# Cour Administrative d'Appel de Paris, Juge des reconduites à la frontière , 11/07/2007, 07PA00143, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000017990381
**Date de décision:** 2007-07-11
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** Juge des reconduites à la frontière
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000017990381

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 12 janvier 2007, présentée pour Mme Peilin Y, demeurant ..., par Me Sand ; Mme Y demande à la cour :
<br>
<br>

       1°) d'annuler le jugement n° 0615825/8 du 14 décembre 2006 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2006 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière ;
<br>
<br>

       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;
<br>
<br>

       3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article  L. 761-1 du code de justice administrative ;
<br>
<br>

...
<br>
<br>

       Vu les autres pièces du dossier ;
<br>
<br>

       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
<br>
<br>

       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
<br>
<br>

       Vu le code de justice administrative ;
<br>
<br>

       Vu la décision du 31 janvier 2007 par laquelle le président de la cour a désigné M. Piot, magistrat, pour statuer notamment sur les appels dirigés contre les décisions juridictionnelles rendues en application de l'article L. 512-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
<br>
<br>

       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; 
<br>
<br>

       Après avoir au cours de l'audience publique du 27 juin 2007, présenté son rapport et entendu les conclusions de M.Coiffet, commissaire du gouvernement ;
<br>
<br>

       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) » ;
<br>
<br>

       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Y, de nationalité chinoise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 4 janvier 2006, de la décision du préfet de police du 30 décembre 2005 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
<br>
<br>

       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui » ;
<br>
<br>

       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Y, célibataire sans charge de famille, née le 1er avril 1981, a été confiée en juin 1997 à une association par le tribunal pour enfants de Bobigny à la suite du décès de sa mère qu'elle avait rejoint sur le territoire national survenu lors d'un accident des transports publics ; que l'intéressée a été scolarisée en France jusqu'à sa majorité ; qu'il n'est pas établi qu'elle ait conservé des attaches familiales en Chine ; que sa seule parente réside régulièrement en France ; que, compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions du séjour en France de Mme Y, l'arrêté du préfet de police a porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, dès lors, Mme Y est fondée à soutenir que cet arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à en demander l'annulation ;
<br>
<br>

       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme Y est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ;
<br>
<br>
<br>
<br>

       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
<br>
<br>

       Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme Y et non compris dans les dépens ;
<br>
<br>

D E C I D E :
<br>
<br>

Article 1er : Le jugement du 14 décembre 2006 du magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris et l'arrêté du préfet de police en date du 20 octobre 2006 décidant la reconduite à la frontière de Mme Y sont annulés.
<br>
<br>

Article 2 : L'Etat versera à Mme Y la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
<br>
<br>
<br>
2
<br>

N°07PA00143
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**