# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 19 novembre 2004, 264837, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008194850
**Date de décision:** 2004-11-19
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008194850

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 23 février 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Mohamed A demeurant ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 1er décembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 août 2003 du préfet de police décidant sa reconduite à la frontière  ;  
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                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté  ;
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                3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative  ; 
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Laurent Olléon, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour  a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  ;  
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, que le préfet de police a refusé à M. A, de nationalité tunisienne, par une décision en date du 12 juin 2003, notifiée à l'intéressé le 18 juin 2003, la délivrance d'un titre de séjour  ; que, par suite, M. A, qui s'était maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la notification de cette décision, se trouvait dans le cas où le préfet peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger sur le fondement des dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée  ;
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner sur les autres moyens de la requête  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de la même ordonnance  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire. (...)  ;  
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                Considérant qu'il ressort d'un certificat médical en date du 25 juillet 2003 que M. A a été hospitalisé à Paris, dans le service de chirurgie générale et digestive de l'Hôpital Bichat, du 26 mars 2003 au 6 avril 2003 et qu'il a été opéré en mai 2003 d'une gastrectomie  ; que ce certificat médical établit que l'état de santé de M. A nécessite un suivi médical et un traitement qui ne peuvent être dispensés dans son pays d'origine  ; qu'au surplus de nouvelles hospitalisations et de nouvelles interventions chirurgicales les 16 février et 19 avril 2004 confirment la gravité de l'état de santé de M. A  ; que le défaut de soins pourrait entraîner pour le requérant des conséquences d'une exceptionnelle gravité  ; que, dans ces conditions, M. A est  fondé à soutenir que le préfet de police a, en décidant sa reconduite à la frontière, méconnu les dispositions du 11° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 20 août 2003 décidant sa reconduite à la frontière  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de  justice administrative  :
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                Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 300 euros que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ; 
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<br>			D E C I D E  :
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                			--------------
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Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 1er décembre 2003 et l'arrêté du préfet de police en date du 20 août 2003 sont annulés. 
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     Article 2  : L'Etat versera à  M. A la somme de 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de  justice administrative.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée à M. Mohamed A, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**