# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 1ère chambre, 02/07/2009, 09NC00412, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000020935661
**Date de décision:** 2009-07-02
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000020935661

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 17 mars 2009, complétée par mémoires enregistrés les 4 et 28 mai 2009, présentée pour M. Rhaman X, demeurant ..., par Me Taelman, avocat ; M. X demande à la Cour : <br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 0900736 du 16 février 2009 par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 12 février 2009 par lequel le préfet de la Haute-Saône a décidé sa reconduite à la frontière ; <br>
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      2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision ;<br>
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      3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;<br>
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      4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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      Il soutient que :<br>
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      - l'arrêté de reconduite à la frontière est insuffisamment motivé ;<br>
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      - le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 313-11, alinéa 7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      - le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il vit en France depuis bientôt 10 ans et qu'il entretient une relation stable et continue avec une ressortissante française ;<br>
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      - le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il craint d'être incarcéré pour des faits qu'il n'a pas commis en cas de retour dans son pays d'origine ;<br>
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      Vu le jugement et la décision attaqués ;<br>
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      Vu, enregistré le 4 mai 2009, le mémoire en défense présenté par le préfet de la Haute-Saône qui conclut au rejet de la requête ; il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé ;<br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 11 juin 2009 :<br>
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      - le rapport de M. Giltard, président de la Cour,<br>
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      - et les conclusions de Mme Steinmetz-Schies, rapporteur public ;<br>
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      Sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation :<br>
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      Considérant que l'arrêté du 12 février 2009 du préfet de la Haute-Saône comporte, dans ses visas et ses motifs, tous les éléments de droit et de fait sur lesquels il se fonde et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen de la situation particulière de M. X au regard des stipulations et des dispositions législatives et réglementaires applicables ; qu'il est ainsi suffisamment motivé ;<br>
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      Sur le moyen tiré de l'atteinte à sa vie privée et familiale :<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République  ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. 11 ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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      Considérant que si M. X, de nationalité bangladaise, fait valoir qu'il vit en France depuis dix ans et que sa présence a contribué à l'amélioration de l'état mental de sa concubine, de nationalité française, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il est célibataire et que ses quatre enfants mineurs résident dans son pays d'origine ; qu'il n'est pas établi que l'amélioration de l'état de santé de sa compagne, avec laquelle il vit depuis juin 2007, ait un lien avec sa présence à ses côtés ; que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment du caractère récent de la vie commune et des conditions de séjour en France de M. X, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté pris à son encontre n'a pas porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a donc méconnu ni les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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      Sur le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : <br>
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      Considérant que si M. X affirme qu'un retour dans son pays d'origine l'exposerait à des traitements inhumains ou dégradants, dès lors qu'il a été condamné à deux reprises pour des faits qu'il n'a pas commis, ce moyen est inopérant à l'égard de la décision de reconduite à la frontière qui n'indique pas le pays vers lequel l'intéressé sera éloigné ; <br>
      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 12 février 2009 par lequel le préfet de la Haute-Saône a décidé sa reconduite à la frontière ; que doivent être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; que la présente décision n'appelle aucune mesure d'exécution ;<br>
DECIDE<br>
Article 1er : La requête de M. X est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Rhaman X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
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N° 09NC00412<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**