# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 18 mars 1970, 68-13.095, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982191
**Date de décision:** 1970-03-18
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982191

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET PARTIELLEMENT INFIRMATIF ATTAQUE QUE GRIMAUD, QUI AVAIT DONNE A BAIL A DAME Y... UN LOCAL A USAGE DE COMMERCE, LUI A DELIVRE CONGE ET OFFERT DE VERSER UNE INDEMNITE D'EVICTION ;<br>
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 QU'APRES EXPERTISE, LE TRIBUNAL L'A FIXEE A 4500 FRANCS ;<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL, PAR UN PREMIER ARRET DU 19 MAI 1965, A ORDONNE UNE EXPERTISE COMPLEMENTAIRE ;<br>
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 QUE, STATUANT AU VU DU RAPPORT DE L'HOMME DE L'ART COMMIS, UN SECOND ARRET A CONDAMNE LE PROPRIETAIRE A PAYER A LA LOCATAIRE UNE INDEMNITE D'EVICTION DE 13000 FRANCS, AVEC INTERETS DE DROIT A COMPTER DE LA DATE DE L'ASSIGNATION INTRODUCTIVE D'INSTANCE ;<br>
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 ATTENDU QUE GRIMAUD FAIT GRIEF A CET ARRET D'AVOIR, EN SE CONTREDISANT, ACCORDE A DAME Y... UNE INDEMNITE D'EVICTION FONDEE SUR LA VALEUR DU PAS DE PORTE DE L'IMMEUBLE QU'ELLE AVAIT ACQUIS A LA SUITE DU REFUS DE RENOUVELLEMENT, AUX MOTIFS QU'ELLE N'AVAIT PAS CREE UN NOUVEAU FONDS, DES LORS QU'ELLE EXERCAIT TOUJOURS LA MEME ACTIVITE, ALORS QUE, D'UNE PART, LA CREATION D'UN NOUVEAU FONDS NE SE LIMITERAIT PAS AU CHANGEMENT DANS LA NATURE DE L'ACTIVITE, MAIS RESULTERAIT DE LA MODIFICATION RADICALE DANS LES CONDITIONS DE L'EXPLOITATION, CE QUI SERAIT LE CAS EN L'ESPECE ET QUE, D'AUTRE PART, EN TOUT ETAT DE CAUSE, IL RESULTERAIT DES CONSTATATIONS MEMES DE L'ARRET QUE LA REORGANISATION DU FONDS DE DAME X..., DANS LE NOUVEL IMMEUBLE, AURAIT ETE BENEFIQUE ET QUE, DES LORS, ELLE N'AURAIT SUBI AUCUN PREJUDICE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU SECOND DEGRE ENONCENT "QUE MEME SI DAME Y... N'A PAS ATTENDU L'ISSUE DE LA PROCEDURE POUR QUITTER LES LIEUX ET SI LA REORGANISATION DE SON FONDS DANS LE NOUVEAU LOCAL ACHETE PAR ELLE A ETE BENEFIQUE, IL N'EN RESTE PAS MOINS QU'ELLE A POURSUIVI LES MEMES ACTIVITES, DE SORTE QU'IL NE PEUT ETRE RETENU QU'ELLE AIT CREE UN NOUVEAU FONDS" ;<br>
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 QU'ILS RELEVENT QUE "SON EVICTION DE L'IMMEUBLE DE GRIMAUD A RENDU NECESSAIRE SON RETABLISSEMENT DANS UN AUTRE LOCAL" ET "QU'IL NE PEUT LUI ETRE FAIT GRIEF D'AVOIR ASSURE CE RETABLISSEMENT, AU MOYEN DE L'ACQUISITION D'UN IMMEUBLE, SAUF A LIMITER L'INDEMNITE AUX CONSEQUENCES DIRECTES DE L'EVICTION" ;<br>
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 QU'ILS AJOUTENT, ECARTANT LES ELEMENTS DU PREJUDICE QUI AURAIENT PU RESULTER DE LA PERTE DE LA CLIENTELE ET D'UN TROUBLE COMMERCIAL, QU'ILS ONT " DES ELEMENTS D'APPRECIATION SUFFISANTS POUR ESTIMER A 10000 FRANCS LA VALEUR DU PAS DE PORTE" ;<br>
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 ATTENDU QUE, PAR CES CONSTATATIONS SOUVERAINES, LA COUR D'APPEL, SANS SE CONTREDIRE, A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE PREMIER MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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 SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QUE GRIMAUD FAIT ENCORE GRIEF A L'ARRET D'AVOIR FIXE A 13000 FRANCS L'INDEMNITE D'EVICTION, ALORS, SELON LE MOYEN, QUE, D'UNE PART, LA DEMANDE INITIALE DE DAME Y... S'ELEVAIT A LA SOMME DE 10500 FRANCS, DE SORTE QUE LES JUGES DU SECOND DEGRE AURAIENT DENATURE LES ECRITURES DU PROCES ET MECONNU LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 464 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ET QUE, D'AUTRE PART, LA COUR NE POUVAIT STATUER PAR DES MOTIFS HYPOTHETIQUES, QUE SON PRECEDENT ARRET, ORDONNANT UNE EXPERTISE, RESERVAIT LES DROITS ET MOYENS DES PARTIES ET ETAIT DEPOURVU DE TOUTE AUTORITE DE CHOSE JUGEE ET QU'EN TOUT ETAT DE CAUSE LE MOYEN TIRE DE LA CHOSE JUGEE NE POUVAIT ETRE SUPPLEE D'OFFICE PAR LE JUGE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE NE PEUT ETRE CONSIDEREE COMME NOUVELLE LA DEMANDE QUI, FORMEE EN CAUSE D'APPEL, PROCEDE DE L'ACTION PRINCIPALE ET N'EN EST QUE LA SUITE ET LE DEVELOPPEMENT ;<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET ENONCE "QUE DAME Y..., SOUTENANT QUE LE MONTANT DE L'INDEMNITE D'EVICTION DOIT ETRE CALCULE SUR LA BASE DE LA VALEUR DU PAS DE PORTE DE L'IMMEUBLE QU'ELLE A ACQUIS, CONCLUT EN DEMANDANT DE LA FIXER A LA SOMME DE 18774,42 FRANCS" ;<br>
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QU'IL RELEVE QUE "LE TOTAL DE L'INDEMNITE DOIT ETRE FIXE A 13000 FRANCS, CHIFFRE QUI RESTE DANS LE CADRE DE LA DEMANDE DE DAME Y..." ;<br>
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 ATTENDU QUE, PAR CE SEUL MOTIF QUI N'EST PAS HYPOTHETIQUE, ABSTRACTION FAITE DU MOTIF SURABONDANT QUE CRITIQUE LE POURVOI, LES JUGES D'APPEL, SANS DENATURER LES ECRITURES DU PROCES, ONT SOUVERAINEMENT APPRECIE LE MONTANT DE L'INDEMNITE D'EVICTION ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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MAIS SUR LE TROISIEME MOYEN : VU L'ARTICLE 8 DU DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953 ;<br>
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 ATTENDU QUE, POUR FIXER LE MONTANT D'UNE INDEMNITE D'EVICTION, LES JUGES DOIVENT ESTIMER LE PREJUDICE SUBI PAR LE LOCATAIRE AU JOUR DE LA DECISION, SI CE N'EST A LA DATE DE SON EVICTION QUAND ELLE EST DEJA SURVENUE ;<br>
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 QUE LA CREANCE DU LOCATAIRE NE PEUT PRODUIRE D'INTERETS AVANT LE JOUR OU ELLE A ETE EVALUEE PAR DECISION JUDICIAIRE ;<br>
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ATTENDU QU'EN FIXANT A 13000 FRANCS LE MONTANT DE L'INDEMNITE D'EVICTION QUE GRIMAUD A ETE CONDAMNE A PAYER A DAME Y..., LA COUR D'APPEL A, EN OUTRE, DECLARE QUE CETTE SOMME PORTERAIT INTERETS DE DROIT DU JOUR DE L'ASSIGNATION, SANS PRECISER LES MOTIFS POUR LESQUELS LE BAILLEUR DEVAIT PAYER UNE SOMME PLUS ELEVEE QUE CELLE A LAQUELLE LA LOCATAIRE AVAIT DROIT EN REPARATION DE SON PREJUDICE ;<br>
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 QU'AINSI L'ARRET N'A PAS DONNE, SUR CE POINT, UNE BASE LEGALE A SA DECISION ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT EN CE QUI CONCERNE LE POINT DE DEPART DES INTERETS DE L'INDEMNITE ACCORDEE A DAME Y..., L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE, LE 11 MAI 1967 ;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE NIMES<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre civile 3) 1969-06-26 Bulletin 1969 III N. 529 p.396 (CASSATION) ET LES ARRETS CITES<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET REJET Cassation
**Lois appliquées:** Décret  1953-09-30
**ECLI:** 
**Résumé:** Ne peut être considérée comme nouvelle la demande qui, formée en cause d'appel, procède de l'action principale et n'en est que la suite et le développement.          Il en est ainsi lorsque, sur une action en fixation d'indemnité d'éviction, le locataire majore le chiffre de sa demande initiale.,Pour fixer le montant d'une indemnité d'éviction, le préjudice du locataire doit être estimé au jour de la décision, si l'éviction n'est pas déjà survenue ; la créance du locataire ne peut produire d'intérêts avant le jour où elle a été évaluée par décision judiciaire.          Doit être cassé l'arrêt qui, fixant l'indemnité d'éviction dit que la somme portera intérêts de droit du jour de l'assignation sans préciser les motifs pour lesquels le bailleur doit payer une somme plus élevée que celle à laquelle le locataire a droit en réparation de son préjudice.
**Mots-clés:** 1) APPEL CIVIL - Demande nouvelle - Définition - Demande procédant de la demande initiale et tendant aux mêmes fins (non) - Bail commercial - Action en fixation d'indemnité d'éviction - Majoration du montant.,* APPEL CIVIL - Demande nouvelle - Définition - Bail commercial - Indemnité d'éviction - Action en fixation - Majoration du montant (non).,* BAUX COMMERCIAUX (Décret du 30 septembre 1953) - Indemnité d'éviction - Montant - Demande - Majoration en cause d'appel - Demande nouvelle (non).,2) INTERETS - Intérêts compensatoires - Intérêts de l'indemnité allouée - Intérêts antérieurs à la décision - Bail commercial - Indemnité d'éviction.,* BAUX COMMERCIAUX (Décret du 30 septembre 1953) - Indemnité d'éviction - Calcul - Date d'évaluation - Epoque proche de l'éviction - Jour de la décision.,* BAUX COMMERCIAUX (Décret du 30 septembre 1953) - Indemnité d'éviction - Intérêts - Point de départ.