# Cour administrative d'appel de Paris, 7ème chambre , 04/10/2013, 12PA00402, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028072055
**Date de décision:** 2013-10-04
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 7ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028072055

## Contenu de la décision

Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 20 janvier 2012 et 16 mars 2012, présentés pour le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, par la SCP Delaporte, Briard et Trichet ; La Nouvelle-Calédonie demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 11241 du 20 octobre 2011 par lequel le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a déchargé M. Olivier Thibault de la contribution à la patente à laquelle il avait été assujetti au titre de l'année 2010 ;<br>
<br>
       2°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
.................................................................................................................. <br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie ;<br>
<br>
       Vu le code des impôts de Nouvelle-Calédonie ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 septembre 2013 :<br>
<br>
       - le rapport de M. Puigserver, premier conseiller,<br>
<br>
       - les conclusions de M. Boissy, rapporteur public,<br>
<br>
       - et les observations de Me B..., représentant la Nouvelle-Calédonie ; <br>
<br>
<br>
       1. Considérant que M. Olivier Thibault, avocat, ayant prêté serment pour la première fois, en métropole, en 1995, a été inscrit au barreau de Nouméa le 4 février 2010, à la faveur d'un contrat de collaboration conclu avec la société d'avocats Juriscal avec effet à compter du 18 janvier 2010 ; qu'il a été assujetti à la contribution à la patente au titre de l'année 2010, pour un montant de 255 746 francs CFP, par un avis de mise en recouvrement en date du <br>
31 octobre 2010 ; que sa réclamation, formée par un courrier en date du 26 janvier 2011, tendant à la décharge de cette imposition, a été rejetée par un courrier du 21 avril 2011 ; que la <br>
Nouvelle-Calédonie relève appel du jugement du 20 octobre 2011 par lequel le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a accordé la décharge sollicitée ;<br>
<br>
       Sur la régularité du jugement :<br>
<br>
       2. Considérant qu'il résulte des motifs du jugement attaqué que le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie, pour accueillir le moyen soulevé par M. A..., a relevé que l'intéressé s'était installé comme avocat en Nouvelle-Calédonie le 4 février 2010 et que la circonstance qu'il n'avait pas, en vertu de son contrat de collaboration, à supporter de dépenses liées à son installation dans l'exercice libéral de la profession ne pouvait pas lui être opposée ; que, ce faisant, le Tribunal administratif, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments avancés par les parties, a suffisamment motivé son jugement ; que, dès lors, la Nouvelle-Calédonie n'est pas fondée à soutenir que le jugement serait entaché d'irrégularité ;<br>
<br>
       Sur le bien-fondé du jugement :<br>
<br>
       3. Considérant qu'aux termes de l'article 22 de la loi organique que du <br>
19 mars 1999 : " La Nouvelle-Calédonie est compétente dans les matières suivantes : / 1° Impôts, droits et taxes perçus au bénéfice de la Nouvelle-Calédonie (...) " ; qu'aux termes de l'article 206 du code des impôts de Nouvelle-Calédonie : " L'imposition à la contribution des patentes est obligatoire pour toute personne physique ou morale qui entreprend en Nouvelle-Calédonie l'exercice d'un commerce, d'une industrie ou d'une profession, pour son propre compte et dans un but lucratif, sauf exemption expressément prévue par le présent titre " ; qu'aux termes de l'article 213 du même code : " L'imposition se compose d'un droit fixe auquel s'ajoute un droit proportionnel " ; qu'aux termes de l'article 214 de ce code : " Le droit fixe est établi conformément aux dispositions ci-après et dans les conditions fixées au tarif figurant en annexe du présent code (...) " ; qu'aux termes du troisième alinéa du tableau " B " des tarifs figurant à l'annexe II du code, relatif à certaines professions dont le rendement est fonction de l'importance de la localité où elles sont exercées, notamment les professions libérales : " A l'exception des professions classées en B 1ère exonération de la contribution des patentes la première année d'installation, abattement de 50 % la deuxième année, et 25 % la troisième année " ; qu'il résulte de ces dispositions que la condition de " première année d'installation " qu'elles prévoient doit s'entendre, en l'absence de toute précision contraire, conformément au sens commun et s'agissant d'une réglementation applicable aux personnes qui entreprennent une activité en Nouvelle-Calédonie, comme visant le commencement de l'exercice d'une profession, pour la première fois, sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie, alors même que cette profession aurait déjà été exercée en dehors de ce territoire ; <br>
<br>
       4. Considérant qu'il résulte de l'instruction que M. A... s'est installé comme avocat pour la première fois en Nouvelle-Calédonie en 2010 ; que, la profession d'avocat étant classée, en annexe du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie, en B 5e, il était en droit de prétendre, au titre de cette année, à l'exonération de la contribution à la patente mentionnée plus haut ; que ne font obstacle à cette exonération, ni la circonstance qu'il a conclu, pour l'exercice de sa profession, un contrat de collaboration, ni, ainsi qu'il a été dit précédemment, celle qu'il a exercé cette profession depuis 1995 en métropole ;<br>
<br>
       5. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la Nouvelle-Calédonie n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a déchargé M. A...de l'imposition litigieuse ;<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       6. Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. A...qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à la Nouvelle-Calédonie la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ; qu'il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
<br>
<br>
Article 1er : La requête de la Nouvelle-Calédonie est rejetée.<br>
<br>
Article 2 : La Nouvelle-Calédonie versera à M. A...une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
2<br>
N° 12PA00402<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-03-04-03 Contributions et taxes. Impositions locales ainsi que taxes assimilées et redevances. Taxe professionnelle. Exonérations.