# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 20 mars 1980, 78-40.329, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007005979
**Date de décision:** 1980-03-20
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007005979

## Contenu de la décision

SUR LA PREMIERE BRANCHE DU MOYEN UNIQUE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1134 DU CODE CIVIL, L. 122-1 ET SUIVANTS DU CODE DU TRAVAIL, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ET 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE :<br>
    ATTENDU QUE PINTO, ENGAGE COMME SOUDEUR LE 11 MAI 1971 PAR LA SOCIETE NORDON POUR TRAVAILLER SUR LE CHANTIER EXPLOITE PAR CETTE SOCIETE A LACQ, A ETE MIS A PIED LE 17 NOVEMBRE 1975 POUR RAISONS ECONOMIQUES ; QU'IL A REFUSE L'OFFRE D'ALLER TRAVAILLER SUR D'AUTRES CHANTIERS ; QUE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE L'A DEBOUTE DE SA DEMANDE EN PAIEMENT DE DOMMAGES-INTERETS POUR CONGEDIEMENT ABUSIF, AU MOTIF QUE SON REFUS DE REJOINDRE UN AUTRE CHANTIER CONSTITUAIT UNE PREUVE NON EQUIVOQUE DE SA VOLONTE DE RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL ;<br>
   ATTENDU QU'IL FAIT GRIEF A CET ARRET D'AVOIR AINSI STATUE, ALORS QUE LE CONTRAT DE TRAVAIL, DENATURE PAR LA COUR D'APPEL, AVAIT ETE CONCLU POUR LA DUREE DU CHANTIER DE LACQ, QUE CE CONTRAT ETAIT DONC A DUREE DETERMINEE ET QUE SA RESILIATION ANTICIPEE, CONSTATEE PAR L'ARRET LUI-MEME, ETAIT DE CE SEUL FAIT ABUSIVE ;<br>
<br>
   MAIS ATTENDU QUE LE CONTRAT ETAIT CONCLU " POUR LES BESOINS DE LA DUREE DU CHANTIER EXCLUSIVEMENT ", ETANT STIPULE QU'IL PRENDRAIT FIN DE PLEIN DROIT " A L'EXPIRATION DES TRAVAUX QUE PINTO SERA CHARGE D'EXECUTER SUR LEDIT CHANTIER "; QUE LE CONTRAT CONCLU POUR LA DUREE D'UN CHANTIER QUI NE CONTIENT NI LA DATE PRECISE DE SON EXPIRATION NI AUCUNE INDICATION PERMETTANT AU SALARIE DE PREVOIR CETTE DATE, EST A DUREE INDETERMINEE ; QUE LA COUR D'APPEL, INTERPRETANT SANS LES DENATURER LES CLAUSES DE CE CONTRAT, A RETENU QUE L'EMPLOYEUR AVAIT PU METTRE FIN SANS ABUS A SON EXECUTION SUR LE CHANTIER DE LACQ EN PROPOSANT A PINTO SA MUTATION SUR UN AUTRE CHANTIER, DES LORS QU'IL RESULTAIT DU RAPPORT D'EXOERTISE QU'IL N'EXISTAIT PLUS DE TRAVAUX SUSCEPTIBLES D'ETRE CONFIES A CE SALARIE ; QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE EN SA PREMIERE BRANCHE ;<br>
<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LA PREMIERE BRANCHE DU MOYEN ;<br>
   MAIS SUR LA SECONDE BRANCHE :<br>
    VU L'ARTICLE 1134 DU CODE CIVIL ;<br>
   ATTENDU QUE LA RUPTURE DU CONTRAT EST IMPUTABLE A L'EMPLOYEUR AU CAS DE REFUS DU SALARIE D'ACCEPTER UNE MODIFICATION IMPORTANTE DE SES CONDITIONS DE TRAVAIL ;<br>
<br>
   ATTENDU QUE LE CONTRAT DE PINTO, CONCLU UNIQUEMENT POUR LE CHANTIER DE LACQ, NE CONTENAIT AUCUNE CLAUSE DE MOBILITE ; QU'ENGAGE A LACQ, IL N'ETAIT PAS CONCERNE PAR L'ARTICLE 52 DU REGLEMENT INTERIEUR, PREVOYANT QUE LE PERSONNEL ENGAGE AU SIEGE SOCIAL DE NANCY POURRAIT ETRE ENVOYE SUR TOUT CHANTIER METROPOLITAIN ; QUE SA MUTATION SUR UN CHANTIER ELOIGNE, ENTRAINANT UN TRANSFERT DE RESIDENCE, CONSTITUAIT UNE MODIFICATION IMPORTANTE DE SON EMPLOI QU'IL N'ETAIT PAS TENU D'ACCEPTER ; QU'EN DEDUISANT DE SON REFUS QUE LA RESPONSABILITE DE LA RUPTURE DU CONTRAT LUI INCOMBAIT, ET EN LE DEBOUTANT DE SES DEMANDES EN PAIEMENT DES INDEMNITES DE PREAVIS ET DE LICENCIEMENT, LA COUR D'APPEL A VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;<br>
<br>
7PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT EN CE QUI CONCERNE LES INDEMNITES LEGALES DE RUPTURE, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 1ER DECEMBRE 1977 PAR LA COUR D'APPEL DE PAU ; REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE TOULOUSE.<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale) 1978-02-08 Bulletin 1978 V N. 94 (1) p.68 (CASSATION PARTIELLE) et l'arrêt cité<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle Rejet Cassation
**Lois appliquées:** (1),(2),Code civil 1134 CASSATION,Code du travail L122-4
**ECLI:** 
**Résumé:** Le contrat de travail conclu pour la durée d'un chantier qui ne contient ni la date précise de son expiration ni aucune indication permettant au salarié de prévoir cette date, est à durée indéterminée et l'employeur peut, sans abus, mettre fin à l'exécution d'un contrat conclu, "pour les besoins de la durée du chantier exclusivement" et qui est stipulé devant prendre fin de plein droit "à l'expiration des travaux que le salarié sera chargé d'exécuter sur ledit chantier", dès lors que l'employeur a proposé au salarié sa mutation sur un autre chantier, ce qu'il a refusé, et qu'il résulte d'un rapport d'expertise qu'il n'existe plus sur ce chantier de travaux susceptibles de lui être confiés.,La rupture du contrat de travail étant imputable à l'employeur au cas de refus du salarié d'accepter une modification importante de ses conditions de travail, les juges du fond qui constatent qu'un salarié dont le contrat de travail ne contenait aucune clause de mobilité, engagé sur un chantier déterminé, n'était pas concerné par une disposition du règlement intérieur prévoyant que le personnel engagé au siège social pouvait être envoyé sur tout chantier métropolitain et que sa mutation sur un chantier éloigné, entraînant un transfert de résidence, constituait une modification importante de son emploi qu'il n'était pas tenu d'accepter, ne peuvent déduire de ce refus de changement du lieu de travail que la responsabilité de la rupture du contrat de travail lui incombait.
**Mots-clés:** 1) CONTRAT DE TRAVAIL - Durée déterminée - Définition - Engagement pour la durée d'un chantier - Absence de précision lors de l'embauche sur la date de fin du contrat.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Durée déterminée - Définition - Absence de précision sur la durée exacte du contrat (non).,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - Durée - Durée déterminée - Définition - Absence de précision sur la durée exacte du contrat (non).,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture - Imputabilité - Modification du contrat par l'employeur - Changement du lieu de travail - Changement non prévu au contrat.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Modification - Modification imposée par l'employeur - Changement du lieu de travail - Changement non prévu au contrat.