# Conseil d'Etat, 3ème sous-section jugeant seule, du 5 mai 2006, 270916, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008260722
**Date de décision:** 2006-05-05
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008260722

## Contenu de la décision

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              Vu, la requête enregistrée le 5 août 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES ALPES-MARITIMES  ; le PREFET DES ALPESMARITIMES demande au Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 25 juin 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a annulé son arrêté du 7 juin 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Oualid A et la décision du même jour fixant le pays de destination de la reconduite  ;
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              2°) de rejeter la demande présentée par M. A devant le tribunal administratif de Nice  ;
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                   Vu les autres pièces du dossier  ;
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                   Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - le rapport de M. Laurent Touvet, Maître des Requêtes,
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              - les conclusions de M. François Séners, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté contesté  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Oualid A, de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 13 février 2004, de la décision du PREFET DES ALPES-MARITIMES du 10 février 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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              Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. YXa fait valoir que sa présence en France était nécessaire pour assister son père qui y résidait régulièrement depuis de longues années et dont l'état de santé requérait l'assistance d'une tierce personne  ; que si M. YXest célibataire et sans enfant, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il était le seul membre de sa famille en France susceptible d'apporter une aide à son père, alors âgé de 63 ans et aux ressources modestes, dont le handicap physique, attesté par de nombreux certificats médicaux et évalué à 67 %, nécessitait, jusqu'à son décès en 2005, une assistance quotidienne  ; que, dans ces conditions, en prenant l'arrêté de reconduite à la frontière de M. A, le PREFET DES ALPES-MARITIMES a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DES ALPESMARITIMES n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a annulé l'arrêté attaqué  ;
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              Sur les conclusions de M. A tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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              Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat 1 000 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête du PREFET DES ALPES-MARITIMES est rejetée.
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     Article 2  : L'Etat versera à M. A 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DES ALPES-MARITIMES, à M. Oualid A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**