# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 27 juillet 2005, 272917, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008159551
**Date de décision:** 2005-07-27
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008159551

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 6 octobre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Harouna X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :  
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 15 septembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2004 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     	Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
	Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
     
Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
                     - les conclusions de Mme Marie-Hélène Mitjavile, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Sur la régularité du jugement attaqué  :
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article R.776-10 du code de justice administrative  : Les parties doivent être averties par tous moyens de la date, de l'heure et du lieu de l'audience  ; que si M. X se plaint de ce que son affaire avait déjà été appelée lorsqu'il s'est présenté au tribunal administratif, il ne soutient pas que celle-ci aurait été entendue à une autre heure que celle dont il avait été informé  ; qu'il n'est par suite pas fondé à soutenir que le jugement attaqué aurait été rendu sur une procédure irrégulière  ;
<br>
<br>
     
                Sur la légalité de l'arrêté  de reconduite à la frontière  :
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité malienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 24 février 2004, de la décision du 19 février 2004 du préfet de la Seine-Saint-Denis lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'en vertu des dispositions du 11° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est, sous réserve du respect de certaines conditions, délivrée de plein droit à l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire  ; qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis du médecin inspecteur de santé publique de la Seine-Saint-Denis du 29 décembre 2003, que l'état de santé de M. X ne nécessite pas des soins dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pourrait  bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine  ; qu'il en résulte que M. X n'est pas fondé à soutenir qu'il remplissait les conditions prévues par les dispositions  sus-mentionnées pour se voir délivrer un titre de séjour  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X fait valoir qu'il est entré en France en 2001, qu'il y travaille et qu'il y a un frère avec lequel il vit, il ressort des pièces du dossier qu'il est entré sur le territoire national à l'âge de 47 ans, qu'il est célibataire et qu'il n'allègue pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine  ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris  ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli  ; 
<br>
<br>
     
                Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de la reconduite  :
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X soutient qu'il aurait été incarcéré au Mali en raison de ses opinions politiques et qu'il y serait recherché, l'intéressé, dont la demande d'admission au statut de réfugié a d'ailleurs été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 19 juin 2002, confirmée par une décision de la commission des recours des réfugiés du 27 novembre 2002 n'apporte au soutien de ses allégations aucun élément probant  ; qu'il n'est par suite pas fondé à soutenir que cette décision aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 26 mai 2004 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>			D E C I D E  :
<br>
     
                			--------------
<br>
<br>
     
Article 1er   : La requête de M. X est rejetée. 
<br>
     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Harouna X, au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**