# Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 6 mai 1971, 69-13.391, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006985217
**Date de décision:** 1971-05-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_3
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006985217

## Contenu de la décision

SUR LE PREMIER MOYEN PRIS EN SES DIVERSES BRANCHES : ATTENDU QUE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE IL RESULTE QUE CAZABAT, PROPRIETAIRE DE LA PARCELLE 261 EN NATURE DE PRE, GREVEE D'UNE SERVITUDE DE PASSAGE LE LONG DE SA LIMITE NORD AU PROFIT DE LA PARCELLE 79, SISE A L'EST ET ACQUISE EN 1964 PAR DOSTON, SE PLAIGNANT DU FAIT QUE CE VOISIN, QUI AVAIT INSTALLE SUR SON FONDS UNE EXPLOITATION INDUSTRIELLE, AVAIT EMPIERRE SANS AUTORISATION LE FONDS SERVANT, SUR UNE LARGEUR DE 5,10 METRES, EN LIGNE DROITE, DU PONT ETABLI SUR LA ROUTE NATIONALE 117 AU PONT QUI SE TROUVE SUR LE RUISSEAU L'ALARIC, A ASSIGNE SON VOISIN EN VUE DE FAIRE DETERMINER L'ASSIETTE DU PASSAGE, DE LE VOIR FIXER A L'ENDROIT LE MOINS DOMMAGEABLE ET D'OBTENIR DES DOMMAGES-INTERETS POUR LE PREJUDICE SUBI ;<br>
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ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF AUDIT ARRET, QUI A ENTERINE LE RAPPORT DE L'EXPERT ET FIXE LE PASSAGE A UNE LARGEUR DE 5 METRES A COMPTER DE LA LIMITE SUD DE LA PARCELLE EN CONDAMNANT DOSTON A FAIRE EXECUTER A SES FRAIS LES TRAVAUX NECESSAIRES, D'AVOIR RETENU A LA CHARGE DE CE DERNIER UNE VOIE DE FAIT, UNE AGGRAVATION DE LA SERVITUDE ET LE DEPLACEMENT DE SON ASSIETTE, MECONNAISSANT AINSI LES DISPOSITIONS LEGALES ET SE CONTREDISANT DANS SES MOTIFS, ET D'AVOIR ECARTE, SANS REPONDRE AUX CONCLUSIONS FAISANT VALOIR, SUR LE VU DE CONSTATS D'HUISSIER, QUE L'ASSIETTE DE LA SERVITUDE N'AVAIT ETE EMPIERREE QUE SUR UNE LARGEUR DE 3,30 A 3,50 METRES, L'OFFRE FORMULEE PAR DOSTON DE PROUVER QUE LE TRACE ET LA LARGEUR DE LA SERVITUDE DANS SON ETAT ACTUEL AVAIENT FAIT L'OBJET, PAR LUI-MEME ET SES AUTEURS, D'UNE PRESCRIPTION DE PLUS DE TRENTE ANS ;<br>
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 QU'IL EST ENCORE SOUTENU QUE LA COUR D'APPEL NE POUVAIT IMPOSER A DOSTON UN PASSAGE D'UNE LARGEUR DE 5,10 METRES, DES LORS QU'IL NE DEMANDAIT QUE 3,30 A 3,50 METRES, DEPASSANT AINSI LES LIMITES DU LITIGE ET SE CONTREDISANT, PUISQU'ELLE RETIENT QUE, SELON LES USAGES LOCAUX, LA LARGEUR DE L'ASSIETTE DEVAIT ETRE DE 3,15 METRES ET QUE LE PROPRIETAIRE DU FONDS SERVANT, QUI OFFRAIT LE DEPLACEMENT DE LA SERVITUDE, DEVAIT SEUL EN SUPPORTER LES DEPENSES ET QU'IL LUI APPARTENAIT D'APPELER EN CAUSE LES AUTRES PROPRIETAIRES DONT LES FONDS RIVERAINS BENEFICIAIENT EGALEMENT D'UNE SERVITUDE DE PASSAGE SUR LE FONDS SERVANT ET QUE, LA JURIDICTION DU SECOND DEGRE AYANT CONSTATE QUE LE DEPLACEMENT DE L'ASSIETTE PROFITAIT A TOUS LES RIVERAINS, DOSTON N'AVAIT PAS A EN SUPPORTER EXCLUSIVEMENT LES FRAIS ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND, QUI PARTIES N'ETAIENT PAS TENUS DE SUIVRE LES DANS LE DETAIL DE LEUR AUGMENTATION, ONT CONSTATE QU'EN AGGRAVANT LA SERVITUDE ET EN EN DEPLACANT DE SON PROPRE CHEF L'ASSIETTE, DOSTON AVAIT COMMIS UNE VOIE DE FAIT ;<br>
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 QUE LES JUGES D'APPEL ONT, DES LORS, ECARTE A BON DROIT, ET SANS SE CONTREDIRE, L'EXCEPTION DE PRESCRIPTION ET L'OFFRE DE PREUVE FORMULEES PAR LE DEMANDEUR AU POURVOI ;<br>
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 QUE, SANS CONTRADICTION EGALEMENT ET SANS SORTIR DES LIMITES DU LITIGE, ILS ONT PU ACCUEILLIR L'OFFRE DU PROPRIETAIRE DU FONDS SERVANT, CONFORME AUX CONCLUSIONS DE L'EXPERT, DE FIXER LA LARGEUR DU PASSAGE A 5 METRES ET D'IMPOSER TOUS LES FRAIS DE LA REMISE EN ETAT DES LIEUX PAR LE DEPLACEMENT DU CHEMIN A L'AUTEUR DE LA VOIE DE FAIT ;<br>
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 D'OU IL SUIT QU'AUCUN DES GRIEFS DU MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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SUR LE SECOND MOYEN : ATTENDU QUE, NON MOINS VAINEMENT, IL EST REPROCNE A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR CONDAMNE DOSTON AU PAYEMENT DE 4.000 FRANCS DE DOMMAGES-INTERETS ENVERS CAZABAT, TOUS ELEMENTS DE PREJUDICE CONFONDUS, SANS EN INDIQUER LA CAUSE ET TOUT EN REDUISANT L'ESTIMATION DES PREMIERS JUGES, ALORS "QU'AINSI IL NE SERAIT JUSTIFIE D'AUCUN PREJUDICE AUTRE QUE CELUI PROVENANT DE L'EMPIERREMENT S'ELEVANT A 95,70 FRANCS ET QUI NE SOIT REPARE PAR LA CONDAMNATION AU DEPLACEMENT DE LA SERVITUDE AUX FRAIS DE DOSTON" ;<br>
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 QU'EN EFFET, LES JUGES APPRECIENT SOUVERAINEMENT LE MONTANT DU PREJUDICE DONT ILS JUSTIFIENT SUFFISAMMENT L'EXISTENCE PAR L'EVALUATION QU'ILS EN FONT, SANS ETRE TENUS D'EN PRECISER LES DIVERS ELEMENTS ;<br>
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 QU'IL S'ENSUIT QUE LE SECOND MOYEN N'EST PAS MIEUX FONDE QUE LE PREMIER ;<br>
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PAR CES MOTIFS, REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 18 JUIN 1969, PAR LA COUR D'APPEL DE PAU.<br>
<br>,.  ID. Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1961-12-19 Bulletin 1961 III N. 452 (1) P. 431 (REJET) .  ID. Cour de Cassation (Chambre civile 1) 1966-06-20 Bulletin 1966 I N. 378 (1) P. 292 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code civil 1382,Code civil 682,Code civil 685,Code civil 702,LOI 1810-04-20 ART. 7
**ECLI:** 
**Résumé:** DE LA CONSTATATION QUE LE BENEFICIAIRE D'UNE SERVITUDE DE  PASSAGE AVAIT CREE SUR LE FONDS SERVANT ET MALGRE L'OPPOSITION DE  SON PROPRIETAIRE, UN VERITABLE CHEMIN EMPIERRE QUI AGGRAVAIT LA  CHARGE DE LADITE SERVITUDE ET EN DEPLACAIT L'ASSIETTE, LES JUGES DU  FOND ONT PU DEDUIRE L'EXISTENCE D'UNE VOIE DE FAIT.                     ET C'EST DONC A BON DROIT QU'ILS ONT ECARTE L 'EXCEPTION DE PRESCRIPTION TRENTENAIRE INVOQUEE PAR SON AUTEUR POUR S 'OPPOSER A L'ACTION EN RETABLISSEMENT DU PASSAGE.,NE SORT PAS DES LIMITES DU LITIGE LA COUR D'APPEL QUI FIXE L 'ASSIETTE D'UNE SERVITUDE DE PASSAGE EN RETENANT L'OFFRE FAITE PAR LE  PROPRIETAIRE DU FONDS SERVANT, ET CONFORME AUX CONCLUSIONS DE L 'EXPERT, D'UNE LARGEUR SUPERIEURE A CELLE RECLAMEE PAR UN DES  BENEFICIAIRES DE LA SERVITUDE ET IMPOSE A CELUI-CI RECONNU COUPABLE  D'UNE VOIE DE FAIT PAR LE DEPLACEMENT DU CHEMIN, LA TOTALITE DE LA  REMISE EN ETAT DES LIEUX.,LES JUGES DU FOND APPRECIENT SOUVERAINEMENT LE MONTANT DU  PREJUDICE QU'ILS JUSTIFIENT SUFFISAMMENT PAR L'EVALUATION QU'ILS EN  FONT, SANS ETRE TENUS D'EN PRECISER LES DIVERS ELEMENTS.
**Mots-clés:** 1) SERVITUDE - PASSAGE - EXERCICE - AGGRAVATION - CREATION D'UN  CHEMIN EMPIERRE - VOIE DE FAIT - ACTION EN RETABLISSEMENT DU PASSAGE  - EXCEPTION DE PRESCRIPTION ACQUISITIVE - REJET.,* PRESCRIPTION ACQUISITIVE - SERVITUDES - SERVITUDES DISCONTINUES -  PASSAGE - ASSIETTE - MODIFICATION - DEPLACEMENT - VOIE DE FAIT -  ACTION EN RETABLISSEMENT DU PASSAGE - PRESCRIPTION ACQUISITIVE -  EXCEPTION - REJET.,* SERVITUDE - PRESCRIPTION ACQUISITIVE - CONDITIONS - POSSESSION -  VOIE DE FAIT (NON).,2) SERVITUDE - PASSAGE - ASSIETTE - DETERMINATION - DECISION  RETENANT L'OFFRE DU PROPRIETAIRE DU FONDS SERVANT - OFFRE D'UNE  LARGEUR SUPERIEURE A CELLE RECLAMEE - MODIFICATION DES TERMES DU  LITIGE (NON).,* SERVITUDE - PASSAGE - ASSIETTE - DETERMINATION - DECISION  CONSTATANT UNE VOIE DE FAIT COMMISE PAR LE PROPRIETAIRE DU FONDS  DOMINANT - CONDAMNATION A LA REMISE EN ETAT - MODIFICATION DES  TERMES DU LITIGE (NON).,* JUGEMENTS ET ARRETS - CONCLUSIONS - OBLIGATION DE JUGER DANS  LEURS LIMITES - SERVITUDES - PASSAGE - ASSIETTE - DETERMINATION -  DECISION RETENANT L'OFFRE DU PROPRIETAIRE DU FONDS SERVANT - OFFRE D 'UNE LARGEUR SUPERIEURE A CELLE RECLAMEE.,* JUGEMENTS ET ARRETS - CONCLUSIONS - OBLIGATION DE JUGER DANS  LEURS LIMITES - SERVITUDES - PASSAGE - ASSIETTE - DETERMINATION -  DECISION CONSTATANT UNE VOIE DE FAIT COMMISE PAR LE BENEFICIAIRE DE  LA SERVITUDE - CONDAMNATION A LA REMISE EN ETAT.,3) RESPONSABILITE CIVILE - DOMMAGE - EVALUATION - POUVOIR SOUVERAIN  DES JUGES DU FOND - MONTANT DU PREJUDICE.,* RESPONSABILITE CIVILE - DOMMAGE - EXISTENCE - CONSTATATIONS  SUFFISANTES.