# CAA de LYON, 2ème chambre, 19/09/2024, 24LY00626, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000050268554
**Date de décision:** 2024-09-19
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000050268554

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
       Mme C... B... a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler la décision du 21 septembre 2023 par laquelle le préfet de la Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2308893 du 6 février 2024, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 4 mars 2024, Mme B..., représentée par Me Sabatier, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler la décision du préfet de la Loire ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui  délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois courant à compter de la notification de la décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
       Elle soutient que :<br>
       - le refus d'admission au séjour méconnaît l'article 6 5) de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - il méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 ;<br>
       - il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité des décisions refusant un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité des décisions refusant un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité des décisions refusant un titre de séjour et faisant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité des décisions refusant un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.<br>
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       La requête a été dispensée d'instruction en application de l'article R. 611-8 du code de justice administrative.<br>
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       Vu :<br>
       - les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles du 27 décembre 1968 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le rapport de M. Pruvost, président, ayant été entendu au cours de l'audience publique ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme C... B..., ressortissante algérienne, née en 2004, est entrée régulièrement sur le territoire français, le 1er août 2017, sous couvert d'un visa C d'une durée de quatre-vingt-dix jours expirant le 27 décembre 2017 avec ses parents. Le 13 décembre 2022, elle a présenté une demande de certificat de résidence sur le fondement de l'article 6 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et à titre exceptionnel. Par une décision du 21 septembre 2023, le préfet de la Loire a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B... relève appel du jugement du 6 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande d'annulation de cette décision.<br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : (...) 5) au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de refus. (...) ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
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       3. Mme B... fait valoir qu'elle vit en France depuis six ans et qu'elle est entrée sur le territoire français à l'âge de treize ans où elle a poursuivi sa scolarité jusqu'au baccalauréat qu'elle a obtenu avec la mention " assez bien ". Elle indique être inscrite en première année de médecine à l'université de Saint-Étienne pour l'année universitaire 2023-2024. Elle se prévaut de la présence en France de ses parents et frères et sœurs, fait valoir que d'autres membres de sa famille résident sur le territoire français et invoque l'insertion professionnelle de son père. Toutefois, Mme B..., qui est célibataire et sans charge de famille, réside au domicile de ses parents qui sont en situation irrégulière depuis le rejet de leurs demandes d'asile, qui ont fait l'objet d'obligations de quitter le territoire français en 2019 qu'ils n'ont pas exécutées et qui n'ont pas vocation à demeurer sur le territoire dès lors qu'ils sont sous le coup de mesures d'éloignement prises le même jour par le préfet à la suite de décisions de refus d'admission au séjour prises à leur encontre. Mme B... ne fait état d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à la poursuite de ses études en Algérie. La seule présence en France de certains autres membres de la famille ne saurait suffire à établir qu'elle aurait fixé sa vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, eu égard aux conditions du séjour en France de Mme B..., laquelle, au demeurant, n'a pas sollicité de titre de séjour en France en qualité d'étudiante, ce qu'il lui appartient de faire, si elle s'y croit fondée, en refusant de lui délivrer un certificat de résidence, le préfet de la Loire n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a ainsi méconnu ni les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien  ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale. <br>
       4. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ci-dessus, Mme B... n'est pas fondée à soutenir que le refus d'admission au séjour repose sur une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle. <br>
       5. En troisième lieu, Mme B... reprend en appel les autres moyens qu'elle avait invoqués en première instance à l'encontre du refus d'admission au séjour, de la décision fixant le délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays de destination. Il y a lieu de les écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.<br>
       6. Il résulte de ce qui précède que Mme B... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C... B....<br>
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Loire.<br>
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Délibéré après l'audience du 2 septembre 2024, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Pruvost, président de chambre,<br>
M. Haïli, président-assesseur,<br>
M. Porée, premier conseiller.<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 septembre 2024.<br>
Le président-rapporteur,<br>
D. Pruvost<br>
Le Président-assesseur,<br>
M. Haïli<br>
La greffière,<br>
M. A...<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
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N° 24LY00626<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. - Séjour des étrangers.