# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 5ème chambre - formation à 3, 20/01/2011, 09MA00956, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000023494518
**Date de décision:** 2011-01-20
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000023494518

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 17 mars 2009 au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille, sous le n°09MA00956, présentée pour le PREFET DES ALPES-MARITIMES ;<br>
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       Le PREFET DES ALPES-MARITIMES demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n°0806653 du 13 février 2009 par lequel le Tribunal administratif de Nice a annulé, à la demande de M. Sofiane A, les décisions du 27 octobre 2008 portant refus de lui délivrer un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français avec mention du pays de destination, lui a enjoint de délivrer à M. Sofiane A dans un délai d'un mois une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  et a mis à la charge de l'Etat une somme de 600 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       2°) de rejeter la demande présentée par M. Sofiane A devant le Tribunal administratif de Nice ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu l'article 1er de l'arrêté du 27 janvier 2009 qui autorise la Cour administrative d'appel de Marseille à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret du 7 janvier 2009, situant l'intervention du rapporteur public avant les observations des parties ou de leurs mandataires ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 16 décembre 2010 :<br>
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       - le rapport de Mme Simon, premier conseiller ;<br>
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       - et les conclusions de Mme Chenal-Peter, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que, le 27 octobre 2008, le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de titre de séjour que lui avait présentée le 7 octobre précédent M. Sofiane A, ressortissant tunisien, et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français mentionnant le pays de destination ; que le PREFET DES ALPES-MARITIMES interjette appel du jugement en date du 13 février 2009 par lequel le Tribunal administratif de Nice a annulé ces décisions, lui a enjoint de délivrer à M. Sofiane A dans un délai d'un mois une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  et a mis à la charge de l'Etat une somme de 600 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Sur les conclusions du PREFET DES ALPES-MARITIMES dirigées contre le jugement du Tribunal administratif de Nice :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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       Considérant que M. Sofiane A fait valoir qu'il réside habituellement en France depuis le mois de mars 2000, date à laquelle il est entré sur le sol national pour rejoindre son père, de nationalité française qui y est présent depuis 1966, qu'il habite chez ses parents, sa mère étant titulaire depuis 2002 d'un titre de séjour et que son frère est également en situation régulière ; que, toutefois, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, l'intéressé, célibataire et sans enfant, était âgé de vingt et un ans lors de son entrée en France et de vingt-neuf ans à la date de la décision contestée ; que, d'autre part, il n'établit pas avoir tissé des liens personnels en France ; que, par ailleurs, les certificats médicaux indiquant que l'état de santé des parents de M. Sofiane A nécessite la présence de leur fils à leur côté sont postérieurs à l'édiction de la décision querellée alors que les certificats établis antérieurement et relatifs aux problèmes médicaux de ceux-ci ne révèlent pas le caractère indispensable de l'aide par une tierce personne ; que, dans ces conditions, la décision litigieuse du 27 octobre 2008 n'a pas porté une atteinte au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il suit de là que le PREFET DES ALPES-MARITIMES est fondé à soutenir que c'est à tort que le Tribunal s'est fondé sur ce motif pour annuler les décisions du 27 octobre 2008 ; <br>
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       Considérant qu'il appartient à la Cour administrative d'appel, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. Sofiane A devant le Tribunal administratif ;<br>
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       Considérant, en premier lieu, que si le PREFET DES ALPES-MARITIMES s'est estimé à tort saisi par M. Sofiane A d'une demande de carte de séjour temporaire au titre de l'article L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée qu'il a également procédé à l'examen de la situation de l'intéressé au regard de l'ensemble des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui instituent la délivrance de plein droit d'un titre de séjour et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté ;<br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : ... 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L.311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République.  ; et qu'aux termes de l'article R.313-21 du même code :  Pour l'application du 7º de l'article L.313-11, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de la vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.  ; <br>
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       Considérant que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions tout comme celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commis le PREFET DES ALPES-MARITIMES dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation individuelle de M. Sofiane A, à l'appui desquels l'intéressé reprend les arguments par lui développés à l'appui du moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés pour les mêmes motifs que précédemment ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES ALPES-MARITIMES est fondé à demander l'annulation du jugement attaqué et le rejet de la demande présentée par M. Sofiane A devant le Tribunal administratif de Nice ; <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative :  Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.  ;<br>
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, verse à M. Sofiane A la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
       DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement du Tribunal administratif de Nice en date du 13 février 2009 est annulé. <br>
Article 2 : La demande présentée par M. A devant le Tribunal administratif de Nice est rejetée. <br>
Article 3 : Les conclusions de M. A tendant au bénéfice des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration et à M. Sofiane A. <br>
Copie en sera adressée au PREFET DES ALPES-MARITIMES.<br>
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N° 09MA00956	2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**