# Conseil d'Etat, 8ème sous-section jugeant seule, du 2 juin 2003, 245423, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008138531
**Date de décision:** 2003-06-02
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 8EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008138531

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 avril 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ;  le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 12 février 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 12 octobre 2001 décidant la reconduite à la frontière de Mme Boye X  ; 
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                2°) de rejeter la demande présentée par Mme Boye X devant ledit tribunal  ; 
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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                Vu le code de justice administrative  ;	
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Mourier, Maître des Requêtes,  
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                - les conclusions de M. Collin, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  (...)   ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Boye X, de nationalité malienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 15 septembre 2000, de la décision du même jour du PREFET DE POLICE lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; 
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                Considérant que si Mme Boye X fait valoir qu'elle vit depuis plus de dix ans en France où vit une grande partie de sa famille, il ressort des pièces du dossier qu'elle est divorcée et sans enfant, et n'est pas dépourvue de liens avec son pays d'origine, où réside une partie de sa famille  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que, par suite, le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé ledit arrêté au motif qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par Mme X devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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                Considérant qu'aux termes de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Ne peuvent faire l'objet d'un arrêté d'expulsion, en application de l'article 23 (...)  : 3°) L'étranger qui justifie par tous moyens résider en France habituellement depuis plus de quinze ans ainsi que l'étranger qui réside régulièrement depuis plus de quinze ans ainsi que l'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention étudiant  ; 
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                Considérant que l'intéressée n'établit pas, par les documents qu'elle produit, et qui consistent pour l'essentiel en des attestations, des relevés de compte bancaire ou des correspondances publicitaires dépourvus de valeur probante, sa présence sur le territoire français depuis plus de dix ans et notamment durant les années 1992, 1995 et 1996  ; que par suite Mme X n'est pas fondée à soutenir qu'elle était au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, ni, par suite, à en demander pour ce motif l'annulation  ; 
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                Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée soit entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à demander l'annulation du jugement attaqué  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du 12 février 2002 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée devant le tribunal administratif de Paris par Mme Boye X est rejetée.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Boye X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**