# CAA de LYON, 2ème chambre, 23/09/2021, 20LY03619, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000044133910
**Date de décision:** 2021-09-23
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000044133910

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. B... D... a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du 2 juin 2020 par lequel le préfet de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2004284 et 2004286 du 20 novembre 2020, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 7 décembre 2020, M. D..., représenté par Me Sabatier, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :<br>
       - la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - elle méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
       - la décision attaquée se fonde sur un refus de titre de séjour illégal ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :<br>
       - la décision attaquée se fonde sur une décision de refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français illégales.<br>
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       Par un mémoire, enregistré le 28 juin 2021, le préfet de l'Ain conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés. <br>
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       M. D... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 janvier 2021.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le rapport de Mme Evrard ayant été entendu au cours de l'audience publique ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
       1. M. D..., ressortissant kosovar né le 28 novembre 1984, est entré en France le 9 février 1995, selon ses déclarations, en compagnie de son épouse et de leur fils A..., et a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 février 2016, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 29 novembre 2016. Le 22 février 2020, M. D... a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 juin 2020, le préfet de l'Ain a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. D... relève appel du jugement du 20 novembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
Sur la légalité de la décision portant refus d'un titre de séjour :<br>
       2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".<br>
       3. M. D... fait valoir qu'il vit en France depuis 2015 avec son épouse et leurs deux enfants, A... né au C... en 2013 et Donat né en France en 2016, et que ces derniers sont scolarisés. Toutefois, 	M. D... ne fait état d'aucun élément faisant obstacle à ce que son épouse, qui fait également l'objet d'une décision refusant son admission au séjour et qui se maintient irrégulièrement en France, et lui-même poursuivent leur vie privée et familiale avec leurs enfants au C..., où le requérant a vécu jusqu'à l'âge de trente-et-un ans et où les enfants pourront être scolarisés. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision de refus de délivrance de titre de séjour contestée ne porte pas au droit de M. D... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.<br>
       4. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".<br>
       5. M. D... fait valoir que l'intérêt supérieur de ses enfants exige qu'ils vivent auprès de lui en France. Toutefois, la décision attaquée n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer les enfants de M. D... de leurs parents. En outre, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le requérant et son épouse ne pourraient poursuivre leur vie familiale au C..., pays dont ils ont tous les deux la nationalité, avec leurs enfants âgés respectivement de sept et quatre ans à la date de la décision litigieuse, ni que ces derniers ne pourraient y poursuivre leur scolarité. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.<br>
       6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. / (...) ".<br>
       7. En se bornant à faire valoir qu'il bénéficie d'une expérience de maçon, qu'il dispose d'une promesse d'embauche en qualité de poseur en menuiserie et en serrurerie et que ses enfants sont scolarisés en France, M. D... n'établit pas qu'en estimant qu'il ne faisait état d'aucune circonstance exceptionnelle ni de motif humanitaire de nature à justifier son admission au séjour en France, le préfet de l'Ain aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.<br>
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
       8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.<br>
       9. En second lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points précédents, les moyens tirés de ce que le préfet de l'Ain aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le paragraphe 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. D... doivent être écartés.<br>
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :<br>
       10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et de celle faisant obligation à M. D... de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.<br>
       11. Il résulte de ce qui précède que M. D... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.<br>
Article 2 :  Le présent arrêt sera notifié à M. B... D... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Ain.<br>
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2021, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Pruvost, président de chambre,<br>
Mme Evrard, présidente-assesseure, <br>
Mme Lesieux, première conseillère.<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 septembre 2021.<br>
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N° 20LY03619<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. - Séjour des étrangers.