# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 7 octobre 1980, 79-10.462, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007006348
**Date de décision:** 1980-10-07
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007006348

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN :<br>
    ATTENDU QUE, SELON L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE (AGEN, 31 OCTOBRE 1970), LA SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER POUR L'AVEYRON, LE LOT ET LE TARN (SAFALT) A EXERCE SON DROIT DE PREEMPTION SUR UN IMMEUBLE MIS EN VENTE AUX ENCHERES PUBLIQUES PAR LE GERANT DE LA TUTELLE DE ANDRE X..., INCAPABLE MAJEUR, ET ADJUGE A MICHEL X... ;    ATTENDU QUE MICHEL X... FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR VALIDE CETTE PREEMPTION, ALORS, SELON LE MOYEN, " QUE LES SAFER NE PEUVENT EXERCER LEUR DROIT DE PREEMPTION QUE SUR LES FONDS AYANT UNE DESTINATION OU UNE VOCATION AGRICOLE, C'EST-A-DIRE SUR LES FONDS QUI SERVENT EFFECTIVEMENT A L'AGRICULTURE OU DONT LA DESTINATION NORMALE EST L'AGRICULTURE ; QU'EN S'ABSTENANT DE RELEVER QUE L'HERITAGE LITIGIEUX SERVAIT EFFECTIVEMENT A L'AGRICULTURE AU MOMENT DE LA VENTE, OU, A LA MEME EPOQUE, AVAIT POUR DESTINATION NORMALE L'AGRICULTURE, LA COUR D'APPEL A PRIVE SA DECISION DE TOUTE BASE LEGALE AU REGARD DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 8 AOUT 1962 " ;<br>
   MAIS ATTENDU QUE, PAR MOTIFS ADOPTES, L'ARRET CONSTATE QUE LE BIEN ADJUGE COMPREND UNE MAISON D'HABITATION, DES BATIMENTS D'EXPLOITATION (GRANGE ET PETITE GRANGE) ET 3 HECTARES 94 ARES 60 CENTIARES DE PRAIRIE ; QUE, DE CETTE CONSTATATION,  LA COUR D'APPEL A PU DEDUIRE QUE LE BIEN VENDU CONSTITUAIT UN FONDS AGRICOLE SOUMIS AU DROIT DE PREEMPTION DE LA SAFALT EN VERTU DE L'ARTICLE 2 DU DECRET DU 20 OCTOBRE 1962 ;    QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
<br>
   ET SUR LE SECOND MOYEN :<br>
    ATTENDU QU'IL EST ENCORE SOUTENU QUE, DA NS LE CAS OU LA VALIDITE DE LA PREEMPTION EXERCEE PAR UNE SAFER EST CONTESTEE, LE JUGE DOIT SE PRONONCER SUR CETTE VALIDITE, LA LEGALITE DE LA PREEMPTION DEVANT S'APPRECIER AU JOUR OU ELLE EST EXERCEE ET EN FONCTION DE L'OBJECTIF QUE S'ASSIGNE ALORS LA SAFER ; QU'EN REFUSANT DE SE PRONONCER SUR LA VALIDITE DE LA PREEMPTION QUI LUI ETAIT SOUMISE AU PRETEXTE QUE L'APPRECIATION DE CETTE VALIDITE NE POUVAIT AVOIR LIEU QU'AU JOUR DE LA RETROCESSION DU BIEN PREEMPTE, LA COUR D'APPEL A VIOLE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 8 AOUT 1962 " ;    MAIS ATTENDU QUE L'ARRET RETIENT PAR ADOPTION DES MOTIFS DES PREMIERS JUGES QUE X... NE PEUT ACTUELLEMENT FAIRE LA PREUVE QU'EN PREEMPTANT LE BIEN LA SAFALT A DEROGE AUX TROIS OBJECTIFS DE SA MISSION LEGALE, CET ORGANISME INDIQUANT QU'IL ENTENDAIT PROCEDER A UN REMEMBREMENT POUR EQUILIBRER LES PROPRIETES VOISINES ;    QUE, PAR CE MOTIF, LA COUR D'APPEL, QUI A RESERVE LA POSSIBILITE D'UNE CONTESTAT ION DE Y... DE LA PREEMPTION OPEREE APRES RETROCESSION DU BIEN PREEMPTE, A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION DE CE CHEF ;<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 31 OCTOBRE 1978 PAR LA COUR D'AGEN.<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 3) 1974-01-29 Bulletin 1974 III N. 47 p.35 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),Décret 62-1235 1962-10-20 ART. 2,LOI 1962-08-08 ART. 7
**ECLI:** 
**Résumé:** La Cour d'appel qui constate qu'un bien mis en vente comprend une maison d'habitation, des bâtiments d'exploitation (grange et petite grange) et trois hectares quatre vingt quatorze ares soixante centiares de prairie, a pu déduire que ce bien constituait un fonds agricole soumis au droit de préemption de la SAFER en vertu de l'article 2 du décret du 20 octobre 1962.,Il ne saurait être reproché à un arrêt d'avoir réservé la possibilité d'une contestation de la légalité de la préemption opérée par une SAFER après rétrocession du bien préempté, dès lors que cet arrêt retient que l'acquéreur évincé ne peut actuellement faire la preuve qu'en préemptant le bien la SAFER a dérogé aux trois objectifs de sa mission légale.
**Mots-clés:** 1) SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER ET D'ETABLISSEMENT RURAL - Préemption - Conditions d'exercice - Fonds agricole - Immeuble bâti dépendant d'une exploitation agricole - Constatations suffisantes.,2) SOCIETE D'AMENAGEMENT FONCIER ET D'ETABLISSEMENT RURAL - Préemption - Exercice - Détournement de mission - Date d'appréciation - Arrêt ayant réservé la possibilité d'une contestation après rétrocession.