# CAA de LYON, 1ère chambre - formation à 3, 29/09/2015, 14LY04010, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000031418624
**Date de décision:** 2015-09-29
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000031418624

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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        Procédure contentieuse antérieure :<br>
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        M. A...B...a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du 15 avril 2014 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.<br>
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        Par un jugement n° 1405099 du 21 octobre 2014, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
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        Procédure devant la cour :<br>
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        Par une requête enregistrée le 23 décembre 2014 et un mémoire enregistré le 27 août 2015, présentés pour M.B..., ce dernier demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon du 21 octobre 2014 ;<br>
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        2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions du préfet du Rhône du 15 avril 2014 ;<br>
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        3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, ou de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le réexamen de sa demande ;<br>
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        4°) de mettre une somme de 1 200 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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        Il soutient que :<br>
        - le refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
        - le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
        - l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;<br>
        - l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 511-4, 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
        - la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;<br>
        - la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.<br>
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        Par un mémoire enregistré le 27 août 2015, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B...en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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        Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.<br>
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        M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 novembre 2014.<br>
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        Vu les autres pièces du dossier.<br>
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        Vu :<br>
        - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
        - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
        - la loi n° 91-64 7 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
        - le code de justice administrative.<br>
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        Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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        Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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        Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1. Considérant que, par un jugement du 21 octobre 2014, le tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de M. B...tendant à l'annulation des décisions du 15 avril 2014 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ; que M. B...relève appel de ce jugement ;<br>
       2. Considérant que les moyens tirés de ce que le refus de titre de séjour méconnaîtrait le 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce que l'obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait le 10° de l'article L. 511-4 de ce code doivent, dès lors que les certificats médicaux postérieurs aux décisions en litige produits en appel par le requérant ne permettent pas d'établir que les traitements présents en Arménie, dont la liste a été produite par le préfet du Rhône, ne permettraient pas de prendre en charge les pathologies dont il souffre, être écartés par adoption des motifs retenus par les premiers juges ; <br>
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       3. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " ;<br>
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       4. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M.B..., ressortissant arménien né le 4 juin 1957, ne résidait sur le territoire national, où il est entré irrégulièrement en novembre 2011 selon ses déclarations, que depuis un peu moins de deux ans et demi à la date des décisions contestées, par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ; qu'il est célibataire, sans enfant, et a nécessairement conservé des attaches en Arménie, où il a vécu jusqu'à l'âge de 54 ans ; qu'ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant peut bénéficier de soins adaptés à son état de santé dans son pays d'origine ; que, dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions du séjour en France de l'intéressé, et alors même qu'il détient une carte de priorité qui lui a été délivrée par la maison départementale des personnes handicapées du Rhône, les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'ont pas porté, eu égard aux buts qu'elles poursuivent, une atteinte disproportionnée au droit de M. B...au respect de sa vie privée et familiale ; que, par suite, elles ne méconnaissent pas les stipulations précitées de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'elles ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé ;<br>
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       5. Considérant que compte tenu de ce qui précède, M. B...n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité du refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, ni celle de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination ;<br>
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       6. Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants " ; qu'en se bornant à affirmer qu'il a fui l'Arménie en 2011 à la suite des représailles de la police d'Etat pour avoir apporté son concours à Samson Khachtryan, ancien boxeur entré en politique, le requérant n'établit ni la réalité ni l'actualité des risques qu'il allègue encourir en cas de retour dans son pays d'origine ; que, par suite, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés ;<br>
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       7. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ; que ses conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, être rejetées ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme demandée par le préfet du Rhône à la charge de M.B... ; <br>
DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
Article  2 : Les conclusions présentées par le préfet du Rhône sur le fondement de l'article         L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Rhône.<br>
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2015, à laquelle siégeaient :<br>
M. Clot, président de chambre,<br>
M. Picard, président-assesseur,<br>
Mme Vaccaro-Planchet, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 29 septembre 2015.<br>
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N° 14LY04010<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.