# Cour administrative d'appel de Nancy, du 7 mars 1989, 89NC00026 89NC00024, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007545400
**Date de décision:** 1989-03-07
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Nancy
**Formation:** 
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007545400

## Contenu de la décision

<br>    VU :  1°) la requête sommaire enregistrée au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat le 12 août 1986 sous le n°81145 et au greffe de la Cour administrative d'appel de NANCY le 2 janvier 1989 sous le n°89NC00024 et le mémoire ampliatif enregistré le 12 décembre 1986, présentés pour la commune de MARCHIENNES, tendant à ce que la Cour administrative d'appel annule le jugement en date du 21 mai 1986 par lequel le Tribunal administratif de LILLE l'a condamnée à verser à l'Association Radio-Marchiennes une somme de 15 000 F en raison d'un refus de location de la salle des fêtes pour un bal le 18 septembre 1982 ;<br>    2°) la requête enregistrée au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat le 18 août 1986 sous le n°81276 et au greffe de la Cour administrative d'appel de NANCY le 2 janvier 1989 sous le n° 89NC00026, tendant à l'annulation du jugement en date du 21 mai 1986 par lequel le Tribunal administratif de LILLE l'a condamnée à verser à l'Association Radio-Marchiennes une somme de 15 000 F ;<br>    VU l'ordonnance du 1er décembre 1988 par laquelle le Président de la 9ème sous-section de la section du Contentieux du Conseil d'Etat a transmis le dossier à la Cour administrative d'appel ;<br>    VU le jugement attaqué ;<br>    VU les autres pièces du dossier ;<br>    VU le code des communes ;<br>    VU le code des Tribunaux administratifs et des Cours administratives d'appel ;<br>    VU la loi 77-1488 du 30 décembre 1977 ;<br>    VU la loi 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    VU les décrets 88-707 du 9 mai 1988 et 88-906 du 2 septembre 1988 ;<br>    Les parties ayant été dûment averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience du 21 février 1989 :<br>    - le rapport de M. BONNAUD, Conseiller,<br>    - les observations de Maître BACHELLIER, substituant Maître BOUTHORS, avocat de la commune de MARCHIENNES,<br>    - et les conclusions de Mme FRAYSSE, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que les requêtes n° 89NC00024 et 89NC00026 de la commune de MARCHIENNES tendent à l'annulation d'un même jugement du Tribunal administratif de LILLE en date du 21 Mai 1986 ; qu'elles ont fait l'objet d'une instruction commune ; qu'il y a lieu de les joindre pour y être statué par un même arrêt ;<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que l'autorisation d'organiser un bal dans la salle des fêtes communale, le 18 septembre 1982, que l'Association Radio-Marchiennes avait obtenue des services municipaux de MARCHIENNES a été retirée par le maire, le 16 septembre 1982, en raison des troubles qui se seraient produits lors des précédentes manifestations de cette Association ; qu'en fondant sa décision sur des faits dont l'exactitude matérielle n'est pas établie, eu égard aux témoignages contradictoires produits, le maire a excédé ses pouvoirs et a, par suite, commis une faute de nature à engager vis-à-vis de l'Association la responsabilité de la commune de MARCHIENNES ; que celle-ci, qui n'établit aucune manoeuvre frauduleuse et qui ne saurait utilement invoquer un autre motif susceptible, selon elle, de fonder légalement ladite décision, n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de LILLE a retenu sa responsabilité ;<br>    Considérant qu'à la date à laquelle est intervenu le retrait illégal de l'autorisation municipale, l'Association avait déjà engagé divers frais pour la préparation du bal qui n'a finalement pas eu lieu ; que, toutefois, la perte des bénéfices attendus de la manifestation constituant un préjudice éventuel qui ne peut être réparé, il sera fait une exacte appréciation du préjudice matériel subi en allouant à l'Association une indemnité de 7 000 F ; qu'il y a lieu d'ajouter à cette somme une indemnité de 2 000 F en réparation du préjudice moral ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la commune de MARCHIENNES est seulement fondée à demander que la somme de 15 000 F que le Tribunal administratif l'a condamnée à verser à l'Association Radio-Marchiennes soit ramenée à 9 000 F ; qu'il y a lieu, par suite, de réformer dans ce sens ledit jugement ;<br>
<br>    Article 1 : La somme de 15 000 F que la commune de MARCHIENNES a été condamnée à verser à l'Association Radio-Marchiennes par le jugement du Tribunal administratif de LILLE en date du 21 mai 1986 est ramenée à 9 000 F.<br>
<br>    Article 2 : Le jugement du Tribunal administratif de LILLE en date du 21 mai 1986 est réformé en ce qu'il a de contraire au présent arrêt.<br>
<br>    Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la commune de MARCHIENNES est rejeté.<br>
<br>    Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la commune de MARCHIENNES et à l'Association Radio-Marchiennes.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 60-01-04-01 RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - FAITS SUSCEPTIBLES OU NON D'OUVRIR UNE ACTION EN RESPONSABILITE - RESPONSABILITE ET ILLEGALITE - ILLEGALITE ENGAGEANT LA RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE