# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 9 mai 2005, 263376, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008216159
**Date de décision:** 2005-05-09
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008216159

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 janvier 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU VAR  ; le PREFET DU VAR demande au Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 28 novembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a annulé sa décision du 26 novembre 2003 fixant la Turquie comme pays de destination de la reconduite de M. Faruk X  ; 
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                2°) de rejeter les conclusions présentées par M. X devant le tribunal administratif de Nice tendant à l'annulation de la décision distincte fixant la Turquie comme pays de destination  ;    
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée le 4 novembre 1950  ; 
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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     	Vu le code de justice administrative  ; 
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mlle Sophie Liéber, Auditeur,  
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                - les conclusions de Mme Isabelle de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant que, lorsqu'un arrêté de reconduite à la frontière a été dépourvu de mesure d'exécution pendant une durée anormalement longue, caractérisée par un changement de circonstances de fait ou de droit, et que ce retard est exclusivement imputable à l'administration, l'exécution d'office d'une reconduite à la frontière doit être regardée comme fondée non sur l'arrêté initial, même si celui-ci est devenu définitif faute d'avoir été contesté dans les délais, mais sur un nouvel arrêté de reconduite à la frontière dont l'existence est révélée par la mise en oeuvre de l'exécution d'office elle-même et qui doit être regardé comme s'étant substitué à l'arrêté initial  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, ressortissant turc, a fait l'objet d'un arrêté en date du 12 juin 2002 ordonnant sa reconduite à la frontière et fixant la Turquie comme pays de destination, qui lui a été régulièrement notifié le 14 juin 2002  ; que si cet arrêté a été dépourvu de mesures d'exécution jusqu'au 26 novembre 2003, date à laquelle le PREFET DU VAR a pris à son encontre une décision de placement en rétention administrative, ce retard d'exécution n'a pas été en l'espèce anormalement long  ; qu'au surplus, il n'est ni établi, ni allégué qu'il soit exclusivement imputable à l'administration  ; que, dans ces conditions, l'exécution d'office de l'arrêté du 12 juin 2002, par le placement en rétention administrative de M. X par décision du 26 novembre 2003, ne saurait être regardée comme révélant l'existence d'un nouvel arrêté s'étant substitué à l'arrêté initial  ; que cet arrêté du 26 novembre 2003 plaçant en rétention M. X ne pouvait ainsi être regardé comme comportant une nouvelle mesure de reconduite à la frontière et une nouvelle mesure fixant la Turquie comme pays de destination  ; que le magistrat délégué a, dès lors, dénaturé la décision dont il était saisi et entaché son jugement d'irrégularité  ; que, par suite, le PREFET DU VAR est fondé à demander l'annulation de l'article 1er du jugement attaqué par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a annulé la décision fixant le pays de destination qui aurait été contenue dans son arrêté du 26 novembre 2003  ; 
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                Considérant qu'il y a lieu pour le Conseil d'Etat d'évoquer l'affaire  ; 
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                Considérant que M. X ne peut pas utilement se prévaloir des risques qu'il courrait en cas de retour dans son pays d'origine à l'encontre de la décision du 26 novembre 2003 qui le place en rétention administrative, laquelle ne détermine pas le pays à destination duquel il sera reconduit à la frontière  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du PREFET DU VAR en date du 26 novembre 2003 le plaçant en rétention administrative  ; 
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : L'article 1er du jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice du 28 novembre 2003 est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Nice est rejetée.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DU VAR, à M. Faruk X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. 
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**