# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 8 octobre 2004, 246503, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008175274
**Date de décision:** 2004-10-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008175274

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 30 avril 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 6 mars 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 17 octobre 2001 décidant la reconduite à la frontière de Mme Zahra X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par Mme X devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990  ; 
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - le rapport de M. Jean-François Mary, Maître des Requêtes,
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                     - les conclusions de Mme Isabelle de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, ressortissante du royaume du Maroc, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 2 août 2001, de la décision du PREFET DE POLICE du 27 juillet 2001 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant que si Mme X déclare vivre en concubinage avec un compatriote titulaire d'une carte de résident, avec lequel elle a eu un enfant, elle ne produit pas d'éléments permettant d'établir l'ancienneté, voire la réalité, de leur vie commune  ; que compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, et du maintien de liens familiaux dans son pays d'origine, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté du PREFET DE POLICE du 17 octobre 2001 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X ait porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'ainsi, le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce motif pour annuler ledit arrêté  ; 
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                Considérant qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme X devant le Conseil d'Etat et le tribunal administratif de Paris  ;
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                Considérant que si Mme X soutient que le PREFET DE POLICE n'a pas procédé à un examen des circonstances particulières de l'espèce, a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et s'est livré à une appréciation de sa situation qui est entachée d'erreur manifeste, de tels moyens ne sont pas assortis d'éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé  ; 
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 17 octobre 2001 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X  ; 
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D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 6 mars 2002 est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par Mme X devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Zahra X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**