# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 07/05/2009, 08NT03104, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021031352
**Date de décision:** 2009-05-07
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021031352

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée les 14 et 18 novembre 2008, présentée pour M. Esteves X, demeurant ..., par Me Le Strat, avocat au barreau de Rennes ; M. Esteves X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 08-2875 du 8 octobre 2008 lequel le Tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 27 mai 2008 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 9 avril 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Millet, président ;<br>
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       - et les conclusions de M. Geffray, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant angolais, relève appel du jugement du 8 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 27 mai 2008 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire :<br>
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       En ce qui concerne la légalité externe :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour temporaire au vu d'un avis émis par le médecin inspecteur départemental de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé et, à Paris, par le médecin, chef du service médical de la préfecture de police. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de traitement dans le pays d'origine de l'intéressé. (...) ; que l'article 4 de l'arrêté du 8 juillet 1999, applicable pour la mise en oeuvre de ces dispositions, impose au médecin inspecteur de santé publique de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales d'émettre un avis précisant si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale, si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié dans son pays, quelle est la durée prévisible du traitement, et indiquant si l'état de santé de l'étranger lui permet de voyager sans risque vers le pays de renvoi ;<br>
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       Considérant que l'avis du médecin inspecteur de santé publique en date du 2 avril 2008, au vu duquel le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris l'arrêté litigieux, mentionne que M. X peut bénéficier dans son pays d'un traitement médical approprié à la pathologie dont il souffre ; que si M. X invoque le caractère incomplet de cet avis en tant qu'il ne fait pas mention de la possibilité pour lui de voyager sans risque vers son pays d'origine, ni ne précise la durée prévisible du traitement, il ne ressort ni de l'avis du 2 avril 2008 précité, ni des autres pièces du dossier, que l'état de santé de M. X pourrait susciter des interrogations sur sa capacité à supporter le voyage ; qu'en outre, le médecin inspecteur de santé publique n'est tenu d'indiquer la durée prévisible du traitement que dans le cas où l'intéressé ne peut suivre un traitement approprié dans son pays d'origine ; qu'une telle obligation ne s'imposait, dès lors, pas en l'espèce ; qu'ainsi, le moyen tiré de ce que la décision dont s'agit aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ne peut, dès lors, qu'être écarté ;<br>
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       En ce qui concerne la légalité interne :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ; <br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le médecin inspecteur de santé publique a délivré les 17 juillet 2007, 21 novembre 2007 et 2 avril 2008 des avis indiquant que, si l'état de santé de M. X nécessitait une prise en charge dont le défaut pouvait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé pouvait ainsi qu'il a été dit ci-dessus, effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; que, M. X ne produit aucun document probant venant infirmer l'appréciation ainsi portée par le médecin inspecteur de santé publique ; que, par suite, en prenant l'arrêté contesté, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas méconnu les dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ;<br>
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       Considérant que si M. X soutient qu'il est le père d'un enfant, dont la mère, Mme Y, serait une ressortissante française, et aux besoins duquel il subviendrait, il ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant, en se bornant à produire un acte de reconnaissance anticipée établi au nom de la mère et deux mandats postaux en date des 22 mai et 2 juin 2008 adressés à Mme Y, dont il est d'ailleurs séparé ; qu'il ressort, en outre, des pièces du dossier que l'intéressé n'est pas dépourvu de toute attache familiale en Angola ; qu'ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu des conditions et de la durée du séjour en France de M. X, l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 27 mai 2008 n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, alors même que M. X se dit bien intégré à la société française et oeuvrerait pour la communauté Emmaüs, le préfet n'a pas, en prenant ledit arrêté, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur la situation personnelle de l'intéressé ;<br>
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       Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :<br>
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       Considérant qu'aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de <br>
sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ;<br>
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       Considérant que si M. X, dont la demande d'admission au statut de réfugié a d'ailleurs été rejetée par une décision du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, en date du 19 juin 2006, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 2 mai 2008, soutient qu'il a dû fuir l'Angola à raison de son engagement au sein du parti démocratique pour l'alliance nationale angolaise (PDP-ANA) et de ses fonctions de garde du corps du président de ce parti, assassiné le 2 juillet 2004, et qu'il fait toujours l'objet de recherches actives par la police locale, qui l'a convoqué à comparaître devant la Direction nationale de l'investigation criminelle, le 26 juillet 2008, il n'apporte aucun élément qui soit suffisamment probant pour établir devant la Cour qu'il encourrait personnellement des risques pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet d'Ille-et-Vilaine, que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette la requête présentée par M. X, n'implique aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions du requérant tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de trois jours à compter de la notification du présent arrêt, ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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       Sur l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à l'avocat de M. X, la somme de 2 000 euros qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. X est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Esteves X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie en sera transmise pour son information au préfet d'Ille-et-Vilaine.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**