# Conseil d'Etat, 5 SS, du 28 juillet 2000, 207330, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008053514
**Date de décision:** 2000-07-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 5 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008053514

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 27 avril 1999 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Vissého Y..., demeurant chez Mlle Amélie Z..., 110, galerie de l'Arlequin à Grenoble (38100) ; M. Y... demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 27 mars 1999 en tant que, par ce jugement, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté ses demandes dirigées contre l'arrêté du 25 mars 1999 par lequel le préfet de l'Isère a décidé sa reconduite à la frontière et contre l'arrêté du 25 mars 1999 par lequel le préfet de l'Isère a fixé le Togo comme pays de destination ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir ces arrêtés ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée, notamment par la loi du 2 août 1989, la loi du 10 janvier 1990, la loi du 26 février 1992, la loi du 24 août 1993 et la loi du 11 mai 1998 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Arnoult, Maître des Requêtes,<br>    - les conclusions de M. Salat-Baroux, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur la régularité du jugement attaqué :<br>    Considérant que pour demander l'annulation du jugement du 27 mars 1999 en tant que, par ce jugement, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté ses demandes tendant à l'annulation des arrêtés susvisés du préfet de l'Isère, M. Y... fait valoir que son conseil n'a pas été convoqué à l'audience dudit tribunal au cours de laquelle ses demandes ont été examinées ;<br>    Considérant qu'aux termes du quatrième alinéa du I de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "L'audience est publique. Elle se déroule sans conclusions du commissaire du gouvernement, en présence de l'intéressé, sauf si celui-ci, dûment convoqué, ne se présente pas. L'étranger est assisté de son conseil s'il en a un ( ...)" ; que l'article R. 241-10 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel dispose : "les parties doivent être averties par tous moyens de la date, de l'heure et du lieu de l'audience" ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'avocat par l'intermédiaire duquel M. Y... a déposé un mémoire complémentaire devant le tribunal administratif avait été convoqué à l'audience ; qu'il ressort de surcroît des mentions du jugement attaqué que cet avocat était représenté à l'audience par Me X..., qui y a présenté des observations orales ; que la circonstance qu'un autre conseil de M. Y..., qui avait introduit un nouveau mémoire quelques minutes avant l'heure prévue pour l'audience, n'a pas été convoqué à l'audience n'entache pas, dans les circonstances de l'espèce, d'irrégularité la procédure suivie devant le tribunal administratif ;     Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière : <br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants :  ...2°) Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée sur le territoire sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré" ;<br>    Considérant qu'il n'est pas contesté que M. Y..., de nationalité togolaise qui est entré en France le 3 septembre 1998 muni d'un visa d'une durée de vingt jours, s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la validité de ce visa ; que, par suite, M. Y... entrait dans le cas visé au 2° du I de l'article 22 de l'ordonnance précitée où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ..." ; que si M. Y... fait valoir qu'il vit, depuis son arrivée en France en septembre 1998, en concubinage avec une française avec laquelle il a un projet de mariage, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France ainsi qu'aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, que l'arrêté du préfet de l'Isère décidant la reconduite à la frontière de M. Y... ait porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ; que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté ;<br>    Sur la légalité de l'arrêté fixant le pays de destination du requérant :<br>    Considérant que si, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision, M. Y... soutient que de graves menaces pèsent sur sa sécurité personnelle au Togo, notamment en raison des années qu'il a passées au Ghana de 1989 à 1994, il ne fournit à l'appui de ces allégations aucune pièce probante et ne justifie d'aucune circonstance particulière de nature à faire légalement obstacle à sa reconduite à destination de son pays d'origine ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M Y... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté ses demandes ;<br>Article 1er : La requête de M. Y... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Vissého Y..., au préfet de l'Isère et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel R241-10,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22 bis, art. 22
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.