# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 8 juillet 2005, 274435, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008165154
**Date de décision:** 2005-07-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008165154

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 22 novembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Yunfu X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 2 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2004 du préfet de police décidant sa reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté  ; 
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
                - les conclusions de M. Christophe Devys, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département, et à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3°) Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X , de nationalité chinoise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 31 juillet 2004, de la décision du préfet de police du 28 juillet 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour  ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                Sur la légalité de l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière  : 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention  internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par  décret du 8 octobre 1990  : Dans toutes les décisions qui concernent les  enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de  protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des  organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une  considération primordiale  ; qu'il résulte de ces stipulations, qui  peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de  pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité  administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt  supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'épouse du requérant est également en situation irrégulière et que rien ne s'oppose à ce que les deux époux et leurs enfants repartent ensemble  ; que la circonstance que les enfants de M. X sont scolarisés en France ne suffit pas à établir que l'intérêt supérieur des enfants n'ait pas été pris en compte dans la décision du 17 septembre 2004 ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressé  ; qu'il suit de là que les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1° de la convention des droits de l'enfant susvisée doivent être écartés  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X  n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa requête  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                			D E C I D E  :
<br>
     
                			--------------
<br>
<br>
<br>
     
Article 1er  :  La requête  de M. X est rejetée.
<br>
     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Yunfu X, au préfet de police et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**