<!DOCTYPE html> <html lang="fr"><head><meta charset="utf-8"/></head><body><div class="Section1"> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">A. R. a été victime, le 13 juin 1996, d'une agression</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sexuelle par Z. . Celui-ci a été condamné par défaut le 13 novembre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1996 à une peine de 30 mois d'emprisonnement et 10 ans d'expulsion par le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Tribunal correctionnel du district de Neuchâtel pour contrainte sexuelle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(D.5/4). R. avait en outre demandé que Z. soit condamné à lui verser une indemnité pour tort moral de 30'000 francs (D.5/5).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Le tribunal correctionnel a fait droit à sa demande à concurrence de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">12'000 francs (D.5/4, p.10-11).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">B. Le 3 juillet 1997, R. a déposé une requête en répa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ration au sens de la LAVI auprès du Département des finances et des af-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">faires sociales. Elle demandait que lui soient octroyés 12'000 francs à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titre de réparation morale et 944.25 francs à titre de réparation du dom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mage subi (correspondant à la différence entre le total des honoraires de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">son mandataire et le montant accordé par le tribunal correctionnel à titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'assistance judiciaire).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par décision du 20 février 1998, le département a admis partiel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lement la requête, ramenant l'indemnité pour tort moral à 8'000 francs. Il</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a en revanche accordé le montant de 944.25 francs réclamé à titre de dom-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mage et a mis la requérante au bénéfice de l'assistance judiciaire, sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuant toutefois sans frais et sans allouer de dépens.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">C. Le 13 mars 1998, R. recourt au Tribunal administratif contre la décision du 20 février 1998, concluant à ce qu'une somme de 12'000 francs lui soit accordée à titre de tort moral et qu'un montant de 846.65 francs soit alloué à son mandataire d'office à titre de frais et honoraires. Elle se plaint d'un excès et abus du pouvoir d'appréciation du département et d'une constatation inexacte et incomplète de faits pertinents. Elle estime en bref qu'aucune circonstance ne justifiait que le département s'écarte de l'appréciation du tribunal correctionnel.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">D. Dans ses observations du 2 avril 1998, le département conclut au</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rejet du recours, relevant qu'il n'était pas lié par l'appréciation du</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge pénal et que le montant accordé tient compte de la gravité de l'at-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">teinte subie par R. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> C O N S I D E R A N T</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> en droit</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">vable.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. a) Selon l'article 64 ter Cst.féd., la Confédération et les can-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tons veillent à ce qu'une victime d'infractions contre la vie et l'inté-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">grité corporelle bénéficie d'une aide lorsqu'en raison de l'infraction,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ces victimes connaissent des difficultés matérielles. La loi fédérale sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'aide aux victimes d'infractions (LAVI), entrée en vigueur le 1er janvier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993, concrétise ce mandat constitutionnel et prévoit qu'il sera fourni</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux victimes une aide comprenant notamment une indemnisation et une répa-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ration morale (art.1 al.2 litt.c LAVI). Une somme peut ainsi être versée à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la victime à titre de réparation morale, indépendamment de son revenu,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsque celle-ci a subi une atteinte grave et que des circonstances parti-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">culières le justifient (art.12 al.2 LAVI).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Une victime peut faire valoir des prétentions civiles à l'en-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">contre de l'auteur dans le cadre du procès pénal (art.8 al.1 litt.a, 9</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">LAVI). Elle peut également faire une demande devant l'autorité cantonale</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">compétente (art.16 LAVI). Les prestations de l'Etat sont toutefois subsi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">diaires à celles de l'auteur. Selon l'article 14 al.1 LAVI, les presta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tions reçues à titre de réparation du tort moral sont déduites de la somme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allouée à titre de réparation morale. Il découle de cette disposition que</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité cantonale LAVI n'est pas liée, s'agissant du montant alloué à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titre de réparation morale, par un jugement civil ou pénal déjà rendu sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le même objet (dans le même sens : RVJ 1996, p.321).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> b) L'article 12 al.2 LAVI dispose qu'une somme peut être versée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à la victime à titre de réparation morale. L'utilisation d'une expression</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">potestative a pour but de souligner le pouvoir d'appréciation de l'autori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">té. Toutefois, lorsque les conditions légales sont réunies (atteinte grave</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">et circonstances particulières), le versement d'une somme d'argent à titre</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de réparation morale correspond à un véritable droit de la victime. La</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">définition de l'article 12 al.2 LAVI correspondant dans une large mesure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">aux critères prévus aux articles 47 et 49 CO, il convient de s'inspirer de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la jurisprudence relative à ces dispositions (ATF 121 II 373).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'ampleur de la réparation dépend avant tout de la gravité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'atteinte - ou plus exactement de la gravité de la souffrance ayant ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sulté de cette atteinte, car celle-ci, quoique grave, peut n'avoir que des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">répercussions psychiques modestes suivant les circonstances - et de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">possibilité d'adoucir de manière sensible, par le versement d'une somme</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'argent, la douleur morale (ATF 118 II 410 ss; SJ 1993, p.197; ATF 116 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">734, 115 II 158; Deschenaux/Steinhauer, Personnes physiques et tutelles,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2e éd., p.161, no 624). Sa détermination relève du pouvoir d'appréciation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du juge. En raison de sa nature, elle échappe à toute fixation selon des</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">critères mathématiques (ATF 117 II 60 et les références). L'indemnité pour</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tort moral est destinée à réparer un dommage qui, en soi, ne peut que dif-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ficilement être réduit à une somme d'argent. C'est pourquoi son évaluation</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">en chiffres ne saurait excéder certaines limites. Néanmoins, l'indemnité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">allouée doit être équitable et proportionnée à l'atteinte, de manière</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">qu'elle n'apparaisse pas dérisoire à la victime (ATF 118 II 410 ss; SJ</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1993, p.198 ss). Si elle est fixée au regard de certains précédents, elle</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devra être adaptée aux circonstances actuelles pour tenir compte de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">dépréciation de la monnaie (ATF 89 II 25).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> D'autre part, la réparation du tort moral suppose en premier</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lieu une atteinte aux droits de la personnalité, tels la vie, l'intégrité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">physique et psychique, l'honneur, etc. (Oftinger, Schweizerisches Haft-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pflichtrecht I, p.239; Deschenaux/Tercier, La responsabilité civile, § 3,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ch.4; Becker, n.3 ad art.47 CO). A cet élément objectif doit s'ajouter,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">d'après certains auteurs que cite le Tribunal fédéral dans l'ATF 108 II</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">430 (JT 1983 I 109), un élément subjectif. Il faut que le lésé soit en</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">mesure de ressentir l'atteinte physique ou psychique et c'est justement sa</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">douleur subjective qui fait l'objet de la réparation. Cette question divi-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">se toutefois la doctrine. Les juges fédéraux, quant à eux, ont pris quel-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">que distance par rapport à la théorie subjective en soulignant, dans l'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rêt précité, qu'en cas d'atteinte à l'intégrité corporelle, il faut recon-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">naître un rôle prépondérant à l'élément objectif de la lésion des droits</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la personnalité. On accordera par conséquent une indemnité pour tort</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">moral même à la victime qui n'a pas conscience de son état. Certes, la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réparation morale devrait permettre à la victime de récupérer une partie</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">du bien-être perdu, ses souffrances étant compensées par une somme d'ar-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">gent. Il n'importe que ce but ne puisse être atteint quand la victime est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">incapable d'apprécier la valeur de l'argent. C'est en fixant le montant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'indemnité que le juge tiendra compte des conséquences subjectives de la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lésion et notamment de l'intensité des souffrances et de la douleur subies</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(ATF 108 II 432-433, JT 1983 I 111-112). Le Tribunal fédéral a encore con-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">firmé, dans un arrêt plus récent publié au RJN 1992, p.76 s., que la</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">preuve du tort moral étant difficile à rapporter, il suffit au lésé d'éta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">blir la réalité et la gravité de l'atteinte objective qui lui a été por-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tée; pour ce qui est de l'atteinte subjective au bien-être, il y a lieu de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tenir compte du cours ordinaire des choses.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> c) Selon la jurisprudence fédérale, l'autorité de recours canto-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">nale, qui jouit d'un plein pouvoir d'examen (art.17 LAVI), peut contrôler</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">non seulement les constatations de fait et l'application du droit par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'autorité administrative, mais aussi l'opportunité de la décision atta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">quée et, le cas échéant, substituer son appréciation à celle de l'adminis-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tration. Le pouvoir de libre examen n'empêche cependant pas l'autorité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">recours de respecter pour les questions d'appréciation une certaine marge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de manoeuvre reconnue à l'administration. La réparation morale a trait à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">un préjudice immatériel, qui ne se mesure en soi pas en argent. L'autorité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de recours peut donc se contenter de contrôler le caractère approprié de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">la somme allouée par l'administration et - dans la mesure où celle-ci est</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">conforme à l'équité - s'abstenir de modifier la décision attaquée, même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lorsqu'elle-même, si elle avait eu à décider en première instance, ne se-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rait peut-être pas arrivée à la même somme (ATF 123 II 212-213, SJ 1997,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.543).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En matière de viol, la Cour de céans s'est inspirée d'une pra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tique zurichoise pour estimer que l'indemnité pour tort moral pouvait être</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">fixée selon une fourchette allant de 10'000 à 20'000 francs (RJN 1996,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">p.155). La deuxième Cour pénale du canton du Valais a également alloué</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">10'000 francs à la victime d'un viol, en l'absence de séquelles durables</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">(RVJ 1994, p.327). Par ailleurs, le département a octroyé une indemnité de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">9'080 francs dans un cas de viol et d'actes de contrainte sexuelle (Déci-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sion du 6.2.1998, D.5/2). Enfin, dans un arrêt du 28 août 1997, la Cour de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cassation civile neuchâteloise a confirmé une indemnité de 8'000 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">octroyée en 1ère instance à la victime d'un viol.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. En l'espèce, il n'est pas contesté que la recourante a qualité</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de victime au sens de la LAVI et que les conditions de l'article 12 al.2</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de cette loi sont réunies, de sorte qu'elle a droit à une somme d'argent à</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">titre de réparation morale. La question est de savoir si le montant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">8'000 francs alloué par le département est équitable. La décision entre-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">prise est motivée comme suit (p.4) :</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> "L'autorité publique que la loi substitue à l'auteur, notam-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ment lorsque ce dernier est inconnu, en fuite ou insolvable,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> n'est pas liée par la décision du juge pénal lorsque celui-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ci admet sans autres les prétentions civiles de la victime.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> En effet, compte tenu des montants alloués par cette même</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> autorité publique dans d'autres cas similaires où elle sta-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tue librement (notamment dans un cas où le Tribunal correc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> tionnel du district de La Chaux-de-Fonds avait mis l'accent</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> sur l'aspect particulièrement sordide d'un viol commis sur</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> une jeune fille de 17 ans), il lui paraît inéquitable de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> payer purement et simplement le montant alloué par le juge</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ou celui auquel l'auteur a acquiescé dans certains cas par-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> ticuliers alors qu'elle statue elle-même sur les demandes</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> d'indemnisation et de réparation morale dans l'autre majori-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> té des cas."</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'auteur de la contrainte sexuelle dont a été victime la recou-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">rante n'a pas acquiescé aux conclusions civiles, ayant fait défaut, et le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">juge pénal n'a pas accordé sans autres les prétentions civiles réclamées,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">n'allouant à la recourante que 12'000 francs au lieu des 30'000 francs</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">réclamés. Le tribunal correctionnel a retenu que R. paraissait</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lourdement affectée par ce qui s'était passé, mais qu'une indemnité ne</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">pouvait pas être examinée simplement selon les normes suisses, car la si-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuation matérielle de l'auteur serait sans doute difficile après exécution</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">de la peine d'emprisonnement (jugement du 13.11.1996, p.11).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Il ne fait aucun doute que la recourante a été choquée par</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'agression dont elle a été la victime. Qu'elle éprouve des craintes quant</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">à ses chances de se marier, du fait de son milieu culturel, ressort éga-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">lement du jugement pénal (p.4). Le Tribunal correctionnel a toutefois</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">écarté la prévention de viol pour ne retenir que celle de contrainte</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">sexuelle et a relevé qu'une "certaine ambiguïté a subsisté dans les rap-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">ports entre parties, jusque et y compris au 13 juin 1996" (jugement, p.9).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Dès lors, en l'absence d'un viol caractérisé et compte tenu de l'ensemble</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">des circonstances, on ne peut pas considérer, au regard des principes et</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">précédents rappelés plus haut, que l'indemnité de 8'000 francs octroyée</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">par le département est disproportionnée avec l'intensité des souffrances</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">morales causées à la victime.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">4. Mal fondé, le recours doit être rejeté. La procédure est gra-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tuite (art.16 al.1 LAVI; ATF 122 II 211, SJ 1996, p.545).</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> L'assistance judiciaire obtenue devant le département perdure</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">devant la Cour de céans (art.10 al.1 LAJA). Le mandataire de la recourante</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">a ainsi droit à une indemnité pour le présent recours. Le montant de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">846.65 francs articulé découle d'un mémoire d'honoraires qui fait état de</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">cinq heures de travail pour l'étude du dossier, les recherches et la ré-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">daction du recours. Il convient toutefois de tenir compte du fait que le</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">litige était clairement circonscrit et que le mandataire connaissait bien</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">le dossier pour avoir représenté la recourante devant le tribunal correc-</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">tionnel, puis devant le département. Il se justifie dès lors de fixer</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">l'indemnité à 500 francs.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> Par ces motifs,</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">1. Rejette le recours.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">2. Statue sans frais.</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">3. Fixe à 500 francs, débours et TVA compris, l'indemnité due à Me X., avocat à Neuchâtel, mandataire d'office de R. .</span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH"> </span></p> <p class="MsoPlainText"><span lang="FR-CH">Neuchâtel, le 27 mai 1998</span></p> </div></body></html>