# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 2 mars 1971, 70-91.810, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007057830
**Date de décision:** 1971-03-02
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007057830

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI FORME PAR X... (TEWFIK), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE EN DATE DU 11 JUIN 1970, QUI, POUR INFRACTION A LA LEGISLATION SUR LES STUPEFIANTS ET DETENTION SANS TITRE DE PRODUITS ASSUJETTIS A JUSTIFICATION D'ORIGINE, L'A CONDAMNE A CINQ ANS D'EMPRISONNEMENT, CINQ ANS D'INTERDICTION DE SEJOUR, 20 000 FRANCS D'AMENDE, ET A LA CONFISCATION DES PRODUITS SAISIS AINSI QU'A DES PENALITES DOUANIERES LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE ;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 458 ET 459, 463 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 215, 419, 417, DU CODE DES DOUANES, L 627, R 5165 DU CODE DE LA SANTE PUBLIQUE, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE REPONSE AUX CONCLUSIONS, DEFAUT ET INSUFFISANCE DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE LA COUR D'APPEL A REFUSE D'ORDONNER LE SUPPLEMENT D'INFORMATION SOLLICITE PAR X..., ET A DECLARE CE DERNIER COUPABLE D'INFRACTION A LA LEGISLATION SUR LES STUPEFIANTS ET DE DETENTION SANS TITRE DE PRODUITS ASSUJETTIS A JUSTIFICATION D'ORIGINE ;<br>
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 AU MOTIF QU'UN SUPPLEMENT D'INFORMATION ETAIT INUTILE DES LORS QUE LA CULPABILITE DE X... ETAIT SUFFISAMMENT DEMONTREE PAR LE SEUL FAIT QU'A SON ARRIVEE A NICE, LE 30 AOUT 1969, IL ETAIT EN POSSESSION DES CONNAISSEMENTS PERMETTANT LA SORTIE DES MARCHANDISES DU PORT DE MARSEILLE ;<br>
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ALORS QUE LE SEUL FAIT MATERIEL DE LA POSSESSION, PAR X..., DES CONNAISSEMENTS AFFERENTS AUX BALLES DE COTON N'ETANT PAS SUFFISANT POUR DEMONTRER LA CULPABILITE DE CE DERNIER, LA COUR D'APPEL N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SON REFUS D'ORDONNER UN SUPPLEMENT D'INFORMATION, SUPPLEMENT D'INFORMATION QUI ETAIT POURTANT SUSCEPTIBLE D'APPORTER LA PREUVE DE LA VERACITE DES PRETENTIONS DE X... QUI AFFIRMAIT QU'UN PAQUET, DONT IL IGNORAIT LE CONTENU, LUI AVAIT ETE REMIS PAR LA FEMME DE Y... AVANT SON DEPART POUR L'EUROPE ;<br>
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ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE X..., QUI FAISAIT PARTIE A UN ECHELON ELEVE D'UNE ORGANISATION INTERNATIONALE DE TRAFIQUANTS DE STUPEFIANTS, S'EST RENDU SPECIALEMENT A MARSEILLE, VENANT DE TURQUIE, POUR Y APPORTER LES DOCUMENTS PERMETTANT DE PRENDRE LIVRAISON DE 475 KG D'OPIUM QUI AVAIENT ETE DISSIMULES DANS LA CARGAISON D'UN NAVIRE ;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS QUI JUSTIFIENT L'APPLICATION QUI A ETE FAITE AU DEMANDEUR DES PEINES PREVUES PAR L'ARTICLE L 627 DU CODE DE LA SANTE PUBLIQUE, IL NE SAURAIT ETRE REPROCHE A LA COUR D'APPEL, QUI S'ESTIMAIT SUFFISAMMENT ECLAIREE, D'AVOIR REFUSE D'ORDONNER LE SUPPLEMENT D'INFORMATION SOLLICITE PAR LE PREVENU ;<br>
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 QU'EN EFFET, L'OPPORTUNITE D'UNE TELLE MESURE RELEVE DE L'APPRECIATION SOUVERAINE DES JUGES DU FOND ;<br>
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QU'AINSI LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE ;<br>
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 SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 17 ET 19, 64 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 215, 419, 417, DU CODE DES DOUANES, L 627, R 5165 DU CODE DE LA SANTE PUBLIQUE, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT ET INSUFFISANCE DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE ;<br>
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EN CE QUE LA COUR D'APPEL A DECLARE X... COUPABLE D'INFRACTION A LA LEGISLATION SUR LES STUPEFIANTS ET DE DETENTION SANS TITRE DE PRODUITS ASSUJETTIS A JUSTIFICATION D'ORIGINE ET A REFUSE D'ACCUEILLIR L'EXCUSE DE PROVOCATION POLICIERE INVOQUEE PAR LE PREVENU ;<br>
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AU MOTIF QUE LORSQUE L'OFFICIER DE POLICE JUDICIAIRE Z..., ALIAS A..., ETAIT ENTRE EN RAPPORT AVEC Y... EN SE FAISANT PASSER POUR UN TRAFIQUANT DE DROGUE, L'INFRACTION ETAIT DEJA SUR LA VOIE DE SA REALISATION ;<br>
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ALORS QUE, EN STATUANT AINSI, LA COUR D'APPEL N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION PUISQU'IL RESSORT CLAIREMENT DES DEBATS QUE L'OFFICIER DE POLICE JUDICIAIRE EST ENTRE EN RELATION AVEC Y... EN AOUT 1968, SOIT PRES D'UN AN AVANT L'EXPEDITION DE LA CARGAISON D'OPIUM VERS L'EUROPE ;<br>
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 ATTENDU QUE S'IL EST VRAI QUE, SELON LES ENONCIATIONS DE L'ARRET, UN FONCTIONNAIRE DE POLICE S'EST FAIT PASSER EN L'ESPECE, POUR UN ACHETEUR EVENTUEL D'OPIUM, IL EST EN MEME TEMPS PRECISE PAR LES JUGES DU FOND QUE L'INTERVENTION DE CET AGENT N'A EN RIEN DETERMINE LES AGISSEMENTS DELICTUEUX DE X..., MAIS A EU SEULEMENT POUR EFFET DE PERMETTRE LA CONSTATATION D'INFRACTIONS DEJA COMMISES ET D'EN ARRETER LA CONTINUATION ;<br>
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ATTENDU QUE, PAR CES CONSTATATIONS DE FAIT SOUVERAINES ET ABSTRACTION FAITE DE TOUT MOTIF SURABONDANT, LA COUR D'APPEL A JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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 ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ;<br>
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REJETTE LE POURVOI<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1960-03-22 Bulletin Criminel 1960 N. 161 p.340 (REJET) . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1961-02-09 Bulletin Criminel 1961 N. 86 p.163 (REJET) . (2) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1944-01-27 Bulletin Criminel 1944 N. 31 p.48 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** L'opportunité d'un supplément d'information est appréciée souverainement par les juges du fond (1).,La circonstance qu'un fonctionnaire de police s'est fait passer pour un acheteur éventuel d'opium ne saurait faire obstacle à la condamnation d'un individu appartenant à une organisation internationale de trafiquants de stupéfiants, dès lors qu'il est constaté par les juges du fond que l'intervention de ce fonctionnaire n'a en rien déterminé les agissements délictueux du prévenu, mais a eu seulement pour effet de permettre la constatation d'infractions déjà commises et d'en arrêter la continuation (2).
**Mots-clés:** 1) JURIDICTIONS CORRECTIONNELLES - Supplément d'information - Appréciation des juges du fond.,* PREUVE - Supplément d'information - Nécessité - Appréciation souveraine des juges du fond.,2) SUBSTANCES VENENEUSES - Stupéfiants - Infractions à la législation - Assocation ou entente en vue de les commettre - Constatation - Fonctionnaire de police s'étant fait passer pour un acheteur éventuel d'opium.