# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 23 octobre 1974, 72-12.404, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006993236
**Date de décision:** 1974-10-23
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006993236

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE, LEGOUPIL AYANT CITE OUAINE POUR OBTENIR LA CESSATION DU TROUBLE APPORTE A L'EXERCICE D'UNE SERVITUDE DE PASSAGE DONT CELUI-CI AURAIT ENTRAVE L'USAGE, IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR ACCUEILLI CETTE ACTION, AU MOTIF QUE LA PREUVE DU TROUBLE CONSISTANT EN UNE MODIFICATION DE L'ASSIETTE DU PASSAGE ETAIT ETABLIE PAR UN PROCES-VERBAL D'EXPERTISE DRESSE A L'OCCASION D'UN BORNAGE, ALORS, SELON LE MOYEN, "QU'UN TITRE RESULTANT DU BORNAGE NE PEUT AVOIR D'EFFET QU'A LA CONDITION QU'IL AIT ETE REVETU DES SIGNATURES DES PARTIES OU QUE, SUR LE REFUS DE L'UNE D'ELLES DE SIGNER, IL AIT ETE HOMOLOGUE EN JUSTICE", ET QU'EN L'ESPECE, LA COUR D'APPEL, CONSTATANT QUE LE PROCES-VERBAL DRESSE PAR LE GEOMETRE "N'AVAIT ETE NI SIGNE, NI DEPOSE AU RANG DES MINUTES D'UN NOTAIRE, NI HOMOLOGUE, NE POUVAIT LUI RECONNAITRE VALEUR DE CONTRAT ET DE TITRE, ET EN DEDUIRE LES EMPIETEMENTS IRREGULIERS DE OUAINE SUR LE TERRAIN, OU L'ASSIETTE DE LA SERVITUDE DE LAGOUPIL, ASSIETTE QU'IL APPARTENAIT AU CONTRAIRE A L'ARRET DE DEFINIR, SI BIEN QUE TOUTES LES CONDAMNATIONS PRONONCEES SONT DEPOURVUES DE BASE LEGALE" ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU, D'ABORD, QUE LES JUGES D'APPEL N'ONT FAIT QU'APPRECIER SOUVERAINEMENT LA PORTEE DES ELEMENTS DE PREUVE QUI LEUR ETAIENT SOUMIS EN RETENANT QU'IL IMPORTE PEU QUE LE PROCES-VERBAL D'EXPERTISE N'AIT PAS ETE SIGNE PAR OUAINE, ETANT OBSERVE QU'UN RAPPORT D'EXPERTISE N'EST HABITUELLEMENT SIGNE QUE PAR L'EXPERT LUI-MEME, QUE LA LIGNE MN, SEPARANT LES DEUX COURS ET FIGURANT SUR LE PLAN ANNEXE AU PROCES VERBAL, EST SENSIBLEMENT CONFORME AUX TERMES DE LA TRANSACTION DU 6 MARS 1959 ;<br>
<br>
 QU'EN SECOND LIEU, EN CONSTATANT QUE LE PASSAGE S'EXERCAIT AU NORD DES PARCELLES A 223 ET A 227 APPARTENANT A OUAINE ET SUR UNE LARGEUR DE TROIS METRES NECESSAIRE A L'EXPLOITATION DU BOIS DE SAPINS APPARTENANT A LEGOUPIL ET NE POUVAIT S'EXERCER AUTREMENT, "NOTAMMENT PAR LA VOIE LA PLUS COURTE QUI CONDUIT AU CD 92 EN RAISON DE SA DENIVELLATION TRES ACCENTUEE VERS LE NORD", A, CONTRAIREMENT AUX AFFIRMATIONS DU DEMANDEUR AU POURVOI, FAIT APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 683 DU CODE CIVIL ;<br>
<br>
D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES CRITIQUES ;<br>
<br>
SUR LE SECOND MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR CONDAMNE OUAINE A RETABLIR LE SOL DE LA COUR DE LEGOUPIL DANS SON ETAT ORIGINAIRE SOUS ASTREINTE NON COMMINATOIRE DE 10 FRANCS PAR JOUR, ALORS QUE, SELON LE MOYEN, "DOIT ETRE CASSE L'ARRET QUI PRONONCE UNE ASTREINTE NON COMMINATOIRE SANS LA MOTIVER, ET QUE L'ARRET EST D'AUTANT PLUS DEPOURVU DE BASE LEGALE QU'IL OCTROIE PARALLELEMENT A LEGOUPIL 1 200 FRANCS A TITRE DE DOMMAGES-INTERETS" ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DES ARTICLES 5 ET 6 DE LA LOI N° 72-626 DU 5 JUILLET 1972 QUE LES ASTREINTES SONT INDEPENDANTES DES DOMMAGES-INTERETS ET CONSTITUENT UN MOYEN DE COERCITION QUE LES TRIBUNAUX PEUVENT ORDONNER D'OFFICE SANS ETRE TENUS D'EN MOTIVER LE PRONONCE ;<br>
<br>
D'OU IL SUIT QUE LE SECOND MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 22 MARS 1973 PAR LA COUR D'APPEL DE CAEN.<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1961-03-08 Bulletin 1961 I N. 149 P. 119 (CASSATION). (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),(2),Code civil 683,LOI 72-626 1972-07-05 ART. 5,LOI 72-626 1972-07-05 ART. 6
**ECLI:** 
**Résumé:** STATUANT SUR LA CESSATION D'UN TROUBLE APPORTE A L'EXERCICE  D'UNE SERVITUDE DE PASSAGE, NECESSAIRE A L'EXPLOITATION D'UN BOIS DE  SAPINS, C'EST PAR APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 683 DU  CODE CIVIL QUE LA COUR D'APPEL, APPRECIANT SOUVERAINEMENT LES  ELEMENTS DE PREUVE SOUMIS, CONSTATE QUE LE PASSAGE NE POUVAIT S 'EXERCER QUE PAR LE TRACE RESULTANT DE L'EXPERTISE ORDONNEE ET NON  PAR LA VOIE LA PLUS COURTE EN RAISON D'UNE DENIVELLATION TRES  ACCENTUEE.,IL RESULTE DES ARTICLES 5 ET 6 DE LA LOI N. 72.626 DU 5  JUILLET 1972 QUE LES ASTREINTES SONT INDEPENDANTES DES  DOMMAGES-INTERETS ET CONSTITUENT UN MOYEN DE COERCITION QUE LES  TRIBUNAUX PEUVENT ORDONNER D'OFFICE SANS ETRE TENUS D'EN MOTIVER LE  PRONONCE.
**Mots-clés:** 1) SERVITUDE - PASSAGE - ENCLAVE - ASSIETTE - DETERMINATION -  ARTICLE 683 DU CODE CIVIL - APPLICATION - TRAJET LE PLUS COURT -  FORTE DENIVELLATION.,2) ASTREINTE (LOI DU 5 JUILLET 1972) - CONDAMNATION - DISTINCTION D 'AVEC LES DOMMAGES-INTERETS.,* ASTREINTE (LOI DU 5 JUILLET 1972) - CONDAMNATION - PRONONCE D 'OFFICE - POSSIBILITE.,* ASTREINTE (LOI DU 5 JUILLET 1972) - CONDAMNATION - MOTIFS -  NECESSITE (NON).