# Conseil d'État,  2ème sous-section jugeant seule, 30/12/2003, 253096, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008139938
**Date de décision:** 2003-12-30
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 2ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008139938

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 6 janvier 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU VAL-D'OISE ; le PREFET DU VAL-D'OISE demande au Conseil d'Etat : <br>
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               1°) d'annuler le jugement  du 11 décembre 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 4 décembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. Majdi Ben Mahmoud A ;<br>
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              2°) de rejeter la demande présentée par M. A devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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              Vu l'accord franco-tunisien du 17 mars 1888 modifié par l'avenant du 19 décembre 1991 ;<br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ; <br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de Mme Artaud-Macari, Conseiller d'Etat,  <br>
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              - les conclusions de Mme Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative au conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France modifiée : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  (...)  ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 8 octobre 2002, de l'arrêté du 7 octobre 2002 par lequel le PREFET DU VAL-D'OISE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application des dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France susvisée, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
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              Considérant que si M. A fait valoir qu'il est né en France en 1972, qu'il y a vécu jusqu'en 1976, date de la séparation de ses parents, et qu'il y est revenu en 2002, sa grand-mère, à laquelle il avait été confié après la séparation de ses parents, n'étant plus en mesure de le prendre en charge, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, âgé de 30 ans à la date de l'arrêté attaqué et qui n'établit pas avoir entretenu des relations étroites avec son père et sa mère demeurés en France, conservait des attaches familiales dans son pays d'origine ; que, dès lors, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, et n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DU VAL-D'OISE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, retenant l'unique moyen de la demande, a annulé son arrêté du 4 décembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. A ;<br>
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              Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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              Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. A la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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      D E C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement du 11 décembre 2002 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.<br>
Article 2 : La demande présentée par M. A devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est rejetée.<br>
Article 3 : Les conclusions de M. A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 4 : La présente décision sera notifiée au PREFET DU VAL-D'OISE, à M. Madji Ben Mahmoud A et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. <br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**