# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 4ème chambre - formation à 3, 02/12/2009, 09LY00755, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021468154
**Date de décision:** 2009-12-02
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 4ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021468154

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 2 avril 2009 à la Cour, présentée pour M. Antonio A, domicilié ...  ; <br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0808423, en date du 19 mars 2009, par lequel le Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du 12 décembre 2008 du préfet du Rhône portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et désignation du pays à destination duquel il serait reconduit à l'expiration de ce délai, à défaut pour lui d'obtempérer à l'obligation de quitter le territoire français qui lui était faite ;<br>
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        2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions susmentionnées ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale , sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 196 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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        Il soutient que la décision portant refus de délivrance de titre de séjour méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ; que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être déclarée illégale par voie d'exception et qu'elle est en outre entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; que la décision fixant le pays de destination doit être déclarée illégale par voie d'exception et qu'elle méconnaît en outre les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;<br>
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       Vu le jugement attaqué ;<br>
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       Vu l'ordonnance du 15 septembre 2009 portant dispense d'instruction ;<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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        Vu la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
       M. A ayant été régulièrement averti du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 18 novembre 2009 :<br>
       - le rapport de M. Le Gars, président,<br>
       - les observations de M. A, requérant,<br>
       - et les conclusions de M. Reynoird, rapporteur public ;<br>
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       La parole ayant été donnée à nouveau à M. A ;<br>
       Sur la légalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour : <br>
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        Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...)7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; (...)  et qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
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        Considérant que M. A, de nationalité angolaise, fait valoir qu'il réside en France depuis le 6 novembre 2004 ; qu'il y demeure avec une compatriote qu'il a épousée le 22 décembre 2006 et avec laquelle il a eu trois enfants, nés en Angola en 1998, 2000 et 2002, qui sont scolarisés en France ; que son enfant né d'une précédente union, qui vivait en Angola, est décédé le 26 juillet 2008 et que son épouse est titulaire d'un titre de séjour, exerce une activité professionnelle et est mère d'un quatrième enfant, né le 24 décembre 2005, de père français, et qui a la nationalité française ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A a vécu en Angola, où son foyer s'est formé et ses enfants sont nés, jusqu'à l'âge de trente-six ans ; qu'il n'est produit, concernant son épouse, qu'un récépissé de dépôt de demande de première délivrance de titre de séjour et qu'il n'est pas allégué que l'enfant français de son épouse, qui vit avec eux, ait quelque contact que ce soit avec le ressortissant français qui l'a reconnu ; qu'enfin, la circonstance que, postérieurement à la décision en litige, son épouse soit enceinte, est sans incidence sur la légalité du refus de délivrance de titre de séjour litigieux ; qu'ainsi, compte tenu des circonstances de l'espèce, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus ; qu'elle n'a, dès lors, méconnu ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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        Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant :  Dans toutes les décisions qui concernent des enfants, qu'elles soient le fait (...) des tribunaux, des autorités administratives (...), l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale  ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ;<br>
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        Considérant, qu'ainsi qu'il a déjà été dit, les trois enfants du requérant et de son épouse sont nés et ont vécu en Angola, pays dont ils ont, comme leurs parents, la nationalité, et il ne ressort pas des pièces du dossier que l'enfant français de l'épouse de M. A entretiendrait des relations avec son père français ; qu'ainsi, la décision en litige, qui n'emporte pas séparation des enfants de M. A de ce dernier, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;<br>
        Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
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        Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de ce qui a été dit ci-dessus dans le cadre de l'examen de la légalité du refus de délivrance de titre de séjour, que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision de refus n'est pas fondé ;<br>
        Considérant, en second lieu, que, pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus dans le cadre de l'examen de la légalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. A ;<br>
       Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :<br>
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        Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de ce qui a été dit ci-dessus,  que le moyen tiré de l'exception d'illégalité des décisions portant refus de délivrance de titre de séjour  et obligation de quitter le territoire français n'est pas fondé ;<br>
        Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants  ; que ces stipulations font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée ; <br>
        Considérant que M. A soutient qu'il serait exposé à un risque de persécutions en cas de retour en Angola, où il prétend avoir été arrêté et soumis à des violences en raison de son engagement politique et religieux ; que, toutefois, le requérant n'établit pas la réalité des risques actuels et personnels encourus par lui en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, M. AX  n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant l'Angola comme pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de  Lyon a rejeté sa demande ; que ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais exposés par lui et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence ;<br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Antonio A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Copie en sera adressée au préfet du Rhône.<br>
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2009 à laquelle siégeaient :<br>
M. Le Gars, président de la Cour,<br>
M. Du Besset, président de chambre,<br>
Mme Vinet, conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 2 décembre 2009.<br>
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N°  09LY00755	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**