Identifiant: JURITEXT000007519939

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXRXCX1983X04X06X00087X000", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/51/99/JURITEXT000007519939.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 25 avril 1983, Inédit", "date_decision": "1983-04-25 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CRIMINELLE", "date_decision_attaquee": "1982-02-03", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Caen, Chambre correctionnelle, 1982-02-03", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
STATUANT SUR LES POURVOIS FORMES PAR : 1°) X... YVAN ET LA SOCIETE EN COMMANDITE POUPARDIN ET COMPAGNIE 2°) LE DIRECTEUR GENERAL DES IMPOTS CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE CAEN, CHAMBRE CORRECTIONNELLE, EN DATE DU 3 FEVRIER 1982, QUI, STATUANT SUR RENVOI APRES CASSATION, A CONDAMNE X..., POUR FRAUDE FISCALE, A 5 000 F D'AMENDE, A DECLARE ETEINTE PAR EFFET DE LA PRESCRIPTION L'ACTION PUBLIQUE EN CE QUI CONCERNE LES FAITS ANTERIEURS AU 28 SEPTEMBRE 1974, A ORDONNE L'AFFICHAGE ET LA PUBLICATION DE LA DECISION ET, STATUANT SUR LES DEMANDES DE L'ADMINISTRATION DES IMPOTS, A CONDAMNE X... AU PAIEMENT DU MONTANT DES IMPOTS FRAUDES ; VU LA CONNEXITE, JOIGNANT LES POURVOIS ; VU LES MEMOIRES PRODUITS EN DEMANDE ET EN DEFENSE ; SUR LE POURVOI DE X... YVAN : SUR LE DEUXIEME MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 422, 591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ; "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE RAPPORTEE LA PREUVE QUE LA PLAINTE EMANAIT D'UN FONCTIONNAIRE COMPETENT POUR LA DEPOSER ; "AU MOTIF QUE CETTE PREUVE RESULTE DES TEMOIGNAGES RECUS A L'AUDIENCE DE LA COUR ET NOTAMMENT DE CEUX DU TEMOIN ALDEGUER ; "ALORS QUE LE TEMOIN ALDEGUER, DES LORS QU'IL AURAIT SIGNE LA PLAINTE EN TANT QUE DIRECTEUR DES SERVICES FISCAUX ET S'EST CONSTITUE PARTIE CIVILE, NE POUVAIT TEMOIGNER SANS VIOLATION DE LA LOI " ; ATTENDU QUE, PAR L'EXAMEN DES PIECES DE PROCEDURE, LA COUR DE CASSATION EST EN MESURE DE S'ASSURER QUE LE FONCTIONNAIRE DESIGNE POUR REPRESENTER L'ADMINISTRATION FISCALE DANS LA PROCEDURE SUIVIE CONTRE X... DU CHEF DE FRAUDE FISCALE, ETAIT QUEMENER, INSPECTEUR DES IMPOTS, QUI S'EST CONSTITUE PARTIE CIVILE DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION AU NOM DE SON ADMINISTRATION ; QU'AINSI LA COUR D'APPEL A PU, SANS VIOLER L'ARTICLE 422 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ENTENDRE COMME TEMOIN ALDEGUER, QUI N'ETAIT PLUS, LORS DE SA DEPOSITION, DIRECTEUR DEPARTEMENTAL DES IMPOTS DE SEINE-MARITIME ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1741, 1743 ET 1745 DU CODE GENERAL DES IMPOTS, 1, 40,591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS, OMISSION DE STATUER ; "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE RAPPORTEE LA PREUVE QUE LA PLAINTE EMANAIT D'UN FONCTIONNAIRE COMPETENT POUR LA DEPOSER MEME SI AUCUN DOCUMENT PORTANT SA SIGNATURE N'A ETE RETROUVE ; VU LA CONNEXITE, JOIGNANT LES POURVOIS ; VU LES MEMOIRES PRODUITS EN DEMANDE ET EN DEFENSE ; SUR LE POURVOI DE X... YVAN : SUR LE DEUXIEME MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 422, 591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ; "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE RAPPORTEE LA PREUVE QUE LA PLAINTE EMANAIT D'UN FONCTIONNAIRE COMPETENT POUR LA DEPOSER ; "AU MOTIF QUE CETTE PREUVE RESULTE DES TEMOIGNAGES RECUS A L'AUDIENCE DE LA COUR ET NOTAMMENT DE CEUX DU TEMOIN ALDEGUER ; "ALORS QUE LE TEMOIN ALDEGUER, DES LORS QU'IL AURAIT SIGNE LA PLAINTE EN TANT QUE DIRECTEUR DES SERVICES FISCAUX ET S'EST CONSTITUE PARTIE CIVILE, NE POUVAIT TEMOIGNER SANS VIOLATION DE LA LOI " ; ATTENDU QUE, PAR L'EXAMEN DES PIECES DE PROCEDURE, LA COUR DE CASSATION EST EN MESURE DE S'ASSURER QUE LE FONCTIONNAIRE DESIGNE POUR REPRESENTER L'ADMINISTRATION FISCALE DANS LA PROCEDURE SUIVIE CONTRE X... DU CHEF DE FRAUDE FISCALE, ETAIT QUEMENER, INSPECTEUR DES IMPOTS, QUI S'EST CONSTITUE PARTIE CIVILE DEVANT LE JUGE D'INSTRUCTION AU NOM DE SON ADMINISTRATION ; QU'AINSI LA COUR D'APPEL A PU, SANS VIOLER L'ARTICLE 422 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, ENTENDRE COMME TEMOIN ALDEGUER, QUI N'ETAIT PLUS, LORS DE SA DEPOSITION, DIRECTEUR DEPARTEMENTAL DES IMPOTS DE SEINE-MARITIME ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; SUR LE PREMIER MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1741, 1743 ET 1745 DU CODE GENERAL DES IMPOTS, 1, 40, 591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS, OMISSION DE STATUER ; "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE RAPPORTEE LA PREUVE QUE LA PLAINTE EMANAIT D'UN FONCTIONNAIRE COMPETENT POUR LA DEPOSER MEME SI AUCUN DOCUMENT PORTANT SA SIGNATURE N'A ETE RETROUVE ; "AU MOTIF QUE PLUSIEURS FONCTIONNAIRES ETANT HABILITES A SIGNER LES PLAINTES TRANSMISES AU PARQUET, IL ETAIT IMPOSSIBLE D'APPOSER CE TIMBRE AVANT LA SIGNATURE ET QUE LE TEMOIN ALDEGUER, QUI ETAIT ALORS A LA TETE DE L'ENSEMBLE DE LA DIRECTION, A PRECISE QUE "SI LA PLAINTE PORTE MON CACHET, C'EST MOI QUI L'AI SIGNEE " ; "ALORS QUE LA COUR N'A PAS EXPLIQUE COMMENT UN CACHET QUI, NORMALEMENT NE PEUT ETRE DEPOSE QU'APRES SIGNATURE ET QUE LA PREUVE DE LA SIGNATURE PRIVANT AINSI L'AEST DERIVEE SIMPLEMENT DE L'APPOSITION D'UN CACHET, RRET DE MOTIFS " ; ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE, POUR REJETER L'EXCEPTION PRISE DE LA NULLITE DE LA PROCEDURE TENANT AU DEFAUT DE SIGNATURE DE LA PLAINTE DE L'ADMINISTRATION FISCALE PAR UN FONCTIONNAIRE COMPETENT, ENONCE QUE SI LA PIECE ORIGINALE N'EST PLUS DANS LE DOSSIER, OU NE SE TROUVE QU'UNE SIMPLE COPIE PORTANT UN TIMBRE AU NOM DU TEMOIN ALDEGUER, DIRECTEUR DEPARTEMENTAL DES IMPOTS, IL ETAIT CEPENDANT ETABLI, PAR LES ELEMENTS D'INFORMATION QUE L'ARRET PRECISE, ET NOTAMMENT LA DECLARATION A L'AUDIENCE DUDIT ALDEGUER, QUE L'ORIGINAL, SUR LE VU DUQUEL A ETE MISE EN MOUVEMENT L'ACTION PUBLIQUE, PORTAIT EFFECTIVEMENT LA SIGNATURE DE CE FONCTIONNAIRE, ALORS COMPETENT POUR DEPOSER LADITE PLAINTE ; ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS ET ENONCIATIONS QUI RELEVENT DE L'APPRECIATION SOUVERAINE PAR LES JUGES DU FOND, DES FAITS ET CIRCONSTANCES DE LA CAUSE, C'EST PAR DES MOTIFS EXEMPTS D'INSUFFISANCE ET DE CONTRADICTION QUE LA COUR D'APPEL A, SANS ENCOURIR LES GRIEFS ALLEGUES AU MOYEN, DONNE UNE BASE LEGALE A SA DECISION ; QU'EN EFFET, EN CAS DE DEFAUT D'UNE PIECE DANS UN DOSSIER, LA PROCEDURE DEMEURE REGULIERE DES LORS QUE LE JUGE PEUT S'ASSURER QUE CETTE PIECE A EXISTE ET EN ETABLIR LE CONTENU ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI ; SUR LE TROISIEME MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1649 SEPTIES ET 1741 DU CODE GENERAL DES IMPOTS, 591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ; "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE X... COUPABLE DES FAITS QUI LUI ETAIENT REPROCHES DANS LA MESURE OU CEUX-CI NE TOMBAIENT PAS SOUS LE COUP DE LA PRESCRIPTION ; "AU MOTIF QUE LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DU DELIT DE FRAUDE FISCALE SERAIENT REUNIS ; "ALORS QUE LA COUR AURAIT DU PROBABLEMENT S'ASSURER QUE LES PRESCRIPTIONS DE L'ARTICLE 1649 SEPTIES DU CODE GENERAL DES IMPOTS AVAIENT BIEN ETE RESPECTEES SOUS PEINE DE NULLITE DE LA PROCEDURE PENALE, ENTACHANT AINSI L'ARRET ATTAQUE DE DEFAUT DE MOTIFS ET DE VIOLATION DE LA LOI " ; ATTENDU QUE LE MOYEN MELANGE DE FAIT ET DE DROIT QUI, D'UNE PART, EST PRESENTE POUR LA PREMIERE FOIS DEVANT LA COUR DE CASSATION ET, D'AUTRE PART, SE FONDE SUR UNE IRREGULARITE DE LA PROCEDURE QUI N'A PAS ETE INVOQUEE AVANT TOUTE DEFENSE AU FOND, EST, AUX TERMES DE L'ARTICLE 385 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, IRRECEVABLESUR LE QUATRIEME MOYEN DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 1741, 1743, 1745 DU CODE GENERAL DES IMPOTS, 591 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS, OMISSION DE STATUER ; "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DECLARE X... COUPABLE DES FAITS QUI LUI ETAIENT REPROCHES DANS LA MESURE OU CEUX-CI NE TOMBAIENT PAS SOUS LE COUP DE LA PRESCRIPTION ; "AU MOTIF QUE LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DU DELIT DE FRAUDE FISCALE SERAIENT REUNIS ; "ALORS QUE, D'UNE PART, LA PREUVE DE L'INEXISTENCE DE L'ELEMENT MATERIEL DES FAITS REPROCHES A X... RESULTE DU RAPPORT DE VERIFICATION JOINT A LA PLAINTE ; "ALORS QUE, D'AUTRE PART, LA PREUVE DE L'INEXISTENCE DE L'ELEMENT INTENTIONNEL RESULTE NON SEULEMENT DE LA MALADIE DU COMPTABLE MAIS EGALEMENT DE SA FUITE " ; VU LESDITS ARTICLES ; ATTENDU QUE LES JUGES REPRESSIFS NE PEUVENT FONDER UNE CONDAMNATION DU CHEF DE SOUSTRACTION FRAUDULEUSE A L'ETABLISSEMENT OU AU PAIEMENT DES IMPOTS, NI SUR LES SEULES EVALUATIONS QUE L'ADMINISTRATION FISCALE EST AMENEE A FAIRE, SELON LES REGLES EDICTEES PAR LE LIVRE DES PROCEDURES FISCALES, EN VUE D'UNE TAXATION D'OFFICE, NI SUR DES ELEMENTS CONSTITUANT L'ASSIETTE DE L'IMPOT DONT LA DETERMINATION RELEVE DE LA SEULE COMPETENCE DE L'ADMINISTRATION, SOUS LE CONTROLE DU JUGE DE L'IMPOT ; ATTENDU QUE, POUR DECLARER X... COUPABLE DE SOUSTRACTION FRAUDULEUSE A L'ETABLISSEMENT ET AU PAIEMENT DE LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE DE L'IMPOT SUR LE REVENU ET DE LA TAXE SUR LES VOITURES DE SOCIETES, L'ARRET ATTAQUE ENONCE QUE "LA PREUVE DE L'ELEMENT MATERIEL DES FAITS REPROCHES AU PREVENU RESULTE DES REDRESSEMENTS OPERES PAR L'ADMINISTRATION " SUR LES DECLARATIONS SOUSCRITES PAR LUI ; MAIS ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES MOTIFS, LA COUR D'APPEL A VIOLE LES TEXTES SUSVISES ET LE PRINCIPE CI-DESSUS RAPPELE ; QUE LA CASSATION EST ENCOURUE DE CE CHEF ; PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU D'EXAMINER LES MOYENS PRODUITS PAR LE DIRECTEUR GENERAL DES IMPOTS, CASSE ET ANNULE, EN TOUTES SES DISPOSITIONS, L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE CAEN EN DATE DU 3 FEVRIER 1982, ET POUR ETRE STATUE A NOUVEAU CONFORMEMENT A LA LOI, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL D'AMIENS, A CE DESIGNEE PAR DELIBERATION SPECIALE PRISE EN CHAMBRE DU CONSEIL ;