# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 4 novembre 1981, 80-93.645, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007061824
**Date de décision:** 1981-11-04
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007061824

## Contenu de la décision

<p>STATUANT SUR LE POURVOI DE :</p>
<p>- X... RICHARD, PARTIE CIVILE, </p>
<p>CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE, EN DATE DU 18 JUIN 1980, QUI A DECLARE IRRECEVABLE L'APPEL PAR LUI INTERJETE D'UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU PARTIEL DU JUGE D'INSTRUCTION DE MARSEILLE RENDUE EN FAVEUR DE Y... JEAN ET DE Z... HENRI, INCULPES D'ESCROQUERIE, TENTATIVE D'ESCROQUERIE, ABUS DE CONFIANCE AGGRAVE, D'INFRACTIONS A LA LOI DU 28 DECEMBRE 1966 ET D'USURE ET DE A... MICHEL, INCULPE DE COMPLICITE DES MEMES DELITS ; </p>
<p>VU LE MEMOIRE PRODUIT ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 15 DE LA LOI DU 23 JUILLET 1967, DES ARTICLES 2, 3, 186 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE ; </p>
<p>EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE IRRECEVABLE L'APPEL INTERJETE PAR X... D'UNE ORDONNANCE DU JUGE D'INSTRUCTION DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE MARSEILLE, DISANT N'Y AVOIR LIEU A RENVOYER DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL A..., EMPLOYE DE BANQUE, DU CHEF DE COMPLICITE D'ESCROQUERIE ET D'INFRACTION A LA LOI DU 28 DECEMBRE 1966 ; </p>
<p>AUX MOTIFS QUE LE JUGEMENT DE LIQUIDATION DES BIENS PRONONCE A L'ENCONTRE DE X... L'A DESSAISI DE L'ADMINISTRATION ET DE LA DISPOSITION DE SES BIENS, QU'IL DOIT ETRE REPRESENTE PAR LE SYNDIC DANS TOUS LES DROITS ET ACTION RELATIFS A SON PATRIMOINE, QUE L'APPEL QU'IL A SEUL INTERJETE DE L'ORDONNANCE EST PAR CONSEQUENT IRRECEVABLE ; </p>
<p>ALORS QUE, D'UNE PART, X... NE PRETENDAIT NULLEMENT EXERCER UNE ACTION PATRIMONIALE, INVOQUANT L'INTERET MORAL QUE REPRESENTAIT POUR LUI LA CONDAMNATION D'UN EMPLOYE DE BANQUE AYANT PARTICIPE AUX AGISSEMENTS DELICTUEUX DONT IL A ETE VICTIME ; </p>
<p>QUE, PAR SUITE, LA CHAMBRE D'ACCUSATION A VIOLE LES ARTICLES 2, 3 ET 186 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET L'ARTICLE 15 DE LA LOI DU 23 JUILLET 1967 EN ETENDANT A L'EXERCICE D'UNE ACTION PERSONNELLE L'INCAPACITE RESERVEE AUX SEULES ACTIONS PATRIMONIALES ; </p>
<p>ET ALORS QUE, D'AUTRE PART, EN TOUTE HYPOTHESE, LA CHAMBRE D'ACCUSATION DEVAIT RECHERCHER SI LES INFRACTIONS DONT X... A ETE VICTIME PORTAIENT ATTEINTE A SON HONNEUR ET A SA REPUTATION, CIRCONSTANCE SUFFISANT A RENDRE L'APPEL RECEVABLE DES LORS QU'AU SURPLUS LE DEMANDEUR AVAIT PRECISE DANS SES CONCLUSIONS QU'IL NE DEMANDAIT AUCUN DOMMAGE-INTERET DE CE CHEF ; </p>
<p>QUE DES LORS, AU REGARD DES TEXTES PRECITES, LA CHAMBRE D'ACCUSATION A PRIVE DE BASE LEGALE SA DECISION ; </p>
<p>VU LESDITS ARTICLES, ENSEMBLE L'ARTICLE 418 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ; </p>
<p>ATTENDU QUE, SI AUX TERMES DE L'ARTICLE 15 DE LA LOI DU 13 JUILLET 1967, LES DROITS ET ACTIONS DU DEBITEUR SOUMIS A UNE PROCEDURE DE LIQUIDATION DES BIENS CONCERNANT SON PATRIMOINE, SONT EXERCES PENDANT TOUTE LA DUREE DE LA LIQUIDATION PAR LE SYNDIC, LE DROIT DE SE CONSTITUER PARTIE CIVILE CONTRE UN TIERS ECHAPPE A CES DISPOSITIONS ; </p>
<p>QU'AYANT POUR OBJET ESSENTIEL LA MISE EN MOUVEMENT DE L'ACTION PUBLIQUE, EN VUE D'ETABLIR LA CULPABILITE DE L'AUTEUR PRESUME D'UNE INFRACTION AYANT CAUSE UN PREJUDICE AU PLAIGNANT, CE DROIT CONSTITUE UNE PREROGATIVE ATTACHEE A LA PERSONNE ET POUVANT TENDRE SEULEMENT A LA DEFENSE DE SON HONNEUR ET DE SA CONSIDERATION, INDEPENDAMMENT DE TOUTE REPARATION DU DOMMAGE PAR LA VOIE DE L'ACTION CIVILE ; </p>
<p>ATTENDU QUE L'APPEL FORME PAR LA PARTIE CIVILE CONTRE UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU DU JUGE D'INSTRUCTION A POUR BUT DE REMETTRE EN QUESTION, DEVANT LA CHAMBRE D'ACCUSATION, LE SORT DE L'ACTION PUBLIQUE, QUAND BIEN MEME LE MINISTERE PUBLIC ACCEPTANT LA DECISION DE NON-LIEU QU'IL A PU REQUERIR N'EXERCERAIT DE SON COTE AUCUNE VOIE DE RECOURS ; </p>
<p>ATTENDU QUE POUR DECLARER X..., DONT LA QUALITE DE PARTIE CIVILE N'AVAIT PAS ETE CONTESTEE, IRRECEVABLE A RELEVER SEUL APPEL D'UNE ORDONNANCE DE NON-LIEU PARTIEL DU JUGE D'INSTRUCTION RENDUE AU BENEFICE DE Y... JEAN, Z... HENRI ET A... MICHEL, INCULPES D'ESCROQUERIE, TENTATIVE D'ESCROQUERIE, ABUS DE CONFIANCE AGGRAVE, INFRACTIONS A LA LOI DU 28 DECEMBRE 1966 ET COMPLICITE, L'ARRET ATTAQUE ENONCE QUE, DECLARE EN LIQUIDATION DE BIENS POSTERIEUREMENT A LA CONSTITUTION, IL SE TROUVAIT DESSAISI DE L'ADMINISTRATION ET DE LA DISPOSITION DE SES BIENS, DEVANT DES LORS ETRE REPRESENTE PAR LE SYNDIC DANS TOUS LES DROITS ET ACTIONS RELATIFS A SON PATRIMOINE ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QU'EN STATUANT DANS CES TERMES, LA COUR A MECONNU LES PRINCIPES CI-DESSUS RAPPELES ET PRIVE AINSI SA DECISION DE BASE LEGALE ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS : </p>
<p>CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE, EN DATE DU 18 JUIN 1980 ; </p>
<p>ET POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE LYON, A DE DESIGNEE PAR DELIBERATION SPECIALE PRISE EN CHAMBRE DU CONSEIL.</p>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1980-12-16 Bulletin Criminel 1980 N. 348 p.893 (CASSATION) et les arrêts cités. (2) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1954-11-25 Bulletin Criminel 1954 N. 352 p.611 (CASSATION) et les arrêts cités.

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 55,LOI 1967-07-13 ART. 15,LOI 1981-02-02 ART. 81
**ECLI:** 
**Résumé:** Un débiteur soumis à une procédure de liquidation de biens et qui se prétend lésé par une infraction tient de l'article 55 du Code de procédure pénale auquel l'article 81 de la loi du 2 février 1981 n'a apporté de dérogation, le droit de porter plainte en se constituant partie civile qui est une prérogative attachée à la personne et dont l'exercice peut avoir pour seul objet d'établir la culpabilité de l'auteur présumé de l'infraction (1).          Il s'en déduit qu'encourt la cassation l'arrêt qui déclare irrecevable l'appel formé par ce seul débiteur, sans l'intervention du syndic, d'une ordonnance de non-lieu, en se fondant sur les dispositions de l'article 15 de la loi du 13 juillet 1967, alors qu'un tel appel a pour effet de remettre en question devant la chambre d'accusation le sort de l'action publique quand bien même le ministère public acceptant la décision de non-lieu qu'il a pu requérir n'exercerait de son côté aucune voie de recours (2).
**Mots-clés:** ACTION CIVILE - Partie civile - Constitution - Recevabilité - Débiteur en liquidation de biens.,* ACTION PUBLIQUE - Mise en mouvement - Partie civile - Constitution - Débiteur en liquidation de biens.,* FAILLITE REGLEMENT JUDICIAIRE - Débiteur - Action civile - Partie civile - Constitution - Recevabilité.