# Conseil d'État, 8ème et 3ème sous-sections réunies, 21/10/2013, 357989, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028105115
**Date de décision:** 2013-10-21
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 8ème et 3ème sous-sections réunies
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028105115

## Contenu de la décision

Vu l'ordonnance n° 12BX00413 du 15 mars 2012, enregistrée le 27 mars 2012 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi présenté à cette cour par les sociétés civiles immobilières (SCI) Résidence Baudelaire, Résidence Verdi, Résidence Victoria I et Résidence Bellevue ;<br>
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              Vu le pourvoi, enregistré le 20 février 2012 au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux, présenté par les sociétés civiles immobilières (SCI) Résidence Baudelaire, Résidence Verdi, Résidence Victoria I et Résidence Bellevue, représentées par M. B...A..., leur gérant en exercice, demeurant à..., et le nouveau mémoire, enregistré le 28 septembre 2012 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présenté pour ces sociétés civiles immobilières ; elles demandent au Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler le jugement n° 0902323 du 21 décembre 2011 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leur demande tendant à la décharge de l'obligation de payer résultant de commandements de payer émis à leur encontre le 3 décembre 2008 pour obtenir le paiement de taxes foncières sur les propriétés bâties au titre de diverses années, différentes selon les sociétés ;<br>
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              2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à leur demande ;<br>
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              3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
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              Vu la loi n° 86-1318 du 30 décembre 1986 ;<br>
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              Vu la loi n° 99-1173 du 30 décembre 1999 ;<br>
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              Vu la loi n° 2000-1353 du 30 décembre 2000 ; <br>
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              Vu le décret n° 99-469 du 4 juin 1999 ; <br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de Mme Maryline Saleix, Maître des Requêtes en service extraordinaire,  <br>
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              - les conclusions de M. Benoît Bohnert, rapporteur public ;<br>
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              La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Boré, Salve de Bruneton, avocat de la SCI Residence Baudelaire, de la SCI Résidence Bellevue, de la SCI Résidence Victoria I et de la SCI Résidence Verdi ;<br>
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              1. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que le comptable de la trésorerie de Bordeaux Rive-gauche a, le 3 décembre 2008, délivré à la SCI Résidence Baudelaire deux commandements de payer des cotisations de taxe foncière afférentes aux années 1992 à 1998, mises en recouvrement entre le 31 août 1992 et le 31 août 1998, à la SCI Résidence Bellevue trois commandements de payer des cotisations de taxe foncière afférentes aux années 1989 à 1998, mises en recouvrement entre le 30 septembre 1989 et le 31 août 1998, à la SCI Résidence Victoria 1 trois commandements de payer des cotisations de taxe foncière afférentes aux années 1985 à 1989 et aux années 1991 à 1997, mises en recouvrement entre le 30 septembre 1989 et le 31 août 1997, et à la SCI Résidence Verdi trois commandements de payer des cotisations de taxe foncière afférentes aux années 1991 à 1996, mises en recouvrement entre le 31 août 1991 et le 31 août 1996 ; que ces sociétés ont vainement formé opposition aux poursuites ainsi engagées ; que, par un jugement du 21 décembre 2011, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à la décharge de l'obligation de payer les impositions en litige résultant de ces commandements de payer ; qu'elles ont interjeté appel de ce jugement devant la cour administrative d'appel de Bordeaux par un pourvoi dont le président de la cour, par ordonnance du 15 mars 2012, a, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, renvoyé le jugement au Conseil d'Etat ;<br>
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              2. Considérant qu'aux termes de l'article 1er du décret du 4 juin 1999 relatif au désendettement des rapatriés réinstallés dans une profession non salariée, dans sa rédaction applicable au litige : " Il est institué un dispositif de désendettement au bénéfice des personnes mentionnées à l'article 2 qui, exerçant une profession non salariée ou ayant cessé leur activité professionnelle ou cédé leur entreprise, rencontrent de graves difficultés économiques et financières, les rendant incapables de faire face à leur passif " ; qu'aux termes de l'article 21 de la loi du 30 décembre 1999 de finances rectificative pour 1999, dans sa rédaction initiale : "  I. - Lorsqu'elles en font la demande, les personnes mentionnées au I de l'article 44 de la loi de finances rectificative pour 1986 (n° 86-1318 du 30 décembre 1986) et au 2° de l'article 2 du décret no 99-469 du 4 juin 1999 relatif au désendettement des rapatriés réinstallés dans une profession non salariée, qui ont déposé une demande d'admission au dispositif prévu à ce décret, bénéficient, jusqu'à la décision de l'autorité administrative compétente déclarant l'irrecevabilité ou l'inéligibilité de cette demande d'admission ou jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision déclarant son éligibilité, d'un sursis de paiement pour l'ensemble des cotisations dues, au 31 juillet 1999, au titre de l'impôt sur le revenu, de la taxe sur la valeur ajoutée, de la taxe professionnelle et des autres impositions dont elles seraient redevables. / Pendant la durée de ce sursis, les comptables publics compétents ne peuvent engager aucune poursuite sur le fondement de l'article L. 258 du livre des procédures fiscales et les poursuites éventuellement engagées sont suspendues. / II. - L'application des dispositions du I ne peut donner lieu à la perception, par l'administration, d'aucune majoration, d'aucun intérêt de retard ni d'aucun intérêt moratoire. / III. - La décision de sursis de paiement constitue un acte interruptif de la prescription au sens de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales " ; qu'il résulte de ces dispositions que le bénéfice du sursis de paiement qu'elles prévoient est subordonné à la présentation au comptable public compétent d'une demande particulière à cette fin et ne peut être accordé au vu de la seule demande d'admission au dispositif de désendettement prévu en faveur des rapatriés réinstallés dans une profession non salariée, déposée auprès de la Commission nationale d'aide aux rapatriés en application du décret du 4 juin 1999 ou sur le fondement des dispositions antérieurement applicables ; <br>
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              3. Considérant que, pour juger que l'action en recouvrement formée contre les sociétés requérantes n'était pas prescrite, le tribunal administratif de Bordeaux a relevé que les demandes d'admission au dispositif prévu par le décret du 4 juin 1999 présentées par les sociétés requérantes avaient eu pour effet de suspendre le délai de prescription de cette action à l'égard du comptable, mis dans l'impossibilité d'agir à raison du sursis de paiement des impositions dues au 31 juillet 1999 dont bénéficiaient les redevables en vertu des dispositions précitées de l'article 21 de la loi de finances rectificative pour 1999 ; qu'en statuant ainsi, sans rechercher si les sociétés requérantes avaient, en application des dispositions de cet article, présenté une demande de sursis de paiement pour l'ensemble des cotisations dont elles étaient redevables au 31 juillet 1999, le tribunal a commis une erreur de droit ; que, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens du pourvoi, les SCI Résidence Baudelaire, Résidence Victoria 1, Résidence Verdi et Résidence Bellevue sont fondées à demander l'annulation du jugement qu'elles attaquent ;<br>
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              4. Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 3 000 euros à verser aux SCI Résidence Baudelaire, Résidence Bellevue, Résidence Victoria 1 et Résidence Verdi, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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<br>		D E C I D E :<br>
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 Article 1er : Le jugement du 21 décembre 2011 du tribunal administratif de Bordeaux est annulé.<br>
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 Article 2 : L'affaire est renvoyée au tribunal administratif de Bordeaux.<br>
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 Article 3 : L'Etat versera la somme globale de 3 000 euros aux sociétés civiles immobilières Résidence Baudelaire, Résidence Bellevue, Résidence Victoria 1 et Résidence Verdi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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 Article 4 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière Résidence Baudelaire. Les autres sociétés requérantes seront informées de la présente décision par la SCP Boré, Salve de Bruneton, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, qui les représente devant le Conseil d'Etat.<br>
 Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'économie et des finances.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** ECLI:FR:CESSR:2013:357989.20131021
**Résumé:** 
**Mots-clés:**