# CAA de MARSEILLE, 5ème chambre - formation à 3, 20/05/2019, 18MA02805, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000038498569
**Date de décision:** 2019-05-20
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000038498569

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme A... B...a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2017 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine. <br>
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       Par un jugement n° 1706078 du 31 janvier 2018, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande. <br>
       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête et des mémoires, enregistrés le 14 juin 2018, le 19 novembre 2018 et le 6 février 2019, Mme B..., représentée par Me C..., demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Montpellier du 31 janvier 2018 ; <br>
       2°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2017 du préfet de l'Hérault ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; <br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. <br>
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       Elle soutient que :<br>
       - le préfet n'a pas procédé à un examen réel et complet de sa situation ;<br>
       - le préfet ne s'est pas assuré qu'elle ne pouvait être autorisée à demeurer sur le territoire à un autre titre ;<br>
       - l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
       Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2019, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par l'appelante n'est fondé. <br>
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       Mme B... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 20 avril 2018. <br>
       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
       Le rapport de Mme Duran-Gottschalk a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme B..., ressortissante albanaise née en 1997, relève appel du jugement du 31 janvier 2018 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 6 décembre 2017 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine.<br>
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       Sur le bien-fondé du jugement contesté :<br>
       2. En premier lieu, la décision préfectorale contestée, après avoir indiqué les nom, prénom, date de naissance et nationalité de la requérante, mentionne notamment que l'intéressée a fait l'objet de décisions défavorables de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile, qu'elle n'apporte aucun élément nouveau de nature à établir la réalité des risques personnels qu'elle encourrait en cas de retour dans son pays d'origine au regard de l'article 3 de la convention européenne des droits de 1'homme, qu'elle se déclare mariée sans enfant à charge, que la requérante ne justifie d'aucun droit à se maintenir sur le territoire et qu'elle n'entre dans aucun cas d'attribution d'un titre de séjour en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, Mme B... n'est pas fondée à soutenir que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de sa situation ni qu'il n'aurait pas vérifié qu'elle pouvait demeurer en France à un autre titre. <br>
       3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". <br>
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       4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B... est entrée en France le 22 janvier 2017 avec son compagnon. La demande d'asile du couple a été rejetée par décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile. Mme B... n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, quand bien même ses parents, son frère et d'autres membres de sa famille bénéficient en France de la protection subsidiaire. Compte tenu de la durée et des conditions de séjour en France de la requérante, son compagnon étant également en situation irrégulière, le préfet n'a pas méconnu en édictant l'arrêté contesté les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
       5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". La requérante, qui produit des pièces justifiant qu'elle a été victime en Albanie d'un accident de la route impliquant un autre conducteur, ne justifie pas qu'elle encourrait des risques pour sa vie ou sa liberté en cas de retour dans son pays d'origine, quand bien même des membres de sa famille bénéficient de la protection subsidiaire. Le préfet n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en édictant la décision contestée. <br>
       6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 6 décembre 2017 du préfet de l'Hérault. Ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées. <br>
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D É C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A...B..., à Me C... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault. <br>
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       Délibéré après l'audience du 29 avril 2019, où siégeaient :<br>
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       - M. Bocquet, président,<br>
       - M. Marcovici, président assesseur,<br>
       - Mme Duran-Gottschalk, première conseillère. <br>
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       Lu en audience publique, le 20 mai 2019.<br>
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N° 18MA02805<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.