# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 2ème chambre - formation à 3, 03/02/2010, 09LY01676, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022154584
**Date de décision:** 2010-02-03
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022154584

## Contenu de la décision

Vu, I/, sous le numéro 09LY02030, la requête, enregistrée le 21 août 2009 à la Cour, présentée pour M. Moussa A, domicilié ...<br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0903144, en date du 15 juillet 2009, par lequel le Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du préfet de l'Ardèche du 29 avril 2009, portant refus de délivrance d'un titre de séjour ; <br>
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        2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision susmentionnée ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans le même délai ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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        Il soutient que l'acte litigieux est entaché d'une motivation insuffisante et erronée ; que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; qu'enfin, elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Vu le jugement attaqué ;<br>
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       Vu l'ordonnance du 13 octobre 2009 portant dispense d'instruction ;<br>
       Vu, II/, sous le numéro 09LY01676, la requête enregistrée le 22 juillet 2009 à la Cour, présentée pour M. Moussa A, domicilié ...<br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0903736, en date du 26 juin 2009, par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du Préfet de l'Ardèche, du 29 avril 2009, portant obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et désignation du pays de renvoi et de la décision du 24 juin 2009 portant placement en rétention administrative ; <br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions susmentionnées ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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        Il soutient que les décisions du 29 avril 2009 en litige sont entachées d'une motivation insuffisante ; que la mesure d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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      Vu le jugement attaqué ;<br>
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            Vu l'ordonnance du 13 octobre 2009 portant dispense d'instruction ;<br>
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            Vu les autres pièces des dossiers ;<br>
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            Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
            Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
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            Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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            Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ; <br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 janvier 2010 :<br>
       - le rapport de M. Le Gars, président,<br>
       - et les conclusions de M. Reynoird, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que les requêtes susvisées concernent le même requérant et présentent à juger des questions semblables ; qu'il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même arrêt ;<br>
            Sur la légalité de la décision de refus de délivrance de titre de séjour : <br>
      Considérant, en premier lieu, que la décision de refus de délivrance de titre de séjour en litige, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est régulièrement motivée ;<br>
        Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé :  (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit : (...) / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...)  et qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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	Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant algérien, né en Algérie en 1958, est entré en France le 31 décembre 2005, sous couvert d'un visa de court séjour, et s'y est maintenu en situation irrégulière ; que s'il y exerce une activité professionnelle sous couvert d'un contrat à durée indéterminée, c'est sans y avoir été autorisé ; que, s'il allègue vivre maritalement avec une ressortissante française depuis son arrivée sur le territoire français, il n'établit pas vivre effectivement avec cette dernière, alors qu'au contraire, des pièces du dossier font état de domiciles distincts ; que, nonobstant l'engagement très récent d'une procédure de divorce, en avril 2009, il est marié avec une compatriote résidant en Algérie, où demeurent également leurs six enfants, dont trois sont mineurs ; que ses attaches familiales sont donc dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de quarante-sept ans ; qu'ainsi, la décision du 29 avril 2009, par laquelle le préfet de l'Ardèche a refusé de lui délivrer un titre de séjour, n'est pas entachée d'erreur de fait quant à  ses attaches  familiales, et n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus ; qu'elle n'a, par suite, méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; que, pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant ; <br>
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       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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      Considérant, en premier lieu, qu'aux termes du 1er alinéa du I. de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction modifiée par la loi n° 2007-1631 du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile,  publiée au journal officiel le 21 novembre 2007 :  L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger ou qui lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte de séjour ou son autorisation provisoire de séjour, pour un motif autre que l'existence d'une menace à l'ordre public, peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa. L'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation.  ;<br>
        Considérant qu'il résulte des dispositions précitées que la mesure contestée n'a pas à faire l'objet d'une motivation ; que, par suite, le requérant ne saurait utilement soutenir que ladite décision est insuffisamment motivée ;<br>
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      Considérant, en second lieu, que, pour les motifs sus-énoncés dans le cadre de l'examen de la légalité du refus de délivrance de titre de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. A ;<br>
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      Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi : <br>
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      Considérant que la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est suffisamment motivée en droit par le visa des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoient que la décision portant obligation de quitter le territoire français  fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire  ; que cette décision doit par ailleurs être regardée comme suffisamment motivée en fait par l'indication que l'intéressé est de nationalité algérienne et qu'il pourra être reconduit d'office à la frontière du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays où il établirait être légalement admissible ;<br>
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      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par les jugements attaqués, le Tribunal administratif de Lyon a rejeté ses demandes ; que ses conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence ;<br>
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DECIDE :<br>
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Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Moussa A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Copie en sera adressée au préfet de l'Ardèche.                <br>
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2010 à laquelle siégeaient :<br>
M. Le Gars, président de la Cour,<br>
M. Pourny, premier conseiller,<br>
M. Segado, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 3 février 2010.<br>
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N°  09LY01676-09LY02030	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**