# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, Juge unique -1ère chambre, 27/03/2009, 08LY01788, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021100154
**Date de décision:** 2009-03-27
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** Juge unique -1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021100154

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Lyon le 1er août 2008, présentée pour Mme Marguerite X, de nationalité camerounaise, domiciliée ... ; <br>
       Mme X demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0800644 en date du 11 février 2008, par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation, d'une part, de l'arrêté du 7 février 2008, par lequel le préfet de l'Ain a ordonné sa reconduite à la frontière et, d'autre part, de la décision distincte du même jour fixant le pays dont il a la nationalité comme destination de la reconduite ;<br>
<br>
       2°) d'annuler l'arrêté et la décision susmentionnés pour excès de pouvoir ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de l'Ain de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa demande de titre de séjour sous astreinte de 100 euro par jour de retard à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
       _________________________________________<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 25 février 2009 :<br>
<br>
       - le rapport de M. Bézard, président ;<br>
<br>
       - et les conclusions de M. Reynoird, rapporteur public ;<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur :  II. L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 2° Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré (...) <br>
<br>
       Considérant, en premier lieu, qu'il ressort des pièces du dossier Mme X est entrée en France le 17 novembre 2006 sous couvert d'un passeport muni d'un visa de court séjour, qu'elle s'est maintenue sur le territoire national au-delà de la durée de validité de son visa et n'a pas obtenu la délivrance d'un titre de séjour ; qu'elle entrait ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 2° de l'article L. 511-1-II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant de décider qu'elle serait reconduite à la frontière ;<br>
        Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
<br>
       Considérant que, si Mme X fait valoir qu'elle est entrée en France le 17 novembre 2006 pour y rejoindre son fils unique, qui possède la nationalité française ; qu'elle est socialement bien intégrée; que ses deux frères et  ses deux soeurs, dont trois sont de nationalité française, résident en France, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle a vécu 55 ans au Cameroun jusqu'à son entrée sur le territoire français, un peu plus d'un an avant la décision attaquée ; qu'elle n'a accompli aucune formalité en vue de régulariser son séjour en France ; qu'elle n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, même si ses parents sont décédés ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée de séjour de la requérante en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que cette décision n'est pas, pour les mêmes raisons, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ; que les conclusions aux fins d'injonction qu'elle a présentées ne peuvent, dès lors, être accueillies ;<br>
<br>
       Sur l'application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que les dispositions précitées s'opposent à ce que le conseil de Mme X puisse obtenir la condamnation de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, dès lors que l'intéressée est partie perdante à l'instance ;<br>
<br>
<br>
DECIDE :<br>
<br>
<br>
Article 1er : La requête de Mme X est rejetée.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
1<br>
3<br>
N° 08LY01788	<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**