# CAA de NANCY, 3ème chambre, 09/07/2020, 20NC00537, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042115267
**Date de décision:** 2020-07-09
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042115267

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2019 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination d'une éventuelle reconduite d'office à la frontière et lui a fait obligation de remettre son passeport et de se présenter, une fois par semaine, au service de la brigade mobile de recherche de Mulhouse afin de justifier de ses diligences dans la préparation de son départ.<br>
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       Par un jugement n° 1902367 du 26 septembre 2019, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et ses conclusions à fin d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique. <br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 1er mars 2020, M. A... B..., représenté par Me D..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1902367 du tribunal administratif de Strasbourg du 26 septembre 2019 ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Haut-Rhin du 28 janvier 2019 en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin, dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de cent euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.  <br>
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       IL soutient que : <br>
       - la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - la décision en litige méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. <br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2020, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête. <br>
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       Il soutient que les moyens invoqués par M. B... ne sont pas fondés. <br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 janvier 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
       - l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 modifiée ;  <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
       Ont été entendus au cours de l'audience publique : <br>
       - le rapport de M. C..., <br>
       - et les observations de Me D... pour M. B....   <br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. A... B... est un ressortissant macédonien, né le 18 janvier 1993. Il a déclaré être entré en France, le 30 août 2015, sous couvert d'un passeport biométrique en cours de validité. Le 24 octobre 2018, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 et sur celui de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, par un arrêté du 28 janvier 2019, le préfet du Haut-Rhin a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éventuelle reconduite d'office à la frontière. M. B... a saisi le tribunal administratif de Strasbourg d'une demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2019. Il relève appel du jugement n° 1902367 du 26 septembre 2019, qui rejette ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour et ses conclusions accessoires. <br>
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       Sur le bien-fondé du jugement : <br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "  vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; (...) ". <br>
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       3. M. B... se prévaut de la durée de son séjour en France, de l'enregistrement, le 12 décembre 2016, d'un pacte civil de solidarité avec une compatriote, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle, valable du 9 juillet 2017 au 8 juillet 2019, de la naissance de leurs deux enfants, respectivement les 22 décembre 2015 et 12 décembre 2017, et de la scolarisation de leur fils aîné. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'est présent sur le territoire français que, tout au plus, depuis le 30 août 2015 et qu'il n'y justifie d'aucune intégration professionnelle ou sociale. Il n'est pas isolé dans son pays d'origine, où vivent notamment ses parents. S'il allègue, sans l'établir, que sa compagne résiderait en France depuis dix-sept ans, rien ne s'oppose à ce que le couple et leurs deux enfants poursuivent leur vie familiale en Macédoine. Par suite et alors que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 761-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne garantissent pas à l'étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie familiale, les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations et dispositions ne peuvent qu'être écartés.<br>
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       4. En deuxième lieu, pour les motifs qui viennent d'être exposés, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au regard du pouvoir de régularisation du préfet. <br>
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       5. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. ".<br>
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       6. En se bornant à invoquer la durée de sa présence en France, celle de sa compagne et de leurs deux enfants et la scolarisation de son fils aîné, M. B... ne démontre pas que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que son admission au séjour ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas au regard de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être accueilli. <br>
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       7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Haut-Rhin du 28 janvier 2019 en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, il n'est pas davantage fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et ses conclusions à fin d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.   <br>
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D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. <br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur. <br>
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       Copie en sera adressée au préfet du Haut-Rhin.<br>
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N° 20NC00537		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.