# Conseil d'État, Président de la section du Contentieux, 25/05/2005, 270051, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008233068
**Date de décision:** 2005-05-25
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** Président de la section du Contentieux
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008233068

## Contenu de la décision

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              Vu la requête enregistrée le 19 juillet 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Ahmed A, demeurant ... ; M. Ahmed  A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler le jugement du 17 mai 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2004 par lequel le préfet du Gard a décidé sa reconduite à la frontière ;<br>
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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              3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 760 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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	Vu les autres pièces du dossier ;<br>
              Vu la Constitution et notamment son Préambule ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;	<br>
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              Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 modifié réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>
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	Vu le code de justice administrative ;<br>
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Après avoir entendu en séance publique :<br>
- les conclusions de M. Mattias Guyomar, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3°) Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ; qu'il ressort des pièces du dossier que M. Ahmed A, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le  12 janvier 2004, de la décision du préfet du Gard du 9 janvier 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;<br>
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              Sur l'exception d'illégalité de la décision du préfet du Gard du 9 janvier 2004 refusant la délivrance d'un titre de séjour :<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ;<br>
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              Considérant que si l'article 12 quater de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée impose au préfet de consulter la commission du titre de  séjour lorsqu'il envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour à un étranger relevant de l'une des catégories mentionnées  aux articles 12 bis et 15 de cette ordonnance, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. Ahmed A appartienne à l'une de ces catégories ; qu'il en résulte que le moyen tiré de ce que la décision du préfet du Gard serait irrégulière faute d'avoir été précédée de la consultation de la commission du titre de séjour, doit être écarté ;<br>
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              Considérant que si M. Ahmed  A fait valoir qu'il réside de manière continue sur le territoire français depuis 4 ans avec son père, son frère jumeau et son autre frère mineur qui les a rejoints, qu'il a tissé en France des liens très étroits et qu'il a obtenu des résultats scolaires satisfaisants, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de ce que  M.  Ahmed A, célibataire et sans enfant, dont le frère jumeau fait également l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière, n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Maroc où sa mère malade et sa soeur résident, le préfet du Gard, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, ait porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la mesure a été prise ; qu'ainsi, il n'a méconnu ni les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que le préfet du Gard n'a pas non plus commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé ;<br>
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              Considérant que le principe posé par les dispositions du dixième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se  réfère la Constitution du 4 octobre 1958, aux termes desquelles : La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à  leur développement ne s'impose au pouvoir réglementaire, en l'absence de  précision suffisante, que dans les conditions et les limites définies par  les dispositions contenues dans les lois ou dans les conventions  internationales incorporées au droit français ; que, par suite, M. Ahmed A ne saurait utilement, pour critiquer la  légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière attaqué, invoquer ce principe indépendamment desdites dispositions ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Ahmed A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ;<br>
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              Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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              Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme de 760 euros que  M. Ahmed A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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<br>D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de M. Ahmed A est rejetée.<br>
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Ahmed A, au préfet du Gard et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**