# CAA de PARIS, 1ère chambre, 13/03/2025, 24PA03591, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000051328622
**Date de décision:** 2025-03-13
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000051328622

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 16 février 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.<br>
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       Par un jugement n° 2403739 du 2 juillet 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 7 août 2024, M. A..., représenté par Me Besse, demande à la Cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 2403739 du 2 juillet 2024 du tribunal administratif de Montreuil ;<br>
       2°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :<br>
       - elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa demande ;<br>
       - elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur de fait relative à sa rémunération ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est estimé à tort lié par l'avis du service de la main d'œuvre étrangère ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 de ce code et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et emporte des conséquences excessivement graves sur sa situation personnelle ;<br>
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       S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
       - elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :<br>
       - elle est entachée d'un défaut de motivation ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Denis qui n'a pas présenté de mémoire en défense.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code des relations entre le public et l'administration ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme C...,<br>
       - et les observations de Me Besse pour M. A....<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. A..., ressortissant marocain né le 12 août 1980, est entré en France en juin 2008 selon ses déclarations. Le 12 juillet 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 16 février 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A... fait appel du jugement du 2 juillet 2024 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       2. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A..., le préfet de la Seine-Saint-Denis a estimé que l'intéressé ne pouvait se prévaloir de l'ancienneté de sa présence sur le territoire français et qu'il ne justifiait pas de liens personnels et familiaux en France, ni de conditions d'existence pérennes. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A... produit un important nombre de pièces, notamment des relevés de comptes bancaires et des ordonnances médicales permettant d'établir sa présence habituelle sur le territoire français depuis l'année 2016. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que l'intéressé travaille depuis mars 2021 sous couvert d'un contrat à durée indéterminée en qualité d'agent d'entretien, considéré comme un métier en tension. Dans ces conditions, en refusant l'admission exceptionnelle au séjour de l'intéressé, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation.<br>
       3. La décision portant refus de titre de séjour opposée à M. A... étant ainsi entachée d'illégalité, l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'interdiction de retour dont elle est assortie doivent, par voie de conséquence, également être annulées. <br>
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       4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A..., est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte : <br>
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       5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution (...) ".<br>
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       6. Eu égard au motif d'annulation ci-dessus retenu, l'exécution du présent arrêt implique nécessairement la délivrance à M. A... d'un titre de séjour. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer ce titre dans un délai de trois mois à compter de la mise à disposition du présent arrêt. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.<br>
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       Sur les frais liés à l'instance :<br>
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       7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
DÉCIDE :<br>
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Article 1er : Le jugement n° 2403739 du 2 juillet 2024 du tribunal administratif de Montreuil et l'arrêté du 16 février 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à M. A... un titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : L'Etat versera à M. A..., une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.<br>
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Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A..., au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.<br>
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Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :<br>
- M. Ivan Luben, président de chambre,<br>
- M. Stéphane Diémert, président assesseur,<br>
- Mme Hélène Brémeau-Manesme, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 mars 2025. <br>
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La rapporteur,<br>
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H. BREMEAU-MANESME <br>
Le président,<br>
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I. LUBEN<br>
La greffière,<br>
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Y. HERBER<br>
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La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. <br>
N° 24PA03591		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**