# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 29 octobre 1997, 96-86.320, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007069410
**Date de décision:** 1997-10-29
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007069410

## Contenu de la décision

<p>REJET du pourvoi formé par :</p>
<p>- X... Raymonde, épouse Y..., </p>
<p>contre l'arrêt de la cour d'appel de Pau, chambre correctionnelle, en date du 22 octobre 1996, qui, pour délit de fuite, l'a condamnée à 2 mois d'emprisonnement avec sursis, à une amende de 1 000 francs, à la suspension de son permis de conduire pour une durée de 9 mois et qui a prononcé sur les intérêts civils. </p>
<p>LA COUR, </p>
<p>Vu le mémoire produit ; </p>
<p>Sur le moyen unique de cassation pris de la violation des articles 434-10 du nouveau Code pénal, L. 2, alinéa 1er, du Code de la route et 485, 591 et 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale : </p>
<p>" en ce que l'arrêt attaqué a reconnu Raymonde X... coupable des fins de la prévention de délit de fuite et l'a condamnée à 2 mois d'emprisonnement avec sursis, 1 000 francs d'amende et a ordonné la suspension de son permis de conduire pour une durée de 9 mois, ainsi qu'à verser à la partie civile une somme de 2 280, 30 francs à titre de dommages et intérêts ; </p>
<p>" aux motifs que le 25 février 1993, vers 11 heures 35, le véhicule de Jean-Joseph A... était garé sur le parking de la place du Quintaou à Anglet ; que voulant récupérer son véhicule, Jean-Joseph A... constate que ce dernier présente une éraflure et un léger enfoncement de l'aile et de la portière avant gauche sur une longueur de 1 mètre environ et une largeur de 5 cm ; qu'un témoin des faits s'est spontanément présenté à la victime en lui indiquant que l'auteur du dommage était la conductrice du véhicule R. 5 blanc n°... ; que Jean-Joseph A... a attendu pendant une heure la conductrice de ce véhicule qui lui a indiqué ne s'être apercue de rien et qui n'a pas donné suite à ce litige ; que le témoin Z... a bien indiqué aux services de police qu'un véhicule Renault 5 immatriculé sous le n°... et propriété de Mme Y... avait accroché le véhicule BX ... de Jean-Joseph A... ; que le témoin précise avoir fait une remarque à la conductrice du véhicule tamponneur qui " ne s'en est pas préoccupée plus que cela " et est partie faire son marché, sans poser de mot sur le pare-brise du véhicule accidenté ; que les faits sont constants ; que le premier juge a fait une juste appréciation de la sanction à infliger à la prévenue ; qu'il y a lieu de confirmer la décision sur le plan pénal ; que la contravention de défaut de maîtrise reprochée à la prévenue est amnistiée (article 1er de la loi du 3 août 1995) ; qu'il y a lieu également de confirmer le jugement sur le plan civil ; </p>
<p>" alors que ne commet pas de délit de fuite le conducteur qui, après un accrochage, a laissé sa voiture en stationnement et s'est arrêté après l'accident pendant un temps suffisamment long pour permettre son identification ; que, selon les propres énonciations de l'arrêt attaqué, Raymonde X... a stationné pendant un temps suffisamment long sur les lieux de l'accident pour permettre à un témoin d'identifier son véhicule et n'a aucunement tenté de se soustraire après l'accrochage intervenu avec l'automobile appartenant à la partie civile à l'éventualité de sa responsabilité encourue envers celle-ci ; si bien qu'en entrant en voie de condamnation dans ces conditions, la cour d'appel, qui n'a pas caractérisé le délit visé dans la prévention, a violé les textes précités " ; </p>
<p>Attendu que, si les juges ont déclaré Raymonde X... coupable de délit de fuite tout en constatant qu'après l'accident qui s'était produit sur une aire de stationnement, elle y avait laissé son véhicule, leur décision n'en est pas moins justifiée, en raison des autres circonstances relevées dans l'arrêt qui établissent que la prévenue a tenté d'échapper à sa responsabilité pénale ou civile ; </p>
<p>Qu'en effet, l'obligation de s'arrêter, imposée en pareil cas par l'article L. 2 du Code de la route, est destinée à permettre la détermination des causes de l'accident ou, tout au moins, l'identification du conducteur auquel il peut être imputé ; </p>
<p>D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; </p>
<p>Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ; </p>
<p>REJETTE le pourvoi.</p>,CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1993-02-10, Bulletin criminel 1993, n° 68, p. 168 (rejet), et les arrêts cités.

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** Code de la route L2
**ECLI:** 
**Résumé:** Justifie sa décision la cour d'appel qui déclare un prévenu coupable du délit de fuite tout en énonçant qu'il a laissé son véhicule sur une aire de stationnement, dès lors qu'elle retient d'autres circonstances établissant qu'il a tenté d'échapper à sa responsabilité pénale ou civile ; l'obligation de s'arrêter est, en effet, destinée à permettre la détermination des causes de l'accident, ou tout au moins, l'identification du conducteur qui l'a causé.
 (1).
**Mots-clés:** DELIT DE FUITE - Conducteur ayant causé un accident - Nécessité de s'arrêter - Arrêt insuffisant - Départ du conducteur avant son identification - Tentative de se soustraire à la responsabilité encourue.