# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 6 décembre 1982, 81-12.952, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007010890
**Date de décision:** 1982-12-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007010890

## Contenu de la décision

SUR LE SECOND MOYEN QUI EST PREALABLE : ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE (RENNES, 19 FEVRIER 1981) D'AVOIR DECLARE RECEVABLE L'ACTION EN DOMMAGES-INTERETS ENGAGEE PAR LE SYNDICAT NATIONAL DES NEGOCIANTS SHIPCHANDLERS DE LA NAVIGATION DE PLAISANCE (LE SYNDICAT) CONTRE LA SOCIETE COOPERATIVE MARITIME DE LA COTE D'EMERAUDE (LA COOPERATIVE) POUR VENTE DE MATERIEL A DES TIERS NON COOPERATEURS, ALORS QUE, SELON LE POURVOI, UN SYNDICAT EST IRRECEVABLE A DEMANDER REPARATION DU PREJUDICE SUBI INDIVIDUELLEMENT PAR CHACUN DE SES MEMBRES, QU'EN ADMETTANT LE PRINCIPE QUE LE SYNDICAT PUISSE OBTENIR REPARATION DU PRETENDU MANQUE A GAGNER DE SES MEMBRES, LA COUR D'APPEL A VIOLE L'ARTICLE L 411-11 DU CODE DU TRAVAIL ;<br>
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MAIS ATTENDU QU'AYANT RETENU QUE LES AGISSEMENTS DE LA COOPERATIVE PORTAIENT ATTEINTE AUX INTERETS COLLECTIFS DE LA PROFESSION REPRESENTEE PAR LE SYNDICAT, LA COUR D'APPEL A PU STATUER COMME ELLE L'A FAIT SANS VIOLER LE TEXTE SUSVISE ;<br>
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 QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES QUATRE BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR DECLARE FONDEE L'ACTION DU SYNDICAT, ALORS QUE, SELON LE POURVOI, D'UNE PART, LES ARTICLES 1 ET 2 DE LA LOI DU 4 DECEMBRE 1913 ONT ETE ABROGES ET NON MODIFIES PAR LA LOI DU 11 JUILLET 1975 ET LE DECRET DU 11 OCTOBRE 1976, QU'ILS NE PEUVENT DONC SERVIR DE FONDEMENT A UNE INTERDICTION ET QUE LA COUR D'APPEL LES A VIOLES PAR FAUSSE APPLICATION, ALORS QUE, D'AUTRE PART, LES REGLES D'ORGANISATION PROPRES AUX COOPERATIVES MARITIMES N'INTERDISENT NULLEMENT A CELLES-CI DES OPERATIONS DE COMMERCE AVEC DES TIERS NON COOPERATEURS, QU'EN EDICTANT UNE TELLE INTERDICTION LA COUR D'APPEL A VIOLE LES ARTICLES 16 ET 17 DE LA LOI DU 4 DECEMBRE 1913, ALORS QU'AU SURPLUS, UNE COOPERATIVE PEUT LEGALEMENT FAIRE DES ACTES DE COMMERCE AVEC DES TIERS NON COOPERATEURS, DANS LES CONDITIONS ORDINAIRES DU MARCHE, ET NOTAMMENT LEUR VENDRE DU MATERIEL, DES LORS QU'ELLE NE LES FAIT PAS PROFITER DES SERVICES AUX MEMBRES COOPERATEURS ;<br>
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 QU'EN INTERDISANT A UNE COOPERATIVE TOUT COMMERCE AVEC LES TIERS LA COUR D'APPEL A VIOLE LES ARTICLES 1ER ET 3 DE LA LOI DU 10 SEPTEMBRE 1947, ET ALORS QU'ENFIN ET EN TOUTE HYPOTHESE, LA COUR D'APPEL QUI N'A NI RECHERCHE NI CONSTATE QUE LA COOPERATIVE AURAIT VENDU AUX TIERS DANS DES CONDITIONS RESERVEES A SES MEMBRES, A PRIVE SA DECISION DE TOUTE BASE LEGALE AU REGARD DES ARTICLES 1ER ET 3 DE LA LOI DU 10 SEPTEMBRE 1947 ;<br>
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MAIS ATTENDU, EN PREMIER LIEU, QUE LA COUR D'APPEL N'A FAIT QU'APPLIQUER LA LOI DU 11 JUILLET 1975 ET LE DECRET DU 11 OCTOBRE 1976 QUI N'ONT ABROGE LES ARTICLES 1 ET 2 DE LA LOI DU 4 DECEMBRE 1913 QU'EN TANT QU'ILS CONCERNAIENT LES CAISSES DE CREDIT MARITIME MUTUEL ;<br>
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ATTENDU, EN SECOND LIEU, QU'AYANT RELEVE QU'IL N'ETAIT PAS CONTESTE PAR LA COOPERATIVE QU'ELLE AVAIT EFFECTUE DES VENTES A DES TIERS, LA COUR D'APPEL N'A FAIT, SANS VIOLER LES TEXTES VISES AU MOYEN, QU'APPLIQUER L'ARTICLE 3 DE LA LOI DU 10 SEPTEMBRE 1947 EN RETENANT UNE VIOLATION DE CE TEXTE A LA CHARGE DE LA COOPERATIVE ET A AINSI JUSTIFIE LEGALEMENT SA DECISION ;<br>
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QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 19 FEVRIER 1981 PAR LA COUR D'APPEL DE RENNES ;<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (2),Code du travail L411-11,LOI 1913-12-04 ART. 16, ART. 17,LOI 47-1775 1947-09-10 ART. 3
**ECLI:** 
**Résumé:** L'action en dommages-intérêts engagée par un syndicat de négociants contre une société coopérative maritime pour vente de matériel à des tiers non coopérateurs est recevable, dès lors qu'il est retenu que les agissements de la coopérative portaient atteinte aux intérêts collectifs de la profession représentée par ce syndicat.,En déclarant fondée l'action du syndicat la Cour d'appel, sans violer les articles 16 et 17 de la loi du 4 décembre 1913, n'a fait qu'appliquer l'article 3 de la loi du 10 septembre 1947 portant statut général de la coopération dès lors qu'elle a relevé qu'il n'était pas contesté par la coopérative qu'elle avait effectué des ventes à des tiers.
**Mots-clés:** 1) SYNDICAT PROFESSIONNEL - Action en justice - Conditions - Intérêt collectif de la profession - Syndicat de négociants - Vente par une coopérative à des tiers non coopérateurs.,2) SOCIETE COOPERATIVE - Coopérative maritime - Services de la coopérative - Possibilité d'y admettre des tiers non sociétaires (non) - Vente de matériel.