# Cour administrative d'appel de Paris, Juge des reconduites à la frontière, du 30 janvier 2006, 05PA03090, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007447380
**Date de décision:** 2006-01-30
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** JUGE DES RECONDUITES A LA FRONTIERE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007447380

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 29 juillet 2005 par télécopie et le 3 août 2005 en original, présentée pour M. Mehand X demeurant ..., par Me Pierrot  ; M. X demande à la cour  :
<br>
<br>
     
       1°) d'annuler le jugement n° 0504293/8 du 15 avril 2005 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 mars 2005 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
     
       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision, sous astreinte de 150 euros par jour de retard  ;
<br>
<br>
     
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ; 
<br>
     
...
<br>
<br>
     
       Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
       Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles  ;
<br>
<br>
     
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  ;
<br>
     
       Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
     
       Vu la décision en date du 2 janvier 2006 par laquelle le président de la cour a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 776-1 et R. 222-33 du code de justice administrative à M. Pailleret  ;
<br>
<br>
     
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
<br>
<br>
     
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 16 janvier 2006  :
<br>
<br>
     
       - le rapport de M. Pailleret, magistrat délégué,
<br>
<br>
     
       - les observations de Me Pierrot pour M. X,
<br>
<br>
     
       - et les conclusions de M. Adrot, commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
     
       Sur la légalité de l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. X  :
<br>
<br>
     
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  : « L'autorité compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  :  3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé  s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus  »  ;
<br>
<br>
     
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 27 janvier 2004, de la décision du préfet de police refusant de lui délivrer un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
<br>
<br>
     
       Considérant que si M. X soutient qu'il réside en France avec son épouse depuis mai 2002, que le couple a un enfant né le 28 novembre 2002 et que son épouse est enceinte, il résulte toutefois des pièces du dossier que son épouse se maintient sur le territoire français en situation irrégulière et que la famille X peut poursuivre sa vie familiale dans son pays d'origine  ; que, dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée du séjour de M. X et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de police n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
       Considérant que le moyen tiré des risques encourus en cas de retour dans le pays d'origine est inopérant à l'appui de conclusions dirigées contre un arrêté ordonnant la reconduite à la frontière d'un étranger en situation irrégulière  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
       Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi  :
<br>
<br>
     
       Considérant que l'intéressé n'établit pas que sa vie ou sa liberté seraient menacées ou qu'il serait exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine  ;
<br>
<br>
     
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
<br>
<br>
     
       Sur les conclusions aux fins d'injonction  :
<br>
<br>
     
       Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de M. X n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que, par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. X doivent être rejetées  ;
<br>
<br>
     
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991  :
<br>
<br>
     
       Considérant que les dispositions de l'article L. 7611 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à l'avocat de M. X la somme que demande celuici correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamés à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale  ;
<br>
<br>
<br>
     
D É C I D E  :
<br>
<br>
     
Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
<br>
<br>
<br>
     
2
<br>
     
N° 05PA03090
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**