# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 14 juin 1989, 88-83.860, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007063431
**Date de décision:** 1989-06-14
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007063431

## Contenu de la décision

<p>CASSATION sur le pourvoi formé par :</p>
<p>- X... Patrick, </p>
<p>contre l'arrêt de la cour d'assises de la Sarthe en date du 23 avril 1988 qui, pour tentative de viol aggravé, viol aggravé, homicide volontaire, l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et contre l'arrêt du même jour qui a prononcé sur les intérêts civils. </p>
<p>LA COUR, </p>
<p>Vu le mémoire produit ; </p>
<p>Sur le huitième moyen de cassation, pris de la violation des articles 329, 331, 341, 591 et 593 du Code de procédure pénale : </p>
<p>" en ce que le président des Assises a donné lecture des cotes D. 96, D. 494 et D. 606 du dossier d'instruction ; </p>
<p>" alors que les cotes D. 96 et D. 494 relatent la déposition d'Avenice Y... ; que la cote D. 606 relate la déposition d'André Z... ; que ces cotes ont été lues avant que la cour d'assises entendît Avenice Y... et André Z... ; que le président des Assises a méconnu le principe de l'oralité des débats " ; </p>
<p>Vu lesdits articles ; </p>
<p>Attendu qu'il est de principe que, devant la cour d'assises, le débat doit être oral ; qu'en application de cette règle, le président ne peut donner lecture d'un procès-verbal d'audition d'un témoin présent qu'après avoir reçu sa déposition orale ; </p>
<p>Attendu, en l'espèce, qu'il résulte des constatations du procès-verbal des débats que le président a donné lecture du procès-verbal de confrontation de l'accusé avec plusieurs témoins alors que l'un d'eux, André Z...,  régulièrement cité et signifié, était présent et n'avait pas encore été entendu ; </p>
<p>Attendu qu'en procédant ainsi, le président a violé le principe ci-dessus rappelé ; </p>
<p>Que la cassation est encourue de ce chef ; </p>
<p>Par ces motifs, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens : </p>
<p>CASSE ET ANNULE en toutes ses dispositions l'arrêt de la cour d'assises de la Sarthe en date du 23 avril 1988 condamnant Patrick X... à la réclusion criminelle à perpétuité, ensemble la déclaration de la Cour et du jury et les débats qui l'ont précédée, </p>
<p>Par voie de conséquence : </p>
<p>CASSE ET ANNULE l'arrêt du même jour qui a prononcé sur les intérêts civils, </p>
<p>Et pour être jugé à nouveau conformément à la loi : </p>
<p>RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'assises de la Mayenne.</p>,CONFER :  (1°). (1) Cf. Dans le même sens : Chambre criminelle, 1986-10-15 , Bulletin criminel 1986, n° 289, p. 738 (cassation).

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 329, 331
**ECLI:** 
**Résumé:** Le principe de l'oralité des débats s'oppose à ce que le président donne lecture d'un procès-verbal de confrontation de l'accusé avec plusieurs témoins, dès lors que l'un de ceux-ci régulièrement cité et signifié était présent et n'avait pas encore été entendu (1).
**Mots-clés:** COUR D'ASSISES - Débats - Oralité - Violation - Lectures par le président - Lecture des pièces du dossier - Procès-verbaux - Procès-verbal de confrontation de l'accusé avec plusieurs témoins - Témoins acquis aux débats - Moment de la lecture,COUR D'ASSISES - Débats - Témoins - Déposition - Déposition après lecture d'un procès-verbal de confrontation de l'accusé avec ces témoins - Oralité - Violation