# Conseil d'Etat, 5ème sous-section jugeant seule, du 13 avril 2005, 269988, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008162356
**Date de décision:** 2005-04-13
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 5EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008162356

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 16 juillet 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA GIRONDE  ; le PREFET DE LA GIRONDE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 11 juin 2004 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a annulé son arrêté du 1er juin 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Ghislain X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Bordeaux  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Thomas Campeaux, Maître des Requêtes,
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                - les conclusions de M. Didier Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, entré en France en février 2001, est marié depuis l'été 2003 avec une ressortissante ghanéenne en situation régulière, avec laquelle il a eu un enfant né six jours avant l'intervention de la mesure de reconduite contestée  ; que le couple élève un autre enfant né de la précédente union de Mme X  ; que dans ces circonstances, et alors même que M. X peut bénéficier du regroupement familial, l'arrêté du PREFET DE LA GIRONDE du 1er juin 2004 ordonnant la reconduite à la frontière de ce dernier a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris  ; qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE LA GIRONDE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé pour ce motif son arrêté du 1er juin 2004  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête du PREFET DE LA GIRONDE est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA GIRONDE, à M. Ghislain X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**