# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 28 octobre 2005, 261465, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008216862
**Date de décision:** 2005-10-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008216862

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 3 novembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS  ; le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 13 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 6 octobre 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. Adriano Y  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. Y devant le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du 4 novembre 1950  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée, relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ; 
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     	Vu le code de justice administrative  ; 
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mme Catherine Meyer-Lereculeur, chargée des fonctions de Maître des Requêtes,  
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                - les conclusions de Mme Emmanuelle Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1944, modifiée, relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France en vigueur à la date de l'arrêté litigieux  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : 1°) Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (...)   ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y, de nationalité cap verdienne, n'a pas été en mesure de présenter les documents justifiant de son entrée régulière en France et notamment un visa d'entrée sur le territoire national  ; qu'en outre, il est constant qu'à la date de la mesure de reconduite à la frontière litigieuse, il n'était titulaire d'aucun titre de séjour  ; que, par suite, il entrait dans le cas prévu au 1° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, où le préfet peut ordonner la reconduite à la frontière d'un étranger  ;
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                Considérant que si M. Y fait valoir qu'entré en France en 1999, il vit en concubinage avec une compatriote, dont il a eu un enfant, et qu'il est venu rejoindre son père, qui y réside régulièrement, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de l'irrégularité et de la brève durée du séjour en France de l'intéressé et de sa compagne et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS du 6 octobre 2003 n'a pas porté au droit de M. Y au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS est fondé à soutenir que c'est à tort que, retenant l'unique moyen soulevé devant lui, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 6 octobre 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. Y  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. Y demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ; 
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 13 octobre 2003 est annulé.
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     Article 2  : La demande de M. Y devant le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ainsi que ses conclusions présentées devant le Conseil d'Etat tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, à M. Adriano Y et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire. 
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**