# Conseil d'Etat, 7 SS, du 29 juillet 1998, 191639, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007987742
**Date de décision:** 1998-07-29
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007987742

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête sommaire et les mémoires complémentaires, enregistrés les 25 novembre, 28 novembre, 9 décembre 1997, 5 janvier et 11 février 1998 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés par M. Christian X..., demeurant ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :<br>    1°) l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 13 novembre 1997 du ministre de la défense le mutant à l'établissement ravitailleur du commissariat de l'armée de terre de Rennes à compter du 1er décembre 1997 ;<br>    2°) de décider qu'il sera sursis à l'exécution de cette décision ;<br>    3°) de suspendre l'application de cette décision ;<br>    4°) de lui accorder une indemnité correspondant au remboursement, sur la base de la réglementation applicable, des frais exposés à l'occasion de son déménagement ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu la loi du 22 avril 1905 ;<br>    Vu la loi n° 72-662 du 13 juillet 1972 modifiée ;<br>    Vu la loi n° 95-125 du 8 février 1995 ;<br>    Vu le décret n° 75-675 du 28 juillet 1975 ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - le rapport de M. Le Chatelier, Maître des Requêtes,<br>    - les conclusions de Mme Bergeal, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 13 novembre 1997 :<br>    Considérant que, contrairement à ce que soutient le ministre de la défense, M. X... est recevable à présenter, sans le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, des conclusions qui tendent à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du ministre de la défense en date du 13 novembre 1997, par laquelle il a été muté de l'établissement ravitailleur du commissariat de l'armée de terre de Toulouse à celui de Rennes ;<br>    Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, dans les circonstances où elle est intervenue, la mutation du requérant, si elle n'a pas eu de caractère disciplinaire, a néanmoins été prononcée moins dans l'intérêt du bon fonctionnement du service qu'en considération de faits personnels à l'intéressé ; qu'elle a ainsi présenté le caractère d'un déplacement d'office au sens de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ; que cette mesure a été prise sans que le requérant ait été mis à même de demander la communication de son dossier, alors qu'il n'est pas contesté qu'elle était envisagée depuis le 2 septembre précédent, et que, la mesure de mutation prenant effet le 1er décembre suivant, aucune urgence n'imposait qu'il ne fût pas procédé à cette formalité ;<br>    Considérant qu'ainsi, M. X... est fondé à soutenir que sa mutation est intervenue en méconnaissance de la garantie prévue à l'article 65 susmentionné et est, dès lors, illégale ; que ladite décision doit, par suite, être annulée ;<br>    Sur les conclusions tendant au remboursement des sommes exposées à l'occasion du déménagement :<br>    Considérant que ces conclusions n'ont pas été précédées d'une demande préalable au ministre de la défense, et que celui-ci s'est borné, sans conclure au fond sur les prétentions du requérant à l'indemnité demandée, à invoquer l'irrecevabilité de ces conclusions ; qu'ainsi, le contentieux n'a pas été lié en ce qui concerne les conclusions dont s'agit, qui, par suite, ne sont pas recevables ;<br>Article 1er : La décision du ministre de la défense en date du 13 novembre 1997 est annulée.<br>Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. X... est rejeté.<br>Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Christian X... et au ministre de la défense.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Loi 1905-04-22 art. 65
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 08-01-02 ARMEES - PERSONNELS DES ARMEES - QUESTIONS PARTICULIERES A CERTAINS PERSONNELS MILITAIRES.