# Conseil d'Etat, Président de la Section du contentieux, du 1 février 1995, 153062, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007837706
**Date de décision:** 1995-02-01
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007837706

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 29 octobre 1993 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Lucilio X... Y... Z..., demeurant ... ; M. FORTES Y... Z... demande au président de la section du Contentieux du Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 6 octobre 1993 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Châlons-sur-Marne a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 26 mai 1993, par lequel le préfet de la Marne a décidé sa reconduite à la frontière ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée, notamment par la loi du 2 août 1989, la loi du 10 janvier 1990 et la loi du 26 février 1992 ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - les conclusions de M. Daël, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que M. FORTES Y... Z... est entré en France à l'âge de 13 ans pour rejoindre son père qui y séjournait régulièrement ; qu'il a suivi une scolarité jusqu'à l'âge de 16 ans et résidait en France depuis 9 ans environ à la date de l'arrêté attaqué ; qu'il a épousé en 1992 une résidente Cap-verdienne résidant régulièrement en France ; qu'il est père d'un enfant de trois ans né en France ; que, dans ces conditions l'arrêté attaqué par lequel le préfet de la Marne a ordonné que M. FORTES Y... Z... soit reconduit à la frontière porte au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; que M. FORTES Y... Z... est par suite fondé à en demander l'annulation ;<br>Article 1er : Le jugement du 6 octobre 1993 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Châlons-sur-Marne, ensemble l'arrêté du préfet de la Marne du 26 mai 1993 ordonnant que M. FORTES Y... Z... soit reconduit à la frontière sont annulés.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Lucilio X... Y... Z..., au préfet de la Marne et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.