# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 2ème Chambre, 29/12/2009, 08VE01876, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021879658
**Date de décision:** 2009-12-29
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 2ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021879658

## Contenu de la décision

Vu 1) la requête, enregistrée le 18 juin 2008 en télécopie et le 19 juin en original au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS, représenté par le président en exercice de son conseil général, par Me Israel ; le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0507260 en date du 3 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise l'a condamné à verser à M. A et Mme B une somme de 5 380,50 euros TTC en réparation du préjudice qu'ils ont subi du fait des travaux réalisés sur le boulevard Roger Salengro, à Noisy-le-Sec ;<br>
<br>
       2°) de rejeter la demande présentée par M. A et Mme B devant le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;<br>
<br>
       3°) à titre subsidiaire, de condamner les entreprises solidaires signataires du marché, à savoir, les sociétés la Moderne, mandataire, SNTPP et SNC Appia, à le garantir et relever indemne de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre, tant en principal que pour les intérêts, frais et dépens ;<br>
<br>
       4°) de condamner tout succombant à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
<br>
       Il soutient, sur la régularité du jugement, que celui-ci est entaché d'irrégularité en ce que le tribunal administratif aurait écarté la clause contractuelle qui lui était soumise sans motiver suffisamment cette appréciation ; sur le fond du litige, que le lien de causalité entre les travaux et les dommages subis n'existe pas ; que les niveaux vibratoires ne sont pas mis en cause, pas plus que le rebouchage des tranchées ; qu'un très petit nombre de riverains se sont manifestés pour constater des dommages ; que l'absence de constat préventif est sans influence sur la résolution du litige ; que l'indemnisation est excessive ; que son appel en garantie à l'encontre des constructeurs est fondé ;<br>
...........................................................................................................................................................<br>
<br>
       Vu 2) l'ordonnance en date du 23 juin 2008, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles le 11 juillet 2008, par laquelle le président de la Cour administrative d'appel de Paris a transmis à la Cour administrative d'appel de Versailles la requête du DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS ; <br>
<br>
       Vu ladite requête, enregistrée le 11 juillet 2008 sous le n° 08VE02173 au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS, représenté par le président de son conseil général en exercice, par Me Israel ; le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0507260 en date du 3 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise l'a condamné à verser à M. A et Mme B une somme de 5 380,50 euros TTC en réparation du préjudice qu'ils ont subi du fait des travaux réalisés sur le boulevard Roger Salengro, à Noisy-le-Sec ;<br>
<br>
       2°) de rejeter la demande présentée par M. A et Mme B devant le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;<br>
<br>
       3°) à titre subsidiaire, de condamner les entreprises solidaires signataires du marché, à savoir les sociétés La Moderne, mandataire, SNTPP et SNC Appia, à le garantir et relever indemne de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre, tant en principal que pour les intérêts, frais et dépens ;<br>
<br>
       4°) de condamner tout succombant à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
<br>
       Il soutient, sur la régularité du jugement, que celui-ci est entaché d'irrégularité en ce que le tribunal administratif aurait écarté la clause contractuelle qui lui était soumise sans motiver suffisamment cette appréciation ; sur le fond du litige, que le lien de causalité entre les travaux et les dommages subis n'existe pas ; que les niveaux vibratoires ne sont pas mis en cause, pas plus que le rebouchage des tranchées ; qu'un très petit nombre de riverains se sont manifestés pour constater des dommages ; que l'absence de constat préventif est sans influence sur la résolution du litige ; que l'indemnisation est excessive ; que son appel en garantie à l'encontre des constructeurs est fondé ;<br>
<br>
...........................................................................................................................................................<br>
<br>
       Vu les autres pièces des dossiers ;<br>
<br>
       Vu la loi du 28 pluviôse an VIII ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 15 décembre 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme Agier-Cabanes, premier conseiller,<br>
       - les conclusions de Mme Kermorgant, rapporteur public,<br>
       - et les observations de Me Israel, pour le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS, et de Me Gravisse, pour M. A et Mme B ; <br>
       Considérant que les requêtes enregistrées sous les n°s 08VE01876 et 08VE02173 sont présentées par le même requérant, ont un objet identique et ont fait l'objet d'une instruction commune ; qu'il ya lieu de les joindre pour y statuer par un seul arrêt ;<br>
<br>
       Considérant que le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS a décidé d'entreprendre, en juillet 2001, des travaux de réfection de la chaussée et de création de séparateur urbain, destinés à limiter la vitesse des véhicules en ville, sur le boulevard Roger Salengro, à Noisy-le-Sec ; que, toutefois, après le début de ces travaux, les riverains du boulevard ont constaté un certain nombre de nuisances affectant leur propriété ; que, parmi eux, M. A et Mme B se sont plaints de dommages causés à leur habitation ; ; que le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS a sollicité la désignation d'un expert judiciaire aux fins de connaître l'origine de ces dégradations; que, par jugement en date du 3 avril 2008 dont le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS relève appel, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a mis à sa charge la somme de 5 380,50 euros TTC en réparation du préjudice subi par M. A et Mme B ; <br>
<br>
<br>
       Sur le lien de causalité :<br>
<br>
       Considérant que, si le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS fait valoir qu'il n'existe aucun lien de causalité entre les travaux réalisés pour son compte et les dommages allégués par M. A et Mme B, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert nommé par le tribunal administratif, que les vibrations provoquées par les engins de chantier utilisés pendant la réalisation des travaux ont occasionné des dégâts, dont l'existence n'est pas contestée, dans l'habitation des intéressés ; que le portail d'entrée de leur habitation et le portail métallique de leur garage ne soit plus en appui sur les piliers de support des fermetures principales en raison du descellement de ces piliers consécutif aux ébranlements de la chaussée ; que, dès lors, le lien de causalité entre les travaux réalisés sur le boulevard Salengro et les dommages ainsi constatés dans la maison de M. A et Mme B doit être regardé comme établi, peu important qu'un petit nombre de riverains ait engagé des démarches en vue de faire établir les dommages qu'ils avaient subis ;<br>
<br>
<br>
       Sur le préjudice :<br>
<br>
       Considérant que le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a mis à la charge du DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS, en réparation du préjudice subi par M. A et Mme B, la somme de 5 380,50 euros TTC correspondant au montant des travaux estimé par l'expert dans son rapport déposé le 31 mars 2003 devant lui ; que, si le département soutient que cette indemnisation est excessive compte tenu de la vétusté de l'ouvrage et demande l'application d'un abattement plus important à ce titre, il n'apporte pas la moindre précision à l'appui de ces conclusions ;<br>
<br>
<br>
       Sur les appels en garantie :<br>
<br>
       Considérant que le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS appelle en garantie les entreprises groupées signataires du marché ; que la société Eiffage Travaux publics Ile-de-France Centre demande à être garantie par les autres constructeurs ; <br>
<br>
       Considérant que la fin des rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et l'entrepreneur, consécutive à la réception sans réserve d'un marché de travaux publics, fait obstacle à ce que, sauf clause contractuelle contraire, l'entrepreneur soit ultérieurement appelé en garantie par le maître d'ouvrage pour des dommages dont un tiers demande réparation à ce dernier ; qu'il n'en irait autrement - réserve étant faite par ailleurs de l'hypothèse où le dommage subi par le tiers trouverait directement son origine dans des désordres affectant l'ouvrage objet du marché et qui seraient de nature à entraîner la mise en jeu de la responsabilité des constructeurs envers le maître d'ouvrage sur le fondement des principes dont s'inspirent les articles 1792 et 2270 du code civil - que dans le cas où la réception n'aurait été acquise à l'entrepreneur qu'à la suite de manoeuvres frauduleuses ou dolosives de sa part ;<br>
<br>
       Considérant que le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS soutient que la responsabilité contractuelle des constructeurs est engagée en raison des erreurs réalisées dans l'exécution des travaux de réfection de la chaussée boulevard Roger Salengro ; qu'il doit être regardé comme ayant entendu se prévaloir des fautes commises par ces derniers lors de l'exécution du contrat, et donc de leur responsabilité contractuelle ; qu'il résulte, toutefois, de l'instruction, et notamment du procès-verbal de réception signé le 14 octobre 2002, que la réception des travaux litigieux est intervenue le 11 juillet 2002 ; qu'il n'est pas contesté par le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS que cette réception est intervenue sans réserve ; que, s'il soutient que le contrat conclu avec les constructeurs avait prévu une clause de transfert de responsabilité, il n'apparaît pas que les parties aient expressément entendu déroger aux effets de la réception sur les responsabilités encourues ; que, dès lors, les conclusions d'appel en garantie du DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS, introduites sur un fondement contractuel, doivent être rejetées ; que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'appel en garantie introduites par la société Eiffage Travaux publics Ile-de-France Centre ne sauraient être accueillies ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise l'a condamné à verser à M. A et Mme B la somme de 5 380,50 euros en réparation de leur préjudice ; <br>
<br>
<br>
       Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant, d'une part, que ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. A et Mme B le versement des sommes demandées par le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS et par la société Eiffage Travaux publics Ile-de-France Centre au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; qu'il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS le versement à M. A et Mme B, pris ensemble, de la somme de 1 500 euros qu'ils demandent sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
       Considérant, d'autre part, qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS, des sociétés Jean-Lefebvre Ile-de-France, Eurovia Ile-de-France, Union travaux, la Moderne, Lingard, SNTPP, SN Vallet, Sade et Mabillon le versement des sommes demandées par la société Eiffage Travaux publics Ile-de-France Centre, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
DECIDE<br>
<br>
       Article 1er : Les requêtes du DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS sont rejetées.<br>
<br>
       Article 2 : Le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS versera à M. A et Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
       Article 3 : Le surplus des conclusions de la société Eiffage Travaux publics Ile-de-France Centre est rejeté.<br>
<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 08VE01876-08VE02173		2<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**