C our III C -543/2006 /vab/scc {T 0/2} A rrê t d u 2 5 s e p te m b re 2 0 0 7 Bernard Vaudan (président du collège), R uth Beutler, Blaise Vuille, juges, C laudine Schenk, greffière. A._______, recourant, contre O ffice fédéral des m igrations (O D M ), Q uellenw eg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. R efus d'autorisation d'entrée et d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour en faveur de X._______. B u n d e s v e rw a ltu n g s g e ric h t T rib u n a l a d m in is tra tif fé d é ra l T rib u n a le a m m in is tra tiv o fe d e ra le T rib u n a l a d m in is tra tiv fe d e ra l C om position P arties O bjetC -543/2006 Faits : A . Par requête du 12 septem bre 2005, A._______, ressortissant suisse (d'origine algérienne par son père) né le 28 m ars 1966, s'est adressé à l'O ffice de la population du canton de G enève (ci-après: l'O C P) dans le but de faire venir en Suisse X._______, ressortissante algérienne née le 8 septem bre 1997 de parents inconnus. L'intéressé a exposé que la fillette, déclarée pupille de l'Etat algérien, avait été confiée peu après sa naissance à sa tante paternelle L._______, qui avait par la suite été autorisée à prendre en charge l'enfant au titre d'une "kafala", par décision du Président du Tribunal de C onstantine du 23 octobre 2002 ; sa tante était toutefois décédée subitem ent, le 17 février 2005. Le requérant a expliqué que, lors de la réunion ayant suivi les obsèques, tous les m em bres de la fam ille avaient considéré que X._______ (qui était, en quelque sorte, la "fille de sa tante") devait rester au sein de la fam ille et qu'il était de leur devoir de s'en occuper, m ais avaient estim é qu'il était la personne à laquelle L._______ aurait souhaité confier l'enfant, d'autant qu'il avait toujours contribué financièrem ent à son entretien depuis la Suisse ; c'est ainsi qu'il avait sollicité du Président du Tribunal de C onstantine d'être désigné à son tour com m e le tuteur légal de l'enfant, requête qui avait été adm ise par décision du 29 m ai 2005. Il a indiqué que, dans l'attente de la décision des autorités helvétiques, X._______ avait été provisoirem ent confiée à son père, M ._______, avec le consentem ent de la D irection de l'assistance sociale (ci-après: la D AS) de C onstantine. Il a précisé que lui-m êm e et son épouse B._______, ressortissante suisse (d'origine algérienne) née le 7 décem bre 1966, qui étaient déjà parents de deux enfants (nés respectivem ent le 21 janvier 1993 et le 11 juillet 1997), avaient décidé d'un com m un accord d'accueillir la fillette à leur dom icile. Le requérant a notam m ent produit l'acte de décès de sa tante paternelle et les décisions ("kafala") du Président du Tribunal de C onstantine des 23 octobre 2002 et 29 m ai 2005. Il a égalem ent versé en cause des pièces justificatives attestant de ses ressources financières et de celles de son épouse (décom ptes de salaire et déclaration fiscale). B . Le 29 novem bre 2005, A._______ a déposé, auprès de l'Am bassade de Suisse à Alger, une dem ande d'autorisation d'entrée P age 2C -543/2006 en faveur de X._______, en vue de lui perm ettre de séjourner durablem ent à son dom icile. C . Le 29 m ars 2006, l'O ffice de la jeunesse du canton de G enève, section Evaluation des lieux de placem ent, a rendu son rapport social et, par décision du m êm e jour, a autorisé A._______ et son épouse à accueillir X._______ à leur dom icile, sous réserve de la délivrance d'une autorisation de séjour en faveur de la fillette. D . Le 6 avril 2006, l'O C P a inform é le prénom m é qu'il était disposé à délivrer à l'enfant une autorisation d'entrée et de séjour en vue d'un placem ent éducatif, sous réserve de l'approbation de l'O ffice fédéral des m igrations (ci-après: l'O D M ), auquel il a transm is le dossier. E. Le 15 m ai 2006, l'O D M a inform é l'intéressé de son intention de refuser son approbation à l'autorisation sollicitée et lui a accordé le droit d'être entendu à ce sujet. L'office a insisté sur le fait que le dossier ne contenait aucune indication perm ettant de penser que d'autres solutions qu'un placem ent éducatif en Suisse aient été sérieusem ent envisagées par les autorités algériennes, telles l'accueil de l'enfant par un autre m em bre de la fam ille ou au sein d'une institution (internat, école privée, etc.) établie sur place. F. D ans sa prise de position du 14 juin 2006, A._______ a expliqué que, né en Suisse, il était retourné vivre en Algérie avec son père, après le divorce de ses parents, et avait lui-m êm e connu le sentim ent d'être orphelin, n'ayant plus revu sa m ère pendant quinze ans, période durant laquelle sa tante L._______ et sa grand-m ère paternelle (toutes deux décédées) s'étaient tout particulièrem ent occupées de lui. Il a fait valoir qu'en raison de son propre parcours de vie, il se sentait personnellem ent touché par le sort de X._______ et que la prise en charge de la fillette après le décès de sa tante constituait en quelque sorte "un acte de reconnaissance spontané" envers une personne qui avait beaucoup com pté pour lui. Il a invoqué que son père, qui était rem arié et avait eu six enfants du second lit (ses "dem i-frères"), était trop âgé pour s'occuper durablem ent de la prénom m ée. Le requérant a produit des déclarations écrites, datées des 9 et 14 juin 2006 et signées par les frères de L._______ (M ._______ et N ._______), dans lesquelles les intéressés affirm ent ne pas être en m esure de prendre en charge la fillette. M ._______ (père de A._______) fait valoir qu'il se trouve dans l'incapacité de s'occuper de P age 3C -543/2006 la fillette à long term e en raison de son âge (70 ans) et de sa "situation actuelle", ses enfants étant célibataires et vivant encore sous son toit, à l'exception d'un fils, m arié et lui-m êm e père d'une petite fille, qui vivrait tem porairem ent chez ses beaux-parents. Q uant à N ._______ (oncle paternel de A._______), il invoque qu'il a lui-m êm e six enfants, tous célibataires et vivant encore au dom icile fam ilial (un appartem ent de trois pièces et cuisine), et que son épouse, qui est déjà très chargée, "n'est pas capable d'assum er une charge supplém entaire". A._______ a égalem ent versé en cause un "rapport psychologique" non daté de la D AS de C onstantine, dans lequel le psychologue signataire relève que X._______, provisoirem ent recueillie par M ._______ (recte: _______), est perturbée (insom nies, m anque d'appétit) et a des problèm es scolaires dans certaines m atières. Selon ses constatations, la fillette éprouverait un "sentim ent affectif obsessionnel" envers son "cousin m aternel", A._______ (recte: _______), ce dernier ayant toujours pris en charge les "besoins alim entaires et financiers" de l'enfant et été présent "dans tous les discours" de L._______ (recte: ._______) du vivant de celle-ci. G . Par décision du 16 août 2006, l'O D M a refusé d'autoriser l'entrée en Suisse de X._______ et d'approuver la délivrance en sa faveur d'une autorisation de séjour fondée sur l'art. 35 de l'ordonnance du C onseil fédéral lim itant le nom bre des étrangers du 6 octobre 1986 (O LE, R S 823.21). D ite autorité a retenu, en particulier, que L._______ avait encore deux frères en Algérie, m ariés et père de six enfants vivant sur place, qui - bien qu'ils fussent dans leur très grande m ajorité encore célibataires - étaient probablem ent tous adultes et aptes à assum er une partie de leur responsabilité quant à la prise en charge de la fillette. Elle a observé que le fait que des m em bres de la fam ille se déchargent de leur responsabilité vis-à-vis d'un enfant ou prétendent ne pas pouvoir s'en occuper ne perm et pas encore de considérer que cet enfant se trouverait dans une situation de détresse telle que la délivrance d'une autorisation de séjour en sa faveur constituerait la seule possibilité d'y rem édier. Elle a insisté sur le fait que le placem ent d'enfants étrangers en Suisse devait se révéler com m e une "ultim a ratio", qui ne pouvait prendre place qu'à la condition que toutes les autres solutions dans le pays d'origine ou de résidence de l'enfant aient été exam inées, en particulier le placem ent P age 4C -543/2006 auprès d'autres m em bres de la fam ille ou auprès d'institutions (écoles privées, internats, etc.) établies dans ce pays. H . Le 15 septem bre 2006 (date du sceau postal), A._______ a recouru contre la décision précitée auprès du Service des recours du D épartem ent fédéral de justice et police. Il a expliqué que si l'ensem ble de sa fam ille vivant en Algérie avait estim é qu'il était préférable que X._______ lui soit confiée, ceci était dû au fait qu'il avait toujours pourvu aux besoins m atériels de la fillette, raison pour laquelle celle-ci le considérait en quelque sorte com m e son père. Il a invoqué avoir apporté la preuve qu'aucun m em bre de sa fam ille vivant en Algérie ne pouvait et voulait durablem ent prendre en charge la prénom m ée, faisant valoir que celle-ci serait vraisem blablem ent placée en orphelinat si elle ne lui était pas confiée. Il a souligné que lui-m êm e et son épouse, qui avaient accom pli des études universitaires en Suisse et occupaient tous deux des postes à responsabilité, rem plissaient pleinem ent toutes les exigences (au plan m atériel et social, notam m ent) leur perm ettant d'accueillir la fillette à leur dom icile dans d'excellentes conditions et d'assurer à celle-ci une bonne éducation au sein d'une cellule fam iliale stable et aim ante, ce qui n'était pas le cas des autres m em bres de sa fam ille restés sur place. I. Appelé à se prononcer sur le recours, l'O D M en a proposé le rejet, dans ses observations du 8 novem bre 2006. J. Invité à se déterm iner sur ce préavis jusqu'au 3 janvier 2007, le recourant n'a pas fait usage de son droit de réplique. D roit : 1. 1.1 Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal adm inistratif fédéral (LTAF, R S 173.32), le Tribunal adm inistratif fédéral (ci-après: le TAF ou le Tribunal), en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décem bre 1968 sur la procédure adm inistrative (PA, R S 172.021) prises par les autorités m entionnées à l'art. 33 et à l'art. 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'O D M en m atière de refus P age 5C -543/2006 d'autorisation d'entrée et d'approbation à la délivrance d'une autorisation de séjour peuvent être contestées devant le TAF (cf. art. 20 al. 1 de la loi fédérale du 26 m ars 1931 sur le séjour et l'établissem ent des étrangers [LSEE, R S 142.20]), qui statue définitivem ent in casu (cf. art. 1 al. 2 LTAF, en relation avec l'art. 83 let. c ch. 1 et 2 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, R S 173.110] ; cf. égalem ent consid. 4 infra). 1.2 Les affaires pendantes devant les com m issions fédérales de recours ou d'arbitrage ou devant les services de recours des départem ents au 1er janvier 2007 sont traitées par le TAF (dans la m esure où il est com pétent) selon le nouveau droit de procédure (cf. art. 53 al. 2 LTAF). A m oins que la LTAF n'en dispose autrem ent, la procédure devant le TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3 A._______, agissant en qualité d'autre participant à la procédure, a qualité pour recourir (cf. art. 20 al. 2 LSEE, en relation avec l'art. 48 PA). Présenté dans la form e et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art. 50 et art. 52 PA). 2. 2.1 Sous réserve de dispositions différentes, tout étranger doit notam m ent être m uni d'un visa pour entrer en Suisse (cf. art. 1 al. 1 et art. 3 de l'ordonnance du 14 janvier 1998 concernant l'entrée et la déclaration d'arrivée des étrangers [O EArr, R S 142.211]). 2.2 Tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice d'une autorisation de séjour ou d'établissem ent, ..., ou si, selon la présente loi, il n'a pas besoin d'une telle autorisation (art. 1a LSEE). 2.3 L'autorité statue librem ent dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger sur l'octroi de l'autorisation de séjour ou d'établissem ent... (art. 4 LSEE). C ette liberté dem eure entière quelles que soient les dispositions prises par le requérant (art. 8 al. 2 du règlem ent d'exécution du 1er m ars 1949 de la loi fédérale sur le séjour et l'établissem ent des étrangers [R SEE, R S 142.201]). Lorsqu'elles sont appelées à statuer en m atière d'autorisations, les autorités doivent tenir com pte des intérêts m oraux et économ iques du pays, ainsi que du degré de surpopulation étrangère (cf. art. 16 al. 1 P age 6C -543/2006 LSEE et art. 8 al. 1 R SEE), et veiller à m aintenir un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante (cf. art. 1 let. a de l'ordonnance du C onseil fédéral lim itant le nom bre des étrangers du 6 octobre 1986 [O LE, R S 823.21]). 2.4 Les autorités cantonales de police des étrangers sont com pétentes en m atière d'octroi et de prolongation d'autorisation. ... Est réservée l'approbation de l'O D M (art. 51 O LE). Le canton ne doit octroyer l'autorisation que si l'O D M a donné son approbation, à défaut de quoi l'autorisation est de nul effet (art. 19 al. 5 R SEE). 3. 3.1 En vertu de la réglem entation au sujet de la répartition des com pétences en m atière de police des étrangers, les cantons sont com pétents pour se prononcer sur le refus initial d'une autorisation de séjour ou d'établissem ent, leur refus étant alors définitif (art. 18 al. 1 LSEE). En revanche, horm is dans les cas énum érés à l'art. 18 al. 2 LSEE, le canton ne peut délivrer une autorisation de séjour (respectivem ent la prolonger ou la renouveler) ou d'établissem ent que sous réserve de l'aval de la C onfédération, qui est alors chargée de se prononcer sur cette autorisation par la voie de la procédure d'approbation (cf. ATF 130 II 49 consid. 2.1 p. 51). 3.2 D ans le cas d'espèce (qui ne relève pas du catalogue d'exceptions prévu par l'art. 18 al. 2 LSEE), la com pétence décisionnelle appartient à la C onfédération, en vertu de l'art. 52 let. b ch. 2 O LE, qui précise que l'O D M est com pétent en m atière d'approbation des autorisations initiales de séjour (et de leur prolongation) pour les enfants placés au sens de l'art. 35 O LE. C 'est le lieu de rappeler que la procédure d'approbation vise notam m ent à assurer une pratique uniform e de la loi sur l'ensem ble du territoire helvétique (cf. art. 1 al. 1 let. a de l'O rdonnance du 20 avril 1983 sur la procédure d'approbation en droit des étrangers [O PAD E, R S 142.202], en relation avec l'art. 18 al. 4 LSEE), de m anière à éviter des divergences de pratique entre les cantons. Enfin, l'O D M est égalem ent com pétent en m atière d'octroi de visas (cf. art. 18 al. 1 O Earr). 3.3 L'O D M et, a fortiori, le TAF ne sont donc pas liés par le préavis des autorités genevoises de police des étrangers du 6 avril 2006 et P age 7C -543/2006 peuvent parfaitem ent s'écarter de l'appréciation ém ise par celles-ci quant à la délivrance de l'autorisation d'entrée et de séjour sollicitée (cf. ATF 127 II 49 consid. 3a p. 51ss, ATF 120 Ib 6 consid. 3a p. 9ss). 4. 4.1 A titre prélim inaire, il sied de relever qu'un ressortissant étranger n'a, en principe, pas un droit à la délivrance d'une autorisation de séjour ou d'établissem ent, à m oins qu'il ne puisse se prévaloir d'une disposition particulière du droit fédéral ou d'un traité accordant un tel droit (cf. ATF 131 II 339 consid. 1 p. 342s., ATF 130 II 281 consid. 2.1 p. 284, et la jurisprudence citée). 4.2 En l'espèce, dans la m esure où seul un placem ent éducatif en Suisse (à l'exclusion d'une adoption) est envisagé, l'art. 35 O LE (à l'exclusion de l'art. 7a LSEE) est applicable. C 'est le lieu de rappeler que l'art. 35 O LE est une disposition de nature purem ent potestative, de sorte qu'un ressortissant étranger ne saurait en déduire un droit de séjourner sur le territoire helvétique (cf. ATF 2P.18/2007 du 29 juin 2007, consid. 3.1). En outre, l'ordre juridique suisse ne garantit aucun droit quant à l'entrée en Suisse ou quant à l'octroi d'un visa (cf. art. 9 al. 1 O EArr, disposition égalem ent rédigée en la form e potestative ; cf. PH ILIP G R AN T, La protection de la vie fam iliale et de la vie privée en droit des étrangers, Bâle/G enève/M unich 2000, p. 24 ; PETER U EBE R SA X, Einreise und Anw esenheit in : U EBE R SA X/M Ü N C H /G EISER /AR N O LD , Ausländerrecht, Bâle/G enève/M unich 2002, n. 5.28). 4.3 Q uant à l'art. 8 par. 1 de la C onvention de sauvegarde des droits de l'hom m e et des libertés fondam entales du 4 novem bre 1950 (C ED H , R S 0.101), qui garantit le droit au respect de la vie privée et fam iliale, il s'agit d'une norm e qui vise à protéger principalem ent les relations existant au sein de la fam ille au sens étroit (fam ille nucléaire), et plus particulièrem ent "entre époux" et "entre parents et enfants m ineurs" vivant en m énage com m un. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, elle ne saurait être invoquée pour protéger d'autres liens fam iliaux qu'à la condition que l'étranger se trouve dans un état de dépendance particulière envers la personne établie en Suisse, en raison d'un handicap ou d'une m aladie graves nécessitant une prise en charge perm anente par exem ple (cf. ATF 120 Ib 257 consid. 1/d-e p. 260ss, et la jurisprudence citée; cf. égalem ent l'ATF P age 8C -543/2006 2A.316/2006 du 19 décem bre 2006 consid. 1.1.2). En l'espèce, le Tribunal observe que la désignation de A._______ com m e tuteur (à savoir, com m e représentant légal) de X._______ au titre d'une "kafala" n'équivaut pas à une adoption au sens des art. 264ss du C ode civil suisse du 10 décem bre 1907 (C C , R S 102). Sans vouloir rem ettre en cause les rapports affectifs existant entre les intéressés, il ne peut que constater que la prénom m ée (qui, au dem eurant, n'est pas affectée de problèm es de santé tel que définis ci-dessus ; cf. let. F supra) ne peut se prévaloir de liens fam iliaux susceptibles de justifier la m ise en oeuvre de l'art. 8 par. 1 C ED H . 4.4 Enfin, X._______ ne saurait se réclam er de l'art. 3 de la C onvention des N ations U nies relative aux droits de l'enfant du 20 novem bre 1989 (C D E, R S 0.107), ratifiée tant par la Suisse que par l'Algérie. En effet, ainsi que le Tribunal fédéral a eu l'occasion de le préciser à plusieurs reprises, cette convention ne confère aucun droit déductible en justice à la délivrance (respectivem ent à la prolongation ou au renouvellem ent) d'une autorisation de police des étrangers (cf. ATF 126 II 377 consid. 5 p. 388ss, ATF 124 II 361 consid. 3b p. 367s., et les références citées ; cf. égalem ent les ATF 2A.718/2006 du 21 m ars 2007 consid. 4.3, et 2A.342/2002 du 15 août 2002 consid. 1.2). 5. 5.1 En vertu de l'art. 35 O LE, des autorisations de séjour peuvent être accordées à des enfants placés si les conditions auxquelles le C ode civil suisse soum et l'accueil des enfants sont rem plies (cf. à ce sujet, M AR C SPES C H A, H andbuch zum Ausländerrecht, Berne/Stuttgart/Vienne 1999, p. 101s. ; PETER KO TTU SC H , D ie Bestim m ungen über die Begrenzung der Zahl der Ausländer, R evue suisse de jurisprudence [R SJ/SJZ] 1998 p. 42ss, spéc. p. 44). 5.2 Selon la pratique constante, l'octroi d'une autorisation de séjour dans le cadre d'un placem ent auprès de parents nourriciers en Suisse ne se justifiera que lorsqu'un enfant est orphelin à la fois de père et de m ère, ou qu'il a été abandonné, ou encore que les parents sont dans l'absolue incapacité de s'en occuper. Encore faut-il que le placem ent en Suisse dem eure la seule solution au problèm e posé. P age 9C -543/2006 5.3 A ce propos, il sied de relever que la Suisse, devant constam m ent faire face aux problèm es liés à la surpopulation étrangère, ne peut accueillir tous les étrangers qui désirent venir dans ce pays, que ce soit pour des séjours de courte ou de longue durée. Elle m ène ainsi une politique restrictive en m atière de séjour des étrangers et d'im m igration, notam m ent dans le but d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la population étrangère résidante (cf. consid. 2.3 supra), objectif d'intérêt public que les autorités de police des étrangers sont tenues de prendre en considération lorsqu'elles statuent (cf. ATF 122 II 1 consid. 3a p. 6s., ATF 120 Ib 1 consid. 3b p. 4s. et 22 consid. 4a p. 24s., et la jurisprudence citée ; ALAIN W U R ZBU R G E R , La jurisprudence récente du Tribunal fédéral en m atière de police des étrangers, R evue de droit adm inistratif et de droit fiscal [R D AF] 1997 I p. 287). Aussi, les autorités de police des étrangers ont-elles le devoir de s'assurer, avant de délivrer une autorisation de séjour fondée sur l'art. 35 O LE, qu'aucune autre solution n'a pu être trouvée dans le pays d'origine de l'enfant placé. Il convient en effet de ne pas perdre de vue que l'Etat de provenance du requérant ne saurait se soustraire aux devoirs qui lui incom bent à l'égard de ses propres ressortissants, notam m ent en m atière d'assistance et d'éducation. C 'est le lieu de rappeler que les autorités de police des étrangers, qui se fondent sur des critères d'appréciation qui leur sont propres, ne sont pas liées par les décisions prises par les autorités de justice civile (cf. art. 8 al. 2 R SEE ; cf. A. G risel, Traité de droit adm inistratif, vol. I, N euchâtel 1984, p. 180ss). 6. 6.1 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que L._______, qui a élevé X._______ com m e sa propre fille, a encore deux frères en Algérie (M ._______, né le 12 octobre 1936, et N ._______, né le 2 novem bre 1952), tous deux m ariés. M ._______ est père de sept enfants (dont le recourant) ; six d'entre eux (les dem i-frères du recourant), âgés entre 20 et 30 ans, vivent en Algérie et l'un d'eux est m arié et a quitté le dom icile fam ilial. Q uant à N ._______, il a égalem ent six enfants au pays, tous célibataires et vivant sous le m êm e toit ; ils sont, pour la plupart, m ajeurs, ainsi que l'observe l'O D M dans la décision querellée, ce que le recourant ne conteste pas (sur P age 10C -543/2006 ces différents points, cf. le courrier du recourant du 9 novem bre 2005 adressé à l'Am bassade de Suisse à Alger, le rapport social du 29 m ars 2006 et la prise de position du recourant du 14 juin 2006 adressée à l'O D M ). Force est dès lors de constater, à l'instar de l'O D M , que de nom breux m em bres de la fam ille proche du recourant sont aptes à assum er, du m oins en partie, leur responsabilité quant à la prise en charge de X._______ (actuellem ent âgée de 10 ans). 6.2 D ans son recours, A._______ invoque avoir toujours pourvu aux besoins m atériels de la fillette depuis la Suisse et avoir apporté la preuve qu'aucun m em bre de sa fam ille vivant en Algérie n'était en m esure de s'en occuper durablem ent, se fondant à cet égard sur les déclarations écrites signées par son père et son oncle (cf. let. F supra). Il ressort toutefois des pièces du dossier que si les proches du recourant vivant en Algérie - qui considèrent que X._______ doit pouvoir rester au sein de la fam ille nonobstant le décès de L._______ (cf. let. A supra) - estim ent qu'un placem ent éducatif en Suisse constitue la solution la plus "réaliste" (cf. le rapport social du 29 m ars 2006, p. 2), ceci est notam m ent dû au fait qu'ils se trouvent confrontés à certaines difficultés économ iques les obligeant notam m ent à vivre dans la prom iscuité, alors que le recourant et son épouse - qui ont accom pli des études universitaires en Suisse et réalisent ensem ble un revenu brut de l'ordre de Fr. 20'000.- par m ois - pourraient assurer à la fillette de m eilleures conditions d'existence. Bien que conscient des m otifs louables incitant la fam ille du recourant à privilégier un placem ent éducatif en Suisse, le Tribunal se doit de constater que des considérations telles les difficultés m atérielles auxquelles se heurtent les m em bres de la fam ille restés sur place ou le souhait d'offrir à l'enfant de m eilleures possibilités de form ation et perspectives professionnelles dans un cadre socio-économ ique optim al ne sauraient, en soi, justifier la délivrance d'une autorisation de séjour fondée sur l'art. 35 O LE, sous peine de vider de leur sens les dispositions visant à lim iter le nom bre des étrangers en Suisse. O n ne saurait en effet perdre de vue que les dem andes tendant à un placem ent éducatif en Suisse concernent en règle générale des enfants en provenance de pays qui - com m e en l'espèce - connaissent un niveau de vie sensiblem ent inférieur à celui de la Suisse (où le PIB par habitant est dix fois plus élevé qu'en Algérie ; source: M inistère P age 11C -543/2006 français des affaires étrangères, France-D iplom atie, dernière m ise à jour: juin 2007). In casu, rien ne perm et de penser que les proches du recourant résidant en Algérie connaîtraient des conditions de vie particulièrem ent difficiles, sans com m une m esure avec celles de la m ajeure partie de la population algérienne, et que la fillette se trouverait, de ce fait, dans une situation de détresse. Au dem eurant, m êm e si tel était le cas, rien n'em pêcherait A._______ et son épouse, qui ont toujours pourvu à l'ensem ble des besoins m atériels de l'enfant depuis la Suisse, de continuer de contribuer à son entretien (à savoir, à ses frais de logem ent, de nourriture, d'écolage et de soins m édicaux). C om pte tenu des im portantes disparités économ iques existant entre la Suisse et l'Algérie (où le coût de la vie est sensiblem ent inférieur), il leur serait en effet aisé d'assurer à la fillette, m oyennant une aide financière m odique (en com paraison de leurs revenus m ensuels) des conditions de vie supérieures à la m oyenne et des possibilités de form ation adéquates en Algérie. 6.3 Sur un autre plan, il convient d'avoir à l'esprit que X._______ a passé toute sa vie en Algérie, où elle a toutes ses racines. Elle vit actuellem ent chez M ._______ (père du recourant), entourée d'une nom breuse fam ille (la belle-m ère et cinq dem i-frères du recourant, tous adultes et, partant, aptes à épauler leurs parents), qui s'est apparem m ent m ontrée soucieuse de son bien-être ; le Tribunal en veut pour preuve que M ._______ a im m édiatem ent recueilli la fillette au décès de sa soeur et l'a placée dans une école située à proxim ité de son dom icile (cf. la requête du recourant du 12 septem bre 2005, p. 2). R ien ne perm et dès lors de penser que X._______ ne pourrait s'épanouir pleinem ent dans un tel contexte fam ilial et social. En outre, on ne saurait exclure que sa venue en Suisse (un pays qu'elle ne connaît pas), dans une fam ille où les parents travaillent tous deux à tem ps com plet et ont déjà deux enfants à charge (cf. le rapport social du 29 m ars 2006, p. 3), n'entraîne pour elle un déracinem ent socioculturel susceptible de se révéler préjudiciable à son développem ent personnel. Enfin, rien n'indique que l'oncle du recourant (N ._______) - actuellem ent âgé de 54 ans et dont la plupart des enfants sont m ajeurs - ou le dem i-frère du recourant ayant quitté le dom icile fam ilial après son m ariage (cf. let. F et consid. 6.1 supra) se P age 12C -543/2006 trouveraient dans l'incapacité de prendre en charge l'enfant à long term e, m oyennant une m odique aide financière du recourant et de son épouse (cf. consid. 6.2 in fine supra). 6.4 Le Tribunal com prend parfaitem ent la m otivation du recourant, eu égard à son propre parcours de vie et à son attachem ent pour sa défunte tante, à vouloir accueillir X._______ au sein de sa fam ille et le souhait de la prénom m ée de rejoindre en Suisse la personne qui a toujours pourvu à ses besoins m atériels et qu'elle considère com m e un père. Sous l'angle de la police des étrangers, il ne peut toutefois que constater que les autorités algérienne n'ont pas exploré sérieusem ent d'autres possibilités de prise en charge de la fillette en Algérie et que, com pte tenu de l'étendue du réseau fam ilial existant au pays, un placem ent éducatif en Suisse n'apparaît m anifestem ent pas com m e la seule solution envisageable. Q uant à l'argum ent du recourant, selon lequel un placem ent de la fillette dans un orphelinat algérien constituerait l'unique alternative à sa venue en Suisse, il ne saurait à l'évidence être retenu, au regard des considérations qui précèdent. 6.5 D ans ces conditions, com pte tenu de la politique restrictive que la Suisse est tenue de m ener en m atière de séjour des étrangers (cf. consid. 5.3 supra), le Tribunal considère que l'on ne saurait reprocher à l'O D M d'avoir refusé d'autoriser l'entrée en Suisse de X._______ et de donner son aval à la délivrance en sa faveur d'une autorisation de séjour fondée sur l'art. 35 O LE. 7. 7.1 Par sa décision du 16 août 2006, l'autorité de prem ière instance n'a ainsi ni violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents de m anière inexacte ou incom plète ; en outre, la décision attaquée n'apparaît pas inopportune (cf. art. 49 PA). 7.2 Partant, le recours doit être rejeté. 7.3 Vu l'issue de la cause, les frais de procédure doivent être m is à la charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 1 à 3 du R èglem ent concernant les frais, dépens et indem nités fixés par le Tribunal adm inistratif fédéral [FITAF, R S 173.320.2]). P age 13C -543/2006 Par ces m otifs, le Tribunal adm inistratif fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté. 2. Les frais de procédure, d'un m ontant de Fr. 700.-, sont m is à la charge du recourant. C ette som m e est com pensée par l'avance de frais du m êm e m ontant versée le 20 octobre 2006. 3. Le présent arrêt est adressé : - au recourant (R ecom m andé) - à l'autorité inférieure (Avis de réception), avec dossier n° 2 202 934 en retour. Le président du collège : La greffière : Bernard Vaudan C laudine Schenk Expédition : P age 14