# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 16 novembre 1982, 82-90.409, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007060913
**Date de décision:** 1982-11-16
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007060913

## Contenu de la décision

<p>STATUANT SUR LE POURVOI FORME PAR :</p>
<p>- X... MARGUERITE, PARTIE CIVILE, AGISSANT EN SON NOM ET EN QUALITE DE MANDATAIRE DES CONSORTS X...,</p>
<p>CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE SAINT-DENIS DE LA REUNION, EN DATE DU 19 JANVIER 1982, QUI A CONFIRME L'ORDONNANCE DE NON-LIEU RENDUE DANS LA PROCEDURE SUIVIE POUR FAUX EN ECRITURE AUTHENTIQUE, SUR SA PLAINTE, CONTRE Y... JEAN ; </p>
<p>VU LE MEMOIRE PRODUIT ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 147 DU CODE PENAL, 575, 592 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE ; </p>
<p>EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DIT N'Y AVOIR LIEU A SUIVRE CONTRE Y... DU CHEF DE FAUX EN ECRITURE AUTHENTIQUE ; </p>
<p>AUX MOTIFS, ADOPTES DE L'ORDONNANCE, QUE LA QUITTANCE NOTARIEE ARGUEE DE FAUX N'ETAIT QU'UN ACTE UNILATERAL ET NE CONSTITUAIT DONC PAS UN TITRE ; </p>
<p>QUE DES LORS LE CRIME DE FAUX NE POUVAIT ETRE REALISE ; </p>
<p>ALORS QUE, DANS DES CONCLUSIONS LAISSEES SANS REPONSE, LES PARTIES CIVILES FAISAIENT VALOIR QUE LA QUITTANCE LITIGIEUSE, QUI AVAIT ETE PUBLIEE AU BUREAU DES HYPOTHEQUES, AVAIT CONSTITUE POUR LE CREDIT AGRICOLE LA SOURCE D'UN DROIT : CELUI DE GREVER 24 IMMEUBLES D'UNE INSCRIPTION D'HYPOTHEQUE GARANTISSANT LE PAIEMENT D'UNE SOMME QUI NE LUI ETAIT PAS DUE ; </p>
<p>QUE CETTE MEME QUITTANCE AVAIT EMPECHE LES PARTIES CIVILES D'OBTENIR LE CANTONNEMENT OU LA REDUCTION DES INSCRIPTIONS D'HYPOTHEQUES ; </p>
<p>QUE DES LORS, EN NE S'EXPLIQUANT PAS SUR CES CHEFS PEREMPTOIRES DES CONCLUSIONS, QUI ETAIENT DE NATURE A DEMONTRER QUE L'ACTE LITIGIEUX - DONT LA FALSIFICATION N'A PAS ETE CONTESTEE - CONSTITUAIT UN TITRE, L'ARRET ATTAQUE N'A PAS SATISFAIT EN LA FORME AUX CONDITIONS ESSENTIELLES DE SON EXISTENCE LEGALE ; </p>
<p>VU LESDITS ARTICLES ; </p>
<p>ATTENDU QUE L'ARTICLE 575, DEUXIEME ALINEA, 6°, DU CODE DE PROCEDURE PENALE, AUTORISE LA PARTIE CIVILE A SE POURVOIR EN CASSATION CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION, MEME EN L'ABSENCE DE POURVOI DU MINISTERE PUBLIC, LORSQUE CET ARRET NE SATISFAIT PAS, EN LA FORME, AUX CONDITIONS ESSENTIELLES DE SON EXISTENCE LEGALE ; </p>
<p>QU'IL EN EST AINSI LORSQUE LES ENONCIATIONS DE L'ARRET NE PERMETTENT PAS A LA COUR DE CASSATION DE S'ASSURER S'IL A OU NON ETE REPONDU, DANS LES CONDITIONS PREVUES PAR L'ARTICLE 593, AUX CHEFS PEREMPTOIRES DES CONCLUSIONS DE LA PARTIE CIVILE ; </p>
<p>ATTENDU QUE LES CONSORTS X... ONT RELEVE APPEL DE L'ORDONNANCE DE NON-LIEU RENDUE PAR LE JUGE D'INSTRUCTION DANS L'INFORMATION SUIVIE, SUR LEUR PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE, CONTRE Y..., INCULPE DE FAUX EN ECRITURE PUBLIQUE ; </p>
<p>QUE, POUR CONTESTER LES MOTIFS DE CETTE ORDONNANCE, ILS ONT REGULIEREMENT DEPOSE, DEVANT LA CHAMBRE D'ACCUSATION, UN MEMOIRE CONTENANT UN CERTAIN NOMBRE D'ARGUMENTS DE FAIT ET DE DROIT DONT AUCUN N'A ETE EXAMINE, FUT-CE POUR ETRE ACARTE, PAR LES JUGES D'APPEL ; </p>
<p>QUE CEUX-CI SE BORNENT, EN EFFET, A DECLARER QUE LE MAGISTRAT INSTRUCTEUR A EXPOSE LES FAITS DE FACON EXACTE ET PRECISE, EN DES ENONCIATIONS AUXQUELLES LA COUR SE REFERE EXPRESSEMENT, AVANT DE CONFIRMER L'ORDONNANCE ENTREPRISE, NECESSAIREMENT INTERVENUE AVANT LE DEPOT DU MEMOIRE DES PARTIES CIVILES ; </p>
<p>ATTENDU QU'IL RESULTE D'UNE TELLE FACON DE PROCEDER QUE L'ARRET ATTAQUE NE PEUT ETRE CONSIDERE COMME AYANT, MEME IMPLICITEMENT, REPONDU AUX CONCLUSIONS DONT LES JUGES ETAIENT SAISIS ; </p>
<p>D'OU IL SUIT QUE L'ARRET A MECONNU LES PRINCIPES CI-DESSUS RAPPELES ET ENCOURT LA CASSATION ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS :</p>
<p>CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE SAINT-DENIS DE LA REUNION DU 19 JANVIER 1982, EN TOUTES SES DISPOSITIONS ET, POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LADITE COUR, AUTREMENT COMPOSEE.</p>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1980-12-16 Bulletin Criminel 1980 N. 349 p. 895 (CASSATION) et les arrêts cités.

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code de procédure pénale 575 AL. 2 6,Code de procédure pénale 593
**ECLI:** 
**Résumé:** L'article 575, 2e alinéa 6°, du Code de procédure pénale, admet la partie civile à se pourvoir seule contre un arrêt de la chambre d'accusation qui ne satisfait pas aux conditions essentielles de son existence légale. Tel est le cas lorsque les énonciations de l'arrêt ne permettent pas à la Cour de Cassation de s'assurer s'il a été ou non répondu, conformément aux dispositions de l'article 593, aux chefs péremptoires des conclusions déposées par la partie civile (1).
**Mots-clés:** CHAMBRE D'ACCUSATION - Arrêts - Arrêt de non-lieu - Pourvoi de la partie civile - Recevabilité - Cas - Arrêt ne satisfaisant pas aux conditions essentielles de son existence légale - Défaut de réponse au mémoire de la partie civile.,* CASSATION - Décisions susceptibles - Chambre d'accusation - Arrêt de non-lieu - Pourvoi de la partie civile - Recevabilité - Cas - Arrêt ne satisfaisant pas aux conditions essentielles de son existence légale - Défaut de réponse au mémoire de la partie civile.