# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 25 juin 2004, 250978, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008172567
**Date de décision:** 2004-06-25
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008172567

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 15 octobre 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU RHONE  ; le PREFET DU RHONE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 17 septembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a annulé son arrêté du 29 août 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme Malika A, épouse B, et la décision du même jour fixant l'Algérie comme pays de renvoi  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par Mme A, épouse B, devant le tribunal administratif de Lyon  ; 
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles  ; 
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                Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ; 
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mme de Margerie, Maître des Requêtes,  
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                - les conclusions de Mme Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant que l'erreur matérielle commise dans l'indication de la date d'entrée en France de Mme B n'a pas eu d'incidence sur le sens du jugement attaqué et n'est, par suite, pas de nature à l'entacher d'irrégularité  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A, épouse B, de nationalité algérienne, est née en France en 1960  ; qu'elle est retournée en Algérie en 1983 pour y épouser M. B, ressortissant algérien, dont elle a eu trois enfants  ; qu'elle a regagné la France, le 9 juin 2000, accompagnée de ses enfants, à la suite des graves difficultés qu'elle avait rencontrées en Algérie du fait de sa jeunesse passée en France  ; que sa mère et ses huit frères et soeurs, dont cinq sont de nationalité française, vivent régulièrement en France  ; que, par suite, l'arrêté du PREFET DU RHONE du 29 août 2002 ordonnant sa reconduite à la frontière est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DU RHONE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a annulé son arrêté du 29 août 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme B et la décision du même jour fixant le pays de destination  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  : 
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                Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros que Mme A, épouse B, demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ; 
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<br>D E C I D E  :
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     		Article 1er  : La requête du PREFET DU RHONE est rejetée.
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     Article 2  : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. 
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DU RHONE, à Mme Malika A épouse B et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. 
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**