# Cour Administrative d'Appel de Nantes, RECONDUITE A LA FRONTIERE, 28/09/2009, 09NT01218, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021164350
**Date de décision:** 2009-09-28
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** RECONDUITE A LA FRONTIERE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021164350

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 25 mai 2009, présentée par le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE ;<br>
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       Le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 09-1016 du 12 mars 2009 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Rennes a annulé l'arrêté en date du 8 mars 2009 par lequel il a décidé la reconduite à la frontière de M. Bafodé X et fixé la Guinée comme pays à destination duquel l'intéressé devait être reconduit ;<br>
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       2°) de rejeter la demande présentée par M. Bafodé X devant le Tribunal administratif de Rennes ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 14 septembre 2009 :<br>
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       - le rapport de Mlle Wunderlich, magistrat désigné ;<br>
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       - et les conclusions de M. Hervouet, rapporteur public ;<br>
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       Sur l'appel du préfet :<br>
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       Considérant que, par arrêté en date du 1er août 2007, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, produit pour la première fois en appel, le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE a donné à M. Cyrille Maillet, secrétaire général pour les affaires générales des Pays de la Loire, délégation à l'effet de signer les arrêtés de reconduite à la frontière et les décisions fixant le pays de destination des étrangers en situation irrégulière afin de pouvoir assurer la permanence préfectorale qu'il est amené à tenir pendant les jours non ouvrables (samedi, dimanche et jours fériés), ou de fermeture exceptionnelle de la préfecture ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. Maillet n'aurait pas assuré une telle permanence le dimanche 8 mars 2009, date à laquelle il a signé l'arrêté litigieux ; que le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE est par suite fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Rennes a annulé son arrêté comme entaché d'incompétence ;<br>
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       Considérant toutefois qu'il appartient à la Cour administrative d'appel, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. X devant le Tribunal administratif de Rennes comme devant la Cour ;<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire prise depuis au moins un an ; (...) ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier de première instance que M. X, de nationalité guinéenne, a fait l'objet, par décision du préfet de Maine-et-Loire en date du 15 janvier 2008 notifiée le 31 janvier 2008, d'un refus de séjour assorti de l'obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
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       Considérant, en deuxième lieu, que l'arrêté contesté, qui comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé ; que la circonstance que ledit arrêté ne mentionne pas la relation qu'entretiendrait M. X avec une ressortissante de nationalité française et ne fait pas état de la promesse d'embauche dont il est titulaire ne suffit pas à établir que le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé ; qu'il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que le préfet se serait senti lié par l'appréciation portée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, la Commission des recours des réfugiés, et la Cour nationale du droit d'asile sur les risques encourus par M. X en Guinée ;<br>
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       Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ;<br>
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       Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;<br>
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       Considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier que les liens personnels et familiaux en France de M. X, lequel, né en 1980, entré irrégulièrement sur le territoire en mai 2005, est célibataire et sans enfant, ne présentent pas les caractéristiques définies au 7° de l'article L. 313-11 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, nonobstant la relation amoureuse qu'il entretient avec une ressortissante française depuis 2007, son adhésion proclamée aux valeurs de la République ou sa maîtrise de la langue française, et le contrat de travail dont il a bénéficié ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître ces dispositions ne peut qu'être écarté ; que la circonstance, à la supposer établie, que M. X remplirait les conditions mises par l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à la délivrance d'une carte de séjour temporaire autorisant l'exercice d'une activité professionnelle n'est pas de nature à faire obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;<br>
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       Considérant, en quatrième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ;<br>
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       Considérant que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions du séjour de M. X sur le territoire, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté litigieux n'a pas porté au droit de l'intéressé, qui n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a par suite pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Considérant, en cinquième lieu, qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : L'étranger (...) qui doit être reconduit à la frontière est éloigné : 1° A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ; 3° Ou à destination d'un autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ; et qu'aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ;<br>
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       Considérant que si M. X soutient qu'en sa qualité de militant actif de l'Union des forces républicaines (UFR), mouvement politique d'opposition, il a été emprisonné et torturé après le coup d'état de janvier 2005, et que son frère est décédé des suites des tortures subies alors qu'il était arbitrairement détenu, les pièces qu'il produit à l'appui de ses affirmations sont insuffisantes pour établir qu'il court personnellement des risques en cas de retour dans son pays ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées doit être écarté ;<br>
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       Considérant, en dernier lieu, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE aurait commis, dans les circonstances de l'espèce, une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement litigieuse sur la situation personnelle de M. X ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur l'appel incident de M. X :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette la demande de M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que les conclusions de l'intéressé tendant à ce qu'il soit enjoint au PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE de réexaminer sa situation en vue de la délivrance d'un titre de séjour valant autorisation de travail dans le délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ne peuvent dès lors qu'être rejetées ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. X et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er :	Le jugement du magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Rennes en date du 12 mars 2009 est annulé.<br>
Article 2 :	La demande présentée par M. X devant le Tribunal administratif de Rennes est rejetée.<br>
Article 3 :	Le surplus des conclusions présentées par M. X devant la Cour est rejeté.<br>
Article 4 :	Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire et à M. Bafodé X. Une copie sera transmise, pour information, au PREFET DE LA LOIRE-ATLANTIQUE.<br>
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N° 09NT01218<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**