# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 5 décembre 2005, 275274, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008219445
**Date de décision:** 2005-12-05
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008219445

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 15 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mlle Aline A demeurant ...  ; Mlle A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 10 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 
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                Vu la loi n°79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public  ; 
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                Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. François Séners, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle A, de nationalité béninoise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 3 janvier 2003, de la décision du préfet de police du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Considérant qu'à la date à laquelle Mlle A a demandé l'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, soit le 29 juillet 2003, la décision du 3 janvier 2003 du préfet de police lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, qui mentionnait les voies et délais de recours dont elle pouvait faire l'objet, qui lui a été régulièrement notifiée et qu'elle n'a pas contestée dans le délai du recours contentieux, était devenue définitive  ; qu'elle n'est dès lors pas recevable à exciper de son illégalité  ; 
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                Considérant que si Mlle A, de nationalité béninoise, fait valoir qu'elle est en France depuis 1999, qu'elle vit maritalement avec un ressortissant togolais titulaire d'une carte de résident avec lequel elle a conclu un pacte civil de solidarité en décembre 2002 et qu'elle a de nombreux membres de sa famille en France, il ressort des pièces du dossier qu'elle est entrée en France à l'âge de 23 ans et qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine  ; que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce notamment de la brève durée de la vie commune et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de Mlle A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Considérant que la circonstance que Mlle A a donné naissance le 23 juin 2004 à un enfant, dont elle ne soutient au demeurant pas qu'il aurait la nationalité française, est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement prise le 22 juillet 2003  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mlle A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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<br>				D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de Mlle A est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mlle Aline A, au préfet de police et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire. 
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**