# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 8 juillet 2005, 268540, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008228477
**Date de décision:** 2005-07-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008228477

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 juin 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS  ;  le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 7 mai 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 17 mars 2004 décidant la reconduite à la frontière et fixant le pays de renvoi de M. Patrick X... Y ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. Y ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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                     - les observations de la SCP Gatineau, avocat de M. Y, 
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     - les conclusions de M. Laurent Vallée, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée en vigueur à la date de l'arrêté litigieux  : Le représentant de l'Etat dans le département et à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;  
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y, de nationalité haïtienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 22 janvier 2004, de la décision du 20 janvier 2004 par laquelle le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence et l'a invité à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant, toutefois, qu'il ressort des pièces du dossier que M. Y, entré régulièrement en France le 8 avril 2002, a épousé, le 24 août 2002, une compatriote qui vit en France depuis 1995 et qui est titulaire d'une carte de résident ; que M. et Mme Y ont eu en France un enfant né le 27 juillet 2003  ; que, dans ces circonstances, et alors même que M. Y pourrait bénéficier du regroupement familial prévu par l'article 29 de l'ordonnance précitée, l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, et a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy Pontoise a annulé son arrêté du 17 mars 2004 décidant  la reconduite à la frontière de M. Y ;
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                Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que M. Y a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle dans la présente instance  ; qu'ainsi, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique  ; que, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Gatineau, avocat de M. Y, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, il y a lieu de mettre à la charge de celui-ci la somme de 3 000 euros  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête du PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS est rejetée.
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     Article 2  : L'Etat versera à la SCP Gatineau la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que la SCP Gatineau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, à M. Patrick X... Y et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire. 
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**