# Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 3 avril 2007, 05-12.238, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000017779858
**Date de décision:** 2007-04-03
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000017779858

## Contenu de la décision

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 	Attendu que le 22 novembre 1989 et par l'intermédiaire de la société civile professionnelle de commissaires-priseurs Ader Picard Tajan (la SCP), elle-même assistée de MM. X... et de Y..., experts, M. Z... a acquis aux enchères publiques un tableau reproduit au catalogue et assorti des indications : "Jean Dufy (1888-1964). Aux courses. Gouache, signée en bas, à droite" ; qu'en 2001, il a sollicité M. B..., lequel, dressant alors l'inventaire raisonné de l'oeuvre de l'artiste, a mis en doute l'authenticité de l'objet présenté ; qu'une expertise judiciaire ayant révélé l'année suivante qu'il s'agissait d'un faux, et la société venderesse n'ayant pu être retrouvée, M. Z... a recherché la responsabilité de la SCP et de MM. X... et de Y... ;<br>
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 	Sur le premier moyen du pourvoi principal de M. X... et le premier moyen du pourvoi incident provoqué de M. de Y... :<br>
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 	Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt attaqué (Paris, 14 décembre 2004) d'avoir, en violation de l'article 1382 du code civil, condamné in solidum la SCP et MM. X... et de Y... à indemniser M. Z... en raison de ce que le tableau acquis par celui-ci, contrairement à sa conviction, n'était pas de Jean Dufy, et en refusant de donner effet à l'observation de l'expert judiciaire indiquant qu'au regard des connaissances à l'époque de la vente il était tout à fait concevable de conclure à l'authenticité, alors, selon le moyen, que l'expert ou le commissaire-priseur qui atteste celle-ci sans nuancer son affirmation n'engage sa responsabilité envers l'acquéreur que si, au moment où il est donné, cet avis apparaît erroné ou imprudent au regard des données acquises ;<br>
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 	Mais attendu que la cour d'appel, qui a exactement énoncé que, vis-à-vis de la victime de l'erreur, le commissaire-priseur ou l'expert qui affirme l'authenticité d'une oeuvre d'art sans assortir son propos de réserves engage sa responsabilité sur cette assertion, a constaté que la SCP et MM. X... et de Y... avaient agi en commun, de sorte que leur responsabilité devait être admise ; que le moyen n'est pas fondé ;<br>
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 	Et sur le second moyen du pourvoi de M. X... et le second moyen du pourvoi incident provoqué de M. de Y..., tels qu'exposés aux mémoires :<br>
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 	Attendu que par une motivation identique à celle du premier moyen, il est fait grief à la cour d'appel d'avoir, en violation de l'article 1147 du code civil, condamné in solidum MM. X... et de Y... à garantir la SCP de la condamnation prononcée à son encontre au profit de M. Z... ;<br>
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 	Attendu que l'arrêt énonce à bon droit que le commissaire-priseur qui a recouru aux services de deux experts ayant attesté l'authenticité de l'oeuvre présentée lors d'une vente est fondé à demander leur garantie ; que le moyen n'est pas fondé ;<br>
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 	PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le pourvoi incident et provoqué éventuel de la SCP Tajan et de son assureur Gan :<br>
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 	REJETTE les pourvois principal et incident provoqué  ;<br>
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 	Laisse aux auteurs de chacun des pourvois la charge des dépens afférents à leurs pourvois respectifs ;<br>
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 	Vu l'article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette les demandes ;<br>
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 	Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du trois avril deux mille sept. <br>
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Le commissaire-priseur ou l'expert qui affirme l'authenticité d'une oeuvre d'art sans assortir son propos de réserves engage sa responsabilité vis-à-vis de la victime de l'erreur. 
C'est dés lors à bon droit qu'une cour d'appel les condamne in solidum à indemniser l'acquéreur d'un tableau qui s'est avéré ne pas être une oeuvre de l'artiste mentionné au catalogue comme en étant l'auteur,Le commissaire-priseur qui a recouru aux services d'experts ayant inexactement attesté l'authenticité d'une oeuvre présentée lors d'une vente est fondé à demander à être garanti par eux de la condamnation prononcée à son encontre au profit de l'acquéreur victime de l'erreur
**Mots-clés:** OFFICIERS PUBLICS OU MINISTERIELS - Commissaire-priseur -  Vente aux enchères publiques d'objets mobiliers -  Oeuvre d'art -  Oeuvre portant une signature -  Mise en vente sans réserves -  Affirmation d'authenticité -  Portée,OFFICIERS PUBLICS OU MINISTERIELS -  Commissaire-priseur -  Vente aux enchères publiques d'objets mobiliers -  Oeuvre d'art -  Authenticité -  Informations inexactes d'un catalogue de vente -  Portée OFFICIERS PUBLICS OU MINISTERIELS -  Commissaire-priseur -  Responsabilité -  Responsabilité à l'égard de l'acheteur -  Mise en vente sans réserves d'une oeuvre d'art portant une signature -  Portée EXPERT JUDICIAIRE -  Responsabilité -  Faute -  Applications diverses -  Affirmation erronée d'authenticité d'une oeuvre d'art,OFFICIERS PUBLICS OU MINISTERIELS - Commissaire-priseur -  Vente aux enchères publiques d'objets mobiliers -  Oeuvre d'art -  Authenticité -  Preuve -  Attestation inexacte des experts -  Portée,OFFICIERS PUBLICS OU MINISTERIELS -  Commissaire-priseur -  Responsabilité -  Responsabilité à l'égard de l'acheteur -  Condamnation -  Recours en garantie -  Garant -  Applications diverses -  Expert ayant inexactement attesté l'authenticité d'une oeuvre d'art EXPERT JUDICIAIRE -  Responsabilité -  Faute -  Applications diverses -  Affirmation erronée d'authenticité d'une oeuvre d'art