# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 24 mars 1969, 68-91.047, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007057467
**Date de décision:** 1969-03-24
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007057467

## Contenu de la décision

CASSATION 2 SUR LE POURVOI DE X... (SERGE), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE DIJON, DU 27 FEVRIER 1968, QUI L'A CONDAMNE A DES REPARATIONS CIVILES DANS LES POURSUITES EXERCEES CONTRE LUI DU CHEF DE BLESSURES INVOLONTAIRES SUR LA PERSONNE DE Y... (PAUL) LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE;<br>
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 SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1382 ET SUIVANTS DU CODE CIVIL, 470 ET SUIVANTS DU CODE DE SECURITE SOCIALE, R 127 DU CODE DE LA ROUTE DU 15 DECEMBRE 1958, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT ET CONTRADICTION DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, REFORMANT LA DECISION DES PREMIERS JUGES, A ALLOUE A Y..., EN REPARATION DE L'INCAPACITE PERMANENTE PARTIELLE NEE DE L'ACCIDENT, UNE INDEMNITE DE 24700 FRANCS (PREJUDICE D'AGREMENT INCLUS PENDANT DEUX ANS) ET A AJOUTE A CETTE INDEMNITE UNE RENTE MENSUELLE DE 500 FRANCS SUSCEPTIBLE DE DEVENIR PERMANENTE ET VIAGERE APRES DEUX ANS DE VERSEMENTS;<br>
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 "ALORS QUE CETTE DERNIERE INDEMNITE FAIT, AU MOINS PARTIELLEMENT, DOUBLE EMPLOI AVEC L'INDEMNITE POUR INCAPACITE PERMANENTE AU TAUX DE 15% EN RELATION DIRECTE AVEC LE RETRAIT DE PERMIS DE POIDS LOURDS MOTIVANT CETTE RENTE MENSUELLE DE 500 FRANCS, DONT RIEN, PAR AILLEURS NE JUSTIFIE LE CARACTERE VIAGER EU EGARD AU CARACTERE TOUJOURS TEMPORAIRE DU PERMIS "POIDS LOURDS";<br>
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 VU LESDITS ARTICLES;<br>
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 ATTENDU QUE SI LES JUGES DU FAIT, SAUF DISPOSITIONS CONTRAIRES DE LA LOI, APPRECIENT SOUVERAINEMENT, DANS LES LIMITES DE LA DEMANDE, LE MODE ET L'ETENDUE DE LA REPARATION DU DOMMAGE RESULTANT DE L'INFRACTION, LA DETTE INDEMNITAIRE DONT EST TENU L'AUTEUR RESPONSABLE EST DEFINITIVEMENT FIXEE AU JOUR DE LA DECISION QUI LA DETERMINE, EN CONSIDERATION DU PREJUDICE ACTUEL, DIRECT ET CERTAIN CAUSE PAR LE FAIT DOMMAGEABLE;<br>
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ATTENDU QU'APRES AVOIR FIXE A 41338,43 FRANCS LE PREJUDICE GLOBAL DONT X..., RECONNU COUPABLE DE BLESSURES INVOLONTAIRES SUR LA PERSONNE DE Y..., DOIT ASSURER L'ENTIERE REPARATION, L'ARRET ATTAQUE A, EN OUTRE, CONDAMNE LE DEMANDEUR AU PAYEMENT D'UNE RENTE ANNUELLE DE 6000 FRANCS PENDANT DEUX ANS, EN COMPENSATION DES PERTES DE SALAIRE RESULTANT POUR LA VICTIME, ALORS AGEE DE 45 ANS, DU RETRAIT TEMPORAIRE DE SON PERMIS DE CONDUIRE LES VEHICULES AUTOMOBILES DE LA CATEGORIE C, ETANT SPECIFIE QUE, SI Y... N'A PAS RECOUVRE CE PERMIS A LA DATE DU 16 NOVEMBRE 1969, IL POURRA FAIRE TRANSFORMER LADITE RENTE EN RENTE VIAGERE, CAPITALISABLE A LA DEMANDE DE CHACUNE DES PARTIES;<br>
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 ATTENDU QUE, SI LES JUGES ETAIENT LIBRES DE DECIDER QU'UNE RENTE CONSTITUAIT LE MODE D'INDEMNISATION LE PLUS ADEQUAT D'UN DES CHEFS DU DOMMAGE, ILS N'ONT PU, SANS VIOLER LES TEXTES VISES AU MOYEN, FAIRE DEPENDRE LE SERVICE DE CETTE RENTE DE CIRCONSTANCES EVENTUELLES ET HYPOTHETIQUES, ALORS, D'AILLEURS, QUE L'ARTICLE R 127 DU CODE DE LA ROUTE SUBORDONNE LA VALIDITE DU PERMIS DE CONDUIRE LES VEHICULES DE LA CATEGORIE C A DES EXAMENS MEDICAUX AUXQUELS LE CONDUCTEUR EST SOUMIS TOUS LES CINQ ANS DE LA 45E A LA 60E ANNEE, PUIS TOUS LES DEUX ANS AU-DELA DE CET AGE;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE DANS TOUTES SES DISPOSITIONS L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE DIJON DU 27 FEVRIER 1968, ET, POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI;<br>
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 RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE NANCY PRESIDENT : M COMTE - RAPPORTEUR : M DEPAULE - AVOCAT GENERAL : M TOUREN - AVOCATS : MM ROUVIERE ET GAUTHIER<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code de la route R127
**ECLI:** 
**Résumé:** Les juges du fait apprécient souverainement, en principe, le mode et l'étendue de la réparation, du dommage résultant de l'infraction.          Mais la dette indemnitaire est définitivement fixée au jour de la décision qui la détermine, en considération du préjudice actuel, direct et certain causé par le fait dommageable ; elle ne saurait dépendre de circonstances éventuelles et hypothétiques.          La cassation est, par suite, encourue lorsque les juges ont décidé que la rente, allouée à la victime du délit pour une période déterminée, pourrait, en cas de persistance du dommage, être transformée en rente viagère (1).,Si les juges sont libres de décider qu'une rente constitue le mode de réparation le plus adéquat du dommage inhérent au retrait temporaire, pour cause d'invalidité, du permis de conduire les véhicules de la catégorie C, ils ne peuvent, après avoir fixé la durée du service de la rente, en autoriser la transformation éventuelle en rente viagère, alors d'ailleurs que l'article R 127 du Code de la route subordonne l'octroi d'un tel permis à des examens médicaux périodiques.
**Mots-clés:** 1) ACTION CIVILE - Préjudice - Réparation - Rente - Circonstances éventuelles et hypothétiques (non),* ACTION CIVILE - Préjudice - Réparation - Retrait d'un permis de conduire (catégorie C) - Retrait pour invalidité causée par un tiers - Transformation éventuelle de la rente en rente viagère (non).,2) CODE DE LA ROUTE - Permis de conduire - Véhicules de la catégorie C (poids lourds) - Retrait temporaire - Retrait pour invalidité - Invalidité causée par un tiers - Préjudice - Réparation - Rente - Transformation éventuelle en rente viagère (non)