# Conseil d'Etat, 6 /10 SSR, du 6 février 1987, 39249, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007705484
**Date de décision:** 1987-02-06
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 6 /10 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007705484

## Contenu de la décision

<br>     Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 8 janvier 1982 et 19 avril 1982 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour Mme X..., demeurant ...  14600 , et tendant à ce que le Conseil d'Etat : <br>    1°- réforme le jugement en date du 10 novembre 1981 par lequel le tribunal administratif de Caen a condamné la société d'aménagement urbain et rural à lui verser une indemnité de 96 334,51 F qu'elle estime insuffisante, en réparation des désordres causés dans son immeuble par des infiltrations, à la suite de travaux entrepris pour l'extension du réseau d'assainissement de la commune de Honfleur,<br>    2°- condamne la société d'aménagement urbain et rural à lui payer une indemnité totale de 209 281,83 F,<br>
<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs ;<br>    Vu la loi du 28 pluviôse an VIII ; <br>    Vu l'ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;<br>    Vu la loi du 30 décembre 1977 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Girault, Auditeur,<br>    - les observations de la S.C.P. Martin Martinière, Ricard , avocat de Mme veuve X..., de Me Célice, avocat de la Société d'aménagement urbain et rural et de Me Ravanel, avocat de la ville de Honfleur,<br>    - les conclusions de M. E. Guillaume, Commissaire du gouvernement ;<br>     En ce qui concerne le préjudice correspondant aux travaux de réparation de l'immeuble de la requérante :<br>
<br>    Considérant que, conformément aux conclusions de l'expert dont il s'est approprié les termes, le tribunal administratif a évalué les travaux de réfection des désordres constatés à 68 474,51 F ; qu'il résulte du rapport d'expertise qu'il a été tenu compte des travaux supplémentaires de maçonnerie et de fourniture invoqués par la requérante dans l'estimation ainsi faite par l'expert et relative à la réfection desdits désordres ; que, dans ces conditions, Mme X... n'est pas fondée à soutenir que l'indemnité allouée de ce chef aurait dû être majorée du montant de ces travaux ;<br>     En ce qui concerne le préjudice résultant de la privation de loyers :<br>    Considérant qu'il résulte des déclarations de revenus fonciers produits par Mme X... que celle-ci a perçu à ce titre, pour son immeuble situé à Honfleur, 4 700 F en 1973 et 2 550 F en 1974 ; que, par suite, il sera fait une juste appréciation de la perte de revenus invoquée par Mme X... du mois d'octobre 1974 au mois de décembre 1978 inclus en la fixant à 15 000 F ; que, par suite, il y a lieu de condamner la société d'aménagement urbain et rural à lui payer 15 000 F au titre de la perte de loyer et de réformer en ce sens le jugement attaqué ;<br>     En ce qui concerne le préjudice résultant des intérêts des prêts bancaires consentis à Mme X... :<br>    Considérant que Mme X... n'a pu réaliser avant le début de l'année 1979 les travaux qu'elle avait prévus pour transformer son immeuble en local commercial ; qu'en raison de ce retard, le tribunal administratif lui a allouée une indemnité non contestée de 10 000 F correspondant à l'augmentation du coût de ces travaux ;<br>
<br>    Considérant que la requérante a contracté deux emprunts pour réaliser les travaux de transformation dont s'agit, dans l'attente de l'indemnité que la société d'aménagement urbain et rural devait lui verser ; que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif lui a accordé une somme de 17 810 F représentant les frais des emprunts ;<br>    Considérant que la seule réparation à laquelle la requérante puisse prétendre de ce chef consiste en l'attribution d'intérêts moratoires au taux légal qui lui ont été d'ailleurs accordés à compter du jour de sa demande par les premiers juges ; que, toutefois, la société se bornant à demander que le montant de l'indemnité allouée à la requérante à ce titre soit ramené à 2 000 F, il y a lieu de faire droit au recours incident de la société ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que l'indemnité globale accordée à Mme X... doit être ramenée de 96 334,51 F à 95 475 F ;<br>Article ler : La somme de 96 334,51 F que la société d'aménagement urbain et rural a été condamnée à verser à Mme X... par le jugement du tribunal administratif de Caen du 10 novembre 1981 est ramenée à 95 475 F.<br>
<br>     Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Caen du 10 novembre 1981 est réformé en ce qu'il a de contraire à la présente décision.<br>
<br>     Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme X... est rejeté.<br>
<br>     Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme X..., à lasociété d'aménagement urbain et rural, à la ville de Honfleur et au ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoire et des transports.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 67-03-04 TRAVAUX PUBLICS - DIFFERENTES CATEGORIES DE DOMMAGES - DOMMAGES CREES PAR L'EXECUTION DES TRAVAUX PUBLICS -Extension du réseau d'assainissement d'une commune - Infiltrations dans un immeuble - Réparation des préjudices - Privation de loyers et intérêts de prêts bancaires.