# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 02/03/2010, 08MA05276, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021966158
**Date de décision:** 2010-03-02
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021966158

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 25 décembre 2008 (télécopie régularisée par l'envoi de l'original reçu le 29 décembre 2008), présentée pour M. Mohammed A, demeurant ..., par Me Richard-Gontier, avocat ; M. A demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0806613 du 27 novembre 2008 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 août 2008 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
<br>
       2°) d'annuler l'arrêté précité ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;  <br>
<br>
        4°) de mettre la somme de 4 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
<br>
       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 26 janvier 2010 :<br>
<br>
       - le rapport de M. Fédou, rapporteur,<br>
<br>
       - les conclusions de M. Brossier, rapporteur public,<br>
<br>
       - et les observations de Me Richard Gontier pour M. A ;<br>
<br>
<br>
       Considérant que M. A relève appel du jugement en date du 27 novembre 2008 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 août 2008 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
<br>
       Sur les conclusions en annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête : <br>
       Considérant que M. A fait valoir notamment qu'il est entré en France en 1994 à l'âge de vingt-neuf ans et qu'il a occupé depuis cette date un emploi d'ouvrier agricole chez le même employeur ; qu'il ressort des certificats de travail et des bulletins de paye produits par M. A qu'il a effectivement été, à partir de septembre 1994 et jusqu'en 2008, salarié dans la même exploitation agricole, avec de rares périodes d'interruption ; qu'il a obtenu à partir de 2003 un contrat de travail à durée indéterminée dans cette même entreprise ; que dès lors, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'ancienneté et à la stabilité du séjour en France de M. A, à son insertion dans le monde du travail auprès du même employeur et aux liens avec la société française qui en découlent, la décision de refus de titre de séjour opposée à M. A, nonobstant la circonstance qu'il aurait pour partie résidé en France en utilisant un titre de séjour falsifié, doit être regardée comme entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé ; qu'elle doit en conséquence être annulée ;<br>
<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 août 2008 par lequel le préfet des <br>
Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
<br>
<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction : <br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ; <br>
<br>
       Considérant qu'il y a lieu, en application des dispositions précitées, de prescrire au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision ; <br>
<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
D E C I D E :<br>
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Marseille en date du 27 novembre 2008 est annulé.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision.<br>
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. Mohammed A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 08MA05276		2<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**