# CAA de NANTES, Juge unique, 01/09/2023, 23NT01828, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000048038762
**Date de décision:** 2023-09-01
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** Juge unique
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000048038762

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme B... D... épouse A... a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 24 mai 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'ambassade de France au Cameroun refusant de délivrer au jeune  C... E... un visa de long séjour.<br>
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       Par un jugement n°2212232 du 27 avril 2023, le tribunal administratif de Nantes a annulé cette décision et a enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer à l'enfant C... E... le visa sollicité dans un délai de deux mois.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 20 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande à la cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement en application des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative.<br>
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       Il soutient que Mme A... ne justifiait à la date de la décision en litige, ni de conditions de logement, ni de conditions de ressources suffisantes pour accueillir le demandeur dont la tutelle lui avait été confiée.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 14 juillet 2023, Mme A..., représentée par Me Rodrigues-Devesas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'Etat le versement de de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
       Elle soutient qu'aucun moyen de la requête n'apparaît sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement.<br>
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       Vu :<br>
       - la requête n°23NT01827 enregistrée le 20 juin 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a demandé l'annulation du même jugement ; <br>
       - les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. Francfort, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
       1. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative, " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17 ". Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". <br>
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       2. Une demande de visa de long séjour a été déposée auprès de l'ambassade de France au Cameroun pour l'enfant C... E..., ressortissant camerounais né le 19 juillet 2013, pour lequel Mme D... épouse A..., ressortissante camerounaise, a reçu délégation de l'autorité parentale par un jugement du 24 avril 2020 du tribunal de première instance de Mfou (Cameroun) et dont l'exequatur a été prononcé par un jugement du 16 juin 2021 du tribunal judiciaire de Montbéliard (Doubs). L'autorité consulaire française a rejeté cette demande. Le recours formé contre ce refus consulaire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a été rejeté par une décision expresse du 24 mai 2022. Par un jugement du 27 avril 2023, le tribunal administratif de Nantes a annulé cette décision de la commission de recours et a enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.<br>
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       3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par le ministre de l'intérieur et des outre-mer à l'appui de sa requête ne paraît de nature à justifier, outre l'annulation de ce jugement, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce dernier.<br>
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       4. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'est pas fondé à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du 27 avril 2023 du tribunal administratif de Nantes.<br>
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       5. Par ailleurs il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
DECIDE :<br>
Article 1er : La requête du ministre de l'intérieur et des outre-mer est rejetée.<br>
Article 2 : L'Etat versera à Mme A... la somme de 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Mme B... D... épouse A....<br>
       Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour le 1er septembre 2023.<br>
Le président-rapporteur,<br>
J. FRANCFORT<br>
                            Le greffier,<br>
                                C. GOY        <br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 23NT01828<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**