# CAA de NANCY, 2ème chambre, 13/04/2023, 22NC02100, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000047461353
**Date de décision:** 2023-04-13
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047461353

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. C... B... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 4 juin 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2105094 du 12 octobre 2021, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 5 août 2022, M. B... représenté par Me Zind demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 12 octobre 2021 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;<br>
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       3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - le refus de titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et l'article 6-5 de l'accord franco-algérien modifié;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.<br>
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       Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. <br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 juillet 2022.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier. <br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. <br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Barrois, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant algérien, est entré sur le territoire français le 21 décembre 2015 sous couvert d'un visa C valable du 23 décembre 2015 au 18 février 2015. Le 11 mars 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien que la préfète du Bas-Rhin a rejeté par un arrêté du 4 juin 2021 lui enjoignant également de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant son pays de renvoi. M. B... fait appel du jugement du 12 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : (...) 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus " et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". <br>
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       3. Il ressort des pièces du dossier que M. B... se maintient en France en situation irrégulière depuis le 21 décembre 2015 sans avoir formulé de demande de titre de séjour avant le 11 mars 2021. Même s'il se prévaut d'une relation sentimentale avec une ressortissante française depuis septembre 2019, soit moins de deux ans à la date de la décision attaquée, et qu'il déclare être domiciliée chez elle à Colmar où elle travaille, il est toutefois hébergé par la communauté des Diaconesses à Strasbourg et n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 46 ans et où résideraient toujours ses parents, son fils et les membres de sa fratrie. Au surplus, la circonstance qu'il ait suivi une formation d'auxiliaire de vie et obtenu une promesse d'embauche en contrat à durée déterminée à Ranrupt en tant que préparateur de commandes à compter du 1er octobre 2021 est insuffisante à caractériser une vie privée et familiale en France. Par suite, dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et l'article 6-5 de l'accord franco-algérien modifié.<br>
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       4. En second lieu, il résulte de ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus de titre de séjour à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, ni par la suite, l'illégalité de cette dernière décision à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi. <br>
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       5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. <br>
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       D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... B..., à Me Zind et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. <br>
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       Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin. <br>
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       Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Agnel, président de chambre,<br>
       - Mme Picque, première conseillère,<br>
       - Mme Barrois, première conseillère.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.<br>
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La rapporteure,<br>
Signé : M. BarroisLe président,<br>
Signé : M. A...<br>
La greffière,<br>
Signé : C. Schramm       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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       Pour expédition conforme,<br>
       La greffière,<br>
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       C. Schramm<br>
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N° 22NC02100<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**