# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 1ère Chambre, 10/12/2009, 08VE01457, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021646173
**Date de décision:** 2009-12-10
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 1ère Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021646173

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée en télécopie le 20 mai 2008 et en original le 26 mai suivant au greffe de la Cour, présentée pour M. Serdar A, demeurant chez M. Veysel B, ..., par Me Soubré M'Barki ; M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0713533 en date du 31 mars 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2007 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale , lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 12 novembre 2007 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       M. A soutient que le signataire de l'arrêté du 12 novembre 2007 ne justifie pas d'une délégation de signature ; qu'il est entré en France en 2000 et vit avec sa compagne Mme B, ressortissante turque ; qu'il est le père d'un enfant né en France le 29 décembre 2005 ; que sa compagne attend un deuxième enfant ; qu'il est titulaire d'une promesse d'embauche en qualité de marbrier, profession  sous tension  en Ile-de-France ; que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article   3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ; qu'il serait soumis à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine ; que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu l'arrêté n° 07-233 du 19 octobre 2007 du préfet du Val-d'Oise donnant délégation de signature à Mme Thory, directrice des libertés publiques et de la citoyenneté ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 26 novembre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Bruand, président,<br>
       -et les conclusions de M. Dhers, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. A, ressortissant turc né le 8 juin 1982, relève appel du jugement du 31 mars 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2007 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et fixé le pays de destination duquel il sera renvoyé ; <br>
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       Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2007 du préfet du Val-d'Oise :<br>
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       Considérant que Mme Thory, directrice des libertés publiques et de la citoyenneté à la préfecture du Val d'Oise a reçu du préfet du Val-d'Oise, par un arrêté n° 07-233 en date du 19 octobre 2007, délégation pour signer notamment  tout arrêté de refus de délivrance de titre de séjour aux ressortissants étrangers assorti d'une obligation de quitter le territoire et tout arrêté de reconduite à la frontière prévus aux articles L. 511-1 à 3 ; L. 512-1 et 2 ; L. 513-2 à 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que toute décision fixant le pays de renvoi  ; que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté ;<br>
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       En ce qui concerne les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde et des droits de l'homme et des libertés fondamentales,  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; que si M. A soutient qu'il vit en France avec sa compagne Mme Oszoy, ressortissante turque, depuis près de huit ans à la date de l'arrêté attaqué et qu'il est le père d'un enfant né en France le 29 décembre 2005, il ressort des pièces du dossier que sa compagne est également en situation irrégulière sur le territoire français et qu'aucun élément probant ne permet de présumer qu'il ne pourrait pas poursuivre une vie familiale normale en Turquie ; que si M. A soutient qu'il est titulaire d'une promesse d'embauche en date du 1er mars 2008, cette circonstance, postérieure à l'arrêté du 12 novembre 2007, est en tout état de cause sans influence sur la légalité de celui-ci ; que la circonstance que la compagne du requérant ait été enceinte postérieurement à l'arrêté attaqué est également sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis une erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle et familiale du requérant ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ; qu'il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ; que si M. A soutient que le refus de séjour en litige aurait pour conséquence de l'obliger à quitter le territoire français et serait ainsi contraire à l'intérêt de son enfant né en France, rien ne s'oppose toutefois à ce qu'il reparte en Turquie avec sa compagne en situation irrégulière en France et son enfant en bas âge ; que dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1° de la convention des droits de l'enfant précitée doit être écarté ;<br>
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       En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  (...) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950.  ; qu'aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants  ; que si M. A, dont la demande d'asile a été rejetée, soutient qu'il serait soumis à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte aucun élément de nature à préciser les risques auxquels il serait soumis en cas de retour en Turquie; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne saurait être accueilli ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 12 novembre 2007 ;<br>
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       Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette la requête de M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que les conclusions présentées à ce titre par M. A ne peuvent dés lors qu'être rejetées ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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DECIDE<br>
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       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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N° 08VE01457		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**