# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 28 juillet 2004, 258373, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008194402
**Date de décision:** 2004-07-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008194402

## Contenu de la décision

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                	Vu la requête, enregistrée le 8 juillet 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                	 1°) d'annuler le jugement en date du 13 mai 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 25 février 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de  M. Rached Ben Salah X  ;
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                	2°) de rejeter la demande d'annulation de cet arrêté que M. X a présenté devant le tribunal administratif de Paris  ;
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                	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     	Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                     	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                     	Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 modifié réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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                     	Vu le code de justice administrative   ;
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    Après avoir entendu en séance publique  : 
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         - les conclusions de M. Denis Piveteau, Commissaire du gouvernement  ;
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                	Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le PREFET DE POLICE peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                	Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 12 janvier 2000, de la décision du préfet de police du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                	Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale prévue au premier  alinéa du même article est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant (...)  ;
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                	Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il s'agisse d'un arrêté d'expulsion pris selon la procédure normale ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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                	Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. X ne réside pas habituellement en France depuis 1993  ; qu'ainsi, à la date de l'arrêté attaqué, l'intéressé pouvait légalement prétendre, en application du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, à la délivrance d'une carte de séjour vie privée et familiale  ;  que, par suite et comme l'a jugé à bon droit le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris, le PREFET DE POLICE ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; que, dès lors, le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé cet arrêté  ;
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D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Rached Ben Salah X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**