Identifiant: JURITEXT000007075332

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1970X11X04X00034X00A", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/07/53/JURITEXT000007075332.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 10 novembre 1970, 69-11.373, Inédit", "date_decision": "1970-11-10 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "REJET", "numero_affaire": "69-11373", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "1969-01-16", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel Aix-en-Provence 1969-01-16", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Pdt M. Guillot", "avocat_general": "Av.Gén. M. Lambert", "avocats": "Av. Demandeur : M. Talamon", "rapporteur": "Rpr M. Vienne", "ecli": "", "sommaire": "CONTRATS ET OBLIGATIONS - Résiliation - Clause résolutoire - Caractère obligatoire - Portée. * CONTRATS ET OBLIGATIONS - Résolution - Clause résolutoire - Caractère obligatoire - Portée. * CONTRATS ET OBLIGATIONS - Résolution - Contrat à prestations successives - Résolution en application d'une clause résolutoire - Portée. C'est à juste titre qu'une Cour d'appel se refuse à prononcer la résiliation d'un contrat à exécution successive alors que celle-ci se trouvait déjà acquise par application d'une clause dudit contrat. VENTE - Vente commerciale - Exclusivité - Obligation d'exclusivité - Exécution - Exécution partielle (non). * CONTRATS ET OBLIGATIONS - Exécution - Exécution partielle - Vente - Obligation d'exclusivité (non). Une obligation d'exclusivité n'est pas susceptible d'une exécution partielle, ce qui exclut l'application de l'article 1231 du Code civil. CONTRATS ET OBLIGATIONS - Obligation de ne pas faire - Mise en demeure - Nécessité (non). * CONTRATS ET OBLIGATIONS - Obligation de ne pas faire - Mise en demeure - Nécessité (non). Une mise en demeure n'est pas nécessaire en cas d'obligation de ne pas faire."}

Document juridique:
SUR LE PREMIER MOYEN PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST EN PREMIER LIEU FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE (AIX, 16 JANVIER 1969) D'AVOIR REJETE LES CONCLUSIONS DE LA SOCIETE COMBE ET FILS TENDANT A VOIR ECARTER DES DEBATS DES DOCUMENTS PRODUITS PAR SON ADVERSAIRE, LA SOCIETE DURANCE-CONCASSAGE DOCUMENTS SUR LESQUELS CELLE-CI FONDAIT SON ACTION EN PAYEMENT DE LA CLAUSE PENALE INSEREE AU CONTRAT PAR LEQUEL LA PREMIERE DE CES SOCIETES GARANTISSAIT A LA SECONDE L'EXCLUSIVITE DE SA PRODUCTION DE SABLES ET GRAVIERS, ET CE, EN RAISON DES CONDITIONS FRAUDULEUSES DANS LESQUELLES LA SOCIETE DURANCE-CONCASSAGE SE SERAIT PROCURE LESDITS DOCUMENTS, AU MOTIF QU'IL N'ETAIT PAS PROUVE QU'IL Y AIT EU SOUSTRACTION FRAUDULEUSE DE CEUX-CI ET QUE LA SOCIETE COMBE ET FILS N'AVAIT PAS PORTE PLAINTE DE CE CHEF DEVANT LA JURIDICTION PENALE, ALORS, SUIVANT LE POURVOI, D'UNE PART QU'UNE TELLE ABSTENTION N'IMPLIQUAIT PAS, A ELLE SEULE, LA RENONCIATION DE LA SOCIETE COMBE ET FILS A SE PREVALOIR, DEVANT LE JUGE CIVIL, DE L'IRREGULARITE DES CONDITIONS DANS LESQUELLES LES DOCUMENTS EN CAUSE ETAIENT PARVENUS ENTRE LES MAINS DE LA PARTIE ADVERSE, ET ALORS, D'AUTRE PART QUE CELLE-CI, QUI DECLARAIT DANS SES ECRITURES QU'ELLE AVAIT PU SE FAIRE REMETTRE CES DOCUMENTS PAR DES EMPLOYES DE LA SOCIETE COMBE ET FILS, DONT IL N'ETAIT PAS ALLEGUE QU'ILS EUSSENT EU LE POUVOIR OU L'AUTORISATION D'EN DISPOSER AINSI, RECONNAISSAIT PAR LA-MEME, QU'ELLE AVAIT, POUR LE MOINS SCIEMMENT PROFITE DE L'INFIDELITE DE CES PREPOSES, SI MEME ELLE NE L'AVAIT PAS PROVOQUEE, ET S'ETAIT AINSI RENDUE COMPLICE DU DETOURNEMENT DES PIECES QU'ELLE PRODUISAIT ; MAIS ATTENDU, D'UNE PART QUE, DANS SES CONCLUSIONS, LA SOCIETE COMBE ET FILS SOUTENAIT QU'IL EST ETABLI PAR LES DOCUMENTS VERSES AUX DEBATS QUE DURANCE-CONCASSAGE S'EST EMPAREE, SOUS LA MENACE, DANS LES BUREAUX DE LA SOCIETE COMBE DE DOCUMENTS QUI ETAIENT SA PROPRIETE PRIVEE, QUE C'EST DONC A JUSTE TITRE QUE LA SOCIETE COMBE A DEMANDE QU'ILS SOIENT ECARTES DES DEBATS SANS EXAMEN EN RAISON DE LEUR PROVENANCE FRAUDULEUSE, QU'A CES ALLEGATIONS LA COUR D'APPEL A REPONDU QUE LA THESE DU VOL DE DOCUMENTS NE PEUT ETRE SOUTENUE DES LORS QUE LE CHEF DE CHANTIER A ATTENDU LE 10 AVRIL 1967, C'EST-A-DIRE QUATRE JOURS APRES L'ASSIGNATION, POUR SIGNALER LES FAITS A SON EMPLOYEUR, LEQUEL N'A PAS DEPOSE DE PLAINTE ET N'OFFRE PAS DE PROUVER QU'IL A ETE VICTIME D'UNE SOUSTRACTION FRAUDULEUSE, APPRECIANT AINSI SOUVERAINEMENT LES ELEMENTS DE PREUVE INVOQUES A L'APPUI DESDITES ALLEGATIONS ; ATTENDU D'AUTRE PART QUE LA SOCIETE COMBE ET FILS N'A POINT, DANS SES CONCLUSIONS D'APPEL, SOUTENUE QUE LA SOCIETE DURANCE-CONCASSAGE S'ETAIT PROCUREE LES DOCUMENTS LITIGIEUX GRACE A L'INFIDELITE DE SES PREPOSES ; D'OU IL SUIT QUE, MAL FONDE EN SA PREMIERE BRANCHE, LE MOYEN EST NOUVEAU EN SA SECONDE BRANCHE ET, MELANGE DE FAIT ET DE DROIT, IRRECEVABLE DEVANT LA COUR DE CASSATION ; SUR LE DEUXIEME MOYEN, PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL EST REPROCHE A LA COUR D'APPEL D'AVOIR DECLARE LA SOCIETE COMBE ET FILS NON ADMISSIBLE A SOLLICITER LA RESILIATION DE LA CONVENTION INTERVENUE AUX FINS SUS EXPOSEES ENTRE LES PARTIES, AU MOTIF QUE LES LETTRES SIMPLES PAR LESQUELLES, ELLE REPROCHAIT A SA CONTRACTANTE DE NE PAS EXECUTER SES OBLIGATIONS NE VALAIENT PAS MISE EN DEMEURE, MEME EN MATIERE COMMERCIALE, ET QU'UNE AUTRE INFRACTION CONTRACTUELLE ADVERSE, DENONCEE PAR LETTRE RECOMMANDEE, NE POUVAIT DAVANTAGE ETRE INVOQUEE, PUISQUE SANS CONCOMITTANCE AVEC LES INFRACTIONS QU'AURAIT COMMISES LA SOCIETE COMBE ET FILS ; MAIS ATTENDU QUE SI L'ARRET RETIENT BIEN LES MOTIFS CRITIQUES PAR LE POURVOI, IL ENONCE EN OUTRE QUE LA RESILIATION DE LA CONVENTION A ETE ACQUISE EN COURS DU DELIBERE DU TRIBUNAL PAR LA DENONCIATION SUIVANT LETTRE RECOMMANDEE AVEC ACCUSE DE RECEPTION ADRESSEE PAR LA SOCIETE COMBE A SA COCONTRACTANTE ET DECIDE DANS SON DISPOSITIF N'Y AVOIR LIEU A RESILIATION JUDICIAIRE DU CONTRAT EN CONSTATANT QUE CELUI-CI N'A PAS ETE RENOUVELE LE 30 SEPTEMBRE 1967, QUE, SANS QU'IL Y AIT LIEU DE S'ARRETER AUX MOTIFS SUSVISES, SURABONDANTS, C'EST A JUSTE TITRE QUE LA COUR D'APPEL S'EST REFUSEE A PRONONCER LA RESILIATION D'UN CONTRAT A EXECUTION SUCCESSIVE ALORS QUE CELLE-CI SE TROUVAIT DEJA ACQUISE PAR APPLICATION D'UNE CLAUSE DUDIT CONTRAT ; QUE LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ; SUR LE TROISIEME MOYEN : ATTENDU QUE L'ARRET EST ENFIN CRITIQUE EN CE QU'IL A ADMIS EN SON PRINCIPE L'APPLICATION INTEGRALE A LA SOCIETE COMBE ET FILS DE LA CLAUSE PENALE PREVUE AU CONTRAT EN DEPIT DE CE QUE LADITE SOCIETE AVAIT EXECUTE POUR LA PLUS GRANDE PART SON OBLIGATION DE LIVRAISON, AU MOTIF QUE CELLE-CI, ASSORTIE D'UN ENGAGEMENT D'EXCLUSIVITE, S'ANALYSAIT EN UNE OBLIGATION DE NE PAS FAIRE ET, PARTANT, N'ETAIT PAS SUSCEPTIBLE D'EXECUTION PARTIELLE, ALORS QU'UNE OBLIGATION DE LIVRAISON EST, POUR L'ESSENTIEL, UNE OBLIGATION DE FAIRE SUSCEPTIBLE D'EXECUTION PARTIELLE, NECESSITANT, POUR L'APPLICATION DE LA CLAUSE PENALE, LA MISE EN DEMEURE DU DEBITEUR DEFAILLANT, ET DONT L'ENGAGEMENT D'EXCLUSIVITE N'EST QUE LE COROLLAIRE ET L'ACCESSOIRE ; MAIS ATTENDU QU'APRES AVOIR ANALYSE LES CLAUSES DU CONTRAT LITIGIEUX ET CONSTATE QUE LA LETTRE ET L'ESPRIT DE LA CONVENTION VEULENT QUE LA SOCIETE COMBE CONTRACTE UNE OBLIGATION D'EXCLUSIVITE QUI N'EST PAS SUSCEPTIBLE D'UNE EXECUTION PARTIELLE, LA COUR D'APPEL A PU EN DEDUIRE QU'UNE TELLE OBLIGATION EN CAS D'INFRACTION EST ENTIEREMENT INEXECUTEE, CE QUI EXCLUT L'APPLICATION DE L'ARTICLE 1231 DU CODE CIVIL, ET QUE UNE MISE EN DEMEURE N'EST PAS NECESSAIRE EN CAS D'OBLIGATION DE NE PAS FAIRE ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 16 JANVIER 1969 PAR LA COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE ;