# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 6 janvier 2006, 275666, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008242513
**Date de décision:** 2006-01-06
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008242513

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 22 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler  le jugement du 12 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 24 septembre 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Dieudonné Y Y  ;
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              2°) de rejeter la demande présentée par M. Y devant le tribunal administratif de Paris  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des  libertés fondamentales  ;
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - le rapport de M. Francis Girault, Maître des Requêtes,  
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              - les conclusions de M. Nicolas Boulouis, Commissaire du gouvernement  ;
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<br>Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 alors en vigueur : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera  reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont  le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du  délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y, de nationalité  camerounaise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la  notification, le 3 août 2004, de la décision du PREFET DE POLICE du même jour, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à  quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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              Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de  sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  :  1° Toute  personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et  de sa correspondance  ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique  dans l'exercice de ce droit pour autant que cette ingérence est prévue par la  loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est  nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être  économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions  pénales, à la protection de la santé ou de la morale, où à la protection des  droits et libertés d'autrui.  ; 
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y qui réside en France depuis 1995, d'une part poursuit des études en sciences économiques en qualité d'étudiant inscrit en doctorat à l'université Paris X où il a obtenu successivement une licence, une maîtrise et un mastère et d'autre part mène en France une vie familiale ayant eu une fille en novembre 2003 de Mme Y, elle-même titulaire d'un titre de séjour, même s'il n'est pas dépourvu de toute attache au Cameroun, son pays d'origine  ; que, par suite, la décision du PREFET DE POLICE de Paris ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y a porté au droit de ce dernier au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; que, dès lors, le PREFET DE POLICE de Paris n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté en date du 24 septembre 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Y Y ;
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<br>				D E C I D E  :
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            Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE et à M. Dieudonné Y.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**