<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <img height="74" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2019-09-04-4A_311-2019.1&amp;type=gif" width="95"/> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4A_311/2019</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 4septembre 2019</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Ire Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">Mmes les juges Kiss, présidente, Niquille et May Canellas. </div> <div class="para">Greffier : M. Thélin. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">X.________ SA, </div> <div class="para">représentée par Me Xavier Diserens, </div> <div class="para">demanderesse et recourante, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">V.________ et </div> <div class="para">W.________, </div> <div class="para">défendeurs et intimés. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">bail à loyer; sommation écrite </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt rendu le 2 mai 2019 par la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud </div> <div class="para">(JL18.048667-190436; JL18.048663-190437; 134). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en fait et en droit :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Depuis le 30 janvier 2017, V.________ et W.________ sont conjointement locataires d'un appartement de quatre pièces dans un bâtiment de la commune de Renens. Ils sont également locataires d'une place de stationnement extérieure. Les loyers mensuels de l'appartement et de la place de stationnement se sont respectivement élevés à 1'565 fr. et à 90 fr. jusqu'au 31 août 2018. Depuis le 1er septembre 2018, le loyer de l'appartement est augmenté à 1'588 francs. </div> <div class="para">Le 15 août 2018 et par l'entremise de la gérance Y.________ SA, la bailleresse X.________ SA a adressé un courrier recommandé à chacun des deux locataires. Sous menace de résiliation des baux de l'appartement et de la place de stationnement, elle les sommait d'acquitter les loyers du mois en cours dans un délai de trente jours. Aucune de ces deux sommations n'était revêtue d'une signature manuscrite; les signatures étaient « scannées ». </div> <div class="para">Le 25 septembre 2018, la bailleresse a résilié les baux de l'appartement et de la place de stationnement avec effet au 1er septembre 2018. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le 23 août 2018, usant de la procédure sommaire prévue par l'<span class="artref">art. 257 CPC</span> pour la solution rapide des cas clairs, la bailleresse a ouvert action contre les locataires devant la Juge de paix du district de l'Ouest lausannois. Les défendeurs devaient être condamnés à évacuer et restituer les biens remis à bail. </div> <div class="para">La Juge de paix était saisie de deux requêtes distinctes, concernant l'une l'appartement, l'autre la place de stationnement. Elle s'est prononcée le 4 décembre 2018. Elle a déclaré les requêtes irrecevables au motif que la situation juridique n'était pas claire. </div> <div class="para">La Chambre des recours civile du Tribunal cantonal a statué le 2 mai 2019 sur les recours exercés par la demanderesse. Elle a joint les causes, rejeté les recours et confirmé les ordonnances attaquées. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Agissant principalement par la voie du recours en matière civile et subsidiairement par celle du recours constitutionnel, la demanderesse requiert le Tribunal fédéral d'annuler l'arrêt de la Chambre des recours, de déclarer recevables les requêtes introduites en procédure sommaire, d'accueillir ces requêtes et de condamner les défendeurs à l'évacuation et à la restitution des biens remis à bail. </div> <div class="para">Les défendeurs n'ont pas été invités à répondre aux recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">La procédure sommaire prévue par l'<span class="artref">art. 257 CPC</span> est une alternative aux procédures ordinaire ou simplifiée normalement disponibles, destinée à offrir à la partie demanderesse, dans les cas dits clairs, une voie particulièrement simple et rapide. Selon l'<span class="artref"><artref id="CH/272/257/b" type="start"></artref><artref id="CH/272/257/1/b" type="start"></artref><artref id="CH/272/257/1/a" type="start"></artref>art. 257 al. 1 let. a et b CPC</span><artref id="CH/272/257/1/b" type="end"></artref><artref id="CH/272/257/b" type="end"></artref><artref id="CH/272/b" type="end"></artref>, cette voie suppose que l'état de fait ne soit pas litigieux ou qu'il soit susceptible d'être immédiatement prouvé (let. a), et que la situation juridique soit claire (let. b). Selon l'<span class="artref">art. 257 al. 3 CPC</span>, le juge n'entre pas en matière si l'une ou l'autre de ces conditions est défaillante. </div> <div class="para">Le cas n'est pas clair, et la procédure sommaire ne peut donc pas aboutir, lorsqu'en fait ou en droit, la partie défenderesse oppose à l'action des objections ou exceptions motivées sur lesquelles le juge n'est pas en mesure de statuer incontinent. L'échec de la procédure sommaire ne suppose pas que la partie défenderesse rende vraisemblable l'inexistence, l'inexigibilité ou l'extinction de la prétention élevée contre elle; il suffit que les moyens de cette partie soient aptes à entraîner le rejet de l'action, qu'ils n'apparaissent pas d'emblée inconsistants et qu'ils ne se prêtent pas à un examen en procédure sommaire. La situation juridique est claire lorsque l'application du droit au cas concret s'impose de façon évidente au regard du texte légal ou d'une doctrine et d'une jurisprudence éprouvées. En règle générale, la situation juridique n'est pas claire s'il est nécessaire que le juge exerce un certain pouvoir d'appréciation, voire rende une décision en équité (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-III-23%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page23">ATF 141 III 23</a> consid. 3.2 p. 25; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-III-123%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page123">138 III 123</a> consid. 2.1.2; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-III-620%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page620">138 III 620</a> consid. 5). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Selon l'<span class="artref"><artref id="CH/220/257^d/2" type="start"></artref><artref id="CH/220/257^d/1" type="start"></artref>art. 257d al. 1 et 2 CO</span><artref id="CH/220/257^d/2" type="end"></artref><artref id="CH/220/2" type="end"></artref>, lorsque le locataire a reçu la chose louée et qu'il tarde à s'acquitter d'un terme ou de frais accessoires échus, le bailleur peut lui fixer par écrit un délai de paiement et lui signifier qu'à défaut de paiement dans ce délai, il résiliera le bail. Le délai doit être d'au moins trente jours pour les baux d'habitations ou de locaux commerciaux (al. 1). A défaut de paiement dans le délai fixé, le bailleur peut résilier le contrat avec effet immédiat; les baux d'habitations ou de locaux commerciaux peuvent être résiliés avec un délai de congé minimum de trente jours pour la fin d'un mois (al. 2). </div> <div class="para">Si le cas est clair, afin d'obtenir rapidement l'évacuation forcée des locaux loués, le bailleur peut mettre en oeuvre la procédure sommaire prévue par l'<span class="artref">art. 257 CPC</span> alors même que le locataire a éventuellement introduit une action en annulation du congé sur la base des <span class="artref"><artref id="CH/220/271^a" type="start"></artref><artref id="CH/220/271" type="start"></artref>art. 271, 271a et 273 CO</span><artref id="CH/220/271^a" type="end"></artref><artref id="CH/220/273" type="end"></artref>; la litispendance n'est alors pas opposable au bailleur (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F141-III-262%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page262">ATF 141 III 262</a> consid. 3 p. 263). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Dans la présente contestation, les défendeurs n'ont pas intenté action en annulation des congés sur la base des <span class="artref"><artref id="CH/220/271^a" type="start"></artref><artref id="CH/220/271" type="start"></artref>art. 271, 271a et 273 CO</span><artref id="CH/220/271^a" type="end"></artref><artref id="CH/220/273" type="end"></artref>. Devant la Juge de paix, ils ont néanmoins contesté la validité des congés à eux signifiés le 25 septembre 2018. Ils ont fait valoir que les sommations précédemment reçues n'étaient pas revêtues de signatures manuscrites. Selon leur argumentation, leur adverse partie ne les avait donc pas mis en demeure « par écrit » aux termes de l'<span class="artref">art. 257d al. 1 CO</span>, d'où il résultait que les conditions d'un congé extraordinaire selon l'<span class="artref">art. 257d al. 2 CO</span> n'étaient pas accomplies, que les congés du 25 septembre 2018 n'avaient pas mis fin aux contrats, et que la restitution des biens concernés n'était pas exigible. </div> <div class="para">Ce moyen de défense est en principe opposable à l'action de la demanderesse en restitution des biens remis à bail. Contrairement à l'opinion de cette partie, parce que ledit moyen est indépendant des moyens d'annulation prévus par les <span class="artref"><artref id="CH/220/271" type="start"></artref>art. 271 et 271a CO</span><artref id="CH/220/271^a" type="end"></artref>, il ne s'est pas périmé faute d'une action en annulation intentée par les défendeurs dans le délai prévu par l'<span class="artref">art. 273 al. 1 CO</span> (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-III-156%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page156">ATF 121 III 156</a> consid. 1c/aa p. 160; voir aussi <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-II-81%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page92">ATF 122 II 92</a> consid. 2d p. 95). </div> <div class="para">A l'instar de la Juge de paix, la Chambre des recours retient qu'en vertu de l'<span class="artref">art. 14 al. 1 CO</span>, un « écrit » selon l'<span class="artref">art. 257d al. 1 CO</span> doit porter une signature « écrite à la main » par son auteur. Il n'est pas certain qu'une signature « scannée » équivaille à une signature « écrite à la main », de sorte que, faute d'une situation juridique claire aux termes de l'<span class="artref">art. 257 al. 1 let. b CPC</span>, les requêtes introduites en procédure sommaire ne sont pas recevables. </div> <div class="para">Devant le Tribunal fédéral, la demanderesse soutient à titre principal que les sommations du 15 août 2018 répondent à l'exigence de la forme écrite prévue par l'<span class="artref">art. 14 CO</span>; à titre subsidiaire, elle soutient que les défendeurs invoquent abusivement le vice de forme; dans les deux hypothèses, elle tient la situation juridique pour claire aux termes de l'<span class="artref">art. 257 al. 1 let. b CPC</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>7.</b> </div> <div class="para">En matière de bail à loyer, la recevabilité du recours ordinaire en matière civile suppose une valeur litigieuse de 15'000 fr. au moins (<span class="artref">art. 74 al. 1 let. a LTF</span>). Lorsque la contestation porte sur une action en restitution intentée en procédure sommaire selon l'<span class="artref">art. 257 CPC</span>, la valeur litigieuse correspond à six mois de loyer (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-III-346%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page346">ATF 144 III 346</a> consid. 1.2.1 p. 347). En l'espèce, cette valeur est égale à 10'068 fr.; elle n'atteint pas le minimum ci-mentionné. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>8.</b> </div> <div class="para">Le recours en matière civile est recevable sans égard à la valeur litigieuse lorsque la contestation soulève une question juridique de principe (<span class="artref">art. 74 al. 2 let. a LTF</span>). </div> <div class="para">Une question juridique de principe est en cause lorsque dans l'intérêt général, en particulier dans l'intérêt de la sécurité juridique, une question controversée doit être résolue par la juridiction suprême afin de parvenir à une interprétation et à une application uniforme du droit fédéral (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-II-340%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page340">ATF 139 II 340</a> consid. 4 p. 343; voir aussi <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-III-46%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page46">ATF 143 III 46</a> consid. 1 p. 47; <a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F143-II-425%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page425">143 II 425</a> consid. 1.3.2 p. 428). Une question juridique de principe est aussi en cause lorsque la solution déjà adoptée par le Tribunal fédéral est fortement critiquée par la doctrine topique et qu'il s'impose donc de la soumettre à un nouvel examen (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-II-340%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page340">ATF 139 II 340</a>, ibid.). </div> <div class="para">Contrairement à l'argumentation de la demanderesse, la présente contestation ne soulève aucune question juridique de principe. Le Tribunal fédéral n'a jamais examiné de manière approfondie la portée de l'<span class="artref">art. 14 al. 1 CO</span> en relation avec l'<span class="artref">art. 257d al. 1 CO</span>, et il n'existe non plus aucune controverse doctrinale à ce sujet. L'irrecevabilité des requêtes introduites en procédure sommaire n'empêche pas la demanderesse d'intenter aux défendeurs la même action en évacuation et restitution sur la base des mêmes congés, en procédure civile simplifiée conformément à l'<span class="artref">art. 243 al. 2 let</span>. c CPC (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=35&amp;from_date=30.08.2019&amp;to_date=18.09.2019&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F144-III-346%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page346">ATF 144 III 346</a> consid. 1.2.2.1 p. 347/348). Elle pourra alors soutenir, si elle s'y croit fondée, que l'<span class="artref">art. 257d al. 1 CO</span> n'exige pas de signature manuscrite. Elle pourra aussi alléguer et offrir de prouver, le cas échéant, qu'une signature « scannée », sur les sommations notifiées en application de cette disposition, est admise par l'usage conformément aux <span class="artref">art. 5 CC</span> et 14 al. 2 CO. </div> <div class="para">Elucider si les défendeurs invoquent abusivement un vice de forme n'est évidemment pas non plus une question juridique de principe. Il s'ensuit que le recours en matière civile est irrecevable faute d'une valeur litigieuse suffisante. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>9.</b> </div> <div class="para">Le recours constitutionnel subsidiaire est recevable au regard de l'<span class="artref">art. 113 LTF</span>. </div> <div class="para">A l'appui de ce recours, la demanderesse invoque l'<span class="artref">art. 5 al. 3 Cst.</span> selon lequel les organes de l'Etat et les particuliers doivent agir de manière conforme aux règles de la bonne foi. Son argumentation se limite à un simple renvoi aux développements du recours en matière civile concernant l'abus de droit qui est prétendument imputable aux défendeurs. Ce procédé n'est pas concluant car l'<span class="artref">art. 5 al. 3 Cst.</span> vise essentiellement les rapports réciproques des organes étatiques et des particuliers (Benjamin Schindler, in Sankt Galler Kommentar, 3e éd., n° 53 ad <span class="artref">art. 5 Cst.</span>); à l'égard des rapports entre particuliers, y compris les personnes morales de droit privé, cette disposition n'est pas destinée à reproduire l'<span class="artref">art. 2 CC</span> au niveau de la Constitution. Le recours constitutionnel est ainsi recevable mais privé de fondement, ce qui conduit à son rejet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>10.</b> </div> <div class="para">A titre de partie qui succombe, la demanderesse doit acquitter l'émolument à percevoir par le Tribunal fédéral. Les adverses parties n'ont pas été invitées à répondre aux recours et il ne leur sera donc pas alloué de dépens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours en matière civile est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recours constitutionnel est rejeté. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">La demanderesse acquittera un émolument judiciaire de 3'000 francs. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Il n'est pas alloué de dépens. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton de Vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 4 septembre 2019 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la Ire Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">La présidente : Kiss </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le greffier : Thélin </div> </div></body></html>