<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de prendre des mesures à l'égard de l'Allemagne pour régler la question du survol du sud du territoire allemand par les avions au départ et à destination de l'aéroport de Zurich ; ces mesures se fonderont sur les exigences en matière de protection contre le bruit prévues par la législation sur l'environnement des deux pays. Sur le plan interne, le Conseil fédéral veillera à organiser une vaste consultation avant que l'accord ne soit paraphé.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>En guise d'introduction, il convient de préciser que l'article 184 alinéas 1er et 2 de la Constitution fédérale attribue au Conseil fédéral la compétence de conclure les traités internationaux. Les négociations avec l'Allemagne sont achevées et l'accord sera signé prochainement ; la motion doit donc être rejetée.</p><p>Des motifs d'ordre matériel plaident également en faveur du rejet.</p><p>Au sujet de la limitation du bruit</p><p>Il est exact que le projet d'accord avec l'Allemagne comporte des dispositions spécifiques qui ont  trait aux hauteurs de vol, nombre de mouvements, heures d'exploitation, etc.</p><p>On ne peut toutefois pas en conclure que la solution convenue ne s'oriente pas sur le droit aéronautique et environnemental des deux pays.</p><p>Lorsque l'auteur de la recommandation demande qu'on recherche une solution fondée sur les exigences en matière de protection contre le bruit prévues par le droit environnemental des deux pays, il part de l'hypothèse que l'Allemagne pourrait se prévaloir d'une norme juridique allemande, à la rigueur d'une norme suisse, qui interdit les atteintes dues au bruit dépassant une certaine limite et que, en l'absence de telles normes, l'Allemagne devrait supporter le bruit des avions qui utilisent l'aéroport de Zurich. De telles réflexions ne sont pas suffisamment pertinentes.</p><p>Le principal instrument de droit environnemental dont un État dispose pour réglementer le bruit aux abords d'un aéroport est sa compétence de fixer les itinéraires d'approche et de départ. Dans la perspective de l'exposition au bruit, un État peut somme toute déterminer à quels endroits le bruit se manifestera ou pas.</p><p>Se fondant sur cette compétence, la Suisse a approuvé les approches depuis le nord en direction de l'aéroport de Zurich, soit des itinéraires qui empruntent aussi l'espace aérien allemand. Ce faisant, notre pays a mis en balance les intérêts en présence. On peut donc partir de l'idée que si l'Allemagne avait le pouvoir de décider du tracé des itinéraires de vol, les approches en direction de Zurich ne passeraient pas au-dessus de son territoire.</p><p>Dans cette situation de tensions, l'accord est un compromis entre la souveraineté de la Suisse, qui a le pouvoir de décider du tracé des routes d'approche et de départ, et la souveraineté de l'Allemagne, qui a le même pouvoir, mais uniquement dans la mesure où les routes qui concernent l'aéroport de Zurich sont situées dans son espace aérien.</p><p>Cela a des effets sur l'exigence de limiter le bruit par une réduction de la charge sonore globale (ceinture de bruit). Étant donné que l'Allemagne peut faire valoir son droit de souveraineté au sujet des mouvements de vol, une telle exigence visant à prendre en compte une ceinture de bruit en lieu et place d'une limitation du nombre des vols sera vouée à l'échec, car l'Allemagne s'y est toujours opposée malgré les efforts intensifs et répétés de la Suisse.</p><p>Les droits de l'Allemagne ne peuvent être exercés que dans la limite où ils ne sont pas en contradiction avec les obligations de droit international public. La Confédération a examiné la  question sous l'aspect du droit des gens. D'autres analyses sont en cours et leurs résultats seront présentés dans le message relatif à la ratification de l'accord. Elles ont largement contribué à ce que la Suisse ait préféré la solution contractuelle à celle du litige avec l'Allemagne. Dans le présent contexte, on peut considérer que la réglementation convenue est avantageuse pour notre pays.</p><p>Au sujet des consultations</p><p>Le chef du DETEC a consulté les cantons concernés, Swissair et la direction de l'aéroport de Zurich avant de conclure les négociations. Il a également entendu les partis politiques à la faveur des entretiens de Watteville.</p><p>D'autres consultations ne s'imposent pas, surtout si l'on considère que la situation est claire en ce qui concerne les intérêts de la Confédération suisse à la gestion aussi bien du trafic aérien au-dessus du sud de l'Allemagne que des vols en approche et au départ de Zurich. En effet, la Suisse a tout intérêt à conserver la plus grande marge de manoeuvre possible pour toutes les formes d'exploitation que l'on peut envisager au sujet de l'aéroport de Zurich. L'accord qui vient d'être négocié le garantit dans toute la mesure du possible.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.