# Conseil d'Etat, 6ème et 1ère sous-sections réunies, du 15 février 2006, 270762, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008255176
**Date de décision:** 2006-02-15
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 6EME ET 1ERE SOUS-SECTIONS REUNIES
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008255176

## Contenu de la décision

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              Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 3 août 2004 et 3 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Nicanor A, demeurant ..., M. Jean-René B, demeurant ..., Mme Denise Marie-Thérèse C, demeurant ..., Mme Sylvie Pierrette Simone B, demeurant ..., la SOCIÉTÉ RM CONSULTANT ASSOCIES - JLC, devenue SARL CR FINANCES, dont le siège est ... ; M. A et autres demandent au Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler la décision en date du 2 juin 2004 par laquelle la chambre nationale de discipline auprès du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables a rejeté leur demande tendant à voir constater l'amnistie des faits sanctionnés par une décision de la chambre nationale de discipline du 1er octobre 2003  ;
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              2°) de constater que les faits sont amnistiés  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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     	Vu l'ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945  ;
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     	Vu la loi n° 2002-1062 du 6 août 2002  ;
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     	Vu le décret n° 45-2370 du 15 octobre 1945  ;
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     	Vu le décret n° 70-147 du 19 février 1970  ;
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     Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - le rapport de M.Bertrand Dacosta, Maître des Requêtes, 
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              - les observations de Me Hemery, avocat de M. A et autres et de la SCP Peignot, Garreau, avocat du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables, 
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              - les conclusions de M. Mattias Guyomar, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes de l'article 11 de la loi du 6 août 2002 portant  amnistie  : « Sont amnistiés les faits commis avant le 17 mai 2002 en tant qu'ils constituent des fautes passibles de sanctions disciplinaires ou  professionnelles (...)./ Sauf mesure individuelle accordée par décret du  Président de la République, sont exceptés du bénéfice de l'amnistie prévue par le présent article les faits constituant des manquements à l'honneur, à la probité ou aux bonnes moeurs (...) »  ; qu'aux termes de l'article 13 de la même loi  : « Les contestations relatives au bénéfice de l'amnistie des sanctions disciplinaires ou professionnelles définitives sont portées devant l'autorité ou la juridiction qui a rendu la décision./ L'intéressé peut saisir cette autorité ou juridiction en vue de faire constater que le bénéfice de l'amnistie lui est effectivement acquis./ En l'absence de décision définitive, ces contestations sont soumises à l'autorité ou à la juridiction saisie de la poursuite () »  ;
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              Considérant qu'il résulte de leurs termes mêmes que les dispositions de l'article 13 de la loi du 6 août 2002 ne concernent que les sanctions définitives  ; que lorsqu'une sanction disciplinaire ou professionnelle a été, comme en l'espèce,  prononcée, postérieurement à l'entrée en vigueur de la loi d'amnistie, pour des faits antérieurs au 17 mai 2002, l'auteur de la décision doit être regardé, dans le silence de celle-ci, comme ayant implicitement mais nécessairement excepté ces faits du bénéfice de l'amnistie  ; qu'il est alors loisible à la personne sanctionnée de contester cette appréciation non en suivant la procédure prévue par l'article 13 de la loi du 6 août 2002 mais en exerçant, le cas échéant, les voies de recours dont elle dispose contre la décision qui a prononcé la sanction  ;
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              Considérant que les requérants présentent devant le Conseil d'Etat un pourvoi en cassation à l'encontre de la décision en date du 2 juin 2004 de la chambre nationale de discipline auprès du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables rejetant leur demande tendant à ce que les sanctions professionnelles prononcées par une précédente décision en date du 1er octobre 2003 soient regardées comme amnistiées  ;
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              Considérant que la chambre nationale de discipline auprès du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables, qui a prononcé le 1er octobre 2003 la sanction du blâme avec inscription au dossier à l'encontre de M. A, de M. B et de la SOCIETE RM CONSULTANTS ASSOCIES-JLC pour des faits survenus à la fin de l'année 1997, doit être  regardée comme ayant implicitement mais nécessairement refusé aux intéressés le bénéfice de l'amnistie  ; que la seule voie de  recours ouverte à ces derniers pour se prévaloir du bénéfice de l'amnistie à l'encontre de la décision du 1er octobre 2003 était celle du pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat  ; que la demande dont ils ont saisi la chambre nationale de discipline afin qu'elle leur reconnaisse ce bénéfice était, en conséquence, irrecevable  ; que ce motif, qui est d'ordre public et ne comporte l'appréciation d'aucune circonstance de fait, doit être substitué au motif retenu par la décision du 2 juin 2004 de la chambre nationale de discipline  ; qu'il justifie légalement le dispositif de la décision attaquée  ; qu'il y a lieu, dès lors, de rejeter la  requête  ;
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              	D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête de MM. A et M. B, Mmes C et B et de la SOCIÉTÉ RM CONSULTANT ASSOCIES - JLC, devenue SARL CR FINANCES, est rejetée.
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     Article 2   : La présente décision sera notifiée à M. Nicanor A, à M. Jean-René B, à Mme Denise Marie-Thérèse C, à Mme Sylvie Pierrette Simone B, à la SOCIÉTÉ RM CONSULTANT ASSOCIES - JLC, devenue SARL CR FINANCES, au Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**