# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 22 octobre 1981, 80-11.890, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007008886
**Date de décision:** 1981-10-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007008886

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SES DEUX PREMIERES BRANCHES :<br>
    ATTENDU, SELON L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE QU'UN ARRET DE LA COUR D'APPEL AVAIT CONDAMNE BRICARD ET LA CAISSE GENERALE ACCIDENTS A VERSER UNE INDEMNITE A MANTANI ; QUE CELUI-CI S'EST POURVU EN CASSATION ET A PERCU L'INDEMNITE AINSI ALLOUEE ; QUE L'ARRET A ETE CASSE ET QUE LA COUR D'APPEL DE RENVOI A ACCORDE A MANTANI UNE INDEMNITE PLUS IMPORTANTE ; QUE MANTANI A RECLAME LE PAIEMENT DE LA DIFFERENCE MAIS QUE LA CAISSE GENERALE ACCIDENTS A ENTENDU RETENIR LES INTERETS MORATOIRES DE LA PREMIERE INDEMNITE COURUS DEPUIS LE JOUR DU PAIEMENT JUSQU'A CELUI DE L'ARRET DE LA COUR DE RENVOI ;    ATTENDU QUE LE POURVOI REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR REJETE LES PRETENTIONS DE LA CAISSE ALORS, D'UNE PART, QUE MEME SI L'EXECUTION D'UNE DECISION FRAPPEE DE POURVOI NE PEUT ETRE IMPUTEE A FAUTE, LA CASSATION AURAIT POUR EFFET DE METTRE LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES SE TROUVAIENT AVANT LA DECISION ATTAQUEE, CE QUI IMPLIQUERAIT EN CAS D'EXECUTION DE CETTE DERNIERE DECISION, UNE RESTITUTION PLEINE ET ENTIERE ET, EN CAS DE PAIEMENT DE SOMME D'ARGENT, LA RESTITUTION DU CAPITAL ET DES INTERETS LEGAUX A COMPTER DU VERSEMENT ; QUE LA COUR D'APPEL N'AURAIT PU, SANS VIOLER L'ARTICLE 19 DE LA LOI DU 3 JUILLET 1967 REFUSER LA RESTITUTION A LA CAISSE DES INTERETS SUR LA SOMME VERSEE EN EXECUTION DE L'ARRET CASSE, AU MOTIF DU DEFAUT D'EFFET SUSPENSIF DU POURVOI EN CASSATION ET, D'AUTRE PART, QU'UN POURVOI EN CASSATION VALANT ASSIGNATION ET MISE EN DEMEURE, L'ARRET N'AURAIT PU REFUSER DE CONSIDERER MANTANI DEBITEUR DES INTERETS AU MOINS A PARTIR DU POURVOI ;    MAIS ATTENDU QUE LE TEXTE VISE AU MOYEN OUVRE SEULEMENT A LA PARTIE QUI A PAYE LA FACULTE D'EXIGER LA RESTITUTION ; QUE LE POURVOI DE MANTANI NE POUVAIT VALOIR MISE EN DEMEURE AU PROFIT DE LA CAISSE ET QUE L'ARRET RELEVE QUE MANTANI N'A RECU AUCUNE MISE EN DEMEURE DE REMBOURSER ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE DE CE CHEF ;<br>
   SUR LE MOYEN PRIS EN SES TROISIEME ET QUATRIEME BRANCHES :<br>
    ATTENDU QUE LE MOYEN REPROCHE ENCORE A L'ARRET D'AVOIR AINSI STATUE ALORS QU'AUCUNE MISE EN DEMEURE N'AURAIT ETE NECESSAIRE POUR FAIRE COURIR LES INTERETS DUS DANS L'HYPOTHESE DE LA MAUVAISE FOI DE CELUI QUI A RECU UN PAIEMENT INDU ET QUE MANTANI S'ETANT NECESSAIREMENT CONSTITUE DE MAUVAISE FOI AU SENS DE L'ARTICLE 1378 DU CODE CIVIL AU MOMENT OU IL A FRAPPE CET ARRET D'UN POURVOI EN CASSATION, L'ARRET N'AURAIT PU REFUSER A LA CAISSE LA RESTITUTION DES INTERETS DEMANDES EN VIOLATION DUDIT TEXTE ET QUE, D'AUTRE PART, LA COUR D'APPEL AURAIT RECONNU EN TOUT CAS QU'A PARTIR DE L'ARRET DE CASSATION, MANTANI A DETENU INDUMENT LA SOMME QU'IL AVAIT ENCAISSEE ;    MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ENONCE QUE JUSQU'A L'ARRET DE CASSATION, MANTANI ETAIT FONDE A SE PREVALOIR DE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL ET A OBTENIR PAIEMENT DE L'INDEMNITE ALLOUEE SANS QU'IL PUISSE ETRE ALLEGUE QUE JUSQU'A CETTE DATE IL Y AIT EU PAIEMENT DE L'INDU QU'IL RELEVE, QU'A PARTIR DE L'ARRET DE CASSATION, MANTANI A DETENU INDUMENT LA SOMME LITIGIEUSE QUE LA CAISSE POUVAIT LUI EN DEMANDER RESTITUTION A CONDITION QU'ELLE LUI FIT PREALABLEMENT SIGNIFIER L'ARRET DE CASSATION ET LE METTRE EN DEMEURE DE REMBOURSER ; QUE, FAUTE DE L'AVOIR FAIT, LA CAISSE NE POUVAIT ARGUER DE LA MAUVAISE FOI DE MANTANI ET DEMANDER L'APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 1378 DU CODE CIVIL ; QUE LA COUR D'APPEL A AINSI LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 21 JANVIER 1980, PAR LA COUR D'APPEL D'ANGERS ;    CONDAMNE LES DEMANDEURS, ENVERS LES DEFENDEURS, A UNE INDEMNITE DE CINQ MILLE FRANCS ET AUX DEPENS LIQUIDES A LA SOMME DE TROIS FRANCS, SOIXANTE CINQ CENTIMES, EN CE NON COMPRIS LE COUT DES SIGNIFICATIONS DU PRESENT ARRET ;<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1979-11-21 Bulletin 1979 V N. 870 (3) p. 640 (REJET) et les arrêts cités. (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 3) 1977-02-15 Bulletin 1977 III N. 73 p. 57 (CASSATION) et les arrêts cités. (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code civil 1378
**ECLI:** 
**Résumé:** Le pourvoi en cassation formé par la partie qui a reçu payement de l'indemnité allouée par une décision ultérieurement cassée ne peut pas valoir mise en demeure au profit de celle qui a payé.          Celle-ci ne saurait dès lors se fonder sur ce pourvoi pour réclamer le remboursement des intérêts légaux courus depuis.,Le paiement de l'indemnité allouée par une décision ultérieurement cassée ne peut être considérée jusqu'à l'arrêt de cassation comme paiement de l'indû. A partir de l'arrêt de cassation, la somme est détenue indûment et la restitution peut en être demandée, mais à condition que l'arrêt de cassation soit préalablement signifié et que le débiteur soit mis en demeure de rembourser ; en l'absence de ces formalités, celui-ci ne peut être considéré de mauvaise foi, ce qui exclut l'application des dispositions de l'article 1378 du Code civil.
**Mots-clés:** 1) CASSATION - Pourvoi - Déclaration - Effet - Exécution de la décision attaquée - Restitution - Mise en demeure.,* CASSATION - Pourvoi - Effet suspensif (non) - Exécution de la décision attaquée - Restitution - Intérêts - Point de départ.,* INTERETS - Intérêts moratoires - Dette d'une somme d'argent - Point de départ - Sommation de payer - Sommes versées en vertu d'une décision ultérieurement cassée.,2) PAYEMENT DE L'INDU - Restitution - Intérêts - Point de départ - Mauvaise foi - Sommes versées en vertu d'une décision ultérieurement cassée.,* CASSATION - Pourvoi - Effet suspensif (non) - Exécution de la décision attaquée - Absence de faute.,* PAYEMENT DE L'INDU - Restitution - Intérêts - Point de départ - Sommes versées en vertu d'une décision ultérieurement cassée - Mise en demeure - Nécessité.