# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 18 octobre 1979, 78-40.679, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007004071
**Date de décision:** 1979-10-18
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007004071

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L. 122-12 DU CODE DU TRAVAIL, 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE:<br>
    ATTENDU QUE LA SOCIETE INDUSTRIELLE DE NETTOYAGE (SIN), QUI A CESSE A PARTIR DU 3 MAI 1976 D'ASSURER LE NETTOYAGE DES LOCAUX D'UNE SOCIETE COMMERCIALE, AVAIT AVISE FERNANDEZ ET 35 AUTRES SALARIES QU' ELLE EMPLOYAIT A CE TRAVAIL, QU'ILS PASSAIENT AU SERVICE DE LA SOCIETE GREYS BAVI NETMA (GBN), NOUVELLE ADJUDICATAIRE DU MARCHE; QUE CETTE DERNIERE A REFUSE DE GARDER A SON SERVICE UN CERTAIN NOMBRE DE CES SALARIES, ET DE TENIR COMPTE A CEUX QU'ELLE AVAIT ACCEPTE DE REPRENDRE DE L'ANCIENNETE ACQUISE AUPRES DE LA SOCIETE SIN;    QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR DECIDE QUE LES CONTRATS DE TRAVAIL PASSES AVEC LE PRECEDENT EXPLOITANT DEVAIENT SE CONTINUER AVEC LE SECOND, EN VERTU DE L'ARTICLE L. 122-12 DU CODE DU TRAVAIL, ALORS QU'IL NE POUVAIT SE BORNER A AFFIRMER L'IDENTITE D'ENTREPRISE SANS RELEVER LES ELEMENTS PROPRES A ETABLIR QUE LE NOUVEL ADJUDICATAIRE POURSUIVAIT LE MEME BUT QUE LES PRECEDENT, EN DISPOSANT, AUX MEMES FINS, DES MEMES MOYENS MATERIELS ET FINANCIERS;QUE FAUTE D'AVOIR PROCEDE A CES CONSTATATIONS PROPRES A CARACTERISER L'IDENTITE D'ENTREPRISE, LES JUGES DU FOND N'ONT PAS DONNE DE BASE LEGALE A LEUR DECISION;    MAIS ATTENDU QUE L'ARTICLE L. 122-12 DU CODE DU TRAVAIL DESTINE A GARANTIR LA STABILITE DE L'EMPLOI DOIT RECEVOIR APPLICATION DANS TOUS LES CAS OU LA MEME ENTREPRISE CONTINUE A FONCTIONNER SOUS UNE DIRECTION NOUVELLE; QUE L'ARRET ATTAQUE A RELEVE QUE &lt;LES MODIFICATIONS DE L'ENTREPRISE INVOQUEES PAR LA SOCIETE GBN, CONCERNANT LES CONDITIONS DE FINANCEMENT, LES EXIGENCES DE CONTROLE ET DE TRANSPORT DU PERSONNEL ET D'INSTALLATION MATERIELLE (BUREAU DE MAITRISE, VESTIAIRES ET ENTREPOTS) NE CHANGEAIENT PAS LA NATURE DE L'ENTREPRISE DONT L'OBJET ETAIT D'ASSURER LE NETTOYAGE DES MEMES LOCAUX, AVEC DES EMPLOIS ANALOGUES&gt;; QUE PAR CES CONSTATATIONS D'OU IL RESULTAIT QUE LA MEME ENTREPRISE AVAIT CONTINUE SOUS LA DIRECTION DE LA SOCIETE GBN, AU SENS DE LA LOI, LA COUR D'APPEL A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION;    QUE CE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
   ET SUR LE SECOND MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L. 122-12, L.122-14 ET SUIVANTS DU CODE DU TRAVAIL, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, DEFAUT ET CONTRADICTION DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE:<br>
    ATTENDU QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A L'ARRET DE S'ETRE CONTREDIT EN DECIDANT D'UNE PART QUE LES SALARIES NON REPRIS AVAIENT ETE LICENCIES PAR LE NOUVEL EMPLOYEUR SANS MOTIF REEL NI SERIEUX, ET EN ADMETTANT D'AUTRE PART QUE CET EMPLOYEUR POUVAIT APPORTER LA PREUVE DE L'EXISTENCE DE TELS MOTIFS EN LES ENONCANT ET LES JUSTIFIANT;    MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE  QUI A ORDONNE UNE MESURE D'EXPERTISE, S'EST BORNE A ENONCER AVANT DIRE DROIT QUE LES SALARIEES NON REPRISES PAR LA SOCIETE GBN LAQUELLE PRETENDAIT UNIQUEMENT NE PAS EN ETRE DEVENUE EMPLOYEUR, DEVAIENT ETRE CONSIDEREES COMME LICENCIEES PAR ELLE SANS MOTIF REEL NI SERIEUX, SAUF POUR CETTE DERNIERE A ENONCER ET A JUSTIFIER D'AUTRES MOTIFS DE RUPTURE; QUE LA SOCIETE EST DEPOURVUE D'INTERET A CRITIQUER UNE DECISION QUI, QUEL QU'EN SOIT LE MERITE, LUI PERMET D'APPORTER LA PREUVE DE NOUVELLES CAUSES DE RUPTURE;    QUE CE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
   PAR CES MOTIFS:<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 13 JUILLET 1977 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS.<br>,Même espèce : Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1979-10-18 (REJET) N. 78-40.680 A 78-40.703 Sté Greys Bavi Netma GBN.
 CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1979-07-09 Bulletin 1979 V N. 632 (CASSATION) et l'arrêt cité. (1)

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (2),Code du travail L122-12,Code du travail L122-14
**ECLI:** 
**Résumé:** L'article L 122-12 du Code du travail destiné à garantir la stabilité de l'emploi, doit recevoir application dans tous les cas où la même entreprise continue à fonctionner sous une direction nouvelle. Ce texte ne peut donc être écarté lorsqu'une entreprise assurant le nettoyage de locaux d'une société a été remplacée dans ce travail par une autre entreprise, les seules modifications apportées qui concernaient les conditions de financement, les exigences de contrôle et de transport du personnel et d'installations matérielles (bureau de maîtrise, vestiaire et entrepôts) n'affectant en rien la nature de l'entreprise dont l'objet était d'assurer le nettoyage des mêmes locaux.,N'encourent pas le grief de contradiction les juges du fond qui, après avoir constaté qu'un société prétend ne pas être devenue employeur de certains salariés à l'occasion d'une cession d'entreprise et n'a donc pu les licencier, ordonnent une mesure d'expertise et se bornent à énoncer avant dire droit que lesdits salariés ont été licenciés par la société cessionnaire sans motif réel et sérieux, tout en autorisant cette dernière, qui est dépourvue d'intérêt à critiquer une telle autorisation, à énoncer et à justifier d'autres motifs de rupture.
**Mots-clés:** 1) CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Continuation du contrat de travail - Conditions - Poursuite de la même entreprise - Activité du successeur - Modifications d'organisation n'affectant pas la nature de l'entreprise.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Continuation du contrat de travail - Conditions - Poursuite de la même entreprise - Exploitants successifs d'un service de nettoyage de locaux - Modification d'organisation n'affectant pas la nature de l'entreprise.,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Licenciement - Licenciement par le nouvel employeur - Causes - Cause réelle et sérieuse - Causes étrangères à la cession - Expertise à l'effet de les rechercher - Motifs - Contradiction.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Licenciement - Licenciement par le nouvel employeur - Société cessionnaire contestant cette qualité - Portée.