# COUR DE CASSATION, CHAMBRE CIVILE 2, du 14 décembre 1961, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006958299
**Date de décision:** 1961-12-14
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006958299

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE, SELON LES ENONCIATIONS DU JUGEMENT, EN DERNIER RESSORT, ATTAQUE, LA VOITURE AUTOMOBILE, CONDUITE PAR GRILLON, QUI CIRCULAIT SUR UNE VOIE URBAINE, ENTRA EN COLLISION AVEC CELLE, QUE PILOTAIT CLERC, LAQUELLE DEBOUCHAIT A SA GAUCHE D'UNE AUTRE VOIE ET S'ENGAGEAIT DANS L'AVENUE SUIVIE PAR LEDIT GRILLON POUR PRENDRE LA MEME DIRECTION QUE CE DERNIER;<br>
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 QUE LES DEUX VEHICULES FURENT ENDOMMAGES ;<br>
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 QUE GRILLON SE RECLAMANT DE L'ARTICLE 1382 COMME L'ARTICLE 1384, ALINEA 1ER, DU CODE CIVIL, A ASSIGNE CLERC EN REPARATION DU PREJUDICE PAR LUI SUBI ;<br>
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 QUE CLERC A FORME UNE DEMANDE RECONVENTIONNELLE TENDANT A L'INDEMNISATION DU DOMMAGE DONT IL AVAIT LUI-MEME SOUFFERT ;<br>
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 ATTENDU QUE GRILLON REPROCHE A CETTE DECISION D'AVOIR REJETE SA DEMANDE ET ACCUEILLI CELLE DE CLERC, ALORS QUE, TENANT REGULIEREMENT SA DROITE ET BENEFICIANT DE LA PRIORITE DE PASSAGE IL N'AVAIT MECONNU AUCUNE DES OBLIGATIONS AUXQUELLES IL ETAIT TENU ;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'APRES AVOIR RAPPELE QUE CLERC AFFIRMAIT AVOIR DEJA GAGNE LA PARTIE DROITE DE L'AVENUE, LORSQU'UNE AUTOMOBILE, ARRIVANT DERRIERE LUI, LE DEPASSA REGULIEREMENT PAR LA GAUCHE, TANDIS QUE GRILLON, QUI SUIVAIT CE VEHICULE, AVAIT, TOUT EN FREINANT BRUSQUEMENT, TENTE DE LE DEPASSER PAR LA DROITE ET S'ETAIT TROUVE COINCE ENTRE SA VOITURE ET LE TROTTOIR, LE JUGEMENT OBSERVE QU'AU COURS D'UNE COMPARUTION PERSONNELLE DES PARTIES, GRILLON AVAIT REPLIQUE QUE LA VOITURE DE COURSE, TRES BASSE QU'IL CONDUISAIT ETAIT PRECEDEE D'UNE VEHICULE ASSEZ VOLUMINEUX QUI TENAIT A PEU PRES, LE MILIEU DE LA CHAUSSEE, QU'IL N'AVAIT PAS REMARQUE QUE CE VEHICULE, PAR UN MOUVEMENT PEU SENSIBLE, DEPASSAIT L'AUTOMOBILE DE CLERC ET QUE, SURPRIS EN APERCEVANT CELLE-CI, IL N'AVAIT PU, MALGRE UN FREINAGE BRUTAL, L'EVITER ;<br>
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 QUE LA DECISION AJOUTE QUE CETTE DECLARATION CONFIRMAIT LES DIRES DE CLERC QUI, S'IL AVAIT COMMIS LA FAUTE QUI LUI ETAIT REPROCHEE, N'AURAIT PAS MANQUE DE HEURTER LA VOITURE QUI PRECEDAIT CELLE DE GRILLON ;<br>
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 ATTENDU QU'EN DEDUISANT DE CES CONSTATATIONS ET ENONCIATIONS, EXEMPTES DE TOUTE CONTRADICTION, QU'AUCUN REPROCHE NE POUVAIT ETRE ADRESSE A CLERC ET QUE, SEUL GRILLON, AVAIT COMMIS UNE FAUTE, EN DEPASSANT DE FACON IRREGULIERE, LE VEHICULE DE CLERC OU EN NE S'ARRETANT PAS, SI LE DEPASSEMENT S'AVERAIT IMPOSSIBLE SANS DANGER, LE TRIBUNAL, AU REGARD DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL, A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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 MAIS, SUR LE SECOND MOYEN : VU L'ARTICLE 1384, ALINEA 1ER DU CODE CIVIL ;<br>
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 ATTENDU QUE LE GARDIEN D'UNE CHOSE INANIMEE N'EST EXONERE DE LA RESPONSABILITE DE PLEIN DROIT PAR LUI ENCOURUE EN RAISON DU DOMMAGE CAUSE PAR CELLE-CI, QUE S'IL PROUVE QU'IL A ETE MIS DANS L'IMPOSSIBILITE ABSOLUE D'EVITER CE DOMMAGE, SOUS L'EFFET D'UNE CAUSE ETRANGERE QUI NE PEUT LUI ETRE IMPUTEE, TELLE, S'IL N'A PU NORMALEMENT LE PREVOIR, LE FAIT DE LA VICTIME OU D'UN TIERS ;<br>
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 ATTENDU QUE, PAR LES ENONCIATIONS SUS-RAPPELEES, LE TRIBUNAL, TOUT EN RELEVANT QUE LE DOMMAGE, DONT GRILLON DEMANDAIT LA REPARATION, ETAIT DU A SON FAIT, A OMIS DE RECHERCHER SI CELUI-CI AVAIT ETE NORMALEMENT IMPREVISIBLE POUR CLERC, PRIS EN TANT QUE GARDIEN DE LA CHOSE QUI L'AVAIT CAUSE, ET TEL QU'IL N'AVAIT PU EN EVITER LES CONSEQUENCES ;<br>
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 QU'EN CET ETAT LE JUGE DU FOND N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION AU REGARD DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 1384, ALINEA 1ER, DU CODE CIVIL ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE LE JUGEMENT RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LE TRIBUNAL D'INSTANCE DE MULHOUSE, LE 26 AVRIL 1960 ;<br>
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 REMET EN CONSEQUENCE LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT JUGEMENT ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LE TRIBUNAL D'INSTANCE DE THANN. NO 60-12.212. GRILLON C/ CLERC. PRESIDENT : M. BROUCHOT. - RAPPORTEUR : M. MARTIN. - AVOCAT GENERAL : M. LEMOINE. - AVOCATS : MM. ROUVIERE ET LE BRET. A RAPPROCHER : SUR LE NO 1 : 30 JUIN 1955, BULL. 1955, II, NO 368, P. 227. 22 MARS 1957, BULL. 1957, II, NO 250, P. 167. SUR LE NO 2 :<br>
 22 FEVRIER 1961, BULL. 1961, II, NO 146, P. 106. 2 NOVEMBRE 1961, BULL. 1961, II, NO 714, P. 503.<br>

## Métadonnées

**Solution:** CASSATION.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° L'AUTOMOBILISTE QUI, CIRCULANT SUR UNE VOIE URBAINE A GRANDE CIRCULATION, A HEURTE UN AUTRE VEHICULE DEBOUCHANT D'UNE VOIE SITUEE SUR SA GAUCHE POUR EMPRUNTER CELLE QU'IL SUIVAIT DANS LE MEME SENS QUE LUI, NE PEUT FAIRE GRIEF AUX JUGES DU FOND D'AVOIR MECONNU SON DROIT DE PRIORITE EN LE DECLARANT SEUL RESPONSABLE DE L'ACCIDENT, DES LORS QUE LE JUGEMENT CONSTATE QUE LE VEHICULE VENANT DE LA VOIE LATERALE AVAIT DEJA GAGNE LA PARTIE DROITE DE LA VOIE A GRANDE CIRCULATION, ET AVAIT PU ETRE DEPASSE NORMALEMENT SUR SA GAUCHE PAR UN AUTRE VEHICULE TANDIS QUE L'AUTEUR DE L'ACCIDENT AVAIT TENTE UN DEPASSEMENT IRREGULIER SUR LA DROITE ET S'ETAIT TROUVE COINCE CONTRE LE TROTTOIR.,2° LE GARDIEN D'UNE CHOSE INANIMEE N'EST EXONERE DE LA RESPONSABILITE DE PLEIN DROIT PAR LUI ENCOURUE EN RAISON DU DOMMAGE CAUSE PAR CELLE-CI, QUE S'IL PROUVE QU'IL A ETE MIS DANS L'IMPOSSIBILITE ABSOLUE D'EVITER CE DOMMAGE, SOUS L'EFFET D'UNE CAUSE ETRANGERE QUI NE PEUT LUI ETRE IMPUTEE, TEL, S'IL N'A PU NORMALEMENT LE PREVOIR, LE FAIT DE LA VICTIME OU D'UN TIERS.    N'EST DONC PAS LEGALEMENT JUSTIFIEE AU REGARD DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 1384, ALINEA 1ER, DU CODE CIVIL, LA DECISION QUI TOUT EN RELEVANT QUE LE DOMMAGE DONT IL ETAIT DEMANDE REPARATION ETAIT DU AU FAIT DU DEMANDEUR, OMET DE RECHERCHER SI CELUI-CI AVAIT ETE NORMALEMENT IMPREVISIBLE POUR LE DEFENDEUR, PRIS EN TANT QUE GARDIEN DE LA CHOSE QUI L'AVAIT CAUSE ET TEL QU'IL N'AVAIT PU EN EVITER LES CONSEQUENCES.
**Mots-clés:** 1° RESPONSABILITE CIVILE  - FAUTE  - CIRCULATION ROUTIERE  - DEPASSEMENT  - DEPASSEMENT A DROITE,2° RESPONSABILITE CIVILE  - CHOSES INANIMEES  - ARTICLE 1384 DU CODE CIVIL  - PRESOMPTION  - CONSTATATIONS NECESSAIRES  - CARACTERES DE LA FAUTE DE LA VICTIME