# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 5 novembre 2003, 253972, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008136003
**Date de décision:** 2003-11-05
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008136003

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 6 février 2003, présentée par M. Abdelfatah X demeurant, ... ; M. X demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 14 novembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2002 du préfet des Hauts-de-Seine décidant sa reconduite à la frontière  :
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                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de Mme Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 14 février 2002 , de la décision du 11 février 2002 par laquelle le préfet de Hauts-de-Seine lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour  ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant, toutefois, qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, entré en France pour la première fois en 1992, a épousé le 31 août 1998 une ressortissante marocaine résidant en France sous couvert d'une carte de résident, avec laquelle il a eu un enfant né en France le 2 novembre 2000  ; que, dans ces circonstances, et alors même que l'intéressé peut bénéficier du regroupement familial, l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris  ; que le préfet des Hauts-de-Seine a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2002 du préfet des Hauts-de-Seine décidant sa reconduite à la frontière  ;
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D E C I D E  :
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     Article 1er  :   Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 14 novembre 2002 est annulé.
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     Article 2  : l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 9 septembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. X est annulé.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée à M. Abdelfatah X, au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**