Identifiant: JURITEXT000007457457

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX2003X02X04X00128X060", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/45/74/JURITEXT000007457457.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre commerciale, du 11 février 2003, 00-12.860, Inédit", "date_decision": "2003-02-11 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Cassation", "numero_affaire": "00-12860", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "2000-01-05", "juridiction_attaquee": "cour d'appel de Nancy (2e chambre commerciale) 2000-01-05", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. DUMAS", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": "BANQUE - Responsabilité - Dép t - Exécution de paiements ordonnés par le client."}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le premier moyen, pris en sa première branche : Vu l'article 1382 du Code civil ; Attendu, selon l'arrêt déféré, que, courant 1988, a été créée la SNC Cottage Hôtel Nîmes, qui faisait partie du "groupe Cofiest-Cottel", pour le compte de laquelle la Société auxiliaire d'entreprise Méditerranée (la SAE) a exécuté la construction d'un hôtel-restaurant ; que le "groupe Cofiest-Cottel" a été mis en redressement puis en liquidation judiciaires, par jugements des 22 février 1990 et 7 mars 1991 ; qu'estimant que la Société nancéienne Varin Bernier (SNVB), banquier du groupe, avait commis des fautes, en ouvrant un compte à la SNC Cottage Hôtel Nîmes, sur lequel a été déposé un chèque de 10 900 000 francs émis par le CEPME, correspondant à un prêt consenti par ce dernier à la SNC, laquelle s'était engagée à affecter ces fonds au règlement des travaux de construction par elle effectués, puis en honorant les chèques émis par sa cliente au profit d'autres sociétés du "groupe", la SAE l'a assignée aux fins de la voir condamnée à lui payer, à titre de dommages-intérêts, le montant de sa créance de travaux, restée impayée ; Attendu que pour faire droit à la demande indemnitaire de la SAE, l'arrêt retient que la SNVB a traité sans précaution et en moins d'un mois les mouvements par chèques et virement entre la SNC, qui faisait débiter son compte et le "vidait" de manière accélérée par les écritures de compensations bancaires au profit des comptes de la société Cottel et de la société Cotachat, et ce, alors même que la banque connaissait les imbrications de ces sociétés et leurs situations ; Attendu qu'en statuant ainsi, alors que le banquier, dépositaire des fonds prêtés à son client par un établissement tiers en vue d'un emploi déterminé, n'engage pas sa responsabilité en procédant aux paiements ordonnés par son client à d'autres fins, la cour d'appel a violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres moyens : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 5 janvier 2000, entre les parties, par la cour d'appel de Nancy ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Reims ; Condamne la Société auxiliaire d'entreprises Méditerranée aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande de la Société auxiliaire d'entreprises Méditerranée ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par M. Métivet, conseiller le plus ancien qui en a délibéré, en remplacement du président, en l'audience publique du onze février deux mille trois.