Identifiant: JURITEXT000007258270

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1995X05X05X00151X071", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/25/82/JURITEXT000007258270.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre sociale, du 11 mai 1995, 92-15.171, Inédit", "date_decision": "1995-05-11 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "92-15171", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_SOCIALE", "date_decision_attaquee": "1992-04-08", "juridiction_attaquee": "cour d'appel de Paris (4ème chambre section A) 1992-04-08", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. KUHNMUNCH", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par M. X..., demeurant ... (6ème), en cassation d'un arrêt rendu le 8 avril 1992 par la cour d'appel de Paris (4ème chambre section A), au profit de la Caisse nationale de prévoyance du bâtiment et des travaux publics et des industries connexes (CNPBTP), dont le siège est ... (6ème), défenderesse à la cassation ; Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, les deux moyens de cassation annexés au présent arrêt ; LA COUR, en l'audience publique du 16 mars 1995, où étaient présents : M. Kuhnmunch, président, M. Petit, conseiller rapporteur, MM. Vigroux, Berthéas, Gougé, Ollier, Thavaud, conseillers, Mme Kermina, MM. Choppin Haudry de Janvry, Petit, conseillers référendaires, M. de Caigny, avocat général, M. Richard, greffier de chambre ; Sur le rapport de M. le conseiller Favard, les observations de la SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, avocat de M. X..., de Me Cossa, avocat de la CNPBTP, les conclusions de M. de Caigny, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 8 avril 1992), que M. X... bénéficiaire d'un contrat de prévoyance souscrit par son employeur auprès de la Caisse nationale de prévoyance du bâtiment, des travaux publics et des industries connexes (CNPBTP), a bénéficié à partir de 1981 et jusqu'à sa mise à la retraite à l'âge de 60 ans, en septembre 1986, de la rente d'incapacité prévue par ce contrat ; que le règlement de ce régime de prévoyance ayant été modifié en juin 1985, avec suppression de la possibilité de recevoir jusqu'à 65 ans une rente égale à la différence entre le montant de la rente d'incapacité précédemment versée et celui de la retraite, le versement de cette rente différentielle lui a été refusé ; Sur le premier moyen : Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt d'avoir rejeté sa demande en paiement de cette rente, alors, selon le moyen, que les dispositions du règlement de prévoyance de la CNPBTP antérieures à la modification décidée le 22 juin 1985 assuraient aux salariés des entreprises adhérentes au régime ayant souscrit un contrat de type ST et atteints d'invalidité le maintien jusqu'à l'âge de 65 ans de la garantie du capital décès, de la garantie du risque chirurgical, et le versement jusqu'à cet âge d'une rente différentielle égale au montant de la rente d'incapacité précédemment versée diminuée du montant de la retraite, à la condition qu'ils aient la faculté d'être admis à la retraite des cadres à l'âge de 60 ans sans application d'un coefficient d'abattement (et, pour la garantie du risque chirurgical, qu'ils aient effectivement usé de cette faculté) ; que ces dispositions instituaient en faveur de ces salariés un droit à des prestations dont la cause résidait dans l'état d'incapacité de travail dont ils étaient frappés ; qu'en estimant que le fait ouvrant droit auxdites prestations était l'admission à la retraite de l'intéressé, en sorte que M. X... n'avait aucun droit acquis aux prestations prévues à la date à laquelle son état d'invalidité avait été constaté, mais supprimées antérieurement à sa mise à la retraite, la cour d'appel a violé les articles 6, 13, 17 et 18 du règlement du régime de prévoyance de la CNPBTP et l'article 1134 du Code civil ; Mais attendu que les juges du fond ont exactement décidé que le fait ouvrant droit au complément résultant de la différence éventuelle entre le montant de la rente d'incapacité et celui de la retraite est l'admission à la retraite, de sorte que, M. X... ayant pris sa retraite après l'entrée en vigueur du nouveau règlement, qui a supprimé cette possibilité de complément, ce nouveau règlement lui a été à juste titre appliqué ; d'où il suit que le moyen n'est pas fondé ; Et sur le second moyen : Attendu que M. X... reproche encore à l'arrêt attaqué d'avoir rejeté sa demande en nullité de la modification du règlement du régime de prévoyance votée le 22 juin 1985, alors, selon le moyen, d'une part, qu'il ressort des énonciations de l'arrêt attaqué que la nouvelle rédaction du règlement du régime de prévoyance de la CNPBTP issue de la décision de l'assemblée générale du 22 juin 1985, dont M. X... contestait la régularité et demandait l'annulation devant la cour d'appel, avait fait l'objet d'un arrêté ministériel d'approbation en date du 20 février 1986 ; qu'en conséquence la contestation soulevée à l'encontre de dispositions de caractère règlementaire constituait une exception d'illégalité, de sorte que la cour d'appel était tenue soit de surseoir à statuer et renvoyer les parties à se pourvoir devant la juridiction administrative compétente, si elle estimait que la question de la légalité de l'arrêté du 20 février 1986 présentait une difficulté, soit à justifier du défaut de sérieux de la contestation dont elle était saisie ; qu'en déboutant purement et simplement M. X... de sa demande, sans s'expliquer sur le sérieux de la contestation qu'il soulevait, la cour d'appel a violé le principe de la séparation des pouvoirs, la loi des 16-24 août 1790 et l'article R. 731-3 du Code de la sécurité sociale ; alors, d'autre part, que la renonciation à un droit ne peut résulter que d'une manifestation sans équivoque de la volonté de renoncer ; qu'ainsi la renonciation de M. X... à soulever la nullité de la délibération de l'assemblée générale pour des raisons tenant à la régularité de cette délibération ne pouvait résulter ni de ce qu'il avait seulement contesté les dispositions litigieuses sur le fond lors de l'assemblée, ni de son abstention à mettre en cause cette régularité à une date proche de celle-ci ; qu'en statuant comme elle l'a fait, la cour d'appel a violé l'article 1134 du Code civil ; alors, qu'en outre, le vote par correspondance n'étant pas une modalité de droit commun, il ne peut être pratiqué au sein des institutions de prévoyance et de sécurité sociale qu'à la condition qu'il soit expressément prévu par les statuts ; qu'en estimant qu'il pouvait être pratiqué dès lors qu'il n'était pas prohibé par les statuts de la CNPBTP, la cour d'appel a violé les articles 1134 du Code civil et R. 731-8 du Code de la sécurité sociale ; et alors, enfin, subsidiairement, à supposer que le vote par correspondance soit admis en son principe, qu'en s'abstenant de répondre aux conclusions de M. X... soutenant que la délibération du 22 juin 1985 avait été acquise sur le fondement d'une information gravement incomplète et erronée, la cour d'appel a violé l'article 455 du Code de procédure civile ; Mais attendu que les juges du fond ont retenu que les modifications apportées aux dispositions du règlement du régime de prévoyance de la CNPBTP, par l'assemblée générale extraordinaire des adhérents et des participants de cette Caisse du 22 juin 1985, dont M. X... n'a pas contesté la régularité, ont été approuvées, conformément à l'article R. 731-3 du Code de la sécurité sociale, par un arrêté ministériel du 20 février 1986 dont M. X... n'a pas davantage contesté la régularité ; que, par l'effet de cet arrêté publié au journal officiel du 28 février 1986, les dispositions nouvelles du règlement sont devenues opposables à l'ensemble des participants du régime ; qu'en l'état de ces constatations et énonciations, abstraction faite des motifs surabondants dont fait état le moyen, la cour d'appel, qui a ainsi répondu aux conclusions invoquées, a, sans encourir les griefs du moyen, justifié légalement sa décision ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne M. X..., envers la CNPBTP, aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par M. le président en son audience publique du onze mai mil neuf cent quatre-vingt-quinze.