<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. A. a demandé au service cantonal des automobiles</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'être exonérée de la taxe de véhicules automobiles, invoquant son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">handicap physique. Par décision du 24 juillet 1996, ledit service a rejeté</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cette requête. Expédié sous pli recommandé le 26 juillet 1996, l'envoi n'a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pas été réclamé par l'intéressée à la poste, qui l'a retourné à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'expéditeur le 7 août 1996, soit à l'expiration du délai de garde légal.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le 9 août 1996, le service des automobiles a envoyé une nouvelle fois la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">même décision à l'intéressée, sous pli simple, que celle-ci a reçu le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lendemain.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par mémoire déposé par son mandataire le 29 août 1996, A. a recouru contre cette décision devant le Département de la justice,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la santé et de la sécurité qui, par décision du 4 décembre 1996, a</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">déclaré le recours irrecevable parce que tardif. Le département a exposé</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que la décision était réputée avoir été communiquée le dernier jour du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">délai de garde postal et que, lorsque l'autorité procède à une deuxième</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notification, comme en l'espèce, celle-ci est sans effet juridique; qu'en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'espèce, la décision est réputée avoir été notifiée vraisemblablement le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4, mais au plus tard le 7 août 1996, lorsque le pli a été retourné à son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">expéditeur, de sorte que le recours, déposé le 29 août 1996, est tardif.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. A. interjette recours devant le Tribunal administratif</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre cette décision du département, en concluant à l'annulation de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">celle-ci et au renvoi de la cause à l'autorité de première instance pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">jugement sur le fond. Elle fait valoir que, avant de partir en vacances,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">elle s'était renseignée téléphoniquement auprès du service cantonal des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">automobiles pour se renseigner sur la suite de la procédure, et qu'il lui</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait été répondu qu'elle ne devait pas s'attendre à recevoir une décision</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dans l'immédiat; qu'il n'est pas normal que des décisions soient notifiées</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en pleine période de vacances; qu'en outre l'irrecevabilité de son recours</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">est constitutive d'un excès de formalisme.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Dans ses observations sur le recours, le département conclut au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet de celui-ci.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Il est exact que celui qui, pendant une procédure, s'absente</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un certain temps du lieu dont il a communiqué l'adresse aux autorités, en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">omettant de prendre les dispositions nécessaires pour que les envois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">postaux parvenant à cette adresse lui soient transmis, ou de renseigner</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité sur l'endroit où il peut être atteint, ou encore de désigner un</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">représentant habilité à agir en son nom, ne peut se prévaloir de son</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">absence lors de la tentative de notification d'une communication offi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cielle à son adresse habituelle, s'il devait s'attendre avec quelque</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vraisemblance à recevoir une telle communication. Il est vrai aussi, comme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'a exposé le département, que lorsque l'autorité procède à une deuxième</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">notification, celle-ci est en principe sans effets juridiques (ATF 117 V</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">132, et les références; RJN 1990, p.281).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Cependant, l'absence d'effets juridiques d'une deuxième notifi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cation est assortie d'une réserve : il s'agit de la protection de la bonne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">foi, que le destinataire peut invoquer en cas de nouvelle notification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'une décision indiquant le délai de recours de manière identique au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">premier envoi, sans autres précisions relatives à la première notification</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 119 V 94). Ainsi, selon la jurisprudence, lorsque l'autorité notifie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à nouveau une décision, contenant une indication sans réserve des voies de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">droit, encore dans le délai qui a commencé à courir à la suite d'une</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">première notification infructueuse, le délai pour recourir est compté dès</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la seconde notification, pour autant que les conditions relatives à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'application du principe constitutionnel de la protection de la confiance</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">soient remplies (ATF 115 Ia 12).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) En l'espèce, la recourante peut se prévaloir de la protection</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de sa bonne foi, puisque la décision du 24 juillet 1996, qu'elle n'est pas</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allée chercher à la poste, lui a été renvoyée encore une fois le 9 août</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996, c'est-à-dire bien avant l'expiration du délai de recours compté à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">partir de la fin du délai de garde. Or, la décision indiquait qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait faire l'objet d'un recours dans les 20 jours dès sa notification,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sans autre commentaire relatif au fait qu'une première notification avait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">été tentée sans succès et que le délai de recours applicable devait être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compté depuis cette première notification. La recourante a déclaré qu'elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">avait reçu la décision le 10 août 1996, et il n'est pas contesté que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">décision lui a été envoyée, en effet, sous pli simple le 9 août 1996. Par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conséquent, en déposant son recours le 29 août 1996, la recourante est ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">putée avoir agi à temps, puisqu'elle a respecté le délai de 20 jours à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compter de la réception de la décision envoyée sous pli simple.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En conséquence, c'est à tort que le département a déclaré le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours irrecevable et la cause doit lui être renvoyée pour qu'il entre en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">matière sur le fond.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Vu l'issue du litige devant la Cour de céans, il n'y a pas lieu</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de percevoir des frais de justice et la recourante a droit à des dépens</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(art.47 al.1, 48 LPJA).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Admet le recours et annule la décision attaquée, la cause étant ren-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> voyée au Département de la justice, de la santé et de la sécurité pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> qu'il entre en matière sur le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Alloue à la recourante une indemnité de dépens de 500 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice et ordonne la restitution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> à la recourante de son avance de frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 23 février 1998</span></p> </div></body></html>