# Cour Administrative d'Appel de Paris, 4ème chambre, 13/10/2009, 08PA05762, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021344895
**Date de décision:** 2009-10-13
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021344895

## Contenu de la décision

Vu la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés les 21 novembre 2008 et  1er avril 2009, présentés pour M. Olivier A, domicilié chez Mme B, ...), par Me Teadjio-Dongmo ; M. A demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0808297/3-2 du 15 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er avril 2008 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 29 septembre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Rousset, rapporteur,<br>
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       - les conclusions de Mme Descours-Gatin, rapporteur public,<br>
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       - et les observations de Me Teadjio Dongmo, pour M. A ;<br>
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       Considérant que M. A, ressortissant  camerounais né en 1974, fait appel du jugement du 15 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Paris  a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er avril 2008 par lequel le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le Cameroun comme pays à destination duquel il pourra être reconduit à la frontière ;<br>
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 Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé ou, à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police (...)  ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux établis conjointement les 27 décembre 2007, 9 mai et 28 novembre 2008 par les deux praticiens hospitaliers qui assurent le suivi du requérant, que M. A est atteint d'une hépatite B chronique et d'une hépatite delta diagnostiquées en 2002 et pour lesquelles il a été admis au séjour jusqu'en 2007 ; que cette affection est d'une extrême gravité, pouvant évoluer en cirrhose, avec risque d'hépatocarcinome et de décès ; que l'intéressé a de ce fait été astreint à un traitement médicamenteux jusqu'au mois de mars 2007 ; que les mêmes praticiens soulignent que le traitement pratiqué n'a pas guéri M. A, que l'amélioration de sa fibrose hépatique a toutefois permis de différer une reprise de traitement et que l'intéressé est astreint à un suivi médical régulier et spécialisé, qui suppose l'accès à des centres de radiologie équipés de fibroscanner et à des laboratoires de biochimie spécialisés pouvant quantifier l'alpha foeto protéine, examens qui ne sont pas disponibles actuellement au Cameroun ; que ces éléments sont de nature à remettre en cause le bien fondé de l'avis rendu le 12 avril 2007 par le médecin, chef du service médical de la préfecture de police, sur le fondement duquel le préfet de police a refusé à M. A le renouvellement de son titre de séjour par l'arrêté en litige du 1er avril 2008 ; que cet arrêté a donc été pris en méconnaissance des dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et doit être annulé ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution  ;<br>
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       Considérant qu'eu égard aux motifs énoncés ci-dessus et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. A se serait modifiée, en droit ou fait, depuis l'intervention de la décision attaquée, l'exécution du présent arrêt implique nécessairement la délivrance d'un titre de séjour à l'intéressé ; qu'il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. A un titre de séjour dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt ; <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :  Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ;<br>
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       Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat  une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A  et non compris dans les dépens ; <br>
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       D E C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement du Tribunal administratif de Paris en date du 15 octobre 2008 et l'arrêté du préfet de police du 1er avril 2008 sont annulés.<br>
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Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer un titre de séjour à M. A dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.  Le préfet tiendra le greffe de la cour (service de l'exécution) immédiatement informé des dispositions prises pour répondre à cette injonction.<br>
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Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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N° 08PA05762<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**