# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 8 juillet 2005, 274381, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008165131
**Date de décision:** 2005-07-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008165131

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 19 novembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mlle Anita X, demeurant ...  ; Mlle X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :  
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                1°) d'annuler le jugement du 13 octobre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 février 2004 du préfet de police décidant sa reconduite à la frontière ainsi que de la décision distincte fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite  ;
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                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision  ;
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                  Vu les autres pièces du dossier  ;
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                   Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Christophe Devys, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle X, de nationalité nigériane, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 12 janvier 2004, de la décision du préfet de police lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière  :
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                Considérant que si Mlle XX, entrée en France en 2003, fait valoir que ses parents et sa soeur sont décédés au Nigeria et que l'ensemble de ses liens familiaux et privés se situent désormais en France, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de Mlle XX en France, l'arrêté du préfet de police en date du 16 février 2004 n'a pas porté au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de la reconduite  :
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                Considérant que si Mlle X dont la demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par la commission de recours des réfugiés, soutient qu'elle-même  et sa famille ont été victimes de persécutions du fait de leur religion dans son pays d'origine, où ses parents et sa soeur ont été tués, elle n'apporte à l'appui de ses allégations aucun élément de nature à établir la réalité des risques personnels que lui ferait courir un retour au Nigéria  ; qu'ainsi, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision désignant le Nigeria comme pays de destination de la reconduite aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mlle X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort, que par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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<br>			D E C I D E  :
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		Article 1er  : La requête de Mlle X est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mlle Anita X, au préfet de police et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**