# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 8ème chambre - formation à 3, 20/03/2012, 10MA01157, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025635642
**Date de décision:** 2012-03-20
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 8ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025635642

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour le 24 mars 2010 sous le n° 10MA01157, présentée par Me Kuhn-Massot, avocat, pour Mme Hacer , née , demeurant ... ; Mme Hacer , de nationalité turque, demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0907786 du 11 février 2010 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 14 octobre 2009 lui refusant l'admission au séjour et de la décision distincte prise par la même autorité le même jour l'obligeant à quitter le territoire national ;<br>
       2°) d'annuler pour excès de pouvoir les deux décisions en litige ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer le titre de séjour demandé dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 150 euros de retard ;<br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application de <br>
l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
       ---------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
<br>
       Vu le jugement attaqué ;<br>
       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ; <br>
<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
<br>
       Vu le décret n° 2011-1950 du 23 décembre 2011 modifiant le code de justice administrative, notamment les dispositions de ses articles 1er à 11 relatives à la dispense de conclusions du rapporteur public et au déroulement de l'audience ; <br>
<br>
       Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
<br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 14 février 2012 :<br>
<br>
       - le rapport de M. Brossier, rapporteur ;<br>
<br>
       Considérant que Mme , de nationalité turque, conteste devant la Cour le bien-fondé de la réponse apportée par les premiers juges en ce qui concerne son droit au respect de sa vie privée et familiale ; qu'elle doit être regardée comme invoquant à cet égard, comme l'a estimé le tribunal, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes duquel : "1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui." ; <br>
<br>
       Considérant qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que l'appelante s'est mariée le 11 octobre 2008 avec M.  , ressortissant turc qui ne résidait pas de façon régulière en France à la date des décisions attaquées ; que leurs quatre enfants sont nés, le premier en 1999 en Turquie, le deuxième en 2001 en Allemagne, le troisième en 2002 en Allemagne et le dernier en 2006 en France ; qu'aucun élément versés au dossier ne permet d'établir la durée et le caractère habituel du séjour en France de cette cellule familiale ; que si ces 4 enfants sont scolarisés en France à la date des décisions attaquées, aucune précision n'est apportée quant à la durée de la scolarisation en France des aînés ; que, dans ces circonstances, compte tenu notamment de la situation irrégulière de son mari et de l'âge de ses enfants, l'appelante  n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées auraient porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises et auraient ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que l'appelante  n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté ses conclusions susvisées à fin d'annulation ; qu'il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction présentées en appel, dès lors que le présent arrêt ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant qu'aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation" ; <br>
<br>
       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à l'appelante la somme qu'elle demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
<br>
DÉCIDE :<br>
<br>
Article 1er : La requête n° 10MA01157 de Mme  est rejetée.<br>
<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme Hacer  et au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
<br>
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
N° 10MA011572<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.