# CAA de LYON, 1ère chambre - formation à 3, 01/12/2015, 14LY03484, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000031569477
**Date de décision:** 2015-12-01
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000031569477

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
       Procédure contentieuse antérieure : <br>
<br>
       M. A...B...a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du préfet du Rhône du 27 décembre 2013 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office.<br>
<br>
       Par un jugement n° 1402611 du 17 juillet 2014, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
<br>
       Procédure devant la cour : <br>
<br>
       Par une requête enregistrée le 17 novembre 2014, M. B...demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon du 17 juillet 2014 ; <br>
<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision portant refus de titre de séjour du 27 décembre 2013 ; <br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir ; <br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
<br>
       Il soutient que le refus de délivrance de titre de séjour méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que l'obligation de quitter le territoire français a été prise en violation des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.<br>
       Par un mémoire enregistré le 3 novembre 2011, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B...au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
       Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé et que ses conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables.<br>
<br>
       M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 octobre 2014.<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
<br>
       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant du 20 novembre 1989, signée par la France le 26 janvier 1990 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
<br>
       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
<br>
       A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Picard.<br>
<br>
       1. Considérant que M.B..., ressortissant de la République démocratique du Congo, né en 1972 et entré irrégulièrement en France en janvier 2011, relève appel du jugement du 17 juillet 2014 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du préfet du Rhône du 27 décembre 2013 portant refus de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des article L. 313-11, 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de renvoi ;<br>
<br>
<br>
       Sur la légalité du refus de titre de séjour : <br>
<br>
       2. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) " ;<br>
       3. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
       4. Considérant que M. B...est entré irrégulièrement en France à l'âge de trente-huit ans, moins de trois ans avant la date de l'arrêté en litige, après avoir passé la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine, où résident notamment ses parents, ses six frères et soeurs ainsi que quatre de ses enfants mineurs ; que si M. B...se prévaut de son concubinage sur le territoire français, depuis début 2011, avec une ressortissante mauricienne titulaire d'une carte de résident de dix ans avec laquelle il a eu deux enfants nés, respectivement, en avril 2012 et décembre 2013, qui est également mère d'un enfant français né en 2008 d'une précédente union avec un ressortissant français dont elle est séparée, l'existence d'une vie de couple antérieure à 2012 n'est pas attestée ; que, par ailleurs, l'intéressé ne pouvait ignorer, dès le début de cette relation, que, en l'absence de droit au séjour, ses perspectives d'installation en France étaient incertaines alors que, malgré une première obligation de quitter le territoire français, dont il a fait l'objet le 28 août 2012, il s'est maintenu sur le territoire ; que, dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et même s'il s'est constitué un réseau de relations amicales et souhaite demeurer en France pour subvenir aux besoins de la famille, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis ; que, dès lors, cette décision n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
<br>
       5. Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "  I. - L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : (...) / 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré (...) " ; <br>
       6. Considérant que M. B...s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour par décision du 27 décembre 2013 ; qu'ainsi, à cette date, il était dans le cas prévu par les dispositions du 3° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut faire obligation à un étranger de quitter le territoire français ; <br>
       7.  Considérant, en second lieu, qu'aux termes du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait (...) des tribunaux, des autorités administratives (...), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale " ; qu'il résulte de ces dernières stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ; qu'elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation ;<br>
       8. Considérant que M. B...fait valoir que l'obligation de quitter le territoire français impliquera nécessairement une séparation des enfants avec l'un des membres du couple dès lors que sa compagne, qui possède une nationalité différente de la sienne, qui est mère d'un enfant français scolarisé en France, détient un titre de séjour de dix ans ; qu'il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que l'intéressé, également père de quatre autres enfants mineurs vivant en République démocratique du Congo et dont rien ne permet de dire qu'il aurait perdu tout contact avec eux, ne pourrait pas reconstituer son foyer dans son pays d'origine ; qu'il n'apparaît pas davantage que le père de l'enfant français de sa compagne, dispensé de pension alimentaire, participerait effectivement à son entretien ni qu'il exercerait effectivement le droit de visite et d'hébergement dont il est titulaire ou qu'il aurait des contacts réguliers avec son enfant ; qu'ainsi, en l'espèce, la décision obligeant M. B...à quitter le territoire français n'a pas méconnu les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
<br>
       9. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ; que ses conclusions aux fins d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, être rejetées ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le préfet du Rhône sur ce dernier fondement ; <br>
<br>
<br>
DECIDE :<br>
<br>
<br>
Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet du Rhône a titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Rhône. <br>
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2015, à laquelle siégeaient :<br>
M. Clot, président de chambre,<br>
M. Picard, président-assesseur,<br>
Mme Vaccaro-Planchet, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 1er décembre 2015.<br>
<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
1<br>
2<br>
N° 14LY03484	<br>
mg<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.