# CAA de MARSEILLE, 7ème chambre - formation à 3, 01/07/2014, 12MA03299, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000029443265
**Date de décision:** 2014-07-01
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 7ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000029443265

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 2 août 2012, présentée pour Mme A...C..., demeurant..., par Me B... ; <br>
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       Mme C... demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0902310 du 12 juin 2012 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à la décharge de la somme de 16 868,25 euros correspondant au montant qui aurait été indûment mis en recouvrement par la commune de Cannes au titre de la redevance pour l'occupation d'un poste d'amarrage du port Pierre Canto par son bateau pendant la période du 1er juillet 2002 au 31 décembre 2008 ;<br>
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       2°) de prononcer la décharge des indemnités d'occupation mises en recouvrement à son encontre par la commune de Cannes pour la période du 1er juillet 2002 au 31 décembre 2008 ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de la commune de Cannes le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le code général des collectivités territoriales :<br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 juin 2014 :<br>
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       - le rapport de M. Chanon, premier conseiller ;<br>
       - les conclusions de M. Deliancourt, rapporteur public ;<br>
       - et les observations de Me B... pour Mme C... ;<br>
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       1. Considérant que, par jugement du 12 juin 2012, le tribunal administratif de Nice a rejeté la demande de Mme C... tendant à la décharge de la somme de 16 868,25 euros correspondant au montant qui aurait été indûment mis en recouvrement par la commune de Cannes au titre de la redevance pour l'occupation d'un poste d'amarrage du port Pierre Canto par son bateau pendant la période du 1er juillet 2002 au 31 décembre 2008 ; que Mme C... relève appel de ce jugement et demande à la Cour de " prononcer la décharge (...) des indemnités d'occupation mises en recouvrement à son encontre par la ville de Cannes pour l'occupation du poste d'amarrage du port Pierre Canto par son bateau au cours de la période du 1er juillet 2002 au 31 décembre 2008 " ;<br>
Sur la régularité du jugement :<br>
       2. Considérant que Mme C... s'est prévalue à l'appui de ses conclusions à fin de décharge, dans son mémoire enregistré au greffe du tribunal administratif de Nice le 16 avril 2012 et comme elle le fait à nouveau en appel, de l'autorité de chose jugée d'une précédente décision devenue définitive du tribunal, que ce dernier ne pouvait au demeurant ignorer ; qu'en appel elle se prévaut également de cette décision juridictionnelle pour contester l'irrecevabilité qui lui a été opposée par les premiers juges ; qu'il résulte de l'instruction que, par jugement n° 0705939 du 12 juillet 2011, le tribunal administratif de Nice a annulé le titre exécutoire du 20 décembre 2005 d'un montant de 13 207,45 euros portant sur l'occupation du domaine public par le bateau de Mme C... pendant la période du 1er janvier au 31 décembre 2005, en prononçant d'ailleurs expressément la décharge de la somme correspondante ; que, dans ces conditions, la demande présentée par Mme C... était devenue sans objet pour l'année 2005 ; que c'est donc à tort que le tribunal administratif de Nice n'a pas prononcé une décision de non-lieu pour cette période, le jugement attaqué étant ainsi entaché d'irrégularité sur ce point ; qu'il y a lieu, par suite et dans cette mesure, d'annuler le jugement, d'évoquer la demande de Mme C... et de décider qu'il n'y a pas lieu d'y statuer ;<br>
Sur la recevabilité de la demande de première instance en tant qu'elle porte sur les autres périodes :<br>
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       3. Considérant qu'aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " (...) 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. L'introduction de l'instance ayant pour objet de contester la régularité formelle d'un acte de poursuite suspend l'effet de cet acte. 2° L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite " ;<br>
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       4. Considérant qu'il résulte de ces dispositions qu'est irrecevable toute action devant le juge administratif tendant à la décharge de l'obligation de payer une somme relative à une créance de nature administrative d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public local en dehors de la contestation du titre de recettes exécutoire mettant cette somme en recouvrement ou du bien-fondé d'un acte de poursuite subséquent ; <br>
       5. Considérant qu'à l'appui de sa demande de décharge de l'obligation de payer les sommes réclamées par la commune de Cannes pour les périodes du 1er juillet 2002 au 31 décembre 2004 et du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2008, Mme C... a seulement produit en première instance des factures de la commune, un " bordereau de situation " émanant de la " trésorerie Cannes municipale " et récapitulant les sommes restant à payer, ainsi que les encaissements, sur l'ensemble de la période en litige et une lettre d'un adjoint au maire de Cannes informant l'intéressée de la mise en oeuvre d'une procédure d'expulsion du domaine public et lui demandant à nouveau de payer le solde des indemnités d'occupation dues ; qu'il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'en l'absence de production d'un titre de recettes exécutoire ou d'un acte de poursuite, cette demande était irrecevable ;<br>
       6. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme C... n'est pas fondée à se plaindre de ce que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande en tant qu'elle concerne les périodes restant en litige ;<br>
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Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       7. Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions des parties présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sur le fondement de ces dispositions ;<br>
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       D É C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Nice du 12 juin 2012 est annulé en tant qu'il a statué sur les conclusions de Mme C... relatives à l'année 2005.<br>
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la demande présentée par Mme C... devant le tribunal administratif de Nice en tant qu'elle est relative à l'année 2005.<br>
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C... et les conclusions de la commune de Cannes tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A...C...et à la commune de Cannes.<br>
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N° 12MA03299<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 18-07-02-01 Comptabilité publique et budget. Règles de procédure contentieuse spéciales à la comptabilité publique. Introduction de l'instance. Décisions pouvant faire l'objet d'un recours.