# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 13 février 1970, 68-12.248, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982444
**Date de décision:** 1970-02-13
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982444

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QU'IL RESSORT DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE, SUR SURENCHERE DU DIXIEME, UN JUGEMENT DU 27 OCTOBRE 1965 A DECLARE THOUMIEUX ADJUDICATAIRE D'UN DOMAINE RURAL SIS A CONQUANS, DANS LE CANTAL, POUR LE PRIX DE 40000 FRANCS;<br>
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 QUE, LE 30 OCTOBRE 1965, LA SAFER D'AUVERGNE A EXERCE SON DROIT DE PREEMPTION SUIVANT LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 8 AOUT 1962 EN DEMANDANT SA SUBTITUTION A THOUMIEUX, QUI A ALORS INVOQUE SA SITUATION D'ACHETEUR PRIVILEGIE COMME "VOISIN", SUIVANT LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 7, PARAGRAPHE IV, DE CETTE MEMELOI;<br>
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ATTENDU QUE LA SAFER AYANT RESISTE A CETTE PRETENTION, THOUMIEUX L'A ASSIGNEE, LE 22 NOVEMBRE 1965, DEVANT LE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE POUR FAIRE RECONNAITRE SES DROITS;<br>
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 QUE L'ARRET ATTAQUE L'A DEBOUTE DE SA DEMANDE, EN DECIDANT QU'IL NE POUVAIT BENEFICIER DU TEXTE QU'IL INVOQUAIT, AU MOTIF QU'IL N'AVAIT PAS RESPECTE LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 8 DU DECRET DU 20 OCTOBRE 1962 EN PRENANT UN ENGAGEMENT VALABLE D'EXPLOITER LE BIEN LITIGIEUX;<br>
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ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A CET ARRET D'EN AVOIR AINSI DECIDE, ALORS QUE, D'UNE PART, SELON LE POURVOI, EN SE PRONONCANT PAR DE TELS MOTIFS, LA COUR D'APPEL A SOULEVE D'OFFICE UN MOYEN DONT N'AVAIT PAS FAIT ETAT LA SAFER ET A AINSI STATUE EN DEHORS DES LIMITES DES CONCLUSIONS DEPOSEES PAR CETTE PARTIE ET QUE, D'AUTRE PART, LES JUGES ONT DENATURE LA DECLARATION FAITE PAR L'ADJUDICATAIRE DANS SON EX PLOIT DU 22 NOVEMBRE 1965, LAQUELLE REPONDAIT AUX EXIGENCES LEGALES, DES LORS QU'IL Y ETAIT DECLARE PAR L'ACQUEREUR, NON SEULEMENT QU'IL AVAIT ACQUIS LE DOMAINE LITIGIEUX "POUR L'EXPLOITER DANS LES CONDITIONS PREVUES PAR LA LOI", MAIS QU'IL ETAIT EGALEMENT DEMANDE ACTE DANS LE DISPOSITIF DU MEME EXPLOIT "DE CE QU'IL AVAIT ACQUIS LE DOMAINE DE CONQUANS, CONTIGU A CELUI DONT IL EST DEJA PROPRIETAIRE SUR LE TERRITOIRE DE LA COMMUNE DE BOISSET, POUR L'ADJOINDRE A SON EXPLOITATION", CETTE DECLARATION INITIALE N'AYANT PAS ETE MODIFIEE;<br>
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 QU'ENFIN LA COUR D'APPEL N'A PAS REPONDU AU CHEF PRECIS DES CONCLUSIONS DE THOUMIEUX FAISANT VALOIR QUE L'EXERCICE DU DROIT DE PREEMPTION ALLAIT A L'ENCONTRE DU "BUT POURSUIVI PAR LE LEGISLATEUR";<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA SAFER, DANS SES CONCLUSIONS, SE REFERAIT A L'APPLICATION DE L'ARTICLE 8 DU DECRET DU 20 OCTOBRE 1962 ET QUE LES PARTIES EN DISCUTAIENT LA PORTEE;<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL, S'ESTIMANT JUSTEMENT SAISIE DE CETTE QUESTION, A, PAR UNE INTERPRETATION NECESSAIRE, EXCLUSIVE DE DENATURATION, DE LA DECLARATION AMBIGUE DE THOUMIEUX, ESTIME QUE CELLE-CI NE PERMETTAIT PAS DE SAVOIR S'IL AVAIT L'INTENTION DE CULTIVER DIRECTEMENT OU PAR L'INTERMEDIAIRE DE SON FERMIER ET QU'AINSI L'ARTICLE 8 DU DECRET SUSVISE QUI EXIGE, NON SEULEMENT UNE DECLARATION D'INTENTION D'EXPLOITER DE L'ACQUEREUR VOISIN, MAIS UN ENGAGEMENT PRECIS DE LE FAIRE, N'AVAIT PAS ETE RESPECTE;<br>
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 QUE, DES LORS, LA COUR D'APPEL, AYANT DECIDE QUE THOUMIEUX NE BENEFICIAIT PAS DE L'EXCEPTION PREVUE PAR L'ARTICLE 7, PARAGRAPHE IV, DE LA LOI DU 8 AOUT 1962, N'AVAIT PLUS A REPONDRE A DES CONCLUSIONS FONDEES SUR LE "BUT POURSUIVI PAR LE LEGISLATEUR";<br>
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D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI EN AUCUN DE SES GRIEFS;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 4 MARS 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE RIOM<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Décret  1962-10-20 ART. 8,LOI 1962-08-08 ART. 7
**ECLI:** 
**Résumé:** Dès lors qu'ils sont saisis d'une contestation fondée sur l'application de l'article 8 du décret du 20 octobre 1962, les juges peuvent examiner d'office la validité de l'engagement d'exploiter pris par l'acquéreur voisin en vertu de ce texte pour faire échec au droit de préemption des SAFER, et estimer, par interprétation exclusive de dénaturation de cet engagement ambigu, qu'une simple déclaration d'intention ne satisfait pas aux exigences de ce texte qui nécessite un engagement précis d'exploiter.
**Mots-clés:** SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER ET D'ETABLISSEMENT RURAL - Préemption - Exercice - Exception - Acheteur privilégié - Voisin - Article 7 de la loi du 8 août 1962 - Application - Condition - Acquisition en vue de l'adjonction au domaine exploité - Engagement d'exploiter - Simple déclaration d'intention - Insuffisante.