# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 30 mars 1971, 70-40.041, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006984886
**Date de décision:** 1971-03-30
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006984886

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN TIRE DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1382 DU CODE CIVIL, ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, POUR DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE ; <br>
<br>ATTENDU QUE LA SOCIETE CHAUMEIL REPROCHE TOUT D'ABORD A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR DECIDE QU'ELLE AVAIT COMMIS UN ABUS DE DROIT EN LICENCIANT X..., SON REPRESENTANT EN RETENANT QUE CE LICENCIEMENT AVAIT DES MOTIFS FALLACIEUX, CAR LA BAISSE DU CHIFFRE D'AFFAIRES GLOBAL DE L'ENTREPRISE ETAIT PLUS ACCENTUEE QUE CELLE DES COMMANDES DE CE REPRESENTANT ; <br>
<br>QUE LES RENDEMENTS DE CELUI-CI N'ETAIENT PAS INFERIEURS A CEUX D'AUTRES REPRESENTANTS QUI AVAIENT ETE MAINTENUS EN PLACE, ET QUE L'ACIDITE DANS SA CORRESPONDANCE ETAIT JUSTIFIEE PAR LA DEGRADATION DES PRODUITS MIS EN VENTE, ALORS QUE L'EMPLOYEUR EST LIBRE DE NE PAS CONSERVER A SON SERVICE UN EMPLOYE QUI NE LUI DONNE PAS ENTIERE SATISFACTION, QUE LES JUGES NE DOIVENT PAS SE SUBSTITUER A LUI POUR APPRECIER LES MERITES D'UN EMPLOYE ET QU'IL RESULTE DES MOTIFS DE L'ARRET ATTAQUE QUE LES DEUX RAISONS INVOQUEES PAR L'EMPLOYEUR DANS SA LETTRE DE CONGEDIEMENT, SOIT, LA BAISSE DE RENDEMENT ET L'ACIDITE DES TERMES DE LA CORRESPONDANCE DE L'INTERESSE, ETAIENT VERIDIQUES, ET QUE CES MOTIFS NE FONT PAS APPARAITRE L'EXISTENCE D'UNE FAUTE COMMISE PAR L'EMPLOYEUR DANS L'EXERCICE DE SON DROIT DE CONGEDIEMENT SUSCEPTIBLE DE CONFERER UN CARACTERE ABUSIF AU CONGEDIEMENT DE X... ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE CONSTATE, QUE, DANS SA LETTRE DE LICENCIEMENT DU 10 DECEMBRE 1965, LA SOCIETE CHAUMEIL AVAIT REPROCHE A X... LA FAIBLESSE DES CHIFFRES REALISES PAR LUI ET L'ACIDITE DES TERMES QU'IL AVAIT EMPLOYES DANS SA CORRESPONDANCE AVEC ELLE ; <br>
<br>QUE L'EXPERTISE A LAQUELLE IL AVAIT ETE PROCEDE AVAIT ETABLI QU'A PARTIR DE 1963 LE CHIFFRE D'AFFAIRES DE TOUS LES REPRESENTANTS AVAIT SUBI UNE BAISSE IMPORTANTE ET DANS DES PROPORTIONS SENSIBLEMENT IDENTIQUES ; <br>
<br>QUE CE PHENOMENE, D'ORDRE GENERAL PROVENAIT DE CIRCONSTANCES PROPRES AUX ETABLISSEMENTS CHAUMEIL ET QU'A CET EGARD, X... AVAIT PRODUIT UNE ABONDANTE CORRESPONDANCE, EMANANT DES DETAILLANTS QU'IL VISITAIT, PAR LAQUELLE CEUX-CI SE PLAIGNAIENT DE LA QUALITE DES CHAUSSURES QUI LEUR AVAIENT ETE LIVREES, ET QUE SI PLUSIEURS REPRESENTANTS AVAIENT ETE EGALEMENT LICENCIES, D'AUTRES AVAIENT ETE MAINTENUS EN PLACE BIEN QUE LEUR RENDEMENT N'EUT PAS ETE SUPERIEUR A CELUI DE X... ; <br>
<br>QUE LA COUR D'APPEL A PU EN DEDUIRE QUE X... NE POUVAIT RAISONNABLEMENT SE VOIR REPROCHER DE N'ETRE PAS RESTE INDIFFERENT A LA DEGRADATION DES PRODUITS QU'IL DEVAIT PROPOSER A SA CLIENTELE, ET QUE SON CONGEDIEMENT AVAIT REVETU UN CARACTERE ABUSIF EN RAISON DES MOTIFS FALLACIEUX SUR LESQUELS IL SE FONDAIT ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE PREMIER MOYEN ; <br>
<br>MAIS, SUR LE SECOND MOYEN : VU LES ARTICLES 29-0 DU LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL, ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ; <br>
<br>ATTENDU QU'AUX TERMES DU PREMIER DE CES TEXTES : EN CAS DE RESILIATION D'UN CONTRAT FAIT SANS DETERMINATION DE DUREE PAR LE FAIT DE L'EMPLOYEUR, ET LORSQUE CETTE RESILIATION N'EST PAS PROVOQUEE PAR UNE FAUTE GRAVE DU VOYAGEUR, REPRESENTANT OU PLACIER CELUI-CI AURA DROIT A UNE INDEMNITE POUR LA PART QUI LUI REVIENT PERSONNELLEMENT DANS L'IMPORTANCE EN NOMBRE ET EN VALEUR DE LA CLIENTELE APPORTEE, CREE OU DEVELOPPEE PAR LUI COMPTE TENU AINSI QUE DES DIMINUTIONS QUI POURRAIENT ETRE CONSTATEES DANS LA CLIENTELE PRE-EXISTANTE ET PROVENANT DU FAIT DU VOYAGEUR, REPRESENTANT OU PLACIER ; <br>
<br>ATTENDU QU'IL EST CONSTANT QUE X..., AU SERVICE DE LA SOCIETE CHAUMEIL DEPUIS LE MOIS DE NOVEMBRE 1950, A ETE LICENCIE LE 10 DECEMBRE 1965 AU MOTIF, NOTAMMENT QUE SON RENDEMENT ETAIT INSUFFISANT ; <br>
<br>QUE POUR DECIDER, CEPENDANT QUE X... AVAIT DROIT A UNE INDEMNITE DE CLIENTELE, L'ARRET ATTAQUE SE FONDE SUR CETTE APPRECIATION QU'IL N'Y A PAS LIEU DE TENIR COMPTE DE LA PERTE DE LA CLIENTELE QUI A ETE CONSTATEE DEPUIS 1963, PUISQUE LA PENTE NEGATIVE DE SON CHIFFRE D'AFFAIRES N'AVAIT PAS POUR CAUSE SA CARENCE, MAIS CELLE DE SON EMPLOYEUR QUI, A PARTIR DE CETTE DATE, AVAIT PRODUIT DES MARCHANDISES DEFECTUEUSES ; <br>
<br>QU'EN STATUANT AINSI, ALORS QUE N'ETAIT PAS EN LITIGE UNE DIMINUTION IMPUTABLE A L'EMPLOYEUR DE LA CLIENTELE PREEXISTANTE QU'IL AVAIT CONFIEE A X... LORS DE SON ENTREE EN FONCTION, ET QUE SEUL DEVAIT ETRE PRIS EN CONSIDERATION LE PREJUDICE RESULTANT POUR LE REPRESENTANT DE LA PERTE DE LA CLIENTELE QU'IL AVAIT APPORTEE, CREEE OU DEVELOPPEE, COMPTE TENU DES POSSIBILITES FUTURES DE LIVRAISON DE L'ENTREPRISE, L'ARRET ATTAQUE A FAUSSEMENT APPLIQUE, DONC VIOLE LES TEXTES VISES AU MOYEN : PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT, DU CHEF RELATIF A L'INDEMNITE DE CLIENTELE, L'ARRET RENDU LE 5 DECEMBRE 1968, ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE RENNES ; <br>
<br>REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE CAEN ;<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1965-05-31 Bulletin 1965 IV N. 418 (2) P. 349 (REJET). (2)
 CF.Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1971-01-20 Bulletin 1971 V N. 40 P. 33 (REJET) ET LES ARRETS CITES. (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** Code du travail 1023,Code du travail 1029
**ECLI:** 
**Résumé:** AYANT CONSTATE D'UNE PART QUE DANS SA LETTRE DE  LICENCIEMENT L'EMPLOYEUR AVAIT REPROCHE A UN REPRESENTANT "LA  FAIBLESSE DES CHIFFRES REALISES" PAR LUI ET "L'ACIDITE DES TERMES"  EMPLOYES DANS SA CORRESPONDANCE D'AUTRE PART QUE LE CHIFFRE D 'AFFAIRES DE TOUS LES REPRESENTANTS AVAIT SUBI UNE BAISSE IMPORTANTE  DU FAIT DE LA QUALITE DEFECTUEUSE DES PRODUITS LIVRES PAR L 'ENTREPRISE, QU'ENFIN D'AUTRES REPRESENTANTS AVAIENT ETE MAINTENUS EN  PLACE BIEN QUE LEUR RENDEMENT N'EUT PAS ETE SUPERIEUR A CELUI DE L 'INTERESSE, LES JUGES DU FOND ONT PU EN DEDUIRE QUE CE DERNIER NE  POUVAIT "RAISONNABLEMENT" SE VOIR REPROCHER DE N'ETRE PAS RESTE  INDIFFERENT A LA DEGRADATION DES PRODUITS QU'IL DEVAIT PRESENTER A  SA CLIENTELE ET QUE SON CONGEDIEMENT AVAIT REVETU UN CARACTERE  ABUSIF EN RAISON DES MOTIFS FALLACIEUX SUR LESQUELS IL SE FONDAIT.,UN ARRET NE PEUT PAS ALLOUER UNE INDEMNITE DE CLIENTELE A  UN REPRESENTANT CONGEDIE POUR INSUFFISANCE DE RENDEMENT EN SE  FONDANT SUR CE QU'ON NE DEVAIT PAS TENIR COMPTE DE LA PERTE DE LA  CLIENTELE CONSTATEE DEPUIS UNE CERTAINE DATE, LAQUELLE ETAIT  IMPUTABLE A LA CARENCE DE L'EMPLOYEUR, QUE SEUL DEVAIT ETRE PRIS EN  CONSIDERATION LE PREJUDICE RESULTANT POUR LE REPRESENTANT DE LA  PERTE DE LA CLIENTELE QU'IL AVAIT APPORTEE, CREEE OU DEVELOPPEE,  COMPTE TENU DES POSSIBILITES FUTURES DE LIVRAISON DE L'ENTREPRISE ET  NON UNE DIMINUTION IMPUTABLE A L'EMPLOYEUR DE LA CLIENTELE  PREEXISTANTE ET CONFIEE A L'INTERESSE LORS DE SON ENTREE EN  FONCTION.
**Mots-clés:** 1) VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - CONGEDIEMENT - RUPTURE ABUSIVE  - FAUTE DE L'EMPLOYEUR - NECESSITE - PRETEXTES FALLACIEUX -  CONSTATATIONS SUFFISANTES.,* VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - CONGEDIEMENT - RUPTURE ABUSIVE  - FAUTE DE L'EMPLOYEUR - NECESSITE - INEXACTITUDE DU MOTIF DE RENVOI  - FAUSSE ALLEGATION D'INSUFFISANCE PROFESSIONNELLE.,* CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE  L'EMPLOYEUR - NECESSITE - PRETEXTES FALLACIEUX.,* CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE  L'EMPLOYEUR - NECESSITE - INEXACTITUDE DU MOTIF DE RENVOI - FAUSSE  ALLEGATION D'INSUFFISANCE PROFESSIONNELLE.,* VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - CONGEDIEMENT - RUPTURE ABUSIVE  - FAUTE DE L'EMPLOYEUR - NECESSITE - REPRESENTANT AYANT PROTESTE  CONTRE LA MAUVAISE QUALITE DES PRODUITS QU'IL PLACAIT.,2) VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - CONGEDIEMENT - INDEMNITES -  INDEMNITE DE CLIENTELE - CONDITIONS - APPORT, CREATION OU  DEVELOPPEMENT DE LA CLIENTELE - DIMINUTION DE LA CLIENTELE  PREEXISTANTE CONFIEE AU REPRESENTANT (NON).,* VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - CONGEDIEMENT - INDEMNITES -  INDEMNITE DE CLIENTELE - CONDITIONS - PERTE DE LA CLIENTELE -  PREJUDICE - NECESSITE.,* VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - CONGEDIEMENT - INDEMNITES -  INDEMNITE DE CLIENTELE - CONDITIONS - PERTE DE LA CLIENTELE - PERTE  IMPUTABLE A L'EMPLOYEUR AVANT L'ENTREE EN FONCTION DU REPRESENTANT (NON).