# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 12 janvier 2005, 264141, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008212502
**Date de décision:** 2005-01-12
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008212502

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 2 février 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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     1°) d'annuler le jugement du 17 décembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 3 septembre 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. Djilali X  ; 
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     2°) de rejeter les conclusions dirigées contre cette décision présentées par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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     Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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     Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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     - le rapport de Mlle Sibyle Petitjean, Auditeur,  
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     - les conclusions de M. Didier Casas, Commissaire du gouvernement  ;
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Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre  1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le  préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la notification du refus ou du retrait (...)  ; 
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     Considérant que M. XZY, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 26 février 2003, de l'arrêté du 3 janvier 2003 par lequel le PREFET DE POLICE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour  ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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     Considérant que le magistrat délégué par le président du tribunal  administratif de Paris, saisi par M. X de conclusions  tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 septembre 2003 ordonnant sa reconduite à la frontière, s'est fondé, pour annuler cet arrêté, sur ce que l'intéressé faisait l'objet de menaces de mort de la part de groupes terroristes  ;  
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       Considérant que l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière d'un  étranger n'a pas pour objet de fixer le pays de destination, lequel est  déterminé par une décision distincte  ; qu'ainsi, le moyen tiré des risques encourus par l'intéressé en cas de retour dans son pays d'origine, s'il  peut être utilement invoqué à l'encontre de la décision fixant le pays à  destination duquel l'étranger doit être éloigné est en revanche inopérant à l'égard de l'arrêté attaqué en tant que celui-ci ordonne sa reconduite à la frontière  ; 
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, en date du 17 décembre 2003, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif s'est fondé sur les risques encourus par M. X en cas de retour en Algérie pour annuler, dans son intégralité l'arrêté du 3 septembre 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressé  ; 
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       Considérant toutefois qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi du litige  par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les moyens soulevés par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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     Sur la légalité de l'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière  : 
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     Considérant que M. X qui a déclaré être entré sur le territoire français en 2001, est célibataire et n'a pas de charge de famille et  Y n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine  ; que, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la durée de son séjour et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris  ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli  ; 
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     Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de  destination  : 
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     Considérant que M. X fait valoir qu'il a fait l'objet de diverses tentatives de racket et de menaces de mort en raison de son refus de participer à l'action de groupes terroristes  ; que, toutefois, les éléments produits ne suffisent pas à établir la réalité des risques auxquels M. X serait personnellement exposé en cas de retour dans son pays d'origine  ; qu'ainsi, en fixant l'Algérie pour pays de destination, le PREFET DE POLICE n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de  sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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     Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à demander l'annulation du jugement par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 3 septembre 2003  ;
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     Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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     Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à M. X la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du conseiller délégué par le président du  tribunal administratif de Paris en date du 17 décembre 2003 est annulé.
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      Article 2  : La demande présentée par M. X devant le président du  tribunal administratif de Paris et ses conclusions présentées devant le Conseil d'Etat sont rejetées.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Djilali X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**