# COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON, 2ème chambre - formation à 3, 13/11/2012, 11LY01413, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000026666694
**Date de décision:** 2012-11-13
**Juridiction:** COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
**Formation:** 2ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000026666694

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 8 juin 2011 au greffe de la Cour, présentée pour la SARL Lavage service, dont le siège est ZI Dessus le Fier à Argonay (74370) ;<br>
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         La SARL Lavage Service demande à la Cour :<br>
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         1°) d'annuler le jugement n° 0802418 du 12 avril 2011 du Tribunal administratif de Grenoble, en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er juillet 2001 au 31 décembre 2004 ; <br>
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         2°) de prononcer la décharge des impositions en litige ; <br>
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         3°) de condamner l'Etat à la rembourser de ses frais de procès, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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         Elle soutient que la comptabilité était tenue conformément à une note du 21 octobre 1954 et aux réponses ministérielles du 21 septembre 1957 et du 22 juin 1972 ; que le vérificateur ne pouvait pas se fonder sur le taux de bénéfice brut reconstitué pour considérer que cette comptabilité était dépourvue de caractère probant ; que la méthode de reconstitution des recettes est radicalement viciée, excessivement sommaire et entachée de nombreuses erreurs notamment s'agissant de la prise en compte des consommations d'eau et consommations d'électricité ainsi que des offerts ; que la faiblesse des écarts entre les résultats rectifiés et les résultats comptables ne justifie pas le maintien de la reconstitution des recettes ; <br>
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         Vu le mémoire en défense, enregistré au greffe de la Cour le 8 novembre 2011, présenté par le ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat, qui conclut au rejet de la requête ;<br>
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         Il soutient  que l'enregistrement global journalier des recettes sans distinction entre les différentes prestations de service et les anomalies affectant les taux de bénéfice brut privent la comptabilité de la société de caractère probant ; que cette dernière ne remplit pas les conditions posées par la note du 21 octobre 1954 et les réponses ministérielles du 21 septembre 1957 et du 22 juin 1972 ; que la méthode de reconstitution des recettes qui repose sur des données internes à l'entreprise et sur les taux de marge réalisés sur les consommations d'eau, de gaz et d'électricité  n'est ni sommaire, ni viciée dans  son principe ; <br>
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         Vu le mémoire, enregistré au greffe de la Cour le 22 décembre 2011, présenté pour la SARL Lavage Service, qui conclut aux mêmes fins et en outre à ce que soit mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par les mêmes moyens que précédemment ; <br>
         Vu l'ordonnance fixant la clôture de l'instruction au 3 février 2012 ; <br>
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         Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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         Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
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         Vu le code de justice administrative ;<br>
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         Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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         Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 23 octobre 2012 :<br>
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         - le rapport de M. Besse rapporteur;<br>
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         - et les conclusions de M. Lévy Ben Cheton, rapporteur public ;<br>
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       1. Considérant que la SARL Lavage Service, qui exploite une station de lavage de véhicules comportant cinq pistes de lavage, un rouleau, quatre aspirateurs et deux postes de gonflage, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant, en matière de taxes sur le chiffre d'affaires, sur la période du 1er juillet 2001 au 31 décembre 2004 ; qu'elle relève appel du jugement du 12 avril 2011 du Tribunal administratif de Grenoble, en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés ; <br>
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       2. Considérant que l'administration apportant la preuve que la comptabilité présentée comportait de graves irrégularités et l'imposition ayant été établie conformément à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, il appartient au contribuable, en application des dispositions de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales, d'établir l'exagération de l'imposition ; qu'il appartient notamment à l'entreprise de prouver l'exagération de l'évaluation retenue, soit en établissant que cette méthode est  radicalement viciée dans son principe, ce qui justifie alors toujours la décharge du prélèvement, soit en démontrant que cette méthode est trop sommaire et aboutit sur certains points et pour un certain montant à un  prélèvement excessif, le cas échéant en soumettant au juge une nouvelle  méthode ; <br>
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       3. Considérant que, pour déterminer le chiffre d'affaires de la SARL Lavage Service durant la période contrôlée, l'administration a, pour chaque exercice, utilisé trois méthodes de reconstitution de recettes, fondées respectivement sur le relevé des consommations d'eau, d'électricité et de gaz, avant d'en faire la moyenne arithmétique ; que la requérante critique chacune des méthodes ; que, s'agissant des consommations de gaz et d'électricité, il résulte de l'instruction que le vérificateur a calculé, pour chaque période de facturation, un coefficient obtenu en divisant le chiffre d'affaires déclaré par la société, qu'il avait pourtant considéré comme non probant, par la consommation d'énergie de la station de lavage, avant d'appliquer aux recettes déclarées le coefficient le plus élevé constaté sur la période de contrôle ; qu'une telle méthode, qui ne peut que conduire à déterminer un chiffre d'affaires supérieur à celui déclaré, ne repose sur aucune constatation concernant les liens existant en pratique entre le lavage des véhicules et la consommation de gaz ou d'électricité ; qu'au surplus, elle ne prend pas en compte le fait que cette dernière présente un caractère saisonnier important, ainsi qu'il ressort clairement des relevés de consommation, la SARL Lavage Service faisant valoir sans être sérieusement contredite que, pendant la période hivernale, la poursuite de son activité nécessite le chauffage de l'eau du circuit, la mise hors gel du sol des pistes, le chauffage des locaux et l'éclairage de la station pendant une période plus longue ; qu'ainsi, en l'absence de tout lien entre les chiffres retenus et l'activité de la société, les deux méthodes de reconstitution de recettes par les consommations de gaz et d'électricité se trouvent radicalement viciées dans leur principe et ne peuvent être admises ; que, s'agissant de la troisième méthode, il résulte de l'instruction que le vérificateur a constaté, le 21 avril 2005, le volume d'eau utilisé pour un lavage au jet, pour en déduire, compte tenu des tarifs, un prix de vente au mètre cube, avant de reconstituer un chiffre d'affaires global en tenant compte des caractéristiques des diverses installations de la société ; que, toutefois, pour déterminer les résultats ainsi obtenus, le vérificateur n'a pas pris en compte l'existence d'une citerne de récupération des eaux de pluie installée en 2002 ni l'utilisation d'eau pour d'autres usages, tels notamment que le fonctionnement du système de mise hors gel et de l'adoucisseur d'eau ou le lavage des pistes ; qu'eu égard au caractère sommaire de l'hypothèse retenue et à l'incohérence des résultats obtenus, le chiffre d'affaires reconstitué étant de 150 465 euros en 2002, de 123 552 euros en 2003 et de 88 273 euros en 2004, soit pour ce dernier exercice un montant inférieur de 26,5% au chiffre d'affaires déclaré, cette méthode est entachée d'une telle imprécision qu'elle se trouve également viciée dans son principe ; qu'ainsi, les impositions supplémentaires mises à la charge de la SARL Lavage Service doivent être déchargées ; <br>
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       4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la SARL Lavage Service est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge ; <br>
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       Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       5. Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SARL Lavage Service et non compris dans les dépens ;<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : L'article 2 du jugement du Tribunal administratif de Grenoble est annulé. <br>
Article 2 : La SARL Lavage Service est déchargée des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge. <br>
Article 3 : L'Etat versera à la SARL Lavage Service une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL Lavage Service et au ministre de l'économie et des finances.<br>
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Délibéré après l'audience du 23 octobre 2012 à laquelle siégeaient :<br>
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M. Bourrachot, président,<br>
MM. Segado et Besse, premiers conseillers,<br>
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Lu en audience publique, le 13 novembre 2012.<br>
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N° 11LY01413<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-06-02-08 Contributions et taxes. Taxes sur le chiffre d'affaires et assimilées. Taxe sur la valeur ajoutée. Liquidation de la taxe.