# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 19 mars 1997, 95-10.771, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007037894
**Date de décision:** 1997-03-19
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007037894

## Contenu de la décision

Sur le moyen unique, pris en sa quatrième branche :<br>
<br>   Vu l'article 1382 du Code civil ;<br>
<br>   Attendu, selon l'arrêt attaqué, qu'autorisée par ordonnance du 27 novembre 1992 à pratiquer une saisie conservatoire sur une cargaison de blé appartenant à son débiteur, l'Office des céréales de Tunisie, la société BEC Frères a fait procéder à cette saisie le 10 décembre suivant, le blé se trouvant chargé sur un navire dont la société Naviera Humboldt était l'armateur ; que la saisie n'a été levée que le 24 décembre 1992 après fourniture d'une caution bancaire par le saisi ; que la société Naviera Humboldt a demandé à la société BEC Frères réparation du préjudice dû à l'immobilisation du navire ;<br>
<br>   Attendu que, pour accueillir cette demande, la cour d'appel relève, à la charge de la société BEC Frères, une faute d'imprudence, ayant consisté à ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour que la saisie ne crée pas de dommage à l'armateur qui était pour elle un tiers, à avoir attendu 13 jours pour pratiquer la saisie des blés qui antérieurement auraient pu être saisis à quai et à avoir pris sciemment le risque d'immobiliser un navire étranger à sa créance ;<br>
<br>   Qu'en se bornant à de tels motifs, qui ne caractérisent pas une faute du saisissant, qui avait été autorisé à pratiquer une saisie conservatoire sur la cargaison chargée sur le navire, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision au regard du texte susvisé ;<br>
<br>         PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les trois premières branches du moyen :<br>
<br>   CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 27 octobre 1994, entre les parties, par la cour d'appel de Montpellier ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Bordeaux.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation.
**Lois appliquées:** Code civil 1382
**ECLI:** 
**Résumé:** Ne caractérise pas la faute d'un créancier saisissant autorisé à pratiquer une saisie conservatoire sur la cargaison chargée sur un navire la cour d'appel qui retient son imprudence, ayant consisté à ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour que la saisie ne crée pas de dommage à l'armateur qui était pour elle un tiers, à avoir attendu plusieurs jours pour pratiquer la saisie des blés qui antérieurement auraient pu être saisis à quai et à avoir pris sciemment le risque d'immobiliser un navire étranger à sa créance.
**Mots-clés:** PROCEDURES CIVILES D'EXECUTION (loi du 9 juillet 1991) - Saisie conservatoire - Navire - Saisie d'une cargaison - Obligation du saisissant .,RESPONSABILITE DELICTUELLE OU QUASI DELICTUELLE - Faute - Saisie conservatoire - Navire - Saisie d'une cargaison - Saisie pouvant être pratiquée avant l'embarquement