# Conseil d'État,  9ème sous-section jugeant seule, 12/10/2011, 347902, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000024669989
**Date de décision:** 2011-10-12
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 9ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000024669989

## Contenu de la décision

Vu le pourvoi enregistré le 28 mars 2011 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présenté par le MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS, DE LA FONCTION PUBLIQUE ET DE LA REFORME DE L'ETAT ; le ministre demande au Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler l'ordonnance n° 0903737 du 18 février 2011 par laquelle le vice-président du tribunal administratif de Strasbourg a, à la demande de Mme Paulette A née B, d'une part, annulé l'arrêté du 2 juillet 1990 concédant à son défunt mari M. Claude A une pension de retraite en tant qu'il ne prend pas en compte la bonification mentionnée au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite, et d'autre part, enjoint au ministre chargé du budget de procéder à une nouvelle liquidation de la pension de M. A en prenant en compte cette bonification et de revaloriser cette pension à compter du 1er janvier 2005 ;<br>
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              2°) réglant l'affaire au fond, de rejeter la demande de Mme A ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu le code des pensions civiles et militaires de retraite ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de Mme Pauline Flauss, chargée des fonctions de Maître des Requêtes,  <br>
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              - les conclusions de M. Pierre Collin, rapporteur public ;<br>
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<br>Considérant que M. André Louis A, ancien agent des postes, a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er août 1990 par un arrêté du 2 juillet 1990 ; que, suite à son décès, survenu le 20 juin 2001, Mme A née B, sa veuve, a saisi, en se prévalant de sa qualité d'héritière, le tribunal administratif de Strasbourg d'une demande tendant à l'annulation de l'arrêté de concession de pension dont son défunt époux était titulaire en tant qu'il ne prenait pas en compte la bonification pour enfants prévue au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite ; que, par une ordonnance du 18 février 2011 contre laquelle le ministre se pourvoit, le vice-président du tribunal administratif de Strasbourg a, d'une part annulé l'arrêté en litige en tant qu'il ne prenait pas en compte cette bonification, d'autre part, enjoint au ministre chargé du budget de procéder à une nouvelle liquidation de la pension de M. A et de revaloriser cette pension à compter du 1er janvier 2005 ;<br>
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              Considérant, qu'aux termes de l'article L. 1 du code des pensions civiles et militaires de retraite : La pension est une allocation pécuniaire, personnelle et viagère accordée aux fonctionnaires (...). ; qu'il résulte de ces dispositions qu'en raison du caractère personnel d'une pension de retraite, celle-ci n'est due qu'au titulaire du droit à pension qui en fait la demande ; que ce droit ne constitue ainsi pas une créance qui pourrait être regardée comme un bien transmis aux héritiers lors du décès de ce bénéficiaire, hors le cas où ce dernier s'est prévalu de ce droit avant son décès, sans qu'un refus définitif ne lui ait été opposé ; que, par suite, si le décès du titulaire du droit à pension a normalement pour effet l'extinction définitive de ce droit qui était ouvert à son bénéfice exclusif, ses héritiers ne pouvant se prévaloir de ce droit, sauf pour obtenir le cas échéant une pension de réversion, il en va autrement dans l'hypothèse où le titulaire du droit a réclamé de son vivant, en saisissant l'administration ou en engageant une action contentieuse, la concession de sa pension, et qu'il n'a pas été statué définitivement sur sa demande ; que dans cette hypothèse, ses héritiers justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir en vue de la reconnaissance de cet avantage ;<br>
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              Considérant qu'il n'est pas soutenu que M. A ait réclamé de son vivant, en saisissant l'administration ou en engageant une action contentieuse, le bénéfice de la bonification prévue par les dispositions de l'article L. 12 b) du code des pensions civiles et militaires de retraite ; qu'ainsi, le ministre est fondé à demander l'annulation de l'ordonnance qu'il attaque ;<br>
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              Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de régler l'affaire au fond en application des dispositions de l'article L. 821-2 du code de justice administrative ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la seule qualité d'héritière de son défunt époux ne confère pas à Mme A qualité pour agir contre le titre de pension de son mari ; qu'ainsi, sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 1990 portant concession de la pension de retraite à son défunt mari en tant qu'il ne prend pas en compte la bonification prévue au b) de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite et à ce qu'il soit enjoint au ministre chargé du budget de procéder à une nouvelle liquidation de la pension de M. A en l'assortissant de cette bonification, ne peut qu'être rejetée ;<br>
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Article 1er : L'ordonnance n° 0903737 du 18 février 2011 du vice-président du tribunal administratif de Strasbourg est annulée.<br>
Article 2 : La demande de Mme A née B présentée devant le tribunal administratif de Strasbourg est rejetée.<br>
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS ET DE LA REFORME DE L'ETAT, PORTE-PAROLE DU GOUVENEMENT et à Mme Paulette A, née B.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**