# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 1ère  Chambre , 09/11/2009, 09NT00132, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021345189
**Date de décision:** 2009-11-09
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 1ère  Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021345189

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 16 janvier 2009, présentée pour Mme Elisabeth X, demeurant ..., par Me Ngafaounain, avocat au barreau de Versailles ; Mme X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n  08-3312 en date du 10 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 août 2008 du préfet du Loiret portant rejet de sa demande de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Loiret sous astreinte de 300 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale, et, à titre subsidiaire, de procéder à un réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 12 octobre 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Specht, rapporteur ;<br>
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       - et les conclusions de M. Hervouet, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que Mme X, ressortissante de Centrafrique, interjette appel du jugement en date du 10 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 août 2008 du préfet du Loiret portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Sur la légalité de l'arrêté et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ;<br>
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       Considérant que Mme X, née en 1949, est entrée régulièrement en France en novembre 2005 munie d'un visa de court séjour et a été accueillie et prise en charge par sa fille Mlle Petula Y épouse Z, de nationalité française et son gendre ; que l'autre enfant de Mme X, M. Jess Eddie Y, réside également régulièrement en France sous couvert d'une carte de résident ; que par ailleurs, les pièces produites établissent de manière suffisamment probante que Mme X ne dispose plus d'attache familiale dans son pays ; que, dans ces conditions et eu égard à l'intérêt de sa présence pour sa famille séjournant régulièrement en France, alors même que Mme X a vécu en Centrafrique jusqu'à l'âge de 56 ans, l'arrêté du 27 août 2008 du préfet du Loiret a porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et a méconnu les dispositions précitées de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de prescrire au préfet du Loiret de délivrer à Mme X une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'État à payer à Mme X la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ; que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme X qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que le préfet du Loiret demande au titre des frais exposés par l'Etat et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	Le jugement du 10 décembre 2008 du Tribunal administratif d'Orléans est annulé, ensemble l'arrêté du 27 août 2008 du préfet du Loiret.<br>
Article 2 :	Il est enjoint au préfet du Loiret de délivrer à Mme X une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 :	L'Etat est condamné à verser à Mme X une somme de 2 000 euros (deux mille euros) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 :	Les conclusions du préfet du Loiret tendant à la condamnation de Mme X en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 5 : 	Le présent arrêt sera notifié à Mme Elisabeth X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet du Loiret.<br>
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N° 09NT00132                                      2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**