# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 2 juin 1964, 64-90.046, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007054970
**Date de décision:** 1964-06-02
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007054970

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE X... (GEORGES), DETENU, CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE EN DATE DU 11 DECEMBRE 1963 STATUANT EN MATIERE D'EXTRADITION LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 21 DE LA LOI DU 10 MARS 1927, DE L'ARTICLE 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE, LE DEMANDEUR AYANT SOUTENU QU'EN VERTU DU PRINCIPE DE LA SPECIALITE DE L'EXTRADITION, IL NE POUVAIT FAIRE L'OBJET D'UNE EXTRADITION EN GRECE, AU MOTIF QU'IL AVAIT ETE EXTRADE PAR L'ITALIE A LA DEMANDE DU GOUVERNEMENT FRANCAIS, ET QU'IL RESULTAIT D'UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE MILAN DU 27 SEPTEMBRE 1960, QUE CETTE JURIDICTION AVAIT REFUSE QU'IL SOIT EXTRADE D'ITALIE EN GRECE, L'ARRET A ECARTE CES CONCLUSIONS, AU MOTIF, D'UNE PART, QUE LA DEMANDE D'EXTRADITION DU GOUVERNEMENT HELLENIQUE A ETE FORMEE A L'OCCASION DE POURSUITES EXERCEES EN TERRITOIRE ETRANGER ET POUR DES FAITS DIFFERENTS DE CEUX QUI ONT MOTIVE LE TRANSFERT DU DEMANDEUR D'ITALIE EN FRANCE, D'AUTRE PART, QUE LE 7 JUIN 1963, LE GOUVERNEMENT ITALIEN A FAIT SAVOIR QUE RIEN NE S'OPPOSAIT, UNE FOIS LA JUSTICE FRANCAISE SATISFAITE, A CE QUE LE DEMANDEUR SOIT EXTRADE, DONNANT AINSI SON ACCORD FORMEL A L'EXTRADITION EVENTUELLE DE CE DERNIER;<br>
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QU'IL N'Y AVAIT DONC PAS LIEU DE S'ARRETER A LA DECISION DE LA COUR D'APPEL DE MILAN, CELLE-CI ETANT INTERVENUE DEUX ANS AVANT LA NOTE VERBALE DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES D'ITALIE, ET POUVANT AVOIR PAR CONSEQUENT D'AUTRES BASES JURIDIQUES;<br>
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 QUE DANS CES CONDITIONS, IL SUFFISAIT A LA COUR DE SAVOIR QUE LE GOUVERNEMENT ITALIEN NE FORMULAIT AUCUNE OPPOSITION A LA MESURE D'EXTRADITION DEMANDEE;<br>
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 "ALORS QUE, L'ACTE D'EXTRADITION ETANT UN TRAITE PARTICULIER ENTRE NATIONS, LES QUESTIONS QU'IL SOULEVE RELEVENT UNIQUEMENT DE L'AUTORITE GOUVERNEMENTALE;<br>
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 QU'EN CONSEQUENCE, IL APPARTENAIT AU GOUVERNEMENT SEUL DE DECIDER SI LE PRINCIPE DE LA SPECIALITE DEVAIT JOUER EN L'ESPECE, ET IL INTERDISAIT A LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE PRONONCER L'EXTRADITION;<br>
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 QU'EN TOUT ETAT DE CAUSE, CETTE QUESTION RELEVANT UNIQUEMENT DE L'AUTORITE GOUVERNEMENTALE, LE TRIBUNAL NE POUVAIT DONC S'EN SAISIR";<br>
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 ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET ATTAQUE ET DE LA PROCEDURE QUE X... GEORGES, NE A PRAGUE, LE 20 SEPTEMBRE 1918, A ETE EXTRADE EN FRANCE PAR LES AUTORITES ITALIENNES ALORS QU'IL SUBISSAIT A MILAN DIVERSES PEINES D'EMPRISONNEMENT, POUR ETRE MIS A LA DISPOSITION DU JUGE D'INSTRUCTION D'AIX-EN-PROVENCE QUI LE POURSUIVAIT POUR VOL, COMPLICITE DE VOL, RECEL, ESCROQUERIE ET FALSIFICATION DE CHEQUES;<br>
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 QUE, D'AUTRE PART, LE GOUVERNEMENT HELLENIQUE A DEMANDE AU GOUVERNEMENT FRANCAISE L'EXTRADITION DE CE MEME INDIVIDU EN VERTU DE DEUX JUGEMENTS RENDUS PAR LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL D'ATHENES, LE CONDAMNANT : - LE PREMIER, EN DATE DU 1ER NOVEMBRE 1956, A TROIS ANNEES D'EMPRISONNEMENT POUR ESCROQUERIE, FAUX ET USAGE DE FAUX;<br>
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 -LE SECOND, EN DATE DU 29 NOVEMBRE 1956, A TROIS ANNEES DE LA MEME PEINE, POUR FAUX ET ESCROQUERIE;<br>
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ATTENDU QUE, POUR REJETER LES CONCLUSIONS DE X... OU IL ETAIT SOUTENU QU'EN VERTU DU PRINCIPE DE LA SPECIALITE DE L'EXTRADITION, LA DEMANDE FORMULEE PAR LE GOUVERNEMENT HELLENIQUE NE POUVAIT RECEVOIR SATISFACTION, AU MOTIF QUE LA COUR D'APPEL DE MILAN AVAIT REFUSE, PAR ARRET DU 27 SEPTEMBRE 1960 QUE L'INTERESSE FUT EXTRADE D'ITALIE EN GRECE, LA CHAMBRE D'ACCUSATION RELEVE QUE, PAR NOTE VERBALE EN DATE DU 7 JUIN 1963, LE GOUVERNEMENT ITALIEN, CONSULTE PAR LES AUTORITES FRANCAISES, AVAIT FAIT SAVOIR QUE RIEN NE S'OPPOSAIT A CE QUE X..., UNE FOIS LA JUSTICE FRANCAISE SATISFAITE, FUT REEXTRADE DE FRANCE EN GRECE;<br>
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 QU'EN PRESENCE DE CET ACCORD FORMEL DU GOUVERNEMENT INTERESSE,IL N'Y AVAIT PAS LIEU DE S'ARRETER A LA DECISION CI-DESSUS MENTIONNEE DE LA COUR D'APPEL DE MILAN, INTERVENUE PLUS DE DEUX ANS AUPARAVANT;<br>
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 ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, L'ARRET ATTAQUE N'A AUCUNEMENT VIOLE L'ARTICLE 21 DE LA LOI DU 10 MARS 1927, NI LE PRINCIPE DE LA SPECIALITE DE L'EXTRADITION QUI EN RESULTE;<br>
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QU'A BON DROIT, LA CHAMBRE D'ACCUSATION S'EST FONDEE, SANS AVOIR EGARD A D'AUTRES CONSIDERATIONS, SUR L'ACCORD EXPRESSEMENT DONNE PAR LES AUTORITES GOUVERNEMENTALES ITALIENNES A UNE EVENTUELLE MESURE DE REEXTRADITION DU DEMANDEUR EN GRECE;<br>
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 SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 5, ALINEA 5, DE LA LOI DU 10 MARS 1927, DE LA CONVENTION INTERNATIONALE DES 29 MARS, 11 AVRIL 1906, PORTANT CONVENTION D'EXTRADITION ENTRE LA GRECE ET LA FRANCE, DES ARTICLES 593, 764 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE LA REGLE CONTRA NON VALENTEM AGERE NON CURRIT PRESCRIPTIO, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A REJETE LES CONCLUSIONS DU DEMANDEUR SOUTENANT QUE LES PEINES PRONONCEES CONTRE LUI PAR LE TRIBUNAL D'ATHENES ETAIENT PRESCRITES, AU MOTIF QU'AYANT ETE DETENU EN ITALIE DU 13 AVRIL AU 1ER OCTOBRE 1960 ET DU 24 JUILLET 1961 AU 24 FEVRIER 1963, LA PRESCRIPTION DE LA PEINE AVAIT ETE SUSPENDUE PENDANT DEUX ANS ET DIX-HUIT JOURS, PAR APPLICATION DE LA REGLE CONTRA NON VALENTEM AGERE NON CURRIT PRESCRIPTO;<br>
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"ALORS QUE, SI LA REGLE PRECITEE EST APPLICABLE EN MATIERE CRIMINELLE LA PRESCRIPTION N'EST SUSPENDUE QU'AUTANT QUE L'EXERCICE DE L'ACTION EST EMPECHE PAR UN OBSTACLE PROVENANT SOIT DE LA LOI, SOIT D'UN FAIT DE FORCE MAJEURE, QU'EN VERTU DE LA CONVENTION FRANCO-HELLENIQUE, LA PRESCRIPTION DE LA PEINE EST ACQUISE D'APRES LA LOI FRANCAISE, LA REGLE CONTRA NON VALENTEM AGERE NON CURRIT PRESCRIPTIO NE POUVAIT TROUVER APPLICATION EN L'ESPECE, L'EXECUTION D'UNE PEINE NE POUVANT ETRE CONSIDEREE COMME UN FAIT DE FORCE MAJEURE";<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET DECLARE, EN SE FONDANT SUR LES DOCUMENTS VERSES AUX DEBATS, QUE X... A ETE DETENU EN ITALIE DU 13 AVRIL AU 1ER OCTOBRE 1960 ET DU 24 JUILLET 1961 AU 24 FEVRIER 1963, SOIT AU TOTAL PENDANT DEUX ANS ET DIX-HUIT JOURS;<br>
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 QUE, PENDANT TOUT CE LAPS DE TEMPS, LES AUTORITES HELLENIQUES SE SONT TROUVEES EMPECHEES DE FAIRE EXECUTER LES DECISIONS DE CONDAMNATION PRONONCEES PAR LE TRIBUNAL D'ATHENES ET EN VERTU DESQUELLES L'EXTRADITION EST DEMANDEE;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS, C'EST A BON DROIT QUE LA CHAMBRE D'ACCUSATION A CONSIDERE QUE LA DETENTION SUBIE, POUR D'AUTRES CAUSES EN ITALIE PAR X..., AVAIT CONSTITUE, POUR LES AUTORITES COMPETENTES DE GRECE, UN OBSTACLE ABSOLU A LA MISE A EXECUTION DES JUGEMENTS DONT S'AGIT ET QUE, PAR SUITE, LA PRESCRIPTION DES PEINES QUI Y ETAIENT PORTEES S'EST TROUVEE SUSPENDUE PENDANT TOUTE LA DUREE DE L'INCARCERATION;<br>
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QU'AINSI, LOIN D'AVOIR VIOLE LES TEXTES ET LA MAXIME VISES AU MOYEN, L'ARRET EN A FAIT AU CONTRAIRE UNE JUSTE APPLICATION;<br>
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 ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME;<br>
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REJETTE LE POURVOI PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M COMTE - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCAT : M NICOLAY<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** LOI 1927-03-10 ART. 21
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° NE VIOLE EN RIEN LES DISPOSITION DE L'ARTICLE 21 DE LA LOI DU 10 MARS 1927 NI LE PRINCIPE DE LA SPECIALITE DE L'EXTRADITION QUI EN RESULTE, L'ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION QUI, POUR DONNER UN AVIS FAVORABLE A UNE DEMANDE DE REEXTRADITION FORMULEE PAR LE GOUVERNEMENT HELLENIQUE CONCERNANT UN INDIVIDU EXTRADE D'ITALIE EN FRANCE, SE FONDE SUR L'ACCORD FORMELLEMENT EXPRIME PAR LES AUTORITES ITALIENNES A LA MESURE SOLLICITEE, SANS AVOIR EGARD A AUCUNE AUTRE CONSIDERATION ET NOTAMMENT A UN AVIS ANTERIEUR DE REFUS EMANANT D'UN JURIDICTION ITALIENNE.,2° LA MAXIME CONTRA NON VALENTEM AGERE NON CURRIT PRESCRIPTIO PROTEGE L'ACTION DU MINISTERE PUBLIC, LORSQUE CELUI-CI EST MIS DANS L'IMPOSSIBILITE ABSOLUE DE POURSUIVRE L'EXECUTION D'UNE PEINE PRONONCEE CONTRE UN INDIVIDU, PAR LE FAIT QUE LE CONDAMNE SUBIT, EN TERRITOIRE ETRANGER, UNE AUTRE PEINE RESULTANT D'UNE CONDAMNATION INFLIGEE PAR UN TRIBUNAL DU PAYS OU IL SE TROUVE DETENU.
**Mots-clés:** 1°) EXTRADITION - EFFETS - PRINCIPE DE LA SPECIALITE - REEXTRADITION - ACCORD FORMEL DU GOUVERNEMENT INTERESSE - CONSTATATION SUFFISANTE.,2°) PRESCRIPTION - PEINE - SUSPENSION - IMPOSSIBILITE D'AGIR - CONDAMNE SUBISSANT UNE AUTRE PEINE A L'ETRANGER.