# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 4ème chambre, 03/02/2012, 11NT00387, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000025386339
**Date de décision:** 2012-02-03
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 4ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000025386339

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 9 février 2011, présentée pour M. Youssef X, demeurant ..., par Me Souamounou, avocat au barreau de Blois ; M. X demande à la cour :<br>
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      1°) d'annuler le jugement n° 10-1909 en date du 9 décembre 2010 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2010 du préfet de Loir-et-Cher rejetant sa demande de regroupement familial présentée au profit de son épouse ;<br>
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      2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, ledit arrêté ;<br>
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      3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui accorder le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse dans le délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et ce, sous astreinte de 300 euros par jour de retard passé ce délai ;<br>
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      4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Souamounou de la somme de 2 500 euros en application des dispositions des articles  L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, moyennant la renonciation de cet avocat à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;<br>
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      Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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      Vu la Constitution ;<br>
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      Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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      Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Vu le code de justice administrative ;<br>
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      Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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      Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 6 janvier 2012 :<br>
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      - le rapport de M. Villain, premier conseiller ;<br>
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      - et les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;<br>
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      Considérant que M. X, ressortissant marocain, interjette appel du jugement en date du 9 décembre 2010 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2010 du préfet de Loir-et-Cher rejetant sa demande de regroupement familial présentée au profit de son épouse ;<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans, et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans.  ; qu'aux termes de l'article L. 411-5 de ce code :  Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 351-9, L. 351-10 et L. 351-10-1 du code du travail. Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-1 fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. Ces dispositions ne sont pas applicables lorsque la personne qui demande le regroupement familial est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code ; 2° Le demandeur ne dispose pas ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; 3° Le demandeur ne se conforme pas aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil.  ; qu'aux  termes  de  l'article  R. 411-4  du  même  code :   Pour  l'application  du  1°  de  l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : - cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; - cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; - cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus.  ;<br>
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      Considérant que le principe posé par les dispositions du dixième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère la Constitution du 4 octobre 1958, aux termes desquelles :  La nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement  ne s'impose au pouvoir réglementaire, en l'absence de précision suffisante, que dans les conditions et limites définies par les dispositions contenues dans les lois ou dans les conventions internationales incorporées au droit français ; que, par suite, M. X ne saurait utilement, pour critiquer la légalité de la mesure de refus de regroupement familial qui lui a été opposée, invoquer ces principes indépendamment desdites dispositions ;<br>
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      Considérant que M. X n'établit pas, par les pièces qu'il produit, que ses ressources et celles de sa conjointe atteignaient un montant équivalent au salaire minimum de croissance mensuel sur la période de douze mois précédant tant sa demande que la décision contestée ; que, par suite, en refusant d'accorder à l'intéressé le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas méconnu les dispositions précitées des articles L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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      Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :  1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2 - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui  ;<br>
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      Considérant que si M. X soutient qu'il s'est marié avec une compatriote le 18 février 2009, qu'il vit en France depuis le mois d'août 1975, qu'il est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 14 mars 2015, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que, eu égard au caractère récent du mariage, au fait que le couple est sans enfant et que le requérant n'établit pas qu'il serait dans l'impossibilité de s'installer avec son épouse au Maroc, son pays d'origine, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, en refusant de lui accorder le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il n'a pas non plus méconnu, en tout état de cause, le principe d'unité de la famille ;<br>
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      Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande ;<br>
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      Sur les conclusions à fin d'injonction, sous astreinte :<br>
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      Considérant que le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. X, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions de l'intéressé tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, au préfet de Loir-et-Cher de lui accorder le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse doivent être rejetées ;<br>
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      Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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      Considérant que ces dispositions font, en tout état de cause, obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à M. X de la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er :	La requête de M. X est rejetée.<br>
Article 2 :	Le présent arrêt sera notifié à M. Youssef X et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
	Une copie en sera adressée au préfet de Loir-et-Cher.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**