# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 10 avril 1973, 71-14.086, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006989783
**Date de décision:** 1973-04-10
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006989783

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR DECIDE QUE LE MUR, LONGEANT A L'OUEST LA PROPRIETE DES CONSORTS Y... ET LA SEPARANT DE LA PROPRIETE DE LA DAME X... N'ETAIT PAS MITOYEN, MAIS CONSTITUAIT UN MUR PRIVATIF APPARTENANT A CETTE VOISINE, AUX MOTIFS QUE LA PRESOMPTION LEGALE DE MITOYENNETE CEDAIT DEVANT LA PREUVE CONTRAIRE RESULTANT DE L'ACTE NOTARIE DU 29 JANVIER 1849, ALORS, SELON LE MOYEN, QUE CET ACTE, SE BORNANT A INDIQUER COMME CONFRONT LE MUR LITIGIEUX, N'EXCLUAIT NULLEMENT LE CARACTERE MITOYEN DE CE MUR ET QU'IL NE POUVAIT ETRE DEDUIT DE CET ACTE QUE LEDIT MUR ETAIT ENTIEREMENT CONSTRUIT SUR LA PROPRIETE VOISINE, ALORS SURTOUT QU'IL ETAIT SURMONTE D'UN FAITE A DOUBLE PENTE, SIGNE POSITIF DE MITOYENNETE ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE LES CONSORTS Y... S'ETANT BORNES A RECLAMER LA MITOYENNETE DU MUR, DONT LA PROPRIETE EXCLUSIVE ETAIT REVENDIQUEE PAR LA DAME X..., EN RAISON D'UNE PRESOMPTION FONDEE SUR L'EXISTENCE D'UNE DOUBLE PENTE AU FAITE DU MUR, MIS A DECOUVERT PAR L'EXPERT Z... ET SUR LEQUEL REPOSE LA CHARPENTE ET LES TOLES D'UN CINEMA APPARTENANT A LA DAME X..., LES JUGES DU SECOND DEGRE ONT HOMOLOGUE LES CONCLUSIONS DE L'EXPERT, LEQUEL, FAISANT APPLICATION DES INDICATIONS D'UN ACTE AUTHENTIQUE DU 29 JANVIER 1849, CONCERNANT L'IMMEUBLE DES CONSORTS BELLONE, QUI SE TROUVAIT ALORS EN NATURE DE TERRE DE LABOUR, A TROUVE QUE LA PROPRIETE Y... " S'ETENDAIT VERS L'OUEST JUSQU'AU MUR D'ENCEINTE DE L'ANCIEN MOULIN A VAPEUR " (SITUE SUR LA PROPRIETE VOISINE) ;<br>
<br>
 QUE, DANS L'EXERCICE DE SON POUVOIR SOUVERAIN D'APPRECIATION DES ELEMENTS DE PREUVE QUI LUI ETAIENT SOUMIS, LA COUR D'APPEL EN A DEDUIT " QUE CE TITRE LAISSE ENTENDRE QUE LE MUR EST CONSTRUIT SUR LE TERRAIN X... " ET N'EST PAS MITOYEN ;<br>
<br>
 ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES ENONCIATIONS ET CONSTATATIONS, A DEFAUT DE PREUVE PAR LES CONSORTS Y... D'UNE ACQUISITION POSTERIEURE A L'ACTE DE 1849 OU DE L'USUCAPION DE LA MITOYENNETE DU MUR PAR LEURS AUTEURS OU PAR EUX-MEMES, LES JUGES D'APPEL ONT LEGALEMENT JUSTIFIE LEUR DECISION ;<br>
<br>
 D'OU IL SUIT QU'EN AUCUNE DE SES BRANCHES, LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ;<br>
<br>
 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 1ER JUIN 1971 PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code civil 653
**ECLI:** 
**Résumé:** UN TITRE DE PROPRIETE DONT IL APPARTIENT AUX JUGES DU FOND D 'INTERPRETER LE SENS ET LA PORTEE, PEUT FAIRE TOMBER LA PRESOMPTION  DE MITOYENNETE DES LORS QU'IL EN RESULTE QUE LE MUR A ETE CONSTRUIT  SUR L'UN DES DEUX FONDS ET QUE LE PROPRIETAIRE DE L'AUTRE N'ETABLIT  PAS AVOIR ACQUIS LA MITOYENNETE.
**Mots-clés:** PROPRIETE - MITOYENNETE - MUR - PRESOMPTION DE L'ARTICLE 653 DU CODE  CIVIL - PREUVE CONTRAIRE.,* PROPRIETE - PREUVE - TITRES - POUVOIR D'APPRECIATION DES JUGES DU  FOND.