# CAA de LYON, 1ère chambre, 14/06/2022, 21LY03261, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000045952260
**Date de décision:** 2022-06-14
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000045952260

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler l'arrêté du 26 mars 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office.<br>
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       Par un jugement n° 2100781 du 24 juin 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2021, M. B..., représenté par Me Habiles, demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler ce jugement du 24 juin 2021 ;<br>
       2°) d'annuler cet arrêté du 26 mars 2021 ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;  <br>
       4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ; <br>
       - elle méconnaît l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 dès lors que le préfet du Puyde-Dôme ne l'a pas mis à même de présenter ses observations écrites ; <br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 313-14 du même code ;<br>
       - la décision fixant le pays de renvoi est insuffisamment motivée ; <br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. <br>
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       La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas produit de mémoire.<br>
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       Par une décision du 22 septembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. B... à l'aide juridictionnelle totale.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. François Bodin-Hullin, premier conseiller.<br>
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       Considérant ce qui suit :  <br>
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       1. M. B..., ressortissant de Bosnie, né le 13 décembre 1976, est entré en France en juin 2019. La demande d'asile qu'il a présentée a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mars 2020 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 12 novembre 2020. Par un arrêté du 26 mars 2021, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office. M. B... relève appel du jugement du 24 juin 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.<br>
       Sur la légalité des décisions en litige : <br>
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       2. M. B... réitère en appel ses moyens de première instance selon lesquels la décision d'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et méconnaît l'article 24 de la loi du 12 avril 2000, aujourd'hui codifié à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le jugement attaqué, dont il y a lieu d'adopter les motifs.<br>
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       3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale " et de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République (...). ". M. B... soutient qu'il est bien intégré en France depuis son arrivée en juin 2019, accompagné de son épouse, de nationalité croate, et de ses enfants nés en 2009, 2010, 2012 et 2014 qui sont scolarisés en France. Il indique que son épouse était enceinte à la date de l'arrêté en litige. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que ses enfants, scolarisés, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité hors de France, ni que sa cellule familiale ne pourrait se reconstituer hors du territoire français. Par ailleurs, si M. B... fait valoir qu'il a été victime d'agressions et de racket en Bosnie et explique avoir quitté ce pays en raison de craintes de représailles, il ne produit aucun élément permettant de corroborer ses allégations. Dans ces conditions, et compte tenu du caractère récent de son entrée sur le territoire français, M. B... n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français litigieuse porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels elle été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. <br>
       4. Pour contester l'obligation de quitter le territoire français en litige, M. B... ne peut utilement invoquer les dispositions alors en vigueur de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne prévoient pas la délivrance d'un titre de plein droit. Au demeurant, et compte tenu du ce qui a été dit au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier que la délivrance d'une carte de séjour temporaire à M. B... répondrait à des considérations humanitaires ou se justifierait au regard de motifs exceptionnels. <br>
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       5. M. B... reprend en appel ses moyens selon lesquels la décision fixant le pays de renvoi est insuffisamment motivée et méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le jugement attaqué, dont il y a lieu d'adopter les motifs.<br>
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       6. Il résulte de ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande. <br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       7. Le présent arrêt, qui rejette les conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 mars 2021, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction de M. B... ne peuvent dès lors qu'être rejetées.<br>
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       Sur les frais d'instance :<br>
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       8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance.<br>
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D E C I D E :<br>
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet du Puy-de-Dôme.<br>
Délibéré après l'audience du 24 mai 2022 à laquelle siégeaient :<br>
M. Thierry Besse, président-assesseur,<br>
M. François Bodin-Hullin, premier conseiller,<br>
Mme Christine Psilakis, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2022.<br>
Le rapporteur,<br>
François Bodin-Hullin<br>
Le président,<br>
Thierry Besse<br>
La greffière,<br>
Fabienne Prouteau<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
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N° 21LY03261<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. - Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.