# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 30 juillet 2003, 252960, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008189135
**Date de décision:** 2003-07-30
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008189135

## Contenu de la décision

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                Vu la requête enregistrée le 30 décembre 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Hicham X... demeurant ... ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 29 octobre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2002 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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- les conclusions de Mme Mitjavile, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  :  Le représentant de l'Etat dans le département et à Paris le préfet de police peuvent par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (...)   ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité marocaine n'a pas été en mesure de présenter les documents justifiant de son entrée régulière en France  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée susvisée  :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit  : (...) 4° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (...)   ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et notamment de son passeport et du procès verbal du 22 octobre 2002 que M. X..., marié à Mme Y..., ressortissante française, depuis le 15 décembre 2001, ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français  ; que par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-et-Marne ne pouvait prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions précitées ne peut être qu'écarté  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui   ;
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                Considérant que si les dispositions de l'article 25-4° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 interdisent de reconduire à la frontière... l'étranger, marié depuis au moins un an dont le conjoint est de nationalité française... , il est constant que le mariage de M. X... avec une ressortissante française, prononcé le 15 décembre 2001, datait de moins d'un an lorsque l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière est intervenu  ; qu'eu égard à la brève durée du mariage, cet arrêté n'a pas porté au respect dû à sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a donc pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; qu'il n'a pas davantage méconnu les dispositions précitées de l'article 25-4° de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande  ;
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                		D E C I D E  :
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 Article 1er  : La requête de M. X... est rejetée.
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Article 2  : Le présente décision sera notifiée à M. Hicham X..., au préfet de Seine-et-Marne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**