# CAA de NANTES, 3ème chambre, 07/07/2016, 15NT03411, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000032897728
**Date de décision:** 2016-07-07
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000032897728

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
<br>
       Procédure contentieuse antérieure :<br>
<br>
       Mme D...A...a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2015 du préfet de Maine-et-Loire refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.<br>
<br>
       Par un jugement n° 1501313 du 11 juin 2015, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.<br>
<br>
       Procédure devant la cour :<br>
<br>
       Par une requête enregistrée le 9 novembre 2015 Mme A..., représentée par Me B..., demande à la cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 11 juin 2015 ;<br>
<br>
       2°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2015 ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
<br>
       Elle soutient que :<br>
       - la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;<br>
       - elle n'entrait pas dans le champ d'application des dispositions du 4° de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;<br>
       - cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;<br>
       - la décision fixant le pays de destination est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;<br>
       - cette décision a été prise en méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
<br>
       Par un mémoire en défense enregistré le 20 mai 2016, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.<br>
<br>
       Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.<br>
       Mme A... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 septembre 2015.<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
<br>
       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
<br>
       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
<br>
       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
<br>
       Le rapport de M. Coiffet a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
<br>
<br>
       1. Considérant que Mme A..., ressortissante yéménite, relève appel du jugement du 11 juin 2015 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2015 du préfet de Maine-et-Loire refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
<br>
       2. Considérant que si Mme A... soutient qu'elle n'a aucune attache au Yémen où elle n'a jamais vécu alors qu'elle réside en France depuis près de cinq ans, l'intéressée, célibataire, n'établit pas, par ces seules circonstances, que la décision fixant le pays de renvoi porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que, dès lors, le moyen tiré de ce qu'en prenant cette décision le préfet de Maine-et-Loire aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;<br>
<br>
       3. Considérant, pour le surplus, que Mme A... se borne à invoquer devant le juge d'appel, sans plus de précisions ou de justifications, les mêmes moyens que ceux développés en première instance ; qu'il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges, et tirés de ce que la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée et n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'un défaut de motivation, de ce que la requérante n'est pas fondée à se prévaloir, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et de ce que la décision fixant le pays de destination n'est pas entachée d'un défaut d'examen de sa situation et n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
<br>
       5. Considérant que le présent arrêt, qui rejette la requête de Mme A..., n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressée ne peuvent être accueillies ;<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
<br>
       6. Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par Mme A... et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
<br>
D E C I D E<br>
Article 1er :	La requête de Mme A... est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à Mme D... A...et au ministre de l'intérieur.<br>
  Copie en sera adressée au préfet de Maine-et-Loire.<br>
<br>
<br>
<br>
  Délibéré après l'audience du 23 juin 2016, à laquelle siégeaient :<br>
<br>
  - Mme Perrot, président,<br>
  - M. Coiffet, président-assesseur,<br>
  - Mme Gélard, premier conseiller. <br>
<br>
  Lu en audience publique, le 7 juillet 2016<br>
<br>
<br>
<br>
       Le rapporteur,<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       O. Coiffet       <br>
       Le président,<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
       I. Perrot       <br>
Le greffier,<br>
M. C...<br>
<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 15NT034113<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**