# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 5ème chambre, 10/12/2009, 08VE03957, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021697010
**Date de décision:** 2009-12-10
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021697010

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 12 décembre 2008 au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour Mlle Marie Carmel A, demeurant ..., par Me Bulajic ; Mlle A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0806550 en date du 12 novembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 13 mai 2008 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2008 ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte du versement d'une somme de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte du versement d'une somme de 1 500 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Elle soutient que la décision lui refusant de lui délivrer un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ses parents et son frère vivent en France et sont titulaires de cartes de résident et qu'elle est dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine ; que cette décision méconnaît les dispositions des circulaires des 1er décembre 1999 et 30 octobre 2004 ; que la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée en fait ; que la décision qui l'oblige à quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car elle est dépourvue d'attaches familiales en Haïti ; qu'en édictant la décision portant obligation de quitter le territoire français le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ; que la décision fixant le pays à destination duquel elle sera reconduite méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle craint d'être exposée à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine en tant que jeune femme isolée ; que le préfet a commis une erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de sa décision en fixant Haïti comme pays à destination duquel elle sera reconduite ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 26 novembre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Martin, premier conseiller,<br>
       - et les conclusions de M. Davesne, rapporteur public ;<br>
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       Sur la légalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. et qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ; (...).  ;<br>
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       Considérant que Mlle A, ressortissant haïtienne, née le 6 mai 1973, est entrée en France le 6 mars 2006, ; que si elle fait valoir qu'elle est venue rejoindre son père arrivé en France en 1988 et titulaire d'une carte de résident et sa mère et son frère qui, arrivés en France au titre du regroupement familial en 2005, sont également titulaires d'une carte de résident et qu'elle n'aurait plus d'attaches familiales en Haïti, il ressort des pièces du dossier qu'elle est célibataire et sans enfant et a vécu en Haïti jusqu'à l'âge de trente-deux ans ; qu'elle n'établit ni n'allègue que sa jeune soeur serait en situation régulière ; qu'ainsi, en prenant l' arrêté du 13 mai 2008 le préfet du Val-d'Oise n'a pas porté au droit de Mlle A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vu desquels il a été pris ; qu'il n'a, ainsi, méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant, en deuxième lieu, que Mlle A ne peut se prévaloir des énonciations des circulaires du 1er décembre 1999 et du 30 octobre 2004 qui sont dépourvues de caractère impératif ;<br>
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       Sur la légalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'en vertu du premier alinéa du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de l'article 41 de la loi n° 2007-1631 du 20 novembre 2007, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation ; que, par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté ; <br>
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       Considérant qu'eu égard à la situation susrappelée de Mlle A, la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît ni les dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté ;<br>
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       Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise ait entaché d'une erreur manifeste son appréciation des conséquences de sa décision portant obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle de l'intéressée ;<br>
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       Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, pour les mêmes motifs que ceux qu'a retenus, à bon droit, le jugement attaqué et qu'il y a lieu d'adopter, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;<br>
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       Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise ait entaché d'une erreur manifeste son appréciation des conséquences de la décision par laquelle il a fixé le pays à destination duquel Mlle A sera reconduite sur la situation personnelle de l'intéressée ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mlle A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté se demande ; que doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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DECIDE :<br>
       Article 1er : La requête de Mlle A est rejetée.<br>
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N° 08VE03957		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**