# Conseil d'Etat, 7 SS, du 8 février 2002, 225164, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008024844
**Date de décision:** 2002-02-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008024844

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 19 septembre 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-MARITIME ; le PREFET DE LA SEINE-MARITIME demande au Conseil d'Etat : <br>    1°) d'annuler le jugement du 25 août 2000 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Rouen a annulé son arrêté du 22 août 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Karim X... ; <br>    2°) de rejeter la demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Rouen ; <br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ; <br>    Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>    Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - le rapport de M. Rapone, Maître des Requêtes, <br>    - les observations de la SCP Delaporte, Briard, avocat de M. X..., <br>    - les conclusions de M. Piveteau, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 4° Si l'étranger n'a pas demandé le renouvellement de son titre de séjour temporaire et s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois suivant l'expiration de ce titre ( ...)" ; <br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après le 5 novembre 1999, date d'expiration de son titre de séjour dont il n'a pas demandé le renouvellement ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 4° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ; <br>    Considérant que M. X..., entré en France en 1993 sous couvert d'un visa de court séjour, s'y est maintenu régulièrement jusqu'au 5 novembre 1999 ; que ses parents et la plus grande partie de ses frères et soeurs vivent en France et sont titulaires d'une carte de résident ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait gardé des attaches effectives avec ses autres frères et soeurs restés en Algérie ; que, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté du 22 août 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise et méconnaît, par suite, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE LA SEINE-MARITIME n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Rouen a annulé son arrêté du 22 août 2000 ;     Sur les conclusions de M. X... tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>    Considérant que M. X... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Delaporte et Briard, avocat de M. X..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de condamner l'Etat à payer à la SCP Delaporte et Briard la somme de 2 286,74 euros ;<br>Article 1er : La requête du PREFET DE LA SEINE-MARITIME est rejetée.<br>Article 2 : L'Etat versera à la SCP Delaporte et Briard une somme de 2 286,74 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que la SCP Delaporte et Briard renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET LA SEINE-MARTIME, à M. X... et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 2000-08-22,Code de justice administrative L761-1,Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8,Loi 91-647 1991-07-10,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.