# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 3 mai 1979, 78-40.724, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007003604
**Date de décision:** 1979-05-03
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007003604

## Contenu de la décision

SUR LE SECOND MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L. 420-19 A L. 420-21 ET 132-10 DU CODE DU TRAVAIL, 1315 DU CODE CIVIL, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, 455 DU NOUVEAU CODE DE PROCEDURE CIVILE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE :<br>
    ATTENDU QUE LA SOCIETE AUBRUN FAIT GRIEF AU JUGEMENT PRUD'HOMAL ATTAQUE DE L'AVOIR CONDAMNEE A PAYER A CHIROUZES, DELEGUE DU PERSONNEL, DES HEURES CONSACREES A DES ENTRETIENS AVEC LA DIRECTION EN SUS DE SES QUINZE HEURES NORMALES DE DELEGATION, ALORS QUE LA DUREE DE QUINZE HEURES QUE L'EMPLOYEUR DOIT LAISSER AU DELEGUE POUR L'EXERCICE DE SES FONCTIONS COMPREND LE TEMPS PASSE EN REUNION AVEC L'EMPLOYEUR, ET QUE LES HEURES DE DEPASSEMENT NE PEUVENT DONNER LIEU A REMUNERATION QU'AU CAS DE CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES DONT LA PREUVE INCOMBE AU SALARIE, ET ALORS QUE FAUTE D'AVOIR RECHERCHE SI LA SOCIETE N'AVAIT PAS ENTENDU METTRE FIN AUX ERREMENTS PASSES, LES JUGES DU FOND N'ONT PAS LEGALEMENT JUSTIFIE LEUR DECISION EN RELEVANT L'USAGE CONTRAIRE EXISTANT DANS L'ENTREPRISE ;    MAIS ATTENDU QU'EN DEHORS DES MOTIFS JUSTEMENT CRITIQUES PAR LE POURVOI SELON LESQUELS LES HEURES PASSEES PAR LES DELEGUES EN REUNION AVEC L'EMPLOYEUR DEVRAIENT ETRE REMUNEREES EN SUS DES HEURES NORMALES DE DELEGATION MEME EN L'ABSENCE DE CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES, LES JUGES DU FOND ONT RELEVE QU'EN L'ESPECE LA DIRECTION AVAIT CEPENDANT DE NOMBREUSES ANNEES AJOUTE CES HEURES DE REUNION AUX QUINZE HEURES DE DELEGATION, ET QU'AUCUN ELEMENT NOUVEAU NE JUSTIFIAIT QU'ELLE REVIENNE SUR CETTE FACILITE, QUE SANS AVOIR A RECHERCHER SI L'EMPLOYEUR AVAIT AVERTI LES DELEGUES DE SON INTENTION DE SUPPRIMER CET AVANTAGE OU S'IL AVAIT EU DES RAISONS PARTICULIERES D'Y METTRE FIN, CE QUI N'ETAIT PAS ALLEGUE, ILS ONT LEGALEMENT JUSTIFIE LEUR DECISION PAR LA CONSTATATION DE CET USAGE ; QUE LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ;<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE SECOND MOYEN ;<br>
   MAIS SUR LE PREMIER MOYEN :<br>
    VU L'ARTICLE 1134 DU CODE CIVIL ;<br>
   ATTENDU QUE LA SOCIETE AUBRUN A INFLIGE TROIS JOURS DE MISE A PIED A CHIROUZES POUR AVOIR ENFREINT LES PRESCRIPTIONS D'UNE NOTE DE SERVICE IMPOSANT LE PORT D'UN CASQUE PROTECTEUR SUR UN CHANTIER DE CONSTRUCTIONS, QUE LE JUGEMENT ATTAQUE A ANNULE CETTE SANCTION, AUX MOTIFS QUE L'EMPLOYEUR DOIT LIMITER SES EXIGENCES, QUANT A L'EMPLOI DES MOYENS DE PROTECTION, AU CAS OU CEUX-CI PRESENTENT QUELQUE UTILITE, ET QU'EN L'ESPECE LA SOCIETE NE PROUVAIT PAS QUE CHIROUZES EUT ETE EXPOSE A UN QUELCONQUE DANGER JUSTIFIANT LE PORT DU CASQUE ;    ATTENDU CEPENDANT QUE L'EMPLOYEUR, DONT LA RESPONSABILITE PEUT ETRE ENGAGEE EN CAS  D'ACCIDENT LORSQUE LES SALARIES N'ONT PAS UTILISE LES MOYENS DE PROTECTION MIS A LEUR DISPOSITION, EST JUGE DES MESURES DE SECURITE QUI DOIVENT ETRE IMPOSEES A SON PERSONNEL EN APPLICATION DES PRESCRIPTIONS LEGALES ; QUE LES JUGES DU FOND, QUI SANS CONSTATER UN DETOURNEMENT DE SON POUVOIR ONT SUBSTITUE LEUR APPRECIATION A LA SIENNE POUR ANNULER LA SANCTION PRISE CONTRE CHIROUZES, LEQUEL AVAIT COMMIS UNE FAUTE EN ENFREIGNANT LES CONSIGNES DE SECURITE, N'ONT PAS DONNE DE BASE LEGALE A LEUR DECISION ;<br>
<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU PREMIER MOYEN, LE JUGEMENT RENDU ENTRE LES PARTIES LE 12 MAI 1977 PAR LE CONSEIL DE PRUD'HOMMES DE ROUEN ; REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT JUGEMENT ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LE CONSEIL DE PRUD'HOMMES D'EVREUX.<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1978-06-01 Bulletin 1978 V N. 430 p.326 (CASSATION). (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1972-05-17 Bulletin 1972 V N. 362 p.333 (CASSATION). (2)
 CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1975-01-16 Bulletin 1975 V N. 18 p.17 (CASSATION). (2)
 CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1979-04-03 Bulletin 1979 V N. 308 p.223 (CASSATION). (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** Code civil 1134 CASSATION,Code du travail L420-19
**ECLI:** 
**Résumé:** Justifient légalement leur décision condamnant un employeur à payer aux délégués du personnel les heures consacrées à des entretiens avec la direction en sus des quinze heures normales de délégation les juges du fond qui constatent l'usage de l'entreprise qui pendant de nombreuses années avait ajouté les heures de réunion aux heures de délégation.,L'employeur dont la responsabilité peut être engagée en cas d'accident du travail, est seul juge des mesures de sécurité à imposer à son personnel, et les juges du fond, dès lors qu'ils n'ont pas constaté de détournement de pouvoir, ne peuvent substituer leur appréciation à la sienne en annulant la sanction de mise à pied d'un ouvrier, qui avait enfreint les consignes de sécurité contenues dans une note de service.
**Mots-clés:** 1) DELEGUES DU PERSONNEL - Fonctions - Temps passé pour leur exercice - Temps excédant la durée fixée par la loi - Réunion avec l'employeur - Usage.,* USAGES - Délégués du personnel - Fonctions - Temps passé pour leur exercice - Temps excédant la durée fixée par la loi.,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Employeur - Pouvoir disciplinaire - Mise à pied - Contrôle des juges du fond - Limites.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Employeur - Pouvoir disciplinaire - Abus - Détournement de pouvoir - Mise à pied fondée sur la violation de consignes de sécurité.,* TRAVAIL REGLEMENTATION - Hygiène et sécurité - Obligations de l'employeur - Note de service prescrivant des mesures de sécurité - Inobservation par le salarié - Portée.