# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 27 juillet 2005, 266860, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008178410
**Date de décision:** 2005-07-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008178410

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 26 avril 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Rosenelle X, demeurant ...  ; Mme X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 19 mars 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 février 2004 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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                     - les conclusions de Mme Marie-Hélène Mitjavile, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté  de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité haïtienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 20 décembre 2003, de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant que si Mme X fait valoir qu'elle vit en France depuis 1999, avec un ressortissant étranger qui bénéficie d'une autorisation provisoire de séjour et qu'elle y a un enfant né en 2002 ainsi que certains parents, il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée en France à l'âge de 22 ans et qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales en Haïti où elle a un enfant né en 1995  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment des conditions de séjour de Mme X en France, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris  ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli  ;
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                Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de la reconduite  :
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                Considérant que si Mme X soutient qu'elle serait exposée à des risques en cas de retour en Haïti du fait de ses opinions politiques, l'intéressée, qui a vu sa demande d'admission au statut de réfugié rejetée le 20 juillet 1999 par l'office français de protection des réfugiés et apatrides, rejet confirmé par une décision de la commission des recours des réfugiés du 13 décembre 1999, n'apporte au soutien de ses allégations pas d'élément suffisant  pour estimer qu'elle serait personnellement menacé en cas de retour dans ce pays  ; qu'elle n'est par suite pas fondée à soutenir que cette décision aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 25 février 2004 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
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<br>			D E C I D E  :
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     Article 1er   : La requête de Mme X est rejetée. 
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Rosenelle X, au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**