Décision du 14 août 2012 Cour des plaintes Composition Les juges pénaux fédéraux Stephan Blättler, prési- dent, Tito Ponti et Patrick Robert-Nicoud, le greffier Aurélien Stettler Parties A. AG, recourante contre MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, case postale 334, 1000 Lausanne 22, partie adverse Objet Gestion d'un compte sous séquestre (art. 266 al. 6 CPP) B u n d e s s t r a f g e r i c h t T r i b u n a l p é n a l f é d é r a l T r i b u n a l e p e n a l e f e d e r a l e T r i b u n a l p e n a l f e d e r a l Numéro de dossier: BB.2012.123 Procédure secondaire: BP.2012.51 - 2 - Vu: - la procédure pénale menée, depuis l’été 2009, par le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) contre B. et consorts, - la requête de la banque C. SA du 3 août 2012 visant à obtenir l’autorisation du MPC de don ner suite aux instructions de A. AG tendant au rachat de 10'000 actions "D.", avec une limite à CHF 22.-- par action, - la décision du MPC du 7 août 2012 par laquelle cette autorité a refusé ladite requête (act. 1.1), - le recours interjeté le 7 août 2012 – et complété le 9 août 2012 (act. 2) – par A. AG à l’encontre de la décision précitée (act. 1), - les conclusions dudit recours visant, en substance, à l’annulation du pro - noncé entrepris, l'effet suspensif devant préalablement être octroyé au r e- cours (act. 1), Et considérant: que la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral examine d’office et en pleine cognition la recevabilité des recour s qui lui sont adressés (ATF 133 I 206 consid. 2; 132 I 140 consid. 1.1; 131 I 153 consid. 1); que les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 LOAP en lien avec l’art. 19 al. 1 du règlement sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral [ROTPF; RS 173.713.161]); que le recours est recevable à la condition que le recourant dispose d’un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de la décision entreprise (art. 382 al. 1 CPP); que, s’agissant d’une mesure de séquestre d’un compte bancaire, seul le titulaire du compte remplit en principe cette condition (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2011.10/11 du 18 mai 2011, consid. 1.5 et jurisprudence citée); - 3 - qu’il doit en aller de même lorsque le recours porte sur des opérations de gestion du compte en question ( décision du Tribunal pénal fédéral BB.2011.113 -114 du 23 décembre 2011, consid. 1.2.1); qu’en tant que titulaire du compte séquestré in casu, la recourante a ainsi la qua- lité pour recourir contre la décision querellée; que le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement doit être mo - tivé et adressé par écrit dans le délai de dix jours à l’autorit é de céans (art. 396 al. 1 CPP); que le recours déposé le 7 août 2012 l’a été en temps utile; qu’au vu de ce qui précède, celui-ci est recevable; que la gestion d'un compte sous séquestre doit se faire dans le respect des règles émanant de l'ordonnance sur le placement des valeurs patrimonial es sé- questrées (RS 312.057) et des principes que la jurisprudence en a dégagés (v. notamment décision du Tribunal pénal fédéral BB.2011.113-114 précitée); que selon les principes en question, la gestion des valeurs patrimoniales bl o- quées doit tendre à con server le capital bloqué et obtenir un rendement régulier de celui -ci (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2010.92 -94 du 27 avril 2011, consid. 4.2.2); que la Cour de céans a déjà eu l'occasion de se pencher sur la gestion du compte en question dans un arrêt précédent (procédure BB.2010.92-94 susmen- tionnée); qu'il avait été constaté à cette occasion que les directives internes de la banque abritant le compte de la recourante fixaient à un maximum d'environ 20% la part d'actions que pouvait contenir un p ortefeuille à profil conservateur (arrêt précité, consid. 4.2.2); que la décision entreprise indique que le portefeuille de la recourante " contient déjà 45% d'actions et que le cours des actions de ce type de sociétés actives dans le domaine des pharmas e st particulièrement volatil, ce qui empêche de considérer ce genre d'investissement comme conservatoire" (act. 1.1); que la recourante se contente d'alléguer que "[d]as Risikoprofil wird entgegen der Behauptung der BA nicht erhöht, sondern reduziert ", ajoutant que " dies hat u.a. - 4 - auch die Bank bestätigt " (act.1) sans toutefois apporter le moindre élément sus- ceptible d'étayer son assertion; qu'il ressort du document produit par la recourante le 9 août 2012 que le cours de l'action D. est susceptible d'évolu er rapidement, la recourante inv oquant elle - même "ein zusätzlicher Schaden von Fr. 12'500" pour la seule matinée du 9 août 2012 (act. 2); que le cours est susceptible d'évoluer aussi bien à la hausse qu'à la baisse, et ce à relativement courte échéance, rendant ainsi le placement risqué; que les considérations qui précèdent suffisent à établir que le refus du MPC d'au- toriser l'achat souhaité n'est pas contraire aux principes applicables en pareille hypothèse, et ce en tant qu'ils visent à parvenir à un po rtefeuille de type conser- vateur; que le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté sans échange d'écrit u- res préalable (art. 390 al. 2 CPP); que pareille issue prive d'objet la requête d'effet suspensif formée à l'appui du re- cours; que vu le sort de la cause, il incombe à la recourante de supporter les frais de celle-ci, lesquels prendront en l’espèce la forme d’un émolument qui, en applic a- tion des art. 5 et 8 du Règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale (RS 173.713.162), sera fixé à CHF 750.--. - 5 - Par ces motifs, la Cour des plaintes prononce: 1. Le recours est rejeté. 2. La requête d'effet suspensif est sans objet. 3. Un émolument de CHF 750.-- est mis à la charge de la recourante. Bellinzone, le 14 août 2012 Au nom de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral Le président: Le greffier: Distribution - A. AG - Ministère public de la Confédération Indication des voies de recours Il n’existe pas de voie de recours ordinaire contre la présente décision.