# Conseil d'État, 1ère sous-section jugeant seule, 14/05/2012, 324818, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025886222
**Date de décision:** 2012-05-14
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 1ère sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025886222

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 5 février 2009 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par l'ASSOCIATION CONSEIL EXPERT 56, dont le siège est 17, place de la Libération à Vannes (56000), représentée par son président ; l'ASSOCIATION CONSEIL EXPERT 56 demande au Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler pour excès de pouvoir la circulaire n° 2008-20 du 4 décembre 2008 du ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi relative à la mise en oeuvre de la réforme des aides d'Etat (EDEN et chèques conseil) à la création et à la reprise d'entreprise par les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires de minima sociaux ;<br>
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              2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu le code du travail ;<br>
              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de M. Rémi Decout-Paolini, Maître des Requêtes,  <br>
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              - les conclusions de Mme Claire Landais, rapporteur public ;<br>
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<br>Considérant que, par la circulaire DGEFP n° 2008-20 du 4 décembre 2008, le ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi a institué un nouveau dispositif, dénommé NACRE,  d'aides d'Etat pour l'accompagnement des créateurs ou repreneurs d'entreprise ; que l'ASSOCIATION CONSEIL EXPERT 56, qui représente les intérêts des experts-comptables du département du Morbihan, justifie à ce titre d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation pour excès de pouvoir de cette circulaire ;<br>
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              Considérant que le ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi ne tenait d'aucune disposition législative la compétence pour créer, à la place du pouvoir réglementaire, un tel régime d'aide ; qu'en effet, si l'article L. 5141-5 du code du travail mentionnait, dans sa version applicable à la date de la circulaire, la possibilité pour l'Etat de participer à des actions de conseil, de formation et d'accompagnement organisées avant la création ou la reprise d'entreprises, l'article L. 5141-6 du même code prévoyait l'intervention d'un décret en Conseil d'Etat pour déterminer les conditions d'application de ces dispositions ; que si l'article R. 5141-29 du code du travail, dans sa rédaction alors applicable, prévoyait la possibilité de confier des actions de cette nature à des organismes habilités, il ne renvoyait à un arrêté du ministre que la seule détermination des modalités de l'habilitation de ces organismes ; que, par ailleurs, l'article R. 541-30 du même code, dans sa rédaction également applicable à la date de la circulaire, précisait seulement les modalités d'instruction des demandes d'aide par le préfet ; qu'enfin, le dispositif de chéquier-conseil, prévu aux articles R. 5141-31 à R. 5141-33, auquel le dispositif NACRE était censé, aux termes de la circulaire, se substituer, était encore en vigueur à la date de sa signature ; que, dans ces conditions, les dispositions de la circulaire instituant ce nouveau dispositif d'aide, qui constitue une décision susceptible de recours, sont entachées d'incompétence ; que, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'ASSOCIATION CONSEIL EXPERT 56 est fondée à demander l'annulation de cette circulaire, y compris celle des dispositions, qui en sont indivisibles, relatives au régime de labellisation des opérateurs ;<br>
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              Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros à l'ASSOCIATION CONSEIL EXPERT 56 au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative ;<br>
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<br>D E C I D E :<br>
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Article 1er : La circulaire n° 2008-20 du 4 décembre 2008 du ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi relative à la mise en oeuvre de la réforme des aides d'Etat (EDEN et chèques conseil) à la création et à la reprise d'entreprise par les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires de minima sociaux est annulée.<br>
Article 2 : L'Etat versera la somme de 3 000 euros à l'ASSOCIATION CONSEIL EXPERT 56 au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.<br>
Article 3 : La présente décision sera notifiée à l'ASSOCIATION CONSEIL EXPERT 56 et au ministre du travail, de l'emploi et de la santé.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**