# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 11 janvier 2006, 276083, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008220745
**Date de décision:** 2006-01-11
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008220745

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 31 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Arezki A demeurant ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 23 novembre 2004  par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 septembre 2003 par lequel préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière et a fixé l'Algérie comme pays de destination de la reconduite  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - les conclusions de M. Pierre Collin, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 13 juin 2003, de la décision du préfet de police du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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              Sur l'illégalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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              Sur l'exception d'illégalité du refus d'asile territorial  :
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              Considérant que si M. A soutient que l'avis préalable du ministre des affaires étrangères n'a pas été jointe à la décision de refus d'asile territorial, cette seule circonstance, alors que le requérant ne conteste pas que cet avis a été préalablement recueilli, est sans incidence sur la légalité de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui accorder l'asile territorial  ; 
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              Sur la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  :
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que la femme et l'enfant de         M. A résident en Algérie  ; que dès lors, et compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France, l'arrêté prononçant la reconduite à la frontière de M. A n'entraîne pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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              Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination  :
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              Considérant que si M. A soutient qu'il serait exposé à des risques graves en cas de retour dans son pays d'origine et fait état pour l'essentiel de la situation générale prévalant en Algérie, il n'apporte aucun document probant à l'appui de ses allégations  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision du préfet de police fixant l'Algérie comme pays de destination méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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              Sur les conclusions aux fins de régularisation de la situation administrative de l'intéressé  :
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              Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé  ;
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              Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que dès lors les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. A doivent être également rejetées  ;
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<br>			D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de M. Arezki A est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Arezki A, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**