# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 28 janvier 2004, 258618, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008136513
**Date de décision:** 2004-01-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008136513

## Contenu de la décision

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Vu la requête, enregistrée le 17 juillet 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Fathi X... Y..., demeurant Y ; M. Y... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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     1°) d'annuler le jugement du 22 mai 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 février 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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     2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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     3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour  ;
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Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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     Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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- les conclusions de Mme Mitjavile, Commissaire du gouvernement  ;
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Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  :
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     Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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     Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale prévue au premier alinéa du même article est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant (...)  ;
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que la présence en France de M. Y... depuis plus de dix ans est attestée, notamment pour les années 1993 à 1996 et 2000, par des pièces dont la variété d'origine, le nombre et la force probante suffisent à l'établir, contrairement à l'appréciation du préfet de police sur ce point entachée d'erreur manifeste  ; que, dès lors, l'arrêté du préfet de police en date du 28 février 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y... doit être annulé  ;
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     Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Y... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 février 2003 par lequel le préfet de police a décidé qu'il devait être reconduit à la frontière  ;
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     Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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     Considérant qu'aux termes du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  :  Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé, (...) l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau statué sur son cas   ; qu'il y a lieu, par application de ces dispositions, d'ordonner au préfet de police de délivrer, dans un délai d'un mois, une autorisation provisoire de séjour à M. Y...  ;
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D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 22 mai 2003 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris ensemble l'arrêté du préfet de police en date du 28 février 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y... sont annulés.
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     Article 2  : il est enjoint au préfet de police de délivrer, dans un délai d'un mois à compter de la présente décision, une autorisation provisoire de séjour à M. Y....
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée à M. Fathi X... Y..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**