# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 4 juin 2003, 251329, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008201609
**Date de décision:** 2003-06-04
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008201609

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 30 octobre 2002, présentée par M. Christian X, demeurant chez Mlle GARRATT ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 18 septembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 21 juin 2002 du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière   ;
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                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté   ;
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                3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour  ;
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité camerounaise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification de la décision du 4 octobre 2000 du préfet du Val-d'Oise lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; 
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                Considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier que M. X poursuit des études depuis son arrivée en France en 1996, à l'âge de 15 ans  ; qu'après avoir obtenu son baccalauréat en 1998, l'intéressé, titulaire d'un diplôme universitaire de technologie en informatique en 2000, s'est inscrit en licence des métiers de l'information à l'Université Paris 13  ; qu'il effectuait un stage rémunéré en entreprise du 2 avril au 31 août 2002 lorsque le préfet de police a ordonné sa reconduite à la frontière  ; que les études poursuivies doivent être regardées comme étant réelles et sérieuses en raison des résultats obtenus  ; que l'intéressé présente de sérieuses garanties d'intégration et bénéficie de perspectives professionnelles  ; qu'ainsi, en ordonnant la reconduite à la frontière de M. X, le préfet de police a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressé  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 21 juin 2002 par lequel le préfet de police a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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                Considérant qu'à la suite d'une annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière, il incombe au préfet, en application des dispositions du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, non seulement de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour mais aussi, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur son droit à un titre de séjour  ; que, dès lors, il appartient au juge administratif, lorsqu'il prononce l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière et qu'il est saisi de conclusions en ce sens, d'user des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du code de justice administrative - lesquels peuvent être exercés tant par le juge unique de la reconduite à la frontière que par une formation collégiale - pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressé doit être réexaminée au vu de l'ensemble de la situation de droit et de fait existant à la date de ce réexamen  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au préfet de police de se prononcer sur la situation de M. Christian X dans le délai de un mois suivant la notification de la présente décision  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du 18 septembre 2002 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris et l'arrêté du 21 juin 2002 du préfet de police ordonnant la reconduite à la frontière de M. X sont annulés.
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Article 2  : Le préfet de police statuera sur la régularisation de la situation de M. X dans le délai de un mois suivant la notification de la présente décision.
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     Article 3  : Le surplus des conclusions de la requête  de M. X est rejeté. 
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     Article 4  : La présente décision sera notifiée à M. Christian X, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**