# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 6ème chambre - formation à 3, 02/02/2012, 11LY00201, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025366685
**Date de décision:** 2012-02-02
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 6ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025366685

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 25 janvier 2011, présentée pour M. Angelo A, domicilié Via Delle Lamme 4 Sbarra 28 à None (10060), Italie, élisant domicile chez Me Lanfranconi, avocat ;<br>
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        M.  A demande à la Cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0902038 du 2 décembre 2010 par lequel le Tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande tendant à la condamnation solidaire de la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône et de la société Total Raffinage Distribution à réparer les préjudices consécutifs à la chute dont il a été victime le 15 décembre 2000, sur l'aire de Venoy Grosse Pierre de l'autoroute A6 ;<br>
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       2°) de condamner solidairement ces sociétés à lui payer une somme de 68 457,12 euros à titre de dommages intérêts ;<br>
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       3°) de mettre à la charge solidaire de ces sociétés une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Il soutient que :<br>
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       - en décembre 2000, il a trébuché sur un ouvrage en béton et chuté ;<br>
       - souffrant d'une fracture du fémur pour laquelle il a subi une intervention, il n'a pu reprendre son travail qu'en janvier 2002 ;<br>
       - cet ouvrage, qui n'était pas visible, représentait un danger, caractérisant un défaut d'entretien normal ;<br>
       - comme transporteur routier indépendant, ses périodes d'incapacité temporaire totale et d'incapacité permanente partielle l'ont exposé à un manque à gagner s'élevant à 38 957,12 euros ;<br>
       - son incapacité permanente partielle de 12 % justifie une indemnité de 12 000 euros ;<br>
       - la gêne qu'il a éprouvée durant son incapacité temporaire totale et son incapacité permanente partielle, les souffrances endurées, son préjudice esthétique et son préjudice fonctionnel d'agrément doivent être indemnisés à hauteur de 17 500 euros ;<br>
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       Vu le jugement attaqué ;<br>
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       Vu le mémoire, enregistré le 4 juillet 2011, présenté pour la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône, tendant au rejet de la requête et, subsidiairement, à la diminution des sommes réclamées à titre indemnitaire et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Elle soutient que :<br>
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       - l'intéressé n'a pas rapporté la preuve des circonstances de sa chute ;<br>
       - à défaut d'être motivée sa demande est irrecevable ;<br>
       - aucun défaut d'entretien normal n'est caractérisé, seul étant en cause son manque d'attention ;<br>
       - la zone où est survenu l'accident est de la seule responsabilité de la société Total ;<br>
       - les indemnités demandées en réparation de ses préjudices d'ordre patrimonial ou personnel sont excessives ;<br>
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       Vu le mémoire, enregistré le 8 novembre 2011, présenté pour la société Total Raffinage Distribution, tendant au rejet de la requête et, subsidiairement, à ce que la somme demandée soit réduite à de plus justes proportions et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 ;<br>
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       Elle soutient que :<br>
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       - l'intéressé ne décrit pas avec précision les circonstances de son accident, ne permettant pas d'identifier avec certitude l'ouvrage à l'origine de cet accident ;<br>
       - les éléments produits font état d'un butoir en béton apparemment situé devant une cafétéria, un restoroute ou un bar, mais devant la station service exploitée par la société ;<br>
       - à supposer que soit en cause le trottoir devant la station-service, cet ouvrage ne présente pas de danger pour un usager normalement attentif ;<br>
       - l'intéressé ne justifie pas du montant des indemnités demandées qui sont en outre excessives ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ; <br>
      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 12 janvier 2012 :<br>
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      - le rapport de M. Picard, premier conseiller ;<br>
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      - les conclusions de M. Pourny, rapporteur public ;<br>
      - et les observations de Me Faure, avocat de la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (SAPRR) ;<br>
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      Considérant que le 15 décembre 2000, vers 7 heures du matin,  M. A a été victime d'une chute sur l'aire de Venoy Grosse Pierre de l'autoroute A 6, alors qu'il sortait de la cafétéria de la station Total ; qu'il a recherché la responsabilité solidaire de la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône, concessionnaire de l'autoroute, et de la société Total Raffinage Distribution, exploitant de la station, devant le Tribunal administratif de Dijon qui, par un jugement du 2 décembre 2010, a rejeté sa demande ;<br>
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      Considérant que M. A a trébuché sur la bordure en béton séparant la chaussée des emplacements de stationnement aménagés légèrement en contrebas de cette dernière, perpendiculairement au trottoir longeant la cafétéria ; qu'il ne résulte pas de l'instruction que, malgré l'existence de zones de pénombre, l'obscurité de l'endroit était telle qu'elle aurait rendu l'ouvrage invisible ; que dans ces circonstances, cet ouvrage, qui représentait un dénivelé minime, n'a pas constitué un obstacle excédant ceux qu'un usager normalement attentif peut s'attendre à rencontrer dans un tel lieu ; que, dès lors, la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône établit l'absence de défaut d'entretien normal de l'ouvrage dont M. A était usager ; que, par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir opposée par la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande ; que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par les sociétés des autoroutes Paris-Rhin-Rhône et Total Raffinage Distribution ; <br>
       DECIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
Article 2 : Les conclusions des sociétés des autoroutes Paris-Rhin-Rhône et Total Raffinage Distribution tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. Angelo A, à la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (SAPRR), à la société Total Raffinage Distribution et à l'Azienda sanitaria régionale.<br>
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Délibéré après l'audience du 12 janvier 2012 à laquelle siégeaient :<br>
M. Clot, président de chambre,<br>
Mme Steck-Andrez, président-assesseur,<br>
M. Picard, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 2 février 2012.<br>
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N° 11LY00201	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 67-02-01-01 Travaux publics. Règles communes à l'ensemble des dommages de travaux publics. Notion de dommages de travaux publics. Existence.