# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 3 décembre 2004, 261641, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008177498
**Date de décision:** 2004-12-03
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008177498

## Contenu de la décision

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                Vu la requête, enregistrée le 10 novembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Messud X, demeurant ...  ; M. X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 10 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2003 par lequel le préfet de l'Orne a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens  ;
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                	Vu les autres pièces du dossier  ;
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                	Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; 
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                	Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                	Vu le code de justice administrative  ;
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     Après avoir entendu en séance publique  :
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- les conclusions de M. Terry Olson, Commissaire du gouvernement  ;
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                Sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par le préfet de l'Orne  :
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité serbo-monténégrine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 6 juin 2003, de la décision du préfet de l'Orne du 21 mai 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Considérant qu'aux termes du 5° de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, dans sa rédaction alors en vigueur, ne peut faire l'objet d'une reconduite à la frontière  l'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à  la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à  l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins  ; qu'il résulte de ces termes mêmes que cette disposition ne  peut s'appliquer aux étrangers pères d'enfants français à naître  ; que, si  M. X fait valoir qu'il a reconnu par anticipation l'enfant attendu par la  ressortissante française avec laquelle il vit maritalement, cette circonstance ne peut le faire regarder comme entrant, à la date de l'arrêté attaqué, dans le champ d'application de la disposition susmentionnée  ; que la naissance d'un enfant français est seulement de nature à faire obstacle à l'exécution de l'arrêté de reconduite à la frontière pour autant que M. X remplisse les conditions posées par l'article 25-1°  de l'ordonnance du 2 novembre 1945, dans sa rédaction en vigueur depuis le 27 novembre 2003  ; que par suite M. X n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté préfectoral du 3 octobre 2003 est, sur ce point, entaché d'illégalité  ; 
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                Considérant que si M. X fait valoir qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française enceinte de ses oeuvres à la date de l'arrêté attaqué, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions du séjour de M. X, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet de l'Orne n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris  ; qu'il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions tendant  à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à M. X la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens  ;
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D E C I D E  :
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		Article 1er  : La requête de M. X est rejetée.
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Article 2  : La présente décision sera notifiée à M. Messud X, au préfet de l'Orne et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**