# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 4ème chambre - formation à 3, 22/04/2010, 09LY01054, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022154723
**Date de décision:** 2010-04-22
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 4ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022154723

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 15 mai 2009 à la Cour, présentée pour M. Mohamed A, domicilié ... ; <br>
<br>
       M. A demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0807343, en date du 3 février 2009, par lequel le Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du préfet du Rhône du 28 octobre 2008, portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit à l'expiration de ce délai, à défaut pour lui d'obtempérer à l'obligation de quitter le territoire français qui lui était faite ;<br>
<br>
        2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions susmentionnées ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans les quinze jours à compter de la notification du présent arrêt, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
<br>
        Il soutient que la décision de refus de renouvellement de titre de séjour est insuffisamment motivée ; qu'elle méconnaît les stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles, eu égard à son état de santé ; que cette décision méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que par voie de conséquence, la décision fixant le pays de destination est elle-même illégale et méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu le jugement attaqué ;<br>
<br>
       Vu le mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2009, présenté par le préfet du Rhône qui conclut au rejet de la requête ; <br>
<br>
        Il soutient que la décision de refus de renouvellement de titre de séjour est suffisamment motivée ; que M. A pouvant bénéficier en Algérie des soins appropriés à son état de santé, cette décision ne méconnaît pas les stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ; que, compte tenu de la situation privée et familiale du requérant, elle ne méconnaît pas davantage les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni n'est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; que la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que la décision fixant le pays de destination ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
        Vu la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
<br>
        Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 1er avril 2010 :<br>
<br>
- le rapport de Mme Vinet, conseiller,<br>
- les observations de Me Prudhon, représentant M. A,<br>
- les conclusions de Mme Gondouin, rapporteur public,<br>
la parole ayant été donnée à nouveau à Me Prudhon ; <br>
      Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête : <br>
<br>
      Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé :  (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit : (...) / 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays (...).  ; qu'il est constant que l'état de santé de M. A nécessite des soins dont le défaut aurait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; que si la pathologie dont il est atteint peut, en principe, être soignée en Algérie, il ressort des pièces du dossier, notamment du certificat médical qu'il produit, que, dans le cas de M. A, cette pathologie, dont la complexité devrait s'accentuer au fil des années, est particulièrement grave et difficile à équilibrer et que tout arrêt ou irrégularité dans la prise du traitement mis au point par l'équipe médicale qui le suit en France pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; qu'ainsi, il ressort des pièces du dossier que M. A ne pourra bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement approprié à son état ; qu'il suit de là que les décisions litigieuses refusant à M. A la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination ont méconnu les stipulations précitées de l'accord franco-algérien ; <br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ; <br>
<br>
<br>
       Sur les conclusions aux fins d'injonction : <br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution   ; <br>
<br>
       Considérant que le présent arrêt implique nécessairement la délivrance à M. A du certificat de résidence d'un an portant la mention  vie privée et familiale  prévu au 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; qu'il suit de là qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet du Rhône de délivrer à M. A, dans le délai d'un mois, un certificat de résidence d'un an portant la mention  vie privée et familiale  ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
<br>
       Considérant que M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Prudhon, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au profit de Me Prudhon, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
<br>
<br>
DECIDE :<br>
<br>
<br>
Article 1er : Le jugement susvisé du Tribunal administratif de Lyon du 3 février 2009, ensemble les décisions refusant à M. A la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination, en date du 28 octobre 2008, sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Rhône de délivrer à M. A dans le délai d'un mois un certificat de résidence d'un an portant la mention  vie privée et familiale .<br>
Article 3 : L'Etat versera à Me Prudhon une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. Mohamed A, à Me Prudhon et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Copie en sera adressée au préfet du Rhône.<br>
Délibéré après l'audience du 1er avril 2010 à laquelle siégeaient :<br>
M. du Besset, président,<br>
M. Arbarétaz, premier conseiller,<br>
Mme Vinet, conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 22 avril 2010.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 09LY01054		2<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**