# Conseil d'Etat, Président de la Section du contentieux, du 3 février 1999, 196995, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007990627
**Date de décision:** 1999-02-03
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007990627

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 5 juin 1998, présentée par le PREFET DES ALPES-MARITIMES ; le PREFET DES ALPES-MARITIMES demande au président de la section du Contentieux du Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 13 mai 1998 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Nice a annulé l'arrêté en date du 12 mai 1998 décidant la reconduite à la frontière de M. Ali X... alias Karkoklii ;<br>    2°) de rejeter la requête de M. Ali X... alias Karkoklii devant ledit tribunal ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée, notamment par la loi du 2 août 1989, la loi du 10 janvier 1990, la loi du 26 février 1992 et la loi du 24 août 1993 ; <br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - les conclusions de M. Salat-Baroux, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur la régularité du jugement attaqué :<br>    Considérant que, pour demander l'annulation du jugement du 13 mai 1998, le PREFET DES ALPES-MARITIMES soutient que c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Nice a considéré que M. Ali X... alias Karkoklii risquait de faire l'objet de persécutions en cas de retour vers son pays d'origine, l'Irak ; qu'il ressort des pièces du dossier que la décision ordonnant l'éloignement de M. Ali X... alias Karkoklii à destination de son pays d'origine a constitué une décision distincte de l'arrêté du 13 mai 1998 prononçant la reconduite à la frontière de l'intéressé ; qu'il ressort des motifs du jugement attaqué que, pour annuler ledit arrêté, le jugement ne s'est prononcé que sur les conséquences sur la situation de M. Ali X... alias Karkoklii en cas de renvoi de celui-ci en Irak ; que le moyen tiré des craintes de persécution auxquelles l'intéressé serait exposé en cas de reconduite à destination de son pays d'origine est inopérant à l'encontre de l'arrêté de reconduite à la frontière et ne saurait être opérant qu'à l'encontre de la décision distincte fixant le pays de destination ; qu'ainsi ce jugement est entaché d'irrégularité ; que, par suite, il y a lieu de l'annuler, d'évoquer et de statuer sur la demande présentée par M. Ali X... alias Karkoklii devant le tribunal administratif ; <br>    Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière :<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants :  ... : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité  ..." ;<br>    Considérant qu'il résulte des pièces du dossier que M. Ali X... alias Karkoklii, de nationalité irakienne, est entré en France en mai 1998, sans être titulaire du visa exigé pour les ressortissants irakiens ; qu'il ne justifie pas être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; qu'il entre ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ; <br>    Considérant que si, lors de son interpellation, le 11 mai 1998, M. Ali X... alias Karkoklii a fait connaître son intention de solliciter l'asile politique, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait effectivement effectué depuis son entrée en France les démarches nécessaires pour déposer une demande d'admission au statut de réfugié auprès de l'office français de protection des réfugiés et apatrides ;<br>    Considérant que le PREFET DES ALPES-MARITIMES est fondé à soutenir que les conclusions présentées par M. Ali X... alias Karkoklii et tendant à l'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière doivent être rejetées ;<br>    Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :<br>
<br>    Considérant qu'à l'appui des conclusions dirigées contre la décision, distincte de l'arrêté attaqué du 12 mai 1998, prescrivant qu'il serait reconduit en Irak, M. Ali X... alias Karkoklii fait valoir qu'en raison des risques que lui ferait courir son retour dans son pays d'origine, cette décision méconnaitrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Considérant que les allégations de M. Ali X... alias Karkoklii, relatives aux risques que lui ferait courir son retour dans son pays d'origine, ne sont pas assorties de justifications permettant de les regarder comme établies ; que le moyen susanalysé ne peut donc être accueilli ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DES ALPES-MARITIMES est également fondé à demander le rejet des conclusions présentées par M. Ali X... alias Karkoklii devant le tribunal administratif de Nice et tendant à l'annulation de la décision du 12 mai 1998 fixant l'Irak comme pays de destination pour la reconduite à la frontière de l'intéressé ;<br>Article 1er : Le jugement en date du 13 mai 1998 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Nice est annulé.<br>Article 2 : Les demandes présentées par M. Ali X... alias Karkoklii devant le tribunal administratif de Nice et le surplus des conclusions de sa requête devant le Conseil d'Etat sont rejetés.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES ALPES-MARITIMES, à M. Ali X... alias Karkoklii et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.