# Cour administrative d'appel de Paris, Juge des reconduites à la frontière, du 1 décembre 2005, 05PA01459, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007448534
**Date de décision:** 2005-12-01
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** JUGE DES RECONDUITES A LA FRONTIERE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007448534

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 8 avril 2005, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande à la cour  : 
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        1°) d'annuler le jugement n° 0502041 du 8 mars 2005 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 1er février 2005 décidant la reconduite à la frontière de Mlle Elise X  ; 
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        2°) de rejeter la demande présentée par Mlle X devant le Tribunal administratif de Paris  ; 
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        Vu les autres pièces du dossier  ;
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        Vu la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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        Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;
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        Vu le code de justice administrative   ;
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        Vu la décision du 05 septembre 2005 par laquelle le président de la cour a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 776-1 et R. 222-33 du code de justice administrative à M. Vincelet  ;
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        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 17 novembre 2005  :
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        - le rapport de M. Vincelet, magistrat délégué,
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        - les observations de Me Chmelewsky, pour Mlle X,
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        - et les conclusions de M. Jardin, commissaire du gouvernement  ;
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        Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  :   Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)   ; 
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        Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle X, de nationalité camerounaise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 15 octobre 2004, de la décision du 7 octobre précédent du PREFET DE POLICE lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; 
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        Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance  ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;
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        Considérant qu'à la date à laquelle a été pris l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière, Mlle X vivait en concubinage avec M. Mangoua depuis plus de quatre ans sur le territoire français  ; que M. Mangoua, entré régulièrement en France en 1989, est titulaire d'une carte de résident valable dix ans ; qu'ils ont eu un enfant en février 2004 ; que, dans ces circonstances, et alors même que l'intéressée a conservé des attaches familiales dans son pays d'origine, l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris  ; qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 1er février 2005 décidant la reconduite à la frontière de Mlle X  ; 
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        Considérant enfin, qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat, qui succombe dans la présente instance, à payer à Mlle Elise X une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
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     D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : L'Etat paiera à Mlle X 1 000 euros sur le fondement de l'article .761-1 du code de justice administrative.
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     N° 05PA01459
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**