# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 3ème chambre (formation à 3), 24/06/2008, 06BX01439, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000019160829
**Date de décision:** 2008-06-24
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 3ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000019160829

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 10 juillet 2006, présentée pour Mme Monique Y demeurant ..., et Mme Thérèse Y demeurant ..., depuis lors décédée, par Me Delmas ; <br>
<br>
        Les consorts Y demandent à la Cour :<br>
<br>
        1°) d'annuler le jugement n° 0401454 du 25 avril 2006 par lequel le Tribunal administratif de Pau a rejeté leur demande tendant à l'annulation de la décision en date du 7 mai 2004 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques leur a refusé l'autorisation de résilier le bail rural conclu avec M. et Mme X sur les parcelles cadastrées BM 88 et 91, sises à Urrugne  ;<br>
<br>
        2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision ;<br>
<br>
        3°) d'autoriser la résiliation dudit bail rural ;<br>
<br>
        4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
...............................................................................................................................<br>
<br>
        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
        Vu le code rural ;<br>
<br>
        Vu le code de justice administrative ; <br>
<br>
        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du  27 mai 2008 :<br>
        - le rapport de M. Pottier, conseiller ;<br>
        - et les conclusions de M. Vié, commissaire du gouvernement ;<br>
<br>
<br>
        Considérant que, par une décision du 7 mai 2004, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé à Mmes Y l'autorisation de résilier le bail consenti à M. et Mme X sur des parcelles cadastrées BM 88 et 91, sises à Urrugne ;<br>
<br>
        Sur les conclusions tendant à ce que la Cour autorise la résiliation du bail :<br>
<br>
        Considérant qu'il n'appartient pas à la juridiction administrative d'autoriser la résiliation du bail conclu entre les consorts Y et les époux X ; que, par suite, les conclusions tendant à cette fin doivent être rejetées comme irrecevables ;<br>
<br>
        Sur la légalité de la décision attaquée :<br>
<br>
        Considérant, en premier lieu, que la décision attaquée a été signée par M. Jean-Noël Humbert, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, sur le fondement d'une délégation de signature consentie par le préfet par un arrêté en date du 9 février 2004, publié au recueil des actes administratifs du 13 février 2004 ; qu'il suit de là que les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le signataire de la décision ne disposait pas d'une délégation régulière ;<br>
<br>
        Considérant, en second lieu,  qu'aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 411-32 du code rural, dans sa rédaction applicable en l'espèce : «En l'absence d'un plan d'urbanisme ou d'un plan d'occupation des sols ou, lorsqu'existe un plan d'occupation des sols, en dehors des zones urbaines mentionnées à l'alinéa précédent, la résiliation ne peut être exercée, à tout moment, sur des parcelles en vue d'un changement de la destination agricole de celles-ci, qu'avec l'autorisation du commissaire de la République du département donnée après avis de la commission consultative des baux ruraux.» ;<br>
<br>
        Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, dont la qualité de preneur à la date de la décision attaquée est établie par les pièces du dossier, exerce une activité agricole de culture et d'élevage de 85 brebis sur une exploitation d'une superficie totale de 5 ha 44 a ; qu'en estimant que la résiliation du bail consenti par Mmes Y sur des parcelles de 2 ha 58, qui comprennent un abri pour le bétail, porterait une atteinte excessive à l'équilibre de l'exploitation, le préfet n'a commis aucune erreur matérielle, ni aucune erreur manifeste d'appréciation, alors que les consorts Y n'établissent pas la réalité de l'état précaire qu'elles allèguent, ni que seule la résiliation du bail eût été de nature à y mettre fin ;<br>
<br>
        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mmes Y ne sont pas fondées à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Pau a rejeté leur demande ;<br>
<br>
<br>
        Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
        Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à verser aux consorts Y la somme qu'ils demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; qu'il n'y a pas lieu, en l'espèce, de mettre à la charge des requérantes la somme que M. et Mme X demandent au même titre ;<br>
<br>
        DÉCIDE :<br>
<br>
Article 1er : La requête des consorts Y est rejetée.<br>
<br>
Article 2 : Les conclusions de M. et Mme X tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
3<br>
N° 06BX01439<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**