# CAA de PARIS, 5ème chambre, 30/01/2020, 18PA03429, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000041530212
**Date de décision:** 2020-01-30
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000041530212

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
       Procédure contentieuse antérieure :<br>
<br>
       M. A... B... E... a demandé au Tribunal administratif de Melun d'annuler l'arrêté en date du 28 juin 2018 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination de sa reconduite. <br>
<br>
       Par un jugement n° 1805853 du 25 septembre 2018, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande.<br>
<br>
       Procédure devant la Cour :<br>
<br>
       Par une requête enregistrée le 29 octobre 2018, M. B... E..., représenté par Me D..., demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 1805853 du 25 septembre 2018 du magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Melun ;<br>
<br>
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté contesté ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article <br>
L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
       Il soutient que : <br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;<br>
       - elle été prise en méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 311-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée.<br>
<br>
       La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas présenté de mémoire en défense.<br>
<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
<br>
       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
<br>
       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
<br>
       Le rapport de Mme C... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
<br>
<br>
 Considérant ce qui suit :<br>
<br>
       1. M. B... E..., né le 5 août 1959, de nationalité brésilienne, relève appel du jugement du 25 septembre 2018 par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 juin 2018 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français, et a fixé le pays de destination de son éloignement.<br>
<br>
<br>
       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français : <br>
<br>
       2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article <br>
L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / [...] ; / 7º A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ; / [...] ".<br>
<br>
       3. M. B... E... soutient qu'il réside en France depuis 2016 où il est arrivé avec son épouse et qu'il vit dans un appartement dont les loyers sont pris en charge par la fille de son épouse et le mari de celle-ci. Son épouse brésilienne étant cependant en situation irrégulière, rien ne s'oppose à la reconstitution de leur vie familiale dans leur pays d'origine commun. M. B... E..., qui ne saurait se prévaloir d'une promesse d'embauche en cas de régularisation de sa situation administrative, n'établit par ailleurs pas être dépourvu d'attaches familiales au Brésil. Compte tenu de ces éléments, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris son arrêté. Par suite, il n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale. M. B... E..., qui ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas davantage fondé à soutenir que l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance de ces dispositions. <br>
<br>
       4. Eu égard à la situation du requérant décrite au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté sur la situation personnelle de M. B... E... doit être écarté comme non fondé.<br>
<br>
<br>
       Sur la décision fixant le pays de destination : <br>
<br>
       5. La décision contestée indique la nationalité de M. B... E... et vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle précise que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine ou dans son pays de résidence habituelle. Elle est ainsi suffisamment motivée.<br>
<br>
       6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... E... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B... E... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... E... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.<br>
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2020, à laquelle siégeaient :<br>
- M. Formery, président de chambre,<br>
- Mme C..., premier conseiller,<br>
- M. Doré, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 30 janvier 2020.<br>
<br>
Le rapporteur,<br>
C. C...Le président,<br>
S.-L. FORMERY<br>
Le greffier,<br>
F. DUBUY<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
N° 18PA03429	2<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.