# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 9 mars 2005, 267067, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008162305
**Date de décision:** 2005-03-09
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008162305

## Contenu de la décision

<br>
     Vu la requête, enregistrée le 30 avril 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Abderrezak YX, demeurant ...  ; M. YX demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
<br>
     1°) d'annuler le jugement du 5 avril 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 mars 2004 par lequel le préfet du Bas-Rhin a décidé sa reconduite à la frontière et fixé l'Algérie comme pays de destination de la reconduite  ;
<br>
     2°) d'annuler cet arrêté et cette décision pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
<br>
     
Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
     Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
<br>
     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
<br>
     Vu la loi n° 52-893 du 25 juillet 1952 modifiée relative au droit d'asile  ;
<br>
     Vu le décret n° 98-503 du 23 juin 1998 relatif à l'asile territorial  ;
<br>
     Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
     
Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
     - les conclusions de Mme Isabelle de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
     Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
<br>
     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. YX, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 24 janvier 2004, de la décision du préfet du Bas-Rhin du 20 janvier 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
<br>
     Sur la légalité externe de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
<br>
     Considérant que, par un arrêté du 9 juillet 2002, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même mois, M. Michel ZY, préfet du Bas-Rhin, a donné à M. Michel Y, secrétaire général de la préfecture, délégation pour signer toutes décisions à l'exception des arrêtés de conflit  ; que la circonstance que l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. YX ne vise pas l'arrêté du 9 juillet 2002 susmentionné n'est pas de nature à l'entacher d'irrégularité  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que M. Michel Y n'aurait pas été compétent faute d'être titulaire d'une délégation régulière pour signer l'arrêté attaqué manque en fait  ;
<br>
     Sur la légalité interne de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
<br>
     Sur l'exception d'illégalité du refus d'asile territorial  : 
<br>
     Considérant que M. YX est recevable à exciper de l'illégalité de la décision du 3 novembre 2003 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé le bénéfice de l'asile territorial  ;
<br>
     Considérant qu'aux termes de l'article 13 de la loi n° 52-893 du 25 juillet 1952 relative au droit d'asile : Dans les conditions compatibles avec les intérêts du pays, l'asile territorial peut être accordé par le ministre de l'intérieur après consultation du ministre des affaires étrangères à un étranger si celui-ci établit que sa vie ou sa liberté est menacée dans son pays ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales   ; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne saurait être utilement invoqué par M. YX à l'encontre de la décision ministérielle lui refusant l'asile territorial  ;
<br>
     Considérant par ailleurs que, si M. YX soutient avoir fait l'objet de menaces de mort, pressions et agressions physiques en Algérie, et craindre pour sa vie en cas de retour dans ce pays, ses allégations ne sont assorties d'aucune précision ni d'éléments probants susceptibles d'en établir la réalité  ; que, par suite, l'exception d'illégalité ne peut qu'être rejetée  ;
<br>
     Sur les autres moyens  :
<br>
     Considérant que le moyen tiré des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine est inopérant à l'encontre de l'arrêté de reconduite à la frontière  ;
<br>
     Considérant par ailleurs que M. YX n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la seule présence en France de sa soeur étant insuffisante à cet égard, dès lors qu'il est établi qu'il dispose d'attaches familiales en Algérie, où résident notamment ses parents  ;
<br>
     Considérant dès lors que l'arrêté contesté ne méconnaît pas les stipulations conventionnelles précitées  ;
<br>
     Sur la décision distincte fixant le pays de renvoi  :
<br>
     Considérant, ainsi qu'il a été exposé, que M. YX n'établit pas être exposé, en cas de retour en Algérie, à des risques de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; qu'en conséquence, le moyen ne peut qu'être écarté  ;
<br>
     Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. YX n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande  ;
<br>
<br>
<br>
<br>				D E C I D E  :
<br>
     
				--------------
<br>
     Article 1er  : La requête de M. YX est rejetée.
<br>
     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Abderrezak YX, au préfet du Bas-Rhin et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**