# Cour Administrative d'Appel de Versailles, 1ère Chambre, 12/11/2009, 08VE00710, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021385232
**Date de décision:** 2009-11-12
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** 1ère Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021385232

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée le 14 mars 2008 au greffe de la Cour, présentée pour Mme Féride A épouse B, demeurant chez M. C, ..., par Me Poisat ; Mme B demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0711356-0711362 en date du 5 février 2008 en tant que le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 septembre 2007 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer sa carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale , lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination ;<br>
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       2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 21 septembre 2007 ;<br>
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       Mme B soutient que l'arrêté du 21 septembre 2007 est insuffisamment motivé ; qu'elle est entrée en France le 12 décembre 2003 ou elle a rejoint son époux ainsi que plusieurs membres de sa famille ; qu'elle a deux enfants, nés de cette union en France, dont l'un est scolarisé depuis septembre 2007 ; qu'elle est bien intégrée dans la société française ; que le préfet du Val-d'Oise a méconnu les dispositions de l'alinéa 7 de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'elle a fait l'objet de persécutions émanant de membres de sa famille en Turquie en raison de son union avec son époux, M. D, ressortissant turc d'origine kurde ; qu'elle serait exposée en cas de retour en Turquie à des traitements prohibés par les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 octobre 2009 :<br>
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       - le rapport de M. Bruand, président assesseur,<br>
       - et les conclusions de M. Dhers, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que Mme B, ressortissante turque née le 23 juillet 1982, relève appel du jugement du 5 février 2008 en tant que le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 septembre 2007 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale , l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et fixé le pays de destination duquel elle sera renvoyée ; <br>
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       Sur la légalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français :<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté du préfet du Val-d'Oise comporte l'exposé des faits et des considérations de droit sur lesquelles il se fonde ; que le préfet, qui a notamment mentionné dans son arrêté qu'après un examen approfondi de sa situation Mme B ne remplissait aucune des conditions prévues par le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle n'entrait dans aucun autre cas d'attribution d'un titre de séjour en application de ce même code, a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme B ; que par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du même code :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée (...)  ; que si Mme B fait valoir E qu'elle est entrée en France le 12 décembre 2003 où elle a rejoint son époux ainsi que plusieurs membres de sa famille, qu'elle a deux enfants nés en France de cette union, dont l'un est scolarisé, il ressort toutefois des pièces du dossier que son époux est également en situation irrégulière, qu'elle ne justifie pas de la présence en France de membres de sa famille et B n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans ; que compte tenu des circonstances de l'espèce et notamment de la récente scolarisation de l'enfant qui était né à la date de la décision attaquée, rien ne fait obstacle à la poursuite de la vie familiale de l'intéressée dans ce pays ; que dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu les dispositions de l'alinéa 7 de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées par le préfet doit être écarté ;<br>
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       Sur légalité de la décision fixant le pays de renvoi :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants  ; qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  L'étranger qui est obligé de quitter le territoire français ou qui doit être reconduit à la frontière est éloigné : 1° A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ; 3° Ou à destination d'un autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950  ; que si Mme B, d'origine turque non kurde, fait valoir qu'elle a fait l'objet de persécutions émanant de membres de sa famille en Turquie qui l'ont contrainte de divorcer de son époux, M. D, ressortissant turc d'origine kurde, et qu'elle a réépousé en France contre leur gré, elle n'apporte aucun commencement de preuve de ses allégations ni aucun élément probant tendant à faire apparaître qu'elle serait exposée en cas de retour en Turquie à des risques pour sa vie ou sa liberté ou à des traitements prohibés par les stipulations précitées de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 21 septembre 2007 ;<br>
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DECIDE<br>
       Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.<br>
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N° 08VE00710		<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**