# CAA de PARIS, 1ère chambre, 13/06/2024, 23PA00262, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000049719529
**Date de décision:** 2024-06-13
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000049719529

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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      Procédure contentieuse antérieure :<br>
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      M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
      Par un jugement n° 2114985 du 18 octobre 2022, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.<br>
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      Procédure devant la Cour :<br>
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      Par une requête enregistrée et des pièces complémentaires enregistrées les 20 janvier et 11 décembre 2023, M. B... A..., représenté par Me Charles, demande à la Cour : <br>
      1°) d'annuler le jugement n° 2114985 du 18 octobre 2022 du tribunal administratif de Paris ; <br>
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      2°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 du préfet de police ;<br>
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      3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans le même délai et de l'admettre provisoirement de séjour.<br>
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      4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.<br>
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      Il soutient que : <br>
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      S'agissant du refus de titre de séjour :<br>
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      - elle méconnaît les dispositions de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
      - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
      S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
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      - elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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      M. A... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 8 décembre 2022. <br>
            Par un mémoire en défense enregistré le 23 avril 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête. <br>
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      Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.<br>
      Vu les autres pièces du dossier.<br>
      Vu :<br>
      - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales <br>
      - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
      - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;  <br>
      - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. Diémert ;<br>
       - et les observations de Me Charles pour M. A....<br>
       Une note en délibéré a été présentée le 17 mai 2024 pour M. A....<br>
      	Considérant ce qui suit :<br>
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      	1. M. B... A..., ressortissant sénégalais né en avril 1970, est entré en France en octobre 2015 selon ses déclarations. Il a bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade à compter de juin 2018, dont il a sollicité le renouvellement en dernier lieu le 4 octobre 2021. Par un arrêté du 3 juin 2022, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A... relève appel devant la Cour du jugement du 18 octobre 2022 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
      Sur le refus de titre de séjour :<br>
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      2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État ".<br>
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      3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dont il peut effectivement bénéficier dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.<br>
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      4. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. A... en qualité d'étranger malade, le préfet de police s'est notamment fondé sur l'avis émis le 30 décembre 2021 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui a estimé que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier que M. A... souffre d'un mycosis fongoïde et qu'il fait l'objet d'un suivi depuis 2015 dans le service dermatologique de l'hôpital Bichat. Le requérant a produit en première instance un certificat médical du professeur C... indiquant en des termes peu circonstanciés que sa pathologie ne peut être prise en charge dans son pays d'origine. En appel, M. A... soutient que le Mycoster, l'un des médicaments composant son traitement, n'est pas disponible au Sénégal, non plus qu'aucun dérivé contenant le même principe actif. Toutefois la liste de médicaments disponibles dans ce pays produit par le requérant n'est pas datée, ce qui ne permet pas de s'assurer de son actualité, et le répertoire de l'agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique, produite par l'administration, indique en particulier que le Mycoster est disponible dans toutes ses variantes au Sénégal. Enfin, si l'intéressé fait valoir que le système de santé est défaillant au Sénégal et que les services de dermatologie y sont sous-représentés, cette circonstance ne permet pas davantage à remettre en cause l'appréciation portée par le préfet de police au vu de l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration sur l'accès effectif aux traitements dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de police n'a pas méconnu les dispositions précitées en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité pour des raisons de santé.<br>
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      	5. M. A... reprend en appel, sans apporter d'éléments de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le tribunal, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 9 du jugement attaqué.<br>
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      	Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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      	6. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / (...) / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".<br>
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      	7. Ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent arrêt, M. A... n'établit pas qu'il ne pourrait bénéficier effectivement dans son pays d'origine d'un traitement approprié à sa pathologie. Dans ces conditions, le préfet de police était fondé à estimer que le requérant ne se trouvait pas dans la situation prévue par le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile empêchant son éloignement. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.<br>
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      	8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais du litige ne peuvent qu'être rejetées. <br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1err : La requête de M. B... A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.<br>
Copie en sera adressée au préfet de police.<br>
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 Délibéré après l'audience du 16 mai 2024 à laquelle siégeaient :<br>
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- M. Lapouzade, président de chambre,<br>
- M. Diémert, président assesseur,<br>
- M. Gobeill, premier conseiller.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juin 2024.<br>
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Le rapporteur,<br>
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S. DIÉMERTLe président,<br>
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J. LAPOUZADE<br>
La greffière,<br>
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C. POVSE<br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. <br>
No 23PA00262		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**