# CAA de LYON, 5ème chambre - formation à 3, 09/03/2017, 15LY04050, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000034196865
**Date de décision:** 2017-03-09
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000034196865

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
Procédure contentieuse antérieure<br>
       M.D... B... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 19 juin 2015 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a désigné le pays à destination duquel il serait reconduit.<br>
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       Par un jugement n° 1504565 du 19 novembre 2015, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête et des mémoires enregistrés les 18 décembre 2015, 6 janvier 2016 et 10 février 2017, M. B..., représenté par MeA..., demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 19 novembre 2015 ;<br>
       2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté susmentionné ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer une carte de séjour temporaire ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - le préfet a méconnu l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - l'arrêté méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Savoie qui n'a pas produit d'observations.<br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 janvier 2016<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Savouré, premier conseiller ; <br>
        1. Considérant que le requérant, ressortissant guinéen, déclare s'appeler M.B..., être né le 3 avril 1997 et être entré en France le 28 février 2014 ; qu'après avoir été pris en charge par les services de la protection de l'enfance, il a sollicité, le 5 février 2015, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que par arrêté du 19 juin 2015, le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui octroyer ce titre de séjour, au motif que sa véritable identité serait celle de M.C..., né le 31 décembre 1980 et qu'il ne remplissait pas les conditions d'octroi d'un titre de séjour sur ce fondement ; que le préfet de la Haute-Savoie a assorti ce refus de décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ; que le requérant relève appel du jugement du 19 novembre 2015 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ; <br>
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        2. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel et sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire prévue au 1° de l'article L. 313-10 portant la mention "salarié" ou la mention "travailleur temporaire" peut être délivrée, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, à l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le respect de la condition prévue à l'article L. 311-7 n'est pas exigé. " ; <br>
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        3. Considérant que, lorsqu'il examine une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans et qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle ; que, disposant d'un large pouvoir d'appréciation, il doit ensuite prendre en compte la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française ; qu'il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a portée ; <br>
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        4. Considérant qu'il est constant que le requérant a obtenu un visa de court séjour le 16 mai 2013 sous le nom deC..., né le 31 décembre 1980 ; que s'il affirme qu'il s'agissait d'une identité d'emprunt, il ressort des pièces du dossier que sa carte d'identité guinéenne, établie au nom de Elhadj BoubacarB..., né le 3 avril 1997, est falsifiée ; qu'il a d'ailleurs tenté de demander l'asile en Suisse, sous ce même nom, en mentionnant cette fois une naissance le 28 septembre 1996 ; que s'il produit deux extraits de registre d'état civil issus d'une procédure de jugement supplétif obtenu en application du droit guinéen, il ressort des informations fournies par l'ambassade de France en Guinée que ce jugement peut être rendu sur la seule base du témoignage de deux personnes et n'est donc pas suffisamment probant, compte tenu des antécédents du requérant ; que, de même, s'il produit une carte consulaire établie par l'ambassade de Guinée à Paris au nom de M.B..., ce document ne peut à lui seul, compte tenu des faits de l'espèce, être considéré comme établissant de façon probante l'état civil du requérant ; qu'ainsi, il ne ressort des pièces du dossier ni que la demande a été présentée dans l'année qui suit le dix-huitième anniversaire du requérant, ni qu'il était âgé de seize à dix-huit ans lorsqu'il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance ; <br>
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        5. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) " ; <br>
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        6. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " ; <br>
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        7. Considérant que si le requérant se prévaut d'efforts d'intégration et fait valoir qu'il poursuit des études en alternance en vue du baccalauréat professionnel et qu'il a obtenu le BAFA, il ressort des pièces du dossier qu'il n'est entré en France que le 28 février 2014 et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine ; que, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour contesté porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par la décision et méconnaîtrait, par suite, les dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté ; <br>
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        8. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande ; que doivent être rejetées, par voie de conséquences, ses conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D... B...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.<br>
Délibéré après l'audience du 16 février 2017 à laquelle siégeaient :<br>
M. Clot, président de chambre,<br>
M. Pourny, président-assesseur,<br>
M. Savouré, premier conseiller.	<br>
       Lu en audience publique, le 9 mars 2017. <br>
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N° 15LY04050<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.