# CAA de MARSEILLE, 7ème chambre - formation à 3, 27/10/2017, 16MA04158, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000035936563
**Date de décision:** 2017-10-27
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 7ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000035936563

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M.  A...C...a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 28 avril 2016 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement. <br>
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       Par un jugement n° 1605536 du 18 octobre 2016, le tribunal administratif de Marseille a rejeté cette demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2016, M. C..., représenté par Me B..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Marseille du 18 octobre 2016 ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 28 avril 2016 ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 440 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - la décision de refus de séjour est entachée d'erreur de droit dans la mesure où il justifie d'une entrée régulière sur le territoire français et que sa demande de titre de séjour valait également demande de visa de long séjour ;<br>
       - l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2017, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés:<br>
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       M. C... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 janvier 2017. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
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       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       - la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;<br>
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       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
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        - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. Guidal, président, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1.  Considérant que M. C..., ressortissant indien, déclare être entré en France au cours de l'année 2010 ; qu'après avoir épousé une ressortissante française le 4 juillet 2015 à Marseille, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, par un arrêté du 28 avril 2016, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement ; que M. C... relève appel du jugement du 18 octobre 2016 par lequel le tribunal administratif de Marseille  a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
       2.  Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) 4° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (...) " ; qu'aux termes de l'article L. 311-7 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues par les dispositions législatives du présent code, l'octroi de la carte de séjour temporaire et celui de la carte de séjour " compétences et talents " sont subordonnés à la production par l'étranger d'un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois " ; qu'aux termes du sixième alinéa de l'article L. 211-2-1 de ce code : " Lorsque la demande de visa de long séjour émane d'un étranger entré régulièrement en France, marié en France avec un ressortissant de nationalité française et que le demandeur séjourne en France depuis plus de six mois avec son conjoint, la demande de visa de long séjour est présentée à l'autorité administrative compétente pour la délivrance d'un titre de séjour " ; qu'il résulte de la combinaison de ces dispositions que la production d'un visa de long séjour, délivré, le cas échéant, selon les modalités fixées au sixième alinéa de l'article L. 211-2-1, est au nombre des conditions auxquelles est subordonnée la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement du 4° de l'article L. 313-11 ;  <br>
       3.  Considérant, d'autre part, qu'aux termes de l'article 10 de la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 : " 1. Il est institué un visa uniforme valable pour le territoire de l'ensemble des Parties contractantes. Ce visa, dont la durée de validité est régie par l'article 11, peut être délivré pour un séjour de trois mois au maximum (...) " ; que l'article 19 de cette convention stipule : " 1. Les étrangers titulaires d'un visa uniforme qui sont entrés régulièrement sur le territoire de l'une des Parties contractantes peuvent circuler librement sur le territoire de l'ensemble des Parties contractantes pendant la durée de validité du visa, pour autant qu'ils remplissent les conditions d'entrée visées à l'article 5, paragraphe 1, points a, c, d et e (...) / 4. Les dispositions du présent article s'appliquent sans préjudice des dispositions de l'article 22 " ; <br>
       4.  Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. C..., titulaire d'un visa " travail salarié " (" lavoro subordinato ") de type " D " délivré par les autorités italiennes, valable pour la période du 1er mars au 25 novembre 2010,  pour un séjour de 270 jours maximum, est entré  régulièrement en Italie le 17 mars 2010 ; que, toutefois, ce visa national n'est pas au nombre des visas uniformes dits " Schengen ", de type C, délivrés pour un séjour de trois mois au maximum, valables pour le territoire de l'ensemble des Etats signataires de la convention d'application de l'accord de Schengen, qui autorise son titulaire à circuler librement sur le territoire de l'ensemble de ces Etats ; qu'ainsi, c'est sans erreur de droit que le préfet des Bouches-du-Rhône a estimé que M. C... ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français et qu'il ne pouvait, pour ce motif, bénéficier des dispositions précitées de l'article L. 211-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, faute pour l'intéressé de justifier d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises, le préfet a pu légalement, en  se fondant sur cette dernière circonstance, rejeter sa demande de titre de séjour présentée au titre du 4° de l'article L. 313-11 du même code ;<br>
       5.  Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
       6.  Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le mariage de M. C... avec une ressortissante française a été célébré le 4 juillet 2015, moins d'un an avant la décision contestée ; que le requérant, qui indique résider avec son épouse depuis le mois d'octobre 2014, ne justifie d'une relation avec l'intéressée avant le mariage qu'à compter du début de l'année 2015 ; qu'il ressort également de ces mêmes  pièces que M. C... n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et la plupart des membres de sa famille et où il a lui-même vécu jusqu'à son arrivée en Europe en 2010 ; que, dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour du requérant sur le territoire français, il n'est pas établi qu'en lui refusant le 28 avril 2016 la délivrance d'un titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Bouches-du-Rhône aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       7.  Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. C... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 avril 2016 ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
D É C I D E :<br>
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Article 1er : La requête M. C... est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M.  A...C..., à Me B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
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       Délibéré après l'audience du 13 octobre 2017, où siégeaient :<br>
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       - M. Pocheron, président de chambre,<br>
       - M. Guidal, président assesseur,<br>
       - M. Chanon, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique, le 27 octobre 2017.<br>
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N° 16MA04158<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.