Identifiant: JURITEXT000025435237

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/25/43/52/JURITEXT000025435237.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 29 février 2012, 10-25.568, Inédit", "date_decision": "2012-02-29 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "11200269", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "10-25568", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_1", "date_decision_attaquee": "2010-07-09", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Saint-Denis de la Réunion", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "M. Charruault (président)", "avocat_general": "", "avocats": "SCP Célice, Blancpain et Soltner", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le moyen unique : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Saint-Denis, 9 juillet 2010), que Mme Vahida X..., née le 22 février 1978 à Diego-Suarez (Madagascar), a obtenu un certificat de nationalité française délivré le 4 novembre 2002 par le tribunal d'instance de Saint-Denis (Réunion), sur le fondement de l'article 18 du code civil la déclarant française par filiation paternelle ; que le procureur de la République du tribunal de grande instance de Saint-Denis a engagé une action négatoire de nationalité le 15 juin 2007, en faisant valoir que l'acte de naissance était apocryphe ; Attendu que Mme Vahida X... fait grief à l'arrêt de constater son extranéité, alors, selon le moyen, que la charge de la preuve en matière de nationalité française incombe à celui qui conteste la qualité de français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants du code civil ; que la cour d'appel, qui a constaté que Vahida X... avait obtenu du juge du tribunal d'instance de Saint-Denis (Réunion) le 4 novembre 2002 un certificat de nationalité française au visa de l'article 18 du code civil comme étant née à l'étranger d'un père français et qui, pour constater l'extranéité de Vahida X..., a considéré que celle-ci se prévalait vainement d'une "contre-enquête" réalisée à sa demande par un huissier de Madagascar, que l'acte de naissance qu'elle produisait était apocryphe et qui a ajouté qu'elle n'établissait pas sa filiation à l'égard de son prétendu père et ne contestait pas utilement le jugement dont elle était appelante, a fait peser sur Vahida X... la charge de prouver sa nationalité française, inversant ainsi la charge de la preuve en violation de l'article 30 du code civil ; Mais attendu c'est sans inverser la charge de la preuve qu'après avoir constaté que le certificat de nationalité litigieux était dépourvu de force probante pour avoir été délivré au vu d'un acte de naissance apocryphe, la cour d'appel a estimé que Mme Vahida X... n'apportait pas la preuve de la filiation qu'elle invoquait pour prétendre à l'acquisition de la nationalité française ; que le moyen n'est pas fondé ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne Mme Vahida X... aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande de Mme Vahida X... ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-neuf février deux mille douze. MOYEN ANNEXE au présent arrêt Moyen produit par la SCP Célice, Blancpain et Soltner, avocat aux Conseils pour Mme Vahida X.... IL EST REPROCHE à l'arrêt confirmatif attaqué d'avoir constaté l'extranéité de Mademoiselle Vahida X..., AUX MOTIFS QUE « pour contester l'analyse du premier juge qui a considéré que le certificat de nationalité litigieux avait été délivré à tort pour avoir été établi sur la base d'un acte de naissance qualifié de faux, Vahida X... se prévaut d'une "contre-enquête" réalisée à sa demande par un huissier de Madagascar qui a constaté que les traces de collage ou de sur lignage existant dans les registres d'état-civil de la commune de Diego Suarez, constituent des anomalies courantes et non spécifiques à son propre acte de naissance, dues au mauvais état général dans lequel sont tenus et conservés les registres de ce pays et qui ne permettent nullement d'en tirer une quelconque suspicion de fraude ;Qu'elle ajoute que le tribunal ne pouvait en déduire que sa filiation à l'égard de son père français n'était pas établie alors qu'elle a toujours été élevée par ce dernier dont elle a toujours été considérée comme sa fille par les tiers comme en attestent les quatre témoignages écrits qu'elle avait produits et auxquels elle en a ajouté quatorze en cause d'appel ;Que, au terme d'une analyse non critiquée des éléments qui lui ont été soumis, le premier juge a à juste titre retenu que l'acte de naissance n° 162 dressé le 27 février 1978 produit par Vahida X... pour obtenir la délivrance du certificat de nationalité française litigieux, présentait un caractère apocryphe alors que les vérifications effectuées le 13 décembre 2006 par les services du consulat de France à DIEGO-SUAREZ ont révélé que cet acte de naissance était en réalité celui d'une tierce personne de sexe masculin, Fabrice Y... décédé le 31 mars 1979 ;Qu'une telle situation ne peut résulter d'une simple négligence dans la tenue du registre comme le soutient l'appelante, mais d'une initiative délibérée ;En conséquence c'est à bon droit que le premier juge a considéré qu'en l'état de ces anomalies, le certificat de nationalité française a été obtenu sur présentation d'un faux acte de naissance et qu'il en a tiré les conséquences en considérant que la filiation paternelle à l'égard de son prétendu père Fazle X... n'était pas démontrée étant observé que les attestations d'amis ou de proches de la famille produites tant en première instance qu'en cause d'appel ne peuvent suffire à pallier l'absence de toute filiation régulièrement établie durant la minorité alors que même si l'appelante parvenait aujourd'hui à la faire établir, elle serait inopérante à l'égard de l'acquisition de la nationalité au vu des dispositions de l'article 20-1 du code civil. » ; ALORS QUE la charge de la preuve en matière de nationalité française incombe à celui qui conteste la qualité de français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants du Code civil ; que la Cour d'appel qui a constaté que Vahida X... avait obtenu du juge du tribunal d'instance de Saint-Denis (Réunion) le 4 novembre 2002 un certificat de nationalité française au visa de l'article 18 du code civil comme étant née à l'étranger d'un père français et qui pour constater l'extranéité de Vahida X... a considéré que celle-ci se prévalait vainement d'une "contre-enquête" réalisée à sa demande par un huissier de Madagascar ; que l'acte de naissance qu'elle produisait était apocryphe et qui a ajouté qu'elle n'établissait pas sa filiation à l'égard de son prétendu père, et ne contestait pas utilement le jugement dont elle était appelante, a fait peser sur Vahida X... la charge de prouver sa nationalité française, inversant ainsi la charge de la preuve en violation de l'article 30 du Code civil.