# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 2 juin 2004, 262057, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008190154
**Date de décision:** 2004-06-02
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008190154

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 novembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Saïd X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 8 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 juillet 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ensemble les avenants qui l'ont modifié et complété  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
                Vu la loi n° 52-893 du 25 juillet 1952 modifiée relative au droit d'asile  ;
<br>
<br>
     
                Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 modifié réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
<br>
<br>
     
                Vu le décret n° 98-503 du 23 juin 1998 relatif à l'asile territorial  ;
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative   ;
<br>
<br>
<br>
     Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     - les conclusions de M. Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le  4 mars 2003, de la décision du préfet de police du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
<br>
<br>
     
                Sur l'exception d'illégalité de la décision du ministre de l'intérieur du 9 octobre 2002 lui refusant l'asile territorial  :
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 13 de la loi du 25 juillet 1952 relative au droit d'asile dans sa rédaction, applicable à la date de la décision contestée, issue de la loi du 11 mai 1998  :  l'asile territorial peut être accordé par le ministre de l'intérieur après consultation du ministre des affaires étrangères à un étranger si celui-ci établit que sa vie ou sa liberté est menacée dans son pays ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales   ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X fait valoir qu'il a fait l'objet à plusieurs reprises de lettres de menaces de la part de groupes islamiques armés, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur ait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder l'asile territorial  ;
<br>
<br>
     
                Sur l'exception d'illégalité de la décision du préfet de police du 4 mars 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour  :
<br>
<br>
     
                Considérant que si le ministre de l'intérieur a, par décision  du 9 octobre 2002, refusé à M. X l'asile territorial, cette circonstance ne faisait pas obstacle à ce que le préfet de police accordât néanmoins à l'intéressé un renouvellement de son autorisation provisoire de séjour  ; que, contrairement à ce que soutient M. X, l'octroi de ce renouvellement de son autorisation provisoire de séjour le 5 décembre 2002 est sans incidence sur la légalité de la décision du préfet de police du 4 mars 2003 lui refusant ensuite la délivrance d'un titre de séjour  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'en l'absence du visa de long séjour prévu par les stipulations de l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, M. X ne pouvait prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence  ; qu'ainsi le préfet de police n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit en lui refusant pour ce motif son admission au séjour  ;
<br>
<br>
     
                Sur les autres moyens  :
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 2 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Les étrangers sont, en ce qui concerne leur séjour en France, soumis aux dispositions de la présente ordonnance, sous réserve des conventions internationales ; que l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et ses avenants régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés  ; que dès lors le moyen soulevé par M. X, et tiré de ce que l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière aurait été pris en méconnaissance de l'article 12 bis 11° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ne peut être utilement invoqué  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien modifié par le troisième avenant, entré en vigueur le 1er janvier 2003  :  Le certificat de résidence d'un an portant la mention  vie privée et familiale  est délivré de plein droit (...) 7°) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité,  sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la nature du suivi médical de M. X et de sa femme nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni qu'ils ne puissent bénéficier d'un traitement approprié en Algérie  ; que, dès lors le préfet n'a ni méconnu les dispositions du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle de l'intéressé  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X, entré en France avec sa femme le 27 septembre 2000 sous couvert d'un visa de court séjour, fait valoir que l'arrêté du préfet de police porte atteinte à son droit de mener une vie familiale normale, il ressort des pièces du dossier que sa vie familiale peut se poursuivre en Algérie avec sa femme, algérienne et faisant aussi l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a dès lors pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
D E C I D E  :
<br>
     
--------------
<br>
     
Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
<br>
<br>
     
Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Saïd X, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**