# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 27 janvier 2006, 267353, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008237656
**Date de décision:** 2006-01-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008237656

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 23 mars 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme  Fatou A  demeurant ...  ; Mme  A  demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 7 avril 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 mars 2004 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - les conclusions de Mlle Célia Verot, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué,    : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme  A,  de nationalité ivoirienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 9 janvier 2004, de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 6 janvier 2004, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 3 mars 2004, par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé la reconduite à la frontière de Mme  A, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement  ; que, par suite, le moyen tiré de sa motivation insuffisante manque en fait et doit être écarté  ;
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              Considérant que Mme A est mère de trois enfants dont deux au moins sont restés dans son pays d'origine  ; qu'alors même qu'elle vivrait depuis 1999 avec M. B, la décision attaquée n'a pas, compte tenu de ses conditions de séjour en France et de ses attaches familiales en Côte d'Ivoire, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa situation personnelle  ;
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              Sur la décision fixant le pays de renvoi  :
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              Considérant que si Mme A soutient qu'elle serait exposée à des risques sérieux en cas de retour en Côte d'Ivoire où elle craint pour sa vie,  elle ne fournit aucune précision ni justification à l'appui de ses allégations  ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté  ; 
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande  ;
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<br>			D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de Mme  A  est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme  Fatou A, au préfet de la SeineSaint-Denis et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**