# CAA de LYON, 2ème chambre, 06/07/2022, 21LY02074, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046028661
**Date de décision:** 2022-07-06
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046028661

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2019 par lequel le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2002352 du 12 mars 2021, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête, enregistrée le 21 juin 2021, M. B..., représenté par Me Zouine, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer sans délai un récépissé l'autorisant à travailler ou, en cas d'annulation de la seule obligation de quitter le territoire français, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le réexamen de sa demande dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice de son conseil une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.<br>
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       Il soutient que :<br>
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       Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :<br>
       - elle méconnaît les articles L. 313-7 et R. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en s'abstenant d'examiner l'opportunité d'une exemption de visa ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle méconnaît l'article 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
       - elle est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;<br>
       - elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       La requête a été communiquée au préfet du Rhône qui n'a produit aucune observation.<br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2021.<br>
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       Vu :<br>
       - les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le rapport de Mme Evrard, présidente-assesseure, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant russe né le 28 mai 1992, est entré irrégulièrement en France le 3 janvier 2012, selon ses déclarations et a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 10 mai 2012, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 30 mai 2013. Le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination par un arrêté du 27 février 2014, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 25 février 2015. Le 5 mai 2017, M. B... a sollicité son admission au séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 et des articles L. 313-7 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 19 novembre 2019 assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement du 12 mars 2021, dont M. B... relève appel, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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       Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :<br>
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       2.  En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant " (...) ". Aux termes de l'article R. 313-1 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une première carte de séjour doit présenter à l'appui de sa demande, outre les pièces mentionnées à l'article R. 311-2-2, les pièces suivantes : (...) 2° Sauf stipulation contraire d'une convention internationale applicable en France, un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois autre que celui mentionné au 3° de l'article R. 311-3 (...) ". Enfin, aux termes de l'article R. 313-10 du même code : " Peut être exempté, sur décision du préfet, de l'obligation de présentation du visa de long séjour prescrite au 2° de l'article R. 313-1 : / 1° L'étranger qui suit en France un enseignement ou y fait des études, en cas de nécessité liée au déroulement des études. Sauf cas particulier, l'étranger doit justifier avoir accompli quatre années d'études supérieures et être titulaire d'un diplôme, titre ou certificat au moins équivalent à celui d'un deuxième cycle universitaire ou d'un titre d'ingénieur. Il est tenu compte des motifs pour lesquels le visa de long séjour ne peut être présenté à l'appui de la demande de titre de séjour, du niveau de formation de l'intéressé, ainsi que des conséquences que présenterait un refus de séjour pour la suite de ses études (...). "<br>
       3. Il résulte de l'instruction que M. B... ne dispose pas du visa de long séjour exigé par les dispositions précitées. Si le requérant soutient qu'il pouvait être exempté de l'obligation de présentation de ce visa en application de l'article R. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est constant que l'intéressé, qui se prévaut seulement de son inscription en première puis en deuxième année de licence 1 en langues à l'université de Lyon 2 au titre des années 2015 à 2019, n'est titulaire d'aucun diplôme, titre ou certificat au moins équivalent à celui d'un deuxième cycle universitaire ou d'un titre d'ingénieur. Par ailleurs, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet du Rhône, qui a d'ailleurs relevé que M. B... s'était maintenu en France en dépit de l'obligation qui lui avait été faite en 2014 de quitter le territoire français, s'est abstenu d'examiner l'existence de circonstances particulières pouvant justifier qu'il soit exempté de l'obligation de présentation d'un visa de long séjour, ni que le préfet se serait estimé à tort en situation de compétence liée pour lui refuser une telle exemption. Enfin, en se bornant à faire état de la durée de son séjour en France et de sa volonté d'insertion, le requérant ne démontre pas l'existence de circonstances particulières de nature à justifier qu'il soit exempté de cette obligation. Dans ces conditions, le préfet du Rhône a pu refuser de lui délivrer un titre de séjour pour le motif tiré du défaut de présentation d'un tel visa.<br>
       4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) ".<br>
       5. M. B... fait valoir qu'il est entré en France en 2012 en compagnie de sa mère, que ses deux frères et sa tante sont de nationalité française et qu'il est dépourvu d'attaches en Russie. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B... n'a jamais été admis au séjour en France, à l'exception de la période durant laquelle sa demande d'asile a été examinée, et qu'il a fait l'objet d'un précédent refus de séjour assorti d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Sa mère fait l'objet d'une mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par la cour par un arrêt de ce jour. Le requérant, qui était âgé de vingt-sept ans à la date de la décision attaquée, célibataire et sans enfant, ne fait état d'aucune circonstance faisant obstacle à ce qu'il poursuive sa vie privée et familiale et ses études en Russie, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans et où demeure son père, avec lequel il n'établit pas avoir rompu tout lien. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté contesté a été pris. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent être accueillis. Il n'est pas davantage établi que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.<br>
       6. En dernier lieu, M. B... reprend en appel le moyen qu'il avait invoqué en première instance tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Lyon.<br>
       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       7.  En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.<br>
            8.  En second lieu, M. B... reprend en appel les moyens qu'il avait invoqués en première instance tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont la décision attaquée serait entachée. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Lyon.<br>
       9. Il résulte de ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.<br>
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DÉCIDE:<br>
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Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié M. C... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie en sera adressée au préfet du Rhône.<br>
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Délibéré après l'audience 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Pruvost, président de chambre,<br>
Mme Evrard, présidente-assesseure,<br>
Mme Caraës, première conseillère.<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 juillet 2022.<br>
La rapporteure,<br>
A. Evrard<br>
Le président,<br>
D. Pruvost<br>
La greffière,<br>
M.-Th. Pillet       <br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
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N° 21LY02074<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. - Séjour des étrangers. - Refus de séjour.,335-03 Étrangers. - Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.