# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 19 novembre 2004, 263070, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008156243
**Date de décision:** 2004-11-19
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008156243

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 décembre 2003, présentée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat par M. Mady X élisant domicile ...   ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 27 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 octobre 2003 du préfet de police décidant sa reconduite à la frontière  ;  
<br>
<br>
     
                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté  ;
<br>
<br>
     
                3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai d'un mois suivant la décision du Conseil d'Etat, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard  ; 
<br>
<br>
     
                4°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  ;  
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
                - les conclusions de M. Laurent Olléon, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour  a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  ;  
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, que le préfet de police a refusé à M. X, de nationalité malienne, par une décision en date du 30 juin 2003, notifiée à l'intéressé le même jour, la délivrance d'un titre de séjour  ; que, par suite, M. X, qui s'était maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la notification de cette décision, se trouvait dans le cas où le préfet peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X soutient que l'arrêté attaqué serait dépourvu de base légale, il n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X soutient qu'il souffre d'un asthme sévère qui nécessite une prise en charge médicale en France, il ne ressort des pièces du dossier ni que l'arrêté décidant sa reconduite à la frontière serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de la gravité de ses conséquences sur sa situation personnelle ni que cet arrêté aurait méconnu les dispositions du 11° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X soutient qu'entré en France en 1998, il vit en concubinage avec une ressortissante française, cette circonstance, à la supposer établie, ne suffit pas à faire regarder l'arrêté attaqué comme ayant été pris en méconnaissance du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 qui prévoit la délivrance d'une carte de séjour temporaire de plein droit à l'étranger dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 22 octobre 2003 décidant sa reconduite à la frontière  ; 
<br>
<br>
     
                Sur les conclusions aux fins d'injonction  :
<br>
<br>
     
                Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que, par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant ne peuvent, par suite, qu'être rejetées  ; 
<br>
<br>
     
                Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative  : 
<br>
<br>
     
                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande M. TOUNKARA au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>				D E C I D E  :
<br>
     
                				--------------
<br>
<br>
<br>
     
Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
<br>
     Article 2  : La présente décision sera notifiée à  M. Mady X, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**