# Cour Administrative d'Appel de Paris, Juge des reconduites à la frontière , 05/10/2009, 09PA01231, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021164279
**Date de décision:** 2009-10-05
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** Juge des reconduites à la frontière
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021164279

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 4 mars 2009, présentée pour M. Abdelhamid A, retenu ..., par Me Pierrot ; M. A demande à la cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0902126 en date du 13 février 2009 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police en date du 10 février 2009 décidant sa reconduite à la frontière ;<br>
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       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre audit préfet de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois suivant la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ; <br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 septembre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Piot, magistrat désigné,<br>
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       - et les conclusions de Mme Dely, rapporteur public ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       Sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête :<br>
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       Considérant qu'aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera conduit à la frontière dans les cas suivant : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement en France, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 2° Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré (...)  ;<br>
       Considérant qu'à compter du 1er janvier 2007 la nouvelle procédure d'obligation de quitter le territoire français est seule applicable lorsque l'autorité administrative refuse à un étranger, pour un motif autre que l'existence d'une menace à l'ordre public, la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte ou son autorisation provisoire de séjour ; qu'un étranger auquel un titre de séjour a été précédemment refusé ou retiré ne se trouve de ce seul fait ni dans la situation mentionnée au <br>
1° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est celle de l'étranger irrégulièrement entré sur le territoire français, ni dans celle du 2° de cet article, qui est relatif au cas de l'étranger qui entre en France sans visa ou, s'il est dispensé de visa, se maintient sur le territoire au-delà de trois mois sans demander un titre de séjour ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité algérienne, entré en France le 26 avril 2000 sous couvert d'un visa Schengen, a bénéficié, avant la date d'expiration de ce visa, de récépissés l'autorisant provisoirement à séjourner en France au-delà de cette date d'expiration, en tant qu'étranger malade et ce jusqu'au 30 juin 2001 ; que la nouvelle procédure d'obligation de quitter le territoire français applicable à compter du <br>
1er janvier 2007 faisait obstacle à ce que le préfet prenne le 10 février 2009 à l'encontre de <br>
M. A un arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, dès lors que l'intéressé, du seul fait du retrait de son autorisation provisoire de séjour, ne se trouvait ni dans la situation mentionnée au 1° du II de l'article L. 511-1, qui est celle de l'étranger entré irrégulièrement sur le territoire français ni dans celle du 2° de cet article, qui est relatif au cas de l'étranger qui entre en France sans visa ou, s'il est dispensé de visa, se maintient sur le territoire au-delà de trois mois sans demander un titre de séjour ; que M. A. est, dès lors, fondé à soutenir qu'en estimant qu'il entrait dans le cas prévu par les dispositions du 2° de cet article, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Versailles a entaché son jugement d'erreur de droit et à en demander l'annulation ;<br>
       Considérant que, par suite, M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction : <br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution  ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du même code :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé  ; et qu'aux termes de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé (...) l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau statué sur son cas  ; <br>
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       Considérant, qu'à la suite de l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière, il incombe au préfet, en application des dispositions précitées de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, non seulement de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour mais aussi, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur son droit à un titre de séjour ; que, dès lors, il appartient au juge administratif, lorsqu'il prononce l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière et qu'il est saisi de conclusions en ce sens, d'user des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du code de justice administrative pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressé doit être réexaminée au vu de l'ensemble de la situation de droit et de fait existant à la date de ce réexamen ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au préfet de police de délivrer  à M. A une autorisation provisoire de séjour et de se prononcer sur sa situation dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte ; <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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       Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au profit de M. A, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement susvisé en date du 13 février 2009 du magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris et l'arrêté en date du 10 février 2009, par lequel le préfet de police a ordonné la reconduite à la frontière de M. A et a fixé le pays de destination sont annulés. <br>
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Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer une autorisation provisoire de séjour à <br>
M. A et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. Le préfet tiendra le greffe de la cour (service de l'exécution) immédiatement informé des dispositions prises pour répondre à cette injonction.<br>
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 800 euros par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
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Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.<br>
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N° 09PA01231<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**