Identifiant: JURITEXT000017964465

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/17/96/44/JURITEXT000017964465.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, civile, Chambre commerciale, 15 janvier 2008, 06-15.117 06-15.202, Inédit", "date_decision": "2008-01-15 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "40800095", "solution": "Cassation partielle", "numero_affaire": "06-15117", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_COMMERCIALE", "date_decision_attaquee": "2006-02-24 00:00:00", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Paris", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Mme Favre (président)", "avocat_general": "", "avocats": "Me Blanc, SCP Bachellier et Potier de La Varde", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Joint les pourvois n° F 06-15.117 et Y 06-15.202, qui attaquent le même arrêt ; Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la société pharmacie Viret (le pharmacien) a conclu avec la société Concept electronic canadien (la société CEC), afin de mettre en place dans son officine un matériel d'affichage électronique programmable permettant de diffuser des messages publicitaires ou informatifs périodiquement actualisés au moyen de disquettes fournies par cette société, un bon de commande du matériel et un contrat d'achat publicitaire aux termes duquel la société CEC s'engageait à lui rétrocéder une somme de 1 600 francs durant 42 mois contre la cession d'un certain nombre "d'espaces temps" sur chaque disquette, et à rétribuer ses opérations de parrainage ; que le pharmacien a parallèlement souscrit auprès de la société Barclays Bail un contrat de crédit-bail portant sur le financement de ce matériel d'affichage, pour une durée de 48 mois, moyennant le paiement de loyers mensuels de 1 780 francs ; que la société CEC ayant fait l'objet d'une liquidation judiciaire, le pharmacien, arguant de l'inexécution par cette société de ses obligations contractuelles concernant la fourniture des disquettes et le versement des rémunérations convenues, a agi en résiliation des contrats de vente et de prestation de service, ainsi qu'en résiliation, par voie de conséquence, du contrat de crédit-bail, en faisant valoir que ce dernier était indivisible des autres conventions ; que la société Barclays Bail a reconventionnellement réclamé paiement des sommes prévues au contrat de crédit bail ; Sur le premier moyen des pourvois rédigés en termes identiques : Attendu que la société pharmacie Viret fait grief à l'arrêt d'avoir rejeté sa demande de résiliation du contrat de crédit-bail, en conséquence de la résiliation des conventions passées avec la société CEC concernant l'achat d'espace publicitaire, l'étude de marché et les services de parrainage, alors, selon le moyen : 1°/ que la cour d'appel, qui a retenu que le contrat de crédit-bail ne se référait pas au contrat d'achat d'espace publicitaire et au contrat d'étude de marché et de parrainages, qu'il n'y avait pas de concordance entre la date d'échéance et le montant des loyers et ceux des rémunérations promises par la société CEC, qu'il n'était pas établi que la société Barclays Bail ait eu connaissance du contrat d'achat d'espace publicitaire et du contrat d'étude de marché et de parrainages, ni que des accords auraient été préalablement passés entre le fournisseur et le crédit-bailleur, ni que ce dernier aurait été informé des modalités globales de l'opération et aurait eu la volonté de consentir son financement en considération des engagements financiers pris en faveur du pharmacien par le fournisseur, s'est déterminée par des motifs impropres à écarter les moyens soutenus par le pharmacien à l'appui de sa prétention invoquant l'indivisibilité entre les diverses conventions et a ainsi privé sa décision de base légale au regard des articles 1217 et 1218 du code civil ; 2°/ que la cour d'appel n'a pas recherché, comme il le lui était demandé, si la simultanéité de la conclusion dans un temps voisin pour une durée identique de quarante huit mois des quatre contrats de vente de matériel, d'achat d'espace publicitaire, d'étude de marché et de parrainages et de crédit-bail et la simultanéité de leur exécution, l'étroite coordination entre les dates d'échéance des loyers, payables mensuellement, et celles des rémunérations promises au pharmacien, payables trimestriellement, et devant couvrir les trois quarts des loyers, l'intervention d'un seul préposé de la société CEC pour offrir à la fois les quatre contrats et l'absence de vérification de la capacité financière du pharmacien et de sélection de la part de la société Barclays Bail n'impliquaient pas nécessairement l'organisation préalable d'une collaboration entre la société CEC et la société Barclays Bail, ou tout au moins une information de cette dernière sur la finalité et les modalités de l'opération, et si, dès lors, ces prestations n'avaient pas été consenties en conséquence des prestations promises au pharmacien, afin de rendre pour ce dernier l'opération quasi-gratuite, ce dont il résultait une indivisibilité de l'ensemble des relations contractuelles, privant ainsi sa décision de base légale au regard des articles 1217 et 1218 du code civil ; Mais attendu qu'ayant retenu que les pièces produites ne mettaient en évidence aucun élément pouvant impliquer l'organisation préalable d'une collaboration entre le représentant de la société prestataire de services et le crédit-bailleur, ou, au moins, la nécessaire information de celui-ci sur les modalités et la finalité de l'opération envisagée dans sa globalité, et sa volonté de consentir son financement en considération des engagements pris en faveur du pharmacien par le fournisseur, la cour d'appel a souverainement estimé que les parties n'avaient pas eu l'intention commune de rendre leurs accords indivisibles ; que le moyen n'est pas fondé ; Mais sur le second moyen : Vu les articles 1134 et 1184 du code civil ; Attendu que pour rejeter la demande tendant à la résiliation du contrat de vente de matériel et de fourniture de disquettes, et par voie de conséquence, à celle du contrat de crédit-bail, l'arrêt retient, après avoir décidé que ces contrats étaient indivisibles, que le pharmacien a reçu une offre de reprise du service des disquettes, émanant d'une société Eficom, et une offre de diminution corrélative des loyers de la part du crédit-bailleur, que cette proposition était de nature à pallier les effets de la faillite de la société CEC, que le refus de cette prestation de substitution, qui ne générait pour lui aucun coût supplémentaire, et dont il ne démontre pas qu'elle n'aurait pas été conforme, est seul à l'origine de la cessation des approvisionnements du matériel en disquettes, et que le pharmacien ne peut en conséquence s'en prévaloir pour obtenir la résolution du contrat de vente ; Attendu qu'en se déterminant ainsi, sans constater que, dans le contrat conclu avec la société CEC, ou ultérieurement, la société pharmacie Viret avait donné son consentement à la substitution de cocontractant, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, mais en ses seules dipositions déboutant la société pharmacie Viret de son action en résiliation du contrat de vente de matériel et de fourntiure de disquettes ainsi que de sa demande en résiliation du contrat de crédit-bail, en ce qu'elle était fondée sur cette résiliation, l'arrêt rendu le 24 février 2006, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Paris, autrement composée ; Condamne la Barclays Bail aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette la demande de la société pharmacie Viret ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du quinze janvier deux mille huit.