# CAA de PARIS, 10ème chambre, 03/11/2015, 15PA01335, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000031445851
**Date de décision:** 2015-11-03
**Juridiction:** CAA de PARIS
**Formation:** 10ème chambre
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000031445851

## Contenu de la décision

Vu la procédure suivante :<br>
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       Procédure contentieuse antérieure :<br>
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       M. A...B...a demandé au Tribunal administratif de Melun d'annuler l'arrêté du 27 juin 2013 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant son pays de destination.<br>
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       Par un jugement n° 1400137/2 du 24 décembre 2014, le Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande.<br>
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       Procédure devant la Cour :<br>
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       Par une requête enregistrée le 31 mars 2015, complétée les 26 mai, 9 juin, 1er et 28 septembre 2015, M. B..., représenté par Me Astruc-Gavalda, demande à la Cour :<br>
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       1°) d'annuler le jugement n° 1400137/2 du 24 décembre 2014 du Tribunal administratif de Melun ;<br>
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       2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du<br>
27 juin 2013 ;<br>
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       3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;<br>
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       4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " si sa situation n'a pas changé ;<br>
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       5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros à verser à<br>
Me Astruc-Gavalda, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.<br>
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       Il soutient que :<br>
       - l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - l'obligation de quitter le territoire français, fondée sur son incarcération, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;<br>
       - le préfet de la Seine-Saint-Denis a violé les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il n'a pas vérifié s'il encourait des risques en cas de retour dans son pays d'origine.<br>
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       La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.<br>
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       M. B...a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal de grande instance de Paris du 22 mai 2015.<br>
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       Vu les autres pièces du dossier.<br>
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       Vu :<br>
       - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
       - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
       - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; <br>
       - le code de justice administrative.<br>
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       Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.<br>
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       Ont été entendus au cours de l'audience publique :<br>
       - le rapport de Mme Mielnik-Meddah, <br>
       - et les conclusions de M. Ouardes, rapporteur public.<br>
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       1. Considérant que M.B..., ressortissant camerounais né le 21 février 1992, a sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que, par un arrêté en date du 27 juin 2013, le préfet de la Seine-Saint-Denis a opposé un refus à sa demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel l'intéressé pourrait être reconduit d'office à la frontière à l'expiration de ce délai ; que M. B...relève appel du jugement du 24 décembre 2014 par lequel le Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté ;<br>
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       2. Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;<br>
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       3. Considérant que M. B...est entré en France en 2006 et a y été scolarisé durant les années 2006-2007 et 2007-2008 ; que, s'il a été incarcéré en France du<br>
8 novembre 2008 au 27 mars 2012 pour des faits de violences commises en réunion et de viol avec circonstances aggravantes, il ressort de plusieurs attestations de différentes associations que le requérant fait montre de sa volonté d'intégration tant sociale que professionnelle, notamment en participant très régulièrement et de façon active à des actions de bénévolat ; que s'il est célibataire sans charge de famille en France, il ressort des pièces du dossier que son père est décédé, que sa mère, titulaire d'un titre de séjour, et l'ensemble de sa fratrie, de nationalité française, résident sur le territoire français ; que, dans ces conditions, et alors même que le requérant s'est rendu coupable de délits graves alors qu'il était mineur, la décision du<br>
27 juin 2013 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français a porté au droit de M. B... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel elle a été prise ; qu'ainsi, cette décision a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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       4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande ; <br>
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       Sur les conclusions à fin d'injonction :<br>
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       5. Considérant qu'eu égard au motif d'annulation de l'arrêté attaqué ci-dessus retenu et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que des éléments de fait ou de droit nouveaux justifieraient que l'autorité administrative oppose une nouvelle décision de refus, le présent arrêt implique nécessairement que cette autorité délivre à M. B... une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ; qu'il ressort des pièces du dossier que M. B... est domicilié... ; qu'il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de délivrer ce titre de séjour à M. B... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt ; que, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a toutefois pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;<br>
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       Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :<br>
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       6. Considérant que M. B... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle ; que, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Astruc-Gavalda, avocat de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Astruc-Gavalda de la somme de 1 000 euros ;<br>
DÉCIDE :<br>
Article 1er : Le jugement n° 1400137/2 du 24 décembre 2014 du Tribunal administratif de Melun et l'arrêté en date du 27 juin 2013 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B... et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois, en fixant son pays de destination, sont annulés.<br>
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-et-Marne de délivrer à M. B... une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt.<br>
Article 3 : L'Etat versera à Me Astruc-Gavalda, avocat de M. B..., une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du<br>
10 juillet 1991, sous réserve que Me Astruc-Gavalda renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.<br>
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié M. A... B..., au ministre de l'intérieur et au préfet de Seine-et-Marne. Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.<br>
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Délibéré après l'audience du 20 octobre 2015 à laquelle siégeaient :<br>
M. Krulic, président de chambre,<br>
M. Auvray, président assesseur, <br>
Mme Mielnik-Meddah, premier conseiller, <br>
Lu en audience publique le 3 novembre 2015.<br>
     Le rapporteur,<br>
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     A. MIELNIK-MEDDAH     Le président,<br>
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     J. KRULIC     <br>
     Le greffier,<br>
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     C. RENE-MINE<br>
        La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.<br>
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N° 15PA01335<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-03 Étrangers. Séjour des étrangers. Refus de séjour.,335-03 Étrangers. Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et reconduite à la frontière.