# Cour Administrative d'Appel de Paris, 1ère chambre , 28/01/2010, 08PA05393, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021785106
**Date de décision:** 2010-01-28
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021785106

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 28 octobre 2008, présentée pour Mme Hala  épouse NASSAR, demeurant ..., par Me Tchaha-Monthe ; Mme  demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0808887/5 du 8 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 22 avril 2008 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande d'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;<br>
       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  dès la signification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu la convention internationale signée à New York le 26 janvier 1990, relative aux droits de l'enfant, publiée par décret du 8 octobre 1990 ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 14 janvier 2010 :<br>
       - le rapport de M. Demouveaux, rapporteur ;<br>
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       - les conclusions de M. Bachini, rapporteur public, <br>
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       - et les observations de Me Tchaha-Monthe pour Mme  ;<br>
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        Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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        Considérant que Mme , deX nationalité égyptienne, est entrée en France le 14 novembre 2004, soit quatre ans avant la décision attaquée, afin de rejoindre son époux qui réside en France en situation régulière depuis 1990 et avec qui elle s'est mariée en Egypte le 24 février 2001 ; que deux enfants sont nés de leur union, l'un en 2002 en Egypte et l'autre en 2005 en France ; qu'à la date de l'arrêté attaqué, la requérante était enceinte d'un troisième enfant ; que, compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, et alors même que Mme  n'est pas dépourvue d'attaches familiales en Egypte et pourrait éventuellement bénéficier d'une mesure de regroupement familial, l'arrêté du 22 avril 2008 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire a porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il a, dès lors, méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme  est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement contesté du 8 octobre 2008, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ;<br>
        Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution  ;<br>
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        Considérant qu'eu égard aux motifs énoncés ci-dessus, l'exécution du présent arrêt implique nécessairement la délivrance d'un titre de séjour à l'intéressée ; qu'il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au préfet de police de délivrer à Mme , dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêt, une carte de séjour portant la mention  vie privée et familiale  ; <br>
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        Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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        Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme  et non compris dans les dépens ;<br>
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        D E C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement n° 0808887/5 du Tribunal administratif de Paris en date du 8 octobre 2008, ensemble la décision du préfet de police du 22 avril 2008 rejetant la demande de titre de séjour de Mme , lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination, sont annulés.<br>
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Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à Mme  une carte de séjour portant la mention  vie privée et familiale  dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêt. Le préfet de police tiendra le greffe de la cour (service de l'exécution) immédiatement informé des dispositions prises pour répondre à cette injonction. <br>
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Article 3 : L'Etat versera à Mme  la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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N° 08PA05393<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**