# COUR DE CASSATION, CHAMBRE CIVILE 1, du 14 mai 1962, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006959134
**Date de décision:** 1962-05-14
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006959134

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE PRIS EN SA PREMIERE BRANCHE : ATTENDU QUE L'ARRET CONFIRMATIF ATTAQUE AYANT DECLARE BAUDEANT, PROPRIETAIRE PAR USUCAPION D'UNE PARCELLE DE TERRE, QUI LUI ETAIT CONTESTEE PAR LES CONSORTS Y..., IL EST REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR AINSI STATUE, AU MOTIF QUE BAUDEANT AURAIT EXPLOITE LADITE PARCELLE D'UNE MANIERE ININTERROMPUE ET PUBLIQUE DEPUIS PLUS DE TRENTE ANS, ALORS QUE POUR FONDER LEGALEMENT LA PRESCRIPTION ACQUISITIVE, LA POSSESSION DOIT ETRE NON EQUIVOQUE ET QU'IL RESSORT DES CONSTATATIONS MEMES DE L'ARRET QUE LES DEUX PARTIES ONT ACCOMPLI SUR LE FONDS DES ACTES DE POSSESSION CONCOMITANTS ;<br>
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MAIS ATTENDU QU'ANALYSANT LES RESULTATS DE L'ENQUETE A LAQUELLE IL AVAIT ETE PROCEDE EN PREMIERE INSTANCE A LA DEMANDE DE BAUDEANT LES JUGES D'APPEL DECLARENT QUE DEPUIS PLUS DE TRENTE ANS LA PARCELLE 76 A ETE CONSTAMMENT ET EXCLUSIVEMENT SOUS LA JOUISSANCE DE BAUDEANT ET DE SES AUTEURS, SANS QUE L'ON AIT JAMAIS VU UN TIERS FAIRE UN ACTE DE PROPRIETE SUR ELLE ;<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET AJOUTE QU'AUX QUATORZE TEMOIGNAGES CONCORDANTS ENTENDUS AU COURS DE L'ENQUETE, LES CONSORTS Y... ONT OPPOSE UN SEUL TEMOIN EN LA PERSONNE D'UNE DAME X... QUI A DECLARE AVOIR VU LE BETAIL DE Y... PACAGER SUR CETTE PARCELLE MAIS QU'IL CONVIENT DE PRECISER QUE LES PARCELLES DE BAUDEANT SONT FORT ELOIGNEES DE TOUTE HABITATION ET QUE LES BESTIAUX VOISINS ABANDONNES TOUT L'ETE DANS LES PATURAGES POUVAIENT S'EGARER DANS LA PARCELLE DONT S'AGIT ;<br>
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ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND APPRECIANT SOUVERAINEMENT LA FORCE PROBANTE DES TEMOIGNAGES QUI LEUR SONT SOUMIS, LA COUR D'APPEL ETAIT FONDEE, EN L'ESPECE, A ESTIMER QUE LES FAITS RAPPORTES PAR L'UNIQUE TEMOIN DE LA CONTRE-ENQUETE N'ETAIENT PAS DE NATURE A RENDRE EQUIVOQUE LA POSSESSION DE BAUDEANT ;<br>
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QU'AINSI LA PREMIERE BRANCHE DU MOYEN N'EST PAS FONDEE ;<br>
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SUR LA SECONDE BRANCHE DU MOYEN : ATTENDU QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE DE N'AVOIR PAS STATUE SUR LA VALEUR DE LA PRESOMPTION DE PROPRIETE RESULTANT DES INDICATIONS DU CADASTRE, ALORS QUE CE MOYEN AVAIT ETE EXPRESSEMENT PROPOSE PAR LES DEMANDEURS AU POURVOI ;<br>
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MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, EN STATUANT SUR LA PRESCRIPTION ACQUISITIVE INVOQUEE PAR BAUDEANT, A IMPLICITEMENT MAIS NECESSAIREMENT REPONDU EN LES REJETANT AUX CONCLUSIONS DES CONSORTS Y..., LES PRESOMPTIONS DE FAIT TIREES DES DOCUMENTS ET CIRCONSTANCES DE LA CAUSE, ET NOTAMMENT DES ENONCIATIONS DU PLAN CADASTRAL, NE POUVANT ETRE PRISES EN CONSIDERATION QUE LORSQU'IL N'EST PAS FAIT ETAT, PAR L'UNE OU L'AUTRE DES PARTIES, DE LA PRESCRIPTION ACQUISITIVE OU QUE LES TITRES PRODUITS NE JUSTIFIENT PAS LEURS PRETENTIONS A LA PROPRIETE D'UN IMMEUBLE ;<br>
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QU'AINSI LA SECONDE BRANCHE DU MOYEN N'EST PAS MIEUX FONDEE QUE LA PREMIERE ET QUE L'ARRET, MOTIVE, A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION :<br>
 PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 30 JUIN 1959 PAR LA COUR D'APPEL DE PAU ;<br>
N° 59-12 882. CONSORTS Y... C/ BAUDEANT. PRESIDENT : M LENOAN, CONSEILLER DOYEN, FAISANT FONCTIONS - RAPPORTEUR : M BARRAU - AVOCAT GENERAL : M JODELET - AVOCATS : MM MARTIN-MARTINIERE ET GILBERT.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** REJET.
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 1° LES JUGES DU FOND, QUI APPRECIENT SOUVERAINEMENT LA FORCE PROBANTE DES TEMOIGNAGES QUI LEUR SONT SOUMIS, SONT FONDES A ESTIMER QUE LES FAITS RAPPORTES PAR L'UNIQUE TEMOIN DE LA CONTRE-ENQUETE NE SONT PAS DE NATURE A RENDRE EQUIVOQUE LA POSSESSION DU DEMANDEUR AFFIRMEE PAR DE NOMBREUX AUTRES TEMOINS, APRES AVOIR OBSERVE QUE SI LEDIT TEMOIN A VU LE BETAIL DU DEFENDEUR SUR LA PARCELLE LITIGIEUSE, IL Y A LIEU D'OBSERVER QUE CELLE-CI EST ELOIGNEE DE TOUTE HABITATION ET QUE LES BESTIAUX VOISINS ABANDONNES TOUT L'ETE DANS LES PATURAGES ONT PU S'Y EGARER.,2° LES PRESOMPTIONS DE FAITS TIREES DES DOCUMENTS ET CIRCONSTANCES DE LA CAUSE, ET NOTAMMENT DES ENONCIATIONS DU PLAN CADASTRAL, NE PEUVENT ETRE PRISES EN CONSIDERATION QUE LORSQU'IL N'EST PAS FAIT ETAT, PAR L'UNE OU L'AUTRE DES PARTIES, DE LA PRESCRIPTION ACQUISITIVE OU QUE LES TITRES PRODUITS NE JUSTIFIENT PAS LEURS PRETENTIONS A LA PROPRIETE D'UN IMMEUBLE.
**Mots-clés:** 1° POSSESSION  - CARACTERES  - CARACTERE NON EQUIVOQUE  - APPRECIATION SOUVERAINE DES TEMOIGNAGES,2° PROPRIETE  - PREUVE  - PRESOMPTIONS DU FAIT DE L'HOMME  - INSUFFISANCE DES TITRES  - PRESCRIPTION ACQUISITIVE NON INVOQUEE