# CAA de NANTES, 1ère  Chambre , 09/07/2015, 14NT02445, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030903715
**Date de décision:** 2015-07-09
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 1ère  Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030903715

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
       Procédure contentieuse antérieure :<br>
<br>
       M. D...A...a demandé au tribunal administratif de Nantes l'annulation de l'arrêté du 20 mai 2014 du préfet de la Vendée portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. <br>
<br>
       Par un jugement n° 1404950 du 9 septembre 2014, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.<br>
<br>
       Procédure devant la cour :<br>
<br>
       Par une requête enregistrée le 21 septembre 2014, M. D... A..., représenté par Me C..., demande à la cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 9 septembre 2014 ;<br>
       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de la Vendée, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder à un réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour  ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, qui devra être versée à son conseil, Me C..., qui renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.<br>
<br>
       Il soutient que :<br>
<br>
       - en tant qu'il porte refus de titre de séjour, l'arrêté contesté :<br>
<br>
       * est insuffisamment motivé ;<br>
       * ne comporte pas d'examen de sa situation personnelle ; <br>
<br>
       - en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, l'arrêté contesté : <br>
<br>
       * doit être annulé en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;<br>
       * est entaché d'une erreur de droit, le préfet s'étant estimé en situation de compétence liée ; <br>
       - en tant qu'il fixe le pays de destination, l'arrêté contesté : <br>
<br>
       * méconnait les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       * méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
<br>
       Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2014, le préfet de la Vendée, représenté par MeB..., conclut :<br>
<br>
       1°) au rejet de la requête ;<br>
<br>
       2°) à ce qu'une somme de 150 euros soit mise à la charge de M. A...en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
       Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A...n'est fondé.<br>
<br>
       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale au titre de cette instance et Me C... a été désignée pour le représenter par une décision de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Nantes en date du 17 décembre 2014.<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
<br>
       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
<br>
       Le rapport de Mme Allio-Rousseau, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
<br>
<br>
       1. Considérant que M. A..., ressortissant russe d'origine tchétchène né le 17 novembre 1984, déclare être entré en France le 25 février 2007 ; que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont respectivement rejeté sa demande d'asile les 3 octobre 2007 et 9 avril 2010, puis sa demande de réexamen les 20 mai 2010 et 29 novembre 2011 ; qu'il a, le 27 décembre suivant, déposé une  nouvelle demande de réexamen qui a été rejetée par l'Office le 12 mars 2012 ; que, par un arrêté du 20 mai 2014, le préfet de la Vendée a rejeté la demande de titre de séjour présenté par M. A..., lui a fait obligation de quitter le territoire et a fixé la destination de son éloignement ; que M. A... relève appel du jugement du 9 septembre 2014 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande en annulation de cet arrêté ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'annulation : <br>
<br>
       En ce qui concerne le refus de titre de séjour : <br>
<br>
       2. Considérant, en premier lieu, que M. A...reprend devant la Cour à l'appui de sa critique de la décision portant refus de titre de séjour, sans l'assortir d'éléments nouveaux, le même moyen que celui qu'il a invoqué devant les premiers juges et tiré du défaut de motivation du refus de titre de séjour ; que le tribunal administratif de Nantes a suffisamment et à bon droit répondu à ce moyen ; qu'il y a lieu, dès lors, de l'écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges ;<br>
<br>
       3. Considérant, en second lieu, qu'il ressort des termes mêmes de l'arrêté du 20 mai 2014 que le préfet de la Vendée a procédé à un examen de la situation personnelle de M. A...avant d'édicter le refus de titre de séjour ; <br>
<br>
       En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français : <br>
<br>
       4. Considérant, d'une part, qu'en assortissant le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Vendée n'a pas entaché son arrêté d'une erreur de droit au regard des dispositions du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
<br>
       5. Considérant, d'autre part, que l'illégalité du refus de séjour opposé à M. A... n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de ce refus, soulevée à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écartée ;<br>
<br>
       En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :<br>
       6.  Considérant, en premier lieu, qu'aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " ; qu'aux termes des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitement contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " ; <br>
<br>
       7. Considérant que si M. A... fait valoir ses craintes d'être persécuté dans son pays d'origine, compte tenu des poursuites dont il fait l'objet les autorités le soupçonnant d'appartenir à un mouvement terroriste, il n'établit pas encourir des risques personnels en cas de retour en Russie, alors que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis la Cour nationale du droit d'asile ont estimé que ses déclarations étaient succinctes et dénuées de tout élément circonstancié et personnalisé ; que, par suite, le préfet n'a pas méconnu les stipulations et les dispositions précitées en fixant le pays de destination ;<br>
<br>
       8. Considérant, en second lieu, que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi ;<br>
<br>
       9. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ;<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :<br>
       10. Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M.A..., n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, dès lors, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées ;<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       11. Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A..., bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, demande le versement au profit de son avocat au titre des frais non compris dans les dépens ; qu'il n'y a par ailleurs pas lieu de mettre à la charge de M. A... la somme demandée par le préfet de la Vendée au titre des frais non compris dans les dépens ;<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	La requête de M. A...est rejetée.<br>
Article 2 :	Les conclusions du préfet de la Vendée tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 3 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. D... A...et au ministre de l'intérieur. Une copie en sera transmise pour information au préfet de la Vendée.<br>
<br>
<br>
<br>
Délibéré après l'audience du 18 juin 2015, à laquelle siégeaient :<br>
<br>
       - M. Bataille, président de chambre,<br>
       - Mme Aubert, président-assesseur,<br>
       - Mme Allio-Rousseau, premier conseiller.<br>
<br>
       Lu en audience publique, le 9 juillet 2015.<br>
<br>
Le rapporteur,<br>
M-P. ALLIO-ROUSSEAULe président,<br>
F. BATAILLE       <br>
<br>
Le greffier,<br>
C. CROIGER<br>
<br>
<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
2<br>
N° 14NT02445<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**