# Conseil d'Etat, 10 SS, du 3 septembre 1997, 177302, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007966746
**Date de décision:** 1997-09-03
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 10 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007966746

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 2 février 1996 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES YVELINES ; le PREFET DES YVELINES demande au Président de la section du Contentieux d'annuler le jugement par lequel le conseiller délégué par le Président du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 14 décembre 1995 décidant la reconduite à la frontière de M. X... ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée, notamment par la loi du 2 août 1989, la loi du 10 janvier 1990, la loi du 26 février 1992 et la loi du 24 août 1993 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Gounin, Auditeur,<br>    - les observations de Me Pradon, avocat de M. Martinho Andrade X...,<br>    - les conclusions de Mme Denis-Linton, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur la régularité du jugement attaqué :<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "L'étranger qui fait l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière peut, dans les vingt-quatre heures suivant sa notification, demander l'annulation de cet arrêté au président du tribunal administratif  ..." ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du PREFET DES YVELINES ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... lui a été notifié par voie postale le lundi 8 janvier 1996 au matin, ainsi que l'attestent les services postaux de Bougival, et non le 6 janvier comme l'avait indiqué par erreur sur l'accusé de réception le préposé à la distribution ; qu'ainsi la demande de M. X... tendant à l'annulation de cet arrêté, enregistrée le 8 janvier au greffe du tribunal administratif, soit avant l'expiration du délai du 24 heures fixé par l'article 22 bis précité, était recevable ;<br>    Sur la légalité de l'arrêté du PREFET DES YVELINES en date du 14 décembre 1995 :<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que l'intéressé est le père d'un enfant dont l'état de santé, selon les pièces médicales produites au dossier, justifiait, à la date de la décision attaquée, une hospitalisation permanente de jour, dont le déroulement nécessitait des transports quotidiens ; que les déplacements de l'enfant étaient notamment assurés par son père ; qu'il résulte de ces circonstances que l'arrêté du PREFET DES YVELINES en date du 14 décembre 1995 ordonnant sa reconduite à la frontière porte au droit de M. X... au respect de sa vie familiale une atteinte hors de proportion avec les buts en vue desquels cette mesure a été prise ; que le PREFET DES YVELINES n'est dès lors pas fondé à demander l'annulation du jugement par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a annulé l'arrêté dont s'agit ;<br>Article 1er : La requête du PREFET DES YVELINES est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES YVELINES, à M. Martinho Andrade X... et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22 bis
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.