# CAA de NANTES, 3ème chambre, 02/07/2015, 14NT03294, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030853617
**Date de décision:** 2015-07-02
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030853617

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 21 décembre 2014, présentée pour Mme C...B..., demeurant..., par Me Le Strat, avocat au barreau de Rennes ; Mme B... demande à la cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n°1401715 du 3 juillet 2014 par lequel le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 décembre 2013 du préfet d'Ille-et-Vilaine refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;<br>
      2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ; <br>
      3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa demande et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
      4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
        elle soutient que :<br>
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      - l'arrêté contesté n'est pas suffisamment motivé et le préfet n'a pas procédé à l'examen complet de sa situation personnelle ;<br>
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      - l'arrêté contesté porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale puisque ses enfants sont scolarisés en France et la présence de son mari aux côtés de sa mère malade est indispensable ; ces éléments constituent des motifs exceptionnels ou des circonstances humanitaires de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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      - le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et sa décision d'éloignement comporte pour sa situation personnelle des conséquences d'une exceptionnelle gravité dès lors que sa présence aux côtés de sa mère malade est indispensable ; cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale ;<br>
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      - l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention sur les droits de l'enfant ;<br>
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      - la décision fixant la Russie comme pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu le jugement attaqué ;<br>
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      Vu les pièces desquelles il résulte que la requête a été communiquée le 20 avril 2015 au préfet d'Ille-et-Vilaine qui n'a pas produit de mémoire ;<br>
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      Vu la décision du président de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Nantes en date du 3 novembre 2014, accordant le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à Mme B... et désignant Me Le Strat pour la représenter dans la présente instance ; <br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;<br>
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      Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
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      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 modifiée;<br>
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      Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 11 juin 2015 :<br>
- le rapport de M. Lemoine, premier conseiller, <br>
- et les observations de Me Le Strat, avocat de Mme B... ;<br>
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      1. Considérant que Mme B..., de nationalité russe (Ossétie du Nord), est entrée irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 12 février 2010 accompagnée de son époux et de sa fille alors âgée de trois ans, pour y solliciter la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire ; que sa demande d'asile a fait l'objet d'une décision de refus du directeur de l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides le 28 mars 2011, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 27 décembre 2012 ; qu'à la suite de ces refus, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé d'accorder à Mme B... un titre de séjour par un arrêté du 25 avril 2013 ; que, saisi par l'intéressée d'une demande de réexamen de sa demande d'asile en procédure prioritaire, le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a , par une décision du 7 juin 2013, refusé à nouveau de lui accorder ce statut ; que, par un arrêté du 12 décembre 2013, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de délivrer à Mme B...un titre de séjour, lui a enjoint de quitter le territoire dans le délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ; que, par un jugement du 3 juillet 2014 dont Mme B... relève appel, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
      2. Considérant, en premier lieu, que Mme B... soutient qu'en raison de la scolarisation de ses enfants en France et de la présence dans ce pays de sa belle-mère malade dont l'état de santé requiert la présence de son mari à ses côtés, sa demande répond à des motifs humanitaires ou exceptionnels ; que, toutefois, Mme B... ayant sollicité son admission au séjour au titre de l'asile, elle ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'au demeurant les éléments invoqués par la requérante ne suffisent pas à caractériser l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de ces dispositions ; <br>
      3. Considérant, en second lieu et pour le surplus, que Mme B... se borne à invoquer devant le juge d'appel, sans plus de précisions ou de justifications, les mêmes moyens que ceux développés en première instance ; qu'il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges et tirés de ce que l'arrêté contesté est suffisamment motivé, de ce que le préfet d'Ille-et-Vilaine a procédé à l'examen complet de la situation personnelle de l'intéressée, de ce que l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive aux buts en vue desquels il a été pris et de ce qu'il n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée, de ce que cet arrêté n'a pas été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et enfin de ce que la décision du préfet fixant la Russie comme pays de destination ne méconnaît ni les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
      4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme B... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées ;<br>
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       D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C... B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Copie en sera adressée au préfet d'Ille-et-Vilaine.<br>
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      Délibéré après l'audience du 11 juin 2015 à laquelle siégeaient :<br>
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       - Mme Perrot, président de chambre,<br>
       - Mme Specht, premier conseiller,<br>
       - M. Lemoine, premier conseiller,<br>
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       Lu en audience publique le 2 juillet 2015.	<br>
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      Le rapporteur,<br>
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      F. LEMOINE      Le président,<br>
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      I. PERROT      <br>
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      Le greffier,<br>
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      M. A...       <br>
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      La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N°14NT03294<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.