# COUR DE CASSATION, CHAMBRE CIVILE 1, du 6 mars 1962, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006959325
**Date de décision:** 1962-03-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006959325

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QUE LE 16 SEPTEMBRE 1957, BOUNET A, SUR LA DEMANDE DE SARRAN, MIS A LA DISPOSITION DE CE DERNIER UNE BATTEUSE, ACTIONNEE PAR UN TRACTEUR, DONT LE FONCTIONNEMENT ETAIT SURVEILLE PAR DEUX SPECIALISTES, PREPOSES DU LOCATEUR ;<br>
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 QUE VERS 15 HEURES, AU COURS DES OPERATIONS DE DEPIQUAGE, UN INCENDIE DETRUISIT TOUTE LA RECOLTE ET UN HANGAR, AVANT D'AVOIR PU ETRE MAITRISE ;<br>
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QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR DEBOUTE SARRAN ET SON ASSUREUR DE LEURS DEMANDES, TENDANT A L'INDEMNISATION DU PREJUDICE A EUX CAUSE PAR CE SINISTRE, AU MOTIF D'UNE PART, QUE BOUNET N'AVAIT PU ENCOURIR AUCUNE RESPONSABILITE CONTRACTUELLE, COMME N'AYANT PAS LA QUALITE VERITABLE D'ENTREPRENEUR, ALORS QUE LA MISE EN JEU DE LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE N'EST NULLEMENT SUBORDONNEE A LA QUALITE D'ENTREPRENEUR, MAIS DECOULE SIMPLEMENT DE LA PREUVE DE L'INEXECUTION PAR L'UNE DES PARTIES, DES OBLIGATIONS PREVUES AU CONTRAT, NOTAMMENT COMME EN L'ESPECE, DE LA FOURNITURE D'UN MATERIEL MUNI DES DISPOSITIFS DE SECURITE, ET DONT LE FONCTIONNEMENT DEVAIT, DANS L'INTENTION DES CONTRACTANTS, ETRE EFFICACE ET SANS DANGER, CETTE OBLIGATION DE RESULTAT NE POUVANT ETRE ELUDEE PAR L'ENTREPRENEUR DE BATTAGE, SANS QUE CELUI-CI RAPPORTANT LA PREUVE D'UNE CAUSE ETRANGERE , IMPREVISIBLE ET INEVITABLE, ET AU MOTIF QUE, SUR LE PLAN DELICTUEL, LE LIEN DE CAUSALITE NE SERAIT PAS ETABLI ENTRE LE PREJUDICE ET LE FONCTIONNEMENT DE L'APPAREIL DE BATTAGE, ALORS QUE LA COUR D'APPEL AURAIT DENATURE LES TEMOIGNAGES RECUEILLIS EN ENONCANT QUE LES HUIT TEMOINS AVAIENT DECLARE IGNORER L'ORIGINE DE L'INCENDIE, DES LORS QUE LA CONSTATATION PAR CERTAINS D'ENTRE EUX DE LA PRESENCE POSSIBLE DE FUMEURS, NE SUFFISAIT PAS A DETRUIRE LE FAISCEAU DES PRESOMPTIONS GRAVES, PRECISES ET CONCORDANTES, ETANT DONNE SURTOUT QUE LA PROXIMITE DU GERBIER AVEC LE TRACTEUR , MACHINE DANGEREUSE, DEVAIT FAIRE JOUER LA PRESOMPTION DE CAUSALITE ;<br>
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MAIS ATTENDU QU'APRES AVOIR ANALYSE LES TEMOIGNAGES RECUEILLIS AU COURS DE L'ENQUETE ET DE LA CONTRE-ENQUETE, ORDONNEES PAR LES PREMIERS JUGES, LES JUGES D'APPEL, SANS EN DENATURER LES TERMES, ONT RELEVE QUE LES DECLARATIONS INVOQUEES ETAIENT CONTRADICTOIRES, CERTAINS TEMOINS AFFIRMANT AVOIR VU DES ESCARBILLES ENFLAMMEES ET NOIRATRES S'ECHAPPER PARFOIS DU TUYAU D'ECHAPPEMENT DU TRACTEUR MAIS N'AVOIR PAS REMARQUE LA PRESENCE DE FUMEURS SUR LES LIEUX, D'AUTRES AU CONTRAIRE SOUTENANT N'AVOIR PAS CONSTATE LA PROJECTION D'ESCARBILLES MAIS AVOIR VU DEUX PERSONNES QUI FUMAIENT PEU AVANT L'INCENDIE, UN AUTRE TEMOIN ENFIN, MECANICIEN DE PROFESSION, AYANT DECLARE QUE LE TRACTEUR ETAIT MUNI D'UN DISPOSITIF ANTI-RETOUR DE FLAMMES ET PARE-ETINCELLES, ET QUE DES PARTICULES DE CALAMINE POUVAIENT ETRE INCANDESCENTES, MAIS SEULEMENT A LA SORTIE DU TUYAU D'ECHAPPEMENT, ET SANS POUVOIR BRULER ;<br>
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 QU'EN PRESENCE DE CES CONTRADICTIONS FLAGRANTES, LA COUR D'APPEL, DANS UNE MATIERE OU ELLE POUVAIT LIBREMENT FORMER SA CONVICTION, A PU ESTIMER QUE S'IL N'EST PAS INVRAISEMBLABLE QUE LE FONCTIONNEMENT DU TRACTEUR AIT ETE SUSCEPTIBLE DE DETERMINER L'INCENDIE DU GERBIER, IL EST AUSSI POSSIBLE QUE LE SINISTRE AIT EU UNE AUTRE ORIGINE, NOTAMMENT L'IMPRUDENCE DE FUMEURS ;<br>
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 QU'EN TOUS CAS LES INTIMES N'ONT PAS FAIT LA PREUVE SUFFISANTE QUI LEUR INCOMBE, DU RAPPORT DIRECT ET NECESSAIRE DE CAUSALITE ENTRE LE FONCTIONNEMENT DE L'APPAREIL DE BATTAGE, DONT BOUNET AVAIT LA GARDE, ET LES PREJUDICES DONT ILS SE PLAIGNENT ;<br>
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ET ATTENDU QUE LE MOTIF DE L'ARRET CRITIQUE PAR LE POURVOI ET RELATIF A LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE DE BOUNET, DOIT ETRE DECLARE SURABONDANT, SARRAN ET SON ASSUREUR AYANT EXCLUSIVEMENT INVOQUE, TANT DANS LEUR ASSIGNATION, QUE DANS LEURS CONCLUSIONS SUBSEQUENTES, LE BENEFICE DES DISPOSITIONS DES ARTICLES 1382 A 1385 DU CODE CIVIL ;<br>
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ATTENDU AINSI QUE L'ARRET ATTAQUE A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 5 JUILLET 1960 PAR LA COUR D'APPEL D'AGEN . N° 60-13396 . CAISSE MUTUELLE DE REASSURANCES AGRICOLES CONTRE L'INCENDIE DU GERS ET AUTRE C / BOUNET ET AUTRE . PRESIDENT : M BORNET - RAPPORTEUR : M AUSSET - AVOCAT GENERAL : M ITHIER - AVOCATS : M ROUSSEAU ET LE PRADO .<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET ;
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** LE REJET DE L'ACTION EN DEDOMMAGEMENT QU'UN EXPLOITANT AGRICOLE, DONT LA RECOLTE DE CEREALES A ETE INCENDIEE EN COURS DE BATTAGE, EN MEME TEMPS QU'UN HANGAR, AVAIT INTRODUITE CONTRE LE PROPRIETAIRE DU MATERIEL QUI AVAIT ETE MIS A SA DISPOSITION POUR EFFECTUER CE TRAVAIL, AVEC DEUX HOMMES POUR EN SURVEILLER LE FONCTIONNEMENT, EST LEGALEMENT JUSTIFIE, DES LORS QUE, CETTE ACTION ETANT FONDEE UNIQUEMENT SUR LES ARTICLES 1382 A 1385 DU CODE CIVIL, LA COUR D'APPEL A DECLARE, EN PRESENCE DE TEMOIGNAGES CONTRADICTOIRES QUI ATTRIBUENT L'ORIGINE DU SINISTRE, LES UNS A DES ESCARBILLES PROVENANT DU TRACTEUR, LES AUTRES A L'IMPRUDENCE DE FUMEURS, QUE LE DEMANDEUR N'AVAIT PAS FAIT LA PREUVE QUI LUI INCOMBAIT D'UN LIEN DE CAUSALITE ENTRE LE PREJUDICE ET LE FONCTIONNEMENT DE L'APPAREIL DE BATTAGE ;
**Mots-clés:** RESPONSABILITE CIVILE - LIEN DE CAUSALITE - ENTREPRENEUR DE BATTAGE - INCENDIE - TEMOIGNAGES CONTRADICTOIRES - MATERIEL MIS A LA DISPOSITION DE L'EXPLOITANT - ACTION FONDEE SUR LES ARTICLES 1382 ET SUIVANTS DU CODE CIVIL ;