<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <table border="0"> <tr> <td> <img height="68" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2017-05-10-6B_731-2016.1&amp;type=gif" width="95"/> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="para"> <b>6B_731/2016 </b> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 10 mai 2017</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Cour de droit pénal</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. et Mme les Juges fédéraux Denys, Président, </div> <div class="para">Jacquemoud-Rossari et Rüedi. </div> <div class="para">Greffière : Mme Cherpillod. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">représenté par Me Fabien Mingard, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Département des institutions et de la sécurité, Service juridique et législatif, Secteur recouvrement, case postale, 1014 Lausanne, </div> <div class="para">intimé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">Recouvrement d'une peine pécuniaire, prolongation des délais (<span class="artref">art. 35 al. 1 2</span>ème phrase CP); désignation d'une autorité de recours, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, du 31 mai 2016. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">Par ordonnance pénale du 25 août 2015, X.________ a été condamné à une peine pécuniaire de 2000 fr., sous déduction de 20 fr. correspondant à un jour d'arrestation provisoire. Cette condamnation est entrée en force. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para">Le 9 octobre 2015, le Service juridique et législatif (ci-après SJL) du Département des institutions et de la sécurité (ci-après DIS) du canton de Vaud a envoyé à X.________ une invitation à payer le montant de 1980 fr. jusqu'au 8 novembre 2015, en précisant que la peine de substitution était de 99 jours. </div> <div class="para">Sur requête de X.________ de payer le montant précité par acompte de 50 fr., le SJL lui a indiqué le 26 octobre 2015 qu'en vertu de l'<span class="artref">art. 35 al. 1 CP</span> l'autorité d'exécution fixait au condamné un délai de paiement d'un à douze mois, qu'il ne pouvait déroger à cette règle et qu'il lui adressait par conséquent un plan de recouvrement sur douze mois, à raison de 165 fr. par mois. </div> <div class="para">X.________ a payé un premier acompte puis requis que ceux-ci soient répartis sur 24 mois, en invoquant à nouveau l'<span class="artref">art. 35 al. 1 CP</span>. Le SJL lui a répondu le 2 février 2016 que sa demande ne relevait pas de sa compétence et l'a invité à adresser sa demande de prolongation du délai de paiement directement auprès de l'autorité ayant rendu la décision, soit le Ministère public de l'arrondissement de Lausanne. Réinterpellé, le SJL a indiqué le 29 février 2016 que pour des raisons d'équité de traitement envers ses débiteurs de peines pécuniaires et d'amendes, il ne faisait, en tant qu'office d'exécution, pas application de la possibilité prévue par l'<span class="artref">art. 35 al. 1 CP</span> de prolonger, sur requête, les délais prévus par cette disposition. Le 4 avril 2016, requis par X.________ de rendre une décision formelle, le SJL a indiqué ne pouvoir y accéder, se référant à son courrier du 29 février 2016 pour le surplus. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Par arrêt du 31 mai 2016, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud a déclaré irrecevable le recours formé par X.________ contre la lettre du 4 avril 2016 du SJL. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>D.</b> </div> <div class="para">X.________ forme un recours constitutionnel subsidiaire auprès du Tribunal fédéral contre cet arrêt. Il conclut à son annulation et au renvoi de la cause à l'autorité précédente pour nouvelle décision. Subsidiairement, il sollicite qu'ordre soit donné aux autorités du canton de Vaud de désigner une autorité judiciaire pour connaître de son recours cantonal. Il requiert le bénéfice de l'assistance judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours dont il est saisi. L'intitulé erroné du recours ne saurait préjuger de la voie ouverte, ni porter préjudice au recourant, pour autant que son écriture remplisse les conditions formelles de la voie de droit en cause (cf. <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=5&amp;from_date=22.04.2017&amp;to_date=11.05.2017&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-I-367%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page367">ATF 138 I 367</a> consid. 1.1 p. 370). </div> <div class="para">Le recours en matière pénale est recevable à l'encontre des décisions sur l'exécution de peines et de mesures (<span class="artref">art. 78 al. 2 let. b LTF</span>). En l'occurrence, le litige a trait à l'exécution d'une peine pécuniaire, soit concrètement l'octroi ou non d'une prolongation de délai par l'autorité d'exécution conformément à la possibilité prévue par l'<span class="artref">art. 35 al. 1 2</span>ème phrase CP. La voie du recours en matière pénale est ouverte (<span class="artref">art. 78 al. 2 let. b LTF</span>). </div> <div class="para">La décision entreprise a été rendue par une autorité de dernière instance cantonale (<span class="artref">art. 80 al. 2 LTF</span>). Le recourant a participé à la procédure devant l'autorité précédente (<span class="artref">art. 81 al. 1 let. a LTF</span>). Contestant les modalités d'exécution de la peine pécuniaire, qui si elles ne sont pas respectées pourraient le conduire à être poursuivi, respectivement à devoir effectuer une peine privative de liberté de substitution, il a un intérêt légitime au recours (<span class="artref">art. 81 al. 1 let. b LTF</span>). </div> <div class="para">La voie du recours en matière pénale lui est donc ouverte, ce qui exclut celle du recours constitutionnel subsidiaire (<span class="artref">art. 113 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recourant reproche à l'autorité précédente d'avoir considéré que ni elle ni la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal n'était compétente pour connaître d'un recours contre le refus du SJL de rendre une décision fondée sur l'<span class="artref">art. 35 al. 1 2</span>ème phrase CP. Il y voit une application arbitraire de l'art. 92 al. 1 de la loi vaudoise sur la procédure administrative du 28 octobre 2008 (LPA/VD; RS/VD 173.36) et une violation de son droit d'accès à un juge garanti par l'<span class="artref">art. 29a Cst.</span> L'<span class="artref">art. 36 al. 3 CP</span> n'était pas applicable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.1.</b> L'<span class="artref">art. 29a Cst.</span> donne à toute personne le droit à ce que sa cause, c'est-à-dire un différend juridique mettant en jeu des intérêts individuels dignes de protection, soit jugée par une autorité judiciaire. La Confédération et les cantons peuvent toutefois, par la loi, exclure l'accès au juge dans des cas exceptionnels. Cette norme étend le contrôle judiciaire à toutes les matières, y compris aux actes de l'administration, en établissant une garantie générale de l'accès au juge (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=5&amp;from_date=22.04.2017&amp;to_date=11.05.2017&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-I-172%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page172">ATF 141 I 172</a> consid. 4.4.1 p. 180). Elle est concrétisée par l'<span class="artref">art. 80 al. 2 LTF</span> selon lequel les cantons doivent instituer des tribunaux supérieurs comme autorités cantonales de dernière instance, tribunaux qui statuent sur recours. </div> <div class="para">L'<span class="artref">art. 80 al. 2 3</span>ème phrase LTF, qui réserve les cas dans lesquels le CPP prévoit un tribunal des mesures de contrainte ou un autre tribunal comme instance cantonale unique, est ici sans portée. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.2.</b> En l'espèce, l'autorité précédente a considéré que la loi vaudoise du 4 juillet 2006 sur l'exécution des condamnations pénales (LEP; RS/VD 340.01) ne prévoyait pas de recours auprès de la Chambre des recours pénale contre une décision de la SJL fondée sur l'<span class="artref">art. 35 al. 1 CP</span>. Elle a ensuite considéré qu'une mesure prise en vertu du droit pénal, et notamment de l'<span class="artref">art. 35 CP</span>, par le SJL n'était pas une décision au sens de l'<span class="artref">art. 3 al. 1 LPA</span>/VD ou d'autres normes du droit public définissant la notion de décision, dès lors qu'elle n'était pas prise en vertu du droit public. L'absence de décision pouvait certes faire l'objet d'un recours de droit administratif, quant l'autorité agissait dans le cadre du droit public (<span class="artref">art. 74 al. 2 LPA</span>/VD par renvoi de l'<span class="artref">art. 99 LPA</span>/VD). Tel n'était toutefois pas le cas lorsqu'une autorité chargée d'appliquer le droit pénal omettait de statuer ou tardait à le faire. Le recours de droit administratif au Tribunal cantonal (<span class="artref">art. 92 LPA</span>/VD) était donc irrecevable. L'autorité précédente a finalement fait référence à l'<span class="artref">art. 36 al. 3 CP</span> et jugé que le recourant n'était pas dépourvu de toute possibilité effective d'obtenir une nouvelle décision de l'autorité de jugement fixant le paiement des acomptes sur une durée de 24 mois ou réduisant le montant du jour-amende. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.3.</b> Aux termes de l'<span class="artref">art. 35 al. 1 CP</span>, l'autorité d'exécution fixe au condamné un délai de paiement d'un à douze mois. Elle peut autoriser le paiement par acomptes et, sur requête, prolonger les délais. </div> <div class="para">En vertu de l'<span class="artref">art. 439 al. 1 CPP</span>, la Confédération et les cantons désignent les autorités compétentes pour l'exécution des peines et des mesures et règlent la procédure; les réglementations spéciales prévues par le CPP et par le CP sont réservées. En l'espèce, il résulte de l'arrêt attaqué que dans le canton de Vaud le DIS est l'autorité cantonale compétente pour recouvrer les peines pécuniaires. Elle exerce cette compétence par le biais du SJL. Le DIS, par le SJL, était donc l'autorité d'exécution au sens de l'<span class="artref">art. 35 CP</span> et donc compétent pour rendre, conformément à l'<span class="artref">art. 35 al. 1 2</span>ème phrase CP, une décision sur la requête du recourant de prolonger le délai pour verser le montant de la peine pécuniaire. </div> <div class="para">Conformément à l'<span class="artref">art. 29a Cst.</span>, mais également à l'<span class="artref">art. 80 al. 2 LTF</span>, un recours pour déni de justice, respectivement contre la décision du SJL aurait dû pouvoir être formé auprès d'une autorité judiciaire cantonale. L'autorité précédente, en invoquant que ni l'autorité pénale de recours ni elle-même n'était compétente, sans renvoyer à une autorité qu'elle aurait jugé compétente, a violé ces dispositions. </div> <div class="para">L'<span class="artref">art. 36 al. 3 CP</span>, évoqué par l'autorité précédente, permet certes au condamné, qui ne peut pas payer la peine pécuniaire parce que, sans sa faute, les circonstances qui ont déterminé la fixation du montant du jour-amende se sont notablement détériorées depuis le jugement, de demander au juge de suspendre l'exécution de la peine privative de liberté de substitution et à la place notamment de porter le délai de paiement à 24 mois au plus ou de réduire le montant du jour-amende (let. a ou b). Comme le relève le recourant, rien ne permet toutefois de penser que cette voie lui soit ouverte, celle-ci étant notamment conditionnée au fait que les circonstances qui ont déterminé la fixation du montant du jour-amende se sont notablement détériorées, conditions non constatées ici. Quoi qu'il en soit, l'application de l'<span class="artref">art. 35 al. 1 2</span>ème phrase CP est indépendante du cas de figure visé à l'<span class="artref">art. 36 al. 3 CP</span>. Le recourant pouvait donc procéder auprès de l'autorité d'exécution pour requérir une prolongation du délai selon l'<span class="artref">art. 35 al. 1 2</span>ème phrase CP. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Il résulte de ce qui précède que le recours doit être admis, sans que les autres griefs formulés n'aient à être examinés, l'arrêt annulé et la cause renvoyée à l'autorité précédente pour nouvelle décision. </div> <div class="para">Au regard de la nature procédurale du vice examiné, il peut être procédé au renvoi sans ordonner préalablement d'échange d'écritures. </div> <div class="para">Le recourant, qui obtient gain de cause, ne supportera pas de frais. Le canton de Vaud n'a pas non plus à en supporter (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/66/4" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/66/1" type="start"></artref>art. 66 al. 1 et 4 LTF</span><artref id="CH/173.110/66/4" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/4" type="end"></artref>). Le recourant a droit à des dépens à la charge du canton. Cela rend sans objet sa demande d'assistance judiciaire. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours est admis, l'arrêt attaqué est annulé et la cause est renvoyée à l'autorité cantonale pour nouvelle décision. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais judiciaires. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le canton de Vaud versera à l'avocat du recourant une indemnité de 3'000 fr. à titre de dépens pour la procédure devant le Tribunal fédéral. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 10 mai 2017 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Cour de droit pénal </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président : Denys </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La Greffière : Cherpillod </div> </div></body></html>