# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 28 février 1962, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006959316
**Date de décision:** 1962-02-28
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006959316

## Contenu de la décision

SUR LE DEUXIEME MOYEN QUI EST PREALABLE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 23 LIVRE 1ER DU CODE DU TRAVAIL ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ;<br>
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 DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE ;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF AU JUGEMENT ATTAQUE D'AVOIR CONDAMNE LA SOCIETE S.C.O.B.A A PAYER UNE INDEMNITE DE PREAVIS A SON CHAUFFEUR MEAUDRE, QU'ELLE AVAIT LICENCIE SUR LE CHAMP, TOUT EN RECONNAISSANT QUE CE DERNIER AVAIT COMMIS UNE FAUTE, AU MOTIF QUE LA FAUTE N'AVAIT PAS REVETU UN CARACTERE DE GRAVITE SUFFISANT POUR LE PRIVER DE CETTE INDEMNITE ;<br>
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 ALORS QUE LE COMPORTEMENT DE MEAUDRE ETAIT INCONTESTABLEMENT CONSTITUTIF D'UNE FAUTE GRAVE ;<br>
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 ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE LE JUGEMENT ATTAQUE NE S'EST PAS EXPLIQUE SUR L'UN DES DEUX GRIEFS FORMULES CONTRE MEAUDRE ET DE NATURE, AJOUTE A L'AUTRE, A CONFERER AU MANQUEMENT DE CE SALARIE UN CARACTERE SUFFISANT DE GRAVITE POUR LE PRIVER DE TOUT DROIT A PREAVIS ;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LE JUGEMENT CONSTATE QUE MEAUDRE AVAIT EU UN GRAVE ACCIDENT AVEC SON CAMION, ALORS QU'IL SE TROUVAIT EN DEHORS DU TRAJET QU'IL AURAIT DU NORMALEMENT SUIVRE ET QU'IL AURAIT DU PREVENIR PLUS TOT SON EMPLOYEUR DE CET ACCIDENT, QUE LA RESPONSABILITE DE MEAUDRE NE POUVAIT ETRE RETENUE POUR LA MATERIALITE DE L'ACCIDENT, LA CHAUSSEE AYANT CEDE SOUS LE POIDS DU CAMION ;<br>
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 QUE LES JUGES DU FOND ONT PU DEDUIRE DE CES CONSTATATIONS QUE SI MEAUDRE AVAIT COMMIS UNE FAUTE, CETTE FAUTE NE REVETAIT PAS UN CARACTERE DE GRAVITE TELLE QU'ELLE ENTRAINAIT LA SUPPRESSION DU PREAVIS ;<br>
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 QU'ILS ONT AINSI EXAMINE LES DEUX GRIEFS DE DETOURNEMENT DE TRAJET ET DE RETARD A EN RENDRE COMPTE FORMULES CONTRE MEAUDRE ET DONNE UNE BASE LEGALE A LEUR DECISION ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE SECOND MOYEN. MAIS SUR LE PREMIER MOYEN : VU L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 ;<br>
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 ATTENDU QU'APRES AVOIR CONSTATE QUE DANS LE LITIGE OPPOSANT MEAUDRE, CHAUFFEUR DE CAMION, LICENCIE APRES MOINS DE SIX MOIS DE SERVICE, A SON EMPLOYEUR, LA SOCIETE S.C.O.B.A. TRAVAUX PUBLICS, CETTE DERNIERE, POUR RESISTER A LA DEMANDE DE PAYEMENT D'UN PREAVIS D'UN MOIS, A SOUTENU QUE LE CONTRAT DE TRAVAIL ETAIT REGI PAR L'ACCORD NATIONAL DU BATIMENT DU 21 OCTOBRE 1955 PREVOYANT UN PREAVIS D'UN JOUR, LE JUGEMENT ATTAQUE A CONDAMNE LA SOCIETE SUSNOMMEE A PAYER A MEAUDRE UN PREAVIS CALCULE DE HUIT JOURS, EN SE BORNANT A AFFIRMER QUE LE PREAVIS DOIT ETRE CELUI FIXE PAR LA CONVENTION COLLECTIVE DES TRANSPORTS ;<br>
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 QU'EN STATUANT AINSI, ALORS QU'IL N'EST PAS ETABLI QUE MEAUDRE SE SOIT PREVALU DE LADITE CONVENTION, ET ALORS QU'ILS N'ONT DONNE AUCUNE RAISON DU REFUS D'APPLICATION DE L'ACCORD NATIONAL DU BATIMENT AUQUEL SE REFERAIT LA SOCIETE S.C.O.B.A. TRAVAUX PUBLICS, LES JUGES DU FOND N'ONT PAS DONNE DE BASE LEGALE A LEUR DECISION ;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT SUR LA DUREE DU PREAVIS, LA DECISION RENDUE LE 27 OCTOBRE 1960, PAR LE CONSEIL DE PRUD'HOMMES DE SAINT-ETIENNE ;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LADITE DECISION, ET POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LE CONSEIL DE PRUD'HOMMES DE FIRMINY. NO 61-40.161. SOCIETE S.C.O.B.A. C/ MEAUDRE. PRESIDENT : M. VERDIER. - RAPPORTEUR : M. BAULET. - AVOCAT GENERAL : M. LINDON. - AVOCAT : M. DE SEGOGNE.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** CASSATION PARTIELLE
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° LES JUGES DU FOND PEUVENT ESTIMER QUE LE CHAUFFEUR D'UN CAMION ACCIDENTE PAR SUITE DE L'EFFONDREMENT DE LA CHAUSSEE, N'AVAIT PAS COMMIS UNE FAUTE SUFFISAMMENT GRAVE POUR ETRE PRIVE DU PREAVIS, BIEN QU'IL SE FUT DETOURNE DE SON ITINERAIRE NORMAL ET N'EUT PREVENU SON EMPLOYEUR QU'AVEC RETARD,2° NE DONNENT PAS DE BASE LEGALE A LEUR DECISION LES JUGES DU FOND QUI ACCORDENT A UN CHAUFFEUR DE CAMION D'UNE ENTREPRISE DE TRAVAUX PUBLICS LE PREAVIS FIXE PAR LA CONVENTION COLLECTIVE DES TRANSPORTS, SANS QU'IL SOIT ETABLI QUE LE SALARIE SE SOIT PREVALU DE CETTE CONVENTION ET SANS JUSTIFIER LE REFUS D'APPLICATION DE L'ACCORD NATIONAL DU BATIMENT INVOQUE PAR L'EMPLOYEUR, QUI PREVOYAIT UN PREAVIS DE MOINDRE DUREE
**Mots-clés:** 1° CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - INDEMNITES - DELAI-CONGE - FAUTE DU SALARIE - GRAVITE - CHAUFFEUR DE CAMION - ACCIDENT SURVENU AU COURS D'UN DETOURNEMENT DE TRAJET - RETARD A RENDRE COMPTE,2° CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - DELAI-CONGE - DUREE - CONVENTIONS COLLECTIVES - CHAUFFEUR DE CAMION D'UNE ENTREPRISE DE TRAVAUX PUBLICS - CONVENTION COLLECTIVE APPLICABLE - CONSTATATIONS NECESSAIRES