# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 28/05/2009, 08NT02170, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021031347
**Date de décision:** 2009-05-28
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021031347

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 1er août 2008, présentée pour M. Gul Zaib Y, demeurant ..., par Me Greffard-Poisson, avocat au barreau d'Orléans ; M. Gul Zaib Y demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 08-1493 du 1er juillet 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 janvier 2008 du préfet du Loiret portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
<br>
       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet du Loiret, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour vie privée et familiale, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
<br>
       4°) de condamner l'Etat à verser à Me Greffard-Poisson la somme de 800 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Greffard-Poisson, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat ;<br>
.....................................................................................................................<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 avril 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme Chauvet, rapporteur ;<br>
<br>
       - et les conclusions de M. Geffray, rapporteur public ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       Considérant que M. Y, ressortissant pakistanais, interjette appel du jugement du 1er juillet 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 janvier 2008 du préfet du Loiret portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
<br>
       Sur la légalité de l'arrêté contesté :<br>
<br>
       Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature des liens avec la famille restée au pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) ;<br>
<br>
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y est entré en France au mois de novembre 2004 pour y rejoindre son épouse, avec laquelle il s'était uni le 24 août 2003, qui est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2010 ; que trois enfants sont nés en France de cette union les 28 mai 2004, 13 juillet 2006 et 16 juillet 2007 ; qu'une partie de la famille des deux époux, dont les parents de Mme Y, résident régulièrement en France ; que, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté du 30 janvier 2008 du préfet du Loiret refusant à M. Y la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il a ainsi méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Y est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ; <br>
<br>
       Considérant que le présent arrêt implique qu'il soit enjoint au préfet du Loiret de délivrer au requérant une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que M. Y a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Greffard-Poisson, avocat de M. Y, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros, à payer à Me Greffard-Poisson ; qu'en revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions par le préfet du Loiret ;<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du 1er juillet 2008 du Tribunal administratif d'Orléans, ensemble l'arrêté du 30 janvier 2008 du préfet du Loiret, sont annulés.<br>
Article 2    : Il est enjoint au préfet du Loiret de délivrer à M. Y un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3    : L'Etat versera à Me Greffard-Poisson, avocat de M. Y, la somme de 800 euros (huit cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Greffard-Poisson renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. <br>
Article 4    : Les conclusions du préfet du Loiret tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 5    : Le présent arrêt sera notifié à M. Gul Zaib Y et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet du Loiret.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
1<br>
<br>
N° 08NT02170		2 <br>
1<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**