# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 7 mai 2004, 258407, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008159222
**Date de décision:** 2004-05-07
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008159222

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 10 juillet 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Yamina A, épouse B, demeurant ...  ; Mme A, épouse B, demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 16 juin 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 juin  par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Vallée, Commissaire du gouvernement  ;
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<br>Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A, épouse B, de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 15 mai 2002, de la décision du préfet de Maine-et-Loire du 10 mai 2002 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant que, par un arrêté du 12 novembre 2002, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, M. Jacques Barthelemy, préfet de Maine-et-Loire, a donné à M. Jean-Jacques Caron, secrétaire général de la préfecture, délégation pour signer notamment les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que M. Jean-Jacques Caron n'aurait pas été compétent, faute d'être titulaire d'une délégation régulière, pour signer l'arrêté attaqué manque en fait  ;
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                Sur l'exception d'illégalité de la décision de refus d'asile territorial  :
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                Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté  prononçant sa reconduite à la frontière, Mme A, épouse B, invoque l'illégalité de la décision du 1er mars 2002 du ministre de l'intérieur lui refusant le  bénéfice de l'asile territorial, elle doit être regardée comme excipant  également de l'illégalité de la décision préfectorale du 10 mai 2002 lui refusant un  titre de séjour fondée notamment sur le refus d'asile territorial, qui  n'est pas devenue définitive  ;
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                Considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier que le recours pour excès de pouvoir de Mme A, épouse B, enregistré au tribunal administratif de Nantes le 31 juillet 2002, n'avait pour objet que l'annulation du refus de titre de séjour du 10 mai 2002  ; que, par suite, la décision de refus d'asile territorial étant devenue définitive, Mme A, épouse B, ne peut exciper de son illégalité au soutien de ses prétentions  ;
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                Sur les autres moyens  :
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                Considérant que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être utilement invoqué à l'encontre d'un arrêté de reconduite à la frontière  ; que, dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté  ;
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                Considérant que si  Mme A, épouse B, fait valoir qu'elle vit en France avec son époux et leur enfant depuis mars 2001 et que l'ensemble des membres de sa famille y résident régulièrement, il résulte toutefois des pièces du dossier que Mme A, épouse B, et son époux font tous deux l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière  ; que dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions du séjour de Mme A, épouse B, en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire n'a pas porté au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant que si Mme A, épouse B, fait valoir que l'état de santé de sa mère nécessite sa présence à ses côtés, elle ne présente aucun élément à l'appui de ses allégations  ; qu'il suit de là que le préfet de Maine-et-Loire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'arrêté de reconduite à la frontière sur la situation personnelle de l'intéressée  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A, épouse  B, n'est pas fondée à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande  ;
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<br>			D E C I D E  :
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 Article 1er  : La requête de Mme A, épouse B, est rejetée.
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 Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Yamina A, épouse B, au préfet de Maine-et-Loire et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**