# CAA de NANCY, 3ème chambre - formation à 3, 07/05/2014, 13NC01577, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000029315436
**Date de décision:** 2014-05-07
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 3ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000029315436

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 13 août 2013, présentée pour M. B...C..., élisant domicile..., par Me A...;<br>
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       M. C...demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1301441 du 9 juillet 2013 par lequel le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Bas-Rhin du 8 février 2013 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, et subsidiairement, de réexaminer sa situation ; <br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 196 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Me A...en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;<br>
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       Il soutient que :<br>
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       - le refus de titre de séjour a été pris par une autorité incompétente ;<br>
       - le préfet a commis une erreur d'appréciation en lui refusant le titre de séjour qu'il sollicitait à raison de son état de santé ; <br>
       - le refus de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - il méconnaît également les stipulations de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français  doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;<br>
       - elle méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne que constitue le droit à une bonne administration et l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne obligeant le préfet à l'entendre préalablement à l'édiction de la mesure litigieuse ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les disposions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le jugement et l'arrêté attaqués ; <br>
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       Vu le mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2013, présenté par le préfet du Bas-Rhin, qui conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;<br>
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       Vu la décision du président du bureau d'aide juridictionnelle en date du 11 octobre 2013 admettant M. C...au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ; <br>
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       Vu la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; <br>
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       Vu la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 avril 2014 :<br>
       - le rapport de Mme Bonifacj, président ; <br>
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       1. Considérant que M.C..., ressortissant congolais, entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 30 novembre 2010, relève appel du jugement du tribunal administratif de Strasbourg en date du 9 juillet 2013 rejetant sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Bas-Rhin du 8 février 2013 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;<br>
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       Sur le refus de titre de séjour : <br>
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       2. Considérant, en premier lieu, qu'il ressort des pièces du dossier que M. Christian Riguet, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin a, par arrêté en date du 12 novembre 2012, régulièrement publié le même jour au recueil des actes des services de l'Etat dans le département du Bas-Rhin, reçu délégation du préfet de ce département à l'effet notamment de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département du Bas-Rhin au nombre desquelles figurent les décisions relatives aux ressortissants étrangers, ; que, dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision contestée manque en fait ;<br>
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       3. Considérant, en second lieu, que M. C...reprend en appel, sans apporter d'éléments nouveaux, les moyens tirés de ce que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en lui refusant un titre de séjour à raison de son état de santé et méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il y lieu de rejeter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges ;<br>
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       Sur l'obligation de quitter le territoire français : <br>
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       4. Considérant, en premier lieu, que le refus de titre de séjour n'étant pas entaché d'illégalité, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté ;<br>
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       5. Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment: / le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (...) " et qu'aux termes de l'article 51 de ladite charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en oeuvre le droit de l'Union (...) " ; que lorsqu'il fait obligation à un étranger de quitter le territoire français sur le fondement du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont issues de la transposition en droit interne de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, le préfet doit être regardé comme mettant en oeuvre le droit de l'Union européenne ; qu'il lui appartient, dès lors, d'en appliquer les principes généraux, qui incluent le droit à une bonne administration ; que, parmi les principes que sous-tend ce dernier, figure celui du droit de toute personne à être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; que selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne, ce droit se définit comme le droit de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief ; que ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales ; <br>
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       6. Considérant que M. C...qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour ne pouvait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, une mesure d'éloignement serait en principe prise à son encontre et qu'un délai de trente jours pourrait lui être laissé pour quitter le territoire ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité, en vain, un entretien, ni qu'il aurait été privé de la possibilité de faire valoir, auprès de l'administration, des informations susceptibles de conduire à l'octroi d'un titre de séjour et à la non prise d'une mesure d'éloignement ; que, dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union européenne ; <br>
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       Sur la décision fixant le pays de destination : <br>
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       7. Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " et qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (...) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " ; que M.C..., dont la demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 20 février 2012, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 28 décembre 2012, soutient qu'il ne peut retourner dans son pays d'origine en raison de l'aide qu'il a apporté à son père, opposant politique au pouvoir en place au Congo aujourd'hui décédé ; que, toutefois, ses allégations ne sont étayées par la production d'aucun document ou élément circonstancié venant à leur soutien ; que, dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté ;<br>
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       8. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner un sursis à statuer dans l'attente de la réponse de la Cour de justice de l'Union européenne à la question préjudicielle posée par le tribunal administratif de Melun portant sur les conditions d'application de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, que M. C...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement contesté, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 février 2013 par lequel le préfet du Bas-Rhin lui a refusé un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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       D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête présentée par M. C...est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D...et au ministre de l'intérieur. <br>
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       Copie du présent arrêt sera adressée pour information au préfet du Bas-Rhin.<br>
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N° 13NC01577<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.