# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 8 juillet 2005, 267664, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008165583
**Date de décision:** 2005-07-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008165583

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 18 mai 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU RHONE  ; le PREFET DU RHONE demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  : 
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                1°) d'annuler le jugement du 20 avril 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a annulé son arrêté du 16 avril 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Ali X  ;
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                2°) de rejeter la demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Lyon  ;
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     	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention des Nations-Unies relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée  ;
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	Vu le code de justice administrative  ;
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Après avoir entendu en séance publique  :
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     - les conclusions de M. Laurent Vallée, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 en vigueur à la date de l'arrêté litigieux  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ; qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, ressortissant turc, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 29 novembre 2003, de la décision du PREFET DU RHONE, en date du 27 novembre 2003, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire français  ; que l'intéressé était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite à la frontière  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X est entré en France en juillet 2001  ; qu'il est marié, depuis le mois de mars 2001, avec une compatriote venue en France en 1982 et titulaire d'une carte de résident  ; que la proche famille de sa femme réside en France  ; que le couple a eu deux enfants, nés en France en juin 2002 et janvier 2004  ; qu'il n'est pas établi que les conditions de ressource nécessaires pour bénéficier d'un regroupement familial soient réunies  ; que, par suite, eu égard aux effets d'une mesure d'éloignement et alors même que l'intéressé garderait des attaches familiales dans son pays d'origine, l'arrêté du PREFET DU RHONE, en date du 16 avril 2004, décidant sa reconduite à la frontière a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il a ainsi méconnu tant les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  ; que, dès lors, le PREFET DU RHONE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a annulé, pour ce motif, son arrêté décidant la reconduite à la frontière de M. X  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros que M. X demande au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens  ;
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<br>D E C I D E  :
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     Article 1er  :   La requête du PREFET DU RHONE est rejetée. 
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     Article 2  : L'Etat versera à M. X la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DU RHONE, à M. Ali X et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**