# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 1ère  Chambre , 15/12/2011, 11NT01948, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025115673
**Date de décision:** 2011-12-15
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 1ère  Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025115673

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 juillet 2011, présentée pour M. Saïd X, demeurant ..., par Me Boezec, avocat au barreau de Nantes ; M. X demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1103008 en date du 15 juin 2011 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 février 2011 du préfet de la Loire-Atlantique portant rejet de sa demande de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation administrative, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 novembre 2011 :<br>
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       - le rapport de Mme Coiffet, premier conseiller ;<br>
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       - les conclusions de Mme Specht, rapporteur public ;<br>
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       - et les observations de Me Boezec, avocat de M. X ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique en date du 22 février 2011 :<br>
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       Considérant, en premier lieu, que la décision fixant le pays à destination duquel M. X, ressortissant marocain, pourrait être reconduit vise les articles L. 511-1, I et L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique, conformément aux dispositions de l'article L. 513-2 du même code, qu'il pourra être reconduit d'office à destination du pays dont il a la nationalité et précise, enfin, que l'intéressé n'établit pas être exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants au Maroc ; qu'elle est, dès lors, régulièrement motivée au regard des exigences posées par la loi susvisée du 11 juillet 1979 ;<br>
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       Considérant, en deuxième lieu, que M. X, entré irrégulièrement en France en 2008, a épousé le 22 septembre 2010 une ressortissante française puis déposé, le 5 janvier 2011, une demande de titre de séjour sur le fondement du 4° et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 313-14 du même code ; qu'il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes de l'arrêté contesté, que le préfet de la Loire-Atlantique a, avant de prendre sa décision, procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant au regard de chacun des fondements visés dans sa demande ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet n'a pas examiné sa situation doit être écarté ;<br>
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       Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...)  ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, compte tenu du caractère récent de sa présence en France et de son mariage, et alors qu'il n'établit ni même n'allègue ne plus disposer d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans, M. X n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive en méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que s'il allègue également maîtriser la langue française, bénéficier d'une promesse d'embauche et être bien intégré, ces circonstances ne suffisent pas à établir que le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle ;<br>
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       Considérant, en quatrième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7 (...)  ;<br>
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       Considérant que la situation familiale et personnelle de M. X ne justifie pas son admission au séjour à titre exceptionnel ; que si le requérant se prévaut également d'une promesse d'embauche pour un emploi à durée indéterminée d'employé polyvalent dans un restaurant, cette circonstance n'est pas à elle seule constitutive d'un motif exceptionnel au sens de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant, en cinquième et dernier lieu, que si M. X fait également valoir que la réglementation de l'Union européenne protège les ressortissants étrangers conjoints de ressortissants de l'Union et qu'un certain nombre de directives et de règlements européens ont consacré le droit effectif pour les membres de l'Union de mener une vie familiale normale, ce moyen n'est pas assorti des précisions nécessaires permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que la présente décision qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. X n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions de l'intéressé tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation administrative et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, doivent être rejetées ;<br>
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Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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       DECIDE :<br>
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Article 1er :	La requête de M. X est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à M. Saïd X et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration. Une copie en sera transmise au préfet de la Loire-Atlantique.<br>
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N° 11NT01948 2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**