# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 27 juillet 2005, 269711, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008231864
**Date de décision:** 2005-07-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008231864

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 juillet 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Marie-Louisette YX, demeurant chez ...  ; Mme YX demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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     1°) d'annuler  le jugement du 9 juin 2004 par lequel le magistrat délégué par le Président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 mars 2004 du préfet de la Seine-Saint-Denis décidant sa reconduite à la frontière  ;
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     2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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     3°) d'enjoindre au préfet de Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte  ;
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     4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de  justice administrative  ;
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     Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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     Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Stéphane Verclytte, Commissaire du gouvernement  ;
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Sur la régularité du jugement attaqué :
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     Considérant que si le mémoire complémentaire produit par Mme YX la veille de l'audience devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise n'est pas visé par le jugement attaqué, ce mémoire ne comportant pas de moyens nouveaux et le jugement a visé et examiné l'ensemble des moyens soulevés par Mme YX  ; qu'il n'est par ailleurs pas entaché de contradiction de motifs  ; que par suite le moyen tiré de ce qu'il serait entaché d'irrégularité ne peut qu'être écarté  ;
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     Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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     Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme YX, de nationalité malgache, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 24 janvier 2004, de la décision du préfet de Seine-Saint-Denis du 15 janvier 2004, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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     Considérant que, par un arrêté du 23 février 2004, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département le 25 février 2004, M. Michel Y, préfet de la Seine-Saint-Denis, a donné à Mme Dominique ZY,  directeur des étrangers, délégation pour signer notamment les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que Mme Dominique ZY n'aurait pas été compétente faute d' être titulaire d' une délégation régulière pour signer l'arrêté attaqué manque en fait  ;
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     Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée dans sa rédaction applicable en l'espèce  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit  : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité,  sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire  ; 
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     Considérant que si la requérante allègue qu'elle suit un traitement médical de longue durée qui lui imposerait de rester en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu'elle ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi  ; qu'ainsi, le préfet de Seine-Saint-Denis a pu, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de Mme YX, refuser de lui délivrer un titre de séjour  ; 
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     Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme YX n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort, que par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière  ;
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     Sur les conclusions aux fins d'injonction  :
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     Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de Mme YX, n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que, par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de délivrer à Mme YX un titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées  ;
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     Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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     Considérant que les dispositions de cet article font obstacle à ce que soit mise à la  charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme YX demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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<br>			D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête de Mme YX est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Marie-Louisette YX, au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**