# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 10 juillet 2006, 270464, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008221583
**Date de décision:** 2006-07-10
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008221583

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 27 juillet 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS  ; le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande au Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 28 juin 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 22 avril 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. X... A et fixant le pays de renvoi  ;
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              2°) de rejeter la demande présentée par M. A devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée le 4 novembre 1950  ;
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              Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles  ; 
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée  ;
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              Vu la loi n° 91647 du 10 juillet 1991, notamment son article 37  ;
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - le rapport de M. Jean-François Mary, Maître des Requêtes,  
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              - les observations de la SCP Parmentier, Didier, avocat de M. A, 
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              - les conclusions de Mme Y... de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, en vigueur à la date de l'arrêté contesté  : « Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : () 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé, ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la notification du refus ou du retrait () »  ; 
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 17 février 2004, de la décision du 12 février 2004 par laquelle le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, et qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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              Considérant que M. A est entré en France le 13 novembre 1999 sous couvert d'un visa de trente jours à l'âge de 28 ans révolu  ; que, s'il fait valoir que sa femme, également entrée en France en 1999, a donné naissance à un fils né à Meudon le 27 janvier 2002 et que de nombreux membres de sa famille ainsi que de celle de sa femme résident en France, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que son épouse, de nationalité algérienne, est en situation irrégulière  ; que, s'il soutient qu'il n'a plus d'attaches familiales en Algérie, il ressort des pièces du dossier que sa mère vit toujours en Algérie  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et en l'absence de toute circonstance le mettant dans  l'impossibilité d'emmener sa famille avec lui, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que c'est dès lors, à tort que, pour annuler l'arrêté attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par M. A  ;
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              Considérant que l'arrêté décidant la reconduite à la frontière de M. A mentionne dans son dispositif que l'intéressé « sera reconduit à destination du pays dont il a la nationalité ou qui lui a délivré un titre de voyage en cours de validité, ou encore à destination de tout autre pays dans lequel il établit être légalement admissible »  ; qu'il doit, dès lors, être regardé comme ayant fixé l'Algérie comme pays de destination de la reconduite  ; que, si M. A soutient qu'il a fait l'objet de chantage et de menaces de mort de la part d'un groupe islamiste armé en Algérie, il n'apporte pas d'éléments suffisamment précis et probants au soutien de ses allégations et ne démontre pas la réalité des risques auxquels il serait personnellement exposé en cas de retour dans son pays d'origine  ; que, d'ailleurs, sa demande d'asile territorial a été rejetée par le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales par une décision en date du 28 août 2000  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant l'Algérie comme pays de destination de sa reconduite à la frontière méconnaîtrait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés  fondamentales ne peut être accueilli  ;
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              Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 22 avril 2004 ordonnant la reconduite à la frontière de M. A à destination de l'Algérie  ;
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              Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 7611 du code de justice administrative  :
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              Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente affaire, la somme que demande la SCP Parmentier-Didier, avocat de M. A, au titre des frais exposés par ce dernier et non compris dans les dépens  ;
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D E C I D E  :
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     Article 1er  : Le jugement du 28 juin 2004 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise par M. A et ses conclusions présentées devant le Conseil d'Etat tendant à l'application des dispositions de l'article L. 7611 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, à M. X... A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**