# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 6ème chambre - formation à 3, 29/04/2010, 08MA00307, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022329427
**Date de décision:** 2010-04-29
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 6ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022329427

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 21 janvier 2008, sous le n° 08MA00307, présentée pour M. Abdelmajid A, demeurant ..., par Me Kouevi, avocat ;<br>
<br>
<br>
       M. Abddelmajid A demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement du 20 décembre 2007 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande d'annulation de la décision du 1er octobre 2007 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;<br>
<br>
       2°) d'annuler ladite décision ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de le convoquer afin de procéder à un réexamen de sa situation personnelle en France et de lui délivrer, dans l'attente de la carte de séjour temporaire  vie privée et familiale , une autorisation provisoire de séjour ;<br>
<br>
       4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
       .............<br>
<br>
<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ; <br>
<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 27 janvier 2009 fixant la liste des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 mars 2010 :<br>
<br>
       - le rapport de M Guerrive, rapporteur,<br>
<br>
       - et les conclusions de M. Marcovici, rapporteur public ;<br>
<br>
<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention   vie privée et familiale  est délivrée de plein droit (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article  L. 311-7 soit exigée.  ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
<br>
       Considérant en premier lieu qu'il ressort des pièces du dossier que M. A est marié, depuis 2002, avec une ressortissante tunisienne disposant d'un titre de résident ; qu'un enfant est né de leur union en mai 2006 ; que le père et les deux frères de M. A résident sur le territoire Français ;<br>
<br>
       Considérant en second lieu que les retours périodiques effectués par M. A dans son pays d'origine, à la fin de chaque contrat saisonnier, ne se faisaient que dans le respect des titres de séjours temporaires ; qu'il résulte des pièces du dossier que la plupart du temps son épouse l'accompagnait lors de ses retours au Maroc ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que, alors même qu'il ne bénéficiait d'un droit au séjour qu'en qualité de travailleur saisonnier, M. MAMSIYAH, eu égard à l'ancienneté de sa présence, même discontinue, et à ses liens avec des résidents en France, a établi le centre de sa vie familiale en France ; qu'il s'ensuit qu'en refusant de lui délivrer le titre de séjour qu'il demandait, le préfet des Bouches du Rhône a méconnu les dispositions de l'article L. 313-11-7° précité ; qu'il est, dès lors, fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ;<br>
<br>
<br>
       Sur l'injonction ;<br>
<br>
       Considérant que l'exécution du présent arrêt implique nécessairement que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale , dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision, et, dans l'attente, le mette en possession d'une autorisation provisoire de séjour ;<br>
<br>
<br>
       Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que M. A a bénéficié de l'aide juridictionnelle ; qu'il ne justifie pas avoir supporté des frais autres que ceux pris en charge au titre de l'aide juridictionnelle ; que, par ailleurs, son avocat n'a pas demandé que la somme demandée en application de L. 761-1 du code de justice administrative lui soit versée en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; que ses conclusions présentées sur ce fondement doivent, par suite, être rejetées ;<br>
D E C I D E  :<br>
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Marseille du 20 décembre 2007 et la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er octobre 2007 attaqués sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. A, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt, une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  et, dans l'attente, de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour.<br>
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. Abdelmajid A, au préfet des Bouches-du-Rhône et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
2<br>
N° 08MA00307<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**