# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 1ère chambre - formation à 3, 16/10/2008, 08BX00443, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000019674123
**Date de décision:** 2008-10-16
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000019674123

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la cour le 15 février 2008 sous le n° 08BX00443, présentée pour M. Driss X, demeurant ..., par Me Lemee, avocat ; <br>
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        M. X demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler le jugement n° 0700320 du 19 décembre 2007 par lequel le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 4 janvier 2007 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer une carte de résident ; <br>
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        2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision ;<br>
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        3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1.000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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        Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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        Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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        Vu le code de justice administrative ; <br>
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        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 18 septembre 2008, <br>
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        - le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa , premier conseiller ;<br>
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        - et les conclusions de M. Zupan, commissaire du gouvernement ;<br>
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        Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. X au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Tout étranger qui justifie d'une résidence ininterrompue d'au moins cinq années en France, conforme aux lois et règlements en vigueur, sous couvert de l'une des cartes de séjour mentionnées aux articles L. 313-6, L. 313-8 et L. 313-9, aux 1º, 2º et 3º de l'article L. 313-10, aux articles L. 313-11, L. 313-11-1 et L. 314-9, aux 2º, 3º, 4º, 5º, 6º, 7º et 9º de l'article L. 314-11 et à l'article L. 315-1 peut obtenir une carte de résident portant la mention « résident de longue durée-CE » s'il dispose d'une assurance maladie. La décision d'accorder ou de refuser cette carte est prise en tenant compte des faits qu'il peut invoquer à l'appui de son intention de s'établir durablement en France, notamment au regard des conditions de son activité professionnelle s'il en a une, et de ses moyens d'existence. /Les moyens d'existence du demandeur sont appréciés au regard de ses ressources qui doivent être stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues aux articles L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles et L. 351-9, L. 351-10 et L. 351-10-1 du code du travail. Ces ressources doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance et sont appréciées au regard des conditions de logement. / Le caractère suffisant des ressources au regard des conditions de logement fait l'objet d'un avis du maire de la commune de résidence du demandeur. Cet avis est réputé favorable à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la saisine du maire par l'autorité administrative. » et qu'aux termes de l'article L313-11 du même code : « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé ou, à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police. Le médecin inspecteur ou le médecin chef peut convoquer le demandeur pour une consultation médicale devant une commission médicale régionale dont la composition est fixée par décret en Conseil d'Etat. » ;<br>
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        Considérant que M. X bénéficie depuis le 17 juillet 2001 d'autorisations provisoires de séjour puis de titres de séjour temporaires plusieurs fois renouvelés qui lui ont été délivrés sur le fondement des dispositions précitées de l'article L.311-11-11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'il justifie ainsi d'une résidence ininterrompue d'au moins cinq années en France sous couvert d'un des titres de séjours mentionnés par l'article L314-8 précité du même code ; qu'ainsi il entre dans les catégories d'étrangers pouvant aux termes de ce même article obtenir une carte de résident ; que dès lors, en l'excluant du bénéfice de cet article au seul motif qu'il détenait un titre de séjour délivré en raison de son état de santé, le préfet de la Vienne a commis une erreur de droit ; qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation la décision en date du 4 janvier 2007 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer une carte de résident ; <br>
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        Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :<br>
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        Considérant que le présent arrêt admet M. X au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; que, par suite, son avocat, Me Lemée, peut se prévaloir des dispositions des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve, d'une part, que Me Lemée renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, d'autre part, de la décision à intervenir du bureau d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1.000 euros à Me Lemée au titre des frais non compris dans les dépens ; que, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. X par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1.000 euros sera versée à M. X ; <br>
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       DÉCIDE :<br>
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Article 1er : M. X est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.<br>
Article 2 :  Le jugement du Tribunal administratif de Poitiers en date du 19 décembre 2007 et la décision du préfet de la Vienne en date du 4 janvier 2007 refusant à M. X la délivrance d'une carte de résident sont annulés.<br>
Article 3 : L'Etat versera à Me Lemée la somme de 1.000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve, d'une part, que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, d'autre part, de la décision à intervenir du bureau d'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. X par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1.000 euros sera versée à M. X ;<br>
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No 08BX00443<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**