# Cour Administrative d'Appel de Nancy, 4ème chambre - formation à 3, 20/06/2011, 10NC01174, Inédit au recueil Lebon

**Identifiant:** CETATEXT000024389733
**Date de décision:** 2011-06-20
**Juridiction:** Cour Administrative d'Appel de Nancy
**Formation:** 4ème chambre - formation à 3
**Nature:** Texte
**URL:** https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/CETATEXT000024389733

## Contenu de la décision

Vu la requête, enregistrée le 20 juillet 2010, présentée pour M. Arlindo A, demeurant ..., par Me Kling, avocat ; M. A demande à la Cour :<br>
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         1°) d'annuler le jugement n°1001859 du 6 juillet 2010 par lequel le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant, d'une part, à l'annulation de l'arrêté en date du 12 mars 2010 par lequel le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé son pays de destination d'autre part, à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard enfin, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 196 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;<br>
         2°) d'annuler pour excès de pouvoir ledit arrêté ;<br>
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         3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer une carte de séjour temporaire vie privée et familiale, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;<br>
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         4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Kling de la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ;<br>
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         Il soutient que :<br>
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         - il ne peut bénéficier de manière effective d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;<br>
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         - le refus de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale alors qu'il vit avec une ressortissante français ;<br>
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         - l'obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;<br>
         Vu le jugement et les décisions attaqués ;<br>
         Vu, enregistré le 30 novembre 2010, le mémoire en défense présenté par le préfet du Bas-Rhin, qui conclut au rejet de la requête ; il soutient que les moyens énoncés par le requérant sont infondés ;<br>
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         Vu les autres pièces du dossier ;<br>
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         Vu la décision du président du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal de grande instance de Nancy (section administrative), en date du 17 septembre 2010, accordant à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;<br>
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         Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;<br>
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         Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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         Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;<br>
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         Vu le code de justice administrative ;<br>
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         Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;<br>
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         Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 mai 2011 :<br>
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         - le rapport de M. Wallerich, premier conseiller,<br>
         - et les conclusions de M. Wiernasz, rapporteur public ;<br>
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        Considérant qu'en application de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile  qui dispose que :  I. L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger ou qui lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte de séjour ou son autorisation provisoire de séjour (...) peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa. L'obligation à quitter le territoire n'a pas à faire l'objet d'une motivation (...) ,  le préfet du Bas-Rhin a refusé à M. A, par arrêté du 12 mars 2010, le titre de séjour qu'il sollicitait, assortissant cette décision d'une obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;<br>
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        Sur la légalité de la décision portant refus de séjour : <br>
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        En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :<br>
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        Considérant qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :  Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention  vie privée et familiale  est délivrée de plein droit : (...) 11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence (...)  ; qu'aux termes de l'article R. 313-22 de ce code, dans sa rédaction applicable au présent litige résultant du décret n° 2008-223 du 6 mars 2008 :  Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11 le préfet délivre la carte de séjour temporaire au vu d'un avis émis par le médecin inspecteur départemental de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé et, à Paris, par le médecin, chef du service médical de la préfecture de police./L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de traitement dans le pays d'origine de l'intéressé. Quand la commission médicale régionale a été saisie dans les conditions prévues à l'article R. 313-26, l'avis mentionne cette saisine. (...)   <br>
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        Considérant qu'il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires qui ont précédé l'adoption de la loi du 11 mai 1998, dont sont issues les dispositions précitées de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger qui en fait la demande au titre des dispositions du 11° de l'article L. 313-11, de vérifier, au vu de l'avis émis par le médecin mentionné à l'article R. 313-22, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire ; que, lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine ; que si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;<br>
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       Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, pour prendre l'arrêté en litige, le préfet du Bas-Rhin s'est fondé sur l'avis du médecin inspecteur de la santé publique de la direction départementale de l'action sanitaire et sociale en date du 3 février 2010 selon lequel l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que l'intéressé peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; que le préfet du Bas-Rhin produit, en appel, des données émanant du comité d'informations médicales (CIMED) du ministère des affaires étrangères relatif à la situation sanitaire en Angola selon lesquelles le traitement des troubles mentaux et du comportement est disponible dans ce pays ; que si le requérant a versé au dossier deux certificats médicaux établis par un médecin généraliste et un psychiatre, qui décrivent son état de santé et son traitement ainsi que les feuilles d'informations sur l'Angola publiées le 1er février 1998 par l'office fédéral  pour la migration de la confédération suisse, ces documents ne sont pas de nature à infirmer les mentions figurant dans l'avis du médecin de la santé publique établi le 3 février 2010 ; que le requérant n'établit pas que les soins nécessités par son état seraient disponibles dans son pays d'origine mais à un coût excédant ses facultés financières ; qu'il suit de là, ainsi que l'ont à juste titre estimé les premiers juges, qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de malade, le préfet du Bas-Rhin n'a pas méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;<br>
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       En ce qui concerne le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des  libertés fondamentales:<br>
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       Considérant que si M. A qui reprend son argumentation de première instance fait valoir qu'il vit avec sa compagne depuis l'été 2008 et que le couple a conclu le 8 juillet 2010 un pacte civil de solidarité, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment de cet argument nouveau en appel, que les premiers juges auraient, par les motifs qu'ils ont retenus et qu'il y a lieu d'adopter, commis une erreur en écartant le moyen susvisé ;<br>
       Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :<br>
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       Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. A n'établit pas l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance du titre de séjour sollicité ; qu'ainsi, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de celle l'obligeant à quitter le territoire français ;<br>
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        Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 mars 2011; que doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative  ;<br>
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D É C I D E :<br>
       ARTICLE 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.<br>
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        ARTICLE 2: Le présent arrêt sera notifié à M. Arlindo A et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.<br>
       Copie sera adressée au préfet du Bas-Rhin.<br>
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10NC01174<br>
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## Métadonnées

**Solution:** 
**Lois appliquées:** 
**ECLI:** 
**Résumé:** 
**Mots-clés:** 335-01-04 Étrangers. Séjour des étrangers. Restrictions apportées au séjour.