# CAA de MARSEILLE, 7ème chambre - formation à 3, 30/06/2016, 14MA04888, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000032865400
**Date de décision:** 2016-06-30
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 7ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000032865400

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. D... a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté en date du 12 juin 2014 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1403551 du 4 novembre 2014, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 décembre 2014 et le 16 janvier 2015, M. D..., représenté par la SCP Dessalces, demande à la Cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 4 novembre 2014 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 12 juin 2014 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois, l'ensemble sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.<br>
       Il soutient que :<br>
       - la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;<br>
       - le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.<br>
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       Par un mémoire, enregistré le 8 juin 2016, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête et s'en remet à ses écritures de première instance.<br>
       M. D... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 13 janvier 2015.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
       Le président de la Cour a désigné M. Georges Guidal, président assesseur, pour présider la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative. <br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. A... 'hôte, premier conseiller.<br>
       1.  Considérant que M. D..., de nationalité marocaine, fait appel du jugement en date du 4 novembre 2014 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 12 juin 2014 ayant refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'ayant obligé à quitter le territoire français et ayant fixé le pays de destination ;<br>
Sur les conclusions aux fins d'annulation :<br>
       2.  Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
       3.  Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. D..., né le 18 novembre 1986, est entré en France en février 2012 après avoir épousé au Maroc une compatriote le 30 août 2011 ; qu'à la date de la décision contestée, son épouse était titulaire d'une carte de résident valable dix ans ; que le couple a eu une fille née le 14 mars 2013 et attendait un second enfant, né le 20 décembre 2014 ; que M. D... fait valoir également qu'il s'occupe de l'enfant de son épouse né d'une première union ; qu'il est intégré à la société française dont il maîtrise la langue ; qu'ainsi, l'essentiel des attaches familiales de l'intéressé résident en France, nonobstant la présence au Maroc de sa mère, de son frère et de sa soeur ; que, dans ces conditions, l'arrêté contesté porte au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris ; qu'il doit, dès lors, être annulé ;<br>
       4.  Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. D... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ; <br>
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :<br>
       5.  Considérant qu'eu égard à son motif et dès lors qu'il n'est fait état d'aucun changement dans les circonstances de droit et de fait concernant la situation de l'intéressé, l'annulation par le présent arrêt de l'arrêté du 12 juin 2014 implique que le préfet de l'Hérault délivre au requérant un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ; qu'il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de délivrer à M. D... un tel titre dans un délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
       6.  Considérant que M. D... a demandé et obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Dessalces, conseil du requérant, renonce à percevoir les sommes correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à la SCP Dessalces au titre des frais exposés par M. D... et non compris dans les dépens ;<br>
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D E C I D E :<br>
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 4 novembre 2014 et l'arrêté du préfet de l'Hérault du 12 juin 2014 sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M. D... un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : L'Etat versera à la SCP Dessalces la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que celle-ci renonce à percevoir les sommes correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D... est rejeté.<br>
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Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... D..., à la SCP Dessalces et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Montpellier.<br>
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       Délibéré après l'audience du 14 juin 2016, où siégeaient :<br>
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       - M. Guidal, président assesseur, présidant la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,<br>
       - M. C... et M. A...'hôte, premiers conseillers.<br>
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       Lu en audience publique, le 30 juin 2016.<br>
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N° 14MA04888	4<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03-04 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour. Motifs.