# Cour Administrative d'Appel de Paris, 7éme chambre , 12/02/2010, 08PA06373, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021879862
**Date de décision:** 2010-02-12
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** 7éme chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021879862

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 24 décembre 2008, présentée pour M. Saïd A, demeurant chez M. B ...), par Me Boudjellal ; M. A demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement n°0814611/5-2 en date du 20 novembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 12 juin 2008 refusant de lui délivrer un certificat de résidence, l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de renvoi ;<br>
       2°) d'annuler ledit arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier desquelles il ressort que le préfet de police, régulièrement saisi par courrier du 26 janvier 2009, n'a pas produit de mémoire en défense ;<br>
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        Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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        Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 janvier 2010 :<br>
- le rapport de M. Ladreit de Lacharrière, rapporteur ;<br>
- les conclusions de Mme Larere, rapporteur public ;<br>
- et les observations de Me Boudjellal pour M. A ;<br>
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      Considérant que M. A, de nationalité algérienne, a sollicité, le 14 mai 2008, auprès du préfet de police, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; que par un arrêté en date du 12 juin 2008, le préfet de police a opposé un refus à sa demande de titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français ; que M. A relève appel du jugement du 20 novembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire :<br>
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       Considérant, en premier lieu, que, contrairement à ce que soutient M. A, il ressort des pièces du dossier que la décision querellée portant refus de séjour comporte l'exposé des motifs de fait et de droit qui en constituent le fondement et que le préfet s'est livré à un examen particulier de sa situation personnelle ; que, par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision querellée ne peut qu'être écarté ;<br>
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       Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien modifié :  Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention  salarié  ; cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française (...)  ;<br>
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       Considérant que si M. A se prévaut des stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait demandé au préfet de police la délivrance d'un titre de séjour portant la mention  salarié  ; que, par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a méconnu les dispositions précitées de l'article 7 de l'accord franco-algérien précité ;<br>
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       Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales:  1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  (...) Le certificat de résidence d'un an portant la mention  vie privée et familiale  est délivré de plein droit : 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus  ;<br>
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       Considérant que M. A fait valoir que le centre de ses intérêts se trouve désormais en France où il vit depuis 2002 avec son épouse et ses deux enfants, qu'il est parfaitement intégré, qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et que certains membres de sa famille et de sa belle-famille vivent en France en situation régulière ou sont même de nationalité française ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des conditions d'entrée et de séjour en France du requérant et du fait que M. A ne justifie ni de la perte de ses attaches dans son pays d'origine, où il peut reconstituer sa cellule familiale avec son épouse qui séjourne également en situation irrégulière sur le territoire français, ni de son lien de parenté avec les personnes qu'il présente comme étant des membres de sa famille, l'arrêté attaqué n'a pas porté, au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a donc méconnu ni les stipulations précitées de l'article 6-5) de l'accord franco-algérien ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que l'arrêté attaqué n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des mesures qu'il contient sur la situation de M. A  ;<br>
       Considérant enfin qu'aux termes de l'article 3-1° de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990 :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant ;<br>
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       Considérant que M. A fait valoir que ses deux enfants vivent en France et que l'un d'eux, né le 20 juillet 1991, est scolarisé et pourra être régularisé de plein droit à sa majorité ; que, toutefois, ces circonstances ne suffisent pas à établir que l'intérêt supérieur de l'enfant n'a pas été pris en compte par le préfet de police ; qu'il n'est pas davantage établi que M. A serait dans l'impossibilité de poursuivre sa vie familiale hors de France avec son épouse et son fils C ; qu'il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1° de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 doit être écarté ; <br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions présentées par M. A en vue de l'annulation de l'arrêté du 12 juin 2008 refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions ci-dessus analysées doivent être rejetées ;<br>
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       Sur les conclusions de M. A tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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N° 08PA06373<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**