# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 9 juin 1970, 68-10.117, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006983243
**Date de décision:** 1970-06-09
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006983243

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE SELON LES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE, LES CONSORTS Z... ONT INTRODUIT CONTRE L'ELECTRICITE DE FRANCE QUI A ENTREPRIS DES TRAVAUX DE DEVIATION DE LA RIVIERE LE LARGUE, UNE ACTION, EN REFERE DANS LE DERNIER ETAT DE LAQUELLE ILS ONT DEMANDE QUE SOIENT CONSTATEES LES VOIES DE Y... QUE CONSTITUERAIENT, SELON EUX, LES ATTEINTES QUE LESDITS TRAVAUX ONT PORTEES OU PORTERONT A L'AVENIR AUX CHEMINS VICINAUX ET AUX PARCELLES DE TERRAIN RIVERAINES DU LARGUE ET QUI SONT LEUR PROPRIETE ;<br>
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ATTENDU QUE LES JUGES DU REFERE ONT DECLARE L'ACTION IRRECEVABLE EN CE QUI CONCERNAIT LES CHEMINS VICINAUX AU MOTIF DU DEFAUT DE QUALITE DES CONSORTS Z... ET Y... X... POUR LE SURPLUS A L'EXCEPTION D'INCOMPETENCE SOULEVEE PAR L'EDF ;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR AINSI STATUE, ALORS QU'AYANT ADMIS LE CARACTERE ILLICITE DES TRAVAUX ENTREPRIS AVANT LE DECRET DE DECLARATION D'UTILITE PUBLIQUE DU 11 OCTOBRE 1966, ELLE NE POUVAIT, SANS SE CONTREDIRE, DENIER LA LEGITIMITE DES ACTIONS POSSESSOIRES QUI EN ETAIENT LA CONSEQUENCE LOGIQUE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL QUI A STATUE PAR CES MOTIFS PROPRES SUR L'EXISTENCE DES VOIES DE Y... ALLEGUEES, N'A PAS ADMIS LE CARACTERE ILLICITE DES TRAVAUX ENTREPRIS PAR L'EDF ANTERIEUREMENT AU 11 OCTOBRE 1966 ;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN MANQUE EN Y...;<br>
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SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST SOUTENU QUE L'ARRET ATTAQUE AURAIT DECLARE QUE LES CONSORTS Z... N'AVAIENT PAS QUALITE POUR DEFENDRE LES BIENS COMMUNAUX ET QU'ILS ETAIENT MAL FONDES A INVOQUER L'ARTICLE 333 DU CODE COMMUNAL, ALORS QUE LEDIT ARTICLE A ETE INVOQUE NON PAR EUX-MEMES, MAIS PAR L'ELECTRICITE DE FRANCE ET QU'IL N'AURAIT PAS ETE REPONDU AUX CONCLUSIONS PAR LESQUELLES ILS SOUTENAIENT QUE CE TEXTE ETAIT INAPPLICABLE EN L'ESPECE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'EN STATUANT SUR LE MOYEN D'IRRECEVABILITE FONDE PAR L'EDF SUR LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 333 DU CODE COMMUNAL, LES JUGES DU SECOND DEGRE ONT NECESSAIREMENT REPONDU AUX CONCLUSIONS PRETENDUMENT DELAISSEES DES CONSORTS Z... ;<br>
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 SUR LE TROISIEME MOYEN, PRIS EN SES DIVERSES BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR DEBOUTE LES CONSORTS MAUREL DE LEURS DEMANDES CONCERNANT LES ATTEINTES PORTEES A LEURS PROPRIETES RIVERAINES DU LARGUE, PAR LA MODIFICATION DU COURS DE LA RIVIERE, AU MOTIF QUE LA DEVIATION DU LIT DE CELLE-CI, SEULEMENT PROJETEE, N'AVAIT PU REALISER D'ATTEINTES ET QU'UN ARRETE PREFECTORAL DU 8 OCTOBRE 1965 AVAIT AUTORISE L'OCCUPATION TEMPORAIRE PAR L'EDF DES TERRAINS LITIGIEUX POUR EFFECTUER DES SONDAGES, ALORS QUE, D'UNE PART, DANS LEURS ECRITURES, LES CONSORTS Z... AVAIENT FAIT VALOIR, OUTRE LA DEVIATION DU LARGUE, L'EXHAUSSEMENT DE LA RIVE GAUCHE DE LA RIVIERE, ET L'ENCOMBREMENT ET LA REDUCTION DE SON LIT, QUE, D'AUTRE PART, LES JUGES D'APPEL ONT PASSE SOUS SILENCE LES CONSTATS D'HUISSIER DES 12 SEPTEMBRE ET 14 OCTOBRE 1966 VERSES AUX DEBATS, VISES AUX CONCLUSIONS ET ETABLISSANT LES ATTEINTES INVOQUEES, QU'ENFIN LES TRAVAUX REPROCHES ETAIENT SANS RAPPORT AVEC DES SONDAGES ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, QUI PAR LES TERMES " DEVIATION DE LA RIVIERE " A, DE TOUTE EVIDENCE, EVOQUE L'ENSEMBLE DES TRAVAUX, COMPLEMENTAIRES LES UNS DES AUTRES, SUSCEPTIBLES DE MODIFIER LE REGIME DES EAUX DU LARGUE ET QUI N'ETAIT PAS TENUE DE SUIVRE LES CONSORTS Z... DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, A CONSTATE QU'AUCUNE ATTEINTE ACTUELLE N'ETAIT ETABLIE ET A PU ENONCER QUE LA MENACE D'ATTEINTES INVOQUEE NE POUVAIT CONSTITUER UNE VOIE DE Y... DES LORS QU'UN ARRETE PREFECTORAL DU 8 OCTOBRE 1965 AVAIT AUTORISE L'OCCUPATION TEMPORAIRE PAR L'EDF DES TERRAINS PRETENDUMENT MENACES, NON SEULEMENT POUR EFFECTUER DES SONDAGES, MAIS POUR LUI PERMETTRE DE " FAIRE LES TRAVAUX PREPARATOIRES " DE L'OPERATION ENTREPRISE ;<br>
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 QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LES PREMIER, DEUXIEME ET TROISIEME MOYENS ;<br>
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 MAIS, SUR LE QUATRIEME MOYEN : VU L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ;<br>
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ATTENDU QUE POUR DEBOUTER LES CONSORTS Z... DE LEUR DEMANDE TENDANT A FAIRE CONSTATER QUE LES ATTEINTES PORTEES A LA PARCELLE C 54 CONSTITUAIENT UNE VOIE DE Y..., LA COUR D'APPEL S'EST BORNEE A ENONCER QUE LES ATTEINTES " ETAIENT ELLES AUSSI COUVERTES " PAR L'ARRETE PREFECTORAL D'OCCUPATION TEMPORAIRE DU 8 OCTOBRE 1965 AUQUEL ETAIT JOINT UN ETAT INDICATIF SUR LEQUEL LA PARCELLE 54 ETAIT EXPRESSEMENT DESIGNEE " ;<br>
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 QU'EN STATUANT AINSI, LES JUGES DU SECOND DEGRE N'ONT PAS REPONDU AUX CONCLUSIONS PAR LESQUELLES LES CONSORTS Z... FAISAIENT VALOIR QUE " LE CHEMIN MENTIONNE SUR LE PLAN D'OCCUPATION TEMPORAIRE (POUR 3 ARES), FIGURE A L'EXTREMITE OUEST DE LA PARCELLE C 54 TANDIS QUE LE CHEMIN, LES BOULEVERSEMENTS DU SOL ET LES TRACES DE PASSAGE D'ENGINS LOURDS Y RELEVES SE SITUENT SUR LE RESTE DE LA PARCELLE QUI TOTALISE 1 HECTARE 14 ARES ", ET N'ONT PAS SATISFAIT AUX EXIGENCES DU TEXTE SUSVISE ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, DANS LA LIMITE DU MOYEN AINSI ADMIS, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE, LE 23 NOVEMBRE 1967 ;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE NIMES<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET REJET REJET Cassation
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Statuant sur l'action en référé formée contre l'EDF en vue de faire constater les voies de fait que constitueraient les atteintes que des travaux entrepris pour dévier une rivière ont portées ou porteront aux parcelles de terrain riveraines appartenant au demandeur, les juges du fond, qui par les termes "déviation de la rivière" ont, de toute évidence, évoqué l'ensemble des travaux complémentaires les uns des autres, susceptibles de modifier le régime des eaux, et ont constaté qu'aucune atteinte actuelle n'était établie, peuvent énoncer que la menace d'atteintes invoquée ne peut constituer une voie de fait dès lors qu'un arrêté préfectoral avait autorisé l'occupation temporaire par l'EDF des terrains prétendument menacés, non seulement pour effectuer des sondages mais pour lui permettre de "faire les travaux préparatoires" de l'opération entreprise.,Saisis d'une demande tendant à faire constater que les atteintes portées à une propriété par l'EDF à l'occasion de travaux constitueraient une voie de fait, les juges du fond, qui se bornent à énoncer que ces atteintes étaient couvertes par un arrêté préfectoral d'occupation temporaire auquel était joint un état indicatif sur lequel la parcelle était expressément désignée, ne répondent pas aux conclusions du demandeur qui faisait valoir que le chemin, mentionné sur le plan d'occupation temporaire pour 3 ares, figure à une extrémité du terrain tandis que le chemin, les bouleversements du sol et les traces de passage d'engins lourds, se situent sur le reste de la parcelle qui totalise 1 hectare 14 ares.
**Mots-clés:** 1) SEPARATION DES POUVOIRS - Voie de fait - Définition - Travaux préparatoires à des ouvrages publics - Arrêté préfectoral d'occupation temporaire - Atteinte éventuelle aux propriétés privées (non).,* SEPARATION DES POUVOIRS - Travaux publics - Occupation temporaire - Atteinte éventuelle aux propriétés privés - Voie de fait (non).,* ELECTRICITE - Electricité de France - Travaux - Atteinte à la propriété privée - Atteinte éventuelle - Voie de fait (non).,* PROPRIETE - Atteintes au droit de propriété - Travaux publics - Travaux préparatoires - Voie de fait (non).,2) JUGEMENTS ET ARRETS - Conclusions - Réponse nécessaire - Propriété - Atteintes à la propriété privée - EDF - Arrêté d'occupation temporaire - Contestation sur l'étendue de l'occupation.,* ELECTRICITE - Electricité de France - Travaux - Atteinte à la propriété privée - Arrêté d'occupation temporaire - Contestation sur l'étendue de l'occupation.,* PROPRIETE - Atteintes au droit de propriété - Travaux publics - Arrêté d'occupation temporaire - Contestation sur l'étendue de l'occupation.