# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 8 mars 2004, 257154, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008196716
**Date de décision:** 2004-03-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008196716

## Contenu de la décision

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Vu la requête, enregistrée le 26 mai 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Samira X... épouse Y, demeurant ...  ; Mme X... épouse Y demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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     1°) d'annuler le jugement du 25 mars 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2002 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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     2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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     3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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Vu les autres pièces du dossier  ;
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     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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Vu le code de justice administrative   ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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- les conclusions de M. Séners, Commissaire du gouvernement  ;
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Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête  :
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     Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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     Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X... épouse Y, de nationalité égyptienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le  16 mai 2002, de la décision du préfet de police du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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     Considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., épouse Y vit en France avec son mari et ses deux enfants depuis 1998  ; que M. Y ne peut faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière compte tenu de son état de santé, lequel motive l'annulation pour excès de pouvoir, par décision de ce jour du Conseil d'Etat statuant au contentieux, de la décision de reconduite prise à son encontre  ; qu'ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le préfet de police a, en décidant la reconduite à la frontière de Mme X... épouse Y, porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris  ;
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     Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... épouse Y est  fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière pris à son encontre  ;
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     Considérant qu'il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens  ; 
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D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris du 25 mars 2003 est annulé.
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     Article 2  : L'arrêté du préfet de police du 25 octobre 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme X... est annulé.
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     Article 3  : L'Etat versera à Mme X... épouse Y une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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     Article 4  : La présente décision sera notifiée à Mme Samira X... épouse Y, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**