# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 22 octobre 1979, 77-93.117, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007060840
**Date de décision:** 1979-10-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007060840

## Contenu de la décision

<p>LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 320 DU CODE PENAL, 6, 7 ET 8 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 593 DU MEME CODE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, </p>
<p>" EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE POUR CONDAMNER M. X...INCULPE DU DELIT DE BLESSURES INVOLONTAIRES SUR LA PERSONNE DE MME Y... A CONSIDERE QUE L'ACTION PUBLIQUE N'ETAIT PAS PRESCRITE LORSQU'ELLE A ETE ENGAGEE LE 4 SEPTEMBRE 1975 " ; </p>
<p>" AUX MOTIFS QUE LE DELIT DE BLESSURES INVOLONTAIRES N'EST CONSTITUE QU'AUTANT QUE L'INCAPACITE TOTALE DE TRAVAIL CAUSEE PAR LES BLESSURES A DURE PLUS DE TROIS MOIS ET QUE LA PRESCRIPTION DE L'ACTION PUBLIQUE RELATIVE A CE DELIT NE SAURAIT COURIR AVANT EXPIRATION DE CE DELAI DE TROIS MOIS, QUE PAR SUITE EN L'ESPECE LA PRESCRIPTION N'AVAIT COMMENCE A COURIR QU'A PARTIR DU 19 MAI 1972 " ; </p>
<p>" ALORS QUE LE DELAI DE LA PRESCRIPTION DE L'ACTION PUBLIQUE COURT A COMPTER DU JOUR OU L'INFRACTION A ETE COMMISE " ; </p>
<p>" QUE MEME SI L'ON ADMET - DANS LE CAS OU IL Y A DECALAGE DANS LE TEMPS ENTRE LE JOUR OU L'ACTE DELICTUEUX S'EST PRODUIT ET CELUI OU LE DOMMAGE EST APPARU - QUE LE POINT DE DEPART DU DELAI DE PRESCRIPTION NE PEUT COURIR QU'A PARTIR DU JOUR OU CE DOMMAGE S'EST REVELE, EN L'ESPECE L'INCAPACITE DE LA VICTIME EXISTAIT ET ETAIT PARFAITEMENT CONNUE D'ELLE DES LE 18 FEVRIER 1972, DATE A LAQUELLE SON ETAT ET LE DOMMAGE EN DECOULANT LUI AVAIENT ETE PARFAITEMENT REVELES PAR UN EXAMEN RADIOGRAPHIQUE " ; </p>
<p>" QU'EN NE FIXANT LE POINT DE DEPART DE LA PRESCRIPTION QUE TROIS MOIS APRES CETTE DATE, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION " ; </p>
<p>ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET ATTAQUE QUE LE 8 JUILLET 1968, LA DAME VEUVE Y... A SUBI UNE INTERVENTION CHIRURGICALE PRATIQUEE PAR LE DOCTEUR X... QUI, PAR NEGLIGENCE, A LAISSE SUBSISTER DANS LA CAVITE PERITONEALE DE SA PATIENTE UNE PINCE HEMOSTATIQUE DE 16 CENTIMETRES DE LONGUEUR ; </p>
<p>ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND CONSTATENT ENCORE QUE LA CAUSE DES DOULEURS POSTOPERATOIRES PROVOQUEES PAR LA PRESENCE DE L'INSTRUMENT DANS L'ABDOMEN DE LA DAME Y... N'EST APPARUE QUE PAR UN EXAMEN RADIOGRAPHIQUE EFFECTUE LE 17 FEVRIER 1972, QUE L'EXTRACTION DE L'OBJET A EU LIEU LE 28 FEVRIER DE LA MEME ANNEE, ET QUE, DU FAIT DES LESIONS QUE CE CORPS ETRANGER A PROVOQUEES ET DE L'OPERATION QUI S'EN EST SUIVIE, LA VICTIME A ETE EN ETAT D'INCAPACITE TOTALE DE TRAVAIL DU 18 FEVRIER AU 3 DECEMBRE 1972 ; </p>
<p>ATTENDU QUE POUR INFIRMER LE JUGEMENT QUI AVAIT DECLARE L'ACTION PUBLIQUE ETEINTE AU MOTIF, REPRIS PAR LE MOYEN, QUE LORSQUE LE PREMIER ACTE DE POURSUITE ETAIT INTERVENU LE 26 FEVRIER 1975, UN DELAI DE PLUS DE TROIS ANS S'ETAIT ECOULE DEPUIS LE 18 FEVRIER 1972, DATE A LAQUELLE, A LA SUITE DE L'EXAMEN RADIOGRAPHIQUE, TOUS LES ELEMENTS DE L'INFRACTION POURSUIVIE AVAIENT PU ETRE APPRECIES, L'ARRET OBSERVE QUE LE DELIT DE BLESSURES INVOLONTAIRES N'EST CONSTITUE QU'AUTANT QUE L'INCAPACITE TOTALE DE TRAVAIL CAUSEE PAR LES BLESSURES A DURE PLUS DE TROIS MOIS, ET, QU'EN L'ESPECE, UN TEL ETAT DE FAIT N'A PU ETRE CONSTATE QUE LE 19 MAI 1972 ; QUE DES LORS, L'ACTION PUBLIQUE N'ETAIT PAS PRESCRITE LORSQUE, MOINS DE TROIS ANNEES PLUS TARD, L'ACTE DE POURSUITE DU 26 FEVRIER 1975 S'EST PRODUIT ; </p>
<p>ATTENDU QU'EN CET ETAT, LA COUR D'APPEL, LOIN D'AVOIR VIOLE LES TEXTES DE LOI VISES AU MOYEN, EN A FAIT, AU CONTRAIRE, L'EXACTE APPLICATION ; QU'EN EFFET, LE DELIT DE BLESSURES INVOLONTAIRES N'EST CARACTERISE QU'AU JOUR OU EXISTE L'INCAPACITE, ELEMENT CONSTITUTIF DE L'INFRACTION PREVUE ET REPRIMEE PAR L'ARTICLE 320 DU CODE PENAL ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; </p>
<p>ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ; </p>
<p>REJETTE LE POURVOI.</p>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1971-02-26 Bulletin Criminel 1971 N. 67 p. 173 (REJET).

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 6,Code de procédure pénale 7,Code de procédure pénale 8,Code pénal 320
**ECLI:** 
**Résumé:** Le délit de blessures involontaires n'est caractérisé qu'au jour où existe l'incapacité, élément constitutif de l'infraction prévue et réprimée par l'article 320 du Code pénal.          Dès lors, c'est à bon droit qu'une Cour d'appel fixe le point de départ de la prescription de l'action publique, non pas à la date à laquelle, postérieurement au fait délictueux ayant donné naissance aux blessures, l'existence de celle-ci est apparue en même temps qu'une possible appréciation de leurs conséquences, mais seulement à celle où il a été permis de constater que l'incapacité prévue par la loi avait duré plus de trois mois (1).
**Mots-clés:** HOMICIDE ET BLESSURES INVOLONTAIRES - Prescription - Point de départ - Blessures involontaires - Jour où existe l'incapacité.,* ACTION PUBLIQUE - Extinction - Prescription - Point de départ - Homicide et blessures involontaires - Blessures involontaires - Jour où existe l'incapacité.,* PRESCRIPTION - Action publique - Point de départ - Homicide et blessures involontaires - Jour où existe l'incapacité.