Identifiant: JURITEXT000007513548

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX2007X05X01X00126X041", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/51/35/JURITEXT000007513548.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 31 mai 2007, 06-12.641, Inédit", "date_decision": "2007-05-31 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "06-12641", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_1", "date_decision_attaquee": "2006-01-06", "juridiction_attaquee": "cour d'appel de Versailles (3e chambre) 2006-01-06", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. BARGUE conseiller", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le moyen unique, pris en sa première branche : Vu l'article 1147 du code civil ; Attendu que M. X..., médecin généraliste, appelé au chevet de Jacques Y..., âgé de 75 ans, qui présentait le vendredi 5 janvier 2001 des troubles digestifs, a posé le diagnostic de gastro-entérite virale et prescrit un traitement en conséquence ; que le 8 janvier suivant, M. X... prescrivait, en l'absence d'amélioration, une prise de sang ; que le 9 janvier 2001, informé d'une forte fièvre de son patient, il conseillait l'hospitalisation sans délai ; que Jacques Y... décédait le mercredi 10 janvier 2001, des suites d'un état de choc septique d'évolution fatale ; que les consorts Y... ayant recherché la responsabilité de M. X..., le tribunal de grande instance a rejeté leurs demandes en retenant l'absence de lien causal entre les manquements allégués et le décès ; que l'arrêt attaqué, infirmant le jugement, a retenu à la charge de M. X... des manquements fautifs qui ont fait perdre à Jacques Y... une chance de survie ; Attendu que pour décider que M. X... avait fait perdre à M. Y... une chance de survie, l'arrêt attaqué, qui retient à son encontre plusieurs fautes professionnelles résultant notamment d'un retard de diagnostic dû à une erreur dans l'appréciation de l'aggravation de l'état du patient, relève que le diagnostic initial n'était pas fautif, que si la cause précise du décès était en rapport avec le choc septique survenu ensuite, l'origine de ce choc n'était pas établie, qu'il pouvait avoir été urinaire comme digestif, que l'issue fatale n'était pas nécessairement liée à un retard de diagnostic, que le caractère réfractaire du choc n'avait pas non plus d'explications évidentes et que seule une autopsie aurait été susceptible d'apporter des certitudes scientifiques ; qu'en en déduisant, alors que ne commet pas de faute le médecin qui ne peut poser le diagnostic exact lorsque les symptômes rendent ce diagnostic particulièrement difficile à établir, que l'erreur d'appréciation dans l'aggravation de l'état du patient était fautive, sans rechercher, comme elle y était invitée, si le diagnostic de la pathologie ayant entraîné l'issue fatale était difficile à établir, la cour d'appel a privé sa décision de base légale, au regard du texte susvisé ; PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 6 janvier 2006, entre les parties, par la cour d'appel de Versailles ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Versailles, autrement composée ; Condamne les consorts Y... aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette la demande des consorts Y... ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du trente et un mai deux mille sept.