# Conseil d'État, Président de la section du Contentieux, 30/12/2003, 258635, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008188116
**Date de décision:** 2003-12-30
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** Président de la section du Contentieux
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008188116

## Contenu de la décision

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              Vu la requête, enregistrée le 18 juillet 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Omar A demeurant ... ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler le jugement du 20 juin 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2003  par lequel le préfet des Yvelines a décidé sa reconduite à  la frontière  et fixé le pays de destination de la reconduite ;<br>
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>
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              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;	<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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Après avoir entendu en séance publique :<br>
- les conclusions de M. Glaser, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 5 avril 2003, de la décision du préfet des Yvelines du 1er avril 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;<br>
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              Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière :<br>
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              Considérant que, par un arrêté du 13 janvier 2003, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Yvelines, d'ailleurs mentionné dans les visas de l'arrêté attaqué, M. Bernard Niquet, préfet des Yvelines, a donné à M. Marc DELATTRE, secrétaire général de la préfecture des Yvelines, délégation pour signer notamment les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière ; que, par suite, le moyen tiré de ce que M. Marc DELATTRE n'aurait pas été titulaire d'une délégation régulière pour signer l'arrêté attaqué manque en fait ;<br>
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              Considérant que les moyens tirés de ce que, d'une part, les droits de M. A ne lui auraient pas été notifiés au cours de la garde à vue dont il a été l'objet et de ce que, d'autre part, le procès-verbal de la garde à vue n'indiquerait pas si l'intéressé a été placé dans un centre de rétention administrative sont inopérants à l'encontre de l'arrêté litigieux ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 18 juin 2003, par lequel le préfet des Yvelines a décidé la reconduite à la frontière de M. A, énonce les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision de reconduite à la frontière ; qu'il est, par suite, suffisamment motivé ;<br>
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              Considérant que si M. A, entré en France une première fois en juin 2001, puis à nouveau en juin 2002, fait valoir qu'il n'a plus d'attaches familiales dans son pays d'origine, il ressort toutefois des pièces du dossier que sa femme et sa fille résident en Algérie ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de M. A en France, le préfet des Yvelines, en décidant sa reconduite à la frontière, n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels son arrêté a été pris ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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              Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination :<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ;<br>
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              Considérant que si M. A soutient  qu'il craint des poursuites et des traitements dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, il ne fournit aucune précision ni justification probante à l'appui de ses allégations; que par suite le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ;<br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Omar A, au préfet des Yvelines et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**