# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 22 mai 1970, 69-10.584, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982658
**Date de décision:** 1970-05-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982658

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR, POUR DEBOUTER FORASSIEPI DE LA REVENDICATION DE LA PROPRIETE EXCLUSIVE DES DEUX PARCELLES EN NATURE DE BOIS QUE LUI CONTESTENT LES CONSORTS X..., A..., PAR DES MOTIFS HYPOTHETIQUES OU TIRES DE L'ACTE DES DEFENDEURS, LA MENTION DE L'ACTE D'ACQUISITION DU DEMANDEUR PORTANT VENTE "DE TOUS DROITS INDIVIS OU DIVIS", COMME UNE CESSION, PAR DAME B... A CELUI-CI, DE DROITS SEULEMENT INDIVIS, ET D'AVOIR AINSI DENATURE LE TITRE DU REVENDIQUANT QUI PRECISE, SOUS LA RUBRIQUE "ORIGINE ANTERIEURE", QUE LES CONSORTS Y... (AUTEURS DE DAME B...) AVAIENT INDIQUE A L'ACTE TENIR LA MAISON DE LEUR PERE QUI EN AVAIT HERITE EN 1898 ET NE "POUVAIT JUSTIFIER D'UN TITRE DE PROPRIETE DIRECTE MAIS AVOIR JOUI DE LA PROPRIETE DE CET IMMEUBLE DEPUIS PLUS DE TRENTE ANS A TITRE DE PROPRIETAIRES ET EN AVOIR PAYE REGULIEREMENT LES IMPOTS ";<br>
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QU'IL EST ENCORE SOUTENU QUE, SI LA DECLARATION DE DAME B... POUVAIT LAISSER UN DOUTE A FORASSIEPI, CELLE DES CONSORTS Y..., Z... DE LA PRECEDENTE DANS L'ACTE D'ACQUISITION DE CELUI-CI, ETAIT AU CONTRAIRE DE NATURE A LUI FAIRE LEGITIMEMENT CROIRE A LA REALITE DE SES DROITS DE PROPRIETAIRE, CE QUI SUFFIRAIT A CREER LE "JUSTE TITRE" PREVU PAR L'ARTICLE 2265 DU CODE CIVIL;<br>
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 MAIS ATTENDU, D'ABORD, QU'APRES AVOIR, SANS LES DENATURER, DETERMINE LE SENS ET LA PORTEE DES TITRES PRODUITS PAR LES PARTIES, LA COUR D'APPEL EN A SOUVERAINEMENT DEDUIT, PAR DES MOTIFS NON HYPOTHETIQUES, QUE FORASSIEPI NE PROUVAIT PAS, PAR SON TITRE, QU'IL ETAIT SEUL PROPRIETAIRE DES PARCELLES REVENDIQUEES, ALORS QU'AU CONTRAIRE LES CONSORTS X... ETABLISSAIENT QU'ILS POSSEDAIENT DES DROITS INDIVIS SUR ELLES ;<br>
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 QU'EN SECOND LIEU, C'EST A BON DROIT QUE, POUR REFUSER AU DEMANDEUR LE BENEFICE DE LA PRESCRIPTION ABREGEE, LES JUGES D'APPEL DECLARENT QUE L'ACTE D'ACQUISITION DE CELUI-CI, PARCE QU'IL "NE LUI DONNE PAS LA PROPRIETE EXCLUSIVE DES PARCELLES REVENDIQUEES", NE CONSTITUE PAS LE JUSTE TITRE PREVU PAR L'ARTICLE 2265 DU CODE CIVIL;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE PREMIER MOYEN EST SANS FONDEMENT;<br>
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 REJETTE LE PREMIER MOYEN;<br>
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 MAIS SUR LE SECOND MOYEN : VU L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL;<br>
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 ATTENDU QUE POUR CONDAMNER LE DEMANDEUR EN REVENDICATION A PAYER AUX DEFENDEURS DES DOMMAGES-INTERETS POUR PROCEDURE ABUSIVE, L'ARRET ATTAQUE SE BORNE A ENONCER "QU'IL EST BIEN CERTAIN QU'EN S'OBSTINANT DANS UNE DEMANDE INJUSTIFIEE ET EN FAISANT APPEL D'UN JUGEMENT QUI L'EN A DEBOUTE, FORASSIEPI A CAUSE AUX CONSORTS X... UN PREJUDICE CERTAIN ";<br>
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 QU'EN STATUANT AINSI, SANS RELEVER AUCUN FAIT DE NATURE A FAIRE DEGENERER EN ABUS L'EXERCICE DU DROIT D'AGIR EN JUSTICE, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE, DE CE CHEF, UNE BASE LEGALE A SA DECISION;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU SECOND MOYEN, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL D'AIX, LE 25 NOVEMBRE 1968;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE NIMES<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 3) 1969-12-11 Bulletin 1969 III N. 832 (2) p.690 (CASSATION). (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** Code civil 2265
**ECLI:** 
**Résumé:** C'est à bon droit que les juges du fond rejettent une revendication immobilière sur le fondement de la prescription abrégée au motif que l'acte d'acquisition du demandeur ne lui donnant pas la propriété exclusive des parcelles litigieuses ne constitue pas le juste prévu par l'article 2265 du code civil.,Ne donnent pas une base légale à leur décision les juges d'appel qui condamnent un demandeur en revendication à des dommages-intérêts pour procédure abusive et se bornent à énoncer "qu'en s'obstinant dans une demande injustifiée et en faisant appel d'un jugement qui l'en a débouté le demandeur a causé aux défendeurs un préjudice certain" sans relever aucun fait de nature à faire dégénérer en abus le droit d'agir en justice.
**Mots-clés:** 1) PRESCRIPTION ACQUISITIVE - Presciption de 10 à 20 ans - Conditions p- Juste titre - Cession de droits indivis.,* INDIVISION - Cession de droits indivis - Prescription acquisitive - Prescription de 10 à 20 ans - Juste titre (non).,2) ACTION EN JUSTICE - Exercice abusif - Faute - Constatations nécessaires.,* APPEL CIVIL - Abus - Dommages-intérêts - Constatations nécessaires.,* RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Abus de droit - Action en justice - Appel abusif - Constatations nécessaires.,* PROPRIETE - Immeuble - Action en revendication - Condamnation du demandeur à des dommages-intérêts - Constatations nécessaires.