# Conseil d'Etat, 8ème sous-section jugeant seule, du 8 mars 2006, 275518, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008252140
**Date de décision:** 2006-03-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 8EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008252140

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 20 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE  ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 25 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 17 novembre 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Florante X  ;
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              2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Versailles  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - le rapport de M. Jean Courtial, Maître des Requêtes, 
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              - les conclusions de M. Pierre Collin, Commissaire du gouvernement  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà d'un délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ; qu'il ressort des pièces du dossier que M.  X, de nationalité philippine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 30 avril 2003, de la décision du 28 avril 2003 par laquelle le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE a rejeté la demande de titre de séjour qu'il avait présentée et l'a invité à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; 
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              Considérant cependant que, selon l'article 12 bis de la même ordonnance  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ; 
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              Considérant qu'indépendamment de l'énumération faite par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à la frontière à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
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              Considérant que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ne conteste pas la présence en France de M. X entre 1998 et 2004, attestée notamment par des relevés de cotisations, des attestations d'emploi, des ordonnances et certificats médicaux  ; que, pour les années 1989 à 1997, M. X produit un ensemble de documents, notamment des attestations nombreuses et concordantes de personnes l'ayant régulièrement fréquenté en France à partir de l'année 1989, des factures d'électricité à son nom, ainsi qu'une attestation consulaire et une correspondance provenant d'un cabinet d'avocats faisant état d'un bail dont il était titulaire, qui doit être regardé comme établissant le caractère habituel de son séjour en France durant cette période  ; qu'ainsi, à la date à laquelle a été pris l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière, M. X justifiait résider habituellement en France depuis plus de dix ans et pouvait donc prétendre de plein droit à la délivrance d'une carte de séjour en application des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; que, par suite, le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ne pouvait, sans méconnaître ces dispositions, prendre à son encontre l'arrêté attaqué  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a, par le jugement attaqué, annulé l'arrêté en date du 17 novembre 2004 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X  ; 
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Article 1er  : La requête du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est rejetée.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à M. Florante X et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**