# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 25 octobre 1967, 66-93.535, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007056705
**Date de décision:** 1967-10-25
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007056705

## Contenu de la décision

CASSATION SUR LE POURVOI DE X... (EMILE), PARTIE CIVILE, AGISSANT ES QUALITES DE GERANT DE LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE "X... ET Y...", CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE MONTPELLIER, EN DATE DU 7 OCTOBRE 1966, QUI A CONFIRME L'ORDONNANCE DE NON-LIEU RENDUE DANS LES POURSUITES EXERCEES CONTRE X... (RAOUL) DES CHEFS D'ESCROQUERIE ET FAUX EN ECRITURES DE COMMERCE LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT;<br>
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 SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 7, 8 ET 575 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DES ARTICLES 147 ET 150 DU CODE PENAL ET DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET DE REPONSE AUX CONCLUSIONS, MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE ETEINTE L'ACTION PUBLIQUE ENGAGEE CONTRE RAOUL X... DES CHEFS D'ESCROQUERIE ET FAUX EN ECRITURE DE COMMERCE, SUR PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DE LA SARL X... ET Y... AUX MOTIFS QUE LE POINT DE DEPART DE LA PRESCRIPTION DOIT ETRE FIXE AU 30 AVRIL 1953, DATE DU LICENCIEMENT DE RAOUL X... ET JOUR OU LA SOCIETE PLAIGNANTE AURAIT EU LA POSSIBILITE DE CONNAITRE LES FAUX LITIGIEUX;<br>
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 "ALORS QUE, D'UNE PART, COMME LA SOCIETE DEMANDERESSE LE SOUTENAIT DANS SES CONCLUSIONS D'APPEL DEMEUREES SANS REPONSE, ELLE N'A EU LA POSSIBILITE DE CONNAITRE LES FAUX LITIGIEUX QUE LE 20 MARS 1957 A LA SUITE D'UNE CORRESPONDANCE ECHANGEE AVEC LA SUCCURSALE DE LA SOCIETE GENERALE DE MONTPELLIER, CE RETARD N'ETANT IMPUTABLE QU'A RAOUL X... QUI, LORS DE SON LICENCIEMENT ET POUR BROUILLER TOUTES LES PISTES AVAIT JETE A LA RUE PELE-MELE LA COMPTABILITE DE LA SOCIETE DEMANDERESSE ET ALORS QUE, D'AUTRE PART, EN MATIERE DE FAUX COMME EN MATIERE D'ABUS DE CONFIANCE, LE POINT DE DEPART DE LA PRESCRIPTION SE SITUE AU MOMENT OU LE DETOURNEMENT EST APPARU ET A PU ETRE CONSTATE";<br>
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 SUR LA RECEVABILITE : ATTENDU QUE L'ARRET A CONFIRME L'ORDONNANCE DU JUGE D'INSTRUCTION QUI A DECLARE L'ACTION PUBLIQUE ETEINTE PAR L'EFFET DE LA PRESCRIPTION;<br>
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ATTENDU QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 575, PARAGRAPHE 3, DU CODE DE PROCEDURE PENALE, LA PARTIE CIVILE PEUT SE POURVOIR EN CASSATION CONTRE LES ARRETS DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION, MEME EN L'ABSENCE DE POURVOI DU MINISTERE PUBLIC, LORSQUE L'ARRET A ADMIS UNE EXCEPTION METTANT FIN A L'ACTION PUBLIQUE;<br>
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 QU'AINSI LE POURVOI EST RECEVABLE ET QU'IL Y A LIEU DE STATUER SUR LE MOYEN;<br>
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 SUR LE FOND : VU LESDITS ARTICLES;<br>
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 ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QU'UNE INFORMATION, OUVERTE AU PARQUET DE LA SEINE LE 27 MARS 1957 DES CHEFS DE FAUX ET USAGE DE FAUX EN ECRITURES DE COMMERCE CONTRE X... RAOUL, SUR PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DE X... EMILE, SON PERE, AGISSANT EN QUALITE DE GERANT DE LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE "X... ET Y...", A ETE CLOSE, LE 5 JUIN 1962, PAR UNE ORDONNANCE D'INCOMPETENCE DU MAGISTRAT INSTRUCTEUR;<br>
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QUE, POUR LES MEMES FAITS ET TOUJOURS CONTRE X... RAOUL, X... EMILE, AGISSANT EN LA MEME QUALITE, A SAISI LE JUGE D'INSTRUCTION DE MONTPELLIER, A LA DATE DU 16 MAI 1965, D'UNE NOUVELLE PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DES CHEFS D'ESCROQUERIE ET DE FAUX EN ECRITURES DE COMMERCE;<br>
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 QUE CETTE INFORMATION A ETE CLOSE, LE 7 JUIN 1966, PAR UNE ORDONNANCE CONSTATANT QUE L'ACTION PUBLIQUE ETAIT ETEINTE PAR LA PRESCRIPTION;<br>
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 QUE, SAISIE DE L'APPEL DE CETTE DECISION, LA CHAMBRE D'ACCUSATION L'A CONFIRMEE AU MOTIF QUE LES FAITS DENONCES COMME CONSTITUANT "LES DELITS PREVUS PAR LES ARTICLES 150 ET 405 DU CODE PENAL" REMONTAIENT A UNE EPOQUE, ALLANT DE 1950 A 1952, ANTERIEURE DE PLUS DE TROIS ANS A LA PLAINTE INITIALE DU 27 MARS 1957;<br>
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 MAIS ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, LA CHAMBRE D'ACCUSATION N'A PAS DONNE UNE BASE LEGALE A SA DECISION;<br>
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 ATTENDU, EN EFFET QUE L'INFORMATION, PRIMITIVEMENT REQUISE PAR LE PARQUET DE LA SEINE, A ETE OUVERTE, LE 27 MARS 1957, POUR DES FAITS DONT CERTAINS AURAIENT, A LES SUPPOSER ETABLIS, CONSTITUE DES FAUX EN ECRITURES DE COMMERCE, FAITS QUI, SOUS L'EMPIRE DE L'ANCIEN ARTICLE 147 DU CODE PENAL, DANS SA REDACTION ANTERIEURE A L'ORDONNANCE N° 58-1298 DU 23 DECEMBRE 1958, ETAIENT PUNIS DES PEINES CRIMINELLES;<br>
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QU'AINSI, LA PRESCRIPTION PREVUE PAR L'ARTICLE 637 DU CODE D'INSTRUCTION CRIMINELLE, ALORS EN VIGUEUR, N'ETAIT PAS ACQUISE AU JOUR DE L'OUVERTURE DE L'INFORMATION;<br>
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 QUE, DANS LA SUITE, LES ACTES D'INSTRUCTION ACCOMPLIS JUSQU'AU 5 JUIN 1962, DATE DE L'ORDONNANCE D'INCOMPETENCE, ONT POUR EFFET, BIEN QUE FAITS PAR UN MAGISTRAT QUI S'EST ULTERIEUREMENT DECLARE INCOMPETENT, D'INTERROMPRE LA PRESCRIPTION DE L'ACTION PUBLIQUE;<br>
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 QU'ENFIN, MOINS DE TROIS ANS S'ETANT ECOULES ENTRE LE 5 JUIN 1962 ET LE 16 MAI 1965, DATE A LAQUELLE LE JUGE D'INSTRUCTION DE MONTPELLIER A ETE SAISI DES MEMES FAITS, LA PRESCRIPTION NE POUVAIT ETRE ACQUISE A CETTE DERNIERE DATE;<br>
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 QUE, DES LORS, LA CASSATION EST ENCOURUE;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE MONTPELLIER EN DATE DU 7 OCTOBRE 1966 ET POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE NIMES PRESIDENT : M COMTE, CONSEILLER DOYEN, FAISANT FONCTIONS - RAPPORTEUR : M CENAC - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCAT : M RAVEL.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation sans renvoi
**Lois appliquées:** Code d'instruction criminelle 637,Code pénal 147,Ordonnance 58-1298 1958-12-23
**ECLI:** 
**Résumé:** Jusqu'à l'ordonnance n° 58-1298 du 23 décembre 1958, les infractions prévues par l'article 147 du Code pénal étaient punies de peines criminelles. Etaient dès lors applicables les dispositions de l'article 637 du Code d'instruction criminelle, alors en vigueur, selon lesquelles l'action publique et l'action civile résultant d'un crime ..., se prescrivent après dix années révolues, à compter du jour où le crime a été commis si, dans cet intervalle, il n'a été fait aucun acte d'instruction ni de poursuite. S'il a été fait, dans cet intervalle, des actes d'instruction ou de poursuite non suivis de jugement, l'action publique et l'action civile ne se prescrivent qu'après dix années révolues à compter du dernier acte.
**Mots-clés:** FAUX - Faux en écritures de commerce - Prescription - Législation antérieure à l'ordonnance du 23 décembre 1958 - Instruction commencée avant et poursuivie après,* FAUX - Faux en écritures de commerce - Prescription - Interruption - Acte d'instruction - Acte d'un magistrat incompétent - Poursuite commencée antérieurement à l'ordonnance du 23 décembre 1958 et poursuivie après.,* PRESCRIPTION - Action publique - Interruption - Acte d'instruction - Crime transformé en délit par le législateur - Information commencée antérieurement et poursuivie après.,* PRESCRIPTION - Action publique - Interruption - Acte d'instruction - Faux en écriture de commerce - Instruction antérieure à l'ordonnance du 23 décembre 1958 et poursuivie après.,* PRESCRIPTION - Action publique - Interruption - Acte d'instruction - Magistrat incompétent.