# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 5 mai 1971, 70-92.547, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007054805
**Date de décision:** 1971-05-05
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007054805

## Contenu de la décision

CASSATION SUR LE POURVOI FORME PAR X... (JEAN-LOUIS), PARTIE CIVILE, ES-QUALITE D'ADMINISTRATEUR LEGAL DES BIENS DE SA FILLE CHRISTINE, CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE CHAMBERY, EN DATE DU 24 SEPTEMBRE 1970, QUI A STATUE SUR LES INTERETS CIVILS EN SUITE D'UN DELIT DE BLESSURES INVOLONTAIRES COMMIS PAR Y... LA COUR, VU LE MEMOIRE DEPOSE ;<br>
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 SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES R 219 DU CODE DE LA ROUTE, 1382 ET 1134 DU CODE CIVIL, 485 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, DENATURATION DES DOCUMENTS DE LA CAUSE, EN CE QUE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE, STATUANT SUR L'ACTION CIVILE, A MIS LA RESPONSABILITE DE L'ACCIDENT LITIGIEUX POUR MOITIE A LA CHARGE DU PREVENU, RECONNU COUPABLE D'EXCES DE VITESSE, ET POUR MOITIE A LA CHARGE DE LA VICTIME ;<br>
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 AU MOTIF QU'IL RESSORTAIT SUFFISAMMENT DE L'ENQUETE QU'AU MOMENT DE TRAVERSER LA CHAUSSEE EN L'ABSENCE DE PASSAGE PROTEGE, CELLE-CI NE S'ETAIT PAS AU PREALABLE ASSUREE QU'ELLE POUVAIT LE FAIRE SANS DANGER ;<br>
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 ALORS QUE LA LIBRE APPRECIATION DES PREUVES PAR LES JUGES DU FAIT TROUVE UNE LIMITE DANS L'OBLIGATION DE NE PAS DENATURER LES ELEMENTS DE PREUVE QUI LEUR SONT SOUMIS ET DE MOTIVER LEUR DECISION ;<br>
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 ET ALORS EN L'ESPECE QU'AUCUN DES TEMOINS OCULAIRES DE L'ACCIDENT LITIGIEUX ENTENDUS LORS DE LADITE ENQUETE N'A DECLARE, OU MEME LAISSE ENTENDRE, QUE LA VICTIME AURAIT OMIS, AVANT DE TRAVERSER, D'OBSERVER LES PRESCRIPTIONS DU CODE DE LA ROUTE, QU'IL NE RESULTE PAS DE L'ENQUETE PROPREMENT DITE, C'EST-A-DIRE DE L'AUDITION DES PERSONNES ENTENDUES COMME TEMOINS, QUE LA DEMOISELLE X... AURAIT COMMIS UNE FAUTE, QUE LA COUR D'APPEL A DONC DENATURE L'ENQUETE DANS LAQUELLE ELLE PRETENDAIT TROUVER LA JUSTIFICATION DE SON AFFIRMATION ET N'A DONC PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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VU LESDITS ARTICLES ;<br>
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 ATTENDU QUE TOUT JUGEMENT OU ARRET DOIT CONTENIR LES MOTIFS PROPRES A JUSTIFIER LA DECISION ;<br>
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 QUE L'INSUFFISANCE DES MOTIFS EQUIVAUT A LEUR ABSENCE : ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE, LE 1ER AVRIL 1969, Y..., QUI CONDUISAIT UNE AUTOMOBILE DANS UNE AGGLOMERATION A UNE VITESSE SUPERIEURE A CELLE AUTORISEE PAR LES REGLEMENTS, A HEURTE UN PIETON, CHRISTINE X..., QUI FUT BLESSEE ;<br>
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 ATTENDU QUE, POUR PARTAGER LA RESPONSABILITE CIVILE ENTRE Y..., CONDAMNE POUR BLESSURES INVOLONTAIRES AINSI QUE POUR EXCES DE VITESSE, ET LA VICTIME, L'ARRET SE BORNE A ENONCER QUE LA FAUTE DE CHRISTINE X... RESULTE DE L'ENQUETE ;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CETTE SEULE ENONCIATION, LA COUR D'APPEL N'A PAS JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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QU'EN EFFET, LES JUGES DU FOND NE S'EXPLIQUENT PAS SUR LE COMPORTEMENT DE LA VICTIME, COMPTE TENU DES PRESCRIPTIONS DU DECRET DU 5 FEVRIER 1969, MODIFIANT L'ARTICLE R 219 DU CODE DE LA ROUTE, AUX TERMES DUQUEL LES PIETONS NE DOIVENT TRAVERSER LA CHAUSSEE QU'APRES S'ETRE ASSURES QU'ILS PEUVENT LE FAIRE SANS DANGER, EN TENANT COMPTE NOTAMMENT DE LA VISIBILITE, AINSI QUE DE LA DISTANCE ET DE LA VITESSE DES VEHICULES ;<br>
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 QU'AINSI, L'ARRET N'A PAS MIS LA COUR DE CASSATION EN MESURE D'EXERCER SON CONTROLE ;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN DOIT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE CHAMBERY, EN DATE DU 24 SEPTEMBRE 1970, MAIS UNIQUEMENT EN CE QUI CONCERNE L'ACTION CIVILE, TOUTES AUTRES DISPOSITIONS DEMEURANT EXPRESSEMENT MAINTENUES, ET, POUR QU'IL SOIT STATUE A NOUVEAU, CONFORMEMENT A LA LOI ET DANS LES LIMITES DE LA CASSATION AINSI PRONONCEE : RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE GRENOBLE<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1964-03-12 Bulletin Criminel 1964 N. 92 p.208 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code de la route R219,Décret 69-150 1969-02-05
**ECLI:** 
**Résumé:** L'article R 219 du Code de la route, modifié par le décret du 5 février 1969 impose aux piétons de ne traverser la chaussée qu'après s'être assurés qu'ils peuvent le faire sans danger, en tenant compte notamment de la visibilité, ainsi que de la distance et de la vitesse des véhicules. Les juges du fond doivent s'expliquer sur les circonstances qui caractérisent cette faute de la victime (1).
**Mots-clés:** JUGEMENTS ET ARRETS - Défaut de motifs - Homicide et blessures involontaires - Victime - Faute - Piéton - Piéton traversant la chaussée.,* CIRCULATION ROUTIERE - Piétons - Circulation sur la chaussée - Faute - Constatations nécessaires.,* HOMICIDE ET BLESSURES INVOLONTAIRES - Victime - Faute - Piéton - Traversée de la chaussée - Constatations nécessaires.