# Cour administrative d'appel de Douai, 2e chambre - formation à 3, 20/05/2008, 07DA01657, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000019703618
**Date de décision:** 2008-05-20
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Douai
**Formation:** 2e chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000019703618

## Contenu de la décision

Vu le recours, enregistré le 31 octobre 2007 au greffe de la Cour administrative d'appel de Douai, présenté par le MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS ET DE LA FONCTION PUBLIQUE ; le ministre demande à la Cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 0600987 du 20 juin 2007 par lequel le Tribunal administratif de Lille a fait droit à la demande de la société par actions simplifiée Ets Pierre X tendant à l'obtention d'un crédit de taxe professionnelle de 44 000 euros au titre de l'année 2005 ;<br>
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      2°) de rejeter la demande de la société Ets Pierre X ;<br>
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      Il soutient que, pour l'application de l'article 1647 C sexies du code général des impôts relatif au crédit de taxe professionnelle des entreprises situées dans une zone d'emploi en grande difficulté, il y a lieu de définir l'établissement affecté à une activité industrielle par référence, tout à la fois, à la nature de l'activité exercée et à l'importance des moyens techniques utilisés ; qu'en l'espèce, faute de transformation substantielle des caractéristiques physiques du bois et des matières plastiques qu'elle travaille pour créer des agencements de magasins et de bureaux, l'entreprise, qui se borne à découper sur mesure la matière et à procéder à des assemblages, n'exerce pas une activité industrielle ; qu'en dépit de leur importance, les outillages utilisés ne jouent pas un rôle déterminant dans le processus de production ;<br>
      Vu le jugement attaqué ;<br>
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      Vu le mémoire en défense, enregistré par télécopie le 11 janvier 2008 et régularisé par la production de l'original le 14 janvier 2008, présenté pour la société Ets Pierre X, dont le siège est ..., par Me Lefèvre ; elle conclut au rejet du recours et à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; elle soutient que les deux conditions permettant d'identifier l'exercice d'une activité industrielle sont réunies ; que la condition consistant à exiger un processus de transformation physico-chimique n'est prévue par aucun texte et vient même en contradiction avec la possibilité industrielle de transformer des matériaux semi-finis pour en faire des objets manufacturés ;<br>
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      Vu le mémoire, enregistré le 31 janvier 2008, présenté par le MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS ET DE LA FONCTION PUBLIQUE ; il conclut aux mêmes fins que son recours, par les mêmes moyens ;<br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 6 mai 2008 à laquelle siégeaient M. Antoine Mendras, président de chambre, Mme Brigitte Phémolant, président-assesseur et M. Patrick Minne, premier conseiller :<br>
      - le rapport de M. Patrick Minne, premier conseiller ;<br>
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      - et les conclusions de M. Olivier Mesmin d'Estienne, commissaire du gouvernement ;<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article 1647 C sexies du code général des impôts : « I. Les redevables de la taxe professionnelle et les établissements temporairement exonérés de cet impôt en application des articles 1464 B à 1464 G et 1465 à 1466 E peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt, pris en charge par l'Etat et égal à 1 000 euros par salarié employé depuis au moins un an au 1er janvier de l'année d'imposition dans un établissement affecté à une activité mentionnée au premier alinéa de l'article 1465 et situé dans une zone d'emploi reconnue en grande difficulté au regard des délocalisations au titre de la même année. (...) » ; qu'aux termes de l'article 1465 du même code : « Dans les zones définies par l'autorité compétente où l'aménagement du territoire le rend utile, les collectivités locales et leurs groupements dotés d'une fiscalité propre peuvent, par une délibération de portée générale, exonérer de la taxe professionnelle en totalité ou en partie les entreprises qui procèdent sur leur territoire, soit à des décentralisations, extensions ou créations d'activités industrielles ou de recherche scientifique et technique, ou de services de direction, d'études, d'ingénierie et d'informatique, soit à une reconversion dans le même type d'activités, soit à la reprise d'établissements en difficulté exerçant le même type d'activités. (...) » ;<br>
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      Considérant qu'il résulte de l'instruction que la société Ets Pierre X exerce, sous l'enseigne X Agencement, au sein de son établissement situé à Avelin (Nord), les activités de menuiserie, ébénisterie et de fabrication de mobiliers d'agencement destinés à être installés dans des magasins ou des bureaux par des tiers ; qu'il résulte en particulier des éléments produits par la contribuable devant les premiers juges qu'elle fabrique ces mobiliers dans un atelier de près de 4 000 m² à partir de panneaux et de planches de bois massif, de bois agglomérés ou de matières plastiques qu'elle travaille et transforme à l'aide de scies, presses, machines-outils et systèmes de peinture et de vernissage de grande dimension ; que la valeur de ces nombreuses immobilisations, utilisées par les 44 employés de l'atelier, s'élevait à plus de 1,3 million d'euros en 2004, en ce compris les matériels pris en location ; que, dans ces conditions, l'entreprise exerce une activité qui concourt directement à la transformation de matières premières et de produits semi-finis en vue de la fabrication de biens manufacturés à l'aide d'installations techniques, de matériels et outillages qui, contrairement à ce que fait valoir l'administration, jouent un rôle prépondérant ; que, par suite, les premiers juges, en se fondant sur la nature de l'activité en litige et sur l'importance de l'outillage mis en oeuvre, ont à bon droit considéré que la société Ets Pierre X entrait dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article 1647 C sexies du code général des impôts ;<br>
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      Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS ET DE LA FONCTION PUBLIQUE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Lille a fait droit à la demande de crédit de taxe professionnelle formée par la société Ets Pierre X au titre de l'année 2005 à raison des salariés employés dans son établissement situé à Avelin ;<br>
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      Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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      Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros que la société Ets Pierre X demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;<br>
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      DÉCIDE :<br>
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      Article 1er : Le recours du MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS ET DE LA FONCTION PUBLIQUE est rejeté.<br>
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      Article 2 : L'Etat versera à la société Ets Pierre X la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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      Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au MINISTRE DU BUDGET, DES COMPTES PUBLICS ET DE LA FONCTION PUBLIQUE et à la société par actions simplifiée Ets Pierre X.<br>
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      Copie sera transmise au directeur de contrôle fiscal Nord.<br>
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N°07DA01657<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**