# CAA de DOUAI, 2ème chambre, 21/06/2022, 22DA00415, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046003461
**Date de décision:** 2022-06-21
**Juridiction:** CAA de DOUAI
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046003461

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante : <br>
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       Procédure contentieuse antérieure : <br>
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       Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du 13 août 2021 du préfet de la Seine-Maritime refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de cette mesure.<br>
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       Par un jugement n° 2103514 du 20 janvier 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour : <br>
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       Par une requête, enregistrée le 24 février 2022, Mme A..., représentée par Me Solenn Leprince, demande à la cour : <br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 13 août 2021 du préfet de la Seine-Maritime ;<br>
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       3°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale compétente de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation sous la même condition de délai et d'astreinte et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ; <br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Elle soutient que : <br>
       - la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;<br>
       - elle est entachée d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du même code ;  <br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 de ce code ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ; <br>
       - elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;<br>
       - elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ; <br>
       - elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés par Mme A... ne sont pas fondés.  <br>
       Mme A... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2022.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91- 647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Muriel Milard, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme B... A..., ressortissante angolaise née le 5 février 2002, entrée sur le territoire français le 4 février 2018 à l'âge de seize ans, accompagnée de sa mère, a demandé le 2 février 2021 son admission au séjour sur le fondement des articles L. 313-11 7° et L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle relève appel du jugement du 20 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 août 2021 du préfet de la Seine-Maritime refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de cette mesure.<br>
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       Sur les moyens communs aux décisions attaquées :<br>
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       2. Mme A... réitère ses moyens tirés de l'insuffisance de motivation des décisions contestées et du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle. Cependant, elle n'apporte pas en appel d'éléments nouveaux de fait ou de droit de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges sur ces moyens aux points 2, 10 et 13 du jugement contesté. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, de les écarter.<br>
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       Sur le refus de titre de séjour :<br>
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       3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles   L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / (...) ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". <br>
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       4. Mme A... se prévaut de son séjour en France depuis le 4 février 2018, aux côtés de membres de sa famille, dont notamment sa mère et son beau-père, qui l'héberge et subvient à ses besoins et d'un demi-frère de nationalité française ainsi que de son parcours scolaire qu'elle a suivi avec sérieux jusqu'en classe de terminale dans la filière " gestion administrative " au lycée Auguste Bartholdi de Barentin où elle est interne. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée, qui est célibataire et sans charge de famille, n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales ou privées dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de seize ans et où y résident son père et quatre frères et sœurs. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
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       5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. (...) ". De plus, aux termes de l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Si Mme A... soutient qu'elle est prise en charge par son beau-père et qu'elle dispose ainsi de moyens suffisants, elle ne conteste toutefois pas le bien-fondé du motif de l'arrêté attaqué, qui tient notamment à l'absence de détention de visa de long séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.<br>
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       6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / (...) ".<br>
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       7. Mme A... se borne à faire valoir que le centre de ses intérêts privés et familiaux est en France. Toutefois, compte tenu de sa situation exposée au point 4, Mme A... n'établit pas que des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifieraient son admission exceptionnelle au séjour, par la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime aurait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.<br>
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       8. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu de ce qui a été dit au point 4, que le préfet de la Seine-Maritime, en refusant la délivrance à Mme A... d'un titre de séjour, aurait entaché cette décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.<br>
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       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français : <br>
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       9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen excipant de l'illégalité de cette décision doit être écarté.<br>
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       10. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 4, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.<br>
       Sur la décision fixant le pays de destination :<br>
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       11. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que la décision de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen excipant de l'illégalité de cette décision doit être écarté.<br>
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       12. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 4 et10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.<br>
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       13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
DÉCIDE :<br>
       Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B... A..., au ministre de l'intérieur et à Me Solenn Leprince. <br>
       Copie sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.<br>
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       Délibéré après l'audience publique du 7 juin 2022 à laquelle siégeaient :<br>
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       - Mme Anne Seulin, présidente de chambre, <br>
       - Mme Muriel Milard, première conseillère,<br>
       - Mme Anne Khater, première conseillère.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2022.<br>
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La rapporteure,<br>
Signé : M. C...La présidente de chambre,<br>
Signé : A. Seulin<br>
La greffière,<br>
Signé : A.S. Villette       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
Pour expédition conforme<br>
La greffière,<br>
Anne-Sophie Villette<br>
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N°22DA00415<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**