# Cour administrative d'appel de Paris, 9ème Chambre, 05/03/2015, 13PA04757, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030539669
**Date de décision:** 2015-03-05
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 9ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030539669

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 17 décembre 2013, présentée pour La Poste, dont le siège est 44 Boulevard de Vaugirard à Paris Cedex (75757), par Me Bellanger, avocat ; <br>
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       La Poste demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1110385/5-2 du 17 octobre 2013 par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Paris l'a condamnée solidairement avec l'Etat, à verser à Mme C...B...une indemnité de 22 500 euros ;<br>
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       2°) de rejeter la demande présentée par Mme B...devant le Tribunal administratif de Paris ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de Mme B...le versement de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Elle soutient que :<br>
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       - en ne précisant pas le motif pour lequel il a estimé que Mme B...avait établi avoir subi des troubles dans ses conditions d'existence, le premier juge a insuffisamment motivé son jugement ;<br>
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       - les notations de Mme B...et les appréciations quant à son aptitude à servir dans un emploi de niveau supérieur ne permettent pas de caractériser une perte de chance sérieuse de promotion ;<br>
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       - subsidiairement, en admettant que Mme B...ait perdu une chance sérieuse de promotion, elle n'aurait pu accéder au corps des contrôleurs dès 1993 ; l'évaluation de son préjudice par le tribunal administratif est donc excessive ; <br>
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       Vu le jugement attaqué ; <br>
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       Vu le mémoire, enregistré le 12 mai 2014, présenté pour MmeB..., par Me Lerat, avocat ; elle conclut : <br>
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       1°) au rejet de la requête de la Poste ; <br>
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       2°) par voie d'appel incident, à la condamnation solidaire de la Poste et de l'Etat à lui verser des indemnités complémentaires de 6 595,45 euros et 82 827,56 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 1er mars 2011, en réparation respectivement de son préjudice de carrière et de son préjudice de retraite ;<br>
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       3°) à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la Poste au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Elle soutient que :<br>
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       - c'est à bon droit que le premier juge a estimé qu'elle remplissait les conditions pour accéder au grade de contrôleur dès 1993 et qu'elle a perdu une chance sérieuse de promotion ; <br>
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       - une indemnité complémentaire de 6 595,45 euros doit lui être allouée au titre du préjudice de carrière dès lors que celui-ci peut être évalué à 24 095,44 euros ;<br>
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       - le préjudice correspondant à la minoration de sa pension de retraite doit être évalué à 82 827,56 euros ;<br>
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       - elle a droit aux intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa réclamation préalable, soit à compter du 1er mars 2011 ; <br>
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       Vu le mémoire, enregistré le 28 mai 2014 présenté pour le ministre des finances et des comptes publics, par Me Moreau, avocat ; le ministre des fiances et des comptes publics demande à la Cour :<br>
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       1°) à titre principal, d'annuler le jugement du magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Paris du 17 octobre 2013 ; <br>
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       2°) à titre subsidiaire, de rejeter la demande de MmeB... ;<br>
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       Il soutient que : <br>
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       - le tribunal ne donne aucune précision sur la période d'indemnisation retenue et sur le montant de la somme allouée ; <br>
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       - Mme B...n'a subi aucun préjudice direct et certain ; <br>
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       - le montant du dommage allégué n'est pas valablement établi ; <br>
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       Vu le mémoire, enregistré le 4 février 2015, présenté pour MmeB... ; elle conclut aux mêmes fins que son précédent mémoire, par les mêmes moyens et par le moyen que la réparation ne saurait être forfaitaire et doit être fondée sur la perte indiciaire, sauf à méconnaître les stipulations du paragraphe 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et celles de l'article 1er du premier protocole additionnel à cette convention ;<br>
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       Vu le mémoire, enregistré le 5 février 2015, présenté pour La Poste ; elle conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;<br>
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       Vu le mémoire, enregistré le 6 février 2015, présenté pour MmeB... ;<br>
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       En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ayant été informées que l'arrêt à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ; <br>
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       Vu la note en délibéré, enregistrée le 24 février 2015, présentée pour Mme B...par Me Lerat ;<br>
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       Vu le code civil ; <br>
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       Vu la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;<br>
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       Vu la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;<br>
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       Vu la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;<br>
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       Vu la loi n° 2005-516 du 20 mai 2005 ;<br>
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       Vu le décret n° 72-500 du 23 juin 1972 modifié ;<br>
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       Vu le décret n° 72-503 du 23 juin 1972 ;<br>
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       Vu le décret n° 2009-1555 du 14 décembre 2009 ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 12 février 2015 :<br>
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       - le rapport de M. Dalle, président,<br>
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       - les conclusions de Mme Oriol, rapporteur public, <br>
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       - les observations de Me Tastard, avocat de La Poste, <br>
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       - et les observations de Me Lerat, avocat de Mme A...; <br>
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       1. Considérant que MmeB..., fonctionnaire de La Poste depuis 1965 et titulaire du grade d'agent d'exploitation du service général, a refusé d'intégrer les nouveaux corps dits de " reclassification " et a opté en faveur de la conservation de son grade dans son corps, dit de " reclassement " lors de l'application de la réforme issue des décrets n° 93-514 à 93-519 du 25 mars 1993 pris en application de l'article 29 de la loi du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de La Poste et France Télécom ; que, par des courriers en date du 25 février 2011 adressés à La Poste ainsi qu'au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, elle a sollicité le versement d'une indemnité de 149 500 euros en réparation des préjudices subis du fait du blocage de sa carrière depuis 1993 consécutif à l'absence d'organisation de concours interne et d'établissement tant de tableaux d'avancement que de listes d'aptitude dans les grades et corps de reclassement ; que ces demandes ayant été implicitement rejetées, Mme B...a alors saisi le Tribunal administratif de Paris qui, par le jugement du 17 octobre 2013 dont La Poste interjette appel, a condamné cette dernière, solidairement avec l'Etat, à lui verser une somme de 22 500 euros en réparation des préjudices causés par le blocage de sa carrière ; <br>
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       Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
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       2. Considérant qu'aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés " ; que si La Poste soutient que le premier juge n'a pas satisfait à l'exigence de motivation prévue par les dispositions précitées, faute notamment d'exposer les raisons l'ayant conduit à estimer que Mme B...avait subi des troubles dans ses conditions d'existence, il ressort au contraire des énonciations du jugement entrepris et, en particulier, du point 7 de ce jugement, que ce moyen manque en fait ; que, contrairement à ce que soutient le ministre des finances et des comptes publics, le jugement attaqué est suffisamment motivé en ce qui concerne la détermination du montant de l'indemnité allouée à Mme B...;<br>
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       Sur la responsabilité de La Poste et de l'Etat :<br>
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       3. Considérant qu'aux termes de l'article 29 de la loi du 2 juillet 1990 susvisée : " Les personnels de La Poste et de France Télécom sont régis par des statuts particuliers, pris en application de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat (...) " ; que l'article 31 de la même loi a permis à La Poste d'employer, sous le régime des conventions collectives, des agents contractuels ;<br>
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       4. Considérant qu'aux termes de l'article 26 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée : " En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration (...), non seulement par voie de concours ( ...) mais aussi par la nomination de fonctionnaires (...) suivant l'une des modalités ci-après : / 1° Examen professionnel ; / 2° Liste d'aptitude établie après avis de la commission paritaire du corps d'accueil (...) " ; qu'en vertu de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 et des dispositions réglementaires prises pour son application, il appartient à l'autorité administrative, sauf à ce qu'aucun emploi vacant ne soit susceptible d'être occupé par des fonctionnaires à promouvoir, d'établir annuellement des tableaux d'avancement en vue de permettre l'avancement de grade ;<br>
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       5. Considérant, d'une part, que la possibilité offerte aux fonctionnaires qui sont demeurés dans les corps dits de " reclassement " de La Poste de bénéficier, au même titre que les fonctionnaires ayant choisi d'intégrer les nouveaux corps dits de " reclassification " créés en 1993, de mesures de promotion organisées en vue de pourvoir des emplois vacants proposés dans ces corps de " reclassification ", ne dispensait pas le président de La Poste de faire application des dispositions de la loi du 11 janvier 1984 relatives au droit à la promotion interne dans le cadre des corps de " reclassement " ; qu'il appartenait, en outre, au ministre chargé des postes et télécommunications de veiller de manière générale au respect par La Poste de ce droit à la promotion interne, garanti aux fonctionnaires " reclassés " comme aux fonctionnaires " reclassifiés " de l'exploitant public par les dispositions combinées de la loi du 2 juillet 1990 et de la loi du 11 janvier 1984 ;<br>
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       6. Considérant, d'autre part, que le législateur, par la loi du 20 mai 2005 relative à la régulation des activités postales, en permettant à La Poste de ne recruter, le cas échéant, que des agents contractuels de droit privé, n'a pas entendu priver d'effet les dispositions de la loi du 11 janvier 1984 relatives au droit à la promotion interne à l'égard des fonctionnaires " reclassés " ; que, par suite, les décrets régissant les statuts particuliers des corps de " reclassement ", en ce qu'ils n'organisaient pas de voies de promotion interne autres que celles liées aux titularisations consécutives aux recrutements externes et privaient en conséquence les fonctionnaires " reclassés " de toute possibilité de promotion interne, étaient entachés d'illégalité ; qu'en faisant application de ces décrets illégaux et en refusant de prendre toute mesure de promotion interne au bénéfice des fonctionnaires " reclassés " au motif que ces décrets en interdisaient la possibilité, le président de La Poste a, de même, commis une illégalité fautive ; que La Poste, pour s'exonérer de sa responsabilité, ne saurait ainsi utilement se prévaloir ni de la circonstance que les décrets statutaires des corps de " reclassement " auraient interdit ces promotions, ni du fait qu'aucun emploi ne serait devenu vacant, au cours de la période, pour permettre de procéder à de telles promotions ; que, de même, l'Etat a commis une faute en attendant le 14 décembre 2009 pour prendre les décrets organisant les possibilités de promotion interne pour les fonctionnaires des corps de reclassement de La Poste ; que les fautes ainsi commises sont de nature à entraîner la responsabilité solidaire de l'Etat et de La Poste à l'égard de MmeB... ; qu'elles n'ouvrent cependant droit à réparation au profit de celle-ci qu'à la condition qu'être à l'origine d'un préjudice personnel, direct et certain ;<br>
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       Sur le préjudice subi par MmeB... :<br>
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       7. Considérant qu'il résulte de l'instruction que si Mme B...a obtenu la note " E " (excellent) durant sept années consécutives, de 1993 à 1999, ainsi qu'en 2005 et 2006, elle a en revanche été notée " B " (bon) de 2000 à 2004 ; qu'en outre, son aptitude à exercer des fonctions différentes de niveau supérieur n'a été jugée qu'une seule fois excellente, en 2002 ; qu'il n'est pas établi dans ces conditions, contrairement à ce qu'a estimé le premier juge, qu'elle aurait eu, compte tenu des appréciations portées sur sa manière de servir, une chance sérieuse d'accéder au corps des contrôleurs si des promotions dans ce corps avaient été organisées au bénéfice des fonctionnaires " reclassés " après 1993 et ce même si elle remplissait dès cette date les conditions d'accès à ce corps ; que, par suite, c'est à tort que le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Paris a accordé une somme de 17 500 euros à Mme B...au titre du préjudice financier résultant de la perte de chance sérieuse ; <br>
<br>
       8. Considérant, toutefois, que Mme B...est en droit de prétendre au versement d'une indemnité au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence à raison des fautes commises par La Poste et l'Etat, consistant à priver de manière générale les fonctionnaires " reclassés " de toute possibilité de promotion interne ; que, dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ces deux préjudices en les évaluant globalement à la somme de 5 000 euros ;<br>
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       9. Considérant qu'aucune indemnité n'étant allouée à Mme B...au titre du préjudice de carrière, le moyen tiré de ce que l'indemnisation du préjudice de carrière ne saurait être forfaitaire sauf à méconnaître les stipulations du paragraphe 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et celles de l'article 1er du premier protocole additionnel à cette convention, est inopérant et ne peut, en tout état de cause, qu'être rejeté ; <br>
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       Sur les intérêts :<br>
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       10. Considérant qu'en application des dispositions de l'article 1153 du code civil, Mme B... a droit aux intérêts au taux légal sur la somme précédemment accordée à compter de la date de réception de ses réclamations préalables par La Poste et par l'Etat, soit le 1er mars 2011 ; qu'il y a lieu également de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts présentée par Mme B... dans sa demande de première instance ;<br>
<br>
       11. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que La Poste et le ministre des finances et des comptes publics sont seulement fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Paris a fait droit aux conclusions indemnitaires de Mme B...pour un montant excédant la somme de 5 000 euros ; que Mme B... n'est fondée à demander la réformation du jugement attaqué qu'en tant que l'indemnité de 5 000 euros accordée par le premier juge en réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence l'a été " tous intérêts compris à la date de la présente décision " et en tant que cette somme n'a pas été assortie des intérêts au taux légal courant à compter du 1er mars 2011, ni des intérêts capitalisés ; <br>
       Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
<br>
       12. Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat et de La Poste, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, la somme que Mme B...demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des mêmes dispositions, de mettre à la charge de Mme B...le versement de la somme que demande La Poste au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ; <br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La somme de 22 500 euros que l'Etat et La Poste ont été solidairement condamnés à verser à Mme B...est ramenée à la somme de 5 000 (cinq mille) euros, majorée des intérêts au taux légal, et des intérêts capitalisés, à compter du 1er mars 2011.<br>
Article 2 : Le jugement n° 1110385/5-2 du 17 octobre 2013 du magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Paris est réformé en ce qu'il a de contraire au présent arrêt.<br>
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête, des conclusions du ministre des finances et des comptes publics et le surplus des conclusions d'appel incident de Mme B...sont rejetés. <br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à La Poste, à Mme C...B...et au ministre des finances et des comptes publics.<br>
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Délibéré après l'audience du 12 février 2015, à laquelle siégeaient :<br>
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- Mme Monchambert, président de chambre,<br>
- M. Dalle, président assesseur,<br>
- Mme Versol, premier conseiller,<br>
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Lu en audience publique, le 5 mars 2015.<br>
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Le rapporteur,<br>
D. DALLE Le président,<br>
S. MONCHAMBERT<br>
Le greffier,<br>
C. MONGIS<br>
La République mande et ordonne au ministre des finances et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 13PA04757<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-13-03 Fonctionnaires et agents publics. Contentieux de la fonction publique. Contentieux de l'indemnité.