Identifiant: JURITEXT000007073736

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1970X07X04X00024X00A", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/07/37/JURITEXT000007073736.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 20 juillet 1970, 68-13.908, Inédit", "date_decision": "1970-07-20 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "REJET", "numero_affaire": "68-13908", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "1968-07-12", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel Paris 1968-07-12", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Pdt M. Guillot", "avocat_general": "Av.Gén. M. Lambert", "avocats": "Av. Demandeur : M. Lemanissier", "rapporteur": "Rpr M. Lancien", "ecli": "", "sommaire": "EFFETS DE COMMERCE - Lettre de change - Acceptation - Action directe du tiers porteur de l'effet - Inopposabilité des exceptions - Porteur ayant agi serennement en fraude des droits du tiré - Preuve - Offre - Refus - Appréciation souveraine des juges du fond. Statuant sur l'action en paiement d'une lettre de change exercée par le tiers porteur contre le tiré accepteur, les juges qui rejettent l'offre de preuve de la mauvaise foi du tiers porteur faite par le tiré accepteur ne font qu'user de leur pouvoir d'appréciation souveraine, après avoir relevé d'une part que les altérations alléguées par le tiré n'étaient en réalité que des prorogations d'échéances intervenues dans son intérêt et à son profit et que les autres éléments par lui invoqués ne sont pas de nature à établir la mauvaise foi du porteur."}

Document juridique:
SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE (PARIS, 12 JUILLET 1968) QUE LA SOCIETE SPECIPHARMA, APRES AVOIR TIRE, A SON ORDRE, EN MARS 1963, QUATRE LETTRES DE CHANGE, A ECHEANCE DU 1ER MARS 1967, SUR LA DAME Y..., QUI LES AVAIT ACCEPTEES, LES A ENDOSSEES, LE 30 JUILLET 1964, AU PROFIT DE SIMON ; ATTENDU QUE CELUI-CI AYANT ASSIGNE EN PAIEMENT DE CES EFFETS DANE X..., IL EST FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR FAIT DROIT A CETTE DEMANDE APRES AVOIR DIT N'Y AVOIR LIEU A LA MESURE D'INSTRUCTION ORDONNEE PAR LES PREMIERS JUGES, ALORS, SELON LE POURVOI, QUE, D'UNE PART, L'ARRET NE POUVAIT, AU NOM DU DROIT CAMBIAIRE, DECLARER A LA FOIS LA PREUVE NON RAPPORTEE DE LA MAUVAISE FOI DE SIMON ET REFUSER LA MESURE D'INSTRUCTION TENDANT A LA PREUVE DE CETTE MAUVAISE FOI, SANS MECONNAITRE LES CONSEQUENCES JURIDIQUES QUI RESULTERAIENT DE CETTE PREUVE, QUE LE DROIT CAMBIAIRE PERMET EXPRESSEMENT AU DEBITEUR POURSUIVI DE RAPPORTER LA PREUVE DE LA MAUVAISE FOI DU PORTEUR LORS DE L'ACQUISITION DE LA LETTRE, QU'ON NE SAURAIT DONC REFUSER, AU NOM DU DROIT CAMBIAIRE, AU DEBITEUR POURSUIVI DE RAPPORTER CETTE PREUVE QUI PEUT SE FAIRE PAR TOUS LES MOYENS, QUE L'OFFRE DE PREUVE DE DAME X..., EN L'ETAT D'UNE AFFAIRE DONT LE JUGE NE NIE PAS LA COMPLEXITE, ETAIT SEULE DE NATURE A PERMETTRE UNE JUSTE APPLICATION DE LA REGLE CAMBIAIRE DE L'INOPPOSABILITE DES EXCEPTIONS, ET ALORS QUE, D'AUTRE PART, LA COUR D'APPEL NE POUVAIT, EN TOUT ETAT DE CAUSE, REFUSER L'OFFRE DE PREUVE DE DAME X... QU'EN ECARTANT FORMELLEMENT LES FAITS ARTICULES CONTRE SIMON, QUE SI LA COUR D'APPEL POUVAIT REFUSER DE VOIR DANS LES ALTERATIONS APPORTEES AUX TRAITES PRODUITES PAR CELUI-CI ET RELEVEES PAR LES PREMIERS JUGES, DES FAITS SUFFISANTS A JUSTIFIER L'OFFRE DE PREUVE PAR UNE MESURE D'INSTRUCTION, CES MOTIFS NE SAURAIENT SUFFIRE A SA DECISION, DES LORS QUE, DANS SES CONCLUSIONS D'APPEL LAISSEES SANS REPONSE PAR LA COUR D'APPEL, DAME X... RELEVAIT LA MULTIPLICITE DES OPERATIONS TRAITEES PAR SIMON ET PAR LA SOCIETE SPECIPHARMA, EXCLUANT A PRIORI UNE IGNORANCE DE NATURE A LE CONSTITUER DE BONNE FOI, QUE CE FAIT PERTINENT ET ADMISSIBLE JUSTIFIAIT LA MESURE D'INSTRUCTION ORDONNEE EN PREMIERE INSTANCE, QUE, DES LORS, LES JUGES D'APPEL NE POUVAIENT L'ECARTER PAR UNE FAUSSE APPLICATION DU DROIT CAMBIAIRE SANS MECONNAITRE GRAVEMENT LES DROITS DE LA LIBRE DEFENSE ; MAIS ATTENDU QUE L'ARRET QUI DECLARE A BON DROIT QU'IL IMPORTAIT UNIQUEMENT DE SAVOIR SI, EN ACQUERANT LES LETTRES DE CHANGE, SIMON AVAIT AGI SCIEMMENT AU DETRIMENT DE LA DAME X..., ESTIME SOUVERAINEMENT QUE LES ALTERATIONS RELEVEES PAR LES PREMIERS JUGES N'ETAIENT, EN REALITE, QUE DES PROROGATIONS D'ECHEANCES INTERVENUES DANS L'INTERET ET AU PROFIT DU TIRE ET CONSTATE QUE LES ELEMENTS INVOQUES PAR DAME X... N'ETAIENT PAS DE NATURE A ETABLIR LA MAUVAISE FOI DU PORTEUR, QUE C'EST DONC, SANS MECONNAITRE LES CONCLUSIONS, NI LA REGLE CAMBIAIRE DE L'INOPPOSABILITE DES EXCEPTIONS, QUE LA COUR D'APPEL, QUI N'ETAIT PAS TENUE D'ORDONNER UNE EXPERTISE, A SOUVERAINEMENT ESTIME QU'IL N'Y AVAIT PAS LIEU DE CONFIRMER LA MESURE D'INSTRUCTION EMBRASSANT TOUT UN ENSEMBLE D'OPERATIONS QUI NE LUI ETAIENT PAS DEFEREES ; QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 12 JUILLET 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS ; DISPENSE D'AMENDE ; DIT N'Y AVOIR LIEU A INDEMNITE ;