# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 22 octobre 2004, 255857, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008192882
**Date de décision:** 2004-10-22
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008192882

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 8 avril 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  : 
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     1°) d'annuler le jugement du 13 décembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 1er août 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme Marie-José Y, épouse ZY  ; 
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     2°) de rejeter la demande présentée par Mme ZY devant le président du tribunal administratif de Paris  ; 
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - le rapport de Mme Catherine Chadelat, Conseiller d'Etat,  
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     - les conclusions de Mme Emmanuelle Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement  ;
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     Considérant  qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, modifiée, relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  :   Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (... ) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement  d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire  au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)   ; 
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme ZY, de nationalité congolaise, s'est maintenue sur le territoire plus d'un mois après la notification, le 3 août 2001, de la décision du PREFET DE POLICE du même jour, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire étranger  ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où, à Paris, le PREFET DE POLICE peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger  ;
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme ZY, qui est entrée en France au début de l'année 1998, s'y est mariée en 1999 avec un compatriote titulaire d'une carte de résident et séjournant sur le territoire depuis plus de onze ans, dont elle a eu deux enfants, nés en France en 1999 et 2001  ; qu'ainsi, dans les circonstances de l'espèce et alors même que l'intéressée conserverait des attaches familiales dans son pays d'origine, l'arrêté attaqué a porté au droit de Mme ZY au respect de sa vie familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que, par suite, il a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  ;  que  le PREFET DE POLICE n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 1er août 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme ZY  ;
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     Sur l'application des dispositions  de l'article L. 761-1  du code de justice administrative  :
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     Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application  de  ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros que Mme ZY demande au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : L'Etat versera à Mme ZY la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Marie-José Y, épouse ZY et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et  des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**