# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 8 juillet 1980, 79-40.238, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007005620
**Date de décision:** 1980-07-08
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007005620

## Contenu de la décision

<p>SUR LE PREMIER MOYEN :</p>
<p>     VU LES ARTICLES 489 ET 1315 DU CODE CIVIL ;</p>
<p>    ATTENDU QUE, POUR DECIDER QUE DEMOISELLE X...,  QUI AVAIT, PAR LETTRES DES 23 ET 27 MAI 1977, DONNE SA DEMISSION DES  FONCTIONS DE MANIPULATRICE RADIO QU'ELLE EXERCAIT DEPUIS LE 3 MARS 1975  AU CABINET MEDICAL D'ELECTRO-RADIOLOGIE DES DOCTEURS A..., B... ET C..., AVAIT ETE L'OBJET D'UN LICENCIEMENT SANS CAUSE REELLE ET  SERIEUSE DE LA PART DE SES EMPLOYEURS ET LUI ALLOUER, EN CONSEQUENCE,  UNE INDEMNITE DE PREAVIS, UNE INDEMNITE DE LICENCIEMENT ET DES  DOMMAGES-INTERETS POUR CONGEDIEMENT SANS CAUSE REELLE ET SERIEUSE,  L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE A RETENU QUE, SI LE CERTIFICAT MEDICAL ET LES  JUGEMENTS DE CURATELLE PRODUITS PAR LA SALARIEE, SUJETTE DEPUIS  QUELQUES ANNEES A DES TROUBLES PSYCHIQUES, NE PERMETTAIENT PAS DE  DETERMINER SI, EN DECLARANT QU'ELLE AVAIT L'INTENTION DE DEMISSIONNER,  ELLE EXPRIMAIT UNE VOLONTE LIBRE  OU CEDAIT AUX SUGGESTIONS DE SES  EMPLOYEURS, IL APPARAISSAIT, COMPTE TENU DE LA FRAGILITE DE SA VOLONTE,  QUE LA RUPTURE DE SON CONTRAT DE TRAVAIL AVAIT ETE PROVOQUEE NON PAR UNE  VOLONTE LIBRE DE L'INTERESSEE, MAIS PAR LA DEMANDE D'UN DE SES  EMPLOYEURS QUI AVAIT ABUSE DE SA FAIBLESSE ;</p>
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<p>    ATTENDU, CEPENDANT, QU'IL INCOMBE AU SALARIE QUI, AYANT DONNE SA  DEMISSION, ENTEND IMPUTER LA RUPTURE DE SON CONTRAT DE TRAVAIL A SON  EMPLOYEUR D'EN APPORTER LA PREUVE ; QU'IL RESULTE, PAR AILLEURS, DE  L'ARTICLE 489 DU CODE CIVIL, QUE CEUX QUI AGISSENT EN NULLITE D'UN ACTE  POUR INSANITE D'ESPRIT DOIVENT PROUVER L'EXISTENCE D'UN TROUBLE MENTAL  AU MOMENT PRECIS OU LEDIT ACTE A ETE FAIT ;    D'OU IL SUIT QU'EN  STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, ALORS QU'IL RESULTAIT DE SES PROPRES  CONSTATATIONS QUE LES DOCUMENTS PRODUITS PAR DEMOISELLE X...,  DEMANDERESSE A L'INSTANCE, N'APPORTAIENT PASLA PREUVE D'UNE CONTRAINTE  EXERCEE SUR ELLE EN VUE DE L'AMENER A DONNER SA DEMISSION, ET EN  RETENANT QUE CELLE-CI AVAIT ETE PROVOQUEE PAR LA DEMANDE FAITE A  L'INTERESSEE PAR L'UN DE SES EMPLOYEURS, SUR LA SIMPLE AFFIRMATION DE LA  FRAGILITE DE SA VOLONTE ET SANS RELEVER AUCUNE CIRCONSTANCE DE FAIT DE  NATURE A CARACTERISER UN VICE DU CONSENTEMENT AYANT ENTACHE LES LETTRES  DE DEMISSION AU MOMENT OU ELLES ONT ETE REDIGEES, LA COUR D'APPEL N'A  PAS SATISFAIT AUX EXIGENCES DES TEXTES SUSVISES</p>
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<p>    PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU D'EXAMINER LE SECOND MOYEN :</p>
<p>     CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 26 SEPTEMBRE 1978  PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS ; REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES  PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET,  ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL D'AMIENS.</p>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code civil 1315 CASSATION,Code civil 489 CASSATION
**ECLI:** 
**Résumé:** Il incombe au salarié qui, ayant donné sa démission, entend rendre imputable à son employeur la rupture de son contrat de travail, d'en apporter la preuve. 
Il résulte par ailleurs de l'article 489 du Code civil que ceux qui agissent en nullité d'un acte pour insanité d'esprit doivent prouver l'existence d'un trouble mental au moment précis où ledit acte a été fait. Par suite encourt la cassation la décision qui, alors qu'il résulte de ses propres constatations qu'un salarié démissionnaire n'apporte pas la preuve d'une contrainte exercée sur lui en vue de l'amener à donner sa démission, impute à l'employeur la rupture du contrat de travail au motif que la démission a été provoquée par la demande faite au salarié par l'employeur, en se fondant sur la simple affirmation de la fragilité de la volonté de l'intéressé sujet depuis quelques années à des troubles psychiques et placé sous curatelle, sans relever aucune circonstance de fait de nature à caractériser un vice du consentement ayant entaché les lettres de démission au moment où elles ont été rédigées.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture - Imputabilité - Démission du salarié - Vice du consentement - Démence - Preuve.,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - Consentement - Démence - Preuve - Constatations nécessaires.