# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 25 mai 1965, 64-91.783, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007054942
**Date de décision:** 1965-05-25
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007054942

## Contenu de la décision

REJET DES POURVOIS DE : 1° X... (ALPHONSE), 2° Y... (EUGENIE), 3° Z... (HUBERT), CONTRE UN ARRET DU 14 AVRIL 1964 DE LA COUR D'APPEL DE NANCY QUI, STATUANT COMME COUR DE RENVOI EN SUITE D'UN ARRET DE CASSATION DU 20 DECEMBRE 1962, A CONDAMNE LES DEMANDEURS A PAYER A LA PARTIE CIVILE DES DOMMAGES-INTERETS POUR ATTEINTES AUX LIBERTES SYNDICALES. LA COUR, VU LA CONNEXITE, JOIGNANT LES POURVOIS ;<br>
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VU LES MEMOIRES PRODUITS POUR LES DEMANDEURS ;<br>
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SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION, PREALABLE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 85 ET SUIVANTS ET 388 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE LA CFTC (FEDERATION DES SYNDICATS CHRETIENS D'ALSACE ET DE LORRAINE A STRASBOURG), ANTERIEUREMENT A LA CITATION DIRECTE QUI EST A L'ORIGINE DE LA PRESENTE INSTANCE, AVAIT, SUR LES MEMES FAITS REPROCHES AUX MEMES INCULPES, PORTE PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION PRES LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE STRASBOURG ET S'EST DESISTEE PAR LA SUITE DE CETTE PLAINTE ;<br>
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ALORS QUE LA PARTIE QUI A CHOISI LA VOIE DE L'INSTRUCTION NE PEUT PLUS, SUR LES MEMES CHEFS ET CONTRE LES MEMES PREVENUS, PRENDRE CELLE DE LA CITATION DIRECTE ;<br>
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ATTENDU QUE LES PREVENUS ONT ETE CITES DIRECTEMENT DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE STRASBOURG PAR LA PARTIE CIVILE LE 25 MARS 1961 ;<br>
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 QU'ILS N'ONT, A AUCUN MOMENT DE LA PROCEDURE DEVANT LES JUGES DU FOND, SOIT EN PREMIERE INSTANCE, SOIT EN APPEL, CONTESTE LA VALIDITE DE CETTE CITATION ;<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL DE NANCY, COUR DE RENVOI, N'AVAIT PLUS A STATUER QUE SUR L'ACTION CIVILE ;<br>
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 QUE DANS CES CONDITIONS LE MOYEN NE TOUCHE PAS A L'ORDRE PUBLIC ET NE SAURAIT ETRE PRODUIT POUR LA PREMIERE FOIS DEVANT LA COUR DE CASSATION ;<br>
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QU'IL SUIT DE LA QUE LE MOYEN N'EST PAS RECEVABLE ;<br>
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SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 18 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946 ET 1A DU LIVRE III DU CODE DU TRAVAIL ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE REPONSE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE, S'AGISSANT DU DELIT RETENU CONTRE Y... ET Z... D'UNE INFRACTION A LA LOI DU 16 AVRIL 1946, AU MOTIF QU'ILS AURAIENT INTERROMPU LES ELECTIONS DES DELEGUES FIXEES AU 5 MARS 1960, LA COUR A DECLARE LES FAITS ETABLIS, SANS REPONDRE AUX CONCLUSIONS DEPOSEES QUI PRECISAIENT QUE L'INTERVENTION DES DEMANDEURS N'AVAIT PAS EU POUR OBJET DE PORTER ATTEINTE A LA LIBRE DESIGNATION DES DELEGUES DU PERSONNEL, MAIS ETAIT UNIQUEMENT DUE A L'ENVOI PAR LA CFTC D'UN TRACT AUX ELECTEURS, LA VEILLE DES ELECTIONS ET A LEUR DOMICILE, TRACT PORTANT DES ACCUSATIONS GRAVES CONTRE LES DIRIGEANTS DU SYNDICAT CONCURRENT, LA CGA, CIRCONSTANCE QUI, A ELLE SEULE, RENDAIT INAPPLICABLE L'ARTICLE 18 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946 ;<br>
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ET QUE, S'AGISSANT DE LA CONTRAVENTION D'ATTEINTE A LA LIBERTE SYNDICALE, PREVUE ET PUNIE PAR L'ARTICLE 1A DU LIVRE III DU CODE DU TRAVAIL, LA COUR A DECLARE LES FAITS ETABLIS CONTRE LES DEMANDEURS SANS REPONDRE AUX CONCLUSIONS DEPOSEES QUI PRECISAIENT, D'UNE PART, QUE LA CONVENTION COLLECTIVE EN CAUSE, BIEN QUE REGULIEREMENT REMISE AUX DELEGUES CFTC N'AVAIT INITIALEMENT PAS ETE ACCEPTEE PAR EUX, MAIS AVAIT, PAR LA SUITE, FAIT L'OBJET D'UN AVENANT LA RENDANT APPLICABLE A TOUT LE PERSONNEL SANS DISTINCTION, ET, D'AUTRE PART, QUE Y... ET Z... AVAIENT AGI, NON PAS A TITRE DE CHEFS DE SERVICE, MAIS A TITRE DE SYNDIQUES ET SANS L'APPROBATION NI LE SOUTIEN DE X... ;<br>
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ALORS QUE TOUTE JURIDICTION, DE QUELQUE NATURE QU'ELLE SOIT EST TENUE DE REPONDRE AUX CONCLUSIONS DONT ELLE EST REGULIEREMENT SAISIE ;<br>
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SUR LA PREMIERE BRANCHE DU MOYEN ;<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE, ET LE JUGEMENT DONT LA COUR D'APPEL ADOPTE LES MOTIFS NON CONTRAIRES, ONT SUFFISAMMENT REPONDU AUX CONCLUSIONS DES DEMANDEURS, EN ENONCANT QUE CEUX-CI, EN INTERROMPANT LES OPERATIONS DE SCRUTIN RELATIVES A L'ELECTION DES DELEGUES DU PERSONNEL ONT COMMIS LE DELIT PREVU ET REPRIME PAR L'ARTICLE 18 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946 ;<br>
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 QUE C'EST A BON DROIT QUE LES JUGES DU FOND ONT ECARTE L'ARGUMENTATION DES DEMANDEURS TENDANT A LEGITIMER L'INTERRUPTION DU SCRUTIN PAR LA PRETENDUE NECESSITE DE REPONDRE POINT PAR POINT A UN TRACT DE LA CFTC QUE CELLE-CI AVAIT ADRESSE A SES PROPRES ADHERENTS LA VEILLE ET A DOMICILE ;<br>
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 QU'EN EFFET, IL EST AINSI ETABLI PAR DES CONSTATATIONS SOUVERAINES DE FAIT QUE LES PREVENUS N'ONT INTERROMPU LE SCRUTIN QUE POUR CONTINUER LA CONTROVERSE ELECTORALE ALORS QUE LES OPERATIONS DE VOTE ETAIENT DEJA COMMENCEES ;<br>
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SUR LA SECONDE BRANCHE DU MOYEN ;<br>
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ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND CONSTATENT QUE Y... ET Z... ONT AGI EN QUALITE DE CHEFS DE SERVICE, ET COMME REPRESENTANTS DU CHEF D'ENTREPRISE X... QUI A TOLERE LEURS AGISSEMENTS CONTRE LA CFTC ;<br>
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 QUE CES AGISSEMENTS ONT NOTAMMENT CONSISTE A ESSAYER D'OBTENIR QUE LES ADHERENTS CFTC DEMISSIONNENT DE CET ORGANISME DANS LA CRAINTE DE NE POUVOIR BENEFICIER DES AVANTAGES DE LA CONVENTION COLLECTIVE ;<br>
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 QU'AINSI IL A ETE SUFFISAMMENT REPONDU AUX CONCLUSIONS D'APPEL DES DEMANDEURS ET QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ;<br>
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ET ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE EST REGULIER EN LA FORME ;<br>
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REJETTE LES POURVOIS. PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M COSTA - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCAT : M GEORGE.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 1946-04-18 ART. 18
**ECLI:** 
**Résumé:** Constitue un moyen nouveau et, comme tel, irrecevable, le moyen tiré de ce que la citation directe du prévenu par la partie civile avait été adressée après que ladite partie civile se fût désistée d'une plainte déposée par elle devant le juge d'instruction. Ce moyen ne touche pas à l'ordre public, et ne peut être soulevé pour la première fois devant la Cour de Cassation, alors que l'action publique est éteinte et que les intérêts civils sont seuls en cause (1) ;,Le fait par un employeur d'interrompre les opérations de scrutin pour l'élection des délégués du personnel, dans le dessein de continuer la controverse électorale, constitue le délit prévu et réprimé par l'article 18 de la loi du 16 avril 1946.
**Mots-clés:** 1) CASSATION - Moyen - Moyen nouveau - Action civile - Validité de la citation directe,* ACTION PUBLIQUE - Mise en mouvement - Partie civile - Citation directe - Validité de la citation - Cassation - Moyen nouveau.,2) TRAVAIL - Délégués du personnel - Atteinte à leur libre désignation - Scrutin - Interruption par l'employeur