# CAA de LYON, 1ère chambre - formation à 3, 12/07/2016, 15LY01883, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000032949995
**Date de décision:** 2016-07-12
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000032949995

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure : <br>
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       M. A...B...a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du préfet du Rhône du 17 juillet 2014 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office.<br>
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       Par un jugement n° 1410044 du 30 avril 2015, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour : <br>
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       Par une requête enregistrée le 8 juin 2015, M. B...demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon du 30 avril 2015 ; <br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions susmentionnées ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ; <br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que : <br>
       - le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale eu égard aux critères énoncés dans la circulaire du 28 novembre 2012 ; il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;<br>
       - la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. Clot, <br>
       - et les observations de Me Bidault, avocat de M.B....<br>
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       1. Considérant que M.B..., ressortissant turc, né le 23 décembre 1973, déclare être arrivé en France pour la première fois en 1998 ; que l'asile lui a été refusé et qu'il a fait l'objet, le 29 avril 1999, d'une invitation à quitter le territoire français et, le 26 février 2001, d'un arrêté de reconduite à la frontière exécuté le 4 mars 2001 ; que M. B...déclare être venu pour la seconde fois en France en avril 2003 ; que l'asile lui a été refusé par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 9 octobre 2003 et par la cour nationale du droit d'asile le 24 février 2005 ; qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 22 avril 2005 ; que le 3 février 2009, il a fait l'objet d'un refus de titre le séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif de Lyon du 20 mai 2009 ; que le 28 août 2012, il a de nouveau fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français ; que, le 11 février 2013, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que le 17 juillet 2014, le préfet du Rhône lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a désigné le pays de renvoi ; que M. B...relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions du 17 juillet 2014 ; <br>
       2. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...). " ; <br>
       3. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " ;<br>
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       4. Considérant que M. B...s'est maintenu sur le territoire français sans respecter l'obligation qui lui avait été faite, par décisions des 22 avril 2005, 3 février 2009 et 28 août 2012, de quitter le territoire ; que toutefois, son ex-épouse réside en France, ainsi que ses deux enfants, nés en 1997 et 2002, qui sont régulièrement scolarisés et à l'entretien desquels il contribue ; que, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le refus de lui délivrer un titre de séjour porte, par rapport aux buts poursuivis, une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale que garantissent les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       5. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B...est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision lui refusant un titre de séjour et, par voie de conséquence, de celles lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ; <br>
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        Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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        6. Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant d'un délai d'exécution. " ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. " ; <br>
       7. Considérant, d'autre part, qu'aux termes de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 513-4, L. 551-1, L. 552-4, L. 561-1 et L. 561-2 et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. (...) " ;<br>
       8. Considérant que l'annulation prononcée par le présent arrêt implique nécessairement, eu égard au motif sur lequel elle repose, que le préfet du Rhône, après avoir muni M. B... d'une autorisation provisoire de séjour, lui délivre la carte de séjour temporaire prévue au 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, dans le délai de deux mois suivant la notification de cet arrêt ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
       9. Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros que M. B...demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
DECIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Lyon du 30 avril 2015 et les décisions du préfet du Rhône du 17 juillet 2014 refusant la délivrance d'un titre de séjour à M.B..., lui faisant obligation de quitter le territoire français et désignant le pays de destination sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Rhône de délivrer à M. B...une carte de séjour temporaire dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : L'Etat versera à M. B...la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie en sera adressée au préfet du Rhône et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Lyon. <br>
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2016, à laquelle siégeaient :<br>
M. Clot, président de chambre,<br>
M. Picard, président-assesseur,<br>
M. Lévy Ben Cheton, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 12 juillet 2016.<br>
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N° 15LY01883	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335 Étrangers.