# Conseil d'Etat, 10 SS, du 6 janvier 1995, 122227, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007852288
**Date de décision:** 1995-01-06
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 10 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007852288

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 9 janvier 1991 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Dominique X..., demeurant ... ; M. X... demande que le Conseil d'Etat :<br>    1°) annule un jugement en date du 10 novembre 1990 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa requête tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Mézières-sur-Seine en date du 3 février 1988 en tant qu'elle approuve la création d'un pan coupé à l'angle de sa propriété ;<br>    2°) annule la délibération attaquée ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu l'ordonnance du 7 janvier 1959 relative à la voirie des collectivités locales ;<br>    Vu le décret du 20 août 1976 fixant les modalités de l'enquête publique préalable au classement, à l'ouverture, au redressement, à la fixation de la largeur et au déclassement des voies communales ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Rousselle, Maître des Requêtes,<br>    - les conclusions de M. Scanvic, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que si, pour contester la délibération par laquelle le conseil municipal de la commune de Mézières-sur-Seine a décidé la création d'un pan coupé à l'angle formé par sa propriété au croisement de deux voies communales, M. X... fait valoir qu'un arrêté individuel d'alignement qui lui a été délivré le 20 juin 1985 ne mentionnait aucun pan coupé, il ne peut en tout état de cause se prévaloir dudit arrêté qui n'a créé aucun droit acquis à son profit ; que la circonstance que le conseil municipal n'avait pas été informé des servitudes figurant au certificat d'urbanisme dont il a été le bénéficiaire, à la supposer établie, est sans effet sur la légalité de la délibération contestée ; que la présence au cours de la séance ayant abouti à son adoption de quatre membres du conseil municipal propriétaires ou liés à des propriétaires de parcelles bordant une des voies en cause n'a pas entaché la délibération attaquée d'un détournement de pouvoir ; que M. X..., qui ne saurait utilement se prévaloir des inconvénients excessifs de l'opération eu égard à ses avantages, ne se fonde, à l'appui de ce grief, sur aucun élément précis permettant d'apprécier la légalité de la décision attaquée ; <br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa requête ;<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 57-2 du décret du 30 juillet 1963 modifié "dans le cas de requête jugée abusive, son auteur encourt une amende qui ne peut excéder 20 000 F." ; qu'en l'espèce, la requête de M. X... présente un caractère abusif ; qu'il y a lieu de condamner M. X... à payer une amende de 2 000 F  ;<br>    .<br>Article 1er : La requête de M. X... est rejetée.<br>Article 2 : M. X... est condamné à payer une amende de 2 000 F.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Dominique X..., à la commune de Mézières-sur-Seine, et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Décret 63-766 1963-07-30 art. 57-2
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 71-02-02 VOIRIE - REGIME JURIDIQUE DE LA VOIRIE - ALIGNEMENTS.