Identifiant: JURITEXT000032901791

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/32/90/17/JURITEXT000032901791.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 12 juillet 2016, 15-82.121, Inédit", "date_decision": "2016-07-12 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "C1603622", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "15-82121", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CRIMINELLE", "date_decision_attaquee": "2015-01-15", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel d'Angers", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "M. Guérin (président)", "avocat_general": "", "avocats": "SCP Thouin-Palat et Boucard", "rapporteur": "", "ecli": "ECLI:FR:CCASS:2016:CR03622", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, a rendu l'arrêt suivant : Statuant sur le pourvoi formé par : - M Tarik X..., contre l'arrêt de la cour d'appel d'ANGERS, chambre correctionnelle, en date du 15 janvier 2015, qui pour complicité d'infractions à la législation sur les stupéfiants en récidive et recel, l'a condamné à six ans d'emprisonnement ; La COUR, statuant après débats en l'audience publique du 15 juin 2016 où étaient présents dans la formation prévue à l'article 567-1-1 du code de procédure pénale : M. Guérin, président, M. Germain, conseiller rapporteur, M. Soulard, conseiller de la chambre ; Greffier de chambre : M. Bétron ; Sur le rapport de M. le conseiller GERMAIN, les observations de la société civile professionnelle THOUIN-PALAT et BOUCARD, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général GAILLARDOT ; Vu le mémoire produit ; Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles 321-1 du code pénale, 485, 512 et 593 du code de procédure pénale ; " en ce que l'arrêt confirmatif attaqué a déclaré M. X... coupable de recels de vols, après l'avoir également déclaré coupable d'infractions à la législation sur les stupéfiants ; " aux motifs propres que : sur la culpabilité : devant le tribunal correctionnel, M. X... a refusé de s'expliquer et a dû être expulsé, en raison d'une attitude à la limite de l'outrage ; que les premiers juges, au vu des éléments de la procédure, précédemment rappelés, ont considéré que ce prévenu apparaissait comme l'instigateur d'un trafic de stupéfiants, depuis son lieu de détention ; que devant la cour, M. X... a indiqué avoir fait appel afin de reconnaître les faits qui lui sont reprochés, c'est-à-dire un trafic de stupéfiants organisé depuis sa cellule ; qu'au vu de ce qui précède, c'est à bon droit que le tribunal correctionnel a retenu la culpabilité de M. X... et la cour confirmera cette déclaration de culpabilité ; " et aux motifs adoptés qu'il apparaît comme l'instigateur d'un trafic de stupéfiants, depuis son lieu de détention ; qu'or, il se borne à admettre qu'il a commandé de la résine de cannabis, mais seulement pour sa consommation personnelle ; qu'interrogé sur les quantités qui apparaissent dans les écoutes, il dit que cela ne le concerne pas directement, et que chacun doit assumer ses actes ; qu'il confirme avoir connu en prison MM. Y...et Z..., et les avoir sollicités pour obtenir un peu de cannabis en prison ; qu'il a refusé de s'expliquer à l'audience, et a dû être expulsé en raison d'une attitude à la limite de l'outrage ; que la teneur des conversations téléphoniques interceptées par les enquêteurs permet de considérer que M. X... ne s'est pas limité à demander un peu de cannabis pour sa consommation personnelle, comme il le prétend ; qu'il résulte des éléments du dossier que les faits qui lui sont reprochés sont établis, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en voie de condamnation à son encontre ; " alors qu'en retenant M. X... dans les liens de la prévention du chef de recels de vols, sans en donner le moindre motif, la cour d'appel a méconnu les textes susvisés " ; Vu l'article 593 du code de procédure pénale ; Attendu que tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision ; que l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ; Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure que M. X... a été poursuivi notamment pour recel d'objets qu'il savait provenir du délit de remise irrégulière à détenu ; que le tribunal l'a déclaré coupable de recel de vol au motif qu'il résulte des éléments du dossier que les faits sont établis ; Attendu que, pour confirmer le jugement l'arrêt relève que c'est à bon droit que le tribunal a reconnu la culpabilité ; Mais attendu qu'en prononçant ainsi sans s'expliquer sur le changement de qualification ni caractériser l'infraction dont elle a déclaré le prévenu coupable, la cour d'appel n'a pas justifié sa décision ; D'où il suit que la cassation est encourue ; Par ces motifs, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le second moyen de cassation proposé ; CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la cour d'appel d'Angers, en date du 15 janvier 2015, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi, RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Rennes, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel d'Angers et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le douze juillet deux mille seize ; En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre.