# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 3 mars 1970, 68-13.183, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982438
**Date de décision:** 1970-03-03
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982438

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SES TROIS BRANCHES : VU L'ARTICLE 1134 DU CODE CIVIL;<br>
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 ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE LA SOCIETE DES PETROLES SHELL BERRE A PASSE AVEC LA SOCIETE LE GARAGE MODERNE DES CONVENTIONS SUIVANT LESQUELLES SHELL BERRE PRETAIT A SON COCONTRACTANT DU MATERIEL ET DE L'ARGENT POUR L'INSTALLATION D'UNE STATION DE VENTE AU DETAIL DE CARBURANT;<br>
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QU'EN CONTREPARTIE LE GARAGE MODERNE S'ENGAGEAIT NOTAMMENT A ACHETER, PENDANT QUINZE ANS, EXCLUSIVEMENT A SHELL, TOUT LE CARBURANT NECESSAIRE A L'EXPLOITATION DE CETTE STATION;<br>
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QUE CES CONVENTIONS QUI NE CONTENAIENT AUCUNE ALLUSION AU PRIX DES CARBURANTS ONT ETE EXECUTEES D'ABORD SOUS LE REGIME D'UN ARRETE DU 28 OCTOBRE 1952, PRIS EN APPLICATION DE L'ORDONNANCE DU 30 JUIN 1945, ET SELON LEQUEL LE PRIX LIMITE DE VENTE PAR LES DISTRIBUTEURS AUX "POMPISTES" DETAILLANTS RESULTAIT DE L'ADDITION D'UN CERTAIN NOMBRE D'ELEMENTS AUXQUELS S'AJOUTAIT UNE MARGE DE DISTRIBUTION, TANDIS QUE LE PRIX LIMITE DE VENTE PAR LES POMPISTES RESULTAIT DE L'ADDITION D'UNE MARGE, AUTORISEE EN LEUR FAVEUR, A LEUR PRIX REEL D'ACHAT;<br>
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 QUE SI LE DISTRIBUTEUR ET LE POMPISTE AVAIENT AINSI CHACUN SA MARGE PROPRE AVEC CHACUN LA POSSIBILITE DE LA DIMINUER, ILS AVAIENT, EN L'ESPECE, TOUJOURS ETE D'ACCORD JUSQU'A L'INTERVENTION DE L'ARRETE DU 27 MAI 1963, APPLICABLE A PARTIR DU 1ER OCTOBRE DE LA MEME ANNEE, POUR QUE LE PRIX DE VENTE DES CARBURANTS PAR SHELL FUT FIXE AU PRIX MAXIMUM;<br>
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 QUE LE NOUVEL ARRETE NE FIXANT PLUS QUE LE PRIX LIMITE DE VENTE AUX CONSOMMATEURS, ET REALISANT AINSI UNE FUSION DES DEUX MARGES, LE GARAGE MODERNE S'EFFORCA, POUR AUGMENTER SA MARGE PROPRE, D'OBTENIR UN ABAISSEMENT DES PRIX ANTERIEURS AUXQUELS IL ACHETAIT LES CARBURANTS A SHELL, PAR DIMINUTION DE LA MARGE DE CETTE DERNIERE SOCIETE;<br>
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 QUE, S'ETANT HEURTE A UN REFUS, IL L'ASSIGNA, LE 12 AVRIL 1966, EN VUE DE FAIRE DECLARER LA NULLITE OU LA CADUCITE DES CONVENTIONS;<br>
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 ATTENDU QUE L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE PRONONCE CETTE CADUCITE A COMPTER DE LA DATE DE SA DECISION, 25 JUIN 1968, QU'IL RETIENT ESSENTIELLEMENT QUE LES "CONVENTIONS CADRES", QUI NE CONTIENNENT AUCUNE CLAUSE CONCERNANT LE PRIX DE VENTE DES CARBURANTS AU POMPISTE, IMPLIQUENT SEULEMENT QUE LES ACHATS FAITS PAR LUI POUR LEUR EXECUTION SERONT FAITS SOIT AU PRIX QUE LES PARTIES DETERMINERONT D'UN COMMUN ACCORD, SOIT AU PRIX DE MARCHE;<br>
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 QUE SI, EN L'ABSENCE DE PRIX DE MARCHE, LE DESACCORD DES PARTIES SUR LE PRIX PERSISTE, CE DESACCORD DOIT ENTRAINER LA CADUCITE DU CONTRAT, DEVENU INEFFICACE;<br>
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 QUE SI LA SOCIETE LE GARAGE MODERNE A ACCEPTE DE PAYER LES PRIX LIMITES AUTORISES PAR LA REGLEMENTATION DE L'ARRETE DU 28 OCTOBRE 1952, ELLE NE L'A FAIT QUE PAR ADHESION AU SYSTEME DE FIXATION DES PRIX LIMITES ALORS PREVU, MAIS QUE, CE SYSTEME SOUPLE CONFORME A L'INTERET DES DEUX PARTIES VENANT A DISPARAITRE, ET AVEC LUI LA GARANTIE QUE REPRESENTAIT L'ARBITRAGE DE L'ADMINISTRATION, IL SERAIT CONTRAIRE A LA COMMUNE INTENTION DES DEUX CONTRACTANTS QUE LES DERNIERS PRIX LIMITES AUTORISES PAR CE SYSTEME LUI SURVECUSSENT ET CONTINUASSENT, CRISTALLISES, A S'IMPOSER A EUX PUISQU'ILS N'AVAIENT ETE ACCEPTES PAR EUX QU'EN TANT QUE PRIX LIMITES ET NON POUR LEUR VALEUR EXPRIMEE EN MONNAIE;<br>
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 QUE L'ARRETE DU 27 MAI 1963 A MODIFIE FONDAMENTALEMENT CE REGIME EN LAISSANT AUX ENTREPRISES DE DISTRIBUTION COMME AUX POMPISTES LA POSSIBILITE D'ACCROITRE LEUR MARGE, ANTERIEUREMENT LIMITEE, PAR PARTAGE A CONVENIR DE LA MARGE DE DISTRIBUTION GLOBALE;<br>
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 QUE, CEPENDANT, APRES AVOIR FAIT DES RESERVES, LA SOCIETE LA GARAGE MODERNE ACCEPTA D'EXECUTER SON OBLIGATION DE FAIRE AUX PRIX ANTERIEURS JUSQU'A CE QU'ELLE EUT SIGNIFIE SON DESACCORD A LA SOCIETE SHELL EN L'ASSIGNANT EN JUSTICE LE 12 AVRIL 1966;<br>
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QUE, JUSQU'A CETTE DATE, LES CONVENTIONS FURENT NORMALEMENT EXECUTEES, AUCUN EFFET JURIDIQUE NE POUVANT ETRE ACCORDE A DE SIMPLES LETTRES DE RESERVES, MAIS QU'A DEFAUT D'ACCORD A PARTIR DU 12 AVRIL 1966, LA SOCIETE LE GARAGE MODERNE ETAIT EN DROIT DE VOULOIR DEBATTRE LIBREMENT DU PRIX DES CARBURANTS ET DE REFUSER LE PRIX MAINTENU PAR LA SOCIETE SHELL ET QU'EN RAISON DE CE DESACCORD L'IMPOSSIBILITE D'APPLICATION DES CONVENTIONS PERMETTAIT DE PRONONCER LEUR CADUCITE A COMPTER DE LA DATE DE L'ARRET ATTAQUE;<br>
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 ATTENDU QU'AYANT AINSI ADMIS QUE LES PARTIES AVAIENT ETE D'ACCORD, APRES PUBLICATION DE L'ARRETE DU 27 MAI 1963, POUR EXECUTER LES CONVENTIONS EN CONTINUANT A APPLIQUER LES PRIX RESULTANT DU REGIME DE L'ARRETE DU 28 OCTOBRE 1952, LA COUR D'APPEL NE POUVAIT, LEDIT ARRETE DU 27 MAI 1963 N'OBLIGEANT PAS LES PARTIES A MODIFIER CE REGIME, DECIDER QUE L'EXECUTION ETAIT DEVENUE IMPOSSIBLE PAR SUITE DU CHANGEMENT DE VOLONTE UNILATERAL DE L'UN DES CONTRACTANTS;<br>
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 QU'ELLE N'A PAS, EN CONSEQUENCE, LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES, LE 25 JUIN 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE ROUEN<br>
<br>,Même espèce : Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1970-03-03 (CASSATION) N. 68-13.268 STE DES PETROLES SCHELL BERRE. CF. Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1968-01-29 Bulletin 1968 IV N. 41 p. 31 (CASSATION) ET L'ARRET CITE

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Arrêté  1952-10-26,Arrêté  1963-03-27,Arrêté  1963-05-27
**ECLI:** 
**Résumé:** Pour résilier le contrat par lequel une société pétrolière prête du matériel à un pompiste à charge par celui-ci de lui réserver pendant une certaine durée l'exclusivité de ses achats de carburants, et qui, conclu après le remplacement de l'arrêté du 26 Octobre 1952 qui fixait les prix limites de vente des distributeurs aux pompistes, d'une part, et des pompistes auw utilisateurs, d'autre part, par l'arrêté du 27 Mai 1963 qui se borne à fixer le prix de vente aux utilisateurs, se substituait à un contrat similaire exécuté sous le régime antérieur, les juges du fond ne peuvent en se référant à l'intention commune des parties et à la modification réalisée par le nouvel arrêté qui laisse aux entreprises de distribution comme aux pompistes la possibilité de fixer conventionnellement leur part respective de la marge de distribution globale, déclarer que le pompiste était en droit de refuser le prix antérieur maintenu par la société pétrolière et que ce désaccord persistant rendant impossible l'application du contrat, alors d'une part qu'ils ont admis que les parties avaient été d'accord pour continuer à appliquer, après l'arrêté du 27 Mars 1963, les prix résultant du régime antérieur et d'autre part, que ledit arrêté n'obligeait pas les parties à modifier ce régime.
**Mots-clés:** AUTOMOBILE - Garage - Achats de carburants et lubrifiants - Contrat d'exclusivité conclu avec une société pétrolière - Livraisons échelonnées - Substitution de l'arrêté du 27 mai 1963 à l'arrêté du 26 octobre 1952 - Effet - Contrat antérieur - Modifications nécessaires (non).,* VENTE - Vente commerciale - Exclusivité  - Résiliation - Causes - Disposition de l'accord sur le prix - Prix résultant des dispositions réglementaires - Modification de ces dispositions.,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - Résiliation - Cause - Impossibilité d'exécuter - Disposition de l'accord sur le prix - Prix résultant de dispositions réglementaires - Modification de ces dispositions.