# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 4ème Chambre, 15/12/2009, 08VE00990, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021749815
**Date de décision:** 2009-12-15
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 4ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021749815

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée en télécopie le 8 avril 2008 et en original le 23 avril 2008, présentée pour M. Mahamadou A, demeurant chez M. Bathily B ..., par Me Nogueres ; M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0712126 du 19 février 2008 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2007 du préfet de l'Essonne refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français à destination de son pays d'origine ; <br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour mention  vie privée et familiale  ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Il soutient que la décision de refus de titre de séjour a été prise en violation de l'article L. 313-11-3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est entré en France en 1989 et qu'il justifie, par de nombreux documents, y résider habituellement depuis cette date, à l'exception de trois courts séjours dans son pays, et de l'article L. 313-11-7° dudit code dès lors qu'il est venu en France pour rejoindre des membres de sa famille ; que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité entachant le refus de titre de séjour ; que le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droit de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 1er décembre 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Signerin-Icre, président-assesseur,<br>
       - et les conclusions de Mme Jarreau, rapporteur public ;<br>
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       Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'à la date de la décision litigieuse, les dispositions du 3° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prévoyant l'octroi, de plein droit, d'un titre de séjour à l'étranger justifiant qu'il résidait habituellement en France depuis plus de dix ans, avaient été abrogées par la loi n° 2006-911 du 24 juillet 2006, publiée au Journal Officiel le 25 juillet 2006 ; qu'ainsi, M. A ne peut utilement, pour contester la légalité de cette décision, se prévaloir de ces dispositions, nonobstant la circonstance qu'elles auraient été applicables à la date de sa demande ; <br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7º A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée  ;<br>
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       Considérant que si M. A soutient qu'il est arrivé en France en 1989 pour rejoindre des membres de sa famille et qu'il y réside depuis lors, il ressort des pièces du dossier que son épouse et ses enfants, nés en 1995, 1998 et 2000, vivent au Mali ; que, dans ces conditions, et alors que le caractère continu du séjour en France depuis 18 ans n'est nullement établi, et nonobstant la circonstance que des frères et soeurs de l'intéressé résident régulièrement en France, la décision de refus de titre de séjour n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que, dès lors, elle n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       Considérant, en premier lieu, que pour les motifs énoncés ci-dessus, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ; <br>
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       Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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       Considérant que, pour les mêmes motifs que ceux indiqués ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier que, dans circonstances de l'espèce, la mesure d'éloignement attaquée aurait porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont donc pas été méconnues ; <br>
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       Considérant, enfin, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur la situation personnelle de M. A ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées ;<br>
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DECIDE<br>
       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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N° 08VE00990<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**