# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 16 juin 1970, 67-13.421, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006983438
**Date de décision:** 1970-06-16
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006983438

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES TROIS BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE (PARIS, 9 MAI 1967) D'AVOIR DECLARE VALABLES LES CLAUSES DE GARANTIE DE PAIEMENT DU PASSIF DE LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE DE L'HOTEL BRIGHTON SOUSCRITES PAR BARBEREAU, GERANT MAJORITAIRE DE CETTE SOCIETE, EN VENDANT SES PARTS DANS LADITE SOCIETE, LE 31 MAI 1958, A DAME GORJUX X... QU'A DIVERSES AUTRES PERSONNES, D'AVOIR DECIDE QU'ELLES ONT CONFERE A CES CESSIONNAIRES UN DROIT PROPRE A OBTENIR DE BARBEREAU L'EXECUTION DE SES ENGAGEMENTS DE PAYER LES DETTES SOCIALES IMPUTABLES A SA PERIODE DE GESTION, ET D'AVOIR EN CONSEQUENCE CONDAMNE BARBEREAU AU PAIEMENT DES DETTES DE LA SOCIETE ENVERS GORI, LES CONTRIBUTIONS DIRECTES ET L'URSSAF, ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, LA COUR D'APPEL NE POUVAIT, SANS SE CONTREDIRE, RECONNAITRE, CONFORMEMENT AUX REGLES LEGALES, QUE LES CESSIONNAIRES NE POUVAIENT OBTENIR PAIEMENT DES DETTES SOCIALES ENTRE LEURS MAINS, ET, CEPENDANT, CONDAMNER BARBEREAU A LEUR PAIEMENT EN USANT DU PROCEDE CONSISTANT A DISTINGUER, EN DEPIT DE LEUR IDENTITE, L'EXECUTION DES PRESTATIONS PROMISES, DE LA CONDAMNATION AUX DETTES SOCIALES, ETANT ENCORE OBSERVE QU'EN RAISON DE CETTE CONTRADICTION, LA COUR D'APPEL A OMIS DE PRECISER DANS SON DISPOSITIF A QUI DEVAIENT ETRE VERSEES LES SOMMES DESTINEES A PAYER LES DETTES SOCIALES, ALORS, D'AUTRE PART, QUE DE TOUTES MANIERES BARBEREAU N'AVAIT PRIS PERSONNELLEMENT AUCUN ENGAGEMENT ENVERS LES CESSIONNAIRES PRESENTES PAR DAME Y... ET NE POUVAIT ETRE CONDAMNE A LEUR PAYER LES SOMMES RECLAMEES, QU'EN TOUT CAS IL NE POUVAIT ETRE TENU QU'A CONCURRENCE DE LA DIMINUTION DE VALEUR DES PARTS, ET ALORS, ENFIN, QUE LA COUR D'APPEL NE POUVAIT, SANS SE CONTREDIRE NI, NON PLUS, VIOLER LA CHOSE JUGEE, RECONNAITRE QUE LA SOCIETE HOTEL BRIGHTON N'AVAIT PAS INTERJETE APPEL DU JUGEMENT LA DECLARANT IRRECEVABLE EN SES DEMANDES CONTRE BARBEREAU EN PAIEMENT DES DETTES SOCIALES A SEULE FIN DE PERMETTRE A LA SOCIETE D'ETRE REMBOURSEE;<br>
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 MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE LA COUR D'APPEL NE S'EST NULLEMENT CONTREDITE EN DECIDANT QUE, SI LES CESSIONNAIRES DE PARTS DE BARBEREAU N'ONT PAS LE DROIT D'OBTENIR LE PAIEMENT ENTRE LEURS MAINS DES DETTES SOCIALES, ILS EXERCENT UN DROIT QUI LEUR EST PROPRE EN DEMANDANT L'EXECUTION PAR BARBEREAU DE L'OBLIGATION SOUSCRITE PAR CELUI-CI DE PAYER LESDITES DETTES A L'ACQUIT DESQUELLES ILS ONT UN INTERET PERSONNEL;<br>
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 QUE LOIN D'AVOIR OMIS DE PRECISER A QUI DEVAIENT ETRE VERSEES LES SOMMES DESTINEES A PAYER LESDITES DETTES, L'ARRET DIT, DANS SON DISPOSITIF, QUE BARBEREAU DEVRA REMETTRE CES SOMMES A L'ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE QU'IL COMMET, NOTAMMENT POUR REGLER LES DETTES AU REGLEMENT DESQUELLES BARBEREAU S'EST ENGAGE;<br>
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 QU'AINSI LE PREMIER GRIEF DE LA PREMIERE BRANCHE N'EST PAS FONDE ET QUE LE SECOND MANQUE EN FAIT;<br>
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 QUE, D'AUTRE PART, L'ARRET FAIT RESSORTIR QUE LES ENGAGEMENTS PRIS PAR BARBEREAU ENVERS DAME Y... DE PAYER LE PASSIF LITIGIEUX VALAIENT AU PROFIT DES CESSIONNAIRES QU'ELLE POUVAIT CHOISIR ET QU'ELLE A EFFECTIVEMENT DESIGNES, BARBEREAU ETANT TENU DE GARANTIR DAME Y... DONT LES ENGAGEMENTS ENVERS LES CESSIONNAIRES NE SONT QUE LA CONSEQUENCE DES SIENS PROPRES;<br>
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 QU'IL ENONCE QU'ON NE SAURAIT INTERPRETER L'ENGAGEMENT DE BARBEREAU COMME TENDANT A PAYER SEULEMENT SOUS FORME DE DOMMAGES-INTERETS, LA MOINS-VALUE SUBIE PAR LES PARTS SOCIALES DU FAIT DE L'EXISTENCE DE NOUVELLES DETTES PAR RAPPORT A CELLES EXISTANT LORS DE LEUR ACHAT, MAIS QUE CET ENGAGEMENT A POUR OBJET LE PAIEMENT DE L'INTEGRALITE DES DETTES, NEES AU COURS DE LA GESTION DE BARBEREAU;<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL N'A AINSI FAIT QU'USER DE SON POUVOIR D'INTERPRETER LES CLAUSES AMBIGUES ET OBSCURES DES DIVERS ACTES INTERVENUS ET A COMBINER ENTRE EUX;<br>
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QUE, DES LORS, LE MOYEN, PRIS EN SA DEUXIEME BRANCHE, DOIT ETRE ECARTE;<br>
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 QU'ENFIN, LA COUR D'APPEL N'A COMMIS AUCUNE CONTRADICTION NI AUCUNE VIOLATION DE LA CHOSE JUGEE EN CONSTATANT QUE SI LA SOCIETE HOTEL BRIGHTON N'AVAIT PAS INTERJETE APPEL AU PRINCIPAL DU JUGEMENT ENTREPRIS, IL N'EN RESTAIT PAS MOINS QUE LES PARTIES EN CAUSE, AU NOMBRE DESQUELLES SE TROUVAIT LADITE SOCIETE, INTIMEE ET APPELANTE INCIDENTE, DEMANDAIENT TOUTES L'APPLICATION DES CONVENTIONS LIANT BARBEREAU;<br>
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 QU'IL S'ENSUIT QUE LE MOYEN, PRIS EN SA TROISIEME BRANCHE, N'EST PAS DAVANTAGE FONDE;<br>
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 SUR LE SECOND MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU, QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR REJETE LA DEMANDE EN DOMMAGES-INTERETS FORMEE CONTRE LA SOCIETE HOTEL BRIGHTON PAR BARBEREAU, QUI ALLEGUAIT LE DESISTEMENT DE CELLE-CI, SANS SON ACCORD PREALABLE, DU RECOURS INTRODUIT DEVANT LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF EN VUE D'ABOUTIR A UNE REDUCTION DE LA DETTE DE LA SOCIETE AU TITRE DES CONTRIBUTIONS DIRECTES, ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, IL ETAIT ETABLI PAR LES ECRITURES DE LA SOCIETE, QUI ONT ETE DENATUREES, QU'ELLE N'AVAIT NULLEMENT SOLLICITE L'AVIS DE BARBEREAU AVANT DE SE DESISTER ET QUE CE DERNIER, DANS SES PROPRES ECRITURES, AUXQUELLES IL N'A PAS ETE REPONDU PAR LES JUGES, AVAIT FAIT VALOIR QUE CE SEUL FAIT ETAIT CONSTITUTIF D'UNE FAUTE GRAVE JUSTIFIANT REPARATION, OU CONSTITUANT A TOUT LE MOINS UN FAIT DONT LES CONSEQUENCES DEVAIENT ETRE REPAREES, QU'IL APPARTIENT AU JUGE DE CASSATION DE REDRESSER L'ERREUR DE QUALIFICATION COMMISE PAR LA COUR D'APPEL, ET ALORS, D'AUTRE PART, QU'EN RAISON DE L'ENORMITE DES SOMMES RECLAMEES PAR L'ADMINISTRATION FISCALE ET DE L'APPLICATION DES QUADRUPLES DROITS EN RAISON DES AGISSEMENTS D'UN TIERS, UN RESULTAT SUBSTANTIEL AURAIT ETE NECESSAIREMENT OBTENU DEVANT LE JUGE ADMINISTRATIF, CE QUE SOUTENAIT BARBEREAU DANS SES CONCLUSIONS DEMEUREES SANS REPONSE;<br>
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MAIS ATTENDU QU'EN DECLARANT QUE LA SOCIETE HOTEL BRIGHTON JUSTIFIE N'AVOIR PAS MANQUE A SES OBLIGATIONS ENVERS BARBEREAU, ET QUE CELUI-CI N'APPORTE AUCUNE PREUVE QUE LE DESISTEMENT QU'IL INVOQUE AIT EU LIEU EN VIOLATION DE SES DROITS, LA COUR D'APPEL A REPONDU AUX CONCLUSIONS DONT ELLE ETAIT SAISIE ET APPRECIE SOUVERAINEMENT LES ELEMENTS DE PREUVE QUI LUI ETAIENT SOUMIS;<br>
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 QUE LE MOYEN EST DONC SANS FONDEMENT;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 9 MAI 1967, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** En l'état de la cession de ses parts sociales par le gérant majoritaire d'une société à responsabilité limitée qui s'est engagé à garantir le payement du passif de cette société, afférent à sa période de gestion, les juges du fond ne se contredisent nullement en décidant que si les cessionnaires n'ont pas le droit d'obtenir le payement entre leurs mains des dettes sociales, ils exercent un droit qui leur est propre en demandant l'exécution par le cédant de l'obligation souscrite par celui-ci de payer lesdites dettes à l'acquit desquelles ils ont un intérêt personnel.,Les juges du fond peuvent rejeter l'action en dommages-intérêts formée contre une société par son ancien gérant qui s'étant engagé à garantir le payement de son passif, lui reproche de s'être désisté, sans son accord préalable, du recours introduit devant le tribunal administratif en vue d'obtenir une réduction de sa dette au titre des contributions directes, dès lors que cette société justifie n'avoir pas manqué à ses obligations envers lui et qu'il ne rapporte pas la preuve que le désistement allégué ait eu lieu en violation de ses droits.
**Mots-clés:** 1) SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE - Parts - Cession - Engagement du cédant de garantir le payement du passif social - Action en exécution de cet engagement - Action exercée par le cessionnaire.,* SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE - Gérant - Responsabilité - Responsabilité personnelle - Engagement du gérant de garantir le payement des dettes sociales - Engagement souscrit lors d'une cession de parts - Action en exécution de cet engagement exercée par le cessionnaire.,2) RESPONSABILITE CIVILE - Faute - Société - Preuve - Désistement d'un recours administratif en réduction d'une dette fiscale - Faute à l'égard de l'ancien gérant, garant du payement des dettes sociales (non).,* SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE - Gérant - Ancien gérant - Engagement de garantir le payement des dettes sociales - Dette fiscale - Recours administratif en réduction - Désistement de la société - Action en dommages-intérêts de l'ancien gérant.