# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 9 février 1971, 70-91.315, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007059425
**Date de décision:** 1971-02-09
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007059425

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI FORME PAR X... (FRANCOIS), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE CAEN EN DATE DU 14 MAI 1970, QUI L'A CONDAMNE A 1 500 FRANCS D'AMENDE AINSI QU'A DES REPARATIONS CIVILES POUR ENTRAVE A LA LIBRE DESIGNATION DES MEMBRES DU COMITE D'ENTREPRISE ET AU FONCTIONNEMENT REGULIER DE CET ORGANISME ET POUR ATTEINTE A LA LIBRE DESIGNATION ET A L'EXERCICE REGULIER DES FONCTIONS DES DELEGUES DU PERSONNEL LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE ;<br>
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 SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1, 16, 18 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946 MODIFIEE PAR L'ORDONNANCE DU 17 JANVIER 1959, 13, 22, 24 DE L'ORDONNANCE DU 21 FEVRIER 1945, MODIFIEE PAR LA LOI DU 18 JUIN 1966, 1382 DU CODE CIVIL, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DIT QU'IL N'Y A PAS LIEU DE SURSEOIR A STATUER JUSQU'A CE QUE LA COUR AIT STATUE SUR LA DEMANDE EN RESILIATION DE CONTRAT DE TRAVAIL FORMEE PAR X... A L'ENCONTRE DE Y... ET DECLARE X... COUPABLE DES DELITS D'ENTRAVES QUI LUI ETAIENT REPROCHES, AU MOTIF QUE LA DECISION DEFINITIVE QUI ANNULA LA DECISION DE MISE A PIED ET EN SUPPRIME LES EFFETS EST LA DECISION DE L'INSPECTEUR DU TRAVAIL ET NON LA DECISION JUDICIAIRE SUSCEPTIBLE D'INTERVENIR SUR LA DEMANDE DE L'EMPLOYEUR EN RESILIATION DU CONTRAT DE TRAVAIL ET QU'AINSI, LA DECISION QUE POURRA RENDRE LA COUR D'APPEL SUR LA DEMANDE EN RESILIATION DE CONTRAT DE TRAVAIL FORMEE PAR X... NE PEUT AVOIR AUCUNE INFLUENCE SUR LE JUGEMENT DE LA PRESENTE ACTION PUBLIQUE ;<br>
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ALORS QUE LES ARTICLES 22 DE L'ORDONNANCE DU 22 FEVRIER 1945 ET 16 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946, QUI DECIDENT QUE LA MISE A PIED D'UN MEMBRE DU COMITE D'ENTREPRISE OU D'UN DELEGUE DU PERSONNEL EST TEMPORAIRE ET NE PEUT DURER QUE JUSQU'A LA DECISION DEFINITIVE, NE PRECISE NULLEMENT QUE CETTE DECISION SOIT CELLE DE L'INSPECTEUR DU TRAVAIL, QU'IL NE SAURAIT D'AILLEURS EN ETRE AINSI ALORS QU'UNE TELLE DECISION EST SUSCEPTIBLE D'ETRE ANNULEE PAR LE MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES STATUANT SUR RECOURS HIERARCHIQUE OU DE DEVENIR CADUQUE A LA SUITE D'UNE INSTANCE PRUD'HOMALE ABOUTISSANT A LA RESOLUTION JUDICIAIRE DU CONTRAT DE TRAVAIL ;<br>
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 ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QU'AYANT EN TANT QUE CHEF D'ENTREPRISE PRONONCE LA MISE A PIED DE L'OUVRIER Y..., QUI ETAIT A LA FOI DELEGUE DU PERSONNEL ET MEMBRE DU COMITE D'ENTREPRISE, X... S'EST OPPOSE A LA REINTEGRATION DE CE SALARIE APRES QUE L'INSPECTEUR DU TRAVAIL EUT REFUSE D'AUTORISER SON LICENCIEMENT ;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS, C'EST A BON DROIT QUE LES JUGES ONT DECLARE LE PREVENU COUPABLE DES DEUX DELITS RESPECTIVEMENT PREVUS PAR LES ARTICLES 24 DE L'ORDONNANCE DU 22 FEVRIER 1945 ET 18 DE LA LOI DU 16 AVRIL 1946, SANS S'ARRETER AUX CONCLUSIONS PAR LESQUELLES X... DEMANDAIT QU'IL FUT SURSIS A STATUER JUSQU'A LA DECISION DEFINITIVE DE LA JURIDICTION PRUD'HOMALE SUR L'ACTION QU'IL AVAIT ENGAGEE DEVANT ELLE EN VUE DE LA RESOLUTION JUDICIAIRE DU CONTRAT DE TRAVAIL ;<br>
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QU'EN EFFET, AUX TERMES DES DEUX ARTICLES PRECITES, L'INFRACTION REPRIMEE PAR CHACUN D'EUX EST CONSTITUEE NOTAMMENT PAR LA MECONNAISSANCE DES TEXTES REGLEMENTAIRES PRIS POUR L'APPLICATION RESPECTIVE DE L'ARTICLE 22 DE LA MEME ORDONNANCE ET DE L'ARTICLE 16 DE LA MEME LOI ;<br>
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 QUE LE DECRET N° 59-99 DU 7 JANVIER 1959, QUI A ETE PRIS PRECISEMENT POUR L'APPLICATION DE CES DEUX DERNIERS ARTICLES, DISPOSE EN SON ARTICLE 6 QUE LA MISE A PIED D'UN DELEGUE DU PERSONNEL OU D'UN MEMBRE DU COMITE D'ENTREPRISE EST PRIVEE DE TOUT EFFET SI LE LICENCIEMENT EST REFUSE PAR L'INSPECTEUR DU TRAVAIL ;<br>
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 QUE CE TEXTE NE PREVOYANT AUCUNE EXCEPTION A LA REGLE QU'IL EDICTE, IL S'ENSUIT QUE LE DELIT EST CONSOMME DANS CE CAS PAR LE REFUS DE REINTEGRATION, LORS MEME QUE L'EMPLOYEUR A SAISI LA JURIDICTION PRUD'HOMALE ;<br>
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 QUE D'AILLEURS, LA DEMANDE TENDANT A LA RESOLUTION JUDICIAIRE DU CONTRAT DE TRAVAIL N'AYANT PAS LE MEME OBJET QUE LA DEMANDE D'AUTORISATION DE LICENCIEMENT PRECEDEMMENT REJETEE PAR L'INSPECTEUR DU TRAVAIL, L'EXERCICE D'UNE TELLE ACTION EN JUSTICE NE SAURAIT SUSPENDRE L'EFFET DE CETTE DERNIERE DECISION ;<br>
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 QUE LE MOYEN DOIT DONC ETRE ECARTE ;<br>
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 ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME, REJETTE LE POURVOI<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1961-05-26 Bulletin Criminel 1961 N. 273 p.522 (REJET) et l'arrêt cité . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1968-07-03 Bulletin Criminel 1968 N. 216 p.517 (CASSATION)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (2),Décret 59-99 1959-01-07 ART. 6,LOI 46-730 1946-04-16 ART. 18,Ordonnance  1945-02-22 ART. 24
**ECLI:** 
**Résumé:** Voir le sommaire suivant.,Aux termes de l'article 6 du décret du 7 janvier 1959, la mise à pied d'un membre du comité d'entreprise ou d'un délégué du personnel est privée de tout effet si le licenciement est refusé par l'inspecteur du travail.          Les délits respectivement prévus par les articles 24 de l'ordonnance du 22 février 1945 et 18 de la loi du 16 avril 1946 sont dès lors constitués par le refus de l'employeur de réintégrer l'intéressé dans son emploi. Il en ainsi, même au cas où l'employeur a saisi la juridiction prud'homale d'une action tendant à la résolution du contrat de travail, l'exercice d'une telle action judiciaire n'étant pas de nature à suspendre l'effet de la décision de l'inspecteur du travail (1).
**Mots-clés:** 1) TRAVAIL - Comité d'entreprise - Entrave à son fonctionnement - Membre - Mise à pied - Refus du licenciement par l'inspecteur du travail - Action judiciaire en résolution du contrat de travail - Caractère suspensif (non) - Opposition de l'employeur à la réintégration.,2) TRAVAIL - Délégués du personnel - Atteinte à l'exercice régulier de leurs fonctions - Mise à pied - Refus du licenciement par l'inspecteur du travail - Action judiciaire en résolution du contrat de travail - Caractère suspensif (non) - Opposition de l'employeur à la réintégration.