# Cour de cassation, Chambre civile 1, du 19 juin 1985, 84-10.104, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007015528
**Date de décision:** 1985-06-19
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007015528

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES TROIS BRANCHES : ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET ATTAQUE QU'A LA SUITE DE CONDAMNATIONS PENALES PRONONCEES, DU CHEF DE DEGRADATION DE MOMUNENT PUBLIC, CONTRE TROIS MILITANTS INDEPENDANTISTES QUI AVAIENT PEINT DES INSCRIPTIONS SUR LE BATIMENT DU CONSEIL GENERAL DU DEPARTEMENT DE LA GUADELOUPE, UNE MANIFESTATION A ETE ORGANISEE LE 12 FEVRIER 1983 PAR LES MOUVEMENTS INDEPENDANTISTES POUR PROTESTER CONTRE CES CONDAMNATIONS ;<br>
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 QUE M. X..., AVOCAT AU BARREAU DE LA GUADELOUPE ET VICE-PRESIDENT DU SYNDICAT DES AVOCATS DE LA GUADELOUPE, A PARTICIPE A CETTE MANIFESTATION AUTORISEE PORTEUR D'UNE PANCARTE FAISANT APPARAITRE SA QUALITE D'AVOCAT ;<br>
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 QUE CERTAINS MANIFESTANTS, EN PASSANT DEVANT LE COMMISSARIAT DE POLICE, ONT PROFERE DES OUTRAGES ENVERS LES POLICIERS ;<br>
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 QUE, DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE, DES INJURES ONT ETE PROFEREES CONTRE LES MAGISTRATS ET DES INSCRIPTIONS OUTRAGEANTES ONT ETE PORTEES SUR LES MURS DU BATIMENT VISANT NOMMEMENT CERTAINS MAGISTRATS DE LA COUR D'APPEL ET UNE PERSONNALITE OFFICIELLE DU DEPARTEMENT EXERCANT LA PROFESSION D'AVOCAT ;<br>
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 QU'A LA SUITE DE CES FAITS, UNE INFORMATION CONTRE X A ETE OUVERTE DES CHEFS DE DEGRADATION DE MONUMENT PUBLIC, OUTRAGES A MAGISTRATS ET COMPLICITE ;<br>
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 QUE, CONVOQUE PAR LE JUGE D'INSTRUCTION EN QUALITE DE TEMOIN, M. X... S'EST BORNE A REPONDRE AU MAGISTRAT INSTRUCTEUR : "JE N'AI RIEN A DIRE SUR CETTE AFFAIRE" ;<br>
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 QUE L'INFORMATION A ETE CLOTUREE PAR UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU, FAUTE D'IDENTIFICATION DES AUTEURS DES FAITS DELICTUEUX ;<br>
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QUE LE PROCUREUR GENERAL A SAISI LE BATONNIER DE L'ORDRE DES AVOCATS EN VUE DE POURSUITES DISCIPLINAIRES CONTRE M. X..., EN FAISANT OBSERVER QUE CELUI-CI AVAIT PARTICIPE A UNE MANIFESTATION PUBLIQUE DIRIGEE CONTRE L'INSTITUTION JUDICIAIRE ET AVAIT REFUSE, EN CONTRAVENTION A L'ARTICLE 109 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE FAIRE UNE DEPOSITION DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION ;<br>
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 QUE LE CONSEIL DE L'ORDRE, TOUT EN DECIDANT QU'IL N'Y AVAIT PAS LIEU A SANCTION DISCIPLINAIRE, A RECOMMANDE AU BATONNIER DE "RAPPELER, TANT A M. X... QU'A L'ENSEMBLE DES AVOCATS, LES REGLES TRADITIONNELLES DE RIGUEUR ET DE DISCERNEMENT DANS TOUTES LES ACTIVITES OU LEUR QUALITE D'AVOCAT PEUT ETRE ENGAGEE" ;<br>
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 QUE, SUR APPEL DU PROCUREUR GENERAL, QUI REQUERAIT CONTRE M. X... LA PEINE DE L'AVERTISSEMENT, LA COUR D'APPEL A ESTIME QUE LE COMPORTEMENT DE L'AVOCAT AU COURS DE LA MANIFESTATION, AINSI QUE SON REFUS DE DEPOSER DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION, CONSTITUAIENT DES FAUTES DISCIPLINAIRES ;<br>
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 QU'ELLE A CONDAMNE M. X... A LA PEINE DU BLAME ;<br>
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ATTENDU QUE M. X... FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR DECIDE QUE SON COMPORTEMENT LORS DE LA MANIFESTATION CONSTITUAIT UNE FAUTE DISCIPLINAIRE, ALORS QUE, SELON LE MOYEN, D'UNE PART, L'EXERCICE D'UNE LIBERTE PUBLIQUE RECONNUE PAR LA CONSTITUTION NE PEUT CARACTERISER UN MANQUEMENT A LA DISCIPLINE ;<br>
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 QUE LA PARTICIPATION D'UN AVOCAT A UNE MANIFESTATION AUTORISEE CONTRE LA LOI "SECURITE ET LIBERTE", EN SA QUALITE DE RESPONSABLE D'UN SYNDICAT D'AVOCAT, N'EST QU'UNE FORME DE LA LIBERTE D'EXPRESSION ET DE L'EXERCICE DU DROIT SYNDICAL DE SORTE QU'UNE TELLE PARTICIPATION, SANS QUE L'ON PUISSE IMPUTER A L'AVOCAT AUCUNE PART DANS LES INCIDENTS SURVENUS, NE PEUT CONSTITUER UNE FAUTE DISCIPLINAIRE ;<br>
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 ALORS QUE, D'AUTRE PART, EN REPROCHANT A L'AVOCAT DE N'AVOIR PAS ABANDONNE LE CORTEGE POUR SE DESOLIDARISER DE LA MANIFESTATION, LA COUR D'APPEL A APPORTE UNE RESTRICTION ILLEGALE A L'EXERCICE DE LA LIBERTE DE MANIFESTATION ET DU DROIT SYNDICAL ;<br>
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 ALORS QUE, ENFIN, LA FAUTE DISCIPLINAIRE NE PEUT CONSISTER QU'EN UN FAIT PERSONNEL REPROCHABLE A SON AUTEUR, ET QU'EN RETENANT CONTRE L'AVOCAT UN MANQUEMENT DISCIPLINAIRE POUR DES FAITS AUXQUELS IL N'A PAS PARTICIPE, LA COUR D'APPEL A INSTAURE UNE RESPONSABILITE DISCIPLINAIRE COLLECTIVE, EN VIOLATION DE L'ARTICLE 106 DU DECRET DU 9 JUIN 1972" ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE SANS RETENIR CONTRE L'AVOCAT UNE RESPONSABILITE COLLECTIVE POUR DES FAITS DELICTUEUX COMMIS PAR D'AUTRES MANIFESTANTS, LA COUR D'APPEL A ENONCE QU'AU COURS DE LA MANIFESTATION, QUI AVAIT POUR OBJET DE PROTESTER AVEC ECLAT CONTRE DE RECENTES CONDAMNATIONS PENALES, DES OUTRAGES AVAIENT ETE PROFERES ET DES EXPRESSIONS INJURIEUSES INSCRITES SUR TOUS LES MURS DU PALAIS DE JUSTICE, VISANT LE CORPS DES MAGISTRATS, AINSI QU'UN CONSEILLER A LA COUR D'APPEL NOMMEMENT DESIGNE ET UNE PERSONNALITE DU DEPARTEMENT EXERCANT LA PROFESSION D'AVOCAT ;<br>
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 QUE LA JURIDICTION DU SECOND DEGRE AJOUTE QUE M. X..., QUI SE PRESENTAIT A LA MANIFESTATION EN QUALITE D'AVOCAT, QUI AVAIT ENTENDU LES MENACES ET OUTRAGES ET QUI AVAIT VU LES INSCRIPTIONS INJURIEUSES INSCRITES SUR LES MURS DU PALAIS DE JUSTICE, LIEU DE TRAVAIL COMMUN DES MAGISTRATS ET AVOCATS, N'A, A AUCUN MOMENT, EXPRIME SA DESAPROBATION DE CES EXCES, NI ABANDONNE LE CORTEGE POUR SE DESOLIDARISER DE CES ACTES DELICTUEUX ;<br>
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 QU'ELLE A PU EN DEDUIRE QUE CE COMPORTEMENT CONSTITUAIT UN MANQUEMENT A LA DELICATESSE CARACTERISANT UNE FAUTE DISCIPLINAIRE ;<br>
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 QU'AINSI, LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI EN AUCUNE DE SES BRANCHES ;<br>
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SUR LE DEUXIEME MOYEN, PRIS EN SES QUATRE BRANCHES : ATTENDU QUE M. X... REPROCHE ENCORE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR RETENU QUE SON COMPORTEMENT DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION CONSTITUAIT EGALEMENT UNE FAUTE DISCIPLINAIRE, ALORS QUE, SELON LE MOYEN, D'UNE PART, AUX TERMES DE L'ARTICLE 109 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, SEUL LE JUGE D'INSTRUCTION EST COMPETENT POUR SANCTIONNER PAR UNE AMENDE L'INFRACTION A L'OBLIGATION IMPOSEE AU TEMOIN DE FAIRE UNE DEPOSITION, DE SORTE QUE LA COUR D'APPEL A EXCEDE SES POUVOIRS ;<br>
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 ALORS QUE, D'AUTRE PART, LE FAIT, PAR UN TEMOIN, DE DECLARER QU'IL N'A RIEN A DIRE NE CONSTITUE PAS UN REFUS DE TEMOIGNER, LEQUEL SUPPOSE UNE VOLONTE DELIBEREE D'ENTRAVER LE COURS DE LA JUSTICE ;<br>
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 ALORS QUE, ENCORE, FAUTE PAR LA COUR D'APPEL D'AVOIR RECHERCHE SI LE SILENCE DE M. X... DEVANT LE MAGISTRAT N'ETAIT PAS JUSTIFIE, COMME L'AVAIT ADMIS LE CONSEIL DE L'ORDRE, PAR L'ARTICLE 105 DU CODE DE PROCEDURE PENALE QUI INTERDIT AU JUGE D'INSTRUCTION D'ENTENDRE COMME TEMOIN DES PERSONNES CONTRE LESQUELLES IL EXISTE DES INDICES GRAVES ET CONCORDANTS DE CULPABILITE, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION ;<br>
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 ALORS QUE, ENFIN, FAUTE D'AVOIR RECHERCHE SI LE SILENCE DE M. X... N'ETAIT PAS JUSTIFIE PAR LE SECRET PROFESSIONNEL AUQUEL EST TENU L'AVOCAT, LA COUR D'APPEL AURAIT ENCORE PRIVE SA DECISION DE BASE LEGALE ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE L'ARTICLE 109 DU CODE DE PROCEDURE PENALE FAIT OBLIGATION A TOUTE PERSONNE ENTENDUE COMME TEMOIN DE FAIRE UNE DEPOSITION, ET QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 106 DU DECRET DU 9 JUIN 1972, TOUTE CONTRAVENTION AUX LOIS OU AUX REGLEMENTS CONSTITUE UNE FAUTE DISCIPLINAIRE, INDEPENDAMMENT DE LA FACULTE QU'A LE JUGE D'INSTRUCTION DE PRONONCER UNE AMENDE CONTRE LE TEMOIN QUI REFUSE DE DEPOSER ;<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL A CONSTATE QU'AUX QUESTIONS POSEES PAR LE MAGISTRAT INSTRUCTEUR, ET NOTAMMENT A LA QUESTION :"ETIEZ-VOUS PRESENT A LA MANIFESTATION QUI S'EST DEROULEE LE 12 FEVRIER 1983 DANS LES RUES DE BASSE-TERRE", M. X... S'EST BORNE A REPONDRE :<br>
 "JE N'AI RIEN A DIRE SUR CETTE AFFAIRE" ;<br>
 QU'ELLE AJOUTE QUE L'AVOCAT N'A, POUR EXPLIQUER CETTE ATTITUDE, ALLEGUE AUCUN MOTIF ;<br>
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 QU'ELLE A PU EN DEDUIRE QUE M. X..., QUI AVAIT AINSI REFUSE DE FAIRE UNE DEPOSITION SANS INVOQUER AUCUNE JUSTIFICATION DE CE REFUS TENANT A L'ARTICLE 105 DU CODE DE PROCEDURE PENALE OU AU SECRET PROFESSIONNEL AVAIT COMMIS UNE CONTRAVENTION A LA LOI ET UN MANQUEMENT A LA DELICATESSE ENVERS LE JUGE D'INSTRUCTION, CONSTITUTIFS D'UNE FAUTE DISCIPLINAIRE ;<br>
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 QUE LA JURIDICTION DU SECOND DEGRE A AINSI LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ET QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ;<br>
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SUR LE TROISIEME MOYEN : ATTENDU QUE M. X... REPROCHE ENFIN A LA COUR D'APPEL D'AVOIR PRONONCE CONTRE LUI LA PEINE DISCIPLINAIRE DU BLAME, PLUS SEVERE QUE CELLE DE L'AVERTISSEMENT QU'AVAIT REQUISE LE PROCUREUR GENERAL, ET D'AVOIR AINSI COMMIS UN EXCES DE POUVOIR AU REGARD DES ARTICLES 106 ET 107 DU DECRET DU 9 JUIN 1972 ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA JURIDICTION DU SECOND DEGRE SAISIE PAR L'EFFET DEVOLUTIF DE L'APPEL DU PROCUREUR GENERAL, ET SANS ETRE TENUE PAR LES CONCLUSIONS DE CE MAGISTRAT, N'A PAS EXCEDE SES POUVOIRS EN SANCTIONNANT UN COMPORTEMENT FAUTIF PAR LE PRONONCE DE L'UNE DES PEINES PREVUES PAR L'ARTICLE 107 DU DECRET DU 9 JUIN 1972 ;<br>
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 QU'AINSI LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI ;<br>
<br>,A rapprocher :
 (3). Cour de cassation, chambre civile 1, 1983-07-11 Bulletin 1983 I N. 201 p. 171 (rejet)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** (2),Code de procédure pénale 105
**ECLI:** 
**Résumé:** En l'état de la participation d'un avocat à une manifestation ayant pour objet de protester contre les décisions judiciaires, c'est sans retenir à son encontre une responsabilité collective pour des faits délictueux commis par d'autres manifestants, qu'une Cour d'appel estime que le comportement dudit avocat constituait un manquement à la délicatesse caractérisant une faute disciplinaire, dès lors que la juridiction du second degré a relevé, d'autre part, qu'au cours de la manifestation des outrages avaient été proférés et des expressions injurieuses inscrites sur le Palais de justice, visant des magistrats et un autre avocat, d'autre part, que l'avocat poursuivi disciplinairement, qui se présentait à la manifestation en qualité d'avocat, avait entendu les menaces et injures, vu les inscriptions injurieuses sur le Palais de justice, sans désapprouver ces excès, ni abandonné le cortège pour se désolidariser de ces actes délictueux.,L'avocat qui, entendu en qualité de témoin par un juge d'instruction, refuse de faire une déposition sans invoquer aucune justification tenant à l'article 105 du Code de procédure pénale ou au secret professionnel, commet une contravention à la loi et un manquement à la délicatesse envers le magistrat, lesquels sont constitutifs d'une faute disciplinaire.,C'est sans excéder ses pouvoirs qu'une Cour d'appel, saisie par l'effet dévolutif de l'appel du Procureur général et non tenue par les conclusions de celui-ci prononce contre un avocat poursuivi disciplinairement une pleine plus sévère que celle qui était requise.
**Mots-clés:** 1) AVOCAT - Discipline - Manquements aux règles professionnelles - Manquement à la délicatesse et à la probité - Participation à une manifestation ayant pour objet de protester contre des décisions judiciaires - Injures proférées à l'égard du corps judiciaire - Avocat ne s'en étant pas désolidarisé.,2) AVOCAT - Discipline - Manquements aux règles professionnelles - Manquement à la délicatesse et à la probité - Audition par un juge d'instruction en qualité de témoin - Refus de déposer - Absence de justification tenant à l'article 105 du code de procédure pénale ou au secret professionnel.,3) AVOCAT - Discipline - Peine - Prononcé d'une peine plus sévère que celle requise par le Procureur général - Possibilité.