# CAA de NANTES, 3ème chambre, 19/02/2021, 20NT01475, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000043172462
**Date de décision:** 2021-02-19
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000043172462

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme B... C... a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2019 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra, le cas échéant, être reconduite d'office.<br>
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       Par un jugement n° 1903606 du 6 avril 2020, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 7 mai 2020 Mme C..., représentée par Me D..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif d'Orléans du 6 avril 2020 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Indre-et-Loire du 16 juillet 2019 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Elle soutient que :<br>
       - le préfet d'Indre-et-Loire a méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle souffre de plusieurs pathologies lourdes et qu'elle ne peut effectivement bénéficier des traitements et soins dont elle a besoin en Albanie ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination sont contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.<br>
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       Mme C... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. A... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme C..., ressortissante albanaise née le 5 avril 1963, déclare être entrée en France le 1er mai 2018. Le 10 mai 2018, elle a demandé un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 16 juillet 2019, le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée d'office. Mme C... relève appel du jugement du 6 avril 2020 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté son recours tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
       2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. (...) La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".<br>
       3. Le préfet d'Indre-et-Loire a pris l'arrêté contesté en s'appuyant sur un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 11 décembre 2018 selon lequel l'état de santé de Mme C... nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié en Albanie et est en état de voyager vers ce pays.<br>
       4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C... souffre de plusieurs pathologies pour lesquelles elle bénéficie en France d'un traitement lourd et d'un suivi régulier. Toutefois, les deux certificats médicaux qu'elle produit, qui se bornent à indiquer sans plus de précision que la prise en charge médicale dont elle a besoin n'est pas disponible en Albanie, et l'article de presse dont elle se prévaut, qui fait état de manière générale des lacunes du système de santé albanais, ne suffisent pas à établir qu'elle ne pourrait être effectivement soignée dans son pays. Dans ces conditions, le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas méconnu les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile rappelées au point 2. <br>
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       5. Il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par adoption des motifs retenus par les premiers juges. <br>
       6. Il résulte de ce qui précède que Mme C... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant au bénéfice des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et <br>
37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	La requête de Mme C... est rejetée.<br>
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Article 2 : 	Le présent arrêt sera notifié à Mme B... C... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie sera adressée au préfet d'Indre-et-Loire.<br>
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       Délibéré après l'audience du 4 février 2021, à laquelle siégeaient :<br>
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       - Mme Perrot, président de chambre <br>
       - Mme Brisson, président-assesseur,<br>
       - M. A..., premier conseiller.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2021.<br>
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Le rapporteur<br>
E. A...Le président<br>
I. PerrotLe greffier<br>
A. Martin       <br>
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       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 20NT01475<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**