<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2022-11-22-1B_379-2022.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1B_379/2022</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 22 novembre 2022</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit public</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mme et MM. les Juges fédéraux Jametti, Juge présidant, Chaix et Müller. </div> <div class="para">Greffière : Mme Arn. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">A.________, représenté par Me Basile Couchepin, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Office régional du Ministère public du Bas-Valais, place Sainte-Marie 6, case postale 98, 1890 St-Maurice. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Procédure pénale; refus de désignation d'un défenseur d'office, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'ordonnance du Tribunal cantonal du canton du Valais, Chambre pénale, du 14 juin 2022 </div> <div class="para">(P3 21 80). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">A.________ fait l'objet de diverses plaintes pénales déposées par ses parents dès le 28 mai 2020 notamment pour contrainte, menaces, dommage à la propriété, injures et voies de fait. Le prénommé a été auditionné par la police le 16 août 2020 et par le Ministère public du Bas-Valais (ci-après: le ministère public) le 24 novembre 2020; lors de cette dernière audition, A.________ a délié du secret médical son médecin le Dr B.________, lequel a produit son rapport le 11 janvier 2021. </div> <div class="para">Le 9 décembre 2020, A.________ a constitué Me Basile Couchepin en qualité de conseil. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">En date du 26 février 2021, assisté de son avocat, A.________ a requis du ministère public qu'il constate l'existence d'un cas de défense obligatoire, qu'il désigne Me Basile Couchepin en tant que défenseur d'office et enfin qu'il retire du dossier les procès-verbaux de ses auditions des 16 août et 24 novembre 2020. </div> <div class="para">Par ordonnance du 9 mars 2021, le ministère public a rejeté la requête de désignation d'un défenseur d'office en faveur de A.________ aux motifs que la défense obligatoire ne se justifiait pas et que la sauvegarde des intérêts du prévenu ne nécessitait pas l'assistance d'un défenseur d'office, tant par rapport à la peine potentielle encourue qu'au vu de l'absence d'indigence (laquelle n'avait pas été alléguée et ne ressortait pas du dossier). Le ministère public a également refusé d'écarter les preuves recueillies. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Le 22 mars 2021, A.________, assisté de son avocat, a recouru contre cette ordonnance devant la Chambre pénale du Tribunal cantonal du Valais (ci-après: Tribunal cantonal), concluant à l'octroi de l'assistance judiciaire pour la procédure de recours et, sur le fond, à la constatation de l'existence d'un cas de défense obligatoire au sens de l'<span class="artref">art. 130 let</span>. c CPP, à la désignation de Me Basile Couchepin comme défenseur d'office à compter du 9 décembre 2020 et au retrait du dossier des procès-verbaux de ses auditions des 16 août et 24 novembre 2020. A.________ a notamment indiqué que le mandat du 9 décembre 2020 confié à Me Basile Couchepin avait été résilié et portait désormais exclusivement sur la procédure de recours contre la décision du 9 mars 2021, conformément à la procuration signée le 22 mars 2021 et produite devant le Tribunal cantonal. Par courrier du 22 novembre 2021, A.________ a produit un rapport d'expertise psychiatrique du 18 octobre 2021 duquel il ressort notamment qu'il souffre de schizophrénie. </div> <div class="para">Par ordonnance du 14 juin 2022, le juge unique du Tribunal cantonal a rejeté le recours de A.________ portant sur le refus de désignation d'un défenseur d'office pour la période antérieure à la résiliation du mandat de son avocat de choix (notamment en raison de l'absence alléguée d'indigence). Il a cependant constaté l'existence d'un cas de défense obligatoire au sens de l'<span class="artref">art. 130 al. 2 let</span>. c CPP [recte: <span class="artref">art. 130 let</span>. c CPP] - qui n'était pas d'emblée reconnaissable avant le dépôt du rapport médical du Dr B.________ - et il a renvoyé la cause au ministère public en l'invitant à examiner si la résiliation du mandat de Me Basile Couchepin annoncée dans le recours cantonal commandait une nouvelle décision en application de l'<span class="artref">art. 132 al. 1 let. a CPP</span>. Le Juge unique a en outre rejeté le recours en tant qu'il avait trait à l'exploitabilité des preuves administrées. Enfin, il n'a pas perçu de frais pour la procédure de recours et a rejeté la demande d'assistance judiciaire pour la procédure de recours au motif que la cause était dénuée de chance de succès. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">Par acte du 15 juillet 2022, A.________ forme un recours en matière pénale par lequel il demande au Tribunal fédéral de réformer l'ordonnance du 14 juin 2022 en ce sens que le recours déposé le 22 mars 2021 est partiellement admis (chiffre 1), qu'il est constaté l'existence d'un cas de défense obligatoire et la cause est renvoyée au ministère public afin qu'il rende une décision en application de l'<span class="artref">art. 132 al. 1 let. a CPP</span> (chiffre 2), qu'une indemnité de dépens de 500 fr. est mise à la charge de l'Etat du Valais (chiffre 3), que la demande d'assistance judiciaire pour la procédure de recours est admise et l'Etat du Valais versera une indemnité de dépens de 800 fr. à titre de défense d'office (chiffre 4) et enfin les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de l'Etat du Valais (chiffre 5). </div> <div class="para">Invités à se prononcer, le Tribunal cantonal et le ministère public se sont référés à la décision attaquée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours qui sont déposés devant lui. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.1.</b> L'arrêt attaqué a été rendu par une autorité statuant en tant que dernière instance cantonale (<span class="artref">art. 80 LTF</span>) dans le cadre d'une procédure pénale. Le recours en matière pénale est en principe ouvert (<span class="artref">art. 78 ss LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.2.</b> Cette ordonnance du 14 juin 2022 ne met pas fin à la procédure pénale en cours et revêt un caractère incident. Elle ne porte ni sur la compétence, ni sur une demande de récusation au sens de l'<span class="artref">art. 92 LTF</span> et ne peut donc en principe faire l'objet d'un recours en matière pénale qu'aux conditions de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span>, l'hypothèse prévue à l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. b LTF</span> n'entrant pas en considération dans le cas d'espèce. En matière pénale, le préjudice irréparable au sens de la disposition susmentionnée se rapporte à un dommage de nature juridique qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable au recourant (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=41&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-IV-127%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page127">ATF 144 IV 127</a> consid. 1.3.1). Il incombe au recourant de démontrer l'existence d'un tel préjudice lorsque celui-ci n'est pas d'emblée évident (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=41&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-IV-284%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page284">ATF 141 IV 284</a> consid. 2.3). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.3.</b> Dans son écriture, le recourant ne conteste pas l'analyse du Tribunal cantonal au sujet de sa demande de désignation d'un défenseur d'office concernant la période antérieure à la résiliation du mandat de son avocat de choix et il ne se plaint pas du renvoi de la cause au ministère public pour que celui-ci examine si, au vu de la résiliation dudit mandat et de l'expertise psychiatrique, il se justifie de lui désigner un défenseur d'office, avec effet dès la résiliation du mandat de Me Basile Couchepin, en application de l'<span class="artref">art. 132 al. 1 let. a CPP</span>. Le recourant ne critique pas non plus la décision entreprise en tant qu'elle rejette son grief relatif au retrait du dossier des procès-verbaux d'audition. En revanche, il se plaint de la décision attaquée en tant qu'elle retient que la cause était dénuée de chance de succès et qu'elle refuse par conséquent d'accorder une indemnité de dépens à son avocat pour la procédure de recours. Or, selon la jurisprudence, le prononcé accessoire sur les frais et dépens contenu dans une décision incidente n'est pas de nature à causer un préjudice irréparable. La partie qui s'estime lésée par la répartition des frais et dépens conserve en effet la possibilité de contester ce point à l'appui du recours contre la décision finale, conformément à l'<span class="artref">art. 93 al. 3 LTF</span> ou, si celle-ci n'est pas remise en cause sur le fond, dès le moment où elle a été rendue (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=41&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-III-416%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page416">ATF 143 III 416</a> consid. 1.3; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=41&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F142-II-363%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page363">142 II 363</a> consid. 1.1; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=41&amp;from_date=22.11.2022&amp;to_date=11.12.2022&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F135-III-329%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page329">135 III 329</a> consid. 1.2.2). Contrairement à ce que soutient le recourant, il ne subit donc pas de préjudice irréparable au sens de l'<span class="artref">art. 93 al. 1 let. a LTF</span>. Il s'agit dans le cas d'espèce uniquement de déterminer qui devra, en définitive, assumer les frais d'avocat du recourant pour la procédure de recours ayant abouti à l'ordonnance attaquée du 14 juin 2022, soit pour des démarches déjà effectuées. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.4.</b> Il s'ensuit que l'ordonnance attaquée ne peut pas faire l'objet d'un recours immédiat auprès du Tribunal fédéral. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recours est donc irrecevable. Les conclusions du recourant étant dépourvues de chances de succès, sa requête d'assistance judiciaire doit être rejetée (<span class="artref">art. 64 LTF</span>). Le recourant supporte donc en principe les frais judiciaires; néanmoins, eu égard à sa situation financière, il y a lieu de statuer sans frais (<span class="artref">art. 66 al. 1 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b> Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">La requête d'assistance judiciaire est rejetée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais judiciaires. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué au mandataire du recourant, à l'Office régional du Ministère public du Bas-Valais et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Chambre pénale. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 22 novembre 2022 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit public </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Juge présidant : Jametti </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Arn </div> </div></body></html>