# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 4ème chambre (formation à 3), 16/06/2011, 10BX01820, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000024226550
**Date de décision:** 2011-06-16
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 4ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000024226550

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la cour le 21 juillet 2010, présentée pour Mme Gifty A, demeurant chez M. B, ..., par Me Bories ; Mme A demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler le jugement n° 1001048 du 17 juin 2010 par lequel le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 8 février 2010 du préfet de la Haute-Garonne portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination ; <br>
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        2°) d'annuler ledit arrêté ; <br>
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        3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et également sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;<br>
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        4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
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        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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        Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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        Vu la convention internationale des droits de l'enfant ;<br>
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        Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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        Vu le code de justice administrative ;<br>
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        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 19 mai 2011 : <br>
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        - le rapport de Mme Viard, président-assesseur ;<br>
        - et les conclusions de M. Normand, rapporteur public ;<br>
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        Considérant que Mme A fait appel du jugement du Tribunal administratif de Toulouse en date du 17 juin 2010 qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 février 2010 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a pris à son encontre une décision de refus de titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et fixé le pays dont elle a la nationalité comme pays à destination duquel elle sera renvoyée à défaut de se conformer à ladite obligation ;<br>
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        Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique et au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; que, pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine ;<br>
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        Considérant que Mme A fait valoir qu'elle vit en France depuis le mois de juin 2006 avec un compatriote titulaire d'une carte de résident, avec lequel elle est mariée selon la coutume ghanéenne et qu'ils ont eu ensemble un enfant né le 25 octobre 2007 ; que, toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'elle est entrée irrégulièrement en France et que la circonstance que son compagnon, qui était au chômage à la date de l'arrêté en litige, soit titulaire d'une carte de résident ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce qu'ils poursuivent ensemble avec leur enfant leur vie privée et familiale ailleurs qu'en France, notamment dans leur pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans et où résident ses parents et ses six frères et soeurs ; que, dans ces conditions, en prenant à son encontre l'arrêté en litige, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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        Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 publiée par décret du 8 octobre 1990 :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ; que, compte tenu de ce qui vient d'être dit quant à la situation de la requérante, et eu égard au fait qu'elle pourra emmener avec elle son enfant, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la violation de ces stipulations ;<br>
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        Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande ; <br>
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        Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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        Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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        Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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        Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande la requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.<br>
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N° 10BX01820<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03-04 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour. Motifs.