Identifiant: JURITEXT000034859877

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/34/85/98/JURITEXT000034859877.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, civile, Chambre civile 2, 1 juin 2017, 16-15.577, Inédit", "date_decision": "2017-06-01 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "21700780", "solution": "Irrecevabilité", "numero_affaire": "16-15577", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_2", "date_decision_attaquee": "2014-04-10 00:00:00", "juridiction_attaquee": "Tribunal de grande instance de Paris", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Mme Flise (président)", "avocat_general": "", "avocats": "SCP Célice, Soltner, Texidor et Périer, SCP Piwnica et Molinié", "rapporteur": "", "ecli": "ECLI:FR:CCASS:2017:C200780", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, DEUXIÈME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur la recevabilité du pourvoi, examinée d'office après avis donné aux parties en application de l'article 1015 du code de procédure civile : Vu l'article 1843-4 du code civil, dans sa rédaction alors applicable ; Attendu, selon l'ordonnance attaquée (tribunal de grande instance de Paris, 10 avril 2014) et les productions, que M. X..., associé de la société civile des Mousquetaires (la société), ayant indiqué qu'il ne renouvellerait pas son contrat d'enseigne venant à expiration, a, conformément aux statuts de la société, été exclu de celle-ci ; qu'un désaccord ayant opposé les parties sur la valeur des parts sociales détenues par M. X... qui en avait sollicité le remboursement, le président du tribunal de grande instance de Paris a, par ordonnance du 16 octobre 2008, désigné M. Y...en qualité d'expert ; que par un arrêt du 12 mai 2009, l'ordonnance a été partiellement annulée en ce qu'elle avait dit que l'expert serait saisi et effectuerait sa mission conformément aux dispositions des articles 263 et suivants du code de procédure civile ; que par une ordonnance du 30 août 2012, M. Z...a été désigné en remplacement de M. Y... aux fins d'évaluer la valeur des parts sociales « sur le fondement et en application des dispositions de l'article 1843-4 du code civil » ; que par une ordonnance du 28 mars 2013, M. A... a été désigné en qualité d'expert en remplacement de M. Z... « avec la mission définie dans l'ordonnance du 16 octobre 2008 et reprise dans l'ordonnance du 30 août 2012 » ; que par une ordonnance du 10 avril 2014, le président du tribunal de grande instance de Paris a rectifié l'ordonnance du 28 mars 2013 ; Attendu que la société fait grief à l'ordonnance attaquée de dire que l'avant dernier paragraphe de la page 2 de l'ordonnance rendue en la forme des référés le 28 mars 2013 sera rédigée comme suit : « attendu que M. Z... a renoncé à accomplir sa mission de tiers évaluateur qui lui a été confiée par ordonnance du 30 août 2012 ; qu'il convient de faire droit à la demande de désignation d'un nouveau tiers évaluateur avec la mission définie à l'ordonnance du 30 août 2012 prise en application de l'article 1843-4 du code civil ; » et de dire que le deuxième paragraphe du dispositif de l'ordonnance rendue en la forme des référés du 28 mars 2013 sera rédigée comme suit : « désignons en qualité de tiers évaluateur M. A... place de l'Europe 47 rue de Liège 75008 Paris en remplacement de M. Z... démissionnaire avec la mission définie dans l'ordonnance du 30 août 2012 » alors, selon le moyen : 1°/ que les erreurs matérielles qui affectent un jugement peuvent être réparées par la juridiction qui l'a rendu, selon ce que le dossier révèle ou à défaut, ce que la raison commande ; que l'erreur matérielle est une erreur involontaire, qui ne porte pas à conséquence sur la situation des parties ; que dans son assignation du 5 mars 2013, M. X... demandait « la désignation d'un nouvel expert, en remplacement de M. Z..., démissionnaire, avec la mission définie dans l'ordonnance du 16 octobre 2008 et reprise dans l'ordonnance du 30 août 2012 » ; que le juge, en faisant droit, dans sa décision du 28 mars 2013, à la demande telle qu'elle était formulée, n'a commis aucune erreur matérielle ; qu'en retenant le contraire, la cour d'appel a violé l'article 462 du code de procédure civile ; 2°/ que l'ordonnance du 28 mars 2013 investissait l'expert désigné d'une double mission, à la fois d'expertise classique (ordonnance du 16 octobre 2008) et d'évaluation sur le fondement de l'article 1843-4 du code civil (ordonnance du 30 août 2012) ; qu'en supprimant la référence à une des deux missions, pour restreindre la mission de l'expert à celle ordonnée le 30 août 2012, le juge a, sous couvert de rectification d'erreur matérielle, modifié la mission de l'expert telle qu'elle avait été définie par l'ordonnance du 28 mars 2013, et méconnu la chose jugée ; qu'il a ce faisant violé les articles 462 et 480 du code de procédure civile ; Mais attendu qu'il résulte de l'article 1843-4 du code civil, sur le fondement duquel le président du tribunal de grande instance a statué, que la décision par laquelle celui-ci, en application de ce texte, procède à la désignation d'un expert chargé de déterminer la valeur de droits sociaux, fût-ce en remplacement d'un premier expert ayant renoncé à sa mission, est sans recours possible ; que cette disposition s'applique, par sa généralité, au pourvoi en cassation comme à toute autre voie de recours ; qu'il n'y est dérogé qu'en cas d'excès de pouvoir ; que le moyen n'invoque aucun excès de pouvoir ; D'où il suit que le pourvoi n'est pas recevable ; PAR CES MOTIFS : DECLARE le pourvoi IRRECEVABLE ; Condamne la société civile des Mousquetaires aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande de la société civile des Mousquetaires, la condamne à payer la somme de 3 000 euros à M. X... ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du premier juin deux mille dix-sept. MOYEN ANNEXE au présent arrêt Moyen produit par la SCP Piwnica et Molinié, avocat aux Conseils, pour Société civile des Mousquetaires. Il est reproché à l'ordonnance attaquée d'avoir dit que l'avant dernier paragraphe de la page 2 de l'ordonnance rendue en la forme des référés le 28 mars 2013 sera rédigée comme suit : attendu que M. Z... a renoncé à accomplir sa mission de tiers évaluateur qui lui a été confiée par ordonnance du 30 août 2012 ; qu'il convient de faire droit à la demande de désignation d'un nouveau tiers évaluateur avec la mission définie à l'ordonnance du 30 août 2012 prise en application de l'article 1843-4 du code civil ; disons que le deuxième paragraphe du dispositif de l'ordonnance rendue en la forme des référés du 28 mars 2013 sera rédigée comme suit : désignons en qualité de tiers évaluateur M. A... place de l'Europe 47 rue de Liège 75008 Paris en remplacement de M. Z... démissionnaire avec la mission définie dans l'ordonnance du 30 août 2012 », AUX MOTIFS QUE par ordonnance de référé du 16 octobre 2008, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a désigné Monsieur Y... en qualité d'expert, à la requête de Monsieur et Madame X... au contradictoire de la société civile des MOUSQUETAIRES ; que par arrêt du 12 mai 2008 la cour d'appel de Paris a infirmé partiellement cette ordonnance en ce qu'elle visait l'article 263 du code de procédure civile et rejeté le recours pour le surplus ; que par arrêt du 14 septembre 2010 la Cour de cassation a déclaré le pourvoi irrecevable en l'absence d'excès de pouvoir ; que par ordonnance rendue en la forme des référés le 30 août 2012, Monsieur Y... ayant renoncé à sa mission, Monsieur Z... a été désigné en remplacement sur le fondement de l'article 1843-4 du code civil en qualité de tiers évaluateur ; que par ordonnance rendue en la forme des référés le 28 mars 2013, le juge a remplacé Monsieur Z... qui a renoncé à sa mission par Monsieur A... ; que cette ordonnance est entachée d'erreurs matérielles dont le juge se saisit d'office ; qu'en effet, en page 2 dans les motifs il est indiqué que Monsieur Z... a renoncé à accomplir sa mission de tiers évaluateur qui lui a été confiée par ordonnance du 30 août 2012 ; qu'il convient de faire droit à la demande de désignation d'un nouvel expert avec la mission définie dans l'ordonnance du 16 octobre 2008 et reprise dans l'ordonnance du 30 août 2012 ; que Monsieur Z..., tiers évaluateur, n'a pu être remplacé que par un autre tiers évaluateur et non un expert ; qu'il convient de rectifier l'ordonnance sur ce point, s'agissant d'une erreur purement matérielle ; que par ailleurs, Monsieur A... a été désigné en remplacement de Monsieur Z... avec la mission qui a été confiée à Monsieur Z... par l'ordonnance du 30 août 2013, en qualité de tiers évaluateur ; que la référence à l'ordonnance du 16 octobre 2008, laquelle a d'ailleurs été en partie infirmée par la cour d'appel de Paris, est une erreur purement matérielle ; que la même erreur est reprise dans le dispositif qui désigne Monsieur A... en qualité d'expert alors qu'il est désigné en remplacement de Monsieur Z... pour accomplir la mission de tiers évaluateur de l'ordonnance du 30 août 2012 ; que les erreurs purement matérielles doivent être rectifiées dans les termes du dispositif de la présente ordonnance ; 1°) ALORS QUE les erreurs matérielles qui affectent un jugement peuvent être réparées par la juridiction qui l'a rendu, selon ce que le dossier révèle ou à défaut, ce que la raison commande ; que l'erreur matérielle est une erreur involontaire, qui ne porte pas à conséquence sur la situation des parties ; que dans son assignation du 5 mars 2013, M. X... demandait « la désignation d'un nouvel expert, en remplacement de M. Z..., démissionnaire, avec la mission définie dans l'ordonnance du 16 octobre 2008 et reprise dans l'ordonnance du 30 août 2012 » ; que le juge, en faisant droit, dans sa décision du 28 mars 2013, à la demande telle qu'elle était formulée, n'a commis aucune erreur matérielle ; qu'en retenant le contraire, la cour d'appel a violé l'article 462 du code de procédure civile ; 2°) ALORS QUE l'ordonnance du 28 mars 2013 investissait l'expert désigné d'une double mission, à la fois d'expertise classique (ordonnance du 16 octobre 2008) et d'évaluation sur le fondement de l'article 1843-4 du code civil (ordonnance du 30 août 2012) ; qu'en supprimant la référence à une des deux missions, pour restreindre la mission de l'expert à celle ordonnée le 30 août 2012, le juge a, sous couvert de rectification d'erreur matérielle, modifié la mission de l'expert telle qu'elle avait été définie par l'ordonnance du 28 mars 2013, et méconnu la chose jugée ; qu'il a ce faisant violé les articles 462 et 480 du code de procédure civile.