# Conseil d'Etat, 1 SS, du 30 octobre 2002, 237978, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008144317
**Date de décision:** 2002-10-30
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 1 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008144317

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 6 septembre 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE L'HERAULT ; le PREFET DE L'HERAULT demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement en date du 9 août 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a annulé son arrêté du 20 juillet 2001 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Youssef X... ;<br>    2°) de rejeter la demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif ;<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>     Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - le rapport de M. Lafouge, Conseiller d'Etat ;<br>    - les conclusions de Mlle Fombeur, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : " Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (.) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (.) " ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 29 mai 2000, de la décision du 25 mai 2000 par laquelle le PREFET DE L'HERAULT lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>    Considérant que si M. X... soutient qu'il réside en France de façon continue depuis 1990, il ne fournit aucun élément établissant de manière certaine cette présence en France avant l'année 2000 ; que s'il a produit une attestation de vie commune avec une personne avec laquelle il vit depuis octobre 2000 et qu'il a épousée le 28 mars 2001, il ne ressort pas des pièces du dossier que, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu, notamment, des conditions de séjour de l'intéressé, du caractère récent de son union, postérieurement à l'arrêté lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et eu égard aux effets d'une décision de reconduite à la frontière, cette décision ait porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que c'est dès lors à tort que, pour annuler l'arrêté attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par M. X... devant le tribunal administratif ;<br>    Considérant que, si l'intéressé fait valoir qu'il remplissait les conditions fixées par le 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 pour obtenir, de plein droit, une carte de séjour temporaire, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'il ne peut être regardé comme satisfaisant à la condition de durée de résidence prévue par cette disposition ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE L'HERAULT est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a annulé l'arrêté du 20 juillet 2001 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;<br>Article 1er : Le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier en date du 9 août 2001 est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Montpellier est rejetée.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE L'HERAULT, à M. Youssef X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 2001-07-20,Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bis
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.