# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 3 mai 1966, 65-90.515, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007055024
**Date de décision:** 1966-05-03
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007055024

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE X... (RENE), AGISSANT TANT EN SON NOM PERSONNEL QUE COMME GERANT DE LA SOCIETE DIFFUSION NOUVELLE (SODINO), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 16 DECEMBRE 1964, QUI, DANS DES POURSUITES POUR DIFFAMATION PUBLIQUE ENVERS UN MEMBRE DU MINISTERE, A CONDAMNE X... A 500 FRANCS D'AMENDE ET DECLARE LA SOCIETE SUSVISEE CIVILEMENT RESPONSABLE. LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT ;<br>
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SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 23, 31 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881, ET DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A RETENU LE DEMANDEUR DANS LES LIENS DE LA PREVENTION DE DIFFAMATION PUBLIQUE ENVERS UN MEMBRE DU MINISTERE, AU MOTIF QU'EN REPRODUISANT LES PASSAGES D'UNE LETTRE ADRESSEE PAR MAITRE Y... AU MINISTRE DES FINANCES, LE JOURNALISTE AURAIT AMPLIFIE DES ALLEGATIONS DIFFAMATOIRES, DONT IL ETAIT DANS L'IMPOSSIBILITE DE VERIFIER LE BIEN-FONDE ;<br>
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ALORS QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS DE L'ARRET SELON LESQUELLES LE TEMOIN Y... AURAIT DECLARE QUE LE TEXTE PUBLIE PAR RIVAROL CORRESPONDAIT BIEN A CELUI DE LA LETTRE QU'IL AVAIT EFFECTIVEMENT ENVOYEE A M Z... A..., LA COUR NE POUVAIT RETENIR CONTRE LE JOURNALISTE DE N'AVOIR PAS VERIFIE LE BIEN-FONDE D'ACCUSATIONS QUE CE DERNIER N'ENTENDAIT PAS PRENDRE A SON COMPTE EN REPRODUISANT FIDELEMENT LES TERMES D'UNE CORRESPONDANCE, REELLEMENT ECHANGEE ENTRE DEUX HOMMES POLITIQUES, DONT L'EXPEDITEUR AVAIT PRIS SEUL LA RESPONSABILITE, SANS QUE LE FAIT D'AVOIR AMPLIFIE CETTE CORRESPONDANCE SOIT DE NATURE A EN FAIRE SUPPORTER LE CARACTERE EVENTUELLEMENT DIFFAMATOIRE PAR LE JOURNALISTE QUI S'EST LIMITE A SON ROLE D'INFORMATEUR ;<br>
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ET ALORS, AU SURPLUS, QUE MAITRE Y..., POURSUIVI, LUI-MEME, POUR LA DIVULGATION DES FAITS CONTENUS DANS CETTE LETTRE A ETE RELAXE PAR LA COUR DE PARIS PAR ARRET DU 17 FEVRIER 1965 ;<br>
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ATTENDU QUE X... (RENE), EST POURSUIVI POUR DIFFAMATION PUBLIQUE ENVERS UN MEMBRE DU MINISTERE, A LA SUITE DE LA PUBLICATION DANS LE NUMERO 625, DATE DU 4 JANVIER 1963, DE L'HEBDOMADAIRE RIVAROL DONT IL EST LE DIRECTEUR DE LA PUBLICATION, D'UN ARTICLE NON SIGNE INTITULE : UNE LETTRE (CHARGEE) DE MAITRE Y... A M Z... A... ;<br>
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 QUE L'AUTEUR DE CET ARTICLE RESUME, EN EN CITANT NOTAMMENT CERTAINS PASSAGES, UNE LETTRE QUI AURAIT ETE ADRESSEE LE 4 DECEMBRE 1962 A VALERY Z... A..., ALORS MINISTRE DES FINANCES, PAR JACQUES Y... ;<br>
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QUE CES PASSAGES CONTIENNENT LES ALLEGATIONS PAR LESQUELLES, DANS LADITE LETTRE, CE DERNIER DENONCE LE MINISTRE Z... A... COMME AYANT ETE, SELON LUI, AFFILIE A L'OAS ORGANISATION SUBVERSIVE CLANDESTINE ET L'ACCUSE D'AVOIR VIOLE, AU PROFIT DE CETTE ORGANISATION, LE SECRET DES DELIBERATIONS DU CONSEIL DES MINISTRES ;<br>
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ATTENDU QU'AYANT A JUSTE TITRE JUGE QUE DE TELLES ALLEGATIONS SONT ATTENTATOIRES A L'HONNEUR ET A LA CONSIDERATION D'UN MEMBRE DU GOUVERNEMENT A RAISON DE SES FONCTIONS ET DE SA QUALITE, C'EST A BON DROIT QUE LA COUR D'APPEL A EGALEMENT DECIDE QUE LA REPRODUCTION DE CES ALLEGATIONS DIFFAMATOIRES DANS L'ARTICLE INCRIMINE NE SAURAIT ETRE JUSTIFIEE PAR UN PRETENDU SOUCI DU JOURNALISTE D'INFORMER SES LECTEURS ET CONSTITUE, ELLE AUSSI, UNE DIFFAMATION PUNISSABLE, AUX TERMES MEMES DE L'ARTICLE 29 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881 ;<br>
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 L'INTENTION COUPABLE, EN MATIERE DE DIFFAMATION, ETANT PRESUMEE ET SE DEDUISANT DES IMPUTATIONS DIFFAMATOIRES MEMES ;<br>
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 QUE CES MOTIFS SUFFISENT A FONDER LA DECLARATION DE CULPABILITE DONT X... A FAIT L'OBJET ET QU'IL N'Y A LIEU, DES LORS, D'EXAMINER LES AUTRES GRIEFS FORMULES PAR LE DEMANDEUR ;<br>
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 QU'EN CE QUI CONCERNE, TOUTEFOIS, L'AFFIRMATION DE CELUI-CI, SELON LAQUELLE ME Y..., POURSUIVI LUI-MEME POUR LA DIVULGATION DES FAITS CONTENUS DANS LA LETTRE SUSVISEE, AURAIT ETE RELAXE PAR ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 17 FEVRIER 1965, IL ECHET DE CONSTATER QUE CETTE AFFIRMATION EST INEXACTE, LEDIT ARRET N'AYANT PAS RELAXE Y..., QUI ETAIT POURSUIVI DU CHEF DE DIFFAMATION PUBLIQUE POUR AVOIR, ALORS QU'IL ASSUMAIT, EN TANT QU'AVOCAT, LA DEFENSE DE SON CLIENT DEVANT UNE JURIDICTION REPRESSIVE, DIVULGUE DANS SA PLAIDOIRIE LES MEMES FAITS, MAIS SIMPLEMENT DECLARE CETTE POURSUITE IRRECEVABLE, COMME SE HEURTANT A L'IMMUNITE EDICTEE PAR L'ARTICLE 41 DE LA LOI PRECITEE, IMMUNITE QUE LE JOURNALISTE, DEMANDEUR, N'ETAIT PAS DANS LE CAS D'INVOQUER A SON PROFIT ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN DOIT ETRE REJETE ;<br>
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ET ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE EST REGULIER EN LA FORME ;<br>
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REJETTE LE POURVOI. PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M TURQUEY - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCAT : M MARTIN-MARTINIERE.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 1881-07-29 ART. 29,LOI 1881-07-29 ART. 41
**ECLI:** 
**Résumé:** La publication par voie de reproduction de toute imputation ou allégation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé, est punissable, au même titre que l'est la publication directe de telles imputations ou allégations (article 29 de la loi du 29 juillet 1881).,Seul, le compte rendu fidèle, fait de bonne foi, de débats judiciaires, ne donne lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage contre le journaliste, auteur d'un tel compte rendu (article 41 de la loi du 29 juillet 1881).
**Mots-clés:** 1) PRESSE - Diffamation - Publication par voie de reproduction,2) PRESSE - Immunités - Compte-rendu des débats judiciaires - Reproduction fidèle et de bonne foi - Nécessité