Identifiant: JURITEXT000034961564

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/34/96/15/JURITEXT000034961564.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, civile, Chambre civile 3, 15 juin 2017, 15-26.790, Inédit", "date_decision": "2017-06-15 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "31700696", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "15-26790", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_3", "date_decision_attaquee": "2015-09-11 00:00:00", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Poitiers", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "M. Chauvin (président)", "avocat_general": "", "avocats": "Me Le Prado, SCP Boré, Salve de Bruneton et Mégret, SCP Rousseau et Tapie", "rapporteur": "", "ecli": "ECLI:FR:CCASS:2017:C300696", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, TROISIÈME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Poitiers, 11 septembre 2015), que, par acte authentique dressé le 18 septembre 2007, par M. X..., notaire, la société civile immobilière les Jardins du trait (la SCI) a vendu à M. Y...un appartement en l'état futur d'achèvement ; qu'une garantie d'achèvement a été consentie par la société Banco popular, devenue la société CIC Iberbanco (la société CIC) ; que les travaux de construction de l'ensemble immobilier n'ont pas débuté après démolition de l'existant et le permis de construire, dont la validité avait été prorogée jusqu'au 20 décembre 2009, est devenu caduc ; qu'un jugement du 4 novembre 2009 a placé la SCI en liquidation judiciaire ; que M. Y... a assigné la société CIC et M. X... en responsabilité ; Sur le deuxième moyen : Vu l'article 1382, devenu 1240, du code civil ; Attendu que, pour rejeter la demande de dommages-intérêts, l'arrêt retient qu'ayant appris que la société GBA, principale associée et gérante de la SCI, avait été placée en redressement judiciaire le 16 juillet 2008, la société Banco popular a écrit au notaire, le 8 août 2008, en l'engageant à la prudence dans la signature de nouveaux actes de vente, que cette société a déposé plainte, le 25 juillet 2008, du chef de détournements de fonds qu'aurait commis le gérant de la société GBA, que s'il apparaît que le garant n'a plus procédé à un suivi du projet entre l'été 2008 et l'été 2009, date à laquelle il a délivré à la SCI une sommation de reprendre les travaux, celui-ci n'en avait pas l'obligation et que, par ailleurs, aucune demande en paiement d'une situation de travaux ne lui ayant été présentée alors que le permis de construire était encore valable jusqu'au 20 décembre 2009, il n'incombait pas à la société CIC de ne pas le " laisser périmer ", que cette société ne peut se voir reprocher aucune faute de négligence et que le défaut d'achèvement des travaux provient de causes étrangères au financement ; Qu'en statuant ainsi, sans rechercher si la société CIC n'avait pas connaissance de la défaillance de la SCI avant la péremption du permis de construire, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ; Sur le troisième moyen, pris en sa troisième branche : Vu l'article 1382, devenu 1240, du code civil ; Attendu que, pour rejeter les demandes formées à l'encontre de M. X..., l'arrêt retient que le notaire n'a pas à vérifier l'avancement des travaux ; Qu'en statuant ainsi sans rechercher, comme il le lui était demandé, si le notaire avait recueilli et transmis aux acquéreurs des informations suffisantes sur l'état d'avancement des travaux au jour de la signature de l'acte, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ; Et sur le troisième moyen, pris en sa quatrième branche : Vu l'article 1382, devenu 1240, du code civil ; Attendu que, pour rejeter les demandes formées à l'encontre de M. X..., l'arrêt retient que les versements ayant été effectués contractuellement, les acquéreurs ne peuvent se prévaloir d'un préjudice indemnisable ; Qu'en statuant ainsi, par des motifs qui se suffisent pas à exclure l'existence d'un préjudice indemnisable, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ; PAR CES MOTIFS et sans qu'il n'y ait lieu de statuer sur le premier moyen : CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 11 septembre 2015, entre les parties, par la cour d'appel de Poitiers ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Bordeaux ; Condamne les sociétés CIC Iberbanco et M. X... aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demande des sociétés CIC Iberbanco et de M. X... et les condamne à payer la somme globale de 3 000 euros à M. Y... ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du quinze juin deux mille dix-sept. MOYENS ANNEXES au présent arrêt Moyens produits par la SCP Rousseau et Tapie, avocat aux Conseils, pour M. Y... PREMIER MOYEN DE CASSATION Il est reproché à l'arrêt attaqué d'avoir débouté M. Philippe Y... de ses demandes formées à l'encontre de la société CIC Iberbanco, Aux motifs que « sur l'objet de la garantie d'achèvement, l'article R. 261-21 du code de la construction et de l'habitation dispose que la garantie d'achèvement peut prendre la forme « d'une convention de cautionnement aux termes de laquelle la caution s'oblige envers l'acquéreur, solidairement avec le vendeur, à payer les sommes nécessaires à l'achèvement de l'immeuble ». Il s'ensuit que l'objet de la garantie due par le garant d'achèvement est de payer les travaux d'achèvement et non d'achever ou de faire achever lesdits travaux ; que la garantie d'achèvement consiste en une garantie de financement qui oblige la caution à payer les sommes nécessaires à l'achèvement de l'immeuble conformément aux prescriptions du permis de construire au regard duquel la garantie d'achèvement a été délivrée ; que si la construction ne peut être achevée pour une raison autre que financière, notamment du fait de la caducité du permis de construire, la banque qui a délivré une garantie financière d'achèvement s'en trouve déchargée ; qu'il ne résulte pas en l'espèce des termes de la convention de garantie d'achèvement conclue entre la Banco Popular et la SCI Les Jardins du Trait (article 7 : " Si les travaux de construction étaient interrompus pendant plus d'un mois, la caution aurait, 8 jours après sommation infructueuse, la faculté de se substituer au vendeur et de faire poursuivre les travaux par toute personne qu'elle jugerait compétente, le tout aux frais, risques et périls du vendeur ") l'obligation pour le garant de faire réaliser les travaux ; qu'il s'agit d'une faculté ; que M. Y... soutient dès lors à tort que la Banco Popular aurait dû mettre en oeuvre les travaux avant que le permis de construire ne soit périmé ; que, par ailleurs, c'est à bon droit que la société CIC Iberbanco rappelle qu'elle ne s'est pas obligée à rembourser, in solidum avec le vendeur, les versements effectués par les acquéreurs en cas de résolution de la vente dans la mesure où la garantie consentie est une garantie extrinsèque d'achèvement et non une garantie de remboursement, et que la convention n'a pas prévu la faculté de demander une substitution de garantie » ; Alors que suivant l'article R. 261-21, b du code de la construction et de l'habitation, la garantie d'achèvement prend la forme d'une convention de cautionnement aux termes de laquelle la caution s'oblige envers l'acquéreur, solidairement avec le vendeur, à payer les sommes nécessaires à l'achèvement de l'immeuble ; que, suivant l'article R. 261-24 du même code, la garantie d'achèvement ou de remboursement prend fin à l'achèvement de l'immeuble ; que, pour débouter l'exposant de ses demandes à l'encontre de la société CIC, la cour d'appel a énoncé que si la construction ne peut être achevée pour une raison autre que financière, notamment du fait de la caducité du permis de construire, la banque qui a délivré une garantie financière d'achèvement s'en trouve déchargée ; qu'en statuant ainsi, sans constater l'achèvement de l'immeuble, la cour d'appel a violé les dispositions susvisées. DEUXIEME MOYEN DE CASSATION Il est reproché à l'arrêt attaqué d'avoir débouté M. Philippe Y... de ses demandes formées à l'encontre de la société CIC Iberbanco, Aux motifs que « sur les manquements allégués de la société CIC Iberbanco à ses obligations, M. Y... reproche au CIC son inaction et l'absence d'information de l'acquéreur, tant lors de la réservation qu'après la signature de pacte ; qu'en premier lieu, il n'existait pas de difficultés financières en 2007 lors de la réservation par M. Y... ; qu'il est produit un courrier de l'architecte à la Banco Popular en date du 19 novembre 2007, soit postérieurement à la signature de l'acte notarié, indiquant que les difficultés de bornage étaient réglées et qu'une reprise de chantier était prévu en janvier 2008 ; qu'en second lieu, aux termes de l'article 5 de la convention de garantie d'achèvement des travaux selon lequel : " Pour le cas où la caution le jugerait utile, un contrôle de l'avancement des travaux pourra être réalisé par un mandataire de son choix ", le suivi du chantier n'est qu'une faculté et non une obligation pour la caution ; qu'en l'espèce, la Banco Popular s'est enquis de l'état d'avancement du projet par différents mails adressés à la SCI Les Jardins du Trait durant le 1er semestre 2008 ; que la SCI Les jardins du Trait l'a informée de la démolition de l'existant et de la décontamination du sol et précisait que le réseau initialement choisi pour la commercialisation des ventes n'avait pas fonctionné, qu'un nouveau réseau avait été mis en place, qu'avant de relancer le chantier, elle attendait d'avoir acté 50 à 60 % des réservations, précisant prévoir une reprise de chantier en septembre 2008 ; que la Banco Popular a ensuite écrit au notaire le 8 août 2008 en l'engageant à la prudence compte tenu de la situation de la SCI Les Jardins du Trait, sa principale associée et gérante, la société GBA ayant été placée en redressement judiciaire le 16 juillet 2008 converti en liquidation judiciaire le 3 septembre 2008 ; que, par la suite, la procédure a été étendue à la SCI Les Jardins du Trait et à d'autres SCI par jugement du tribunal de commerce de Bordeaux du 4 novembre 2009 ; que la Banco Popular a porté plainte le 25 juillet 2008 devant le Procureur de la République de Bordeaux concernant les détournements de fonds commis par M. Z..., gérant de la société GBA, fonds remis par les acquéreurs et qui auraient dû être virés sur le compte de la Banco Popular en vertu du contrat de garantie d'achèvement et qui l'ont été sur un autre compte ; que s'il est vrai que la société CIC Iberbanco n'a plus procédé à un suivi du projet entre l'été 2008 et l'été 2009, date à laquelle elle a délivré à la SCI les Jardins du Trait une sommation de reprendre les travaux, il est rappelé qu'elle n'en avait pas l'obligation et que par ailleurs, aucune demande en paiement d'une situation de travaux ne lui a été présentée alors que le permis de construire était encore valable jusqu'au 20 décembre 2009 et qu'il n'incombait pas à la société CIC Iberbanco de ne pas " laisser périmer " le permis de construire, ce que le premier juge lui a reproché à tort ; que la preuve n'est donc pas rapportée d'un manquement de la société CIC Iberbanco à ses obligations contractuelles de garant d'achèvement et le jugement sera infirmé en ce qu'il a fait droit à la demande de M. Y... » ; Alors 1°) qu'engage sa responsabilité envers l'acquéreur garanti le garant d'achèvement qui refuse de mettre en oeuvre la garantie d'achèvement dès qu'il a eu connaissance de la défaillance du vendeur ; que la cour d'appel a constaté que la société CIC avait écrit au notaire le 8 août 2008 en l'engageant à la prudence compte tenu de la situation de la SCI Les Jardins du Trait, sa principale associée et gérante, la société GBA ayant été placée en redressement judiciaire le 16 juillet 2008 converti en liquidation judiciaire le 3 septembre 2008 ; qu'elle constatait encore que le permis de construire était valable jusqu'au 20 décembre 2009 ; qu'il s'évinçait de ces constatations que dès le 8 août 2008, la société CIC, qui avait connaissance de la défaillance du vendeur, devait mettre en oeuvre la garantie d'achèvement ; qu'en écartant cependant sa responsabilité, la cour d'appel a violé l'article 1382 du code civil ; Alors 2°) qu'engage sa responsabilité envers l'acquéreur garanti le garant d'achèvement qui refuse de mettre en oeuvre la garantie d'achèvement dès qu'il a eu connaissance de la défaillance du vendeur ; que, dans ses écritures d'appel (concl., p. 5-6), M. Y... a exposé que, par courrier du 19 novembre 2008, il avait fait part à la société CIC de l'arrêt du chantier et de la liquidation judiciaire de la société GBA finances et développement et lui a demandé de lui faire connaître ses intentions afin de terminer le chantier, mais que ce courrier est demeuré sans réponse et que ce n'est que par courrier du 15 février 2010 que la société CIC s'est manifestée, pour lui annoncer la défaillance de la SCI venderesse, placée en liquidation judiciaire, par jugement du 4 novembre 2009, par extension de la procédure ouverte à l'encontre de la société GBA finances et développement ; qu'il ressort des propres constatations que le permis de construire était encore valable jusqu'au 20 décembre 2009 ; qu'en énonçant cependant qu'il n'incombait pas à la société CIC de ne pas " laisser périmer " le permis de construire, sans rechercher si la société CIC n'avait pas commis une faute en ne se manifestant auprès de l'acquéreur qu'après la péremption du permis de construire, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Alors 3°) et en toute hypothèse qu'engage sa responsabilité envers l'acquéreur garanti le garant d'achèvement qui refuse de mettre en oeuvre la garantie d'achèvement ; que, dans ses écritures d'appel (concl., p. 14), M. Y... a fait valoir que la société CIC, tenue à la garantie d'achèvement d'un autre programme à Cenon, avait a pris la décision de poursuivre le chantier, le promoteur de ce programme étant la SCI Montesquieu, dont le gérant était M. Z..., également gérant de la SCI Les Jardins du Trait ; qu'en statuant comme elle l'a fait, sans rechercher si le refus de la société CIC de mettre en oeuvre la garantie d'achèvement à la suite de la défaillance de la SCI Les Jardins du Trait n'était pas fautive, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Alors 4°) et en toute hypothèse qu'engage sa responsabilité envers l'acquéreur garanti le garant d'achèvement qui refuse de mettre en oeuvre la garantie d'achèvement dès qu'il a connaissance de la défaillance du vendeur ; que, dans ses écritures d'appel (concl., p. 15), M. Y... a exposé qu'à la fin de l'année 2007, les bâtiments devant être reconstruits n'avaient toujours pas été détruits et qu'à la date de la première vente réalisée lors de l'été 2007, point de départ de la garantie d'achèvement souscrite par la société CIC, les travaux souffraient déjà d'une interruption depuis plus d'un mois, délai qui devait conduire le garant à sommer le promoteur de s'exécuter, la société CIC ne prouvant qu'elle avait sommé le promoteur de s'exécuter et ni accompli aucune démarche en vue de l'achèvement de l'immeuble ; qu'en statuant comme elle l'a fait, sans se prononcer sur cette carence fautive du garant, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Alors 5°) et en toute hypothèse que commet une faute le garant d'achèvement qui ayant connaissance de la défaillance du vendeur n'en informe pas le réservataire ; que, dans ses écritures d'appel (concl., p. 16), M. Y... a fait valoir que si la société CIC avait mis en oeuvre la garantie d'achèvement dès le jour de la signature des premiers actes de vente, durant l'été 2007, il aurait été informé lors de la réitération du contrat de réservation des difficultés du vendeur, l'inaction du garant l'ayant ainsi conduit à s'engager irrémédiablement dans une opération immobilière dont il ignorait le fort risque de compromission ; qu'en statuant comme elle l'a fait, sans se prononcer sur ce défaut d'information, propre à établir la faute de la société CIC, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Alors 6°) et en toute hypothèse que commet une faute le garant d'achèvement qui perçoit des paiements de l'acquéreur sans vérifier s'ils correspondent à l'état d'avancement des travaux ; que, dans ses écritures d'appel (concl., p. 17), M. Y... a fait valoir que la société CIC avait perçu les fonds appelés par le notaire à hauteur de 30 %, sans qu'elle n'ait contrôlé l'avancement des travaux, inexistant, cependant qu'elle était informée de la déconfiture de la SCI venderesse ; qu'en statuant comme elle l'a fait, sans se prononcer sur ces éléments, propres à établir la faute de la société CIC, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil. TROISIEME MOYEN DE CASSATION Il est reproché à l'arrêt attaqué d'avoir débouté M. Philippe Y... de ses demandes présentées à l'encontre de Me X..., notaire, Aux motifs propres que « M. Y... reproche au notaire de ne pas l'avoir informé de ce que la garantie d'achèvement ne comprenait pas une garantie de remboursement des sommes versées ; qu'il résulte de l'acte notarié que le notaire a rappelé les dispositions de l'article L. 261-11 sur l'obligation d'une garantie d'achèvement, garantie dont l'acquéreur a eu connaissance ; qu'en outre, il n'appartient pas au notaire d'informer l'acquéreur de la portée de chacune des deux garanties, de sorte qu'aucune faute ne peut lui être reprochée à cet égard ; que, s'agissant du versement de 30 % à la signature de l'acte, Me X... fait valoir à juste titre qu'il n'a pas été contrevenu à l'interdiction de percevoir plus de 35 % du prix à l'achèvement des fondations, étant observé que la réponse ministérielle en date du 1er mars 2011 (soit postérieurement aux actes de vente) produite par les appelants n'a pas de valeur en soi, il est en outre ajouté que le notaire n'a pas à vérifier l'avancement des travaux ; qu'en l'absence de faute du notaire, et au surplus en l'absence d'un préjudice indemnisable pour l'acquéreur, les versements ayant été effectués contractuellement, il y a lieu de débouter ce dernier de ses demandes à l'encontre du notaire » ; Et aux motifs adoptés que « sur l'action en responsabilité formée à l'encontre du notaire rédacteur de l'acte de vente, si le notaire aux termes de se obligations contractuelles, est tenu de veiller à l'efficacité des actes qu'il établit et d'éclairer les parties sur leurs conséquences, il ne saurait être reproché à l'officier ministériel, d'une part d'avoir appelé à l'acte 30 % du montant global de l'opération immobilière, d'autre part, de ne pas avoir attiré l'attention de l'acquéreur sur l'étendue de ses droits à l'égard de l'organisme garant, alors qu'à la date de signature de l'acte authentique, les travaux de démolition de l'existant avaient été effectués et que les études et plans d'exécution étaient en cours et qu'il est constant aux débats que la garantie d'achèvement a été signée le 25 avril 2007 et l'acte de vente reçu par le notaire le 7 mai 2008 ; qu'il est donc établi qu'aucun manquement à son devoir d'information ne saurait être reproché au notaire quant à son devoir d'information sur l'état d'avancement des travaux ; qu'en outre, il est avéré que la garantie d'achèvement avait été signée antérieurement à l'intervention du notaire et donc que le devoir de conseil du notaire quant aux effets de cette convention, ne pouvait plus être donné, sa seule obligation à ce titre ayant été de vérifier que la garantie extrinsèque [a été souscrite] par le vendeur, ce qui n'est pas contesté en l'espèce ; qu'en conséquence, en l'absence de faute démontrée du notaire à l'origine du préjudice subi, convient-il de débouter Philippe Y... de son action à l'encontre de Me X... » ; Alors 1°) que, suivant l'article R. 261-14 du code de la construction et de l'habitation, les paiements ou dépôts ne peuvent excéder au total 35 % du prix à l'achèvement des fondations ; qu'il en résulte que si les travaux de construction n'ont pas débuté, aucun paiement ou dépôt ne peut être exigé de l'acquéreur ; que, dans ses écritures d'appel (concl., p. 18 s.), M. Y... a fait valoir que le notaire avait commis une faute en appelant 30 % du prix de vente, sans que les travaux n'aient été entamés ; qu'en énonçant cependant, pour exonérer le notaire de sa responsabilité, qu'il n'a pas été contrevenu à l'interdiction de percevoir plus de 35 % du prix à l'achèvement des fondations, sans rechercher, comme elle y avait été invitée si à la date de la passation de l'acte notarié les travaux avaient débuté, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Alors 2°) et en toute hypothèse que les notaires sont tenus d'éclairer les parties et d'appeler leur attention, de manière complète et circonstanciée, sur la portée, les effets et les risques des actes auxquels ils sont requis de donner la forme authentique ; que, pour exécuter leur devoir de conseil, les notaires sont tenus de procéder à toute vérification utile ; que, pour exonérer le notaire de sa responsabilité, la cour d'appel a énoncé que s'agissant du versement de 30 % à la signature de l'acte, Me X... fait valoir à juste titre qu'il n'a pas été contrevenu à l'interdiction de percevoir plus de 35 % du prix à l'achèvement des fondations ; qu'en statuant ainsi, sans même vérifier que les fondations de l'immeuble avaient été achevées, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Alors 3°) que les notaires sont tenus d'éclairer les parties et d'appeler leur attention, de manière complète et circonstanciée, sur la portée, les effets et les risques des actes auxquels ils sont requis de donner la forme authentique ; que, pour exécuter leur devoir de conseil, les notaires sont tenus de procéder à toute vérification utile ; que, pour exonérer le notaire de sa responsabilité, la cour d'appel a énoncé que le notaire n'a pas à vérifier l'avancement des travaux ; qu'en statuant ainsi, quand le notaire appelait une partie du prix de vente dépendant de l'état d'avancement des travaux et qui était excessive par rapport à celui-ci, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1382 du code civil ; Alors 4°) que les notaires sont tenus d'éclairer les parties et d'appeler leur attention, de manière complète et circonstanciée, sur la portée, les effets et les risques des actes auxquels ils sont requis de donner la forme authentique ; que, pour exonérer le notaire de sa responsabilité, la cour d'appel a relevé l'absence d'un préjudice indemnisable pour l'acquéreur, les versements ayant été effectués contractuellement ; qu'en statuant ainsi, après avoir pourtant constaté la défaillance du vendeur, la péremption du permis de construire, et décidé que la société CIC n'avait pas à mettre en oeuvre la garantie d'achèvement, de sorte que le paiement par l'acquéreur d'une partie du prix de vente lui avait nécessairement causé un préjudice, la cour d'appel a violé l'article 1382 du code civil.