Identifiant: JURITEXT000007548290

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXRXCX1992X06X06X00861X006", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/54/82/JURITEXT000007548290.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 10 juin 1992, 91-86.106, Inédit", "date_decision": "1992-06-10 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "91-86106", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CRIMINELLE", "date_decision_attaquee": "1991-10-11", "juridiction_attaquee": "cour d'appel de Grenoble, chambre correctionnelle 1991-10-11", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice, à PARIS, le dix juin mil neuf cent quatre vingt douze, a rendu l'arrêt suivant : Sur le rapport de M. le conseiller BLIN, les observations de Me de NERVO, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général PERFETTI ; Statuant sur le pourvoi formé par : Y... Patrick, partie civile, contre l'arrêt de la cour d'appel de GRENOBLE, chambre correctionnelle, du 11 octobre 1991 qui, dans la procédure suivie contre Anne-Marie X..., épouse Z..., du chef de blessures involontaires, a prononcé sur les intérêts civils ; Vu le mémoire produit ; Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation de l'article 320 du Code pénal, des articles d 1er et suivants de la loi du 5 juillet 1985, 485 et 592 du Code de procédure pénale, contradiction de motifs et dénaturation de l'écrit ; "en ce que la cour d'appel a limité l'évaluation du préjudice subi par Y... à la somme de 314 529,22 francs pour le préjudice corporel soumis à recours et 61 000 francs pour le préjudice corporel personnel ; "aux motifs que, "si le droit à réparation du préjudice corporel de la victime d'une infraction ne doit pas être réduit en raison d'une prédisposition pathologique de cette même victime, encore faut-il que l'affection qui en est issue ait été révélée ou provoquée par le fait dommageable ; ""qu'en l'espèce cette "révélation" relève non de la certitude mais de la probabilité ; ""qu'il y a donc lieu d'homologuer le rapport d'expertise..." (arrêt p. 5 et 6)" ; "alors que le rapport d'expertise déposé le 23 mars 1991 conclut que l'accident a certainement joué un rôle révélateur dans l'apparition des troubles du comportement et des manifestations épileptiformes ; qu'ainsi la Cour ne pouvait, d'une part, homologuer ce rapport et, d'autre part, retenir que la révélation des troubles ne relevait que d'une probabilité" ; Vu lesdits articles ; Attendu que tout jugement ou arrêt doit contenir les motifs propres à justifier la décision ; que la contradiction des motifs équivaut à leur absence ; Attendu que, pour limiter à 314 529,22 francs l'évaluation du préjudice découlant de l'atteinte à l'intégrité physique de Patrick Y..., victime d'un accident dont Anne-Marie X... a été déclarée coupable et qui demeure atteint d'une incapacité permanente de 20 %, et pour fixer à 61 000 francs son préjudice à caractère personnel, la juridiction du second degré énonce qu'il y a "lieu d'homologuer le rapport d'expertise", lequel conclut à une perte d'odorat et à des "malaises épileptiformes évoluant dans le cadre des troubles du comportement en rapport avec sa décompensation d'une personnalité psychopathique" ; que les juges précisent que selon l'expert "l'accident avait d certainement joué un rôle révélateur dans l'apparition de ces manifestations mais que celles-ci n'étaient pas la conséquence directe et déterminante de celui-ci" et "qu'il n'y avait pas lieu de fixer un nouveau taux d'incapacité permanente partielle, mais uniquement de majorer le pretium doloris" ; qu'ils ajoutent que "si le droit à réparation du préjudice corporel de la victime d'une infraction ne saurait être réduit en raison d'une prédisposition pathologique de cette même victime, encore faut-il que l'affection qui en est issue ait été révélée ou provoquée par le fait dommageable"; Mais attendu qu'en prononçant ainsi après avoir retenu le rôle révélateur de l'accident dans l'apparition des troubles neuropsychiques de la victime ce qui suffisait à justifier son indemnisation de ces chefs du dommage la cour d'appel a méconnu le principe susénoncé ; D'où il suit que la cassation est encourue ; Par ces motifs ; CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt de la cour d'appel de Grenoble du 11 octobre 1991, et pour qu'il soit à nouveau jugé conformément à la loi, RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Chambéry, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Grenoble et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ; Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ; Où étaient présents : M. Souppe conseiller le plus ancien faisant fonctions de président en remplacement du président empêché, M. Blin conseiller V rapporteur, MM. Jean Simon, Carlioz, Jorda conseillers de la chambre, M. Maron, Mme Ferrari conseillers référendaires, M. Perfetti avocat général, Mme Mazard greffier de chambre ;