# Conseil d'Etat, 8ème sous-section jugeant seule, du 6 juillet 2005, 258172, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008228407
**Date de décision:** 2005-07-06
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 8EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008228407

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 1er juillet 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ;  le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 18 avril 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 11 février 2003 décidant la reconduite à la frontière  de M. Moriké X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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     	Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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     	Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946, modifié réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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     	Vu l'arrêté interministériel du 10 avril 1984 relatif aux conditions d'entrée des étrangers sur le territoire métropolitain et dans les départements d'outre-mer français  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Yohann Bénard, Auditeur,  
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                - les conclusions de M. Pierre Collin, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  ;
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                Considérant que par un jugement du 9 octobre 2003, d'ailleurs devenu définitif, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision du 1er février 2002 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait refusé à M. X la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale  ; qu'il suit de là que l'arrêté de reconduite à la frontière du 11 février 2003, pris sur son fondement par le PREFET DE POLICE, manque de base légale et méconnaît les dispositions précitées du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé cet arrêté  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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                Considérant qu'à la suite de l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière, il incombe au préfet, en application des dispositions du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, non seulement de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour mais aussi, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur son droit à un titre de séjour  ; que, dès lors, il appartient au juge administratif, lorsqu'il prononce l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière et qu'il est saisi de conclusions en ce sens, d'user des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du code de justice administrative pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressé doit être réexaminée au vu de l'ensemble de la situation de droit et de fait existant à la date de ce réexamen  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au PREFET DE POLICE  de réexaminer la situation de M. X dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>		D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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Article 2  : Il est enjoint au PREFET DE POLICE  de réexaminer la situation de M. X dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision.
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Article 3  : L'Etat versera à M. X la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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Article 4  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Moriké X et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**