# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 2ème Chambre, 01/10/2009, 08VE03289, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021242746
**Date de décision:** 2009-10-01
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 2ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021242746

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 16 octobre 2008 en télécopie et le 21 octobre 2008 en original, au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour M. Kamil X, demeurant ..., par Me Gryner ; M. X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0805631 du 16 septembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2008 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale , sous peine d'astreinte fixée à 70 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Il soutient que l'arrêté du préfet méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il méconnaît également l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 17 septembre 2009 :<br>
       - le rapport de Mme Tandonnet-Turot, président,<br>
       - et les conclusions de Mme Kermorgant, rapporteur public ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7°) à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-7 soit exigée  ;<br>
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       Considérant que le requérant fait valoir au soutien de sa requête qu'il est entré en France en 2001 et qu'il y séjourne de manière ininterrompue depuis presque 8 ans, que son épouse et ses trois enfants, dont deux sont nés sur le territoire métropolitain, vivent sur le territoire français, que les parents et la soeur de sa femme y résident également, que ses enfants sont scolarisés en France, qu'il est détenteur d'une promesse d'embauche et que son épouse suit des cours de français ; qu'il ressort, toutefois, des pièces du dossier que M. X, qui est entré en France à l'âge de 29 ans sous couvert d'un visa Schengen, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire métropolitain, que son premier enfant est entré irrégulièrement sur le territoire français et que, son épouse faisant également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, rien ne fait obstacle à la reconstruction de la cellule familiale en Turquie ; que, dès lors, l'arrêté contesté ne méconnaît pas les articles susmentionnés ;<br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ;<br>
       Considérant que le requérant soutient que ses trois enfants sont scolarisés en France, que deux d'entre eux sont nés sur le territoire métropolitain et ne sont jamais allés en Turquie et qu'aucune vie privée et familiale ne peut avoir lieu ailleurs qu'en France ; qu'il ressort, toutefois, des pièces du dossier que le premier enfant du requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français ; que M. X n'établit par ailleurs pas être dans l'impossibilité de reconstruire la cellule familiale dans son pays d'origine, dès lors que son épouse fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, et que, l'intérêt supérieur des trois enfants du couple étant d'être aux côtés de leurs parents, l'arrêté du préfet n'a, dès lors, pas méconnu l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que cet arrêté ne méconnaît pas davantage l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; que, pour ces mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté ;<br>
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       Sur les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande M. X au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ; que sa requête doit, dès lors, être rejetée ;<br>
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DECIDE<br>
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       Article 1er : La requête de M. X est rejetée.<br>
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N° 08VE03289	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**