# Conseil d'État, 10ème chambre, 24/11/2017, 403139, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000036086510
**Date de décision:** 2017-11-24
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 10ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000036086510

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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              Mme B...A...a demandé à la Cour nationale du droit d'asile d'annuler la décision du 15 décembre 2015 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'admission au bénéfice de l'asile.<br>
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              Par une décision n° 16001106 du 18 mai 2016, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté sa demande.<br>
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              Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 septembre et 2 décembre 2016 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A...demande au Conseil d'Etat : <br>
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              1°) d'annuler cette décision du 18 mai 2016 ;<br>
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              2°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides la somme de 3 000 euros au profit de son avocat, la SCP Monod-Colin-Stoclet, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. <br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu :<br>
              - la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative aux réfugiés ;  <br>
              - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
              - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
              - le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de M. Stéphane Hoynck, maître des requêtes,  <br>
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              - les conclusions de Mme Aurélie Bretonneau, rapporteur public ;<br>
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              La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Monod, Colin, Stoclet, avocat de Mme B...A...;<br>
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<br>Considérant ce qui suit :<br>
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              1. Mme A...se pourvoit en cassation contre la décision du 18 mai 2016 par laquelle la Cour nationale du droit d'asile a rejeté son recours dirigé contre la décision en date du 15 décembre 2015 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant sa demande d'admission au bénéfice de l'asile.<br>
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              2. La Cour nationale du droit d'asile est tenue de faire application, comme toute juridiction administrative, des règles générales relatives à toutes les productions postérieures à la clôture de l'instruction. Il lui appartient ainsi, dans tous les cas, de prendre connaissance des notes en délibéré et de les viser. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que Mme A...a produit une note en délibéré, à laquelle était joint un certificat médical, qui a été enregistrée le 6 mai 2016 au greffe de la Cour nationale du droit d'asile, après la date de l'audience publique, laquelle s'est tenue le 27 avril 2016. Or, les visas de la décision du 18 mai 2016 ne font pas mention de cette note en délibéré. Ce faisant, la Cour a entaché sa décision d'irrégularité.<br>
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              3. Il résulte de ce qui précède que Mme A...est fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens du pourvoi, à demander l'annulation de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qu'elle attaque.<br>
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              4. Mme A...a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il s'ensuit que son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Monod-Colin-Stoclet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le versement à la SCP Monod-Colin-Stoclet de la somme de 3 000 euros.<br>
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<br>D E C I D E :<br>
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Article 1er : La décision n° 16001106 du 18 mai 2016 de la Cour nationale du droit d'asile est annulée.<br>
Article 2 : L'affaire est renvoyée à la Cour nationale du droit d'asile.<br>
Article 3 : L'Office français de protection des réfugiés et apatrides versera à la SCP Monod-Colin-Stoclet, avocat de MmeA..., une somme de 3 000 euros sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme B...A...et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** ECLI:FR:CECHS:2017:403139.20171124
**Résumé:** 
**Mots-clés:**