# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 11 janvier 2006, 275613, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008219207
**Date de décision:** 2006-01-11
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008219207

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 21 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Y... Fatimata B épouse A demeurant ...  ; Mme B épouse A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 12 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2004 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour  ;
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              4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article   L 761 - 1 du code de justice administrative  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - les conclusions de M. Pierre Collin, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme B épouse A, mariée depuis 1982 avec M. X... A, vit sur le territoire français depuis 1999  ; que deux enfants sont nés en France de leur union, le 22 août 2001 et le 5 janvier 2003  ; que son époux, entré en France en 1989, est titulaire d'une carte de séjour au titre de sa vie privée et familiale  ; que dans ces circonstances, et alors même que Mme B épouse A peut désormais bénéficier du regroupement familial, l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris  ; qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme B épouse A est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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              Sur les conclusions aux fins de régularisation de la situation administrative de l'intéressée  :
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              Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la  juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même  décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution   ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du même code  : lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision  juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé  ; que le III de l'article 22 bis  de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dispose que  : Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau  statué sur son cas  ;
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              Considérant qu'à la suite de l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière, il incombe au préfet, en application des dispositions précitées du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, non seulement de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour mais aussi, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur son droit à un titre de séjour  ; 
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au préfet de police de se prononcer sur la situation de Mme B épouse A dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente décision  ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte  ;
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              Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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              Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros que Mme B épouse A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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<br>			D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 12 novembre 2004 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris et l'arrêté du préfet de police en date du 17 septembre 2004 décidant la reconduite à la frontière de Mme B épouse A sont annulés.
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     Article 2  : Le préfet statuera sur la régularisation de la situation de Mme B épouse A dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente décision.
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     Article 3  : L'Etat versera à Mme B épouse A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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     Article 4  : La présente décision sera notifiée à Y... Fatimata B épouse A, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**