# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 30 janvier 1990, 88-16.563, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007023547
**Date de décision:** 1990-01-30
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007023547

## Contenu de la décision

<br>   Sur le moyen unique, pris en sa première branche : <br>
<br>
<br>   Vu les articles 395 et 396 du Code des douanes, ensemble l'article 1992 du Code civil ;<br>
<br>   Attendu que le commissionnaire en douane agréé qui a établi une fausse déclaration sur l'origine des marchandises destinées à l'exportation est responsable personnellement de l'infraction à l'égard de l'administration des Douanes et ne peut exercer un recours contre son client exportateur qu'à la condition d'établir la faute de celui-ci ;<br>
<br>   Attendu qu'il résulte des énonciations de l'arrêt attaqué que la société Jackwear a chargé la société Militzer et Munch, commissionnaire agréé en douane (le commissionnaire), de procéder aux formalités d'exportation de tissus que la société avait importés d'Asie l'année précédente ; que, sans instructions particulières de son mandant, le commissionnaire a indiqué dans la déclaration réglementaire d'exportation (E1) que cette marchandise était d'origine française ; que l'administration des Douanes a dressé procès-verbal pour fausse déclaration et infligé au commissionnaire une amende ;<br>
<br>   Attendu que, pour condamner la société Jackwear à rembourser à son commissionnaire le montant de cette amende, l'arrêt relève qu'elle était " accoutumée au commerce international ", de sorte que le commissionnaire, auquel elle avait demandé célérité, " n'avait pas à s'inquiéter à priori de la manière dont étaient remplis les documents qui allaient passer entre les mains de la douane " et qu'ainsi le commissionnaire, auquel on ne pouvait reprocher ni d'avoir omis d'examiner la marchandise, ni d'avoir indiqué une fausse origine sur les documents douaniers, n'avait commis nulle faute, peu important à cet égard " que l'absence de mention d'origine par Jackwear sur ses documents soit le fruit d'une omission ou d'une réticence volontaire destinée à obtenir une dispense de droits au retour pour cette marchandise qui n'était exportée qu'à fin de façonnage " ;<br>
<br>   Attendu qu'en se déterminant ainsi, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ;<br>
<br>         PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :<br>
<br>   CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 14 avril 1988, entre les parties, par la cour d'appel de Versailles ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Rouen<br>,A RAPPROCHER :
 Chambre commerciale, 1988-10-04 , Bulletin 1988, IV, n° 259, p. 177 (rejet).<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation.
**Lois appliquées:** Code civil 1992,Code des douanes 395, 396
**ECLI:** 
**Résumé:** Le commissionnaire en douane agréé qui a établi une fausse déclaration sur l'origine des marchandises destinées à l'exportation est responsable personnellement de l'infraction à l'égard de l'administration des Douanes et ne peut exercer de recours contre un client exportateur qu'à la condition d'établir la faute de celui-ci.
**Mots-clés:** DOUANES - Commissionnaire agréé - Amende - Paiement - Action en remboursement contre l'importateur - Condition - Faute de l'importateur,DOUANES - Commissionnaire agréé - Amende - Paiement - Action en remboursement contre l'importateur - Faute de ce dernier - Preuve - Charge,PREUVE (règles générales) - Charge - Applications diverses - Douanes - Commissionnaire - Amende - Action en remboursement contre l'importateur - Faute de ce dernier,MANDAT - Mandataire - Responsabilité - Responsabilité à l'égard du mandant - Mandat salarié - Application - Commissionnaire en douanes