# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 05/12/2011, 09MA01506, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000024942769
**Date de décision:** 2011-12-05
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000024942769

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 28 avril 2009, présentée pour M. Aiech A, demeurant au ... (05100), par Me Berlanger ; M. A demande à la cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0504559 du 26 février 2009 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à la condamnation de la commune de Saint-Chaffrey à lui allouer, avant dire droit, une provision en réparation du préjudice résultant pour lui de l'accident de la circulation dont il a été victime le 5 avril 2001, et à la désignation d'un expert ;<br>
<br>
       2°) de faire droit à ses conclusions de première instance ;<br>
<br>
       3°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la commune intimée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
       ...............................<br>
<br>
       Vu le jugement attaqué ;<br>
<br>
       Vu le mémoire, enregistré le 17 juillet 2009, présenté pour la Caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes, par Me Depieds, qui conclut à ce que la commune de Saint-Chaffrey soit condamnée à lui payer la somme provisoire de 7 991,60 euros au titre de ses débours, et la somme de 955 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
       Vu le mémoire, enregistré le 1er juillet 2010, présenté pour la commune de Saint-Chaffrey, qui conclut au rejet de la requête, subsidiairement à la reconnaissance d'une faute de la victime et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A ; <br>
<br>
       ............................<br>
<br>
       Vu le mémoire, enregistré le 26 juillet 2010, présenté pour M. A, qui maintient ses conclusions précédentes, par les mêmes moyens ;<br>
<br>
       ...........................<br>
<br>
       Vu le mémoire, enregistré le 2 février 2011, présenté pour la commune de Saint-Chaffrey, qui maintient ses conclusions précédentes, par les mêmes moyens ;<br>
<br>
       ............................<br>
<br>
       Vu le mémoire, enregistré le 2 juin 2011, présenté pour M. A, qui maintient ses conclusions précédentes, par les mêmes moyens ; <br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ; <br>
<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 27 janvier 2009 fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 7 novembre 2011 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme Menasseyre, rapporteure,<br>
<br>
       - les conclusions de Mme Fedi, rapporteure publique ; <br>
<br>
<br>
       Considérant que M. A demande à la Cour d'annuler le jugement du 26 février 2009 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa requête tendant à la réparation des conséquences dommageables de l'accident de voiture dont il a été victime le 5 avril 2001 sur la route dite du Béal du Ton, située sur le territoire de la commune de Saint-Chaffrey ; <br>
<br>
<br>
       Sur la responsabilité de la commune :<br>
<br>
       Considérant que M. A impute l'accident dont il a été victime à un effondrement soudain et imprévisible de la chaussée sur laquelle il circulait dans le cadre de l'exercice de ses fonctions de facteur ; que toutefois, s'il résulte de l'instruction que la route du Béal du Ton était en mauvais état, et que la circulation y était difficile, voire impraticable, aucune des pièces du dossier ne permet de considérer comme établi l'effondrement soudain de la chaussée au passage du véhicule de M. A ; que la rupture, à cet endroit, d'une conduite d'eau ne peut davantage être regardée comme établie par des pièces qui présentent un caractère contradictoire ; <br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de l'instruction que la voie communale souffrait manifestement d'un défaut d'entretien ; que toutefois, il résulte également de l'instruction que la route du Béal du Ton est un chemin étroit et pentu, l'appelant indiquant d'ailleurs que l'accident s'est produit en montée ; que, dans le constat amiable d'accident automobile établi par M. A plus de six mois après les faits, il indique avoir perdu le contrôle de son véhicule et  ripé  de l'autre côté ; que le croquis qui illustre ce constat fait apparaître que le véhicule a, selon l'intéressé fait un tête à queue, à l'origine des dégâts situés à droite du véhicule, et des lésions sur son épaule droite ; que si les faits se sont déroulés de la sorte, cela implique que le véhicule roulait à une allure rapide, qui n'est pas compatible avec une vitesse adaptée aux circonstances ; que M. A qui, exerçant les fonctions de facteur, était nécessairement familiarisé avec les défectuosités de la voirie communale qu'un riverain qualifie de parfois impraticable à cet endroit devait adapter sa conduite aux circonstances liées à une forte déclivité, à l'étroitesse du chemin, et aux conditions climatiques qui prévalaient au début du mois d'avril dans une commune située à 1365 mètres d'altitude ; que, dès lors que, ainsi qu'il a été indiqué ci-dessus, l'effondrement de la route au passage du véhicule de l'intéressé n'est pas établi, les circonstances de l'accident ne peuvent être le résultat que d'une conduite inadaptée ; qu'en l'espèce les premiers juges ont pu à bon droit estimer que la conduite inadaptée et insuffisamment attentive de son véhicule justifiait que les conséquences dommageables du préjudice résultant de cet accident soient laissées à la charge de M. A ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ; que les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées ; <br>
<br>
      Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Chaffrey qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à M. A une quelconque somme ; que, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint-Chaffrey au même titre ;<br>
<br>
       DÉCIDE :<br>
<br>
       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
<br>
       Article 2  : Les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes sont rejetées.<br>
<br>
       Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Chaffrey tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
<br>
       Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. Aiech A et à la commune de Saint-Chaffrey et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
2<br>
N° 09MA01506<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 67-02-02-02 Travaux publics. Règles communes à l'ensemble des dommages de travaux publics. Régime de la responsabilité. Qualité d'usager.,67-02-04 Travaux publics. Règles communes à l'ensemble des dommages de travaux publics. Causes d'exonération.