# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 8 août 1981, 81-91.431, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007062173
**Date de décision:** 1981-08-08
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007062173

## Contenu de la décision

<p>STATUANT SUR LE POURVOI DE : </p>
<p>- X... GILLES,</p>
<p>CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'ASSISES DE LA HAUTE-SAVOIE DU 13 FEVRIER 1981 QUI L'A CONDAMNE A 11 ANS DE RECLUSION CRIMINELLE ET 5 ANS D'INTERDICTION DE SEJOUR POUR VIOL ;</p>
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<p>VU LE MEMOIRE PRODUIT ;</p>
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<p>SUR LE QUATRIEME MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 4 ET 332 DU CODE PENAL, 591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, MANQUE DE BASE LEGALE ;</p>
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<p>EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE L'ACCUSE COUPABLE DE VIOL COMMIS SOUS LA MENACE D'UNE ARME ET L'A CONDAMNE A LA PEINE DE 11 ANNEES DE RECLUSION CRIMINELLE ;</p>
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<p>ALORS QUE LES FAITS ONT ETE COMMIS LE 12 MAI 1979, QUE LA CIRCONSTANCE AGGRAVANTE DE LA MENACE D'UNE ARME N'A ETE INTRODUITE DANS LE CODE PENAL QUE PAR LA LOI DU 23 DECEMBRE 1980 ET NE SAURAIT DONC ETRE APPLIQUEE A DES FAITS COMMIS ANTERIEUREMENT A LA PROMULGATION DE LADITE LOI, QU'AINSI, SEULE ETAIT ENCOURUE LA PEINE DE RECLUSION CRIMINELLE DE 5 A 10 ANS, PREVUE PAR LES DISPOSITIONS PLUS DOUCES DU NOUVEL ARTICLE 332 DU CODE PENAL ;</p>
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<p>VU LESDITS ARTICLES ;</p>
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<p>ATTENDU QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 4 DU CODE PENAL, NULLE CONTRAVENTION, NUL DELIT, NUL CRIME NE PEUVENT ETRE PUNIS DE PEINES QUI N'ETAIENT PAS EDICTEES PAR LA LOI AVANT QU'ILS FUSSENT COMMIS ;</p>
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<p>QUE, PAR SUITE, UNE LOI INSTITUANT UNE NOUVELLE INCRIMINATION OU UNE CIRCONSTANCE AGGRAVANTE NOUVELLE D'UNE INFRACTION PREEXISTANTE NE PEUT S'APPLIQUER A DES FAITS ANTERIEURS A SON ENTREE EN VIGUEUR ;</p>
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<p>ATTENDU QU'APRES AVOIR REPONDU AFFIRMATIVEMENT A LA PREMIERE QUESTION RELATIVE AU FAIT PRINCIPAL DE VIOL, LA COUR ET LE JURY ONT RESOLU EGALEMENT PAR L'AFFIRMATIVE LA DEUXIEME QUESTION QUI LEUR ETAIT POSEE EN CES TERMES : "LE VIOL VISE A LA PREMIERE QUESTION A-T-IL ETE COMMIS SOUS LA MENACE D'UNE ARME ? " ;</p>
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<p>MAIS ATTENDU QUE LA CIRCONSTANCE AGGRAVANTE AINSI DEFINIE, INTRODUITE DANS L'ARTICLE 332 NOUVEAU DU CODE PENAL PAR LA LOI DU 23 DECEMBRE 1980, N'ETAIT, A LA DATE DES FAITS, QUI ONT ETE COMMIS LE 12 MAI 1979, PREVUE PAR AUCUN TEXTE DE LOI ;</p>
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<p>D'OU IL SUIT QU'EN REPONDANT AFFIRMATIVEMENT A CETTE QUESTION, LA COUR ET LE JURY ONT MECONNU LE PRINCIPE CI-DESSUS RAPPELE ET QUE LA CASSATION EST ENCOURUE DE CE CHEF ;</p>
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<p>PAR CES MOTIFS ;</p>
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<p>ET SANS QU'IL SOIT BESOIN DE STATUER SUR LES AUTRES MOYENS ;</p>
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<p>CASSE ET ANNULE L'ARRET SUSVISE DE LA COUR D'ASSISES DE LA HAUTE-SAVOIE DU 13 FEVRIER 1981, ENSEMBLE LA DECLARATION DE LA COUR ET DU JURY ET LES DEBATS QUI L'ONT PRECEDEE, ET, POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'ASSISES DE L'ISERE, A CE DESIGNEE PAR DELIBERATION SPECIALE PRISE EN CHAMBRE DU CONSEIL ;</p>
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<p>ORDONNE L'IMPRESSION DU PRESENT ARRET, SA TRANSCRIPTION SUR LES REGISTRES DU GREFFE DE LA COUR D'ASSISES DE LA HAUTE-SAVOIE, SA MENTION EN MARGE OU A LA SUITE DE L'ARRET ANNULE ;</p>
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<p>AINSI JUGE ET PRONONCE PAR LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, EN SON AUDIENCE PUBLIQUE, LES JOUR, MOIS ET AN QUE DESSUS ;</p>
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<p>OU ETAIENT PRESENTS : MM PIERRE MONGIN, PRESIDENT, ANGEVIN CONSEILLER RAPPORTEUR, COSSON, BRUNEAU, FOUR-GOBERT, FAU, PETIT, BONNEAU CONSEILLERS DE LA CHAMBRE, PAULOT CONSEILLER A LA 3E CHAMBRE CIVILE, APPELE A COMPLETER LA CHAMBRE, BILIEN CONSEILLER REFERENDAIRE, MEFORT AVOCAT GENERAL, MELLE YDRAC GREFFIER DE CHAMBRE ;</p>
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<p>EN FOI DE QUOI LE PRESENT ARRET A ETE SIGNE PAR LE PRESIDENT, LE RAPPORTEUR, LE GREFFIER DE CHAMBRE.</p>
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<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1960-07-20 Bulletin Criminel 1960 N. 385 p. 768 (CASSATION) et les arrêts cités. (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1973-01-10 Bulletin Criminel 1973 N. 15 p. 40 (CASSATION) et les arrêts cités. (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1978-03-21 Bulletin Criminel 1978 N. 110 p. 275 (CASSATION) et les arrêts cités.

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code pénal 332,LOI 80-1041 1980-12-23
**ECLI:** 
**Résumé:** Une loi instituant une circonstance aggravante nouvelle d'une infraction préexistante ne peut s'appliquer à des faits antérieurs à son entrée en vigueur (1).          Il en est ainsi, en matière de viol, de la circonstance aggravante, introduite dans l'article 332 du Code pénal par la loi n° 80-1041 du 23 décembre 1980 et constituée par le fait que ce crime a été commis sous la menace d'une arme.
**Mots-clés:** LOIS ET REGLEMENTS - Application dans le temps - Loi plus sévère - Rétroactivité (non) - Loi instituant une circonstance aggravante nouvelle.