Identifiant: JURITEXT000007601599

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXRXCX2003X03X0DX00000X062", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/60/15/JURITEXT000007601599.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, Commission nationale de réparation des détentions, du 3 mars 2003, 02-CRD062, Inédit", "date_decision": "2003-03-03 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "", "numero_affaire": "02-CRD062", "publie_bulletin": "non", "formation": "COMMISSION_REPARATION_DETENTION", "date_decision_attaquee": "2002-03-11", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel de Grenoble 2002-03-11", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Président : M. Canivet", "avocat_general": "Avocat général : M. Finielz", "avocats": "", "rapporteur": "Rapporteur : M. Gueudet", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
La Commission Nationale de réparation des détentions instituée par l'article 149-3 du Code de procédure pénale, a rendu la décision suivante : Statuant sur le recours formé par : - l'agent judiciaire du Trésor contre la décision du premier président de la cour d'appel de GRENOBLE, en date du 11 mars 2002, qui a alloué à Melle Marie-Pierre X... la somme de 14.497 euros sur le fondement de l'article 149 du Code précité ; Les débats ayant eu lieu en audience publique le 10 février 2003, la demanderesse ne s'y étant pas opposé ; Vu les dossiers de la procédure de réparation et de la procédure pénale ; Vu les conclusions de l'agent judiciaire du Trésor ; Vu les conclusions écrites de Maître Fiat, avocat de Melle Marie-Pierre X... ; Vu les conclusions de M. le procureur général près la Cour de cassation ; Vu la notification de la date d'audience, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, à la demanderesse et à l'agent judiciaire du Trésor, en date du 30 décembre 2002 ; Sur le rapport de M. le Conseiller Gueudet, les observations de Maître Ancel, avocat de l'agent judiciaire du Trésor, et les conclusions de M. l'avocat général Finielz ; Après en avoir délibéré conformément à la loi, la décision étant rendue en audience publique ; LA COMMISSION : Attendu que par décision du 11 mars 2002 le premier président de la cour d'appel de GRENOBLE a alloué à Mlle Marie-Pierre X... une somme de 6097 euros en réparation du préjudice matériel et une somme de 8400 euros en réparation du préjudice moral, à raison d'une détention provisoire de 200 jours effectuée du 27 septembre 1998 au 15 avril 1999 ; Attendu que l'agent judiciaire du Trésor a régulièrement formé le 22 mars 2000 un recours contre cette décision pour obtenir une diminution de l'indemnité allouée en réparation du préjudice moral ; Vu les articles 149 à 150 du Code de procédure pénale ; Attendu qu'une indemnité est accordée, à sa demande, à la personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire terminée à son égard par une décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive ; Que, selon l'article 149 précité, l'indemnité est allouée en vue de réparer intégralement le préjudice personnel, matériel et moral causé par la privation de liberté ; Attendu que l'agent judiciaire du Trésor soutient que le premier président a surévalué le préjudice moral de Mlle Marie-Pierre X... et que c'est à tort qu'il a tenu compte des circonstances de l'accouchement de l'intéressée qui sont à l'origine des poursuites engagées à son encontre et du fait qu'une codétenue aurait fait de fausses déclarations sur son compte ; Attendu que contrairement à ce que prétend l'agent judiciaire du Trésor, l'indemnité allouée à Mlle Marie-Pierre X... en réparation de son préjudice moral, n'apparaît pas excessive eu égard à l'âge de l'intéressée au moment de son incarcération (27 ans) de la durée de sa détention (6 mois 20 jours) et des conditions spécialement éprouvantes de celle-ci ; que dès lors le montant de 8400 euros accordé à ce titre doit être confirmé ; PAR CES MOTIFS, REJETTE le recours. Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique par la Commission Nationale de réparation des détentions, le 3 mars 2003, où étaient présents : M. Canivet, président, M. Gueudet, conseiller-rapporteur, Mme Gailly, M. Finielz, avocat général, Mme Guénée, greffier. En foi de quoi la présente décision a été signée par le président, le rapporteur et le greffier.