# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 12 mars 1969, 68-92.308, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007057051
**Date de décision:** 1969-03-12
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007057051

## Contenu de la décision

CASSATION 2 SUR LE POURVOI DE X... (MARCEL), CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE DOUAI, EN DATE DU 25 JUIN 1968, QUI A DECLARE RECEVABLE LA CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DE LA FEDERATION NATIONALE DES CHAMBRES SYNDICALES DES HORLOGERS, BIJOUTIERS, JOAILLIERS, ORFEVRES, DETAILLANTS ET ARTISANS DE FRANCE CONTRE LEDIT X..., INCULPE D'INFRACTION A LA LOI DU 20 MARS 1951 PROHIBANT LES VENTES AVEC PRIMES LA COUR, VU L'ORDONNANCE DE M LE PRESIDENT DE LA CHAMBRE CRIMINELLE DE LA COUR DE CASSATION DU 29 JUILLET 1968;<br>
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 VU LE MEMOIRE PRODUIT;<br>
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 SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 2, 85 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 11 DU LIVRE III DU CODE DU TRAVAIL, DE LA LOI DU 20 MARS 1951, ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A : "INFIRME L'ORDONNANCE DE M LE JUGE D'INSTRUCTION DE LILLE EN DATE DU 23 MARS 1968;<br>
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 DECLARE L'ACTION CIVILE RECEVABLE EN L'ETAT ACTUEL DE LA PROCEDURE";<br>
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 "AU MOTIF QUE LA FEDERATION POURSUIVANTE AVAIT VOCATION A PROTEGER L'INTERET COLLECTIF DE LA PROFESSION ET QU'EN L'ETAT DE LA PROCEDURE, D'OU RESSORTAIT QUE LE DEMANDEUR OFFRAIT A TOUT ACHETEUR DE 12 PELOTES DE LAINE UNE PRIME, AYANT L'APPARENCE D'UN BIJOU ET D'UN PRIX DE REVIENT DE 1,50 FRANC , IL N'ETAIT PAS EXCLU QUE L'INFRACTION EVENTUELLE A LA LOI DU 20 MARS 1951 AIT REELLEMENT OCCASIONNE UN PREJUDICE MATERIEL ET MORAL, INDIRECT ET CERTAIN AUDIT INTERET PROFESSIONNEL;<br>
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 "ALORS QUE, D'UNE PART, LES DISPOSITIONS DE LA LOI DU 20 MARS 1951, SEULES VISEES DANS LES POURSUITES, N'ONT POUR OBJET QUE L'INTERET GENERAL ET LA DEFENSE DES CONSOMMATEURS ET NON, MEME DE MANIERE INDIRECTE, LA PROTECTION DE L'INTERET COLLECTIF DES PROFESSIONS REPRESENTEES PAR LA FEDERATION POURSUIVANTE, QU'AINSI ET EN TOUT ETAT DE L'INSTRUCTION, LADITE FEDERATION ETAIT SANS QUALITE POUR CITER LE DEMANDEUR A RAISON DE VENTES PUBLICITAIRES ET N'A ETE DECLAREE RECEVABLE PAR L'ARRET ATTAQUE QU'AU PRIX D'UNE VIOLATION DE LA LOI;<br>
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 "ALORS QUE, D'AUTRE PART, L'ARRET INFIRMATIF NE RELEVE AUCUNE CIRCONSTANCE DE NATURE A AUGURER SI L'INFRACTION ETAIT ETABLIE, D'UNE LESION A L'INTERET COLLECTIF DES BIJOUTIERS, ORFEVRES ET AUTRES, D'AUTANT QU'ILS N'ONT PAS POUR ACTIVITE LE COMMERCE DE LA LAINE, NI AUCUN PRIVILEGE SPECIAL EN MATIERE DE PUBLICITE ET QU'IL EST CONSTANT QUE LES BRELOQUES A 1,50 FRANC, NE PROVENANT PAS DE LEUR INDUSTRIE, N'ONT PAS LA MEME CLIENTELE";<br>
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VU LESDITS ARTICLES;<br>
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 ATTENDU QUE SI L'ARTICLE 11 DU LIVRE III DU CODE DU TRAVAIL CONFERE AUX SYNDICATS PROFESSIONNELS LE DROIT D'INTERVENIR COMME PARTIES CIVILES DANS LA POURSUITE DES INFRACTIONS QUI PORTENT UN PREJUDICE DIRECT OU INDIRECT AUX INTERETS GENERAUX DE LA PROFESSION QU'ILS REPRESENTENT, C'EST TOUTEFOIS A LA CONDITION QUE LE TEXTE REPRESSIF DONT LA VIOLATION EST ALLEGUEE NE SOIT PAS DE CEUX QUI N'ONT POUR OBJET QUE L'INTERET GENERAL DE LA COLLECTIVITE ET NON LA DEFENSE D'INTERETS PARTICULIERS OU LA DEFENSE DE L'INTERET COLLECTIF DE TELLE OU TELLE PROFESSION;<br>
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 ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE LA FEDERATION NATIONALE DES CHAMBRES SYNDICALES DES HORLOGERS, BIJOUTIERS, JOAILLIERS, ORFEVRES, DETAILLANTS ET ARTISANS DE FRANCE A PORTE PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE CONTRE X..., PRESIDENT-DIRECTEUR GENERAL DE LA SOCIETE ANONYME "FILATURE DES TROIS SUISSES", POUR INFRACTION A LA LOI DU 20 MARS 1951 PROHIBANT LES VENTES AVEC PRIMES;<br>
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QU'ELLE REPROCHAIT A X... D'AVOIR OFFERT A TOUT ACHETEUR DE 12 PELOTES DE LAINE UNE PRIME D'UNE VALEUR DE 1,50 FRANC, REPRESENTEE PAR UNE BRELOQUE AVEC PIERRE DITE "SEMI-PRECIEUSE";<br>
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 ATTENDU QUE POUR REFORMER L'ORDONNANCE DU JUGE D'INSTRUCTION QUI AVAIT REJETE CETTE CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE, L'ARRET ENONCE QUE L'ARTICLE 11 DU LIVRE III DU CODE DU TRAVAIL AUTORISE TOUS LES SYNDICATS A EXERCER DEVANT TOUTES LES JURIDICTIONS LES DROITS RESERVES A LA PARTIE CIVILE, CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 85 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, A CONDITION DE SE PRETENDRE LESES PAR UN CRIME OU UN DELIT;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, ET EN DECLARANT RECEVABLE LA CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DE LA FEDERATION NATIONALE DES CHAMBRES SYNDICALES DES HORLOGERS, BIJOUTIERS, JOAILLIERS, ORFEVRES, DETAILLANTS ET ARTISANS DE FRANCE, ALORS QUE LES DISPOSITIONS DE LA LOI DU 20 MARS 1951 ET DU DECRET DU 5 AOUT 1961 PROHIBANT LE SYSTEME DES VENTES AVEC TIMBRES PRIMES OU PRIMES EN NATURE N'ONT ETE EDICTEES QUE DANS UN DESSEIN D'INTERET GENERAL, POUR LA DEFENSE DE L'ENSEMBLE DES CONSOMMATEURS, ET ALORS QUE, PAR SUITE, LA REPARATION DES INFRACTIONS A CES TEXTES NE PEUT ETRE ASSUREE QUE PAR LA SEULE ACTION DU MINISTERE PUBLIC, LA CHAMBRE D'ACCUSATION A VIOLE LES ARTICLES DE LOI VISES AU MOYEN;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE DOUAI, EN DATE DU 25 JUIN 1968, ET, POUR QU'IL SOIT STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI : RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL D'AMIENS PRESIDENT : M COMTE - RAPPORTEUR : M GAGNE - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCATS: MM LE BRET ET LABBE<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code du travail 11 livre III
**ECLI:** 
**Résumé:** Si l'article 11 du livre III du Code du travail confère aux syndicats professionnels le droit d'intervenir comme parties civiles dans la poursuite des infractions qui portent un préjudice direct ou indirect aux intérêts généraux de la profession qu'ils représentent, c'est toutefois à la condition que le texte répressif dont la violation est alléguée ne soit pas de ceux qui n'ont pour objet que l'intérêt général de la collectivité et non la défense d'intérêts particuliers ou la défense de l'intérêt collectif de telle ou telle profession (1).
**Mots-clés:** ACTION CIVILE - Préjudice - Préjudice direct - Syndicat de commerçants - Vente avec primes (non),* ACTION CIVILE - Recevabilité - Syndicat - Intérêts collectifs de la profession - Syndicat de commerçants - Vente avec primes.,* VENTE - Vente avec primes - Action civile - Syndicat de commerçants - Recevabilité (non).,* SYNDICATS - Action civile - Intérêts collectifs de la profession - Syndicat de commerçants - Vente avec primes (non).