# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 2ème Chambre, 03/12/2009, 08VE04006, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021697012
**Date de décision:** 2009-12-03
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 2ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021697012

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 23 décembre 2008 au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour M. Albénice A, demeurant chez M. A demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0805654 du 13 octobre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 avril 2008 du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il sera reconduit ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté attaqué ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour portant la mention  vie privée et familiale  dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;<br>
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       4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       M. A soutient, sur la légalité de l'arrêté attaqué, que le refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile tel que modifié par l'article 40 de la loi du 20 novembre 2007, dès lors qu'il a justifié d'une promesse d'embauche correspondant à la liste des  29 métiers du ministre du travail  ; que cette décision de refus méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il n'a plus de famille dans son pays d'origine ; que cette décision de refus viole également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte atteinte au respect de la vie privée et familiale, ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits des enfants, dès lors qu'il est père d'un enfant, né le 13 août 1998 et résidant en Guyane ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu la convention de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 19 novembre 2009 :<br>
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       - le rapport de Madame Tandonnet-Turot, président,<br>
       - et les conclusions de Mme Kermorgant, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. A, de nationalité haïtienne, né le 25 septembre 1969 à Miragôane, en Haïti, arrivé en Guyane en 2001 et en France métropolitaine en 2002, à l'âge de 32 ans, fait appel du jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui a rejeté, le 13 octobre 2008, sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 18 avril 2008 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit ;<br>
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       Considérant, en premier lieu, qu'aux termes des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile tel que modifié par l'article 40 de la loi du 20 novembre 2007 :  La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7  ; <br>
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       Considérant que M. A, qui n'a pas introduit sa demande de carte de séjour temporaire portant la mention  salarié  sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut se prévaloir utilement des dispositions de cet article ; <br>
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       Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance  ; qu'aux termes de l'article L. 313-11.du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. ; <br>
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       Considérant que M. A a joint à l'appui de sa demande la copie de la carte nationale d'identité de son demi-frère ainsi que les copies des cartes de résident de son frère et de sa soeur, qu'il a fourni les copies des actes de décès de ses parents et qu'il déclare ne plus avoir d'attache dans son pays d'origine ; qu'il ressort, toutefois, des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement en France en 2002 à l'âge de 32 ans, qu'il est célibataire, et que, de la courte période passée sur le territoire français, il n'établit pas avoir noué des liens d'une réelle intensité ; qu'il n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision de refus de titre attaquée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 313-11.7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, pour les mêmes motifs, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en examinant les conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé ;<br>
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       Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention de New York :  Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées, de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ;<br>
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       Considérant que M. A déclare avoir un fils né le 13 août 1998, que ce fils réside en Guyane, département français, et que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français aurait pour effet de porter atteinte à ce lien ; qu'il ressort, toutefois, des pièces jointes au dossier que ce fils est à la charge totale et effective de la soeur du requérant depuis juin 2005 ; que la décision attaquée n'a ainsi pas eu pour effet de porter atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande ;<br>
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       Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, dès lors, les conclusions à fin d'injonction de l'intéressé ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que ce soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; <br>
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D E C I D E<br>
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       Article 1er : La requête de M. A est rejetée.<br>
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N° 08VE04006<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**