# CAA de MARSEILLE, 6ème chambre, 11/01/2021, 20MA03157, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042992539
**Date de décision:** 2021-01-11
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 6ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042992539

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante : <br>
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       Procédure contentieuse antérieure : <br>
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       M. F... E... a demandé au tribunal administratif de Toulon, d'une part, d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 5 mars 2020 par lequel le préfet du Var lui a refusé " le droit au séjour au titre de l'asile ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, d'autre part, d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte temporaire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, d'enjoindre audit préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le même délai de quinze jours sous la même astreinte de 100 euros par jour de retard.<br>
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       Par un jugement n° 2000884 du 31 juillet 2020, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulon a annulé l'arrêté préfectoral du 5 mars 2020 et a enjoint au préfet du Var de procéder au réexamen de la situation de M. E... dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour dès la notification de ce jugement. <br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par un recours enregistré le 27 août 2020, le préfet du Var demande à la Cour d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Toulon du 31 juillet 2020. <br>
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       Il soutient que : <br>
       - la demande d'asile de M. E..., ayant été rejetée le 15 janvier 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et l'intéressé, de nationalité géorgienne, étant originaire d'un pays d'origine sûr, il était tenu de prendre à son encontre un arrêté portant refus de séjour au titre de l'asile alors même qu'il bénéficiait d'une attestation de demandeur d'asile dont la validité expirait le 26 juillet 2020 ;<br>
       - l'article L. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit expressément que l'attestation délivrée en application de l'article L. 741-1 du même code vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'Office et, le cas échéant, la Cour statuent ; ainsi, le maintien sur le territoire, matérialisé par l'attestation de demande d'asile, prend fin avec le rejet définitif de l'asile ou avec le rejet de la demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lorsque celui-ci a statué dans le cadre de la procédure prévue à l'article L. 743-2 7° ;<br>
       - l'attestation de demande d'asile n'est pas assimilable à un titre de séjour au sens du <br>
6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'est pas répertoriée dans la liste des titres de séjour arrêtée dans le livre III dudit code ;<br>
       - l'article 4 de l'arrêté en litige précise que cet arrêté " abroge et remplace tout document de demande d'asile ", ce qui comprend l'attestation de demande d'asile.<br>
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       La requête a été communiquée à M. E... qui n'a pas produit de mémoire en défense.<br>
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       Par ordonnance du 30 septembre 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 octobre 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme C... D..., rapporteure.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. E..., ressortissant géorgien né, le 24 juin 1982 en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), déclarant être entré en France le 3 octobre 2019, a présenté une demande d'asile le 29 novembre suivant qui a été rejetée le 15 janvier 2020 par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à l'issue d'une procédure accélérée, le demandeur provenant d'un pays d'origine sûr. Le 5 mars 2020, le préfet du Var a alors pris un arrêté refusant à l'intéressé, par son article 1, le " droit au séjour au titre de l'asile ", l'obligeant, par ses articles 2 et 3, sur le fondement du 6° du paragraphe I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'alinéa 1 de l'article L. 511-1-II de ce code, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours au-delà duquel il pourra être reconduit d'office dans son pays d'origine, et abrogeant, par son article 4 " tout document de demande d'asile " en sa possession. Par jugement n° 2000884 du 31 juillet 2020, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulon a annulé l'arrêté du préfet du Var du 5 mars 2020 et a enjoint à ce dernier de procéder au réexamen de la situation de M. E... dans un délai de deux mois à compter de la notification de sa décision et de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente. Le préfet du Var relève appel de ce jugement.<br>
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       2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le recours du préfet du Var enregistré le 27 août 2020 dirigé contre le jugement du tribunal administratif de Toulon du 31 juillet 2020 a été envoyé à M. E... le 2 septembre 2020 par courrier recommandé avec accusé de réception à la dernière adresse communiquée par ce dernier au tribunal et que, après présentation et dépôt d'un avis de passage, le 3 septembre 2020, ce pli, mis en instance en bureau de poste, a été retourné à la cour administrative d'appel de Marseille pour dépassement du délai d'instance le 23 septembre suivant, tout comme au demeurant le pli contenant ledit jugement du 31 juillet 2020 qui lui a été adressé le 4 août 2020, mis en instance au bureau de poste et retourné au tribunal le 25 août suivant sans avoir été réclamé par son destinataire. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier de première instance que M. E... aurait porté à la connaissance de la juridiction de première instance un changement d'adresse. Par suite, le recours du préfet du Var a été régulièrement notifié à M. E... le 3 septembre 2020. <br>
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       3. En second lieu, aux termes du paragraphe I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : (...) 6° Si la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou si l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 743-1 et L. 743-2, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (...). ". Aux termes de l'article L. 741-1 du même code : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat (...) Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'Etat. La durée de validité de l'attestation est fixée par arrêté du ministre chargé de l'asile (...). ". L'article L. 743-1 de ce code prévoit : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la notification de la décision de l'office ou, si un recours a été formé, dans le délai prévu à l'article L. 731-2 contre une décision de rejet de l'office, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. L'attestation délivrée en application de l'article L. 741-1, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'office, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la cour statuent.". Aux termes de l'article L. 743-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 743-1, sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention relative au statut des réfugiés, signée à Genève le 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, adoptée à Rome le 4 novembre 1950, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin et l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé lorsque : (...) 7° L'office a pris une décision de rejet dans les cas prévus au I et 5° du III de l'article L. 723-2 ; (...). Les conditions de renouvellement et de retrait de l'attestation de demande d'asile sont fixées par décret en Conseil d'Etat. ". Selon le I de l'article L. 723-2 dudit code : " L'office statue en procédure accélérée lorsque : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr en application de l'article L. 722-1 ; 2° Le demandeur a présenté une demande de réexamen qui n'est pas irrecevable. (...) ". Et, enfin, aux termes de l'article L. 743-3 du même code : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 743-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une mesure d'éloignement (...).".<br>
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       4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet du Var en date du 5 mars 2020 portant notamment obligation de quitter le territoire français a été pris en application des articles L. 743-1 , L. 743-2 et L. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à la suite du rejet le 15 janvier 2020 de la demande d'asile de M. E... par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statuant en procédure accélérée sur le fondement des dispositions de l'article L. 723-2-I-1° du même code. D'autre part, à la date du refus " du droit au séjour au titre de l'asile " et de l'obligation de quitter le territoire français décidés par les articles 1 et 2 de l'arrêté contesté, l'attestation de demande d'asile de M. E... a été retirée par l'article 4 de ce même arrêté qui dispose que : " Le présent arrêt abroge et remplace tout document de demande d'asile en la possession de M. E... ". Dès lors, M. E..., qui ne bénéficiait d'aucun titre de séjour ni d'attestation de demande d'asile, ne pouvait se prévaloir d'un droit au maintien sur le territoire et rentrait ainsi dans le champ d'application du 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permet à l'autorité préfectorale de prendre une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de l'étranger qui, sa demande d'asile ayant été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statuant selon la procédure prévue au I de l'article L. 723-2, ne bénéficie plus du droit au maintien sur le territoire en application du 7° de l'article L. 743-2 du même code. Par suite, le jugement doit être annulé.<br>
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       5. Toutefois, il appartient à la Cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'ensemble des moyens soulevés par M. E... en première instance, le moyen d'annulation de l'arrêté préfectoral ayant été relevé d'office par le juge de première instance et l'intéressé s'étant abstenu de produire des conclusions devant la Cour malgré la notification qui lui a été faite du recours du préfet du Var le 3 septembre 2020.<br>
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       6. Il ressort de l'arrêté attaqué que le préfet du Var a refusé le " droit au séjour au titre de l'asile " de M. E... au motif que l'intéressé ne remplissait pas les conditions prévues au 8° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour l'obtention d'une carte de résident en qualité de réfugié. Eu égard aux termes de cet arrêté, le préfet du Var doit ainsi être regardé comme ayant seulement refusé à l'intéressé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions. Il ne peut, dès lors, être regardé comme ayant statué sur le droit au séjour de M. E... à un autre titre.<br>
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       7. Compte tenu du rejet le 15 janvier 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de la demande d'admission au bénéfice de l'asile de M. E..., le préfet du Var était tenu de refuser de délivrer à l'intéressé, qui n'a pas été reconnu réfugié, la carte de résident prévue au 8° de cet article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       8. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 5 mars 2020 refusant à M. E... " le droit au séjour au titre de l'asile " et lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours au-delà duquel il pourra être reconduit d'office en Géorgie, son pays d'origine, a été signé par M. A..., secrétaire général de la préfecture du Var. Par un arrêté n° 2019/26/MCI du préfet du Var du 10 septembre 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de ce département n° 80 spécial du 12 septembre 2019, M. B... A..., sous-préfet et secrétaire général de cette préfecture, a reçu délégation à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions refusant à M. E... " le droit au séjour au titre de l'asile " et lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours au-delà duquel il pourra être reconduit d'office dans son pays d'origine, manquant en fait, doit être écarté.<br>
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       9. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions légales sur lesquels le préfet se fonde pour refuser à M. E... " le droit au séjour au titre de l'asile " et lui faire obligation de quitter le territoire français, notamment les articles L. 314-11-8°, L. 511-1-I-6°, L. 511-4, L. 512-1-Ibis, L. 513-2 et suivants et L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comporte par ailleurs l'énoncé suffisant des considérations de fait qui en constituent également le fondement, mettant ainsi utilement en mesure l'intéressé d'en discuter et le juge d'en contrôler les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces deux décisions, manquant en fait, doit être rejeté.<br>
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       10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".<br>
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       11. Il ressort des pièces du dossier que M. E..., selon ses déclarations, réside sur le territoire français depuis le 3 octobre 2019, est célibataire et sans charge de famille. Il n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches dans le pays dont il a la nationalité où il a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans. Par ailleurs, si au soutien de ses conclusions, l'intéressé invoque les troubles psychiques dont souffrent sa soeur et sa mère, qui au demeurant font également l'objet d'une mesure d'éloignement, les pièces du dossier ne les établissent pas. Au vu de ces éléments ainsi que de la très faible durée du séjour de M. E... sur le territoire national, en l'occurrence cinq mois, le préfet du Var n'a en tout état de cause pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il lui a refusé le 5 mars 2020 la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.<br>
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       12. En quatrième lieu, et pour les mêmes motifs, le préfet du Var n'a pas entaché ce refus de titre de " séjour au titre de l'asile " et cette mesure d'éloignement d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. E....<br>
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       13. En cinquième lieu, les moyens tendant à l'annulation de la décision refusant d'admettre au séjour M. E... au titre de l'asile ayant été écartés, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours.<br>
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       14. Il résulte de tout ce qui précède que compte tenu de ce qui a été dit au point 4, le préfet du Var est fondé à demander l'annulation du jugement du tribunal administratif de Toulon n° 2000884 du 31 juillet 2020. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions de M. E... à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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D É C I D E :<br>
Article 1er : Le jugement n° 2000884 du 31 juillet 2020 du tribunal administratif de Toulon est annulé.<br>
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Article 2 : La demande de première instance de M. E... est rejetée.<br>
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. F... E... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet du Var et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon.<br>
       Délibéré après l'audience du 21 décembre 2020, où siégeaient :<br>
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       - M. Guy Fédou président,<br>
       - Mme C... D..., présidente assesseure,<br>
       - M. Philippe Grimaud, premier conseiller.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2021.<br>
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N° 20MA03157<br>
		MY<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.