2000-0848 3151 00.044 Message à l’appui de la loi fédérale relative à la coordination de la législation sur les armes, sur le matériel de guerre, sur les explosifs et sur le contrôle des biens du 24 mai 2000 Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, Nous vous soumettons ci-joint un projet de loi fédérale relative à la coordination de la législation sur les armes, sur le matériel de guerre, sur les explosifs et sur le contrôle des biens, et vous proposons de l’adopter. Nous vous prions d’agréer, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, l’assurance de notre haute considération. 24 mai 2000 Au nom du Conseil fédéral suisse: Le président de la Confédération, Adolf Ogi La chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz3152 Condensé Pour répondre à la motion Forster a cceptée par le Parlement en 1997, laquelle demandait que l’économie soit déchargée de certaines contraintes administratives, le Conseil fédéral a donné mandat au Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) de chercher comment harmoniser autant que possible les lois sur les armes (LArm), sur le matériel de guerre (LFMG), sur les explosifs (LExpl) et sur le contrôle des biens (LCB), et de faire des propositions dans ce sens. Cette harmonisation s’impose du fait que les quatre lois portent plus ou moins sur les mêmes états de fait (expor- tation, importation, transit, courtage, fabrication) et sur les mêmes biens à contrô- ler. De plus, diverses réserves se contredisent en partie, et l’assujetti - mais il n’est pas le seul - a de la peine à s’y retrouver. On a pu constater aussi que certaines procédures d’autorisation concernant le matériel de guerre ne contribuaient guère, sinon pas du tout, à rendre plus efficaces les contrôles à l’exportation. Enfin, les autorités d’exécution, fortes des premières expériences faites dans l’application de la LFMG, de la LCB et de la LArm, ont constaté quelques lacunes, qu’il fallait combler. D’une manière générale, les contrôles doivent être maintenus à leur niveau actuel. Dans certains domaines cependant, nous vous proposons qu’on renonce à effectuer des mesures de contrôle (autorisations de fabriquer et certaines autorisations ini- tiales concernant le matériel de guerre) et qu’on les remplace par d´autres, admi- nistrativement moins lourdes (attribution de compétences au Conseil fédéral, allé- gements ou exceptions au régime de l’autorisation de faire transiter du matériel de guerre). Inversement, dans certains domaines où le dispositif de contrôle présentait des lacunes, une nouvelle réglementation s’efforce de les combler (autorisation spécifique de faire le commerce de matériel de guerre à l’étranger, à partir de la Suisse; adoption d’un nouveau critère de refus dans la LCB et interdiction, aux termes de la LArm, d’importer des composants d’armes spécialement conçus pour les armes automatiques). On obtiendra une meilleure délimitation des quatre lois en faisant en sorte, dans la mesure du possible, que chacune d’elles ne règle que les opérations pour lesquelles elle a été conçue. L’importation, la fabrication, le courtage en Suisse des biens qui simultanément tombent dans le champ d’application de deux ou plusieurs lois con- cernées seront traités par la LArm, respectivement par la LExpl, qui toutes deux ont pour but le maintien de la sécurité intérieure. En revanche, l’exportation, le transit, le courtage au profit de l’étranger et le commerce à l’étranger des mêmes biens sont réglés par la LFMG et la LCB, qui poursuivent des objectifs de politique étrangère et de sécurité extérieure. La compétence de délivrer les autorisations d’importer et de fabriquer de tels biens sera attribuée aux offices centraux de la police fédérale (armes et explosifs) de l’Office fédéral de la police, tandis que le seco examinera les demandes relatives aux opérations avec l’étranger.3153 Message 1 Partie g énérale 1.1 Point de la situation Pour r épondre à la motion Forster accept ée par le Parlement en 1997, laquelle de- mandait que l ’économie soit d échargée de certaines contraintes administratives, le Conseil f édéral a, par arr êté du 21 octobre 1998 instituant des mesures visant à accélérer et harmoniser les proc édures fédérales, chargé les d épartements et offices concernés de pr éparer des messages à l ’appui de la d éréglementation de certaines activités de l’Etat. Dans le catalogue des mesures annexé à l’arrêté fédéral du 21 octobre 1998 (annexe I, partie 2, chap. 6.1.), le mandat a été confié au DFE (Office f édéral des affaires économiques extérieures, depuis le 1er juillet 1999: Secrétariat d’Etat à l’économie – seco) de mettre en lumi ère les possibilit és d’harmoniser la loi sur les armes, la loi sur le matériel de guerre, la loi sur les explosifs et la loi sur le contr ôle des biens, et de pr ésenter des propositions coordonnant mieux ces quatre textes. Le rapport du Conseil f édéral du 3 novembre 1999 relatif à des mesures de d éréglementation et d’allègement administratif (ch. 2.3.2) contient un bref r ésumé des mesures envoyées en consultation (FF 2000 942). L’exécution des quatre lois est essentiellement l’affaire du seco et de l’Office fédéral de la police (OFP - Office central des armes et Office central des explosifs). C ’est la raison pour laquelle les mesures prises en consid ération dans le cadre de la d érégle- mentation ont été élaborées en étroite collaboration avec l’OFP. 1.2 N écessité d’un projet de déréglementation La d éréglementation propos ée est notamment n écessaire parce que la loi du 13 décembre 1996 sur le mat ériel de guerre (LFMG; RS 514.51), la loi du 13 d é- cembre 1996 sur le contr ôle des biens (LCB; RS 946.202), la loi du 20 juillet 1997 sur les armes (LArm; RS 514.54) ainsi que la loi du 25 mars 1977 sur les explosifs (LExpl; RS 941.41), cette derni ère depuis sa modification du 13 d écembre 1996, instituent un contr ôle portant partiellement sur les m êmes biens. C’est ainsi que, les armes à feu à épauler ou les armes de poing tombent sous le coup de la LArm, et leur munition, ou éléments de munition tombent aussi sous le le coup de la LFMG (pour autant qu ’il s ’agisse de mat ériel de guerre) ou de la LCB (il s ’agit d ’armes pour chasseurs ou sportifs, ou encore de la munition de telles armes). La poudre de guerre, quant à elle, tombe sous le coup des quatre lois, étant précisé que si ladite poudre doit être utilisée comme élément de munition, c’est la LArm qui s’appliquera et que si elle sert de moyen pyrotechnique, ce sera la LExpl. D’autre part, les diverses lois contiennent des r éserves générales en faveur d ’autres lois, ce qui ne contribue gu ère à la clart é. Ainsi appara ît dénuée de sens la r éserve générale inscrite dans la LArm en faveur de la LFMG (art. 2, al. 3, LArm), lorsqu’on la compare avec la r éserve générale inscrite dans la LFMG en faveur de la LArm (art. 3, let. a). En outre, certaines exceptions à l’obligation de d étenir une autorisa- tion ont été relev ées, par exemple au niveau de la loi dans la LFMG, alors que3154 d’autres dérogations figurent dans des ordonnances. L ’importation par des particu- liers, à titre non professionnel, d ’armes à feu à épauler et d ’armes de poing et des munitions correspondantes ne n écessite pas d ’autorisation selon la LFMG et cela découle de l ’art. 17, al. 4, let. a, de ladite loi. Par contre, c ’est l’art. 13, al. 2 bis, de l’ordonnance du 25 f évrier 1998 sur le mat ériel de guerre (OMG; RS 514.511) qui établit que l ’Office central des armes est l ’autorité habilitée à délivrer des autorisa- tions d ’importer à titre professionnel de telles armes et leurs munitions, et que la procédure est r égie par l ’ordonnance du 21 septembre 1998 sur les armes (OArm; RS 514.541). Une autre constatation a montr é que pour certaines activit és portant sur du mat ériel de guerre, des autorisations sont exig ées, qui ne contribuent gu ère - voire pas du tout - à des contrôles efficaces des exportations et qui peuvent donc être abrogées. Il en va ainsi de certaines autorisations initiales (pour autant qu ’elles constituent des redondances avec la l égislation régissant les armes) et de l ’autorisation de fabrica- tion. Les autorisations de transiter à partir ou à destination de pays qui figurent spécialement dans l ’annexe 2 de l ’OMG n’entraînent, elles aussi, que des lenteurs administratives, raison pour laquelle il faudrait laisser le soin au Conseil f édéral de trouver des règles plus simples en la matière. Enfin, les autorit és d ’exécution à l ’échelon f édéral, apr ès avoir fait les premi ères expériences de l’application de la LFMG, de la LCB et de la LArm, ont fait remar- quer que certaines lacunes – rares – devaient encore être comblées. 1.3 Principes Les mesures de d éréglementation possibles ont été évaluées selon les crit ères sui- vants: – Maintenir, pour l ’essentiel, les contr ôles actuels. Il y a cependant des do- maines où nous vous proposons d ’abandonner des mesures de contr ôle, tel- les que les autorisations de fabrication de mat ériel de guerre, ou de les rem- placer par des mesures administratives moins contraignantes: par exemple d’habiliter le Conseil f édéral à réglementer de manière plus simple le transit de matériel de guerre. A l ’inverse, certains domaines accusent des lacunes dans leur dispositif de contr ôles. On propose donc pour eux une nouvelle réglementation: des autorisations sp écifiques pour le commerce de mat ériel de guerre avec l ’étranger, pratiqué à partir de la Suisse; l ’introduction, dans la LCB, d ’un critère supplémentaire permettant de refuser les permis si les biens destinés à l’exportation doivent servir à des fins terroristes ou être uti- lisés par les milieux du crime organis é; enfin l ’extension de l ’interdiction des activités interdites aux composants sp écialement conçus pour des armes automatiques et des armes automatiques transform ées en armes semi-auto- matiques. – Mieux délimiter les unes par rapport aux autres les quatre lois en question. La loi sur les armes et la loi sur les explosifs r épondent à des préoccupations de s ûreté int érieure. Elles doivent donc r églementer notamment l ’impor- tation et la fabrication des biens qui tombent sous le coup des quatre lois. La loi sur le matériel de guerre et la loi sur le contrôle des biens répondent à des impératifs inhérents à la politique étrangère et à la s ûrêté ext érieure. Elles servent à mettre en œ uvre, en particulier, les d écisions de l ’Arrangement de3155 Wassenaar sur les contr ôles des exportations et devraient donc r églementer de manière uniforme l ’exportation, le transit et le courtage (au b énéfice de l’étranger) de biens soumis à ces quatre lois. En dissociant lesdites lois, on souhaite obtenir autant que faire se peut qu ’un dossier soit r églé par un seul service compétent et qu’une seule autorisation soit n écessaire. A l’avenir, ce sont les services centraux de la police f édérale, de l’Office fédéral de la po- lice, qui seront habilit és à traiter des permis d ’importer des biens tombant sous le coup de la LArm et de la LExpl, alors que le seco aura la charge de s’occuper des dossiers d ’exportation, de transit ainsi que de transactions de courtage au bénéfice de l’étranger ou à l’étranger. Les plus importantes des mesures proposées peuvent être rangées dans les catégories suivantes: – Mesures visant la r éduction du nombre des demandes ou un all ègement ad- ministratif: – l’abrogation, dans la LFMG, de l’autorisation de fabrication; – l’abrogation, dans la LFMG, de l ’autorisation initiale pour les sous- traitants; – l’abrogation, dans la LFMG, de l ’autorisation initiale pour la fabrica- tion, le courtage à titre professionnel au b énéfice de l ’étranger et le commerce d’armes à feu à épauler ou d ’armes de poing, de leurs com- posants et accessoires ainsi que de leurs munitions ou composants de munition, qui sont soumis au contrôle de la LArm et de la LFMG; – l’abrogation, dans la LFMG, de l ’autorisation initiale pour la fabrica- tion et le commerce en Suisse de mati ères explosives, d ’engins pyro- techniques et de poudre de guerre qui sont contr ôlés en vertu de la LFMG et de la LExpl; – la possibilité d’instituer des allègements ou des exceptions pour le tran- sit de matériel de guerre; – la punition, dans la LCB, de l ’inobservation des prescriptions d ’ordre en vertu du droit pénal administratif. – Mesures tendant à démêler les lois et à donner ainsi aux justiciables concer- nés une meilleure perception des dispositions légales applicables: – l’abrogation, dans la LFMG, de l ’autorisation d’importer des biens qui tombent sous le coup de la LFMG et de la LArm; – l’abrogation, dans la LFMG, de l ’autorisation d ’importer des mati ères explosives, des engins pyrotechniques ou poudrede guerre qui sont couverts par la LExpl; – l’application de la LFMG et de la LCB à l’exportation et au transit de biens couverts par la LArm; – l’application de la LFMG et de la LCB à l’exportation et au transit de matières explosives et de poudre de guerre couvertes par la LExpl. – Mesures destinées à combler les lacunes de la législation actuelle: – l’inclusion - dans les dispositions l égales - du commerce, à partir de la, Suisse, de matériel de guerre se trouvant à l’étranger; – de nouveaux crit ères d ’autorisation, dans la LCB, en rapport avec le terrorisme et la criminalité organisée;3156 – l’interdiction, dans la LArm, de l’acquisition, du port, du courtage pour des destinataires en Suisse et de l ’importation de composants sp éciale- ment con çus pour des armes automatiques et des armes automatiques transformées en armes semi-automatiques. 1.4 Propositions de modifications des lois 1.4.1 Mesures visant la r éduction du nombre des demandes ou un allègement administratif 1.4.1.1 Abrogation de l ’autorisation de fabriquer du matériel de guerre (art. 13 et 14 LFMG) Situation actuelle: Toute personne qui veut fabriquer aujourd ’hui du matériel de guerre sur le territoire suisse doit être titulaire, en plus de l ’autorisation initiale, d ’une autorisation de fabrication pour chaque cas particulier. Cette autorisation a été introduite à l’origine pour protéger la fabrication indigène de matériel de guerre, mais elle ne remplit plus cette fonction depuis longtemps. Elle permet toutefois d ’effectuer certains contr ôles. C’est ainsi que des autorisations de fabrication peuvent s ’avérer utiles dans les situations qui rendent n écessaires un réexamen des affaires avec l ’étranger, en cas d ’évolution extraordinaire de la situa- tion. Tel a été le cas dans la guerre du Kosovo, pendant laquelle les affaires conclues avec des Etats membres de l ’OTAN, qui se sont poursuivies sans restrictions et ont été autoris ées en cons équence, ont pu, gr âce aux autorisations de fabrication, être plus facilement distingu ées des nouvelles affaires qui étaient peut- être en rapport avec la guerre. Mais à l’heure actuelle, les autorisations de fabrication ne sont plus absolument n écessaires, ni pour garantir le contr ôle du mat ériel de guerre ni d ’un point de vue institutionnel. Proposition: Pour les motifs qui viennent d ’être mentionnés, et apr ès avoir soupes é avantages et inconvénients, nous vous proposons de supprimer l ’autorisation de fabrication. Même si cette autorisation était supprimée, une société de fabrication serait toujours tenue de requ érir une autorisation initiale pour pouvoir fabriquer du mat ériel de guerre; elle devrait aussi d étenir une autorisation d ’exportation pour toute livraison de matériel de guerre à l’étranger. 1.4.1.2 Abrogation, de l ’autorisation initiale pour les sous-traitants de fabricants suisses de matériel de guerre (art. 9, al. 2, let. a, LFMG) Situation actuelle: Selon la LFMG en vigueur, les sous-traitants de fabricants suisses de mat ériel de guerre ne sont pas exempt és de l ’obligation de requ érir une autorisation initiale (art. 9, al. 1, let. b, LFMG), mais ils n ’ont pas besoin d ’une autorisation de fabrica- tion (art. 13, al. 2, LFMG). Le contr ôle de ces sous-traitants, op éré sur la base de3157 l’autorisation initiale délivrée à un moment quelconque, est pratiquement impossible et elle n’est pas non plus indispensable, car les éléments livrés par ces maisons sont totalement retravaillés dans l ’entreprise qui les a command és. Mais cette derni ère doit disposer d ’une autorisation initiale, qui est parfaitement suffisante pour le con- trôle institué par la LFMG. Proposition: En conséquence, nous vous proposons que les sous-traitants qui livrent du mat ériel de guerre à des fabricants suisses soient exempt és de l ’obligation de requ érir une autorisation initiale. 1.4.1.3 Abrogation de l ’autorisation initiale pour la fabrication, le courtage à titre professionnel pour des destinataires à l’étranger et le commerce d’armes individuelles à épauler ou d’armes de poing, de leurs composants et accessoires ainsi que de leurs munitions ou composants de munition (art. 9, al. 2, let. c, 15, al. 3, 16 a, al. 3, LFMG) Situation actuelle: En vertu de l ’art. 10, al. 2, LFMG, une autorisation initiale n ’est délivrée qu’à con- dition qu ’il existe une autorisation selon la l égislation sur les armes. Ainsi, pour fabriquer un pistolet, il faut une patente de commerce d ’armes, conform ément à l’art. 18 LArm. Si une telle patente existe, il est également possible d ’octroyer une autorisation initiale. Voilà qui engendre des doubles-emplois, car tant la LArm – par la patente de commerce d ’armes - que la LFMG – par l’autorisation initiale – régis- sent des autorisations pour la fabrication, le commerce et le courtage à titre profes- sionnel de biens qui sont couverts par ces deux lois. Proposition: L’autorisation initiale pour la fabrication, le courtage à titre professionnel pour des destinataires à l’étranger et le commerce de biens couverts aussi par la législation sur les armes (armes individuelles à épauler ou armes de poing, leurs composants et accessoires ainsi que leur munition et composants de munition) doit être supprimée dans la LFMG (art. 9, al. 2, let. c, LFMG). Le mandat constitutionnel instituant l’obligation de r églementer la fabrication de ces biens (art. 107, al. 2, Cst.) serait rempli grâce à la patente du commerce d’armes. Avec l’abandon de ces autorisations initiales, les contr ôles entrepris jusqu’ici auprès des commer çants d ’armes sous le r ég i m e d e l a L F M G n’auraient plus lieu qu ’en vertu de la LArm et, par cons équent, seraient d élégués par le seco aux cantons, qui sont déjà compétents pour établir les patentes de commerce d ’armes (art. 17, al. 5, LArm), pour les contrôles y afférents (art. 33 OArm) et pour la révocation éventuelle des patentes de commerce d’armes (art. 30, al. 1, LArm). Pour ne pas violer la proc édure à deux étapes de la LFMG (autorisation initiale – autorisation spécifique) en cas de suppression initiale de courtage à titre profession- nel pour des destinataires à l’étranger, l’octroi d’une autorisation sp écifique dépen- dra de l ’existence d ’une patente de commerce d ’armes valable pour le courtage3158 (nouvel art. 15, al. 3, LFMG). La m ême condition préalable sera imposée pour toute nouvelle autorisation (sp écifique) de commerce demand ée (nouvel art. 16 a, al. 3, LFMG). 1.4.1.4 Abrogation de l ’autorisation initiale pour la fabrication et le commerce en Suisse de matières explosives, d’engins pyrotechniques et de poudre de guerre qui sont contrôlés en vertu de la LFMG et de la LExpl (art. 9, al. 2, let. d, nouvelle, LFMG) Situation actuelle: Quiconque veut fabriquer des mati ères explosives, des engins pyrotechniques et des poudres de guerre r égis par la LFMG, en faire le commerce en Suisse ou en faire le courtage pour des destinataires à l’étranger, a besoin d ’une autorisation initiale (art. 9, al. 1, let. a et b, LFMG). Conform ément à l’art. 9, al. 1, LExpl, sont aussi soumis à autorisation la fabrication, l ’importation, l ’exportation et le transit de mati ères explosives. Est réservée la législation sur le matériel de guerre en ce qui concerne les matières explosives militaires. En outre, d ’après l’art. 10, al. 1, LExpl, une autorisa- tion pour le commerce en Suisse est obligatoire. Proposition: Comme au ch. 1.4.1.3, nous vous proposons en l ’espèce que l ’autorisation initiale pour la fabrication et le commerce en Suisse de mati ères explosives soit annul ée dans la LFMG. Le mandat constitutionnel instituant l ’obligation de r égler la fabri- cation de ces biens serait rempli par la LExpl (art. 9, al. 1, et 10, al. 1), articles selon lesquels la fabrication et le commerce en Suisse de mati ères explosives n écessitent une autorisation de la Conf édération. Pour le commerce à l’étranger et le courtage à titre professionnel pour des destinataires à l ’étranger, il faudra cependant, comme par le passé, une autorisation initiale aux termes de la LFMG car, contrairement à la LArm, la LExpl ne règle pas ces situations. 1.4.1.5 Possibilit é d’instituer des allègements ou des exceptions pour le transit au départ et/ou à destination d’Etats selon l’annexe 2 OMG (art. 17, al. 3bis, LFMG) Situation actuelle: Tout transit n écessite aujourd’hui une autorisation, bien qu ’aucun passage ne pose de réel problème, en particulier si le pays de destination mais aussi le pays de d épart sont deux des 25 Etats figurant à l ’annexe 2 de l ’OMG, et s ’ils sont autoris és de façon routinière. Il s’agit en l’occurrence des Etats qui ont ratifi é la Convention sur les armes chimiques et biologiques et qui font partie des quatre r égimes internatio- naux de contr ôle des exportations (du Groupe d ’Australie, du Groupe des fournis- seurs nucl éaires, du R égime de contr ôle de la technologie des missiles ou de l’Arrangement de Wassenaar). Il y a lieu de constater par ailleurs que le transit (p. ex. à partir d ’un des pays voisins de la Suisse à destination d ’un Etat d ’Afrique ou du sud de l ’Asie) se fait tout simplement à travers d’autres pays lorsque la Suisse le refuse.3159 Le Parlement a d éjà donné dans la LFMG le pouvoir au Conseil f édéral, s’agissant de courtage et de transfert de biens immatériels, de prévoir des exceptions au régime de l’autorisation pour certains pays (art. 15, al. 2, et 20, al. 3, LFMG). Se fondant sur cette compétence, le Conseil f édéral a ordonné que des autorisations sp écifiques n’étaient pas nécessaires pour le courtage et le transfert de biens immat ériels à desti- nation des Etats figurant à l’annexe 2 de l’OMG. Proposition: Le Conseil fédéral doit recevoir la comp étence, sous forme d ’une disposition potes- tative, d ’ordonner des d érogations au r égime de l ’autorisation ou d ’adopter des procédures all égées pour le transit de mat ériel de guerre. Par exemple, seraient envisageables des d érogations au r égime de l ’autorisation pour les transits au d é- part/à destination de certains pays (p. ex. les m êmes que pour le courtage ou le transfert de biens immat ériels) et/ou une interdiction partielle du transit (cf. art. 25 de l’ordonnance du 25 juin 1997 sur le contr ôle des biens – OCB; RS 946.202.1). La forme détaillée de cette disposition serait réglée dans l’OMG. 1.4.1.6 Punition, dans la LCB, de l ’inobservation de prescriptions d’ordre en vertu du droit pénal administratif (art. 15a et 18 LCB) Situation actuelle: La LCB pr évoit uniquement la possibilit é de d énoncer les infractions à la loi au Ministère public de la Conf édération (art. 18 LCB); la poursuite et le jugement de telles infractions rel èvent de la juridiction p énale f édérale. Notamment en cas d’inobservation de prescriptions d’ordre, la charge y afférente pour l’administration, pour les autorit és constitu ées pour les poursuites p énales et pour l ’entreprise en question est sans commune mesure avec l ’infraction commise. A titre d ’exemple d’une telle inobservation d ’une prescription d ’ordre, on pourra citer la non-produc- tion de la preuve de l ’importation de marchandises pour lesquelles un permis d’importation a été délivré. La possibilit é de poursuivre et de juger de telles inob- servations de prescriptions d’ordre en vertu du droit p énal administratif existait déjà dans l ’ordonnance du 7 mars 1983 sur le trafic des marchandises avec l ’étranger (RO 1983 358, 1991 32). Proposition: Hormis les crimes, les d élits et les contraventions, il y a lieu d ’introduire également dans la LCB les inobservations de prescriptions d ’ordre en tant que nouvelle catégo- rie des infractions à la loi (art. 15 a LCB). De telles inobservations de prescriptions d’ordre doivent pouvoir être sanctionnées par une amende de 5000 francs au maxi- mum. Dans les cas bénins, il doit aussi être possible de prononcer un avertissement. Le jugement des infractions vis ées à l’art. 15a ne rel èvera pas de la juridiction p é- nale fédérale, mais du droit pénal administratif (art. 18 LCB).3160 1.4.2 Mesures tendant à démêler les lois et à donner aux justiciables concernés une meilleure perception des dispositions légales applicables 1.4.2.1 Abrogation, dans la LFMG, de l ’autorisation d’importer des biens qui tombent sous le coup de la LFMG et de la LArm (art. 17, al. 4, let. b, LFMG) Situation actuelle: Selon l’art. 17, al. 1, LFMG, l ’importation de matériel de guerre est soumise à auto- risation. Or, l’al. 4 de cet article pr écise que l’importation à titre non professionnel, par des particuliers, d’armes à feu à épauler et d’armes de poing ainsi que des muni- tions correspondantes peut se faire sans autorisation au sens de la LFMG. L ’octroi, à des particuliers, d ’une autorisation d ’importer des biens qui sont contr ôlés au titre de la législation sur les armes est donc réglé par ladite législation. Il n’existe pas de r églementation analogue dans la LFMG pour l ’importation à titre professionnel de tels biens. Par contre, par une modification de l ’OMG (art. 13, al. 2bis), qui est entr ée en vigueur le 1 er janvier 1999, le Conseil f édéral a d écidé que l’autorité de d élivrance des autorisations pour l ’importation à titre professionnel de ces biens était l’Office central des armes et que la proc édure était régie par l’ordon- nance sur les armes. Proposition L’importation de telles armes et de leur munition est un probl ème de s ûreté int é- rieure. Il faut, par cons équent, dire clairement dans la LFMG que l ’importation ( à titre professionnel ou non) d ’armes à feu à épauler ou d ’armes de poing, de leurs composants et accessoires, ainsi que de leur munition et composants de munition n’est plus soumise à une autorisation en vertu de cette loi, mais qu ’elle l’est en vertu de la loi sur les armes. Dans un tel cas, serait (toujours) exemptée de l’autorisation obligatoire l’importation d’éléments non essentiels contr ôlés en vertu de la l égislation sur le mat ériel de guerre ainsi que l ’importation d’accessoires pour des armes dont l ’importation n’est pas interdite par la LArm. Comme le l égislateur a jug é qu ’on n ’avait pas besoin d’autorisation selon la LFMG pour l ’importation à titre non professionnel, par des particuliers, d ’armes à feu à épauler et d ’armes de poing ainsi que de la munition correspondante, il ne saurait vouloir que l ’importation des composants, qui ne sont pas couverts par la LArm, ait toujours lieu conform ément à la l égislation sur le matériel de guerre. Il en va de m ême des accessoires que la LArm n ’interdit pas. Finalement, la LArm est en ce domaine une lex specialis par rapport à la LFMG. Il n’existe pas non plus d ’engagements internationaux nous imposant de contr ôler l’importation d’éléments d’armes non essentiels.3161 1.4.2.2 Abrogation, dans la LFMG, de l ’autorisation d’importer des matières explosives, des engins pyrotechniques ou de poudre de guerre qui sont couverts par la législation sur les explosifs (art. 17, al. 4, let. c, LFMG) Situation actuelle: Contrôlés par la LExpl, les mati ères explosives, la poudre de guerre et les engins pyrotechniques sont aussi contr ôlés par la LFMG. L ’art. 1, al. 3, LExpl contient pourtant une r éserve générale en faveur des dispositions sur le mat ériel de guerre. En outre, l ’art. 9 LExpl, qui r égit l ’autorisation de fabrication, d ’importation et d’exportation, énonce une autre r éserve au profit de la l égislation sur le mat ériel de guerre pour des matières explosives militaires. Proposition: Comme le contr ôle de l ’importation, de la fabrication et du commerce de mati ères explosives, de poudre de guerre ou d ’engins pyrotechniques r épond à des pr é- occupations de politique int érieure, nous vous proposons que, d ésormais, ces diffé- rentes activités soient autoris ées de mani ère générale dans la LExpl (par l ’OFP). A cet effet, il sera pr écisé dans la LFMG qu ’aucune autorisation d ’importation ne sera requise pour ces biens. 1.4.2.3 Application de la LFMG et de la LCB à l’exportation, au transit, au courtage et au commerce à l’étranger de biens couverts par la LArm; maintien du devoir d’annoncer lors du transit en trafic de voyageurs dans la LArm (Chap. 5 LArm) Situation actuelle: La LArm règle notamment l’exportation, le transit, la remise à des tiers ou le cour- tage de biens qu’elle couvre, à l’exception des armes et des munitions couvertes par la LFMG, pour lesquelles il existe une r éserve (art. 2, al. 3). Par contre, la LArm ne contient aucune réserve en faveur de la LCB. L’art. 1, let. a, OArm pr écise qu’aucune autorisation suppl émentaire selon la LArm n’est nécessaire pour l’exportation ou le transit ni pour l ’importation, à titre profes- sionnel, d ’armes, d ’éléments essentiels d ’armes, de munitions et d ’éléments de munition qui sont r éputés mat ériel de guerre. En vertu de la let. b, aucune auto- risation selon la LArm n ’est n écessaire lorsqu ’une autorisation correspondante existe en vertu de la législation sur le contrôle des biens. Ainsi donc, pour l ’exportation et le transit de biens qui sont couverts tant par la LFMG/LCB que par la LArm, la l égislation portant sur le mat ériel de guerre ou sur le contrôle des biens est applicable aujourd’hui déjà. En ce qui concerne les armes au sens de l ’art. 4, al. 1, let. b à e, LArm qui ne sont soumises ni à l a L F M G n i à la LCB (certains sprays, poignards, coups de poing américains, appareils produisant des électrochocs, etc.), l ’Office central est aussi compétent pour l’exportation et le transit. Il convient de pr éciser d’autre part que la LArm ne mentionne, pour l ’exportation, que des crit ères extrêmement rudimentai-3162 res, qui ne peuvent être comparés avec ceux de la LFMG ou de la LCB. La condition à remplir pour être autoris é à exporter de telles armes à titre professionnel, sans limitation et pendant une année, est uniquement de détenir une patente de commerce d’armes. Proposition: Compte tenu de ce qui pr écède, nous vous proposons d ’introduire dans la LArm (dans un nouvel art. 22a) une délégation en faveur de la législation sur le matériel de guerre et sur le contr ôle des biens, pour ce qui concernel ’exportation et le transit ainsi que le courtage et le commerce avec l ’étranger. S ’agissant de biens qui ne tombent pas sous le coup de la l égislation sur le matériel de guerre (armes de chasse et de sport, armes à un coup, armes se chargeant par la bouche et autres armes à feu spécifiques, ainsi que les sprays, poignards, coups de poing am éricains, appareils produisant des électrochocs, etc. mentionn és ci-dessus), les dispositions correspon- dantes de la législation sur le contrôle des biens seront applicables. Vu la d élégation prévue à l’art. 22a, l’exportation et le transit figurant aux art. 23 à 25 de la LArm doit être supprimée. Parce que la LArm r égit les questions touchant à la s ûreté intérieure, doit subsister dans cette loi une r églementation qui soumet le transit en trafic de voyageurs (comme pour l’importation) à la déclaration au sens de l’art. 6 de la loi sur les doua- nes, sans quoi, l ’exemple suivant pourrait se produire: un étranger importe sans autorisation une arme non soumise à la LFMG (arme de chasse ou de sports) et est appréhendé sur le territoire suisse. Il pourrait affirmer qu ’il ne portait l ’arme qu’en transit à travers la Suisse, ce qui - contrairement à la r églementation sur le mat ériel de guerre - ne n écessite pas d’autorisation de transit en vertu de la l égislation sur le contrôle des biens. Voir à ce sujet également les explications au ch. 1.5.3.2. 1.4.2.4 Application de la LFMG et de la LCB à l’exportation et au transit de matières explosives et de poudre de guerre couvertes par la LExpl (art. 9, al. 1bis, LExpl) Situation actuelle: L’importance de la LExpl pour la politique int érieure se manifeste par le fait que l’obligation de l’autorisation d’exportation et de transit de mati ères explosives et de poudre de guerre est certes inscrite dans ladite loi (art. 9, al. 1), mais aussi par l’inexistence de critères permettant de la refuser. Seule est r éservée la législation sur le matériel de guerre pour des mati ères explosives militaires. Quant à l’exportation et au transit de mati ères explosives et de la poudre de guerre non soumises à la législation f édérale sur le mat ériel de guerre, le Conseil f édéral a ordonn é que s’appliquent les conditions de l ’art. 6 LCB (art. 15, al. 1, LExpl); et que le seco sera également le service chargé de délivrer les autorisations. Proposition: La LExpl (nouvel art. 9, al. 1 bis) doit clairement stipuler que l ’exportation et le transit de mati ères explosives et de poudre de guerre seront r églés par les disposi- tions de la législation sur le matériel de guerre et de la l égislation sur le contrôle des3163 biens. Grâce à quoi, il sera possible de supprimer, toujoursdans la LExpl, la r éserve en faveur de la législation relative au matériel de guerre pour les matières explosives militaires (art.9, al. 1). 1.4.2.5 Pr écision du courtage dans la LArm par l’adjonction des mots "pour des destinataires en Suisse" (art. 5, al. 1, phrase introductive, LArm) Situation actuelle: Selon l’art. 5, al. 1, LArm, est notamment interdit le courtage des armes et des ac- cessoires (let. e) mentionnés aux let. a à d. Il ne peut toutefois s’agir que du courtage pour des destinataires en Suisse, étant donné que, selon la l égislation sur le matériel de guerre, dans la mesure où il s’agit de matériel de guerre, l’exportation, mais aussi le courtage de telles armes à destination de l’étranger sont autorisés. Proposition: A l’art. 5, al. 1, phrase introductive, il y a lieu de pr éciser le courtage comme tel en Suisse. Etant donn é que la patente de commerce d ’armes n écessaire au courtage pour des destinataires à l’étranger doit être une condition de l ’octroi d’une autorisa- tion initiale selon la l égislation pour le mat ériel de guerre (cf. ch. 1.4.1.3), le terme de courtage des art. 1 et 17 LArm ne doit pas être précisé. 1.4.2.6 Abrogation de la r éserve générale en faveur de la LFMG contenue dans l’art. 2, al. 3, LArm et de la réserve générale figurant dans l’art. 3 LFMG au profit de la LArm Situation actuelle: En vertu de l’art. 2, al. 3, LArm, sont réservées les dispositions de la LFMG. D’autre part, il est d écrété à l’art. 3, let. a, LFMG que les l égislations fédérale et cantonales en matière d’armement sont r éservées. De telles r éserves réciproques sont d épour- vues de sens et pr êtent à confusion. En outre, elles sont superflues du point de vue normatif. Proposition: Les deux réserves générales sont à abroger. 1.4.2.7 LExpl: abrogation de la r éserve générale en faveur de la LFMG (art. 1, al. 3, LExpl) Situation actuelle: A l’art. 1, al. 3, LExpl figure une r éserve générale au profit des dispositions r égis- sant le matériel de guerre. Il existe une autre r éserve en faveur dudit mat ériel à l’art. 9, al. 1, LExpl concernant l’importation, l’exportation et le transit de matières explo- sives militaires.3164 Proposition: Comme nous l ’avons mentionn é plus haut, l ’importation de toutes les mati ères explosives doit être régie par la LExpl, alors que l ’exportation et le transit le seront par la LFMG ou la LCB. A cet effet, il y a lieu d’abroger la réserve générale de l’art. 1, al. 3, LExpl. 1.4.3 Mesures destin ées à combler les lacunes de la législation actuelle 1.4.3.1 Inclusion, dans la LFMG, du commerce, à partir de la Suisse, de matériel de guerre se trouvant à l’étranger (art. 16a et 16b LFMG) Situation actuelle: L’exécution de la LFMG a montr é qu’il existe une lacune dans le domaine du com- merce du mat ériel de guerre à l ’étranger. Avec la nouvelle LFMG, les affaires de courtage depuis le territoire suisse ont certes été soumises à l’obligation de l ’auto- risation dans chaque cas particulier, si le courtier ne dispose pas de sa propre unit é de production en Suisse (art. 15 et 16 LFMG) et quand le mat ériel de guerre n ’est pas destiné à l’un des pays mentionn és dans l’annexe 2 de l ’OMG. Toutefois, il est aisé de contourner cette disposition en achetant ce mat ériel de guerre à l ’étranger, puis en l ’entreposant temporairement, au lieu de proc éder par courtage, avant de le revendre à un destinataire à l’étranger. Un moyen aussi simple de détourner la loi est choquant. Proposition: Par analogie au courtage, nous vous proposons de soumettre le commerce de mat é- riel de guerre à l’étranger à l’octroi d’une autorisation sp écifique. Il s ’agit en l ’oc- currence d ’une nouvelle r églementation qui semble judicieuse, compte tenu des mesures de déréglementation. Au demeurant, d ’autres Etats connaissent des normes équivalentes, ainsi la loi allemande sur le contr ôle des armes de guerre ou l ’ordon- nance allemande sur les affaires économiques extérieures (affaires du commerce de transit). 1.4.3.2 Compl ément de la LCB apporté sous forme d’un critère d’autorisation permettant le refus de biens à des groupes terroristes et à la criminalité organisé (art. 6, al. 1bis, LCB) Situation actuelle: La LCB ne mentionne pas les crit ères qui permettraient de refuser l ’exportation de biens qui pourraient soutenir des groupes terroristes ou la criminalit é organis ée. Pourtant, au cours de ces dernières années, le danger a augmenté de voir, hormis des Etats, des acteurs priv és utiliser à des fins criminelles des mati ères explosives en particulier, mais aussi la technologie du chiffrement ou des dispositifs de vis ée nocturne. On se r éférera, à titre d ’exemples, aux attaques perp étrées contre les am- bassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie.3165 Les quatre r égimes de contr ôle international des exportations prennent en compte cette menace croissante en procédant à un échange accru d’informations. Ainsi dans le groupe des pays fournisseurs nucl éaires, des informations sont r égulièrement échangées sur la contrebande de mati ères fissiles et les tentatives d ’acquisition de ces matériaux par des terroristes. Depuis l ’attaque à l ’arme chimique à Tokyo, un échange analogue a lieu dans le Groupe d ’Australie aussi. Et lors des d ébats portant sur la nouvelle réglementation des contrôles de la technologie du chiffrement dans le cadre de l ’Arrangement de Wassenaar, la menace des utilisations abusives de ces technologies par la criminalit é organisée ou les groupes terroristes était au premier plan des préoccupations. Nos principaux partenaires économiques, soit les Etats de l ’UE et les USA, sont en mesure de refuser les demandes d ’exportation y afférentes. Comme pour le contr ôle de l’utilisation finale (clause dite "catch all" selon l’art. 4 OCB), il existe en outre un large consensus entre les Etats membres des diff érents r égimes de contr ôle des exportations pour lutter contre ces dangers croissants. Proposition: Au vu de ce qui précède, il y a lieu de compléter l’art. 6, al. 1, LCB par une nouvelle lettre c qui permettra de refuser également des autorisations au cas o ù l ’activité envisagée favoriserait des groupes terroristes ou la criminalité organisée. 1.4.3.3 Interdiction de l ’acquisition, du port, du courtage pour des destinataires en Suisse et de l’importation de composants spécialement conçus pour les armes à feu automatiques (cf. ch. 1.5.3.1) 1.5 Petite proc édure de consultation 1.5.1 R ésultats La petite proc édure de consultation s ’est achevée le 22 octobre 1999. L ’évaluation montre que la grande majorit é des cantons, partis et organisations invit és à donner leur avis soutiennent les objectifs principaux poursuivis au moyen des modifications proposées pour les lois en question, à savoir une meilleure d élimitation d ’ordre institutionnel entre les textes motiv és par des pr éoccupations de politique int érieure (LArm, LExpl) et ceux qui rel èvent de la politique étrangèr e e t d e l a sûreté ext é- rieure (LCB, LFMG), ainsi qu ’une efficacité accrue en clarifiant et en harmonisant les quatre lois. Toute une s érie d’avis exprimés contenaient, au sujet des modifica- tions légales proposées, des critiques s ’appuyant sur divers arguments, alors que ça et là, des intervenants ont m ême réclamé un renvoi du projet aux offices f édéraux concernés. De mani ère générale, les critiques les plus nombreuses portaient sur les modifications proposées de la loi sur les armes. S’agissant des cantons, les propositions de modification des lois ont été re çues positivement, d’une manière générale. Plusieurs d’entre eux (UR, SZ, OW, ZG, FR, SH, AI, GR, TG, VD, JU) soutiennent le projet sans r éserve aucune. Les autres (ZH, BE, LU, GL, SO, BS, BL, AR, SG, AG, TI, VS, NE, GE) expriment une opinion3166 positive sur les objectifs essentiels de la d éréglementation, mais ont en m ême temps remis une s érie de propositions de modifications de la r évision l égale. Comme les cantons assument un rôle important dans l’application de la législation sur les armes, la plupart de leurs suggestions portent sur la loi sur les armes. Sur les six partis ayant pris part à la consultation, deux (l ’UDCet le PES) ont renon- cé à donner leur avis et renvoient aux propositions des associations ou des organisa- tions qui leur sont proches. Le PS et le PDC approuvent la transparence induite par le projet, par la suppression de doubles-emplois et par l ’augmentation de l’efficacité qui va de pair avec elle. Ces deux partis soulignent toutefois qu ’il faudrait conserver le niveau de contr ôle actuel, voire le relever. Le PRD sugg ère de renoncer à la révi- sion légale car, selon lui, les mesures envisag ées n’intéressent que l ’administration. Les Démocrates suisses (DS) ont également estimé la d éréglementation judicieuse sur le principe, mais ils exigent, notamment du fait du d élai de consultation raccour- ci, un renvoi du dossier aux offices responsables. Parmi les organisations qui ont particip é à la consultation, les associations écono- miques (USCI [Vorort], Swissmem, SSIC, FSE) sont tr ès favorables aux modifica- tions propos ées car elles vont provoquer des simplifications administratives et la suppression de certaines autorisations. Pour l ’USS, qui apporte aussi son soutien à l’objectif général de la d éréglementation, le maintien ou m ême l’extension du con- trôle administratif et politique dans le domaine des biens sensibles est n écessaire. L’USAM renvoie aux indications des associations professionnelles, l ’Union patro- nale suisse renonce à donner son avis. Les associations d ’intérêts du commerce des armes, des tireurs et des chasseurs reconnaissent les efforts visant à la d éréglemen- tation, mais elles ne sont généralement pas d’accord avec les changements proposés, notamment avec ceux qui concernent la loi sur les armes. La Soci été pour un droit libéral sur les armes (pro Tell) rejette int égralement les modifications l égales pr é- vues car, selon elle, celles-ci ne rendraient service qu ’à l’administration, et pas au citoyen. Amnesty International et la Communaut é de travail pour le contr ôle des armes et l ’interdiction d ’exportation d ’armes (ARW) ne peuvent soutenir le projet que dans la mesure o ù il élimine des redondances et y substitue des proc édures d’autorisation plus transparentes et plus efficaces. En mati ère de biens sensibles par contre, le contr ôle administratif et politique devrait être, disent-ils, maintenu et, même élargi. 1.5.2 Objections sur le fond 1.5.2.1 Étendue, but et moment de la déréglementation Certaines r éactions ont fait r éférence au fait que dans le cadre de la d éréglemen- tation, c’est à juste titre que les changements prévus ne vont pas au-delà de l’harmo- nisation et de la simplification. D ’autres participants, par contre, ont saisi l ’occasion pour faire des suggestions demandant, pour les lois concern ées, des adaptations ou des compléments dépassant les limites du projet de déréglementation. Aucun des milieux consult és n ’a remis en question les objectifs principaux de la déréglementation. Mais les modifications concr ètes des lois sont appr éciées diver- sement. Alors que de nombreux cantons et une grande partie des organisations économiques jugent positifs les changements pr évus, plusieurs participants à la consultation consid èrent que la mati ère de ces lois sera encore plus compliqu ée et3167 imprévisible du fait des propositions. Il faudrait par cons équent, selon eux, renoncer à la d éréglementation sous la forme envisag ée. Dans quelques avis, on s ’est étonné que la loi sur les armes doive être revue deux ans apr ès son entr ée en vigueur. Cer- tains participants souhaitent attendre la fin de la r évision de l ’ordonnance sur les armes qui est en cours avant de passer à la d éréglementation (cette r évision n ’a cependant rien à voir avec les modifications propos ées dans le cadre de ce projet de dérégulation). 1.5.2.2 Introduction de la notion de "composants d ’armes spécialement conçus" Ce qui a donn é le plus souvent mati ère à critique, c ’est l’introduction dans l ’art. 4, al. 1bis, de la loi sur les armes (projet en consultation) de la notion de "composants d’armes spécialement conçus". Plusieurs cantons ainsi que presque tous les groupe- ments d ’intérêts du commerce d ’armes, de tireurs et de chasseurs d écrivent cette notion comme confuse et inutile; une partie d ’entre eux en rejettent violemment l’introduction dans la loi. Pour d ’autres, par contre, l ’inclusion de cette notion est considérée comme positive car, par ce moyen, on aura une terminologie uniforme dans la LArm, la LFMG et la LCB. Dans l ’intérêt de la s écurité du droit, quelques participants à la consultation souhaitent que soit d éfini à l’échelon de la loi ce qu ’il faut entendre par "composants d’armes spécialement conçus". 1.5.2.3 Extension de la notion d ’"accessoires d’armes" La nouvelle définition proposée pour la notion des " accessoires d’armes" dans l’art. 4, al. 2, de la loi sur les armes (projet en consultation) a également fait l ’objet de vives critiques de la part de quelques cantons et associations professionnelles du commerce des armes, de tireurs et de chasseurs. Avec cette nouvelle r églementation, disent-ils, tomberaient aussi sous le coup du régime des autorisations de la loi sur les armes, en raison des dispositifs de vis ée, des affaires concernant par exemple les opticiens et les sportifs, ce qui, manifestement, ne saurait aller dans le sens de la déréglementation. L’extension de la notion des "accessoires d ’armes" est ressentie, spécialement dans les milieux de la chasse et du tir, comme une tracasserie; de plus, cette nouvelle réglementation ne contribue pour eux en rien à la lutte contre l ’usage abusif des armes. 1.5.2.4 Abrogation des autorisations La suppression de certaines autorisations, propos ée dans le projet de d éréglemen- tation, a été reçue de diverses mani ères. Les associations économiques se montrent très positives à cet égard, tout d ’abord parce qu ’il s ’agit d ’éliminer des doubles- emplois en mati ère d’autorisation et, d ’autre part, parce que cela permet d ’obtenir des allègements administratifs. Avec l’abrogation de l’autorisation initiale (art. 9, al. 3, LFMG du projet en consultation) pour la fabrication, le courtage à titre profes- sionnel pour des destinataire à l ’étranger et le commerce d ’armes, de composants3168 d’armes, d’accessoires d’armes ainsi que de la munition ou de composants de muni- tion correspondants, certains cantons voient des t âches supplémentaires leur échoir sans pouvoir en estimer les conséquences financières. Parfois, s’agissant du transfert aux cantons de cette obligation d ’autorisation, la crainte à été exprimée de voir les cantons l ’appliquer de mani ère très in égale. La majorit é des participants à la con- sultation approuve la suppression de l ’autorisation de fabrication (art. 13 et 14 LFMG) et son remplacement par un "pr éavis administratif"; les opinions ne diver- gent que sur le point de savoir quel caract ère obligatoire il faudra conf érer à de tels "préavis administratifs". L ’abandon propos é d ’une autorisation initiale pour les sous-traitants est accueilli favorablement dans la plupart des avis exprimés. 1.5.2.5 Renforcement ponctuel du r égime de l’autorisation L’obligation suppl émentaire de l ’autorisation pr évue aux art. 16 a et 16 b LFMG pour le commerce de mat ériel de guerre à l ’étranger est re çue positivement par certains participants à la consultation, car il sera ainsi possible, disent-ils, de com- bler une lacune dans le dispositif de contr ôle. La proposition de compl éter la LCB (art. 6, al. 1 bis), compl ément selon lequel des autorisations pourront être refus ées lorsque l ’activité envisag ée favorise des groupements terroristes ou la criminalit é organisée, a été plébiscitée. 1.5.3 Modifications par rapport à l’avant-projet 1.5.3.1 Interdiction de l ’acquisition, du port, du courtage pour des destinataires en Suisse et de l’importation de composants spécialement conçus pour armes à feu automatiques (art. 5, al. 1, let. a, et al. 3bis, LArm) L’avant-projet pr évoyait une harmonisation des éléments contrôlés – au titre de la LFMG et de la LCB d ’une part, et de la LArm de l ’autre – pour les armes à feu à épauler et les armes de poing et pour les accessoires corres pondants. Ainsi, les mêmes éléments et les m êmes accessoires devaient être soumis à autorisation, à l’exportation et à l ’importation. La Suisse est tenue, puisqu ’elle est membre de l’Arrangement de Wassenaar sur le contr ôle des exportations, de contr ôler à l’exportation les composants sp écialement con çus pour armes à feu à épauler et armes de poing. De ce fait, s ’imposait à l’évidence la proposition, dans les chapitres de la LArm qui pr ésentent des intrications avec la LFMG et la LCB, d ’instituer non seulement le contrôle des éléments essentiels, mais aussi celui des composants sp é- cialement conçus. Il en va de m ême, mutatis mutandis, pour les accessoires; sous le régime de la LFMG et de la LCB, tout accessoire est contr ôlé; dans la LArm, seuls les silencieux ainsi que les dispositifs de visée laser et de visée nocturne sont réputés accessoires. Eu égard aux oppositions massives enregistrées lors de la procédure de consultation, l’harmonisation prévue initialement a été abandonnée. Sous le coup de la LFMG et de la LCB, feront l ’objet d’un contrôle comme jusqu’à présent, compte tenu du fait que notre pays est membre de l ’Arrangement de Wassenaar, l’exportation, le transit et le courtage des composants sp écialement con çus et tous les accessoires y aff é- rents. La LArm ne subira pas non plus de modification. Seuls la petite quantit é3169 d’éléments essentiels et les accessoires pour armes r églementés jusqu ’ici continue- ront à faire l ’objet d ’un contr ôle. Ainsi, par exemple, l ’exportation de lunettes de vis ée, de poign ées avants, de chargeurs, etc., qui constituent des composants d’armes sp écialement con çus, continuera à être soumise à autorisation, mais non leur importation. Nous vous proposons toutefois, en lieu et pl ace de l ’harmonisation, que l ’inter- diction – édictée dans la LArm – de l ’acquisition, du port, du courtage pour des destinataires en Suisse et de l ’importation d’armes à feu automatiques et d ’armes à feu automatiques transform ées en armes semi-automatiques à épauler ou de poing soit étendue aux composants spécialement conçus pour de telles armes (art. 5, al. 1, let. a, LArm). Nous supposons qu ’un nombre relativement élevé de ces composants sont importés en Suisse et sont utilis és, en d épit de l ’interdiction à la reconversion d’armes semi-automatiques en armes automatiques. Seuls les éléments spécialement conçus pour de telles armes seraient touch és par l ’interdiction (p. ex. la poign ée, le guidon, la hausse, la d étente), mais pas les marchandises que l ’on trouve d’habitude sur le march é (telles que les vis, les pointes, les ressorts), qui sont également utili- sées dans le civil. 1.5.3.2 Transit en trafic des voyageurs Il y a lieu de d éroger au principe selon lequel l ’exportation et le transit de biens couverts par la LArm sont contr ôlés en vertu de la LFMG/LCB; il faut s ’en écarter dans la mesure où le transit en trafic des voyageurs doit rester soumis à la LArm (art. 23), pour des raisons liées à la sûreté intérieure. Les armes, leurs éléments essentiels, la munition ou les éléments de munition devront donc être annoncés, à l’importation comme lors du transit en trafic des voyageurs, conform ément à l’art. 6 de la loi sur les douanes (cf. également ch. 1.4.2.3). En ce qui concerne les biens tombant à la fois sous la législation sur les armes et sur celle sur le mat ériel de guerre, il faudra en plus une autorisation de transit selon la législation sur le mat ériel de guerre. Pour les autres armes, dont le transit est r égle- menté par la l égislation sur le contr ôle des biens, de telles autorisations sp écifiques ne seront par contre pas n écessaires. Si des armes devant être annoncées ne sont pas déclarées à la fronti ère et sont d écouvertes lors d ’une v érification, il faudra qu ’on puisse continuer de les s équestrer, au moins provisoirement. Dans les cas o ù il faut en plus une autorisation de transit, le s équestre est aujourd’hui possible étant donné que l ’absence d’autorisation constitue un d élit p énal. Par contre, quand l ’annonce n’est pas effectuée, il ne s ’agit selon la l égislation actuelle que d ’une contravention, pour laquelle le séquestre de l’arme n’est pas possible. Pour ces raisons, l ’art. 41 LArm compl ète l ’art. 36 de la loi sur les douanes. Un nouvel al. 3 bis de cette loi doit donc pr évoir le s équestre provisoire et la mise à disposition des autorités compétentes pour la poursuite p énale des armes soumises à une probable confiscation si ces derni ères ont été d écouvertes lors d ’une v érifica- tion. Le projet se base sur l ’art. 36, al. 4, de la loi sur les douanes, qui pr évoit également le s équestre provisoire des marchandises qui contiennent du mat ériel pornographique ou des représentations d’actes de violence.3170 1.5.3.3 Pas d ’exclusion de la poudre de guerre en vrac du champ d’application de la LArm La poudre de guerre en vrac tombe sous le coup du contr ôle de la LArm ou de la LExpl selon qu ’elle est utilis ée pour la fabrication de munition ou d ’engins pyro- techniques. Dans le but de clarifier les lois et de respecter le principe d ’"une seule autorisation pour un produit", nous avions pr évu, dans le projet mis en consultation, que la poudre de guerre en vrac serait exclue du champ d’application de la LArm. La consultation a cependant r évélé qu ’une telle solution comporte aussi des inconv é- nients parce que dans certains cas, il faudrait pr ésenter deux demandes de permis d’importation au lieu d ’une seule jusqu ’à pr ésent. Nous vous sugg érons donc de maintenir le contrôle de la poudre de guerre en vrac dans la LArm et la LExpl, selon l’usage qui en est fait. On ajoutera toutefois une phrase à l’art. 9, al. 1, LExpl pour préciser qu’une autorisation d ’importation de la poudre de guerre octroy ée en vertu de la législation sur les armes vaut également comme autorisation d’importer au sens de la LExpl. 1.5.3.4 Nouvelle autorit é habilitée à délivrer les autorisations pour l’importation d’armes à titre non professionnel: l’Office central des armes au lieu des cantons (art. 25, al. 3, et art. 5, al. 3, LArm) Au cours de l’évaluation des résultats de la consultation a surgi la question de savoir si l’Office central des armes de la police f édérale au sein de l ’OFP, qui, selon l ’art. 24, al. 5, LArm, est le service comp étent pour l ’autorisation d’importer, à titre pro- fessionnel, des armes, leurs éléments essentiels, la munition et des éléments de munition, ne devrait pas assumer également cette fonction pour l ’importation des armes à titre non professionnel. D’une part, ceci aurait l ’avantage d’unifier la procé- dure de toutes les importations d ’armes selon la LArm. De plus, l ’OFP aurait un meilleur contrôle des armes importées en Suisse, ce qui va dans le sens de la politi- que de sûreté. Par ailleurs, l’Office central des armes devrait être mieux placé que la plupart des cantons pour évaluer sous l ’angle technique les demandes de permis d’importer. Enfin, l’office précité est déjà compétent pour une part des autorisations d’importation à titre non professionnel (art. 17 OArm). D’un autre côté, cela obligerait toute personne désirant importer une arme à titre non professionnel, dans les cas o ù un permis d ’acquisition d’armes serait requis, à faire établir ce permis par le service comp étent du canton de domicile et à demander qu’après, à l’appui de cette pièce, un permis d ’importer à l’Office central. Voilà qui ne r épond pas au principe dit "one stop shop" par lequel on veut éviter que des citoyens, pour l’importation d’une arme par exemple, doivent s ’adresser à plus d’un service officiel. Il est vrai que ceci ne serait pas valable pour l’importation de muni- tion et d ’éléments de munition, ou d ’armes à r épétition mentionn ées à l ’art. 14 OArm, aucun permis d’acquisition d’armes n’étant nécessaire pour ces objets. Enfin, il convient de remarquer à cet égard que cette question n’a pas été posée dans le cadre de la consultation et que les cantons concern és par cette situation n ’ont pas donné d’avis à ce sujet, à une exception pr ès. Le canton de Gen ève a propos é dans sa réponse que l’Office central soit également compétent pour d élivrer des autorisa-3171 tions d’importer des armes à titre non professionnel. De l ’avis dudit office, de nom- breux autres cantons approuveraient une telle suggestion. En cons équence, nous vous proposons une modification de l ’art. 25, al. 3, LArm, selon laquelle le permis d ’importer sera octroyé par l’Office central et devra être de durée limitée. En outre, il y aura lieu de compl éter l’art. 5 LArm par un nouvel al. 3bis, de sorte que l’Office central puisse déroger à l’interdiction d’importer. 1.5.3.5 Pas d ’inclusion du préavis administratif dans la LFMG (art. 22a du projet en consultation) En remplacement de l’autorisation de fabrication, nous avons propos é dans le projet soumis à consultation qu ’un exportateur puisse exiger un pr éavis administratif d’exportation avant la mise en fabrication, de sorte qu ’en cas de préavis positif il ait eu la certitude que sa demande d ’exportation subs équente n ’aurait pu être refusée qu’en présence de faits extraordinaires survenus avant la demande formelle d ’auto- risation. Des examens approfondis ont d émontré que l ’obtention de tels pr éavis pouvait avoir lieu sans disposition l égale spécifique. Vu l ’art. 9 de la Constitution fédérale, une autorit é est li ée par le pr éavis octroy é (voir aussi le Message de la révision de la Cst., FF 1997 I 145), pour autant que des circonstances exceptionnel- les (p. ex. des faits de guerre) ne rendent pas n écessaire une autre appr éciation. La pratique actuelle en application de la l égislation en vigueur, sans r églementation expresse, avec prises de position des autorit és d ’autorisation en r éponse à des de- mandes d’autorisations écrites, peut par conséquent être maintenue. 2 Partie sp éciale 2.1 Commentaires des dispositions 2.1.1 Dans la loi sur les armes 2.1.1.1 Champ d ’application (art. 2, al. 3, LArm) La réserve générale figurant dans la LArm au profit de la LFMG est abrogée pour les motifs évoqués au ch. 1.4.2.6. 2.1.1.2 Actes prohib és en relation avec les armes (art. 5, al. 1, 3 et 3bis, LArm) Il convient de préciser d’emblée que le courtage pour des destinataires en Suisse est interdit, les autorisations sp écifiques du courtage pour des destinataires à l’étranger étant régies par la LFMG (cf. art. 22a LArm). De plus, à la let. a de cet alin éa, les actes prohib és en rapport avec les armes sont étendus à des composants spécialement conçus pour des armes automatiques et des armes automatiques transformées en armes semi-automatiques (cf. ch. 1.5.3.1). Cette modification a pour cons équence que le terme «spécialement con çus» doit être intégré dans les articles suivants de la loi sur les armes: art. 1, al. 2, let. a, art. 4, al. 3, art. 33, al. 1, let. a et b, al. 3, let. a, et enfin art. 34, al. 1, let. f.3172 Comme il est finalement propos é à l’art. 25, al. 3, de la LArm que l ’office central soit également compétent pour d élivrer les autorisations concernant l ’importation à titre non professionnel d ’armes, le nouvel al. 3 bis de l ’art. 5 doit clairement stipuler que l’office central est compétent pour délivrer les dérogations à l’interdiction d’im- porter, et l’al. 3 doit être adapté en conséquence. 2.1.1.3 Restrictions applicables dans des situations particulières (art. 7, al. 2, LArm) Cet alinéa, qui permet au Conseil f édéral d’interdire, à destination de certains pays, l’exportation d ’armes soumises à la loi, est abrog é. Quant à l ’exportation d ’armes régies par la l égislation sur le mat ériel de guerre, le Conseil f édéral pourrait la pro- hiber en se fondant sur ladite loi. S ’agissant d ’armes qui sont également r égle- mentées par la loi sur le contr ôle des biens (armes de chasse et de sport, etc.), le Conseil fédéral ne pourrait édicter une interdiction d ’exportation que si un embargo international a été décrété contre le pays de destination ou si, selon l ’Arrangement de Wassenaar sur le contr ôle des exportations, il s ’agit d’un Etat qui met en danger par son comportement la sécurité régionale ou internationale. A cet égard, on pourra cependant remarquer que depuis l ’entrée en force de la nouvelle l égislation sur l’armement, aucune interdiction d’exportation à destination de certains pays n’est en vigueur (de telles interdictions sont par contre encore contenues dans plusieurs ordonnances instituant des embargos). A la date de l ’établissement de ce message, les interdictions d’acquisition et de port d ’armes selon l’art. 7, al. 1, LArm, sont par contre applicables à l’encontre de ressortissants de huit pays. 2.1.1.4 R éserve en faveur de la LFMG et de la LCB pour des affaires avec l’étranger, à l’exception du transit en trafic des voyageurs (art. 22a LArm) L’exportation, le transit, le courtage pour des destinataires à l ’étranger et le com- merce à l’étranger d’armes qui tombent sous le coup de la LArm, doivent être ré- glées exclusivement par la l égislation régissant le mat ériel de guerre ou le contr ôle des biens (cf. ch. 1.4.2.3). Est exclu de ce principe le devoir d ’annonce pour le transit de tels biens dans le cadre du trafic des voyageurs, car ce transit n ’est pas sans importance pour la sûreté intérieure du pays. 2.1.1.5 Divers articles de la LArm Etant donné le nouvel art. 22a, les articles suivants subissent une modification: – l’art. 23, al. 1: le mot exportation est biff é et le terme transit précisé (il s’agit du transit en trafic des voyageurs); – l’art. 24, al. 1 et 3: le mot exportation est biffé; – l’art. 24, al. 4: il est abrogé; – l’art. 25, titre médian: les mots exportation et transit sont biffés; – l’art. 25, al. 2: il est abrogé;3173 – l’art. 33, al. 1, let. a et b: les mots exportation et transit sont biffés; – l’art. 33, al. 3, let. a: les mots exportation et transit sont biffés; – l’art. 34, al. 1, let. f et l ’art. 36, al. 2: le mot exportation est biff é et le mot transit est précisé (transit en trafic des voyageurs). 2.1.1.6 Nouvelle autorit é chargée de délivrer les autorisations d’importation d’armes à titre non professionnel: Office central en lieu et place des cantons (art. 25, al. 3, LArm) L’art. 25, al. 3, LArm doit être modifié, car jusqu ’à ce jour les cantons avaient la compétence d’octroyer les autorisations d’importer des armes à titre non profession- nel. Les avantages et les inconv énients de la nouvelle r églementation sont mention- nés au ch. 1.5.3.4. 2.1.1.7 Compl ément de l’art. 36 de la loi sur les douanes (art. 41 LArm) Pour les raisons exposées au ch. 1.5.3.2, l ’art. 36 de la loi sur les douanes sera com- plété par un nouvel al. 3 bis. Comme pour le mat ériel pornographique ou les repr é- sentations d’actes de violence, les armes non annonc ées, qui seront d écouvertes lors d’une vérification et sembleront à première vue sujettes à confiscation, pourront être séquestrées provisoirement. 2.1.2 Dans la loi sur le mat ériel de guerre 2.1.2.1 Rapport à d’autres lois (art. 3 LFMG) La réserve en faveur de la l égislation fédérale et cantonale en mati ère d’armement doit être abrogée pour les motifs évoqués au ch. 1.4.2.6. 2.1.2.2 Abrogation d ’autorisations initiales (art. 9, al. 2, LFMG) L’art. 9 LFMG va conna ître deux adaptations: l ’al. 2, let. a, pr évoit désormais que les sous-traitants fournissant du matériel à des maisons en Suisse qui disposent elles- mêmes d’une autorisation initiale n ’auront plus besoin d ’une telle autorisation. Par conséquent, ladite autorisation continuera à être nécessaire pour le sous-traitant qui livre ses produits à une maison qui les a command és à l’étranger. L’al. 2 actuel de l’art. 9 deviendra l ’al. 2, let. b. D ’autre part, quiconque ex écute des commandes de la Conf édération pour le mat ériel de guerre de l ’armée suisse n ’aura plus besoin d’une autorisation initiale. Avec le nouvel al. 2, let. c, n ’aura plus besoin non plus d ’une autorisation initiale, celui qui fabriquera, fera le commerce ou le courtage à titre professionnel pour des destinataires à l’étranger d’armes individuelles à épauler et d’armes de poing au sens3174 de la législation sur les armes, de leurs composants ou accessoires, ainsi que de leurs munitions et composants de munitions, et qui sera titulaire d ’une patente de com- merce selon la l égislation sur les armes. En d ’autres termes, ne sera plus exig ée, pour la fabrication, le commerce ou le courtage à titre professionnel de biens qui sont soumis tant à la l égislation sur le mat ériel de guerre qu ’à celle sur les armes, qu’une patente de commerce d ’armes en lieu et place d ’une autorisation initiale accompagnée d ’une telle patente. Dans les cas o ù la l égislation sur le mat ériel de guerre prévoit dans ces domaines des autorisations sp écifiques, il faudra, pour les obtenir, prouver l’existence d’une patente de commerce d’armes valide et adéquate. Enfin, en vertu de l ’al. 2, let. d, LFMG, n ’aura plus besoin non plus d ’une autorisa- tion initiale celui qui fabrique, et fera le commerce en Suisse de mati ères explosives, de poudre de guerre et d’engins pyrotechniques qui sont aussi soumis à la législation sur les explosifs, et qui sera titulaire d ’une autorisation selon la l égislation sur les explosifs. Mais quiconque désirera agir en qualité d’intermédiaire, à titre profession- nel, pour des mati ères explosives militaires à l ’intention d ’un destinataire à l’étranger ou qui voudra en faire le commerce à l’étranger aura besoin comme par le passé d’une autorisation initiale et, lorsque le cas est pr évu, d’une autorisation sp é- cifique selon la LFMG. 2.1.2.3 Autorisations sp écifiques (art. 12 LFMG) L’autorisation de fabrication (let. a) doit être biffée de la liste et il faut d ésormais y inscrire l’autorisation de commerce (let. g). 2.1.2.4 Suppression de l ’autorisation de fabrication (art. 13 et 14 LFMG) Comme nous l ’avons proposé au ch. 1.4.1.1, l ’autorisation de fabrication est abro- gée. En conséquence, la première phrase de l’art. 4 doit aussi être adaptée. 2.1.2.5 Autorisation de courtage (art. 15, al. 3, LFMG) Cet alinéa prévoit qu’une autorisation sp écifique de courtage pour des destinataires à l ’étranger d ’armes régies par la LArm ne pourra être obtenue par une personne qu’à condition qu ’elle soit titulaire d ’une patente de commerce d ’armes correspon- dante. Jusqu’ici, une autorisation initiale selon la LFMG était nécessaire à cet effet. 2.1.2.6 Autorisation de commerce (art. 16 a et 16b LFMG) Cette modification règle le commerce, à partir de la Suisse, de mat ériel de guerre se trouvant à l’étranger. Comme nous l’avons écrit au ch. 1.4.3.1, les dispositions sur le courtage pouvaient être aisément contournées si le mat ériel de guerre était acquis à l’étranger et revendu à un propriétaire résidant également à l’étranger. L’autorisation de commerce est pratiquement r églée de la m ême mani ère que l ’autorisation du courtage.3175 2.1.2.7 Autorisations d ’importation et de transit (art. 17, al. 3bis et 4, LFMG) L’art. 17, al. 3 bis, confère le pouvoir au Conseil f édéral de pr évoir des proc édures d’autorisation simplifiées pour le transit en provenance ou à destination de certains pays ou des d érogations à l’obligation de l ’autorisation (cf. ch. 1.4.1.5). De plus, il est précisé à l’al. 4, let. b et c, que pour les biens au sens de la l égislation portant sur les armes et sur les explosifs, aucune autorisation d ’importation selon la LFMG n’est requise. 2.1.2.8 Suppression de l ’art. 43, al. 2, LFMG En vertu de l ’art. 43, al. 2, LFMG, c ’est le D épartement militaire f édéral qui est chargé de l’exécution. Déjà au moment de l’entrée en vigueur de la législation sur le matériel de guerre, soit le 1 er avril 1998, le Conseil f édéral avait simplement adapt é dans la LFMG, par une ordonnance s éparée (RO 1998 807), cette disposition rela- tive à la comp étence; pour ce faire, il s ’était contenté d’inscrire une note de bas de page, et il avait confi é ladite exécution au Département fédéral de l’économie. Mais l’art. 43 de la loi f édérale sur l’organisation du gouvernement et de l ’administration prévoit que c’est le Conseil fédéral qui aura la compétence d’attribuer des tâches aux offices. En conséquence, l’art. 43, al. 2, LFMG peut être biffé. 2.1.2.9 Correction de l ’art. 9, al. 1, let. b, LFMG (version italienne uniquement) Dans cet article le courtage est traduit par "procurare" au lieu de "di fare la media- zione", ce qui induit en erreur et doit, par conséquent, être corrigé. 2.1.2.10 Correction de l ’art. 29 LFMG (version française uniquement) Dans le texte français, ont été interverties à l’art. 29, al. 2 et 3, LFMG les r éférences aux procédures applicables. L’al. 2 indique donc que la proc édure est régie par la loi fédérale sur la proc édure administrative, et l ’al. 3 que la proc édure applicable au recours est r égie par les dispositions g énérales du droit de la proc édure administra- tive fédérale. 2.1.3 Dans la loi sur les explosifs 2.1.3.1 Pr éambule La LExpl en vigueur se fonde sur huit dispositions de l ’ancienne constitution f édé- rale. Celles-ci correspondent aux art. 57, 60, 95, 107, al. 1, 118, 123 et 178, al. 3, de la nouvelle Constitution. Cependant, seul est v éritablement d éterminant l ’art. 118 qui habilite la Conf édération à prendre, dans les limites de ses comp étences, des3176 mesures afin de prot éger la sant é. Nous vous proposons que les autres dispositions de la Constitution ne figurent plus dans la note de bas de page relative au pr éambule de la LExpl. 2.1.3.2 Champ d ’application (art. 1, al. 3, LExpl) La réserve en faveur des dispositions f édérales sur le mat ériel de guerre est suppri- mée. 2.1.3.3 Autorisation de fabrication, d ’importation et d’exportation (art. 9, al. 1, 1bis et 3, LExpl) A l’al. 1, les mots exportation et transit sont supprim és, tout comme la r éserve de la législation portant sur le mat ériel de guerre pour des mati ères explosives militaires. Enfin, s ’agissant de poudre de guerre, la disposition pr évoit qu ’une autorisation d’importation octroy ée en vertu de la l égislation sur les armes vaudra également comme autorisation d’importation selon la LExpl. Conform ément au nouvel al. 1 bis, la procédure et la comp étence pour l’exportation et le transit de mati ères explosives et de poudres de guerre seront r égies par les dispositions de la l égislation sur le matériel de guerre et le contr ôle des biens. L ’al. 3 peut être supprim é puisque la fabrication et l’importation de la poudre de guerre seront réglées à l’al. 1. 2.1.3.4 Office central, liste des explosifs (art. 33 LExpl) Fondé par l’art. 33, un office central pour la r épression des infractions perpétrées au moyen d’explosifs a été institu é a u s e i n d e l’Office fédéral de la police (autrefois rattaché au Minist ère public de la Conf édération). Cet office tient également une liste des matières explosives. L’art. 43 de la loi sur l ’organisation du gouvernement et de l ’administration pr évoyant qu ’il appartient au Conseil f édéral d ’attribuer les tâches aux offices, il y a lieu d’adapter cet article en conséquence. 2.1.3.5 Voies de recours (art. 36, al. 1, LExpl) Cet article désigne l’OFIAMT à titre d’autorité de recours et, en dernière instance, la commission de recours du DFEP. Pour les m êmes raisons que celles qui sont évo- quées à l ’art. 33 (cf. ch. 2.1.3.4), une adaptation est n écessaire; il s ’agit d ’établir dans cette disposition que les d écisions sur recours reviennent à l’unité administra- tive désignée par le Conseil fédéral. 2.1.3.6 Dispositions p énales (art. 37, ch. 2, LExpl) Comme la proc édure applicable à l ’exportation est r égie par la l égislation sur le matériel de guerre ou sur le contr ôle des biens, il convient de supprimer le mot exportation dans cet alinéa.3177 2.1.4 Dans la loi sur le contr ôle des biens 2.1.4.1 Refus d ’autorisations (art. 6, al. 1bis, LCB) Comme cela a déjà été écrit au ch. 1.4.3.2, nous proposons dans la LCB, un nouveau critère selon lequel des autorisations pourront être également refusées si l ’activité envisagée favorise des groupes terroristes ou la criminalit é organisée. Il est pensable que de tels milieux en Suisse recherchent notamment des appareils de chiffrement, des dispositifs de vis ée nocturne ou éventuellement certaines armes aussi qui sont contrôlées par la législation relative au contrôle des biens. 2.1.4.2 Inobservation de prescriptions d ’ordre (art. 15a et 18 LCB) Il est pr évu de ne pas poursuivre ni juger toutes les violations de la LCB selon la juridiction p énale fédérale. A cet effet, un nouvel art. 15 a sur l ’inobservation des prescriptions d ’ordre trouvera sa place dans la LCB, selon lequel sera puni d ’une amende maximale de 5000 francs celui qui violera intentionnellement ou par n égli- gence une disposition de la LCB ou une prescription d ’exécution sans que cela ne constitue un comportement punissable au titre d ’une autre infraction p énale. Dans les cas de minime importance, il sera possible de prononcer un avertissement en lieu et place de la peine. L ’art. 18 LCB sera compl été pour d écréter que des violations selon art. 15a seront jugées conformément au droit pénal administratif. 2.1.4.3 Service d ’information (art. 21 LCB) Voici encore un article qui doit être adapt é en raison de l ’art. 43 de la loi sur l’organisation du gouvernement et de l’administration. 2.1.4.4 Correction de l ’art. 12 LCB (versions française et italienne) La procédure pour les recours sur d écisions selon la LCB est r égie par les disposi- tions g énérales sur la proc édure fédérale. En fran çais, les termes "die allgemeinen Bestimmungen der Bundesverwaltungsrechtspflege" ont été traduits à tort par "les dispositions générales de la loi sur la proc édure administrative" au lieu de "les dis- positions g énérales sur la proc édure f édérale". Comme la traduction italienne est fondée sur la version française, il s’agit de la corriger également.3178 3 Cons équences 3.1 Cons équences financières et effets sur l’état du personnel La suppression propos ée – dans la LFMG - de l ’autorisation de fabrication, des autorisations initiales (ch. 1.4.1.2 à 1.4.1.4) ainsi que la cr éation d ’allègements ou d’exceptions pour certains transits auront des incidences financi ères, car de telles autorisations sont soumises à émoluments (art. 22 OMG). Au total, les pertes sur émoluments devraient atteindre un ordre de grandeur annuel de 40 000 à 50 000 francs. Pour le seco et son personnel, le projet n ’aura que des cons équences de peu d’importance. Le nombre de demandes dans le domaine du mat ériel de guerre, qui en 1999 s’est élevé à environ 4000, ne devrait pas diminuer au point que l ’on puisse supprimer l ’un des quatre postes permanents dans le domaine pr écité. Par contre, seront supprimés les deux postes d ’auxiliaires chargés jusqu’ici, dans le domaine du matériel de guerre, du contr ôle des d étenteurs d’armes (avec au total 700 heures de travail par an). L’Office central des armes, s’il est désigné comme autorité d’octroi des autorisations pour l’importation à titre non professionnel d ’armes selon la LArm, n écessitera un poste permanent supplémentaire. 3.2 Evaluation des cons équences sur le plan de la réglementation Conformément aux Directives du Conseil fédéral du 15 septembre 1999 sur l ’exposé des cons équences économiques des projets d ’actes l égislatifs f édéraux (FF 2000 986), la présente affaire doit être examinée selon les points suivants: Nécessité d’agir dans laquelle se trouve l ’Etat et les possibilit és qu’il a de le faire: le projet sert à la transposition de la motion Forster, qui a été acceptée par le Parle- ment. Il vise les objectifs suivants: – création d ’allégements administratifs pour les industries et les particuliers consistant en la suppression d’obligations d’autorisations; – clarification des lois par une meilleure délimitation entre elles; – suppression de plusieurs lacunes dans ces lois afin d ’éviter des atteintes à l’ordre public. Conséquences pour les diff érents groupes sociaux : les mesures proposées entraîne- ront en premier lieu une r éduction du nombre des demandes (environ 200 autorisa- tions de fabrication, 30 autorisations initiales et un nombre inconnu d ’autorisations de transit), ainsi qu ’un all égement administratif, aussi bien pour le justiciable que pour l’administration, en particulier pour des biens qui tombent sous le coup de la législation sur le mat ériel de guerre et/ou sur les armes. Mais le projet a également pour effet une clarification des lois, qui devrait profiter au justiciable. S ’agissant des mesures destinées à combler des lacunes de la l égislation actuelle, on peut affirmer qu’elles ne devraient provoquer qu ’une faible augmentation du nombre des deman- des. Les mesures consistant à supprimer les lacunes de la l égislation actuelle de- vraient améliorer la sûreté intérieure et la sécurité extérieure.3179 Conséquences pour l’économie dans son ensemble: Le projet ne devrait avoir qu ’un impact extr êmement restreint sur la macro- économie, étant donn é que l ’industrie d’armement, qui profiterait des all égements, ne joue qu ’un rôle marginal dans notre économie. Autres options: d’une part, le mandat constitutionnel de l égiférer en matière de lutte contre l ’usage abusif d ’armes et de munitions ainsi qu ’en mati ère de fabrication, d’acquisition, de vente, d ’importation, d ’exportation et de transit de mat ériel de guerre, et d’autre part, les obligations de la Suisse en mati ère de contrôle à l’expor- tation de mat ériel de guerre et de biens à double usage, n ’autorisent guère d’autres solutions. Exécution conforme aux intentions: la police f édérale est en premier lieu l ’autorité compétente pour les questions de s ûreté int érieure. C ’est pourquoi il est ad équat d’attribuer à ses offices centraux le contr ôle de la fabrication, du commerce en Suisse et de l’importation de biens qui tombent dans le champ d ’application des lois concernées. Le contr ôle des transactions correspondantes avec l ’étranger (exporta- tion, transit, etc.) incombe par contre au seco, qui est comp étent en matière de rela- tions économiques extérieures. 4 Programme de la l égislature Le projet figure dans le Rapport sur le programme de la l égislature 1999 – 2003 (FF 2000 2168), à l’annexe 2, ch. 2.2. 5 Relation avec le droit europ éen En droit communautaire, l ’exception de la protection de l ’ordre public a le pas sur l’interdiction relative aux limitations du commerce entre les Etats membres. Le droit communautaire prévoit expressément une r éserve du droit national pour la protec- tion d’intérêts essentiels de s ûreté dans les pays membres, en rapport avec la fabri- cation et le commerce d ’armes, de munitions et de mat ériel de guerre (art. 296 du Traité de l’UE). D’emblée se pose la question de savoir si les mesures qui d ébouchent sur un all ége- ment administratif sont eurocompatibles. Comme cette cat égorie de mesures porte presque exclusivement sur la LFMG, il faut s ’en référer au code de d éontologie de l’UE relatif aux exportations d ’armes. Mais ce code ne traite ni des autorisations de fabrication ni des autorisations initiales pas plus que du transit. Les trois mesures visant à combler les lacunes de la l égislation actuelle sont égale- ment compatibles avec le droit europ éen. Dans le cadre de la politique commerciale commune, le Conseil a adopt é le Règlement no 3381/94 du 19 d écembre 1994 insti- tuant un r égime communautaire de contr ôle des exportations de biens à double usage. En outre, sur la base des mesures d ’harmonisation des r ègles de droit des pays membres, le Conseil a adopté en date du 18 juin 1991 une Directive relative au contrôle de l ’acquisition et de la d étention d ’armes (91/477/CEE). Les contr ôles renforcés concernant la loi sur les armes (extension du contr ôle aux composants d’armes spécialement conçus et introduction du devoir d ’annonce également en cas3180 de transit) correspondent à l ’Action commune du 17 d écembre 1998 relative à la contribution de l ’Union europ éenne à la lutte contre l ’accumulation et la diffusion déstabilisatrices des armes légères et de petit calibre. 6 Bases l égales Etant donné que l’allègement et l’harmonisation engendrés par le projet de d érégle- mentation porteront exclusivement sur les proc édures existant dans quatre lois, la question des bases constitutionnelles ne se pose pas, en principe, dans ce contexte. Il y a lieu de constater sur le fond que la Conf édération doit d ’une part édicter des prescriptions en vertu de l ’art. 107, al. 1, de la Constitution f édérale, contre l’usage abusif d’armes, d’accessoires d’armes et de munition; d ’autre part, conform ément à l’al. 2 du m ême article, elle doit adopter des normes relatives à la fabrication, l’acquisition et la vente ainsi qu ’à l’importation, l’exportation et au transit de mat é- riel de guerre. La Constitution f édérale ne pr écise pas quelle r églementation doit trouver sa place dans quelle loi, parmi les quatre actes en question (LFMG, LArm, LCB, LExpl). Par conséquent, si une loi contient d éjà des règles suffisantes pour un domaine précis, il n’est pas nécessaire de régler une seconde fois la m ême situation dans une deuxi ème loi et de provoquer ainsi l ’obligation de requ érir deux fois une autorisation. C ’est dans cet esprit qu ’il a été jug é essentiel de supprimer des dou- bles-emplois de cette nature, qui sont causés par les lois existantes. L’abrogation de l’autorisation de fabrication dans la LFMG ne repr ésente cependant pas la suppression d’une redondance, raison pour laquelle s ’est posée la question de savoir si une telle annulation d ’une autorisation sp écifique était conforme à la Constitution f édérale. On peut r épondre par l ’affirmative à cette question car, tout comme par le pass é, une autorisation initiale pour la fabrication du mat ériel de guerre sera en principe n écessaire. Pour autant que la fabrication d ’armes qui tombe également sous le contrôle de la LArm soit concern ée, seule sera n écessaire, en lieu et place d ’une autorisation initiale selon la LFMG, une patente de commerce d’armes établie de façon similaire selon la LArm.Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali Message relative à la coordination de la législation sur les armes, sur le matériel de guerre, sur les explosifs et sur le contrôle des biens In Bundesblatt Dans Feuille fédérale In Foglio federale Jahr 2000 Année Anno Band 1 Volume Volume Heft 25 Cahier Numero Geschäftsnummer 00.044 Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum 27.06.2000 Date Data Seite 3151-3180 Page Pagina Ref. No 10 124 618 Die elektronischen Daten der Schweizerischen Bundeskanzlei wurden durch das Schweizerische Bundesarchiv übernommen. Les données électroniques de la Chancellerie fédérale suisse ont été reprises par les Archives fédérales suisses. I dati elettronici della Cancelleria federale svizzera sono stati ripresi dall'Archivio federale svizzero.