# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 22 avril 2005, 270648, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008162421
**Date de décision:** 2005-04-22
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008162421

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 30 juillet 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. X... A, demeurant ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1) d'annuler le jugement du 6 juillet 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant, d'une part, à l'annulation de l'arrêté du 19 mai 2004 du préfet du Val-d'Oise décidant sa reconduite à la frontière et, d'autre part, à enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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                Vu le décret n° 83-1025 du 28 novembre 1983 concernant les relations entre l'administration et les usagers  ;
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                Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;		
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                Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Didier Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 25 mars 2004, de la décision du 24 mars 2004 du préfet du Val-d'Oise lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées  ;
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                Sur la régularité du jugement attaqué  :
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                Considérant que contrairement à ce que soutient le juge administratif saisi d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un arrêté de reconduite à la frontière fondé sur un refus de titre de séjour est compétent pour se prononcer sur le moyen tiré de l'illégalité du refus de titre de séjour  ; que d'ailleurs, M. A avait lui-même soulevé devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise un moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour prise à son encontre  ; 
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                Sur la légalité de l'arrêté attaqué  :
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y..., secrétaire général de la préfecture du Val-d'Oise, qui a signé l'arrêté contesté, bénéficiait, en application d'un arrêté préfectoral du 13 mars 2003 régulièrement publié, d'une délégation de signature à l'effet de signer, notamment, les arrêtés de reconduite à la frontière  ; que, par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté doit être écarté  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 susvisée  : Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les  décisions individuelles qui doivent être motivées en application des  articles 1er et 2 de la loi nº 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public n'interviennent qu'après que la  personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette  personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un  mandataire de son choix (...). Les dispositions de l'alinéa précédent ne sont pas applicables  : (...) 3º Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière.  ;
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                Considérant qu'il résulte de l'ensemble des dispositions des articles 22 et 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relatives à la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière, lesquelles ouvrent un recours suspensif devant le juge administratif, organisent les garanties dont bénéficie l'étranger pour pouvoir exercer utilement ledit recours et fixent les délais dans lesquels ces recours doivent être présentés et jugés, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions pouvant faire l'objet de ces recours et, par suite, exclure l'application des dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 selon lesquelles les décisions qui doivent être motivées en vertu de la loi du 11 juillet 1979 ne peuvent légalement intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter des observations écrites ou orales  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la mesure de reconduite serait illégale faute d'avoir été précédée du recueil des observations de M. A doit être écarté  ;
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                Considérant, que la circonstance que M. A a engagé une instance encore pendante devant la juridiction administrative contre la décision de refus de titre de séjour ne faisait pas obstacle, eu égard aux effets qui s'attachent à une mesure de reconduite à la frontière, à ce que le préfet prenne à son encontre une mesure d'éloignement, qui ne pouvait être regardée par elle-même comme prise en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre modifié  : (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit  : 1) au ressortissant algérien qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans, si au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant (...)  ; que si  M. A, entré en France en 1991, fait MOHAMMEDI valoir qu'il réside en France depuis cette date, les pièces qu'il produit à l'appui de ses allégations sont insuffisantes pour établir sa présence habituelle en France depuis plus de dix ans, notamment pour la période de mai 1994 à mai 1996  ; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien modifié ne peut qu'être écarté  ;
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                Considérant que si M. A fait valoir qu'il réside en France depuis 1991 et qu'il n'a plus de relation avec son épouse et ses sept enfants qui résident en Algérie, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de  l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté du préfet du Val-d'Oise ordonnant la reconduite à la frontière de M.  A n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peut qu'être écarté  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2004 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
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                Sur les conclusions aux fins d'injonction  :
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                Considérant que la présente décision qui rejette la requête de M. A n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour doivent, dès lors, être rejetées  ;
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D E C I D E  :
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Article 1er  :   La requête  de M. A est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. X... A, au préfet du Val- d'Oise et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**