<h2>SubmittedText<h2><p>Tout récemment, les exemples d'informations trompeuses ou erronées au sujet de la Suisse se sont multipliés à l'étranger.  En rapport notamment avec la Fondation de solidarité, le régime monétaire, l'or de la Banque nationale, ou, pire encore, avec le nombre de réfugiés et l'aide sur place, les médias européens et, surtout, américains se sont souvent fait l'écho d'informations grotesques. Bien souvent, il n'est fait aucun cas des prestations fournies par notre pays ; c'est ainsi qu'un grand journal américain a écrit que la Suisse avait accueilli quelques dizaines de personnes en provenance du Kosovo. Or, plus de 200 000 Albanais du Kosovo vivent actuellement dans notre pays, dont des dizaines de milliers en tant que réfugiés. </p><p>La politique d'information du Conseil fédéral à l'égard de l'étranger est insuffisante. La dissolution de la Task Force a encore aggravé la situation. D'une part, les correspondants permanents de médias étrangers accrédités à Berne sont extrêmement rares, et, d'autre part, le Conseil fédéral n'exploite pas les réseaux permettant de pratiquer, pour les questions importantes, une politique d'information continue à l'égard de l'étranger. Je songe notamment aux nombreux médias étrangers travaillant au siège genevois des Nations Unies. </p><p>Mes questions sont les suivantes :</p><p>1. Comment compte agir le Conseil fédéral pour mieux véhiculer les informations importantes auprès du public international ?</p><p>2. Ne serait-il pas indiqué de communiquer en anglais les informations importantes ayant un impact à l'étranger ? </p><p>3. Dans les recommandations du rapport de la Commission de politique extérieure du Conseil national, "Promouvoir l'image de la Suisse", du 4 novembre 1997, aucune mention n'est faite de la politique d'information à l'égard de l'étranger. Le Conseil fédéral est-il prêt à intégrer ce thème dans ses efforts visant à améliorer l'image de la Suisse ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>L'auteur de l'interpellation relève à juste titre que les médias étrangers diffusent des informations sur la Suisse qui sont souvent lacunaires et qu'il n'est pas rare qu'ils mêlent clichés et sous-entendus portant préjudice à notre image dans le monde lorsqu'ils traitent (ou daignent traiter) des questions touchant ou intéressant notre pays.</p><p>Ces derniers temps, le Conseil fédéral a constaté, outre les cas exposés par l'intervenant, une multiplication dans la presse étrangère des exemples d'informations trompeuses voire fausses, et ce tout particulièrement sur la crise du Kosovo, mais aussi sur l'affaire Mabetex.</p><p>Le Conseil fédéral est donc pleinement conscient du fait qu'on doit faire plus d'efforts pour informer les journalistes étrangers, quoiqu'il sache pertinemment qu'on ne peut leur dicter ce qu'ils doivent écrire sur notre pays.</p><p>1. Ni le Conseil fédéral ni l'administration fédérale ne sont jusqu'à présent restés les bras croisés. En effet, aussi bien la Chancellerie fédérale que le Département fédéral des affaires étrangères ont veillé, il y a des années, à ce que soit aménagée, au Palais des Nations à Genève, une installation permettant aux journalistes étrangers de recevoir au jour le jour les dépêches de l'Agence télégraphique suisse, autrement dit d'être informés immédiatement de ce qui se passe en Suisse. Certains départements fédéraux envoient eux-mêmes par téléfax leurs communiqués de presse auxdits médias ou organisent des séances d'information et des invitations à leur intention. Le DDPS organise par exemple à intervalles réguliers des journées d'information destinées aux journalistes étrangers. L'OFEFP profite des conférences internationales (sur les déchets, sur le climat) pour faire connaître à ces journalistes le point de vue de la Suisse ; il leur distribue une documentation conçue spécialement pour eux à cette occasion. Enfin, le DFF informe activement le public international des aspects de la politique fiscale et financière de notre pays et des questions relatives à la place financière suisse.</p><p>De plus, trois nouveaux centres, à forte participation suisse, ont ouvert leurs portes à Genève ces dernières années. Tous trois contribuent à leur manière à diffuser l'avis de notre pays sur les questions d'importance internationale. Il s'agit de la Maison internationale de l'environnement, du Centre de politique de sécurité et du Centre de déminage humanitaire.</p><p>À l'heure actuelle, environ 130 journalistes étrangers - hommes et femmes - sont accrédités auprès du DFAE. C'est notamment pour eux qu'a été créé, à l'hôtel Bellevue à Berne, le Foyer de la presse, qui comprend une salle de conférence et des places de travail.</p><p>Les services d'information de la Confédération répondent en plusieurs langues aux questions qui leur sont posées du monde entier. Ils favorisent également les contacts entre les journalistes étrangers et les figures du monde politique suisse. Depuis un certain nombre d'années, la Suisse invite régulièrement des délégations de journalistes étrangers à faire plus ample connaissance avec le système politique, l'économie, la culture et la société de notre pays, au moyen d'un programme spécialement conçu pour eux.</p><p>Depuis le tout début de la crise du Kosovo, les départements concernés et la Chancellerie fédérale font de gros efforts pour diffuser aussi à l'étranger nos informations. Le DFAE publie chaque semaine, en accord avec les autres services concernés, un "Bulletin des Balkans", dont la version anglaise est remise aux journalistes accrédités à Genève, mais aussi à toutes les missions et ambassades de Suisse à l'étranger et à tous les attachés de presse des ambassades des pays étrangers en Suisse. Les trois départements les plus concernés (le DFAE, le DFJP et le DDPS) ont en outre publié, en collaboration avec la Chancellerie fédérale, une brochure illustrée sur la politique balkanique du Conseil fédéral ; cette brochure est en voie de réactualisation et paraîtra non seulement en français, en allemand et en italien, mais aussi en anglais. </p><p>Désireux de toujours mieux informer les représentants des médias étrangers en Suisse des réalités et de la vie politique de notre pays, le DFAE envisage de créer une antenne du Service d'information à Berne à la Mission permanente de la Suisse à Genève. Il est en train d'en examiner les modalités, mais une première expérience est d'ores et déjà en cours. Cette antenne servira également de relais aux services d'information de tous les autres départements. Le DFAE entend ce faisant profiter de la présence à Genève du très grand nombre de journalistes accrédités auprès des organisations internationales pour mieux faire passer nos informations. Ces journalistes disposeront donc d'informations qui leur seront quasiment livrées à domicile, qu'ils n'auront donc plus besoin d'aller chercher eux-mêmes.</p><p>2. La question de la langue est en effet capitale. Bien que la Suisse utilise trois langues importantes, force est de constater qu'il est difficile de bien communiquer sans avoir recours à l'anglais. Aussi, le Conseil fédéral a-t-il, depuis quelques années, pris des dispositions pour que les informations importantes ou à caractère international soient aussi fournies dans la langue de Shakespeare. A titre d'exemple, les informations sur le thème de la Suisse et de la Deuxième Guerre mondiale, notamment les prises de position du Conseil fédéral et celles de la Task Force, ont aussi été traduites et diffusées dans cette langue. Le DFF traite, lui aussi, certains thèmes particuliers en anglais (dont celui de la Fondation "Suisse solidaire") pour répondre aux attentes de certains groupes précis. Est aussi traduite en anglais une brochure de l'Office fédéral des réfugiés sur les questions du moment de notre politique d'asile.</p><p>De très nombreux services de la Confédération sont aussi présents en anglais sur Internet. De leurs sites web, souvent excellents, ils diffusent une multitude d'informations au moyen d'applications multimédias. Couvrant la planète et accessible de n'importe quel point du globe, Internet, dernier-né des médias, était prédestiné à utiliser l'anglais comme langue de communication. </p><p>On remarquera toutefois que, pour des raisons d'économies, la Confédération dispose, jusqu'à présent, de très peu de traducteurs en anglais, ce qui est particulièrement préjudiciable lorsqu'il s'agit de traiter des documents qui ont un caractère d'urgence ou dont la traduction exige des connaissances très spécifiques. Vu l'importance prise par cette langue, le Conseil fédéral va étudier sérieusement la question et examiner la possibilité de créer un service de traduction en anglais à la Chancellerie fédérale. Cela ne portera toutefois en rien préjudice à la publication d'informations dans nos langues nationales.</p><p>3. Dans un message qu'il a adressé aux Chambres, le Conseil fédéral leur a demandé de réorienter et de renforcer la Commission de coordination pour la présence de la Suisse à l'étranger et de la transformer en un organisme qui sera appelé "Présence Suisse". Il l'a fait dans le but d'améliorer l'image de la Suisse à l'étranger. La réorganisation de la COCO renforcera également le Conseil fédéral dans les efforts qu'il déploie en vue de mener une politique d'information professionnalisée, efficace, et davantage tournée vers l'extérieur.</p>  Réponse du Conseil fédéral.