# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 11/06/2009, 08NT03074, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021031389
**Date de décision:** 2009-06-11
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021031389

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 10 novembre 2008, présentée pour M. Mohamed X, demeurant ..., par Me Moutel, avocat au barreau du Mans ; M. Mohamed X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 08-4106 du 2 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2008 du préfet de la Sarthe portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de procéder à un réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;<br>
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       4°) de condamner l'Etat à verser à Me Moutel la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que l'avocat renonce à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 14 mai 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Tholliez, président ;<br>
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       - les conclusions de M. Geffray, rapporteur public ;<br>
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       - et les observations de Me Moutel, avocat de M. X ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant algérien, interjette appel du jugement du 2 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2008 du préfet de la Sarthe portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit : (...) 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays (...) ; qu'aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour temporaire au vu d'un avis émis par le médecin inspecteur départemental de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé et, à Paris, par le médecin, chef du service médical de la préfecture de police. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de la population et des migrations, du ministre chargé de la santé et du ministre de l'intérieur, au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de traitement dans le pays d'origine de l'intéressé (...) ; que ces dernières dispositions, relatives à des règles de procédures, sont applicables aux ressortissants algériens ; que l'arrêté du 8 juillet 1999 pris pour l'application de ces dispositions impose au médecin inspecteur de santé publique de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales d'émettre un avis précisant si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale, si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié dans son pays, quelle est la durée prévisible du traitement, et indiquant si l'état de santé de l'étranger lui permet de voyager sans risque vers le pays de renvoi ;<br>
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       Considérant que si l'avis émis le 14 mars 2008 par le médecin inspecteur de santé publique de la Sarthe mentionne que l'état de santé de M. X nécessite une prise en charge médicale, que le défaut de cette prise en charge médicale ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que l'intéressé peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, cet avis ne comporte cependant pas d'indication sur la possibilité pour M. X de voyager sans risque vers l'Algérie alors que l'état de santé de l'intéressé, qui souffre d'une pathologie cardio-vasculaire qui a nécessité une intervention chirurgicale en mars 2004, suivie d'une angioplastie en décembre 2004, pouvait susciter des interrogations sur sa capacité à supporter ce voyage ; que, dans ces conditions, en se fondant sur cet avis, l'arrêté contesté a été pris suivant une procédure irrégulière et est, par suite, entaché d'illégalité ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'eu égard à ses motifs, l'annulation de l'arrêté refusant à M. X une carte de séjour portant la mention vie privée et familiale implique seulement que le préfet procède à un nouvel examen de la situation administrative de l'intéressé dans un délai qu'il convient de fixer à un mois à compter de la notification du présent arrêt ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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Considérant que M. X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de condamner l'Etat à payer à Me Moutel la somme de 1 500 euros sous réserve que l'avocat de M. X renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat ;        <br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du 2 octobre 2008 du Tribunal administratif de Nantes et l'arrêté du 20 juin 2008 du préfet de la Sarthe sont annulés.<br>
Article 2    : Il est enjoint au préfet de la Sarthe de procéder à un nouvel examen de la situation administrative de M. X dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3    : L'Etat versera à Me Moutel la somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Moutel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 4    : Le présent arrêt sera notifié à M. Mohamed X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Une copie sera transmise au préfet de la Sarthe.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**