# Cour administrative d'appel de Paris, du 24 mars 1992, 91PA00443, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007426404
**Date de décision:** 1992-03-24
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Paris
**Formation:** 
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007426404

## Contenu de la décision

<br>    VU l'ordonnance en date du 27 mars 1991 par laquelle le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis à la cour administrative d'appel de Paris la requête présentée au Conseil d'Etat par le MINISTRE DES POSTES, DES TELECOMMUNICATIONS ET DE L'ESPACE ;<br>    VU la requête, enregistrée au secrétariat de la section du contentieux du Conseil d'Etat le 21 septembre 1990, présentée par le MINISTRE DES POSTES, DES TELECOMMUNICATIONS ET DE L'ESPACE ; le ministre demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement n° 8802792/5 du 6 juillet 1990 par lequel le tribunal administratif de Paris a annulé la décision du chef du service départemental des postes des Hauts-de-Seine du 21 mars 1988 refusant à Mme Y... le bénéfice de l'indemnité d'éloignement ;<br>    2°) de rejeter la demande présentée par Mme Y... devant le tribunal administratif de Paris ;<br>    VU les autres pièces du dossier ;<br>    VU la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;<br>    VU le décret n° 53-1266 du 22 décembre 1953 ;<br>    VU le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>    Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 mars 1992 :<br>    - le rapport de M. MASSIOT, président--rapporteur,<br>    - et les conclusions de M. X..., com-missaire du Gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que Mme Y... a saisi le tribunal administratif de Paris d'une requête tendant à l'annulation de la décision du MINISTRE DES POSTES, DES TELECOMMUNICATIONS ET DE L'ESPACE du 21 mars 1988 lui refusant le bénéfice de l'indemnité d'éloignement prévue par l'article 6 du décret du 22 décembre 1953 et à la condamnation de l'Etat à lui verser cette indemnité ;<br>    Considérant qu'aux termes de l'article 6 du décret du 22 décembre 1953 portant aménagement du régime de rémunération des fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements d'outre-mer :  "les fonctionnaires de l'Etat domiciliés dans un département d'outre-mer, qui recevront une affectation en France métropolitaine à la suite de leur entrée dans l'administration, d'une promotion ou d'une mutation, percevront, s'ils accomplissent une durée minimum de service de quatre années consécutives en métropole, une indemnité d'éloignement non renouvelable" ; qu'il résulte de ces dispositions que, contrairement à ce que soutient le MINISTRE DES POSTES, DES TELECOMMUNICATIONS ET DE L'ESPACE, l'indemnité peut par principe être accordée aux fonctionnaires originaires d'un département d'outre-mer recrutés en métropole depuis plus de deux ans au moment de leur titularisation, à condition qu'ils soient à cette date domiciliés dans leur département d'origine, c'est-à-dire qu'ils y aient conservé le centre de leurs intérêts matériels et moraux ; qu'il appartient à l'administration de rechercher sous le contrôle du juge, si cette condition est remplie au vu de l'ensemble des circonstances de l'espèce ;<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que Mme Eliane Y... originaire du département de la Martinique, y a accompli sa scolarité et y a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans avant de venir en métropole ; que ses parents habitent à la Martinique ; qu'elle a bénéficié en 1985 d'un congé bonifié pour se rendre dans son département d'origine ; qu'il n'est ni établi, ni même allégué, qu'elle avait noué au moment de sa titularisation, en 1984, des attaches matérielles ou morales en métropole ; que dans ces conditions, elle doit être regardée comme ayant conservé, à cette date, à la Martinique, le centre de ses intérêts matériels et moraux et donc comme domiciliée dans un département d'outre-mer au sens des dispositions précitées de l'article 6 du décret du 22 décembre 1953 ; que par suite, elle était en droit de prétendre au bénéfice de l'indemnité d'éloignement prévue par cet article et à en demander le paiement ; qu'il suit de là que le MINISTRE DES POSTES, DES TELECOMMUNICATIONS ET DE L'ESPACE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision du 25 mars 1988 par laquelle il lui a refusé le bénéfice de cette indemnité ;<br>Article 1er : La requête susvisée du MINISTRE DES POSTES, DES TELECOMMUNICATIONS ET DE L'ESPACE est rejetée.<br>Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Paris du 6 juillet 1990 est annulé en tant qu'il a rejeté les conclusions tendant au versement de l'indemnité d'éloignement.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Décret 53-1266 1953-12-22 art. 6
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 36-08-03-02 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - REMUNERATION - INDEMNITES ET AVANTAGES DIVERS - INDEMNITES ALLOUEES AUX FONCTIONNAIRES SERVANT OUTRE-MER,46-01-09-06-04 OUTRE-MER - DROIT APPLICABLE DANS LES DEPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER - DROIT APPLICABLE AUX FONCTIONNAIRES SERVANT DANS LES DEPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER - REMUNERATION - INDEMNITE D'ELOIGNEMENT DES FONCTIONNAIRES SERVANT DANS LES D.O.M. (DECRET DU 22 DECEMBRE 1953)