# Conseil d'Etat, 4 / 1 SSR, du 18 octobre 1978, 98598, publié au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007684700
**Date de décision:** 1978-10-18
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 4 / 1 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007684700

## Contenu de la décision

Vu la requête et le mémoire ampliatif présentés pour le sieur A...  Gilbert , pharmacien demeurant au centre commercial Ouest les Grandes Synthes  nord  et la dame X...  Suzanne  pharmaciens, demeurant, ..., Cité des Nouvelles Synthes, à Grandes Synthes  Nord , ladite requête et ledit mémoire enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 4 mars et 15 octobre 1975 et tendant à ce qu'il plaise au Conseil annuler le jugement du Tribunal administratif de Lille, en date du 24 décembre 1974, rejetant leur demande dirigée contre les arrêtés des 6 avril et 16 novembre 1971 pour lesquels le préfet du Nord a octroyé à la dame Y... une licence d'exploitation d'une officine de pharmacie à Grandes Synthes.         Vu l'ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;         Vu la loi du 30 décembre 1977 ;<br>        Sur l'intervention du syndicat du centre commercial principal des Grandes-Synthes :         Considérant que le syndicat a intérêt à l'annulation de la décision attaquée ; qu'ainsi son intervention est recevable :<br>        Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral du 6 avril 1971 :         Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que la licence accordée le 6 avril 1971 à la dame Z... est devenue caduque faute d'avoir été suivie d'une ouverture de la pharmacie dans le délai réglementaire de six mois ; que le préfet a été conduit à délivrer à  l'intéressée une nouvelle licence le 16 novembre 1971 ; que les conclusions dirigées par le sieur A... et la dame X... contre l'arrêté préfectoral du 6 avril 1971 étaient donc sans objet à la date d'enregistrement de leurs demandes au tribunal administratif et par suite irrecevables ; que dès lors les requérants ne sont pas fondés à se plaindre que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Lille les a rejetées ;<br>        Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral du 6 avril 1971 :         Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :         Considérant que l'article 19 du cahier des charges générales de cession de terrain de la zone à urbaniser par priorité des "Grandes Synthes" approuvé par arrêté préfectoral du 10 mai 1962, dispose que "les installations commerciales ne pourront être réalisées que conformément aux dispositions du plan-masse général approuvé" ; que ce dernier document a fixé trois emplacements pour les installations de cette nature sans prévoir de dérogation en faveur des constructions provisoires ; qu'il est constant que le lieu où la licence attaquée autorise la dame Z... à exploiter une officine de pharmacie n'est situé dans aucun de ces emplacements ; qu'ainsi l'octroi de cette licence méconnaît le cahier des charges approuvé de la zone à urbaniser par priorité ; que dès lors les requérants sont fondés à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué le Tribunal administratif de Lille a rejeté leur demande tendant à l'annulation de l'autorisation d'ouverture d'une pharmacie délivrée à la dame Z... le 16 novembre 1971 ;<br>        Sur les sommes qui ont pu être versées à titre de dépens de première instance :         Considérant que le jugement du Tribunal administratif de Lille en date du 24 décembre 1974 a été rendu avant l'entrée en vigueur de la loi du 30 décembre 1977 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'affaire, de mettre à la charge de l'Etat les sommes qui ont pu être versées à titre de dépens de première instance ;<br>        DECIDE :         Article 1er - L'intervention du syndicat du centre commercial principal des Grandes-Synthes est admise.<br>        Article 2 - Le jugement du Tribunal admistratif de Lille en date du 24 décembre 1974 en tant qu'il a rejeté les conclusions des requérants dirigées contre l'arrêté préfectoral du 16 novembre 1971 et a condamné le sieur A... et la dame X... à supporter les dépens, ensemble l'arrêté préfectoral en date du 16 novembre 1971 attribuant à la dame Z... une autorisation d'ouverture d'une pharmacie, sont annulés.<br>        Article 3 - Le surplus des conclusions de la requête du sieur A... et de la dame X... est rejeté.<br>        Article 4 - Les sommes qui ont pu être versées à titre de dépens de première instance sont mises à la charge de l'Etat.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Annulation partielle
**Lois appliquées:** LOI 1977-12-30
**ECLI:** 
**Résumé:** 55-03-04-01, 68-02-02-01          Cahier des charges d'une zone à urbaniser par priorité prévoyant que les installations commerciales ne pourront être réalisées que conformément aux dispositions du plan-masse général approuvé, qui a fixé trois emplacements pour les installations de cette nature sans prévoir de dérogations en faveur des constructions provisoires. Une licence qui autorise l'exploitation d'une officine de pharmacie à un endroit qui n'est situé dans aucun de ces emplacements méconnaît le cahier des charges de la Z.U.P. et doit être annulée.
**Mots-clés:** 55-03-04-01 PROFESSIONS - CHARGES ET OFFICES -  ACCES AUX PROFESSIONS - CONDITIONS D'EXERCICE DES PROFESSIONS - PHARMACIENS - AUTORISATION D'OUVERTURE -  Violation du cahier des charges d'une Z.U.P..,68-02-02-01 URBANISME ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE -  PROCEDURES D'AMENAGEMENT URBAIN - ZONES D'AMENAGEMENT - ZONES A URBANISER EN PRIORITE [ZUP] - Cahier des charges - Application à une autorisation d'ouverture d'une pharmacie.