# COUR DE CASSATION, Chambre commerciale, du 28 novembre 1960, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006956154
**Date de décision:** 1960-11-28
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006956154

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE SAYAG REPROCHE A L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE (ALGER, 8 NOVEMBRE 1957) QUI L'A CONDAMNE A PAYER A LA SOCIETE SELECT-MEUBLES LE SOLDE DU PRIX CONVENU D'UN MOBILIER D'EXPOSITION, D'AVOIR DECIDE QUE LE TRIBUNAL DE COMMERCE D'ORAN, SAISI DE LA DEMANDE, ETAIT BIEN COMPETENT POUR EN CONNAITRE AU MOTIF QUE LE DEBITEUR ETAIT NEGOCIANT OU REPRESENTANT DE COMMERCE, DONC JUSTICIABLE DE LA JURIDICTION CONSULAIRE ALORS QUE CES ENONCIATIONS CONTRADICTOIRES NE PERMETTENT PAS A LA COUR DE CASSATION DE VERIFIER SI LE TRIBUNAL DE COMMERCE ETAIT OU NON COMPETENT, LE REPRESENTANT DE COMMERCE N'ETANT PAS COMMERCANT ET LA COMPETENCE DE LA JURIDICTION CONCULAIRE N'ETANT PAS JUSTIFIEE DANS LA MESURE OU IL EST CONSTATE QUE SAYAG EXERCE LA PROFESSION DE REPRESENTANT ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL CONSTATE QUE SAYAG, S'IL A EXERCE DES FONCTIONS DE REPRESENTANT ET S'IL EST DIRECTEUR GENERAL DE LA SOCIETE NORD-AFRICAINE DE DIFFUSION DES GRANDES MARQUES "N'EN A PAS MOINS UNE ACTIVITE COMMERCIALE ESSENTIELLEMENT PERSONNELLE" ;<br>
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 ATTENDU QUE PAR CES ENONCIATIONS, D'OU IL RESULTE QUE SAYAG A EXERCE POUR SON COMPTE UNE ACTIVITE COMMERCIALE, LA COUR D'APPEL A, SANS CONTRADICTION, LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION SUR LA COMPETENCE ;<br>
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 SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A L'ARRET DENONCE D'AVOIR, SUR LA DEMANDE EN PAYEMENT DU SOLDE DU PRIX D'UN MEUBLE COMMANDE, REJETE L'EXCEPTION D'INEXECUTION OPPOSEE PAR LE MAITRE DE Y..., AU MOTIF QUE CELUI-CI N'AVAIT PROTESTE ET EXCIPE DU DEFAUT D'ACHEVEMENT QU'APRES L'ASSIGNATION EN PAYEMENT, ALORS QUE L'EXCEPTION D'INEXECUTION PEUT ETRE INVOQUEE EN TOU X... ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, TANT PAR MOTIFS PROPRES QUE PAR ADOPTION DE CEUX DU JUGEMENT, CONSTATE "QUE LES FACTURES REMONTENT A FIN 1954 ET QUE LES TRAVAUX ONT ETE EN REALITE LIVRES ANTERIEUREMENT QU'ILS N'AVAIENT JAMAIS FAIT L'OBJET DE PROTESTATIONS OU DE RESERVES QUELCONQUES, NI SUR LEUR CONSISTANCE NI SUR LA CONFORMITE DE LA COMMANDE", QUE C'EST SEULEMENT APRES L'ASSIGNATION EN PAYEMENT DU SOLDE (JUIN 1955) QUE SAYAG A INVOQUE "MALFACONS ET EXECUTION PARTIELLE NE PERMETTANT PAS L'UTILISATION DU MOBILIER..." ALORS QU'IL N'AURAIT PAS MANQUE, S'IL EN AVAIT ETE AINSI, DE FAIRE PROCEDER A UN CONSTAT OU A UNE MISE EN DEMEURE ;<br>
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 "QU'AU CONTRAIRE, PAR SON SILENCE, IL A LAISSE ENTENDRE QUE LA LIVRAISON LUI DONNAIT ENTIERE SATISFACTION..., QU'IL DOIT LA SOMME RECLAMEE DONT IL N'A JAMAIS CONTESTE LE MONTANT..." ;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS ET APPRECIATIONS SOUVERAINES, LA COUR D'APPEL A PU, SANS VIOLER AUCUN DES TEXTES VISES AU MOYEN, REJETER COMME MAL FONDEES LES PRETENTIONS DU DEBITEUR ;<br>
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 MAIS, SUR LE TROISIEME MOYEN : VU L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL ;<br>
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 ATTENDU QUE SANS RELEVER A LA CHARGE DE SAYAG AUCUNE FAUTE DE NATURE A FAIRE DEGENERER EN ABUS DE DROIT L'APPEL PAR LUI EXERCE, LA COUR, , L'APPEL PAR LUI EXERCE, LA COUR POUR ALLOUER A LA SOCIETE SELECT MEUBLES 30.000 FRANCS A TITRE DE DOMMAGES-INTERETS, SE BORNE A DECLARER QUE L'APPEL "INJUSTIFIE" A CAUSE A L'INTIMEE UN PREJUDICE DONT REPARATION EST DUE ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE DE CE CHEF, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL D'ALGER, LE 8 NOVEMBRE 1957 MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU TROISIEME MOYEN ;<br>
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 REMET EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET POUR ETRE FAIT DROIT LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL D'ORAN. NO 58-10.330. SAYAG C/ SOCIETE "SELECT MEUBLES". PRESIDENT : M. LESCOT. - RAPPORTEUR : M. SEBIRE. - AVOCAT GENERAL : M. DE BONNEFOY DES AULNAIS. - AVOCAT : M. MAYER. DANS LE MEME SENS : SUR LE NO 2 : 23 JUIN 1960, BULL. 1960, II, NO 401, P. 280 ET LES ARRETS CITES.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** CASSATION PARTIELLE.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° ON NE SAURAIT REPROCHER A UNE COUR D'APPEL D'AVOIR, SUR UNE DEMANDE EN PAYEMENT DU SOLDE DU PRIX D'UN MEUBLE COMMANDE, REJETE L'EXCEPTION D'INEXECUTION OPPOSEE PAR LE MAITRE DE L'OUVRAGE DES LORS QUE L'ARRET A CONSTATE QUE LES TRAVAUX, LIVRES AVANT LES FACTURES, N'ONT JAMAIS FAIT L'OBJET DE PROTESTATIONS OU RESERVES, QUE LES FACTURES ONT PRECEDE DE PLUSIEURS MOIS L'ASSIGNATION EN PAYEMENT DU SOLDE, QUE LE MAITRE DE L'OUVRAGE A INVOQUE DES MALFACONS ET UNE EXECUTION PARTIELLE SEULEMENT APRES CETTE ASSIGNATION, ALORS QU'IL N'AURAIT PAS MANQUE, S'IL EN AVAIT ETE AINSI, DE FAIRE PROCEDER A UN CONSTAT OU UNE MISE EN DEMEURE, QU'AU CONTRAIRE PAR SON SILENCE IL A LAISSE ENTENDRE QUE LA LIVRAISON LUI DONNAIT ENTIERE SATISFACTION.,2° NE DONNE PAS DE BASE LEGALE A SA DECISION LA COUR D'APPEL QUI, POUR ALLOUER DES DOMMAGES-INTERETS A UN INTIME, SE BORNE A DECLARER QUE L'APPEL "INJUSTIFIE" LUI A CAUSE UN PREJUDICE DONT REPARATION EST DUE, SANS RELEVER A LA CHARGE DE L'APPELANT UNE FAUTE DE NATURE A FAIRE DEGENERER EN ABUS DE DROIT L'APPEL PAR LUI EXERCE.
**Mots-clés:** 1° CONVENTION  - EXECUTION  - INEXECUTION PARTIELLE  - PREUVE  - ABSENCE DE CONTESTATION  - PORTEE,2° APPEL  - ABUS  - DOMMAGES-INTERETS  - CONSTATATIONS NECESSAIRES