# Conseil d'Etat, 8 SS, du 22 novembre 2002, 233843, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008131379
**Date de décision:** 2002-11-22
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 8 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008131379

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 17 mai 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 25 janvier 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 7 mars 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Zohra X... , née Y... ,   ;<br>    2°) de rejeter la demande présentée par Mme X... devant ce même tribunal ; <br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>     Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - le rapport de Mme Morellet-Steiner, Maître des Requêtes ;<br>    - les observations de la SCP Vier, Barthélemy, avocat de Mme X... , <br>    - les conclusions de M. Collin, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ;<br>    Considérant qu'il n'est pas contesté que Mme X... s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la décision, en date du 29 décembre 1998, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans la situation visée par le 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée où le préfet peut décider de la reconduite à la frontière d'un étranger ;<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui" ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X... , née Y... , ressortissante algérienne, est entrée en France en 1989, qu'elle y a résidé, depuis lors, à l'exception d'un séjour de deux ans et demi de 1995 à 1998 en Algérie puis en Egypte, qu'elle y a religieusement épousé, en 1990, M. X... , ressortissant égyptien, que de cette union sont nées en France deux enfants en 1991 et en 1998 dont l'aînée y a été scolarisée ; que, toutefois, eu égard au fait que le séjour de l'intéressée en France a été interrompu pendant deux ans et demi, durant lesquels Mme X... est réputée avoir vécu en Algérie et en Egypte et compte tenu de ce que son conjoint est également en situation irrégulière, en l'absence de toute circonstance mettant l'intéressée dans l'impossibilité de bénéficier, avec son conjoint et ses enfants, d'une vie familiale ailleurs qu'en France, l'arrêté du PREFET DE POLICE ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... n'a pas porté aux droits de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, ledit arrêté n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitée ;<br>
<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris, statuant sur l'unique moyen présenté par l'intéressée, a annulé sa décision de reconduire à la frontière de Mme X...  ;<br>Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Paris en date du 25 janvier 2001 est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée par Mme X... devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Zohra X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.