# CAA de NANTES, Juge unique, 17/11/2022, 22NT02725, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046577655
**Date de décision:** 2022-11-17
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** Juge unique
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046577655

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Douala (Cameroun) refusant de lui délivrer un visa d'entrée et de long séjour en France en qualité d'étudiant.<br>
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       Par un jugement n° 2111923 du 20 juin 2022, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France refusant de délivrer le visa sollicité et a enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour à M. A... dans un délai de deux mois sous réserve qu'il bénéficie d'une inscription pour la prochaine année universitaire.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 19 août 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande à la cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative. <br>
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Le ministre soutient que :<br>
- la commission de recours n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ; <br>
       - M. A... n'établit pas qu'il dispose de ressources suffisantes pour couvrir ses frais durant son séjour en France et en particulier pour s'acquitter de son inscription dans l'établissement privé sélectionné ;<br>
       - ses conditions d'hébergement ne sont pas établies ; l'accueillant ne dispose que d'un appartement de deux pièces ;  <br>
       - son projet d'études n'est ni sérieux ni cohérent ; la formation souhaitée n'a pas de réelle valeur et ne présentera aucune plus-value pour l'intéressé ; son niveau scolaire est passable ; il n'a fait preuve d'aucune diligence pour débuter son année universitaire 2021/ 2022 en temps voulu ; sa motivation n'est pas établie dès lors qu'il a produit une attestation de stage de complaisance ;<br>
       - son frère qui réside en France est de nationalité française ;<br>
       - la demande présentée par l'intéressé, qui n'a pas d'attache ni familiales ni professionnelles dans son pays d'origine, présente un risque de détournement de l'objet du visa.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 6 octobre 2022, M. B... A..., représenté par Me Facheux, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de l'Etat au versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le ministre n'est fondé.<br>
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       Vu : <br>
       - la requête n°22NT02724 enregistrée le 19 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a demandé l'annulation du jugement n° 2111923 du 20 juin 2022 du tribunal administratif de Nantes ;<br>
       - les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la directive (UE) 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - l'instruction interministérielle relative aux demandes de visas de long séjour pour études dans le cadre de la directive UE 2016/801 du 4 juillet 2019 ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Buffet, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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        Considérant ce qui suit :<br>
       1. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative, " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17 ". <br>
       2. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". <br>
       3. Aucun des moyens soulevés par le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation du jugement attaqué. La requête tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement doit, par suite, être rejetée.<br>
       4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais engagés pour l'instance, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
DECIDE :<br>
Article 1er : 	 La requête à fin de sursis à exécution du ministre de l'intérieur et des outre-mer est rejetée.<br>
Article 2 :  	L'Etat versera à M. A... la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 3 : 	Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. B... A... et à Me Faucheux.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.<br>
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       La présidente-rapporteure,<br>
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       Catherine BUFFET<br>
               La greffière,<br>
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                     Karine BOURON<br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 22NT02725<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**