# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 1 décembre 2004, 265033, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008191664
**Date de décision:** 2004-12-01
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008191664

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 27 février 2004, présentée par M. Kamal A demeurant ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 31 décembre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 décembre 2003 par lequel le préfet du Gard a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Rémi Keller, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 2 septembre 2003, de la décision du préfet du Gard du 29 août 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité externe de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 19 décembre 2003, par lequel le préfet du Gard a décidé la reconduite à la frontière de M. A, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement  ; qu'il est ainsi suffisamment motivé  ; 
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                Considérant qu'il ressort également des pièces du dossier, et notamment des motifs de la décision attaquée, que le préfet a procédé à un examen de la situation personnelle de l'intéressé au regard notamment des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Sur la légalité interne de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant que si M. A soutient qu'il réside en France avec son père depuis 1998, il ressort des pièces du dossier, qui n'établissent pas l'ancienneté de son séjour en France, et il n'est pas contesté qu'il est célibataire et que sa mère et ses sept frères et soeurs résident au Maroc  ; qu'ainsi, et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté du préfet du Gard du 19 décembre 2003 ordonnant sa reconduite à la frontière n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi méconnu ni les dispositions de l'article 12 bis 7° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant que la circonstance que M. A suit une formation professionnelle de peintre et qu'il est bien intégré ne suffit pas à établir qu'en prenant l'arrêté attaqué, le préfet du Gard a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle  ;
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                Considérant que le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande  ;
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<br>			D E C I D E  :
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Article 1er  : La requête de M. A est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Kamal A, au préfet du Gard et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**