# Cour de cassation, Chambre commerciale, du 16 octobre 1985, 83-17.288, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007016006
**Date de décision:** 1985-10-16
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007016006

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QUE SELON L'ARRET ATTAQUE (VERSAILLES, 5 OCTOBRE 1983) LA SOCIETE PASCAL DIFFUSION, FABRICANT D'EAUX DE TOILETTE DISTRIBUEES SOUS LA MARQUE GENERALE " CHRISTIAN A... " ET SOUS DES MARQUES SPECIFIQUES PAR PRODUITS, A UTILISE SYSTEMATIQUEMENT, A TITRE COMMERCIAL, DES TABLEAUX DE CONCORDANCE PRESENTES SOUS FORME DE LISTES COMPARATIVES ENTRE SES PRODUITS ET CEUX DES SOCIETES PARFUMS ROCHAS (SOCIETE ROCHAS) ET PARFUMS CHRISTIAN DIOR (SOCIETE DIOR) DESIGNES PAR LEURS MARQUES ; <br>
<br>QUE SUR LE FONDEMENT DE L'USURPATION ET DE L'USAGE ILLICITE DE MARQUE ET SUBSIDIAIREMENT DE LA CONCURRENCE DELOYALE, CES SOCIETES ONT DEMANDE LA CONDAMNATION AU PAIEMENT DE DOMMAGES-INTERETS DE LA SOCIETE PASCAL DIFFUSION, DE SON PRESIDENT CHRISTIAN A... ET DE TROIS CONCESSIONNAIRES, M. Z... ET MMES X... ET Y... ; <br>
<br>ATTENDU QUE LA SOCIETE PASCAL DIFFUSION ET M. A... FONT GRIEF A LA COUR D'APPEL DE LES AVOIR CONDAMNES A PAYER UNE CERTAINE SOMME POUR AVOIR ENFREINT LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 422-2° DU CODE PENAL ALORS QUE, SELON LE POURVOI, L'INFRACTION REPRIMEE PAR L'ARTICLE 422-2° SUPPOSE L'UTILISATION DE LA MARQUE D'AUTRUI DANS LE DESSEIN DE DESIGNER DES PRODUITS CONCURRENTS ; <br>
<br>QU'IL RESULTE DES PROPRES CONSTATATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE LES PRODUITS DE LA SOCIETE PASCAL DIFFUSION ETAIENT COMMERCIALISES SOUS SA PROPRE MARQUE-INDIVIDUALISEE-ET QUE N'Y FIGURAIT AUCUNEMENT LA MARQUE D'AUTRUI, CE QUI EXCLUAIT TOUT RISQUE DE CONFUSION AVEC LES PRODUITS D'AUTRES MARQUES AINSI QUE TOUTE IDEE DE RATTACHEMENT A LA MARQUE D'AUTRUI ; <br>
<br>QU'IL S'ENSUIT QUE LA COUR D'APPEL N'A PU LEGALEMENT RETENIR UN TEXTE INCRIMINANT L'USAGE DE LA MARQUE D'AUTRUI ; <br>
<br>QU'ELLE A AINSI ENTACHE SA DECISION D'UN MANQUE DE BASE LEGALE AU REGARD DE L'ARTICLE 422-2° DU CODE PENAL ; <br>
<br>MAIS ATTENDU QUE, TANT PAR MOTIFS PROPRES QU'ADOPTES, LA COUR D'APPEL A RETENU QUE LA SOCIETE PASCAL DIFFUSION ET CES CONCESSIONNAIRES AVAIENT FAIT, SANS AUTORISATION DES INTERESSES, USAGE DE MARQUES PRESTIGIEUSES EN LES FAISANT CORRESPONDRE A DES PRODUITS PROPOSES A LA VENTE SOUS D'AUTRES MARQUES ET EN LAISSANT CROIRE AUX ACHETEURS EVENTUELS QUE CETTE CORRESPONDANCE IMPLIQUAIT UNE RESSEMBLANCE OU UNE IMITATION ; <br>
<br>QU'IL S'AGISSAIT D'UNE TECHNIQUE DE VENTE FAISANT SYSTEMATIQUEMENT REFERENCE AUX GRANDES MARQUES ET NE RELEVANT PAS DE LA SIMPLE INFORMATION DE LA CLIENTELE ; <br>
<br>QU'EN L'ETAT DE CES ENONCIATIONS ET CONSTATATIONS, LA COUR D'APPEL A PU CONDAMNER LA SOCIETE PASCAL DIFFUSION ET M. A... AU PAIEMENT DE DOMMAGES-INTERETS POUR AVOIR FAIT DES USAGES DE MARQUES D'AUTRUI SANS AUTORISATION (EN VIOLATION DE L'ARTICLE 422-2° DU CODE PENAL) ; <br>
<br>D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; <br>
<br>PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI ;<br>
<br>,A rapprocher :
 Cour de cassation, chambre commerciale, 1981-01-27, bulletin 1981 IV n° 53 (1) p. 41 (rejet).<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Rejet
**Lois appliquées:** Code pénal 422 2
**ECLI:** 
**Résumé:** Ayant retenu qu'un fabricant d'eaux de toilette et ses concessionnaires avaient fait, sans l'autorisation de parfumeurs connus, usage de marques prestigieuses en les faisant correspondre, sous forme de tableaux de concordance, à des produits proposés à la vente sous d'autres marques et en laissant croire aux acheteurs éventuels que cette correspondance impliquait une ressemblance ou une imitation, et qu'il s'agissait d'une technique de vente faisant systématiquement référence aux grandes marques et ne relevant pas de la simple information de la clientèle, les juges du fond peuvent condamner ce fabricant et ses concessionnaires au paiement de dommages intérêts pour avoir fait des usages de marque d'autrui sans autorisation, en violation de l'article 422 2° du code pénal.
**Mots-clés:** MARQUE DE FABRIQUE - Atteintes portées à la marque - Usage frauduleux - Utilisation d'un tableau de concordance - Référence à des marques notoires comme argument de vente.,* MARQUE DE FABRIQUE - Objet - Parfumerie - Parfums "Christian Breton" - Parfums "Christian Dior" et parfums "Rochas".