# CAA de NANCY, 2ème chambre - formation à 3, 20/04/2017, 16NC01634, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000034454913
**Date de décision:** 2017-04-20
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000034454913

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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        Procédure contentieuse antérieure :<br>
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        Mme A...B...a demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler l'arrêté du 30 mars 2015 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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        Par un jugement n° 1502269 du 5 novembre 2015, le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande.<br>
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        Procédure devant la cour :<br>
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        Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2016, MmeB..., représentée par <br>
MeC..., demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nancy du 5 novembre 2015 ;<br>
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        2°) d'annuler l'arrêté susvisé du préfet de Meurthe-et-Moselle du 30 mars 2015 ;<br>
        3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour, à défaut de réexaminer sa situation et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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        4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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        Elle soutient que :<br>
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        - l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;<br>
        - elle est la mère d'un enfant français ;<br>
        - il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
        - elle devait, en conséquence, se voir délivrer la carte de séjour temporaire prévue au 7° de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. <br>
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        Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2017, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête en s'en remettant à ses écritures de première instance.<br>
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        Mme B...a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy du 23 juin 2016.<br>
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        Vu :<br>
        - les autres pièces du dossier.<br>
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        Vu :<br>
        - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
        - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 dont les dispositions ont été notamment reprises par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;<br>
        - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
        - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
        - le code de justice administrative.<br>
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        Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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        Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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        A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Didiot.<br>
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  Sur les conclusions à fin d'annulation : <br>
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        1. Considérant, en premier lieu, que l'arrêté contesté comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde ; que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté ; <br>
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        2. Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté contesté : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée (...) " ;<br>
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        3. Considérant que si MmeB..., ressortissante thaïlandaise, se prévaut de la naissance d'un enfant français le 22 septembre 2014, il est constant que sa fille, née postérieurement au prononcé de son divorce avec son époux n'a pas été reconnue par ce dernier ; que le jugement de divorce du tribunal de grande instance de Nancy rendu le <br>
13 juin 2014, soit trois mois seulement avant la naissance de sa fille, relève expressément qu'aucun enfant n'est issu de l'union ; que la requérante, qui n'apporte aucun élément permettant d'établir la nationalité française du père de son enfant, ne saurait ainsi se prévaloir de sa qualité de parent d'enfant français pour revendiquer un droit au séjour sur le territoire national ;<br>
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        4. Considérant, en troisième et dernier lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ; qu'aux termes de l'article L.313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : la carte de séjour temporaire vie privée et familiale est délivrée de plein droit à " l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République " ; <br>
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        5. Considérant que MmeB..., entrée sur le territoire national en 2012 et initialement munie d'un titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français, soutient que l'arrêté contesté porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;<br>
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        6. Considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier que Mme B...qui a divorcé de son époux le 13 juin 2014, ne justifie d'aucune attache familiale en France hormis la présence de sa fille, née le 22 septembre 2014 ; qu'il ressort de ses propres déclarations que son fils mineur réside en Thaïlande, de même que sa mère, son frère et sa soeur ; que la seule circonstance, à la supposer établie, que la requérante soit bien intégrée et en capacité d'occuper un emploi ne suffit pas à caractériser une méconnaissance de son droit au respect de sa vie privée et familiale ; qu'il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  et des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés ; <br>
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        7. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme B...n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande ;<br>
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     Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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        8. Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté contesté, n'implique aucune mesure particulière d'exécution ; que, par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies ;<br>
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        Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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        9. Considérant qu'il résulte des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait pas eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée ;<br>
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        10. Considérant que l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, ne saurait être condamné à verser à l'avocat de Mme B...une somme en application de ces dispositions ;<br>
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        D É C I D E :<br>
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        Article 1er : La requête susvisée présentée par Mme B...est rejetée.<br>
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        Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A...B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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        Une copie du présent arrêt sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.<br>
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N° 16NC01634<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03-02 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière. Légalité interne.