# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 2 mars 1971, 70-91.116, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007059639
**Date de décision:** 1971-03-02
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007059639

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI FORME PAR X... (EMILE), PARTIE CIVILE, AGISSANT TANT EN SON NOM PERSONNEL QU'ES QUALITES D'ADMINISTRATEUR DE SON FILS MINEUR FREDERIC, CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE NIMES, EN DATE DU 7 AVRIL 1970 QUI, DANS DES POURSUITES CONTRE Y... (DANIEL) DES CHEFS D'HOMICIDE ET DE BLESSURES INVOLONTAIRES, A STATUE SUR LES REPARATIONS CIVILES ET DECLARE Z..., ES QUALITES, CIVILEMENT RESPONSABLE DE SON PREPOSE LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS EN DEMANDE ET EN DEFENSE ;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 3, ALINEA 2, 466 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, VIOLATION PAR FAUSSE APPLICATION DE L'ARTICLE 20 DE LA LOI D'AMNISTIE DU 30 JUIN 1969, ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE IRRECEVABLE LA CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DU DEMANDEUR DU CHEF DES DOMMAGES A LUI CAUSES PAR UNE CONTRAVENTION DE BLESSURES INVOLONTAIRES DONT IL AVAIT ETE LA VICTIME A LA SUITE D'UN ACCIDENT DE LA CIRCULATION ;<br>
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 AUX MOTIFS QUE L'INFRACTION DE BLESSURES INVOLONTAIRES REPROCHEE AU PREVENU CONSTITUAIT NON LE DELIT PREVU PAR L'ARTICLE 319 DU CODE PENAL, MAIS LA CONTRAVENTION PREVUE PAR L'ARTICLE R 40 PARAGRAPHE 4 DU CODE PENAL, L'ACTION PUBLIQUE SE TROUVERAIT ETEINTE DE CE CHEF PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 1ER DE LA LOI DU 30 JUIN 1969 PORTANT AMNISTIE, ET QU'IL S'ENSUIVRAIT QUE LA JURIDICTION REPRESSIVE NE SERAIT PAS COMPETENTE POUR STATUER SUR L'ACTION CIVILE ;<br>
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 ALORS QUE, LA JURIDICTION REPRESSIVE RESTAIT COMPETENTE POUR STATUER SUR LA REPARATION DU DOMMAGE SOUFFERT PAR LE DEMANDEUR PUISQUE AUSSI BIEN, LA CONTRAVENTION AMNISTIEE SE TROUVANT A L'ORIGINE DUDIT DOMMAGE PROCEDAIT DU MEME FAIT QUE CELUI RETENU A LA CHARGE DU PREVENU COMME CONSTITUANT LE DELIT PREVU PAR L'ARTICLE 320 DU CODE PENAL ;<br>
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 ET ALORS QUE, DISQUALIFIANT, LA COUR DEVAIT CEPENDANT AUX TERMES DE L'ARTICLE 466 DU MEME CODE DE PROCEDURE PENALE, STATUER SUR L'ACTION CIVILE ;<br>
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 ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE PAR CITATION DIRECTE, DELIVREE LE 5 SEPTEMBRE 1969, Y... A ETE POURSUIVI, A LA SUITE D'UN ACCIDENT DE LA CIRCULATION SURVENU LE 3 JUIN 1969, POUR HOMICIDE INVOLONTAIRE SUR LA PERSONNE DE A... (PAULETTE), EPOUSE X... ET POUR BLESSURES INVOLONTAIRES SUR LA PERSONNE DE X... (EMILE) ET DE X... (FREDERIC), BLESSURES ENTRAINANT, POUR CETTE DERNIERE VICTIME, UNE INCAPACITE TOTALE DE TRAVAIL PERSONNEL PENDANT PLUS DE TROIS MOIS ;<br>
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QUE LA COUR D'APPEL CONSTATE QUE L'INFRACTION COMMISE PAR Y... A L'EGARD DE X... (EMILE) EST UNE CONTRAVENTION ;<br>
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QU'APRES AVOIR CONSTATE L'EXTINCTION DE L'ACTION PUBLIQUE DE CE CHEF PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 1ER DE LA LOI DU 30 JUIN 1969, PORTANT AMNISTIE, LA COUR DECLARE IRRECEVABLE L'ACTION CIVILE FORMEE PAR X... (EMILE) EN VUE D'OBTENIR REPARATION DU DOMMAGE RESULTANT POUR LUI DE CETTE CONTRAVENTION ;<br>
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 QU'ELLE PRECISE QU'EN EFFET, AUX TERMES DE L'ARTICLE 20 DE LA LOI SUSVISEE, LA JURIDICTION REPRESSIVE NE RESTE COMPETENTE POUR STATUER, LE CAS ECHEANT, SUR LES INTERETS CIVILS QUE SI ELLE A ETE SAISIE DE L'ACTION PUBLIQUE AVANT LA PUBLICATION DE LADITE LOI, CE QUI N'EST PAS LE CAS EN L'ESPECE ;<br>
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 ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, LA COUR N'A VIOLE AUCUN DES ARTICLES VISES AU MOYEN ET EN A, AU CONTRAIRE, FAIT L'EXACTE APPLICATION ;<br>
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QU'EN EFFET LA CONTRAVENTION DE BLESSURES INVOLONTAIRES, BIEN QUE PROCEDANT DE LA MEME ACTION COUPABLE QUE LES DELITS D'HOMICIDE ET DE BLESSURES INVOLONTAIRES REGULIEREMENT SOUMIS AUX JUGES DU FOND, CONSTITUE UNE INFRACTION DISTINCTE, EVENTUELLEMENT GENERATRICE D'UN DOMMAGE PROPRE, ET DONT LA JURIDICTION REPRESSIVE N'AURAIT PAS DU ETRE SAISIE, DES LORS QU'ELLE AURAIT ETE ANEANTIE PAR LES EFFETS DE L'AMNISTIE ;<br>
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 QU'IL N'IMPORTE A CET EGARD, QUE LE CARACTERE CONVENTIONNEL DE L'INFRACTION AIT ETE RELEVE PAR LA PREVENTION ELLE-MEME OU QU'IL AIT ETE RECONNU PAR LE JUGE A LA FAVEUR DE LA DISQUALIFICATION D'UN DELIT ;<br>
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 QU'EN TOUT ETAT DE CAUSE, L'ACTION PUBLIQUE ETANT ETEINTE AVANT SA SAISINE, LA JURIDICTION REPRESSIVE SE TROUVAIT INCOMPETENTE POUR CONNAITRE DE L'ACTION CIVILE ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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 SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL, ENSEMBLE VIOLATION DES ARTICLES R 6 ET R 14 DU CODE DE LA ROUTE, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, STATUANT SUR LA RESPONSABILITE DE LA COLLISION SURVENUE ALORS QUE LE DEMANDEUR PILOTANT SON AUTOMOBILE SUR UNE ROUTE A GRANDE CIRCULATION TENTAIT LE DEPASSEMENT DU VEHICULE DU PREVENU, LEQUEL CIRCULANT DANS LE MEME SENS, LUI AVAIT BRUSQUEMENT COUPE LA ROUTE POUR EMPRUNTER UNE VOIE SITUEE SUR SA GAUCHE, A LAISSE A LA CHARGE DUDIT DEMANDEUR LA MOITIE DE SON PROPRE DOMMAGE ;<br>
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AUX MOTIFS QU'IL AVAIT ENTREPRIS SON DEPASSEMENT DANS DES CONDITIONS DANGEREUSES EU EGARD A LA CONFIGURATION DES LIEUX, LESQUELS COMPORTAIENT UN DOS D'ANE, CE QUI IMPLIQUAIT POUR LUI L'OBLIGATION D'EMPLOYER SON AVERTISSEUR EN RAISON DE LA VISIBILITE REDUITE VERS L'ARRIERE DONT DISPOSAIT LE CONDUCTEUR DU CAMION QUI LE PRECEDAIT ;<br>
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 ALORS QUE LA DECLARATION FAITE PAR LE DEMANDEUR SELON LAQUELLE IL N'AURAIT PAS FAIT USAGE DE SON AVERTISSEUR NE PROUVAIT PAS QU'IL NE S'ETAIT PAS ASSURE QU'IL POUVAIT EFFECTUER SON DEPASSEMENT SANS DANGER ET QUI SI LE PREVENU N'A PAS VU L'AUTOMOBILE QUI S'APPRETAIT A LE DEPASSER CE N'EST PAS PARCE QUE CELLE-CI N'ETAIT PAS EN VUE LORSQU'IL ENTREPRIT SA MANOEUVRE PERTURBATRICE, MAIS PARCE QU'IL N'A VERIFIE SI LA VOIE ETAIT LIBRE QU'AU MOMENT MEME OU IL AMORCAIT SON CHANGEMENT DE DIRECTION ;<br>
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 ATTENDU QUE LE DEMANDEUR SE BORNE A CONTESTER LES CONSTATATIONS SOUVERAINES D'OU LA COUR D'APPEL A DEDUIT QUE LA RESPONSABILITE DE L'ACCIDENT DONT X... (EMILE) A SOUFFERT DU FAIT DU DECES DE SON EPOUSE, DEVANT ETRE PARTAGEE ENTRE LE PREVENU ET LUI-MEME EN RAISON DES FAUTES RESPECTIVEMENT COMMISES PAR CHACUN D'EUX ET NOTAMMENT DE LA FAUTE DE X... QUI A ENTREPRIS SA MANOEUVRE DE DEPASSEMENT DANS DES CONDITIONS DANGEREUSES ;<br>
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QUE LA DECISION ATTAQUEE, EXEMPTE D'INSUFFISANCE ECHAPPE, SOUS CE RAPPORT, AU CONTROLE DE LA COUR DE CASSATION ;<br>
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 QU'AINSI LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE ;<br>
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 ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME : REJETTE LE POURVOI<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1969-01-29 Bulletin Criminel 1969 N. 54 p.121 (NON-LIEU A STATUER) et les arrêts cités<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** LOI 69-700 1969-06-30 ART. 20 AMNISTIE
**ECLI:** 
**Résumé:** Aux termes de l'article 20 de la loi du 30 juin 1969, la juridiction répressive ne reste compétente pour statuer, le cas échéant, sur les intérêts civils que si elle a été saisie de l'action publique avant la promulgation de la loi d'amnistie (1).          Il n'importe, à cet égard, que le caractère contraventionnel de l'infraction amnistiée ait été relevé par la prévention elle-même ou qu'il ait été reconnu par le juge à la faveur de la disqualification d'un délit.
**Mots-clés:** AMNISTIE - Textes spéciaux - Loi du 30 juin 1969 - Effets - Action civile - Réserve des droits des tiers - Juridiction de jugement saisie après la promulgation de la loi - Contravention - Disqualification d'un délit en contravention.,* AMNISTIE - Effets - Action civile - Compétence de la juridiction répressive - Saisine postérieure à la loi d'amnistie - Contravention - Disqualification d'un délit en contravention.