# Cour administrative d'appel de Bordeaux, 6ème chambre (formation à 3), du 25 juillet 2006, 04BX01891, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007514687
**Date de décision:** 2006-07-25
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Bordeaux
**Formation:** 6EME CHAMBRE (FORMATION A 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007514687

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée au greffe de la cour le 19 novembre 2004, présentée pour M. Gérard X, demeurant ..., par Me Coudray, avocat  ;
<br>
<br>
     
        M. X demande à la cour  :
<br>
<br>
     
        - d'annuler le jugement du 23 septembre 2004 par lequel le tribunal administratif de Basse-Terre a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du préfet de la région Guadeloupe, en date du 1er février 2001, lui refusant le bénéfice de l'indemnité d'éloignement, et à la condamnation de l'Etat à lui verser ladite indemnité avec les intérêts de droit  ;
<br>
<br>
     
        - d'annuler la décision précitée du 1er février 2001 et de condamner l'Etat à lui verser le montant de l'indemnité d'éloignement, avec les intérêts au taux légal à compter du 13 décembre 1999 et capitalisation des intérêts  ;
<br>
<br>
     
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
<br>
             Vu les autres pièces du dossier  ; 
<br>
<br>
     
        Vu le décret n° 53-1266 du 22 décembre 1953 portant aménagement du régime de rémunération des fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements d'Outre-mer  ; 
<br>
<br>
     
        Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
     
        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
<br>
<br>
     
        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 27 juin 2006  :
<br>
<br>
     
        - le rapport de Mme Roca  ;
<br>
     
        - et les conclusions de M. Valeins, commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
     
        Considérant que M. X, originaire du département de la Martinique, a été recruté en métropole en 1976 en qualité d'élève gardien de la paix, puis titularisé à compter du 1er mars 1978 et affecté dans la région parisienne  ; qu'à compter du 1er septembre 1994 il a été muté dans le département de la Guadeloupe  ; qu'il a demandé à bénéficier de l'indemnité d'éloignement à la suite de cette mutation et s'est vu opposer le 1er février 2001 une décision de refus par le préfet de la région Guadeloupe  ; que M. X interjette appel du jugement du 23 septembre 2004 par lequel le tribunal administratif de Basse-Terre a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision de refus et a rejeté, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction  ;
<br>
<br>
<br>
     
        Sur la régularité du jugement attaqué  :
<br>
<br>
     
        Considérant qu'aux termes de l'article R. 741-2 du code de justice administrative  : « La décision mentionne que l'audience a été publique. Elle contient le nom des parties, l'analyse des conclusions et mémoires ainsi que les visas des dispositions législatives ou réglementaires dont elle fait application. Mention y est faite que le rapporteur et le commissaire du gouvernement et s'il y a lieu, les parties , leurs mandataires ou défenseurs ainsi que toute personne entendue sur décision du président en vertu du deuxième alinéa de l'article R. 731-3 ont été entendus. La décision fait apparaître la date de l'audience et la date à laquelle elle a été prononcée »  ; que, contrairement à ce que prétend le requérant, le jugement attaqué répond aux exigences de cet article  ;
<br>
<br>
<br>
     
        Au fond  :
<br>
<br>
     
        Considérant qu'aux termes de l'article 2 du décret n° 53-1266 du 22 décembre 1953 alors en vigueur  : « Les fonctionnaires de l'Etat qui recevront une affectation dans l'un des départements de la Guadeloupe, de la Guyane française, de la Martinique ou de la Réunion, à la suite de leur entrée dans l'administration, d'une promotion ou d'une mutation et dont le précédent domicile était distant de plus de 3 000 km du lieu d'exercice de leurs nouvelles fonctions, percevront, s'ils accomplissent une durée minimum de services de quatre années consécutives, une indemnité dénommée « indemnité d'éloignement des départements d'outre-mer » non renouvelable »  ; que selon l'article 6 du même décret  : «  Les fonctionnaires de l'Etat domiciliés dans un département d'outre-mer, qui recevront une affectation en France métropolitaine à la suite de leur entrée dans l'administration, d'une promotion ou d'une mutation, percevront, s'ils accomplissent une durée minimum de services de quatre années consécutives en métropole, une indemnité d'éloignement non renouvelable »  : qu'enfin aux termes de l'article 7 du même décret  : «  Dans le cas ou un même fonctionnaire de l'Etat serait amené à bénéficier de l'indemnité d'éloignement successivement dans les conditions fixées par les articles 2,3 ou 6 ci-dessus, il ne pourra, en toute hypothèse, percevoir plus de trois des versements fractionnés prévus pour le paiement de ladite indemnité »  ; qu'il résulte de ces dispositions combinées que, si un fonctionnaire peut, au cours de sa carrière, être appelé à percevoir plusieurs fois l'indemnité d'éloignement, c'est à la condition que les séjours administratifs qui y donnent droit n'aient pas un caractère immédiatement successif, c'est à dire qu'ils soient séparés par une période durant laquelle le fonctionnaire a, soit été affecté en un lieu qui, compte tenu de son domicile, n'était pas de nature à lui ouvrir droit à ladite indemnité, soit reçu une affectation en un autre lieu, à la condition qu'il n'ait pas perçu l'indemnité d'éloignement au titre de ce séjour  ;
<br>
<br>
     
        Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X a perçu, après son affectation en métropole, les trois fractions de l'indemnité d'éloignement qui lui était due sur le fondement des dispositions de l'article 6 du décret du 22 décembre 1953  ; que son séjour à la Guadeloupe a immédiatement succédé à celui effectué en métropole qui lui avait ouvert droit à cette indemnité  ; qu'ainsi, et quel que soit le centre de ses intérêts matériels et moraux à la date de sa mutation à la Guadeloupe, les dispositions précitées font obstacle à ce que M. X puisse prétendre à nouveau au bénéfice de l'indemnité d'éloignement à l'occasion de cette mutation  ;
<br>
<br>
     
        Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Basse-Terre a rejeté l'ensemble de ses conclusions  ;
<br>
<br>
<br>
     
        Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative  :
<br>
<br>
     
        Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante à l'instance, verse à M. X une somme au titre des frais qu'il a exposés, non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
     
        DECIDE
<br>
<br>
<br>
     
Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
<br>
<br>
<br>
     
3
<br>
     
No 04BX01891
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**