# CAA de LYON, 7ème chambre, 27/02/2025, 24LY00261, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000051291034
**Date de décision:** 2025-02-27
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 7ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000051291034

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. E... A... a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2023 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.<br>
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       Par un jugement n° 2303408 du 19 septembre 2023, le tribunal a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 1er février 2024, M. B... A..., représenté par Me Zoccali, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement et cet arrêté ;<br>
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       2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - le refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       - il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La préfète du Rhône à laquelle la requête a été communiquée n'a pas présenté d'observations.<br>
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       M. B... A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2024.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le rapport de Mme Duguit-Larcher, présidente assesseure, ayant été entendu au cours de l'audience publique ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
       1. M. B... A..., ressortissant colombien né le 23 juillet 2003, est arrivé en France, selon ses déclarations le 20 juin 2018. A sa majorité il a sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il relève appel du jugement du 19 septembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 janvier 2023 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.<br>
       2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. /(...). ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (...) ".<br>
       3. Il ressort des pièces du dossier que M. B... A..., célibataire et sans enfant, résidait en France depuis quatre ans et demi lorsque le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour.  S'il réside en France chez sa mère, qui dispose d'un titre de séjour d'une année, il a vécu séparée de celle-ci pendant au moins deux ans, celle-ci étant arrivée sur le territoire français deux ans avant lui. S'il fait valoir que sa grand-mère maternelle, à laquelle sa mère l'aurait confié en quittant la Colombie, est décédée le 18 janvier 2021, il n'est pas pour autant dépourvu d'attaches familiales en Colombie où réside son père et sa sœur. La mesure de sécurité prise à l'encontre de son père par la justice colombienne, consistant en une détention préventive à son domicile, dans l'attente d'un jugement, n'est pas de nature à démontrer qu'il n'aurait plus de liens avec ce dernier. Dans ces circonstances, alors même qu'il a obtenu un CAP " carreleur mosaïste " en 2022 et qu'il suivait, à la date de la décision en litige, une formation en vue de la validation du CAP menuiserie, et que postérieurement à celle-ci, il s'est préinscrit en brevet professionnel " carreleur mosaïste ", il n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français auraient porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les dispositions de l'article L. 423-2  du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
       4. Il résulte de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé, que M. B... A... n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.<br>
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       5. Il résulte de ce qui précède que M. B... A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal a rejeté sa demande. Sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.<br>
DÉCIDE :<br>
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Article 1er :	La requête de M. B... A... est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à M. E... A... et au ministre d'État, ministre de l'intérieur. <br>
      Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.<br>
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Délibéré après l'audience du 13 février 2025 à laquelle siégeaient :<br>
M. Picard, président de chambre ;<br>
Mme Duguit-Larcher, présidente assesseure ;<br>
Mme Boffy, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.<br>
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La rapporteure,<br>
A. Duguit-LarcherLe président, <br>
V-M. Picard<br>
La greffière,<br>
A. Le Colleter             <br>
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La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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Pour expédition conforme, <br>
La greffière,<br>
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N° 24LY00261<br>
		kc<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. - Séjour des étrangers. - Refus de séjour.,335-03 Étrangers. - Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.