# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 6 mai 1975, 74-40.226, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006993686
**Date de décision:** 1975-05-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006993686

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1134 DU CODE CIVIL, 23 LIVRE I DU CODE DU TRAVAIL, ALORS EN VIGUEUR, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, 102 DU DECRET DU 20 JUILLET 1972, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, DENATURATION DES CONVENTIONS DES PARTIES :<br>
 ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR CONDAMNE LA SOCIETE BARBOT ET FILS A VERSER A MICHEL X... D'UNE PART UNE INDEMNITE DE PREAVIS ET D'AUTRE PART DES DOMMAGES-INTERETS A LA SUITE DU LICENCIEMENT DONT IL AVAIT ETE L'OBJET, AUX MOTIFS QUE L'ENGAGEMENT DE CE DERNIER PAR LA SOCIETE DEVAIT S'ANALYSER EN UNE MUTATION AU SEIN D'UN MEME GROUPE, QUE, SI LE CONTRAT QUI UNISSAIT LES PARTIES PREVOYAIT UNE PERIODE D'ESSAI DE TROIS MOIS, CE DELAI AVAIT COMMENCE A COURIR DU JOUR DE LA PREMIERE AFFECTATION DE L'INTERESSE AU SEIN DU GROUPE, SOIT LE 8 NOVEMBRE 1971, ET QU'AINSI, CE LICENCIEMENT, INTERVENU APRES EXPIRATION DE CETTE PERIODE, REPOSAIT SUR LE PRETEXTE FALLACIEUX D'UN CONTRAT QUI N'AURAIT PRIS EFFET QU'A COMPTER DU 1ER FEVRIER 1972, ALORS, D'UNE PART, QUE LA PRETENDUE MUTATION DONT IL S'AGIT AVAIT DONNE LIEU A L'ETABLISSEMENT D'UN CONTRAT EN DATE DU 4 JANVIER 1972, QUI, SE SUBSTITUANT A L'ANCIEN, PREVOYAIT QU'IL NE PRENDRAIT EFFET QU'APRES UNE PERIODE D'ESSAI A COMPTER DU 1ER FEVRIER 1972, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA COUR QUI A DENATURE LES TERMES DU CONTRAT N'A PAS LEGALEMENT CARACTERISE LA FAUTE QU'AURAIT COMMISE L'EMPLOYEUR ET A INEXACTEMENT QUALIFIE LE COMPORTEMENT DE CE DERNIER ;<br>
MAIS ATTENDU QUE L'ARRET RELEVE QUE X... AVAIT ETE ENGAGE, AINSI QU'IL RESULTE D'UNE LETTRE DU 11 JANVIER 1972, A COMPTER DU 8 NOVEMBRE 1971, PAR LA SOCIETE ASSECO, EN QUALITE D'AGENT TECHNICO-COMMERCIAL, AVEC UNE PERIODE D'EPREUVE DE TROIS MOIS ;<br>
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 QUE CETTE LETTRE PRECISAIT QUE L'INTERESSE QUI ETAIT AFFECTE JUSQU'AU 31 JANVIER 1972 A UN SERVICE DE LA SOCIETE ASSECO, LE SERAIT, APRES CETTE DATE, A LA DIRECTION REGIONALE CENTRE-AUVERGNE, A CLERMONT-FERRAND, DE LA SOCIETE BARBOT ;<br>
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 QUE PAR UNE AUTRE LETTRE DU 4 JANVIER 1972 DE CETTE DERNIERE SOCIETE, VALANT CONTRAT DE TRAVAIL A COMPTER DU 1ER FEVRIER 1972, SES FUTURES ATTRIBUTIONS ETAIENT CONFIRMEES, EN MEME TEMPS QU'IL ETAIT PRECISE QUE CE CONTRAT NE PRENDRAIT "EFFET QU'APRES UNE PERIODE D'ESSAI DE TROIS MOIS" ;<br>
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 QUE X... A ETE LICENCIE, SANS PREAVIS, LE 24 MARS 1972 PAR LA SOCIETE BARBOT, SELON LAQUELLE LA PERIODE D'ESSAI NE PRENAIT FIN QUE LE 30 AVRIL 1972 ;<br>
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ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS, LES JUGES DU FOND, APRES AVOIR ANALYSE LES CLAUSES DES DIFFERENTS CONTRATS, ET LES AVOIR INTERPRETEES, COMME ILS EN AVAIENT L'OBLIGATION, CE QUI EXCLUT TOUTE DENATURATION, ONT ESTIME D'UNE PART QUE X..., EN PASSANT DU SERVICE DE LA SOCIETE ASSECO A CELUI DE LA SOCIETE BARBOT, AVAIT FAIT L'OBJET D'UNE SIMPLE MUTATION, AU SEIN D'UN SEUL ET MEME GROUPE, D'AUTRE PART QUE LE LICENCIEMENT DE X..., LE 24 MARS 1972, ETAIT INTERVENU BIEN QUE LA PERIODE D'ESSAI DE TROIS MOIS, DONT LE POINT DE DEPART ETAIT LE 8 NOVEMBRE 1971, FUT TERMINEE ;<br>
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 QU'AINSI L'EMPLOYE ETAIT FONDE DANS SA DEMANDE D'INDEMNITE DE PREAVIS ;<br>
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ATTENDU ENFIN QUE LES JUGES DU FOND ONT DECIDE QU'EN LICENCIANT X... DANS LES CONDITIONS PRECITEES, ET SOUS LE PRETEXTE FALLACIEUX D'UN CONTRAT DE TRAVAIL NE LIANT LES PARTIES QU'A COMPTER DU 1ER FEVRIER 1972, LES DIRIGEANTS DE LA SOCIETE BARBOT, QUI ETAIENT EGALEMENT CEUX DE LA SOCIETE ASSECO, ET NE POUVAIENT DONC IGNORER L'EXISTENCE DU PRECEDENT CONTRAT NI QUE LA DUREE DE LA PERIODE D'ESSAI ETAIT DE TROIS MOIS ET NON DE SIX, ONT FAIT PREUVE EN LE LICENCIANT QUELQUES SEMAINES SEULEMENT APRES QUE SON ENGAGEMENT FUT DEVENU DEFINITIF, D'UNE LEGERETE BLAMABLE, RENDANT LA RUPTURE D'AUTANT PLUS ABUSIVE QUE L'EMPLOYE AVAIT DU, POUR EXERCER SES FONCTIONS A LA SOCIETE BARBOT, CONTRACTER DES EMPRUNTS ET TRANSFERER SON DOMICILE DE PARIS A CLERMONT-FERRAND ;<br>
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QU'AINSI LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 5 NOVEMBRE 1973 PAR LA COUR D'APPEL DE RIOM.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code civil 1134,Code du travail 1023
**ECLI:** 
**Résumé:** AYANT RELEVE QU'APRES AVOIR ETE ENGAGE PAR UNE SOCIETE AVEC  UNE PERIODE D'ESSAI DE TROIS MOIS, UN SALARIE, AVANT L'EXPIRATION DE  CETTE PERIODE, AVAIT RECU DE L'EMPLOYEUR UNE LETTRE LUI PRECISANT  QU'IL SERAIT AFFECTE DANS UNE AUTRE VILLE AU SERVICE D'UNE AUTRE  SOCIETE ET AVAIT CONCLU AVEC CETTE DERNIERE UN CONTRAT PREVOYANT UNE  MISE A L'EPREUVE, ET QU'APRES QU'IL EUT PRIS SES NOUVELLES  FONCTIONS, LA SECONDE SOCIETE L'AVAIT CONGEDIE POSTERIEUREMENT A  L'EXPIRATION DE L'ESSAI PREVU AU PREMIER CONTRAT MAIS EN PRETENDANT  QUE L'ESSAI N'ETAIT PAS TERMINE, LES JUGES DU FOND, QUI ESTIMENT PAR  INTERPRETATION DES CONTRATS INTERVENUS QUE LE SALARIE, EN PASSANT DU  SERVICE D'UNE SOCIETE A CELUI DE L'AUTRE, AVAIT FAIT L'OBJET D'UNE  SIMPLE MUTATION AU SEIN D'UN SEUL ET MEME GROUPE, ET QUE LA PERIODE  D'ESSAI QUI LUI AVAIT ETE IMPOSEE AVAIT UNE DUREE DE TROIS MOIS  PARTANT DE SON ENTREE AU SERVICE DE LA PREMIERE SOCIETE, PEUVENT  CONDAMNER LA SECONDE SOCIETE A PAYER A L'INTERESSE L'INDEMNITE DE  PREAVIS.             ET ILS PEUVENT LA CONDAMNER, EN OUTRE, A  DOMMAGES-INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE, DES LORS QU'ILS RELEVENT NON  SEULEMENT QUE SES DIRIGEANTS, N'IGNORANT NI L'EXISTENCE DU PREMIER  CONTRAT NI QUE LA DUREE DE L'ESSAI ETAIT DE TROIS MOIS, ONT LICENCIE  LE SALARIE SOUS UN FALLACIEUX PRETEXTE QUELQUES SEMAINES SEULEMENT  APRES QUE SON LICENCIEMENT FUT DEVENU DEFINITIF, MAIS ENCORE QUE,  POUR EXERCER SES SECONDES FONCTIONS, L'INTERESSE AVAIT DU TRANSFERER  SON DOMICILE ET EXPOSER DES FRAIS.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - ENGAGEMENT A L'ESSAI - PERIODE D'ESSAI -  EXPIRATION - DATE - CONTRATS SUCCESSIFS PREVOYANT UN ESSAI -  CONTRATS CONCLUS AVEC LES SOCIETES D'UN MEME GROUPE.,* CONTRAT DE TRAVAIL - LICENCIEMENT - PERIODE D'ESSAI -  LICENCIEMENT POSTERIEUR A LA PERIODE D'ESSAI - CONSTATATIONS  SUFFISANTES.,* CONTRAT DE TRAVAIL - LICENCIEMENT - PERIODE D'ESSAI - DELAI-CONGE  - LICENCIEMENT POSTERIEUR A L'EXPIRATION DE L'ESSAI.,* CONTRAT DE TRAVAIL - LICENCIEMENT - RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE  L'EMPLOYEUR - NECESSITE - PERIODE D'ESSAI - CONGEDIEMENT PEU APRES  LA FIN DE L'ESSAI.,* CONTRAT DE TRAVAIL - LICENCIEMENT - RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE  L'EMPLOYEUR - NECESSITE - INEXACTITUDE DU MOTIF DE RENVOI - FAUSSE  ALLEGATION D'UNE PERIODE D'ESSAI EN COURS.,* CONTRAT DE TRAVAIL - LICENCIEMENT - RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE  L'EMPLOYEUR - NECESSITE - LEGERETE BLAMABLE - CONGEDIEMENT PEU APRES  UNE MUTATION AYANT ENTRAINE DES FRAIS.