# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 3ème chambre - formation à 3, 01/12/2011, 11NC00452, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000024985010
**Date de décision:** 2011-12-01
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 3ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000024985010

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 18 mars 2011, présentée pour M. Ali Idrissa A, demeurant chez M. Boukar B ..., par Me Kling ; <br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1004875 du 27 janvier 2011 par lequel le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant, d'une part, à l'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2010 du préfet du Bas-Rhin refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et, d'autre part, à enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer, sous astreinte, un titre de séjour ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 9 septembre 2010 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve de la renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Il soutient que :<br>
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Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision préfectorale lui refusant un titre de séjour : <br>
- la décision attaquée méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne pourra pas être soigné au Tchad dans des conditions nécessaires et adaptés à son état de santé ;<br>
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français : <br>
- la décision attaquée est dépourvue de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour qui lui sert de fondement ; <br>
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- la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi : <br>
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le jugement et l'arrêté attaqués ;<br>
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       Vu le mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2011, présenté par le préfet du Bas-Rhin, qui conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun moyen n'est fondé ;<br>
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	Vu le mémoire, enregistré le 3 juin 2011, présenté pour M. A, tendant aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ; <br>
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	Vu le mémoire, enregistré le 19 juillet 2011, présenté par le préfet du Bas-Rhin, tendant aux mêmes fins que précédemment, par les mêmes motifs ; <br>
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	Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 7 avril 2011, admettant M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 novembre 2011 :<br>
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       - le rapport de M. Trottier, président,<br>
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       - et les conclusions de Mme Dulmet, rapporteur public ;<br>
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      Sur les conclusions aux fins d'annulation :<br>
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      En ce qui concerne la décision de refus de séjour :<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin de l'agence régionale de santé de la région de résidence de l'intéressé, désigné par le directeur général de l'agence... ;<br>
      Considérant qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger qui en fait la demande au titre des dispositions du 11° de l'article L. 313-11, de vérifier, au vu de l'avis émis par le médecin mentionné audit article, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire ; que lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine ; que si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l 'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;<br>
      Considérant qu'il ressort des termes de l'avis du médecin inspecteur de l'agence régionale de santé d'Alsace en date du 15 juin 2010 que, si l'état de santé de M. A, ressortissant tchadien, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, à destination duquel il peut voyager sans risque ; que le requérant produit cependant des certificats médicaux émanant d'un médecin psychiatre indiquant, notamment, qu'il présente un état dépressif sévère comportant une souffrance morale intense, qu'il suit une thérapie médicamenteuse antidépressive, anxiolytique et hypnotique qui doit être poursuivie sur une durée d'au moins un an ; que, par suite, c'est à tort que le préfet du Bas-Rhin, sur l'avis du médecin inspecteur de santé publique, a estimé que le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité ; que, par ailleurs, le préfet du Bas-Rhin n'établit pas que le traitement médicamenteux suivi serait disponible au Tchad, ni qu'il serait possible d'y bénéficier d'entretiens psychothérapeutiques de soutien ; que, par suite, la décision contestée, qui méconnait les dispositions précitées de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être annulée ;<br>
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      En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :<br>
      Considérant que la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination  doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision refusant le renouvellement du titre de séjour ;<br>
 	Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2010 du préfet du Bas-Rhin ;<br>
      Sur les conclusions aux fins d'injonction :<br>
      Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution  ;<br>
      Considérant qu'à la suite de l'annulation de l'arrêté attaqué, il y a lieu de prescrire au préfet du Bas-Rhin de délivrer à M. A un titre de séjour dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt ; que, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. A ;<br>
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      Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
      Considérant qu'aux termes du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 :  L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues de l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer de percevoir la somme correspondant de la part contributive de l'Etat et poursuivre le recouvrement de son profit de la somme allouée par le juge  ; qu'aux termes du 3ème alinéa de l'article 76 de la même loi :  Les bureaux d'aide juridictionnelle se prononcent dans les conditions prévues par les textes en vigueur de la date de laquelle les demandes ont été présentées et les admissions produiront les effets attachés de ces textes (...)  ; que M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Kling, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de Me Kling ;<br>
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       DECIDE :<br>
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Article 1er : L'arrêté en date du 9 septembre 2009 du préfet du Bas-Rhin et le jugement du Tribunal administratif de Strasbourg en date du 27 janvier 2011 sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Bas-Rhin de délivrer un titre de séjour à M. A dans le délai maximum de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. <br>
Article 3 : L'Etat versera, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à Me Kling, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. Ali Idrissa A et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
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N° 11NC00452<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-02-02-01 Étrangers. Séjour des étrangers. Autorisation de séjour. Octroi du titre de séjour. Délivrance de plein droit.