# Cour administrative d'appel de Marseille, 1e chambre, du 18 juin 1998, 96MA02345, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007575400
**Date de décision:** 1998-06-18
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Marseille
**Formation:** 1E CHAMBRE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007575400

## Contenu de la décision

<br>    Vu l'ordonnance en date du 29 août 1997 par laquelle le président de la Cour administrative d'appel de Lyon a transmis à la Cour administrative d'appel de Marseille, en application du décret n 97-457 du 9 mai 1997, le recours présenté par le MINISTRE DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES SOCIALES ;<br>    Vu le recours enregistré au greffe de la Cour administrative d'appel de Lyon le 2 octobre 1996, sous le n 96LY02345, présenté par le MINISTRE DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES SOCIALES ;<br>    Le MINISTRE DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES SOCIALES demande à la Cour :<br>    1) d'annuler le jugement n 94-726 du 25 juin 1996 par lequel le Tribunal administratif de Nice a, sur demande de la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE, annulé la décision du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur en date du 10 juillet 1993 rejetant sa demande tendant à ce que soit autorisée la poursuite de l'activité de sa structure de chirurgie ambulatoire ou d'anesthésie, ensemble la décision implicite du MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES, DE LA SANTE ET DE LA VILLE rejetant le recours hiérarchique dirigé contre cette décision, et a condamné l'Etat à verser une somme de 5.000 Francs à la société polyclinique SAINTE-THERESE au titre de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    2) de rejeter la demande présentée par la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE devant le Tribunal administratif de Nice ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la loi n 91-748 du 31 juillet 1991 ;<br>    Vu l'article 36 de la loi n 96-452 du 28 mai 1996 ;<br>    Vu le décret n 92-1101 du 2 octobre 1992 ;<br>    Vu l'arrêté du ministre de la santé et de l'action humanitaire en date du 12 novembre 1992 ;<br>    Vu la loi n 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 avril 1998 :<br>    - le rapport de M. MOUSSARON, conseiller ;<br>    - et les conclusions de M. DUCHON-DORIS, commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 24 de la loi n 91-748 du 31 juillet 1991 :  "Les établissements, publics ou privés, de santé qui, antérieurement à la date de promulgation de la présente loi, comportaient des structures de soins alternatives à l'hospitalisation mentionnées à l'article L.712-2 du code de la santé publique sont autorisés à poursuivre cette activité, à condition d'en faire la déclaration au représentant de l'Etat et de respecter, dans un délai fixé par décret, les conditions techniques prévues au 3 de l'article L.712-9 dudit code" ; qu'aux termes de l'article 2 du décret n 92-1101 du 2 octobre 1992 :  "Les établissements de santé publics ou privés qui comportaient des structures de soins alternatives à l'hospitalisation à la date de publication de la loi n 91-748 du 31 juillet 1991 ... disposent d'un délai de quatre mois pour procéder, auprès du préfet de région, à la déclaration prévue à l'article 24 de cette loi. Les modalités et le contenu de cette déclaration, où devront figurer notamment les informations permettant d'apprécier la consistance et l'activité de la structure de soins à la date précitée, sont définis par un arrêté du ministre chargé de la santé dont la publication fait courir le délai de quatre mois susmentionné. Le préfet de région délivre un récépissé du dépôt de la déclaration qui vaut autorisation de poursuite d'activité pour chaque structure de soins concernée et qui en précise la capacité retenue exprimée en nombre de places" ; qu'aux termes de l'article 2 de l'arrêté du ministre de la santé en date du 12 novembre 1992 publié le 19 novembre 1992 :  "Au vu de la déclaration mentionnée à l'article 1er, le préfet de région apprécie pour chaque structure de soins sa consistance et son activité au regard des critères suivants :  I - Dans le cas d'une structure pratiquant l'anesthésie ou la chirurgie ambulatoire :  1 Existence d'un secteur opératoire adapté aux activités pratiquées, situé dans l'établissement où elles sont exercées ;<br>    2 Existence d'un ou plusieurs espaces de repos individualisés, équipés de lits ou fauteuils exclusivement destinés aux patients pris en charge par la structure et d'arrivées de fluides médicaux, à raison d'au moins une arrivée de fluides pour deux lits ; 3 Existence d'une activité minimale appréciée sur les trois derniers mois de l'année 1991. Cette activité minimale, traduite en année pleine, doit correspondre à la prise en charge d'au moins 730 patients, soit l'équivalent de deux places autorisables au sens de l'article R.712-3 du code de la santé publique. II - Dans le cas d'une structure d'hospitalisation à temps partiel de jour ou de nuit :<br>    1 Existence de lits ou fauteuils exclusivement destinés à l'activité pratiquée ; 2 Existence d'un poste de soins infirmiers individualisé ; 3 Existence d'une activité minimale appréciée selon les mêmes modalités que celles prévues au I - 3 du présent article" ; qu'aux termes de l'article 36 de la loi n 96-452 du 28 mai 1996 :  "Sous réserve des décisions de justice passées en force de chose jugée, les décisions concernant la poursuite de l'activité des structures de soins alternatives à l'hospitalisation prises sur le fondement de l'arrêté ministériel du 12 novembre 1992, relatif aux modalités et au contenu de la déclaration prévue à l'article 24 de la loi n 91-748 du 31 juillet 1991 portant réforme hospitalière, sont validées en tant que leur légalité serait contestée par le<br>moyen tiré de l'incompétence de l'auteur dudit arrêté" ;<br>    Considérant que le jugement attaqué a annulé la décision du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur en date du 10 juillet 1993 rejetant la demande de la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE tendant à être autorisée à poursuivre l'exploitation de sa structure de chirurgie ambulatoire au motif que cette décision était fondée sur les dispositions illégales de l'article 2 de l'arrêté du 12 novembre 1992 comme émanant d'une autorité incompétente ; que toutefois, compte tenu de l'article 36 précité de la loi du 28 mai 1996, le MINISTRE DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES SOCIALES est fondé à soutenir que c'est à tort que le Tribunal administratif a retenu le moyen tiré du vice d'incompétence entachant l'arrêté du 12 novembre 1992 pour prononcer l'annulation de la décision ;<br>    Considérant toutefois qu'il appartient à la Cour administrative d'appel saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel d'examiner les autres moyens de la demande présentée par la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE devant le Tribunal administratif de Nice ;<br>    Considérant qu'il résulte des dispositions précitées de l'article 24 de la loi du 31 juillet 1991 que le législateur a entendu permettre sous certaines conditions la poursuite à son niveau antérieur de l'activité des structures de soins alternatives à l'hospitalisation ; que, pour évaluer ce niveau d'activité, l'autorité administrative chargée de recevoir les déclarations et d'autoriser la poursuite de l'activité de ces structures ne pouvait se fonder que sur le volume des prestations dispensées antérieurement à la promulgation de la loi ; qu'ainsi l'arrêté ministériel du 12 novembre 1992 est entaché d'erreur de droit en tant qu'il a décidé que les trois derniers mois de l'année 1991 constituaient la période de référence pour apprécier l'activité desdites structures ; que cette erreur de droit n'a pas été couverte par l'article 36 précité de la loi du 28 mai 1996 dont les effets sont limités au vice d'incompétence qui entachait l'arrêté ; que la décision litigieuse du préfet, qui fait application de l'arrêté du 12 novembre 1992 et qui a été prise au vu de l'activité de la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE pendant le dernier trimestre de l'année 1991 est par suite entachée d'illégalité ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le MINISTRE DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES SOCIALES n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nice a annulé la décision du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur en date du 10 juillet 1993 rejetant la demande de la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE tendant à ce que soit autorisée la poursuite de l'activité de sa structure de chirurgie ambulatoire ou d'anesthésie, ensemble la décision implicite rejetant le recours hiérarchique dirigé contre cette décision ;<br>    Sur les conclusions de la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE à fin d'indemnité :<br>    Considérant que ces conclusions, présentées pour la première fois en appel, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées ;<br>Article 1er : Le recours du MINISTRE DE L'EMPLOI ET DE LA SOLIDARITE est rejetée.<br>Article 2 : Les conclusions de la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE à fin d'indemnité sont rejetées.<br>Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au MINISTRE DE L'EMPLOI ET DE LA SOLIDARITE et à la société POLYCLINIQUE SAINTE-THERESE.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Décret 92-1101 1992-10-02 art. 2,Loi 91-748 1991-07-31 art. 24,Loi 96-452 1996-05-28 art. 36
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 61-07 SANTE PUBLIQUE - ETABLISSEMENTS PRIVES D'HOSPITALISATION