# CAA de NANTES, 4ème chambre, 20/06/2014, 12NT00553, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000029280022
**Date de décision:** 2014-06-20
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000029280022

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 23 février 2012, présentée pour M. B... A..., domicilié..., par Me Launay, avocat au barreau de Caen ; M. A... demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1200163 du 27 janvier 2012 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2012 par lequel le préfet de la Manche a décidé son assignation à résidence ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté ;<br>
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       3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;<br>
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       il soutient que :<br>
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       - le jugement est entaché d'une omission à statuer ;<br>
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       - l'arrêté portant remise aux autorités italiennes est illégal : le préfet de la Manche n'était pas compétent pour prendre cette décision ; la procédure de remise n'a pas été régulièrement suivie ; la procédure mise en oeuvre n'était pas adéquate ; le préfet a méconnu les dispositions de l'article 3.2 du règlement CE du 18 février 2003 ;<br>
       - la décision de refus d'admission au séjour est illégale : elle ne respecte pas les dispositions de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 ; il n'a pas bénéficié des informations prévues par l'article 18-1 du règlement CE du 11 décembre 2000 et de celles du paragraphe 1 de l'article 10 de la directive du 1er décembre 2005 ; elle est entachée d'une erreur de fait ;<br>
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       Vu le jugement attaqué ;<br>
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       Vu le mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2012, présenté par le préfet de la Manche, qui conclut au rejet de la requête ;<br>
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       il soutient que :<br>
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       - le jugement n'est pas entaché d'omission à statuer ;<br>
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       - la décision du 24 janvier 2012 portant remise aux autorités italiennes n'est pas illégale : la compétence de l'auteur de la décision n'est pas contestable ; la procédure menée sur le fondement de l'article 20 c) du règlement CE du 18 février 2003 a été régulière ; il n'avait aucune raison de faire usage de son pouvoir de dérogation ;<br>
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       - la décision de refus d'admission au séjour n'est pas illégale : elle respecte les dispositions de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 ; la procédure a été régulière ; l'erreur de fait qui entacherait la décision est sans influence sur sa légalité ;<br>
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       Vu le mémoire en réplique, enregistré le 19 février 2014, présenté pour M. A..., qui maintient ses conclusions et moyens ; il soutient en outre que :<br>
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       - la décision portant refus d'admission provisoire au séjour a été annulée par le tribunal administratif de Caen ; cette décision est devenue définitive ;<br>
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       - par un avis du 30 décembre 2013, le Conseil d'Etat a admis qu'une telle annulation entraînait par voie de conséquence l'annulation des décisions subséquentes ;<br>
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       Vu le courrier en date du 25 mars 2014 adressé aux parties en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu l'ordonnance en date du 29 avril 2014 portant clôture immédiate de l'instruction en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu la décision du président du bureau d'aide juridictionnelle de Nantes, en date du 26 juin 2012, admettant M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil en date du 18 février 2003 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats membres par un ressortissant d'un pays tiers ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;<br>
       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 2 juin 2014 :<br>
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       - le rapport de M. Madelaine, faisant fonction de premier conseiller,<br>
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       - et les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public ;<br>
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       1. Considérant que M. A..., de nationalité afghane, a présenté le 22 novembre 2011 à la préfecture du Calvados une demande d'admission provisoire au séjour au titre de l'asile ; qu'à la suite de la confrontation de ses empreintes digitales aux données de la base " Eurodac ", le préfet du Calvados a, par décision du 22 novembre 2011, refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ; que, le 24 janvier 2012, le préfet de la Manche a, en conséquence, décidé sa remise aux autorités italiennes, et par une décision du même jour prononcé son assignation à résidence ; que M. A... relève appel du jugement n° 1200163 du 27 janvier 2012 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2012 prononçant son assignation à résidence en vue de l'exécution de la décision de remise ;<br>
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       Sur les conclusions à fin d'annulation :<br>
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       Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;<br>
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       2. Considérant qu'en raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé ;<br>
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       3. Considérant qu'aux termes de l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " ... l'étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne qui a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 211-1, L. 211-2, L. 311-1 et L. 311-2 peut être remis aux autorités compétentes de l'Etat membre qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire, ou dont il provient directement, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec les Etats membres de l'Union européenne. / L'étranger visé au premier alinéa est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'Etat. / Cette décision peut être exécutée d'office par l'administration après que l'étranger a été mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. " ; qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 531-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 531-1 sont applicables, sous la réserve mentionnée à l'avant-dernier alinéa de l'article L. 741-4, à l'étranger qui demande l'asile, lorsqu'en application des dispositions des conventions internationales conclues avec les Etats membres de l'Union européenne l'examen de cette demande relève de la responsabilité de l'un de ces Etats. " ;<br>
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       4. Considérant que, par jugement n° 1102495 du 8 juin 2012, le tribunal administratif de <br>
Caen a annulé la décision du 22 novembre 2011 par laquelle le préfet du Calvados a refusé, en se fondant sur les dispositions de l'article L. 741-4 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'admettre provisoirement au séjour M. A... au titre de l'asile dès lors que la confrontation de ses empreintes digitales aux données de la base " Eurodac " révélait que l'examen de la demande d'asile présentée par l'intéressé relevait de la responsabilité des autorités italiennes ; que ce jugement est devenu définitif et est ainsi revêtu de l'autorité absolue de la chose jugée ; que la décision contestée du préfet de la Manche, prise pour permettre l'exécution de la décision du même jour de remise aux autorités italiennes, elle-même annulée par un arrêt n° 12NT02195 lu ce jour, est intervenue en raison de la décision initiale du 22 novembre 2011 refusant l'admission provisoire au séjour ; que son annulation doit être prononcée en conséquence de l'annulation de ce refus d'admission au séjour ;<br>
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       5. Considérant qu'il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la régularité du jugement, que M. A... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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       6. Considérant que M. A... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Launay, avocat de M. A..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Launay de la somme de 800 euros ;<br>
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                                   DÉCIDE :<br>
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Article 1er : 	Le jugement n° 1200163 du 27 janvier 2012 du tribunal administratif de Caen et la décision du 24 janvier 2012 du préfet de la Manche prononçant l'assignation à résidence de M. A... sont annulés.<br>
Article 2 :	L'Etat versera à Me Launay une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Launay renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 3 : 	Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l'intérieur.<br>
	Une copie en sera transmise au préfet de la Manche.<br>
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Délibéré après l'audience du 2 juin 2014, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Lainé, président de chambre,<br>
       - Mme Aubert, président-assesseur,<br>
       - M. Madelaine, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique le 20 juin 2014.<br>
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      Le rapporteur,<br>
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      B. MADELAINE       Le président,<br>
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       L. LAINÉ       <br>
        Le greffier,<br>
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        N. CORRAZE       <br>
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La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 12NT005532<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**