# CAA de PARIS, 3ème chambre, 21/06/2023, 22PA03078, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000047718762
**Date de décision:** 2023-06-21
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047718762

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
       Mme A... E... a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. <br>
       Par un jugement n° 2211576/8 du 28 juin 2022 le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 5 juillet 2022 et le <br>
26 avril 2023, Mme E..., représentée par Me Christophel, demande à la cour :<br>
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       1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ; <br>
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       2°) d'annuler le jugement n° 2211576/8 du tribunal administratif de Paris du 28 juin 2022 ;<br>
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       3°) d'annuler l'arrêté du préfet de police du 2 mai 2022 ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
       Elle soutient que :<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;<br>
       - elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.<br>
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       Mme E... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 septembre 2022.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
       Vu : <br>
       - la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Mme C... a présenté son rapport au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
       1. Mme E..., ressortissante guinéenne née le 5 janvier 1994, est entrée en France en septembre 2019 selon ses déclarations afin d'y solliciter l'asile. Le 30 septembre 2021, sa demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 9 mars 2022. Par un arrêté du 2 mai 2022, le préfet de police a obligé l'intéressée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. Mme E... fait appel du jugement du 28 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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       Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire : <br>
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       2. Par une décision du 21 septembre 2022 du bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris, Mme E... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.<br>
       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       3. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". <br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, une demande d'asile avait été déposée auprès de l'OFPRA pour le compte de l'enfant mineure de Mme E..., prénommée B... et née le 16 janvier 2022. Compte tenu du droit de cet enfant à se maintenir sur le territoire français pendant la durée d'examen de sa demande, il est de son intérêt supérieur que ses parents y résident également durant cette même période. Dans ces circonstances, Mme E... est fondée à soutenir que la décision attaquée, en la séparant de son enfant, porte atteinte à l'intérêt supérieur de celle-ci. Au demeurant, postérieurement à la date de la décision litigieuse, la jeune B... s'est vue reconnaître le statut de réfugiée par une décision de l'OFPRA du 31 octobre 2022. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision fixant le pays à destination duquel elle sera éloignée.<br>
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       5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme E... est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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       Sur les frais liés à l'instance :<br>
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       6. Mme E... ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Christophel, conseil de Mme E..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Christophel de la somme de 1 200 euros. <br>
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D É C I D E :<br>
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Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme E... tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.<br>
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Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Paris du 28 juin 2022 et l'arrêté du préfet de police du 2 mai 2022, sont annulés.<br>
Article 3 : L'Etat versera à Me Christophel la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
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Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A... E... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. <br>
Copie en sera adressée au préfet de police. <br>
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Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :<br>
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- Mme Marianne Julliard, présidente,<br>
- Mme Isabelle Marion, première conseillère ;<br>
- Mme Gaëlle Dégardin, première conseillère.<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.<br>
La rapporteure,<br>
G. C...La présidente,<br>
M. D...<br>
Le greffier,<br>
E. MOULIN<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 22PA03078<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**