# Conseil d'Etat, 2 / 6 SSR, du 6 juin 1990, 54615, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007801837
**Date de décision:** 1990-06-06
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2 / 6 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007801837

## Contenu de la décision

<br>     Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés au Secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, les 10 octobre 1983 et 8 février 1984, présentés pour M. X..., demeurant ..., M. X... demande que le Conseil d'Etat :<br>     1° annule le jugement du tribunal administratif de Paris du 4 juillet 1983 rejetant sa demande d'annulation de la décision du 20 septembre 1982 par laquelle le secrétaire d'Etat chargé des immigrés a rejeté sa demande de libération des liens d'allégeance à l'égard de la France ;<br>    2° annule pour excès de pouvoir cette décision ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code de la nationalité française ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Errera, Conseiller d'Etat,<br>    - les observations de Me Guinard, avocat de M. Ahmed X...,<br>    - les conclusions de M. Faugère, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>     Sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête :<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 91 du code de la nationalité française : "Perd la nationalité française le Français même mineur qui, ayant une nationalité étrangère, est autorisé sur sa demande par le gouvernement français à perdre la qualité de français. Cette autorisation est accordée par décret" ; qu'eu égard aux circonstances de l'espèce, non contestées par l'administration, dans lesquelles est intervenu le décret du 6 mars 1979 par lequel le requérant a été, à son insu, naturalisé, M. X... est fondé à soutenir que la décision du secrétaire d'Etat chargé des immigrés en date du 20 septembre 1982 rejetant sa demande de libération des liens d'allégeance à l'égard de la France est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ces circonstances ; qu'il y a lieu, dès lors, d'annuler le jugement attaqué du tribunal administratif de Paris en date du 4 juillet 1983 rejetant la demande d'annulation de ladite décision ainsi que cette dernière décision ;<br>Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Paris en date du 4 juillet 1983, ensemble la décision du secrétaire d'Etat chargé des immigrés en date du 20 septembre 1982 sont annulés.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code de la nationalité 91
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 01-05-04-01 ACTES LEGISLATIFS ET ADMINISTRATIFS - VALIDITE DES ACTES ADMINISTRATIFS - MOTIFS - ERREUR MANIFESTE - EXISTENCE,26-01-01-015 DROITS CIVILS ET INDIVIDUELS - ETAT DES PERSONNES - NATIONALITE - PERTE DE LA NATIONALITE