# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 28 avril 2004, 260052, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008195178
**Date de décision:** 2004-04-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008195178

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 5 septembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Marie Julienne X demeurant ...  ; Mme X demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 17 juillet 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 février 2003  par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ; 
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;	
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de M. Chauvaux, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité camerounaise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification,  le 13 mars 2002, de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 11 mars 2002 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant  ; (...) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...)  ;
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                Considérant que Mme X, entrée régulièrement en France le 12 mai 1993, ne peut se prévaloir, au 13 mars 2002, date de la décision de refus de titre de séjour, d'un séjour habituel de plus de dix ans en France  ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait légalement prendre à son encontre la décision contestée sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article 12 bis précité ne peut qu'être écarté  ;
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                Considérant que si Mme X fait valoir que sa fille, née en 1983, est scolarisé en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des conditions de séjour de Mme X et de sa fille en France, la décision de refus de titre de séjour ait porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise  ; qu'ainsi les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ne peuvent qu'être écartés  ;
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                Sur les autres moyens  :
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                Considérant, pour les raisons exposées ci-dessus et compte tenu de l'absence de changement dans la situation familiale de l'intéressée, que le préfet des Hauts-de-Seine, en prenant une mesure de reconduite à la frontière à l'encontre de Mme X n'a méconnu ni les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; qu'il n'a pas commis d'erreur manifeste dans son appréciation de la situation de la requérante  ;
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                Considérant que si Mme X peut se prévaloir, depuis le 13 mai 2003, d'une résidence habituelle en France de plus de dix ans, cette circonstance, qui est de nature à faire obstacle à l'exécution de la mesure de reconduite à la frontière, en application des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, est sans influence sur la légalité de cette même mesure qui s'apprécie à la date de l'arrêté attaqué  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande  ;
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                Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative  :
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                Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à Mme X la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens  ;
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<br>			D E C I D E  :
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 Article 1er  : La requête de Mme X est rejetée.
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 Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Marie Julienne X, au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**