# Cour de Cassation, CHAMBRE TEMPORAIRE DES EXPROPRIATIONS, du 9 décembre 1966, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006974961
**Date de décision:** 1966-12-09
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006974961

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QUE LE POURVOI REPROCHE A L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR DECIDE QU'A LA DATE DE REFERENCE LA SEULE POSSIBILITE D'UTILISATION IMMEDIATE DE LA PROPRIETE D'ENVIRON SIX HECTARES DONT LES EPOUX X... ETAIENT PROPRIETAIRES A LAVAL, ETAIT L'USAGE AGRICOLE, ALORS QUE, DANS "LEUR MEMOIRE RESTE SANS REPONSE" LES EXPROPRIES SOUTENAIENT, D'UNE PART, QUE LE PROGRAMME D'AMENAGEMENT DE LA VILLE DE LAVAL QUI CLASSAIT LEUR PROPRIETE EN ZONE RURALE, PREVOYAIT LA POSSIBILITE D'AUTORISER DES CONSTRUCTIONS A DESTINATION AUTRE QU'AGRICOLE, CE QUE LE PREMIER JUGE AVAIT D'AILLEURS ADMIS NON SEULEMENT POUR EUX MAIS POUR D'AUTRES EXPROPRIES SE TROUVANT DANS LA MEME SITUATION ET CONTRE LESQUELS L'EXPROPRIANT N'AVAIT PAS CEPENDANT RELEVE APPEL, ET, D'AUTRE PART, QUE LA VALEUR D'UN TERRAIN EXPROPRIE DEVAIT ETRE DETERMINEE SELON SA POSSIBILITE D'UTILISATION LA PLUS AVANTAGEUSE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL CONSTATE, D'UNE PART, QUE L'ENSEMBLE DE LA PROPRIETE SE TROUVE CLASSE EN ZONE RURALE AUX TERMES DE L'ARTICLE 3 R, DU PROGRAMME D'AMENAGEMENT DE LA VILLE DE LAVAL APPROUVE PAR ARRETE PREFECTORAL DU 23 MARS 1960 DONT IL N'EST PAS CONTESTE QU'IL SOIT DEVENU APPLICABLE, ET, D'AUTRE PART, QUE LES EPOUX X... N'ETABLISSENT PAS QU'ILS ONT EU L'INTENTION DE FAIRE CONSTRUIRE DES IMMEUBLES A USAGE D'HABITATION ;<br>
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 QU'AINSI, SANS AVOIR A S'EXPLIQUER SUR LES DISPOSITIONS D'UN JUGEMENT QUI CONCERNAIT D'AUTRES EXPROPRIES ET N'ETAIT PAS FRAPPE D'APPEL, LES SECONDS JUGES ONT REPONDU AUX CONCLUSIONS PRETENDUMENT DELAISSEES ;<br>
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 QU'AUCUN DES GRIEFS DU MOYEN NE PEUT ETRE RETENU ;<br>
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 SUR LE TROISIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENFIN FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR REFUSE D'ACCORDER AUX EPOUX X... UNE INDEMNITE POUR LE PREJUDICE RESULTANT DE L'IMPOSSIBILITE D'AMENAGER EN MAISON D'HABITATION, PARTIE DE LEURS BATIMENTS D'EXPLOITATION, ALORS QUE CE PREJUDICE DECOULAIT DIRECTEMENT DE L'EXPROPRIATION DES BATIMENTS DONT ILS PREVOYAIENT L'AMENAGEMENT ET QU'IL ETAIT CERTAIN, PUISQU'A DEFAUT DE CETTE TRANSFORMATION ILS SERONT DANS L'OBLIGATION D'EDIFIER UNE CONSTRUCTION NEUVE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DU JUGEMENT QUE LE PREJUDICE ALLEGUE DECOULE POUR LES EPOUX X... DE L'IMPOSSIBILITE DE REALISER DANS L'AVENIR UN PROJET DE TRANSFORMER UN DES BATIMENTS EXPROPRIES EN UNE MAISON D'HABITATION DANS LAQUELLE ILS AVAIENT L'INTENTION DE SE RETIRER APRES AVOIR CEDE A LEUR FILS LE FONDS DE COMMERCE ET LA MAISON D'HABITATION DONT ILS ETAIENT PROPRIETAIRES A PARNE-SUR-ROC ;<br>
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 QUE LE PREMIER JUGE DONT LA COUR D'APPEL ADOPTE SUR CE POINT LES MOTIFS, EN DEDUIT JUSTEMENT QUE CE PREJUDICE N'EST PAS CERTAIN ;<br>
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 QUE LE TROISIEME MOYEN NE SAURAIT NON PLUS ETRE ACCUEILLI ;<br>
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 MAIS SUR LE DEUXIEME MOYEN : VU L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ET L'ARTICLE 41 DU DECRET DU 20 NOVEMBRE 1959 ;<br>
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 ATTENDU, EN PREMIER LIEU, QU'APRES AVOIR CONSTATE QUE LES PARCELLES SITUEES AUPRES DES BATIMENTS D'EXPLOITATION ETAIENT CONSTITUEES DE TERRE DE BONNE QUALITE ET AVOIR FIXE LEUR VALEUR, L'ARRET ATTAQUE, POUR EVALUER LE SURPLUS DE LA PROPRIETE SUR LA BASE DE 10000 L'HECTARE, SE BORNE A ENONCER QU'IL S'AGIT DE TERRE DE MOINDRE QUALITE ;<br>
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 ATTENDU, EN SECOND LIEU, QUE L'ARRET RETIENT QUE L'EXPROPRIATION EN PRIVANT LES EPOUX X... DES SEULS TERRAINS DONT ILS DISPOSENT, LES OBLIGE A PLACER DANS UN ETABLISSEMENT SPECIALISE LES CHEVAUX DE COURSE QU'ILS ELEVENT ET CONFIRME L'ESTIMATION DU PREMIER JUGE QUI AVAIT EVALUE CE PREJUDICE EX AEQUO ET BONO A LA SOMME DE 10000 FRANCS ;<br>
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 ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI SUR CES DEUX CHEFS DE PREJUDICE, SANS REPONDRE AUX CONCLUSIONS D'APPEL DES EXPROPRIES QUI FAISAIENT VALOIR, D'UNE PART, QUE LA PROXIMITE DE LA VILLE DONNAIT AUX PARCELLES NON SITUEES AUPRES DES BATIMENTS D'EXPLOITATION DES POSSIBILITES D'UTILISATION SUPERIEURES, LEUR CONFERANT UNE VALEUR DE 12000 FRANCS L'HECTARE ET, D'AUTRE PART, QUE LE PRIX DE PENSION DES CHEVAUX S'ELEVANT A 18 FRANCS PAR JOUR ET PAR CHEVAL, SEULE, UNE INDEMNITE DE 29200 FRANCS POUVAIT REPARER, DE CE CHEF, L'INTEGRALITE DU PREJUDICE SUBI, LES JUGES DU SECOND DEGRE N'ONT PAS SATISFAIT AUX EXIGENCES DES TEXTES SUSVISES ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU DEUXIEME MOYEN, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL D'ANGERS (CHAMBRE DES EXPROPRIATIONS) LE 19 MARS 1965 ;<br>
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 REMET EN CONSEQUENCE LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE POITIERS (CHAMBRE DES EXPROPRIATIONS) N° 65-70 280 EPOUX X... C/ DEPARTEMENT DE LA MAYENNE PRESIDENT : M DE MONTERA - RAPPORTEUR : M BEL - AVOCAT GENERAL : M PAUCOT - AVOCATS : MM COPPER-ROYER ET COUTARD<br>
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## Métadonnées

**Solution:** CASSATION PARTIELLE.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1. ON NE SAURAIT FAIRE GRIEF AUX JUGES DU FOND D'AVOIR DECIDE QU'ETAIT A USAGE AGRICOLE UN TERRAIN CLASSE EN ZONE RURALE PAR UN PROGRAMME D'AMENAGEMENT APPROUVE PAR ARRETE PREFECTORAL ET CE MALGRE LA POSSIBILITE D'OBTENIR L'AUTORISATION DE CONSTRUIRE DES LORS QU'ILS CONSTATENT QUE L'EXPROPRIE N'ETABLIT PAS AVOIR EU L'INTENTION DE FAIRE CONSTRUIRE UN IMMEUBLE A USAGE D'HABITATION.,2. NE PEUT ETRE PRIS EN CONSIDERATION LE PREJUDICE RESULTANT POUR L'EXPROPRIE DE L'IMPOSSIBILITE D'AMENAGER DANS L'AVENIR PARTIE DES BATIMENTS D'EXPLOITATION AGRICOLE EXPROPRIES, EN UNE MAISON D'HABITATION DANS LAQUELLE IL AVAIT FORME LE PROJET DE SE RETIRER.,3. NE REPONDENT PAS AUX CONCLUSIONS DE L'EXPROPRIE LEUR SOUMETTANT DES ELEMENTS D'EVALUATION PRECIS LES JUGES DU FOND QUI SE CONTENTENT D'ENONCER QUE LES TERRAINS EXPROPRIES SONT DE QUALITE MOYENNE ET QUI FIXENT UNE INDEMNITE EX AEQUO ET BONO.
**Mots-clés:** 1. EXPROPRIATION POUR CAUSE D'UTILITE PUBLIQUE (ORDONNANCE DU 23 OCTOBRE 1958). - INDEMNITE. - IMMEUBLE. - TERRAIN. - NATURE. - PLAN D'AMENAGEMENT,2. EXPROPRIATION POUR CAUSE D'UTILITE PUBLIQUE (ORDONNANCE DU 23 OCTOBRE 1958). - INDEMNITE. - PREJUDICE. - PREJUDICE INCERTAIN. - PROJET DE CONSTRUCTION,3. EXPROPRIATION POUR CAUSE D'UTILITE PUBLIQUE (ORDONNANCE DU 23 OCTOBRE 1958). - INDEMNITE. - DECISION L'ACCORDANT. - MOTIFS. - EVALUATION. - " EX AEQUO ET BONO "