# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 2 avril 1974, 73-12.156, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006992028
**Date de décision:** 1974-04-02
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006992028

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET ATTAQUE QUE LA SOCIETE DES ETABLISSEMENTS PICON ET CIE, A QUI TOSELLO AVAIT CONFIE DES TRAVAUX DANS L'IMMEUBLE QU'IL FAISAIT EDIFIER, L'A ASSIGNE DEVANT LE TRIBUNAL DE COMMERCE EN PAIEMENT DU SOLDE DU PRIX DE CES TRAVAUX ET EN DOMMAGES-INTERETS ;<br>
<br>
QUE TOSELLO PRESENTA DES DEFENSES AU FOND, PUIS ASSIGNA DEVANT LE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE, EN DECLARATION DE RESPONSABILITE ET EXPERTISE, L'ARCHITECTE NARKISIAN QU'IL AVAIT CHARGE DE LA DIRECTION DES TRAVAUX, ET ENFIN, ALLEGUANT LA CONNEXITE, DEMANDA AU TRIBUNAL DE COMMERCE DE SE DESSAISIR AU PROFIT DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE ;<br>
<br>
 QUE PAR JUGEMENT DU 23 JUIN 1972 LE TRIBUNAL DE COMMERCE REJETA L'EXCEPTION ET FIT DROIT AUX DEMANDES DE LA SOCIETE PICON ET CIE ;<br>
<br>
ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET RENDU LE 13 FEVRIER 1973 QUI A CONFIRME CE JUGEMENT D'AVOIR REJETE L'EXCEPTION DE CONNEXITE, AU MOTIF QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 168 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, CETTE EXCEPTION DOIT ETRE SOULEVEE AVANT TOUTES AUTRES EXCEPTIONS ET DEFENSES E QUE TOSELLO NE L'A SOULEVEE QU'APRES AVOIR DISCUTE LES APPRECIATIONS D'UN EXPERT, ALORS QUE LE DECRET N° 72-684 DU 20 JUILLET 1972 ENTRE EN VIGUEUR AVANT LE PRONONCE DE L'ARRET, A ABROGE L'ARTICLE 168 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ET QUE, SELON SON ARTICLE 42, L'EXCEPTION DE CONNEXITE PEUT ETRE SOULEVEE EN TOUT ETAT DE CAUSE ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE L'EXCEPTION DE CONNEXITE A ETE PRESENTEE TARDIVEMENT DEVANT LES PREMIERS JUGES, L'ARTICLE 168 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, ALORS APPLICABLE, EXIGEANT QU'ELLE SOIT SOULEVEE IN LIMINE LITIS ;<br>
<br>
 QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 41 DU DECRET SUSVISE DU 20 JUILLET 1972 APPLICABLE EN CAUSE D'APPEL CETTE EXCEPTION NE POUVAIT PLUS ETRE SOULEVEE DEVANT LA COUR D'APPEL MAIS SEULEMENT DEVANT LA JURIDICTION DU DEGRE INFERIEUR ;<br>
<br>
QU'AINSI LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;<br>
<br>
SUR LE SECOND MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR CONFIRME LE JUGEMENT QUI A CONDAMNE TOSELLO A DES DOMMAGES-INTERETS POUR RESISTANCE ABUSIVE, AU MOTIF QUE SON DROIT DE DEFENSE A DEGENERE EN ABUS, DES LORS QU'EN FAISANT AUX ETABLISSEMENTS PICON DES GRIEFS DECLARES VAINS, IL A RETENU PAR DEVERS LUI UNE SOMME LEUR REVENANT, ALORS QUE LE FAIT RELEVE A SA CHARGE N'AURAIT NULLEMENT ETE CONSTITUTIF D'UNE FAUTE ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE L'ARRET A EGALEMENT RELEVE QUE TOSELLO NE S'ETAIT PREVALU DE L'EXCEPTION DE CONNEXITE QUE TARDIVEMENT DANS LE BUT DE RETARDER LE PLUS LONGTEMPS POSSIBLE LE PAIEMENT DES SOMMES QU'IL POURRAIT DEVOIR A LA SOCIETE INTIMEE ;<br>
<br>
QU'AINSI LA COUR D'APPEL A CARACTERISE LA FAUTE DE TOSELLO AYANT FAIT DEGENERER EN ABUS SON DROIT DE RESISTER A UNE ACTION EN JUSTICE, ET, DES LORS, A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 13 FEVRIER 1973, PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),(2),Code civil 1382,Code de procédure civile 168,Décret 72-684 1972-07-20 ART. 41
**ECLI:** 
**Résumé:** L'APPLICATION SUCCESSIVE DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 168  DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ET DE CELLES DE L'ARTICLE 41 DU DECRET  N. 72.684 DU 20 JUILLET 1972 ENTRAINE LE REJET D'UNE EXCEPTION DE  CONNEXITE TANT EN PREMIERE INSTANCE QU'EN APPEL DES LORS QUE DEVANT  LES PREMIERS JUGES CETTE EXCEPTION, QUI EN VERTU DE L'ARTICLE 168,  ALORS APPLICABLE, EUT DU ETRE PRESENTEE AVANT TOUTES AUTRES  EXCEPTIONS OU DEFENSES, N'A ETE SOULEVEE QU'APRES DISCUSSION D'UN  RAPPORT D'EXPERTISE DONC TARDIVEMENT, ET QU'AU MOMENT OU L'AFFAIRE  EST VENUE EN APPEL L'ARTICLE 41 DU DECRET SUSVISE SE TROUVANT  APPLICABLE, CETTE EXCEPTION NE POUVAIT PLUS ETRE SOULEVEE DEVANT LES  JUGES DU SECOND DEGRE MAIS SEULEMENT DEVANT LA JURIDICTION DU DEGRE  INFERIEUR.   LOIS ET REGLEMENTS - APPLICATION - APPLICATION IMMEDIATE - LOIS DE  PROCEDURE - EFFET - DECRET N. 72.684 DU 28 JUILLET 1972 -  PROPOSITION D'UNE EXCEPTION DE CONNEXITE.,LE FAIT POUR UNE PARTIE DE NE SE PREVALOIR DE L'EXCEPTION DE  CONNEXITE QUE TARDIVEMENT DANS LE BUT DE RETARDER LE PLUS LONGTEMPS  POSSIBLE LE PAYEMENT DES SOMMES QU'ELLE POURRAIT DEVOIR A SON  ADVERSAIRE, CARACTERISE LA FAUTE FAISANT DEGENERER EN ABUS SON DROIT  DE RESISTER A UNE ACTION EN JUSTICE ET JUSTIFIE SA CONDAMNATION A  DES DOMMAGES-INTERETS.
**Mots-clés:** 1) PROCEDURE CIVILE - CONNEXITE - EXCEPTION - PROPOSITION - MOMENT  - ARTICLES 168 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ET 14 DU DECRET DU 20  JUILLET 1972 - APPLICATION SUCCESSIVES - EFFET.,2) RESPONSABILITE CIVILE - FAUTE - ABUS DE DROIT - ACTION EN  JUSTICE - EXCEPTION - PROPOSITION TARDIVE DANS UN BUT DILATOIRE.,* ACTION EN JUSTICE - DEFENSE - RESISTANCE INJUSTIFIEE - FAUTE -  EXCEPTION - PROPOSITION TARDIVE DANS UN BUT DILATOIRE.,* PROCEDURE CIVILE - CONNEXITE - EXCEPTION - PROPOSITION AVANT  TOUTE DEFENSE AU FOND - INOBSERVATION - PROPOSITION TARDIVE DE L 'EXCEPTION DANS UN BUT DILATOIRE - FAUTE.