# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 19 juin 1979, 77-14.822, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007003621
**Date de décision:** 1979-06-19
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007003621

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN :<br>
    ATTENDU, SELON L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE (CHAMBERY, 20 JUIN 1977) QUE, PAR ACTE DU 2 JUILLET 1426, LES CHARTREUX DU PRIEURE DE VALLON (SAVOIE) ONT ALBERGE AU PROFIT DE DIX HABITANTS DU HAMEAU DE VALLON NOMMEMENT DESIGNES, ET DE LEURS DESCENDANTS EN LIGNE DIRECTE, DES PROPRIETES EN NATURE DE PATURAGES ET DE FORETS; QU'UN AUTRE ACTE DU 2 MAI 1781  A AFFRANCHI LES  LES ALBERGATAIRES DE TOUS DROITS ET DEVOIRS SEIGNEURIAUX; QUE LA JOUISSANCE DES BIENS INDIVIS A TOUJOURS ETE RESERVEE A CEUX DES AYANTS DROIT QUI ETAIENT DOMICILIES AU HAMEAU DE VALLON; QUE PAR ARRET DU 2 MAI 1843, LE SENAT DE SAVOIE A DECIDE QUE LES BIENS COMPRIS DANS L'ALBERGEMENT DE 1426 APPARTIENNENT EN PARTICULIER AUX HERITIERS ET AYANTS DROIT DES ALBERGATAIRES PRIMITIFS ET DE CEUX QUI LEUR ONT ETE SUCCESSIVEMENT ASSOCIES, ET A ORDONNE LA REUNION D'UNE ASSEMBLEE GENERALE DES PROPRIETAIRES AFIN DE DELIBERER SUR LE MODE DE JOUISSANCE ET D'EXPLOITATION; QUE L'ASSEMBLEE GENERALE REUNIE LE 21 AOUT 1843 EN EXECUTION DE CET ARRET A ETABLI UN REGLEMENT FIXANT NOTAMMENT LES CONDITIONS DANS LESQUELLES LES BIENS INDIVIS SONT ADMINISTRES PAR DEUX &lt; PROCUREURS &gt; ELUS PAR L'ASSEMBLEE GENERALE DES PROPRIETAIRES;<br>
   ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR REJETE LA DEMANDE FORMEE PAR 88 PROPRIETAIRES INDIVIS N'HABITANT PAS LE HAMEAU DE VALLON, QUI, PRETENDANT DISPOSER, EN CE QUI CONCERNE L'ADMINISTRATION, DES MEMES DROITS QUE CEUX QUI DEMEURENT DANS CE HAMEAU, CONTESTAIENT LA VALIDITE DE L'ELECTION DES PROCUREURS CHALLANDE ET MAITRE, AINSI QUE CELLE DE DEUX MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION, INTERVENUES AU COURS D'ASSEMBLEES AUXQUELLES LES DEMANDEURS N'AVAIENT PAS ETE APPELES, ET SOLLICITAIENT LA DESIGNATION D'UN EXPERT X... DE VERIFIER LA GESTION ET LES COMPTES DES PROCUREURS ET DE CONVOQUER UNE ASSEMBLEE GENERALE DE TOUS LES PROPRIETAIRES EN VUE DE DOTER L'INDIVISION D'UN NOUVEAU REGLEMENT, ALORS, SELON LE MOYEN, QUE &lt; D'UNE PART LES RESTRICTIONS QU'UN PROPRIETAIRE PEUT APPORTER A LA PLENITUDE DE SON DROIT SONT DEROGATOIRES ETD'INTERPRETATION STRICTE, QU'EN PRETENDANT FONDER SA DECISION SUR LE SEUL AMALGAME DES PREROGATIVES DE JOUISSANCE ET D'ADMINISTRATION, LA COUR D'APPEL QUI S'EST CRUE DE CE FAIT DISPENSEE DE RECHERCHER UNE EVENTUELLE RESTRICTION APPORTEE PAR LES COPROPRIETAIRES, NON SEULEMENT A LEUR DROIT DE JOUISSANCE, MAIS AUSSI A LEUR DROIT D'ADMINISTRER LA CHOSE POUR LE CAS OU ILS N'HABITERAIENT PAS A LA SECTION DE VALLON, CE QUI N'EST PREVU PAR AUCUN ACTE, A MECONNU LES NOTIONS JURIDIQUES DE JOUISSANCE ET D'ADMINISTRATION, QUI NE SONT PAS NECESSAIREMENT LIEES, ET A PRIVE SA DECISION DE BASE LEGALE &gt;; QUE D'AUTRE PART, A SUPPOSER QU'IL CONTINT UNE RESTRICTION EXPRESSE AU DROIT D'ADMINISTRER LES INDIVIS, COMME L'A SOUTENU CHALLANDE, CE QUE L'ARRET ATTAQUE N'A PAS CONSTATE, L'ACTE DU 4 AOUT 1845, PRIS PAR LES SEULS COINDIVISAIRES RESIDANT DANS LA SECTION DE VALLON, NE SAURAIT AVOIR VALABLEMENT MODIFIE, FAUTE D'IDENTITE DE PARTIES, LE REGLEMENT DU 21 AOUT 1843 PRIS A L'UNANIMITE DES COPROPRIETAIRES QUI, AINSI QUE L'ONT SOUTENU LES DEMANDEURS DANS LEURS CONCLUSIONS DELAISSEES, N'A JAMAIS ETE ABROGE NI MODIFIE SUR CE POINT &gt;; QUE, DE TROISIEME PART, &lt; EN REFUSANT D'ORDONNER LES MESURES CONSERVATOIRES PORTANT NOTAMMENT SUR LA VERIFICATION DE LA GESTION DES PROCUREURS ET DE LEURS COMPTES, SOLLICITEES PAR LES COPROPRIETAIRES DONT LE DROIT DE JOUISSANCE EST SUBORDONNE, QUANT A SON EXERCICE EFFECTIF, A LA CONDITION D'HABITATION DANS LA SECTION DE VALLON, L'ARRET ATTAQUE A MECONNU LA REGLE SELON LAQUELLE LE PROPRIETAIRE SOUS CONDITION PEUT, AVANT MEME QUE LA CONDITION SOIT ACCOMPLIE, EXERCER TOUS LES ACTES CONSERVATOIRES DE SON DROIT &gt;;<br>
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   MAIS ATTENDU, D'ABORD, QU'ANALYSANT LES ACTES PRODUITS, L'ARRET RELEVE QUE LA JOUISSANCE DES BIENS INDIVIS A ETE, DES L'ORIGINE, RESERVEE AUX AYANTS DROIT DOMICILIES ET RESIDANT AU HAMEAU DE VALLON,  QUE CETTE REGLE A ETE MAINTENUE ET OBSERVEE POSTERIEUREMENT A L'ACTE D'AFFRANCHISSEMENT DE 1781, AINSI QU'IL RESULTE NOTAMMENT D'ACTES DES 18 MARS 1821 ET 28 MAI 1830, QUE LA VALIDITE DE CETTE COUTUME N'A PAS ETE AFFECTEE PAR LE CHANGEMENT DE SOUVERAINETE RESULTANT DU TRAITE DU 24 MARS 1860 PORTANT REUNION DE LA SAVOIE A LA FRANCE; QU'IL AJOUTE QUE LES DEMANDEURS, DONT LE DROIT DE PROPRIETE N'EST PAS EN CAUSE, NE CONTESTENT PAS QU'EN VERTU DE CETTE REGLE ILS N'ONT PAS DROIT A LA JOUISSANCE EFFECTIVE DES BIENS INDIVIS; QUE, DE CES ENONCIATIONS, LA COUR D'APPEL, QUI N'A PAS DECLARE QUE LE REGLEMENT DE 1843 AURAIT ETE MODIFIE PAR L'ACTE DU 4 AOUT 1845, A PU DEDUIRE QUE &lt; LE DROIT DE JOUISSANCE CONFERAIT A SES SEULS BENEFICIAIRES L'ADMINISTRATION DES BIENS &gt;  ET QUE, DANS LA MESURE OU LES DEMANDEURS JUSTIFIERAIENT ETRE LES AYANTS DROIT DES ALBERGATAIRES PRIMITIFS ET VIENDRAIENT A NOUVEAU A RESIDER A DEMEURE  DANS  LE HAMEAU DE VALLON, ILS POURRAIENT DEMANDER A JOUIR DE LEUR DROIT, MAIS QUE &lt; LA SIMPLE DETENTION D'UN DROIT DE PROPRIETE DONT ILS N'ONT PAS LA JOUISSANCE NE SAURAIT LEUR PERMETTRE DE PARTICIPER A L'ADMINISTRATION DES INDIVIS DE VALLON &gt;;    ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE LES DEMANDEURS N'AVAIENT PAS FAIT VALOIR DEVANT LA COUR D'APPEL QUE L'ACTE DU 4 AOUT 1845 N'AURAIT ETE PRIS QUE PAR LES SEULS INDIVISAIRES RESIDANT DANS LA SECTION DE VALLON ET NE POURRAIT, FAUTE D'INDENTITE DE PARTIES, AVOIR MODIFIE LE REGLEMENT DE 1843; QUE DE CE CHEF LE MOYEN EST NOUVEAU ET MELANGE DE FAIT ET DE DROIT;    ATTENDU, ENFIN, QU'EN CE QU'IL INVOQUE LE DROIT DU PROPRIETAIRE SOUS CONDITION  SUSPENSIVE D'EXERCER, AVANT QUE LA CONDITION SOIT ACCOMPLIE, LES ACTES CONSERVATOIRES DE SON DROIT, LE MOYEN EST CONTRAIRE A LA PRETENTION SOUTENUE DEVANT LA COUR D'APPEL PAR LES DEMANDEURS, QUI SE PREVALAIENT DE LEUR QUALITE DE &lt; PROPRIETAIRES A PART ENTIERE &gt;;    D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN, POUR PARTIE IRRECEVABLE, DOIT POUR LE SURPLUS ETRE REJETE;<br>
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   SUR LE SECOND MOYEN :<br>
    ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR OMIS DE RECHERCHER  SI CERTAINS DES DEMANDEURS RESIDAIENT OU NON DANS LA SECTION DE VALLON, ET D'AVOIR AINSI, TOUT A LA FOIS LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS SOUTENANT QU'UN BON NOMBRE D'ENTRE EUX SONT DES HABITANTS DE LA SECTION DE VALLON, ET DENATURE LES DOCUMENTS DE LA CAUSE ET, EN PARTICULIER, LES CERTIFICATS DE DOMICILE ET REGISTRES VERSES AUX DEBATS;    MAIS ATTENDU QUE LES DOCUMENTS VISES PAR LE MOYEN N'ETANT PAS PRODUITS DEVANT LA COUR DE CASSATION, LE GRIEF DE DENATURATION N'EST PAS RECEVABLE; QUE L'ARRET A REPONDU AUX CONCLUSIONS PRETENDUMENT DELAISSEES EN ENONCANT QU'AUCUN DES DOCUMENTS PRODUITS N'ETABLIT QUE TOUS LES INTIMES OU QUELQUES-UNS D'ENTRE EUX REMPLISSENT LA CONDITION DE RESIDENCE DANS LA SECTION DE VALLON;    D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 20 JUIN 1977 PAR LA COUR D'APPEL DE CHAMBERY.<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),Code civil 544
**ECLI:** 
**Résumé:** En l'état d'un arrêt du Sénat de Savoie en date du 2 mai 1843 qui a décidé que les biens compris dans un albergement de 1426 portant sur des terres du hameau de Vallon et suivi d'un acte d'affranchissement, appartiennent aux héritiers et ayants droit des albergataires primitifs, et a ordonné la réunion d'une assemblée générale pour établir un règlement d'administration de l'indivision, les juges du fond, saisis par les propriétaires indivis n'habitant pas le hameau de Vallon, d'une demande en nullité des décisions prises par l'assemblée générale à laquelle ils n'ont pas été appelés, peuvent rejeter cette demande dès lors qu'après avoir relevé qu'il résulte les différents actes susvisés que la jouissance des biens indivis a toujours été réservée aux ayants droit domiciliés et résidant au hameau de Vallon, que cette règle a été observée postérieurement à l'acte d'affranchissement et que les demandeurs ne contestent pas qu'en vertu de cette règle, ils n'ont pas droit à la jouissance effective des biens indivis, ils ont pu déduire que le droit de jouissance conférait à ses seuls bénéficiaires l'administration des biens, et que la simple détention d'un droit de propriété dont ils n'ont pas la jouissance ne saurait leur permettre de participer à l'administration de l'indivision.
**Mots-clés:** INDIVISION - Albergement suivi d'un acte d'affranchissement - Administration - Albergataires non titulaires d'un droit de jouissance sur les biens indivis - Participation à l'administration (non).