# CAA de PARIS, 1ère chambre, 21/03/2024, 23PA03178, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000049313835
**Date de décision:** 2024-03-21
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000049313835

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A... C... B... a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 21 février 2023 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2305055/8 du 28 juin 2023, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 18 juillet 2023, M. B..., représenté par Me Nzamba, demande à la Cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 2305055/8 du 28 juin 2023 du tribunal administratif de Paris ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2023 du préfet de police ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que : <br>
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       - l'arrêté contesté méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-1 du même code ;<br>
       - il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.    <br>
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       Le rapport de Mme Jasmin-Sverdlin a été entendu au cours de l'audience publique. <br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant congolais né le 17 juillet 1989, est entré en France le 10 août 2018 selon ses dernières déclarations. Le 9 juin 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 21 février 2023, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B... fait appel du jugement du 28 juin 2023 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / (...). ". En outre, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (...) ".<br>
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       3. M. B... fait valoir qu'il est entré en France en août 2018 et qu'il vit depuis novembre 2020 avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 3 décembre 2020, puis s'est marié le 20 août 2022. L'intéressé se prévaut par ailleurs de la présence en France de son père titulaire d'une carte de résident et de ses deux sœurs de nationalité française. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant ne justifie de sa présence en France que depuis novembre 2019 et d'une vie commune avec son épouse depuis novembre 2020. Par ailleurs, l'intéressé, qui ne justifie, au demeurant, d'aucune intégration sociale ou professionnelle en France, n'établit pas être dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine, où réside sa mère et où il a vécu jusqu'à l'âge de 30 ans. Dans ces conditions, le refus de séjour opposé à M. B... n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées doivent être écartés. <br>
       4. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ".<br>
       5. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, M. B... qui a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut utilement faire valoir que le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-1 du même code relatif  à l'étranger marié avec un ressortissant français dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait sollicité un titre de séjour sur ce fondement et que le préfet ne s'est pas fondé sur ces mêmes dispositions pour lui refuser un titre de séjour. Si le requérant fait valoir qu'il a communiqué le 23 août 2022 son acte de mariage au préfet de police, cette circonstance ne peut être regardée comme ayant fait évoluer sa demande initiale en une demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante de nationalité française, qu'il lui appartiendra le cas échéant de solliciter s'il s'y croit fondé.<br>
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       6. Il résulte de ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... C... B... et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.<br>
Copie en sera adressée au préfet de police.<br>
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Délibéré après l'audience du 29 février 2024, à laquelle siégeaient :<br>
- M. Lapouzade, président de chambre,<br>
- M. Diémert, président-assesseur,<br>
- Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 mars 2024. <br>
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La rapporteure,<br>
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I. JASMIN-SVERDLINLe président,<br>
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J. LAPOUZADE<br>
La greffière,<br>
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Y. HERBER<br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. <br>
N° 23PA03178		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**