# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 28 avril 2003, 244886, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008144006
**Date de décision:** 2003-04-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008144006

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 5 avril 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 18 février 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 24 octobre 2001 décidant la reconduite à la frontière de M. Djamel X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le président du tribunal administratif  ;
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950  ; 
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles  ; 
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mme de Margerie, Maître des Requêtes,  
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                - les observations de la SCP Vier, Barthélemy, avocat de M. X, 
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                - les conclusions de Mme Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  :  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale   ; 
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                Considérant que, si M. X, ressortissant de la République algérienne, était célibataire et sans charges de famille à la date de l'arrêté du PREFET DE POLICE décidant sa reconduite à la frontière, et s'il a vécu vingt-cinq ans en Algérie, il ressort des pièces du dossier que sa mère, ses grand-mères et sa sour, cette dernière ayant la nationalité française, ainsi que la plupart des autres membres de sa famille proche, dont beaucoup sont de nationalité française, résident en France  ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que, depuis le décès du père de M. X, survenu le 10 avril 2000, celui-ci ait conservé des attaches familiales directes en Algérie  ; qu'ainsi, et dans les circonstances de l'espèce, le PREFET DE POLICE, en décidant la reconduite à la frontière de l'intéressé, a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise et a, par suite, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; que, dès lors, le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 24 octobre 2001  ;
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                Considérant que M. X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle devant le Conseil d'Etat  ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique  ; que, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Vier et Barthelémy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, il y a lieu de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 000 euros pour les frais que M. X aurait exposés s'il n'avait pas obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle  ; 
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     Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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Article 2  : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à la SCP Vier et Barthelémy, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat pour l'aide juridictionnelle.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Djamel X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**