# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 26 novembre 1975, 75-90.672, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007062046
**Date de décision:** 1975-11-26
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007062046

## Contenu de la décision

REJET DU POURVOI FORME PAR X... (YVAN), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS (9E CHAMBRE), EN DATE DU 10 FEVRIER 1975, QUI, POUR ESCROQUERIE, L'A CONDAMNE A SIX MOIS D'EMPRISONNEMENT ET 1200 FRANCS D'AMENDE. LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT;<br>
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 SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 405 DU CODE PENAL ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, VIOLATION DE L'ARTICLE 102 DU DECRET DU 20 JUILLET 1972, DENATURATION DES PIECES DE LA PROCEDURE, DEFAUT DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE, CONSTATANT QUE LE DEMANDEUR AVAIT MIS EN PLACE UN JEU PUBLIC DIT DE "BONNETEAU" ET QU'IL S'ETAIT LIVRE A UNE MANIPULATION TRUQUEE PAR UN LEGER REPAIRE SUR LE VERSO D'UNE FIGURE DONT LE COPREVENU SUIVAIT LA POSITION PARMI LA TRIADE DES CARTES, A DECLARE CELUI-CI COUPABLE DU DELIT D'ESCROQUERIE ET L'A CONDAMNE A LA PEINE DE SIX MOIS D'EMPRISONNEMENT ET A 1200 FRANCS D'AMENDE;<br>
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 "AU MOTIF QUE LES MANOEUVRES FRAUDULEUSES ETAIENT CONSTITUEES PAR L'INTERVENTION CONCERTEE D'UN COMPERE AUX COTES DU MANIPULATEUR, DANS LE BUT DE FAUSSER LA LOYAUTE DU JEU ET DE CAUSER AINSI UN PREJUDICE A AUTRUI;<br>
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QUE LESDITES MANOEUVRES, SANS ANNIHILER COMPLETEMENT TOUT ALEA, AVAIENT EU POUR EFFET DE REDUIRE A L'EXTREME LES CHANCES DE FAIRE DES VICTIMES;<br>
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 QU'ELLES AVAIENT ETE DETERMINANTES DE LA REMISE DES ENJEUX DONT LA PRESQUE TOTALITE REVENAIT PAR TRICHERIE AUX PREVENUS QUI EN AVAIENT CONVENU UN PARTAGE ULTERIEUR;<br>
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"AUX MOTIFS ADOPTES DU JUGEMENT QUE LE COPREVENU AVAIT ETE TROUVE PORTEUR D'UNE SOMME DE 450 FRANCS DESTINEE A ETRE JOUEE COMME MISE;<br>
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"ALORS QU'EN DECIDANT QUE LES MANOEUVRES FRAUDULEUSES AVAIENT PROVOQUE LA REMISE D'ENJEUX, LES JUGES DU FOND ONT DENATURE LES PIECES DE LA PROCEDURE ET NOTAMMENT LE PROCES-VERBAL DE CONFRONTATION DU 30 DECEMBRE 1972, AUX TERMES DUQUEL LE PREVENU AFFIRMAIT N'AVOIR RIEN GAGNE AU JEU, CEPENDANT QUE SON COPREVENU DECLARAIT QUE LA SOMME DE 450 FRANCS DONT IL AVAIT ETE TROUVE PORTEUR LUI APPARTENAIT;<br>
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 QU'AINSI LA COUR DE CASSATION N'EST PAS EN MESURE D'EXERCER SON CONTROLE SUR LA LEGALITE DE LA CONDAMNATION PRONONCEE";<br>
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ATTENDU QU'IL RESULTE DES CONSTATATIONS DE L'ARRET ATTAQUE ET DU JUGEMENT QU'IL CONFIRME, QUE LE Y... ET X... ONT TENU, DANS UN LIEU PUBLIC, LE JEU DE TROIS CARTES, DIT "BONNETEAU";<br>
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QUE X..., QUI A RECONNU AVOIR AGI DE CONNIVENCE AVEC LE Y..., PRESENTAIT LES CARTES APRES LES AVOIR MANIPULEES;<br>
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QUE LE Y..., PAR DES ENJEUX INTERMITTENTS ASSORTIS D'INDICATIONS VOLONTAIREMENT ERRONEES, INCITAIT LES SPECTATEURS A PARTICIPER AU JEU;<br>
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 ATTENDU QUE POUR DECLARER LE DEMANDEUR COUPABLE D'ESCROQUERIE, LES JUGES DU FOND ENONCENT QUE LES MANOEUVRES FRAUDULEUSES ONT ETE CONSTITUEES PAR L'INTERVENTION D'UN TIERS AUX COTES DU MANIPULATEUR, EN VUE DE FAUSSER LA LOYAUTE DU JEU ET DE CAUSER AINSI PREJUDICE A AUTRUI;<br>
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 QU'ELLES ONT ETE DETERMINANTES DE LA REMISE D'ENJEUX AUX PREVENUS QUE CEUX-CI SE SONT ULTERIEUREMENT PARTAGES;<br>
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 ATTENDU QU'EN L'ETAT DES FAITS SOUVERAINEMENT CONSTATES PAR ELLE, ET QUI FONT RESSORTIR TOUS LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DU DELIT D'ESCROQUERIE, NOTAMMENT L'EMPLOI DE MANOEUVRES FRAUDULEUSES POUR FAIRE NAITRE L'ESPERANCE D'UN GAIN CHIMERIQUE, LA COUR D'APPEL A JUSTIFIE SA DECISION;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE;<br>
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ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME;<br>
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 REJETTE LE POURVOI<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1958-07-28 Bulletin Criminel 1958 N. 583 p. 1017 (REJET) . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1968-07-24 Bulletin Criminel 1968 N. 236 p. 573 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code pénal 405,Décret  1972-07-20 ART. 102
**ECLI:** 
**Résumé:** C'est à bon droit que les juges du fait ont déclaré coupables d'escroquerie les prévenus qui tenaient sur la voie publique le jeu frauduleux des trois cartes dit "bonneteau" en constatant que l'un était "le manipulateur" et l'autre le compère qui, feignant de ne pas connaître le "manipulateur" avait pour rôle d'engager la partie, de gagner les premières données et d'inciter ainsi les spectateurs à participer à un jeu dont les premiers résultats leur donnaient à croire qu'il pouvait procurer facilement un gain intéressant, alors que ce jeu était, en réalité, faussé de manière à permettre au "manipulateur" de gagner à coup sûr, lorsqu'il le désirait.
**Mots-clés:** ESCROQUERIE - Manoeuvres frauduleuses - Définition - Jeu de bonneteau.