# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 2ème chambre (formation à 3), 18/10/2011, 10BX02979, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000024698029
**Date de décision:** 2011-10-18
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 2ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000024698029

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée au greffe de la cour le 9 décembre 2010, présentée pour Mme Kaddouj A demeurant ..., par Me Dahan, avocat ; <br>
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        Mme A demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler le jugement n° 1002922 du 3 novembre 2010 par lequel le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté, en date du 8 juillet 2010, par lequel le préfet de la Gironde a refusé de renouveler sa carte de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle devrait être renvoyée ;<br>
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        2°) d'annuler pour excès de pouvoir ledit arrêté ;<br>
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        3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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        4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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        Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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        Vu le code de justice administrative ;<br>
        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 septembre 2011 :<br>
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        - le rapport de M. Valeins, président assesseur ;<br>
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        - les observations de Me Blal-Zenassi pour Mme A ;<br>
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        - et les conclusions de M. Bentolila, rapporteur public ;<br>
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        La parole ayant été à nouveau donnée à nouveau aux parties ;<br>
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        Considérant que le préfet de la Gironde a pris à l'encontre de Mme A, le 8 juillet 2010, un arrêté lui refusant le renouvellement du titre de séjour qu'elle sollicitait, assorti d'une obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel elle serait reconduite ; que, par un jugement du 3 novembre 2010, le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la demande d'annulation dudit arrêté présentée par Mme A ; que Mme A interjette appel de ce jugement ;<br>
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        Considérant qu'aux termes des dispositions de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : / (...) 4° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français  ; qu'aux termes des dispositions de l'article L. 313-12 du même code :  Le renouvellement de la carte de séjour délivrée au titre du 4° de l'article L.313-11 est subordonné au fait que la communauté de vie n'ait pas cessé  ;<br>
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        Considérant que Mme A, de nationalité marocaine, a épousé M. Chaoubani A, de nationalité française, le 18 janvier 2008 et est entrée en France le 13 mars 2008 ; qu'une carte de séjour lui a été délivrée en tant que conjointe d'un ressortissant de nationalité française ; qu'à la suite de sa demande de renouvellement de carte de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Gironde, par arrêté du 8 juillet 2010, a refusé le titre de séjour sollicité pour les motifs que  les époux n'ont aucune vie conjugale  et que l'époux de la requérante aurait entamé une procédure de divorce ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment de la  note de renseignements  établie par le service départemental de l'information générale, en date du 4 mai 2010, que Mme A vit auprès de son époux dans le même logement alors même que les époux dormiraient dans des pièces séparées ; que cette communauté de vie est corroborée par les témoignages de voisines de la requérante ainsi que par une attestation en date du 12 mars 2010 établie par son époux ; que le motif invoqué par le préfet de la Gironde selon lequel M. B aurait entamé une procédure de divorce est contredit par la requérante et n'est corroboré par aucune des pièces du dossier ; que la communauté de vie n'ayant pas cessé entre Mme A et son époux, le préfet de la Gironde, en refusant de renouveler la carte de séjour de la requérante, a méconnu les dispositions de l'article L. 313-12 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que l'illégalité de ce refus prive de base légale les décisions obligeant la requérante à quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel elle devrait être reconduite portées par l'arrêté préfectoral ;<br>
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        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement du 3 novembre 2010 le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 8 juillet 2010 ;<br>
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        Considérant qu'il ne résulte pas de l'instruction que la situation de Mme A ait évolué depuis la date de l'arrêté litigieux ; que, dans ces conditions, en raison du motif qui la fonde, l'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde du 8 juillet 2010 implique nécessairement qu'un renouvellement de sa carte de séjour temporaire soit délivré à Mme A sur le fondement de l'article L.313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder à ce renouvellement dans le délai d'un mois ;<br>
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        Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; <br>
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        DECIDE :<br>
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Article 1er : Le jugement du Tribunal administratif de Bordeaux en date du 3 novembre 2010 et l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 8 juillet 2010 sont annulés.<br>
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Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de procéder au renouvellement de la carte de séjour temporaire de Mme A en application des dispositions de l'article L.313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative. <br>
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No 10BX02979<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. Reconduite à la frontière.