# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 5 mars 1980, 78-40.467, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007005517
**Date de décision:** 1980-03-05
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007005517

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1134 DU CODE CIVIL, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, 455 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, DENATURATION DES NOTES DE SERVICE DE L'ELECTRICITE ET DU GAZ DE FRANCE DES 21 OCTOBRE 1966 ET 26 AOUT 1971, DEFAUT DE MOTIFS ET DE REPONSE A CONCLUSIONS, MANQUE DE BASE LEGALE :<br>
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   ATTENDU QUE JEAN-MICHEL X..., DEMARCHEUR PRINCIPAL AU SERVICE D'ELECTRICITE DE FRANCE (EDF), QUI AVAIT LANCE EN 1971 LA CAMPAGNE DU " TOUT ELECTRIQUE " ET QUI L'AVAIT ABANDONNEE EN 1974 EN RAISON DE LA POLITIQUE COMMERCIALE NOUVELLE DES ECONOMIES D'ENERGIE, FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR JUGE QU'UNE PRIME VERSEE PAR L'EMPLOYEUR PENDANT PLUSIEURS ANNEES, PUIS SUPPRIMEE PAR LUI, NE POUVAIT CONSTITUER UN COMPLEMENT ACQUIS DE SALAIRE ET QUE SA SUPPRESSION NE TENANT PAS A UNE MODIFICATION DES METHODES DE TRAVAIL, L'EMPLOYEUR AVAIT PU Y PROCEDER, AUX MOTIFS QUE CES PRIMES DONT LA VALEUR ETAIT FIXEE POUR UNE DUREE LIMITEE AVAIENT UN CARACTERE PRECAIRE, ALORS, D'UNE PART, QUE LA QUALIFICATION D'UN MODE DE REMUNERATION COMME COMPLEMENT DE SALAIRE, OU AVANTAGE GRATUIT ET PRECAIRE, DEPEND DE SES CARACTERISTIQUES JURIDIQUES, QUE LES PRIMES LITIGIEUSES CODIFIEES SUR LES BULLETINS DE SALAIRE COMME COMMISSIONS SUR VENTES D'" APPAREILS ELECTRIQUES ", REPONDANT AUX CARACTERISTIQUES DES COMMISSIONS, VERSEES DE FACON CONSTANTE DEPUIS 1971 A UNE CATEGORIE DE SALARIES, AVAIENT UN CARACTERE GENERAL, FIXE ET PERMANENT, EN SORTE QUE LES JUGES DU FOND NE POUVAIENT, SANS DENATURER LES ACTES LES PREVOYANT, LEUR DENIER LE CARACTERE DE COMPLEMENT DE SALAIRE AUX SEULS MOTIFS DE L'EVOLUTION DE LEUR MONTANT ET DE L'AFFIRMATION PAR L'EMPLOYEUR DE LEUR CARACTERE PRECAIRE, ALORS, D'AUTRE PART, QUE LA COUR D'APPEL NE POUVAIT AFFIRMER QUE LA SUPPRESSION DE CES PRIMES N'ETAIT PAS DUE A UNE MODIFICATION DES METHODES DE TRAVAIL, SANS REPONDRE AUX CONCLUSIONS DU SALARIE SOULIGNANT QUE LES AUTRES CENTRES D'EDF AVAIENT ADMIS QU'IL S'AGISSAIT D'UNE MODIFICATION DES METHODES DE TRAVAIL, ET ALORS QUE LES JUGES DU SECOND DEGRE ONT EUX-MEMES RECONNU QU'EN RAISON DE LA CRISE DE L'ENERGIE ET DU CHANGEMENT D'ORIENTATION COMMERCIALE QUI S'EN ETAIT SUIVI, LA PROMOTION DU " TOUT ELECTRIQUE " AVAIT CESSE, ET LA PRIME AVAIT ETE SUPPRIMEE ;<br>
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   MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DES ELEMENTS DU LITIGE ET DES CONSTATATIONS DES JUGES DU FOND QUE DES PRIMES FIXEES AU MAXIMUM A 120 FRANCS FURENT ATTRIBUEES AUX AGENTS DEMARCHEURS, A PARTIR DU 15 AVRIL 1971, " EN COMPLEMENT, ET POUR TENIR COMPTE DU DEVELOPPEMENT SOUHAITE ", DE LA REALISATION D'UNE INSTALLATION " TOUT ELECTRIQUE ", MAIS QU'ELLES FURENT REDUITES  DE  50 % A COMPTER DU 13 AVRIL 1974, AVANT D'ETRE TOTALEMENT SUPPRIMEES LE 31 DECEMBRE 1974 ; QUE, D'UNE PART, SI CES PRIMES CONSTITUAIENT UN COMPLEMENT DE SALAIRE, ELLES NE REPRESENTAIENT PAS UN ELEMENT STABLE ET CERTAIN DE REMUNERATION LEUR DONNANT LE CARACTERE D'UN DROIT ACQUIS ET IRREVERSIBLE, DEVANT ETRE MAINTENU MEME APRES LA DISPARITION DES CIRCONSTANCES ECONOMIQUES QUI AVAIENT MOTIVE LEUR CREATION, ET DU TRAVAIL QUI EN ETAIT LA CONTREPARTIE ; QUE, D'AUTRE PART, SI ELLES AVAIENT RECOMPENSE A L'ORIGINE UN TRAVAIL ET UN EFFORT SUPPLEMENTAIRE DES AGENTS DEMARCHEURS, DANS LA LIGNE ET L'INTERET DE LA POLITIQUE COMMERCIALE DE L'ENTREPRISE, LE CHANGEMENT D'ORIENTATION CONSECUTIF A LA CRISE DE L'ENERGIE NE JUSTIFIAIT PLUS LE MAINTIEN D'UN AVANTAGE PARTICULIER POUR LE DEVELOPPEMENT DE CE GENRE D'APPAREILS, CE QUI AURAIT ETE CONTRAIRE A LA NOUVELLE TENDANCE ; QU'AINSI LES JUGES DU FOND, QUI N'ETAIENT PAS TENUS DE SUIVRE LES PARTIES DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, ONT, NONOBSTANT DES MOTIFS SURABONDANTS, VOIRE ERRONES, DONNE UNE BASE LEGALE A LEUR DECISION ;<br>
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   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 9 DECEMBRE 1977 PAR LA COUR D'APPEL DE TOULOUSE.<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** Code civil 1134
**ECLI:** 
**Résumé:** La prime attribuée aux agents démarcheurs de l'EDF "en complément et pour tenir compte du développement souhaité" de la réalisation d'une installation "tout électrique" qui fut réduite de 50 % avant d'être totalement supprimée, si elle constituait un complément de salaire, ne représentait pas un élément stable et certain de rémunération lui donnant le caractère d'un droit acquis et irréversible devant être maintenu même après la disparition des circonstances économiques qui avaient motivé sa création et du travail qui en était la contrepartie alors, au contraire, que la ligne et l'intérêt de la politique commerciale de l'EDF, le changement d'orientation consécutif à la crise de l'énergie ne justifiait plus le maintien de cet avantage particulier destiné à l'origine à récompenser un travail et un effort supplémentaire des agents pour favoriser le développement d'appareils électriques, ce qui aurait été contraire à la nouvelle tendance.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Salaire - Primes - Prime de productivité - Prime de développement "tout électrique" de l'EDF - Attribution - Conditions - Prime dépendant de la conjoncture économique.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Modification - Modification imposée par l'employeur - Modification de la rémunération - Suppression de la prime de "développement tout électrique" de l'EDF - Modification imposée par la crise de l'énergie.,* ELECTRICITE - Electricité de France - Personnel - Salaire - Primes - Prime de "développement tout électrique" - Suppression imposée par la crise de l'énergie.