# Cour Administrative d'Appel de Marseille, juge des reconduites, 21/12/2006, 06MA01017, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000018001642
**Date de décision:** 2006-12-21
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** juge des reconduites
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000018001642

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 7 avril 2006, sous le n° 06MA01017, présentée pour M. Azzedine X, élisant domicile ..., par la SCP Dussalces-Ruffel, avocat ; M. X demande au président de la Cour : 
<br>
      1°/ d'annuler le jugement n° 0600029 en date du 23 février 2006 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 22 décembre 2005 par lequel le préfet de l'Hérault a décidé sa reconduite à la frontière ;
<br>
<br>

      2°/ d'annuler ledit arrêté ;
<br>
      3°/ de condamner l'Etat à lui verser une somme de 700 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
<br>
	
<br>
	Vu les autres pièces du dossier ;
<br>
	Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
<br>
	Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  ;
<br>
<br>

      Vu le code de justice administrative ;
<br>
	Vu la décision, en date du 27 décembre 2004, par laquelle le président de la Cour a délégué, en application des dispositions de l'article R.776-19 du code de justice administrative, M. Laffet, président, pour statuer sur l'appel des jugements rendus en matière de reconduite à la frontière ;
<br>
Les parties ayant été régulièrement averties de l'audience publique ;
<br>
Après avoir entendu en séance publique du 8 décembre 2006 :
<br>
- les observations de Me Ruffel pour M. X ;
<br>

- les conclusions de M. Cherrier, commissaire du gouvernement ;
<br>
           Considérant qu'aux termes de l'article L.511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : () 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait () » ; 
<br>
<br>

           Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 23 juin 2005, de la décision du 16 juin 2005 par laquelle le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a invité à quitter le territoire ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées;
<br>
Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière :
<br>
<br>

      Considérant, en premier lieu, que, par un arrêté du 19 novembre 2004, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de l'Hérault a donné à M. Galli, sous-préfet hors classe, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault, délégation générale de signature à l'effet de signer tous arrêtés à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figurent pas les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière ; que, par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait ; 
<br>
      Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui » ; qu'aux termes de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () » ;
<br>
      Considérant que si M. X fait valoir qu'il est entré en France en août 2001, à l'âge de 14 ans, pour retrouver son père, qu'il n'a, depuis lors, jamais quitté le territoire, où réside l'essentiel de ses liens privés et familiaux, et qu'il y est scolarisé, il ressort cependant des pièces du dossier que M. X, qui ne peut plus exciper de l'illégalité du refus de titre de séjour que lui a opposé le préfet de l'Hérault par un arrêté en date du 16 juin 2005, qui lui a été notifié le 23 juin 2005, faute pour lui de ne pas avoir, dans le délai de deux mois suivant la notification du rejet de son recours gracieux, saisi la juridiction administrative, ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident  notamment sa mère et certains de ses frères et soeurs, et alors même que, de son propre aveu, il n'aurait entretenu qu'une relation épisodique avec son père jusqu'à son arrivée en France ; que, dans ces conditions, alors même qu'une partie de la famille de M. X résiderait en France, et eu égard aux effets d'une reconduite à la frontière, le préfet de l'Hérault n'a pas, en décidant l'éloignement de M. X, qui est majeur, célibataire et sans enfant, porté une atteinte disproportionnée au droit de ce dernier au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels cette mesure a été prise ; que M. X n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que cet arrêté méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
<br>
<br>

           Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 22 décembre 2005 par lequel le préfet de l'Hérault a décidé sa reconduite à la frontière ; que sa requête doit, dès lors, être rejetée ;
<br>
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
<br>
      Considérant qu'aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : «  Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. » ;
<br>
      Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à M. X la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;
<br>
D E C I D E :
<br>
          Article 1er : La requête de M. X est rejetée.
<br>
          Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X, au préfet de l'Hérault et au ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.  
<br>

					           							2	 
<br>

05MA00554
<br>
		PP	
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**