# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 24 mars 2004, 255319, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008193917
**Date de décision:** 2004-03-24
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008193917

## Contenu de la décision

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                Vu 1°) sous le n° 255319, la requête enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 21 mars 2003, présentée par M. Mustapha X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 7 janvier 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 4 juin 2002 du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision distincte fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit  ;
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                2°)' d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision  ;
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                Vu 2°) sous le n° 255421, la requête enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 26 mars 2003, présentée par M. Mustapha X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°)' d'annuler le jugement du 7 janvier 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 4 juin 2002 du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision distincte fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit  ;
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                2°)' d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision  ;
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     	Vu les autres pièces des dossiers  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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                Vu la loi n° 52-893 du 25 juillet 1952 modifiée  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Devys, Commissaire du gouvernement  ;
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<br>Considérant que les requêtes n°s 255319 et 255421 de M. X sont dirigées contre le même jugement  ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (....) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (....)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 11 septembre 2001, de la décision en date du même jour du préfet de police lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant que le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris et l'arrêté attaqués énoncent les considérations de droit et de fait sur lesquelles ils se fondent  ; qu'ils sont, par suite, suffisamment motivés  ;
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                Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X fait valoir que son épouse et ses enfants vivent en France et que trois de ses enfants sont scolarisés en France, il ressort des pièces du dossier que M. X ainsi que les membres de sa famille sont entrés en France récemment, que M. X n'est pas dépourvu de toutes attaches familiales dans son pays d'origine où réside l'un de ses enfants  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris  ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté  ; 
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                Considérant que si à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X fait valoir que son épouse connaît des problèmes de santé nécessitant un suivi médical en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que les soins nécessaires ne puissent être dispensés en Algérie  ; que s'il apparaît que son fils Djawad présente une affection respiratoire chronique qui nécessite des soins qui ne peuvent être assurés dans son pays d'origine et dont le défaut pourrait avoir de graves conséquences sur son état de santé, cette circonstance, révélée postérieurement à la mesure de reconduite si elle peut être de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision, est sans incidence sur sa légalité  ; que, par suite, M. X n'est pas fondé à soutenir qu'en ordonnant sa reconduite à la frontière le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa situation personnelle  ; 
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                Considérant que si M. X soutient qu'il a entrepris des démarches tendant à réintégrer la nationalité française, cette circonstance est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué  ;
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                Considérant que l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. X n'a pas pour objet de fixer le pays de destination, lequel est déterminé par une décision distincte  ; qu'ainsi, M. X ne saurait utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales contre l'arrêté du 4 juin 2002 par lequel le préfet de police a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
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                Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination  :
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                Considérant que, dans les termes où il est rédigé, l'arrêté du 4 juin 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. X doit être regardé comme comportant une décision distincte par laquelle le préfet de police a décidé que l'intéressé serait éloigné à destination de l'Algérie  ; que si l'intéressé soutient qu'il court des risques personnels en cas de retour en Algérie en raison notamment de son origine kabyle, il n'apporte pas d'élément de nature à établir la réalité des risques que comporterait pour lui son retour dans son pays d'origine  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande   ;
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<br>		D E C I D E  :
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                		--------------
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 Article 1er  : Les requêtes de M. X sont rejetées.
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 Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Mustapha X, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**