# Conseil d'Etat, Président de la section du contentieux, du 28 décembre 2001, 232862, inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008113545
**Date de décision:** 2001-12-28
**Juridiction:** Conseil d'Etat
**Formation:** PRESIDENT DE LA SECTION DU CONTENTIEUX
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008113545

## Contenu de la décision

<br>    Vu la requête, enregistrée le 23 avril 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Sonkere X..., demeurant chez M. Y... ... ; Mme X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : <br>    1°) d'annuler le jugement du 26 février 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 12 février 2001 du préfet de l'Essonne ordonnant sa reconduite à la frontière et de la décision fixant le pays à destination duquel elle doit être reconduite ;<br>    2°) d'annuler pour excès de pouvoir ces décisions ;<br>    3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour ou de statuer à nouveau sur sa demande de titre de séjour, sous astreinte de 10 000 F par jour de retard ;<br>    4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 F au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;<br>    Vu les autres pièces du dossier ;<br>    Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>    Vu la Constitution et notamment son préambule ;<br>    Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France ;<br>    Vu le code de justice administrative ;<br>    Après avoir entendu en séance publique :<br>    - les conclusions de Mme Maugüé, Commissaire du gouvernement ;<br>
<br>    Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :<br>    Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ....) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ....)" ; <br>    Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du 5 juillet 2000 refusant à Mme X... la délivrance d'un titre de séjour lui ait été effectivement notifiée ; que, par suite, le préfet de l'Essonne ne pouvait légalement prendre l'arrêté de reconduite à la frontière en se fondant sur les dispositions du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance précitée ; <br>    Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 12 février 2001 par lequel le préfet de l'Essonne a ordonné sa reconduite à la frontière ;<br>    Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>    Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : "Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution" ; qu'aux termes du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée : "Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé, (.) l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à la nouvelle décision du préfet" ; <br>    Considérant qu'il y a lieu, par application de ces dispositions, d'enjoindre au préfet de l'Essonne de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme X... ;<br>    Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>    Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat à payer à Mme X... la somme de 5 000 F au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;<br>Article 1er : Le jugement en date du 26 février 2001 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles et l'arrêté du 12 février 2001 du préfet de l'Essonne ordonnant la reconduite à la frontière de Mme X... sont annulés.<br>Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne de délivrer à Mme X... une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à la date à laquelle il aura à nouveau statué sur son cas.<br>Article 3 : L'Etat versera à Mme X... la somme de 5 000 F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme Sonkere X..., au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.<br>

## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** Arrêté 2001-02-12,Code de justice administrative L911-1, L761-1,Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 22 bis
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-03 ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.