# Conseil d'Etat, 1ère sous-section jugeant seule, du 6 octobre 2004, 254595, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008173542
**Date de décision:** 2004-10-06
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 1ERE SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008173542

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 27 février 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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     1°) d'annuler le jugement du 20 décembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 12 juillet 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme Racky X..., Y  ;
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     2°) de rejeter la demande présentée par Mme Y devant le tribunal administratif de Paris  ;
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - le rapport de Mme Catherine de Salins, Maître des Requêtes,  
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     - les conclusions de M. Jacques-Henri Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
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Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)   ;
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Y, ressortissante sénégalaise, qui s'est maintenue dans de telles conditions sur le territoire français, était entrée en France depuis plus de quatre ans avant l'intervention de la mesure de reconduite attaquée, s'est mariée en août 1999 à un ressortissant malien, titulaire d'une carte de résident de dix ans, avec lequel elle a eu trois enfants nés en France en 1998, 2000 et 2001  ; que si M. Y s'est marié au Mali avec une compatriote en 1986, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué qu'il résiderait en France en situation de polygamie  ; que, dans ces circonstances, et alors même que l'intéressée peut bénéficier du regroupement familial, l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris  ; qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; que le PREFET DE POLICE n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 12 juillet 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Y  ;
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D E C I D E  :
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     	Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Racky X..., Y et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**