# Cour Administrative d'Appel de Nantes, 2ème Chambre, 26/06/2009, 08NT01386, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000021530682
**Date de décision:** 2009-06-26
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nantes
**Formation:** 2ème Chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000021530682

## Contenu de la décision

Vu la requête enregistrée les 4 juin 2008 et 25 mars 2009, présentée pour Mlle Flora X, demeurant ..., par Me Oudin, avocat au barreau de Nantes ; Mlle X demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler l'ordonnance n° 08-115 du 22 mai 2008 par laquelle le vice-président du Tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales du 8 janvier 2008 lui retirant la totalité des points de son permis de conduire et l'informant de la perte de validité de ce titre ;<br>
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       2°) d'annuler ladite décision ;<br>
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       3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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       Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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       Vu le code de la route ;<br>
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       Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
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       Vu le code de justice administrative ;<br>
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Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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       Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 16 juin 2009 :<br>
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       - le rapport de M. d'Izarn de Villefort, rapporteur ;<br>
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       - et les conclusions de M. Degommier, rapporteur public ;<br>
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       Considérant que, par décision du 8 janvier 2008, le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales a retiré quatre points du permis de conduire probatoire de Mlle X à raison d'une infraction commise le 11 septembre 2007, lui a rappelé le retrait de deux points prononcé antérieurement du fait d'une infraction commise le 7 mai 2007 et l'a informée de la perte de validité de ce titre ; que Mlle X relève appel de l'ordonnance du 22 mai 2008 par laquelle le vice-président du Tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision ;<br>
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       Considérant qu'aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif. ; qu'aux termes de l'article R. 223-3 du même code : I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affectés au permis de conduire de l'auteur de cette infraction et en informe ce dernier par lettre simple (...) ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ces  dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de  l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document  contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la  validité de son permis ; qu'il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation  d'information ;<br>
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Considérant que l'administration ne conteste pas que les retraits de quatre et deux points opérés sur le permis de conduire probatoire de Mlle X à l'occasion des infractions au code de la route commises respectivement les 11 septembre et 7 mai 2007 ont été prononcés sans que cette dernière ait au préalable reçu un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route ; qu'ainsi, le solde de points du permis de conduire de l'intéressée n'était pas nul lorsque le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, par sa décision contestée du 8 janvier 2008, a informé Mlle X de la perte de validité de ce titre ;<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mlle X est fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le vice-président du Tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande ;<br>
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       Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :<br>
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       Considérant que Mlle X a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à lui verser une somme de 500 euros au titre des frais exposés par celle-ci et non compris dans les dépens ;<br>
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DÉCIDE :<br>
Article 1er :	L'ordonnance du 22 mai 2008 du vice-président du Tribunal administratif de Caen et la décision du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales du 8 janvier 2008 sont annulées.<br>
Article 2 :	L'Etat versera à Mlle X une somme de 500 euros (cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.<br>
Article 3 :	Le présent arrêt sera notifié à Mlle Flora X et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales. <br>
           Une copie en sera, en outre, adressée au préfet de l'Orne.<br>
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N° 08NT01386 2<br>
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N° 3<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**