# Conseil d'État,  2ème sous-section jugeant seule, 12/03/2010, 325802, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021966221
**Date de décision:** 2010-03-12
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 2ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021966221

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 6 mars 2009 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Ali A, demeurant ... ; M. A demande au Conseil d'Etat : <br>
<br>
              1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours dirigé contre la décision du 10 septembre 2008 du consul général de France à Annaba lui refusant un visa d'entrée et de long séjour en France ; <br>
<br>
              2°) d'enjoindre au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire de délivrer le visa sollicité ;<br>
<br>
              3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
              Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ; <br>
<br>
              Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
<br>
              Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
              Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
<br>
              Après avoir entendu en séance publique :<br>
<br>
              - le rapport de Mme Stéphanie Gargoullaud, chargée des fonctions de Maître des Requêtes,  <br>
<br>
              - les conclusions de M. Frédéric Lenica, rapporteur public ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
              Considérant que la requête de M. A doit être regardée comme dirigée contre la décision du 19 novembre 2009 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours contre la décision du consul général de France à Annaba du 10 septembre 2008 lui refusant un visa de long séjour ; <br>
<br>
              Considérant que M. A, de nationalité algérienne, a vécu régulièrement sur le territoire français de 1978 à 2005, est marié depuis 1994 à Mme B C, ressortissante algérienne séjournant en France, et père de deux enfants scolarisés en France ; qu'il n'est pas allégué que sa présence sur le territoire français constituerait une menace à l'ordre public ; que, par suite, la commission de recours, en confirmant le refus d'accorder à M. A le visa sollicité, a porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise ; <br>
<br>
              Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 9 novembre 2008 ; qu'il y a lieu d'enjoindre à l'administration de réexaminer la demande de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500  demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
<br>
<br>D E C I D E :<br>
         --------------<br>
Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 19 novembre 2009 est annulée.<br>
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire de réexaminer la demande de visa de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.<br>
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500  au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. Ali A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**