# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 13 mai 1980, 79-10.053, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007005716
**Date de décision:** 1980-05-13
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007005716

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SA TROISIEME BRANCHE :<br>
    VU L'ARTICLE 63 DE LA LOI DU 13 JUILLET 1930 DEVENU L'ARTICLE L.32-8 DU CODE DES ASSURANCES ;<br>
   ATTENDU QUE DE L'ARRET ATTAQUE IL RESULTE QUE PLANTIE A SOUSCRIT EN 1962 AUPRES DE LA COMPAGNIE LE SECOURS UNE POLICE D'ASSURANCE SUR LA VIE PAR LAQUELLE CETTE COMPAGNIE S'ETAIT ENGAGEE, AU CAS OU IL DECEDERAIT ACCIDENTELLEMENT, A VERSER UN CAPITAL AUX PERSONNES QU'IL AVAIT DESIGNEES ; QU'AUCUNE ACCEPTATION N'EST INTERVENUE DE LA PART DE CES DERNIERES ; QU'A LA DATE DU 5 NOVEMBRE 1969, IL A ADRESSE A DARIES, COURTIER D'ASSURANCES, QUI LUI EN A ACCUSE RECEPTION, UNE LETTRE "SE REFERANT A LEUR CONVERSATION DE LA VEILLE" ET CONFIRMANT SON INTENTION, SANS MODIFIER EN RIEN LE MONTANT DU CAPITAL A VERSER EN CAS DE REALISATION DU RISQUE, D'EN RETIRER L'ATTRIBUTION A CERTAINS BENEFICIAIRES MENTIONNES AU CONTRAT ET D'ACCROITRE LES DROITS DE CERTAINS AUTRES ; QU'IL N'A PU ETRE ETABLI SI LE COURTIER DARIES AVAIT OU NON, AINSI QU'IL L'A SOUTENU, REMIS LA LETTRE DE LA MAIN A LA MAIN A HEBRARD, AGENT GENERAL DE LA COMPAGNIE LE SECOURS ; QUE CELLE-CI A DECLARE EN TOUT CAS N'AVOIR EU CONNAISSANCE DE LA LETTRE QU'APRES LE DECES DE PLANTIE ; QU'A L'OCCASION DU PROCES, AYANT OPPOSE, LES UNS AUX AUTRES, BENEFICIAIRES DONTCE DOCUMENT TENDAIT A SUPPRIMER LES DROITS ET BENEFICIAIRES DONT IL LES ACCROISSAIT, LA COMPAGNIE S'EN EST REMISE A JUSTICE DU SOIN DE DECIDER QUI TOUCHERAIT LE CAPITAL ; QUE LA COUR D'APPEL A DECIDE QU'AUCUN AVENANT N'AYANT ETE ETABLI, IL N'Y AVAIT PAS LIEU DE TENIR COMPTE DES MODIFICATIONS DE BENEFICIAIRES PREVUES PAR LA LETTRE DU 5 NOVEMBRE 1969 :<br>
<br>
   ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, ALORS QUE, DANS LES ASSURANCES SUR LA VIE, L'ASSURE PEUT MODIFIER JUSQU'A SON DECES LE NOM DU BENEFICIAIRE ET QUE CETTE MODIFICATION EST OPPOSABLE A L'ASSUREUR DES LORS QU'ELLE EXPRIME DE FACON CERTAINE ET NON EQUIVOQUE LA VOLONTE DU STIPULANT ET QUE, COMME DANS L'ESPECE, LA COMPAGNIE D'ASSURANCES EN A EU CONNAISSANCE AVANT DE PROCEDER AU VERSEMENT DU CAPITAL, LA COUR D'APPEL A VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;<br>
<br>
   PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU DE STATUER SUR LES AUTRES BRANCHES DU MOYEN :<br>
    CASSE ET ANNULE, DANS SON ENTIER, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 19 OCTOBRE 1978 PAR LA COUR D'APPEL DE TOULOUSE ; REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL D'AGEN.<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1958-06-03 Bulletin 1958 I N. 281 p.224 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code des assurances L132-8 (1930-07-13),LOI 1930-07-13 ART. 63
**ECLI:** 
**Résumé:** Dans les assurances sur la vie, l'assuré peut modifier jusqu'à son décès le nom du bénéficiaire, et cette modification est opposable à l'assureur dès lors qu'elle exprime de façon certaine et non équivoque la volonté du stipulant, et que la compagnie d'assurances en a eu connaissance avant de procéder au versement du capital. 
    Méconnaît l'article 63 de la loi du 13 juillet 1930,
 devenu l'article L 132-8 du Code des assurances, la Cour d'appel qui exige la rédaction d'un avenant pour donner effet à la substitution de bénéficiaires exprimée par l'assuré dans une lettre adressée à son courtier, et dont l'assureur a eu connaissance, après le décès de l'assuré, mais avant de régler le capital souscrit.
**Mots-clés:** ASSURANCE DE PERSONNES - Assurance vie - Bénéficiaire - Modification ou substitution - Volonté certaine et non équivoque de l'assuré - Forme - Avenant - Nécessité (non).