# Conseil d'Etat, 7 / 9 SSR, du 14 mars 1990, 80202, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007625450
**Date de décision:** 1990-03-14
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7 / 9 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007625450

## Contenu de la décision

<br>     Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat les 10 juillet 1986 et 5 novembre 1986, présentés pour la SOCIETE PANAGEST, dont le siège est 16, avenidad Central, Panama City ; la SOCIETE PANAGEST demande que le Conseil d'Etat : <br>    1°) annule le jugement du 12 mai 1986 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande en décharge de l'impôt sur les sociétés auquel elle a été assujettie au titre des années 1977, 1978, 1979 et 1980 ;<br>    2°) lui accorde la décharge des impositions contestées ;<br>     Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu le code général des impôts ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Turquet de Beauregard, Conseiller d'Etat,<br>    - les observations de Me Ricard, avocat de la SOCIETE PANAGEST,<br>    - les conclusions de M. Fouquet, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>     Sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée à la demande de première instance :<br>    Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 209-A du code général des impôts dans sa rédaction applicable en l'espèce : "si une personne morale dont le siège est situé hors de France a la disposition d'une ou plusieurs propriétés immobilières situées en France ou en concède la jouissance gratuitement ou moyennant un loyer inférieur à la valeur locative réelle elle est soumise à l'impôt sur les sociétés sur une base qui ne peut être inférieure à trois fois la valeur locative réelle de cette ou de ces propriétés ..." ; qu'il ressort des termes mêmes de ces dispositions que, contrairement à ce que soutient la société requérante, leur application n'est subordonnée ni à la condition que la personne morale étrangère soit propriétaire de l'immeuble dont elle a la disposition, ni que le propriétaire de cet immeuble soit domicilié à l'étranger ;<br>    Considérant qu'il est constant que la SOCIETE PANAGEST, société financière dont le siège est à Panama, a eu pendant les années 1977 à 1980 la disposition du bâtiment principal, à usage de résidence, d'un domaine d'une vingtaine d'hectares situé près de Grasse (Alpes-Maritime) appartenant à la société civile immobilière propriétaire de ce domaine dont elle possède d'ailleurs 98,75 % des parts ; qu'il résulte de l'instruction que cette résidence ne constituait pas, en raison de ses caractéristiques et de sa consistance, un élément indissociable des terres à vocation agricole de ce domaine ; que la société requérante n'allègue d'ailleurs pas que l'usage qu'elle a fait de cette résidence pendant les années dont s'agit aurait été déterminé par les besoins de l'exploitation des terres du domaine ; qu'ainsi, et quel que soit par ailleurs le régime d'imposition applicable aux revenus qu la société civile immobilière a pu tirer de l'exploitation de ces terres, la SOCIETE PANAGEST entrait, pour ce qui concerne le bâtiment en cause, dans le champ d'application de l'article 209 A du code général des impôts ;<br>
<br>    Considérant, en second lieu, que l'article 15-II du code général des impôts concerne non l'impôt sur les sociétés mais l'impôt sur le revenu ; que, dès lors, la société requérante ne peut, en tout état de cause, se prévaloir utilement de l'interprétation qu'en a donné, en ce qui concerne les logements mis gratuitement par une société immobilière à la disposition de ses membres, l'instruction publiée du 27 janvier 1976 ;<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande en décharge de l'impôt sur les sociétés auquel elle a été assujettie au titre des années 1977, 1978, 1979 et 1980 ; <br>Article 1er : La requête susvisée de la SOCIETE PANAGEST est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SOCIETE PANAGEST et au ministre délégué auprès du ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et du budget, chargé du budget.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** CGI 209 A, 15 par. II
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-04-01-04 CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES PROPRES AUX DIVERS IMPOTS - IMPOT SUR LES BENEFICES DES SOCIETES ET AUTRES PERSONNES MORALES