# CAA de VERSAILLES, 7ème chambre, 01/12/2016, 16VE02374, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000033550227
**Date de décision:** 2016-12-01
**Juridiction:** CAA de VERSAILLES
**Formation:** 7ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000033550227

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure : <br>
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       M. A...B...a demandé au Tribunal administratif de Versailles l'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2016 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1600577 du 24 juin 2016, le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour : <br>
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       Par une requête enregistrée le 22 juillet 2016, M.B..., représenté par Me Rouhier, avocat, demande à la Cour :<br>
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       1° d'annuler ce jugement ; <br>
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       2° d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;<br>
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       3° d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à venir ; <br>
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       4° de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
       Il soutient que :<br>
       - une infraction à la législation du travail, dont l'existence n'est pas établie, ne saurait justifier un refus de délivrance d'un titre de séjour ;<br>
       -  le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;<br>
       -  la décision litigieuse méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       -  cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et <br>
au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience dans la présente instance.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Rollet-Perraud a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1. Considérant que M.B..., ressortissant algérien né le <br>
1er octobre 1988, relève appel du jugement du 24 juin 2016 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2016 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination ; <br>
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       2. Considérant que l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7.(...) " ; que portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 313-14 est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale ; que dès lors que ces conditions sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de cet article à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national ;<br>
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       3. Considérant toutefois, que si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit ; qu'il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation ; <br>
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       4. Considérant que pour prendre la décision litigieuse, le préfet, qui a examiné la demande de M. B...dans le cadre de son pouvoir de régularisation, fait état de l'avis, défavorable à la demande d'autorisation de travail, émis le 10 septembre 2015 par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et fondé sur le non-respect de la législation du travail par la société Oxygene Interim qui souhaitait embaucher l'intéressé ; qu'à supposer même que l'existence d'une infraction à la législation du travail ne serait pas établie, le refus du préfet de régulariser la situation de M. B... au titre du travail est également fondé sur son maintien sur le territoire français en situation irrégulière après un refus de délivrance d'un titre de séjour, une ancienneté de séjour et d'activité professionnelle peu importante et la présence dans son pays d'origine de ses parents et de ses quatre frères  ; que compte tenu de ces circonstances qui ne sont pas contestées, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation ; <br>
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       5. Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen complet et particulier de la situation personnelle de M. B... avant de rejeter sa demande de titre de séjour ;<br>
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       6. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
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       7. Considérant que M. B...fait valoir sa durée de présence en France, son activité salariée depuis décembre 2013 et sa parfaite intégration en termes d'adhésion aux valeurs de la République française ; que, toutefois, l'intéressé est, en France, célibataire et sans enfant à charge ; que, par ailleurs, il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment ses parents et ses quatre frères ; qu'ainsi, dans les circonstances de l'espèce eu égard, également, à la durée du séjour en France de M. B... qui est entré sur le territoire en janvier 2011, la décision par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que, par suite, M. B...n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       8. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2016 du préfet de l'Essonne ; que doivent également être rejetées, en conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
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N° 16VE02374<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.