# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 22 novembre 1979, 78-41.413, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007004478
**Date de décision:** 1979-11-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007004478

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES L. 122-4 DU CODE DU TRAVAIL, 1109 ET SUIVANTS DU CODE CIVIL, 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET DE REPONSE AUX CONCLUSIONS, DENATURATIN DES PIECES DE LA PROCEDURE, MANQUE DE BASE LEGALE :<br>
    ATTENDU QU'ANDRE, ASSOCIE ET DIRECTEUR COMMERCIAL DE LA SARL TORREFACTION DU MEYROL, DEPUIS AVRIL 1975, A DEMISSIONNE DE SON EMPLOI, LE 7 JANVIER 1976, EN SIGNANT UNE RECONNAISSANCE DE DETTES DE 12 000 FRANCS, A LA SUITE DE LA DISPARITION DE 1 200 KILOGRAMMES DE CAFE; QU'IL FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR DECIDE QU'IL N'ETAIT PAS ETABLI QUE CETTE DEMISSION ET CETTE RECONNAISSANCE DE DETTES LUI EUSSENT ETE EXTORQUEES PAR VIOLENCE, AUX MOTIFS NOTAMMENT QUE LE FAIT D'AVERTIR LE SALARIE QUE LES CONSEQUENCES DE SA MAUVAISE GESTION POURRAIENT AVOIR DES SUITES JUDICIAIRES NE SAURAIT CONSTITUER UNE VIOLENCE SUSCEPTIBLE DE VICIER SON CONSENTEMENT, ALORS QU'IL APPARTENAIT AUX JUGES DU FOND DE RECHERCHER SI LE COMPORTEMENT DE L'EMPLOYEUR N'A PAS ACCULE LE SALARIE A LA RUPTURE PAR L'EMPLOI DE LA CONTRAINTE LAQUELLE DOIT ETRE APPRECIEE CONCRETEMENT EN TENANT COMPTE DE LA PERSONNALITE DES PARTIES ET DES CIRCONSTANCES EXTERIEURES; QUE LA COUR D'APPEL NE POUVAIT JUGER QUE LA DEMISSION D'ANDRE N'AVAIT PAS ETE EXTORQUEE PAR VIOLENCE SANS REPONDRE A SES CONCLUSIONS FAISANT VALOIR QUE LA MENACE D'USER D'UNE VOIE DE DROIT A SON ENCONTRE ETAIT ILLEGITIME PUISQUE L'EXPERTISE AVAIT SOULIGNE QU'AUCUN DETOURNEMENT NE POUVAIT LUI ETRE IMPUTE; QUE DE MEME L'AGE ET LA SITUATION DES PARTIES EN PRESENCE, AINSI QUE LES LIENS D'AMITIE QUI LES UNISSAIENT DEVAIENT ETRE PRIS EN CONSIDERATION POUR APPRECIER LA LETTRE DE DEMISSION ECRITE SOUS L'EMPIRE DE L'EMOTION; QU'ENFIN, LA RECONNAISSANCE DE DETTES NE POUVAIT ETRE DECLAREE VALABLE PAR LA COUR D'APPEL QUI A DENATURE LE RAPPORT D'EXPERTISE LEQUEL TENAIT COMPTE DE TOUS LES GRIEFS FAITS AU SALARIE ET QUI N'A PAS REPONDU AUX CONCLUSIONS FAISANT VALOIR QU'IL APPARTENAIT AU GERANT DE LA SOCIETE ET NON A SON SALARIE D'ETRE RESPONSABLE DE LA GESTION DE CELLE-CI;    MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND ONT CONSTATE QU'ANDRE AVAIT ETE CONVOQUE LE 7 JANVIER 1976 POUR S'EXPLIQUER SUR LA MAUVAISE GESTION QUI LUI ETAIT IMPUTEE; QUE SA LETTRE DE DEMISSION ETAIT DATEE DE SAVASSE, LIEU DE SON HABITATION, ET NON DE MONTELIMAR OU AVAIT EU LIEU L'ENTRETIEN AVEC SON EMPLOYEUR; QUE SI L'EXPERT X... PAR LES PREMIERS JUGES N'AVAIT ETABLI QU'UNE PERTE DE 21 KILOGRAMMES SON EXPERTISE N'AVAIT PAS PORTE SUR LA TOTALITE DU TEMPS ECOULE DEPUIS AVRIL 1975; QU'APPRECIANT L'ENSEMBLE DE CES ELEMENTS, LES JUGES D'APPEL, QUI N'ETAIENT PAS TENU DE SUIVRE LES PARTIES DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, ONT ESTIME QUE NOTAMMENT NI LA PRESENCE A L'ENTRETIEN DU 7 JANVIER 1976 D'UN AVOCAT NI LE FAIT D'AVERTIR LA SOCIETE QUE SA MAUVAISE GESTION POURRAIT AVOIR DES SUITES JUDICIAIRES NE CONSTITUAIENT LA PREUVE QUE LA DEMISSION ET LA RECONNAISSANCE DE DETTES SIGNEES PAR LUI EUSSENT ETE EXTORQUEES PAR VIOLENCE; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE PREMIER MOYEN;<br>
   MAIS SUR LE SECOND MOYEN :<br>
    VU L'ARTICLE R. 516-2 DU CODE DU TRAVAIL;<br>
   ATTENDU QUE CE TEXTE DISPOSE QUE LES  DEMANDES  NOUVELLES DERIVANT DU MEME CONTRAT DE TRAVAIL SONT RECEVABLES EN TOUT ETAT DE CAUSE, MEME EN APPEL, SANS QUE PUISSE ETRE OPPOSE L'ABSENCE DE TENTATIVE DE CONCILIATION;    ATTENDU DES LORS QU'EN DISANT LA DEMANDE RELATIVE A LA CLAUSE DE NON-CONCURRENCE, FORMEE POUR LA PREMIERE FOIS EN APPEL IRRECEVABLE, LA COUR D'APPEL A VIOLE LE TEXTE SUSVISE;<br>
<br>
   PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE, MAIS UNIQUEMENT EN CE QUI CONCERNE L'IRRECEVABILITE DE LA DEMANDE EN PAIEMENT D'UNE INDEMNITE RELATIVE A LA CLAUSE DE NON-CONCURRENCE, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 26 AVRIL 1978 PAR LA COUR D'APPEL DE GRENOBLE; REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE CHAMBERY.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET
**Lois appliquées:** Code civil 1109 S.
**ECLI:** 
**Résumé:** Un directeur commercial est mal fondé à prétendre que les signatures de sa démission et d'une reconnaissance de dette à la suite de la disparition d'une importante quantité de marchandises lui ont été extorquées par la violence dès lors que sa lettre de démission est datée du lieu de son habitation et non de celui où s'était déroulé l'entretien préalable et que ni la présence d'un avocat à cet entretien ni le fait d'y avoir averti le salarié que sa mauvaise gestion pourrait avoir des suites judiciaires ne constituaient la preuve de la violence alléguée.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture - Imputabilité - Démission du salarié - Vice du consentement - Démission extorquée par la violence - Preuve.,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - Consentement - Violence - Violence morale - Contrat de travail - Salarié prétendant avoir signé sa démission et une reconnaissance de dette sous la contrainte.,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - Consentement - Violence - Violence morale - Eventualité d'une action judiciaire.