# Conseil d'Etat, 8 / 9 SSR, du 17 janvier 1994, 136669, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007835433
**Date de décision:** 1994-01-17
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 8 / 9 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007835433

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 22 avril 1992 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présenté par MM. GEORGES Y... et GEORGES Z..., demeurant à Remenoville (54830) ; les consorts X... demandent au Conseil d'Etat :<br>    1° d'annuler le jugement du 25 février 1992 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté leur demande dirigée contre la délibération du 24 mars 1988 par laquelle le conseil municipal de Remenoville a décidé le reclassement et la vente des sentiers communaux dits de la "Jallande" et du Fauhourg" ;<br>    2° d'annuler pour excès de pouvoir cette décision ; <br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code rural ;<br>    Vu le décret n° 76-921 du 10 Août 1976 ;<br>    Vu le décret n° 76-790 du 20 Août 1976 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Austry, Auditeur,<br>    - les conclusions de M. Bachelier, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que par délibération du 24 mars 1988, dont les consorts X... demandent l'annulation, le conseil municipal de Remenoville (Meurthe-et-Moselle) a décidé de supprimer, après enquête publique, deux chemins et de mettre en vente leur terrain d'assiette ; qu'il ressort des pièces du dossier et qu'il n'est d'ailleurs pas contesté que ces chemins étaient des chemins ruraux ;<br>    Considérant, en premier lieu, que dans le délai de recours contentieux les consorts X... n'ont invoqué aucun moyen relatif à la régularité de l'enquête publique et aux vices de forme dont serait entachée la délibération attaquée ; que, par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que ces moyens présentés après l'expiration dudit délai ont été rejetés comme irrecevables par les premiers juges ;<br>    Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 59 du code rural : "Les chemins ruraux sont les chemins appartenant aux communes affectés à l'usage du public et qui n'ont pas été classés comme voie communale" ; que selon l'article 61 du même code, tout chemin affecté à l'usage du public est présumé, jusqu'à preuve contraire, appartenir à la commune sur le territoire de laquelle il est situé ;<br>    Considérant que si les requérants soutiennent que les chemins ruraux litigieux ne sont pas propriété de la commune, ils n'apportent aucun élément de nature à établir le bienfondé de leurs allégations ;<br>    Considérant, enfin, qu'aux termes de l'article 60 du code rural : "L'affectation à l'usage du public peut s'établir notamment par la destination du chemin, jointe soit au fait d'une circulation générale et continue, soit à des actes réitérés de surveillance et de voirie de l'autorité municipale" ; qu'en vertu de l'article 69 du code "lorsqu'un chemin rural cesse d'être affecté à l'usage du public, la vente peut être décidée après enquête par le conseil municipal" ;<br>
<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et que les requérants eux-mêmes en conviennent, que ces chemins ne sont pas utilisables pour la circulation générale ; que les parcelles qui sont desservies par ces chemins ont également directement accès aux bâtiments d'élevage ainsi qu'à la route départementale n° 144 ; que la circonstance que ces chemins seraient occasionnellement utilisés pour la circulation du bétail n'est pas de nature à faire regarder comme illégale la délibération susmentionnée du conseil municipal ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que MM. Y... et Roger X... ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté leur demande ;<br>Article 1er : La requête de MM. Y... et Roger X... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à MM. Y... et Roger X..., au maire de la commune de Remenoville et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code rural 59, 61, 60, 69
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 16-04-02-01-01 COMMUNE - FINANCES, BIENS, CONTRATS ET MARCHES - BIENS DES COMMUNES - DOMAINE PRIVE - CHEMINS RURAUX,71-02-006 VOIRIE - REGIME JURIDIQUE DE LA VOIRIE - ALIENATION DE CHEMINS RURAUX.