# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 6ème chambre (formation à 3), 23/12/2008, 07BX01589, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000020131555
**Date de décision:** 2008-12-23
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 6ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000020131555

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 26 juillet 2007 au greffe de la cour, présentée pour la SARL GUICHOT, dont le siège est zone industrielle de Saux à Lourdes (65100), par Me Casadebaig, avocat ;<br>
<br>
<br>
        La SARL GUICHOT demande à la cour :<br>
<br>
        1°) d'annuler le jugement du 9 mai 2007 du tribunal administratif de Pau, en tant qu'il ne met à la charge de la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées que la réparation du tiers du préjudice subi par elle après avoir retenu en partage de responsabilité ;<br>
<br>
        2°) de condamner la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées à lui verser la somme de 52 176,57 , majorée des intérêts au taux légal à compter du 23 octobre 2003, date de sa demande devant le tribunal administratif de Pau ;<br>
<br>
        3°) de condamner la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées à lui verser la somme de 3 000  au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
        Vu la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance ;<br>
<br>
        Vu le code des marchés publics ;<br>
<br>
        Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
<br>
        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 25 novembre 2008 :<br>
<br>
        - le rapport de M. Richard, premier conseiller ;<br>
        - les observations de Me Seignalet, avocat de la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées ;<br>
        - et les conclusions de M. Gosselin, commissaire du gouvernement ;<br>
<br>
<br>
        Considérant que la SARL GUICHOT demande l'annulation du jugement du 9 mai 2007 du tribunal administratif de Pau, en tant qu'il n'a condamné la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées à ne réparer que le tiers du préjudice qu'elle a subi à la suite des difficultés rencontrées pour obtenir le paiement de sommes correspondant aux travaux exécutés par elle dans le cadre du marché de travaux d'aménagement du lycée climatique d'Argelès-Gazost ;<br>
<br>
        Considérant qu'en application des dispositions combinées des articles 3 et  6 de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance,  le paiement direct du sous-traitant par le maître de l'ouvrage, pour la part du marché dont il assure l'exécution, est subordonné à la double condition que, sur la demande de l'entrepreneur principal, le sous-traitant ait été accepté par le maître de l'ouvrage et que les conditions de paiement du contrat de sous-traitance aient été agréées par ce dernier ; qu'il résulte de l'instruction que l'EURL Garre Bâtiment, qui avait conclu avec la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées, maître d'ouvrage délégué, un marché dans le cadre des travaux d'aménagement du lycée climatique d'Argelès-Gazost, a sous-traité l'exécution d'une partie des travaux du lot n° 1 à la SARL GUICHOT ; que le maître de l'ouvrage délégué n'avait pas accepté ce sous-traitant, et n'avait pas agréé les conditions de paiement, qui ne lui avaient d'ailleurs pas été soumises ; que la SARL GUICHOT, qui ne remplissait pas les conditions fixées par les dispositions susrappelées de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, ne pouvait donc prétendre au paiement direct par la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées des travaux qu'elle avait exécutés dans les conditions susrappelées ;<br>
<br>
        Considérant que la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées, maître d'ouvrage délégué, en s'abstenant de mettre en demeure l'entrepreneur principal de faire agréer son sous-traitant et de lui  communiquer le contrat de sous-traitance, alors qu'elle ne pouvait ignorer depuis le 13 janvier 2003, date à laquelle elle figurait sur un compte-rendu de chantier, la présence sur le chantier de la société requérante en qualité de sous-traitant, a méconnu les dispositions susrappelées des articles 3 et 6 de la loi du 31 décembre 1975 et commis une faute de nature à engager sa responsabilité ; que cette faute est à l'origine du dommage subi par la SARL GUICHOT, qui n'a pu obtenir le paiement de sommes correspondant aux travaux exécutés par elle dans le cadre du marché susmentionné ; que la responsabilité de la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées est toutefois atténuée par les fautes qu'ont commises tant l'EURL Garre Bâtiment en ne soumettant pas à l'agrément du maître d'ouvrage délégué les conditions de paiement précitées, que la SARL GUICHOT en négligeant de s'assurer que ledit agrément  avait été donné ; qu'ainsi, le tribunal administratif a fait une juste  appréciation des circonstances de l'affaire en mettant à la charge de la société de construction gestion Midi-Pyrénées la réparation du tiers du préjudice subi par la requérante ; qu'il suit de là que la SARL GUICHOT n'est pas fondée à demander que l'indemnité qui lui a été allouée couvre la totalité du préjudice subi par elle, dont le montant n'est pas contesté ;<br>
<br>
        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la SARL GUICHOT n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué du 9 mai 2007, le tribunal administratif de Pau n'a mis à la charge de la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées que le tiers de la réparation du préjudice qu'elle a subi ;<br>
<br>
<br>
        Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
        Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser à la SARL GUICHOT, la somme qu'elle demande au titre des frais de procès non compris dans les dépens ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'affaire, de condamner la SARL GUICHOT à verser à la société de construction et de gestion Midi-Pyrénées la somme qu'elle demande sur le même fondement ;<br>
<br>
<br>
        DECIDE :<br>
<br>
<br>
Article 1er : La requête de la SARL GUICHOT est rejetée.<br>
Article 2 : Les conclusions de la société de construction et gestion Midi-Pyrénées tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
3<br>
No 07BX01589<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**