# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 6ème chambre - formation à 3, 08/02/2010, 08MA00281, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021880097
**Date de décision:** 2010-02-08
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 6ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021880097

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 21 janvier 2008, présentée pour M. Samir A, demeurant chez ..., par Me Barry ; <br>
<br>
       M. A demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0706792 du 20 décembre 2007 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 1er octobre 2007 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;<br>
<br>
       2°) d'annuler ladite décision ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches du Rhône de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours suivant la notification du présent arrêt, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;<br>
<br>
       4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Bouches du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention  étudiant  dans un délai de quinze jours suivant la notification du présent arrêt, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;<br>
<br>
       5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
       ............................................................................................................................. <br>
<br>
       Vu la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
        Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ; <br>
<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 27 janvier 2009 fixant la liste des tribunaux administratifs et cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ; <br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 11 janvier 2010 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme E. Felmy, rapporteur, <br>
<br>
       - et les conclusions de M. Marcovici, rapporteur public ;<br>
<br>
       Considérant que M. A, de nationalité marocaine, interjette appel du jugement par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 1er octobre 2007 par laquelle le préfet des Bouches du Rhône a rejeté la demande de titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale , formée sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et l'a obligé à quitter le territoire français ; <br>
<br>
<br>
       Sur la légalité de la décision attaquée :<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et des libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article L. 313 - 11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : ... 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus  ;<br>
<br>
       Considérant que M. A, âgé de dix-neuf ans à la date de la décision attaquée, est entré en France en 2003 ; qu'il a été hébergé depuis cette date chez sa tante maternelle et son oncle, auxquels la tutelle légale a été confiée alors qu'il avait dix sept ans par le tribunal de Meknès le 1er novembre 2005 en vertu d'un acte de recueil légal, dit  kafala , et qui a fait l'objet d'un jugement d'exequatur rendu par le Tribunal de grande instance de Tarascon le 13 février 2006 ; qu'il est célibataire et sans enfant ; qu'eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment à la faible durée de sa résidence sur le territoire français, à l'âge auquel M. A a bénéficié d'une kafala et des attaches qu'il conserve dans son pays d'origine, le refus de séjour en litige n'a pas, à la date de la décision attaquée et nonobstant sa scolarisation, porté à son droit au respect de la vie privée et familiale, au sens des stipulations précitées, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ; <br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ;<br>
<br>
<br>
<br>
       Sur l'injonction et l'astreinte :<br>
<br>
       Considérant que la présente décision n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ; qu'il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant ;<br>
<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, les frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens ; que les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent, dès lors, être rejetées ;<br>
<br>
<br>
       DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Samir A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
3<br>
N° 08MA00281<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**