<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. N. , né en 1939, a bénéficié par le passé, par in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">termittence, d'une rente d'invalidité. Son épouse est également invalide.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Par une décision du 2 avril 1996, l'office de l'assurance-invalidité (OAI)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a alloué à N. une rente extraordinaire entière d'invalidité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pour couple, ainsi que des rentes pour les trois enfants des époux, avec</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effet à partir du 1er février 1992. La décision contient un décompte des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prestations dues rétroactivement, lesquelles représentent un montant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">17'729 francs, et indique que les paiements seraient faits au service so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cial de la Ville de Neuchâtel. Ce service subvient en effet depuis de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nombreuses années aux besoins des époux N. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par lettre du 13 avril 1996, N. a demandé qu'on lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">verse personnellement le montant de 17'729 francs. L'OAI n'a pas donné</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suite à cette demande ni répondu à l'intéressé sur ce point.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Constatant cependant qu'une erreur s'était produite dans le cal-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cul des rentes pour enfant, l'office AI a rendu une nouvelle décision en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">date du 2 mai 1996, remplaçant partiellement la première. Cette décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contient également l'indication selon laquelle les prestations seraient</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versées au service social de la Ville de Neuchâtel. Selon le nouveau cal-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cul des versements rétroactifs dus par la caisse de compensation, c'est un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">montant de prestations arriérées supplémentaires de 14'349 francs qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">revient à l'assuré. Au total, l'arriéré de rentes représente ainsi 32'078</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. N. interjette recours devant le Tribunal adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tratif, en demandant l'annulation des décisions du 2 avril et du 2 mai</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 (dans la mesure où elles prévoient le paiement des montants dus à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titre rétroactif en mains du service social de la Ville de Neuchâtel), en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concluant à ce qu'il soit ordonné à l'office intimé de verser à lui-même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le montant total de 32'078 francs, subsidiairement à ce que la cause soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">renvoyée à l'intimé pour nouvelle décision. Il fait valoir, en résumé, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les conditions posées par la loi et la jurisprudence au versement des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rentes en mains de tiers ne sont pas remplies; qu'il n'a pas signé la de-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée, pré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sentée par le service social de la Ville de Neuchâtel le 24 octobre 1995;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la décision de l'intimé n'est pas motivée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. L'office AI relève que le recours paraît tardif dans la mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">où il est dirigé contre la décision du 2 avril 1996. Quant au fond, il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'en remet aux observations de la Caisse cantonale de compensation, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclut au rejet du recours. Celle-ci note que les époux N. sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assistés entièrement par les services sociaux depuis le mois de mai 1987</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en ce qui concerne l'épouse et depuis le mois d'octobre 1985 en ce qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concerne le mari; que durant toutes ces années, les rentes AI ainsi que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les diverses prestations de chômage des époux N. ont toujours été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versées aux services sociaux; que le montant total de 32'078 francs a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versé sur les comptes d'assistance auprès de la Ville de Neuchâtel, qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont ainsi pu être équilibrés, de sorte que l'assuré ne saurait prétendre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recevoir la somme en cause.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le recourant a demandé l'assistance judiciaire pour la procédure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Le recours dirigé contre la décision du 2 mai 1996, interjeté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans les formes et délai légaux, est recevable. En ce qui concerne la dé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cision du 2 avril 1996, l'assuré s'y est opposé par lettre du 13 avril</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 adressée à l'office AI, dans laquelle il exprime clairement sa vo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lonté de recevoir personnellement les montants dus à titre rétroactif, ce</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'il avait d'ailleurs déjà demandé par une correspondance antérieure à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision. Si elle n'a pas été considérée comme un recours, cette lettre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aurait dû susciter à tout le moins une prise de position de l'intimé in-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vitant l'intéressé à agir, le cas échéant, en se conformant aux règles de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la procédure de recours. Il y a lieu d'admettre dès lors que le recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déposé le 7 juin 1996 est dirigé valablement contre la décision du 2 avril</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 également, et qu'il est donc recevable à cet égard aussi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Le recours est dirigé contre la décision de l'office AI de ver-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ser directement aux services sociaux de la Ville de Neuchâtel les presta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions rétroactives auxquelles le recourant a droit. Celui-ci ne contestant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas les autres aspects des décisions de rente des 2 avril et 2 mai 1996,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le litige se limite dès lors à cette seule question.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Selon l'article 20 LAVS, le droit aux rentes est incessible et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne peut être donné en gage; il est soustrait à toute exécution forcée.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Toute cession ou mise en gage est nulle et de nul effet. L'article 45 est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réservé (al.1). Le Conseil fédéral peut, après avoir consulté les cantons,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prendre les mesures propres à garantir que les rentes et allocations pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">impotent servent, si cela est nécessaire, à l'entretien du bénéficiaire et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des personnes à sa charge (art.45 LAVS). Si l'ayant droit n'emploie pas la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rente pour son entretien et pour celui des personnes à sa charge ou s'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut être prouvé qu'il n'est pas capable de l'affecter à ce but, et s'il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tombe par là totalement ou partiellement à la charge de l'assistance pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blique ou privée, ou y laisse tomber les personnes qu'il est tenu d'en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tretenir, la caisse de compensation peut effectuer le versement total ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partiel de la rente en mains d'un tiers ou d'une autorité qualifiée ayant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">envers l'ayant droit un devoir légal ou moral d'assistance ou s'occupant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ses affaires en permanence (art.76 al.1 RAVS). Conformément à la ju-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">risprudence, le seul fait qu'une personne soit aidée par une autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assistance ne justifie pas encore le versement de la rente à cette au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité (RCC 1990, p.268 cons.2).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cependant, le Tribunal fédéral des assurances a avalisé la pra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tique administrative selon laquelle un versement en mains de tiers était</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">licite, sous certaines réserves bien définies, alors même que les condi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions de l'article 76 RAVS sur la garantie de l'utilisation des rentes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conforme à leur but ne sont pas remplies et qu'en principe, selon l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ticle 20 al.1 LAVS, toute cession d'une rente est nulle. Ainsi, des paie-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ments rétroactifs de rentes peuvent intervenir en mains d'organismes d'as-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sistance de droit public ou privé, à leur demande, lorsqu'ils ont versé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des avances correspondantes aux ayants droit. De tels paiements en mains</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tierces ne sont toutefois admissibles que dans la mesure où la preuve des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avances consenties est dûment établie et que l'assuré ou son représentant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légal a donné son accord écrit (ATF 118 V 91 cons.1b; VSI 1995, p.205</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cons.3d).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> S'inspirant de cette jurisprudence, le Conseil fédéral a intro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">duit ensuite dans le règlement sur l'assurance-invalidité l'article 85 bis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">RAI, relatif au versement de l'arriéré d'une rente au tiers ayant fait une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avance. Cette disposition prévoit que les employeurs, les institutions de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prévoyance professionnelle, les assurances-maladie, les organismes d'as-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sistance publics ou privés ou les assurances en responsabilité civile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ayant leur siège en Suisse qui, en vue de l'octroi d'une rente de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assurance-invalidité, ont fait une avance peuvent exiger qu'on leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">verse l'arriéré de cette rente en compensation de leur avance et jusqu'à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concurrence de celle-ci. Est cependant réservée la compensation prévue à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 20 LAVS. Les organismes ayant consenti une avance doivent faire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">valoir leurs droits au moyen d'un formulaire spécial, au plus tôt lors de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la demande de rente et, au plus tard au moment de la décision de l'office</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">AI (al.1). Sont considérées comme une avance les prestations librement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consenties, que l'assuré s'est engagé à rembourser, pour autant qu'il ait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">convenu par écrit que l'arriéré serait versé au tiers ayant effectué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'avance (al.2 litt.a) et les prestations versées contractuellement ou</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l¿alement, pour autant que le droit au remboursement, en cas de paiement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une rente, puisse être déduit sans équivoque du contrat ou de la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(litt.b). Les arrérages de rente peuvent être versés à l'organisme ayant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">consenti une avance jusqu'à concurrence, au plus, du montant de celle-ci</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et pour la période à laquelle se rapportent les rentes (al.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans sa jurisprudence la plus récente, le Tribunal fédéral des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assurances a constaté que l'article 85 bis RAI, selon lequel les institu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions qui ont fait une avance peuvent exiger le paiement de l'arriéré de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la rente, est conforme à la loi et à la Constitution. Cette disposition</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est applicable aussi à tous les cas qui étaient déjà pendants au moment de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son entrée en vigueur, le 1er janvier 1994. Quant au fond, l'article 85</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bis al.2 litt.b in fine RAI fait dépendre l'application de cette dispo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sition, avec les conséquences qui en découlent en vertu du droit fédéral</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(versement de l'arriéré au tiers dans la mesure admissible au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'art.85 bis al.3 RAI) de la question préalable, qui dépend du droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonal, de savoir s'il existe une disposition légale cantonale prévoyant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"sans équivoque" le droit au remboursement (ATF 123 V 25, 33 cons.cc).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dans le cas précité, le Tribunal fédéral des assurances a déclaré que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conclusion de la juridiction cantonale zurichoise, selon laquelle la loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'aide sociale de ce canton (Sozialhilfegesetz) ne contient pas une dispo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sition suffisamment claire, fondant le droit au versement de l'arriéré de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rente à l'organisme d'assistance publique, était certes discutable mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas arbitraire.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. a) Dans le cas présent, le service social de la Ville de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel a rempli le 24 octobre 1995 la formule préimprimée intitulée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">"Demande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée",</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">concernant les prestations versées au titre de "rente AI + rétroactif +</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">PC", et indiquant comme motif une "avance sur assistance". Cette formule</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'est pas signée par l'assuré. La Cour de céans a déjà eu l'occasion de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juger, en conformité avec la jurisprudence du Tribunal fédéral des assu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rances, qu'à défaut d'accord exprès de l'assuré en ce qui concerne le ver-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sement du rétroactif de rente à l'institution concernée, en remboursement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de prestations fournies par celle-ci, le versement effectué par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assurance-invalidité à cette institution n'est pas admissible (arrêts du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">13.12.1996 dans la cause C. c/ Office AI pour le canton de Vaud et du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">06.02.1997 dans la cause A. c/ Caisse cantonale neuchâteloise de compensa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion). Il convient toutefois d'examiner encore si, s'agissant d'opérer,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le versement des arriérés de la rente, une compensation avec les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avances d'un organisme d'assistance publique, il existe une disposition du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit cantonal qui fonde le droit au remboursement au sens de l'article 85</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bis al.2 litt.b RAI.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'ancienne loi cantonale sur l'assistance publique, du 2 fé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vrier 1965, disposait, à l'article 71 al.1, que celui qui, après l'âge de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">18 ans révolus, a bénéficié de secours d'assistance, est tenu de les rem-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bourser dès que sa situation matérielle s'est stabilisée et que son exis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tence est suffisamment assurée (ch.1), ou sans délai lorsqu'il a obtenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les secours en usant de supercherie ou de dissimulation (ch.2), ou dès que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les conditions prévues pour le remboursement sont remplies, lorsqu'il s'y</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est engagé au moment où il a reçu les secours (ch.3). L'autorité d'assis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tance devait faire valoir son droit au remboursement tout d'abord auprès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du débiteur puis, en cas de refus, par voie d'action devant l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tutélaire (art.76 al.1 et 2). Cette loi a été abrogée par la nouvelle loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sur l'action sociale, du 25 juin 1996 (entrée en vigueur le 01.01.1997).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Selon l'article 43 al.1 de la nouvelle loi, l'aide matérielle fournie aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">personnes majeures n'est remboursable qu'à l'une des conditions sui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vantes : lorsque l'aide a été obtenue indûment à la suite d'indications</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fausses ou incomplètes (litt.a), lorsque le bénéficiaire, par suite d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">héritage, d'un don, d'un gain de loterie ou d'autres revenus extraordi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naires ne provenant pas de son travail, peut s'acquitter de tout ou partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa dette (litt.b), lorsque l'équité l'exige, dans d'autres circons-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tances ou pour d'autres motifs (litt.c). En outre, l'autorité d'aide so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciale peut réclamer le remboursement de la dette, aux conditions prévues,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsque le bénéficiaire s'y est engagé au moment où il a reçu l'aide</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(al.2). L'article 77 al.1 dispose que l'obligation de rembourser des pres-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tations d'assistance est soumise au nouveau droit dès son entrée en vi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gueur. Compte tenu du fait que le litige était pendant à cette date, et eu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">égard à l'intérêt public prépondérant qu'il met en jeu (v. Grisel, Traité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit administratif, t.I, p.153), il convient d'attribuer aux nouvelles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositions légales à tout le moins un effet rétroactif improprement dit.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Au demeurant, s'agissant de nouvelles dispositions concernant la coordina-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion entre prestations de l'assurance-invalidité et prestations de l'aide</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sociale, il y a lieu d'admettre même la rétroactivité proprement dite,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ainsi que l'a constaté la jurisprudence à propos de l'application de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 85 bis RAI (ATF 123 V 29 cons.c).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Contrairement aux dispositions de la loi sur l'assistance pu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blique, abrogée, la nouvelle loi sur l'action sociale prévoit expressé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment, comme on l'a vu, que tout revenu extraordinaire ne provenant pas du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">travail de l'assisté peut justifier la demande de remboursement de l'aide</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matérielle qui a été fournie par l'organisme d'assistance. Un arriéré de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rente d'invalidité entre sans conteste dans cette définition. Il résulte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'ailleurs du rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'appui du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">projet de loi sur l'action sociale, du 8 mai 1996, que si la nouvelle loi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vise un certain "assouplissement" de l'obligation de remboursement, elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne "remet pas en question tous les revenus provenant de remboursements dus</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à des rentes versées avec effet rétroactif, à des indemnités de chômage</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">versées en compensation des avances faites par les services sociaux, ...".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dès lors, il n'est pas certain que sous le régime de l'ancienne loi sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assistance publique il existait une base légale suffisante au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 85 bis al.2 litt.b RAI, cela ne peut plus être nié au regard de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 43 al.1 litt.b de la loi sur l'action sociale, qui permet à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité d'aide sociale de réclamer le remboursement notamment dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas d'un revenu extraordinaire constitué par un arriéré de rente, même si</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le bénéficiaire n'a pris aucun engagement en vue d'un remboursement. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ailleurs, il résulte du dossier que les avances effectuées par le service</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">social durant la période concernée par l'arriéré de rente litigieux, soit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de février 1992 à mars 1996, représentent un montant qui dépasse la somme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">totale de l'arriéré, qui s'élève à 32'078 francs. La condition posée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 85 bis al.3 RAI est dès lors remplie.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Certes, la loi sur l'action sociale prévoit que lorsqu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estime que les conditions de remboursement sont réalisées, l'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétente fait valoir son droit auprès du débiteur. En cas de contesta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, elle rend une décision (art.49 al.1 et 2). Les décisions de l'au-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">torité d'aide sociale peuvent faire l'objet d'un recours au département,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">puis au Tribunal administratif (art.71 al.1). Toutefois, les règles de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">procédure instituées par le droit fédéral en matière d'assurance-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invalidité l'emportent sur le droit cantonal, et le versement de l'arriéré</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une rente au tiers ayant fait une avance, au sens de l'article 85 bis</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">RAI, doit faire l'objet d'une décision des organes de l'assurance-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">invalidité, sujette à recours devant le Tribunal cantonal des assurances.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Aussi, la procédure que prévoit la loi sur l'action sociale n'est-elle pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conciliable avec celle que la loi fédérale institue dans le domaine des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">assurances sociales. Il n'est au surplus pas compatible avec l'exigence</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une procédure simple et rapide d'exiger, dans le domaine en cause, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déroulement de deux procédures parallèles ou successives. Dans la mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">où le remboursement des avances doit faire l'objet, s'agissant d'un arrié-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ré de rente, d'une demande adressée par l'organe d'assistance aux autori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tés de l'assurance-invalidité, et non pas au bénéficiaire lui-même, c'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bien à l'office de l'assurance-invalidité et non à l'autorité d'aide so-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ciale qu'il appartient de statuer, le contrôle juridictionnel de cet acte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">administratif étant par ailleurs pleinement garanti.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. En conclusion, la décision de l'office intimé se révèle bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fondée et doit être confirmée, ce qui conduit au rejet du recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il est statué sans frais (art.85 al.2 litt.a LAVS, en liaison</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec l'art.69 LAI). Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu d'allouer des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépens (art.85 al.2 litt.f LAVS; 48 LPJA a contrario).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> D'autre part, sur le vu de sa requête, le recourant a droit à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'assistance judiciaire, de sorte qu'il y a lieu d'allouer une indemnité à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son mandataire d'office.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Accorde l'assistance judiciaire au recourant, désigne Me X. en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> qualité de mandataire d'office et alloue à celui-ci une indemnité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> 500 francs (TVA comprise) à ce titre.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 3 octobre 1997</span></p> </div></body></html>