# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 23 novembre 2005, 274846, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008223600
**Date de décision:** 2005-11-23
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008223600

## Contenu de la décision

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              Vu, 1°) sous le n° 274846, la requête enregistrée le 3 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Remkia A B, demeurant ...  ; Mme A B demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 12 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 juin 2003 du préfet de police décidant sa reconduite à la frontière  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              Vu, 2°) sous le n° 275704, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 22 décembre 2004, l'ordonnance en date du 13 décembre 2004 par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Paris transmet au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat, en application de l'article R. 3512 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme Remkia A B, demeurant ...  ; Mme A B demande au Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 12 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 juin 2003 du préfet de police décidant sa reconduite à la frontière  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              Vu les autres pièces des dossiers  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - les conclusions de M. Laurent Olléon, Commissaire du gouvernement  ;
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              Sur la jonction  :
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              Considérant que les requêtes n°s 274846 et 275704 de Mme A B sont dirigées contre le même jugement  ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme  B, de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 4 février 2003, de la décision du préfet de police du 29 janvier 2003, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
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              Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A B est entrée en France en 2001  ; qu'elle est mariée à un compatriote titulaire d'une carte de résident, qu'elle est mère de quatre enfants dont deux sont nés en France  ; que, dans ces circonstances, et alors même que l'intéressée peut bénéficier du regroupement familial, l'arrêté du préfet de police en date du 16 juin 2003 ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressée a porté au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il a par suite méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
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              Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme A B est fondée à soutenir que c'est à tort, que par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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<br>				D E C I D E  :
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Article 1er  :  : Le jugement du 12 novembre 2004 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris et l'arrêté du préfet de police en date du 16 juin 2003 décidant la reconduite à la frontière de Mme A B sont annulés.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Remkia A B, au préfet de police et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**