# CAA de NANCY, 3ème chambre, 18/07/2023, 23NC00736, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000047862101
**Date de décision:** 2023-07-18
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047862101

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme B... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 7 février 2022 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite.<br>
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       Par un jugement n° 2201382 du 14 avril 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. <br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 3 mars 2023, Mme A..., représentée par Me Berry, demande à la cour : <br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Strasbourg ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 7 février 2022 ; <br>
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       3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ainsi que, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. <br>
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       Elle soutient que : <br>
       - la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
       - la décision fixant le pays de destination méconnaît les dispositions de L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 8 de la même convention. <br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête. <br>
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       Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.  <br>
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       Mme A... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 janvier 2023. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier. <br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;  <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. Marchal a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme A..., ressortissante congolaise, est entrée sur le territoire français le 15 février 2019 et y a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 9 février 2021, confirmée par une décision du 16 août 2021 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 7 février 2022, la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite. Mme A... fait appel du jugement du 14 avril 2022 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :  <br>
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       2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".<br>
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       3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A... est entrée irrégulièrement en France le 15 février 2019 et n'était donc présente sur le territoire français que depuis trois ans à la date de la décision en litige. Si elle fait valoir qu'à la date de cette décision elle était enceinte et que le père de son enfant à naître est un ressortissant français, qui a reconnu l'enfant, elle n'apporte toutefois aucun élément démontrant l'existence et l'actualité de sa relation avec ce ressortissant français. La requérante, qui ne fait valoir aucun autre élément justifiant de son intégration en France, se borne à se prévaloir des risques qu'elle estime subir en cas de retour au Congo, mais de tels développements ne permettent pas de justifier qu'elle aurait en France le centre de ses intérêts. Dans ces conditions, Mme A... n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Bas-Rhin a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel la décision a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation de Mme A... doit être écarté. <br>
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       Sur la décision fixant le pays de destination : <br>
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       4. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Le dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". <br>
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       5. La requérante soutient qu'elle a fui le Congo afin d'échapper aux menaces qu'elle subissait en raison de sa participation au mouvement de " Lutte pour le changement ". Toutefois, Mme A..., dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, ne justifie pas par les éléments produits de la réalité et de l'actualité de ces menaces. La requérante n'établit pas plus, par la seule attestation médicale produite, que son état de santé nécessiterait une prise en charge dont elle ne peut bénéficier au Congo. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.<br>
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       6. Compte tenu des circonstances de fait mentionnées au point 3, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté. <br>
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       7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des article 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.<br>
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D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.    <br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.<br>
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       Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin. <br>
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       Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Wurtz, président,<br>
       - M. Meisse, premier conseiller,  <br>
       - M. Marchal, conseiller.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.<br>
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Le rapporteur,<br>
Signé : S. MARCHALLe président,<br>
         Signé : C. WURTZ<br>
Le greffier,<br>
Signé : F. LORRAIN<br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
       Pour expédition conforme,<br>
       Le greffier :<br>
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       F. LORRAIN<br>
2<br>
N° 23NC00736<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**