# Cour Administrative d'Appel de Marseille, juge des reconduites, 12/01/2010, 08MA00731, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021924552
**Date de décision:** 2010-01-12
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** juge des reconduites
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021924552

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 15 février 2008, présentée pour M. Abdelilah A, demeurant ..., par Me Breuillot, avocat ; M. A demande à la Cour :<br>
       1°) d'annuler le jugement n° 0800181 en date du 14 janvier 2008 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant, d'une part, à l'annulation de l'arrêté du préfet de Vaucluse du 12 novembre 2007 portant obligation de quitter le territoire français, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai de 15 jours, ou une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait statué sur son cas ;<br>
       2°) d'annuler l'arrêté précité ;<br>
       3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, ou une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau statué sur son cas ;<br>
       4°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
       Vu la décision du président de la Cour administrative d'appel de Marseille en date du 1er septembre 2009 donnant délégation à M. Guy Fédou, président, pour statuer sur les appels formés contre les jugements statuant sur des recours en annulation d'arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière ;<br>
       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
       Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat, en date du 27 janvier 2009, fixant la liste des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel autorisés à appliquer, à titre expérimental, les dispositions de l'article 2 du décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 ;<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 8 décembre 2009 :<br>
       - le rapport de M. Fédou, magistrat désigné,<br>
       - et les conclusions de M. Brossier, rapporteur public ;<br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  I. - L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger ou qui lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte de séjour ou son autorisation provisoire de séjour, pour un motif autre que l'existence d'une menace à l'ordre public, peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa. L'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation (...). / L'étranger dispose, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, d'un délai d'un mois à compter de sa notification. Passé ce délai, cette obligation peut être exécutée d'office par l'administration  ; <br>
       Considérant que, par arrêté du 12 novembre 2007, le préfet de Vaucluse a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. A, de nationalité marocaine, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de destination ; que M. A a été placé en rétention administrative le 11 janvier 2008 ; qu'il relève appel du jugement du 14 janvier 2008 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Marseille, statuant selon la procédure prévue à l'article L. 512-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;<br>
       Sur la légalité externe : <br>
       Considérant que la motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus ou du retrait de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus ou ce retrait est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979 ; que l'arrêté du 12 novembre 2007 en litige porte en titre la mention de ce qu'il est pris sur le fondement du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors applicable et comporte les éléments de fait qui justifient le rejet de la demande de titre de séjour de M. A ; qu'il est ainsi suffisamment motivé ; <br>
       Considérant que le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ne peut être valablement invoqué qu'à l'encontre de la décision portant refus de séjour ; <br>
       Sur le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ; <br>
       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République  ; qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ;<br>
       Considérant que M. A, fait valoir qu'il est entré en France en 2000 à l'âge de quatorze ans sous couvert du passeport de son père, aujourd'hui décédé, qui était titulaire d'une carte de résident, et qu'il n'a depuis cette date plus de contact avec les membres de sa famille restés au Maroc ; qu'il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la date de la mesure contestée, il est âgé de vingt et un ans, célibataire sans charge de famille, et qu'il dispose d'attaches familiales au Maroc où résident sa mère et ses frères et soeurs ; qu'ainsi la décision de refus de titre de séjour n'a pas porté d'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; qu'elle n'a, dès lors, méconnu ni les dispositions de l'article <br>
L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       Considérant, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, que M. A n'était pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'en conséquence, le préfet de Vaucluse n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande ; <br>
       Considérant que si M. A fait valoir qu'il a été scolarisé au collège Joseph d'Arbaud à Vaison-la-Romaine pendant trois années scolaires de 2000 à 2003, qu'il a suivi une formation d'insertion, qu'il dispose de plusieurs promesses d'embauche et qu'il est intégré sur le territoire national, ces circonstances, à les supposer établies, ne suffisent pas à établir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé ; <br>
       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande ; <br>
       Sur les conclusions à fin d'injonction : <br>
       Considérant que la présente décision, qui rejette les conclusions de M. A, n'implique pas que lui soit délivré un titre de séjour temporaire, ni une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation ; que, par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ;<br>
       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
DECIDE :<br>
Article 1er :	La requête de M. A est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Abdelilah A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.<br>
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N° 08MA007312<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**