# CAA de MARSEILLE, 7ème chambre, 27/12/2019, 19MA00109, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000039788173
**Date de décision:** 2019-12-27
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 7ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000039788173

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. B... E... a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 26 juin 2018 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination pour l'exécution de la mesure d'éloignement.<br>
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       Par un jugement n° 1803545 du 19 octobre 2018, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté cette demande.<br>
       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2019, M. E..., représenté par Me A..., demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du 19 octobre 2018 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2018 du préfet de l'Hérault ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
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       Il soutient que :<br>
       -	l'arrêté contesté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       -	cet arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2019, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.<br>
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       M. E... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 décembre 2018.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       -	le code du travail ;<br>
       -	la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       -	le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       -	la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       -	le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;<br>
       -	le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la Cour a désigné M. Georges Guidal, président assesseur, pour présider la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. C... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. E..., de nationalité serbe, relève appel du jugement du 19 octobre 2018 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2018 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination pour l'exécution de la mesure d'éloignement.<br>
       2. Aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée : / 1° Pour l'exercice d'une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée, dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 du code du travail. Elle porte la mention " salarié " (...) ". L'article L. 5221-2 du code du travail dispose que : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente (...) 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 5221-20 du code du travail : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : / 1° La situation de l'emploi dans la profession et dans la zone géographique pour lesquelles la demande est formulée, compte tenu des spécificités requises pour le poste de travail considéré, et les recherches déjà accomplies par l'employeur auprès des organismes de placement concourant au service public du placement pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail. (...) ".<br>
       3. Il ressort des pièces du dossier que, alors même que le contrat de travail dont bénéficiait M. E... indiquait un emploi de plaquiste, la demande d'autorisation de travail établie sur formulaire cerfa, signée par le gérant de la société Adji Bati et transmise au préfet de l'Hérault par l'appelant à l'appui de sa demande de délivrance d'un titre de séjour " salarié " et qui constituait ainsi le véritable fondement de cette demande, mentionnait un emploi de maçon. C'est dès lors sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet, se fondant sur l'avis défavorable rendu par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi au motif, notamment, que le nombre de demandes d'emploi de maçon s'élevait à 2 280 sur le bassin d'emploi de l'Hérault pour 191 offres d'emplois enregistrées. La circonstance invoquée par M. E... selon laquelle le nombre d'offres d'emplois de plaquiste serait supérieur à celui des candidats à ce type d'emploi est sans incidence sur le litige.<br>
       4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) / 7°A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; (...) ".<br>
       5. Il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal.<br>
       6. Il résulte de tout ce qui précède que M. E... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
D É C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de M. E... est rejetée. <br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... E..., à Me A... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.<br>
       Délibéré après l'audience du 13 décembre 2019, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Guidal, président assesseur, président de la formation de jugement en application de l'article R. 222 26 du code de justice administrative,<br>
       - Mme D..., première conseillère,<br>
       - M. C..., premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique le 27 décembre 2019.<br>
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N° 19MA00109<br>
		nl<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.