# Conseil d'Etat, 4 SS, du 4 mai 1988, 69496, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007729441
**Date de décision:** 1988-05-04
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 4 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007729441

## Contenu de la décision

<br>     Vu le recours du MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE enregistré le 13 juin 1985 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, et tendant à ce que le Conseil d'Etat :<br>    °1) annule le jugement du 15 mars 1985 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a annulé la décision en date du 15 septembre 1983 par laquelle le ministre a refusé à MM. Pierre Bruno, Michel Y..., Jean-Marie Z..., l'autorisation de cumuler leur fonction d'enseignant avec une activité privée ;<br>    °2) rejette la demande présentée par MM. X..., Y... et Z... devant ce tribunal,<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la loi °n 83-634 du 13 juillet 1983 ;<br>    Vu le décret du 29 octobre 1936 ;<br>    Vu l'ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;<br>    Vu la loi du 30 décembre 1977 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de Mme Daussun, Auditeur,<br>    - les observations de la S.C.P. Waquet, Farge, avocat de MM. Pierre Bruno, Michel Y... et Jean-Marie Z...,<br>    - les conclusions de M. Daël, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>     Considérant que, par le jugement attaqué du 15 mars 1985, le tribunal administratif de Toulouse a omis de répondre au moyen soulevé par le MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE selon lequel il pouvait, en tout état de cause, refuser à MM. X..., Y... et Z... l'autorisation de cumuler leur fonction d'enseignants à l'université de Toulouse Le Mirail avec l'exercice à titre libéral des activités de psychanalyste, psychologue et psychopothologue, dès lors que ce cumul préjudiciait à l'intérêt du service ; qu'ainsi le jugement attaqué doit être annulé ;<br>    Considérant qu'il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la requête de première instance ;<br>     Sur la recevabilité de la requête de première instance :<br>    Considérant qu'il n'est pas contesté que les requérants ont formé, dans les délais, un recours gracieux contre la décision du ministre du 15 septembre 1983 attaquée ; que la date de la réception par le ministre de ce recours gracieux ne ressort pas des pièces du dossier ; qu'il n'est ainsi pas établi que le recours formé par MM. X..., Y... et Z... devant le tribunal administratif de Toulouse ait été déposé hors délai ;<br>     Sur la légalité de la décision du ministre du 15 septembre 1983 :<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : "Les fonctionnaires consacrent l'intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit. Les conditions dans lesquelles il peut être exceptionnellement dérogé à cette interdiction sont fixées par décret en Conseil d'Etat" ; qu'en vertu des dispositions du 3ème alinéa de l'article 3 du décret du 29 octobre 1936 relatif aux cumuls de retraites, de rémunérations et de fonctions : "les membres du personnel enseignant, technique ou scientifique des établissements d'enseignement ... pourront exercer les professions libérales qui découlent de la nature de leurs fonctions" ;<br>
<br>    Considérant que MM. X..., Y... et Z... professent à l'université de Toulouse Le Mirail en psychologie clinique, des cours portant principalement sur l'analyse et le traitement des troubles mentaux et sur la psychanalyse ; que les activités de psychanalyste, psychologue-clinicien et psychopothologue qu'ils exercent par ailleurs doivent être regardées comme découlant de leurs fonctions d'enseignement au sens des dispositions précitées ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'exercice de ces activités aient empêché les intéressés d'exécuter l'ensemble des obligations de service leur incombant ; que les requérants sont, par suite, fondés à soutenir que la décision en date du 15 septembre 1983 du ministre leur refusant l'autorisation de cumul est entachée d'illégalité ;<br>Article ler : Le jugement du 15 mars 1985 du tribunal administratif de Toulouse est annulé.<br>Article 2 : La décision du MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE en date du 15 septembre 1983 est annulée.<br>Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête du MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE est rejeté.<br>Article 4 : La présente décision sera notifiée au MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE et à MM. X..., Y... et Z....<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Décret 1936-10-29 art. 3 al. 3,Loi 83-634 1983-07-13 art. 25
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 30-01-02-01 ENSEIGNEMENT - QUESTIONS GENERALES - QUESTIONS GENERALES RELATIVES AU PERSONNEL - QUESTIONS GENERALES RELATIVES AU PERSONNEL ENSEIGNANT -Cumul de la fonction d'enseignant et d'une profession libérale - Possibilité pour les enseignants d'exercer les professions libérales qui découlent de la nature de leurs fonctions (art. 3 du décret du 29 octobre 1936).,36-02-04 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - CADRES ET EMPLOIS - CUMULS D'EMPLOIS -Cumul de la fonction d'enseignant et d'une profession libérale - Possibilité pour les enseignants d'exercer les professions libérales qui découlent de la nature de leurs fonctions (art. 3 du décret du 29 octobre 1936).