# CAA de DOUAI, 3e chambre - formation à 3 (bis), 18/06/2015, 14DA01468, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030771007
**Date de décision:** 2015-06-18
**Juridiction:** CAA de DOUAI
**Formation:** 3e chambre - formation à 3 (bis)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030771007

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A...B...a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler l'arrêté du 21 février 2014 du préfet de la Somme lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. <br>
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       Par un jugement n° 1401435 du 8 juillet 2014, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté cette demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 27 août 2014, M.B..., représenté par Me D... C..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif d'Amiens du 8 juillet 2014 et l'arrêté du 21 février 2014 ;<br>
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       2°) de faire injonction au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'arrêt à intervenir. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Jean-François Papin, premier conseiller.<br>
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       1. Considérant que M.B..., ressortissant géorgien, relève appel du jugement du 8 juillet 2014 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 février 2014 du préfet de la Somme lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;<br>
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	2. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / (...) / 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire (...) " ;<br>
	3. Considérant que, si M. B...a versé au dossier des résultats d'analyses sanguines faisant apparaître qu'il est porteur du virus de l'hépatite B, cet élément n'est pas, à lui seul, de nature à permettre à l'intéressé, qui n'apporte aucune précision quant au degré d'évolution de la pathologie dont il est atteint, ni même quant au traitement qui lui serait prodigué, d'établir que son état de santé rendrait nécessaire une prise en charge médicale dont le défaut serait susceptible d'entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; que, par suite, pour refuser de lui délivrer un titre de séjour le préfet de la Somme, qui a tenu compte, afin d'apprécier l'opportunité de faire usage, à titre gracieux, du pouvoir de régularisation qui lui est reconnu, des éléments afférents à son état de santé, n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation, ni n'a méconnu les dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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	4. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / (...) " et qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / (...) / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France (...) sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. (...) " ;<br>
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       5. Considérant que, si M.B..., qui serait entré en France le 17 juin 2011, se prévaut de la présence auprès de lui de son épouse, il ressort des pièces du dossier que les intéressés sont tous deux en situation irrégulière de séjour ; qu'en faisant seulement état de la nationalité arménienne de son épouse, M. B...n'apporte aucun élément de nature à établir que celle-ci ne serait pas légalement admissible en Géorgie, pays dans lequel le couple a habituellement vécu avant son départ pour la France, ni qu'il y serait dépourvu d'attaches familiales ; qu'ainsi, il n'est pas établi que des circonstances particulières feraient obstacle à ce que M. B...emmène, le cas échéant, son épouse et leur enfant, né à Amiens le 17 avril 2013, afin de reconstituer leur vie familiale en Géorgie ; que, par suite et eu égard, en outre, à la faible ancienneté, ainsi qu'aux conditions du séjour de M. B...sur le territoire français, la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour n'a pas porté aux droits de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que cette décision n'a ainsi méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       6. Considérant qu'aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale " ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent utilement être invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur de l'enfant dans toutes les décisions le concernant ; que ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation ;<br>
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       7. Considérant qu'eu égard, d'une part, à ce qui vient d'être dit au point 5 s'agissant de la possibilité pour la cellule familiale du requérant de se reconstituer, le cas échéant, en Géorgie, d'autre part, au jeune âge de l'enfant ShakroB..., né le 17 avril 2013, il n'est pas établi que le préfet de la Somme aurait porté, pour faire obligation à M. B...de quitter le territoire français, une attention insuffisante à l'intérêt supérieur de cet enfant, nonobstant la simple erreur de plume qui affecterait les motifs de son arrêté s'agissant de la nationalité de ce dernier, ni qu'il aurait méconnu les stipulations sus-rappelées du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
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	8. Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " ;<br>
	9. Considérant que M. B...ne produit aucun élément probant de nature à établir la réalité des risques personnels, directs et actuels qu'il encourrait en cas de retour en Géorgie ; qu'au demeurant, il ressort des pièces du dossier que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 31 décembre 2012, confirmée le 12 décembre 2013 par la Cour nationale du droit d'asile ; qu'ainsi, les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas, en l'espèce, été méconnues par le préfet de la Somme pour fixer la Géorgie comme le pays à destination duquel M. B...pourrait être reconduit d'office ; <br>
       10. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande ; que ses conclusions à fin d'injonction doivent, par voie de conséquence, être rejetées ;<br>
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DÉCIDE :<br>
       Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Copie sera adressée au préfet de la Somme.<br>
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N°14DA01468<br>
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N°"Numéro"<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.