# Conseil d'Etat, 10ème sous-section jugeant seule, du 18 janvier 2006, 263487, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008261644
**Date de décision:** 2006-01-18
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 10EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008261644

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 13 janvier 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE  ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 8 novembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 5 novembre 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. Samba SAKHO  ;
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              2°) de rejeter la demande présentée par M. Samba X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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     	Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                   Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - le rapport de Mme Fabienne Lambolez, Maître des Requêtes,
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              - les conclusions de Mme Marie-Hélène Mitjavile, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée en vigueur à la date de la décision attaquée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants () 2° Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire au-delà de la durée de validité de son visa  »  ; qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité sénégalaise, entré en France en 1995 sous couvert d'un visa de quinze jours, s'est maintenu sur le territoire au-delà de la validité de ce visa sans être titulaire d'un titre de séjour régulièrement délivré  ; que M. X se trouvait ainsi dans le cas où, en application des dispositions précitées du 2° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; que, par arrêté en date du 5 novembre 2003, le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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              Considérant qu'il ressort des déclarations faites par M. X lui-même le 5 novembre 2003 devant un agent de police et consignées par procès verbal que s'il est père de deux enfants nés en France d'une ressortissante mauritanienne respectivement le 4 juillet 2000 et le 2 mai 2003, il n'en assurait pas la charge effective et ne vivait ni avec ses enfants, ni avec la mère de ceux-ci, dont il était séparé à la date de la décision attaquée  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce que l'arrêté de reconduite à la frontière méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant toutefois qu'il appartient au Conseil d'Etat , saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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              Considérant qu'aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 2 juin 2003 du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, régulièrement publié  : « Délégation de signature est donnée à M. Pierre-André Peyvel, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés  relevant des attributions de l'Etat dans le département des Hauts-de-Seine, à l'exception des mesures de réquisition , déclinatoires de compétence, arrêtés de conflit, sauf en cas d'empêchement du préfet » et qu'aux termes de l'article 2 du même arrêté  : « En cas d'absence ou d'empêchement de M. Pierre-André Peyvel, secrétaire général de la préfecture, la délégation ainsi consentie est exercée par M. Gilles Clavreul, secrétaire général adjoint »  ; qu'en vertu de ces dispositions, M. Clavreul était bien compétent pour signer, en l'absence du secrétaire général de la préfecture, l'arrêté du 5 novembre 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. X  ;
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              Considérant que le moyen tiré  de ce que l'arrêté de reconduite à la frontière  du 5 novembre 2003 méconnaîtrait certaines dispositions de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, qui est relatif aux conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire, est inopérant  ; que M. X fait valoir, sans d'ailleurs l'établir, qu'il aurait une soeur résidant en France  ; que toutefois, compte tenu de la situation personnelle, énoncée ci-dessus, de M. X, la mesure de reconduite à la frontière  prise à l'encontre de celui-ci n'a pas, dans les circonstances particulières de l'espèce, porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie personnelle et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise  ; qu'elle n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 5 novembre 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. X  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement en date du 8 novembre 2003 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à M. Samba X et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**