Identifiant: JURITEXT000007074823

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1970X03X04X00010X00A", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/07/48/JURITEXT000007074823.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 2 mars 1970, 68-14.132, Inédit", "date_decision": "1970-03-02 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "REJET", "numero_affaire": "68-14132", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "1968-07-06", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel Paris (Chambre 4 ) 1968-07-06", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Pdt M. Guillot", "avocat_general": "Av.Gén. M. Toubas", "avocats": "Av. Demandeur : M. Ryziger", "rapporteur": "Rpr M. Larere", "ecli": "", "sommaire": "CONCURRENCE DELOYALE OU ILLICITE - Faute - Détournement de clientèle - Assurances - Courtier. ASSURANCE (règles générales) - Personnel - Courtier - Concurrence déloyale - Détournement de clientèle par l'ancien employé d'un courtier. * CONVENTIONS COLLECTIVES - Assurances - Personnel - Courtier - Convention collective du travail du 8 juillet 1952. Dès lors qu'il est établi que l'ancien employé d'un agent d'assurances a recueilli une partie de la clientèle de son employeur dans les quatre mois qui ont suivi son départ et a ainsi violé les dispositions de la convention collective de travail des employés cadres et producteurs des cabinets de courtage d'assurances les juges du fond peuvent faire droit à l'action en dommages-intérêts pour concurrence déloyale formée par l'employeur."}

Document juridique:
SUR LE MOYEN UNIQUE PRIS EN SES DEUX BRANCHES : ATTENDU QU'IL RESULTE DES ENONCIATIONS DE L'ARRET ATTAQUE (PARIS, 6 JUILLET 1968), QUE LA SOCIETE "AGENCE GENERALE D'ASSURANCES" A FAIT ASSIGNER EN PAIEMENT DE DOMMAGES-INTERETS POUR CONCURRENCE "DELOYALE" SON ANCIEN EMPLOYE EDGARD Y... X... QUE LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE "CABINET Y..." CREE PAR CE DERNIER, QUE L'AGENCE GENERALE D'ASSURANCES REPROCHAIT A Y... D'AVOIR DEMARCHE ET DETOURNE SA PROPRE CLIENTELE AU PROFIT DU CABINET DE COURTAGE D'ASSURANCES QU'IL AVAIT FONDE APRES AVOIR QUITTE SON EMPLOYEUR, ALORS QU'UN TEL DEMARCHAGE LUI ETAIT FORMELLEMENT INTERDIT PAR APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 16 DE LA CONVENTION COLLECTIVE DE TRAVAIL DES EMPLOYES, CADRES ET PRODUCTEURS DES CABINETS DE COURTAGE D'ASSURANCES DE LA REGION PARISIENNE DU 8 JUILLET 1952 RENDUE ULTERIEUREMENT APPLICABLE A L'ENSEMBLE DE LA PROFESSION ; ATTENDU QU'IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET PARTIELLEMENT INFIRMATIF DEFERE D'AVOIR FAIT DROIT A CETTE DEMANDE ALORS QUE, SELON LE POURVOI, D'UNE PART, LA CHARGE DE LA PREUVE INCOMBE AU DEMANDEUR ET QUE C'ETAIT AU CABINET CORDIER (SOCIETE AGENCE GENERALE D'ASSURANCES) QUI INVOQUAIT UNE INFRACTION A LA CONVENTION COLLECTIVE ET EN PARTICULIER A L'ARTICLE 16 DE CELLE-CI, QUI PERMET AUX EMPLOYES DES SERVICES INTERIEURS OU EXTERIEURS DES CABINETS DE COURTAGE, DE SE REPLACER DANS TOUT CABINET DE COURTAGE, AVEC SEULEMENT INTERDICTION DE DEMARCHER DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT LA CLIENTELE DE L'EMPLOYEUR QU'IL VIENT DE QUITTER, D'APPORTER LA PREUVE DE CE QUE LA SOCIETE Y... AVAIT EFFECTUE DES ACTES DE DEMARCHAGE, ET QUE CE N'ETAIT PAS A LA SOCIETE Y... A APPORTER LA PREUVE INVERSE, AINSI QU'ELLE L'AVAIT DU RESTE FAIT OBSERVER DANS DES CONCLUSIONS DEMEUREES SANS REPONSE, ET ALORS, D'AUTRE PART, QU'IL EST INTERDIT AUX JUGES DE STATUER EN TERMES HYPOTHETIQUES OU DUBITATIFS, ET QU'EN DECLARANT QU'IL Y A TOUT LIEU DE PENSER QU'AU MOINS UNE BONNE PARTIE DES 77 CLIENTS DE CORDIER (AGENCE GENERALE D'ASSURANCES) QUI SE SONT ADRESSES A Y... ONT ETE EN REALITE DEMARCHES PAR CELUI-CI, SANS QUE LA COUR D'APPEL AIT RETENU LE MOINDRE ELEMENT DE PREUVE APPORTE PAR CES DERNIERS, LA DECISION ATTAQUEE A STATUE EN TERMES HYPOTHETIQUES, ET DU RESTE INTERVERTI LA CHARGE DE LA PREUVE ; MAIS ATTENDU, QUE LA COUR D'APPEL, REPONDANT AUX CONCLUSIONS INVOQUEES, RETIENT QU'IL EST ETABLI QUE Y... A RECUEILLI LA CLIENTELE DE 77 ANCIENS ASSURES DU CABINET CORDIER (AGENCE GENERALE D'ASSURANCES) LA PLUPART DANS LES QUATRE MOIS QUI ONT SUIVI SON DEPART, LE 30 AVRIL 1966, "BEAUCOUP AUX MOIS DE JUIN ET JUILLET, C'EST A DIRE DANS UN TRES COURT ESPACE DE TEMPS", ET AJOUTE QUE L'ENSEMBLE DE CES CLIENTS N'A PU ENTRER SI VITE EN CONTACT AVEC LA NOUVELLE AGENCE SANS AVOIR ETE DANS UNE LARGE MESURE SOLLICITE, QUE L'ARRET AYANT EGALEMENT RELEVE QUE Y... S'ETAIT PRETENDU PROPRIETAIRE DE CETTE CLIENTELE ET AYANT DEMANDE A PROUVER, PAR TITRES ET TEMOINS , EN LA FORME DES ENQUETES, QU'IL AVAIT AMENE A LA SOCIETE AGENCE GENERALE D'ASSURANCES LES CLIENTS QU'IL AVAIT ENSUITE REPRIS, LA COUR D'APPEL SE FONDE, TANT SUR LES PRESOMPTIONS SUS-ENONCEES, FORMULEES EN TERMES NI DUBITATIFS NI HYPOTHETIQUES, QUE SUR APPRECIATION SOUVERAINE DES ELEMENTS DE DECISION QUI LUI ETAIENT SOUMIS PAR LES DEUX PARTIES POUR DECLARER QUE LA PRETENTION DE Y... N'EST APPUYEE D'AUCUNE PREUVE AU COMMENCEMENT DE PREUVE ET DECIDER QUE CET ANCIEN EMPLOYE A VIOLE LES DISPOSITIONS DE LA CONVENTION COLLECTIVE ET QU'IL DOIT REPARER LE DOMMAGE QU'IL A CAUSE A L'AGENCE GENERALE D'ASSURANCES, QU'EN STATUANT AINSI LA COUR D'APPEL N'A PAS NON PLUS INTERVERTI LA CHARGE DE LA PREUVE ; D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ; PAR CES MOTIFS REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 6 JUILLET 1968 PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS (4EME CHAMBRE) ;