# Conseil d'Etat, 1ère sous-section jugeant seule, du 28 juillet 2004, 256070, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008190891
**Date de décision:** 2004-07-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 1ERE SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008190891

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 16 avril 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA GIRONDE  ; le PREFET DE LA GIRONDE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Bordeaux a annulé son arrêté du 7 mars 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. Amirouche X et fixant l'Algérie comme pays de destination  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Bordeaux  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu la loi n° 52-893 du 25 juillet 1952 relative au droit d'asile modifiée  ;
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                Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Sébastien Veil, Auditeur,  
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                - les observations de la SCP Bouzidi, Bouhanna, avocat de M. X, 
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                - les conclusions de M. Jacques-Henri Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Le représentant de l'Etat dans le département et à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ; que, selon l'article 13 de la loi du 25 juillet 1952 relative au droit d'asile dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté litigieux  : Dans les conditions compatibles avec les intérêts du pays, l'asile territorial peut être accordé par le ministre de l'intérieur à un étranger si celui-ci établit que sa vie ou sa liberté est menacée dans son pays ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il ressort des  pièces du dossier, et notamment des attestations produites par M. X, ressortissant algérien ayant fait l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière, que l'intéressé doit être regardé comme établissant qu'à la date à laquelle sa demande d'asile territorial a été rejetée, il justifiait que sa vie ou sa liberté était menacée en Algérie  ; que, dans les circonstances de l'espèce, le refus opposé à sa demande d'asile territorial est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation  ; que, dès lors, le PREFET DE LA GIRONDE n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Bordeaux s'est fondé sur l'illégalité de ce refus pour annuler son arrêté du 7 mars 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X  ;
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                Considérant que M. X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle  ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991  ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Bouzidi, Bouhanna, avocat de M. X, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à l'avocat à ce titre  ;
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     Article 1er  : La requête du PREFET DE LA GIRONDE est rejetée.
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Article 2  : L'Etat versera à la SCP Bouzidi, Bouhanna, avocat de M. X une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
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Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA GIRONDE, à M. Amirouche X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**