# Conseil d'Etat, 2 / 6 SSR, du 11 décembre 1998, 198149, mentionné aux tables du recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007981499
**Date de décision:** 1998-12-11
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2 / 6 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007981499

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête et le mémoire complémentaire enregistrés au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat le 22 juillet et 4 septembre 1998, présentés pour M. Victor X..., ayant demeuré à la maison d'arrêt d'Aix en Provence (13085) Aix en Provence ; M. X... demande que le Conseil d'Etat annule le décret en date du 23 décembre 1997 accordant son extradition aux autorités belges ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la Constitution ;<br>    Vu la convention européenne d'extradition du 13 décembre 1957 ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de Mme de Margerie, Maître des Requêtes,<br>    - les observations de Me Odent, avocat de M. X...,<br>    - les conclusions de M. Honorat, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 22 de la Constitution, "les actes du Premier ministre sont contresignés, le cas échéant, par les ministres chargés de leur exécution" ; que l'exécution d'un décret d'extradition ne requiert l'intervention d'aucune décision d'application relevant de la compétence du ministre de l'intérieur ; que, dès lors, le décret attaqué n'est pas entaché d'illégalité faute d'avoir été contresigné par ce ministre ;<br>    Considérant que l'extradition de M. Victor X... a été demandée par les autorités belges pour l'exécution d'une ordonnance d'internement pour viol sur mineur de 10 ans par ascendant, attentats à la pudeur avec violences ; que s'il soutient que cette demande n'est pas sans rapport avec le souci manifesté par les autorités publiques belges de rassurer l'opinion, cette circonstance n'est pas de nature à révéler une méconnaissance des règles de l'extradition selon lesquelles celle-ci ne doit pas être demandée dans un but politique ; que la motivation du décret attaqué n'est pas de nature à établir que son auteur aurait omis de rechercher si la demande avait un tel caractère ; que, dès lors, M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le décret attaqué les autorités françaises ont accordé son extradition au gouvernement belge ;<br>Article 1er : La requête de M. X... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Victor X... et au garde des sceaux, ministre de la justice.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** Décret 1997-12-23
**ECLI:** 
**Résumé:** 335-04-03-02        La circonstance qu'une demande d'extradition, pour l'exécution d'une ordonnance d'internement pour viol sur mineur de dix ans par ascendant et attentats à la pudeur avec violences, ne serait pas sans rapport avec le souci manifesté par les autorités publiques belges de rassurer l'opinion n'est pas de nature à révéler une méconnaissance des règles de l'extradition selon lesquelles celle-ci ne doit pas être demandée dans un but politique.
**Mots-clés:** 335-04-03-02 ETRANGERS - EXTRADITION - DECRET D'EXTRADITION - LEGALITE INTERNE -But politique - Absence - Souci des autorités publiques demandant l'extradition de rassurer l'opinion.