# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 11 juin 2004, 257449, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008178716
**Date de décision:** 2004-06-11
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008178716

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 4 juin 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 28 mars 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 26 novembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. Abdelwahab X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée  ; 
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                Vu le code de justice administrative  ; 
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mlle Bourgeois, Auditeur,  
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                - les conclusions de Mme de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour  a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait  ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 7 juin 2002, de la décision du PREFET DE POLICE du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, entré en France régulièrement le 30 novembre 2001, vit en France auprès de son père, qui y réside depuis plus de quarante ans, et de sa mère, entrée en France en 1981  ; que ses deux parents sont gravement malades et que leur état de santé nécessite des soins qui ne peuvent leur être dispensés dans leur pays d'origine  ; qu'en particulier, Mme X est infirme à 80 %  ; que la présence de M. X auprès de ses parents, âgés et isolés en France, présente un caractère indispensable, attesté par plusieurs médecins, dont le médecin conseil de la préfecture de police  ; qu'il suit de là que, compte tenu des circonstances particulières de l'espèce, le PREFET DE POLICE, en prenant l'arrêté du 26 novembre 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de  M. X, a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur la situation personnelle de l'intéressé  ;  qu'il n'est dès lors pas fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 26 novembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de M. X  ; 
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées par M. X  :
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                Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros que M. X demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     		Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : L'Etat versera à M. X la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. 
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     Article 3  :  La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Abdelwahab X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**