# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 27 octobre 2004, 255139, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008191123
**Date de décision:** 2004-10-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008191123

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 14 mars 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Salif X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 17 février 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2001 par lequel le préfet du Loiret a décidé sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
                - les conclusions de M. Francis Donnat, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité malienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 26 mars 2001, de la décision du préfet du Loiret du 13 mars 2001, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
<br>
<br>
     
                Considérant d'une part que lorsqu'un arrêté de reconduite à la frontière a été dépourvu de mesure d'exécution pendant une durée anormalement longue, caractérisée par un changement de circonstances de fait ou de droit, et que ce retard est exclusivement imputable à l'administration, l'exécution d'office d'une reconduite à la frontière doit être regardée comme fondée non sur l'arrêté initial, même si celui-ci est devenu définitif faute d'avoir été contesté dans les délais, mais sur un nouvel arrêté de reconduite à la frontière dont l'existence est révélée  par la mise en oeuvre de l'exécution d'office elle-même et qui doit être regardé comme s'étant substitué à l'arrêté initial  ; que si le délai à l'issue duquel le préfet du Loiret a mis à exécution l'arrêté de reconduite à la frontière du 15 octobre 2001, en ordonnant le 13 février 2003 le placement de M. X en  rétention administrative en vue d'assurer l'exécution d'office de cet arrêté, peut être regardé comme anormalement long, il ressort des pièces du dossier qu'aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait n'est intervenu, pendant ce délai, dans la situation de M. X  ; que le préfet du Loiret s'étant ainsi  borné à mettre à exécution son arrêté du 15 octobre 2001 par l'arrêté du 13 février 2003, celui-ci ne peut être regardé comme révélant l'existence d'un nouvel arrêté de reconduite à la frontière susceptible de recours  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant d'autre part qu'aux termes de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée   : L'étranger qui fait l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière peut, dans les quarante-huit heures suivant sa notification lorsque l'arrêté est notifié par voie administrative ou dans les sept jours lorsqu'il est notifié par voie postale, demander l'annulation de cet arrêté au président du tribunal administratif  ; qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en date du 15 octobre 2001du préfet du Loiret ordonnant la reconduite à la frontière de M. X lui a été notifié le 18 octobre 2001 et que cette notification, qui comportait l'indication des voies et délais de recours ouverts contre cette décision, était régulière  ; que la demande de M. X tendant à l'annulation de cet arrêté n'a été enregistrée que le 14 février 2003 au greffe du tribunal administratif d'Orléans, soit après l'expiration du délai fixé par l'article 22 bis précité  ; qu'elle était donc tardive et, par suite, irrecevable   ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2001 par lequel le préfet du Loiret a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>			D E C I D E  :
<br>
     
                			--------------
<br>
<br>
     
Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
<br>
     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Salif X, au préfet du Loiret et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**