# CAA de NANCY, 1ère chambre, 27/09/2022, 22NC00874, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046343117
**Date de décision:** 2022-09-27
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046343117

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. C... A... a demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2021 par lequel le préfet du Territoire de Belfort a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.<br>
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       Par un jugement n° 2100500 du 17 juin 2021, le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande. <br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 6 avril 2022, M. A..., représenté par Me Woldanski, demande à la cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Besançon ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2021 du préfet du Territoire de Belfort ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Territoire de Belfort de lui délivrer le titre de séjour sollicité. <br>
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       Il soutient que l'arrêté est entaché d'une méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.  <br>
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       Par un mémoire enregistré le 26 juillet 2022, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête. <br>
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       Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés. <br>
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       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 3 mars 2022.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier. <br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. <br>
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       Le rapport de M. Marchal, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. A..., ressortissant géorgien, né le 20 décembre 1993, est entré en France, selon ses déclarations, le 8 décembre 2018. Le 20 septembre 2019, il a demandé au préfet du Territoire de Belfort de lui délivrer une carte de séjour temporaire sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 5 janvier 2021, le préfet du Territoire de Belfort a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. M. A... fait appel du jugement du 17 juin 2021 par lequel le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "  vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. (...) ".<br>
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       3. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect du secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et d'établir l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et de la possibilité pour l'intéressé d'y accéder effectivement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.<br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier que M. A... souffre d'une insuffisance rénale chronique imposant la réalisation de trois séances de dialyse hebdomadaires. Le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a toutefois indiqué, dans son avis du 1er décembre 2020 que si l'état de santé de M. A... nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut toutefois bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays. Pour contester cet avis, le requérant produit une attestation de l'association de transplantlogistes géorgiens indiquant que la transplantion d'organes issus de prélèvements post-mortem n'est pas pratiquée en Georgie et une attestation médicale datée de 2008 indiquant que Mme B... A..., dont les liens avec le requérant ne sont pas précisés, souffre d'une leucémie. Ces seuls éléments ne démontrent pas que M. A... ne pourrait pas bénéficier d'une greffe d'un rein en Géorgie et ne justifient pas, en tout état de cause, qu'il ne peut pas bénéficier de séances de dialyse dans ce pays. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.<br>
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       5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.<br>
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D É C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié M. C... A... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. <br>
Copie en sera adressée au préfet du Territoire de Belfort.<br>
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       Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Goujon-Fischer, président,<br>
       - Mme Roussaux, première conseillère, <br>
       - M. Marchal, conseiller.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe, le 27 septembre 2022.<br>
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Le rapporteur,<br>
Signé : S. MarchalLe président,<br>
Signé : J.-F. Goujon-Fischer<br>
La greffière,<br>
Signé : E. Delors<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
       Pour expédition conforme,<br>
       La greffière,<br>
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       E. Delors<br>
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N° 22NC00874<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**