# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 16 janvier 2006, 276060, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008245714
**Date de décision:** 2006-01-16
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008245714

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 31 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Nabil X... Z... A, demeurant ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
              1°) d'annuler le jugement du 3 décembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2004 par lequel le préfet du Val-de-Marne a décidé sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
     
              3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
              Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
<br>
<br>
     
              Vu l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié  ;
<br>
<br>
     
              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
<br>
<br>
     
              Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
              Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
              - les conclusions de M. Didier Casas, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du  retrait (...) ;
<br>
<br>
     
              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 17 septembre 2004, de la décision du préfet de police du 31 août 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;
<br>
<br>
     
              Considérant que, par un arrêté du 18 novembre 2002, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département n° 11 du 30 novembre 2002, M. Patrice Y..., préfet du Val-de-Marne, a donné à M. Pierre A..., directeur de cabinet de la préfecture du Val-de-Marne, délégation pour signer notamment les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que M. Pierre A... n'aurait pas été compétent, faute d'être titulaire d'une délégation régulière, pour signer l'arrêté attaqué manque en fait  ; 
<br>
<br>
     
              Sur l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour  :
<br>
<br>
     
              Considérant qu'aux termes des stipulations du d) de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié  : Reçoivent de plein droit un titre de séjour renouvelable valable un an et donnant droit à l'exercice d'une activité professionnelle dans les conditions fixées à l'article 7  : les ressortissants tunisiens qui justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis plus de dix ans, le séjour en qualité d'étudiant n'étant pas pris en compte dans la limite de cinq ans  ;
<br>
<br>
     
              Considérant que si M. A soutient qu'il réside depuis 1986 en France, d'une part, il ne présente à l'appui de ses allégations aucune pièce pour les années 1995 et 1996 et d'autre part, il ne fournit que des attestations de présence pour les années 1998, 1999 et 2000  ; que dès lors, M. A ne peut se prévaloir à la date de la mesure contestée, le 31 août 2004, d'une présence habituelle sur le territoire national de plus de dix ans  ; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du d) de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien précité ne peut en tout état de cause qu'être écarté  ;
<br>
<br>
     
              Sur les autres moyens  :
<br>
<br>
     
              Considérant qu'ainsi qu'il a été dit ci-dessus, M. A n'établit pas qu'il résiderait en France depuis plus de dix ans à la date de la mesure de reconduite à la frontière  ; que si M. A soutient, en outre, qu'il a tissé en France des liens personnels et amicaux intenses et qu'il a une soeur et deux frères qui résident régulièrement sur le territoire national, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de la de la requête de l'intéressé, que M. A, célibataire sans enfant, n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Tunisie où vivent sa mère ainsi qu'une soeur et un frère  ; que, dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment des conditions du séjour de M. A en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet du Val-de-Marne du 1er décembre 2004 n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
              Considérant enfin que si M. A soutient qu'il ne représente pas un danger pour l'ordre public, cette circonstance est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué  ;
<br>
<br>
     
              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande  ;
<br>
<br>
     
              Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
<br>
<br>
     
              Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>			D E C I D E  :
<br>
     
              			--------------
<br>
<br>
     
Article 1er  : La requête de M. A est rejetée.
<br>
     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Nabil X... Z... A, au préfet du ValdeMarne et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**