<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp335504"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>137 III 614<br/><br/><br/><div class="paraatf">93. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit civil dans la cause A. contre dame A. et B. (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">5A_317/2011 du 22 novembre 2011</div> <a name="idp336960"></a> <a name="idp346944"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref"><artref id="CH/272/276/1" type="start"></artref>Art. 275 und 276 Abs. 1 ZPO</span><artref id="CH/272/275" type="end"></artref>, aArt. 137 Abs. 1 und 2 ZGB; Wirkungen vorsorglicher Massnahmen bei Abschluss des Scheidungsprozesses ohne Urteil; Abgrenzung der Zuständigkeiten von Massnahmengericht und Eheschutzgericht. <div class="paratf">Endet die Rechtshängigkeit der Scheidungsklage, ohne dass ein Urteil ergangen wäre, wirken die zur Regelung des Getrenntlebens angeordneten vorsorglichen Massnahmen so lange weiter, wie die Ehegatten getrennt bleiben und keiner von ihnen beim nunmehr zuständigen Eheschutzgericht die Abänderung verlangt (E. 3). </div> </div> </div> <a name="idp352432"></a> <br/><div> <a name="idp362192"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 614</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page614"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 614 S. 614</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp363856"></a><span class="bold">A. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp364944"></a><span class="bold">A.a </span>A., né en 1955, et dame A., née en 1958, se sont mariés le 12 juin 1987 à Genève. De cette union est issue une fille, B., née en 1991. <a name="page615"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 614 S. 615</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp367056"></a><span class="bold">A.b </span>Le 22 avril 2008, A. a déposé une demande unilatérale en divorce devant le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois. Durant cette procédure, dame A. a requis des mesures provisionnelles. Les parties ont conclu une convention, où A. s'est engagé à verser une contribution mensuelle de 4'250 fr. pour sa famille. Par la suite, A. a déposé une requête de modification de ces mesures, suite à laquelle les parties ont conclu une convention réduisant la contribution précitée à 3'650 fr.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp368768"></a><span class="bold">B. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp369856"></a><span class="bold">B.a </span>Le 3 septembre 2010, A. a requis une nouvelle modification des mesures provisionnelles, concluant à ce que la contribution en faveur de sa famille soit réduite à 1'000 fr. par mois. Le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a partiellement admis la requête, condamnant A. à contribuer à l'entretien de son épouse et de sa fille majeure B., dès le 1<sup>er</sup> septembre 2010, par le versement d'une pension mensuelle de 1'900 fr.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp372144"></a><span class="bold">B.b </span>Statuant sur appel de dame A., le Juge délégué de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a, par arrêt du 4 avril 2011, réformé l'ordonnance attaquée en ce sens que la requête de modification des mesures provisionnelles formée le 3 septembre 2010 par A. est rejetée.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp373792"></a><span class="bold">C. </span>Par mémoire posté le 3 mai 2011, A. interjette un recours en matière civile contre cet arrêt. Invitée à déposer ses observations, dame A. a conclu à ce que la cause soit rayée du rôle, faute de litispendance de l'action en divorce, subsidiairement à ce que le recours soit rejeté.</div> <div class="paraatf"> <i>(résumé)</i> </div> <br/><div> <a name="idp380176"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp381136"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span>En premier lieu, il faut examiner si, comme le soutient l'intimée, la cause doit être rayée du rôle, parce que la procédure de divorce devrait, selon elle, l'être prochainement.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp382560"></a><span class="bold" id="consideration_3.1">3.1 </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp383600"></a><span class="bold" id="consideration_3.1.1">3.1.1 </span>Il ressort du dossier judiciaire que, le 22 avril 2008, le recourant a déposé une requête unilatérale en divorce, concluant notamment à la dissolution du mariage. Dans sa réponse du 28 mai 2008, l'intimée s'est opposée au divorce, soutenant que le délai de deux ans de l'<span class="artref">art. 114 CC</span> n'était pas écoulé. Elle a alors demandé que les conclusions prises par le demandeur soient écartées. <a name="page616"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 614 S. 616</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp387904"></a><span class="bold" id="consideration_3.1.2">3.1.2 </span>Dans ses observations du 4 août 2011, l'intimée expose qu'en date du 30 juin 2011, le recourant a passé expédient sur les conclusions qu'elle a prises dans sa réponse à la demande en divorce et qu'il a requis la radiation de la cause du rôle. Elle soutient que la procédure de divorce serait dès lors éteinte et que le recours sur mesures provisionnelles pendant devant le Tribunal fédéral n'aurait plus d'objet, faute de litispendance de la procédure de divorce.</div> <div class="paraatf">Pour sa part, le recourant ne conteste pas son passé-expédient. Il relève néanmoins que, même si la cause de divorce est rayée du rôle, il conserve un intérêt à connaître la quotité de la contribution d'entretien due à sa famille et déclare donc maintenir son recours.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp390608"></a><span class="bold" id="consideration_3.2">3.2 </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp391696"></a><span class="bold" id="consideration_3.2.1">3.2.1 </span>En principe, les faits et moyens de preuve nouveaux, ainsi que les conclusions nouvelles, ne peuvent pas être présentés dans le recours en matière civile de l'<span class="artref">art. 98 LTF</span> (cf. consid. 2 non publié in fine). Comme dans le recours des <span class="artref"><artref id="CH/173.110/95" type="start"></artref>art. 95-97 LTF</span><artref id="CH/173.110/97" type="end"></artref>, en lien avec l'<span class="artref">art. 99 LTF</span>, il y a toutefois des exceptions; il est notamment possible d'invoquer et de prouver des faits nouveaux qui rendent le recours sans objet (BERNARD CORBOZ, in Commentaire de la LTF, 2009, n° 22 ad <span class="artref">art. 99 LTF</span>).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp401408"></a><span class="bold" id="consideration_3.2.2">3.2.2 </span>Dès le début de la litispendance, chaque époux peut mettre fin à la vie commune pendant la durée du procès et demander au juge des mesures provisionnelles d'ordonner toutes les mesures nécessaires à l'organisation de la vie séparée (cf. ancien <span class="artref"><artref id="CH/210/137/2" type="start"></artref><artref id="CH/210/137/1" type="start"></artref>art. 137 al. 1 et 2 CC</span><artref id="CH/210/137/2" type="end"></artref><artref id="CH/210/2" type="end"></artref>, correspondant, depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2011, aux <span class="artref"><artref id="CH/272/276/1" type="start"></artref>art. 275 et 276 al. 1 CPC</span><artref id="CH/272/275" type="end"></artref>). Avant que l'action en divorce ne soit pendante, c'est le juge des mesures protectrices de l'union conjugale qui est compétent pour le faire. Les mesures protectrices que ce juge a ordonnées déploient encore leurs effets pendant la procédure de divorce, si elles ne sont pas modifiées par des mesures provisionnelles (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=4&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;from_year=2011&amp;to_year=2011&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;from_date_push=&amp;top_subcollection_clir=bge&amp;query_words=&amp;part=all&amp;de_fr=&amp;de_it=&amp;fr_de=&amp;fr_it=&amp;it_de=&amp;it_fr=&amp;orig=&amp;translation=&amp;rank=0&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F129-III-60%3Ade&amp;number_of_ranks=0&amp;azaclir=clir#page60">ATF 129 III 60</a> consid. 2; arrêts 5A_182/2007 du 11 juin 2007 consid. 2.1; 5A_183/2010 du 19 avril 2010 consid. 3.3.1). Les compétences respectives du juge des mesures protectrices et du juge des mesures provisionnelles dépendent donc du moment où débute la litispendance de l'action en divorce. En revanche, les effets des mesures protectrices ordonnées pour l'organisation de la vie séparée perdurent au-delà de cette litispendance. Il doit en aller de même dans le cas inverse, soit lorsque des mesures provisionnelles ont été ordonnées alors que l'action en divorce était pendante. Si la litispendance cesse, sans toutefois qu'un jugement de divorce n'ait été rendu, le juge des mesures <a name="page617"></a><div class="center pagebreak">BGE 137 III 614 S. 617</div>provisionnelles n'est plus compétent pour modifier ces mesures; seul le juge des mesures protectrices l'est désormais, aux conditions de l'<span class="artref">art. 179 al. 1 CC</span>. Néanmoins, les effets des mesures provisionnelles ordonnées pour la durée de la vie séparée perdurent tant que les parties demeurent séparées et que le juge des mesures protectrices ne les a pas modifiées sur requête des parties.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp418080"></a><span class="bold" id="consideration_3.3">3.3 </span>En l'espèce, même si la procédure de divorce devait être rayée du rôle, suite au passé-expédient du défendeur, les mesures provisionnelles ordonnées alors que cette action était pendante continueraient à déployer leurs effets tant que les époux restent séparés. Il y a donc lieu de statuer sur le recours interjeté.</div> </div></body></html>