<h2>InitialSituation<h2><p><b>Condensé du message</b></p><p><b>Par le présent message, le Conseil fédéral demande au Parlement un crédit d'engagement d'un montant de 34,3 millions de francs ainsi que la libération d'une première tranche de 16,5 millions de francs pour sécuriser la puissance de calcul et la transformation afférente des TIC de l'Office fédéral de météorologie et de climatologie (MétéoSuisse). </b></p><p></p><p>Contexte </p><p>Dans l'exécution des tâches légales qui lui incombent en qualité de service météorologique national et de fournisseur certifié de prestations de météorologie aéronautique, MétéoSuisse doit satisfaire à certaines exigences, notamment en ce qui concerne sa disponibilité opérationnelle (7 j/7, 24 h/24), la mise en réseau de ses prestations à l'échelle nationale et l'internationalisation de ses technologies de l'in-formation et de la communication (TIC). Dans ce contexte, MétéoSuisse exploite des TIC qui lui sont propres. </p><p>Or, la fourniture de ces services repose actuellement sur l'exploitation d'un seul centre de calcul, situé à l'aéroport de Zurich. Un accident local entraînant une défaillance prolongée de ce centre aurait par conséquent de graves répercussions sur la capacité opérationnelle et les prestations de MétéoSuisse : </p><p>- menace potentielle pour la sécurité de la population (défaillance des alertes météorologiques et des alertes en cas de dangers naturels liés aux conditions météorologiques [inondations ou avalanches, par exemple], absence d'informations sur la propagation de la radioactivité, etc.); </p><p>- coûts économiques élevés (perturbation du trafic aérien ou fermeture d'aéroports, par exemple). </p><p>Les intempéries et les inondations qu'a connues la Suisse durant l'été 2021 en sont une illustration : </p><p>- les autorités chargées des interventions ont été tributaires d'informations en temps réel et de conseils de la part de MétéoSuisse 7 j/7, 24 h/24 ; </p><p>- la diffusion des messages d'alerte à la population a dû être assurée en permanence via les canaux de communication numériques ; </p><p>- des prévisions hydrologiques fiables ont dû être fournies à toute heure du jour et de la nuit (prévisions des débits, par exemple); </p><p>- les données hydrologiques de l'Office fédéral de l'environnement gérées dans l'infrastructure de calcul de MétéoSuisse doivent être disponibles sans interruption. </p><p>Une défaillance totale du centre de calcul de MétéoSuisse durant cette période aurait compromis de manière substantielle la chaîne de données et d'informations météorologiques et hydrologiques et, partant, la capacité d'alerte de la Confédération. Cette situation aurait pu présenter un risque majeur pour la population. </p><p></p><p>Dans ce contexte, MétéoSuisse a développé un Business Continuity Management (BCM) global. Par ailleurs, le Contrôle fédéral des finances (CDF) a recommandé à MétéoSuisse d'étudier en priorité À la nécessité de prévoir une répartition de sa puis-sance de calcul sur plusieurs sites. Mais une puissance de calcul géoredondante n'a pas encore pu être proposée, faute de moyens.</p><p></p><p>Contenu du projet </p><p>Le présent message a pour objet le financement de la sécurisation de la puissance de calcul de MétéoSuisse par géoredondance. Ce projet permettra d'une part de donner suite à la recommandation émise par le CDF et d'autre part, d'atténuer le risque principal d'interruptions techniques importantes des opérations de MétéoSuisse identifié par le système de gestion des risques de la Confédération. </p><p>La sécurisation de la puissance de calcul implique une transformation des TIC de MétéoSuisse : selon le nouveau modèle d'exploitation des TIC envisagé, MétéoSuisse n'exploitera plus aucune infrastructure de calcul propre à long terme. L'environnement d'applications sera intégralement transféré vers des fournisseurs de services informatiques en nuage internes et externes à la Confédération. Cette évolution permettra non seulement de faire évoluer la puissance de calcul (puisqu'il ne sera plus nécessaire de se procurer de nouvelles infrastructures TIC propres, et ce malgré des données météorologiques et capacités de calcul toujours plus importantes), mais aussi de démanteler à moyen et long termes les infrastructures de serveurs existantes. Il apparaît qu'à long terme, le modèle d'exploitation retenu (géoredondance avec infrastructure en nuage) est moins coûteux que les modèles testés sans services en nuage. </p><p>Dans le cadre du projet de sécurisation de la puissance de calcul et de mise en place du nouveau modèle d'exploitation, MétéoSuisse doit prendre différentes mesures, qui s'articulent autour des axes suivants : </p><p>- sécuriser la puissance de calcul par géoredondance ; </p><p>- transformer le modèle d'exploitation et mettre en oeuvre la stratégie d'informatique en nuage ; </p><p>- développer les compétences du personnel utilisant les TIC ; </p><p>- utiliser le réseau de centres de calcul de la Confédération et remplacer le contrat concernant le centre de calcul situé à l'aéroport de Zurich, qui arri-vera prochainement à échéance ; </p><p>- garantir une exploitation sûre et sans interruption 7 j/7, 24 h/24. </p><p>Pour toute la durée du projet, qui s'étalera de 2022 à 2028, les dépenses uniques liées au projet ont été évaluées à 41,8 millions de francs. MétéoSuisse fournira des prestations propres (ressources en personnel) à hauteur de 7,5 millions de francs sur la même période. </p><p>Par le présent message, le Conseil fédéral demande l'approbation d'un crédit d'engagement de 34,3 millions de francs. </p><p></p><p>Voici en contrepartie les avantages que présente la solution envisagée. </p><p>- En établissant sa puissance de calcul sur plusieurs sites, MétéoSuisse peut fournir les services cruciaux prévus par la loi (alertes météorologiques, prévisions destinées aux services spécialisés dans les dangers naturels et à la navigation aérienne, calculs relatifs à la propagation des substances radioac-tives ou sécurisation des données climatologiques, par exemple), même en cas de catastrophe locale (défaillance totale d'un centre de calcul). </p><p>- La Confédération peut faire des économies importantes et éviter une atteinte durable à sa réputation en cas de défaillance du centre de calcul actuel, situé à l'aéroport de Zurich. </p><p>- Les TIC de MétéoSuisse peuvent être axées sur des technologies d'avenir dans le cadre de la transition prévue. Ainsi, le présent projet contribue à l'objectif de transformation numérique dans l'administration fédérale et s'inscrit dans la stratégie d'informatique en nuage de la Confédération. Le projet va également dans le sens de plusieurs initiatives stratégiques de la Confédération. </p><h2>Proceedings<h2><p>Dépêche ATS</p><p><b>Délibérations au Conseil national, 16.12.2021</b></p><p><b>Le bon fonctionnement de MétéoSuisse doit être assuré</b></p><p><b>L'Office fédéral de météorologie (MétéoSuisse) devrait bénéficier d'un crédit d'engagement de 34,3 millions de francs pour assurer son bon fonctionnement et en particulier sécuriser sa puissance de calcul. Le National a donné jeudi son feu vert sans opposition. Le Conseil des États doit encore se prononcer.</b></p><p>MétéoSuisse fournit ses services, dont certains sont particulièrement sensibles, 24 heures sur 24 dans toute la Suisse et à l'international. Actuellement, l'office ne dispose que d'un seul centre de calcul, à l'aéroport de Zurich, a rappelé Peter Schilliger (PLR/LU) au nom de la commission.</p><p>En cas de problème local, les répercussions seraient graves, a-t-il poursuivi. Les alertes météorologiques ou en cas de dangers naturels, comme les inondations, ou les informations sur la propagation de la radioactivité ne pourraient plus être diffusées à la population.</p><p></p><p>Combler une lacune</p><p>"Un risque de défaillance est actuellement important", a complété Jean-Paul Gschwind (Centre/JU), également pour la commission. "Ce n'est pas acceptable." Les coûts d'une telle défaillance seraient importants, a relevé le ministre de l'intérieur Alain Berset.</p><p>Le crédit d'engagement doit permettre de combler une lacune et d'améliorer la sécurité. Il ne s'agit pas simplement de construire un deuxième centre de calcul, a précisé le député jurassien. "Cette solution traditionnelle est dépassée et trop onéreuse."</p><p>Une technologie moderne d'exploitation en nuage lui a été privilégiée. A long terme, MeteoSuisse n'exploitera plus aucune infrastructure de calcul propre. L'office utilisera en partie le réseau de centres de calcul de la Confédération et en partie différents sites, voire fournisseurs.</p><p>Le coût total du projet, qui doit s'étendre de 2022 à 2028, est évalué à 41,8 millions. MétéoSuisse fournira des prestations propres pour 7,5 millions. Une première tranche de 16,5 millions de francs devrait être libérée.</p><p></p><p>Dépêche ATS</p><p><b>Délibérations au Conseil des États, 02.03.2022</b></p><p>Après le National, le Conseil des États a approuvé à l'unanimité un crédit d'engagement de 34,3 millions de francs pour l'Office fédéral de météorologie (MétéoSuisse). </p>