# CAA de LYON, 1ère chambre - formation à 3, 30/07/2015, 14LY03144, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000030960985
**Date de décision:** 2015-07-30
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 1ère chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000030960985

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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        Procédure contentieuse antérieure :<br>
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        M. A...B...a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du préfet du Rhône du 15 novembre 2013 refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.<br>
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        Par un jugement n° 1401723 du 18 juin 2014, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
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        Procédure devant la cour :<br>
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        Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2014, M.B..., représenté par Me C..., demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon du 18 juin 2014 ;<br>
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        2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Rhône du 15 novembre 2013 ;<br>
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        3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer sous astreinte le titre de séjour sollicité ou de lui délivrer sous astreinte une autorisation provisoire de séjour durant le réexamen de sa demande ;<br>
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        4°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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        Il soutient que :<br>
        - le refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivé ;<br>
        - le préfet du Rhône s'est à tort cru lié par l'avis de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi ;<br>
        - le refus de titre de séjour méconnaît les lignes directrices de la circulaire du 28 novembre 2012 ;<br>
        - le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
        - l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour.<br>
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        Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2015 le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête en se reportant à ses écritures de première instance.<br>
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        M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2014.<br>
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        Vu les autres pièces du dossier.<br>
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        Vu :<br>
        - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
        - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
        - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979, modifiée ;<br>
        - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
        - le code de justice administrative.<br>
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        Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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        Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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        Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1. Considérant que, par un jugement du 18 juin 2014, le tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de M.B..., ressortissant de la République démocratique du Congo né le 20 février 1975, tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 novembre 2013 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ; que M. B...relève appel de ce jugement ;<br>
       2. Considérant qu'en appel, M. B...reprend les moyens tirés de ce que le refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivé en fait et de ce que le préfet du Rhône se serait crû à tort lié par l'avis de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en écartant ces moyens, le tribunal aurait, par les motifs qu'il a retenus et qu'il y a lieu d'adopter, commis une erreur ;<br>
       3. Considérant qu'en dehors des cas où il satisfait aux conditions fixées par la loi, ou par un engagement international, pour la délivrance d'un titre de séjour, un étranger ne saurait se prévaloir d'un droit à l'obtention d'un tel titre ; que s'il peut, à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir formé contre une décision préfectorale refusant de régulariser sa situation par la délivrance d'un titre de séjour, soutenir que la décision du préfet, compte tenu de l'ensemble des éléments de sa situation personnelle, serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu adresser aux préfets pour les éclairer dans la mise en oeuvre de leur pouvoir de régularisation ; que, dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des orientations générales figurant dans la circulaire du 28 novembre 2012 ne peut qu'être écarté ;<br>
       4. Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7. (...) " ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ; qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale " ;<br>
       5. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. B...ne résidait sur le territoire national, où il déclare être entré de façon irrégulière au mois de mai 2009, que depuis quatre ans et demi à la date des décisions attaquées par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ; que s'il soutient entretenir une relation stable et durable avec une ressortissante angolaise titulaire d'un titre de séjour, MmeD..., avec laquelle il a eu une fille, née le 7 août 2013, il n'établit pas l'ancienneté de cette relation et il ressort des pièces du dossier qu'il ne vit pas avec elle ; que Mme D...est titulaire d'un titre de séjour valable un an et n'a donc pas vocation à se maintenir durablement sur le territoire national ; que M. B...n'établit pas participer à l'entretien de sa fille ; qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans et où il a notamment trois enfants mineurs ; que, dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France de M.B..., qui ne fait pas valoir de motifs exceptionnels et dont la situation ne répond pas à des considérations humanitaires, les décisions attaquées par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ne portent pas, eu égard aux buts qu'elles poursuivent, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, alors même qu'il a été salarié pendant deux ans comme " employé polyvalent " par une pizzeria et avait auparavant travaillé durant quatre mois pour une autre entreprise ; que, dès lors, elles ne méconnaissent pas les dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; <br>
       6. Considérant que, compte tenu de ce qui précède, M. B...n'est pas fondé à soulever, par voie d'exception, l'illégalité de la décision du préfet du Rhône refusant de lui délivrer un titre de séjour à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;<br>
       7. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande ; que ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, être rejetées ; <br>
DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Rhône.<br>
Délibéré après l'audience du 23 juin 2015, à laquelle siégeaient :<br>
M. Riquin, président de chambre,<br>
M. Picard, président-assesseur,<br>
Mme Vaccaro-Planchet, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 30 juillet 2015.<br>
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N° 14LY03144<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**