# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 29/05/2008, 08NT00265, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000019703563
**Date de décision:** 2008-05-29
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000019703563

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 1er février 2008, présentée pour M. Celal X, demeurant ..., par Me Schuhler-Chemouilli, avocat au barreau de Paris ; M. Celal X demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 07-3538 du 20 décembre 2007 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 septembre 2007 du préfet de Loir-et-Cher refusant de lui délivrer un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
<br>
       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
<br>
        3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour vie privée et familiale dès la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
<br>
       4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;<br>
.....................................................................................................................<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu le traité instituant la Communauté économique européenne, devenue la Communauté européenne ;<br>
<br>
       Vu l'accord instituant une association entre la Communauté économique européenne et la Turquie en date du 12 septembre 1963, approuvé et confirmé par la décision 64/732/CEE du Conseil du 23 décembre 1963 ;<br>
<br>
       Vu la décision n° 1/80 du 19 septembre 1980 du conseil d'association entre la Communauté économique européenne et la Turquie ;<br>
<br>
       Vu la décision C-237/91 du 16 décembre 1992 de la Cour de justice des Communautés européennes ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 avril 2008 :<br>
<br>
       - le rapport de M. d'Izarn de Villefort, rapporteur ;<br>
<br>
       - les observations de Me Schuhler-Chemouilli, avocat de M. X ;<br>
<br>
       - et les conclusions de M. Geffray, commissaire du gouvernement ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       Considérant que M. X, ressortissant turc, est entré en France le 1er octobre 1997 muni d'un visa Schengen ; que le statut de réfugié politique lui a été refusé par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 27 février 1998, confirmée par la commission des recours des réfugiés le 18 septembre 1998 ; qu'il a cependant bénéficié, jusqu'au 15 janvier 2002, sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article 12 bis 11° de l'ordonnance du 2 novembre 1945, d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade ; que le préfet de Loir-et-Cher en a refusé le renouvellement par décision du 5 décembre 2006 ; que le même préfet a alors pris à l'encontre de l'intéressé un arrêté de reconduite à la frontière le 22 mai 2007, annulé par jugement du magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Melun du 29 mai 2007 ; que le préfet a réexaminé la demande de renouvellement de titre de séjour susmentionnée ; que M. X interjette appel du jugement du 20 décembre 2007 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 septembre 2007 du préfet de Loir-et-Cher refusant de lui délivrer un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
<br>
        Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
<br>
        Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : / (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée (...) 11º A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée (...) ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ;<br>
<br>
        Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que la famille de M. X, composée de son épouse et de ses six enfants, est restée en Turquie ; que les circonstances qu'il ait travaillé pendant deux ans en France et qu'il ait été titulaire d'un bail d'habitation régulier n'établissent pas l'existence d'une vie privée en France ; que, dans ces conditions, l'arrêt contesté du préfet de Loir-et-Cher n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'ainsi, le préfet n'a méconnu ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que l'arrêté contesté n'est pas non plus entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;<br>
<br>
        Considérant, en outre, qu'il est allégué par le requérant qu'il doit suivre à vie un traitement substitutif en conséquence de l'insuffisance thyroïdienne post thyroïdectomie dont il est atteint ; qu'il résulte de l'avis médical émis le 17 septembre 2002 par le médecin-conseil de l'ambassade de France en Turquie, dont le contenu n'est remis en cause par aucun élément apporté par le requérant, que le suivi médical à mettre en place ne nécessite pas de moyens ou d'examens lourds et qu'un seul médicament, disponible en Turquie, est prescrit ; que la circonstance que M. X serait originaire d'une région éloignée des structures médicales appropriées et qu'il aurait des difficultés financières à assumer la charge du traitement de sa maladie en Turquie est, en tout état de cause, sans incidence sur l'existence de soins appropriés à sa pathologie dans son pays d'origine ; que, dans ces conditions, le moyen selon lequel l'arrêté contesté méconnaîtrait les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers doit être écarté ;<br>
<br>
        Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7 /.../ L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans (...) ;<br>
        Considérant que, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé ; que si les dispositions de l'article L. 313-14 du code permettent à l'administration de délivrer une carte de séjour vie privée et familiale à un étranger pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, il ressort des termes mêmes de cet article, et notamment de ce qu'il appartient à l'étranger de faire valoir les motifs exceptionnels justifiant que lui soit octroyé un titre de séjour, que le législateur n'a pas entendu déroger à la règle rappelée ci-dessus ni imposer à l'administration, saisie d'une demande d'une carte de séjour, quel qu'en soit le fondement, d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article ; que, par suite, M. X ne peut utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre du refus opposé à sa demande de renouvellement de titre de séjour, qui n'a pas été présentée sur le fondement de cet article et dont il ne s'est pas prévalu dans sa demande ;<br>
<br>
        Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article 6 de la décision du 19 septembre 1980 du conseil d'association institué par l'accord d'association conclu le 12 septembre 1963, entre la Communauté économique européenne et la République de Turquie : 1. Sous réserve des dispositions de l'article 7 relatif au libre accès à l'emploi des membres de sa famille, le travailleur turc, appartenant au marché régulier de l'emploi d'un Etat membre : / - a droit, dans cet Etat membre, après un an d'emploi régulier, au renouvellement de son permis de travail auprès du même employeur, s'il dispose d'un emploi (...) ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de l'arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes  du 16 décembre 1992, que l'article 6 premier paragraphe, premier tiret, de la décision du 19 septembre 1980 du conseil d'association, qui a un effet direct en droit interne, doit être interprété en ce sens qu'un travailleur turc qui remplit les conditions de l'article 6, premier paragraphe, premier tiret, de la décision susmentionnée peut obtenir, outre la prorogation du permis de travail, celle du permis de séjour, le droit de séjour étant indispensable à l'accès et à l'exercice d'une activité salariée ; que, toutefois, si M. X invoque l'article 6 de la décision du 19 septembre 1980, il ressort des pièces du dossier que, comme il a déjà été rappelé, c'est en qualité d'étranger malade, et non de salarié, qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour ; qu'ainsi, le moyen ne peut être accueilli ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fins d'injonction :<br>
<br>
        Considérant que le présent arrêt, qui rejette la requête de M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions de l'intéressé tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte au préfet de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées ;<br>
<br>
<br>
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à M. X la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. X est rejetée.<br>
Article 2    : Le présent arrêt sera notifié à M. Celal X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet de Loir-et-Cher.<br>
<br>
1<br>
<br>
N° 08NT00265	<br>
	2 <br>
1<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**