# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 27 juillet 2005, 269894, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008233525
**Date de décision:** 2005-07-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008233525

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 13 juillet 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Nassira X, demeurant chez ...  ; Mme X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler  le jugement du 1er juin 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 mai 2004 du préfet du Var décidant sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Stéphane Verclytte, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 10 février 2004, de la décision du préfet du Var du 6 février 2004, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968  : Le certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit  : (...) 5° Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit  au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...)  ;
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                Considérant que si Mme X fait valoir qu'elle s'est mariée en 1982 avec un ressortissant français, qu'elle est fille d'un militaire français, qu'elle a un fils de nationalité française résidant en France et qu'elle a disposé par le passé d'une carte de séjour de dix ans, il ressort des pièces du dossier qu'elle a comparu en 1987 devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour avoir volontairement porté des coups de couteau sur la personne de son mari et qu'un jugement de divorce a été prononcé le 6 décembre 2000 par le tribunal de grande instance de  Digne-les-Bains  ; qu'ainsi compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de ce que son fils né en 1983 est aujourd'hui majeur, l'arrêté attaqué, eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, n'a pas porté aux droits de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux but en vue desquels il a été pris  ; que dès lors le moyen tiré de ce que le préfet du Var aurait méconnu les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien modifié et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté  ;
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                Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi  :
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                Considérant que si Mme X soutient qu'elle a connu des difficultés avec le groupement islamique armé, l'intéressée ne produit aucun élément au soutien de ses allégations  ; que par suite le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en fixant l'Algérie comme pays de destination ne peut qu'être écarté  ;
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort, que par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que les dispositions de cet article font obstacle à ce que soit mise à la  charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme X demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ; 
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<br>			D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de Mme X est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Nassira  au préfet du Var et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**