# Conseil d'État, Président de la section du Contentieux, 30/12/2003, 257282, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008182794
**Date de décision:** 2003-12-30
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** Président de la section du Contentieux
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008182794

## Contenu de la décision

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              Vu, la requête enregistrée le 28 mai 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Mimouna A  épouse B, demeurant ... ; Mme A  épouse B demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat :<br>
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              1°) d'annuler le jugement du 28 avril 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 avril 2003 par lequel le préfet du Gard a décidé sa reconduite à la frontière ;<br>
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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              3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 400 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu la Constitution et notamment son préambule ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>
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              Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
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              Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;<br>
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              Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 modifié réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - les conclusions de M. Goulard, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...);<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A  épouse B, de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 28 février 2002, de la décision du préfet du Gard du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée ;<br>
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              Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A  épouse B s'est établie en France depuis 1997, s'est mariée en janvier 2002 à un compatriote, titulaire d'une carte de résident de dix ans, avec lequel elle a eu un enfant né en France en août 2002 ; que dans ces circonstances, et alors même que l'intéressée peut bénéficier du regroupement familial, l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris ; qu'il a ainsi méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A  épouse B est  fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière pris à son encontre ;<br>
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              Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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              Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à Mme A épouse B la somme de 400 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;<br>
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              			D E C I D E :<br>
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 Article 1er : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier en date du 28 avril 2003 et l'arrêté du préfet du Gard du 23 avril 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme A épouse B sont annulés.<br>
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 Article 2 : L'Etat est condamné à payer à Mme A épouse B la somme de 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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 Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme Mimouna A épouse B, au préfet du Gard et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**