# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 28 avril 2006, 273933, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008257257
**Date de décision:** 2006-04-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008257257

## Contenu de la décision

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              Vu la requête, enregistrée le 8 novembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. X... A demeurant ...  ; M. A demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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              1°) d'annuler le jugement du 26 octobre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 juin 2004 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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              2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Vu l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - les conclusions de M. Yann Aguila, Commissaire du gouvernement  ;
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              Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête  ;
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité malienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 9 mars 2004, de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 4 mars 2004 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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              Considérant toutefois qu'à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. A excipe de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour du 4 mars 2004  ; 
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               Considérant qu'il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant de rechercher si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études  ; qu'il ressort des pièces du dossier et qu'il n'est pas contesté que M. A, entré en France en 1999 a passé avec succès en 2000 les examens de fin de première année de DEUG d'économie et de gestion à l'université de Paris VIII, a réussi en 2002 l'essentiel des examens de deuxième année et a obtenu une prolongation d'études en 2002-2003 pour y présenter à nouveau ceux auxquels il avait échoué et enfin qu'il a suivi en 2003-2004 une formation d'assistant micro-informatique-option comptablité  ; qu'il en résulte qu'en estimant que M. A ne justifiait pas du sérieux et de la réalité de ses études pour lui refuser le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de Seine Saint-Denis a commis une erreur manifeste d'appréciation  ; que, par suite, l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. A, pris sur le fondement d'une décision de refus de titre de séjour illégale, se trouve privé de base légale et doit être annulé  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a refusé d'annuler l'arrêté du 22 juin 2004 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a ordonné sa reconduite à la frontière  ;
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<br>			D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 26 octobre 2004 et l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 22 juin 2004 ordonnant la reconduite à la frontière de M. A sont annulés.
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     Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. X... A, au préfet de la SeineSaintDenis et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**