# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 27 octobre 2004, 265627, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008263000
**Date de décision:** 2004-10-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008263000

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 17 mars 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme A, demeurant ...  ; Mme A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 9 décembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 août 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                             Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. X... Donnat, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sur la régularité du jugement attaqué  :
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                Considérant qu'à l'appui de sa demande présentée devant le tribunal administratif de Paris, Mme A a soutenu que l'arrêté du préfet de police du 12 août 2003 ordonnant sa reconduite à la frontière portait atteinte à son droit au respect de sa vie familiale  ; qu'il ressort du jugement attaqué du 9 décembre 2003 que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a omis de répondre à ce moyen  ; que Mme A est, dès lors, fondée à demander l'annulation de ce jugement  ;
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                Considérant qu'il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par Mme A devant le tribunal administratif de Paris  ;
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la demande  :
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                Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale prévue au premier alinéa du même article est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort de façon suffisamment probante des pièces du dossier que Mme A vit habituellement en France depuis le mois de mai 1993, soit depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué  ; que, par suite, le préfet de police ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté de reconduite à la frontière attaqué sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée précité  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté en date du 12 août 2003 par lequel le préfet de police a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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                Considérant qu'aux termes du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé, (...) l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau statué sur son cas  ; qu'il y a lieu, par application de ces dispositions, d'ordonner au préfet de police de délivrer, dans un délai d'un mois, une autorisation provisoire de séjour à Mme A et de se prononcer sur son droit à un titre de séjour  ;
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<br>D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 9 décembre 2003 du tribunal administratif de Paris et l'arrêté du préfet de police en date du 12 août 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme A sont annulés.
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     Article 2  : Il est enjoint au préfet de police de délivrer, dans un délai d'un mois, une autorisation provisoire de séjour à Mme A et de se prononcer sur un droit à un titre de séjour.
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Article 3  : La présente décision sera notifiée à Mme A, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**