# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 03/06/2010, 09NT00865, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022730497
**Date de décision:** 2010-06-03
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022730497

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 7 avril 2009, présentée pour M. Gaby X, demeurant à ..., par Me Duplantier, avocat au barreau d'Orléans ; M. Gaby X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 08-4378 du 10 mars 2009 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2008 du préfet du Loiret refusant de renouveler sa carte de séjour temporaire et lui faisant obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Loiret de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 74 de la loi du 10 juillet 1991 et sous réserve de son renoncement à la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 6 mai 2010 :<br>
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       - le rapport de M. Millet, président-assesseur ;<br>
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       - et les conclusions de M. Geffray, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, de nationalité congolaise, interjette appel du jugement du 10 mars 2009 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 septembre 2008 du préfet du Loiret portant refus de renouvellement de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;<br>
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       Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé (...) ; qu'aux termes de l'article R. 313.22 du même code : Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11 (...) l'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de la population et des migrations, du ministre chargé de la santé et du ministre de l'intérieur, au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de traitement dans le pays d'origine de l'intéressé (...) ; que l'article 4 de l'arrêté du 8 juillet 1999 pris pour l'application de ces dispositions impose au médecin inspecteur de santé publique de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales d'émettre un avis précisant si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale, si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié dans son pays, quelle est la durée prévisible du traitement, et indiquant si l'état de santé de l'étranger lui permet de voyager sans risque vers le pays de renvoi ;<br>
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       Considérant que l'arrêté préfectoral contesté a été pris au vu d'un avis du 29 juillet 2008 du médecin inspecteur départemental de santé publique indiquant que si l'état de santé de M. X justifie une prise en charge médicale, dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux et attestations qui y sont joints, que l'état de santé de M. X nécessite des soins spécialisés et la poursuite d'un traitement, dont l'interruption aurait pour l'intéressé des conséquences d'une extrême gravité ; que l'un au moins des médicaments nécessaires au traitement de la pathologie dont souffre M. X n'est pas disponible en République démocratique du Congo ; que, pour sa part, le préfet du Loiret ne fournit aucun élément permettant d'établir que les médicaments nécessaires au traitement de l'intéressé, ou des molécules équivalentes, seraient disponibles dans son pays d'origine ; qu'il suit de là que l'arrêté du 10 septembre 2008 du préfet du Loiret refusant de renouveler le titre de séjour de M. X et lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions à fins d'injonction sous astreinte :<br>
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       Considérant qu'eu égard au motif de l'annulation ci-dessus prononcée, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Loiret de délivrer à M. X une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette obligation d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. X, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le préfet du Loiret au titre des frais exposés par l'Etat et non compris dans les dépens ; qu'en revanche, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Duplantier, conseil de M. X d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement n° 08-4378 du 10 mars 2009 du Tribunal administratif d'Orléans et l'arrêté du 10 septembre 2008 du préfet du Loiret sont annulés. <br>
Article 2    : Il est enjoint au préfet du Loiret de délivrer à M. X une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3    : L'Etat versera à Me Duplantier, avocat de M. X, la somme de 1 000 euros (mille euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Duplantier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4    : Le surplus des conclusions de la requête de M. X est rejeté.<br>
Article 5    : Les conclusions du préfet du Loiret tendant l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 6    : Le présent arrêt sera notifié à M. Gaby X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. <br>
          Une copie sera adressée au préfet du Loiret. <br>
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N° 09NT00865	2 <br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**