# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 30 octobre 1967, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006975359
**Date de décision:** 1967-10-30
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006975359

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QUE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE IL RESULTE QUE SOTO, SOUFFRANT DE DOULEURS ABDOMINALES, A ETE OPERE D'URGENCE PAR LE DOCTEUR Z... DANS UNE CLINIQUE DE LIMOGES ;<br>
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 QUE, REPROCHANT AU PRATICIEN DES ERREURS DE DIAGNOSTIC, ET LE FAIT D'AVOIR IMPOSE AU MALADE DE QUITTER LA CLINIQUE DIX-HUIT JOURS APRES L'INTERVENTION, CE DERNIER L'A ASSIGNE EN REPARATION DU PREJUDICE SUBI ;<br>
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 QU'IL EST FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR REJETE CETTE DEMANDE, ALORS, D'UNE PART, QUE SEUL UN CAS DE FORCE MAJEURE, QUI N'A PAS ETE CARACTERISE EN L'ESPECE, POUVAIT DISPENSER LE DEBITEUR DE L'OBLIGATION D'EXECUTER LE CONTRAT DE FACON SATISFAISANTE POUR LE MALADE QUI LUI AVAIT FAIT CONFIANCE, ET QUI DEVAIT POUVOIR COMPTER SUR SA COMPETENCE ET SON DEVOUEMENT ;<br>
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 QUE D'AUTRE PART, REPARATION SERAIT DUE, EN VERTU DES ARTICLES 1135 ET 1147 DU CODE CIVIL POUR DES OPERATIONS PRATIQUEES EN CONSIDERATION D'UNE CAUSE INEXISTANTE, ET QUI, A LES SUPPOSER INCIDEMMENT PROFITABLES AU PATIENT, SI TANT EST QU'UNE LAPAROTOMIE ET UN ANUS ARTIFICIEL NE PORTENT PAS GRAVEMENT ATTEINTE A L'INTEGRITE PHYSIQUE DU MALADE, AURAIENT PU ETRE REMPLACEES PAR UN SIMPLE TRAITEMENT ANTIBIOTIQUE ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LE CHIRURGIEN NE REPOND DES SOINS QU'IL EST APPELE A DONNER A UN MALADE, QUE SI, EU EGARD AUX DONNEES ACTUELLES DE LA SCIENCE, OU AUX REGLES CONSACREES PAR LA PRATIQUE MEDICALE, L'IMPRUDENCE, LA NEGLIGENCE OU L'INATTENTION QUI LUI SONT IMPUTEES, REVELENT UNE MECONNAISSANCE CERTAINE DE SES DEVOIRS ;<br>
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 QU'ANALYSANT SUCCESSIVEMENT CHACUN DES REPROCHES ADRESSES AU DOCTEUR Z..., ET SE FONDANT SUR LES RAPPORTS DES EXPERTS X..., LES JUGES DU FOND ONT CONSTATE QUE SOTO ETAIT ATTEINT D'UNE PERITONITE, JUSTICIABLE D'UNE OPERATION D'URGENCE QUE LE PRATICIEN NE POUVAIT EN DECELER L'ORIGINE EXACTE AVANT L'OPERATION QUE SI LES EXPERTS A... INDIQUE QUE LE DIAGNOSTIC DE CANCER, POSE PAR UN CHIRURGIEN, A L'OEIL NU, LE VENTRE OUVERT, EN SE BASANT SUR LA FREQUENCE DE CE MAL, EXPOSAIT PARFOIS SON AUTEUR A ETRE DEMENTI PAR LES EVENEMENTS, ILS ONT AJOUTE QUE LES MEILLEURS CHIRURGIENS S'Y LAISSAIENT PRENDRE, LAISSANT SOUS-ENTENDRE QUE L'ERREUR COMMISE ETAIT EXCUSABLE ET PAR SUITE NON FAUTIVE QU'AUCUNE TUMEUR COLIQUE, CANCEREUSE OU INFLAMMATOIRE, NE PEUT ETRE EXTIRPEE A CHAUD, LORSQU'IL Y A INFECTION SURAJOUTEE, ET, A PLUS FORTE RAISON PERFORATION ET PERITONITE ;<br>
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 QUE LA DERIVATION COLIQUE, EN AMONT DE L'OBSTACLE, PAR ANUS ARTIFICIEL, ET FREINAGE DU PERITOINE SONT LA SEULE CONDUITE A SUIVRE PAR DES CHIRURGIENS DIGNES DE CE NOM ;<br>
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 QUE LES EXAMENS PRE ET POST OPERATOIRES POSSIBLES ONT ETE EFFECTUES ;<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL RELEVE ENCORE QUE SOTO N'A NULLEMENT ETE CHASSE DE LA CLINIQUE AU BOUT DE DIX-HUIT JOURS ;<br>
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 QUE C'EST LUI AU CONTRAIRE QUI N'A PLUS VOULU ETRE TRAITE PAR LE DOCTEUR Z... QUI A PRIS LE SOIN DE PRECISER A L'INFIRMIERE CHOISIE PAR LE MALADE, LES SEULS SOINS LOCAUX A LUI DONNER ;<br>
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 QU'ENFIN, ELLE FAIT ETAT DE L'ATTESTATION DELIVREE PAR LE PROFESSEUR Y..., QUI, PAR LA SUITE, AVAIT EXAMINE SOTO, ET AYANT CONSTATE QU'IL N'ETAIT PAS ATTEINT DE CANCER AVAIT PROCEDE A L'OPERATION DE FERMETURE DE L'ANUS COECAL, ET QUALIFIAIT DE SALVATRICE POUR LE MALADE, L'INTERVENTION PRATIQUEE PRECEDEMMENT PAR LE DOCTEUR Z... ;<br>
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 QUE DE L'ENSEMBLE DE CES CONSTATATIONS LES JUGES DU SECOND DEGRE ONT PU DEDUIRE QUE LA RESPONSABILITE DE CE PRATICIEN NE SAURAIT ETRE ENGAGEE ;<br>
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QUE LE PREMIER MOYEN NE PEUT DONC QU'ETRE REJETE ;<br>
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MAIS SUR LE DEUXIEME MOYEN : VU L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL ;<br>
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ATTENDU QUE POUR CONDAMNER SOTO A PAYER AU DOCTEUR Z... LA SOMME DE UN FRANC A TITRE DE DOMMAGES-INTERETS, LA COUR D'APPEL S'EST BORNEE A AFFIRMER QUE LA DEMANDE PRESENTERAIT UN CARACTERE ABUSIF ;<br>
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 QU'EN STATUANT AINSI, SANS RELEVER A L'ENCONTRE DE SOTO LES ELEMENTS CONSTITUTIFS D'UNE FAUTE EXCEDANT L'EXERCICE LEGITIME DE SON DROIT D'ESTER EN JUSTICE L'ARRET ATTAQUE N'A PAS DONNE UNE BASE LEGALE A SA DECISION ;<br>
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PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU DE STATUER SUR LE TROISIEME MOYEN : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LES LIMITES DU DEUXIEME MOYEN L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE LIMOGES LE 23 FEVRIER 1966 ;<br>
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 REMET EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE RIOM. N° 66-12 246. SOTO C/ Z.... PRESIDENT : M BLIN - RAPPORTEUR : M AUSSET - AVOCAT GENERAL : M BLONDEAU - AVOCATS : MM LEDIEU ET LEPANY. A RAPPROCHER : 12 MAI 1964, BULL 1964, I, N° 247, P 192.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** CASSATION PARTIELLE.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** LE CHIRURGIEN NE REPOND DES SOINS QU'IL EST APPELE A DONNER A UN MALADE QUE SI, EU EGARD AUX DONNEES ACTUELLES DE LA SCIENCE OU AUX REGLES CONSACREES PAR LA PRATIQUE MEDICALE, L'IMPRUDENCE, LA NEGLIGENCE OU L'INATTENTION QUI LUI SONT IMPUTEES REVELENT UNE MECONNAISSANCE CERTAINE DE SES DEVOIRS.
**Mots-clés:** MEDECIN-CHIRURGIEN    RESPONSABILITE    FAUTE    MANQUEMENT AUX DONNEES DE LA SCIENCE ET AUX REGLES CONSACREES PAR LA PRATIQUE MEDICALE    MECONNAISSANCE DE SES DEVOIRS PAR LE PRATICIEN,TEL N'EST PAS LE CAS LORSQU'UN CHIRURGIEN PROCEDE A UNE OPERATION A LA SUITE D'UNE ERREUR DE DIAGNOSTIC EXCUSABLE.