# Conseil d'Etat, 3 SS, du 20 décembre 2000, 219237, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008044779
**Date de décision:** 2000-12-20
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008044779

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 22 mars 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS ; le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande que le Conseil d'Etat :<br>    1°) annule le jugement du 22 décembre 1999 par lequel le conseiller délégué par la président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 9 octobre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Zoran X... ;<br>    2°) rejette la demande présentée par M. X... devant ce tribunal ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de Mme Burguburu, Conseiller d'Etat,<br>    - les conclusions de M. Austry, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...) " ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Zoran X..., qui est de nationalité yougoslave, s'est maintenu sur le territoire national plus d'un mois à compter de la notification, le 18 février 1998, de l'arrêté du 5 février 1998 par lequel le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger ;<br>    Considérant que si M. X... fait valoir que ses parents vivent en France depuis 1973 et que son épouse, également de nationalité yougoslave, y réside depuis 1980 en situation régulière, il ressort des pièces du dossier que ses enfants demeurent en Yougoslavie où lui-même séjourne fréquemment ; que son épouse pourra éventuellement solliciter le bénéfice du regroupement familial ; que, par suite compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, dès lors, c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur une telle méconnaissance pour annuler l'arrêté du 9 octobre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;<br>    Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner le moyen soulevé par M. X... dans sa demande de première instance à l'encontre de la décision distincte contenue dans l'article 2 de l'arrêté du 9 octobre 1998 et qui doit être regardée, dans les termes où elle est rédigée, comme fixant la Yougoslavie comme pays de destination ;<br>    Considérant que M. X... se borne à alléguer sans autre précision, qu'en cas de retour en Yougoslavie il pourrait être mobilisé dans les forces armées ; que, dès lors, la décision distincte, contenue dans l'arrêté du 9 octobre 1998, de le reconduire à destination du pays dont il a la nationalité ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui prohibe les peines et traitements inhumains ou dégradants ;<br>
<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 9 octobre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;<br>Article 1er : Le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris endate du 22 décembre 1999 est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, à M. Zoran X... et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 1998-02-05,Arrêté 1998-10-09 art. 2,Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.