# Cour administrative d'appel de Douai, 3e chambre - formation à 3 (bis), 27/02/2014, 12DA01322, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028662798
**Date de décision:** 2014-02-27
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Douai
**Formation:** 3e chambre - formation à 3 (bis)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028662798

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 28 août 2012, présentée pour M. C... A..., demeurant..., par Me B...D... ; M. A...demande à la cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 1202821 du 6 juillet 2012 par lequel le tribunal administratif  de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 mars 2012 du préfet du Nord refusant de lui renouveler son titre de séjour " étudiant ", lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant la Mauritanie comme pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;<br>
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       2°) d'annuler ces décisions ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard, dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le même délai sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ; <br>
       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;<br>
       Vu la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;<br>
	Vu la convention relative à la circulation et au séjour des personnes entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République islamique de Mauritanie signée le 1er octobre 1992 ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; <br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Vu la décision du président de la formation de jugement dispensant le rapporteur public, sur sa proposition, d'exposer à l'audience ses conclusions ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
- le rapport de M. Jean-Jacques Gauthé, premier conseiller ;<br>
       1. Considérant qu'aux termes de l'article L. 111-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent code régit l'entrée et le séjour des étrangers en France (...). Ses dispositions s'appliquent sous réserve des conventions internationales (...) " ; qu'aux termes de l'article L. 313-7 du même code : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention "étudiant". (...) " ; que l'article 9 de la convention franco-mauritanienne du 1er octobre 1992 susvisé stipule que " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures (...) sur le territoire de l'autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de pré-inscription dans l'établissement d'enseignement choisi (...), ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention "étudiant". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. (...) " ; qu'aux termes de l'article 13 de la même convention : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation respective des deux Etats sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord " ;<br>
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       2. Considérant que lorsqu'il constate que la décision attaquée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée ;<br>
       3. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande de M. A... de sa carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant, le préfet du Nord s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que les stipulations précitées de l'article 9 de la convention franco-mauritanienne régissent de manière complète la délivrance de ce titre de séjour aux ressortissants mauritaniens ; que ce fondement légal qui ne prive l'intéressé d'aucune garantie dont est assortie son application et à l'égard duquel l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation peut être substitué au fondement erroné retenu par le préfet ;<br>
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       4. Considérant que l'arrêté du 27 mars 2012 du préfet du Nord refusant de renouveler le titre de séjour de M. A...portant la mention " étudiant " comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde ; que, par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté ;<br>
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       5. Considérant que M. A...qui produit des bulletins de salaire faisant apparaître des montants mensuels variant de 135 à 298 euros, n'établit pas la réalité de versements de son garant financier ni la réalité d'un emploi en qualité de vendeur ; qu'en application des stipulations précitées de l'article 9 de la convention franco-mauritanienne, le préfet a pu, sans erreur manifeste d'appréciation,  refuser à M. A... le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " à raison de moyens d'existence insuffisants ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de M.A..., ou se serait abstenu d'un examen particulier de sa situation personnelle ;  <br>
	6. Considérant que, selon les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger relevant d'une catégorie visée par ce texte lorsque notamment la délivrance ou le renouvellement du titre de séjour sollicité lui a été refusé ou que ce titre lui a été retiré ; que l'article R. 313-13 du même code prévoit également que : " En cas de refus de délivrance de tout titre de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire français " ; qu'il s'ensuit que l'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour ne peut, du fait même de l'accomplissement de cette démarche tendant à son maintien en France, ignorer qu'en cas de refus, il ne peut légalement se maintenir sur le territoire français, qu'il doit en principe prendre l'initiative de quitter le territoire et qu'il est également susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ; qu'il est ainsi mis à même, pendant la procédure d'instruction de sa demande de titre de séjour, s'il l'estime utile, de présenter tous éléments d'information ou arguments de nature à influer sur le contenu des décisions administratives concernant non seulement son droit au séjour en France, mais aussi son possible éloignement du territoire français ; qu'il n'a pas alors à attendre que l'autorité administrative prenne l'initiative de l'informer expressément qu'en cas de rejet de sa demande de titre de séjour, il serait susceptible d'être contraint de quitter le territoire français, en l'invitant à formuler ses observations sur cette éventualité ; que, dans ces conditions, en s'abstenant de procéder à une telle information préalable, le préfet qui assortit son refus de titre de séjour d'une obligation de quitter le territoire français, ne méconnaît pas de ce seul fait le droit de l'étranger, qui est au nombre des principes fondamentaux du droit de l'Union et qui a été rappelé par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union, d'être entendu préalablement à cette mesure ; qu'en outre, et dans l'hypothèse où il aurait été porté atteinte dans une situation donnée au droit d'être entendu ainsi reconnu aux étrangers par le droit de l'Union, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne (10 septembre 2013, aff. n° C-383/13) qu'il appartient au juge national chargé de l'appréciation de la légalité de la décision affectée de ce vice d'apprécier dans chaque cas d'espèce si cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que la procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent ;<br>
	7. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A...qui a sollicité le renouvellement de son titre de séjour a été reçu à la préfecture du Nord le 13 février 2012  ; qu'il lui a été demandé de justifier d'un complément de ressources et qu'il a été informé qu'il disposait d'un délai d'un mois pour fournir les documents en établissant la réalité ; qu'il a donc été mis à même de faire valoir, avant l'intervention de l'arrêté qui lui a refusé la délivrance d'un tel titre et lui a fait obligation de quitter le territoire français, tous éléments d'information ou arguments de nature à influer sur le contenu de ces mesures ; qu'il n'invoque aucun autre élément de nature à établir que son droit à être entendu aurait été méconnu ; que, par suite, il n'est pas fondé à  soutenir que cette garantie, telle qu'elle est consacrée par le droit de l'Union, a été méconnue ;<br>
       8. Considérant que la décision du préfet du Nord faisant obligation à M. A...de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
       9. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A...n'est pas fondé à se plaindre que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande ; que doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
DÉCIDE :<br>
       Article 1er : La requête de M. A...est rejetée.<br>
       Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C...A...et au ministre de l'intérieur.<br>
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       Copie sera adressée au préfet du Nord.<br>
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N°12DA01322<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.