# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 17 juin 1981, 79-41.761, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007008480
**Date de décision:** 1981-06-17
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007008480

## Contenu de la décision

SUR LES DEUX MOYENS REUNIS :<br>
    VU LES ARTICLES L.122-4 ET SUIVANTS DU CODE DU TRAVAIL,<br>
   ATTENDU QUE M. X..., EMPLOYE DEPUIS LE 13 FEVRIER 1968 EN QUALITE DE COMPTABLE PAR LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE SARDAZUR, AVAIT ETE CONVOQUE LE 1ER SEPTEMBRE 1975 EN VUE D'UN ENTRETIEN PREALABLE AU LICENCIEMENT PAR CETTE DERNIERE QUI ENVISAGEAIT, POUR DES RAISONS D'ORDRE ECONOMIQUE ET STRUCTUREL, DE SUPPRIMER SON POSTE ; QU'AUSSITOT APRES LEDIT ENTRETIEN, IL ADRESSA A SON EMPLOYEUR UNE LETTRE RECOMMANDEE PRETENDANT QUE CELUI-CI L'AVAIT LICENCIE VERBALEMENT ET LUI DEMANDANT DE "PROCEDER AU LICENCIEMENT COMME LA LOI L'IMPOSE" ; QU'A DATER Y... MEME JOUR, IL CESSA DE SE PRESENTER A SON TRAVAIL AU SIEGE DE L'ENTREPRISE ; QUE, LE 16 SEPTEMBRE 1975, LA SOCIETE SARDAZUR LUI NOTIFIA QU'ELLE CONSIDERAIT SON ABSENCE PROLONGEE SANS JUSTIFICATION COMME UNE RUPTURE DE SON CONTRAT DE TRAVAIL IMPUTABLE A LUI-MEME ;<br>
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   ATTENDU QUE, POUR DECIDER SUR LA DEMANDE FORMEE DEUX ANS APRES PAR M.BLAZY QUE LA RESPONSABILITE DE LA RUPTURE DU CONTRAT INCOMBAIT A L'EMPLOYEUR ET CONDAMNER CELUI-CI AU PAIEMENT DES INDEMNITES LEGALES AINSI QUE DE DOMMAGES-INTERETS POUR LICENCIEMENT SANS CAUSE REELLE ET SERIEUSE, L'ARRET ATTAQUE, TOUT EN CONSTATANT LA REALITE DES FAITS SUS-ENONCES, A ESTIME QU'IL RESULTAIT DE LA LETTRE RECOMMANDEE ECRITE PAR M. X... LE 1ER SEPTEMBRE 1975 QU'IL AVAIT ETE LICENCIE LEDIT JOUR ET QUE L'EMPLOYEUR NE POUVAIT SE PREVALOIR DE SON ABSENCE INJUSTIFIEE LES JOURS SUIVANTS POUR LUI IMPUTER LA RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL DES LORS QUE LUI-MEME, AYANT RECU CETTE LETTRE LE 2 SEPTEMBRE 1975, S'ETAIT GARDE D'EN CONTESTER LES TERMES ET DE POURSUIVRE LA PROCEDURE DE LICENCIEMENT INDIVIDUEL POUR CAUSE ECONOMIQUE STRUCTURELLE INITIALEMENT ENVISAGEE ;<br>
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   QU'EN STATUANT AINSI SUR LE FONDEMENT DES SEULES AFFIRMATIONS DU SALARIE ALORS QUE L'EXISTENCE D'UNE PRETENDUE NOTIFICATION VERBALE DE LICENCIEMENT PAR L'EMPLOYEUR ETAIT FORMELLEMENT CONTESTEE PAR CELUI-CI DANS SES CONCLUSIONS, QUE L'ENTRETIEN PREALABLE, QUELS QU'AIENT ETE LES PROJETS ULTERIEURS DU CHEF D'ENTREPRISE, NE POUVAIT AVOIR POUR EFFET DE ROMPRE LE CONTRAT DE TRAVAIL QUI DEVAIT NORMALEMENT SE POURSUIVRE JUSQU'APRES LA LETTRE DE LICENCIEMENT, POINT DE DEPART DU DELAI-CONGE, ALORS QU'IL RESULTAIT, AU SURPLUS, DES TERMES MEMES DE LA LETTRE RECOMMANDEE DE M. BLAZY Y... 1ER SEPTEMBRE 1975 RECLAMANT QU'IL SOIT PROCEDE A SON LICENCIEMENT DANS LES FORMES LEGALES QU'A CETTE DERNIERE DATE LE SALARIE NE CONSIDERAIT COMME NON ENCORE LICENCIE ET, DES LORS, TOUJOURS TENU DES OBLIGATIONS RESULTANT POUR LUI DE SON CONTRAT DE TRAVAIL, ET ALORS QU'EN TOUS CAS M. X... N'ETABLISSAIT PAS AVOIR ETE DISPENSE DE TRAVAILLER PENDANT LE PREAVIS ET QUE SI LA RUPTURE ETAIT IMPUTEE A L'EMPLOYEUR, SON INTENTION ETANT D'ORES ET DEJA CERTAINE, IL FALLAIT VERIFIER LA CAUSE REELLE ET SERIEUSE ENVISAGEE A L'EPOQUE, LES JUGES DU FOND, QUI N'ONT PAS TIRE DE LEURS CONSTATATIONS LES CONSEQUENCES QUI EN DECOULAIENT NORMALEMENT, N'ONT PAS DONNE DE BASE LEGALE A LEUR DECISION ;<br>
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   PAR CES MOTIFS :<br>
    CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES LE 20 FEVRIER 1979 PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE ; REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE NIMES.<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre sociale  ) 1980-04-28 Bulletin 1980 V N. 364 p.276 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** Code du travail L112-4 S. CASSATION
**ECLI:** 
**Résumé:** En l'état de la rupture du contrat de travail d'un salarié qui, aussitôt après l'entretien préalable auquel il avait été convoqué pour un éventuel licenciement, la suppression de son poste étant envisagée, avait adressé à son employeur une lettre recommandée prétendant que celui-ci l'avait licencié verbalement et lui demandant de "procéder au licenciement comme la loi l'impose", puis avait cessé à partir du même jour de se présenter à son travail, doit être cassée la décision rendant imputable cette rupture à l'employeur sur le fondement des seules affirmations du salarié alors que l'existence d'une prétendue notification verbale de licenciement par l'employeur était formellement contestée par celui-ci dans ses conclusions, et que l'entretien préalable, quels qu'aient été les projets ultérieurs de l'entreprise, ne pouvait avoir pour effet de rompre le contrat de travail qui devait normalement se poursuivre jusqu'àprès la lettre de licenciement, point de départ du délai-congé.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - Rupture - Imputabilité - Salarié ne reprenant pas son travail après l'entretien préalable au licenciement.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Cause - Cause réelle et sérieuse - Salarié ne reprenant pas son travail après l'entretien préalable au licenciement.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Preuve - Salarié alléguant avoir été licencié verbalement lors de l'entretien préalable - Salarié ne s'étant plus présenté à son travail - Portée.,* CONTRAT DE TRAVAIL - Licenciement - Formalités légales - Entretien avec le salarié - Effet - Rupture du contrat (non).