# CAA de NANTES, 1ère chambre, 05/11/2020, 19NT03291, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042515256
**Date de décision:** 2020-11-05
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042515256

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
       Procédure contentieuse antérieure :<br>
<br>
       M. C... a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2018 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.<br>
<br>
       Par un jugement n° 1811935 du 18 mars 2019, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.<br>
<br>
       Procédure devant la cour :<br>
<br>
       Par une requête, enregistrée le 5 août 2019, M. C..., représenté par Me A..., demande à la cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
<br>
       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de cet examen ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.<br>
<br>
       Il soutient que :<br>
      - la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
<br>
       Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2019, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.<br>
<br>
       Il soutient que les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés.<br>
        M. C... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juin 2019.<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
<br>
       Vu :<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
<br>
       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
<br>
       Le rapport de M. B... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
<br>
       Considérant ce qui suit :<br>
<br>
      1. La demande d'asile de M. C..., ressortissant angolais né le 6 mai 1984, a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 janvier 2018, confirmée par un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile du 3 octobre 2018. Par un arrêté du 19 novembre 2018, le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai, en application du 1° et du 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. C... relève appel du jugement du 18 mars 2019 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
	2. M. C... est entré en France en 2015. De sa relation avec une compatriote, qui n'a été ni permanente ni continue, sont nés en France quatre enfants en 2008, 2009, 2013 et 2017. Il est constant que M. C... est désormais séparé de sa compagne et ne justifie pas apporter un soutien à l'ensemble de ses quatre enfants, qui résident en France. La production d'un certificat médical atteste seulement qu'il voit régulièrement ses enfants. En outre, M. C... n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où vivent six autres de ses enfants. Compte tenu de la durée et des conditions de séjour de M. C... en France, la décision contestée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'est pas contraire à l'intérêt supérieur de ses enfants mineurs, en méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.<br>
      3. A l'appui de son moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, le requérant se contente de se référer à son dossier de demande d'asile, au demeurant rejetée comme il a été dit au point 1, sans apporter de nouveaux éléments susceptibles d'établir la réalité de risques qu'il pourrait encourir pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine.<br>
<br>
      4. Il résulte de tout ce qui précède que M. C... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.<br>
<br>
       D E C I D E :<br>
<br>
<br>
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.<br>
<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D... E... C... et au ministre de l'intérieur.<br>
Une copie sera transmise au préfet de la Sarthe.<br>
<br>
       Délibéré après l'audience du 22 octobre 2020, à laquelle siégeaient :<br>
<br>
- M. Bataille, président de chambre,<br>
      - M. B..., président assesseur,<br>
      - M. Brasnu, premier conseiller.<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       Lu en audience publique le 5 novembre 2020.<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       Le rapporteur,<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       J.-E. B...<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       Le président,<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       F. Bataille Le greffier,<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       		A. Rivoal<br>
<br>
      La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
<br>
<br>
<br>
2<br>
N° 19NT03291<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**