# CAA de PARIS, 4ème chambre, 28/07/2022, 21PA05707, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046112791
**Date de décision:** 2022-07-28
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046112791

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme D... C... a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 22 février 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.  <br>
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       Par un jugement n° 2106170/5-1 du 22 juillet 2021 le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. <br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2021, Mme C..., représentée par Me Ralitera, demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;<br>
      4°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé autorisant le séjour et le travail, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ; <br>
      5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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        Elle soutient que :<br>
- Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision préfectorale lui refusant un titre de séjour :<br>
- cette décision a été prise en méconnaissance de son droit à être entendue ;<br>
- elle est entachée d'une défaut d'examen sérieux de sa situation ; <br>
- elle méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;<br>
- elle justifie de son intégration professionnelle en France ;<br>
- elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;<br>
- elle méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
- Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
- elle est insuffisamment motivée ;<br>
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
- Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi :<br>
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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        Vu l'arrêté attaqué ;<br>
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        Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête. <br>
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        Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.<br>
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        Le mémoire, enregistré le 27 juin 2022, présenté par Mme C..., n'a pas été communiqué.<br>
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        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
        Vu :<br>
-                      la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
-                      le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
- 	        la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 modifiée;<br>
-                      le code de justice administrative.<br>
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        Mme C... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris le 30 septembre 2021.<br>
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        La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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        Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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          Le rapport de M. B... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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Considérant ce qui suit :<br>
      1. Mme C..., ressortissante malgache née le 7 janvier 1978 à Tsarahonenana (Madagascar), est entrée en France en 2015 selon ses déclarations. Par arrêté du 22 février 2021, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.<br>
      2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) / 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle appréciée par l'autorité administrative après avis du directeur général de l'agence régionale de santé, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin de l'agence régionale de santé de la région de résidence de l'intéressé, désigné par le directeur général de l'agence, ou, à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police ". <br>
      3. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.<br>
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      4. En l'espèce, le collège de médecins de l'OFII a estimé, par son avis du 14 janvier 2021, que si l'état de santé de Mme C... nécessitait une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les documents produits, notamment un certificat médical malgache du 19 mars 2021, un certificat médical du 6 novembre 2019 établi par un médecin généraliste et un certificat médical du 17 mars 2021 établi par un interne en médecine générale ne comportant pas de mention sur les conséquences d'un défaut de traitement ne suffisent pas à établir de façon probante que le défaut de prise en charge médicale pourrait entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni au demeurant que l'intéressée ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont elle est originaire. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée ne méconnaît par les dispositions de 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
      5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
      6. Mme C... fait valoir qu'elle a été victime de violences conjugales, et ne pourrait retourner vivre avec son mari à Madagascar. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme C... n'est pas dépourvue d'autres attaches familiales et personnelles dans son pays d'origine où elle a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente-sept ans et où résident ses enfants, sa mère et une sœur. En outre, les violences conjugales alléguées ne sont pas établies par une attestation établie par sa sœur et un certificat médical de 2013 qui ne justifie pas de l'origine des blessures constatées. En tout état de cause, il est loisible à Mme C... de solliciter le cas échéant l'intervention des services de police et de justice malgaches. En outre, si elle exerce des emplois de femme de ménage, elle ne justifie pas d'une particulière insertion, notamment d'une particulière intégration professionnelle, dans la société française. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance non contestée qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public, en prenant la décision attaquée, le préfet de police n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de police doivent être écartés.<br>
      7. En troisième lieu, il y a lieu d'écarter par adoption des motifs du tribunal les moyens tirés l'insuffisance de motivation du refus de délivrance d'un titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français, de la méconnaissance du droit de Mme C... à être entendue, du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de police en l'obligeant à quitter le territoire français, de la méconnaissance par la décision fixant le pays de destination des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
      8. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable en l'espèce, est inopérant à l'encontre de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour.<br>
      9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.<br>
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       D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C... et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer. <br>
Copie en sera adressée au préfet de police.<br>
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Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :<br>
- Mme Heers, présidente de chambre,<br>
- Mme Briançon, présidente assesseure,<br>
- M. Baronnet, premier conseiller. <br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.<br>
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Le rapporteur,<br>
M. B...<br>
La présidente,<br>
M. A...<br>
La greffière,<br>
O. BADOUX-GRARE<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 21PA05707<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**