# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 2 avril 2004, 255957, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008195635
**Date de décision:** 2004-04-02
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008195635

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 10 avril 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 13 février 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 5 août 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. Yacin Y  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. Yacin Y devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée notamment par la loi n° 2003-1119 du 26 novembre 2003  ; 
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                Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;		
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. J. Boucher, Auditeur,  
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                - les observations de la SCP Defrénois, Lévis, avocat de M. Y, 
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                - les conclusions de M. Le Chatelier, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y, de nationalité djiboutienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 10 septembre 2001, de la décision du même jour par laquelle le PREFET DE POLICE a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a invité à quitter le territoire  ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Sur l'appel principal du PREFET DE POLICE  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur de la loi du 26 novembre 2003 relative à la maîtrise de l'immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale' est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant (...)  ;
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                Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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                Considérant que M. Y soutient être entré en France en 1984, accompagné de sa soeur  ; qu'il ressort des pièces produites par l'intéressé devant le tribunal administratif de Paris et devant le Conseil d'Etat, qui, contrairement à ce que soutient le PREFET DE POLICE, ne sont pas contradictoires entre elles, que celui-ci résidait habituellement en France, à la date de l'arrêté du 5 août 2002 ordonnant sa reconduite à la frontière, depuis plus de dix ans au sens des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; que, dès lors, il ne pouvait légalement, à cette date, être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ; que, par suite, le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé, pour ce motif, son arrêté du 5 août 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y  ;
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                Sur l'appel incident de M. Y  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé  ;
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                Considérant qu'il y a lieu, en application de ces dispositions, de prescrire au PREFET DE POLICE de se prononcer de nouveau sur la situation de M. Y dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision  ;
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                Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique  :
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                Considérant que les conclusions susanalysées, présentées par la SCP Defrénois et Lévis, avocat de M. Y, ne sont pas chiffrées et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées  ;
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D E C I D E  :
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     Article 1er   : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : Il est enjoint au PREFET DE POLICE de se prononcer sur la situation de M. Y dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
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     Article  3  : Les conclusions présentées par la SCP Defrénois et Lévis, avocat de M. Y, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
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     Article 4  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Yacin Y et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**