# CAA de BORDEAUX, 4ème chambre, 18/07/2023, 23BX00756, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000047862067
**Date de décision:** 2023-07-18
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047862067

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un certificat de résidence en qualité d'étranger malade, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.<br>
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       Par un jugement n° 2204242 du 7 décembre 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.<br>
       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 16 mars 2023, M. B..., représenté par Me Aymard, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 2204242 du tribunal administratif de Bordeaux du 7 décembre 2022 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 de la préfète de la Gironde ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans le même délai et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :<br>
       - il souffre d'une spondylarthrite ankylosante et d'une coxite gauche ; le défaut de prise en charge de ses pathologies pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Algérie ainsi qu'à ses possibilités financières, il ne peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans ce pays ; dès lors, la décision lui refusant le séjour méconnaît les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;<br>
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       En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :<br>
       - elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant le séjour ;<br>
       - elles méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
       Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. <br>
       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 février 2023.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier. <br>
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       Vu :<br>
       - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leur famille ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. C... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant algérien né le 14 avril 1990, est entré en France, selon ses affirmations, au cours du mois d'avril 2019. Le 31 juin 2021, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence en qualité d'étranger malade, sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 15 juin 2022, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine. M. B... relève appel du jugement du 7 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       Sur la décision portant refus de titre de séjour :<br>
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       2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : (...) 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en  France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. (...) ". <br>
       3. D'une part, il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un ressortissant algérien qui en fait la demande sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins mentionné à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine.<br>
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       4. D'autre part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif saisi de l'affaire, au vu des pièces du dossier et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et de la possibilité d'y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et la possibilité d'en bénéficier effectivement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.<br>
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       5. Il ressort des pièces du dossier que M. B... souffre d'une spondylarthrite ankylosante et d'une coxite gauche, actuellement traitées par Inflectra, dont la substance active est l'Infliximab, qui appartient à la famille des agents anti-TNF. Par un avis du 19 janvier 2022 le collège de médecins de l'OFII a indiqué que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Algérie et qu'à la date de cet avis, il peut voyager sans risque vers ce pays. Le requérant conteste l'analyse du collège de médecins de l'OFII et produit notamment un certificat médical non daté indiquant qu'un suivi dans son pays d'origine " semble très difficile ". Toutefois, ce certificat médical, établi par un médecin généraliste, est insuffisamment précis quant à la disponibilité d'un traitement médical adapté à ses pathologies en Algérie. De même, alors que l'appelant est suivi en France depuis 2020, le certificat médical établi par un médecin algérien spécialiste en rhumatologie le 5 septembre 2022, soit postérieurement à la date de l'arrêté contesté, indiquant que le médicament Erelzi, qui serait nécessaire au traitement de M. B..., est " en rupture " ne permet pas de justifier de l'indisponibilité en Algérie des molécules composant le traitement qui lui est prescrit. A cet égard, M. B... ne peut utilement se prévaloir de la liste de l'observatoire de veille des médicaments disponibles en officine, établie à l'initiative du ministère algérien de l'industrie pharmaceutique, au sein de laquelle ni l'Inflectra ni le médicament biosimilaire Remicade ne sont mentionnés, dès lors que cette liste ne référence que les médicaments dispensés en pharmacie, alors qu'il ressort de la fiche Vidal, également versée au dossier par M. B..., que l'Inflectra et le Remicade sont des médicaments à prescription restreinte, administrés par perfusion intraveineuse en milieu hospitalier, ne pouvant être prescrits ni délivrés en dehors de l'hôpital. A l'inverse, la préfète de la Gironde a versé au dossier de première instance une fiche extraite du référentiel algérien du médicament, publié sur le site internet Pharm'net et dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ainsi qu'il est soutenu, il constituerait une simple encyclopédie décrivant les médicaments, indiquant que le Remicade est distribué en Algérie. Enfin, le requérant se borne à alléguer, sans le justifier, que les médicaments nécessaires à son traitement seraient, au regard de sa situation financière, trop coûteux dans ce pays et les articles de presse versés à l'instance concernant la précarité du système de santé algérien ne permettent pas d'établir qu'il n'y aurait pas effectivement accès aux soins. Dans ces conditions, aucun élément versé au dossier ne permet de remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII, que la préfète s'est appropriée, et l'intéressé n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour méconnaîtrait les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.<br>
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       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       6. En premier lieu, ainsi qu'il été précédemment exposé, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, le moyen invoqué par la voie de l'exception, par M. B..., de son illégalité ne peut qu'être écarté.<br>
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       7. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / (...) / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. (...) ".<br>
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       8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. <br>
       9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande. Les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées par voie de conséquence.<br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.<br>
Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.<br>
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023 à laquelle siégeaient :<br>
Mme Evelyne Balzamo, présidente,<br>
Mme Bénédicte Martin, présidente-assesseure,<br>
M. Michaël Kauffmann, premier conseiller.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023. <br>
Le rapporteur,<br>
Michaël C...   La présidente,<br>
Evelyne BalzamoLe greffier,<br>
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Christophe Pelletier<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
N° 23BX007562<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**