# Cour administrative d'appel de Douai, 1re chambre - formation à 3, 30/07/2009, 08DA00811, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022364159
**Date de décision:** 2009-07-30
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Douai
**Formation:** 1re chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022364159

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 20 mai 2008 au greffe de la Cour administrative d'appel de Douai, présentée pour M. Jean-Marc A, demeurant ..., par le Cabinet d'avocats Cochet, Denecker ; il demande à la Cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 0701972, en date du 29 avril 2008, en tant que le vice-président du Tribunal administratif de Lille a rejeté ses demandes tendant à l'annulation des décisions portant retrait de 6 et 1 points de son permis de conduire, intervenues consécutivement aux infractions commises les 16 mars 2006 et 25 avril 2006 ;<br>
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      2°) d'annuler les décisions attaquées ;<br>
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      3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réaffecter 7 points à son permis de conduire ;<br>
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      4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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      Il soutient que la réalité des infractions n'est pas établie par le règlement des amendes ou par l'émission de titres exécutoires, conformément aux articles L. 223-1 et R. 223-3 du code de la route ; que les décisions subséquentes de retraits de points sont entachées d'illégalité ; que les formulaires Cerfa produits par l'administration ne citent pas les articles L. 221-5 à L. 225-9 du code de la route ; qu'il a été destinataire d'une information erronée, les formulaires produits par l'administration mentionnant que le contrevenant ne peut obtenir copie des informations relatives à son permis de conduire et ce, en méconnaissance de l'article L. 225-3 du code de la route et de l'article 4 de la loi du 17 juillet 1978 ; que l'information est également erronée concernant l'infraction commise le 25 avril 2006, le formulaire produit ne précisant pas que le traitement automatisé porte également sur la reconstitution de points ;<br>
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      Vu le jugement et les décisions attaqués ;<br>
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      Vu l'ordonnance en date du 27 mai 2008 portant clôture de l'instruction au 26 septembre 2008 ;<br>
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      Vu le mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2008, présenté par le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, qui demande à la Cour de rejeter la requête ; il soutient que la procédure de retrait de points dépend de la réalité de l'infraction telle qu'elle résulte de la procédure judiciaire, l'administration se trouvant en situation de compétence liée ; que les retraits de points interviennent sur la base des informations transmises par l'officier du ministère public sans pouvoir d'appréciation par le ministère de l'intérieur ; que les informations figurant sur la décision 48S doivent être considérées comme enregistrées au terme d'une procédure régulière ; que, contrairement à ce que soutient M. A, l'information préalable devant être communiquée au contrevenant est précisée, dans le cas de l'application de la procédure de l'amende forfaitaire, par le deuxième alinéa de l'article L. 223-3 et non par le premier alinéa de cet article ; que, dès lors, la référence aux articles L. 223-2 et L. 225-3 du code de la route ne s'impose pas ; que les dispositions de l'article R. 223-3 du code de la route n'imposent pas qu'une information spécifique soit délivrée sur les possibilités pour le contrevenant de reconstituer son capital de points ; que la possibilité pour le contrevenant d'obtenir copie du relevé intégral des mentions le concernant ne constitue pas une garantie essentielle et est sans influence sur la légalité des décisions de retraits de points ;<br>
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      Vu le mémoire, enregistré le 25 juin 2008, présenté pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;<br>
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      Vu la lettre, en date du 20 mai 2009, informant les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la décision à intervenir est susceptible d'être fondée sur un moyen soulevé d'office ;<br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 ;<br>
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      Vu le code de la route ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Albert Lequien, président-assesseur, les conclusions de M. Jacques Lepers, rapporteur public, aucune partie n'étant présente ni représentée ;<br>
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      Considérant que M. A relève appel du jugement, en date du 29 avril 2008, en tant que le vice-président du Tribunal administratif de Lille a rejeté ses demandes tendant à l'annulation des décisions ministérielles portant retraits de 6 et 1 points de son permis de conduire, intervenues consécutivement aux infractions commises les 16 mars 2006 et 25 avril 2006 ;<br>
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      Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et, notamment, de l'examen des mémoires de première instance que le moyen tiré de ce que le ministre de l'intérieur n'établirait pas, en application de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité des différentes infractions relève d'une cause juridique distincte de celle ouverte en première instance dans le délai de recours contentieux, lequel a commencé à courir, devant cette juridiction, au plus tard à compter de la date d'enregistrement au greffe de la demande de première instance, le 21 mars 2007 ; que ce moyen, qui n'a été développé qu'à l'occasion du dépôt d'un mémoire en réplique de l'intéressé devant le Tribunal le 10 janvier 2008, présentait ainsi le caractère d'un moyen nouveau, qui, produit après l'expiration des délais de recours contentieux, était tardif et doit être, par suite, écarté comme irrecevable ;<br>
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      Considérant qu'il résulte des dispositions des articles L. 223-1, L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis ; qu'il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information ;<br>
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      Considérant que M. A a, pour l'infraction commise le 16 mars 2006, coché la case figurant sur le procès-verbal selon laquelle il reconnaissait avoir été destinataire de la carte de paiement et de l'avis de contravention, qui comportent les informations exigées par les articles L. 223-1, L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route en ce qui concerne les modalités de retrait de points, l'existence d'un traitement automatisé et la possibilité pour l'auteur de l'infraction d'y accéder ; que, concernant l'infraction commise le 25 avril 2006, M. A ne conteste pas avoir été destinataire de l'avis de contravention au code de la route, lequel comporte également lesdites informations ; que, si l'article L. 223-3 du code de la route prévoit d'informer le contrevenant de la possibilité d'exercer son droit d'accès à un traitement automatisé de ses points, ainsi qu'il est précisé dans la rédaction de l'article issu de la loi n° 2003-495 du 12 juin 2003,  conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9  du même code, la circonstance que le formulaire communiqué à l'intéressé ne faisait pas référence aux articles L. 225-1 à L. 225-9 du code de la route n'a toutefois pas privé le contrevenant d'une information indispensable pour contester la réalité de l'infraction et en mesurer les conséquences sur la validité du permis ; que la circonstance, enfin, que ces mentions aient indiqué que le contrevenant peut exercer, auprès du service préfectoral de son domicile, un droit d'accès au traitement automatisé, sans pouvoir en obtenir une copie et n'aient pas indiqué, concernant l'infraction commise le 25 avril 2006, que le traitement automatisé porte également sur la reconstitution de points, n'a pas privé l'intéressé d'une information constituant par elle-même une garantie substantielle ; que les modalités concrètes d'exercice du droit d'accès sont par elles-mêmes sans influence sur la légalité des décisions de retraits de points ; que, par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pu, de ce fait, bénéficier de l'accomplissement de la formalité substantielle prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route en ce qui concerne la perte de ses points, l'existence d'un traitement automatisé et la possibilité d'y avoir accès ;<br>
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      Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le vice-président du Tribunal administratif de Lille a rejeté ses demandes tendant à l'annulation des décisions du ministre de l'intérieur lui retirant 6 et 1 points de son permis de conduire à la suite des infractions au code de la route commises les 16 mars 2006 et 25 avril 2006 ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction présentées sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du même code, ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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      DÉCIDE :<br>
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      Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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      Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Jean-Marc A et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales.<br>
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N°08DA00811	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**