# Conseil d'Etat, 9 / 8 SSR, du 24 octobre 1980, 17148, publié au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007618226
**Date de décision:** 1980-10-24
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 9 / 8 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007618226

## Contenu de la décision

VU LA REQUETE SOMMAIRE, ENREGISTREE AU SECRETARIAT DU CONTENTIEUX DU CONSEIL D'ETAT LE 4 AVRIL 1979 ET LE MEMOIRE COMPLEMENTAIRE, ENREGISTRE LE 18 JUILLET 1979, PRESENTES POUR LA SOCIETE " " SOCIETE ANONYME DONT LE SIEGE EST , REPRESENTEE PAR SON PRESIDENT DIRECTEUR GENERAL EN EXERCICE, DOMICILIE AUDIT SIEGE, ET TENDANT A CE QUE LE CONSEIL D'ETAT :    1 ANNULE LE JUGEMENT DU 10 JANVIER 1979, PAR LEQUEL LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS A REJETE SA DEMANDE TENDANT A LA DECHARGE DU COMPLEMENT D'IMPOT SUR LES SOCIETES AUQUEL ELLE A ETE ASSUJETTIE, AU TITRE DE 1969 ET 1971 DANS LES ROLES DE LA VILLE DE ;    2 LUI ACCORDE LA DECHARGE DE L'IMPOSITION CONTESTEE ;<br>   VU LE CODE GENERALE DES IMPOTS ;    VU LA LOI DU 24 JUILLET 1966 ;    VU L'ORDONNANCE N 45 1708 DU 31 JUILLET 1945 ET LE DECRET N 53 934 DU 30 SEPTEMBRE 1953 ;    VU LA LOI N 77 1468 DU 30 DECEMBRE 1977 ;<br>   CONSIDERANT QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 39 DU CODE GENERAL DES IMPOTS : "1 - LE BENEFICE NET EST ETABLI SOUS DEDUCTION DE TOUTES CHARGES, CELLES-CI COMPRENANT... NOTAMMENT... 2 LES AMORTISSEMENTS REELLEMENT EFFECTUES PAR L'ENTREPRISE DANS LA LIMITE DE CEUX QUI SONT GENERALEMENT ADMIS D'APRES LES USAGES DE CHAQUE NATURE D'INDUSTRIE, DE COMMERCE OU D'EXPLOITATION... 5 LES PROVISIONS CONSTITUEES EN VUE DE FAIRE FACE A DES PERTES OU CHARGES NETTEMENT PRECISEES ET QUE DES EVENEMENTS EN COURS RENDENT PROBABLES " ;<br>   CONSIDERANT QUE LA SOCIETE ANONYME " " EXPLOITE A UN MAGASIN " " DANS UN BATIMENT LUI APPARTENANT, AMENAGE A CETTE FIN ET FIGURANT AU BILAN DE L'EXERCICE CLOS AU 31 DECEMBRE 1968 POUR UNE VALEUR D'IMMOBILISATION 1 339 227,80 F ; QUE, LA VALEUR VENALE DESDITES CONSTRUCTIONS AYANT, AU DIRE D'UN EXPERT, ETE ESTIMEE EN 1969 A 723 360 F, LA SOCIETE A FAIT FIGURER CETTE DERNIERE VALEUR D'IMMOBILISATION AU BILAN DE L'EXERCICE CLOS LE 31 DECEMBRE 1969 ET A DEDUIT LA DIFFERENCE, SOIT 615 867,80 F, QUALIFIEE PAR ELLE "D'AMORTISSEMENT EXCEPTIONNEL" , DES RESULTATS DE CE DERNIER EXERCICE, CE QUI A EU POUR EFFET DE LES RENDRE DEFICITAIRES ; QUE L'ADMINISTRATION N'A PAS ADMIS CETTE DEDUCTION ;<br>   QUE LA REINTEGRATION CORRESPONDANTE A EU POUR EFFET DE RENDRE BENEFICIAIRES LES RESULTATS DE L'EXERCICE 1969 ET, SUPPRIMANT L'IMPUTATION QUI AVAIT ETE FAITE SUR LES BENEFICES DE L'EXERCICE 1971 D'UNE FRACTION DU DEFICIT DE L'EXERCICE 1969, D'AUGMENTER A DUE CONCURRENCE LES BENEFICES IMPOSABLES DE L'EXERCICE 1971 ; QUE, PERSISTANT A SOUTENIR QUE "L'AMORTISSEMENT EXCEPTIONNEL" PRATIQUE A LA CLOTURE DE L'EXERCICE 1969 ETAIT DEDUCTIBLE DES RESULTATS DUDIT EXERCICE, LA SOCIETE ANONYMES" DEMANDE LA DECHARGE OU LA REDUCTION DE L'IMPOT SUR LES SOCIETES QUI, EN CONSEQUENCE DE LA REINTEGRATION SUSMENTIONNEE, A ETE MIS A SA CHARGE AU TITRE DES ANNEES 1969 ET 1971 ;<br>   CONSIDERANT QU'UN AMORTISSEMENT EXCEPTIONNEL, VENANT S'AJOUTER AUX DOTATIONS QUI PEUVENT ETRE FAITES ANNUELLEMENT AU COMPTE D'AMORTISSEMENTS ET DEDUITES DES RESULTATS DE CHAQUE EXERCICE EN VERTU DU 2 PRECITE DE L'ARTICLE 39-1, NE PEUT ETRE PRATIQUE QU'A PARTIR DE L'EXERCICE A LA CLOTURE DUQUEL SERAIT CONSTATEE UNE DEPRECIATION EFFECTIVE ET DEFINITIVE DE L'ELEMENT D'ACTIF CORRESPONDANT, ENTRAINEE PAR DES CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES ET AYANT POUR EFFET DE RAMENER LA VALEUR REELLE DE CET ELEMENT D'ACTIF A UN MONTANT INFERIEUR A SA VALEUR NETTE COMPTABLE ; QUE, DANS LE CAS D'UNE DEPRECIATION AYANT LE MEME EFFET, MAIS NE PRESENTANT PAS UN CARACTERE DEFINITIF, L'ENTREPRISE CONSERVE SEULEMENT, SUR LE FONDEMENT DU 5 DE L'ARTICLE 39-1, LA FACULTE DE CONSTITUER UNE PROVISION DONT LE MONTANT NE DOIT PAS EXCEDER, A LA CLOTURE DE CHAQUE EXERCICE, LA DIFFERENCE EXISTANT A CETTE DATE ENTRE LA VALEUR NETTE COMPTABLE ET LA VALEUR PROBABLE DE REALISATION DE L'ELEMENT D'ACTIF DONT IL S'AGIT ;<br>   CONSIDERANT QUE, POUR JUSTIFIER L'AMORTISSEMENT EXCEPTIONNEL DONT ELLE DEMANDE LA DEDUCTION, LA SOCIETE REQUERANTE SE BORNE A FAIRE ETAT DES CONCLUSIONS D'UN RAPPORT QUI AURAIT ETE ETABLI PAR UN EXPERT X... UNILATERALEMENT PAR ELLE, QUI N'A DONC PAS DE VALEUR PROBANTE, NOTAMMENT QUANT A L'IMPORTANCE ET AU CARACTERE DEFINITIF DE LA DEPRECIATION INVOQUEE, ET QUI N'A D'AILLEURS PAS ETE VERSE AU DOSSIER ; QU'EN ADMETTANT QUE, COMME LE PRETEND LA SOCIETE, LES TRAVAUX QU'ELLE A ELLE-MEME FAIT EXECUTER POUR AMENAGER LE BATIMENT CONFORMEMENT AUX BESOINS DE SON EXPLOITATION AIENT EU POUR EFFET DE REDUIRE LA VALEUR VENALE DE L'IMMEUBLE, CETTE DEPRECIATION, CORRESPONDANT SIMPLEMENT A L'EVENTUALITE D'UNE CESSION DE L'IMMEUBLE A UNE TIERCE ENTREPRISE EXERCANT UNE ACTIVITE DE NATURE TRES DIFFERENTE, ALORS QU'ENTRETEMPS LES TRAVAUX EXECUTES N'ONT PU AU CONTRAIRE QU'ACCROITRE LA VALEUR D'USAGE DE L'IMMEUBLE, NE PRESENTAIT PAS, LE 31 DECEMBRE 1969, UN CARACTERE EFFECTIF ET DEFINITIF ;<br>   CONSIDERANT, ENFIN, QUE LA REPONSE DONNEE PAR LE MINISTRE A LA QUESTION D'UN PARLEMENTAIRE, DONT LA SOCIETE REQUERANTE SE PREVAUT SUR LE FONDEMENT DE L'ARTICLE 1649 QUINQUIES E DU CODE, N'A ETE PUBLIIEE QU'EN 1971 ; QUE LE DELAI DE DECLARAION DES RESULTATS DE L'EXERCICE 1969 ETAIT ALORS EXPIRE ; QUE CETTE REPONSE NE PEUT DONC PAS, EN TOUT ETAT DE CAUSE, ETRE UTILEMENT INVOQUEE DANS LA PRESENTE ESPECE ;<br>   CONSIDERANT QU'IL RESULTE DE TOUT CE QUI PRECEDE QUE LA SOCIETE ANONYME " " N'EST PAS FONDEE A SOUTENIR QUE C'EST A TORT QUE, PAR LE JUGEMENT ATTAQUE, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS A REJETE SA DEMANDE ;<br>   DECIDE :    ARTICLE 1ER - LA REQUETE DE LA SOCIETE ANONYME EST REJETEE.    ARTICLE 2 - LA PRESENTE DECISION SERA NOTIFIEE A LA SOCIETE ANONYME ET AU MINISTRE DU BUDGET.<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** CGI 1649 quinquies E,CGI 39 1 2,CGI 39 1 5
**ECLI:** 
**Résumé:** 19-04-02-01-04-03          Un amortissement exceptionnel ne peut être pratiqué qu'à partir de l'exercice à la clôture duquel serait constatée une dépréciation effective et définitive de l'élément d'actif correspondant, entraînée par des circonstances exceptionnelles et ayant pour effet de ramener la valeur réelle de cet élément d'actif à un montant inférieur à sa valeur nette comptable.          Sont dépourvues de valeur probante, notamment quant à l'importance et au caractère définitif de la dépréciation d'un bâtiment, les conclusions d'un rapport établi par un expert désigné unilatéralement par la société. En admettant que les travaux que la société a fait elle-même exécuter pour aménager le bâtiment conformément aux besoins de son exploitation aient eu pour effet d'en réduire la valeur vénale, cette dépréciation correspondant simplement à l'éventualité d'une cession de l'immeuble à une tierce entreprise exerçant une activité de nature très différente, alors qu'entre temps les travaux exécutés n'ont pu au contraire qu'accroître la valeur d'usage de l'immeuble, ne présentait pas, à la date de la clôture de l'exercice, un caractère effectif et définitif.,19-04-02-01-04-04          Dans le cas d'une dépréciation, ayant pour effet de ramener la valeur réelle d'un élément d'actif à un montant inférieur à sa valeur nette comptable, mais ne présentant pas un caractère définitif, l'entreprise ne peut pratiquer un amortissement exceptionnel et conserve seulement, sur le fondement du 5 de l'article 39-1 du C.G.I., la faculté de constituer une provision dont le montant ne doit pas excéder, à la clôture de chaque exercice, la différence existant à cette date entre la valeur nette comptable et la valeur probable de réalisation de l'élément d'actif dont il s'agit.
**Mots-clés:** 19-04-02-01-04-03 CONTRIBUTIONS ET TAXES -  IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REVENUS ET BENEFICES IMPOSABLES - REGLES PARTICULIERES -  B.I.C. - DETERMINATION DU BENEFICE NET - AMORTISSEMENT - Amortissement exceptionnel - Conditions - Notion de dépréciation effective et définitive - Bâtiment d'exploitation.,19-04-02-01-04-04 CONTRIBUTIONS ET TAXES -  IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REVENUS ET BENEFICES IMPOSABLES - REGLES PARTICULIERES -  B.I.C. - DETERMINATION DU BENEFICE NET - PROVISIONS -  Conditions mises à la constitution d'une provision - Bâtiment d'exploitation.