# CAA de VERSAILLES, 2ème chambre, 18/02/2016, 15VE03447, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000032095239
**Date de décision:** 2016-02-18
**Juridiction:** CAA de VERSAILLES
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000032095239

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A...C...a demandé au Tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté en date du 7 avril 2015 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit. <br>
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       Par un jugement n° 1504353 en date du 9 octobre 2015, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 10 novembre 2015, M.C..., représenté par <br>
Me Dunikowski, avocat, demande à la Cour :<br>
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       1° d'annuler ce jugement ;<br>
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       2° d'annuler, pour excès de pouvoir, ces décisions ;<br>
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       3° d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4° de mettre à la charge de l'État, le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       M. C...soutient que, eu égard à la durée de son séjour en France, à la durée de vie commune avec son épouse avant leur mariage, à la naissance de son enfant, à sa promesse d'embauche, l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine a porté une atteinte manifestement disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a méconnu les articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2015, le préfet des <br>
Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête par adoption des motifs retenus par les premiers juges.<br>
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       Par un mémoire en réplique, enregistré le 22 janvier 2016, M. C...persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et ajoute que le préfet a commis une erreur de droit en considérant que sa dernière date d'entrée en France correspondait à l'année 2012 et une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Ribeiro-Mengoli ;<br>
       - les observations de Me Dunikowski pour le requérant ;<br>
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       1. Considérant que M.C..., de nationalité ukrainienne, a sollicité, le 26 juin 2014, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusée par un arrêté du 7 avril 2015, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi ; <br>
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      Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :<br>
       2. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...)/ 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits <br>
et libertés d'autrui " ; et qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République " ;<br>
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       3. Considérant que M.C..., entré en France en 2008, établit en cause d'appel y résider et y travailler de manière habituelle depuis l'année 2010 et disposer d'une promesse d'embauche dans le domaine du bâtiment dans un poste d'encadrement ; qu'il établit également vivre depuis l'année 2012 avec MmeB..., ressortissante russe titulaire d'une carte de résident longue durée - CE, bénéficiaire d'un contrat à durée indéterminée et d'un logement, avec laquelle il a eu un enfant né en France le 22 juillet 2013 et qu'il a épousée l'année suivante ; qu'ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard notamment à la durée de séjour en France du requérant, au caractère stable de sa vie familiale, à la régularité du séjour de son épouse et à leurs nationalités respectives, M. C... est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a porté une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et que le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       4. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède, que M. C... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué ; <br>
      Sur les conclusions aux fins d'injonction : <br>
      5. Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " ;<br>
      6. Considérant qu'eu égard à ses motifs, la présente décision implique nécessairement que le préfet des Hauts-de-Seine délivre à M. C...un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date du présent arrêt, des éléments de fait ou de droit nouveaux justifieraient que le préfet oppose à la demande de l'intéressé une nouvelle décision de refus ; que, dès lors, il y a lieu d'enjoindre au préfet de délivrer à l'intéressé un tel titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt ; qu'en revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
      Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
      7. Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C...et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement n° 1504353 du 9 octobre 2015 du Tribunal administratif de <br>
Cergy-Pontoise et l'arrêté du 7 avril 2015 du préfet des Hauts-de-Seine sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à M. C...un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : L'Etat versera à M. C...la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...C..., au ministre de l'intérieur et au préfet des Hauts-de-Seine.<br>
       Délibéré après l'audience du 4 février 2016, à laquelle siégeaient :<br>
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       M. Brumeaux, président de chambre,<br>
       Mme Geffroy, premier conseiller,<br>
       Mme Ribeiro-Mengoli, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique, le 18 février 2016.<br>
Le rapporteur,<br>
N. RIBEIRO-MENGOLILe président,<br>
M. BRUMEAUX <br>
Le greffier,<br>
V. HINGANT<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
					Pour expédition conforme<br>
					Le greffier,<br>
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N° 15VE03447	3<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.