# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 8 juin 1979, 78-40.400, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007003168
**Date de décision:** 1979-06-08
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007003168

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L.122-12, L.122-14-2, L.122-14-4 DU CODE DU TRAVAIL, 1382 DU CODE CIVIL, 455 DU NOUVEAU CODE DE PROCEDURE CIVILE, 168 DE LA LOI DU 24 JUILLET 1966, DEFAUT DE MOTIF, MANQUE DE BASE LEGALE :<br>
    ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR DEBOUTE REY, SECRETAIRE COMPTABLE DE LA CAVE COOPERATIVE DE SAINT-ANDIOL LICENCIE LE 26 JUIN 1974, DE SA DEMANDE DE DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DE SON CONTRAT DE TRAVAIL AUX MOTIFS QU'IL NE POUVAIT IGNORER L'ILLICEITE DE LA PERCEPTION A SON PROFIT DEPUIS LE 1ER JANVIER 1971 AU DETRIMENT DES COOPERATEURS D'UNE TAXE ABROGEE, ALORS QUE LE SALARIE N'AVAIT FAIT QUE SUIVRE LES  ORDRES DE L'ANCIEN PRESIDENT DECEDE, QUE LE FAIT QUE CES ORDRES N'AIENT PAS ETE DONNES PAR L'AUTORITE COMPETENTE, NI FAIT  OBJET  D'INSTRUCTIONS CONTRAIRES CARACTERISAIT UNE FAUTE DE L'EMPLOYEUR ET NON DU SALARIE ET QU'EN TOUT ETAT DE CAUSE, LA COUR D'APPEL NE POUVAIT COMME ELLE L'A FAIT, CONSTATER UNE FAUTE A LA CHARGE DE L'EMPLOYEUR QUI AVAIT AUTORISE ET MEME ORDONNE LA PERCEPTION REPROCHEE AU SALARIE ET REFUSER EN MEME TEMPS A CELUI-CI TOUTE REPARATION;    MAIS ATTENDU QUE SAUF CONTRAINTE IRRESISTIBLE NON ALLEGUEE EN L'ESPECE, LE LIEN DE SUBORDINATION  NE CONSTITUE PAS EN LUI-MEME UNE CAUSE D'EXONERATION  EN FAVEUR DU SALARIE QUI COMMET UNE IRREGULARITE; QU'EN LA CIRCONSTANCE, LES JUGES DU FOND QUI, CONTRAIREMENT AUX ASSERTIONS DU DEMANDEUR AU POURVOI N'ONT  PAS CONSTATE QUE L'ANCIEN PRESIDENT DE LA CAVE COOPERATIVE DE SAINT-ANDIOL EUT DONNE L'ORDRE A REY DE CONTINUER A PERCEVOIR LA TAXE ABROGEE ET DE LA CONSERVER, ONT RELEVE QUE CE DERNIER NE POUVAIT, EN RAISON DES FONCTIONS QU'IL EXERCAIT, IGNORER QUE LA PERCEPTION A SON PROFIT PENDANT PRES DE QUATRE ANS DE LADITE TAXE A SUPPOSER QU'ELLE EUT ETE ACCEPTEE OU MEME ORDONNEE PAR L'ANCIEN PRESIDENT CE QUI N'ETAIT PAS ETABLI, ETAIT A TOUT LE MOINS ILLEGALE SINON DELICTUELLE, QUE SI L'ON CONSIDERAIT CETTE TAXE COMME UNE CONTRIBUTION DES ACTIONNAIRES, ELLE AURAIT DU ETRE AUTORISEE PAR L'ASSEMBLEE GENERALE ET NON PAR LE PRESIDENT, ET QU'EN TOUT ETAT DE CAUSE, APRES LE DECES DE CELUI-CI, REY AVAIT L'OBLIGATION D'EN REFERER AU NOUVEAU PRESIDENT; CE QU'IL S'ETAIT ABSTENU DE FAIRE; QU'EN L'ETAT DE CES ELEMENTS, ILS ONT, SANS ENCOURIR LES GRIEFS DU MOYEN, ESTIME QUE REY AVAIT COMMIS UNE FAUTE FAISANT DISPARAITRE LA CONFIANCE QUE LE PRESIDENT DEVAIT AVOIR EN LUI ET CONSTITUANT UNE CAUSE REELLE ET SERIEUSE DE LICENCIEMENT;    D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 9 MARS 1977 PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE.<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code du travail L122-14-4
**ECLI:** 
**Résumé:** Sauf contrainte irrésistible, le lien de subordination ne constitue pas en lui-même une cause d'exonération en faveur du salarié qui commet une irrégularité. Il en résulte que le secrétaire comptable d'une coopérative qui continue à percevoir à son profit, et au détriment des coopérateurs une taxe qu'il sait abrogée commet une faute constitutive d'une cause réelle et sérieuse, à supposer même que la pratique ait été autorisée par l'ancien président du conseil d'administration, l'assemblée générale ayant seule le pouvoir d'autoriser la perception d'une taxe à la charge des actionnaires.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Cause - Cause réelle et sérieuse - Secrétaire comptable d'une coopérative continuant de percevoir une taxe qu'il savait abrogée.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Cause - Cause réelle et sérieuse - Irrégularités commises par un salarié avec l'autorisation d'un supérieur - Autorisation exonérant le salarié (non).