# Cour Administrative d'Appel de Nantes, RECONDUITE A LA FRONTIERE, 24/02/2006, 05NT01783, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000017996019
**Date de décision:** 2006-02-24
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** RECONDUITE A LA FRONTIERE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000017996019

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 16 novembre 2005, présentée par Mme Myese X, demeurant ... ; Mme X demande à la Cour :
<br>
<br>

       1°) d'annuler le jugement n° 05-3242 du 7 octobre 2005 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet d'Eure-et-Loir, en date du 20 septembre 2005, décidant sa reconduite à la frontière ;
<br>
<br>

       2°) d'annuler ledit arrêté ;
<br>
<br>

       3°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer, sans délai et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale ;
<br>

...
<br>
<br>

       Vu les autres pièces du dossier ;
<br>
<br>

       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
<br>
<br>

       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
<br>
<br>

       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;
<br>
<br>

       Vu le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991, modifié, portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
<br>
<br>

       Vu le code de justice administrative ;
<br>
<br>

       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
<br>
<br>

       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 janvier 2006 :
<br>
<br>

       - le rapport de M. Vandermeeren, président de la Cour ;
<br>
<br>

       - les observations de Me Plateaux, avocat de Mme X ;
<br>
<br>

       - et les conclusions de M. Mornet, commissaire du gouvernement ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : - L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) - 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé, ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
<br>
<br>

       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité turque, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 13 octobre 2004, de la décision du préfet d'Eure-et-Loir du 11 octobre 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle entrait, ainsi, dans le champ d'application de la disposition précitée ;
<br>
<br>

       Considérant que, si Mme X, entrée en France le 20 octobre 2002, soutient qu'elle est mère de deux filles nées en France et que la mesure d'éloignement envisagée à son encontre, aurait pour effet de séparer ces enfants de leur mère, il résulte néanmoins des pièces du dossier que le père des filles de Mme X, également de nationalité turque, avec lequel elle vivait maritalement, a fait lui-même l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière qui a été exécuté le 17 décembre 2005 à destination de la Turquie et que l'intéressée n'est pas dépourvue de liens familiaux dans son pays d'origine où vivent notamment ses deux enfants aînés, ainsi que ses parents ; que, dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions du séjour de l'intéressée en France et en l'absence de toute circonstance mettant  Mme X dans l'impossibilité d'emmener ses enfants avec elle et de reconstituer en Turquie sa cellule familiale, l'arrêté du préfet d'Eure-et-Loir, en date du 20 septembre 2005, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'ainsi, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
<br>
<br>

       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;
<br>
<br>

       Sur les conclusions à fin de régularisation de la situation administrative de l'intéressée :
<br>
<br>

       Considérant que le présent arrêt, qui rejette la requête de Mme X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions de l'intéressée tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer une carte temporaire de séjour portant la mention vie privée et familiale doivent être rejetées ; 
<br>
<br>
<br>

DÉCIDE :
<br>
<br>

Article 1er :	La requête de Mme X est rejetée.
<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à M. Myese X et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire. Une copie sera transmise au préfet d'Eure-et-Loir.
<br>
<br>
<br>

N° 05NT01783
<br>

2
<br>
<br>

1
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**