# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 29 janvier 1974, 73-10.798, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006991300
**Date de décision:** 1974-01-29
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006991300

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE A ANNULE LA PREEMPTION, EXERCEE PAR LA SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER ET D'ETABLISSEMENT RURAL (SAFER) D'AUVERGNE, POUR SE SUBSTITUER AUX EPOUX X... DANS L'ACQUISITION D'UNE EXPLOITATION AGRICOLE QUI LEUR AVAIT ETE VENDUE PAR LES CONSORTS Y..., Z..., AU MOTIF QUE LA SOCIETE N'A PAS EXERCE SON DROIT DE PREEMPTION DANS LE CADRE DEFINI PAR L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 8 AOUT 1962;<br>
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ATTENDU QUE LA SAFER FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'EN AVOIR AINSI DECIDE, ALORS, SELON LE POURVOI, "QUE LES ENONCIATIONS DE L'ARRET NE PERMETTENT PAS A LA COUR SUPREME D'EXERCER SON CONTROLE, QUE LES JUGES DU FOND SE SONT, EN EFFET, UNIQUEMENT ATTACHES AU BUT BRIEVEMENT EXPRIME PAR LA SAFER DANS SA DEMANDE D'AVIS AUX COMMISSAIRES DU GOUVERNEMENT, A SAVOIR, LA CONSTITUTION D'UN GROUPEMENT D'ESTIVES, SANS RECHERCHER SI, A L'EPOQUE OU ILS STATUAIENT, LE DROIT DE PREEMPTION DE LA SAFER AVAIT ETE DETOURNE DE SA FINALITE TELLE QUE PREVUE A LA LOI DE 1962;<br>
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 QUE D'AILLEURS, C'EST PAR UNE AFFIRMATION PURE ET SIMPLE QUE LA COUR D'APPEL DECLARE QUE LA CONSTITUTION D'UN GROUPEMENT D'ESTIVES N'ENTRE PAS DANS LE CADRE DE LA LOI DE 1962 ET QUE CETTE SEULE ENONCIATION, QUI N'EST ASSORTIE D'AUCUN MOTIF, NE SAURAIT DONNER UNE BASE LEGALE A L'ARRET;<br>
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 QU'EN OUTRE, C'EST AU RESULTAT D'UNE DENATURATION DES ECRITURES DE LA SAFER QUE LES JUGES DU FAIT ONT RETENU QUE CETTE DERNIERE AURAIT RECONNU QUE LA CONSTITUTION D'UN GROUPEMENT D'ESTIVES NE CONSTITUAIT PAS EN ELLE-MEME UN MOTIF SUFFISANT D'EXERCER LA PREEMPTION;<br>
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 QUE LA SAFER N'AVAIT FAIT CETTE CONCESSION QUE POUR MIEUX FAIRE VALOIR QU'AU CAS PARTICULIER LE GROUPEMENT D'ESTIVES N'ETAIT PAS LE BUT UNIQUE, OU MEME PRINCIPAL, DE LA PREEMPTION ET QUE, PAR SUITE, CELLE-CI ENTRAIT BIEN DANS LE CHAMP D'APPLICATION DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DE 1962, QUE LA COUR D'APPEL A OMIS DE REPONDRE, SUR CE POINT, AUX CONCLUSIONS DONT L'AVAIT SAISIE LA SAFER;<br>
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 QU'ENFIN LA COUR D'APPEL S'EST ABSTENUE DE SE PRONONCER SUR LA SECONDE ATTESTATION DU MAIRE DE LA TRINITAT INVOQUEE PAR LA SAFER ET VERSEE AUX DEBATS, D'OU IL RESSORTAIT QUE TROIS AGRICULTEURS VOISINS ETAIENT INTERESSES PAR LA DIVISION DU DOMAINE DES ABRIOLS ET DESIRAIENT EN ACQUERIR DES PARCELLES POUR PARVENIR A UN MEILLEUR EQUILIBRE DE LEURS EXPLOITATIONS";<br>
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MAIS ATTENDU QU'APRES AVOIR DECLARE A BON DROIT QUE LA LEGALITE DE LA PREEMPTION DOIT S'APPRECIER AU MOMENT OU ELLE EST EXERCEE ET EN FONCTION DE L'OBJECTIF QUE S'ASSIGNE ALORS LA SAFER, LES JUGES DU FOND ENONCENT, PAR UNE APPRECIATION SOUVERAINE DE LA VALEUR DES ELEMENTS DE PREUVE PRODUITS, QUE LA DECISION DE PREEMPTION A ETE PRISE EN VUE DE CONSTITUER UN GROUPEMENT D'ESTIVES, ET EN DEDUISENT EXACTEMENT QUE CET OBJECTIF, QUI NE CORRESPOND A AUCUNE DES TROIS FINS LIMITATIVEMENT FIXEES PAR L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 8 AOUT 1962, NE PEUT JUSTIFIER L'EXERCICE DU DROIT CONTESTE;<br>
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 QU'ILS ONT AINSI REPONDU, SANS LES DENATURER, AUX CONCLUSIONS QUI LEUR ETAIENT SOUMISES ET ONT DONNE UNE BASE LEGALE A LEUR DECISION;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 4 DECEMBRE 1972, PAR LA COUR D'APPEL DE RIOM<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 3) 1970-04-29 Bulletin 1970 III N. 299 P. 218 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 62-933 1962-08-08 ART. 7
**ECLI:** 
**Résumé:** LA LEGALITE DE LA PREEMPTION EXERCEE PAR UNE SAFER DOIT S 'APPRECIER AU MOMENT OU ELLE EST EXERCEE, ET EN FONCTION DE L 'OBJECTIF QUE S'ASSIGNE ALORS CETTE SAFER.          N'EST PAS  JUSTIFIEE LA PREEMPTION EN VUE DE CONSTITUER "UN JUGEMENT D'ESTIVES" , CET OBJECTIF NE CORRESPONDANT A AUCUNE DES TROIS FINS  LIMITATIVEMENT FIXEES PAR L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 8 AOUT 1962.
**Mots-clés:** SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER ET D'ETABLISSEMENT RURAL - PREEMPTION  - EXERCICE - DETOURNEMENT DE MISSION - DATE D'APPRECIATION - DATE D 'EXERCICE DU DROIT.,* SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER ET D'ETABLISSEMENT RURAL - MISSION  LEGALE - DETOURNEMENT - DATE D'APPRECIATION.,* SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER ET D'ETABLISSEMENT RURAL -  PREEMPTION - EXERCICE - DETOURNEMENT DE MISSION - CONSTITUTION D'UN  GROUPEMENT D'ESTIVES.