# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 6ème chambre - formation à 3, 11/01/2010, 08MA00097, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021924539
**Date de décision:** 2010-01-11
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 6ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021924539

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 9 janvier 2008, sous le n° 08MA00097, présentée pour Mme Nadjah A, demeurant ..., par Me Bruschi, avocat ; <br>
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       Mme A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0700478 en date du 22 octobre 2007 , par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 10 août 2006 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       2°) d'annuler ladite décision ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; <br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;<br>
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       Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ; <br>
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       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 27 janvier 2009 fixant la liste des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 14 décembre 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Markarian, rapporteur ;<br>
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       - et les conclusions de M. Marcovici, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que Mme A, de nationalité algérienne, relève appel du jugement en date du 22 octobre 2007 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 10 août 2006 refusant de lui délivrer un titre de séjour ; <br>
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       Considérant que la décision litigieuse vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'elle indique les éléments de sa situation personnelle qui permettent d'apprécier qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale tel que prévu par l'article 8 de la convention précitée ; que dans ces conditions, la décision du préfet des Bouches-du-Rhône comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et ne saurait être regardée comme insuffisamment motivée au regard des exigences de la loi du 11 juillet 1979 ;<br>
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       Considérant que la circulaire du 13 juin 2006, qui se borne à fournir aux préfets des indications dont ils peuvent tenir compte dans le cadre de leur pouvoir d'appréciation pour admettre, à titre humanitaire et exceptionnel, certains étrangers au séjour, n'a pas de valeur réglementaire et ne peut donc être utilement invoquée pour contester la légalité d'un refus de titre de séjour ; qu'ainsi, ladite circulaire n'a pu conférer à Mme A aucun droit au bénéfice des mesures gracieuses qu'elle prévoit ; que, par suite, la requérante ne peut utilement soutenir ni que la décision litigieuse n'est pas motivée au regard de ladite circulaire ni que la circulaire aurait été méconnue ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien :  (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention  vie privée et familiale  est délivré de plein droit : (...) 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus  ; <br>
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       Considérant que si Mme A fait valoir qu'elle vit en France depuis septembre 2001 et que ses cinq enfants sont scolarisés et bien intégrés en France, elle a vécu jusqu'à l'âge de 33 ans en Algérie et son époux, également en situation irrégulière, n'est venu la rejoindre qu'en mars 2005, puis est d'ailleurs retourné en Algérie ; qu'elle ne justifie pas de son intégration en France ne disposant pas notamment d'un logement personnel ; qu'elle n'établit pas davantage être dépourvue de famille en Algérie alors même qu'elle allègue avoir ses parents ainsi qu'un frère et une soeur sur le territoire national ; que la circonstance que le couple résiderait sur le territoire national n'est pas de nature à établir, à elle seule, et en l'absence de circonstances particulières, que le préfet des Bouches-du-Rhône a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention précitée dès qu'aucun motif ne s'oppose à ce que la famille se reconstitue hors de France ; que, dans ces conditions, l'arrêté litigieux n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des dispositions susvisées ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que la présente décision, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'appelle pas de mesures d'exécution ; que les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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        DECIDE<br>
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Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme Nadjah A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
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       Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**