Identifiant: JURITEXT000020358962

Métadonnées:
{"ancien_id": "", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/20/35/89/JURITEXT000020358962.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 3 mars 2009, 07-88.308, Inédit", "date_decision": "2009-03-03 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "C0901151", "solution": "Cassation partielle", "numero_affaire": "07-88308", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_CRIMINELLE", "date_decision_attaquee": "2007-10-30", "juridiction_attaquee": "Chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "M. Joly (conseiller doyen faisant fonction de président)", "avocat_general": "", "avocats": "SCP Vincent et Ohl", "rapporteur": "", "ecli": "", "sommaire": ""}

Document juridique:
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, a rendu l'arrêt suivant : Statuant sur le pourvoi formé par : - X... François, partie civile, contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de BORDEAUX, en date du 30 octobre 2007, qui, dans l'information suivie sur ses plaintes contre personne non dénommée notamment pour faux témoignage et dénonciation calomnieuse, a confirmé l'ordonnance du juge d'instruction disant n'y avoir lieu à suivre du chef de faux témoignage et a déclaré irrecevable sa constitution de partie civile du chef de dénonciation calomnieuse ; La COUR, statuant après débats en l'audience publique du 17 février 2009 où étaient présents : M. Joly conseiller doyen faisant fonction de président en remplacement du président empêché, M. Finidori conseiller rapporteur, Mmes Anzani, Palisse, MM. Beauvais, Guérin, Straehli conseillers de la chambre, Mme Degorce conseiller référendaire ; Avocat général : M. Fréchède ; Greffier de chambre : Mme Krawiec ; Sur le rapport de M. le conseiller FINIDORI, les observations de la société civile professionnelle VINCENT et OHL, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général FRÉCHÈDE ; Vu les mémoires personnel et ampliatif produits ; Vu l'article 575, alinéa 2, 2° et 6° du code de procédure pénale ; Sur le premier moyen de cassation du mémoire personnel, pris de la violation de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme ; Attendu que François X..., appelant de l'ordonnance ayant dit n'y avoir lieu à suivre sur ses plaintes, a produit un mémoire articulant que la chambre de l'instruction devait "se déporter et solliciter elle-même son propre dessaisissement" en raison de conflits d'intérêts existant avec des magistrats bordelais ; Attendu que, pour rejeter cette prétention, l'arrêt retient que le procureur général près la Cour de cassation a dit qu'il n'y avait pas lieu de saisir la chambre criminelle de la demande de renvoi de la procédure devant une autre juridiction qu'avait formée l'intéressé ; que les juges ajoutent que l'opportunité de se déporter relève de la seule conscience du magistrat et qu'aucune disposition légale ne permet à une juridiction de provoquer son propre dessaisissement ; Attendu qu'en l'état de tels motifs, la chambre de l'instruction a justifié sa décision ; D'où il suit que le moyen, inopérant en ce qu'il allègue la partialité du représentant du ministère public, ne saurait qu'être écarté ; Sur le troisième moyen du mémoire personnel, pris de la violation des articles 134 et 176 du code de procédure pénale ; Attendu qu'il est vainement fait grief à l'arrêt d'avoir écarté la demande d'annulation de l'audition de Cédric Y... en qualité de témoin assisté dès lors que les juges auraient dû la déclarer irrecevable ; Sur le quatrième moyen de cassation du mémoire personnel, pris de la violation des articles 575, alinéa 2, 5°, 591, 593 et 802 du code de procédure pénale ; Attendu que les énonciations de l'arrêt attaqué mettent la Cour de cassation en mesure de s'assurer que, pour confirmer l'ordonnance de non-lieu entreprise, la chambre de l'instruction, après avoir analysé l'ensemble des faits dénoncés dans la plainte et répondu aux articulations essentielles du mémoire produit par la partie civile appelante, a exposé les motifs pour lesquels elle a estimé qu'il n'existait pas de charges suffisantes contre quiconque d'avoir commis les délits de faux témoignages et complicité reprochés ; Que le demandeur se borne à critiquer ces motifs, sans justifier d'aucun des griefs que l'article 575 du code de procédure pénale autorise la partie civile à formuler à l'appui de son pourvoi contre un arrêt de chambre de l'instruction en l'absence de recours du ministère public ; Que, dès lors, le moyen est irrecevable ; Mais, sur le deuxième moyen de cassation du mémoire personnel, pris de la violation des articles 591 et 593 du code de procédure pénale ; Et, sur le moyen unique de cassation du mémoire ampliatif, pris de la violation des articles 2, 3, 591 et 593 du code de procédure pénale, 389-5 et 1134 du code civil ; "en ce que l'arrêt attaqué a déclaré irrecevable la plainte avec constitution de partie civile de François X... en ce qui concerne les faits de dénonciation calomnieuse ; "aux motifs que la plainte avec constitution de partie civile a été déposée par Me Landete au nom de Didier et Myriam Y..., ès qualités de représentants légaux de leur fils mineur Cédric ; qu'ainsi, Cédric Y... n'a pas personnellement déposé plainte ; que Didier Y... est décédé le 9 juin 2002, ce qui fait que l'action publique est éteinte en ce qui le concerne ; que Cédric Y..., né le 14 mars 1980, était majeur à la date de l'ordonnance de non-lieu du 20 avril 1999 ; que Myriam Y... qui avait déposé plainte ès qualités comme son mari, ne figure pas sur l'ordonnance de non-lieu du 20 avril 1999 au titre des parties civiles, seul Didier Y... y étant mentionné ; qu'aux termes de la mention du greffier figurant en marge de l'ordonnance, celle-ci a été notifiée à la partie civile au singulier, soit à M. Y... ; qu'ainsi ladite ordonnance n'est pas définitive à l'égard de Cédric Y... et de sa mère auxquels elle n'est pas opposable ; qu'il s'ensuit que François X... ne peut se prévaloir d'une ordonnance de non-lieu devenue définitive à leur égard, élément conditionnant la poursuite sur le fondement des dispositions de l'article 226-10 du code pénal ; "1°/ alors qu'en relevant que seul Didier Y... aurait été mentionné sur l'ordonnance de non-lieu du 20 avril 1999 alors que celui-ci n'y figurait qu'en sa qualité de représentant de son fils, Cédric Y..., nommément désigné, partie civile, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a dénaturé ladite ordonnance, en violation de l'article 1134 du code civil ; "2°/ et alors qu'en déduisant de la mention du greffier figurant en marge de ladite ordonnance que celle-ci avait été notifiée à la partie civile, «soit à M. Y...», pour en déduire qu'elle n'aurait pas été définitive à l'égard de Cédric Y..., tout en ayant constaté que Cédric Y... était devenu majeur à la date de l'ordonnance de non lieu du 20 avril 1999, entraînant ipso facto la cessation des effets de la représentation légale, de sorte que la mention de la notification à la partie civile impliquait nécessairement que l'ordonnance l'avait été à Cédric Y..., la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a violé les textes visés au moyen" ; Et, sur le moyen relevé d'office, pris de la violation de l'article 226-11 du code pénal, ensemble l'article 575, alinéa 2, 2°, du code de procédure pénale ; Les moyens étant réunis ; Vu lesdits articles ; Attendu que, selon l'article 575, alinéa 2, 2°, du code de procédure pénale, le pourvoi de la partie civile est recevable, même en l'absence de recours du ministère public, lorsque l'arrêt a déclaré l'irrecevabilité de la partie civile ; Attendu qu'aux termes de l'article 226-11 du code pénal, lorsque le fait dénoncé a donné lieu à des poursuites pénales, il ne peut être statué sur les poursuites exercées contre l'auteur de la dénonciation qu'après la décision mettant définitivement fin à la procédure concernant le fait dénoncé ; Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que François X... a porté plainte et s'est constitué partie civile du chef de dénonciation calomnieuse et complicité en exposant que Cédric Y..., alors représenté par ses parents, avait, par l'intermédiaire d'un avocat, faussement dénoncé à son encontre des faits de viol, sur lesquels est intervenue une ordonnance de non-lieu, le 20 avril 1999 ; Attendu que, pour constater l'irrecevabilité de la partie civile, l'arrêt retient que, la décision prononçant non-lieu sur les faits de viol n'ayant pas été notifiée à Cédric Y... ni à sa mère, François X... ne peut se prévaloir d'une décision de non-lieu définitive, cet "élément conditionnant la poursuite sur le fondement de l'article 226-10 du code pénal "; Mais attendu qu'en prononçant ainsi, alors que la décision définitive sur la vérité ou la fausseté du fait dénoncé constitue une exception préjudicielle, non à l'action, mais au jugement de la poursuite pour dénonciation calomnieuse, les juges n'ont pas légalement justifié leur décision ; D'où il suit que la cassation est encourue de ce chef ; Par ces motifs : CASSE et ANNULE l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, en date du 30 octobre 2007, en ses seules dispositions ayant déclaré irrecevable la constitution de partie civile de François X... du chef de dénonciation calomnieuse et complicité, toutes autres dispositions étant expressément maintenues ; Et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi, dans les limites de la cassation ainsi prononcée, RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Bordeaux et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement annulé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le trois mars deux mille neuf ; En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;