# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 22 novembre 1966, 65-93.897, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007059170
**Date de décision:** 1966-11-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007059170

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE LA DAME X... (EDITH), EPOUSE Y..., PARTIE CIVILE, CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 12 NOVEMBRE 1965, QUI, STATUANT SUR LES INTERETS CIVILS, DANS DES POURSUITES POUR BLESSURES INVOLONTAIRES, A FIXE SES DROITS A REPARATION. LA COUR ;<br>
<br>
VU LE MEMOIRE PRODUIT ET LES OBSERVATIONS PRESENTEES EN DEFENSE ;<br>
<br>
SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 319 ET 320 DU CODE PENAL, 1382 DU CODE CIVIL, 2 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECIDE QUE L'ACCES MANIAQUE DONT LA PARTIE CIVILE A ETE VICTIME N'ETAIT PAS LA CONSEQUENCE DE L'ACCIDENT DONT LE PREVENU ETAIT RESPONSABLE, AUX MOTIFS QUE, L'ACCIDENT N'AYANT PAS, D'APRES LES EXPERTS, LAISSE DE SEQUELLES SUSCEPTIBLES DE PROVOQUER UN ACCES MANIAQUE NE PEUT ETRE, SUR LE PLAN JURIDIQUE LA CAUSE DE CET ACCES MANIAQUE, QU'ON NE PEUT CERTES CONTESTER QUE, SANS L'ACCIDENT EN QUESTION, IL N'Y AURAIT PAS EU DE PROCES DONC PAS D'AUDIENCE ET QUE, SANS CELLE-CI LES INCIDENTS AYANT PROVOQUE L'ACCES MANIAQUE N'AURAIENT PU AVOIR LIEU ET QUE DONC UN LIEN DE CAUSALITE EXISTE ENTRE L'ACCIDENT INITIAL ET L'AUDIENCE DU 8 AVRIL 1959, PAR CONTRE ON NE PEUT AFFIRMER QUE CETTE DERNIERE SOIT LA CAUSE NECESSAIRE DES INCIDENTS SUSVISES ET DE L'ACCES MANIAQUE QUI S'EN EST SUIVI, QUE L'AUDIENCE N'A DONC ETE QUE L'OCCASION DE TELS INCIDENTS ET NON LEUR CAUSE NECESSAIRE ;<br>
<br>
ALORS QUE LES ARTICLES 319 ET 320 DU CODE PENAL N'EXIGENT PAS QUE LA FAUTE AIT ETE LA CAUSE UNIQUE, EXCLUSIVE, DIRECTE ET IMMEDIATE DE LA MORT ET DES BLESSURES, QUE S'AGISSANT DE L'APPLICATION DE CES TEXTES, LA CONCEPTION DE LA NECESSITE N'EST PAS INTERPRETEE DE MANIERE RIGOUREUSE, QU'IL SUFFIT QUE LA VICTIME AIT ETE PLACEE, PAR L'ENCHAINEMENT DES CIRCONSTANCES DECOULANT DE LA FAUTE INITIALE, DANS DES CONDITIONS FAVORISANT LA PRODUCTION DU DOMMAGE ;<br>
<br>
ALORS QU'EN L'ESPECE, D'UNE PART, LES INCIDENTS SURVENUS ENTRE LA VICTIME DE L'ACCIDENT ET L'AVOCAT DE L'ADVERSAIRE ETAIENT UNE SUITE BANALE DU PROCES RENDUE NECESSAIRE PAR L'ACCIDENT, D'AUTRE PART LA REACTION DE LA VICTIME - DUE, D'APRES LES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE, NON AUX SEQUELLES PHYSIQUES DE L'ACCIDENT MAIS A UNE PREDISPOSITION MORBIDE - A ETE INCONTESTABLEMENT DECLENCHEE PAR CES INCIDENTS, QUE CETTE PREDISPOSITION NE SAURAIT ETRE CONSIDEREE COMME UNE CAUSE ETRANGERE AYANT ROMPU LE LIEN DE CAUSALITE ET QUE L'AUTEUR DE L'ACCIDENT DOIT, EN CONSEQUENCE, EN ASSUMER LES CONSEQUENCES ;<br>
<br>
ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QU'UNE COLLISION S'ETANT PRODUITE, LE 1ER OCTOBRE 1958, ENTRE LA VOITURE AUTOMOBILE CONDUITE PAR Z... ETIENNE ET LE CYCLOMOTEUR SUR LEQUEL CIRCULAIT LA DAME X... EDITH, EPOUSE Y..., CETTE DERNIERE A ETE BLESSEE ET A SUBI, NOTAMMENT, UN TRAUMATISME CRANIEN ;<br>
<br>
 QU'ELLE A REPRIS PARTIELLEMENT SES OCCUPATIONS LE 23 MARS 1959, SE PLAIGNANT ENCORE DE FATIGUE, DE CEPHALEES ET D'INSOMNIES ;<br>
<br>
QUE LE 8 AVRIL 1959, LA DAME Y..., PARTIE CIVILE, AYANT ETE APPELEE A TEMOIGNER DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL QUI ETAIT SAISI DES POURSUITES EXERCEES CONTRE Z... DU CHEF DE BLESSURES INVOLONTAIRES, UNE CONTROVERSE S'EST ELEVEE ENTRE ELLE ET L'AVOCAT DU PREVENU ;<br>
<br>
 QU'A LA SUITE DE CET INCIDENT, QUI L'AVAIT CONTRARIEE ET VIVEMENT IMPRESSIONNEE, LA DAME Y... A DU, DES LE SURLENDEMAIN, 10 AVRIL, ENTRER AU SERVICE DE NEURO-PSYCHIATRIE DE L'HOPITAL D'ARGENTEUIL, OU A ETE FORMULE A SON SUJET LE DIAGNOSTIC D'ACCES MANIAQUE AIGU SUR FOND DE PROSTRATION, AVEC ETAT CONFUSIONNEL ET DELIRANT ;<br>
<br>
 QUE DEPUIS LORS, ELLE A EFFECTUE DE NOMBREUX SEJOURS DANS LES HOPITAUX ET N'A PAS PU REPRENDRE SON TRAVAIL ;<br>
<br>
ATTENDU QUE LEDIT ARRET, APPELE A STATUER SEULEMENT SUR LES REPARATIONS CIVILES DEMANDEES PAR LA DAME Y... A Z..., LEQUEL A ETE DECLARE SEUL RESPONSABLE DE L'ACCIDENT DU 1ER OCTOBRE 1958, ENONCE QUE DANS LEUR RAPPORT DEPOSE LE 22 AVRIL 1964, LES EXPERTS ONT MAINTENU, D'UNE PART, AU 23 MARS 1959 LA DATE DE CONSOLIDATION DES BLESSURES SUBIES PAR DAME Y... DANS LEDIT ACCIDENT, D'AUTRE PART A CINQ MOIS ET VINGT-DEUX JOURS LA DUREE DE L'INCAPACITE TEMPORAIRE TOTALE ET ENFIN, A 10 % LE TAUX DE L'INCAPACITE PERMANENTE PARTIELLE QUI ONT ETE LES CONSEQUENCES DE CES BLESSURES ;<br>
<br>
 QUE CES MEMES EXPERTS ONT, EN OUTRE, AFFIRME QUE LA PSYCHOSE CYCLO-MANIAQUE (QUI S'EST DECLAREE A LA SUITE DES INCIDENTS DE L'AUDIENCE DU 8 AVRIL 1959) NE PEUT ETRE CONSIDEREE COMME UNE CONSEQUENCE DIRECTE DE L'ACCIDENT, AJOUTANT QUE D'ORIGINE CONSTITUTIONNELLE, ELLE A ETE OCCASIONNEE, MAIS NON CAUSEE, SIX MOIS APRES L'ACCIDENT, PAR UNE CONTRARIETE RELEVANT DE L'EVOCATION DE CELUI-CI ;<br>
<br>
ATTENDU QUE, SE FONDANT SUR CES CONCLUSIONS DES EXPERTS, L'ARRET ATTAQUE S'EST REFUSE A CONSIDERER LES DESORDRES PSYCHIQUES QUI SE SONT AINSI MANIFESTES CHEZ LA DAME Y..., POSTERIEUREMENT AU 8 AVRIL 1959, COMME SUSCEPTIBLES DE CONSTITUER UN CHEF DE PREJUDICE DONT ELLE SERAIT RECEVABLE A DEMANDER REPARATION, EN SA QUALITE DE PARTIE CIVILE DANS LES POURSUITES EXERCEES CONTRE Z..., POUR BLESSURES INVOLONTAIRES, A LA SUITE DE L'ACCIDENT SUSVISE ;<br>
<br>
QUE, POUR MOTIVER LEUR DECISION, LES JUGES D'APPEL DECLARENT QUE S'IL EST VRAI QUE LES INCIDENTS QUI SE SONT PRODUITS A L'AUDIENCE DU 8 AVRIL 1959 SONT A L'ORIGINE DE L'ACCES MANIAQUE DONT A ETE ATTEINTE PEU APRES LA PARTIE CIVILE ET QUE, SANS L'ACCIDENT EN QUESTION, IL N'Y AURAIT PAS EU DE PROCES, DONC PAS D'AUDIENCE ET QUE, SANS CELLE-CI, LES INCIDENTS AYANT PROVOQUE L'ACCES MANIAQUE N'AURAIENT PU AVOIR LIEU, IL NE RESULTE PAS DE CETTE SUITE D'EVENEMENTS LA PREUVE DE L'EXISTENCE D'UN LIEN DE CAUSALITE ININTERROMPU, ET TEL QUE L'EXIGE L'ARTICLE 2, ALINEA 1 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ENTRE L'ACCIDENT INITIAL DU 1ER OCTOBRE 1958 ET L'ACCES MANIAQUE DONT A SOUFFERT LA DAME Y..., A LA SUITE DES INCIDENTS DE L'AUDIENCE DU 8 AVRIL SUIVANT ;<br>
<br>
ATTENDU QU'EN AYANT AINSI STATUE, LA COUR D'APPEL, LOIN DE VIOLER LES TEXTES VISES AU MOYEN, EN A FAIT AU CONTRAIRE, UNE EXACTE APPLICATION ;<br>
<br>
QU'EN EFFET, IL RESULTE DES TERMES DE L'ARTICLE 2 PRECITE QUE SEULE JUSTIFIE L'EXERCICE DE L'ACTION CIVILE DEVANT LES JUGES REPRESSIFS, L'EXISTENCE D'UN DOMMAGE QUI TROUVE DIRECTEMENT SA SOURCE DANS L'INFRACTION POURSUIVIE ;<br>
<br>
QUE TEL N'EST PAS LE CAS EN L'ESPECE ;<br>
<br>
D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
<br>
ET ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE EST REGULIER EN LA FORME ;<br>
<br>
REJETTE LE POURVOI. PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M TURQUEY - AVOCAT GENERAL : M RELIQUET - AVOCATS : MM CALON ET CHAREYRE.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Seule justifie l'exercice de l'action civile devant les tribunaux répressifs, l'existence d'un dommage qui trouve directement sa source dans l'infraction poursuivie (1).
**Mots-clés:** ACTION CIVILE - Préjudice - Préjudice direct - Nécessité