# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, Juge unique -1ère chambre, 26/09/2006, 06LY00491, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000018310075
**Date de décision:** 2006-09-26
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** Juge unique -1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000018310075

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Lyon le 6 mars 2006, présentée pour Mme Djamila X, domiciliée ..., par Me Matari, avocat au barreau de Lyon ;
       
       Mme X demande à la Cour :
       
       1°) d'annuler le jugement n° 0600385 en date du 2 février 2006 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Rhône du 13 janvier 2006 ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision du même jour fixant le pays de destination de la reconduite ;
       
       2°) d'annuler l'arrêté et la décision susmentionnés pour excès de pouvoir ;
       
       3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve de la renonciation de Me Matari au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
       
       ------------------------------------------------------------------------------------------------------
       
       Vu les autres pièces du dossier ;
       
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
       
       Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ; 
       
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
       
       Vu le code de justice administrative ;
       
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
                          
                          
                          
                          
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 19 septembre 2006 :
       
- le rapport de M. Vialatte, président ;
- les observations de Me Matari, avocat de Mme X ;
- les observations de M. Guinet, représentant du préfet du Rhône ;
       
- et les conclusions de M. Besson, commissaire du gouvernement ;

        Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir opposée par le préfet du Rhône ;

        Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : () 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé, ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà d'un délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait () » ;  
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification de la décision du préfet du Rhône du 25 mai 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;    

        Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière :
       Considérant, en premier lieu, que Mme X, qui s'est vu refuser un titre de séjour le 25 mai 2004, a présenté une nouvelle demande de titre de séjour en raison de son état de santé le 29 novembre 2005 ; que, contrairement à ce que soutient l'intéressée, le préfet du Rhône qui a fondé l'arrêté attaqué sur sa première décision, n'était pas tenu de solliciter l'avis du médecin inspecteur de santé publique avant d'ordonner sa reconduite à la frontière et n'a, dès lors, pas commis d'irrégularité de procédure ;
        
        Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Ne peuvent faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière en application du présent chapitre : () 10° L'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. » ;
       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X souffre d'un syndrome de stress post-traumatique avec une dépression latente à type d'obnubilation et que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une extrême gravité ; que, toutefois, l'intéressée n'établit pas, par les pièces qu'elle produit et notamment les certificats médicaux établis les 16 novembre 2005 et 30 janvier 2006, que son état de santé serait incompatible avec la mesure d'éloignement prise à son encontre et qu'elle ne pourrait effectivement bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée en Algérie ; que, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté ;
        Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. » ;
        Considérant que si Mme X fait valoir que sa mère et une de ses soeurs résident régulièrement en France, il ressort des pièces du dossier qu'elle est entrée sur le territoire national en 2003 à l'âge de 49 ans et qu'elle n'est pas dépourvue de toute attache familiale en Algérie où résident notamment son frère et ses deux autres soeurs ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions d'entrée et de séjour de la requérante en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
        
        
        Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de la reconduite :
        
      Considérant qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. » et que ce dernier texte stipule que « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants » ; que ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée ; 
      Considérant que si Mme X soutient que son état de santé est incompatible avec son éloignement à destination de l'Algérie, elle n'établit toutefois pas, ainsi qu'il a été dit plus haut, qu'elle ne pourrait bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée en Algérie ; que par suite elle n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les dispositions précitées ;
       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 13 janvier 2006 décidant sa reconduite à la frontière, ensemble la décision distincte du même jour fixant le pays de reconduite ;

        Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
        Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme X demande au titre de ces dispositions ;
        
        
DECIDE :
             
             
Article 1er : La requête de Mme X est rejetée.
1

2
N° 06LY00491
	

<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**