# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 30 décembre 2003, 258690, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008186465
**Date de décision:** 2003-12-30
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008186465

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 21 juillet 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Lounis X demeurant ... ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 12 mai 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif  de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 mars 2003  par lequel le préfet de police a ordonné sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 80 euros par jour de retard  ;
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                4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 700 euros au titre de l'article L-761-1 du code de justice administrative  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                     Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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- les conclusions de M. Guyomar, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  :  Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)   ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité algérienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 12 novembre 2002, de la décision du préfet de police du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur la légalité de l'arrêté attaqué  :
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que  M. X n'a plus d'attaches dans son pays d'origine depuis le décès de sa grand-mère  ; que ses parents et sa sour, qui sont sa seule famille, séjournent régulièrement en France depuis plusieurs années  ; que l'état de santé de son père, handicapé à 80 %, nécessite sa présence à ses côtés  ; qu'il apporte un soutien financier à sa famille  ; qu'ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la vie privée et familiale de M. X et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;  
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est  fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions à fin d'injonction  : 
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                Considérant qu'aux termes du III de l'article 22 bis de l' ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  :  Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé, (...) l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau statué sur son cas   ; qu'aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative  :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public (...) prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé   ; 
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de se prononcer sur la situation de M. X dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente décision  ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte  ; 
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                Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. X la somme de 700 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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D E C I D E  :
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Article 1er  : Le jugement du 12 mai 2003 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris et l'arrêté du 4 mars 2003 du préfet de police ordonnant la reconduite à la frontière de M. X sont annulés.
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Article 2  : Le préfet de police statuera sur la situation de M. X dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente décision.
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Article 3  : L'Etat versera à M. X la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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Article 4  : La présente décision sera notifiée à M. Lounis X, au préfet de police  et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Satisfaction totale
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**