# Conseil d'État,  2ème sous-section jugeant seule, 08/02/2012, 330549, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025367193
**Date de décision:** 2012-02-08
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 2ème sous-section jugeant seule
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025367193

## Contenu de la décision

Vu le pourvoi sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 6 août 2009 et 16 février 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Alain A, demeurant ... ; M. A demande au Conseil d'Etat : <br>
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              1°) d'annuler l'arrêt n° 08/00086 du 9 juin 2009 par lequel la cour régionale des pensions de Montpellier a annulé le jugement du 14 octobre 2008 du tribunal départemental des pensions de l'Hérault lui accordant la revalorisation de sa pension militaire d'invalidité calculée au grade de gendarme en fonction de l'indice du grade équivalent pratiqué pour les personnels de la marine nationale ; <br>
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              2°) réglant l'affaire au fond, de rejeter l'appel formé devant la cour régionale des pensions de Montpellier par le ministre de la défense et des anciens combattants et de faire droit à son appel incident en mettant à la charge de l'Etat les arrérages revalorisés échus depuis le 1er janvier 2003 calculés à l'indice du grade de second maître de la marine nationale ;<br>
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              3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP de Chaisemartin-Courjon, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
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	Vu les autres pièces du dossier ;<br>
              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que le Premier protocole additionnel à cette convention ; <br>
Vu le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ; <br>
Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;<br>
Vu le décret n° 56-913 du 5 septembre 1956 ; <br>
Vu le décret n° 59-327 du 20 février 1959 ;<br>
	 Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - le rapport de Mme Sophie-Caroline de Margerie, Conseiller d'Etat,<br>
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              - les observations de la SCP de Chaisemartin, Courjon, avocat de M. A,<br>
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              - les conclusions de M. Damien Botteghi, rapporteur public,<br>
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              La parole ayant à nouveau été donnée à la SCP de Chaisemartin, Courjon, avocat de M. A ;<br>
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              Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 24 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, alors en vigueur :  Les pensions militaires prévues par le présent code sont liquidées et concédées (...) par le ministre des anciens combattants et des victimes de guerre ou par les fonctionnaires qu'il délègue à cet effet. Les décisions de rejet des demandes de pension sont prises dans la même forme  ; qu'en vertu de l'article 5 du décret du 20 février 1959 relatif aux juridictions des pensions, l'intéressé dispose d'un délai de six mois pour contester, devant le tribunal départemental des pensions, la décision prise sur ce fondement ; qu'enfin, aux termes de l'article 21 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations :  Sauf dans les cas où un régime de décision implicite d'acceptation est institué dans les conditions prévues à l'article 22, le silence gardé pendant plus de deux mois par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet  ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que M. A a demandé le 2 décembre 2006 au ministre de la défense de recalculer la pension militaire d'invalidité qui lui avait été concédée à titre définitif par un arrêté du 4 janvier 1994 en fonction de l'indice du grade équivalent, plus favorable, pratiqué pour les personnels de la marine nationale ; que, par une lettre du 15 décembre 2006, le ministre lui a indiqué qu'il recherchait les moyens de donner une suite à sa demande et qu'il en serait tenu informé dès que possible ; qu'en l'absence de réponse, M. A a saisi le 21 mars 2007 le tribunal départemental des pensions de l'Hérault d'un recours contre le rejet qui avait été implicitement opposé à sa demande de revalorisation par le ministre ;<br>
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              Considérant que la circonstance que l'administration a adressé à M. A un courrier d'attente, en date du 15 décembre 2006, n'était pas de nature à interrompre ou suspendre le délai au terme duquel est née une décision implicite de rejet de la demande formée le 2 décembre 2006 par l'intéressé, qui pouvait la contester, ainsi qu'il l'a fait le 21 mars 2007, devant le tribunal départemental des pensions ; qu'ainsi, en jugeant que le recours formé par M. A n'était dirigé contre aucune décision, la cour régionale des pensions de Montpellier a entaché son arrêt d'une erreur de droit ; que, par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens du pourvoi, M. A est fondé à demander l'annulation de cet arrêt ; <br>
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              Considérant que M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP de Chaisemartin-Courjon, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SCP de Chaisemartin-Courjon de la somme de 3 000 euros  ;<br>
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              		D E C I D E :<br>
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Article 1er : L'arrêt du 9 juin 2009 de la cour régionale des pensions de Montpellier est annulé.<br>
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Article 2 : L'affaire est renvoyée devant la cour régionale des pensions de Toulouse.<br>
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Article 3 : L'Etat versera à la SCP de Chaisemartin-Courjon, avocat de M. A, une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.<br>
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Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. Alain A et au ministre de la défense et des anciens combattants.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**