Identifiant: JURITEXT000007151824

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1992X03X05X00446X050", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/15/18/JURITEXT000007151824.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre sociale, du 5 mars 1992, 88-44.650, Inédit", "date_decision": "1992-03-05 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "88-44650", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_SOCIALE", "date_decision_attaquee": "1988-06-24", "juridiction_attaquee": "cour d'appel de Versailles (5ème chambre, section A) 1988-06-24", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par la société anonyme Elie Toussaint, dont le siège social est Sandarville à Illiers Combray (Eure-et-Loir), en cassation d'un arrêt rendu le 24 juin 1988 par la cour d'appel de Versailles (5ème chambre, section A), au profit de M. Christophe X..., demeurant Ecurolles, Charonville à Illiers Combray (Eure-et-Loir), défendeur à la cassation ; LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 23 janvier 1992, où étaient présents : M. Cochard, président, Mme Blohorn-Brenneur, conseiller référendaire, rapporteur, MM. Zakine, Ferrieu, conseillers, M. Laurent-Atthalin, conseiller référendaire, M. Kessous, avocat général, Mme Molle-de Hédouville, greffier de chambre ; Sur le rapport de Mme Blohorn-Brenneur, conseiller référendaire, les observations de la SCP Defrenois et Levis, avocat de la société Elie Toussaint, les conclusions de M. Kessous, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Sur le moyen unique : Attendu que selon l'arrêt attaqué (Versailles, 24 juin 1988) M. X... a été engagé en qualité de ferrailleur O Q 1 par la société Elie Toussaint le 7 décembre 1981 et est parti effectuer son service militaire le 25 mai 1984 ; qu'il soutient qu'à sa libération du service national l'employeur a refusé de le réintégrer dans l'entreprise ; Attendu que la société Elie Toussaint reproche à l'arrêt attaqué de l'avoir condamnée à payer à M. X... des dommages et intérêts pour refus de réintégration injustifié ; alors que, d'une part, en s'abstenant de rechercher, comme elle y était invitée, si lors de l'entretien du 15 mai 1985 M. X... n'avait pas clairement et définitivement exprimé sa volonté de ne pas reprendre son emploi à l'issue de son service militaire, la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa décision au regard des articles L. 122-18 et suivants du Code du travail ; alors que, d'autre part, la suppression de l'emploi occupé par le salarié ou d'un emploi relevant de la même catégorie professionnelle libère l'employeur de son obligation de réintégration ; qu'en l'espèce il résulte des constatations de l'arrêt attaqué qu'à la suite du départ de M. X... au service militaire, l'atelier de ferraillage où celui-ci était employé en qualité de ferrailleur a continué de fonctionner avec un seul ferrailleur au lieu de deux ; qu'ainsi, en statuant comme elle l'a fait, la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations et a violé l'article L. 122-18 du Code du travail ; alors qu'enfin la réintégration ne saurait s'accompagner d'une transformation des conditions juridiques du contrat antérieur qui, de contrat à durée indéterminée, deviendrait un contrat à durée déterminée ; qu'ainsi, en se déterminant comme elle l'a fait, au motif que l'employeur n'aurait pas proposé à M. X... dont le contrat antérieur était à durée indéterminée une réintégration suivant l'un des contrats de travail à durée déterminée conclus entre juin 1985 et janvier 1988, la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa décision au regard de l'article L. 122-18 du Code du travail ; Mais attendu d'une part, que la cour d'appel a retenu qu'il ressort du courrier reçu le 31 mai 1985 par la société que M. X... a manifesté son intention de reprendre le travail ; Attendu d'autre part, que la cour d'appel qui n'a pas dit que la société devait réintégrer le salarié suivant un contrat à durée déterminée, a estimé, sans encourir les griefs du moyen, que l'employeur n'établissait pas avoir supprimé un poste de ferrailleur ; Qu'en aucune de ses branches le moyen n'est fondé ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; ! Condamne la société Elie Toussaint, envers M. X..., aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ;