# Conseil d'Etat, 9ème sous-section jugeant seule, du 5 septembre 2003, 249511, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008182120
**Date de décision:** 2003-09-05
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 9EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008182120

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 12 août 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS  ; le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande au Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 15 juillet 2002 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté de reconduite à la frontière du 11 juillet 2002 en tant que cet arrêté désigne l'Algérie comme pays à destination duquel M. Tahar Abdelkader X doit être reconduit  ;
<br>
<br>
     
                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise  ;
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
<br>
<br>
     
                Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991  ;
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
                - le rapport de Mlle Burguburu, Auditeur,  
<br>
<br>
     
                - les observations de la SCP Parmentier, Didier, avocat de M. X, 
<br>
<br>
     
                - les conclusions de M. Goulard, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Sur la fin de non-recevoir soulevée par M. X  :
<br>
<br>
     
                Considérant que, par un arrêté du 19 novembre 2001 régulièrement publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture, le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS a donné une délégation de signature à M. Jean-Luc Lhémanne, sous-préfet chargé de mission  ; qu'ainsi, la fin de non-recevoir soulevée par M. X tirée de l'incompétence du signataire de la requête d'appel doit être écartée  ;
<br>
<br>
     
                Sur la légalité de la décision fixant l'Algérie comme pays de destination de M. X  :
<br>
<br>
     
                Considérant que, par un arrêté en date du 11 juillet 2002, le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS a ordonné la reconduite à la frontière de  M. X, de nationalité algérienne, qui s'était maintenu en France plus d'un mois à compter de la notification de la décision du 17 septembre 2001 lui refusant un titre de séjour  ; que, saisi d'un recours contre cet arrêté, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ne l'a annulé qu'en tant qu'il désignait l'Algérie comme pays à destination duquel l'intéressé devait être reconduit  ; que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS fait appel de ce jugement  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X produit une carte de victime du terrorisme délivrée par une organisation algérienne et fait état de l'agression dont a été victime son frère, il n'établit pas être personnellement exposé au risque de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine  ; que, par suite, le PREFET DE LA SEINE-SAINS-DENIS est fondé à soutenir que c'est à tort que, retenant l'unique moyen de la demande dirigé contre la décision désignant l'Algérie comme pays à destination duquel M. X devait être reconduit, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cette décision en se fondant sur ce qu'elle aurait méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
<br>
<br>
     
                Considérant que M. X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle  ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991  ; que, toutefois, ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à verser à l'avocat de M. X la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>D E C I D E  :
<br>
     
                --------------
<br>
<br>
     
Article 1er  : Le jugement du 15 juillet 2002, par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté de reconduite à la frontière du PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS en date du 11 juillet 2002 en tant que cet arrêté désigne l'Algérie comme pays de renvoi de M. X, est annulé.
<br>
     Article 2  : Les conclusions de M. X devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise tendant à l'annulation de la décision fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit sont rejetées.
<br>
     Article 3  : Les conclusions présentées par l'avocat de M. X et tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
<br>
     Article 4  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, à M. Tahar Abdelkader X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**