# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 8 avril 2005, 262442, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008158679
**Date de décision:** 2005-04-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008158679

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 5 décembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE  POLICE demande au Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 17 septembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 10 juin 2003 décidant la reconduite à la frontière de Mme Zahra X  ;
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                2°) de rejeter la demande de Mme X présentée devant le tribunal administratif de Paris  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Jean-Pierre Jouguelet, Conseiller d'Etat,  
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                - les conclusions de M. Didier Casas, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée dans sa rédaction alors applicable  : Le  représentant de l'Etat dans le département  et à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider  qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  :  (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un  titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré,  s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de  la date de notification du refus ou du retrait  ; qu'il ressort des  pièces du dossier que Mme X, de nationalité marocaine, s'est maintenue sur  le territoire plus d'un mois après la notification, le 3 février 2003, de la décision par laquelle le PREFET DE POLICE a refusé de lui  délivrer un titre de séjour  ; qu'elle entrait ainsi dans le cas prévu au  3° du I de l'article 22 précité où le préfet peut légalement ordonner la  reconduite d'un étranger à la frontière  ;   
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                  Considérant toutefois que selon l'article 12 bis de la même ordonnance  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est  délivrée de plein droit (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ;
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                  Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il s'agisse d'un arrêté d'expulsion pris selon la procédure normale ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle  à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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                  Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de documents émanant d'une caisse de retraite, d'ordonnances médicales, de quittances de loyers et de nombreuses attestations circonstanciées, qu'à la date à laquelle a été pris l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière, Mme BENABBES justifiait résider habituellement en France depuis plus de dix ans  ; qu'elle pouvait donc prétendre de  plein droit à la délivrance d'une carte de séjour en application des  dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; que, par suite, le PREFET  DE POLICE ne pouvait,  sans méconnaître ces dispositions, prendre à son encontre l'arrêté de  reconduite à la frontière litigieux  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort  que, par le jugement  attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X  ;
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                Sur les conclusions aux fins d'injonction  : 
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                Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice  administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une  personne de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un  sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens,  prescrit par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant,  d'un délai d'exécution  ; qu'aux termes des dispositions  du III de  l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Si l'arrêté de  reconduite à la frontière est annulé, (...) l'étranger est muni d'une  autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau  statué sur son cas  ; que le motif de l'annulation de l'arrêté attaqué,  rapproché des dispositions de l'article 12 bis 3° précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945, implique que soit délivrée à Mme X une carte de séjour temporaire  ;
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                Considérant en revanche qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                  Considérant, que il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros que réclame Mme X au titre des  frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  :   La requête du PREFET DE  POLICE est rejetée.
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     Article 2  : Il est enjoint au PREFET DE POLICE de délivrer à Mme BENABBES une  carte de séjour temporaire dans les deux mois suivant la notification de la décision.
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     Article 3   : L'Etat versera à  Mme X la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code  de justice administrative.
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     Article 4  : Le surplus des conclusions de Mme X est rejeté.
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     Article 5  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Zahra X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**