# CAA de BORDEAUX, 6ème chambre (formation à 3), 09/11/2015, 15BX02943, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000031470528
**Date de décision:** 2015-11-09
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 6ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000031470528

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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        Le préfet de la Charente-Maritime a demandé, le 21 juillet 2015, au juge des référés du tribunal administratif de Poitiers d'ordonner la suspension de l'arrêté du 7 avril 2015 par lequel le maire de la commune de La Rochelle a nommé Mme D...F...ingénieur territorial stagiaire par la voie de la promotion interne.<br>
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        Par une ordonnance n° 1501830 du 19 août 2015, le président du tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, a suspendu l'exécution de cet arrêté.<br>
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        Procédure devant la cour :<br>
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        Par une requête enregistrée le 1er septembre 2015, la commune de La Rochelle, représentée par MeE..., demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler cette ordonnance du 19 août 2015 ;<br>
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        2°) de rejeter le déféré préfectoral à fin de suspension ;<br>
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        3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que la somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie.<br>
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        Vu les autres pièces du dossier.<br>
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        Vu : <br>
        - le code général des collectivités territoriales ;<br>
        - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 modifiée ;<br>
        - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée ;<br>
        - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée ;<br>
        - le décret n° 90-126 du 9 février 1990 modifié ;<br>
        - le décret n° 2013-593 du 5 juillet 2013 ;<br>
        - le code de justice administrative.<br>
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        Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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        Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
        - le rapport de M. Pierre Larroumec, président ;<br>
        - les conclusions de M. Pierre Bentolila, rapporteur public ;<br>
        - les observations de MeB..., représentant la commune de la Rochelle.<br>
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        Une note en délibéré enregistrée le 19 octobre 2015 a été présentée pour le préfet de la Charente-Martime <br>
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        Considérant ce qui suit :<br>
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        1. Aux termes des dispositions de l'alinéa trois de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auxquelles renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " (...) Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués, parait, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. (...) ".<br>
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        2. Sur le fondement de ces dispositions, le préfet de la Charente-Maritime a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Poitiers de suspendre l'exécution de l'arrêté du 7 avril 2015 par lequel le maire de la commune de La Rochelle a nommé Mme D...F...au grade d'ingénieur territorial stagiaire au titre de la promotion interne. Par une ordonnance du 19 août 2015, le président du tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, a suspendu l'exécution de cet arrêté pour le motif que le moyen tiré de ce que la nomination de Mme F...est privée de base légale du fait de l'illégalité de l'arrêté du 7 juillet 2014 portant liste d'aptitude pour l'accès au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux au titre de la promotion interne était de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté du 7 avril 2015. La commune de La Rochelle fait appel de cette ordonnance.<br>
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        Sur le bien-fondé de la demande de suspension :<br>
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        3. Aux termes de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration (...) par la nomination de fonctionnaires (...) suivant l'une ou l'autre des modalités ci-après (...) : 2° inscription sur une liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire compétente.(...) ". Aux termes de l'article 6 du décret du 9 février 1990 modifié portant statut particulier du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux : " Le recrutement intervient après inscription sur les listes d'aptitude établies : a) Pour les ingénieurs : (...) 2° En application des dispositions du 1° de l'article 39 de ladite loi ; (...) ". Aux termes de l'alinéa 1er de l'article 8 I du même décret : " Peuvent être inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 2° du a de l'article 6 ci-dessus : Après examen professionnel, les membres du cadre d'emplois des techniciens territoriaux justifiant de huit ans de services effectifs dans un cadre d'emplois technique de catégorie B ; 2° Après examen professionnel, les fonctionnaires relevant du cadre d'emplois des techniciens territoriaux qui, seuls de leur grade, dirigent depuis au moins deux ans la totalité des services techniques des communes ou des établissements publics de coopération intercommunale de moins de 20 000 habitants dans lesquelles il n'existe pas d'ingénieur ou d'ingénieur principal. ". L'article 10 de ce décret dispose que : " Les fonctionnaires territoriaux mentionnés à l'article 8 peuvent être recrutés en qualité d'ingénieurs stagiaires, à raison d'un recrutement au titre de la promotion interne pour trois recrutements intervenus dans la collectivité (...) de candidats admis au concours externe ou interne, ou de fonctionnaires du cadre d'emplois, à l'exclusion des nominations intervenues à la suite d'une mutation à l'intérieur de la collectivité et des établissements en relevant.". En vertu de l'article 31 du décret du 5 juillet 2013 relatif aux conditions générales de recrutement et d'avancement de grade et portant dispositions statutaires diverses applicables aux fonctionnaires de la fonction publique territoriale : " Lorsque les dispositions prévues par le statut particulier d'un cadre d'emplois permettent d'accéder à celui-ci par la voie de la promotion interne, selon les modalités prévues à l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, le nombre de recrutements intervenus dans la collectivité (...) et ouvrant droit à une promotion interne est déterminé en fonction des recrutements opérés dans ces mêmes collectivités (...) par admission à un concours d'accès au cadre d'emplois considéré, par mutation externe à la collectivité (...) et par détachement ou intégration directe au sein du cadre d'emplois considéré. Le nombre de recrutements mentionné à l'alinéa précédent ne comprend ni les mutations internes à la collectivité (...), les renouvellements de détachement au sein du même cadre d'emplois, ni les intégrations prononcées après détachement dans le cadre d'emplois, ni les détachements ou les intégrations directes prononcés au sein d'une même collectivité (...). ".<br>
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        4. Il ressort des pièces du dossier que, pour calculer la proportion de postes ouverts à la promotion interne dans le cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux au titre de l'année 2014, le maire de La Rochelle a retenu trois recrutements intervenus dans la collectivité rendant possible l'inscription d'un agent sur la liste d'aptitude, dont le recrutement de M.C..., nommé le 1er février 2013, et le recrutement de MmeA..., intervenu par voie de détachement à la suite de la réussite au concours d'ingénieur territorial, faisant ainsi application des dispositions précitées de l'article 10 du décret du 9 février 1990.<br>
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        5. Il résulte des dispositions réglementaires précitées que la seule condition posée pour procéder à une nomination au titre de la promotion interne d'un fonctionnaire territorial mentionné à l'article 8 du décret du 9 février 1990 est que trois recrutements soient intervenus dans la collectivité, sans autre considération de date et de fonctions. Par suite, la circonstance que le recrutement de M. C...soit intervenu antérieurement à l'établissement de la précédente liste d'aptitude pour l'accès au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux n'était pas un obstacle à sa prise en compte pour le calcul de la proportion de postes ouverts à la promotion interne dans ce cadre d'emplois au titre de l'année 2014. Ainsi, en retenant trois recrutements intervenus dans la collectivité rendant possible l'inscription d'un agent sur la liste d'aptitude au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux au titre de la promotion interne 2014, le maire de la commune de La Rochelle ne s'est pas livré à une appréciation erronée des dispositions précitées de l'article 10 du décret du 9 février 1990. Dans ces conditions, le maire pouvait légalement se fonder sur cette liste pour nommer Mme F...au grade d'ingénieur territorial stagiaire au titre de la promotion interne. Par suite, c'est à tort que le président du tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, a estimé que le moyen tiré de ce que la décision de nomination de MmeF..., compte tenu de l'illégalité de l'arrêté du 7 juillet 2014 portant liste d'aptitude pour l'accès au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux au titre de la promotion interne , et  en l'état de l'instruction, est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de nomination litigieuse. Il appartient, toutefois, à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par le préfet de la Charente-Maritime devant le tribunal administratif et devant la cour.<br>
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        6. Au soutien du moyen tiré du défaut de base légale de l'arrêté de nomination de Mme F..., le préfet fait  également valoir que la nomination de Mme A...au grade d'ingénieur territorial stagiaire, à la suite de sa réussite au concours, est intervenue par la voie du détachement alors que cette agent était déjà fonctionnaire au sein de la collectivité, et devait, de ce fait, être exclue des recrutements à prendre en compte dans le calcul du quota du nombre d'agents à retenir. Toutefois, il ne ressort pas des dispositions réglementaires mentionnées ci-dessus qu'elles aient entendu exclure ce recrutement de ceux qui peuvent être pris en considération pour l'appréciation de la condition relative aux trois recrutements posée par les dispositions précitées de l'article 10 du décret du 9 février 1990.<br>
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        7. Aux termes des dispositions de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. (...) ". La circonstance que l'arrêté du 7 avril 2015 nommant Mme F...au grade d'ingénieur territorial stagiaire n'ait été transmis au contrôle de légalité que le 27 avril suivant est, en tout état de cause, sans influence sur la légalité de cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de nomination de Mme F...serait illégale, faute de transmission au préfet dans le délai de quinze jours prévu par l'article L. 2131-1 ne peut qu'être écarté.<br>
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        8. Contrairement à ce que soutient le préfet de la Charente-Maritime, les arrêtés de nominations ne sont pas au nombre des décisions qui doivent être motivées au sens de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux ne mentionnerait pas l'existence d'une vacance d'emploi est inopérant.<br>
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        9. Aux termes de l'article 12 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " (...) Toute nomination ou toute promotion dans un grade qui n'intervient pas exclusivement en vue de pourvoir à un emploi vacant et de permettre à son bénéficiaire d'exercer les fonctions correspondantes est nulle. (...) ". Le préfet ne conteste pas que le poste sur lequel a été nommé MmeF..., à la suite de sa promotion dans le cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux, a été publié comme étant vacant avant sa nomination, et résulte de la transformation d'un poste de responsable d'application, relevant de la catégorie B, en poste de chef de projet/urbaniste des systèmes d'information, relevant de la catégorie A. La circonstance invoquée que Mme F...ait, par lettre du 6 mars 2015, fait part de son souhait d'être promue dans le cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux n'est pas de nature, par elle même, à établir le détournement de procédure allégué. Dès lors, le préfet n'est pas fondé à soutenir que la promotion de Mme F...au grade d'ingénieur territorial stagiaire ne serait pas justifiée par l'intérêt du service et revêtirait le caractère d'une nomination pour ordre prohibée par l'article 12 précité de la loi du 13 juillet 1983.<br>
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        10. Il résulte de ce qui précède que la commune de La Rochelle, dont la requête est recevable, est fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président du tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, a suspendu l'exécution de l'arrêté de nomination de MmeF....<br>
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        Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative : <br>
        11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de La Rochelle au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, y compris les droits de plaidoirie.<br>
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        DECIDE<br>
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Article 1er : L'ordonnance n° 1501830 du 19 août 2015 du président du tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, est annulée.<br>
Article 2 : La demande présentée par le préfet de la Charente-Maritime devant le tribunal administratif de Poitiers et le surplus de la requête de la commune de La Rochelle sont rejetés.<br>
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No 15BX02943<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 135-01-015-02 Collectivités territoriales. Dispositions générales. Contrôle de la légalité des actes des autorités locales. Déféré préfectoral.