# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 avril 1970, 69-92.713, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007058899
**Date de décision:** 1970-04-15
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058899

## Contenu de la décision

CASSATION SUR LE POURVOI FORME PAR X... (ROBERT), TANT EN SON NOM PERSONNEL QUE COMME ADMINISTRATEUR LEGAL DES BIENS DE SA FILLE MINEURE, ET PAR X... (JEAN-CLAUDE), PARTIES CIVILES, CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 25 JUIN 1969, LEUR ALLOUANT DES DOMMAGES-INTERETS DANS UNE POURSUITE POUR HOMICIDE INVOLONTAIRE DONT A FAIT L'OBJET Y... (JULIEN) ;<br>
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LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE ;<br>
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SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 214 ET 1382 DU CODE CIVIL, 10, 51 ET 319 ET SUIVANTS DU CODE PENAL, 418, 464 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, POUR DEFAUT, INSUFFISANCE, CONTRADICTION ET NON-PERTINENCE DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE ;<br>
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EN CE QUE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE A REFUSE DE TENIR COMPTE, POUR LE CALCUL DES INDEMNITES DUES A L'EPOUX ET AUX ENFANTS SURVIVANTS A LA SUITE DU DECES ACCIDENTEL DE LEUR EPOUSE ET MERE, INDEMNITES AU PAYEMENT DESQUELLES ETAIT CONDAMNE L'AUTEUR DE L'ACCIDENT, DU MONTANT DU SALAIRE DE LA VICTIME ;<br>
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AU MOTIF QUE SI LA VICTIME PERMETTAIT DE DONNER PAR SON SALAIRE UN APPOINT POUR LE MENAGE, EN DEHORS DE SES DEPENSES PERSONNELLES, SON MARI, CHEF DE FAMILLE, N'AVAIT PAS A DEPENDRE DE SA FEMME SUR LE PLAN MATERIEL ;<br>
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ALORS QUE LES EPOUX DEVANT CONTRIBUER AUX CHARGES DU MENAGE EN PROPORTION DE LEURS FACULTES RESPECTIVES L'ARRET DEVAIT TENIR COMPTE POUR ASSURER LA REPARATION INTEGRALE DU PREJUDICE SUBI PAR LE MARI ET PAR LES ENFANTS DE LA VICTIME DU MONTANT DU SALAIRE DE CELLE-CI DANS LA MESURE AU MOINS OU IL AURAIT CONSTITUE SA CONTRIBUTION A L'ENTRETIEN DU MENAGE ET A L'EDUCATION DES ENFANTS ;<br>
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VU LESDITS ARTICLES ;<br>
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ATTENDU QUE, SI LES JUGES DU FOND APPRECIENT SOUVERAINEMENT LE PREJUDICE QUE PORTE L'INFRACTION A CELUI QUI S'EN PRETEND VICTIME, IL EN EST DIFFEREMMENT LORSQUE CETTE APPRECIATION EST DEDUITE DE MOTIFS INSUFFISANTS, CONTRADICTOIRES OU ERRONES ;<br>
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ATTENDU QU'IL RESULTE DE L'ARRET ATTAQUE, QU'A LA SUITE DU DECES ACCIDENTEL DE DAME X..., SURVENU LE 7 JANVIER 1966, ET DONT Y..., CONDUCTEUR D'AUTOBUS A LA RATP A ETE DECLARE ENTIEREMENT RESPONSABLE, X... ROBERT, SON MARI, AGISSANT TANT EN SON NOM PERSONNEL QU'EN QUALITE D'ADMINISTRATEUR LEGAL DES BIENS DE SA FILLE MARTINE, AGEE DE 15 ANS AU MOMENT DES FAITS, ET X... JEAN-CLAUDE, SON FILS, ONT OBTENU L'ALLOCATION DE DOMMAGES-INTERETS, EN REPARATION DU PREJUDICE MATERIEL ET MORAL QU'ILS ONT SUBI ;<br>
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QUE POUR JUSTIFIER L'EVALUATION QU'ILS ONT FAITE DU PREJUDICE MATERIEL, LES JUGES D'APPEL ONT ENONCE QUE DAME X... ETAIT INSPECTRICE DES POSTES ET TELECOMMUNICATIONS, COMME L'EST SON MARI, QU'ELLE ETAIT AGEE DE 43 ANS, ET QU'ELLE PERCEVAIT UN TRAITEMENT DE 1 900 FRANCS PAR MOIS, SUPERIEUR A CELUI DONT BENEFICIAIT X... LUI-MEME ;<br>
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QU'ILS ONT RELEVE, EN OUTRE, QUE LA DEFUNTE APPORTAIT DU FAIT DE SON TRAITEMENT, UN APPOINT AUX DEPENSES D'ENTRETIEN DU MENAGE ET D'EDUCATION DES ENFANTS ;<br>
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MAIS ATTENDU QU'EN AFFIRMANT, D'AUTRE PART, QUE LE CHEF DE FAMILLE DOIT POURVOIR, AVEC SES PROPRES RESSOURCES, AUX BESOINS DES SIENS, SANS AVOIR A RECOURIR AUX SALAIRES DE SON EPOUSE ET QU'IL NE PEUT DEPENDRE DE CELLE-CI SUR LE PLAN MATERIEL, LA COUR D'APPEL S'EST MISE EN CONTRADICTION AVEC SES PROPRES ENONCIATIONS ET A LAISSE INCERTAIN LE POINT DE SAVOIR SI ELLE A TENU COMPTE DU PREJUDICE DECOULANT POUR X... ET SES ENFANTS, DE LA PERTE DE L'APPOINT CONSTITUE PAR LES SALAIRES DE LA DEFUNTE, ET, PARTANT, SI LE PREJUDICE QU'ILS ONT SUBI A ETE INTEGRALEMENT REPARE ;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LES JUGES DU FOND N'ONT PAS JUSTIFIE LEUR DECISION ET QUE LE MOYEN DOIT ETRE ACCUEILLI ;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS, DU 25 JUIN 1969, ET POUR QU'IL SOIT STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI : RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL D'AMIENS.<br>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1957-05-22 Bulletin Criminel 1957 N. 435 p.781 (CASSATION) et les arrêts cités . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1969-11-05 Bulletin Criminel 1969 N. 290 (2) p.690 (CASSATION PARTIELLE) et les arrêts cités<br/>

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Si les juges du fond apprécient souverainement, dans la limite des conclusions des parties civiles, le préjudice résultant de la disparition de la victime d'un accident de circulation, ils se mettent en contradiction avec eux-mêmes et laissent incertain le point de savoir si le dommage a été intégralement réparé, dès lors qu'ils constatent que la défunte, épouse et mère de famille, contribuait avec son salaire personnel aux charges du ménage et à l'éducation des enfants, tout en affirmant, d'autre part, que le chef de famille doit pourvoir, avec ses propres ressources, aux besoins des siens, sans avoir recours aux salaires de sa femme et qu'il ne peut dépendre de celle-ci sur le plan matériel. Leur décision doit donc encourir la cassation (1).
**Mots-clés:** ACTION CIVILE - Préjudice - Evaluation - Appréciation souveraine des juges du fond - Limites - Motifs contradictoires.,* JUGEMENTS ET ARRETS - Motifs - Contradiction - Action civile - Préjudice - Appréciation déduite des motifs contradictoires.