# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 10 janvier 1968, 67-92.368, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007058097
**Date de décision:** 1968-01-10
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058097

## Contenu de la décision

REJET DES POURVOIS DE : 1° X... (JUAN), 2° X... (ANTONIO), 3° X... (EMILIO), 4° Y... (JOSE), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'ASSISES DE L'ISERE EN DATE DU 23 JUIN 1967, QUI LES A CONDAMNES, LES DEUX PREMIERS CHACUN A HUIT ANS DE RECLUSION CRIMINELLE, LES DEUX AUTRES CHACUN A CINQ ANS DE RECLUSION CRIMINELLE POUR VOLS QUALIFIES, TENTATIVES DE VOLS QUALIFIES, RECEL QUALIFIE LA COUR, VU LA CONNEXITE, JOINT LES POURVOIS;<br>
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 VU LE MEMOIRE PRODUIT EN FAVEUR DES QUATRE DEMANDEURS;<br>
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 SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 272, 273 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, MANQUE DE BASE LEGALE, VICE DE FORME, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A ETE RENDU PAR LA COUR D'ASSISES DE L'ISERE;<br>
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 "ALORS QU'IL RESULTE DU PROCES-VERBAL RELATANT L'INTERROGATOIRE PREALABLE DES ACCUSES PAR LE PRESIDENT DE LA COUR D'ASSISES QUE LE PRESIDENT NE S'EST PAS ASSURE DE LA DATE A LAQUELLE CHACUN DES ACCUSES AVAIT RECU NOTIFICATION DE L'ARRET DE RENVOI";<br>
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 ATTENDU QUE LE PRESIDENT DE LA COUR D'ASSISES A PROCEDE AUX INTERROGATOIRES PREALABLES DES QUATRE DEMANDEURS LE 12 JUIN 1967;<br>
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 QUE LES PROCES-VERBAUX DE CES INTERROGATOIRES RELATENT QUE, SUR INTERPELLATION DU PRESIDENT, CHACUN DE CES ACCUSES A REPRESENTE LA COPIE DE L'ARRET DE RENVOI DONT SIGNIFICATION LUI AVAIT ETE FAITE;<br>
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 ATTENDU QU'IL N'IMPORTE QUE LES PROCES-VERBAUX NE MENTIONNENT PAS LA DATE DES SIGNIFICATIONS, L'ARTICLE 273 DU CODE DE PROCEDURE PENALE EXIGEANT SEULEMENT QUE LE PRESIDENT S'ASSURE QUE L'ACCUSE A RECU LA SIGNIFICATION;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE;<br>
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SUR LE DEUXIEME MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 257 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, MANQUE DE BASE LEGALE, VICE DE FORME, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A ETE RENDU PAR LA COUR D'ASSISES DE L'ISERE COMPOSEE DE MAGISTRATS ET DE JURES PARMI LESQUELS FIGURE UN AGENT DE REGIE;<br>
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 "ALORS QUE LES FONCTIONS DE JURE SONT INCOMPATIBLES AVEC CELLES DE FONCTIONNAIRE OU PREPOSE DE LA REGIE DES CONTRIBUTIONS INDIRECTES ET QUE LA QUALIFICATION D'AGENT DE REGIE NE MET PAS LA COUR DE CASSATION EN MESURE D'EXERCER SON CONTROLE SUR LA NATURE EXACTE DES FONCTIONS DU JURE DONT S'AGIT";<br>
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 ATTENDU QUE LE TIRAGE AU SORT DU JURE DE JUGEMENT A ETE EFFECTUE SUR UNE LISTE DE VINGT-QUATRE NOMS PARMI LESQUELS ETAIT CELUI DU SIEUR Z...;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST DE PRINCIPE QUE LES INSCRIPTIONS FAITES PAR L'AUTORITE COMPETENTE SUR LA LISTE DU JURY CREENT A L'EGARD DE TOUS CEUX QUI Y FIGURENT UNE PRESOMPTION DE CAPACITE QUI NE PEUT TOMBER QUE DEVANT LA PREUVE CONTRAIRE;<br>
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 ATTENDU QU'IL N'A PAS ETE DEMONTRE DANS L'ESPECE QUE LE SIEUR Z..., QUALIFIE SUR LA LISTE SIGNIFIEE AUX ACCUSES DE "AGENT-REGIE" ET QUI A ETE DESIGNE COMME MEMBRE DU JURY DE JUGEMENT, EXERCE L'UNE DES PROFESSIONS QUI, AUX TERMES DE L'ARTICLE 257 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, L'AURAIT EMPECHE DE FIGURER SUR LADITE LISTE, ET QU'EN L'ABSENCE DE TOUTE RECLAMATION DES ACCUSES OU DE LEURS CONSEILS LORS DU TIRAGE AU SORT DU JURY DE JUGEMENT, IL Y A PRESOMPTION QUE LE SIEUR Z... A ETE LEGALEMENT INSCRIT SUR LA LISTE DE SESSION;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
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 SUR LE TROISIEME MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 354 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, MANQUE DE BASE LEGALE, VICE DE FORME, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A ETE RENDU PAR LA COUR D'ASSISES DE L'ISERE SANS QU'IL SOIT CONSTATE QUE LE PRESIDENT AIT FAIT RETIRER LES QUATRE ACCUSES DE LA SALLE D'AUDIENCE AVANT QUE L'AUDIENCE SOIT SUSPENDUE ET AVANT QUE LES MAGISTRATS DE LA COUR ET LES JURES SE RETIRENT DANS LA CHAMBRE DES DELIBERATIONS";<br>
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ATTENDU QUE LA DISPOSITION DE L'ARTICLE 354 DU CODE DE PROCEDURE PENALE PRESCRIVANT DE FAIRE RETIRER L'ACCUSE DE LA SALLE D'AUDIENCE PENDANT LA DELIBERATION DE LA COUR ET DU JURY N'EST PAS EDICTEE A PEINE DE NULLITE;<br>
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QUE DES LORS LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI;<br>
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SUR LE QUATRIEME MOYEN DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 362 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, MANQUE DE BASE LEGALE, VICE DE FORME, "EN CE QUE, PAR L'ARRET ATTAQUE, LA COUR D'ASSISES DE L'ISERE A CONDAMNE QUATRE ACCUSES A DES PEINES DE RECLUSION CRIMINELLE;<br>
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 "ALORS QU'IL N'EST NULLEMENT CONSTATE QUE LA COUR ET LE JURY AIENT VOTE AU SCRUTIN SECRET SUR L'APPLICATION DE LA PEINE";<br>
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 ATTENDU QUE LES DELIBERATIONS EN COMMUN DE LA COUR ET DU JURY, TANT SUR LA CULPABILITE QUE SUR L'APPLICATION DE LA PEINE, SONT ESSENTIELLEMENT SECRETES;<br>
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 QU'AUCUNE PIECE DE LA PROCEDURE NE PEUT CONSTATER NI REVELER CE QUI S'Y EST PASSE;<br>
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 QUE, PAR SUITE, LES DEMANDEURS NE SAURAIENT SE FAIRE UN GRIEF DE LA NON-CONSTATATION DE FORMALITES DONT L'OBSERVATION EST LAISSEE A LA CONSCIENCE DES JUGES;<br>
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 QUE LE MOYEN DOIT, EN CONSEQUENCE, ETRE ECARTE;<br>
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 ET ATTENDU QUE LA PROCEDURE EST REGULIERE ET QUE LES PEINES ONT ETE LEGALEMENT APPLIQUEES AUX FAITS DECLARES CONSTANTS PAR LA COUR ET LE JURY;<br>
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 REJETTE LES POURVOIS PRESIDENT : M COMTE   RAPPORTEUR : M LEGRIS   AVOCAT GENERAL : M TOUREN   AVOCAT : M ROQUES<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 273,Code de procédure pénale 257,Code de procédure pénale 362
**ECLI:** 
**Résumé:** L'article 273 du Code de procédure pénale prescrit au président de s'assurer que l'accusé à reçu signification de l'arrêt du renvoi. Ce texte n'exige pas que le procès-verbal d'interrogatoire relate la date de la signification.,L'inscription sur la liste du jury établit, en faveur du juré inscrit, une présomption de capacité qui ne peut tomber que devant la preuve contraire.          En l'absence de toute réclamation de l'accusé ou de son défenseur lors du tirage au sort du jury de jugement, il y a présomption légale qu'un juré qualifié d'"Agent Régie" a été légalement inscrit sur la liste du jury quand il n'est pas démontré qu'il exerçait une des professions qui, aux termes de l'article 257 du Code de procédure pénale, l'aurait empêché de figurer sur ladite liste.,La présence de l'accusé dans la salle d'audience pendant la délibération n'est pas une cause de nullité.,La délibération commune de la Cour et du jury est essentiellement secrète. L'accusé ne peut donc se prévaloir d'un défaut de constatation des formalités prescrites par l'article 362 du Code de procédure pénale.
**Mots-clés:** 1) COUR D'ASSISES - Procédure antérieure aux débats - Interrogatoire par le président - Objet - Vérification de la signification de l'arrêt de renvoi - Constatations suffisante,* COUR D'ASSISES - Procédure antérieure aux débats - Interrogatoire par le président - Procès verbal - Mention de la date de la signification de l'arrêt de renvoi - Nécessité (non).,2) COUR D'ASSISES - Jury - Jurés - Capacité - Présomption - "Agent Régie",* COUR D'ASSISES - Jury - Jurés - Incompatibilité - Fonctionnaire ou préposé du service actif des Contributions indirectes - "Agent Régie" - Présomption de capacité.,3) COUR D'ASSISES - Débats -  Accusé - Présence dans la salle d'audience pendant la délibération - Nullité (non),4) COUR D'ASSISES - Délibération commune de la Cour et du jury - Secret - Caractère absolu