# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 2ème chambre - formation à 3, 10/11/2009, 08LY01951, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021385408
**Date de décision:** 2009-11-10
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021385408

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 20 août 2008, présentée pour M. Kamel A, domicilié chez B, 1 rue Stendhal à Pont de Claix (38800) ;<br>
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      M. A demande à la Cour :<br>
      1°) d'annuler le jugement n° 0603957 du 20 juin 2008 par lequel le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 11 janvier 2006 par laquelle le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;<br>
         2°) d'annuler pour excès de pouvoir ladite décision ;<br>
      3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un certificat de résidence, ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation, dans le délai de trente jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
      4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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      Il soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations du d de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'elle est, en outre, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
      Vu le jugement attaqué ;<br>
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      Vu la décision en date du 27 novembre 2008 accordant à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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      Vu le mémoire, enregistré le 17 juin 2009, présenté par le préfet de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête ;<br>
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      Il soutient que la décision attaquée n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 312-2 du code de justice administrative ni les stipulations du d de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'elle n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; que l'invitation à quitter le territoire ayant été exécutée, il n'y a plus lieu de statuer sur la légalité de l'arrêté fixant le pays de destination ;<br>
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      Vu l'ordonnance en date du 3 juillet 2009 fixant la clôture d'instruction au 18 septembre 2009, en application des articles R. 613-1 et  R. 613-3 du code de justice administrative ;<br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, modifié, en matière de séjour et de travail ;<br>
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      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 octobre 2009 :<br>
      - le rapport de M. Pourny, premier conseiller,<br>
      - et les conclusions de M. Gimenez, rapporteur public ;<br>
      Considérant que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la demande de M. A, ressortissant tunisien né en 1962, tendant à l'annulation de la décision du préfet de l'Isère en date du 11 janvier 2006 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;<br>
       Sur la légalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour : <br>
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        Considérant, en premier lieu, qu'aux termes des stipulations du d) de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien :  Reçoivent de plein droit un titre de séjour renouvelable valable un an et donnant droit à l'exercice d'une activité professionnelle dans les conditions fixées à l'article 7 : Les ressortissants tunisiens qui justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis plus de dix ans, le séjour en qualité d'étudiant n'étant pas pris en compte dans la limite de cinq ans ; les ressortissants tunisiens qui justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'ils ont atteint au plus l'âge de dix ans.  ; que si M. A soutient qu'il est entré en France en 1984, les pièces produites, qui consistent essentiellement en des attestations de proches dépourvues de précision et en des enveloppes adressées à son nom, ne peuvent être regardées comme des justificatifs probants et suffisants pour établir qu'il résidait habituellement en France, en particulier au cours des années 1997, 1999 et 2000 ; que, par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a méconnu les stipulations du d) de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien ;<br>
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        Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ; que M. A soutient qu'il est bien intégré en France où résident notamment sa soeur et ses deux frères ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé, né en 1962 et célibataire sans enfant, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine ; que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des conditions d'entrée et de séjour du requérant en France, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise ; qu'elle n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'elle n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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        Considérant, en dernier lieu, qu'aux termes de l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Dans chaque département, est instituée une commission du titre de séjour (...)  ; qu'aux termes de l'article L. 312-2 du même code :  La commission est saisie par le préfet (...) lorsque celui-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314­11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l'article L. 431-3.  ; qu'il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à l'article L. 312-2 précité auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ; que le requérant n'établissant pas qu'il remplissait effectivement de telles conditions, le préfet de l'Isère n'était pas tenu, en application de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande ; que ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais exposés par lui et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Kamel A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.<br>
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2009 à laquelle siégeaient :<br>
M. Chanel, président de chambre,<br>
MM. Pourny et Segado, premiers conseillers,<br>
Lu en audience publique, le 10 novembre 2009.<br>
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N° 08LY01951	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**