# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 6 juin 2003, 251586, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008203370
**Date de décision:** 2003-06-06
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008203370

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 8 novembre 2002, présentée par Mme Houria X, demeurant ...  ; Mme X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  : 
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                1°)' d'annuler le jugement du 22 octobre 2002 par lequel le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2002 du préfet de la Savoie ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision distincte fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite  ;
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                2°)' d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Le Chatelier, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (....) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (....)  ;
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                	Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification de la décision du 29 mars 2002 du préfet de la Savoie lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                	Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée susvisée : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...)  ; que si Mme X soutient qu'elle a été titulaire d'une carte de résident de 1983 à 1986, que l'un de ses enfants est de nationalité française et que ses deux autres enfants vivent et sont scolarisés en France, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée, qui est entrée sur le territoire français le 27 juin 2000, n'allègue pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de son séjour sur le territoire français, la décision du préfet de la Savoie en date du 29 mars 2002 n'a pas porté au droit de Mme X au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été décidée cette mesure  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Savoie ne pouvait légalement prendre à son encontre la décision contestée sans méconnaître les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée ne peut qu'être écarté  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 15 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  :  Sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour  : (...) 2° A l'enfant étranger d'un ressortissant de nationalité française si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents ainsi qu'aux ascendants d'un tel ressortissant et de son conjoint qui sont à sa charge   ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme X soit à la charge de son fils aîné  ; que, par suite, Mme X n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée est contraire aux dispositions précitées  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 quater de l'ordonnance du 2 novembre 1945  :  Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour. (...) La commission est saisie par le préfet lorsque celui-ci envisage de refuser  de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire  à un étranger mentionné à l'article 12 bis (...)  ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme X relève de l'une des catégories d'étrangers entrant dans le champ d'application des dispositions des articles 12 bis et 15 précités  ; que Mme X ne peut, par suite, se prévaloir de la méconnaissance de la formalité prévue par l'article 12 quater de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Considérant que, pour les raisons exposées ci-dessus, et en l'absence de changement dans la situation personnelle et familiale de l'intéressée à la date de l'arrêté attaqué, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du 14 octobre 2002, par lequel le préfet de la Savoie a ordonné la reconduite à la frontière de Mme X, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant que si à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme X fait valoir qu'elle dispose d'une promesse d'embauche, cette circonstance n'est pas, à elle seule, de nature à faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée  ;
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                Considérant que si Mme X demande l'annulation de la décision distincte fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite, elle n'apporte aucun moyen au soutien de ses conclusions  ;  
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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D E C I D E  :
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		Article 1er  : La requête de Mme X est rejetée.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Houria X, au préfet de la Savoie et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**