# CAA de MARSEILLE, 1ere chambre - formation a 3, 10/06/2021, 20MA03230, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000043648050
**Date de décision:** 2021-06-10
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 1ere chambre - formation a 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000043648050

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme B... E... a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 25 septembre 2019, par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours mentionnant le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2001745 du 25 juin 2020, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 26 août 2020, Mme E..., représentée par Me D... demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Marseille du 25 juin 2020 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté précité ;<br>
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       3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire de lui enjoindre de réexaminer sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ; <br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil qui renonce dans ce cas à percevoir la part contributive de l'Etat due au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
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       Elle soutient que :<br>
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       - le refus de séjour méconnait les articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - le préfet ne pouvait refuser le titre de séjour sans saisir préalablement la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 312-2 du CESEDA, alors qu'elle justifie être présente en France depuis plus de 20 ans ;<br>
       - la mesure d'éloignement est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour ; <br>
       - elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2020 le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé. <br>
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       Mme E... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 septembre 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
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       -la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       La présidente de la Cour a désigné M. G... F..., en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme C... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. Par arrêté du 25 septembre 2020, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de titre de séjour que lui avait présentée le 14 septembre 2018, Mme E..., ressortissante comorienne, sur le fondement de sa vie privée et familiale et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Mme E... relève appel du jugement du 25 juin 2020 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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       Sur le bien-fondé du jugement : <br>
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       2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale [...]. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme E... est présente en France depuis au moins 2014 et justifie être en concubinage avec un ressortissant français depuis janvier 2017. Elle est en outre engagée dans l'association " Les restos du coeurs ". Elle justifie ainsi avoir constitué en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans les circonstances de l'espèce, la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
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       3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres des moyens de la requête, Mme E... est fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal a rejeté sa demande. <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction : <br>
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       4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant d'un délai d'exécution. ". <br>
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       5. L'exécution du présent arrêt, qui annule la décision de refus de séjour du 25 septembre 2019 assortie d'une obligation de quitter le territoire français, implique nécessairement, eu égard aux motifs du présent arrêt, et dès lors qu'il n'est fait état d'aucun changement dans les circonstances de droit et de fait concernant la situation de l'intéressée, la délivrance à Mme E... d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme E... ce titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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       6. Mme E... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me D... renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me D... de la somme de 1 500 euros. <br>
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D É C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Marseille n°2001745 du 25 juin 2020 et l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 25 septembre 2019 sont annulés. <br>
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Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder à la délivrance à Mme E... d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et suivant les modalités précisées dans les motifs sus indiqués. <br>
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Article 3 : L'État versera la somme de 1 500 euros à Me D..., en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me D... renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B... E..., au ministre de l'intérieur et à Me D.... <br>
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Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille. <br>
       Délibéré après l'audience du 27 mai 2021, où siégeaient :<br>
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       - M. F..., président assesseur, présidant la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,<br>
       - Mme C..., première conseillère, <br>
       - Mme A..., première conseillère.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juin 2021.<br>
N° 20MA03230				2<br>
		hw<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.