# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 7 juillet 2004, 262699, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008258026
**Date de décision:** 2004-07-07
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008258026

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 15 décembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Ahsène X... demeurant ... ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 7 novembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 octobre 2003 par lequel le préfet de l'Essonne a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) de condamner l'Etat au versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Olson, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. BEN X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 25 janvier 2002, de la décision du préfet de l'Essonne en date du 9 janvier 2002 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité externe de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                 Considérant que, contrairement à ce que soutient M. BEN X, l'arrêté de reconduite à la frontière en date du 17 octobre 2003 pris par le préfet de l'Essonne, qui énonce les considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde, est suffisamment motivé  ; que le préfet, qui a indiqué que la situation de l'intéressé a été examinée notamment au regard des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a bien procédé à l'examen de la situation personnelle du requérant  ;
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                Sur la légalité interne de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Sur l'exception d'illégalité du refus d'asile territorial  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 13 de la loi du 25 juillet 1952  : Dans les conditions compatibles avec les intérêts du pays, l'asile territorial peut être accordé par le ministre de l'intérieur après consultation du ministre des affaires étrangères à un étranger si celui-ci établit que sa vie ou sa liberté est menacée dans son pays ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (...). Les décisions du ministre n'ont pas à être motivées (...)  ;
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                Considérant qu'en application des dispositions précitées, le ministre de l'intérieur n'a pas à motiver sa décision de refus d'asile territorial  ; que le moyen tiré du défaut de motivation de la décision de refus d'asile territorial en date du 26 novembre 2001 ne saurait être accueilli  ; 
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                Considérant que si M.  BEN X soutient qu'il faisait l'objet de menaces en raison de ses fonctions d'employé municipal et de président d'une association culturelle kabyle, il ne ressort pas des justifications qu'il a produites qu'il soit personnellement menacé en Algérie  ; que, par suite, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en lui refusant l'asile territorial  ;
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                Sur les autres moyens  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants  ;
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                Considérant que si M. BEN X entend invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, un tel moyen est en tout état de cause inopérant au regard de l'illégalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  ;
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                Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prenant l'arrêté attaqué, qui est suffisamment motivé, le préfet de l'Essonne ait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. BEN X n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. BEN X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête de M. BEN X est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Ahsène BEN X, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**