# Conseil d'Etat, 1ère sous-section jugeant seule, du 15 décembre 2004, 255897, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008193201
**Date de décision:** 2004-12-15
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 1ERE SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008193201

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 avril 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 10 janvier 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 6 août 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Landing X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mme Josseline de Clausade, Conseiller d'Etat,  
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                - les observations de la SCP Célice, Blancpain, Soltner, avocat de M. X, 
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                - les conclusions de M. Jacques-Henri Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)   ; que, selon l'article 12 bis de la même ordonnance  :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant   ; que, lorsque la loi prescrit qu'un étranger doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la suite du rejet de sa demande de statut de réfugié par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 22 mars 1991, rejet confirmé le 11 juillet 1991 par la commission des recours des réfugiés et suivi d'un arrêté de reconduite à la frontière le 23 décembre 1991, M. X, ressortissant gambien, a quitté le territoire français pour rejoindre son pays d'origine et y a fait renouveler son passeport le 31 mai 1993  ; que, s'il est ensuite revenu en France, son séjour hors du territoire national, quelle qu'en soit la durée, était de nature par sa cause même à retirer à cette résidence son caractère habituel  ; que, par suite, et alors même qu'il serait arrivé en France en 1989, M. X ne peut se prévaloir des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE  est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur la méconnaissance de ces dispositions pour annuler son arrêté du 6 août 2002 prononçant la  reconduite à la frontière de M. X  ;
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                Considérant qu'il appartient toutefois au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen présenté par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ;
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                Considérant que si M. X soutient qu'il serait exposé à des risques de traitement inhumains et dégradants en cas de retour en Gambie, pays dans lequel il serait recherché, l'intéressé, qui a d'ailleurs vu sa demande d'admission au statut de réfugié rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et par la commission des recours des réfugiés, n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations  ; que, ainsi qu'il a été dit, il est d'ailleurs retourné en Gambie et y a fait renouveler son passeport en  1993  ; que, par suite, il n'est pas  fondé à soutenir que la décision attaquée aurait, en tant qu'elle désigne la Gambie comme pays de destination de la reconduite, méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de  l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 6 août 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X  ; que, par voie de conséquence, les conclusions de ce dernier à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées  ;
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<br>D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 10 janvier 2003 est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Paris et ses conclusions présentées devant le Conseil d'Etat sont rejetées.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Landing X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**