# Cour Administrative d'Appel de Marseille, 8ème chambre - formation à 3, 20/03/2012, 10MA01260, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025635648
**Date de décision:** 2012-03-20
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Marseille
**Formation:** 8ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025635648

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour le 31 mars 2010 sous le n° 10MA01260, présentée par Me Vincensini, avocat, pour M. Bulent A, demeurant chez <br>
M. Migdat Sabanci, 7 rue Jean Couret à Marignane (13700) ; <br>
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       M. A, de nationalité turque, demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0908514 du 2 mars 2010 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté ses demandes tendant :<br>
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       - à l'annulation de la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 2 novembre 2009 lui refusant l'admission au séjour et de la décision distincte prise par la même autorité le même jour l'obligeant à quitter le territoire national ;<br>
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       - à ce qu'il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer le titre de séjour demandé sous astreinte financière ;<br>
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       - à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de <br>
l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
       2°) d'annuler pour excès de pouvoir les deux décisions en litige ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour demandé, à titre subsidiaire d'instruire à nouveau son dossier et de prendre une décision dans un délai de 4 mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de <br>
l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; <br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;<br>
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       Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;<br>
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       Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;<br>
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       Vu la loi n° 2006-911 du 24 juillet 2006 ; <br>
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       Vu la loi n° 2007-1631 du 20 novembre 2007 ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
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       Vu l'arrêté du 18 janvier 2008 fixant par région une liste de métiers ouverts aux étrangers non ressortissants d'un pays membre de l'Union Européenne, d'une autre partie à l'Espace Economique Européen ou de la Confédération Suisse ; <br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ; <br>
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       Vu le décret n° 2009-14 du 7 janvier 2009 relatif au rapporteur public des juridictions administratives et au déroulement de l'audience devant ces juridictions ;<br>
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       Vu le décret n° 2011-1950 du 23 décembre 2011 modifiant le code de justice administrative, notamment les dispositions de ses articles 1er à 11 relatives à la dispense de conclusions du rapporteur public et au déroulement de l'audience ;<br>
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       Vu la décision du président de la formation du jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 14 février 2012 :<br>
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       - le rapport de M. Brossier, rapporteur ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes duquel : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui." ; <br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A, de nationalité turque, né le 2 février 1975, est entré pour la première fois sur le territoire français le 31 décembre 2005, sous couvert d'un visa Schengen de quinze jours, pour rejoindre ses parents, arrivés en 2002 ; qu'il est célibataire sans enfant ; que s'il suit des cours de français, n'a pas été condamné par la justice pénale française, et est titulaire à la date des décisions attaquées d'un contrat de travail à durée indéterminée déclaré, ces circonstances ne démontrent pas à elles seules une intégration suffisante, ainsi que l'a dit le tribunal, eu égard à la faible durée de son séjour en France de près de quatre ans seulement à la date des décisions attaquées ; que, dans ces circonstances, compte tenu notamment de la faible durée de son séjour en France, de sa situation de célibataire de 34 ans à la date des décisions attaquées et du fait qu'il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 30 ans en Turquie où il n'établit pas ne plus avoir d'autres proches, l'appelant n'est fondé à soutenir, ni que les décisions attaquées auraient apprécié de façon manifestement erronée sa situation personnelle, ni qu'elles auraient porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises, nonobstant la circonstance qu'il soit fils unique ; <br>
       Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que l'appelant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté ses conclusions susvisées à fin d'annulation, ainsi que celles à fin d'injonction, dès lors que le jugement ne nécessitait aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles          L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ; que, de même, il y a lieu de rejeter par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction présentées en appel ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant qu'aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation" ; <br>
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       Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à l'appelant la somme qu'il demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : La requête n° 10MA01260 de M. A est rejetée.<br>
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Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Bulent A et au préfet des <br>
Bouches-du-Rhône.<br>
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Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
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N° 10MA0012602<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.