Identifiant: JURITEXT000007567364

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXRXCX1998X07X06X00801X002", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/56/73/JURITEXT000007567364.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 21 juillet 1998, 98-80.102, Inédit", "date_decision": "1998-07-21 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation, Irrecevabilité", "numero_affaire": "98-80102", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CRIMINELLE", "date_decision_attaquee": "1997-06-10", "juridiction_attaquee": "Tribunal de police de Fontainebleau, 1997-06-10", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. PINSSEAU conseiller", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le vingt et un juillet mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit, a rendu l'arrêt suivant : Sur le rapport de M. le conseiller référendaire POISOT et les conclusions de M. l'avocat général LUCAS ; Statuant sur les pourvois formés par : - X... François, - L'OFFICIER du Y... PUBLIC près le tribunal de police de FONTAINEBLEAU, contre le jugement de ce tribunal, du 10 juin 1997, qui, pour infraction à la réglementation sur le stationnement des véhicules, a condamné le premier à 250 francs d'amende ; Joignant les pourvois en raison de la connexité ; I - Sur le pourvoi de l'officier du ministère public : Attendu que ce pourvoi, formé le 21 octobre 1997, soit plus de 5 jours francs après le prononcé de la décision attaquée, est tardif et, comme tel, irrecevable ; II - Sur le pourvoi de François X... : Vu le mémoire personnel produit ; Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles R. 233-1 du Code de la route, 131-13 du Code pénal, 410, 411, 429, 485, 591 et 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale ; Vu les articles 411 et 593 du Code de procédure pénale ; Attendu que tout jugement ou arrêt doit contenir des motifs propres à justifier la décision; que les juges doivent répondre aux chefs péremptoires des conclusions dont ils sont saisis; qu'il en est également ainsi lorsque le prévenu, non comparant et remplissant les conditions prévues par l'article 411, alinéa 1er, du Code de procédure pénale, a demandé en application de ce texte à être jugé en son absence ; Attendu que François X..., par lettre recommandée parvenue au greffe du tribunal de police la veille de l'audience, a demandé au président à être jugé en son absence, en application des dispositions de l'article 411 du Code de procédure pénale, et a transmis des conclusions invoquant la nullité du procès-verbal de constatation de l'infraction et celle de la citation ; Attendu que, pour retenir le prévenu dans les liens de la prévention, le jugement attaqué, après avoir constaté son absence à l'audience, se borne à énoncer qu'il résulte des pièces du dossier et notamment du procès-verbal que son véhicule était stationné irrégulièrement et que la contravention est établie ; Mais attendu qu'en statuant ainsi, sans se référer aux conclusions dont il était régulièrement saisi et sans répondre aux chefs péremptoires qu'elles pouvaient contenir, le tribunal de police a méconnu les textes et le principe ci-dessus rappelés ; Que la cassation est encourue de ce chef ; Sur le quatrième moyen de cassation, pris de la violation des articles R. 233-1 du Code de la route, 131-13 et R. 610-5 du Code pénal, 410, 411, 429, 485, 544, 591, 593, 749 et 750 du Code de procédure pénale, de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 ; Vu l'article 800-1 du Code de procédure pénale ; Attendu qu'aux termes de cet article, nonobstant toutes autres dispositions contraires, les frais de justice criminelle, correctionnelle et de police sont à la charge de l'Etat et sans recours envers les condamnés ; Attendu que le jugement attaqué, après avoir infligé une amende au prévenu, l'a condamné aux dépens ; Mais attendu qu'en prononçant ainsi, le tribunal de police a méconnu le texte ci-dessus rappelé ; D'où il suit que la cassation est également encourue de ce chef ; Par ces motifs, et sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres moyens proposés : I - Sur le pourvoi de l'officier du ministère public : Le DECLARE IRRECEVABLE ; II - Sur le pourvoi de François X... : CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, le jugement susvisé du tribunal de police de FONTAINEBLEAU, en date du 10 juin 1997, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi, RENVOIE la cause et les parties devant le tribunal de police de MELUN à ce désigné par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe du tribunal de police de FONTAINEBLEAU, sa mention en marge ou à la suite du jugement annulé ; Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ; Etaient présents aux débats et au délibéré : M. Pinsseau conseiller le plus ancien, faisant fonctions de président en remplacement du président empêché, M. Poisot conseiller rapporteur, MM. Roman, Joly, Farge, Mme Mazars conseillers de la chambre ; Avocat général : M. Lucas ; Greffier de chambre : Mme Daudé ; En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;