Identifiant: JURITEXT000007073468

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1970X02X04X00007X00A", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/07/34/JURITEXT000007073468.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 10 février 1970, 68-13.383, Inédit", "date_decision": "1970-02-10 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "REJET", "numero_affaire": "68-13383", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "1968-07-09", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel Poitiers 1968-07-09", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Pdt M. Guillot", "avocat_general": "Av.Gén. M. Toubas", "avocats": "Av. Demandeur : M. Chareyre", "rapporteur": "Rpr M. Mérimée", "ecli": "", "sommaire": "FONDS DE COMMERCE - Location-gérance - Obligations du gérant - Conservation du fonds dans l'état où il l'a reçu. * FONDS DE COMMERCE - Gérance libre - Obligation du gérant - Inexécution - Responsabilité - Mauvaise gestion ayant entraîné une baisse du chiffre d'affaires. * GERANT - Gérance libre - Fonds de commerce - Obligations du gérant - Conservation du fonds dans l'état où il l'a reçu. Le locataire gérant d'un fonds de commerce à l'obligation d'user de tous moyens propres à conserver le bien pris en location dans l'état où lui même l'avait reçu. Les juges du fond peuvent notamment le condamner à verser au propriétaire des dommages-intérêts pour baisse anormale du chiffre d'affaires et trouble commercial dès lors qu'ils constatent que sa gestion négligente a eu pour conséquence après la reprise du fonds par le bailleur et à l'égard de celui-ci une perte sur le chiffre d'affaires."}

Document juridique:
SUR LE PREMIER MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QUE, DES QUALITES ET DES MOTIFS DE L'ARRET INFIRMATIF ATTAQUE, IL RESULTE QUE PERALDI, QUI, SOUS COUVERT DE DEUX SOCIETES, ETAIT PROPRIETAIRE A CHATELLERAULT DE DEUX FONDS D'HOTELS RESTAURANTS, DONNA CEUX-CI EN LOCATION-GERANCE A VUILLERMET, AU DEBUT DE 1952, POUR UNE PERIODE DETERMINEE, PRENANT FIN LE 31 DECEMBRE SUIVANT, QUE, A CETTE DATE, LA LOCATION NE FUT PAS RENOUVELEE, QUE DES DIFFICULTES S'ELEVERENT ALORS ENTRE PARTIES, QUE, APRES EXPERTISE, LA COUR D'APPEL DECIDA QUE LA BALANCE DES COMPTES FAISAIT APPARAITRE UN SOLDE DE 2467,14 FRANCS EN FAVEUR DE VUILLERMET, MAIS QUE LA MAUVAISE GESTION DUDIT VUILLERMET AVAIT CAUSE A PERALDI UN PREJUDICE DE 10000 FRANCS POUR BAISSE ANORMALE DU CHIFFRE D'AFFAIRES ET DE 10000 FRANCS SUPPLEMENTAIRES POUR TROUBLE COMMERCIAL ; ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A LA COUR D'APPEL D'AVOIR AINSI STATUE EN CE QUI CONCERNE LES DOMMAGES ET INTERETS ALLOUES A PERALDI, ALORS, SELON LE POURVOI, QU'IL LUI APPARTENAIT DE RECHERCHER, D'UNE PART, SI CETTE BAISSE INCOMBAIT AU GERANT, D'AUTRE PART, SI ELLE AVAIT CAUSE UN PREJUDICE AU BAILLEUR, QUE LE CONTRAT DE GERANCE PREVOYANT UNE REDEVANCE FIXE, N' AUTORISAIT PAS LEDIT BAILLEUR A OBTENIR UNE GARANTIE, QUE, SURTOUT, LES DEUX ELEMENTS DE DOMMAGES PRIS EN CONSIDERATION FONT ABSOLUMENT DOUBLE EMPLOI, LE SECOND, QUALIFIE DE PREJUDICE COMMERCIAL, N'ETANT QUE L'EXPRESSION DE LA REPERCUSSION DE LA BAISSE DU CHIFFRE D'AFFAIRES SUR LA VALEUR VENALE DU FONDS DANS L'HYPOTHESE, QUI NE S'EST PAS REALISEE, D'UNE VENTE ; MAIS ATTENDU QUE LE LOCATAIRE-GERANT D'UN FONDS DE COMMERCE A L'OBLIGATION D'USER DE TOUS MOYENS PROPRES A CONSERVER LE BIEN PRIS EN LOCATION DANS L'ETAT OU LUI-MEME L'AVAIT RECU, QU'EN L'ESPECE, LA COUR D'APPEL A RELEVE, SOIT PAR MOTIFS PROPRES, SOIT PAR CEUX DES EXPERTS, DONT ELLE A EXPRESSEMENT HOMOLOGUE LE RAPPORT, QUE LA GESTION DE VUILLERMET AVAIT ETE NEGLIGENTE, CE QUI AVAIT ELOIGNE LA CLIENTELE, ET AVAIT EU POUR CONSEQUENCE, APRES LA REPRISE DU FONDS PAR LE BAILLEUR, ET A L'EGARD DE CELUI-CI, UNE PERTE SUR LE CHIFFRE D'AFFAIRES NORMALEMENT PREVISIBLE, DE 20 % POUR LA PREMIERE ANNEE, ET DE 10 % POUR LA SECONDE ANNEE, QUE LA COUR D'APPEL A AINSI CARACTERISE LA FAUTE COMMISE, LE PREJUDICE SUBI, ET LE LIEN DE CAUSALITE ENTRE L'UNE ET L'AUTRE, QU'ELLE A PU, DES LORS, STATUER COMME ELLE L'A FAIT ; ATTENDU, D'AUTRE PART, QUE LES JUGES DU FOND ONT PU CONSIDERER QUE LE CHEF DE PREJUDICE RESULTANT D'UNE PERTE DE CLIENTELE ET CELUI DECOULANT D'UNE BAISSE DE LA VALEUR DU FONDS, CONSTITUAIENT, EN L'ESPECE, DEUX ELEMENTS DE PREJUDICE DISTINCTS ; QUE LE MOYEN N'EST FONDE EN AUCUNE DE SES DEUX BRANCHES ; SUR LE SECOND MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST ENCORE REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR, LORSQU'ELLE A EXAMINE LE COMPTE DES PARTIES, REFUSE D'ACCORDER A VUILLERMET LE REMBOURSEMENT DU COUT DE CERTAINS TRAVAUX EXECUTES PAR CELUI-CI, AU MOTIF QUE LE CONTRAT DE LOCATION STIPULAIT QUE LES TRAVAUX DEMEURERAIENT LA PROPRIETE DU BAILLEUR SANS INDEMNITE, ALORS QUE, SELON LE POURVOI, CETTE STIPULATION NE S'ENTENDAIT QUE DES TRANSFORMATIONS ET EMBELLISSEMENTS, ET QUE L'ARRET LAISSE SANS REPONSE LES CONCLUSIONS CONCERNANT DES POSTES OMIS PAR LES EXPERTS ; MAIS ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, EN DECLARANT QUE LE BAIL VISAIT EXPRESSEMENT TOUS LES TRAVAUX EXECUTES DANS LES LIEUX OU S'EXPLOITAIT LE FONDS, ET PAS SEULEMENT CEUX DE TRANSFORMATION ET D'EMBELLISSEMENT, A SOUVERAINEMENT INTERPRETE LES CLAUSES DU BAIL, EN CE QUE CELLES-CI AVAIENT D'IMPRECIS ET A AINSI REPONDU AUX CONCLUSIONS INVOQUEES ; QUE LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ; PAR CES MOTIFS REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 9 JUILLET 1968, PAR LA COUR D'APPEL DE POITIERS ;