# Conseil d'Etat, 3ème sous-section jugeant seule, du 16 novembre 2005, 265656, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008227138
**Date de décision:** 2005-11-16
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008227138

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 17 mars 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS  ; le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 17 février 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 15 janvier 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Sanoussi X  ;
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                2°) de rejeter la demande de M. X devant le tribunal administratif  ;
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             Vu les autres pièces du dossier  ;
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             Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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             Vu la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990  ;
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             Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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             Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mme Danièle Burguburu, Conseiller d'Etat,  
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                - les observations de Me Bouthors, avocat de M. X, 
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                - les conclusions de M. Emmanuel Glaser, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée en vigueur à la date de l'arrêté litigieux  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité malienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 26 novembre 2003, de la décision du PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS du 24 novembre 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que si M. X fait valoir qu'il est entré en France en 1993, qu'il est marié avec une compatriote qui l'a rejoint sur le territoire national en 1997, que celle-ci ainsi que leurs quatre enfants nés en France en 1998, 2000, 2002 et 2003 demeurent auprès de lui, en revanche celle de ses épouses qui vit en France est elle-même en situation irrégulière et M. X n'est pas démuni de tout lien familial avec son pays d'origine où demeurent, outre quatre de ses frères et soeurs, son autre épouse et leurs six enfants  ; que dès lors, compte-tenu  des conditions de séjour de M. X en France et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS du 15 janvier 2004 n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS est donc fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est fondé sur la méconnaissance de cet article pour annuler l'arrêté attaqué  ;
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                Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, de se prononcer sur les autres moyens soulevés par M. X devant le tribunal administratif et devant le Conseil d'Etat  ;
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                Considérant que, par un arrêté du 7 juillet 2003, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis en date du 9 juillet 2003, le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS a donné à M. Frédéric Pierret, secrétaire général de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, délégation pour signer, notamment, les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que M. Pierret n'avait pas compétence pour signer l'arrêté attaqué manque en fait  ;
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                Considérant que l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde  ; qu'il est, par suite, suffisamment motivé  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public,  la carte de séjour portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ; qu'aux termes de l'article 12 quater de ladite ordonnance, la commission du titre de séjour (...) est saisie par le préfet lorsque celui-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article 12 bis (...)  ;
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                Considérant que si M. X soutient être entré en France en 1993, il ne justifie pas, en l'absence d'éléments probants pour les années 1994 à 1996, avoir eu sa résidence habituelle en France depuis plus de dix ans  ; qu'ainsi, il n'est pas fondé à soutenir que le PREFET DE SEINE-SAINT-DENIS, d'une part, ne pouvait légalement lui refuser un titre de séjour sans commettre une erreur manifeste d'appréciation au regard du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, d'autre part, prendre une mesure de reconduite à la frontière à son encontre au motif qu'il serait au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; qu'il en résulte également que l'exception d'illégalité soulevée à l'encontre de la décision du 24 novembre 2003 refusant de délivrer à M. X un titre de séjour, au motif que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS aurait dû saisir la commission du titre de séjour, doit être écartée, dès lors que cette saisine n'est obligatoire que si l'étranger figure dans une des catégories mentionnées par cet article  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990  : Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant  ; que, toutefois la circonstance que deux des quatre enfants de M. X sont scolarisés en France et seraient perturbés par un retour vers le Mali ne suffit pas à établir que l'intérêt supérieur de l'enfant n'ait pas été pris en compte dans la décision du 5 janvier 2004 ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressé  ; qu'il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention des droits de l'enfant susvisée doit être écarté  ;
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS est fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. X  ;
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                Sur les conclusions à fins d'injonction  :
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                Considérant que la présente décision, qui rejette la demande de M. X n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que ses conclusions tendant à ce qu'il  soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées  ; 
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                Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice  administrative  : 
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                Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du 17 février 2004 du magistrat délégué par le  président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est rejetée.
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     Article 3  : Les conclusions présentées par M. X sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
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     Article  4  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, à M. Sanoussi X et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**