# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 14 mai 1965, 62-10.065, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006969811
**Date de décision:** 1965-05-14
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006969811

## Contenu de la décision

<p>SUR LE PREMIER MOYEN : </p>
<p>ATTENDU QUE LE POURVOI REPROCHE A L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE, QUI A DECIDE QUE DEMOISELLE B... N'ETAIT PAS OBLIGATOIREMENT ASSUJETTIE AU REGIME GENERAL DE LA SECURITE SOCIALE, D'AVOIR ETE RENDU SANS QUE LADITE DEMOISELLE AIT EU CONNAISSANCE DE CONCLUSIONS DEPOSEES EN COURS DE DELIBERE PAR LA SOCIETE CENTRE NATIONAL DES INDUSTRIES ET TECHNIQUES (CNIT) ET SANS, PAR CONSEQUENT, QUE LEUR DISCUSSION AIT PU AVOIR LIEU ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LE DOCUMENT INCRIMINE CONSTITUE SEULEMENT UNE NOTE EN DELIBERE SUR LE CONTENU DE LAQUELLE LA COUR D'APPEL N'A AUCUNEMENT FONDE SA DECISION ; </p>
<p>QU'AINSI IL N'A PAS ETE NUI AUX DROITS DE LA DEFENSE ; </p>
<p>D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; </p>
<p>SUR LE SECOND MOYEN, PRIS EN SES DIVERSES BRANCHES : </p>
<p>ATTENDU QUE LE POURVOI FAIT GRIEF A L'ARRET CRITIQUE D'AVOIR, EN DECLARANT QUE LE LIEN DE SUBORDINATION QUI CARACTERISE LE LOUAGE DE SERVICES, NE POUVAIT ETRE DEDUIT DES TERMES DE LA CONVENTION INTERVENUE ENTRE LE CNIT ET DEMOISELLE B..., DENATURE, TANT UNE LETTRE DU 17 FEVRIER 1957 QUI MATERIALISAIT LADITE CONVENTION QU'UNE LETTRE DU 16 MAI SUIVANT, ET FAUSSEMENT APPLIQUE CETTE CONVENTION EN LUI RECONNAISSANT LA NATURE D'UN CONTRAT D'ENTREPRISE, ALORS QU'ELLE S'ANALYSERAIT EN UN CONTRAT DE TRAVAIL DE CHEF MONTEUR D'UN FILM CINEMATOGRAPHIQUE QUI DEVAIT ETRE PRODUIT PAR LE CNIT ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL RELEVE QU'IL RESSORT DE LA CORRESPONDANCE ECHANGEE ENTRE LE CNIT ET DEMOISELLE B..., DONT LES DEUX LETTRES INVOQUEES, QUE LADITE DEMOISELLE AVAIT ETE CHARGEE PAR LE CNIT, EN RAISON DE SES CONNAISSANCES TECHNIQUES ET ARTISTIQUES EN MATIERE DE CINEMA, DE COMPOSER UN FILM DESTINE A RETRACER LES DIVERSES PHASES DE L'EDIFICATION DU PALAIS DES EXPOSITIONS ET, CE, MOYENNANT UN PRIX FORFAITAIRE CONVENU A L'AVANCE, AVEC FACULTE PAR DEMOISELLE B... DE FAIRE FIGURER SON NOM SUR LE GENERIQUE EN QUALITE DE REALISATEUR ; </p>
<p>QUE LES JUGES DU FOND OBSERVENT QU'UNE TELLE CONVENTION CONSTITUAIT, EN SES TERMES, LA COMMANDE D'UN OUVRAGE DETERMINE POUR UNE SOMME GLOBALE ET QUE DEMOISELLE B... L'ENTENDAIT ELLE-MEME AINSI PUISQUE, PAR LETTRE DU 29 DECEMBRE 1957, ELLE DEMANDAIT UN NOUVEL ACOMPTE A VALOIR SUR LA REALISATION DU FILM ; </p>
<p>QU'ILS REMARQUENT EGALEMENT QUE LE FAIT QUE LE CNIT AVAIT MIS A LA DISPOSITION DE LADITE DEMOISELLE DIVERS MOYENS MATERIELS DESTINES A LUI PERMETTRE DE REALISER LE TRAVAIL DE CREATION ET DE COMPOSITION QUI LUI ETAIT DEMANDE, NE POUVAIT CARACTERISER UN LIEN DE SUBORDINATION ENTRE ELLE ET LE CNIT, CAR ELLE RESTAIT LE MAITRE DE LA REALISATION DE SON OEUVRE ; </p>
<p>QU'ILS AJOUTENT QUE, SI DEMOISELLE B... A EU A SE RENDRE A DES REUNIONS, C'EST PARCE QUE, IGNORANTE DE LA TECHNIQUE PARTICULIERE DE LA CONSTRUCTION NOUVELLE, ELLE DEVAIT NECESSAIREMENT ETRE INFORMEE DU DEROULEMENT DES TRAVAUX ET DE L'IMPORTANCE D'UN EVENEMENT PAR RAPPORT A UN AUTRE ; </p>
<p>QU'ENFIN, ILS PRECISENT QUE, SI ELLE A DU FAIRE DES RETOUCHES AU FILM, COMME ELLE L'ALLEGUE, IL NE RESULTE D'AUCUNE PIECE DU DOSSIER QU'ELLE Y AIT PROCEDE SUR LES INJONCTIONS DU CNIT. ATTENDU QUE, DE CES CONSTATATIONS ET ENONCIATIONS, QUI SE RAPPORTENT TANT AUX TERMES DE LA CONVENTION INTERVENUE, QU'AUX CIRCONSTANCES DE SON EXECUTION, LES JUGES DU FOND, QUI N'ETAIENT PAS TENUS DE SUIVRE LES PARTIES DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, ONT PU DEDUIRE, HORS DE TOUTE DENATURATION, QUE DEMOISELLE B... N'ETAIT PAS LIEE A LA SOCIETE CNIT PAR UN LIEN DE SUBORDINATION D'EMPLOYE A EMPLOYEUR ET N'ETAIT PAS, PAR SUITE, AFFILIEE OBLIGATOIREMENT AUX ASSURANCES SOCIALES ; </p>
<p>QU'AINSI LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS : </p>
<p>REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 7 DECEMBRE 1960 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS. N° 62-10 065. DEMOISELLE B... C/ SOCIETE ANONYME CENTRE NATIONAL DES INDUSTRIES ET DES TECHNIQUES ET AUTRE. </p>
<p>PRESIDENT : M DROUILLAT-RAPPORTEUR : M PAPOT-AVOCAT GENERAL : M SCHMELCK-AVOCATS : MM BOULOCHE ET CHAREYRE. </p>
<p>A RAPPROCHER : </p>
<p>SUR LE N° 1 : 24 NOVEMBRE 1960, BULL 1960, II, N° 710, P 485. </p>
<p>SUR LE N° 2 : 29 NOVEMBRE 1962, BULL 1962, IV, N° 861, P 713.</p>

## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° DOIT ETRE ECARTE LE MOYEN FAISANT GRIEF AUX JUGES DU FOND D'AVOIR STATUE SANS QUE LE DEMANDEUR AU POURVOI AIT EU CONNAISSANCE DE CONCLUSIONS DEPOSEES PAR SON ADVERSAIRE EN COURS DE DELIBERE DES LORS QUE LE DOCUMENT INCRIMINE CONSTITUE SEULEMENT UNE NOTE EN DELIBERE SUR LE CONTENU DE LAQUELLE LES JUGES N'ONT NULLEMENT FONDE LEUR DECISION ET QU'AINSI IL N'A PAS ETE NUI AUX DROITS DE LA DEFENSE.,2° UNE COUR D'APPEL EST FONDEE A ECARTER L'AFFILIATION OBLIGATOIRE A LA SECURITE SOCIALE D'UNE PERSONNE QUI AVAIT ETE CHARGEE PAR UN ORGANISME DE COMPOSER UN FILM DOCUMENTAIRE, APRES AVOIR RELEVE QUE L'INTERESSE AVAIT, EN RAISON DE SES CONNAISSANCES TECHNIQUES ET ARTISTIQUES EN MATIERE DE CINEMA, RECU COMMANDE D'UN OUVRAGE DETERMINE MOYENNANT UN PRIX FORFAITAIRE, QUE LE FAIT QUE L'ORGANISME AVAIT MIS A SA DISPOSITION DIVERS MOYENS MATERIELS DESTINES A LUI PERMETTRE DE REALISER SON TRAVAIL NE POUVAIT CARACTERISER UN LIEN DE SUBORDINATION ENTRE LUI ET CET ORGANISME CAR IL RESTAIT LE MAITRE DE LA REALISATION DE SON OEUVRE, QUE S'IL A DU SE RENDRE A DES REUNIONS C'EST POUR S'INFORMER DU DEROULEMENT DES TRAVAUX DONT LE FILM RETRACE LES DIVERSES PHASES ET QUE SI IL A DU FAIRE DES RETOUCHES AU FILM IL N'EST PAS ETABLI QU'IL Y AIT PROCEDE SUR L'INJONCTION DE L'ORGANISME AVEC LEQUEL IL AVAIT TRAITE.
**Mots-clés:** 1° PROCEDURE CIVILE ET COMMERCIALE - DROITS DE LA DEFENSE - VERSEMENT DE PIECES - VERSEMENT AU COURS DE DELIBERE - NOTE EN DELIBERE - DECISION NON FONDEE SUR CETTE NOTE,2° SECURITE SOCIALE - ASSUJETTIS - REALISATEUR DE FILM