# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 3ème chambre - formation à 3, 18/02/2010, 08NC01800, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021965972
**Date de décision:** 2010-02-18
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 3ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021965972

## Contenu de la décision

Vu la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 18 décembre 2008 et le 26 janvier 2009 au greffe de la Cour, présentés pour M. Araik A, demeurant ..., par Me Le Borgne ; M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0802146 en date du 20 novembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 11 août 2008 par lequel le préfet des Ardennes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire français et a fixé comme pays de renvoi l'Arménie ou l'Azerbaïdjan, ou tout autre pays où il serait légalement admissible ; <br>
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       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre le préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour ; <br>
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       Il soutient que :<br>
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       - le préfet a commis une erreur d'appréciation sur sa situation exacte dans la mesure où il est dépourvu de toute attache dans son pays d'origine ; il a en effet quitté l'Arménie en 1993 et n'a plus d'attaches dans ce pays ; sa famille réside près de Moscou ; <br>
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       - l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, car il porte une atteinte disproportionnée à sa vie personnelle et familiale ; <br>
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       - il méconnaît également l'article 3-1 de la convention des droits de l'enfant ;<br>
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       - ses enfants ne connaissent que la Russie, où ils n'avaient pas d'existence légale, et la France depuis 2005 où ils sont désormais bien intégrés ; son fils Hrachia pratique un sport à haut niveau ; ses deux enfants doivent faire l'objet d'une procédure devant le Tribunal de grande instance de Charleville-Mézières en vue de leur donner un état civil ; l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été saisi pour qu'ils obtiennent le statut d'apatride ; <br>
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       - la procédure de reconnaissance de statut d'apatride relative à ses enfants fait obstacle à ce qu'une mesure d'éloignement soit prise à son encontre ;  <br>
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       - il vit en France depuis trois ans et est parfaitement intégré ; <br>
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       - les risques encourus en cas de retour en Azerbaïdjan sont réels, les tensions entre ce pays et l'Arménie n'étant pas calmées, notamment en Nagorny-Karabakh ; la vie d'un couple appartenant aux deux communautés dans l'un ou l'autre des pays est exclue ; les deux enfants ne connaissent aucun des deux pays ; <br>
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       Vu le jugement et l'arrêté attaqués ;<br>
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       Vu les pièces versées au dossier pour M. A, enregistrées les 16 février, 9 mars et 2 juillet 2009 ; <br>
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       Vu les mémoires en défense, enregistrés les 27 février et 28 juillet 2009, présentés par le préfet des Ardennes, qui conclut au rejet de la requête ; il soutient que les moyens présentés à l'appui de la requête ne sont pas fondés ;<br>
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       Vu le mémoire en réplique, enregistré le 4 mai 2009, par lequel M. A maintient l'ensemble de ses conclusions par les moyens susvisés ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du  28 janvier 2010 :<br>
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       - le rapport de M. Brumeaux, président,<br>
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       - et les conclusions de M. Collier, rapporteur public ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, d'origine arménienne, et alors âgé de 32 ans, est entré irrégulièrement en France selon ses dires le 7 novembre 2005 avec sa compagne et ses deux enfants, en provenance de Russie ; qu'après avoir présenté une demande d'admission au titre de l'asile, rejetée par décision du 18 juillet 2006 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée le 18 juillet 2008 par la Cour nationale du droit d'asile, le préfet des Ardennes, par arrêté en date du 11 août 2008, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire français et a fixé comme pays de renvoi l'Arménie ou l'Azerbaïdjan, ou tout autre pays où il serait légalement admissible ; <br>
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       Sur les conclusions aux fins d'annulation : <br>
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       En ce qui concerne le refus de séjour : <br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au jour de la décision attaquée :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : ... 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée...  ; <br>
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       Considérant que si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été saisi le 15 juin 2009 d'une demande de reconnaissance de la qualité d'apatride pour les enfants de M. A, cette procédure est, en tout état de cause, postérieure à la décision attaquée ; que le jugement déclaratif de naissance des deux enfants rendu par le Tribunal de grande instance de Charleville-Mézières le 4 avril 2009, transcrit sur le registre central d'état-civil du ministère des affaires étrangères, vise seulement à pourvoir les enfants du requérant d'un état civil régulier et demeure sans incidence sur la légalité de la décision litigieuse, compte tenu de son objet ; que, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, eu égard au caractère récent de son séjour et à la situation irrégulière de sa compagne, et sans qu'y fasse obstacle la circonstance que leurs deux enfants, dont l'un exerce une activité sportive de haut niveau, soient scolarisés en France, le refus de titre de séjour ne porte pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette décision et ne méconnaît pas, par suite, les dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français : <br>
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       Considérant que la saisine de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides d'une demande de reconnaissance du statut d'apatride pour ses deux enfants le 15 juin 2009, postérieure à cette décision, ne saurait, en tout état de cause, comporter une quelconque incidence sur sa légalité ; <br>
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       En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi : <br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains ou dégradants  et qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  L'étranger qui est obligé de quitter le territoire français ou qui doit être reconduit à la frontière est éloigné : 1° A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ; 3° Ou à destination d'un autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950.  ; <br>
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       Considérant que si M. A, dont la mère est d'origine azérie, fait valoir qu'il est exclu pour un couple n'appartenant pas à la même communauté, azérie ou arménienne, de vivre dans l'un de ces deux pays, il n'assortit toutefois pas ces allégations des précisions et des justifications qui permettraient d'établir la réalité de risques personnels encourus, dont l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile n'ont d'ailleurs pas retenu l'existence ; que, par suite, M. A, lequel avait au demeurant surtout évoqué devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides les violences que lui et son père auraient subies en Russie, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant :  Dans toutes les décisions qui concernent des enfants, qu'elles soient le fait (...) des tribunaux, des autorités administratives (...), l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale  ; <br>
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       Considérant que si M. A fait valoir que l'exécution de la décision fixant le pays de destination aurait pour conséquences de compromettre l'effort d'intégration sociale et scolaire de ses enfants, rien ne s'oppose toutefois à ce que les deux enfants, nés en 1994 et 1995, quittent la France accompagnés par leurs parents et s'installent ensemble dans le pays de renvoi, même s'ils ne le connaissent pas, étant nés en Russie ; que, dès lors, la décision fixant le pays de destination n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 11 août 2008 par lequel le préfet des Ardennes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire français et a fixé comme pays de renvoi l'Arménie ou l'Azerbaïdjan, ou tout autre pays où il serait légalement admissible ;<br>
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       Sur les conclusions aux fins d'injonction : <br>
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       Considérant que le présent arrêt n'implique aucune mesure d'exécution ; que les conclusions de M. A tendant à ce que la Cour ordonne au préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour ne peuvent être que rejetées ; <br>
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D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié M. Araik A et au ministre de l'immigration, de l'identité nationale et du développement solidaire. <br>
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08NC01800<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**