# Cour de cassation, Chambre temporaire des expropriations, du 29 octobre 1965, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006970492
**Date de décision:** 1965-10-29
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006970492

## Contenu de la décision

SUR LE CINQUIEME MOYEN : ATTENDU QUE L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE EN DATE DU 13 MARS 1963 A FIXE A LA SOMME DE 405829, 78 FRANCS LE MONTANT DE L'INDEMNITE DUE A LA SOCIETE LE PORZOU IMMOBILIER D'UNE PART, A X... ET Y..., D'AUTRE PART, EN RAISON DE L'EXPROPRIATION POUR CAUSE D'UTILITE PUBLIQUE DU TERRAIN DIT DOMAINE DU PORZOU SIS SUR LE TERRITOIRE DE LA VILLE DE CONCARNEAU APPARTENANT INDIVISEMENT POUR UN QUART A LADITE SOCIETE ; <br>
<br>ATTENDU QUE LE POURVOI FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR REFUSE TOUTE INDEMNITE POUR PREJUDICE FISCAL ALORS QUE LES SOCIETES IMMOBILIERES DE CONSTRUCTION JOUISSENT D'UN REGIME FISCAL PARTICULIEREMENT FAVORABLE QUI NE S'ETENDRA PAS A L'INDEMNITE D'EXPROPRIATION ET QU'IL Y A LA UN PREJUDICE DIRECT ET CERTAIN DONT REPARATION DOIT ETRE ACCORDEE ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ENONCE : QUE LES IMPOTS NE PEUVENT A AUCUN TITRE ETRE CONSIDERES COMME UNE SOURCE DE PREJUDICE INDEMNISABLE-QUE, D'AILLEURS, LA DIFFERENCE ENTRE LE PAYEMENT D'IMPOT EN UNE SEULE FOIS SUR UNE SOMME GLOBALE ET LE PAYEMENT PAR FRACTIONS ANNUELLES N'EST PAS LA CONSEQUENCE DIRECTE DE L'EXPROPRIATION ; <br>
<br>QUE, PAR CES MOTIFS QUI REPONDENT AUX MOYENS DES PARTIES, LA COUR D'APPEL A FAIT USAGE DE SON POUVOIR SOUVERAIN D'APPRECIATION POUR REJETER CE CHEF D'INDEMNITE ; <br>
<br>SUR LE SIXIEME MOYEN : ATTENDU QUE X... ET Y... FONT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR REFUSE L'INDEMNITE D'AGENTS IMMOBILIERS ASSOCIES POUR LE PREJUDICE FISCAL SUBI DU FAIT QUE L'INDEMNITE D'EXPROPRIATION SERA IMPOSEE EN UNE FOIS ALORS QUE LES BENEFICES DE LA SOCIETE AURAIENT ETE REALISES PAR FRACTIONS IMPOSEES AU COURS D'ANNEES SUCCESSIVES ET A DES TAUX MOINDRES ALORS QU'IL Y A LA UN PREJUDICE CERTAIN NE DIRECTEMENT DE L'EXPROPRIATION ET DONT REPARATION ETAIT DUE ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QU'A L'EPOQUE A LAQUELLE A ETE RENDUE L'ORDONNANCE D'EXPROPRIATION, LES DROITS INDIVIS LITIGIEUX APPARTENAIENT A LA SEULE SOCIETE LE PORZOU IMMOBILIER ; <br>
<br>QUE X... ET Y... QUI N'ONT D'AUTRES DROITS A FAIRE VALOIR QUE CEUX DE LADITE SOCIETE NE SONT DONC PAS RECEVABLES A RECLAMER PERSONNELLEMENT UNE INDEMNITE ; <br>
<br>QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LES CINQUIEME ET SIXIEME MOYENS. MAIS SUR LE PREMIER MOYEN : VU L'ARTICLE 21 DE L'ORDONNANCE DU 23 OCTOBRE 1958 DANS SA REDACTION ANTERIEURE A L'ENTREE EN VIGUEUR DE LA LOI DU 26 JUILLET 1962 ; <br>
<br>ATTENDU QUE LA LIMITATION DE L'INDEMNITE D'EXPROPRIATION POUR CAUSE D'UTILITE PUBLIQUE CONSTITUE UNE EXCEPTION AU PRINCIPE DE LA REPARATION DE L'ENTIER PREJUDICE SUBI PAR L'EXPROPRIE ET DOIT DONC ETRE APPLIQUEE RESTRICTIVEMENT CE QUI EXCLUT LE CAS OU LA MUTATION DE REFERENCE NE PORTE QUE SUR UNE FRACTION INDIVISE DU BIEN CONSIDERE ; <br>
<br>ATTENDU QUE, POUR FIXER LE MONTANT DE L'INDEMNITE, LES JUGES D'APPEL ONT ATTRIBUE A L'IMMEUBLE UNE VALEUR N'EXCEDANT PAS L'ESTIMATION QUI AVAIT ETE DONNEE LORS DE L'APPORT EN SOCIETE, MOINS DE CINQ ANS AVANT LA DECISION, D'UNE PART INDIVISE DUDIT BIEN ; <br>
<br>QU'EN STATUANT AINSI, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION ; <br>
<br>SUR LE QUATRIEME MOYEN : VU L'ARTICLE 30 DU DECRET DU 20 NOVEMBRE 1959 QUI DISPOSE EN SON ALINEA 5 QU'IL NE PEUT ETRE PREVU D'INDEMNITE DE REMPLOI SI LES BIENS ETAIENT NOTOIREMENT DESTINES A LA VENTE OU MIS EN VENTE PAR LE PROPRIETAIRE EXPROPRIE AU COURS DE LA PERIODE DE SIX MOIS AYANT PRECEDE LA DECLARATION D'UTILITE PUBLIQUE, ENSEMBLE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ; <br>
<br>ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE TOUT EN ENONCANT QUE-IL N'Y A PAS A PROPREMENT PARLER VENTE-A CEPENDANT REJETE LA DEMANDE D'INDEMNITE DE REMPLOI FORMEE PAR LA SOCIETE EXPROPRIEE ; <br>
<br>QU'UNE TELLE CONTRADICTION ENTRE LE MOTIF ET LE DISPOSITIF DE L'ARRET DOIT ENTRAINER LA CASSATION DE LA DECISION ATTAQUEE ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL SOIT BESOIN DE STATUER SUR LES AUTRES MOYENS : CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE RENNES (CHAMBRE DES EXPROPRIATIONS) LE 13 MARS 1963 ; <br>
<br>REMET EN CONSEQUENCE LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE CAEN (CHAMBRE DES EXPROPRIATIONS). N° 63-70113 SOCIETE LE PORZOU IMMOBILIER C / VILLE DE CONCARNEAU PRESIDENT : M DE MONTERA-RAPPORTEUR : M DEVISE-AVOCAT GENERAL : M PAUCOT-AVOCATS : MM MAYER ET LE BRET A RAPPROCHER : SUR LE N° 2 : 19 FEVRIER 1965, BULL 1965, V, N° 34, P 25<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**