# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 2 juin 2004, 262732, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008166581
**Date de décision:** 2004-06-02
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008166581

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 15 décembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Godlieb X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 21 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 octobre 2003 par lequel le préfet du Val-de-Marne a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                  3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;	
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 	
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative   ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  :
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                 Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité camerounaise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 17 mars 2003, de la décision du préfet du Val-de-Marne du 11 mars 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée 
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                Considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier que  M. X, est entré en France le 5 octobre 1997 et qu'il y avait déjà résidé entre 1961 et 1982, que son frère et sa mère sont de nationalité française, qu'il est le seul à pouvoir se consacrer aux soins indispensables à sa mère, que les médecins certifient que son état nécessite la présence régulière d'un tiers, qu'il vit à ses côtés et que son départ obligerait sa mère à se faire hospitaliser dès lors que son frère a un travail et une vie familiale qui ne lui permettent pas d'être aussi disponible  ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait conservé des attaches familiales dans son pays d'origine  ; qu'ainsi  ; et compte tenu à l'ensemble des circonstances particulières de l'espèce, l'arrêté en date du 8 octobre 2003 par lequel le préfet du Val-de-Marne a décidé sa reconduite à la frontière a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il a, par suite, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué,  le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande  ; 
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                Sur les conclusions à fin de régularisation de la situation administrative de l'intéressée  :
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                 Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice  administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne  de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un  service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la  juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même  décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution   ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du même code  : lorsque sa décision  implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un  organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à  nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction,  saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision  juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai  déterminé  ; qu'aux termes de l'article L. 911-3 du même code  : Saisie de  conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision,  l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2  d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent  livre et dont elle fixe la date d'effet  ; que le III de l'article 22 bis  de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dispose que  : Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé,  l'étranger est muni d'une  autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau  statué sur son cas  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au  préfet du Val-de-Marne de délivrer à M. X une autorisation provisoire de séjour et de se prononcer sur la situation de l'intéressé dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision  ;
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D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 21 octobre 2003 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Melun et l'arrêté du préfet du Val-de-Marne en date du 8 octobre 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X sont annulés.
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Article 2  : Le préfet délivrera à M. X une autorisation provisoire de séjour. Il statuera ensuite sur la situation de l'intéressé dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision.
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Article 3  : La présente décision sera notifiée à M. Godlieb X, au préfet du Val-de-Marne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**