# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 9 mars 1967, 66-90.427, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007058871
**Date de décision:** 1967-03-09
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058871

## Contenu de la décision

CASSATION SUR LE POURVOI DE LA DAME X... (CHARLOTTE-LOUISE) CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 10 DECEMBRE 1965, QUI, SUR L'ACTION EXERCEE CONTRE ELLE PAR Y... EN VERTU DE L'ARTICLE 91 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, L'A CONDAMNEE A LUI VERSER DES DOMMAGES-INTERETS LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT ET LES OBSERVATIONS PRESENTEES EN DEFENSE;<br>
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 SUR LES DEUXIEME ET TROISIEME MOYENS DE CASSATION REUNIS ET PRIS :<br>
 LE DEUXIEME, DE LA VIOLATION DES ARTICLES 2, 3, 91 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 1382 DU CODE CIVIL ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIF ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE RECEVABLE A EXERCER L'ACTION EN DOMMAGES-INTERETS POUR PLAINTE TEMERAIRE UNE PERSONNE QUI N'AVAIT ETE VISEE NI EXPRESSEMENT, NI IMPLICITEMENT DANS LA PLAINTE AU MOTIF QU'IL AVAIT ETE INCULPE AU COURS DE L'INFORMATION OUVERTE CONTRE X;<br>
 "ALORS QU'IL FAUT NECESSAIREMENT QUE L'INCULPE AIT ETE VISE, AU MOINS IMPLICITEMENT, DANS LA PLAINTE POUR QU'UNE FAUTE DE L'AUTEUR DE CETTE PLAINTE DE NATURE A OUVRIR DROIT A DOMMAGES-INTERETS SOIT CONCEVABLE, ET QUE C'EST AU MOMENT DE LA CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE QU'IL FAUT SE PLACER POUR APPRECIER SON CARACTERE FAUTIF";<br>
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 LE TROISIEME DE LA VIOLATION DES ARTICLES 2, 3, 91 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 1382 DU CODE CIVIL ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIF ET MANQUE DE BASE LEGALE;<br>
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 "EN CE QUE, POUR CARACTERISER LA FAUTE DE L'AUTEUR D'UNE PLAINTE CONTRE X, AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE ET ALLOUER EN CONSEQUENCE, DES DOMMAGES A L'INCULPE BENEFICIAIRE D'UN NON-LIEU, L'ARRET ATTAQUE S'EST EXCLUSIVEMENT FONDE SUR CE QUE LA PARTIE CIVILE AURAIT, APRES UNE PERQUISITION ORDONNEE PAR LE JUGE D'INSTRUCTION SUBSTITUE A SES GRIEFS PRIMITIFS DE NOUVEAUX GRIEFS IMPROVISES;<br>
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 "ALORS QUE C'EST AU MOMENT DE LA CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE QUE DOIT ETRE APPRECIEE LE CARACTERE FAUTIF DE LA PLAINTE ET QUE LE FAIT RETENU PAR LA COUR D'APPEL S'EST PRODUIT BIEN POSTERIEUREMENT ET N'A AUCUN RAPPORT AVEC LA CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE INITIALE";<br>
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 VU LESDITS ARTICLES;<br>
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 ATTENDU QU'IL RESULTE DES TERMES DE L'ARTICLE 91 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, QUE L'ACTION PREVUE PAR CE TEXTE NE PEUT ETRE EXERCEE QUE SI LA PERSONNE QUI L'ENGAGE, QU'ELLE AIT ETE OU NON INCULPEE, EST L'UNE DE CELLES "VISEES DANS LA PLAINTE", AU SENS DUDIT ARTICLE, C'EST-A-DIRE A LA CONDITION QU'ELLE Y AIT ETE NOMMEMENT DESIGNEE OU QUE, SI LA PLAINTE A ETE PORTEE CONTRE X, LES TERMES DE CELLE-CI RENFERMENT DE TELLES PRECISIONS QUE SON IDENTIFICATION NE PUISSE LAISSER LE MOINDRE DOUTE;<br>
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 ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE LA DAME X... (CHARLOTTE-LOUISE), EPOUSE DE DON JAIME DE Z..., DUC DE SEGOVIE, A, LE 11 MARS 1960, DEPOSE UNE PLAINTE CONTRE X, POUR VOL, AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE;<br>
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 QUE SELON CETTE PLAINTE, LA SUSNOMMEE DECLARAIT AVOIR CONSTATE "QU'UN GRAND NOMBRE D'OBJETS DE VALEUR", DONT ELLE DONNAIT UNE LISTE DESCRIPTIVE, "AURAIENT DISPARU DE L'APPARTEMENT", QUE SON MARI ET ELLE AVAIENT PRECEDEMMENT ACQUIS AVENUE D'INGRES, A PARIS;<br>
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 QU'UNE INFORMATION AYANT ETE OUVERTE, LE 2 AVRIL 1960, LA DAME X..., DES SA PREMIERE AUDITION, LE 9 MAI 1960, A PRECISE AUX ENQUETEURS QUE TROIS PERSONNES SEULEMENT AVAIENT ACCES, A L'EPOQUE, DANS L'APPARTEMENT, SAVOIR :<br>
 A... (SIMONE), SA FEMME DE CHAMBRE, Y... DE B... (ROBERT), SECRETAIRE PARTICULIER DE SON MARI ET C..., HOMME DE CONFIANCE;<br>
 QUE PAR LETTRE DU 20 JUIN 1960, ADRESSEE AU COMMISSAIRE PRINCIPAL D... "POUR COMPLETER CETTE AUDITION", LA DAME X... A NOTAMMENT DECLARE QU'ELLE TENAIT A PRECISER D'UNE PART, QUE LES SOUSTRACTIONS DONT ELLE SE PLAIGNAIT AVAIENT ETE COMMISES TANT DANS L'APPARTEMENT DE L'AVENUE D'INGRES QUE DANS UN GARDE-MEUBLES QU'ELLE OCCUPAIT A REUILLY, D'AUTRE PART QUE LE SUSDIT Y... AVAIT SOUVENT PENETRE DANS L'APPARTEMENT ET AVAIT A TROIS OU QUATRE REPRISES RECLAME AU PROPRIETAIRE DU GARDE-MEUBLES LES CLEFS LUI PERMETTANT D'ACCEDER AUX OBJETS ENTREPOSES;<br>
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QUE SI L'INFORMATION N'A PAS PERMIS DE RETROUVER UN SEUL DES OBJETS DE LA LISTE ANNEXEE A LA PLAINTE NI D'ATTRIBUER LEUR DISPARITION A UNE PERSONNE QUELCONQUE, LES RECHERCHES AINSI ORIENTEES SUR LES INDICATIONS DE LA DAME X... ONT CEPENDANT AMENE LA DECOUVERTE, AU COURS D'UNE PERQUISITION OPEREE AU DOMICILE DE Y..., DE DIVERS OBJETS MAIS QUI NE PROVENAIENT PAS DE L'APPARTEMENT DE L'AVENUE D'INGRES;<br>
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QUE LA DAME X... A ALORS "CRISTALLISE" SES ACCUSATIONS DE VOL SUR CES NOUVEAUX OBJETS, MAIS QUE Y... - QUI AVAIT ETE INCULPE DE VOL LE 3 FEVRIER 1962 - A PU DONNER, SUR LEUR PRESENCE EN SA POSSESSION, DES JUSTIFICATIONS ET DES EXPLICATIONS QUI ONT ENTRAINE, EN SA FAVEUR, UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU, LE 28 FEVRIER 1963, CONFIRMEE LE 27 NOVEMBRE SUIVANT PAR UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES ENONCIATIONS, C'EST A TORT QUE L'ARRET ATTAQUE, STATUANT SUR L'ACTION EN DOMMAGES-INTERETS EXERCEE EN VERTU DE L'ARTICLE 91 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, PAR Y... CONTRE LA DAME X..., S'EST ABSTENU DE RECHERCHER D'ABORD SI, COMME LE SOUTENAIT CELLE-CI ET AINSI QUE L'AVAIENT ADMIS LES PREMIERS JUGES, LA PLAINTE QU'ELLE AVAIT PORTE CONTRE X NE VISAIT Y... NI EXPRESSEMENT NI IMPLICITEMENT PUIS, INFIRMANT LE JUGEMENT ENTREPRIS, A DECLARE RECEVABLE LADITE ACTION, POUR LE SEUL MOTIF QUE Y... AVAIT ETE INCULPE AU COURS DE L'INFORMATION QUI AVAIT SUIVI LA PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DE LA DAME X...;<br>
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 QU'EN EFFET, S'IL EST VRAI QUE L'ATTITUDE DE L'AUTEUR DE LA PLAINTE, AU COURS DE L'INFORMATION, PEUT LE CAS ECHEANT AIDER LE JUGE A DETERMINER SI, EN FORMULANT SA PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE IL A AGI DE MAUVAISE FOI OU AVEC TEMERITE, ET PEUT AINSI CONSTITUER UN ELEMENT D'APPRECIATION QUANT AU BIEN-FONDE DE L'ACTION EXERCEE EN VERTU DE L'ARTICLE 91 SUSVISE, LA RECEVABILITE DE CETTE ACTION NE SAURAIT, EN TOUT ETAT DE CAUSE, ETRE ELLE-MEME APPRECIEE QU'EN FONCTION NOTAMMENT DU POINT DE SAVOIR SI LA PERSONNE QUI L'ENGAGE ETAIT, OU NON, VISEE DANS LADITE PLAINTE, DANS LES CONDITIONS QUI SONT SPECIFIEES CI-DESSUS;<br>
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PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU D'EXAMINER LES PREMIER ET QUATRIEME MOYENS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 10 DECEMBRE 1965 QUI A STATUE SUR L'ACTION DE Y... ET POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI;<br>
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 RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL D'AMIENS PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M TURQUEY - AVOCAT GENERAL : M TOUREN - AVOCAT : MM CALON ET RYZIGER.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**