# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 2 juin 2004, 261638, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008191815
**Date de décision:** 2004-06-02
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008191815

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 10 novembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Mohamed X demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 10 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 8 octobre 2003 ordonnant sa reconduite à la frontière   ;
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                     2°) d'annuler cet arrêté  ;
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                     Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant que si le préfet de l'Essonne a indiqué au Conseil d'Etat qu'il avait décidé de délivrer à M. X un titre de séjour, il ne ressort pas des pièces de dossier qu'un tel titre ait été accordé à l'intéressé  ; que, par suite, la requête de M. X n'est pas devenue sans objet  ; que la circonstance que l'intéressé a quitté le territoire français n'a pas d'incidence à cet égard  ;
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à  moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité tunisienne, n'est pas en mesure de présenter les documents justifiant de son entrée régulière en France  ; qu'en outre, il est constant, qu'à la date de la mesure de reconduite à la frontière attaquée, il n'était titulaire d'aucun titre de séjour  ; que, par suite, il entrait dans le cas prévu au 1° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut ordonner la reconduite à la frontière d'un étranger  ;
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                Considérant toutefois qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X est né en France le 23 août 1979 et qu'il y a vécu et y a été scolarisé  ; que son père est installé régulièrement en France sous couvert d'une carte de résident  ; que le préfet de l'Essonne a, par décision du 5 février 2003, accueilli favorablement l'introduction en France de sa mère et ses deux soeurs cadettes dans le cadre du regroupement familial  ; que, dans ces conditions, l'arrêté du 8 octobre 2003 par lequel le préfet de l'Essonne a ordonné la reconduite de M. X à la frontière, porte au droit de celui-ci au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il a ainsi  méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant que, dès lors, M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande  ;
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D E C I D E  :
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      Article 1er   : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles en date du 10 octobre 2003, et l'arrêté du préfet de l'Essonne du 8 octobre 2003 prononçant la reconduite à la frontière de M. X sont annulés.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Mohamed X, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**