# Conseil d'Etat, 8 SS, du 15 octobre 2001, 220608, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008070608
**Date de décision:** 2001-10-15
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 8 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008070608

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 3 mai 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Y... Lamine X..., demeurant chez Mme Z..., ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat  :<br>    1°) d'annuler le jugement du 8 mars 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 28 octobre 1998 du préfet de Seine-Saint-Denis ordonnant sa reconduite à la frontière et fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit  ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté  ;<br>    3°) d'enjoindre au préfet de Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour  ;<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;<br>     Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - le rapport de M. Bereyziat, Auditeur,<br>    - les conclusions de Mme Mignon, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête  :<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants .. 3°) Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait"  ; que selon l'article 12 bis de la même ordonnance  : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit à 3°) A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant" ;<br>    Considérant qu'indépendamment de l'énumération faite par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il s'agisse d'un arrêté d'expulsion pris en dehors des cas d'urgence absolue ou de nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne peut légalement prendre une mesure de reconduite à la frontière à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour ; que, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;<br>    Considérant que M. X..., de nationalité sénégalaise, qui soutient que, résidant en France depuis 1982, il avait droit à la délivrance d'un titre de séjour, entend ainsi se prévaloir des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que par les pièces qu'il verse au dossier, il justifie qu'à la date à laquelle a été pris l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière, il résidait habituellement en France depuis plus de dix ans et pouvait donc prétendre de plein droit à la délivrance d'une carte de séjour en application des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que, par suite, le préfet de Seine-Saint-Denis ne pouvait sans méconnaître ces dispositions prendre à son encontre l'arrêté attaqué  ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 octobre 1998 du préfet de Seine-Saint-Denis ordonnant sa reconduite à la frontière  ;<br>Article 1er : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 8 mars 2000 et l'arrêté du 28 octobre 1998 par lequel le préfet de Seine-Saint-Denis a ordonné la reconduite à la frontière de M. X... sont annulés.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Y... Lamine X..., au préfet de Seine-Saint-Denis et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 1998-10-28,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25, art. 12 bis
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.