# Conseil d'Etat, 5 / 3 SSR, du 20 mai 1994, 115191, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007826248
**Date de décision:** 1994-05-20
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 5 / 3 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007826248

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 2 mars et 27 juin 1990, présentés pour M. X..., demeurant ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 10 novembre 1989 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du ministre de l'intérieur, en date du 12 août 1987, prononçant sa révocation des cadres de la police nationale ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir cette décision ; . . . . . . . . . . . . . . <br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Jactel, Auditeur,<br>    - les observations de Me Ricard, avocat de M. X...,<br>    - les conclusions de M. Frydman, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur la régularité du jugement attaqué :<br>    Considérant que, contrairement à ce que soutient le ministre de l'intérieur, M. X... a, devant le tribunal administratif, soulevé un moyen tiré de ce que la sanction attaquée est intervenue, notamment, à raison d'une condamnation effacée par une loi d'amnistie ; que le tribunal n'a pas répondu à ce moyen qui n'a pas un caractère inopérant ; que, dès lors, le jugement attaqué doit être annulé pour insuffisance de motifs ;<br>    Considérant qu'il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Paris ;<br>    Sur la légalité de la décision attaquée :<br>    Considérant, qu'il ressort des pièces du dossier que, dans les documents qui ont été soumis au conseil de discipline, toutes les indications relatives à la condamnation pénale et à la sanction administrative dont M. X... avait fait l'objet à raison de faits commis par lui le 5 avril 1978, avaient été rayées et que seule avait été maintenue une référence auxdits faits ; que la décision attaquée ne fait pas état de la condamnation et de la sanction susmentionnées et n'a pas été motivée par celles-ci ; que le ministre pouvait légalement prendre en compte les faits commis par l'intéressé le 5 avril 1978 pour apprécier la gravité de ceux qui étaient à l'origine de la sanction ; que le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des effets qui s'attachent à la loi d'amnistie ;<br>
<br>    Considérant que les faits d'outrage à la pudeur sur lesquels s'est fondée la décision attaquée et dont l'existence est corroborée par les pièces du dossier, étaient de nature à justifier légalement le prononcé d'une sanction disciplinaire ; qu'eu égard à la nature de ces faits, aux circonstances dans lesquelles ils ont été commis, aux antécédents de l'intéressé et à l'atteinte que son comportement a porté tant au bon fonctionnement du service qu'à la considération du corps auquel il appartenait, le ministre de l'intérieur, en prononçant, à raison de ladite faute, la sanction de la révocation, n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation pour excès de pouvoir de la décision attaquée ;<br>Article 1er : Le jugement en date du 10 novembre 1989 du tribunaladministratif de Paris est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée par M. X... devant le tribunaladministratif de Paris est rejetée.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-09-03-01 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - DISCIPLINE - MOTIFS - FAITS DE NATURE A JUSTIFIER UNE SANCTION,36-09-04 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - DISCIPLINE - SANCTIONS,36-10 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - CESSATION DE FONCTIONS