# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 1ère  Chambre B, 20/06/2005, 03NT01066, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000018076269
**Date de décision:** 2005-06-20
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 1ère  Chambre B
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000018076269

## Contenu de la décision

Vu, I, sous le n° 03NT01066, la requête, enregistrée au greffe de la Cour les 11 juillet 2003 et 22 août 2003, présentée par la société SAUR France dont le siège est 1 avenue Freyssinet à Saint-Quentin-en-Yvelines (78064), venant aux droits de la société CISE ; la société SAUR France demande à la Cour :
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       1°) de réformer le jugement n° 99-1420 du 6 mai 2003 par lequel le Tribunal administratif de Nantes ne lui a accordé qu'une réduction partielle de la taxe professionnelle à laquelle elle a été assujettie au titre des années 1994 à 1996 dans les rôles de la commune d'Olonne-sur-Mer ;
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       2°) de lui accorder la réduction de l'imposition restant en litige ;
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       3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés ;
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       Vu, II, sous le n° 03NT01623, la requête, enregistrée au greffe de la Cour le 14 octobre 2003, présentée pour la société SAUR France dont le siège est 1 avenue Freyssinet à Saint-Quentin-en-Yvelines (78064), venant aux droits de la société CISE, par Me Laurent, avocat au barreau de Paris ; la société SAUR France demande à la Cour :
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       1°) de réformer le jugement n° 02-743 du 25 juin 2003 par lequel le Tribunal administratif de Nantes ne lui a accordé qu'une réduction partielle de la taxe professionnelle à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 1998 dans les rôles de la commune d'Olonne-sur-Mer ;
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       2°) de lui accorder la réduction de l'imposition restant en litige ;
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       3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés ;
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       Vu les autres pièces des dossiers ;
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       Vu la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
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       Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
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       Vu le code de justice administrative ;
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 mai 2005 :
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       - le rapport de Mme Stefanski, rapporteur ;
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       - et les conclusions de M. Hervouet, commissaire du gouvernement ;
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       Considérant que les requêtes susvisées de la société SAUR France sont relatives au même contribuable et ont fait l'objet d'une instruction commune ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt ;
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       Considérant que, par contrat d'affermage du 30 juillet 1985, renouvelé le 9 septembre 1991 et le 12 décembre 1996, la ville d'Olonne-sur-Mer a confié à la société CISE aux droits de laquelle vient la société SAUR France, l'exploitation d'une station d'épuration  située au lieudit La Sablière et de quatorze stations de refoulement ; que l'administration a redressé les bases d'imposition de la société à la taxe professionnelle en ce qui concerne les biens passibles de taxe foncière et les biens non passibles de taxe foncière ; que la société SAUR France, qui admet désormais le principe de son imposition à la taxe professionnelle, demande la réformation des jugements attaqués en tant que le Tribunal administratif de Nantes ne lui a accordé qu'une réduction partielle de la taxe professionnelle à laquelle elle a été assujettie au titre des années 1994, 1996 et 1998 ; que le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie demande, par la voie du recours incident, l'annulation des articles 2 et 3 des mêmes jugements par lesquels le tribunal administratif a déchargé la société des droits et pénalités correspondant à une réduction de la valeur locative des équipements et outillages ;
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       Sur le bien fondé de l'imposition :
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       En ce qui concerne les bases de l'imposition :
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       Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : La taxe professionnelle a pour base a) la valeur locative, telle qu'elle est définie aux articles 1469, 1518 A et 1518 B, des immobilisations corporelles dont le contribuable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence ; que les immobilisations dont la valeur locative est ainsi intégrée dans l'assiette de la taxe professionnelle sont les biens placés sous le contrôle du redevable et que celui-ci utilise matériellement pour la réalisation des opérations qu'il effectue dès lors que, comme dans le cas de la société requérante, il n'entre pas dans les prévisions du 3bis de l'article 1469 du code issu de la loi n° 2003-1312 du 30 décembre 2003 ;
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       Considérant qu'il résulte notamment de l'article 2 de la convention susmentionnée que la commune d'Olonne-sur-Mer met à la disposition de son cocontractant l'ensemble des installations de traitement des eaux usées ; qu'en application de l'article 24 du cahier des charges, le cocontractant a l'obligation d'entretenir l'ensemble de ces installations et a la charge du renouvellement d'une grande partie du matériel dont il assure le fonctionnement et le bon état de marche ; qu'en vertu de l'article 72 du cahier des charges, il perçoit les redevances auprès des usagers ; que, dans ces conditions, quelle que soit la nature juridique des contrats conclus entre la commune et la société requérante, celle-ci doit être regardée comme ayant eu, au cours des années en cause, la disposition de l'ensemble de ces biens pour la réalisation des opérations qu'elle effectue ; que, par suite, c'est par une exacte application des dispositions précitées de l'article 1467 du code général des impôts, que la valeur locative de l'ensemble de ces immobilisations a été intégrée dans les bases d'imposition de la taxe professionnelle de la société SAUR France ;
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       Considérant, d'autre part, que l'article 1467 du code général des impôts se fonde sur le critère de la disposition des biens pour définir la base d'imposition de la taxe professionnelle du contribuable et non sur la qualité de propriétaire de ces biens ; que, dès lors qu'au regard de ce critère de mise à disposition, le concessionnaire et le fermier se trouvent dans la même situation, la société SAUR France ne peut utilement soutenir que les stipulations combinées de l'article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 1er de son premier protocole additionnel seraient méconnues, en ce qu'un fermier, qui n'est pas propriétaire de ces biens, serait imposé selon les mêmes modalités qu'un concessionnaire qui en serait propriétaire ;
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       Considérant que la société requérante ne saurait utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L.80 A du livre des procédures fiscales, des dispositions du paragraphe 2 de la documentation administrative 6-C-211 qui ne concernent que les propriétaires de ce type d'installations ;
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       En ce qui concerne le calcul de la valeur locative des différents éléments entrant dans la base d'imposition :
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       Considérant qu'aux termes de l'article 1469 du code général des impôts : La valeur locative est déterminée comme suit : 1° Pour les biens passibles d'une taxe foncière, elle est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe ; que les règles suivant lesquelles est déterminée la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties sont différemment définies, notamment, à l'article 1499 en ce qui concerne les immobilisations industrielles et à l'article 1498 en ce qui concerne les biens autres que les locaux d'habitation ou à usage professionnel et les établissements industriels ; qu'aux termes de l'article 1600 du code général des impôts : Il est pourvu aux dépenses ordinaires des chambres de commerce et d'industrie au moyen d'une taxe additionnelle à la taxe professionnelle, répartie entre tous les redevables proportionnellement à leur base d'imposition ;
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       Considérant que la société SAUR France fait valoir, en premier lieu, que les biens passibles de taxe foncière dont elle dispose, étant affectés à un service public, ne peuvent être regardés comme des biens industriels et doivent être exonérés en application du 1° de l'article 1382 du code général des impôts ; que les immeubles dont elle dispose ne sont toutefois pas au nombre de ceux dont le texte donne la liste ; que la société requérante ne peut davantage invoquer à son profit ni les dispositions de l'article 1449 du code général des impôts, qui exonèrent de taxe professionnelle les collectivités locales et les ports autonomes, ni celles de l'article 1463 qui concernent les concessionnaires de mines, ni enfin et en tout état de cause, celles de l'article 1654 du même code qui assujettissent les établissements publics aux impôts et taxes de toute nature auxquels sont assujetties les entreprises privées ;
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       Considérant, en second lieu, que la société SAUR France soutient que si elle doit être prise en compte, la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière doit être calculée conformément aux dispositions du 3° de l'article 1498 du code général des impôts relatif aux locaux commerciaux et biens divers ; que toutefois le caractère industriel de l'activité d'une entreprise s'apprécie au regard de la nature des opérations qu'elle effectue ainsi que de l'importance des moyens techniques qu'elle met en oeuvre ; qu'il résulte de l'instruction que l'activité de la société requérante comporte des opérations de transformation des eaux usées traitées et de la totalité des boues produites ; qu'il est constant qu'elle a disposé, au cours des années litigieuses, d'outillages et matériels importants ; qu'ainsi, les opérations qu'effectue la société requérante présentent, eu égard à leur nature et à l'importance des moyens techniques mis en oeuvre, un caractère industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts ;
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       Considérant enfin que les instructions 6 E-131, 6 C-112, 6 C-123 et 6 C-1213 ainsi que le III du A de la note 6 M-10-73 du 14 août 1973 et le paragraphe 41 de l'instruction 6 E-7-75 du 30 octobre 1975 et l'instruction du 20 mai 1955 ne concernent pas, en tout état de cause, l'exploitation de services d'épuration par une entreprise de droit privé ; que la société ne saurait, dès lors, utilement s'en prévaloir sur le fondement de l'article L.80 A du livre des procédures fiscales ; qu'en tout état de cause, l'instruction 6 E-7-75 susmentionnée est un document interne à l'administration, qui n'ayant pas fait, de la part de celle-ci, l'objet d'une diffusion destinée aux contribuables, ne peut être regardée comme comportant une interprétation formelle d'un texte fiscal ;
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       S'agissant de l'application de la loi fiscale aux constructions :
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       Considérant qu'il résulte de l'instruction que, comme il vient d'être dit, l'administration a pu, à bon droit, regarder la station d'épuration comme un établissement industriel dont la valeur locative doit être calculée en application des dispositions de l'article 1499 du code général des impôts ; que, toutefois, par dérogation à ce texte, l'article 1500 du même code prévoit que les bâtiments et terrains industriels qui ne figurent pas à l'actif d'une entreprise industrielle ou commerciale astreinte aux obligations définies à l'article 53 A, sont évalués dans les conditions prévues à l'article 1498 ; que, faute de satisfaire aux conditions énoncées aux 1° et 2° de l'article 1498, les terrains et constructions concernés devaient être évalués conformément au 3° de ce même article, à savoir par voie d'appréciation directe ;
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       Considérant qu'en appel, l'administration a admis que la valeur locative des ouvrages affectés à l'épuration des eaux ne pouvait relever du barème prévu par l'article 1501 du code général des impôts et a procédé, comme elle peut le faire à tout moment de la procédure, par substitution de base légale, à un nouveau calcul de leur valeur locative en vertu du 3° de l'article 1498 du code général des impôts ;
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       Considérant que si la société soutient que les postes de relèvement, qui seraient situés sur une parcelle isolée, devraient faire l'objet d'une évaluation séparée tenant compte de leur nature propre, elle n'apporte en tout état de cause aucune précision sur la réalité de ses allégations ; 
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       Considérant que, selon l'article 324 AB de l'annexe III au code général des impôts, il est procédé à l'évaluation directe de l'immeuble en appliquant un taux d'intérêt à sa valeur vénale, telle qu'elle serait constatée à la date de référence si l'immeuble était libre de toute location ou occupation, le taux d'intérêt étant fixé en fonction du taux des placements immobiliers constatés dans la région à la date de référence pour des immeubles similaires ; qu'aux termes de l'article 324 AC de la même annexe : En l'absence d'acte et de toute autre donnée récente faisant apparaître une estimation de l'immeuble à évaluer susceptible d'être retenue, sa valeur vénale à la date de référence est appréciée d'après la valeur vénale d'autres immeubles d'une nature comparable ayant fait l'objet de transactions récentes, situés dans la commune même ou dans une localité présentant du point de vue économique une situation analogue à celle de la commune en cause. La valeur vénale d'un immeuble peut également être obtenue en ajoutant à la valeur vénale du terrain, estimée par comparaison avec celle qui ressort de transactions récentes relatives à des terrains à bâtir situés dans une zone comparable, la valeur de reconstruction au 1er janvier 1970 dudit immeuble, réduite pour tenir compte, d'une part, de la dépréciation immédiate et, d'autre part, du degré de vétusté de l'immeuble et de son état d'entretien, ainsi que de la nature, de l'importance, de l'affectation et de la situation de ce bien ;
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       Considérant qu'en ce qui concerne le calcul de la valeur locative des constructions et pour faire valoir que l'administration aurait dû appliquer un abattement de 80 % et non de 70 %, la société requérante se borne à faire état de ce que ce taux aurait été retenu par d'autres juridictions dans le cadre de litiges concernant d'autres biens, sans faire état de circonstances propres aux ouvrages en litige de nature à justifier l'augmentation de ce taux ; que ce moyen doit par suite être écarté ;
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       Considérant que si la société SAUR France soutient que l'administration aurait dû appliquer un taux d'intérêt de 4 % qui correspondrait à celui appliqué en Vendée, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations ; que l'administration fait valoir, en produisant les procès verbaux des opérations de la première révision des évaluations foncières des propriétés bâties, que le taux de 7 % qu'elle a appliqué, correspond au taux des placements immobiliers constatés en Vendée à la date de référence ;
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       S'agissant de l'application de la loi fiscale aux outillages et matériels :
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       Considérant que, contrairement à ce que soutient la société SAUR France, la valeur des outillages et matériels ne peut être regardée comme comprise dans la valeur locative des locaux ; que l'administration était par suite fondée à en calculer la valeur locative spécifique pour la comprendre dans la base de la taxe litigieuse ;
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       Considérant qu'aux termes de l'article 1469 du code général des impôts : La valeur locative est déterminée comme suit :  2°) les équipements et biens mobiliers dont la durée d'amortissement est au moins égale à trente ans sont évalués suivant les règles applicables aux bâtiments industriels ; 3°) Pour les autres biens la valeur locative est égale à 16 pour 100 du prix de revient ; que l'administration a évalué les outillages et matériels non passibles de taxe foncière en appliquant les règles définies au 3° de l'article 1469 du code au motif que leur durée d'amortissement était inférieure à trente ans ;
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       Considérant, d'une part, que si la société requérante fait valoir qu'en raison de leur nature, ces équipements devraient être évalués en fonction des règles posées par le premier alinéa du 1° de l'article 1469 du code général des impôts, ce moyen doit en tout état de cause être écarté dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que ces équipements seraient constitués d'immeubles passibles de la taxe foncière ;
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       Considérant, d'autre part, que lorsque des matériels et outillages ne font pas, comme en l'espèce l'objet d'un amortissement comptable, faute d'être inscrits au bilan d'une entreprise, le choix entre le 2° et le 3° de l'article 1469 du code général des impôts doit être effectué en fonction de la durée de vie probable de ces biens ; que si la société SAUR France fait valoir que certains des matériels et outillages qu'elle utilise, ont une durée d'amortissement supérieure ou égale à trente ans et doivent, par suite, être évalués en fonction des règles définies par le 2° de l'article 1469 du code général des impôts, il résulte au contraire de la liste annexée à la convention que la durée d'utilisation de l'ensemble de ces matériels est inférieure à trente ans ; que l'administration était, par suite, fondée à faire application du 3° de ce même article alors même que la collectivité publique aurait décidé d'amortir l'ensemble des installations sur une période supérieure ou égale à trente ans ; que, dès lors, le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie est fondé à soutenir que c'est à tort que, par les jugements attaqués, le tribunal administratif a déchargé la société requérante en estimant qu'elle était fondée à revendiquer l'application du 2° de l'article 1469 ; que, s'agissant de la détermination de la valeur locative des matériels et outillages en application de la loi fiscale, la société SAUR France ne soulevait, devant les premiers juges, aucun autre moyen dont la Cour serait saisie par l'effet dévolutif de l'appel ;
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       S'agissant du bénéfice de l'interprétation de la loi fiscale donnée par l'administration :
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       Considérant que la société requérante ne peut invoquer, pour l'évaluation de la valeur locative de l'usine de production d'eau potable et de ses matériels et outillages, sur le fondement de l'article L.80 A du livre des procédures fiscales, les dispositions des documentations administratives de base 6 B-1211, 6 C-112, 6 C-1212, 6 C-1213, 6 C-123, 6 C-124, 6 C-211, 6 C-2331, 6 C-2332, 6 C-2333, 6 C-2532, 6 C-262, 6 M-2312 et du paragraphe 41 de l'instruction 6 E-7-75 qui ne donnent pas d'autre interprétation de la loi fiscale que celle dont il est fait application dans le présent arrêt ainsi que de l'instruction 8-P-1-99 du 11 mars 1999 relative à un autre impôt ; qu'elle ne saurait davantage utilement invoquer la réponse ministérielle faite à M. Arthuis, sénateur (Sénat, 4 avril 1991) dès lors que celle-ci concerne des biens d'un autre type ;
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       Sur l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à la société SAUR France la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
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DÉCIDE :
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Article 1er :	Les articles 2 et 3 des jugements du Tribunal administratif de Nantes en date du 6 mai 2003 et du 25 juin 2003 sont annulés.
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Article 2 :	La taxe professionnelle assignée à la société SAUR France au titre des années 1994 à 1996 est rétablie à concurrence des sommes déchargées par le Tribunal administratif de Nantes.
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Article 3 :	Les conclusions de la requête de la société SAUR France sont rejetées.
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Article 4 : 	Le présent arrêt sera notifié à la société SAUR France et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
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N°s 03NT01066,03NT01623
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**