# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 08/09/2009, 07MA03883, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021100624
**Date de décision:** 2009-09-08
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021100624

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 septembre 2007, présentée pour M. Mohammed X, demeurant ..., par la <br>
SCP d'avocats Dessalces-Ruffel ; M. X demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0606939 du 2 juillet 2007 par lequel le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du   16 octobre 2006 par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour ;<br>
<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour comportant la mention vie privée et familiale sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir et, subsidiairement, de lui ordonner le réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de trois mois et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat, soit en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, une somme de 1 196 euros à verser à la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, soit en l'absence d'admission à l'aide juridictionnelle, une somme de 1 196 euros à son profit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ; <br>
<br>
	  Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
	  Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ; <br>
<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 juin 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de M. Fédou, rapporteur,<br>
<br>
       - les conclusions de M. Brossier, rapporteur public,<br>
<br>
       - et les observations de Me Sabin, de la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel, pour M. X ;<br>
<br>
       Considérant que M. X interjette appel du jugement en date du 2 juillet 2007 par lequel le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 16 octobre 2006 par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour ;<br>
<br>
<br>
       Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :<br>
<br>
	Considérant qu'aux termes des dispositions de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile susvisé : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans son pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ;<br>
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X est arrivé en France au plus tard en 1998, à l'âge de douze ans et s'y est maintenu depuis ; qu'il produit à ce sujet des certificats de scolarité pour les années 1998-1999 et 1999-2000, un hébergement par une maison d'enfants à caractère social de mars 2000 à mars 2002 puis de nombreuses pièces à partir de 2003 témoignant d'une résidence habituelle en France depuis 1998 ; qu'il fait valoir par ailleurs l'importance de ses liens familiaux en France, où résident son père, titulaire d'une carte de résident et présent sur le territoire national depuis 1974, ainsi que ses quatre soeurs, également en situation régulière ; que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions de séjour de l'intéressé, et même si M. X ne démontre pas être dépourvu de toute attache familiale au Maroc, la décision attaquée du 16 octobre 2006 doit être regardée comme ayant porté au droit de M. X  au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; qu'il est en conséquence fondé à soutenir qu'un titre de séjour aurait dû lui être délivré sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11, 7° précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 16 octobre 2006 par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour ; qu'il y a lieu en conséquence d'annuler ledit jugement ainsi que la décision susmentionnée du préfet de l'Hérault ;<br>
<br>
<br>
	Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution, par la même décision juridictionnelle ; qu'aux termes de l'article L. 911-3 du code de justice administrative : Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ; <br>
	Considérant que la présente décision, qui annule la décision du préfet de l'Hérault portant refus d'admission au séjour de M. X pour un motif de légalité interne tiré de la violation de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, implique nécessairement que le même préfet délivre au requérant un titre de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision ; qu'il n'y a pas lieu, toutefois, d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée ;<br>
      Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
      Considérant qu'aux termes des deuxième et troisième alinéas de l'article 37 de la loi du <br>
10 juillet 1991 : L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle partielle ou totale peut demander au juge de condamner la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à lui payer une somme au titre des honoraires et frais, non compris dans les dépens, que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide (...) S'il recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat (...)  et qu'aux termes du 3ème alinéa de l'article 76 de la même loi : Les bureaux d'aide juridictionnelle se prononcent dans les conditions prévues par les textes en vigueur à la date à laquelle les demandes ont été présentées et les admissions produiront les effets attachés à ces textes (...)  ; que M. X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles 37 et 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de condamner l'Etat à payer à la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel la somme de 1 196 euros qu'elle réclame au titre des articles précités ;<br>
<br>
<br>
       D É C I DE  :<br>
<br>
Article 1er : Le jugement du Tribunal administratif de Montpellier du 2 juillet 2007 et la décision du préfet de l'Hérault du 16 octobre 2006 rejetant la demande de titre de séjour de M. X sont annulés. <br>
<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt, de délivrer à M. X une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale .<br>
<br>
Article 3 : L'Etat versera à la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, la somme de <br>
1 196 (mille cent quatre-vingt seize) euros<br>
<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. Mohammed X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
<br>
Copie en sera adressée au préfet de la région Languedoc-Roussillon, préfet de l'Hérault.<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
2<br>
N° 07MA03883<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**