# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 17 avril 1980, 78-41.790, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007004906
**Date de décision:** 1980-04-17
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007004906

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L 122-14-3, L 321-7 ET SUIVANTS, R 321-11 DU CODE DU TRAVAIL, 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, DEFAUT DE MOTIFS ET DE REPONSE AUX CONCLUSIONS, MANQUE DE BASE LEGALE :<br>
<br>
   ATTENDU QUE GUASTAVINO, DIRECTEUR COMMERCIAL DE LA SOCIETE LE MOBILIER MODERNE (LEMM), DEVENUE SOCIETE HABITAT 06, A ETE COMPRIS LE 10 OCTOBRE 1975 DANS UN LICENCIEMENT COLLECTIF AUTORISE PAR LE DIRECTEUR DU TRAVAIL ET DE LA MAIN-D'OEUVRE ; QU'IL FAIT GRIEF A L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE DE L'AVOIR DEBOUTE DE SA DEMANDE DE DOMMAGES-INTERETS POUR LICENCIEMENT SANS CAUSE REELLE ET SERIEUSE, AUX MOTIFS QUE LA DECISION ADMINISTRATIVE NE SAURAIT ETRE REMISE EN CAUSE PAR LES TRIBUNAUX JUDICIAIRES, ALORS QUE LA LOI RELATIVE AUX LICENCIEMENTS COLLECTIFS POUR MOTIFS ECONOMIQUES N'A PAS EXCLU LE CONTROLE PAR L'AUTORITE JUDICIAIRE DE LA REALITE ET DU SERIEUX DES MOTIFS DE TOUT LICENCIEMENT, QUE LES JUGES JUDICIAIRES SONT COMPETENTS, NON POUR CONTROLER LA REALITE DU MOTIF ECONOMIQUE, QUI EST APPRECIE PAR L'AUTORITE ADMINISTRATIVE, NI LA DECISION DE CETTE DERNIERE, QUI PEUT ETRE ATTAQUEE PAR LA VOIE DE RECOURS HIERARCHIQUE, MAIS LA REALITE ET LE SERIEUX DE L'APPLICATION INDIVIDUELLE DE LA MESURE DE LICENCIEMENT AU SALARIE INTERESSE DANS LE CADRE DE SON CONTRAT DE TRAVAIL ; QUE LA COUR D'APPEL NE POUVAIT DES LORS LAISSER SANS REPONSE SES CONCLUSIONS FAISANT VALOIR QU'IL NE POUVAIT ETRE LICENCIE POUR MOTIF ECONOMIQUE, COMPTE TENU DE SON ANCIENNETE ET DE SES CHARGES DE FAMILLE, TANDIS QU'UN SALARIE MOINS ANCIEN ET N'AYANT PAS LES MEMES CHARGES ETAIT EMBAUCHE POUR LES MEMES FONCTIONS QUE CELLES QUI ETAIENT LES SIENNES ;<br>
<br>
   MAIS ATTENDU QUE L'AUTORISATION DE PROCEDER A UN LICENCIEMENT COLLECTIF, DELIVREE SELON L'ARTICLE R321-8 DU CODE DU TRAVAIL, COMPTE TENU DE L'IDENTITE DES PERSONNES CONCERNEES, IMPLIQUE LA VERIFICATION PAR L'AUTORITE ADMINISTRATIVE NON SEULEMENT DU CARACTERE REEL ET SERIEUX DU MOTIF ECONOMIQUE INVOQUE, MAIS EGALEMENT DE LA REGULARITE DU CHOIX OPERE POUR LES LICENCIEMENTS ; QU'EN ENONCANT EXACTEMENT QUE CETTE APPRECIATION NE POUVAIT ETRE REMISE EN CAUSE NI DIRECTEMENT NI INDIRECTEMENT PAR L'AUTORITE JUDICIAIRE, LA COUR D'APPEL A PAR LA MEME REPONDU EN LES REJETANT AUX CONCLUSIONS DE GUASTAVINO SOUTENANT QU'UN AUTRE EMPLOYE DE LA SOCIETE AURAIT DU ETRE LICENCIE A SA PLACE ; QUE LES MODALITES POSTERIEURES ET INDIVIDUELLES D'APPLICATION DE LA DECISION ADMINISTRATIVE N'ETAIENT PAS EN LITIGE ; QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 10 JUILLET 1978 PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE.<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale) 1978-06-01 Bulletin 1978 V N. 428 p. 325 (REJET) . CF. Cour de Cassation (Chambre sociale) 1979-10-24 Bulletin 1979 V N. 777 p. 576 (CASSATION)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** Code du travail L321-9,Code du travail R321-8
**ECLI:** 
**Résumé:** L'autorisation de procéder à un licenciement collectif, délivrée selon l'article R 321-8 du Code du travail compte tenu de l'identité des personnes concernées, implique la vérification par l'autorité administrative non seulement du caractère réel et sérieux du motif économique invoqué, mais également de la régularité du choix opéré pour les licenciements et cette appréciation ne peut être remise en cause ni directement ni indirectement par l'autorité judiciaire.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement économique - Licenciement collectif - Ordre des licenciements - Choix des salariés à licencier - Contrôle de sa régularité - Compétence administrative - Compétence exclusive.