# CAA de NANCY, 3ème chambre, 08/12/2020, 20NC01226, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042659190
**Date de décision:** 2020-12-08
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042659190

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. E... C... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2019 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.  <br>
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       Par un jugement n° 1906820 du 7 novembre 2019, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. <br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 11 juin 2020, M. E... C..., représenté par Me D..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1906820 du tribunal administratif de Strasbourg du 7 novembre 2019 ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Haut-Rhin du 9 septembre 2019 ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin, dans un délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour et, dans l'intervalle, une autorisation provisoire de séjour ou de réexaminer sa situation et, dans l'intervalle, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ; <br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.  <br>
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       Il soutient que : <br>
       - la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - la décision en litige méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; <br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ; <br>
       - les décisions portant fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. <br>
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       La requête a été régulièrement communiquée au préfet du Haut-Rhin, qui n'a pas défendu dans la présente instance. <br>
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       M. C... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2020. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. B... a été entendu au cours de l'audience publique. <br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. E... C... est un ressortissant arménien, né le 19 juin 1983. Il a déclaré être entré irrégulièrement en France le 13 mai 2016. Il a présenté une demande d'asile, qui a été successivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 22 novembre 2016, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 16 mars 2017. En conséquence de ces refus, il a fait l'objet, le 14 juin 2017, d'une obligation de quitter le territoire français à laquelle il n'a pas déféré. Le 28 janvier 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, à la suite de l'avis défavorable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 20 juin 2019, le préfet du Haut-Rhin, par un arrêté du 9 septembre 2019, a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Le requérant a saisi le tribunal administratif de Strasbourg d'une demande tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 9 septembre 2019. Il relève appel du jugement n° 1906820 du 7 novembre 2019, qui rejette sa demande. <br>
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       Sur le bien-fondé du jugement : <br>
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       En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour : <br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. (...) ".<br>
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       3. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser d'admettre M. C... au séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Haut-Rhin s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 20 juin 2019. Selon cet avis, si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il lui permet néanmoins de voyager sans risque à destination de l'Arménie, où, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à sa pathologie. Le requérant ne verse aux débats aucun élément susceptible de remettre en cause l'appréciation à laquelle s'est livrée le préfet du Haut-Rhin sur la disponibilité effective du traitement dans le pays d'origine et sur la capacité de l'étranger à voyager sans risque. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. <br>
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       4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".  <br>
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       5. M. C... se prévaut de la durée de son séjour et de la présence régulière en France de sa soeur, titulaire d'un titre de séjour " vie privée et familiale " valable jusqu'au 15 juillet 2021, qui assure son hébergement. Toutefois, le requérant n'est arrivé sur le territoire français que le 13 mai 2016, à l'âge de trente-deux ans. Il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 14 juin 2017. Il est célibataire et sans enfant à charge. En dehors de sa soeur, il ne justifie d'aucune attache familiale ou même personnelle et ne produit aucun élément permettant d'apprécier son intégration en France. Il n'est pas isolé, en revanche, dans son pays d'origine, où vivent notamment ses parents. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli.  <br>
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       6. En troisième et dernier lieu, pour les raisons qui viennent d'être exposées, M. C... n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au regard du pouvoir de régularisation du préfet du Haut-Rhin. <br>
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       En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français : <br>
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       7. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour. <br>
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       En ce qui concerne les décisions portant fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans : <br>
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       8. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que les décisions en litige seraient illégales en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. <br>
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       9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C... n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Haut-Rhin du 9 septembre 2019. Par suite, il n'est pas davantage fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions à fin d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.<br>
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D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête de M. C... est rejetée. <br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. E... C... et au ministre de l'intérieur. <br>
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       Copie en sera adressée au préfet du Haut-Rhin.<br>
N° 20NC01226		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.