# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 16 février 1970, 68-14.238, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982452
**Date de décision:** 1970-02-16
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982452

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE (PARIS, 24 SEPTEMBRE 1968) QUE, PAR LETTRE DU 15 AVRIL 1964, LA SOCIETE DE DIFFUSION D'EQUIPEMENT DE CLASSEMENT (SODEC) A CONFIE A QUADRI LA "DIFFUSION" DE SON MATERIEL DANS SEPT DEPARTEMENTS NOMMEMENT DESIGNES AVEC BENEFICE DE L'EXCLUSIVITE;<br>
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 QUE LA CONVENTION INTERVENUE ENTRE LES PARTIES ETAIT ETABLIE POUR UNE PERIODE D'UN AN A L'EXPIRATION DE LAQUELLE UN "CONTRAT DEFINITIF" DEVAIT ETRE CONCLU "D'UN COMMUN ACCORD";<br>
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 QU'AUCUN NOUVEL ACCORD N'EST INTERVENU, MAIS QU'APRES LE 15 AVRIL 1965 LES RELATIONS SE POURSUIVIRENT ENTRE LES PARTIES SELON LES MEMES MODALITES QU'AVANT LE TERME CONVENU;<br>
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 QUE, LA SODEC DECLARANT AVOIR INFORME QUADRI DES LE 23 SEPTEMBRE 1965 QU'ELLE CESSERAIT TOUTE COLLABORATION AVEC LUI A COMPTER DU 1ER OCTOBRE SUIVANT ET LUI AYANT CONFIRME CETTE DECISION PAR LETTRE RECOMMANDEE DU 13 NOVEMBRE 1965, QUADRI L'A FAIT ASSIGNER DEVANT LE TRIBUNAL DE COMMERCE EN PAIEMENT DE LA SOMME DE 90426,46 FRANCS A TITRE DE RAPPEL DE COMMISSIONS DIRECTES ET INDIRECTES ET DE CELLE DE 15000FRANCS A TITRE DE DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DE SON CONTRAT;<br>
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ATTE^DU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET PARTIELLEMENT INFIRMATIF DEFERE D'AVOIR CONDAMNE LA SODEC A PAYER A QUADRI DES DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE D'UN MANDAT D'INTERET COMMUN A DUREE INDETERMINEE, AVEC RAPPEL DE COMMISSIONS INDIRECTES JUSQU'A LA DATE DE LA RESILIATION, ALORS QUE, SELON LE POURVOI, D'UNE PART, LA COUR D'APPEL A AINSI FAUSSEMENT QU ALIFIE LE CONTRAT LITIGIEUX DE MANDAT D'INTERET COMMUN D'AGENCE COMMERCIALE, QUI NE POUVAIT ETRE PRESUME, A DEFAUT DE LA DOUBLE EXIGENCE LEGALE DE LA MENTION ECRITE DES QUALITES DES PARTIES ET DE L'INSCRIPTION DE L'AGENT AU REGISTRE SPECIAL DES AGENTS COMMERCIAUX D'AUTANT QUE LES TERMES DU CONTRAT EXCLUAIENT L'INDEPENDANCE DU PRETENDU AGENT AUQUEL ETAIT INTERDITE LA FACTURATION ET QUI RECEVAIT UNE REPRESENTATION LIMITEE, ET QUE, D'AUTRE PART, EN TOUT ETAT DE CAUSE, LA COUR D'APPEL A DENATURE LES CLAUSES CLAIRES ET PRECISES CONCERNANT LA DUREE DETERMINEE DU CONTRAT ET SON ABSENCE DE RENOUVELLEMENT QUI AVAIENT POUR EFFET NECESSAIRE D'Y METTRE FIN A L'ARRIVEE DU TERME, DES LORS QU'ELLE AVAIT ENCORE CONSTATE QUE LE CONTRAT DEFINITIF EGALEMENT PREVU N'AVAIT PAS ETE CONCLU, EN SORTE QUE LE MAINTIEN DE QUELQUES RELATIONS D'AFFAIRES ECHAPPAIT A L'EMPRISE D'UN CONTRAT EXPIRE QUI, PARTANT, NE POUVAIT ETRE RESILIE NI MEME DONNER DROIT A DES COMMISSIONS INDIRECTES;<br>
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MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE DANS SES CONCLUSIONS LA SODEC N'A PAS CONTESTE LA QUALITE D'AGENT COMMERCIAL DE QUADRI;<br>
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 QUE L'ABSENCE D'UN CONTRAT ECRIT MAINTENANT LES QUALITES DES PARTIES ET LE DEFAUT D'INSCRIPTION DE L'AGENT AU REGISTRE SPECIAL DES AGENTS COMMERCIAUX PREVU AU DECRET DU 23 DECEMBRE 1958 NE FAISAIENT PAS OBSTACLE A LA QUALIFICATION DE MANDAT D'INTERET COMMUN, QUALIFICATION QUI N'ETAIT PAS DAVANTAGE EXCLUE PAR LES CLAUSES DU CONTRAT PREVOYANT LA FACTURATION DES COMMANDES PAR LA SODEC ET LA LIMITATION DU SECTEUR CONCEDE A L'AGENT;<br>
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ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE LA COUR D'APPEL QUI CONSTATE LQ'EXPIRATION DU CONTRAT ORIGINAIRE LE 15 AVRIL 1965 RELEVE AUSSI QUE LE CONTRAT A CONTINUE A ETRE EXECUTE APRES CETTE DATE "DANS LES MEMES CONDITIONS QU'AUPARAVANT";<br>
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 QU'APPRECIANT SOUVERAINEMENT LA COMMUNE INTENTION DES PARTIES, LA COUR D'APPEL EN DEDUIT QUE CELLES-CI ONT ENTENDU TACITEMENT POURSUIVRE LEURS RELATIONS CONTRACTUELLES DE MANDAT ET DE DE MANDATAIRES CONFORMEMENT AUX CLAUSES DE LA CONVENTION ANTERIEURE, A L'EXCEPTION DE LA DUREE, ET QU'A COMPTER DU 15 AVRIL 1965 LE MANDAT DONNE A QUADRI ETAIT A DUREE INDETERMINEE;<br>
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 QUE, DES LORS, LA COUR D'APPEL, QUI N'A PAS DENATURE LES CLAUSES DU CONTRAT ET QUI RETIENT QUE LA LETTRE DE LA SODEC DU 13 NOVEMBRE 1965, INTERVENUE LE LENDEMAIN DE LA PASSATION D'UNE IMPORTANTE COMMANDE RECUE DIRECTEMENT PAR CETTE SOCIETE DANS LE SECTEUR EXCLUSIF CONCEDE A QUADRI, CONSTITUAIT UNE RESILIATION DU CONTRAT SANS MOTIF LEGITIME A PU CONDAMNER LA SODEC AU PAIEMENT DE DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DUDIT CONTRAT AINSI QUE DES COMMISSIONS DITES "INDIRECTES" DUES A SON AGENT;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 24 SEPTEMBRE 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS (IVE CHAMBRE)<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1969-10-08 Bulletin 1969 IV N. 283 (1) p. 267 (REJET). (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1969-06-25 Bulletin 1969 IV N. 248 p. 233 (REJET). (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),Décret  1958-12-23
**ECLI:** 
**Résumé:** L'absence d'un contrat écrit d'agent commercial mentionnant les qualités des parties et le défaut d'inscription de l'agent au registre des agents commerciaux prévu au décret du 23 décembre 1958, ne font pas obstacle à la qualification de mandat d'intérêt commun.,les juges du fond qui constatent qu'à l'expiration d'un mandat d'intérêt commun conclu pour une durée déterminée, ce contrat a continué à être exécuté dans les mêmes conditions, ont apprécié souverainement la commune intention des parties en décidant qu'elles avaient entendu tacitement poursuivre leurs relations contractuelles aux clauses de la convention antérieure à l'exception de la durée, le mandat étant devenu à durée indéterminée.          Ils ont pu par suite condamner le mandant au payement de dommages-intérêts pour rupture abusive après avoir relevé qu'il avait mis fin au contrat sans motif légitime.
**Mots-clés:** 1) MANDAT - Mandat conféré dans l'intérêt du mandant et du mandataire - Mandat commercial ne remplissant pas les conditions du décret du 23 décembre 1958.,* MANDAT - Mandat commercial - Décret du 23 décembre 1958 - Application - Conditions - Contrat écrit.,* MANDAT - Mandat commercial - Décret du 23 décembre 1958 - Application - Conditions - Immatriculation du mandataire sur un registre spécial.,2) MANDAT - Mandat conféré dans l'intérêt du mandant et du mandataire - Durée - Durée déterminée - Tacite reconduction - Contrat à durée indéterminée.,* MANDAT - Mandat commercial - Révocation - Mandat conféré dans l'intérêt du mandant et du mandataire - Motif légitime - Absence.,* MANDAT - Mandat conféré dans l'intérêt du mandant et du mandataire - Durée - Durée indéterminée - Révocation par le mandant - Abus.