# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 17 avril 1980, 79-40.040 79-40.061, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007004907
**Date de décision:** 1980-04-17
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007004907

## Contenu de la décision

VU LA CONNEXITE, JOINT LES POURVOIS N  79-40.040  DE PICHARD ET N 79-40.061 DE LA  SOCIETE FORCELEC, FORMES CONTRE LE MEME ARRET ;    SUR LE MOYEN UNIQUE DU POURVOI DE PICHARD :<br>
    VU L'ARTICLE 1134 DU CODE CIVIL ;<br>
   ATTENDU QUE PICHARD, CONDUCTEUR DE TRAVAUX, LICENCIE INDIVIDUELLEMENT POUR MOTIF ECONOMIQUE PAR LA SOCIETE FORCELEC AVEC L'AUTORISATION IMPLICITE DE L'INSPECTEUR DE TRAVAIL, A DEMANDE DES DOMMAGES-INTERETS POUR LICENCIEMENT SANS CAUSE REELLE ET SERIEUSE, ET SUBSIDIAIREMENT POUR VIOLATION DE SA PRIORITE DE REEMBAUCHAGE ; QUE LA COUR D'APPEL, APRES S'ETRE DECLAREE INCOMPETENTE POUR STATUER SUR LA DEMANDE PRINCIPALE, AU MOTIF QU'ELLE NE POUVAIT CONTROLER LA DECISION DE L'AUTORITE ADMINISTRATIVE QUI AVAIT ADMIS LE BIEN-FONDE DU MOTIF ECONOMIQUE INVOQUE, A ENONCE QUE LA DEMANDE SUBSIDIAIRE POUR VIOLATION DE LA PRIORITE DE REEMBAUCHAGE ETAIT AUSSI FORMEE EN CONSEQUENCE DU LICENCIEMENT POUR CAUSE ECONOMIQUE, ET QU'ELLE ETAIT DONC EGALEMENT INCOMPETENTE POUR EN CONNAITRE ;<br>
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   ATTENDU CEPENDANT QUE PICHARD AVAIT FAIT L'OBJET D'UN LICENCIEMENT ECONOMIQUE ; QU'EN EXAMINANT SI, A CE TITRE, IL AVAIT OU NON UNE PRIORITE DE REEMBAUCHAGE, ET, DANS L'AFFIRMATIVE, SI CELLE-CI AVAIT ETE MECONNUE, LA COUR D'APPEL N'AURAIT PAS CONTREDIT SA DECISION D'INCOMPETENCE QUANT A LA DEMANDE PRINCIPALE ; QU'EN STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, ELLE N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;<br>
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   SUR LE PREMIER MOYEN DU POURVOI DE LA SOCIETE FORCELEC :<br>
    VU L'ARTICLE 20 DE LA CONVENTION COLLECTIVE NATIONALE DES EMPLOYES, TECHNICIENS ET AGENTS DE MAITRISE DES ENTREPRISES DE TRAVAUX PUBLICS, DU 21 JUILLET 1965 ;<br>
   ATTENDU QUE CE TEXTE PREVOIT DANS UN PARAGRAPHE A QU'UNE INDEMNITE DE LICENCIEMENT DONT IL FIXE LE MONTANT EST ALLOUEE AUX ETAM AYANT CINQ ANS D'ANCIENNETE DANS L'ENTREPRISE ET LICENCIES AVANT 65 ANS ; QUE LE PARAGRAPHE C DISPOSE QU'EN CAS DE LICENCIEMENT D'UN ETAM AGE DE PLUS DE 55 ANS,  " LE MONTANT DE L'INDEMNITE TEL  QU'IL EST FIXE CI-DESSUS EST MAJORE DE 10 % " ;<br>
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   ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE A ALLOUE A PICHARD, LICENCIE A PLUS DE 55 ANS, UN COMPLEMENT D'INDEMNITE DE LICENCIEMENT EN APPLICATION DE CE TEXTE, BIEN QU'IL N'EUT QUE TROIS ANS D'ANCIENNETE, AU MOTIF QUE LE PARAGRAPHE C N'AVAIT PAS REPRIS LA CONDITION D'ANCIENNETE DE CINQ ANS MENTIONNEE DANS LE PARAGRAPHE A ;<br>
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   ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, ALORS QUE LE PARAGRAPHE C, EN PREVOYANT UNE "  MAJORATION  " DE L'INDEMNITE CONVENTIONNELLE E LICENCIEMENT FIXEE PAR LE PARAGRAPHE A, IMPLIQUE NECESSAIREMENT QUE LES CONDITIONS D'OCTROI DE CETTE INDEMNITE SOIENT REMPLIES, LES JUGES D'APPEL ONT VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;<br>
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   SUR LE DEUXIEME MOYEN :<br>
    VU LES ARTICLES L. 122-4 DU CODE DU TRAVAIL ET 1134 DU CODE CIVIL ;<br>
   ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL A ESTIME QUE LA SOCIETE FORCELEC N'AVAIT PU REDUIRE UNILATERALEMENT LE SALAIRE DE PICHARD PENDANT SES TROIS MOIS DE PREAVIS DU FAIT D'UNE REDUCTION DE 48 HEURES A 40 HEURES PAR SEMAINE DE L'HORAIRE DE L'ENTREPRISE PENDANT CETTE PERIODE, AUX MOTIFS, D'UNE PART, QU'IL NE POUVAIT ETRE CONTRAINT D'EFFECTUER SON PREAVIS DANS DES CONDITIONS DIFFERENTES DE CELLES EN VIGUEUR AVANT SON LICENCIEMENT, ET, D'AUTRE PART, QUE SON SALAIRE AVAIT ETE FIXE PAR SA LETTRE D'ENGAGEMENT A UNE SOMME MENSUELLE " POUR L'HORAIRE DE L'ENTREPRISE " SANS QUE CELUI-CI EUT ETE PRECISE ;<br>
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   ATTENDU, CEPENDANT, QUE LA REMUNERATION PENDANT LE PREAVIS DEPENDAIT DE L'HORAIRE HEBDOMADAIRE DE QUARANTE HEURES PRATIQUE NORMALEMENT DANS L'ENTREPRISE PENDANT CETTE PERIODE, ET NON DE CELUI EN VIGUEUR ANTERIEUREMENT ; QUE, PAR AILLEURS, LE CONTRAT DE TRAVAIL DE PICHARD, CONFORMEMENT A L'ARTICLE 49 C DE LA CONVENTION COLLECTIVE, ETABLISSAIT UN RAPPORT ENTRE SA REMUNERATION ET L'HORAIRE DE L'ENTREPRISE ;    QU'EN STATUANT COMME ELLE L'A FAIT, LA COUR D'APPEL A VIOLE LES TEXTES SUSVISES ;<br>
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   SUR LE TROISIEME MOYEN :<br>
    VU L'ARTICLE 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE ;<br>
   ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL A ALLOUE A PICHARD LE PAIEMENT D'HEURES SUPPLEMENTAIRES, AU MOTIF QUE LA SOCIETE FORCELEC NE POUVAIT APPORTER LA PREUVE D'UNE PRETENDUE CONVENTION DE FORFAIT ;<br>
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   QU'EN STATUANT AINSI, ALORS QUE LA SOCIETE N'AVAIT PAS INVOQUE UNE TELLE CONVENTION, MAIS AVAIT SOUTENU, DANS DES CONCLUSIONS LAISSEES SANS REPONSE, QUE LES HEURES LITIGIEUSES ETAIENT DES HEURES DE DEROGATION QUI, SELON L'ARTICLE 49 D DE LA CONVENTION COLLECTIVE, NE DEVAIENT PAS DONNER LIEU A REMUNERATION SUPPLEMENTAIRE, LES JUGES DU FOND, QUI N'Y ONT PAS REPONDU QUEL QUE PUISSE EN ETRE LE MERITE, N'ONT PAS SATISFAIT AUX EXIGENCES DU TEXTE SUSVISE ;<br>
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   PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DES MOYENS, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 6 OCTOBRE 1978 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS ; REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE ROUEN.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** (1),(2),Code civil 1134,Code du travail L122-4 CASSATION
**ECLI:** 
**Résumé:** Le juge judiciaire qui s'est déclaré incompétent pour statuer sur la demande principale d'un salarié licencié pour motif économique tendant à faire déclarer injustifié son licenciement autorisé par l'autorité administrative, reste compétent pour statuer sur la demande subsidiaire du salarié pour violation de sa priorité de réembauchage, dès lors qu'examinant si l'intéressé avait ou non une priorité de réembauchage et, dans l'affirmative, si celle-ci avait été méconnue, le juge n'aurait pas contredit sa décision d'incompétence quant à la demande principale.,La réduction de la durée hebdomadaire du travail d'une entreprise pendant l'exécution de son préavis par un salarié licencié, justifie la réduction de la rémunération de ce salarié dont le contrat de travail conforme à la convention collective applicable, établit un rapport entre sa rémunération et l'horaire de l'entreprise.
**Mots-clés:** 1) CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement économique - Réembauchage - Priorité - Contrôle - Compétence judiciaire (oui).,* CONTRAT DE TRAVAIL - Réembauchage - Priorité - Salarié licencié pour motif économique - Juge judiciaire restant compétent pour statuer sur la priorité de réembauchage.,2) CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Indemnités - Délai-congé - Fixation - Rémunération totale qui aurait été perçue pendant le délai - Réduction d'horaire postérieure au licenciement - Portée.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Indemnités - Délai-congé - Fixation - Horaire habituel de travail - Réduction d'horaire postérieure au licenciement - Contrat prévoyant un rapport entre la rémunération et l'horaire de l'entreprise - Portée.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Salaire - Cause - Travail du salarié - Délai-congé - Réduction de l'horaire postérieure au licenciement - Portée.