# CAA de LYON, 2ème chambre, 10/07/2023, 22LY03309, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000047857641
**Date de décision:** 2023-07-10
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047857641

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2021 par lequel la préfète de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. <br>
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       Par un jugement n° 2202298 du 12 juillet 2022, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2022, M. A..., représenté par Me Letellier, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de la Drôme du 20 décembre 2021 ;<br>
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       3°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; <br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
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       Il soutient que :<br>
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       Sur la légalité du refus de délivrance d'un titre de séjour :<br>
       - la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la circulaire du 10 décembre 1999 indique que la stabilité du lien est établie lorsque la vie commune avec un ressortissant français est de trois années au minimum ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur d'appréciation relative à la date de sa demande de titre de séjour ; <br>
       - elle est entachée d'une erreur de fait ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
       - la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       En application de l'article R. 611-8 du code de justice administrative, la requête a été dispensée d'instruction.<br>
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       Par une décision du 12 octobre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.... <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       La présidente de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Caraës, première conseillère, <br>
       - et les observations de Me Letellier, représentant M. A... ;<br>
       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B... A..., ressortissant ivoirien né le 27 novembre 1985, est entré en France en juin 2018 selon ses déclarations. Le 5 octobre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 décembre 2021, la préfète de la Drôme a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A... relève appel du jugement du 12 juillet 2022 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. Si M. A... fait valoir que la préfète de la Drôme a commis une erreur de fait en indiquant qu'il ne disposait d'aucune ressource et qu'il était entièrement pris en charge par sa partenaire bénéficiaire d'une pension de retraite, alors qu'il perçoit des revenus tirés de son activité sur internet, il ressort des pièces du dossier que la préfète aurait pris la même décision, s'agissant de l'appréciation portée sur sa vie privée et familiale, si elle avait uniquement retenu les motifs tirés de la faible durée de son séjour en France et de la vie commune avec sa compagne et de ce qu'il ne justifiait pas de son insertion dans la société française.  <br>
       3. A supposer que M. A... ait entendu soutenir que la préfète aurait commis une erreur de fait en indiquant qu'il avait sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 5 octobre 2021, alors qu'il a entamé des démarches en vue de régulariser sa situation dès le 28 mai 2020 et n'a pas été muni d'un récépissé, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige.<br>
       4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".<br>
       5. M. A... fait valoir qu'il entretient une relation avec une ressortissante française avec laquelle il vit. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A... est entré récemment en France. Il n'établit pas l'ancienneté de sa relation avec sa compagne avec laquelle il s'est pacsé récemment le 6 mars 2019. A cet égard, il ne peut utilement se prévaloir de la circulaire INT/D/99/00251/C du 10 décembre 1999 du ministre de l'intérieur. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-trois ans.  Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision de refus de délivrance de titre de séjour ne porte pas au droit de M. A... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, cette décision n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       6. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, l'obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
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       7. Il résulte de ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Les conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A.... <br>
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la préfète de la Drôme.<br>
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Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :<br>
Mme Courbon, présidente de la formation de jugement,<br>
Mme Caraës, première conseillère,<br>
M. Pin, premier conseiller.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.<br>
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       La rapporteure,<br>
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       R. Caraës<br>
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La présidente,<br>
A. CourbonLa greffière,<br>
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N. Lecouey<br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
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N° 22LY03309<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. - Séjour des étrangers.,335-03 Étrangers. - Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.