# Conseil d'Etat, 6 SS, du 29 décembre 1997, 171119, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007947210
**Date de décision:** 1997-12-29
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 6 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007947210

## Contenu de la décision

<br>    Vu 1°/, sous le n° 171119, la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat les 19 juillet 1995 et 8 août 1995, présentés par M. Mohamed X..., demeurant ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 29 juin 1995 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 4 octobre 1994 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé son expulsion du territoire français ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir ladite décision ;<br>    Vu 2°/, sous le n° 172262, l'ordonnance en date du 7 août 1995, enregistrée au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat le 28 août 1995, par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 81 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, la demande présentée à ce tribunal par M. Mohamed X... ;<br>    Vu la demande, enregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux le 31 juillet 1995, présentée par M. X... et tendant à l'annulation du jugement du 29 juin 1995 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 4 octobre 1994 par laquelle le ministre del'intérieur a prononcé son expulsion du territoire français ensemble à l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision ;<br>    Vu les autres pièces des dossiers ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953, le décret n° 63-766 du 30 juillet 1963 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Seban, Maître des Requêtes,<br>    - les conclusions de M. Lamy, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que les requêtes de M. Mohamed X... sont dirigées contre le même jugement ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision :<br>    Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur ;<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 26 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée : "L'expulsion peut être prononcée ( ...) b) Lorsqu'elle constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique, par dérogation à l'article 25 ( ...)" ; qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., ressortissant algérien, s'est rendu coupable entre 1988 et 1992 notamment de recel, vol, vol avec violence et attentat à la pudeur commis avec violence, et a été condamné à des peines représentant au total plus de neuf ans d'emprisonnement ; qu'eu égard à la gravité et au caractère répété de ces infractions, le ministre de l'intérieur a pu légalement estimer, par l'arrêté attaqué du 4 octobre 1994, que l'expulsion du requérant constituait une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique ; que, nonobstant le fait que M. X... n'a pas d'attaches familiales dans le pays dont il possède la nationalité, qu'il réside en France depuis l'âge de 4 ans et que vivent également en France ses parents, ses frères et soeurs dont plusieurs possèdent la nationalité française, eu égard à la nature et à l'extrême gravité des faits qu'il a commis, la mesure d'expulsion prise à son encontre n'a pas porté à son droit au respect de la vie familiale une atteinte excédant ce qui était nécessaire à la défense de l'ordre public ; que, dès lors, l'arrêté attaqué n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Considérant que, si M. X... soutient qu'il est exposé à des risques en cas de retour dans son pays d'origine, en raison des liens de sa famille avec la France, la mesure d'expulsion contestée ne fixe pas, par elle-même, le pays à destination duquel le requérant doitêtre éloigné ; que, par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention précitée doit être écarté ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ;<br>Article 1er : Les requêtes de M. X... sont rejetées.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Mohamed X... et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 26
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-02 ETRANGERS - EXPULSION.