Identifiant: JURITEXT000007518829

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXRXCX1982X05X06X00510X000", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/51/88/JURITEXT000007518829.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 4 mai 1982, Inédit", "date_decision": "1982-05-04 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "", "numero_affaire": "", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CRIMINELLE", "date_decision_attaquee": "1981-10-20", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel Paris 1981-10-20", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
STATUANT SUR LE POURVOI FORME PAR : A... LUCIENNE CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS (13EME CHAMBRE) EN DATE DU 20 OCTOBRE 1981 QUI L'A CONDAMNEE POUR EXTORSION DE SIGNATURES ET SUPPRESSION DE CORRESPONDANCE, A 3 ANNEES D'EMPRISONNEMENT ET 10.000 F D'AMENDE ; VU LE MEMOIRE PRODUIT ; SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 400 ALINEA 1, 187 ALINEA 2 DU CODE PENAL, DES ARTICLES 591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT ET INSUFFISANCE DE MOTIFS, MANQUE DE BASE LEGALE ; "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE DAME JAUD Y... DES DELITS D'EXTORSION DE SIGNATURES ET DE SUPPRESSION DE CORRESPONDANCE, ET L'A CONDAMNEE A TROIS ANS D'EMPRISONNEMENT OUTRE 10.000 F D'AMENDE ; "AUX MOTIFS QU'A PARTIR DE FEVRIER 1981, DATE A LAQUELLE DAME X... QUITTAIT L'HOPITAL LARIBOISIERE POUR REJOINDRE SON DOMICILE A PARIS, OU DAME A... NE TARDAIT PAS A S'INSTALLER EN SA COMPAGNIE, PERSONNE NE PUT RENCONTRER DAME X..., QUE SON COURRIER FUT MEME RETOURNE A L'EXPEDITEUR AVEC LA MENTION "DECEDEE A BICHAT", QUE LES DILIGENCES D'UNE ASSISTANTE SOCIALE SE TERMINAIENT PAR UNE LETTRE DE DAME X... LUI DEMANDANT DE NE PLUS PASSER, QUE L'INFORMATION A ETABLI QUE DEPUIS LE 13 OCTOBRE 1980, DAME X... A REMIS A DAME A... SOUS DIVERS PRETEXTES QUATRE CHEQUES BANCAIRES D'UNE SOMME TOTALE DE 45.500 F ; QU'EN CONSEQUENCE, IL EXISTE A L'ENCONTRE DE LA PREVENUE DES PRESOMPTIONS GRAVES, PRECISES ET CONCORDANTES PERMETTANT D'ESTIMER QU'APRES AVOIR PRATIQUEMENT SEQUESTRE DAME X..., DAME A... LUI A EXTORQUE LA SIGNATURE DES QUATRE CHEQUES BANCAIRES LES 10 AOUT, 6 OCTOBRE ET 20 OCTOBRE 1980 ET LE 1ER JANVIER 1981, ET A, DE MAUVAISE FOI, SUPPRIME SA CORRESPONDANCE ; "ALORS QU'EN L'ABSENCE DE TOUTE CONSTATATION DE NATURE A ETABLIR QUE, CONTRE LE GRE DE LA DESTINATAIRE, DAME A... AVAIT PRIS SCIEMMENT L'INITIATIVE DE RETOURNER A L'EXPEDITEUR UN COURRIER ADRESSE A DAME X..., LA COUR, QUI N'A PAS MEME RECHERCHE LA DATE DE LA REEXPEDITION ET LA TENEUR DE LA LETTRE PRETENDUMENT DISSIPEE, N'A CARACTERISE LE DELIT DANS AUCUN DE SES ELEMENTS CONSTITUTIFS ; "ET ALORS QU'APRES AVOIR CONSTATE QUE LES 4 CHEQUES BANCAIRES D'UN MONTANT TOTAL DE 45.000 F, AVAIENT ETE REMIS PAR DAME X... A DAME A... A COMPTER DU 13 OCTOBRE 1980, LA COUR NE POUVAIT SANS SE CONTREDIRE RETENIR LA DEMANDERESSE DANS LES LIENS DE LA PREVENTION QUI VISAIT DES CHEQUES REMIS ANTERIEUREMENT A CETTE DATE ; "ET ALORS ENFIN QU'IL INCOMBE AU MINISTERE PUBLIC DE RAPPORTER LA PREUVE DE LA CULPABILITE DU PREVENU ET QU'EN L'ESPECE, IL NE RESSORT NULLEMENT DES CONSTATATIONS DE L'ARRET QUE LES CHEQUES LITIGIEUX N'AIENT PAS ETE REMIS A LA DEMANDERESSE AU TITRE D'UN PRET LIBREMENT CONSENTI PAR DAME X..., LE SEUL FAIT QUE CELLE-CI ETAIT AGEE DE 85 ANS ET QU'ELLE N'AIT PAS EU DE FAMILLE N'ETANT PAS DE NATURE A FAIRE PRESUMER QU'ELLE AVAIT ETE VICTIME D'UNE EXTORSION DE SIGNATURES" ; VU LESDITS ARTICLES ; ATTENDU QUE LES JUGES QUI PRONONCENT CONDAMNATION POUR DES FAITS QU'ILS QUALIFIENT DELIT, SONT TENUS DE CONSTATER LA REUNION DE TOUS LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L'INFRACTION ; ATTENDU QUE POUR DECLARER A... LUCIENNE Z... DE SIGNATURES ET DE SUPPRESSION DE CORRESPONDANCE AU PREJUDICE DE X... NATHALIE, LES JUGES D'APPEL, APRES AVOIR EXPOSE QUE DEPUIS 1979 LA PREVENUE AVAIT RENDU DE FREQUENTES VISITES A CETTE DERNIERE DANS LES ETABLISSEMENTS HOSPITALIERS OU ELLE SE TROUVAIT, ET QU'EN FEVRIER 1981 ELLE ETAIT VENUE HABITER AVEC ELLE DANS SON APPARTEMENT, ENONCANT QU'A CETTE EPOQUE ELLE A FAIT RETOURNER A L'EXPEDITEUR LE COURRIER DESTINE A X... NATHALIE EN Y PORTANT LA MENTION INEXACTE "DECEDEE A BICHAT" ; QU'ILS CONSTATENT EGALEMENT QU'ELLE S'EST FAIT REMETTRE QUATRE CHEQUES BANCAIRES D'UN MONTANT TOTAL DE 45.500 F EMIS A SON ORDRE PAR L'INTERESSEE ET QU'ILS AJOUTENT QUE DEPUIS SON INSTALLATION DANS LE LOGEMENT ELLE A FAIT CONDAMNER LA PORTE ET DEBRANCHER LE TELEPHONE ; QU'ILS EN DEDUISENT QU'IL RESULTE DE L'ENSEMBLE DE L'INFORMATION QUE LA PREVENUE "SPECIALISTE DE L'AIDE AUX VIEILLARDS A PATIEMMENT ET AVEC PERSPICACITE SU CAPTER LA CONFIANCE DE X... NATHALIE QU'ELLE A PRATIQUEMENT SEQUESTREE" ET QU'AINSI, IL EXISTE CONTRE ELLE, DES PRESOMTIONS GRAVES, PRECISES ET CONCORDANTES D'AVOIR COMMIS LES DELITS RELEVES A SON ENCONTRE ; MAIS ATTENDU QU'EN OMETTANT DE PRECISER LES ELEMENTS DE FAIT DESQUELS ELLE A DEDUIT QUE LA SIGNATURE DES QUATRE CHEQUES BANCAIRES EMIS PAR X... NATHALIE AVAIT ETE EXTORQUEE PAR LA FORCE, LA VIOLENCE OU LA CONTRAINTE, ALORS QU'IL RESULTAIT DES PROPRES CONSTATATIONS DE L'ARRET QUE LESDITS CHEQUES ONT ETE EMIS A UNE DATE ANTERIEURE A L'INSTALLATION DE LA PREVENUE DANS L'APPARTEMENT, LA COUR D'APPEL N'A PAS MIS LA COUR DE CASSATION EN MESURE D'EXERCER SON CONTROLE SUR LA LEGALITE DE SA DECISION ; QUE DES LORS LA CASSATION EST ENCOURUE ; QU'EN RAISON DE L'INDIVISIBILITE EXISTANT ENTRE LES DECLARATIONS DE CULPABILITE ET LA PEINE LA CASSATION DOIT ETRE TOTALE ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS DU 20 OCTOBRE 1981, ET POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE VERSAILLES, A CE DESIGNEE PAR DELIBERATION SPECIALE PRISE EN CHAMBRE DU CONSEIL ;