Identifiant: JURITEXT000007129845

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1991X11X05X00435X084", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/12/98/JURITEXT000007129845.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, Chambre sociale, du 20 novembre 1991, 88-43.584, Inédit", "date_decision": "1991-11-20 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "88-43584", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_SOCIALE", "date_decision_attaquee": "1988-05-26", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Paris 1988-05-26", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. COCHARD", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": "CAISSE D'EPARGNE - Personnel - Statut - Catégorie professionnelle - Accord collectif du 19 décembre 1985 - Validité - Application - Avantages acquis en vertu d'accords précédents."}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par Mme D... le Goff, demeurant ... (19ème), en cassation d'un arrêt rendu le 26 mai 1988 par la cour d'appel de Paris (18e chambre, section C), au profit de la Caisse d'épargne et de prévoyance de Paris, dont le siège est ... (1er), défenderesse à la cassation ; LA COUR, en l'audience publique du 22 octobre 1991, où étaient présents : M. Cochard, président, Mme Béraudo, conseiller référendaire rapporteur, MM. F..., X..., C..., G..., E..., Y..., A..., Pierre, conseillers, M. Z..., M. B..., Mme Pams-Tatu, conseillers référendaires, M. Chauvy, avocat général, Mme Ferré, greffier de chambre ; Sur le rapport de Mme le conseiller référendaire Béraudo, les observations de la SCP Boré et Xavier, avocat de Mme Le Goff, de Me Copper-Royer, avocat de la Caisse d'épargne et de Prévoyance de Paris, les conclusions de M. Chauvy, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; ! Sur le moyen unique, pris en ses première, deuxième et quatrième branches : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 26 mai 1988), que Mme Le Goff occupait, au service de la Caisse d'épargne de Paris, un emploi de chef d'agence ; qu'en vertu de la loi du 1er juillet 1983, un accord collectif, conclu en commission paritaire nationale le 19 décembre 1985, a instauré, dans les caisses d'épargne, une nouvelle classification des emplois ; que, par lettre du 30 avril 1987, la Caisse d'épargne de Paris a notifié à Mme Le Goff qu'elle occuperait désormais l'emploi de contrôleur administratif, de niveau C ; Attendu que Mme Le Goff fait grief à l'arrêt de l'avoir déboutée de sa demande d'annulation de cette mesure, de réintégration dans l'emploi de chef d'agence, de classement en catégorie G et de dommages-intérêts, alors, selon le pourvoi, d'une part, que le comité d'entreprise doit être consulté sur les mesures qui sont envisagées à l'égard des salariés lorsque ces modifications comportent des conséquences pour ceux-ci ; qu'après avoir déclaré que la refonte de la classification des emplois devait obligatoirement être soumise au comité d'entreprise, la cour d'appel, qui a décidé que la Caisse d'épargne de Paris n'était pas légalement tenue de prendre l'avis de cet organisme avant d'affecter la salariée au poste de contrôleur administratif, a violé l'article L. 432-1 du Code du travail ; alors, d'autre part, que la classification des emplois en vigueur à la date de la promulgation de la loi du 1er juillet 1983, portant réforme des caisses d'épargne, continue de produire effet jusqu'à sa révision en commission paritaire nationale avant le 1er juillet 1985 ou, à défaut, en formation arbitrale postérieurement à cette date ; qu'ainsi, l'accord collectif sur la nouvelle classification des emplois pris en commission paritaire nationale du 19 décembre 1985 ne pouvait se substituer à la classification des emplois résultant des dispositions statutaires en vigueur le 1er juillet 1983 ; qu'en opposant l'accord litigieux du 19 décembre 1985 aux demandes de la salariée, la cour d'appel a violé l'article 18 de la loi du 1er juillet 1983 ; alors, enfin, que les salariés conservent les avantages individuels qu'ils ont acquis en application de la convention ou de l'accord dénoncé qui n'a pas été remplacé par une nouvelle convention ou un nouvel accord dans un délai d'un an ; qu'à supposer que l'accord du 19 décembre 1985 fût applicable et qu'il ne stipulât aucune correspondance entre l'ancienne et la nouvelle classification, la cour d'appel, qui a dénié à la salariée le droit de se voir attribuer dans la nouvelle classification l'emploi de chef d'agence qu'elle avait occupé en offrant toute satisfaction pendant 13 ans, a violé l'article L. 132-8 du Code du travail ; Mais attendu, d'une part, que la cour d'appel a fait une exacte application de l'article L. 432-1 du Code du travail en retenant que l'employeur, qui, en vertu de l'accord collectif du 19 décembre 1985, avait soumis au comité d'entreprise la nouvelle classification des emplois existant au sein de la caisse, n'était pas tenu de le consulter avant d'affecter individuellement chaque salarié à l'un de ces emplois ; Attendu, d'autre part, que les dispositions de la loi du 1er juillet 1983 n'ont pas eu pour objet et ne sauraient avoir pour effet de priver les partenaires sociaux du droit de conclure un accord collectif sur la classification des emplois après le 1er juillet 1985 ; Attendu, enfin, que les dispositions de l'article L. 132-8 du Code du travail ne permettaient pas à la salariée de prétendre au maintien d'avantages individuels acquis en vertu d'accords collectifs antérieurs, contraires à celui du 19 décembre 1985 ; D'où il suit qu'en ses première, deuxième et quatrième branches, le moyen n'est pas fondé ; Mais sur la troisième branche du moyen : Vu les articles 5 et 8 de l'accord collectif sur la classification des emplois et des établissements du 19 décembre 1985 ; Attendu que, selon le premier de ces textes, dans chaque entreprise du réseau, les emplois confiés aux salariés doivent être classés ; que le second prévoit que le classement d'un emploi confié suppose d'identifier, dans la nomenclature nationale d'activités préclassées, les activités qui correspondent effectivement à celles de sa définition ; Attendu que, pour débouter Mme Le Goff de ses demandes, la cour d'appel a énoncé que le seul fait qu'elle avait tenu, pendant 13 ans, et à la satisfaction de son employeur, un emploi de chef d'agence, auquel correspondait désormais la catégorie G, était insuffisant à donner à la salariée droit à recevoir dans la nouvelle organisation un emploi de chef d'agence et à être classée dans la catégorie G ; Attendu, cependant, que Mme Le Goff devait être reclassée dans l'emploi figurant à la nomenclature des activités préclassées correspondant, selon les critères définis à l'article 8 de l'accord, aux fonctions par elle exercées ; Qu'en s'abstenant de rechercher à quel niveau de classification, défini par application de l'accord du 19 décembre 1985, correspondait l'emploi confié à Mme Le Goff avant la modification de ses fonctions par l'employeur, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, en ce qu'il a débouté la salariée, l'arrêt rendu le 26 mai 1988, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Versailles ; Condamne la Caisse d'épargne et de prévoyance de Paris, envers Mme Le Goff, aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ; Ordonne qu'à la diligence de M. le procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit sur les registres de la cour d'appel de Paris, en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par M. le président en son audience publique du vingt novembre mil neuf cent quatre vingt onze.