# CAA de BORDEAUX, 4ème chambre, 31/10/2019, 18BX00217, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000039335106
**Date de décision:** 2019-10-31
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000039335106

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure : <br>
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       Mme I... a demandé au tribunal administratif de Toulouse de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2008, ainsi que des pénalités y afférentes.<br>
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       Par un jugement n° 1502407 du 26 septembre 2017, le tribunal administratif de Toulouse, a fait droit à la demande de Mme G... à hauteur d'un montant global de 36 826 euros, en droits et pénalités.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 janvier 2018 et le 23 septembre 2019, le ministre de l'action et des comptes publics demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du 26 septembre 2017 ;<br>
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       2°) de rétablir Mme G... au rôle à hauteur de la somme de 20 109 euros, en droits et pénalités.<br>
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       Il soutient que : <br>
       - le jugement est irrégulier car il comporte dans son dispositif une somme totale à dégrever de 36 826 euros qui est supérieure au montant de l'imposition en litige mise en recouvrement pour 34 990 euros en droits et pénalités. De plus, compte tenu du dégrèvement de la pénalité de 80 % prononcé le 7 septembre 2017 à hauteur de 14 881 euros, le présent recours porte sur la somme restant en litige de 20 109 euros ;<br>
       - c'est à tort que le tribunal administratif a prononcé la décharge de l'imposition dont s'agit, dès lors qu'il est établi que la décision portant homologation du rôle d'impôt sur le revenu en cause a été prise par une autorité compétente, celle-ci ayant été dûment habilitée par le représentant de l'État dans le département concerné ;<br>
       - l'imposition supplémentaire litigieuse pouvait régulièrement être mise en recouvrement par voie de rôle homologué ;<br>
       - le moyen invoqué par la requérante en première instance, tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 47 et L. 52 du livre des procédures fiscales est infondé ; en tout état de cause, le moyen tiré des irrégularités dont auraient été affectées les procédures menées à l'égard de la SEP KJD Capital 2 ou de la SNC KJD Capital est inopérant ;<br>
       - l'opération de défiscalisation élaborée par la SNC KJD Capital n'était pas éligible au dispositif prévu aux articles 199 undecies A et B et 217 undecies du code général des impôts.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2018, Mme H..., représentée par Me B..., conclut au rejet de la requête.<br>
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       Elle soutient que :<br>
       - l'erreur du jugement sur le montant du litige est une simple erreur matérielle qui ne suffit pas à affecter la régularité du jugement ;<br>
       - l'administration, par les pièces versées ne justifie toujours pas le grade du signataire du rôle contesté ; <br>
       - le rôle a été établi en méconnaissance de la doctrine administrative référencée BOI-REC-PART-10-10-10-20120912 opposable à l'administration en vertu de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;<br>
       - il ne ressort pas du dossier que l'imposition en litige ait été consécutive à un contrôle sur pièces ;<br>
       - dès lors que c'est le service des impôts de la Guadeloupe qui a notifié la rectification dont procède l'imposition complémentaire, c'est ce service qui était compétent pour mettre l'imposition en recouvrement ;<br>
       - l'administration aurait dû émettre un avis de mise en recouvrement et non procéder par voie de rôle homologué et ce, en application de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 ayant modifié le premier alinéa de l'article 1658 du code général des impôts ;<br>
       - la vérification effectuée auprès de la SEP KJD Capital 2 n'a pas respecté les prescriptions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ; <br>
       - elle répond aux conditions pour bénéficier du dispositif prévu par l'article 199 undecies du code général des impôts.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier. <br>
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       Vu :<br>
       - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. C...,<br>
       - et les conclusions de Mme Ladoire, rapporteur public.<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. Mme G... est associée de la société en participation (SEP) KJD Capital 2, dont elle détient 14,03 % des parts et dont la gestion est assurée par la société en nom collectif (SNC) KJD Capital. L'objet de la société est la réalisation d'investissements productifs dans les départements d'outre-mer. En 2010, cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration a remis en cause la réalité des opérations ayant permis à ses associés de bénéficier de la réduction d'impôt prévue par les dispositions de l'article 199 undecies B du code général des impôts. A la suite d'un contrôle sur pièces de la déclaration de revenus de Mme G..., l'administration a mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2008, assorties de pénalités. Le ministre de l'action et des comptes publics relève appel du jugement du 26 septembre 2017 par lequel le tribunal administratif de Toulouse, a déchargé Mme G... des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2008, pour un montant global de 36 826 euros, en droits et pénalités.<br>
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       2. Le ministre fait valoir que le jugement est entaché d'une inexactitude concernant le montant des impositions en litige, en ce que le dispositif vise un montant de 36 826 euros qui correspond à l'article 50128 du rôle 301 mis en recouvrement le 31 décembre 2014, dans le département de la Haute-Garonne, pour lequel Mme G... a également engagé une instance devant le tribunal administratif de Toulouse (n° 1602193) et dont le jugement a été prononcé le 16 octobre 2017. Il ressort en effet des pièces versées au dossier que le présent litige concerne non les impositions de l'article 50128 du rôle 301 mais celles de l'article 50156 du rôle 301, pour un montant total de 34 990 euros. Par ailleurs, la pénalité de 80 % concernant cette imposition ayant été dégrevée par l'administration le 7 septembre 2017, pour un montant de 14 881 euros, le montant des impositions restant en litige est par conséquent limité, comme le fait valoir le ministre, à 20 109 euros, en droits et pénalités. <br>
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       3. Aux termes de l'article 1658 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Les impôts directs et les taxes y assimilées sont recouvrés en vertu de rôles rendus exécutoires par arrêté du préfet ou d'avis de mise en recouvrement. / Pour l'application de la procédure de recouvrement par voie de rôle prévue au premier alinéa, le représentant de l'Etat dans le département peut déléguer ses pouvoirs aux agents de catégorie A désignés par le responsable départemental des finances publiques et détenant au moins un grade fixé par décret en Conseil d'Etat. La publicité de ces délégations est assurée par la publication des arrêtés de délégation au recueil des actes administratifs de la préfecture ". Aux termes de l'article 1659 du même code : " La date de mise en recouvrement des rôles est fixée par l'autorité compétente pour les homologuer en application de l'article 1658 en accord avec le directeur départemental des finances publiques. Cette date est indiquée sur le rôle ainsi que sur les avis d'imposition délivrés aux contribuables. (...) ". Selon l'article 376-0 bis de l'annexe II du code général des impôts : " Le grade mentionné au second alinéa de l'article 1658 du code général des impôts est celui d'administrateur des finances publiques adjoint ".<br>
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       4. Pour prononcer la décharge des cotisations d'impôt litigieuses, le tribunal administratif de Toulouse a relevé que l'administration n'apportait pas la preuve que la décision portant homologation du rôle d'impôt sur le revenu concerné et fixant les dates de mise en recouvrement desdites impositions, avait été prise par une autorité compétente au regard des dispositions des articles 1658 et 1659 du code général des impôts.<br>
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       5. Il résulte toutefois des pièces produites par le ministre, d'une part, que l'homologation du rôle incorporant les impositions litigieuses, a été effectuée le 18 décembre 2014 par Mme A... D..., administratrice des finances publiques adjointe à la direction des finances publiques de la Haute-Garonne et, d'autre part, que par arrêté préfectoral du 21 décembre 2011, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Haute-Garonne sous le n° 155 RS 2011 et portant délégation de pouvoirs pour l'homologation des rôles d'impôts directs, la secrétaire générale de la préfecture de la Haute-Garonne, Mme F... E..., par délégation du Préfet, a donné délégation de pouvoirs, pour rendre exécutoires les rôles d'impôts directs, aux collaborateurs du directeur régional des finances publiques de Midi-Pyrénées et de la Haute-Garonne ayant au moins le grade d'administrateur des finances publiques adjoint. Le ministre produit également un certificat administratif établi par le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne indiquant que Mme A... D... disposait effectivement du grade d'administrateur des finances publiques adjoint à la date du 18 décembre 2014 et qu'elle n'exerçait, alors, aucun emploi de comptable. Si Mme G... conteste ces documents, elle n'apporte pas davantage d'élément permettant de supposer que Mme D... avait, au moment où elle a signé l'homologation du rôle dont s'agit, la qualité de comptable. Dans ces conditions, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve qu'à la date du 18 décembre 2014, Mme D... était dûment habilitée à signer l'homologation du rôle dont s'agit. En outre, Mme G... ne peut utilement se prévaloir, pour contester la régularité de l'homologation du rôle dont s'agit, de l'instruction administrative référencée BOI-REC-PART-10-10-10 indiquant que l'homologation du rôle doit comporter une formule exécutoire, dès lors que l'instruction en cause ne comporte aucune interprétation de la loi fiscale. Il suit de là que c'est à tort que le tribunal a fait droit au moyen invoqué par Mme G..., tiré de l'irrégularité de l'homologation du rôle.<br>
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       6. Il appartient à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme G... devant le tribunal administratif de Toulouse.<br>
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       Sur la procédure d'imposition :<br>
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       7. En premier lieu, aux termes de l'article 10 du code général des impôts : " Si le contribuable a une résidence unique en France, l'impôt est établi au lieu de cette résidence. / Si le contribuable possède plusieurs résidences en France, il est assujetti à l'impôt au lieu où il est réputé posséder son principal établissement. ".<br>
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       8. Mme G... résidant à Fenouillet, dans le département de la Haute-Garonne, c'est à bon droit que les impositions litigieuses ont été établies dans ce département et non en Guadeloupe, alors même que la mise en recouvrement était consécutive à un contrôle effectué par le centre des impôts de la Guadeloupe.<br>
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       9. En deuxième lieu, les impositions contestées ne résultent pas de l'imposition entre les mains de Mme G... des résultats de la SEP KJD Capital 2 mais de la remise en cause de la réduction d'impôt, prévue à l'article 199 undecies B du code général des impôts, à raison d'investissements outre-mer déclarés au titre de l'année 2008. Il résulte de l'instruction que l'administration s'est bornée à faire un contrôle sur pièces de Mme G..., associée, en utilisant des informations recueillies lors de la vérification de comptabilité de la société dont les conséquences n'impliquaient aucune rectification des résultats de cette société. Par suite, les redressements contestés ne procédant pas d'une vérification de comptabilité, le moyen tiré de ce qu'aucun avis de vérification n'a été envoyé à Mme G... doit être écarté comme inopérant. De même, en raison de l'indépendance des procédures d'impositions, le moyen, pris en toutes ses branches, tiré de ce que le service vérificateur n'aurait pas respecté les dispositions des articles L. 47 et L. 52 du livre des procédures fiscales lors de la procédure de vérification menée à l'encontre de la SEP KJD Capital 2 et de la SNC KJD Capital est inopérant.<br>
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       10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 61 du livre des procédures fiscales figurant en section IV " Procédures de rectification ", chapitre 1 " Procédure de redressement contradictoire " de ce livre : " Après l'établissement du rôle ou l'émission de l'avis de mise en recouvrement, le contribuable conserve le droit de présenter une réclamation conformément à l'article L. 190. ". Aux termes de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs ou, pour les redevables de l'impôt de solidarité sur la fortune relevant des dispositions du 2 du I de l'article 885 W du code général des impôts, au rôle de cet impôt, dans les conditions prévues aux articles 1658 à 1659 A du même code. / L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement (...) ". En vertu du premier alinéa de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité ".<br>
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       11. Si l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 portant loi de finances rectificative pour 2010 a complété l'article 1658 du code général des impôts en y ajoutant le membre de phrase " ou d'avis de mise en recouvrement ", il ne résulte pas de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires et qui doivent être combinées avec les dispositions de l'article L. 61 du livre des procédures fiscales, que le législateur aurait ainsi entendu imposer à l'administration, à peine d'irrégularité, d'émettre un avis de mise en recouvrement lorsqu'elle souhaite établir et recouvrer des impositions supplémentaires en matière d'impôt sur le revenu. La circonstance que les rectifications sont consécutives à la vérification de la comptabilité de la SEP KJD Capital 2 en Guadeloupe et que la proposition de rectification qui a été adressée à Mme G... provient de la direction départementale des finances publiques de Guadeloupe n'implique pas davantage d'obligation de recourir à un avis de mise en recouvrement. Mme G... n'est donc pas fondée à soutenir que l'administration ne pouvait mettre en recouvrement les impositions litigieuses sans avoir émis un avis de mise en recouvrement. Par conséquent, le moyen, pris en toutes ses branches, tiré de l'irrégularité de la mise en recouvrement desdites impositions doit être écarté.<br>
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       Sur le bien-fondé de l'imposition :<br>
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       12. Aux termes de l'article 199 undecies B du code général des impôts dans sa rédaction applicable au litige : " I. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu à raison des investissements productifs neufs qu'ils réalisent dans les départements d'outre-mer, (...), dans le cadre d'une entreprise exerçant une activité agricole ou une activité industrielle, commerciale ou artisanale relevant de l'article 34. (...) Les dispositions du premier alinéa s'appliquent aux investissements réalisés par une société soumise au régime d'imposition prévu à l'article 8 ou un groupement mentionné aux articles 239 quater ou 239 quater C, dont les parts sont détenues directement, ou par l'intermédiaire d'une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, par des contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B. En ce cas, la réduction d'impôt est pratiquée par les associés ou membres dans une proportion correspondant à leurs droits dans la société ou le groupement. La réduction d'impôt prévue au premier alinéa est pratiquée au titre de l'année au cours de laquelle l'investissement est réalisé. (...) La réduction d'impôt prévue au présent I s'applique aux investissements productifs mis à la disposition d'une entreprise dans le cadre d'un contrat de location si les conditions mentionnées aux quinzième à dix-huitième alinéas du I de l'article 217 undecies sont remplies et si 60 % de la réduction d'impôt sont rétrocédés à l'entreprise locataire sous forme de diminution du loyer et du prix de cession du bien à l'exploitant. Ce taux est ramené à 50 % pour les investissements dont le montant par programme et par exercice est inférieur à 300 000 euros par exploitant. (...) ". Aux termes de l'article 95 K de l'annexe II au code général des impôts : " Les investissements productifs neufs réalisés dans les départements d'outre-mer (...) qui ouvrent droit à la réduction d'impôt prévue au I de l'article 199 undecies B du code général des impôts sont les acquisitions ou créations d'immobilisations corporelles, neuves et amortissables, affectées aux activités relevant des secteurs éligibles en vertu des dispositions du I de cet article ". Aux termes de l'article 95 Q de la même annexe : " La réduction d'impôt prévue au I de l'article 199 undecies B du code général des impôts est pratiquée au titre de l'année au cours de laquelle l'immobilisation est créée par l'entreprise ou lui est livrée ou est mise à sa disposition dans le cadre d'un contrat de crédit-bail. Lorsque l'immobilisation fait l'objet d'un contrat de crédit-bail, la réduction d'impôt est pratiquée par le contribuable crédit preneur ou par les associés ou membres de l'entreprise qui est crédit preneur ".<br>
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       13. Il résulte de l'instruction que Mme G... a apporté des moyens financiers à la SEP KJD Capital 2, dont la gestion est assurée par la SNC KJD Capital, à concurrence de 14,03 % des parts. Selon un protocole d'accord du 26 juin 2008 portant vente et location, la SNC KJD Capital a acquis une porcherie d'une surface de 350 m² équipée pour alimentation et abreuvage, moyennant la somme de 285 000 euros hors taxe. La livraison de ce matériel a été constatée par procès-verbal du 27 juin 2008 et, à compter de cette même date, la société a donné à bail ce bien au vendeur initial, exploitant agricole, pour une durée de soixante mois. L'administration, après avoir constaté, qu'il n'existait pas de demande de permis de construire pour le bâtiment, que la déclaration d'achèvement des travaux ne pouvait être produite et que les factures d'acquisition des matériels d'alimentation et d'abreuvage ne pouvaient être présentées, a considéré que la réalité de l'investissement figurant sur la facture délivrée par l'agriculteur n'était pas établie. Elle a, en conséquence, remis en cause l'éligibilité de cet investissement à la réduction d'impôt prévue par les dispositions précitées. Contrairement à ce que soutient Mme G..., l'administration s'est bornée à considérer qu'en l'absence de tout document susceptible de justifier du caractère neuf de l'investissement productif réalisé, cet investissement ne pouvait être considéré comme neuf et n'entrait donc pas dans les prévisions de l'article 199 undecies B du code général des impôts. Elle n'a donc pas subordonné le bénéfice de la réduction d'impôt revendiquée par Mme G... à la production d'un permis de construire ou d'une déclaration d'achèvements de travaux. Ainsi, aucune des pièces versées au débat ne permettant de démontrer que l'investissement concerné est un investissement productif neuf ainsi que l'a déclaré Mme G..., ni d'établir le montant de cet investissement, c'est à bon droit que l'administration a estimé que l'investissement en cause ne pouvait être regardé comme éligible aux dispositions de l'article 199 undecies B du code général des impôts et a, en conséquence, procédé aux rehaussements d'impôt litigieux.<br>
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       14. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'action et des comptes publics est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a fait droit à la demande de Mme G....<br>
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       DECIDE<br>
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Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Toulouse du 26 septembre 2017 est annulé.<br>
Article 2 : Mme G... est rétabli au rôle de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2008 à raison des droits et majorations qui lui ont été assignés, dans la limite de 20 109 euros.<br>
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Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'action et des comptes publics et à Mme I.... <br>
Copie en sera adressée à la direction spécialisée du contrôle fiscal sud-ouest.<br>
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2019, à laquelle siégeaient :<br>
M. Philippe Pouzoulet, président,<br>
M. Dominique C..., président-assesseur,<br>
M. Stéphane Gueguein, premier conseiller,<br>
Lu en audience publique, le 31 octobre 2019.<br>
Le rapporteur,<br>
Dominique C...Le président,<br>
Philippe PouzouletLe greffier,<br>
Caroline Brunier      La République mande et ordonne au ministre de l'action et des comptes publics, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
2<br>
N° 18BX00217<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-04-01-02-05-03 Contributions et taxes. Impôts sur les revenus et bénéfices. Règles générales. Impôt sur le revenu. Établissement de l'impôt. Réductions et crédits d`impôt.