# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 9 décembre 1992, 90-15.300, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007030222
**Date de décision:** 1992-12-09
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007030222

## Contenu de la décision

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<br>   Attendu, selon les énonciations des juges du fond, que, par l'intermédiaire de la Société de courtage des Mureaux, Cabinet David, la société Monile France a souscrit, pour les années 1979 à 1983, une police d'assurance auprès de la Mutuelle industrielle ; que, par lettre du 22 novembre 1983, l'assureur lui a fait connaître que, dès lors qu'elle ne lui avait pas fourni les renseignements qu'il estimait nécessaires à la couverture du risque, il considérait que le contrat était " nul " ; que, le 22 octobre 1987, la société Monile France a assigné en référé la Société de courtage pour obtenir le remboursement des primes qu'elle lui avait versées ; que, le 23 décembre 1987, elle a également assigné la Mutuelle générale française accidents (MGFA), venant aux droits de la Mutuelle industrielle, pour la faire condamner solidairement au remboursement des primes ; que la Société de courtage et la MGFA ont prétendu que l'action de la société Monile France était éteinte par la prescription biennale qui avait couru à compter du 22 novembre 1983 ; que l'arrêt attaqué (Versailles, 15 février 1990) a rejeté la fin de non-recevoir, condamné la Société de courtage au versement d'une provision et dit que la MGFA devait garantir partiellement cette dernière société ;<br>
<br>   Sur le premier moyen :<br>
<br>   Attendu que Les Mutuelles du Mans, qui viennent aux droits de la MGFA, font grief à l'arrêt attaqué d'avoir décidé que la demande de la société Monile France n'était pas soumise à la prescription biennale prévue à l'article L. 114-1 du Code des assurances alors, selon le moyen, que l'action dérivant d'un contrat déclaré nul par l'assureur se trouve soumise à cette prescription, dès lors qu'elle dérive d'un contrat d'assurance initialement conclu ;<br>
<br>   Mais attendu que la cour d'appel a relevé que la police était censée n'avoir jamais existé ; que l'action en restitution ne dérivait donc pas d'un contrat d'assurance et que les dispositions de l'article L. 114-1 précité ne lui étaient donc pas applicables ; qu'elle a ainsi légalement justifié sa décision et que le moyen n'est pas fondé ;<br>
<br>   Sur le second moyen : (sans intérêt) ;<br>
<br>         PAR CES MOTIFS :<br>
<br>   REJETTE le pourvoi<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet.
**Lois appliquées:** Code des assurances L114-1
**ECLI:** 
**Résumé:** Dès lors qu'une police d'assurance est censée n'avoir jamais existé, l'action en restitution des primes versées à l'occasion de la souscription de cette police ne dérive pas d'un contrat d'assurance en sorte que les dispositions de l'article L. 114-1 du Code des assurances ne lui sont pas applicables.
**Mots-clés:** ASSURANCE (règles générales) - Police - Nullité - Police censée n'avoir jamais existé - Action en restitution des primes versées à l'assureur - Action ne dérivant pas du contrat d'assurance - Effets - Application de la prescription biennale (non),ASSURANCE (règles générales) - Prescription - Prescription biennale - Action dérivant du contrat d'assurance - Police censée n'avoir jamais existé - Effets - Application de la prescription (non),PRESCRIPTION CIVILE - Applications diverses - Prescription trentenaire - Assurance (règles générales) - Nullité de la police - Police censée n'avoir jamais existé - Action en restitution des primes versées,ASSURANCE (règles générales) - Primes - Paiement - Action en remboursement - Action fondée sur la nullité de la police - Police censée n'avoir jamais existé - Effets - Prescription biennale - Application (non)