# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 23 juin 2004, 262535, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008196408
**Date de décision:** 2004-06-23
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008196408

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 décembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Fatouma X , demeurant ...  ; Mme X  demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 22 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;	
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (..) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X , de nationalité tunisienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 14 juin 2002, de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 11 juin 2002 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; 
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                Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance  ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier et qu'il n'est pas contesté que Mme X  est venue, après plusieurs séjours antérieurs en France, rejoindre, en juin 2001, son mari qui vit depuis plus de 20 ans sur le territoire national et qui est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2006, que sa famille compte quatre enfants, tous scolarisés, dont deux sont nés en France, qu'elle-même et son mari sont propriétaires d'un logement dans lequel ils ont installé leurs deux enfants aînés  ; que, compte tenu des circonstances particulières de l'espèce et alors même que l'intéressée pourrait bénéficier du regroupement familial, l'arrêté du 11 avril 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme X  porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise et méconnaît, par suite, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X  est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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D E C I D E  :
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      Article 1er  : Le jugement du 22 octobre 2003 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris et l'arrêté du 10 juillet 2003 du préfet de police ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X  sont annulés.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Fatouma X  au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**