Identifiant: JURITEXT000007056138

Métadonnées:
{"ancien_id": "IXCXCX1970X10X05X00012X00A", "origine": "JURI", "url": "texte/juri/judi/JURI/TEXT/00/00/07/05/61/JURITEXT000007056138.xml", "nature": "ARRET", "titre": "Cour de Cassation, Chambre sociale, du 22 octobre 1970, 69-12.675, Inédit", "date_decision": "1970-10-22 00:00:00", "juridiction": "Cour de cassation", "numero": "", "solution": "REJET", "numero_affaire": "69-12675", "publie_bulletin": "non", "formation": "CHAMBRE_SOCIALE", "date_decision_attaquee": "1968-07-02", "juridiction_attaquee": "Cour d'appel Montpellier 1968-07-02", "siege_appel": "", "juridiction_premiere_instance": "", "lieu_premiere_instance": "", "demandeur": "", "defendeur": "", "president": "Pdt M. Laroque", "avocat_general": "Av.Gén. M. Lesselin", "avocats": "Av. Demandeur : M. Lesourd", "rapporteur": "Rpr M. Bolac", "ecli": "", "sommaire": "SECURITE SOCIALE ACCIDENT DU TRAVAIL - Faute inexcusable de l'employeur - Définition - Défaut de précautions - Ecoulement - Tranchée creusée à la verticale. Lorsque les juges du fond constatent que le creusement d'une tranchée, destinée à recevoir des conduites d'eau, était assuré par une pelle mécanique, qu'un ouvrier avait pour mission de mesurer la profondeur de la tranchée et avait reçu des instructions pour effectuer ce travail, soit depuis le fond, où il demeurerait très peu de temps, soit depuis le bord de la fouille, lorsque la hauteur de la tranchée était importante ou le terrain inconsistant, qu'au moment où cet ouvrier se trouvait dans la tranchée profonde de 2 m 20 et large de 0 m 90 occupé à pelleter de la terre, le conducteur d'engins avait effectué une manoeuvre avec la pelle mécanique, que la paroi, non étagée, avait cédé et qu'une motte de terre avait atteint l'ouvrier à la tempe, le blessant mortellement, ils peuvent, après avoir en outre relevé qu'aucun risque d'éboulement n'apparaissait en raison de la nature du terrain, estimer que le chef de chantier n'avait pas eu conscience du danger auquel était exposé l'ouvrier et en déduire que la faute qu'il avait commise en négligeant de faire étager la tranchée et de donner à l'ouvrier des consignes particulières, ne présentait pas un caractère de gravité suffisant pour être qualifié d'inexcusable au sens de l'article 468 du code de la sécurité sociale."}

Document juridique:
SUR LE MOYEN UNIQUE : ATTENDU QUE PAYAN, OUVRIER AU SERVICE DE LA SOCIETE ENTREPRISE GENERALE DE TRAVAUX HYDRAULIQUE SADE (SOCIETE SADE) AYANT TROUVE LA MORT DANS L'EBOULEMENT D'UNE TRANCHEE NON ETAYEE AU FOND DE LAQUELLE IL PELLETAIT DE LA TERRE, IL EST FAIT GRIEF A L'ARRET ATTAQUE D'AVOIR REFUSE DE RECONNAITRE QUE CET ACCIDENT ETAIT DU A LA FAUTE INEXCUSABLE DU CHEF DE CHANTIER SUBSTITUE A L'EMPLOYEUR, DANS LA DIRECTION, AUX MOTIFS QUE LA VICTIME ETAIT CHARGEE, AU FUR ET A MESURE DE L'AVANCEMENT DES TRAVAUX DE PIGER, C'EST-A-DIRE DE MESURER A L'AIDE D'UNE EQUERRE METALLIQUE LA PROFONDEUR DE LA TRANCHEE, QU'AU LIEU OU L'ACCIDENT S'EST PRODUIT AUCUN SIGNE D'EBOULEMENT N'APPARAISSAIT EN RAISON DE LA NATURE DU TERRAIN ET QUE LE CHEF DE CHANTIER N'AVAIT PAS EU CONSCIENCE DU DANGER AUQUEL ETAIT EXPOSE L'OUVRIER, ALORS QUE CES MOTIFS SONT EN CONTRADICTION AVEC LES INDICATIONS DE L'ARRET CONSTATANT QUE, LORS DE L'ACCIDENT, LA VICTIME ETAIT OCCUPEE A PELLETER DE LA TERRE AU FOND DE LA TRANCHEE, QUE DE MEME LES DECLARATIONS DU CHEF DE CHANTIER, REPRODUITES PAR LA COUR D'APPEL, SELON LESQUELLES LE TERRAIN ETAIT D'ARGILE SECHE TRES COMPACTE, SONT EN CONTRADICTION AVEC L'ENONCIATION DU JUGEMENT CONFIRME, AFFIRMANT QU'IL RESULTE DE L'ENQUETE ET DES PIECES DU DOSSIER QUE LE TERRAIN PRESENTAIT DES SIGNES DE MOLLESSE , QU'EN L'ETAT DE CES CONTRADICTIONS, ET ALORS QUE LE CHEF DE CHANTIER N'AVAIT DONNE AUCUNE INSTRUCTION DE SECURITE POUR UN TRAVAIL DE PELLETAGE QUI, A LA DIFFERENCE DU PIGEAGE, NE POUVAIT SE FAIRE QU'AU FOND D'UNE TRANCHEE NON ETAYEE BIEN QUE SES DIMENSIONS AIENT, DE BEAUCOUP, EXCEDE LES NORMES REGLEMENTAIRES, LA COUR D'APPEL N'A PAS MIS LA COUR DE CASSATION EN MESURE D'EXERCER SON CONTROLE SUR LA QUALIFICATION DE LA FAUTE INEXCUSABLE ET N'A PAS DONNE UNE BASE LEGALE A SA DECISION ; MAIS ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND ONT CONSTATE QUE LE CREUSEMENT DE LA TRANCHEE DESTINEE A RECEVOIR DES CONDUITES D'EAU, ETAIT ASSURE PAR UNE PELLE MECANIQUE, QUE PAYAN AVAIT POUR MISSION DE MESURER, A L'AIDE D'UNE EQUERRE, LA PROFONDEUR DE LA TRANCHEE ET AVAIT RECU DES INSTRUCTIONS POUR EFFECTUER SON TRAVAIL, SOIT DEPUIS LE FOND, OU IL DEMEURAIT TRES PEU DE TEMPS, SOIT DEPUIS LE BORD DE LA FOUILLE LORSQUE LA HAUTEUR ETAIT IMPORTANTE OU LE TERRAIN INCONSISTANT, QU'A UN MOMENT OU IL SE TROUVAIT DANS LA TRANCHEE PROFONDE A CET ENDROIT DE 2 METRES 20 ET LARGE DE 0 METRE 90, OCCUPE A PELLETER DE LA TERRE, LE CONDUCTEUR D'ENGINS AVAIT EFFECTUE UNE MANOEUVRE AVEC LA PELLE MECANIQUE, QUE LA PAROI NON ETAYEE AVAIT ALORS CEDE ET QU'UNE MOTTE DE TERRE DURE AVAIT HEURTE PAYAN A LA TEMPE, LE BLESSANT MORTELLEMENT ; ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES ELEMENTS DE FAIT, LA COUR D'APPEL QUI A RELEVE EN OUTRE QUE D'APRES LES TEMOINS, AUCUN RISQUE D'EBOULEMENT N'APPARAISSAIT EN RAISON DE LA NATURE DU TERRAIN A PU ESTIMER QUE LE CHEF DE CHANTIER N'AVAIT PAS EU CONSCIENCE DU DANGER AUQUEL ETAIT EXPOSE L'OUVRIER ET DE LA DEDUIRE QUE LA FAUTE QU'IL AVAIT COMMISE EN NEGLIGEANT DE FAIRE ETAYER LA TRANCHEE OU DE DONNER A PAYAN DES CONSIGNES PARTICULIERES NE PRESENTAIT PAS UN CARACTERE DE GRAVITE SUFFISANT POUR ETRE QUALIFIEE D'INEXCUSABLE AU SENS DE L'ARTICLE 468 DU CODE DE LA SECURITE SOCIALE ; QUE LE MOYEN NE PEUT ETRE ACCUEILLI ; PAR CES MOTIFS : REJETTE LE POURVOI FORME CONTRE L'ARRET RENDU LE 2 JUILLET 1968 PAR LA COUR D'APPEL DE MONTPELLIER ;