# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 mars 1966, 65-91.439, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007054562
**Date de décision:** 1966-03-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007054562

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE X... (VICTOR), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS EN DATE DU 20 FEVRIER 1965 QUI, POUR DETOURNEMENT DE PRECOMPTE ET NON PAYEMENT DE COTISATIONS DE SECURITE SOCIALE, L'A CONDAMNE A 800 FRANCS D'AMENDE, 32 AMENDES DE 20 FRANCS CHACUNE, AINSI QU'A DES REPARATIONS CIVILES. LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS, TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE ;<br>
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SUR LES DEUX MOYENS DE CASSATION REUNIS ;<br>
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LE PREMIER PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 151 DU CODE DE SECURITE SOCIALE, 1 ET 3 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 25 DE LA LOI DU 7 MARS 1925 ET DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE LE DEMANDEUR, GERANT D'UNE SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE, A PAYER PERSONNELLEMENT LES COTISATIONS DE SECURITE SOCIALE PAR LE MOTIF QUE LA VICTIME D'UNE INFRACTION PEUT DEMANDER REPARATION DU PREJUDICE AU DELINQUANT DIRECTEMENT ;<br>
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ALORS QUE LA LOI DE 1925 ENUMERE LIMITATIVEMENT LES CAS DE RESPONSABILITE INDIVIDUELLE OU SOLIDAIRE DES GERANTS DE SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE ET QUE LA SEULE CONSTATATION DE L'INOBSERVATION DES OBLIGATIONS INCOMBANT A UNE SOCIETE POUR LE RECOUVREMENT DES COTISATIONS DE SECURITE SOCIALE ET D'ALLOCATIONS FAMILIALES N'IMPLIQUE PAS NECESSAIREMENT UNE FAUTE PERSONNELLE COMMISE PAR LE GERANT DANS SA GESTION ;<br>
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LE SECOND MOYEN PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 151 ET SUIVANTS DU CODE DE SECURITE SOCIALE, DES ARTICLES 474 ET SUIVANTS, 503 DU CODE DE COMMERCE, DE L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL ET DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE LE GERANT D'UNE SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE PERSONNELLEMENT A PAYER DES RESTITUTIONS ET DES DOMMAGES-INTERETS ;<br>
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PAR LE MOTIF QUE LA POSSIBILITE POUR LA VICTIME D'OBTENIR REPARATION DE SON PREJUDICE TANT DU DELINQUANT LUI-MEME QUE DU CIVILEMENT RESPONSABLE NE SAURAIT ETRE INTERPRETE COMME CONSTITUANT UN PRIVILEGE SPECIAL AU PROFIT DE L'URSSAF ;<br>
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ET ALORS QUE, D'AUTRE PART, L'INFRACTION DE NON-PAYEMENT DE COTISATIONS NE PEUT SE TRADUIRE PAR UN PRIVILEGE AU PROFIT DE L'URSSAF ET AU DETRIMENT DE LA MASSE ET QUE LA COUR N'A PAS A REPONDRE SUR CE POINT AUX CONCLUSIONS D'APPEL DU DEMANDEUR REGULIEREMENT PRISES ET VISEES PAR LE PRESIDENT ;<br>
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ET ALORS QUE, D'AUTRE PART, LA COUR A CONDAMNE LE DEMANDEUR A DES DOMMAGES-INTERETS SANS DONNER DE MOTIFS A L'APPUI D'UNE TELLE CONDAMNATION ;<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE CONFIRME LE JUGEMENT ENTREPRIS QUI, APRES AVOIR CONDAMNE X..., GERANT DE LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE X... ET COMPAGNIE A DIVERSES PEINES D'AMENDE POUR DETOURNEMENT DE PRECOMPTE ET NON-PAYEMENT DES COTISATIONS, L'A, EN OUTRE, CONDAMNE A LA SOMME DE 7446,13 FRANCS A TITRE DE RESTITUTIONS ET DE MAJORATIONS DE RETARD ET DE 100 FRANCS A TITRE DE DOMMAGES-INTERETS ENVERS L'URSSAF, PARTIE CIVILE ;<br>
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ATTENDU, D'UNE PART, QU'EN MATIERE DE DEFAUT DE PAYEMENT DES COTISATIONS DE SECURITE SOCIALE, L'ACTION PUBLIQUE ET L'ACTION CIVILE DOIVENT ETRE DIRIGEES CONTRE LA MEME PERSONNE ET QUE LORSQUE L'INFRACTION EST COMMISE PAR LE GERANT D'UNE SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE, RESPONSABLE EN TANT QUE REPRESENTANT DE CETTE SOCIETE, C'EST CE GERANT QUI DOIT PERSONNELLEMENT REPONDRE DES CONDAMNATIONS PENALES ET DES CONDAMNATIONS CIVILES, SANS QU'IL Y AIT LIEU DE TENIR COMPTE DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 25 DE LA LOI DU 7 MARS 1925 INAPPLICABLES EN LA MATIERE, LA SOCIETE NE POUVANT ETRE POURSUIVIE QUE COMME CIVILEMENT RESPONSABLE ;<br>
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 QUE LEDIT ARTICLE N'A EU, NI POUR OBJET, NI POUR EFFET, DE SOUSTRAIRE LES GERANTS D'UNE ELLE SOCIETE AUX CONSEQUENCES CIVILES RESULTANT POUR EUX, EN VERTU DES ARTICLES 2 ET 3 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DES INFRACTIONS PENALES COMMISES DANS L'EXERCICE DE LEURS FONCTIONS ;<br>
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ATTENDU D'AUTRE PART, QUE C'EST A BON DROIT QUE LA COUR D'APPEL A CONDAMNE PERSONNELLEMENT LE DEMANDEUR AUX REPARATIONS SUS-ENONCEES ;<br>
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 QU'EN EFFET, SI LA REGLE DE L'EGALITE DES CREANCIERS EN MATIERE DE FAILLITE S'OPPOSE A CE QUE LES TRIBUNAUX ATTRIBUENT AUX CREANCIERS INTERVENANT A TITRE PERSONNEL DEVANT LA JURIDICTION REPRESSIVE PLUS DE DROITS QU'AUX AUTRES CREANCIERS, IL N'EN EST AINSI QU'AUTANT QUE LA CONDAMNATION VISE UN COMMERCANT EN ETAT DE CESSATION DE PAYEMENTS ;<br>
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 QUE TEL N'EST PAS LE CAS DE L'ESPECE, L'ARRET ATTAQUE NE CONSTATANT PAS QUE LE DEMANDEUR AIT ETE PERSONNELLEMENT DECLARE EN ETAT DE FAILLITE OU DE REGLEMENT JUDICIAIRE ;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LES MOYENS NE SAURAIENT ETRE ACCUEILLIS ;<br>
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ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ;<br>
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REJETTE LE POURVOI. PRESIDENT : M COMTE, CONSEILLER DOYEN, FAISANT FONCTIONS - RAPPORTEUR : M COMBALDIEU - AVOCAT GENERAL : M BARC - AVOCATS : MM DE CHAISEMARTIN ET DESACHE.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 1925-03-07 ART. 25
**ECLI:** 
**Résumé:** Lorsque l'infraction de défaut de payement des cotisations de sécurité sociale est commise par le gérant d'une société à responsabilité limitée responsable en tant que représentant de cette société, c'est ce gérant qui doit personnellement répondre des condamnations pénales et des condamnations civiles, sans qu'il y ait lieu de tenir compte des dispositions de l'article 25 de la loi du 7 mars 1925, inapplicable en la matière (1).          Et, si la règle de l'égalité des créanciers en matière de faillite s'oppose à ce que les tribunaux attribuent aux créanciers intervenant à titre personnel devant la juridiction répressive plus de droits qu'aux autres créanciers, il n'en est ainsi qu'autant que la condamnation vise un commerçant en état de cessation de payements. Par suite le gérant d'une société à responsabilité limitée responsable du non-payement des condamnations de sécurité sociale peut être condamné à des réparations envers la caisse dès lors qu'il n'a pas été personnellement déclaré en état de faillite ou de règlement judiciaire.
**Mots-clés:** SECURITE SOCIALE - Infractions - Défaut de payement des cotisations - Responsabilité civile - Société à responsabilité limitée - Gérant,* FAILLITE REGLEMENT JUDICIAIRE - Créanciers du failli - Règle de l'égalité - Société - Action personnelle contre le gérant.,* SECURITE SOCIALE - Infractions - Défaut de payement des cotisations - Responsabilité civile - Société à responsabilité limitée - Faillite règlement judiciaire - Action personnelle contre le gérant.,* SECURITE SOCIALE - Infraction - Défaut de payement des cotisations - Responsabilité pénale - Société à responsabilité limitée - Gérant.