# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 1ère chambre - formation à 3, 26/06/2008, 07NC01119, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000019246803
**Date de décision:** 2008-06-26
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000019246803

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 10 août 2007, complétée par mémoire enregistré le 10 octobre 2007, présentée pour M. Narek X, demeurant ..., par Me Roussel, avocat au barreau de Colmar ; M. X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0702033 en date du 3 juillet 2007 par lequel le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du préfet du Haut-Rhin en date du 19 mars 2007 refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui ordonnant de quitter le territoire français et fixant comme pays de destination celui dont il a la nationalité ;<br>
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       2°) d'annuler les décisions sus-mentionnées ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sous astreinte de 50 euros de retard à compter de la notification de la décision ou, à défaut, enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous la même astreinte ;<br>
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       Il soutient que :<br>
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       - la décision de refus de séjour est insuffisamment motivée et aurait dû, au préalable, être soumise à la commission du titre de séjour ;<br>
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       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste de sa situation, dès lors qu'il est marié à une ressortissante de nationalité française avec laquelle il vivait depuis 2005 ;<br>
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       - il est fondé à se prévaloir des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoit la possibilité de délivrer un titre de séjour pour des considérations humanitaires ;<br>
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       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       - la décision fixant son pays d'origine, l'Arménie, comme pays de destination, méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard aux risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays ;<br>
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       Vu le jugement attaqué ;<br>
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       Vu, enregistrés les 10 septembre et 2 novembre 2007, les mémoires en défense présentés par le préfet du Haut-Rhin qui conclut au rejet de la requête aux motifs que :<br>
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       - les décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français sont suffisamment motivées ;<br>
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       - l'intéressé est susceptible de bénéficier du regroupement familial et ne peut donc se prévaloir ni des dispositions de l'article L. 313-11-7°, ni de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       - la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard au caractère récent de son mariage avec une ressortissante de nationalité française ; <br>
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       - les craintes alléguées en cas de retour dans son pays d'origine ne sont pas établies ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 2 juin 2008 :<br>
       - le rapport de Mme Stahlberger, présidente,<br>
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       - et les conclusions de Mme Steinmetz-Schies, commissaire du gouvernement ;<br>
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       Sur la décision de refus de séjour :<br>
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       Considérant qu'au soutien de sa critique du jugement attaqué, M. X reprend son argumentation présentée en première instance ; que, toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que les premiers juges qui ont pris en considération l'ensemble des éléments produits, aient, par les motifs qu'ils ont retenus et qu'il y a lieu d'adopter, commis une erreur en rejetant sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Haut-Rhin en date du 19 mars 2007 refusant de délivrer à M. X un titre de séjour en qualité d'étranger malade ;<br>
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       En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :<br>
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       Considérant d'une part qu'aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger ou qui lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte de séjour ou son autorisation provisoire de séjour, pour un motif autre que l'existence d'une menace à l'ordre public, peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa. » ; que, d'autre part, l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979 dispose : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui (...) restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (...) » et l'article 3 de la même loi prévoit que : « La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision » ;<br>
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       Considérant que la décision par laquelle l'autorité administrative oblige un étranger à quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constitue une mesure de police ; qu'elle est ainsi au nombre des décisions qui doivent être motivées en application des dispositions précitées de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979 ;<br>
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       Considérant que la décision attaquée, si elle vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne comporte aucune référence au I de l'article L. 511-1 dudit code sur laquelle elle se fonde ; que, dans ces conditions, M. X est fondée à soutenir que ladite décision n'est pas suffisamment motivée ; qu'il y a lieu, par suite, d'annuler le jugement du Tribunal administratif de Strasbourg en tant qu'il a rejeté les conclusions de M. X sur ce point, ensemble la décision du préfet portant obligation de quitter le territoire français et, par voie de conséquence, la décision fixant le pays vers lequel M. X doit être reconduit ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que le présent arrêt implique seulement que le préfet du Haut-Rhin délivre une autorisation provisoire de séjour dans les conditions prévues à l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, par suite, il y a lieu d'inviter le préfet du <br>
Haut-Rhin à délivrer à M. X une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 10 jours à compter de la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a pas lieu de prononcer l'astreinte demandée ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce tout qui précède que M. X est seulement fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du préfet du Haut-Rhin portant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays vers lequel il doit être reconduit ;<br>
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       Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le paiement à M. X de la somme demandée par son conseil dans la présente instance sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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DECIDE<br>
Article 1er : Le jugement n° 0702033 du Tribunal administratif de Strasbourg du 3 juillet 2007 en tant qu'il a rejeté les conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet du Haut-Rhin faisant obligation à M. X de quitter le territoire et fixant le pays de destination, ensemble les articles 2 et 3 de l'arrêté du préfet du Haut-Rhin en date du 19 mars 2007 sont annulés. <br>
Article 2 : Le préfet du Haut-Rhin délivrera une autorisation provisoire de séjour à M. X dans le délai de dix jours à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. X est rejeté.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié M. Norek X, au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire et au préfet du Haut-Rhin.<br>
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N° 07NC01119<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**