# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 28 avril 2004, 255465, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008190046
**Date de décision:** 2004-04-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008190046

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 27 mars 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 31 janvier 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 27 juin 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Xiuying X, épouse X  ; 
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                2°) de rejeter la demande de Mme Xiuying X devant le tribunal administratif de Paris  ; 
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ; 
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	Vu le code de justice administrative  ;		
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - le rapport de M. Christnacht, Conseiller d'Etat,  
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                - les observations de Me Luc-Thaler, avocat de Mme X, 
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                - les conclusions de M. Piveteau, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : ... 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ; 
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le PREFET DE POLICE a pris, le 27 juin 2002, à l'encontre de Mme X, de nationalité chinoise, qui s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification de la décision du préfet des Hauts-de-Seine, du 11 juillet 2001, refusant de lui délivrer un titre de séjour, un arrêté de reconduite à la frontière sur le fondement du 3° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 précitée  ;
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                Considérant, toutefois, qu'indépendamment de l'énumération faite par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement (...), l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à la frontière à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ; 
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : sauf si sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit (...) à l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans (...)  ; 
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                Considérant qu'il est constant que Mme X, est entrée en France le 28 mars 1992  ; que le PREFET DE POLICE ne conteste pas sérieusement les justifications qu'elle apporte de sa présence en France en 1993 et de 1997 à 2002  ; qu'il ressort des pièces du dossier et notamment de divers documents à caractère médical, ainsi que d'une convocation en qualité de témoin devant une juridiction, que Mme X doit être regardée comme justifiant de sa résidence en France pendant les années 1994, 1995 et 1996  ; qu'ainsi, à la date du 27 juin 2002 à laquelle est intervenue sa décision de reconduite à la frontière, Mme X établissait résider habituellement en France depuis plus de dix ans et pouvait donc prétendre de plein droit à la délivrance d'une carte de séjour, en application des dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 précitée  ; que, dès lors, le PREFET DE POLICE ne pouvait, sans méconnaître ces dispositions, prendre à son encontre l'arrêté attaqué  ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que  le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté en date du 27 juin 2002  ; 
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête de PREFET DE POLICE est rejetée.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à Mme Xiuying X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**