# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 1ère  Chambre , 01/02/2010, 09NT01371, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021995913
**Date de décision:** 2010-02-01
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 1ère  Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021995913

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 12 juin 2009, présentée pour M. Abderrahim X, demeurant ..., par Me Bostyn, avocat au barreau d'Orléans ; M. X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 08-3931 en date du 18 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2008 du préfet du Loiret portant rejet de sa demande de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Loiret sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour mention étudiant, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, subsidiairement, de procéder dans le même délai, à un nouvel examen de sa situation administrative et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de ce dernier à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
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Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 4 janvier 2010 :<br>
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       - le rapport de Mme Coiffet, premier conseiller ;<br>
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       - et les conclusions de M. Hervouet, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant marocain entré en France en 2001, interjette appel du jugement en date du 18 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 23 octobre 2008 du préfet du Loiret portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-7  du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention étudiant. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée et sous réserve d'une entrée régulière en France. La carte ainsi délivrée donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ; que l'article R. 313-7 du même code dispose que : Pour l'application du I de l'article L. 313-7, l'étranger qui demande la carte de séjour portant la mention étudiant doit en outre présenter les pièces suivantes : 1° La justification qu'il dispose de moyens d'existence, correspondant à 70 % au moins du montant de l'allocation d'entretien mensuelle de base versée, au titre de l'année universitaire écoulée, aux boursiers du Gouvernement français ; 2° Un certificat d'immatriculation, d'inscription ou de préinscription dans un établissement public ou privé d'enseignement ou de formation initiale, ou une attestation d'inscription ou de préinscription dans un organisme de formation professionnelle au sens du titre II du livre IX du code du travail, ou bien une attestation justifiant qu'il est bénéficiaire d'un programme de coopération de l'Union européenne dans les domaines de l'éducation, de la formation et de la jeunesse ;<br>
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       Considérant que le 7 octobre 2008, M. X a sollicité la délivrance d'une carte de séjour portant la mention étudiant en vue de son inscription en Master 2 Compétences Complémentaires en Informatique (CCI) à l'Université de Tours ; que pour rejeter cette demande, le préfet du Loiret s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne justifiait pas d'une inscription à l'université ; que, toutefois, M. X a produit, pour la première fois en appel, une lettre du 30 septembre 2008 intitulée attestation émanant de la responsable administrative du service universitaire de formation continue de l'Université de Tours, certifiant pouvoir inscrire M. X en master 2 CCI en formation continue à condition qu'il soit titulaire d'un titre de séjour qui couvre la durée de sa formation à savoir du 22 septembre 2008 au 29 septembre 2009 ; que ce document doit être regardé comme constituant l'attestation de préinscription requise par l'article R. 313-7 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, dès lors, c'est à tort que le préfet du Loiret puis le Tribunal administratif d'Orléans ont estimé qu'à la date de l'arrêté attaqué le requérant ne justifiait d'aucune inscription à l'université ; que le préfet du Loiret ne peut utilement justifier son arrêté en se fondant, dans son mémoire en défense, sur l'absence de caractère réel et sérieux des études de M. X dont la demande portait sur la délivrance d'un titre de séjour mention étudiant et non sur le renouvellement d'un tel titre ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ;<br>
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       Considérant que l'annulation de l'arrêté refusant à M. X une carte de séjour temporaire portant la mention étudiant implique seulement que le préfet du Loiret procède à un nouvel examen de la situation administrative de l'intéressé, dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification du présent arrêt, et qu'il lui délivre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que M. X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bostyn, avocat de M. X, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de condamner l'Etat à payer à Me Bostyn une somme de 1 500 euros ; que, par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. X qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que le préfet du Loiret demande au titre des frais exposés par l'Etat et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	Le jugement n° 08-3931 du 18 décembre 2008 du Tribunal administratif d'Orléans et l'arrêté du 23 octobre 2008 du préfet du Loiret sont annulés.<br>
Article 2 :	Il est enjoint au préfet de procéder au réexamen de la situation de M. X dans un délai de deux  mois à compter de la notification du présent arrêt et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.<br>
Article 3 :	Le surplus de la requête est rejeté.<br>
Article 4 :	L'Etat versera à Me Bostyn, avocat de M. X, la somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Bostyn renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 5 :	Les conclusions du préfet du Loiret tendant à la condamnation de M. X au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 6 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. Abderrahim X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet du Loiret.<br>
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N° 09NT01371                                      2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**