# CAA de NANTES, 2ème chambre, 26/09/2014, 14NT00498, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000029599145
**Date de décision:** 2014-09-26
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000029599145

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 26 février 2014, présentée pour Mme A... E..., demeurant..., par Me Grosset, avocat au barreau de Nancy ; Mme E... ELARBIELAFSAGNAssdemande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 12-481 du 15 janvier 2014 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 21 juillet 2011 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation et de la décision du 15 novembre 2011 du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, prise sur recours hiérarchique, confirmant l'ajournement de cette demande ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision ministérielle du 15 novembre 2011 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire droit à sa demande, dans un délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de lui enjoindre dans le même délai et sous la même astreinte de réexaminer sa demande de naturalisation ;<br>
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       4°) de surseoir à statuer dans l'attente de la décision statuant sur sa demande d'aide juridictionnelle ;<br>
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       5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, moyennant la renonciation de ce dernier à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
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       elle soutient que :<br>
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       - la décision d'ajournement du 15 novembre 2011 a été signée par une autorité incompétente ;<br>
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       - elle remplit la condition de résidence posée par l'article 21-16 du code civil ;<br>
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       - elle a suivi des études en France ; elle exerce désormais une activité professionnelle dans le secteur au titre duquel elle a été diplômée ; <br>
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       - les premiers juges n'ont pas motivé leur décision ;<br>
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       Vu le jugement attaqué ;<br>
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       Vu le mémoire en défense enregistré le 21 mars 2014, présenté par le ministre de l'intérieur qui conclut au rejet de la requête ; <br>
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       il fait valoir que :<br>
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       - le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte déjà soulevé en première instance sera écarté ;<br>
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       - il s'en remet à la sagesse de la cour s'agissant de la demande de sursis à statuer et du moyen tiré du défaut de motivation du jugement attaqué ; <br>
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       - le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 21-16 du code civil est inopérant ;<br>
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       - l'intéressée était lycéenne à la date de la décision litigieuse et ne disposait pas d'une insertion professionnelle durable et de revenus lui permettant d'assurer son autonomie ; la circonstance postérieure tirée de l'emploi de couturière polyvalente occupée par l'intéressée est sans influence sur la légalité de la décision contestée ;<br>
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       Vu la décision du 27 mai 2015 par laquelle la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Nantes a accordé à Mme E... le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le code civil ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991, portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 modifié, relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait <br>
de la nationalité française ;<br>
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       Vu le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
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       - le rapport de M. Pérez, président-rapporteur ;<br>
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       1. Considérant que Mme E..., de nationalité arménienne, interjette appel du jugement du 15 janvier 2014 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 21 juillet 2011 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation et de la décision du 15 novembre 2011 du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, prise sur recours hiérarchique, confirmant l'ajournement de cette demande ;<br>
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       En ce qui concerne la légalité externe :<br>
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       2. Considérant qu'aux termes de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 susvisé relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre (...) et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : 1° (...) les directeurs d'administration centrale (...) " ; qu'aux termes de l'article 3 de ce décret : " Les personnes mentionnées aux 1° et 3° de l'article 1er peuvent donner délégation pour signer tous actes relatifs aux affaires pour lesquelles elles ont elles-mêmes reçu délégation : 1° (...) aux fonctionnaires de catégorie A (...) qui n'en disposent pas au titre de l'article 1er (...) " ; que, par décret du 15 juillet 2009, publié au journal officiel de la République Française du 16 juillet 2009, M. Aubouin a été nommé directeur de l'accueil, de l'intégration et de la citoyenneté du ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire ; que par une décision du 9 août 2011, publiée au Journal Officiel de la République Française du 11 août 2011, M. Aubouin a régulièrement donné délégation à Mme Hakima Aubin, attachée d'administration des affaires sociales, au second bureau des naturalisations, et signataire de la décision du 15 novembre 2011, à l'effet de signer, au nom du ministre chargé des naturalisations, les décisions rejetant ou ajournant les demandes d'acquisition de la nationalité française ; que, par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait ;<br>
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       En ce qui concerne la légalité interne :<br>
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       3. Considérant qu'aux termes de l'article 21-15 du code civil : " (...) L'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. " ; qu'aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 susvisé : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions (...) " ; qu'en vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite ; que, dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré d'insertion professionnelle du postulant ainsi que le niveau et la stabilité de ses ressources ;<br>
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       4. Considérant que pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de Mme E..., le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration s'est fondé sur le fait que l'intéressée poursuivait ses études et n'avait pas encore réalisé son insertion professionnelle ni acquis son autonomie matérielle ;<br>
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       5. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée, Mme E... était inscrite en classe de terminale professionnelle " métiers de la mode -vêtement " à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle) ; qu'en ajournant à deux ans sa demande de naturalisation pour le motif tiré du défaut d'autonomie matérielle et d'insertion professionnelle, le ministre, qui a fait usage de son large pouvoir d'appréciation de l'opportunité d'accorder la naturalisation demandée, n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste ; que la légalité d'une décision administrative s'appréciant à la date à laquelle elle a été prise, la requérante ne peut utilement se prévaloir du fait qu'elle a créé, le 1er février 2012, une entreprise de fabrication de textiles ; qu'enfin la circonstance que Mme E... remplirait la condition de recevabilité tenant à la fixation de sa résidence en France, prévue par les dispositions de l'article 21-16 du code civil, est sans incidence sur la légalité de la décision qui a été prise, non sur le fondement de ces dispositions, mais sur celles de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 susvisé ;<br>
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       6. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme E... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, qui est suffisamment motivé, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ; que doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme E... ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; <br>
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                                   DÉCIDE :<br>
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Article 1er :	La requête de Mme E... est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à Mme A... E...et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Délibéré après l'audience du 2 septembre 2014, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Pérez, président de chambre,<br>
       - M. Millet, président-assesseur,<br>
       - Mme Buffet, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique, le 26 septembre 2014.<br>
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            L'assesseur le plus ancien<br>
          dans l'ordre du tableau,<br>
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       JF. MILLET       Le président-rapporteur,<br>
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       A. PÉREZ <br>
                Le greffier,<br>
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         S. BOYÈRE<br>
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        La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 14NT004985<br>
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N° 7<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**