# Conseil d'État, 9ème - 10ème chambres réunies, 18/07/2018, 412142

**Identifiant:** CETATEXT000037279256
**Date de décision:** 2018-07-18
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 9ème - 10ème chambres réunies
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000037279256

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
              M. et Mme A...B...ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2010 et 2011 à la suite de la remise en cause, par l'administration, de la réduction d'impôt prévue par les dispositions de l'article 199 septvicies du code général des impôts. Par un jugement n° 1401598 du 3 février 2015, le tribunal administratif a fait droit à leur demande. <br>
<br>
              Par un arrêt n° 15BX01647 du 20 juin 2017, la cour administrative d'appel de bordeaux, a rejeté l'appel formé par le ministre des finances et des comptes publics contre ce jugement.<br>
<br>
              Par un pourvoi, enregistré le 5 juillet 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le ministre de l'action et des comptes publics demande au Conseil d'Etat :<br>
<br>
              1°) d'annuler cet arrêt ;<br>
<br>
              2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel.<br>
<br>
<br>
              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
              Vu : <br>
              - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
              - le code de justice administrative ;<br>
<br>
              Après avoir entendu en séance publique :<br>
<br>
              - le rapport de Mme Cécile Viton, maître des requêtes en service extraordinaire,  <br>
<br>
              - les conclusions de Mme Emilie Bokdam-Tognetti, rapporteur public.<br>
<br>
              La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Célice, Soltner, Texidor, Perier, avocat de M. et MmeB....<br>
<br>
<br>
<br>
<br>Considérant ce qui suit :<br>
<br>
              1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que M. et Mme B... ont entendu bénéficier de la réduction d'impôt prévue par l'article 199 septvicies du code général des impôts au titre de l'année 2010, à raison de la construction d'une maison à Biscarosse (Landes), pour laquelle une demande de permis de construire avait été déposée le 9 mars 2010, et au titre de l'année 2011, à raison de la construction d'une seconde maison sur le territoire de la même commune, pour laquelle une demande de permis de construire avait été déposée le 19 février 2010. L'administration a remis en cause la réduction d'impôt au titre de cette seconde maison au motif que cet avantage fiscal est réservé à la construction d'un seul logement par année, alors que les demandes de permis de construire des deux maisons avaient été déposées la même année. Le ministre de l'action et des comptes publics se pourvoit en cassation contre l'arrêt du 20 juin 2017 par lequel la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté son recours formé contre le jugement du 3 février 2015 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a accordé aux contribuables la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales litigieuses.<br>
<br>
              2. Aux termes de l'article 199 septvicies du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " I. - Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. / La réduction d'impôt s'applique dans les mêmes conditions au logement que le contribuable fait construire et qui a fait l'objet, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, d'un dépôt de demande de permis de construire, ainsi qu'au local affecté à un usage autre que l'habitation acquis entre ces mêmes dates et que le contribuable transforme en logement. [...] L'achèvement de la construction ou des travaux de transformation doit intervenir au plus tard au 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de la demande de permis de construire ou celle de l'acquisition du local destiné à être transformé. [...] IV. - [...] / Au titre d'une même année d'imposition, le contribuable ne peut bénéficier de la réduction d'impôt qu'à raison de l'acquisition, de la construction ou de la transformation d'un seul logement. / La réduction d'impôt est répartie sur neuf années. Elle est accordée au titre de l'année d'achèvement du logement ou de son acquisition si elle est postérieure et imputée sur l'impôt dû au titre de cette même année puis sur l'impôt dû au titre de chacune des huit années suivantes à raison d'un neuvième de son montant total au titre de chacune de ces années. [...] ". Il résulte de ces dispositions que la limitation du nombre de logements pouvant bénéficier de la réduction d'impôt au titre d'une même année d'imposition s'apprécie, en cas de construction, en fonction de la date d'achèvement du logement et non pas de la date de dépôt de la demande de permis de construire.<br>
<br>
              3. En jugeant que M. et Mme B...pouvaient bénéficier de la réduction d'impôt au titre de l'année 2010 à raison de la maison achevée en 2010 et au titre de l'année 2011 à raison de la seconde maison achevée en 2011, alors même que ces deux constructions avaient fait l'objet de demandes de permis de construire déposées au cours de la même année, la cour administrative d'appel de Bordeaux n'a pas commis d'erreur de droit. Par suite, le ministre de l'action et des comptes publics n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque.<br>
<br>
              4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à M. et Mme B...au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
<br>
<br>
<br>D E C I D E :<br>
--------------<br>
Article 1er : Le pourvoi du ministre de l'action et des comptes publics est rejeté. <br>
Article 2 : L'Etat versera la somme de 3 000 euros à M. et Mme B...au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 3 : La présente décision sera notifiée au ministre de l'action et des comptes publics et à M. et Mme A...B....<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** ECLI:FR:CECHR:2018:412142.20180718
**Résumé:** 19-04-01-02-05-03 Il résulte de l'article 199 septvicies du code général des impôts (CGI) que la limitation du nombre de logements pouvant bénéficier de la réduction d'impôt au titre d'une même année d'imposition s'apprécie, en cas de construction, en fonction de la date d'achèvement du logement et non pas de la date de dépôt de la demande de permis de construire.
**Mots-clés:** 19-04-01-02-05-03 CONTRIBUTIONS ET TAXES. IMPÔTS SUR LES REVENUS ET BÉNÉFICES. RÈGLES GÉNÉRALES. IMPÔT SUR LE REVENU. ÉTABLISSEMENT DE L'IMPÔT. RÉDUCTIONS ET CRÉDITS D`IMPÔT. - RÉDUCTION D'IMPÔT POUR LES CONTRIBUABLES ACQUÉRANT UN LOGEMENT, NEUF OU EN L'ÉTAT FUTUR D'ACHÈVEMENT, EN VUE DE LE LOUER (DISPOSITIF DIT SCELLIER, ART. 199 SEPTVICIES DU CGI) - LIMITATION DU NOMBRE DE LOGEMENTS POUVANT EN BÉNÉFICIER AU TITRE D'UNE MÊME ANNÉE - APPRÉCIATION EN FONCTION DE LA DATE D'ACHÈVEMENT DU LOGEMENT - EXISTENCE.