# CAA de NANCY, 4ème chambre, 01/02/2022, 21NC01829, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000045122062
**Date de décision:** 2022-02-01
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000045122062

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. C... B... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 17 février 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. <br>
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       Par un jugement n° 2102088 du 25 mai 2021, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 24 juin 2021, M. B..., représenté par Me Yahi, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 25 mai 2021 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2021 de la préfète du Bas-Rhin ;  <br>
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       3°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.<br>
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       Il soutient que :<br>
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en ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :<br>
       - la décision du 17 février 2021 est insuffisamment motivée au regard du code des relations entre le public et l'administration ;<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français : <br>
       - elle est entachée d'illégalité dès lors que la décision lui refusant un titre de séjour est elle-même illégale ;<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       La préfète du Bas-Rhin, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense. <br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2021.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention internationale des droits de l'enfant ;  <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code des relations entre le public et l'administration ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Roussaux, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. B..., ressortissant ivoirien né le 25 juillet 1991, a formulé une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 17 février 2021, la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg l'annulation de cet arrêté. M. B... relève appel du jugement du 25 mai 2021 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté préfectoral.<br>
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       Sur les conclusions d'annulation : <br>
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       2. Aux termes du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ; Lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent, en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, justifie que ce dernier contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du même code, ou produit une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ; (...) ".<br>
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       3. M. B... a reconnu de manière anticipée le 24 septembre 2019 Inaya, de nationalité française, née le 3 mai 2020 à Angers qu'il a eu de sa relation avec Mme A..., ressortissante française. Par la décision contestée, la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance du titre de séjour " parent d'enfant français " au motif qu'il ne justifiait pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de son enfant. M. B... produit cependant des mandats d'un montant de 60 euros, plusieurs factures de supermarchés portant sur des achats réguliers notamment d'articles de puériculture, une attestation très circonstanciée de Mme A... qui explique qu'il participe activement à l'éducation et à l'entretien de leur enfant, des attestations médicales selon lesquelles le requérant était, pendant la grossesse, présent lors des échographies et lors d'un rendez-vous médical après la naissance de l'enfant, une dizaine de billets de train à destination d'Angers ou réside son enfant et enfin des attestations de proches vivant à Angers ou en Alsace. Dans ces conditions, alors même que M. B... réside en Alsace et sa fille à Angers, sa contribution à l'entretien et à l'éducation de sa fille, au regard de son très jeune âge, à la date de la décision contestée, est suffisamment établie. Le requérant est par suite fondé à soutenir que la préfète du Bas-Rhin a méconnu les dispositions précitées du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la décision portant refus de séjour doit être annulée pour ce motif ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.<br>
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       4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte : <br>
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       5. Eu égard au motif d'annulation ci-dessus retenu, l'exécution du présent arrêt implique nécessairement la délivrance à M. B... d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de délivrer ce titre à M. B... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et de lui délivrer dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.<br>
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       Sur les frais liés à l'instance :<br>
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       6. M. B... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Yahi, avocat de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Yahi de la somme de 1 000 euros. <br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement n° 2102088 du 25 mai 2021 du tribunal administratif de Strasbourg et l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 17 février 2021 sont annulés.<br>
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Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Bas-Rhin de délivrer à M. B... une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.<br>
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Article 3 : L'Etat versera à Me Yahi une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Yahi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
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Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... B..., au ministre de l'intérieur et à Me Yahi.<br>
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       Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin.<br>
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N° 21NC01829<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. - Séjour des étrangers. - Refus de séjour.