# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 3ème Chambre, 17/10/2013, 12NT03357, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028135003
**Date de décision:** 2013-10-17
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 3ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028135003

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 27 décembre 2012, présentée pour M. A... B..., demeurant..., par Me Alquier, avocat au barreau de Tours ; M. B... demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 12-3837 du 22 novembre 2012 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2012 du préfet d'Indre-et-Loire en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixe l'Arménie comme pays de renvoi ;<br>
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       2°) d'annuler ces deux décisions ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros sous réserve de la renonciation de celui-ci à la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
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       il soutient :<br>
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       - que la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui ne précise pas sur quel alinéa de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile elle est fondée, est insuffisamment motivée et que le premier juge ne pouvait déduire la motivation en droit de cette décision des éléments de faits évoqués par l'administration ;<br>
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       - qu'ayant peu de famille proche dans son pays d'origine, le centre de ses intérêts personnels et familiaux se trouve en France, ainsi qu'en attestent son intégration et celle de son épouse et de ses enfants ; que, dès lors, la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Vu le jugement attaqué ;<br>
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       Vu le mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2013, présenté par le préfet d'Indre-et-Loire, qui conclut au rejet de la requête ;<br>
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       il fait valoir :<br>
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       - que le jugement attaqué n'ayant pas été joint à la requête, cette dernière est irrecevable ;<br>
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       - que la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les textes applicables et expose la situation administrative de l'intéressé, mentionne les motifs de droit et de fait qui la fondent ; que les moyens tirés du défaut de motivation et d'examen de la situation de l'intéressé doivent dès lors être écartés ;<br>
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       - que cette décision ne porte pas une atteinte excessive au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, eu égard aux conditions de son entrée et de son séjour en France, de ses attaches dans son pays d'origine et de la possibilité d'y reconstituer sa vie familiale avec ses deux enfants et son épouse qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement ;<br>
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       Vu la décision du 7 février 2013 du président de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Nantes admettant M. B... au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979, modifiée, relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur <br>
public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ; <br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; <br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 26 septembre 2013 :<br>
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       - le rapport de M. Coiffet, président-assesseur ;<br>
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       1. Considérant que M. B... relève appel du jugement du 22 novembre 2012 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2012 du préfet d'Indre-et-Loire en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixe l'Arménie comme pays de renvoi ;<br>
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       2. Considérant, en premier lieu, que M. B... soutient que le préfet d'Indre-et-Loire se borne à viser le I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans indiquer sur lequel des cas envisagés par ces dispositions il a entendu fonder sa décision faisant obligation à l'intéressée de quitter le territoire français ; que, toutefois, le fondement juridique de cette décision peut, ainsi que l'a estimé à bon droit le premier juge, être déduit des faits mentionnés dans l'arrêté qui fait notamment état de l'entrée irrégulière en France de M. B... ainsi que de son maintien en situation irrégulière ; qu'il suit de là que l'intéressé relevait des dispositions du 1° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que la décision par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a fait obligation à M. B... de quitter le territoire français peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme suffisamment motivée ;<br>
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       3. Considérant, en second lieu, que M. B... soutient qu'il a peu d'attaches proches en Arménie et que sa famille a établi le centre de ses intérêts en France où son épouse et lui-même, qui dispose d'une promesse d'embauche, se sont intégrés par l'apprentissage du français et un engagement bénévole auprès d'associations caritatives et où leurs deux enfants sont scolarisés et impliqués dans des activités sportives ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé, entré en France en 2009, n'est ni dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine ni dans l'impossibilité d'y reconstituer sa cellule familiale, dès lors que son épouse fait également l'objet d'une mesure d'éloignement ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et, notamment, des conditions et de la durée du séjour en France de l'intéressé, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit de M. B... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; qu'elle n'a ainsi pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       4. Considérant, enfin, que les conclusions de M. B... dirigées contre la décision fixant le pays de destination ne sont assorties d'aucun moyen et ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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       5. Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non recevoir opposée par le préfet d'Indre-et-Loire, que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées ;<br>
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                                   DÉCIDE :<br>
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Article 1er :	La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur. <br>
	Une copie sera transmise au préfet d'Indre-et-Loire.<br>
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       Délibéré après l'audience du 26 septembre 2013, à laquelle siégeaient :<br>
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       - Mme Perrot, président de chambre,<br>
       - M. Coiffet, président-assesseur,<br>
       - Mme Specht, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique, le 17 octobre 2013.	<br>
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      Le rapporteur,<br>
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      O. COIFFET      <br>
      Le président,<br>
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      I. PERROT<br>
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            Le greffier,<br>
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      A. MAUGENDRE       <br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 12NT033572<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**