# Cour administrative d'appel de Marseille, 3e chambre, du 29 mars 1999, 98MA01883, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007573782
**Date de décision:** 1999-03-29
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Marseille
**Formation:** 3E CHAMBRE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007573782

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 9 octobre 1998 sous le n 98MA01883, présentée pour Y... Mariam CHAREF, demeurant chez M. X... Larbi, maison Lucciani Castola à Ghisonaccia (20240), par Me Z..., avocat ;<br>    Y... CHAREF demande à la Cour :<br>    1 / d'annuler l'ordonnance du 17 août 1998 par laquelle le premier conseiller délégué par le président du Tribunal administratif de Bastia a rejeté sa demande d'annulation de la décision du 4 mai 1998 par laquelle le préfet de Haute-Corse a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>    2 / de faire droit à sa demande de première instance ;<br>    3 / de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5.000 F au titre de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu l'ordonnance n 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>    Vu la loi n 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel et notamment l'article R.149 ;<br>    Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 15 mars 1999 :<br>    - le rapport de M. GUERRIVE, président assesseur ;<br>    - et les conclusions de M. DUCHON-DORIS, premier conseiller ;<br>
<br>    Sur la régularité de l'ordonnance attaquée, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête :<br>    Considérant qu'aux termes de l'article L.9 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel :  "Les présidents de tribunal administratif, les présidents de cour administrative d'appel, le vice-président du tribunal administratif de Paris et les présidents de formation de jugement des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel peuvent, par ordonnance, donner acte des désistements, rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence des juridictions administratives, constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête, rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ..." ;<br>    Considérant, en premier lieu, que les dispositions précitées ne permettent pas aux autorités qu'elles mentionnent de déléguer le pouvoir qu'elles leurs confèrent ; qu'il résulte seulement des dispositions de l'article R.18 du même code qu'un conseiller peut être amené à remplacer le président du Tribunal ou le président d'une formation de jugement en cas d'absence ou d'empêchement de ces derniers ; que par décision du 1er septembre 1997 le président du Tribunal administratif de Bastia a décidé :  "Sans préjudice des délégations déjà accordées en cas d'absence ou d'empêchement du président, Monsieur Philippe CHIAVERINI, conseiller hors classe, assurera l'intérim des fonctions dévolues au chef de juridiction par l'article L.9 du code susvisé" ; qu'ainsi qu'il résulte de ce qui précède une telle décision ne pouvait légalement habiliter M. CHIAVERINI à exercer de telles fonctions ; que l'ordonnance attaquée a, dès lors, été prise par une juridiction irrégulièrement composée ;<br>    Considérant, en second lieu, que ni la circonstance que la requérante ne satisfaisait pas aux conditions posées par l'ordonnance du 2 novembre 1945 pour obtenir un titre de séjour, ni le fait qu'elle invoquait les dispositions d'une circulaire relative à la régularisation de certains étrangers, ni l'affirmation selon laquelle la décision du préfet n'était pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, ne permettaient de regarder la demande tendant à l'annulation d'une décision du préfet refusant de lui délivrer un titre de séjour comme entachée d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ; qu'ainsi l'ordonnance attaquée, qui n'était pas au nombre des décisions entrant dans le champ d'application de l'article L.9 ci-dessus rappelé, ne pouvait, en tout état de cause, être régulièrement prise par le président du Tribunal administratif ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que l'ordonnance attaquée doit être annulée ; qu'il y a lieu de renvoyer la requérante devant le Tribunal administratif de Bastia pour qu'il soit statué sur sa requête ;<br>    Sur l'application de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel :<br>    Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il n'a y a pas lieu de condamner l'Etat à verser à Y... CHAREF la somme qu'elle demande au titre des frais engagés et non compris dans les dépens ;<br>Article 1er : L'ordonnance du premier conseiller du Tribunal administratif de Bastia en date du 17 août 1998 est annulée.<br>Article 2 : Y... CHAREF est renvoyée devant le Tribunal administratif de Bastia pour qu'il soit statué sur sa requête.<br>Article 3 : Les conclusions de Y... CHAREF tendant à la condamnation de l'Etat à la rembourser des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.<br>Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Y... CHAREF et au MINISTRE DE L'INTERIEUR.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel L9, R18, L8-1,Ordonnance 45-2658 1945-11-02
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 54-06-03 PROCEDURE - JUGEMENTS - COMPOSITION DE LA JURIDICTION