Identifiant: JURITEXT000007166377

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1992X05X04X00124X026", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/16/63/JURITEXT000007166377.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, Chambre commerciale, du 19 mai 1992, 90-12.426, Inédit", "date_decision": "1992-05-19 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "90-12426", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "1990-01-09", "juridiction_attaquee": "Tribunal de grande instance de Versailles 1990-01-09", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. BEZARD", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": "IMPOTS ET TAXES - Enregistrement - Société - Concentration en restructuration d'activités - Communauté d'intérêts d'associés de deux sociétés - Détention du droit de vote - Dépendance."}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par la société anonyme Hyper Numérique, dont le siège social est ... 191 à Villiers Saint-Frédéric (Yvelines), en cassation d'un jugement rendu le 9 janvier 1990 par le tribunal de grande instance de Versailles, au profit de M. A... général des Impôts, Ministère de l'Economie, des Finances et du Budget, ... (12ème), défendeur à la cassation ; La demanderesse invoque à l'appui de son pourvoi, les deux moyens de cassation annexés au présent arrêt : LA COUR, en l'audience publique du 24 mars 1992, où étaient présents : M. Bézard, président, Mme Loreau, conseiller rapporteur, MM. Hatoux, Vigneron, Leclercq, Dumas, Gomez, Léonnet, conseillers, M. Z..., Mme Geerssen, conseillers référendaires, M. Jéol, avocat général, Mme Arnoux, greffier de chambre ; Sur le rapport de Mme le conseiller Loreau, les observations de Me Baraduc-Bénabent, avocat de la société Hyper Numérique, de Me Goutet, avocat de M. A... général des Impôts, les conclusions de M. Jéol, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; ! - Attendu, selon le jugement attaqué, que M. X... était président du conseil d'administration de la société Hyper-Industrie, tandis que MM. Y... et B..., actionnaires, en étaient respectivement directeur de fabrication et directeur technique ; que la société Hyper-Numérique a été constituée le 1er juin 1981, M. X... en étant le président du conseil d'administration détenant 30 % des actions, et MM. Y... et B... en détenant chacun 30,6 % ; qu'à la suite d'un contrôle fiscal, cette dernière société a fait l'objet de deux avis de mise en recouvrement au titre des droits d'enregistrement prévus par l'article 812 du Code général des Impôts ; que la société Hyper-Numérique qui estimait pouvoir bénéficier de l'exonération de ces droits prévue par les articles 44 bis, 44 ter et 814 B du Code général des Impôts, a demandé l'annulation des avis ainsi émis ; Sur le premier moyen, pris en ses deux branches : Vu les articles 5 de la loi du 24 juillet 1966 et 44 bis, 44 ter et 814 B du Code général des Impôts ; Attendu que pour débouter la société Hyper-Numérique de sa demande, le tribunal a retenu que les trois personnes détentrices ensemble de 91,2 % du capital de la société Hyper Numérique occupaient des postes de haute responsabilité au sein de la société Hyper-Industrie les amenant à participer activement à la définition des objectifs de la société, qu'ils avaient ainsi avec la société Hyper-Industrie des liens de nature à établir une véritable communauté d'intérêts qui les plaçaient sous la dépendance de cette dernière société, si bien que celle-ci devait être considérée comme détenant indirectement plus de la moitié des droits de vote attachés aux actions de la société Hyper-Numérique ; Attendu qu'en statuant ainsi, alors que le bénéfice de l'exonération est accordé aux sociétés nouvelles à condition que les droits de vote ne soient pas détenus directement ou indirectement pour plus de 50 % par d'autres sociétés, et qu'en se fondant sur la seule existence d'une communauté d'intérêts et de liens de dépendance entre les deux sociétés à raison de la détention, par des personnes physiques, d'actions dans ces sociétés, le tribunal a violé les textes susvisés ; Et sur le second moyen : Vu les articles 44 bis, 44 ter et 814 B du Code général des Impôts ; Attendu que pour débouter la société Hyper-Numérique de sa demande, le tribunal retient encore que les sociétés Hyper-Numérique et Hyper-Industrie avaient un domaine d'activité similaire et que le chiffre d'affaires de la première résultait de l'activité de sous-traitance effectuée pour le compte de la seconde, de sorte que la société Hyper-Numérique devait être considérée comme ayant repris une partie des activités de la société Hyper-Industrie ; Attendu qu'en se déterminant par de tels motifs, sans constater que la société Hyper-Numérique avait été créée dans le cadre d'une concentration ou d'une restructuration d'activités préexistantes ou pour la reprise de telles activités, le tribunal n'a pas donné de base légale à sa décision ; PAR CES MOTIFS : -d CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, le jugement rendu le 9 janvier 1990, entre les parties, par le tribunal de grande instance de Versailles ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le tribunal de grande instance d'Orléans ; Condamne M. A... général des Impôts, envers la société Hyper Numérique, aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ; Ordonne qu'à la diligence de M. le procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit sur les registres du tribunal de grande instance de Versailles, en marge ou à la suite du jugement annulé ;