# Conseil d'Etat, 3ème sous-section jugeant seule, du 10 janvier 2005, 257803, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008236188
**Date de décision:** 2005-01-10
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008236188

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 18 juin 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE  ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat  ;
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                1°) d'annuler le jugement du 6 mai 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 7 novembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. Mohamed X  ;
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                2°) de rejeter la demande de M. X devant le tribunal administratif  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des   libertés fondamentales  ;
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                  Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux   conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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	Vu le code de justice administrative  ;
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                 Après avoir entendu en séance publique  :
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               - le rapport de Mme Danièle Burguburu, Conseiller d'Etat,  
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               - les conclusions de M. Emmanuel Glaser, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (....) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (....)  ; qu'il ressort des pièces du dossier que M. Mohamed X, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification de la décision du 26 juin 2002 du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le  préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que  M. X, entré en France en 1983 au titre du regroupement familial, a été reconduit à la frontière en septembre 1991 par suite d'une condamnation à une peine d'interdiction du territoire de trois ans  ; qu'il déclare être revenu en France en 1994, sans justifier d'un visa et ne s'est depuis lors jamais trouvé en situation régulière de séjour  ; que si M. X, âgé de 33 ans, célibataire et sans enfant, fait valoir la présence en France de ses parents, d'un frère et de trois soeurs dont l'une a la nationalité française, il n'est pas dépourvu d'attaches au Maroc où vivent un de ses frères et une de ses soeurs  ; que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, de la durée et de ses conditions de séjour et notamment de la présence de certains membres de sa famille au Maroc, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de M. X au respect de sa vie familiale une atteinte  disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a, par suite, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; que, par suite c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce motif pour annuler l'arrêté du 7 novembre 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X  ; 
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                Considérant qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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                Considérant que la décision par laquelle le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE a refusé de délivrer un titre de séjour à M. X, notifiée à l'intéressé le 28 juin 2002, n'a pas été contestée dans le délai du recours contentieux et est donc devenue définitive  ; que, dès lors,  l'exception d'illégalité soulevée par l'intéressé à l'encontre de cet acte  est irrecevable  ;
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à demander l'annulation du jugement du 6 mai 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 7 novembre 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X, et le rejet de la demande de l'intéressé  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  : 
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                Considérant que les dispositions de cet article font obstacle à ce que la somme que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du 6 mai 2003 du magistrat délégué par le  président du tribunal administratif de Paris est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée devant le tribunal administratif de Paris par M. X et ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à M. Mohamed X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**