# Cour administrative d'appel de Bordeaux, du 15 février 1991, 89BX01347, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007474269
**Date de décision:** 1991-02-15
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Bordeaux
**Formation:** 
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007474269

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 31 mars 1989, présentée pour M. Jacques Y... demeurant à Accous (64820) ; M. Y... demande à la cour :<br>    1°) d'annuler le jugement en date du 10 janvier 1989 par lequel le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à ce que l'Etat soit déclaré responsable du préjudice résultant de la dépréciation subi par son immeuble sis à Pau et soit condamné à lui verser 406.369,84 F au titre de ladite dépréciation, 30.000 F au titre de la perte de loyer, 10.000 F au titre du préjudice moral, 10.000 F au titre des troubles de jouissance ;<br>    2°) de condamner l'Etat à lui payer 406.369,84 F pour les travaux rendus nécessaires, 6.000 F par an au titre de la perte de loyers du 1er janvier 1989 au jour de la décision à intervenir, 10.000 F au titre du préjudice moral et 10.000 F pour les troubles de jouissance, 5.000 F au titre de l'article R 222 du code des tribunaux administratifs et des Cours administratives d'appel ;<br>    3°) d'ordonner une expertise pour chiffrer la dépréciation de l'immeuble ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 janvier 1991 :<br>    - le rapport de M. X..., président-rapporteur, - les observations de Me LECHEVALLIER, avocat de M. Y... ; - et les conclusions de M. de MALAFOSSE, commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction, notamment de la lettre en date du 22 décembre 1981 adressée au requérant par le subdivisionnaire de la direction départementale de l'équipement, subdivision Pau-Ouest, que l'administration a assuré à M. Y... que, s'il acceptait la cession à l'amiable du terrain nécessaire à l'aménagement d'une voie pour poids lourds sur la R.N. 134, elle réaliserait l'accès à sa propriété par la construction conformément à ses souhaits d'une voie carrossable de 3,00 m de largeur avec accotements de 0,50 m qui passerait au sud de sa grange sur les parcelles 129 et 130 ; que M. Y..., se fondant sur ces assurances, a accepté de céder à l'amiable le terrain en question ; que lors de la réalisation des travaux d'élargissement de la R.N. 134, l'administration a retenu notamment pour des raisons de sécurité un autre tracé pour la réalisation du chemin d'accès à la propriété du requérant ;<br>    Considérant que si l'administration, en lui donnant des assurances précises dont elle ne pouvait ignorer qu'elle ne pourrait les respecter, a induit en erreur M. Y... et commis une faute de service de nature à engager la responsabilité de l'Etat, il ne résulte pas de l'instruction que cette faute ait causé un préjudice au requérant ; qu'en particulier M. Y... ne saurait demander la réparation des dommages que lui a causé l'élargissement de la R N 134 lesquels ne présentent pas un caractère anormal et spécial excédant la gène que doivent supporter les riverains des voies publiques ; qu'il ne saurait pas plus demander le paiement du coût des travaux qu'il envisage d'entreprendre pour aménager un autre accès à sa propriété, lesdits travaux n'étant pas la conséquence directe de la faute commise par l'administration ; qu'enfin, si le requérant soutient que l'attitude de l'administration a entraîné une diminution de la valeur vénale de son immeuble et des pertes de loyers et lui a causé un préjudice moral et des troubles de jouissance, il n'assortit ses allégations d'aucun commencement de justification ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. Y... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande ;<br>    Considérant qu'il n'y a pas lieu dans les circonstance de l'espèce de faire droit aux conclusions du requérant aux fins que l'Etat soit condamné à lui payer les frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens ;<br>Article 1er : La requête de M. Jacques Y... est rejetée.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 60-01-02-02 RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - FAITS SUSCEPTIBLES OU NON D'OUVRIR UNE ACTION EN RESPONSABILITE - FONDEMENT DE LA RESPONSABILITE - RESPONSABILITE POUR FAUTE,60-01-03-03 RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - FAITS SUSCEPTIBLES OU NON D'OUVRIR UNE ACTION EN RESPONSABILITE - AGISSEMENTS ADMINISTRATIFS SUSCEPTIBLES D'ENGAGER LA RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - PROMESSES,60-04-01-01-01 RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - REPARATION - PREJUDICE - ABSENCE OU EXISTENCE DU PREJUDICE - ABSENCE