# Conseil d'État,  4ème sous-section jugeant seule, 19/11/2003, 243050, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008140509
**Date de décision:** 2003-11-19
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 4ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008140509

## Contenu de la décision

<br>
              Vu la requête, enregistrée le 13 février 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA GIRONDE ; le PREFET DE LA GIRONDE demande au Conseil d'Etat :<br>
<br>
              1°) d'annuler les jugements du 25 janvier 2002 par lesquels le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Bordeaux a annulé ses arrêtés du 11 janvier 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. Arif B et de Mlle Erzebet A ;<br>
<br>
              2°) de rejeter les demandes présentées par M. B et Mlle A devant le tribunal administratif ; <br>
<br>
<br>
<br>
	Vu les autres pièces du dossier ;<br>
	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>
	Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
              Après avoir entendu en séance publique :<br>
<br>
              - le rapport de M. Molina, Auditeur,  <br>
<br>
              - les conclusions de M. Schwartz, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;<br>
<br>
              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle Erzebet A et M. Arif B, respectivement de nationalités yougoslave et macédonienne, se sont maintenus sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification de la décision par laquelle le PREFET DE LA GIRONDE leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'ils se trouvaient ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
<br>
              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle A et M. B sont entrés en France le 5 décembre 1997 où leur enfant est née le 17 janvier 1998 ; que depuis le mois de juillet 2001 la famille réside dans un logement indépendant à La Réole (Gironde) où le soutien de la population et des autorités locales atteste leurs réels efforts d'intégration ; que M. B produit une promesse d'embauche dans une société de la région, en cas de régularisation de sa situation ; que, dans ces conditions, et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, les mesures de reconduite à la frontière prises à leur encontre le 11 janvier 2002 sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences qu'elles auraient sur la situation personnelle des intéressés ; <br>
<br>
              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE LA GIRONDE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Bordeaux a annulé les arrêtés du 11 janvier 2002 ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
      D E C I D E :<br>
      --------------<br>
Article 1er : La requête du PREFET DE LA GIRONDE est rejetée.<br>
Article 2 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA GIRONDE, à Mlle Erzebet A, à M. Arif B et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**