Identifiant: JURITEXT000007073502

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1981X12X01X00092X00A", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/07/35/JURITEXT000007073502.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 21 décembre 1981, 80-15.854, Inédit", "date_decision": "1981-12-21 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "80-15854", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_1", "date_decision_attaquee": "1980-06-17", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Bordeaux, chambre 1, 1980-06-17", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Pdt. M. Pauthe, faisant fonctions", "avocat_general": "P.Av.Gén. M. Sadon", "avocats": "Av. Demandeur : Me Choucroy", "rapporteur": "Rapp. M. Pailhé", "ecli": "", "sommaire": "SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE - Représentation en justice - Gérant d'affaires - Ancien gérant d'une société (oui)."}

Document juridique:
Sur le moyen unique, pris en ses deux branches : Attendu, selon les énonciations de l'arrêt attaqué, que la Société civile immobilière Normandie, ayant pour gérant Lacroix, a confié en juillet 1958 à la société à responsabilité limitée Taddei, dont le gérant était Taddei, la construction à Alger d'un immeuble ; que la réception définitive de cet immeuble a eu lieu le 4 juillet 1961, mais que la Société civile immobilière Normandie serait restée débitrice de la Société Taddei d'une somme de 101.970 francs ; que les membres des deux sociétés sont revenus en France après l'indépendance algérienne ; que la Société Taddei, se disant représentée par son gérant Taddei, a assigné, le 25 octobre 1976, la Société civile immobilière Normandie et Lacroix ès-qualités en paiement de la somme de 101.970 francs ; que la Société civile immobilière Normandie a fait valoir que les pouvoirs de gérant de Taddei, qui avait été nommé pour cinq ans à ces fonctions, étaient expirés depuis le 1er avril 1963 et qu'il ne pouvait agir au nom de la société à responsabilité limitée Taddei ; que la Cour d'appel a déclaré l'action recevable, avant d'ordonner une expertise sur le compte à faire entre les parties, en retenant que Taddei s'était comporté comme un gérant de fait postérieurement au 1er avril 1963 et agissait pour le compte de la société à responsabilité limitée Taddei conformément aux règles de la gestion d'affaires ; Attendu qu'il est fait grief aux juges du second degré d'avoir ainsi statué, alors que, selon le moyen, d'une part, après avoir constaté que le mandat de Taddei en qualité de gérant de la société à responsabilité limitée Taddei était expiré depuis le 1er avril 1963, l'arrêt attaqué ne pouvait, sans méconnaître l'article 117 du nouveau Code de procédure civile, admettre que ce même Taddei avait pu légalement représenter cette société, même en application des règles de la gestion d'affaires, dans une action engagée par acte introductif du 25 octobre 1976 ; et alors que, d'autre part, la partie adverse n'étant pas tenue d'accepter le débat judiciaire avec le gérant d'affaires et pouvant lui opposer son défaut de qualité, viole aussi les articles 1372 et suivants du Code civil l'arrêt attaqué qui admet la représentation d'une société par un gérant dont les pouvoirs étaient expirés, sur le fondement des règles de la gestion d'affaires, bien que ses adversaires aient sollicité la confirmation de la décision des premiers juges qui avaient déclaré irrecevable la demande de la société du fait du défaut de pouvoir régulier du gérant ; Mais attendu, en premier lieu, que si Taddei ne pouvait fonder son pouvoir de représentant de la société à responsabilité limitée Taddei sur la qualité de gérant, qu'il n'avait plus, c'est sans violer les dispositions de l'article 117 du nouveau Code de procédure civile que la Cour d'appel a admis que Taddei, agissant en tant que gérant d'affaires, avait pu représenter la société en justice en raison de circonstances exceptionnelles ; qu'en second lieu, aucune disposition légale ne subordonne la validité de l'action intentée par le gérant d'affaires à l'acceptation des débats par le tiers contre lequel cette action est exercée ; qu'il s'ensuit que le moyen n'est fondé en aucune de ses branches ; PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI formé contre l'arrêt rendu, le 17 juin 1980, par la Cour d'appel de Bordeaux ;