# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 22 avril 2005, 270399, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008164022
**Date de décision:** 2005-04-22
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008164022

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 26 juillet 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Tarek X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du               Conseil  d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 9 juin 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 mai 2004 du préfet du Bas-Rhin décidant sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
     
                3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
                     Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945  ;		
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
     Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
     - les conclusions de M. Didier Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 7 avril 2004, de la décision du 6 avril 2004 du préfet du Bas-Rhin lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées  ;
<br>
<br>
<br>
     
                Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête  :
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du            27 décembre 1968  : Le certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit  : (...) 2° au ressortissant algérien marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (...). Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2° ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que M. X, entré régulièrement en France le                   4 septembre 2000, est marié avec Mme Nour Eddine de nationalité française depuis le                22 mars 2003  ; que si le juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Strasbourg a rendu, le 17 février 2004, une ordonnance de non-conciliation enjoignant à M. X de quitter le domicile conjugal, il ressort toutefois de diverses attestations de proches ainsi que d'une attestation du 12 mai 2004 du syndic de son immeuble que M. X vit auprès de sa femme  ; que par une lettre du 7 juillet 2004, Mme X confirme cette communauté de vie et affirme ne plus vouloir divorcer  ; qu'il en résulte que la communauté de vie entre les époux n'avait pas cessé à la date du refus de titre de séjour  ; que, par suite, le préfet du Bas-Rhin ne pouvait légalement refuser le renouvellement du titre de séjour par sa décision du  6 avril 2004  ; que, par suite, l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. X, pris sur le fondement de cette décision doit être annulé  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande  ;
<br>
<br>
     
                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     
D E C I D E  :
<br>
     
--------------
<br>
<br>
     
Article 1er  :   Le jugement du 9 juin 2004 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg et l'arrêté du 28 mai 2004 du préfet du Bas-Rhin ordonnant la reconduite à la frontière de M. X sont annulés.
<br>
     Article 2  : L'Etat versera à M. X la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
<br>
     Article 3  : La présente décision sera notifiée à M. Tarek X, au préfet du Bas-Rhin et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**