# Conseil d'Etat, du 9 octobre 2002, 243351, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008103414
**Date de décision:** 2002-10-09
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008103414

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 20 février 2002 présentée pour M. Mohamed X... ,   ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : <br>    1°) d'annuler le jugement du 23 janvier 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2002 du préfet de l'Aveyron ordonnant sa reconduite à la frontière ;<br>    2°)° d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>    Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - les conclusions de M. Austry, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifié : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris; le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ; <br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X... , de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 29 octobre 2001 de la décision du 24 octobre 2001 du préfet du l'Aveyron lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ; <br>    Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête : <br>    Considérant qu'il appartient au préfet de vérifier si la mesure de reconduite ne comporte pas de conséquences d'une gravité exceptionnelle sur la situation personnelle de l'intéressé ; qu'il ressort des pièces du dossier et notamment d'un certificat médical, en date du 31 janvier 2002, que le père de M. X... , qui réside en France depuis cinquante ans et dont le reste de la famille vit en Algérie, est atteint d'une maladie invalidante nécessitant la présence de son fils à ses côtés pour l'accomplissement des gestes de la vie quotidienne ; que, par suite, et bien que l'un des certificats médicaux, postérieur à la date du jugement attaqué, n'ait pas été produit devant le tribunal administratif, le préfet de l'Aveyron, en ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressé, a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de M. X...  ; <br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2002 par lequel le préfet de l'Aveyron a ordonné sa reconduite à la frontière ;<br>    Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>    Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser à M. X... la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>Article 1er : Le jugement du 23 janvier 2002 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Toulouse, et l'arrêté du 13 décembre 2001 du préfet de l'Aveyron ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... sont annulés.<br>Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. X... la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Mohamed X... , au préfet de l'Aveyron et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 2002-01-14,Code de justice administrative L761-1,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.