# Conseil d'Etat, 1ère sous-section jugeant seule, du 23 juillet 2003, 254032, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008186800
**Date de décision:** 2003-07-23
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 1ERE SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008186800

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 7 février 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 18 novembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 21 juin 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Drame X...  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mlle Courrèges, Auditeur,  
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                - les conclusions de M. Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)   ; qu'aux termes de l'article 12 bis de la même ordonnance  :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans (...)   ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X... s'est maintenu en France plus d'un mois après la notification, le 20 juin 2001, de la décision du PREFET DE POLICE du 12 juin 2001 rejetant sa demande de titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il se trouvait ainsi dans un des cas où le préfet peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger  ;
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                Considérant, toutefois, qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. X..., entré sur le territoire en octobre 1990, résidait habituellement en France depuis plus de dix ans  ; que, par suite, le PREFET DE POLICE ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; que, dès lors, le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé pour ce motif son arrêté du 21 juin 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X...  ;
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                Sur les conclusions de M. X... à fin d'injonction et d'astreinte  :
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                Considérant qu'aux termes du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  :  Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé (...), l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau statué sur son cas   ; qu'ainsi, contrairement à ce que soutient M. X..., la présente décision, qui prononce l'annulation pour excès de pouvoir d'un arrêté de reconduite à la frontière, n'implique pas nécessairement la délivrance d'une carte de séjour temporaire  ; qu'en revanche, il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi de conclusions en ce sens, d'user des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du code de justice administrative pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressé doit être réexaminée, au vu de l'ensemble de la situation de droit et de fait existant à la date de ce réexamen  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au PREFET DE POLICE, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte, de se prononcer sur la situation de M. X..., dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente décision  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article  L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. X... au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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     Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : Le PREFET DE POLICE statuera sur la demande de M. X..., tendant à la délivrance d'un titre de séjour temporaire, dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente décision.
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     Article 3  : L'Etat versera à M. X... la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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     Article 4  : Le surplus des conclusions présentées par M. X... devant le Conseil d'Etat est rejeté.
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     Article 5  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Drame X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**