# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 7 janvier 1971, 70-10.062, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006984363
**Date de décision:** 1971-01-07
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006984363

## Contenu de la décision

<p>SUR LES DEUX MOYENS REUNIS : ATTENDU QUE LE 8 SEPTEMBRE 1965, X..., OUVRIER CHARPENTIER COFFREUR AU SERVICE DE L'ENTREPRISE RENAUD, TRAVAILLAIT A AGEN, AU 4E ETAGE D'UN IMMEUBLE EN CONSTRUCTION, AU COFFRAGE D'UNE CORNICHE FAISANT SUITE AU PLAFOND, ET, AVEC L'AIDE D'UN AUTRE OUVRIER, DEPLACAIT DES MADRIERS D'UN POIDS DE 35 KG ENVIRON POUR LES DISPOSER SUR DES SUPPORTS EN BOIS PERPENDICULAIRES A LA CONSTRUCTION ; </p>
<p>QUE SON COMPAGNON DE TRAVAIL S'ETANT MOMENTANEMENT ABSENTE, X... A CHARGE UN MADRIER SUR SON EPAULE ET L'A LAISSE TOMBER SUR LE PLANCHER ; </p>
<p>QUE POUR EVITER D'ETRE HEURTE IL A PORTE SON PIED GAUCHE EN ARRIERE DANS LE VIDE ET A FAIT UNE CHUTE D'UNE HAUTEUR DE 13 METRES, DES SUITES DE LAQUELLE IL EST DECEDE ; </p>
<p>ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR DECLARE QUE L'ENTREPRISE RENAUD AVAIT COMMIS UNE FAUTE INEXCUSABLE EN NE RESPECTANT PAS LES MESURES DE PROTECTION REGLEMENTAIRES, ALORS, D'UNE PART, QU'EN S'ABSTENANT DE RECHERCHER SI L'EMPLOYEUR AVAIT CONSCIENCE DU DANGER AUQUEL IL EXPOSAIT SON PERSONNEL EN CONTREVENANT A LA REGLEMENTATION EN VIGUEUR ET SI LES MANQUEMENTS RELEVES A SA CHARGE DERIVAIENT D'UN ACTE OU D'UNE OMISSION VOLONTAIRE, LA COUR D'APPEL N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION, ET, ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA VICTIME AYANT, DU PROPRE AVEU DES JUGES DU FOND, COMMIS PLUSIEURS FAUTES DANS L'EXECUTION DU TRAVAIL QUI LUI AVAIT ETE CONFIE, IL APPARTENAIT A LA COUR D'APPEL DE RECHERCHER QU'ELLE AVAIT PU ETRE L'INCIDENCE DANS LA REALISATION DE L'ACCIDENT DES FAUTES AINSI COMMISES PAR LA VICTIME ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QU'APRES AVOIR RELEVE QUE L'ARTICLE 5 DU DECRET DU 8 JANVIER 1965 PRESCRIT IMPERATIVEMENT QUE LORSQUE DU PERSONNEL TRAVAILLE OU CIRCULE A UNE HAUTEUR DE PLUS DE 3 METRES EN SE TROUVANT EXPOSE A UNE CHUTE DANS LE VIDE, IL DOIT ETRE INSTALLE DES GARDE-CORPS ET DES PLINTHES, ET, A DEFAUT DES AUVENTS, PLANCHERS OU FILETS SUSCEPTIBLES D'ARRETER LA CHUTE, L'ARRET ATTAQUE ENONCE QUE L'ENTREPRISE RENAUD, EN S'ABSTENANT D'APPLIQUER CES DISPOSITIONS AYANT POUR OBJET D'ASSURER LA SECURITE DES OUVRIERS, A COMMIS UNE FAUTE D'UNE GRAVITE EXCEPTIONNELLE ; </p>
<p>QU'EN EFFET X... ET SON COMPAGNON TRAVAILLAIENT A TREIZE METRES DE HAUTEUR ET ETAIENT AMENES A FAIRE LEUR TRAVAIL EN ETANT EXPOSES A UNE CHUTE DANS LE VIDE ; </p>
<p>QUE SI, MEME EN PRENANT LES PRECAUTIONS A EUX PRESCRITES, LES DEUX SALARIES CHARGES DE PROCEDER CONJOINTEMENT A CE TRAVAIL POUVAIENT LIMITER SERIEUSEMENT LES RISQUES, IL N'EN RESTE PAS MOINS QU'UNE MALADRESSE, UNE IMPRUDENCE PENDANT L'EXECUTION DU TRAVAIL DEVAIT TOUJOURS ETRE PREVUE ; </p>
<p>QUE, D'AILLEURS, LE PLANCHER EN BETON ARME, ETANT ETABLI A TERRE ET ENLEVE ENSUITE PAR GRUE, RIEN N'EMPECHAIT QUE FUT INSTALLE UN GARDE-CORPS AUX EXTREMITES EXTERIEURES DU COFFRAGE ; </p>
<p>ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS ET OBSERVATIONS DESQUELLES IL RESULTE QUE L'ENTREPRISE RENAUD S'ETAIT ABSTENUE DE PRENDRE DES MESURES DE PROTECTION QUI S'IMPOSAIENT A ELLE ET DEVAIT NECESSAIREMENT AVOIR CONSCIENCE DU DANGER AUQUEL, PAR SUITE, ELLE EXPOSAIT SES OUVRIERS, LES JUGES DU FOND, QUI ONT DECLARE QUE SI LA VICTIME AVAIT COMMIS L'IMPRUDENCE DE VOULOIR TRANSPORTER SEULE UN MADRIER ALORS QUE DEUX PERSONNES DEVAIENT ASSURER CE TRAVAIL, IL N'EN DEMEURAIT PAS MOINS QU'IL Y AVAIT UNE FAUTE INEXCUSABLE DE L'EMPLOYEUR, CE QUI IMPLIQUAIT QUE C'ETAIT CELLE-CI QUI ETAIT DETERMINANTE DE L'ACCIDENT, ONT PU ESTIMER QU'EN L'OCCURRENCE, TOUS LES ELEMENTS DE LA FAUTE INEXCUSABLE AU SENS DE L'ARTICLE 468 DU CODE DE LA SECURITE SOCIALE SE TROUVAIENT REUNIS ; </p>
<p>QU'ILS ONT AINSI LEGALEMENT JUSTIFIE LEUR DECISION ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 4 NOVEMBRE 1969, PAR LA COUR D'APPEL D'AGEN ;</p>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code de la sécurité sociale 648,Décret  1965-01-08 ART. 5
**ECLI:** 
**Résumé:** COMMET UNE FAUTE INEXCUSABLE L'EMPLOYEUR QUI A, EN  CONTRAVENTION AUX DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 5 DU DECRET DU 8 JANVIER  1965, FAIT TRAVAILLER UN OUVRIER, A UNE HAUTEUR DE 13 METRES  AU-DESSUS DU SOL, SUR UN ECHAFAUDAGE DEMUNI DE GARDE-CORPS, DE  PLINTHE ET DE DISPOSITIFS SUSCEPTIBLES D'EVITER UNE CHUTE.                                  ET LE FAIT PAR LES JUGES DU FOND DE  RETENIR LE CARACTERE INEXCUSABLE DE LA FAUTE DE L'EMPLOYEUR MALGRE L 'IMPRUDENCE DE LA VICTIME IMPLIQUE QUE LA FAUTE DE L'EMPLOYEUR A ETE  LA CAUSE DETERMINANTE DE L'ACCIDENT.
**Mots-clés:** SECURITE SOCIALE ACCIDENT DU TRAVAIL - FAUTE INEXCUSABLE DE L 'EMPLOYEUR - DEFINITION - VIOLATION D'UN REGLEMENT - TRAVAUX AU  DESSUS DU VIDE - ABSENCE DE DISPOSITIF PROPRE A PREVENIR UNE CHUTE.,* SECURITE SOCIALE ACCIDENT DU TRAVAIL - FAUTE INEXCUSABLE DE L 'EMPLOYEUR - DEFINITION - VIOLATION D'UN REGLEMENT - TRAVAUX AU  DESSUS DU VIDE - DEFAUT DE SYSTEME DE SECURITE /.,* SECURITE SOCIALE ACCIDENT DU TRAVAIL - FAUTE INEXCUSABLE DE L 'EMPLOYEUR - DEFINITION - DEFAUT DE PROTECTION - TRAVAIL AU-DESSUS DU  VIDE - ABSENCE DE DISPOSITIF PROPRE A PREVENIR UNE CHUTE.,* SECURITE SOCIALE ACCIDENT DU TRAVAIL - FAUTE INEXCUSABLE DE L 'EMPLOYEUR - EXONERATION - FAUTE DE LA VICTIME - FAUTE DERIVANT  NECESSAIREMENT DE CELLE DE L'EMPLOYEUR.