# CAA de LYON, 6ème chambre, 07/04/2023, 22LY01209, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000047423228
**Date de décision:** 2023-04-07
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 6ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000047423228

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme A... C... B... a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du 30 novembre 2021 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi et d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou portant la mention " salarié ", à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.<br>
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       Par un jugement n° 2110267 du 31 mars 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 20 avril 2022, Mme B..., représentée par Me Sabatier, demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement et ces décisions ;<br>
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       2°) d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, portant la mention " salarié ", ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Elle soutient que :<br>
       Sur le refus de titre de séjour :<br>
       - les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ont été méconnues ;<br>
       - les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues ;<br>
       - les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ont été méconnues ;<br>
       - il a été pris à la suite d'une procédure irrégulière, d'une erreur de droit et en l'absence d'un examen particulier de sa situation ;<br>
       - la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard du pouvoir de régularisation du préfet et au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;<br>
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       Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :<br>
       - elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.<br>
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       Sur la décision fixant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de renvoi : <br>
- elles doivent être annulées en conséquence de l'annulation des décisions précédentes.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet du Rhône qui n'a pas produit de mémoire.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;<br>
       - l'accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Bentéjac, première conseillère,<br>
       - et les observations de Me Guillaume, représentant Mme B....<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
       1. Mme A... C... B..., ressortissante algérienne née le 10 août 1993 a demandé au tribunal administratif de Lyon l'annulation des décisions du 30 novembre 2021 par lesquelles le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi. Par jugement du 31 mars 2022, dont Mme B... relève appel, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.<br>
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Sur la légalité du refus de titre de séjour :<br>
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       2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " (...) / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / (...) / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.<br>
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       3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B... est née en Algérie le 10 août 1993 et est de nationalité algérienne. Elle est entrée en France le 12 juin 2018 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour portant la mention " famille de français " et s'est vu délivrer, le 14 mai 2019, un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son mariage, le 12 septembre 2017 en Algérie, avec un ressortissant français. Toutefois, cette communauté de vie a été rompue en mars 2019 et le divorce a été prononcé le 12 juillet 2020. Mme B... se prévaut dorénavant de sa relation avec un ressortissant tunisien, père de sa fille née en décembre 2019. Elle n'établit toutefois pas une communauté de vie avec ce dernier malgré les demandes faites en ce sens par le préfet lors de l'instruction de sa demande de titre de séjour. Enfin, si la requérante se prévaut de la durée de son séjour sur le territoire français de plus de trois années consécutives depuis son entrée en France en 2018, de la présence en France de son enfant, qui a, selon elle, vocation à devenir français et de son contrat à durée indéterminée, ces seules considérations ne sauraient suffire à démontrer une insertion suffisante en France alors, en outre, qu'elle dispose d'attaches familiales en Algérie. Ainsi, compte tenu de l'ensemble de ces éléments et notamment de la durée et des conditions du séjour en France de la requérante, le préfet du Rhône n'a pas, en lui refusant le séjour, porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts que sa décision poursuivait. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées des article 6, 5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, en conséquence, être écartés.<br>
       4. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs et en l'absence d'autre argument, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée de refus de séjour aurait pour conséquence de porter atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.<br>
       5.  En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : (...) b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ;(...) ".<br>
       6. Il ressort des pièces du dossier, contrairement à ce que soutient la requérante, que sa demande d'autorisation de travail a été transmise à l'union départementale du Rhône de la direction régionale de la consommation, du travail et de l'emploi et a fait l'objet, le 17 juillet 2020 d'une décision de refus adressée à la requérante à cette même date. Le moyen tiré de ce que la procédure serait irrégulière doit, par conséquent, être écarté.<br>
       7. En quatrième lieu, le préfet n'a pas davantage, compte tenu des éléments qui viennent d'être indiqués, commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation, sans que la requérante puisse à cet égard utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012 sur l'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.<br>
       Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :<br>
       8. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre.<br>
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       9. En second lieu, en l'absence de tout autre argument, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les motifs qui ont été exposés.<br>
       Sur la légalité de la fixation du délai de départ volontaire :<br>
       10. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire.<br>
       Sur la légalité de la fixation du pays de renvoi :<br>
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       11. Il résulte de ce qui a été dit que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.<br>
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       12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.<br>
DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.<br>
Article 2 :  Le présent arrêt sera notifié à Mme A... C... B... et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.<br>
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :<br>
M. Pourny, président de chambre,<br>
M.  Stillmunkes, président assesseur,<br>
Mme Bentéjac, première conseillère.<br>
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.<br>
La rapporteure,<br>
C. Bentéjac<br>
Le président,<br>
F. Pourny<br>
La greffière,<br>
F. Abdillah<br>
       La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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Pour expédition, <br>
La greffière,<br>
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N° 22LY01209<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. - Séjour des étrangers. - Refus de séjour.