# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 17 juin 1970, 69-11.452, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006983384
**Date de décision:** 1970-06-17
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006983384

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE QUE SUR LA CHAUSSEE D'UNE AUTOROUTE ET ALORS QU'IL CIRCULAIT DANS UN SOUTERRAIN, LE CONDUCTEUR D'UN AUTOBUS DE LA REGIE AUTONOME DES TRANSPORTS PARISIENS ARRETA SON VEHICULE, POUR EVITER D'ECRASER DES BALLOTS DE CARTON TOMBES DU CAMION DES ETABLISSEMENTS KELLER, CONDUIT PAR LEUR PREPOSE, GUYON, LEQUEL LE PRECEDAIT A UNE VINGTAINE DE METRES;<br>
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 QUE MEINIER, CONDUCTEUR D'UN CAMION APPARTENANT A LACROUTE, SUIVANT L'AUTOBUS ET N'AYANT PU APERCEVOIR L'OBSTACLE QU'A 8 METRES ENVIRON EN RAISON DU MANQUE DE VISIBILITE DU AU FAIT QU'IL EXISTAIT A CET ENDROIT UN VIRAGE ASSEZ PRONONCE DU MUR DU SOUTERRAIN, PARVINT A S'ARRETER, NON SANS AVOIR HEURTE, EN MANOEUVRANT SUR LA GAUCHE AU DERNIER INSTANT, L'ARRIERE DE L'AUTOBUS ET LE FLANC DROIT D'UNE AUTOMOBILE CONDUITE PAR BERNARD;<br>
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 QUE LACROUTE ET MEINIER ONT ASSIGNE LES ETABLISSEMENTS KELLER ET LEUR COMPAGNIE D'ASSURANCES LA CONFIANCE, EN REPARATION DE LEURS PREJUDICES;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR RETENU LA SEULE RESPONSABILITE DES ETABLISSEMENTS KELLER, ALORS QUE LA CHUTE FORTUITE D'UN COLIS NE SERAIT PAS, A ELLE SEULE, DEMONSTRATIVE D'UNE FAUTE, QUE L'EMPLOYEUR N'AURAIT PU, EN TOUTE HYPOTHESE, ETRE SEUL CONDAMNE POUR UNE FAUTE DE SON PREPOSE NON APPELE DANS LA PROCEDURE, QUE LA FAUTE SERAIT SANS RAPPORT DIRECT AVEC L'ACCIDENT, QU'IL SERAIT CONTRADICTOIRE DE RELEVER QUE L'AUTOBUS ET L'AUTOMOBILE S'ETAIENT ARRETES EN PRESENCE D'UN OBSTACLE ET QUE LE CONDUCTEUR DU CAMION CIRCULANT BIEN AU-DELA N'AURAIT PU EVITER LE CHOC, TOUT EN CONCLUANT A UNE PARFAITE MAITRISE DE CELUI-CI POUR S'ETRE ARRETE " AU CHOC", ET QU'ENFIN IL N'AURAIT PAS ETE REPONDU AUX CONCLUSIONS QUI AVAIENT FAIT VALOIR QUE, SELON LES DIRES DU MEME CAMIONNEUR, LES PASSAGERS DE L'AUTOBUS S'ETAIENT PORTES VERS L'AVANT LORSQU'ILS L'AVAIENT VU ARRIVER, CE QUI EXCLUERAIT QU'IL AIT ETE PRIVE DU TEMPS DE MAITRISER SON VEHICULE;<br>
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 MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE LA RESPONSABILITE DU COMMETTANT PEUT ETRE DIRECTEMENT RECHERCHEE PAR LA VICTIME DU DOMMAGE, QUI N'EST NULLEMENT TENUE D'ASSIGNER EN MEME TEMPS LE PREPOSE PAR LA FAUTE DUQUEL LE DOMMAGE EST SURVENU;<br>
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QUE, D'AUTRE PART, L'ARRET ENONCE, TANT PAR MOTIFS PROPRES QU'ADOPTES, QUE LES FAUTES DE GUYON, QUI NE DISPOSAIT QUE D'UN SEUL RETROVISEUR NE LUI PERMETTANT PAS DE SURVEILLER LA TOTALITE DE SON CHARGEMENT ET N'AVAIT PAS PRIS TOUTES LES PRECAUTIONS NECESSAIRES POUR QUE CE CHARGEMENT NE PUISSE ETRE UNE CAUSE DU DANGER OU DE DOMMAGE, ETAIENT EN RELATION DIRECTE DE CAUSALITE AVEC L'ACCIDENT QUI NE SE SERAIT PAS PRODUIT SANS ELLES;<br>
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 QU'IL AJOUTE QUE LES CONDUCTEURS DE L'AUTOBUS ET DU CAMION AVAIENT REAGI NORMALEMENT, EN FREINANT DEVANT UN OBSTACLE INATTENDU, ET QUE MEINIER, QUI CIRCULAIT A UNE VITESSE NORMALE, N'AVAIT EU D'AUTRE RESSOURCE QUE DE TENTER, IN EXTREMIS, UNE MANOEUVRE SALVATRICE DONT L'INSUCCES NE PROUVAIT PAS QU'IL AIT MANQUE DE MAITRISE;<br>
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 QU'EN SE DETERMINANT PAR DE TELS MOTIFS, LA COUR D'APPEL, QUI N'ETAIT PAS TENUE DE SUIVRE LES PARTIES DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, A, SANS ENCOURIR LES REPROCHES DU POURVOI, LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 20 NOVEMBRE 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1966-04-21 Bulletin 1966 II N. 454 (1) p. 322 (REJET). (1)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** La responsabilité du commettant peut être directement recherchée par la victime du dommage, qui n'est nullement tenue d'assigner en même temps le préposé par la faute duquel le dommage est survenu.,Est légalement justifiée la décision qui impute au conducteur d'un camion ayant perdu des colis sur la chaussée l'entière responsabilité de la collision survenue entre les véhicules qui le suivaient, dès lors que les juges ont relevé que le camionneur ne disposait que d'un seul rétroviseur ne lui permettant pas de surveiller la totalité de son chargement et que les conducteurs qui le suivaient avaient réagi normalement en freinant devant cet obstacle inattendu, l'insuccès de la manoeuvre salvatrice de l'un d'eux ne prouvant pas qu'il ait manqué de maîtrise.
**Mots-clés:** 1) RESPONSABILITE CIVILE - Commettant préposé - Commettant - Action de la victime contre le commettant - Assignation conjointe du préposé - Nécessité (non).,2) RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Circulation routière - Collision - Véhicules roulant en file - Camion laissant tomber des colis sur la chaussée - Surveillance insuffisante du chargement par le camionneur - Rétroviseur unique.,* RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Circulation routière - Manoeuvre - Manoeuvre de sauvetage - Insuccès.,* RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Preuve - Circulation routière - Echec d'une manoeuvre de sauvetage - Preuve d'un défaut de maitrise (non).,* RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Circulation routière - Défaut de maitrise du véhicule - Heurt du véhicule précédent - Véhicule ayant freiné brusquement.,* CIRCULATION ROUTIERE - Véhicule - Chargement - Surveillance - Nécessité - Rétroviseur unique - Effet.,* RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Circulation routière - Véhicule - Chargement - Surveillance - Rétroviseur unique - Effet.