# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 14 mai 1979, 78-93.118, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007060582
**Date de décision:** 1979-05-14
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007060582

## Contenu de la décision

<p>LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT ; </p>
<p>SUR LA RECEVABILITE DU POURVOI :</p>
<p>ATTENDU QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 58 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881 SUR LA LIBERTE DE LA PRESSE, LE DROIT DE SE POURVOIR EN CASSATION APPARTIENT A LA PARTIE CIVILE, QUANT AUX DISPOSITIONS RELATIVES A SES INTERETS CIVILS ; QUE CE TEXTE SPECIAL EXCLUT EN LA MATIERE LES DISPOSITIONS RESTRICTIVES DE L'ARTICLE 575 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ; QU'AINSI LE POURVOI D'AILLEURS REGULIEREMENT FORME DANS LE DELAI PREVU PAR L'ARTICLE 59 DE LA MEME LOI DOIT ETRE DECLARE RECEVABLE ; </p>
<p>AU FOND :</p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION PAR FAUSSE APPLICATION DE L'ARTICLE 50 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881, VIOLATION DES ARTICLES 593 ET 802 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, VISANT LA REQUETE DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE EN DATE DU 10 FEVRIER 1978 A DECLARE NULS LES REQUISITOIRES INTRODUCTIFS DU 2 AVRIL 1973 ET TOUS LES ACTES SUBSEQUENTS DES PROCEDURES SUIVIES CONTRE M... ET N... DES CHEFS D'UNE PART D'INJURE PUBLIQUE ET COMPLICITE, D'AUTRE PART DE DIFFAMATION PUBLIQUE ET COMPLICITE ; </p>
<p>"AUX MOTIFS QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 50 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881, LE MINISTERE PUBLIC EST TENU DANS SON REQUISITOIRE D'ARTICULER ET DE QUALIFIER LES DIFFAMATIONS ET INJURES A RAISON DESQUELLES LA POURSUITE EST INTENTEE, AVEC INDICATION DES TEXTES DONT L'APPLICATION EST DEMANDEE, A PEINE DE NULLITE DU REQUISITOIRE ; QU'A CETTE OBLIGATION IMPERATIVE DE QUALIFIER LES FAITS, NI LA PARTIE CIVILE NI LE MINISTERE PUBLIC NE PEUVENT ECHAPPER PAR UN ARTIFICE EN ENGAGEANT SIMULTANEMENT DEUX POURSUITES DISTINCTES FONDEES SUR UN MEME FAIT QUALIFIE DIFFEREMMENT DANS CHACUNE D'ELLES ; QUE DONNER AU MEME FAIT LA DOUBLE QUALIFICATION D'INJURE ET DE DIFFAMATION, CREE UNE INCERTITUDE DANS L'ESPRIT DES PREVENUS SUR L'OBJET PRECIS DES POURSUITES ET SUR LES MOYENS DE LEUR DEFENSE ; QUE CETTE INCERTITUDE, EN PREJUDICIANT AUX DROITS DE LA DEFENSE, PORTE ATTEINTE AUX INTERETS DES PREVENUS ;</p>
<p>"ALORS D'UNE PART QUE LA CHAMBRE D'ACCUSATION ETAIT SAISIE PAR LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE D'UNE DEMANDE D'ANNULATION LIMITEE AU REQUISITOIRE REQUERANT L'OUVERTURE D'UNE INFORMATION DU CHEF DE DIFFAMATION PUBLIQUE ET COMPLICITE, ANNULATION QUI SUFFISAIT A FAIRE DISPARAITRE L'INCERTITUDE DES PREVENUS SUR L'OBJET PRECIS DES POURSUITES, NEE EN L'ESPECE DE L'OUVERTURE DE DEUX INFORMATIONS VISANT LE MEME FAIT SUCCESSIVEMENT QUALIFIE D'INJURE ET DE DIFFAMATION, QUE DES LORS L'ARRET ATTAQUE NE POUVAIT, SANS S'EXPLIQUER, PRONONCER L'ANNULATION DES DEUX REQUISITOIRES INTRODUCTIFS ET DES ACTES SUBSEQUENTS ; </p>
<p>"ET ALORS D'AUTRE PART QUE SI L'ARTICLE 50 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881 INTERDIT QU'UN REQUISITOIRE VISE UN MEME FAIT SOUS DES QUALIFICATIONS DIFFERENTES, A SEULE FIN D'EVITER QUE LE PREVENU SE MEPRENANT SUR CELLE DES QUALIFICATIONS REELLEMENT ENVISAGEE OMETTE DE SE DEFENDRE SUR CHACUNE D'ENTRE ELLES, CE TEXTE NE S'OPPOSE PAS A L'INTRODUCTION SIMULTANEE DE POURSUITES DISTINCTES QUI BIEN QUE FONDEES SUR UN MEME FAIT QUALIFIE DIFFEREMMENT NE SAURAIENT PORTER ATTEINTE AUX INTERETS DES PREVENUS, NECESSAIREMENT APPELES A SE DEFENDRE DANS LES DEUX POURSUITES ET PARTANT A CONSIDERER LES FAITS SOUS LEUR DOUBLE QUALIFICATION" ;</p>
<p>VU LESDITS ARTICLES ; </p>
<p>ATTENDU QU'EN MATIERE D'INFRACTION A LA LOI SUR LA PRESSE, LA QUALIFICATION DU FAIT INCRIMINE EST IRREVOCABLEMENT FIXEE PAR LA PLAINTE ET LE REQUISITOIRE INTRODUCTIF, SANS POUVOIR ETRE MODIFIEE PAR UNE POURSUITE ULTERIEURE ENGAGEE DANS LES MEMES CONDITIONS ; </p>
<p>ATTENDU QUE PAR LETTRE DU 29 MARS 1973, ET CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DU 2 AVRIL 1973 DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION D'ABBEVILLE, K... A PORTE PLAINTE CONTRE M... ET TOUS AUTRES, DU CHEF D'INJURE PUBLIQUE ENVERS UN PARTICULIER, EN RAISON DE LA DIFFUSION LE 2 JANVIER 1973, PAR LA STATION REGIONALE DE TELEVISION D'AMIENS, D'UNE EMISSION AU COURS DE LAQUELLE M..., POUR DIRE SON HOSTILITE A UN PROJET D'AMENAGEMENT DU LITTORAL PICARD ELABORE PAR UN BUREAU D'ETUDES DONT K... ETAIT LE DIRECTEUR, AVAIT QUALIFIE CELUI-CI DE "SPECULATEUR" ; </p>
<p>ATTENDU QUE PAR UNE AUTRE LETTRE DU 30 MARS 1973, ET UNE SECONDE CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DU 2 AVRIL 1973, K... A DE NOUVEAU PORTE PLAINTE, A RAISON DU MEME FAIT, CONTRE M... ET TOUS AUTRES, DU CHEF DE DIFFAMATION PUBLIQUE ENVERS UN PARTICULIER ;</p>
<p>ATTENDU QUE LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE, SAISI DE CES PLAINTES, A, PAR DES REQUISITOIRES INTRODUCTIFS DU 2 AVRIL 1973, PORTANT RESPECTIVEMENT LES NUMEROS 1912/73 ET 1913/73, OUVERT DEUX INFORMATIONS CONTRE PERSONNE DENOMMEE, LA PREMIERE POUR INJURE PUBLIQUE ENVERS UN PARTICULIER ET COMPLICITE, LA SECONDE, POUR DIFFAMATION PUBLIQUE ENVERS UN PARTICULIER ET COMPLICITE ; </p>
<p>ATTENDU QUE LE MAGISTRAT INSTRUCTEUR AYANT PROCEDE A L'INCULPATION DE M..., AUTEUR DES PROPOS INCRIMINES, ET DE N..., REDACTEUR EN CHEF DE LA STATION REGIONALE A L'EPOQUE DE L'EMISSION, LES INCULPES ONT EXCIPE DEVANT LUI DE LA NULLITE DES POURSUITES ; QUE PAR DEUX REQUETES CONJOINTES, LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE A, EN APPLICATION DE L'ARTICLE 171 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, SAISI LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE DEMANDES D'ANNULATION DES PROCEDURES ; </p>
<p>ATTENDU QUE CETTE JURIDICTION, APRES AVOIR CONSTATE L'IDENTITE DES FAITS, OBJET DE POURSUITES DISTINCTES, A CRU DEVOIR ORDONNER LA JONCTION DE CELLES-CI ET A PRONONCE L'ANNULATION DES REQUISITOIRES INTRODUCTIFS ET DES ACTES SUBSEQUENTS, EN SE REFERANT AUX PRESCRIPTIONS DE L'ARTICLE 50 DE LA LOI DU 28 JUILLET 1881, ET EN ENONCANT QUE NI LA PARTIE CIVILE NI LE MINISTERE PUBLIC NE PEUVENT ECHAPPER A L'OBLIGATION IMPERATIVE DE QUALIFIER LES FAITS " PAR UN ARTIFICE EN ENGAGEANT SIMULTANEMENT DEUX POURSUITES DISTINCTES FONDEES SUR UN MEME FAIT QUALIFIE DIFFEREMMENT DANS CHACUNE D'ELLES " ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DES MENTIONS DE L'ARRET ET DE L'EXAMEN DES PIECES DE LA PROCEDURE QUE LE REQUISITOIRE PRIS DU CHEF D'INJURE PUBLIQUE, SUR LA PLAINTE DU 29 MARS 1973, A ETE ETABLI AVANT CELUI QUI FAISAIT SUITE A LA PLAINTE DU 30 DU MEME MOIS ; QU'AINSI LE PREMIER DE CES REQUISITOIRES DOIT ETRE REGARDE COMME SATISFAISANT AUX PRESCRIPTIONS D'ORDRE PUBLIC DE L'ARTICLE 50 PRECITE ET QUE SEUL LE SECOND SE TROUVE FRAPPE DE LA NULLITE PREVUE PAR LEDIT ARTICLE ; QUE LA CASSATION EST DES LORS ENCOURUE ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS :</p>
<p>CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL D'AMIENS, DU 27 JUIN 1978, ET, POUR QU'IL SOIT STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI :</p>
<p>RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE REIMS.</p>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1978-03-02 Bulletin Criminel 1978 N. 82 p.210 (CASSATION) . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1979-01-09 Bulletin Criminel 1979 N. 15 p.38 (REJET).

## Métadonnées

**Solution:** Recevabilité Cassation
**Lois appliquées:** (1),(2),Code de procédure pénale 575,LOI 1881-07-29 ART. 50,LOI 1881-07-29 ART. 58
**ECLI:** 
**Résumé:** Aux termes de l'article 58 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, le droit de se pourvoir en cassation appartient à la partie civile quant aux dispositions relatives à ses intérêts civils. Le texte spécial exclut, en la matière, les dispositions restrictives de l'article 575 du Code de procédure pénale (1).,En matière d'infraction à la loi sur la presse, la qualification du fait incriminé est irrévocablement fixée par la plainte et le réquisitoire introductif, sans pouvoir être modifiée par une poursuite ultérieure, engagée dans les mêmes conditions.          Si deux poursuites successives sont relatives au même fait, seule la seconde se trouve frappée de la nullité prévue par l'article 50 de la loi du 29 juillet 1881, la première, dans la mesure où elle satisfait aux prescriptions d'ordre public dudit article, demeure valable.
**Mots-clés:** 1) CASSATION - Pourvoi - Presse - Article 58 de la loi du 29 juillet 1881 - Arrêt de la Chambre d'accusation - Pourvoi de la partie civile - Article 575 du Code de procédure pénale - Application (non).,PRESSE - Procédure - Article 58 de la loi du 29 juillet 1881 - Arrêt de la Chambre d'accusation - Pourvoi de la partie civile - Article 575 du Code de procédure pénale - Application (non).,2) PRESSE - Procédure - Instruction - Réquisitoire introductif - Pluralité de poursuites successives - Validité de la première.