# Conseil d'État, 8ème et 3ème sous-sections réunies, 09/07/2010, 340142, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022487126
**Date de décision:** 2010-07-09
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 8ème et 3ème sous-sections réunies
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022487126

## Contenu de la décision

<br>
              Vu l'ordonnance du 1er juin 2010, enregistrée le 2 juin 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, par laquelle le président de la 7ème chambre du tribunal administratif de Melun, avant qu'il soit statué sur la demande de la SARL VENEUR tendant à la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2008 et 2009, a décidé, par application des dispositions de l'article 23-2 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, de transmettre au Conseil d'Etat la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution de l'article 1498 du code général des impôts ; <br>
<br>
              Vu le mémoire, enregistré le 8 avril 2010 au greffe du tribunal administratif de Melun, présenté par la SARL VENEUR, dont le siège est situé 123 rue du docteur Roux à Saint-Maur-des-Fossés, en application de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ;<br>
<br>
<br>
<br>
              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
              Vu la Constitution, notamment son Préambule et ses articles 34 et 61-1 ;<br>
<br>
              Vu l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ;<br>
<br>
              Vu le code général des impôts, notamment  son article 1498 ; <br>
<br>
              Vu la loi n° 68-108 du 2 février 1968 ;<br>
<br>
              Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
              Après avoir entendu en séance publique :<br>
<br>
              - le rapport de M. Guillaume Prévost, chargé des fonctions de Maître des Requêtes, <br>
<br>
              - les conclusions de M. Laurent Olléon, rapporteur public ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
              Considérant qu'il résulte des dispositions de l'article 23-4 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel que, lorsqu'une juridiction relevant du Conseil d'Etat lui a transmis, en application de l'article 23-2 de cette même ordonnance, un moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, le Conseil constitutionnel est saisi de la question prioritaire de constitutionnalité à la triple condition que la disposition contestée soit applicable au litige ou à la procédure, qu'elle n'ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel, sauf changement des circonstances, et que la question soulevée soit nouvelle ou présente un caractère sérieux ; <br>
<br>
              Considérant qu'aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : La valeur locative de tous les biens autres que les locaux visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : / 1° Pour les biens donnés en location à des conditions de prix normales, la valeur locative est celle qui ressort de cette location ; / 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. / Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. Ils peuvent être choisis hors de la commune pour procéder à l'évaluation des immeubles d'un caractère particulier ou exceptionnel ; /b. La valeur locative des termes de comparaison est arrêtée : / Soit en partant du bail en cours à la date de référence de la révision lorsque l'immeuble type était loué normalement à cette date, / Soit, dans le cas contraire, par comparaison avec des immeubles similaires situés dans la commune ou dans une localité présentant, du point de vue économique, une situation analogue à celle de la commune en cause et qui faisaient l'objet à cette date de locations consenties à des conditions de prix normales ; / 3° A défaut de ces bases, la valeur locative est déterminée par voie d'appréciation directe. ;<br>
<br>
              Considérant que la SARL VENEUR soutient que ces dispositions méconnaissent le principe d'égalité devant les charges publiques énoncé à l'article 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le principe de clarté de la loi découlant de l'article 34 de la Constitution et l'objectif de valeur constitutionnelle d'intelligibilité et d'accessibilité de la loi ainsi que le principe de séparation des pouvoirs ; <br>
<br>
              Considérant, en premier lieu, que, pour la détermination de la valeur locative de tous les biens autres que, d'une part, les locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice, soit d'une activité salariée à domicile, soit d'une activité professionnelle non commerciale, qui sont visés au I de l'article 1496 et, d'autre part, les établissements industriels visés à l'article 1499, les dispositions de l'article 1498 du code général des impôts énoncent des méthodes différentes ; que ce n'est qu'à défaut, soit de pouvoir retenir la valeur locative sur le fondement du 1°, soit de trouver des termes de comparaison pertinents selon les modalités définies par le 2°, que l'administration peut légalement déterminer la valeur locative par voie d'appréciation directe ; qu'en prévoyant différentes méthodes d'évaluation selon le régime applicable aux biens à évaluer, ces dispositions prennent en compte, au regard de l'objet de la loi, la différence de situation de ces biens ; que la SARL VENEUR ne peut utilement se prévaloir de l'application qui serait faite de ces dispositions par l'administration fiscale ; que, dès lors, le moyen tiré de ce que ces dispositions porteraient atteinte au principe d'égalité devant les charges publiques ne présente pas un caractère sérieux ; <br>
<br>
              Considérant, en deuxième lieu, que ces dispositions, dont la portée a été précisée par la jurisprudence, ne présentent pas de difficulté particulière d'interprétation qui, eu égard notamment à leur ambiguïté et à leur caractère contradictoire ou incompréhensible, serait source d'insécurité juridique ; que, par suite et en tout état de cause, le moyen tiré de ce qu'elles méconnaîtraient le principe de clarté de la loi découlant de l'article 34 de la Constitution et l'objectif de valeur constitutionnelle d'intelligibilité et d'accessibilité de la loi ne présente pas un caractère sérieux ; <br>
<br>
              Considérant, enfin, que le moyen tiré de ce que ces dispositions seraient contraires au principe de la séparation des pouvoirs n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le caractère sérieux ; <br>
<br>
              Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la SARL VENEUR, qui n'est pas nouvelle, ne présente pas un caractère sérieux ; que, par suite, il n'y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
              			D E C I D E :<br>
              			--------------<br>
<br>
Article 1er : Il n'y a pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité transmise par le tribunal administratif de Melun.<br>
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SARL VENEUR, au Premier ministre et au ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat. <br>
Copie en sera adressée au Conseil constitutionnel et au tribunal administratif de Melun.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**