# Cour Administrative d'Appel de Paris, 6ème Chambre, 25/05/2010, 08PA04094, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000022486067
**Date de décision:** 2010-05-25
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Paris
**Formation:** 6ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000022486067

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 4 août 2008, présentée pour le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande à la cour :<br>
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        1°) d'annuler le jugement n° 0809003/8 du 12 juin 2008 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a annulé la décision en date du <br>
17 avril 2008 faisant obligation à Mme  de quitter le territoire national dans le délai d'un mois ;<br>
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        2°) de rejeter la demande présentée par Mme  devant le Tribunal administratif de Paris ;<br>
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        Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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        Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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        Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 modifiée ;<br>
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       Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 modifiée ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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        Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 mai 2010 :<br>
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        - le rapport de M. Piot, rapporteur,<br>
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        - et les conclusions de Mme Dely, rapporteur public ;<br>
        Considérant que par une décision en date du 17 avril 2008, le PREFET DE POLICE a obligé Mme B, de nationalité chinoise, à quitter le territoire français dans le délai d'un mois ; que, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Paris a annulé cette décision par un jugement en date du 12 juin 2008 ; que le préfet de police fait appel de ce jugement ;<br>
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        Sur les conclusions en annulation : <br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ; et qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile susvisé  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivré de plein droit : (...) / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée (...)  ; <br>
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        Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme  réside habituellement en France depuis 1999, que le 2 novembre 2004 elle s'y est mariée avec un compatriote, M. C et que le couple a un enfant, D, né à Paris le 29 mars 2006 ; que Mme  réside également en France avec ses parents, tous deux en situation régulière, présents en France depuis 1994 et 1996 et propriétaires d'un logement sis ...), ayant accueilli l'intéressée et son époux durant plusieurs années ; que depuis le 24 mai 2007, l'intéressée et son époux sont eux-mêmes propriétaires d'un logement sis ...; que Mme  est titulaire d'une promesse d'embauche à durée indéterminée au sein de l'entreprise familiale de ses parents, la S.A.R.L.  Nouvelles Grandes Murailles , restaurant, en qualité de serveuse ; qu'il n'est pas contesté qu'elle maîtrise bien la langue française et a fait preuve d'une bonne intégration sur le territoire national ; que dans ces conditions, et nonobstant la circonstance que son conjoint résiderait en situation irrégulière en France, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de police a porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de sa décision ; <br>
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        Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Paris a annulé sa décision en date du 17 avril 2008 obligeant Mme  à quitter le territoire français et fixant la Chine comme pays de destination ;<br>
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        Sur les conclusions incidentes aux fins d'injonction :<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :  Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution  ;<br>
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        Considérant qu'eu égard aux motifs énoncés ci-dessus et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de la requérante se serait modifiée, en droit ou fait, depuis l'intervention de la décision attaquée, l'exécution du présent arrêt implique nécessairement la délivrance d'un titre de séjour à l'intéressée ; que, toutefois, par le jugement susvisé en date 24 septembre 2008 le Tribunal administratif de Paris a fait droit aux conclusions présentées par l'intéressée sur ce point ; qu'il n'y a, dès lors, pas lieu de prononcer une nouvelle injonction ;<br>
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        Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : <br>
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        Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme  et non compris dans les dépens ;<br>
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D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête susvisée du PREFET DE POLICE est rejetée.<br>
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Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme  au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 3 : Le surplus des conclusions de l'appel incident de Mme  est rejeté.<br>
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N° 08PA04094<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**