# Conseil d'État,  2ème sous-section jugeant seule, 16/04/2010, 320015, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022155470
**Date de décision:** 2010-04-16
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 2ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022155470

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 25 août 2008 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Douadi A et Mme Malika A, demeurant ... ; M. et Mme A demandent au Conseil d'Etat : <br>
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              1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours dirigé contre la décision du consul général de France à Alger refusant un visa d'entrée en France à leur neveu, Nassim B ;<br>
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              2°) d'enjoindre au consul général de France à Alger de délivrer le visa sollicité sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France de réexaminer la demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;<br>
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              3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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              Vu la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;<br>
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              Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de M. Jérôme Marchand-Arvier, Maître des Requêtes,  <br>
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              - les conclusions de M. Frédéric Lenica, rapporteur public ;<br>
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              Considérant que M. et Mme A contestent le rejet implicite du recours qu'ils ont formé devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France à l'encontre de la décision du consul général de France à Alger refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en France à leur neveu Nassim B, de nationalité algérienne, né le 12 novembre 1993, recueilli légalement par M. et Mme A en vertu d'un acte de  kafala  établi le 9 avril 2006, homologué par ordonnance du président du tribunal d'Akbou (Algérie) rendue exécutoire par une ordonnance du président du tribunal de grande instance de Meaux du 20 mars 2007 ; <br>
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              Considérant que l'intérêt d'un enfant est, en principe, de vivre auprès de la personne qui, en vertu d'une décision de justice qui produit des effets juridiques en France, est titulaire à son égard de l'autorité parentale ; qu'ainsi, dans le cas où un visa d'entrée et de long séjour en France est sollicité en vue de permettre à un enfant de rejoindre un ressortissant français ou étranger qui a reçu délégation de l'autorité parentale dans les conditions qui viennent d'être indiquées, ce visa ne peut en règle générale, eu égard notamment aux stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant, être refusé pour un motif tiré de ce que l'intérêt de l'enfant serait au contraire de demeurer auprès de ses parents ou d'autres membres de sa famille ; qu'en revanche, et sous réserve de ne pas porter une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, l'autorité chargée de la délivrance des visas peut se fonder, pour rejeter la demande dont elle est saisie, non seulement sur l'atteinte à l'ordre public qui pourrait résulter de l'accès de l'enfant au territoire national, mais aussi sur le motif tiré de ce que les conditions d'accueil de celui-ci en France seraient, compte tenu notamment des ressources et des conditions de logement du titulaire de l'autorité parentale, contraires à son intérêt ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que si l'enfant Nassim B a toujours vécu en Algérie auprès de ses parents, les requérants, qui justifient de ressources et de conditions d'accueil suffisantes, disposent d'une délégation d'autorité parentale, qui a d'ailleurs été rendue exécutoire en droit français, pour prendre toutes mesures de tutelle et de prise en charge de cet enfant ; qu'ainsi, en l'absence de circonstances particulières, en estimant que l'intérêt de l'enfant était de demeurer dans son pays d'origine auprès de ses parents, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée ;<br>
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              Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution  ; que, eu égard aux motifs de la présente décision, qui n'impliquent pas nécessairement la délivrance d'un visa, il y a seulement lieu de prescrire au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire de réexaminer, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision, la demande de visa d'entrée et de long séjour de Nassim B ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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              Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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              Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. et Mme A de la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens ;<br>
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<br>D E C I D E :<br>
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Article 1er : La décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours de M. et Mme A contre la décision implicite du consul général de France à Alger refusant à leur neveu, M. Nassim B, un visa d'entrée et de long séjour en France est annulée.<br>
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Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire de réexaminer, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision, la demande de visa d'entrée et de long séjour présentée pour le jeune Nassim B.<br>
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Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme A la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.<br>
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Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A est rejeté.<br>
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Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme Douadi A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**