# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 19 juin 1970, 69-10.739, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006983604
**Date de décision:** 1970-06-19
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006983604

## Contenu de la décision

SUR LES TROIS PREMIERS MOYENS REUNIS : ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DES JUGES DU FOND QUE Y..., ADMINISTRATEUR DE SOCIETES, A FAIT ASSIGNER DAME B..., LEGATAIRE UNIVERSELLE DE DAME DE A..., DECEDEE LE 11 FEVRIER 1966, EN REALISATION DE LA VENTE, A LUI CONSENTIE PAR CETTE DERNIERE, DE SA PROPRIETE LES VIGNETTES SISE A TOULON, POUR LE PRIX DE 120000 FRANCS, SUIVANT ACTE SOUS SEING PRIVE SIGNE, A TOULON, LE 15 JUIN 1965 ;<br>
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 QUE LA DEFENDERESSE A SOULEVE LA NULLITE DE CET ACTE, EN INVOQUANT LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 19 DECEMBRE 1963 (ARTICLE 1840-A DU CODE GENERAL DES IMPOTS) ET A DEMANDE RECONVENTIONNELLEMENT LA RESOLUTION, AUX TORTS DE Y..., D'UNE AUTRE PROMESSE DE VENTE DU MEME BIEN A LUI CONSENTIE PAR DAME DE A..., SUIVANT ACTE DATE A PARIS, DU MEME JOUR, SOIT LE 15 JUIN 1965, MAIS POUR LE PRIX DE 200000 FRANCS ;<br>
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 ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE CONFIRME DANS TOUTES SES DISPOSITIONS LE JUGEMENT DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE TOULON DECLARANT NULS, PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 1840-A DU CODE GENERAL DES IMPOTS, LES DEUX ACTES EN DATE DU 15 JUIN 1965, SIGNES TANT A TOULON QU'A PARIS, ET ORDONNANT SOUS ASTREINTE L'EXPULSION DE Y... DE LA PROPRIETE LES VIGNETTES ;<br>
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ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR DECLARE NUL L'ACTE SIGNE A TOULON, ALORS, SELON LE PREMIER MOYEN, QUE LA PROMESSE UNILATERALE DE VENTE CONSTITUE, AU SENS DE LA LOI DU 19 DECEMBRE 1963, L'ACTE UNILATERAL DE VENTE, C'EST-A-DIRE L'ACTE SIGNE PAR UNE SEULE DES PARTIES COMPORTANT L'EXPRESSION DE LA VOLONTE DE CELLE-CI ET NON L'ACTE COMPORTANT L'EXPRESSION DE LA VOLONTE DES DEUX PARTIES ;<br>
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 QUE, D'AUTRE PART, LE DEUXIEME MOYEN REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR DENATURE L'ACTE DE TOULON QUI PORTE QUE " MADAME DE A... PROMET DE VENDRE A MONSIEUR Y..., CE QUI EST ACCEPTE POUR LUI ET EN SON NOM PAR MONSIEUR Z..., SON MANDATAIRE, L'IMMEUBLE DONT LA DESIGNATION SUIT ", CE QUI IMPLIQUE BIEN L'EXISTENCE D'UNE PROMESSE SYNALLAGMATIQUE DE VENTE A LAQUELLE LES JUGES DU FOND ONT DONNE UNE QUALIFICATION ERRONEE ET QU'IL EN EST D'AUTANT PLUS AINSI QUE Y... CONTRACTE, PAR L'ACTE, DES OBLIGATIONS, EN PARTICULIER L'OBLIGATION DE PAYER LE PRIX, QUE, DU RESTE, Y... EST DESIGNE COMME L'ACQUEREUR ET QUE L'ACTE PARLE A DIVERSES REPRISES DE " LA PRESENTE VENTE " ;<br>
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 QU'IL EST ENCORE SOUTENU QUE LES JUGES D'APPEL ONT DECLARE NUL L'ACTE " DIT DE TOULON " AU MOTIF QU'IL FAIT ETAT D'UN PRIX SIMULE DE 120000 FRANCS, CEPENDANT QUE LE PRIX REEL DE VENTE ETAIT DE 200000 FRANCS ET QU'EN APPLICATION DE L'ARTICLE 1840 DU CODE GENERAL DES IMPOTS EST NULLE ET DE NUL EFFET TOUTE CONVENTION AYANT POUR BUT DE DISSIMULER UNE PARTIE DU PRIX DE VENTE D'UN IMMEUBLE, ALORS, SELON LE TROISIEME MOYEN, QU'EN CAS DE DISSIMULATION D'UNE PARTIE DU PRIX, C'EST LA CONTRE-LETTRE QUI EST FRAPPEE DE NULLITE ET NON L'ACTE APPARENT ET, QU'EN L'ESPECE ACTUELLE, L'ACTE DIT " DE TOULON " SE TROUVAIT PARFAITEMENT VALABLE, LES ACTES PROMETTANT UN PRIX SUPERIEUR ETANT SEULS ATTEINTS DE NULLITE ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE, SANS DENATURER AUCUN DES DOCUMENTS QUI LEUR ONT ETE SOUMIS, LES JUGES DU FOND ONT, PAR UNE APPRECIATION SOUVERAINE DU SENS ET DE LA PORTEE DES DEUX ACTES LITIGIEUX ET DE L'ENSEMBLE DE LA CORRESPONDANCE ECHANGEE ENTRE LES PARTIES TANT AVANT QU'APRES LA SIGNATURE DE CES ACTES, ESTIME QUE, DANS L'ESPRIT DE LA DAME DE A..., LE SEUL PRIX DE VENTE ETAIT CELUI DE 200000 FRANCS, QUE Y... AVAIT TOUJOURS ADMIS, DEPUIS L'ORIGINE DES POURPARLERS (2 MARS 1965) JUSQU'AU 30 DECEMBRE DE LA MEME ANNEE, VEILLE DU JOUR OU LA VENTE DEVAIT ETRE REALISEE, ET QUI ETAIT LE PRIX EXPRIME DANS LA PROMESSE SIGNEE A PARIS, QUE LE DEMANDEUR AVAIT EXECUTEE EN PARTIE PAR LE VERSEMENT AU COMPTANT DE LA SOMME DE 30000 FRANCS ET L'ENGAGEMENTDE PAYER 70000 FRANCS AVANT LA REALISATION, AINSI QU'IL Y ETAIT STIPULE ;<br>
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 QU'ILS EN ONT DEDUIT QUE " LE PRIX DE 120000 FRANCS PORTE A L'ACTE DIT DE TOULON NE CORRESPONDAIT PAS A LA VOLONTE EXPRIMEE PAR DAME X..., VEUVE A..., QUI N'ETAIT MANIFESTEMENT PAS A MEME DE SAISIR LES SUBTILITES ET LES RETICENCES DONT Y... FAISAIT PREUVE DANS SA CORRESPONDANCE " ;<br>
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 ATTENDU QUE LE REJET DE LA DEMANDE DE Y... TENDANT A LA REALISATION D'UN ACTE QUI NE REFLETAIT PAS L'ACCORD DES PARTIES SUR UN ELEMENT ESSENTIEL DU CONTRAT DE VENTE DECOULAIT DE LA CONSTATATION PRECEDENTE ;<br>
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 QUE PAR CE SEUL MOTIF DE DROIT, SUBSTITUE A CEUX QUE LE POURVOI CRITIQUE DANS SES TROIS PREMIERS MOYENS, L'ARRET SE TROUVE JUSTIFIE ;<br>
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 QU'AINSI, LES TROIS PREMIERS MOYENS NE PEUVENT ETRE ACCUEILLIS ;<br>
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 ET, SUR LE QUATRIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE VAINEMENT REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR CONDAMNE DUBAIL A PAYER UNE INDEMNITE DE 20000 FRANCS DE DOMMAGES-INTERETS, AU SEUL MOTIF QUE LA DEFENDERESSE ETAIT BIEN FONDEE A OBTENIR DE JUSTES DOMMAGES-INTERETS ET SANS CARACTERISER AUCUNE FAUTE A LA CHARGE DU DEMANDEUR PRINCIPAL ;<br>
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QU'EN EFFET, EN CONDAMNANT Y... AU PAIEMENT DE LA SOMME DE 20000 FRANCS A TITRE DE DOMMAGES-INTERETS, LES JUGES DU FOND ONT SOUVERAINEMENT APPRECIE LE PREJUDICE QUE LA DAME B... INVOQUAIT DANS SA DEMANDE RECONVENTIONNELLE QU'ILS ONT ACCUEILLIE, DU FAIT DE L'APPROPRIATION DE L'IMMEUBLE LITIGIEUX PAR Y..., DE SON REFUS D'EN PAYER LE PRIX REEL ET DE LA NECESSITE DE LE FAIRE EXPULSER ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE QUATRIEME MOYEN N'EST PAS MIEUX FONDE QUE LES PRECEDENTS ET QUE L'ARRET, MOTIVE, EST LEGALEMENT JUSTIFIE ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 7 JANVIER 1969, PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Les seules constatations par les juges du fond que l'acte dont la réalisation est demandée ne reflète pas l'accord des parties sur un élément essentiel du contrat de vente, comme le prix, suffisent à justifier le rejet de l'action.,Justifie légalement sa décision accueillant la demande reconventionnelle en dommages-intérêts, l'arrêt qui, après avoir rejeté la demande principale en réalisation d'une vente, relève l'existence pour la défenderesse d'un préjudice résultant de l'appropriation par le demandeur de l'immeuble litigieux, son refus d'en payer le prix réel et la nécessité de le faire expulser.
**Mots-clés:** 1) VENTE - Promesse de vente - Réalisation - Action en justice - Rejet - Constatation que l'acte ne reflète pas l'accord des parties sur le prix - Constatation suffisante.,* VENTE - Prix - Accord des parties - Acte ne manifestant pas cet accord - Portée.,2) VENTE - Promesse de vente - Réalisation - Action en justice - Rejet - Demande reconventionnelle en dommages-intérêts - Préjudice - Existence - Constatations suffisantes.