# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 18 mai 1994, 92-15.184, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007032915
**Date de décision:** 1994-05-18
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007032915

## Contenu de la décision

Sur le premier moyen :<br>
<br>   Vu l'article 1134, alinéa 2, du Code civil ;<br>
<br>   Attendu que le 16 novembre 1981, la société civile d'exploitation agricole des Masquières, aux droits de laquelle est la SCEA Saint-Benoît, a conclu avec la société Agri Gestion une convention par laquelle elle lui confiait la direction d'un domaine agricole ; que le contrat, conclu pour une durée de 5 années à compter du 1er janvier 1982, prévoyait pour la société Agri Gestion la faculté de rompre le contrat à tout moment moyennant l'obligation de respecter un préavis de 12 mois ou de payer une indemnité compensatrice correspondant à une année de rémunération ; que le 16 mai 1984, la société Agri Gestion a notifié à la SCEA des Masquières son intention de mettre fin au contrat ; qu'assignée par sa cocontractante le 23 mai 1989 en paiement de l'indemnité compensatrice de la rupture, la société Agri Gestion a soutenu que la convention avait été résiliée du commun accord des parties ;<br>
<br>   Attendu que pour condamner la société Agri Gestion au paiement de l'indemnité réclamée, l'arrêt attaqué retient que cette société, qui se prétend libérée de son obligation, doit rapporter dans les termes de l'article 1341 du Code civil la preuve que la rupture est intervenue d'accord entre les parties ;<br>
<br>   Attendu qu'en statuant ainsi, alors que la révocation d'un contrat par consentement mutuel des parties peut être tacite et résulter des circonstances de fait souverainement appréciées par les juges du fond, sans qu'il soit nécessaire d'en rapporter la preuve par écrit, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;<br>
<br>         PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le second moyen ;<br>
<br>   CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 10 mars 1992, entre les parties, par la cour d'appel de Toulouse ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Toulouse autrement composée.<br>,A RAPPROCHER :
 Chambre civile 1, 1960-11-22, Bulletin 1960, I, n° 510, p. 417 (rejet) ;
 Chambre civile 1, 1985-12-03, Bulletin 1985, I, n° 330, p. 296 (cassation).<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation.
**Lois appliquées:** Code civil 1134, al. 2
**ECLI:** 
**Résumé:** La révocation d'un contrat par consentement mutuel des parties peut être tacite et résulter des circonstances de fait souverainement appréciées par les juges du fond sans qu'il soit nécessaire d'en rapporter la preuve par écrit.
**Mots-clés:** CONTRATS ET OBLIGATIONS - Résolution et résiliation - Accord des parties - Accord tacite - Appréciation souveraine .,CONTRATS ET OBLIGATIONS - Résolution et résiliation - Accord des parties - Accord tacite - Preuve par écrit - Nécessité (non),POUVOIRS DES JUGES - Appréciation souveraine - Contrats et obligations - Résiliation - Accord des parties - Accord tacite,PREUVE (règles générales) - Moyen de preuve - Preuve par tous moyens - Contrats et obligations - Résiliation - Accord des parties - Accord tacite - Preuve par écrit - Nécessité (non)