# Cour Administrative d'Appel de Paris, 4ème chambre, 03/11/2009, 08PA03730, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021344931
**Date de décision:** 2009-11-03
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021344931

## Contenu de la décision

Vu, la requête, enregistrée le 15 juillet 2008, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0720529/5-2 du 29 mai 2008 par lequel le Tribunal administratif de Paris a annulé sa décision du 21 novembre 2007 refusant à Mme Rima  le renouvellement de son titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et fixant le pays de destination ; <br>
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       2°) de rejeter la demande présentée par Mme  devant le Tribunal administratif de Paris ;<br>
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       Vu les autres pièces des dossiers ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 13 octobre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Marino, rapporteur,<br>
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       - les conclusions de Mme Descours-Gatin, rapporteur public, <br>
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       - et les observations de Me Pinto, pour Mme   ; <br>
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       Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par Mme  ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé ou, à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police...  ; qu'aux termes de l'article L. 511-4 du même code :  Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ou d'une mesure de reconduite à la frontière en application du présent chapitre : (...) 10° L'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi  ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et notamment de l'avis du médecin, chef du service médical de la préfecture de police en date du 25 septembre 2007, que si l'état de santé de Mme  nécessite toujours une prise en charge médicale, son défaut ne devrait plus entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que si les soins nécessités par son état de santé, désormais stabilisé, présentent un caractère de longue durée, Mme  peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; que les certificats médicaux produits par l'intéressée ne permettent pas d'infirmer cette analyse ; que, dès lors, le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont estimé qu'en refusant de renouveler le titre de séjour de Mme , il avait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 313-11-11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant, toutefois, qu'il appartient à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme  devant le Tribunal administratif de Paris ;<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance, 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui (...)  ;<br>
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       Considérant que Mme , âgée de 71 ans à la date de la décision attaquée, est entrée en France le 9 janvier 2002 en compagnie de son époux, de sa fille unique, de son gendre et de ses petits-enfants avec lesquels elle réside ; qu'il ressort des pièces du dossier que ces derniers, à l'exception de son époux, bénéficient de la protection subsidiaire que leur a accordé soit l'office français de protection des réfugiés et apatrides, soit la commission des recours des réfugiés ; que, dans ces conditions, compte tenu des circonstances particulières de l'espèce, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la demande, Mme  est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué  porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte  disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et méconnaît, par  suite, les stipulations de l'article 8 de la convention précitée ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 21 novembre 2007 par lequel il a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme , qu'il lui a fait obligation de quitter le territoire français et qu'il a fixé le pays de destination ; <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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       Considérant que Mme  a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pinto renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros ;<br>
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       D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.<br>
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Article 2 : L'Etat versera à Me Pinto la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Pinto renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
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N° 08PA03730<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**