# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 23 juin 2004, 258831, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008192537
**Date de décision:** 2004-06-23
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008192537

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 juillet 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Rachid X domicilié ...)  ; M X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 27 juin 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2003 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) de condamner l'Etat aux dépens  ;
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                     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                	Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 19 mars 2002, de la décision du préfet de la Côte d'Or du 14 mars 2002 lui refusant le renouvellement d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Sur l'exception d'illégalité du refus de renouvellement du titre de séjour  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, dans sa rédaction issue de la loi du 11 mai 1998  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 4° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (...)  ; Le renouvellement de la carte de séjour délivrée au titre du 4° ci-dessus est subordonné au fait que la communauté de vie n'ait pas cessé   ; qu'aux termes de l'article 15 de la même ordonnance  : Sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour  : 1° A l'étranger marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (...)  ; 
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                Considérant que si M. X fait valoir qu'il est marié depuis plus d'un an avec une ressortissante de nationalité française, il ressort des pièces du dossier que la communauté de vie entre les époux avait cessé à la date à laquelle l'intéressé à demandé le renouvellement de sa carte de séjour  ; que, dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le refus qui lui a été opposé le 14 mars 2002 méconnaissait les dispositions susmentionnées de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; 
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                Considérant que, dès lors qu'il n'entrait pas dans le champ d'application des articles 12 bis et 15 précités, M. X n'est pas non plus fondé à soutenir que ce refus aurait été illégal faute d'avoir été précédé d'une saisine de la commission départementale prévue à l'article 12 quater de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ;
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                Sur les autres moyens  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  :  Ne peuvent faire l'objet d'un arrêté d'expulsion, en application de l'article 23  : (...) 4° L'étranger, marié depuis au moins un an, dont le conjoint est de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé et que le conjoint ait conservé la nationalité française (...). Les étrangers mentionnés aux 1° à 6° et 8° ne peuvent faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière en application de l'article 22 de la présente ordonnance  ;
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                Considérant, ainsi qu'il a déjà été dit ci-dessus, qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. X n'avait plus de vie commune avec son épouse, qui a engagé contre lui une procédure de divorce devant le tribunal de grande instance de Dijon  ; que, dès lors, en décidant la reconduite à la frontière de M. X, le préfet de la Côte d'Or n'a pas méconnu les dispositions précitées  ;
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                Considérant que si M. X fait valoir que la mesure d'éloignement prise à son encontre porterait atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, notamment en l'empêchant d'assurer correctement sa défense dans la procédure de divorce en cours, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué ne saurait être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressé ni comme portant une atteinte excessive aux droits qu'il tire des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande  ;
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D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Rachid X, au préfet de la Côte-d'Or et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**