# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 10 décembre 2004, 267413, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008227165
**Date de décision:** 2004-12-10
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008227165

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 11 mai 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme X... A épouse B, demeurant ...  ; Mme A épouse B demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 21 avril 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 mars 2004 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 modifié réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de Mme Anne-Françoise Roul, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A épouse B, de nationalité guinéenne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le  1er  octobre 2003, de la décision du préfet de Seine-et-Marne du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant que si Mme A épouse B fait valoir qu'elle était enceinte à la date de l'arrêté attaqué et qu'elle est déjà la mère d'un enfant de deux ans, il ressort des pièces du dossier que compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment du caractère récent et irrégulier de l'entrée en France de l'intéressée, dont l'époux est lui-même sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière et dont trois autres enfants résident en Guinée Bissau, l'arrêt attaqué, n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que, dès lors, il n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Sur les conclusions  relatives à la fixation du pays de destination  :
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                Considérant que le  dispositif de l'arrêté attaqué du 30 mars 2004 ne fixe pas de pays de destination  ; qu'une telle fixation ne résulte pas davantage des mentions de la notification de cet arrêté  ; 
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                Considérant que la seule circonstance que les motifs de l'arrêté attaqué mentionnent que Mme A épouse B n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des  droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de départ à destination de son pays d'origine ou d'un autre pays où elle est également  admissible, ne suffit pas, par elle-même, à faire regarder cet arrêté comme comportant la décision fixant le pays de destination à laquelle est subordonnée l'exécution effective de la mesure de reconduite à la  frontière  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A épouse B tendant à l'annulation d'une telle décision sont  sans objet et par suite, irrecevables  ; 
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                Considérant qu'il résulte de  tout ce qui précède que Mme A épouse B n'est pas fondée à se plaindre de ce que,  par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du  tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande  ;
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<br>				D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de Mme A épouse B est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme X... A épouse B, au préfet de Seine-et-Marne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**