# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 5ème chambre - formation à 3, 20/03/2014, 13LY01634, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028820733
**Date de décision:** 2014-03-20
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028820733

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 juin 2013 au greffe de la Cour, présentée pour M. B...A..., domicilié ...; <br>
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       M. A...demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1300502 du 21 mai 2013 par lequel le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Isère en date du 26 juillet 2012 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de son renvoi ; <br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ; <br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 300 euros au profit de son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle ;<br>
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       Le requérant soutient que l'arrêté attaqué a méconnu le droit d'être entendu dont il dispose en application du 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, alors même qu'il n'a pas présenté une demande de titre de séjour ; que, par ailleurs, il est fondé à faire valoir que le préfet n'a pas procédé à un examen suffisant de sa situation personnelle et s'est borné à relever son état civil et à utiliser des formules stéréotypées ; <br>
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       Vu le jugement et l'arrêté attaqués ; <br>
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        Vu le mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2013, présenté par le préfet de l'Isère qui conclut au rejet de la requête en s'en rapportant au mémoire qu'il a déposé en première instance ; <br>
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       Vu l'ordonnance en date du 5 décembre 2013 fixant la clôture de l'instruction au 20  décembre 2013 à 16 heures 30, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu l'ordonnance en date du 13 décembre 2013 reportant la clôture de l'instruction du 20 décembre 2013 à 16 heures 30 au 30 décembre 2013 à 16 heures 30, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu l'ordonnance en date du 31 décembre 2013 reportant la clôture de l'instruction du 30 décembre 2013 à 16 heures 30 au 14 janvier 2014 à 16 heures 30, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal de grande instance de Lyon (section administrative d'appel), en date du 18 juillet 2013, accordant à M. B...A...l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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       Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;<br>
      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 modifiée ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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       Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 modifiée ;<br>
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     Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 février 2014 :<br>
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       - le rapport de Mme Mear, président-assesseur ;<br>
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       1. Considérant que M. B...A..., ressortissant roumain, né le 20 décembre 1982, est, selon ses déclarations, entré en France le 22 avril 2012 ; que, par arrêté du 26 juillet 2012, le préfet de l'Isère, après avoir constaté que M. A...ne disposait d'aucun droit au séjour en France, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi ; que M. A...relève appel du jugement n° 1300502 du 21 mai 2013 par lequel le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation : <br>
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       2. Considérant, en premier lieu, que, lorsqu'il oblige un ressortissant communautaire à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont issues de la transposition en droit national de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004, le préfet doit être regardé comme mettant en oeuvre le droit de l'Union européenne ; qu'il lui appartient, dès lors, d'en appliquer les principes généraux, dont celui du droit à une bonne administration ; que, parmi les principes que sous-tend ce dernier, figure celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; que selon la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne, ce droit se définit comme le droit de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief ; que ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision défavorable est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales ; qu'enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie ;<br>
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       3. Considérant qu'il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que M. A...a été entendu avant que le préfet de l'Isère ne prenne à son égard une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français dès lors que cet arrêté mentionne que le requérant " a déclaré être entré en France le 22 avril 2012 " et " être aidé par une assistance sociale et percevoir des prestations de la caisse d'allocations familiales " et qu'il fait état, en outre, de sa nationalité, de sa date de naissance, du fait qu'il est marié et que sa conjointe fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ; qu'il ne ressort pas, par ailleurs, des pièces du dossier que M.A..., qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, sans autre précision, disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle, qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à la décision l'obligeant à quitter le territoire français ; que, par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A...a été privé du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union européenne ;<br>
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       4. Considérant, en second lieu, que, comme cela est susmentionné, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Isère a pris en compte la situation du requérant et notamment les informations qui lui ont été données par ce dernier lui-même ; que, dès lors, M. A...n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Isère n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;<br>
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       5. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       6. Considérant que M. A...étant partie perdante à l'instance, sa demande tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejetée ; <br>
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       DECIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. A...est rejetée. <br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B...A...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de l'Isère. <br>
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Délibéré après l'audience du 20 février 2014 à laquelle siégeaient :<br>
M. Montsec, président de chambre,<br>
Mme Mear, président-assesseur, <br>
Mme Bourion, premier conseiller. <br>
      Lu en audience publique, le 20 mars 2014.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.