# CAA de PARIS, 1ère chambre , 09/06/2016, 15PA02549, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000032698395
**Date de décision:** 2016-06-09
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000032698395

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       L'association " Les droits du piéton " a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui payer la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice que lui a causé la carence du préfet de police à assurer la répression du stationnement illégal des véhicules motorisés à deux et trois roues sur les trottoirs de Paris. <br>
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       Par un jugement n° 1313541/6/1 du 15 mai 2015, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 29 juin 2015 et un mémoire enregistré le 25 avril 2016, l'association " Les droits du piéton ", représentée par Me A..., demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1313541/6/1 du 15 mai 2015 du tribunal administratif de Paris ;<br>
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       2°) de condamner l'État à lui payer la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice que lui a causé la carence du préfet de police à assurer la répression du stationnement illégal des véhicules motorisés à deux et trois roues sur les trottoirs de Paris ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et la somme de 35 euros qu'elle a acquittée au titre de la contribution pour l'aide juridique. <br>
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       Elle soutient que : <br>
       - elle justifie d'un préjudice personnel, dès lors que ses statuts lui confèrent un intérêt à agir sur le territoire de la ville de Paris ; <br>
       - la carence de l'Etat dans l'exercice de son pouvoir de police lui a, en l'espèce, causé un préjudice direct et certain ; <br>
       - la responsabilité de l'État est seule engagée à raison du comportement fautif du préfet de police, lequel a donné instruction à ses agents de s'affranchir de l'obligation pour tout fonctionnaire habilité à le faire de dresser procès-verbal des infractions qu'il constate. <br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2016, le préfet de police conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il fait valoir que : <br>
       - la police de la circulation et du stationnement relève d'une police administrative du maire, alors même qu'elle est exercée par le préfet de police ; par suite, les conclusions tendant à la condamnation de l'État sont irrecevables ; <br>
       - à supposer que la demanderesse entende mettre en cause la responsabilité de l'État au motif d'une carence du préfet de police dans l'exercice des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 2512-14 du code général des collectivités territoriales et du décret n° 2014-1541 du 18 décembre 2014, elle ne met pas à même la Cour d'apprécier la réalité des griefs reprochés au préfet de police qui, en tout état de cause, agit aux lieu et place du maire de Paris ; <br>
       - à supposer que la demanderesse entende mettre en cause la responsabilité de l'État en tant qu'il n'est que trop peu procédé à la verbalisation des deux-roues, elle ne peut fonder son action que sur les dispositions de l'article L. 141-1 du code de l'organisation judiciaire et la porter devant les juridictions de l'ordre judiciaire, en assignant le seul agent judiciaire de l'État ; <br>
       - la requête est mal fondée, dès lors que le nombre des verbalisations de deux-roues n'a pas diminué. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de la route ;<br>
       - le code général des collectivités territoriales ;<br>
       - l'arrêté du 12 Messidor, an VIII qui détermine les fonctions du préfet de police ; <br>
       - le décret n° 2014-1541 du 18 décembre 2014 fixant les axes mentionnés au quatrième alinéa de l'article L. 2512-14 du code général des collectivités territoriales ; <br>
       - le code de justice administrative. <br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. <br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. Diémert, <br>
       - les conclusions de M. Romnicianu, rapporteur public.<br>
       1. Considérant que la circonstance que les statuts de l'association " Les droits du piéton " lui donnent pour objet, notamment, de " défendre et sauvegarder les droits du piéton dans tous les domaines " et de " promouvoir ou réclamer toute mesure de nature à favoriser directement ou indirectement le respect de l'affectation des trottoirs à la circulation des piétons " sur l'ensemble du territoire national et à Paris, est insuffisante pour établir que l'éventuelle carence de l'État à assurer la répression du stationnement illégal des véhicules motorisés à deux et trois roues sur les trottoirs de Paris lui causerait, alors qu'elle se borne à se prévaloir d'une atteinte portée aux intérêts dont elle a la charge, un préjudice personnel, direct et certain dont elle pourrait réclamer l'indemnisation ; <br>
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       2.  Considérant qu'il résulte ce qui précède que l'association " Les droits du piéton " n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant au remboursement de la contribution à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées ;  <br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de l'association " Les droits du piéton " est rejetée. <br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à l'association " Les droits du piéton " et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de police.<br>
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Délibéré après l'audience du 12 mai 2016, à laquelle siégeaient :<br>
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- Mme Pellissier, président de chambre,<br>
- M. Diémert, président-assesseur,<br>
- Mme Amat, premier conseiller.<br>
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Lu en audience publique, le 9 juin 2016.<br>
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Le rapporteur,<br>
S. DIÉMERTLe président,<br>
 S. PELLISSIERLe greffier,<br>
E. CLEMENT La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 15PA02549<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**