An alle akkreditierten Journalisten
des Bundesgerichts
Lausanne, 28. Februar 2020
Embargo: 28. Februar 2020, 12:00 Uhr
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 7. Februar 2020 (6B_943/2019)
Unbefugtes Aufnehmen von Gesprächen: Auslegung des Begriffs
des "nichtöffentlichen" Gesprächs erweitert
Das Bundesgericht bestätigt einen Schuldspruch des Genfer Kantonsgerichts wegen
unbefugten Aufnehmens von Telefongesprächen mit einem Polizeibeamten. Um als
"nichtöffentlich" qualifiziert zu werden, muss sich ein Gespräch nicht zwingend auf
den Geheim- oder Privatbereich der Beteiligten beziehen oder im Rahmen persönlicher oder geschäftlicher Beziehungen erfolgen.
Der Beschwerdeführer hat ohne vorgängige Warnung mehrere Telefongespräche
aufgezeichnet, die er im Rahmen seiner beruflichen Tätigkeit mit einem Polizeibeamten
geführt hatte. In der Folge hat er die Aufnahmen per E-Mail im beruflichen Umfeld des
Polizeibeamten verbreitet, weshalb Letzterer Strafantrag stellte. Das erstinstanzliche
Gericht erklärte den Beschwerdeführer des unbefugten Aufnehmens von Gesprächen
(Artikel 179ter des  Schweizerischen  Strafgesetzbuches,  StGB)  schuldig,  was  das
Kantonsgericht des Kantons Genf bestätigte.
Das Bundesgericht weist die Beschwerde ab. Der Beschwerdeführer hatte geltend
gemacht, dass die aufgezeichneten Gespräche im Rahmen der amtlichen Tätigkeit des
Polizeibeamten geführt worden seien. Artikel  179ter StGB sei den Straftaten gegen den
Geheim- oder Privatbereich zuzuordnen und folglich nicht anwendbar. In einem
Leitentscheid von 1982 (BGE 108 IV 161) hat das Bundesgericht festgehalten, dass ein
nichtöffentliches Gespräch den privaten Bereich berühren müsse, um den strafrechtlichen Schutz von Artikel  179ter StGB zu geniessen. Das sei bei Gesprächen persönlicher oder geschäftlicher Natur der Fall. In Berücksichtigung des Zwecks von
Artikel 179ter StGB sowie der herrschenden Lehre ändert das Bundesgericht seine
diesbezügliche Rechtsprechung. Zweck dieser Strafbestimmungen ist es, dem Einzelnen zu erlauben, sich mündlich frei äussern zu können, ohne befürchten zu müssen,
dass seine Aussagen gegen seinen Willen aufgezeichnet werden und die ohne Hintergedanken ausgesprochenen Worte auf diese Weise verewigt werden. Folglich spielt es
keine Rolle, ob die Äusserungen den Geheim- oder Privatbereich betreffen und in
welcher Eigenschaft die Beteiligten diese tätigen.
Vorliegend waren die Gespräche zwischen dem Beschwerdeführer und dem Polizeibeamten nicht dazu bestimmt, von Dritten gehört zu werden. Zudem war das Recht des
Polizisten, sich frei zu äussern, nicht dadurch beschränkt, dass die Gespräche seine
amtliche Tätigkeit betrafen. Die Gespräche waren demzufolge "nichtöffentlich", weshalb
das Bundesgericht den Schuldspruch wegen unbefugten Aufnehmens von Gesprächen
bestätigt. A tous les journalistes accrédités auprès
du Tribunal fédéral
Lausanne, le 28 février 2020
Embargo : 28 février 2020, 12h00
Communiqué de presse du Tribunal fédéral
Arrêt du 7 février 2020 (6B_943/2019)
Enregistrement non autorisé de conversations  : élargissement de
l'interprétation de la notion de conversation «  non publique  »
Le Tribunal fédéral confirme une condamnation pénale prononcée par la Cour de
justice  genevoise  suite  à  l'enregistrement  non  autorisé  de  conversations
téléphoniques menées avec un fonctionnaire de police. Pour être qualifiée de «  non
publique », une conversation ne doit pas nécessairement se rapporter au domaine
secret ou privé de ceux qui y prennent part ou intervenir dans un contexte de
relations personnelles ou commerciales.
Le recourant a enregistré, sans avertissement préalable, plusieurs conversations
téléphoniques qu'il a menées, dans le cadre de son activité professionnelle, avec un
fonctionnaire de police. Par la suite, il a propagé ces enregistrements par courriel dans
l'entourage professionnel du fonctionnaire, qui a porté plainte. Le Tribunal de police du
canton de Genève a condamné le recourant pour enregistrement non autorisé de
conversations (article  179ter Code pénal suisse, CP), ce qui a été confirmé par la Cour
de justice genevoise.
Le Tribunal fédéral rejette le recours. Le recourant estimait que les entretiens qu'il a
enregistrés ressortaient d'une mission officielle d'un fonctionnaire de police et qu'ils ne
tombaient donc pas sous le coup de l'article  179ter CP, qui fait partie des infractions
contre le domaine secret ou privé.
Dans un arrêt de principe de 1982 (ATF 108 IV 161), le Tribunal fédéral avait estimé
qu'une conversation non publique devait toucher au domaine privé pour bénéficier de la
protection pénale au sens de cette disposition. Il en serait ainsi des communications
intervenant dans le cadre de relations personnelles ou commerciales. Partant du but de
l'article 179ter CP et suivant la doctrine majoritaire, le Tribunal fédéral revient sur cette
jurisprudence. Le but de cette disposition pénale est de permettre à un individu de
s'exprimer verbalement en toute liberté, sans craindre que ses propos ne soient
enregistrés contre sa volonté et que des paroles prononcées sans arrière-pensée se
trouvent ainsi abusivement perpétuées. Il importe donc peu de savoir si les propos tenus
se rapportent au domaine secret ou privé et en quelle qualité les interlocuteurs
s'expriment.
En l'espèce, les paroles échangées entre le recourant et le fonctionnaire de police
n'étaient pas destinées à être entendues par des tierces personnes. De plus, le fait que
le fonctionnaire ait agi dans le cadre de ses devoirs de fonctions ne permet pas de lui
dénier le droit de pouvoir s'exprimer librement. Ces conversations doivent donc être
qualifiées de « non publiques » et la condamnation pour enregistrement non autorisé de
conversations confirmée.