# Cour administrative d'appel de Versailles, Juges des Reconduites à la frontière, du 13 avril 2006, 05VE01111, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007423328
**Date de décision:** 2006-04-13
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Versailles
**Formation:** JUGES DES RECONDUITES A LA FRONTIERE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007423328

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour le 16 mai 2005, présentée pour M. Ali X, demeurant chez M. Ahmed Y ..., par Me Thuillez  ; M. X demande à la Cour  :
<br>
           1°) d'annuler le jugement n°0503857 du 4 mai 2005 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 avril 2005 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa reconduite à la frontière  ;
<br>
            2°) d'annuler cet arrêté  ;
<br>
            3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
<br>
            Il soutient que le jugement attaqué n'a pas répondu aux moyens développés, qu'il est dès lors insuffisamment motivé  ; que sa présence en France depuis plus de dix ans ne peut être sérieusement contestée  ; que la mesure de reconduite porte atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale normale  ;
<br>
            ..
<br>
<br>
     
       Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
            Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
            Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile   ;
<br>
<br>
     
       Vu le code de justice administrative  ;
<br>
     	Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
<br>
     	Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 mars 2006  :
<br>
     
- le rapport de Mme Belle, magistrat délégué  ;
<br>
     
- et les conclusions de Mme Le Montagner, commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
     
       Considérant qu'aux termes de l'article L.511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  : « L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé, ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) »  ;
<br>
<br>
     
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 17 février 2004, de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 12 février 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
<br>
<br>
     
       Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
<br>
<br>
     
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  : « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familialeest délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant. Les années durant lesquelles l'étranger s'est prévalu de documents d'identité falsifiés ou d'une identité usurpée ne sont pas prises en compte. (...) »  ; que, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance  ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. »  ;
<br>
<br>
     
       Considérant, d'une part, que si M. X fait valoir qu'il réside depuis 1989 en France, les nombreuses attestations qu'il produit, qui ont été rédigées par des parents ou amis, sont cependant insuffisantes, en l'absence d'autres éléments, pour établir sa résidence habituelle en France pour toute la période  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile ne peut qu'être écarté  ; que d'autre part, si M. X allègue que sa vie familiale et sociale est en France et qu'il n'est jamais retourné au Maroc depuis dix ans, il ressort des pièces du dossier que son père ainsi que ses frères et soeurs résident toujours au Maroc, qu'il est célibataire et n'a pas d'enfants à charge  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 28 avril 2005 n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, qui est suffisamment motivé, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande  ;
<br>
<br>
     
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
<br>
<br>
     
      Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
     D E C I D E  :
<br>
     Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
<br>
     N°05VE01111 
<br>
     
2
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**