# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 4ème chambre (formation à 3), 24/03/2011, 10BX00179, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000023885816
**Date de décision:** 2011-03-24
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 4ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000023885816

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la cour le 25 janvier 2010, présentée pour Mme Télamise A, demeurant chez M. Joseph B, ..., par Me Lacave ; Mme A demande à la cour :<br>
<br>
        1°) d'annuler le jugement n° 08-379 du 26 novembre 2009 par lequel le Tribunal administratif de Basse-Terre a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 1er avril 2008 par lequel le préfet de la Guadeloupe a ordonné sa reconduite à la frontière ; <br>
<br>
        2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
<br>
        ..........................................................................................................<br>
<br>
        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
<br>
        Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
<br>
        Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
<br>
        Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
<br>
<br>
        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 février 2011 : <br>
<br>
        - le rapport de Mme Viard, président-assesseur ; <br>
<br>
        - et les conclusions de M. Normand, rapporteur public ;<br>
<br>
<br>
<br>
        Considérant que, par un arrêté en date du 1er avril 2008, le préfet de la Guadeloupe a décidé la reconduite à la frontière de Mme A ; que, par un jugement en date du 26 novembre 2009, le Tribunal administratif de Basse-Terre a rejeté la demande de Mme A dirigée contre ledit arrêté ; que Mme A fait appel de ce jugement ; <br>
<br>
<br>
        Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
<br>
        Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens :<br>
<br>
        Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique et au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée  ; que, pour l'application des stipulations et dispositions précitées, l'étranger, qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine ;<br>
<br>
        Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A, de nationalité haïtienne, séjourne en France depuis 2003 ; qu'elle vit en concubinage avec un de ses compatriotes, lequel est titulaire d'une carte de résident, et que de cette relation est né, en 2004, un enfant sur lequel ils exercent tous les deux l'autorité parentale et qui est scolarisé en France depuis 2007 ; que, dans les circonstances de l'espèce, et alors même que d'autres enfants de Mme A vivent en Haïti, en ordonnant, le 1er avril 2008, la reconduite à la frontière de Mme A, le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Basse-Terre a rejeté sa demande ;<br>
<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement en date du 26 novembre 2009 du Tribunal administratif de Basse-Terre et l'arrêté du 1er avril 2008 du préfet de la Guadeloupe sont annulés.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
3<br>
N° 10BX00179<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**