# CAA de NANTES, 3ème chambre, 09/10/2020, 19NT04951, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042423544
**Date de décision:** 2020-10-09
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042423544

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. C... A... a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler l'arrêté du 11 novembre 2019 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a interdit le retour en France pendant deux ans.<br>
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       Par un jugement n° 1905629 du 19 novembre 2019, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 23 décembre 2019 M. A..., représenté par Me D..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes du 19 novembre 2019 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Finistère du 11 novembre 2019 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 800 euros à verser à son conseil dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à l'article 108 du décret du 19 décembre 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - l'arrêté contesté n'est pas suffisamment motivé ;<br>
       - le préfet du Finistère ne pouvait l'obliger à quitter le territoire français alors qu'il avait engagé une démarche pour régulariser sa situation sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 28 mai 2020 le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.<br>
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       M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du <br>
27 janvier 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. B... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. A..., ressortissant albanais, déclare être entré en France en 2016. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 août 2016. Il a été placé en rétention administrative le 10 novembre 2019. Par un arrêté du 11 novembre 2019, le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office et lui a interdit de revenir en France pendant deux ans. M. A... relève appel du jugement du 19 novembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Rennes a rejeté son recours tendant à l'annulation de cet arrêté.	<br>
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       2. Il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté serait insuffisamment motivé par adoption des motifs retenus par les premiers juges. <br>
       3. M. A... indique qu'il a, dès le 24 juin 2019, engagé des démarches pour obtenir la régularisation de sa situation et qu'il avait d'ailleurs obtenu un rendez-vous en préfecture le <br>
9 janvier 2020. <br>
       4. Toutefois, le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative prononce une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger qui se trouve dans l'un des cas mentionnés au I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne saurait en aller autrement que lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à l'intéressé, cette circonstance faisant alors obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. <br>
       5. En l'espèce et en tout état de cause, M. A... ne se prévaut pas de ce qu'il aurait pu prétendre à la délivrance d'un titre de plein droit, mais invoque simplement l'existence d'une demande présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laissent à l'administration un large pouvoir d'appréciation de la situation demandeur. Le préfet du Finistère pouvait donc légalement faire obligation au requérant de quitter le territoire français.  <br>
       6. Il résulte de ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au bénéfice des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : 	La requête de M. A... est rejetée. <br>
Article 2 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. C... A... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie sera adressée au préfet du Finistère.<br>
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       Délibéré après l'audience du 17 septembre 2020, à laquelle siégeaient :<br>
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       - Mme Perrot, président de chambre <br>
       - Mme Brisson, président assesseur,<br>
       - M. B..., premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique, le 9 octobre 2020.<br>
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Le rapporteur<br>
E. B...Le président<br>
I. PerrotLe greffier<br>
R. Mageau       <br>
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       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 19NT04951<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**