# Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 6 janvier 1971, 69-13.926, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006984113
**Date de décision:** 1971-01-06
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_CIVILE_1
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006984113

## Contenu de la décision

SUR LE MOYEN UNIQUE, PRIS EN SES DIVERSES BRANCHES : ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE QUE JOSEPH FELIX X... EST DECEDE LE 19 JUILLET 1967 A L'AGE DE 81 ANS, QUE PAR UN TESTAMENT OLOGRAPHE DATE DU 26 AVRIL PRECEDENT, IL AVAIT INSTITUE LEGATAIRE UNIVERSELLE, SA BELLE-SOEUR, DAME Y..., VEUVE X..., ET L'AVAIT CHARGEE DE REMETTRE UN CERTAIN NOMBRE DE LEGS ET NOTAMMENT UN LEG D'UNE SOMME DE TROIS MILLIONS DE FRANCS A SON NEVEU PIERRE Z... ET DE DEUX CENT CINQUANTE MILLE FRANCS A CHACUN DES QUATRE ENFANTS DE CE DERNIER ;<br>
<br>
ATTENDU QUE Z... A PRETENDU QUE CES LEGS ETAIENT LIBELLES EN FRANCS NOUVEAUX CONFORMEMENT A L'ORDONNANCE DU 27 DECEMBRE 1958, LA LEGATAIRE UNIVERSELLE SOUTENANT AU CONTRAIRE QUE LE DEFUNT AVAIT ENTENDU LEGUER DES FRANCS ANCIENS ;<br>
<br>
ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A LA COUR D'APPEL, SAISIE DE CE LITIGE, D'AVOIR DECIDE QUE LES LEGS PARTICULIERS FAITS A PIERRE A... ET A SES QUATRE ENFANTS SONT EXPRIMES DANS L'UNITE MONETAIRE TELLE QUE DEFINIE AVANT L'ORDONNANCE DU 27 DECEMBRE 1958, ALORS QUE, D'UNE PART, LE DEPASSEMENT DES FORCES DE LA SUCCESSION N'ETANT PAS UNE CAUSE DE NULLITE OU DE CADUCITE D'UN LEGS PARTICULIER EST MOINS ENCORE UNE CAUSE DE REDUCTION DE SA VALEUR, LE LEGATAIRE UNIVERSEL ETANT, A DEFAUT D'ACCEPTATION BENEFICIAIRE, TENU SUR SES PROPRES BIENS AU DELA DES FORCES DE LA SUCCESSION, ALORS, D'AUTRE PART, QU'EN PRESENCE D'UNE CLAUSE NETTE ET PRECISE, LES JUGES DU FOND NE PEUVENT, SOUS COULEUR D'INTERPRETATION, DENATURER LE TESTAMENT, NI FAIRE PREVALOIR DES CIRCONSTANCES EXTRINSEQUES A SES TERMES, ALORS, ENFIN, QUE SERAIENT RESTEES SANS REPONSE LES CONCLUSIONS DE Z... FAISANT VALOIR 1 ° QU'EN APPLICATION DU DECRET N° 62-1320 DU 9 NOVEMBRE 1962, L'UNITE MONETAIRE NOUVELLE INSTITUEE PAR L'ORDONNANCE DU 1958, ET DESIGNEE PAR LE MOT FRANC, SERAIT OBLIGATOIREMENT UTILISEE DANS TOUS LES ACTES ET QUE LE DEFUNT, DOCTEUR EN DROIT, ET DONT CHACUN S'ACCORDE A RECONNAITRE QU'IL AVAIT GARDE JUSQU'A SES DERNIERS JOURS SA PLEINE ET ENTIERE LUCIDITE, AVAIT PARFAITEMENT CONNAISSANCE DE LA LEGISLATION APPLICABLE, 2° QU'IL EST POSSIBLE QUE LE DEFUNT, IMMENSEMENT RICHE, SE SOIT CEPENDANT MEPRIS SUR L'ETENDUE REELLE DE SA FORTUNE, MAIS QUE CETTE CIRCONSTANCE N'AFFECTE EN RIEN SA VOLONTE DE GRATIFIER (LES CONSORTS Z...) DANS LES PROPORTIONS QU'IL A EXPRESSEMENT ET CLAIREMENT INDIQUEES DANS SON TESTAMENT ;<br>
<br>
MAIS ATTENDU QUE LES JUGES D'APPEL ONT CONSIDERE QUE S'ETAIT MAINTENU DANS CERTAINS MILIEUX, CHEZ DES PERSONNES AGEES ET EN PARTICULIER CHEZ LE TESTATEUR, L'USAGE DE CONTINUER A UTILISER L'UNITE MONETAIRE DONT ILS AVAIENT TOUJOURS EU L'HABITUDE, QU'ILS SE SONT FONDES SUR DES ATTESTATIONS D'ORDRE GENERAL DE PLUSIEURS NOTAIRES ET SUR D'AUTRES CONCERNANT PERSONNELLEMENT LE TESTATEUR ET EMANANT DU CHEF DE BUREAU DE LA BANQUE OU IL EFFECTUAIT SES TRANSACTIONS ;<br>
<br>
 QU'ILS ONT EGALEMENT FAIT ETAT DE LA DISPROPORTION MANIFESTE ENTRE LA FORTUNE DU DEFUNT ET LE MONTANT DES LEGS PARTICULIERS SI CEUX-CI AVAIENT ETE FAITS EN FRANCS NOUVEAUX ;<br>
<br>
 QU'IL RESULTE DE CES ELEMENTS D'UNE INTERPRETATION DES DISPOSITIONS TESTAMENTAIRES, ET SPECIALEMENT DU MOT FRANC, ETAIT NECESSAIRE, CE QUI EXCLUT TOUTE DENATURATION, QU'EN DECIDANT ALORS QUE FEU CHAUVIN AVAIT ENTENDU LIBELLER LE LEGS PARTICULIER EN FRANCS TELS QUE DEFINIS AVANT L'ORDONNANCE DU 27 DECEMBRE 1958, LA COUR D'APPEL, QUI N'A PAS VIOLE LADITE ORDONNANCE, N'A NULLEMENT AFFIRME QUE LES LEGS LITIGIEUX ETAIENT CADUCS, NULS OU SUJETS A REDUCTION S'ILS EXCEDAIENT LES FORCES DE LA SUCCESSION, MAIS A SIMPLEMENT USE DE SON POUVOIR SOUVERAIN D'APPRECIER LE SENS ET LA PORTEE DES DERNIERES VOLONTES DU DEFUNT ;<br>
<br>
 QU'ENFIN ELLE A REPONDU AUX CONCLUSIONS DES APPELANTS QU'ELLE N'ETAIT PAS TENUE DE SUIVRE DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION ;<br>
<br>
QUE LE MOYEN N'EST DONC PAS FONDE ;<br>
<br>
PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 30 JUIN 1969 PAR LA COUR D'APPEL D'ANGERS ;<br>
<br>,.  CF. Cour de Cassation (Chambre commerciale ) 1969-01-14 Bulletin 1969 IV N.13 P.13 (REJET) ET LES ARRETS CITES<br/>

## Métadonnées

**Solution:** REJET
**Lois appliquées:** Code civil 1134,Décret 62-1320 1962-11-09,LOI 1810-04-20 ART. 7,Ordonnance 58-1341 1958-12-27
**ECLI:** 
**Résumé:** EN PRESENCE D'UN TESTAMENT REDIGE POSTERIEUREMENT A LA  DEFINITION DU NOUVEAU FRANC, ET CONTENANT DES LEGS PARTICULIERS EN  ESPECES, DONT LE MONTANT EST MANIFESTEMENT DISPROPORTIONNE A LA  FORTUNE DU DEFUNT, LES JUGES DU FOND PROCEDENT A UNE INTERPRETATION  EXCLUSIVE DE DENATURATION DE L'ACTE EN DECIDANT QUE LE TESTATEUR  CONTINUAIT A RAISONNER EN FRANCS "ANCIENS", AINSI QU'IL RESULTAIT DE  PLUSIEURS ATTESTATIONS, ET QU'IL AVAIT UTILISE CETTE UNITE MONETAIRE  POUR L'ETABLISSEMENT DE SES DERNIERES VOLONTES.
**Mots-clés:** TESTAMENT - INTERPRETATION - POUVOIRS DES JUGES DU FOND -  DISPOSITIONS EQUIVOQUES - LEGS D'ESPECES - MONNAIE DE COMPTE -  NOUVEAU FRANC.,* TESTAMENT - INTERPRETATION - LEGS - LEGS PARTICULIER - LEGS D 'ESPECES - MONNAIE DE COMPTE - NOUVEAU FRANC.,* TESTAMENT - LEGS - LEGS PARTICULIER - MONNAIE DE COMPTE - NOUVEAU  FRANC.,* PAYEMENT - MONNAIE - NOUVEAU FRANC - LEGS - LEGS D'ESPECES -  MONTANT FIXE EN FRANCS.