# CAA de LYON, 7ème chambre, 20/12/2022, 22LY00290, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046850175
**Date de décision:** 2022-12-20
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 7ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046850175

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler la décision du garde des sceaux, ministre de la justice, refusant implicitement la révision de l'arrêté du 10 février 2020 la reclassant au 5ème échelon du grade de directeur pénitentiaire d'insertion et de probation de classe normale avec un reliquat d'ancienneté de douze jours, et de lui faire injonction de réviser cet arrêté en faisant application des articles 4 et 5 du décret n° 2006-1827 du 23 décembre 2006 relatif aux règles du classement d'échelon consécutif à la nomination dans certains corps de catégorie A de la fonction publique de l'État.<br>
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       Par un jugement n° 2002301 du 24 novembre 2021, le tribunal a fait droit à ses demandes.<br>
Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 27 janvier 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice demande à la cour d'annuler ce jugement et de rejeter la demande de Mme B....<br>
       Il soutient que :<br>
       - le tribunal a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;<br>
       - c'est à bon droit que l'administration a refusé d'appliquer les dispositions de l'article 5 du décret n° 2006-1827 pour procéder au reclassement de l'intéressée.<br>
       Par un mémoire enregistré le 12 avril 2022, Mme B... représentée par Me Richard, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Elle soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.<br>
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       Par une ordonnance du 9 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er juin 2022.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - le décret n° 2006-1827 du 23 décembre 2006 ;<br>
       - le décret n° 2010-1639 du 23 décembre 2010 ;<br>
       - le décret n° 2010-1640 du 23 décembre 2010 ;<br>
       - le décret n° 2010-1641 du 23 décembre 2010 ;<br>
       - le décret n° 2019-50 du 30 janvier 2019 ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Djebiri, première conseillère ;<br>
       - et les conclusions de M. Rivière, rapporteur public ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1.	Mme Mennetrier, conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation (3ème échelon) a, par un arrêté du 10 février 2020, été promue dans le corps des directeurs pénitentiaires d'insertion et de probation (classe normale 5ème échelon) à la suite de sa réussite à un examen professionnel. Par un courrier du 14 février 2020, l'intéressée a demandé la révision de cet arrêté pour bénéficier des dispositions du dernier alinéa de l'article 4 et de l'article 5 du décret n° 2006-1827 du 23 décembre 2006. Le garde des sceaux, ministre de la justice relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Dijon a annulé le rejet implicite de cette demande et lui a enjoint de réviser l'arrêté du 10 février 2020.<br>
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       2.	D'une part, aux termes de l'article 2 du décret du 23 décembre 2006 relatif aux règles du classement d'échelon consécutif à la nomination dans certains corps de catégorie A de la fonction publique de l'État : " I. - Les personnes nommées dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er qui justifient de services antérieurs sont classées à un échelon déterminé, sur la base des durées moyennes fixées par le statut particulier de ce corps pour chaque avancement d'échelon, en application des articles 3 à 10. Le classement est prononcé à la date de nomination dans le corps (...) II. - La situation et les périodes d'activité antérieures prises en compte pour le classement en application des articles 4 à 10 sont appréciées à la date à laquelle intervient le classement. (...) ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret : " I. - Une même personne ne peut bénéficier de l'application de plus d'une des dispositions des articles 4 à 10. Une même période ne peut être prise en compte qu'au titre d'un seul de ces articles. / Les personnes qui, compte tenu de leur parcours professionnel antérieur, relèvent des dispositions de plusieurs des articles mentionnés à l'alinéa précédent sont classées en application des dispositions de l'article correspondant à leur dernière situation. / Ces agents peuvent toutefois, dans un délai maximal de six mois à compter de la notification de la décision prononçant leur classement dans les conditions prévues à l'alinéa précédent, demander que leur soient appliquées les dispositions d'un autre de ces articles qui leur sont plus favorables ". Aux termes de l'article 4 de ce même décret : " Les fonctionnaires appartenant déjà, avant leur nomination, à un corps ou à un cadre d'emplois de catégorie A ou de même niveau sont classés dans leur nouveau corps à l'échelon comportant un indice égal ou, à défaut, immédiatement supérieur à celui qu'ils détenaient dans leurs corps et grade d'origine. / Dans la limite de l'ancienneté moyenne fixée par le statut particulier du corps dans lequel ils sont nommés pour une promotion à l'échelon supérieur, ils conservent l'ancienneté d'échelon acquise dans leur grade d'origine lorsque l'augmentation de traitement consécutive à leur nomination est inférieure à celle qui aurait résulté d'un avancement d'échelon dans leur ancienne situation. / Les fonctionnaires nommés alors qu'ils ont atteint le dernier échelon de leur grade d'origine conservent leur ancienneté d'échelon dans les mêmes limites lorsque l'augmentation de traitement consécutive à leur nomination est inférieure à celle qui aurait résulté d'une promotion à ce dernier échelon. / Toutefois, les agents qui, avant leur nomination dans l'un des corps relevant du présent décret, appartenaient à un autre corps ou cadre d'emplois de catégorie A ou de même niveau doté d'un indice brut terminal inférieur ou égal à 801 et qui, avant leur nomination dans ce corps ou cadre d'emplois, appartenaient à un corps ou cadre d'emplois de catégorie B ou de même niveau, doté d'un indice brut terminal au moins égal à 638, peuvent demander à être classés en application des dispositions de l'article 5 en tenant compte de la situation qui serait la leur s'ils n'avaient cessé d'appartenir à ce corps ou cadre d'emplois de catégorie B ". Et aux termes de l'article 5 de ce décret : " Les fonctionnaires appartenant avant leur accession à la catégorie A à un corps ou à un cadre d'emplois de catégorie B ou de même niveau sont classés à l'échelon comportant l'indice le plus proche de l'indice qu'ils détenaient avant leur nomination augmenté de 60 points d'indice brut. Lorsque deux échelons successifs présentent un écart égal avec cet indice augmenté, le classement est prononcé dans celui qui comporte l'indice le moins élevé. / Dans la limite de l'ancienneté moyenne fixée par le statut particulier du corps dans lequel ils sont nommés pour une promotion à l'échelon supérieur, les bénéficiaires de cette disposition conservent l'ancienneté d'échelon acquise dans leur grade d'origine lorsque l'augmentation de traitement consécutive à leur nomination est inférieure ou égale à 60 points d'indice brut. Toutefois, lorsque le classement opéré en vertu de l'alinéa précédent conduit le fonctionnaire à bénéficier d'un échelon qu'aurait également atteint le titulaire d'un échelon supérieur de son grade d'origine, aucune ancienneté ne lui est conservée dans l'échelon du grade de catégorie A dans lequel il est classé ".<br>
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       3.	Il résulte des dispositions précitées que lorsque sa situation relève des articles 4 à 10 du décret du 23 décembre 2006, eu égard à son parcours professionnel antérieur à sa nomination dans le corps de catégorie A considéré, le fonctionnaire intéressé est classé dans ce corps conformément à l'article du décret qui correspond à sa dernière situation à la date à laquelle intervient ce classement. Toutefois, l'agent peut, dans un délai maximal de six mois à compter de la notification de la décision prononçant son classement, demander à l'administration l'application de dispositions du décret du 23 décembre 2006 qui lui seraient plus favorables.<br>
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       4.	D'autre part, aux termes du décret du 23 décembre 2010 portant statut particulier des conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation, en vigueur jusqu'au 31 janvier 2019, le corps des conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation relevait de la catégorie B. En application de l'article 3 du décret du 23 décembre 2010 portant classement hiérarchique des grades et emplois des personnels placés sous statut spécial des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire, l'indice brut terminal de ce corps était, jusqu'au 31 janvier 2019, égal à 769.<br>
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       5.	Enfin, aux termes de l'article 1er du décret du 30 janvier 2019 portant statut particulier du corps des conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation : " Le corps des conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation du ministère de la justice, régi par les dispositions du présent décret, est classé en catégorie A prévue à l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 ". En application de l'article 3 du décret du 23 décembre 2010 portant classement hiérarchique des grades et emplois des personnels placés sous statut spécial des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire, l'indice brut terminal de ce corps est égal à 796.<br>
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       6.	Il ressort des pièces du dossier qu'à compter du 1er février 2019, Mme Mennetrier, conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation, corps relevant alors de la catégorie B et dont l'indice brut terminal était au moins égal à 638, a été intégrée dans le corps nouvellement créé des conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation, de catégorie A, dont l'indice brut terminal est inférieur à 801. A compter du 1er janvier 2020, Mme B... a été promue au 3ème échelon de ce grade, avec un indice brut de 606. Elle a ensuite été nommée dans le corps des directeurs pénitentiaires d'insertion et de probation à compter du 13 janvier 2020 et classée au 5ème échelon avec une ancienneté conservée de douze jours conformément aux dispositions précitées des trois premiers alinéas de l'article 4 du décret du 23 décembre 2006 (avec un indice brut 611). Par ailleurs, par son courrier du 14 février 2020 notifié moins de six mois après la notification de l'arrêté du 10 février 2020 procédant à son reclassement dans le corps des directeurs pénitentiaires d'insertion et de probation, Mme B... a demandé, conformément aux dispositions précitées de l'article 3 du décret du 23 décembre 2006, à bénéficier, pour son classement, des dispositions du dernier alinéa de l'article 4 et de l'article 5 de ce même décret. Dans ces conditions, Mme B... remplissait les conditions pour que son classement dans son nouveau grade soit prononcé en application de ces dispositions, c'est-à-dire en tenant compte des services effectués en catégorie B.<br>
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       7.	Il en résulte que le ministre de la justice n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Dijon a annulé le rejet implicite de la demande de reclassement de Mme B... et a ordonné la révision de l'arrêté du 10 février 2020 prononçant le classement de Mme B... dans le corps des directeurs pénitentiaires d'insertion et de probation.<br>
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       8.	Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par Mme B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er :	La requête du garde des sceaux, ministre de la justice est rejetée.<br>
Article 2 :	Les conclusions présentées par Mme B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 3 :	Le présent arrêt sera notifié au garde des sceaux, ministre de la justice et à Mme A... B....<br>
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022 à laquelle siégeaient :<br>
M. Picard, président de chambre ;<br>
M. Seillet, président assesseur ;<br>
Mme Djebiri, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.<br>
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La rapporteure,<br>
C. DjebiriLe président, <br>
V.-M. Picard<br>
La greffière,<br>
A. Le Colleter             <br>
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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Pour expédition, <br>
La greffière,<br>
N° 22LY00290		2<br>
<br>
		al<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-04 Fonctionnaires et agents publics. - Changement de cadres, reclassements, intégrations.