# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 1ère  Chambre , 27/07/2009, 09NT00116, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021468232
**Date de décision:** 2009-07-27
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 1ère  Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021468232

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 20 janvier 2009, présentée pour M. Mehdi X, demeurant ..., par Me Duplantier, avocat au barreau d'Orléans ; M. X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 08-3325 du 16 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Loiret en date du 30 juin 2008 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Loiret, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention vie privée et familiale dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de son avocat à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles et ses avenants ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 juin 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Ragil, rapporteur ;<br>
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       - et les conclusions de M. Hervouet, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant algérien né le 27 février 1990, interjette appel du jugement n° 08-3325 du 16 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Loiret en date du 30 juin 2008 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 30 juin 2008 :<br>
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       Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X est entré en France à l'âge de 13 ans, pour y accompagner son père, sur le passeport duquel il figurait et qui résidait régulièrement en France ; qu'à la suite du décès de son père, intervenu le 10 novembre 2006, il a été confié aux soins de sa grand-mère, de nationalité française, en vertu d'un acte de kafala en date du 24 novembre 2006 ; qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a déployé, malgré les difficultés auxquelles il était confronté, des efforts d'intégration tant sur le plan scolaire qu'au sein d'un club sportif ; que s'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où réside sa mère, qui ne l'a pas pris en charge pendant sa minorité, sa famille paternelle, parmi laquelle trois tantes de nationalité française et trois oncles en situation régulière, réside en France ; qu'ainsi, les pièces versées au dossier établissent l'intensité des liens tissés en France par ce jeune ressortissant algérien et son insertion dans la société française ; qu'il suit de là que l'arrêté contesté a porté au droit de M. X au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il a, ainsi, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ;<br>
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       Considérant qu'il y a lieu, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, par application de ces dispositions, d'enjoindre à l'administration de délivrer à M. X un certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a toutefois pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant, d'une part, que ces dispositions font obstacle à ce que M. X, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à l'Etat la somme que le préfet demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
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       Considérant, d'autre part, que M. X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Duplantier, avocat de M. X, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de condamner l'État à payer à Me Duplantier la somme de 1 500 euros ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	Le jugement du Tribunal administratif d'Orléans en date du 16 décembre 2008 et l'arrêté du préfet du Loiret du 30 juin 2008 portant, à l'encontre de M. X, refus de séjour et obligation de quitter le territoire sont annulés.<br>
Article 2 :	Il est enjoint au préfet du Loiret de délivrer à M. X un certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 :	L'Etat versera à Me Duplantier, avocat de M. X, la somme de mille cinq cents euros (1 500 euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, moyennant la renonciation de cet avocat à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 4 :	Les conclusions présentées par l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 5 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. Mehdi X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet du Loiret.<br>
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N° 09NT00116                                      2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**