# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 mai 1979, 78-92.189, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007061573
**Date de décision:** 1979-05-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007061573

## Contenu de la décision

<p>LA COUR, SUR LA RECEVABILITE DU POURVOI ; </p>
<p>ATTENDU QUE SELON LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 575, 3°, DU CODE DE PROCEDURE PENALE, LA PARTIE CIVILE EST ADMISE A SE POURVOIR CONTRE LES ARRETS DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION MEME EN L'ABSENCE DE POURVOI DU MINISTERE PUBLIC LORSQUE L'ARRET A ADMIS UNE EXCEPTION METTANT FIN A L'ACTION PUBLIQUE ; QUE TEL EST LE CAS EN L'ESPECE ; </p>
<p>VU LE MEMOIRE PRODUIT ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 202 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT ET CONTRADICTION DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, " EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONFIRME L'ORDONNANCE DE NON-LIEU FONDEE SUR LA LOI D'AMNISTIE DU 16 JUILLET 1974, TOUT EN CONSTATANT QUE L'INFRACTION COMMISE DES AVANT LE 27 MAI 1974, S'EST POURSUIVIE DE MANIERE CONTINUE JUSQU'A LA CLOTURE DE L'INFORMATION, SOIT POSTERIEUREMENT A CETTE DATE ; </p>
<p>" AU MOTIF, D'UNE PART, QUE LA CHAMBRE D'ACCUSATION N'A LE POUVOIR D'ORDONNER D'OFFICE UNE INFORMATION A L'EGARD DES INCULPES RENVOYES DEVANT ELLE POUR TOUS LES CHEFS DE DELITS RESULTANT DE LA PROCEDURE ET NON VISES PAR L'ORDONNANCE DU JUGE D'INSTRUCTION QUE SI CES CHEFS DE POURSUITES ONT ETE COMPRIS DANS LES INCULPATIONS AUXQUELLES CE MAGISTRAT A PROCEDE ; </p>
<p>" AU MOTIF, D'AUTRE PART, QU'EN L'ESPECE L'INFORMATION NE VISAIT QUE LES FAITS ANTERIEURS AU 26 JUIN 1972, DATE DU REQUISITOIRE INTRODUCTIF DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE ; </p>
<p>" ALORS QUE L'ORDONNANCE DE NON-LIEU POUR AMNISTIE N'AYANT PU VISER QUE DES FAITS COUVERTS PAR LA LOI D'AMNISTIE DU 16 JUILLET 1974, ET NON CEUX IDENTIQUES DONT L'ARRET ATTAQUE CONSTATE QU'ILS ONT CONTINUE D'ETRE COMMIS AU-DELA DU 27 MAI 1974, LA CHAMBRE D'ACCUSATION, EN VERTU DE L'ARTICLE 202, ALINEA 1ER, DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DISPOSAIT DU POUVOIR D'ORDONNER UNE INFORMATION A L'EGARD DU PREVENU ET N'A DONC PAS TIRE DE SES PROPRES CONSTATATIONS LES CONSEQUENCES QUI S'IMPOSAIENT " ;</p>
<p>ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET ATTAQUE QUE L'UNION SYNDICALE DES AGENTS GENERAUX D'ASSURANCES D'ALSACE A PORTE PLAINTE ET S'EST CONSTITUEE PARTIE CIVILE, LE 12 JUIN 1972, DU CHEF D'INFRACTION A LA LEGISLATION SUR LES ASSURANCES, LADITE PLAINTE VISANT ANTOINE X... ; QU'UNE INFORMATION A ETE OUVERTE ET QUE X... A ETE INCULPE DE PRESENTATION D'OPERATIONS D'ASSURANCES PAR UNE PERSONNE NON AGREE ; QUE LE JUGE D'INSTRUCTION A RENDU, LE 13 MARS 1978, UNE ORDONNANCE DISANT N'Y AVOIR LIEU A SUIVRE, AU MOTIF QUE LES FAITS POURSUIVIS ETAIENT AMNISTIES PAR L'EFFET DE LA LOI DU 16 JUILLET 1974 ; QUE SUR APPEL DE LA PARTIE CIVILE, LA CHAMBRE D'ACCUSATION, TOUT EN ADMETTANT QUE L'INFRACTION IMPUTEE A X... SE SERAIT POURSUIVIE " DE MANIERE CONTINUE " APRES L'ENTREE EN VIGUEUR DE LA LOI D'AMNISTIE, A ESTIME QUE L'ARTICLE 202 DU CODE DE PROCEDURE PENALE NE LUI DONNAIT PAS LE POUVOIR DE CONNAITRE DE CES FAITS DANS LA MESURE OU, ETANT POSTERIEURS AU REQUISITOIRE INTRODUCTIF, ILS N'ETAIENT PAS COMPRIS DANS LA SAISINE DU JUGE D'INSTRUCTION ; </p>
<p>ATTENDU QUE, SUR LE FONDEMENT DE CES MOTIFS, ET ALORS QU'IL N'APPARAIT PAS ET QU'IL N'EST D'AILLEURS PAS ALLEGUE QU'UN REQUISITOIRE SUPPLETIF AIT ETE DELIVRE OU QU'UNE NOUVELLE PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE AIT ETE FORMALISEE CONCERNANT DES FAITS POSTERIEURS A LA LOI D'AMNISTIE, LA CHAMBRE D'ACCUSATION, QUI N'AURAIT PU SANS EXCES DE POUVOIR STATUER SUR DES FAITS DONT LE JUGE D'INSTRUCTION N'AVAIT PAS ETE LUI-MEME SAISI, N'A EN RIEN VIOLE LES TEXTES VISES AU MOYEN ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE ; </p>
<p>ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ;</p>
<p>REJETTE LE POURVOI.</p>
<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1963-11-14 Bulletin Criminel 1963 N. 322 p.680 (REJET) . (2) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1969-02-12 Bulletin Criminel 1969 N. 69 p.169 (CASSATION).

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),Code de procédure pénale 575 -3
**ECLI:** 
**Résumé:** L'amnistie constitue l'une des "exceptions mettant fin à l'action publique" visées à l'article 575, 3. du Code de procédure pénale.          Est en conséquence recevable le pourvoi de la seule partie civile contre un arrêt qui a fondé le non-lieu sur l'amnistie des faits poursuivis (1).,Les Chambres d'accusation, juridiction d'instruction du second degré, ne peuvent statuer sur des faits qui, ayant été commis postérieurement à la mise en mouvement de l'action publique, sont restés en dehors de la saisine du juge d'instruction. Le caractère continu de l'infraction ne saurait faire échec à cette règle (2).
**Mots-clés:** 1) CASSATION - Décisions susceptibles - Chambre d'accusation - Arrêt de non-lieu - Pourvoi de la partie civile - Admission d'une exception mettant fin à l'action publique - Amnistie.,* CHAMBRE D'ACCUSATION - Arrêts - Arrêt de non-lieu - Pourvoi de la partie civile - Recevabilité - Cas - Admission d'une exception mettant fin à l'action publique - Amnistie.,2) CHAMBRE D'ACCUSATION - Saisine - Appel des ordonnances du juge d'instruction - Faits commis postérieurement à la mise en mouvement de l'action publique (non).