# CAA de VERSAILLES, 2ème chambre, 09/05/2016, 15VE01363, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000032517681
**Date de décision:** 2016-05-09
**Juridiction:** CAA de VERSAILLES
**Formation:** 2ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000032517681

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       Mme A...C...a demandé au Tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2014 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1500980 du 30 mars 2015, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête, enregistrée le 30 avril 2015, MmeC..., représentée par Me B..., demande à la Cour :<br>
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       1° d'annuler ce jugement ;<br>
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       2° d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;<br>
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       3° d'enjoindre au préfet, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;<br>
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       4° de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. <br>
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       Elle soutient que : <br>
       - l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;<br>
       - il méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car elle justifie de sa résidence habituelle et continue en France depuis 2007, elle démontre une réelle intégration au sein de la société française, elle justifie de ce que sa présence serait indispensable auprès des membres de sa famille qui résident régulièrement en France et elle établit la nécessité de demeurer auprès de sa famille résidant en France eu égard notamment à son état de santé et être dépourvue d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; <br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
       Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de  l'audience publique :<br>
- le rapport de Mme Ribeiro-Mengoli, <br>
- les conclusions de Mme Lepetit-Collin, rapporteur public,<br>
- et les observations de MeB..., pour MmeC....<br>
       Connaissance prise de la note en délibéré présentée pour Mme C...le 2 mai 2016.<br>
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       1. Considérant que Mme A...C..., ressortissante algérienne, entrée en France le 23 mars 2007 à l'âge de vingt-cinq ans, a présenté le 20 août 2013 une demande de certificat de résidence algérien en raison de ses attaches familiales en France que le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejetée par un arrêté du 20 novembre 2014 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ;<br>
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       Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :<br>
       2. Considérant qu'aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : (...) 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (...) " et qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
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       3. Considérant qu'il ressort des nombreux documents produits par MmeC...  qu'elle a établi sa résidence habituelle en France depuis mars 2007, soit depuis sept ans à la date de l'arrêté attaqué ; qu'elle est venue rejoindre ses parents, auprès de qui elle demeure depuis son arrivée et dont elle s'occupe, et ses quatre frères et soeurs ; qu'il ressort des pièces du dossier que l'ensemble de sa famille proche réside en France, de manière régulière, l'une de ses soeurs étant par ailleurs de nationalité française, et que Mme C...serait isolée en cas de retour dans son pays d'origine compte tenu notamment du décès de ses grands-parents maternels et paternels ; qu'elle établit par ailleurs s'être investie depuis son arrivée en France dans la poursuite de ses études et avoir exercé de manière habituelle un emploi et déclaré les revenus de son activité ; qu'ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, MmeC...  est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et qu'il méconnait ainsi les stipulations de l'article 6, alinéa 5, de l'accord franco-algérien susvisé et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme C...est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande et à demander l'annulation de l'arrêté litigieux ; <br>
       Sur les conclusions aux fins d'injonction :<br>
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        5.    Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " ;<br>
        6.    Considérant qu'eu égard à ses motifs, la présente décision implique nécessairement que le préfet de la Seine-Saint-Denis délivre à Mme C...un titre de séjour dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date du présent arrêt, des éléments de fait ou de droit nouveaux justifieraient que le préfet oppose à la demande de l'intéressé une nouvelle décision de refus ; que, dès lors, il y a lieu d'enjoindre au préfet de délivrer à l'intéressée un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt ; <br>
      Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
       7. Considérant que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de mettre à la charge, à son profit, de la partie perdante que le paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat ; <br>
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       8. Considérant que, d'une part, MmeC..., pour le compte de qui les conclusions de la requête relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être réputées présentées, n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée ; que, d'autre part, l'avocat de Mme C...n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale ; que dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 3 000 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ;<br>
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DECIDE :<br>
Article 1er : Le jugement n° 1500980 du 30 mars 2015 du Tribunal administratif de <br>
Montreuil et l'arrêté du 20 novembre 2014 du préfet de la Seine-Saint-Denis sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à Mme C...un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.<br>
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N° 15VE01363		2<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.