# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 17 juin 1971, 69-90.082, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007058707
**Date de décision:** 1971-06-17
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058707

## Contenu de la décision

REJET ET CASSATION PARTIELLE SUR LES POURVOIS DE : 1° X... (GUY) ;<br>
<br>
2° Y... (HENRI) ;<br>
<br>
3° Z... (JOSEPH) ;<br>
<br>
4° A... (CAMILLE), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE GRENOBLE, EN DATE DU 2 MAI 1969, QUI LES A CONDAMNES, X... A TROIS ANNEES D'EMPRISONNEMENT, Y... A 18 MOIS D'EMPRISONNEMENT, Z... A UN AN D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS, A... A 6 MOIS D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS, TOUS A DES REPARATIONS CIVILES POUR ESCROQUERIES, RECEL D'ESCROQUERIE, EMISSION ET ACCEPTATION DE CHEQUES SANS PROVISION LA COUR, JOIGNANT LES POURVOIS EN RAISON DE LA CONNEXITE ;<br>
<br>
VU LES MEMOIRES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE ;<br>
<br>
SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION DE X... (SANS INTERET) ;<br>
<br>
SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION DE Y... JOINT AU DEUXIEME MOYEN DE CASSATION DE A... ;<br>
<br>
LE PREMIER MOYEN DE CASSATION DE Y... PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L 104 ET L 171 DU CODE DES POSTES ET TELECOMMUNICATIONS, DE L'ARTICLE 66 DU DECRET-LOI DU 8 OCTOBRE 1935, MODIFIE PAR LE DECRET DU 24 MAI 1938, 405 DU CODE PENAL, 485, 512, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS, DEFAUT DE REPONSE AUX CONCLUSIONS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE LA COUR, BIEN QU'ELLE AIT RECONNU QUE LES CHEQUES DE VIREMENT EMIS PAR LE DEMANDEUR N'ETAIENT PAS REMIS OU ADRESSES AU BENEFICIAIRE LUI-MEME, N'EN A PAS MOINS RETENU CONTRE LUI L'INFRACTION D'EMISSION DE CHEQUES SANS PROVISION ;<br>
<br>
 ALORS QUE, UN CHEQUE DE VIREMENT NE PEUT DONNER LIEU A POURSUITES LORSQU'IL S'AVERE SANS PROVISION SUFFISANTE ET PREALABLE, QU'AUTANT QU'IL A ETE REMIS AU BENEFICIAIRE LUI-MEME ;<br>
<br>
LE DEUXIEME MOYEN DE CASSATION DE A..., PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L 104 ET L 171 DU CODE DES POSTES ET TELECOMMUNICATIONS, DE L'ARTICLE 66 DU DECRET-LOI DU 8 OCTOBRE 1935, MODIFIE PAR LE DECRET DU 24 MAI 1938, 405 DU CODE PENAL, 485, 512, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE REPONSE AUX CONCLUSIONS, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE LA COUR, BIEN QU'ELLE FUT SAISIE DE CONCLUSIONS EXPRESSES TENDANT A FAIRE JUGER QUE LE CHEQUE DE VIREMENT EMIS PAR LE DEMANDEUR N'AYANT PAS ETE REMIS OU ADRESSE AU BENEFICIAIRE LUI-MEME, LES FAITS REPROCHES N'ETAIENT PAS PUNISSABLES ;<br>
<br>
 ALORS QU'IL RESULTE DE LA JURISPRUDENCE QU'UN CHEQUE DE VIREMENT NE PEUT FAIRE L'OBJET DE POURSUITES LORSQU'IL S'AVERE SANS PROVISION SUFFISANTE ET PREALABLE, QU'AUTANT QU'IL A ETE REMIS AU BENEFICIAIRE LUI-MEME ;<br>
<br>
 ATTENDU QUE S'IL EST EXACT QUE LE SIMPLE ORDRE DE VIREMENT ADRESSE PAR LE TITULAIRE D'UN COMPTE DE CHEQUES POSTAUX DIRECTEMENT AU CENTRE DE CHEQUES POSTAUX NE CONSTITUE PAS UN VERITABLE CHEQUE, QUELLE QUE SOIT LA DENOMINATION ADOPTEE PAR L'ADMINISTRATION PUISQU'IL EST RENVOYE A L'EMETTEUR ET NON AU BENEFICIAIRE, LORSQU'IL NE PEUT ETRE PAYE FAUTE DE PROVISION DISPONIBLE, IL EN VA AUTREMENT DU CHEQUE DE VIREMENT REMIS OU ADRESSE A UN TIERS ;<br>
<br>
 QUE CE CHEQUE QUI, EN CAS D'ABSENCE DE PROVISION, N'EST PAS RETOURNE A L'EMETTEUR MAIS AU BENEFICIAIRE ET QUI FAIT L'OBJET ALORS D'UN CERTIFICAT DE NON-PAYEMENT DELIVRE PAR LE CENTRE DE CHEQUES POSTAUX, EST UN DE CEUX VISES PAR L'ARTICLE L 104 DU CODE DES POSTES ET TELECOMMUNICATIONS ;<br>
<br>
QU'IL N'IMPORTE, A CET EGARD, QU'IL AIT ETE, A L'ORIGINE, REMIS A UN TIERS INTERMEDIAIRE PLUTOT QU'AU BENEFICIAIRE, LA LOI PREVOYANT QU'UN CHEQUE POSTAL PEUT ETRE ETABLI AU PORTEUR OU MEME SANS NOM DE BENEFICIAIRE, AUQUEL CAS IL VAUT COMME CHEQUE AU PORTEUR ;<br>
<br>
QU'AINSI LES MOYENS DOIVENT ETRE ECARTES ;<br>
<br>
SUR LES AUTRES MOYENS (SANS INTERET) ;<br>
<br>
REJETTE LES POURVOIS DE X..., A... ET Z... ;<br>
<br>
 CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE GRENOBLE, EN DATE DU 2 MAI 1969, MAIS SEULEMENT DANS CELLES DE SES DISPOSITIONS CIVILES CONCERNANT Y..., TOUTES AUTRES DISPOSITIONS ETANT EXPRESSEMENT MAINTENUES ET POUR QU'IL SOIT STATUE A NOUVEAU, CONFORMEMENT A LA LOI, DANS LES LIMITES DE LA CASSATION AINSI PRONONCEE, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE LYON<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1967-04-08 Bulletin Criminel 1967 N. 109 p.252 (REJET) et les arrêts cités . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1969-04-18 Bulletin Criminel 1969 N. 132 p.325 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET
**Lois appliquées:** Code des postes et télécommunications L104,Décret  1935-10-30
**ECLI:** 
**Résumé:** Si le simple ordre de virement adressé par le titulaire d'un compte de chèques postaux directement au centre de chèques postaux ne constitue pas un véritable chèque, en dépit de la dénomination adoptée par l'administration des Postes, il en va autrement du chèque de virement remis ou adressé à un tiers. Celui-ci est, aussi bien au sens de l'article L 104 du Code des postes et télécommunications que du décret du 30 octobre 1935, un chèque dont l'émission sans provision tombe sous le coup de la loi pénale.          Il n'importe, à cet égard, que ce chèque ait été, à l'origine, remis à un tiers intermédiaire plutôt qu'au bénéficiaire lui-même (1).
**Mots-clés:** CHEQUES - Emission sans provision - Chèque postal - Chèque de virement remis ou adressé à un tiers.