# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 1 mars 1971, 69-14.149, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006984409
**Date de décision:** 1971-03-01
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006984409

## Contenu de la décision

SUR LES DEUX MOYENS REUNIS : ATTENDU QUE, SELON LES ENONCIATIONS DE L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE (AGEN, 8 JUILLET 1969), REGLAT EXPLOITAIT SEUL A MARMANDE UN FONDS DE COMMERCE DE DISTILLATEUR-LIQUORISTE APPARTENANT EN INDIVISION A SON FILS ET A LUI-MEME ;<br>
<br>
 QUE, DESIRANT CEDER, IL RENDIT PUBLIQUE CETTE INTENTION ;<br>
<br>
 QUE LAVAL, HABITANT ALORS LA REGION PARISIENNE, ENTRA AINSI EN RELATIONS AVEC LUI ET AVEC DUBOURG, NOTAIRE A DAMAZAN ;<br>
<br>
 QUE, PAR ACTE SOUS SEING PRIVE DU 17 NOVEMBRE 1964, REDIGE PAR DUBOURG, LAVAL ACQUIT POUR LE PRIX DE 60000 FRANCS LA PART EN PLEINE PROPRIETE DE REGLAT DANS LE FONDS DE COMMERCE, QU'IL DEVAIT EN PRENDRE POSSESSION EFFECTIVE LE PREMIER JANVIER 1965, APRES REITERATION DE LA CESSION PAR ACTE AUTHENTIQUE, QU'IL VERSA IMMEDIATEMENT A DUBOURG LA SOMME DE 20000 FRANCS, PUIS LES 40000 FRANCS DE SURPLUS, AVANT DE PRENDRE POSSESSION ;<br>
<br>
 QUE DUBOURG REMIT AUSSITOT LA SOMME ENTIERE A REGLAT ;<br>
<br>
 QUE, VENANT A DOUTER DES PERSPECTIVES LUCRATIVES QU'OFFRAIT LE FONDS, LAVAL REFUSA DE PASSER L'ACTE AUTHENTIQUE, ET PERSISTA DANS CE REFUS MALGRE DIVERSES GARANTIES QUE, SUR L'ENTREMISE DE DUBOURG, REGLAT LUI CONSENTIT ;<br>
<br>
 QUE LAVAL ASSIGNA ENFIN SON VENDEUR EN ANNULATION DE LA CESSION, ET EN RESTITUTION CORRELATIVE DU PRIX VERSE ;<br>
<br>
 QU'IL ASSIGNA AUSSI DUBOURG, EN DEMANDANT LA CONDAMNATION DE CE NOTAIRE, SOLIDAIREMENT AVEC REGLAT A LUI VERSER LES MEMES SOMMES A TITRE DE DOMMAGES ET INTERETS ;<br>
<br>
ATTENDU QUE, SUR PLAINTE DE LAVAL, UNE INFORMATION PENALE AVAIT CEPENDANT ETE OUVERTE CONTRE REGLAT DU CHEF D'ESCROQUERIE ;<br>
<br>
 QUE LA COUR D'APPEL AVAIT RELAXE LE PREVENU AU BENEFICE DU DOUTE, APRES AVOIR RETENU QUE SI LE BILAN DE L'ANNEE 1963, PRESENTE A LAVAL ET QUI FAUSSAIT TOUS LES RAISONNEMENTS SUR LA RENTABILITE DE L'AFFAIRE ETAIT INEXACT, LES INEXACTITUDES QU'IL CONTENAIT ETAIENT L'OEUVRE DU COMPTABLE DE REGLAT, NON DE CE DERNIER LUI-MEME ;<br>
<br>
ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, SAISIE DE LA DOUBLE ACTION CIVILE INTRODUITE COMME IL A ETE DIT CI-DESSUS, A ANNULE LES CONVENTIONS PASSEES ENTRE REGLAT ET LAVAL, ET CONDAMNE REGLAT ET DUBOURG IN SOLIDUM, A PAYER A LAVAL LA SOMME PRINCIPALE DEMANDEE ;<br>
<br>
 QU'IL EST GRIEF PAR REGLAT A L'ARRET DE L'AVOIR AINSI CONDAMNE, ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, LES FAITS RETENUS PAR LA COUR D'APPEL A L'APPUI DE SA DECISION SONT IDENTIQUEMENT CEUX QUI ETAIENT REPROCHES AU VENDEUR DEVANT LA JURIDICTION PENALE, QUI AVAIT RELAXE CE DERNIER DES FINS DE LA POURSUITE ;<br>
<br>
 QUE, DES LORS, LESDITS FAITS NE POUVAIENT ETRE RETENUS A LA CHARGE DE REGLAT COMME CONSTITUTIFS DE MANOEUVRES DOLOSIVES ;<br>
<br>
 QUE, D'AUTRE PART, LA COUR D'APPEL NE POUVAIT, SANS SE CONTREDIRE, REPROCHER AU VENDEUR D'AVOIR PRODUIT UN FAUX BILAN TOUT EN RECONNAISSANT QUE CE FAIT AVAIT ETE RECONNU PAR LA JURIDICTION REPRESSIVE IMPUTABLE AU COMPTABLE DUDIT VENDEUR ;<br>
<br>
 QUE, ENCORE, LA COUR D'APPEL N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION EN NE PRECISANT PAS QUELS AUTRES ELEMENTS, ETRANGERS A L'ACTION PUBLIQUE PRECEDEMMENT ETEINTE PAR UNE DECISION DE RELAXE, ETAIENT INVOQUES A L'APPUI DE L'INSTANCE CIVILE, QUE, ENFIN, IL APPARTENAIT AUX JUGES DU FOND DE RECHERCHER SI LES FAITS DE TROMPERIE RETENUS A LA CHARGE DU VENDEUR AVAIENT ETE TELS QUE, SANS EUX, L'ACHETEUR N'AURAIT PAS CONTRACTE ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE LAVAL, A L'APPUI DE SA DEMANDE, AVAIT EXPRESSEMENT INVOQUE DEVANT LA COUR D'APPEL, NON SEULEMENT DES MANOEUVRES DOLOSIVES QU'IL IMPUTAIT A SON VENDEUR, MAIS ENCORE LA VIOLATION PAR CELUI-CI DES REGLES, PROTECTRICES DE L'ACQUEREUR, EDICTEES PAR LA LOI DU 29 JUIN 1935, ET PRESCRIVANT L'INSERTION DANS L'ACTE D'UNE SERIE DE RENSEIGNEMENTS CHIFFRES DECRIVANT L'ACTIVITE COMMERCIALE DU FONDS ;<br>
<br>
 QUE L'ARRET ATTAQUE A EXPRESSEMENT CONSTATE L'INEXACTITUDE DES RENSEIGNEMENTS FIGURANT A CET EGARD A L'ACTE LITIGIEUX ;<br>
<br>
 QUE, CE FAISANT, BIEN LOIN DE CONTREDIRE LES FAITS RETENUS PAR LE JUGE PENAL A L'APPUI DE LA DECISION DE RELAXE, IL A APPRECIE COMME CELUI-CI CES ELEMENTS DE LA CAUSE ;<br>
<br>
 QUE, EN VERTU DE LA REGLE EDICTEE PAR L'ARTICLE 13 DE LA LOI SUSVISEE DU 29 JUIN 1935, LA DECISION CRITIQUEE SE TROUVE JUSTIFIEE DU SEUL FAIT DE CETTE INEXACTITUDE, EN L'ETAT DES CONSTATATIONS, EXPRESSEMENT RETENUE PAR L'ARRET, SELON LESQUELLES, D'ABORD, LE CONSENTEMENT (DE LAVAL) A L'ACTE DU 17 NOVEMBRE 1964 A ETE DE CE FAIT VICIE, ET, ENSUITE, LE FONDS VENDU ETAIT PRATIQUEMENT SANS VALEUR POUR SON ACQUEREUR ;<br>
<br>
QUE LES DEUX MOYENS SONT AINSI INOPERANTS ;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 8 JUILLET 1969 PAR LA COUR D'APPEL D'AGEN ;<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1960-06-10 Bulletin 1960 III N.224 P.207 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code civil 1109,Code civil 1351,LOI 1935-06-29
**ECLI:** 
**Résumé:** L'ARRET, QUI POUR ANNULER LA VENTE D'UN FONDS DE COMMERCE,  CONSTATE L'INEXACTITUDE DES RENSEIGNEMENTS CHIFFRES DECRIVANT L 'ACTIVITE COMMERCIALE DU FONDS, DEVANT FIGURER A L'ACTE EN VERTU DE  LA LOI DU 29 JUIN 1935 ET RETIENT QUE LE CONSENTEMENT DE L'ACQUEREUR  A ETE DE CE FAIT VICIE, NE CONTREDIT NULLEMENT LES FAITS RETENUS PAR  LE JUGE PENAL A L'APPUI D'UNE DECISION DE RELAXE DU VENDEUR DU CHEF  D'ESCROQUERIE DECISION PRONONCEE AU BENEFICE DU DOUTE AUX MOTIFS QUE  LES INEXACTITUDES DE L'ACTE ETAIENT L'OEUVRE DU COMPTABLE DUDIT  VENDEUR ET NON DE CE DERNIER LUI-MEME.
**Mots-clés:** FONDS DE COMMERCE - VENTE - MENTIONS OBLIGATOIRES - BENEFICES ET  CHIFFRES D'AFFAIRES - INEXACTITUDE - NULLITE - DECISION LA  PRONONCANT - DECISION ANTERIEURE RELAXANT LE VENDEUR DU CHEF D 'ESCROQUERIE.,* CHOSE JUGEE - AUTORITE DU PENAL - ESCROQUERIE - RELAXE - PORTEE  - ACTION ULTERIEURE EN NULLITE D'UNE VENTE DE FONDS DE COMMERCE POUR  INEXACTITUDE DES MENTIONS OBLIGATOIRES.,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - CONSENTEMENT - DOL - RETICENCE - VENTE D 'UN FONDS DE COMMERCE - INEXACTITUDE DES RENSEIGNEMENTS CHIFFRES SUR  L'ACTIVITE COMMERCIALE.