# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 2ème Chambre, 15/12/2009, 09NT00706, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021497034
**Date de décision:** 2009-12-15
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 2ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021497034

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 20 mars 2009, présentée pour M. Florian X, demeurant ..., par Me Menigoz, avocat au barreau de Paris ; M. X demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 08-855 du 20 janvier 2009 par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales du 29 janvier 2008 lui retirant la totalité des points de son permis de conduire et l'informant de la perte de validité de ce titre ;<br>
<br>
       2°) d'annuler ladite décision ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les points retirés affectés à son permis de conduire dans le délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
<br>
       4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
.....................................................................................................................<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu le code de la route ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 16 novembre 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de M. d'Izarn de Villefort, premier conseiller ;<br>
<br>
       - et les conclusions de M. Degommier, rapporteur public ;<br>
<br>
<br>
       Considérant que, par décision du 29 janvier 2008, le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales a retiré, consécutivement à l'infraction commise par l'intéressé le 16 juillet 2006, la totalité des points du permis de conduire de M. X et l'a informé de la perte de validité de ce titre ; que M. X relève appel du jugement du 20 janvier 2009 par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision ;<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article R. 611-1 du code de justice administrative : (...) La requête, le mémoire complémentaire annoncé dans la requête et le premier mémoire de chaque défendeur sont communiqués aux parties avec les pièces jointes (...). / Les répliques, autres mémoires et pièces sont communiqués s'ils contiennent des éléments nouveaux ; qu'il résulte de ces dispositions, destinées à garantir le caractère contradictoire de l'instruction, que la méconnaissance de l'obligation de communiquer le premier mémoire d'un défendeur est en principe de nature à entacher la procédure d'irrégularité ; qu'il n'en va autrement que dans le cas où il ressort des pièces du dossier que, dans les circonstances de l'espèce, cette méconnaissance n'a pu préjudicier aux droits des parties ;<br>
<br>
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier de première instance que le mémoire en défense du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, auquel était annexée une copie du procès-verbal de l'infraction susmentionnée dressé à l'encontre du requérant et sur laquelle le jugement rendu se fonde, n'a pas été communiqué à M. X, dont les conclusions ont été rejetées par le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Nantes ; que ce dernier a ainsi méconnu l'obligation posée par l'article R. 611-1 du code de justice administrative ; que, par suite, le jugement attaqué est intervenu à la suite d'une procédure irrégulière et doit être annulé ;<br>
<br>
       Considérant qu'il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par M. X devant le Tribunal administratif de Nantes ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif. ; qu'aux termes de l'article R. 223-3 du même code : I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affectés au permis de conduire de l'auteur de cette infraction et en informe ce dernier par lettre simple (...) ;<br>
<br>
       Considérant qu'il appartient à l'administration d'apporter la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information prévue par les dispositions précitées, cette preuve pouvant être apportée par tout moyen ; que les procès-verbaux établis par les officiers ou agents de police judiciaire pour constater des infractions au code de la route font foi jusqu'à preuve contraire en ce qui concerne la constatation des faits constitutifs des infractions ; que la mention portée sur ces procès-verbaux selon laquelle le contrevenant a reçu l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'est pas revêtue de la même force probante ; que néanmoins, même contredite par le contrevenant, cette indication peut emporter la conviction du juge si elle est corroborée par d'autres éléments ;<br>
<br>
       Considérant que le ministre produit un procès-verbal établi le jour même de l'infraction commise par M. X le 16 juillet 2006, lequel est revêtu de la signature du contrevenant portée sous la mention selon laquelle il a reconnu avoir reçu l'information requise sur le retrait de points qu'il encourait à raison de son infraction ; que, par suite, l'appelant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du retrait de six points correspondant à cette infraction ;<br>
<br>
       Considérant ainsi que le solde de points du permis de conduire de l'intéressé était nul lorsque le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, par sa décision du 29 janvier 2008, l'a informé de la perte de validité de ce titre ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la demande de M. X devant le Tribunal administratif de Nantes doit être rejetée ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
<br>
       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions sus-analysées ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
<br>
       Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. X la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	Le jugement du 20 janvier 2009 du magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Nantes est annulé.<br>
Article 2 :	La demande de M. X devant le Tribunal administratif de Nantes et le surplus de ses conclusions devant la Cour sont rejetés.<br>
Article 3 :	Le présent arrêt sera notifié à M. Florian X et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales. <br>
            Une copie en sera, en outre, adressée au préfet de la Sarthe.<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 09NT00706 2<br>
1<br>
<br>
N° 3<br>
1<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**