# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 25 janvier 1968, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006977590
**Date de décision:** 1968-01-25
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006977590

## Contenu de la décision

SUR LES DEUX MOYENS REUNIS : ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE LA SOCIETE A LA TOILE D'AVION ETAIT LOCATAIRE, DEPUIS 1934, D'UN IMMEUBLE A USAGE COMMERCIAL SIS A PARIS,... DES DAMES X... ; <br>
<br>QUE, CELLES-CI AYANT, EN 1961, REFUSE LE RENOUVELLEMENT DU BAIL, L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE FIXE L'INDEMNITE D'EVICTION A 1300000 FRANCS. ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'UNE PART, D'AVOIR DECLARE QUE LA VALEUR DU DROIT AU BAIL NE SAURAIT ENTRER EN LIGNE DE COMPTE POUR LE CALCUL DE L'INDEMNITE D'EVICTION, ALORS QUE LE DROIT AU BAIL EST L'UN DES ELEMENTS CONSTITUTIFS DU FONDS DE COMMERCE ET QUE SA VALEUR NE PEUT ETRE PROPORTIONNEE AUX RESULTATS DE L'EXPLOITATION POUR APPRECIER LE PREJUDICE RESULTANT, DU DEFAUT DE RENOUVELLEMENT, ET DE LA VALEUR MARCHANDE DU FONDS, D'AUTRE PART, D'AVOIR ENONCE QUE L'ACTIVITE EXERCEE PAR LA LOCATAIRE AURAIT CONTRAINTE CELLE-CI A CEDER A IN COMMISSIONNAIRE ET QUE LADITE ACTIVITE N'ETANT PAS CELLE PREVUE AU BAIL CREAIT UN RISQUE DE RESILIATION, ALORS, SELON LE POURVOI, QU'IL ETAIT CONSTANT QUE LA SOCIETE VENDAIT DANS LES LIEUX LES ARTICLES PREVUS AU CONTRAT DE LOCATION ET QUE LE FAIT QU'ELLE NE RECUEILLAIT PAS ELLE-MEME LE BENEFICE DE SES VENTES ETAIT ETRANGER AUX PROPRIETAIRES ET NE POUVAIT DONC CONSTITUER UN MOTIF DE RESILIATION OU DE REFUS DE RENOUVELLEMENT, NI METTRE OBSTACLE A LA CESSION A UN SUCCESSEUR, DANS LA VENTE DES MEMES ARTICLES ; <br>
<br>MAIS ATTENDU D'ABORD QU'ENUMERANT ET ANALYSANT LONGUEMENT, TANT PAR MOTIFS PROPRES QUE PAR ADOPTION DE CEUX DU JUGEMENT, TOUS LES ELEMENTS DE NATURE A DETERMINER LA VALEUR MARCHANDE DU FONDS, L'ARRET RELEVE, NOTAMMENT, QUE LES LOCAUX LITIGIEUX, EN RAISON DE LEUR EMPLACEMENT, PRESENTAIENT POUR LA SOCIETE A LA TOILE D'AVION, DONT LES QUATRE AUTRES MAGASINS SONT MOINS BIEN SITUES, UN AVANTAGE TRES APPRECIABLE SUR LE PLAN DE LA PUBLICITE ET UN ACHALANDAGE EXCEPTIONNELLEMENT FAVORABLE ET QUE LE LOCAL DE REMPLACEMENT DEVRA EN CONSEQUENCE OFFRIR LES MEMES CONDITIONS DE STANDING SANS QU'IL SOIT TOUTEFOIS NECESSAIRE QUE CE LOCAL SOIT AUSSI IMPORTANT QUE L'ANCIEN POUR PERMETTRE A LA SOCIETE DE CONTINUER UNE ACTIVITE EQUIVALENTE AVEC LES MEMES AVANTAGES QU'ELLE TIRAIT DU BAIL DONT LE RENOUVELLEMENT EST REFUSE ; <br>
<br>QU'AINSI LES JUGES DU FOND ONT TENU COMPTE DE LA VALEUR DU DROIT AU BAIL ; <br>
<br>ATTENDU, EN SECOND LIEU, QU'AYANT CONSTATE QUE LA SOCIETE LOCATAIRE N'ETAIT PROPRIETAIRE QUE D'UN FONDS DE COMMISSION ET QU'ELLE VENDAIT POUR LE COMPTE DU COMPTOIR DE L'INDUSTRIE COTONNIERE (GIC), MOYENNANT UNE REMUNERATION FIXE ANNUELLE, LES PRODUITS FABRIQUES PAR CETTE DERNIERE SOCIETE EN S'INTERDISANT, AUX TERMES DU CONTRAT, DE VENDRE POUR SON PROPRE COMPTE TANDIS QUE LE CIC CONSERVAIT POUR LUI SEUL LA RESPONSABILITE DE L'ORGANISATION ET TOUS LES FRAIS DE L'EXPLOITATION, LA COUR D'APPEL QUI, OBSERVANT ENCORE QUE LA SOCIETE EVINCEE N'ETAIT PAS PROPRIETAIRE DU FONDS DE NOUVEAUTES EXPLOITE DANS LES LIEUX, A PAR UNE INTERPRETATION SOUVERAINE DES CONVENTIONS LIANT LA SOCIETE DITE A LA TOILE D'AVION TANT AUX BAILLERESSES QU'AU CIC ET DES CIRCONSTANCES DE LA CAUSE, TENU COMPTE DES DIFFICULTES ET DES RISQUES POUVANT RESULTER DE CETTE SITUATION PARTICULIERE POUR LA LOCATAIRE, NOTAMMENT DANS LE CAS D'UNE CESSION QUI, AUX TERMES DU BAIL, N'ETAIT AUTORISEE QU'A UN SUCCESSEUR DANS LE MEME COMMERCE, QU'AYANT ENFIN SOULIGNE QUE L'EVICTION DE LA SOCIETE A LA TOILE D'AVION N'ENTRAINERAIT PAS LA PERTE DU FONDS DE COMMISSION, DONT LE DEPLACEMENT S'EFFECTUERA AVEC MAINTIEN DE LA CLIENTELE CIC, LA COUR D'APPEL A PRIS EN CONSIDERATION TOUS LES ELEMENTS DU PREJUDICE SUBI ET A SOUVERAINEMENT APPRECIE LE MONTANT DE CELUI-CI ; <br>
<br>D'OU IL SUIT QUE LES CRITIQUES DES MOYENS NE SONT PAS JUSTIFIEES ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 29 MAI 1965 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS. N° 65-13083 SOCIETE A LA TOILE D'AVION C / CONSORTS X... PRESIDENT ET RAPPORTEUR : M DE MONTERA-AVOCAT GENERAL : M PAUCOT-AVOCATS : MM LABBE ET CELICE. A RAPPROCHER : SUR LE N° 2 : 25 JANVIER 1968, BULL 1968, III, N° 32, P 25.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1 ON NE SAURAIT FAIRE GRIEF AUX JUGES DU FOND DE N'AVOIR PAS TENU COMPTE DE LA VALEUR DU DROIT AU BAIL POUR LE CALCUL DE L'INDEMNITE D'EVICTION DES LORS QUE RECHERCHANT LA VALEUR DU FONDS ILS RELEVENT QUE L'EMPLACEMENT DU MAGASIN ETAIT EXCEPTIONNEL ET QUE LE LOCAL DE REMPLACEMENT DEVAIT OFFRIR LES MEMES CONDITIONS DE STANDING POUR CONTINUER UNE ACTIVITE EQUIVALENTE AVEC LES MEMES AVANTAGES.,2 LE LOCATAIRE QUI VEND POUR LE COMPTE D'UNE SOCIETE ET MOYENNANT UNE REMUNERATION FIXE LES PRODUITS QU'ELLE FABRIQUE N'EST PROPRIETAIRE QUE D'UN " FONDS DE COMMISSION " QUI NE DISPARAIT PAS DU FAIT DE L'EVICTION, SON DEPLACEMENT S'EFFECTUANT AVEC MAINTIEN DE LA CLIENTELE.
**Mots-clés:** 1 BAIL COMMERCIAL (DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953)    INDEMNITE D'EVICTION    MONTANT    LOI DU 5 JANVIER 1957    VALEUR DU FONDS VALEUR DU DROIT AU BAIL    CONSTATATIONS SUFFISANTES,2 BAIL COMMERCIAL (DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953)    INDEMNITE D'EVICTION    MONTANT    LOI DU 5 JANVIER 1957    FONDS DE COMMISSION    MAINTIEN DE LA CLIENTELE