# CAA de LYON, 2ème chambre, 11/06/2024, 22LY03178, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000050147613
**Date de décision:** 2024-06-11
**Juridiction:** CAA de LYON
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000050147613

## Contenu de la décision

Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu :<br>
       - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;<br>
       - le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de M. Laval, premier conseiller,<br>
       - et les conclusions de Mme Lesieux, rapporteure publique ;<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. La SARL Comboire minceur, dont M. C... A... détenait 40 % des parts et qui proposait des cures d'amincissement dans le cadre des prestations d'entretien corporel qu'elle fournissait à sa clientèle, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 à la suite de laquelle l'administration fiscale a réintégré dans son résultat imposable de l'exercice clos en 2015 une somme de 261 637 euros comptabilisée en tant que produits constatés d'avance. Cette société ayant opté pour le régime d'imposition des sociétés de personnes prévu à l'article 239 bis AA du code général des impôts, ce rehaussement de son résultat a donné lieu à un complément d'impôt sur le revenu au nom de  M. et Mme A... à proportion des droits de M. C... A... dans la société dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Le ministre de l'économie, des finances et la souveraineté industrielle et numérique relève appel du jugement du 28 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a prononcé la décharge de cette imposition, des prélèvements sociaux auxquels M et Mme A... ont été également assujettis au titre de l'année 2015 et des pénalités appliquées à ces impositions. <br>
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       2. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " (...) 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. / 2 bis. Pour l'application des 1 et 2, les produits correspondant à des créances sur la clientèle ou à des versements reçus à l'avance en paiement du prix sont rattachés à l'exercice au cours duquel intervient (...) l'achèvement des prestations pour les fournitures de services. / Toutefois, ces produits doivent être pris en compte : a. Pour les prestations continues rémunérées notamment par des intérêts ou des loyers et pour les prestations discontinues mais à échéances successives échelonnées sur plusieurs exercices, au fur et à mesure de l'exécution ; (...) ".<br>
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       3. Parmi les prestations fournies à sa clientèle, la SARL Comboire minceur proposait différentes formules de cures d'amincissement en plusieurs séances s'étalant sur une durée de quinze à vingt mois dont le prix, payable d'avance par le client, était acquitté en totalité à la signature du contrat. Le vérificateur, ayant constaté que la société avait enregistré comptablement le produit de ces prestations lors de l'encaissement et déduit, à la clôture de l'exercice 2015, une écriture de produits constatés d'avance de 261 637 euros représentant, selon les explications données au cours du contrôle, le total des versements perçus correspondant à des séances non réalisées, a réintégré ces produits non pris en compte pour la détermination du bénéfice dans le résultat de la SARL Comboire minceur de l'exercice clos en 2015.<br>
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       4. Il résulte de l'instruction que les contrats de cure d'amincissement conclus par la SARL Comboire minceur stipulent que " le suivi des soins étant indispensable à l'atteinte des objectifs, une interruption des soins supérieure à trois mois par le client impliquerait la perte des soins à effectuer dans le cadre de sa cure souscrite initialement, sauf en cas de force majeure " et que " le client ne pourra interrompre sa cure qu'en cas de force majeure ou de motif légitime dument justifié ". Si la SARL Comboire minceur pouvait, pour prendre en compte les produits afférents à ces contrats au fur et à mesure de l'exécution des prestations, déduire de l'exercice d'enregistrement des produits payés d'avance les montants correspondant aux séances non encore réalisées, elle ne pouvait le faire que pour les prestations pouvant être regardées comme étant encore en cours d'exécution à la clôture de l'exercice. Or, selon les stipulations contractuelles, l'interruption de la cure pendant plus de trois mois entraîne, sauf exception, la perte des séances non effectuées et, partant, la cessation de l'obligation d'assurer les prestations restantes du fait de la renonciation du client. Dans ces conditions, ainsi que le relève à juste titre le ministre, les prestations s'étalant sur plusieurs exercices pour lesquels il a été constaté une interruption de plus de trois mois ne peuvent être considérées comme étant en cours d'exécution au sens du a. du 2 bis de l'article 38 du code général des impôts à la clôture de l'exercice 2015. Si M. et Mme A... soutiennent que la SARL Comboire minceur avait pour pratique de reprendre dans les produits de l'exercice les montants correspondant aux séances non effectuées à l'expiration de la troisième année suivant la date d'achèvement théorique de la cure, il n'est pas allégué que l'écriture remise en cause au titre de l'exercice clos en 2015 se rapporterait, en totalité, à des séances interrompues par les clients pour un motif légitime ou pour un cas de force majeure. Il n'est, en tout état de cause, pas non plus établi que cette écriture correspondrait à des séances non effectuées que la société aurait néanmoins assurées, à titre de geste commercial, quand bien même elle n'était plus redevable d'aucune prestation en vertu des clauses contractuelles. Il en résulte que c'est à tort que le tribunal administratif s'est fondé sur le fait que l'achèvement des prestations n'était pas caractérisé par la renonciation des clients aux prestations pendant une durée de plus de trois mois pour prononcer la décharge des impositions en litige.<br>
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       5. Il appartient toutefois à la cour administrative d'appel, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. et Mme A... devant le tribunal administratif et la cour administrative d'appel.<br>
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       6. M. et Mme A... demandent que seuls les produits correspondant aux cures interrompues à compter de la dernière séance fournie entre le 1er octobre 2014 et le 30 septembre 2015 soient réintégrés aux résultats de l'exercice clos le 31 décembre 2015. Toutefois, il est constant que le montant que la SARL Comboire minceur a comptabilisé à titre de produits constatés d'avance correspond à un ensemble de prestations s'étalant sur plusieurs exercices qui ne pouvaient plus être considérées comme étant en cours d'exécution au sens du a) de l'article 2 bis de l'article 38 du code général des impôts le 31 décembre 2015, date de la réintégration de l'ensemble des séances non effectuées trois ans après la date théorique d'achèvement de la cure. Et ils ne donnent aucune indication sur le nombre de séances concernées par une interruption de moins de trois mois à cette date.<br>
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       7. M. et Mme A... ne peuvent utilement invoquer les conditions de résolution des litiges prévues par le code de la consommation pour faire échec à l'application de la loi fiscale. <br>
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       8. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a fait droit à la demande de M. et Mme A....<br>
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       Sur les frais liés à l'instance :<br>
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       9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque au titre des frais liés à l'instance soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : Les articles 1er et 2 du jugement n° 1904941 du tribunal administratif de Grenoble du 28 juin 2022 sont annulés.<br>
Article 2 : Le complément d'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux auxquels M. et Mme A... ont été assujettis au titre de l'année 2015 sont remis à leur charge.<br>
Article 3 : Les conclusions de M. et Mme A... relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.<br>
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Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à M. et Mme C... et D... A....<br>
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Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :<br>
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M. Pruvost, président de chambre,<br>
Mme Courbon, présidente-assesseure,<br>
M. Laval, premier conseiller.<br>
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Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 juin 2024.<br>
Le rapporteur,<br>
J.-S. Laval<br>
Le président,<br>
D. Pruvost<br>
La greffière,<br>
M. B...<br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
Pour expédition,<br>
La greffière,<br>
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N° 22LY03178<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 19-04-02-01-04 Contributions et taxes. - Impôts sur les revenus et bénéfices. - Revenus et bénéfices imposables - règles particulières. - Bénéfices industriels et commerciaux. - Détermination du bénéfice net.