# Conseil d'État, Président de la section du Contentieux, 14/11/2003, 257617, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008204017
**Date de décision:** 2003-11-14
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** Président de la section du Contentieux
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008204017

## Contenu de la décision

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              Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 11 juin 2003, présentée par M. Belkacem A dit B, demeurant ... ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : <br>
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              1°) d'annuler le jugement du 5 mai 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 20 février 2003 du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision distincte fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit ;<br>
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              2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision ;<br>
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              3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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	Vu les autres pièces du dossier ;<br>
              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>
	Vu le code de justice administrative ;<br>
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Après avoir entendu en séance publique :<br>
- les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :<br>
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (....) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (....) ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 16 octobre 2002 de la décision en date du même jour du préfet de police lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
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              Considérant que si M. A fait valoir qu'il a en France deux soeurs ainsi que de nombreuses relations, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, entré en France en 2001, est célibataire et sans charge de famille ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment des conditions et de la durée du séjour de M. A en France, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté ;<br>
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              Considérant que l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. A n'a pas pour objet de fixer le pays de destination, lequel est déterminé par une décision distincte ; qu'ainsi, M. A ne saurait utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales contre l'arrêté du 20 février 2003 par lequel le préfet de police a ordonné sa reconduite à la frontière ;<br>
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              Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination :<br>
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              Considérant que, dans les termes où il est rédigé, l'arrêté du 20 février 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. A doit être regardé comme comportant une décision distincte par laquelle le préfet de police a décidé que l'intéressé serait éloigné à destination de l'Algérie ; <br>
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              Considérant que les pièces du dossier établissent que M. A court des risques pour sa sécurité en cas de retour en Algérie ; que, dans ces conditions, le préfet de police, en fixant l'Algérie comme pays de destination de la reconduite, a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté ses conclusions dirigées contre la décision fixant l'Algérie comme pays de destination ;<br>
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              Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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              Considérant que la présente décision, qui annule le jugement du 5 mai 2003 du magistrat délégué par le tribunal de Paris en tant qu'il a rejeté les conclusions dirigées contre la décision distincte fixant l'Algérie comme pays de destination, ainsi que cette décision, n'implique pas que le préfet de police délivre un titre de séjour à M. A ; que, dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées ; <br>
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<br>D E C I D E :<br>
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 Article 1er : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 5 mai 2003 est annulé en tant qu'il rejette la demande de M. A tendant à l'annulation de la décision du préfet de police en date du 20 février 2003 en tant qu'elle fixe l'Algérie comme pays à destination duquel il doit être reconduit.<br>
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 Article 2  : La décision du préfet de police en date du 20 février 2003 est annulée en tant qu'elle fixe l'Algérie comme pays à destination duquel M. A doit être reconduit.<br>
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 Article 3  : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.<br>
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 Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. Belkacem A, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**