# Conseil d'Etat, 3 / 5 SSR, du 28 mars 1990, 77537, mentionné aux tables du recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007760818
**Date de décision:** 1990-03-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3 / 5 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007760818

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat les 10 avril 1986 et 8 août 1986, présentés pour M. Gabriel Z..., M. Jean X... et Mme Elizabeth Y... ; ils demandent que le Conseil d'Etat :<br>    1°) annule le jugement en date du 4 février 1986, par lequel le tribunal administratif de Châlons-sur-Marne a rejeté leur demande tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Cheveuges-Saint-Aignan (Ardennes) du 8 octobre 1985 autorisant le maire à signer un marché de travaux sur le chemin départemental 124, et à la consignation au profit de la section électorale de Saint-Aignan de la somme de 253 000 F à prélever sur la section investissement du budget 1985 au titre des travaux non réalisés pendant les années 1984 et 1985 ;<br>    2°) annule pour excès de pouvoir la décision attaquée ;<br>    3°) ordonne que la somme de 253 000 F soit créditée au compte de la commune de Saint-Aignan qui a retrouvé son autonomie depuis le 1er janvier 1986 ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code des communes ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Bandet, Conseiller d'Etat,<br>    - les observations de la SCP Riché, Blondel, Thomas-Raquin, avocat de M. Z... et autres et de la SCP Boré, Xavier, avocat de la commune de Cheveuges-Saint-Aignan,<br>    - les conclusions de M. Toutée, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur l'intervention de la commune de Saint-Aignan :<br>    Considérant que la commune de Saint-Aignan a intérêt à l'annulation du jugement attaqué ; qu'ainsi son intervention est recevable ;<br>    Sur les conclusions tendant à ce que la commune de Cheveuges-Saint-Aignan consigne dans son budget la somme de 253 000 F :<br>    Considérant qu'en présentant au tribunal administratif des conclusions tendant à ordonner à la commune de Cheveuges-Saint-Aignan de "geler" dans son budget une somme de 253 000 F à prélever sur la section investissements du budget 1985 au titre des travaux non réalisés sur le territoire de la section de Saint-Aignan pendant les années 1984 et 1985, les requérants lui demandaient d'adresser des injonctions à une autorité administrative quant aux actes que celle-ci serait tenue d'accomplir ; que de telles conclusions ont dès lors été rejetées à bon droit comme irrecevables ;<br>    Sur la légalité de la délibération attaquée :<br>    Considérant qu'à la date de la délibération attaquée, les sections de Cheveuges et de Saint-Aignan restaient réunies au sein d'une même commune ; que la circonstance que cette délibération autorisait le maire à signer un marché de travaux sur une voie publique située dans le territoire de la section de Cheveuges, à laquelle appartenait la majorité des conseilers municipaux qui ont voté la délibération attaquée ne peut être regardée comme constituant une rupture d'égalité entre les habitants de la commune de nature à entacher d'illégalité ladite délibération ; que si à cette même date, une procédure devant déboucher sur la scission était déjà très avancée, aucune disposition législative ou réglementaire n'interdisait au conseil municipal de procéder malgré cette circonstance à des investissements situés dans le territoire d'une seule des deux sections de commune ;<br>
<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté leur demande ;<br>Article 1er : L'intervention de la commune de Saint-Aignan est admise.<br>Article 2 : Les conclusions de la requête de M. Z..., M. X..., Mme Y... sont rejetées.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Z..., à M. X..., à Mme Y..., à la commune de Saint-Aignan, à la commune de Cheveuges et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 16-02-01-02-02        Délibération du conseil municipal de la commune de Cheveuges-Saint-Aignan (Ardennes) autorisant le maire à signer un marché de travaux sur un chemin départemental. A la date de la délibération attaquée, les sections de Cheveuges et de Saint-Aignan restaient réunies au sein d'une même commune. La circonstance que cette délibération autorisait le maire à signer un marché de travaux sur une voie publique située dans le territoire de la section de Cheveuges, à laquelle appartenait la majorité des conseillers municipaux qui ont voté la délibération attaquée, ne peut être regardée comme constituant une rupture d'égalité entre les habitants de la commune de nature à entacher d'illégalité ladite délibération. A cette même date, une procédure devant déboucher sur la scission était déjà très avancée, aucune disposition législative ou réglementaire n'interdisait au conseil municipal de procéder malgré cette circonstance à des investissements situés dans le territoire d'une seule des deux sections de commune.
**Mots-clés:** 16-02-01-02-02 COMMUNE - ORGANES DE LA COMMUNE - CONSEIL MUNICIPAL - ATTRIBUTIONS - DECISIONS RELEVANT DE LA COMPETENCE DU CONSEIL MUNICIPAL -Délibération autorisant la signature d'un marché de travaux sur une voie publique située sur le territoire d'une seule des sections composant la commune.