# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 16 mars 1970, 69-10.656, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982117
**Date de décision:** 1970-03-16
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982117

## Contenu de la décision

SUR LES PREMIER ET TROISIEME MOYENS : ATTENDU, SELON L'ARRET ATTAQUE, QUE DIVERSES DECISIONS DE JUSTICE ONT FIXE LA PENSION ALIMENTAIRE DUE, AU COURS DE LA PROCEDURE DE DIVORCE, PAR BOUCHET A SA FEMME, NEE X...;<br>
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 QUE CETTE DERNIERE, SE FONDANT SUR UN ARRET DU 6 FEVRIER 1966 FIXANT LE MONTANT DE LA PENSION A PARTIR DU 13 JANVIER 1961, A PRATIQUE, LE 28 JUILLET 1966, UNE SAISIE-ARRET A L'ENCONTRE DE SON EPOUX, QUE LE DIVORCE A ETE PRONONCE PAR UN ARRET DU 8 MARS 1967;<br>
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 ATTENDU QUE LA SAISIE-ARRET A ETE VALIDEE PAR L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE, AUQUEL IL EST FAIT GRIEF D'AVOIR DECLARE VALABLE L'ASSIGNATION DELIVREE A PARQUET, ALORS QUE BOUCHET AURAIT EU UN DOMICILE CONNU EN FRANCE, ET, D'UNE PART, QUE LA DELIVRANCE DE L'ASSIGNATION AU DOMICILE DU DEFENDEUR CONSTITUE UNE FORMALITE SUBSTANTIELLE, DONT L'OMISSION ENTRAINERAIT LA NULLITE DE LA PROCEDURE, QU'IL AIT ETE OU NON PORTE ATTEINTE AUX DROITS DE LA DEFENSE, ET ALORS, D'AUTRE PART, QU'EN SE CONTENTANT D'AFFIRMER QU'IL N'AVAIT PAS ETE PORTE ATTEINTE A CES DROITS, SANS EN PRECISER LES RAISONS, LA COUR D'APPEL N'AURAIT PAS DONNE UNE BASE LEGALE A SA DECISION;<br>
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 QU'IL EST AUSSI REPROCHE A L'ARRET D'AVOIR DIT REGULIERES LES POURSUITES DILIGENTEES EN EXECUTION D'UN ARRET SIGNIFIE A PARQUET, ALORS QU'AUCUNE DECISION DE JUSTICE NE PEUT ETRE MISE A EXECUTION SANS AVOIR ETE REGULIEREMENT SIGNIFIEE ET QUE, DANS DES CONCLUSIONS QUI SERAIENT DEMEUREES SANS REPONSE, BOUCHET AVAIT FAIT VALOIR QU'IL NE POUVAIT ETRE CONSIDERE COMME SANS DOMICILE EN FRANCE, OU IL ETAIT INSCRIT SUR LES LISTES ELECTORALES ET OU, A DES EPOQUES VOISINES, DES EXPLOITS SIGNIFIES A SON DOMICILE LUI AVAIENT ETE TRANSMIS;<br>
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 MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, TANT POUR LA SIGNIFICATION DE L'ARRET QUE POUR LA DELIVRANCE DE L'ASSIGNATION, A JUGE LES SIGNIFICATIONS A PARQUET "PARFAITEMENT REGULIERES" COMME AYANT ETE EFFECTUEES APRES UN PROCES-VERBAL DE PERQUISITION DRESSE LE 22 AVRIL 1966 A VIGNORY, DEMONTRANT QUE BOUCHET AVAIT QUITTE SON DOMICILE ET SE TROUVAIT VRAISEMBLABLEMENT A L'ETRANGER ET QU'UN ACTE NE POUVAIT ETRE SIGNIFIE EN SUISSE, LE 9 NOVEMBRE 1966, BOUCHET ETANT EN VOYAGE A L'ETRANGER, SANS AUTRE INDICATION, QUE, PAR CES CONSTATATIONS, LA COUR D'APPEL, QUI N'ETAIT PAS TENUE DE SUIVRE LES PARTIES DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, A REPONDU AUX CONCLUSIONS ET JUSTIFIE SA DECISION;<br>
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 QUE LE MOTIF CONCERNANT L'ABSENCE D'ATTEINTE AUX DROITS DE BOUCHET N'AYANT ETE DONNE QU'A TITRE SURABONDANT, IL N'Y A LIEU DE REPONDRE A LA SECONDE BRANCHE DU PREMIER MOYEN, ET QUE L'ARRET NE SAURAIT ETRE ATTEINT PAR LES CRITIQUES DES DEUX MOYENS SUSVISES;<br>
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 SUR LE DEUXIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST REPROCHE AUX JUGES DU SECOND DEGRE D'AVOIR DECLARE BOUCHET IRRECEVABLE A INVOQUER DEVANT EUX L'INCOMPETENCE D'UN TRIBUNAL QUI AURAIT ETE AUTRE QUE CELUI DE SON DOMICILE, AU MOTIF QUE CETTE EXCEPTION N'AVAIT PAS ETE SOULEVEE DEVANT LES PREMIERS JUGES, QUI AVAIENT ETE SAISIS DE CONCLUSIONS AU FOND, ALORS QUE L'INCOMPETENCE TERRITORIALE AURAIT ETE D'ORDRE PUBLIC ET QUE L'APPELANT AURAIT ETE RECEVABLE A L'INVOQUER POUR LA PREMIERE FOIS EN CAUSE D'APPEL;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 168 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE, LES PARTIES NE PEUVENT SOULEVER L'EXCEPTION D'INCOMPETENCE QU'APRES L'EXCEPTION DE CAUTION ET QU'AVANT TOUTES AUTRES EXCEPTIONS ET DEFENSES;<br>
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 QU'IL EN EST AINSI ALORS MEME QUE LES REGLES DE COMPETENCE SERAIENT D'ORDRE PUBLIC;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
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SUR LE QUATRIEME MOYEN, PRIS EN SA PREMIERE BRANCHE : ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET D'AVOIR DECLARE LA SAISIE-ARRET FONDEE EN SON MONTANT, ALORS QU'EN RAPPELANT DES CONDAMNATIONS PENALES AMNISTIEES POUR ECARTER LA PRESCRIPTION, LES JUGES DU FAIT AURAIENT MECONNU LES EFFETS DE L'AMNISTIE ET DE L'INTERDICTION DE RAPPELER DE TELLES CONDAMNATIONS, RESULTANT DE L'ARTICLE 25 DE LA LOI DU 18 JUIN 1966;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'EN INDIQUANT SEULEMENT L'EXISTENCE DE CONDAMNATIONS AMNISTIEES A L'ENCONTRE DE BOUCHET ET EN DISANT QUE DAME X... POUVAIT EN FAIRE ETAT DANS LA MESURE DE SES INTERETS CIVILS, LA COUR A FAIT APPLICATION DE L'ARTICLE 23 DE LA LOI DU 18 JUIN 1966, ET QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE;<br>
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 SUR LE QUATRIEME MOYEN, PRIS EN SA SECONDE BRANCHE : ATTENDU QU'IL EST EGALEMENT REPROCHE AUX JUGES DU SECOND DEGRE D'AVOIR AINSI STATUE EN RELEVANT QUE LES CONDITIONS LEGALES DE LA COMPENSATION N'EXISTAIENT PAS EN LA CAUSE, ALORS QU'EN N'INDIQUANT PAS LES RAISONS POUR LESQUELLES CES CONDITIONS N'EXISTAIENT PAS, ILS N'AURAIENT PAS DONNE UNE BASE LEGALE A LEUR DECISION;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'IL RESULTAIT DES CONCLUSIONS MEMES DE BOUCHET QUE LA CREANCE PAR LUI ALLEGUEE AURAIT RESULTE D'UNE LIQUIDATION DE COMMUNAUTE ALORS EN COURS ET AURAIT ETE "DE L'ORDRE DE 16 000 FRANCS, SAUF MEMOIRE";<br>
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QU'EN CET ETAT, CONSTATANT QUE LES CONDITIONS LEGALES DE LA COMPENSATION N'EXISTAIENT PAS EN LA CAUSE, LES JUGES DU SECOND DEGRE N'ETAIENT PAS TENUS DE PRECISER QUE LA CREANCE INVOQUEE N'ETAIT "NI LIQUIDE NI EXIGIBLE";<br>
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SUR LE CINQUIEME MOYEN : ATTENDU QU'IL EST SOUTENU QU'EN DEPIT D'UNE CONTESTATION SOULEVEE SUR CE POINT PAR LE SAISI, L'ARRET N'AURAIT PAS PRECISE LE MONTANT POUR LEQUEL LA SAISIE-ARRET ETAIT VALIDEE;<br>
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MAIS ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET, TANT EN SON DISPOSITIF QUE DANS LES MOTIFS QUI EN SONT LE SOUTIEN NECESSAIRE, QUE L'ARRET DU 6 FEVRIER 1966 AVAIT FIXE LA PENSION A 150 FRANCS A COMPTER DU 13 JANVIER 1961 ET QUE "LA SAISIE A POUR OBJET LES PENSIONS DUES JUSQU'AU 8 MARS 1967";<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL A AINSI DETERMINE LA SOMME POUR LAQUELLE LA SAISIE ETAIT VALIDEE ET REPONDU, EN LES REJETANT, AUX CONCLUSIONS QUI DISCUTAIENT CE MONTANT;<br>
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 D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN, QUI POUR PARTIE MANQUE EN FAIT, N'EST PAS FONDE POUR LE SURPLUS;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 9 OCTOBRE 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS (15EME CHAMBRE)<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1966-10-07 Bulletin 1966 II N. 837 p. 585 (CASSATION) ET L'ARRET CITE. (2)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1963-05-08 Bulletin 1963 II N. 346 p. 257 (REJET) ET L'ARRET CITE. (4)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1966-07-06 Bulletin 1966 II N. 744 p. 524 (CASSATION). (3)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1968-01-17 Bulletin 1968 II N. 26 (1) p. 15 (REJET). (1)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (2),(3),Code civil 168,LOI 1966-06-18 ART. 23
**ECLI:** 
**Résumé:** Sont régulières les significations à Parquet d'une assignation et d'une décision judiciaire effectuées après un procès-verbal de perquisition démontrant que le destinataire a quitté son domicile et se trouve vraisemblablement à l'étranger.,Aux termes de l'article 168 du Code de procédure civile, les parties ne peuvent soulever l'exception d'incompétence qu'après l'exception de caution et qu'avant toutes autres exceptions et défenses.         Il en est ainsi alors même que les règles de compétence seraient d'ordre public.,Font application de l'article 23 de la loi du 18 juin 1966, les juges civils qui indiquent seulement l'existence de condamnations amnistiées à l'encontre du défendeur et disent que le demandeur peut en faire état dans la mesure de ses intérêts civils.,Constatant, en présence de conclusions d'un mari demandant de faire jouer la compensation entre les arrérages de pensions alimentaires dues à son ex-épouse en vertu d'une décision judiciaire et la créance qui résultera de la liquidation de la communauté alors en cours, que les conditions légales de la compensation n'existent pas en la cause, les juges du fond ne sont pas tenus de préciser que la créance invoquée n'est "ni liquide, ni exigible".
**Mots-clés:** 1) EXPLOIT - Signification - Parquet - Domicile inconnu - Procès-verbal de perquisition établissant que le destinataire se trouve à l'étranger.,* EXPLOIT - Ajournement - Signification - Parquet - Domicile inconnu - Procès-verbal de perquisition établissant que le destinataire se trouve à l'étranger.,* JUGEMENTS ET ARRETS - Signification - Signification à Parquet - Domicile inconnu - Procès-verbal de perquisition établissant que le destinataire se trouve à l'étranger.,* HUISSIER DE JUSTICE - Procès-verbal - Procès-verbal de perquisition - Portée.,2) PROCEDURE CIVILE - Exception - Incompétence - Proposition in limine litis - Nécessité.,* COMPETENCE - Compétence territoriale - Exception d'incompétence - Proposition in limine litis - Nécessité.,3) AMNISTIE - Droit des tiers - Impossibilité d'y préjudicier.,4) COMPENSATION - Compensation légale - Conditions - Caractère certain liquide et exigible des créances - Créance à provenir d'une liquidation de la communauté en cours (non).,* DIVORCE SEPARATION DE CORPS - Pension alimentaire - Payement - Compensation - Créance pouvant résulter du partage de la communauté (non).,* PENSION ALIMENTAIRE - Payement - Arrérages anciens - Compensation - Créance pouvant résulter du partage de la communauté (non).