# CAA de NANCY, 2ème chambre, 01/07/2021, 20NC02735, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000043763480
**Date de décision:** 2021-07-01
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000043763480

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. D... C... a demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler l'arrêté du 19 février 2020 par lequel le préfet du Jura a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2000437 du 6 août 2020, le tribunal administratif de Besançon a rejeté la demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2020, M. D... C..., représenté par Me A..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du 6 août 2020 ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté du 19 février 2020 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Jura de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de deux cents euros par jour de retard et, à défaut, dans un délai d'un mois à compter de cette notification et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit de travailler ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       Sur la décision de refus de séjour :<br>
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       - la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;<br>
       - la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
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       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :<br>
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       - la décision est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;<br>
       - la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour ;<br>
       - la décision méconnaît les dispositions du 7° et du 11° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
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       Sur la décision fixant le pays de renvoi :<br>
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       - la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire ;<br>
       - la décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;<br>
       - la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2020, le préfet du Jura conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire, à son rejet.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - la requête est tardive ;<br>
       - les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés.<br>
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       M. C... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme B... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
       1. M. C..., né en 1992 et de nationalité kosovare, serait entré irrégulièrement en France le 21 janvier 2017. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 août 2017 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 31 mai 2018. Le 25 juin 2019, M. C... a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par arrêté du 19 février 2020, le préfet du Jura a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C... relève appel du jugement du 6 août 2020 par lequel le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté du 19 février 2020.<br>
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       Sur la légalité de l'arrêté dans son ensemble :<br>
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       2. M C... reprend en appel, sans apporter d'éléments nouveaux, les moyens tirés de l'insuffisante motivation et du défaut d'examen particulier de sa situation. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à juste titre par le tribunal administratif de Besançon dans son jugement.<br>
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       Sur la légalité de la décision de refus de séjour :<br>
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       3. En premier lieu, aux termes de termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier que M. C... n'était en France que depuis trois ans à la date de la décision attaquée, la durée de son séjour résultant principalement de l'instruction de sa demande d'asile. S'il se prévaut de l'achat d'un bien immobilier avec une amie, cette seule circonstance ne suffit pas à démontrer la réalité de son intégration sociale en France. Il ne justifie par ailleurs d'aucun lien qu'il aurait tissé depuis son arrivée sur le territoire français. Le requérant produit enfin un contrat de travail à durée déterminée pour la période du 18 juin au 31 juillet 2019 en qualité d'ouvrier polyvalent dans une entreprise de peinture ainsi qu'une promesse d'embauche à l'issue de ce contrat de cette même entreprise. Ces éléments ne sauraient démontrer à eux-seuls l'intensité de ses efforts d'insertion professionnelle. Dans ces conditions, et eu égard aux conditions de séjour en France de l'intéressé, la décision de refus de séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 (...) ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de cet article par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant par là-même des motifs exceptionnels exigés par la loi. Il appartient en effet à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger, ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.<br>
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       6. Eu égard à ce qui a été dit au point 4, M. C... ne démontre pas que son admission exceptionnelle au séjour répondrait à des considérations humanitaires ou se justifierait au regard de motifs exceptionnels. Si le requérant produit un contrat de travail à durée déterminée ainsi qu'une promesse d'embauche comme il a été dit précédemment, compte tenu des conditions de séjour de M. C... et de la nature et de la durée hebdomadaire de ce contrat de travail, l'emploi salarié de l'intéressé ne révèle pas l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.<br>
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       7. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 4 et 6, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision de refus de séjour sur la situation de M. C....<br>
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       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C... n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.<br>
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       9. En deuxième lieu, pour les motifs exposés aux points 4, 6 et 7, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas le 7° de l'article L. 313-11, l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. C....<br>
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       10. En troisième lieu, M. C... se bornant à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de la violation de ces dispositions est dépourvu de précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier la portée.<br>
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       Sur la décision fixant le pays de destination : <br>
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       11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C... n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.<br>
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       12. En second lieu, pour les motifs retenus à juste titre par les premiers juges, et qu'il y a lieu d'adopter, le moyen selon lequel la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.<br>
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       13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet, que M. C... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D... C... et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Une copie du présent arrêt sera adressée au préfet du Jura. <br>
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N° 20NC02735<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.