# Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 29 juin 1970, 69-11.112, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006983612
**Date de décision:** 1970-06-29
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_COMMERCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006983612

## Contenu de la décision

SUR LES DEUX MOYENS REUNIS : ATTENDU QUE, SELON LES ENONCIATIONS DE L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE (POITIERS, 14 JANVIER 1969), JACQZ, NEGOCIANT EN BOIS, QUI AVAIT VENDU FOB A UN ACHETEUR ETRANGER UN LOT D'ECHALAS PESANT 45,5 TONNES, CHARGEA LA SOCIETE NAVALE DELMAS-VIELJEUX (SNDV), DE LA ROCHELLE, DE PRENDRE, A DIVERS EGARDS, SOIN DE LA MARCHANDISE POUR LA FAIRE TRANSPORTER, DE CE PORT, PAR MER, EN ECOSSE, ET DE L'EMBARQUER LE 12 JUIN;<br>
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 QUE CETTE MARCHANDISE FUT AINSI ENTREPOSEE PAR LADITE SNDV DANS UN HANGAR APPARTENANT A LA CHAMBRE DE COMMERCE, QUI BRULA AVEC LES ECHALAS AU COURS DE LA NUIT DU 11 AU 12 JUIN;<br>
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 QUE LA CAUSE DE CET INCENDIE DEMEURA INCONNUE;<br>
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 ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR CONDAMNE LA SNDV A PAYER 11775 FRANCS A JACQZ, EN REPARATION DE CETTE PERTE, ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, L'OBLIGATION DE GARDE SOUSCRITE PAR LA SNDV N'ETAIT QUE SECONDAIRE PAR RAPPORT A L'ENSEMBLE DE SES OBLIGATIONS DE TRANSITAIRE;<br>
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 QUE, PAR SUITE, SA RESPONSABILITE, DE CE DERNIER CHEF, S'AGISSANT D'UN CONTRAT DE TRANSIT, NE POUVAIT ETRE ENGAGEE QU'EN CAS DE FAUTE DUMENT PROUVEE A SON EGARD;<br>
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 QUE, D'AUTRE PART, EN ADMETTANT - PAR HYPOTHESE ET POUR LES BESOINS DE LA DISCUSSION - QUE LE TRANSITAIRE FUT DEVENU DEPOSITAIRE DE LA MARCHANDISE, L'ARRET ATTAQUE N'A PAS REPONDU AUX CONCLUSIONS DE LA SNDV FAISANT VALOIR QU'UNE CLAUSE L'EXONERAIT DE TOUTE RESPONSABILITE AU CAS D'INCENDIE SURVENANT DANS LES LOCAUX DE LA CHAMBRE DE COMMERCE, CLAUSE QUI, A TOUT LE MOINS, METTAIT A LA CHARGE DE L'EXPEDITEUR LA PREUVE D'UNE FAUTE DU DEPOSITAIRE PRETENDU;<br>
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 QUE, ENFIN, LA COUR D'APPEL, SANS RECHERCHER SI LA CLAUSE INSEREE DANS LE PAPIER COMMERCIAL DU VENDEUR, METTANT LES RISQUES DU VOYAGE A LA CHARGE DU DESTINATAIRE, ETAIT CONFORME A L'INTENTION DES PARTIES, A ECARTE CETTE CLAUSE, AU MOTIF QU'IL NE POUVAIT ETRE DEROGE AUX REGLES DE LA VENTE FOB;<br>
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 QUE CETTE VENTE RELEVE CEPENDANT, COMME TOUTE AUTRE, DE L'AUTONOMIE DE LA VOLONTE ET QUE LES PARTIES Y AVAIENT, SUR UN AUTRE POINT, DEROGE, ET QUE L'APPLICATION ENTRE ACHETEUR ET VENDEUR DE LA CLAUSE DISCUTEE AVAIT POUR CONSEQUENCE DE RENDRE IRRECEVABLE, POUR DEFAUT DE QUALITE, L'ACTION INTENTEE PAR LE VENDEUR;<br>
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 MAIS ATTENDU, D'UNE PART, QUE LA COUR D'APPEL, INTERPRETANT SOUVERAINEMENT LA PORTEE DE LA CORRESPONDANCE ECHANGEE ENTRE JACQZ ET LA SNDV, LORSQUE CEUX-CI S'ETAIENT MUTUELLEMENT ENGAGES, A RETENU QUE JACQZ AVAIT PRIS A L'EGARD DE SA COCONTRACTANTE, SANS OPPOSITION DE CETTE DERNIERE, LA QUALITE DE PROPRIETAIRE, JUSQU'A L'EMBARQUEMENT, DE LA MARCHANDISE, ET, EN CETTE QUALITE, ETAIT CONVENU AVEC LADITE SNDV QUE CELLE-CI REMPLIRAIT LES ROLES, TOUT A LA FOIS, DE TRANSITAIRE POUR ASSURER LES FORMALITES D'EMBARQUEMENT, DE DEPOSITAIRE SALARIE POUR ASSURER LA GARDE DE LA CHOSE, DU JOUR OU ELLE LA RECEVRAIT JUSQU'A CELUI OU ELLE L'EMBARQUERAIT, ENFIN, D'ENTREPRENEUR DE MANUTENTION POUR PROCEDER AU CHARGEMENT A BORD;<br>
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 QU'ELLE A PU, EN L'ETAT DES OBLIGATIONS COMPLEXES AINSI CUMULATIVEMENT RETENUES, DIRE, D'ABORD, QUE L'ACTION DE JACQZ EN PAIEMENT DE DOMMAGES ET INTERETS POUR LA PERTE DE LA MARCHANDISE ETAIT RECEVABLE, ENSUITE QUE LA SNDV ETAIT TENUE DE CETTE PERTE A L'EGARD DE SON CLIENT;<br>
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 QUE LE PREMIER MOYEN, EN SA PREMIERE BRANCHE, ET LE SECOND MOYEN NE SONT PAS FONDES;<br>
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 ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE DES CONCLUSIONS PRETENDUMENT DELAISSEES, QUI SONT PRODUITES, IL RESULTE QUE LA CLAUSE D'IRRESPONSABILITE VISEE A LA SECONDE BRANCHE DU PREMIER MOYEN N'AVAIT ETE INVOQUEE PAR LA SNDV QU'A L'EGARD DES OBLIGATIONS CONTRACTEES PAR ELLE EN QUALITE DE TRANSITAIRE, EXCLUSIVEMENT;<br>
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 QUE LA COUR D'APPEL, AYANT FONDE EN L'ESPECE LA RESPONSABILITE DE LADITE SNDV SUR LES SEULES OBLIGATIONS DE CELLE-CI COMME DEPOSITAIRE SALARIEE, N'AVAIT DONC PAS A S'EN EXPLIQUER;<br>
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QUE LE GRIEF EST INOPERANT;<br>
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 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU, LE 14 JANVIER 1969, PAR LA COUR D'APPEL DE POITIERS<br>
<br>,CF. Cour de Cassation (Chambre commerciale  ) 1965-01-20 Bulletin 1965 III N. 61 (3) p.50 (REJET)<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** Interprétant les conventions passées entre un vendeur FOB et une société navale chargée par celui-ci de la garde et de l'embarquement de la marchandise, les juges du fond ont pu décider que le premier avait pris la qualité de propriétaire de la marchandise jusqu'à l'embarquement tandis que la seconde remplissait les rôles tout à la fois de transitaire pour les formalités d'embarquement de dépositaire salarié pour assurer la garde de la chose jusqu'à l'embarquement, enfin, d'entrepreneur de manutention pour procéder au chargement à bord.          Cette société peut donc être déclarée en sa qualité de dépositaire salarié responsable à l'égard du vendeur, de la perte de la marchandise incendiée dans un hangar, la veille de son embarquement.,Une société chargée par un vendeur FOB de la garde et de l'embarquement de la marchandise successivement en qualité de transitaire et de dépositaire salarié et d'acconier, ne peut reprocher à la Cour d'appel qui a retenu sa responsabilité de dépositaire salarié de n'avoir pas répondu aux conclusions dans lesquelles il invoquait une clause d'irresponsabilité à l'égard de ses seules obligations de transitaire.
**Mots-clés:** 1) DROIT MARITIME - Transport - Marchandises - Transitaire - Responsabilité - Garde de la marchandise avant embarquement - Perte par incendie.,* DEPOT CONTRAT - Dépositaire - Responsabilité - Perte de la chose - Transitaire - Destruction des marchandises avant embarquement.,* DEPOT CONTRAT - Dépôt salarié - Obligations du dépositaire - Transitaire.,* DROIT MARITIME - Transport - Marchandises - Transitaire - Responsabilité - Clause d'exonération - Transitaire ayant agi en qualité de dépositaire.,2) JUGEMENTS ET ARRETS - Conclusions - Réponse nécessaire - Conclusions invoquant une clause d'irresponsabilité - Partie ayant agi en pluseurs qualités - Clause étrangère à la qualité retenue par la décision (non).