# Cour Administrative d'Appel de Paris, Juge des reconduites à la frontière , 20/12/2007, 07PA01966, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000017991029
**Date de décision:** 2007-12-20
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** Juge des reconduites à la frontière
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000017991029

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 7 juin 2007, présentée pour M. Jinshun X, élisant domicile chez son avocat, par Me Stambouli ; M. X demande à la cour :
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       1°) d'annuler le jugement n° 0702067 du 19 mars 2007 par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 mars 2007 par lequel le préfet du Val-de-Marne a décidé sa reconduite à la frontière ;
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;
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       3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale », dans le mois de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
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       Vu les autres pièces du dossier ;
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
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       Vu la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 et publiée par décret du 8 octobre 1990 ;
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
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       Vu le code de justice administrative ;
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       Vu la décision du 3 septembre 2007 par laquelle le président de la cour a désigné M. Benel, magistrat, pour statuer notamment sur les appels dirigés contre les décisions juridictionnelles rendues en application de l'article L 512-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
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       Les parties ayant été régulièrement averties  du jour de l'audience ;
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 17 décembre 2007 : 
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- le rapport de M. Benel, rapporteur,
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- les observations de M. X, requêrant,
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- et les conclusions de M. Bachini, commissaire du gouvernement ;
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : (  ) II « L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 2° Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré ; »
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité chinoise, s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de son visa, sans être titulaire d'un premier titre de séjour ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. » et qu'aux termes de l'article L.313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (  )7º A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée » ;
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       Considérant que M. X soutient qu'il est entré sur le territoire national le 16 décembre 2002 et qu'il y réside depuis cette date avec son épouse, qu'il s'est bien adapté à la vie en France, qu'il a une promesse d'embauche et que ses enfants, nés en 2000 et en 2003, sont scolarisés à Paris et bien intégrés dans leurs classes ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intégration personnelle sur le territoire national de l'intéressé, qui n'a qu'une connaissance rudimentaire du français, n'est pas avérée ; que son épouse, de nationalité chinoise, est elle-même en situation irrégulière et que rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstruise hors de France ; qu'ainsi, compte tenu des conditions de séjour en France de l'intéressé, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, dès lors, le préfet n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 313117° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
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       Considérant, en deuxième lieu, qu'il résulte de ce qui a été indiqué précédemment que le préfet du Val-de-Marne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de M. X en prenant à son encontre une mesure de reconduite à la frontière ;
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      Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article 31 de la convention susvisée relative aux droits de l'enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale » ; que la circonstance que les deux enfants de M. X, dont l'un est né en France, sont scolarisés à Paris ne suffit pas à établir que leur intérêt supérieur n'a pas été suffisamment pris en compte dans la décision du 15 mars 2007 ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressé ; que ledit arrêté ne le place pas dans l'impossibilité de mener une vie familiale normale avec ses enfants dans son pays d'origine ; que, par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux serait contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention sur les droits de l'enfant du 26 janvier 1990 doit être écarté ; 
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande ;
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       Sur les conclusions à fin de régularisation de la situation administrative de l'intéressé :
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       Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de délivrer à M. X un titre de séjour doivent être rejetées ; 
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
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      Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;
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D E C I D E 
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Article 1er: La requête de M. X est rejetée.
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N°07PA01966 
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**