# CAA de NANTES, 3ème chambre, 22/12/2017, 17NT02362, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000036396689
**Date de décision:** 2017-12-22
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000036396689

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme A... D...a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler l'arrêté du 21 mars 2017 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.<br>
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       Par un jugement n° 1701920 du 11 juillet 2017, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 28 juillet 2017 Mme D..., représentée par MeC..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes du 11 juillet 2017 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2017 du préfet des Côtes-d'Armor et, à titre subsidiaire, d'annuler la décision lui faisant obligation de quitter le territoire contenue dans cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet des Côtes d'Armor de lui délivrer une carte de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours et sous la même astreinte ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Elle soutient que :<br>
       - l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;<br>
       - il méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. <br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2017, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés par Mme D... ne sont pas fondés.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code des relations entre le public et l'administration ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. Berthon a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1. Considérant que MmeD..., ressortissante de la République démocratique du Congo, née le 26 juillet 1979, déclare être entrée irrégulièrement en France le 17 juillet 2014 ; que, le 5 août 2014, elle a donné naissance à l'enfant Enzo Enoch Kamanga Kabedi, qui avait été reconnu par anticipation le 17 juillet 2014 par M.E..., citoyen français ; que Mme D... relève appel du jugement du 11 juillet 2017 par lequel le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2017 du préfet des Côtes-d'Armor refusant de lui délivrer une carte de séjour en qualité de mère d'enfant français mineur et l'a obligée à quitter le territoire français ;<br>
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       2. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein <br>
droit : (...) / 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ; (...)" ;<br>
       3. Considérant que si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé ; que ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers ; que tel est le cas pour la mise en oeuvre des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés ; que, par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français ;<br>
       4. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la suite d'une enquête pour suspicion de reconnaissance frauduleuse de paternité, M. E...a indiqué, dans le cadre de son audition par les services de police le 22 février 2017, n'être pas le père du jeuneF..., avoir été abusé par la requérante, dont le but était de se voir reconnaître la qualité de mère d'enfant français mineur, et avoir engagé une procédure de contestation de sa paternité ; qu'il ressort également des pièces du dossier que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'était pas acquise à la date de l'arrêté contesté ; que, dans ces conditions, et alors même que par un jugement du 19 janvier 2017 du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc M. E...a été relaxé des poursuites engagées contre lui pour reconnaissance frauduleuse de paternité, c'est à bon droit que le tribunal administratif de Rennes a jugé que le préfet des Côtes-d'Armor était légalement fondé, au motif que la nationalité française de l'enfant mineur de Mme D...avait été obtenue frauduleusement, à refuser à celle-ci la délivrance du titre de séjour sollicité sur le fondement des dispositions précitée du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       5. Considérant que, pour le surplus, Mme D... se borne à reprendre devant le juge d'appel les mêmes moyens et les mêmes arguments que ceux invoqués en première instance ; qu'il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges et tirés de ce que l'arrêté contesté est suffisamment motivé, qu'il ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et qu'il n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée ;<br>
       6. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme D... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	La requête de Mme D... est rejetée. <br>
Article 2 : 	Le présent arrêt sera notifié à Mme A... D...et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur. <br>
Copie sera adressée au préfet des Côtes-d'Armor.<br>
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       Délibéré après l'audience du 7 décembre 2017, à laquelle siégeaient :<br>
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       - Mme Perrot, président de chambre,<br>
       - M. Berthon, premier conseiller,<br>
       - Mme Massiou, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique, le 22 décembre 2017.<br>
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Le rapporteur,<br>
E. BerthonLe président,<br>
I. Perrot        <br>
Le greffier,<br>
M. B...       <br>
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       La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 17NT02362<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**