<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <a name="idp303712"></a><div class="big bold">Urteilskopf</div> <br/>138 III 568<br/><br/><br/><div class="paraatf">84. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit civil dans la cause A. contre B. (recours en matière civile)</div> <div class="paraatf">5A_206/2012 du 9 août 2012</div> <a name="idp305264"></a> <a name="idp309200"></a><br/><div id="regeste" lang="de"> <div class="big bold">Regeste</div> <br/><div class="paraatf"><span class="artref">Art. 312 ZPO</span> (analoge Anwendung); Anforderungen an die Zustellung der Anschlussberufung. <div class="paratf">Die Rechtsmittelinstanz muss die Anschlussberufung dem Hauptberufungskläger zustellen, ihm Gelegenheit geben, sich innert einer Frist von dreissig Tagen ab Empfang dazu zu äussern, und ihn auf die Säumnisfolgen aufmerksam machen (E. 3). </div> </div> </div> <a name="idp312912"></a> <br/><div> <a name="idp316704"></a><span class="big bold" id="sachverhalt">Sachverhalt</span> <span class="small">ab Seite 568</span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="page568"></a><div class="center pagebreak">BGE 138 III 568 S. 568</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp318368"></a><span class="bold">A. </span>B., née en 1990, est la fille de A., née en 1961, et de C., né en 1961, de nationalité espagnole.</div> <div class="paraatf">Le père, qui a reconnu sa paternité, est retourné en Espagne en 1991, cessant depuis lors de contribuer à l'entretien de B.</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp320336"></a><span class="bold">B. </span>Par jugement du 1<sup>er</sup> mars 2011, le Président du Tribunal civil de la Sarine a astreint A. à subvenir à l'entretien de B. par le versement d'une contribution alimentaire de 500 francs, allocations de formation en sus, du 1<sup>er</sup> septembre 2009 au 31 juillet 2010, par le paiement des allocations de formation du 1<sup>er</sup> août 2010 au 31 juillet 2011, et par le versement d'une contribution alimentaire de 500 fr., allocations de formation en sus, dès le 1<sup>er</sup> septembre 2011 jusqu'à l'achèvement de la formation musicale de B., pour autant que dite formation soit achevée dans les délais normaux.</div> <div class="paraatf">Statuant le 15 novembre 2011 sur appel de A. et appel joint de B., la I<sup>re</sup> Cour d'appel civil du Tribunal cantonal du canton de Fribourg a partiellement admis le premier et admis le second. <a name="page569"></a><div class="center pagebreak">BGE 138 III 568 S. 569</div> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp325952"></a><span class="bold">C. </span>Par arrêt du 9 août 2012, le Tribunal fédéral a admis le recours en matière civile déposé par A., annulé la décision entreprise et renvoyé la cause au Tribunal cantonal.</div> <div class="paraatf"> <i>(résumé)</i> </div> <br/><div> <a name="idp188752"></a><span class="big bold" id="erwaegungen">Erwägungen</span> </div> <br/><div class="paraatf">Extrait des considérants:</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp189712"></a><span class="bold" id="consideration_3.">3. </span> </div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp190752"></a><span class="bold" id="consideration_3.1">3.1 </span>L'autorité cantonale doit, à réception d'un appel joint, appliquer l'<span class="artref">art. 312 CPC</span> (RS 272) par analogie (parmi plusieurs: NICOLAS JEANDIN, in CPC, Code de procédure civile commenté, 2011, n° 7 ad <span class="artref">art. 313 CPC</span>; IVO W. HUNGERBÜHLER, in Schweizerische Zivilprozessordnung ZPO, Kommentar, Brunner et al. [éd.], 2011, n° 19 ad <span class="artref">art. 313 CPC</span>; REETZ/HILBER, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], Sutter-Somm et al. [éd.], 2010, n° 40 ad <span class="artref">art. 313 CPC</span>). L'application analogique de cette disposition - qui concerne la notification de l'appel à l'intimé ainsi que le droit de réponse de ce dernier - se justifie dès lors que l'appel joint constitue lui-même un appel, formé par la partie intimée contre l'appelant principal. Celui-ci est ainsi en droit de se déterminer sur cette écriture ainsi que le lui garantit son droit d'être entendu (<span class="artref">art. 53 al. 1 CPC</span>; HUNGERBÜHLER, op. cit., n° 19 ad <span class="artref">art. 313 CPC</span>; ALEXANDRE BRUNNER, in ZPO, Kurzkommentar, Paul Oberhammer [éd.], 2010, n° 3 ad <span class="artref">art. 313 CPC</span>).</div> <div class="paraatf">Aux termes de l'<span class="artref">art. 312 al. 1 CPC</span>, <i>l'instance d'appel doit notifier l'appel à la partie adverse pour qu'elle se détermine par écrit</i>, sauf si l'appel est manifestement irrecevable ou infondé ("Die Rechtsmittelinstanz stellt die Berufung der Gegenpartei zur schriftlichen Stellungnahme zu"; "L'autorità giudiziaria superiore notifica l'appello alla controparte <i>invitandola</i> a presentare per scritto le proprie osservazioni"). Après un examen préliminaire, l'instance d'appel doit ainsi <i>inviter</i> l'intéressé à se déterminer (cf. version italienne du texte légal; HUNGERBÜHLER, op. cit., n° 12 ad <span class="artref">art. 312 CPC</span>; KARL SPÜHLER, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2010, n° 1 ad <span class="artref">art. 312 CPC</span>), en le rendant attentif aux conséquences d'un défaut (<span class="artref">art. 147 al. 3 CPC</span>; DENIS TAPPY, in Code de procédure civile commenté, 2011, n° 16 ad <span class="artref">art. 147 CPC</span>). L'intimé dispose d'un délai de 30 jours pour ce faire (<span class="artref">art. 312 al. 2 CPC</span>), délai courant dès la réception du mémoire notifié par l'instance d'appel (JEANDIN, op. cit., n° 3 ad <span class="artref">art. 312 CPC</span>; BENEDIKT SEILER, Die Berufung nach der Schweizerischen Zivilprozessordung, 2011, n. 1120).</div> <div class="paraatf">L'application analogique de l'<span class="artref">art. 312 CPC</span> à l'appel joint implique ainsi que l'instance d'appel doit notifier celui-ci à l'appelant principal <a name="page570"></a><div class="center pagebreak">BGE 138 III 568 S. 570</div> <i>en invitant ce dernier à se déterminer</i> (<span class="artref">art. 312 al. 1 CPC</span> appliqué par analogie), ce dans un délai de trente jours dès sa réception par l'intéressé (<span class="artref">art. 312 al. 2 CPC</span> appliqué par analogie), avec indication des conséquences d'un défaut (<span class="artref">art. 147 al. 3 CPC</span>).</div> <br/><div class="paraatf"> <a name="idp388608"></a><span class="bold" id="consideration_3.2">3.2 </span>En l'espèce, la cour cantonale a transmis la réponse de l'intimée à la recourante par pli simple, comme en atteste le tampon de transmission figurant sur l'écriture litigieuse, sans toutefois l'inviter à se déterminer sur celle-ci, dont elle estimait pourtant qu'elle contenait un appel joint. Or, vu les principes sus-exposés et sauf à violer l'<span class="artref">art. 312 CPC</span>, la juridiction se devait d'impartir à l'intéressée un délai de 30 jours pour présenter ses observations sur le mémoire déposé par l'intimée, avec indication des conséquences d'un défaut. On ne saurait au demeurant reprocher à la recourante de ne pas avoir réagi de sa propre initiative en temps utile dans la mesure où, l'autorité d'appel l'admet elle-même, les conditions de recevabilité de l'appel joint étaient douteuses.</div> <div class="paraatf">Pour ces motifs, le recours doit être admis et l'arrêt entrepris doit être annulé, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les griefs additionnels invoqués par la recourante.</div> </div></body></html>