# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 9 avril 1970, 68-12.163, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982344
**Date de décision:** 1970-04-09
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982344

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QU'UNE PRECEDENTE DECISION DE JUSTICE, DEVENUE IRREVOCABLE, A FIXE A 40775 FRANCS LE MONTANT DE L'INDEMNITE D'EVICTION DUE A MIALLIE A LA SUITE DU REFUS DE RENOUVELLEMENT DE SON BAIL COMMERCIAL, QUI LUI AVAIT ETE OPPOSE PAR GUY, PROPRIETAIRE ;<br>
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QUE CELUI-CI A VERSE CETTE SOMME, LE 26 JANVIER 1967, ENTRE LES MAINS D'UN SEQUESTRE DESIGNE PAR ORDONNANCE DE REFERE, MAIS A EGALEMENT FORME, ENTRE LES MAINS DUDIT SEQUESTRE, OPPOSITION A CONCURRENCE DE 10000 FRANCS, PRETENDANT QUE LE LOCATAIRE DEVAIT EFFECTUER, AVANT SON DEPART, DES TRAVAUX DE REMISE EN ETAT DES LIEUX ;<br>
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 QUE GUY A ENSUITE ASSIGNE MIALLIE AUX FINS DE FAIRE DESIGNER UN EXPERT, CHARGE DE CONTROLER LA RESTITUTION DES ELEMENTS CORPORELS ET INCORPORELS DU FONDS, LA REMISE DES LIEUX A SA DISPOSITION DEVANT, D'APRES LUI, AVOIR LIEU LE 24 JUIN 1967 ;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR REFUSE DE FAIRE DROIT A CETTE PRETENTION, AU MOTIF QUE L'OPPOSITION FORMEE ENTRE LES MAINS DU SEQUESTRE N'ETAIT PAS FONDEE, ALORS, SELON LE POURVOI QUE, D'UNE PART, LA COUR D'APPEL N'ETAIT AUCUNEMENT REQUISE DE STATUER SUR LE BIEN-FONDE DE LADITE OPPOSITION, LEQUEL D'AILLEURS NE POUVAIT S'APPRECIER QU'AU MOMENT MEME DU DEPART DU LOCATAIRE, QUE L'OPPOSITION CONSTITUAIT UNE MESURE CONSERVATOIRE ET QUE, D'AUTRE PART, L'ARRET NE REPOSE SUR AUCUN MOTIF SE RAPPORTANT AU FONDEMENT DE L'OPPOSITION, C'EST-A-DIRE A L'EXISTENCE DE LA CREANCE DU PROPRIETAIRE ;<br>
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MAIS ATTENDU, D'ABORD, QU'EN RAISON MEMEDE LA DEMANDE DONT ELLE ETAIT SAISIE, LA COUR D'APPEL DEVAIT RECHERCHER SI GUY AVAIT SATISFAIT A SES OBLIGATIONS ET SI L'OPPOSITION PAR LUI FORMEE ETAIT JUSTIFIEE ;<br>
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 QU'EN SECOND LIEU, ELLE CONSTATE QUE LE PROPRIETAIRE N'ETABLISSAIT LA PREUVE D'AUCUNE "CREANCE CERTAINE, LIQUIDE ET EXIGIBLE SUSCEPTIBLE DE PRODUIRE UNE COMPENSATION LEGALE" ;<br>
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 QU'EN CONSEQUENCE, LE PREMIER MOYEN N'EST PAS FONDE ET DOIT ETRE REJETE ;<br>
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 SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR DECIDE QUE L'EVICTION DE MIALLIE N'AURAIT LIEU QU'APRES MAINLEVEE DE L'OPPOSITION FORMEE PAR LE PROPRIETAIRE, ALORS, D'APRES LE DEMANDEUR EN CASSATION, QUE LE VERSEMENT DE L'INDEMNITE D'EVICTION, ENTRE LES MAINS DU SEQUESTRE, PRODUIT TOUS SES EFFETS DES SA REALISATION, LES OPPOSITIONS FAISANT SEULEMENT OBSTACLE EVENTUELLEMENT AU VERSEMENT QUE LE SEQUESTRE A MISSION D'EFFECTUER AU PROFIT DU LOCATAIRE, QU'IL N'APPARTENAIT PAS AUX JUGES DU FOND, EN S'ABSTENANT DE PRONONCER EUX-MEMES LA MAINLEVEE DE L'OPPOSITION, DE PLACER LE PROPRIETAIRE DEVANT LA NECESSITE DE DONNER CETTE MAINLEVEE OU DE SUBIR INDEFINIMENT L'OCCUPATION DE SES LOCAUX, QU'AUCUNE MAINLEVEE DE CETTE OPPOSITION NE POUVAIT, SANS CONTRADICTION, ETRE TENUE POUR NECESSAIRE PAR LA COUR D'APPEL, DES LORS QU'ELLE AVAIT DECIDE QUE CETTE OPPOSITION N'ETAIT PAS FONDEE ET, QU'ENFIN, LE DROIT AU MAINTIEN DANS LES LIEUX, RECONNU AU LOCATAIRE EVINCE, A POUR TERME EXTINCTIF LA DATE OU DOIT ETRE EFFECTUEE LA REMISE DES CLES, DATE QUI EST LEGALEMENT DETERMINEE PAR CELLE A LAQUELLE A ETE FAIT LE VERSEMENT DE L'INDEMNITE ENTRE LES MAINS DU SEQUESTRE ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA MAINLEVEE DE L'OPPOSITION N'AYANT PAS ETE DEMANDEE A LA COUR D'APPEL, CELLE-CI NE POUVAIT LA PRONONCER D'OFFICE ;<br>
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QUE CETTE MAINLEVEE ETAIT CEPENDANT NECESSAIRE PUISQUE L'OPPOSITION INTERDISAIT AU SEQUESTRE DE PAYER L'INDEMNITE D'EVICTION DANS SON INTEGRALITE ENTRE LES MAINS DU LOCATAIRE EVINCE ;<br>
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 QU'ENFIN, LES JUGES DU SECOND DEGRE ENONCENT QU'EN RAISON DE L'EXISTENCE DE L'OPPOSITION QU'ILS DECLARENT NON FONDEE, LA CONSIGNATION FAITE PAR LE PROPRIETAIRE ENTRE LES MAINS DU SEQUESTRE "N'EQUIVAUT PAS AU VERSEMENT EXIGE PAR L'ARTICLE 20 DU DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953" ;<br>
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 QU'ESTIMANT AINSI QUE GUY N'AVAIT PAS PAYE L'INDEMNITE, ILS ONT JUSTEMENT DECIDE, SANS SE CONTREDIRE, QUE LE LOCATAIRE EVINCE ETAIT MAINTENU DANS LES LIEUX AUX CONDITIONS PREVUES PAR L'ARTICLE 20 DUDIT DECRET ;<br>
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 QUE LE MOYEN DOIT, EN CONSEQUENCE, ETRE REJETE ;<br>
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 SUR LE TROISIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENFIN FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR DECIDE QUE LES ELEMENTS CORPORELS ET INCORPORELS DU FONDS DEMEURAIENT LA PROPRIETE DU LOCATAIRE MIALLIE, ALORS, SUIVANT LE MOYEN, QUE TOUTE DECISION JUDICIAIRE QUI HOMOLOGUE UN RAPPORT D'EXPERTISE S'EN APPROPRIE NECESSAIREMENT LES MOTIFS ET LES CONCLUSIONS, QU'IL N'APPARTENAIT DONC PAS A LA COUR D'APPEL, CONSTATANT QUE LES JUGES COMPETENTS AVAIENT FIXE L'INDEMNITE D'EVICTION AU CHIFFRE PROPOSE PAR L'EXPERT, EN HOMOLOGUANT LE RAPPORT DE CELUI-CI QUI PRECISAIT QUE LADITE INDEMNITE S'ENTENDAIT COMME CORRESPONDANT "AU PRIX TOTAL DU FONDS DE COMMERCE, ELEMENTS CORPORELS ET INCORPORELS COMPRIS, LE LOCATAIRE ABANDONNANT, BIEN ENTENDU, LA TOTALITE DU MATERIEL PORTE DANS L'INVENTAIRE", DE DENIER L'AUTORITE DE LA CHOSE AINSI JUGEE EN PRETENDANT ATTRIBUER A UNE DECISION D'AILLEURS DEFINITIVE, UNE PORTEE AUTRE QUE CELLE QUI RESULTAIT DE SON DISPOSITIF ET QUE LES MOTIFS RETENUS PAR L'ARRET NE PERMETTAIENT PAS A LA COUR D'APPEL DE METTRE EN ECHEC L'EXECUTION D'UNE DECISION DONT LA TENEUR ETAIT PAR ELLE-MEME CONSTATEE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL CONSTATE QUE LE DISPOSITIF DU JUGEMENT DU 8 JUILLET 1966, QUI N'EST PAS PRODUIT, "CONDAMNE LE PROPRIETAIRE AU PAIEMENT DE L'INDEMNITE MAIS S'ABSTIENT D'ORDONNER LA REMISE DES ELEMENTS CORPORELS DU FONDS A L'AUTEUR DE L'EVICTION" ;<br>
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 QU'ELLE DECLARE JUSTEMENT QUE "L'AUTORITE DE LA CHOSE JUGEE S'ATTACHE A LA PARTIE D'UNE DECISION QUI TRANCHE LES QUESTIONS CONTENTIEUSES SOUMISES AU TRIBUNAL PAR LES ECRITURES DES PARTIES" ET QUE "LE TRIBUNAL SE TROUVAIT SAISI D'UNE ACTION EN PAIEMENT D'INDEMNITE ET NON PAS D'UNE ACTION EN REVENDICATION DE BIENS MOBILIERS" ;<br>
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QU'ANALYSANT LE RAPPORT D'EXPERTISE, QUI N'EST PAS NON PLUS PRODUIT, ELLE ENONCE QUE L'EXPERT "A CONSIDERE LE MATERIEL VETUSTE COMME SANS INFLUENCE SUR LA VALEUR EVALUEE UNIQUEMENT EN FONCTION DU CHIFFRE D'AFFAIRES DU FONDS" ;<br>
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 QU'ELLE A PU EN DEDUIRE, SANS VIOLER LES TEXTES VISES AU MOYEN, QUE L'HOMOLOGATION DU RAPPORT N'ENTRAINAIT PAS "CHOSE JUGEE SUR UNE QUESTION INCIDENTE, AU SURPLUS SANS INFLUENCE SUR LE MONTANT DE L'INDEMNITE";<br>
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QUE LE TROISIEME MOYEN N'EST PAS DAVANTAGE FONDE QUE LES PRECEDENTS ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 19 FEVRIER 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE RIOM<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (2),(3),Décret  1953-09-30 ART. 20
**ECLI:** 
**Résumé:** Dès lors qu'un bailleur a versé entre les mains d'un séquestre le montant de l'indemnité d'éviction, tout en faisant opposition à raison de travaux incombant au locataire, les juges, saisis d'une demande de remise des lieux à la disposition du bailleur, sont dans l'obligation de rechercher si l'opposition est justifiée, même s'ils ne sont pas spécialement saisis de cette question.,En raison de l'existence d'une opposition non fondée du bailleur, la consignation par celui-ci du montant de l'indemnité d'éviction n'équivaut pas au versement exigé par l'article 20 du décret du 30 septembre 1953 ; dès lors le locataire évincé est maintenu dans les lieux aux conditions prévues par ce texte.,L'autorité de la chose jugée, s'attache à la partie d'une décision qui tranche les questions contentieuses soumises au Tribunal par les écritures des parties.          L'homologation d'un rapport d'expert fixant l'indemnité d'éviction n'entraîne pas la chose jugée sur une question incidente, telle la remise des éléments corporels du fonds à l'auteur de l'éviction, sans influence sur le montant de l'indemnité.
**Mots-clés:** 1) JUGEMENTS ET ARRETS - Conclusions - Obligation de juger dans leur limite - Bail commercial - Indemnité d'éviction - Opposition formée par le bailleur - Bailleur demandant la remise des lieux - Nécessité de statuer sur le bien-fondé de l'opposition.,2) BAUX COMMERCIAUX (Décret du 30 septembre 1953) - Indemnité d'éviction - Payement - Opposition formée par le bailleur - Opposition non fondée - Portée.,* BAUX COMMERCIAUX (Décret du 30 septembre 1953) - Indemnité d'éviction - Payement - Opposition formée par le bailleur - Nécessité pour les juges de statuer sur son bien-fondé avant d'ordonner la remise des lieux au bailleur.,3) CHOSE JUGEE - Portée - Limites - Objet du jugement - Bail commercial - Indemnité d'éviction - Première décision homologuant le rapport d'expertise fixant l'indemnité - Seconde décision statuant sur la remise des éléments corporels du fonds à l'auteur de l'éviction.,* BAUX COMMERCIAUX (Décret du 30 septembre 1953) - Indemnité d'éviction - Montant - Expertise - Rapport - Homologation - Portée.