# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 10 janvier 1990, 87-17.091 87-17.092 88-18.690, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007023786
**Date de décision:** 1990-01-10
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007023786

## Contenu de la décision

<br>   Joint comme connexes les pourvois n° 87-17.091, n° 87-17.092 et n° 88-18.690 ;.<br>
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<br>   Met hors de cause la société le Centre des Carmes, dont les intérêts ne sont pas concernés par les pourvois ;<br>
<br>   Attendu que Dominique A... a subi le 18 mai 1979, sous anesthésie générale, l'opération de réduction d'une fistule anale, pratiquée par le docteur Z... ; qu'il s'est plaint après son réveil d'une douleur thoracique gauche et que l'infirmière qui l'assistait lui a administré une injection de Baralgine, médicament analgésique ; que Dominique A... est décédé quelques instants plus tard ; que l'autopsie pratiquée par un expert désigné en référé n'a pas permis de déterminer la cause de la mort parmi les diverses hypothèses envisagées, infarctus, embolie pulmonaire ou réaction allergique à la Baralgine, produit qui avait, trois mois auparavant, provoqué un oedème chez Dominique A... ; que la veuve et les enfants de celui-ci ont mis en cause la responsabilité de M. Z..., du médecin anesthésiste, Mme X..., et du médecin traitant de la victime, M. Jean Y... ; que la cour d'appel a retenu que ces trois médecins avaient commis une faute, Mme X... en n'assurant pas la surveillance du malade jusqu'à la reprise complète des fonctions vitales, M. Z... en quittant la clinique sans s'assurer que le malade demeurait sous la surveillance d'une personne qualifiée, et M. Y... en ne s'assurant pas que l'allergie à la Baralgine présentée par Dominique A... avait été portée à la connaissance du chirurgien ; que l'arrêt attaqué énonce que ces fautes ont causé à Dominique A... " la perte d'une chance de pouvoir être soigné efficacement au cours de l'incident " postopératoire dont il a été victime, et que " cette perte, qui constitue un préjudice moral, doit être réparée intégralement " ;<br>
<br>   Sur le moyen du pourvoi incident de Mme X... et sur celui du pourvoi incident de M. Z..., qui sont préalables : (sans intérêt) ;<br>
<br>   Mais sur le moyen unique du pourvoi de M. Y..., pris en sa troisième branche :<br>
<br>   Vu l'article 1147 du Code civil ;<br>
<br>   Attendu que pour retenir la responsabilité de M. Y..., l'arrêt lui fait grief d'avoir laissé M. Z... dans l'ignorance de l'allergie présentée par Dominique A... ; qu'en se déterminant ainsi, alors qu'il n'était pas établi que le décès de Dominique A... fût imputable à cette allergie, de sorte que l'existence d'un lien de causalité entre la faute de M. Y... et la perte des chances de survie du malade demeurait purement hypothétique, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;<br>
<br>   Et sur le moyen unique du pourvoi principal des consorts A..., pris en ses trois branches :<br>
<br>   Vu l'article 1149 du Code civil ;<br>
<br>   Attendu qu'en admettant que la perte de la chance d'être " soigné efficacement " constituait seulement un préjudice moral, qui devait être réparé à l'exclusion d'un prétendu préjudice matériel, alors que cette perte était celle d'une chance d'éviter la mort et les divers préjudices en résultant directement, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;<br>
<br>         PAR CES MOTIFS :<br>
<br>   CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il a retenu la responsabilité de M. Jean Y... et déclaré que la perte de chance imputable à Mme X... et à M. Z... constituait seulement un préjudice moral, l'arrêt rendu le 12 novembre 1986, entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Nîmes<br>,A RAPPROCHER :
 (1°).
 Chambre civile 1, 1984-12-11 , Bulletin 1984, I, n° 332, p. 283 (cassation), et les arrêts cités.
 (2°).
 Chambre sociale, 1983-11-16 , Bulletin 1983, V, n° 560, p. 397 (cassation partielle), et les arrêts cités.<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle.
**Lois appliquées:** Code civil 1147,Code civil 1149
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° Encourt la cassation l'arrêt qui retient la responsabilité du médecin traitant d'un malade décédé au cours d'un incident postopératoire, au motif que ce médecin a laissé le chirurgien qui a opéré ce malade dans l'ignorance de l'allergie présentée par celui-ci, alors qu'il n'est pas établi que le décès de ce dernier soit imputable à cette allergie, de sorte que l'existence d'un lien de causalité entre la faute imputée au médecin traitant et la perte des chances de survie du malade demeure purement hypothétique.,2° Encourt la cassation l'arrêt qui admet que la perte de la chance d'être " soigné efficacement ", subie par un malade décédé au cours d'un incident postopératoire, constitue seulement un préjudice moral qui doit être réparé à l'exclusion d'un prétendu préjudice matériel, alors que cette perte est celle d'une chance d'éviter la mort et les divers préjudices en résultant directement.
**Mots-clés:** 1° 
 PROFESSIONS MEDICALES ET PARAMEDICALES - Médecin chirurgien - Responsabilité contractuelle - Obligation de moyens - Manquement - Lien de causalité - Médecin traitant - Allergie du malade - Omission d'en aviser le chirurgien - Intervention chirurgicale suivie du décès - Imputabilité à l'allergie non établie - Perte d'une chance de survie (non),1° 
 RESPONSABILITE CONTRACTUELLE - Lien de causalité - Médecin chirurgien - Médecin traitant - Allergie du malade - Omission d'en aviser le chirurgien - Intervention chirurgicale suivie du décès - Imputabilité à l'allergie non établie - Perte d'une chance de survie (non),1° 
 PROFESSIONS MEDICALES ET PARAMEDICALES - Médecin chirurgien - Responsabilité contractuelle - Obligation de moyens - Lien de causalité - Médecin traitant - Allergie du malade - Omission d'en aviser le chirurgien - Intervention chirurgicale suivie du décès - Imputabilité à l'allergie non établie - Perte d'une chance de survie (non),1° 
 PROFESSIONS MEDICALES ET PARAMEDICALES - Médecin chirurgien - Responsabilité contractuelle - Obligation de moyens - Lien de causalité - Intervention chirurgicale suivie du décès du malade - Allergie du malade - Médecin traitant ayant omis d'en aviser le chirurgien - Imputabilité du décès à l'allergie non établie - Portée quant à la perte d'une chance de survie,1° 
 RESPONSABILITE CONTRACTUELLE - Applications diverses - Médecin - Médecin traitant - Allergie du malade - Omission d'en aviser le chirurgien - Intervention chirurgicale suivie du décès - Imputabilité à l'allergie non établie - Portée,2° 
 PROFESSIONS MEDICALES ET PARAMEDICALES - Médecin chirurgien - Responsabilité contractuelle - Dommage - Réparation - Perte d'une chance de survie - Réparation du seul préjudice moral - Possibilité (non),2° 
 PROFESSIONS MEDICALES ET PARAMEDICALES - Médecin chirurgien - Responsabilité contractuelle - Dommage - Réparation - Perte d'une chance de survie - Réparation du préjudice direct résultant du décès - Nécessité,2° 
 RESPONSABILITE CONTRACTUELLE - Dommage - Réparation - Evaluation du préjudice - Elément - Perte d'une chance - Perte d'une chance de survie - Réparation du seul préjudice moral (non)