# CAA de BORDEAUX, 1ère chambre, 08/10/2020, 20BX02029, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042429892
**Date de décision:** 2020-10-08
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042429892

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante : <br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 13 mars 2019 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. <br>
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       Par un jugement n° 1902978 du 23 octobre 2019, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande. <br>
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       Procédure devant la cour : <br>
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       Par une requête enregistrée le 23 juin 2020, M. B..., représenté par Me C..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 23 octobre 2019 ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2019 du préfet de la Gironde ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou de procéder à un nouvel examen de sa situation sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas conformément à l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. <br>
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       Il soutient que :<br>
       - le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa demande de titre de séjour ; <br>
       - la décision de refus de titre de séjour méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation.<br>
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       Par un mémoire enregistré le 22 juillet 2020, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête. <br>
       Il fait valoir que :<br>
       - la requête est tardive en ce qu'elle a été enregistrée plus de trois mois après la décision accordant l'aide juridictionnelle du 12 mars 2020 ; elle est par suite irrecevable ; <br>
       - les moyens développés par M. B... ne sont pas fondés. <br>
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       Par une décision du 12 mars 2020, M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier. <br>
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       Vu : <br>
       - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
       - la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme D... a été entendu au cours de l'audience publique. <br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. A... B..., né le 24 août 1978, de nationalité algérienne, est entré en France le 19 janvier 2017 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa Schengen de court séjour et a sollicité, le 14 septembre 2017, son admission au séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien pour s'occuper de son frère malade. Par un arrêté du 13 mars 2019, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être renvoyé. M. B... relève appel du jugement du 23 octobre 2019 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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       2. Il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Gironde n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. B... avant de lui refuser la délivrance d'une carte de séjour et de l'obliger à quitter le territoire français.<br>
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       3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit " au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".<br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier que M. B... est entré en France le 19 janvier 2017 à l'âge de 39 ans et a sollicité un titre de séjour afin d'aider son frère malade. Il ressort notamment des certificats médicaux produits que son frère, arrivé en France le 5 avril 2001 et titulaire d'une carte de résident depuis le 7 décembre 2005, est atteint de divers pathologies et handicaps. Toutefois, si l'appelant produit deux certificats médicaux de son médecin traitant des 30 avril 2017 et 19 mars 2019 attestant que sa présence aux côtés de son frère est nécessaire, il ressort des pièces du dossier que ce dernier a déclaré que la majorité de sa famille, soit vingt-deux personnes, résidait dans la métropole bordelaise et subvenait à ses besoins. Ainsi, M. B..., qui par ailleurs produit une promesse d'embauche en qualité de chauffeur pour une durée de travail de 140 heures par mois, n'établit pas être la seule personne en mesure de lui porter assistance. En outre, M. B... est célibataire sans charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie où résident sa mère et ses frères et soeurs et où il a vécu jusqu'à l'âge de 39 ans et a exercé la profession de chauffeur. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré par M. B... de ce que le refus de titre de séjour attaqué porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de la décision et méconnaîtrait, par suite, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Gironde n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de M. B....<br>
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       5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 mars 2019. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.<br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. <br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Gironde.<br>
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2020 à laquelle siégeaient : <br>
Mme Marianne Hardy, président,<br>
M. Didier Salvi, président-assesseur,<br>
Mme D..., premier conseiller.<br>
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Lu en audience publique, le 8 octobre 2020.<br>
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 Le rapporteur,<br>
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D...Le président,<br>
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Marianne Hardy <br>
Le greffier,<br>
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Stéphan Triquet         <br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
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N° 20BX02029		4<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.