# Conseil d'Etat, 1 SS, du 30 octobre 2002, 237488, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008131212
**Date de décision:** 2002-10-30
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 1 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008131212

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 23 août 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler l'article 1er du jugement du 20 juin 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 14 juin 2001 du préfet de la Marne décidant implicitement la reconduite à la frontière de M. Yahya X... ;<br>    2°) de rejeter la demande de M. X... devant le tribunal administratif de Paris ;<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>     Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - le rapport de M. Lafouge, Conseiller d'Etat ;<br>    - les observations de Me Blondel, avocat de M. X..., <br>    - les conclusions de Mlle Fombeur, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;<br>    Considérant que si, lorsqu'un arrêté de reconduite à la frontière a été dépourvu de mesure d'exécution pendant une durée anormalement longue, caractérisée par un changement de circonstances de fait ou de droit, l'exécution d'office d'une reconduite à la frontière peut être regardée comme fondée non sur l'arrêté initial, même si celui-ci est devenu définitif faute d'avoir été contesté dans les délais, mais sur un nouvel arrêté de reconduite à la frontière dont l'existence est révélée par la mise en oeuvre de l'exécution d'office elle-même et qui doit être regardé comme s'étant substitué à l'arrêté initial, c'est à la condition que ce retard ait été exclusivement imputable à l'administration ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière par arrêté du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, en date du 12 juin 1998 ; que cet arrêté de reconduite à la frontière, notifié le 16 juin 1998, est devenu définitif ; que M. X... a quitté le département des Hauts-de-Seine sans exécuter la mesure d'éloignement et sans communiquer aux services préfectoraux sa nouvelle adresse ; qu'ainsi, c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris, estimant que le retard mis à exécuter l'arrêté de reconduite était exclusivement imputable à l'administration, a jugé que l'arrêté de mise en rétention administrative pris à l'encontre de l'intéressé le 14 juin 2001, révélait l'existence d'une nouvelle décision de reconduite à la frontière susceptible de recours contentieux ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé cette prétendue décision ;<br>Article 1er : L'article 1er du jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 20 juin 2001 est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée sur ce point par M. X... devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE et à M. Yahya X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 1998-06-12
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.