# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 8 avril 1970, 68-40.023, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982354
**Date de décision:** 1970-04-08
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982354

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1134 DU CODE CIVIL,61 ET 464 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, DE L'ARTICLE 86 DU DECRET DU 22 DECEMBRE 1958 REPRENANT LES DISPOSITIONS DE L'ANCIEN ARTICLE 85, DU LIVRE IV DU CODE DU TRAVAIL COMPLETE PAR LA LOI DU 6 MARS 1958 ET L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT, INSUFFISANCE, CONTRADICTION ET NON-PERTINENCE DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE : ATTENDU QUE X..., ENTREPRENEUR DE PEINTURE A PARIS, FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE DE L'AVOIR CONDAMNE A PAYER A SON EMPLOYE Y..., DOMICILIE A ISSOUDUN, UNE INDEMNITE DE DEPLACEMENT AVEC LES INTERETS DE DROIT AU JOUR DE LA DEMANDE, AU MOTIF QUE, LORS DE L'EMBAUCHAGE, LE REPRESENTANT DE L'EMPLOYEUR ET L'EMPLOYE AVAIENT LONGUEMENT DISCUTE SUR L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT, CE QUI NE POUVAIT PAS CORRESPONDRE DANS L'ESPRIT DES PARTIES A UN ABANDON DEFINITIF DU DOMICILE PROVINCIAL PAR L'EMPLOYE QUI ACCEPTAIT DE PARTICIPER A UN CHANTIER PARISIEN EN RAISON DU MANQUE DE TRAVAIL TEMPORAIRE DANS LA VILLE DONT IL ETAIT ORIGINAIRE, ALORS QUE, D'UNE PART, L'EMPLOYE N'AYANT PAS RECLAME UNE INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT DANS SA DEMANDE INTRODUCTIVE D'INSTANCE, ET LADITE INDEMNITE N'AYANT PAS ETE ALLOUEE PAR LE CONSEIL DES PRUD'HOMMES, LA COUR A MECONNU LE CADRE DU LITIGE QUI S'IMPOSE TANT AUX PARTIES QU'AUX JUGES, ET AINSI VIOLE LE PRINCIPE DE L'IMMUTABILITE DU LITIGE, PRINCIPE QUI A POUR CONSEQUENCE QUE TOUTES LES DEMANDES DERIVANT D'UN CONTRAT DE LOUAGE DE SERVICES ENTRE LES MEMES PARTIES DOIVENT FAIRE L'OBJET D'UNE SEULE INSTANCE A PEINE D'ETRE DECLAREES NON RECEVABLES, ALORS QUE, D'AUTRE PART, LA COUR NE POUVAIT " CONFIRMER " UN JUGEMENT NE S'ETANT PAS PRONONCEE SUR L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT ET NE POUVAIT PAS CONDAMNER L'EMPLOYEUR A VERSER LES INTERETS DE CETTE INDEMNITE A COMPTER DU JOUR DE LA DEMANDE, LADITE DEMANDE N'AYANT RIEN RECLAME DE CE CHEF, ET ALORS ENFIN QUE LE PRINCIPE MEME DE L'ALLOCATION D'UNE INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT N'ETAIT NULLEMENT ETABLIE, LA COUR ENCOURANT LE GRIEF D'INSUFFISANCE DE MOTIFS EN S'ETANT FONDEE SUR UN TEMOIGNAGE VAGUE ET IMPRECIS, ET LA COUR AYANT ASSORTI SA DECISION DE MOTIFS HYPOTHETIQUES EN SUPPOSANT QUEL AVAIT ETE L'ETAT D'ESPRIT DES PARTIES LORS DU CONTRAT ; <br>
<br>MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE LE CONSEIL DES PRUD'HOMMES AVAIT PRONONCE UNE CONDAMNATION DU CHEF DE L'INDEMNITE DE DEPLACEMENT DONT LA DEMANDE ETAIT CONSIDEREE COMME INCLUSE DANS L'ACTE INTRODUCTIF D'INSTANCE ; <br>
<br>QUE LA COUR D'APPEL, PAR UN ARRET AVANT DIRE DROIT QUI A L'AUTORITE DE LA CHOSE JUGEE, AVAIT ORDONNE UNE MESURE D'INSTRUCTION DESTINEE A CONNAITRE LES CONDITIONS EXACTES DE L'EMBAUCHE ET LES SALAIRES CONVENUS " AVEC OU SANS DEPLACEMENT " ; <br>
<br>QUE X... NE PEUT CONTESTER LA RECEVABILITE DE CE CHEF DE LA DEMANDE A L'ENCONTRE DE L'ARRET QUI A STATUE AU FOND ; <br>
<br>ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE LES JUGES DU FOND ONT CONSTATE QUE Y... ETAIT DOMICILIE A ISSOUDUN, OU L'EMPLOYEUR ETAIT ALLEE L'EMBAUCHER POUR QU'IL VIENNE TRAVAILLER SUR UN CHANTIER PARISIEN ; <br>
<br>QU'APPRECIANT LA FORCE PROBANTE ET LA PORTEE DES ELEMENTS DE LA CAUSE, ILS ONT PU ESTIMER QUE L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT ETAIT DUE, ET CE AVEC INTERETS DE DROIT DU JOUR DE LA DEMANDE ; <br>
<br>QUE LE PREMIER MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; <br>
<br>SUR LE DEUXIEME MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 23, DU LIVRE IER DU CODE DU TRAVAIL, DE LA CONVENTION COLLECTIVE REGIONALE DU BATIMENT C (OUVRIERS) ET SPECIALEMENTDE SON ANNEXE C 86, DE L'ARTICLE 7, DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT, INSUFFISANCE, CONTRADICTION ET NON-PERTINENCE DE MOTIFS, DEFAUT DE REPONSE A CONCLUSIONS ET MANQUE DE BASE LEGALE : ATTENDU QUE X... FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE, D'UNE PART, DE L'AVOIR CONDAMNE A PAYER A SON EMPLOYE Y... UNE INDEMNITE POUR RUPTURE ABUSIVE DU CONTRAT DE TRAVAIL, AU MOTIF QU'IL NE LUI AVAIT PAS VERSE L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT CONVENUE, QU'IL LUI AVAIT REMIS UN CERTIFICAT DE TRAVAIL PORTANT LA MENTION DE " PEINTRE " AU LIEU DE " PEINTRE RESPONSABLE ", CE QUI LAISSE PERCER UN ESPRIT DE MALVEILLANCE, CE MEME ESPRIT S'ETANT ENCORE MANIFESTE PAR LA BRUSQUERIE DE LA RUPTURE, L'EMPLOYEUR AYANT FAIT INTERVENIR LA POLICE ; <br>
<br>QU'IL LUI FAIT, D'AUTRE PART, GRIEF D'AVOIR ENJOINT L'EMPLOYEUR DE REMETTRE A SON SALARIE UN BULLETIN DE PAYE COMPLEMENTAIRE AVEC MENTION DE L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT, ET UN CERTIFICAT DE TRAVAIL AVEC LA QUALIFICATION PROFESSIONNELLE DE " PEINTRE RESPONSABLE ", ALORS QUE, D'UNE PART, L'INDEMNITE POUR RUPTURE ABUSIVE N'EST DUE QUE SI L'EMPLOYEUR A AGI PAR MALICE ET A COMMIS UNE FAUTE, CONDITIONS QUI NE SONT PAS REUNIES EN L'ESPECE, PUISQUE L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT N'ETAIT PAS DUE, QUE LE CERTIFICAT DE TRAVAIL NE POUVAIT MENTIONNER UNE QUALIFICATION PROFESSIONNELLE ACQUISE EN VERTU D'UNE CONVENTION COLLECTIVE APRES UN CERTAIN LAPS DE TEMPS, NON ECOULE EN L'ESPECE, ET QUE L'INTERVENTION DE LA POLICE SURVENUE APRES LA RUPTURE ET NON A L'EPOQUE DE CELLE-CI NE PERMETTAIT PAS PLUS QUE LE FAIT PRECEDENT DE RELEVER A LA CHARGE DE L'EMPLOYEUR UN ESPRIT DE MALVEILLANCE, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA COUR NE POUVAIT CONDAMNER L'EMPLOYEUR A REMETTRE A SON EMPLOYE TANT UN BULLETIN DE PAIE MENTIONNANT UNE INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT NON DUE, QU'UN CERTIFICAT DE TRAVAIL AVEC UNE QUALIFICATION PROFESSIONNELLE QUI N'ETAIT PAS ACQUISE ; <br>
<br>MAIS ATTENDU, SUR LA PREMIERE BRANCHE, QUE LES JUGES DU FOND ONT CONSTATE QUE Y..., PEINTRE EN BATIMENT, DOMICILIE A ISSOUDUN, AVAIT ETE ENGAGE PAR X... POUR EXECUTER ET DIRIGER UN TRAVAIL IMPORTANT SUR UN CHANTIER PARISIEN ; <br>
<br>QUE, LE 7 FEVRIER 1964, Y... AVAIT FAIT PART A SON EMPLOYEUR DE SON DESACCORD SUR LE MONTANT DES SALAIRES PAYES QUI NE CORRESPONDAIENT PAS AUX PROMESSES FAITES LORS DE L'EMBAUCHE ; <br>
<br>QUE CELUI-CI L'AVAIT CONSIDERE COMME DEMISSIONNAIRE LE LENDEMAIN 8 FEVRIER, ET AVAIT FAIT APPELER LA POLICE LE 12 FEVRIER SUIVANT POUR LE CHASSER DU CHANTIER ; <br>
<br>D'OU IL SUIT QUE LA COUR D'APPEL QUI A ESTIME QUE LA DEMANDE EN REAJUSTEMENT DE SALAIRES FORMEE PAR Y..., ETAIT FONDEE, A PU DEDUIRE DE CES CIRCONSTANCES QUE LA RUPTURE FAITE POUR TENTER D'ECHAPPER A L'EXECUTION DES OBLIGATIONS QUI LUI INCOMBAIENT PAR X... AVAIT UN CARACTERE ABUSIF ; <br>
<br>QUE LA PREMIERE BRANCHE DU MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLIE ; <br>
<br>ET ATTENDU, SUR LA DEUXIEME BRANCHE, QUE LA COUR D'APPEL QUI A CONSTATE QUE L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT RECLAMEE PAR Y... ETAIT DUE ET QUE LES ROLES DE PAIE MENTIONNAIENT LA QUALIFICATION PROFESSIONNELLE DE " PEINTRE RESPONSABLE ", A PU DEDUIRE DE CES CONSTATATIONS QUE LE BULLETIN DE PAIE DEVAIT PORTER LA MENTION DE L'INDEMNITE DE GRAND DEPLACEMENT ET LE CERTIFICAT DE TRAVAIL CELLE DE " PEINTRE RESPONSABLE " CORRESPONDANT A LA QUALIFICATION QUI AVAIT ETE DONNEE ; <br>
<br>QUE LA DEUXIEME BRANCHE DU MOYEN NE PEUT ETRE NON PLUS ACCUEILLIE ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 21 JANVIER 1967, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Ayant constaté qu'un employé avait fait part à son employeur de son désaccord sur le montant des salaires payés qui ne correspondaient pas aux promesses faites lors de l'embauche, que celui-ci l'avait considéré comme démissionnaire dès le lendemain et avait fait appeler la police quelques jours après pour le chasser du chantier, les juges du fond qui ont estimé que la demande en réajustement de salaires formée par l'intéressé était fondée, ont pu déduire de ces circonstances que la rupture faite par l'employeur pour tenter d'échapper à l'exécution des obligations qui lui incombaient avait un caractère abusif.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Congédiement - Rupture abusive - Faute de l'employeur - Nécessité - Renvoi provoqué par une demande de réajustement de salaire.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Congédiement - Rupture abusive - Faute de l'employeur - Nécessité - Désir d'éluder les obligations nées du contrat - Modification du mode de rémunération.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Congédiement - Rupture abusive - Faute de l'employeur - Nécessité - Brusque congédiement - Exclusion des lieux du travail de façon blessante.