# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 4ème chambre (formation à 3), 18/11/2010, 10BX00094, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000023162491
**Date de décision:** 2010-11-18
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 4ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000023162491

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 15 janvier 2010, présentée pour M. Rubin A, demeurant chez Mlle B, ..., par Me Gryner ; M. A demande à la Cour :<br>
<br>
        1°) d'annuler le jugement n° 0903843 du 17 décembre 2009 par lequel le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 16 juin 2009 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ; <br>
<br>
        2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 16 juin 2009 ;<br>
<br>
        3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour mention  vie privée et familiale , en application des dispositions du 6° et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous astreinte de 30 euros par jour de retard ;<br>
<br>
        4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
        ..........................................................................................................<br>
<br>
        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
        Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
        Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
        Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 octobre 2010 :<br>
<br>
        - le rapport de Mme Madelaigue, premier conseiller,<br>
        - les observations de Me Odin, pour M. A,<br>
        - et les conclusions de M. Normand, rapporteur public ;<br>
<br>
        La parole ayant à nouveau été donnée aux parties ;<br>
<br>
<br>
        Considérant que M. A, de nationalité camerounaise, est entré en France le 29 septembre 2002 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de vingt jours ; qu'à la suite du rejet de sa demande d'asile par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 20 novembre 2002, il a fait l'objet d'un refus d'admission au séjour assorti d'une invitation à quitter le territoire français ; qu'il s'est toutefois maintenu sur le territoire et a sollicité, le 18 décembre 2008, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en sa qualité de parent d'enfant français ; que, par un arrêté en date du 16 juin 2009, le préfet de la Haute-Garonne a opposé un refus à sa demande de titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et fixé le pays de renvoi ; que M. A relève régulièrement appel du jugement du 17 décembre 2009 par lequel le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation dudit arrêté ;<br>
<br>
<br>
        Sur la légalité du refus de délivrance d'un titre de séjour :<br>
<br>
        Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée (...)  ; <br>
<br>
        Considérant que, pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-11 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les premiers juges ont relevé que, s'il ressortait des pièces du dossier que M. A avait reconnu l'enfant Mazarine, née le 5 juin 2006, de nationalité française, il n'établissait toutefois pas contribuer effectivement à l'entretien et l'éducation de cette enfant dans les conditions prévues par l'article précité ; qu'en appel, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir qu'à la date de la décision litigieuse, il contribuait effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans ; qu'ainsi, eu égard à l'absence d'éléments de fait ou de droit nouveaux par rapport à l'argumentation que le requérant avait développée devant le tribunal administratif, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par adoption des motifs retenus par les premiers juges ;<br>
<br>
        Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée  et qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
<br>
        Considérant que si M. A fait valoir qu'il est le père d'une enfant française née de sa relation avec une Française, et de trois autres enfants, il n'établit pas qu'à la date de l'arrêté attaqué, il contribuait à l'entretien et l'éducation de ceux-ci ; qu'il est constant qu'il ne menait plus de vie commune avec la mère de sa fille française ; qu'il ne se prévaut d'aucune autre attache en France ; qu'il n'est pas isolé dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans et où résident à minima, selon ses déclarations, un autre de ses enfants et un de ses six frères et soeurs ; que, dans ces conditions, eu égard aux circonstances de l'espèce, le refus de titre de séjour contesté n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et n'a donc méconnu ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il n'est pas davantage entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle du requérant ;<br>
<br>
<br>
        Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
<br>
        Considérant que, pour les mêmes motifs que ceux qui ont été retenus ci-dessus pour l'examen de la légalité de la décision portant refus de titre de séjour, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans son appréciation de la gravité des conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés ;<br>
<br>
        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande ; <br>
<br>
<br>
        Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :<br>
<br>
        Considérant que le présent arrêt n'appelle aucune mesure d'exécution ; que les conclusions aux fins d'injonction assortie d'une astreinte présentées par M. A doivent être rejetées ;<br>
<br>
<br>
        Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
        Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens ; <br>
<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
4<br>
N° 10BX00094<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**