# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 2ème chambre (formation à 3), 29/06/2010, 10BX00482, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022486420
**Date de décision:** 2010-06-29
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 2ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022486420

## Contenu de la décision

Vu l'ordonnance en date du 9 février 2010 par laquelle le Président de la Section du Contentieux du Conseil d'Etat a, en application des articles R. 351-1 et R. 351-8 du code de justice administrative, attribué à la Cour administrative d'appel de Bordeaux la requête présentée pour le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE, représenté par son directeur en exercice, dont le siège est situé rue de l'Hôpital à Mamoudzou - Mayotte (97600), par la SCP Yves Richard, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation  ;<br>
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       Vu ladite requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 14 octobre 2009 et 13 janvier 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat présentés pour le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE ;<br>
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       Le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n°0700093 en date du 16 juin 2009 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Mayotte a annulé sa décision implicite par laquelle il a refusé d'attribuer à M. Thierry X l'indemnité d'éloignement ;<br>
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       2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le Tribunal administratif de Mayotte ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de M. X le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Vu la loi n°50-772 du 30 juin 1950 fixant les conditions d'attribution des soldes et indemnités des fonctionnaires civils et militaires relevant du ministère de la France d'outre-mer, les conditions de recrutement, de mise en congé ou à la retraite de ces mêmes fonctionnaires ;<br>
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       Vu la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;<br>
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       Vu le décret n°88-976 du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers et à certaines modalités de mise à disposition ;<br>
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       Vu le décret n°96-1027 du 26 novembre 1996 relatif à la situation des fonctionnaires de l'Etat et de certains magistrats à Mayotte ;<br>
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       Vu le décret n°96-1028 du 27 novembre 1996 relatif à l'attribution de l'indemnité d'éloignement aux magistrats et aux fonctionnaires titulaires et stagiaires de l'Etat en service à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 1er juin 2010, <br>
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       le rapport de M. Cristille, premier conseiller ; <br>
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       les observations de Me Braud pour M. X ; <br>
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       et les conclusions de Mme Fabien, rapporteur public ;<br>
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       La parole ayant été à nouveau donnée aux parties ;<br>
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       Considérant que le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE relève appel du jugement en date du 16 juin 2009 par lequel le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Mayotte a annulé à la demande de M. X, infirmier anesthésiste de classe supérieure titulaire, la décision implicite par laquelle il a refusé d'accorder à celui-ci le bénéfice de l'indemnité d'éloignement prévue à l'article 2 de la loi n°50-772 du 30 juin 1950 susvisée, à la suite du détachement de l'intéressé au sein de ses services pour une durée de deux ans à compter du 16 janvier 2006 et l'a condamné à verser à M. X la somme correspondante au montant de cette indemnité assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 avril 2007 ;<br>
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       Sur la régularité du jugement :<br>
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       Considérant qu'en indiquant que M. X est né et a toujours vécu en métropole et que les pièces du dossier permettent de regarder comme établi le maintien en métropole du centre des intérêts moraux et matériels de ce fonctionnaire pendant sa durée d'exercice en service détaché au CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Mayotte a suffisamment motivé son jugement en réponse au moyen tiré du transfert à Mayotte du centre des intérêts personnels de l'intéressé pendant la période du détachement ; que, dès lors, le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE n'est pas fondé à soutenir que ledit jugement serait entaché d'irrégularité ;<br>
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       Sur la légalité de la décision de refus :<br>
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       Considérant que l'article 15 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers et à certaines modalités de mise à disposition, dans sa rédaction antérieure au décret n° 2008-592 du 23 juin 2008, prévoit que  les détachements ne peuvent être accordés lorsque la rémunération afférente à l'emploi de détachement excède la rémunération globale perçue dans l'emploi d'origine majorée, le cas échéant, de 15 p. 100.  ;<br>
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       Considérant que ces dispositions qui servent de fondement à la décision d'octroi ou de refus du détachement n'ont pas pour objet de plafonner la rémunération du fonctionnaire postérieurement à la date d'effet de son détachement ; que, par suite, le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE ne peut utilement objecter que les dispositions de cet article feraient obstacle au versement de l'indemnité d'éloignement en ce que le cumul de cet avantage et de la majoration forfaitaire de rémunération de 15% accordée par la décision de recrutement en date du 13 juin 2005 pour toute la durée du détachement, excèderait le plafond fixé par ce même article 15 ; <br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 2 de la loi du 30 juin 1950 susvisée :  Pour faire face aux sujétions particulières inhérentes à l'exercice de la fonction publique dans les territoires d'outre-mer, les fonctionnaires civils visés à l'article 1er recevront : (...) /2° Une indemnité destinée à couvrir les sujétions résultant de l'éloignement pendant le séjour et les charges afférentes au retour (...)  ; que l'article 2 du décret du 27 novembre 1996 relatif à l'attribution de l'indemnité d'éloignement aux magistrats et aux fonctionnaires titulaires et stagiaires de l'Etat en service à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna énonce que : Le droit à l'indemnité est ouvert lors de l'affectation à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna à la condition que cette affectation entraîne, pour l'agent concerné, un déplacement effectif pour aller servir en dehors du territoire dans lequel est situé le centre de ses intérêts matériels et moraux ; qu'aux termes du troisième alinéa de l'article 77 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière :  Sont applicables de plein droit aux fonctionnaires régis par le présent titre les dispositions législatives et réglementaires prises pour les fonctionnaires de l'Etat relatives à la valeur du traitement correspondant à l'indice de base, à l'indemnité de résidence, au supplément familial de traitement ainsi qu'à toutes autres indemnités ayant le caractère de complément de traitement  ;<br>
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       Considérant que l'indemnité d'éloignement, qui a la nature d'un complément de traitement au sens des dispositions de l'article 77 de la loi du 9 janvier 1986 et doit bénéficier de plein droit aux agents satisfaisant aux conditions prévues par l'article 2 du décret du 27 novembre 1996 précité, est destinée à compenser les sujétions et charges occasionnées par le séjour outre-mer du fonctionnaire ; que, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier, cette indemnité ne saurait être regardée comme ayant le même objet que la majoration forfaitaire de 15% octroyée à M. X qui, en dépit de la qualification d'indemnité donnée par l'établissement public, est une fraction de la rémunération afférente à l'emploi de détachement liée à l'accomplissement du service ; qu'ainsi, le versement de l'indemnité d'éloignement, en sus de la majoration forfaitaire de rémunération de 15% laquelle n'est d'ailleurs pas justifiée dans les motifs de la décision de recrutement, ne constitue pas une double indemnisation à raison des mêmes charges ; qu'il suit de là que le premier juge n'a pas commis d'erreur de droit en jugeant que M. X dont il ressort des pièces du dossier qu'il remplissait les conditions auxquelles le texte précité du décret du 27 novembre 1996 subordonne l'attribution de l'indemnité d'éloignement, avait droit à l'allocation de cette indemnité ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir opposée en défense que le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Mayotte a annulé sa décision implicite refusant à M. X le bénéfice de l'indemnité d'éloignement et l'a condamné à verser à celui-ci l'indemnité réclamée ;<br>
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      Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. X qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement au CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE de la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE le versement à M. X de la somme de 500 euros au titre des mêmes frais ;<br>
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       DÉCIDE :<br>
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Article 1er: La requête du CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE est rejetée.<br>
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Article 2 : Le CENTRE HOSPITALIER DE MAYOTTE versera à M. X une somme de 500 euros (cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**