# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 24 juin 1970, 69-40.373, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982974
**Date de décision:** 1970-06-24
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982974

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE : <br>ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A LA DECISION ATTAQUEE D'AVOIR CONDAMNE LA SOCIETE AZUREENNE DU BATIMENT A VERSER A X..., MACON A SON SERVICE DU 19 FEVRIER 1968 AU 16 AOUT 1968, UN RAPPEL DE SALAIRE TENANT COMPTE DE LA MAJORATION DE 7 % PREVUE PAR LES ACCORDS DE GRENELLE, AU MOTIF QUE CET OUVRIER ENGAGE EN FEVRIER 1968 N'AVAIT PAS BENEFICIE DE L'AUGMENTATION DE 7 % APPLICABLE A PARTIR DU 1ER JUIN 1968, ALORS QUE LES JUGES DU FOND ONT LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS DE LA SOCIETE QUI SOUTENAIT QUE LA MAJORATION PREVUE PAR LES ACCORDS DE GRENELLE DEVAIT COMPRENDRE LES HAUSSES DEJA INTERVENUES DEPUIS LE 1ER JANVIER 1968 ; <br>ET QU'EN L'ESPECE X... AVAIT DES SON EMBAUCHE, EN FEVRIER 1968, PERCU UN SALAIRE HORAIRE BIEN SUPERIEUR AUX TAUX EN VIGUEUR, EN SORTE QU'IL NE POUVAIT PRETENDRE AU BENEFICE DE LA MAJORATION DECOULANT DE L'ACCORD NATIONAL ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE LA SOCIETE S'ETAIT BORNEE A SOUTENIR QUE LE SALAIRE HORAIRE DE 5 FRANCS AUQUEL X... AVAIT ETE EMBAUCHE LE 19 FEVRIER 1968 ETAIT SUPERIEUR AU SALAIRE MINIMUM RESULTANT DE LA GRILLE ALORS EN VIGUEUR, MAJOREE DE 7 % SANS SE REFERER AUCUNEMENT AU SALAIRE REEL D'UN OUVRIER DE LA MEME CATEGORIE AU 1ER JANVIER 1968, QUE SELON L'ARTICLE 3 DE L'ACCORD COLLECTIF DU 6 JUIN 1968 DU BATIMENT ET DES TRAVAUX PUBLICS, " LES SALAIRES REELS SONT AUGMENTES AU 1ER JUIN 1968 DE 7 % ", QU'EN ESTIMANT QUE X... N'AVAIT PAS ENCORE BENEFICIE DE L'AUGMENTATION PREVUE POUR LES SALAIRES REELS, LE CONSEIL DES PRUD'HOMMES A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ; <br>
<br>QUE LE PREMIER MOYEN N'EST PAS FONDE ; <br>
<br>SUR LE DEUXIEME MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE : <br>ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A LA DECISION ATTAQUEE D'AVOIR CONDAMNE LA SOCIETE AZUREENNE DU BATIMENT A VERSER A X... QUI AVAIT ETE A SON SERVICE EN QUALITE DE MACON DU 19 FEVRIER 1968 AU 16 AOUT DE LA MEME ANNEE UNE PRIME D'OUTILLAGE, ALORS QUE LA SOCIETE EMPLOYEUR AVAIT FAIT VALOIR QUE SELON LA CONVENTION COLLECTIVE APPLICABLE, LA PRIME D'OUTILLAGE N'EST DUE QUE LORSQUE L'OUVRIER APPORTE UNE CAISSE COMPLETE QUI EST SA PROPRIETE INTEGRALE ET PERSONNELLE, QUE TEL N'ETAIT PAS LE CAS EN L'ESPECE, AINSI QU'ELLE PROPOSAIT DE L'ETABLIR PAR VOIE D'ENQUETE ET QU'EN S'ABSTENANT DE REPONDRE A CE CHEF DE SES CONCLUSIONS LES JUGES DU FOND ONT ENTACHE LEUR DECISION D'UN DEFAUT DE MOTIF CARACTERISE ; <br>MAIS ATTENDU QUE LA DECISION ATTAQUEE CONSTATE EN FAIT QUE X... " FOURNISSAIT SON PETIT OUTILLAGE " QUE CETTE FORMULE PRECISE SUFFISAMMENT QUE CET OUVRIER MACON POSSEDAIT L'OUTILLAGE D'UN TRAVAILLEUR DE SA CATEGORIE ; <br>
<br>QUE LE DEUXIEME MOYEN N'EST PAS FONDE ; <br>
<br>SUR LE TROISIEME MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE : <br>ATTENDU QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS DE LA SOCIETE AZUREENNE DU BATIMENT QUI, POUR DENIER A X... LE DROIT A LA QUALIFICATION OHQ, FAISAIT VALOIR QUE SELON LA CLASSIFICATION REGLEMENTAIRE PARODI, UNE TELLE QUALIFICATION N'EXISTE PAS DANS LA PROFESSION DE LA MACONNERIE ; <br>MAIS ATTENDU QUE LA DECISION ATTAQUEE RELEVE QU'IL EST DE COUTUME A MARSEILLE DE CLASSER OHQ LES BONS MACONS ET LES BONS BOISEURS, QUE LA SOCIETE LA SAVOISIENNE ET LA SOCIETE LES CONSTRUCTIONS MODERNES PRECEDENTS EMPLOYEURS DE X... AVAIENT DELIVRE A CE DERNIER POUR LES PERIODES 1959-1964 ET 1964-1967 DES CERTIFICATS PORTANT MENTION DE LA QUALIFICATION OHQ, QUE LA SOCIETE AZUREENNE ELLE-MEME AVAIT ATTRIBUE A X... LA MEME QUALIFICATION OHQ SUR LA FICHE DE PAIE RELATIVE A LA PERIODE DU 26 JUILLET-8 AOUT 1968 ; <br>
<br>QUE LES JUGES DU FOND ONT EXACTEMENT DECIDE AU VU DE CES ELEMENTS QUE KIOGIER AVAIT DROIT A LA QUALIFICATION OHQ ; <br>
<br>QUE LE TROISIEME MOYEN N'EST PAS FONDE ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE LE JUGEMENT RENDU, LE 29 AVRIL 1969, PAR LE CONSEIL DES PRUD'HOMMES DE MARSEILLE<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Accord Collectif 1968-06-06 Bâtiment et travaux publics
**ECLI:** 
**Résumé:** Aux termes de l'article 3 de l'accord collectif du 6 juin 1968 du bâtiment et des travaux publics "les salaires réels sont augmentés au 1er juin 1968 de 7 %".          Lorsqu'un employeur s'est borné à soutenir que le salaire horaire d'un ouvrier du bâtiment, embauché en février 1968, était supérieur au salaire minimum résultant de la grille alors en vigueur majorée de 7 %, sans se référer au salaire réel d'un ouvrier de la même catégorie au 1er janvier 1968, les juges du fond peuvent estimer que l'intéressé n'avait pas encore bénéficié de l'augmentation prévue pour les salaires réels.,Il ne saurait être fait grief à une sentence prud'homale d'avoir condamné un employeur à verser à un ouvrier maçon une prime d'outillage après avoir constaté en fait qu'il "fournissait son petit outillage", cette formule précisant suffisamment que l'intéressé possédait l'outillage d'un travailleur de sa catégorie.,Ayant relevé qu'il est de coutume à Marseille de classer OHQ les bons maçons, que l'employeur d'un ouvrier maçon de même que ses précédents employeurs, lui avaient attribué cette qualification sur une fiche de paye et des certificats, les juges du fond ont exactement décidé au vu de ces éléments que l'intéressé avait droit à la qualification OHQ.
**Mots-clés:** 1) CONVENTIONS COLLECTIVES - Accords de salaires - Bâtiment et travaux publics - Accord du 1er juin 1968 - Majoration - Salaire réel.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Salaire - Majorations - Accord collectif du 6 juin 1968 du bâtiment et des travaux publics - Salaire réel.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Salaire - Fixation - Accord de salaires - Accord du 6 juin 1968 du bâtiment et des Travaux publics - Majoration  - Salaire réel.,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Salaire - Primes - Prime d'outillage - Conditions.,3) CONTRAT DE TRAVAIL - Catégorie professionnelle - Classement - Ouvrier maçon - Qualification OHQ - Marseille.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Catégorie professionnelle - Preuve - Constatations suffisantes.