<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="content"> <div class="para"> </div> <div class="para">Bundesgericht </div> <div class="para">Tribunal fédéral </div> <div class="para">Tribunale federale </div> <div class="para">Tribunal federal </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <table border="0"> <tr> <td> <img height="68" src="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/clir/http/displayimage.php?id=2013-08-02-5A_519-2013.1&amp;type=gif" width="95"/> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> <tr> <td> <div class="para">{T 0/2} </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5A_519/2013 </b> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> <td> <div class="para"> </div> </td> </tr> </table> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Arrêt du 2 août 2013</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>IIe Cour de droit civil</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Composition </div> <div class="para">MM. les Juges fédéraux von Werdt, Président, </div> <div class="para">Herrmann et Schöbi. </div> <div class="para">Greffier: M. Braconi. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Participants à la procédure </div> <div class="para">X.________, </div> <div class="para">représenté par Me Raphaël Schindelholz, avocat, </div> <div class="para">recourant, </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>contre</i> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <i>Justice de paix du district de Lausanne</i>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Objet </div> <div class="para">placement à des fins d'assistance, </div> <div class="para"> </div> <div class="para">recours contre l'arrêt de la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 11 juin 2013. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Faits:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>A.</b> </div> <div class="para">Le 1er juin 2011, la Justice de paix du district de Lausanne a ordonné l'ouverture d'une enquête, visant notamment à la privation de liberté à des fins d'assistance, à l'encontre de X.________. </div> <div class="para">Le rapport d'expertise psychiatrique du 20 janvier 2012, établi dans le cadre de cette enquête, a diagnostiqué un syndrome de dépendance à l'alcool sévère, associé à des troubles persistants dus à la consommation chronique d'alcool, relevant de multiples et sévères répercussions somatiques, ainsi que des répercussions psychiques. Les experts ont estimé, en définitive, qu'il était impératif de parvenir à un arrêt complet de la consommation d'alcool ce qui, vu le refus de traitement spécialisé par l'intéressé, nécessite un placement à des fins d'assistance. </div> <div class="para">Par décision du 21 mars 2012, la Justice de paix a notamment ordonné le placement de X.________ à des fins d'assistance, pour une période indéterminée, dans tout établissement approprié à sa situation. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.a.</b> Par lettre du 5 octobre 2012, X.________ a demandé à la Justice de paix de réévaluer sa situation et de lever la mesure de placement à des fins d'assistance. Le 19 novembre 2012, il a sollicité une nouvelle fois la levée de son placement, exposant que sa situation avait évolué favorablement. </div> <div class="para">Par courrier adressé le 13 décembre 2012 à la Justice de paix, X.________ a confirmé sa requête de levée du placement, faisant valoir que les conditions d'une telle mesure n'étaient plus réalisées. Un rapport médical du 29 janvier 2013 a certifié que l'état de santé de l'intéressé s'était stabilisé, mais que le personnel de l'EMS avait encore constaté une tendance à s'alcooliser en certaines circonstances et que l'équipe soignante de l'EMS estimait que le placement devait être maintenu. </div> <div class="para">A l'issue d'une audience du 20 février 2013, au cours de laquelle X.________ a été entendu, la Justice de paix a notamment rejeté la requête de levée de la mesure de placement à des fins d'assistance et ordonné le maintien du placement à l'EMS Y.________. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>B.b.</b> Par acte d'emblée motivé du 23 mai 2013, X.________ a recouru contre cette décision. Statuant le 11 juin 2013, la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté le recours. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>C.</b> </div> <div class="para">Par acte du 10 juillet 2013, X.________ exerce un recours en matière civile et un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal fédéral contre cet arrêt, doublé d'une requête d'assistance judiciaire pour la procédure fédérale. Il conclut principalement à la levée de la mesure de privation de liberté à des fins d'assistance, subsidiairement au renvoi de la cause aux juridictions cantonales pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il s'en prend aussi au rejet de sa demande d'assistance judiciaire, faute de chances de succès, par la cour cantonale. </div> <div class="para">La Chambre des curatelles s'est référée aux considérants de son arrêt, alors que la Justice de paix a renoncé à se déterminer, renvoyant pour le surplus à sa décision du 20 février 2013. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Considérant en droit:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Déposé dans le délai légal (<span class="artref">art. 100 al. 1 LTF</span>) par l'intéressé (<span class="artref">art. 76 al. 1 LTF</span>) contre une décision, rendue par un tribunal supérieur statuant sur recours en dernière instance cantonale (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/75/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/75/1" type="start"></artref>art. 75 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/75/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>), qui refuse la levée de son placement à des fins d'assistance, la décision entreprise est sujette au recours en matière civile en vertu de l'art. 72 al. 2 let. b ch. 6 LTF. Partant, le recours constitutionnel subsidiaire est d'emblée irrecevable (<span class="artref">art. 113 LTF</span>). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">L'autorité précédente a statué sur pièces, sans procéder à l'audition personnelle du recourant. Sur le fond, elle a retenu que l'état de santé psychique de l'intéressé s'était stabilisé, mais que celui-ci avait tendance à s'alcooliser lorsqu'il sortait de l'EMS, sa femme n'intervenant clairement pas dans sa consommation d'alcool, qu'il aurait par ailleurs adopté des comportements agressifs envers son épouse et qu'il était en définitive incapable de maîtriser seul sa dépendance, nécessitant ainsi une aide que seul un cadre institutionnel approprié à sa situation pouvait lui fournir. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Le recourant se plaint successivement de la violation de son droit d'être entendu (<span class="artref">art. 29 al. 2 Cst.</span>), d'arbitraire dans l'appréciation des preuves et l'établissement des faits (<span class="artref">art. 9 Cst.</span>) et de la violation de son droit à l'assistance judiciaire (<span class="artref">art. 29 al. 3 Cst.</span>); il dénonce en outre la violation du droit fédéral, singulièrement des art. 8, 426 al. 3, 450e al. 3 et 4 CC et 117 CPC. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.1.</b> Il convient d'examiner d'abord le moyen relatif au défaut d'audition personnelle du recourant par la juridiction cantonale de recours, sous l'angle du grief de la violation de l'<span class="artref">art. 450e al. 4 CC</span>. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.2.</b> La juridiction précédente a considéré que l'audition personnelle de l'intéressé par « <i>l'autorité judiciaire de recours</i> » ne vaut, dans le canton de Vaud, « qu'à l'égard de la première autorité judiciaire compétente », condition remplie en l'occurrence, car le recourant a été entendu par la Justice de paix le 20 février 2013. Le recourant soutient au contraire que la cour cantonale ne pouvait rendre une décision de placement à des fins d'assistance, en raison de troubles psychiques, sans l'entendre elle-même. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.3.</b> Aux termes de l'<span class="artref">art. 450e al. 4 1</span>ère phrase CC, l'instance judiciaire de recours, en règle générale réunie en collège, entend la personne concernée. D'après le Message du Conseil fédéral, du 28 juin 2006, concernant la révision du code civil suisse (Protection de l'adulte, droit des personnes et droit de la filiation), cette disposition correspond à l'<span class="artref">art. 397f al. 3a CC</span> et à l'<span class="artref">art. 447 al. 2 CC</span>, et énonce clairement que « l'autorité judiciaire de recours également doit, en règle générale, entendre la personne concernée en tant qu'autorité collégiale » (FF 2006 p. 6719 <i>in fine</i> ). Dans une jurisprudence récente, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de privilégier l'interprétation littérale de cette norme et de préciser que l'exigence de l'audition personnelle en instance de recours valait aussi dans le canton de Vaud, même si l'intéressé avait déjà été entendu par une première autorité judiciaire compétente pour statuer sur sa demande de levée du placement (arrêt 5A_299/2013 du 6 juin 2013, consid. 4 destiné à la publication). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.4.</b> La cour cantonale n'ayant pas procédé à l'audition personnelle du recourant, elle a dès lors violé l'<span class="artref">art. 450e al. 4 1</span>ère phrase CC, en sorte que l'arrêt attaqué doit être annulé pour ce motif déjà et la cause renvoyée à la juridiction précédente pour nouvelle instruction - incluant l'audition personnelle du recourant - et nouvelle décision sur le fond, sans qu'il faille examiner les autres griefs de l'intéressé. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est rendu sans frais (<span class="artref">art. 66 al. 4 LTF</span>), ce qui n'exonère pas le canton de Vaud de verser des dépens à sa partie adverse qui l'emporte (<span class="artref"><artref id="CH/173.110/68/2" type="start"></artref><artref id="CH/173.110/68/1" type="start"></artref>art. 68 al. 1 et 2 LTF</span><artref id="CH/173.110/68/2" type="end"></artref><artref id="CH/173.110/2" type="end"></artref>; CORBOZ, <i>in</i> : Commentaire de la LTF, 2009, n° 21 ad art. 68). Cela étant, la requête d'assistance judiciaire du recourant est sans objet (<a class="bgeref_id" href="https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=24&amp;from_date=01.08.2013&amp;to_date=20.08.2013&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=&amp;rank=0&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=atf%3A%2F%2F136-I-129%3Ade&amp;number_of_ranks=0#page129">ATF 136 I 129</a> consid. 10). </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:</b> </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>1.</b> </div> <div class="para">Le recours constitutionnel est irrecevable. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>2.</b> </div> <div class="para">Le recours en matière civile est admis, l'arrêt attaqué est annulé et la cause est renvoyée à l'autorité précédente pour nouvelle instruction et nouvelle décision dans le sens des considérants. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>3.</b> </div> <div class="para">Il n'est pas perçu de frais judiciaires. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>4.</b> </div> <div class="para">La requête d'assistance judiciaire du recourant est sans objet. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>5.</b> </div> <div class="para">Une indemnité de 1'500 fr., à payer au recourant à titre de dépens, est mise à la charge du canton de Vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> <b>6.</b> </div> <div class="para">Le présent arrêt est communiqué au recourant, à la Justice de paix du district de Lausanne et à la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud. </div> <div class="para"> </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Lausanne, le 2 août 2013 </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Au nom de la IIe Cour de droit civil </div> <div class="para">du Tribunal fédéral suisse </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Président: von Werdt </div> <div class="para"> </div> <div class="para">Le Greffier: Braconi </div> </div></body></html>