# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 1ère Chambre, 12/11/2009, 08VE03172, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021385255
**Date de décision:** 2009-11-12
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 1ère Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021385255

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée en télécopie au greffe de la Cour le 6 octobre 2008 et en original le 5 novembre suivant, présentée pour Mme Chedlia B, épouse A, demeurant chez M. Abderrahmane C, ..., par Me Levy ; Mme A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0805083 en date du 5 septembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2008 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 30 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Mme A soutient qu'elle est entrée en France en juin 2002 et y réside de manière ininterrompue avec ses deux enfants, l'un étant né le 30 août 1994 en Tunisie et l'autre le 16 juin 2003 en France ; que ses deux enfants sont régulièrement scolarisés en France ; que son époux vit en France et n'a aucune attache familiale dans son pays d'origine ; que son père décédé résidait régulièrement en France depuis 1969 ; que sa mère est en cours de régularisation ; que ses trois soeurs sont de nationalité française et que son frère est titulaire d'une carte de résident ; que ses attaches familiales se trouvent en France ; qu'elle dispose d'une promesse d'embauche en qualité de secrétaire de direction ; que le préfet de l'Essonne a méconnu les dispositions de l'alinéa 7 de l'article L .313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde et des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que l'arrêté a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 octobre 2009 :<br>
       - le rapport de M. Bruand, président assesseur,<br>
       - et les conclusions de M. Dhers, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que Mme A, ressortissante tunisienne née le 4 novembre 1967, relève appel du jugement du 5 septembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2008 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et fixé le pays de destination duquel elle sera renvoyée ; <br>
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       Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 4 avril 2008 :<br>
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       En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié :  Sans préjudice des dispositions du b) et du d) de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les mêmes conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale  ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus  ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; <br>
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       Considérant que Mme A soutient qu'elle réside en France avec ses deux enfants régulièrement scolarisés dont l'un est né en France, que son père décédé résidait régulièrement en France, que sa mère est en cours de régularisation, que ses trois soeurs sont françaises, que son frère est titulaire d'une carte de résident et qu'elle dispose d'une promesse d'embauche ; que toutefois, les attaches familiales, pour une personne majeure, sont principalement limitées à la seule famille nucléaire et qu'il ressort, en outre, des pièces du dossier que la requérante n'est entrée en France en 2002 qu'à l'âge de 35 ans et qu'elle est, ainsi que son époux, en situation irrégulière ; qu'eu égard à la durée, aux conditions de son séjour et à l'absence d'obstacle à ce que le couple poursuive sa vie familiale en Tunisie, la décision du préfet de l'Essonne n'a pas porté au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que par suite, le préfet de l'Essonne n'a pas méconnu les dispositions du 7º de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Considérant, en second lieu, qu'aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, publiée par le décret du 8 octobre 1990 :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ; qu'il résulte de ces dispositions que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ; qu'il ressort des pièces du dossier, qu'eu égard à la situation irrégulière des deux époux, rien ne s'oppose à ce que Mme A quitte la France avec son époux et ses deux enfants ; qu'ainsi, l'arrêté attaqué n'impose aucune séparation entre les parents et les enfants ; que la circonstance que les enfants de Mme A sont scolarisés en France ne suffit pas à établir que l'intérêt supérieur des enfants n'ait pas été pris en compte dans la décision du 4 avril 2008 dès lors que cette scolarisation peut normalement se poursuivre en Tunisie ; qu'il suit de là que le moyen tiré de ce que le préfet de l'Essonne aurait méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, doit être écarté ;<br>
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       En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger ou qui lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte de séjour ou son autorisation provisoire de séjour, pour un motif autre que l'existence d'une menace à l'ordre public, peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa  ; qu'il y a lieu, par adoption des motifs précédemment exposés, d'écarter les moyens tirés de l'illégalité du refus de titre de séjour, de la méconnaissance des dispositions de l'alinéa 7 de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, publiée par le décret du 8 octobre 1990 ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 4 avril 2008 ;<br>
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       Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :<br>
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        Considérant que le présent arrêt, qui rejette la requête de Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ; que les conclusions présentées à ce titre par Mme A ne peuvent dés lors qu'être rejetées ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à verser à Mme A la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;<br>
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DECIDE<br>
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       Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.<br>
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N° 08VE03172		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**