# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 16 janvier 2004, 257837, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008189993
**Date de décision:** 2004-01-16
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008189993

## Contenu de la décision

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                Vu, la requête et le mémoire complémentaire enregistrés les 19 juin 2003 et 12 décembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés par M. Ben Amor X demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 2 mai 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif  de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 février 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu la convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990  ;
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                Vu l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars1988 modifié  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le décret n° 99-566 du 6 juin 1999  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Vallée, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification de la décision du préfet de police du 28 octobre 2002 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la régularité du jugement attaqué  :
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                Considérant que le jugement attaqué est suffisamment motivé  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus   ;
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                Considérant que M. X fait valoir qu'il s'est marié avec Mme Najoua BEN OMRANE le 5 janvier 2000 à Tunis, que cette dernière dispose d'un titre de séjour régulier et que de ce mariage est né en France, le 21 février 2003, un enfant  ; que toutefois cette naissance, postérieure à l'arrêté attaqué, ne saurait être utilement invoquée à l'appui d'un recours en annulation de cet arrêté  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de l'entrée récente de l'intéressé sur le territoire national en 2000, et du fait que M. X peut bénéficier de la procédure de regroupement familial, dont il a d'ailleurs demandé le bénéfice après l'intervention de l'arrêté du préfet de police du 17 février 2003, celui-ci n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que le requérant ne saurait utilement se prévaloir à cet égard du fait qu'il aurait méconnu l'obligation de rejoindre la Tunisie après l'expiration du délai d'absence imparti par son employeur en 2000  ; que le préfet n'a ainsi méconnu ni les dispositions de l'article 12 bis 7° de l'ordonnance du 2 novembre 1945, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  :  Ne peuvent faire l'objet d'un arrêté d'expulsion, en application de l'article 23  : (...) 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. (...) Les étrangers mentionnés aux 1° à 6° et 8° ne peuvent faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière en application de l'article 22 de la présente ordonnance  ;
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                Considérant que M. X ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions dès lors que la décision attaquée est antérieure à la naissance de son enfant  ;
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                Considérant enfin que l'arrêté attaqué n'a pas été pris à la suite du rejet d'une demande de regroupement familial  ; qu'ainsi le moyen tiré de la violation du décret du 6 juin 1999 est inopérant  ;
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                Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination  :
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                Considérant qu'aucun des éléments invoqués par le requérant n'est de nature à établir qu'il serait, en cas de retour en Tunisie, exposé à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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                Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de M. X n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que, par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de délivrer à M. X un titre de séjour ne peuvent être accueillies  ;
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D E C I D E  :
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		Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Ben Amor X, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**