# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 17 mai 1965, 63-11.665, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006969826
**Date de décision:** 1965-05-17
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006969826

## Contenu de la décision

<p>SUR LE PREMIER MOYEN : </p>
<p>VU L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ;</p>
<p>ATTENDU QUE, SELON LES CONSTATATIONS DE L'ARRET ATTAQUE, X..., DEBITEUR DE FOURNITURES A LUI FAITES PAR L'OFFICE NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DES CEREALES (ONIC), AVAIT ACCEPTE DES TRAITES TIREES SUR LUI PAR LEDIT OFFICE, DONT LES ECHEANCES S'ECHELONNAIENT DU 31 JANVIER 1953 AU 31 DECEMBRE 1954 ET DONT IL N'A JAMAIS REGLE LE MONTANT ;</p>
<p>QUE, LE 18 DECEMBRE 1956, L'ONIC L'A ASSIGNE EN FAILLITE ET QU'IL A ALORS DEPOSE SON BILAN ;</p>
<p>QUE, NON REGLE DE SA CREANCE ET FAISANT VALOIR QUE LA DAME X..., QUI AVAIT APPOSE SON AVAL SUR LES TRAITES LORS DE LEUR CREATION, AVAIT, PAR LA SUITE, CONTRACTE D'AUTRES ENGAGEMENTS DE CAUTION ENVERS D'AUTRES CREANCIERS DE SON MARI, NOTAMMENT ENVERS LE COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE DE PARIS (CNEP), LEQUEL AVAIT PRIS DES HYPOTHEQUES JUDICIAIRES SUR LES IMMEUBLES DE LADITE DAME, EN SORTE QUE LA VENTE DE CEUX-CI NE LAISSAIT QU'UN RELIQUAT INSUFFISANT POUR COUVRIR LE MONTANT DES EFFETS, L'ONIC A ACCUSE LA DAME X... DE S'ETRE AINSI VOLONTAIREMENT APPAUVRIE ET A, EN CONSEQUENCE, ASSIGNE TANT LA DAME X... QUE LE CNEP POUR FAIRE JUGER, PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 1167 DU CODE CIVIL, QUE LES ENGAGEMENTS PRIS PAR LADITE DAME ENVERS LE CNEP LUI ETAIENT INOPPOSABLES ;</p>
<p>ATTENDU QU'AUX TERMES DE SES CONCLUSIONS, REGULIEREMENT PRODUITES, LE CNEP FAISAIT NOTAMMENT VALOIR, COMME MOYEN DE DEFENSE, QU'IL EST IMPENSABLE QUE L'ONIC, DEVANT LA SITUATION DESESPEREE DE X..., SOIT RESTE PENDANT PLUS DE TROIS ANS AVEC LE SIMPLE AVAL DE SON EPOUSE, SANS OBTENIR LE REMBOURSEMENT OU SANS PRENDRE UNE GARANTIE PLUS SERIEUSE SUR LE PATRIMOINE IMMOBILIER DE LA DAME X..., QUE LA NOTION DE PREJUDICE NE PEUT ETRE INVOQUEE QUE PAR CELUI QUI, PAR LA CONDUITE NORMALE DE SES AFFAIRES, N'A PAS LUI-MEME PROVOQUE ET CAUSE LE DOMMAGE INVOQUE, QUE, DANS L'ESPECE, L'ONIC AVAIT ESTIME AU DEBUT DE L'ANNEE 1953, AINSI QU'IL L'AVAIT LUI-MEME ECRIT, QUE LA SITUATION IMMOBILIERE DE LA DAME X..., DEPOURVUE DE PASSIF HYPOTHECAIRE, FAISAIT, LORS DE CET AVAL, UNE GARANTIE QUI PARAISSAIT SUFFISANTE POUR LA CREANCE DE L'OFFICE, QU'IL SUFFISAIT A L'ONIC, POUR CONSERVER CETTE GARANTIE, DE PRENDRE HYPOTHEQUE JUDICIAIRE, QUE C'ETAIT D'AILLEURS LE SEUL MOYEN A SA DISPOSITION POUR CONSERVER CETTE GARANTIE, QUE L'ONIC AURAIT MAUVAISE GRACE A REPROCHER AU CNEP SON INSCRIPTION HYPOTHECAIRE, ALORS QUE L'HYPOTHEQUE DE LA COOPERATIVE MATHIEU, INSCRITE LE 3 JUIN 1953, SOUMISE A PUBLICITE, N'AVAIT PAS AMENE L'ONIC A PRENDRE SES SURETES ET QUE PLUSIEURS ANNEES S'ETAIENT ECOULEES DEPUIS, QU'IL EST INCONTESTABLE QUE CETTE NEGLIGENCE EST LA SEULE CAUSE DU PREJUDICE SOUFFERT PAR L'ONIC ;</p>
<p>ATTENDU QUE L'ARRET QUI, SANS CONTESTER LA BONNE FOI DU CNEP, FAIT ENTIEREMENT DROIT A LA DEMANDE DE L'ONIC, NE S'EST EXPLIQUE PAR AUCUN MOTIF SUR CES CONCLUSIONS ;</p>
<p>QU'IL A AINSI MECONNU LES EXIGENCES DU TEXTE CI-DESSUS VISE ;</p>
<p>PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL SOIT BESOIN D'EXAMINER LES DEUX AUTRES MOYENS PROPOSES ;</p>
<p>CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL D'AGEN LE 20 MARS 1963 ;</p>
<p>REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE TOULOUSE. N° 63 - 11 665. COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE DE PARIS C/ L'OFFICE NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DES CEREALES ET AUTRE. </p>
<p>PRESIDENT : M GUILLOT - RAPPORTEUR : M MONGUILAN - AVOCAT GENERAL : M LAMBERT - AVOCATS : MM BOULLOCHE ET VIDART.</p>
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## Métadonnées

**Solution:** CASSATION.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** EN L'ETAT D'UNE ACTION, FORMEE PAR LE TIREUR DE TRAITES DEMEUREES IMPAYEES, ET TENDANT A FAIRE DECLARER INOPPOSABLES, PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 1167 DU CODE CIVIL, DES ENGAGEMENTS DE CAUTION PRIS PAR LE DONNEUR D'AVAL, CONJOINT DU TIRE ACCEPTEUR, AU PROFIT D'UN AUTRE CREANCIER DE SON MARI, LEQUEL A PRIS LES HYPOTHEQUES JUDICIAIRES SUR LES BIENS DE LADITE DAME, DOIT ETRE CASSE L'ARRET QUI, BIEN QUE NE CONTESTANT PAS LA BONNE FOI DU TIERS, FAIT ENTIEREMENT DROIT A LA DEMANDE, SANS S'EXPLIQUER PAR AUCUN MOTIF SUR LES CONCLUSIONS DUDIT TIERS, FAISANT VALOIR " QU'IL EST IMPENSABLE " QUE LE DEMANDEUR, DEVANT LA SITUATION DESESPEREE DE SON DEBITEUR, SOIT RESTE PENDANT PLUSIEURS ANNEES AVEC LE SIMPLE AVAL DE SON EPOUSE, SANS OBTENIR LE REMBOURSEMENT OU SANS PRENDRE UNE GARANTIE PLUS SERIEUSE SUR LE PATRIMOINE IMMOBILIER DE CETTE DERNIERE, QUE LA NOTION DE PREJUDICE NE PEUT ETRE INVOQUEE QUE PAR CELUI QUI, PAR LA CONDUITE NORMALE DE SES AFFAIRES, N'A PAS LUI-MEME PROVOQUE ET CAUSE LE DOMMAGE INVOQUE, QU'IL APPARTENAIT AU DEMANDEUR, POUR CONSERVER LA GARANTIE SUFFISANTE QUE REPRESENTAIT LA SITUATION IMMOBILIERE, ALORS DEPOURVUE DE PASSIF HYPOTHECAIRE, DU DONNEUR D'AVAL, DE PRENDRE HYPOTHEQUE JUDICIAIRE, QU'IL AURAIT MAUVAISE GRACE A REPROCHER AU TIERS SON INSCRIPTION HYPOTHECAIRE ALORS QU'UNE INSCRIPTION, PRISE PAR UN TROISIEME CREANCIER PLUSIEURS ANNEES AUPARAVANT, NE L'AVAIT PAS AMENE A PRENDRE SES SURETES ET " QU'IL EST INCONTESTABLE QUE CETTE NEGLIGENCE EST LA SEULE CAUSE DU PREJUDICE SOUFFERT PAR " LE DEMANDEUR.
**Mots-clés:** ACTION PAULIENNE - CONDITIONS - PREJUDICE - NEGLIGENCE DU CREANCIER - CONCLUSIONS - ABSENCE DE REPONSE