# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 29 octobre 1979, 78-11.849, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007004424
**Date de décision:** 1979-10-29
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007004424

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE PRIS EN SA PREMIERE BRANCHE :<br>
    VU LES ARTICLES 1188 DU CODE CIVIL ET 37 DE LA LOI DU 13 JUILLET 1967;<br>
   ATTENDU QUE, SELON LES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE, LA SOCIETE ANONYME EVOR, DONT LE REGLEMENT JUDICIAIRE A ETE PRONONCE LE 28 OCTOBRE 1976, A ETE ASSIGNEE LE 13 OCTOBRE 1976 PAR UN DE SES FOURNISSEURS, LA SOCIETE BOUSSOIS SOUCHON NEUVESEL GERVAIS DANONE EMBALLAGES (SOCIETE BSN), EN RESOLUTION DE L'ENSEMBLE DES VENTES QUI LUI AVAIENT ETE CONSENTIES  ENTRE LE  1ER JUIN ET LE 4 OCTOBRE 1976 ET EN RESTITUTION DE LA MARCHANDISE;    ATTENDU QUE, POUR FAIRE DROIT A CETTE DEMANDE EN CONSIDERANT QUE LA CREANCE DU PRIX, DONT SE PREVALAIT LA SOCIETE BSN, ETAIT EXIGIBLE DES LE JOUR DE L'ASSIGNATION, LA COUR D'APPEL A RETENU, QU'A CE MOMENT, LA SOCIETE EVOR &lt; SE TROUVAIT DANS UN ETAT DE DECONFITURE QUI PRELUDAIT AU JUGEMENT DU 28 OCTOBRE 1976 PRONONCANT SON REGLEMENT JUDICIAIRE (ET) QUE CETTE DERNIERE MESURE A EU POUR EFFET, CONFORMEMENT AUX ARTICLES 1188 DU CODE CIVIL ET 37 DE LA LOI DU 13 JUILLET 1967, DE LA DECHOIR DU BENEFICE DU TERME DONT ETAIT ASSORTIE LA VENTE DES MARCHANDISES LITIGIEUSES&gt;;    ATTENDU, CEPENDANT, QU'UNE SOCIETE COMMERCIALE NE PEUT ETRE EN DECONFITURE ET QUE C'EST SANS RETROACTIVITE QUE LE JUGEMENT QUI PRONONCE LE REGLEMENT JUDICIAIRE OU LA LIQUIDATION DES BIENS REND EXIGIBLES, A L'EGARD DU DEBITEUR, LES DETTES NON ECHUES; QUE LA COUR D'APPEL A DONC VIOLE PAR FAUSSE APPLICATION LES TEXTES PRECITES;<br>
<br>
   ET SUR LA SECONDE BRANCHE DU MOYEN :<br>
    VU L'ARTICLE 455 DU NOUVEAU CODE DE PROCEDURE CIVILE;<br>
   ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL S'EST PRONONCEE COMME ELLE L'A FAIT AU MOTIF EGALEMENT QUE &lt; LES CONDITIONS GENERALES DE VENTE DE LA SOCIETE BSN PORTEES AU VERSO DE CHAQUE FACTURE. PORTENT QUE LE DEFAUT DE PAIEMENT D'UNE SEULE ECHEANCE REND IMMEDIATEMENT EXIGIBLE L'INTEGRALITE DE LA CREANCE &gt;;    ATTENDU CEPENDANT, QUE LA SOCIETE EVOR ET LE SYNDIC DE SON REGLEMENT JUDICIAIRE AVAIENT SOUTENU DANS LEURS CONCLUSIONS, REGULIEREMENT  PRODUITES, &lt; QUE LADITE CLAUSE NE PEUT RECEVOIR APPLICATION ALORS, QU'EN L'ESPECE, IL NE S'AGIT POINT D'UNE VENTE  DE MARCHANDISES, DONT LE PRIX GLOBAL A ETE FRACTIONNE POUR ETRE PAYE EN PLUSIEURS ECHEANCES, MAIS DE VENTES SUCCESSIVES, LE PRIX DE CHACUNE D'ELLES ETANT PAYABLE EN UNE SEULE FOIS, A UNE ECHEANCE FIXEE &gt;; QU'EN NE REPONDANT EN AUCUNE FACON AU MOYEN AINSI DEVELOPPE, L'ARRET N'A PAS SATISFAIT AUX EXIGENCES DU TEXTE SUSVISE;<br>
<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 13 JANVIER 1978 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS; REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL D'AMIENS.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code civil 1188 CASSATION,LOI 67-567 1967-07-13 ART. 37
**ECLI:** 
**Résumé:** Une société commerciale ne peut être en déconfiture et c'est sans rétroactivité que le jugement qui prononce le règlement judiciaire ou la liquidation des biens rend exigibles, à l'égard du débiteur, les dettes non échues.
**Mots-clés:** FAILLITE REGLEMENT JUDICIAIRE LIQUIDATION DES BIENS - Effets - Dettes non échues - Exigibilité - Rétroactivité (non).,* COMMERCANT - Déconfiture (non).,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - Terme - Déchéance - Causes - Déconfiture du débiteur - Société commerciale (non).,* SOCIETES COMMERCIALES EN GENERAL - Déconfiture (non).