# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 1 février 1968, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006977127
**Date de décision:** 1968-02-01
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006977127

## Contenu de la décision

<p>SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS DANS SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE (NIMES, 25 NOVEMBRE 1965) QUE LA DAME X..., NEE Y..., A RECU LE 28 OCTOBRE 1963 CONGE DES LIEUX OCCUPES PAR ELLE EN VERTU D'UN BAIL D'UNE DUREE D'UN AN, CONCLU PAR ACTE DU 13 FEVRIER 1962 AVEC EFFET A PARTIR DU 1ER JANVIER 1962 ; </p>
<p>QUE LES PROPRIETAIRES, LES CONSORTS Z...- A..., LUI CONTESTERENT ENSUITE TOUT DROIT A RENOUVELLEMENT DE BAIL ET A INDEMNITE D'EVICTION ; </p>
<p>QUE LES JUGES DU FOND FIRENT DROIT A LA DEMANDE DES BAILLEURS EN DECLARANT QUE LADITE DAME N'AVAIT PAS LA DUREE D'EXPLOITATION EXIGEE PAR LE DECRET DU 30 IX 1953 (LOI DU 31 DECEMBRE 1953) ; </p>
<p>ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A CET ARRET D'AVOIR AINSI STATUE AU MOTIF QUE LA LOCATAIRE N'AVAIT OCCUPE LES LIEUX QUE DURANT UNE ANNEE EN VERTU D'UN BAIL ECRIT, ALORS QUE, SI CE BAIL, N'AVAIT ETE CONSENTI QUE POUR UNE DUREE D'UNE ANNEE, IL ETAIT STIPULE RENOUVELABLE A DEFAUT DE CONGE DONNE PAR LES BAILLEURS TROIS MOIS AVANT SON EXPIRATION, ET QU'EN FAIT LA DAME X... AVAIT EFFECTIVEMENT OCCUPE LES LIEUX PENDANT DEUX ANS EN VERTU DE CE BAIL RENOUVELE, N'AVAIT RECU CONGE AVEC OFFRE D'UNE INDEMNITE D'EVICTION QU'A LA FIN DE LA DEUXIEME ANNEE, ET QU'EN CONSEQUENCE ELLE AVAIT OCCUPE LES LOCAUX PENDANT DEUX ANS EN VERTU D'UN BAIL ECRIT ET AVAIT DROIT AU BENEFICE DU RENOUVELLEMENT DU BAIL ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE DAME X... SOUTENANT AVOIR OCCUPE LES LIEUX PENDANT DEUX ANNEES EN VERTU DE DEUX BAUX ECRITS SUCCESSIFS ET AVOIR, PAR CONSEQUENT, ACQUIS LE DROIT A RENOUVELLEMENT, LA COUR D'APPEL A RELEVE QU'A L'EXPIRATION DE L'ANNEE POUR LAQUELLE LE BAIL DU 13 FEVRIER 1962 AVAIT ETE CONCLU, IL S'ETAIT SUBSTITUE, A DEFAUT DE CONGE, UNE LOCATION VERBALE A DUREE INDETERMINEE EN VERTU DE L'ARTICLE 1738 DU CODE CIVIL, AUQUEL LES PARTIES AVAIENT, D'AILLEURS, ENTENDU SE REFERER EN MENTIONNANT DANS LA CONVENTION L'EVENTUALITE DE LA RECONDUCTION TACITE, DE TELLE SORTE QU'A LA DATE D'EFFET DU CONGE 31 JANVIER 1964, CETTE LOCATAIRE NE REUNISSAIT PAS LES CONDITIONS DE DUREE EXIGEE PAR L'ARTICLE 4 DU DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953 POUR OBTENIR LE RENOUVELLEMENT DU BAIL, C'EST-A-DIRE SOIT DEUX ANNEES EN VERTU D'UN OU PLUSIEURS BAUX ECRITS SUCCESSIFS, SOIT QUATRE ANNEES EN VERTU DE BAUX VERBAUX OU ECRITS SUCCESSIFS ; </p>
<p>QUE LE MOYEN N'EST DONC FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ; </p>
<p>SUR LE SECOND MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR, TOUT EN RECONNAISSANT QUE LE CONGE DONNE LE 28 OCTOBRE 1963 CONTENAIT OFFRE D'UNE INDEMNITE D'EVICTION, DECLARE QUE CETTE OFFRE NE LIAIT PAS LES PROPRIETAIRES PARCE QU'ELLE N'AVAIT PAS ETE ACCEPTEE PAR LA LOCATAIRE, ALORS QUE CELLE-CI N'AVAIT CESSE DEPUIS LE DEBUT DE LA PROCEDURE DE RECLAMER CETTE INDEMNITE ET ALORS QU'IL N'APPARTENAIT PAS AUX CONSORTS Z..., ACQUEREURS DE L'IMMEUBLE POSTERIEUREMENT A LA DATE DU CONGE, DE RETRACTER L'OFFRE FAITE PAR LES PRECEDENTS PROPRIETAIRES ; </p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LES BAILLEURS ORIGINAIRES AYANT OFFERT L'INDEMNITE D'EVICTION PREVUE PAR L'ARTICLE 8 DU DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953, LA COUR D'APPEL A, A BON DROIT, ESTIME QUE LES NOUVEAUX PROPRIETAIRES POUVAIENT, EN ASSIGNANT DAME X..., RETRACTER CETTE OFFRE, PUISQU'ILS SOUTENAIENT ET QU'ILS ONT DEMONTRE QUE CETTE LOCATAIRE NE REMPLISSAIT PAS LES CONDITIONS EXIGEES PAR LE SUSDIT DECRET POUR OBTENIR UNE TELLE INDEMNITE ; </p>
<p>QU'ABSTRACTION FAITE DU MOTIF CRITIQUE QUI EST SURABONDANT, LA COUR D'APPEL A JUSTIFIE SA DECISION ET QU'IL S'ENSUIT QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 25 NOVEMBRE 1965 PAR LA COUR D'APPEL DE NIMES. N° 66-11659 EPOUX X... C / CONSORTS Z... ET AUTRE PRESIDENT : M DE MONTERA-RAPPORTEUR : M DEGOUY-AVOCAT GENERAL : M TUNC-AVOCATS : MM COUTARD ET CALON A RAPPROCHER : SUR LE N° 1 : 20 FEVRIER 1962, BULL 1962, III, N° 109, P 88 ET LES ARRETS CITES SUR LE N° 2 : 26 AVRIL 1966, BULL 1966, III, N° 197, P 175</p>

## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1 NE REUNIT PAS LES CONDITIONS DE DUREE D'EXPLOITATION EXIGEE PAR LE DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953 LE LOCATAIRE QUI EST RESTE DANS LES LIEUX PENDANT DEUX ANNEES AVEC UN BAIL CONSENTI POUR UNE ANNEE MAIS RENOVELABLE A DEFAUT DE CONGE. IL S'EST EN EFFET SUBSTITUE AU BAIL PRIMITIF UNE LOCATION VERBALE A DUREE INDETERMINEE EN VERTU DE L'ARTICLE 1738 DU CODE CIVIL.,2 CELUI QUI ACQUIERT L'IMMEUBLE POSTERIEUREMENT AU CONGE DONNE AU LOCATAIRE PEUT RETRACTER L'OFFRE D'INDEMNITE D'EVICTION FAITE PAR LE BAILLEUR ORIGINAIRE EN DEMONTRANT QUE LEDIT LOCATAIRE NE REMPLISSAIT PAS LES CONDITIONS EXIGEES POUR OBTENIR UNE TELLE INDEMNITE.
**Mots-clés:** 1 BAIL COMMERCIAL (DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953)    RENOUVELLEMENT   CONDITIONS    DUREE DE L'EXPLOITATION    BAIL A DUREE INDETERMINEE   BAIL D'UN AN RENOUVELABLE PAR TACITE RECONDUCTION,2 BAIL COMMERCIAL (DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953)    INDEMNITE D'EVICTION    OFFRE    OFFRE PAR LE BAILLEUR    OPPOSABILITE A L'ACQUEREUR DE L'IMMEUBLE