# Conseil d'État,  2ème sous-section jugeant seule, 25/02/2011, 338920, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000023632409
**Date de décision:** 2011-02-25
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 2ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000023632409

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 26 avril 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Hadja A, demeurant ... ; Mme  A demande au Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler pour excès de pouvoir le décret du 2 octobre 2009 ayant rapporté le décret du 3 février 2005 qui  prononçait sa naturalisation ;<br>
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              2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu le code civil ; <br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de M. Yves Doutriaux, Conseiller d'Etat,<br>
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              - les conclusions de M. Frédéric Lenica, Rapporteur public ;<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article 27-2 du code civil :  Les décrets portant naturalisation ou réintégration peuvent être rapportés sur avis conforme du Conseil d'Etat dans le délai d'un an à compter de leur publication au Journal officiel si le requérant ne satisfait pas aux conditions légales ; si la décision a été obtenue par mensonge ou fraude, ces décrets peuvent être rapportés dans le délai de deux ans à partir de la découverte de la fraude  ;<br>
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              Considérant que Mme Hadja A a déposé le 19 juin 2001 à la préfecture des Yvelines une demande de naturalisation dans laquelle elle a indiqué qu'elle était célibataire ; qu'elle a déclaré sur l'honneur, le 22 juin 2004, qu'aucune modification n'était intervenue dans sa situation personnelle et familiale depuis le dépôt de sa demande ; qu'au vu de cette déclaration, elle a été naturalisée par un décret du 3 février 2005 ; que, le 3 décembre 2007, le ministre des affaires étrangères a informé le ministre chargé des naturalisations que Mme A avait épousé en Algérie, le 14 juillet 2003, M. Abderrezak B, de nationalité algérienne et résidant habituellement en Algérie ; que, par le décret attaqué, le Premier ministre a rapporté le décret prononçant la naturalisation de Mme A au motif qu'il avait été pris au vu d'un document mensonger, en raison de la dissimulation volontaire de la situation familiale de l'intéressée ;<br>
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              Considérant que, pour attester de sa bonne foi, Mme A soutient qu'elle n'a pas compris le sens et la portée des renseignements demandés dans la déclaration sur l'honneur ; que, cependant, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée dispose d'une bonne connaissance de la langue française, comme en atteste le procès-verbal d'assimilation du 23 janvier 2004 dressé au cours de l'instruction du dossier de naturalisation ; que Mme A doit être regardée comme ayant sciemment dissimulé une modification intervenue dans sa situation familiale depuis le dépôt de sa demande de naturalisation ; qu'ainsi, en rapportant, dans le délai de deux ans à compter de la découverte de la fraude, la naturalisation de Mme A, le Gouvernement n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article 27 2 du code civil ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du décret attaqué ;<br>
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              Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que demande à ce même titre le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire ;<br>
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<br>D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.<br>
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Article 2 : Les conclusions du ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
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Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme Hadja A et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**