# Cour administrative d'appel de Paris, Juge des reconduites à la frontière, du 11 juillet 2006, 06PA00883, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007449875
**Date de décision:** 2006-07-11
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** JUGE DES RECONDUITES A LA FRONTIERE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007449875

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 7 mars 2006, présentée pour M. Cheik Oumar X demeurant chez M. Diagouraga X demande à la cour  :
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       1°) d'annuler le jugement n° 0600261 du 6 février 2006 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2005 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour  ;
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       Vu les autres pièces du dossier  ;
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile  ;
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       Vu le code de justice administrative  ;
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       Vu la décision du 2 janvier 2006 par laquelle le président de la cour a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 776-1 et R. 222-3 du code de justice administrative à M. Pailleret  ;
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 3 juillet 2006  :
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       - le rapport de M. Pailleret, magistrat délégué,
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       - et les conclusions de M. Adrot, commissaire du gouvernement  ;
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  : « L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé, ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) »  ;
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité malienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 6 octobre 2005, de la décision du préfet de police du 30 septembre 2005 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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       Considérant, en premier lieu, qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ; 
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       Considérant que si M. X fait valoir qu'il réside en France sans interruption depuis 1990, ses allégations ne sont pas assorties des pièces suffisantes, notamment s'agissant des années 1997 à 1999, pour établir sa présence habituelle en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté décidant sa reconduite à la frontière  ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté  ;
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       Considérant, en second lieu, que si M. X fait valoir qu'il vit en France depuis 1990, il ressort des pièces du dossier que son épouse et ses deux enfants résident au Mali  ; que, compte tenu de l'ensemble de ces circonstances et notamment des conditions de séjour en France de M. X dont la présence habituelle sur le territoire national depuis 1990 n'est, ainsi qu'il a été indiqué ci-dessus pas établie, l'arrêté du préfet de police en date du 28 décembre 2005 n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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       Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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       Considérant que le présent arrêt rejette la demande d'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière visant M. X  ; que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce que la cour enjoigne au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées  ;
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       D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
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N° 06PA00883
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**