# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 1ère chambre - formation à 3, 17/12/2009, 08NC01490, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021697510
**Date de décision:** 2009-12-17
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021697510

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 octobre 2008, complétée par un mémoire enregistré le 4 mai 2009, présentée pour M. Youssef A, demeurant ..., par Me Diop ; <br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0801575 du 9 septembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 23 mai 2008 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir ledit arrêté ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Il soutient que :<br>
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       - l'arrêté attaqué a été adopté en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2009, complété par un mémoire enregistré le 23 juin 2009, présenté par le préfet de la Marne, qui conclut au rejet de la requête, au motif qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 26 novembre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Couvert-Castéra, président, <br>
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       - et les conclusions de Mme Steinmetz-Schies, rapporteur public ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ; <br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant marocain né le 18 mai 1983, est entré en France au cours de l'année 2000 pour y rejoindre sa grand-mère paternelle, titulaire d'une carte de résident, et déclare avoir vécu à partir du 10 mai 2004 avec Mlle B, ressortissante française, avec laquelle il s'est marié le 16 juillet 2005 ; que, après avoir délivré à M. A, en sa qualité de conjoint de ressortissant français, sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale , valable du 16 juillet 2005 au 15 juillet 2006, le préfet de la Marne a refusé, par l'arrêté du 23 mai 2008 attaqué, de renouveler ce titre de séjour au motif que la communauté de vie entre les époux avait cessé ; que M. A, qui ne conteste plus ce motif en appel, fait valoir ses liens avec sa grand-mère, qui l'a pris en charge lors de son arrivée en France et à laquelle il soutient apporter de l'aide en raison de son état de santé, et ajoute que, contrairement à ce qu'ont jugé les premiers juges, sa mère ne réside plus au Maroc, mais s'est établie en Italie ; que, toutefois, le requérant n'établit ni qu'il était effectivement dépourvu à la date de l'arrêté attaqué d'attaches familiales au Maroc, où vit notamment son père, ni que l'état de santé de sa grand-mère nécessitait une assistance qu'il était le seul membre de sa famille à pouvoir lui apporter ; que, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré par M. A de ce que l'arrêté attaqué porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette décision et méconnaîtrait par suite les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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       DÉCIDE :<br>
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       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Youssef A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
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N° 08NC01490<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**