<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. M. , né en 1954, ressortissant du Burundi, est arrivé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en Suisse en novembre 1993 au bénéfice d'un permis de séjour de courte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">durée, lui permettant de compléter sa formation de médecin à l'Hôpital de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Moutier. Par la suite, il a obtenu des prolongations de son permis de sé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jour jusqu'à fin février 1995, ce qui lui a permis de travailler comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">médecin-assistant dans le même établissement. A partir de fin février</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1995, il a bénéficié d'un permis de séjour sans activité lucrative au sens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'article 36 OLE jusqu'au 31 août 1996. Il a néanmoins travaillé six</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mois en 1995 toujours à l'Hôpital de Moutier et six autres mois en 1996 à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'Hôpital de Sierre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le 12 septembre 1996, l'Hôpital du Locle a déposé à l'office de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la main-d'oeuvre étrangère une demande de personnel tendant à l'octroi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une autorisation de séjour annuelle en faveur de M. . Cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande a été rejetée par décision du 24 octobre 1996, en application des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">articles 7, 8, 14, 42 et 44 OLE, au motif que le Burundi n'était pas un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pays traditionnel de recrutement. Le Département de l'économie publique a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejeté, le 19 février 1998, le recours de l'intéressé contre le prononcé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'office de la main-d'oeuvre étrangère. Cette décision est entrée en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">force.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 12 novembre 1996, le service des étrangers a refusé l'octroi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'un permis de séjour à M. et lui a fixé un délai de départ au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">31 décembre 1996.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Sur recours de M. , le Département de l'économie pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blique a confirmé cette décision le 16 avril 1998, au motif que la déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion préalable de l'office de la main-d'oeuvre étrangère liait les auto-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rités cantonales de police des étrangers.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. M. recourt contre la décision du Département de l'éco-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nomie publique du 16 avril 1998. Il fait valoir qu'à l'heure actuelle et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">au vu des tensions existant au Burundi, le renvoi dans son pays d'origine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">serait extrêmement périlleux pour lui et mettrait sa vie en danger. Impli-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">citement, il conclut ainsi à l'annulation de la décision du 16 avril 1998.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Il sollicite par ailleurs le bénéfice de l'assistance judiciaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">E. Dans ses observations, le Département de l'économie publique</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet du recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 4 LSEE, l'autorité statue librement, dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, sur l'oc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">troi de l'autorisation de séjour ou d'établissement. Cette liberté demeure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entière, quelles que soient les dispositions prises par le requérant, tel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les que mariage, achat d'une propriété, location d'un appartement, conclu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion d'un contrat de travail, fondation de commerce, participation à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entreprise, etc. (art.8 al.2 RELSEE). L'autorité doit cependant tenir</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte des intérêts moraux et économiques du pays ainsi que de la surpopu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lation étrangère (art.16 al.1 LSEE). L'autorisation de séjour prend notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment fin lorsqu'elle est arrivée à son terme sans avoir été prolongée ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le séjour de l'étranger est en fait terminé (art.9 al.1 litt.a). Selon</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la jurisprudence, l'étranger n'a aucun droit à la délivrance ou au renou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vellement d'une autorisation de séjour (ATF 122 II 3, 120 Ib 6, 16 et 257</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec les renvois), sous réserve de dispositions particulières prévues par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">certains traités de droit international, lesquels n'entrent pas en consi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dération en l'occurrence.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Cette liberté d'appréciation de l'autorité est cependant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">restreinte par les dispositions de l'ordonnance limitant le nombre des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étrangers (OLE; RS 823.21). Avant que les autorités cantonales de police</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des étrangers n'accordent à un étranger l'autorisation d'exercer une acti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vité, l'office de l'emploi examine si les conditions pour l'exercice d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">activité lucrative sont remplies (art.42 al.1, 43 al.1 OLE). Ces autorités</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne peuvent ainsi délivrer des autorisations à des étrangers exerçant une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">activité lucrative qu'au vu de la décision préalable ou de l'avis de l'of-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fice de l'emploi (art.51 OLE). La décision préalable ou le préavis négatif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'office de l'emploi lie les autorités cantonales de police des étran-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gers (art.42 al.4, 43 al.4 OLE).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Les autorités cantonales communiquent à l'Office fédéral des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étrangers toutes les décisions par lesquelles elles fixent un délai de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">départ à des étrangers (renvoi) auxquels elles n'auraient pu délivrer une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorisation qu'avec son approbation. L'Office fédéral des étrangers éten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dra alors en règle générale le renvoi à tout le territoire de la Suisse</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.17 al.2 RELSEE). Si l'exécution du renvoi n'est pas possible, n'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas licite ou ne peut être raisonnablement exigée, l'Office fédéral des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réfugiés décide d'admettre provisoirement l'étranger (art.14a al.1 LSEE).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'exécution ne peut pas être raisonnablement exigée si elle implique une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mise en danger concrète de l'étranger (art.14a al.4 LSEE).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En l'occurrence, le pouvoir d'appréciation des autorités infé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rieures était limité par la décision de l'office de la main-d'oeuvre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étrangère du 24 octobre 1996, confirmée par le Département de l'économie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publique. L'autorisation d'exercer une activité ayant été refusée, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditions des articles 7 et 8 OLE n'étant pas réunies, le service des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">étrangers était lié par cette décision, conformément aux articles 42 al.4</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et 51 OLE. Le recourant ne critique à juste titre pas cet aspect de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision entreprise, mais il fait valoir que le renvoi mettrait sa vie en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">danger. Il s'agit là, le cas échéant, d'un motif d'admission provisoire au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sens de l'article 14a al.4 LSEE sur lequel il n'appartient pas aux autori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tés cantonales de police des étrangers de statuer, comme l'a relevé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juste titre le Département de l'économie publique dans la décision querel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dès lors, le recours se révèle mal fondé et doit être rejeté. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">y a lieu de transmettre le dossier à l'office des étrangers pour qu'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixe à l'intéressé un nouveau délai de départ.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Il ressort de ce qui précède que la cause du recourant était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'emblée dénuée de toutes chances de succès, le Département de l'économie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">publique ayant déjà clairement indiqué au recourant que l'exécutabilité du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoi n'était pas de la compétence des autorités cantonales en vertu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la disposition claire de l'article 14a al.1 LSEE. La requête d'assistance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">judiciaire doit ainsi être rejetée (art.2 al.2 LAJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Vu le sort de la cause, les frais de procédure doivent être mis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la charge du recourant qui succombe (art.47 al.1 LPJA) et qui ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétendre à des dépens (art.48 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Invite l'office des étrangers à impartir à l'intéressé un nouveau délai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de départ.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Met les frais de justice par 500 francs et les débours par 50 francs à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> la charge du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. N'alloue pas de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Rejette la requête d'assistance judiciaire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 14 juillet 1998</span></p> </div></body></html>