# COUR DE CASSATION, Chambre sociale, du 15 décembre 1961, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006957657
**Date de décision:** 1961-12-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006957657

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 23, DU LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL ET DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, PAR DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, - EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, CONFIRMANT LA DECISION DU PREMIER JUGE, A RECONNU A LA DAME CARON Z... Y... PAR LA COMPAGNIE ROUENNAISE DE LINOLEUM, LE DROIT A UNE INDEMNITE DE PREAVIS ET A UNE INDEMNITE DE LICENCIEMENT, APRES AVOIR CEPENDANT CONSTATE QUE DAME X... AVAIT INJURIE SES SUPERIEURS ET QU'ELLE NE RESPECTAIT PAS LES HORAIRES DU TRAVAIL, AUX MOTIFS QUE LES INJURES PROFEREES NE CONSTITUAIENT QU'UN FAIT ISOLE, AUQUEL L'EMPLOYEUR AVAIT PASE OUTRE, ET QUE LES RETARDS REITERES AVAIENT ETE TOLERES AU COURS DE PLUSIEURS ANNEES ET POUVAIENT SE JUSTIFIER PAR LA NATURE DE L'EMPLOI, ALORS D'UNE PART, QUE LA COUR D'APPEL A OMIS DE S'EXPLIQUER SUR LE FAIT QUE DAME X... N'AVAIT PAS ADRESSE D'EXCUSES AU DIRECTEUR COMMERCIAL QU'ELLE AVAIT INJURIE AINSI QUE SUR LES INJURES QU'ELLE AVAIT PROFEREES A L'ENCONTRE DU DIRECTEUR GENERAL LUI-MEME, QUELQUES INSTANTS AVANT SON LICENCIEMENT, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE SI L'EMPLOYEUR AVAIT PU TOLERER LES ECARTS D'HORAIRE IL AVAIT MIS FIN A CETTE TOLERANCE PAR DES OBSERVATIONS REITEREES, LES ABUS CONSTATES PAR L'ARRET N'AYANT D'AILLEURS JAMAIS ETE COMPENSES PAR DES HEURES SUPPLEMENTAIRES ET SE TRADUISANT PAR UN REFUS D'OBEISSANCE CONTINU ET PREJUDICIABLE A L'ENTREPRISE, QUI CONSTITUAIT NECESSAIREMENT UNE FAUTE DONT LA GRAVITE A ETE INDUMENT SOUS-ESTIMEE PAR LES JUGES ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE CONFIRMATIF, PAR MOTIFS PROPRES ET ADOPTION DE CEUX DES PREMIERS JUGES, CONSTATE QUE DAME CARON B... A..., FAISANT FONCTIONS DE SECRETAIRE DE DIRECTION AU SERVICE DE LA SOCIETE ROUENNAISE DE LINOLEUM A ETE LICENCIEE SUR LE CHAMP LE 16 JUIN 1958 PAR L'ADMINISTRATEUR;<br>
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 QUE L'ENQUETE DILIGENTEE EN PREMIERE INSTANCE POUR RECHERCHER LES FAITS IMPUTES A FAUTE PAR L'EMPLOYEUR N'A PAS ETABLI LES INJURES ALLEGUEES AVOIR ETE PROFEREES QUELQUES INSTANTS AVANT LE LICENCIEMENT, QUE PAR CONTRE EN FEVRIER 1958, LA DAME X... AVAIT TENU DES PROPOS INJURIEUX A L'EGARD DU DIRECTEUR COMMERCIAL SANS ADRESSER ENSUITE LA LETTRE D'EXCUSES PROMISE ALORS, QUE DEPUIS DE NOMBREUSES ANNEES ELLE AVAIT MANQUE D'EXACTITUDE DANS SES HEURES D'ARRIVEE AU BUREAU QUE MALGRE CETTE SITUATION ET BIEN QU'ELLE N'EUT PAS ENVOYE LA LETTRE D'EXCUSES, LA DAME X... AVAIT ETE MAINTENUE DANS SON EMPLOI DE SECRETAIRE DE DIRECTION, QU'A CE TITRE, ELLE ETAIT APPELEE A ASSURER L'INTERIM DU CHEF DES SERVICES DES ACHATS, ET N'ETAIT PAS ASSIMILEE AU PERSONNEL SUBALTERNE TENU A UNE STRICTE OBSERVATION DES HORAIRES DE TRAVAIL QUE LES FAUTES ETABLIES A L'ENCONTRE D'UNE Z... DE DIRECTION COMPTANT 10 ANS D'ANCIENNETE ET TOLEREES JUSQU'ALORS NE REVETAIENT PAS UN CARACTERE DE GRAVITE SUFFISANT POUR DISPENSER L'EMPLOYEUR DE PAYER UN PREAVIS ET L'INDEMNITE DE CONGEDIEMENT ;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DES CONSTATATIONS QUI FAISAIENT RESSORTIR QUE L'EMPLOYEUR N'AVAIT PAS ETABLI A L'ENCONTRE DE SON Z... UN FAIT PRECIS, NOUVEAU, RENDANT INTOLERABLE LE 16 JUIN 1958 LE MAINTIEN DU CONTRAT DE TRAVAIL PENDANT LA DUREE DU PREAVIS, LES JUGES DU FOND ONT DONNE UNE BASE LEGALE A LEUR DECISION ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 11 DECEMBRE 1959 PAR LA COUR D'APPEL DE ROUEN. NO 60-40.681. COMPAGNIE ROUENNAISE DE LINOLEUM C/ DAME X.... PRESIDENT : M. VERDIER. - RAPPORTEUR : M. BAULET. - AVOCAT GENERAL : M. LINDON. - AVOCAT : M. GIFFARD.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** LORSQU'IL EST CONSTATE QUE LES SEULES FAUTES ETABLIES A L'ENCONTRE D'UNE SECRETAIRE DE DIRECTION, CONGEDIEE APRES DIX ANS DE SERVICES, CONSISTAIENT EN DES PROPOS INJURIEUX A L'EGARD D'UN DIRECTEUR, PROFERES PLUSIEURS MOIS AUPARAVANT, ET UN MANQUE D'EXACTITUDE POUVANT S'EXPLIQUER PAR LE FAIT QU'ELLE ASSURAIT L'INTERIM D'UN CHEF DE SERVICE ET N'ETAIT DONC PAS TENUE A UN HORAIRE STRICT, LES JUGES DU FOND PEUVENT ESTIMER QUE CES FAUTES, TOLEREES PAR L'EMPLOYEUR, NE RENDAIENT PAS IMPOSSIBLE LE MAINTIEN DU CONTRAT DE TRAVAIL PENDANT LA DUREE DU PREAVIS ET NE POUVAIENT LA PRIVER DE L'INDEMNITE DE LICENCIEMENT.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL  - CONGEDIEMENT  - INDEMNITES  - DELAI-CONGE - FAUTE DU SALARIE  - GRAVITE  - TOLERANCE PROLONGEE DE L'EMPLOYEUR