# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 4ème chambre, 16/10/2009, 09NT00571, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021297830
**Date de décision:** 2009-10-16
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021297830

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 4 mars 2009, présentée pour M. Ruslan X, demeurant ..., par Me Greffard-Poisson, avocat au barreau d'Orléans ; M. X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 06-2741 en date du 30 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 6 juin 2006 du préfet du Loiret refusant de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       2°) d'annuler ladite décision ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet du Loiret de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;<br>
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       4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à Me Greffard-Poisson de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve de la renonciation de celle-ci à percevoir la part contributive de l'Etat ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 18 septembre 2009 :<br>
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       - le rapport de Mme Perrot, rapporteur ;<br>
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       - et les conclusions de M. Villain, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que M. X, ressortissant géorgien, relève appel du jugement en date du 30 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 6 juin 2006 du préfet du Loiret refusant de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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       Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur : Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...) 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X, qui avait alors 19 ans, est entré au mois d'octobre 2002 en France avec ses parents et son frère âgé de 13 ans ; que ses parents résident régulièrement sur le territoire français sous couvert d'autorisations provisoires de séjour en qualité de malades et que, d'ailleurs, des cartes de séjour temporaire leur ont été délivrées postérieurement à la décision contestée ; que son frère est scolarisé en France depuis 2002 ; que lui-même vit avec une compatriote qui n'est pas en situation régulière au regard du séjour, mais dont les parents séjournent régulièrement en France et dont la soeur est scolarisée dans ce pays, compatriote avec laquelle il a eu un enfant né en 2004 et dont le refus de titre de séjour est également annulé par un arrêt du même jour ; que si la demande d'asile présentée par l'intéressé a été rejetée par le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Commission des recours des réfugiés, il n'est pas contesté que M. X, dont la famille appartient à une minorité ethnique qui n'est pas acceptée en Géorgie, n'a plus résidé dans son pays d'origine depuis l'âge de 11 ans ; que, dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet du Loiret doit être regardé, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. X, comme ayant porté au droit de celui-ci au respect de sa vie familiale une atteinte excessive au regard des buts poursuivis ; qu'il a ainsi méconnu les dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
       Sur les conclusions à fins d'injonction, sous astreinte :<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ;<br>
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       Considérant qu'eu égard au motif d'annulation retenu ci-dessus, l'exécution du présent arrêt implique que le préfet du Loiret délivre à M. X, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit, une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale et ce, dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois suivant la notification du présent arrêt ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. X, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le préfet du Loiret demande au titre des frais exposés par l'Etat et non compris dans les dépens ; que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, par application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'Etat le paiement à M. X, lequel n'a pas obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, de la somme de 800 euros au titre des mêmes frais ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er :	Le jugement n° 06-2741 du Tribunal administratif d'Orléans en date du 30 décembre 2008 et la décision du 6 juin 2006 du préfet du Loiret, sont annulés.<br>
Article 2 :	Il est enjoint au préfet du Loiret de délivrer à M. X une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 :	L'Etat versera à M. X la somme de 800 euros (huit cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 4 :	Le surplus des conclusions de la requête de M. X et les conclusions présentées par le préfet du Loiret au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetés.<br>
Article 5 :	Le présent arrêt sera notifié à M. Ruslan X et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.<br>
	Une copie sera adressée au préfet du Loiret.<br>
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N° 09NT00571<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**