# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 22 novembre 1967, 67-92.183, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007056922
**Date de décision:** 1967-11-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007056922

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE X... (BEN MOHAMED), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'ASSISES DES ALPES-MARITIMES, EN DATE DU 15 JUIN 1967, QUI, POUR VIOLS ET ATTENTATS A LA PUDEUR, L'A CONDAMNE A HUIT ANS DE RECLUSION CRIMINELLE LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 310, 335 ET 336 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET DES DROITS DE LA DEFENSE, ENSEMBLE VIOLATION DES ARTICLES 593 DU MEME CODE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE;<br>
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 "EN CE QUE LA COUR D'ASSISES A ENTENDU SOUS SERMENT LA FILLE, LE FILS ET LA FEMME DE L'ACCUSE, AU MOTIF QU'AUCUNE OPPOSITION N'AVAIT ETE FORMULEE;<br>
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 "ALORS QUE L'ABSENCE D'OPPOSITION NE SUFFISAIT PAS A AUTORISER L'INOBSERVATION DE L'ARTICLE 335, LE PRESIDENT DEVANT USER DE SON POUVOIR DISCRETIONNAIRE POUR APPRECIER S'IL Y AVAIT LIEU D'ENFREINDRE LA REGLE MORALE QUI VEUT QUE DE PROCHES PARENTS NE SOIENT PAS TENUS DE DEPOSER L'UN CONTRE L'AUTRE SOUS LA FOI DU SERMENT";<br>
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 ATTENDU QUE LE PROCES-VERBAL DES DEBATS CONSTATE QUE NI LE MINISTERE PUBLIC, NI L'ACCUSE OU SON CONSEIL NE S'EST OPPOSE A LA PRESTATION DE SERMENT DES TROIS TEMOINS VISES AU MOYEN ET QUI ENTRAIENT DANS LA CLASSE DE CEUX ENUMERES A L'ARTICLE 335 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ;<br>
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 ATTENDU, DES LORS, QUE LE DEMANDEUR NE SAURAIT SE FAIRE UN GRIEF DE CE QUE LESDITS TEMOINS ONT ETE ENTENDUS SOUS SERMENT;<br>
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 QU'EN EFFET, AUX TERMES DE L'ARTICLE 336 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, L'AUDITION SOUS SERMENT DES PERSONNES DESIGNEES PAR L'ARTICLE 335 DU MEME CODE N'ENTRAINE PAS NULLITE LORSQUE LE MINISTERE PUBLIC NI AUCUNE DES PARTIES NE S'EST OPPOSE A LA PRESTATION DE SERMENT;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
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SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 332, PARAGRAPHE 1 ET 3, 333 ET 463 DU CODE PENAL, 349 ET 350 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ENSEMBLE VIOLATION DES ARTICLES 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810;<br>
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 "EN CE QUE LES QUESTIONS DE CIRCONSTANCES AGGRAVANTES DES CRIMES DE VIOLS ET D'ATTENTATS A LA PUDEUR AVEC VIOLENCES DEMANDAIENT A LA COUR ET AU JURY SI L'ACCUSE ETAIT LE PERE DE LA VICTIME, SANS PRECISER S'IL ETAIT SON PERE LEGITIME, ADOPTIF OU NATUREL NI, DANS CE DERNIER CAS, S'IL AVAIT, OU NON, RECONNU L'ENFANT;<br>
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 "ALORS QUE LES QUESTIONS AINSI POSEES NE PERMETTENT PAS DE RETENIR LA CIRCONSTANCE AGGRAVANTE ET QU'AINSI LA DECLARATION DE CULPABILITE ET LA PEINE NE SONT PAS JUSTIFIEES";<br>
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ATTENDU QUE LA COUR ET LE JURY, APRES AVOIR DECLARE L'ACCUSE COUPABLE D'AVOIR COMMIS: 1° PLUSIEURS ATTENTATS A LA PUDEUR CONSOMMES OU TENTES AVEC VIOLENCE SUR LA PERSONNE DE X... FARIDA;<br>
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 2° PLUSIEURS VIOLS SUR LA MEME PERSONNE, ONT ETE INTERROGES PAR DEUX QUESTIONS, DISTINCTES, POUR CHACUN DE CES CRIMES, SUR LA CIRCONSTANCE AGGRAVANTE ATTACHEE, PAR L'ARTICLE 333 DU CODE PENAL, A LA QUALITE D'ASCENDANT DE LA VICTIME;<br>
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 QUE CHACUNE DE CES QUESTIONS CRITIQUEES PAR LE MOYEN ETAIT AINSI FORMULEE : "L'ACCUSE X... BEN MOHAMED EST-IL LE PERE DE LA VICTIME?" ATTENDU QUE CES QUESTIONS, POSEES CONFORMEMENT A L'ARTICLE 349 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ENTRENT DANS LES PREVISIONS DE L'ARTICLE 333 DU CODE PENAL, LA COUR ET LE JURY N'AYANT PAS ETE INTERROGES SUR LA NATURE JURIDIQUE DE LA FILIATION EXISTANT ENTRE L'ACCUSE ET LA VICTIME;<br>
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 QU'IL SUIT DE LA QUE LES REPONSES AFFIRMATIVES DE LA COUR ET DU JURY AUXDITES QUESTIONS QUI LEUR ONT ETE REGULIEREMENT POSEES, ONT SERVI DE BASE LEGALE A L'ARRET DE CONDAMNATION;<br>
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QU'AINSI LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
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ET ATTENDU QUE LA PROCEDURE EST REGULIERE ET QUE LA PEINE A ETE LEGALEMENT APPLIQUEE AUX FAITS DECLARES CONSTANTS PAR LA COUR ET LE JURY;<br>
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 REJETTE LE POURVOI PRESIDENT : M COMTE - RAPPORTEUR : M LEGRIS - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCAT : M CALON<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 335,Code de procédure pénale 336
**ECLI:** 
**Résumé:** Aux termes de l'article 336 du Code de procédure pénale, l'audition sous serment des personnes désignées par l'article 335 du même code n'entraîne pas nullité lorsque le Ministère public ni aucune des parties ne s'est opposé à la prestation de serment.,En matière de viol ou d'attentat à la pudeur, la Cour et le jury sont régulièrement interrogés sur la circonstance aggravante tenant à la qualité de l'auteur du crime par une question ainsi libellée : "L'accusé X... est-il le père de la victime ?"
**Mots-clés:** 1) COUR D'ASSISES - Débats - Témoins - Serment - Nécessité - Témoin reprochable - Absence d'opposition des parties,* COUR D'ASSISES - Débats - Témoins - Serment - Exclusion - Absence d'opposition des parties - Portée.,2) COUR D'ASSISES - Questions - Circonstances aggravantes - Viol - Ascendant,* COUR D'ASSISES - Questions - Circonstances aggravantes - Attentat à la pudeur avec violence - Ascendant.,* VIOL - Cour d'Assises - Questions - Circonstances,* ATTENTATS A LA PUDEUR - Cour d'assises - Questions - Circonstances aggravantes - Ascendant.