# CAA de LYON, 2ème chambre, 27/01/2022, 21LY00672, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000045082522
**Date de décision:** 2022-01-27
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000045082522

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. C... B... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 20 mai 2020 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2006455 du 28 janvier 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 2 mars 2021, M. B..., représenté par Me Borges de Deus Correia, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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      Il soutient que :<br>
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      Sur la régularité du jugement :<br>
      - le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;<br>
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      Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :<br>
      - le préfet n'a pas consulté la commission du titre de séjour ;<br>
      - la décision attaquée est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'est pas entré irrégulièrement en France ;<br>
      - la décision attaquée méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
      - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
      - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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      Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
      - la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
      - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas présenté d'observations.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       La présidente de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le rapport de Mme Evrard ayant été entendu au cours de l'audience publique ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant serbe né le 29 juin 1977, est entré en France le 17 août 2018, selon ses déclarations. Le 14 février 2019, M. B... a sollicité son admission au séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 mai 2020, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sur le fondement du 3° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B... relève appel du jugement du 28 janvier 2021 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
       Sur la régularité du jugement :<br>
       2. Contrairement à ce que soutient M. B..., les premiers juges, qui n'étaient pas tenus de répondre à l'ensemble des arguments soulevés, ont répondu, de façon suffisamment motivée, à l'ensemble des moyens invoqués devant eux.<br>
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       Sur la légalité du refus de titre de séjour :<br>
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       3. En premier lieu, il ne résulte ni des termes de l'arrêté contesté, ni des pièces du dossier que le préfet de l'Isère n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B... avant de statuer sur sa demande de titre de séjour.<br>
       4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française A... que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
       5. M. B... fait valoir que ses parents et ses deux frères résident régulièrement en France et qu'il porte assistance à ses parents qui souffrent de différentes pathologies. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B... ne séjournait en France que depuis vingt mois à la date de la décision attaquée, qu'il n'a jamais été admis au séjour, qu'il ne justifie d'aucune insertion particulière en France, qu'il ne démontre pas, par les seuls certificats médicaux et attestations qu'il produit, que ses parents auraient besoin d'une assistance quotidienne ni qu'il serait la seule personne à pouvoir, le cas échéant, leur venir en aide, et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches privées et familiales en Serbie, où il a vécu la majeure partie de sa vie et où résident notamment ses deux filles. A..., compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision attaquée ne porte pas au droit de M. B... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, elle n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.<br>
       6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " La commission [du titre de séjour] est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 (...) ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles visés par ces dispositions auxquels il envisage néanmoins de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent.<br>
       7. Il résulte de ce qui précède que M. B... ne remplit pas les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de l'Isère n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.<br>
       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       8. En premier lieu, il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que, pour prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. B..., le préfet de l'Isère, qui a visé le 3° du I de l'article L. 511-1, s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour, et non sur l'irrégularité de son entrée en France. Au demeurant, la décision attaquée ne comporte aucune indication sur les conditions d'entrée sur le territoire français du requérant. Par suite, le moyen tiré par M. B... de ce que le préfet, en estimant qu'il était entré irrégulièrement en France, a commis une erreur de fait, ne peut qu'être écarté.<br>
       9. En second lieu, et pour les motifs qui précèdent, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée ne peuvent qu'être écartés.<br>
       10. Il résulte de ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... B... et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée et au préfet de l'Isère.<br>
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Délibéré après l'audience du 16 décembre 2021, à laquelle siégeaient :<br>
Mme Evrard, présidente de la formation de jugement,<br>
Mme Caraës, première conseillère,<br>
Mme Lesieux, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2022.<br>
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N° 21LY00672<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. - Séjour des étrangers.