# CAA de NANTES, 3ème chambre, 13/03/2020, 19NT03459, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000041732651
**Date de décision:** 2020-03-13
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000041732651

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. D... a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du <br>
13 février 2019 du préfet d'Indre et Loire portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi.<br>
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       Par un jugement n°1901688 du 31 juillet 2019, le tribunal administratif d'Orléans a fait droit à sa demande en annulant l'arrêté préfectoral litigieux.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 26 août 2019 le préfet d'Indre-et-Loire demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du 31 juillet 2019 du tribunal administratif ;<br>
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       2°) de rejeter la demande présentée par M. D... devant le tribunal administratif d'Orléans.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - son arrêté a été pris aux termes d'une procédure régulière, l'avis du collège des médecins de l'OFII étant produit ;<br>
       - cet avis est conforme aux exigences posées par l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2019 M. D..., représenté par Me C..., conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer le titre de séjour sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, subsidiairement de procéder, dans le même délai, à un réexamen de sa demande, et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de l'Etat au profit de son avocat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il fait valoir que les moyens invoqués par le préfet d'Indre-et-Loire ne sont pas fondés.<br>
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       M. D... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 novembre 2019.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Le rapport de M. A... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. D..., ressortissant marocain, a déposé en novembre 2017 une demande de titre de séjour en raison de son état de santé. Par arrêté du 13 février 2019, le préfet d'Indre et Loire a refusé de lui délivrer un tel titre et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le préfet d'Indre et Loire relève appel du jugement du 31 juillet 2019 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a annulé cet arrêté.<br>
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       Sur les conclusions en annulation :<br>
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       2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié (...) (.". Aux termes de l'article R. 313-22 du même code : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé  (...)".<br>
       3. Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant:/  a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. (...) L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. "<br>
       4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la régularité de la procédure implique, pour respecter les prescriptions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que, préalablement à l'avis rendu par le collège de médecins, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin de l'OFII, doit être transmis à ce collège et que le médecin auteur du rapport médical ne siège pas au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. Il appartient à ce dernier de s'assurer que cet avis a été rendu conformément à ces règles procédurales.<br>
       5. En cas de contestation sur ce point devant le juge administratif, il appartient à l'autorité administrative d'apporter les éléments qui permettent l'identification du médecin qui a rédigé le rapport au vu duquel le collège de médecins a émis son avis et, par suite, le contrôle de la régularité de la composition du collège de médecins.<br>
       6. En l'espèce, M. D... a soutenu en première instance et persiste à soutenir en défense d'appel qu'il n'est pas établi par le préfet que la nouvelle procédure issue de la loi du 7 mars 2016 avait été respectée en totalité, notamment en ce qui concerne l'avis du collège des médecins de l'OFII. Alors qu'il détient seul les éléments probants de nature à établir l'identité du médecin ayant rédigé le rapport initial, le préfet d'Indre et Loire n'a produit, malgré une demande expresse de la cour en ce sens, aucun document permettant d'identifier ce médecin et de vérifier qu'il n'a pas siégé dans le collège de médecins qui a émis un avis sur la situation médicale de M. D.... Dans ces conditions, la régularité de la procédure qui a conduit au refus de titre de séjour opposé à ce dernier ne peut être regardée comme établie.<br>
       7. Il résulte de ce qui précède que le préfet d'Indre et Loire n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a annulé son arrêté du 13 février 2019 pris à l'encontre de M. D....<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       8 Le présent arrêt, qui confirme le jugement du tribunal administratif, n'appelle pas en vue de son exécution d'autre mesure que celle qui a été ordonnée par les premiers juges, lesquels ont enjoint au préfet d'Indre-et-Loire de procéder à un réexamen de la demande de M. D... dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement. Les conclusions à fin d'injonction présentées en appel par l'intéressé ne peuvent, par suite, qu'être rejetées comme dépourvues d'objet.<br>
       Sur les frais liés au litige :<br>
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       9.	 M. D... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.  Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me C..., de la somme de 1 100 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à l'article 108 du décret du <br>
19 décembre 1991. <br>
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       D E C I D E :<br>
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Article 1er : 	La requête du préfet d'Indre-et-Loire est rejetée.<br>
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Article 2 : 	L'Etat versera à M. C... une somme de 1 100 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à l'article 108 du décret du 19 décembre 1991.<br>
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Article 3 : 	Le surplus des conclusions présentées devant la cour par M. D... est rejeté.<br>
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Article 4 : 	Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et à M. B... D....<br>
Copie en sera adressée au préfet d'Indre-et-Loire<br>
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Délibéré après l'audience du 20 février 2020, à laquelle siégeaient :<br>
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       - Mme Perrot, président,<br>
 - M. A..., premier conseiller, <br>
 - M. Berthon, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique le 13 mars 2020.<br>
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       Le rapporteur<br>
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       A. A...<br>
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       Le président<br>
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         I.Perrot Le greffier<br>
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       		    R. Mageau<br>
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       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
N° 19NT03459		4<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**