# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 27 avril 1970, 68-13.690, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982310
**Date de décision:** 1970-04-27
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982310

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SES DEUX BRANCHES;<br>
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ATTENDU QUE SELON LES ENONCIATIONS DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE (ROUEN, 30 AVRIL 1968) LE DEORE, INSCRIT MARITIME AU QUARTIER D'ETEL (MORBIHAN), AVAIT, DEPUIS 1957, LA QUALITE DE "MARIN STABILISE" A LA COMPAGNIE MARITIME DES CHARGEURS REUNIS DANS LA FONCTION DE MATELOT;<br>
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 QU'IL A RECU DE SA COMPAGNIE, LE 1ER AVRIL 1963, UN TELEGRAMME LUI DONNANT L'ORDRE DE SE TROUVER AU HAVRE LE 4 AU MATIN POUR EMBARQUEMENT;<br>
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 QUE LE 3 AVRIL IL A QUITTE SON DOMICILE SIS A ERDEVEN (MORBIHAN) POUR SE RENDRE A LA GARE LA PLUS PROCHE, CELLE D'AURAY, AFIN DE GAGNER LE HAVRE;<br>
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 QU'EN GARE D'AURAY IL A GLISSE DU MARCHEPIED D'UN WAGON ET A FAIT UNE CHUTE TELLE QU'HOSPITALISE D'URGENCE IL A DU ETRE AMPUTE DU PIED GAUCHE;<br>
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QU'APRES SON DECES, LE 2 DECEMBRE 1964, SANS RAPPORT AVEC L'ACCIDENT, DAME X..., N'AYANT PAS OBTENU A L'AMIABLE DES CHARGEURS REUNIS LE PAIEMENT DES PRESTATIONS DUES A SON MARI EN APPLICATION DE L'ARTICLE 83 DU CODE DU TRAVAIL MARITIME, S'EST ADRESSEE A L'ETABLISSEMENT NATIONAL DES INVALIDES DE LA MARINE (ENIM) QUI, TOUT EN RECONNAISSANT A L'ACCIDENT LITIGIEUX LE CARACTERE D'UN ACCIDENT DE TRAJET, A REFUSE DE VERSER LES PRESTATIONS LUI INCOMBANT AVANT QUE LES CHARGEURS REUNIS N'AIENT ACQUITTE LES QUATRE MOIS DE SOLDE DUS PAR L'ARMATEUR, ET QUE LA COMMISSION DE PREMIERE INSTANCE DE LA SECURITE SOCIALE, LE 3 DECEMBRE 1965, A SURSIS A L'EXAMEN DE LA DEMANDE DE VEUVE LE DEORE CONTRE L'ENIM JUSQU'A DECISION SUR SA RECLAMATION FAITE AUX CHARGEURS REUNIS;<br>
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QUE STATUANT SUR CETTE DERNIERE ACTION L'ARRET DEFERE A CONDAMNE LES CHARGEURS REUNIS A VERSER A DAME X... LA SOMME DE 6280,69 FRANCS;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE D'EN AVOIR AINSI DECIDE ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, LES DISPOSITIONS QUI ONT PREVU L'INDEMNISATION DES ACCIDENTS DE TRAJET N'ONT PAS MODIFIE LES OBLIGATIONS DE L'ARMATEUR ET SE TROUVENT INSCRITES DANS UN TEXTE QUI DEFINIT ESSENTIELLEMENT LES OBLIGATIONS DE LA CAISSE GENERALE DE PREVOYANCE, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE S'IL EST VRAI QUE L'ACCIDENT S'EST PRODUIT AU MOMENT OU LE DEORE AVAIT RECU L'ORDRE DE REJOINDRE LE NAVIRE, IL S'EST PRODUIT, LE DEORE FUT-IL UN MARIN STABILISE, DANS DES CIRCONSTANCES DE LIEU ET DE TEMPS QUI NE POUVAIENT A AUCUN TITRE COMPORTER L'INTERVENTION DE L'ARMATEUR SOUS LA SUBORDINATION DUQUEL DES LORS, IL NE SE TROUVAIT PAS;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE L'ARRET DECIDE A BON DROIT QU'IL RESULTE DE LA COMBINAISON DES ARTICLES 79 DU CODE DU TRAVAIL MARITIME ET DE L'ARTICLE 9 DU DECRET DU 17 JUIN 1938, COMPLETE PAR L'ARTICLE 18 DE LA LOI DU 22 SEPTEMBRE 1948, UNE ASSIMILATION A L'ACCIDENT PROFESSIONNEL DE L'ACCIDENT SURVENU AU MARIN PENDANT LE TRAJET DU LIEU DE SON DOMICILE A CELUI DE SON TRAVAIL, ET ETEND, EN CONSEQUENCE, A CES ACCIDENTS LA GARANTIE DE L'ARMATEUR TELLE QU'ELLE EST FIXEE PAR L'ARTICLE 79 DU CODE DU TRAVAIL MARITIME;<br>
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 QU'IL CONSTATE QU'AU MOMENT DE L'ACCIDENT LE DEORE ETAIT AU SERVICE PERMANENT DES CHARGEURS REUNIS, QU'IL AVAIT ETE RAPPELE DE TOUTE URGENCE PAR UN TELEGRAMME IMPERATIF FIXANT UNE DATE PRECISE POUR SON ARRIVEE QU'IL A EMPLOYE LE MOYEN DE TRANSPORT LE PLUS CLASSIQUE, C'EST-A-DIRE LA VOIE DE FER, EN PRENANT LE TRAIN A LA GARE LA PLUS PROCHE;<br>
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 QUE, DES LORS, EN DECIDANT QUE DAME X... A DROIT AUX PRESTATIONS QU'ELLE RECLAME A L'ARMATEUR, LA COUR D'APPEL, LOIN DE VIOLER LES TEXTES SUSVISES, EN A FAIT AU CONTRAIRE UNE EXACTE APPLICATION, ET QUE LE MOYEN N'EST DONC PAS FONDE;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 30 AVRIL 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE ROUEN<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1965-06-08 Bulletin 1965 IV N. 429 p.358 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code du travail maritime 79,Décret  1938-06-17 ART. 9,LOI 1948-09-22
**ECLI:** 
**Résumé:** Il résulte de la combinaison des articles 79 du code de travail maritime et de l'article 9 du décret du 17 juin 1938 complété par l'article 18 de la loi du 22 septembre 1948 une assimilation à l'accident professionnel de l'accident survenu au marin pendant le trajet du lieu de son domicile à celui de son travail. La garantie de l'armateur telle qu'elle est fixée par ledit article 79 du code de travail maritime doit par suite être étendue à ces accidents.
**Mots-clés:** DROIT MARITIME - Marin - Accident de travail - Temps et lieu de travail - Accident de trajet - Garantie de l'armateur.,* SECURITE SOCIALE REGIMES SPECIAUX - Marin - Temps et lieu de travail - Accident de trajet - Garantie de l'armateur.