# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 22 mai 1970, 69-10.970, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982813
**Date de décision:** 1970-05-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982813

## Contenu de la décision

SUR LES DEUX MOYENS REUNIS : ATTENDU QU'IL RESULTE DES CONSTATATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE, PAR LETTRE DU 25 AVRIL 1961, LES EPOUX X... ONT CONFIRME A LEKEHAL LEUR ACCORD POUR LUI VENDRE UN TERRAIN DEPENDANT D'UN LOTISSEMENT, POUR LE PRIX DE 65000 FRANCS, PAYABLE AU COMPTANT ET LE JOUR DE LA SIGNATURE DES ACTES NOTARIES QUI DEVAIENT ETRE SIGNES AU PLUS TARD DANS LES TRENTE JOURS A DATER DE LA RECEPTION DE TOUTES LES PIECES ADMINISTRATIVES AUTORISANT LA CONSTRUCTION DE QUATRE PAVILLONS, ET QUE, PAR LETTRE DU 27 AVRIL 1961, LEKEHAL LEUR A REPONDU "J'AI BIEN RECU VOTRE LETTRE DU 25 AVRIL ET VOUS CONFIRME PAR LA PRESENTE MON ACCORD AVEC LES TERMES EMPLOYES DANS CETTE DERNIERE";<br>
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 QU'EN 1965, DAME X... DEVENUE VEUVE, AYANT REFUSE DE REALISER LA VENTE, LEKEHAL L'A ASSIGNEE A CETTE FIN;<br>
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ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE, QUI A ACCUEILLI CETTE DEMANDE, D'AVOIR, POUR REJETER LE MOYEN TIRE PAR LA DEFENDERESSE DE LA NULLITE DE LA PROMESSE DE VENTE, POUR DEFAUT D'ENREGISTREMENT DANS LES DIX JOURS DE SON ACCEPTATION CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DE FINANCES DU 19 DECEMBRE 1963, ESTIME QUE LA CONVENTION INTERVENUE S'ANALYSAIT EN UNE PROMESSE SYNALLAGMATIQUE DE VENTE, N'ENTRANT PAS DANS LE CHAMP D'APPLICATION DE CE TEXTE, ALORS, SELON LE POURVOI, QU'EN STATUANT AINSI, LA COUR D'APPEL A DENATURE LES LETTRES ECHANGEES ENTRE LES PARTIES, DESQUELLES IL RESULTAIT QUE VEUVE X... AVAIT SEULEMENT PROMIS DE VENDRE L'IMMEUBLE, OBJET DE LA CONVENTION, ET QUE LEKEHAL S'ETAIT BORNE A ACCEPTER, NON PAS LES CONDITIONS QUI LUI ETAIENT FAITES MAIS LA PROMESSE EN TANT QUE TELLE, SUR LAQUELLE IL DEVAIT PRENDRE PARTI ULTERIEUREMENT ET, QU'AU SURPLUS, IL N'ETAIT INTERVENU, EN L'ESPECE, DE LA PART DE LEKEHAL, NI VERSEMENT D'UN ACOMPTE, NI PRISE DE POSSESSION QUI EUT PU CARACTERISER L'EXISTENCE D'UNE VENTE AUX TERMES DE L'ALINEA 2 DE L'ARTICLE 1589 DU CODE CIVIL;<br>
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 QU'IL EST ENCORE SOUTENU QUE LA CONDITION SUSPENSIVE, CONSISTANT DANS LA DELIVRANCE DES AUTORISATIONS ADMINISTRATIVES NECESSAIRES A LA CONSTRUCTION DE QUATRE PAVILLONS, AFFECTAIT LE CONTRAT LUI-MEME, QUI NE POUVAIT ETRE SOUMIS A EXECUTION, PUISQUE CETTE CONDITION NE S'ETAIT PAS REALISEE;<br>
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MAIS ATTENDU, D'ABORD, QUE, SANS DENATURER LES TERMES DE LA CORRESPONDANCE ECHANGEE, LES JUGES D'APPEL EN ONT SOUVERAINEMENT DETERMINE LE SENS ET LA PORTEE, EN ESTIMANT QU'ELLE ETABLISSAIT L'EXISTENCE D'UN ACCORD SUR LA CHOSE ET SUR LE PRIX;<br>
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 QU'ILS EN ONT JUSTEMENT DEDUIT QU'IL S'AGISSAIT D'UNE PROMESSE SYNALLAGMATIQUE DE VENTE VALANT VENTE, A LAQUELLE ETAIENT INAPPLICABLES LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DE FINANCES DU 19 DECEMBRE 1963 COMME CELLES DE L'ALINEA 2 DE L'ARTICLE 1589 DU CODE CIVIL;<br>
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 QU'EN SECOND LIEU, C'EST DANS L'EXERCICE DE LEUR POUVOIR SOUVERAIN D'INTERPRETATION DE LA COMMUNE INTENTION DES PARTIES QU'ILS ONT DECIDE QUE LA CONDITION SUSPENSIVE INSEREE DANS LA PROMESSE AVAIT ETE STIPULEE DE TOUTE EVIDENCE DANS LE SEUL INTERET DE L'ACQUEREUR QUI POUVAIT Y RENONCER POUR DEMANDER LA REALISATION DE LA CONVENTION;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LES MOYENS SONT SANS FONDEMENT ET QUE L'ARRET, MOTIVE, EST LEGALEMENT JUSTIFIE;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 10 OCTOBRE 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1963-01-23 Bulletin 1963 I N. 55 p.47 (REJET) VS2 . CF. Cour de Cassation (Chambre civile 3) 1969-01-17 Bulletin 1969 III N. 65 p.52 (REJET) VS2<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (1),CGI 1840-A,Code civil 1389,LOI 1930-07-30,LOI 1963-12-19 ART. 7
**ECLI:** 
**Résumé:** Est légalement justifié l'arrêt qui, estimant par une appréciation souveraine du sens et de la portée de la correspondance échangée entre les parties qu'elle établit l'existence d'un accord sur la chose et sur la prise, en déduit qu'il s'agit d'une promesse de vente valant vente à laquelle sont inapplicables les dispositions de l'article 7 de la loi de finances du 19 décembre 1963 comme celles de l'alinéa 2 de l'article 1589 du code civil.,C'est dans l'exercice de leur pouvoir souverain d'interprétation de la commune intention des parties que les juges du fond décident que la condition suspensive de l'obtention d'un permis de construire insérée dans une promesse de vente d'un terrain a été stipulée dans le seul intérêt de l'acquéreur qui peut y renoncer pour demander la réalisation de la vente.
**Mots-clés:** 1) VENTE - Promesse synallagmatique - Accord sur l'objet et le prix - Appréciation des juges du fond.,* VENTE - Promesse de vente - Promesse synallagmatique - Immeuble - Enregistrement - Article 1840 A du code général des impôts - Application (non).,* IMPOTS ET TAXES - Assujettissement - Promesse synallagmatique de vente - Article 1840 A du code général des impôts - Application (non).,* LOTISSEMENT - Vente - Promesse de vente - Loi du 30 juillet 1930 - Application - Promesse synallagmatique de vente.,* VENTE - Promesse de vente - Promesse synallagmatique - Différence avec la promesse unilatérale acceptée - Appréciation des juges du fond.,2) VENTE - Modalités - Condition suspensive - Terrain à bâtir - Permis de construire - Délivrance - Condition stipulée dans l'intérêt de l'acquéreur - Appréciation des juges du fond.,* VENTE - Modalités - Condition suspensive - Condition stipulée dans l'intérêt de l'une des parties - Renonciation - Effets.,* RENONCIATION - Vente - Condition suspensive - Condition stipulée dans l'intérêt de l'acquéreur.,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - Condition - Condition suspensive - Obligation stipulée dans l'intérêt de l'une des parties - Appréciation souveraine des juges du fond.