# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 28 avril 2004, 261310, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008155976
**Date de décision:** 2004-04-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008155976

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 27 octobre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Ilmi X demeurant ... ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 9 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 septembre 2003 par lequel le préfet de l'Ain a décidé sa reconduite à  la frontière et de la décision distincte du même jour fixant la pays de destination  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté et cette décision pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour provisoire dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente décision sous astreinte de 76,22 euros par jour de retard  ;
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                4°) d'enjoindre au préfet de l'Ain de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision sous astreinte de 76,22 euros par jour de retard  ;
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                5°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 196 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité serbo-monténégrine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 21 juillet 2003, de la décision du préfet de l'Ain du 17 juillet 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X vit en France avec son épouse et leurs trois enfants depuis octobre 2001, qu'il est dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine, qu'il souffre, ainsi que  deux de ses enfants, de troubles psycho-traumatiques nécessitant un suivi médical régulier  ; que par suite, en décidant la reconduite à la frontière de M. X, le préfet de l'Ain a entaché son arrêté d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de l'intéressé  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué,  le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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                Considérant qu'à la suite d'une annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière, il incombe au préfet, en application des dispositions du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, non seulement de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour mais aussi, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur son droit à un titre de séjour  ; que, dès lors, il appartient au juge administratif, lorsqu'il prononce l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière et qu'il est saisi de conclusions en ce sens, d'user des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du code de justice administrative - lesquels peuvent être exercés tant par le juge unique de la reconduite à la frontière que par une formation collégiale - pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressé doit être réexaminée au vu de l'ensemble de la situation de droit et de fait existant à la date de ce réexamen  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au préfet de l'Ain de se prononcer sur la situation de M. X dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision  ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte  ;
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                Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 750 euros qu'il versera à M. X au titre des frais exposés par celui-ci et non compris dans les dépens  ;
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                			D E C I D E  :
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 Article 1er : Le jugement du 9 octobre 2003 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon, ensemble l'arrêté du préfet de l'Ain en date du 24 septembre 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X sont annulés.
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 Article 2  : Le préfet de l'Ain statuera sur la régularisation de la situation de M. X dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision.
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 Article 3  : L'Etat versera à M. X la somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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 Article 4   : Le surplus des conclusions de la requête de M. X est rejeté.
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 Article 5  : La présente décision sera notifiée à M. Ilmi X, au préfet de l'Ain et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**