# CAA de LYON, 2ème chambre, 27/07/2022, 21LY02519, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000046143834
**Date de décision:** 2022-07-27
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000046143834

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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Procédure contentieuse antérieure<br>
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       Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 3 février 2021 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 2101272 du 8 avril 2021, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.<br>
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Procédure devant la cour<br>
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       Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2021, Mme A..., représentée par Me Marcel, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une carte de séjour temporaire lui permettant de travailler, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;<br>
       4°) de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice de son conseil une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
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       Elle soutient que :<br>
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       Sur la régularité du jugement : <br>
       - le jugement attaqué est irrégulier dès lors qu'il n'a pas été répondu au moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
       - son droit d'être entendue préalablement à l'adoption de la décision a été méconnu ;<br>
       - la décision attaquée est insuffisamment motivée ;<br>
       - elle méconnaît les articles 3, 4 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;<br>
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       Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :<br>
       - elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       - elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.<br>
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       En application de l'article R. 611-8 du code de justice administrative, la requête a été dispensée d'instruction.<br>
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       Mme A... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2021.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;<br>
      - le code de justice administrative ;<br>
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       La présidente de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Le rapport de Mme Evrard, présidente-assesseure, ayant été entendu au cours de l'audience publique ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. Mme A..., ressortissante nigériane née le 25 juillet 1989, est entrée irrégulièrement en France le 30 juillet 2018, selon ses déclarations, et a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 11 janvier 2019, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 octobre 2020. Par un arrêté du 3 février 2021, le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 6° de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A... demande l'annulation du jugement du 8 avril 2021 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
Sur la régularité du jugement attaqué :<br>
       2. Le premier juge a répondu au point 9 du jugement au moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il suit de là que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que le jugement attaqué serait entaché d'une omission à statuer.<br>
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       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       3. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise le 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que la demande d'asile présentée par Mme A... a été rejetée, comporte l'énoncé des circonstances de fait et de droit qui en sont le fondement et est, par suite, suffisamment motivée. <br>
       4. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (...) ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. (...) ".<br>
       5.  Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision le plaçant en rétention dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.<br>
       6.  Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français non prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.<br>
       7.  Une violation des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu, n'entraîne l'annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l'absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent.<br>
       8.  Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A..., dont la demande d'asile a été présentée antérieurement à l'entrée en vigueur des dispositions de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile issues de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, aurait été, à un moment de la procédure, informée de ce qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ou mise à même de présenter des observations, la procédure de demande d'asile n'ayant pas une telle finalité. Toutefois, les circonstances invoquées par la requérante, tirées de ce qu'elle a été victime de violences dans son pays d'origine et de ce qu'elle s'est soustraite à un réseau de traite des êtres humains, dès lors qu'elles ne sont assorties d'aucune précision ni d'aucun justificatif permettant de les tenir pour établies, ainsi que l'a au demeurant relevé la Cour nationale du droit d'asile, n'étaient pas susceptibles d'affecter le sens de la décision en litige. Le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière doit, par suite, être écarté.<br>
       9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
       10. Mme A... fait état de la durée de son séjour en France, de sa volonté d'intégration et de la présence sur le territoire français de son fils, âgé de six ans, qui est scolarisé. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme A... n'est entrée que récemment en France, moins de trois ans avant la décision attaquée, et qu'elle n'a pas été admise au séjour à l'exception de la période durant laquelle sa demande d'asile a été examinée. Elle ne se prévaut d'aucune attache privée ou familiale en France. Enfin, elle n'établit pas être dépourvue de toute attache au Nigéria, où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-neuf ans. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet de l'Isère, en obligeant Mme A... à quitter le territoire français, n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli. Il n'est pas davantage établi que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.<br>
       11. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".<br>
       12. Mme A... ne fait état d'aucun élément faisant obstacle à ce que son fils retourne avec elle au Nigéria, pays dont il est également ressortissant et où il pourra poursuivre sa scolarité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.<br>
       13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude. / 2° Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire (...) ". La requérante soutient qu'en prenant à son encontre une décision d'éloignement sans tenir compte du risque qu'elle encourt d'être retrouvée par le réseau de proxénètes qui l'exploitait au Nigéria, le préfet de l'Isère a méconnu les stipulations de l'article 4 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, la requérante, dont la demande d'asile a, au demeurant, été rejetée, ne produit aucun élément permettant de considérer qu'elle serait effectivement exposée, de façon personnelle et directe, à un risque sérieux d'être réduite en esclavage ou contrainte au travail forcé en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 4 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui ne peut au demeurant être utilement invoqué à l'encontre de la décision en litige, laquelle n'a pas pour effet de fixer le pays à destination duquel Mme A... doit être éloignée, ne peut qu'être écarté.<br>
       14. En dernier lieu, Mme A... reprend en appel le moyen qu'elle avait invoqué en première instance tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble.<br>
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :<br>
            15.  En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par Mme A... de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.<br>
       16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".<br>
       17. Si Mme A... fait valoir qu'elle a été victime au Nigéria d'un réseau de traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, les éléments qu'elle produit ne suffisent pas à établir qu'elle serait effectivement exposée à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Au demeurant, la demande d'asile présentée par la requérante a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli.<br>
       18. En dernier lieu, et pour les motifs exposés précédemment, les moyens tirés de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée ne peuvent qu'être écartés. <br>
       19. Il résulte de ce qui précède que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié Mme B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Isère.<br>
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Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :<br>
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Mme Evrard, présidente de la formation de jugement,<br>
Mme Caraës, première conseillère,<br>
Mme Lesieux, première conseillère.<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe, le 27 juillet 2022.<br>
La présidente-rapporteure,<br>
A. Evrard<br>
L'assesseure la plus ancienne,<br>
R. Caraës<br>
La greffière,<br>
N. Lecouey       <br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
2<br>
N° 21LY02519<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 Étrangers. - Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.