# Cour administrative d'appel de Marseille, 6ème chambre - formation à 3, du 6 décembre 2004, 01MA00902, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007588455
**Date de décision:** 2004-12-06
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Marseille
**Formation:** 6EME CHAMBRE - FORMATION A 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007588455

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille le 17 avril 2001, sous le n° 01MA00902, présentée par la COMMUNE DE ROUGON, représentée par son maire en exercice domicilié ès qualités en l'Hôtel de Ville  ;
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     La commune demande à la Cour  :
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     1°/ d'annuler le jugement du Tribunal administratif de Marseille en date du 6 février 2001, qui a annulé l'arrêté municipal N° 68 du 31 juillet 2000 par lequel le maire de Rougon a interdit la pratique de l'escalade et du  base-jump  sur tout le domaine privé de la commune et pour toute l'année  ;
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     2°/ de condamner l'Etat et chacune des associations et fédérations intimées à lui verser 15.000 F en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative  ;
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Vu le code général des collectivités territoriales  ;
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Vu le code civil  ;
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     Vu le code de justice administrative  ;
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Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience  ;
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Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 novembre 2004  :
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- le rapport de M. Chavant, premier conseiller,
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- les observations de M. Roussel, président du Club alpin français Marseille-Provence,
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- et les conclusions de M. Firmin, commissaire du gouvernement.
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Sur la compétence de la juridiction administrative  :
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     Considérant que par arrêté du 31 juillet 2000, le maire de Rougon (Alpes de Haute Provence) a interdit sur le domaine privé communal la pratique de l'escalade et du  base-jump  toute l'année  ; que cette mesure réglementaire de police constitue un acte détachable de la gestion du domaine privé communal  ; que, par suite, le juge administratif est compétent pour en apprécier la légalité  ;
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Sur l'intérêt pour agir des associations intéressées  :
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     Considérant que si la COMMUNE DE ROUGON conteste l'intérêt pour agir des associations requérantes en première instance, à l'exception de l'Association  Lei Lagramusas  sise à la Palud- sur-Verdon, il résulte de l'instruction que ces associations organisent, parfois à la demande des pouvoirs publics, des stages de formation et la pratique de l'escalade dans les gorges du Verdon, y compris sur le territoire de la COMMUNE DE ROUGON  ; qu'elles ont ainsi vocation à contester les limitations que les administrations sont susceptibles d'imposer à l'exercice de ce sport  ; que, par suite, elles justifient d'un intérêt pour agir en justice dans la présente affaire  ;
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     Sur la légalité de l'arrêté municipal  :
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     Considérant que l'arrêté du maire de Rougon du 31 juillet 2000 constitue une mesure de police administrative et qu'à ce titre elle devait être motivée  ; qu'il appartient au juge administratif d'apprécier si les limitations à l'exercice des libertés publiques qu'elle implique sont justifiées au regard de l'intérêt général et au regard de la protection du domaine privé communal  ; qu'en l'espèce, l'interdiction de la pratique de l'escalade toute l'année, sur l'ensemble du domaine privé communal - lequel n'est d'ailleurs pas délimité de façon précise - présente un caractère général et absolu qui excède les besoins de la conciliation nécessaire à opérer entre le respect de la liberté individuelle et les contraintes d'intérêt général  ; que, par suite, l'arrêté municipal N° 68 du 31 juillet 2000 est entaché d'illégalité et doit être annulé  ;
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     Sur les conclusions en appel incident  :
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     Considérant que la Fédération française de la montagne et de l'escalade, la Fédération française des clubs alpins français, l'Association club alpin d'Ile de France, l'Association Club alpin français de Marseille-Provence, l'Association club alpin français de Cannes Côte-d'azur, l'association Lei Lagramusas, ont formé un appel incident à l'encontre du jugement du Tribunal administratif de Marseille du 6 février 2001, en ce qu'il ne s'est pas prononcé sur la domanialité publique des gorges du Verdon dans leur ensemble  ;
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Mais considérant qu'il n'appartient pas à la juridiction administrative de procéder à des déclarations de droits  ; que, dès lors, les conclusions susmentionnées présentées à cette fin sont irrecevables et doivent être rejetées  ;
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Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative  :
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     Considérant que ces dispositions font obstacle aux conclusions de la COMMUNE DE ROUGON, partie perdante, tendant à la condamnation des associations intimées aux frais irrépétibles  ;
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Considérant que dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la COMMUNE DE ROUGON à verser aux associations incriminées une somme globale de 1.200 euros au titre des frais irrépétibles  ;
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     D E C I D E  :
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     Article 1er  : La requête présentée par la COMMUNE DE ROUGON est rejetée.
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Article 2  : La COMMUNE DE ROUGON est condamnée à verser une somme globale de 1.200 euros aux associations intimées.
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Article 3  : Le surplus des conclusions de l'appel incident formé par la Fédération française de la montagne et de l'escalade et autres est rejeté.
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Article 4  : Le présent arrêt sera notifié à la COMMUNE DE ROUGON, au ministre de l'écologie et du développement durable, à la Fédération française de la montagne et de l'escalade, à la Fédération française des clubs alpins français, à l'Association club alpin de l'Ile de France, à l'Association club alpin français de Marseille-Provence, à l'Association club alpin français de Cannes Côte d'Azur, à l'Association Lei Lagramusas.
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     Copie en sera adressée au préfet des Alpes de Haute-Provence.
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N° 01MA00902		3
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**