# CAA de PARIS, 6ème chambre, 13/03/2025, 23PA03501, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000051328608
**Date de décision:** 2025-03-13
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 6ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000051328608

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Melun d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office à l'expiration de ce délai.<br>
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       Par un jugement n° 2202469 du 2 juin 2023, le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête et des pièces, enregistrées les 1er et 29 août 2023, M. A..., représenté par Me Abdennour, demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       - le jugement attaqué est insuffisamment motivé au regard des exigences découlant des dispositions de l'article L. 9 du code de justice administrative ;<br>
       - l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;<br>
       - la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa demande présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions de cet article L. 423-23 ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;<br>
       - elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La requête de M. A... a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire.<br>
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       Par une ordonnance du 23 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 février 2025 à 12h00.<br>
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       Par une décision du 4 juillet 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris, M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. d'Haëm, président-rapporteur.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. A..., ressortissant haïtien, né le 11 juillet 1994 et entré en France le 22 mai 2017, a sollicité, le 10 novembre 2021, la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 31 janvier 2022, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A... fait appel du jugement du 2 juin 2023 par lequel le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       2. Il ressort des pièces du dossier, notamment de celles versées en appel par le requérant, et il n'est pas contesté en défense, la préfète du Val-de-Marne n'ayant pas produit d'observations, que M. A... a sollicité le 10 novembre 2021 auprès des services de la préfecture, en remettant notamment un courrier de son conseil daté du même jour, la délivrance d'un titre de séjour, à titre principal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à raison des liens personnels et familiaux dont il peut se prévaloir sur le territoire, et, à titre subsidiaire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du même code, ce courrier du 10 novembre 2021 figurant dans son dossier administratif de la préfecture. Toutefois, l'arrêté contesté du 31 janvier 2022 ne vise pas l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'examine la demande de titre de séjour présenté par l'intéressé qu'au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du même code et qu'au seul vu de la durée de son séjour en France et de ses éléments tenant à une insertion éventuelle au titre du travail. Dans ces conditions, M. A... est fondé à soutenir que la préfète du Val-de-Marne a entaché sa décision portant refus de titre de séjour d'un défaut d'examen particulier de sa demande et a, par suite, commis une erreur de droit. Dès lors, le requérant est fondé à demander, pour ce motif, l'annulation de cette décision et, par voie de conséquence, de celles l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination qui l'assortissent.<br>
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       3. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de régularité et de légalité de la requête, que M. A... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tenant à l'annulation de l'arrêté du 31 janvier 2022 de la préfète du Val-de-Marne.<br>
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       Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :<br>
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       4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution (...) ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé (...) ".<br>
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       5. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 2, le présent arrêt n'implique pas nécessairement que soit délivré à M. A... un titre de séjour. En revanche, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.<br>
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       Sur les frais liés à l'instance :<br>
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       6. M. A... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Son avocate peut ainsi se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Abdennour, avocate de M. A..., de la somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
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       DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement n° 2202469 du 2 juin 2023 du tribunal administratif de Melun et l'arrêté du 31 janvier 2022 de la préfète du Val-de-Marne sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.<br>
Article 3 : L'Etat versera à Me Abdennour, avocate de M. A..., la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.<br>
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A..., au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à la préfète du Val-de-Marne.<br>
Délibéré après l'audience du 6 mars 2025, à laquelle siégeaient :<br>
- M. d'Haëm, président,<br>
- M. Pagès, premier conseiller,<br>
- Mme Saint-Macary, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2025.<br>
Le président-rapporteur,<br>
R. d'HAËML'assesseur le plus ancien,<br>
D. PAGESLa greffière,<br>
A. LOUNIS<br>
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 23PA03501<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**