# CAA de PARIS, 7ème chambre, 07/02/2024, 23PA02282, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000049110710
**Date de décision:** 2024-02-07
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 7ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000049110710

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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      Procédure contentieuse antérieure :<br>
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      M.  A... B... a demandé au Tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2022 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.<br>
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      Par un jugement n° 2223527/1-1 du 22 février 2023, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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      Procédure devant la Cour :<br>
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      Par une requête enregistrée le 23 mai 2023, M. B..., représenté par Me Berdugo, demande à la Cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 2223527/1-1 du 22 février 2023 du Tribunal administratif de Paris ;<br>
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      2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 24 octobre 2022 du préfet de police ;<br>
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      3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans le même délai à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;<br>
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      4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Berdugo, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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      Il soutient que :<br>
      - la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;<br>
      - elle a été prise sans examen de sa situation particulière ;<br>
      - elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de justice administrative ;<br>
      - le préfet a méconnu sa compétence en s'estimant lié par l'avis du collège de médecins ;<br>
      - l'ensemble des décisions attaquées méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
      - elles méconnaissent l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
      - elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
      - elles méconnaissent les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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      Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.<br>
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      Il soutient que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.<br>
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      M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Paris du 17 avril 2023.<br>
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      Vu les autres pièces du dossier.<br>
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      Vu :<br>
      - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
      - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
      - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
      - le code de justice administrative.<br>
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      Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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      Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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      Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
      - le rapport de Mme Hamon, <br>
      - et les observations de Me Sima pour M. B....<br>
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      Considérant ce qui suit :<br>
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      1. M. B..., ressortissant sénégalais né en 1984, est entré en France le <br>
18 octobre 2014 muni d'un visa court séjour, et s'y est maintenu à l'expiration de celui-ci. Il a sollicité le 2 mai 2022 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour de étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 octobre 2022, le préfet de police a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. B... fait appel du jugement par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français.<br>
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      Sur la décision de refus de titre de séjour :<br>
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      2. En premier lieu, le requérant reprend en appel les moyens tirés de ce que la décision serait insuffisamment motivée, qu'elle n'aurait pas été précédée d'un examen particulier de sa situation et qu'elle serait entachée d'incompétence, le préfet de police s'étant estimé lié par l'avis émis par le collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), sans apporter d'élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation portée sur ces moyens par les premiers juges. Par suite, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par le Tribunal.<br>
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      3. En deuxième lieu, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (...). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (...). "<br>
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      4. Pour refuser de délivrer à M. B... un titre de séjour, le préfet de police a estimé que, ainsi que l'avait considéré le collège des médecins de l'OFII dans son avis du 7 octobre 2022 émis après examen de l'intéressé, si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci n'était pas susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Pas plus en appel qu'en première instance M. B..., qui a levé le secret médical, n'établit que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité dès lors que ces pièces mentionnent qu'à la date de la décision attaquée, la tuberculose osseuse dont il était atteint en 2021 et pour laquelle il a bénéficié d'une intervention chirurgicale et d'une hospitalisation pour rééducation, ne nécessitait plus que la poursuite de soins de kinésithérapie pour renforcement musculaire et amélioration de l'équilibre, et que M. B... était autonome et apte à une activité professionnelle sans port de charges lourdes ni station debout prolongée. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour méconnaîtrait les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs il n'est pas plus fondé à soutenir qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur son état de santé.  <br>
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      5. En troisième lieu M. B..., en se bornant à produire deux courriers qui auraient été adressés au préfet de police par une association, n'établit pas plus en appel qu'en première instance qu'il aurait déposé des demandes de titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour régie par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni sur le fondement de sa vie privée et familiale en application de l'article L. 423-23 du même code. Il résulte par ailleurs des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de police n'a pas examiné le droit au séjour de M. B... sur ces deux fondements. Par suite, M. B... ne peut utilement soutenir que la décision de refus de séjour aurait méconnu les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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      Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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      6. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "  Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / (...) / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / (...). ".<br>
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      7. Il résulte de ce qui est jugé au point 4 que M. B... n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, il n'est pas plus fondé à soutenir qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur son état de santé ni, en tout état de cause, qu'elle l'exposerait à des traitements inhumains et dégradants prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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      8. En second lieu, M. B... reprend en appel le moyen tiré de ce que la décision méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sans apporter d'élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation portée sur ce moyen par les premiers juges. Par suite, il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par le Tribunal.<br>
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      9. Il résulte dès lors de tout ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.<br>
DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.<br>
Copie en sera adressée au préfet de police et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.<br>
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Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :<br>
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- M. Auvray, président de chambre,<br>
- Mme Hamon, présidente-assesseure,<br>
- Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024<br>
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La rapporteure,<br>
P. HAMONLe président,<br>
B. AUVRAY<br>
La greffière,<br>
C. BUOT La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 23PA02282<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**