# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 19 juin 1985, 85-91.653, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007062997
**Date de décision:** 1985-06-19
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007062997

## Contenu de la décision

<p>STATUANT SUR LE POURVOI FORME PAR :</p>
<p>- FRANTZ X...,</p>
<p>CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'ASSISES DE LA GUADELOUPE DU 28 FEVRIER 1985 QUI L'A CONDAMNE A 13 ANS DE RECLUSION CRIMINELLE POUR ENLEVEMENT DE MINEUR ET TENTATIVE D'ASSASSINAT ; </p>
<p>ENSEMBLE SUR LE POURVOI DE LISETTE Y..., PARTIE CIVILE, CONTRE L'ARRET EN DATE DU 4 MARS 1985 PAR LEQUEL LA MEME COUR S'EST PRONONCEE SUR LES INTERETS CIVILS ; </p>
<p>JOIGNANT LES POURVOIS EN RAISON DE LA CONNEXITE ; </p>
<p>SUR LE POURVOI DE X... : </p>
<p>ATTENDU QU'AUCUN MOYEN N'EST PRODUIT A L'APPUI DE CE POURVOI ; </p>
<p>QUE LA PROCEDURE EST REGULIERE ET QUE LA PEINE A ETE LEGALEMENT APPLIQUEE AUX FAITS DECLARES CONSTANTS PAR LA COUR ET LE JURY ; </p>
<p>SUR LE POURVOI DE LISETTE Y... : </p>
<p>VU LE MEMOIRE PERSONNEL REGULIEREMENT PRODUIT ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 2 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET 354 ET 355 DU CODE PENAL ; </p>
<p>VU LESDITS ARTICLES ; </p>
<p>ATTENDU QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 2 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, L'ACTION CIVILE EN REPARATION DU DOMMAGE CAUSE PAR UN CRIME, UN DELIT OU UNE CONTRAVENTION APPARTIENT A TOUS CEUX QUI ONT PERSONNELLEMENT SOUFFERT DU DOMMAGE DIRECTEMENT CAUSE PAR L'INFRACTION ; </p>
<p>QUE, SELON L'ARTICLE 3 DU MEME CODE, CETTE ACTION EST RECEVABLE POUR TOUS CHEFS DE DOMMAGES, AUSSI BIEN MATERIELS QUE CORPORELS OU MORAUX ; </p>
<p>ATTENDU, PAR AILLEURS, QUE TOUT JUGEMENT OU ARRET DOIT CONTENIR LES MOTIFS PROPRES A JUSTIFIER LA DECISION ; </p>
<p>QUE L'INSUFFISANCE DES MOTIFS EQUIVAUT A LEUR ABSENCE ; </p>
<p>ATTENDU QUE PAR ARRET DU 28 FEVRIER 1985, LA COUR D'ASSISES A DECLARE X... COUPABLE D'ENLEVEMENT DU MINEUR MOISE Y..., AGE DE DEUX ANS ET DE TENTATIVE D'ASSASSINAT DE CET ENFANT, ET L'A CONDAMNE PENALEMENT DE CES CHEFS ; </p>
<p>QUE, STATUANT SUR LA DEMANDE DE DOMMAGES-INTERETS PRESENTEE PAR LISETTE Y..., MERE DE LA VICTIME, TANT EN SON NOM PERSONNEL QU'EN SA QUALITE D'ADMINISTRATRICE LEGALE DES BIENS DU MINEUR, LA COUR D'ASSISES A, PAR L'ARRET ATTAQUE, COMMIS UN EXPERT AUX FINS DE DETERMINER LE PREJUDICE SUBI PAR L'ENFANT ET CONDAMNE X... A VERSER UNE INDEMNITE PROVISIONNELLE, MAIS DECLARE IRRECEVABLE LA DEMANDE DE LA PARTIE CIVILE TENDANT A LA REPARATION DE SON PREJUDICE PERSONNEL ; </p>
<p>QUE, POUR DECIDER AINSI SUR CE DERNIER CHEF DE DEMANDE, SEUL CRITIQUE PAR LE POURVOI, L'ARRET ENONCE QUE " X... AYANT ETE POURSUIVI POUR ENLEVEMENT DE MINEUR DE MOINS DE 15 ANS ET TENTATIVE DE MEURTRE, LA MERE DE CELUI-CI, QUI N'A PAS ETE PERSONNELLEMENT VICTIME DES CRIMES DEFINIS PAR LES ARTICLES 2, 354, 355, 295 ET 304 DU CODE PENAL, N'EST PAS RECEVABLE A SAISIR LA JURIDICTION REPRESSIVE D'UNE DEMANDE DE DOMMAGES-INTERETS " ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QU'EN STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, SANS MOTIVER AUTREMENT SA DECISION ET SANS RECHERCHER SI LE CRIME D'ENLEVEMENT DE SON ENFANT MINEUR, DONT X... A ETE DECLARE COUPABLE, AVAIT PAS CAUSE A LISETTE Y... UN PREJUDICE DIRECT DONT ELLE AVAIT PERSONNELLEMENT SOUFFERT, LA COUR D'ASSISES A MECONNU LES PRINCIPES CI-DESSUS RAPPELES ET PRIVE SA DECISION DE BASE LEGALE ; </p>
<p>QUE LA CASSATION EST ENCOURUE DE CE CHEF ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS, REJETTE LE POURVOI DE X... ; LE CONDAMNE PAR CORPS AUX DEPENS, FIXE AU MINIMUM EDICTE PAR LA LOI LA DUREE DE LA CONTRAINTE PAR CORPS ; </p>
<p>CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT EN CE QU'IL A DECLARE IRRECEVABLE LA DEMANDE DE LISETTE Y... TENDANT A LA REPARATION DE SON PREJUDICE PERSONNEL, L'ARRET DE LA COUR D'ASSISES DE LA GUADELOUPE DU 4 MARS 1985, TOUTES AUTRES DISPOSITIONS DUDIT ARRET ETANT EXPRESSEMENT MAINTENUES, ET POUR ETRE STATUE A NOUVEAU, DANS LES LIMITES DE LA CASSATION AINSI PRONONCEE, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LE TRIBUNAL CIVIL DE POINTE-A-PITRE, A CE DESIGNE PAR DELIBERATION SPECIALE PRISE EN CHAMBRE DU CONSEIL.</p>,A rapprocher : (1). Cour de Cassation, Assemblée plénière, 1979-01-12, Bulletin criminel A. P. 1979 n° 20 p. 61 (Cassation). (1). Cour de Cassation, chambre criminelle, 1982-01-18, Bulletin criminel 1982 n° 14 p. 30 (Cassation).

## Métadonnées

**Solution:** Rejet Cassation partielle
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 2, 354, 355
**ECLI:** 
**Résumé:** Prive sa décision de base légale la cour d'assises, statuant sur les intérêts civils, qui déclare irrecevable la demande de la mère d'un enfant victime d'enlèvement de mineur et de tentative de meurtre tendant à la réparation du préjudice personnel qu'elle prétend avoir subi en raison de ces crimes, en se bornant à énoncer qu'elle n'a pas été personnellement victime des infractions dont l'accusé a été déclaré coupable, sans rechercher si l'enlèvement de son enfant mineur ne lui avait pas causé un préjudice dont elle avait personnellement souffert (1).
**Mots-clés:** ACTION CIVILE - Préjudice - Préjudice personnel - Définition - Préjudice subi par un autre que la victime de l'infraction - Enlèvement de mineur.