# CAA de NANCY, 2ème chambre - formation à 3, 23/07/2015, 14NC02269, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030955975
**Date de décision:** 2015-07-23
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030955975

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme D...E...épouse A...et M. C...A...ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler les arrêtés du 30 janvier 2014 par lesquels le préfet de la Moselle leur a refusé un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1402153 et 1402154 du 17 septembre 2014, le tribunal administratif de Strasbourg  a rejeté leur demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2014, Mme E...et M.A..., représentés par MeB..., demandent à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 17 septembre 2014 ;<br>
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       2°) d'annuler les arrêtés du 30 janvier 2014 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de leur délivrer un titre de séjour, subsidiairement de réexaminer leur situation dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Ils soutiennent que :<br>
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       - la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       - l'obligation de quitter le territoire est entachée d'erreur de droit et est fondée sur une décision de refus de titre de séjour illégale ;<br>
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       - la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       - la décision fixant le pays de renvoi n'est pas motivée et méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy en date du 27 novembre 2014, Mme E...et M. A...ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2015, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.<br>
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       Vu :<br>
       - les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       A été entendu au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Guidi.<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       En ce qui concerne les décisions de refus de titre de séjour : <br>
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       1. Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979 : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent " ; qu'aux termes de l'article 3 : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision " ; <br>
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       2. Considérant que les décisions de refus de titre de séjour prises par le préfet de la Moselle à l'encontre de Mme E...et de M.A..., ressortissants bosniens, comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement ; que, par suite, le moyen tiré de leur insuffisante motivation ainsi que celui tiré du défaut d'examen de leur situation personnelle doivent être écartés ; <br>
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       En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       3. Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité des décisions de refus de titre de séjour doit être écarté ;<br>
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       4. Considérant, en deuxième lieu, qu'il ressort des termes des décisions faisant obligation de quitter le territoire à Mme E...et M. A...que le préfet de la Moselle ne s'est pas estimé en situation de compétence liée pour prendre une mesure d'éloignement à leur encontre ; <br>
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       5. Considérant, en troisième lieu, qu'il résulte de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'admission au séjour d'un étranger qui demande à bénéficier de l'asile ne peut être refusée que dans les situations limitativement énumérées à cet article, au nombre desquelles figure le fait que : " (...) / 2° L'étranger qui demande à bénéficier de l'asile a la nationalité d'un pays pour lequel ont été mises en oeuvre les stipulations du 5 du C de l'article 1er de la convention de Genève susmentionnée ou d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr. Un pays est considéré comme tel s'il veille au respect des principes de la liberté, de la démocratie et de l'état de droit, ainsi que des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La prise en compte du caractère sûr du pays d'origine ne peut faire obstacle à l'examen individuel de chaque demande " ; qu'aux termes de l'article L. 742-1 du même code : " Lorsqu'il est admis à séjourner en France (...), l'étranger qui demande à bénéficier de l'asile se voit remettre un document provisoire de séjour lui permettant de déposer une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. L'Office ne peut être saisi qu'après la remise de ce document au demandeur. Après le dépôt de sa demande d'asile, le demandeur se voit délivrer un nouveau document provisoire de séjour. Ce document est renouvelé jusqu'à ce que l'Office statue et, si un recours est formé devant la Cour nationale du droit d'asile, jusqu'à ce que la Cour statue " ; qu'aux termes de l'article L. 742-3 :  " L'étranger admis à séjourner en France bénéficie du droit de s'y maintenir jusqu'à la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, si un recours a été formé, jusqu'à la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile (...) " et qu'enfin, aux termes de l'article L. 742-6 : " L'étranger présent sur le territoire français dont la demande d'asile entre dans l'un des cas visés aux 2° à 4° de l'article L. 741-4 bénéficie du droit de se maintenir en France jusqu'à la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, lorsqu'il s'agit d'une décision de rejet (...) " ;<br>
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       6. Considérant que, conformément aux dispositions de l'article L. 742-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une mesure d'éloignement ne peut être mise à exécution, après la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides rejetant une demande d'asile, qu'à l'encontre d'un étranger entrant dans le champ d'application du 2° au 4° de l'article L. 741-4 du même code ; qu'il incombe de ce fait au juge saisi de la contestation de la légalité d'une obligation de quitter le territoire français après la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides fondée sur le 2° de cet article, de s'assurer que l'étranger entre bien dans le cas visé par ces dispositions; que la seule circonstance qu'une décision administrative ait refusé l'admission provisoire au séjour et qu'elle n'ait pas été contestée ou qu'elle n'ait pas été annulée par le juge administratif ne fait pas obstacle à ce que le juge détermine lui-même, sans se prononcer sur la légalité de cette décision, si la demande d'asile relevait bien des cas mentionnés à l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, dans l'hypothèse où il estime que tel n'était pas le cas, et alors même que l'intéressé n'avait pas été effectivement admis à séjourner en France, cet étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ; qu'il est constant que Mme E...et M. A...sont ressortissants de Bosnie, pays d'origine considéré comme sûr ; qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet a pris en compte la situation personnelle de Mme E...et M.A..., qui ont fait état de conflits avec les habitants de leur commune en Bosnie, avant de refuser de l'admettre au séjour durant l'instruction de sa demande d'asile par une décision du 8 octobre 2013 ; que par suite, Mme E... et M. A...ne sont pas fondés à soutenir que leur demande d'asile n'entrait pas dans le champ d'application du 2° de l'article L. 741-4 et que le préfet de la Moselle leur aurait irrégulièrement fait obligation de quitter le territoire avant même que la Cour nationale du droit d'asile ne se prononce sur leur recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides rejetant leur demande d'asile ; <br>
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       En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire : <br>
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       7. Considérant, qu'aux termes de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 susvisée : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, (...). / 2. Si nécessaire, les États membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée de séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux (...) " ; qu'aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, l'étranger dispose d'un délai de trente jours à compter de sa notification et peut solliciter, à cet effet, un dispositif d'aide au retour dans son pays d'origine. Eu égard à la situation personnelle de l'étranger, l'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. / Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français (...) " ;<br>
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       8. Considérant, d'une part, que le délai de trente jours accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français correspond au délai de droit commun le plus long susceptible d'être accordé en application de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ; que, dans ces conditions, la fixation à trente jours du délai de départ volontaire accordé à Mme E...et M. A...n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, distincte de celle du principe même de cette obligation, dès lors notamment qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait expressément demandé au préfet à bénéficier d'une prolongation de ce délai ; que, par suite, Mme E...et M. A...ne sont pas fondés à soutenir que la décision du 24 janvier 2014 leur accordant un délai de départ volontaire de trente jours n'est pas suffisamment motivée ; <br>
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       9. Considérant, d'autre part, que contrairement à ce que soutiennent Mme E...et M.A..., il ne ressort pas des termes de la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire que le préfet, qui a examiné la situation des intéressés, se serait estimé en situation de compétence liée ; qu'en se bornant à faire valoir leur recours devant la Cour nationale du droit d'asile, Mme E...et M. A...ne justifient pas de circonstances particulières propres à justifier qu'un délai de départ volontaire d'une durée différente leur soit accordé ; <br>
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       En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :<br>
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       10. Considérant que Mme E...et M. A...se bornent à reprendre à l'appui de leur requête d'appel dirigée contre les décisions fixant le pays de renvoi les mêmes moyens que ceux déjà présentés devant le tribunal administratif de Strasbourg tirés de l'insuffisante motivation de la décision attaquée et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges ;<br>
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       11. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme E...et M. A... ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leur demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction : <br>
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       12. Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution ; que, par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       13. Considérant que l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, ne saurait être condamné à verser à Mme E...et M. A...une somme en application de ces dispositions ;<br>
D É C I D E :<br>
       Article 1er : La requête de Mme E...épouse A...et M. A...est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D...E...épouseA..., M. C...A...et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Copie en sera délivrée au préfet de la Moselle.<br>
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N°14NC02269<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.