# CAA de NANCY, 3ème chambre - formation à 3, 04/07/2017, 16NC02482, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000035140920
**Date de décision:** 2017-07-04
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 3ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000035140920

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A...B...a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler l'arrêté du 30 juin 2016 par lequel la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné à l'issue de ce délai.<br>
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       Par un jugement n° 1601527 du 13 octobre 2016, le tribunal administratif de            Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2016, M.B..., représenté par Me Gaffuri, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 13 octobre 2016 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de l'Aube du 30 juin 2016 ;<br>
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       3°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube de lui délivrer une carte de séjour temporaire, ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Me Gaffuri en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est insuffisamment motivée ;<br>
       - la préfète de l'Aube a commis une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la décision contestée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;<br>
       - elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;<br>
       - elle comporte pour sa situation personnelle des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2017, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.<br>
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       Elle soutient que les moyens soulevés par M. B...ne sont pas fondés.<br>
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       M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 février 2017.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Dhiver a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1. Considérant que M.B..., ressortissant arménien né le 12 novembre 1979, est entré en France le 28 juin 2011, selon ses déclarations, pour y sollicité l'asile ; qu'il a demandé son admission exceptionnelle au séjour le 31 juillet 2015 ; que, par un arrêté du 30 juin 2016 la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné à l'expiration de ce délai ; que M. B...relève appel du jugement du 13 octobre 2016 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
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Sur la légalité de l'arrêté contesté :<br>
       2. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7 " ; qu'en présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 313-14, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " ; que, dans cette dernière hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger qui justifie d'une promesse d'embauche ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement et recensés comme tels dans l'arrêté du 18 janvier 2008, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que, par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour ;<br>
       3. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. B...a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en faisant état d'une perspective d'emploi à contrat à durée indéterminée en qualité de chauffeur livreur et en produisant une promesse d'embauche ; que la décision contestée mentionne cette promesse d'embauche ; qu'elle cite ensuite les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant de conclure, sans plus de précision, que " l'intéressé ne justifie pas de motifs humanitaires ou exceptionnels au sens des dispositions précitées " ; qu'elle ne fait nullement état du contrôle qu'il appartient à l'autorité administrative d'exercer en particulier, d'une part, sur la qualification, l'expérience et les diplômes de M. B... et, d'autre part, sur les difficultés de recrutement rencontrées dans le métier auquel prétend accéder le requérant ; que la préfète de l'Aube s'est en outre fondée, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, sur l'absence de production par le demandeur d'un contrat de travail visé conformément aux dispositions de l'article L. 5221-2 du code du travail, condition qui n'est pas opposable sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'ainsi, la décision de refus de séjour est entachée d'erreur de droit ;<br>
       4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B...est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande ;<br>
Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
       5. Considérant que le présent arrêt, par lequel la cour fait droit aux conclusions à fin d'annulation présentées par M.B..., n'implique pas, eu égard au motif d'annulation ci-dessus énoncé, que l'administration prenne une nouvelle décision dans un sens déterminé ; que, par suite, les conclusions du requérant tendant à ce que lui soit délivré un titre de séjour doivent être rejetées ; qu'il y a seulement lieu d'enjoindre à la préfète de l'Aube de réexaminer la situation de M. B... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt ;<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
       6. Considérant que M. B...a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gaffuri, avocat de M.B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gaffuri une somme de 1 500 euros ;<br>
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D E C I D E :<br>
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      Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 13 octobre 2016 et l'arrêté de la préfète de l'Aube du 30 juin 2016 sont annulés.<br>
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      Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Aube de réexaminer la demande de M. B...dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
      Article 3 : L'Etat versera à Me Gaffuri, avocat de M.B..., une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Gaffuri renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
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      Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.<br>
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      Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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      Copie en sera adressée à la préfète de l'Aube.<br>
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N° 16NC02482<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.