# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 6ème chambre - formation à 3, 26/03/2012, 11MA00565, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025631948
**Date de décision:** 2012-03-26
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 6ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025631948

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 11 février 2011, présentée pour Mme Ouzalé A, demeurant au ..., par Me Youchenko ; <br>
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      Mme A demande à la Cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 1004323 du 20 septembre 2010 par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 31 mai 2010 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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      2°) d'annuler ladite décision ;<br>
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      3°) d'enjoindre au préfet sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative de lui délivrer un titre de séjour dans le mois de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative de réexaminer la situation de la requérante et de lui délivrer dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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      4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
      .........................................................................................................<br>
      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;<br>
      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ; <br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 27 février 2012 :<br>
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      - le rapport de Mme Felmy, conseiller, <br>
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      - les conclusions de Mme Markarian, rapporteur public,<br>
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      - et les observations de Me Quinson, pour Mme A ;<br>
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      Considérant que Mme A, de nationalité comorienne, interjette appel du jugement par lequel le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 31 mai 2010 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
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      Considérant qu'en application de ces stipulations, il appartient à l'autorité administrative qui examine la situation d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte qu'un refus de séjour porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise ; que la circonstance que l'étranger relèverait, à la date de cet examen, des catégories ouvrant droit au regroupement familial ne saurait, par elle-même, intervenir dans l'appréciation portée par l'administration sur la gravité de l'atteinte à la situation de l'intéressé ; que cette dernière peut en revanche tenir compte le cas échéant, au titre des buts poursuivis par le refus de séjour, de ce que le ressortissant étranger en cause ne pouvait légalement entrer en France pour y séjourner qu'au seul bénéfice du regroupement familial et qu'il n'a pas respecté cette procédure ;<br>
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      Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A a épousé le 27 novembre 2004 M. B, lequel vit en France depuis mars 1973 et est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 14 novembre 2018 ; qu'elle a de ce mariage deux enfants nés et résidant aux Comores, et une enfant née en France le 17 juin 2009 ; que la requérante est également mère d'une enfant d'un ressortissant français, née le 11 avril 2006, laquelle vit au foyer familial ; qu'il ressort également des pièces du dossier, notamment des nombreux documents médicaux et émanant de la caisse primaire d'assurance maladie, que Mme A réside de manière habituelle en France depuis son arrivée en 2005 ; que, dans ces conditions, et alors même que la requérante entrerait dans une catégorie qui ouvre droit au regroupement familial, la décision attaquée a méconnu les stipulations précitées ; <br>
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      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ;<br>
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      Sur l'injonction :<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice <br>
administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " ;<br>
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      Considérant que l'annulation, par le présent arrêt, de la décision précitée du préfet implique la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale ; qu'il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au préfet des Bouches du Rhône de délivrer cette carte dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt ; <br>
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      Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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      Considérant que Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ; qu'il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de Me Youchenko, avocate du requérant, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat ;<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du Tribunal administratif de Marseille du 20 septembre 2010 et la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 31 mai 2010 sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme A une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : L'Etat versera à Me Youchenko la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme Ouzalé A, au préfet des Bouches-du-Rhône, à Me Youchenko et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
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N° 11MA00565<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-02-02 Étrangers. Séjour des étrangers. Autorisation de séjour. Octroi du titre de séjour.