# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 19/06/2007, 05MA01341, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000018002839
**Date de décision:** 2007-06-19
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000018002839

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 30 mai 2005, présentée pour Mme Laaziza X, élisant domicile chez M. et Mme JELLOUL, 1 place Charles Peguy, Résidence Le Petit Bard,
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bâtiment 11, à Montpellier (34080), par la SCP Dessalces-Ruffel, avocats ; Mme X demande à la Cour :
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       1°) d'annuler le jugement n° 0202862 du 18 mars 2005 par lequel le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 14 février 2002 par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté son admission au séjour ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux ;
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, lesdites décisions ;
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa demande et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de trois mois, sous astreinte de 77 euros par jour de retard ;
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       4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 700 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
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       Vu le jugement attaqué ;
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       Vu les autres pièces du dossier ;
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
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       Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée, relative aux conditions d'entrée et de séjour en France des étrangers ;
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;
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       Vu le code de justice administrative ;
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 mai 2007,
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       - le rapport de Mme Gaultier, rapporteur,
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- et les conclusions de Mme Paix, commissaire du gouvernement ;
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       Considérant que Mme Laaziza X fait appel du jugement du 18 mars 2005 par lequel le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande en annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault en date du 14 février 2002 rejetant sa demande d'admission au séjour ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
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       Sur la régularité du jugement attaqué :
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le juge de première instance, qui n'était pas tenu de se prononcer sur chaque argument ou pièce présenté au soutien de la requête, a répondu à l'ensemble des moyens soulevés devant lui ; que, par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement quant aux motifs de rejet des justifications apportées ne peut qu'être écarté ;
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que le jugement attaqué est entaché de l'irrégularité invoquée ;
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       Sur le bien fondé du jugement attaqué :
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       Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée : « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » est délivrée de plein droit : 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux avec la France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus » ; 
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       Considérant que l'article 12 quater de la même ordonnance dispose que : « Dans chaque département, est instituée une commission du titre de séjour La commission est saisie par le préfet lorsque celui-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article 12 bis ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné à l'article 15 » ; qu'il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles 12 bis et 15 de l'ordonnance, auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ;
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       Considérant, en premier lieu, que les décisions qui se bornent à rejeter un recours administratif dirigé contre une décision qui, en vertu de la loi du 11 juillet 1979 susvisée, doit être motivée, n'ont pas à être elle-mêmes motivées dès lors que la décision initiale était suffisamment motivée en fait comme en droit ; que, dès lors que les éléments présentés par le requérant à l'appui de son recours gracieux ne comportaient pas d'éléments de fait nouveaux relatifs à sa situation personnelle, la décision rejetant son recours gracieux qui faisait état de cette constatation était suffisamment motivée ; 
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       Considérant, en second lieu, que Mme X, née en 1971 au Maroc, soutient qu'elle est entrée en France en 1990, qu'elle réside sur le territoire français depuis cette date et qu'elle y est bien intégrée ; que les documents produits par la requérante, notamment des attestations de personnes déclarant la connaître rédigés en termes très généraux, ainsi que les courriers et autres documents produits, qui ne couvrent pas toutes les années concernées, ne suffisent pas à établir la réalité d'un séjour habituel en France depuis cette date ; qu'ainsi, à la date de la décision attaquée, Mme X ne remplissait pas les conditions fixées par l'article 12 bis 3°, précité, de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ;
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       Considérant, en troisième lieu, que Mme X est célibataire, sans charge familiale ; qu'elle fait valoir qu'elle a été élevée au Maroc par sa grand mère, aujourd'hui décédée, et vit en France auprès d'un oncle et d'une tante qui l'hébergent depuis des années et qu'elle a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France ; que malgré la demande qui lui en a été faite, elle n'a pas fourni, sur sa famille d'origine, et notamment sur l'existence de frères et soeurs, de précisions suffisantes pour établir qu'elle n'aurait plus d'attache familiale au Maroc ; qu'ainsi, la requérante n'apporte aucunement la preuve de la réalité et de l'effectivité de sa vie privée et familiale en France, ni de l'absence de toute vie familiale au Maroc ; que, dans ces conditions, le refus que le préfet de l'Hérault a opposé à la demande de titre de séjour présentée par Mme X n'est pas de nature à porter au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a dès lors pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont s'inspire le 7ème alinéa de l'article précité ; que ce refus n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
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       Considérant, en quatrième lieu, que la requérante n'étant pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application des dispositions précitées de l'article 12 bis 3° et 7°, le préfet n'était pas tenu, en application de l'article 12 quater de la même ordonnance, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande ;
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       Considérant, enfin, que la circonstance que la décision ait mentionné que le requérant n'avait pas présenté de passeport revêtu d'un visa de long séjour est sans incidence sur sa légalité dès lors que la dite décision n'est aucunement fondée sur ce fait, mais sur la constatation que les conditions de régularisation prévues par les dispositions de l'ordonnance du 2 novembre 1945 n'étaient pas remplies ; 
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ;
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       Sur les conclusions aux fins d'injonction :
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       Considérant que l'article L.911-1 du code de justice administrative dispose que : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'un personne morale de droit public  prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant d'un délai d'exécution » ; 
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       Considérant que le présent jugement rejette les conclusions présentées aux fins d'annulation présentées par Mme X et n'implique, par suite, aucune mesure d'exécution ; qu'il y lieu de rejeter les conclusions présentées par Mme X aux fins d'injonction au préfet de délivrer le titre de séjour demandé ; 
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       Sur l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à Mme X une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
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DÉCIDE :
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Article 1er : La requête de Mme X est rejetée.
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme Laaziza X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement.
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       Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
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N° 05MA01341	2
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**