses droits directement auprès des autorités a utrichiennes, en usant des voies d e droit adéquates auxquelles l ’accès est garanti (art. 26 directive Accueil), que, s’agissant de son état de santé, le recourant a déclaré avoir pris des médicaments en B._______, en C._______ et en D._______, où il aurait eu [problèmes médicaux], que sur le plan psychique, il ne se sentait pas bien depuis que (…), que bien qu’il se trouve en Suisse depuis le 27 décembre 2022 et que le SEM l ’ait rendu attentif, lors de son entretien individuel « Dublin » du 13 janvier 2023, qu ’il lui revenait de faire va loir toute atteinte à sa santé , qui pourrait s’avérer déterminante dans le cadre de sa procédure , auprès D-755/2023 Page 9 de l’infirmerie du centre fédéral, l ’intéressé n’a produit aucun document médical, qu’en tout état de cause, force est de constater que ses problèmes médicaux ne sont pas à ce point graves ou complexes qu'ils nécessiteraient une prise en charge particulière qui s ’opposerait à son transfert en Autriche, ni d'ailleurs que le recourant ne serait pas en mesure de voyager, que le dossier ne contient en effet aucun élément permettant de retenir que le transfert de l'intéressé dans ce pays l'exposerait à un risque de déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé physique ou psychique, de sorte que les conditions d' application très restrictives posées, dans ce contexte, par la jurisprudence à l'application de l'art. 3 CEDH (cf. arrêt de la Cour EDH Paposhvili c. Belgique du 13 décembre 2016, Grande Chambre, requête n° 41738/10) ne sont pas réalisées dans le cas particulier, que, par ailleurs, l’Autriche, qui est liée par la directive Accueil, doit faire en sorte que les demandeurs d’asile reçoivent les soins médicaux nécessaires qui comportent, au minimum, les soins urgents et le traitement essentiel des maladies et d es troubles mentaux graves, et fournir l ’assistance médicale ou autre nécessaire aux demandeurs ayant des besoins particuliers en matière d’accueil, y compris, s’il y a lieu, des soins de santé mentale appropriés (art. 19 par. 1 et 2 directive Accueil), que, cela étant, il appartiendra à l ’intéressé de solliciter la reprise de sa procédure d ’asile dès son arrivée en A utriche, ce qui lui permettra de bénéficier dans ce pays des prestations prévues par la directive Accueil, que, dans ces conditions, c ’est à juste titre que le SEM a retenu que les problèmes de santé du recourant, n'apparaissaient pas d'une gravité telle que le transfert dans ce pays serait illicite au sens restrictif de la jurisprudence précitée, que, dans le cas où le recourant devait avoir besoin de soins particuliers au moment de son transfert vers l’Autriche, il lui appartiendra d'en informer les autorités suisses chargées de l'exécution de cette mesure, lesquelles veilleront à communiquer à leurs homologues a utrichiens les renseignements nécessaires en vue d ’une éventuelle prise en charge médicale spécifique, D-755/2023 Page 10 que, par conséquent, le transfert de l ’intéressé vers l ’Autriche n'est pas contraire aux obligations découlant de dispositions conventionnelles auxquelles la Suisse est liée, que, par ailleurs, il y a lieu de constater que le SEM a établi de manière complète et exacte l'état de fait pertinent et n'a commis ni excès ni abus de son large pouvoir d'appréciation en refusant d'admettre l'existence de raisons humanitaires au sens de l'art. 29a al. 3 OA 1, en combinaison avec l'art. 17 par. 1 RD III, qu'en conclusion, c'est à bon droit que l ’autorité intimée a considéré qu'il n'y avait pas lieu de faire application de la clause de souveraineté ancrée à l'art. 17 par. 1 RD III, que ce soit pour des raisons tirées du respect, par la Suisse, de ses obligations internationales ou pour des raisons humanitaires, qu’au vu de ce qui précède, c ’est à juste titre que le SEM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile du recourant, en application de l'art. 31a al. 1 let. b LAsi, et a prononcé son transfert de la Suisse vers l’Autriche, en application de l'art. 44 LAsi, aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant réalisée (art. 32 OA 1), que, pour le surplus, il convient de renvoyer aux considérants de la décision attaquée dès lors que ceux -ci sont suffisamment explicites et motivés (art. 109 al. 3 LTF, par renvoi de l'art. 4 PA), que, par conséquent, le recours doit être rejeté, que, s'avérant manifestement infondé, il l'est dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que, dans la mesure où il est directement statué sur le fond, les demandes tendant à l'octroi de l'effet suspensif et à la dispense du versement d'une avance de frais sont sans objet, alors que les mesures superprovisonnelles prononcées le 9 février 2023 sont désormais caduques, que, les c onclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la requête d'assistance judiciaire totale est rejetée, D-755/2023 Page 11 que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et art. 2 et 3 let. a du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), (dispositif page suivante) D-755/2023 Page 12 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. La requête d’assistance judiciaire totale est rejetée. 3. Les frais de procédure, d ’un montant de 750 francs, sont mis à la charge du recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 4. Le présent arrêt est adressé au recourant, au SEM et à l’autorité cantonale. La juge unique : Le greffier : Chrystel Tornare Villanueva Michel Jaccottet Expédition :