# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 6 mai 1982, 81-12.007, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007010112
**Date de décision:** 1982-05-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007010112

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE, STATUANT EN REFERE, D'AVOIR DECLARE QUE MME Y... ET TROIS AUTRES SALARIES DE M X..., ARCHITECTE, AUQUEL ETAIENT CONFIES, DEPUIS PLUSIEURS ANNEES, LES TRAVAUX D'ENTRETIEN DES IMMEUBLES DE LA SAMARITAINE, ETAIENT PASSES AU SERVICE DE LA SOCIETE RELIEF, QUI AVAIT, A PARTIR DU 6 OCTOBRE 1980, SUCCEDE A CELUI-CI DANS CE TRAVAIL, ALORS QUE, D'UNE PART, M X... ETAIT INSCRIT A L'ORDRE DES ARCHITECTES, ET EXERCAIT UNE PROFESSION LIBERALE, ET QUE LA SOCIETE RELIEF AVAIT UN STATUT JURIDIQUE ET UN OBJET DIFFERENTS, ET QU'A DEFAUT DE CESSION DE CLIENTELE, IL N'Y AVAIT AUCUNE CONTINUITE JURIDIQUE ENTRE EUX ;<br>
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 ALORS QUE, D'AUTRE PART, M X..., AYANT APRES LE 6 OCTOBRE 1980, POURSUIVI LA SURVEILLANCE DES CHANTIERS QUI LUI AVAIENT ETE CONFIES AUPARAVANT ET TOUS SES SALARIES AYANT CONSERVE LEURS ATTRIBUTIONS, IL N'Y AVAIT EU AUCUN TRANSFERT DE POSTES DE TRAVAIL ;<br>
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 ET ALORS QU'ENFIN, IL EXISTAIT SUR L'APPLICATION DE L'ARTICLE L 122-12 DU CODE DU TRAVAIL UNE DIFFICULTE SERIEUSE EXCEDANT LES POUVOIRS DU JUGE DES REFERES ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE A RELEVE QUE LE SERVICE DE L'ENTRETIEN DE CET ENSEMBLE D'IMMEUBLES REPRESENTAIT LA PLUS GRANDE PARTIE DE L'ACTIVITE DE M X..., QUI Y OCCUPAIT PRESQUE EXCLUSIVEMENT LES SALARIES INTERESSES ET QUE CETTE ACTIVITE AVAIT ETE CONTINUEE, AVEC LES MEMES EMPLOIS, PAR LA SOCIETE RELIEF ;<br>
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 QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS, DES LORS QU'IL N'EXISTAIT AUCUNE CONTESTATION SERIEUSE SUR L'APPLICATION DE L'ARTICLE L 122-12 DU CODE DU TRAVAIL, LA COUR D'APPEL A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION, PEU IMPORTANT QUE L'EXPLOITATION EUT ETE POURSUIVIE SOUS UNE AUTRE FORME JURIDIQUE PAR LA SOCIETE RELIEF, QU'IL N'Y EUT AUCUN LIEN DE DROIT ENTRE CELLE-CI ET M X..., NI QUE LES SALARIES, QUE LA SOCIETE AVAIT REFUSE DE GARDER A SON SERVICE, EUSSENT CONTINUE JUSQU'A L'ACHEVEMENT DES TRAVAUX EN COURS A TRAVAILLER POUR M DENIS ;<br>
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QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : LE REJETTE ;<br>
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MAIS SUR LE SECOND MOYEN : VU L'ARTICLE L 122-14-4 DU CODE DU TRAVAIL ;<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET A CONFIRME L'ORDONNANCE QUI AVAIT ORDONNE L'INTEGRATION IMMEDIATE DE CES QUATRE SALARIES AU SEIN DE LA SOCIETE RELIEF ;<br>
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ATTENDU, CEPENDANT, QU'IL RESULTE DE L'ARTICLE L 122-14-4 DU CODE DU TRAVAIL QUE LA REINTEGRATION DES SALARIES LICENCIES SANS CAUSE REELLE ET SERIEUSE N'EST POSSIBLE QUE SI L'EMPLOYEUR NE S'Y REFUSE PAS ;<br>
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QU'EN STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, ALORS QU'IL RESULTE DE CES CONSTATATIONS QUE LA SOCIETE RELIEF AVAIT, EN S'OPPOSANT A CE QUE CES SALARIES REPRENNENT LEUR TACHE, ROMPU LEUR CONTRAT DE TRAVAIL ET REFUSAIT DE LES REPRENDRE A SON SERVICE, LA COUR D'APPEL A VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A ORDONNE LA REINTEGRATION DES SALARIES DANS LA SOCIETE RELIEF, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 26 JANVIER 1981 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS ;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE VERSAILLES.<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale) 1979-07-09 Bulletin 1979 V N. 632 p. 461 (CASSATION)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle Cassation
**Lois appliquées:** Code du travail L122-12
**ECLI:** 
**Résumé:** En l'état de ses constatations selon lesquelles le service d'entretien d'un ensemble d'immeubles représentait la plus grande partie de l'activité d'un architecte qui y occupait presque exclusivement quatre de ses salariés et que cette société avait été reprise et continuée avec les mêmes emplois par une autre société, il ne saurait être fait grief à une Cour d'appel, statuant en référé, d'avoir déclaré que ces quatre salariés étaient passés au service de la seconde société, dès lors qu'il n'existait aucune contestation sérieuse sur l'application de l'article L 122-12 du Code du travail, peu important que l'exploitation eut été poursuivie sous une autre forme juridique par la société, qu'il n'y eut aucun lien de droit entre celle-ci et l'architecte, ni que les salariés, que la société avait refusé de garder à son service, eussent continué à travailler pour l'architecte jusqu'à l'achèvement des travaux en cours.,La réintégration des salariés licenciés sans cause réelle et sérieuse n'est possible que si l'employeur ne s'y refuse pas.          Par suite encourt la cassation la décision qui ordonne la réintégration immédiate de salariés alors qu'il résulte de ses constatations que l'employeur avait, en s'opposant à ce que les intéressés reprennent leur tâche, rompu leur contrat de travail et refusait de les reprendre à son service.
**Mots-clés:** 1) CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Continuation du contrat de travail - Conditions - Poursuite de la même entreprise - Activité du successeur - Reprise de la plus grande partie de l'activité du prédécesseur.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Continuation du contrat de travail - Conditions - Nécessité d'un lien de droit entre le nouvel et l'ancien employeur (non).,* CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Continuation du contrat de travail - Conditions - Poursuite de la même entreprise - Exploitants successifs du service d'entretien d'un ensemble d'immeubles - Reprise de la plus grande partie de l'activité du précédent exploitant.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Cession de l'entreprise - Continuation du contrat de travail - Conditions - Poursuite de l'exploitation sous une autre forme juridique - Effet.,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Cause - Cause réelle et sérieuse - Absence - Réintégration du salarié - Conditions - Acceptation de l'employeur.