# Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 8 mai 1979, 78-93.447, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000007060399
**Date de décision:** 1979-05-08
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CRIMINELLE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007060399

## Contenu de la décision

<p>LA COUR, VU LA REQUETE DU PROCUREUR GENERAL ET LES MEMOIRES EN DEFENSE ; </p>
<p>SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 44-1 DE LA LOI N° 73-1193 DU 27 DECEMBRE 1973, ET DE L'ARTICLE 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE POUR INSUFFISANCE ET CONTRADICTION DE MOTIFS, DEFAUT DE BASE LEGALE, </p>
<p>VU LESDITS ARTICLES ; </p>
<p>ATTENDU, D'UNE PART, QUE L'ARTICLE 44-1 DE LA LOI DU 27 DECEMBRE 1973, PUNISSANT DE PEINES CORRECTIONNELLES TOUTE PUBLICITE COMPORTANT, SOUS QUELQUE FORME QUE CE SOIT, DES ALLEGATIONS, INDICATIONS OU PRESENTATIONS FAUSSES OU DE NATURE A INDUIRE EN ERREUR, L'INFRACTION AINSI PREVUE, POUR ETRE CONSTITUEE, N'EXIGE PAS QUE LA PUBLICITE AIT EFFECTIVEMENT INDUIT EN ERREUR ; QU'IL SUFFIT QU'ELLE AIT ETE DE NATURE A PRODUIRE CET EFFET; </p>
<p>QUE, D'AUTRE PART, LA MAUVAISE FOI N'EST PAS UN ELEMENT CONSTITUTIF DE LA MEME INFRACTION ; </p>
<p>ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE LES PREVENUS ONT PUBLIE DANS LA PRESSE UNE ANNONCE RELATIVE A LA MISE EN VENTE D'APPARTEMENTS NEUFS DANS LAQUELLE IL ETAIT, CONTRAIREMENT A LA VERITE, AFFIRME QUE LES ACQUEREURS EVENTUELS REALISERAIENT UNE "PLUS-VALUE IMMEDIATE DE 41 % NET D'IMPOTS" ; </p>
<p>ATTENDU QUE, POUR DECLARER EN CET ETAT NON CONSTITUE LE DELIT DE PUBLICITE DE NATURE A INDUIRE EN ERREUR, L'ARRET ENONCE QUE LA PUBLICITE "N'A PAS EU POUR RESULTAT DIRECT DE FAIRE VENDRE SANS DELAI, A DES ACQUEREURS PRIVES DE TOUTE POSSIBILITE DE REFLEXION, LES APPARTEMENTS" QU'ELLE PROPOSAIT A LA VENTE ; QU'ELLE NE "REPRESENTAIT QU'UNE PREMIERE ETAPE DANS LE PROCESSUS POUVANT CONDUIRE A L'ACHAT ; QU'ENTRE LA SOLLICITATION PUBLICITAIRE ET CE DERNIER S'INTERCALAIENT NECESSAIREMENT" PLUSIEURS "RELAIS NOTAMMENT L'INTERVENTION D'UN NOTAIRE" ;</p>
<br>
<p>ATTENDU QUE, TOUT EN ADMETTANT QU'IL Y EUT, EN L'ESPECE, UN USAGE INTEMPESTIF DES MOTS "PLUS-VALUES" ET "HYPERBOLE PUBLICITAIRE" ET QUE L'ANNONCE INCRIMINEE COMPORTAIT DES "IMPROPRIETES", DES "MALADRESSES D'EXPRESSION" ET "UN SENS APPROXIMATIF DONNE AUX MOTS" LA COUR CONSIDERE QUE, DE TOUTE FACON, L'INTENTION DELICTUELLE N'EST PAS ETABLIE A LA CHARGE DES PREVENUS, LESQUELS "N'ONT PAS ENTENDU LANCER SUR LE MARCHE" DES "INDICATIONS OU PRESENTATION FAUSSES OU DE NATURE A INDUIRE EN ERREUR" ; ATTENDU CEPENDANT QU'EN STATUANT PAR DE TELS MOTIFS, ALORS QU'IL DECOULAIT DE LEURS PROPRES CONSTATATIONS L'EXISTENCE EN L'ESPECE D'UNE PUBLICITE DE NATURE A INDUIRE EN ERREUR, LA COUR D'APPEL A MECONNU LE SENS ET LA PORTEE DE L'ARTICLE 44-1 DE LA LOI DU 27 DECEMBRE 1973 ; QUE L'ARRET ENCOURT LA CASSATION DE CE CHEF ; </p>
<p>PAR CES MOTIFS :</p>
<br>
<p>CASSE ET ANNULE EN TOUTES SES DISPOSITIONS L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 21 JUIN 1978, ET, POUR ETRE A NOUVEAU STATUE CONFORMEMENT A LA LOI :</p>
<p>RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE VERSAILLES.</p>
<br>,(1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1976-03-04 Bulletin Criminel 1976 N. 83 p.199 (REJET) . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1977-05-05 Bulletin Criminel 1977 N. 157 p. 388 (REJET) . (1) CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1978-12-04 Bulletin Criminel 1978 N. 342 p.896 (ANNULATION PARTIELLE).

## Métadonnées

**Solution:** Cassation
**Lois appliquées:** LOI 73-1193 1973-12-27
**ECLI:** 
**Résumé:** Le délit de publicité de nature à induire en erreur est indépendant de l'efficacité de la publicité et peut être caractérisé en l'absence de victime. La mauvaise foi n'est pas un élément constitutif du délit (1).
**Mots-clés:** PUBLICITE MENSONGERE - Loi du 27 décembre 1973 - Eléments constitutifs - Mauvaise foi (non).,* PUBLICITE MENSONGERE - Loi du 27 décembre 1973 - Eléments constitutifs - Efficacité (non).