# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 27 octobre 1969, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006981131
**Date de décision:** 1969-10-27
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006981131

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN :<br>
    ATTENDU QUE, SELON L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE, MIALHES, CONDUISANT SA VOITURE SUR UNE VOIE URBAINE, OBLIQUA A GAUCHE ET TRAVERSA LA CHAUSSEE POUR PENETRER DANS UN PARKING SITUE SUR SA GAUCHE, LORSQU'IL ENTRA EN COLLISION AVEC X..., QUI, MONTE SUR SON VELOMOTEUR, SURVENAIT EN SENS INVERSE ;<br>
 QUE X..., QUI N'AVAIT PAS PERDU L'EQUILIBRE ET N'AVAIT PAS ETE BLESSE, DESCENDIT DE SA MACHINE ET SE DIRIGEA, A PIED, VERS LE PARKING, POUR INTERPELLER MIALHES, MAIS QU'IL TOMBA FRAPPE D'APOPLEXIE ET MOURUT QUELQUES HEURES PLUS TARD ;<br>
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 QUE LES CONSORTS X... ONT ASSIGNE MIALHES EN REPARATION DE LEUR PREJUDICE, EN FONDANT LEUR ACTION SUR LES ARTICLES 1382 ET 1384 ALINEA 1 DU CODE CIVIL ;<br>
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 QUE LA CAISSE AUTONOME DE SECURITE SOCIALE DE LA SOCIETE NATIONALE DES CHEMINS DE FER FRANCAIS EST INTERVENUE DANS L'INSTANCE ;<br>
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   ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR RETENU POUR PARTIE LA RESPONSABILITE DE MIALHES DANS LA COLLISION EN RAISON DE SA FAUTE, ALORS QU'IL RESULTAIT DES CONSTATATIONS DE L'ARRET QU'IL AVAIT EFFECTUE SA MANOEUVRE CORRECTEMENT ET QUE L'ACCIDENT SERAIT DU EN CONSEQUENCE A LA FAUTE EXCLUSIVE DE LA VICTIME ;<br>
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   MAIS ATTENDU QUE L'ARRET CONSTATE QUE, CIRCULANT SUR UNE ARTERE TRES FREQUENTEE, MIALHES A EFFECTUE UNE MANOEUVRE PERTURBATRICE DANGEREUSE CONSISTANT A COUPER LA VOIE RESERVEE AUX USAGERS VENANT EN SENS INVERSE, QU'IL DEVAIT AU PREALABLE S'ASSURER QU'IL POUVAIT ACCOMPLIR CETTE MANOEUVRE SANS DANGER ;<br>
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 QU'AYANT VU ARRIVER LE VELOMOTEUR A VIVE ALLURE, IL ETAIT TENU DE LUI CEDER LE PASSAGE ;<br>
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 QUE DE CES CONSTATATIONS ET ENONCIATIONS, LA COUR D'APPEL A PU DEDUIRE QUE MIALHES AVAIT COMMIS UNE FAUTE ;<br>
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   D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
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   SUR LE DEUXIEME MOYEN :<br>
    ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR CONSIDERE QU'IL EXISTAIT UNE RELATION DE CAUSE A EFFET ENTRE LA FAUTE DE MIALHES ET LE DECES DE X... AU MOTIF QUE LA COLLISION AURAIT PU PROVOQUER UNE EMOTION CHEZ CELUI-CI DONT LA SANTE ETAIT GRAVEMENT ALTEREE, ALORS QUE CETTE CAUSE SERAIT HYPOTHETIQUE ET QU'IL NE SERAIT PAS ETABLI QUE LE PREJUDICE SOIT LA CONSEQUENCE NECESSAIRE DE LA FAUTE ;<br>
   MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL A ADOPTE LES CONCLUSIONS DE L'EXPERTISE EN CE QU'ELLES DECLARAIENT QUE L'ACCIDENT ETAIT POUR PARTIE LA CAUSE DU DECES ;<br>
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 QUE PAR CETTE APPRECIATION QUI N'A AUCUN CARACTERE HYPOTHETIQUE, LA DECISION EST, DE CE CHEF, LEGALEMENT JUSTIFIEE ;<br>
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   MAIS SUR LE TROISIEME MOYEN :<br>
    VU L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ;<br>
   ATTENDU QUE LES ARRETS QUI NE CONTIENNENT PAS LES MOTIFS SONT DECLARES NULS ;<br>
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 QUE LA CONTRADICTION ENTRE LES MOTIFS EQUIVAUT AU DEFAUT DE MOTIFS ;<br>
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   ATTENDU QU'AYANT ADOPTE LES CONCLUSIONS DE L'EXPERTISE D'APRES LESQUELLES L'ACCIDENT N'AVAIT ETE QUE POUR PARTIE LA CAUSE DU DECES, LA COUR D'APPEL NE POUVAIT SANS CONTRADICTION DECIDER QUE L'INDEMNITE CORRESPONDANT A LA PART DE RESPONSABILITE INCOMBANT A MIALHES SERAIT CALCULEE SUR LA TOTALITE DU PREJUDICE ;<br>
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   PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU MOYEN, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE MONTPELLIER, LE 13 JUIN 1967 ;<br>
 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE NIMES.<br>
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N° 67-14.236. MIALHES C/ VEUVE X... ET AUTRES. PRESIDENT : M. DROUILLAT. - RAPPORTEUR : M. SELTENSPERGER. - AVOCAT GENERAL : M. ALBAUT. - AVOCATS : MM. BROUCHOT ET ROUVIERE. A RAPPROCHER : SUR LE N° 1 : 2E CIV., 7 JANVIER 1966, BULL. 1966, II, N° 22, P. 16 (REJET). SUR LE N° 2 : 2E CIV., 6 MARS 1969, BULL. 1969, II, N° 73 (1°), P. 54 (REJET).<br>
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## Métadonnées

**Solution:** CASSATION PARTIELLE.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1 LE CONDUCTEUR, CIRCULANT SUR UNE ARTERE TRES FREQUENTEE, QUI EFFECTUE UNE MANOEUVRE PERTURBATRICE DANGEREUSE CONSISTANT A COUPER LA VOIE RESERVEE AUX USAGERS VENANT EN SENS INVERSE DOIT AU PREALABLE S'ASSURER QU'IL PEUT ACCOMPLIR CETTE MANOEUVRE SANS DANGER.    PEUT DONC ETRE CONSIDERE COMME AYANT COMMIS L'AUTOMOBILISTE ENTRE EN COLLISION AVEC UN VELOMOTORISTE ARRIVANT EN SENS INVERSE AU MOMENT OU IL TRAVERSAIT LA CHAUSSEE POUR PENETRER DANS UN PARKING SITUE SUR SA GAUCHE, DES LORS QU'IL EST RELEVE QU'AYANT VU ARRIVER CE VELOMOTEUR A VIVE ALLURE, IL NE LUI AVAIT PAS CEDE LE PASSAGE.,2 ON NE SAURAIT REPROCHER AUX JUGES DU FOND D'AVOIR ADMIS UN LIEN DE CAUSALITE HYPOTHETIQUE ENTRE LA FAUTE D'UN AUTOMOBILISTE ENTRE EN COLLISION AVEC UN VELOMOTORISTE N'AYANT ETE NI RENVERSE, NI BLESSE ET LE DECES DE CE DERNIER, INTERVENU QUELQUES HEURES PLUS TARD, A LA SUITE D'UNE ATTAQUE D'APOPLEXIE ELLE-MEME SURVENUE QUELQUES INSTANTS APRES L'ACCIDENT, DES LORS QU'ILS ONT ADOPTE LES CONCLUSIONS DE L'EXPERT EN CE QU'ELLES DECLARAIENT QUE L'ACCIDENT ETAIT POUR PARTIE LA CAUSE DU DECES.,3 LES JUGES DU FOND QUI ADOPTENT LES CONCLUSIONS D'UNE EXPERTISE D'APRES LESQUELLES L'ACCIDENT SUBI PAR UN USAGER DE LA ROUTE N'AVAIT ETE QUE POUR PARTIE LA CAUSE DE SON DECES, SE CONTREDISENT, EN DECIDANT QUE L'INDEMNITE CORRESPONDANT A LA PART DE RESPONSABILITE DE L'AUTEUR DE L'ACCIDENT SERAIT CALCULEE SUR LA TOTALITE DU PREJUDICE.
**Mots-clés:** 1 RESPONSABILITE CIVILE    FAUTE    CIRCULATION ROUTIERE MANOEUVRE    MANOEUVRE PERTUBATRICE    VEHICULE COUPANT LA ROUTE POUR PENETRER DANS UN PARKING    CONDUCTEUR VOYANT ARRIVER UN VELOMOTORISTE,2 RESPONSABILITE CIVILE    LIEN DE CAUSALITE    PREUVE APPRECIATION SOUVERAINE DES JUGES DU FOND,3 JUGEMENTS ET ARRETS    MOTIFS    CONTRADICTION    RESPONSABILITE CIVILE    DOMMAGE    INDEMNITE    MONTANT    PARTAGE DE RESPONSABILITE    CALCUL SUR LA TOTALITE DU PREJUDICE