# Conseil d'Etat, 10 SS, du 13 mai 1992, 99054, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007789406
**Date de décision:** 1992-05-13
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 10 SS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007789406

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 14 juin 1988 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour M. Z... JALO, demeurant chez M. Y... Solly ... ; M. X... demande que le Conseil d'Etat :<br>    1°) annule la décision du 29 février 1988 par laquelle la commission des recours des réfugiés a rejeté sa demande d'annulation de la décision du 4 mars 1986 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié ;<br>    2°) renvoie l'affaire devant la commission de recours des réfugiés ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New-York le 31 janvier 1967 ;<br>    Vu la loi n° 52-893 du 25 juillet 1952 ;<br>    Vu le décret n° 53-377 du 2 mai 1953 ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de M. Simon-Michel, Auditeur,<br>    - les observations de la S.C.P. Waquet, Farge, Hazan, avocat de M. Z... JALO,<br>    - les conclusions de M. Scanvic, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Considérant que le recours ouvert aux personnes prétendant à la qualité de réfugié par l'article 5 de la loi du 25 juillet 1952, portant création de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, a le caractère d'un recours de plein contentieux ; qu'il appartient dès lors à la commission des recours des réfugiés, non d'apprécier la légalité de la décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides qui lui est déférée, mais de se prononcer elle-même sur le droit des intéressés à la qualité de réfugié ; qu'ainsi le moyen tiré de ce que l'office français de protection des réfugiés et apatrides, en s'abstenant de convoquer le requérant, aurait violé les droits de la défense, est inopérant ;<br>    Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 5, dernier alinéa, de la loi du 25 juillet 1952 précitée, "les intéressés pourront présenter leurs explications à la commission des recours et s'y faire assister d'un conseil" ; que cette disposition impose à la commission de mettre les intéressés à même d'exercer la faculté qui leur est reconnue ; qu'à cet effet, la commission doit soit avertir le requérant de la date de la séance à laquelle son recours sera examiné soit l'inviter à l'avance à lui faire connaître s'il a l'intention de présenter des explications verbales pour qu'en cas de réponse affirmative de sa part, elle l'avertisse ultérieurement de la date de la séance ;<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que l'intéressé a reçu le 14 octobre 1986 un accusé réception du recours qu'il avait déposé à la commission des recours des réfugiés le 1er septembre 1986 ; que ce document l'invitait à faire connaître à ladite commission s'il avait l'intention de présenter des explications verbales pour qu'il puisse, en cas de réponse affirmative, être averti de la date de la séance à laquelle son recours serait examiné ; qu'il est constant que M. X... n'a accompli aucune de ces formalités ; que, dès lors, M. X... n'est pas fondé par ce motif à demander l'annulation de la décision attaquée ;<br>
<br>    Considérant, en troisième lieu, que si l'article 24 du décret du 2 mai 1953 susvisé autorise la commission des recours des réfugiés à prescrire "toute mesure d'instruction qu'elle juge utile", la circonstance qu'en l'espèce la commission n'ait pas estimé nécessaire d'avoir recours à la faculté dont elle dispose n'a pu entacher sa décision d'illégalité ;<br>    Considérant, en quatrième lieu, qu'il résulte des mentions de la décision attaquée qu'elle a été lue en séance publique ;<br>    Considérant, enfin, que la commission, après avoir analysé les allégations du requérant selon lesquelles il aurait été incarcéré et torturé en Guinée-Bissau en raison de son action au sein d'un parti d'opposition, a considéré que les pièces du dossier ne permettaient pas de tenir pour établis les faits allégués ni pour fondées les craintes énoncées ; qu'en prenant ainsi en considération la situation particulière du requérant, la commission a exercé son pouvoir souverain d'appréciation sans dénaturer les faits ni entacher sa décision d'une insuffisance de motivation ; qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par la décision attaquée, la commission des recours des réfugiés a rejeté sa demande ;<br>Article 1er : La requête de M. X... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre d'Etat, ministre des affaires étrangères (office français de protection des réfugiés et apatrides).<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Décret 53-377 1953-05-02 art. 24,Loi 52-893 1952-07-25 art. 5
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 26-05-02-01-02 DROITS CIVILS ET INDIVIDUELS - ETRANGERS, REFUGIES, APATRIDES - REFUGIES ET APATRIDES - COMMISSION DES RECOURS - POUVOIRS ET DEVOIRS DE LA COMMISSION,26-05-02-01-03 DROITS CIVILS ET INDIVIDUELS - ETRANGERS, REFUGIES, APATRIDES - REFUGIES ET APATRIDES - COMMISSION DES RECOURS - REGLES DE PROCEDURE,49-05-04 POLICE ADMINISTRATIVE - POLICES SPECIALES - POLICE DES ETRANGERS