# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 13 février 1980, 78-12.083, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007004691
**Date de décision:** 1980-02-13
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007004691

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SES DEUX BRANCHES :<br>
    ATTENDU QUE, SELON LES ENONCIATIONS DU JUGEMENT ATTAQUE, UN REPRESENTANT DE LA SOCIETE RENA-WARE DISTRIBUTEURS (SOCIETE RENA-WARE) A FAIT SIGNER A MICHEL Y... UN CONTRAT D'ACHAT A CREDIT D'UNE BATTERIE DE CUISINE ; QU'APRES LIVRAISON, Y... N'AYANT PAS PAYE LES MENSUALITES PREVUES AU CONTRAT, LA SOCIETE RENA-WARE A OBTENU CONTRE LUI UNE INJONCTION DE PAYER ; QUE POUR LA NOTIFICATION DE CETTE ORDONNANCE, LE GREFFIER DU TRIBUNAL A ADRESSE A Y... UNE LETTRE RECOMMANDEE DONT L'AVIS DE RECEPTION A ETE SIGNE PAR SON EPOUSE ; QUE L'ORDONNANCE AYANT ENSUITE ETE VISEE PAR LE JUGE POUR ETRE REVETUE DE LA FORMULE EXECUTOIRE, LA SOCIETE RENA-WARE A FAIT PROCEDER A UNE SAISIE-ARRET SUR LE COMPTE DE Y..., LEQUEL A FORME CONTREDIT A L'ORDONNANCE D'INJONCTION DE PAYER ; QUE LE TRIBUNAL A DECLARE RECEVABLE CE CONTREDIT ET A DECLARE NUL LE CONTRAT D'ACHAT POUR VIOLATION DES DISPOSITIONS DE LA LOI DU 22 DECEMBRE 1972 RELATIVE A LA PROTECTION DES CONSOMMATEURS EN MATIERE DE DEMARCHAGE ET DE VENTE A DOMICILE ;<br>
   ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF AU JUGEMENT ATTAQUE D'AVOIR DECLARE RECEVABLE LE CONTREDIT, ALORS QUE, SELON LE MOYEN, D'UNE PART, LE CONTREDIT N'EST PLUS RECEVABLE APRES QUE L'ORDONNANCE D'INJONCTION DE PAYER A ETE REVETUE DU VISA POUR EXECUTION ; QUE L'ORDONNANCE NE PEUT ETRE ATTAQUEE QUE PAR LA VOIE DU POURVOI EN CASSATION ; QU'EN DECLARANT, DES LORS, LE CONTREDIT RECEVABLE EN L'ESPECE QUAND IL CONSTATE QUE L'ORDONNANCE D'INJONCTION  DE PAYER A ETE VISEE POUR EXECUTION, LE TRIBUNAL D'INSTANCE A VIOLE LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 15 DU DECRET DU 28 AOUT 1972 ET CELLES DE L'ARTICLE 1351 DU CODE CIVIL ; ET ALORS QUE, D'AUTRE PART, LES EPOUX X... SOLIDAIREMENT TENUS DES DETTES CONTRACTEES POUR L'ENTRETIEN DU MENAGE ; QU'IL S'ENSUIT QUE, POUR CE QUI REGARDE CES DETTES, ILS SE REPRESENTENT MUTUELLEMENT ; QU'EN AFFIRMANT, PAR CONSEQUENT QUE, DANS L'ESPECE, LE DEBITEUR N'AVAIT PAS ETE REPRESENTE PAR SA FEMME, SANS RECHERCHER SI LA DETTE FORMANT L'OBJET DE L'INJONCTION DE PAYER N'AVAIT PAS ETE CONTRACTEE POUR LES BESOINS DU MENAGE ET QUAND IL CONSTATE QUE CETTE DETTE SE RAPPORTAIT A L'ACQUISITION D'UNE BATTERIE  DE  CUISINE, LE TRIBUNAL D'INSTANCE, QUI N'A PAS LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION, A VIOLE L'ARTICLE 220 DU CODE CIVIL ;<br>
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   MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE C'EST PAR UNE EXACTE APPLICATION DE L'ARTICLE 9 DU DECRET DU 28 AOUT 1972, DONT IL RESULTE QUE, LORSQUE LA NOTIFICATION D'UNE ORDONNANCE D'INJONCTION DE PAYER N'A PAS ETE FAITE A LA PERSONNE DU DEBITEUR, LE CONTREDIT EST RECEVABLE PENDANT LE MOIS QUI SUIT LE PREMIER ACTE D'EXECUTION, QUE LE TRIBUNAL A, POUR DECLARER RECEVABLE LE CONTREDIT FORME PAR Y..., RETENU QUE LA SOCIETE RENA-WARE NE CONTESTAIT PAS QUE LA NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE D'INJONCTION DE PAYER AVAIT ETE FAITE NON A Y... MAIS A UNE AUTRE PERSONNE ET QUE LE CONTREDIT AVAIT ETE FORME PAR Y... MOINS D'UN MOIS APRES LA SAISIE-ARRET PRATIQUEE SUR SON COMPTE BANCAIRE ; QUE, D'AUTRE PART, MEME SI LA DETTE CONTRACTEE PAR Y... SEUL AVAIT OBLIGE SOLIDAIREMENT SON EPOUSE, C'EST SANS ENCOURIR AUCUN DES GRIEFS ENONCES AU MOYEN QUE LE TRIBUNAL, QUI CONSTATE QUE L'ORDONNANCE D'INJONCTION DE PAYER ETAIT DELIVREE CONTRE Y... SEUL ET QUE DAME Y... N'AVAIT PAS MANDAT DE RECEVOIR LES LETTRES RECOMMANDEES ADRESSEES A SON EPOUX, EN A DEDUIT QUE LA NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE D'INJONCTION DE PAYER FAITE A DAME Y... N'AVAIT PAS EU POUR EFFET DE FAIRE COURIR CONTRE LE DEBITEUR VISE A L'ORDONNANCE LE DELAI POUR FORMER CONTREDIT ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES BRANCHES ;<br>
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   PAR CES MOTIFS :<br>
    REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE LE JUGEMENT RENDU LE 25 JANVIER 1978 PAR LE TRIBUNAL D'INSTANCE DE CHINON.<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1979-07-16 Bulletin 1979 II N. 224 (1) p. 153 (IRRECEVABILITE) et l'arrêt cité<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** Décret 72-790 1972-08-28 ART. 9
**ECLI:** 
**Résumé:** C'est par une exacte application de l'article 9 du décret du 28 août 1972, dont il résulte que lorsque la notification d'une ordonnance d'injonction de payer n'a pas été faite à la personne du débiteur, le contredit est recevable pendant le mois qui suit le premier acte d'exécution, qu'un tribunal, pour déclarer recevable le contredit formé contre une ordonnance rendue contre un mari seul, retient que l'avis de réception de la lettre recommandée envoyée par le greffier pour notifier l'ordonnance était signé de son épouse, qui n'avait pas reçu mandat à cette fin, et que le contredit était formé moins d'un mois après une saisie arrêt pratiquée sur le compte bancaire du mari, peu important que l'ordonnance ait été revêtue du visa pour exécutoire et que l'épouse ait été solidairement tenue au paiement de la dette.
**Mots-clés:** RECOUVREMENT DE CERTAINES CREANCES (décret du 28 août 1972) - Injonction de payer - Contredit - Délai - Point de départ - Signification - Signification à la personne du débiteur.,* POSTES ET TELECOMMUNICATIONS - Lettre recommandée - Destinataire absent - Avis de réception signé par une personne non mandatée - Effet.,* PROCEDURE CIVILE - Notification - Notification en la forme ordinaire - Lettre recommandée - Absence du destinataire - Avis de réception signé par une personne non mandatée - Effet.,* RECOUVREMENT DE CERTAINES CREANCES (décret du 28 août 1972) - Injonction de payer - Contredit - Délai - Point de départ - Signification - Signification à l'épouse du débiteur - Absence de procuration - Effet.