# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 4 février 1970, 68-13.982, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006981042
**Date de décision:** 1970-02-04
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006981042

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QUE, VERS 19 H 45, UN INCENDIE S'EST DECLARE DANS UN BATIMENT DE LA FERME DES EPOUX LADOUBLE, CAUSANT LA DESTRUCTION DE PLUSIEURS BATIMENTS, DE MATERIEL AGRICOLE ET DE RECOLTES;<br>
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 QUE LA COMPAGNIE D'ASSURANCE LE SECOURS AYANT INDEMNISE LES EPOUX X..., SES ASSURES, EN A DEMANDE LE REMBOURSEMENT A LA COOPERATIVE DE BATTAGE D'ESTERNAY, EN SOUTENANT QUE C'ETAIT LE TRACTEUR LUI APPARTENANT, SSERVANT A ENTRAINER LA BATTEUSE ET LA BOTTELEUSE, QUI ETAIT A L'ORIGINE DE L'INCENDIE;<br>
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ATTENDU, SELON L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE, QUE LE TRACTEUR, QUI FONCTIONNAIT DEPUIS LE MATIN, S'ETAIT ARRETE FAUTE DE CARBURANT VERS 17 HEURES, QUE LE CONDUCTEUR AVAIT REFAIT LE PLEIN DU RESERVOIR ET PROCEDE A LA REMISE EN MARCHE, EN FAISANT CHAUFFER LA BOULE DE MISE EN MARCHE, QU'AU COURS DE CETTE MANOEUVRE DU CARBURANT QUI AVAIT COULE DE CETTE BOULE S'ETAIT ENFLAMME, QUE D'APRES CERTAINS TEMOINS LES FLAMMES AURAIENT ATTEINT LE BAS DU TRACTEUR ET MEME LE SOL SOUS CELUI-CI, QU'IL ETAIT ETABLI QUE LE DEBUT DE L'INCENDIE AVAIT ETE COMPLETEMENT ETEINT PAR LES PERSONNES PRESENTES, PUISQUE LE TRACTEUR REMIS EN MARCHE, LES BATTAGES AVAIENT REPRIS PENDANT VINGT MINUTES, ENVIRON, LES OUVRIERS ALLANT DINER A CE MOMENT, QUE VERS 18 HEURES LE PERSONNEL DE LA COOPERATIVE AVAIT QUITTE LES LIEUX, SANS AVOIR REMARQUE QUOI QUE CE SOIT, QUE VERS 19 H 45 LES OUVRIERS DEMEURANT A LA FERME S'ETAIENT RENDU COMPTE QUE LE HANGAR BRULAIT;<br>
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ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR DEBOUTE LA COMPAGNIE LE SECOURS DE SA DEMANDE, AU MOTIF QUE LA PRUVE N'ETAIT PAS RAPPORTEE DU LIEN DE CAUSALITE ENTRE LE FONCTIONNEMENT DU TRACTEUR ET L'INCENDIE, ALORS QU'IL N'AURAIT ETE NULLEMENT ETABLI PAR LES ENQUETES, QUI AURAIENT ETE DENATUREES, QUE LE PREMIER INCENDIE AURAIT ETE COMPLETEMENT ETEINT, QUE LES PREMIERS JUGES N'AURAIENT PAS STATUE PAR DES MOTIFS DUBITATIFS, MAIS AURAIENT RETENU DES PRESOMPTIONS CONCORDANTES ET ALORS QUE LA COUR D'APPEL N'AURAIT PAS REPONDU AUX CONCLUSIONS DE LA COMPAGNIE LE SECOURS FAISANT ETAT DE FAITSCONSTITUTIFS DU LIEN DE CAUSALITE;<br>
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MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ENONCE QUE SI CERTAINS TEMOINS AVAIENT DECLARE QUE LE FEU QUI AVAIT PRIS SOUS LE TRACTEUR AVAIT DU SE COMMUNIQUER AUX HERBES OU A LA PAILLE POUVANT SE TROUVER SOUS LE TRACTEUR ET AVAIT ENSUITE COURU POUR ALLER ALLUMER LES PAILLES DU HANGAR, AUCUN D'EUX N'AVAIT ETE EN MESURE DE DIRE, AVEC CERTITUDE, SI CE CHEMINEMENT AVAIT ETE CONSTATE PAR EUX, QU'AU CONTRAIRE TOUS LES TEMOIGNAGES CONCORDAIENT POUR ETABLIR QUE L'INCIDENT DE 18 HEURES N'AVAIT EU AUCUNE SUITE, L'INCENDIE AYANT ETE COMPLETEMENT ETEINT, QUE LES PREMIERS JUGES AVAIENT A TORT DECIDE DE L'EXISTENCE DE PRESOMPTIONS GRAVES, PRECISES ET CONCORDANTES QUE L'INCENDIE AIT ETE CAUSE PAR LE FONCTIONNEMENT DEFECTUEUX DU TRACTEUR, QUE LA PREUVE N'ETAIT PAS RAPPORTEE DU LIEN DE CAUSALITE ENTRE LE FONCTIONNEMENT DU TRACTEUR ET L'INCENDIE;<br>
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ATTENDU QU'EN L'ETAT DES MOTIFS QU'ELLE ENONCE ET QUI, HORS DE TOUTE DENATURATION, RELEVENT DE L'EXERCICE DU POUVOIR SOUVERAIN QUI LUI APPARTENAIT POUR APPRECIER, DANS LEUR ENSEMBLE, LES ELEMENTS DE PREUVE QUI LUI ETAIENT SOUMIS, AINSI QUE LA VALEUR DES PRESOMPTIONS INVOQUEES, LA COUR D'APPEL, QUI N'ETAIT PAS TENUE DE SUIVRE LES PARTIES DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, A, SANS ENCOURIR LES CRITIQUES DU POURVOI, LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 2 JUILLET 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE REIMS.<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1957-03-22 Bulletin 1957 II N. 253 p. 168 (REJET) . CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1965-04-30 Bulletin 1965 II N. 386 p. 266 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 1922-11-07
**ECLI:** 
**Résumé:** Appréciant souverainement, dans leur ensemble, les éléments de preuve qui leur sont soumis et la valeur des présomptions invoquées, les juges du fond en déduisent si la preuve du lien de causalité est ou non rapportée.          Ils peuvent donc - après avoir analysé les témoignages et les circonstances de fait relatifs à l'incendie de bâtiments dans lesquels avait eu lieu un battage de récoltes à l'aide d'un tracteur servant à entrainer les diverses machines - estimer que la preuve n'était pas rapportée d'un lien de causalité entre le fonctionnement du tracteur et le sinistre, et, en conséquence, débouter l'assureur des bâtiments et récoltes de l'action qu'il avait formée contre le propriétaire du tracteur.
**Mots-clés:** RESPONSABILITE CIVILE - Lien de causalité - Preuve - Eléments de preuve - Appréciation souveraine des juges du fond.,* RESPONSABILITE CIVILE - Lien de causalité - Incendie - Tracteur - Tracteur utilisé lors d'un battage - Incendie d'un hangar.,* RESPONSABILITE CIVILE - Choses inanimées - Incendie (loi du 7 novembre 1922) - Cause - Preuve.,* INCENDIE - Immeuble - Battage - Tracteur - Lien de causalité - Appréciation souveraine des juges du fond.,* PREUVE EN GENERAL - Pouvoirs du juge - Valeur des preuves - Appréciation - Responsabilité civile - Incendie - Cause.,* RESPONSABILITE CIVILE - Lien de causalité - Entrepreneur de battage - Incendie des bâtiments d'exploitation d'une ferme - Tracteur entrainant la batteuse - Fonctionnement défectueux prétendu.