# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 19 février 1976, 75-92.198, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007062636
**Date de décision:** 1976-02-19
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007062636

## Contenu de la décision

<p>CASSATION PARTIELLE SUR LE POURVOI DE X... (FRANCIS), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE ROUEN, 4EME CHAMBRE, EN DATE DU 30 JUIN 1975, QUI L'A CONDAMNE A SIX MOIS D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS POUR COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES ET PORT D'ARME PROHIBE, AINSI QU'A DES REPARATIONS CIVILES. </p>
<p>LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 321 ET SUIVANTS DU CODE PENAL,1382 DU CODE CIVIL,485 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, " EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, TOUT EN CONFIRMANT LE JUGEMENT DE PREMIERE INSTANCE, EN CE QU'IL AVAIT DECLARE Y... COUPABLE DE COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES SUR LA PERSONNE DE X..., A REFUSE DE PROCEDER A UN PARTAGE DE RESPONSABILITE ENTRE LES PARTIES ; </p>
<p>" AU MOTIF QU'IL N'Y AURAIT PAS EU, EN L'ESPECE, DE VIOLENCES GRAVES AU SENS DE L'ARTICLE 321 DU CODE PENAL ; </p>
<p>" ALORS QUE LE JUGE REPRESSIF QUI RELEVE A LA CHARGE DE LA PARTIE CIVILE UN FAIT DE PROVOCATION CONSTITUTIF D'UNE FAUTE, DOIT PROCEDER A UN PARTAGE DE RESPONSABILITE ENTRE L'AUTEUR DES COUPS ET BLESSURES OU DES VIOLENCES ET LA PARTIE CIVILE, QUEL QUE PUISSE ETRE LE CARACTERE JURIDIQUE DE L'INFRACTION QU'A PU COMMETTRE LADITE PARTIE CIVILE ; </p>
<p>" QU'AINSI, EN L'ESPECE, LA COUR D'APPEL, QUI, CONFIRMANT LE JUGEMENT ENTREPRIS, RETENAIT A LA CHARGE DE Y... LE FAIT D'AVOIR, AVANT D'ETRE BLESSE PAR X..., PORTE DES COUPS A CE DERNIER ET LE CONDAMNAIT PENALEMENT POUR CETTE INFRACTION, NE POUVAIT, SANS SE CONTREDIRE ET VIOLER L'ARTICLE 321 DU CODE PENAL, REFUSER DE CONSTATER QUE Y... S'ETAIT RENDU COUPABLE DE PROVOCATION A L'EGARD DE X... ET S'ABSTENIR, EN CONSEQUENCE, DE PRONONCER UN PARTAGE DE RESPONSABILITE ; </p>
<p>" VU LESDITS ARTICLES, ENSEMBLE L'ARTICLE 10 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ; </p>
<p>ATTENDU QUE TOUT JUGEMENT OU ARRET DOIT CONTENIR LES MOTIFS PROPRES A JUSTIFIER SA DECISION ; </p>
<p>QUE L'INSUFFISANCE DE MOTIFS EQUIVAUT A LEUR ABSENCE ; </p>
<p>ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE, Y... AYANT PORTE DES COUPS A X..., CE DERNIER A RIPOSTE EN BLESSANT SON ADVERSAIRE QUI A SUBI DE CE FAIT UNE INCAPACITE TOTALE DE TRAVAIL SUPERIEURE A HUIT JOURS ; </p>
<p>QUE TOUS DEUX ONT ETE POURSUIVIS ET CONDAMNES, LE PREMIER POUR CONTRAVENTION DE COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES, LE SECOND POUR LE DELIT PREVU ET REPRIME PAR L'ARTICLE 309 DU CODE PENAL ; </p>
<p>QUE CEPENDANT LES PREMIERS JUGES ONT ACCORDE A X... LE BENEFICE DE L'EXCUSE DE PROVOCATION ET PROCEDE EN CONSEQUENCE A UN PARTAGE DE RESPONSABILITE ; </p>
<p>ATTENDU QUE POUR INFIRMER LE JUGEMENT DE CE CHEF, REFUSER A X... LE BENEFICE DE L'EXCUSE DE PROVOCATION ET LE DECLARER ENTIEREMENT RESPONSABLE DES CONSEQUENCES DOMMAGEABLES DU DELIT RETENU CONTRE LUI, LES JUGES D'APPEL QUI ONT MAINTENU LA CONDAMNATION DE Y... POUR LA CONTRAVENTION PREVUE PAR L'ARTICLE R-40-1 DU CODE PENAL, SE SONT BORNES A ENONCER QUE LES VIOLENCES PREALABLEMENT EXERCEES PAR Y... SUR X... NE REVETAIENT PAS LE CARACTERE DE GRAVITE EXIGE PAR L'ARTICLE 321 DU CODE PENAL ; </p>
<p>ATTENDU QUE SI, AU REGARD DE L'ACTION PUBLIQUE, LA COUR D'APPEL A PU AINSI SANS SE CONTREDIRE REFUSER A X... LE BENEFICE DE L'EXCUSE DE PROVOCATION, ELLE N'EN DEVAIT PAS MOINS, STATUANT SUR LES INTERETS CIVILS ET SAISIE PAR CE PREVENU DE CONCLUSIONS PAR LESQUELLES IL DEMANDAIT A ETRE DECHARGE DE TOUTE RESPONSABILITE, RECHERCHER SI LES FAITS RETENUS A LA CHARGE DE Y... N'AVAIENT PAS CONCOURU A LA PRODUCTION DE SON PROPRE DOMMAGE ET NE JUSTIFIAIENT PAS EVENTUELLEMENT LE MAINTIEN D'UN PARTAGE DE RESPONSABILITE, QUE NE L'AYANT PAS FAIT, ELLE N'A PAS JUSTIFIE SA DECISION ; </p>
<p>D'OU IL SUIT QUE LA CASSATION EST ENCOURUE DE CE CHEF ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE ROUEN DU 30 JUIN 1975, MAIS UNIQUEMENT DANS SES DISPOSITIONS CIVILES, ET, POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI, DANS LES LIMITES DE LA CASSATION AINSI PRONONCEE : RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE CAEN.</p>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle Cassation
**Lois appliquées:** Code pénal 321
**ECLI:** 
**Résumé:** Lorsque la faute de la victime a concouru avec celle du prévenu à la production d'un dommage résultant d'une infraction de coups et blessures volontaires, la responsabilité de chacun d'eux se trouve engagée dans une mesure dont l'appréciation appartient souverainement aux juges du fond.          Il n'est pas nécessaire dès lors, pour qu'une part de sa responsabilité soit laissée à la charge de la victime, que soit retenu contre celle-ci un fait de provocation au sens de l'article 321 du code pénal (1).,Il appartient aux juges du fond, quelle que soit la qualification donnée par eux aux violences, de rechercher si l'excuse de provocation est caractérisée au sens de l'article 321 du code pénal (2).
**Mots-clés:** 1) ACTION CIVILE - Préjudice - Réparation - Partage de responsabilité - Coups et blessures volontaires - Provocation - Nécessité - (non).,2) EXCUSES - Excuse de provocation - Conditions - Appréciation souveraine des juges du fond.