# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 24 juin 1970, 69-40.362, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006983525
**Date de décision:** 1970-06-24
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006983525

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, TIRE DE LA VIOLATION PAR FAUSSE APPLICATION DE L'ARTICLE 23, DU LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL ET DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, POUR NON-REPONSE A CONCLUSIONS, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE : ATTENDU QUE X..., REPRESENTANT STATUTAIRE LICENCIE PAR LETTRE DU 24 NOVEMBRE 1964, REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR REJETE SA DEMANDE D'INDEMNITE POUR RESILIATION UNILATERALE ABUSIVE DE SON CONTRAT DE TRAVAIL, AU MOTIF QUE SON EMPLOYEUR, LA SOCIETE DES PAPETERIES DE LA MADELEINE AVAIT, POUR DES RAISONS ECONOMIQUES, TECHNIQUES OU COMMERCIALES, QU'IL N'APPARTENAIT PAS AU REPRESENTANT DE CRITIQUER, ACCEPTE UN ARRANGEMENT AVEC UNE SOCIETE HOLLANDAISE ENTRAINANT UNE REORGANISATION DES SERVICES DE VENTE EN FRANCE, ALORS QU'IL ETAIT SOUTENU DANS DES CONCLUSIONS LAISSEES SANS REPONSE, QUE L'ACCORD PASSE AVEC LA SOCIETE BERGHUIZER PAPIERFABRIK, QUI AVAIT NECESSITE LA REORGANISATION DES SERVICES, DATAIT SEULEMENT DU 16 JUIN 1966, ET QU'AINSI, LE MOTIF INVOQUE PAR L'EMPLOYEUR DANS SA LETTRE DU 24 NOVEMBRE PRECEDENT ETAIT ERRONE ; <br>
<br>D'OU LE CARACTERE ABUSIF DU LICENCIEMENT, SUR LEQUEL IL APPARTENAIT A LA COUR D'APPEL DE SE PRONONCER POUR JUSTIFIER LEGALEMENT SA DECISION SUR CE POINT ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE, APRES LA MODIFICATION IMPORTANTE APPORTEE A SON CONTRAT EN 1964, X... A CONTINUE EN FAIT DE TRAVAILLER POUR LE COMPTE DE LA SOCIETE LES PAPETERIES DE LA MADELEINE JUSQU'AU 25 AOUT 1967, DATE QUI A PRECEDE DE PEU CELLE A LAQUELLE IL A PRIS VOLONTAIREMENT SA RETRAITE, ET QUE LA LETTRE DU 23 NOVEMBRE 1964, ET NON DU 24, VISEE PAR LE MOYEN S'EST BORNEE A LUI INTERDIRE DE PROPOSER A SA CLIENTELE LES PAPIERS SIMILI SULFURISES FABRIQUES PAR LA SOCIETE BERGHUIZER PAPIERFABRIK, PAPIERS QUI NE CONSTITUAIENT D'AILLEURS QU'UNE FAIBLE PARTIE DES ARTICLES QU'IL REPRESENTAIT ; <br>
<br>QUE, DES LORS QU'ELLE CONSTATAIT QUE LA SOCIETE PAPETERIES DE LA MADELEINE AVAIT DU ACCEPTER UN " ARRANGEMENT " AVEC LA BERGHUIZER PAPIERFABRIK POUR CONSERVER UNE PARTIE DU CONTINGENT QU'ELLE RECEVAIT HABITUELLEMENT DE CETTE ENTREPRISE, CE DONT IL RESULTE NECESSAIREMENT QUE DES POURPARLERS PREALABLES, AINSI QUE DES CONCESSIONS ANTERIEURES AVAIENT ETE IMPOSEES AUX PAPETERIES DE LA MADELEINE POUR OBTENIR PAREIL RESULTAT, LA COUR D'APPEL A PU DECIDER, BIEN QUE L'INTERDICTION REPROCHEE PAR X... LUI EUT ETE FAITE DES LE 23 NOVEMBRE 1964 ALORS QUE L'" ARRANGEMENT " ENTRE LES DEUX SOCIETES N'AVAIT PRIS EFFET QU'A PARTIR DU 1ER AVRIL 1965, QUE SI X... POUVAIT VALABLEMENT PRETENDRE QU'UNE MODIFICATION IMPORTANTE AVAIT ETE APPORTEE A SON CONTRAT, IL NE POUVAIT PAS CEPENDANT ETRE ADMIS A SOUTENIR QUE SON EMPLOYEUR AVAIT AGI AVEC MALVEILLANCE A SON EGARD ; <br>
<br>D'OU IL SUIT QUE, SANS ENCOURIR AUCUN DES GRIEFS DU MOYEN, LES JUGES DU FOND, QUI N'ETAIENT POINT TENUS DE REPONDRE EXPRESSEMENT A CHACUN DES ARGUMENTS DES PARTIES, ONT LEGALEMENT JUSTIFIE LEUR DECISION DEBOUTANT X... DE SA DEMANDE EN PAIEMENT DE DOMMAGES-INTERETS POUR RESILIATION ABUSIVE ; <br>
<br>ET, SUR LE SECOND MOYEN, TIRE DE LA VIOLATION DES ARTICLES 29-O, DU LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL, ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, POUR DEFAUT DE REPONSE A CONCLUSIONS, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE : ATTENDU QU'X... FAIT ENCORE GRIEF AU MEME ARRET D'AVOIR REFUSE DE LUI ACCORDER UNE INDEMNITE DE CLIENTELE SUR LES BASES RECLAMEES PAR LUI, BIEN QUE, A LA SUITE D'UNE DECISION UNILATERALE DES PAPETERIES DE LA MADELEINE, IL AVAIT DU CESSER LA REPRESENTATION DE L'ARTICLE PRINCIPAL DE SON ACTIVITE, LE PAPIER SULFURISE PRODUIT PAR LA BERGHUIZER PAPIERFABRIK, EXCEPTE POUR 6 CLIENTS SUR 115, AUX MOTIFS QU'IL AVAIT PU CONTINUER DE DEMARCHER AUPRES DES CLIENTS ACHETEURS DES AUTRES PRODUITS MIS EN VENTE PAR LES PAPETERIES DE LA MADELEINE, NOTAMMENT, EN CE QUI CONCERNE LE PAPIER SULFURISE, AUPRES DES 6, PUIS 8 CLIENTS QUI LUI AVAIENT ETE EXPRESSEMENT CONSERVES, ET QUE LE DEPART EN RETRAITE NE DONNE PAS LIEU EN LUI-MEME A INDEMNITE DE CLIENTELE AU PROFIT DU REPRESENTANT, ALORS QUE, D'UNE PART, UN REPRESENTANT A DROIT A UNE INDEMNITE DE CLIENTELE COMPENSANT LE PREJUDICE SUBI DU FAIT DE LA REDUCTION DE SON SECTEUR, MEME S'IL MAINTIENT LE CHIFFRE DE SES COMMISSIONS GRACE A D'AUTRES ARTICLES, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE SON DEPART EN RETRAITE, N'AYANT EU LIEU QUE TROIS ANS APRES LA DECISION UNILATERALE DE L'EMPLOYEUR, LA COUR D'APPEL N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION EN CONSTATANT QU'UNE INDEMNITE DE CLIENTELE N'EST PAS DUE AU REPRESENTANT AU MOMENT OU IL PREND SA RETRAITE ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE DECIDE EXPRESSEMENT QU'X... A DROIT A UNE INDEMNITE DE CLIENTELE A LA SUITE DU RETRAIT, LE 23 NOVEMBRE 1964, D'UNE PARTIE IMPORTANTE DES CLIENTS QU'IL VISITAIT ; <br>
<br>QU'USANT DE SON POUVOIR D'APPRECIER L'IMPORTANCE DU PREJUDICE RESULTANT POUR LUI DE LA PERTE POUR L'AVENIR DE CETTE CLIENTELE DANS LA MESURE OU IL L'AVAIT APPORTEE, CREEE OU DEVELOPPEE, LA COUR D'APPEL, APRES AVOIR JUSTEMENT DECLARE QUE LA SOCIETE LES PAPETERIES DE LA MADELEINE AVAIT UNILATERALEMENT APPORTE, LE 23 NOVEMBRE 1964, UNE MODIFICATION IMPORTANTE AU CONTRAT, A PU ESTIMER QUE LE PREJUDICE SUBI PAR X... RESULTAIT EXCLUSIVEMENT DE LA PERTE DE LA PARTIE DE LA CLIENTELE QUI ACHETAIT LE PAPIER SIMILI SULFURISE PRODUIT PAR LA BERGHUIZER PAPIERFABRIK ET QU'IL N'Y AVAIT PAS LIEU DE TENIR COMPTE DE SES AUTRES CLIENTS PUISQU'IL AVAIT CONTINUE DE LES PROSPECTER DANS LES MEMES CONDITIONS QU'AUPARAVANT, PENDANT LES TROIS ANNEES QUI AVAIENT SUIVI LA MODIFICATION DU CONTRAT ; <br>
<br>ATTENDU QUE C'EST VAINEMENT QUE, POUR CETTE PARTIE DE CLIENTELE, X... REPROCHE AUX JUGES DU FOND D'AVOIR REFUSE DE FAIRE ETAT DE SON DEPART EN RETRAITE DES LORS QU'IL AVAIT PRIS SEUL L'INITIATIVE ET QU'IL SE SITUAIT PLUSIEURS ANNEES APRES LE 23 NOVEMBRE 1964 ; <br>
<br>ET ATTENDU QU'AUCUN DES GRIEFS N'EST FONDE ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 3 JUIN 1969, PAR LA COUR D'APPEL DE COLMAR<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Ayant décidé expressément qu'un représentant licencié avait droit à une indemnité de clientèle à la suite du retrait, plusieurs années auparavant, d'une partie importante des clients qu'il visitait, les juges du fond, usant de leur pouvoir d'apprécier l'importance du préjudice résultant pour lui de la perte pour l'avenir de cette clientèle dans la mesure où il l'avait apportée, créée ou développée, et après avoir justement déclaré que l'employeur davait ainsi unilatéralement apporté une modification importante au contrat, ont pu estimer que le préjudice subi par l'intéressé résultait exclusivement de la perte de cette partie de la clientèle et qu'il n'y avait pas lieu de tenir compte de ses autres clients puisqu'il avait continué de les prospecter dans les mêmes conditions qu'auparavant, pendant les trois années qui avaient suivi la modification du contrat.
**Mots-clés:** VOYAGEUR REPRESENTANT PLACIER - Congédiement - Indemnités - Indemnité de clientèle - Conditions - Perte de la clientèle - Préjudice - Constatations suffisantes.,* REPRESENTANT DE COMMERCE - Congédiement - Indemnités - Indemnité de clientèle - Conditions - Perte de la clientèle - Représentant ayant conservé le bénéfice d'une partie seulement de sa clientèle.,* REPRESENTANT DE COMMERCE - Congédiement - Indemnités - Indemnité de clientèle - Conditions - Perte de la clientèle - Employeur ayant retiré une partie de la clientèle.