# CAA de BORDEAUX, , 12/11/2020, 19BX05032, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042520343
**Date de décision:** 2020-11-12
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042520343

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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        Procédure contentieuse antérieure :<br>
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        Le préfet de La Réunion a demandé au juge des référés du tribunal administratif de La Réunion, sur le fondement des dispositions de l'article L. 554-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution la délibération n° 115/29 de la caisse des écoles de Saint-Louis du 5 août 2019 par laquelle ont été créés 27 emplois à temps non complet d'adjoint administratif, d'adjoint technique ou d'adjoint d'animation territorial.<br>
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        Par une ordonnance n° 1901478 du 19 décembre 2019, le juge des référés du tribunal administratif de La Réunion a suspendu la délibération n° 115/29 du 5 août 2019 de la caisse des écoles de Saint-Louis.<br>
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        Procédure devant la cour administrative d'appel :<br>
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        Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2019, la caisse des écoles de Saint-Louis, représentée par la Me A..., demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler cette ordonnance en date du 19 décembre 2019 ;<br>
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        2°) de rejeter le déféré préfectoral à fin de suspension ;<br>
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        3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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        Elle soutient que :<br>
        - la demande de sursis présentée par le préfet devant le tribunal administratif de La Réunion était irrecevable dès lors qu'elle est intervenue avant l'intervention de la réponse explicite ou implicite de la caisse des écoles de Saint-Louis sur son recours gracieux ; <br>
        - le moyen, soulevé d'office par le juge des référés du tribunal administratif, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi, compte tenu de la population de la commune de Saint-Louis et des cadres d'emplois concernés, au regard des dispositions des articles 4 et suivants du décret du 20 mars 1991, n'est pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la délibération du 6 août 2019 ;<br>
        - les dispositions de l'article 4 du décret du 20 mars 1991 ne sont pas applicables dès lors que les communes de plus de 5 000 habitants peuvent librement créer des emplois permanents à temps non complet dans la mesure où la durée de travail est au moins égale à la moitié de la durée légale hebdomadaire en vertu des dispositions des articles 104, 107 et 108 de la loi du 26 janvier 1984 alors en vigueur ; <br>
        - le recrutement sans concours des fonctionnaires territoriaux de catégorie C est autorisée par la loi ;<br>
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        Vu les autres pièces du dossier.<br>
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        Vu :<br>
       - le code général des collectivités territoriales ;<br>
       - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;<br>
       - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;<br>
       - le décret n° 91-298 du 20 mars 1991 ;<br>
       - le décret n° n°91-875 du 6 septembre 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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        Le président de la cour a désigné M. B... en qualité de juge des référés en application des dispositions du livre V du code de justice administrative<br>
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        Considérant ce qui suit :<br>
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        1. La caisse des écoles de Saint-Louis relève appel de l'ordonnance du 29 décembre 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de La Réunion a ordonné la suspension de la délibération n° 115/29 le comité de la caisse des écoles de Saint-Louis du 5 août 2019 par laquelle ont été créés 27 emplois à temps non complet d'adjoint administratif, d'adjoint technique ou d'adjoint d'animation territorial.<br>
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        2. Aux termes du 3ème alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, repris à l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué (...) ".<br>
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        3. En premier lieu, aux termes de l'article 104 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les dispositions de la présente loi sont applicables aux fonctionnaires nommés dans des emplois permanents à temps non complet, sous réserve des dérogations prévues par décret en Conseil d'Etat rendues nécessaires par la nature de ces emplois. Le même décret détermine : 1° Les catégories de collectivités, notamment en fonction de leur population et les caractéristiques des établissements publics pouvant recruter des agents à temps non complet qui ne remplissent pas les conditions pour être intégrés dans un cadre d'emplois conformément à la règle définie par l'article 108, en précisant le cas échéant le nombre d'agents permanents à temps non complet susceptibles d'être recrutés et en arrêtant la liste des emplois concernés ". Aux termes de l'article 107 de la même loi : " Le fonctionnaire nommé dans un emploi à temps non complet doit être affilié à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, s'il consacre à son service un nombre minimal d'heures de travail fixé par délibération de cette caisse. Ce nombre ne peut être inférieur à la moitié de la durée légale du travail des fonctionnaires territoriaux à temps complet. ". En application de ces dernières dispositions, le conseil d'administration de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales a, par une délibération du 3 octobre 2001, fixé à 28 heures de travail hebdomadaire le seuil minimal d'affiliation à ladite caisse. Aux termes de l'article 108 de la même loi : " Les fonctionnaires nommés dans des emplois permanents à temps non complet qui sont employés par une ou plusieurs collectivités ou établissements pendant une durée supérieure ou égale à la moitié de la durée légale du travail des fonctionnaires territoriaux à temps complet sont intégrés dans les cadres d'emplois ". Par ailleurs, le décret du 20 mars 1991 portant dispositions statutaires applicables aux fonctionnaires territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps non complet, pris pour l'application de l'article 104 de la loi du 26 janvier 1984, dispose en son article 4 : " Des emplois permanents à temps non complet sont susceptibles d'être créés par les collectivités et établissement publics suivants : / 1° Communes dont la population n'excède pas 5 000 habitants et leurs établissements publics ; / 2° Centres communaux et intercommunaux d'action sociale (...) dont la population cumulée n'excède pas 5 000 habitants (...) " et en son article 5-1 : " Les communes (...) peuvent, nonobstant les dispositions de l'article 4 du présent décret, créer des emplois à temps non complet pour l'exercice des fonctions relevant des cadres d'emplois suivants : professeurs d'enseignement artistique, assistants spécialisés d'enseignement artistique, assistants d'enseignement artistique, agents qualifiés du patrimoine et agents du patrimoine. / Ces mêmes collectivités et établissements ainsi que les centres communaux et intercommunaux d'action sociale (...) peuvent créer des emplois à temps non complet pour l'exercice des fonctions relevant du cadre d'emplois des agents d'entretien, des agents spécialisés des écoles maternelles, des agents sociaux et des auxiliaires de soins (...) ".<br>
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        4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, quelle que soit son importance démographique, une commune et ses établissement publics peuvent créer tout type d'emploi à temps non complet dans toutes les filières à la condition notamment, prévue à l'article 107 de la loi du 26 janvier 1984, que la durée de travail par semaine soit supérieure ou égale à la moitié de la durée légale de travail des fonctionnaires à temps complet, soit 17 heures 30. Par suite, c'est à tort que le juge des référés du tribunal administratif de La Réunion a estimé que le moyen tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi, compte tenu de la population de la commune de Saint-Louis et des cadres d'emplois concernés, au regard des dispositions des articles 4 et suivants du décret du 20 mars 1991, était, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération litigieuse.<br>
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        5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, la délibération n° 115/29 de la caisse des écoles de Saint-Louis du 5 août 2019, si elle autorise notamment la création de 27 emplois à temps non complet administratif, d'adjoint technique ou d'adjoint d'animation territorial, n'a en revanche ni pour objet ni pour effet de procéder à des titularisations pour ces postes. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération en litige en prévoyant de titulariser 27 agents contractuels aurait méconnu les règles relatives au recrutement fixé par la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et le principe constitutionnel d'égal accès aux emplois publics, et alors qu'au demeurant la caisse des écoles de Saint-Louis établit avoir procédé aux déclarations de vacances d'emploi, n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération litigieuse.<br>
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        6. En troisième lieu, si le préfet de La Réunion fait valoir que les quotités de temps de travail ne sont pas justifiées par les besoins du service mais adaptées à des situations individuelles pour permettre la titularisation des agents concernés, il ressort des pièces du dossier que les quotités de temps de travail des emplois crées par la délibération de la caisse des écoles de Saint-Louis du 5 août 2019, ont notamment été déterminées pour redéployer les personnels existants vers les politiques publiques prioritaires et obligatoire et en se fondant sur les quotités de temps de travail des emplois ayant vocation à être supprimés. Par suite, le moyen tiré de ce que les emplois à temps non complet créés par la délibération de la caisse des écoles de Saint-Louis du 5 août 2019 ne seraient pas justifiés par les besoins du service, n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération litigieuse.<br>
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        7. En dernier lieu, le préfet de La Réunion soutient que le rapport de présentation de la délibération de la caisse des écoles de Saint-Louis du 5 août 2019 prévoyant la suppression des heures supplémentaires pour les personnels concernés serait en contradiction avec une délibération fixant des indemnités horaires pour travaux supplémentaire (IHTS), ce faisant, en l'état de l'instruction, un tel moyen doit être regardé comme dépourvu des précisions qui permettraient d'en apprécier le bien-fondé.<br>
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        8. Il résulte de tout ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la demande de suspension présentée devant le tribunal administratif de La Réunion, les conclusions à fin de n° 115/29 de la caisse des écoles de Saint-Louis du 5 août 2019 doivent être rejetées. <br>
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        9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, une quelconque somme au titre des frais exposés par la caisse des écoles de Saint-Louis et non compris dans les dépens.<br>
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        ORDONNE :<br>
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Article 1er : L'ordonnance n° 1901478 du 19 décembre 2019 du juge des référés du tribunal administratif de La Réunion est annulée.<br>
Article 2 : Les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la délibération n° 840 du centre communal d'action sociale (CCAS) de Saint-Louis du 6 août 2019 présentées par le préfet de La Réunion devant le tribunal administratif de La Réunion sont rejetées.<br>
Article 3 : Les conclusions présentées par le CCAS de Saint-Louis sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au centre communal d'action sociale (CCAS) de Saint-Louis et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de La Réunion, à la chambre régionale des comptes de La Réunion et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.<br>
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Fait à Bordeaux, le 12 novembre 2020 <br>
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        Le juge d'appel des référés,<br>
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        Pierre B...,<br>
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        La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, de l'emploi de la formation professionnelle et du dialogue social, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.<br>
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N° 19BX05032<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 135-01-015-03 Collectivités territoriales. Dispositions générales. Contrôle de la légalité des actes des autorités locales. Déféré assorti d'une demande de sursis à exécution.,54-03-03 Procédure. Procédures de référé autres que celles instituées par la loi du 30 juin 2000. Sursis à exécution d'une décision administrative.