# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 1ère chambre - formation à 3, 12/06/2014, 14NC00148, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000029096608
**Date de décision:** 2014-06-12
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000029096608

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 30 janvier 2014, présentée pour Mme D...B...C..., élisant domicile..., par Me A... ; <br>
<br>
       Mme B...C...demande à la cour : <br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 1304295 du 30 décembre 2013 en tant que le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 20 septembre 2013 par lequel le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ; <br>
<br>
       2°) de faire droit à sa demande de première instance et d'annuler les décisions du 20 septembre 2013 par lesquelles le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ; <br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des articles L. 911-1, L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à Me A...d'une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
<br>
       Mme B...C...soutient que :<br>
<br>
       En ce qui concerne la décision lui refusant un titre de séjour :<br>
<br>
       - la décision est entachée d'incompétence ;<br>
<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       - elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 313-11 (7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;<br>
<br>
       En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :<br>
<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;<br>
<br>
       - elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;<br>
<br>
       - elle est entachée d'une erreur de droit ;<br>
<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 (7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       - elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :<br>
<br>
       - la décision est entachée d'incompétence ;<br>
<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
<br>
       Vu le jugement et l'arrêté attaqués ;<br>
<br>
<br>
       Vu le mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2014, présenté par le préfet du Bas-Rhin, qui conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens invoqués par Mme B... C...ne sont pas fondés ;<br>
<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
<br>
       Vu, en date du 25 février 2014, la décision du président du bureau d'aide juridictionnelle accordant à Mme B...C...le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
<br>
<br>
       Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
       Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 mai 2014 :<br>
<br>
       - le rapport de M. Richard, premier conseiller ;<br>
<br>
<br>
<br>
       Sur la légalité du refus de titre de séjour :<br>
<br>
       1. Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale " ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ;<br>
<br>
       2. Considérant que le refus de titre de séjour litigieux n'a ni pour objet ni pour effet de séparer l'intéressée de ses deux enfants, nés à l'étranger en 2006 et 2010 et entrés en France avec elle ; que si Mme B...C...fait valoir que la décision attaquée entravera leur scolarité, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Bas-Rhin aurait méconnu l'intérêt supérieur de ces enfants en refusant un titre de séjour à leur mère ; que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit, dès lors, être écarté ;<br>
<br>
       3. Considérant que Mme B...C...reprend en appel les moyens qu'elle avait invoqués en première instance et tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions des articles L. 313-11 (7°) et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ; qu'il y a lieu d'écarter ces moyens, à l'appui desquels Mme B...C...se borne à reproduire les éléments de première instance, par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Strasbourg ;<br>
<br>
       Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
<br>
       4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté ; qu'il en va de même des moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de la violation de l'article L. 313-11 (7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation, qui reprennent ce qui a été précédemment développé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour, et qui doivent être écartés pour les mêmes motifs que précédemment ;<br>
<br>
       Sur la décision fixant le pays de destination :<br>
<br>
       5. Considérant que Mme B...C...reprend en appel le moyen qu'elle avait invoqué en première instance et tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ; qu'il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal ;<br>
<br>
       6. Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " ; qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (...) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " ;<br>
<br>
       7. Considérant que si Mme B...C...soutient qu'elle est originaire d'Angola où elle a subi diverses violences et discriminations à raison de ses origines, dès lors qu'elle appartient à l'ethnie bakongo, elle ne produit toutefois aucun élément suffisamment précis et probant de nature à établir le bien fondé de ses allégations ; que, dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en violation des stipulations précitées ne peut qu'être écarté ;<br>
<br>
       8. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme B...C...n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement contesté, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du 20 septembre 2013 par lesquelles le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ; qu'il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
D E C I D E:<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       Article 1er : La requête de Mme B...C...est rejetée.<br>
<br>
       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme D...B...C...et au ministre de l'intérieur.<br>
<br>
       Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.<br>
<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
2<br>
14NC00148<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.