# Cour administrative d'appel de Douai, 2e chambre - formation à 3, 03/02/2009, 08DA01133, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000020418707
**Date de décision:** 2009-02-03
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Douai
**Formation:** 2e chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000020418707

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 18 juillet 2008 au greffe de la Cour administrative d'appel de Douai, présentée pour M. Kola Henry X, demeurant ..., par Me Paraiso ; M. X demande à la Cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 0801040 du 3 juillet 2008 par lequel le Tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er avril 2008 du préfet de la <br>
Seine-Maritime refusant de lui délivrer un titre de séjour,  lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;<br>
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      2°) d'annuler ledit arrêté du préfet de la Seine-Maritime ;<br>
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      Il soutient que l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il a tissé depuis son entrée en France des liens personnels et familiaux qui sont effectifs et stables ; que l'arrêté méconnaît les articles L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il a demandé le réexamen de sa demande d'asile en présentant des éléments nouveaux, notamment une attestation et un rapport de police, qui établissent la réalité des risques en cas de retour au Nigeria ;<br>
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      Vu le jugement attaqué ;<br>
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Vu la décision du 1er septembre 2008 du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal de grande instance de Douai admettant M. X au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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      Vu l'examen des pièces desquelles il résulte que la requête a été communiquée au préfet de la Seine-Maritime qui n'a pas produit d'observations ;<br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique et le décret <br>
n° 91-1266 du 19 décembre 1991, modifié ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 janvier 2009 à laquelle siégeaient M. Antoine Mendras, président de chambre, Mme Marianne Terrasse, président-assesseur et <br>
Mme Elisabeth Rolin, premier conseiller :<br>
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      - le rapport de Mme Marianne Terrasse, président-assesseur ;<br>
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      - et les conclusions de M. Patrick Minne, commissaire du gouvernement ;<br>
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      Considérant que M. X, ressortissant nigérian, est entré en France le 3 septembre 2006 dans le but de solliciter le statut de réfugié ; que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 27 décembre 2006, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 29 février 2008 ; que, par l'arrêté du 1er avril 2008, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 314-11-8° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois ; que M. X relève appel du jugement du 3 juillet 2008 par lequel le Tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
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      Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui » ; que M. X soutient que l'arrêté attaqué porte atteinte à sa vie privée et familiale dès lors qu'il a tissé depuis son entrée en France des liens personnels et familiaux effectifs et stables ; qu'il ressort, toutefois, des pièces du dossier que l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Nigeria où résident notamment son épouse et ses enfants ; qu'ainsi, compte tenu des conditions et de la durée du séjour de l'intéressé en France, l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 1er avril 2008 n'a pas porté au droit de M. X au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que le préfet n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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      Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « (...) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 » ; que ce dernier texte énonce que : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants » ;<br>
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      Considérant que M. X, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, soutient qu'il risque d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour au Nigeria où il aurait fait l'objet de persécutions par les membres d'un parti politique rival ; que, toutefois, l'intéressé n'établit pas, par la simple production d'une attestation du 20 juin 2007 d'un notable local et d'un rapport de police du 25 mai 2007, la réalité des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ; qu'ainsi, M. X n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux serait contraire aux dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande ;<br>
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      DÉCIDE :<br>
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      Article 1er : La requête de M. X est rejetée. <br>
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      Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Kola Henry X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
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      Copie sera transmise au préfet de la Seine-Maritime.<br>
N°08DA01133	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**