# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 6 mai 1965, 62-13.455, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006969793
**Date de décision:** 1965-05-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006969793

## Contenu de la décision

<p>SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SA PREMIERE BRANCHE : </p>
<p>ATTENDU QU'IL RESULTE DES MOTIFS DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE QUE, SUR L'ASSIGNATION, DONNEE PAR DAME Y... AUX ETABLISSEMENTS JACQUES ET FILS, AFIN D'OBTENIR LA REPARATION DU PREJUDICE QU'ELLE PRETENDAIT AVOIR SUBI DU FAIT QUE CES DERNIERS N'AURAIENT PAS REMPLI LEURS ENGAGEMENTS RELATIFS AUX COUPES DE BOIS QU'ELLE LEUR AVAIT CONCEDEES, LE TRIBUNAL A, SUIVANT JUGEMENT AVANT DIRE DROIT DU 21 JANVIER 1958, COMMIS TROIS EXPERTS, A L'EFFET DE VISITER LES COUPES, DE VERIFIER L'EXACTITUDE DES ABUS ET DEGRADATIONS DONT SE PLAIGNAIT LA DEMANDERESSE ET DE RECHERCHER TOUS ELEMENTS PERMETTANT D'APPRECIER S'IL Y AVAIT EU, DE LA PART DES DEFENDEURS, VIOLATION DES CONVENTIONS ;</p>
<p>QUE LES ETABLISSEMENTS JACQUES ET FILS INVOQUANT LE DEFAUT DE DILIGENCE DE DAME Y..., POUR FAIRE PROCEDER A L'EXPERTISE ONT, PAR CONCLUSIONS DU 12 DECEMBRE 1960, DEMANDE AU TRIBUNAL DE DECLARER LA DEMANDERESSE NON FONDEE EN SON ACTION ;</p>
<p>ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR ACCUEILLI LA DEMANDE AINSI FORMEE, ALORS QUE LE JUGEMENT DU 21 JANVIER 1958, PASSE EN FORCE DE CHOSE JUGEE, EXCLUAIT L'OBLIGATION POUR DAME Y... DE PROCEDER ELLE-MEME A LA MISE EN OEUVRE DES OPERATIONS D'EXPERTISE, LES CONDITIONS DE CE JUGEMENT ETANT LE DEPOT D'EXPERTISE DANS LES DEUX MOIS DE LA NOTIFICATION DUDIT JUGEMENT ET, EN CAS DE REFUS OU D'EMPECHEMENT DES EXPERTS, LEUR REMPLACEMENT PAR ORDONNANCE DU PRESIDENT DU TRIBUNAL, SUR REQUETE DU JUGE CHARGE DE SUIVRE LA PROCEDURE ;</p>
<p>MAIS ATTENDU QU'IL NE RESULTE D'AUCUN DOCUMENT PRODUIT QUE DES CONCLUSIONS AIENT ETE PRISES DE CE CHEF ;</p>
<p>QUE, DES LORS, LE MOYEN MELANGE DE FAIT ET DE DROIT EST NOUVEAU ET COMME TEL IRRECEVABLE ;</p>
<p>SUR LA SECONDE BRANCHE DU MOYEN : </p>
<p>ATTENDU QUE, SELON LE POURVOI, L'ARRET AURAIT LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS DE L'APPELANTE FAISANT VALOIR QU'IL EXISTAIT D'AUTRES MOYENS DE PREUVE QUE LA SIMPLE CONSTATATION PAR EXPERTISE DES VESTIGES MATERIELS DES COUPES ;</p>
<p>QUE L'EXPERT POUVAIT, NOTAMMENT, PROCEDER A L'AUDITION DES SACHANTS ;</p>
<p>MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU SECOND DEGRE RELEVENT QUE LES VERIFICATIONS PRESCRITES PORTAIENT SUR DES DEGATS ET ABUS COMMIS LORS DES EXPLOITATIONS FORESTIERES ENTREPRISES ET TERMINEES AU COURS DES ANNEES 1955 ET 1956 : QUE LES DEGATS ALLEGUES CONCERNAIENT DES COUPES ABUSIVES D'ARBRES, D'ARBUSTES, DES VIDANGES HORS DELAI, L'ETAT DES CHEMINS MIS A MAL LORS DES COUPES ET NON REPARES APRES CELLES-CI ;</p>
<p>QU'IL ETAIT CERTAIN QU'AU BOUT DE SIX ANS, EN RAISON DE LA TRANSFORMATION DES LIEUX ET CEUX-CI N'ETANT PLUS EN L'ETAT OU ILS SE TROUVAIENT EN 1955 ET 1956, L'EXPERTISE ETAIT DEVENUE IMPOSSIBLE ;</p>
<p>QU'ILS CONSTATENT, D'AUTRE PART, QUE DAME Y... SE BORNAIT A DEMANDER L'EXECUTION DE LA DECISION D'EXPERTISE SANS FAIRE AUCUNE AUTRE OFFRE DE PREUVE ;</p>
<p>ATTENDU QUE, PAR DE TELS MOTIFS EXEMPTS DE CONTRADICTION, LA COUR D'APPEL, QUI A SOUVERAINEMENT APPRECIE QUE L'EXPERTISE PRECEDEMMENT ORDONNEE ETAIT DEVENUE IMPOSSIBLE, A REPONDU AUX CONCLUSIONS PRISES ET LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;</p>
<p>PAR CES MOTIFS : </p>
<p>REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 2 MAI 1962 PAR LA COUR D'APPEL DE BOURGES. N° 62 - 13 455. DAME Y... C/ ETABLISSEMENTS JACQUES ET FILS. PRESIDENT : M DROUILLAT - RAPPORTEUR : M LAGET - AVOCAT GENERAL : M LEMOINE - AVOCATS : MM ROUSSEAU ET REMOND.</p>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** MELANGE DE FAIT ET DE DROIT EST NOUVEAU ET COMME TEL IRRECEVABLE LE MOYEN SELON LEQUEL LA MISE EN OEUVRE DES OPERATIONS D'UNE EXPERTISE ORDONNEE PAR UNE DECISION D'AVANT DIRE DROIT N'INCOMBANT PAS, EN L'ESPECE, A LA PARTIE DEMANDERESSE A L'ACTION, CELLE-CI N'AURAIT PU ETRE DECLAREE MAL FONDEE EN SA DEMANDE EN RAISON DE SON DEFAUT DE DILIGENCE, DES LORS QU'IL NE RESULTE D'AUCUN DOCUMENT PRODUIT QUE DES CONCLUSIONS AIENT ETE PRISES DE CE CHEF.
**Mots-clés:** CASSATION - MOYEN NOUVEAU - EXPERTISE - MISSION - EXECUTION - PARTIE DEBOUTEE POUR N'Y AVOIR PAS FAIT PROCEDER