# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 29 avril 1970, 69-40.224, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982513
**Date de décision:** 1970-04-29
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982513

## Contenu de la décision

SUR LES DEUX MOYENS REUNIS, TIRES DE LA VIOLATION DES ARTICLES 23 DU LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL,1108,1134 A 1165 DU CODE CIVIL,7,8 ET 28 DE LA CONVENTION COLLECTIVE DES INGENIEURS ET CADRES DE LA METALLURGIE DE LA REGION PARISIENNE EN DATE DU 30 DECEMBRE 1960 ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, POUR DEFAUT ET CONTRADICTION DE MOTIFS, DENATURATION DES CONVENTIONS DES PARTIES, DEFAUT DE REPONSE AUX CONCLUSIONS ET MANQUE DE BASE LEGALE : ATTENDU QUE X..., QUI AVAIT ETE EMPLOYE EN QUALITE D'INGENIEUR DANS LES ATELIERS DE LA SOCIETE GENERALE D'EQUIPEMENT, DITE SGE, TRANSFERES A LA SOCIETE LABINAL, REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE DE L'AVOIR DEBOUTE DE SA DEMANDE EN PAIEMENT D'UNE INDEMNITE DE LICENCIEMENT EN LUI IMPUTANT LA RESPONSABILITE DE LA RUPTURE DE SON CONTRAT, AUX MOTIFS, D'UNE PART, QUE LA SOCIETE ETAIT UNE FILIALE DE LA SOCIETE P M LABINAL ET QUE LA MUTATION DU PERSONNEL ETAIT FAITE AVEC REPRISE D'ANCIENS ET PROMESSE DE BENEFICIER DE TOUS LES AVANTAGES RECONNUS PAR CETTE DERNIERE ENTREPRISE A SES PROPRES SALARIES, ET, D'AUTRE PART, QUE LE TRANSFERT DU LIEU DE TRAVAIL DE PUTEAUX A VILLETANEUSE AVAIT ETE PROPOSE A CINQ AUTRES CADRES DE LA SGE ; <br>
<br>QUE X... ETAIT LE SEUL A AVOIR REFUSE D'ALLER AUX ATELIERS DE VILLETANEUSE ET QUE LA MUTATION DE PERSONNEL N'ENTRAINAIT AUCUNE MODIFICATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL ET NE L'OBLIGEAIT PAS A CHANGER DE RESIDENCE, ALORS, D'UNE PART, QUE LA PERSONNALITE DES CONTRACTANTS EST LA CONDITION ESSENTIELLE D'UN CONTRAT QUEL QU'IL SOIT ; <br>
<br>QUE LES PREMIERS JUGES AVAIENT DECLARE QUE LES DEUX SOCIETES SGE ET LABINAL ETAIENT JURIDIQUEMENT DISTINCTES ; <br>
<br>QUE LA QUALIFICATION DE FILIALES NE SUFFIT PAS A CARACTERISER L'UNITE DE L'ENTREPRISE ; <br>
<br>QUE LA COUR D'APPEL CONSTATE ELLE-MEME LES DIFFERENCES DES CONTRATS DE TRAVAIL OFFERTS PAR LES DEUX SOCIETES A LEURS EMPLOYES ; <br>
<br>QUE, DES LORS LE TRANSFERT DES SALARIES D'UNE SOCIETE A L'AUTRE NE POUVAIT S'EFFECTUER QU'AVEC L'ACCORD DE CHACUNE DES PARTIES, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA REVISION DU CONTRAT DE TRAVAIL, COMME SA CONCLUSION, SUPPOSENT UN CONSENTEMENT PERSONNEL ; <br>
<br>QUE L'ADHESION DES CINQ AUTRES CADRES N'ENGAGEAIT NULLEMENT X... VIS-A-VIS DE LA SGE, PAS PLUS QU'ELLE NE DELIAIT CETTE DERNIERE DE SES OBLIGATIONS VIS-A-VIS DE SON INGENIEUR, ET QU'EN DEPLACANT LE LIEU DE TRAVAIL, EN ALLONGEANT LES TRAJETS ET LEUR DUREE, LA SGE AGGRAVAIT LES CONDITIONS D'EMPLOI DE L'INTERESSE, MUTILE A 80 %, QUI N'ETAIT PAS, DES LORS, TENU DE LES ACCEPTER ET POUVAIT SE CONSIDERER COMME LICENCIE, CE QUI JUSTIFIAIT LE VERSEMENT DE L'INDEMNITE CORRESPONDANTE ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE CONSTATE, D'UNE PART, QUE LE TRANSFERT DE PUTEAUX A VILLETANEUSE, DES ATELIERS AUXQUELS X..., DEMEURANT A MAISONS-LAFFITTE, ETAIT AFFECTE, AVAIT ETE MOTIVE PAR UNE TRANSFORMATION DE LA SOCIETE ANONYME GENERALE D'EQUIPEMENT, FILIALE DE LA SOCIETE P M LABINAL, PROPRIETAIRE DE L'USINE DE VILLETANEUSE ; <br>
<br>QUE X... AVAIT ETE AVISE QU'IL CONSERVERAIT SON ANCIENNETE ; <br>
<br>QU'IL BENEFICIERAIT, EN OUTRE, DE TOUS LES AVANTAGES RECONNUS AU PERSONNEL DE VILLETANEUSE ; <br>
<br>QUE SES FONCTIONS NE SERAIENT PAS MODIFIEES, QU'IL AVAIT DEMANDE LUI-MEME A SON EMPLOYEUR D'ETRE LIBERE DE SES OBLIGATIONS AVANT L'EXPIRATION DU PREAVIS, ET, D'AUTRE PART, QUE, MALGRE L'ETAT DE SANTE QU'IL INVOQUAIT, LE NOUVEAU LIEU DE TRAVAIL QUI LUI ETAIT ASSIGNE N'ETAIT PAS DE NATURE A LUI CAUSER PREJUDICE ET, ENCORE MOINS, A LUI IMPOSER UN CHANGEMENT DE RESIDENCE ; <br>
<br>QUE DE CES CONSTATATIONS DE FAIT, QUI ECHAPPENT A LA COUR DE CASSATION, LA COUR D'APPEL A PU DEDUIRE, ABSTRACTION FAITE DU MOTIF SURABONDANT TIRE DE L'ADHESION DONNEE PAR CINQ AUTRES CADRES ; <br>
<br>QU'IL Y AVAIT CONTINUATION DE L'ENTREPRISE, QUE TOUS LES CONTRATS DE TRAVAIL EN COURS SUBSISTAIENT, QUE LA RESPONSABILITE DE LA RUPTURE NE POUVAIT PAS ETRE IMPUTEE A LA SOCIETE ANONYME GENERALE D'EQUIPEMENT ET, PAR CONSEQUENT, QUE X... DEVAIT ETRE DEBOUTE DE SA DEMANDE EN PAIEMENT D'UNE INDEMNITE DE LICENCIEMENT ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 28 FEVRIER 1969, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Ayant constaté d'une part, que le transfert d'une localité à une autre des ateliers auxquels un ingénieur était affecté avait été motivé par une transformation de la société qui l'employait, laquelle était une filiale de la société propriétaire de l'usine dans laquelle le transfert avait été réalisé, d'autre part, que l'intéressé bien qu'ayant été avisé qu'il conserverait son ancienneté et que ses fonctions ne seraient pas modifiées, avait demandé lui-même à son employeur d'être libéré de ses obligations avant l'expiration du préavis, qu'enfin, malgré l'état de santé qu'il invoquait, le nouveau lieu de travail qui lui était assigné n'était pas de nature à lui causer préjudice, et encore moins, à lui imposer un changement de résidence, les juges du fond ont pu estimer qu'il y avait continuation de l'entreprise, que tous les contrats de travail en cours subsistaient, que la responsabilité de la rupture ne pouvait pas être imputée à l'employeur et, par conséquent, que cet ingénieur devait être débouté de sa demande en payement d'une idemnité de licenciement.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Congédiement - Indemnités - Indemnité de licenciement - Conditions - Licenciement par l'employeur - Constatation du licenciement - Nécessité.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture par le salarié - Indemnités - Indemnité de licenciement (non).,* CONTRAT DE TRAVAIL - Modification - Modification imposée par l'employeur - Changement du lieu de travail.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Modification - Modification imposée par l'employeur - Affectation d'un salarié d'une société à une autre.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture par le salarié - Preuve - Cession de l'entreprise - Salarié n'ayant pas accepté le changement du lieu de travail.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture par le salarié - Preuve - Modification du contrat par l'employeur - Changement du lieu de travail.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Continuation du contrat de travail - Conditions - Poursuite de la même entreprise.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Société - Filiales - Transfert des ateliers d'une société dans les locaux de l'autre - Poursuite de la même entreprise - Continuation du contrat de travail.