Identifiant: JURITEXT000007494925

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX2005X12X03X00199X007", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/49/49/JURITEXT000007494925.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 13 décembre 2005, 04-19.907, Inédit", "date_decision": "2005-12-13 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "04-19907", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_3", "date_decision_attaquee": "2004-01-29", "juridiction_attaquee": "cour d'appel d'Amiens 2004-01-29", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. WEBER", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, TROISIEME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le moyen unique : Vu l'article L. 411-37 du Code rural dans sa rédaction applicable à la cause ; Attendu qu'à la condition d'en aviser au préalable le bailleur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, le preneur associé d'une société à objet principalement agricole peut mettre à la disposition de celle-ci, pour une durée qui ne peut excéder celle pendant laquelle il reste titulaire du bail, tout ou partie des biens dont il est locataire ; Attendu, selon l'arrêt attaqué (Amiens, 29 janvier 2004) que par acte notarié du 14 février 1980, les époux X... , aux droits desquels vient Mme Y..., épouse Z..., ont donné à bail à long terme diverses parcelles aux époux A... ; que M. Laurent B..., fils des preneurs, qui a repris les parcelles louées, les a mises à disposition d'un groupement agricole en commun (GAEC) qu'il a transformé en exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) le 5 septembre 1996, avec effet au 1er juillet 1996 ; que par lettre recommandée avec avis de réception du 18 janvier 2000, M. Laurent B... a avisé Mme Z... de la mise à disposition des terres prises à bail à l'EARL ; qu'estimant que le preneur avait commis une infraction au regard des dispositions de l'article L. 411-37 du Code rural dans sa rédaction antérieure à la loi du 9 juillet 1999, Mme Z... a saisi le 13 octobre 2000 le tribunal paritaire de baux ruraux en résiliation du bail ; Attendu que pour rejeter la demande, l'arrêt retient que la loi du 9 juillet 1999 en son article 17 qui se réfère aux seuls baux en cours, ne distinguant pas et n'exigeant nullement que la mise à disposition soit postérieure à sa publication pour son application, c'est à bon droit que le Tribunal a retenu les dispositions de l'article L. 411-37 du Code rural tel qu'il résulte de la loi du 9 juillet 1999, desquelles il ressort que le grief ne peut plus être désormais fait au preneur ne n'avoir pas avisé le bailleur, sans mise en demeure préalable de celui-ci, d'une mise à disposition des parcelles louées ; Qu'en statuant ainsi, alors que la mise à disposition des terres à l'EARL était antérieure à l'entrée en vigueur de la loi du 9 juillet 1999, la cour d'appel a violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 29 janvier 2004, entre les parties, par la cour d'appel d'Amiens ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Douai ; Condamne les consorts B... aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, condamne les consorts B... à payer à Mme Z... la somme de 2 000 euros ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande des consorts B... ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Troisième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du treize décembre deux mille cinq.