# Conseil d'État, 2ème SSJS, 11/06/2004, 253489, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028911074
**Date de décision:** 2004-06-11
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 2ème SSJS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028911074

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 21 janvier 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES YVELINES ; le PRÉFET DES YVELINES demande au Conseil d'Etat :<br>
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               1°) d'annuler le jugement du 17 décembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 2 décembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme B...A...;<br>
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              2°) de rejeter la demande présentée par Mme A...devant le tribunal administratif de Versailles ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée le 4 novembre 1950 ; <br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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Après avoir entendu en séance publique :<br>
- le rapport de Mlle Bourgeois, Auditeur, <br>
- les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par Mme A... ; <br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des  infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui" ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A... est mariée depuis 1989 à un ressortissant malien qui séjourne et travaille en France de manière régulière depuis plusieurs années ; que son fils est né en France le 12 mars 2001 ; qu'elle n'a plus aucune attache dans son pays d'origine ; que, par suite, dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté du 2 décembre 2002 décidant sa reconduite à la frontière a porté une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, dès lors, le PREFET DES YVELINES n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a annulé l'arrêté attaqué ;<br>
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      D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête du PREFET DES YVELINES est rejetée.<br>
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES YVELINES, à Mme B... A...et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. <br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** ECLI:FR:CESJS:2004:253489.20040611
**Résumé:** 
**Mots-clés:**