# CAA de LYON, 2ème chambre, 18/02/2020, 19LY02131, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000041608641
**Date de décision:** 2020-02-18
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000041608641

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. F... E... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 7 août 2018, par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1808052 du 11 février 2019, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 4 juin 2019, M. E..., représenté par Me A..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 11 février 2019 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Isère du 7 août 2018 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou subsidiairement, d'examiner à nouveau sa situation dans un délai d'un mois à compter du prononcé de l'arrêt et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       M. E... soutient que :<br>
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       - la décision de refus de titre de séjour méconnaît le 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       Par une décision du 9 octobre 2019, la requête a été dispensée d'instruction, en application de l'article R. 611-8 du code de justice administrative.<br>
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       M. E... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 avril 2019.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme B..., première conseillère ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. E..., ressortissant algérien, né le 3 mai 2000, est entré en France en août 2017 selon ses déclarations. Il a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 7 août 2018, le préfet de l'Isère a refusé de délivrer à M. E... un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. E... relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / (...) / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
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       3. M. E... soutient résider en France depuis août 2017, être entré en France alors qu'il était mineur, y être intégré et faire l'objet d'une scolarisation en classe dite " MLDS " (mission de lutte contre le décrochage scolaire). Toutefois, à la date de la décision, il ne vivait en France que depuis un an. S'il soutient que son père, qui vit toujours en Algérie, exerçait des violences à son encontre, il n'en demeure pas moins que sa mère, ainsi que ses six frères et soeurs, tous majeurs, résident également en Algérie où il a ainsi l'essentiel de ses attaches familiales. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait poursuivre la formation de peintre en bâtiment à laquelle il aspire en Algérie. Ainsi, malgré les efforts d'intégration scolaire accomplis par l'intéressé lors de son arrivée en France, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce et en particulier la brièveté de son séjour, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. E... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés ainsi que, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       4. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 3 ci-dessus, les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écarté.<br>
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       5. Il résulte de ce qui précède que M. E... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.<br>
DECIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. E... est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. F... E... et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.<br>
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Délibéré après l'audience du 21 janvier 2020, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Pruvost, président de chambre,<br>
Mme C..., présidente-assesseure,<br>
Mme B..., première conseillère.<br>
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Lu en audience publique le 18 février 2020.<br>
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N° 19LY02131<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.