# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 25 juin 2004, 252531, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008159338
**Date de décision:** 2004-06-25
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008159338

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 13 décembre 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Louise A, demeurant chez ...)  ; Mme A demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 12 novembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 novembre 2002 du préfet du Bas-Rhin décidant sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté  ; 
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                3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en application du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ;
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                4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée le 4 novembre 1950  ; 
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée  ; 
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mme de Margerie, Maître des Requêtes,  
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                - les conclusions de Mme Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes des dispositions du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  :... 2°) Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire au-delà de la validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée sur le territoire sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré (...)   ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A, de nationalité camerounaise, entrée en France le 5 avril 2002, sous couvert d'un visa de trente jours, s'est maintenue sur le territoire au-delà de la validité de ce visa sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré et se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 2° de I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant que l'arrêté du 6 novembre 2002 par lequel le préfet du Bas-Rhin a décidé la reconduite à la frontière de Mme A comprend les éléments de droit et de faits sur lesquels il se fonde  ; qu'il est, par suite, suffisamment motivé  ;
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                Considérant que si Mme A fait valoir qu'elle vivait en concubinage avec un ressortissant français depuis plus de sept mois à la date de l'arrêté décidant sa reconduite à la frontière et qu'elle avait avec lui un projet de mariage, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée du concubinage et de la circonstance que l'intéressée a trois enfants qui résident au Cameroun, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet du Bas-Rhin en date du 6 novembre 2002 n'a pas porté au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a pas davantage porté atteinte à son droit de se marier  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations des article 8 et 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 novembre 2002 du préfet du Bas-Rhin décidant sa reconduite à la frontière  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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                Considérant que la présente décision, qui rejette la demande de Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que par suite, les conclusions de l'intéressée tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ne peuvent, en tout état de cause, être accueillies  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à Mme A la somme que celle-ci demande pour les frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens  ;
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<br>		D E C I D E  :
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     	  	Article 1er  : La requête de Mme A, est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Louise A, au préfet du Bas-Rhin et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**