# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 30 juillet 2003, 253381, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008140471
**Date de décision:** 2003-07-30
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008140471

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 17 janvier 2003 présentée par M. Ahcène X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 21 octobre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 2 août 2002 du préfet des Hauts-de-Seine ordonnant sa  reconduite à la frontière et de la décision du même jour fixant l'Algérie comme pays de destination de la reconduite  ;
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                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, sous astreinte, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour  ;
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                4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 800 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des  droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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                Vu le code de justice administrative 
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de Mlle Fombeur, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 20 février 2002, de la décision du 24 janvier 2002 du préfet des Hauts-de-Seine lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées  ;
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                Sur la légalité externe de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant que l'arrêté du 2 août 2002, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé la reconduite à la frontière de M. X, qui comporte l'indication des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé  ; 
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                Sur la légalité interne de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Sur le moyen tiré de l'illégalité du refus de titre de séjour  :
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                Considérant que l'avenant du 11 juillet 2001 modifiant l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 n'avait pas été ratifié à la date à laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé à M. X un titre de séjour  ; qu'ainsi M. X ne peut utilement soutenir que cette décision de refus méconnaîtrait ses stipulations  ; qu'il ne peut davantage se prévaloir des dispositions de la circulaire du 5 septembre 2002 du ministre de l'intérieur, d'instructions ou de réponses ministérielles  à des questions parlementaires  relatives à cet avenant, qui sont dépourvues de valeur réglementaire  ; que par suite le moyen tiré de l'illégalité de la décision de refus d'admission au séjour de M. X doit être rejeté  ; 
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                Sur les autres moyens  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...)  ; que si M. X fait valoir que son père vit en France depuis 1963, et qu'il est en situation régulière, il ressort des pièces du dossier que le requérant a vécu jusqu'à l'âge de 33 ans en Algérie, pays où réside le reste de sa famille, et qu'il est arrivé en France en septembre 2000  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine ordonnant la reconduite à la frontière du requérant n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que l'arrêté attaqué ne méconnaît donc pas les stipulations précitées  ;
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                Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de la reconduite  :
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                Considérant que si M. X fait valoir qu'il a été exposé à des menaces, en relation avec sa profession de gardien dans une société de distribution d'eau, et que son  retour en Algérie lui ferait courir des risques graves, il ressort des pièces du dossier que les allégations de l'intéressé ne sont pas assorties de justifications suffisantes qui permettraient de regarder comme établis les faits allégués et l'existence de risques personnels  ; qu'ainsi le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être rejeté  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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                Considérant que selon les dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution.  ;
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                Considérant que la présente décision qui rejette la requête de M. X n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour doivent, dès lors, être rejetées  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. X la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Ahcène X, au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**