# Conseil d'Etat, 5ème sous-section jugeant seule, du 30 juin 2004, 259181, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008155053
**Date de décision:** 2004-06-30
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 5EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008155053

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 4 août 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE  ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat  :
<br>
<br>
     
                1°) d'annuler le jugement du 2 juin 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 27 mars 2003 décidant la reconduite à la frontière de M. Ali Ayman Rabie Zaki X  ;
<br>
<br>
     
                2°) de rejeter la demande de M. X tendant à l'annulation de cet arrêté  ;
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ;
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ;
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
                - le rapport de M. Fabre-Aubrespy, Maître des Requêtes,  
<br>
<br>
     
                - les conclusions de M. Olson, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : ... 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ...  ; que selon l'article 12 bis de la même ordonnance  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans, si au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ; 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, de nationalité égyptienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 12 juillet 2002, de la décision du PREFET DE POLICE en date du 9 juillet 2002, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le PREFET DE POLICE peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'indépendamment de l'énumération donnée par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, en particulier d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour  ; que lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X soutient que, entré en France, en 1991, il y réside habituellement depuis cette date, les documents produits par l'intéressé ne permettent pas d'établir le caractère habituel de la résidence  ; que le PREFET DE POLICE est ainsi fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur le motif qu'il remplissait les conditions posées par le 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 pour annuler l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressé  ;
<br>
<br>
     
                Considérant toutefois qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens invoqués par M. X en première instance et en appel  ;
<br>
<br>
     
                Considérant que M. X a épousé le 13 mai 2002 une ressortissante marocaine, titulaire d'une carte de résident, avec laquelle il vivait depuis un an au moins en concubinage et avec laquelle il a eu deux enfants nés en novembre 2001 et octobre 2002  ; que, dans les circonstances de l'espèce, le PREFET DE POLICE a porté une atteinte excessive au droit de M. X au respect de sa vie familiale et a, par suite, violé les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 en décidant la reconduite à la frontière de l'intéressé  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à se plaindre que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 27 mars 2003 prononçant la reconduite à la frontière de M. X  ;
<br>
<br>
<br>
<br>D E C I D E  :
<br>
     
                --------------
<br>
<br>
     
Article 1er  : La requête du PREFET DE POLICE est rejetée.
<br>
     Article 2  : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Ali Ayman Rabie Zaki X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**