# CAA de MARSEILLE, 3ème chambre, 18/02/2021, 20MA00924, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000043172720
**Date de décision:** 2021-02-18
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000043172720

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme E... B... a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2018 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1904995 du 3 octobre 2019, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 26 février 2020, Mme B..., représentée par Me A..., demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Marseille du 3 octobre 2019 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2018 du préfet des Bouches-du-Rhône ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Elle soutient que :<br>
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       - sa requête est recevable ;<br>
       - l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;<br>
       - la décision de refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle méconnaît également les dispositions de l'article L. 313-14 du même code ;<br>
       - le préfet a entaché l'arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;<br>
       - elle méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n'a pas produit de mémoire. <br>
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       Mme B... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2019.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       La présidente de la Cour a désigné Mme C..., présidente assesseure, pour présider la formation de jugement en cas d'absence ou d'empêchement du président de la 3ème chambre, en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme D... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme B..., ressortissante comorienne née le 3 octobre 1986, a sollicité, le 16 novembre 2018, son admission au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 30 novembre 2018, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Mme B... relève appel du jugement du 3 octobre 2019 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 30 novembre 2018 doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 2 et 5 du jugement attaqué.<br>
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       3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...). Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) / 7° A l'étranger (...) dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) ".<br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B... est entrée en France le 11 septembre 2011 et s'y est maintenue depuis. Toutefois, si Mme B... a conclu un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français le 3 mars 2016, elle ne conteste pas l'absence de communauté de vie avec ce dernier. Elle n'établit pas l'existence et l'intensité des liens qu'elle entretiendrait avec les membres de sa famille présents en France. Par ailleurs, si l'intéressée a travaillé comme aide-ménagère pour le compte de l'hôtel du Castellet dans le cadre de contrats saisonniers à durée déterminée de juin à octobre 2012, de mai à octobre 2013 et de juin à octobre 2014 et pour la Croix rouge française le mois de septembre 2016, elle ne justifie pas, par ces seuls éléments, d'une insertion sociale particulièrement notable en France alors qu'elle a fait l'objet le 22 octobre 2014 et le 7 juin 2017 de précédents refus de séjour assortis d'une obligation de quitter le territoire français qui ont été confirmés par le tribunal administratif de Toulon les 30 janvier 2015 et 29 septembre 2017. Dans ces conditions, Mme B... n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. ".<br>
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       6. Les éléments présentés par la requérante, notamment tels qu'ils ont été exposés au point 4 du présent arrêt, ne sont pas de nature à caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels d'admission au séjour au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       7. En quatrième lieu, dès lors que Mme B... n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée portant refus d'admission au séjour serait entachée d'illégalité, ainsi qu'il est mentionné aux points précédents, elle n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'appui de la décision portant obligation de quitter le territoire français.<br>
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       8. En dernier lieu, les moyens à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment à l'encontre du refus de titre de séjour.<br>
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       9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.<br>
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D É C I D E :<br>
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme E... B..., à Me A... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
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       Délibéré après l'audience du 4 février 2021, où siégeaient :<br>
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       - Mme C..., présidente assesseure, présidente de la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,<br>
       - Mme D..., premier conseiller,<br>
       - Mme Mastrantuono, premier conseiller.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 février 2021.<br>
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N° 20MA00924<br>
		mtr<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.