# CAA de LYON, 5ème chambre - formation à 3, 15/06/2017, 15LY03885, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000034978070
**Date de décision:** 2017-06-15
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000034978070

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
Procédure contentieuse antérieure<br>
       M. B... A...a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du 10 avril 2015 par lequel le préfet de l'Ain lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel il serait reconduit d'office.<br>
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       Par un jugement n° 1503909 du 24 septembre 2015, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
Procédure devant la cour <br>
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       Par une requête enregistrée le 9 décembre 2015, M. A..., représenté par MeC..., demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon du 24 septembre 2015 ; <br>
       2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté susmentionné ; <br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Ain de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de cette notification, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; <br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;<br>
       - il est entaché d'un défaut d'examen particulier de la demande ;<br>
       - il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2016, le préfet de l'Ain conclut au rejet de la requête.<br>
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Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.<br>
       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 novembre 2015.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant du 20 novembre 1989, signée par la France le 26 janvier 1990 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code des relations entre le public et l'administration ;<br>
       - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ; <br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Savouré, premier conseiller ;<br>
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        1. Considérant que M. A..., ressortissant du Kosovo, né le 1er janvier 1990, déclare être entré en France le 3 septembre 2013 ; qu'il a présenté une demande d'asile rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 26 septembre 2014 ; que, par arrêté du 10 avril 2015, le préfet de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a désigné le pays de renvoi ; que M. A... interjette appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
        2. Considérant, en premier lieu, que la décision contestée est motivée, en fait comme en droit, avec une précision suffisante au regard des exigences des articles 1er et 3 de la loi susvisée du 11 juillet 1979 alors en vigueur, aujourd'hui repris aux articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;<br>
        3. Considérant, en deuxième lieu, que, si M. A...fait valoir que, par un jugement n° 1503908 du 24 septembre 2015, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision portant refus de séjour prise à l'encontre de son épouse au motif que sa demande présentée sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'avait pas fait l'objet d'un examen particulier, cette circonstance ne permet pas, à elle seule, de regarder le préfet de l'Ain comme n'ayant pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A...au regard de sa vie privée et familiale ;<br>
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        4. Considérant, enfin, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " ; <br>
        5. Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent des enfants, qu'elles soient le fait (...) des tribunaux, des autorités administratives (...), l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale " ; <br>
        6. Considérant que si le requérant fait valoir qu'il est marié et père d'une fille née en 2014, il ressort des pièces du dossier qu'il n'était entré en France que depuis moins de deux ans à la date de l'arrêté du 10 avril 2015 ; qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans ; que, si le refus de titre de séjour pris à l'encontre de son épouse le même jour que l'arrêté litigieux, a été annulé par le jugement du tribunal administratif de Lyon mentionné au point 3, cette dernière ne disposait pour autant d'aucun droit au séjour, compte tenu notamment des motifs d'annulation retenus dans ledit jugement ; que rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer dans le pays d'origine des intéressés ; que, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour litigieux porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par la décision et méconnaîtrait, par suite, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté ; que, pour les mêmes motifs, cette décision ne méconnait pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;<br>
        7. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ; que doivent être rejetées, par voie de conséquences, ses conclusions à fin d'injonction et celles de son conseil tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de l'Ain.<br>
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Délibéré après l'audience du 24 mai 2017 à laquelle siégeaient :<br>
M. Clot, président de chambre,<br>
Mme Dèche, premier conseiller,<br>
M. Savouré, premier conseiller.	<br>
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Lu en audience publique, le 15 juin 2017.<br>
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N° 15LY03885<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.