<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Par jugement du 4 octobre 1995, le Tribunal correctionnel du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">district de La Chaux-de-Fonds a condamné S. , en application</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des articles 137 ch.1 bis et 2 al.1, 137/21, 140, 144, 145, 251, 252 al.2,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">253 aCP, 97 LCR, 19 ch.1 al.6, 19 ch.2 LStup, à 4 ans de réclusion dont à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déduire 382 jours de détention préventive et au paiement de 37'700 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de frais de justice, ainsi qu'à son expulsion du territoire suisse pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">une durée de 15 ans. Il a également condamné T. et par défaut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Q. à 18 mois d'emprisonnement avec sursis pendant 3 ans et à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">leur expulsion du territoire suisse pour une durée de 8 ans en applica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion, en ce qui concerne T. , des articles 252/21 aCP et 19 ch.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LStup et, en ce qui concerne Q. , des articles 137, 137/21, 144, 145,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">251, 252 aCP et 97 LCR.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. S. recourt contre ce jugement. Il conclut à la cas-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sation de celui-ci et au renvoi de la cause en première instance. Il con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teste s'être rendu coupable d'un quelconque trafic de stupéfiants, contes-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant tant les faits que l'appréciation juridique des premiers juges. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">estime par ailleurs la motivation du jugement insuffisante.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le président du tribunal correctionnel et le substitut du procu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reur général concluent au rejet du recours sans formuler d'observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. S. conclut à l'octroi à son recours de l'effet sus-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pensif. Sa demande devient sans objet compte tenu du présent arrêt.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans le délai utile de 10 jours (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. La Cour de cassation est liée par les constatations de fait du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier juge, mais elle peut rectifier celles qui sont manifestement erro-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nées (art.251 al.2 CPP). Le législateur neuchâtelois a ainsi consacré le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">principe de l'intime conviction du juge, son pouvoir d'appréciation en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière de preuves n'étant limité que par l'arbitraire (RJN 1982, p.70 et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jurisprudence citée). La Cour de cassation n'intervient que si celui-ci a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec le dos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sier, s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation, en particulier s'il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">méconnu des preuves pertinentes ou s'il n'en a arbitrairement pas tenu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compte, lorsque ses constatations sont évidemment contraires à la situa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de fait, reposent sur une inadvertance manifeste ou heurtent grave-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ment le sentiment de la justice, enfin lorsque l'appréciation des preuves</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est tout à fait insoutenable, par exemple, lorsque elle est fondée exclu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sivement sur une partie des moyens de preuves (ATF 118 Ia 30 et les réfé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rences, 112 Ia 371; RJN 7 II 4). La liberté d'appréciation du juge est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">donc très large, mais elle ne le dispense pas pour autant, sous peine</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'arbitraire, d'utiliser une méthode logique dans l'évaluation des preu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ves; il doit en particulier examiner leur pertinence et leur force persua-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sive au vu des circonstances du cas d'espèce et motiver sa décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(Piquerez, Précis de procédure pénale suisse, nos 899 ss).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En l'espèce, les premiers juges ont retenu s'agissant du rôle de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. en matière de stupéfiants, qu'il avait entrepris, sans ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sultats, à mi-août 1993, toutes les démarches nécessaires pour procurer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">deux kilos de cocaïne valant 110'000 francs le kilo à U. et un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">kilo de cocaïne valant 90'000 francs à T. . Dans les deux cas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la cocaïne devait être fournie par A. . Sa commission devait être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le premier cas de 5'000 francs par kilo. Les premiers juges se sont</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">référés aux différents rapports et procès-verbaux d'interrogatoire figu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rant au dossier (jugement, p.17).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ce faisant, ils n'ont fait preuve d'aucun arbitraire. S. a été relativement détaillé dans les déclarations qu'il a faites</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tant à la police qu'au juge d'instruction. Il en ressort que S. a mis en contact A. et U. qui cherchait à ache-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter de la drogue (D.43). S. avait, selon ses déclarations,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait connaissance de A. deux semaines environ avant l'arresta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de U. (D.43). Il a d'abord été question de l'acquisition d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">kilo, puis de deux (D.43). Selon ses déclarations toujours, S. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a eu lui-même des contacts tant avec l'une qu'avec l'autre des parties à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la transaction (D.43). Par la suite, A. a eu des contacts directement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avec U. . Le prix a été finalement fixé à 110'000 francs par kilo (D.43</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">?). S'il contestait avoir touché une avance sur la commission qui lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait été promise (D.49), S. admettait en revanche que des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commissions de 10'000 francs par kilo (5'000 francs pour U. et 5'000</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">francs pour lui-même) avaient été convenues (D.43). C'est apparemment</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'arrestation de U. qui a empêché l'exécution de la transaction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.43). Il ressort par ailleurs des déclarations de S. lui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même qu'il s'est rendu au domicile de A. où il a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">discuté avec celui-ci du prix (D.43). S'agissant de la vente à T. ,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. a admis avoir rencontré celui-ci pour une transaction d'un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">kilo de cocaïne valant 90'000 francs (D.128/131). Il a, au vu du dossier,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">eu plus d'un contact avec T. , qui lui-même jouait apparemment aussi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un rôle d'intermédiaire et qui a également été condamné à ce titre par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tribunal correctionnel de La Chaux-de-Fonds. A deux reprises, au vu des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclarations de T. , il a demandé à celui-ci de venir sur place à La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Chaux-de-Fonds pour discuter de cet achat (D.915). T. déclare igno-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rer si l'affaire a été conclue (D.931). S. le nie. Rien ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">permet, en tous les cas, sur la base du dossier, de retenir que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">transaction a été exécutée et c'est à juste titre que les premiers juges</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ne l'ont pas retenu. Lors d'un interrogatoire, S. précisait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">encore au juge d'instruction qu'il ne "devai[t] que mettre T. en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relation avec des personnes qui pouvaient lui vendre cette drogue, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'occurrence Q. " (D.245). Ainsi dans les deux cas il a joué un rôle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">intermédiaire, mettant en relation acheteur et vendeur et ayant différents</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contacts avec les uns et les autres dans le cadre de transactions qui fi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nalement, et pour des raisons indépendantes de sa volonté, n'ont semble-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">t-il pas été exécutées.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En retenant que S. avait fait toutes les démarches</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nécessaires pour procurer deux kilos et un kilo de cocaïne à U. et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">T. , le tribunal correctionnel a correctement apprécié les faits et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les éléments de preuves tels qu'ils ressortaient du dossier. On relèvera</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par ailleurs que S. n'a jamais contesté avoir joué ce rôle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'intermédiaire, limitant sa défense à l'affirmation que les affaires en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">question n'avaient pas abouti ou encore qu'il n'avait jamais eu de drogue</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">entre ses mains.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Selon l'article 19 ch.1 al.6 LStup, est punissable celui qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prend des mesures aux fins mentionnées par les alinéas précédents. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'agit d'une disposition permettant la répression des actes préparatoires</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">effectués par l'auteur aux fins de commettre l'une des infractions prévues</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans le même article, pour autant que celle-ci ne soit pas punissable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Elle n'est pas destinée à ériger en acte principal tout acte de complicité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">commis par des tiers pour aider à titre secondaire la réalisation de l'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de ces infractions (ATF 115 IV 59, 113 IV 90), mais permet la répression</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une catégorie d'actes préparatoires commis avant par exemple qu'une ten-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tative d'achat ou de courtage soit intervenue (ATF 117 IV 309, JT 1993 IV</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">185; ATF 112 IV 109, JT 1987 IV 54; ATF 106 IV 74, JT 1981 IV 92). Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ailleurs, la simple décision de commettre un acte tombant sous le coup de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'article 19 ch.1 al.1 à 5 LStup n'est pas punissable, seul étant répré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">hensible le comportement illicite qui procède de cette décision. Ainsi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des intentions, voire même des projets ne suffisent pas pour qu'il y ait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">actes préparatoires selon la disposition susmentionnée. Il faut encore que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la décision se soit traduite par des actes. N'importe quel comportement ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">saurait cependant constituer un tel acte, seuls des agissements qui ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">peuvent pas avoir d'autres buts que la mise en circulation de stupéfiants</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tombent sous le coup de l'article 19 ch.1 al.6 LStup qui doit donc être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">interprété restrictivement (ATF 117 précité; v. à ce sujet également</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Albrecht, Commentaire de droit pénal suisse, art.19 à 28 LStup; Max</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Delachaux, Drogues et législation, p.158).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">5. Dans le cas particulier, les différentes conditions d'applica-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tion de l'article 19 ch.1 al.6 LStup sont manifestement remplies. La fina-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lité de l'activité du recourant était un trafic important de stupéfiants.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Celle-ci s'est manifestée concrètement par différents agissements, télé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">phones, rendez-vous, contacts sur place, discussion du prix, de la commis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion, etc., dont la finalité ne donne lieu à aucune équivoque. Si la si-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuation est plus évidente encore dans le cas U. , elle n'en est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moins également avérée dans le cas T. , même s'il est possible que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">les pourparlers, notamment s'agissant du prix et de la commission prévisi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ble, n'aient pas été aussi avancés dans le second que dans le premier cas.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">On relèvera toutefois que S. avait indiqué à T. que le prix</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">était de 90'000 francs le kilo (D.131). S. a par ailleurs agi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à l'évidence avec conscience et volonté (D.241).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">6. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral tirée de l'article 4</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Cst.féd., un jugement doit être motivé de telle manière que l'intéressé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soit en mesure de l'attaquer utilement. Cela n'est possible que si aussi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">bien le justiciable que l'autorité de recours sont en mesure d'en appré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cier le bien-fondé. Il est donc indispensable qu'il contienne les motifs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qui ont guidé le juge et sur lesquels il a fondé sa conviction (ATF 107 Ia</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">248 cons.3a; 105 Ib 248 cons.2a; 101 Ia 48 cons.3).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> In casu les premiers juges ont suffisamment motivé en fait comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en droit leur décision. Les références aux pièces du dossier sont nombreu-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ses (p.17, 18 du jugement). On ne saurait par ailleurs tirer un quelconque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">argument du fait que les écoutes téléphoniques n'apportent aucun élément à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ce sujet, cela d'autant moins qu'il ressort clairement du dossier que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">S. était très prudent quant au contenu de ses conversations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">téléphoniques, comme cela ressort des déclarations de T. (D.886).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">L'analyse juridique du tribunal correctionnel ne prête pas davantage à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">critique.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Sur ce point également le recours est mal fondé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">7. Les premiers juges ont ainsi sainement apprécié les faits et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">correctement appliqué la loi. Le recours de S. doit être re-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jeté et les frais mis à sa charge.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Condamne le recourant aux frais de justice arrêtés à 660 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Fixe à 600 francs l'indemnité d'avocat d'office due à Me X. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 14 février 1996</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> AU NOM DE LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le greffier La présidente</span></p> </div></body></html>