# Conseil d'État,  9ème sous-section jugeant seule, 30/12/2010, 334007, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000023429658
**Date de décision:** 2010-12-30
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 9ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000023429658

## Contenu de la décision

Vu la requête  et le mémoire complémentaire, enregistrés les 20 novembre et 21 décembre 2009 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Hamada B, demeurant ... ; M. B demande au Conseil d'Etat : <br>
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              1°) d'annuler le jugement n° 0900308 du 12 octobre 2009 par lequel le tribunal administratif de Mayotte a, sur la protestation de M. Abdillah , annulé les opérations électorales qui se sont déroulées le 9 août 2009 pour l'élection des conseillers municipaux de la commune de Sada (Mayotte) ;<br>
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              2°) de rejeter la protestation de M.  et de valider les opérations électorales précitées ;<br>
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              3°) de mettre à la charge de M.  le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu le code électoral ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de Mme Cécile Isidoro, Maître des Requêtes,  <br>
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              - les observations de la SCP Monod, Colin, avocat de M. B, <br>
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              - les conclusions de Mme Claire Legras, rapporteur public ;<br>
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              La parole ayant été à nouveau donnée à la SCP Monod, Colin, avocat de M. B ;<br>
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<br>Considérant qu'à l'issue des opérations électorales qui se sont déroulées le 9 août 2009 en vue de la désignation des conseillers municipaux de la commune de Sada (Mayotte), commune de plus de 3500 habitants, la liste conduite par M. B est arrivée en tête lors du premier tour de scrutin avec 1649 voix, soit 54,19 % des suffrages exprimés, celle conduite par M. Abdillah  obtenant 1394 voix soit 45,81 % des suffrages exprimés ; que M. B relève appel du jugement du 12 octobre 2009 par lequel le tribunal administratif de Mayotte, faisant droit à la protestation de M. , a annulé les opérations électorales qui se sont déroulées le 9 août 2009 ;<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article L. 23 du code électoral : L'électeur qui a été l'objet d'une radiation d'office de la part des commissions administratives désignées à l'article L. 17 ou dont l'inscription a été contestée devant lesdites commissions est averti sans frais par le maire et peut présenter ses observations ; qu'aux termes de l'article R. 8 du même code : La commission administrative tient un registre de toutes ses décisions et y mentionne les motifs et pièces à l'appui. / Lorsque la commission administrative refuse d'inscrire un électeur, cette décision est notifiée dans les deux jours à l'intéressé par écrit et à domicile par les soins de l'administration municipale ; l'avis de notification précise les motifs de la décision, la date de la publication de la liste électorale ou du tableau rectificatif et informe l'intéressé que jusqu'au dixième jour suivant la publication de cette liste ou de ce tableau il pourra contester ladite décision devant le tribunal d'instance, conformément aux dispositions de l'article L. 25 du code électoral. Mention de cette notification et de sa date est faite sur le registre prévu à l'alinéa précédent. / Il est procédé à ces mêmes formalités auprès de toutes parties intéressées lorsque la commission administrative radie un électeur pour d'autres causes que le décès ou l'inscription dans un autre bureau de vote ou lorsqu'elle prend une décision à l'égard d'une inscription qui a été contestée devant elle ; toutefois dans ces cas, la notification à l'électeur informe en outre celui-ci qu'il peut présenter des observations, dans les vingt-quatre heures, à la commission administrative, conformément à l'article L. 23 du code électoral. Au vu de ces observations, la commission administrative prend une nouvelle décision, notifiée dans les mêmes formes et délais que ceux prévus à l'alinéa 2 du présent article ;<br>
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              Considérant que si le juge de l'élection n'est pas compétent pour statuer sur la régularité ou le bien-fondé de l'inscription ou de la radiation d'un électeur sur les listes électorales, il lui appartient en revanche d'apprécier tous les faits révélant des manoeuvres ou des irrégularités susceptibles d'avoir altéré la sincérité du scrutin ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de l'instruction que la commission administrative de révision de la liste électorale, qui s'est réunie les 10 novembre, 2 décembre et 29 décembre 2008, a procédé à la radiation de 489 électeurs de la liste électorale pour un nombre d'électeurs inscrits de 4757, ce qui représente plus de 10 % de ce nombre ; que les lettres d'information destinées aux électeurs concernés, produites par M. B, ne sont pas datées et ne comportent pas les anciennes ou nouvelles adresses des électeurs radiés ; que les tableaux retraçant les tentatives de présentation des notifications de radiation aux intéressés par l'intermédiaire d'un garde-champêtre font apparaître que, à l'exception d'une minorité d'électeurs désignés comme étant décédés ou ayant changé de commune, l'ensemble des notifications n'a pu être effectué pour cause d'absence du destinataire lors des trois tentatives de notification ; que ces documents ne permettent pas d'établir la réalité des notifications de leur radiation aux électeurs ; que le juge judiciaire a d'ailleurs reconnu, s'agissant des demandes de réinscription sur la liste électorale qui lui ont été soumises, qu'aucune preuve du respect des articles L. 23 et R. 8 du code électoral n'avait été apportée ; qu'ainsi, une très grande majorité de ces électeurs n'a pas été informée de leur radiation, en méconnaissance des dispositions du code électoral précitées ; que, contrairement à ce que soutient M. B, le seul affichage en mairie des listes électorales et des listes des personnes radiées ne suffit pas à satisfaire à l'obligation d'information édictée par les dispositions précitées ; que, en première instance, les deux parties s'accordaient à considérer que le nombre de radiations litigieuses, compte tenu du nombre d'électeurs décédés ou radiés par suite de double inscription et du nombre de radiations sur le bien-fondé desquelles le tribunal de première instance de Mamoudzou s'est prononcé, s'élevait à 376 ; qu'à supposer même qu'il ne soit que de 367, ainsi que le soutient désormais M. B, il est en tout état de cause supérieur à l'écart de 255 voix qui sépare les deux listes en présence ; que, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'écart de voix existant, l'irrégularité des conditions de radiation de très nombreux électeurs, sans information préalable des intéressés, a été, par son ampleur, susceptible d'altérer la sincérité du scrutin ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le second motif retenu par les premiers juges, que M. B n'est pas fondé à se plaindre que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Mayotte a annulé les opérations électorales qui se sont déroulées le 9 août 2009 dans la commune de Sada ;<br>
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              Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. , qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à M. B la somme que ce dernier demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de M. B la somme que M.  demande au même titre ;<br>
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<br>D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de M. B est rejetée. <br>
Article 2 : Les conclusions de M.  tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Hamada B, à M. Abdillah  et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**