# Conseil d'Etat, 3 SS, du 14 novembre 2000, 217696, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008029261
**Date de décision:** 2000-11-14
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 3 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008029261

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée le 22 février 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat : <br>    1°) d'annuler le jugement du 30 décembre 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 30 novembre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle Khadija X... ;<br>    2°) de rejeter la demande présentée par Mlle X... devant ledit tribunal ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de Mme Laigneau, Maître des Requêtes,<br>    - les conclusions de M. Touvet, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...) " ;<br>    Considérant que Mlle Khadija X..., de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 10 juillet 1998, de la décision du PREFET DE POLICE DU 18 JUIN 1999 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>    Considérant que si à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté du 30 novembre 1998 décidant sa reconduite à la frontière, Mlle X..., qui est célibataire sans enfant, a fait valoir qu'elle réside en France depuis 1995 où elle vit maritalement avec un ressortissant tunisien qui dispose d'une carte de résident et qui assure son entretien, il ressort des pièces du dossier, d'une part, qu'elle n'a pas établi la réalité de son concubinage avec ce dernier, et d'autre part, qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident sa mère et ses frères et soeurs ; que dans ces circonstances, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté litigieux n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que c'est dès lors à tort que, pour annuler l'arrêté attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>    Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mlle X... devant le tribunal administratif et devant le Conseil d'Etat ;<br>    Considérant, d'une part, qu'à la date à laquelle Mlle X... a demandé l'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, la décision du PREFET DE POLICE lui refusant la délivrance d'un titre de séjour qu'elle n'a pas contestée dans le délai du recours contentieux était devenue définitive ; qu'elle n'est, dès lors, pas recevable à exciper de son illégalité ;<br>    Considérant, d'autre part, que si Mlle X... a fait valoir qu'elle disposait d'une promesse d'embauche, cette circonstance ne suffit pas à établir que le PREFET DE POLICE ait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure de reconduite sur la situation personnelle de l'intéressée ;<br>
<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à demander l'annulation du jugement du 30 décembre 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 30 novembre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle X... ;<br>Article 1er : Le jugement du 30 décembre 1999 du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.<br>Article 2 : La demande présentée par Mlle X... devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.<br>     Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mlle Khadija X... et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 1998-11-30,Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.