# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 18 janvier 2006, 275717, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008241052
**Date de décision:** 2006-01-18
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008241052

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 22 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Z... B A, demeurant ...  ; Mme B A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 3 décembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2004 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision sous astreinte de 15 euros par jour de retard  ;
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              4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - les conclusions de Mme Anne-Françoise Roul, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ; qu'il ressort des pièces du dossier que Mme B A, de nationalité chinoise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 20 juillet 2004, de la décision du préfet de police du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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              Sur la légalité externe de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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              Considérant que, par un arrêté du 26 décembre 2003, régulièrement publié au bulletin de la ville de Paris du 9 janvier 2004, M. Jean-Paul Y..., préfet de police, a donné à M. Jean de X..., sous-directeur de l'administration des étrangers, délégation pour signer notamment les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que M. de X..., signataire de l'arrêté litigieux, n'aurait pas été compétent faute d'être titulaire d'une délégation de signature régulière manque en fait  ; 
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              Sur l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour  :
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              Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit  : (...) 4° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que la communauté n'ait pas cessé, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (...)  ;
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              Considérant que si l'attestation de l'ambassade de Belgique en Chine en date du 2 avril 2004 présentée par Mme B A montre qu'un visa Schengen d'une validité de quatre jours lui a été délivré le 20 mai 1999, cette seule circonstance ne permet pas d'établir que l'intéressée est entrée régulièrement en France en février 2000 comme elle le soutient  ; que, par suite, Mme B A bien qu'elle ait épousé un ressortissant français le 29 août 2003, ne peut se prévaloir des dispositions précitées à l'encontre de la décision de refus de titre de séjour du 20 juillet 2004  ; 
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              Sur les autres moyens  :
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              Considérant que si Mme B A, qui soutient être entrée en France en février 2000, fait valoir qu'elle a contracté mariage avec un ressortissant français le 29 août 2003, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, compte tenu notamment du caractère récent de cette union à la date de l'arrêté attaqué, en l'absence de toute indication d'une vie commune antérieure, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, que l'arrêté du préfet de police du 14 octobre 2004 ait porté au droit de Mme B A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme B A n'est pas fondée à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ; que doivent, par suite, être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
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<br>				D E C I D E  :
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              				--------------
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Article 1er  : La requête de Mme B A est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Z... B A, au préfet de police et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**