# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 22 octobre 1981, 79-41.313 79-41.314 79-41.315, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007008956
**Date de décision:** 1981-10-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007008956

## Contenu de la décision

VU LEUR CONNEXITE, JOINT LES POURVOIS,    SUR LE MOYEN UNIQUE DE CHACUN DES POURVOIS, EN CE QU'IL CONCERNE L'IMPUTABILITE DE LA RUPTURE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1134 DU CODE CIVIL ET L. 751-7 DU CODE DU TRAVAIL, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE ;    ATTENDU QUE LA SOCIETE "LE LIVRE DE PARIS" A ENGAGE GOURVENNEC, DAME X... ET DAME Y... POUR VENDRE DES COLLECTIONS DE LIVRES AUX PARTICULIERS, EN QUALITE DE REPRESENTANTS, RESPECTIVEMENT EN 1972, 1971 ET 1975 ; QUE L'ARTICLE 5 DES CONTRATS DE TRAVAIL PRECISAIT QUE LE REPRESENTANT NE VISITERAIT QUE LES PERSONNES QUI LUI SERAIENT DESIGNEES PAR LE DIRECTEUR DE L'AGENCE DE BREST ; QUE LES INTERESSES NOTIFIERENT A LA SOCIETE, EN NOVEMBRE 1976, QU'AYANT MODIFIE UNILATERALEMENT LEUR SECTEUR ELLE ETAIT RESPONSABLE DE LA RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL ;    ATTENDU QUE LA SOCIETE FAIT GRIEF A L' ARRET ATTAQUE D'AVOIR DECIDE QUE GOURVENNEC, DAME X... ET DAME Y... AVAIENT DROIT A UNE INDEMNITE COMPENSATRICE DE PREAVIS, A UNE INDEMNITE DE CLIENTELE ET A DES DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DU CONTRAT DE TRAVAIL, ALORS QUE LA RUPTURE NE LUI ETAIT PAS IMPUTABLE, LES INTERESSES N'AYANT PAS DE SECTEUR FIXE ET DEVANT PROSPECTER LES PERSONNES DESIGNEES PAR L'EMPLOYEUR ;    MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND ONT RELEVE QU'EN FAIT GOURVENNEC, DAME X... ET DAME Y... AVAIENT ETE CHARGES DE PROSPECTER UN SECTEUR DETERMINE ET QUE L'ARTICLE 5 DES CONTRATS N'AVAIT JAMAIS ETE APPLIQUE , CE DONT IL RESULTAIT QUE LA RUPTURE ETAIT IMPUTABLE A LA SOCIETE QUI AVAIT DECIDE UNE MODIFICATION DU SECTEUR REFUSEE PAR LES INTERESSES ; QU'IL S'ENSUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI DE CE CHEF ;<br>
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   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE MOYEN EN CE QU'IL CONCERNE L'IMPUTABILITE DE LA RUPTURE ;<br>
   MAIS SUR LE MOYEN UNIQUE DE CHACUN DES POURVOIS EN CE QU'IL CONCERNE LES DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DU CONTRAT DE TRAVAIL ET L'INDEMNITE DE CLIENTELE ;    VU LES ARTICLES L. 122-14-3 ET L. 751-9 DU CODE DU TRAVAIL,    ATTENDU QUE, POUR CONDAMNER LA SOCIETE A PAYER AUX INTERESSES DES DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DU CONTRAT DE TRAVAIL ET DIRE QU'ILS AVAIENT DROIT A UNE INDEMNITE DE CLIENTELE, L'ARRET ATTAQUE A ESTIME QU'ELLE AVAIT COMMIS UNE FAUTE EN MODIFIANT UNILATERALEMENT LE SECTEUR ET QUE LA NATURE DES MARCHANDISES VENDUES NE S'OPPOSAIT PAS A L'OCTROI D'UNE TELLE INDEMNITE ;    QU'EN STATUANT AINSI, SANS RECHERCHER, D'UNE PART, SI LA MODIFICATION DU SECTEUR, QUI RENDAIT LA RUPTURE IMPUTABLE A L'EMPLOYEUR SANS QU'IL EN RESULTAT NECESSAIREMENT QU'ELLE FUT DEPOURVUE DE CAUSE REELLE ET SERIEUSE, N'AVAIT PAS ETE DECIDEE DANS L'INTERET DE L'ENTREPRISE, D'AUTRE PART, SI LES PARTICULIERS AUXQUELS LES REPRESENTANTS VENDAIENT LES COLLECTIONS DE LIVRES RENOUVELAIENT LEURS COMMANDES ASSEZ FREQUEMMENT POUR QUE LES INTERESSES PUSSENT EPROUVER UN PREJUDICE DU FAIT DE LA PERTE POUR L'AVENIR DU BENEFICE D'UNE TELLE CLIENTELE, LA COUR D'APPEL N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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   PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE LES ARRETS DES CHEFS DES DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DU CONTRAT DE TRAVAIL ET DE L'INDEMNITE DE CLIENTELE, L'ARRET RENDU LE 22 FEVRIER 1979, ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL DE RENNES ; REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL D'ANGERS, A CE DESIGNEE PAR DELIBERATION SPECIALE PRISE EN LA CHAMBRE DU CONSEIL ;<br>
   CONDAMNE LES DEFENDEURS, ENVERS LA DEMANDERESSE, AUX DEPENS LIQUIDES A LA SOMME DE ..., EN CE NON COMPRIS LE COUT DES SIGNIFICATIONS DU PRESENT ARRET ;<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1981-05-26 Bulletin 1981 V N. 477 p.356 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** Code civil 1134 CASSATION,Code du travail L751-7 CASSATION
**ECLI:** 
**Résumé:** La rupture est imputable à l'employeur lorsqu'il modifie le secteur d'un représentant de commerce que celui-ci refuse.,La modification de secteur qui rend la rupture imputable à l'employeur n'est pas nécessairement dépourvue de cause réelle et sérieuse et peut être décidée dans l'intérêt de l'entreprise.
**Mots-clés:** 1) VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - Rupture - Imputabilité - Modification imposée par l'employeur - Modification du secteur de prospection.,* VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - Contrat de représentation - Modification - Modification imposée par l'employeur - Modification du secteur de prospection.,* VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - Contrat de représentation - Modification imposée par l'employeur - Refus par le représentant.,2) VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - Licenciement - Cause - Cause réelle et sérieuse - Modification du secteur de représentation - Conditions.