# CAA de PARIS, 9ème Chambre, 28/05/2015, 14PA04093, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030664944
**Date de décision:** 2015-05-28
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 9ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030664944

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 27 septembre 2014, présentée pour Mme D...E..., demeurant..., par Me Partouche-Kohana ; Mme E... demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 1315760 du 19 mai 2014 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 octobre 2013 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant son pays de destination ;<br>
<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ces décisions ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 à verser à Me Partouche-Kohana, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
<br>
       Elle soutient que :<br>
<br>
       - la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée, au sens des dispositions de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979 ;<br>
<br>
       - le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;<br>
<br>
       - le préfet de police a méconnu les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       - le préfet de police a méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
<br>
       - la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;<br>
<br>
       - elle est insuffisamment motivée ;<br>
<br>
       - cette décision est illégale par exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;<br>
<br>
       - elle méconnait les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile<br>
<br>
       - elle méconnait les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
<br>
       - la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;<br>
<br>
       - cette décision est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
<br>
       - la décision fixant le pays de destination est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
<br>
       Vu le jugement et les décisions attaqués ; <br>
<br>
       Vu la décision du 17 juillet 2014 du bureau d'aide juridictionnelle, admettant Mme E... au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
<br>
       Vu les pièces dont il résulte que la requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas présenté de mémoire en défense ; <br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ; <br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 13 mai 2015 :<br>
<br>
       - le rapport de Mme Versol, premier conseiller,<br>
<br>
       - et les observations de Me Partouche-Kohana, avocat de Mme E... ;<br>
<br>
       1. Considérant que MmeE..., ressortissante de la République démocratique du Congo, relève appel du jugement du 19 mai 2014 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 10 octobre 2013 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de destination ;<br>
<br>
       Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
<br>
       2. Considérant qu'il ressort des termes du jugement attaqué que les premiers juges, qui ne sont pas tenus de répondre à l'ensemble des arguments présentés à l'appui des moyens soulevés devant eux, ont suffisamment motivé leur réponse aux moyens de la requête présentée par Mme E... ; que, par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement attaqué ne peut qu'être écarté ;<br>
<br>
Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
<br>
       En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation appelant une réponse commune :<br>
<br>
       3. Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979 : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de la décision " ; que l'arrêté contesté, qui vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 511-1, précise que Mme E..., qui a déclaré être entrée en France le 17 avril 2006 à l'âge de dix sept ans, est célibataire et sans charge de famille ; qu'il précise que la circonstance que le père de Mme E... se trouve en situation régulière sur le territoire français ne confère aucun droit au séjour à l'intéressée, qu'elle n'est pas démunie d'attaches familiales à l'étranger où réside sa mère et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; que cet arrêté mentionne également que l'intéressée n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine où dans son pays de résidence habituelle ; que l'arrêté contesté comporte ainsi l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui fondent la décision portant refus de titre de séjour, celle portant obligation de quitter le territoire français, qui n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte, ainsi que celle fixant le pays de destination ; qu'il doit être regardé comme suffisamment motivé, alors même que toutes les indications relatives à la situation privée et familiale de Mme E... n'y sont pas mentionnées ; que, dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation desdites décisions doit être écarté comme manquant en fait ;<br>
<br>
       En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :<br>
<br>
       4. Considérant, en premier lieu, que lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si le demandeur peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux ; que Mme E...ne peut utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre du refus opposé à sa demande de titre de séjour dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait sollicité l'examen de sa situation sur le fondement desdites dispositions ;<br>
<br>
       5. Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République " ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
<br>
       6. Considérant que Mme E...fait valoir qu'entrée en France en 2006, à l'âge de dix-sept ans, elle y réside auprès de son père, M. A...F..., ressortissant angolais titulaire depuis 1992 d'un titre de séjour en qualité de réfugié, et de son frère ; que, toutefois, la requérante, qui ne justifie sa présence en France qu'à compter du 16 juillet 2007, date de dépôt d'une demande d'admission au bénéfice de l'asile auprès de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, n'établit pas, par les pièces versées au dossier, ses liens de filiation alléguée avec M. F... ; que, célibataire et sans charge de famille sur le territoire, elle ne démontre pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, où réside sa mère et où elle a vécu au moins jusqu'à l'âge de dix-sept ans ; que, dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté au droit de Mme E... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que, dès lors, cette décision n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       7. Considérant, en troisième lieu, que, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point ci-dessus, Mme E...n'est pas fondée à soutenir que la décision portant refus de séjour serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
<br>
       En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
<br>
       8. Considérant, en premier lieu, que par arrêté n° 2013-00937 du 28 août 2013, publié au bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 3 septembre 2013, le préfet de police a donné délégation de signature à M. B...C..., adjoint au chef du 9ème bureau de la direction de la police générale, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions en cas d'absence ou d'empêchement de l'autorité administrative supérieure ; que, par suite, M.C..., signataire de l'arrêté contesté, était autorisé à signer la décision de refus d'admission au séjour ainsi que celle portant obligation de quitter le territoire français qui l'assortit ; que, dès lors le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ladite décision contestée doit être écarté comme manquant en fait ;<br>
<br>
       9. Considérant, en deuxième lieu, que les moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par Mme E... à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écartée par voie de conséquence ; <br>
<br>
       10. Considérant, en troisième lieu, que, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 6 ci-dessus, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'en outre, elle ne peut utilement se prévaloir des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni de celles de l'article L. 313-14 du même code à l'encontre de la décision contestée ;<br>
<br>
       11. Considérant, en quatrième lieu, qu'aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : (...) / 10° L'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle appréciée par l'autorité administrative après avis du directeur général de l'agence régionale de santé ( ...) " ; que, pour soutenir que ces dispositions ont été méconnues, Mme E... ne peut utilement se prévaloir de ce qu'elle n'a fait l'objet d'aucune arrestation ni d'aucun dépôt de plainte à son encontre ; <br>
<br>
       12. Considérant, en dernier lieu, que, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 ci-dessus, Mme E...n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
<br>
       En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :<br>
<br>
       13. Considérant que les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par Mme E... à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écartée par voie de conséquence  <br>
<br>
       14. Considérant que Mme E... n'assortit le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation d'aucune précision permettant à la Cour d'en apprécier le bien-fondé ; que ce moyen ne peut, par suite, qu'être écarté ;<br>
<br>
       15. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme E... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
<br>
<br>
Article 1er : La requête de Mme E...est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme D... E...et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de police.<br>
<br>
<br>
<br>
Délibéré après l'audience du 13 mai 2015, à laquelle siégeaient :<br>
<br>
- M. Dalle, président,<br>
- Mme Notarianni, premier conseiller,<br>
- Mme Versol, premier conseiller,<br>
<br>
Lu en audience publique, le 28 mai 2015<br>
<br>
<br>
<br>
Le rapporteur,<br>
F. VERSOL Le président,<br>
D. DALLE <br>
Le greffier,<br>
C. BUOT<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
2<br>
N° 14PA04093<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.