# CAA de LYON, 2ème chambre, 10/04/2025, 24LY02393, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000051468591
**Date de décision:** 2025-04-10
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000051468591

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. et Mme D... et B... C... ont demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes.<br>
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       Par un jugement n° 2200873 du 14 juin 2024, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté leur demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, M. et Mme D... et B... C..., représentés par Me Arnal-Yves, demandent à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) de prononcer la décharge de ces impositions et pénalités ;<br>
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       3°) de condamner l'Etat aux dépens, et mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Ils soutiennent que :<br>
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       - les rémunérations versées par la SARL Serrurerie C... correspondent à un travail effectif, ne présentent pas de caractère excessif et sont engagées dans son intérêt ;<br>
       - l'assemblée générale des associés de la SARL Serrurerie C... du 18 mars 2014 a approuvé les comptes et les rémunérations allouées aux cogérants, au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2013, lesquelles ont été appliquées pour les exercices suivants ; <br>
       - la décision collective des associés déterminant les rémunérations des cogérants peut intervenir après leur versement ;<br>
       - l'assemblée générale des associés du 26 novembre 2020 a approuvé les comptes annuels et les rémunérations allouées à chacun des gérants pour les exercices clos les 30 septembre 2016 et 2017, et son procès-verbal a été couché sur le registre des assemblées générales.<br>
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       Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.<br>
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       Par ordonnance du 6 décembre 2024, la clôture d'instruction, initialement fixée au 6 décembre 2024, a été reportée au 27 décembre 2024.<br>
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       Par un courrier du 13 février 2025, la cour a demandé à M. et Mme C..., afin de compléter l'instruction, de produire, sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, le procès-verbal des délibérations de l'assemblée générale des associés de la SARL Serrurerie C... du 18 mars 2014.<br>
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       M. et Mme C... ont produit le 17 février suivant un procès-verbal des délibérations de l'assemblée générale ordinaire annuelle du 18 mars 2014, qui n'a pas été communiqué à la partie intimée.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
       - le code de commerce ; <br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. Porée, premier conseiller,<br>
       - et les conclusions de M. Laval, rapporteur public ; <br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. La SARL Serrurerie C..., qui a son siège social à Creuzier-le-Vieux (Allier), exerçant depuis le 3 septembre 2012 une activité de travaux de menuiserie métallique, serrurerie, domotique, automatismes, contrôles d'accès, montes escaliers électriques, et ayant pour associés M. et Mme C..., également cogérants, détenteurs chacun de 50 % des parts sociales, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant, en matière d'impôt sur les sociétés, sur les exercices clos les 30 septembre 2016 et 2017, au terme de laquelle le vérificateur a constaté le défaut de présentation de la comptabilité, l'absence de dépôt de déclarations de résultats, et a procédé à la reconstitution des recettes en se basant sur les produits issus du logiciel de gestion commerciale de la société et sur un taux de charges forfaitaire de 52 %. A l'issue de ce contrôle, l'administration fiscale a imposé entre les mains de M. et Mme C... les sommes de 26 000 euros et de 17 200 euros, qu'ils avaient déclarées dans la catégorie des traitements et salaires, en tant que revenus distribués, et les a, en conséquence, assujettis, selon la procédure contradictoire, à une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre de l'année 2016, sur le fondement du 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts. Cette imposition, de même que les contributions sociales corrélativement mises à la charge des intéressés, ont été assorties des intérêts de retard et de la majoration de 10 % prévue à l'article 1758 A du code général des impôts. M. et Mme C... relèvent appel du jugement du 14 juin 2024 par lequel le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté leur demande de décharge de ces impositions et pénalités. <br>
       2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : (...) 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. (...) ". Pour soumettre à l'impôt sur le revenu des revenus sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, il incombe à l'administration d'établir qu'ils ont été mis à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts. Les sommes mises à disposition des associés non prélevées sur les bénéfices ont, sauf preuve contraire apportée par les associés, le caractère de revenus distribués, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. <br>
       3. Aux termes de l'article L. 223-26 du code de commerce, dans sa rédaction alors applicable : " Le rapport de gestion, l'inventaire et les comptes annuels établis par les gérants, sont soumis à l'approbation des associés réunis en assemblée, dans le délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice sous réserve de prolongation de ce délai par décision de justice. Si l'assemblée des associés n'a pas été réunie dans ce délai, le ministère public ou toute personne intéressée peut saisir le président du tribunal compétent statuant en référé afin d'enjoindre, le cas échéant sous astreinte, aux gérants de convoquer cette assemblée ou de désigner un mandataire pour y procéder. Les documents visés à l'alinéa précédent, le texte des résolutions proposées ainsi que le cas échéant, le rapport des commissaires aux comptes, les comptes consolidés et le rapport sur la gestion du groupe sont communiqués aux associés dans les conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'Etat. Toute délibération, prise en violation des dispositions du présent alinéa et du décret pris pour son application, peut être annulée. ". Aux termes de l'article R. 221-2 de ce code : " Toute délibération des associés est constatée par un procès-verbal qui indique la date et le lieu de réunion, les noms et prénoms des associés présents, les documents et rapports soumis à discussion, un résumé des débats, le texte des résolutions mises aux voix et le résultat des votes. Le procès-verbal est signé par chacun des associés présents. (...) ". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code, applicable aux sociétés à responsabilité limitée en application de l'article R. 223-24 de ce code : " Les procès-verbaux prévus à l'article R. 221-2 sont établis sur un registre spécial tenu au siège social et coté et paraphé soit par un juge du tribunal de commerce, soit par un juge du tribunal judiciaire, soit par le maire de la commune du siège social ou un adjoint au maire, dans la forme ordinaire et sans frais. Toutefois, les procès-verbaux peuvent être établis sur des feuilles mobiles numérotées sans discontinuité, paraphées dans les conditions prévues à l'alinéa précédent et revêtues du sceau de l'autorité qui les a paraphées. Dès qu'une feuille a été remplie, même partiellement, elle est jointe à celles précédemment utilisées. Toute addition, suppression, substitution ou interversion de feuilles est interdite. (...) ". <br>
       4. La rémunération des gérants d'une société à responsabilité limitée est fixée soit dans les statuts, soit par une décision collective des associés réunis en assemblée générale. <br>
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       5. Il résulte de l'article 17 - Gérance des statuts de la SARL Serrurerie C... du 13 août 2012, et de l'acte séparé à ces statuts désignant cogérants M. et Mme C..., qui a été déposé au greffe du tribunal de commerce le même jour que ceux-ci, que la rémunération des cogérants n'est pas fixée par les statuts mais par une délibération des associés. <br>
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       6. La SARL Serrurerie C... a mis à disposition de M. et Mme C... respectivement les sommes de 26 000 euros et de 17 200 euros, qu'ils ont mentionnées dans la catégorie des traitements et salaires de leur déclaration de revenus de l'année 2016. Si M. et Mme C... soutiennent que leurs rémunérations, qui ont été approuvées par l'assemblée générale des associés du 18 mars 2014 au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2013, devaient s'appliquer aux exercices clos les 30 septembre 2016 et 2017, il résulte de l'instruction que l'approbation des comptes annuels de l'exercice clos le 30 septembre 2013, qui ne peut concerner que cet exercice, porte seulement approbation des rémunérations allouées au cours de l'exercice écoulé, soit celui clos le 30 septembre 2013. Au demeurant, M. et Mme C... ne démontrent pas que les rémunérations, à hauteur des sommes de 21 500 euros et de 10 900 euros pour la cogérante, de 26 000 euros et 24 000 euros pour le cogérant, au titre respectivement des exercices clos en 2016 et 2017, qui ressortent de la quatrième résolution de l'assemblée générale des associés du 26 novembre 2020, ne comprennent que des compléments de rémunérations à celles prévues pour l'exercice clos en 2013. En outre, si M. et Mme C... se prévalent des délibérations de l'assemblée générale des associés du 26 novembre 2020 approuvant les comptes annuels et des rémunérations allouées à chacun des gérants au titre des exercices clos en 2016 et 2017, ces délibérations n'ont pas été adoptées dans le délai de six mois à compter de la clôture de ces exercices en méconnaissance de l'article L. 223-26 du code de commerce, sans qu'une prolongation de ce délai par décision de justice soit invoquée par les requérants, et elles ont par ailleurs été prises après la proposition de rectification du 24 juillet 2018, adressée à M. et Mme C..., qui mentionne qu'aucune décision collective des associés n'a été formalisée quant à la détermination des rémunérations allouées aux cogérants. Enfin, le procès-verbal des délibérations de l'assemblée générale du 26 novembre 2020, dont il n'est pas démontré qu'il serait établi sur un registre spécial tenu au siège social de la SARL Serrurerie C..., comprend des feuilles mobiles non numérotées, non paraphées, ni revêtues du sceau d'un juge du tribunal de commerce, du tribunal judiciaire, ou du maire ou d'un de ses adjoints de la commune du siège social de ladite société, en méconnaissance de l'article R. 221-3 du code de commerce. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a regardé les sommes de 26 000 euros et de 17 200 euros comme des revenus distribués au profit de M. et Mme C..., et à les imposer au titre des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, sans que les requérants puissent utilement soutenir que ces sommes, versées par chèques ou virements bancaires, l'ont été pour un travail effectif et ne seraient pas excessives. <br>
       7. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C... ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté leur demande. Par voie de conséquence, leurs conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et celles en tout état de cause relatives aux dépens, doivent être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. et Mme C... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. et Mme D... et B... C... et à la ministre chargée des comptes publics. <br>
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Délibéré après l'audience du 27 mars 2025, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Haïli, président-assesseur, assurant la présidence de la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,<br>
Mme Djebiri, première conseillère,<br>
M. Porée, premier conseiller.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 avril 2025.<br>
Le rapporteur,<br>
A. Porée<br>
Le président,<br>
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X. Haïli<br>
La greffière,<br>
M. A...<br>
La République mande et ordonne à la ministre chargée des comptes publics, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition conforme,<br>
La greffière,<br>
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N° 24LY02393<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-04-02-03-01-01-02 Contributions et taxes. - Impôts sur les revenus et bénéfices. - Revenus et bénéfices imposables - règles particulières. - Revenus des capitaux mobiliers et assimilables. - Revenus distribués. - Notion de revenus distribués. - Imposition personnelle du bénéficiaire.