# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 7 mai 2004, 261923, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008181613
**Date de décision:** 2004-05-07
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008181613

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 20 novembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Mady A, demeurant ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 23 septembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif  de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 juin 2003 par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Vallée, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité sénégalaise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 28 mars 2003, de la décision du préfet de police du 21 mars 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale prévue au premier  alinéa du même article est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant (...)  ;
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                Considérant que, si  M. A fait valoir qu'il réside depuis janvier 1992 en France, les pièces qu'il produit à l'appui de ses allégations sont insuffisantes pour établir sa présence habituelle en France depuis plus de dix ans  ; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3 ° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ne peut qu'être écarté  ;
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                Considérant qu'ainsi qu'il a été dit ci-dessus, M. A n'établit pas qu'il résiderait habituellement en France depuis 1990  ; que, s'il fait valoir qu'il est marié à une compatriote et que de cette union sont nés en France deux enfants en 2001 et en 2003, il ressort néanmoins des pièces du dossier que l'épouse de M. A ne réside pas régulièrement en France   ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment des conditions de séjour de M A en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de police du 5 juin 2003 n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990  : Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant  ;
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                Considérant que la circonstance que les enfants de M. A sont nés en France ne suffit pas à établir que l'intérêt supérieur des enfants n'ait pas été pris en compte dans la décision du 5 juin 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressé  ; qu'il suit de là que le moyen tiré de la violation de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant  doit être écarté  ;
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                Considérant que si M. A soutient que le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que l'arrêté aurait sur sa situation personnelle, compte tenu du fait que ses enfants bénéficient sur le territoire français de soins de qualité, il ne ressort cependant pas des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, les enfants de l'intéressé n'étaient pas en mesure de voyager sans danger pour leur santé, ni qu'ils ne puissent bénéficier au Sénégal d'un suivi médical approprié  ; que, par suite, le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que la mesure d'éloignement comportait sur la situation personnelle du requérant  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, qui était suffisamment motivé, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions à fin de régularisation de la situation administrative de l'intéressée  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé  ;
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                Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que, dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être également rejetées  ;
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<br>			D E C I D E  :
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 Article 1er  : La requête de M. A est rejetée.
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 Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Mady A, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**