# Cour administrative d'appel de Paris, 6ème Chambre, 14/04/2014, 13PA00083, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028885065
**Date de décision:** 2014-04-14
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 6ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028885065

## Contenu de la décision

Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 9 janvier et <br>
20 mars 2013, présentés pour la société d'exploitation du café de la Bûcherie, dont le siège est 41 rue de la Bûcherie à Paris (75005), par la SCP Masse-Dessen-Thouvenin-A... ; la société d'exploitation du café de la Bûcherie demande à la cour :<br>
      1°) d'annuler le jugement n°1116468/3-2 du 7 novembre 2012 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du <br>
29 juillet 2011 par laquelle le préfet de police lui a adressé, au titre de l'établissement " le café de la Bûcherie ", un avertissement en application des dispositions du 1 de l'article <br>
L. 3332-15 du code de la santé publique ; <br>
      2°) d'annuler cette décision ; <br>
      3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu le code de la santé publique ; <br>
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      Vu la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 ; <br>
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      Vu la loi n° 2000- 324 du 12 avril 2000 ; <br>
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      Vu le code de justice administrative ; <br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 31 mars 2014 :<br>
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      - le rapport de Mme Petit, premier conseiller, <br>
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      - les conclusions de M. Dewailly, rapporteur public,<br>
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      - et les observations de MeA..., de la SCP Masse-Dessen-Thouvenin-A..., pour la société d'exploitation du café de la Bûcherie ;<br>
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      1. Considérant qu'aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : <br>
" 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. Cette fermeture doit être précédée d'un avertissement qui peut, le cas échéant, s'y substituer, lorsque les faits susceptibles de justifier cette fermeture résultent d'une défaillance exceptionnelle de l'exploitant ou à laquelle il lui est aisé de remédier. [...] 5. Les mesures prises en application du présent article sont soumises aux dispositions de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ainsi qu'aux dispositions de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations. [...] " ;<br>
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      2. Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 24 de la loi du <br>
12 avril 2000 : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application des articles 1er et 2 de la loi du <br>
11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. L'autorité administrative n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre, leur caractère répétitif ou systématique. (...) " ; que ces dispositions n'imposaient pas à l'administration d'informer la société requérante, avant de lui infliger un avertissement, de son droit de se faire assister par un avocat ; que l'administration n'y est pas davantage tenue par les dispositions de l'article 6 de la loi du 31 décembre 1971, qui se bornent à énoncer que les avocats peuvent assister et représenter autrui devant les administrations publiques, sous réserve des dispositions législatives et réglementaires ;<br>
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      3. Considérant, en second lieu, que, selon l'article R. 3353-2 du code de la santé publique, " le fait pour les débitants de boissons de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe " ; qu'il ressort des pièces du dossier que les services de police ont dû intervenir, le 20 mars 2011, pour une rixe, débutée devant l'établissement le café de la Bûcherie, exploité par la société requérante, et au cours de laquelle une personne a été poussée dans la Seine ; que le rapport d'enquête des services de police, qui se fonde, notamment, sur les témoignages des protagonistes et d'un serveur, conclut que de l'alcool a été servi par l'établissement à des personnes manifestement ivres, en infraction avec le code de la santé publique ; que la matérialité de ces faits est suffisamment établie par ce rapport de police, les deux témoignages de clientes, rédigés seulement le 20 juillet 2011, dans des termes d'ailleurs strictement identiques, n'étant pas, à eux seuls, de nature à remettre en cause les faits qui y sont consignés ; qu'en admettant même que la main courante des services de police relative à une autre rixe ayant opposé, le 30 janvier 2011, le portier de l'établissement à un client ne suffise pas à établir que l'établissement aurait servi de l'alcool à ce client, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police aurait pris la même décision en en se fondant uniquement sur l'événement du 20 mars 2011 ; <br>
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      4. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la société d'exploitation du café la Bûcherie n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de la société d'exploitation du café de la Bûcherie est rejetée.<br>
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N° 13PA00083<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 49-05-04 Police. Polices spéciales. Police des débits de boissons.