# CAA de BORDEAUX, 1ère chambre, 29/07/2020, 19BX03762, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000042184418
**Date de décision:** 2020-07-29
**Juridiction:** CAA de BORDEAUX
**Formation:** 1ère chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000042184418

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. C... D... a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 22 août 2019 par lequel le préfet de la Gironde a décidé de le remettre aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. <br>
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       Par un jugement n° 1904269 du 9 septembre 2019, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2019, M. D..., représenté par Me E..., demande à la cour :<br>
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       1°) d'annuler ce jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Bordeaux du 9 septembre 2019 ;<br>
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       2°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2019 par lequel le préfet de la Gironde a décidé de le remettre aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.<br>
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       Il soutient que l'arrêté litigieux est intervenu sans que le préfet de la Gironde ait, au préalable, obtenu l'acceptation des autorités italiennes pour sa reprise en charge. <br>
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       Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2020, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.<br>
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       Il soutient que les moyens soulevés par M. D... ne sont pas fondés.<br>
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       M. D... a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 janvier 2020.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;<br>
       - la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;<br>
       - le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 ;<br>
       - le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers, et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Le rapport de M. B... A... a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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       Considérant ce qui suit :<br>
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       1. M. C... D..., de nationalité nigériane, est entré en France, selon ses déclarations, le 11 mars 2019. Il s'est présenté à la préfecture de la Gironde le 27 mars 2019 afin d'y déposer une demande d'asile mais le relevé de ses empreintes décadactylaires ayant révélé qu'il avait précédemment introduit une demande similaire en Italie le 16 septembre 2016, les autorités de cet État ont été saisies le 9 avril 2019 d'une demande de reprise en charge. Cette demande a été acceptée par une décision implicite du 24 avril 2019. Par un arrêté du 22 août 2019, le préfet de la Gironde a décidé son transfert aux autorités italiennes. M. D... relève appel du jugement du 9 septembre 2019 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.<br>
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       2. D'une part, il résulte de l'article 23 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride que, lorsque l'autorité administrative saisie d'une demande de protection internationale estime, au vu de la consultation du fichier Eurodac prévue par le règlement (UE) n° 603/2013 relatif à la création d'Eurodac, que l'examen de cette demande ne relève pas de la France, il lui appartient de saisir le ou les États qu'elle estime responsable de cet examen dans un délai maximum de deux mois à compter de la réception du résultat de cette consultation. À défaut de saisine dans ce délai, la France devient responsable de cette demande. Selon l'article 25 du même règlement, l'État requis dispose, dans cette hypothèse, d'un délai de deux semaines au-delà duquel, à défaut de réponse explicite à la saisine, il est réputé avoir accepté la reprise en charge du demandeur.<br>
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       3. D'autre part, le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014, a notamment créé un réseau de transmissions électroniques entre les États membres de l'Union européenne ainsi que l'Islande et la Norvège, dénommé " Dublinet ", afin de faciliter les échanges d'information entre les États, en particulier pour le traitement des requêtes de prise en charge ou de reprise en charge des demandeurs d'asile. Selon l'article 19 de ce règlement, chaque État dispose d'un unique " point d'accès national ", responsable pour ce pays du traitement des données entrantes et de la transmission des données sortantes et qui délivre un accusé de réception à l'émetteur pour toute transmission entrante. Selon l'article 15 de ce règlement : " Les requêtes et les réponses, ainsi que toutes les correspondances écrites entre États membres visant à l'application du règlement (UE) n° 604/2013, sont, autant que possible, transmises via le réseau de communication électronique " DubliNet " établi au titre II du présent règlement (...). / 2. Toute requête, réponse ou correspondance émanant d'un point d'accès national (...) est réputée authentique. / 3. L'accusé de réception émis par le système fait foi de la transmission et de la date et de l'heure de réception de la requête ou de la réponse ". Le 2 de l'article 10 du même règlement précise que : " Lorsqu'il en est prié par l'État membre requérant, l'État membre responsable est tenu de confirmer, sans tarder et par écrit, qu'il reconnaît sa responsabilité résultant du dépassement du délai de réponse ".<br>
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       4. En vertu de ces dispositions, lorsque le préfet est saisi d'une demande d'enregistrement d'une demande d'asile, il lui appartient, s'il estime après consultation du fichier Eurodac que la responsabilité de l'examen de cette demande d'asile incombe à un État membre autre que la France, de saisir la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, qui gère le " point d'accès national " du réseau Dublinet pour la France. Les autorités de l'État regardé comme responsable sont alors saisies par le point d'accès français, qui archive les accusés de réception de ces demandes.<br>
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       5. Il résulte de ces dispositions que la production de l'accusé de réception émis, dans le cadre du réseau Dublinet, par le point d'accès national de l'État requis lorsqu'il reçoit une demande présentée par les autorités françaises établit l'existence et la date de cette demande et permet, en conséquence, de déterminer le point de départ du délai de deux semaines au terme duquel la demande de reprise est tenue pour implicitement acceptée. Pour autant, la production de cet accusé de réception ne constitue pas le seul moyen d'établir que les conditions mises à la reprise en charge du demandeur étaient effectivement remplies. Il appartient au juge administratif, lorsque l'accusé de réception de l'État requis n'est pas produit, de se prononcer au vu de l'ensemble des éléments qui ont été versés au débat contradictoire devant lui, par exemple du rapprochement des dates de consultation du fichier Eurodac et de saisine du point d'accès national français ou des éléments figurant dans une confirmation explicite par l'État requis de son acceptation implicite de reprise en charge<br>
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       6. Il ressort de l'accusé de réception Dublinet du 9 avril 2019 produit à l'instance que les autorités italiennes ont bien été saisies d'une demande de reprise en charge formée le même jour. En vertu de l'article 25-2 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, une acceptation implicite est donc intervenue le 24 avril 2019 à l'expiration d'un délai de quinze jours prévu par les dispositions de l'article 25 du même règlement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les autorités italiennes n'auraient pas donné leur accord, en l'espèce implicite, à sa reprise en charge avant que le préfet décide, par l'arrêté litigieux, son transfert aux autorités italiennes.<br>
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       7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande. <br>
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DÉCIDE :<br>
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Article 1er : La requête de M. D... est rejetée. <br>
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... D... et au ministre de l'intérieur.<br>
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Gironde.<br>
Délibéré après l'audience du 9 juillet 2020 à laquelle siégeaient :<br>
Mme Marianne Hardy, président,<br>
M. B... A..., président-assesseur,<br>
Mme Nathalie Gay-Sabourdy, premier conseiller.<br>
Lu en audience publique, le 29 juillet 2020.<br>
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Le rapporteur,<br>
Didier A... <br>
Le président,<br>
Marianne HardyLe greffier,<br>
Stéphan Triquet<br>
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.<br>
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N° 19BX03762<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 095-02