# Cour administrative d'appel de Paris, 6ème Chambre, 24/11/2014, 14PA00470, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000029828182
**Date de décision:** 2014-11-24
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 6ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000029828182

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 30 janvier 2014, présentée pour M. A...B..., demeurant..., par MeD... ; M. B...demande à la Cour :<br>
      1°) d'annuler le jugement n°1312447/2-2 du 23 décembre 2013 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2013 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;<br>
      2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ; <br>
       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou subsidiairement, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois suivant la notification de l'arrêt, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; <br>
      4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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      Vu les autres pièces du dossier ; <br>
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      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ; <br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 7 novembre 2014 :<br>
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      - le rapport de Mme Petit, premier conseiller ;<br>
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      1. Considérant que M.B..., de nationalité malienne, né en 1978, a sollicité en 2012 son admission exceptionnelle au séjour, en invoquant sa vie privée et familiale, sur le fondement, d'une part, des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, de l'article L. 313-14 du même code; que par un arrêté du <br>
24 juillet 2013, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ; que par un jugement du 23 décembre 2013, le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de M. B...tendant à l'annulation de cet arrêté ; que le requérant fait appel de ce jugement ; <br>
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      2. Considérant, en premier lieu, que le requérant réitère les moyens, déjà soulevés en première instance, tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté et de l'insuffisante motivation de celui-ci au regard des exigences de la loi du 11 juillet 1979 ; qu'il a y lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges ; <br>
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      3. Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article <br>
L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7(...) " ; <br>
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      4. Considérant, d'une part, qu'il ressort de la motivation de l'arrêté en litige qu'en relevant que le requérant ne justifiait pas d'une durée de séjour habituel en France d'au moins dix ans, le préfet de police a seulement justifié l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ; qu'il n'a pas subordonné la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de ces dispositions, à un séjour habituel en France d'une durée au moins égale à dix ans et n'a, par suite, pas commis d'erreur de droit ; <br>
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      5. Considérant, d'autre part, que si M. B... fait valoir qu'il réside en France de manière habituelle depuis 2004, une telle circonstance, à la supposer établie, ne constitue pas, à elle seule, un motif exceptionnel d'admission au séjour au sens des dispositions de l'article L. 313-14 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que si le requérant fait également valoir qu'un titre de séjour " salarié " aurait dû lui être délivré eu égard aux emplois qu'il a occupés en France, les bulletins de paie qu'il produit sont, en tout état de cause, établis au nom de <br>
" M. C...B... " et ne peuvent dès lors être regardés comme probants ; que dans ces conditions, en estimant que M. B...ne justifiait pas d'un motif exceptionnel ou d'une circonstance humanitaire justifiant une admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ; <br>
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      6. Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...) " ; et qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
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      7. Considérant que M. B... est célibataire et sans charge de famille en France ; qu'il n'allègue pas être démuni d'attaches familiales au Mali où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans ; qu'en admettant même qu'il réside habituellement en France depuis 2004 et qu'il maîtrise parfaitement la langue française, l'arrêté en litige ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. B...au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, le préfet de police n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle de M.B... ; <br>
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      8. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande ; que le présent arrêt n'implique, dès lors, le prononcé d'aucune mesure d'injonction ; que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent également qu'être rejetées ; <br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
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N° 14PA00470<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.