# CAA de PARIS, 1ère chambre, 05/06/2025, 24PA05251, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000051697774
**Date de décision:** 2025-06-05
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000051697774

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2313716 du 28 novembre 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 décembre 2024 et 25 février 2025, M. A..., représenté par Me Fall, demande à la Cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 2313716 du 28 novembre 2024 du tribunal administratif de Montreuil ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande sous la même astreinte ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de         l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 13 février 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme C... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. A..., ressortissant camerounais né le 10 novembre 1978, est entré en France le 20 octobre 2021 selon ses déclarations. Le 15 novembre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales. Par un arrêté du 9 mars 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A... fait appel du jugement du 28 novembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. / (...) ".<br>
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       3. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dont il peut effectivement bénéficier dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.<br>
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       4. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. A... en qualité d'étranger malade, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est notamment fondé sur l'avis émis le 2 février 2023 par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque. Il ressort des pièces du dossier que M. A... souffre d'une cardiopathie ischémique et d'une pancréatite aigüe. Le requérant a produit en première instance des comptes rendus d'hospitalisation et des certificats médicaux de praticiens hospitaliers décrivant son suivi (surveillance par échocardiographie, traitements anticoagulant et médicamenteux) et indiquant en des termes peu circonstanciés que ses pathologies ne pouvaient être prises en charge dans son pays d'origine. Si le requérant produit en appel deux nouveaux certificats émanant de médecins camerounais, ces documents, au demeurant postérieurs à la décision contestée et tout aussi peu étayés que les précédents, ne permettent pas davantage de remettre en cause l'appréciation portée par le préfet s'agissant de l'accès effectif à un traitement approprié dans le pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.<br>
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       5. Il résulte de ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais du litige doivent être rejetées.<br>
DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.<br>
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Délibéré après l'audience du 15 mai 2025, à laquelle siégeaient :<br>
- M. Ivan Luben, président de chambre,<br>
- Mme Irène Jasmin-Sverdlin, première conseillère,<br>
- Mme Hélène Brémeau-Manesme, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 juin 2025. <br>
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La rapporteure,<br>
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H. BREMEAU-MANESME<br>
Le président,<br>
I. LUBEN <br>
La greffière,<br>
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Y. HERBER<br>
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La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. <br>
N° 24PA05251		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**