# CAA de BORDEAUX, 7ème chambre (formation à 3), 02/12/2021, 21BX01103, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000044446151
**Date de décision:** 2021-12-02
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 7ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000044446151

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme C... A... a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2019 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. <br>
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       Par un jugement n° 1906989 du 12 novembre 2020, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 11 mars 2021, Mme A..., représentée par Me Diaka, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Toulouse du 12 novembre 2020 ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2019 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
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       Elle soutient que : <br>
       - l'arrêté méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle réside en France depuis 2014 avec ses quatre enfants scolarisés, dont deux sont nés en France et l'une est handicapée, et qu'elle a toujours travaillé, et est entaché d'une erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle. <br>
       - il méconnaît l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant dès lors que le père de Lunia réside à Toulouse et dispose d'un titre de séjour ; <br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.<br>
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       Par décision du 11 février 2021, Mme A... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme B... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. Mme C... A..., de nationalité ivoirienne, est entrée en France, selon ses dires, le 17 avril 2014, sous couvert d'un titre de séjour italien délivré le 21 mai 2010 pour une durée illimitée. Elle a sollicité son admission au séjour en qualité de parent d'enfant français, mais, par jugement du 13 novembre 2017, le tribunal de grande instance de Toulouse a annulé la reconnaissance de paternité de l'enfant en retenant son caractère frauduleux. Par arrêté du 19 septembre 2019, le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé le titre de séjour sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Elle relève appel du jugement du 12 novembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au jour de la décision attaquée : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : ... 7° À l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".<br>
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       3. Mme A... fait valoir sa présence en France depuis plus de quatre ans à la date de la décision attaquée, son insertion professionnelle en qualité d'auxiliaire de vie, la naissance en France de deux de ses quatre enfants, dont l'un serait handicapé, et la scolarisation de ces derniers. Cependant, elle ne fait état d'aucune attache personnelle sur le territoire français, et n'allègue ni que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Italie, où elle bénéficie d'un titre de séjour permanent, ou dans son pays d'origine, ni que ses enfants ne pourraient être scolarisés dans ces pays. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré par l'intéressée de ce que le refus de titre de séjour attaqué porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par la décision et méconnaîtrait par suite les dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté, ainsi que, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.  <br>
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       4. En second lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant: " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait ( .. .) des tribunaux, des autorités administratives ( .. .), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".<br>
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       5. Mme A... soutient que l'arrêté litigieux serait contraire aux stipulations précitées, au motif qu'il entraînerait la fin de la relation de l'une de ses filles avec son père, en situation régulière sur le territoire français. Toutefois, elle n'apporte aucun élément relatif à l'identité du père, sa présence en France et son droit au séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.   <br>
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       6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C... A... au ministre de l'intérieur. Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.<br>
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Délibéré après l'audience du 4 novembre 2021 à laquelle siégeaient :<br>
M. Éric Rey-Bèthbéder, président,<br>
Mme Frédérique Munoz-Pauziès, présidente-assesseure,<br>
Mme Florence Rey-Gabriac, première conseillère<br>
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Rendu public après dépôt au greffe le 2 décembre 2021.<br>
La rapporteure,<br>
Frédérique B...Le président<br>
Éric Rey-Bèthbéder <br>
La greffière,<br>
Angélique Bonkoungou<br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
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N° 21BX01103<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. - Séjour des étrangers.