# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 28 mars 1968, 68-90.003, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007058747
**Date de décision:** 1968-03-28
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058747

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE : 1° CANIVET (ROGER);<br>
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2° GILBERT (GENEVIEVE), EPOUSE MORET, CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL D'AMIENS, EN DATE DU 15 DECEMBRE 1967, QUI, STATUANT SUR RENVOI APRES CASSATION, A REJETE UNE EXCEPTION PREJUDICIELLE SOULEVEE PAR LES DEMANDEURS AU POURVOI LA COUR, VU L'ORDONNANCE DU 4 JANVIER 1968 PAR LAQUELLE M LE PRESIDENT DE LA CHAMBRE CRIMINELLE A DECLARE LE POURVOI RECEVABLE DES A PRESENT;<br>
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VU L'ORDONNANCE DU 8 FEVRIER 1968 PAR LAQUELLE M LE PREMIER PRESIDENT DE LA COUR DE CASSATION A DIT QU'IL N'Y A LIEU DE SAISIR L'ASSEMBLEE PLENIERE DE LA COUR DE CASSATION;<br>
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 VU LES MEMOIRES ET REQUETES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE;<br>
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 SUR LES TROIS MOYENS DE CASSATION REUNIS ET PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 13 DE LA LOI DES 16 ET 24 AOUT 1790, DU DECRET DU 17 FRUCTIDOR AN III, DE L'ARTICLE 386 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE R 26 PARAGRAPHE 15 DU CODE PENAL ET DE L'ARTICLE 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, EXCES DE POUVOIR, INCOMPETENCE, DEFAUT ET CONTRADICTION DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE, D'UNE PART, L'ARRET ATTAQUE A REJETE L'EXCEPTION PREJUDICIELLE RELATIVE A L'APPRECIATION DE LEGALITE DE L'ACTE ADMINISTRATIF DONT SE PREVALAIENT LES DEMANDEURS POUR FAIRE ECHEC AUX POURSUITES DONT ILS ETAIENT L'OBJET, EN DECIDANT QUE L'ORDRE ECRIT AUTORISANT LA DAME X... A EXPLOITER LE DEBIT DE BOISSONS ETAIT INTERVENU POSTERIEUREMENT A L'ARRETE DU 1ER MARS 1957 QUI NE PERMETTAIT PLUS AU PREFET DE POLICE D'ACCORDER DES DEROGATIONS;<br>
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"ALORS QUE, S'AGISSANT D'APPRECIER LA LEGALITE D'UN ACTE ADMINISTRATIF INDIVIDUEL QUI N'ETAIT PAS PENALEMENT SANCTIONNE, LA JURIDICTION REPRESSIVE ETAIT RADICALEMENT INCOMPETENTE;<br>
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"EN CE QUE, D'AUTRE PART, L'ARRET ATTAQUE A REFUSE DE TENIR COMPTE DE L'AUTORISATION ACCORDEE A DAME X..., PAR DEROGATION A LA REGLEMENTATION EN VIGUEUR, D'OPERER LE TRANSFERT DE LA LICENCE LITIGIEUSE;<br>
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 "AU MOTIF QU'A DEFAUT DE DOCUMENT ECRIT, SIGNE ET DATE, EMANANT DE L'AUTORITE COMPETENTE ET QUALIFIEE POUR LE DELIVRER, DOCUMENT QUI N'ETAIT PAS PRODUIT, LA COUR NE POUVAIT ADMETTRE L'EXISTENCE DE LA DEROGATION;<br>
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 "ALORS QU'UN ACTE ADMINISTRATIF PEUT ETRE PUREMENT VERBAL ET QUE L'EXISTENCE DE CET ACTE AYANT ETE AFFIRMEE, SOUS LA FOI DU SERMENT, DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION PAR LE FONCTIONNAIRE QUI L'AVAIT RECU ET EXECUTE, L'ARRET ATTAQUE NE POUVAIT SE PRONONCER SUR LA LEGALITE DE CET ACTE ET DE LA DEROGATION LITIGIEUSE NI A FORTIORI LE DECLARER INEXISTANT;<br>
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"ET EN CE QUE, ENFIN, L'ARRET ATTAQUE A DECIDE QUE L'ORDRE ECRIT RECU PAR UN FONCTIONNAIRE DE SON CHEF HIERARCHIQUE ET ACCORDANT LA DEROGATION DEMANDEE PAR LA DAME X... N'ETAIT QU'UN DOCUMENT CONFIDENTIEL, UN DOCUMENT INTERNE QUI AURAIT ETE REDIGE PAR LES SERVICES DE LA PREFECTURE DE POLICE DE PARIS ET QUE LA COUR NE POUVAIT EN TENIR COMPTE;<br>
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 "ALORS QU'UN ACTE CREATEUR DE DROITS AU PROFIT D'UN PARTICULIER CONSTITUE UN ACTE ADMINISTRATIF POUVANT ETRE INVOQUE PAR CE DERNIER ET SUR LA LEGALITE DUQUEL LES JUGES DE L'ORDRE JUDICIAIRE NE PEUVENT STATUER;<br>
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"QUE L'ARRET NE POUVAIT DONC REJETER L'EXCEPTION PREJUDICIELLE DES DEMANDEURS EN ECARTANT CET ACTE, DONT IL RECONNAISSAIT QUE L'EXISTENCE AVAIT ETE AFFIRMEE PAR LE FONCTIONNAIRE COMPETENT;<br>
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 AU MOTIF QU'IL S'AGISSAIT D'UN DOCUMENT INTERNE";<br>
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 ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE LES DEMANDEURS SONT POURSUIVIS DU CHEF DE TRANSFERT D'UN DEBIT DE BOISSONS EN ZONE PROTEGEE, A MOINS DE VINGT METRES DE L'ENTREE DE LA NOUVELLE FACULTE DE MEDECINE A PARIS, EN INFRACTION A UN ARRETE DU PREFET DE POLICE DU 25 MARS 1947 PRIS EN APPLICATION DE L'ARTICLE L 49 DU CODE DES DEBITS DE BOISSONS;<br>
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 QUE LES PREVENUS AYANT SOULEVE DEVANT LES JUGES DU FOND UNE QUESTION PREJUDICIELLE TENDANT A FAIRE APPRECIER PAR LE JUGE ADMINISTRATIF LA LEGALITE D'UNE AUTORISATION PREFECTORALE DE TRANSFERT DONT ILS PRETENDAIENT AVOIR BENEFICIE, LA COUR D'APPEL DE PARIS A, PAR ARRET DU 8 MARS 1967, "CONSTATE L'IRREGULARITE DE L'ACTE DENOMME ACTE ADMINISTRATIF DU PREFET DE POLICE EN RAISON DE SA TARDIVETE";<br>
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QUE, PAR ARRET DU 1ER JUIN 1967, LA CHAMBRE CRIMINELLE DE LA COUR DE CASSATION A CASSE, POUR EXCES DE POUVOIR, L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS, ET RENVOYE L'AFFAIRE DEVANT LA COUR D'APPEL D'AMIENS QUI A RENDU L'ARRET ATTAQUE;<br>
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 ATTENDU QUE LA COUR DE RENVOI CONSTATE QUE, LE 4 JANVIER 1957, A UN MOMENT OU LE PREFET DE POLICE AURAIT PU ACCORDER UNE DEROGATION A L'INTERDICTION DE TRANSFERT EN ZONE PROTEGEE, IL L'A, AU CONTRAIRE, REFUSEE;<br>
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 QU'UN SIEUR Y..., FONCTIONNAIRE DE LA PREFECTURE, A DECLARE AU JUGE D'INSTRUCTION QU'EN MAI 1957, C'EST-A-DIRE POSTERIEUREMENT A L'ARRET DU PREFET DE POLICE DU 1ER MARS 1957 METTANT FIN A LA POSSIBILITE D'OCTROI DES DEROGATIONS DE L'ESPECE, IL AURAIT RECU UN ORDRE ECRIT DU PREFET &lt;&lt;D'ACCEPTER LA DECLARATION DE TRANSFERT&gt;&gt; DE LA DAME X..., ALORS PROPRIETAIRE DU DEBIT;<br>
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 QUE CET ORDRE ECRIT N'EST PAS PRODUIT;<br>
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 QU'AU CONTRAIRE, LE 6 NOVEMBRE 1964, LE PREFET DE POLICE ECRIVAIT AU JUGE D'INSTRUCTION UNE LETTRE, ANALYSEE PAR L'ARRET ATTAQUE, D'OU IL RESULTE QUE SES SERVICES ONT RECU, LE 6 MAI 1957, UNE DECLARATION D'OUVERTURE DE DEBIT DE BOISSONS QUI A ETE TRANSMISE AU PARQUET SANS QUE, PAR SUITE D'UNE ERREUR, L'ATTENTION DE CELUI-CI AIT ETE SPECIALEMENT ATTIREE SUR LE FAIT QUE CET ETABLISSEMENT ETAIT IMPLANTE EN ZONEPROTEGEE;<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE DEDUIT DE CES CONSTATATIONS &lt;&lt;QU'AUCUN ACTE ADMINISTRATIF N'EXISTE EN L'ESPECE QUI AIT ETE PRODUIT DEVANT LES PREMIERS JUGES, NI QUE SOIT PRODUIT DEVANT LA COUR DE RENVOI&gt;&gt;;<br>
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 ATTENDU QU'EN CET ETAT, CONTRAIREMENT A CE QU'AVAIT FAIT LA COUR D'APPEL DE PARIS DANS L'ARRET DU 8 MARS 1967, LA COUR DE RENVOI N'A PAS APPRECIE LA LEGALITE D'UN ACTE ADMINISTRATIF ET N'A PAS VIOLE LE PRINCIPE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS;<br>
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 QUE LOIN D'OPPOSER UNE RESISTANCE A LA THESE DE DROIT RETENUE PAR L'ARRET DE CASSATION DU 1ER JUIN 1967, ELLE Y A, AU CONTRAIRE, SOUSCRIT PAR DES MOTIFS EXPRES;<br>
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 QU'EN ENONCANT QU'EN FAIT AUCUN ACTE ADMINISTRATIF N'ETAIT PRODUIT, ELLE A CORRECTEMENT ANALYSE LES CIRCONSTANCES DE LA CAUSE;<br>
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 QU'EN EFFET, AINSI D'AILLEURS QUE LE SOULIGNE L'ARRET ATTAQUE, A DEFAUT D'UNE AUTORISATION DEROGEANT A L'INTERDICTION DE TRANSFERT EN ZONE PROTEGEE, QUI N'A JAMAIS ETE ACCORDEE, LES DEMANDEURS ONT SEULEMENT FAIT ETAT D'UNE AUTORISATION DE RECEVOIR LEUR DECLARATION DE TRANSFERT, AUTORISATION SUPERFLUE, QU'AUCUN TEXTE D'AILLEURS NE PREVOIT, QUI N'EST EN L'ESPECE MEME PAS PRODUITE, ET QUI, MEME SI ELLE AVAIT ETE SIMPLEMENT VERBALE, N'EN AURAIT ETE QUE PLUS INOPERANTE;<br>
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 QU'ELLE NE SAURAIT A ELLE SEULE, ET SANS POUR CELA QU'IL SOIT NECESSAIRE DE L'INTERPRETER, ETRE CREATRICE DE DROITS ET REGULARISER UN TRANSFERT ILLEGAL DONT LA SANCTION RELEVE EVENTUELLEMENT DES SEULS TRIBUNAUX JUDICIAIRES, A L'INITIATIVE EXCLUSIVE DU PARQUET;<br>
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 QU'AINSI LES MOYENS NE SONT PAS FONDES;<br>
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 ET ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE EST REGULIER EN LA FORME;<br>
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 REJETTE LE POURVOI PRESIDENT : M COMTE - RAPPORTEUR : M COSTA - AVOCAT GENERAL : M RELIQUET - AVOCATS : MM NICOLAS ET NICOLAY<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 1967-07-03 ART. 15
**ECLI:** 
**Résumé:** L'ordonnance du premier président de la Cour de Cassation, rejettant une requête tendant, sur le fondement de l'article 15 de la loi du 3 juillet 1967, à la saisine de l'assemblée plénière, ne dispense pas la Chambre criminelle d'examiner un moyen de pourvoi qui, s'il était fondé, établirait que la Cour d'appel, statuant sur renvoi après cassation, a opposé une résistance à la thèse de droit contenue dans le premier arrêt de cassation.,La séparation des pouvoirs s'oppose à l'appréciation, par le juge répressif, de la légalité d'un acte administratif individuel qui n'est pas lui-même pénalement sanctionné . Encore faut-il que l'acte allégué existe.,Le fait pour l'administration de recevoir une déclaration de transfert d'un débit de boissons dans une zone protégée ne constitue pas une dérogation à l'interdiction de transfert qui existe en pareil cas.
**Mots-clés:** 1) CASSATION - Assemblée plénière - Saisine - Requête au premier président - Rejet - Examen par la Chambre criminelle du moyen soutenant qu'il y a résistance de la thèse de droit contenue dans le premier arrêt de cassation,2) SEPARATION DES POUVOIRS - Acte administratif - Acte administratif individuel - Appréciation de la légalité - Conditions,* SEPARATION DES POUVOIRS - Acte administratif - Acte administratif individuel - Appréciation de la légalité - Inexistence de l'acte allégué - Portée.,3) DEBITS DE BOISSONS - Transfert - Zone protégée - Déclaration de transfert - Réception - Dérogation à l'interdiction (non)