# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 3 juin 1970, 69-40.453, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982602
**Date de décision:** 1970-06-03
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982602

## Contenu de la décision

SUR LES DEUX PREMIERES BRANCHES DU MOYEN UNIQUE : VU L'ARTICLE 23, LIVRE 1ER, DU CODE DU TRAVAIL ET L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ; <br>
<br>ATTENDU QU'EN APPLICATION DU PREMIER DE CES TEXTES LE DELAI-CONGE DOIT ETRE OBSERVE EN CAS DE RUPTURE D'UN CONTRAT DE TRAVAIL A DUREE INDETERMINEE ET L'INDEMNITE COMPENSATRICE DE PREAVIS EST DUE QUEL QUE SOIT L'AUTEUR DE LA RUPTURE, SAUF SI UNE FAUTE GRAVE EST IMPUTABLE AU SALARIE, OU SI C'EST L'EMPLOYEUR QUI S'EST OPPOSE A L'EXECUTION DU TRAVAIL PENDANT LE TEMPS DU DELAI-CONGE ; <br>
<br>ATTENDU QUE POUR DEBOUTER X..., MONTEUR ELECTRICIEN AU SERVICE DE BEAU DEPUIS UNE QUINZAINE D'ANNEES, DE SA DEMANDE D'INDEMNITE DE PREAVIS, LA DECISION ATTAQUEE SE BORNE A RELEVER QUE X... QUI ETAIT EN ARRET DE TRAVAIL REGULIER JUSQU'AU 23 SEPTEMBRE 1968 N'AVAIT PAS ENCORE REPRIS SON ACTIVITE A LA FIN DE CE MOIS, SANS JUSTIFIER DES MOTIFS DE LA PROLONGATION DE SON ABSENCE ; <br>
<br>QU'EN STATUANT AINSI, TOUT EN RELEVANT PAR AILLEURS QUE, LE 30 SEPTEMBRE, X..., AU RECU D'UNE LETTRE DE SON EMPLOYEUR LUI FAISANT SAVOIR QU'IL LE CONSIDERAIT COMME DEMISSIONNAIRE, FAUTE D'ENVOI D'UN CERTIFICAT MEDICAL, S'ETAIT PRESENTE A L'ENTREPRISE ET AVAIT REMIS UNE COPIE DU CERTIFICAT MEDICAL DU 24 SEPTEMBRE, LUI ACCORDANT UNE PROLONGATION D'ARRET DE TRAVAIL JUSQU'AU 1ER OCTOBRE, AFFIRMANT EN OUTRE AVOIR, DES LE 24 SEPTEMBRE, ADRESSE LEDIT CERTIFICAT MEDICAL A SON EMPLOYEUR, CE DONT IL RESULTAIT L'ABSENCE DE FAUTE GRAVE IMPUTABLE AU SALARIE, LEQUEL N'AVAIT NULLEMENT MANIFESTE SON INTENTION DE ROMPRE SON CONTRAT DE TRAVAIL ET ALORS QUE L'EMPLOYEUR AVAIT PRIS L'INITIATIVE DE CETTE RUPTURE ET S'ETAIT OPPOSE A CE QUE X... EXECUTAT LE TEMPS DU DELAI-CONGE, LES JUGES DU FOND N'ONT PAS LEGALEMENT JUSTIFIE LEUR DECISION ; <br>
<br>ET SUR LA TROISIEME BRANCHE DU MOYEN : VU L'ARTICLE 1134 DU CODE CIVIL ET L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ; <br>
<br>ATTENDU QUE POUR DEBOUTER X... DE SA DEMANDE EN PAIEMENT DU SALAIRE CONCERNANT LA JOURNEE DU 10 AOUT 1968, LA DECISION ATTAQUEE SE BORNE A RELEVER QU'IL APPARTIENT A X... DE RAPPORTER LA PREUVE QU'IL A TRAVAILLE ET N'A PAS ETE REMUNERE ; <br>
<br>ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, ALORS QUE X... AVAIT VERSE AUX DEBATS UNE ATTESTATION SIGNEE DE L'EMPLOYEUR, DE LAQUELLE IL RESULTE QUE X... AVAIT TRAVAILLE PENDANT LA JOURNEE DU 10 AOUT ET AVAIT ETE PAYE JUSQU'AU 9 AOUT, LE TRIBUNAL QUI N'A PAS TIRE DES ELEMENTS DE LA CAUSE LES CONSEQUENCES JURIDIQUES QUI EN DECOULAIENT N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE LE JUGEMENT RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LE TRIBUNAL D'INSTANCE D'ORLEANS, LE 11 MARS 1969 ; <br>
<br>REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT JUGEMENT ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LE TRIBUNAL D'INSTANCE DE MONTARGIS<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Lorsqu'un employé, en arrêt de travail régulier, justifie des motifs de la prolongation de son absence en adressant en temps voulu un certificat médical à son employeur, sans manifester l'intention de rompre son contrat de travail, les juges du fond ne peuvent pas le débouter de sa demande d'indemnité de préavis, l'employeur ayant pris l'initiative de la rupture et s'étant opposé à ce que ce salarié exécutât le temps du délai-congé.,N'est pas légalement justifié, l'arrêt qui a débouté un employé de sa demande en payement du salaire concernant une journée de travail, en se bornant à relever qu'il lui appartenait de rapporter la preuve qu'il avait travaillé et n'avait pas été rémunéré, alors que l'intéressé avait versé aux débats une attestation signée de l'employeur de laquelle il résultait qu'il avait travaillé ce jour-là et n'avait été payé que jusqu'à la veille.
**Mots-clés:** 1) CONTRAT DE TRAVAIL - Congédiement - Preuve - Maladie du salarié - Justification de la maladie.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Congédiement - Indemnités - Délai-congé - Conditions - Travail du salarié pendant le délai-congé - Refus de l'employeur - Congédiement immédiat.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Congédiement - Indemnités - Délai-congé - Faute du salarié - Gravité - Maladie du salarié - Justification - Justification suffisante.,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Salaire - Payement - Preuve - Charge - Salarié ayant établi qu'il avait travaillé au cours de la période litigieuse.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Salaire - Cause - Travail du salarié - Preuve.