# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 9 mai 2005, 262294, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008214493
**Date de décision:** 2005-05-09
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008214493

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 1er décembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  : 
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 30 septembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 16 juin 2003 décidant la reconduite à la frontière de Mme Nadia X  ; 
<br>
<br>
     
                2°) de rejeter la demande présentée par Mme X devant le tribunal administratif de Paris  ;   
<br>
<br>
<br>
     
	Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée  ; 
<br>
                     Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
                - le rapport de Mlle Sophie Liéber, Auditeur,  
<br>
<br>
     
                - les conclusions de Mme Isabelle de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3°) Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)   ; 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 23 décembre 2002, de la décision du PREFET DE POLICE du 17 décembre 2002 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant que, si les trois frères de Mme X résident en France et que deux d'entre eux ont la nationalité française, il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme X n'est entrée en France qu'en octobre 2000 à l'âge de 31 ans après avoir passé toute son existence en Algérie  ; que le père de son enfant, né en août 2002, est lui-même de nationalité algérienne et en situation irrégulière  ; qu'il a d'ailleurs fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière devenu définitif  ; que, compte tenu de ces circonstances, eu égard à la durée du séjour en France de Mme X et aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 16 juin 2003 décidant la reconduite à la frontière de Mme X en retenant le seul moyen soulevé par la requérante et tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
<br>
<br>
     
                Sur les conclusions de Mme X tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  : 
<br>
<br>
     
                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme exposée par Mme X et non comprise dans les dépens  ; 
<br>
<br>
<br>
<br>D E C I D E  :
<br>
     
       --------------
<br>
     Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 30 septembre 2003 est annulé.
<br>
     Article 2  : La demande présentée par Mme X devant le tribunal administratif de Paris et ses conclusions d'appel sont rejetées.
<br>
     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Nadia X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. 
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**