# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 juin 1966, 65-93.860, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007058464
**Date de décision:** 1966-06-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058464

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE DAME X... (MARIE-LOUISE), EPOUSE Y... ET DE Y... (JACQUES-JOSEPH), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE RIOM EN DATE DU 1ER DECEMBRE 1965 QUI, POUR EXPLOITATION ILLEGALE D'UN DEBIT DE BOISSONS ET D'UN HOTEL, LES A CONDAMNES CHACUN A 500 FRANCS D'AMENDE ET A, EN OUTRE, PRONONCE LA FERMETURE DEFINITIVE DU DEBIT DE BOISSONS ET DE L'HOTEL LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT ;<br>
<br>
SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION PAR FAUSSE APPLICATION DES ARTICLES L 55, L 56, L 60, L 61 DU CODE DES DEBITS DE BOISSONS, 34 DE L'ORDONNANCE DU 23 DECEMBRE 1958, 334 ET SUIVANTS DU CODE PENAL, ENSEMBLE VIOLATION DES ARTICLES 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECIDE QUE LES TENANCIERS D'UN HOTEL ET D'UN CAFE-RESTAURANT, CONDAMNES A UNE AMENDE POUR TOLERANCE HABITUELLE DE LA PROSTITUTION PAR UN JUGEMENT DEVENU DEFINITIF LE 22 AOUT, S'ETAIENT RENDUS COUPABLES DU DELIT D'EXPLOITATION ILLEGALE DE L'HOTEL ET DU DEBIT EN POURSUIVANT LEUR ACTIVITE DEPUIS CETTE DATE, ET EN CONSEQUENCE, OUTRE UNE AMENDE, A PRONONCE LA FERMETURE DEFINITIVE DE L'UN ET DE L'AUTRE DE CES ETABLISSEMENTS ;<br>
<br>
AU SEUL MOTIF QU'UNE CONDAMNATION POUR TOLERANCE HABITUELLE DE LA PROSTITUTION, LORSQU'ELLE EST PRONONCEE CONTRE LE TENANCIER D'UN HOTEL ET D'UN DEBIT DE BOISSONS, ENTRAINE DE PLEIN DROIT CONTRE LUI L'INTERDICTION PERPETUELLE D'EXPLOITER CE DEBIT ET CET HOTEL A PARTIR DU JOUR OU LA CONDAMNATION EST DEVENUE DEFINITIVE ;<br>
<br>
 ALORS QU'UNE INTERDICTION D'EXPLOITER, FUT-ELLE DE PLEIN DROIT, NE PEUT SERVIR DE BASE A UNE INCRIMINATION ENTRAINANT LA FERMETURE DEFINITIVE D'UN ETABLISSEMENT QUE SI ELLE A ETE PRONONCEE PAR LA DECISION DEVENUE DEFINITIVE ;<br>
<br>
 QU'EN EFFET, LES ARTICLES L 60 ET L 61 DU CODE DES DEBITS DE BOISSONS, NOTAMMENT, PRECISENT QUE L'INTERDICTION D'EXPLOITER DOIT ETRE PRONONCEE, CE DERNIER TEXTE STIPULANT EN OUTRE QUE LORSQUE L'INTERDICTION D'EXPLOITER SA PROFESSION, PRONONCEE CONTRE LE CONDAMNE, SERA D'UNE DUREE SUPERIEURE A DEUX ANS, LE TRIBUNAL ORDONNERA LA VENTE DU FONDS AUX ENCHERES PUBLIQUES ;<br>
<br>
 D'OU IL SUIT QUE L'ARRET ATTAQUE MANQUE DE BASE LEGALE POUR AVOIR DECLARE CONSTITUE EN L'ESPECE LE DELIT D'EXERCICE ILLEGAL D'UNE PROFESSION SANS CONSTATER QUE LE JUGEMENT AUQUEL IL SE REFERAIT AVAIT PRONONCE UNE INTERDICTION PERPETUELLE D'EXPLOITER, DONC CONSTITUAIT UN JUGEMENT CONSTITUTIF D'ETAT ;<br>
<br>
ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE CONSTATE QUE LES DEMANDEURS ONT ETE CONDAMNES CHACUN CONTRADICTOIREMENT LE 22 JUIN 1960 PAR LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE MONTLUCON A 800 FRANCS D'AMENDE POUR TOLERANCE HABITUELLE DE LA PROSTITUTION, PAR APPLICATION DES ARTICLES 334 ET 335 DU CODE PENAL, JUGEMENT DEVENU DEFINITIF LE 22 AOUT 1960 ET QU'ILS ONT, MALGRE CETTE CONDAMNATION ET APRES QUE CELLE-CI FUT DEVENUE DEFINITIVE CONTINUE L'EXPLOITATION DE L'HOTEL ET DU DEBIT DE BOISSONS ;<br>
<br>
ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS, L'ARRET ATTAQUE A FAIT UNE EXACTE APPLICATION DES ARTICLES L 55, L 56 ET L 57 DU CODE DES DEBITS DE BOISSONS AINSI QUE DE L'ARTICLE 34 DE L'ORDONNANCE DU 23 DECEMBRE 1958 DANS LEURS DISPOSITIONS RELATIVES A L'INTERDICTION D'EXPLOITER UN DEBIT OU UN HOTEL FAITE AUX EXPLOITANTS DE CES ETABLISSEMENTS CONDAMNES POUR L'UN DES DELITS PREVUS AUX ARTICLES 334, 334-1 ET 335 DU CODE PENAL ;<br>
<br>
 QUE C'EST EGALEMENT A BON DROIT QUE LA FERMETURE DEFINITIVE DE CES ETABLISSEMENTS A ETE ORDONNEE EN APPLICATION DES ARTICLES L 57, ALINEA 3 DU CODE DES DEBITS DE BOISSONS ET 34, ALINEA 3 DE L'ORDONNANCE DU 23 DECEMBRE 1958 ;<br>
<br>
ATTENDU, EN EFFET, QUE CES INTERDICTIONS D'EXPLOITER SONT EDICTEES DE PLEIN DROIT PAR LA LOI ET N'ONT PAS, DES LORS, A ETRE PRONONCEES PAR LE JUGEMENT QUI LES ENTRAINE ;<br>
<br>
D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE ;<br>
<br>
ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ;<br>
<br>
REJETTE LE POURVOI. PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M COMBALDIEU - AVOCAT GENERAL : M TOUREN - AVOCAT : M GARAUD.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code des débits de boissons L55,Code des débits de boissons L56,Code des débits de boissons L57,Code pénal 334,Code pénal 334-1,Code pénal 335,Ordonnance 1958-12-23 ART. 34
**ECLI:** 
**Résumé:** Les interdictions d'exploiter un débit de boissons et un hôtel édictées par les articles L 55, L 56 et L 57 du Code des débits de boissons et l'article 34 de l'ordonnance du 23 décembre 1958 à l'encontre des exploitants de ces établissements condamnés par l'un des délits prévus aux articles 334, 334-1 et 335 du Code pénal sont édictées de plein droit par la loi et n'ont pas, dès lors, à être prononcées par le jugement qui les entraîne (1).
**Mots-clés:** DEBIT DE BOISSONS - Incapacité d'exploiter - Condamnation la motivant - Caractère définitif - Interdiction de plein droit,* PROXENETISME - Peines - Interdiction d'exploiter les débits de boissons (article L55 du Code des débits de boissons) - Interdiction de plein droit.