# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 18 février 2005, 267313, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008215568
**Date de décision:** 2005-02-18
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008215568

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 6 mai 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Sevket X, demeurant chez ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 18 février 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif  de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 février 2004 par lequel le préfet de l'Essonne a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu la loi du 25 juillet 1952 modifiée relative au droit d'asile  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Nicolas Boulouis, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ...  ; 
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                Considérant que M. X, de nationalité turque, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification de la décision du 22 mai 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il se trouve ainsi dans le cas où le préfet peut décider sa reconduite à la frontière sur le fondement des dispositions législatives précitées  ;
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                Sur le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde et des droits de l'homme  et des libertés fondamentales  :
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                Considérant que M. X fait valoir qu'il réside en France depuis 2000  ; qu'un de ses frères a acquis la nationalité française et vit sur le territoire français, qu'un autre, titulaire d'une carte de réfugié, y séjourne aussi régulièrement, qu'il s'est marié avec une compatriote et qu'ils ont eu un enfant  ; qu'il produit un récépissé en date du 19 janvier 2004 attestant que son épouse avait déposé une demande d'asile territorial en 2001, sans que celle-ci établisse que cette demande demeurerait pendante et n'aurait pas fait l'objet d'une décision implicite de rejet, comme l'a relevé le jugement attaqué, alors d'ailleurs que la demande d'asile politique de l'intéressé avait été préalablement rejetée  ; qu'ainsi il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de M. X en France, du fait que la plupart de ses frères et soeurs résident encore en Turquie, du fait que son épouse, également en situation irrégulière, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de l'Essonne en date du 10 février 2004 n'a pas porté une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a pas méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Sur le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde et des droits de l'homme  et des libertés fondamentales  :
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                Considérant que le moyen tiré de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales visant les risques encourus en cas de retour de M. X dans son pays d'origine est inopérant à l'encontre de l'arrêté de reconduite à la frontière  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. GUNDUZ n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande  ;
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<br>			D E C I D E  :
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                			--------------
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Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Sevket X, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**