Identifiant: JURITEXT000007176030

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1993X01X04X00134X062", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/17/60/JURITEXT000007176030.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, Chambre commerciale, du 26 janvier 1993, 91-13.462, Inédit", "date_decision": "1993-01-26 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "91-13462", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "1991-02-05", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel d'Agen 1991-02-05", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. BEZARD", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": "BANQUE - Responsabilité - Ouverture de crédit - Entreprise en difficulté - Liquidation judiciaire - Préjudice causé aux créanciers - Faute de la banque - Connaissance du désiquilibre de la situation financière - Frais financiers normalement élevés - Déficit de trésorerie - Faute des créanciers (non) - Défaut d'information sur la situation."}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par la Banque populaire Toulouse Pyrénées, dont le siège social est à Toulouse (Haute-Garonne), ..., BP 611, en cassation d'un arrêt rendu le 5 février 1991 par la cour d'appel d'Agen (1re chambre), au profit de : 18/ M. Robert Y..., demeurant à Eauze (Gers), Saint-Amand, 28/ M. Eugène Z..., demeurant àondrin (Gers), Courrensan, 38/ M. Jean C..., demeurant à Eauze (Gers), 48/ M. XR... Boude, demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 58/ M. Pierre N..., demeurant à Eauze (Gers), Ramouzens, 68/ M. Paul A..., demeurant à Castera Verduzn (Gers), Beaucaire, 78/ M. Jean-Jacques B..., demeurant à Vic XI... (Gers), 88/ M. Henri B..., demeurant à Vic XI... (Gers), 98/ M. Guy D..., demeurant à Manciet (Gers), 108/ M. Daniel E..., demeurant à Manciet (Gers), 118/ M. Pierre F..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 128/ M. Joseph G..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 138/ Mme Anne-Marie H..., demeurant à Gabarret (Landes), Bâtiment, Parleboscq, 148/ M. Serge I..., demeurant à Montreal duers (Gers), Lapisse Fources, 158/ M. Augustin J..., demeurant à Valence sur Baise (Gers), Roques, 168/ M. André J..., demeurant à Valence sur Baise (Gers), Roques, 178/ M. Pierre K..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 188/ Mme Denise L..., demeurant à Montreal duers (Gers), 198/ M. Pierre O..., demeurant à Eauze (Gers), Aigue, Bretagne d'Armagnac, 208/ M. Michel O..., demeurant à Eauze (Gers), Aigue, Bretagne d'Armagnac, 218/ M. Yves R..., demeurant à Montreal duers (Gers), 228/ M. Georges T..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), Cassagne, 238/ M. Claude XW..., demeurant à Montreal duers (Gers), 248/ M. Jean XY..., demeurant à Valence sur Baise (Gers), Roques, 258/ M. Claude XZ..., demeurant à Montreal duers (Gers), 268/ M. Christian XB..., demeurant à Montreal duers (Gers), 278/ M. Jean René XC..., demeurant à Gabarret (Landes), Bâtiment, Parleboscq, 288/ M. Alain XD..., demeurant à Montreal du Gers (Gers), 298/ M. André XE..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 308/ M. René XF..., demeurant àabarret (Landes), Bon, Parleboscq, 318/ Mme Marie XG..., demeurant à Montreal duers (Gers), 328/ M. Michel XH..., demeurant à Condom (Gers), Larroque sur Losse, 338/ M. Gérard XJ..., demeurant à Montreal duers (Gers), Fources, 348/ M. Q..., demeurant à Montreal duers (Gers), La Tuilerie Fources, 358/ M. XQ..., demeurant àondrin (Gers), 368/ M. Yvan XO..., demeurant à Condom (Gers), Larroque sur Losse, 378/ M. Didier XV..., demeurant à Condom (Gers), Boulin, Larroque sur Losse, 388/ M. Jean-Claude XV..., demeurant à Mezin (Lot-et-Garonne), Ménique, Saint-Pé Saint-Simon, 398/ M. Francis YW..., demeurant à Montreal duers (Gers), Balaron, 408/ M. Roger YX..., demeurant à Montreal duers (Gers), 418/ M. Yves YX..., demeurant à Montreal duers (Gers), 428/ M. Georges YZ..., demeurant à Cazaubon (Gers), Saint-Fauste, 438/ M. Louis YA..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 448/ M. André YC..., demeurant à Eauze (Gers), La Taste, 458/ M. Christian YC..., demeurant à Eauze (Gers), La Taste, 468/ Mlle Lydie YC..., demeurant à Eauze (Gers), La Taste, 478/ M. Henri YD..., demeurant à Gondrin (Gers), Courrensan, 488/ M. Jean YD..., demeurant àondrin (Gers), Courrensan, 498/ Mme Lucienne YE..., demeurant à Gondrin (Gers), 508/ M. Pierre YF..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers),rison, 518/ M. Roger YG..., demeurant à Mezin (Lot-et-Garonne), Haget, Sainte-Maure, 528/ M. Marcel YH..., demeurant à Cazaubon (Gers), Cutxan, 538/ M. Jacques YL..., demeurant à Eauze (Gers), Cazeneuve, 548/ M. Alain YN..., demeurant à Valence sur Baise (Gers), Roques, 558/ Mme Elodie YO..., demeurant à Valence sur Baise (Gers), Bezolles, 568/ M. Emile YP..., demeurant à Montreal du Gers (Gers), Le Bilan, 578/ M. Jean-Louis YR..., demeurant à Gondrin (Gers), 588/ M. Christian YT..., demeurant à Eauze (Gers), Faron, Bretagne d'Armagnac, 598/ M. Louis YU..., demeurant à Castalnau d'Auzan (Gers), 608/ M. Roger YV..., demeurant à Montreal du Gers (Gers), 618/ M. Raymond ZX..., demeurant à Condom (Gers), Larroque, 628/ M. Pierre ZZ..., demeurant à Montreal duers (Gers), Toujet, Fources, 638/ M. Félix ZA..., demeurant à Mezin (Lot-et-Garonne), Jouet, Saint-Pé Saint-Simon, 648/ M. André ZB..., demeurant à Montreal duers (Gers), Le Terme Fources, 658/ M. Olivier ZB..., demeurant à Montreal duers (Gers), Le Terme Fources, 668/ M. Alphonse ZD..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 678/ M. André ZE..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 688/ M. Yvan ZG..., demeurant à Mezin (Lot-et-Garonne), Piréou, Sainte-Maure, 698/ M. XP... de Saint-Pastou, demeurant à Estang (Gers), Castex d'Armagnac, 708/ M. YK... de Saint-Pastou, demeurant à Estang (Gers), Castex d'Armagnac, 718/ M. Jean-Marc ZJ..., demeurant à Montreal duers (Gers), Labarrere, 728/ M. Pierre ZK..., demeurant à Montreal duers (Gers), Labarrere, 738/ M. Camille ZL..., demeurant à Labastide d'Armagnac (Landes), Creon d'Armagnac, 748/ M. Eugène ZL..., demeurant à Labastide d'Armagnac (Landes), Creon d'Armagnac, 758/ M. Joseph ZM..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 768/ M. Michel ZN..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 778/ M. XS... Tourne, demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 788/ M. René ZP..., demeurant à Montreal du Gers (Gers), 798/ M. ZH... Tourne, demeurant à Montreal du Gers (Gers), 808/ M. Jean ZR..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 818/ la Compagnie viticole des grands Armagnac, dont le siège social est à Villeneuve de YN... (Landes), en la personne de ses représentants légaux en exercice, domiciliés en cette qualité audit siège, 828/ M. Henri de ZT..., demeurant à Montreal du Gers (Gers), Cousquit, Maubert, 838/ M. XN..., demeurant à Montreal duers (Gers), Luzent, Maubert, 848/ M. V..., demeurant à Vic XI... (Gers), 858/ Mme Solange U..., demeurant à Aignan (Gers), Averon Bergelle, 868/ M. Elie XX..., demeurant à Mauvezin d'Armagnac (Landes), 878/ M. Yvan V..., demeurant à Valence sur Baise (Gers), 888/ Mme Madeleine XA..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 898/ leAEC de Renard, dont le siège social est à Mezin (Lot-et-Garonne), Poudenas, pris en la personne de ses représentants légaux en exercice, domiciliés en cette qualité audit siège, 908/ M. XT..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 918/ M. X..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 928/ M. P..., demeurant à Manciet (Gers), 938/ la sociétérassa et fils, dont le siège est à Eauze (Gers), Le Larriquet, 948/ M. Jean XU..., demeurant à Eauze (Gers), Bretagne d'Armagnac, 958/ M. Alain YB..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 968/ M. Gérard YI..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 978/ M. Yvan YM..., demeurant à Montreal du Gers (Gers), 988/ M. Jacques YQ..., demeurant à Eauze (Gers), Ramouzens, 998/ M. Léopold YS..., demeurant à Eauze (Gers), Bretagne d'Armagnac, 1008/ M. Jean-Pierre YW..., demeurant à Montreal duers (Gers), 1018/ M. Jean-Claude XV..., demeurant à Mezin (Lot-et-Garonne), Saint-Pé Saint-Simon, 1028/ M. Yves YY..., demeurant àabarret (Landes), Parleboscq, 1038/ M. Jean-Claude ZW..., demeurant à Aignac (Gers), Margouet Meynes, 1048/ Mme XM..., demeurant à Nogaro (Gers), Cravenceres, 1058/ M. Marcel ZF..., demeurant à Cazaubon (Gers), 1068/ Mme Germaine ZC..., demeurant à Castelnau d'Auzan (Gers), 1078/ M. Jean ZI..., demeurant à Cazaubon (Gers), Laree, 1088/ M. Aimé ZO..., demeurant àondrin (Gers), Courrensan, 1098/ M. Félix ZQ..., demeurant à Vic XI... (Gers), Lannepax, 1108/ M. Jacques ZS..., demeurant à Eauze (Gers), 1118/ M. Gabriel ZU..., demeurant à Montreal duers (Gers), 1128/ M. F. S..., demeurant à Vic XI... (Gers), rue duénéral Labadie, 1138/ M. J. S..., demeurant à Vic XI... (Gers), rue duénéral Labadie, 1148/ M. H. YJ..., demeurant à Béziers (Hérault), boulevard de la Liberté, 1158/ la SNC Lestage et Bozetto, dont le siège est à Nogaro (Gers), Laujuzan, prise en la personne de ses représentants légaux en exercice, domiciliés en cette qualité audit siège, 1168/ M. Yves YY..., demeurant à Eauze (Gers), 1178/ M. Alain M..., demeurant à Béziers (Hérault), rue Branly, 1188/ M. Robert XK..., demeurant à Vic XI... (Gers), 1198/ M. René YE..., demeurant à Montreal duers (Gers), Fources, 1208/ M. ZY..., demeurant à Condom (Gers), Pailhes Larresingle, défendeurs à la cassation ; EN PRESENCE DE la Banque nationale de Paris, dont le siège social est à Paris (9e), ... ; La Banque nationale de Paris, défenderesse au pourvoi principal, a formé un pourvoi incident contre le même arrêt ; La demanderesse au pourvoi principal invoque, à l'appui de son recours, les deux moyens de cassation annexés au présent arrêt ; La demanderesse au pourvoi incident invoque, à l'appui de son recours, les deux moyens de cassation annexés au présent arrêt ; LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 24 novembre 1992, où étaient présents : M. Bézard, président, M. Leclercq, conseiller rapporteur, M. Hatoux, conseiller, M. Piniot, avocat général, Mme Arnoux, greffier de chambre ; Sur le rapport de M. le conseiller Leclercq, les observations de Me Bouthors, avocat de la Banque populaire Toulouse Pyrénées, de la SCP Boré et Xavier, avocat de M. Y... et des 119 défendeurs, les conclusions de Mme Piniot, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Attendu, selon l'arrêt attaqué (Agen, 5 février 1991), qu'après la mise en liquidation judiciaire de la société Damblat, spécialisée dans le négoce de vins et spiritueux, cent-vingt viticulteurs, qui en étaient les fournisseurs, et sont restés créanciers, ont assigné la Banque populaire de ToulousePyrénées et la BNP pour les voir déclarer responsables de leurs préjudices en conséquence de l'octroi par elles de crédits imprudents et ruineux à la société de négoce ; Sur les premiers moyens des pourvois principal et incident, pris chacun en leurs trois branches et réunis : Attendu que la Banque populaire de Toulouse-Pyrénées et la BNP font grief à l'arrêt d'avoir accueilli la demande, alors, selon le pourvoi, d'une part, que seule est constitutive d'une faute de la part du banquier dispensateur de crédit la connaissance de la situation irrémédiablement compromise d'une entreprise, à l'exclusion de la simple connaissance des difficultés qu'elle peut connaître lors de l'octroi ou du renouvellement du crédit ; que la cour d'appel qui se contente de relever la connaissance par la banque des difficultés de l'entreprise et qui en déduit l'existence d'une fautes sans relever que la société débitrice était dans une situation irrémédiablement compromise a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du Code civil ; alors, d'autre part, que la simple connaissance des difficultés rencontrées par l'entreprise n'excluant pas un possible redressement, lors de l'octroi ou du renouvellement des crédits, n'est pas constitutive d'une faute ; que les juges du fond doivent relever que lors de l'octroi ou du renouvellement des crédits l'entreprise ne pouvait être redressée et qu'elle était dans une situation irrémédiablement compromise ; que la cour d'appel qui relève que l'expert a affirmé que sans les facilités de paiements consenties par les banques entre 1979 et 1983, l'affaire se serait trouvée en état de cessation de paiements sans préciser si l'entreprise était dans une situation irrémédiablement compromise lors de l'octroi ou lors du renouvellement des crédits, a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du Code civil ; alors, en outre, que la banque avait fait valoir, dans ses conclusions régulièrement produites, que les concours bancaires avaient été consentis en fonction de documents comptables, visés par le commissaire aux comptes, faisant apparaître un résultat net légèrement bénéficiaire pour l'année 1982, ce qui était confirmé par l'expert XL... ; que les concours de la banque ont permis à la société d'honorer certaines de ses dettes exigibles, ce qui n'était pas constitutif de l'état de cessation des paiements au sens de l'article 3 de la loi bancaire de 1984 ; qu'en se contentant de relever que lors du renouvellement des crédits de 1982, la Banque populaire a accepté, malgré la dégradation du bilan, qu'elle évoquait de renouveler son concours sur les chiffres antérieurs, sans prendre en considération la régularité des documents comptables visés par le commissaire aux comptes de la société ni le résultat légèrement excédentaire de l'année, la cour d'appel qui n'a pas relevé que la société était dans une situation irrémédiablement compromise a privé sa décision de base légale au sens de l'article 1382 du Code civil ; alors, au surplus, que le banquier n'engage sa responsabilité en accordant ou en maintenant un crédit à une entreprise que s'il connaît ou est en mesure de connaître la situation irrémédiablement compromise de cette dernière ; qu'en se bornant dès lors, pour retenir la responsabilité de la BNP, à faire état de difficultés dont la BNP aurait pris conscience à la mi-juin 1982, sans préciser si la société Damblat était dans une situation irrémédiablement compromise au jour où la BNP aurait procédé au renouvellement litigieux du crédit, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du Code civil ; alors, encore, qu'en ne recherchant pas, en toute hypothèse, si la BNP avait connaissance ou pouvait alors connaître la situation irrémédiablement compromise de la société Damblat, à supposer cette situation établie, la cour d'appel a derechef privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du Code civil ; et alors, enfin, que la BNP faisait expressément valoir, dans ses conclusions d'appel signifiées le 27 août 1990, qu'aucune faute ne pouvait lui être imputée dès lors que le crédit litigieux avait été consenti au vu de bilans inexacts bien que visés par le commissaire aux comptes ; qu'en s'abstenant de rechercher, ainsi qu'elle y était invitée, si ces documents n'étaient pas de nature à justifier la confiance de la banque, la cour d'appel n'a donc pas justifié légalement sa décision au regard de l'article 1382 du Code civil ; Mais attendu qu'ayant relevé la connaissance, par les banques, de la gravité des déséquilibres dans la situation financière de la société Damblat, notamment du poids de ses frais financiers, très anormalement élevés, insupportables pour elle, résultant d'un très important et durable déficit de trésorerie, et incompatibles avec toute rentabilité, la cour d'appel a pu en déduire que les banques avaient commis des fautes en consentant ou en renouvelant néanmoins des crédits excessifs et n'avait, dès lors, pas à rechercher, en outre, si elles étaient exactement informées de l'impossibilité de tout redressement de l'entreprise ; que les moyens ne sont, donc, fondés en aucune de leurs branches ; Sur les seconds moyens du pourvoi principal et du pourvoi incident, réunis : Attendu que la Banque populaire de Toulouse-Pyrénées et la BNP font grief à l'arrêt d'avoir exonéré les viticulteurs de toute responsabilité, alors, selon le pourvoi, d'une part, que la faute du banquier n'exclut pas celle des créanciers qui doivent veiller par eux-mêmes à préserver leur situation dès lors qu'ils ont connaissance des difficultés du débiteur ; que la banque avait fait valoir que les viticulteurs avaient accordé des facilités de paiements à la société Damblat qu'ils connaissaient depuis de nombreuses années et sur laquelle ils détenaient obligatoirement des informations précises ; qu'en énonçant qu'aucune faute n'est établie à l'encontre des viticulteurs qui ont été victimes des premiers impayés et qui ne disposent pas de service spécialisé dans l'analyse financière des entreprises, sans rechercher si ces derniers avaient connaissance individuellement de la situation de l'entreprise dont ils étaient les fournisseurs habituels, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; et, d'autre part, qu'en statuant ainsi, au seul motif qu'ils avaient eux-mêmes subi des impayés et ne disposaient pas de services spécialisés dans l'analyse financière des entreprises, sans rechercher, ainsi qu'elle y était invitée, si ceux-ci n'avaient pas une connaissance précise de la situation de l'entreprise dont ils étaient les fournisseurs depuis de nombreuses années, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Mais attendu qu'ayant, par une appréciation souveraine, retenu que les viticulteurs n'avaient pas d'information précise sur la situation réelle de l'entreprise débitrice et que la croissance subite des impayés à leur égard résultait de l'interruption des crédits de campagne antérieurement consentis par les banques, la cour d'appel a pu écarter la faute alléguée à leur encontre d'avoir laissé se dégrader la situation de la société sans en saisir la juridiction compétente ; que les moyens ne sont donc pas fondés ; PAR CES MOTIFS : REJETTE les pourvois tant principal qu'incident ;