# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 20 février 1970, 68-14.414, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982196
**Date de décision:** 1970-02-20
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982196

## Contenu de la décision

SUR LE SECOND MOYEN : ATTENDU QUE DE L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE IL RESULTE QUE DEMOISELLE X... ET DAME Y... SONT PROPRIETAIRES INDIVISES, A SAINT-JULIEN-LES-MOREY, DE DEUX PARCELLES DE TERRE, D'UNE SUPERFICIE GLOBALE DE 1,5 HECTARE ENVIRON, LOUEES VERBALEMENT A MADIOT;<br>
<br>
 QU'UN ARRETE PREFECTORAL DU 13 JUIN 1966, PUBLIE LE 9 JUILLET 1966, A REDUIT DE 2 HECTARES A 1 HECTARE, LA SUPERFICIE MAXIMALE DES PARCELLES EXCLUES DU STATUT DU FERMAGE, ETANT INDIQUE QUE, POUR LES BAUX EN COURS LES DISPOSITIONS DE L'ARRETE &lt;&lt; NE SONT APPLICABLES QU'A L'EXPIRATION DE CES BAUX, DANS LES LIMITES DU PREAVIS &gt;&gt;;<br>
<br>
 QUE, LE 11 MAI 1967, LES BAILLERESSES ONT DONNE CONGE A MADIOT POUR LE 15 NOVEMBRE 1967, DATE D'EXPIRATION, SELON ELLES, DU BAIL ANNUEL;<br>
<br>
 QUE, SUR CONTESTATION DE CE CONGE PAR LE PRENEUR, LE TRIBUNAL PARITAIRE S'EST DECLARE INCOMPETENT, AU MOTIF QUE LE BAIL RELEVAIT TOUJOURS DU DROIT COMMUN;<br>
<br>
ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF AUDIT ARRET D'AVOIR DIT QUE LE TRIBUNAL PARITAIRE ETAIT COMPETENT, QUELLE QUE SOIT LA SUPERFICIE CONCERNEE ET MEME SI CELLE-CI ETAIT INFERIEURE &lt;&lt; AU MINIMUM &gt;&gt; PREVU PAR LES ARRETES PREFECTORAUX APPLICABLES EN L'ESPECE, ALORS, SELON LE POURVOI, QUE LE DECRET DU 22 DECEMBRE 1958 &lt;&lt; A FAIT DES TRIBUNAUX PARITAIRES DES TRIBUNAUX D'EXCEPTION DONT LA COMPETENCE N'EST PLUS EXCLUSIVE ET QUI, EN TOUT ETAT DE CAUSE, NE SAURAIENT CONNAITRE DES BAUX NON SOUMIS AU STATUT DU FERMAGE &gt;&gt;;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, QUI STATUAIT A LA FOIS SUR CONTREDIT ET SUR APPEL DU JUGEMENT ET DEVANT LAQUELLE TOUTES LES PARTIES AVAIENT CONCLU AU FOND, ETAIT COMPETENTE POUR DETERMINER LES REGLES APPLICABLES AU CONTRAT LITIGIEUX ET QUE LE MOYEN, QUI CRITIQUE DES MOTIFS SURABONDANTS DE L'ARRET, NE PEUT ETRE ACCUEILLI;<br>
<br>
REJETTE LE SECOND MOYEN;<br>
<br>
MAIS SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SA PREMIERE BRANCHE : VU LES ARTICLES 809 ET 839 DU CODE RURAL ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810;<br>
<br>
ATTENDU QU'EN VERTU DU PREMIER DE CES TEXTES DES ARRETES PREFECTORAUX FIXENT LA SUPERFICIE MAXIMALE DES PARCELLES DE TERRE QUI NE SONT PAS SOUMISES AU STATUT DU FERMAGE;<br>
<br>
ATTENDU QUE, POUR DECIDER QUE MADIOT DEVAIT BENEFICIER DU STATUT DU FERMAGE A L'EXPIRATION DU BAIL EN COURS, LORS DE LA &lt;&lt; PROMULGATION &gt;&gt; DE L'ARRETE PREFECTORAL DU 13 JUIN 1966, LES JUGES DU SECOND DEGRE ONT RETENU QUE &lt;&lt; QUELLE QUE SOIT LA DATE D'EXPIRATION DU BAIL CONSIDEREE : 11 NOVEMBRE 1966, 31 DECEMBRE 1966 OU 25 MARS 1967, DANS TOUS LES CAS CE CONGE N'ETAIT PAS ANTERIEUR DE SIX MOIS A L'UNE QUELCONQUE DE CES DATES &gt;&gt;, A PARTIR DESQUELLES ETAIT APPLICABLE L'ARRETE &lt;&lt; QUI A FAIT TOMBER LES PARCELLES LOUEES SOUS LE COUP DU STATUT DU FERMAGE &gt;&gt;;<br>
<br>
ATTENDU QU'EN S'ABSTENANT DE RECHERCHER QUELLE ETAIT LA DATE EXACTE D'EXPIRATION DU BAIL, ALORS QUE LES PROPRIETAIRES FAISAIENT VALOIR, DANS LEURS CONCLUSIONS, QU'ELLES NE DISPOSAIENT PLUS, AU MOMENT DE L'ENTREE EN VIGUEUR DE L'ARRETE PREFECTORAL, D'UN LAPS DE TEMPS SUFFISANT POUR DONNER CONGE, COMPTE TENU DU DELAI DE PREAVIS DE SIX MOIS, ET QUE LES DISPOSITIONS DE CET ARRETE NE POUVAIENT S'APPLIQUER QU'A L'EXPIRATION DU BAIL &lt;&lt; DANS LES LIMITES DU DELAI DE PREAVIS &gt;&gt;, SI CONGE N'AVAIT PAS ETE DELIVRE AUPARAVANT, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU D'EXAMINER LES AUTRES BRANCHES DU MOYEN : CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES, LE 1ER OCTOBRE 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE BESANCON;<br>
<br>
 REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET, ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE DIJON<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1966-10-10 Bulletin 1966 IV N. 856 (2) p. 712 (REJET) . CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1968-07-11 Bulletin 1968 III N. 340 p. 262 (REJET) ET LES ARRETS CITES<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Une Cour d'appel, statuant à la fois sur contredit et sur appel du jugement d'un tribunal paritaire, est compétente pour déterminer les règles applicables à un bail, dès lors que toutes les parties ont conclu au fond.,En présence d'un arrêté préfectoral réduisant la superficie maximum des parcelles soumises au statut du fermage, et précisant que pour les baux en cours, les dispositions de l'arrêté ne seraient applicables "qu'à l'expiration de ces baux, dans les limites du préavis", n'est pas légalement justifiée la décision qui s'abstient de rechercher la date exacte d'expiration du bail, alors que les propriétaires faisaient valoir, dans leurs conclusions, qu'ils ne disposaient plus, au moment de l'entrée en vigueur de cet arrêté, d'un laps de temps suffisant pour donner congé, compte tenu du délai de préavis de six mois.
**Mots-clés:** 1) COMPETENCE - Compétence d'attribution - Cour d'appel - Plénitude de Juridiction - Contredit et appel d'un jugement paritaire.,2) BAUX RURAUX - Bail à ferme - Statut du fermage - Portée - Superficie maxima - Arrêté préfectoral - Modification en cours de bail - Nouvel arrêté - Applicabilité à l'expiration des baux dans la limite du préavis - Effet.,* LOIS ET REGLEMENTS - Arrêté - Arrêté préfectoral - Bail à ferme - Arrêté réduisant la superficie des parcelles soumises au statut du fermage.