# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 28 avril 2004, 260584, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008196537
**Date de décision:** 2004-04-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008196537

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 26 septembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Khadija X demeurant ...  ; Mme X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 28 août 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif  de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2003 par lequel le préfet du Gard a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification de la présente décision sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard  ;
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                4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 18 avril 2003, de la décision du préfet du Gard du 17 avril 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant que l'arrêté du 28 juillet 2003, par lequel le préfet du Gard a décidé la reconduite à la frontière de Mme X, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement  ; qu'il est ainsi suffisamment motivé  ;
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                Sur l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour  :
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                Considérant que la décision du 17 avril 2003 par laquelle le préfet du Gard a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme X comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement  ; qu'il ne ressort pas des  pièces du dossier que le préfet du Gard se soit abstenu, avant de prendre cette décision, d'examiner comme il lui appartenait de le faire en application des dispositions de  l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, si son refus portait à la vie familiale de Mme X une atteinte disproportionnée  ; que ladite décision est ainsi suffisamment motivée  ;
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                Considérant que si Mme X fait valoir qu'elle a deux soeurs qui résident régulièrement sur le territoire national et que son fils est scolarisé en France depuis 2001, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions du séjour de Mme X en France, laquelle ne démontre pas être dépourvue d'attaches familiales au Maroc, la décision de lui refuser un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise  ; que par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Gard ne pouvait légalement prendre à son encontre la décision contestée sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée du 2 novembre 1945 ne peut qu'être écarté  ; 
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                Sur les autres moyens  :
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                Considérant, pour les raisons exposées ci-dessus, et alors même que Mme X fait valoir qu'elle dispose d'un logement et d'une promesse d'embauche et qu'elle est bien intégrée à la société française, que le préfet du Gard, en prenant une mesure de reconduite à la frontière à son encontre, n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée et n'a méconnu ni les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction   :
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                Considérant que la présente décision, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme X n'appelle aucune mesure d'exécution  ; que par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de régulariser sa situation administrative ne peuvent qu'être rejetées  ;
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                Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                	Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à Mme X la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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<br>			D E C I D E  :
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 Article 1er  : La requête de Mme X est rejetée.
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 Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Khadija X, au préfet du Gard et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**