# CAA de MARSEILLE, 6ème chambre, 14/11/2022, 22MA01211, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046565112
**Date de décision:** 2022-11-14
**Juridiction:** CAA de MARSEILLE
**Formation:** 6ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046565112

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté en date du 26 juillet 2021 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. <br>
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       Par un jugement n° 2109347 en date du 1er février 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa requête. <br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 25 avril 2022, M. B..., représenté par Me Zerrouki, demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement en date du 1er février 2022 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 26 juillet 2021 ;<br>
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       3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du prononcé de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;<br>
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       5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - le préfet et les premiers juges ont commis une erreur de droit en refusant de considérer que sa demande de titre de séjour valait demande implicite de visa de long séjour ; <br>
       - l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône le 29 avril 2022 qui n'a pas produit de mémoire. <br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2022.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le code des relations entre le public et l'administration ;<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Renaud Thielé, rapporteur. <br>
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       Considérant ce qui suit : <br>
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       1. M. B..., ressortissant tunisien né le 8 mars 1996, a, le 31 mars 2021, demandé à être admis au séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 26 juillet 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté cette demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement du 1er février 2022, dont M. B... relève appel, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. <br>
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       2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".<br>
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       3. Il ressort des pièces du dossier que M. B... s'est marié le 16 mars 2019 avec Mme C... D..., ressortissante française. Il en ressort également qu'à la date de la décision attaquée, la vie commune était établie depuis plus de deux ans. Compte tenu de l'ancienneté et de la stabilité de ce lien, le préfet, en refusant à M. B... la délivrance d'un titre de séjour, a porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale. <br>
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       4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, M. B... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2021.<br>
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       Sur l'injonction :<br>
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       5. La présente décision implique nécessairement que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à M. B... une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte. <br>
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       Sur les frais liés au litige :<br>
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       6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Zerrouki en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
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D É C I D E :<br>
Article 1er : Le jugement n° 2109347 en date du 1er février 2022 du tribunal administratif de Marseille est annulé.<br>
Article 2 : L'arrêté du 26 juillet 2021 du préfet des Bouches-du-Rhône est annulé. <br>
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. B... une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois.<br>
Article 4 : L'Etat (préfecture des Bouches-du-Rhône) versera à Me Zerrouki la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat dans l'aide juridictionnelle. <br>
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Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B..., au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Zerrouki.<br>
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.<br>
       Délibéré après l'audience du 31 octobre 2022, où siégeaient :<br>
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       - M. Alexandre Badie, président,<br>
       - M. Renaud Thielé, président assesseur,<br>
       - Mme Isabelle Gougot, première conseillère.<br>
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       Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.<br>
N° 22MA01211         2       <br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. - Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.