# CAA de PARIS, 4ème chambre, 12/01/2024, 22PA05027, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000048956956
**Date de décision:** 2024-01-12
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000048956956

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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	M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 10 août 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans.<br>
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       Par un jugement n° 2116653 du 9 novembre 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.  <br>
       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 28 novembre 2022, M. B... A..., représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande à la Cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Montreuil ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 10 août 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis ; <br>
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       3°) d'ordonner l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ; <br>
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       4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; <br>
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       5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.  <br>
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       Il soutient que :<br>
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       Sur l'arrêté dans son ensemble : <br>
       - il a été signé par une autorité incompétente ; <br>
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       Sur la décision portant refus de titre de séjour : <br>
       - elle est entachée d'un vice de procédure du fait de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;<br>
       - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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	Sur la décision portant interdiction de retour d'une durée de deux ans :<br>
	- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des critères posés par les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.<br>
       Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés de l'irrecevabilité pour tardiveté de la demande introduite par M. A... devant le tribunal administratif de Montreuil et de ce qu'elle n'a pas été motivée dans le délai de recours.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
       Vu : <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative. <br>
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       La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Saint-Macary a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. A..., ressortissant égyptien né le 29 avril 1981, est entré en France le 2 février 2002. Le 29 janvier 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 10 août 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance du titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A... relève appel du jugement du 9 novembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. D'une part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête (...) contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". <br>
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       3. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant (...) ". Aux termes de l'article L. 614-6 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure (...) ". Aux termes du II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément (...) ".<br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 10 août 2021 du préfet de la <br>
Seine-Saint-Denis mentionnait un délai de recours de trente jours. A défaut de notification de cet arrêté par voie administrative, ce délai de trente jours n'a commencé à courir qu'à compter de l'enregistrement de la demande de M. A... devant le tribunal administratif de Montreuil, le 2 décembre 2021. M. A... n'a cependant présenté des moyens contre l'arrêté contesté que dans son mémoire en réplique enregistré le 15 avril 2022, plus de trente jours après l'introduction de sa demande devant le tribunal. En application des dispositions précitées de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, sa demande était, dès lors, irrecevable.<br>
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       5. Il résulte de ce qui précède que M. A... n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, également être rejetées.<br>
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D E C I D E :<br>
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.<br>
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.<br>
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, à laquelle siégeaient :<br>
Mme Bruston, présidente,<br>
M. Mantz, premier conseiller,<br>
Mme Saint-Macary, première conseillère.<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.<br>
La rapporteure,<br>
M. SAINT-MACARY<br>
La présidente,<br>
S. BRUSTON<br>
La greffière,<br>
A. GASPARYANLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
N° 22PA05027			2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**