# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 4 juin 2003, 249652, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008139012
**Date de décision:** 2003-06-04
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008139012

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 16 août 2002 présentée par Mme Eugénie X..., épouse Y, demeurant ...  ; Mme X..., épouse Y,  demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 27 juin 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 30 mai 2002 du préfet des Yvelines ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision distincte fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite  ;
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                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision  ;
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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- les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., épouse Y, de nationalité sénégalaise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification le 2 avril 2002 de la décision du 26 mars 2002 du préfet des Yvelines lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Ne peuvent faire l'objet d'un arrêté d'expulsion, en application de l'article 23  : (...) 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins, (...). Les étrangers mentionnés aux 1° à 6° et 8° ne peuvent faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière en application de l'article 22 de la présente ordonnance ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., épouse Y,  est l'épouse d'un  ressortissant français depuis le 4 août 2001  ; que le couple a eu un enfant né en France le 20 mai 2002  ; que, par suite, Mme X..., épouse Y,   est la mère d'un enfant français et dont il n'est pas contesté ni qu'elle exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ni qu'elle subvienne effectivement à ses besoins, est fondée à soutenir que l'arrêté en date du 30  mai 2002 par lequel le préfet des Yvelines a ordonné sa reconduite à la frontière a été pris en méconnaissance des dispositions  précitées de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X..., épouse Y,  est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande  ;
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D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 27 juin 2002 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles, ensemble l'arrêté du 30 mai 2002 du préfet des Yvelines ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X..., épouse Y,  sont annulés.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Eugénie X..., épouse Y, au préfet des Yvelines et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**