# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 13 mars 1967, 66-91.588, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007058873
**Date de décision:** 1967-03-13
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058873

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI FORME PAR X... (FLORENTIN), CONTRE UN ARRET DU 18 MARS 1966 DE LA COUR D'APPEL DE PARIS QUI L'A CONDAMNE A 6 MOIS D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS ET 1000 FRANCS D'AMENDE POUR FAUSSE DECLARATION DE DOMMAGES DE GUERRE LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 7 ET 8 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 72 DE LA LOI DU 28 OCTOBRE 1946, ET DES DROITS DE LA DEFENSE, ENSEMBLE VIOLATION DES ARTICLES 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE A CONDAMNE LE PREVENU POUR UNE PRETENDUE FRAUDE EN MATIERE DE DOMMAGES DE GUERRE QUI ETAIT PRESCRITE, ALORS QUE LA PLAINTE N'AVAIT ETE DEPOSEE QU'AU DEBUT DE 1961;<br>
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 QUE LES FAITS QUALIFIES DE DELICTUEUX REMONTAIENT AU 27 NOVEMBRE 1942 ET ETAIENT EN TOUT CAS ANTERIEURS A OCTOBRE 1946, DATE DU PREMIER RAPPORT DE L'EXPERT DU MRL NE SOULEVANT, PAS PLUS QU'UN DEUXIEME RAPPORT DE 1954, AUCUNE CONTESTATION, QU'EN CONSEQUENCE, PENDANT UNE PERIODE SUPERIEURE A TROIS ANS SANS AUCUN ACTE D'INSTRUCTION OU DE POURSUITE, ET MEME SANS CONTESTATION, LE SINISTRE N'A PAS FAIT USAGE DES DECLARATIONS OU DOCUMENTS INCRIMINES, LA CONSERVATION PROLONGEE DU DOSSIER PAR LES SERVICES DE DOMMAGES DE GUERRE PENDANT PLUS DE QUINZE ANS NE POUVANT EQUIVALOIR A UN PAREIL USAGE";<br>
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 ATTENDU QUE SI L'EXCEPTION DE PRESCRIPTION EST D'ORDRE PUBLIC ET PEUT, A CE TITRE, ETRE OPPOSEE POUR LA PREMIERE FOIS DEVANT LA COUR DE CASSATION, C'EST A LA CONDITION QUE CETTE COUR TROUVE, DANS LES CONSTATATIONS DES JUGES DU FOND, LES ELEMENTS NECESSAIRES POUR EN APPRECIER LA VALEUR;<br>
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 QU'A DEFAUT DE CES CONSTATATIONS, QUI MANQUENT EN L'ESPECE, ET QU'IL APPARTENAIT AU BESOIN AU DEMANDEUR DE PROVOQUER, LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
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SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 72 DE LA LOI DU 28 OCTOBRE 1946, DU PRINCIPE QUE LA CHARGE DE LA PREUVE INCOMBE AU MINISTERE PUBLIC ET QUE LE DOUTE PROFITE AU PREVENU, DES ARTICLES 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE LE PREVENU COUPABLE DE FRAUDE EN MATIERE DE DOMMAGES DE GUERRE, D'UNE PART, SANS RELEVER L'EXISTENCE D'AUCUNE JUSTIFICATION INEXACTE PRODUITE A L'APPUI DE LA DEMANDE, D'AUTRE PART, EN METTANT A LA CHARGE DU PREVENU LA PREUVE DE SON INNOCENCE ET EN SE FONDANT SUR L'INVRAISEMBLANCE DE SES DIRES, ALORS QU'UN TEL MOTIF NE PEUT DONNER UNE BASE LEGALE A UNE DECISION DE JUSTICE;<br>
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 ATTENDU QUE LE JUGEMENT CONFIRME PAR L'ARRET ATTAQUE QUI EN ADOPTE LES MOTIFS, ENONCE QU'IL EST CONSTANT QUE LE PREVENU, EN SA FAVEUR, A FAUSSEMENT IMPUTE UN DOMMAGE INEXISTANT A UN ACTE DE GUERRE, FOURNI DECLARATIONS ET DES RENSEIGNEMENTS INEXACTS, ET FAIT ETABLIR SCIEMMENT DES JUSTIFICATIONS INEXACTES A L'APPUI DE SA DEMANDE;<br>
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 QUE POUR MOTIVER CETTE DECLARATION DE CULPABILITE, LES JUGES DU FOND SE REFERENT NOTAMMENT A UNE PLAINTE DEPOSEE PAR X... AU COMMISSARIAT D'ETAMPES, DANS LAQUELLE IL PRETENDAIT AVOIR ETE PILLE, ET A UNE DECLARATION DE SINISTRE DU 27 NOVEMBRE 1942, DANS LAQUELLE IL PRETENDAIT FAUSSEMENT QUE LE BOMBARDEMENT AVAIT ENTRAINE LA DESTRUCTION TOTALE DES BATIMENTS, DE L'OUTILLAGE ET DES STOCKS DE SON ENTREPRISE;<br>
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QUE LE JUGEMENT ENONCE, EN OUTRE, QUE X... NE PEUT JUSTIFIER LE MOINDRE ACHAT DU MATERIEL SOI-DISANT DISPARU;<br>
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 QUE L'HUISSIER QU'IL A APPELE A DRESSER DEUX CONSTATS DE DOMMAGES, ET QUI A VU UN CHARGEUR D'ACCUMULATEURS ENDOMMAGE, N'A PAS VU MEME LES DEBRIS DES SIX TOURS AUTOMATIQUES QUE X... PRETEND AVOIR PERDUS;<br>
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 ATTENDU QUE DE CES CONSTATATIONS IL RESULTE QUE LES JUGES DU FOND N'ONT NULLEMENT RENVERSE LA CHARGE DE LA PREUVE, ET QUE S'ILS ONT DEMONTRE L'INVRAISEMBLANCE DES DIRES DE X..., C'EST EN SE REFERANT AUX DIRES DE CELUI-CI ET POUR LES DECLARER MENSONGERS;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
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ET ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE EST REGULIER EN LA FORME;<br>
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 REJETTE LE POURVOI PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M COSTA - AVOCAT GENERAL : M BARC - AVOCAT : M GARAUD.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** La prescription étant d'ordre public, l'exception qui en est tirée peut être opposée pour la première fois devant la Cour de Cassation à la condition toutefois que celle-ci puisse trouver dans les constatations du juge du fait les éléments nécessaires pour en apprécier juridiquement la valeur. Il appartient au besoin au demandeur de provoquer de la part des juges du fond les constatations nécessaires.
**Mots-clés:** PRESCRIPTION - Action publique - Exception - Caractère d'ordre public - Portée