<h2>SubmittedText<h2><p>Depuis quelque temps déjà, les conséquences de la cyberdépendance préoccupent les médias et les milieux politiques. Les spécialistes de la dépendance sont confrontés à un nombre croissant de demandes émanant de parents inquiets à la recherche d'informations. Pour juguler le phénomène, la Suisse doit se doter de bases solides, qui font encore défaut.</p><p>Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Quelle importance le Conseil fédéral accorde-t-il au problème de la cyberdépendance ?</p><p>2. Est-il prêt à charger l'Office fédéral de la santé publique ou d'autres services idoines à élaborer des bases de décision pertinentes (statistiques, analyses, etc.)?</p><p>3. Est-il prêt à instituer un service spécialisé en matière de cyberdépendance au sein de l'Office fédéral de la santé publique ou d'une organisation de droit privé appropriée (p. ex. l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies)?</p><p>4. Est-il prêt à créer une plate-forme Internet centrale sur laquelle les spécialistes et les parents trouveront des informations actuelles sur l'évolution d'Internet et des médias visuels (techniques, jeux, etc.)?</p><p>5. Est-il prêt à accorder des moyens financiers à la prévention et au traitement de la cyberdépendance sans prétériter d'autres domaines de prévention ? Entrevoit-il la possibilité et la nécessité de trouver une nouvelle source de financement ?</p><p>6. Est-il d'avis qu'un traitement ambulatoire des victimes de la cyberdépendance suffit, ou ne devrait-on pas réfléchir également à des solutions hospitalières en cours de traitement ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1. Malgré le peu de données disponibles sur le plan national comme sur le plan international, on peut supposer que la cyberdépendance est en augmentation. Une étude parue en 2004 sous le titre "Une nouvelle politique en matière de dépendances pour la Suisse ?" (M. Spinatsch, rapport à l'attention de l'Office fédéral de la santé publique, 2004 ; source : site Internet de l'OFSP) confirme la nécessité d'agir pour lutter contre la cyberdépendance, mais elle la juge faible par rapport à la lutte contre les autres dépendances. En conséquence, le Conseil fédéral agit prioritairement dans le domaine de l'abus des substances addictives (en particulier l'alcool et le tabac), là où la nécessité d'agir est la plus forte. </p><p>2. Le Conseil fédéral n'entend pas demander la réalisation de travaux de fond sur la cyberdépendance. Étant donné le faible nombre de personnes présumées cyberdépendantes en Suisse, il faudrait engager des frais disproportionnés pour obtenir des résultats concluants. Par contre, le Conseil fédéral a chargé l'OFSP d'examiner la possibilité de compléter les systèmes de surveillance existants pour tenir compte des problèmes propres à la cyberdépendance.</p><p>3./4. Le Conseil fédéral estime qu'il n'est pas judicieux d'instituer un service consacré spécifiquement à la cyberdépendance au niveau fédéral ni de mettre en place une plate-forme Internet car il existe déjà dans toute la Suisse des services compétents dans ce domaine, auxquels le public peut s'adresser. La Centrale nationale de coordination des addictions (infodrog) et l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) disposent d'informations sur toutes les formes de dépendance et peuvent, dans les cas de cyberdépendance, assurer le contact avec les services cantonaux et communaux spécialisés.</p><p>5. Pour ces raisons, le Conseil fédéral juge inutile d'accorder des moyens financiers supplémentaires, d'autant qu'un tel engagement de la Confédération ne pourrait se faire qu'au détriment des autres efforts de prévention, déjà fortement limités par les mesures d'économie.</p><p>6. C'est aux services compétents, en concertation avec les personnes impliquées, qu'il appartient de déterminer si un cas particulier nécessite un traitement stationnaire ou une prise en charge ambulatoire. Cette décision est fonction moins de la forme de la dépendance que de l'ampleur et de la nature des problèmes de santé et des problèmes sociaux induits par la dépendance.</p>  Réponse du Conseil fédéral.