# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 1ère  Chambre , 01/02/2010, 09NT02307, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021995935
**Date de décision:** 2010-02-01
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 1ère  Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021995935

## Contenu de la décision

Vu, enregistrée le 24 septembre 2009, la requête présentée pour M. Emmanuel X, demeurant ..., par Me Greffard-Poisson, avocat au barreau d'Orléans ; M. X demande à la Cour :<br>
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        1°) d'annuler le jugement n° 09-1630 en date du 4 août 2009 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Loiret portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois ;<br>
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        2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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        3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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        4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil, Me Greffard-Poisson, qui renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 4 janvier 2010 :<br>
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       - le rapport de Mlle Wunderlich, premier conseiller ;<br>
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       - et les conclusions de M. Hervouet, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant congolais, interjette appel du jugement en date du 4 août 2009 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Loiret en date du 27 mars 2009 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du même code : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...)7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; (...) ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, né en 1960, entré en France en juillet 2003, a séjourné régulièrement sur le territoire en qualité de conjoint d'une ressortissante de nationalité française du 20 avril 2005 jusqu'au 29 mars 2009, date de l'édiction de l'arrêté litigieux ; qu'il a été régulièrement rejoint en décembre 2007 au titre du regroupement familial par ses trois enfants respectivement nés en 1990, 1992, 1997, scolarisés au collège pour les deux plus jeunes ; que sa fille aînée, devenue majeure, élève en BEP métiers de la comptabilité, remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale en application du 1° de l'article L. 313-11 dès lors que sa mère, Mme Lydie Y, entrée en France en novembre 2006, réside régulièrement sur le territoire sous couvert d'un titre valable du 24 février 2009 au 23 février 2010 ; que deux des soeurs de M. X, dont l'une, de nationalité française, ainsi que son oncle, résident régulièrement en France, son père et son frère étant décédés ; que le requérant justifie avoir exercé, comme l'y autorisait son titre de séjour, une activité professionnelle de 2005 à 2009 ; qu'ainsi, nonobstant la procédure de divorce engagée par son épouse de nationalité française et la rupture de la vie commune signalée au sous-préfet d'Antony par cette dernière le 18 juillet 2008, les liens personnels et familiaux en France de M. X présentent les caractéristiques définies au 7° de l'article L. 313-11 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le requérant est fondé à soutenir pour la première fois en appel que le préfet du Loiret a fait une inexacte application en refusant de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ;<br>
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       Considérant qu'il y a lieu, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, par application de ces dispositions, d'enjoindre à l'administration de délivrer à M. X un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a toutefois pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens :<br>
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       Considérant, d'une part, que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. X, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le préfet du Loiret demande au titre des frais exposés par l'Etat et non compris dans les dépens ;<br>
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       Considérant d'autre part qu'il résulte des dispositions combinées des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relatives à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative que l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait pas bénéficié de cette aide à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros, à Me Greffard-Poisson, avocat de M. X, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'indemnité d'aide juridictionnelle ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	Le jugement du Tribunal administratif d'Orléans en date du 4 août 2009 et l'arrêté du préfet du Loiret en date du 27 mars 2009 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire sont annulés.<br>
Article 2 :	Il est enjoint au préfet du Loiret de délivrer à M X un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 :	Le surplus des conclusions de la requête de M. X et les conclusions du préfet du Loiret tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.<br>
Article 4 :	L'Etat versera à Me Greffard-Poisson, avocat de M X, la somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 5 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. Emmanuel X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet du Loiret.<br>
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N° 09NT02307                                      2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**