# CAA de NANCY, 4ème chambre - formation à 3, 27/12/2018, 17NC02617, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000038828407
**Date de décision:** 2018-12-27
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 4ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000038828407

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A...B...a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d'annuler l'arrêté du 21 juin 2017 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné.<br>
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       Par un jugement n° 1701426 du 3 octobre 2017, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 2 novembre 2017, M.B..., représenté par la SCP MCM et Associés, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 3 octobre 2017 ; <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2017 ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - faute pour le préfet d'avoir produit devant le tribunal l'avis du collège de médecins de l'OFII, il appartenait aux premiers juges de considérer que la décision portant refus de titre de séjour était intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière ;<br>
       - cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2018, le préfet de la Marne conclut au rejet de la requête.<br>
       Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.<br>
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       Par un courrier du 7 septembre 2018, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce qu'était susceptible d'être soulevée d'office l'irrecevabilité du moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure, invoqué pour la première fois en appel et relevant d'une cause juridique distincte de celle dont procédaient les moyens soulevés devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.<br>
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       Par un mémoire enregistré le 10 septembre 2018, M. B...a présenté des observations sur ce moyen relevé d'office.<br>
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       M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 19 décembre 2017.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. Di Candia, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M.B..., ressortissant ivoirien né le 25 novembre 1983, est entré en France, selon ses déclarations, en septembre 2008. Le 16 janvier 2017, il a sollicité un titre de séjour pour des raisons de santé mais par un arrêté du 21 juin 2017, le préfet de la Marne a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. M. B...relève appel du jugement du 3 octobre 2017 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
       2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (...) ". <br>
       3. En premier lieu, il ressort de l'examen du dossier de première instance que M. B... n'avait soulevé, devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, que des moyens relatifs à la légalité interne de la décision contestée. S'il soulève pour la première fois en appel, le moyen, qui n'est pas d'ordre public, tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure, ce moyen concerne la légalité externe de la décision et relève ainsi d'une cause juridique distincte de celle invoquée devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Un tel moyen est, par suite, irrecevable et ne peut qu'être écarté. <br>
       4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (...)"<br>
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       5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte-tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. <br>
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       6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.<br>
       7. Selon l'avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 6 juin 2017, produit en appel par le préfet de la Marne, l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait cependant pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé pouvant en outre voyager sans risque vers son pays d'origine. <br>
       8. Eu égard à leur caractère peu circonstancié, les pièces médicales produites par M. B... ne permettent d'établir ni que le défaut de prise en charge médicale pourrait avoir, sur son état de santé, des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni que l'intéressé ne pourrait bénéficier d'une prise en charge appropriée dans son pays d'origine. En particulier, le certificat médical du 8 août 2018 émanant d'un médecin généraliste ne suffit pas, eu égard aux termes généraux dans lesquels il est rédigé, à remettre en cause l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, M. B... n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour aurait méconnu les dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
       9. En troisième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de disposition expresse en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B... aurait formulé une demande de titre de séjour sur un autre fondement que celui du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en particulier sur le fondement de l'article L. 313-14 de ce code. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions doit être écarté comme inopérant. <br>
       10. Il résulte de ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2017. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.<br>
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       D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de M. B...est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A...B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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Copie en sera adressée au préfet de la Marne.<br>
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N° 17NC02617<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.