# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 3 février 1971, 70-40.077, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006985086
**Date de décision:** 1971-02-03
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006985086

## Contenu de la décision

SUR LES TROIS MOYENS REUNIS : VU LES ARTICLES 74 ET 86 DU DECRET N° 58-1292 DU 22 DECEMBRE 1958, 464 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, 23 DU LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL ET 54 K DU LIVRE II DU CODE DU TRAVAIL ; <br>
<br>ATTENDU QUE SELON LES PREMIERS DE CES TEXTES TOUTES LES DEMANDES DERIVANT DU CONTRAT DE TRAVAIL ENTRE LES MEMES PARTIES DOIVENT FAIRE L'OBJET D'UNE SEULE INSTANCE ; <br>
<br>QUE N'A PAS ETE DECLARE APPLICABLE A LA JURIDICTION DES PRUD'HOMMES L'ARTICLE 464 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE LEQUEL ADMET D'AILLEURS QU'IL PEUT ETRE FORME EN CAUSE D'APPEL UNE DEMANDE NOUVELLE SI ELLE EST UNE DEFENSE A L'ACTION PRINCIPALE OU S'IL S'AGIT DE COMPENSATION ; <br>
<br>QUE SELON L'ARTICLE 54 K SUSVISE L'INDEMNITE COMPENSATRICE DE CONGE PAYE N'EST PAS DUE SI LA RESILIATION DU CONTRAT DE TRAVAIL A ETE PROVOQUEE PAR LA FAUTE LOURDE DU SALARIE ; <br>
<br>ATTENDU QU'IL RESULTE DES CONSTATATIONS DES JUGES DU FOND QUE X..., CHEF DE CHANTIER AU SERVICE DE Y..., PAYSAGISTE-PEPINIERISTE AVAIT NEGOCIE POUR LE COMPTE D'UN TIERS DES VENTES DE PAVILLONS DONT UN MODELE AVAIT ETE MONTE SUR LE STAND DE SON EMPLOYEUR A LA FOIRE DE RENNES ; <br>
<br>QU'EN REGLEMENT DES COMMISSIONS LE CONSTRUCTEUR DES PAVILLONS AVAIT ADRESSE A X... LE 15 MAI 1968 UN CHEQUE DE 1500 FRANCS POUR ETRE TRANSMIS A Y... QUI SE CHARGERAIT DE REPARTIR CETTE SOMME ; <br>
<br>QUE X... ESTIMANT QUE LA TOTALITE DES COMMISSIONS LUI REVENAIT AVAIT CONSERVE LE CHEQUE ET QUE Y... L'AVAIT AVISE QU'IL NE LUI PAYERAIT PAS SON SALAIRE DU MOIS DE MAI TANT QUE LE CHEQUE NE LUI AURAIT PAS ETE TRANSMIS ; <br>
<br>QUE X... AVAIT ALORS DONNE SA DEMISSION EN INDIQUANT QU'IL EXECUTERAIT UN MOIS DE PREAVIS ET AVAIT FORME CONTRE Y... UNE DEMANDE EN PAYEMENT DE SOLDE DE SALAIRES, DE CONGES PAYES ET DE DOMMAGES-INTERETS ; <br>
<br>QUE Y... AVAIT FAIT EN PREMIERE INSTANCE UNE DEMANDE RECONVENTIONNELLE EN PAYEMENT D'UNE INDEMNITE COMPENSATRICE DE PREAVIS DE DEUX MOIS COMPLEMENTAIRES ET ALLEGUE EN APPEL LA FAUTE GRAVE DE X... TOUT EN RECLAMANT LE REMBOURSEMENT DES 1500 FRANCS DE COMMISSIONS ; <br>
<br>ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE APRES AVOIR DECLARE IRRECEVABLE COMME NOUVELLE CETTE DEMANDE DE REMBOURSEMENT, A FAIT DROIT AUX PRETENTIONS DE X..., ET REJETE LA DEMANDE DE PREAVIS DE Y... AUX MOTIFS ESSENTIELS QUE SI X... AVAIT A TORT OU A RAISON ESTIME QUE LES COMMISSIONS LUI REVENAIENT ENTIEREMENT, L'EMPLOYEUR N'AVAIT AUCUN DROIT DE RETENTION SUR LES SALAIRES ET QU'IL AVAIT COMMIS UNE FAUTE GRAVE EN LES CONSERVANT COMME MOYEN DE PRESSION POUR REGLER UN LITIGE PECUNIAIRE ; <br>
<br>QU'EN STATUANT AINSI, ALORS QUE LA DEMANDE RECONVENTIONNELLE FORMEE EN APPEL PAR Y... CONSTITUAIT UNE DEFENSE A L'ACTION PRINCIPALE ; <br>
<br>QUE LES SALAIRES RECLAMES PAR X... POUR LE MOIS DE MAI S'ELEVAIENT A LA SOMME DE 1531, 60 FRANCS, TRES VOISINE DE CELLE LITIGIEUSE DE 1500 FRANCS DE COMMISSIONS ET QUE, MEME S'IL Y AVAIT COMPTE A FAIRE ENTRE LES PARTIES X... AVAIT COMMIS LA FAUTE INITIALE EN CONSERVANT UN CHEQUE QUI NE LUI AVAIT ETE ADRESSE QUE POUR ETRE TRANSMIS A Y..., LA COUR D'APPEL N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU LE 23 DECEMBRE 1969 ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL DE RENNES ; <br>
<br>REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT-ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE CAEN ;<br>
<br>,.  CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1967-04-26 Bulletin 1967 IV N. 329 (1) P. 274 (REJET) ET L'ARRET CITE .  CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1966-02-09 Bulletin 1966 IV N. 166 (3) P. 140 ET L'ARRET CITE<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code de procédure civile 464,Code du travail 2054-K,Décret 58-1292 1958-12-22 ART. 74 ET 86
**ECLI:** 
**Résumé:** AYANT CONSTATE D'UNE PART QU'UN EMPLOYE AVAIT CONSERVE UN  CHEQUE QU'IL DEVAIT REMETTRE A SON EMPLOYEUR, D'AUTRE PART QU'IL  AVAIT DONNE SA DEMISSION ET AVAIT FORME CONTRE CE DERNIER UNE  DEMANDE EN PAYEMENT DE SALAIRE, DE CONGES PAYES ET DE  DOMMAGES-INTERETS, QU'ENFIN LEDIT EMPLOYEUR AVAIT EN APPEL FORME UNE  DEMANDE RECONVENTIONNELLE EN PAYEMENT DE LA SOMME QU'IL AVAIT  RETENUE, LES JUGES DU FOND, QUI ONT DECLARE IRRECEVABLE COMME  NOUVELLE CETTE DEMANDE DE REMBOURSEMENT N'ONT PAS LEGALEMENT  JUSTIFIE LEUR DECISION, ALORS QUE SELON LES ARTICLES 74 ET 86 DU  DECRET DU 22 DECEMBRE 1958 TOUTES LES DEMANDES DERIVANT DU CONTRAT  DE TRAVAIL ENTRE LES MEMES PARTIES DOIVENT FAIRE L'OBJET D'UNE SEULE  INSTANCE, QUE L'ARTICLE 464 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE N'A PAS ETE  DECLARE APPLICABLE A LA JURIDICTION DES PRUD"HOMMES, QU'ENFIN LA  DEMANDE RECONVENTIONNELLE DE L'EMPLOYEUR NE CONSTITUAIT QU'UNE  DEFENSE A L'ACTION PRINCIPALE.,N'EST PAS LEGALEMENT JUSTIFIE L'ARRET QUI A FAIT DROIT A LA  DEMANDE D'UN SALARIE DEMISSIONNAIRE EN PAYEMENT D'UNE INDEMNITE  COMPENSATRICE DE CONGES PAYES ET DE DOMMAGES-INTERETS, AU MOTIF QUE  L'EMPLOYEUR N'AVAIT AUCUN DROIT DE RETENTION SUR LES SALAIRES ET QU 'IL AVAIT COMMIS UNE FAUTE GRAVE EN LES CONSERVANT COMME MOYEN DE  PRESSION POUR REGLER UN LITIGE PECUNIAIRE, ALORS QUE, MEME S'IL Y  AVAIT COMPTE A FAIRE ENTRE LES PARTIES, L'INTERESSE AVAIT COMMIS LA  FAUTE INITIALE EN CONSERVANT UN CHEQUE QUI NE LUI AVAIT ETE ADRESSE  QUE POUR ETRE TRANSMIS A L'EMPLOYEUR.
**Mots-clés:** 1) PRUD"HOMMES - PROCEDURE - APPEL - DEMANDE NOUVELLE - DEMANDE  RECONVENTIONNELLE - RECEVABILITE EN CAUSE D'APPEL - CONDITIONS.,* PRUD"HOMMES - PROCEDURE - APPEL - DEMANDE NOUVELLE - APPLICATION  DE L'ARTICLE 464 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE (NON).,* APPEL CIVIL - DEMANDE NOUVELLE - DEFINITION - DEFENSE A L'ACTION  PRINCIPALE (NON) - CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE -  DEMANDE PRINCIPALE DU SALARIE EN PAYEMENT D'UNE INDEMNITE  COMPENSATRICE DE CONGES PAYES - DEMANDE RECONVENTIONNELLE DE L 'EMPLOYEUR EN REMBOURSEMENT D'UNE SOMME RETENUE PAR LE SALARIE.,* PRUD"HOMMES - PROCEDURE - APPEL - DEMANDE NOUVELLE - DEFENSE A L 'ACTION PRINCIPALE - DEMANDE RECONVENTIONNELLE EN REMBOURSEMENT D'UNE  SOMME RETENUE PAR LE SALARIE.,* PRUD"HOMMES - PROCEDURE - PLURALITE DE DEMANDE - INSTANCE UNIQUE  - DEMANDE NOUVELLE - DEMANDE RECONVENTIONNELLE EN DEFENSE A L'ACTION  PRINCIPALE (NON).,2) CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE - INDEMNITES - CONGES  PAYES - FAUTE LOURDE DU SALARIE - SALARIE AYANT CONSERVE UN CHEQUE  QU'IL DEVAIT REMETTRE A L'EMPLOYEUR.,* CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - INDEMNITES - CONGES PAYES -  FAUTE LOURDE DU SALARIE - SALARIE AYANT CONSERVE UN CHEQUE QU'IL  DEVAIT REMETTRE A L'EMPLOYEUR.,* CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE - PREUVE - SALARIE  AYANT CONSERVE UN CHEQUE QU'IL DEVAIT REMETTRE A L'EMPLOYEUR.,* CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE L 'EMPLOYEUR - NECESSITE - ATTITUDE DU SALARIE - SALARIE AYANT CONSERVE  UN CHEQUE QU'IL DEVAIT REMETTRE A L'EMPLOYEUR.,* CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE - CAUSE - SALARIE  AYANT CONSERVE UN CHEQUE QU'IL DEVAIT REMETTRE A L'EMPLOYEUR.,* CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE - FAUTE - SALARIE  AYANT CONSERVE UN CHEQUE QU'IL DEVAIT REMETTRE A L'EMPLOYEUR.