Identifiant: JURITEXT000032266984

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/32/26/69/JURITEXT000032266984.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 16 mars 2016, 14-25.441, Inédit", "date_decision": "2016-03-16 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "11600262", "solution": "Cassation partielle", "numero_affaire": "14-25441", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_1", "date_decision_attaquee": "2014-03-17 00:00:00", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Douai", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Mme Batut (président)", "avocat_general": "", "avocats": "SCP Delvolvé, SCP Monod, Colin et Stoclet", "rapporteur": "", "ecli": "ECLI:FR:CCASS:2016:C100262", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu, selon l'arrêt attaqué, que Fernande X...est décédée le 26 novembre 2003, en laissant pour lui succéder son époux séparé de biens, Robert Y..., et en l'état d'un testament instituant ce dernier usufruitier de l'ensemble des biens composant sa succession, les petits-enfants de celui-ci, Martine, Franck, Cédric, Luc, Pierre et Jocelyne, légataires particuliers de la moitié des valeurs mobilières de la succession en dépôt dans des établissements bancaires et Mme Z..., épouse A..., légataire universelle ; que Robert Y...est décédé le 30 octobre 2006, en laissant pour lui succéder six enfants issus d'une première union, Lucien, Monique, Robert, Bernard, Nicole et Christian et trois petits-enfants, Martine, Jocelyne et Christine, par représentation de leur père, Gaston, prédécédé, et en l'état d'un testament instituant quatre de ses petits-enfants, Franck, Pierre, Cédric et Luc Y..., légataires de la quotité disponible ; que Robert Y..., fils, est décédé en 2008, en laissant pour lui succéder ses trois enfants, Franck, Pierre et Cédric ; que MM. Bernard, Christian et Lucien Y...et Mmes Christine, Monique et Nicole Y...ont demandé la restitution, à la succession de leur père, des sommes qu'ils soutenaient être dues à ce dernier au titre de son usufruit et qui avaient été versées sur des comptes bancaires ouverts au nom de Fernande X...; Sur le premier moyen, ci-après annexé : Attendu que ce moyen n'est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ; Mais sur le second moyen, pris en sa première branche : Vu l'article 1315 du code civil ; Attendu que, pour rejeter la demande de MM. Lucien, Bernard et Christian Y...tendant à la restitution de la somme de 15 693, 96 euros versée sur le compte n° 303 5401, ouvert à la BNP, au nom de la succession de Fernande X..., l'arrêt, après avoir constaté que cette somme correspondait à la remise de coupons résultant de dividendes de produits financiers perçus après le 26 novembre 2003, et qu'elle aurait dû, en application de l'article 582 du code civil, être perçue par Robert Y..., usufruitier, retient qu'ils ne justifient pas du montant du compte bancaire à la date du décès de Fernande X...et n'ont pas produit les relevés postérieurs au 8 novembre 2004, de sorte qu'il est impossible de vérifier le montant du solde du compte au décès de Robert Y..., et que si les héritiers de ce dernier entendent obtenir le paiement des dividendes des produits financiers versés sur ce compte, ils doivent démontrer qu'à la date du décès de l'usufruitier, le compte présentait un solde équivalent à celui qu'il présentait au décès de Fernande X..., augmenté des dividendes perçus ; qu'il en déduit que les intéressés n'ont pas mis à profit la procédure devant la cour d'appel pour produire les éléments de preuve dont ils ont la charge ; Qu'en statuant ainsi, alors qu'il incombait aux héritiers de Fernande X...de prouver avoir restitué aux héritiers de Robert Y...les sommes versées, à tort, sur le compte ouvert au nom de la succession de Fernande X..., la cour d'appel a inversé la charge de la preuve et violé le texte susvisé ; Et sur la seconde branche de ce moyen : Vu l'article 1315 du code civil ; Attendu que, pour rejeter la demande de MM. Lucien, Bernard et Christian Y...tendant à la restitution des intérêts produits par le compte épargne n° 300 28464, ouvert au nom de la succession de Fernande X..., pour la période allant du mois de novembre 2003 au 30 octobre 2006, l'arrêt, après avoir constaté que ces intérêts avaient été crédités sur ce compte, retient que les héritiers de Robert Y...n'établissent pas que ces intérêts sont demeurés sur ce compte, que Robert Y..., qui en était usufruitier, pouvait, en application de l'article 587 du code civil, procéder à des prélèvements, qu'il apparaît que si, au 30 novembre 2003, le compte présentait un solde créditeur de 40 360, 68 euros, le 8 janvier 2007, il ne s'élevait qu'à 1 217, 11 euros ; qu'il en déduit qu'en l'absence des relevés faisant apparaître les retraits opérés sur le compte, les héritiers de Robert Y...n'apportent pas la preuve dont ils ont la charge ; Qu'en statuant ainsi, alors qu'il incombait aux héritiers de Fernande X...de prouver avoir exécuté leur obligation de restitution des intérêts versés sur le compte ouvert au nom de la succession de Fernande X..., la cour d'appel a inversé la charge de la preuve et violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres griefs : CASSE et ANNULE, mais seulement en ce qu'il rejette les demandes de MM. Lucien, Bernard et Christian Y...tendant à la restitution de la somme totale de 15 693, 96 euros versée sur le compte n° 303 5401 ouvert à la BNP, au nom de la succession de Fernande X..., et des intérêts produits du mois de novembre 2003 au 30 octobre 2006 par le compte épargne n° 300 28464, ouvert au nom de la succession de Fernande X..., l'arrêt rendu le 17 mars 2014, entre les parties, par la cour d'appel de Douai ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel d'Amiens ; Condamne Mme Fabienne A..., épouse Z..., MM. Franck, Pierre, Cédric, Luc Y...et Mmes Martine, Jocelyne, Christine, Nicole et Monique Y...aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, les condamne à payer à MM. Lucien, Bernard et Christian Y...la somme globale de 2 500 euros et rejette la demande de Mme Fabienne A..., épouse Z... ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du seize mars deux mille seize. MOYENS ANNEXES au présent arrêt Moyens produits par la SCP Monod, Colin et Stoclet, avocat aux Conseils, pour MM. Lucien, Bernard et Christian Y... PREMIER MOYEN DE CASSATION IL EST FAIT GRIEF à l'arrêt attaqué d'avoir débouté Lucien, Bernard et Christian Y...de leur demande de condamnation solidaire de mesdames Fabienne A..., Martine et Jocelyne Y...et de messieurs Luc, Franck, Pierre, et Cédric Y...à leur verser, ainsi qu'à mesdames Monique, Nicole, Christine, Martine et Jocelyne Y...et messieurs Franck, Pierre et Cédric Y...en qualités d'héritiers de monsieur Robert Y..., une somme de 59. 795, 02 euros avec intérêts au taux légal ; AUX MOTIFS QUE, sur la demande en restitution de la somme de 39. 869, 60 ¿ versée sur le compte démembré, le compte démembré ouvert à la BNP le 7 juillet 2004 au nom de monsieur Robert Y...et de madame Fabienne A...présentait le 3 août 2004 un solde nul et le 8 novembre 2006 un solde créditeur de 30, 74 ¿ ; que les fonds versés sur ce compte ont été employés pour la souscription de titres inscrits sur un compte titres au nom de la succession de madame X...; que les appelants qui prétendent que le compte démembré a été crédité à tort de fonds personnels à monsieur Robert Y...doivent, en leur qualité de demandeurs à l'action en répétition de l'indu, apporter la preuve du paiement indu, c'est-àdire de l'origine des fonds ; qu'ils ne peuvent invoquer la présomption de l'article 2276 du code civil (ancien article 2279) selon laquelle en fait de meubles la possession vaut titre puisque cette règle ne s'applique qu'aux meubles corporels individualisés et qu'en outre monsieur Robert Y...n'était qu'usufruitier des sommes placées sur le compte démembré ; qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la demande des appelants qui sollicitent qu'il soit fait injonction à Fabienne A...de communiquer les reçus émis par la banque à l'occasion des versements effectués sur le compte démembré, ce qui aboutirait à renverser la charge de la preuve ; qu'héritiers de monsieur Robert Y...les appelants pouvaient aisément se procurer les relevés de ses comptes personnels pour justifier, le cas échéant, que des fonds prélevés sur un de ses comptes auraient été crédités sur le compte démembré ; que les appelants qui n'ont pas apporté la preuve qui leur incombe ont été à bon droit déboutés de ce chef de demande par le tribunal ; que faute d'apporter la preuve que monsieur Robert Y...a versé des fonds qui lui sont personnels sur le compte démembré les appelants ne sont pas fondés à invoquer une atteinte à leur réserve héréditaire ; 1°) ALORS QU'il incombe au titulaire du compte sur lequel ont été indûment versés des fonds et, après son décès, à sa succession, de les restituer ; qu'en déboutant MM. Lucien, Bernard et Christian Y...de leur demande de restitution de la somme de 39. 869, 60 ¿ versée sur le compte démembré, aux motifs qu'ils ne prouvaient pas que des fonds appartenant à monsieur Robert Y...auraient été crédités sur ce compte, sans analyser, fût-ce sommairement, les relevés du compte démembré, qui faisaient explicitement état de versements opérés par monsieur Robert Y..., la cour d'appel a violé l'article 455 du code de procédure civile ; 2°) ALORS QU'en relevant, pour juger que MM. Lucien, Bernard et Christian Y...ne prouvaient pas que des fonds lui appartenant auraient été crédités sur le compte démembré, qu'ils ne pouvaient invoquer la présomption de l'article 2276 du code civil, la cour d'appel s'est déterminée par des motifs inopérants et a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1376 du code civil ; 3°) ALORS QU'en déboutant MM. Lucien, Bernard et Christian Y...de leur demande de restitution de la somme de 39. 869, 60 ¿ versée sur le compte démembré, aux motifs qu'ils ne prouvaient pas que des fonds appartenant à monsieur Robert Y...auraient été crédités sur le compte démembré, sans répondre aux conclusions faisant valoir que monsieur Robert Y...devait, en qualité d'usufruitier des sommes figurant sur le compte démembré, être considéré comme en étant propriétaire, la cour d'appel a violé l'article 455 du code de procédure civile ; 4°) ALORS QUE, en tout état de cause, en relevant, pour juger que MM. Lucien, Bernard et Christian Y...ne prouvaient pas que des fonds lui appartenant auraient été crédités sur le compte démembré, que monsieur Robert Y...était usufruitier de ce compte, tandis que cette circonstance ne pouvait suffire à exclure que les fonds versés sur le compte démembré aient été des fonds propres de l'usufruitier, la cour d'appel s'est déterminée par des motifs inopérants et a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1376 du code civil. SECOND MOYEN DE CASSATION IL EST FAIT GRIEF à l'arrêt attaqué d'avoir débouté Lucien, Bernard et Christian Y...de leur demande de condamnation solidaire de mesdames Fabienne A..., Martine et Jocelyne Y...et de messieurs Luc, Franck, Pierre, et Cédric Y...à leur verser, ainsi qu'à mesdames Monique, Nicole, Christine, Martine et Jocelyne Y...et messieurs Franck, Pierre et Cédric Y...en qualités d'héritiers de monsieur Robert Y..., une somme de 59. 795, 02 euros ; AUX MOTIFS PROPRES QUE « Sur la demande en restitution de fruits des biens légués en usufruit ; compte n° 305 5401 ; qu'il résulte des relevés de compte n° 303 5401 ouvert à la BNP au nom de la succession de madame Fernande Y...que divers versements d'un montant total de 15. 693, 96 ¿ ont été portés sur ce compte du 16 décembre 2003 au 29 octobre 2004, correspondant à la remise de coupons résultant de dividendes de produits financiers ; que ces dividendes sont tous postérieurs au 26 novembre 2003, date du décès de madame X...; que par application de l'article 582 du code civil, ils auraient donc dû être perçus par monsieur Robert Y..., usufruitier ; que Lucien, Bernard, Monique, Nicole, Christian et Christine Y...ont produit des relevés du compte n° 303 5401 pour la période du 8 décembre 2003 au 8 novembre 2004 ; que l'examen de ces relevés fait apparaître qu'ainsi que l'article 587 du code civil l'y autorisait monsieur Robert Y...a utilisé ce compte pour y effectuer des prélèvements et paiements personnels : paiement Shopi du 17. 12. 2003 18, 57 ¿ ;- paiement La Florière du 17. 12. 2003 75, 00 ¿ ; virement au profit de l'Hôpital d'Hesdin du 26. 12. 2003 1. 008, 58 ¿ ; virement au profit de M. Bernard B...du 26. 12. 2003 3. 050, 00 ¿ ; prélèvement EFAM Hesdin du 29. 12. 2003 201, 76 ¿ ; virements sur PEL de décembre 2003 à octobre 2004 : 45, 75 x 11 457, 50 ¿ ;- abonnement Panorama janvier-avril-juillet octobre 2004 64, 61 ¿ ; qu'il n'y a pas lieu de tenir compte du versement de 10. 000 ¿ effectué le 1er mars 2004 par monsieur Robert Y...au profit du compte n° 300284646 ; qu'il a en effet été justifié en cause d'appel que ce compte a été ouvert au nom de la succession de madame Fernande Y...; qu'en revanche ainsi que les premiers juges l'ont déjà souligné les demandeurs n'ont pas justifié du montant du compte bancaire à la date du décès de madame X...et n'ont pas produit les relevés de compte postérieurs au 8 novembre 2004 de sorte qu'il est impossible de vérifier le montant du solde du compte au décès de monsieur Robert Y...alors que si ses héritiers entendent obtenir le paiement des dividendes des produits financiers versés sur ce compte ils doivent démontrer qu'à la date du décès de l'usufruitier le compte présentait un solde équivalent à celui qu'il présentait au décès de madame X..., augmenté des dividendes perçus ; que les appelants qui n'ont pas mis à profit la procédure devant la cour pour produire les éléments de preuve dont ils ont la charge doivent être déboutés de leur demande ; qu'il y a lieu à confirmation ; compte n° 300 28464 ; que les appelants justifient que les intérêts produits de novembre 2003 au 30 octobre 2006 par le compte épargne n° 300 28464 ouvert au nom de la succession de madame X...ont été crédités sur ce compte ; que cependant ils n'établissent pas que les intérêts sont demeurés sur ce compte ; que monsieur Robert Y...qui en était usufruitier pouvait, en application de l'article 587 du code civil, procéder à des prélèvements ; qu'il apparaît qu'au 30 novembre 2003 le compte présentait un solde créditeur de 40. 630, 68 ¿ alors qu'au 8 janvier 2007 il n'était que de 1. 217, 11 ¿ ; qu'en l'absence des relevés faisant apparaître les retraits opérés sur le compte les appelants n'apportent pas la preuve dont ils ont la charge ; qu'il convient de les débouter de leur demande ; ET AUX MOTIFS ADOPTÉS QU'il convient de souligner que les parties ne produisent pas l'intégralité des relevés relatifs à ce compte bancaire, de son ouverture jusqu'au décès de Robert Y..., intervenu le 30 octobre 2006 ; que seuls les relevés de décembre 2003 au 8 août 2004 et du 8 octobre 2004 au 8 novembre 2004 sont fournis ; que, dans ces conditions, les demandeurs seront déboutés de ce chef de demande qui implique d'examiner l'ensemble des mouvements effectués entre le décès de Fernande Y...et celui de Robert Y...pour apprécier le bien-fondé de leurs prétentions, étant souligné que les sommes versées sur le compte n° 00508 00003035401 tenu à la SA BNP PARIBAS n'étaient pas bloquées ; 1°) ALORS QUE le tiers qui a indûment perçu les fruits d'un bien devant revenir à l'usufruitier lui en doit restitution ; que, lorsque la preuve de la perception des fruits par le tiers est rapportée, la charge de la preuve de l'exécution de son obligation de restitution incombe à ce tiers ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a constaté qu'une somme de 15. 693, 96 euros qui aurait dû être perçue par monsieur Robert Y..., usufruitier, avait été versée sur le compte ouvert au nom de la succession de madame X...; qu'en se fondant, pour débouter MM. Lucien, Bernard et Christian Y...de leur demande de restitution de cette somme, sur le fait qu'ils ne produisaient pas l'ensemble des relevés et ne justifiaient pas du solde du compte bancaire de madame X...au décès de monsieur Robert Y..., cependant qu'il incombait aux héritiers de madame C...de prouver qu'ils avaient restitué aux héritiers de monsieur Robert Y...les sommes versées, à tort, sur le compte bancaire de madame X..., la cour d'appel a fait peser sur MM. Lucien, Bernard et Christian Y...la charge de la preuve de l'absence d'exécution de l'obligation de restitution et a violé l'article 1315 du code civil ; 2°) ALORS QUE, s'agissant des intérêts produits par le compte n° 300 28464, la cour d'appel a constaté que les héritiers de monsieur Robert Y...justifiaient qu'ils avaient été versés sur le compte ouvert au nom de la succession de madame X...; qu'en se fondant, pour rejeter la demande de restitution de ces intérêts, sur le fait que MM. Lucien, Bernard et Christian Y...et Mmes Monique, Nicole et Christine Y...n'établissaient pas que les intérêts étaient demeurés sur ce compte et qu'ils n'apportaient pas la preuve dont ils avaient la charge, cependant que, dès lors que les intérêts avaient été versés sur le compte ouvert au nom de la succession de madame C..., il incombait à ses héritiers de prouver qu'ils avaient exécuté leur obligation de restitution, la cour d'appel a fait peser sur les héritiers de monsieur Robert Y...la charge de la preuve de l'absence de restitution des fonds litigieux et a violé l'article 1315 du code civil.