# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 16 décembre 1981, 79-42.592, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007009418
**Date de décision:** 1981-12-16
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007009418

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L 761-1, L 761-2 ET L 761-5 DU CODE DU TRAVAIL, 16 DANS SA REDACTION DU DECRET DU 9 SEPTEMBRE 1971, 455 ET 458 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE ;<br>
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ATTENDU QUE LA SOCIETE IMPRIMERIE DE PERSAN BEAUMONT QUI EDITE LE PERIODIQUE "L'ECHO DE CERGY-PONTOISE" FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE DE LUI AVOIR IMPUTE LA RUPTURE EN NOVEMBRE 1978 DU CONTRAT DE TRAVAIL LA LIANT A DUPAQUIER QUI S'OCCUPAIT DE CETTE PUBLICATION ET DE L'AVOIR CONDAMNEE SUR LE FONDEMENT DE L'ARTICLE L 761-4 DU CODE DU TRAVAIL AU PAIEMENT D'UNE INDEMNITE DE LICENCIEMENT, ALORS, D'UNE PART, QUE LA COUR D'APPEL NE S'EST PAS PRONONCEE SUR LE CARACTERE DEFINITIF DE LA PRETENDUE MODIFICATION UNILATERALE DU CONTRAT PAR L'EMPLOYEUR BIEN QUE LE JUGEMENT DONT APPEL A LA CONFIRMATION DUQUEL CONCLUAIT LA SOCIETE EUT CONSTATE QUE C'ETAIENT LES EXIGENCES ET LES ORDRES FORMULES BRUTALEMENT PAR DUPAQUIER QUI AVAIENT MOTIVE LA REACTION DE L'EMPLOYEUR A UNE EPOQUE OU IL FALLAIT FAIRE FACE A UNE SITUATION PROVISOIRE, ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA QUALITE DE REDACTEUR EN CHEF CONFERANT LE STATUT DE CADRE DE L'ENTREPRISE EST EXCLUSIVE DE CELLE DE JOURNALISTE PROFESSIONNEL OU ASSIMILEE AU SENS DE L'ARTICLE L 761-2 DU CODE DU TRAVAIL, ALORS ENFIN QU'EN SE PREVALANT DES TITRES DE DIRECTEUR DU PERIODIQUE ET DE REDACTEUR EN CHEF, VERITABLE CREATEUR ET "PATRON DE PRESSE" HABILITE A DONNER DES ORDRES AU PERSONNEL DE L'IMPRIMERIE SANS DEPENDRE DE QUICONQUE, DUPAQUIER NE REVENDIQUAIT PAS LA QUALITE DE JOURNALISTE DONT IL RECONNAISSAIT NE PAS AVOIR OBTENU LA CARTE PROFESSIONNELLE PRECISEMENT POUR CES MOTIFS ET QUE LA COUR D'APPEL NE POUVAIT LUI RECONNAITRE D'OFFICE CETTE QUALITE SANS PROVOQUER SUR CE POINT UNE DISCUSSION CONTRADICTOIRE ;<br>
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MAIS ATTENDU D'ABORD QUE LA COUR D'APPEL A RELEVE QU'IL RESULTAIT DES PIECES PRODUITES QUE DUPAQUIER AVAIT LA QUALITE DE REDACTEUR EN CHEF ET CELLE DE JOURNALISTE PROFESSIONNEL AU SENS DE L'ARTICLE L 761-2 DU CODE DU TRAVAIL, QUALITES QUI NE SONT PAS INCOMPATIBLES, QU'EN L'ESPECE LE JUGE DU FOND A CONSTATE QUE LA REDACTION ET LA COMPOSITION DU PERIODIQUE ETAIENT L'ACTIVITE PRINCIPALE REGULIERE ET RETRIBUEE DE DUPAQUIER, LEQUEL EN FAISANT CONNAITRE SA DECISION DE NE PAS INVOQUER LA CLAUSE DE CONSCIENCE MANIFESTAIT NECESSAIREMENT SA VOLONTE DE SE PREVALOIR DU STATUT DE JOURNALISTE PROFESSIONNEL AUQUEL CETTE CLAUSE EST ATTACHEE, PEU IMPORTANT QUE L'INTERESSE N'EUT PAS OBTENU LA CARTE D'IDENTITE PROFESSIONNELLE DONT LA DETENTION N'EST PAS LA CONDITION D'APPLICATION DU STATUT DANS LES RAPPORTS ENTRE LE JOURNALISTE ET CELUI QUI L'EMPLOIE ;<br>
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ATTENDU ENSUITE QUE LA COUR D'APPEL A RELEVE QUE PENDANT CINQ ANNEES DUPAQUIER AVAIT BENEFICIE D'UNE TOTALE INDEPENDANCE DANS L'EXECUTION DE SON TRAVAIL, COMPOSANT LIBREMENT LA PUBLICATION, DONNANT AVEC L'ACCORD DE L'EMPLOYEUR DES ORDRES AUX OUVRIERS DE L'IMPRIMERIE QUI S'Y CONFORMAIT ET QU'AYANT OBSERVE QU'EN OCTOBRE 1978 LA SOCIETE AVAIT DECIDE DE MODIFIER CET ETAT DE CHOSES EN LUI RETIRANT UNE PARTIE DE L'INITIATIVE JUSQUE LA RECONNUE, LA COUR D'APPEL A ESTIME SANS ENCOURIR AUCUN DES GRIEFS DU MOYEN QUE SI CETTE MESURE ETAIT JUSTIFIEE PAR DES CIRCONSTANCES IMPERIEUSES, DUPAQUIER ETAIT EN DROIT DE REFUSER CETTE MODIFICATION SUBSTANTIELLE FUT-ELLE PROVISOIRE APPORTEE A SON CONTRAT EN SORTE QUE MEME SI CE SALARIE AVAIT EU A CETTE OCCASION DES REACTIONS EXCESSIVES LA RUPTURE ETAIT IMPUTABLE A L'EMPLOYEUR, D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN DOIT ETRE REJETE ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE PREMIER MOYEN ;<br>
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MAIS SUR LE SECOND MOYEN : VU LES ARTICLES L 761-4 DU CODE DU TRAVAIL ET 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ;<br>
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ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL A CONDAMNE L'EMPLOYEUR A PAYER A DUPAQUIER UNE INDEMNITE DE PREAVIS AUX SEULS MOTIFS QUE LA RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL LUI ETAIT IMPUTABLE ;<br>
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ATTENDU CEPENDANT QU'EN STATUANT AINSI ALORS D'UNE PART QU'IL N'ETAIT PAS ALLEGUE PAR LA SALARIE QUE LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE L 761-7 DU CODE DU TRAVAIL EUSSENT ETE APPLICABLES EN L'ESPECE ET ALORS D'AUTRE PART QUE L'EMPLOYEUR SOUTENAIT QUE DUPAQUIER QUI AVAIT CESSE SON TRAVAIL DES LE 17 OCTOBRE 1978, ET REFUSE DE LES REPRENDRE MALGRE LES INJONCTIONS DE SON EMPLOYEUR N'AVAIT ACCOMPLI AUCUN TRAVAIL PENDANT LE DELAI DE PREAVIS, LA COUR D'APPEL N'A PAS JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE DANS LA LIMITE DU SECOND MOYEN, L'ARRET RENDU LE 19 SEPTEMBRE 1979, ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS, REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE VERSAILLES, A CE DESIGNEE PAR DELIBERATION SPECIALE PRISE EN LA CHAMBRE DU CONSEIL ;<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1975-10-29 Bulletin 1975 V N. 500 p. 426 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** Code du travail L761-4 CASSATION,(2),(3),Code du travail L761-2,Code du travail L761-7,Nouveau Code de procédure civile 455 CASSATION
**ECLI:** 
**Résumé:** En faisant connaître sa décision de ne pas invoquer la clause de conscience un rédacteur en chef manifeste nécessairement sa volonté de se prévaloir du statut de journaliste professionnel auquel cette clause est attachée peu important qu'il n'ait pas obtenu la carte d'identité professionnelle dont la détention n'est pas la condition d'application du statut dans les rapports entre le journaliste et celui qui l'emploie.,Constitue une modification substantielle du contrat de travail le retrait d'une partie de l'initiative jusque-là reconnue à un rédacteur en chef qui même provisoire, rend la rupture imputable à l'employeur.,Ne justifie pas légalement sa décision la Cour d'appel qui alloue une indemnité de préavis à un rédacteur en chef au seul motif que la rupture est imputable à l'employeur alors qu'il n'était pas allégué que l'article L. 761-7 du Code du travail fut applicable et que selon l'employeur, le salarié, malgré ses injonctions, n'avait accompli aucun travail pendant le préavis.
**Mots-clés:** 1) PRESSE - Journal - Journaliste professionnel - Statut - Application - Conditions.,* PRESSE - Journal - Journaliste professionnel - Carte d'identité professionnelle - Possession - Effet.,* PRESSE - Journal - Journaliste professionnel - Clause de conscience - Invocation - Portée.,* TRAVAIL REGLEMENTATION - Journaliste professionnel - Statut - Application - Conditions.,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Modification - Modification imposée par l'employeur - Retrait provisoire d'une partie de l'initiative laissée à un rédacteur en chef.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture - Imputabilité - Modification du contrat par l'employeur - Modification substantielle - Retrait provisoire d'une partie de l'initiative laissée à un rédacteur en chef.,* PRESSE - Journal - Journaliste professionnel - Contrat de travail - Rupture - Imputabilité - Modification du contrat par l'employeur - Modification substantielle - Retrait provisoire d'une partie de l'initiative laissée à un rédacteur en chef.,* PRESSE - Journal - Rédacteur en chef - Contrat de travail - Rupture - Imputabilité - Modification du contrat par l'employeur - Modification substantielle - Retrait provisoire d'une partie de l'initiative.,3) CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Indemnités - Délai-congé - Conditions - Travail du salarié pendant le délai-congé - Inobservation par le salarié - Conclusions l'invoquant - Réponse nécessaire.,* PRESSE - Entreprise de presse - Contrat de travail - Licenciement - Indemnités - Délai-congé - Conditions - Travail du salarié pendant le délai-congé - Inobservation par le salarié - Conclusions l'invoquant - Réponse nécessaire.