# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 6 janvier 1971, 68-12.590, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006984270
**Date de décision:** 1971-01-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006984270

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SA PREMIERE BRANCHE : VU L'ARTICLE 546 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, ATTENDU QUE LES JUGEMENTS SOUMIS A EXEQUATUR SONT CEUX QUI ONT ETE PRONONCES AU NOM D'UNE SOUVERAINETE ETRANGERE ;<br>
<br>
ATTENDU QUE SELON LES ENONCIATIONS DES JUGES DU FOND, ELSEN A, SUR LE TERRITOIRE D'ANDORRE, OU IL EST DOMICILIE, CAUSE INVOLONTAIREMENT DES DOMMAGES CORPORELS ET MATERIELS A BOUDET DE NATIONALITE FRANCAISE ;<br>
<br>
 QU'IL A, POUR CE FAIT, ETE CONDAMNE PAR LE TRIBUNAL DES CORTS, SIEGEANT EN ANDORRE, A UNE AMENDE ET A PAYER UNE INDEMNITE A BOUDET ;<br>
<br>
 QUE CELUI-CI AYANT ASSIGNE DEVANT LE TRIBUNAL DE SON DOMICILE ELSEN ET SON ASSUREUR, LA COMPAGNIE LE PATRIMOINE, EN REPARATION DU PREJUDICE PAR LUI SUBI, L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE A FAIT DROIT A SA DEMANDE, AUX MOTIFS QUE LA PRINCIPAUTE D'ANDORRE ETANT UN PAYS ETRANGER, LA SENTENCE DU TRIBUNAL DES CORTS NE POUVAIT, FAUTE D'EXEQUATUR, AVOIR D'EFFETS EN FRANCE ;<br>
<br>
ATTENDU, CEPENDANT, QUE SI LES VALLEES D'ANDORRE JOUISSENT DE CERTAINS PRIVILEGES ET FRANCHISES ET ONT UNE ORGANISATION JUDICIAIRE DISTINCTE DE CELLE DE LA FRANCE, ELLES NE CONSTITUENT NI UN ETAT, NI UNE PERSONNE DE DROIT INTERNATIONAL ;<br>
<br>
 QUE L'ETAT FRANCAIS Y EXERCANT LES DROITS QUI LUI SONT DEVOLUS ET SINGULIEREMENT CELUI DE LA JUSTICE QU'IL PARTAGE AVEC L'EVEQUE D'URGEL, LES DECISIONS JUDICIAIRES QUI Y SONT RENDUES NE PEUVENT ETRE CONSIDEREES COMME AYANT ETE PRONONCEES AU NOM D'UNE SOUVERAINETE ETRANGERE ;<br>
<br>
D'OU IL SUIT QU'EN STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, LA COUR D'APPEL, A PAR FAUSSE APPLICATION, VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL SOIT BESOIN DE STATUER SUR LES AUTRES BRANCHES DU MOYEN, NI SUR LE SECOND MOYEN ;<br>
<br>
CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE TOULOUSE LE 6 MAI 1968 ;<br>
<br>
REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE MONTPELLIER ;<br>
<br>,Arrêts groupés : Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1971-01-06 (CASSATION) 68-10.173 ELSEN, CIE LE PATRIMOINE

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code civil 14,Code civil 15,Code de procédure civile 546
**ECLI:** 
**Résumé:** SI LES VALLEES D'ANDORRE JOUISSENT DE CERTAINS PRIVILEGES ET  FRANCHISES ET ONT UNE ORGANISATION JUDICIAIRE DISTINCTE DE CELLE DE  LA FRANCE, ELLES NE CONSTITUENT NI UN ETAT, NI UNE PERSONNE DE DROIT  INTERNATIONAL.  L'ETAT FRANCAIS Y EXERCANT LES DROITS QUI LUI SONT  DEVOLUS ET SINGULIEREMENT CELUI DE LA JUSTICE, QU'IL PARTAGE AVEC L 'EVEQUE D'URGEL, LES DECISIONS JUDICIAIRES, QUI Y SONT RENDUES, NE  PEUVENT ETRE CONSIDEREES COMME EMANANT DE JURIDICTIONS ETRANGERES, (ARRET 1) ET PRONONCEES AU NOM D'UNE SOUVERAINETE ETRANGERE (ARRET 2 ).           EN CONSEQUENCE, LA VICTIME FRANCAISE D'UN ACCIDENT CAUSE A  ANDORRE OU IL EST DOMICILIE, PAR UN ETRANGER, NE PEUT PAS SE  PREVALOIR DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 14 DU CODE CIVIL, POUR  ASSIGNER LE RESPONSABLE DEVANT LE TRIBUNAL FRANCAIS (ARRET 1).             ET UNE DECISION DE JUSTICE ANDORRANE A EFFET EN FRANCE  SANS EXEQUATUR (ARRET N. 2).
**Mots-clés:** ANDORRE - DECISIONS JUDICIAIRES - DECISIONS ETRANGERES (NON).,* COMPETENCE - COMPETENCE TERRITORIALE - PRIVILEGE DE JURIDICTION  DES ARTICLES 14 ET 15 DU CODE CIVIL - EXCLUSION - ANDORRE -  DECISIONS JUDICIAIRES RENDUES EN ANDORRE.,* JUGEMENTS ET ARRETS - JUGEMENT ETRANGER - EXEQUATUR - DECISION  RENDUE PAR LES AUTORITES JUDICIAIRES D'ANDORRE (NON).,* ETAT - ETAT ETRANGER - PRINCIPAUTE D'ANDORRE (NON).,* CONFLITS DE LOIS - COMPETENCE - PRIVILEGE DE JURIDICTION DE L 'ARTICLE 14 DU CODE CIVIL - EXCLUSION - ANDORRE - DECISIONS  JUDICIAIRES RENDUES EN ANDORRE - DECISION ETRANGERE (NON).