Lausanne, 28. Oktober 2015
Medienmitteilung des Bundesgerichts
Urteil vom 28. Oktober 2015 (1C_35/2015)
IZRS-Jahreskonferenz 2014 zu Unrecht verboten
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde des Islamischen Zentralrats Schweiz
(IZRS) gegen das vom Kantonsgericht des Kantons Freiburg bestätigte Verbot zur
Durchführung der IZRS-Jahreskonferenz im November 2014 gut. Das Versammlungsverbot lässt sich weder auf das kantonale Gesetz über die öffentlichen Gaststätten
noch die polizeiliche Generalklausel stützen. 
Der IZRS hatte im Juni 2014 um die Bewilligung für die Jahreskonferenz am
29. November 2014 im Forum Freiburg ersucht. Der Oberamtmann des Saanebezirks
wies das Gesuch ab, da in erster Linie die Voraussetzungen für die Erteilung des
Patents K (zum entgeltlichen Ausschank von Speisen und Getränken) gemäss dem
kantonalen Gesetz über die öffentlichen Gaststätten (ÖGG) nicht erfüllt seien. Das
Kantonsgericht des Kantons Freiburg wies die Beschwerde des IZRS am 25. November
2014 ab und bestätigte das Versammlungsverbot.
Das Bundesgericht heisst die Beschwerde des IZRS an seiner öffentlichen Sitzung vom
Mittwoch gut und stellt fest, dass das Kantonsgericht die Bewilligung zu Unrecht
verweigert hat. Bei der Durchführung der IZRS-Jahreskonferenz geht es um eine
Versammlung auf privatem Grund. Versammlungen auf privatem Grund dürfen gemäss
bundesgerichtlicher Praxis grundsätzlich nicht vom Einholen einer vorgängigen Bewilligung abhängig gemacht werden und nur aus besonders schwerwiegenden Gründen
verboten werden. Die Auffassung des Kantonsgerichts, Versammlungen auf privatem
Grund unterstünden generell einer Bewilligungspflicht, widerspricht der in der Bundesverfassung garantierten Versammlungsfreiheit und ist weder mit der Freiburger Kantonsverfassung noch mit der bundesgerichtlichen Rechtsprechung vereinbar. Zur Begründung des Verbots stützt sich das Kantonsgericht auf das ÖGG und hilfsweise auf die
polizeiliche Generalklausel. Mit der Verweigerung des Patents K konnte dem IZRS
jedoch formell nur untersagt werden, bei seiner Veranstaltung Teilnehmer gegen Entgelt
zu bewirten. Ein Versammlungsverbot lässt sich indessen nicht auf das ÖGG stützen.
Die polizeiliche Generalklausel kann zwar selbst schwerwiegende Eingriffe in die Grundrechte rechtfertigen. Voraussetzung dazu ist, dass die öffentliche Ordnung und fundamentale Rechtsgüter gegen schwere und unmittelbare Gefahren zu schützen sind, die
nicht anders abgewehrt werden können. Im konkreten Fall ist nicht erstellt, dass von der
Durchführung der Jahreskonferenz des IZRS ein erhebliches, von der Kantonspolizei mit
verhältnismässigen Mitteln kaum beherrschbares Risiko für eine schwere Verletzung der
öffentlichen Sicherheit und Ordnung ausgegangen wäre. Das ausgesprochene Versammlungsverbot erweist sich in dieser Hinsicht als unverhältnismässig. Lausanne, le 28 octobre 2015
Communiqué aux médias du Tribunal fédéral
Arrêt du 28 octobre 2015 (1C_35/2015)
La conférence annuelle 2014 du Conseil central islamique suisse 
interdite à tort
Le Tribunal fédéral admet le recours interjeté par le Conseil central islamique suisse
(CCIS) contre le jugement du Tribunal cantonal fribourgeois confirmant l'interdiction
de la tenue de sa conférence annuelle de novembre 2014. L'interdiction de réunion
ne se justifie ni au regard de la loi cantonale sur les établissements publics ni sur la
base de la clause générale de police. 
En juin 2014, le CCIS a requis de pouvoir organiser sa conférence annuelle le
29 novembre 2014 au Forum Fribourg. Le Préfet du district de la Sarine a refusé la
délivrance de l'autorisation sollicitée au motif que les conditions définies par la loi
cantonale sur les établissements publics pour l'octroi d'une patente K (vente et service
de mets et boissons) n'étaient pas réalisées. Par arrêt du 25 novembre 2014, le Tribunal
cantonal fribourgeois à écarté le recours formé par le CCIS et a confirmé l'interdiction
décidée par le Préfet. 
Lors de sa séance publique de mercredi, le Tribunal fédéral admet le recours du CCIS
jugeant que la cour cantonale avait injustement refusé l'octroi de l'autorisation requise.
La tenue de cette conférence relève de la question de la liberté de réunion sur le
domaine privé. D'après la jurisprudence, les réunions dans un lieu privé ne sont pas
soumises au régime de l'autorisation préalable et ne peuvent être interdites qu'en
présence  de  motifs  particulièrement  graves.  Soumettre,  de  façon  générale,
l'organisation de réunions sur le domaine privé à un régime d'autorisation est non
seulement incompatible avec la garantie de la liberté de réunion consacrée par la
Constitution fédérale mais également contraire à la constitution cantonale et à la
jurisprudence du Tribunal fédéral. Le refus du Tribunal cantonal se base sur la loi
cantonale sur les établissements publics, respectivement sur la clause générale de
police. Le refus de la délivrance d'une patente K consacre toutefois uniquement
l'interdiction pour le CCIS de servir aux participants de la conférence des mets et
boissons contre rémunération; en ce sens, la loi cantonale ne peut fonder une
interdiction de réunions. La clause générale de police permet en principe de justifier des
atteintes graves aux droits fondamentaux; cela suppose néanmoins que l'ordre public et
des biens juridiquement protégés soient menacés de façon grave et imminente et que
seules de telles atteintes soient propres à écarter le danger. En l'espèce, il n'est pas
établi que la tenue de la conférence annuelle du CCIS aurait engendré un risque
considérable pour l'ordre et la sécurité publics, que la police cantonale n'aurait pas été à
même de contrôler par la mise en oeuvre de moyens adéquats. L'interdiction s'avère
dès lors comme disproportionnée.