# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, Juge unique -1ère chambre, 22/12/2009, 09LY00332, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021750189
**Date de décision:** 2009-12-22
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** Juge unique -1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021750189

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée par télécopie au greffe de la Cour administrative d'appel de Lyon le 19 février 2009 et régularisée le 23 février 2009, présentée pour M. Tarik A, de nationalité marocaine, domicilié chez M. Mohamed A ... ;<br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0900182 en date du 20 janvier 2009, par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation, d'une part, de l'arrêté du 16 janvier 2009, par lequel le préfet de la Savoie a ordonné sa reconduite à la frontière et, d'autre part, de la décision distincte du même jour fixant le pays dont il a la nationalité étant le pays à destination duquel cette mesure de police serait exécutée ;<br>
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       2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de deux jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 050 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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       Il soutient que l'arrêté de reconduite à la frontière est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que le préfet de la Savoie a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur sa situation personnelle ;<br>
       Vu le jugement attaqué ;<br>
       Vu les pièces desquelles il résulte que la requête a été notifiée au préfet de la Savoie qui n'a pas produit d'observations ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 25 novembre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Bézard, président ;<br>
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       - et les conclusions de M. Reynoird, rapporteur public ;<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) / 4° Si l'étranger n'a pas demandé le renouvellement de son titre de séjour temporaire et s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois suivant l'expiration de ce titre ;  ; <br>
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      Considérant qu'il n'est pas contesté que M. A, ressortissant marocain, qui avait obtenu une carte de séjour temporaire pour l'exercice d'une activité salariée valable jusqu'au 31 juillet 2007, s'est maintenu sur le territoire français jusqu'à la date de la décision attaquée sans en avoir sollicité le renouvellement ; qu'il entrait ainsi dans le cas où le préfet pouvait légalement prendre à son encontre une mesure de reconduite à la frontière sur le fondement des dispositions précitées du 4° du II de l'article L. 511-1 ;<br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
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      Considérant que M. A soutient que sa mère, deux de ses frères et sa soeur vivent depuis très longtemps en Belgique et que son frère réside régulièrement sur le territoire français, où il est, lui-même, bien inséré socialement et où il dispose de capacités d'insertion professionnelle ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant est célibataire et sans enfant à charge et est entré en France à l'âge de vingt-cinq ans ; qu'il n'établit pas être totalement dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine ; que, dans ces conditions, en ordonnant sa reconduite à la frontière, le préfet de la Savoie n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de sa décision et n'a, par suite, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui garantissent ce droit, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur sa situation personnelle ;<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande ; que ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence ;<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que le conseil de M. A, qui succombe dans l'instance, puisse obtenir le bénéfice de ces dispositions sous réserve de renoncer éventuellement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ; <br>
DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. Aest rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Tarik A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.<br>
Lu en audience publique, le 22 décembre 2009.<br>
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N° 09LY00332	<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**