# COUR DE CASSATION, CHAMBRE CIVILE 1, du 22 novembre 1961, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006958224
**Date de décision:** 1961-11-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006958224

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE PAR TESTAMENT DES 8 ET 14 MARS 1945, LA DAME A... A LEGUE A LA DAME X... LA VILLA DONT ELLE ETAIT PROPRIETAIRE A ROQUEBRUNE-CAP-MARTIN;<br>
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 QU'ELLE EST DECEDEE LE 1ER AVRIL 1945 ;<br>
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 QUE SA NIECE, LA DAME Y..., A FORME UNE ACTION EN NULLITE DES TESTAMENTS, MAIS QUE PAR ARRET DU 5 MARS 1951, DEVENU DEFINITIF, LA COUR D'APPEL A DECLARE CEUX-CI VALABLES, ET ORDONNE LA DELIVRANCE DU LEGS ;<br>
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 QUE TROIS JOURS AVANT CET ARRET, LE 2 MARS 1951, LA DAME Y... AVAIT CONSENTI A TERRANINO UN BAIL DE 9 ANS DE L'IMMEUBLE LITIGIEUX ET LUI AVAIT RECONNU LA FACULTE DE CEDER OU DE SOUS-LOUER ;<br>
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 QUE LA DAME X... A ENGAGE UNE INSTANCE CONTRE LA DAME Y... ET TERRANINO ET QUE PAR JUGEMENT DU 17 JANVIER 1953 CONFIRME PAR ARRET DU 29 FEVRIER 1956, LE BAIL A ETE ANNULE ;<br>
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 QUE L'EXPULSION DE LA DAME Y..., DE TERRANINO ET DE TOUT OCCUPANT DE LA VILLA A ETE ORDONNEE, ET QUE LES DEFENDEURS ONT ETE CONDAMNES SOLIDAIREMENT AU PAYEMENT DE 300.000 FRANCS DE DOMMAGES-INTERETS A LA DAME X... ;<br>
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 QUE LE 11 AVRIL 1956, PAVONE, SE DECLARANT CESSIONNAIRE DU BAIL DE TERRANINO EN VERTU D'UN ACTE DU 21 MAI 1952 ENREGISTRE, A FAIT TIERCE OPPOSITION AU JUGEMENT DU 17 JANVIER 1953 ;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR DEBOUTE PAVONE DE CETTE TIERCE OPPOSITION AU MOTIF QUE LA BAILLERESSE AVAIT AGI SANS QUALITE ET QUE LE CEDANT N'AYANT LUI-MEME AUCUN DROIT, LA CESSION ETAIT NULLE ALORS QUE LE BAIL CONSENTI PAR L'HERITIER APPARENT EST VALABLE A L'EGARD DU PRENEUR, QUE LA CESSION DE BAIL CONSENTIE A PAVONE NE POUVAIT ETRE REVOQUEE QUE SI SA MAUVAISE FOI ETAIT ETABLIE ET QUE, SANS RELEVER CET ELEMENT, LA COUR SE BORNE A FAIRE ETAT D'UNE COLLUSION QUI NE RESSORT D'AUCUNE DE SES CONSTATATIONS ;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'ABSTRACTION FAITE DE TOUT AUTRE MOTIF DE L'ARRET, LA COUR A CONSTATE LA MAUVAISE FOI CERTAINE DES CONSORTS Z... DONT LA COLLUSION S'EST MANIFESTEE AU COURS DU LONG DIFFEREND QUI A OPPOSE LES PARTIES ;<br>
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 QUE LA FRAUDE A DONC VICIE L'ENSEMBLE DES OPERATIONS, ET QU'A BON DROIT L'ARRET A DECLARE LA TIERCE OPPOSITION DE PAVONE MAL FONDEE ;<br>
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 SUR LE SECOND MOYEN : ATTENDU QUE LE POURVOI FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR CONDAMNE PAVONE A PAYER 20.000 FRANCS DE DOMMAGES-INTERETS SANS RELEVER A SA CHARGE UN ACTE DE MALICE OU DE MAUVAISE FOI OU UNE FAUTE LOURDE ASSIMILABLE AU DOL ET SAN MEME DONNER AUCUN MOTIF A L'APPUI DE CE CHEF DE DECISION ;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 479 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE LES JUGES ONT LA FACULTE DE CONDAMNER LA PARTIE DONT LA TIERCE OPPOSITION A ETE REJETEE, A DES DOMMAGES-INTERETS ENVERS L'AUTRE PARTIE, S'ILS ESTIMENT QUE CETTE TIERCE OPPOSITION A CAUSE A CELLE-CI UN PREJUDICE;<br>
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 QU'EN APPRECIANT A LA SOMME DE 20.000 FRANCS LE MONTANT DU PREJUDICE SUBI PAR LA DAME X..., LA COUR A IMPLICITEMENT MAIS NECESSAIREMENT CONSTATE L'EXISTENCE DE CE PREJUDICE ;<br>
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 QU'AINSI LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 2 DECEMBRE 1959 PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE. NO 60-12.487. PAVONE C/ DAME X.... PRESIDENT ET RAPPORTEUR : M. BORNET. - AVOCAT GENERAL : M. JODELET. - AVOCATS : MM. NICOLAS ET CELICE. DANS LE MEME SENS : SUR LE NO 2 : 3 DECEMBRE 1953, BULL. 1953, IV, NO 771 (2E), P. 554. 22 AVRIL 1959, BULL. 1959, I, NO 212, P. 179. A RAPPROCHER : SUR LE NO 2 : 15 JUILLET 1954, BULL. 1954, IV, NO 534, P. 397.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° C'EST A BON DROIT QUE LES JUGES DU FOND, SAISIS PAR UN SOUS-LOCATAIRE D'UNE TIERCE-OPPOSITION FORMEE A L'ENCONTRE D'UN ARRET AYANT ANNULE LE BAIL PRINCIPAL CONSENTI PAR UN HERITIER QUELQUES JOURS AVANT QU'IL N'AIT ETE DEBOUTE DE SON ACTION EN NULLITE DU TESTAMENT QUI ATTRIBUAIT CET IMMEUBLE A UN LEGATAIRE, DECLARENT CETTE TIERCE-OPPOSITION MAL FONDEE, APRES AVOIR CONSTATE LA MAUVAISE FOI DE L'HERITIER ET DES LOCATAIRES ET SOUS-LOCATAIRES, DONT LA COLLUSION S'ETAIT MANIFESTEE AU COURS DU LONG DIFFEREND AYANT OPPOSE LES PARTIES ET DONT LA FRAUDE A VICIE L'ENSEMBLE DES OPERATIONS.,2° AUX TERMES DE L'ARTICLE 479 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, LES JUGES ONT LA FACULTE DE CONDAMNER LA PARTIE DONT LA TIERCE-OPPOSITION A ETE REJETEE, A DES DOMMAGES-INTERETS ENVERS L'AUTRE PARTIE, S'ILS ESTIMENT QUE CETTE TIERCE-OPPOSITION A CAUSE A CELLE-CI UN PREJUDICE.    ON NE SAURAIT DONC FAIRE GRIEF AUX JUGES DU FOND D'AVOIR PRONONCE UNE CONDAMNATION A DES DOMMAGES-INTERETS DE CE CHEF, SANS RELEVER UN ACTE DE MALICE OU DE MAUVAISE FOI OU UNE FAUTE LOURDE ASSIMILABLE AU DOL, ET SANS MEME DONNER AUCUN MOTIF A L'APPUI DE CE CHEF DE LEUR DECISION, DES LORS QU'EN CHIFFRANT LE MONTANT DU PREJUDICE SUBI PAR LA PARTIE ADVERSE, ILS ONT IMPLICITEMENT MAIS NECESSAIREMENT CONSTATE L'EXISTENCE DE CE PREJUDICE.
**Mots-clés:** 1° BAIL EN GENERAL  - SOUS-LOCATION  - NULLITE DU BAIL PRINCIPAL - BAIL FRAUDULEUX  - TIERCE OPPOSITION DU SOUS-LOCATAIRE  - REJET,2° TIERCE OPPOSITION  - REJET  - DOMMAGES-INTERETS  - PREJUDICE - CONSTATATIONS SUFFISANTES