# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 14 octobre 2005, 271583, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008227010
**Date de décision:** 2005-10-14
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008227010

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 27 août 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES ALPES-MARITIMES  ; le PREFET DES ALPES-MARITIMES demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 23 août 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a annulé son arrêté du 19 août 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Emmanuel X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Nice  ;
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ; 
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mme Martine Jodeau-Grymberg, Conseiller d'Etat,  
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                - les conclusions de Mme Isabelle de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté litigieux  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 2°) Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée sur le territoire sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré (...)  ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité capverdienne, s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa sans être titulaire d'un titre de séjour régulièrement délivré  ; qu'il se trouvait ainsi dans un cas où, en application du 2° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut légalement décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté du 19 août 2004 ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X fait valoir qu'il a deux soeurs en situation régulière en France, qu'il vit chez l'une d'elle avec son épouse et ses deux filles, nées respectivement en 1999 et en 2004, qu'il a un emploi et que sa fille aînée sera prochainement scolarisée à Nice  ; que, toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est entré en France en 2000, que son épouse, également en situation irrégulière, l'y a rejoint en 2003 et que rien ne met le couple dans l'impossibilité d'emmener ses deux enfants avec lui  ; que la circonstance, d'ailleurs non établie, que M. X ait un emploi est sans influence sur la légalité de l'arrêté litigieux  ; que, dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions du séjour de M. X en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du 19 août 2004 n'a pas porté au droit de M. X au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que, par suite, c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice, retenant l'unique moyen de la demande, s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour prononcer l'annulation de l'arrêté du 19 août 2004  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DES ALPES-MARITIMES est fondé à demander l'annulation du jugement du 23 août 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a annulé son arrêté du 19 août 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. X  ;
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     Article 1er  : Le jugement du 23 août 2004 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée devant le tribunal administratif de Nice par M. X est rejetée.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DES ALPES-MARITIMES, à M. Emmanuel X et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**