# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 08/09/2009, 07MA02684, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021100612
**Date de décision:** 2009-09-08
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021100612

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 13 juillet 2007, présentée pour M. Mesut X, élisant domicile ... par Me Rabhi, avocat ; M. X demande à la Cour  :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0700886 du Tribunal administratif de Montpellier en date du 22 mai 2007 qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 22 janvier 2007 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
<br>
       2°) d'annuler la décision litigieuse ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours après notification de l'arrêt sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
<br>
       4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 19 mai 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme Gaultier, rapporteur,<br>
<br>
       - et les conclusions de M. Brossier, rapporteur public, <br>
<br>
       Considérant que M. X fait appel du jugement n° 0700886 du 22 mai 2007 par lequel le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault en date du  22 janvier 2007 rejetant sa demande d'admission au séjour ;<br>
       Sur le bien-fondé du jugement attaqué :<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1-Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2-Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale , ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; <br>
<br>
       Considérant que l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : ...7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus , sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ; <br>
<br>
       Considérant qu'en vertu des articles L. 312-1 et L. 312-2 du même code, la commission (du titre de séjour) est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11... ; qu'il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions posées par l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la délivrance d'un titre de séjour, et non du cas de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ; <br>
<br>
<br>
       Considérant, en premier lieu, que M. X, né en 1978 et de nationalité turque, soutient être entré en France sans visa en août 2003 ; qu'il s' y est marié, le 31 mai 2005, avec une compatriote, Mlle Y, titulaire d'une carte de résident ; que M X soutient avoir désormais fixé en France sa vie privée et familiale dès lors qu'il y vit avec son épouse, et auprès de nombreux membres de la famille de cette dernière, lesquels sont en situation régulière ; qu'ainsi que l'a décidé à bon droit le tribunal administratif, compte tenu à la fois de la faible durée du séjour en France de l'intéressé et de celle de son mariage à la date du 22 janvier 2007 à laquelle la décision de refus de séjour a été prise ainsi que du fait que l'épouse du requérant n'a pas sollicité le regroupement familial, la décision litigieuse n'est pas de nature à porter au droit de M. X au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a dès lors méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions précitées de l'article L. 311-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que ce refus n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;  <br>
<br>
       Considérant, en second lieu, que le requérant n'étant pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application des dispositions précitées de l'article 12 bis 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande ; <br>
<br>
       Sur les conclusions aux fins d'injonction :<br>
<br>
       Considérant que l'article L. 911-1 du code de justice administrative dispose que : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public... prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant d'un délai d'exécution ; <br>
       Considérant que le présent arrêt rejette les conclusions présentées aux fins d'annulation présentées par M. X et n'implique, par suite, aucune mesure d'exécution ; qu'il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. X aux fins d'injonction au préfet de délivrer le titre de séjour demandé ; <br>
       Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
      Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. X une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
<br>
DÉCIDE<br>
Article 1er : La requête de M. X est rejetée. <br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Mesut X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. <br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault. <br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 07MA026842<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**