# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 6 décembre 1967, 67-65.125, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007057887
**Date de décision:** 1967-12-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007057887

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI DE X... (EUGENE) CONTRE UN ARRET DE LA COUR DE SURETE DE L'ETAT, EN DATE DU 11 JUILLET 1967, LE CONDAMNANT A QUATRE ANS D'EMPRISONNEMENT POUR SOUSTRACTION DE DOCUMENTS DEVANT ETRE TENUS SECRETS DANS L'INTERET DE LA DEFENSE NATIONALE LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION ET FAUSSE APPLICATION DES ARTICLES 75, PARAGRAPHE 1ER DU CODE PENAL ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, POUR DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE LE DEMANDEUR, POUR AVOIR, ALORS QU'IL EN ETAIT DEPOSITAIRE, PAR SA FONCTION, SOUSTRAIT DES DOCUMENTS, QUI DEVAIENT ETRE TENUS SECRETS, DANS L'INTERET DE LA DEFENSE NATIONALE, ALORS QUE LA POURSUITE VISAIT, NON LA DETENTION DE DOCUMENTS SECRETS, MAIS CELLE DE DOCUMENTS POUVANT CONDUIRE A LA DECOUVERTE D'UN SECRET DE LA DEFENSE NATIONALE ET QU'EN FAIT IL S'AGISSAIT DE DOCUMENTS DE TRAVAIL, NON SECRETS PAR EUX-MEMES, SANS PERMETTRE LE CONTROLE DE LA COUR DE CASSATION, SUR LE CARACTERE PRETENDU SECRET DES DOCUMENTS EN QUESTION, ALORS QUE LE JUGE DU FOND N'A PAS DECRIT CES DOCUMENTS, NI SPECIFIE LEUR OBJET, ET NE S'EST REFERE, POUR EN APPRECIER LEDIT OBJET ET LA PORTEE, A AUCUNE ATTESTATION EMANANT D'UNE AUTORITE COMPETENTE, POUR CARACTERISER LE SECRET OU DONNER AU JUGE LES ELEMENTS D'APPRECIATION DU CARACTERE SECRET DES DOCUMENTS EN QUESTION";<br>
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 SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION ET FAUSSE APPLICATION DES ARTICLES 75 IN FINE DU CODE PENAL, 37 DE LA LOI DU 15 JANVIER 1963 ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, POUR DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE LE JUGE DU FOND - QUI SPECIFIE QUE LE DEMANDEUR N'A PAS AGI, DANS UN BUT DE TRAHISON OU D'ESPIONNAGE - N'A PAS ETE APPELE A REPONDRE A LA QUESTION DE SAVOIR SI LE FAIT A ETE COMMIS AVEC INTENTION FRAUDULEUSE OU CONSTITUAIT UNE SIMPLE VIOLATION DES REGLEMENTS, DE NATURE A ENTRAINER L'APPLICATION DU TEXTE MOINS SEVERE QUE CONSTITUE LE PARAGRAPHE FINAL DE L'ARTICLE 75, ALORS QU'IL EST CONSTANT, EN FAIT, QUE LES DOCUMENTS EN QUESTION SONT DES DOCUMENTS DE TRAVAIL, QUE LE DEMANDEUR A DECLARE AVOIR CONSERVES, DANS LE SEUL BUT DE FACILITER SON TRAVAIL, AU COURS DE SON NOUVEL EMPLOI D'INGENIEUR AU SERVICE DE LA SNECMA, APRES AVOIR QUITTE LE SERVICE DE LA SPER";<br>
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 LES MOYENS ETANT REUNIS;<br>
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ATTENDU QUE X... A ETE CITE DEVANT LA COUR DE SURETE DE L'ETAT COMME ACCUSE "D'AVOIR, A VILLEJUIF (SEINE), EN NOVEMBRE 1963, EN TOUT CAS DEPUIS MOINS DE DIX ANS, ETANT DEPOSITAIRE, PAR SES FONCTIONS, DE DOCUMENTS QUI DEVAIENT ETRE TENUS SECRETS DANS L'INTERET DE LA DEFENSE NATIONALE ET DONT LA CONNAISSANCE POUVAIT CONDUIRE A LA DECOUVERTE D'UN SECRET DE LA DEFENSE NATIONALE, SANS INTENTION DE TRAHISON, SOUSTRAIT CES DOCUMENTS";<br>
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 ATTENDU QUE L'UNIQUE QUESTION POSEE A LA COUR DE SURETE DE L'ETAT EST AINSI LIBELLEE : "X... (EUGENE) EST-IL COUPABLE D'AVOIR, A VILLEJUIF (SEINE), EN NOVEMBRE 1963, EN TOUS CAS DEPUIS MOINS DE DIX ANS, ETANT DEPOSITAIRE PAR SES FONCTIONS DE DOCUMENTS QUI DEVAIENT ETRE TENUS SECRETS DANS L'INTERET DE LA DEFENSE NATIONALE, SANS INTENTION DE TRAHISON, SOUSTRAIT CES DOCUMENTS?";<br>
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 ATTENDU QUE CETTE QUESTION QUI N'AJOUTE AUCUN ELEMENT NOUVEAU A LA SUBSTANCE DE L'ACCUSATION, ET AU SUJET DE LAQUELLE, APRES SA LECTURE A L'AUDIENCE, X... N'A FORMULE AUCUNE OBSERVATION, CARACTERISE TOUS LES ELEMENTS CONSTITUTIFS TANT MATERIELS QU'INTENTIONNELS DU CRIME PREVU ET REPRIME PAR L'ARTICLE 75, PARAGRAPHE 1-1° DU CODE PENAL;<br>
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 QUE LA REPONSE AFFIRMATIVE FAITE A LADITE QUESTION EST IRREFRAGABLE, L'APPRECIATION DES RESULTATS DU DEBAT ETANT DU DOMAINE SOUVERAIN DES JUGES DU FAIT;<br>
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 ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE LE DEMANDEUR NE SAURAIT SE FAIRE UN GRIEF DE CE QUE LA COUR DE SURETE DE L'ETAT N'A PAS ETE INTERROGEE SUR LE POINT DE SAVOIR S'IL AVAIT AGI PAR VIOLATION DES REGLEMENTS;<br>
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 QU'EN EFFET IL APPARTENAIT AU PRESIDENT D'APPRECIER, AU VU DES RESULTATS DU DEBAT, SI UNE QUESTION SUBSIDIAIRE ENTRAINANT DISQUALIFICATION DEVAIT ETRE POSEE D'OFFICE CONFORMEMENT A L'ALINEA 3 DE L'ARTICLE 35 DE LA LOI DU 15 JANVIER 1963;<br>
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 QU'EN OUTRE, LA DEFENSE N'AVAIT PAS DEPOSE DE CONCLUSIONS EN CE SENS;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LES MOYENS NE SONT PAS FONDES;<br>
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 ET ATTENDU QUE LA PROCEDURE EST REGULIERE ET QUE LA PEINE A ETE LEGALEMENT APPLIQUEE AUX FAITS DECLARES CONSTANTS PAR LA COUR DE SURETE DE L'ETAT;<br>
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 REJETTE LE POURVOI PRESIDENT : M COMTE - RAPPORTEUR : M LEGRIS - AVOCAT GENERAL : M TOUREN - AVOCATS : MM MARCILHACY ET LANDOUSY.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code pénal 75 PAR. 1 1,LOI 1963-01-15 ART. 35,LOI 1963-01-15 ART. 35 AL. 3
**ECLI:** 
**Résumé:** Relève tous les éléments constitutifs du crime prévu et réprimé par l'article 75, par. 1-1° du Code pénal la question demandant si l'accusé est coupable d'avoir, étant dépositaire par ses fonctions de documents qui devaient être tenus secrets dans l'intérêt de la défense nationale, sans intention de trahison, soustrait des documents.,L'alinéa 1 de l'article 35 de la loi du 15 janvier 1963 n'exige pas que les questions soient la reproduction littérale du dispositif de la citation pourvu que les questions ne modifient pas la substance de l'accusation et n'y ajoutent pas d'éléments nouveaux.,Aux termes de l'article 35, alinéa 3 de la loi du 15 janvier 1963, le président de la Cour de sûreté de l'Etat peut, d'office, poser une ou plusieurs questions subsidiaires s'il résulte des débats que les faits peuvent être considérés comme un autre crime ou délit même de droit commun.
**Mots-clés:** 1) SURETE DE L'ETAT - Atteintes à la défense nationale (article 75, par  1-1° du Code pénal) - Soustraction de documents secrets,2) COUR DE SURETE DE L'ETAT - Questions - Forme - Reproduction littérale de la citation - Nécessité (non) - Conditions,3) COUR DE SURETE DE L'ETAT - Questions - Questions subsidiaires - Conditions