# Conseil d'Etat, 2ème sous-section jugeant seule, du 15 décembre 2004, 257056, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008194969
**Date de décision:** 2004-12-15
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 2EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008194969

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 21 mai 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE  ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement en date du 11 février 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 5 février 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. Yves X  ; 
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de Mlle Sophie Liéber, Auditeur,  
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                - les conclusions de Mme Isabelle de Silva, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : 1°) Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (...)   ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité camerounaise, ne justifiait pas être entré régulièrement en France et n'était titulaire d'aucun titre de séjour  ; que, par suite, il entrait dans le cas prévu au 1° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, où le préfet peut ordonner la reconduite à la frontière d'un étranger  ; 
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                Considérant que si M. X fait valoir que sa compagne a eu un enfant né en France et qu'il ne peut poursuivre sa vie familiale hors de France, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions de séjour de M. X et de sa compagne, entrés en France en 2001, et de la possibilité qui leur est ouverte de poursuivre leur vie familiale hors de ce pays, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté préfectoral du 5 février 2003 prononçant la reconduite à la frontière de M. X porte à la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris  ; que cet arrêté n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; que c'est, dès lors, à tort que, pour annuler l'arrêté attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait les stipulations dudit article  ; 
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                Considérant qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens invoqués par M. X à l'appui de sa demande  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. X n'est pas fondé à se prévaloir à l'encontre de l'arrêté critiqué de ce que les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 lui permettaient de prétendre à la délivrance de plein droit d'une carte de séjour portant la mention  vie privée et familiale   ; 
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                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté décidant la reconduite à la frontière de M. X  ; 
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     Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 11 février 2003 est annulé.
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     Article 2  : La demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à M. Yves X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. 
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**