# Cour administrative d'appel de Paris, 8ème chambre , 20/04/2015, 14PA03517, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030509604
**Date de décision:** 2015-04-20
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 8ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030509604

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. B... A...a demandé au Tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2014 du préfet de police lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à la frontière à l'expiration de ce délai.<br>
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       Par un jugement n° 1401998 du 23 mai 2014, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
       Par une requête, enregistrée le 2 août 2014, M. A..., représenté par Me C..., demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1401998 du 23 mai 2014 du Tribunal administratif de Paris ;<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de police du 10 janvier 2014 ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de  1 500 euros à verser à son avocat, Me C..., au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - le jugement est entaché d'irrégularité dès lors que les premiers juges n'ont pas visé son mémoire complémentaire du 8 avril 2014 et ne l'ont pas pris en compte ; <br>
       - eu égard à la gravité de son état de santé et à l'absence de prise en charge appropriée au Sénégal, le préfet de police a méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions ; <br>
       - de la même façon, l'obligation de quitter le territoire méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.<br>
       La requête a été communiquée le 10 septembre 2014 au préfet de police, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.<br>
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       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal de grande instance de Paris du 17 juillet 2014.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Dhiver a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. A..., ressortissant sénégalais, a sollicité un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 10 janvier 2014, le préfet de police a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office à l'issue de ce délai. M. A... fait appel du jugement du 23 mai 2014 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
       Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
       2. Il ressort de la minute du jugement attaqué que les premiers juges ont visé et analysé l'ensemble des mémoires que M. A...avait produits devant le Tribunal administratif de Paris, notamment son mémoire enregistré le 8 avril 2014.<br>
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       Sur la légalité de l'arrêté contesté :<br>
       3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) 11°: A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle appréciée par l'autorité administrative après avis du directeur général de l'agence régionale de santé, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis (...), à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police. (...) ".<br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier que M. A...souffre de céphalées chroniques entraînant des insomnies et des crises d'anxiété, et qu'il bénéficie pour cette pathologie d'un suivi médical à l'hôpital Lariboisière. Dans son avis du 21 novembre 2013, le médecin, chef du service médical de la préfecture de police, a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il a, par ailleurs, considéré que M. A...pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Si le requérant produit plusieurs certificats médicaux, les éléments contenus dans ces documents ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le médecin, chef du service médical de la préfecture de police quant aux conséquences d'un défaut de prise en charge médicale. En outre, ni ces documents ni les extraits d'un rapport de l'association Human rights watch et d'une revue de presse médicale relatifs à la prise en charge de la douleur au Sénégal ne sont susceptibles d'établir que M. A...ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans ce pays. Il s'ensuit que le préfet de police n'a pas fait une inexacte application des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à M. A... le titre de séjour qu'il sollicitait sur le fondement de ces dispositions.<br>
       5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".<br>
       6. M.A..., qui indique séjourner en France depuis 2010, est célibataire et sans charge de famille. Si le requérant fait état de la présence en France de plusieurs oncles, tantes et cousins, il ressort des pièces du dossier qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a par ailleurs vécu jusqu'à l'âge au moins de 26 ans. Dans les circonstances de l'espèce, la décision refusant à M. A... la délivrance d'un titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français dont cette décision a été assortie n'ont pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises et n'ont ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
       7. En troisième lieu, eu égard à ce qui a été exposés aux points 4 et 6 ci-dessus, M. A... n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police aurait fait une appréciation manifestement erronée de sa situation en prenant son arrêté du 10 janvier 2014.<br>
       8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : (...) 10° L'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi (...) ". Ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de M. A...nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été faite méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 doit être écarté.<br>
       9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M.  B...A...et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de police.<br>
Délibéré après l'audience du 7 avril 2015, à laquelle siégeaient :<br>
- M. Lapouzade, président de chambre,<br>
- M. Marino, président assesseur,<br>
- Mme Dhiver, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 20 avril 2015.<br>
Le rapporteur,<br>
M. DHIVERLe président,<br>
J. LAPOUZADE<br>
Le greffier,<br>
A. CLEMENT<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 14PA03517<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03-04 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour. Motifs.