# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 12 juin 1969, 69-CS.131, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007057698
**Date de décision:** 1969-06-12
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007057698

## Contenu de la décision

REJET DES POURVOIS FORMES PAR : 1° X... (JEAN PIERRE);<br>
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2° Y... (JOEL);<br>
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3° Z... (HENRI);<br>
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4° A... (JEAN-HENRI);<br>
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5° B... (MOHAMED);<br>
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6° C... (JEAN CLAUDE);<br>
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7° D... (JEAN MICHEL);<br>
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8° E... (JEAN JACQUES), CONTRE UN ARRET DE LA COUR DE SURETE DE L'ETAT EN DATE DU 18 DECEMBRE 1968, QUI LES A CONDAMNES : X... ET Y..., A QUATRE ANNEES D'EMPRISONNEMENT CHACUN;<br>
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Z... ET A..., A TROIS ANS D'EMPRISONNEMENT CHACUN;<br>
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B..., C..., D... ET E..., A DEUX ANS D'EMPRISONNEMENT CHACUN POUR VOLS ET COMPLICITE, TENTATIVE D'INCENDIE VOLONTAIRE ET COMPLICITE, TENTATIVE DE DESTRUCTION D'EDIFICE ET COMPLICITE, DETENTION D'ENGINS INCENDIAIRES ET D'EXPLOSIFS, ASSOCIATION DE MALFAITEURS LA COUR, VU LA CONNEXITE JOIGNANT LES POURVOIS;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 36, ALINEAS 2 ET 42, ALINEA 1ER DE LA LOI N° 63-23 DU 15 JANVIER 1963, 593 ET 698 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE REPONSE AUX CONCLUSIONS REGULIEREMENT DEPOSEES, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE LA COUR, SAISIE DE CONCLUSIONS D'INCOMPETENCE DE LA JURIDICTION, LES A REJETEES, AUX MOTIFS QUE LES ACCUSES SOUTENAIENT N'AVOIR PAS VOULU SUBSTITUER UNE AUTORITE ILLEGALE A L'AUTORITE DE L'ETAT, QU'IL S'AGISSAIT LA D'UNE APPRECIATION DES FAITS ET QUE LA COUR STATUERAIT SUR LA COMPETENCE EN REPONDANT AUX QUESTIONS POSEES;<br>
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 "ALORS QUE LES ACCUSES SOUTENAIENT QUE LE REQUISITOIRE DEFINITIF NE CARACTERISAIT PAS EN DROIT LA VOLONTE DES ACCUSES DE SUBSTITUER UNE AUTORITE ILLEGALE A L'AUTORITE DE L'ETAT ET QUE LA COUR DE SURETE DE L'ETAT, FAUTE DE S'EXPLIQUER DANS SON ARRET INCIDENT SUR LA VALEUR DU MOYEN JURIDIQUE AINSI DEDUIT, NE PERMET PAS A LA COUR DE CASSATION D'EXERCER SON CONTROLE SUR LA LEGALITE DE LA DECISION";<br>
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ATTENDU QU'AVANT TOUT DEBAT AU FOND, LES DEMANDEURS ONT DEPOSE DES CONCLUSIONS SOULEVANT L'INCOMPETENCE DE LA COUR DE SURETE DE L'ETAT AU MOTIF "QU'ILS CONTESTAIENT FORMELLEMENT AVOIR VOULU SUBSTITUER UNE AUTORITE ILLEGALE A L'AUTORITE DE L'ETAT";<br>
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 ATTENDU QUE PAR UN ARRET INCIDENT, LA COUR DE SURETE A DECLARE QU'IL S'AGISSAIT LA, DE L'APPRECIATION DES FAITS OBJET DE L'ACCUSATION ET QU'IL Y SERAIT STATUE PAR LA REPONSE AUX QUESTIONS POSEES SUR LE FOND;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DESDITES CONCLUSIONS QUI, POUR DENIER LA RELATION DES FAITS INCRIMINES AVEC UNE ENTREPRISE TENDANT A SUBSTITUER UNE AUTORITE ILLEGALE A L'AUTORITE DE L'ETAT, SE FONDAIENT EXCLUSIVEMENT SUR L'INTENTION DES ACCUSES QUANT AU BUT RECHERCHE, LA COUR DE SURETE NE POUVAIT SE PRONONCER AUTREMENT QU'ELLE L'A FAIT;<br>
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 QU'EN STATUANT SUR CE POINT PREALABLEMENT A UNE DECISION SUR LA CULPABILITE, ELLE AURAIT EN EFFET NECESSAIREMENT PREJUGE CELLE-CI;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
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 SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION COMMUN A TOUS LES DEMANDEURS, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 36, ALINEAS 2 ET 37 DE LA LOI N° 63-23 DU 15 MARS 1963, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, VIOLATION DES DROITS DE LA DEFENSE, "EN CE QUE LES QUESTIONS POSEES A LA COUR DE SURETE DE L'ETAT PORTAIENT A LA FOIS SUR LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DES INFRACTIONS ET SUR LE BUT POLITIQUE POURSUIVI PAR LES ACCUSES, BUT JUSTIFIANT LA COMPETENCE DE LA JURIDICTION;<br>
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 "ALORS QUE CERTAINS ACCUSES AYANT SOULEVE PAR CONCLUSIONS L'INCOMPETENCE DE LA JURIDICTION, IL INCOMBAIT A LA COUR DE SURETE DE L'ETAT DE STATUER PAR QUESTIONS SEPAREES SUR LA COMPETENCE ET QUE, FAUTE DE L'AVOIR FAIT, ELLE A VIOLE LES DROITS DE LA DEFENSE";<br>
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 ATTENDU QUE POUR CHACUN DES ACCUSES ET POUR CHACUN DES CRIMES ET DELITS QUI LEUR ETAIENT IMPUTES, A ETE POSEE UNE QUESTION REUNISSANT LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE CES INFRACTIONS ET L'INDICATION QUE CELLES-CI ONT ETE COMMISES EN RELATION AVEC UNE ENTREPRISE INDIVIDUELLE OU COLLECTIVE TENDANT A SUBSTITUER UNE AUTORITE ILLEGITIME A L'AUTORITE DE L'ETAT;<br>
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 QUE LES QUESTIONS AINSI POSEES QUI REUNISSENT AVEC LES ELEMENTS LEGAUX DE L'INFRACTION LA JUSTIFICATION DE LA COMPETENCE DE LA COUR DE SURETE DE L'ETAT DANS LES TERMES DE L'ARTICLE 698C DU CODE DE PROCEDURE PENALE NE SONT ENTACHEES D'AUCUNE COMPLEXITE;<br>
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 QU'EN EFFET, LA SEULE COMPLEXITE PROHIBEE EST CELLE QUI CONSISTE A COMPRENDRE DANS UNE MEME QUESTION SOIT DEUX CHEFS D'ACCUSATION DISTINCTS, SOIT UN FAIT PRINCIPAL ET UNE CIRCONSTANCE AGGRAVANTE, SOIT PLUSIEURS CIRCONSTANCES AGGRAVANTES;<br>
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 QU'IL N'Y A EU, EN L'ESPECE, NI VIOLATION DES TEXTES VISES AU MOYEN, NI ATTEINTE AUX DROITS DE LA DEFENSE;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
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ET ATTENDU QUE LA PROCEDURE EST REGULIERE ET QUE LES PEINES ONT ETE LEGALEMENT APPLIQUEES AUX FAITS DECLARES CONSTANTS PAR LA COUR DE SURETE DE L'ETAT;<br>
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 REJETTE LES POURVOIS PRESIDENT : M COMTE - RAPPORTEUR : M CHAPAR - AVOCAT GENERAL : M BARC - AVOCATS : MM LYON-CAEN ET SOURDILLAT<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Lorsque, pour contester la compétence de la Cour de sûreté de l'Etat en déniant la relation des faits incriminés avec une entreprise tendant à substituer une autorité illégale à l'autorité de l'Etat, les accusés se fondent exclusivement sur leur intention quant au but recherché, la Cour de sûreté ne peut se prononcer sur ce point préalablement à une décision sur la culpabilité sans préjuger de celle-ci.,La seule complexité prohibée est celle qui consiste à comprendre dans une même question soit deux chefs d'accusation distincts, soit un fait principal et une circonstance aggravante, soit plusieurs circonstances aggravantes.          N'est pas entachée de complexité la question réunissant les éléments constitutifs des infractions poursuivies et l'indication que celles-ci ont été commises en relation avec une entreprise individuelle ou collective tendant à substituer une autorité illégitime à l'autorité de l'Etat.
**Mots-clés:** 1) COUR DE SURETE DE L'ETAT - Compétence - Exception d'incompétence - Appréciation du but recherché par les accusés - Arrêt incident,* COUR DE SURETE DE L'ETAT - Arrêt - Arrêt incident - Exception d'incompétence - Appréciation du but recherché par les accusés.,* COUR DE SURETE DE L'ETAT - Compétence - Appréciation du but recherché par les accusés - Arrêt incident.,2) COUR DE SURETE DE L'ETAT - Questions - Complexité - Définition