# Conseil d'Etat, 7ème sous-section jugeant seule, du 11 mai 2005, 264095, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008217854
**Date de décision:** 2005-05-11
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** 7EME SOUS-SECTION JUGEANT SEULE
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008217854

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 2 février 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU VAL-D'OISE  ; le PREFET DU VAL-D'OISE demande au Conseil d'Etat d'annuler le jugement du 14 janvier 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 8 janvier 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. Mouloud X  ;  
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Vu les autres pièces du dossier  ; 
<br>
<br>
     
                Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  ;
<br>
<br>
     
                Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié  ; 
<br>
<br>
     
                Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  ; 
<br>
<br>
     
                Vu le code de justice administrative  ; 
<br>
<br>
<br>
     
                Après avoir entendu en séance publique  :
<br>
<br>
     
                - le rapport de M. Francis Girault, Maître des Requêtes,  
<br>
<br>
     
                - les conclusions de M. Nicolas Boulouis, Commissaire du gouvernement  ;
<br>
<br>
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 en vigueur à la date de l'arrêté attaqué  : Le représentant de l'Etat dans le département et à Paris, le préfet de police peuvent par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants  : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...)  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, ressortissant algérien, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, produite en appel, datée du 18 juillet 2002, du refus de titre de séjour, qui lui a été opposé par le préfet de la Haute Vienne le 17 juin 2002  ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière  ; que, par suite, c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est fondé sur le défaut de base légale de l'arrêté de reconduite à la frontière pris à l'encontre de M. X, en l'absence de décision de refus de titre de séjour régulièrement notifiée à l'intéressé,  pour annuler l'arrêté attaqué  ;
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner la demande présentée devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise par M. X  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales  : Toute personne  a droit au respect de sa vie privée et familiale ... Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure ... nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant que si M. X, qui est entré en France le 2 juillet 1999, fait valoir qu'il vit avec une ressortissante française depuis plusieurs mois et a formé avec elle un projet de mariage, il ressort toutefois des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment des attaches familiales que l'intéressé a conservées dans son pays d'origine ainsi que du caractère très récent de la relation dont il se prévaut avec une ressortissante française et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit au respect de la vie familiale et privée de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris  ; que par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté  ; 
<br>
<br>
     
                Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DU VAL-D'OISE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté en date du 8 janvier 2004 décidant la reconduite à la frontière de M. X  ;  
<br>
<br>
<br>
<br>D E C I D E  :
<br>
     
--------------
<br>
     Article 1er  : Le jugement en date du 14 janvier 2004 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé. 
<br>
     Article 2  : La demande présentée par M. X devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est rejetée. 
<br>
     Article 3  : La présente décision sera notifiée au PREFET DU VAL-D'OISE, à M. Mouloud X et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
<br>
<br>
<br>
<br>,<br/>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**