# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 7 juillet 2004, 262179, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008256314
**Date de décision:** 2004-07-07
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008256314

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 27 novembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE  demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 30 septembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 6 juin 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle Y  ; 
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                2°) de rejeter la demande présentée par Mlle Y devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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	Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Yann Aguila, Maître des Requêtes,  
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                - les conclusions de M. Denis Piveteau, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre  1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  : I - Le représentant de l'Etat dans le département et, à  Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un  étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : 3° Si  l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour  a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur  le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de  notification du refus ou du retrait ...  ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle Y, ressortissante péruvienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 26  février 2002, de la décision du PREFET DE POLICE du même jour, lui  refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le  territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de  l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite  d'un étranger à la frontière  ; 
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                Considérant que, lorsqu'un étranger se trouve dans l'un des cas où, en  vertu de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, le préfet peut décider qu'il sera reconduit à la  frontière et que cet étranger n'est pas au nombre de ceux qui, en vertu de l'article 25 de la même ordonnance, ne peuvent légalement faire l'objet d'une décision de reconduite, il appartient en outre au préfet d'apprécier si la mesure envisagée n'est pas de nature à comporter, pour la situation  personnelle ou familiale de l'intéressé, des conséquences d'une  exceptionnelle gravité  ; qu'il incombe au juge de l'excès de pouvoir de  contrôler si ladite appréciation n'est pas entachée d'une erreur  manifeste  ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle Y est entrée en France en avril 1999, à l'âge de seize ans, munie d'un visa de court séjour, pour y rejoindre son père  ; que celui-ci, ainsi que la plus grande partie de sa famille, dont son frère, ses deux demi-soeurs, sa grand-mère paternelle, et plusieurs oncles et tantes, résident régulièrement en France depuis plusieurs années  ; que si sa mère réside encore au Pérou, elle a officiellement déclaré, par un acte notarié, ne plus vouloir prendre en charge sa fille, alors mineure, et la confier à son père  ; que de ce fait Mlle Y doit être regardée comme n'ayant plus d'attaches familiales au Pérou  ; qu'elle poursuit avec assiduité des études secondaires  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble de ces éléments et dans les circonstances particulières de l'espèce, le PREFET DE POLICE a, par l'arrêté attaqué, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que cette décision pouvait avoir sur la situation personnelle et familiale de l'intéressée  ;  
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 6 juin 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle Y  ;  
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<br>D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mlle Karen X... Y et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**