# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 5 février 1970, 69-90.040, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007059627
**Date de décision:** 1970-02-05
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007059627

## Contenu de la décision

CASSATION SUR LE POURVOI DE X... (ANTONIN) CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE RIOM, EN DATE DU 18 DECEMBRE 1968, QUI L'A CONDAMNE POUR VIOLATION DU SECRET PROFESSIONNEL A 1000 FRANCS D'AMENDE AINSI QU'A DES REPARATIONS CIVILES ;<br>
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LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS, TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE ;<br>
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SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 378 DU CODE PENAL, DE LA LOI DU 24 JUILLET 1867 MODIFIEE, DE L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL ET DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE LE SIEUR X..., PRESIDENT-DIRECTEUR GENERAL DE LA SOCIETE DES EAUX ET ETABLISSEMENTS THERMAUX DE CHATEL-GUYON COUPABLE DU DELIT DE VIOLATION DU SECRET PROFESSIONNEL ET L'A CONDAMNE A 1000 FRANCS D'AMENDE ET 6000 FRANCS DE DOMMAGES-INTERETS, POUR AVOIR COMMUNIQUE A UN ACTIONNAIRE LES DOCUMENTS RELATIFS AUX ASSEMBLEES GENERALES ET LA LISTE DES COUPONS PAYES PAR LA SOCIETE DE 1953 A 1961 INCLUS ;<br>
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ALORS QUE LA COMMUNICATION DE LA LISTE DES COUPONS PAYES PAR LA SOCIETE A SES ACTIONNAIRES, SEUL FAIT VISE PAR L'ORDONNANCE DE RENVOI ET, PAR CONSEQUENT, SEUL FAIT SUSCEPTIBLE D'ETRE RETENU PAR LA COUR NE CONSTITUE PAS, DES LORS QUE, COMME EN L'ESPECE, ELLE S'ADRESSE A UN AUTRE ACTIONNAIRE, LA REVELATION D'UN SECRET PROFESSIONNEL PENALEMENT REPREHENSIBLE ;<br>
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 QU'EN EFFET, LES INDICATIONS PORTEES SUR CETTE LISTE, A SAVOIR L'IDENTITE DES ACTIONNAIRES ET LE NOMBRE DE LEURS ACTIONS, LE MONTANT DE COUPON AFFERENT A CHAQUE ACTION ETANT, EN TOUT ETAT DE CAUSE, PUBLIE, NE DEMEURANT INCONNUES DES AUTRES ASSOCIES QUE DANS LA MESURE NON SEULEMENT OU LES TITRES ONT LA FORME AU PORTEUR, FORME A LAQUELLE IL EST TOUJOURS POSSIBLE DE RENONCER, MAIS ENCORE OU L'ACTIONNAIRE N'EXERCE PAS CETTE PREROGATIVE NORMALE POUR TOUT ACTIONNAIRE QU'EST L'ASSISTANCE AUX ASSEMBLEES GENERALES ;<br>
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 QU'EN OUTRE, UN VOTE MAJORITAIRE DES ASSOCIES PEUT IMPOSER A TOUT ACTIONNAIRE ET SANS SON CONSENTEMENT LA MISE SOUS LA FORME NOMINATIVE DE SES TITRES ET, PAR SUITE, LA REVELATION DE SON IDENTITE ET DU NOMBRE DES ACTIONS QU'IL POSSEDE ;<br>
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 QUE, DES LORS, LE CARACTERE LIMITE, EXCEPTIONNEL ET RELATIF, ENTRE ASSOCIES, DU SECRET QUI COUVRE L'IDENTITE DE CERTAINS ACTIONNAIRES ET LEUR PARTICIPATION AU CAPITAL INTERDIT DE L'ASSIMILER AU SECRET PROFESSIONNEL, PENALEMENT PROTEGE, QUI EST, AU CONTRAIRE, GENERAL ET ABSOLU ET DONT NUL, PAS MEME L'INTERESSE, NE PEUT S'AFFRANCHIR OU ETRE AFFRANCHI ;<br>
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VU LESDITS ARTICLES ;<br>
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ATTENDU QUE L'ARTICLE 378 DU CODE PENAL NE VISE QUE LES FAIT PARVENUS A LA CONNAISSANCE D'UNE PERSONNE DANS L'EXERCICE D'UNE PROFESSION OU D'UNE FONCTION AUX ACTES DE LAQUELLE LA LOI, DANS UN INTERET GENERAL ET D'ORDRE PUBLIC, A IMPRIME LE CARACTERE CONFIDENTIEL OU DANS LE CAS OU LES MEMES FAITS LUI ONT ETE CONFIES SOUS LE SCEAU DU SECRET EN RAISON D'UNE SEMBLABLE PROFESSION OU FONCTION ;<br>
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ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE X..., PRESIDENT-DIRECTEUR GENERAL DE LA SOCIETE ANONYME DES EAUX ET ETABLISSEMENTS THERMAUX DE CHATEL-GUYON, A, INTENTIONNELLEMENT COMMUNIQUE A UNE DAME Y... Z..., SE DISANT ACTIONNAIRE DE LA SOCIETE, L'ETAT DES COUPONS PAYES DIRECTEMENT AUX PORTEURS D'ACTIONS DE 1953 A 1962, ET PAR LA MEME REVELE, SUR LA REPARTITION DU CAPITAL SOCIAL ET SUR L'IDENTITE DE CERTAINS ACTIONNAIRES, DES RENSEIGNEMENTS CONFIDENTIELS QU'IL POSSEDAIT EN RAISON DE SA FONCTION ET QUI, SANS CELA, SERAIENT DEMEURES INCONNUS ;<br>
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ATTENDU QU'EN DECLARANT CE FAIT CONSTITUTIF DU DELIT DE VIOLATION DE SECRET PROFESSIONNEL, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION ;<br>
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QU'EN EFFET, LE PRESIDENT-DIRECTEUR GENERAL D'UNE SOCIETE COMMERCIALE N'EXERCANT PAS UNE DES FONCTIONS VISEES PAR L'ARTICLE 378 PRECITE DU CODE PENAL, LES INDISCRETIONS QU'IL PEUT COMMETTRE EN CETTE QUALITE NE SAURAIENT DONNER LIEU A L'APPLICATION DE CE TEXTE ;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE EN TOUTES SES DISPOSITIONS L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE RIOM, EN DATE DU 18 DECEMBRE 1968, ET, POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI : RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE LIMOGES.<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1957-03-07 Bulletin Criminel 1957 N. 241 p.428 (CASSATION)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code pénal 378
**ECLI:** 
**Résumé:** L'article 378 du Code pénal ne vise que les faits parvenus à la connaissance d'une personne dans l'exercice d'une profession ou d'une fonction aux actes de laquelle la loi, dans un intérêt général et d'ordre public, a imprimé le caractère confidentiel ou dans le cas où ces mêmes faits lui ont été confiés sous le sceau du secret en raison d'une semblable profession ou fonction. Il n'en est pas ainsi du président directeur général d'une société anonyme (1).
**Mots-clés:** SECRET PROFESSIONNEL - Personnes tenues au secret - Président directeur général d'une société anonyme (non).,* SOCIETES - Société à responsabilité limitée - Secret professionnel - Personne tenue au secret - Gérant (non).,* SOCIETES - Société par actions - Société anonyme - Secret professionnel - Personne tenue au secret - Président directeur général (non).