# CAA de BORDEAUX, 5ème chambre (formation à 3), 15/12/2015, 15BX02583, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000031639857
**Date de décision:** 2015-12-15
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 5ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000031639857

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme A...B...a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 30 juin 2014 par lequel la préfète de la Vienne lui a retiré son titre de séjour.<br>
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       Par un jugement n° 1402288 du 1er juillet 2015, le tribunal administratif de Poitiers a annulé cet arrêté, et mis à la charge de l'Etat le versement au profit de Mme B...d'une somme de 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 28 juillet 2015, la préfète de la Vienne demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Poitiers du 1er juillet 2015 ;<br>
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       2°) de rejeter la demande présentée par Mme B...devant le tribunal administratif de Poitiers.<br>
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       Vu :<br>
       - les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - l'arrêté du 9 novembre 2011 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des avis rendus par les agences régionales de santé en application de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vue de la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
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       - le rapport de Mme Béatrice Molina-Andréo, <br>
       - et les conclusions de Mme Déborah De Paz, rapporteur public.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. MmeB..., née le 4 octobre 1962 en Azerbaïdjan, est entrée irrégulièrement en France en 2009, pour y solliciter l'asile. La reconnaissance du statut de réfugié lui ayant été refusée par les autorités compétentes, elle a sollicité et obtenu la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'accompagnante de son époux malade, régulièrement renouvelé et valable en dernier lieu jusqu'au 14 juillet 2014. La préfète de la Vienne relève appel du jugement du 1er juillet 2015 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a annulé son arrêté du 30 juin 2014 portant à l'encontre de Mme B..., retrait de son titre de séjour. <br>
       2. Aux termes de l'article L. 313-11 du CESEDA : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle appréciée par l'autorité administrative après avis du directeur général de l'agence régionale de santé, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin de l'agence régionale de santé de la région de résidence de l'intéressé, désigné par le directeur général de l'agence (...)., Le médecin de l'agence régionale de santé peut convoquer le demandeur pour une consultation médicale devant une commission médicale régionale dont la composition est fixée par décret en Conseil d'Etat.(...) " ; qu'aux termes de l'article R. 313-22 du CESEDA : " (...) le préfet délivre la carte de séjour temporaire au vu d'un avis émis par le médecin de l'agence régionale de santé compétente au regard du lieu de résidence de l'intéressé (...). / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de traitement dans le pays d'origine de l'intéressé. (...) ". Enfin, en vertu de l'article 4 de l'arrêté du 9 novembre 2011 visé ci-dessus, le médecin de l'agence régionale de santé émet un avis précisant, notamment, s'il existe dans le pays dont l'étranger est originaire, un traitement approprié pour sa prise en charge médicale.<br>
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       3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la demande de titre de séjour présentée par M. B...en raison de son état de santé, et de l'injonction adressée par le tribunal administratif de Poitiers à la préfète de la Vienne, par son jugement n° 1200503 du 28 juin 2012, à la suite de l'annulation d'un premier refus de titre de séjour au profit de M.B..., celle-ci a transmis le dossier de l'intéressé, en application des dispositions précitées, à l'agence régionale de santé (ARS) de Poitou-Charentes. Il est constant que le médecin de l'agence régionale de santé du Poitou-Charentes a rendu un avis le 28 août 2012 aux termes duquel il a considéré que l'état de santé du demandeur nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il n'existe pas de traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Sur le fondement de cet avis, l'autorité préfectorale a délivré à M. B..., qui se disait de nationalité azerbaïdjanaise, un titre de séjour en qualité d'étranger malade le 28 août 2012, régulièrement renouvelé. <br>
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       4. La préfète de la Vienne a, par l'arrêté contesté du 30 juin 2014, retiré le titre de séjour de Mme B...en qualité d'accompagnante de son époux malade au motif que, par arrêté du même jour elle avait retiré à ce dernier son titre de séjour. Toutefois, par un arrêt n° 15BX02581 de ce jour, la cour confirme l'annulation prononcée par le tribunal administratif de Poitiers de l'arrêté préfectoral retirant le titre de séjour de M.B..., au motif que la préfète de la Vienne ne pouvait, sans entacher la procédure d'une irrégularité substantielle, estimer que M. B... pouvait bénéficier d'un traitement approprié en Arménie, sans saisir le médecin de l'agence régionale de santé de cette question. Par suite, l'arrêté contesté se retrouve entaché d'illégalité. <br>
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       5. Il résulte de ce qui précède que la préfète de la Vienne n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Poitiers a annulé son arrêté du 30 juin 2014 retirant à Mme B...son titre de séjour.<br>
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       6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens.<br>
DECIDE :<br>
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Article 1er : La requête de la préfète de la Vienne est rejetée.<br>
Article 2 : L'Etat versera à Mme B...la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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N° 15BX025832<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.