# CAA de LYON, 2ème chambre, 25/02/2020, 19LY02642, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042537830
**Date de décision:** 2020-02-25
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042537830

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       Mme A... E... a demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2019 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1900618 du 1er avril 2019, le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 10 juillet 2019 et le 23 janvier 2020, Mme E..., représentée par Me F..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du président du tribunal administratif de Dijon du 1er avril 2019 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2019 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice de son conseil une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Elle soutient que :<br>
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       Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
       - ce jugement a été rendu dans une composition irrégulière, dès lors que l'affaire relevait d'une formation collégiale et non d'un juge unique ;<br>
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       Sur la décision portant refus de titre de séjour :<br>
       - elle est entachée d'incompétence ;<br>
       - elle méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 et l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
       - elle est entachée d'incompétence ;<br>
       - elle pouvait prétendre de plein droit à un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       Sur la décision fixant le pays de destination :<br>
       - elle est entachée d'incompétence ;<br>
       - elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet de Saône-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire.<br>
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       Mme E... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 juin 2019.<br>
       Vu :<br>
       - les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme D..., présidente-assesseure ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme E..., ressortissante marocaine née le 16 juillet 1946, est entrée en France le 18 juillet 2016 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de court séjour. Le 6 novembre 2017, Mme E... a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 7 janvier 2019, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme E... relève appel du jugement du 1er avril 2019 par lequel le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté selon la procédure prévue au III de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       2. Aux termes de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 3°, 5°, 7° ou 8° du I de l'article L. 511-1 ou sur le fondement de l'article L. 511-3-1 et qui dispose du délai de départ volontaire mentionné au premier alinéa du II de l'article L. 511-1 ou au sixième alinéa de l'article L. 511-3-1 peut, dans le délai de trente jours suivant sa notification, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou d'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. (...). Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine. Toutefois, si l'étranger est placé en rétention en application de l'article L. 551-1 ou assigné à résidence en application de l'article L. 561-2, il est statué selon la procédure et dans le délai prévus au III du présent article./I bis.- L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 1°, 2°, 4° ou 6° du I de l'article L. 511-1 et qui dispose du délai de départ volontaire mentionné au premier alinéa du II du même article L. 511-1 peut, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, demander au président du tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. La même procédure s'applique lorsque l'étranger conteste une obligation de quitter le territoire fondée sur le 6° du I dudit article L. 511-1 et une décision relative au séjour intervenue concomitamment. Dans cette hypothèse, le président du tribunal administratif ou le juge qu'il désigne à cette fin statue par une seule décision sur les deux contestations. (...) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction ou parmi les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative statue dans un délai de six semaines à compter de sa saisine. ".<br>
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       3. Si la décision du 7 janvier 2019 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a fait obligation à Mme E... de quitter le territoire français est fondé tant sur le 2° du I de l'article L. 511-1 que sur le 3° du même article, cette décision, qui fait suite au rejet d'une demande de titre de séjour, doit nécessairement être regardée comme fondée sur le 3° du I de cet article. Il est par ailleurs constant que la requérante n'a pas été placée en rétention ni assignée à résidence. Dès lors, Mme E... est fondée à soutenir qu'en application du I de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'appartenait qu'au tribunal administratif siégeant en formation collégiale de statuer sur sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 janvier 2019 et que le président du tribunal administratif de Dijon ne pouvait, comme il l'a fait par le jugement attaqué, rejeter seul sa demande. Par suite, le jugement du président du tribunal administratif de Dijon du 1er avril 2019 est entaché d'irrégularité et doit être annulé.<br>
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       4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif de Dijon pour qu'il statue à nouveau sur la demande de Mme E... et de rejeter les conclusions de la requérante présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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DECIDE :<br>
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Article 1er : Le jugement n° 1900618 du président du tribunal administratif de Dijon du 1er avril 2019 est annulé.<br>
Article 2 : Mme E... est renvoyée devant le tribunal administratif de Dijon pour qu'il soit statué sur sa demande.<br>
Article 3 : Les conclusions présentées par Mme E... sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A... E... et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de Saône-et-Loire.<br>
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Délibéré après l'audience du 4 février 2020, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Pruvost, président de chambre,<br>
Mme D..., présidente-assesseure,<br>
Mme C..., première conseillère.<br>
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Lu en audience publique, le 25 février 2020.<br>
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N° 19LY02642<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.