# CAA de LYON, 3ème chambre, 17/05/2023, 21LY04175, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000047595766
**Date de décision:** 2023-05-17
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047595766

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi en cas d'éloignement forcé à l'expiration de ce délai.<br>
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       Par un jugement n° 2103383 du 10 août 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté cette demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2021, M. A..., représenté par Me Huard, demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 10 août 2021 ;<br>
       2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Isère du 29 avril 2021 ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour, ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ; <br>
       - le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français violent les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention de New-York du 26 janvier 1990 ; ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
       - le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français doit être annulée par la voie de l'exception d'illégalité.<br>
       La requête a été communiquée au préfet de l'Isère, qui n'a pas produit de mémoire.<br>
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       Par une décision du 1er décembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle partielle à M. A....<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Bénédicte Lordonné, première conseillère ;<br>
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       Considérant ce qui suit :  <br>
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       1. M. B... A..., de nationalité nigériane, né en 1977, relève appel du jugement du 10 août 2021 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Isère du 29 avril 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi en cas d'éloignement forcé à l'expiration de ce délai.<br>
       Sur la légalité de l'arrêté du 29 avril 2021 : <br>
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       2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (...). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".<br>
       3. Il ressort des pièces du dossier que M. A... est entré en France en 2015. Il est marié depuis le 4 février 2017, soit plus de quatre ans à la date de la décision attaquée, à une ressortissante guinéenne, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle. De leur mariage sont nés, en 2015 et 2019, deux enfants, qui souffrent de drépanocytose, et l'un deux d'une malformation du plexus brachial, qui justifient des soins en France. Son épouse a également un fils, né en 2013 d'une précédente union. Son épouse, aide-soignante en EHPAD, subvient aux besoins financiers du foyer, tandis que M. A... s'occupe des trois enfants. Dans ces circonstances, et quand bien même il relève des catégories ouvrant droit au regroupement familial, M. A... est fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de l'Isère a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels sa décision a été prise et méconnu les stipulations citées au point précédent. Par suite, le refus de titre de séjour en litige et, par voie de conséquence, l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et la décision fixant le pays de renvoi, sont entachés d'illégalité et doivent être annulés.<br>
       4. Il résulte de ce qui précède que M. A..., est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande et à demander l'annulation de ce jugement. <br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". <br>
       6. Eu égard aux motifs exposés ci-dessus et en l'absence de tout changement de circonstances de fait ou de droit, la présente décision implique qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de faire droit à la demande de titre de séjour présentée par M. A... dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.<br>
       Sur les frais d'instance :<br>
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       7. M. A... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Huard, conseil de M. A... renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cet avocat d'une somme de 1 500 euros. <br>
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D E C I D E :<br>
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Grenoble et l'arrêté du préfet de l'Isère du 29 avril 2021 sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. A... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et, dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour.<br>
Article 3 : L'Etat versera à Me Huard, avocat de M. A..., une somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Huard renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté. <br>
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A..., et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.<br>
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023 à laquelle siégeaient :<br>
M. Jean-Yves Tallec, président,<br>
Mme Bénédicte Lordonné, première conseillère, <br>
Mme Sophie Corvellec, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.<br>
La rapporteure,<br>
Bénédicte LordonnéLe président,<br>
Jean-Yves Tallec <br>
La greffière,<br>
Sandra Bertrand<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
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N° 21LY04175<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. - Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.