# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 20 février 1970, 68-10.625, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982358
**Date de décision:** 1970-02-20
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982358

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE DE L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE (CAEN, 16 JANVIER 1968), IL RESULTE QUE DAME Y..., PROPRIETAIRE, A, LE 15 MARS 1962, DONNE CONGE A MARESCOT, PRENEUR, AFIN DE REPRENDRE, LE 29 SEPTEMBRE 1963, DATE D'EXPIRATION DU BAIL, 20 HECTARES DE TERRES LOUEES;<br>
<br>
 QUE LA COUR D'APPEL, STATUANT SUR RENVOI APRES CASSATION D'UN PRECEDENT ARRET DU 14 JANVIER 1964, A ANNULE CE CONGE, AU MOTIF QUE DAME Y..., AGEE DE PLUS DE 65 ANS COMME ETANT NEE LE 18 JANVIER 1897, NE POUVAIT PLUS EXERCER LA REPRISE, SUIVANT LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 845-1ER DU CODE RURAL, TELLES QUE MODIFIEES PAR LA LOI DU 30 DECEMBRE 1963;<br>
<br>
ATTENDU QUE LE POURVOI REPROCHE AUDIT ARRET DE NE PAS CONTENIR L'EXPOSE AU MOINS SOMMAIRE DES FAITS DE LA CAUSE ET DES PARTIES, QU'EXIGE L'ARTICLE 141 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, EN REPRODUISANT LE DISPOSITIF DES CONCLUSIONS DES PARTIES ET LES MOTIFS SOUTENUS PAR VEUVE Y... POUR OBTENIR LA REPRISE A SON PROFIT, A RESPECTE LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE INVOQUE;<br>
<br>
QUE LE MOYEN MANQUE EN FAIT;<br>
<br>
SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QUE LE POURVOI REPROCHE ENCORE A L'ARRET D'AVOIR LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS DE VEUVE Y... FAISANT VALOIR QUE " L'ARTICLE 14 DE LA LOI DU 30 DECEMBRE 1963 CONSACRAIT LE PRINCIPE DE L'APPLICATION IMMEDIATE DE LA LOI SANS CONFERER POUR AUTANT A CELLE-CI UNE PORTEE RETROACTIVE " ET D'AVOIR "FAIT RETROAGIR LES DISPOSITIONS NOUVELLES BIEN QUE, DEPUIS UNE DATE ANTERIEURE A LA LOI DE 1963, LA BAILLERESSE AIT EU UN DROIT ACQUIS A LA REPRISE PUISQU'ELLE EN REMPLISSAIT LES CONDITIONS LEGALES A L'EPOQUE POUR LAQUELLE LE CONGE AVAIT ETE DONNE ";<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, REPONDANT AUX CONCLUSIONS PRETENDUMENT DELAISSEES, RELEVE QUE SI, LORS DE LA PROMULGATION DE LA LOI DU 30 DECEMBRE 1963, LE BAIL ETAIT PARVENU A EXPIRATION, " PAR CONTRE L'ACTION EN CONTESTATION DE CONGE ETAIT PENDANTE ", ET EN DEDUIT A BON DROIT QUE LES NOUVELLES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 845-1ER DU CODE RURAL, DECLAREES APPLICABLES AUX INSTANCES EN COURS PAR L'ARTICLE 14 DE LA LOI PRECITEE, DEVAIENT RECEVOIR APPLICATION EN L'ESPECE;<br>
<br>
QU'AINSI LE DEUXIEME MOYEN N'EST PAS MIEUX FONDE QUE LE PREMIER;<br>
<br>
REJETTE LES DEUX PREMIERS MOYENS;<br>
<br>
MAIS SUR LE TROISIEME MOYEN : VU LES ARTICLES 130 ET 133 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ET 24 DU DECRET 58-1293 DU 22 DECEMBRE 1958;<br>
<br>
ATTENDU QU'IL RESULTE DE LA COMBINAISON DE CES TEXTES QUE LA DISTRACTION DES DEPENS NE PEUT ETRE PRONONCEE AU PROFIT DE LA PARTIE GAGNANTE QUE DANS LES INSTANCES OU LE MINISTERE D'AVOUE EST OBLIGATOIRE;<br>
<br>
 QUE CETTE ASSISTANCE N'EST QUE FACULTATIVE LORSQU'UNE AFFAIRE DE BAUX RURAUX EST PORTEE DEVANT LA COUR D'APPEL;<br>
<br>
 QUE, DES LORS, L'AVOUE DU GAGNANT NE PEUT EN PAREIL CAS RECLAMER QU'A SON MANDANT LES HONORAIRES A LUI DUS ET LES AVANCES PAR LUI EXPOSEES;<br>
<br>
ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE PRONONCE LA DISTRACTION DES DEPENS AU PROFIT DE M X..., AVOUE DE MARESCOT, APPELANT;<br>
<br>
 QU'EN STATUANT AINSI, LA COUR D'APPEL A VIOLE LES TEXTES VISES AU MOYEN;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU TROISIEME MOYEN, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES, LE 16 JANVIER 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE CAEN;<br>
<br>
 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL D'AMIENS<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1967-12-07 Bulletin 1967 IV N. 772 p. 656 (CASSATION). (1)
 ID. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1967-12-07 Bulletin 1967 IV N. 773 p. 656 (REJET). (1)
 ID. Cour de Cassation (Chambre civile 3) 1968-08-10 Bulletin 1968 III N. 326 p. 251 (REJET). (1)
 ID. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1967-05-09 Bulletin 1967 IV N. 381 (3) p. 317 (CASSATION). (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** (1),Code rural 845,LOI 1963-12-30
**ECLI:** 
**Résumé:** Les nouvelles dispositions de l'article 845-1 du code rural, modifié par la loi du 30 décembre 1963 applicable aux instances en cours, doivent jouer à l'égard d'un bail expiré, dès lors que l'action en contestation de congé est toujours pendante.,La distraction des dépens ne peut être prononcée au profit de la partie gagnante que dans les instances où le ministère d'avoué est obligatoire, dans une affaire de baux ruraux portée devant la Cour d'Appel, où cette assistance n'est que facultative, l'avoué du gagnant ne peut réclamer qu'à son mandant, les honoraires à lui dus, et les avances par lui exposées.
**Mots-clés:** 1) BAUX RURAUX - Bail à ferme - Reprise - Congé - Contestation - Délai de 4 mois - Forclusion - Relevé - Loi du 30 décembre 1963 - Application immédiate aux baux et instances en cours des dispositions de l'article 845-1 du code rural - Bail expiré - Action en contestation toujours pendante.,* LOIS ET REGLEMENTS - Application - Application immédiate - Bail à ferme - Article 845-1 du code rural - Loi du 30 décembre 1963 - Bail expiré - Action en contestation de congé toujours pendante.,* BAUX RURAUX - Bail à ferme - Congé - Contestation - Délai de 4 mois - Forclusion - Loi du 30 décembre 1963 - Relevé de forclusion - Portée.,* BAUX RURAUX - Bail à ferme - Congé - Contestation - Action pendante - Effet.,2) FRAIS ET DEPENS - Distraction - Bail à ferme (non).,* AVOUE - Représentation des parties - Ministère obligatoire - Bail à ferme (non).,* BAUX RURAUX - Bail à ferme - Tribunal paritaire - Procédure - Appel (décret du 22 décembre 1958) - Ministère d'avoué - Nécessité (non).,* FRAIS ET DEPENS - Distraction - Condition - Ministère d'avoué obligatoire.