# Conseil d'Etat, Président de la section du Contentieux, du 23 juin 2004, 261922, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008191846
**Date de décision:** 2004-06-23
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008191846

## Contenu de la décision

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                Vu la requête enregistrée le 20 novembre 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Mine X, divorcée  demeurant ...  ; Mme X demande au président de la section du contentieux du Conseil d' Etat  :
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                1°) d'annuler le jugement du 22 octobre 2003 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 octobre 2003 par lequel le préfet de la Moselle a décidé sa reconduite à  la frontière  ;
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                2°) d'annuler cet arrêté pour excès de pouvoir  ;
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                Vu les autres pièces du dossier  ;
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                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
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                Vu la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990   ;
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                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée  ;
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                Vu le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 réglementant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France  ;
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                Vu le code de justice administrative  ;
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                Après avoir entendu en séance publique  :
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                - les conclusions de Mme Mitjavile, Commissaire du gouvernement  ;
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                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée  : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ;
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                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X, de nationalité turque, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 6 août 2003, de la décision du préfet de la Moselle du 5 août 2003 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire  ; qu'elle entrait ainsi dans le champ d'application de la disposition précitée  ;
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                Sur l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour  :
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                Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée susvisée  : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit  : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité,  sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire.  ;
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                Considérant que si la requérante allègue qu'elle suit un traitement médical en France, qu'elle a été hospitalisée pour une durée d'une semaine et que son état de santé nécessite une prise en charge médicale qui lui impose de rester en France, il ressort des pièces du dossier et notamment du certificat médical produit par la requérante et de l'avis du médecin inspecteur départemental de la santé en date du 24 avril 2003, qui n'avait pas à lui être communiqué avant l'intervention de la décision, que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale, rien ne fait obstacle à ce qu'elle puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine  ; qu'ainsi le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées par la décision du 5 août 2003 portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté  ;
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                Sur les autres moyens   :
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                Considérant, en premier lieu, que si Mme X, entrée en France en mai 2000, fait valoir que son enfant est scolarisé et parfaitement intégré en France, qu'elle vit en concubinage avec un ressortissant turc titulaire d'une carte de résident et qu'elle est enceinte, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la durée et des conditions de séjour de Mme X en France, du fait qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine et de la brève durée de son concubinage, la décision ordonnant sa reconduite à la frontière prise par le préfet de la Moselle n'a pas porté au droit de Mme X au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ; que cette décision n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ladite décision sur la situation personnelle de la requérante  ;
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                 Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990  : Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale  ; qu'il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant  ;
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                Considérant que la circonstance que la fille de Mme X, née en Turquie en 1996,  est intégrée et scolarisée en France ne suffit pas à établir que l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ait été méconnu  ;
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                Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à  soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande  ;
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<br>			D E C I D E  :
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 Article 1er  : La requête de Mme X est rejetée.
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 Article 2  : La présente décision sera notifiée à Mme Mine X, divorcée  au préfet de la Moselle et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. 
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**