# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 5ème chambre - formation à 3, 04/03/2010, 08MA02856, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021966144
**Date de décision:** 2010-03-04
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021966144

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 10 juin 2008, présentée pour M. El Mountassir A, de nationalité marocaine, élisant domicile C/ M. B ... à Arles (13200) par Me Hayat Ahmed, avocat ; <br>
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      M. A demande à la Cour : <br>
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      1°) d'annuler le jugement n°0700715 du 24 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 25 septembre 2006 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ; <br>
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      2°) d'annuler la décision ci-dessus mentionnée du préfet des Bouches-du-Rhône ; <br>
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      3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour, ou subsidiairement de procéder à un nouvel examen de sa demande, dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;<br>
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      4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ; <br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Vu l'article 1er du décret du 27 janvier 2009 qui autorise la Cour administrative d'appel de Marseille à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret du 7 janvier 2009, situant l'intervention du rapporteur public avant les observations des parties ou de leurs mandataires ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 28 janvier 2010 : <br>
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      - le rapport de M. Antonetti, président assesseur ; <br>
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      - et les conclusions de M. Pocheron, rapporteur public ;<br>
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      Considérant que M. A, de nationalité marocaine, relève appel du jugement en date du 24 avril 2008 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 25 septembre 2006 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer le titre de séjour  vie privée et familiale  qu'il avait sollicité sur le fondement des dispositions de l'article L.311-11-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Sur les conclusions à fins d'annulation du jugement entrepris et de la décision contestée :<br>
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      Considérant en premier lieu qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ...2. Il ne peut y avoir ingérence pour l'autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; qu'aux termes de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit: (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; qu'il ressort de l'examen des pièces versées au dossier que M. A est célibataire et sans enfants ; qu'il ne résidait en France que depuis six ans à la date de la décision contestée, alors qu'il a vécu l'essentiel de son existence au Maroc où résident sa mère et ses soeurs ; que dès lors, et ainsi que l'a jugé le Tribunal administratif de Marseille, il n'est pas dépourvu d'attaches dans le pays dont il a la nationalité ; qu'il ne résulte enfin pas de l'instruction que sa présence aux cotés de son père, résident régulier, soit indispensable à celui-ci, alors qu'il n'est justifié devant la Cour ni d'un état de santé créant une situation de dépendance, ni de l'impossibilité que l'assistance qui serait alors nécessaire soit fournie par d'autres personnes, notamment grâce à la prise en charge par les services sociaux compétents ; qu'ainsi la décision contestée ne peut être regardée comme ayant porté, dans les circonstances de l'espèce, au droit au respect de la vie privée et de la vie familiale de M. A une atteinte disproportionnée au regard des buts dans lesquels elle a été prise; que le requérant n'est par suite pas fondé à soutenir que les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auraient été méconnues et que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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      Considérant en second lieu que si M. A fait valoir qu'il appartenait à l'administration de saisir la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande, le préfet n'est tenu de procéder à cette consultation que lorsqu'il envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger remplissant effectivement les conditions pour l'obtenir ; qu'il ressort de ce qui est dit ci-dessus que M. A ne remplit pas les conditions fixées par les prescriptions de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, par suite, en application de l'article L.312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'était pas tenue de consulter la commission du titre de séjour préalablement à sa décision ; <br>
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      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. El Mountassir A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ; <br>
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      Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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      Considérant qu'il suit de là et, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ;<br>
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      Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :<br>
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      Considérant que les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à M. A la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
       D É C I D E :<br>
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Article 1er : La requête susvisée est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. El Mountassir A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
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N° 08MA02856	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**