<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. Le vendredi 13 décembre 1996, vers 11 h 50, N. </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circulait au volant de sa voiture "Audi 80", immatriculée NE ..., en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">direction des Ponts-de-Martel. Au lieu dit "Sur la Roche" peu après</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'intersection avec le chemin menant à la Petite-Joux, N. a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">heurté le véhicule, immatriculé NE ....., conduit par F. qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">venait en sens inverse.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon les constatations de la police, le point de choc s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">situé à 1,80 mètres au sud du nord de la chaussée, alors que la largeur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">carrossable au même endroit était de 3,50 mètres. La route était verglacée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et bordée de chaque côté de la chaussée de remparts de neige.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> N. a déclaré à la police "Je circulais en direction</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des Ponts-de-Martel à environ 30 km/h du fait que la route était vergla-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cée. Alors qu'une voiture arrivait en sens inverse, j'ai fait la remarque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à mon passager qu'elle roulait à vive allure. Aussi, je me suis déplacé à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droite tout en ralentissant. Malgré cela une collision se produisit. Je</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">relève qu'au moment du choc, j'étais pratiquement à l'arrêt".</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Ces propos ont été confirmés par K. , passager avant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la voiture N. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Par jugement du 16 juin 1997, le Tribunal de police du district</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du Locle a condamné N. à 150 francs d'amende et à 230 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de frais en application des articles 31 al.1, 90 al.1 LCR, 4 al.1-2 OCR,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">89 CPPN. Le tribunal de première instance s'est basé sur les déclarations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de N. contenues dans le rapport de police. Il a retenu ainsi</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que le véhicule du recourant n'était pas à l'arrêt au moment du choc. Dans</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la mesure où le croisement n'était pas possible à l'endroit du déroulement</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'accident, compte tenu de la bonne visibilité (400 mètres), de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vitesse à laquelle circulait le véhicule de N. , le tribunal a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">considéré qu'il incombait à celui-ci d'immobiliser son véhicule aussitôt</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'automobile de F. en vue.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Le tribunal a donc retenu que N. n'a pas adapté sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vitesse aux circonstances, notamment aux conditions de la route et à la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">configuration des lieux.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 21 août 1997, N. se pourvoit en cassation contre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le jugement. Principalement, il conclut à la cassation du jugement et à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son acquittement, subsidiairement à ce que la cause soit renvoyée pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nouveau jugement. Il fait valoir notamment que le juge a fait preuve</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'arbitraire en retenant que son véhicule n'était pas arrêté au moment du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">choc. A l'appui de ses dires, il invoque les dégâts causés au véhicule, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">position de ces derniers après l'accident. De surcroît, il affirme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'aucun autre élément du dossier ou des débats ne permet de retenir la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">version des faits à la base du jugement incriminé.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Le ministère public conclut au rejet du pourvoi sans formuler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'observations. Le président du Tribunal de police ne formule aucunes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">observations.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> e n d r o i t</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pourvoi est recevable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) La Cour est liée par les constatations de fait du premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge; elle ne peut rectifier que celles qui sont manifestement erronées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.251 al.2 CPP). Dans une jurisprudence constante, la Cour a jugé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'était manifestement erronée une constatation de fait contraire à une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pièce probante du dossier (RJN 7 II 3, 5 II 112, 4 II 159). On ne peut</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">parler d'arbitraire que si la juridiction inférieure a admis ou nié un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fait en se mettant en contradiction évidente avec le dossier (ATF 118 Ia</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">30 cons.1b), ou si elle a abusé de son pouvoir d'appréciation, en parti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culier si elle a méconnu des preuves pertinentes ou qu'elle n'en a arbi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">trairement pas tenu compte (ATF 100 Ia 127), lorsque les constatations</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sont manifestement contraires à la situation de fait, reposent sur une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">inadvertance manifeste, ou heurtent gravement le sentiment de justice,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">enfin, lorsque l'appréciation des preuves est tout à fait insoutenable</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 118 II 30 cons.1b et les autres arrêts cités).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> De surcroît, lorsqu'il est en présence de deux versions</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contradictoires des faits données par un prévenu, le juge doit en principe</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">accorder la préférence à celle qui a été donnée alors que l'intéressé en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ignorait les conséquences juridiques. Cette règle d'appréciation des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuves, développée par le TF des assurances dans le domaine de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'appréciation des circonstances dans lesquelles s'est déroulé un accident</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 115 V 133, cons.8c; RAMA 1988, U 55, p.361, cons.3b/AA), doit être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">également appliquée par le juge pénal lorsqu'il procède à son appréciation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de l'ensemble des preuves (RJN 1990, p.119).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le premier juge n'est pas tombé dans l'arbitrai-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">re en retenant la première déclaration de N. , corroborée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le passager avant du véhicule de celui-ci, déclaration figurant au dossier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de police. L'exactitude du dossier officiel a été confirmée par l'auteur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du rapport, lors de l'audience.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ailleurs, aucune circonstance spéciale qui aurait pu amener</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le juge à s'écarter de la première version du recourant ne ressort du dos-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sier. La différence des dégâts matériels entre les deux véhicules en cause</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et la position de ces derniers après le choc ne peuvent pas être considé-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rées comme une preuve pertinente pour écarter la première version des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faits du recourant.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. a) L'article 32 al.1 LCR dispose que la vitesse doit toujours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être adaptée aux circonstances, notamment aux conditions de la route et de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la visibilité. Aux endroits où son véhicule pourrait gêner la circulation,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le conducteur est tenu de circuler lentement et, s'il le faut, de s'arrê-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ter.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'article 4 al.1 OCR, qui précise l'article 32 LCR, dispose que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le conducteur ne doit pas circuler à une vitesse qui l'empêcherait de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">s'arrêter sur la distance à laquelle porte sa visibilité; lorsque le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">croisement est malaisé, il doit pouvoir s'arrêter sur la moitié de cette</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">distance. Le conducteur devra également rester constamment maître de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">véhicule de façon à pouvoir se conformer au devoir de prudence. Il doit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">être en mesure d'éviter un obstacle apparaissant devant lui à une distance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">suffisante par une manoeuvre adéquate que l'on peut attendre de tout</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conducteur attentif placé dans les mêmes conditions (ATF 64 II 237).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Ainsi, sur une route étroite qui ne permet pas de croiser, les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">automobilistes doivent s'arrêter à temps et celui qui se trouve plus près</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une place d'évitement manoeuvrera pour libérer la voie (Bussy/Rusconi,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Commentaire de la LCR, Lausanne 1996, ad art.35 LCR 1.11 et les référen-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, le juge de première instance a appliqué correc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tement la loi au vu des circonstances dans lesquelles s'est déroulé l'ac-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cident.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Selon le rapport de police, à l'endroit où l'accident s'est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">produit, le croisement entre deux véhicules était impossible. Le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conducteur N. bénéficiait d'une visibilité sur 400 mètres et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">circulait à une vitesse de 30 km/h. En voyant arriver le véhicule de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">F. , il aurait dû immobiliser son auto à l'extrême droite de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">chaussée et attendre que l'autre fasse de même pour décider qui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">manoeuvrerait pour libérer la voie. En réalité, le recourant a mal</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">apprécié la situation, pensant certainement que les deux véhicules</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvaient se croiser sans se toucher et n'arrêtant pas son véhicule à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'extrême droite de la chaussée. C'est dès lors à juste titre qu'il a été</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">reconnu coupable d'infraction à la loi sur la circulation.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Au vu de ce qui précède, le pourvoi doit être rejeté et les</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">frais mis à la charge du recourant (art.254 CPP).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LA COUR DE CASSATION PENALE</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le pourvoi.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Met à la charge de N. les frais de justice arrêtés à 440</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 19 février 1998</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> </div></body></html>