# CAA de NANTES, 1ère chambre, 18/01/2018, 17NT02662, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000036521461
**Date de décision:** 2018-01-18
**Juridiction:** CAA de NANTES
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000036521461

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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        M. C...A...a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 1er février 2017 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans. <br>
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       Par un jugement n° 1701045 du 22 mars 2017, le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 30 août 2017, M.A..., représenté par MeB..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement ; <br>
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       2°) de faire droit à sa demande ; <br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ; <br>
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        4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
        - la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de  sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; <br>
         - la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; <br>
        - la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est entachée d'erreur d'appréciation au regard du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. <br>
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       Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2017, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête. <br>
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       Il fait valoir qu'il s'en remet à ses écritures de première instance. <br>
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       Par une décision du 8 août 2017, M. A...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
       - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Delesalle.<br>
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        1. Considérant que M.A..., ressortissant tunisien né en 1983, relève appel du jugement du 16 mai 2017 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er février 2017 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;<br>
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        Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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        2. Considérant que M. A...ne justifiant pas, ni même n'alléguant, être entré régulièrement sur le territoire français et n'étant titulaire d'aucun titre de séjour en cours de validité, il entrait dans le cas prévu au 1° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français ; <br>
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        3. Considérant que si M. A...a eu une fille née en 2013 à Marseille où elle demeure, il n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence de liens avec cette dernière à la date de la décision dans la mesure où les seuls justificatifs produits n'attestent que de liens épisodiques au mois d'août 2017 ; que s'il vit en France depuis 2011 ainsi que cela n'est pas contesté, il y est entré irrégulièrement à l'âge d'environ 28 ans ; que dans ces conditions, la décision n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle a poursuivis en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; <br>
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        4. Considérant que compte tenu de ce qui a été dit au point 3 du présent arrêt, le moyen tiré de ce que la décision porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant du requérant en méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté ;  <br>
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        Sur la décision fixant le pays de renvoi : <br>
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        5. Considérant que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulée, le moyen tiré de l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi par voie de conséquence de cette annulation doit être écarté ; <br>
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        Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :<br>
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        6. Considérant qu'aux termes du paragraphe III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de sa notification, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger (...). / Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. / (...) / La durée de l'interdiction de retour mentionnée au premier alinéa du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (...). " ; <br>
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        7. Considérant que compte tenu de ce qui a été dit au point 3 du présent arrêt, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant du requérant en méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté ;  <br>
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       8. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande ; que, doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; <br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : La requête de M.A... est rejetée.<br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C...A...et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur. <br>
Copie sera adressée, pour information, au préfet de Maine-et-Loire. <br>
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       Délibéré après l'audience du 4 janvier 2018, à laquelle siégeaient :<br>
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       - M. Geffray, président, <br>
       - M. Delesalle, premier conseiller,<br>
       - Mme Malingue, premier conseiller.<br>
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       Lu en audience publique le 18 janvier 2018.<br>
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Le rapporteur,<br>
H. DelesalleLe président,<br>
J.-E. Geffray       <br>
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Le greffier,<br>
E. Haubois<br>
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La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 17NT02662<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**