# Conseil d'État, Président de la section du Contentieux, 27/07/2005, 271616, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022512870
**Date de décision:** 2005-07-27
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** Président de la section du Contentieux
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022512870

## Contenu de la décision

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              Vu la requête, enregistrée le 30 août 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Lahcen A, demeurant ... ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :<br>
                            1°) d'annuler  le jugement du 30 juillet 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 juillet 2004 du préfet de l'Hérault décidant sa reconduite à la frontière ;<br>
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
                            3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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                            Vu les autres pièces du dossier ;<br>
                            Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
                            Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>
                            Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 modifié réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>
                            Vu le code de justice administrative ;<br>
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               Après avoir entendu en séance publique :<br>
                            - les conclusions de M. Rémi Keller, Commissaire du gouvernement ;<br>
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                             Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;<br>
                            Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 29 avril 2004, de la décision du préfet de l'Hérault du 27 avril 2004, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
                            Sur le moyen tiré de l'illégalité de la décision du préfet de l'Hérault du 9 juillet 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour :<br>
                            Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale prévue au premier  alinéa du même article est délivrée de plein droit : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant. Les années durant lesquelles l'étranger s'est prévalu de documents d'identité falsifiés ou d'une identité usurpée ne sont pas prises en compte (...) ;<br>
                            Considérant que si  M. A fait valoir qu'il réside depuis dix ans en France, les pièces qu'il produit à l'appui de ses allégations sont insuffisantes pour établir sa présence habituelle en France depuis plus de dix ans, notamment pour la période 1996-1999 ; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ne peut qu'être écarté ;<br>
                            Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait  à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) ;<br>
                            Considérant que si l'article 12 quater de l'ordonnance du 2 novembre 1945 impose au préfet de consulter la commission du titre de  séjour lorsqu'il envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour à un étranger relevant de l'une des catégories mentionnées  aux articles 12 bis et 15 de cette ordonnance, il ne ressort pas des  pièces du dossier que M. A appartienne à  l'une de ces catégories ; qu'il en résulte que le moyen tiré de ce que la  décision du préfet de l'Hérault serait irrégulière faute d'avoir été précédée  de la consultation de la commission du titre de séjour, doit être écarté ;<br>
                               Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article 7 du décret du 30 juin 1946, modifié : L'étranger qui, n'étant pas déjà admis à résider en France, sollicite la délivrance d'un titre de séjour temporaire présente à l'appui de sa demande : 2°) les documents mentionnés à l'article 1er du présent décret justifiant qu'il est entré régulièrement en France ; que, si le deuxième alinéa du même article, dans sa rédaction issue du décret du 5 mai 1999, dispose : Ne sont pas soumis aux dispositions du 2° de l'alinéa 1er du présent article, les étrangers mentionnés à l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 (...), cette dispense de présentation des documents justifiant d'une entrée régulière en France ne peut bénéficier qu'aux étrangers justifiant que leur situation les fait entrer dans l'une des catégories mentionnées à l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que tel n'est pas le cas de M. A   ; que dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté préfectoral du 9 juillet 2004 aurait été pris en méconnaissance des dispositions précitées du décret du 30 juin 1946 doit être écarté ;<br>
                              Considérant que si M. A, de nationalité marocaine et qui est né en 1967, fait valoir qu'il justifie de sa présence en France depuis 1993, que son père, son frère et une tante résident de manière régulière en France, qu'il est hébergé par son père, qu'il n'a plus d'attaches familiales au Maroc, qu'il est titulaire d'une promesse d'embauche, qu'il est assuré social, et qu'il est bien intégré, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour en France de M. A qui est célibataire et sans charge de famille, ainsi qu'aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, que l'arrêté du préfet de l'Hérault du 9 juillet 2004 ait porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a ainsi méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article 12 bis 7° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que le préfet n'a pas non plus commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa mesure sur la situation personnelle de l'intéressé ;<br>
                             Sur les autres moyens dirigés contre l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. A :<br>
                             Considérant qu'il ne résulte pas des diverses circonstances de l'espèce, précédemment rappelées, qu'en décidant la reconduite à la frontière de l'intéressée, le préfet de l'Hérault aurait méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions des articles 12 bis 3° et 12 bis 7° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ;<br>
                              Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ;<br>
                             Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
                              Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance,  verse à M. A la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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Article 1er  : La requête de M. A est rejetée.<br>
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Lahcen A, au préfet de l'Hérault et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**