Lausanne, 12. Juli 2017
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 29. Juni 2017 (6B_947/2015)
Erwin Sperisen: Beschwerde in Strafsachen teilweise 
gutgeheissen
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde in Strafsachen von Erwin Sperisen gegen
den Entscheid des Genfer Kantonsgerichts vom 12. Juli 2015 teilweise gut. Das
Kantonsgericht hatte Erwin Sperisen als Mittäter bei zehn Morden zu einer lebenslangen Freiheitsstrafe verurteilt. Das Bundesgericht hebt das angefochtene Urteil auf
und schickt die Sache zur Neubeurteilung zurück ans Kantonsgericht.
Der guatemaltekisch-schweizerische Doppelbürger Erwin Sperisen hatte zwischen Juli
2004 und März 2007 die Funktion des Generaldirektors der Nationalpolizei von
Guatemala ausgeübt. Am 25. September 2006 führten die guatemaltekischen Behörden
die Operation "Pavo Real" durch, mit der die Kontrolle über das Gefängnis "Pavón"
zurückerlangt werden sollte. Dabei kamen sieben Häftlinge zu Tode. Rund ein Jahr
zuvor waren neunzehn Inhaftierte aus der Strafvollzugsanstalt "El Infiernito" entwichen.
Drei von ihnen kamen am 3. November 2005 beziehungsweise am 1. Dezember 2005
zu Tode, nachdem sie von der Polizei im Rahmen der Aktion "Gavilán" gefasst worden
waren. 2014 musste sich Erwin Sperisen im Zusammenhang mit diesen zehn Todesfällen vor dem Genfer Kriminalgericht wegen dem Vorwurf des Mordes verantworten. Mit
Urteil vom 6. Juni 2014 wurde er zu einer lebenslangen Freiheitsstrafe wegen Mordes in
den sieben Todesfällen im Gefängnis Pavón verurteilt, in Bezug auf die drei früheren
Todesfälle jedoch freigesprochen. Auf Berufung der Genfer Staatsanwaltschaft und von
Erwin Sperisen sprach die Strafkammer des Genfer Kantonsgerichts diesen wegen
Mordes in allen zehn Fällen schuldig und verurteilte ihn zu einer lebenslangen Freiheitsstrafe. Erwin Sperisen erhob gegen diesen Entscheid Beschwerde in Strafsachen ans
Bundesgericht.
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde teilweise gut und weist sie im Übrigen ab,
soweit es darauf eintritt. Es hebt das angefochtene Urteil auf und schickt die Sache zur
Neubeurteilung zurück ans Genfer Kantonsgericht. Der Entscheid des Bundesgerichts
umfasst angesichts der Komplexität und des Umfangs der Sache mehr als hundert
Seiten. Abgewiesen hat das Bundesgericht die Beschwerde insbesondere bezüglich des
Antrags von Erwin Sperisen, die Mutter eines bei der Operation "Pavo Real" verstorbenen Häftlings nicht als Privatklägerin zuzulassen. Erfolglos blieben weiter die
zahlreichen Einwände von Erwin Sperisen, mit denen er seine Behauptung zu stützen
versuchte, dass sich die sieben Todesfälle im Gefängnis "Pavón" bei einer bewaffneten
Konfrontation zwischen den Ordnungskräften und den Inhaftierten ereignet hätten. Das
Bundesgericht weist die entsprechenden Rügen gestützt auf die zahlreichen Aktenstücke im umfangreichen kantonalen Dossier ab oder tritt auf diese nicht ein. Gemäss
Bundesgericht durfte die Vorinstanz willkürfrei davon ausgehen, dass es sich bei diesen
Todesfällen um geplante Tötungen gehandelt hat, die im Rahmen einer Parallelaktion
zur offiziellen Operation "Pavo Real" von einem "Kommando" bestehend aus Polizeikräften und externen Personen ausgeführt wurden. Was dagegen die Feststellung der
Verantwortlichkeit von Erwin Sperisen für diese Geschehnisse betrifft, kommt das
Bundesgericht zum Schluss, dass ihm dabei im kantonalen Verfahren die aus der
Europäischen Menschenrechtskonvention (EMRK) fliessenden Garantien nur unzureichend gewährt wurden. Insbesondere wurde sein Recht auf Konfrontation mit
wichtigen Belastungszeugen bezüglich massgeblicher Fakten nicht respektiert. Ebenfalls nicht mit der EMRK vereinbar sind die Ausführungen des Kantonsgerichts, soweit
es sich auf die Erkenntnisse der Ermittler der Internationalen Kommission gegen Straflosigkeit in Guatemala (CICIG) bezieht, zumal der Inhalt ihrer Untersuchungen sowie die
entsprechenden Beweise nicht genau bekannt sind. Als willkürlich beurteilt das Bundesgericht zudem die Würdigung bestimmter Beweise durch das Kantonsgericht. Weiter
verweist es auf die zum Teil ungenügende Begründung des vorinstanzlichen Entscheides. Was die Operation Gavilán betrifft, erachtet das Bundesgericht den Anklagegrundsatz als verletzt. Das Kantonsgericht hat die Verantwortlichkeit von Erwin Sperisen
bei diesen Tötungen auch damit begründet, dass er an der Folterung von Inhaftierten
beteiligt gewesen sei. Entsprechende Ausführungen dazu fehlen jedoch in der Anklageschrift. Schliesslich ist auch die Beweiswürdigung in diesem Punkt sowie bezüglich
weiterer wichtiger Tatfragen unvollständig. Lausanne, le 12 juillet 2017
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 29 juin 2017 (6B_947/2015)
Erwin Sperisen  : recours en matière pénale admis partiellement
Le Tribunal fédéral admet partiellement le recours en matière pénale d'Erwin
Sperisen contre l'arrêt de la Cour de justice du canton de Genève, du 12 juillet 2015,
le condamnant à une peine privative de liberté à vie comme coauteur de 10
assassinats. Le Tribunal fédéral annule l'arrêt attaqué et renvoie la cause pour
nouvelle décision à la Cour de justice genevoise.
Erwin Sperisen, double national guatémaltèque-suisse, a occupé le poste de directeur
général de la Police nationale du Guatémala de juillet 2004 à mars 2007. Le
25 septembre 2006, les autorités du Guatémala ont mené une opération (opération
« Pavo Real ») tendant à reprendre le contrôle de la prison «  Ferme de réhabilitation de
Pavón ». A cette occasion, sept détenus sont décédés. Environ un an auparavant,
ensuite d'une évasion de dix-neuf détenus du centre pénitentiaire «  El Infiernito », trois
évadés ont trouvé la mort, les 3 novembre et 1er décembre 2005, après avoir été
capturés par la police dans le cadre d'une opération «  Gavilán ». En 2014, Erwin
Sperisen a été renvoyé en jugement devant le Tribunal criminel de Genève pour
répondre de dix assassinats. Il a été condamné à la privation de liberté à vie par
jugement du 6 juin 2014, pour sa responsabilité dans les sept décès de la prison de
Pavón, mais acquitté dans les trois autres cas. Ensuite de l'appel formé contre ce
jugement par le Ministère public genevois et par Erwin Sperisen, ce dernier a été
condamné par la Chambre pénale genevoise d'appel et de révision à la privation de
liberté à vie pour les dix assassinats. Le Tribunal fédéral était appelé à se prononcer sur
le recours en matière pénale interjeté par Erwin Sperisen contre le jugement sur appel.
Dans un arrêt d'une longueur de plus de cent pages, inhérente à la complexité et à
l'ampleur de la cause, le Tribunal fédéral admet partiellement le recours en matière
pénale, le rejette pour le surplus dans la mesure où il est recevable, annule l'arrêt
attaqué et renvoie la cause pour nouvelle décision à la Cour de justice genevoise. Le
rejet du recours concerne en particulier la demande d'Erwin Sperisen tendant à ce que
la qualité de partie plaignante ne soit pas reconnue à la mère de l'un des détenus
décédés dans le cadre de l'opération «  Pavo Real ». Le Tribunal fédéral, en se référant
à un très grand nombre de pièces du volumineux dossier cantonal, rejette ou déclare
irrecevables de très nombreux griefs formulés par Erwin Sperisen, par lesquels il
soutenait que les sept décès de Pavón étaient intervenus dans le cadre d'une véritable
confrontation armée qui aurait opposé les détenus aux forces de l'ordre. Le Tribunal
fédéral juge qu'il n'était pas arbitraire de retenir qu'il s'agissait d'homicides planifiés
dans le cadre d'une action parallèle au plan officiel de l'opération «  Pavo Real » et puis
exécutés notamment par un «  commando » réunissant tant des membres des forces de
police que des personnes externes. En revanche, s'agissant plus spécifiquement
d'établir la responsabilité d'Erwin Sperisen dans ces faits, le Tribunal fédéral considère
que la procédure cantonale n'avait pas offert à Erwin Sperisen des garanties suffisantes
au regard des exigences de la Convention européenne des droits de l'Homme (CEDH).
En particulier, le droit d'Erwin Sperisen d'être confronté à certains témoins à charge
importants sur des faits déterminants n'a pas été respecté. Les développements de la
cour cantonale ne répondent pas non plus aux exigences de la CEDH en tant que la
cour d'appel s'était notamment référée aux conclusions d'enquêteurs de la Commission
internationale contre l'impunité au Guatémala (CICIG), alors que le contenu même de
leurs investigations et les preuves sur lesquelles ils se sont fondés ne sont pas connus
avec précision. Le Tribunal fédéral juge aussi arbitraire l'appréciation opérée par la cour
cantonale de certaines preuves. Il souligne les insuffisances de la motivation de la
décision cantonale en relevant diverses violations du droit d'être entendu du recourant.
Plus spécifiquement, à propos de l'opération «  Gavilán », le Tribunal fédéral juge que le
principe de l'accusation n'avait pas été respecté dans la mesure où la décision
cantonale retenait, pour fonder la responsabilité du recourant dans les homicides, qu'il
avait participé à des actes de torture sur des détenus, faits qui ne figuraient pas dans
l'acte d'accusation. L'appréciation des preuves est également incomplète sur ce point
ainsi que sur d'autres questions de fait importantes.