# Conseil d'Etat, Président de la Section du Contentieux, du 21 mai 2003, 248220, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008140028
**Date de décision:** 2003-05-21
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008140028

## Contenu de la décision

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                Vu la requête enregistrée le 27 juin 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Ahmed X, ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 16 mai 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Aude du 13 mai 2002 ordonnant sa reconduite à la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'ordonner qu'il soit sursis à l'exécution du jugement attaqué  ;
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                4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 800 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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		   Vu les autres pièces du dossier  ;	
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     		   Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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     		    Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;	
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     		    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Stahl, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sur la recevabilité de la demande de 1ère instance  :
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X a régularisé le défaut de signature de sa requête introductive d'instance  ; qu'il suit de là que sa demande présentée devant le tribunal administratif de Montpellier était recevable  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 2° Si l'étranger s'est maintenu sur le territoire au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation de visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré ...  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la période de validité de son visa  ; que, par suite, M. X entrait dans le cas visé au 2° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; 
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                Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête  :
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                Considérant qu'à la date à laquelle a été pris l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière, M. X résidait depuis un an en France et avait épousé, près de quatre mois avant l'intervention de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet, une ressortissante française dont il attendait un enfant  ; que, dans ces circonstances, l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris  ; qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant, par suite, que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. X la somme de 800 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 16 mai 2002 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier et l'arrêté du préfet de l'Aube en date du 13 mai 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X sont annulés.
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Article 2  : L'Etat est condamné à payer à M. X la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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Article 3  : La présente décision sera notifiée à M. Ahmed X, au préfet de l'Aude et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**