# Cour administrative d'appel de Versailles, 1ère Chambre, du 30 décembre 2004, 02VE02863, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008288175
**Date de décision:** 2004-12-30
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Versailles
**Formation:** 1ERE CHAMBRE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008288175

## Contenu de la décision

Vu l'ordonnance en date du 16 août 2004, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles le 1er septembre 2004, par laquelle le président de la Cour administrative d'appel de Paris a, en application du décret n°2004-585 du 22 juin 2004 portant création d'une cour administrative d'appel à Versailles, et modifiant les articles R.221-3, R.221-4, R.221-7 et R.221-8 du code de justice administrative, transmis à la Cour administrative d'appel de Versailles les recours présentés par le MINISTRE DE L'INTERIEUR, DE LA SECURITE INTERIEURE ET DES LIBERTES LOCALES  ;
<br>
     Vu 1°), sous le n°02VE02863, le recours enregistré le 5 août 2002 au greffe de la Cour administrative d'appel de Paris par lequel le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales  demande à la Cour  :
<br>
     1°) d'annuler le jugement n° 9915064  du 6 juin 2002 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté du 16 juin 1999 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis avait rejeté la demande de Mme X Meiying  tendant à l'obtention d'une carte de séjour temporaire et lui a enjoint de lui délivrer une carte de séjour dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour   ;
<br>
     2°) de rejeter la demande de Mme Meiying   ;
<br>
     
Il soutient que les premiers juges ont considéré à tort que Mme  séjournait en France de manière continue depuis au moins septembre 1991 avec son époux et ses deux enfants alors que les documents produits n'étaient pas probants  ; que le préfet a fait une exacte application des dispositions de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; que la décision préfectorale du 16 juin 1999 ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme dans la mesure où Mme ,  qui déclare être entrée sur le territoire français à l'âge de 39 ans, a nécessairement conservé des attaches fortes avec sa famille dans son pays d'origine  ; 
<br>
     .........................................................................................................................
<br>
     Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
     Vu l'ordonnance 45-2658 du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
<br>
     Vu le code de justice administrative  ;
<br>
     Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
<br>
     
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 2 novembre 2004  :
<br>
     
- le rapport de M. Brumeaux, premier conseiller  ;
<br>
     
- les observations de Me Sadoun  ;
<br>
     
- et les conclusions de Mme Le Montagner, commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
     
Considérant que les recours susvisés n°02VE02863 et n°04VE02179 présentés par le MINISTRE DE L'INTERIEUR, DE LA SECURITE INTERIEURE ET DES LIBERTES LOCALES sont dirigés contre la même décision et ont fait l'objet d'une instruction commune  ; qu'il y a lieu de les joindre pour qu'ils fassent l'objet d'un seul jugement  ;
<br>
     Sur la légalité de l'arrêté du 16 juin 1999 du préfet de la Seine-Saint-Denis rejetant la demande de Mme Meiying X tendant à l'obtention d'une carte de séjour temporaire  :
<br>
     Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : 1 -Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance, 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;
<br>
     Considérant que le mari de Mme X,  ressortissante chinoise, et ses deux enfants étaient en situation irrégulière à la date de la décision attaquée et qu'elle même,  qui a déclaré être entrée en France en 1989 à l'âge de 39 ans, n'établit pas être dénuée d'attaches dans son pays d'origine  ;   qu'ainsi, alors même que sa soeur et sa nièce résident régulièrement en France, compte-tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des conditions de son séjour en France de la majeure partie de ses proches,  l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit à la vie privée et familiale de l'intéressée une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne précitée  ; que c'est, par suite,  à tort que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est fondé sur ce motif pour annuler la décision préfectorale en date du 16 juin 1999 refusant de lui délivrer un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale   ; 
<br>
     Considérant qu'il appartient à la Cour, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme X devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise  ;
<br>
     Considérant que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté préfectoral attaqué a été soulevé pour la première fois dans un mémoire en réplique enregistré le 11 mai 2002 et repose sur une cause juridique distincte de ceux présentés  dans le mémoire introductif de la demande de première instance enregistré le 29 juillet 1989  ; qu'un tel moyen, présenté après l'expiration du délai  de recours contentieux, est irrecevable  ; 
<br>
     Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit  : (...)  3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant   ;
<br>
     Considérant que Mme Ren, épouse X, a produit devant les premiers juges deux factures au nom de  Ren  ainsi qu'une prescription médicale au même nom pour l'année 1989, un accusé de réception en date du 16 mars 1990 et un document de l'assistance publique des hôpitaux de Paris pour la même année,  trois enveloppes traduites qui lui auraient été adressées entre 1991 et 1993,  une facture établie à son nom en mars 1994 et deux autres factures au nom de Ren  pour les années 1995 et 1996, ainsi que des attestations selon lesquelles elle aurait accompagné une petite fille à l'école primaire entre septembre 1991 et avril 1994  ; que ces éléments ne sont toutefois pas suffisants pour établir la continuité de sa présence sur le territoire français au cours des années considérées  ; qu'ainsi, Mme X qui ne produit pas la preuve de son séjour continu sur le territoire français pendant une durée de dix ans à la date de la décision attaquée ne peut être regardée comme remplissant les conditions posées par les dispositions précitées de l'article 12 bis 3 ° de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; 
<br>
     Considérant enfin, qu'eu égard à la situation personnelle de Mme X à la date de l'arrêté litigieux,  le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en lui refusant un titre de séjour  ; 
<br>
     Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales est fondé à demander l'annulation du jugement attaqué  ; 
<br>
<br>
<br>
     
Sur le recours tendant au sursis à l'exécution du jugement attaqué  : 
<br>
     Considérant  que l'annulation ci-dessus prononcée du jugement attaqué rend sans objet les conclusions tendant à ce qu'en soit prononcé le sursis à exécution  ; 
<br>
     Sur les conclusions présentées par Mme Hu Dong X tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser 1 000 euros sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative pour chaque recours   :
<br>
     Considérant que la Cour ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge  ; que les conclusions présentées pour M. X, sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative,  ne peuvent être que rejetées  ;
<br>
<br>
     
DECIDE  :
<br>
<br>
     
Article 1  : Le jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 6 juin 2002 est annulé.
<br>
     Article 2  : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au sursis à l'exécution du jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 6 juin 2002
<br>
     Article 3  : La demande présentée par Mme Meiying X devant le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise et ses conclusions en appel sont rejetées.
<br>
<br>
     
02VE02863 et 04VE02179		2
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**