# Conseil d'Etat, 3 SS, du 11 février 2000, 208210, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008057225
**Date de décision:** 2000-02-11
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008057225

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 25 mai 1999 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour M. Mourad X..., demeurant chez M. Y... Graa ... ; M. X... demande que le Conseil d'Etat :<br>    1°) annule le jugement en date du 12 mai 1999, par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté, en date du 24 septembre 1998, du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière ;<br>    2°) annule pour excès de pouvoir cet arrêté ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Delion, Maître des Requêtes,<br>    - les conclusions de M. Stahl, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes des dispositions du I de l'article 22 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, le représentant de l'Etat dans le département peut "décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., qui est de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire national au-delà du délai d'un mois mentionné ci-dessus et entrait ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées ;<br>    Considérant que l'arrêté du 24 septembre 1998 par lequel le préfet de police a ordonné la reconduite à la frontière de M. X..., qui énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, est suffisamment motivé ;<br>    Considérant que M. X... ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 24 juin 1997, qui ne présente pas un caractère réglementaire ;<br>    Considérant que si M. X... fait valoir que deux oncles, un frère et plusieurs de ses cousins résident en France, dans les circonstances de l'espèce et eu égard notamment aux conditions et à la durée du séjour de l'intéressé, au fait qu'il est célibataire et sans enfant et que ses parents et ses soeurs résident en Tunisie, l'arrêté attaqué n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, cet arrêté n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 septembre 1998 ordonnant sa reconduite à la frontière ;<br>Article 1er : La requête de M. X... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Mourad X..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Circulaire 1997-06-24
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.