# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 1ère Chambre, 11/10/2011, 10VE03762, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000024754868
**Date de décision:** 2011-10-11
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 1ère Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000024754868

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 28 novembre 2010 au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour Mme Luianju A, demeurant ..., par Me Berdugo ; Mme A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0912098 du 25 juin 2010 par lequel le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2009 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet, sur le fondement des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Elle soutient que le refus contesté est entaché d'une insuffisance de motivation ; que cette motivation stéréotypée montre que le préfet n'a pas procédé à l'examen de l'ensemble de sa situation individuelle ; que les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues ; qu'une erreur manifeste d'appréciation a également été commise au regard desdites dispositions ; que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant impose que l'intérêt supérieur des enfants soit pris en compte ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 27 septembre 2011 :<br>
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       - le rapport de Mme Belle, premier conseiller,<br>
       -  et les conclusions de Mme Dioux-Moebs, rapporteur public ;<br>
       Considérant que Mme A, ressortissante chinoise, a sollicité le 13 janvier 2009 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention  vie privé et familiale  en se prévalant des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, par la présente requête, Mme A relève régulièrement appel du jugement du 25 juin 2010 par lequel le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2009 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, refus assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination de son pays d'origine ; <br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979, modifiée, relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public :  (...) Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent (...)  ; qu'aux termes de l'article 3 de la même loi :  La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision  ; que l'arrêté attaqué mentionne les textes applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application ; qu'il précise les éléments de fait afférents à la situation de Mme A ; qu'ainsi ledit arrêté ne présente pas, contrairement à ce que soutient la requérante, de caractère stéréotypé et comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé ; que, par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas insuffisamment motivé sa décision ;<br>
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       Considérant, en deuxième lieu, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ne se soit pas livré à un examen particulier de la situation personnelle de Mme A ; <br>
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       Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° I1 ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République  ; qu'aux termes de l'article             R. 313-21 du même code :  pour l'application du 7° de l'article L. 313-11, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de la vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.  ; <br>
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       Considérant que Mme A justifie résider en France depuis 2000, que deux de ses enfants, nés en 2003 et 2005, résident également en France, que leur troisième enfant a rejoint le couple en 2008 ; que, toutefois, alors qu'il est constant que son époux est également en situation irrégulière, elle n'établit pas, comme l'ont également relevé les premiers juges, être dépourvue de tout lien familial dans son pays d'origine, où elle a résidé jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans ; que pour les mêmes motifs, alors que la cellule familiale est susceptible de se reconstituer en Chine, Mme A n'établit pas qu'elle ne pourrait normalement se réinsérer dans son pays d'origine avec son époux et ses enfants ; que, dès lors, la circonstance que Mme A réside en France avec ses trois enfants ne permet pas de considérer que le refus qui lui a été opposé porterait au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision a été prise ; que, par suite, la décision attaquée n'a méconnu ni les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Considérant que Mme A soutient, en quatrième lieu, que la décision du préfet est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ; que, toutefois, l'intéressée ne fait état d'aucune circonstance qui ferait obstacle à son éloignement en compagnie de ses enfants ; que, par suite, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ; <br>
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       Considérant, en cinquième lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990, susvisée :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ;<br>
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       Considérant que Mme A fait valoir qu'elle réside en France avec ses trois enfants qui y sont scolarisés ; que, toutefois, elle ne justifie d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Chine, pays dont M. et Mme A  sont tous deux ressortissants, où ils se sont mariés en 1996 et où est né l'aîné de leurs enfants qui y demeurait jusqu'en 2008 ; qu'à cet égard, il n'est pas établi que, compte tenu de leur jeune âge, les enfants de la requérante ne pourraient s'adapter à un nouvel environnement et, notamment, mener une scolarité normale hors de France ; que, dans ces conditions, la décision de refus de séjour attaquée ne peut être regardée comme ayant méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants au sens et pour l'application des stipulations précitées ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ;<br>
DECIDE :<br>
       Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.<br>
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N° 10VE03762	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.