# CAA de LYON, 5ème chambre, 03/10/2019, 18LY04546, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000039197781
**Date de décision:** 2019-10-03
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000039197781

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 4 mai 2018 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. <br>
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       Par un jugement n° 1804031 du 4 octobre 2018, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 13 décembre 2018, M. B..., représenté par Me Cans, avocat, demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 4 octobre 2018 ;<br>
       2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du préfet de l'Isère du 4 mai 2018 ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de cette notification et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - le refus de titre de séjour est entaché d'erreur de fait ;<br>
       - il méconnaît l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a produit aucune observation.<br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 novembre 2018.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Le rapport de M. Seillet, président assesseur, ayant été entendu au cours de l'audience publique ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant malien né le 1er janvier 2000, est entré irrégulièrement en France le 28 août 2016. Il a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité. Le 25 janvier 2018, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 mai 2018, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B... relève appel du jugement du 4 octobre 2018 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       Sur la légalité du refus de titre de séjour :<br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel et sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire prévue au 1° de l'article L. 313-10 portant la mention " salarié " ou la mention " travailleur temporaire " peut être délivrée, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, à l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le respect de la condition prévue à l'article L. 311-7 n'est pas exigé. "<br>
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       3. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans et qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Disposant d'un large pouvoir d'appréciation, il doit ensuite prendre en compte la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a portée.<br>
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       4. En l'espèce, pour rejeter la demande de titre de séjour de M. B..., le préfet de l'Isère a retenu deux motifs tirés, d'une part, de l'absence de suivi d'une formation professionnelle qualifiante depuis au moins six mois et, d'autre part, de l'existence de liens avec son frère.<br>
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       5. S'il est constant que le frère de M. B... l'a aidé à financer son départ du Mali, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B... aurait conservé des relations avec celui-ci depuis son arrivée en France. Dans ces conditions, M. B... est fondé à soutenir que ce motif est entaché d'une erreur de fait sur ce point.<br>
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       6. Toutefois il n'est pas contesté qu'à la date de la décision en litige, M. B..., qui était inscrit en classe MLDS (mission de lutte contre le décrochage scolaire), ne suivait pas une formation professionnelle qualifiante. S'il s'est inscrit en CAP de maçonnerie depuis la rentrée de septembre 2018, ces circonstances, postérieures à l'arrêté en litige, sont sans incidence sur la légalité de celui-ci. Il résulte de l'instruction que le préfet de l'Isère aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet dans l'application de ces dispositions doivent être écartés.<br>
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       7. En second lieu, si M. B... fait état de son insertion scolaire et sportive, il n'était présent que depuis un an et demi en France à la date de l'arrêté en litige. Il est en outre célibataire, sans charge de famille et ne fait état d'aucun lien familial en France. Dans ces conditions, le refus de titre de séjour ne porte pas au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de 1 'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée cette décision.<br>
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       Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
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       8. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de 1'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant cette décision doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.<br>
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       9. Il résulte de ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Ses conclusions à fin d'injonction et relatives aux frais de l'instance doivent, par voie de conséquence, être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er :	La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.<br>
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2019 à laquelle siégeaient :<br>
M. Clot, président de chambre,<br>
M. Seillet, président assesseur,<br>
Mme Burnichon, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 3 octobre 2019.<br>
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N° 18LY04546	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.