Identifiant: JURITEXT000007167109

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1992X11X05X00439X020", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/16/71/JURITEXT000007167109.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre sociale, du 25 novembre 1992, 89-43.920, Inédit", "date_decision": "1992-11-25 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "89-43920", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_SOCIALE", "date_decision_attaquee": "1989-06-09", "juridiction_attaquee": "cour d'appel de Paris (22e Chambre, Section C) 1989-06-09", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par M. Jean-Michel X..., demeurant ... (Hauts-de-Seine), en cassation d'un arrêt rendu le 9 juin 1989 par la cour d'appel de Paris (22e Chambre, Section C), au profit de la société Mars Actel, société anonyme dont le siège social est ... à Vrigne-au-Bois (Ardennes), défenderesse à la cassation ; LA COUR, en l'audience publique du 28 octobre 1992, où étaient présents : M. Kuhnmunch, président, M. Monboisse, conseiller rapporteur, MM. Guermann, Saintoyant, Vigroux, Mme Ridé, MM. Carmet, Merlin, conseillers, Mme Blohorn-Brenneur, M. Aragon-Brunet, Mlle Sant, MM. Fontanaud, Choppin Haudry de Janvry, conseillers référendaires, M. Graziani, avocat général, Mme Collet greffier de chambre ; Sur le rapport de M. le conseiller Monboisse, les observations de la SCP Masse-Dessen, Georges et Thouvenin, avocat de M. X..., de la SCP Célice et Blancpain, avocat de la société Mars Actel, les conclusions de M. Graziani, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; ! Sur le moyen unique : Vu l'article 1134 du Code civil ; Attendu que, selon l'arrêt attaqué et la procédure, M. Jean-Michel X... a été engagé le 16 novembre 1979 par la société Mars Actel en qualité de directeur commercial ; que le contrat de travail contenait une clause de non-concurrence qui était assortie, en contrepartie, d'une indemnité devant être versée par l'employeur selon les modalités de la convention collective des ingénieurs et cadres des industries des métaux ; que M. X... a été licencié par lettre du 13 novembre 1986 ; que, le lendemain, une transaction a été signée par l'employeur et le salarié ; que cet accord prévoyait le paiement d'un préavis de six mois, bien que le salarié ait été dispensé de l'effectuer, ainsi que le règlement des congés payés, d'une prime de fin d'année, d'une indemnité conventionnelle de licenciement et d'une indemnité forfaitaire à titre de dommages-intérêts qui était destinée à compenser le préjudice moral, professionnel et de carrière résultant de la rupture du contrat de travail et qui était calculée en tenant compte de l'âge, de l'ancienneté et des "difficultés prévisibles de reclassement" ; que la société Mars Actel s'engageait, en outre, à essayer de trouver un emploi au sein du groupe CGE à M. X... ; que, n'ayant pu y parvenir, elle a écrit, le 14 janvier 1987, au salarié : "Nous vous libérons dès maintenant de la clause de non-concurrence" ; que M. X... a saisi la juridiction prud'homale d'une demande de paiement de l'indemnité compensatrice ; Attendu que pour dire que la société Mars Actel a renoncé en temps utile à la clause de non-concurrence, la cour d'appel a relevé que l'analyse de la transaction et de la lettre du 14 janvier 1987 révélait que les parties s'étaient mises d'accord sur les solutions à apporter à tous les problèmes afférents à la rupture du contrat de travail, y compris l'application de la clause de non-concurrence ; Attendu cependant qu'il ne résulte ni de la transaction intervenue entre les parties, ni de la lettre du 14 janvier 1987 que l'employeur ait renoncé de façon claire et non équivoque à la clause de non-concurrence, dans le délai prévu par la convention collective ; Qu'en statuant comme elle l'a fait, la cour d'appel a violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 9 juin 1989, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Versailles ; Condamne la société Mars Actel, envers M. X..., aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ; Ordonne qu'à la diligence de M. le procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit sur les registres de la cour d'appel de Paris, en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par M. le président en son audience publique du vingt cinq novembre mil neuf cent quatre vingt douze.