Identifiant: JURITEXT000018809235

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/18/80/92/JURITEXT000018809235.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, civile, Chambre commerciale, 14 mai 2008, 06-20.591, Inédit", "date_decision": "2008-05-14 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "40800556", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "06-20591", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "2006-09-26 00:00:00", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Paris", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Mme Favre (président)", "avocat_general": "", "avocats": "Me Luc-Thaler, SCP Monod et Colin", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le moyen unique : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 26 septembre 2006, RG n° 05/25335) et les productions, que la société Mueller Europe (la société) a été mise en liquidation judiciaire le 4 mars 2003 ; que l'URSSAF de Seine-et-Marne (l'URSSAF) a, le 18 avril 2003, déclaré une créance pour un montant total de 918 535,47 euros, dont 581 732 euros à titre provisionnel ; que le délai prévu à l'article L. 621-43 du code de commerce, dans sa rédaction antérieure à la loi du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises, expirait le 26 mai 2004 ; que, le 24 mars 2004, l'URSSAF a notifié à M. X..., liquidateur de la société, une mise en demeure relative à la dite somme ; que, le 26 avril 2004, ce dernier ayant saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale d'une opposition, l'URSSAF a demandé à celui-ci, le 27 avril suivant, de constater sa créance ; qu'une ordonnance du juge-commissaire du 22 juillet 2004 a sursis à statuer, dans l'attente de la décision du tribunal sur l'admission à titre définitif de la créance déclarée à titre provisionnel ; que par une seconde ordonnance du 15 décembre 2005, le juge-commissaire a rejeté cette créance ; Attendu que M. X..., ès qualités, fait grief à l'arrêt d'avoir admis définitivement, à titre privilégié, la créance déclarée à titre provisionnel par l'URSSAF pour une certaine somme, alors, selon le moyen : 1°/ que l'admission définitive de la créance d'un organisme de sécurité sociale déclarée à titre provisionnel est subordonnée à la production, dans le délai visé à l'article L. 621-43 du code de commerce, d'un titre exécutoire ; qu'une simple mise en demeure ne constitue pas un titre exécutoire au sens du dit article ; que la seule mise en oeuvre d'une procédure qui tend à voir fixer le montant d'une créance sociale et à conférer à l'organisme social un titre exécutoire n'est pas susceptible d'interrompre le délai légal de forclusion ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a constaté que le délai prévu à l'article L. 621-43 du code de commerce était venu à expiration le 26 mai 2004, que l'URSSAF avait, le 24 mars 2004, seulement mis en demeure le représentant des créanciers de payer le montant de la créance déclarée à titre provisionnel, que celui-ci avait saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale d'une opposition à cette mise en demeure et que l'URSSAF avait saisi le même tribunal aux fins de constatation de sa créance, qui n'a été constatée que par un jugement du 5 avril 2005 ; qu'il ne résulte pas de ces constatations que l'URSSAF avait satisfait à l'obligation de déclaration de sa créance à titre définitif dans le délai légal ; qu'en prononçant toutefois l'admission définitive, à titre privilégié, de la créance déclarée à titre provisionnel par l'URSSAF, la cour d'appel a violé les articles L. 621-43 et L. 621-103 du code de commerce ; 2°/ que la déclaration de l'URSSAF à titre définitif doit, à peine de forclusion, être effectuée dans le délai de l'article L.621-43 du code de commerce ; que la déclaration tardive d'une créance emporte son extinction ; qu'en conséquence, la créance de l'URSSAF déclarée à titre provisionnel est éteinte dès lors que son établissement définitif n'a pas été effectué dans le délai de l'article L. 621-43 du code de commerce ; qu'en prononçant l'admission définitive, à titre privilégié, de la créance dont il résulte des constatations de l'arrêt qu'elle a été déclarée tardivement par l'URSSAF pour son montant admis à titre provisionnel, la cour d'appel a violé les dispositions des articles L. 621-43 et L. 621-103 du code de commerce ; Mais attendu qu'ayant relevé que M. X..., ès qualités, avait saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale le 26 avril 2004 d'une opposition à la mise en demeure de l'URSSAF de lui payer la somme de 918 535,47 euros, ce dont il résultait que la procédure judiciaire engagée dans le délai de l'article L. 621-43, alinéa 3, du code de commerce, applicable en la cause, excluait toute forclusion, la cour d'appel a fait une exacte application de ce texte en prononçant l'admission définitive de la créance déclarée à titre provisionnel pour une certaine somme ; que le moyen n'est pas fondé ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne M. X..., ès qualités, aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes de l'URSSAF de Seine-et-Marne et de M. X..., ès qualités ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du quatorze mai deux mille huit.