# Conseil d'Etat, 5 / 3 SSR, du 30 mai 1986, 53625, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007711398
**Date de décision:** 1986-05-30
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 5 / 3 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007711398

## Contenu de la décision

<br>     Vu la requête enregistrée le 22 août 1983 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V., dont le siège est 4 place Louvois à Vélizy à Vélizy  78140 , et tendant à ce que le Conseil d'Etat :<br>     1° annule le jugement du 19 mai 1983 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à ce que l'Etat soit condamné à lui verser une indemnité de 17 159,77 F auxquels doivent s'ajouter 1 800 F, en réparation des préjudices résultant pour elle du refus de concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des époux X... de l'appartement qu'ils occupaient à Vélizy  Yvelines  ;<br>    2° condamne l'Etat au paiement d'une somme de 28 675,51 F tous chefs de préjudice confondus avec les intérêts de droit à compter du 31 janvier 1979,<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs ;<br>    Vu l'ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;<br>    Vu la loi du 30 décembre 1977 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Debray, Maître des requêtes,<br>    - les observations de la S.C.P. Labbé, Delaporte , avocat de la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V.,<br>    - les conclusions de M. Fornacciari, Commissaire du gouvernement ;<br>     Sur la responsabilité :<br>
<br>    Considérant que l'expulsion des époux X... de l'appartement qu'ils occupaient, dans un immeuble appartenant à la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V. a été décidée par une ordonnance du Président du tribunal d'instance de Versailles en date du 21 juin 1977 ; que cette ordonnance a accordé aux intéressés un délai de grâce de trois mois ;<br>    Considérant que si la demande de concours de la force publique formulée par la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V. le 13 mai 1977, soit huit jors avant l'expiration du délai de grâce susmentionné, ne pouvait être regardée comme ayant valablement saisi l'administration, il ressort des pièces du dossier que cette demande a été renouvelée de façon régulière après l'expiration dudit délai et pour la première fois le 24 août 1977 ; que compte-tenu du délai de deux mois dont disposait l'autorité de police pour instruire la demande présentée à cette dernière date, le refus opposé par elle, sans que celui-ci soit justifié par des motifs d'intérêt général a été constitutif d'une faute lourde et a engagé la responsabilité de l'Etat, à compter du 24 octobre 1977 ; qu'il suit de là que la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V. est fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa requête au motif qu'elle n'aurait pas valablement saisi l'administration ;<br>     Sur le préjudice :<br>    Considérant que la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V. a droit à être indemnisée des pertes de loyers et charges qu'elle a dû supporter depuis le 2 octobre 1977 jusqu'au 1er octobre 1979 date à laquelle les époux X... ont quitté les lieux, soit une somme de 24 712,82 F ; qu'en revanche, les conclusions tendant à ce que l'Etat soit, en outre, condamné à verser la requérante une somme de 1 800 F à titre de dommages-intérêts sont dépourvues de toute justification et ne sont dès lors pas recevables ;<br>
<br>    Considérant que la société requérante a adressé au ministre de l'intérieur une demande d'indemnité, par lettre du 31 janvier 1979 ; qu'elle a droit à ce que la fraction d'indemnité due à cette date, d'un montant de 16 072,48 F produise intérêt à compter de la réception par le ministre de ladite lettre ; qu'elle a droit à ce que la fraction d'indemnité due pour la période du 2 février 1979 au 1er octobre 1979, d'un montant de 8 640,34 F, porte intérêts à compter de cette dernière date ;<br>Article ler : Le jugement du tribunal administratif de Versailles en date du 19 mai 1983 est annulé.<br>
<br>     Article 2 : l'Etat est condamné à verser à la SOCIETE D'ECONOMIEMIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V. la somme de 24 712,82 F.<br>
<br>     Article 3 : Les fractions d'indemnité de 16 072,48 F et de 8 640,34 F porteront intérêts au aux légal à compter respectivement de la date de réception par le ministre de l'intérieur de la demande d'indemnité présentée le 31 janvier 1979 et du 1er octobre 1979.<br>
<br>     Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE est rejeté.<br>
<br>     Article 5 : La présente décision sera notifiée à la SOCIETE D'ECONOMIE MIXTE IMMOBILIERE DE VELIZY - S.E.M.I.V. et au ministre del'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 60-02-03-01 RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - RESPONSABILITE EN RAISON DES DIFFERENTES ACTIVITES DES SERVICES PUBLICS - SERVICES DE POLICE - SERVICES DE L'ETAT