# COUR DE CASSATION, CHAMBRE CIVILE 1, du 27 décembre 1962, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006960367
**Date de décision:** 1962-12-27
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006960367

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES TROIS BRANCHES : ATTENDU QUE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE IL RESULTE QUE LES EPOUX A... ONT ASSIGNE ANTOINE, JOSEPH X... EN REVENDICATION DE LA PART INDIVISE DE LA DAME D... DANS UN IMMEUBLE RURAL DENOMME DICEPPU ;<br>
<br>
 QUE LA DAME E... PRETENDAIT TENIR SES DROITS DE SA MERE, FRANCOISE F..., FILLE DE VENERIUS-TOMASINI, PROPRIETAIRE DE CE BIEN ;<br>
<br>
 QUE, LE TRIBUNAL AYANT DEBOUTE LES EPOUX A... DE LEUR DEMANDE AU MOTIF QUE LA FILIATION DE FRANCOISE F... N'ETAIT PAS ETABLIE, LA COUR D'APPEL A, PAR UN PREMIER ARRET INFIRME CETTE DECISION ET DECIDE QUE VENERIUS F... AVAIT BIEN RECONNU POUR SA FILLE LA MERE DE LA DAME E... ;<br>
<br>
 QUE, CEPENDANT, LE MEME ARRET A DESIGNE UN EXPERT B... APPLIQUER SUR LES LIEUX LES ACTES PRODUITS PAR LES PARTIES AFIN DE DETERMINER SI LE BIEN DENOMME DICEPPU ETAIT OU NON DIFFERENT D'UN BIEN DENOMME PIELZA ET DEPENDANT EGALEMENT DE LA SUCCESSION DE VENERIUS F... ;<br>
<br>
 ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR ENTERINE LE RAPPORT D'EXPERTISE SELON LEQUEL LES ACTES PRODUITS SE RAPPORTAIENT AU MEME IMMEUBLE, DONT X... ETAIT PROPRIETAIRE ;<br>
<br>
 QUE LE POURVOI SOUTIENT D'ABORD QU'EN STATUANT AINSI, LA COUR D'APPEL A DENATURE LES ACTES SOUMIS A SON EXAMEN SANS REPONDRE AUX CONCLUSIONS DES CONSORTS Z... C... AUX TENANTS ET ABOUTISSANTS DE L'IMMEUBLE ;<br>
<br>
 QUE LE POURVOI PRETEND ENCORE QUE&lt; LA QUESTION DE PROPRIETE ECHAPPANT A LA COMPETENCE DE L'EXPERT, L'ARRET ATTAQUE NE POUVAIT SE CONTENTER DE S'EN REFERER A SA DECISION ;<br>
<br>
 QU'ENFIN, LE POURVOI FAIT VALOIR QUE LA REVENDICATION NE POUVAIT ETRE ECARTEE AU MOTIF QUE LES CONSORTS Z... NE JUSTIFIAIENT DE LEUR DROIT NI PAR TITRE, NI PAR PRESOMPTION ;<br>
<br>
 QU'EN EFFET, SELON LE POURVOI, L'HERITIER LEGAL N'EST TENU A AUCUNE JUSTIFICATION DE CETTE NATURE ET QU'EN L'EXIGEANT L'ARRET ATTAQUE AURAIT MECONNU L'AUTORITE D'UN JUGEMENT RENDU ENTRE LES PARTIES AU SUJET DU MEME IMMEUBLE LE 9 NOVEMBRE 1920 ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, AYANT A EXAMINER LES RESULTATS D'UNE MESURE D'INFORMATION AU COURS DE LAQUELLE DES PIECES AVAIENT ETE PRODUITES DEVANT L'EXPERT, A SOUVERAINEMENT APPRECIE LA VALEUR PROBANTE DES DOCUMENTS SOUMIS A SON CONTROLE, SPECIALEMENT QUANT A LA LOCALISATION DE LA PARCELLE LITIGIEUSE ;<br>
<br>
 QUE, LOIN DE S'EN REFERER AUX SEULES APPRECIATIONS DE L'EXPERT EN LUI LAISSANT LE SOIN DE TRANCHER LA QUESTION DE PROPRIETE, ELLE A PROCEDE ELLE-MEME A UNE ANALYSE ET A UNE CONFRONTATION DES PREUVES AVANCEES PAR LES PARTIES, AVANT D'ADOPTER LES CONCLUSIONS DU TECHNICIEN ;<br>
<br>
 QU'ENFIN, L'ARRET ATTAQUE ENONCE JUSTEMENT QUE LES CONSORTS Z..., Y... EN REVENDICATION, DEVAIENT ETABLIR LEUR DROIT DE PROPRIETE, ALORS QU'IL CONSTATE QU'X..., DEFENDEUR ORIGINAIRE, JUSTIFIE DES ACTES D'ACQUISITION REGULIERS DE SES AUTEURS ;<br>
<br>
 QUE DES LORS LA COUR D'APPEL, QUI N'AVAIT PAS A REPONDRE EN DETAIL A TOUS LES ARGUMENTS DES APPELANTS, NOTAMMENT EN CE QUI CONCERNE LE JUGEMENT DU 9 NOVEMBRE 1920, RELATIF A UNE SIMPLE ACTION POSSESSOIRE, N'A, EN ECARTANT L'ACTION EN REVENDICATION DES CONSORTS Z..., VIOLE AUCUN DES TEXTES INVOQUES PAR LE PREMIER MOYEN, LEQUEL DOIT DES LORS ETRE ECARTE ;<br>
<br>
SUR LE SECOND MOYEN : ATTENDU QUE NON MOINS VAINEMENT IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR ECARTE LA REVENDICATION AU MOTIF QUE LES PREMIERS VENDEURS DE L'IMMEUBLE AVAIENT EU LA QUALITE D'HERITIERS APPARENTS ET QUE LES ACQUEREURS ETAIENT DE BONNE FOI, ALORS QUE LA VALIDITE D'UNE ALIENATION PAR L'HERITIER APPARENT EST SUBORDONNEE A L'EXISTENCE D'UNE ERREUR COMMUNE, DONT LA COUR D'APPEL NE CONSTATE PAS L'EXISTENCE EN L'ESPECE ;<br>
<br>
ATTENDU EN EFFET QUE L'ARRET ATTAQUE RELEVE EXPRESSEMENT QUE FABIEN F..., FILS DE VENERIUS ET PERE DE VENDEURS, A RECU SA PART DANS LA SUCCESSION DE VENERIUS F..., DE TELLE SORTE QUE LES ACHETEURS SONT, EN 1878, DEVENUS PAR LEUR CONTRAT PROPRIETAIRES DU BIEN LITIGIEUX ;<br>
<br>
 QUE LA REMARQUE INCIDENTE RELATIVE AUX HERITIERS POUR LE MOINS APPARENT DOIT ETRE CONSIDEREE COMME UN MOTIF SURABONDANT, LA COUR D'APPEL AYANT, PAR SES MOTIFS PRECEDENTS, LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
<br>
 D'OU IL SUIT QUE LE SECOND MOYEN NE SAURAIT PAS DAVANTAGE ETRE ACCUEILLI ;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 10 OCTOBRE 1960 PAR LA COUR D'APPEL DE BASTIA. N° 61-10 933 CONSORTS Z... C/ X.... PRESIDENT : M BORNET - RAPPORTEUR : M ANCEL - AVOCAT GENERAL : M LINDON - AVOCATS : MM MAYER ET COULET. A RAPPROCHER : 19 DECEMBRE 1962, BULL 1962, I, N° 559, P 471.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** LES JUGES DU FOND ENONCENT JUSTEMENT QUE LE DEMANDEUR EN REVENDICATION, SERAIT-IL UN HERITIER, DOIT ETABLIR SON DROIT DE PROPRIETE, DES LORS QU'ILS CONSTATENT QUE LE DEFENDEUR JUSTIFIE DES ACTES D'ACQUISITION REGULIERS DE SES AUTEURS.
**Mots-clés:** SUCCESSION  - HERITIER  - ACTION EN REVENDICATION  - CHARGE DE LA PREUVE