# CAA de DOUAI, 3e chambre - formation à 3, 28/01/2016, 15DA01516, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000031981161
**Date de décision:** 2016-01-28
**Juridiction:** CAA de DOUAI
**Formation:** 3e chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000031981161

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A...D...B...a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 13 janvier 2015 du préfet de la Seine-Maritime rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. <br>
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       Par un jugement n° 1501260 du 25 juin 2015, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 10 septembre 2015, M.B..., représenté par Me C..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du 25 juin 2015 du tribunal administratif de Rouen ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai d'un mois suivant la notification de l'arrêt à intervenir, de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable 1 an et portant la mention " vie privée et familiale " ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me C...au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Il soutient que :<br>
       - la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaît le 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; <br>
       - elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale tel qu'il ressort des termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;<br>
       - elle est insuffisamment motivée ;<br>
       - l'illégalité de la décision de refus de séjour a pour conséquence l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ; <br>
       - la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnait son droit au respect de sa vie privée et familiale tel qu'il ressort des termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;<br>
       - l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire a pour conséquence l'illégalité de la décision fixant le pays de destination ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée. <br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2015, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés par M. B...ne sont pas fondés.<br>
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       M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 août 2015.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
	- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
	- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>
	- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
	- la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. Albertini, président de chambre, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1. Considérant que M.B..., ressortissant algérien, relève appel du jugement du 25 juin 2015 par lequel le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2015 du préfet de la Seine-Maritime rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;<br>
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       Sur la décision de refus de titre de séjour :<br>
       2. Considérant que la décision contestée qui comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde est suffisamment motivée ;<br>
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       3. Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : (...) 5. au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus " ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (...) " ;<br>
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       4. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M.B..., ressortissant algérien, est entré en France le 29 avril 2013 sous couvert d'un visa touristique en cours de validité, accompagné de son épouse ; qu'il fait principalement valoir qu'il a en France le centre de ses attaches familiales à raison de l'accompagnement qu'il procure à sa mère qui, âgée de soixante-dix-sept ans et atteinte de plusieurs pathologies, est présente sur le territoire français depuis 1992 et veuve depuis 2008 ; qu'il soutient aussi qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche et détient un diplôme initial de langue française de niveau 1 ; que toutefois, l'intéressé, dont l'entrée en France est récente, ne justifie pas être la seule personne à pouvoir apporter l'accompagnement nécessaire à sa mère ; qu'il n'établit pas non plus ni même n'allègue qu'il serait isolé en cas de retour dans son pays d'origine qu'il a quitté depuis seulement un an et neufs mois à la date de la décision contestée et où résident ses frère et soeurs ; que dans ces conditions la décision contestée n'a pas porté au droit de M. B...au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît ainsi pas les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco­algérien du 27 décembre 1968, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que le préfet de la Seine-Maritime n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. B... ;<br>
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       5. Considérant que la décision contestée qui comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde est suffisamment motivée ;<br>
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       Sur la décision faisant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       6. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus d'un titre de séjour ;<br>
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       7. Considérant que compte tenu de ce qui a été dit au point 3, la décision contestée n'a pas porté au droit de M. B...au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas, ainsi, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que le préfet de la Seine-Maritime n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé ; <br>
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       Sur la décision fixant le pays de destination :<br>
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       8. Considérant que compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 7, la décision fixant le pays de destination n'est pas illégale en conséquence de l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;<br>
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       9. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande ; que doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
DÉCIDE :<br>
       Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...D...B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Copie sera adressée pour information au préfet de la Seine-Maritime.<br>
       Délibéré après l'audience publique du 14 janvier 2016 à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Paul-Louis Albertini, président de chambre,<br>
       - M., Jean-Jacques Gauthé, premier conseiller<br>
       - M. Jean- François Papin, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique le 28 janvier 2016.<br>
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L'assesseur le plus ancien,<br>
Signé : J.-J. GAUTHÉLe président de chambre,<br>
président rapporteur,<br>
Signé : P.-L. ALBERTINILe greffier,<br>
Signé : B. LEFORT<br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
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Pour expédition conforme<br>
Le greffier,<br>
Béatrice Lefort<br>
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N°15DA01516<br>
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N°"Numéro"<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.