# Conseil d'Etat, 3 SS, du 29 janvier 1996, 135404, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007891031
**Date de décision:** 1996-01-29
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007891031

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 19 mars 1992 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Isabelle X... demeurant ... ; Mme X... demande au Conseil d'Etat : <br>    1°) d'annuler le jugement du 21 janvier 1992 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 4 avril 1989 par laquelle le maire d'Amiens a mis fin, à compter du 7 avril 1989, à ses fonctions de chargé d'études au cabinet du maire ; <br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir cette décision ; <br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code des communes ;<br>    Vu la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; <br>    Vu le décret n° 87-1004 du 16 décembre 1987 ; <br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de Mme Burguburu, Conseiller d'Etat,<br>    - les observations de la SCP Célice, Blancpain, avocat de la ville d'Amiens,<br>    - les conclusions de M. Toutée, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur la régularité du jugement attaqué :<br>    Considérant qu'aux termes de l'article L. 122-20 du code des communes : "Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou en partie, et pour la durée de son mandat : ( ...) 16 -D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal" ; <br>    Considérant que le maire d'Amiens a été chargé, par une délibération du conseil municipal du 24 mars 1989 prise en application des dispositions précitées, de défendre la commune dans les actions contentieuses intentées contre elle ; qu'ainsi la ville d'Amiens était régulièrement représentée par son maire devant le tribunal administratif d'Amiens ; que, par suite, Mme X... n'est pas fondée à soutenir que le jugement attaqué a été rendu selon une procédure irrégulière ; <br>    Sur la légalité de la décision attaquée : <br>    Considérant qu'aux termes de l'article 110 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : "L'autorité territoriale peut, pour former son cabinet, librement recruter un ou plusieurs collaborateurs et mettre librement fin à leurs fonctions ( ...)" et qu'aux termes de l'article 6 du décret susvisé du 16 décembre 1987 pris pour l'application de l'article 110 précité : "Les fonctions de collaborateur de cabinet prennent fin au plus tard en même temps que le mandat de l'autorité territoriale qui l'a recruté" ; qu'il résulte de ces dispositions que les personnes qui n'ont pas la qualité de fonctionnaire et qui ont été nommées à un emploi du cabinet d'une autorité territoriale peuvent être licenciées à tout moment et au plus tard à la fin du mandat de l'autorité qui les a nommées ;<br>    Considérant que Mme X..., qui n'était pas fonctionnaire, a été recrutée par le maire d'Amiens alors en fonctions par contrat du 6 mars 1987 et qu'il n'est pas contesté qu'elle occupait en vertu de ce contrat un emploi de collaborateur du cabinet du maire ; qu'un tel emploi relève des dispositions précitées de l'article 110 de la loi du 26 janvier 1984 ; qu'en application de ces dispositions et de celles de l'article 6 du décret du 16 décembre 1987, le contrat de Mme X... prenait fin en même temps que le mandat du maire précédemment en fonction ; que la décision attaquée du maire d'Amiens du 4 avril 1989 mettant fin au contrat d'engagement de Mme X... doit être regardée comme un refus de renouvellement de ce contrat ; qu'une telle décision n'a pas à être précédée de la communication du dossier ni à être motivée ; que Mme X... n'est, par suite, pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du maire d'Amiens mettant fin à son contrat ;<br>Article 1er : La requête de Mme X... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Isabelle X..., à la ville d'Amiens et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code des communes L122-20,Décret 87-1004 1987-12-16 art. 6,Loi 84-53 1984-01-26 art. 110
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 135-02-01-02-02-03-03 COLLECTIVITES TERRITORIALES - COMMUNE - ORGANISATION DE LA COMMUNE - ORGANES DE LA COMMUNE - MAIRE ET ADJOINTS - POUVOIRS DU MAIRE - POUVOIRS EXERCES SUR DELEGATION DU CONSEIL MUNICIPAL,135-02-06 COLLECTIVITES TERRITORIALES - COMMUNE - AGENTS COMMUNAUX (VOIR FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS),36-07-01-03 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - STATUTS, DROITS, OBLIGATIONS ET GARANTIES - STATUT GENERAL DES FONCTIONNAIRES DE L'ETAT ET DES COLLECTIVITES LOCALES - DISPOSITIONS STATUTAIRES RELATIVES A LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (LOI DU 26 JANVIER 1984)