# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 1ère chambre - formation à 3, 11/02/2010, 09NC00732, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021879979
**Date de décision:** 2010-02-11
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021879979

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 18 mai 2009, présentée pour M. Mounir A, demeurant chez Mme B, ..., par Me Levy-Cyferman ; <br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0802210 du 23 février 2009 par lequel le Tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 30 mai 2008 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour assorti d'une autorisation de travail ;<br>
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       4°) de mettre une somme de 1 000  euros à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Il soutient que :<br>
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       - le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne sollicitant par l'avis du directeur départemental du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle avant de statuer sur la demande de titre de séjour en qualité de salarié qu'il avait présentée ;<br>
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       - le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne lui délivrant pas un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions alors qu'il existait des difficultés de recrutement dans le secteur où il envisageait d'exercer son activité professionnelle ;<br>
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       - contrairement à ce qu'a jugé le Tribunal, il était fondé à invoquer la méconnaissance du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet vise les dispositions de ce code dans l'arrêté attaqué ;<br>
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       - compte tenu de son état de santé et de l'impossibilité pour lui de recevoir au Maroc des soins appropriés à son état, il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, de sorte que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       - l'arrêté attaqué a été adopté en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       - le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle ;<br>
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       Vu le mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2009, présenté par le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui conclut au rejet de la requête, au motif qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 20 mars 2009, admettant M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 janvier 2010 :<br>
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       - le rapport de M. Couvert-Castéra, président, <br>
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       - et les conclusions de Mme Steinmetz-Schies, rapporteur public ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       En ce qui concerne les moyens relatifs à la promesse d'embauche dont disposait M. A :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  La carte de séjour temporaire autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée : 1° A l'étranger titulaire d'un contrat de travail visé conformément aux dispositions de l'article L. 341-2 du code du travail. / Pour l'exercice d'une activité professionnelle salariée dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement et figurant sur une liste établie au plan national par l'autorité administrative, après consultation des organisations syndicales d'employeurs et de salariés représentatives, l'étranger se voit délivrer cette carte sans que lui soit opposable la situation de l'emploi sur le fondement du même article L. 341-2. / La carte porte la mention salarié lorsque l'activité est exercée pour une durée supérieure ou égale à douze mois. Elle porte la mention travailleur temporaire lorsque l'activité est exercée pour une durée déterminée inférieure à douze mois. (...)  et qu'aux termes de l'article L. 313-14 dudit code, dans sa rédaction issue de la loi du 20 novembre 2007 :  La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7 (...)   ; <br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant marocain, a saisi le préfet de Meurthe-et-Moselle le 8 février 2008 d'une demande tendant à ce que celui-ci régularise sa situation administrative en lui délivrant un titre de séjour lui permettant d'exercer une activité professionnelle ; qu'à l'appui de cette demande, M. A s'est borné à faire valoir qu'il avait passé en France une période de 8 ans et n'avait fait l'objet d'aucune condamnation pénale, avant de produire une promesse d'embauche, dépourvue de toute précision sur la nature de l'emploi concerné, établie le 10 avril 2008 par le directeur de la société  Bara'k fruits , dont le siège est à Paris ;<br>
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       Considérant que lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'étranger peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'a pas été invoquée par l'intéressé ; que M. A n'a pas présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 313-10  et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, si les dispositions précitées de l'article L. 313-14 de ce code permettent à l'administration de délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  salarié  ou  travailleur temporaire  à un étranger pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, il ressort des termes mêmes de cet article, et notamment de ce qu'il appartient à l'étranger de faire valoir les motifs exceptionnels justifiant que lui soit octroyé un titre de séjour, que le législateur n'a pas entendu déroger à la règle rappelée ci-dessus ni imposer à l'administration, saisie d'une demande d'une carte de séjour, quel qu'en soit le fondement, d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article ; qu'il s'ensuit que M. A ne peut pas utilement invoquer la méconnaissance des articles L. 313-10 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre du refus opposé à sa demande de titre de séjour, qui n'a pas été présentée sur le fondement de ces articles mais tendait à ce que le préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose, régularise sa situation au regard de l'ensemble des éléments de sa situation personnelle ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'accorder à M. A un titre de séjour l'autorisant à exercer en France une activité professionnelle salariée ;<br>
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       En ce qui concerne les moyens relatifs à l'état de santé de M. A :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. A ne peut pas utilement invoquer la méconnaissance du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre du refus opposé à sa demande de titre de séjour, qui n'a pas été présentée sur le fondement de cet article ;<br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ...10° L'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi  ; que, si M. A fait valoir, en produisant des documents établis postérieurement à l'arrêté attaqué, qu'il bénéficie d'une prise en charge intégrale par la sécurité sociale, pour une affection de longue durée, et que son état de santé justifie la prescription d'un traitement neuroleptique de longue durée, il ne justifie en tout état de cause pas ne pas pouvoir bénéficier d'un traitement approprié au Maroc en produisant une lettre de l'association  Pharmaciens sans frontières  qui comporte des considérations générales sur la situation du système sanitaire marocain ainsi que sur les traitements par  neurolytiques  ; qu'il s'ensuit que doit être écarté le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ;<br>
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       En ce qui concerne les moyens relatifs à la vie privée et familiale de M. A :<br>
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       Considérant qu'il y a lieu, par adoption des motifs retenus par les premiers juges, d'écarter les moyens, qui ne comportent aucun élément de fait ou de droit nouveau par rapport à l'argumentation développée par M. A devant le Tribunal administratif de Nancy, tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste commise dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 30 mai 2008 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution.  ;<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette la requête de M. A, n'implique aucune mesure d'exécution ; que les conclusions du requérant tendant à ce que la Cour enjoigne au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour assorti d'une autorisation de travail ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991  : <br>
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme de 1 000 euros que Me Levy-Ciferman, avocat de M. A, demande sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 au titre des frais que celui-ci aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle ;<br>
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       DÉCIDE :<br>
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       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Mounir A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
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N° 09NC00732<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**