# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 10/11/2009, 08MA00884, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021630381
**Date de décision:** 2009-11-10
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021630381

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée par télécopie le 21 février 2008 et régularisée le 25 février 2008, présentée pour Mme Fatma X, élisant domicile ..., par la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel ; <br>
       Mme X demande à la Cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0704208 rendu le 27 décembre 2007 par le tribunal administratif de Montpellier qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 12 septembre 2007 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire national dans le délai d'un mois, et à ce qu'il soit enjoint à cette autorité administrative, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention <br>
vie privée et familiale à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision et d'enjoindre au préfet de l'Hérault à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
       3°) de condamner l'Etat à payer :<br>
- en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, à la SCP Dessalces-Ruffel la somme de 2 000 euros en application de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement portant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle,<br>
- en l'absence d'admission à l'aide juridictionnelle, à Mme X la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>
       Vu le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'État dans les régions et les départements ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 6 octobre 2009 :<br>
       - le rapport de Mme Fedi, rapporteur,<br>
       - les conclusions de M. Brossier, rapporteur public,<br>
       - et les observations de Me Brum, de la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel, pour Mme X ;<br>
       Considérant que Mme X, de nationalité algérienne, interjette appel du jugement rendu le 27 décembre 2007 par le tribunal administratif de Montpellier qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 12 septembre 2007 par laquelle lepréfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire national dans le délai d'un mois ;<br>
       Sur la légalité :<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
       Considérant que Mme X est entrée en France à l'âge de 29 ans au mois de juin 2006 après avoir divorcé de son mari, dont il est établi qu'il la battait, lequel est resté en Algérie ; que l'appelante, qui était enceinte et sans ressource à son arrivée sur le territoire national, est venue rejoindre son père, qui vit en France de longue date, ainsi que sa mère et ses neufs frères et soeurs, lesquels se sont installés régulièrement en 2000 ; que, dans ces conditions, la décision litigieuse a porté au droit de l'appelante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise et méconnaît, par suite, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, par suite, Mme X est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ; qu'il y a donc lieu d'annuler le jugement en date du 27 décembre 2007 et la décision en date du 12 septembre 2007 ;<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
       Considérant que l'article L. 911-1 du code de justice administrative dispose que :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant d'un délai d'exécution  ;<br>
       Considérant qu'eu égard aux motifs du présent arrêt, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Hérault de délivrer à Mme X dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt, le titre de séjour auquel elle a droit en application des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; qu'il n'est pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
       Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
       Considérant que Mme X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Dessalces-Ruffel, avocat de Mme X, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros ;<br>
DECIDE :<br>
Article 1er :	Le jugement du tribunal administratif de Montpellier en date du 27 décembre 2007 et la décision du préfet de l'Hérault en date du 12 septembre 2007 sont annulés.<br>
Article 2 : L'Etat versera à la SCP Dessalces-Ruffel, avocat de Mme X une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ladite société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.<br>
Article 3 : Le surplus des conclusions de Mme X est rejeté.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme Fatma X, au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire et à la <br>
SCP d'avocats Dessalces-Ruffel.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.<br>
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N° 08MA008842<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**