# CAA de DOUAI, 3ème chambre - formation à 3, 08/06/2017, 15DA01858, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000034915717
**Date de décision:** 2017-06-08
**Juridiction:** CAA de DOUAI
**Formation:** 3ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000034915717

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
       Procédure contentieuse antérieure :<br>
<br>
       Mme D...A...a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler pour excès de pouvoir, l'arrêté du 13 février 2012 par lequel le recteur de l'académie de Lille a décidé, au titre de la campagne 2010-2011, une majoration de sa durée de services d'un mois pour accéder au douzième échelon de son grade ;<br>
       Par un jugement n° 1203498 du 22 septembre 2015, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.<br>
<br>
       Procédure devant la cour :<br>
<br>
       Par une requête enregistrée le 26 novembre 2015, MmeA..., représentée par Me B...C..., demande à la cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement du 22 septembre 2015 du tribunal administratif de Lille ;<br>
<br>
       2°) d'annuler l'arrêté du 13 février 2012 par lequel le recteur de l'académie de Lille a décidé, au titre de la campagne 2010-2011, une majoration de sa durée de services d'un mois pour accéder au douzième échelon de son grade ;<br>
<br>
       3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
       Elle soutient que :<br>
       - le jugement est irrégulier ;<br>
       - la décision n'est pas motivée au regard de la loi du 11 juillet 1979 ;<br>
       - son évaluation professionnelle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2017, le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, conclut au rejet de la requête.<br>
<br>
       Il soutient que les moyens soulevés par Mme A...ne sont pas fondés.<br>
<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
<br>
       Vu :<br>
       - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ; <br>
       - la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;<br>
       - le décret n° 2007-1365 du 19 septembre 2007 ;<br>
       - l'arrêté du 10 avril 2008 relatif aux modalités d'application à certains fonctionnaires relevant des ministres chargés de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche du décret n° 2007-1365 du 17 septembre 2007 portant application de l'article 55 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
<br>
<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
<br>
       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. Jean-Jacques Gauthé, premier conseiller,<br>
       - les conclusions de M. Hadi Habchi, rapporteur public,<br>
       - et les observations de Mme D...A.... <br>
       1. Considérant que par un arrêté du 13 février 2012 notifié le 23 mars 2012, le recteur de l'académie de Lille a décidé une majoration d'un mois de durée de services au titre de la période du 1er septembre 2010 au 31 août 2011 de MmeA..., attachée d'administration de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, en poste depuis le 1er septembre 2008 dans les services de l'inspection académique du Pas-de-Calais, pour accéder au douzième échelon de son grade ; que Mme A...relève appel du jugement du 22 septembre 2015 par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision ;<br>
	Sur la régularité du jugement :<br>
       2. Considérant que si Mme A...soutient qu'un mémoire du 26 août 2015 du recteur de l'académie de Lille relatif à l'instance n° 1303887 ouverte le 19 juin 2013 a été pris en compte par le tribunal administratif de Lille dans l'instance n° 1203498 dont elle relève appel, il ressort des pièces du dossier que ce mémoire n'est pas visé dans le jugement attaqué et n'a pas été pris en compte ; que dès lors, le moyen tiré l'irrégularité du jugement doit être écarté ;<br>
       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
<br>
       3. Considérant d'une part qu'aux termes de l'article 9 du décret n° 2007-1365 du 19 septembre 2007 portant application de l'article 55 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Des majorations de la durée de services requise pour accéder d'un échelon à un échelon supérieur peuvent, après avis de la commission administrative paritaire compétente, être appliquées aux fonctionnaires dont la valeur professionnelle est insuffisante, par décision du chef de service./Des arrêtés des ministres intéressés, pris après avis du comité technique paritaire compétent, fixent les modalités d'application des majorations d'ancienneté " ; qu'aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 10 avril 2008 relatif aux modalités d'application à certains fonctionnaires relevant des ministres chargés de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche des dispositions de ce décret, dont les attachés d'administration de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur : " Les critères à partir desquels la valeur professionnelle de l'agent est appréciée au terme de l'entretien professionnel figurent en annexe au présent arrêté. Ces critères sont utilisés pour évaluer les connaissances et les compétences mobilisées et démontrées par l'agent au cours de la période écoulée (...) " ; qu'aux termes de son article 11 : " Les agents dont la valeur professionnelle est jugée insuffisante peuvent se voir appliquer des majorations d'ancienneté d'un mois ou de deux mois" ;<br>
<br>
       4. Considérant d'autre part qu'aux termes de l'article 1er de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : (...) -infligent une sanction ; (...) -imposent des sujétions (...) " ;  <br>
<br>
       5. Considérant que les majorations de durée de services sont la conséquence de l'appréciation  de la valeur professionnelle insuffisante d'un agent portée par son administration ; que bien que ralentissant le déroulement de sa carrière, elles ne constituent pas une sanction ; que la circonstance que l'appréciation de la valeur professionnelle intervienne à l'issue d'un entretien professionnel annuel obligatoire ne permet pas de regarder les majorations de durée de services comme des décisions imposant des sujétions ; qu'elles ne sont dès lors pas au nombre des décisions qui doivent être motivées par application de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979 ; que Mme A...ne peut utilement se prévaloir de l'insuffisance de motivation de la décision du 13 février 2012 au regard des dispositions précitées de la loi du 11 juillet 1979 ;<br>
<br>
       6. Considérant que le 27 mai 2011, MmeA..., attachée affectée à la division des personnels enseignants, s'est présentée à l'entretien professionnel annuel en évoquant " la procédure disciplinaire à laquelle elle s'exposerait en cas de nouveau refus " ; qu'à cette occasion, sa hiérarchie, tout en soulignant ses capacités d'analyse et ses connaissances juridiques, a regretté son absence d'initiative et de proposition ainsi qu'une lecture restrictive de sa fiche de poste, en décalage avec le comportement attendu d'un agent de catégorie A ; que sa hiérarchie s'est également inquiétée de la persistance des sérieuses difficultés relationnelles de MmeA..., conduisant à des conflits avec ses collègues à propos du volume sonore dans les bureaux et à des appréciations dévalorisantes de la requérante sur " les subordonnés de catégorie inférieure " ; que si MmeA..., attachée chargée du suivi des commissions administratives départementales, de la veille documentaire et juridique, des dossiers de protection fonctionnelle des fonctionnaires et de dégradation de véhicules, des interventions écrites et des consultations de dossiers professionnels, soutient que ses fonctions ne correspondent pas à celles d'un agent de catégorie A, celle-ci se limite à évoquer l'existence de travaux de reprographie en affirmant, de manière inexacte, qu'ils seraient les seules fonctions qui lui seraient attribuées ; que Mme A...a refusé au cours de l'entretien précité, toute évolution de sa situation vers des fonctions de personne-ressource au sein de sa division et a tenu des propos déplacés, assimilant cette dernière à une " secte " ; que dès lors, le moyen tiré de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée son évaluation professionnelle, fondement de la majoration de la durée de services, ne peut qu'être écarté ; <br>
<br>
       7. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme A...n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement du 22 septembre 2015, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande ; que ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, être rejetées ; <br>
DÉCIDE :<br>
       Article 1er : La requête de Mme A...est rejetée.<br>
       Article 2: Le présent arrêt sera notifié à Mme D...A...et au ministre de l'éducation nationale.<br>
<br>
       Copie sera adressée au recteur de l'académie de Lille.<br>
       Délibéré après l'audience publique du 24 mai 2017 à laquelle siégeaient :<br>
<br>
       - M. Etienne Quencez, président de la Cour,<br>
       - M. Olivier Nizet, président-assesseur,<br>
       - M. Jean-Jacques Gauthé, premier conseiller.<br>
<br>
       Lu en audience publique le 8 juin 2017.<br>
<br>
<br>
Le rapporteur,<br>
Signé : J.-J. GAUTHÉLe président de la Cour<br>
Signé : E. QUENCEZ<br>
Le greffier,<br>
Signé : I. GENOT       <br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
<br>
<br>
Pour expédition conforme<br>
Le greffier,<br>
Isabelle Genot<br>
1<br>
2<br>
N°15DA01858<br>
1<br>
3<br>
N°"Numéro"<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-06-02-02 Fonctionnaires et agents publics. Notation et avancement. Avancement. Avancement d'échelon.