# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 février 1966, 64-93.819, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007053892
**Date de décision:** 1966-02-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007053892

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE X... (JOEL), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL D'AGEN DU 10 DECEMBRE 1964 QUI, DANS DES POURSUITES POUR ESCROQUERIE, L'A CONDAMNE A UN MOIS D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS, 500 FRANCS D'AMENDE, AINSI QU'A DES REPARATIONS CIVILES. LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT ET LES OBSERVATIONS PRESENTEES EN DEFENSE ;<br>
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SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION ET FAUSSE APPLICATION DES ARTICLES 405 DU CODE PENAL, ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 POUR DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE LE DEMANDEUR POUR ESCROQUERIE ;<br>
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AU MOTIF QU'IL AURAIT, PAR LA PRODUCTION D'UNE FACTURE PRO FORMA PORTANT LE NOM D'UN ACHETEUR QUI N'ETAIT PAS LE VERITABLE ACQUEREUR, FAIT CONSENTIR UN PRET A Y... PERE AU LIEU ET PLACE DE SON FILS QUI ETAIT L'ACHETEUR REEL ET NE POUVAIT REGLER SA DETTE ;<br>
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ALORS D'UNE PART QUE LE JUGE DU FOND N'A PAS REPONDU AUX CONCLUSIONS PAR LESQUELLES IL ETAIT SOUTENU QUE LE MATERIEL OFFERT ET PLUS TARD CONSTITUE EN NANTISSEMENT PAR L'APPOSITION DES PLAQUES AU NOM DU PLAIGNANT ETAIT EFFECTIVEMENT CELUI QUE DEFINIT LA FACTURE PRO FORMA ET QUI A ETE REELLEMENT VENDU PAR LE DEMANDEUR ;<br>
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ALORS D'AUTRE PART QUE LA SUBSTITUTION DE Y... PERE QUI EST SOLVABLE A SON FILS, QUI L'EST MOINS, COMME SIGNATAIRE DES ACCEPTATIONS N'ETAIT PAS VISEE PAR LA PLAINTE QUI A SAISI LE JUGE REPRESSIF ET QUE CETTE SUBSTITUTION N'A PORTE AUCUN PREJUDICE AU PRETEUR, QUI L'A CONNUE ET ACCEPTEE, DES LA RECEPTION DE LA DEMANDE D'EMPRUNT ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE JUGE DU FOND A RETENU UN FAIT DONT IL N'ETAIT PAS ORIGINAIREMENT SAISI ET QUE L'INEXACTITUDE EN LA FORME DE LA MENTION DU DEBITEUR SUR LA FACTURE PRO FORMA NE CONSTITUE PAS UNE MANOEUVRE CORROBORANT UN MENSONGE ET N'A PU ETRE DETERMINANTE, ALORS QU'ELLE ETAIT CONNUE DE L'ORGANISME PRETEUR ET ACCEPTEE PAR LUI, ET QUE LE JUGE DU FOND NE POUVAIT REFUSER DE REPONDRE AUX CONCLUSIONS FORMELLES DU DEMANDEUR SUR CE POINT ;<br>
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ATTENDU QU'IL APPERT DES ENONCIATIONS DU JUGEMENT, QUE CONFIRME L'ARRET ATTAQUE, QUE VERS LA FIN DE L'ANNEE 1961, X..., LE DEMANDEUR, DIRECTEUR DE LA MOTOCULTURE AGENAISE, CONSTATANT QU'IL NE POUVAIT SE FAIRE PAYER PAR Y... (JEAN), UN CORN PICKER D'UNE VALEUR DE 8636,30 FRANCS QU'IL LUI AVAIT LIVRE LE 18 OCTOBRE 1961 AINSI QUE DE DIVERSES SOMMES QUE CE DERNIER LUI DEVAIT, A IMAGINE D'OBTENIR UN CREDIT DE LA SOCIETE CREDISO, PARTIE CIVILE, DESTINE A LE REMBOURSER DE SA CREANCE S'ELEVANT A 13000 FRANCS ;<br>
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QUE D'ACCORD AVEC Y... (JEAN), IL A ETABLI UNE FAUSSE FACTURE, EN DATE DU 4 JANVIER 1962, DE LAQUELLE IL RESULTAIT QU'IL AURAIT VENDU A Y... (DENIS), PERE DE JEAN, - LEQUEL ETAIT PROPRIETAIRE ET SOLVABLE ALORS QUE Y... (JEAN) NE L'ETAIT PAS - UN MATERIEL COMPOSE D'UN CORN PICKER, D'UNE REMORQUE ET D'UN PULVERISATEUR ;<br>
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QUE Y... (DENIS), A ACCEPTE DE SE PRETER A CETTE COMBINAISON ET QUE X... A AINSI PERCU 13000 FRANCS ;<br>
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ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND CONSTATENT QU'IL Y A EU, AINSI, UN CONTRAT SIMULE, PUISQU'IL RESULTE DE LA FACTURE PRO FORMA DU 4 JANVIER 1962 QUE X... AURAIT VENDU A Y... PERE, DU MATERIEL AGRICOLE POUR UNE VALEUR DE 19065 FRANCS ALORS QU'EN REALITE CE DERNIER N'A ABSOLUMENT RIEN ACHETE A LA MOTOCULTURE AGENAISE ;<br>
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 QUE CE FAUX CONTRAT, PORTANT SUR UN ACHAT IMPORTANT, A DETERMINE LA CREDISO A REMETTRE A X... UNE SOMME DE 13000 FRANCS QUE CELUI-CI A ENCAISSEE ;<br>
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QU'IL S'AGIT BIEN D'UNE MISE EN SCENE QUI A PERMIS A X... D'ESCROQUER UNE SOMME IMPORTANTE A CETTE SOCIETE QUI N'AURAIT PAS CONSENTI CE PRET SI ELLE AVAIT SU QU'IL S'AGISSAIT D'UN CONTRAT FICTIF QUI, DE SURCROIT, N'ETAIT GARANTI PAR AUCUN MATERIEL ;<br>
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 QU'A CET EGARD, EN EFFET, LE CORN PICKER LIVRE EN OCTOBRE 1961 ET QUI AVAIT ETE VENDU A Y... (JEAN), NE POUVAIT GARANTIR MEME PARTIELLEMENT, CE PRET RELATIF A UN PRETENDU ACHAT EFFECTUE PAR Y... PERE ;<br>
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ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES ENONCIATIONS QUI RELEVENT, A LA CHARGE DE X..., TOUS LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DU DELIT D'ESCROQUERIE, LA COUR D'APPEL, QUI A AINSI REPONDU AUX CONCLUSIONS DONT LE PREVENU L'AVAIT SAISIE ET QUI, D'AUTRE PART, N'A NULLEMENT STATUE SUR DES FAITS QUI N'AURAIENT PAS ETE COMPRIS DANS LA POURSUITE, LAQUELLE A ETE ENGAGEE SUR PLAINTE CONTRE X, AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE, DE LA SOCIETE CREDISO, A FAIT AU DEMANDEUR UNE EXACTE APPLICATION DE L'ARTICLE 405 DU CODE PENAL ;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN, QUI PRETEND D'AILLEURS S'APPUYER SUR DES FAITS DIFFERENTS DE CEUX DONT L'EXISTENCE A ETE SOUVERAINEMENT CONSTATEE PAR LES JUGES DU FOND, DOIT ETRE REJETE ;<br>
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ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ;<br>
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REJETTE LE POURVOI. PRESIDENT : M COMTE, CONSEILLER DOYEN FAISANT FONCTIONS - RAPPORTEUR : M TURQUEY - AVOCAT GENERAL : M BARC - AVOCATS : MM BORE ET MARTIN-MARTINIERE.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** C'est à bon droit que les juges du fond ont déclaré coupable d'escroquerie un prévenu qui, ayant obtenu d'un tiers qu'il accepte de solliciter un prêt d'une société de crédit en fondant cette demande sur une vente simulée de matériel que ledit prévenu lui aurait faite, et dont la prétendue existence était faussement affirmée par la présentation d'une facture pro forma, a réussi à se faire remettre par cette société le montant de ce prêt, qui lui a ainsi servi à compenser la perte subie par lui en suite de la défaillance d'un de ses débiteurs (1).
**Mots-clés:** ESCROQUERIE - Manoeuvres frauduleuses - Définition - Mise en scène - Contrat simulé,* ESCROQUERIE - Manoeuvres frauduleuses - Définition - Production de pièces - Factures - Facture fausse - Contrat simulé.