# Cour Administrative d'Appel de Versailles, Juges des Reconduites à la frontière, 15/07/2009, 09VE00587, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021031222
**Date de décision:** 2009-07-15
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Versailles
**Formation:** Juges des Reconduites à la frontière
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021031222

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 23 février 2009, présentée pour M. Dieudonné , demeurant chez Mme Francine Y ..., par Me Roques ; M.  demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 0811706 du 17 novembre 2009 par lequel le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 novembre 2008 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé sa reconduite à la frontière et de la décision du même jour fixant le pays de destination de la reconduite ;<br>
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       2°) d'annuler cet arrêté et cette décision pour excès de pouvoir ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Il soutient que, ressortissant béninois né en 1987, il est entré en France le 2 août 2004 ; qu'il a été adopté par son beau-père, M. Z, citoyen français, le 10 janvier 2006 ; que la mesure de reconduite à la frontière est insuffisamment motivée ; que le préfet aurait dû surseoir tant que sa demande de régularisation était en cours d'examen ; que l'arrêté en litige méconnait les dispositions des article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 313-11-7 du code ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       Vu le décret n° 95-304 portant publication de la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 juin 2009 :<br>
       - le rapport de Mme Boret, magistrat désigné,<br>
       - et les conclusions de Mme Jarreau, rapporteur public ;<br>
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       Considérant qu'aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  L'autorité administrative compétente peut, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement en France, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité  ;<br>
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       Considérant que M.  serait arrivé en France le 23 août 2004 mais qu'il n'a toutefois pas été en mesure de l'établir, ni de justifier d'une entrée régulière ; qu'en outre, il n'était titulaire d'aucun titre de séjour ; qu'il entrait ainsi dans le cas visé par les dispositions précitées autorisant le préfet de la Seine-Saint-Denis à décider qu'il serait reconduit à la frontière, sans que puisse y faire obstacle la circonstance qu'il avait présenté, les 19 septembre 2007 et 7 mai 2008, une demande de régularisation de sa situation administrative auprès du préfet du Val-de-Marne, où il était résidait, dès lors qu'une décision implicite de rejet était née, le 8 septembre 2008, du silence gardé durant quatre mois par l'administration sur sa demande ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté litigieux comporte l'exposé des motifs de fait et de droit qui en constituent le fondement ; que, dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté querellé ne peut qu'être écarté ; <br>
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       Considérant enfin qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.  ; que l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...)  ;<br>
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       Considérant, d'une part, que M. , de nationalité béninoise, fait valoir qu'il est arrivé en France en vue de rejoindre sa mère, son beau-père, de nationalité française qui l'a élevé comme son propre enfant et qui l'a adopté le 10 janvier 2006 ainsi que des oncles et tantes qui vivent en France ; que cependant le requérant, qui résidait sur le territoire français depuis quatre ans seulement à la date de la décision litigieuse, ne fait état d'aucune circonstance faisant obstacle à la poursuite de sa vie privée et familiale dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 17 ans ; qu'ainsi, compte tenu des circonstances de l'espèce et, notamment, des conditions de son séjour en France et de la faible ancienneté de sa présence sur le territoire national, la mesure de reconduite à la frontière n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive ; que, par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée auraient été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté ;	<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M.  n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande ;<br>
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       Considérant que la présente décision qui rejette la requête de M.  n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de réexaminer la situation administrative de M.  doivent être rejetées ; <br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M.  demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;<br>
D E C I D E <br>
Article 1er : La requête de M.  est rejetée.<br>
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N° 09VE00587 2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**