# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 1ère  Chambre , 30/12/2009, 09NT02268, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021764395
**Date de décision:** 2009-12-30
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 1ère  Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021764395

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 18 septembre 2009, présentée pour M. Mohamed X, demeurant ..., par Me Renard, avocat au barreau de Nantes ; M. X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 09-1103 du 14 mai 2009 par lequel le Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire en date du 15 janvier 2009 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois ;<br>
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       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil, Me Renard, qui renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 14 décembre 2009 :<br>
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       - le rapport de Mlle Wunderlich, premier conseiller ;<br>
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       -  et les conclusions de M. Hervouet, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant mauritanien, interjette appel du jugement en date du 14 mai 2009 par lequel le Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire en date du 15 janvier 2009 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 15 janvier 2009 :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; que M. X, né en 1983, entré régulièrement sur le territoire le 9 octobre 2006, a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention étudiant valable jusqu'au 6 novembre 2007 ; que s'il n'a présenté sa demande en vue du renouvellement de ce titre qu'en juillet 2008, il a également sollicité, le 15 septembre 2008, la délivrance d'un titre portant la mention vie privée et familiale ; qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a rejoint sur le territoire son père, qui y résidait depuis 1999, sous couvert de titres de séjour portant la mention vie privée et familiale depuis 2004, et a obtenu pour son épouse et son autre fils le bénéfice du regroupement familial en décembre 2007 ; que l'ensemble de la cellule familiale de l'intéressé, lequel, poursuivant ses études, est pris en charge par ses parents, avec lesquels il réside, se trouve dès lors régulièrement installée en France ; qu'il s'ensuit qu'en refusant de délivrer un titre de séjour à M. X le préfet de Maine-et-Loire a, dans les circonstances particulières de l'espèce, porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté litigieux a été pris et par suite méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, quand bien même les grand-mères, l'oncle et deux des tantes du requérant résideraient toujours en Mauritanie ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ;<br>
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       Considérant qu'il y a lieu, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, par application de ces dispositions, d'enjoindre à l'administration de délivrer au requérant un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a toutefois pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant au remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens :<br>
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       Considérant qu'il résulte des dispositions combinées des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relatives à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative que l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait pas bénéficié de cette aide à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Renard, avocat de M. X, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'indemnité d'aide juridictionnelle ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	Le jugement du Tribunal administratif de Nantes en date du 14 mai 2009 et l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire en date du 15 janvier 2009 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire sont annulés.<br>
Article 2 :	Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de délivrer à M. X un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 :	L'Etat versera à Me Renard, avocat de M. X, la somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 4 :	Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.<br>
Article 5 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. Mohamed X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet de Maine-et-Loire.<br>
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N° 09NT02268                                      2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**