# Conseil d'Etat, 6ème sous-section jugeant seule, du 23 avril 2003, 230518, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008130574
**Date de décision:** 2003-04-23
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 6EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008130574

## Contenu de la décision

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                Vu, 1°) sous le numéro 230518, la requête enregistrée le 20 février 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Jamal Z... demeurant ...  ; M. Z... demande au Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 19 octobre 2000 par laquelle le consul général de France à Bruxelles a refusé de lui délivrer un visa d'entrée sur le territoire français  ;
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                2°) d'enjoindre à l'autorité consulaire de délivrer le visa demandé, sous astreinte de 1 000 F par jours de retard  ;
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                3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 F au titre des frais irrépétibles  ;
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                Vu, 2°) sous le n° 233427, la requête enregistrée le 7 mai 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme X... Y demeurant ...  ; Mme Y demande au Conseil d'Etat l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 19 octobre 2000 par laquelle le consul général de France à Bruxelles a refusé de délivrer à son mari, M. Jamal Z..., un visa d'entrée sur le territoire français  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Keller, Maître des Requêtes,  
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                - les conclusions de M. Lamy, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant que les requêtes de M. Z... et Mme Y présentent à juger les mêmes questions  ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision  ;
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                Considérant que, contrairement à ce que soutient le ministre, la présence en France de Mme X... Y ne suffit pas à rendre les requêtes sans objet  ;
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                Sur la légalité externe de la décision attaquée  : 
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                Considérant que M. Y..., signataire de la décision attaquée, a reçu régulièrement délégation de signature du consul général de France à Bruxelles, le 13 octobre 2000, pour prendre toute décision relative aux visas  ; que, par suite, le moyen selon lequel il n'aurait pas été compétent ne peut qu'être écarté  ;
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                Sur la légalité interne de la décision attaquée  :
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                Considérant que les autorités françaises à l'étranger disposent d'un large pouvoir d'appréciation et peuvent se fonder, pour accorder ou refuser un visa, sur toute considération d'intérêt général  ;
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                Considérant que pour refuser à M. Z..., ressortissant marocain, le visa de long séjour qu'il sollicitait pour s'installer durablement en France avec son épouse, le consul général  de France à Bruxelles s'est fondé sur l'existence d'une menace à l'ordre public, compte tenu du comportement de l'intéressé qui a été condamné à quatre années d'emprisonnement par les autorités belges pour importation, vente ou offre à la vente d'héroïne et a fait l'objet, en conséquence, d'un arrêté ministériel belge de renvoi assorti d'une interdiction de territoire de 10 ans  ; que, ce faisant, le consul général n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation quelle que soit la date des faits à l'origine de la condamnation pénale de M. Z...  ; 
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                Considérant qu'en refusant un visa au titre du regroupement familial, les autorités consulaires ont implicitement mais nécessairement apprécié l'atteinte portée au droit des intéressés au respect de leur vie familiale  ; que la décision de refus du visa sollicité ne porte pas une atteinte excessive à ce droit, compte tenu de la gravité de la menace que la présence en France des intéressés aurait fait peser sur l'ordre public  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Z... et Mme Y ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée  ;
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                Sur les conclusions aux fins d'injonction  :
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                Considérant que la présente décision n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que, par suite, les conclusions sus-analysées doivent être rejetées  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à M. Z... la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Les requêtes de M. Z... et Mme Y sont rejetées.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Jamal Z..., Mme X... Y et au ministre des affaires étrangères.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**