# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 juin 1982, 82-90.189, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007060299
**Date de décision:** 1982-06-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007060299

## Contenu de la décision

<p>STATUANT SUR LE POURVOI DE : </p>
<p>- X... LOUIS,</p>
<p>CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE VERSAILLES EN DATE DU 8 DECEMBRE 1981 QUI, STATUANT SUR L'APPEL DE LA PARTIE CIVILE D'UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU, A CONFIRME CELLE-CI DANS SES DISPOSITIONS DISANT N'Y AVOIR LIEU CONTRE LUI DU CHEF D'INFRACTION A LA LEGISLATION SUR LES CHEQUES MAIS L'A CONFIRMEE POUR LE SURPLUS ET ORDONNE LE RENVOI DE L'INCULPE DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL POUR ESCROQUERIE AU PREJUDICE DU LAND DE HESSE (RFA) ; </p>
<p>VU LE MEMOIRE PRODUIT ; </p>
<p>ATTENDU QUE LE POURVOI EST RECEVABLE AUX TERMES DE L'ARTICLE 574 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ; </p>
<p>SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 502 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 1 PARAGRAPHE 3 TEL QUE MODIFIE PAR LA LOI DU 11 JUILLET 1979, 4, 5 ET 76 DE LA LOI DU 31 DECEMBRE 1971 PORTANT REFORME DE CERTAINES PROFESSIONS JUDICIAIRES ET JURIDIQUES ; </p>
<p>EN CE QUE, LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE VERSAILLES A ADMIS LA RECEVABILITE D'UN APPEL FORME AU GREFFE DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE NANTERRE CONTRE UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU DU JUGE D'INSTRUCTION DE NANTERRE PAR UN AVOCAT A LA COUR DE PARIS, LEQUEL AU SURPLUS N'ETAIT PAS MUNI D'UN POUVOIR SPECIAL A CET EFFET ; </p>
<p>AU MOTIF QU'IL RESULTAIT DES DISPOSITIONS COMBINEES DES ARTICLES 4, 5 ET 76 DE LA LOI DU 31 DECEMBRE 1971 PORTANT REFORME DE CERTAINES PROFESSIONS JUDICIAIRES ET JURIDIQUES QUE L'AVOCAT EST INVESTI D'UN DROIT GENERAL D'ASSISTANCE ET DE REPRESENTATION DEVANT LES JURIDICTIONS DU PREMIER DEGRE SANS AVOIR A JUSTIFIER D'UN POUVOIR SPECIAL ; </p>
<p>ALORS QU'IL RESULTE DES DISPOSITIONS COMBINEES DE L'ARTICLE 502 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET DE L'ARTICLE 1° PARAGRAPHE 3 DE LA LOI DU 31 DECEMBRE 1971 TEL QUE MODIFIE PAR LA LOI DU 11 JUILLET 1979 ET DE L'ARTICLE 5 PARAGRAPHE 2 DE LA LOI DU 31 DECEMBRE 1971 QU'UN AVOCAT A LA COUR DE PARIS N'A PAS QUALITE POUR INTERJETER APPEL D'UNE ORDONNANCE D'UN JUGE D'INSTRUCTION DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE NANTERRE ; </p>
<p>I - SUR LA RECEVABILITE DU MOYEN : </p>
<p>ATTENDU QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 174 ALINEA 2 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, LES JURIDICTIONS CORRECTIONNELLES OU DE POLICE NE PEUVENT PRONONCER L'ANNULATION DES PROCEDURES D'INSTRUCTION LORSQU'ELLES ONT ETE RENVOYEES DEVANT ELLE PAR LA CHAMBRE D'ACCUSATION ; </p>
<p>QUE DES LORS L'ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION QUI, REPONDANT AUX CONCLUSIONS DE L'INCULPE, A DECLARE RECEVABLE EN LA FORME L'APPEL PAR LA PARTIE CIVILE DE L'ORDONNANCE DE NON-LIEU ENTREPRISE, PRESENTE DES DISPOSITIONS DEFINITIVES QUE LE TRIBUNAL, SAISI DE LA PREVENTION, N'A PAS LE POUVOIR DE MODIFIER ; </p>
<p>D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN QUI CRITIQUE DE TELLES DISPOSITIONS EST RECEVABLE ; </p>
<p>II - AU FOND : </p>
<p>ATTENDU QU'IL RESULTE DES PIECES DE LA PROCEDURE QUE L'APPEL DE LA PARTIE CIVILE DE L'ORDONNANCE DE NON-LIEU RENDUE PAR LE JUGE D'INSTRUCTION DE NANTERRE A ETE FORME AU GREFFE DE CETTE JURIDICTION PAR UN AVOCAT AU BARREAU DE PARIS ; </p>
<p>QUE POUR REJETER LES CONCLUSIONS DE X..., QUI SOUTENAIT QUE CET APPEL ETAIT IRRECEVABLE EN LA FORME, LEDIT AVOCAT, NON INSCRIT AU BARREAU DE NANTERRE, ETANT, AU SENS DE L'ARTICLE 502 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, UN FONDE DE POUVOIR SPECIAL DONT LE MANDAT ECRIT AURAIT DU ETRE ANNEXE A L'ACTE DRESSE PAR LE GREFFIER, LA CHAMBRE D'ACCUSATION A ENONCE QU'AUX TERMES DE L'ALINEA 2 DE L'ARTICLE PRECITE LA DECLARATION D'APPEL DOIT ETRE SIGNEE PAR LE GREFFIER ET PAR L'APPELANT OU PAR UN AVOUE OU PAR UN FONDE DE POUVOIR SPECIAL ET QU'IL RESULTE DES DISPOSITIONS COMBINEES DES ARTICLES 4, 5 ET 76 DE LA LOI DU 31 DECEMBRE 1971 PORTANT REFORME DE CERTAINES PROFESSIONS JUDICIAIRES ET JURIDIQUES, QUE L'AVOCAT EST INVESTI D'UN DROIT GENERAL D'ASSISTANCE ET DE REPRESENTATION DEVANT LES JURIDICTIONS DU PREMIER DEGRE SANS AVOIR A JUSTIFIER D'UN POUVOIR SPECIAL ; </p>
<p>ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, LA COUR NE SAURAIT ENCOURIR LES GRIEFS ALLEGUES AU MOYEN ; </p>
<p>QU'IL RESSORT DU RAPPROCHEMENT DES ARTICLES 1° I ET 5 ALINEA 2 DE LA LOI DU 31 DECEMBRE 1971 ET DE L'ARTICLE 1°, NON ABROGE, DE L'ORDONNANCE DU 2 NOVEMBRE 1945 RELATIVE AU STATUT DES AVOUES, QUE LES AVOCATS QUI N'ONT PAS RENONCE EXPRESSEMENT A EXERCER LES ACTIVITES ANTERIEUREMENT DEVOLUES AU MINISTERE OBLIGATOIRE DES AVOUES PRES LE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DANS LE RESSORT DUQUEL ILS SONT ETABLIS, NE SONT INVESTIS DU POUVOIR DE REPRESENTATION PROPRE AUX ANCIENS AVOUES QUE DEVANT LE TRIBUNAL AUPRES DUQUEL ILS SONT ETABLIS ; </p>
<p>QUE CEPENDANT AUX TERMES DE LA LOI DU 11 JUILLET 1979 PROROGEANT, EN MATIERE DE POSTULATION DANS LA REGION PARISIENNE, LES DELAIS PREVUS PAR L'ARTICLE 1° III DE LA LOI DU 31 DECEMBRE 1971 QUI ENONCE DANS SON ARTICLE UNIQUE, ALINEA 2, CONTRAIREMENT A CE QUI EST ALLEGUE AU MOYEN, QUE CE N'EST QU'A COMPTER DU 1ER JANVIER 1983, EN CE QUI CONCERNE LES TRIBUNAUX DE BOBIGNY ET DE NANTERRE, QUE LES AVOCATS INSCRITS AU BARREAU DE L'UN DE CES TRIBUNAUX POURRONT, SEULS, EXERCER AUPRES DESDITS TRIBUNAUX LES ATTRIBUTIONS ANTERIEUREMENT DEVOLUES AU MINISTERE D'AVOUE ; </p>
<p>D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; </p>
<p>SUR LE DEUXIEME MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 191 ET SUIVANTS DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ENSEMBLE VIOLATION DES DROITS DE LA DEFENSE ; </p>
<p>EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, STATUANT SUR LE SEUL APPEL DE LA PARTIE CIVILE CONTRE UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU, A NEANMOINS RENVOYE L'INCULPE DEVANT LA JURIDICTION CORRECTIONNELLE POUR ESCROQUERIE EN FAISANT ETAT D'UN ARGUMENT PRESENTE POUR LA PREMIERE FOIS, QUELQUES JOURS AVANT L'AUDIENCE, DANS LES REQUISITIONS DU MINISTERE PUBLIC, NON APPELANT, VIOLANT AINSI LES PRINCIPES CONCERNANT LES DROITS DE LA DEFENSE ; </p>
<p>SUR LE TROISIEME MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 405 DU CODE PENAL ; </p>
<p>EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A RENVOYE X... DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL POUR ESCROQUERIE AU PREJUDICE DU LAND DE HESSE ; </p>
<p>AU MOTIF QUE CONSTITUE UNE PRISE DE FAUSSE QUALITE AU SENS DE L'ARTICLE 405 DU CODE PENAL, LE FAIT DE SE PRETENDRE MENSONGEREMENT MANDATAIRE D'UN CREANCIER VERITABLE POUR OBTENIR LA REMISE DE FONDS APPARTENANT A AUTRUI, LORSQUE L'USAGE DE CETTE FAUSSE QUALITE A ETE LA CAUSE DETERMINANTE DE LA REMISE ; </p>
<p>ET QU'IL IMPORTE PEU QUE LA REMISE SOIT FAITE PAR UNE PERSONNE AUTRE QUE LA VICTIME ET A L'AUTEUR DES MANOEUVRES OU A DES TIERS, NI MEME QUE L'AUTEUR EN AIT BENEFICIE ; </p>
<p>QUE LE DELIT EST CONSOMME DES L'INSTANT QUE LA VICTIME A ETE DESSAISIE DES BIENS A LA SUITE DES PROCEDES FRAUDULEUX D'UN TIERS ; </p>
<p>ALORS QU'EN L'ETAT DES CONSTATATIONS DE FAIT DE L'ARRET IL N'ETAIT NULLEMENT EXCIPE D'UNE FAUSSE QUALITE DE X... TANT AUPRES DE LA COMMERZBANK QUE DE LA PARTIE CIVILE ; </p>
<p>LES MOYENS ETANT REUNIS ; </p>
<p>ATTENDU QUE LES MOYENS QUI, SUR DES PRESENTATIONS DIFFERENTES, SE BORNENT A CRITIQUER LES MOTIFS DESQUELS LA CHAMBRE D'ACCUSATION A DEDUIT QU'IL N'Y AVAIT LIEU D'ORDONNER LE RENVOI DE L'INCULPE DEVANT LA JURIDICTION DE JUGEMENT DU CHEF D'ESCROQUERIE, SONT IRRECEVABLES EN L'ETAT AUX TERMES DE L'ARTICLE 574 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ; </p>
<p>QU'AU REGARD DES CHARGES RETENUES CONTRE LUI, LES DROITS DU DEMANDEUR DEMEURENT ENTIERS ; </p>
<p>D'OU IL SUIT QUE LES MOYENS NE SONT PAS RECEVABLES ; </p>
<p>ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ; </p>
<p>REJETTE LE POURVOI.</p>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1979-03-05 Bulletin Criminel 1979 N. 97 p. 274 (CASSATION). (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1979-12-04 Bulletin Criminel 1979 N. 345 p. 942 (REJET). (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1980-05-06 Bulletin Criminel 1980 N. 134 p. 324 (CASSATION).

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 502 AL. 2,LOI 71-1130 1971-12-31 ART. 1 III ART. 1 I, ART. 5 AL. 2,Ordonnance 45-2591 1945-11-02 ART. 1
**ECLI:** 
**Résumé:** Il résulte des dispositions combinées des articles 1° I et 5 alinéa 2 de la loi du 31 décembre 1971, 1 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 sur le statut des avoués et 502 alinéa 2 du Code de procédure pénale que les avocats qui n'ont pas déclaré renoncer à la postulation, exercent exclusivement devant le tribunal de grande instance dans le ressort duquel ils ont établi leur résidence professionnelle les activités antérieurement dévolues au ministère obligatoire de l'avoué auprès de ce tribunal.
          Il s'ensuit qu'aux termes de l'article 502 alinéa 2 du Code de procédure pénale, seuls les avocats ayant leur résidence professionnelle dans le ressort du tribunal de grande instance concerné, peuvent faire une déclaration d'appel sans être munis d'un pouvoir spécial, sous réserve des dispositions transitoires relatives aux tribunaux de la région parisienne telles qu'elles sont prévues par l'article 1°-III de la loi du 31 décembre 1971 (1).
**Mots-clés:** APPEL CORRECTIONNEL - Forme - Acte d'appel - Déclaration faite par un avocat postulant près la juridiction qui a statué - Mandat général - Recevabilité.,* AVOCAT - Représentation - Mandat général - Appel de l'avocat postulant près la juridiction qui a statué - Recevabilité.