# CAA de NANTES, 3ème chambre, 08/04/2022, 21NT03184, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000045537367
**Date de décision:** 2022-04-08
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 3ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000045537367

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler l'arrêté du 23 octobre 2020 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.<br>
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       Par un jugement n° 2100357 du 16 avril 2021, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 15 novembre 2021, M. B..., représenté par Me Berthet-Le Floch, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes du 16 avril 2021 ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté du 23 octobre 2020 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'État, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.<br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il fait valoir qu'aucun de moyens soulevés par M. B... n'est fondé.<br>
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       M. B... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 août 2021.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de Mme Brisson a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. B..., ressortissant camerounais né le 27 octobre 1993, est entré irrégulièrement en France le 5 août 2014, selon ses déclarations. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 16 décembre 2019. Par un arrêté du 23 octobre 2020, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. L'intéressé relève appel du jugement du 16 avril 2021 du tribunal administratif de Rennes ayant rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".<br>
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       3. M. B... fait valoir qu'il réside en France depuis le mois d'août 2014, qu'il a repris une relation préexistante avec une compatriote titulaire d'une carte de résident avec laquelle il a eu un enfant né en France en juin 2014, qu'il vit avec cette personne depuis le mois d'août 2016 et qu'ils ont souscrit ensemble un pacte civil de solidarité le 24 juillet 2019. Toutefois, les justificatifs produits par le requérant, parmi lesquels figurent des factures de gaz et d'électricité établies aux noms de M. B... et de sa partenaire et concernant plusieurs logements, ne suffisent pas à établir l'ancienneté alléguée de leur communauté de vie, alors qu'il ressort notamment des documents fiscaux produits par l'intéressé que ce dernier a été domicilié à Paris jusqu'en 2018. Le requérant n'établit pas davantage la réalité du lien de filiation qu'il invoque à l'égard de l'enfant de sa compagne, reconnu par un tiers avant sa naissance et ne justifie en outre ni entretenir avec ce dernier des liens d'une particulière intensité, ni participer aux charges du foyer. S'il se prévaut également de ses activités au sein de clubs de football, l'intéressé, qui est entré irrégulièrement en France et s'y est maintenu pendant plus de cinq ans avant de solliciter la délivrance d'un titre de séjour, ne justifie ni d'une perspective professionnelle précise ni, par suite, d'une particulière intégration. Enfin, il n'établit pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans et où résident notamment sa mère, deux frères et une sœur. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment des conditions d'entrée et de séjour en France de M. B..., l'arrêté contesté n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Dès lors, en prenant cet arrêté, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa situation personnelle.<br>
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       4. Il résulte de ce qui précède que M. B... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.<br>
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D E C I D E<br>
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Article 1er :	La requête de M. B... est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée, pour information, au préfet d'Ille-et-Vilaine.<br>
       Délibéré après l'audience du 24 mars 2022, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Salvi, président,<br>
       - Mme Brisson, présidente-assesseure,<br>
       - M. L'hirondel, premier conseiller.<br>
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       Rendu public par mise à disposition du greffe le 8 avril 2022.<br>
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       La rapporteure,<br>
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       C. BRISSON       Le président,<br>
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       D. SALVI       <br>
La greffière,<br>
A. MARTIN<br>
      La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
N° 21NT031842<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**