# CAA de LYON, 3ème chambre, 15/06/2022, 20LY01991, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000045952085
**Date de décision:** 2022-06-15
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000045952085

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand :<br>
       1°) d'annuler la décision du 5 juillet 2017 du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand portant reconstitution de sa carrière ;<br>
       2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand de procéder à la reconstitution de sa carrière, de prendre un arrêté de reconstitution de carrière à compter de 1989, de notifier le jugement à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), de déterminer sa perte de traitement et d'accessoires compte tenu de son déroulement de carrière irrégulier et de la rétablir dans ses droits, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.<br>
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       Par un jugement n° 1702374 du 4 juin 2020, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté cette demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 24 juillet 2020, Mme A..., représentée par Me Bru, avocat, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 4 juin 2020 ;<br>
       2°) d'annuler la décision du 5 juillet 2017 du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand portant reconstitution de sa carrière ;<br>
       3°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand de procéder à la reconstitution de sa carrière, de prendre un arrêté de reconstitution de carrière à compter de 1989, de notifier l'arrêt à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), de déterminer sa perte de traitement et d'accessoires compte tenu de son déroulement de carrière irrégulier et de la rétablir dans ses droits, dans un délai de six mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
       4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Elle soutient que :<br>
       - la décision en litige a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière, à défaut d'avoir été précédée d'une consultation de la commission administrative paritaire en méconnaissance des articles 21 et 69 de la loi du 9 janvier 1986 ;<br>
       - sa créance n'est pas prescrite pour la période antérieure au 1er janvier 2011, le délai de prescription n'ayant commencé à courir qu'à compter de l'adoption d'un arrêté de reconstitution de carrière ;<br>
       - le déroulement de sa carrière a été impacté par l'institution de deux tableaux d'avancement distincts pour un même corps.<br>
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       Le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a produit un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2021.<br>
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       Par courrier du 22 novembre 2021, une demande de régularisation de ce mémoire en défense a été notifiée au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;<br>
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;<br>
- le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
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       - le rapport de Mme Sophie Corvellec, première conseillère,<br>
       - et les conclusions de M. Samuel Deliancourt, rapporteur public ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a, jusqu'au mois de juin 2009, irrégulièrement établi des tableaux d'avancement distincts pour les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture, en dépit de leur appartenance à un même corps. S'estimant lésée par cette pratique, Mme A..., auxiliaire puéricultrice depuis 1981, a sollicité, au mois d'août 2015, la reconstitution de sa carrière. Par décision du 5 juillet 2017, le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a reconnu que l'intéressée avait été désavantagée par cette situation mais, estimant que la créance antérieure au 1er janvier 2011 était prescrite, a limité la somme allouée pour la rétablir dans ses droits à 25,68 euros. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision, par un jugement du 4 juin 2020 dont elle relève appel.<br>
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       Sur la recevabilité du mémoire du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand :<br>
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       2. Aux termes de l'article R. 811-7 du code de justice administrative : " (...) les appels ainsi que les mémoires déposés devant la cour administrative d'appel doivent être présentés, à peine d'irrecevabilité, par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 (...) ". L'article R. 431-2 auquel il est ainsi renvoyé vise les avocats et les avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. <br>
       3. Si le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a produit un mémoire, celui-ci n'a pas été présenté par l'un des mandataires visés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative, nonobstant l'invitation en ce sens qui lui a été adressée par la cour le 22 novembre 2021. Par suite, ce mémoire en défense est irrecevable et doit être écarté des débats. <br>
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       Sur le bien-fondé du jugement attaqué :<br>
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       4. En premier lieu, pour reconstituer la carrière de Mme A... et la rétablir dans ses droits statutaires, la décision en litige se borne à lui verser une somme de 25,68 euros. Cette décision ne procédant nullement à un avancement de grade, Mme A... ne peut utilement se prévaloir des articles 21 et 69 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, qui, dans leur rédaction alors applicable, subordonnaient un tel avancement à la consultation préalable de la commission administrative paritaire. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant et doit être écarté.<br>
       5. En deuxième lieu, le moyen par lequel Mme A... reproche au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand de s'être mépris quant au fait générateur de sa créance et d'avoir méconnu la loi du 31 décembre 1968 susvisée en lui opposant la prescription quadriennale pour la période antérieure au 1er janvier 2011 doit être écarté par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand. <br>
       6. En troisième lieu, d'une part, Mme A... ne peut utilement se prévaloir de l'un des tableaux d'avancement irrégulièrement établis par le centre hospitalier pour les seules aides-soignants pour démontrer avoir été privée d'une chance sérieuse d'être promue au grade de classe exceptionnelle dès 2005, date à laquelle, au surplus, elle n'était pas même encore auxiliaire de puériculture de classe supérieure. D'autre part, si, ainsi que l'a admis le centre hospitalier de Clermont-Ferrand à l'issue de la reconstitution de sa carrière, Mme A... aurait pu prétendre être promue auxiliaire de puériculture de classe supérieure dès 2008, soit un an avant sa promotion effective, cette circonstance aurait été dépourvue d'incidence sur sa situation postérieurement au 1er janvier 2011, date à laquelle elle était déjà à l'échelon 11, échelon maximal de ce grade, avant de bénéficier de l'échelon 12 dès sa création au 1er février 2014 et jusqu'à sa promotion au grade supérieur. Enfin, en se bornant à reprocher au centre hospitalier de ne pas justifier sa méthode, qu'il a toutefois succinctement exposée dans ses écritures de première instance, et en affirmant, sans étayer son allégation, que les tableaux antérieurs à 2000 n'auraient pas été reconstitués, Mme A... n'apporte aucun élément permettant de démontrer que la reconstitution opérée par le centre hospitalier serait erronée. Ce dernier moyen ne peut qu'être écarté.<br>
       7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande.<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte : <br>
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       8. La présente décision rejetant les conclusions à fin d'annulation de Mme A... et n'appelant, dès lors, aucune mesure d'exécution, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.<br>
       Sur les frais liés au litige :<br>
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       9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme A.... <br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B... A... et au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand.<br>
Délibéré après l'audience du  31 mai 2022, à laquelle siégeaient :<br>
M. Jean-Yves Tallec, président de chambre,<br>
M. Gilles Fédi, président-assesseur,<br>
Mme Sophie Corvellec, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2022.<br>
La rapporteure,<br>
Sophie CorvellecLe président,<br>
Jean-Yves Tallec<br>
La greffière,<br>
Sandra BertrandLa République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
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N° 20LY01991<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-06-03 Fonctionnaires et agents publics. - Notation et avancement. - Révision des situations.