# CAA de NANTES, 1ère chambre, 13/09/2018, 17NT03453, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000037403868
**Date de décision:** 2018-09-13
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000037403868

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A... a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2016 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.<br>
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      Par un jugement n° 1700062 du 26 mai 2017, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2017, M. A..., représenté par Me C..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de procéder à un réexamen de sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification de l'arrêt à intervenir ; <br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour a été signée par une autorité incompétente, méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; la préfète n'a pas examiné d'une manière complète sa situation personnelle ;<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente, est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision fixant le pays de renvoi a été signée par une autorité incompétente, est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2018, la préfète de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.<br>
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       Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.<br>
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       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 octobre 2017.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ; <br>
        - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Geffray.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M.A..., de nationalité tunisienne, né le 21 février 1984, entré en France le 3 août 2015 en étant muni d'un vise de court séjour, a demandé le 24 mai 2016, un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle. Par arrêté du 21 novembre 2016, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 26 mai 2017, la préfète de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi. M. A...relève appel de ce jugement.<br>
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      2. En application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il appartient à l'autorité administrative qui envisage de refuser un titre de séjour à un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise. Si le préfet peut tenir compte de ce que le ressortissant étranger ne pouvait légalement entrer en France pour y séjourner qu'au seul bénéfice du regroupement familial et qu'il n'a pas respecté cette procédure, cette circonstance ne saurait, à elle seule, établir l'absence d'atteinte disproportionnée.<br>
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      3. La préfète de la Loire-Atlantique, pour refuser la demande de délivrance d'un titre de séjour, s'est fondée sur ce que cette décision ne méconnaissait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que M. A...pouvait rejoindre son pays d'origine dans l'attente de l'issue de la procédure de demande de regroupement familial que son conjoint pourrait engager lorsqu'il remplirait les conditions pour en bénéficier. Il résulte toutefois des conditions du séjour de M. A... en France, et notamment du fait qu'il s'est marié le 8 avril 2016 en France avec une compatriote, titulaire d'une carte de résident d'une durée de validité de dix ans, que le refus de titre de séjour, dans les circonstances particulières de l'espèce, porte une atteinte disproportionnée à la vie familiale de M.A..., au regard des buts en vue desquels il a été pris, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doit être annulée. Il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire français et celle désignant le pays de renvoi d'office.<br>
  	4. Il résulte de ce qui précède que M. A...est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande<br>
      Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :<br>
      5. Eu égard au motif d'annulation, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Loire-Atlantique de délivrer à M. A...un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte. <br>
      Sur les frais liés au litige:<br>
        6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à MeC..., conseil de M.A..., d'une somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à l'article 108 du décret du 19 décembre 1991.<br>
DECIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Nantes du 26 mai 2017 et l'arrêté de la préfète de la Loire-Atlantique du 21 novembre 2016 sont annulés.<br>
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Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Loire-Atlantique de délivrer à M. A...un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. <br>
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros au titre des dispositions des <br>
articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 à <br>
MeC..., conseil de M.A....<br>
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A...est rejeté.<br>
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Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. B...A...et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur. Une copie sera transmise à la préfète de la Loire-Atlantique.<br>
       Délibéré après l'audience du 30 août 2018, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Bataille, président de chambre,<br>
       - M. Geffray, président assesseur,<br>
       - Mme Malingue, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique, le 13 septembre 2018.<br>
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Le rapporteur,<br>
J.-E. GeffrayLe président,<br>
 F. Bataille       <br>
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Le greffier,<br>
A. Rivoal<br>
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       La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 17NT03453<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**