# Conseil d'État, 5ème chambre, 15/04/2022, 451330, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000045831473
**Date de décision:** 2022-04-15
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000045831473

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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              M. B... C... a demandé au tribunal administratif de Paris d'enjoindre à l'Etat de lui attribuer un logement en exécution de la décision du 19 septembre 2019 par laquelle la commission de médiation de Paris l'a déclaré prioritaire et devant être relogé en urgence. Par une ordonnance n° 2011384 du 28 octobre 2020, la vice-présidente de la 4e section du tribunal administratif a rejeté sa demande comme manifestement irrecevable.<br>
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              Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 avril et 20 mai 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. C... demande au Conseil d'Etat : <br>
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              1°) d'annuler cette ordonnance ; <br>
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              2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à la société Le Prado-Gilbert, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. <br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu<br>
              - le code de la construction et de l'habitation ;<br>
              - l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;<br>
              - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
              - le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d'Etat,  <br>
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              - les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public ;<br>
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              La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Le Prado - Gilbert, avocat de M. C... ;<br>
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              Considérant ce qui suit :<br>
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              1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que M. C..., déclaré prioritaire et devant être relogé en urgence par une décision du 19 septembre 2019 de la commission de médiation de Paris, a formé le 29 juillet 2020 auprès du tribunal administratif de Paris le recours prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et mentionné au 1° de l'article R. 778-1 du code de justice administrative, pour demander au tribunal d'enjoindre à l'Etat de lui attribuer un logement. M. C... demande l'annulation de l'ordonnance du 28 octobre 2020 par laquelle la vice-présidente de la 4e section du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a rejeté sa demande comme manifestement irrecevable en raison de sa tardiveté.  <br>
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              2. D'une part, aux termes de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation : " A compter du 1er décembre 2008, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence. Dans les départements d'outre-mer et dans les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d'une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois ". Aux termes de l'article R. 778-2 du même code : " Les requêtes mentionnées à l'article R. 778-1 sont présentées dans un délai de quatre mois à compter de l'expiration des délais prévus aux articles R. 441-16-1, (...) du code de la construction et de l'habitation (...) ".<br>
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              3. D'autre part, aux termes du I de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Aux termes de l'article 6 : " Le présent titre s'applique aux administrations de l'Etat, aux collectivités territoriales, à leurs établissements publics administratifs ainsi qu'aux organismes et personnes de droit public et de droit privé chargés d'une mission de service public administratif, y compris les organismes de sécurité sociale ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 7 : " Sous réserve des obligations qui découlent d'un engagement international ou du droit de l'Union européenne, les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période mentionnée au I de l'article 1er est reporté jusqu'à l'achèvement de celle-ci ". <br>
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              4. Il résulte de ces dispositions combinées que le délai de six mois initialement imparti au préfet de Paris pour faire une offre de logement à M. C... a été suspendu le 12 mars 2020, alors qu'il courait depuis cinq mois et vingt-trois jours, avant de reprendre, pour la durée restante, à compter du 24 juin 2020. Par suite, le délai de recours de quatre mois imparti à M. C... par l'article R. 778-2 du code de justice administrative, qui avait commencé à courir à l'expiration du délai de six mois imparti au préfet, n'était pas échu le 29 juillet 2020, date à laquelle il a saisi le tribunal administratif de Paris. En jugeant que ce délai avait expiré le 20 juillet 2020, pour en déduire que sa requête devait être rejetée comme tardive, la vice-présidente de la 4e section du tribunal administratif a commis une erreur de droit qui justifie, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen du pourvoi, l'annulation de son ordonnance. <br>
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              5. M. C... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la société Le Prado-Gilbert, avocat de M. C..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à cette société.<br>
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              				D E C I D E :<br>
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Article 1er : L'ordonnance du 28 octobre 2021 de la vice-présidente de la 4e section du tribunal administratif de Paris est annulée.<br>
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		Article 2 : L'affaire est renvoyée au tribunal administratif de Paris. <br>
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Article 3 : L'Etat versera à la société Le Prado-Gilbert, avocat de M. C..., une somme de 2 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
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Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B... C... et à la ministre de la transition écologique.<br>
              Délibéré à l'issue de la séance du 24 mars 2022 où siégeaient : M. Olivier Yeznikian, assesseur, présidant ; M. Jean-Philippe Mochon, conseiller d'Etat et M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d'Etat-rapporteur. <br>
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              Rendu le 15 avril 2022.<br>
                 Le président : <br>
                 Signé : M. Olivier Yeznikian<br>
 		Le rapporteur :<br>
      Signé : M. Jean-Dominique Langlais<br>
                 Le secrétaire :<br>
                 Signé : M. A... E...<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** ECLI:FR:CECHS:2022:451330.20220415
**Résumé:** 
**Mots-clés:**