# Conseil d'Etat, 5ème sous-section jugeant seule, du 27 juin 2003, 232056, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008209927
**Date de décision:** 2003-06-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 5EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008209927

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 2 avril 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 22 janvier 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté en date du 25 février 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle Ilina X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par Mlle X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                 Après avoir entendu en séance publique  :
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               - le rapport de M. Fabre-Aubrespy, Maître des Requêtes,  
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               - les observations de Me Copper-Royer, avocat de Mlle X, 
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               - les conclusions de M. Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sur la fin de non-recevoir opposée par Mlle X  :
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                Considérant que le PREFET DE POLICE a accusé réception le 2 mars 2001 de la notification du jugement attaqué  ; que, par suite, la requête du PREFET DE POLICE demandant l'annulation du jugement du tribunal administratif en date du 22 janvier 2001, enregistrée le 2 avril 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, dans le délai d'un mois prévu par l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, n'est pas tardive  ; que la fin de non-recevoir opposée à cette requête par Mlle X doit donc être écartée  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle X, de nationalité bulgare, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 4 janvier 1999, de la décision du PREFET DE POLICE du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet de police peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance  ; 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;
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                Considérant que si Mlle X fait valoir qu'elle est entrée en France en 1993 et qu'elle y est parfaitement intégrée, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de l'absence d'attaches familiales de l'intéressée en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du PREFET DE POLICE en date du 25 février 2000 n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels a été pris cet arrêté  ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant que si Mlle X invoque qu'elle est parfaitement intégrée en France, qu'elle dispose d'une promesse d'embauche et qu'elle n'a jamais troublé l'ordre public, ces circonstances ne sont pas de nature à elles seules à établir que le PREFET DE POLICE aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de l'intéressée  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que, Mlle X n'ayant soulevé aucun autre moyen en première instance ou en appel, le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté en date du 25 février 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle X  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à Mlle X  la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 22 janvier 2001 est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par Mlle X devant le tribunal administratif de Paris et les conclusions qu'elle a présentées devant le Conseil d'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
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		Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mlle Ilina X et 		au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**