# Cour administrative d'appel de Nancy, 3e chambre, du 29 janvier 1998, 96NC00528, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007554753
**Date de décision:** 1998-01-29
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Nancy
**Formation:** 3E CHAMBRE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007554753

## Contenu de la décision

<br>    (Troisième Chambre)<br>    Vu le recours, enregistré le 12 février 1996 au greffe de la Cour, présenté par le MINISTRE DE LA DEFENSE ;<br>    Il demande que la Cour :<br>    1 ) annule le jugement, en date du 29 décembre 1995, par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a annulé la décision du directeur du Commissariat de l'air de la région aérienne du Nord-Est, en date du 13 avril 1992, refusant à Madame Sonia X... le bénéfice de l'indemnité pour charges militaires au taux chef de famille ;<br>    2 ) rejette la demande de Madame X... devant le tribunal administratif de Strasbourg ;<br>    Vu le jugement attaqué ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la loi N 70-459 du 4 Juin 1970 ;<br>    Vu la loi N 72-662 du 13 juillet 1972<br>    Vu la loi N 94-1163 du 29 décembre 1994 portant loi de finances rectificative pour 1994 ;<br>    Vu le décret N 59-1193 du 13 octobre 1959, notamment ses articles 1 et 3 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel<br>    Vu la loi N 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Les parties ayant été dûment averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 8 janvier 1998 :<br>    - le rapport de M. MOUSTACHE, Président-rapporteur,<br>    - et les conclusions de M. VINCENT, Commissaire du Gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que Madame X... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler la décision, en date du 13 avril 1992, par laquelle le directeur du Commissariat de l'air en région aérienne du Nord-Est lui a refusé le versement de l'indemnité pour charges militaires instituée par le décret du 13 octobre 1959 susvisé au taux "chef de famille" ; que par leur jugement en date du 29 décembre 1995, dont le MINISTRE DE LA DEFENSE relève régulièrement appel, les premiers juges ont annulé ladite décision au motif qu'elle avait été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 3 du décret du 13 octobre 1959 aux termes desquelles : "La qualification chef de famille est acquise :  Aux militaires mariés";<br>    Considérant, toutefois, qu'aux termes des dispositions du II de l'article 47 de la loi du 29 décembre 1994 susvisée :  "sous réserve des décisions de justice passée en force de chose jugée, les attributions individuelles de l'indemnité pour charges militaires en tant qu'elles sont contestées par le moyen tiré des conséquences entraînées par l'intervention de la loi N 70459 du 4 juin 1970 relative à l'autorité parentale à l'égard des dispositions de décret N 59-1193 du 13 octobre 1959 fixant le régime de l'indemnité pour charges militaires sont validées" ;<br>    Considérant qu'il résulte de cette disposition, éclairée par les travaux préparatoires, d'une part, que le moyen de la requête tiré de la caducité de la notion de chef de famille à laquelle se référait le décret du 13 octobre 1959 susvisé, dans sa rédaction alors applicable, est devenu inopérant ; que, d'autre part, le législateur a entendu maintenir en vigueur, pendant une période transitoire précédant la publication du décret du 14 octobre 1994, le régime de droit antérieur à la loi du 4 juin 1970 visée ci-dessus en vertu duquel, s'agissant des couples de militaires, il est fait acception de la "qualification de chef de famille" pour l'attribution au taux plein de l'indemnité pour charges militaires, en vue de faire obstacle à ce que les avantages familiaux attachés à cette indemnité pussent être cumulés par l'un et l'autre des époux ; que, dès lors, c'est à tort que le tribunal administratif de Strasbourg s'est fondé sur le motif sus rappelé pour annuler la décision du directeur du Commissariat de l'air en région aérienne Nord-Est, en date du 13 avril 1982, refusant à Madame X... le bénéfice de ladite indemnité au "taux chef de famille" ;<br>    Considérant, toutefois, qu'il appartient à la cour administrative d'appel, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par Madame X... devant le tribunal administratif de Strasbourg ;<br>    Considérant que le moyen tiré par Madame X... de l'atteinte au principe constitutionnel d'égalité entre les sexes, notamment en ce qui concerne la rénumération des fonctionnaires doit, en tout état de cause, être écarté, dès lors que la situation qui est faite à l'intéressée résulte de la stricte application des dispositions législatives ci-dessus reproduites, dont il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier la constitutionnalité ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le MINISTRE DE LA DEFENSE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé la décision du 13 avril 1992 ;<br>Article 1 : Le jugement du tribunal administratif de Strasbourg, en date du 29 décembre 1995, est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée par Madame X... devant le tribunal administratif de Strasbourg est rejetée.<br>Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de la Défense et à Madame X....<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Décret 59-1193 1959-10-13 art. 3,Décret 94-887 1994-10-14,Loi 70-459 1970-06-04,Loi 94-1163 1994-12-29 art. 47
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-08-03 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - REMUNERATION - INDEMNITES ET AVANTAGES DIVERS