# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 5ème chambre - formation à 3, 10/12/2009, 08MA03575, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021646380
**Date de décision:** 2009-12-10
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021646380

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 29 juillet 2008 au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille, sous le n°08MA03575, présentée pour M. Fouad A, de nationalité tunisienne, élisant domicile ... à Cannes (06400) ; par Me Ciccolini, avocat ; <br>
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       M. A demande à la Cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement n°0802428 du 27 juin 2008 par lequel le Tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 9 avril 2008 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a notifié l'obligation de quitter le territoire français ; <br>
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       2°) d'annuler la décision ci-dessus mentionnée du préfet des Alpes-Maritimes ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Vu l'accord franco-tunisien en date du 31 août 1983 modifié ; <br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Vu l'article 1er du décret du 27 janvier 2009 qui autorise la Cour administrative d'appel de Marseille à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret du 7 janvier 2009, situant l'intervention du rapporteur public avant les observations des parties ou de leurs mandataires ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 12 novembre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Antonetti, président assesseur ; <br>
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- et les conclusions de Mme Paix, rapporteur public;<br>
       Considérant que M. A, de nationalité tunisienne, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale sur le fondement des stipulations du (d) de l'article 7 ter de l'accord franco tunisien ; que par décision en date du 9 avril 2008 le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté cette demande en se fondant sur les circonstances que son auteur ne justifiait pas avoir résidé habituellement en France depuis plus de dix ans, et que l'exécution de cette décision ne portait pas une atteinte excessive au droit au respect de sa vie privée et familiale ; qu'il a été, par ailleurs, notifié à M. A l'obligation de quitter le territoire français ; que, par jugement en date du 27 juin 2008 le Tribunal administratif de Nice a également rejeté la requête tendant à l'annulation de cette décision ; que M. A relève appel de ce jugement ; <br>
       Considérant en premier lieu que suivant les stipulations du (d) de l'article 7 ter de l'accord franco tunisien, un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale  est délivré au ressortissant tunisien qui établit qu'il réside habituellement en France depuis plus de dix ans ; qu'il ressort seulement des pièces versées au dossier que M. A a séjourné en France épisodiquement entre 1998 et 2005 ; et, par suite et ainsi que l'a estimé le tribunal administratif, n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes aurait méconnu ces stipulations ;<br>
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       Considérant en deuxième lieu qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ...2. Il ne peut y avoir ingérence pour l'autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; <br>
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       Considérant qu'il ressort de l'examen des pièces versées au dossier que M. A âgé de trente-six ans à la date de la décision contestée, célibataire sans enfant, a vécu en Tunisie l'essentiel de son existence, alors qu'il ne séjourne en France de façon habituelle que depuis trois ans ; qu'ainsi la décision contestée ne doit pas être regardée comme ayant porté, dans les circonstances de l'espèce, au droit au respect de sa vie privée et de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts dans lesquels elle a été prise ; que le requérant n'est par suite pas fondé à soutenir que les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auraient été méconnues et que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Fouad A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'il suit de là et, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ;<br>
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       Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à M. A la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
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       DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête susvisée est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Fouad A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.<br>
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N° 08MA03575	3<br>
		vt<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**