# Conseil d'Etat, 10 SS, du 20 juin 1997, 183066, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007952604
**Date de décision:** 1997-06-20
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 10 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007952604

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat le 18 octobre 1996, présentée pour M. Hasan Z..., demeurant chez M. Abouzer X... ... à Villiers le Bel (95400) ; M. Z... demande au Conseil d Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 18 septembre 1996 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa requête tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 10 septembre 1996 ordonnant sa reconduite à la frontière ;<br>    2°) de décider qu il sera sursis à l exécution dudit jugement jusqu à ce qu il soit statué sur la requête tendant à son annulation ;<br>    3°) d annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ainsi que la décision de refus de séjour notifiée le 9 avril 1996 ;<br>    4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 4 500 F au titre de l'article 75-I de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Pêcheur, Maître des Requêtes,<br>    - les conclusions de Mme Denis-Linton, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    En ce qui concerne l'arrêté de reconduite à la frontière :<br>    Sur l exception d illégalité tirée du refus de titre de séjour :<br>    Considérant que la décision par laquelle un titre de séjour a été refusé à M. Z... lui a été régulièrement notifiée le 12 avril 1996 ; que cette décision étant devenue définitive, M. Z... n est pas recevable à exciper de son illégalité à l encontre de la décision de reconduite à la frontière prise à son encontre sur le fondement de l article 22-3° de l ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ; que, pour les mêmes motifs, les conclusions demandant au Conseil d'Etat d annuler ce refus de titre de séjour, qui sont d'ailleurs nouvelles en appel, sont irrecevables ; <br>    Sur la compétence de l auteur de l acte attaqué et sur le vice de forme allégué :<br>    Considérant, d'une part, qu il ressort des pièces du dossier que l arrêté de reconduite à la frontière attaqué a été signé par M. Bertrand Y..., secrétaire général de la préfecture du Val d Oise ; que celui-ci était titulaire d une délégation de signature du préfet donnée par un arrêté du 16 janvier 1996 et publié au recueil des actes administratifs le 18 janvier 1996 ; que cet arrêté doit être regardé comme ayant fait l objet d une publicité suffisante de nature à le rendre opposable aux tiers ; que le moyen tiré de l incompétence de l auteur de l acte ne saurait donc être accueilli ; que, d'autre part, la circonstance que la copie de la décision ne porterait pas la signature de son auteur est sans influence sur la légalité de cette décision ;<br>    Sur la motivation de l'arrêté attaqué :<br>    Considérant que l arrêté attaqué comporte l énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement de cette décision ; que la circonstance que cet arrêté ne mentionne pas de façon explicite les raisons pour lesquelles M. Z... ne pouvait bénéficier d une mesure de régularisation de sa situation n est pas de nature à faire regarder ledit arrêté comme insuffisamment motivé ;<br>    Sur la légalité interne dudit arrêté :<br>    Considérant que la nouvelle demande de réexamen de sa situation, présentée par M. Z... à l office français de protection des réfugiés et apatrides a été rejetée, faute d éléments nouveaux, le 19 juin 1996 ; que, dans ces conditions, le nouveau recours que M. Z... a adressé à la commission de recours des réfugiés doit être regardé comme ayant eu pour seul objet de faire échec, dans un but dilatoire, à la mesure d éloignement susceptible d être prise à son encontre et n est pas, dès lors, de nature à entacher d illégalité l arrêté en date du 10 septembre 1996 par lequel le préfet du Val d Oise a ordonné sa reconduite à la frontière ; <br>    Considérant que le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation individuelle de l'intéressé manque en fait ;<br>
<br>    Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l arrêté attaqué porterait au droit de M. Z... au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu il n a donc pas méconnu les stipulations de l article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l homme et des libertés fondamentales ; que l'erreur manifeste d'appréciation alléguée ne ressort pas davantage des pièces du dossier ; que le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi ;<br>    En ce qui concerne la décision fixant la Turquie comme pays de destination :<br>    Considérant que l existence d une décision ordonnant la reconduite à la frontière de M. Z... vers son pays d origine doit être regardée comme établie par les mentions figurant dans la notification de l arrêté de reconduite ; que les allégations de M. Z... relatives aux risques qu il courrait en cas de retour dans son pays d origine ne sont pas assorties de précisions ni de justifications ; qu ainsi M. Z... ne justifie d aucune raison qui fasse obstacle à sa reconduite à destination du pays dont il a la nationalité et ne peut soutenir que les stipulations de l article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l homme et des libertés fondamentales auraient été méconnues ;<br>    Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. Z... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa requête tendant à l'annulation de l arrêté préfectoral en date du 10 septembre 1996 et de la décision fixant le pays de destination ;<br>    En ce qui concerne l'application de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 :<br>    Considérant que les dispositions de l'article 75-I de la loi susvisée du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à M. Z... la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>Article 1er : La requête de M. Z... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Hasan Z..., au préfet du Val d Oise et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8,Loi 91-647 1991-07-10 art. 75,Ordonnance 45-2658 1945-11-02
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.