# Cour Administrative d'Appel de Paris, Juge des reconduites à la frontière , 30/12/2009, 08PA05551, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021646225
**Date de décision:** 2009-12-30
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** Juge des reconduites à la frontière
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021646225

## Contenu de la décision

Vu enregistrée au greffe de la cour le 13 novembre 2008, la requête présentée pour M. El Mekki A, résidant chez B, ..., par Me Martoux ; M. A demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0812265 du 8 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 21 juillet 2008 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière et la décision du même jour fixant le pays de destination ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi, signé à Rabat le 9 octobre 1987 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Vu la décision du 1er septembre 2009 par laquelle le président de la cour a désigné Mme Briançon, magistrat, pour statuer notamment sur les appels dirigés contre les décisions juridictionnelles rendues en application de l'article L. 512-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir au cours de l'audience publique du 21 décembre 2009, présenté son rapport et entendu :<br>
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       - les conclusions de M. Bachini, rapporteur public ;  <br>
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       Sur la régularité du jugement : <br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7  ; qu'aux termes de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc susvisé :  Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention  salarié  éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles  ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A a fait valoir dans sa demande devant le tribunal qu'il avait sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ; qu'il doit être regardé comme ayant soulevé le moyen tiré de ce qu'il pouvait prétendre à l'attribution de plein droit d'un titre de séjour ; que, cependant, aucune de ces dispositions ne prévoyant l'attribution de plein droit d'un titre de séjour, le moyen ainsi soulevé était inopérant et le magistrat délégué a pu, sans entacher son jugement d'irrégularité, s'abstenir d'y répondre ; <br>
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       Au fond :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  II. L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement en France, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité  ; <br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué M. A était dépourvu d'un titre de séjour en cours de validité ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées et pouvait faire légalement l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;<br>
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       Considérant, en deuxième lieu, que l'arrêté contesté vise les textes dont il fait application et précise les conditions de fait qui le motivent ; qu'il est ainsi suffisamment motivé au regard des exigences de la loi du 11 juillet 1979 susvisée ; <br>
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       Considérant, en troisième lieu, qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une telle mesure à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;<br>
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       Considérant qu'ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le moyen tiré par M. A de ce qu'il pouvait prétendre à l'attribution d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 est inopérant à l'encontre de l'arrêté de reconduite à la frontière contesté ;<br>
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       Considérant, en quatrième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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       Considérant que M. A fait valoir qu'il vit en France depuis plus de dix ans et qu'il y a noué des relations amicales et affectives ; que, cependant, il est célibataire, n'a pas de charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine ; qu'ainsi, l'arrêté contesté n'a pas porté une atteinte excessive à son droit à une vie familiale et privée tel que garanti par l'article 8 de la convention précité ;<br>
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       Considérant en cinquième lieu, que la circonstance que l'intéressé a exercé entre 2000 et 2008 une activité salariée en France où il a résidé durant cette période, n'est pas de nature à faire regarder l'arrêté litigieux comme entaché d'erreur manifeste de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; que doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête M. A est rejetée. <br>
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N° 08PA05551<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**