# COUR DE CASSATION, CHAMBRE CIVILE 1, du 12 décembre 1962, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006960531
**Date de décision:** 1962-12-12
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006960531

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QUE LES SUCCESSIONS DES EPOUX Z... ETANT DEMEUREES DANS L'INDIVISION ENTRE LEURS ENFANTS, DAME Y... ET DAME THIERY DIVORCEE X..., Y... GERA LES IMMEUBLES SUCCESSORAUX ET ENCAISSA LES LOYERS ;<br>
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 QUE DAME Z... AYANT HYPOTHEQUE SA PART INDIVISE, Y..., SANS Y AVOIR ETE AUTORISE, REMBOURSA CERTAINS DES PRETS CONTRACTES PAR SA BELLE-SOEUR AVEC LES DENIERS PROVENANT DE LA GESTION DES IMMEUBLES ET QU'IL DETENAIT POUR LE COMPTE DE SA COHERITIERE ;<br>
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 QUE SUR L'ASSIGNATION DE DAME Z... EN REDDITION DE COMPTE, LES PREMIERS JUGES FIXERENT LA CREANCE DE CETTE DERNIERE, MAIS ORDONNERENT LA COMPENSATION AVEC LES CREANCES DE Y... RESULTANT DES REMBOURSEMENTS PAR LUI EFFECTUES ;<br>
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ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET PARTIELLEMENT INFIRMATIF ATTAQUE D'AVOIR REFUSE D'ACCORDER LE REMBOURSEMENT DE DIVERSES SOMMES PAYEES PAR Y... POUR LE COMPTE DE DAME Z..., AU MOTIF QUE CES SOMMES N'AURAIENT PAS ETE VERSEES PAR LUI MAIS PAR DES TIERS, ALORS, D'UNE PART, QUE LES TIERS N'ETAIENT QUE DES INTERMEDIAIRES ET QUE, D'AUTRE PART, LES JUGES DU FOND NE POUVAIENT SANS CONTRADICTION EN DECIDER AINSI ET REPROCHER A Y... D'AVOIR PRIS L'INITIATIVE DE CES VERSEMENTS ;<br>
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MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DES CONSTATATIONS DE L'ARRET QUE LES DETTES DE DAME Z... ONT ETE ACQUITTEES POUR SON COMPTE POUR PARTIE PAR Y..., ET POUR PARTIE PAR DES TIERS ;<br>
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 QUE, D'UNE PART, LES JUGES D'APPEL N'ONT RELEVE AUCUN ELEMENT ETABLISSANT LE MANDAT QUE Y... AURAIT DONNE A CES TIERS ;<br>
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 QUE, D'AUTRE PART, LA COUR D'APPEL, AYANT ENONCE QUE CERTAINS DES PAYEMENTS AVAIENT ETE EFFECTUES PAR Y..., POUVAIT SANS CONTRADICTION FAIRE GRIEF A CELUI-CI D'AVOIR, EN L'ABSENCE DE TOUT MANDAT, UTILISE LES DENIERS DE DAME Z... POUR OPERER LES REMBOURSEMENTS ;<br>
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QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ;<br>
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SUR LES DEUX BRANCHES DU DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QUE, SELON LE POURVOI, C'EST A TORT QUE LA COUR D'APPEL AURAIT REFUSE D'OPERER LA COMPENSATION ENTRE LES CREANCES RECIPROQUES DES PARTIES, AU MOTIF QUE LES CREANCES DE Y... CONSTITUAIENT LES ARTICLES DU COMPTE DES SUCCESSIONS INDIVISES ET NON CEUX DU COMPTE DES LOYERS, OBJET DE L'INSTANCE, ALORS D'UNE PART QUE LE COMPTE DES LOYERS N'ETAIT LUI-MEME QU'UN ARTICLE DU COMPTE SUCCESSORAL, ET QUE, D'AUTRE PART, LA COMPENSATION SE PRODUIT DE PLEIN DROIT ENTRE CREANCES RECIPROQUES, LIQUIDES ET EXIGIBLES ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE L'ARRET ENONCE QUE Y..., QUI N'AVAIT PAS LE DROIT DE DISPOSER AINSI DE SOMMES QUI NE LUI APPARTENAIENT PAS, AVAIT COMMIS UNE FAUTE EN PROCEDANT SANS MANDAT AU REMBOURSEMENT DE PRETS CONTRACTES PAR DAME Z... ;<br>
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 QUE C'EST DONC A BON DROIT QUE LES JUGES D'APPEL, ABSTRACTION FAITE DES MOTIFS SURABONDANTS CRITIQUES PAR LE POURVOI, ONT REJETE L'EXCEPTION DE COMPENSATION DE Y... DONT LA CREANCE A L'ENCONTRE DE DAME Z... RESULTAIT D'UN ACTE ILLICITE, ET QUE LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE DANS SES DEUX BRANCHES ;<br>
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ET SUR LE TROISIEME MOYEN : ATTENDU QUE TOUT AUSSI VAINEMENT IL EST REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR CONDAMNE ROUYER AU PAYEMENT DES INTERETS DU JOUR DE LA DEMANDE, ALORS QU'IL N'AVAIT JAMAIS ETE L'OBJET D'UNE MISE EN DEMEURE, QUE LES INTERETS N'AVAIENT PAS ETE DEMANDES ET QUE L'EXPLOIT INTRODUCTIF D'INSTANCE S'ETAIT BORNE A RECLAMER LA REDDITION DES COMPTES ;<br>
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QU'EN EFFET, L'ACTION EN REDDITION DE COMPTES IMPLIQUAIT LA CONDAMNATION DU DEBITEUR AU SOLDE, ET QUE L'ASSIGNATION EMPORTAIT MISE EN DEMEURE A DATER DE LAQUELLE LES INTERETS MORATOIRES LEGAUX, RECLAMES PAR VOIE DE CONCLUSIONS, ETAIENT DUS ;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ET QUE L'ARRET, QUI EST MOTIVE, N'A VIOLE AUCUN DES TEXTES VISES AU POURVOI ;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 8 JUIN 1959 PAR LA COUR D'APPEL DE NANCY. N° 59-12 602 EPOUX Y... C/ DAME Z.... PRESIDENT : M BORNET - RAPPORTEUR : M MAZEAUD - AVOCAT GENERAL : M LINDON - AVOCATS : MM TETREAU ET GALLAND.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° CELUI QUI, DETENANT DES SOMMES POUR LE COMPTE D'UN DEBITEUR, PROCEDE AU PAYEMENT DE SES DETTES SANS EN AVOIR RECU LE MANDAT, COMMET UNE FAUTE EN DISPOSANT AINSI DE SOMMES QUI NE LUI APPARTIENNENT PAS. IL NE PEUT DONC, LORSQUE CELUI-CI L'ASSIGNE EN REDDITION DE COMPTES, LUI OPPOSER L'EXCEPTION DE COMPENSATION, SA CREANCE A SON ENCONTRE RESULTANT D'UN ACTE ILLICITE.,2° L'ACTION EN REDDITION DE COMPTES IMPLIQUE LA CONDAMNATION DU DEBITEUR AU SOLDE. L'ASSIGNATION EMPORTE DONC MISE EN DEMEURE ET LES INTERETS MORATOIRES LEGAUX, QUI PEUVENT ETRE RECLAMES PAR VOIE DE CONCLUSIONS, SONT DUS A COMPTER DE CELLE-CI.
**Mots-clés:** 1° COMPENSATION  - COMPENSATION LEGALE  - CONDITIONS  - CREANCE RESULTANT D'UN ACTE LICITE  - PAYEMENT EFFECTUE SANS MANDAT POUR LE COMPTE D'UN CREANCIER (NON),2° INTERETS  - INTERETS MORATOIRES  - DETTE D'UNE SOMME D'ARGENT - POINT DE DEART  - ACTION EN REDDITION DE COMPTES