# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 8 avril 2005, 264371, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008210964
**Date de décision:** 2005-04-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008210964

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 février 2004  au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 17 décembre 2003 par lequel le conseiller   délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 5 septembre 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de M. A  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. A devant ledit  tribunal  ; 
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des  libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Jean-Pierre Jouguelet, Conseiller d'Etat,  
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                - les conclusions de M. Didier Casas, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée dans sa rédaction alors en vigueur  : Le  représentant de l'Etat dans le département  et à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  :  (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un  titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  ; qu'il ressort des  pièces du dossier que M. A s'est maintenu sur  le territoire plus d'un mois après la notification   de la décision du 16 juin 2003 par laquelle le PREFET DE POLICE a refusé de lui  délivrer un titre de séjour  ; qu'il entrait ainsi dans le cas prévu au  3° du I de l'article 22 précité où le préfet peut légalement ordonner la  reconduite d'un étranger à la frontière  ;   
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                  Considérant toutefois que selon l'article 12 bis de la même ordonnance  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ;
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                Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25  de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne  peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il s'agisse d'un arrêté d'expulsion pris selon la procédure normale ou d'un arrêté de  reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger  que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des  règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de  séjour, cette circonstance fait obstacle  à ce qu'il puisse légalement  être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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                Considérant que M. A, de nationalité congolaise, qui fait état d'une entrée en France le 5 octobre 1992, prétend y résider  habituellement depuis cette date  ; que, s'il produit pour les années 1994 à 1996 plusieurs attestations d'un même médecin, quelques factures et documents se présentant comme émanant d'établissements hospitaliers, ces documents ne  présentent pas un caractère suffisamment probant  ; que, par suite, en l'absence de justificatifs de la résidence habituelle en France de l'intéressé depuis plus de dix ans, le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a estimé que M. A était dans la situation de bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en application des dispositions précitées de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 et que cette circonstance faisait obstacle à ce que l'intéressé puisse être reconduit à la frontière  ; 
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                Considérant toutefois qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de  l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen présenté par M. A à l'appui des conclusions de sa demande de  première instance tendant à l'annulation de l'arrêté décidant sa reconduite à la frontière  ;
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                  Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de  sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1°  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son  domicile et de sa correspondance  ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une  autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui,  dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à  la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de  l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de  la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés  d'autrui  ;
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                  Considérant que si, au soutien de sa demande dirigée contre l'arrêté du PREFET DE POLICE ordonnant sa reconduite à la frontière, M. A a fait  valoir qu'il est père d'un enfant vivant en France avec sa mère, il ne résulte pas des pièces du dossier que compte tenu des  circonstances de l'espèce, notamment des conditions de séjour de M. A et de ce que ce dernier n'établit pas subvenir aux besoins de cet enfant, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la  frontière, l'arrêté du PREFET DE POLICE  du 5 septembre 2003 ait  porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une  atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit  arrêté et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la  convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des  libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET  DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le  jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal  administratif de Paris a annulé son arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. A  ;
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     Article 1er  : Le jugement du 17 décembre 2003 du magistrat délégué par le président du  tribunal administratif de Paris est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par M. A devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. A et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**