# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 5 octobre 1971, 69-11.969, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006985440
**Date de décision:** 1971-10-05
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006985440

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : VU L'ARTICLE 13 DE LA LOI DES 16-24 AOUT 1790 ET LE DECRET DU 16 FRUCTIDOR AN III ;<br>
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ATTENDU QUE COUSI, VICTIME D'UN ACCIDENT DE CHASSE QUI, SURVENU LE 16 NOVEMBRE 1952, A ENTRAINE LA PERTE DE LA VISION D'UN OEIL ET DONT GUERLIN A ETE RECONNU RESPONSABLE PAR UN ARRET DEVENU IRREVOCABLE, A, LES 25 ET 26 AOUT 1965, ASSIGNE CE DERNIER AINSI QUE LA COMPAGNIE LE CONTINENT, SON ASSUREUR, POUR OBTENIR, A LA SUITE DE L'AGGRAVATION PRETENDUE DE SON INCAPACITE AYANT ENTRAINE SA MISE A LA RETRAITE ANTICIPEE, LE PAYEMENT DE DOMMAGES-INTERETS SUPPLEMENTAIRES ;<br>
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 QU'A L'APPUI DE SA DEMANDE, COUSI A FAIT ETAT DES RAPPORTS DES DEUX MEDECINS QUI, DESIGNES PAR LA COMMISSION DE REFORME, AVAIENT CONCLU A UNE AGGRAVATION DE L'INCAPACITE PERMANENTE PARTIELLE DONT IL ETAIT ATTEINT, MAIS QUE L'ARRET ATTAQUE A ECARTE CES EXPERTISES AU SEUL MOTIF QU'ELLES CONCERNAIENT "UNE PROCEDURE ADMINISTRATIVE DONT UNE JURIDICTION DE DROIT COMMUN NE PEUT CONNAITRE" ;<br>
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 ET A REJETE LA DEMANDE EN DECLARANT QU'IL N'EXISTAIT AUCUNE AGGRAVATION ;<br>
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ATTENDU QU'EN REFUSANT D'EXAMINER LES RAPPORTS PRECITES ALORS QUE COUSI POUVAIT VERSER AUX DEBATS, A TITRE D'ELEMENTS DE PREUVE, TOUS DOCUMENTS DE NATURE A ETABLIR LE BIEN FONDE DE SON ACTION, LA COUR D'APPEL A VIOLE, PAR FAUSSE APPLICATION, LES TEXTES SUSVISES ;<br>
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SUR LE SECOND MOYEN : VU L'ARTICLE 1351 DU CODE CIVIL ;<br>
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ATTENDU QUE, SAISIE PAR COUSI D'UNE DEMANDE EN INTERPRETATION DE SON PRECEDENT ARRET RENDU LE 10 JANVIER 1956 ET DEVENU IRREVOCABLE, LA COUR D'APPEL A DECIDE QU'IL RESSORTAIT DES MOTIFS, "DEPOURVUS D'AMBIGUITE", DE CETTE DECISION QUE CELLE-CI, EN EVALUANT GLOBALEMENT LE PREJUDICE SUBI PAR COUSI, AVAIT COMPRIS, "OUTRE LA REDUCTION DES CHANCES D'AVANCEMENT, L'EVENTUALITE D'UNE REDUCTION DE TOUTE VIE ACTIVE PROFESSIONNELLE RESULTANT DE LA DECISION ADMINISTRATIVE DE MISE A LA RETRAITE ANTICIPEE ...", ET QUE DES LORS LA VICTIME ETAIT MAL FONDEE A SOLLICITER, A DEFAUT D'AGGRAVATION DE SON INCAPACITE, UNE AUGMENTATION DE "L'INDEMNITE REPARATRICE DEFINITIVEMENT FIXEE ..." ;<br>
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ATTENDU CEPENDANT QU'IL RESULTE DES MOTIFS DE L'ARRET PRECITE QU'EN 1956, LA COUR D'APPEL, POUR EVALUER LE DOMMAGE, AVAIT ENONCE QUE COUSI N'AVAIT SUBI "DANS L'IMMEDIAT, AUCUN CHANGEMENT DE SA SITUATION PROFESSIONNELLE ;<br>
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 QUE CE FONCTIONNAIRE DE LA POLICE ... ETAIT EN DROIT D'ESPERER UNE BELLE CARRIERE QUE SON INFIRMITE POURRA NE PAS EMPECHER ..., (MAIS) QUE LA PRIVATION D'UN OEIL COMPORTE, NEANMOINS, UNE DIMINUTION ACTUELLE DE SES CHANCES D'AVANCEMENT ..." ;<br>
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 QUE LES JUGES D'APPEL ONT ENSUITE RELEVE QUE "LE BLESSE DEVRA, MEME S'IL CONSERVE L'INTEGRITE DE SON OEIL DROIT, RENONCER PAR NECESSITE, SUR LE PLAN PROFESSIONNEL ... AUX METIERS QUI EXIGENT UNE ACUITE VISUELLE INTACTE, ET, PAR PRUDENCE, AUX ACTIVITES SUSCEPTIBLES D'OCCASIONNER UNE AGGRAVATION DE SON ETAT ..." ;<br>
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ATTENDU QU'EN DECIDANT QUE PAR LES MOTIFS SUSMENTIONNES, LA COUR D'APPEL AVAIT ENVISAGE EN 1956 L'EVENTUALITE D'UNE MISE A LA RETRAITE ANTICIPEE, CE QUI SIGNIFIAIT NON PAS UNE "REDUCTION", MAIS LA CESSATION DE TOUTE ACTIVITE PROFESSIONNELLE, L'ARRET PRESENTEMENT ATTAQUE A MODIFIE UNE DECISION DEVENUE DEFINITIVE ET PASSEE EN FORCE DE CHOSE JUGEE, SUSCEPTIBLE D'ETRE EXECUTEE DANS LES TERMES MEMES DE SON DISPOSITIF ET A, EN CONSEQUENCE, VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, EN SON ENTIER, L'ARRET RENDU LE 28 JANVIER 1969 ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL D'AGEN ;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE TOULOUSE.<br>
<br>,.  CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1970-07-20 Bulletin 1970 II N.255 P.193 (CASSATION) ET L'ARRET CITE<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code civil 1351
**ECLI:** 
**Résumé:** DOIT ETRE CASSEE LA DECISION QUI, STATUANT SUR LA DEMANDE DE  LA VICTIME D'UN ACCIDENT, TENDANT A OBTENIR, A LA SUITE DE L 'AGGRAVATION PRETENDUE DE SON INCAPACITE AYANT ENTRAINE SA MISE A LA  RETRAITE ANTICIPEE, LE PAYEMENT DE DOMMAGES-INTERETS SUPPLEMENTAIRES , REFUSE D'EXAMINER LES RAPPORTS DE DEUX MEDECINS DESIGNES PAR LA  COMMISSION DE REFORME, AU SEUL MOTIF QUE CES DOCUMENTS CONCERNAIENT  UNE PROCEDURE ADMINISTRATIVE DONT UNE JURIDICTION DE DROIT COMMUN NE  PEUT CONNAITRE, ALORS QUE LE DEMANDEUR POUVAIT VERSER AUX DEBATS  TOUS DOCUMENTS DE NATURE A ETABLIR LE BIEN-FONDE DE SON ACTION.,SAISIS D'UNE DEMANDE D'INTERPRETATION D'UN ARRET DECIDANT,  POUR L'EVALUATION DU DOMMAGE CAUSE A UN FONCTIONNAIRE DE POLICE  VICTIME D'UN ACCIDENT, QUE CELUI-CI N'AVAIT SUBI "AUCUN CHANGEMENT  DE SA SITUATION PROFESSIONNELLE...QU'IL ETAIT EN DROIT D'ESPERER UNE  BELLE CARRIERE, MAIS QUE SON INFIRMITE COMPORTE, NEANMOINS, UNE  DIMINUTION ACTUELLE DE SES CHANCES D'AVANCEMENT...QU'IL DEVRA  RENONCER, PAR NECESSITE...AUX ACTIVITES SUSCEPTIBLES D'AGGRAVER SON  ETAT", LES JUGES DU FOND MODIFIENT CETTE DECISION DEVENUE DEFINITIVE  ET PASSEE EN FORCE DE CHOSE JUGEE EN ENONCANT QUE PAR CES MOTIFS, LA  COUR D'APPEL AVAIT ENVISAGE L'EVENTUALITE D'UNE MISE A LA RETRAITE  ANTICIPEE, CE QUI SIGNIFIAIT, NON PAS UNE "REDUCTION", MAIS LA  CESSATION DE TOUTE ACTIVITE PROFESSIONNELLE.
**Mots-clés:** 1) PREUVE EN GENERAL - MOYENS DE PREUVE - DOCUMENTS D'UNE  COMMISSION DE REFORME ADMINISTRATIVE - PRODUCTION - POSSIBILITE.,* SEPARATION DES POUVOIRS - ACTE ADMINISTRATIF - APPRECIATION DE LA  LEGALITE DE LA REGULARITE OU DE LA VALIDITE - DECISION JUDICIAIRE  ETRANGERE A CETTE APPRECIATION - EXPERTISE MEDICALE DILIGENTEE DANS  UNE PROCEDURE ADMINISTRATIVE DE MISE A LA RETRAITE ANTICIPEE -  PRODUCTION EN JUSTICE - POSSIBILITE.,* PROCEDURE CIVILE - PIECES - VERSEMENT AUX DEBATS - DOCUMENTS D 'UNE COMMISSION DE REFORME ADMINISTRATIVE - POSSIBILITE.,* FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - ACCIDENT - DOMMAGE - EVALUATION  - INCAPACITE - INCAPACITE PERMANENTE - MISE A LA RETRAITE ANTICIPEE  - PROCEDURE ADMINISTRATIVE - EXPERTISE - INSTANCE JUDICIAIRE -  PRODUCTION AUX DEBATS - POSSIBILITE.,* RESPONSABILITE CIVILE - DOMMAGE - AGGRAVATION - AGGRAVATION  POSTERIEURE - ACTION DE LA VICTIME - FONCTIONNAIRE - MISE A LA  RETRAITE ANTICIPEE - EXPERTISE ADMINISTRATIVE - PRODUCTION AUX  DEBATS - POSSIBILITE.,* RESPONSABILITE CIVILE - DOMMAGE - REPARATION - FONCTIONNAIRE -  AGGRAVATION DE L'INCAPACITE - PREUVE - DOCUMENTS D'UNE COMMISSION DE  REFORME ADMINISTRATIVE.,2) JUGEMENTS ET ARRETS - INTERPRETATION - MODIFICATION D'UNE  DECISION PRECEDENTE (NON).,* CHOSE JUGEE - DECISIONS SUCCESSIVES - RESPONSABILITE CIVILE -  PREJUDICE - INCAPACITE PERMANENTE - FIXATION - AGGRAVATION PRETENDUE  - DEMANDE EN INTERPRETATION - MODIFICATION DE LA PREMIERE DECISION (NON).