# Cour administrative d'appel de Bordeaux, 3ème chambre (formation à 3), 25/10/2016, 16BX00780, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000033307983
**Date de décision:** 2016-10-25
**Juridiction:** Cour administrative d'appel de Bordeaux
**Formation:** 3ème chambre (formation à 3)
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000033307983

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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	Procédure contentieuse antérieure :<br>
	 Mme C...E...B...a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 1er juin 2015 du préfet de la Gironde refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. <br>
	 Par un jugement n° 1503720 du 19 novembre 2015, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.<br>
	Procédure devant la cour :<br>
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		 Par une requête enregistrée le 25 février 2016, Mme C...E...B..., représentée par MeA..., demande à la cour : <br>
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		 	1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 19 novembre 2015 ;<br>
		2°) d'annuler l'arrêté contesté ;<br>
		3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ; <br>
	4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.<br>
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        Vu les autres pièces du dossier.<br>
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        Vu :<br>
 	 - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
	 - l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié ;<br>
	 - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; 		<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;	<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;<br>
       - le code de justice administrative.<br>
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        Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.<br>
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      Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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      Le rapport de M. Laurent Pouget a été entendu au cours de l'audience publique.<br>
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        Considérant ce qui suit : <br>
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		 1. Mme E...B..., de nationalité marocaine, est entrée en France au début de l'année 2012, selon ses déclarations. Le 28 octobre 2014, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er juin 2015, le préfet de la Gironde a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. Mme E...B...relève appel du jugement du 19 novembre 2015 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté son recours dirigé contre cet arrêté. <br>
		 Sur la légalité de l'arrêté contesté :<br>
		 2. L'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.<br>
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       3. Il ressort des pièces du dossier que Mme E...B...vit en concubinage avec un ressortissant turc, M.D..., titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2021. A la date de la décision attaquée le couple partageait une communauté de vie depuis plus de deux ans et Mme B...et son conjoint étaient les parents d'un enfant âgé de deux ans, né en février 2013. Or M. D..., qui est également le père de deux enfants de nationalité française, dont un mineur à l'éducation et à l'entretien duquel il est établi qu'il contribue, ne pourrait rejoindre la requérante au Maroc. Dans ces conditions, le refus de séjour et la mesure d'éloignement dont il a été assorti sont susceptibles d'avoir pour effet de séparer le très jeune enfant du couple de l'un de ses parents. Par suite, ces décisions ont été prises en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant et doivent être annulées pour ce motif. Par voie de conséquence, la décision fixant le pays de renvoi doit également être annulée. <br>
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       4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme E...B...est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral attaqué.	<br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :<br>
	 5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".<br>
       6. Eu égard au motif de l'annulation ci-dessus prononcée, il y a lieu, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de Mme E...B..., d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.<br>
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       Sur les conclusions présentées au titre du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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       7. Mme E...B...a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser à son avocat, MeA..., la somme de 1 500 euros en application des dispositions du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle. <br>
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      DECIDE :<br>
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Article 1er : Le jugement n° 1503720 du 19 novembre 2015 du tribunal administratif de Bordeaux et l'arrêté du préfet de la Gironde du 1er juin 2015 sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de délivrer à Mme E...B...un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. <br>
Article 3 : L'Etat versera à Me A...la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.<br>
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E...B...est rejeté.<br>
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16BX00780 <br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01 Étrangers. Séjour des étrangers.