# Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 22 mai 1970, 68-10.369 68-12.747, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006982645
**Date de décision:** 1970-05-22
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_2
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006982645

## Contenu de la décision

JOINT, EN RAISON DE LEUR CONNEXITE, LES POURVOIS N° 68-10 369 ET N° 68-12747 SUR LE MOYEN UNIQUE DU POURVOI N° 68-10369 PRIS EN SES DEUX PREMIERES BRANCHES : ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE QUE, LE 4 MAI 1957, LE SOLDAT TERNOIR FUT BLESSE DANS UNE COLLISION SURVENUE ENTRE LE CAMION MILITAIRE DONT IL ETAIT LE PASSAGER ET LE CAMION QUI, APPARTENANT A LA SOCIETE ALGERIENNE DE TRANSPORTS AUTOMOBILES, VENAIT EN SENS INVERSE;<br>
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 QUE CETTE SOCIETE ET L'ETAT FRANCAIS RECONNURENT QUE CHACUN D'EUX ETAIT RESPONSABLE DE L'ACCIDENT POUR MOITIE, QUE CE PARTAGE DE RESPONSABILITE FUT EGALEMENT ADMIS PAR LA MUTUELLE GENERALE FRANCAISE ACCIDENTS, ASSUREUR DE LA SOCIETE PRECITEE, QUE L'ETAT FRANCAIS A FAIT DELIVRER, LE 4 AVRIL 1960, A CETTE SOCIETE ET A SON ASSUREUR UN ETAT EXECUTOIRE AFIN D'OBTENIR LE REMBOURSEMENT DES ARRERAGES D'UNE PENSION TEMPORAIRE D'INVALIDITE ACCORDEE A TERNOIR, QUE LA SOCIETE ALGERIENNE DE TRANSPORTS AUTOMOBILES ET LA MUTUELLE GENERALE FRANCAISE ACCIDENTS ONT FORME OPPOSITION;<br>
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QU'EN CAUSE D'APPEL L'AGENT JUDICIAIRE DU TRESOR, PAR DEMANDE ADDITIONNELLE, A EGALEMENT RECLAME LE REMBOURSEMENT DU RELIQUAT DES ARRERAGES DE LA PENSION TEMPORAIRE D'INVALIDITE, AINSI QUE LE REMBOURSEMENT DES ARRERAGES ECHUS ET A ECHOIR D'UNE PENSION DEFINITIVE D'INVALIDITE CONCEDEE A LA VICTIME;<br>
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 ATTENDU QUE LE POURVOI FAIT GRIEF A L'ARRET D'UNE PART, D'AVOIR MECONNU LE PRINCIPE DE LA NON-RETROACTIVITE DES LOIS, EN SOUMETTANT L'ACCIDENT AUX PRESCRIPTIONS DE L'ORDONNANCE N° 59-76 DU 7 JANVIER 1959, RELATIVE A LA SUBROGATION DE L'ETAT DANS LES DROITS DE LA VICTIME, D'AUTRE PART, D'AVOIR, AU PRIX D'UNE DENATURATION DES DOCUMENTS DE LA CAUSE ET D'UN DEFAUT DE REPONSE A CONCLUSIONS, FAIT DROIT, POUR LA TOTALITE DES PRESTATIONS AU RECOURS DE L'ETAT, CONTRE LA SOCIETE ALGERIENNE DE TRANSPORTS AUTOMOBILES, TIERS RESPONSABLE ALORS QUE LE REMBOURSEMENT N'AURAIT DU ETRE ADMIS QUE DANS UNE PROPORTION CORRESPONDANT A CELLE EXISTANT ENTRE LA RESPONSABILITE DE L'ETAT ET CELLE DU TIERS;<br>
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 MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE LA LEGISLATION ANTERIEURE A L'ORDONNANCE DU 7 JANVIER 1959 EDICTAIT, COMME LE FAIT CETTE DERNIERE, NOTAMMENT DANS L'ARTICLE 27 DE LA LOI DU 20 SEPTEMBRE 1948, DEVENU L'ARTICLE 44 DU DECRET DE CODIFICATION DU 23 MAI 1951, QUE L'ETAT, DANS SON ACTION CONTRE LE TIERS RESPONSABLE EN REMBOURSEMENT DES PRESTATIONS VERSEES, ETAIT SUBROGE DE PLEIN DROIT A SON AGENT, VICTIME DU DOMMAGE;<br>
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 QUE LE DEMANDEUR AU POURVOI EST DONC SANS INTERET A CRITIQUER L'ARRET DU CHEF DE L'APPLICATION DE L'ORDONNANCE PRECITEE EN CE QUI CONCERNE LA SUBROGATION DE L'ETAT DANS LES DROITS DE LA VICTIME;<br>
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 ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE C'EST A BON DROIT, QUE L'ARRET ENONCE QUE L'ETAT, AGISSANT PAR VOIE DE SUBROGATION A SON AGENT, NE POUVAIT SE VOIR OPPOSER LE PARTAGE DE RESPONSABILITE EXISTANT ENTRE LUI ET LE TIERS RESPONSABLE;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN, QUI EST IRRECEVABLE EN SA PREMIERE BRANCHE, EST MAL FONDE EN SA DEUXIEME BRANCHE;<br>
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 MAIS SUR LE MEME MOYEN PRIS EN SA TROISIEME BRANCHE : VU L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL;<br>
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 ATTENDU QUE LE REMBOURSEMENT PAR LE TIERS RESPONSABLE DES PRESTATIONS VERSEES PAR L'ETAT NE PEUT EXCEDER LA REPARATION MISE A LA CHARGE DE CE TIERS;<br>
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 ATTENDU QU'EN S'ABSTENANT DE RECHERCHER SI LE MONTANT DES REMBOURSEMENTS RECLAMES PAR L'ETAT A LA SOCIETE ALGERIENNE DE TRANSPORTS AUTOMOBILES N'EXCEDAIT PAS LA PART DE REPARATION MISE A LA CHARGE DE CETTE SOCIETE, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE UNE BASE LEGALE A SA DECISION;<br>
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 ET SUR LE MOYEN UNIQUE DU POURVOI N° 68-12747 : VU L'ARTICLE 1ER-III DE L'ORDONNANCE N° 59-76 DU 7 JANVIER 1959;<br>
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 ATTENDU QU'AUX TERMES DE CE TEXTE, APPLICABLE AUX AGENTS DE L'ETAT, LE REMBOURSEMENT PAR LE TIERS RESPONSABLE DES ARRERAGES DE PENSIONS OU DE RENTES AYANT FAIT L'OBJET D'UNE CONCESSION DEFINITIVE EST EFFECTUE PAR LE VERSEMENT D'UNE SOMME LIQUIDEE EN CALCULANT LE CAPITAL REPRESENTATIF DE LA PENSION OU DE LA RENTE;<br>
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ATTENDU QUE POUR ECARTER EN CAUSE D'APPEL, LA DEMANDE DE L'ETAT TENDANT A CE QUE LUI FUT VERSE LE CAPITAL REPRESENTATIF DE LA PENSION DEFINITIVE ATTRIBUEE AU TAUX DE 40 % A LA VICTIME, LES JUGES DU SECOND DEGRE, APRES AVOIR ADMIS QUE CETTE PENSION AVAIT ETE CONCEDEE A COMPTER DU 8 NOVEMBRE 1960, ONT ESTIME, D'UNE PART, QUE LA CONVERSION DES ARRERAGES EN CAPITAL ETAIT SEULEMENT DESTINEE A PERMETTRE LE CALCUL DU PREJUDICE COMPLEMENTAIRE DE LA VICTIME, D'AUTRE PART, QUE LES REGLES DU LIVRE IV DU CODE DE LA SECURITE SOCIALE ETAIENT APPLICABLES ET QUE CELLES-CI NE PRESCRIVAIENT PAS LE REMBOURSEMENT AUX CAISSES DE SECURITE SOCIALE DU CAPITAL DES RENTES;<br>
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 EN QUOI, LA COUR D'APPEL, PAR REFUS D'APPLICATION, A VIOLE LE TEXTE SUSVISE;<br>
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 PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, MAIS SEULEMENT DANS LA LIMITE DES MOYENS ADMIS, L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS, LE 20 OCTOBRE 1967;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE ROUEN<br>
<br>,ID. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1969-06-09 Bulletin 1969 I N. 215 P.174 (CASSATION). (3)
 CF. Cour de Cassation (Chambre civile 2) 1969-02-26 Bulletin 1969 II N. 62 P.45 (CASSATION) et l'arrêt cité. (2)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle Irrecevabilité Cassation Cassation
**Lois appliquées:** (3),Ordonnance 59-56 1959-01-07 ART. 1-3
**ECLI:** 
**Résumé:** Le tiers responsable d'un accident survenu à un agent de l'Etat antérieurement à l'ordonnance du 7 janvier 1959 est irrecevable, faute d'intérêt, à faire grief aux juges du fond d'avoir accueilli l'action récursoire de l'Etat sur le fondement de la subrogation instituée par ce texte dès lors que la législation antérieure, notamment l'article 44 du décret de codification du 23 mai 1951 prévoyait une semblable subrogation au profit de l'Etat.,L'Etat agissant par voie de subrogation à un de ces agents ne peut se voir opposer le partage de responsabilité existant entre lui et le tiers responsable.          Mais si les remboursements qu'il sollicite n'ont pas été réduits en proportion de ce partage, ils ne peuvent excéder la part de réparation mise à la charge du tiers.,Aux termes de l'article I-3 de l'ordonnance n 59-76 du 7 janvier 1959, applicable aux agents de l'Etat, le remboursement par le tiers responsable des arrérages de pensions ou de rentes ayant fait l'objet d'une concession définitive est effectué par le versement d'une somme liquidée en calculant le capital réprésentatif de la pension ou de la rente.
**Mots-clés:** 1) RESPONSABILITE CIVILE - Dommage - Réparation - Agent d'un service public - Recours de l'état contre le tiers - Fondement - Régime antérieur à l'ordonnance du 7 janvier 1959.,* CASSATION - Intérêt - Erreur sans influence sur la décision - Visa erroné.,* JUGEMENTS ET ARRETS - Motifs - Visa - Visa erroné.,2) RESPONSABILITE CIVILE - Dommage - Réparation - Agent d'un service public - Recours de l'état contre le tiers - Partage de responsabilité entre le tiers et l'Etat - Effet.,3) RESPONSABILITE CIVILE - Dommage - Réparation - Agent d'un service public - Recours de l'Etat contre le tiers - Etendue - Pension d'invalidité - Capital constitutif - Exigibilité.