# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 10 février 1971, 69-13.644, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006984896
**Date de décision:** 1971-02-10
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006984896

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QUE LE JUGEMENT ATTAQUE, STATUANT SUR LA DEMANDE FORMEE PAR DUCHE CONTRE LA COMPAGNIE GENERALE D'ASSURANCES EN REPARATION DU DOMMAGE CAUSE A SA VOITURE AUTOMOBILE, PAR UN ENSEMBLE ROUTIER ALLEMAND, A ESTIME QUE LE CONDUCTEUR DE CE DERNIER POSSEDAIT LA CARTE INTERNATIONALE D'ASSURANCE DITE CARTE VERTE, ATTESTANT QUE CE VEHICULE ETAIT ASSURE POUR SA CIRCULATION EN FRANCE ;<br>
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ATTENDU QUE LE POURVOI SOUTIENT QUE LA CONVENTION INTER-BUREAUX PASSEE ENTRE LES BUREAUX GROUPANT LES ENTREPRISES D'ASSURANCE DE DIVERS PAYS, STIPULANT QU'UN SINISTRE NE PEUT ETRE REGLE SANS QU'UN CERTIFICAT D'ASSURANCE EN ETAT DE VALIDITE AIT ETE EFFECTIVEMENT PRESENTE, LE JUGEMENT ATTAQUE AURAIT DENATURE LES TERMES DE CETTE CONVENTION ET USE D'UN MOTIF INOPERANT POUR PRONONCER LA RECEVABILITE DE LA DEMANDE, EN PRESUMANT QU'AU MOMENT DU PASSAGE DE LA FRONTIERE, C'EST-A-DIRE ANTERIEUREMENT A L'ACCIDENT, LE CONDUCTEUR DU CAMION ETAIT TITULAIRE DE LA CARTE VERTE ET QU'IL AURAIT AINSI MECONNU LES PRINCIPES D'ADMINISTRATION DE LA PREUVE, ET LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 33 DU DECRET DU 7 JANVIER 1959 ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA CONVENTION PRECITEE EXIGEANT QUE LE CONDUCTEUR SOIT TITULAIRE D'UN CERTIFICAT D'ASSURANCE EN ETAT DE VALIDITE, LE TRIBUNAL A, SANS DENATURATION, ET DANS LA LIMITE DE SON POUVOIR SOUVERAIN, DECIDE, AU VU DES CONSTATATIONS QU'IL A RETENUES, QU'IL EXISTAIT UN ENSEMBLE DE PRESOMPTION GRAVES, PRECISES ET CONCORDANTES PERMETTANT LA CONCLUSION DQUE LE CHAUFFEUR DE L'ENSEMBLE ROUTIER A ETE EN POSSESSION DE LA CARTE VERTE AFFERENTE AU VEHICULE QU'IL CONDUISAIT ;<br>
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 QU'IL A AINSI, SANS VIOLER LES REGLES DE LA PREUVE, NI LE DECRET DU 7 JANVIER 1959, LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION DE CE CHEF ;<br>
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 QU'AUCUN DES GRIEFS INVOQUES NE PEUT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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SUR LES DEUXIEME ET TROISIEME MOYENS REUNIS ET PRIS EN LEURS DIVERSES BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST REPROCHE AU JUGEMENT ATTAQUE D'AVOIR DECLARE LA DEMANDE DE DUCHE RECEVABLE CONTRE LA COMPAGNIE GENERALE D'ASSURANCES DESIGNEE PAR LE BUREAU GESTIONNAIRE EN FRANCE POUR INSTRUIRE ET REGLER LE SINISTRE, ALORS QU'A SUPPOSER QUE LA CONVENTION INTERBUREAUX AIT EU POUR EFFET DE CREER, ENTRE LE BUREAU CENTRAL FRANCAIS ET LES ASSUREURS ETRANGERS, UNE SOLIDARITE PERMETTANT A LA VICTIME D'UN ACCIDENT IMPUTABLE A UN AUTOMOBILISTE ETRANGER DE POURSUIVRE DIRECTEMENT EN JUSTICE LEDIT BUREAU FRANCAIS, LA CONVENTION INTERBUREAUX NE SAURAIT AVOIR UN TEL EFFET VIS-A-VIS DES MEMBRES DE CET ORGANISME, NON PERSONNELLEMENT PARTIES CONTRACTANTES A LA CONVENTION ET SIMPLES MANDATAIRES DU BUREAU, ET ALORS QUE L'ACTION DIRECTE PREVUE PAR L'ARTICLE 33 DE LA LOI DU 13 JUILLET 1930 NE PEUT LEGALEMENT ETRE EXERCEE QUE CONTRE L'ASSUREUR DE L'AUTEUR RESPONSABLE DE L'ACCIDENT ;<br>
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 QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF AU TRIBUNAL D'AVOIR ADMIS QUE LA CONVENTION INTERBUREAUX AYANT POUR BUT DE METTRE LE TIERS LESE A L'ABRI DE L'INSOLVABILITE DE L'ASSUREUR ETRANGER CONSTITUAIT UN CAUTIONNEMENT, ALORS QUE LE CAUTIONNEMENT SUPPOSE UN CONTRAT PASSE ENTRE LA CAUTION ET LE CREANCIER, NI LE BUREAU GESTIONNAIRE, NI SON MANDATAIRE, NE PEUVENT ETRE LIES AU CREANCIER, C'EST-A-DIRE AU TIERS LESE PAR UN CAUTIONNEMENT, PUISQU'ILS N'ONT PAS TRAITE AVEC LUI POUR LE FAIRE BENEFICIER DE CETTE GARANTIE ;<br>
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 QUE, DES LORS, LE TRIBUNAL N'AURAIT PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LE TRIBUNAL A CONSTATE QUE D'APRES UNE LETTRE DU 28 JUILLET 1866, DE LA COMPAGNIE ALLEMANDE D'ASSURANCES KRAVAG, L'AFFAIRE ETAIT TRAITEE PAR LES COMPAGNIES D'ASSURANCES DU GROUPE DROUOT ET QUE LA COMPAGNIE GENERALE D'ASSURANCE, DANS UNE LETTRE DU 17 AOUT 1966, RECONNAIT QU'ELLE REPRESENTE CETTE COMPAGNIE ET NE CONTESTE SA RESPONSABILITE QUE POUR DES RAISONS DE FAIT ;<br>
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 QU'IL A PU EN DEDUIRE QUE LADITE COMPAGNIE GENERALE D'ASSURANCES ETAIT L'ASSUREUR AU SENS DE L'ARTICLE 53 DE LA LOI DU 13 JUILLET 1930, ET DECLARER RECEVABLE L'ACTION DIRECTE PREVUE PAR CE TEXTE, INTRODUITE CONTRE CETTE COMPAGNIE, POUR OBTENIR REPARATION ;<br>
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 QU'IL A AINSI LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION, ABSTRACTION FAITE DES MOTIFS CONCERNANT LES RAPPORTS JURIDIQUES EXISTANT ENTRE LE BUREAU GESTIONNAIRE ET LA COMPAGNIE GENERALE D'ASSURANCES, LESQUELS, SURABONDANTS, SONT VAINEMENT CRITIQUES ;<br>
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QUE LES DEUXIEME ET TROISIEME MOYEN NE SE TROUVENT DONC FONDES EN AUCUNE DE LEURS BRANCHES ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE LE JUGEMENT RENDU LE 2 JUILLET 1969, PAR LE TRIBUNAL D'INSTANCE DE STRASBOURG ;<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 1930-07-13 ART. 53
**ECLI:** 
**Résumé:** UN TRIBUNAL NE DENATURE PAS LA CONVENTION INTER-BUREAUX,  PASSEE ENTRE LES BUREAUX GROUPANT LES ENTREPRISES D'ASSURANCES DE  DIVERS PAYS, ET EXIGEANT QUE LE CONDUCTEUR "SOIT TITULAIRE D'UN  CERTIFICAT D'ASSURANCE EN ETAT DE VALIDITE", EN DECIDANT, DANS LA  LIMITE DE SON POUVOIR SOUVERAIN ET AU VU DES CIRCONSTANCES QU'IL A  RETENUES, QU'IL EXISTE DES PRESOMPTIONS GRAVES, PRECISES ET  CONCORDANTES PERMETTANT DE CONCLURE QUE LE CHAUFFEUR DU VEHICULE,  QUI A CAUSE L'ACCIDENT DONT LA REPARATION EST DEMANDEE, A ETE EN  POSSESSION DE LA CARTE VERTE AFFERENTE AUDIT VEHICULE.,STATUANT SUR LES CONSEQUENCES DOMMAGEABLES D'UN ACCIDENT  CAUSE EN FRANCE PAR UN CONDUCTEUR ASSURE A L'ETRANGER ET TITULAIRE  DE LA CARTE VERTE, LES JUGES DU FOND, QUI CONSTATENT QUE D'APRES UNE  LETTRE DE LA COMPAGNIE ETRANGERE, L'AFFAIRE ETAIT TRAITEE EN FRANCE  PAR UN GROUPE D'ASSUREURS ET QUE L'UN D'EUX A RECONNU DANS UNE  CORRESPONDANCE, QU'IL REPRESENTAIT L'ASSUREUR ETRANGER ET NE  CONTESTE SA RESPONSABILITE QUE POUR DES RAISONS DE FAIT, PEUVENT EN  DEDUIRE QUE L'ASSUREUR AUTEUR DE CETTE CORRESPONDANCE EST L'ASSUREUR  AU SENS DE L'ARTICLE 53 DE LA LOI DU 13 JUILLET 1930 ET DECLARER  RECEVABLE L'ACTION DIRECTE PREVUE PAR CE TEXTE INTRODUITE CONTRE  CETTE COMPAGNIE POUR OBTENIR REPARATION.
**Mots-clés:** 1) ASSURANCE RESPONSABILITE - GARANTIE - CARTE INTERNATIONALE D 'ASSURANCE - EXIGENCE PAR LA CONVENTION INTER-BUREAUX DES COMPAGNIES  D'ASSURANCES - POSSESSION PAR L'AUTEUR DE L'ACCIDENT - APPRECIATION  SOUVERAINE DES JUGES DU FOND.,* PRESOMPTIONS DU FAIT DE L'HOMME - ADMISSIBILITE - ASSURANCE  RESPONSABILITE - CARTE INTERNATIONALE D'ASSURANCE - POSSESSION.,2) ASSURANCE RESPONSABILITE - ACTION DIRECTE DE LA VICTIME -  DOMAINE D'APPLICATION - ACCIDENT CAUSE EN FRANCE PAR UN ETRANGER -  ACTION DIRIGEE CONTRE LE REPRESENTANT DE L'ASSUREUR ETRANGER -  RECEVABILITE.