# Conseil d'État, Président de la section du Contentieux, 13/10/2003, 254418, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008189271
**Date de décision:** 2003-10-13
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** Président de la section du Contentieux
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008189271

## Contenu de la décision

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              Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 24 février 2003, présentée par Mme Sonia A épouse B, demeurant ... ; Mme A épouse B demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : <br>
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              1°) d'annuler le jugement du 23 janvier 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2003 du préfet d'Eure-et-Loir ordonnant sa reconduite à la frontière  ;<br>
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              2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté  ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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Après avoir entendu en séance publique :<br>
- les conclusions de M. Piveteau, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
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              Considérant que la circonstance que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Orléans ait indiqué que la requérante était titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée alors que Mme A épouse B était en réalité titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée résulte d'une erreur matérielle sans incidence sur la régularité du jugement ; <br>
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (....) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (....)  ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A épouse B, de nationalité vénézuélienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 22 octobre 2002, de la décision du 14 octobre 2002 du préfet d'Eure-et-Loir lui refusant le renouvellement de son titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article 15 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 : Sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit 1° A l'étranger marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé (...) ; qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle le préfet d'Eure-et-Loir a refusé la délivrance de la carte de résident à la requérante, cette dernière était séparée de son époux de nationalité française ; que, par suite, Mme A épouse B n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de séjour serait contraire aux dispositions précitées ;<br>
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              Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme A épouse B fait valoir qu'elle vit maritalement, depuis le 1er juillet 2002, avec une personne de nationalité française dont elle attend un enfant, qu'elle dispose d'une promesse d'embauche à durée indéterminée et que son retour au Venezuela s'avère difficile en raison du contexte économique et social dans ce pays, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment du caractère récent de la vie privée et familiale de Mme A épouse B en France et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, en prenant l'arrêté attaqué, le préfet d'Eure-et-Loir n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A épouse B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2003 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a ordonné sa reconduite à la frontière ;<br>
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D E C I D E :<br>
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 Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.<br>
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Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Sonia A épouse B, au préfet d'Eure-et-Loir et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**