# CAA de NANCY, 2ème chambre - formation à 3, 05/08/2016, 16NC00047, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000033236977
**Date de décision:** 2016-08-05
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000033236977

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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      Procédure contentieuse antérieure :<br>
	Mme B...D..., épouseC..., a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 25 juin 2015 du préfet du Haut-Rhin portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.<br>
	Par un jugement n° 1504306 du 10 décembre 2015, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.<br>
      Procédure devant la cour :<br>
	Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2016, MmeC..., représentée par <br>
MeA..., demande à la cour :<br>
	1°) d'annuler ce jugement ;<br>
	2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
	3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
	4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
	Elle soutient que :<br>
	- la décision portant refus de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;	<br>
      - la décision portant obligation de quitter le territoire français est fondée sur une décision de refus de titre de séjour illégale ;<br>
	- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en raison de l'illégalité des précédentes décisions.<br>
      Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2016, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.<br>
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      Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.<br>
     	Mme C...a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision en date du 9 juin 2016.<br>
      Vu :<br>
      - les autres pièces du dossier.<br>
      Vu :<br>
      - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
      - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
      - vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
      - le code de justice administrative.<br>
      Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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     Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.<br>
      Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
      A été entendu au cours de l'audience publique :<br>
      - le rapport de M. Etienvre. <br>
      1.  Considérant que MmeC..., ressortissante ukrainienne, entrée en France le <br>
8 novembre 2013, relève appel du jugement du 10 décembre 2015 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Haut-Rhin en date du 25 juin 2015 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ;<br>
	Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
      2.  Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ; qu'aux termes du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l 'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l' étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d' existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) " ; <br>
      3.  Considérant que Mme C...fait valoir que ses attaches personnelles et familiales se trouvent en France où elle réside avec son époux, ressortissant arménien titulaire d'une carte de résident en qualité de réfugié, et leur enfant, né le 7 juillet 2014 à Colmar ; qu'il ressort cependant des pièces dossier que Mme C...est entrée récemment en France ; qu'eu égard, en particulier, au caractère récent de la communauté de vie avec son époux, d'une durée d'un an et sept mois à la date de l'arrêté contesté, le préfet du Haut-Rhin n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale et n'a par suite méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du  code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
      4.  Considérant, en second lieu, que compte tenu de ce qui a été dit précédemment, Mme C...n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de séjour qui lui a été opposé ;<br>
      5.  Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme C...n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande ;<br>
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      Sur les conclusions aux fins d'injonction :<br>
      6.  Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions contestées, n'implique aucune mesure particulière d'exécution ; que, par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme C...ne peuvent être accueillies ;<br>
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      Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
      7.  Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à verser à Mme C...une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
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D E C I D E:<br>
      Article 1er : La requête de Mme D...épouse C...est rejetée.<br>
      Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B...D...épouse C...et au ministre de l'intérieur.<br>
      Une copie du présent arrêt sera adressée au préfet du Haut-Rhin.<br>
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N°16NC00047<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.