# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 5 décembre 2005, 275510, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008224931
**Date de décision:** 2005-12-05
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008224931

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 20 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. X... A élisant domicile au ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 12 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2004 par lequel le préfet de l'Oise a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. François Séners, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité sierra léonaise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 18 août 2004, de la décision du préfet de l'Oise du 13 août 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées  ;
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                Considérant que si M. A fait valoir qu'à la date de l'arrêté  attaqué, la décision de rejet par l'office français de protection des réfugiés et apatrides, le 20 septembre 2004, du réexamen de sa demande d'admission au bénéfice de l'asile n'était pas devenue définitive et qu'il a formé un recours contre cette décision le 5 novembre 2004, il ressort des pièces du dossier qu'il n'allègue d'aucun fait nouveau à l'appui de ce recours qui doit dès lors être regardé comme ayant eu pour seul objet de faire échec, dans un but dilatoire, à la mesure d'éloignement susceptible d'être prise à son encontre  ; qu'il ne peut par suite utilement s'en prévaloir  ; 
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                Considérant que si M.A soutient être sans nouvelles de sa famille et ne plus conserver d'attaches dans son pays, il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire et sans enfant  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris  ;
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                Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi  :
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                Considérant qu'aux termes du second alinéa de l'article 27 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (...)  ; que ce dernier texte énonce que  : Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants  ; que M. A, dont la demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 26 juin 2003 confirmée par la commission des recours des réfugiés le 23 juillet 2004, puis par une seconde décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 septembre 2004, ne fournit aucun élément probant pour établir qu'il serait exposé à des peines ou à des traitements proscrits par l'article 3 précité  ; que par suite le moyen tiré de ce que la décision fixant la Sierra Leone comme pays de destination de la reconduite de M. A serait intervenue en violation de cet article doit être écarté  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande  ;
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<br>				D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de M. A est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. X... A, au préfet de l'Oise et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire. 
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**