# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 30 avril 1965, 62-13716, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006970002
**Date de décision:** 1965-04-30
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006970002

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE PRIS EN SA PREMIERE BRANCHE : ATTENDU QU'A L'OCCASION DU PARTAGE, ENTRE GABRIEL ET MARY X..., DES SUCCESSIONS DE LEURS PERE ET MERE ET DE LA COMMUNAUTE AYANT EXISTE ENTRE CEUX-CI, IL EST REPROCHE A L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR DEBOUTE MARY X... DE SA DEMANDE EN ATTRIBUTION PREFERENTIELLE DE L'EXPLOITATION AGRICOLE DE SES PARENTS, AU MOTIF QUE CETTE EXPLOITATION NE SERAIT PAS ASSEZ IMPORTANTE POUR FAIRE VIVRE UNE FAMILLE PAYSANNE, ALORS QUE LA CONDITION D'UNE PRODUCTIVITE NECESSAIRE A LA VIE D'UNE FAMILLE PAYSANNE A ETE ABROGEE PAR LE TEXTE NOUVEAU DE L'ARTICLE 832-1 DU CODE CIVIL ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE, S'IL EST EXACT QUE, DANS LE TEXTE QU'A DONNE AUX ARTICLES 832 ET 832-1 DU CODE CIVIL, LA LOI DU 19 DECEMBRE 1961, APPLICABLE EN LA CAUSE ; <br>
<br>NE FIGURE PLUS LA CONDITION D'UNE PRODUCTIVITE NECESSAIRE A LA VIE D'UNE FAMILLE PAYSANNE, LA COUR D'APPEL FONDE SA DECISION, ABSTRACTION FAITE DE TOUS AUTRES MOTIFS QUI DOIVENT ETRE CONSIDERES COMME SURABONDANTS, SUR LA DISPOSITION, TOUJOURS EN VIGUEUR, SELON LAQUELLE L'EXPLOITATION AGRICOLE, DONT L'ATTRIBUTION PREFERENTIELLE EST DEMANDEE, DOIT CONSTITUER UNE UNITE ECONOMIQUE ; <br>
<br>SUR LA DEUXIEME BRANCHE DU MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR REJETE LA DEMANDE DE MARY X..., AU MOTIF QUE L'ATTRIBUTION A CELUI-CI DE L'EXPLOITATION AGRICOLE NE METTAIT PAS FIN A L'INDIVISION, PUISQUE GABRIEL X... ETAIT PROPRIETAIRE, DES AVANT L'OUVERTURE DES SUCCESSIONS EN LIQUIDATION, DES 215 / 1000 DE CETTE EXPLOITATION, ALORS QUE L'ARTICLE 832-1 DU CODE CIVIL NE VISE QUE L'EXPLOITATION AGRICOLE, OBJET DE LA SUCCESSION, EN SORTE QUE, SELON LE POURVOI, IL IMPORTERAIT PEU QU'ELLE EUT CONTENU UN BIEN INDIVIS DONT L'INDIVISION PEUT TOUJOURS CESSER EN APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 815 DU CODE CIVIL OU D'AUTRES TEXTES ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE GABRIEL X... ETANT, POUR UNE CAUSE ETRANGERE ET ANTERIEURE A A L'INDIVISION EN COURS DE PARTAGE, PROPRIETAIRE PAR INDIVIS DES 215 / 1000 DE L'EXPLOITATION AGRICOLE, L'ATTRIBUTION PREFERENTIELLE DEMANDEE PAR MARY X... CONTRE SON FRERE NE POUVAIT AVOIR POUR RESULTAT QUE DE PROCURER AU PREMIER 785 / 1000 DE LA PROPRIETE DE L'EXPLOITATION ET D'IMPOSER AU SECOND L'INDIVISION DANS LES PROPORTIONS SUS-INDIQUEES ; <br>
<br>QUE, MEME SI CETTE INDIVISION EST SUSCEPTIBLE DE PRENDRE FIN DANS LES CONDITIONS DEFINIES PAR L'ARTICLE 815 DU CODE CIVIL OU D'AUTRES TEXTES, L'ETABLISSEMENT D'UNE TELLE SITUATION NE REPOND PAS AUX CONSIDERATIONS D'ORDRE FAMILIAL ET ECONOMIQUE QUI ONT FAIT ADMETTRE PAR LE LEGISLATEUR L'ATTRIBUTION PREFERENTIELLE D'UNE EXPLOITATION AGRICOLE ; <br>
<br>ET SUR LA TROISIEME BRANCHE DU MOYEN : ATTENDU QU'AUSSI VAINEMENT, LA COUR D'APPEL SE VOIT REPROCHER D'AVOIR DONNE A SON ARRET UN FONDEMENT ERRONE, GABRIEL X... ETANT, SELON LE POURVOI, PROPRIETAIRE DED 215 / 1000 DE LA MAISON D'HABITATION ET NON DE L'EXPLOITATION AGRICOLE, FAIT QUI SERAIT ATTESTE PAR LE RAPPORT D'EXPERTISE ET PAR LES CONCLUSIONS DE MARY X... NON CONTESTEES PAR SON FRERE ; <br>
<br>QU'EN EFFET, L'ARRET ATTAQUE DECLARE QUE L'EXPLOITATION AGRICOLE DONT S'AGIT, COMPORTANT UNE MAISON ET SES DEPENDANCES, EST CONSTITUEE, DANS SON ELEMENT PRINCIPAL, PAR UNE PROPRIETE QUI NE FIGURE DANS LA MASSE A PARTAGER QUE POUR UNE PART INDIVISE, SOIT 785 / 1000, LE SURPLUS, SOIT 215 / 1000, ETANT UN BIEN PROPRE DE GABRIEL X... ; <br>
<br>QUE CES CONSTATATIONS ET APPRECIATIONS RELEVENT DU POUVOIR SOUVERAIN DES JUGES DU FOND ET ECHAPPENT AU CONTROLE DE LA COUR DE CASSATION ; <br>
<br>QU'AINSI LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES TROIS BRANCHES ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 7 JUIN 1962 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS. N° 62-13716 MARY X... C / GABRIEL X... PRESIDENT : M BLIN-RAPPORTEUR : M BRETON-AVOCAT GENERAL : M COSSE-MANIERE, CONSEILLER, FAISANT FONCTIONS-AVOCATS : <br>MM ROUVIERE ET COUTARD A RAPPROCHER : SUR LE N° 2 : 1ER JUILLET 1959, BULL 1959, I, N° 331, P 277 ; <br>17 OCTOBRE 1961, BULL 1961, I, N° 446, P 369<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° S'IL EST EXACT QUE, DANS LE TEXTE QU'A DONNE AUX ARTICLES 832 ET 832-1 DU CODE CIVIL LA LOI DU 19 DECEMBRE 1961, NE FIGURE PLUS LA CONDITION D'UNE PRODUCTIVITE NECESSAIRE A LA VIE D'UNE FAMILLE PAYSANNE, EN REVANCHE EST TOUJOURS EN VIGUEUR LA DISPOSITION SELON LAQUELLE L'EXPLOITATION AGRICOLE, DONT L'ATTRIBUTION PREFERENTIELLE EST DEMANDEE, DOIT CONSTITUER UNE UNITE ECONOMIQUE.    DES LORS QU'UNE COUR D'APPEL A CONSTATE QUE CETTE CONDITION N'ETAIT PAS REMPLIE, ON NE PEUT LUI FAIRE GRIEF D'AVOIR SURABONDAMMENT RELEVE LE DEFAUT DE PRODUCTIVITE DE L'EXPLOITATION.,2° UN HERITIER NE PEUT OBTENIR L'ATTRIBUTION PREFERENTIELLE D'UNE EXPLOITATION AGRICOLE, DES LORS QU'UN AUTRE DES HERITIERS EN ETAIT DEJA CO-PROPRIETAIRE INDIVIS POUR UNE CAUSE ETRANGERE ET ANTERIEURE A L'INDIVISION EN COURS DE PARTAGE.
**Mots-clés:** 1° SUCCESSION - PARTAGE - DOMAINE RURAL - ATTRIBUTION PREFERENTIELLE (ART 832 DU CODE CIVIL) - CONDITIONS - UNITE ECONOMIQUE - CONDITION RESTEE EN VIGUEUR DEPUIS LA LOI DU 19 DECEMBRE 1961,2° SUCCESSION - PARTAGE - DOMAINE RURAL - ATTRIBUTION PREFERENTIELLE (ART 832 DU CODE CIVIL) - EXCLUSION - EXISTENCE DE DROITS INDIVIS SUR L'IMMEUBLE ANTERIEUREMENT A L'OUVERTURE DE LA SUCCESSION