# COUR DE CASSATION, CHAMBRE CIVILE 2, du 10 mai 1962, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006960223
**Date de décision:** 1962-05-10
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006960223

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QU'EN 1947 SIGNORONI A DEPOSE A LA SOCIETE GARAGE DU FAUBOURG UNE VOITURE AUTOMOBILE ET UN CAMION QU'IL VENAIT D'ACHETER D'OCCASION ;<br>
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 QUE, QUELQUES MOIS APRES, VENANT REPRENDRE CES VEHICULES, IL AURAIT CONSTATE QUE LES PNEUMATIQUES AVAIENT ETE CHANGES ET REMPLACES PAR D'AUTRES HORS D'USAGE, ET QU'IL A REFUSE DE REPRENDRE SES VOITURES ;<br>
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 QUE LE GARAGE LUI AYANT RECLAME LE MONTANT DU GARDIENNAGE, SIGNORONI A REFUSE ET LES PARTIES N'AYANT PU SE METTRE D'ACCORD, DECIDERENT DE S'EN REMETTRE A UN ARBITRAGE CONFIE A UN SIEUR Z... QUI DEVAIT STATUER COMME AMIABLE COMPOSITEUR DISPENSE DE TOUTES FORMALITES LEGALES ;<br>
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 QUE L'ARBITRE AYANT DEPOSE SON RAPPORT, A CONCLU QUE LES PRETENTIONS DE SIGNORONI ETAIENT INJUSTIFIEES ET CONDAMNE CELUI-CI A VERSER LES FRAIS DE GARAGE ET A RETIRER SES VEHICULES ;<br>
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ATTENDU QUE LES PARTIES N'AYANT PAS POURSUIVI L'EXECUTION DE LA SENTENCE LA SOCIETE DU GARAGE DU FAUBOURG ASSIGNA SON CLIENT DEVANT LA JURIDICTION COMMERCIALE ;<br>
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 QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR CONDAMNE SIGNORONI AU PAYEMENT DES SOMMES RECLAMEES ET D'AVOIR A RETIRER SES VEHICULES, TOUT EN LUI REFUSANT LE REMBOURSEMENT DE LA SOMME DE 50000 FRANCS VERSEE A UN SEQUESTRE AMIABLE, QUI, APRES LA SIGNATURE DU RAPPORT D'ARBITRAGE, AVAIT REMIS CET ARGENT A LA SOCIETE DU GARAGE, ALORS QUE CETTE GARANTIE N'AVAVAIT ETE CREEE QU'A L'OCCASION DE LA SIGNATURE DU COMPROMIS D'ARBITRAGE QUE LES PARTIES AVAIENT ABANDONNE ;<br>
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MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DES MOTIFS DU JUGEMENT QUE LA COUR D'APPEL A DECLARE ADOPTER, QUE LA SOMME CONSIGNEE ETAIT INSUFFISANTE POUR COUVRIR LA DETTE DE SIGNORONI ;<br>
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 QU'IL NE RESULTE D'AUCUNE PIECE QUE LA CONSIGNATION AVAIT UNE DESTINATION PARTICULIERE ;<br>
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 QUE SI LES PARTIES AVAIENT RENONCE L'UNE ET L'AUTRE A POURSUIVRE L'EXECUTION DE L'ARBITRAGE OU A LE CONTESTER, LES JUGES DU FOND ETAIENT EN DROIT DE TIRER DU TRAVAIL DE L'ARBITRE LIBREMENT DISCUTE DEVANT EUX ET PRIS COMME ELEMENT D'APPRECIATION, TOUS RENSEIGNEMENTS UTILES A LEUR CONVICTION ;<br>
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 QU'ILS CONSTATENT QU'AUCUNE PRETENTION DE SIGNORONI N'ETANT JUSTIFIEE IL CONVENAIT DE LE CONDAMNER AU REMBOURSEMENT, A LA SOCIETE, DES SOMMES RECLAMEES, ETANT ENTENDU QUE CELLE DE 50000 FRANCS REMISE PAR LE SEQUESTRE AMIABLE VIENDRAIT EN DEDUCTION DES CONDAMNATIONS PRONONCEES ;<br>
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 QU'AINSI LES JUGES DU FOND SUBSTITUANT LEUR PROPRE DECISION A CELLE DE L'ARBITRE DEVENUE SANS OBJET, ONT REJETE A BON DROIT LA RECLAMATION DU DEBITEUR, LE SEQUESTRE AMIABLE N'AYANT PAS ETE MIS EN CAUSE ;<br>
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QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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SUR LE SECOND MOYEN : ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR ACCORDE UNE ASTREINTE SANS PREJUDICE DE CELLES PRONONCEES PAR LES PREMIERS JUGES, ALORS QUE LES ASTREINTES NE PEUVENT SE CUMULER, LE JUGEMENT AYANT REFUSE L'EXECUTION PROVISOIRE, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE L'ARRET ACCORDE CETTE SECONDE ASTREINTE ET DE NOUVEAUX DOMMAGES-INTERETS, SANS MOTIVER SUR CE POINT SA DECISION ET QU'ENFIN ASTREINTES, DOMMAGES-INTERETS ET FRAIS DE GARAGE CORRESPONDENT A LA REPARATION D'UN SEUL ET MEME PREJUDICE ;<br>
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 MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE L'ARTICLE 458 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE EN ACCORDANT UN EFFET SUSPENSIF A L'APPEL, A EU POUR EFFET D'ARRETER LA FORCE EXECUTOIRE DE LA DECISION ET NON DE PORTER ATTEINTE AUX DROITS DE L'INTERESSE DANS LE CAS OU L'APPEL EST REJETE ;<br>
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 QUE LORSQUE LE JUGE IMPOSE UNE OBLIGATION DE FAIRE ASSORTISSANT LA CONDAMNATION D'UNE ASTREINTE FIXEE A UNE SOMME CALCULEE PAR JOUR DE RETARD ET ACQUISE DEFINITIVEMENT A L'EXPIRATION DU DELAI FIXE, IL EVALUE AINSI LE DOMMAGE SUBI PAR LE CREANCIER RESULTANT D'ORES ET DEJA DE L'INEXECUTION ;<br>
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ATTENDU QU'EN MAINTENANT L'ASTREINTE NON COMMINATOIRE, PRONONCEE PAR LE JUGEMENT, LA COUR D'APPEL A CONFIRME UNE MESURE QUI COMPORTAIT A LA FOIS LE DOMMAGE SPECIAL CAUSE PAR LE REFUS DE SIGNORONI DE REPRENDRE SES VEHICULES ET APPRECIE SOUVERAINEMENT LE PREJUDICE SUR CE CHEF DISTINCT POUR LE GARAGE ;<br>
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ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE LA COUR D'APPEL A PU PRONONCER UNE NOUVELLE ASTREINTE, LA PREMIERE RESTEE SANS EFFET ET VISANT SEULEMENT LA RESISTANCE ABUSIVE DU DEBITEUR JUSQU'AU JUGEMENT, LA SECONDE TROUVANT SA JUSTIFICATION DANS LE RETARD NOUVEAU APPORTE AU RETRAIT DES VEHICULES ;<br>
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 QUE CES ASTREINTES ETAIENT ENTIEREMENT DISTINCTES DES DOMMAGES-INTERETS ALLOUES EN RAISON DU REFUS PAR LE CLIENT DE PAYER LES SOMMES LEGITIMEMENT DUES PPOUR LES MENSUALITES DU GARAGE ;<br>
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ET ATTENDU QUE CES CONDAMNATIONS SONT SUFFISAMMENT MOTIVEES PAR L'ADOPTION DES MOTIFS DES PREMIERS JUGES QUI AVAIENT JUSTEMENT CONSTATE LA MAUVAISE FOI DU DEBITEUR, AUCUNE DE SES PRETENTIONS N'ETANT ETABLIES, ET SA RESISTANCE ABUSIVE, FAITS AYANT CAUSE A LA SOCIETE UN PREJUDICE COMMERCIAL CERTAIN ;<br>
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D'OU IL SUIT QUE L'ARRET A AINSI LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 15 JANVIER 1958 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS ;<br>
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N° 58 - 11 194 SIGNORONI C/ SOCIETE GARAGE DU FAUBOURG.PRESIDENT : M Y... - RAPPORTEUR : M DEJEAN DE LA X... ROLAND - AVOCAT GENERAL : M ALBUCHER - AVOCATS : MM TETREAU ET LEMANISSIER.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° LES JUGES DU FOND QUI CONSTATENT QUE LES PARTIES AVAIENT RENONCE L'UNE ET L'AUTRE A POURSUIVRE L'EXECUTION DE L'ARBITRAGE QU'ELLES AVAIENT CONVENU, OU A LE CONTESTER, SONT DROIT DE TIRER DU TRAVAIL DE L'ARBITRE, LIBREMENT DISCUTE DEVANT EUX ET PRIS COMME ELEMENT D'APPRECIATION, TOUS RENSEIGNEMENTS UTILES A LEUR CONVICTION.    ET, SUBSTITUANT LEUR PROPRE DECISION A CELLE DE L'ARBITRE DEVENUE SANS OBJET, C'EST A BON DROIT QU'ILS REJETTENT LA RECLAMATION DU DEBITEUR TENDANT A OBTENIR LE REMBOURSEMENT D'UNE SOMME REMISE PAR LUI A UN SEQUESTRE AMIABLE ET VERSEE PAR CELUI-CI A LA PARTIE ADVERSE APRES LA SIGNATURE DU RAPPORT D'ARBITRAGE, DES LORS QUE CE SEQUESTRE N'A PAS ETE MIS EN CAUSE, ET QU'ILS ONT SPECIFIE QUE CETTE SOMME VIENDRAIT EN DEDUCTION DES CONDAMNATIONS PRONONCEES.,2° L'ARTICLE 458 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, EN ACCORDANT UN EFFET SUSPENSIF A L'APPEL, A POUR EFFET D'ARRETER LA FORCE EXECUTOIRE DE LA DECISION ET NON DE PORTER ATTEINTE AUX DROITS DE L'INTIME DANS LE CAS OU L'APPEL EST REJETE.    DES LORS LES JUGES D'APPEL PEUVENT CONFIRMER LA DECISION DE PREMIERE INSTANCE EN CE QU'ELLE A PRONONCE UNE ASTREINTE NON COMMINATOIRE, RESTEE SANS EFFET, ET VISANT SEULEMENT LA RESISTANCE ABUSIVE DU DEBITEUR JUSQU'AU JUGEMENT, ET FIXER UNE NOUVELLE ASTREINTE TROUVANT SA JUSTIFICATION DANS LE RETARD NOUVEAU APPORTE PAR LE DEBITEUR A L'EXECUTION DE L'OBLIGATION DE FAIRE MISE A SA CHARGE. ET CETTE SECONDE CONDAMNATION EST SUFFISAMMENT MOTIVEE PAR L'ADOPTION DES MOTIFS DES PREMIERS JUGES QUI AVAIENT CONSTATE LA MAUVAISE FOI DU DEBITEUR ET SA RESISTANCE ABUSIVE.
**Mots-clés:** 1° ARBITRAGE  - SENTENCE  - PORTEE  - PARTIES AYANT RENONCE A POURSUIVRE L'EXECUTION D'UN ARBITRAGE,2° ASTREINTE  - CARACTERE INDEMNITAIRE  - PREJUDICE  - PREJUDICE PERSISTANT APRES LA DECISION DE PREMIERE INSTANCE  - NOUVELLE ASTREINTE PRONONCEE EN APPEL  - POSSIBILITE