# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 2ème chambre - formation à 3, 08/12/2009, 08MA01962, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021924466
**Date de décision:** 2009-12-08
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021924466

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée par télécopie le 10 avril 2008 et régularisée le 15 avril 2008, présentée pour Mme Khadija A, née B élisant domicile ..., par la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel ; Mme A demande à la Cour :<br>
<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0704938 rendu le 26 février 2008 par le tribunal administratif de Montpellier qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 30 octobre 2007 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire national et à ce qu'il soit enjoint à cette autorité administrative, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; <br>
<br>
<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ladite décision et d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; <br>
<br>
<br>
<br>
       3°) de condamner l'Etat à payer,<br>
- en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, à la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel une somme de 1 196 euros en application de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement portant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle,<br>
- en l'absence d'admission à l'aide juridictionnelle, à Mme A  la somme de 1 196 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 novembre 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme Fedi, rapporteur,<br>
- et les conclusions de M. Brossier, rapporteur public ;<br>
       Considérant que Mme A, de nationalité marocaine, interjette appel du jugement rendu le 26 février 2008 par le tribunal administratif de Montpellier qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 30 octobre 2007 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire national et a fixé le Maroc comme pays de destination de la mesure d'éloignement ;<br>
       Sur la légalité :<br>
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, notamment d'un tableau récapitulatif des droits de l'appelante à l'assurance vieillesse agricole, que Mme A a travaillé plusieurs mois par an en France en tant qu'ouvrière agricole saisonnière en 1972, 1973 et 1974, puis chaque année à partir de 1976 jusqu'en 1996, date à laquelle elle s'est installée de manière permanente sur le territoire national ; que, dans ces conditions, eu égard à l'importance de la durée de son séjour en France, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée ; que, par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le moyen soulevée par l'appelante relatif à la régularité du jugement, Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande ; qu'il y a donc lieu d'annuler le jugement en date du 26 février 2008 et la décision du préfet de l'Hérault en date du 30 octobre 2007 ; <br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ;<br>
       Considérant qu'il y a lieu, en l'espèce, de prescrire au préfet de l'Hérault de délivrer à Mme A un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai de trois mois suivant la notification de la présente décision ; qu'il n'est pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
       Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
       Considérant que Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Dessalces-Ruffel, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée de 1 196 euros ; <br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 26 février 2008 et la décision du préfet de l'Hérault du 30 octobre 2007 sont annulés.<br>
<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à Mme A un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'arrêt.<br>
<br>
Article 3 : L'Etat versera à la SCP Dessalces-Ruffel, avocat de Mme A  la somme de 1 196 euros (mille cent quatre-vingt seize euros) en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ladite société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
<br>
Article 4 : Le surplus des conclusions de Mme A est rejeté.<br>
<br>
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à Mme Khadija A, au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire et à la SCP d'avocats Dessalces-Ruffel.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 08MA01962	2<br>
mtr<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**