# CAA de NANTES, 6ème chambre, 08/01/2021, 20NT01217, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042896347
**Date de décision:** 2021-01-08
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 6ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042896347

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. C... A... a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2019 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, ainsi que l'arrêté du même jour l'assignant à résidence. <br>
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       Par un jugement n° 1912943 du 5 décembre 2019, le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 6 avril 2020, M. A..., représenté par Me E..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif du 5 décembre 2019 ;<br>
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       2°) d'annuler les arrêtés du 14 novembre 2019 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de l'autoriser à solliciter l'asile en France et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ; <br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, qui renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.<br>
       Il soutient que :<br>
       - le premier juge n'a pas répondu au fait qu'il risquait de tomber sous le coup d'une obligation de quitter le territoire italien et d'être expulsé vers le Nigéria ; <br>
       - la décision de transfert est contraire aux articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 4 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ; <br>
       - la décision contestée est entachée d'illégalité compte tenu des défaillances systémiques qui existent en Italie ; <br>
       - sa situation médicale exige qu'il soit suivi en France de sorte que la décision litigieuse est contraire aux dispositions de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 et de l'article 53-1 de la Constitution.  <br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2020, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il demande à la cour de constater le non-lieu à statuer et soutient, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.<br>
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       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 mars 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu la décision du 16 novembre 2020 par laquelle le président de la cour a, en application des dispositions des articles R 222-24 et R.222-32 du code de justice administrative, désigné M. B... pour exercer temporairement les fonctions de rapporteur public à l'audience du 11 décembre 2020 de la 6ème chambre.<br>
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       Vu :<br>
       - la Constitution du 4 octobre 1958 ;<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;<br>
       - le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;<br>
       - le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme D... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. A..., ressortissant nigérian, relève appel du jugement du 5 décembre 2019 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2019 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, ainsi que l'arrêté du même jour l'assignant à résidence. <br>
       Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté de transfert :<br>
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       2. D'une part, aux termes de l'article 29 du règlement n° 604-2013 du Parlement européen et du Conseil en date du 26 juin 2013 : " Le transfert du demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), de l'Etat membre requérant vers l'Etat membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'Etat membre requérant, après concertation entre les Etats membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre Etat membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3. /2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'Etat membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'Etat membre requérant. Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. ".<br>
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       3. D'autre part, l'introduction d'un recours devant le tribunal administratif contre la décision de transfert a pour effet d'interrompre le délai de six mois fixé à l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013, qui courait à compter de l'acceptation du transfert par l'Etat requis, délai qui recommence à courir intégralement à compter de la date à laquelle le tribunal administratif statue au principal sur cette demande, quel que soit le sens de sa décision. Ni un appel, ni d'ailleurs le sursis à exécution du jugement accordé par le juge d'appel sur une demande présentée en application de l'article R. 811-15 du code de justice administrative n'ont pour effet d'interrompre ce nouveau délai. Son expiration a pour conséquence qu'en application des dispositions du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement, l'Etat requérant devient responsable de l'examen de la demande de protection internationale.<br>
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       4. Le délai initial de six mois dont disposait le préfet de Maine-et-Loire pour procéder à l'exécution du transfert de M. A... vers l'Italie a été interrompu par la saisine du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes. Ce délai a recommencé à courir à compter de la notification à l'administration du jugement du 5 décembre 2019 rendu par ce dernier. Il ressort des pièces du dossier que ce délai n'a pas fait l'objet d'une prolongation et que cet arrêté n'a pas reçu exécution pendant sa période de validité. Par suite, la décision de transfert litigieuse est devenue caduque sans avoir reçu de commencement d'exécution à la date du présent arrêt. La France est donc devenue responsable de l'examen de la demande d'asile sur le fondement des dispositions du 2 de l'article 29 du règlement n° 604/2013 rappelées ci-dessus. Le litige ayant perdu son objet, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions du requérant tendant à l'annulation du jugement attaqué en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2019 portant transfert vers l'Italie.<br>
       Sur les conclusions de la requête relative à l'arrêté d'assignation à résidence :<br>
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       En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué en tant qu'il concerne cette décision :<br>
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       5. Le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a indiqué au point n° 11 du jugement attaqué que M. A... faisait valoir que les autorités italiennes avaient rejeté sa demande d'asile et qu'en cas de transfert vers l'Italie il risquait d'être renvoyé au Nigéria. Il a répondu à ce moyen en rappelant que l'arrêté litigieux avait seulement pour objet de renvoyer l'intéressé en Italie, et qu'il ne ressortait d'aucune pièce du dossier que les autorités italiennes n'évalueraient pas d'office les risques réels de mauvais traitements qui naîtraient pour le requérant de son éventuel retour au Nigéria. Par suite, M. A... n'est pas fondé à soutenir que le magistrat désigné aurait omis de répondre à ce moyen et entaché d'irrégularité le jugement attaqué à raison de ce motif.<br>
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       En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision d'assignation à résidence : <br>
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       6. Si M. A... conteste l'arrêté portant assignation à résidence pris à son encontre le 14 novembre 2019, il ne présente pas plus en appel qu'en première instance de moyen dirigé contre cette décision. <br>
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       7. Il résulte de ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision l'assignant à résidence.<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       8. Si, compte tenu de la caducité de la décision de transfert contestée, la France est l'Etat membre responsable de l'examen de la demande d'asile présentée par M. A... le présent arrêt n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.<br>
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       Sur les frais liés au litige :<br>
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       9. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que le conseil de M. A... demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.<br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A... tendant à l'annulation du jugement du tribunal administratif de Nantes du 5 décembre 2019 en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2019 décidant son transfert vers l'Italie.<br>
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Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.<br>
Article 3 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. C... A... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie en sera adressée pour information au préfet de Maine-et-Loire.<br>
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       Délibéré après l'audience du 11 décembre 2020 à laquelle siégeaient :<br>
       - M. Gaspon, président de chambre,<br>
       - M. Coiffet, président-assesseur,<br>
       - Mme D..., premier conseiller.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2021.<br>
Le rapporteur,<br>
V. GELARDLe président,<br>
O. GASPON <br>
La greffière,<br>
E. HAUBOIS       <br>
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       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 20NT01217<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**