# CAA de LYON, 6ème chambre - formation à 3, 08/02/2018, 17LY02745, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000036636929
**Date de décision:** 2018-02-08
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 6ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000036636929

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A...B...a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 2 mars 2017 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. <br>
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       Par un jugement n° 1701843 du 30 mai 2017, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa requête.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 13 juillet 2017, M.B..., représenté par Me Vernet, demande à la cour : <br>
       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 30 mai 2017 susmentionné ; <br>
       2°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2017 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ; <br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de l'arrêt à intervenir ;  <br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Il soutient que :<br>
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       Sur la décision de refus de titre de séjour : <br>
       - l'arrêté préfectoral du 2 mars 2017 méconnaît l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle et familiale ;<br>
       Sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination : <br>
       - les décisions sont illégales en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ; <br>
       - les décisions méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales <br>
       - les décisions sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle et familiale ;<br>
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       M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juillet 2017.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
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       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;<br>
       - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 9l-647du l0 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. Carrier, <br>
       - et les observations de Me Vernet, avocat de M.B....<br>
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       1. Considérant que M.B..., ressortissant algérien né en 1998, est entré en France en février 2015 sous couvert d'un visa de court séjour ; qu'il a présenté le 1er juillet 2015 une demande de titre de séjour sur le fondement du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; que, par arrêté du 2 mars 2017, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi ; que, par jugement du 30 mai 2017, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa requête contre l'arrêté du 2 mars 2017 susmentionné ; que M. B...demande à la cour l'annulation de ce jugement ; <br>
       Sur la décision de refus de titre de séjour :<br>
       2. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance..."  et qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : " (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : (...) 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) " ; <br>
       3. Considérant que M. B...fait valoir que son père est de nationalité française, que sa mère bénéficie d'un titre de séjour et qu'une partie de ses frères et soeurs résident en France ; que, toutefois, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas à l'étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie privée et familiale ; qu'en l'espèce, le requérant, célibataire majeur sans enfant, a résidé pendant 17 ans en Algérie jusqu'à son arrivée en France en février 2015 ; que, jusqu'à cette date, il n'avait jamais vécu avec son père ; que, par ailleurs, il a été séparé de sa mère à la suite de son départ en France en 2014 ; qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident notamment une partie de ses frères et soeurs ; que s'il soutient qu'il dépend financièrement de ses parents, cette circonstance n'est pas de nature à elle seule à lui ouvrir un droit au séjour alors au demeurant qu'il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il serait dans l'impossibilité de subvenir à ses besoins ; qu'ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment à la durée et aux conditions de séjour de l'intéressé en France, le préfet en adoptant l'arrêté attaqué n'a pas porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel elle a été prise ; qu'il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié doivent être écartés ; que, dans les circonstances susrappelées, le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur la situation personnelle et familiale de l'intéressé ; <br>
       Sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination : <br>
       4. Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de l'examen de la légalité de la décision de refus de titre de séjour que M. B...n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre les décisions susvisées ; <br>
       5. Considérant, en second lieu, qu'il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle et familiale ne peuvent être accueillis ; <br>
       6. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande ; que les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence ; <br>
DECIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.<br>
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Délibéré après l'audience du 18 janvier 2018, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Pommier, président de chambre,<br>
M. Carrier, président-assesseur,<br>
Mme Caraës, premier conseiller.<br>
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Lu en audience publique, le 8 février 2018.<br>
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N° 17LY02745<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.