# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 9 avril 1970, 68-13.135, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982343
**Date de décision:** 1970-04-09
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982343

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QUE DE L'ARRET ATTAQUE IL RESULTE QU'A LA SUITE DU REMEMBREMENT DE LA COMMUNE DE MAUVIERES, LA SOCIETE CIVILE ET AGRICOLE VILLIERS-GIRARD A PROCEDE A UNE NOUVELLE REPARTITION DES TERRES LOUEES A SES DEUX FERMIERS, LES EPOUX A... ET Y...;<br>
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QUE Y..., PRETENDANT QUE LES EPOUX A... CULTIVAIENT SANS DROIT CERTAINES PARCELLES QUI LUI AVAIENT ETE ATTRIBUEES, ET NOTAMMENT UNE PARCELLE DITE LES GAZOTTIERES, CADASTREE ZO 20, A ASSIGNE LA SOCIETE BAILLERESSE EN DELIVRANCE DE CES TERRES ET EN DOMMAGES-INTERETS;<br>
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QUE LA SOCIETE A APPELE EN GARANTIE LES EPOUX A..., QUI ONT FORME CONTRE ELLE UNE DEMANDE RECONVENTIONNELLE EN DOMMAGES-INTERETS;<br>
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QUE LE TRIBUNAL PARITAIRE, HOMOLOGUANT LE RAPPORT DE L'EXPERT X..., A ORDONNE AUX EPOUX A... DE DELAISSER LES PARCELLES QU'ILS OCCUPAIENT INDUMENT, A DIT QUE LA SOCIETE SERAIT TENUE D'INDEMNISER Y... POUR LA PRIVATION DE JOUISSANCE DE CES TERRES ET QUE LES EPOUX A... DEVRAIENT GARANTIR LA SOCIETE DU PAIEMENT DE CETTE INDEMNITE;<br>
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ENFIN, A DESIGNE UN NOUVEL EXPERT Z... EVALUER LE PREJUDICE SUBI PAR Y... ET A MIS TOUS LES DEPENS A LA CHARGE DES EPOUX A...;<br>
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ATTENDU QU'IL EST REPROCHE AUDIT ARRET D'AVOIR DECLARE IRRECEVABLE L'APPEL DES CONSORTS A... CONTRE Y... ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, "NON SEULEMENT ILS AVAIENT CONCLU CONTRE LUI EN PREMIERE INSTANCE MAIS QUE LEUR CONDAMNATION A LA DELIVRANCE DE LA PARCELLE LITIGIEUSE, COMME AUX DEPENS DE LA DEMANDE PRINCIPALE", PROFITAIENT DIRECTEMENT A Y... ET QUE, D'AUTRE PART, "L'APPEL DES CONSORTS A... ROUVRAIT DEVANT LA COUR D'APPEL LES DEBATS ENTRE TOUTES LES PARTIES, DES LORS QUE LA DEMANDE PRINCIPALE ET LA DEMANDE EN GARANTIE SE TROUVAIENT UNIES D'UNE MANIERE INDIVISIBLE, DE TELLE SORTE QUE L'APPEL CONTRE LA SOCIETE VILLIERS-GIRARD REMETTAIT EN QUESTION LE PRINCIPE MEME DE LA DEMANDE ORIGINAIRE";<br>
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 MAIS ATTENDU QUE L'APPEL EN GARANTIE NE PEUT CREER UN LIEN DE DROIT QU'ENTRE L'APPELANT EN GARANTIE ET LE PRETENDU GARANT;<br>
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 QUE L'INDIVISIBILITE DE L'OBJET DU LITIGE N'A PAS POUR EFFET DE CREER UN TEL LIEN;<br>
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 QUE LES JUGES DU SECOND DEGRE, AYANT CONSTATE QUE Y... N'AVAIT ASSIGNE QUE SON BAILLEUR, LA SOCIETE VILLIERS-GIRARD, ET N'AVAIT CONCLU "QUE CONTRE ELLE SEULE", EN ONT DEDUIT A BON DROIT L'IRRECEVABILITE DE L'APPEL DIRIGE CONTRE LUI PAR LES CONSORTS A..., QUI N'AVAIENT FAIT L'OBJET D'AUCUNE CONDAMNATION DIRECTE AU PROFIT DU DEMANDEUR PRINCIPAL;<br>
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 QUE LE PREMIER MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
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 SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR CONDAMNE LES CONSORTS A... A LAISSER LIBRE LA PARCELLE CADASTREE ZO 20, ALORS QUE "L'ATTRIBUTION DE CETTE PARCELLE A L'AUTRE FERMIER, Y..., ANNULAIT L'OPERATION DE REMEMBREMENT AINSI QUE LES CONSORTS A... LE SOUTENAIENT DANS LEURS ECRITURES QUI ONT ETE DENATUREES";<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, QUI N'A PAS DENATURE LES CONCLUSIONS, DECLARE EXACTEMENT QUE, CONTRAIREMENT AUX PRETENTIONS DES CONSORTS A..., "LE REMEMBREMENT N'EST PAS EN CAUSE" ET QUE "C'EST SEULEMENT LA REPARTITION A LAQUELLE A PROCEDE LA SOCIETE QUI SE TROUVE EN DISCUSSION", D'OU IL SUIT QUE LE DEUXIEME MOYEN N'EST PAS MIEUX FONDE QUE LE PREMIER;<br>
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ET SUR LE TROISIEME MOYEN : ATTENDU QUE TOUT AUSSI VAINEMENT LES CONSORTS A... REPROCHENT A LA COUR D'APPEL DE S'ETRE CONTREDITE EN REFUSANT DE LEUR ALLOUER DES DOMMAGES-INTERETS "A RAISON DE CE QUE LES DISPOSITIONS LEGALES SUR LE REMEMBREMENT NE LES PREVOYAIENT PAS, DES LORS QU'ELLE VENAIT DE DIRE, POUR CONSACRER L'ATTRIBUTION A L'AUTRE FERMIER DE LA PARCELLE ZO 20, QUE LE REMEMBREMENT N'ETAIT PAS EN CAUSE";<br>
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ATTENDU, EN EFFET, QUE LES JUGES D'APPEL RETIENNENT, PAR HOMOLOGATION DU RAPPORT D'EXPERTISE, QUE "LES EQUIVALENCES ONT ETE RESPECTEES LORS DE LA REPARTITION DES TERRES", QU'ILS ONT, PAR CE SEUL MOTIF, JUSTIFIE LEUR DECISION ET QUE LE TROISIEME MOYEN NE PEUT, LUI NON PLUS, ETRE ACCUEILLI;<br>
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 PAR CES MOTIFS ;<br>
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 REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 3 MAI 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE BOURGES<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1968-01-17 Bulletin 1968 II N. 22 p. 13 (CASSATION). (1)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1969-06-12 Bulletin 1969 II N. 201 p. 144 (CASSATION) ET LES ARRETS CITES. (1)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** L'appel en garantie ne peut créer un lien de droit qu'entre l'appelant en garantie et le prétendu garant ; l'indivisibilité de l'objet du litige n'a pas pour effet de créer un lien entre le garant et le demandeur principal. Est donc irrecevable l'appel dirigé contre le preneur par un autre locataire, appelé en garantie par le bailleur, dès lors que le preneur n'a assigné que ce dernier et a conclu contre lui seul, aucune condamnation directe n'ayant été prononcée contre l'appelé en garantie au profit du demandeur principal.,Dès lors que les juges retiennent que dans les opérations de remembrement, les équivalences ont été respectées lors de la répartition des terres, ils justifient leur décision refusant d'allouer des dommages-intérêts à un preneur, condamné à délaisser, au profit d'un autre locataire du même bailleur, une parcelle qu'il occupait indûment.
**Mots-clés:** 1) APPEL EN GARANTIE - Effet - Condamnation de l'appelé en garantie au profit du demandeur principal (non).,* APPEL EN GARANTIE - Appel - Appel du garant - Appel dirigé contre le demandeur principal - Absence de condamnation du garant au profit du demandeur - Irrecevabilité de l'appel.,* APPEL CIVIL - Intérêt - Appelant n'ayant pas fait l'objet de condamnation - Appel du garant contre le demandeur principal.,* INDIVISIBILITE - Effet - Garantie - Appel en garantie - Lien de droit entre le garant et le demandeur principal (non).,2) BAUX RURAUX - Bail à ferme - Remembrement - Effets - Respect des équivalences - Portée.,* REMEMBREMENT RURAL - Attribution de parcelle - Respect des équivalences - Portée.,* BAUX RURAUX - Bail à ferme - Obligations du bailleur - Garantie - Remembrement - Preneur condamné à délaisser au profit d'un autre locataire du même bailleur - Parcelle indûment occupée.