# CAA de NANCY, 2ème chambre, 25/09/2023, 22NC02662, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000048106764
**Date de décision:** 2023-09-25
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000048106764

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme B... A... née C... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 30 juin 2022 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement no 2204658 du 29 septembre 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2022, Mme C..., représentée par Me Schweitzer, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du 29 septembre 2022 ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2022 ; <br>
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       3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, subsidiairement de réexaminer sa situation ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Elle soutient que :<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'insuffisance de motivation ;<br>
       - la décision en litige méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; <br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La préfète du Bas-Rhin, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.<br>
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       Mme C... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 27 janvier 2023.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention internationale des droits de l'enfant ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Brodier a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme C..., ressortissante algérienne née en 1992, est entrée irrégulièrement sur le territoire français en mai 2017. Le 4 août 2020, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se prévalant des violences conjugales subies de la part de son conjoint. Par un arrêté du 30 juin 2022, la préfète du Bas-Rhin a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme C... relève appel du jugement du 29 septembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. En premier lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français par les mêmes motifs que ceux retenus à juste titre par les premiers juges. <br>
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       3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
       4. Si Mme C... résidait depuis cinq années sur le territoire français à la date de la décision en litige, elle se borne à indiquer y avoir noué des amitiés et y être parfaitement intégrée sans toutefois produire le moindre élément de nature à l'établir. La seule circonstance que son fils, qui est né en France, est scolarisé en maternelle ne suffit pas à lui conférer un droit au séjour. Par ailleurs, la requérante est dépourvue d'autre attache familiale en France. Par suite, Mme C... n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
       5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".<br>
       6. D'une part, la décision en litige n'emporte aucune séparation entre Mme C... et son fils mineur. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que son enfant, qui était âgé de 4 ans à la date de la décision en litige, ne pourrait pas poursuivre sa vie et sa scolarité en Algérie. La circonstance que le père de celui-ci a été condamné sur le territoire français pour menace de mort à l'encontre de la requérante ne permet pas d'établir que l'enfant et sa mère seraient menacés en cas de retour en Algérie. Enfin, la naissance de son fils en France en décembre 2017 et le fait qu'il y ait entamé sa scolarité en maternelle ne confèrent pas de droit au séjour à Mme C.... Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.<br>
       7. En dernier lieu, Mme C... ne saurait utilement invoquer les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour contester la légalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, laquelle n'implique pas par elle-même son renvoi en Algérie.<br>
       8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 juin 2022. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
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       D E C I D E :<br>
       Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée. <br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B... A... née C..., à Me Schweitzer et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.<br>
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       Une copie du présent arrêt sera adressée à la préfète du Bas-Rhin. <br>
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       Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Martinez, président,<br>
       - M. Agnel, président-assesseur,<br>
       - Mme Brodier, première conseillère.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.<br>
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La rapporteure,<br>
Signé : H. BrodierLe président,<br>
Signé : J. Martinez<br>
La greffière,<br>
Signé : C. Schramm       <br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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       Pour expédition conforme, <br>
       La greffière,<br>
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       C. Schramm<br>
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No 22NC02662<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**