# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 14 octobre 1970, 69-12.441, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006983391
**Date de décision:** 1970-10-14
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006983391

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE SELON LES ENONCIATIONS DES JUGES DU FOND, UN JUGEMENT DU TRIBUNAL REGIONAL DE MEKNES (MAROC) A PRONONCE LE DIVORCE ENTRE ROGER ARNAUD ET CONSUELO X..., TOUS DEUX DE NATIONALITE FRANCAISE, CONFIE LA GARDE DE L'ENFANT NEE DU MARIAGE DE LA MERE, Y... ARNAUD A SERVIR UNE PENSION A CELLE-CI TANT POUR ELLE-MEME QUE POUR L'ENFANT ET ORGANISE UN DROIT DE VISITE AU PROFIT DU PERE;<br>
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 QUE DAME X... AYANT DEMANDE EN FRANCE L'EXEQUATUR DE CE JUGEMENT ETRANGER, IL EST FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL, QUI A FAIT DROIT A CETTE DEMANDE, D'AVOIR STATUE EN AUDIENCE PUBLIQUE ALORS QUE, ARNAUD L'AYANT SAISIE D'UNE DEMANDE RECONVENTIONNELLE TENDANT A LA MODIFICATION DU TAUX DE LA PENSION ALLOUEE AINSI QUE DU DROIT DE VISITE, LES DEBATS AURAIENT DU AVOIR LIEU EN CHAMBRE DU CONSEIL;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND QUI STATUENT SUR LA DEMANDE D'EXEQUATUR D'UN JUGEMENT DE DIVORCE PRONONCE A L'ETRANGER AINSI QUE SUR LES MESURES ACCESSOIRES, ONT SEULEMENT D'ABORD A VERIFIER SI SE TROUVENT REMPLIES LES CONDITIONS REQUISES POUR QUE CETTE DECISION PUISSE ETRE RENDUE EXECUTOIRE EN FRANCE;<br>
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 QUE CETTE PARTIE DE L'INSTANCE N'ECHAPPE PAS A LA REGLE DE LA PUBLICITE DES DEBATS, ENCORE BIEN QUE L'UNE OU L'AUTRE DES PARTIES AIT FORME RECONVENTIONNELLEMENT OU ACCESSOIREMENT UNE DEMANDE QUI, PAR SON OBJET, RELEVE DE LA PROCEDURE EXCEPTIONNELLE DE LA CHAMBRE DU CONSEIL;<br>
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 QUE SI TEL ETAIT LE CAS EN L'ESPECE DE LA DEMANDE RECONVENTIONNELLE D'ARNAUD, CELUI-CI, QUI NE CRITIQUE PAS L'ARRET EN CE QU'IL A DECLARE CETTE DEMANDE IRRECEVABLE, N'EST PAS FONDE A SE PREVALOIR D'UN VICE DE PROCEDURE QUI N'AFFECTE PAS LA PARTIE DE L'INSTANCE PRINCIPALE EN EXEQUATUR;<br>
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 QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
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 ET SUR LE SECOND MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR ADMIS QUE LE JUGEMENT DU TRIBUNAL DE MEKNES ETAIT " DEVENU DEFINITIF ", ALORS, D'UNE PART, QU'IL RESULTAIT DE SES PROPRES CONSTATATIONS QUE CETTE DECISION AVAIT ETE FRAPPEE D'APPEL PAR ARNAUD ET QU'IL N'APPARTENAIT PAS AU JUGE FRANCAIS DE SE PRONONCER SUR LA RECEVABILITE DE CET APPEL ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA NOTIFICATION DUDIT JUGEMENT NE POUVAIT ETRE CONSIDEREE COMME AYANT ETE FAITE D'UNE FACON REGULIERE, FAUTE PAR DAME X... DE PRODUIRE LE PROCES-VERBAL DE NOTIFICATION RESTANT ANNEXE AU DOSSIER ET QU'EN FAIT, CE PROCES-VERBAL N'AURAIT PAS ETE DRESSE, CE QUI AVAIT EMPECHE LE DELAI D'APPEL A COURIR;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'IL APPARTIENT AU JUGE DE L'EXEQUATUR DE RECHERCHER SI LES EXCEPTIONS QUI SONT OPPOSEES A LA DEMANDE DONT IL EST SAISI ONT UN CARACTERE SERIEUX;<br>
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 QUE LE JUGEMENT DONT L'ARRET ATTAQUE ADOPTE LES MOTIFS, APRES AVOIR RELEVE QUE LA " REQUETE D'APPEL " D'ARNAUD N'A ETE DEPOSEE QUE LE 23 NOVEMBRE 1967 A " LA FAVEUR D'UN RENVOI DE L'AFFAIRE FIXEE AU 26 SEPTEMBRE 1967, RENVOI SOLLICITE POUR CONVENANCES PERSONNELLES PAR LE CONSEIL D'ARNAUD ", RETIENT QUE DAME X... A, CONFORMEMENT AUX EXIGENCES DE L'ARTICLE 21 DE LA CONVENTION FRANCO-MAROCAINE DU 5 OCTOBRE 1967, PRODUIT NOTAMMENT UN CERTIFICAT DE NON APPEL EN DATE DU 2 NOVEMBRE 1966 ET " UN CERTIFICAT DE REMISE " DU 6 JUILLET DE LA MEME ANNEE, LEQUEL, SUIVANT LA LOI MAROCAINE INTERPRETEE SOUVERAINEMENT PAR LA COUR D'APPEL " CONSTITUE LA PIECE TENANT LIEU D'EXPLOIT DE LA SIGNIFICATION " AU SENS DE LADITE CONVENTION, QU'EN CET ETAT, LES JUGES DU FOND ONT PU, NONOBSTANT L'ACTE D'APPEL DONT SE PREVALAIT ARNAUD, DECIDER QUE LE JUGEMENT DU TRIBUNAL DE MEKNES, NOTIFIE A CELUI-CI LE 20 JUILLET 1966, ETAIT, CONFORMEMENT A L'ARTICLE 16C DE LA CONVENTION SUSVISEE, DEVENU, D'APRES LA LOI MAROCAINE, IRREVOCABLE ET SUSCEPTIBLE D'EXECUTION;<br>
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 QUE LE SECOND MOYEN DU POURVOI DOIT, LUI AUSSI, ETRE ECARTE ET QUE L'ARRET, MOTIVE, A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 25 NOVEMBRE 1968 PAR LA COUR D'APPEL DE PAU<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1968-03-05 Bulletin 1968 I N. 86 p.69 (CASSATION) et l'arrêt cité. (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1970-10-14 Bulletin 1970 I N. 263 p.216 (CASSATION) et les arrêts cités. (1)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Convention  FRANCO-MAROCAINE 1967-10-05 ART. 16-C,Convention  FRANCO-MAROCAINE 1967-10-05 ART. 21
**ECLI:** 
**Résumé:** Les juges du fond qui statuent sur la demande d'exéquatur d'un jugement de divorce prononcé à l'étranger ainsi que sur les mesures accessoires, ont seulement d'abord à vérifier si se trouvent remplies les conditions requises pour que cette décision puisse être rendue excécutoire en France. Cette partie de l'instance n'échappe pas à la règle de la publicité des débats encore que l'une ou l'autre des parties ait formé reconventionnellement ou accessoirement une demande qui, par son objet, relève de la procédure exceptionnelle de la Chambre du Conseil .          Et dès lors que, statuant sur une demande d'exéquatur d'un jugement de divorce étranger et d'une demande reconventionnelle tendant à la modification du taux de la pension allouée et du droit de visite, la Cour d'appel a statué en audience publique, le demandeur au pourvoi, qui ne critique pas l'arrêt en ce qu'il a déclaré cette demande irrecevable, n'est pas fondé à se prévaloir d'un vice de procédure qui n'affecte pas la partie de l'instance principale en exéquatur.,Il appartient au juge de l'exéquatur de rechercher si les exceptions qui sont opposées à la demande dont il est saisi ont un caractère sérieux.          Statuant sur la demande d'exéquatur d'un jugement rendu par un tribunal marocain, les juges du fond qui retiennent que la demanderesse a, conformément aux exigences de l'article 21 de la convention Franco-Marocaine du 5 octobre 1967, produit un certificat de non appel et un "certificat de remise" lequel suivant la loi marocaine interprétée souverainement par l'arrêt attaqué, "constitue la pièce tenant lieu d'exploit de signification" au sens de ladite convention, peuvent, nonobstant l'acte d'appel postérieur, déposé par le défendeur au Maroc à la faveur d'un renvoi sollicité, pour convenances personnelles, par son conseil, décider que le jugement du tribunal marocain, notifié audit défendeur antérieurement à cet acte, était, conformément à l'article 16-C de la convention susvisée, devenu, d'après la loi marocaine irrévocable et susceptible d'exécution.
**Mots-clés:** 1) JUGEMENTS ET ARRETS - Jugement étranger - Exéquatur - Divorce - Publicité des débats - Demande accessoire - Chambre du Conseil.,* DIVORCE SEPARATION DE CORPS - Procédure - Chambre du Conseil - Jugement étranger - Exéquatur - Publicité des débats - Demandes accessoires.,* JUGEMENTS ET ARRETS - Débat - Publicité - Généralité - Jugement étranger - Exéquatur - Demandes soumises à la procédure de la Chambre du Conseil.,* PROCEDURE CIVILE - Chambre du Conseil - Divorce séparation de corps - Jugement étranger - Exéquatur - Demandes accessoires.,2) JUGEMENTS ET ARRETS - Jugement étranger - Exéquatur - Pouvoirs des juges - Contestation du caractère irrecevable de la décision étrangère - Vérification nécessaire.,* CONVENTIONS INTERNATIONALES - Convention Franco-Marocaine du 5 octobre 1967 - Caractère irrévocable de la décision marocaine - Contestation - Vérification par le juge de l'exéquatur.