# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 6 mai 1965, 62-10.264, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006969792
**Date de décision:** 1965-05-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006969792

## Contenu de la décision

<p>SUR LA FIN DE NON-RECEVOIR SOULEVEE PAR LE DEFENDEUR : </p>
<p>ATTENDU QU'IL RESULTE DES MOTIFS DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE ET DES PRODUCTIONS QUE, SUIVANT CONTRAT SOUS SEINGS PRIVES, X... AVAIT OBTENU LA CONCESSION, POUR LA DUREE DE LA SAISON ESTIVALE, DU CAMP DE VACANCES DENOMME VILLAGE DU CORSAIRE, DONT LE TERRAIN APPARTENAIT A LA SOCIETE IMMOBILIERE DU GOLF DE VALINCO, LES CONSTRUCTIONS ET LE MATERIEL A LA SOCIETE CONTINENTALE DE GESTION, L'ASSOCIATION LES VILLAGES DU SOLEIL DEVANT FOURNIR LA CLIENTELE ; </p>
<p>QUE LES PARTIES ETAIENT CONVENUES QUE TOUT LITIGE POUVANT SURVENIR DEVRAIT ETRE SOUMIS A UN TRIBUNAL ARBITRAL ; </p>
<p>QU'UN DIFFEREND AYANT SURGI ENTRE LE CONCESSIONNAIRE ET LES SOCIETES, LE TRIBUNAL ARBITRAL A PRONONCE LA RESOLUTION DES ACCORDS AUX TORTS DES DEUX SOCIETES ET DE L'ASSOCIATION ET LES A CONDAMNES SOLIDAIREMENT A VERSER A X... UNE INDEMNITE DE SIX MILLIONS D'ANCIENS FRANCS ; </p>
<p>QU'EN SUITE DE L'ANNULATION DE LADITE SENTENCE PAR LE TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE, X... A ASSIGNE EN PAYEMENT DE DOMMAGES-INTERETS LES SOCIETES ET L'ASSOCIATION DEVANT LE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE D'AJACCIO ; </p>
<p>QUE L'ARRET ATTAQUE, SE PRONONCANT SUR LE CONTREDIT FORME PAR LES PARTIES DEFENDERESSES, A RETENU LA COMPETENCE DE LA JURIDICTION CIVILE ; </p>
<p>ATTENDU QUE X..., DEFENDEUR, CONCLUT A L'IRRECEVABILITE DU POURVOI EN FAISANT VALOIR QUE LA COUR D'APPEL, STATUANT AU FOND ET POSTERIEUREMENT A LA DECISION DEFEREE, A DECHARGE DE TOUTE CONDAMNATION L'UNE DES PARTIES EN CAUSE ET REDUIT LE MONTANT DE L'INDEMNITE MISE A LA CHARGE DES AUTRES ; </p>
<p>QUE CELLES-CI NE S'ETANT PAS POURVUES EN CASSATION CONTRE CETTE DECISION, LE RECOURS, PAR ELLES FORME CONTRE L'ARRET SE PRONONCANT SUR L'EXCEPTION D'INCOMPETENCE SERAIT AINSI DEPOURVU D'INTERET ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LA CASSATION DE L'ARRET, DANS L'HYPOTHESE OU ELLE SERAIT PRONONCEE, ENTRAINERAIT PAR VOIE DE CONSEQUENCE LA NULLITE DE PLEIN DROIT DE LA DECISION RENDUE ULTERIEUREMENT SUR LE FOND ; </p>
<p>QU'IL SUIT DE LA QUE LA FIN DE NON-RECEVOIR NE PEUT ETRE ACCUEILLIE ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE PRIS EN SA PREMIERE ET SA DEUXIEME BRANCHE : </p>
<p>ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR DECLARE LA JURIDICTION CIVILE COMPETENTE RATIONE MATERIE, ALORS, D'UNE PART, QUE LE CONTRAT LITIGIEUX COMPORTANT UNE CLAUSE COMPROMISSOIRE LES TRIBUNAUX JUDICIAIRES AURAIENT DU, AU CAS OU ILS AURAIENT CONSIDERE LEDIT CONTRAT OBLIGATOIRE POUR LES PARTIES, RENVOYER CELLES-CI DEVANT LA JURIDICTION ARBITRALE, ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA LOCATION A UN COMMERCANT D'UN IMMEUBLE NECESSAIRE A SON COMMERCE AVAIT, A L'EGARD DUDIT COMMERCANT, UN CARACTERE COMMERCIAL JUSTIFIANT LA COMPETENCE DU TRIBUNAL DE COMMERCE INVOQUEE PAR LES DEFENDERESSES ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU SECOND DEGRE OBSERVENT QUE TOUTES LES PARTIES RENONCAIENT FORMELLEMENT A L'EXECUTION D'UNE CLAUSE COMPROMISSOIRE DONT LES SOCIETES CONTESTAIENT LA VALIDITE EN DENIANT CELLE DE LA CONVENTION OU ELLE ETAIT INCLUSE ; </p>
<p>QU'ILS RELEVENT ENCORE, TANT PAR MOTIFS PROPRES QUE PAR CEUX CONFIRMES, QU'ETAIENT PARTIES A LA CONVENTION UNE ASSOCIATION REGIE PAR LA LOI DE 1901, NON COMMERCANTE, ET QUI NE POUVAIT ETRE SOUPCONNE DE FAIRE DES ACTES DE COMMERCE ET UNE SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE QUI N'AVAIT PAS ACCOMPLI UN ACTE DE CETTE NATURE EN DONNANT A BAIL UN IMMEUBLE ; </p>
<p>ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS ET ENONCIATIONS, LA COUR D'APPEL A PU, HORS DE TOUTE DENATURATION DES CONVENTIONS DES PARTIES ET DE LEURS CONCLUSIONS, RETENIR LA COMPETENCE DE LA JURIDICTION CIVILE, SANS VIOLER AUCUN DES TEXTES VISES AU MOYEN ; </p>
<p>SUR LA TROISIEME BRANCHE DU MOYEN : </p>
<p>ATTENDU QUE, SELON LE POURVOI, L'ARRET AURAIT LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS DES APPELANTS FAISANT VALOIR QU'EN RAISON DE LA SURVENANCE DE LA CONDITION RESOLUTOIRE RESULTANT DU REFUS DE L'ORGANISME PREVU PAR LA CONVENTION POUR LE FINANCEMENT DE LA SOMME DUE PAR LE CONCESSIONNAIRE AUX SOCIETES BAILLERESSES, LA CONVENTION SE SERAIT TROUVEE RESOLUE PAR LA DEFAILLANCE DU DEBITEUR ET, PARTANT, A SES TORTS ET GRIEFS ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, N'AYANT A SE PRONONCER QUE SUR LA COMPETENCE, N'AVAIT PAS A REPONDRE A UN CHEF DES CONCLUSIONS RELATIF AU FOND DU LITIGE ; </p>
<p>D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS :</p>
<p>REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 27 NOVEMBRE 1961 PAR LA COUR D'APPEL DE BASTIA. N° 62-10 264. SOCIETE CIVILE PARTICULIERE ET AUTRES C/ X.... </p>
<p>PRESIDENT : M DROUILLAT-RAPPORTEUR : M LAGET-AVOCAT GENERAL : M LEMOINE-AVOCATS : MM BOULLOCHE ET SOURDILLAT. </p>
<p>A RAPPROCHER : SUR LE N° 3 : 6 OCTOBRE 1960, BULL 1960, II, N° 554 (2°), P 380.</p>

## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° NE PEUT ETRE ACCUEILLIE LA FIN DE NON-RECEVOIR TIREE DU DEFAUT D'INTERET DES DEMANDEURS DONT LE POURVOI N'EST DIRIGE QUE CONTRE UNE DECISION STATUANT SUR LA COMPETENCE ET QUI N'ONT FRAPPE D'AUCUNE VOIE DE RECOURS LA DECISION ULTERIEURE SUR LE FOND DES LORS QUE LA CASSATION DE L'ARRET ATTAQUE, DANS L'HYPOTHESE OU ELLE SERAIT PRONONCEE, ENTRAINERAIT PAR VOIE DE CONSEQUENCE, LA NULLITE DE PLEIN DROIT DE LA DECISION RENDUE ULTERIEUREMENT SUR LE FOND.,2° STATUANT SUR UNE QUESTION DE COMPETENCE RATIONE MATERIAE, LES JUGES D'APPEL QUI APRES AVOIR RELEVE "QU'ETAIENT PARTIES A LA CONVENTION, UNE ASSOCIATION REGIE PAR LA LOI E 1901, NON COMMERCANTE ET QUI NE POUVAIT ETRE SOUPCONNEE DE FAIRE DES ACTES DE COMMERCE, ET UNE SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE QUI N'AVAIT PAS ACCOMPLI UN ACTE DE CETTE NATURE EN DONNANT A BAIL UN IMMEUBLE ", OBSERVENT QUE " TOUTES LES PARTIES RENONCAIENT FORMELLEMENT A L'EXECUTION D'UNE CLAUSE COMPROMISSOIRE DONT LES SOCIETES CONTESTAIENT LA VALIDITE EN DENIANT CELLE DE LA CONVENTION OU ELLE ETAIT INCLUSE " PEUVENT RETENIR LA COMPETENCE DE LA JURIDICTION CIVILE.,3° LES JUGES QUI N'ONT A SE PRONONCER QUE SUR LA COMPETENCE, N'ONT PAS A REPONDRE A UN CHEF DE CONCLUSIONS RELATIF AU FOND DU LITIGE.
**Mots-clés:** 1° CASSATION - INTERET - DECISION SUR LA COMPETENCE,2° COMPETENCE - COMPETENCE D'ATTRIBUTION - JURIDICTION DE DROIT COMMUN - CONVENTION - CLAUSE COMPROMISSOIRE - RENONCIATION,3° JUGEMENTS ET ARRETS - CONCLUSIONS - REPONSE NECESSAIRE - CHEF DE CONCLUSIONS ETRANGER AUX DEBATS (NON)