# Cour Administrative d'Appel de Bordeaux, 2ème chambre (formation à 3), 06/04/2010, 09BX01860, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022154898
**Date de décision:** 2010-04-06
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Bordeaux
**Formation:** 2ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022154898

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour le 3 août 2009, présentée pour M. Laurent X, demeurant ..., par Me Bordes ; <br>
<br>
       M. X demande à la Cour :<br>
<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0901060 du 3 juillet 2009 par lequel le Tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Landes en date du 30 mars 2009 portant refus de renouvellement de son titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il sera renvoyé ;<br>
<br>
       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ledit arrêté ;<br>
<br>
       3°) d'enjoindre au préfet des Landes de lui délivrer un titre de séjour  vie privée et familiale  ; <br>
<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.7611 du code de justice administrative ;<br>
<br>
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------<br>
<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
<br>
       Vu la loi n°79-691 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs ;<br>
<br>
       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Vu le code de justice administrative ; <br>
<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 12 janvier 2010, <br>
<br>
       le rapport de M. Cristille, premier conseiller ; <br>
<br>
       et les conclusions de Mme Fabien, rapporteur public ;<br>
<br>
       Considérant que M. X, ressortissant malgache, relève appel du jugement en date du 3 juillet 2009 par lequel le Tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Landes en date du 30 mars 2009 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour en tant que conjoint de français, l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays à destination duquel il sera renvoyé ; <br>
<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'annulation : <br>
<br>
       En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour : <br>
<br>
       Considérant que la décision contestée, qui énonce, de façon précise, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée ; que contrairement à ce que soutient M. X, il ressort de cette motivation que le préfet des Landes ne s'est pas contenté de relever l'absence de communauté de vie entre les époux mais qu'il a également examiné la situation du requérant au regard de l'atteinte à sa vie privée et familiale ; <br>
       Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait abstenu de procéder à l'examen approfondi de la situation personnelle de M. X en fonction notamment des éléments portés à sa connaissance par l'intéressé ;<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 4° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (...) ; qu'aux termes de l'article L.313-12 du même code :  Le renouvellement de la carte de séjour délivrée au titre du 4° de l'article L. 313-11 est subordonné au fait que la communauté de vie n'ait pas cessé. Toutefois, lorsque la communauté de vie a été rompue en raison de violences conjugales qu'il a subies de la part de son conjoint, l'autorité administrative ne peut procéder au retrait du titre de séjour de l'étranger et peut en accorder le renouvellement. En cas de violence commise après l'arrivée en France du conjoint étranger mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint étranger se voit délivrer, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale  ;<br>
       Considérant qu'il est constant qu'à la date à laquelle le préfet des Landes a pris la décision contestée, M. X ne remplissait pas la condition de communauté de vie entre époux lui ouvrant droit au renouvellement de sa carte de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française ; que si l'intéressé soutient que la communauté de vie a été rompue à la suite des violences conjugales qu'il a subies de la part de sa femme, il ne l'établit pas, alors que celle-ci a porté plainte contre lui le 17 septembre 2007 pour des faits de violences ; qu'en refusant de renouveler le titre de séjour de M. X, le préfet des Landes, qui a fait usage du pouvoir d'appréciation qui lui est reconnu par les dispositions de l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a, dès lors, pas commis d'erreur de droit ;<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article  L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République  ; que, pour l'application des dispositions précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine ;<br>
       Considérant que si M. X fait valoir qu'il est bien intégré à la société française, il ressort des pièces du dossier qu'il est entré en France récemment et n'est pas dépourvu d'attaches familiales à Madagascar où il a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans et où réside sa fille issue d'une précédente union ; qu'ainsi, la décision du préfet des Landes n'a pas méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité ; <br>
<br>
       En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français : <br>
<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi n° 2007-1631 du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile :  I. - L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger (...) peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa. L'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation  ; que, par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision contestée doit être écarté comme inopérant ;<br>
       Considérant qu'ainsi qu'il a été dit, la décision de refus de titre de séjour prise à l'encontre du requérant n'est pas illégale ; que, dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée par M. X à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondée et doit être écartée ;<br>
       Considérant que le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux qui ont été énoncés ci-dessus à l'encontre du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
<br>
       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande ;<br>
<br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction : <br>
<br>
       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ; <br>
<br>
       Sur l'application des dispositions des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative :<br>
<br>
       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Me Bordes, avocat de M. X de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
<br>
<br>
       DÉCIDE :<br>
<br>
Article 1er : La requête de M. X est rejetée.<br>
<br>
<br>
''<br>
''<br>
''<br>
''<br>
4<br>
09BX01860<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**