# Conseil d'Etat, 5 / 3 SSR, du 4 mars 1994, 115997, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007831419
**Date de décision:** 1994-03-04
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 5 / 3 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007831419

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 9 avril 1990 et 1er août 1990 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Pierre X..., demeurant Fonsegrives, ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 24 novembre 1989 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 30 juillet 1986 du ministre de l'intérieur ayant prononcé sa mutation de Montauban à Choisy-leRoi ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir cette décision<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, notamment son article 75 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Lévis, Maître des Requêtes,<br>    - les observations de la SCP Masse-Dessen, Georges, Thouvenin, avocat de M. Pierre X...,<br>    - les conclusions de M. Frydman, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que, par la décision attaquée, M. X... a été muté de l'emploi qu'il occupait à Montauban, et qui comportait les responsabilités de directeur départemental des polices urbaines de Tarn et Garonne et de chef de la circonscription de police urbaine de Montauban, à l'emploi de chef de la circonscription de police urbaine de Choisy-leRoi ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que cette mutation est intervenue à raison de faits qui étaient reprochés à M. X... dans l'exercice de ses fonctions et qu'elle a entrainé une diminution des responsabilités de l'intéressé et une réduction de ses avantages de carrière ; qu'il en résulte que la décision attaquée doit être regardée comme ayant revêtu un caractère disciplinaire ;<br>    Considérant que les griefs sur lesquels est fondée la mesure prise à l'égard de M. X..., tirés d'un comportement partial vis-à-vis des agents placés sous son autorité, ne sont pas corroborés par les pièces du dossier ; que la décision attaquée est par suite entachée d'excès de pouvoir ; <br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à soutenir à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ladite décision ;<br>    Sur les conclusions de M. X... tendant à l'application des dispositions de l'article 75 de la loi n° 91 647 du 10 juillet 1991<br>    Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 75 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 et de condamner l'Etat à payer à M. X... la somme de 8 000 F qu'il demande au titre des sommes exposés par lui et non comprises dans les dépens ;<br>Article 1er : Le jugement en date du 24 novembre 1989 du tribunaladministratif de Paris et la décision du ministre de l'intérieur en date du 30 juillet 1986 sont annulés.<br>Article 2 : L'Etat versera à M. X... une somme de 8 000 F au titre de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Loi 91-647 1991-07-10 art. 75
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-05-01-02 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - POSITIONS - AFFECTATION ET MUTATION - MUTATION