# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 1ère chambre - formation à 3, 26/11/2009, 08NC01634, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021468246
**Date de décision:** 2009-11-26
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021468246

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 14 novembre 2008, présentée pour M. Ramazi A, demeurant ..., par Me Kling ; <br>
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       M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0803387 du 14 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Strasbourg  a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 3 juillet 2008 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti cette mesure d'une obligation de quitter le territoire dans un délai d'un mois et a fixé le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays pour lequel il établit être légalement admissible comme pays à destination duquel il pourra être reconduit à l'expiration de ce délai ;<br>
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       2°) d'annuler lesdites décisions ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention   vie privée et familiale  dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt, sous peine d'astreinte de 50  par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500  en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative contre renoncement de l'indemnité allouée au titre de l'aide juridictionnelle ; <br>
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       Il soutient que :<br>
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       - eu égard à la bonne intégration de la famille en France, le refus de titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3 de la convention de New York et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       - à l'appui de la contestation de l'obligation de quitter le territoire, il excipe de l'illégalité du refus de titre ; <br>
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       - la grossesse de son épouse dont le terme est prévu pour le 16 janvier 2009 fait obstacle à ce qu'une mesure d'éloignement soit prononcée ;<br>
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       - son retour en Géorgie l'exposerait à des persécutions du fait de sa confession kurde yezedi, la décision fixant le pays de destination méconnaît en conséquence les articles L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Vu le jugement et les décisions attaquées ;<br>
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       Vu, enregistré le 23 janvier 2009, le mémoire en défense présenté pour l'Etat par le préfet du Haut-Rhin ;<br>
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       Le préfet conclut au rejet de la requête ; il soutient qu'aucun moyen n'est fondé ; <br>
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       Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 23 janvier 2009, admettant M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu la convention internationale sur les droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 5 novembre 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Ghisu-Deparis, premier conseiller,<br>
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       - et les conclusions de Mme Steinmetz-Schies, rapporteur public ;<br>
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       Sur les conclusions d'annulation : <br>
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       En ce qui concerne le refus de titre de séjour : <br>
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       Considérant qu'il y a lieu, par adoption des motifs retenus par les premiers juges, d'écarter les moyens, qui ne comportent aucun élément de fait ou droit nouveau par rapport à l'argumentation que M. A avait développée devant le Tribunal administratif, tirés de ce que le refus de titre de séjour méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 et serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation  ;<br>
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       En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour ne peut être que rejeté ;<br>
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       Considérant, en second lieu, que la seule circonstance que l'épouse de M. A présentait, au jour de la décision contestée, une grossesse dont le terme était prévu le 16 janvier 2009 est en tout état de cause sans influence sur la légalité de la mesure d'éloignement le concernant  ; <br>
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       En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination : <br>
       Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants  ; que, par ailleurs, aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950  ;<br>
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       Considérant que si M. A soutient avoir été, du fait de son appartenance à la confession kurde yézidi, victime de racket et de violences, il n'apporte, au soutien de ses allégations, pas d'éléments de nature à établir la réalité de risques personnels et actuels encourus, dont l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, qui ont eu à connaître des documents produits, n'ont d'ailleurs pas retenu l'existence ; que, dès lors, la décision distincte fixant le pays de renvoi n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions, par voie de conséquence, de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande dirigée contre la décision du 3 juillet  2008 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti cette mesure d'une obligation de quitter le territoire dans un délai d'un mois et a fixé le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays pour lequel il établit être légalement admissible comme pays à destination duquel il pourra être reconduit à l'expiration de ce délai ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions de la requête aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que par suite les conclusions à fin d'injonction ne peuvent être que rejetées ;  <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse au conseil de M. A, contre renoncement au versement de l'indemnité d'aide juridictionnelle, la somme qu'il réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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       D E C I D E :<br>
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       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
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08NC01634<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**