# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 11 juin 1965,62-13.142, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006968928
**Date de décision:** 1965-06-11
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006968928

## Contenu de la décision

<p>SUR LES DEUX PREMIERS MOYENS REUNIS PRIS EN LEURS DIVERSES BRANCHES : </p>
<p>ATTENDU QUE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE A DECLARE LE MILITAIRE AMERICAIN X...RESPONSABLE DANS LA PROPORTION DE DEUX TIERS DE L'ACCIDENT QU'IL AVAIT CAUSE A STRASBOURG AVEC UNE VOITURE AUTOMOBILE PRISE EN LOCATION A WIESBADEN, EN RENVERSANT LE PIETON Y...QUI TRAVERSAIT LA CHAUSSEE ; </p>
<p>ATTENDU QUE LE POURVOI SOUTIENT QUE LA COUR D'APPEL AURAIT, A TORT, STATUE SUR LE FONDEMENT TOUT A LA FOIS DE L'ARTICLE 1382 ET DE L'ARTICLE 1384, PARAGRAPHE 1ER DU CODE CIVIL, ALORS QUE CES DISPOSITIONS NE PEUVENT ETRE APPLIQUEES CUMULATIVEMENT, ET AURAIT, EGALEMENT A TORT, RETENU A LA CHARGE DE X...LE FAIT D'AVOIR CIRCULE A ALLURE EXAGEREE, ALORS QUE, STATUANT SUR LA BASE DE L'ARTICLE 1384, PARAGRAPHE 1ER, IL N'Y AVAIT PAS LIEU D'EXAMINER SI LE CONDUCTEUR AVAIT ETE OU NON FAUTIF, MAIS SEULEMENT DE RECHERCHER L'EFFET DU COMPORTEMENT DE LA VICTIME SUR LA RESPONSABILITE DU GARDIEN, ET NOTAMMENT LA POSSIBILITE POUR CE DERNIER D'AVOIR PREVU LE FAIT DE CETTE VICTIME ET D'EN EVITER LES CONSEQUENCES ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL QUI A ADOPTE LES MOTIFS DES PREMIERS JUGES, A RETENU LA RESPONSABILITE DE X...APRES AVOIR RAPPELE QUE, PAR SUITE DE LA LOCATION DE LA VOITURE PAR Z...A X..., LA GARDE ETAIT PASSEE A CE DERNIER ; </p>
<p>QUE LE MOTIF ENONCANT QUE LE CONDUCTEUR CIRCULAIT A UNE VITESSE EXAGEREE, NE TEND QU'A REFUTER LA THESE DE L'ASSUREUR, ALLEGUANT SA VITESSE REDUITE ET QUE LE MOTIF SURABONDANT VISANT L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL FIGURE SEULEMENT DANS LA PARTIE DE LA DECISION APPRECIANT LE PARTAGE DE RESPONSABILITE ; </p>
<p>QU'ENFIN LES JUGES DU FOND ONT RELEVE QUE X...AVAIT DECLARE AVOIR VU LA VICTIME QUI TITUBAIT SUR LA CHAUSSEE ET L'AVOIR AVERTIE A L'AIDE DE SES PHARES ; </p>
<p>QUE, PAR CETTE CONSTATATION, ILS ONT ADMIS QUE L'ACCIDENT ETAIT PREVISIBLE POUR SON AUTEUR ; </p>
<p>QU'AINSI AUCUN DES GRIEFS DES PREMIER ET DEUXIEME MOYENS NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; </p>
<p>SUR LES TROISIEME ET QUATRIEME MOYENS, REUNIS PRIS EN LEURS DIVERSES BRANCHES :</p>
<p> ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR, POUR CONDAMNER LA COMPAGNIE FRANKFURTER VERSICHERUNG GESELLCHAFT A GARANTIR SON ASSURE X..., ECARTE LE MOYEN FONDE SUR LE DEFAUT DE POSSESSION PAR CELUI-CI D'UN PERMIS REGULIER, AU MOTIF QU'IL ETAIT A STRASBOURG COMME TOURISTE ET ETAIT TITULAIRE D'UN PERMIS CIVIL ALORS, SELON LE POURVOI, QUE LA QUALIFICATION MILITAIRE DE CE PERMIS S'IMPOSAIT DU SEUL FAIT QU'IL AVAIT ETEDELIVRE PAR UNE AUTORITE MILITAIRE A UN SOLDAT, ET D'AVOIR LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS RELATIVES A L'ETENDUE DE LA VALIDITE D'UN TEL PERMIS MILITAIRE POUR LA CONDUITE DES VOITURES CIVILES LOUEES ; </p>
<p>QUE LE POURVOI PRETEND ENCORE QUE LE DROIT ALLEMAND QUI REGIT LE CONTRAT A L'EGARD, TANT DES ASSURES QUE DES TIERS LESES, EDICTE QUE L'ASSUREUR EST LIBERE DE SES OBLIGATIONS LORSQUE LE CONDUCTEUR N'EST PAS EN POSSESSION DU PERMIS DE CONDUIRE EXIGIBLE AU MOMENT DU SINISTRE, ET QUE LES CONDITIONS GENERALES DE L'ASSURANCE AUTOMOBILE, QUI S'IMPOSENT AUX REDACTEURS DES CONTRATS D'ASSURANCE ALLEMANDS, FORMULENT LA MEME EXIGENCE POUR LES SINISTRES SURVENANT A L'ETRANGER ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LES JUGES D'APPEL ONT RELEVE QU'IL RESULTE-DES CONSTATATIONS FAITES PAR LES GENDARMES ENQUETEURS DE LA BRIGADE DE STRASBOURG-QUE X...ETAIT TITULAIRE D'UN PERMIS CIVIL N° 81 401 A-QUE CETTE CONSTATATION FAIT FOI JUSQU'A PREUVE DU CONTRAIRE, QUI N'A PAS ETE RAPPORTEE PAR L'ASSUREUR ; </p>
<p>QUE CE FAIT MATERIEL, SOUVERAINEMENT RECONNU PAR L'ARRET ATTAQUE, ECARTE NECESSAIREMENT TOUS LES MOYENS FONDES SUR LE CARACTERE MILITAIRE DU PERMIS DETENU PAR X..., ET QUE, LA COUR D'APPEL AYANT EGALEMENT CONSTATE QUE X...SE TROUVAIT A STRASBOURG COMME TOURISTE, ET JUSTEMENT ENONCE QU'IL SUFFISAIT DE RECHERCHER S'IL ETAIT EN REGLE AVEC SON PAYS D'ORIGINE, A JUSTIFIE L'OBLIGATION POUR LA COMPAGNIE DE FOURNIR SA GARANTIE ET CE, AU REGARD MEME DES REGLES DU DROIT INVOQUEES PAR ELLE. D'OU IL SUIT QUE LES TROISIEME ET QUATRIEME MOYENS NE SONT PAS FONDES ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 15 JUIN 1962 PAR LA COUR D'APPEL DE COLMAR. N° 62-13 142 COMPAGNIE D'ASSURANCES FRANKFURTER VERSICHERUNG GESELLSCHAFT C/ CONSORTS Y... ET AUTRES. </p>
<p>PRESIDENT : M BLIN-RAPPORTEUR : M PARLANGE-AVOCAT GENERAL : M LEBEGUE-AVOCTS : MM CHAREYRE ET LABBE. </p>
<p>A RAPPROCHER : </p>
<p>SUR LE N° 1 : </p>
<p>27 MAI 1963, BULL 1963, II, N° 387, P 290 ET L'ARRET CITE.</p>,A RAPPROCHER : SUR LE N° 1 : 27 MAI 1963, BULL 1963, II, N° 387, P 290 ET L'ARRET CITE.

## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° DES LORS QU'UNE COUR D'APPEL A RETENU LA RESPONSABILITE D'UN CONDUCTEUR EN RELEVANT QUE, PAR SUITE DE LA LOCATION DE LA VOITURE, IL EN ETAIT DEVENU GARDIEN, IL IMPORTE PEU QU'ELLE AIT EN OUTRE ENONCE QU'IL CIRCULAIT A UNE VITESSE EXAGEREE, NI QU'ELLE AIT SURABONDAMMENT VISE L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL A L'OCCASION DE L'APPRECIATION DU PARTAGE DES RESPONSABILITES.,2° EN RELEVANT QU'UN CONDUCTEUR AVAIT DECLARE "AVOIR VU LA VICTIME QUI TITUBAIT SUR LA CHAUSSEE, ET L'AVOIR AVERTIE A L'AIDE DE SES PHARES", LES JUGES DU FOND ONT, PAR CETTE CONSTATATION, ADMIS QUE L'ACCIDENT ETAIT PREVISIBLE POUR SON AUTEUR.,3° STATUANT SUR LA RESPONSABILITE D'UN ACCIDENT CAUSE EN FRANCE PAR UN MILITAIRE AMERICAIN AVEC UNE VOITURE LOUEE EN ALLEMAGNE, LES JUGES DU FOND , QUI ONT D'UNE PART RECONNU SOUVERAINEMENT LE FAIT MATERIEL QUE CE CONDUCTEUR ETAIT TITULAIRE D'UN PERMIS CIVIL, ECARTENT AINSI NECESSAIREMENT TOUS LES MOYENS FONDES SUR LE CARACTERE MILITAIRE DE CE PERMIS, ET D'AUTRE PART CONSTATE QUE CE CONDUCTEUR SE TROUVAIT EN FRANCE EN TOURISTE ; ET JUSTEMENT ENONCE QU'IL SUFFISAIT DE RECHERCHER S'IL ETAIT EN REGLE AVEC SON PAYS D'ORIGINE, - ONT AINSI JUSTIFIE L'OBLIGATION POUR LA COMPAGNIE D'ASSURANCE ALLEMANDE DE FOURNIR SA GARANTIE.
**Mots-clés:** 1° RESPONSABILITE CIVILE - CHOSES INANIMEES - ARTICLES 1382 ET 1384 DU CODE CIVIL - ACTION DECLAREE RECEVABLE SUR LE FONDEMENT DE L'ARTICLE 1384 - PRISE EN CONSIDERATION DE LA FAUTE DU GARDIEN - MOTIF SURABONDANT,2° RESPONSABILITE CIVILE - CHOSES INANIMEES - ARTICLE 1384 DU CODE CIVIL - RESPONSABILITE DE PLEIN DROIT - EXONERATION - CARACTERE IMPREVISIBLE ET INEVITABLE - CIRCULATION ROUTIERE - PIETON - PRESENCE SUR LA CHAUSSEE - AUTOMOBILISTE RECONNAISSANT L'AVOIR APERCU,3° ASSURANCE RESPONSABILITE - GARANTIE - LIMITATION FIXEE PAR LA POLICE - PERMIS DE CONDUIRE REGULIER - ACCIDENT CAUSE EN FRANCE PAR UN TOURISTE ETRANGER