# Conseil d'Etat, 8 SS, du 15 octobre 2001, 220484, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008072128
**Date de décision:** 2001-10-15
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 8 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008072128

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 28 avril 2000, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 24 février 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 20 février 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... en tant qu'il fixe l'Iran comme pays à destination duquel il doit être reconduit ;<br>    2°) de rejeter la demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Paris ; <br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>    Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - le rapport de M. Bereyziat, Auditeur,<br>    - les conclusions de Mme Mignon, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que le PREFET DE POLICE fait appel du jugement en date du 24 février 2000 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 20 février 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... en tant qu'il fixe l'Iran, comme pays à destination duquel il doit être reconduit ;<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 27 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : " ...Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droit de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950" ; que ledit article stipule : "Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants" ;<br>    Considérant que si à l'audience du 24 février 2000 M. X... a fait valoir qu'il aurait quitté l'Iran à la suite de menaces proférées à son encontre en raison de son comportement politique, il ressort des pièces versées au dossier qu'il avait précédemment déclaré avoir quitté son pays pour des raisons économiques ; que, par une décision du 2 mars 2000, l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'admission de M. X... au statut de réfugié politique ; qu'il ne résulte d'aucune des pièces du dossier que la liberté ou la vie de l'intéressé seraient menacées en cas de retour dans son pays ou qu'il serait exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à demander l'annulation du jugement du 22 février 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 20 février 2000, pris à l'encontre de M. X..., en tant qu'il fixe l'Iran comme pays de destination ;<br>Article 1er : L'article 1er du jugement du 24 février 2000 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. X... et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 2000-02-20,Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 27 bis
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.