Identifiant: JURITEXT000007074822

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1970X03X04X00009X00A", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/07/48/JURITEXT000007074822.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 2 mars 1970, 68-10.045, Inédit", "date_decision": "1970-03-02 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "REJET", "numero_affaire": "68-10045", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "1967-10-31", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel Rennes 1967-10-31", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Pdt M. Guillot", "avocat_general": "Av.Gén. M. Toubas", "avocats": "Av. Demandeur : M. Calon", "rapporteur": "Rpr M. Vienne", "ecli": "", "sommaire": "APPEL CIVIL - Evocation - Effet - Plénitude de juridiction - Contestation sur la compétence du tribunal de commerce. * AUTOMOBILE - Auto-école - Fonds de commerce. * FONDS DE COMMERCE - Vente - Promesse de vente - Plénitude de juridiction. On ne saurait faire grief à un arrêt d'avoir statué en appel d'un jugement du tribunal de commerce, sur une demande en exécution d'un compromis de vente portant sur l'exploitation d'une auto-école dès lors qu'à supposer que l'affaire ait été en première instance de la compétence du Tribunal de grande instance et non de celle du tribunal de commerce, en raison de la nature non commerciale de l'activité d'auto-école, la Cour d'appel, pourvue de la plénitude de juridiction tant en matière civile qu'en matière commerciale, n'en avait pas moins le pouvoir et le devoir de vider la contestation qui lui était dévolue."}

Document juridique:
SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST EN PREMIER LIEU REPROCHE A L'ARRET ATTAQUE (RENNES, 31 OCTOBRE 1967) D'AVOIR DECLARE LE TRIBUNAL DE COMMERCE COMPETENT POUR CONNAITRE DE LA DEMANDE EN EXECUTION D'UN COMPROMIS DE VENTE PORTANT SUR L'EXPLOITATION D'UNE ECOLE DE CONDUITE DES AUTOMOBILES ET EN PAYEMENT DU PRIX CONVENU, DEMANDE FORMEE PAR LE VENDEUR FAUPIER CONTRE L'ACQUEREUR HABANS, AU MOTIF QU'UNE TELLE EXPLOITATION CONSTITUE UNE ACTIVITE COMMERCIALE ET QUE L'ACTE DE VENTE PORTANT SUR UN FONDS DE CETTE NATURE RELEVE DE LA COMPETENCE DE LA JURIDICTION COMMERCIALE, ALORS D'UNE PART QUE, SE CONTREDISANT, LA COUR D'APPEL CONSTATE QUE LE VENDEUR AVAIT DEPUIS PLUSIEURS MOIS CESSE TOUTE ACTIVITE ET PERDU SA CLIENTELE, D'OU IL RESULTAIT QU'EN TOUTE HYPOTHESE, LA VENTE NE POUVAIT PORTER SUR UN FONDS DE COMMERCE, INEXISTANT FAUTE D'ACTIVITE AFFECTIVE ET DE CLIENTELE, ET ALORS D'AUTRE PART, QU'EN L'ABSENCE DE CIRCONSTANCES PARTICULIERES NON RELEVEES EN L'ESPECE, L'ACTIVITE D'ENSEIGNEMENT, SERAIT-CE L'ENSEIGNEMENT DE LA CONDUITE DES VEHICULES AUTOMOBILES NE CONSTITUE PAS UNE ACTIVITE COMMERCIALE ; MAIS ATTENDU QU'A SUPPOSER QUE L'AFFAIRE AIT ETE, EN PREMIERE INSTANCE, DE LA COMPETENCE DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE, LA COUR D'APPEL, POURVUE DE LA PLENITUDE DE JURIDICTION TANT EN MATIERE CIVILE, QU'EN MATIERE COMMERCIALE, N'EN AVAIT PAS MOINS LE POUVOIR ET LE DEVOIR DE VIDER LA CONTESTATION QUI LUI ETAIT DEVOLUE PAR L'APPEL INTERJETE PAR HABANS ET LES CONCLUSIONS AU FOND DE CELUI-CI ET DE STATUER, APRES LES MESURES D'INSTRUCTION UTILES, LE CAS ECHEANT, D'OU IL SUIT QUE, L'APPRECIATION DE LA COUR D'APPEL AU SUJET DE LA COMPETENCE DU TRIBUNAL DE COMMERCE, A ETE SANS INFLUENCE SUR LA REGULARITE DE L'ARRET PAR LEQUEL ELLE A RETENU LA CONNAISSANCE AU FONDS DU PROCES ; QUE LE MOYEN EST DONC INOPERANT ; SUR LE SECOND MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST ENCORE FAIT GRIEF A L'ARRET DEFERE D'AVOIR, SANS TENIR COMPTE DES CONCLUSIONS DE L'ACQUEREUR TENDANT A L'ANNULATION DE LA VENTE POUR DEFAUT DE CAUSE ET D'OBJET, ORDONNE UNE EXPERTISE AUX FINS DE DETERMINER SI L'ABSENCE, DANS L'ACTE DE VENTE, DES MENTIONS PREVUES PAR LA LOI DU 29 JUIN 1935 AVAIT OU NON VICIE LE CONSENTEMENT DE L'ACQUEREUR, AU MOTIF QUE DES PRESOMPTIONS RENDAIENT ADMISSIBLE CETTE PREUVE, ALORS, D'UNE PART, QUE LA COUR D'APPEL QUI CONSTATE QUE LE VENDEUR AVAIT DEPUIS PLUSIEURS MOIS CESSE TOUTE ACTIVITE ET PERDU SA CLIENTELE, NE POUVAIT, SANS SE CONTREDIRE, DONNER MISSION A L'EXPERT DE DETERMINER L'IMPORTANCE ET L'ETENDUE DES DIFFERENTS ELEMENTS DU FOND, LA DATE DE LA CESSATION D'ACTIVITE ET L'IMPORTANCE DE LA CLIENTELE AU MOMENT DE LA CESSION, CETTE CONSTATATION DEVANT, AU CONTRAIRE, LA CONDUIRE A PRONONCER IMMEDIATEMENT LA NULLITE DE LA VENTE D'UN FONDS DE COMMERCE INEXISTANT POUR DEFAUT DE CAUSE ET D'OBJET ET A ECARTER LES DISPOSITIONS DE LA LOI DU 29 JUIN 1935 QUI NE S'APPLIQUE QU'AUX VENTES DE FONDS DE COMMERCE, ET ALORS, D'AUTRE PART, QUE MEME ABSTRACTION FAITE DU MOTIF PRECITE RELATIF A LA CESSATION D'ACTIVITE ET A LA DISPARITION DE LA CLIENTELE, LES JUGES DU FOND NE POUVAIENT EN TOUT ETAT DE CAUSE, REFUSER DE PRONONCER LA NULLITE DE LA VENTE POUR DEFAUT DE CAUSE ET D'OBJET ET FAIRE UNE APPLICATION IMMEDIATE DE LA LOI DU 29 JUIN 1935 PRECITEE, QUI SUPPOSE LA VENTE D'UN FONDS DE COMMERCE, AVANT DE CONNAITRE LES CONCLUSIONS DE L'EXPERT, QU'ILS CHARGEAIENT DE RECHERCHER QUELS AVAIENT ETE LES ELEMENTS CEDES ET A QUELLE DATE LE VENDEUR AVAIT CESSE SON ACTIVITE C'EST-A-DIRE EN DEFINITIVE DE DETERMINER SI UN FONDS DE COMMERCE AVAIT ETE OU NON VENDU ; MAIS ATTENDU QUE SI L'ARRET EXPOSANT LES PRETENTIONS DES PARTIES INDIQUE QUE L'APPELANT SOUTIENT, SANS ETRE DEMENTI, QUE FAUPIER AVAIT DEPUIS PLUSIEURS MOIS CESSE TOUTE ACTIVITE ET PERDU SA CLIENTELE IL N'EN RESULTE PAS QU'EN PRESCRIVANT ENSUITE UNE EXPERTISE CONCERNANT LES ELEMENTS DU FONDS DE COMMERCE, IL AIT ENTACHE SA DECISION DE CONTRADICTION ; QUE LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 31 OCTOBRE 1967, PAR LA COUR D'APPEL DE RENNES ;