# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 4ème chambre (formation à 3), 18/12/2008, 08BX01335, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000019997780
**Date de décision:** 2008-12-18
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 4ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000019997780

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 mai 2008, présentée pour M. Landu X, domicilié ..., par Me Landete, avocat ; M. X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0800989 du 24 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 janvier 2008 du préfet de la Gironde portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination ; <br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       4°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;<br>
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       5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 novembre 2008 :<br>
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       - le rapport de Mme Dupuy, conseiller,<br>
       - les observations de Me M'Belo, pour M. X ;<br>
       - et les conclusions de M. Lerner, commissaire du gouvernement ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant de la République démocratique du Congo, a sollicité en 2007 la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que le préfet de la Gironde a rejeté sa demande par un arrêté du 25 janvier 2008 ; qu'il a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination ; que M. X demande l'annulation du jugement du 24 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
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       Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire : <br>
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       Considérant que M. X demande son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; que, dans les circonstances de l'espèce, rien ne fait obstacle à ce qu'il soit fait droit à cette demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français : <br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé ... » ; <br>
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       Considérant que par un avis rendu le 5 décembre 2007, le médecin inspecteur de santé publique a estimé que si l'état de santé de M. X, qui souffre d'une hépatite B, d'un syndrome post-traumatique et de troubles ophtalmologiques, nécessitait une prise en charge médicale, un défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, et que l'intéressé pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; que si M. X produit plusieurs certificats médicaux, dont certains sont d'ailleurs anciens, indiquant qu'il souffre des pathologies susmentionnées, ces certificats ne comportent aucune précision sur la gravité de l'état de santé de l'intéressé ; qu'en outre, si le requérant fait valoir qu'il ne pourrait recevoir des soins appropriés en République démocratique du Congo, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de cette allégation ; que, dans ces conditions, le préfet de la Gironde n'a pas méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en rejetant, par l'arrêté contesté, la demande d'admission au séjour présentée par M. X ; <br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui » ; que si M. X fait valoir qu'il vit en France depuis 2001, qu'il y a tissé des liens personnels et qu'il est intégré, l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, n'établit pas la réalité des liens privés dont il se prévaut et n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où vivent notamment ses parents ; que, dans ces conditions, l'arrêté du préfet de la Gironde du 25 janvier 2008 n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande dirigée contre les décisions du 25 janvier 2008 par lesquelles le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français ; <br>
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       En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :<br>
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       Considérant qu'aux termes du dernier alinéa de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « (...) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 » ; que ce dernier texte énonce que « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants » ; que ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée ;<br>
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       Considérant que les allégations de M. X relatives aux risques qu'il encourrait en cas de retour en République démocratique du Congo sont peu étayées et ne sont assorties d'aucun élément probant ; que, dans ces conditions, c'est à bon droit que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande dirigée contre la décision fixant le pays de destination ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à demander l'annulation du jugement du 24 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde du 25 janvier 2008 ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que les conclusions à fin d'injonction du requérant ne peuvent, par suite, qu'être rejetées ; <br>
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       Sur les frais exposés et non compris dans les dépens : <br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme demandée par M. X au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : L'aide juridictionnelle provisoire est accordée à M. X.<br>
Article 2 : La requête de M. X est rejetée. <br>
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N° 08BX01335<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**