# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 6ème chambre - formation à 3, 11/01/2010, 08MA00014, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021924532
**Date de décision:** 2010-01-11
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 6ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021924532

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 3 janvier 2008, sous le n° 08MA00014, présentée pour M. Yilmaz A, demeurant ..., par Me Vincensini, avocat ; <br>
<br>
       M. A demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0700474 en date du 12 novembre 2007 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 décembre 2006 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour ;<br>
<br>
       2°) d'annuler ladite décision ; <br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour portant la mention  vie privée et familiale  et, à titre subsidiaire, d'instruire à nouveau sa demande et de prendre une nouvelle décision dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte, passé ce délai, de 150 euros par jour de retard, ladite astreinte étant liquidée au terme d'un délai de trois mois ; <br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
       ..........................................................................................................<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ; <br>
<br>
        Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 27 janvier 2009 fixant la liste des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ; <br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 7 décembre 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme Markarian, rapporteur ;<br>
<br>
       - et les conclusions de M. Marcovici, rapporteur public ;<br>
<br>
       Considérant que M. A, ressortissant turc, a le 25 septembre 2006 sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français, qui lui a été refusé par une décision en date du 22 décembre 2006 ; que M. A relève appel du jugement du 12 novembre 2007 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande d'annulation de cette décision ;<br>
<br>
       Sur la légalité de l'arrêté du 22 décembre 2006:<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ;<br>
<br>
       Considérant que si M. A était marié depuis seulement sept mois à la date de sa demande de titre de séjour présentée en qualité de conjoint de français, il ressort des pièces du dossier que le requérant justifie de son insertion au sein de la famille qu'il constitue désormais avec son épouse, qui suit un traitement en vue de permettre une grossesse, et les deux enfants de cette dernière, qui lui sont très attachés ; que, dans les circonstances de l'espèce, la décision litigieuse porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive au regard des buts en vue desquels elle a été édictée et méconnaît les stipulations de l'article 8 susmentionné de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, par suite, M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
<br>
       Considérant que le présent arrêt implique nécessairement que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à M. A une carte de séjour  vie privée et familiale  ; qu'il y a donc lieu, en application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens ; <br>
DECIDE<br>
<br>
       Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Marseille en date du 12 novembre 2007 et la décision du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 22 décembre 2006 sont annulés. <br>
<br>
       Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches du Rhône de délivrer à M. A une carte de séjour  vie privée et familiale  dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
<br>
       Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
       Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.<br>
<br>
       Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. Yilmaz A, au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire et au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 08MA00014	2<br>
	hw<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**