# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 1ère Chambre, 18/02/2010, 08VE01529, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021924127
**Date de décision:** 2010-02-18
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 1ère Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021924127

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 23 mai 2008 au greffe de la Cour, présentée pour M. Sihi Ernest A, demeurant ..., par Me Soufi ; M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0713812 en date du 17 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2007 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale , et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination de son pays d'origine ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2007 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       M. A soutient que le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis un vice de procédure en ne saisissant pas préalablement la commission du titre de séjour conformément à l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'il est entré en France en 2000 sous couvert d'un visa Schengen ; qu'il vit en concubinage avec une compatriote titulaire d'une carte de résident et sa fille depuis 2004 et a un enfant né en France de cette union le 17 juin 2004 ; qu'il a en France des liens familiaux et personnels intenses et n'a plus d'attaches dans son pays d'origine ; que l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que le préfet a méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 4 février 2010 :<br>
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       - le rapport de Mme Belle, premier conseiller,<br>
       - et les conclusions de M. Dhers, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. A relève régulièrement appel du jugement du 17 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2007 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois en fixant le pays à destination duquel il sera renvoyé ; <br>
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       Considérant qu'aux termes du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger ou qui lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte de séjour ou son autorisation provisoire de séjour, pour un motif autre que l'existence d'une menace à l'ordre public, peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa. (...) L'étranger dispose, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, d'un délai d'un mois à compter de sa notification. Passé ce délai, cette obligation peut être exécutée d'office par l'administration.  ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée  ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; <br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant ivoirien, est entré en France en 2000, il y a plus de sept ans, sous couvert d'un visa Schengen ; qu'il y a d'abord séjourné en qualité de conjoint d'une ressortissante française dont il ressort des pièces d'état civil produites au dossier qu'il a obtenu une résidence séparée en 2004 puis a divorcé en 2005 ; qu'il vit depuis plus de trois ans avec une compatriote titulaire d'une carte de résident et sa fille née d'une première union, et qu'il a avec elle une enfant née en France de cette union le 17 juin 2004 ; qu'il n'est pas contesté par le préfet, qui n'a produit ni en première instance ni en appel, qu'il n'a plus aucun lien familial dans son pays d'origine ; que, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu du caractère stable de sa vie commune avec une compatriote établie durablement en France, l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, ledit arrêté a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et doit être annulé ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2007 ; qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour  vie privée et familiale  dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ; que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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DECIDE :<br>
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       Article 1er : Le jugement n° 0713812 du 17 avril 2008 du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé, ensemble l'arrêté du 16 novembre 2007 du préfet de la Seine-Saint-Denis.<br>
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      Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à M. A un titre de séjour  vie privée et familiale  dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
      Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.<br>
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N° 08VE01529	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**