# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 5ème chambre - formation à 3, 15/04/2009, 08MA00287, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021191461
**Date de décision:** 2009-04-15
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 5ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021191461

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 21 janvier 2008 au greffe de la Cour administrative d'appel de Marseille, sous le n°08MA00287, présentée pour M. Astrit X, de nationalité albanaise, élisant domicile ..., par Me Rossler, avocat ; <br>
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       M. X demande à la Cour : <br>
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       1°) d'annuler le jugement n°0602322 du 25 septembre 2007 par lequel le Tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 27 mars 2006 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       2°) d'annuler la décision ci-dessus mentionnée du préfet des Alpes-Maritimes ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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       Vu la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 et publiée par décret du 8 octobre 1990 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Vu l'article 1er du décret du 27 janvier 2009 qui autorise la Cour administrative d'appel de Marseille à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret du 7 janvier 2009, situant l'intervention du rapporteur public avant les observations des parties ou de leurs mandataires ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 16 mars 2009 ;<br>
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       - le rapport de M .Antonetti, président assesseur ; <br>
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- et les conclusions de Mme Paix, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, de nationalité albanaise, a vainement sollicité le statut de réfugié politique ; que, par décision en date du 27 mars 2006, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention  vie privée et familiale  en se fondant notamment sur les circonstances que l'exécution de ladite décision ne portait pas une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé et que l'office français de protection des réfugiés et des apatrides et la commission des recours des réfugiés avaient rejeté sa demande ; que, par jugement en date du 25 septembre 2007, le Tribunal administratif de Nice a rejeté la requête tendant à l'annulation de ladite décision ; que M. X relève appel de ce jugement ; <br>
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       Considérant en premier lieu, que la décision contestée ne constitue pas une mesure d'éloignement de M. X vers l'Albanie ; que par suite, l'éventuelle méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est sans incidence sur sa légalité ; qu'ainsi M. X ne peut soutenir utilement qu'en se référant aux décisions de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides et de la commission des recours des réfugiés pour apprécier sa situation au regard de ces mêmes stipulations, le préfet des Alpes-Maritimes se serait senti lié par ces décisions et aurait ainsi commis une erreur de droit ; <br>
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       Considérant en deuxième lieu qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ...2. Il ne peut y avoir ingérence pour l'autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; qu'aux termes de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit: (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; qu'il ressort de l'examen des pièces versées au dossier que M. X, à la date de la décision contestée, était âgé de trente trois ans ; qu'il ne séjournait en France que depuis deux ans alors qu'il a vécu en Albanie jusqu'à l'âge de trente et un ans ; que son épouse est aussi en situation irrégulière ; qu'ainsi l'exécution de la décision contestée ne peut être regardée comme ayant porté, dans les circonstances de l'espèce, au droit au respect de sa vie privée et de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts dans lesquels elle a été prise ; que le requérant n'est par suite pas fondé à soutenir que les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auraient été méconnues et que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Considérant en troisième lieu qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ; que si deux des enfants de l'intéressé sont scolarisés à Nice depuis deux ans, il ne ressort pas de l'examen des pièces versées au dossier que la décision contestée méconnaîtrait le droit garanti par les stipulations précitées ; <br>
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       Considérant enfin que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 16 de la même convention n'est pas assorti des précisions suffisantes pour permettre à la Cour de se prononcer sur son bien-fondé ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Astrit X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       Considérant qu'il suit de là et, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ;<br>
       Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à M. X la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
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       DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête susvisée est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Astrit X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.<br>
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N° 08MA00287	4<br>
		vt<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**