# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 28 avril 2004, 261392, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008195795
**Date de décision:** 2004-04-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008195795

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 29 octobre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Samia X... Y... demeurant ... (75012)  ; Mme YX Y... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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     1°) d'annuler le jugement du 24 septembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 juin 2003 par lequel  le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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     2°) d'annuler cet arrêté  pour excès de  pouvoir  ;
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Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990  ;
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     Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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      Vu le code de justice administrative   ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Le Chatelier, Commissaire du gouvernement  ;
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Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête  :
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     Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...) 2 - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui   ; 
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme YX Y..., mariée en Algérie le 24 août  1998,  est entrée  en France  pour rejoindre son mari titulaire d'un certificat de résidence en qualité de commerçant, qu'elle est mère d'un enfant,  né à Paris le 29 septembre 2000 et régulièrement scolarisé, et qu'elle travaille dans l'entreprise familiale  ; que dans ces circonstances,  l'arrêté  du 11 juin 2003  par lequel le préfet de police a ordonné la reconduite à la frontière a  porté au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il a ainsi   méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme YX Y... est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué,  le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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     Sur les conclusions à fin de régularisation de la situation administrative de l'intéressée  :
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     Considérant qu'à la suite de l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière, il incombe au préfet, en application des dispositions précitées du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, non seulement de munir l'intéressée d'une autorisation provisoire de séjour mais aussi, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur son droit à un titre de séjour  ; que, dès lors, il appartient au juge administratif, lorsqu'il prononce l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière et qu'il est saisi de conclusions en ce sens, d'user des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du code de justice administrative pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressée doit être réexaminée  ;
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     Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au  préfet de police de se prononcer sur la situation de Mme YX Y... dans le délai  de 2 mois suivant la notification de la présente décision  ;
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D E C I D E  :
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      Article 1er  : Le jugement du 24 septembre 2003 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris et l'arrêté du préfet de police en date du 11 juin 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme YX Y... sont annulés.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Samia X... Y...,  au  préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**