# Cour administrative d'appel de Paris, 5ème chambre - Formation B, du 4 octobre 2004, 01PA01037, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007445400
**Date de décision:** 2004-10-04
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 5EME CHAMBRE - FORMATION B
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007445400

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 mars 2001, présentée pour la société de fait PIEUS LAFORTUNE, dont le siège social est sis ..., (75017) Paris, par Me X...  ; la STEF PIEUS LAFORTUNE demande à la cour  :
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     1°) d'annuler le jugement en date du 12 décembre 2000 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités y afférentes, qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 1988 au 31 décembre 1990  ;
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     2°) de prononcer la décharge demandée à hauteur de 155 392 F en principal, et 32 739 F en pénalités, soit au total environ 28 680 euros  ;
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     Vu les autres pièces du dossier  ; 
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     Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales  ; 
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     Vu le code de justice administrative  ;
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     Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
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     Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 septembre 2004  : 
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     - le rapport de M. Privesse, rapporteur  ;
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     - les observations de Me X...  ;
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     - et les conclusions de M. Adrot, commissaire du gouvernement  ;
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     Sur la régularité du jugement  :
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     Considérant que les premiers juges ont omis de statuer sur le bien-fondé de la reconstitution de recettes opérée par l'administration au titre de l'année 1988  ; que par suite, le jugement entrepris doit être annulé  ; qu'il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande de la STEF PIEUS LAFORTUNE  ;
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     Sur l'étendue du litige  :
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     Considérant qu'il résulte de l'instruction que notamment, par une décision d'admission partielle du 9 mars 95, postérieure à l'introduction de la requête d'instance, le directeur des services fiscaux a prononcé le dégrèvement complet en droits et pénalités de la STEF au titre des droits supplémentaires de TVA pour l'année 1989  ; que dans ces conditions, et en tout état de cause, les conclusions de la requête de la société relatives à cette imposition sont pour 1989 devenues sans objet  ;
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     Sur la régularité de la procédure d'imposition  :
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     Considérant qu'il résulte des dispositions du livre des procédures fiscales concernant les opérations de vérification, notamment celles des articles L.13, L.47 et L.52 de ce livre, que ces opérations se déroulent chez les contribuables ou au siège de l'entreprise vérifiée, l'administration pouvant déroger à cette règle, lorsque le contribuable ou son représentant l'a saisie d'une demande tendant à ce que le lieu de vérification soit distinct du siège social  ; que toutefois, cette pratique ne saurait avoir pour effet de priver le contribuable des garanties qu'il tient des dispositions précédentes du livre des procédures fiscales qui doivent lui permettre d'avoir un débat oral et contradictoire  ;
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     Considérant qu'il résulte de l'instruction, qu'à la suite de l'envoi d'un avis de vérification, régulièrement notifié le 10 juin 1991, les informant que le vérificateur se présenterait dans leur établissement le 26 juin 1991, ce dernier s'est présenté à cette date et en ce lieu  ; que, par lettre en date du 26 juin 1991, les gérantes de la STEF ont expressément demandé au vérificateur de procéder à la vérification sur pièces au cabinet de leur comptable afin de ne pas porter préjudice au bon fonctionnement du magasin  ; qu'il est constant que le vérificateur est intervenu par deux fois au siège de l'entreprise afin d'effectuer un relevé de prix et un contrôle des pièces justificatives des recettes journalières, ainsi qu'au cabinet de l'expert comptable afin d'examiner l'état des stocks et les factures d'achats  ; qu'enfin, un dernier entretien avec les gérantes a eu lieu dans les locaux du service où elles ont été reçues à leur demande et à l'occasion duquel les pièces justificatives relatives aux recettes journalières ont été à nouveau présentées et examinées  ; que, dans ces conditions, les représentantes de la société Pieus Lafortune n'établissent pas que le vérificateur aurait refusé d'avoir avec elles un débat oral et contradictoire, et aurait ainsi méconnu les principes susrappelés  ; que la société ne peut donc contester la régularité de la procédure d'imposition  ;
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     Sur le bien-fondé des impositions  :
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     Considérant d'une part, que le vérificateur a constaté pour les exercices 1988 et 1990, lesquels relevaient du régime du bénéfice normal, l'absence de caractère probant de l'inventaire des stocks disponibles, celui-ci étant du fait de sa tenue, facilement modifiable et peu précis, l'inventaire permanent étant sensiblement différent de l'inventaire physique et le stock d'ouverture de 1988 n'étant en rien identique à celui de clôture de 1987  ; qu'au demeurant, la société de fait ne conteste pas le caractère erroné de l'inventaire  ; qu'en outre, l'absence d'une tenue chronologique des ventes effectuées, par exemple, par le moyen d'une caisse enregistreuse, et la confrontation des ventes et des achats difficile à réaliser en raison également de l'absence de caractère probant de l'inventaire, ne permettaient pas à l'administration de retenir la comptabilité présentée comme ayant un caractère régulier et par suite probant  ; que c'est dès lors à bon droit que le vérificateur a dû procéder à la reconstitution des bases d'imposition de la société STEF à la taxe sur la valeur ajoutée pour les deux années 1988 et 1990, après avoir dressé procès-verbal d'un défaut de présentation d'un inventaire des stocks  ;
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     Considérant d'autre part, que pour reconstituer les bases d'imposition de la société de fait au titre de ces deux années encore en litige, le vérificateur a relevé les prix d'un nombre certes limité d'articles, mais suffisamment diversifiés, et dont il n'est pas démontré que cet échantillon ne reflète pas l'activité commerciale de celle-ci  ; qu'au demeurant, la plupart des chiffres retenus par l'administration avaient été fournis par le conseil de la société lui-même dans un courrier du 3 décembre 1991, le traitement de ces chiffres différant par la correction des erreurs de calcul, ainsi que par les coefficients de marge appliqués, le service reprenant les différents coefficients fixés par la commission départementale des impôts   ; qu'enfin, la partie requérante, à qui il incombe en application de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, du fait des graves irrégularités comptables, d'apporter la preuve de l'exagération du chiffre d'affaires arrêté à la suite de la procédure d'imposition, ne démontre en aucune manière que la méthode de calcul retenue par l'administration aboutit à une telle exagération, non plus qu'elle ne fournit de méthode alternative en ce qui concerne la comptabilisation différenciée des articles vendus soldés  ; qu'en toute hypothèse, l'administration a suffisamment tenu compte des caractéristiques propres à l'activité de la société, en retenant en outre par précaution les coefficients plus avantageux avancés par la commission dans sa séance du 17 mai 1993  ; que par ailleurs, l'argumentation tirée de ce que la méthode utilisée par l'administration conduirait pour l'année 1989 à un chiffre d'affaires reconstitué inférieur à celui qui a été déclaré, doit être écartée, cette période n'étant pas en litige  ; qu'ainsi, la STEF n'apporte pas la preuve de l'exagération des bases sur lesquelles elle reste assujettie au titre des années 1988 et 1990  ; 
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     Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la demande présentée pour la STEF PIEUS LAFORTUNE et le surplus des conclusions de sa requête sont rejetés  ;
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     D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement nº 9506 952/1 du tribunal administratif de Paris est annulé.
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N° 01PA01037
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**