# Conseil d'État, 7ème et 2ème sous-sections réunies, 20/05/2009, 318817, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000020869061
**Date de décision:** 2009-05-20
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 7ème et 2ème sous-sections réunies
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000020869061

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 25 juillet 2008 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Arnold A, demeurant ... ; M. A demande au Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler la décision du ministre de la défense du 21 mai 2008 rejetant sa demande tendant à l'annulation de la sanction disciplinaire du 30 novembre 2007, ensemble cette sanction ;<br>
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              2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu le code de l'aviation civile ;<br>
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              Vu le code de la défense ;<br>
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              Vu le décret n° 2005-794 du 15 juillet 2005 ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de M. Alban de Nervaux, Auditeur,  <br>
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- les conclusions de M. Nicolas Boulouis, Rapporteur public ;<br>
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<br>Considérant que le capitaine A a servi dans la région du Sinaï dans le cadre de la participation de la France à la Force multinationale d'observation (MFO) ; que par une décision du 30 novembre 2007, a été prononcée à son encontre une sanction de quinze jours d'arrêts, au motif qu'il n'a pas rendu compte à sa hiérarchie d'une infraction grave s'étant produite au cours d'un vol effectué dans la région du Sinaï le 13 février 2007 dont il était passager  ; que M. A a formé  un recours gracieux contre cette sanction, lequel a été rejeté par le ministre de la défense par une décision du 21 mai  2008 ; que M. A demande l'annulation de ces décisions ; <br>
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              Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article L. 3125-2 du code de la défense :  Les dispositions (...) des articles L. 711-2 à L. 741-3 du code de l'aviation civile sont applicables à l'enquête technique relative à un accident ou un incident survenu à un aéronef conçu exclusivement à usage militaire ou exploité en circulation aérienne militaire ou à un aéronef qui n'est pas inscrit au registre d'immatriculation de l'aviation civile (...)  ; qu'aux termes de l'article L. 722-2 du code de l'aviation civile :  Toute personne physique ou morale qui, dans l'exercice d'une activité régie par le présent code, a connaissance d'un accident ou d'un incident d'aviation civile est tenue d'en rendre compte sans délai à l'organisme permanent, au ministre chargé de l'aviation civile ou, le cas échéant, à son employeur selon les modalités fixées par décret en Conseil d'Etat (...)  ; qu'enfin, aux termes de l'article R. 722-7 du code de l'aviation civile pris pour l'application des dispositions précitées :  Les obligations mentionnées à l'article L. 722-2 s'appliquent aux personnes suivantes:/ a) L'exploitant et le commandant de bord d'un aéronef à turbine ou exploité par une entreprise détenant un certificat de transporteur aérien (...). /Les personnes ci-dessus désignées rendent compte à leur employeur, ou à défaut : /- au ministre de la défense, lorsqu'elles relèvent de son autorité (...)  ; qu'il résulte de ces dispositions combinées que les militaires tenus à ce titre de rendre compte à leur hiérarchie d'un incident aérien survenu en vol sont les seuls commandants de bord ; qu'ainsi, dès lors qu'il n'est pas contesté que M. A  était un simple passager lors de la survenance de l'incident aérien du 13 février 2007, le ministre ne pouvait se fonder sur les seules obligations découlant de l'article L. 722-2 du code de l'aviation civile pour sanctionner M. A ; que ce dernier est par suite fondé à soutenir que la sanction de 15 jours d'arrêts dont il a fait l'objet est entachée d'erreur de droit et à en demander l'annulation ; <br>
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              Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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<br>D E C I D E :<br>
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Article 1er : La décision du 30 novembre 2007 prononçant une sanction à l'encontre de M A et le rejet du recours gracieux dirigé contre cette décision sont annulés.<br>
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Article 2 : L'Etat versera à M A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Arnold A et au ministre de la défense.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**