# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 17 mai 1972, 71-40.359, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006987511
**Date de décision:** 1972-05-17
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006987511

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 42 DU CODE DU TRAVAIL D' OUTRE- MER ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE ; <br>
<br>ATTENDU QU' IL EST FAIT GRIEF A L' ARRET ATTAQUE D' AVOIR DEBOUTE X..., AGENT COMPTABLE AU SERVICE DE LA CAISSE DE COMPENSATION DES PRESTATIONS FAMILIALES ET DES ACCIDENTS DU TRAVAIL DU TERRITOIRE DES AFARS ET DES ISSAS, DE SA DEMANDE EN INDEMNITE DE LICENCIEMENT ET EN DOMMAGES ET INTERETS POUR RUPTURE ABUSIVE DE SON CONTRAT DE TRAVAIL, AUX MOTIFS NOTAMMENT QU' IL NE RESULTE PAS DE LA STIPULATION INCLUSE DANS LE CONTRAT DE TRAVAIL DE CE SALARIE, AUX TERMES DE LAQUELLE TOUTE DECISION DE RUPTURE DE CONTRAT PRISE A L' INITIATIVE DE L' EMPLOYEUR DEVRA ETRE MOTIVEE PAR CELUI- CI, FAUTE DE QUOI L' EMPLOYEUR DEVRA VERSER AU TRAVAILLEUR UNE INDEMNITE EGALE A UN AN DE REMUNERATION GLOBALE, Y COMPRIS LES AVANTAGES EN NATURE, ET QUI ETAIT VERITABLEMENT INSPIREE DE L' ARTICLE 42 DU CODE DU TRAVAIL D' OUTRE- MER, QUE L' EMPLOYEUR AIT LA CHARGE DE PROUVER LE BIEN FONDE DU MOTIF DE RUPTURE ; <br>
<br>QU' IL EN RESULTE QUE, DES LORS QUE, COMME EN L' ESPECE, LA DECISION DE LICENCIEMENT FAIT CONNAITRE LE MOTIF DE LA RESILIATION DU CONTRAT DE TRAVAIL, C' EST AU SALARIE A ETABLIR QUE LE MOTIF INVOQUE EST INEXACT, FALLACIEUX OU ILLEGITIME, S' IL VEUT PERCEVOIR SON INDEMNITE, QU' AINSI, COMPTE TENU DE CE QU' IL N' ETAIT PAS ETABLI QUE LE MOTIF DE LICENCIEMENT ATTITUDE GRAVEMENT INCORRECTE A L' EGARD DE DEUX MEMBRES DU CONSEIL DU GOUVERNEMENT NE CORRESPONDAIT PAS A LA REALITE, X... DEVAIT ETRE DEBOUTE DE SES DEMANDES, ALORS QUE, EN VERTU DE L' ARTICLE 42 DU CODE DU TRAVAIL D' OUTRE- MER, LA JURIDICTION COMPETENTE DOIT CONSTATER L' ABUS DE L' EMPLOYEUR DANS L' EXERCICE DE SON DROIT DE LICENCIEMENT, PROCEDER SUR CE POINT A UNE ENQUETE ET MENTIONNER EXPRESSEMENT LE MOTIF ALLEGUE ; <br>
<br>QU' IL EN RESULTE EN RAISON DES POUVOIRS MEMES RECONNUS AU JUGE EN LA MATIERE, QU' EN AUCUNE FACON, AU COURS DE L' ENQUETE, LA CHARGE DE LA PREUVE DE L' ABUS DE DROIT INCOMBE A L' EMPLOYE ; <br>
<br>QU' AINSI POUR AVOIR DEBOUTE X... AU MOTIF QU' IL N' AVAIT PAS ETABLI QUE LA CAUSE INVOQUEE DU LICENCIEMENT NE CORRESPONDAIT PAS A LA REALITE, L' ARRET ATTAQUE N' A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ; <br>
<br>MAIS ATTENDU, D' UNE PART, QUE L' ARRET ATTAQUE RELEVE A BON DROIT QUE SI L' ARTICLE 42 DU CODE DU TRAVAIL D' OUTRE- MER PREVOIT QUE TOUTE RUPTURE ABUSIVE PEUT DONNER LIEU A DES DOMMAGES ET INTERETS, L' ABUS ETANT CONSTATE PAR ENQUETE SUR LES CAUSES ET LES CIRCONSTANCES DE LA RUPTURE DU CONTRAT, IL NE RESULTE PAS DE CES TERMES QUE, PAR UN RENVERSEMENT DU FARDEAU DE LA PREUVE INCOMBANT AU DEMANDEUR, L' EMPLOYEUR DEFENDEUR AIT LA CHARGE DE PROUVER LE BIEN FONDE DU MOTIF DE RUPTURE ; <br>
<br>QUE DES LORS, LA DECISION DE LICENCIEMENT ETANT ASSORTIE DU MOTIF DE RESILIATION DU CONTRAT DE TRAVAIL, C' ETAIT AU SALARIE QU' IL APPARTENAIT D' ETABLIR QUE LE MOTIF INVOQUE PAR L' EMPLOYEUR ETAIT INEXACT ET ABUSIF ; <br>
<br>QUE LA COUR D' APPEL CONSTATE, D' AUTRE PART, APRES ENQUETE, QUE X... N' AVAIT PAS APPORTE CETTE PREUVE ; <br>
<br>QUE SI LE 27 AVRIL 1969, AU DEBUT DE L' ACCIDENT, IL NE CONNAISSAIT PAS LA QUALITE DES DEUX MEMBRES DU CONSEIL DU GOUVERNEMENT, SON COMPORTEMENT N' EN AVAIT PAS ETE POUR AUTANT EXEMPT DE REPROCHES ; <br>
<br>QU' IL N' EST PAS ETABLI QUE SON ATTITUDE EUT ETE JUSTIFIEE PAR CELLE DES DEUX VISITEURS OU PAR LA NECESSITE DE PORTER AIDE AU DIRECTEUR DE LA CAISSE ; <br>
<br>QU' IL EST HORS DE DOUTE QUE X... AVAIT INSULTE ET BOUSCULE CES DEUX VISITEURS ET QUE NI SUR LE MOMENT LORSQUE L' IDENTITE DES DEUX PERSONNALITES LUI FUT REVELEE, NI ULTERIEUREMENT LORSQUE DES EXPLICATIONS ECRITES LUI FURENT DEMANDEES, IL N' AVAIT CHERCHE A ATTENUER LA PORTEE DE SES PAROLES OU DE SES GESTES ; <br>
<br>QU' APPRECIANT LA VALEUR PROBANTE DES ELEMENTS DE LA CAUSE, L' ARRET ATTAQUE A PU ESTIMER QUE LE MOTIF DE LICENCIEMENT INVOQUE ETAIT LEGITIME ET CORRESPONDAIT A LA REALITE ET QUE X..., QUI N' AVAIT PAS RAPPORTE LA PREUVE D' UNE FAUTE DE LA CAISSE, N' ETAIT PAS FONDE DANS SES DEMANDES ; <br>
<br>QUE LA COUR D' APPEL A AINSI LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L' ARRET RENDU LE 10 NOVEMBRE 1970 PAR LA COUR D' APPEL DE PARIS.<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1958-12-12 Bulletin 1958 IV N.1344 P.1033 (REJET ) CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1959-06-26 Bulletin 1959 IV N.831 (1) P.664 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code du travail d'outre-mer 42
**ECLI:** 
**Résumé:** SI L'ARTICLE 42 DU CODE DU TRAVAIL D'OUTRE-MER PREVOIT QUE  TOUTE RUPTURE ABUSIVE PEUT DONNER LIEU A DES DOMMAGES-INTERETS, L 'ABUS ETANT CONSTATE PAR ENQUETE SUR LES CAUSES ET LES CIRCONSTANCES  DE LA RUPTURE DU CONTRAT, IL NE RESULTE PAS DE CES TERMES QUE, PAR  UN RENVERSEMENT DU FARDEAU DE LA PREUVE INCOMBANT AU SALARIE  DEMANDEUR, L'EMPLOYEUR DEFENDEUR AIT LA CHARGE DE PROUVER LE  BIEN-FONDE DU MOTIF DE LA RUPTURE.                                 PAR SUITE, LORSQUE LA DECISION DE  LICENCIEMENT EST ASSORTIE DU MOTIF DE RESILIATION DU CONTRAT DE  TRAVAIL, C'EST AU SALARIE QU'IL APPARTIENT D'ETABLIR QUE LE MOTIF  INVOQUE PAR L'EMPLOYEUR EST INEXACT ET ABUSIF.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - CODE DU TRAVAIL D'OUTRE-MER - CONGEDIEMENT -  RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE L'EMPLOYEUR - PREUVE - CHARGE DE LA  PREUVE.,* CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - RUPTURE ABUSIVE - FAUTE DE L 'EMPLOYEUR - PREUVE - CHARGE DE LA PREUVE - ARTICLE 42 DU CODE DU  TRAVAIL D'OUTRE-MER - RENVERSEMENT DU FARDEAU DE LA PREUVE (NON).