# Cour administrative d'appel de Paris, du 20 décembre 1990, 89PA02204, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007428404
**Date de décision:** 1990-12-20
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007428404

## Contenu de la décision

<br>    VU la requête présentée par M. Lucien SEBBAN, demeurant ... ; elle a été enregistrée au greffe de la cour le 22 mai 1989 ; M. Lucien SEBBAN demande à la cour :<br>    1°) d'annuler le jugement n° 63796/3 du 1er mars 1989 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande en décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu, auxquelles il a été assujetti, au titre des années 1980 à 1983, dans les rôles de la commune de Drancy ;<br>    2°) de lui accorder la décharge demandée ;<br>    VU les autres pièces du dossier ;<br>    VU le code général des impôts ;<br>    VU le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    VU la loi n°87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience du 6 décembre 1990 :<br>    - le rapport de M. DUHANT, conseiller,<br>    - les observations de M. Lucien SEBBAN,<br>    - et les conclusions de Mme SICHLER , commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur la gérance majoritaire :<br>    Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article 62 du code général des impôts :  "Les traitements ... et toutes autres rémunérations ... allouées ... aux gérants majoritaires des sociétés à responsabilité limitée ... sont soumis à l'impôt sur le revenu au nom de leurs bénéficiares s'ils sont admis en déduction des bénéfices soumis à l'impôt sur les sociétés par application de l'article 211, même si les résultats de l'exercice social sont déficitaires" ;<br>    Considérant que l'administration a regardé les rémunérations reçues par M. Lucien SEBBAN, de la S.A.R.L.  SEBBAN au cours des années 1980 à 1983, non comme des traitements salaires, ainsi qu'il les avait déclarés, mais comme des rémunérations de gérant majoritaire au sens de l'article 62 précité, en estimant qu'il était co-gérant de fait, avec son frère, de la société et que, par suite, le collège de gérance qu'ils constituaient était majoritaire ; qu'elle a en conséquence redressé les bases d'imposition de M. Lucien SEBBAN au titre desdites années ; que ce dernier ayant contesté en temps utiles ces redressements, il incombe à l'administration d'établir qu'il se comportait en fait comme un gérant de société ;<br>    Considérant que si elle fait valoir à cette fin que M. Lucien SEBBAN prenait pendant les années en cause, une rémunération équivalente à celle de son frère et qu'il détennait 50 % du capital de la société, elle ne démontre pas, par ces seuls éléments de fait, que l'intéréssé participait affectivement à la gestion et à la direction de l'entreprise, en exerçant sur celle-ci un contrôle effectif d'une nature comparable à celui qui incombe à un gérant ; que si elle fait valoir également que jusqu'en 1982 M. Marcel SEBBAN a bénéficié d'une rente d'invalidité sans que soit perceptible une baisse de l'activité de l'entreprise et que M. Lucien SEBBAN ne saurait prétendre au statut de voyageur-représentant-placier en l'absence de lien de subordination avec l'entreprise, ces circonstances ne suffisent pas à établir que M. Lucien SEBBAN se comportant comme co-gérant de fait de la S.A.R.L. pendant les années 1980 à 1983 soit imposable dans la catégorie des traitements et salaires et non suivant les règles fixées par l'article 62 du code général des impôts ;<br>    Sur les revenus distribués :<br>    Sur la motivation de la notification de redressement :<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que la notification litigieuse était fondée sur des éléments internes et externes à la S.A.R.L.  "SEBBAN" ; que même si à ce stade l'identité des entreprises prises en compte en ce qui concerne la comparaison effectuée n'était pas donnée, la notification n'en était pas moins suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L.57 du livre des procédures fiscales ; qu'à supposer que le requérant n'ait entendu se prévaloir que de l'insuffisance de la notification faite à la société à responsabilité limitée "Sebban", ce moyen serait inopérant ;<br>    Au fond :<br>
<br>    Considérant qu'en se référant à des entreprises d'activités comparables, sinon en tous points identiques, et aux chiffres d'affaires voisins et en établissant que les rémunérations litigieuses étaient plus que deux fois supérieures à celles allouées dans lesdites entreprises, alors que même si les résultats des entreprises comparées ne sont pas fournis, il est à tout le moins constant que durant la période vérifiée, les bénéfices de la société à responsabilité limitée "Sebban" ont été en décroissance régulière et sensible, l'administration établit à hauteur des montants demeurant litigieux le bien-fondé des redressements qu'elle à opérés ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. Lucien SEBBAN est seulement fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a considéré qu'il formait avec son frère un collège de gérants majoritaires ;<br>Article 1er :  Les revenus de M. Lucien SEBBAN imposés comme revenus de gérants majoritaires sont imposés dans la catégorie des traitements et salaires.<br>Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. Lucien SEBBAN est rejeté.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** CGI 62 al. 1,CGI Livre des procédures fiscales L57
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-04-02-01-04-07 CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REVENUS ET BENEFICES IMPOSABLES - REGLES PARTICULIERES - BENEFICES INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX - DETERMINATION DU BENEFICE NET - REMUNERATION DES DIRIGEANTS