# Cour administrative d'appel de Douai, 2e chambre - formation à 3, 25/05/2010, 08DA01614, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022789208
**Date de décision:** 2010-05-25
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Douai
**Formation:** 2e chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022789208

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 septembre 2008 au greffe de la Cour administrative d'appel de Douai, présentée pour M. et Mme Serge A, demeurant ..., par Me L'Hommée ; M. et Mme Serge A demandent à la Cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 0702622 du Tribunal administratif de Lille en date du 2 juillet 2008 qui a rejeté leur demande tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 1998, 1999, 2000 et 2001 ;<br>
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      2°) de prononcer la décharge des impositions en litige ;<br>
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      Ils soutiennent que les notifications de redressement étaient insuffisamment motivées, ne comportaient pas la copie de la notification adressée à la SCI des jardins de Goyave et qu'ils ont été privés d'un débat contradictoire ; que c'est à tort que le service a considéré que le capital de la SCI  Les Jardins de Goyave  n'avait pas été libéré intégralement à la date du 31 décembre 1998 pour refuser la réduction d'impôt sur le revenu prévue à l'article 199 undecies du code général des impôts ; que l'impossibilité pour la SARL Caraïbes Développement de régler par chèque la SCI relève d'un cas de force majeure ; que le service devait prendre en compte le chèque sur papier libre remis à la SCI avant le 31 décembre 1998 ; que le chèque émis et encaissé en janvier et tiré sur la banque Scalbert Dupont avait pour objet de régulariser cette opération ; <br>
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      Vu le jugement attaqué ;<br>
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      Vu le mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2009, présenté par le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique qui conclut au rejet de la requête aux motifs que les notifications de redressement ne renvoyaient pas à la notification de redressement de la SCI mais détaillaient suffisamment la nature et l'origine des redressements en litige et étaient donc suffisamment motivées au sens de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ; que les notifications faisant suite à un contrôle sur pièces, le service n'avait pas à engager un débat contradictoire avec les contribuables avant l'envoi de ces documents ; que pour bénéficier de l'avantage prévu à l'article 199 undecies du code général des impôts sur la totalité du capital souscrit, celui-ci devait avoir été libéré à la date du 31 décembre 1998 , ce que les contribuables n'établissent nullement, la circonstance que la Société Générale aurait bloqué le compte de la SARL Caraïbes Développement ne pouvant constituer un cas de force majeure ; que le chèque rédigé sur papier libre a été antidaté, la preuve de sa remise au bénéficiaire avant le 31 décembre 1998 n'étant pas apportée ;<br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Bertrand Boutou, premier conseiller, les conclusions de M. Patrick Minne, rapporteur public, aucune partie n'étant présente ni représentée ;<br>
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      Sur la régularité de la procédure d'imposition :<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales :  Sous réserve des dispositions de l'article L. 56, lorsque l'administration des impôts constate une insuffisance, une inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits, taxes, redevances ou sommes quelconques dues en vertu du code général des impôts, les redressements correspondants sont effectués suivant la procédure de redressement contradictoire définie aux articles L. 57 à L. 61 A.(...)  ; qu'aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales dans sa version applicable au litige :  L'administration adresse au contribuable une notification de redressement qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation.(...)  ;<br>
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      Considérant que, dans le cadre de la procédure de redressement contradictoire prévue par l'article L. 55 précité du livre des procédures fiscales, M. et Mme A se sont vus notifier par courriers n°2120 des 19 décembre 2001 et 6 décembre 2002 des redressements afférents à la remise en cause d'une réduction d'impôt sur le revenu dont ils avaient entendu bénéficier au titre des années 1998, 1999, 2000 et 2001 en application de l'article 199 undecies du code général des impôts, à raison de leur participation dans le capital de la SCI  Les Jardins de Goyave ; que ces courriers leur indiquaient qu'ils disposaient d'un délai de trente jours pour formuler leurs observations ou faire connaître leur acceptation ; que dès lors que les notifications de redressement comportaient l'énoncé précis et circonstancié des conséquences de la vérification de comptabilité de la SCI  Les Jardins de Goyave  sur le droit à réduction d'impôt des contribuables, il n'était nul besoin pour le service d'annexer à ces courriers la notification de redressement adressée à la SCI à la suite du contrôle l'ayant concernée ; qu'en outre, ces notifications de redressement comportaient l'ensemble des mentions requises par les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ; que dès lors que ces redressements étaient notifiés à la suite d'un contrôle sur pièces, le service n'était tenu par aucune disposition du livre des procédures fiscales d'engager avec les contribuables, préalablement à l'envoi de ces notifications de redressement, un débat contradictoire ; que dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la procédure de redressement a été irrégulière en raison de la méconnaissance de son caractère contradictoire ; <br>
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      Sur le bien-fondé de l'imposition :<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article 199 undecies du code général des impôts alors applicable :  1. Il est institué une réduction d'impôt sur le revenu pour les contribuables qui investissent dans les départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion, dans les territoires d'outre-mer et les collectivités territoriales de Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon jusqu'au 31 décembre 2002. Elle s'applique : (...) b. au prix de souscription de parts ou actions de sociétés dont l'objet réel est exclusivement de construire des logements neufs situés dans ces départements et qu'elles donnent en location nue pendant cinq ans au moins à compter de leur achèvement à des personnes qui en font leur habitation principale. (...) 3. La réduction d'impôt s'applique pour le calcul de l'impôt dû au titre de l'année d'achèvement de l'immeuble, ou de son acquisition si elle est postérieure, ou de souscription des parts ou actions, et des quatre années suivantes. Chaque année, la base de la réduction est égale à 20 % des sommes effectivement payées à la date où le droit à réduction d'impôt est né  ; qu'il résulte de ces dispositions que lorsque l'investissement est réalisé par acquisition de parts de société, la réduction d'impôt prévue par cet article ne bénéficie qu'aux seules sommes effectivement versées avant la fin de l'année au cours de laquelle sont souscrites lesdites parts ;<br>
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      Considérant que le service a procédé à la remise en cause, pour partie, de la réduction d'impôt sur le revenu dont avaient entendu bénéficier M. et Mme A au titre des années 1998, 1999, 2000 et 2001, en application de l'article 199 undecies précité du code général des impôts, au motif que la totalité de la part de capital de la SCI  Les Jardins de Goyave  à laquelle ils avaient souscrit au cours de l'année 1998 à hauteur de 800 000 francs n'avait pas été entièrement libérée à la date du 31 décembre 1998 ; que la réduction d'impôt a été diminuée à due proportion d'un versement de 224 000 francs, le solde, soit 576 000 francs, qui devait être versé par l'intermédiaire de la SARL Caraïbes Développement, ayant été considéré comme versé au-delà de cette date et ne pouvant donc donner droit à la réduction, laquelle a été calculée sur le seul montant des versements effectués au cours de l'année de souscription ;  que si les requérants font valoir qu'il y a lieu de tenir compte de la remise d'un chèque rédigé sur papier libre, daté du 29 décembre 1998 et tiré sur le compte bancaire de la SARL Caraïbes Développement à la Société Générale, ils n'apportent pas la preuve de la remise de ce chèque, avant la date du 31 décembre 1998, à la SCI  Les Jardins de Goyave  ; qu'en tout état de cause, il est constant que ce chèque sur papier libre n'a jamais été encaissé, et que la SARL Caraïbes Développement n'a enregistré cette opération dans sa comptabilité qu'à la date du 31 janvier 1999, suite à l'émission d'un autre chèque tiré sur la banque Scalbert Dupont à la date du 15 janvier 1999, selon ce qui résulte des renseignements obtenus par le service dans le cadre de son droit de communication ; que si les requérants soutiennent ensuite que la régularisation de la remise du chèque a été nécessitée par un cas de force majeure, ils n'établissent nullement, en tout état de cause, le caractère imprévisible, irrésistible et extérieur des faits qu'ils imputent au comportement de la Société Générale, dès lors que compte tenu de la tardiveté du montage du projet, début novembre 1998, et de la nécessité de recueillir l'agrément du banquier teneur du compte, ouvert en décembre 1998, avant de pouvoir disposer d'un chéquier, les difficultés prévisibles de règlement par chèque auraient dû être anticipées par la SARL Caraïbes Développement et la SCI  Les Jardins de Goyave  et ce, nonobstant la circonstance que la Société Générale aurait éventuellement bloqué le compte bancaire de façon irrégulière ;<br>
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      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que le Tribunal administratif de Lille a rejeté leur demande ;<br>
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      DÉCIDE :<br>
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      Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.<br>
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      Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. et Mme Serge A et au ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat.<br>
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      Copie sera adressée au directeur de contrôle fiscal Nord.<br>
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N°08DA01614<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**