# Conseil d'Etat, Président de la Section du contentieux, du 17 octobre 1997, 185197, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000007955030
**Date de décision:** 1997-10-17
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000007955030

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête enregistrée au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat le 27 janvier 1997, présentée par M. Nabil X... Y..., demeurant ... ; M. Y... demande au président de la section du Contentieux du Conseil d'Etat :<br>    1°) d'annuler le jugement du 26 avril 1996 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 9 avril 1996, par lequel le préfet de police a décidé sa reconduite à la frontière ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;<br>    3°) de lui délivrer un titre de séjour temporaire en qualité de commerçant ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée, notamment par la loi du 2 août 1989, la loi du 10 janvier 1990, la loi du 26 février 1992 et la loi du 24 août 1993 ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;<br>    Après avoir entendu en audience publique :<br>    - les conclusions de Mme Hubac, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sur la fin de non recevoir opposée à la requête de M. Y... :<br>    Considérant que le jugement attaqué du 26 avril 1996 du tribunal administratif de Paris a été notifié à M. Y... le 17 octobre 1996 ; que le requérant a présenté, le 5 novembre 1996, soit dans le délai d'appel, une demande d'aide juridictionnelle qui lui a été refusée le 7 janvier 1997, refus notifié le 13 janvier 1997 ; que, dès lors, le préfet de police n'est pas fondé à soutenir que la requête de M. Y... serait tardive et par suite irrecevable ;<br>    Sur l'exception d'illégalité de la décision du 26 décembre 1996 refusant à M. Y... un titre de séjour en qualité de commerçant :<br>    Considérant qu'à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté de reconduite à la frontière pris à son encontre le 9 avril 1996, M. Y... excipe de l'illégalité de la décision du 26 décembre 1995 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de commerçant et l'a invité à quitter le territoire français ; que M. Y... a présenté un recours auprès du tribunal administratif de Paris le 12 mars 1996 contre ladite décision, qui n'est donc pas devenue définitive ; que, dès lors, l'exception d'illégalité soulevée par M. Y... à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté du 9 avril 1996 ordonnant sa reconduite à la frontière est recevable ;<br>    Considérant, toutefois, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant d'accorder à l'intéressé un titre de séjour en qualité de commerçant, compte tenu notamment de l'insuffisance des capitaux nécessaires à la création du commerce d'exportation qu'il se proposait de créer, le préfet de police aurait commis une erreur manifeste d'appréciation ; qu'ainsi, la décision de refus de titre de séjour a pu légalement fonder la mesure de reconduite à la frontière prise à l'encontre de M. Y... ;<br>    Sur la légalité de l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y... :<br>    Considérant que si M. Y... est atteint de troubles de l'audition et titulaire d'une carte d'invalidité, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure de reconduite à la frontière prise à son égard comportait des risques sérieux pour sa santé ; que la circonstance que l'intéressé réside en France depuis 1986 ainsi que son frère et l'épouse de celui-ci, tous deux de nationalité française, ne suffit pas à établir que l'arrêté attaqué aurait porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée ; que, par suite, le préfet de police n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. Y... ;<br>    Sur les conclusions tendant à la délivrance d'un titre de séjour :<br>    Considérant qu'en dehors du cas prévu par l'article 77 de la loi du 8 février 1995, dont les conditions d'application ne sont pas remplies en l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration ; qu'ainsi, les conclusions tendant à la délivrance d'un titre de séjour sont irrecevables ;<br>
<br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Y... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa requête ;<br>Article 1er : La requête de M. Y... est rejetée.<br>Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Nabil X... Y..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Loi 95-125 1995-02-08 art. 77
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.