# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 25 juin 1991, 89-20.506, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007026836
**Date de décision:** 1991-06-25
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007026836

## Contenu de la décision

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<br>   Attendu, selon l'arrêt attaqué (Reims, 2 octobre 1989), que M. Y..., exploitant sous l'enseigne " Cabinet Rex " une activité de recouvrement de créances, a consenti, pour des secteurs géographiques déterminés, des concessions de cette activité à plusieurs agents, dont M. X... ; que, par actes sous seing privé des 30 septembre 1987 et 4 mars 1988, M. X... a cédé ses droits à M. Z... ; que celui-ci, après avoir rompu ses relations avec M. Y... le 31 mars 1989, a assigné ce dernier en paiement de dommages-intérêts, en lui reprochant un détournement de clientèle ; que M. Y... a demandé reconventionnellement une indemnité pour rupture sans aucun préavis du contrat et, en outre, qu'interdiction soit faite à M. Z... d'exercer l'activité de recouvrement de créances dans le secteur qui lui avait été concédé par les actes des 30 septembre 1987 et 4 mars 1988 ; que la cour d'appel a rejeté la demande principale et a accueilli les demandes reconventionnelles ;<br>
<br>   Sur le premier moyen : (sans intérêt) ;<br>
<br>   Et sur le second moyen :<br>
<br>   Attendu que M. Z... reproche encore à l'arrêt de lui avoir fait défense d'exercer, pendant 2 ans, une activité concurrente de celle de M. Y... dans le secteur anciennement concédé, alors, selon le pourvoi, que le juge ne peut, en l'absence de toute clause de non-concurrence, interdire que des actes déloyaux ; qu'il ne peut faire défense à un citoyen d'exercer une activité sur un territoire et de créer sa propre clientèle par des moyens licites, sans violer le principe de la liberté du commerce et de l'industrie ;<br>
<br>   Mais attendu qu'ayant retenu l'existence d'un mandat d'intérêt commun liant M. Y... à M. Z..., et que M. Z... avait commis une faute à l'égard de son ancien mandant en conservant le fichier de la clientèle, la cour d'appel a pu mettre à la charge de M. Z... une obligation de non-concurrence limitée dans le temps et dans l'espace ; que le moyen n'est pas fondé ;<br>
<br>         PAR CES MOTIFS :<br>
<br>   REJETTE le pourvoi<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Ayant retenu que deux parties étaient liées par un mandat d'intérêt commun et que le mandataire avait commis une faute à l'égard de son ancien mandant en conservant le fichier de la clientèle après la rupture de leurs relations contractuelles, une cour d'appel a pu mettre à sa charge une obligation de non-concurrence limitée dans le temps et dans l'espace.
**Mots-clés:** MANDAT - Mandat commercial - Mandat conféré dans l'intérêt du mandant et du mandataire - Rupture - Conservation du fichier clientèle par le mandataire - Faute de ce dernier - Sanction - Obligation de non-concurrence postérieure à l'exécution du contrat - Pouvoirs des juges,CONCURRENCE DELOYALE OU ILLICITE - Sanctions - Suppression de la situation illicite - Interdiction d'exercer une activité concurrente - Interdiction limitée dans le temps et dans l'espace - Pouvoirs des juges,POUVOIRS DES JUGES - Applications diverses - Mandat - Mandat d'intérêt commun - Rupture - Conservation par le mandataire du fichier clientèle - Faute - Obligation de non-concurrence,MANDAT - Mandataire - Responsabilité - Mandat d'intérêt commun - Rupture - Conservation du fichier clientèle - Sanction - Obligation de non-concurrence