# CAA de LYON, 1ère chambre, 20/02/2024, 23LY01636, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000049191943
**Date de décision:** 2024-02-20
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000049191943

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
Procédure contentieuse antérieure<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 1er mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. <br>
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       Par un jugement n° 2301677 du 14 avril 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, M. A... B..., représenté par Me Blanc, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du 14 avril 2023 du tribunal administratif de Grenoble ;  <br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;<br>
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	 3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de réexaminer sans délai sa situation et de lui délivrer une carte de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que : <br>
       - l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du même code. <br>
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       La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Savoie qui n'a pas présenté d'observations. <br>
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       Par une décision du 14 juin 2023, M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Burnichon, première conseillère.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. A... B..., né le 24 juillet 1989 à Brod (Kosovo) et de nationalité kosovare, déclare être entré en France en 2018 pour y demander l'asile. Sa demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), en dernier lieu par une ordonnance de la Cour du 25 juillet 2019. Il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français le 28 juin 2019 prise par le préfet de la Haute-Savoie et confirmée par le tribunal administratif de Grenoble, que l'intéressé n'a pas exécutée. M. B... relève appel du jugement du 14 avril 2023 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 1er mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. <br>
       2. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français en litige n'a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays de destination vers lequel M. B... sera, le cas échéant, reconduit d'office. Dès lors, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement en litige méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. <br>
       3. En second lieu, les moyens tirés de ce que, d'une part, l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et, d'autre part, que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est entachée d'un défaut d'examen et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du même code doivent être écartés pour les motifs retenus par le premier juge, qu'il y a lieu d'adopter. <br>
       4. Il résulte de ce qui précède que M.  B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées. <br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.  <br>
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Article 2 :  Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.<br>
Copie sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.<br>
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024 à laquelle siégeaient :<br>
Mme Monique Mehl-Schouder, présidente de chambre, <br>
Mme Anne-Gaëlle Mauclair, première conseillère, <br>
Mme Claire Burnichon, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.<br>
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La rapporteure,<br>
C. BurnichonLa présidente, <br>
M. C... <br>
La greffière,<br>
F. Prouteau              <br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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Pour expédition, <br>
La greffière,<br>
N°23LY01636			2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. - Séjour des étrangers.