# CAA de VERSAILLES, 5ème chambre, 24/06/2021, 20VE01479, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000043713733
**Date de décision:** 2021-06-24
**Juridiction:** CAA de VERSAILLES
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000043713733

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure : <br>
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       M. C... B... a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du préfet de police du 5 mars 2020 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays à destination, d'enjoindre au préfet de police de procéder à un nouvel examen de sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Par un jugement n° 2001783 du 3 juin 2020, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté cette demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 29 juin 2020, M. B..., représenté par Me Namigohar, avocat, demande à la cour : <br>
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       1°) d'ordonner la production de l'entier dossier le concernant ;<br>
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       2°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       3°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       4°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;<br>
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       5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       -	la décision portant obligation de quitter le territoire a été prise par une autorité incompétente ;<br>
       -	elle est insuffisamment motivée ;<br>
       -	elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;<br>
       -	elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       -	elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
       -	la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;<br>
       -	elle a été prise par une autorité incompétente ;<br>
       -	elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       -	la décision de placement en rétention doit être annulée, dès lors qu'il n'a pas bénéficié d'un procès équitable, en méconnaissance de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
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       -	la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       -	le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       -	le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. A... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant tunisien né le 29 octobre 1982, relève appel du jugement du 3 juin 2020 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 5 mars 2020 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays à destination.<br>
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       2. En premier lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal.<br>
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       3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est ainsi suffisamment motivé, alors même qu'il ne présente pas une description exhaustive de la situation personnelle du requérant. Cette motivation ne révèle en outre aucun défaut d'examen de la situation de celui-ci.<br>
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       4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) ".<br>
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       5. M. B... fait valoir qu'il est régulièrement entré en France en juin 2014 et y réside depuis lors, que son père, sa soeur et son beau-frère vivent également sur le territoire national et sont en situation régulière, que la communauté de vie avec sa compagne, ressortissante française, est stable et suffisamment ancienne, qu'il travaille depuis 2015 en qualité de serveur dans un restaurant, qu'ils disposent d'un logement et envisagent de se marier, qu'il dispose de ressources suffisantes et n'a jamais troublé l'ordre public. Toutefois, l'ancienneté du séjour en France de l'intéressé, à la supposer établie, ne caractérise pas à elle seule une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. En outre, l'ancienneté et la stabilité de la communauté de vie du couple n'est pas établie par la seule production d'une attestation établie le 6 mars 2020 par sa compagne et d'un contrat de location signé le 15 mars 2020, postérieurement à l'arrêté attaqué du 5 mars 2020. Enfin, le requérant, sans charge de famille, n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Dans ces conditions, l'arrêté litigieux n'a pas porté au droit de M. B... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté aurait été pris en méconnaissance des textes précités ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle du requérant.<br>
       6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.<br>
       7. En cinquième lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.<br>
       8. Enfin, si le requérant soutient que la décision de placement en rétention dont il aurait fait l'objet doit être annulée, dès lors qu'il n'a pas bénéficié d'un procès équitable, en méconnaissance de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen, dirigé contre une décision inexistante, doit être en tout état de cause écarté.<br>
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       9. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de prescrire la communication de son dossier par l'administration, que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. <br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête présentée par M. B... est rejetée.<br>
N° 20VE01479	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.