# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 24 novembre 2003, 255695, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008141351
**Date de décision:** 2003-11-24
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008141351

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 3 avril 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d' Etat, présentée par M. Yahaya X, demeurant ...  ;  M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 7 mars 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif  de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2003 par lequel le préfet de Seine-Saint-Denis a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
<br>
<br>
     
                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
     
                3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
     
Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     - les conclusions de M. Devys, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à  moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (...) ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité ivoirienne, n'a pas été en mesure de présenter les documents justifiant de son entrée régulière en France et qu'il n'était pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées  ;
<br>
<br>
     
                Sur la légalité externe de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
<br>
<br>
     
                	Considérant que, devant le tribunal administratif de Paris, M. X n'a pas contesté la légalité externe de l'arrêté de reconduite à la frontière pris à son encontre le 2 mars 2003  ; que par suite, si l'intéressé invoque devant le Conseil d'Etat le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté, ces prétentions, fondées sur une cause juridique distincte de celles sur lesquelles reposaient les moyens soulevés en première instance, constituent une demande nouvelle, présentée pour la première fois en appel et, par suite, non recevable  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que la circonstance que M. X a fait l'objet, par ordonnance du 16 juillet 2002 du juge d'instruction du tribunal de grande instance de Créteil, d'une mesure de contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire français est sans influence sur la légalité de l'arrêté du 2 mars 2003 du préfet de Seine-Saint-Denis ordonnant sa reconduite à la frontière  ; qu'elle fait seulement obligation  à l'autorité préfectorale de s'abstenir de mettre à exécution cette mesure d'éloignement jusqu'à la levée par le juge judiciaire de l'interdiction prononcée  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale prévue au premier  alinéa du même article est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ; (...)  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si  M. X fait valoir qu'il est entré en France en 1993 et qu'il est présent sur le territoire français depuis plus de dix ans, il ressort des pièces du dossier qu'il y a séjourné en qualité d'étudiant du 4 octobre 1996 au 23 septembre 1998 et qu'il ne peut, en tout état de cause, se prévaloir d'une résidence habituelle en France depuis plus de 15 ans  ; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ne peut qu'être écarté  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X, célibataire et sans charge de famille, fait valoir qu'il est entré en France en 1993, qu'il y a fixé le centre de ses attaches professionnelles et familiales et qu'il vit depuis plus de deux ans avec une compatriote en situation régulière qui est enceinte, il ressort des pièces du dossier que ni la continuité du séjour ni l'ancienneté de sa relation ne sont établies, que ses parents résident en Côte d'Ivoire, et que compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la brève durée du concubinage et des conditions de séjour de M. X en France, l'arrêté du préfet de Seine-Saint-Denis en date du 2 mars 2003 n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article 12 bis 7° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande  ;
<br>
<br>
     
                Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
<br>
<br>
     
                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à M. X la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
D E C I D E  :
<br>
     
--------------
<br>
     Article 1er  :  La requête de M. X est rejetée.
<br>
<br>
     
Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Yahaya X, au préfet de Seine-Saint-Denis et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**