# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 15 décembre 1981, 80-11.782, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007009676
**Date de décision:** 1981-12-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007009676

## Contenu de la décision

ATTENDU, SELON LES ENONCIATIONS DES JUGES DU FOND, QUE LE 25 MARS 1975 S'EST OUVERTE LA SUCCESSION DE D... D., QUE CELLE-CI, MARIEE EN PREMIERES NOCES A ANDRE DE., EN A EU UN ENFANT LEGITIME, PIERRE DE., NE LE 4 MARS 1914, QUE LE DIVORCE DES EPOUX DE.-D. A ETE PRONONCE PAR JUGEMENT DU 22 DECEMBRE 1917, QUE, LE 5 NOVEMBRE 1915, D... D. AVAIT MIS AU MONDE UNE B... PAULETTE, DEVENUE EPOUSE C., AUJOURD'HUI DECEDEE, ET AUX DROITS DE LAQUELLE SONT SES ENFANTS, QUI A ETE INSCRITE A L'ETAT CIVIL SOUS LE NOM DE SA MERE ET SANS INDICATION DU NOM DU MARI DE CELLE-CI, QUE, LE 29 JANVIER 1919, D... D. A ENCORE DONNE LE JOUR A UNE B..., D... MARIE-JOSE, AUJOURD'HUI EPOUSE M., EGALEMENT INSCRITE A L'ETAT CIVIL SOUS LE NOM DE SA MERE, QUE LE 28 NOVEMBRE 1919, EMILE Y... ET D... D. ONT RECONNU CES DEUX ENFANTS ET QU'ILS SE SONT MARIES LE 20 DECEMBRE 1919, QUE, DE CE MARIAGE, SONT ISSUES DEUX AUTRES C..., D..., EMILIE, OCTAVIE Y... EPOUSE ME., NEE EN 1921, ET JEANNINE, EPOUSE A., NEE EN 1922 ;<br>
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ATTENDU QUE, PAR ACTE NOTARIE DU 8 JUILLET 1952, MME D. A FAIT DONATION A MME ME., PAR PRECIPUT, DE LA NUE PROPRIETE DE DIVERSES PARCELLES DE TERRE A CHARGE D'UNE RENTE VIAGERE ANNUELLE EQUIVALANT A CENT ONZE QUINTAUX DE BLE, QUE LES COHERITIERS DE MME ME. L'ONT ASSIGNEE EN PARTAGE DE LA SUCCESSION DE LEUR MERE ET EN REDUCTION DE CETTE DONATION, QUE L'ARRET ATTAQUE A ADMIS QUE MME C. ET MME M. X... F..., COMME ENFANTS LEGITIMES, POUR AGIR NON SEULEMENT EN PARTAGE DE LA SUCCESSION DE LEUR MERE, MAIS AUSSI EN REDUCTION DE LA DONATION FAITE A MME ME., ET A DECLARE APPLICABLE A CETTE DONATION L'ARTICLE 918 DU CODE CIVIL PREVOYANT L'IMPUTATION SUR LA QUOTITE DISPONIBLE DE LA VALEUR DE LA PLEINE PROPRIETE DES BIENS DONNES ;<br>
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SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE MADAME ME. FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR, SELON LE MOYEN, RECONNU A MME C., NEE EN 1915, ET NON DESAVOUEE PAR ANDRE DE., LA F... D'ENFANT LEGITIME DU MARIAGE DE.-D., ET DE L'AVOIR DECLAREE RECEVABLE A AGIR EN REDUCTION DE LA DONATION CONSENTIE EN 1952 A SA SOEUR, MME ME., TOUT EN LA DECLARANT ENFANT LEGITIMEE PAR LE MARIAGE SUBSEQUENT DE SES PARENTS EMILE Y... ET D... D., VIOLANT AINSI LE PRINCIPE DE L'UNITE DE LA FILIATION LEGITIME ET CELUI DE L'UNITE DE LA RESERVE HEREDITAIRE ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL A ADMIS, A BON DROIT, CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS DES ARTICLES 313-1 ET 331 DU CODE CIVIL, RENDUES APPLICABLES EN LA CAUSE PAR L'ARTICLE 12 DE LA LOI DU 3 JANVIER 1972, QUE MME C. A ETE LEGITIMEE PAR LE MARIAGE DES EPOUX CORNET-D., QUE, RECHERCHANT ALORS SI MME C. E... AGIR EN REDUCTION DES DONATIONS DE 1952, LA COUR D'APPEL AVAIT A FAIRE APPLICATION DE L'ARTICLE 14, ALINEA 2, DE LA LOI DU 3 JANVIER 1972, SELON LEQUEL LES DROITS DE RESERVATAIRES RESULTANT DES REGLES NOUVELLES CONCERNANT L'ETABLISSEMENT DE LA FILIATION NE PEUVENT ETRE EXERCEES AU PREJUDICE DES DONATIONS ENTRE VIFS CONSENTIES AVANT SON ENTREE EN VIGUEUR SI L'APPLICATION DE LA LOI DU 3 JANVIER 1972 CONDUIRAIT A RECONNAITRE A MME C., DANS LA SEULE SUCCESSION DE SA MERE ET EN CE QUI CONCERNE LES DONATIONS CONSENTIES PAR CELLE-CI, DES DROITS PLUS ETENDUS QUE CEUX QUI SERAIENT RESULTES A SON PROFIT DE L'APPLICATION DU DROIT ANTERIEUR, QU'AYANT CONSTATE QUE MME C. AURAIT EU, SANS LA SUCCESSION DE D... D., EN VERTU DE LA LEGISLATION ANTERIEURE A 1972, COMME ENFANT LEGITIME NON DESAVOUE PAR DE., DES EPOUX DE.-D., DES DROITS DE RESERVATAIRE EQUIVALENTS A CEUX QUE LA LOI DU 3 JANVIER 1972 LUI A CONFERES DANS LA MEME SUCCESSION EN TANT QU'ENFANT LEGITIMEE PAR LES EPOUX CORNET-D., ELLE EN A JUSTEMENT DEDUIT, SANS VIOLER LE PRINCIPE DE L'UNITE DE LA FILIATION LEGITIME, NI CELUI DE L'UNITE DE LA RESERVE HEREDITAIRE, SA F... POUR AGIR EN REDUCTION DE LA DONATION DE 1952, QUE LE MOYEN EST DEPOURVU DU MOINDRE FONDEMENT ;<br>
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SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR RECONNU A MME M. F... POUR AGIR EN REDUCTION DE LA MEME DONATION, ALORS QUE, NEE LE 29 JANVIER 1919 ET SON PERE N'AYANT DIVORCE D'UN PRECEDENT MARIAGE QUE LE 15 AVRIL 1919, MME M. Z... ETRE CONSIDEREE COMME ENFANT ADULTERINE A PATRE, QUI N'AURAIT PU ETRE LEGITIMEE PAR LES EPOUX CORNET-D. QU'EN VERTU D'UN ACTE DRESSE PAR L'OFFICIER D'A... CIVIL AU MOMENT MEME DU MARIAGE DES PARENTS ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA RECONNAISSANCE, CONSTATEE PAR ACTE DU 28 NOVEMBRE 1919, POUVAIT ETRE CONSIDEREE COMME FAITE "AU MOMENT" DU MARIAGE, CELEBRE LE 20 DECEMBRE 1919, AU SENS DE L'ARTICLE 331 DU CODE CIVIL TEL QU'IL ETAIT ALORS REDIGE ET QUE CETTE RECONNAISSANCE A EMPORTE DE PLEIN DROIT LEGITIMATION, QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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ET SUR LE TROISIEME MOYEN : ATTENDU QUE MME ME. FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR, PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 918 DU CODE CIVIL, ORDONNE L'IMPUTATION SUR LA QUOTITE DISPONIBLE DE LA PLEINE PROPRIETE DE LA VALEUR DES TERRES DONNEES A MME ME. PAR L'ACTE DU 8 JUILLET 1952, ALORS QUE CE TEXTE, CONCU POUR SANCTIONNER DES LIBERALITES FAITES A DES SUCCESSIBLES EN LIGNE DIRECTE SOUS LA FORME D'ALIENATIONS A TITRE ONEREUX, NE POURRAIT ETRE APPLIQUE DANS LE CAS INVERSE DE L'ALIENATION A TITRE ONEREUX REVETANT LA FORME D'UNE DONATION ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE, SI LA DISPOSITION EXCEPTIONNELLE DE L'ARTICLE 918 DU CODE CIVIL NE PEUT S'APPLIQUER AUX DONATIONS PURES ET SIMPLES LIMITEES A LA NUE PROPRIETE NON PLUS QU'A DES DONATIONS EN PLEINE PROPRIETE FAITES MOYENNANT DES CHARGES INFERIEURES A LA VALEUR DU BIEN DONNE - ET SPECIALEMENT MOYENNANT DES PRESTATIONS VIAGERES NE DEPASSANT PAS LE REVENU QUE PRODUIT CE BIEN, - LE CARACTERE DE LIBERALITE ETANT ALORS DIRECTEMENT EXPRIME ET DEFINI PAR L'ACTE MEME, CETTE DISPOSITION TROUVE APPLICATION, AU CONTRAIRE, LORSQUE L'ALIENATION, MEME FAITE EN FORME DE DONATION, EST CONSENTIE MOYENNANT DES PRESTATIONS VIAGERES POUVANT APPAREMMENT EXCEDER LA VALEUR DU BIEN DONNE, QU'IL EN ETAIT AINSI DANS LA PRESENTE ESPECE, PUISQUE, AINSI QUE LE RELEVE LA COUR D'APPEL, LA DONATION A ETE CONSENTIE, NON SEULEMENT AVEC RESERVE D'USUFRUIT, MAIS ENCORE A CHARGE DE SERVIR UNE RENTE VIAGERE A MME D., DONATRICE, RENTE DONT MME ME. DEVAIT PRELEVER LES ARRERAGES SUR SES AUTRES RESSOURCES, QU'IL EN RESULTE QUE, EN VERTU DU TEXTE PRECITE, LA VALEUR EN PLEINE PROPRIETE DES BIENS ALIENES DEVAIT ETRE IMPUTEE SUR LA PORTION DISPONIBLE ET L'EXCEDENT SUJET A REDUCTION, EN L'ABSENCE D'INTERVENTION A L'ALIENATION DES AUTRES SUCCESSIBLES EN LIGNE DIRECTE, QUE LA COUR D'APPEL A DONC LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ET QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 29 JANVIER 1980, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS ;<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1978-12-05 Bulletin 1978 I N. 375 p. 292 (CASSATION) et l'arrêt cité. (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1979-02-21 Bulletin 1979 I N. 70 p. 57 (CASSATION) et l'arrêt cité. (3)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),Code civil 918,LOI 1972-01-03 ART. 14 AL. 2
**ECLI:** 
**Résumé:** Saisie par un enfant, né pendant le premier mariage de sa mère et légitimé, selon le droit applicable avant la loi du 3 janvier 1972, par le mariage de sa mère, divorcée, avec son père naturel, d'une demande en réduction de la donation consentie, en 1952, par la mère, à un enfant légitime de son second mariage, la Cour d'appel devait, pour rechercher si l'héritier demandeur pouvait agir en réduction, faire application de l'article 14, alinéa 2, de la loi du 3 janvier 1972, selon lequel les droits de réservataires résultant des règles nouvelles concernant l'établissement de la filiation ne peuvent être exercés au préjudice des donations entre vifs consenties avant son entrée en vigueur.          Et, dès lors qu'elle constate que l'héritier demandeur aurait eu, dans la succession de sa mère, en vertu de la législation antérieure à 1972, comme enfant légitime non désavoué du premier mariage des droits de réservataire équivalents à ceux que la loi du 3 janvier 1972 lui a conférés, dans la même succession comme enfant légitimé par le second mariage, la Cour d'appel en déduit justement, sans violer le principe de l'unité de la filiation légitime, ni celui de l'unité de la réserve héréditaire, la qualité de cet héritier pour agir en réduction de la donation consentie en 1952.,Doit être considérée comme faite "au moment du mariage" au sens de l'article 331 du Code civil tel qu'il était alors rédigé, la reconnaissance d'un enfant naturel, faite par acte du 28 novembre 1919, le mariage ayant été célébré le 20 décembre 1919.          Dès lors, cette reconnaissance a emporté, de plein droit, légitimation.,Si la disposition exceptionnelle de l'article 918 du Code civil ne peut s'appliquer aux donations pures et simples limitées à la nue-propriété, non plus qu'à des donations en pleine propriété faites moyennant des charges inférieures à la valeur du bien donné, - et spécialement moyennant des prestations viagères ne dépassant pas le revenu que produit ce bien - le caractère de libéralité étant alors directement exprimé et défini par l'acte même, cette disposition trouve application, au contraire, lorsque l'aliénation, même faite en forme de donation, est consentie moyennant des prestations viagères pouvant apparemment excéder la valeur du bien donné.
**Mots-clés:** 1) RESERVE - Réduction - Action en réduction - Exercice - Enfant adultérin - Enfant légitimé antérieurement au 1er août 1972 par le second mariage de sa mère - Succession de celle-ci - Donation antérieure au 1er août 1972.,* FILIATION EN GENERAL - Droit transitoire - Survie de la loi ancienne - Domaine d'application - Enfant adultérin - Droits successoraux - Réserve - Action en réduction - Qualité pour agir - Enfant légitimé antérieurement au 1er août 1972 par le second mariage de sa mère - Succession de celle-ci - Donation antérieure au 1er août 1972.,2) FILIATION NATURELLE (législation antérieure à la loi du 3 janvier 1972) - Légitimation - Reconnaissance "au moment du mariage" - Définition.,3) RESERVE - Quotité disponible - Masse de calcul - Article 918 du Code civil - Domaine d'application - Aliénation consentie moyennant des prestations viagères pouvant apparemment excéder la valeur du bien donné.,* RESERVE - Quotité disponible - Masse de calcul - Article 918 du Code civil - Domaine d'application - Donation en pleine propriété faite moyennant des charges inférieures à la valeur du bien donné (non).,* RESERVE - Quotité disponible - Masse de calcul - Article 918 du Code civil - Domaine d'application - Donation pure et simple limitée à la nue-propriété (non).