# Cour Administrative d'Appel de Marseille, juge des reconduites, 12/01/2010, 09MA00002, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021924579
**Date de décision:** 2010-01-12
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** juge des reconduites
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021924579

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 2 janvier 2009, présentée pour M. Ercan A, demeurant ..., par Me Chaigneau, avocat ; M. A demande à la Cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0805195 du 25 novembre 2008 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant, d'une part, à l'annulation de l'arrêté du 21 novembre 2008 par lequel le préfet de l'Hérault a décidé sa reconduite à la frontière, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour provisoire et de statuer sur sa demande dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
       2°) d'annuler l'arrêté précité ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour et de statuer sur sa demande dans un délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Vu la décision du président de la Cour administrative d'appel de Marseille en date du 1er septembre 2009 donnant délégation à M. Guy Fédou, président, pour statuer sur les appels formés contre les jugements statuant sur des recours en annulation d'arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière ;<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'État, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 8 décembre 2009 :<br>
       - le rapport de M. Fédou, magistrat désigné,<br>
       - et les conclusions de M. Brossier, rapporteur public ;<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  II. L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement en France, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité  ; que M. A, de nationalité turque, entré en France irrégulièrement, n'a pu justifier de la possession d'un titre de séjour en cours de validité ; qu'il entrait ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ; <br>
       Considérant, d'une part, que l'arrêté attaqué, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision de reconduite à la frontière, est suffisamment motivé, alors même qu'il ne fait pas mention de la dernière demande de titre de séjour déposée par M. A ; que, d'autre part, le moyen tiré de ce que le premier juge aurait omis de statuer sur l'insuffisance de motivation de la décision en litige manque en fait ; <br>
       Considérant que la circonstance que M. A a formulé une nouvelle demande de titre de séjour en octobre 2007 ne faisait pas obstacle à ce qu'une mesure de reconduite soit prise à son encontre, dès lors qu'il se trouvait dans le cas mentionné à l'article L. 511-1 II, 1° précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
       Considérant que si M. A soutient qu'il entré en France en 2000 et qu'il y réside depuis cette date, que sa soeur et son beau-frère vivent en France ainsi que ses cousins et amis, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, il est âgé de trente-six ans, célibataire sans enfant à charge ; qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en Turquie où, selon ses déclarations, réside sa mère ; que, par suite, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       Considérant qu'indépendamment de l'énumération, donnée par l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour ; que lorsque la loi, ou une convention internationale, prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...)  ; que M. A n'étant pas en situation de se voir délivrer de plein droit la carte de séjour temporaire portant la mention <br>
vie privée et familiale, pour les motifs précédemment énoncés, les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'ont pas été méconnues par l'arrêté en litige ; que M. A n'est dès lors pas davantage fondé à invoquer la méconnaissance de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant l'obligation de saisine de la commission du titre de séjour ;<br>
       Considérant que si M. A fait valoir qu'il dispose d'une promesse d'embauche, qu'il est parfaitement intégré et ne menace pas l'ordre public, ces circonstances ne sont pas de nature à établir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en prenant la décision attaquée ;<br>
       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ;<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction assorties d'astreinte :<br>
       Considérant que les conclusions à fin d'annulation étant rejetées, les conclusions susvisées ne peuvent qu'être également écartées ;<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
DECIDE :<br>
Article 1er :	La requête de M. A est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Ercan A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.<br>
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N° 09MA000022<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**