# Conseil d'Etat, 10/ 2 SSR, du 7 octobre 1987, 54575, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007691039
**Date de décision:** 1987-10-07
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 10/ 2 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007691039

## Contenu de la décision

<br>     Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 7 octobre 1983 et 6 janvier 1984 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Auguste X..., demeurant "La Côte Saint-André", à Balbins  38260 , et tendant à ce que le Conseil d'Etat : <br>    1°  annule le jugement du 15 décembre 1982 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a limité à 7 500 F la somme que l'Etat a été condamné à lui verser en réparation du préjudice subi, en tant que fermier, du fait de la transformation d'un chemin départemental en direction de la route nationale RN 518 ;<br>    2°  condamne l'Etat à lui verser une indemnité de 150 000 F avec intérêts de droit à compter du jour de la demande ;<br>    3°  condamne l'Etat à payer à M. X... :<br>    - une indemnité de 5 270 F en principal augmentée des intérêts au taux légal à compter du 15 septembre 1980 ;<br>    - une rente annuelle de 3 300 F du 1er janvier 1978 au 1er janvier 1982 et de 4 713 F du 1er janvier 1982 au 31 décembre 2004 et dire que cette rente sera revalorisée chaque année sur la base de variation de l'indice national des prix ;<br>    - une indemnité de 18 600 F avec intérêts au taux légal à compter du 15 septembre 1980 ;<br>    - une somme de 3 851,80 F en remboursement des frais d'expertise ;<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs ;<br>    Vu l'ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;<br>    Vu la loi du 30 décembre 1977 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Richer, Conseiller d'Etat,<br>    - les observations de la S.C.P. Waquet, avocat de M. X...,<br>    - les conclusions de M. Van Ruymbeke, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>     Considérant que, comme l'ont décidé les premiers juges, M. X... n'a pas qualité pour demander réparation de la dépréciation permanente des immeubles qu'il occupe et exploite en vertu d'un bail à ferme et qui aurait été provoquée par les travaux exécutés par l'Etat sur le chemin départemental n° 41 au droit de ces immeubles ;<br>    Mais considérant qu'il résulte de l'instruction que les travaux exécutés par l'Etat pour aménager le chemin départemental n° 41 en déviation de la route nationale n° 518 sur la commune de Balbins, qui ont comporté un rehaussement moyen de 60 centimètres de la chaussée du chemin départemental au droit des immeubles loués à M. X..., ont, d'une part, provoqué une concentration des eaux d'écoulement de la route vers la parcelle n° 106 servant d'assiette à des bâtiments d'exploitation, entrainant des dommages qui ont cessé, au plus tard en 1980, par les travaux effectués par l'Etat et qui ont remédié à cet écoulement, d'autre part, accru les difficultés auxquelles se heurte M. X... pour l'accès de son matériel d'exploitation et de son cheptel à la voie publique ; que les premiers juges ont fait une exacte appréciation des circonstances de l'affaire en allouant à M. X..., pour ces deux chefs de préjudice indemnisables, une indemnité de 7 500 F ; qu'il suit de là que ni M. X..., ni, par voie de recours incident, le ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoire et des transports ne sont fondés à demander sur ce point la réformation ou l'annulation du jugement attaqué ;<br>     Sur la capitalisation des intérêts :<br>
<br>    Considérant que le requérant a demandé le 6 février 1984 la capitalisation des intérêts ; qu'à cette date il était dû une année d'intérêts ; que dès lors par application de l'article 1154 du code civil il y a lieu de faire droit à cette demande ;<br>     Sur les frais d'expertise :<br>    Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'affaire, de mettre les frais d'expertise, s'élevant à 3 851,80 F, à la charge de l'Etat ;<br>Article 1er : Les frais d'expertise qui s'élèvent à 3 851,80 F, sont mis à la charge de l'Etat.<br>Article 2 : Les intérêts afférents à l'indemnité de 7 500 F que l'Etat a été condamné à verser à M. X... par jugement du tribunal administratif de Grenoble du 15 décembre 1982 et échus le 6 février 1984 seront capitalisés à cette date et porteront eux mêmes intérêts.<br>Article 3 : Le surplus des conclusions de M. X..., ensemble le recours incident du ministre sont rejetés.<br>Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoire et des transports.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code civil 1154
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 67-03-04 TRAVAUX PUBLICS - DIFFERENTES CATEGORIES DE DOMMAGES - DOMMAGES CREES PAR L'EXECUTION DES TRAVAUX PUBLICS -Aménagement d'un chemin départemental.