<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2020-05-06-5A_47-2020.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5A_47/2020</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 6 mai 2020</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux Herrmann, Président, Escher et Bovey. </div> <div class="para">Greffière : Mme Achtari. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">Caisse Interprofessionnelle AVS de la Fédération des Entreprises Romandes </div> <div class="para">(FER CIAM 106.1), </div> <div class="para">recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Office des poursuites de Genève, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">A.________. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">procès-verbal de saisie, acte de défaut de biens après saisie, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre la décision de la Cour de justice du canton de Genève, Chambre de surveillance des </div> <div class="para">Offices des poursuites et faillites, du 9 janvier 2020 (A/3190/2019-CS DCSO/11/20). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.a.</b> Les 26 mars et 4 mai 2018, la Caisse Interprofessionnelle AVS FER CIAM 106.1 (ci-après: Caisse) a requis la continuation des poursuites nos vvv et www, engagées à l'encontre de A.________ en recouvrement de cotisations impayées. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.b.</b> Aux termes du procès-verbal de saisie du 28 mai 2018, dans la série nos xxx, à laquelle participaient les poursuites précitées et un certain nombre d'autres, l'Office cantonal des poursuites (ci-après: office) a fixé la quotité mensuelle saisissable à 1'549 fr. 36, à compter du 21 novembre 2018. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.c.</b> Le 22 août 2019, l'office a communiqué à la Caisse deux actes de défaut de biens après saisie, nos yyy et zzz, lesquels mentionnaient le montant total de la créance (capital, intérêts et frais inclus), s'élevant 1'439 fr. 57 et 664 fr. 18, et le produit de la poursuite, par 1'289 fr. 57 et 514 fr. 18. Le découvert de chaque poursuite s'élevait à 150 fr. et correspondait aux frais de sommation, amendes et frais de taxation d'office indiqués sur les deux commandements de payer. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.</b> Par acte posté le 3 septembre 2019, la Caisse a formé plainte auprès de la Chambre de surveillance des offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Genève (ci-après: chambre de surveillance) contre ces actes de défaut de biens. Elle a conclu à leur annulation, à ce que l'office dresse un état de collocation et un tableau de distribution et à ce qu'il arrête le calcul des intérêts à la date de la dernière réalisation, cette date devant figurer sur les nouveaux actes de défaut de biens. </div> <div class="para">Dans sa détermination, l'office a fourni le tableau de distribution dans la série n° xxx. Il en résulte que l'office avait encaissé trois retenues sur salaire pour un total de 4'100 fr., soit 1'550 fr. le 18 décembre 2018, 1'550 fr. le 11 janvier 2019 et 1'000 fr. le 2 mai 2019. Sous déduction des frais d'encaissement et de distribution, le produit net à répartir était de 3'795 fr. 90. Les créances de la Caisse visant à recouvrer les cotisations sociales (avec les intérêts) avaient été colloquées en 2 <sup>ème</sup> classe et entièrement soldées. Seules les créances relatives aux frais administratifs de la plaignante (frais de sommation, amendes, etc.), par 150 fr., avaient été colloquées en 3 <sup>ème</sup> classe et n'avaient pas été couvertes par le produit de réalisation. </div> <div class="para">Le cours des intérêts avait été arrêté à la date du dernier encaissement, le 2 mai 2019. </div> <div class="para">Dans les écritures suivantes, la Caisse a soutenu qu'en prenant comme date d'arrêt des intérêts le 2 mai 2019, elle aurait eu droit à un montant supplémentaire de 21 fr. 46 à ce titre, qu'aucun montant n'avait été distribué avant le 26 août 2019 et que le décompte fourni par l'office faisait état d'un découvert de 135 fr. 90, et non de 150 fr. comme mentionné sur l'acte de défaut de biens. Pour sa part, l'office a exposé que, pour arrêter le cours des intérêts, il avait tenu compte du fait qu'il avait encaissé des retenues sur salaire à des dates différentes et que la créance n'avait été complète que jusqu'au 18 décembre 2018, date du premier versement. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.b.</b> Par décision du 9 janvier 2020, la chambre de surveillance a rejeté la plainte dans la mesure où celle-ci avait conservé un objet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Par acte posté le 20 janvier 2020, la Caisse interjette un recours en matière civile contre cette décision. Elle conclut à sa réforme, en ce sens que les actes de défaut de biens après saisie nos 23 vvv et 23 www communiqués le 22 août 2019 sont mis à néant et que le cours des intérêts des créances en poursuite est arrêté à la seule date du 16 avril 2019. En substance, elle se plaint de la violation de l'<span class="artref">art. 144 al. 4 LP</span>. </div> <div class="para">Des observations n'ont pas été requises. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours a été déposé à temps (<span class="artref">art. 100 al. 2 let. a LTF</span>) contre une décision rendue en matière de poursuite pour dettes (<span class="artref">art. 72 al. 2 let. a LTF</span>) par une autorité de surveillance ayant statué en dernière (unique) instance cantonale (<span class="artref">art. 75 al. 1 LTF</span>). Il est ouvert sans égard à la valeur litigieuse (<span class="artref">art. 74 al. 2 let</span>. c LTF). La recourante, qui a pris part à la procédure devant la juridiction cantonale et a un intérêt digne de protection à la modification de la décision entreprise, a qualité pour recourir (<span class="artref">art. 76 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> Le recours peut être interjeté pour violation du droit, tel qu'il est délimité par les <span class="artref"><artref id="CH/173.110/95" type="start"></artref>art. 95 et 96 LTF</span><artref id="CH/173.110/96" type="end"></artref> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F137-III-193%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page193">ATF 137 III 193</a> consid. 1.2 et les références). Le Tribunal fédéral applique le droit d'office (<span class="artref">art. 106 al. 1 LTF</span>), sans être lié ni par les motifs de l'autorité précédente, ni par les moyens des parties; il peut donc admettre le recours en se fondant sur d'autres arguments que ceux invoqués par le recourant, comme il peut le rejeter en opérant une substitution de motifs (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-V-19%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page19">ATF 143 V 19</a> consid. 2.3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-86%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page86">140 III 86</a> consid. 2). Cela étant, eu égard à l'exigence de motivation contenue à l'<span class="artref">art. 42 al. 2 LTF</span>, sous peine d'irrecevabilité, le Tribunal fédéral n'examine en principe que les griefs soulevés; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorité de première instance, toutes les questions juridiques qui pourraient se poser, mais uniquement celles qui sont soulevées devant lui (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-86%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page86">ATF 140 III 86</a> consid. 2 et les références), sauf en présence d'une violation du droit évidente (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-I-99%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page99">ATF 142 I 99</a> consid. 1.7.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F140-III-115%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page115">140 III 115</a> consid. 2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-I-274%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page274">138 I 274</a> consid. 1.6; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-II-249%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page249">133 II 249</a> consid. 1.4.1). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> Le Tribunal fédéral conduit son raisonnement sur la base des faits établis par la juridiction précédente (<span class="artref">art. 105 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> L'autorité de surveillance a tout d'abord constaté que, au cours de la procédure de plainte, l'office avait transmis l'état de collocation et le tableau de distribution, dont il ressortait que les créances de la recourante, y compris celle d'intérêts, avaient été correctement colloquées en 2ème classe et entièrement couvertes par le produit de la saisie. Seules les créances liées aux frais facturés par la recourante (frais de sommation, amendes, etc.) avaient été colloquées en 3ème classe et donné lieu à des découverts. Il résultait du tableau de distribution que ce découvert pour les frais administratifs se montait à 150 fr. et correspondait au montant indiqué sur les actes de défaut de biens attaqués. Par conséquent, l'office avait réparé son omission, de sorte que la plainte était devenue sans objet sur ce point. </div> <div class="para">Ensuite, l'autorité de surveillance a retenu que chaque encaissement par l'office de la retenue sur salaire avait eu pour conséquence d'éteindre partiellement la créance déduite en poursuite qui portait intérêt. Par conséquent, les intérêts n'avaient pas couru jusqu'à l'encaissement du dernier salaire, ni jusqu'à la distribution des deniers; ils avaient cessé de courir au fur et à mesure des encaissements partiels, ce qui était conforme à la jurisprudence publiée aux <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-III-56%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page56">ATF 116 III 56</a> et 127 III 182. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> La recourante se plaint de la violation de l'<span class="artref">art. 144 al. 4 LP</span>. Elle soutient qu'il faut modifier la jurisprudence ancienne et isolée publiée à l'<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-III-56%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page56">ATF 116 III 56</a> et que les intérêts portés par les créances formant une série dans la saisie doivent courir jusqu'au dernier versement qui vient parfaire la saisie de salaire. Elle expose que la solution genevoise conduit à léser les créanciers puisque le paiement partiel éteint les intérêts, voire le capital, sans que ces créanciers puissent immédiatement en bénéficier. Elle affirme qu'il faudrait soit consigner les quotes-parts, soit procéder à une répartition intermédiaire tous les mois ou unique à l'échéance des douze mois sans prendre en considération les encaissements mensuels sur le cours des intérêts des créances. Elle conclut que, en l'espèce, il faut arrêter le cours des intérêts au 16 avril 2019, date correspondant à la péremption de la saisie de salaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">D'emblée, il sied de constater que la recourante ne présente aucun grief à l'appui de sa conclusion tendant à mettre à néant les actes de défaut de biens après saisie. Celle-ci est donc irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">La question qui se pose est de savoir si le versement d'une quote-part de salaire saisie en mains de l'office des poursuites a pour effet d'éteindre partiellement la créance déduite en poursuite qui porte intérêt. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.</b> Selon l'<span class="artref">art. 12 al. 2 LP</span>, le débiteur est libéré par les paiements qu'il fait en mains de l'office des poursuites pour le compte du créancier poursuivant. </div> <div class="para">Par ailleurs, aux termes de l'<span class="artref">art. 144 al. 4 LP</span> relatif à la distribution des deniers suite à la réalisation dans la saisie, le produit net est distribué aux créanciers jusqu'à concurrence de leurs créances, intérêts jusqu'au moment de la dernière réalisation et frais de poursuite (art. 68) compris. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.1.</b> Dans son arrêt publié aux <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-III-56%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page56">ATF 116 III 56</a>, le Tribunal fédéral a jugé que, en cas de saisie de salaire, lorsque l'employeur s'acquitte en mains de l'office des poursuites de la quote-part de salaire saisie, son paiement entraîne, après prélèvement des frais du créancier saisissant, l'extinction totale ou partielle de la créance déduite en poursuite, qui porte intérêt. A l'appui de cette règle, il a exposé que, en application de l'<span class="artref">art. 12 al. 2 LP</span>, il faut considérer la dette comme partiellement éteinte par le paiement de quotes-parts de salaire et que la date pertinente pour cette extinction est l'instant où les quotes-parts de salaire rentrent à l'office des poursuites. En conséquence, le débiteur est libéré de sa dette et de l'obligation y afférente de payer des intérêts en fonction du paiement des quotes-parts de salaire. Le Tribunal fédéral a relevé que cette méthode de calcul a pour conséquence la perte d'intérêts pour les créanciers entre le paiement et la répartition. Il a toutefois considéré qu'il s'agissait, comparé à la créance en capital, de montants insignifiants. </div> <div class="para">A l'<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F127-III-182%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page182">ATF 127 III 182</a>, le Tribunal fédéral a repris cette jurisprudence en affirmant que le paiement du montant de la créance à l'office vaut réalisation et éteint la dette en vertu de l'<span class="artref">art. 12 LP</span>, sans qu'il y ait lieu de se préoccuper de savoir si et quand l'argent est transmis au créancier. Il a relevé que cette jurisprudence était critiquée en doctrine mais surtout en lien avec le caractère partiel du paiement en cas de saisie de salaire et la pluralité des créanciers pouvant y prétendre alors que, dans l'affaire qui l'occupait, on était en présence d'un paiement unique (cf. aussi: arrêt 7B.196/2003 du 27 octobre 2003 consid. 3.4.3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.2.</b> La majorité de la doctrine a pris acte de cette jurisprudence (DALLÈVES, <i>in</i> Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n° 11 ad <span class="artref">art. 12 LP</span>; GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dette et la faillite, Art. 1-88, 1999, n° 26 ad <span class="artref">art. 12 LP</span>; KREN KOSTKIEWICZ, SchKG Kommentar, 19ème éd., 2016, n° 5 ad <span class="artref">art. 12 LP</span> et n° 12 ad <span class="artref">art. 144 LP</span>; MÖCKLI, <i>in</i> Kurzkommentar SchKG, 2ème éd. 2014, n° 11 ad <span class="artref">art. 12 LP</span>; REY-MERMET, <i>in</i> Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n° 35 ad <span class="artref">art. 144 LP</span>; SCHMID, i n Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs SchKG, 4ème éd., 2017, n° 54 ad <span class="artref">art. 144 LP</span>; WEINGART, <i>in</i> Kommentar zum Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs SchKG, 4ème éd., 2017, n° 15 ad <span class="artref">art. 12 LP</span>). </div> <div class="para">Certains auteurs la critiquent en revanche. Ils avancent que, de même que le paiement du prix en cas de vente partielle n'arrête pas le cours des intérêts à hauteur du montant payé, le paiement par un tiers à l'office ne peut pas produire cet effet. Ils en déduisent que le cours des intérêts cesse au moment où le créancier perçoit la somme mise en poursuite (EMMEL, <i>in</i> Basler Kommentar, SchKG I, 2ème éd., 2010, n° 16 ad <span class="artref">art. 12 LP</span>; SCHÖNIGER, <i>in</i> Basler Kommentar, SchKG I, 2ème éd., 2010, n° 76 ad <span class="artref">art. 144 LP</span>). Un autre critique avant tout la charge de travail que représente cette méthode pour les offices des poursuites (VONDER MÜHLL, remarque ad ATF 116 précité, <i>in</i> BlSchK 1991 p. 172). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.1.3.</b> Un changement de jurisprudence doit reposer sur des motifs sérieux et objectifs, lesquels, sous l'angle de la sécurité du droit, doivent être d'autant plus importants que la pratique considérée comme erronée, ou désormais inadaptée aux circonstances, est ancienne. Un changement ne se justifie que lorsque la solution nouvelle procède d'une meilleure compréhension du but de la loi, repose sur des circonstances de fait modifiées, ou répond à l'évolution des conceptions juridiques. Le motif sérieux et objectif d'un changement de jurisprudence peut notamment résulter d'une connaissance plus précise ou complète de la volonté du législateur (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-IV-265%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page265">ATF 144 IV 265</a> consid. 2.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-IV-1%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page1">143 IV 1</a> consid. 5.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-II-297%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page297">141 II 297</a> consid. 5.5.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-V-307%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page307">139 V 307</a> consid. 6.1). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.2.</b> En l'espèce, aucune des conditions nécessaires pour modifier la jurisprudence n'est réalisée en l'espèce. La recourante, et la doctrine qu'elle cite, ne font état d'aucune circonstance qui aurait évolué ou que le Tribunal fédéral aurait à tort ignorée depuis l'arrêt publié aux <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=26.04.2020&amp;to_date=15.05.2020&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F116-III-56%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page56">ATF 116 III 56</a>. En conséquence, en se conformant à cette jurisprudence pour juger que les intérêts de la créance ont cessé de courir à la suite des encaissements partiels par l'office de la retenue sur le salaire et rejeter la plainte de la recourante, l'autorité de surveillance n'a pas violé le droit fédéral. </div> <div class="para">Il suit de là que le grief de violation de l'<span class="artref">art. 144 al. 4 LP</span> doit être rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">En définitive, le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. Les frais de justice, arrêtés à 1'500 fr., sont mis à la charge de la recourante qui succombe (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). Des dépens ne sont pas dus. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est rejeté, dans la mesure de sa recevabilité. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Les frais judiciaires, arrêtés à 1'500 fr., sont mis à la charge de la recourante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué à la recourante, à l'Office des poursuites de Genève, à A.________ et à la Cour de justice du canton de Genève, Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 6 mai 2020 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Herrmann </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Achtari </div> </div></body></html>