# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 10 octobre 2003, 254582, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008189336
**Date de décision:** 2003-10-10
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008189336

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 27 février 2003, présentée par M. Alhousseyni X, demeurant   ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 13 janvier 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 28 mai 2002 du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision distincte fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit  ;
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                2°)' d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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     	Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de Mme Roul, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sur la décision de reconduite à la frontière   :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (....) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (....)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité mauritanienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 28 janvier 2002, de la décision en date du même jour du préfet de police lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; que M. X, qui n'invoque d'ailleurs aucun moyen propre à l'arrêté prescrivant sa reconduite à la frontière, n'est donc pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa requête sur ce point  ; 
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                Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination  :
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                Considérant qu'il ressort des termes de l'arrêté de reconduite à la frontière attaqué que celui-ci fixe la Mauritanie comme pays à destination duquel M. X doit être reconduit  ; qu'il ressort de façon suffisamment probante des pièces du dossier que la vie du requérant serait menacée en cas de retour dans ce pays  ; que, dans ces conditions, le préfet de police ne pouvait légalement décider du renvoi de l'intéressé dans son pays d'origine sans méconnaître les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; qu'il suit de là que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté les conclusions de sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 28 mai 2002 en tant qu'il fixe la Mauritanie comme pays de destination  ;
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D E C I D E  :
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 Article 1er  : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris, en date du 13 janvier 2003, en tant qu'il rejette les conclusions de la demande de M. X tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 28 mai 2002 en tant qu'il fixe la Mauritanie comme pays de destination de sa reconduite à la frontière et cet arrêté en tant qu'il a cet objet, sont annulés.
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 Article 2   : Le surplus des conclusions de la requête de M. X est rejeté.
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 Article 3  : La présente décision sera notifiée à M. Alhousseyni X, au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**