# Conseil d'Etat, 1 SS, du 22 novembre 1989, 70391, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007764788
**Date de décision:** 1989-11-22
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 1 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007764788

## Contenu de la décision

<br>     Vu la requête, enregistrée le 11 juillet 1985 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. X..., demeurant à Suzannecourt-Joinville (52300), et tendant à ce que le Conseil d'Etat :<br>    1°) annule le jugement du 30 avril 1985 par lequel le tribunal administratif de Châlons-sur-Marne a rejeté sa demande dirigée contre la décision en date du 3 décembre 1981 par laquelle la commission départementale d'aménagement foncier de la Haute-Marne a décidé d'attribuer une parcelle cadastrée ZM 3 à M. Y... ;<br>    2°) annule pour excès de pouvoir cette décision ;<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code rural ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Gosselin, Conseiller d'Etat,<br>    - les conclusions de M. Tuot, Commissaire du gouvernement ;<br>     Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :<br>
<br>    Considérant qu'aux termes du troisième alinéa de l'article 20 du code rural : "Doivent être réattribués à leur propriétaire, sauf accord contraire, et ne subir que les modifications de limites indispensables à l'aménagement ... 5°) De façon générale, les immeubles dont les propriétaires ne peuvent bénéficier de l'opération de remembrement, en raison de l'utilisation spéciale desdits immeubles" ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que la parcelle dont M. X... réclame la réattribution a été prélevée sur sa parcelle d'apport anciennement cadastrée AK n° 70 ; que cette dernière parcelle ainsi que des parcelles voisines avaient fait l'objet d'aménagements spéciaux en vue d'y établir un enclos piscicole destiné à l'élevage de truites ; que ladite parcelle constituait donc un immeuble à utilisation spéciale au sens des dispositions précitées du code rural ;<br>    Considérant que si la commission départementale pouvait procéder à des modifications de limites indispensables à l'aménagement foncier, elle ne pouvait, ainsi qu'elle l'a fait, retirer à M. X... la totalité de la parcelle litigieuse ; qu'ainsi, la commission départementale a méconnu les dispositions précitées de l'article 20 du code rural ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Châlons-sur-Marne a rejeté sa demande dirigée contre la décision susvisée de la commission départementale d'aménagement foncier de la Haute-Marne ;<br>Article 1er : Le jugement du 30 avril 1985 du tribunal administratif de Châlons-sur-Marne et la décision du 3 décembre 1981 de la commission départementale d'aménagement foncier de la Haute-Marne, en tant que cette décision statue sur le remembrement des biens de M. X... sont annulés.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre de l'agriculture et de la forêt.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code rural 20 al. 3
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 03-04-02-02-01 AGRICULTURE - REMEMBREMENT FONCIER AGRICOLE - ATTRIBUTIONS ET COMPOSITION DES LOTS - PARCELLES DEVANT OU NON ETRE REATTRIBUEES A LEURS PROPRIETAIRES (ARTICLE 20 DU CODE RURAL) - IMMEUBLES A UTILISATION SPECIALE -Existence d'une utilisation spéciale - Parcelles ayant fait l'objet d'aménagements spéciaux en vue d'y établir un enclos piscicole destiné à l'élevage de truites.