# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 16 octobre 1970, 68-10.872, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982959
**Date de décision:** 1970-10-16
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982959

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN : ATTENDU QUE DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE IL RESULTE QUE, SUIVANT ACTE AUTHENTIQUE DU 4 JUIN 1960, DAME Y..., EPOUSE Z... D'AULAN, ASSISTEE DE SON MARIE, A DONNE EN LOCATION A CLAMOUR LA PROPRIETE AGRICOLE, DU " MAS X... " APPARTENANT EN PROPRE A LA BAILLERESSE QUI RECEVAIT MANDAT DE PERCEVOIR ELLE-MEME LES FERMAGES ;<br>
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 QUE, PAR ACTE SOUS SEING PRIVE, DATE DU 10 JUIN 1960, Z... D'AULAN ET CLAMOUR ONT CONSTITUE, POUR L'EXPLOITATION DU DOMAINE LOUE, UNE "ASSOCIATION EN PARTICIPATION" A LAQUELLE CLAMOUR DECLARAIT APPORTER " LE BENEFICE DE SON BAIL " ;<br>
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 QU'APRES LA SEPARATION DE CORPS DES EPOUX Z... D'AULAN, LA FEMME A DEMANDE LA RESILIATION DU BAIL POUR CESSION PROHIBEE ;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF AUDIT ARRET D'AVOIR ACCUEILLI CETTE DEMANDE, ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, " L'APPORT DU BAIL A UNE ASSOCIATION EN PARTICIPATION, CONCLUE ENTRE LE FERMIER ET LE MARI, NE POUVAIT AVOIR LE CARACTERE D'UNE CESSION PROHIBEE DES LORS QUE LE MARI ETAIT L'ADMINISTRATEUR DES BIENS PROPRES DE SON EPOUSE ET AVAIT LE POUVOIR DE LES DONNER A BAIL, D'OU IL SUIT QUE LA PRETENDUE CESSION CONSTITUAIT UNIQUEMENT UNE CONVENTION PARTICULIERE ENTRE BAILLEUR ET PRENEUR " ;<br>
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 QUE, D'AUTRE PART, " LES JUGES DU FOND NE S'EXPLIQUENT PAS SUR LA CLAUSE DU BAIL SUIVANT LAQUELLE LE MARI AURAIT PERDU AU PROFIT DE SON EPOUSE SON POUVOIR D'ADMINISTRATION " ET QU'ENFIN " LES JUGES N'ONT PAS REPONDU AUX CONCLUSIONS PAR LESQUELLES LE FERMIER FAISAIT VALOIR QUE L'ASSOCIATION AVAIT ETE DISSOUTE AU BOUT DE PEU DE TEMPS ET QUE, POSTERIEUREMENT A CETTE DISSOLUTION, LA FEMME AVAIT ACCEPTE L'EXECUTION DU BAIL INITIAL " ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND CONSTATENT " QU'IL Y A BIEN EU, ENTRE CLAMOUR ET D'AULAN, UNE SOCIETE DE FAIT A QUI LA CESSION DU BAIL A ETE FAITE DANS DES CONDITIONS ANORMALES ", " QUE D'AULAN N'EST PAS CONSIDERE COMME L'ADMINISTRATEUR DES BIENS DE SON EPOUSE, DANS L'ACTE DU 10 JUIN 1960, MAIS A LA FACON D'UN TIERS APPORTANT SON SAVOIR ET SON ACTIVITE, QUE CLAMOUR NE POUVAIT QUE SE RENDRE COMPTE DU CARACTERE SINGULIER DU CONTRAT QU'IL PASSAIT AVEC D'AULAN PUISQU'IL SAVAIT QUE CE N'ETAIT PAS A CE DERNIER QU'IL DEVAIT PAYER LES FERMAGES " ET QUE " LA PRETENDUE ACCEPTATION DE DAME Y... NE RESISTE PAS A L'EXAMEN ET N'EST MEME PAS VRAISEMBLABLE " ;<br>
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QU'ILS ONT AINSI REPONDU AUX CONCLUSIONS PRETENDUMENT DELAISSEES ET JUSTIFIE LEUR DECISION, ABSTRACTION FAITE DU MOTIF, SURABONDANT, VISE A LA DEUXIEME BRANCHE DU MOYEN ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE CE DERNIER N'EST PAS FONDE ;<br>
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 REJETTE LE PREMIER MOYEN ;<br>
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 MAIS SUR LE SECOND MOYEN : VU L'ARTICLE 832 DU CODE RURAL ;<br>
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 ATTENDU QUE LA RESILIATION DU BAIL A FERME N'A PAS LIEU DE PLEIN DROIT ET DOIT ETRE DEMANDEE EN JUSTICE ;<br>
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 QU'ELLE NE PREND EFFET QUE DU JOUR DE LA DECISION JUDICIAIRE QUI LA PRONONCE ;<br>
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 ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL DECLARE QUE L'EFFET DE LA RESILIATION DU BAIL DU 4 JUIN 1960 DOIT REMONTER AU 10 JUIN 1960, AU MOTIF QUE C'EST A CETTE DATE QU'A PRIS NAISSANCE LE MANQUEMENT REPROCHE ;<br>
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 QU'ELLE A AINSI VIOLE LE TEXTE SUSVISE ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DU SECOND MOYEN L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE NIMES LE 4 JANVIER 1968 ;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE MONTPELLIER<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1956-02-23 Bulletin 1956 IV N. 185 p. 136 (CASSATION). (2)
 CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1963-03-07 Bulletin 1963 IV N. 222 p. 181 (CASSATION) ET L'ARRET CITE. (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1967-06-26 Bulletin 1967 III N. 262 p. 254 (REJET). (1)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Les juges peuvent estimer que constitue une cession de bail prohibée l'acte par lequel un époux, pour l'exploitation d'un domaine appartenant en propre à sa femme, forme avec le preneur une société de fait dans laquelle ce dernier apporte le bénéfice de son bail, dès lors que le mari n'agit pas comme administrateur des biens de son épouse et que l'accord de celle-ci n'est pas établi.,La résiliation du bail à ferme n'a pas lieu de plein droit et doit être demandée en justice ; elle ne prend effet que du jour de la décision judiciaire qui la prononce, et non du jour du manquement qui la justifie.
**Mots-clés:** 1) BAUX RURAUX - Bail à ferme - Résiliation - Causes - Cession - Apport en société par le preneur du bénéfice de son bail - Société formée entre le preneur et l'époux du propriétaire.,* BAUX RURAUX - Bail à ferme - Cession - Définition - Apport en société par le preneur du bénéfice de son bail - Société formée entre le preneur et l'époux du propriétaire.,* COMMUNAUTE ENTRE EPOUX - Bail à ferme - Cession - Société de fait formée entre le preneur et l'époux du propriétaire.,* COMMUNAUTE ENTRE EPOUX - Propres de la femme - Immeuble - Bail à ferme - Cession - Société de fait formée entre le preneur et l'époux de la propriétaire.,2) BAIL EN GENERAL - Résiliation - Date - Date antérieure à la décision la prononçant (non).,* BAUX RURAUX - Bail à ferme - Résiliation - Date - Date antérieure à la décision la prononçant (non).