# Conseil d'État, 5ème chambre, 21/12/2018, 423051, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000037847542
**Date de décision:** 2018-12-21
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 5ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000037847542

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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              M. A...B...a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui fournir un certificat immatriculation provisoire à son nom pour son véhicule et de prononcer, au-delà d'un délai de quarante-huit heures, une astreinte de 500 euros par jour de retard. Par une ordonnance n°1805046 du 29 juin 2018, le juge des référés a rejeté sa demande et l'a condamné à une amende de 500 euros en application de l'article R.741-12 du code de justice administrative.<br>
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              Par un pourvoi, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 8 août, 23 août et 3 décembre 2018 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B...demande au Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler cette ordonnance ;<br>
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              2°) statuant en référé,  de faire droit à sa demande ;<br>
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              3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10  juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu : <br>
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              - le code de la route ;<br>
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              - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;<br>
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              - l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules ;<br>
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              - le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de M. Cédric Zolezzi, maître des requêtes en service extraordinaire,  <br>
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              - les conclusions de Mme Cécile Barrois de Sarigny, rapporteur public.<br>
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              La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Foussard, Froger, avocat de M.B....<br>
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              1. Considérant que M. B...a demandé le 3 juin 2018 au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui fournir un certificat immatriculation provisoire ; qu'il se pourvoit contre l'ordonnance du 29 juin 2018 par laquelle le juge des référés a rejeté sa requête et lui a infligé une amende pour recours abusif ;<br>
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              Sur les conclusions du pourvoi dirigées contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif en tant qu'elle a rejeté la demande de M. B...tendant à la délivrance d'un certificat d'immatriculation provisoire :<br>
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              2. Considérant qu'il résulte des pièces soumises au Conseil d'Etat que le certificat d'immatriculation provisoire demandé par M. B...lui a été délivré le 18 juillet 2018 ; que, dès lors, les conclusions du pourvoi dirigées contre l'ordonnance attaquée en tant qu'elle a refusé d'enjoindre au ministre de délivrer un tel certificat, présentées après cette délivrance, doivent être regardées comme dépourvues d'objet et doivent être rejetées comme irrecevables ; <br>
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              Sur les conclusions du pourvoi dirigées contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif en tant qu'elle a infligé à M. B...une amende pour recours abusif :<br>
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              3. Considérant qu'aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 3 000 euros " ;<br>
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              4. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés que M. B...a présenté une demande de certificat d'immatriculation par courrier électronique à la préfecture, qui l'a renvoyé vers l'adresse courriel " siv-part@intérieur.gouv.fr " ; que le 22 novembre 2017, il a reçu un accusé de réception automatique de sa demande, émis par le " centre de contact citoyens " de l'Agence nationale des titres sécurisés  (ANTS) ; qu'il a réitéré sa demande par un courriel du 30 novembre 2017 et a obtenu de l'ANTS le 18 décembre 2017 une réponse lui demandant des éléments complémentaires ; que malgré une relance par courrier électronique le 4 janvier 2018 , puis par lettre le 10 janvier 2018, il n'a pas obtenu  de réponse ; qu'ayant enregistré sa demande sur le site internet de l'ANTS en mars 2018, il était toujours sans réponse lorsqu'il a saisi le juge des référés le 3 juin 2018 ; qu'il soulevait devant celui-ci des moyens tirés de l'urgence de sa demande et de l'utilité à lui délivrer un tel certificat ; que, par suite, eu égard à l'objet de la requête de M. B...et aux moyens qui y étaient développés, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a inexactement qualifié cette demande d'abusive ; que son ordonnance doit, dès lors, être annulée en tant qu'elle a condamné M. B... à une amende pour recours abusif ;<br>
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              Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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              5. Considérant que M. B...a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Foussard-Froger, avocat de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Foussard-Froger ; que ces dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B...la somme que l'Etat demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : Les conclusions du pourvoi dirigées contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montreuil en tant qu'elle a rejeté la demande d'injonction de M. B... sont rejetées.<br>
Article 2 : L'article 2 de l'ordonnance du tribunal administratif de Montreuil en date du 29 juin 2018 est annulé.<br>
Article 3 : L'Etat versera à la SCP Foussard-Froger, avocat de M.B..., une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
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Article 4 : Les conclusions de l'Etat présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
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Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. A...B...et au ministre de l'intérieur.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** ECLI:FR:CECHS:2018:423051.20181221
**Résumé:** 
**Mots-clés:**