TPF 2005 127 127 TPF 2005127 34.Extraitdel ’arrêt delaCourdesaffaires pénalesduTribunal pénal fédé- raldanslacauseMinist èrepublicdelaConf édérationcontreF.etautresdu 6 juin 2005(SK.2004.13) Blanchiment d’argent. Soutien à une organisation criminelle. Concours. Diminu- tion de l’actif au préjudice des créanciers. Confiscation en mains d’un tiers. Art. 59, 68, 164, 260ter, 305bis CP Leblanchiment d’argent commispoursouteniruneorganisationcriminelle n’est punissable qu’au titrede l’art.305 bis ch.1CP,sansconcoursavec l’art. 260ter CP (consid. 3). Serendcoupabledediminution d’actif au préjudice des créanciers celuiqui, connaissantsasituation financièreobérée, faitdonation à untiers d’éléments de son patrimoine (consid. 8). Lesvaleursayantfait l’objet d’une telledonationdoivent êtreconfisquées en mainsdudonataire, même sicedernier n’est pas impliqué danslacommission de l’infraction (consid. 10.3). Geldwäscherei. Unterstützung einer kriminellen Organisation. Konkurrenz. Gläubigerschädigung durch Vermögensminderung. Einziehung von Vermögens- werten bei einem Dritten. Art. 59, 68, 164, 260ter, 305bis StGB GeldwäschereizumZweckederUnter stützungeinerkriminellenOrganisation istnurgem ässArt.305 bis Ziff.1StGBstrafbar;esbestehtkeineKonkurrenz mit Art. 260ter StGB (E. 3). Der Gläubigerschädigung durchVer mögensminderung machtsichschuldig, werimWissenumseine Überschuldung, einemDrittenTeileseines Vermögens schenkt (E. 8). Die Vermögenswerte,welcheGegenstandeinersolchenSchenkungbildeten, sindbeimBeschenkteneinzuziehen,selbstwenndieseranderTatbegehung selbst nicht beteiligt gewesen war (E. 10.3).TPF 2005 127 128 Riciclaggio di denaro. Sostegno di un’organizzazione criminale. Concorso. Diminuzione dell’attivo in danno dei creditori. Confisca a un terzo. Art. 59, 68, 164, 260ter e 305bis CP Ilriciclaggiodidenarocommessopersostenereu n’organizzazionecriminale è punibileunicamenteinvi rtùdell’art. 305bis n.1CP,nonincombinatodisposto con l’art. 260ter CP (consid. 3). Sirendecolpevoledidiminuzioned ell’attivo indannodeicreditoricoluiche, conoscendolasuasituazionefinanziariaindebitata,donaaunterzoelementi del suo patrimonio (consid. 8). Ivalorichesonostatioggettodiunasimiledonazionedevonoessereconfiscati aldonatario,anchese quest’ultimo non è implicatonellacommissionedelreato (consid. 10.3). Résumé desfaits: Ayantacquisunecertainer éputationdanslagestionboursi ère,F.s ’estfait remettredesmontantsimportantspardestiers,afindelesinvestiretdeles gérersurcemar ché. Après avoirsubid ’importantespertes,F.achoisidene pasinformerlesinvestisseursetilat enté deseprocurerd ’autresressources afindecomblercespertes.Danscecontexte,ila accepté derecevoir,d ’un tiersqu ’ilconnaissait à peine,dessommescons idérablesenpetitescoupu- resdediversesmonnaies,deversercetargentsurdescomptesouverts à son nom,puisd ’entransf érerlacontrevaleur à destiersinconnusdelui. L’enquête ouverte à lasuitedusignalementdel ’unedesbanquesconcer- nées a établiquelesfondsainsima nipulés provenaientd ’unvastetraficde stupéfiantsor ganiséà l’étranger.Alam ême époque,sachantsasituation financièregravementcompromise,F.afaitdon à son épousedetitreset d’un immeuble dontil était propriétaire. F.estd éféré devantleTribunal pénaldeschefsnotammentdesoutien à une organisationcriminelle,deblanchimentd ’argentetdediminutiond ’actifau préjudice des créanciers. La première incrimination n’est pasretenue. Entreautresconclusions,leMinist èrepublicetunepartiecivilerequ ièrent quelesvaleurstrans férées à l’épousesoientconf isquées. Cesconclusions sont admises.TPF 2005 127 129 Extrait des considérants: 3. Lorsqu'unauteuracommisdesactesdeblanchimentenquali té demem- bred'uneorganisationcriminelleetqu'aucunautreactedeparticipationne luiestim puté, l'applicationdel'art.260 ter CPn'entreplusen considération. Ilestadmiseneffet,dansunetelle hypothèse, quel'art.305 bis ch.2let.aCP s'appliqueseul,autitrede lexspecialis (CORBOZ,Lesinfractionsendroit suisse,TomeII,Berne2002,n.62 adart.305 bis CP; CASSANI,Commentaire dudroitp énalsuisse,volume9,Berne1996,n.66adart.305 bis CP; ACKERMANN,in:Schmid[id.]KommentarEinziehung,organisiertes Verbrechenund Geldwäscherei,TomeI, Zürich1998,n.514adart.305 bis CP;H. B AUMGARTNER,in N IGGLI/WIPRÄCHTIGER,BaslerKommentar, StrafgesetzbuchII , Bâle2003, n. 21 ad art. 260 ter CP). 3.1. Lecomportementdel' accusé ayant été considéré commeimpropre à fairedeluiunparticipant à l'organisationcriminelle à laquelleilaobjecti- vementpr êté sonconcours,ilconvientd'examinersisonr ôle n'estpaspu- nissableautitredesoutien à cetteorganisation,ausensdel'art.260 ter ch.1 al. 2 CP. Le soutien ne se distingue de la participation que par la position de l'auteurà l'égarddel'organisationcriminelle:iln ’estpasmembredecettedern ière, maisilsoutientsonactionencontribuant à lar éalisationdesonbut.L'au- teursaitquesesactesfavorisentlesagissementsdel'organisationou,du moins,ilprenden considérationcettepossibil ité. Iln'estpas nécessairequ'il participelui-m êmeauxcrimescommisou envisagés (ATF128II355 consid.2.4,p.361-362).L'assistancepr êtée parl'auteurpeutnotamment consister à blanchirlesvaleurspatrimonialesenpossessiondel'organisation criminelle (CORBOZ, op. cit., n. 8 ad art. 260ter CP). Objectivement,cesconditionssonticir éalisées. PeterFriederichaeneffet, parsesactes,soutenul'organisationdirig ée parN.etL.enpermettant à cettederni èrederecyclerplusdedeuxmillionsdefrancsprovenantdela vente de stupéfiants. Commelaparticipation,lesoutien à uneorganisationcriminelleestune infractionintentionnelleetcequia été ditplushautresteicivalable.La punissabilité del'accu sé autitredel'art.260 ter ch.1al.2CPsupposerait ainsi quel'on puisse retenir que le précité avaitconscience non seulement de blanchirdel'argentd'originecriminelle,maisqu'ilsedoutaitencore,pourleTPF 2005 127 130 moins,quelescrimesdontilblanchissaitlesproduits étaientlefaitd'une organisationcriminelle.Lar éponse devraitsansdoute êtreaffirmative,d ès lorsquel' accusé nepouvaitraisonnablementimaginerquelessommes considérablesquilui étaientremisesetqu'ilacceptaitensuitedetrans férer surdenombreuxcomptes,dansdenombreuxpays, étaientleproduitd'une activité criminelleisol ée. Lesm écanismesauxquelsilsepr êtaitavaient touteslesapparencesd'uneactiv ité structurée etsecr ète.Laquestionpourra toutefoisrester indécise,carlaCourestd'avisqu'unconcoursentrel'infrac- tiondeblanchimentetcelledesoutien à uneorganisationcriminellenepeut êtreretenu. 3.2. Jurisprudence(ATF128II355consid.2.4,p.362)etdoctrine(C OR- BOZ,op.cit.,n.62adart.305 bis CP; CASSANI,op.cit.n.66adart.305 bis CP; STRATENWERTH,BTII, § 40n.34; A RZT,in:Schmid[id.]Kommentar Einziehung,organisiertesVerbrechenund Geldwäscherei,n.220ad art. 260ter CP)s'accordentilestvrai àconsidé rerqueblanchimentsimpleet soutien à uneorganisationcriminelleentrentenconcoursid éal (echteKon- kurrenz). Ces opinions ne sont cependant guère motivées et, comme l'accusé ler elève à justetitre,ellesaboutissent à unein cohérencequeleursauteurs n'ontcertainementpasim aginée. Aretenireneffetl'existenced'unconcours possibleentreblanchimentetsoutien à uneorganisationcriminelle,on aboutiraitauconstatquececomportementseraitplusgravequeceluiqui consiste à blanchirenquali té demembred'unetelleorganisation.Ainsi, à la faveurdel'art.305 bis ch.2let.aCP,lapeinemenacepourle"participant blanchisseur"seraitdecinqansder éclusion,alorsque,parlem écanisme prévuà l'art.68ch.1CP,lasanction à laquellele"soutienblanchisseur" seraitexpos ée pourraitatteindreseptansetdemider éclusion.Orunetelle différencedetraitementnesejustified'aucunem anière, dès lorsqu'onne voitpasqu'ilseraitplusgravedesoutenirquedeparticiperenblanchissant lesproduitsdescrimescommisparuneorganisationcriminelle.Ceconstat conduit à considérerqu'en érigeantlaseuleparticipationaurangdecircons- tanceaggravantedublanchiment,le législateuravouluexclurequelesim- plesoutienpuisseavoirdes conséquencesdem êmenature.Lasolution suggérée par ACKERMANN (op.cit.,n.514adart.305 bis CP),selonlaquelle leblanchimentcomme"soutien" à uneorganisationcriminelleseraitpunis- sableauseultitredel'art.260 ter ch.1CP,n'estpassatisfaisantenonplus, carelleconduitpratiquement à fairedecesoutienunecirconstanceaggra- vantepr écisémentexclueparl'art.305 bis ch.2let.aCPqui,commeonl'a vu,neretientcommetellequelaparticipation à uneorganisationcriminelle. Mêmes'iln'estpascertainquetellef ût réellementl'intentiondu législateur,TPF 2005 127 131 ilfautdoncretenirquel'art.305 bis ch.2let.aCPr égit exhaustivementle problèmeduconcoursentreblanchimentetorganisationcriminelleetqu'en conséquence,leblanchimentcommispoursouteniruneorganisationcrimi- nelle n'estpunissable qu'au titre del'art. 305 bis ch. 1 CP. 3.3. Des considérationsquipr écèdent,ilr ésultequel'incriminationdeparti- cipationoudesoutien à uneorganisationcriminellenepeut êtreretenueet que l'accusé doit êtrelib éré de ces chefs d'accusation. (… ) 8. Le débiteurqui,dem anière à causerundommage à sescr éanciers,dimi- nuesonactifen cédant desvaleurspatrimoniales à titregratuit,estpassible delar éclusionoudel'emprisonnements'ilestd éclaré enfailliteousiun acte de défaut de biens a été dressé contre lui(art. 164 CP). 8.1. Lepron oncé delafailliteoula délivranced'unactede défautdebiens estuneconditionobjectivedelapoursuite.Iln'estpasn écessairequel'in- tention de l'auteur portesur ces circonstances de fait(C ORBOZ, op. cit., n. 23 ad164CP).Ilfautenrevancheque,danslecasd'unefaillite,sonpronon cé soitentr é enforce(ATF109Ib317consid.11c/aa,p.326; B RUNNER,in NIGGLI/WIPRÄCHTIGER,BaslerKommentar,StrafgesetzbuchII, Bâle 2003, n. 10 ad 163 CP), ce qui est désormais le casen l' espèce. 8.2. Conformémentautexteclairdelaloi(art.164ch.1al.3CP)laremise devaleurs à titregratuitconstitueunacteobjectivementpunissable.En diminuantlepatrimoinedu débiteur,sanscontrepartie,untelacteapour conséquence nécessairedecauserundommageauxcr éanciers,lorsqueles valeursrestantdisponiblesnesontplussuffisantespourcouvrirl'ensemble descr éancesopposablesau débiteuraumomentdel'ouverturedesafaillite. C'estlelieudepr éciserqu'ilimportepeu à cet égardquetoutoupartiedes actesdedispositionpuissent êtrea nnulés enapplicationdesdispositions régissantlar évocation(art.286LP).L'infractionpr évueetpuniepar l'art. 164CPesteneffetuneinfractiondemiseendanger(C ORBOZ,op.cit., n. 6 ad 164 CP). 8.3. Commetouteinfractionintentionnelle,ladiminutiond'actifaupr éju- dicedesc réancierspeut êtrecommisepardol éventuel(C ORBOZ,op.cit., n. 5,23et24adart.164CP, B RUNNER,op.cit.,n.20ad164CP).Aumo- ment où ildisposedesesbiens,sanscontrepartie,l'auteurdoitdoncpourleTPF 2005 127 132 moinsenvisagerqu'ilpourraporterpr éjudice à sescr éanciersets'accom- moder de cerisque. 8.3.1. Nonobstantlaproduction tardived'uncontratdou teux établienfaveur deF.,ilfautconsid érerqueconform émentauxdiresdes épouxFriederich encoursd'instruction,lesactionsdelasoci été CCC.ont été acquisesle13 novembre1997parl' accusé etnonparson épouse.S'agissantd'actions nominatives liées quin'ontpas étéé mises,leurtransfertnepouvaitvala- blementintervenirqu'enrespectantlaformedelacessiondecr éance (FORSTMOSER/MEIER-HAYOZ/NOBEL,SchweizerischesAktienrecht,Berne 1996,p.570-571n.102),soitparune déclaration écriteduc édant (art.165 CO;ATF122III361consid.4c,p.367),l'acceptationducessionnaire n'étant elle-mêmesoumise à aucuneforme(ATF130III417consid.3.3, p. 426).Leconsentementduconseild'administrationdelasoci été devait ensuite être donné (p.1728).Orc'estendatedu6mai1999seulementque PeterFriederichamanif esté par écritsavolont é detransf érerlesactions à safemmeetc'estdoncauplus tôtà cettedatequelacessionestintervenue. Acette époque,l'accus é savaitparfaitementquesasituationf inancière était gravement obéréeetqu'il étaitdansl'incapacit é defairefaceauximportan- tesdettescontrac téesprincipalementenverssesclientsinvestisseurs.S'il espéraitpeut êtrer établirsasituation,ilnepouvaitenavoir aucunecertitude etiladonc nécessairementenvisa gé queladonationd'unepartiedeson patrimoineserait de natur e, à terme, à léser ses créanciers. 8.3.2. L'élémentsubjectifdel'infractionpr évue etpunieparl'art.164CPest réalisé dem anièreplusflagranteencoreparladonation,intervenueenavril 2003,del'immeublequel' accusé possédait à UU.Acette époqueeneffet, postérieuredepr èsd'unan à l'ouverturedelapoursuite pénale,lecarac tère irréversibledel'endettementdel'a ccusé n'étaitplusuneprobabilit é, mais unecertitudequePeterFriederichnepouvaitignorer.L' accusé nele contestepas,maisilsoutientqu'enraisondeslourdeshypot hèques grevant l'immeuble,cederniernepeut être considéré commeunactifausensde l'art.164CP.Cetteopinionnepeut êtresuivie.Elleignoreeneffetquece nesontpaslescharges hypothécairesnominalesquisontdenature à réduire lavaleurd'unimmeuble,maisuniquementlemontantdesdettesgaranties parcesgages.Or,selon sapropreproductiondanslafaillite dePeterFriede- rich,I.neseraitcr éancièredel' accusé qu'à concurrenced'unmontantinf é- rieur à sapropreestimationdelavaleurdel'immeuble.Sachantquelaban- quedisposeencored'autresgagesencouverturedesacr éance(notamment laparcelledeVV.),ilnepeutdonc êtreexclu apriori quelaventedelaTPF 2005 127 133 propriété deUU.puisseprofiter égalementauxautrescr éanciers.Ensoute- nantquel'immeubledeUU.nepr ésenteaucunevaleur,l' accusé contredit parailleurssespropresaffirmations.Commelui-m êmeetson épouse l'ont encorepr écisé aucoursdes débats, ladonationlitigieuseavaiteneffetpour butdeprocurer à F.une garantiepoursesvieuxjours.Oronvoitmalqu'une tellegarantiepuisse êtreofferteparunbiensansvaleur.Ilfautajouterenfin qu'aucune portée nepeut êtrereconnue à l'argumentselonlequelladonation litigieuseaurait été prévuedelonguedate entreles époux. Cetteintentionen effet,quin'avaitpas été matérialisée dansunepromessejuridiquement contraignantepourl' accusé, devait êtreabando nnéedès l'instant où ellene pouvaitplus se r éalisersans violerla loi pénale. (… ) 10.3. Lareq uête tendant à laconfiscationdesavoirsappartenantaux "époux Friederich"doit êtreexam inéesépa rémentpourchacundecesderniers.F. eneffetn'estpaspoursuiviecommeauteurd'uneinfraction,nicommeparti- cipanteauxinfractionsrepr ochéesà sonmari.Ellen'estdoncqu'un"tiers" ausensdel'art.59CPetlesmesurespr évues parcettedispositionnelui sont applicables que dans les limitesdéjà décrites plus haut. 10.3.1. Pourlesmotifs déjà exposés, ilestconstantqueles actionsCCC.ont été acquisesparPeterFriederichlui-m êmele13novembre1997.Lefinan- cementdecetteacquisitiona été assuré, initialementetpourl'essentiel,par desavancesconsentiesparI.etgarantiesparlesavoirsdontl' accusééta itle titulaireaupr ès delabanque,aunombredesquelsfiguraientlesvaleurs confiées parsesclients.L'absencedetoutecomptabili té spécifiqueetla complexité dufinancementnepermettentcependantpasd'affirmerqueles actionsCCC.seraientleremploidevaleursd étournées à l'époque, ou ulté- rieurement,aupr éjudicedesinvestisseurs.Cestitresnepeuvent dèslors êtreconfisq ués enqual ité deproduitsdesabusdeconfianceretenus.Ils peuventetdoiventl' êtreenrevancheautitredeproduitsdeladiminution d'actifsdontPeterFriederichs'estrenducoupable.Peuimporteeneffetque l'accusé n'aitpas bénéficié lui-mêmedecetteinfractionetqueson épouse nesoitpaspoursuivieduchefdel'art.164CP.Laconfiscationdoiteneffet êtrepronon cée lorsqueleproduitd'uneinfractionaprofit éà untiersnon impliqué danslacommissiondecelle- là (ATF115IV175consid.2; SCHMID,op.cit.,n.20etr éf.adart.59CP; F LORIAN BAUMANN,Deliktis- chesVerm ögen, thèse Zürich1997,p.24 –25;pourunexempledeconfisca- tionduproduitd'unediminutiond'actifs,voirRVJ2000p.211consid.3a, p.213).Siletiersquire çoità titregratuitunevaleurpatrimonialequel'au-TPF 2005 127 134 teursoustraitillicitement à sescr éanciersn'estpas nécessairementpunissa- bleauregarddel'art.164CP(ATF126IV5consid.2d,p.8ss),iln'en demeurepasmoinsquelesvaleurs détournéesconstituentleproduitde l'infractionimputable à l'auteurprincipal.L'infractionpr évueetpuniepar l'art.164CPestuneinfractioncontrelepatrimoine.Samiseen œuv rea pour objet d'assurer aux créanciers de l'auteur une protectioncontreles actes dedilapidationcommis à leurpr éjudice.Lorsque,commeenl' espèce, l'au- teurfaitdonationdesesbiens à untiers,ilexistedoncunliendecausalit é directeentrecetactededispositionetledommage causé auxcr éanciers. Les exigences posées par l'art. 59 ch. 1 CP sont donc réunies. 10.3.2. L'immeubledeUU.a été acquisparl'acc usé le17avril1973etPeter Friederichenafaitdonation à son épouse paracteauthentiquedu23avril 2003.Iln'estni établi,nim êmepr étendu quel'acquisitionoriginaireaurait été financéepardesvaleurspatrimonialesconstituantleproduitd'unein- fraction.Enrevanche – etpourlesm êmesmotifsqu' exposés auconsid érant quipr écède – cetimmeubledoit êtreconfisqu é autitredeproduitdela diminutiond'actifcommiseparl' accusé. Lefaitquecetimmeublesoitgre vé d'hypothèques enfaveurdeI.nesauraitparailleursfaireobstacle à cette mesure.Nulnecontesteeneffetquecesgagesont été constitués debonne foi,detellesortequ'encasder éalisationdel'immeuble,lesdroitsdela banque seront préservés. 10.3.3. Lestatutdutiersqui bénéficiedirectementd'uneinfractioncommis parl'auteurdoit êtredis tingué deceluiqui, à teneurdel'art.59ch.1al.2 CP,acquiertdel'auteurunproduitpr éalablemententr é danslepatrimoine decedernier.Ilestdoncdouteuxquelesexceptionspr évues parladisposi- tionsusditesoientapplicables.Leseraient-elles néanmoinsqu'ilfaudrait constaterqueF.n'aeffe ctué aucunecontre-prestation,desortequesaseule bonnefoi,f ût-elleacquise,nesuffiraitpas à faireobstacle à lamesurede confiscation.Iln'estpaspr étendu enfinquelamesureseraitenl'esp èce d'unerigueurexcessive,preuveensoitqueF.aa ccepté quel'immeubleetle lotd'actionssoientretransf érésà sonmari, à l'intentiondelamasseenfail- lite de ce dernier.