# CAA de NANTES, 5ème chambre, 03/04/2017, 16NT01088, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000034373230
**Date de décision:** 2017-04-03
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000034373230

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme B...C...a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 18 mars 2014 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation.<br>
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       Par un jugement n° 1403078 du 5 février 2016, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande. <br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 30 mars 2016, MmeC..., représentée par MeA..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Nantes du 5 février 2016 ; <br>
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       2°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 18 mars 2014, ainsi que celle du préfet d'Indre-et-Loire du 25 septembre 2013 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation ; <br>
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       3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui accorder la nationalité française ou, à défaut, d'examiner à nouveau sa demande de naturalisation, dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ; <br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
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       Elle soutient que les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle justifie exercer une activité professionnelle qui n'est pas récente en qualité d'assistante maternelle, activité qui lui confère une autonomie matérielle. <br>
       Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2016, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C...ne sont pas fondés.<br>
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       Mme C...a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2016. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code civil ; <br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ; <br>
       - le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Massiou a été entendu au cours de l'audience publique. <br>
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       1. Considérant que MmeC..., ressortissante togolaise, relève appel du jugement du 5 février 2016 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 18 mars 2014 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale du 25 septembre 2013 : <br>
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       2. Considérant qu'aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993, les décisions par lesquelles le ministre statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont déférées ; que, par suite, la décision du 18 mars 2014 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de la requérante s'est substituée à celle du préfet d'Indre-et-Loire du 25 septembre 2013 ; que les conclusions de Mme C...tendant à l'annulation de cette dernière décision doivent, dès lors, être rejetées comme irrecevables ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle du 18 mars 2014 :<br>
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       3. Considérant qu'aux termes de l'article 21-15 du code civil : " (...) l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. " ; qu'en vertu de l'article 27 de ce même code, l'administration a le pouvoir de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation ; qu'en outre, selon l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " (...) Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation (...) sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande. " ; qu'en vertu de ces dispositions, il appartient au préfet, ainsi qu'au ministre, saisi sur recours préalable obligatoire, de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité à l'étranger qui la sollicite ; que, dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré d'autonomie matérielle du postulant, apprécié au regard du caractère suffisant et durable de ses ressources propres ;<br>
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       4. Considérant que pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation présentée par MmeC..., le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'examen de son parcours professionnel, apprécié dans sa globalité depuis son entrée en France, ne permettait pas de considérer qu'elle avait pleinement réalisé son insertion professionnelle, dès lors qu'elle ne bénéficiait pas de ressources suffisantes et stables ; <br>
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       5. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme C...exerce la profession d'assistante maternelle et produit à cet égard les bulletins de salaire établis par ses deux employeurs entre janvier 2013 et février 2014, pour un salaire mensuel moyen limité à <br>
730 euros, le reste de ses ressources étant constitué de diverses prestations sociales ; que, dans ces conditions, la requérante ayant, par ailleurs, deux enfants mineurs à charge, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de l'intéressée en retenant l'insuffisance de son insertion professionnelle ; <br>
       6. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme C... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction : 	<br>
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       7. Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par MmeC..., n'appelle aucune mesure d'exécution ; que les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent, dès lors, être également rejetées ; <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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       8. Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme dont Mme C...sollicite le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; <br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B... C...et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Délibéré après l'audience du 17 mars 2017, où siégeaient :<br>
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       - M. Francfort, président,<br>
       - M. Mony, premier conseiller, <br>
       - Mme Massiou, premier conseiller. <br>
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       Lu en audience publique, le 3 avril 2017.<br>
Le rapporteur,<br>
B. MASSIOULe président,<br>
J. FRANCFORT<br>
Le greffier,<br>
F. PERSEHAYE<br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 16NT01088<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**