# Conseil d'Etat, 6 / 2 SSR, du 8 juillet 1987, 67004, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007729826
**Date de décision:** 1987-07-08
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 6 / 2 SSR
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007729826

## Contenu de la décision

<br>     Vu, 1°, sous le n° 67 004, la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 20 mars 1985 et 5 juillet 1985 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour Me X..., syndic au règlement judiciaire de la Société à responsabilité limitée "Capitole" demeurant ..., et tendant à ce que le Conseil d'Etat : <br>    1° annule le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 21 décembre 1984 condamnant ladite société à payer à la Société nationale des chemins de fer français la somme de 3 945 22O,12 F pour contravention de grande voirie commise sur la ligne de Modane à la frontière italienne ;<br>    2° décharge la contrevenante de ladite condamnation,<br>     Vu, 2°, sous le n° 67 995, la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 19 avril 1985 et 5 juillet 1985 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour la société à responsabilité limitée "CAPITOLE", dont le siège social est ... et Me X..., ès qualité de syndic au règlement judiciaire de ladite société à responsabilité limitée, et tendant à l'annulation du jugement du tribunal administratif de Grenoble précité du 21 décembre 1984 condamnant ladite société à payer à la Société nationale des chemins de fer français la somme de 3 945 220,12 F pour contravention de grande voirie et à la décharge de ladite condamnation,<br>     Vu les autres pièces des dossiers ;<br>    Vu la loi du 29 floréal an X ;<br>    Vu la loi du 15 juillet 1845 ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs ;<br>    Vu l'ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ;<br>    Vu la loi du 30 décembre 1977 ;<br>    Après avoir entendu :<br>    - le rapport de Mme Denis-Linton, Maître des requêtes,<br>    - les observations de Me Copper-Royer, avocat de la Société à responsabilité limitée "CAPITOLE" et de son syndic et de Me Odent, avocat de la Société nationale des chemins de fer français,<br>    - les conclusions de M. E. Guillaume, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>     Considérant que les requêtes n°s 67 004 et 67 995 sont dirigées contre le même jugement ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision ;<br>     Sur la requête n° 67 004 :<br>    Considérant que Me X..., syndic au règlement judiciaire de la société à responsabilité limitée "CAPITOLE" n'a pas qualité pour demander seul l'annulation du jugement attaqué ; qu'ainsi sa requête n'est pas recevable ;<br>     Sur la requête n° 67 995 :<br>     Sur la régularité de la procédure :<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction que le procès-verbal du 6 février 1979 dressé à l'encontre de la société à responsabilité limitée "CAPITOLE" ne comporte pas d'erreur sur la date des faits qu'il relève ;<br>    Considérant que le délai de 10 jours prévu par le 1er alinéa de l'article L.13 du code des tribunaux administratifs pour la notification au contrevenant du procès-verbal de contravention de grande voirie n'est pas prescrit à peine de nullité <br>    Considérant que les poursuites ont eu lieu à la diligence du Commissaire de la République de la Savoie, qui a fait régulièrement notifier le procès-verbal à la société par l'intermédiaire du maire de Modane ; qu'eu égard au caractère particulier des contraventions de grande voirie, les poursuites exercées à la suite des contraventions dont s'agit pouvaient régulièrement ne viser que le gérant de la société requérante, bien que ladite société ait été en règlement judiciaire ;<br>
<br>    Considérant que si, par suite d'une erreur dans la rédaction de l'acte de notification dudit procès verbal, le délai de la citation à comparaître, fixé à un mois par le 1er alinéa de l'article L.13, mentionné ci-dessus, a été indiqué comme étant de 15 jours, cette erreur est demeurée sans influence sur la régularité de la procédure, dès lors que la Société à responsabilité limitée "CAPITOLE" a été avertie de la date de l'audience, à laquelle le syndic n'avait pas à être convoqué, plus d'un mois après la notification du procès-verbal ; qu'il n'a ainsi pas été préjudicié aux droits de la défense ;<br>    Considérant que le tribunal administratif a été régulièrement saisi par le Commissaire de la République de la Savoie, qui lui a transmis le procès-verbal dressé à l'encontre de la société ; <br>     Sur la contravention :<br>    Considérant qu'il résulte de l'instruction, notamment d'une expertise qui s'est déroulée contradictoirement entre la Société nationale des chemins de fer français et la Société à responsabilité limitée "CAPITOLE", que l'effondrement, survenu le 7 février 1979, de la voûte du tunnel Saint-Antoine, qui est situé sur la voie ferrée allant de Modane à la frontière italienne, a pour origine une surcharge des terrains situés au-dessus de ce tunnel, elle-même provoquée par des dépôts de sable effectués par la société ; qu'en admettant même que ce tunnel, construit en 1869, ait pu présenter des affaiblissements, cette circonstance ne peut être assimilée à un fait de l'administration ayant mis la société dans l'impossibilité de prendre les mesures propres à éviter tout dommage ; qu'ainsi, le dommage causé au domaine public ferroviaire est constitutif d'une contravention de grande voirie ;<br>     Sur les réparations :<br>
<br>    Considérant que si la Société nationale des chemins de fer français produit un mémoire aux termes duquel elle estime les frais de remise en état du domaine à 3 945 220,12 F, il résulte du rapport d'expertise précité que le coût des réparations ne s'élève qu'à 2 739 198 F ; que cette évaluation n'a pas été sérieusement contestée ; que, par suite, la Société à responsabilité limitée "CAPITOLE" est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble l'a condamnée à payer la somme de 3 945 220,12 F ; que ladite somme doit être ramenée à 2 739 198 F ; <br>Article ler : La somme que la Société à responsabilité limitée "CAPITOLE" a été condamnée à payer à la Société nationale deschemins de fer français par le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 21 décembre 1984 est ramenée de 3 945 220,12 F à 2 739 198 F.<br>
<br>     Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Grenoble endate du 21 décembre 1984 est réformée en ce qu'il a de contraire à laprésente décision.<br>
<br>     Article 3 : La requête de Me X... sous le n° 67 004 et le surplus des conclusions de la requête n° 67 995 sont rejetés.<br>
<br>     Article 3 : La présente décision sera notifiée à la Société à responsabilité limitée "CAPITOLE", à Me Y... ès qualité de syndic au règlement judiciaire de la société CAPITOLE qui a succédé àMe X..., à la Société nationale des chemins de fer français et au ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoireet des transports.<br>
<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Code des tribunaux administratifs L13
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 24-01-04-01 DOMAINE - DOMAINE PUBLIC - CONTRAVENTIONS DE GRANDE VOIRIE - FAITS CONSTITUTIFS -Domaine ferroviaire - Effondrement de la voute d'un tunnel.,24-01-04-03 DOMAINE - DOMAINE PUBLIC - CONTRAVENTIONS DE GRANDE VOIRIE - POURSUITES -       [1]        Procès-verbal.       [2]        Remise en état du domaine - Evaluation du montant des frais        de remise en état.