# Cour de Cassation, Assemblée plénière, du 27 octobre 1972, 70-92.627, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006988850
**Date de décision:** 1972-10-27
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** ASSEMBLEE_PLENIERE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006988850

## Contenu de la décision

SUR LE SECOND MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 9 DU TITRE 11, ET 12 DU TITRE 111, DE L'ORDONNANCE DU 24 MAI 1945 POUR FAUSSE APPLICATION DE L'ARTICLE 23 DU LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL, ENSEMBLE VIOLATION DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 POUR DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE ; ATTENDU QUE X... REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE DE L'AVOIR DECLARE COUPABLE DE LICENCIEMENT SANS AVOIR OBTENU L'AUTORISATION DES SERVICES DE LA MAIN-D'OEUVRE, ALORS QU'IL N'A NULLEMENT PROCEDE AU CONGEDIEMENT DE SES OUVRIERS MAIS S'EST BORNE A PRENDRE ACTE DE CE QUE CEUX-CI AVAIENT ABANDONNE LEUR TRAVAIL-SEULS QUELQUES-UNS D'ENTRE EUX AYANT MANIFESTE L'INTENTION DE LE REPRENDRE UN MOIS PLUS TARD-ET QU'AINSI IL AVAIT ETE MIS FIN PAR LEUR FAIT AU CONTRAT QUI LIAIT LES PARTIES, DE SORTE QUE L'EMPLOYEUR NE POUVAIT ETRE TENU D'OBTEBIR L'AUTORISATION DES SERVICES DE LA MAIN D'OEUVRE EN L'ABSENCE DE TOUT LICENCIEMENT ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND ONT RELEVE QUE, LE 28 JUIN 1968, UN CERTAIN NOMBRE D'OUVRIERS AVAIENT INTERROMPU LE TRAVAIL POUR APPUYER DES REVENDICATIONS DE SALAIRES ET RECLAMER L'ORGANISATION D'ELECTIONS DE DELEGUES DU PERSONNEL ; QUE LE CHEF DE CHANTIER LES AVAIT INVITES A S'EN ALLER ET QUE, PAR LETTRE RECOMMANDEE DE LA MEME DATE, X... LES AVAIT AVISES QU'IL PRENAIT NOTE DE LEUR DEMISSION EN PRECISANT QU'ILS NE FAISAIENT PLUS PARTIE DU PERSONNEL A COMPTER DE CE JOUR, ET CE, SANS PREAVIS ; QUE LA COUR D'APPEL A EXACTEMENT DEDUIT DE CES CIRCONSTANCES QU'IL Y AVAIT EU LICENCIEMENT DE LA PART DE X... ET NON RUPTURE PAR LES OUVRIERS ; QU'EN EFFET, LA GREVE SUSPEND L'EXECUTION DU CONTRAT DE TRAVAIL SANS LE ROMPRE ; QUE LES LICENCIEMENTS AVAIENT EU LIEU SANS AUTORISATION PREALABLE DU SERVICE DEPARTEMENTAL DE LA MAIN D'OEUVRE ; D'OU IL SUIT QUE LE SECOND MOYEN N'EST PAS FONDE ; <br>
<br>LE REJETTE ; <br>
<br>MAIS SUR LE PREMIER MOYEN : <br>VU LES ARTICLES 16 ET 18 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946, MODIFIES PAR L'ORDONNANCE DU 7 JANVIER 1959 ; <br>ATTENDU QU'AUX TERMES DU PREMIER DE CES TEXTES, LE LICENCIEMENT DES CANDIDATS AUX FONCTIONS DE DELEGUES DU PERSONNEL PRESENTES AU PREMIER TOUR PAR LES ORGANISATIONS SYNDICALES NE PEUT, A COMPTER DE LA PUBLICATION DES CANDIDATURES ET PENDANT UNE DUREE DE TROIS MOIS, INTERVENIR QU'AVEC L'ASSENTIMENT DU COMITE D'ENTREPRISE, ET, LORSQU'IL N'EXISTE PAS DE COMITE D'ENTREPRISE DANS L'ETABLISSEMENT, QUE SUR LA DECISION DE L'INSPECTEUR DU TRAVAIL ; QUE, SELON LE SECOND, QUICONQUE AURA PORTE ATTEINTE A LA LIBRE DESIGNATION DES DELEGUES DU PERSONNEL, NOTAMMENT PAR LA MECONNAISSANCE DES DISPOSITIONS SUSVISEES SERA PUNI D'UNE AMENDE DE 150 A 1. 500 FRANCS ET D'UN EMPRISONNEMENT DE SIX JOURS A UN AN OU DE L'UNE DE CES DEUX PEINES SEULEMENT ; <br>
<br>ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE, PAR LETTRE DU 17 JUIN 1968, L'UNION DEPARTEMENTALE DE MEURTHE-ET-MOSELLE DE LA CONFEDERATION DEMOCRATIQUE DU TRAVAIL (C. F. D. T.) A INVITE X... A FAIRE PROCEDER, DANS SON ENTREPRISE, A DES ELECTIONS POUR LA DESIGNATION DE DELEGUES DU PERSONNEL ET L'A, EN MEME TEMPS, INFORME QUE LES SALARIES Y... ET Z... ETAIENT PRESENTES PAR ELLE COMME CANDIDATS ; QU'ELLE A PRECISE EN OUTRE, DANS CETTE LETTRE, QUE LA LISTE DEFINITIVE DES CANDIDATS SERAIT NOTIFIEE APRES DISCUSSION DU PROTOCOLE D'ACCORD FIXANT LES MODALITES PRATIQUES DU VOTE ; QUE, PAR UNE SECONDE LETTRE DATEE DU 20 JUIN 1968, LA C. F. D. T. ANNONCAIT LA PRESENTATION DE DEUX CANDIDATS SUPPLEMENTAIRES : A... ET B... ; QU'EN PRETENDANT QU'ILS AVAIENT ABANDONNE LE TRAVAIL ET AINSI ROMPU LEUR CONTRAT DE TRAVAIL, X... LICENCIAIT Z... LE 26 JUIN, ET A... ET B... LE SURLENDEMAIN SANS AVOIR PREALABLEMENT SOLLICITE L'AVIS DE L'INSPECTEUR DU TRAVAIL ; QUE LA COUR D'APPEL A DECLARE LE PREVENU COUPABLE DU DELIT PREVU PAR L'ARTICLE 18 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946 AU MOTIF ESSENTIEL QU'A DEFAUT D'INDICATION DES CONDITIONS DANS LESQUELLES LA PUBLICATION DES CANDIDATURES, PREVUE PAR L'ARTICLE 16 DE LADITE LOI, DOIT ETRE EFFECTUEE POUR PERMETTRE A UN SALARIE DE SE PREVALOIR DE SA QUALITE DE CANDIDAT DELEGUE DU PERSONNEL, LA NOTIFICATION DES NOMS DES CANDIDATS A L'EMPLOYEUR EQUIVAUT, EN CE QUI LE CONCERNE, A LA PUBLICATION EXIGEE PAR LA LOI PUISQUE LES MESURES DE PROTECTION EDICTEES EN FAVEUR DES CANDIDATS DOIVENT PRENDRE NECESSAIREMENT EFFET, A PEINE DE DEMEURER LETTRE MORTE, DU JOUR OU L'ENTREPRISE A EU CONNAISSANCE DE LEURS NOMS ; <br>
<br>ATTENDU, CEPENDANT, QUE LA DISPOSITION DE L'ARTICLE 16 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946, QUI SOUMET A UNE PROCEDURE SPECIALE LE LICENCIEMENT DES CANDIDATS AUX FONCTIONS DE DELEGUES DU PERSONNEL, NE SAURAIT RECEVOIR APPLICATION AVANT QU'IL AIT ETE PROCEDE AUX MESURES PREVUES PAR L'ARTICLE 5, ALINEA 2, DE LA MEME LOI, A L'EFFET D'ORGANISER LES ELECTIONS ET QU'IL PUISSE Y AVOIR DE VERITABLES CANDIDATURES, A MOINS QUE LES ELECTIONS N'AIENT ETE RETARDEES PAR UNE OPPOSITION INJUSTIFIEE DE L'EMPLOYEUR ; QU'EN STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, ALORS QU'IL N'AVAIT PAS ENCORE ETE RECOURU A LA PROCEDURE PRESCRITE PAR LEDIT ARTICLE 5 ET QUE L'ORGANISATION SYNDICALE AVAIT ELLE-MEME DECLARE A X... QUE LA LISTE DEFINITIVE DE CES CANDIDATS LUI SERAIT NOTIFIEE APRES DISCUSSION DU PROTOCOLE D'ACCORD, LA COUR D'APPEL A VIOLE LES TEXTES SUSVISES ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : <br>CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS SES DISPOSITIONS RELATIVES AU LICENCIEMENT DE TROIS CANDIDATS AUX FONCTIONS DE DELEGUES DU PERSONNEL, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE DIJON LE 20 OCTOBRE 1970, TOUTES AUTRES DISPOSITIONS DUDIT ARRET ETANT EXPRESSEMENT MAINTENUES ; REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE REIMS.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** LA GREVE SUSPEND L'EXECUTION DU CONTRAT DE TRAVAIL SANS LE  ROMPRE.             PAR SUITE, LORSQU'UN CERTAIN NOMBRE D'OUVRIERS ONT  INTERROMPU LEUR TRAVAIL POUR APPUYER DES REVENDICATIONS  PROFESSIONNELLES DE SALAIRES ET RECLAMER L'ORGANISATION D'ELECTIONS  DE DELEGUES DU PERSONNEL, QUE LE CHEF DE CHANTIER LES A INVITES A S 'EN ALLER ET QUE, PAR LETTRE RECOMMANDEE DU MEME JOUR, L'EMPLOYEUR  LES A AVISES QU'IL PRENAIT NOTE DE LEUR DEMISSION EN PRECISANT QU 'ILS NE FAISAIENT PLUS PARTIE DU PERSONNEL A COMPTER DUDIT JOUR, ET  CE, SANS PREAVIS, LES JUGES DU FOND DEDUISENT EXACTEMENT DE CES  CIRCONSTANCES QU'IL Y A EU LICENCIEMENT DE LA PART DE L'EMPLOYEUR ET  NON RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL PAR LES SALARIES.             L'EMPLOYEUR QUI PROCEDE A UN TEL LICENCIEMENT SANS AVOIR  OBTENU L'AUTORISATION DES SERVICES DE LA MAIN-D"OEUVRE, CONFORMEMENT  AUX DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 9 DE L'ORDONNANCE DU 24 MAI 1945, SE  REND DONC COUPABLE DE L'INFRACTION PREVUE A L'ARTICLE 12 DE CE  TEXTE.,LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 16 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946,  QUI SOUMETTENT A UNE PROCEDURE SPECIALE LE LICENCIEMENT DES  CANDIDATS AUX FONCTIONS DE DELEGUES DU PERSONNEL, NE PEUVENT  RECEVOIR APPLICATION AVANT QU'IL AIT ETE PROCEDE AUX MESURES PREVUES  PAR L'ARTICLE 5, ALINEA 2, DE LA MEME LOI, A L'EFFET D'ORGANISER LES  ELECTIONS ET QU'IL PUISSE Y AVOIR DE VERITABLES CANDIDATURES, A  MOINS QUE LES ELECTIONS AIENT ETE RETARDEES PAR UNE OPPOSITION  INJUSTIFIEE DE L'EMPLOYEUR.                         PAR SUITE, C'EST A TORT QUE LA JURIDICTION  REPRESSIVE DECLARE UN EMPLOYEUR COUPABLE DE L'INFRACTION PREVUE A L 'ARTICLE 18 DE LA MEME LOI, ALORS QU'IL N'AVAIT PAS ENCORE ETE  RECOURU A LA PROCEDURE PRESCRITE PAR LEDIT ARTICLE 5, ET QUE L 'ORGANISATION SYNDICALE QUI AVAIT INVITE L'EMPLOYEUR A PROCEDER DANS  SON ENTREPRISE A DES ELECTIONS DE DELEGUES DU PERSONNEL, EN L 'INFORMANT DES CANDIDATS QU'ELLE PRESENTAIT, LUI AVAIT ELLE-MEME  PRECISE QUE LA LISTE DEFINITIVE DE SES CANDIDATS LUI SERAIT NOTIFIEE  APRES DISCUSSION DU PROTOCOLE D'ACCORD.
**Mots-clés:** 1) CONFLITS COLLECTIFS DU TRAVAIL - GREVE - CONTRAT DE TRAVAIL -  SUSPENSION - EFFETS - RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL PAR LE SALARIE (NON).,* CONFLITS COLLECTIFS DU TRAVAIL - GREVE - CONTRAT DE TRAVAIL -  CONGEDIEMENT - CAUSE (NON).,* CONTRAT DE TRAVAIL - SUSPENSION - GREVE - EFFET.,* CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE - PREUVE - GREVE.,* CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE - CAUSE - GREVE (NON,* CONTRAT DE TRAVAIL - RUPTURE PAR LE SALARIE - DEMISSION - GREVE (NON).,* CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - CONTROLE DES SERVICES DE MAIN  D'OEUVRE - ORDONNANCE DU 24 MAI ET DECRET DU 23 AOUT 1945 - PORTEE -  POUVOIRS DE L'EMPLOYEUR.,2) DELEGUES DU PERSONNEL - CANDIDAT - CONGEDIEMENT - ORDONNANCE DU  7 JANVIER 1959 - MESURES SPECIALES - DELAI DE PROTECTION - POINT DE  DEPART - PUBLICATION DES CANDIDATURES - NOTIFICATION DE LA LISTE A L 'EMPLOYEUR - CANDIDATURES DENONCEES AVANT L'ORGANISATION DES  ELECTIONS.,* DELEGUES DU PERSONNEL - CANDIDAT - CONGEDIEMENT - ORDONNANCE DU 7  JANVIER 1959 - MESURES SPECIALES - INOBSERVATION - CANDIDATURES  DENONCEES AVANT L'ORGANISATION DES ELECTIONS - ABSENCE DE FRAUDE DE  L'EMPLOYEUR.,* DELEGUES DU PERSONNEL - CANDIDATS - CONGEDIEMENT - ORDONNANCE DU  7 JANVIER 1959 - MESURES SPECIALES - DELAI DE PROTECTION - POINT DE  DEPART - PUBLICATION DES CANDIDATURES - NOTIFICATION DE LA LISTE A L 'EMPLOYEUR - LISTE PROVISOIRE.,* ELECTIONS - DELEGUES DU PERSONNEL - CANDIDATS - SALARIE CONGEDIE  SANS L'ACCORD DE L'INSPECTEUR DU TRAVAIL - EMPLOYEUR INFORME DE LA  CANDIDATURE - MESURES SPECIALES PREVUES PAR L'ORDONNANCE DU 7  JANVIER 1959 - POINT DE DEPART - PUBLICATION DES CANDIDATURES -  CANDIDATURES DENONCEES AVANT L'ORGANISATION DES ELECTIONS - ABSENCE  DE FRAUDE DE L'EMPLOYEUR.,* ELECTIONS - DELEGUES DU PERSONNEL - CANDIDATS - EMPLOYEUR INFORME  DE LA CANDIDATURE - MESURES SPECIALES PREVUES PAR L'ORDONNANCE DU 7  JANVIER 1959 - POINT DE DEPART.