# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 20 octobre 1976, 75-12.215, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006997832
**Date de décision:** 1976-10-20
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006997832

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU, SELON L'ARRET ATTAQUE, PARTIELLEMENT INFIRMATIF, QUE S, HUISSIER DE JUSTICE, ESTIMANT AVOIR SUBI UN PREJUDICE DU FAIT DE LA PARUTION D'ARTICLES LE CONCERNANT DANS LE JOURNAL LE PONANT, DONT M X... LA PUBLICATION ET LA DIFFUSION, L'A ASSIGNE EN PAIEMENT DE DOMMAGES-INTERETS ET INSERTIONS ;<br>
<br>
ATTENDU QUE M Y... GRIEF A L'ARRET D'AVOIR, POUR ECARTER LA PRESCRIPTION DE TROIS MOIS PREVUE PAR L'ARTICLE 65 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881, DECLARE A TORT QUE LES ECRITS INCRIMINES NE CONTENAIENT PAS D'IMPUTATION DE FAITS PRECIS DE NATURE A PORTER ATTEINTE A L'HONNEUR OU A LA CONSIDERATION DE S, ALORS QUE DEVRAIT ETRE CONSIDEREE COMME TELLE UNE IMPUTATION RELEVEE PAR CE DERNIER LUI-MEME DANS SES ECRITURES ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QU'AYANT ANALYSE LES ARTICLES REPRODUITS AU JUGEMENT, AUQUEL L'ARRET SE REFERE A CET EGARD, ET RELEVE, NOTAMMENT, QUE, DANS LE PREMIER, S N'ETAIT PAS ACCUSE D'AVOIR LESE LES INTERETS DE SA CLIENTE, ET QUE, DANS LE SECOND, SON ACTIVITE ETAIT SEULEMENT DECRITE D'UNE MANIERE DESOBLIGEANTE, LA COUR D'APPEL, NON TENUE DE S'ATTACHER A L'INTERPRETATION QUI EN AURAIT ETE DONNEE PAR S DANS DES CONCLUSIONS PRISES DEVANT ELLE, A PU DEDUIRE DES CIRCONSTANCES PAR ELLE SOUVERAINEMENT APPRECIEES QUE LES ELEMENTS DU DELIT DE DIFFAMATION N'ETAIENT PAS REUNIS ;<br>
<br>
D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
<br>
SUR LE SECOND MOYEN ;<br>
<br>
ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET, QUI A ACCUEILLI LA DEMANDE, D'UNE PART, D'AVOIR RETENU COMME CONSTITUANT DES ATTEINTES A LA VIE PRIVEE DE S DES IMPUTATIONS QUI CONCERNERAIENT L'EXISTENCE PROFESSIONNELLE D'UN OFFICIER PUBLIC, D'AUTRE PART, D'AVOIR FAIT ETAT DE L'ANNONCE D'UNE PUBLICATION ULTERIEURE QUI, N'AYANT JAMAIS ETE SUIVIE D'EFFET, N'AURAIT PU ETRE GENERATRICE D'AUCUN PREJUDICE ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE L'ARRET RELEVE, CONTRAIREMENT A L'ALLEGATION DU MOYEN, QUE LES ECRITS ANALYSES CONTENAIENT LES INFORMATIONS QU'IL ENUMERE, RELATIVES A L'ACHAT DE BATIMENTS PAR S, A L'USAGE QU'IL EN FAISAIT, ET A SON ETUDE D'HUISSIER, AINSI QUE L'ALLUSION A UN ENORME COURRIER RECU SUR LUI PAR LE JOURNALISTE, A CE QUI POURRAIT ENCORE LUI ETRE ADRESSE ET A CE QUI POURRAIT ETRE EVENTUELLEMENT ENTREPRIS A CE SUJET, ET QU'ILS AVAIENT LIVRE LA VIE PRIVEE DE S A LA CURIOSITE MALSAINE DU PUBLIC ;<br>
<br>
 QU'AYANT, D'AUTRE PART, CONSTATE QUE CES ECRITS CONSTITUAIENT UN APPEL A LA DELATION AVEC MENACE, LA COUR D'APPEL A ESTIME QU'ILS AVAIENT ETE POUR S LA SOURCE D'UN PREJUDICE ;<br>
<br>
QUE LE MOYEN DES LORS NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS, REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 3 FEVRIER 1975 PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE.<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1963-12-06 Bulletin 1963 II N. 809 p.605 (CASSATION). (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1966-03-03 Bulletin 1966 II N. 291 p.210 (REJET). (1)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (2),Code civil 9,Code civil 1382,LOI 1881-07-29 ART. 29,LOI 1881-07-29 ART. 65
**ECLI:** 
**Résumé:** Ne contiennent pas d'imputations diffamatoires à l'encontre d'un huissier de justice les articles de presse dans lesquels celui-ci n'est pas accusé d'avoir lésé les intérêts de sa clientèle, et qui décrivent seulement son activité d'une manière désobligeante.          Par suite, la prescription de trois mois prévue par l'article 65 de la loi du 29 juillet 1881 n'est pas applicable.,On ne saurait faire grief aux juges du fond d'avoir retenu commme constituant des atteintes à la vie privée d'un huissier de justice des imputations qui concernaient sa vie professionnelle dès lors qu'ils retiennent que les articles d'un journal local dont la responsabilité était recherchée, livraient par les faits rapportés la vie privée de cet officier ministériel à la curiosité malsaine du public, et faisant allusion au courrier qui pouvait lui être adressé à ce sujet invitaient les lecteurs à la délation.
**Mots-clés:** 1) DIFFAMATION - Définition - Allégation portant atteinte à l'honneur et à la considération de la personne visée - Huissier de justice - Activité professionnelle décrite d'une manière désobligeante (non) - Articles de journal.,* PRESSE - Diffamation - Activité professionnelle - Activité décrite d'une manière désobligeante (non).,2) PROTECTION DES DROITS DE LA PERSONNE - Respect de la vie privée - Atteinte - Articles concernant la vie professionnelle - Huissier de justice - Révélation de faits de la vie privée.,* Presse - Journal - Responsabilité - Faute - Publication - Appel à la délation avec menace.,* PRESSE - Journal - Responsabilité - Faute - Publication - Faits relatifs à la vie privée - Huissier de justice.,* RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Presse - Appel à la délation avec menace.,* RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Presse - Atteinte à la vie privée - Vie privée d'un huissier de justice.