<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. D. originaire du Locle, était domicilié à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Buenos-Aires (Argentine) lorsqu'il a fait établir par le notaire</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C., à Lugano, un testament authentique en date du 4 décembre 1992,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par lequel il a désigné ses héritiers, déclaré soumettre sa succession au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit suisse et nommé comme exécuteur testamentaire le notaire précité. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est décédé à Berne le 23 mars 1993. A la demande de l'exécuteur testamen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">taire, Me X., avocat et notaire au Locle, a requis du prési-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dent du Tribunal du district du Locle un certificat d'hérédité, qui a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délivré le 1er juillet 1993. L'office des droits de mutation a établi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'inventaire de la succession, puis calculé l'émolument de dévolution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'hérédité ainsi que les droits dus par chacun des héritiers sur leurs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits de succession. Selon deux décomptes établis le 4 octobre 1993 par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'office des droits de mutation, l'émolument s'est élevé à 6'964.50 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et les droits de succession à 65'291.20 francs au total. Ces deux déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sions n'ont pas été contestées par les intéressés ni par les deux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notaires, qui ont payé lesdits montants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par lettre de leur mandataire du 20 février 1996, les héritiers</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont demandé à l'office des droits de mutation le remboursement de ces</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sommes, en faisant valoir que le défunt était domicilié en Argentine, que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sa succession s'était ouverte dans ce pays, et que le canton de Neuchâtel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne pouvait pas percevoir d'émoluments ou de droits de succession, le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">défunt n'étant au surplus pas propriétaire d'immeuble dans le canton. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision du 29 janvier 1997, l'office des droits de mutation a rejeté la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">demande de restitution, motif pris, en résumé, que l'assujettissement aux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits de mutation et aux droits de succession n'avait suscité à l'époque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aucune objection et que le paiement était intervenu sans réserves et sans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">utiliser les voies de droit; qu'une demande en révision n'était, en tant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que moyen juridictionnel extraordinaire, recevable qu'à des conditions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">très strictes, non remplies en l'espèce dès lors que la révision ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait pas être utilisée pour permettre de supprimer une erreur de droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commise par l'administration ou bénéficier d'une autre interprétation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la loi ou pour obtenir une nouvelle appréciation des faits connus lors de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la décision.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Les héritiers de D. ont interjeté recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre cette décision devant le Département des finances et des affaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sociales qui, par décision du 17 décembre 1997, a rejeté le recours. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Département a repris, en les développant, les arguments exposés par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'office des droits de mutation, savoir que seules pourraient être prises</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en considération au titre de motifs de révision l'existence de faits et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moyens de preuve nouveaux ou l'omission par l'autorité de tenir compte de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits importants ou de preuves concluantes, circonstances dont les re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">courants ne prétendent pas qu'elles seraient réalisées; que les recourants</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reprochent en réalité à l'office une fausse interprétation de la loi; que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la révision ne permet cependant pas de supprimer une erreur de droit, de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bénéficier d'une nouvelle interprétation ou d'une nouvelle pratique,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'obtenir une nouvelle appréciation de faits connus lors de la décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dont la révision est demandée ou de faire valoir des faits ou des moyens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de preuve qui auraient pu et dû être invoqués dans la procédure ordinaire;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'au surplus l'argumentation des recourants tirée de l'interprétation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dispositions du droit cantonal et de la loi fédérale sur le droit inter-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">national privé était discutable, et que ce n'était pas en l'absence de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">toute réglementation légale que l'office avait perçu l'émolument et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits sur les biens qui se trouvaient en Suisse, transmis par un Suisse,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décédé en Suisse; que, par ailleurs, aucun héritier n'avait objecté en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">temps voulu qu'il était redevable de droits successoraux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Les intéressés interjettent recours devant le Tribunal adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tratif contre cette décision, dont ils demandent l'annulation, en con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cluant à ce qu'il soit dit qu'ils ont droit au remboursement par l'Etat de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel des montants versés au titre de droits de succession et d'émolu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment de dévolution d'hérédité, avec intérêts. Ils font valoir qu'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'absence de traité international, la succession (exclusivement mobilière)</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'était pas soumise aux lois fiscales neuchâteloises, de sorte que l'émo-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lument et les droits de succession ont été perçus à tort; qu'en effet les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">règles du droit international privé, relatives à l'application du droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suisse et au for en Suisse (professio iuris et professio fori) ne sont pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">applicables en droit public, et en particulier en droit fiscal; que, sous</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réserve d'un traité international, seule la succession d'une personne do-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">miciliée dans le canton de Neuchâtel est soumise au paiement des impôts de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">succession; qu'en l'occurrence le prélèvement de l'émolument de dévolution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'hérédité et des droits de succession est nulle, du fait qu'elle est af-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fectée d'un vice grave et manifeste, que la nullité peut être invoquée en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tout temps, et constatée d'office; qu'elle entraîne l'obligation de resti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuer les prestations effectuées à tort.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Dans ses observations sur le recours, le Département des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">finances et des affaires sociales s'exprime sur l'argument de la nullité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prétendue des deux décisions fiscales, et conclut au rejet du recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. L'office des droits de mutation puis le Département ont exposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de manière pertinente les règles applicables à la révision au sens de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 140 ss LCdir. Il a été considéré à juste titre que les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conditions légales pour une révision des décisions fiscales litigieuses ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont pas réunies, et il n'y a pas lieu de revenir sur ce point dès lors</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que les recourants eux-mêmes ne le contestent plus. Devant la Cour de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">céans, ils développent en revanche une argumentation nouvelle, qu'il y a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu d'examiner : selon eux, l'absence de domicile du défunt dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">canton interdisant aux autorités fiscales neuchâteloises de percevoir des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droits de mutation et des droits de succession (en vertu de règles sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lesquelles on reviendra ci-dessous autant que besoin), les décisions en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cause sont entachées d'un vice grave entraînant leur nullité et ouvrant le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit à la restitution des montants versés à tort.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'annulabilité des actes administratifs viciés est la règle;</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur nullité, l'exception. Cette manière de voir est conforme à l'intérêt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des administrés aussi bien qu'à celui de l'administration (Grisel, Traité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit administratif, p.421, et les références citées). Le cas échéant,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la nullité doit être constatée d'office et peut l'être en tout temps. Mais</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la nullité d'une décision est retenue seulement si le vice qui l'affecte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est particulièrement grave, s'il est manifeste ou du moins facilement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnaissable et si la mise à néant de l'acte ne porte pas une atteinte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intolérable à la sécurité des relations juridiques. Ces conditions sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cumulatives (ATF 118 Ia 340 cons.2a; Grisel, op cit., p.422).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ces principes s'appliquent aussi en droit fiscal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Känzig/Behnisch, Die direkte Bundessteuer 2e édition, vol.III, ad art.95</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.199 note 11 ss; Ryser/Rolli, Précis de droit fiscal (impôts directs),</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.412; Casanova, Aenderungen rechtskräftiger Verfügungen und Entscheide,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">in : Archives, 61 (1992/1993) p.447). Mais la jurisprudence fédérale et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cantonale n'admettent la nullité d'une décision de taxation que de manière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">très restrictive (Känzig/Behnisch, op. cit. p.201 note 12, et les réfé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rences). Etant donné que la plupart des actes viciés le sont dans leur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contenu, que dès lors, s'ils étaient nuls, la sécurité des relations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juridiques serait ébranlée dans une mesure intolérable, et que par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquent l'annulabilité est la règle, on considère en particulier que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perception d'une redevance sans base légale n'est pas un acte nul (Grisel,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">op. cit., p.427). Car, lorsqu'il manque une base légale suffisante pour la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perception d'une contribution publique, ce vice d'ordre constitutionnel ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peut, selon la jurisprudence, pas être considéré comme particulièrement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grave et manifeste, comme cela est exigé pour que l'on puisse admettre la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nullité d'une décision (JAB 1983 p.250 ss). On pourrait réserver, tout au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">plus, les actes pour lesquels l'autorité qui les a adoptés est dépourvue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">objectivement de toute apparence de compétence (Knapp, Nullité,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">annulabilité et inopposabilité, in : De la Constitution, Etudes en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'honneur de Jean-François Aubert, Bâle 1996, p.597).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) Les recourants font valoir qu'en vertu des articles 11 et 12</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la loi concernant la perception d'un droit sur les successions et sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les donations entre vifs, du 21 mai 1912 (RSN 633.0), seule la succession</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une personne domiciliée dans le canton de Neuchâtel est, en principe,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soumise au paiement des impôts de succession, sous réserve de règles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contraires en vertu d'un traité international, qui n'existe pas en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce. Le défunt ayant eu son dernier domicile en Argentine, sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">succession s'est ouverte dans ce pays en vertu des articles 538 CC et 86</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">al.1 LDIP a contrario. Quant à l'article 86 LDIP, qui institue la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétence des autorités judiciaires ou administratives du lieu d'origine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à certaines conditions, en particulier lorsque le défunt a fait élection</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de droit en faveur du droit suisse, il n'a selon les recourants que des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effets de droit privé et reste sans incidence sur les questions relevant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du droit fiscal.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'argumentation des recourants soulève des problèmes délicats</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'interprétation des articles 11 et 12 de la loi cantonale précitée, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">liaison avec les dispositions topiques de la LDIP. Mais il résulte en tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas de la loi cantonale que l'ouverture d'une succession dans le canton</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est un critère décisif pour la perception des droits de succession. Ainsi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'après l'article 12 al.1, l'ouverture dans le canton, aux termes de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 538 du Code civil suisse, de la succession d'une personne morte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hors du canton, donne lieu au paiement du droit, au même titre que si le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décès avait eu lieu dans le canton (v.aussi le cas particulier visé par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'art.13 al.2). Or, une succession peut s'ouvrir dans le canton en vertu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'article 87 LDIP, disposition selon laquelle les autorités judiciaires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ou administratives du lieu d'origine du défunt sont compétentes pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">régler la succession d'un Suisse domicilié à l'étranger à son décès dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la mesure où les autorités étrangères ne s'en occupent pas (al.1). Les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">autorités du lieu d'origine sont toujours compétentes lorsque, par un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">testament ou un pacte successoral, un Suisse ayant eu son dernier domicile</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'étranger soumet à la compétence ou au droit suisse l'ensemble de sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">succession ou la part de celle-ci se trouvant en Suisse (al.2). Dans le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas présent, l'ouverture de la succession dans le canton de Neuchâtel</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait se fonder sur l'un comme sur l'autre des deux cas prévus par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 87 LDIP. Car le défunt avait soumis sa succession au droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suisse par disposition testamentaire; en outre, il semble bien qu'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce les autorités étrangères ne se soient pas occupées de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">succession, et pour cause : en Argentine, les autorités se considèrent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">comme incompétentes pour s'occuper d'une succession si les biens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">successoraux se trouvent à l'étranger (Heini, IPRG Kommentar, ad art.87</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.746).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Cela étant, on ne saurait prétendre que les droits litigieux</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ont été perçus en vertu d'une décision affectée d'un vice grave et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manifeste. D'une part, il résulte de ce qui précède - sans que cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question doive cependant être tranchée formellement dans le cadre de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">présente procédure - que l'assujettissement aux droits sur les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">successions, en vertu de l'article 12 al.1 de la loi concernant la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">perception d'un droit sur les successions et sur les donations entre vifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et à l'émolument prévu par l'article 4 de la loi concernant l'application</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'article 551 du Code civil suisse et la perception d'un émolument en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cas de dévolution d'hérédité, peut à première vue se fonder sur une base</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">légale suffisante. D'autre part, les doutes que peut susciter dans le cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">particulier l'interprétation de la loi exclut, précisément, la recon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naissance d'une erreur patente. D'ailleurs, ni l'exécuteur testamentaire,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notaire, ni l'avocat et notaire neuchâtelois intervenu à l'époque pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">obtenir la délivrance d'un certificat d'hérédité et l'établissement des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décomptes aujourd'hui contestés n'ont apparemment estimé que des droits de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">succession pouvaient ne pas être dus dans le canton.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il s'ensuit que l'on ne saurait conclure à l'existence d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">motif de nullité des décomptes en cause. Le recours est ainsi mal fondé,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et la question d'un remboursement des droits perçus ne se pose pas.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Les frais de la cause doivent être mis à la charge des recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rants qui succombent (art.47 al.1 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge des recourants, solidairement, un émolument de décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> de 1'000 francs et les débours par 100 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 7 septembre 1998</span></p> </div></body></html>