# Conseil d'État, 2ème SSJS, 08/10/2004, 255089, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000028911088
**Date de décision:** 2004-10-08
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** 2ème SSJS
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000028911088

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 13 mars 2003 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler le jugement du 30 janvier 2003  par lequel le magistrat délégué  par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 20 novembre 2002 décidant la reconduite à la frontière de Mme B...A..., épouseC... ;<br>
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              2°) de rejeter la demande présentée par Mme C... devant le tribunal administratif de Paris ;<br>
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	Vu les autres pièces du dossier ;<br>
              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée le 4 novembre 1950 ;<br>
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              Vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;<br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, modifiée, relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>
	Vu le code de justice administrative ;<br>
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Après avoir entendu en séance publique :<br>
- le rapport de Mme Martine Jodeau-Grymberg, Conseiller d'Etat,<br>
              - les conclusions de Mme Emmanuelle Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui" ;<br>
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              Considérant que si Mme C..., ressortissante de la République algérienne, entrée sur le territoire français le 12 septembre 2000 sous couvert d'un visa de court séjour, fait valoir qu'elle réside depuis lors en France auprès de son époux et de leurs deux enfants, nés en 1991 et 1993, et qu'elle est parfaitement intégrée à la société française, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la brièveté du séjour en France de l'intéressée, de la circonstance que son époux est également en situation irrégulière, de l'existence d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident des parents et ses cinq frères et soeurs, et en l'absence de tout élément s'opposant à ce que M. et Mme C... emmènent avec eux leurs enfants mineurs en cas de retour dans leur pays d'origine, l'arrêté du PREFET DES HAUTS-DE-SEINE en date du 20 novembre 2002 ait porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et ait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, par suite, PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a, pour ce motif, annulé ledit arrêté ;<br>
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              Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par Mme C... devant le tribunal administratif de Paris ; <br>
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              Considérant que si Mme C... fait valoir qu'elle a fait l'objet de persécutions dans son pays d'origine, elle n'apporte aucune justification susceptible d'établir la réalité des risques qu'elle courrait  à titre personnel en cas de retour en Algérie ; qu'ainsi, la décision distincte du 20 novembre 2002 par laquelle le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE a précisé que l'intéressée pourrait notamment être reconduite à destination de l'Algérie n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 20 novembre 2002 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme C... à destination de l'Algérie ;<br>
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      D E C I D E :<br>
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Article 1er : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 30 janvier 2003 est annulé.<br>
Article 2 : La demande présentée par Mme C... devant le tribunal administratif de Paris est rejetée.<br>
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à Mme B...A..., épouseC..., et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 0215764-3 (TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS) du 30/01/03
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** ECLI:FR:CESJS:2004:255089.20041008
**Résumé:** 
**Mots-clés:**