# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 25 octobre 1972, 71-14.001, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006988702
**Date de décision:** 1972-10-25
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006988702

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE X... FAIT GRIEF A L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE, QUI L'A DEBOUTE DE SA DEMANDE EN DIVORCE, D'AVOIR PRONONCE LA SEPARATION DE CORPS A SES TORTS, AU MOTIF QUE LES GRIEFS RETENUS A SON ENCONTRE AVAIENT RENDU " LA REPRISE DE LA VIE COMMUNE IMPOSSIBLE " ET AINSI DE N'AVOIR PAS CONSTATE LA REALISATION DE LA SECONDE CONDITION EXIGEE PAR L'ARTICLE 232 DU CODE CIVIL ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE L'ARRET, PAR LES MOTIFS DU JUGEMENT QU'IL CONFIRME, ENONCE QUE LES FAITS ALLEGUES PAR DAME X... SONT INJURIEUX ENVERS ELLE, ET CONSTITUENT UNE VIOLATION GRAVE ET RENOUVELEE DES DEVOIRS ET OBLIGATIONS RESULTANT DU MARIAGE ET RENDENT DESORMAIS IMPOSSIBLE LA REPRISE DE LA VIE COMMUNE ; <br>
<br>QU'IL RESULTE D'UNE TELLE EXPRESSION QUE LA COUR D'APPEL, QUI AVAIT CONSTATE QUE LES EPOUX ETAIENT EN FAIT SEPARES DEPUIS PLUSIEURS ANNEES, ET QUI N'ETAIT PAS TENUE A L'EMPLOI D'AUCUNE FORMULE SACRAMENTELLE, A PRIS EN CONSIDERATION LA SECONDE CONDITION EXIGEE PAR LA LOI ; <br>
<br>D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; <br>
<br>SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QUE POUR DECLARER FONDEE LA DEMANDE EN SEPARATION DE CORPS FORMEE PAR LA FEMME, L'ARRET, TANT PAR MOTIFS PROPRES QUE PAR CEUX NON CONTRAIRES ET QU'IL ADOPTE DU JUGEMENT ENTREPRIS, ENONCE QUE X... NE CONTESTAIT PAS AVOIR ABANDONNE SON EPOUSE PEU AVANT LE MARIAGE DE SA FILLE ET N'AVOIR PAS ASSISTE A CE MARIAGE, OUTRAGEANT AINSI GRAVEMENT, AUX YEUX D'UNE POPULATION RURALE, ET SA FILLE ET SA FEMME, QU'IL AVAIT LAISSE CELLE-CI DANS UN CERTAIN DENUEMENT MATERIEL ET L'AVAIT MISE DANS L'OBLIGATION DE FAIRE UNE SAISIE-ARRET SUR SON SALAIRE POUR CONTRIBUTION AUX CHARGES DU MENAGE, ET QUE LE COMPORTEMENT DE X... AVEC UNE DAME C PUIS AVEC UNE DAME V AVAIT ETE DE PLUS INJURIEUX POUR SON EPOUSE ; <br>
<br>ATTENDU QUE POUR DECLARER MAL FONDEE LA DEMANDE EN DIVORCE FORMEE PAR X..., L'ARRET ENONCE QUE CELUI-CI N'AVAIT NULLEMENT PROUVE LES GRIEFS PAR LUI ARTICULES, QUE LE SEUL FAIT ISOLE D'INJURES, RAPPORTE PAR SON PERE, NE SAURAIT CONSTITUER A LUI SEUL UN MOTIF SUFFISANT DE DIVORCE, ET QU'IL ETAIT SURABONDAMMENT ETABLI QUE LES GRIEFS FORMULES ETAIENT DES PLUS FANTAISISTES ; <br>
<br>QU'EN APPRECIANT AINSI SOUVERAINEMENT LES DEUX DEMANDES, LA COUR D'APPEL, QUI, CONTRAIREMENT AUX PRETENTIONS DU POURVOI, NE S'EST PAS CONTREDIT, A REPONDU AUX CONCLUSIONS QUI LUI ETAIENT SOUMISES, ET N'A PAS DENATURE LES RESULTATS DES ENQUETES ; <br>
<br>QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; <br>
<br>MAIS SUR LE TROISIEME MOYEN : VU L'ARTICLE 1315 DU CODE CIVIL, ATTENDU QUE LE JUGE NE DOIT FORMER SA CONVICTION QUE D'APRES LES MOYENS DE PREUVE ADMIS PAR LA LOI ; <br>
<br>QUE LA PREUVE N'EST REPUTEE LEGALEMENT FAITE QUE SI ELLE EST ADMINISTREE SUIVANT LES FORMES PRESCRITES, ET QU'ELLE NE PEUT RESULTER NI DES INVESTIGATIONS PERSONNELLES POURSUIVIES PAR LE JUGE, EN DEHORS DE L'AUDIENCE ET EN L'ABSENCE DES PARTIES, NI DE DOCUMENTS QUI NE LEUR ONT PAS ETE COMMUNIQUES ; <br>
<br>ATTENDU QUE POUR ELEVER LE MONTANT DE LA PENSION ALIMENTAIRE ALLOUEE PAR LES PREMIERS JUGES A LA FEMME, AU PROFIT DE QUI LA SEPARATION DE CORPS ETAIT PRONONCEE, L'ARRET ENONCE QUE X... POSSEDE UNE VOITURE AUTOMOBILE ET PEUT S'ADONNER AU PLAISIR RELATIVEMENT COUTEUX DE LA CHASSE, DEMONTRANT DES RESSOURCES SUPERIEURES A CELLES INDIQUEES ; <br>
<br>ATTENDU CEPENDANT QUE SI X... AVAIT DECLARE, DANS SES CONCLUSIONS D'APPEL QU'IL ETAIT TITULAIRE D'UN PERMIS NATIONAL DE CHASSE AINSI QUE D'UN PERMIS DE CONDUIRE, IL NE RESULTE D'AUCUNE PRODUCTION QU'IL AIT ETE ALLEGUE QU'IL FUT PROPRIETAIRE D'UNE VOITURE AUTOMOBILE ; <br>
<br>QU'EN STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, LA COUR D'APPEL A VIOLE LE TEXTE SUSVISE ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU MOYEN AINSI ADMIS, L'ARRET RENDU LE 2 JUIN 1971 ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL DE DOUAI ; <br>
<br>REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation REJET
**Lois appliquées:** (2),Code civil 1315,Code civil 212,Code civil 232
**ECLI:** 
**Résumé:** STATUANT SUR UNE DEMANDE EN SEPARATION DE CORPS, LES JUGES  DU FOND QUI, N'ETANT TENUS A L'EMPLOI D'AUCUNE FORMULE SACRAMENTELLE , CONSTATENT QUE LES EPOUX ETAIENT EN FAIT SEPARES DEPUIS PLUSIEURS  ANNEES ET ENONCENT QUE LES VIOLATIONS GRAVES ET RENOUVELEES DES  DEVOIRS ET OBLIGATIONS DU MARIAGE PAR LE MARI "RENDENT DESORMAIS  IMPOSSIBLE LA REPRISE DE LA VIE COMMUNE" PRENNENT EN CONSIDERATION  LA SECONDE CONDITION DE L'ARTICLE 232 DU CODE CIVIL.,LE JUGE NE DOIT FORMER SA CONVICTION QUE D'APRES LES MOYENS  DE PREUVE ADMIS PAR LA LOI.             LA PREUVE N'EST REPUTEE LEGALEMENT FAITE QUE SI ELLE EST  ADMINISTREE SUIVANT LES FORMES PRESCRITES ET ELLE NE PEUT RESULTER  NI DES INVESTIGATIONS PERSONNELLES, POURSUIVIES PAR LE JUGE, EN  DEHORS DE L'AUDIENCE ET EN L'ABSENCE DES PARTIES, NI DE DOCUMENTS  QUI NE LEUR ONT PAS ETE COMMUNIQUES.                             ENCOURT LA CASSATION L'ARRET QUI POUR  ELEVER LE MONTANT DE LA PENSION ALIMENTAIRE DE LA FEMME BENEFICIAIRE  DE LA SEPARATION DE CORPS DEDUIT DU FAIT QUE LE MARI EST TITULAIRE D 'UN PERMIS DE CONDUIRE QU'IL POSSEDE, SANS QUE CELA RESULTE D'AUCUNE  PRODUCTION, UNE VOITURE AUTOMOBILE DEMONTRANT DES RESSOURCES  SUPERIEURES A CELLES INDIQUEES.
**Mots-clés:** 1) DIVORCE SEPARATION DE CORPS - CAUSES - EXCES, SEVICES, INJURES  GRAVES - DOUBLE CONDITION DE L'ARTICLE 232 DU CODE CIVIL - FAITS DE  NATURE A RENDRE INTOLERABLE LE MAINTIEN DU LIEN CONJUGAL -  EQUIVALENCE - FAITS RENDANT DESORMAIS IMPOSSIBLE LA REPRISE DE LA  VIE COMMUNE.,2) PREUVE EN GENERAL - POUVOIRS DU JUGE - PREUVE NON ADMISE PAR LA  LOI - CONNAISSANCE PERSONNELLE DES FAITS - FAIT NE RESULTANT D 'AUCUNE PRODUCTION.,* SEPARATION DE CORPS - PENSION ALIMENTAIRE - (ARTICLE 212 DU CODE  CIVIL) - FIXATION - ELEMENTS A CONSIDERER - RESSOURCES DE L'EPOUX  DEBITEUR - PRISE EN CONSIDERATION D'UN ELEMENT NE RESULTANT D'AUCUNE  PRODUCTION - IMPOSSIBILITE.,* PREUVE EN GENERAL - POUVOIRS DU JUGE - MODES DE PREUVE -  CONNAISSANCE PERSONNELLE DES FAITS.,* POUVOIRS DU JUGE - PREUVE - PREUVE NON ADMISE PAR LA LOI -  CONNAISSANCE PERSONNELLE DES FAITS - FAIT NE RESULTANT D'AUCUNE  PRODUCTION.