# Cour de Cassation, Chambre sociale, du 23 janvier 1974, 72-40.700, Publié au bulletin

**Identifiant:** JURITEXT000006991643
**Date de décision:** 1974-01-23
**Juridiction:** Cour de cassation
**Formation:** CHAMBRE_SOCIALE
**Nature:** ARRET
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006991643

## Contenu de la décision

SUR LES DEUXIEME ET TROISIEME MOYENS REUNIS, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1134 DU CODE CIVIL, 23 DU LIVRE IER DU CODE DU TRAVAIL ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 POUR DENATURATION DES CONVENTIONS DES PARTIES, DEFAUT ET CONTRADICTION DE MOTIFS, DEFAUT DE REPONSE A CONCLUSIONS ET MANQUE DE BASE LEGALE : ATTENDU QUE FRESNE, QUI AVAIT ETE DIRECTEUR DE LA COOPERATIVE REGIONALE DES VINS DE CHAMPAGNE (CRVC) DU 12 JUILLET 1962 AU 18 OCTOBRE 1967, FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR DECLARE INAPPLICABLE LA CLAUSE PENALE STIPULEE A SON CONTRAT DE TRAVAIL A DUREE INDETERMINEE ET SUIVANT LAQUELLE IL POUVAIT PRETENDRE A UNE INDEMNITE EGALE A QUATRE ANNEES DE SALAIRES SI CE CONTRAT ETAIT ROMPU SANS MOTIF LEGITIME PAR L'EMPLOYEUR, AU MOTIF QUE, SI LA RUPTURE INTERVENUE LE 18 OCTOBRE 1967 ETAIT BIEN IMPUTABLE A LA CRVC, CELLE-CI TROUVAIT SA JUSTIFICATION DANS LA SITUATION FINANCIERE DELICATE OU ELLE SE TROUVAIT, ALORS, D'UNE PART, QU'IL ETAIT CONSTANT ET CONSTATE PAR LES JUGES D'APPEL QUE LA CRVC AVAIT VOULU, EN JUILLET 1967,REDUIRE UNILATERALEMENT LES SALAIRES DE FRESNE ET LUI IMPOSER SA VOLONTE, PUISQUE, SUR SON REFUS, ELLE AVAIT DE SA PROPRE AUTORITE REDUIT SA REMUNERATION ET PERSISTE DANS SA VOLONTE DE NE PAS LUI REGLER SON ARRIERE DE SALAIRES, CE QUI TENDAIT A DEMONTRER LA MAUVAISE FOI DE L'EMPLOYEUR ET SON INTENTION D'OBTENIR LE DEPART.VOLONTAIRE DE SON PREPOSE POUR EVITER DE LUI PAYER LES INDEMNITES DE RUPTURE ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE DANS DES CONCLUSIONS AUXQUELLES IL N'A PAS ETE REPONDU, FRESNE FAISAIT VALOIR ET DEMANDAIT A LA COUR DE CONSTATER QUE MALGRE LA DECLARATION DE CERTAINS TEMOINS << INTERESSES >> LA CRVC NE FAISAIT PAS DE MAUVAISES AFFAIRES, PUISQU'ELLE AVAIT PU PROCEDER A DES DISTRIBUTIONS DE BENEFICES;<br>
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MAIS ATTENDU QUE L'ARRET A CONSTATE QUE, SI LA RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL DE FRESNE ETAIT IMPUTABLE A LA CRVC QUI N'AVAIT PAS REMPLI L'INTEGRALITE DE SES OBLIGATIONS ENVERS LUI, MEME DURANT LA PERIODE OU DES POURPARLERS SE POURSUIVAIENT ENTRE EUX EN VUE DE LA MODIFICATION DE CE CONTRAT, ET QUI AVAIT TENTE DE LUI IMPOSER UNE REDUCTION DE SALAIRE, CETTE ATTITUDE DE L'EMPLOYEUR ETAIT EN RAPPORT AVEC LA SITUATION FINANCIERE DELICATE OU IL SE TROUVAIT ET QUI EXIGEAIT UNE &lt;&lt; COMPRESSION IMPITOYABLE &gt;&gt; DE SES CHARGES D'EXPLOITATION;<br>
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QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS DE FAIT, LA COUR D'APPEL, QUI N'ETAIT PAS TENUE DE SUIVRE LES PARTIES DANS LE DETAIL DE LEUR ARGUMENTATION, A PU ESTIMER QUE LA CRVC AVAIT ETE GUIDEE, EN LA CIRCONSTANCE, NON PAR UNE INTENTION DE NUIRE, MAIS PAR LE SOUCI D'UNE BONNE GESTION DE L'ENTREPRISE ET QU'ELLE AVAIT AGI AVEC UN MOTIF LEGITIME EXCLUANT PAR LA MEME L'APPLICATION DE LA CLAUSE PENALE;<br>
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D'OU IL SUIT QUE LES MOYENS NE PEUVENT ETRE ACCUEILLIS;<br>
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PAR CES MOTIFS : REJETTE LES DEUXIEME ET TROISIEME MOYENS;<br>
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MAIS SUR LE PREMIER MOYEN : VU L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810 : ATTENDU QUE FRESNE DEMANDAIT PAIEMENT A LA CRVC, NON SEULEMENT DE SALAIRES ET D'ACCESSOIRES DE CES SALAIRES, MAIS ENCORE D'UNE INDEMNITE COMPLEMENTAIRE DE PREAVIS ET D'UNE INDEMNITE DE LICENCIEMENT;<br>
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ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE L'A DECLARE BIEN FONDE EN SA RECLAMATION DE PAIEMENT DE SALAIRES ARRIERES, INDEMNITE COMPENSATRICE DE CONGES PAYES, LOGEMENT, FRAIS DE DEPLACEMENT ET GRATIFICATIONS DE 5 % ET DE FIN D'ANNEE, CELLE-CI AU PRORATA DU TEMPS DE TRAVAIL ECOULE DURANT L'ANNEE, MAIS A, SANS EN DONNER DE MOTIFS, REJETE TOUTES SES AUTRES DEMANDES;<br>
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QU'EN STATUANT AINSI, LA COUR D'APPEL N'A PAS SATISFAIT AUX EXIGENCES DU TEXTE SUSVISE;<br>
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PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, DANS LA LIMITE DU PREMIER MOYEN, L'ARRET RENDU LE 15 DECEMBRE 1971, ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL DE REIMS;<br>
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 REMET, EN CONSEQUENCE, QUANT A CE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE NANCY<br>
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## Métadonnées

**Solution:** Cassation partielle REJET Cassation
**Lois appliquées:** (1),Code civil 1134,LOI 1810-04-20 ART. 7
**ECLI:** 
**Résumé:** EN L'ETAT D'UN CONTRAT DE TRAVAIL A DUREE INDETERMINEE  STIPULANT UNE INDEMNITE FORFAITAIRE AU PROFIT DU SALARIE S'IL VENAIT  A ETRE ROMPU SANS MOTIF LEGITIME PAR L'EMPLOYEUR, LES JUGES DU FOND  QUI RELEVENT QUE, SI LA RUPTURE EST IMPUTABLE A CE DERNIER QUI N'A  PAS REMPLI INTEGRALEMENT SES OBLIGATIONS ET A TENTE D'IMPOSER UNE  REDUCTION DU SALAIRE, CETTE ATTITUDE EST EN RAPPORT AVEC SA  SITUATION FINANCIERE DELICATE QUI EXIGEAIT UNE IMPORTANTE  COMPRESSION DE SES CHARGES D'EXPLOITATION, PEUVENT ESTIMER QUE L 'EMPLOYEUR A ETE GUIDE, NON PAR UNE INTENTION DE NUIRE, MAIS PAR LE  SOUCI D'UNE BONNE GESTION DE SON ENTREPRISE ET QU'IL A AGI AVEC UN  MOTIF LEGITIME EXCLUANT PAR LA-MEME L'APPLICATION DE LA CLAUSE  PENALE.
**Mots-clés:** CONTRAT DE TRAVAIL - CONGEDIEMENT - INDEMNITES - INDEMNITE DE  RUPTURE PREVUE AU CONTRAT - INDEMNITE EN CAS DE RUPTURE SANS MOTIF  LEGITIME - MOTIF LEGITIME - DEFINITION - DIFFICULTES FINANCIERES.,* CONTRATS ET OBLIGATIONS - EXECUTION - CLAUSE PENALE - CONTRAT DE  TRAVAIL - CONGEDIEMENT - INDEMNITE EN CAS DE RUPTURE SANS MOTIF  LEGITIME - MOTIF LEGITIME - DEFINITION.