# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 8 mars 2004, 257529, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008167833
**Date de décision:** 2004-03-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008167833

## Contenu de la décision

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Vu la requête, enregistrée le 6 juin 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Maria X... Y née YX demeurant ...  ; Mme Y née  demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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     1°) d'annuler le jugement du 9 avril 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du  12 février 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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     2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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     3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
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Vu les autres pièces du dossier  ;	
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     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;	
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Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Séners, Commissaire du gouvernement  ;
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Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Y née , de nationalité colombienne, s'est maintenue sur le territoire plus d'un mois à compter de la notification, le 6 mars 2002, de la décision du même jour par laquelle le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a invitée à quitter le territoire français  ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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     Considérant qu'aux termes des dispositions de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus  ; 
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     Considérant que Mme Y née  fait valoir qu'elle réside en France depuis le 14 février 1998, date à laquelle elle a rejoint son mari arrivé le 4 avril 1994  ; que si ce séjour a été interrompu par la mise à exécution d'une mesure de reconduite à la frontière, ses deux enfants sont scolarisés en France  ; qu'elle n'a jamais troublé l'ordre public et produit une promesse d'embauche  ; que, toutefois, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée du séjour en France qui a été interrompu par l'exécution de la mesure de reconduite à la frontière, Mme Y née   dont le mari est lui même en situation irrégulière en France, n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie familiale, et, par suite, à se prévaloir des dispositions précitées du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ;
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     Considérant qu'ainsi qu'il a été dit, si Mme Y née  fait valoir qu'elle réside en France avec son époux et ses enfants, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu notamment de la durée et des conditions de son séjour en France, et des effets d'une mesure de reconduite à la frontière, que le préfet de police ait porté au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     Considérant enfin qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de son arrêté de reconduite à la frontière sur la situation personnelle de Mme Y née  Y ;
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     Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme Y née  n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ; 
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      Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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     Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à verser à Mme Y née YX la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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D E C I D E  :
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		Article 1er  : La requête de Mme Y née  est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Maria X... Y née YX, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**