# Conseil d'État, Président de la section du Contentieux, 28/12/2005, 274874, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000008220734
**Date de décision:** 2005-12-28
**Juridiction:** Conseil d'État
**Formation:** Président de la section du Contentieux
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000008220734

## Contenu de la décision

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              Vu la requête, enregistrée le 6 décembre 2004 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Gulay A B, demeurant ... ; Mme A B demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :<br>
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              1°) d'annuler le jugement du 5 novembre 2004 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 octobre 2004 du préfet de l'Oise décidant sa reconduite à la frontière et de la décision du même jour fixant la Turquie comme pays de destination ;<br>
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              2°) d'annuler cet arrêté et cette décision pour excès de pouvoir ; <br>
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              3°) d'enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour ;<br>
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              Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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              Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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              Vu l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 modifiée ;<br>
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              Vu le code de justice administrative ;<br>
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              Après avoir entendu en séance publique :<br>
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              - les conclusions de Mme Isabelle de Silva, Commissaire du gouvernement ;<br>
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              Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : (...) 3° Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait (...) ;<br>
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              Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A B, de nationalité turque, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 24 juin 2004, de la décision du préfet de l'Oise du 17 juin 2004, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;<br>
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              Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière :<br>
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              Considérant que l'arrêté du 13 octobre 2004, par lequel le préfet de l'Oise a décidé la reconduite à la frontière de Mme A B, comporte l'indication des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement; qu'il est ainsi suffisamment motivé ;<br>
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              Considérant que le moyen tiré des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine est inopérant à l'encontre de l'arrêté de reconduite à la frontière ;<br>
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              Sur la légalité de la décision distincte fixant le pays de destination :<br>
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              Considérant que si Mme A B, dont la demande d'admission au statut de réfugié a d'ailleurs été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 15 janvier 2003, confirmée par la commission des recours des réfugiés le 8 juin 2004, puis par une nouvelle décision de l'office en date du 26 juillet 2004, fait valoir que son époux serait exposé à des risques en cas de retour en Turquie en raison d'un mandat d'arrêt lancé contre lui ; que toutefois elle n'assortit pas ses allégations de justifications suffisamment probantes pour établir la réalité de ces risques ; qu'ainsi le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli ;<br>
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              Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort, que par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande ;<br>
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              Sur les conclusions aux fins de régularisation de la situation administrative de l'intéressée :<br>
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              Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ;<br>
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              Considérant que la présente décision, qui rejette la requête de Mme A B, n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de délivrer à Mme A B un titre de séjour doivent être rejetées ;<br>
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<br>			D E C I D E :<br>
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Article 1er : La requête de Mme  est rejetée.<br>
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Gulay A B au préfet de l'Oise et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:**