# Cour administrative d'appel de Nantes, 1e chambre, du 24 juin 1997, 94NT00530, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007528034
**Date de décision:** 1997-06-24
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Nantes
**Formation:** 1E CHAMBRE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007528034

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée au greffe de la Cour le 20 mai 1994, présentée par la S.A. GEMINOX, qui a son siège rue des Ecoles à Saint-Thégonnec, dans le Finistère ;<br>    La société GEMINOX demande à la Cour :<br>    1 ) d'annuler le jugement n 90-2163, 91-180 et 91-2249 du 10 mars 1994 par lequel le Tribunal administratif de Rennes a rejeté ses demandes en réduction des taxes foncières sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 1988, 1989 et 1990 ;<br>    2 ) de prononcer la réduction des impositions contestées à hauteur d'un montant respectivement de 83 987 F, 87 132 F et 91 615 F ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code général des impôts ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu la loi n 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience,<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 27 mai 1997 :<br>    - le rapport de M. ISAIA, conseiller,<br>    - les observations de Me LE MEN, avocat de la société GEMINOX,<br>    - et les conclusions de M. AUBERT, commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 1518 B du code général des impôts :  "A compter du 1er janvier 1980, la valeur locative des immobilisations corporelles acquises à la suite d'apports, de scissions, de fusions de sociétés ou de cessions d'établissements réalisés à partir du 1er janvier 1976 ne peut être inférieure aux deux tiers de la valeur locative retenue l'année précédant l'apport, la scission, la fusion ou la cession" ;<br>    Considérant que la S.A. GEMINOX demande la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties restant à sa charge au titre des années 1988, 1989 et 1990 à raison des biens immobiliers qu'elle possède à Saint-Thégonnec (Finistère) en soutenant que l'opération par laquelle elle les a acquis, le 12 mars 1987, de la société S.A. SEAGEM, ne constitue pas une cession d'établissement au sens des dispositions précitées de l'article 1518 B du code général des impôts mais une cession d'entreprise, laquelle n'entrerait pas dans le champ d'application de ce texte ;<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que, le 12 mars 1987, la société SEAGEM, qui était en liquidation judiciaire, a cédé à la société requérante l'ensemble de ses actifs, comprenant notamment un ensemble immobilier dont il est constant que les installations étaient munies de leurs moyens d'exploitation ; que cette cession doit être regardée comme une cession d'établissement, au sens des dispositions précitées de l'article 1518 B, nonobstant la circonstance que le vendeur, dès lors qu'il ne disposait pas d'un autre établissement aurait ainsi cédé son entreprise ; que, par suite, la valeur locative des biens dont il s'agit devait être calculée, non d'après leur prix d'acquisition, mais conformément aux dispositions susrappelées de l'article 1518 B du code ;<br>    Considérant il est vrai que la S.A. GEMINOX se prévaut sur le fondement de l'article L.80-A du livre des procédures fiscales du paragraphe 70 de l'instruction 6-E-3-80 du 8 février 1980 ; que, toutefois, les dispositions de cette instruction ne comportent aucune interprétation de la notion de cession d'établissement qui serait contraire à celle donnée ci-dessus et dont le contribuable pourrait se prévaloir ; que la société requérante ne saurait utilement invoquer sur le même fondement la documentation de base 4 A-511, paragraphes 2 et 5, du 15 décembre 1986 dès lors que celle-ci vise des dispositions du code général des impôts étrangères à la taxe professionnelle ou à la taxe foncière sur les propriétés bâties ;<br>    Considérant, enfin, que le moyen tiré de la définition de la cession d'entreprise donnée par la loi du 25 janvier 1985 relative au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises fait référence à une législation autre que la loi fiscale ; que, par suite, il est inopérant et doit être rejeté ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la S.A. GEMINOX n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande ;<br>Article 1er : La requête de la société GEMINOX est rejetée.<br>Article 2  : Le présent arrêt sera notifié à la société GEMINOX et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** CGI 1518 B, 1518,CGI Livre des procédures fiscales L80 A,Instruction 1980-02-08 6E-3-80,Loi 85-98 1985-01-25
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-01-01-03-02 CONTRIBUTIONS ET TAXES - GENERALITES - TEXTES FISCAUX - OPPOSABILITE DES INTERPRETATIONS ADMINISTRATIVES (ART. L.80 A DU LIVRE DES PROCEDURES FISCALES) - ABSENCE,19-03-03-01 CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOSITIONS LOCALES AINSI QUE TAXES ASSIMILEES ET REDEVANCES - TAXES FONCIERES - TAXE FONCIERE SUR LES PROPRIETES BATIES