# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 07/05/2009, 08NT03287, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021031369
**Date de décision:** 2009-05-07
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021031369

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 4 décembre 2008, présentée pour Mme Ibtissen X, demeurant ..., par Me Souamounou, avocat au barreau de Blois ; Mme Ibtissen X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 08-2526 du 13 novembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2008 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour et lui fait obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de statuer à nouveau sur sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, une autorisation provisoire de séjour lui étant accordée jusqu'à ce qu'il ait été statué à nouveau sur sa demande, ladite autorisation devant lui être délivrée dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la décision du 3 avril 2009 refusant le bénéfice de l'aide juridictionnelle à Mme X ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 9 avril 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Tholliez, président ;<br>
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       - et les conclusions de M. Geffray, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que Mme X, de nationalité tunisienne, interjette appel du jugement du 13 novembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2008 du préfet de Loir-et-Cher portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance, 2 - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; et qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée (...) ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, après avoir contracté mariage en février 2007 en Tunisie, est entrée en France, à l'âge de dix-neuf ans, en mars 2007, pour y rejoindre son époux M. X, installé en France en qualité de commerçant et titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2013 ; que le couple a eu un enfant le 27 février 2008 ; qu'ainsi, alors même que Mme X a conservé des attaches en Tunisie et qu'elle avait la possibilité de demander le bénéfice de regroupement familial, l'arrêté contesté du préfet de Loir-et-Cher doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant porté au respect de la vie privée et familiale de Mme X une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il a, par suite, méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ;<br>
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       Considérant qu'eu égard au motif de l'annulation ci-dessus prononcée et aux conclusions de la requête susvisée, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt et de procéder à un nouvel examen de la situation administrative de Mme X ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de condamner l'Etat à verser à Mme X la somme de 2 000 euros qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du 13 novembre 2008 du Tribunal administratif d'Orléans et l'arrêté du 20 juin 2008 du préfet de Loir-et-Cher sont annulés.<br>
Article 2    : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer à Mme X une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt et de procéder à un nouvel examen de sa situation administrative.<br>
Article 3    : L'Etat versera à Mme X une somme de 2 000 euros (deux mille euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4    : Le présent arrêt sera notifié à Mme Ibtissen X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet de Loir-et-Cher.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**