# CAA de NANCY, 4ème chambre - formation à 3, 08/12/2015, 15NC00427, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000031595962
**Date de décision:** 2015-12-08
**Juridiction:** CAA de NANCY
**Formation:** 4ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000031595962

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme C...A...a demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler l'arrêté du 29 août 2014 par lequel le préfet de la Haute-Saône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être renvoyée.<br>
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       Par un jugement n° 1401645 du 29 janvier 2015, le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 27 février 2015, MmeA..., représentée par MeB..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Besançon du 29 janvier 2015 ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 29 août 2014 en tant que le préfet de la Haute-Saône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".<br>
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       Elle soutient que la décision de refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. <br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2015, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés. <br>
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       Mme A...a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 10 septembre 2015.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier. <br>
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       Vu : <br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. Michel, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       1. Considérant que MmeA..., ressortissante sénégalaise née le 15 janvier 1976, entrée en France en 2012, a sollicité le 30 septembre 2013 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée ; que par un arrêté du 29 août 2014 le préfet de la Haute-Saône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être renvoyée ; que Mme A...relève appel du jugement du 29 janvier 2015 par lequel le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
       2. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
       3. Considérant que MmeA..., qui ne conteste pas le motif de rejet de sa demande de titre de séjour en qualité de salariée, soutient que sa situation justifie la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dès lors qu'elle est mère d'une enfant née en août 2008, scolarisée depuis son arrivée en France en septembre 2012, et d'un autre enfant né le 27 février 2014 sur le territoire français, qu'elle vit seule, étant séparée de son époux reparti au Sénégal, pays où elle n'a plus aucun membre de sa famille ; qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A...est entrée en France récemment, en 2012, à l'âge de trente six ans, qu'elle ne justifie ni même n'allègue avoir des attaches familiales en France et n'établit pas être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine ; que, par suite, dans les circonstances de l'espèce, la décision de refus de titre de séjour n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme A...une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ; que, par suite, le moyen tiré de l'inexacte application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;<br>
       4. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme A... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Besançon a rejeté sa demande ; que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées ;<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C... A...et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Saône.<br>
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N° 15NC00427<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**