Identifiant: JURITEXT000007317956

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1996X11X01X00200X005", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/31/79/JURITEXT000007317956.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 5 novembre 1996, 94-20.005, Inédit", "date_decision": "1996-11-05 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "Rejet", "numero_affaire": "94-20005", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CIVILE_1", "date_decision_attaquee": "1994-07-27", "juridiction_attaquee": "cour d'appel d'Aix-en-Provence (6e Chambre) 1994-07-27", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. LEMONTEY", "avocat_general": "", "avocats": "", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": "FILIATION LEGITIME - Contestation - Contestation de légitimité - Enfants susceptibles - Enfants conçus ou nés pendant le mariage jouissant d'une possession d'état d'enfant légitime (non) - Enfant né avant le mariage et légitimé par le mariage de sa mère - Possibilité."}

Document juridique:
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par : Epoux M.-K., en cassation d'un arrêt rendu le 27 juillet 1994 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence (6e Chambre), au profit de M. B., Les demandeurs invoquent, à l'appui de leur pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt; LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 1er octobre 1996, où étaient présents : M. Lemontey, président, M. Durieux, conseiller rapporteur, M. Grégoire, conseiller, Mme Le Foyer de Costil, avocat général, Mme Collet, greffier de chambre; Sur le rapport de M. Durieux, conseiller, les observations de la SCP Waquet, Farge et Hazan, avocat des époux M.-K., de la SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, avocat de M. B., les conclusions de Mme Le Foyer de Costil, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi; Sur le moyen unique : Attendu que Mme Marie-Claude F. a mis au monde, le 14 décembre 1985, une enfant prénommée A., reconnue le 6 octobre 1986 par M. Patrick M.-K., puis légitimée par le mariage des parents célébré le 31 octobre 1987; que, par acte du 28 septembre 1987, M. B. a assigné ceux-ci en annulation de la reconnaissance et établissement de sa propre paternité ; qu'après expertise sérologique qui a exclu la paternité de M. Patrick M.-K. et non celle de M. B., l'arrêt confirmatif attaqué (Aix-en-Provence, 27 juillet 1994) a fait droit à la demande et déclaré non avenue la légitimation de l'enfant; Attendu que les époux M.-K. font grief à la cour d'appel d'avoir ainsi statué alors que, selon le pourvoi, toute reconnaissance est nulle quand l'enfant a une filiation légitime déjà établie par la possession d'état; que cette règle doit être étendue à l'enfant légitimé; qu'en l'espèce, il n'était pas contesté que l'enfant, légitimée par le mariage de sa mère, avait été, depuis sa naissance, traitée par les époux M.-K. comme leur enfant commune; qu'il s'ensuit qu'elle devait être considérée comme ayant une filiation assimilable à une filiation légitime, à la fois par son titre et par la possession d'état, ce qui empêchait la reconnaissance par un tiers; qu'en consacrant la thèse contraire, la cour d'appel a violé les articles 332-1 et 334-9 du Code civil; Mais attendu que l'article 334-9 du Code civil n'interdit la reconnaissance d'un enfant que lorsque celui-ci a une filiation légitime déjà établie par la possession d'état et que la filiation légitime implique que l'enfant ait été conçu ou soit né pendant le mariage; qu'en l'espèce, l'enfant était née avant le mariage de sa mère avec M. Patrick M.-K., de sorte qu'elle n'avait pas la qualité d'enfant légitime et que les textes invoqués étaient inapplicables en la cause; que le moyen n'est donc pas fondé; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne les époux M.-K. aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande de M. B.; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du cinq novembre mil neuf cent quatre-vingt-seize.