# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 8 mars 2006, 274616, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008222582
**Date de décision:** 2006-03-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008222582

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 26 novembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat d'annuler le jugement du 20 octobre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 21 septembre 2004 décidant la reconduite à la frontière de Mme Naïma A, épouse B  ;
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              Vu les autres pièces du dossier  ;
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945  ;
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              Vu le code de justice administrative  ;
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              Après avoir entendu en séance publique  :
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              - le rapport de M. Francis Girault, Maître des Requêtes,  
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              - les observations de Me Luc-Thaler, avocat de Mme A, 
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              - les conclusions de M. Nicolas Boulouis, Commissaire du gouvernement  ;
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<br>Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 alors en vigueur  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : ()3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait()  ; qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A épouse B, ressortissante marocaine, entrée selon ses dires sur le territoire national en mars 1998, s'y est maintenue plus d'un mois à compter de la notification , le 7 juillet 2004, de l'arrêté par lequel le PREFET DE POLICE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour  ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas où le préfet peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger  ;
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              Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme A épouse B a fait valoir qu'elle s'est mariée le 1er septembre 2003 avec M. B, ressortissant portugais, et qu'elle était à la date de l'arrêté, enceinte de 2 mois  ; que, toutefois, alors que la durée de séjour en France de l'intéressée n'est pas établie et du fait du caractère récent de son mariage, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, cet arrêté n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; que c'est, dés lors, à tort que, pour annuler l'arrêté attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris, retenant l'unique moyen de la demande, s'est fondé sur ce qu'il méconnaissait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à demander l'annulation du jugement du 20 octobre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 21 septembre 2004 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme A épouse B  ;
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<br>				D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 20 octobre 2004 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.
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Article 2  : La demande présentée par Mme A, épouse B, devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.
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Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE et à Mme Naïma A, épouse B.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**