# Cour Administrative d'Appel de Marseille, juge des reconduites, 11/09/2006, 05MA02519, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000018000809
**Date de décision:** 2006-09-11
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** juge des reconduites
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000018000809

## Contenu de la décision

Vu le recours enregistré le 22 septembre 2005 au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille, sous le n° 05MA02519, présenté par le PREFET DU VAR ; Le PREFET DU VAR demande à la Cour :
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       1°) d'annuler le jugement n° 0505520 du 30 août 2005 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Marseille a annulé son arrêté en date du 27 août 2005 décidant la reconduite à la frontière de M. Erol X, de nationalité turque ; 
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       2°) de rejeter la demande présentée par M. Erol X devant le président du Tribunal administratif de Marseille ; 
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       Vu les autres pièces du dossier ;
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       Vu la décision du président de la cour administrative d'appel portant délégation pour l'exercice des compétences prévues par l'article R.776-19 du code de justice administrative ; 
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
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       Vu le décret n° 95-304 portant publication de la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 ;
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       Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
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       Vu le code de justice administrative ;
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; 
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 juin 2006 : 
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 - les observations de Me Lasserre, avocat de M. Erol X ;
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- et les conclusions de Mme Fernandez, commissaire du gouvernement ;
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       Considérant qu'aux termes de l'article L.511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement en France, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté de reconduite en litige, M. X, de nationalité turque, ne pouvait justifier ni d'une entrée régulière ni de l'obtention d'un titre de séjour en cours de validité ; que par suite, il entrait dans le champ d'application du 1° de l'article L.511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
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       Considérant toutefois qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1º) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2º) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; que M. Erol X, entré en France en octobre 2001 à l'âge de 22 ans, est venu rejoindre ses parents, qui résident régulièrement en France, ainsi que ses frères dont deux au moins étaient en situation régulière à la date de la mesure litigieuse ; qu'un autre de ses frères a bénéficié d'une carte de séjour vie privée et familiale à la suite de l'annulation, devenue définitive, de l'arrêté de reconduite en date du 3 janvier 2006 dont il faisait l'objet ; que, dans les circonstances de l'espèce, la mesure de reconduite en litige a porté au droit de M. X au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que par suite, le PREFET DU VAR n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du Tribunal administratif de Marseille a annulé son arrêté en date du 27 août 2005 ;
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       Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
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       Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, de condamner l'Etat à payer à M. X la somme de 1 000 euros que celui-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
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D E C I D E
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Article 1er : Le recours du PREFET DU VAR est rejeté.
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Article 2 : L'Etat versera à M. X la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
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Article 3 : La présente décision sera notifiée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire et à M. Erol X.
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Copie en sera adressée au PREFET DU VAR.
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N° 05MA02519
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**