# Cour administrative d'appel de Nancy, 2e chambre, du 24 mars 1994, 92NC00865, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007552972
**Date de décision:** 1994-03-24
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Nancy
**Formation:** 2E CHAMBRE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007552972

## Contenu de la décision

<br>    VU la requête, enregistrée le 8 décembre 1992 au greffe de la Cour, présentée pour la CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD, dont le siège est ..., représentée par son directeur en exercice, domicilié en cette qualité audit siège ;<br>    La CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD demande à la Cour :<br>    1°/ d'annuler le jugement n°910056 du 8 octobre 1992 par lequel le tribunal administratif de Besançon a rejeté comme irrecevable sa demande tendant à la condamnation de Mme X..., d'une part, à lui rembourser la somme de 3 962,79F correspondant à l'aide personnalisée au logement perçue à tort pour la période de juillet 1986 à juin 1987, d'autre part, à lui verser une somme de 500F au titre des frais irrépétibles ;<br>    2°/ de condamner Mme X... à lui restituer la somme précitée ;<br>    3°/ de condamner Mme X... à lui verser une somme de 1 500F au titre des frais irrépétibles ;<br>    VU les observations, enregistrées le 3 septembre 1993, présentées au nom de l'État par le ministre du logement ;<br>    VU le jugement attaqué ;<br>    VU les autres pièces du dossier ;<br>    VU le code de la construction et de l'habitation ;<br>    VU le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    VU la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Les parties ayant été dûment averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 3 mars 1994 :<br>    - le rapport de M. VINCENT, Conseiller,<br>    - et les conclusions de Mme FELMY, Commissaire du Gouvernement ;<br>
<br>    Sur les conclusions tendant à l'annulation du jugement attaqué :<br>    Considérant, d'une part, que les caisses d'allocations familiales, chargées en application de l'article L.351-8 du code de la construction et de l'habitation de verser l'aide personnalisée au logement aux bénéficiaires et d'en arrêter le montant en fonction notamment de la situation de famille des allocataires et des ressources dont ils disposent, peuvent être amenées, eu égard aux modifications susceptibles d'affecter la composition de la famille ou le niveau des ressources, à opérer des versements en tout ou partie indus ; qu'aucune disposition légale ne les autorise, à l'effet de recouvrer le trop perçu, à émettre un titre exécutoire à l'encontre des allocataires ; que les caisses d'allocations familiales sont ainsi fondées, lorsque les diligences exercées à l'encontre du débiteur sont demeurées sans effet, à demander au juge administratif de leur conférer le titre les autorisant à procéder au recouvrement de la créance ;<br>    Considérant, d'autre part, que si l'article L.351-14 du code de la construction et de l'habitation précise qu'en cas de contestation, les décisions des organismes chargés du paiement de l'aide personnalisée au logement sont, dans un délai de deux mois à compter de leur notification par lesdits organismes, soumises à une commission départementale présidée par le représentant de l'État dans le département et que seules les décisions de cette commission peuvent être portées devant la juridiction administrative, il ressort nécessairement de ces dispositions que celles-ci ne concernent que les recours intentés contre les décisions des organismes chargés du paiement de l'aide ; que, par suite, l'obligation de recours administratif préalable instaurée par lesdites dispositions ne saurait s'appliquer aux actions en répétition de l'indu engagées par les caisses d'allocations familiales ;<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que la CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD a sollicité sans résultat de Mme X... le remboursement d'une somme de 3 962,79F qu'elle estime lui avoir indûment versée au titre de l'aide personnalisée au logement ; que, saisi par ladite caisse d'une demande tendant à condamner Mme X... à lui verser cette somme, le tribunal administratif de Besançon a rejeté la requête comme irrecevable au motif que celle-ci n'avait pas donné lieu au recours préalable précité ; qu'il résulte toutefois de ce qui précède que la caisse requérante était recevable à intenter directement devant la juridiction administrative une action en répétition de l'indu ; qu'ainsi le jugement du tribunal administratif de Besançon en date du 8 octobre 1992 doit être annulé ;<br>    Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de renvoyer la CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD devant le tribunal administratif de Besançon pour qu'il soit statué sur sa requête ;<br>    Sur les conclusions tendant à l'allocation des sommes non comprises dans les dépens :<br>
<br>    Considérant qu'aux termes de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel : "Dans toutes les instances devant les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation." ;<br>    Considérant qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de la CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD ;<br>Article 1 : Le jugement du tribunal administratif de Besançon en date du 8 octobre 1992 est annulé.<br>Article 2 : La CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD est renvoyée devant le tribunal administratif de Besançon pour qu'il soit statué sur sa requête.<br>Article 3 : Le surplus des conclusions de la CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD est rejeté.<br>Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES DU PAYS DE MONTBÉLIARD, à Mme X... et au ministre du logement.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code de la construction et de l'habitation L351-8, L351-14,Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel L8-1
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 17-03-01-01 COMPETENCE - REPARTITION DES COMPETENCES ENTRE LES DEUX ORDRES DE JURIDICTION - COMPETENCE DETERMINEE PAR DES TEXTES SPECIAUX - ATTRIBUTIONS LEGALES DE COMPETENCE AU PROFIT DES JURIDICTIONS ADMINISTRATIVES,35-01 FAMILLE - INSTITUTIONS FAMILIALES (LOI DU 11 JUILLET 1975),38-03-04 LOGEMENT - AIDES FINANCIERES AU LOGEMENT - AIDE PERSONNALISEE AU LOGEMENT,54-01-02-01 PROCEDURE - INTRODUCTION DE L'INSTANCE - LIAISON DE L'INSTANCE - RECOURS ADMINISTRATIF PREALABLE