# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 24 novembre 2003, 237786, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008185922
**Date de décision:** 2003-11-24
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008185922

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 30 août 2001 au secrétariat de la section du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Alphonsine X demeurant ...  ; Mme X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement en date du 7 août 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 juillet 2001 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les pièces desquelles il résulte que le jugement du 3 mai 2002 à été notifié le 12 juin 2002 au préfet du Val d'Oise, qui n'a pas produit d'observations  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;	
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Devys, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'en conséquence de l'arrêt du 19 mars 2002 qui a annulé le jugement du 7 août 2001 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, il y a lieu d'évoquer et de statuer sur la demande présentée par Mme X devant le-dit tribunal  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité congolaise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 21 avril 2001, de la décision du préfet du Val-d'Oise du 19 avril 2001 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  :
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                Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite  à la frontière  ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale prévue au premier  alinéa du même article est délivrée de plein droit : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant   ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation du service social départemental du conseil général du Val-d'Oise non contestée par le préfet, que Mme X réside habituellement en France depuis le 5 mai 1990, soit depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté de reconduite à la frontière du 20 juillet 2001  ; que, par suite, le préfet du Val-d'Oise ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté de reconduite à la frontière attaqué  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 20 juillet 2001 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné sa reconduite à la frontière   ;
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                Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice  administrative  : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne  de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la  juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même  décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution   ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du même code  : lorsque sa décision  implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un  organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à  nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision  juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai  déterminé  ; que le III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dispose que  : Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé, (...)  l'étranger est muni d'une  autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau  statué sur son cas  ;
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                Considérant qu'à la suite de l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière, il incombe au préfet, en application des dispositions précitées du III de l'article 22 bis de l' ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, non seulement de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour mais aussi, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur son droit à un titre de séjour  ; que, dès lors, il appartient au juge administratif, lorsqu'il prononce l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière d'user des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du code de justice administrative pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressé doit être réexaminée  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prescrire au  préfet du Val-d'Oise de se prononcer sur la situation de Mme X dans le délai  d'un mois suivant la notification de la présente décision  ;
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                			D E C I D E  :
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                			--------------
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Article 1er  : L'arrêté du 20 juillet 2001 du préfet du Val-d'Oise ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X est annulé.
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Article 2  : Le préfet statuera sur la situation de Mme X dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente  décision.
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Article 3  : La décision sera notifiée à Mme Alphonsine X, au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**