# Cour administrative d'appel de Paris, 6ème Chambre, du 9 octobre 2006, 04PA01408, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007451679
**Date de décision:** 2006-10-09
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 6EME CHAMBRE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007451679

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 avril 2004, présentée pour Mme X... , élisant domicile ... par Me MendelRiche  ; Mme  demande à la cour  :
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       1°) d'annuler le jugement n° 01-03366 du 13 novembre 2003 par lequel le Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 25 juillet 2001 par lequel le préfet du Val-de-Marne lui a refusé un titre de séjour mention vie privée et familiale et l'a invitée à quitter le territoire  ;
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ledit arrêté  ;
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       3°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale sous astreinte de 100 euros par jour de retard  ; 
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;
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       Vu les autres pièces du dossier  ;
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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       Vu la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990  ;
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       Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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       Vu la  loi n°91-647 du  10 juillet 1991 relative  à l'aide juridique, ensemble le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991, relatif à son application  ;
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       Vu le code de justice administrative  ; 
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 14 septembre 2006  :
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       - le rapport de M. Bernardin, rapporteur,
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       - et les conclusions de M. Coiffet, commissaire du gouvernement  ;
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       Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête  : 
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance  ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui »  ;
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme , de nationalité malienne, est entrée régulièrement en France le 28 février 2002 pour rejoindre son mari, titulaire d'une carte de résident  ; qu'elle est mère d'un enfant né en France le 16 novembre 2000  ; qu'au surplus, la santé de M. Z, qui s'est vue reconnaître depuis le 21 janvier 1997 un taux d'incapacité de 80 % par la COTOREP, est précaire  ; qu'ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et alors même que l'intéressée peut bénéficier du regroupement familial, l'arrêté attaqué porte au droit de Mme  au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, et a donc méconnu les stipulations sus rappelées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; qu'ainsi, Mme  est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 25 juillet 2001 par lequel le préfet du Val-de-Marne lui a refusé un titre de séjour mention « vie privée et familiale »  ;
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       Sur les conclusions à fin d'injonction  :
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative  : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution »  ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du même code  : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé »  ; qu'aux termes de l'article L. 911-3 du même code  : «Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet »  ; 
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       Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prescrire au préfet du Val-de-Marne de délivrer à Mme , dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt, un titre de séjour  ; 
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       Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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       Considérant qu'aux termes de l'article 75-I de la loi susvisée du 10 juillet 1991 codifiée sous l'article L. 761-1 du code de justice administrative  : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens »  ; que l'article 43 de la même loi autorise le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle à demander au juge de condamner, dans les mêmes conditions, la partie perdante « au paiement d'une somme au titre des frais qu'il a exposés »  ; que l'article 37 de la même loi dispose que  : « (...) l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge »  ; qu'il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de condamner à son profit  la partie perdante qu'au paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat  ; que l'avocat de ce bénéficiaire peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement  à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée  ;
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       Considérant, d'une part, que Mme  n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée par une décision du 11 mars 2004  ; que, d'autre part, son avocat n'a pas demandé la condamnation de l'Etat à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme correspondant aux frais exposés  qu'elle aurait réclamée à sa cliente si cette dernière n'avait pas bénéficié d'une aide juridictionnelle totale  ; que dans ces conditions, les conclusions de  la requête de Mme  tendant à la condamnation de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent être accueillies  ;
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       D É C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du Tribunal administratif de Melun en date du 13 novembre 2003 et l'arrêté en date du 25 juillet 2001 du préfet du Val-de-Marne refusant un titre de séjour à Mme  sont annulés.
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Article 2  : Le préfet du Val-de-Marne délivrera un titre de séjour à Mme , dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt. 
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Article 3  : Le surplus des conclusions de la requête de Mme  est rejeté.
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             N° 04PA01408
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction partielle
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**