# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 28 juin 1983, 83-91.676, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007060533
**Date de décision:** 1983-06-28
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007060533

## Contenu de la décision

<p>STATUANT SUR LE POURVOI FORME PAR :</p>
<p>- L'ADMINISTRATION DES DOUANES ET DROITS INDIRECTS, </p>
<p>CONTRE UN ARRET DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DE LA COUR D'APPEL DE COLMAR, EN DATE DU 10 MARS 1983 QUI, DANS LA PROCEDURE SUIVIE CONTRE X... JEAN ET VINGT ET UN AUTRES, DES CHEFS D'IMPORTATION ET TENTATIVE D'IMPORTATION DE MARCHANDISES EN CONTREBANDE, INTERET A LA FRAUDE, FAUX ET USAGE DE FAUX DOCUMENTS ADMINISTRATIFS, CORRUPTION ACTIVE ET PASSIVE DE FONCTIONNAIRES ET COMPLICITE DE CES INFRACTIONS, A ORDONNE L'ANNULATION DE CERTAINS ACTES DE L'INSTRUCTION ; </p>
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<p>VU LES MEMOIRES PRODUITS, EN DEMANDE ET EN DEFENSE ; </p>
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<p>VU L'ORDONNANCE DU PRESIDENT DE LA CHAMBRE CRIMINELLE, EN DATE DU 3 MAI 1983, RENDUE PAR APPLICATION DES ARTICLES 570 ET 571 DU CODE DU PROCEDURE PENALE ET PRESCRIVANT L'EXAMEN IMMEDIAT DU PRESENT POURVOI ; </p>
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<p>SUR LA RECEVABILITE DU POURVOI : </p>
<p>ATTENDU QUE L'ADMINISTRATION DES DOUANES EXERCE A TITRE PRINCIPAL L'ACTION POUR L'APPLICATION DES SANCTIONS FISCALES, EN VERTU DE L'ARTICLE 343 PARAGRAPHE 2, DU CODE DES DOUANES ET QUE CETTE QUALITE LUI OUVRE LA POSSIBILITE DE SE POURVOIR EN CASSATION CONTRE LES ARRETS DE LA CHAMBRE D'ACCUSATION SUSCEPTIBLES DE PREJUDICIER A SES INTERETS, MEME EN L'ABSENCE DE POURVOI DU PROCUREUR GENERAL ; </p>
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<p>QUE TEL EST LE CAS EN L'ESPECE, COMPTE TENU DE L'INDIVISIBILITE ENTRE LES DIVERSES INFRACTIONS DOUANIERES ET DE DROIT COMMUN POURSUIVIES, ET QUE LE POURVOI, REGULIEREMENT FORME, EST RECEVABLE ; </p>
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<p>SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION PROPOSE ET PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 106, 107, 118, 121, 171, 191, 81, 93, 206, 92, 103, 170, 173, 802, 114, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, " EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE N'A PAS PRONONCE LA NULLITE DE L'INTEGRALITE DES ACTE DE LA PROCEDURE, AUX MOTIFS QUE COMPTE TENU DE LA COMPLEXITE DE LA PROCEDURE, QUI SE CARACTERISE PAR UN GRAND NOMBRE D'INCULPES, DE FAITS ET D'INVESTIGATIONS, IL EST IMPOSSIBLE D'ETABLIR UNE FILIATION DIRECTE ET EXCLUSIVE ENTRE LES ACTES ANNULES ET AUCUN DES ACTES D'INSTRUCTION POSTERIEURS ; </p>
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<p>QUE LES ACTES ANNULES N'APPARAISSENT PAS COMME LE SOUTIEN EXCLUSIF OU INDISPENSABLE DE LA SUITE DE LA PROCEDURE ; </p>
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<p>QU'AUCUN DES ACTES POSTERIEURS NE PARAIT PARTICIPER DES IRREGULARITES CUMULEES CONSTATEES DANS LES QUATORZE ACTES ANNULES ; </p>
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<p>QUE L'ANNULATION DE MILLIERS D'ACTES DE PROCEDURE SERAIT UNE GRAVE ATTEINTE A L'INDEPENDANCE DU JUGE D'INSTRUCTION ; </p>
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<p>ALORS QUE LA CHAMBRE D'ACCUSATION DOIT RELEVER D'OFFICE TOUTES LES NULLITES DE PROCEDURE ET RECHERCHER LES ACTES SUSCEPTIBLES D'ETRE ANNULES COMME DERIVANT DE CEUX ENTACHES DE NULLITE ; </p>
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<p>QU'EN L'ESPECE, LA CHAMBRE D'ACCUSATION DECLARE QU'IL NE " PARAIT " QU'AUCUN DES ACTES POSTERIEURS PARTICIPE DES IRREGULARITES CUMULEES CONSTATEES DANS LES QUATORZE ACTES ANNULES ; </p>
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<p>QU'EN STATUANT AINSI, LA CHAMBRE D'ACCUSATION N'A PAS PROCEDE A L'EXAMEN COMPLET DES ACTES DE PROCEDURE ET A PAR LA MEME ENTACHE SON ARRET D'UN DEFAUT DE BASE LEGALE ; </p>
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<p>ATTENDU QUE LA CHAMBRE D'ACCUSATION, APRES AVOIR ORDONNE L'ANNULATION DE QUATORZE PROCES-VERBAUX OU RAPPORTS VISES DANS LA REQUETE DONT ELLE ETAIT SAISIE PAR LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE EN APPLICATION DE L'ARTICLE 171 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, LADITE ANNULATION N'ETANT PAS CONTESTEE, ENONCE QUE " LES ACTES ANNULES N'APPARAISSENT PAS COMME LE SOUTIEN EXCLUSIF OU INDISPENSABLE DE LA SUITE DE LA PROCEDURE " ET " QU'AUCUN DES ACTES POSTERIEURS NE PARAIT PARTICIPER DES IRREGULARITES CUMULEES, CONSTATEES DANS LES QUATORZE ACTES ANNULES " ; </p>
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<p>ATTENDU QU'EN STATUANT AINSI, ABSTRACTION FAITE DE MOTIFS SURABONDANTS, ET EN ORDONNANT QUE L'ANNULATION QU'ILS PRONONCAIENT NE S'ETENDRAIT PAS A LA PROCEDURE ULTERIEURE, LES JUGES ONT JUSTIFIE LEUR DECISION, SANS ENCOURIR LES GRIEFS ALLEGUES AU MOYEN ; </p>
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<p>QUE, DES LORS, CELUI-CI NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; </p>
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<p>SUR LE SECOND MOYEN DE CASSATION PROPOSE ET PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 81, 92, 93, 106, 107, 118, 121, 171, 191, 103, 170, 173, 802, 114, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A REFUSE DE PRONONCER LE DESSAISISSEMENT DU JUGE D'INSTRUCTION, AUX MOTIFS QU'IL N'EST PLUS NECESSAIRE NI UTILE DE REFAIRE DANS LES REGLES LES ACTES ANNULES ; </p>
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<p>QUE LE RENVOI DE LA PROCEDURE A UN AUTRE JUGE N'AURAIT POUR OBJET QUE D'EMPECHER LE JUGE D'INSTRUCTION ACTUELLEMENT SAISI D'ORIENTER SES INVESTIGATIONS VERS LA MISE EN CAUSE D'AUTRES PERSONNES HAUT PLACEES OU D'OBTENIR UNE ORDONNANCE DE CLOTURE DE CELLE QUI SERA PROBABLEMENT OBTENUE PAR LE MAGISTRAT ACTUELLEMENT SAISI ; </p>
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<p>QUE COMPTE TENU DU RETENTISSEMENT QU'A DEJA CONNU CETTE AFFAIRE, IL EST D'UNE BONNE ADMINISTRATION DE LA JUSTICE QUE LES CHARGES RETENUES CONTRE L'INCULPE X... JEAN FASSENT L'OBJET D'UN DEBAT PUBLIC QUE L'INTERESSE NE SAURAIT REDOUTER S'IL EST INNOCENT ; </p>
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<p>QUE LE MAGISTRAT INSTRUCTEUR S'EST ENGAGE DANS PLUSIEURS DE SES ECRITS A COMMUNIQUER LA PROCEDURE AU PARQUET ET QU'IL N'EXISTE AUCUNE RAISON VALABLE POUR METTRE EN DOUTE CET ENGAGEMENT ; </p>
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<p>QUE LES MOTIFS ALLEGUES PAR LES PARTIES RELEVENT PLUTOT DE LA RECUSATION OU DE LA SUSPICION LEGITIME, ALORS QUE L'ARRET ATTAQUE REFUSE LE DESSAISISSEMENT DU JUGE D'INSTRUCTION PAR DES MOTIFS CONTRADICTOIRES ; </p>
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<p>QU'IL AFFIRME D'UNE PART QU'UNE TELLE MESURE N'EST PAS OPPORTUNE DU FAIT QUE " LA PRESENTE INFORMATION PARAIT PARTICULIEREMENT COMPLETE ET QU'IL N'APPARAIT PAS NECESSAIRE DE REFAIRE LES ACTES ANNULES " ; </p>
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<p>QUE PAR AILLEURS L'ARRET ATTAQUE RELEVE A L'APPUI DE SA DECISION QUE LE DESSAISISSEMENT DU JUGE D'INSTRUCTION AURAIT POUR OBJET DE L'EMPECHER DE POURSUIVRE ENCORE SES INVESTIGATIONS ; </p>
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<p>QU'EN STATUANT PAR DE TELS MOTIFS CONTRADICTOIRES, LA COUR D'APPEL A VIOLE L'ARTICLE 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE " ; </p>
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<p>ATTENDU QUE L'ADMINISTRATION DEMANDERESSE NE SAURAIT FAIRE GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR, CONTRAIREMENT AUX REQUISITIONS DU MINISTERE PUBLIC ET A SES PROPRES CONCLUSIONS, RENVOYE LE DOSSIER DE LA PROCEDURE, APRES ANNULATION DE CERTAINS ACTES D'INSTRUCTION, AU MAGISTRAT QUI EN ETAIT PRIMITIVEMENT SAISI ; </p>
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<p>QU'EN EFFET, DANS CETTE HYPOTHESE, SELON L'ARTICLE 206 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, IL APPARTIENT A LA CHAMBRE D'ACCUSATION, SANS AVOIR A S'EN JUSTIFIER, D'APPRECIER SI ELLE DOIT EVOQUER LA PROCEDURE OU LA RENVOYER AU MEME JUGE D'INSTRUCTION OU A TEL AUTRE, AFIN DE POURSUIVRE L'INFORMATION ; </p>
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<p>QU'AINSI LE MOYEN PROPOSE DOIT ETRE ECARTE ; </p>
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<p>ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ; </p>
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<p>REJETTE LE POURVOI.</p>
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<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1980-05-06 Bulletin Criminel 1980 N. 137 p. 330 (IRRECEVABILITE) et les arrêts cités. (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1981-01-27 Bulletin Criminel 1981 N. 38 p. 110 (IRRECEVABILITE). (1)  (2) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1976-03-18 Bulletin Criminel 1976 N. 101 p. 249 (REJET) et les arrêts cités. (2)

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** (3),Code de procédure pénale 206 Dernier Alinéa
**ECLI:** 
**Résumé:** L'administration des douanes, qui exerce à titre principal l'action pour l'application des sanctions pénales, a la possibilité de se pourvoir en cassation, même en l'absence du pourvoi du Procureur général, contre les arrêts de la chambre d'accusation susceptibles de préjudicier à ses intérêts. Tel est le cas d'un arrêt qui annule des actes d'instruction, lorsque l'information porte sur des infractions douanières et de droit commun indivisibles (1).,Il appartient à la chambre d'accusation, qui a ordonné l'annulation de certains actes d'instruction, de décider si cette annulation doit ou non s'étendre à tout ou partie de la procédure ultérieure (2).,Selon l'article 206, dernier alinéa, du Code de procédure pénale, après avoir prononcé l'annulation de certains actes d'instruction, il appartient à la chambre d'accusation, sans avoir à s'en justifier, d'apprécier si elle doit évoquer la procédure ou la renvoyer au même juge d'instruction ou à tel autre, afin de poursuivre l'information.
**Mots-clés:** 1) DOUANES - Procédure - Pourvoi en cassation - Pourvoi contre un arrêt de la chambre d'accusation - Pourvoi de l'administration - Conditions.,2) CHAMBRE D'ACCUSATION - Arrêts - Arrêt annulant des actes d'instruction - Actes annulés - Actes en dérivant et procédure antérieure.,3) CHAMBRE D'ACCUSATION - Arrêts - Arrêt annulant des actes d'instruction - Renvoi de la procédure au juge d'instruction - Appréciation par la chambre d'accusation.