# CAA de PARIS, 5ème chambre, 24/12/2020, 19PA03752, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042737307
**Date de décision:** 2020-12-24
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042737307

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. D... B... a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 18 février 2019 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office.<br>
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       Par un jugement n° 1905641 du 18 juillet 2019, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 25 novembre 2019, M. B..., représenté par Me A..., demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1905641 du 18 juillet 2019 du tribunal administratif de Paris ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet de police du 18 février 2019 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 10 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       M. B... soutient que :<br>
       - sa requête est recevable ; <br>
       - le jugement est irrégulier à défaut d'avoir répondu au moyen tiré de l'erreur de droit au regard de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation avant de refuser le séjour, décision qui n'est pas suffisamment motivée ; <br>
       - la décision méconnaît l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
       - la décision méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination sont illégales par voie d'exception. <br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2020, le préfet de police, conclut au rejet de la requête.<br>
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       Le préfet de police soutient que les moyens invoqués par M. B... ne sont pas fondés.<br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2019 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Paris.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,<br>
       - l'ordonnance n° 2020-1402 du 18 novembre 2020 ;<br>
       - les décrets n° 2020-1404 et n° 2020-1406 du 18 novembre 2020 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. C..., <br>
       - et les observations de Me A... pour M. B.... <br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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      1. M. D... B..., de nationalité malienne, a fait l'objet d'un arrêté du <br>
18 février 2019 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. Il relève appel du jugement du 18 juillet 2019 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
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       2. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". <br>
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       3. Contrairement à ce que soutient M. B..., en relevant l'ensemble des éléments de fait relatifs à sa situation au point 7 du jugement attaqué, les premiers juges ont suffisamment répondu au moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet de police dans l'application des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'irrégularité du jugement attaqué doit ainsi être écarté.<br>
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       Sur le bien-fondé du jugement : <br>
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       4. En premier lieu, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision de refus de séjour et de l'absence d'examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant par adoption des motifs retenus à juste titre par les premiers juges au point 3 du jugement attaqué. <br>
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       5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) ".<br>
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       6. Il ressort des pièces du dossier que si M. B... fait valoir qu'il vit en France depuis 2002, il s'est maintenu depuis lors en situation irrégulière sur le territoire français, le préfet de police invoquant sans être contredit l'existence d'obligations de quitter le territoire français prises à son encontre, notamment, le 12 février 2008, le 21 septembre 2009 et le 25 octobre 2013. Si M. B... se prévaut de ses intérêts privés en France et de la présence de son frère et de sa soeur dans ce pays, il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident son épouse et ses deux enfants nés en 2001 et 2003, qu'il prend en charge, et où il a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans. Il ne justifie pas d'attaches particulières sur le territoire français, en se bornant à se prévaloir de l'exercice d'une activité professionnelle pendant quelques mois entre 2007 et 2014 et d'une demande d'autorisation de travail en qualité d'agent d'entretien et de manutention. Ainsi, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, M. B... n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police, qui a examiné l'ensemble des éléments de sa situation personnelle, aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en refusant de lui délivrer un titre de séjour. A cet égard, la circonstance que la commission du titre de séjour a émis un avis favorable à la délivrance d'un tel titre est sans incidence.  <br>
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       7. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point ci-dessus, M. B... n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de séjour serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.<br>
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       8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans (...) ". Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des motifs exceptionnels exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.<br>
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       9. Eu égard aux motifs exposés au point 6, M. B... n'est pas fondé à soutenir que des considérations ou des motifs exceptionnels justifieraient son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, la circonstance qu'il dispose d'un formulaire de demande d'autorisation de travail en qualité d'agent d'entretien et de manutention ne constitue pas à elle seule un motif exceptionnel au sens du même article, la situation de M. B..., appréciée au regard de son expérience et de ses qualifications professionnelles, ne permettant ainsi pas davantage de le regarder comme justifiant d'un motif exceptionnel. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application dudit article doit être écarté. <br>
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       10. En cinquième lieu, les moyens dirigés contre la décision de refus de titre de séjour n'étant pas fondés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par M. B... à l'appui de ses conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doit être écartée. <br>
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       11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Sa requête, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'État n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, doit ainsi être rejetée.<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D... B... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de police.<br>
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2020, à laquelle siégeaient :<br>
- M. Platillero, président de la formation de jugement,<br>
- Mme Marion, premier conseiller, <br>
- M. C..., premier conseiller,<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2020.<br>
Le rapporteur,<br>
B. C...Le président,<br>
F. PLATILLERO<br>
La greffière,<br>
F. DUBUY-THIAM<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 19PA03752<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.