# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 3ème chambre - formation à 3, 10/06/2009, 08LY02330, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021100406
**Date de décision:** 2009-06-10
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 3ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021100406

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 octobre 2008, présentée pour Mme Claire X, domiciliée ... ;<br>
<br>
       Mme X demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0804609, en date du 9 octobre 2008, par lequel le Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 30 juin 2008 du préfet du Rhône portant refus de délivrance d'un titre de séjour et refus de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile, assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et d'une décision désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite à l'expiration de ce délai, à défaut pour elle d'obtempérer à l'obligation de quitter le territoire français qui lui était faite ;<br>
<br>
        2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions susmentionnées ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale , sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du prononcé de la décision ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1196 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
<br>
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 27 mai 2009 :<br>
       - le rapport de M. Le Gars, président,<br>
       - les observations de Me Sabatier, avocat de Mme X,<br>
       - et les conclusions de M.  Reynoird, rapporteur public ;<br>
<br>
       La parole ayant été de nouveau donnée à Me Sabatier ;<br>
<br>
        Sur la légalité du refus de renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile :<br>
<br>
      Considérant qu'aux termes de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Lorsqu'il est admis à séjourner en France en application des dispositions du chapitre Ier du présent titre, l'étranger qui demande à bénéficier de l'asile se voit remettre un document provisoire de séjour lui permettant de déposer une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. L'office ne peut être saisi qu'après la remise de ce document au demandeur. Après le dépôt de sa demande d'asile, le demandeur se voit délivrer un nouveau document provisoire de séjour. Ce document est renouvelé jusqu'à ce que l'office statue et, si un recours est formé devant la Cour nationale du droit d'asile, jusqu'à ce que la cour statue.  ; <br>
        Considérant que la décision contestée du 30 juin 2008 a pour seul objet de refuser le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour de Mme X en conséquence de la décision de la Cour nationale du Droit d'asile du 2 mai 2008 rejetant sa demande de réexamen ; que la décision contestée n'a eu ni pour objet ni pour effet de rejeter la nouvelle demande d'autorisation provisoire de séjour formulée par Mme X le 9 juin 2008, laquelle a d'ailleurs fait l'objet d'une décision prise par le préfet du Rhône le 24 novembre 2008 ; que, par suite, l'intéressée ne peut pas se prévaloir utilement de ce que, pour refuser le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour, le préfet n'a pas examiné la demande de délivrance de la nouvelle autorisation dont il avait été saisi le 9 juin 2008 au regard des dispositions de l'article L. 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Sur la légalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour : <br>
<br>
        Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
<br>
        Considérant que Mme X, ressortissante tchadienne née le 24 avril 1964, fait valoir qu'elle est entrée en France en 2003 et qu'elle y a tissé des liens sincères et durables ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident encore, notamment, ses trois enfants mineurs ; que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de la requérante en France, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise ; qu'elle n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
<br>
        Considérant, d'autre part, qu'il est constant que Mme X n'avait pas formulé de demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, par suite, elle ne peut utilement se prévaloir desdites dispositions ;<br>
<br>
        Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
        Considérant, en premier lieu, que, compte tenu de ce qui vient d'être dit, le moyen tiré, par la voie de l'exception d'illégalité, de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde, doit être écarté ;<br>
<br>
       Considérant, en second lieu, que, pour les motifs sus énoncés dans le cadre de l'examen de la légalité de la décision portant refus de séjour, l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
<br>
       Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination :<br>
<br>
        Considérant, en premier lieu, que, compte tenu de ce qui vient d'être dit, le moyen tiré, par la voie de l'exception d'illégalité, de ce que la décision fixant le pays de destination serait illégale, en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sur lesquelles elle se fonde, doit être écarté ;<br>
<br>
        Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  (...) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950.  et que ce dernier texte énonce que  Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants  ; <br>
<br>
        Considérant que ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée ; <br>
<br>
       Considérant que si Mme X, dont la demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ainsi que par la Cour nationale du droit d'asile, soutient qu'en raison de son opposition au régime, elle est actuellement recherchée par les autorités tchadiennes, les pièces qu'elle produit, consistant notamment en des courriers rédigés par des proches en des termes généraux et convenus, sont insuffisantes pour établir qu'elle encourt personnellement des risques en cas de retour au Tchad ; que, par suite, la décision distincte fixant le pays de renvoi n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ; que ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais exposés par elle et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence ;<br>
<br>
<br>
<br>
DECIDE :<br>
<br>
<br>
Article 1er : La requête de Mme X est rejetée.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
1<br>
4<br>
N°08LY02330	<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**