# Cour administrative d'appel de Nancy, 3ème chambre - formation à 3, du 14 octobre 2004, 00NC00163, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007569350
**Date de décision:** 2004-10-14
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Nancy
**Formation:** 3EME CHAMBRE - FORMATION A 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007569350

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 3 février 2000, complétée par un mémoire enregistré le 21 novembre 2000, présentée pour Mme Paulette X, élisant domicile ..., par Me Gaucher, avocat  ; Mme X demande à la Cour  :
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     1°) d'annuler le jugement n° 980633 en date du 12 novembre 1999 par lequel le Tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande tendant à la condamnation du centre hospitalier de Gray à lui verser une indemnité à raison de l'accident dont elle a été victime le 30 juin 1995 dans les locaux de l'établissement  ;
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     2°) de condamner le centre hospitalier de Gray à lui verser une somme de 60 000 F en réparation des troubles dans les conditions d'existence engendrés par cet accident, une somme de 5 000 F à raison du pretium doloris et 10 000 F au titre du préjudice esthétique  ;
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     3°) de condamner le centre hospitalier de Gray à prendre en charge les frais d'expertise  ;
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     4°) de condamner le centre hospitalier de Gray à lui verser une somme de 5 000 F au titre de l'article L. 8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel  ;
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     Mme X soutient que  :
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     - il est constant que la présence de plaques métallique entreposées dans un couloir sombre susceptible d'être emprunté par des personnels hospitaliers ou des personnes étrangères à l'établissement, constitue un mauvais entretien ou un défaut d'aménagement de l'ouvrage  ;
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     - l'existence d'un obstacle anormal rend nécessaire une signalisation, ce qui n'a pas été le cas  ;
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     - la faute de la victime n'est pas démontrée, dans la mesure où il n'existait pas d'éclairage disponible à l'endroit où elle circulait et dans la mesure où elle n'a pas proposé de passer par une porte de sortie non autorisée  ;
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     - la circonstance qu'elle ait été agent hospitalier est indifférente dans la mesure où elle exerçait dans un autre établissement indépendant de l'hôtel Dieu  ;
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Vu le jugement attaqué  ;
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Vu le mémoire enregistré le 24 août 2000, présenté pour la caisse primaire d'assurances maladie de Haute-Saône par la SCP Vilmin Gundermann avocat  ; la caisse primaire d'assurances maladie de Haute-Saône s'associe aux conclusions de la requête de Mme X et demande pour le cas où il serait fait droit à la requête, la condamnation du centre hospitalier de Gray à lui verser une somme de 43 217,10 F hors indemnité forfaitaire, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 mars 1998 ainsi qu'une somme de 5 000 F au titre de l'article L. 8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel  ;
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Vu le mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2000 présenté pour le centre hospitalier de Gray, par Me Souchal, avocat  ; le centre hospitalier de Gray conclut  : 
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     - au rejet de la requête  ; 
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     - à la condamnation de Mme X à lui verser une somme de 5 000 F au titre de l'article L. 8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel  ;
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     Le centre hospitalier de Gray soutient que  :
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     - à supposer même que la présence des plaques ait concouru au dommage, le comportement personnel de Mme X exonère totalement le centre de sa responsabilité  ;
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     - Mme X, ancien agent de l'établissement connaissait parfaitement les lieux, savait qu'y étaient réalisés des travaux de restructuration et a proposé de passer par une sortie non autorisée  ;
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     - la circonstance que l'établissement ait pris en charge les soins est sans incidence sur sa responsabilité  ;
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Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu la loi du 28 pluviôse an VIII  ;
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     Vu le code de justice administrative  ;
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     Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
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     Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 23 septembre 2004  :
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     - le rapport de Mme Monchambert, président,
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     - les observations de Me Niango, présent pour Me Gaucher, avocat de Mme X et Me Souchal, avocat du centre hospitalier de Gray,
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     - et les conclusions de M. Tréand, commissaire du gouvernement  ;
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     Considérant qu'il résulte de l'instruction que l'accident dont Mme X a été victime le 30 juin 1995 dans un couloir du centre hospitalier de Gray, alors qu'elle sortait de la morgue, a été provoqué par la présence de plaques métalliques déposées en vue de la réalisation des travaux de réfection engagés par l'établissement  ; qu'eu égard à l'absence de toute signalisation, ce dépôt est constitutif d'un défaut d'entretien normal de l'ouvrage de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Gray, alors même que ce couloir n'est pas normalement destiné à la fréquentation du public  ; que toutefois, Mme X, ancien agent du centre hospitalier à la retraite, qui en raison de l'affluence du public, avait été sur sa demande, autorisée à rejoindre la sortie du bâtiment par ce passage réservé au personnel, s'est engagée dans ce couloir dans l'obscurité, sans en actionner les interrupteurs électriques  ; que dans ces conditions, les premiers juges ont fait une exacte appréciation des circonstances de l'espèce, en estimant que l'imprudence de la victime est de nature à exonérer l'établissement de toute responsabilité  ; que, par suite, Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande tendant à la condamnation du centre hospitalier de Gray  ;
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     Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurances maladie de Haute-Saône  :
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     Considérant que la caisse primaire d'assurances maladie de Haute-Saône demande dans l'hypothèse où la responsabilité du centre hospitalier de Gray serait engagée, à être remboursée des sommes qu'elle a exposées du fait des soins dispensés à Mme X  ; qu'ainsi qu'il a été dit, la responsabilité du centre hospitalier n'est pas engagée  ; qu'il s'ensuit que la demande de la caisse ne peut qu'être rejetée  ;
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     Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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     Considérant que les dispositions susvisées font obstacle à ce que le centre hospitalier de Gray qui n'est pas partie perdante, soit condamné à payer à Mme X et à la caisse primaire d'assurances maladie de Haute-Saône, les sommes qu'elles demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens  ; que dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de condamner Mme X à payer au centre hospitalier de Gray la somme qu'il réclame à ce titre  ; 
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D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de Mme X est rejetée.
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     Article 2  : Les conclusions de la caisse primaire d'assurances maladie de la Haute-Saône et du centre hospitalier de Gray tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
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     Article 3  : Le présent arrêt sera notifié à Mme X, au centre hospitalier de Gray et à la caisse primaire d'assurances maladie de la Haute-Saône.
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N° 00NC00163
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**