# CAA de VERSAILLES, 7ème chambre, 23/02/2017, 16VE03150, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000034113772
**Date de décision:** 2017-02-23
**Juridiction:** CAA de VERSAILLES
**Formation:** 7ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000034113772

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure : <br>
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       M. E...D...a demandé au Tribunal administratif de Versailles l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2015 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n°1503155 du 13 mai 2016 le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour : <br>
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       Par une requête enregistrée le 27 octobre 2016, M. D...représenté par Me Dusen, avocat, demande à la Cour :<br>
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       1° d'annuler ce jugement ; <br>
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       2° d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;<br>
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       3° d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ; <br>
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       4° de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :<br>
       - elle est entachée d'incompétence ;<br>
       - elle est insuffisamment motivée ;<br>
       - elle n'a pas donné lieu à un examen particulier de sa demande ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
       - elle doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;<br>
       - elle est entachée d'incompétence ;<br>
       - elle est insuffisamment motivée ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       S'agissant de la décision fixant le pays de destination :<br>
       - elle doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience dans la présente instance.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Rollet-Perraud, premier conseiller,<br>
       - et les observations de Me A...substituant Me Dusen, pour M.D....<br>
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       1. Considérant que M.D..., ressortissant turc né le 20 mai 1996, relève appel du jugement en date du 13 mai 2016 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2015 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ; <br>
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       Sur la décision de refus de titre de séjour :<br>
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       2. Considérant que Mme B..., directrice de l'immigration et de l'intégration à la Préfecture de l'Essonne et signataire de la décision attaquée, qui a reçu à cet effet délégation de signature du préfet de l'Essonne par un arrêté en date du 19 décembre 2014, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives spécial n°105- décembre 2014 ; que, dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté ;<br>
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       3. Considérant que la décision par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté la demande de titre de séjour de M. D...comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait, notamment au regard de la situation familiale de l'intéressé, qui en constituent le fondement ; que par ailleurs, l'intéressé n'établissant ni même n'alléguant avoir informé le préfet de l'Essonne de l'existence de risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine, il n'appartenait pas au préfet de motiver sa décision sur ce point ; que, dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut qu'être écarté ; <br>
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       4. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et, en particulier, des mentions de la décision attaquée, que le préfet de l'Essonne a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. D...avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       5. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) " ;<br>
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       6. Considérant que M. D...soutient qu'il est entré en France en octobre 2012 à l'âge de 16 ans, qu'il n'a plus d'attache en Turquie, qu'il est parfaitement intégré en France et qu'il est scolarisé et prépare un certificat d'aptitude professionnelle de maçonnerie ; qu'il ressort, toutefois, des pièces du dossier que si son père bénéficie d'une carte de séjour temporaire, ses deux frères majeurs sont en situation irrégulière tout comme sa mère qui a fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire le 14 avril 2015 ; que, par suite, et compte tenu de la faible ancienneté du séjour en France de l'intéressé, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision litigieuse du préfet de l'Essonne aurait porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été édictée en méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;<br>
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       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :<br>
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       7. Considérant qu'il résulte de ce qui précède  que le moyen tiré de ce que la décision obligeant M. D...à quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour prise à son encontre ne peut qu'être écarté ;<br>
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       8. Considérant que, par l'arrêté susmentionné du 19 décembre 2014, le préfet de l'Essonne a également donné délégation à MmeB..., pour signer les décisions faisant obligation à un ressortissant étranger de quitter le territoire français ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente manque en fait ;<br>
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       9. Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne (...) lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / (...) / 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré ; / (...)/ La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I, sans préjudice, le cas échéant, de l'indication des motifs pour lesquels il est fait application des II et III " ;<br>
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       10. Considérant que la décision de refus de titre de séjour opposée à M. D...énonce les motifs de droit et de fait qui l'ont fondée ; qu'il résulte des dispositions précitées que l'obligation de quitter le territoire français qui assortit cette décision n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte ; que le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de l'intéressé doit donc être écarté ;<br>
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       11. Considérant que, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 6, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en faisant obligation à M. D...de quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise ; que, par suite, cette décision n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Sur la décision fixant le pays de destination :<br>
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       12. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays à destination duquel M. D...sera éloigné doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire prises à son encontre ne peut qu'être écarté ;<br>
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       13. Considérant qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (...)Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " ; qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " ;<br>
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       14. Considérant que M. D...fait valoir qu'il est issu d'une famille d'origine kurde, fait état d'un engagement politique familial et personnel et soutient qu'il refuse d'effectuer son service militaire dans son pays d'origine pour des raisons de conscience ; que, toutefois, l'intéressé qui n'a pas présenté de demande d'asile, produit des documents généraux sur la situation des kurdes en Turquie sans apporter aucune pièce de nature à établir la réalité de son activité ou de son engagement politique et par suite celle des risques qu'il encourrait personnellement en cas de retour dans son pays d'origine ; que, dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté ;<br>
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       15. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. D...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ; que doivent également être rejetées, en conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. D...est rejetée.<br>
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N° 16VE03150<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.