# Conseil d'Etat, 7 / 9 SSR, du 27 janvier 1986, 46063, mentionné aux tables du recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007622765
**Date de décision:** 1986-01-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7 / 9 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007622765

## Contenu de la décision

<br>     Vu la requête enregistrée le 4 octobre 1982 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour M. Alain X..., demeurant ... à Paris  75016 , et tendant à ce que le Conseil d'Etat :<br>    1°  annule le jugement en date du 8 juillet 1982, par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à la décharge du complément d'imposition à l'impôt sur le revenu auquel il a été assujetti au titre de l'année 1977 ;<br>    2°  lui accorde la décharge de l'imposition contestée ;<br>    Vu les autres pièces produites et jointes au dossier ;<br>    Vu le code général des impôts ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs ;<br>    Vu le code civil ;<br>    Vu l'ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;<br>    Vu la loi du 30 décembre 1977 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Turquet de Beauregard, Maître des requêtes,<br>    - les conclusions de M. Fouquet, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>     Considérant que M. X... demande la décharge du complément d'impôt sur le revenu auquel il a été assujetti au titre de l'année 1977, en soutenant que c'est à tort que l'administration a réintégré dans son revenu imposable la pension, d'un montant de 78 000 F, qu'il a servie à Mme Y... veuve X..., deuxième épouse de son père décédé ;<br>     Sur la régularité de la procédure d'imposition :<br>    Considérant que si M. X... soutient qu'à l'occasion de la vérification, portant sur les exercices 1974 à 1977, de la comptabilité de la société en non collectif "X... et Guillibert" dont il est la coassocié et le cogérant, une vérification approfondie de sa situation fiscale d'ensemble a été effectuée, il n'apporte à l'appui de cette dernière allégation, contestée par l'administration, aucun commencement de justification, alors qu'il résulte de l'instruction que les redressements notifiés à M. X... le 11 mai 1978 n'ont porté que sur les bénéfices industriels et commerciaux retirés par M. X... de l'exploitation de la société susmentionnée ; que, par suite, l'administration pouvait, sans violation des dispositions du 5 de l'article 1649 quinquies A du code général des impôts, notifier à M. X... un nouveau redressement le 16 novembre 1978 qui, notamment, refusait la déductibilité de la pension versée en 1977 par le requérant à Mme Veuve X..., dès lors qu'à cette date du 16 novembre 1978, le délai de répétition permettant à l'administration l'exercice de son droit de reprise n'était pas expiré ; que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'imposition doit être écarté ;<br>     Sur le bien-fondé de l'imposition :<br>
<br>    Considérant qu'en vertu de l'article 156-II-2° du code général des impôts, le revenu annuel imposable à l'impôt sur le revenu est déterminé sous déduction des "pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les dispositions de l'article 205 à 211 du code civil" ; qu'aux termes de l'article 207-1 du code civil ; qu'aux termes de l'article 207-1 du code civil "la succession d l'époux prédécédé doit les aliments à l'époux survivant qui est dans le besoin... la pension alimentaire est prélevée sur l'hérédité. Elle est supportée par tous les héritiers" ;<br>    Considérant qu'il n'est pas contesté que M. X... a renoncé à la succession de son père, dont le passif excédait l'actif ; que, par suite, il ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 207-1 précité, qui n'imposent d'obligation qu'à la succession ; que, dès lors, M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ;<br>Article ler : La requête de M. X... est rejetée.<br>
<br>     Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre de l'économie, des finances et du budget.<br>,1. Comp. 1984-01-20, n° 39262<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** CGI 1649 quinquiès A 5, 156 II 2,Code civil 207-1, 205, 206, 208, 209, 210, 211
**ECLI:** 
**Résumé:** 19-04-01-02-03-04        En vertu de l'article 156-II-2° du code général des impôts, le revenu annuel imposable à l'impôt sur le revenu est déterminé sous déduction des "pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les dispositions des articles 205 à 211 du code civil". Si, aux termes de l'article 207-1 du code civil "la succession de l'époux prédécédé doit les aliments à l'époux survivant qui est dans le besoin", un contribuable ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions pour prétendre déduire de son revenu imposable une pension servie par lui à la deuxième épouse de son père décédé dès lors qu'il a renoncé à la succession de celui-ci [1].
**Mots-clés:** 19-04-01-02-03-04,RJ1 CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES PROPRES AUX DIVERS IMPOTS - IMPOT SUR LE REVENU - DETERMINATION DU REVENU IMPOSABLE - CHARGES DEDUCTIBLES -Absence - Pension alimentaire - Pension versée au conjoint du parent décédé [article 207-1 du code civil] [1].