# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 1ère Chambre, 08/03/2007, 06VE00715, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000017988189
**Date de décision:** 2007-03-08
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 1ère Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000017988189

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 5 avril 2006 en télécopie et le 7 avril 2006 en original au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, par laquelle le PREFET DE L'ESSONNE demande à la Cour :
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       1°) d'annuler le jugement n° 0502166 en date du 3 février 2006 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a annulé la décision du 10 février  2005 par laquelle il a refusé l'agrément à l'embauche de M. Pascal X au sein de la société X Sécurité en qualité d'agent de sécurité ;
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       2°) de rejeter la demande de M. Pascal X devant le Tribunal administratif de Versailles ;
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       Il soutient que c'est à tort que les premiers juges ont jugé qu'il avait méconnu le champ d'application de la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure au motif que ni le décret du 22 mars 2002 pris sur le fondement de l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 dans sa rédaction antérieure à celle résultant de la loi du 18 mars 2003, ni le décret du 5 juillet 2001 créant le système de traitement des infractions constatées ne fournissaient de base légale à la décision du 10 février 2005 par laquelle il a refusé l'agrément à l'embauche de M. X au sein de la société X Sécurité dès lors qu'à compter de la publication de la loi du 18 mars 2003, les dispositions des articles 5 et 6 de ladite loi, dans leur rédaction résultant de l'article 94 de la loi du 18 mars 2003, qui sont d'application immédiate, constituaient la base légale de la consultation des traitements automatisés de données personnelles gérées par les autorités de police sans qu'il soit nécessaire que des mesures d'application soient prises ; que le décret du 6 septembre 2005 pris en application de l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 dans sa teneur résultant de l'article 25-II de la loi du 18 mars 2003 ne mentionne les enquêtes administratives prévues par les articles 5, 6, 22 et 23 de la loi du 12 juillet 1983 que par souci de clarification et de cohérence, dès lors que la consultation des traitements de données personnelles opérée aux fins d'apprécier le bien-fondé des demandes d'agrément ou d'emploi dans les entreprises de sécurité privée était légalement fondée sur les dispositions de la loi du 12 juillet 1983 dans sa version résultant de l'article 94 de la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure ; qu'en refusant l'agrément sollicité au motif que le requérant faisait l'objet de renseignements défavorables incompatibles avec la profession considérée, il n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste d'appréciation ; que la circonstance selon laquelle le bulletin n° 2 du casier judiciaire national ne comporte pas de condamnation est inopérante sur la légalité de la décision du 10 février 2005 dès lors qu'un refus d'agrément pour exercer la profession d'agent de sécurité peut être pris sur le fondement de mentions apparaissant dans les traitements automatisés de données personnelles gérés par les autorités de police ; 
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       Vu les autres pièces du dossier ;
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       Vu la loi n° 83-629 du 12 juillet 1983 réglementant les activités privées de sécurité ;
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       Vu la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité ;
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       Vu la loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure ;
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       Vu le décret n° 2001-583 du 5 juillet 2001 pris pour l'application des dispositions du troisième alinéa de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés et portant création du système de traitement des infractions constatées ;
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       Vu le décret n° 2002-424 du 28 mars 2002 pris pour l'application de l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 et fixant la liste des enquêtes administratives pouvant donner lieu à la consultation de traitements autorisés de données personnelles ; 
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       Vu le code de justice administrative ;
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 15 février 2007 :
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       - le rapport de M. Martin, premier conseiller ;
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       - et les conclusions de Mme Le Montagner, commissaire du gouvernement ;
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       Considérant qu'aux termes de l'article 6 de la loi du 12 juillet 1983 réglementant les activités privées de sécurité : «  Nul ne peut être employé pour participer à une activité mentionnée à l'article 1er : (...)  4° S'il a commis des actes, éventuellement mentionnés dans des traitements automatisés de données personnelles gérés par les autorités de police, contraires à l'honneur, à la probité ou aux bonnes moeurs ou de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat ; (...) » ; que la loi du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité a, dans son article 171 tel que modifié par la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure, prévu qu'« un décret en Conseil d'Etat fixe la liste des enquêtes administratives qui donnent lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 21 de la loi n° 2003239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure () dans la stricte mesure exigée par la protection de la sécurité des personnes et de la défense des intérêts fondamentaux de la nation » ; qu'il résulte de ces dispositions que la consultation des traitements automatisés n'est autorisée que pour certaines enquêtes administratives qui doivent être fixées limitativement par décret en Conseil d'Etat ;
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       Considérant qu'à la date de la décision du 10 février 2005 par laquelle le PREFET DE L'ESSONNE a refusé l'agrément à l'embauche de M. X au sein de la société X Sécurité  comme agent de sécurité, le décret prévu par ces dispositions n'était pas intervenu ; que ce n'est que par le décret n° 2005-1124 du 6 septembre 2005, publié le 9 septembre 2005 au journal officiel de la République française, que le gouvernement a fixé la liste des enquêtes administratives donnant lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 21 de la loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 ; que ni le décret du 28 mars 2002 pris sur le fondement de l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995, dans sa rédaction antérieure à celle que lui a donnée la loi du 18 mars 2003, ni le décret du 5 juillet 2001 créant le système de traitement des infractions constatées (STIC), ne fournissaient une base légale à la décision attaquée ; que c'est donc sans erreur de droit que les premiers juges ont jugé que le PREFET DE L'ESSONNE avait commis une illégalité en se fondant sur la consultation du système de traitement des infractions constatées  pour refuser à M. X l'agrément prévu par l'article 6 de la loi du 12 juillet 1983 ;
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE L'ESSONNE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Versailles a annulé la décision du 10 février 2005 ;
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       DECIDE :
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       Article 1er : La requête du PREFET DE L'ESSONNE est rejetée.
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06VE00715		2
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**