# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 2ème chambre (formation à 3), 15/07/2009, 08BX02493, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000020935592
**Date de décision:** 2009-07-15
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 2ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000020935592

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 octobre 2008 au greffe de la Cour, présentée pour M. Erdal X, demeurant ..., par Me Landete ; <br>
       M. X demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0802687 du 11 septembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 5 mai 2008 refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et fixant son pays de destination ; <br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour portant la mention  vie privée et familiale  ; <br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros au  titre  de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 16 juin 2009, <br>
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        le rapport de Mme Fabien, premier conseiller;<br>
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        les observations de Me M'Belo pour M. X ;<br>
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        les conclusions de Mme Viard, rapporteur public ;<br>
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        La parole ayant été à nouveau donnée aux parties ; <br>
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       Considérant que M. X, ressortissant turc, s'est vu délivrer un titre de séjour en tant qu'étranger malade pour la période du 7 août 2007 au 6 février 2008 ; qu'il fait appel du jugement en date du 11 septembre 2008, par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 5 mai 2008 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant son pays de destination ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation : <br>
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       Sur la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour : <br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article L  313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  La carte de séjour temporaire... peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir ... La commission nationale de l'admission exceptionnelle au séjour exprime un avis sur les critères d'admission exceptionnelle au séjour...L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L 313-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de 10 ans  ; <br>
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        Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X s'est borné à demander le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade sans solliciter son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en justifiant de sa résidence en France depuis plus de 10 ans ; que, par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la commission du titre de séjour aurait dû être consultée en application desdites dispositions ; que la commission nationale prévue par ces dernières n'est en tout état de cause appelée à émettre un avis que sur les critères d'admission exceptionnelle au séjour ; <br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L.313-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé ou, à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police. Le médecin inspecteur ou le médecin chef peut convoquer le demandeur pour une consultation médicale devant une commission médicale régionale dont la composition est fixée par décret en Conseil d'Etat  ; <br>
       Considérant que M. X soutient que son état de santé justifie le maintien de sa prise en charge psychothérapeutique et médicamenteuse ; qu'il ressort toutefois de l'avis en date du 27 mars 2008 du médecin inspecteur de santé publique que si l'état de santé de M. X nécessite une prise en charge médicale, un défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu' il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; que les éléments du certificat médical en date du 18 décembre 2007 dont se prévaut M. X ne sont pas de nature à remettre en cause ces conclusions ; que, par suite, le préfet de la Gironde n'a pas méconnu les dispositions précitées du 11° de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :   1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance...  ; <br>
       Considérant que si M. X soutient qu'il réside en France depuis dix ans et qu'après avoir travaillé dans une entreprise de travaux publics, il a créé son entreprise de maçonnerie en décembre 2007, il ressort des pièces du dossier qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a épousé une compatriote le 24 août 2007 et où résident ses parents ainsi que plusieurs de ses frères et soeurs ; qu'ainsi la décision du préfet de la Gironde n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise ; que, par suite, elle n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné  aux  articles L. 314-11 et  L. 314-12,  ainsi  que  dans  le  cas  prévu à l'article  L.431-3...  ; qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'étant pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour, le préfet de la Gironde n'était pas tenu, en application de l'article L. 312-2 précité, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande ; <br>
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       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français : <br>
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       Considérant que pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, la décision du préfet portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît ni les dispositions du 10° de l'article L.511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       Sur la décision fixant le pays de destination : <br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants  ; <br>
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        Considérant que si M. X soutient qu'il est recherché par les autorités turques en raison de son engagement en faveur de la cause kurde en produisant un mandat d'arrêt en date du 21 février 2004, il ressort des pièces du dossier qu'il est retourné dans son pays d'origine en 2007 ; que, dans ces conditions, il n'établit pas avoir été exposé, à la date de la décision contestée du 5 mai 2008 fixant la Turquie comme pays de destination, à des risques de traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 5 mai 2008 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant son pays de destination ;<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que les conclusions du requérant à fin d'injonction ne peuvent donc qu'être rejetées ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative : <br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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       DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. X est rejetée.<br>
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08BX02493<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**