# Cour Administrative d'Appel de Paris, 6ème Chambre, 09/11/2009, 07PA02396, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021468098
**Date de décision:** 2009-11-09
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** 6ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021468098

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 4 juillet 2007, présentée pour M. Khalifa A, demeurant chez Mme B ..., par Me Gassoch ; M. A demande à la cour : <br>
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        1°) d'annuler le jugement n° 0420128/6-3 du 27 avril 2007 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du <br>
29 mars 2004 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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        2°) d'annuler ladite décision ;<br>
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        3°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale  sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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        4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article <br>
L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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        Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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        Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>
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        Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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        Vu le code de justice administrative ;<br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 19 octobre 2009 :<br>
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- le rapport de M. Piot, rapporteur,<br>
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- les conclusions de Mme Dely, rapporteur public,<br>
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- et les observations de Me Gassoch Dujoncquoy pour M. A ;<br>
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        Considérant que M. A, de nationalité tunisienne, a sollicité le 24 mars 2003 un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 11° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée ; que par décision en date du 29 mars 2004, le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour ; que M. A fait appel du jugement en date du <br>
27 avril 2007 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ladite décision ;<br>
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        Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 en vigueur à la date de la décision attaquée:  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire  ; que selon l'article <br>
7-5 introduit dans le décret du 30 juin 1946, alors applicable, par le décret du 5 mai 1999 :  Pour l'application du 11° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 précitée, le préfet délivre la carte de séjour temporaire, au vu de l'avis émis par le médecin inspecteur de santé publique de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales compétente au regard du lieu de résidence de l'intéressé. (...) Cet avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'intégration, du ministre chargé de la santé et du ministre de l'intérieur (...)  ; que l'arrêté du 8 juillet 1999 pris pour l'application de ces dispositions impose au médecin inspecteur de santé publique d'émettre un avis précisant si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale, si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié dans son pays ; qu'il résulte de ces dispositions qu'il appartient au médecin inspecteur de donner seulement au préfet les éléments relatifs à la gravité de la pathologie présentée par l'étranger intéressé et à la nature des traitements qu'il doit suivre, nécessaires pour éclairer la décision que doit prendre le préfet à qui il appartient d'apprécier lui-même la situation de l'étranger après avoir examiné les autres pièces du dossier ;<br>
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        Considérant que, par un avis en date du 8 décembre 2003, le médecin, chef du service médical de la préfecture de police a estimé que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité qui pourrait lui être dispensé dans son pays d'origine ; que toutefois, M. A fait valoir que, souffrant de psychose chronique et d'épilepsie, il doit suivre un traitement neuroleptique prolongé ; qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de plusieurs certificats médicaux, émanant de spécialistes consultés par le requérant entre 2002 et 2004, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, M. A est fondé à soutenir que le préfet de police ne pouvait légalement lui refuser le titre de séjour qu'il sollicitait sans méconnaître les dispositions susvisées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ;<br>
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        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; <br>
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        Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution.  ;<br>
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        Considérant que l'annulation de la décision du 29 mars 2004 n'implique pas, compte tenu de l'absence de justificatifs suffisants permettant d'apprécier la situation de l'intéressé à la date du présent arrêt, la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention  vie privée et familiale , mais implique seulement que le préfet de police procède, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt, à un réexamen de la demande de M. A et lui délivre, durant la période d'instruction de cette demande, une autorisation provisoire de séjour ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte ; <br>
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        Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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        Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens ; <br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement susvisé du Tribunal administratif de Paris en date du 27 avril 2007 et la décision susvisée du préfet de police en date du 29 mars 2004 sont annulés.<br>
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Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. Le préfet tiendra le greffe de la cour (service de l'exécution) immédiatement informé des dispositions prises pour répondre à cette injonction.<br>
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Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.<br>
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N° 07PA02396<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**