# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 2 juin 2003, 233019, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008183597
**Date de décision:** 2003-06-02
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008183597

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 30 avril 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE  ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 1er mars 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 8 novembre 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Lalla Fatima X  ;
<br>
<br>
     
                2°) de rejeter la demande présentée par Mme Lalla Fatima X devant le tribunal administratif de Paris  ;
<br>
<br>
<br>
     
	Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
     	Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
     			     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
<br>
     	Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
- le rapport de M. Lenica, Auditeur,  
<br>
<br>
     
                - les observations de la SCP Masse-Dessen, Thouvenin, avocat de Mme X, 
<br>
<br>
     
- les conclusions de M. Piveteau, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 24 mars 2000, de la décision du 22 mars 2000 par laquelle le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a invitée à quitter le territoire  ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si le frère de Mme X réside régulièrement en France, et si celle-ci, célibataire et sans enfant, soutient être parfaitement intégrée à la société française, elle ne conteste pas avoir conservé des liens familiaux au Maroc  ; qu'ainsi il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE en date du 8 novembre 2000 ait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est, par suite, fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour annuler son arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X  ;
<br>
<br>
     
                Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par Mme X devant le tribunal administratif de Paris  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ; que si Mme X soutient être entrée en France en 1989 et y résider depuis lors, les pièces qu'elle produit au soutien de ses affirmations n'établissent pas l'existence d'une résidence habituelle, au sens des dispositions précitées, depuis plus de dix ans à la date à laquelle a été pris l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière  ; qu'ainsi les dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ne faisaient pas obstacle à ce qu'elle puisse légalement faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 8 novembre 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X  ;
<br>
<br>
     
                Sur les conclusions de Mme X tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
<br>
<br>
     
                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à verser à Mme X la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>		D E C I D E   :
<br>
<br>
     
Article 1er  : Le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 1er mars 2001 est annulé.
<br>
     Article 2  : La demande présentée par Mme X devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.
<br>
     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à Mme Lalla Fatima  X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**