# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, Juge unique -1ère chambre, 27/03/2009, 07LY02458, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021100122
**Date de décision:** 2009-03-27
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** Juge unique -1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021100122

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Lyon le 6 novembre 2007, présentée pour le PREFET DU RHONE ;<br>
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       Le PREFET DU RHONE demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0706790 en date du 8 octobre 2007, par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Lyon a annulé, d'une part, son arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. X, de nationalité béninoise, d'autre part, sa décision distincte du même jour fixant le pays de renvoi ;<br>
       2°) de mettre à la charge de M. X la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-1647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 25 février 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Bézard, président ;<br>
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       - les observations de Me Faivre, avocat de M. X ;<br>
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       - les conclusions de M. Reynoird, rapporteur public ;<br>
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- et la parole ayant été à nouveau donnée à la partie présente ;<br>
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       Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête ;<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
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        Considérant que M. X, de nationalité béninoise, est entré en France le 23 octobre 2002, qu'il entretient une relation avec une ressortissante guinéenne depuis 2003 ; que de cette relation est né un enfant le 11 mars 2004 ; que sa compagne est également mère d'une fille née le 11 avril 2005 de nationalité française par filiation paternelle ; que le couple s'est uni le 11 mars 2006 ; que Mme X est titulaire d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français ; que celle-ci a consenti à l'adoption simple de sa fille par M. X ; que l'exécution de l'arrêté litigieux aurait pour conséquence de séparer M. X de son épouse et son enfant ; qu'ainsi dans les circonstances très particulières de l'espèce, l'arrêté contesté a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il a, ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DU RHONE n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Lyon a annulé son arrêté du 4 octobre 2007 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X ainsi que par voie de conséquence sa décision distincte du même jour fixant le Bénin comme pays de destination de la reconduite ;<br>
        Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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        Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. X, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, quelque somme que ce soit au profit de l'Etat, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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DECIDE :<br>
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Article 1er : La requête  du PREFET DU RHONE est rejeté.<br>
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N° 07LY02458	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**