# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 16 janvier 2006, 275743, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008242556
**Date de décision:** 2006-01-16
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008242556

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 22 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Geneviève X... A, demeurant ... ; Mme A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 2 décembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2004 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa reconduite à  la frontière et de la décision distincte du même jour fixant la Côte d'Ivoire comme pays de destination de la reconduite  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - les conclusions de M. Didier Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
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              Sur la régularité du jugement attaqué  :
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              Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment aux mentions du jugement attaqué, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme A n'aurait pas été convoquée à l'audience conformément aux prescriptions de l'article R. 776-10 du code de justice administrative  ; que le moyen tiré de ce que le jugement aurait été rendu à la suite d'une procédure irrégulière doit, par suite, être écarté  ;
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              Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A, de nationalité ivoirienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 6 décembre 2003, de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 27 novembre 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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              Considérant que si Mme A fait valoir qu'à la date de l'arrêté de reconduite à la frontière elle vivait en concubinage avec un ressortissant français avec lequel elle était sur le point de contracter mariage, il ressort toutefois des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions du séjour de Mme A en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 17 novembre 2004 n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant que l'arrêté attaqué, qui n'a ni pour objet ni pour effet de faire obstacle au projet de mariage de l'intéressée, ne peut être regardé comme portant atteinte à son droit au mariage  ; que le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande  ;
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<br>			D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de Mme A est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Geneviève X... A et au préfet des Hauts-de-Seine.
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     Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**