# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 16/06/2009, 07MA03009, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021031521
**Date de décision:** 2009-06-16
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021031521

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 27 juillet 2007, présentée pour Monsieur Abdellah X, demeurant au ... par la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel ;<br>
       Monsieur Abdellah X demande à la Cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0701057 du 14 juin 2007 par lequel le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision implicite  de rejet de sa demande de titre de séjour en date du 13 novembre 2006, ensemble la décision en date du 9 février 2007 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire national ;<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, lesdites décisions ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ou, subsidiairement, d'ordonner le réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de trois mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 000 euros au visa des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ; <br>
       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
       Vu le décret n°46-1574 du 30 juin 1946 ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'État, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 19 mai 2009 :<br>
       - le rapport de M. Fédou, rapporteur,<br>
       - les conclusions de M. Brossier, rapporteur public,<br>
       - et les observations de Me Ruffel, de la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel, pour M. X ;<br>
       Considérant que Monsieur Abdellah X interjette appel du jugement en date du 14 juin 2007 par lequel le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour en date du 13 novembre 2006, ensemble la décision en date du 9 février 2007 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire national ;<br>
       Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née le 13 novembre 2006 :<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 5 de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs : Une décision implicite intervenue dans des cas où une décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de  cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé formulée dans les  délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de  rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est  prorogé jusqu'à l'expiration de 2 mois suivant le jour où les motifs lui  auront été communiqués ; qu'en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite est illégale ;<br>
       Considérant qu'il ressort des pièces versées au dossier que, le 13 juillet 2006, M. X a régulièrement déposé une demande d'admission au séjour auprès du bureau des étrangers de la préfecture de l'Hérault ; que, par une lettre datée du 20 novembre 2006, il a demandé la communication des motifs de la décision implicite de refus de séjour née le 13 novembre 2006 du silence gardé par le préfet de l'Hérault pendant le délai de quatre mois suivant le dépôt de la demande de titre de séjour susmentionnée ; qu'il est constant que ces motifs n'ont pas été communiqués à Monsieur Abdellah X dans le délai d'un mois prévu par les dispositions législatives précitées ; que, par suite, la décision  implicite de refus de séjour est illégale et qu'il y a lieu d'en prononcer l'annulation ;<br>
       Sur les conclusions en annulation de la décision du 9 février 2007 en tant qu'elle porte refus de titre de séjour :<br>
       Considérant, en premier lieu, que par arrêté du 31 août 2006, le préfet de l'Hérault a accordé à M. Jean-Pierre Condemine, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault, délégation pour signer dans le ressort de cet arrondissement  tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'État dans le département de l'Hérault (...) à l'exception des réquisitions prises en application de la loi du 11 juillet 1938 relatives à l'organisation générale de la nation pour temps de guerre , conformément aux dispositions du décret du 24 juin 1950 et du 10 mai 1982 ; que le Gouvernement a pu légalement édicter ces dispositions, qui ne sont pas au nombre de celles dont la Constitution réserve la fixation au législateur ; qu'en particulier, les dispositions donnant compétence au représentant de l'État pour la délivrance des titres de séjour sont de nature réglementaire ; que par suite, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du décret du 24 juin 1950, en soutenant que la délégation de signature pour les refus de séjour aurait dû être autorisée par une norme législative ; qu'en outre, la délégation de signature accordée par le préfet de l'Hérault à M. Condemine par l'arrêté précité est conforme à l'article 17 du décret du 10 mai 1982 susvisé, aux termes duquel :  Le préfet peut donner délégation de signature (...) aux chargées de mission en toute matières (...)  ; que par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente ;<br>
       Considérant par ailleurs que, dans les termes dans lesquels elle est rédigée, la délégation de signature dont justifiait M. Condemine pour prendre la décision attaquée du 9 février 2007 était définie avec une précision suffisante ;<br>
       Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (..) ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.(...)  ; qu'aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour de l'étranger et du droit de d'asile précisent :  Dans chaque département, est instituée une commission du titre de séjour (...) La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l'article L. 431-3 (...)  ; qu'il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles L. 313-11, L. 314-11, L. 314-12 et L. 431-3 auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ;<br>
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Abdellah X est âgé de quarante-sept ans à la date de la décision, célibataire et sans enfant à charge ; qu'il ne justifie pas de manière suffisante, par les pièces produites, de la durée et de la permanence de son séjour en France ; qu'il ne démontre pas qu'il est dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine ; qu'ainsi, il n'entre dans aucune des catégories mentionnées par l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant la délivrance de plein droit d'un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale et ne démontre pas que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'ainsi le préfet n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour ;<br>
       Considérant, en troisième lieu, que l'existence d'un domicile, de ressources pécuniaires régulières, d'une promesse d'embauche, d'une couverture sociale et de déclarations fiscales ne sont pas de nature à faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant ;<br>
       Considérant, en quatrième lieu, qu'il convient d'écarter le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article 7 du décret du 30 juin 1946 par adoption des motifs retenus par les premiers juges ;<br>
       Sur les conclusions en annulation de la décision en tant qu'elle porte obligation de quitter le territoire français :<br>
       Considérant que l'obligation de quitter le territoire français dont le préfet peut, en application de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assortir le refus ou le retrait d'un titre de séjour est une mesure de police qui doit, comme telle, être motivée en application des règles de forme édictées par l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979 susvisée ; que si la motivation de cette mesure, se confondant avec celle du refus ou du retrait de titre de séjour dont elle découle nécessairement, n'appelle pas d'autre mention spécifique pour respecter les exigences de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979, c'est toutefois à la condition que le préfet ait mentionné dans sa décision l'article L. 511-1 du même code, qui l'habilite à assortir le refus de titre de séjour d'une obligation de quitter le territoire ;<br>
       Considérant que la décision attaquée mentionne les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ; qu'ainsi, la décision portant obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée ; qu'en tant qu'elle porte refus de délivrance de titre de séjour, la décision est motivée en droit et en fait ; qu'il suit de là que la moyen tiré de la motivation insuffisante de la décision en tant qu'elle porte obligation de quitter le territoire français doit être écarté ;<br>
       Considérant qu'il résulte de l'ensemble qui précède que M. Abdellah X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 9 février 2007 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire national ;<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction assortie d'astreinte :<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution, par la même décision juridictionnelle  ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du même code :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé  ; qu'aux termes de l'article L. 911-3 du même code : Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet  ;<br>
       Considérant que la présente décision, qui rejette les conclusions de M. Abdellah X tendant à l'annulation du refus de titre de séjour en date du 9 février 2007 assorti d'une obligation de quitter le territoire qui lui été opposé par le préfet de l'Hérault, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions sus analysées doivent être rejetées ;<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative, 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
       Considérant qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions susmentionnées de M. X ;<br>
DECIDE :<br>
Article 1er :	Le jugement du Tribunal administratif de Montpellier en date du 14 juin 2007, en tant qu'il a rejeté la demande de M. X tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet opposée par le préfet de l'Hérault à sa demande de titre de séjour en date du 13 novembre 2006, et ladite décision du préfet de l'Hérault sont annulés.<br>
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. X est rejeté.<br>
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. Abdellah X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet de la région Languedoc-Roussillon, préfet de l'Hérault.<br>
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N° 07MA030092<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**