# CAA de PARIS, 5ème chambre, 26/04/2021, 20PA01903, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000043456652
**Date de décision:** 2021-04-26
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000043456652

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. C... B... a demandé au Tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2019 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. <br>
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        Par un jugement n° 2000910 du 24 juin 2020, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. <br>
       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 24 juillet 2020, M. B..., représenté par Me A..., demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 2000910 du 24 juin 2020 du Tribunal administratif de Paris ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2019 du préfet de police ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
       M. B... soutient que :<br>
       - le jugement n'est pas signé ;<br>
       - le préfet de police a commis une erreur de droit en opposant à sa demande l'absence de visa de long séjour ; <br>
       - l'accord franco-tunisien n'est pas applicable ;<br>
       - il justifie de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
       - le préfet de police a commis une erreur manifeste d'appréciation. <br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête. <br>
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       Le préfet de police soutient que les moyens invoqués par M. B... ne sont pas fondés. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié ; <br>
       - l'accord cadre franco-tunisien relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 et le protocole relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - l'ordonnance n° 2020-1402 du 18 novembre 2020 ;<br>
       - les décrets n° 2020-1404 et n° 2020-1406 du 18 novembre 2020 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. <br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. D... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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        Considérant ce qui suit : <br>
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        1. M. B..., ressortissant tunisien, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 5 décembre 2019, le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. M. B... fait appel du jugement du 24 juin 2020 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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        Sur la régularité du jugement attaqué : <br>
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        2. Aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ".<br>
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        3. Il ressort des pièces du dossier que la minute du jugement attaqué comporte, conformément aux dispositions de l'article R. 741-7 du code de justice administrative, les signatures du président de la formation de jugement, du rapporteur et du greffier de l'audience. La circonstance que l'exemplaire du jugement notifié à M. B... par le Tribunal administratif de Paris ne comporte pas la copie de ces signatures est sans incidence sur la régularité du jugement. Par suite, le moyen tiré de ce que ce jugement méconnaîtrait les dispositions précitées, qui manque en fait, doit être écarté.<br>
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        Sur le bien-fondé du jugement :<br>
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        4. Aux termes de l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 juin 1988 en matière de séjour et de travail : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent accord, dans les conditions prévues par sa législation ". L'article 3 de la même convention stipule que : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " ". Le protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne, signé le 28 avril 2008 stipule, à son point 2.3.3, que : " le titre de séjour portant la mention " salarié ", prévu par le premier alinéa de l'article 3 de l'accord du 17 mars 1988 modifié est délivré à un ressortissant tunisien en vue de l'exercice, sur l'ensemble du territoire français, de l'un des métiers énumérés sur la liste figurant à l'annexe I du présent protocole, sur présentation d'un contrat de travail visé par l'autorité française compétente sans que soit prise en compte la situation de l'emploi (...) ". Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 (...) peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article <br>
L. 311-7 (...) ". <br>
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        5. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 313-14 précité à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, au sens de l'article 11 de cet accord.<br>
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        6. Il résulte de ce qui précède que M. B... ne peut utilement soutenir que l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ne serait pas applicable compte tenu du fondement de sa demande de titre de séjour, qu'il justifie de motifs exceptionnels permettant la délivrance d'un titre de séjour en tant que salarié sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet de police aurait commis une erreur de droit en lui opposant l'absence de visa de long séjour dans l'examen de sa demande dans le cadre de l'accord franco-tunisien. <br>
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        7. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas des modalités d'admission exceptionnelle au séjour semblables à celles prévues à l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.<br>
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        8. Il ressort des pièces du dossier que si M. B... soutient résider de manière continue depuis le mois de mai 2009, il s'est maintenu de façon irrégulière sur le territoire français. Il est par ailleurs célibataire et sans charge de famille en France, alors qu'il n'est pas dépourvu de tout lien avec son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-neuf ans et où résident sa mère et deux de ses frères. Si M. B... se prévaut d'une demande d'autorisation de travail pour un emploi de pâtissier et soutient exercer une activité salariée depuis le mois d'avril 2018, il ne justifie ainsi d'aucune expérience ou qualification professionnelles particulières. Dans ces conditions, le préfet de police ne s'est pas livré à une appréciation manifestement erronée de la situation de M. B... en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation exceptionnelle pour l'admettre au séjour au titre du travail ou de la vie privée et familiale. <br>
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        9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Sa requête, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'État n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, doit dès lors être rejetée. <br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. <br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... B... et au ministre de l'intérieur. <br>
Copie en sera adressée au préfet de police.  <br>
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Délibéré après l'audience du 1er avril 2021, à laquelle siégeaient :<br>
- M. Formery, président de chambre,<br>
- M. D..., président assesseur,<br>
- M. Sibilli, premier conseiller.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 avril 2021.<br>
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Le rapporteur,<br>
F. D...Le président,<br>
S.-L. FORMERY <br>
La greffière,<br>
C. DABERT<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 20PA01903<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.