# CAA de MARSEILLE, 1ère chambre - formation à 3, 06/04/2017, 16MA00194, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000034514742
**Date de décision:** 2017-04-06
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000034514742

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
<br>
       Procédure contentieuse antérieure :<br>
<br>
       M. B... A...a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 18 août 2015 par lequel le préfet de l'Aude a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français mentionnant le pays de destination.<br>
<br>
       Par un jugement n° 1505084 du 17 décembre 2015 le tribunal administratif de Montpellier a rejeté cette demande.<br>
<br>
<br>
       Procédure devant la Cour :<br>
<br>
       Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2016, M. A..., représenté par la société d'avocats Tarlier, Reche, Guille-Meghabbar, demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Montpellier du 17 décembre 2015 ;<br>
<br>
       2°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2015 par lequel le préfet de l'Aude a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français mentionnant le pays de destination ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Aude à titre principal de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ou, subsidiairement, de consulter la commission du titre de séjour et de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois ; <br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
<br>
<br>
       Il soutient que :<br>
       - la commission du titre de séjour n'a pas été consultée ;<br>
       - la décision méconnaît le 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle viole également le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations des articles 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le tribunal n'a pas répondu à ces trois derniers moyens.<br>
<br>
<br>
       Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2016, le préfet de l'Aude conclut au rejet de la requête.<br>
<br>
       Il soutient que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.<br>
<br>
<br>
       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2016.<br>
<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
<br>
       Vu :<br>
       - la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
<br>
<br>
       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
<br>
<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
<br>
       Le rapport de M. Gonneau a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
<br>
<br>
       1. Considérant que M. A..., de nationalité marocaine, a présenté le 9 juillet 2015 une demande de renouvellement de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français que le préfet de l'Aude a rejetée par une décision du 18 août 2015 ; que la même autorité a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, la situation personnelle de l'intéressé ne nécessitant pas qu'un délai supérieur lui soit accordé, et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement en cas d'exécution d'office ; que M. A... relève appel du jugement du 17 décembre 2015 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté ; <br>
<br>
<br>
       Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
<br>
       2. Considérant que pour contester le refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, M. A... a uniquement soulevé devant le tribunal les moyens tirés de ce que la commission du titre de séjour n'avait pas été saisie, de ce que sa fille était française et de ce qu'il contribuait à son entretien et à son éducation ; que M. A... n'est dès lors pas fondé à soutenir que les premiers juges n'ont pas répondu aux moyens tirés de ce que la décision méconnaitrait le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations des articles 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de libertés fondamentales, qui n'ont pas été soulevés devant le tribunal ;<br>
<br>
<br>
       Sur le bien-fondé du jugement attaqué :<br>
<br>
       3. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ; (...) " ;<br>
<br>
<br>
       4. Considérant que, devant la Cour, M. A... se borne à reprendre, à l'identique, l'argumentation soumise au tribunal administratif tirée de ce que sa fille serait française ; qu'il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, dès lors que la réponse du tribunal est elle-même suffisante et n'appelle pas de nouvelles précisions en appel ; que, par suite, M. A... ne peut utilement soutenir qu'il remplirait les autres conditions posées par les dispositions précitées ;<br>
<br>
<br>
       5. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; (...) " ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " ; qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. " ;<br>
<br>
<br>
       6. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A... est entré en France le 14 mars 2010 à l'âge de 33 ans ; que s'il s'est marié en 2004 avec une ressortissante marocaine devenue française en 2006, la communauté de vie a cessé en 2012 et le divorce a été prononcé en 2014 ; que de ce mariage est née une enfant en 2006, dont il ne ressort pas du dossier que l'intéressé ait une relation suivie avec elle, dès lors notamment qu'elle a séjourné de mai 2014 à juillet 2015 au Maroc ; que, dès lors, d'une part, dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour contesté aurait porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette décision et aurait par suite méconnu les dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté ; que d'autre part, le préfet de l'Aude qui n'a pas porté atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant de l'intéressé, n'a pas méconnu les stipulations précitées de la convention internationale des droits de l'enfant ;<br>
<br>
<br>
       7. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ; que doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
<br>
<br>
D É C I D E :<br>
Article 1er : La requête présentée par M. A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A...et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Aude.<br>
<br>
       Délibéré après l'audience du 23 mars 2017, à laquelle siégeaient :<br>
<br>
       M. Pocheron, président de chambre,<br>
       Mme Josset, présidente assesseure,<br>
       M. Gonneau, premier conseiller.<br>
<br>
       Lu en audience publique, le 6 avril 2017.<br>
2<br>
N° 16MA00194<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**