Identifiant: JURITEXT000007459282

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX2003X07X01X00178X003", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/45/92/JURITEXT000007459282.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 9 juillet 2003, 00-17.803, Inédit", "date_decision": "2003-07-09 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "00-17803", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_1", "date_decision_attaquee": "2000-05-09", "juridiction_attaquee": "cour d'appel de Caen (1re chambre civile) 2000-05-09", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. LEMONTEY", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu que René X... est décédé le 21 mars 1995, laissant pour lui succéder son épouse Mme Françoise Y..., bénéficiant, en vertu de leur contrat de mariage adoptant le régime de la communauté réduite aux acquêts, de l'usufruit de la part de communauté revenant à la succession de son époux, et leurs deux filles, Mmes Z... et Martine X... ; que René X... ayant, par un testament olographe du 27 juin 1986, légué l'usufruit de la part lui revenant dans la communauté à Mme A..., sa veuve et ses deux filles ont assigné cette dernière en nullité du testament et en outre en remboursement à la communauté d'une somme de plus de 6 000 000 francs lui ayant été remise par le défunt ; Sur le premier moyen : Attendu que Mme A... fait grief à l'arrêt attaqué (Caen, 9 mai 2000) d'avoir annulé le testament alors, selon le moyen, que la constitution d'un second usufruit par le nu-propriétaire s'analyse en une donation à terme de bien présent, le droit d'usufruit du second bénéficiaire lui étant définitivement acquis dès le jour de l'acte de donation, seul l'exercice de ce droit se trouvant différé à l'époque où le premier usufruit aura pris fin, de sorte qu'en décidant qu'un second usufruit ne pouvait être constitué par le testateur, nu-propriétaire, la cour d'appel a violé l'article 617 du Code civil ; Mais attendu que la cour d'appel a retenu que les dispositions testamentaires de René X... exprimaient la volonté de celui-ci de faire bénéficier Mme A... de l'usufruit de sa part dans la communauté dès son décès, en écartant l'usufruit de son épouse, en contravention de leur contrat de mariage ; qu'ayant ainsi implicitement mais nécessairement constaté que le testament ne comportait aucun usufruit successif, elle a légalement justifié sa décision d'annuler cet acte et que le moyen, qui critique un motif surabondant, est inopérant ; Et sur le second moyen, tel qu'énoncé au mémoire en demande et reproduit en annexe au présent arrêt : Attendu que l'arrêt a condamné Mme A... à restituer à la communauté de biens ayant existé entre le défunt et son épouse, la presque intégralité des sommes réclamées ; que, sous couvert d'un grief non fondé de défaut de base légale au regard des articles 1422 et 1427 du Code civil, le moyen ne tend qu'à remettre en cause l'appréciation souveraine, par la cour d'appel, des faits et des preuves qui ont conduit celle-ci à estimer que la remise de sommes par René X... à Mme A... procédait d'une intention libérale de sa part ; qu'il ne peut être accueilli ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne Mme A... aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande formée par Mme A... ; la condamne à payer aux consorts X... la somme globale de 2 500 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du neuf juillet deux mille trois.