# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 23/04/2009, 08NT01939

**Identifiant:** CETATEXT000021750373
**Date de décision:** 2009-04-23
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021750373

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 juillet 2008, présentée pour M  Cesal X, demeurant ..., par Me Merle, avocat au barreau de Montargis ; M. Cesal X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 08-1098 du 17 juin 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 28 février 2008 du préfet du Loiret portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 26 mars 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Chauvet, rapporteur ;<br>
       - et les conclusions de M. Geffray, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant turc, interjette appel du jugement du 17 juin 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 28 février 2008 du préfet du Loiret portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, l'admission en France d'un étranger qui demande à bénéficier de l'asile ne peut être refusée que si : (...) / 4° La demande d'asile repose sur une fraude délibérée ou constitue un recours abusif aux procédures d'asile ou n'est présentée qu'en vue de faire échec à une mesure d'éloignement prononcée ou imminente ; qu'aux termes de l'article L. 742-3 du même code, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : L'étranger admis à séjourner en France bénéficie du droit de s'y maintenir jusqu'à la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, si un recours a été formé, jusqu'à la notification de la décision de la Commission des recours. Il dispose d'un délai d'un mois à compter de la notification du refus de renouvellement ou du retrait de son autorisation de séjour pour quitter volontairement le territoire français. ; qu'aux termes de l'article L. 742-6 du même code : L'étranger présent sur le territoire français dont la demande d'asile entre dans l'un des cas visés aux 2° à 4° de l'article L. 741-4 bénéficie du droit de se maintenir en France jusqu'à la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, lorsqu'il s'agit d'une décision de rejet. En conséquence, aucune mesure d'éloignement mentionnée au livre V du présent code ne peut être mise à exécution avant la décision de l'office (...) ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X a reçu notification le 10 mars 2008 de la décision du 24 janvier 2008, par laquelle le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'admission au bénéfice de l'asile, soit postérieurement à l'intervention de la décision contestée ; que toutefois, dès lors que la demande d'admission au bénéfice de l'asile du 23 janvier 2008 avait  pour seul objet de faire échec, dans un but dilatoire, à une mesure d'éloignement susceptible d'être prise à son encontre et avait ainsi un caractère abusif au sens du 4° de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Loiret pouvait prendre, le 26 février 2008, un arrêté portant refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 742-6 dudit code qui faisaient simplement obstacle à ce que la mesure d'éloignement soit mise à exécution avant la notification de la décision de l'office ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué du 17 juin 2008, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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       Considérant qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces <br>
dispositions, de mettre à la charge de M. X la somme de 800 euros que l'Etat demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; que les mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. X et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de  M. X est rejetée.<br>
Article 2    : Les conclusions de l'Etat tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 3    : Le présent arrêt sera notifié à M. Cesal X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet du Loiret. <br>
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N° 08NT01939		2 <br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 335-01-03-02 Dès lors que la demande d'admission au bénéfice de l'asile a été présentée dans un but dilatoire, pour faire échec à une mesure d'éloignement et a ainsi un caractère abusif au sens du 4° de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 742-6 du même code, prendre, avant même l'intervention de la décision par laquelle le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a statué sur la demande d'admission au bénéfice de l'asile, prendre un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, les dispositions dudit article L. 742-6 dudit code faisant simplement obstacle à ce que la mesure d'éloignement soit mise à exécution avant la notification de la décision de l'office.
**Mots-clés:** 335-01-03-02 ÉTRANGERS. SÉJOUR DES ÉTRANGERS. REFUS DE SÉJOUR. PROCÉDURE. -