# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 1ère chambre - formation à 3, 22/01/2013, 12LY01279, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000026977845
**Date de décision:** 2013-01-22
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000026977845

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 mai 2012, présentée pour la commune de Noiron-sur-Bèze (Côte-d'Or), représentée par son maire ;<br>
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        La commune de Noiron-sur-Bèze demande à la Cour :<br>
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        1°) d'annuler le jugement n° 1100839 du tribunal administratif de Dijon <br>
du 29 mars 2012 qui, à la demande de M.D..., a annulé l'arrêté du 29 novembre 2010 par lequel son maire a délivré à M. B...C...un permis de construire une maison individuelle ;<br>
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        2°) de rejeter la demande de M. D...devant le tribunal administratif ;<br>
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        3°) de condamner M. D...à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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        4°) de mettre les dépens de l'instance à la charge de M. D...;<br>
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        La commune de Noiron-sur-Bèze soutient que M. D...réside très loin du projet litigieux et n'est pas locataire de terres voisines de ce projet ; qu'il ne dispose ainsi d'aucun intérêt à agir à l'encontre du permis de construire ; que l'arrêté attaqué comporte la signature et mentionne le prénom, le nom et la qualité de l'agent chargé d'instruire la demande de permis de construire ; que M. D...connaît l'identité du maire ; que les dispositions de l'article 4 de la <br>
loi du 12 avril 2000 n'ont, dès lors, pas été méconnues ; que le territoire communal n'étant pas affecté par un risque d'inondation, le plan de masse n'a pas à être rattaché au système altimétrique de référence du plan de prévention des risques, en application de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ; que M. C...est agriculteur et habite dans une maison qui ne dispose pas de l'eau courante ; que la construction projetée est nécessaire à son exploitation ; que les dispositions de l'article 3.2.2 du règlement du plan d'occupation des sols sont ainsi parfaitement respectées ;<br>
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        Vu le jugement attaqué ;<br>
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        Vu le mémoire, enregistré le 17 septembre 2012, présenté pour M.D..., qui demande à la Cour :<br>
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        - de rejeter la requête ; <br>
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        - de condamner la commune de Noiron-sur-Bèze à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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        - de mettre les dépens de l'instance à la charge de cette commune ;<br>
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        M. D...soutient qu'il n'est nullement retraité et continue d'exploiter des terres situées à proximité du terrain d'assiette du projet litigieux, sur lequel il aura une vue directe ; qu'il justifie ainsi d'un intérêt à agir à l'encontre du permis de construire attaqué ; que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 n'a plus lieu d'être maintenu après la production par la commune de l'original de l'arrêté attaqué ; qu'il ne ressort pas clairement du plan de masse que les cotes de ce plan seraient rattachées au système altimétrique du plan de prévention des risques ; qu'il n'est pas démontré que le territoire communal serait exclu des zones inondables ; que le projet litigieux ne présente aucun intérêt pour l'activité agricole et constitue une simple commodité ; que l'article 3.2.2 du règlement du plan d'occupation des sols est donc méconnu ;<br>
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        Vu le mémoire, enregistré le 24 décembre 2012, présenté pour la commune de <br>
Noiron-sur-Bèze, représentée par son maire, qui, n'apportant aucun élément nouveau, n'a pas été communiqué ;<br>
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        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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        Vu le code de l'urbanisme ;<br>
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        Vu le code de justice administrative ;<br>
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        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 4 janvier 2013 :<br>
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        - le rapport de M. Chenevey, premier conseiller ;<br>
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        - les conclusions de M. Vallecchia, rapporteur public ;<br>
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        1. Considérant que, par un jugement du 29 mars 2012, à la demande de M.D..., le tribunal administratif de Dijon a annulé l'arrêté du 29 novembre 2010 par lequel le maire de la commune de Noiron-sur-Bèze a délivré à M. B...C...un permis de construire une maison individuelle ; que cette commune relève appel de ce jugement ; <br>
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        2. Considérant que M. D...ne soutient pas être propriétaire d'un terrain proche ou habiter à proximité du projet qui a été autorisé par l'arrêté attaqué ; qu'il ressort des pièces du dossier que M. D...est l'un des associés de l'exploitation agricole à responsabilité limitée " D... " ; que, comme le fait apparaître le document relatif à la mise à jour des statuts de cette société, produit en appel par M. D...lui-même, ce dernier a été admis à faire valoir ses droits à la retraite et, depuis le 1er avril 2010, n'a plus que la qualité d'associé non-exploitant, simple apporteur en capital ; que le permis de construire n'est donc pas susceptible d'affecter M. D..., mais seulement, le cas échéant, ladite exploitation agricole à responsabilité limitée ; qu'au surplus, la seule circonstance, invoquée par M.D..., que le projet litigieux se situe à environ 200 mètres d'une parcelle exploitée par cette dernière n'est pas de nature à permettre d'établir que les caractéristiques particulières de ce projet seraient, par elles-mêmes, susceptibles d'affecter l'activité de la société, consistant à exploiter et gérer les biens agricoles apportés ou mis à disposition par les associés, ou achetés, créés ou pris à bail par la société elle-même ; que, dès lors, M. D...ne justifie d'aucun intérêt à agir à l'encontre du permis de construire litigieux ; qu'il suit de là que la commune de Noiron-sur-Bèze est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Dijon a admis la recevabilité de la demande d'annulation de ce permis présentée par M.D... ; qu'il y a lieu, en conséquence, d'annuler ce jugement et de rejeter cette demande ; <br>
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        3. Considérant qu'en vertu de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent la contribution pour l'aide juridique prévue à l'article 1635 bis Q du code général des impôts (...). / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties (...) " ; que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la commune de Noiron-sur-Bèze la charge de la contribution pour l'aide juridique qu'elle a acquittée lors de l'introduction de sa requête ;<br>
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        4. Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Noiron-sur-Bèze, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, soit condamnée à payer à M. D...la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; que, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. D...le versement d'une somme au bénéfice de cette commune sur le fondement de ces mêmes dispositions ; <br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du Tribunal administratif de Dijon du 29 mars 2012 est annulé. <br>
Article 2 : La demande de M. D...présentée devant le tribunal administratif de Dijon est rejetée.<br>
Article 3 : Les dépens sont mis à la charge de la commune de Noiron-sur-Bèze. <br>
Article 4 : Les conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à la commune de Noiron-sur-Bèze et à M. A...D.... Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dijon.<br>
Délibéré après l'audience du 4 janvier 2013, à laquelle siégeaient :<br>
M. Moutte, président de chambre,<br>
M. Zupan, président-assesseur,<br>
M. Chenevey, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 22 janvier 2013.<br>
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Le rapporteur,<br>
J. - P. CHENEVEYLe président, <br>
J. - F. MOUTTE<br>
Le greffier,<br>
B. NIER<br>
        La République mande et ordonne au ministre de l'égalité des territoires et du logement, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
Pour expédition,<br>
Le greffier,<br>
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N° 12LY01279	<br>
mg<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 68-06-01-03 Urbanisme et aménagement du territoire. Règles de procédure contentieuse spéciales. Introduction de l'instance. Délais de recours.